dimanche 2 juin 2013

Saint MARCELLIN et saint PIERRE, martyrs et saint ERASME, évêque et martyr



Saints Marcellin et Pierre, martyrs

Marcellin et Pierre périrent à Rome sous la persécution de Dioclétien (304 ou 305). Le bourreau qui les décapita rapporta au futur pape Damase qu'on leur fit creuser leur tombe de leurs propres mains et qu'ils accomplirent cette tâche tout joyeux.

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/06/02/201/-/saints-marcellin-et-pierre-martyrs

Saints Marcellin et Pierre

Martyrs à Rome (✝ 304)

Deux martyrs romains qui sont nommés dans la première prière eucharistique qui elle-même est la suite liturgique du canon romain. Saint Marcellin était prêtre et saint Pierre exorciste. Ils furent victimes de la persécution de Dioclétien.

Mémoire des saints martyrs Marcellin, prêtre, et Pierre, exorciste. Selon ce que rapporte le pape saint Damase, sous la persécution de Dioclétien, vers 304, ils furent condamnés à mort , conduits à travers des buissons au lieu de leur supplice et contraints de creuser leur tombe de leurs propres mains, pour que leurs corps demeurent inconnus, mais une pieuse femme, Lucine, recueillit leurs corps et les déposa dans le cimetière “Aux deux lauriers” sur la voie Labicane.

Martyrologe romain


SAINT PIERRE, EXORCISTE, ET SAINT MARCELLIN *

Pendant que saint Pierre, exorciste, était détenu en prison par Archémius, la fille de ce dernier était tourmentée par le démon et comme c'était, pour ce père, un sujet toujours nouveau de désolation, saint Pierre lui dit que s'il croyait en J.-C., à l’instant la santé serait rendue à sa fille. Archémius lui dit: « Je m’étonne que ton Seigneur puisse délivrer ma fille, quand il né peut te délivrer, toi qu'il laisse souffrir pour lui de si grands tourments. » Pierre lui répondit: « Mon Dieu a le pouvoir de m’arracher à votre joug, mais il veut, par une souffrance passagère, nous faire parvenir à une gloire éternelle. » « Si, reprit Archémius, après que j'aurai doublé tes chaînes, ton Dieu te délivre et guérit ma fille, dès lors je croirai en J.-C. » Les chaînes furent doublées : saint Pierre apparut à Archémius, revêtu d'habits blancs et tenant à la main une croix. Alors Archémius se jeta à ses pieds et sa fille fut guérie. Il reçut le baptême lui et tous les gens de sa maison ; il permit aux prisonniers de se retirer libres, s'ils voulaient se faire chrétiens. Beaucoup d'entre eux, ayant accepté la foi, furent baptisés par le bienheureux prêtre Marcellin. A cette nouvelle, le préfet donna ordre de lui amener tous les prisonniers ; Archémius les réunit donc, leur baisa les mains et leur dit que si quelqu'un d'eux voulait aller au martyre, il vint avec intrépidité ; que s'il y en avait un qui ne le voulût pas, il se retirât sain et sauf. Or, le juge ayant découvert que Marcellin et Pierre les avaient baptisés, il les manda tous les deux à son tribunal, et les fit enfermer chacun dans une prison séparée. Pour Marcellin, il fut étendu tout nu sur du verre cassé; on lui refusa l’eau et le feu; quant à Pierre, il fut enfermé dans un autre cachot fort profond où on le mit dans des entraves très serrées. Mais un ange du Seigneur vint voir Marcellin, le délia, puis il le ramena avec Pierre dans la maison d'Archémius, en donnant l’ordre à tous les deux d'encourager le peuple pendant sept jours, et de se présenter ensuite devant le juge. Celui-ci ne les ayant donc pas trouvés dans la prison, manda Archémius et sur le refus de celui-ci de sacrifier, il le fit étouffer sous terre avec sa femme. Marcellin et saint Pierre en ayant eu connaissance, vinrent en cet endroit, et sous la protection des chrétiens, saint Marcellin célébra la messe sept jours de suite dans cette même crypte. Alors les saints dirent aux incrédules: «Vous voyez que nous aurions pu délivrer Archémius et nous cacher; mais nous n'avons voulu faire ni l’un ni l’autre. » Les gentils irrités. tuèrent Archémius parle glaive; quant à sa femme et à sa fille ils les écrasèrent à coups de pierres. Ils menèrent Marcellin et Pierre à la forêt noire (qu'on a depuis appelée blanche à raison de leur martyre) où ils les décapitèrent du temps de Dioclétien, l’an du Seigneur 287. Le bourreau appelé Dorothéus vit des anges qui portaient au ciel leurs âmes revêtues de vêtements splendides et ornées de pierres précieuses. En conséquence, Dorothée se fit chrétien et mourut en paix quelque temps après.

* Le récit est tiré presque textuellement du Martyrologe d'Adon, 2 juin.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci


Saints Marcellin et Pierre et Erasme, évêque, martyrs

A Rome, déposition des Sts Marcellin et Pierre, en 304. Fête attestée au IVème siècle. A Formies (Campanie), déposition de St Érasme, Fête aux XI-XIIème siècles.

Leçon des Matines avant 1960

Troisième leçon. L’exorciste Pierre, mis en prison, sous l’empereur Dioclétien, par le juge Sérénus, pour avoir confessé la foi chrétienne, délivra du démon qui l’agitait, Pauline, fille d’Artémius, directeur de la prison. Frappés de ce prodige, le père et la mère de la jeune fille, toute sa famille et les voisins qui étaient accourus, embrassèrent la religion de Jésus-Christ. Pierre les amena au Prêtre Marcellin qui les baptisa tous. A cette nouvelle, Sérénus fit comparaître devant lui Pierre et Marcellin, les reprit durement, et joignit les menaces et l’intimidation à la sévérité de ses reproches pour les amener à renoncer au Christ. Marcellin lui ayant répondu avec une assurance toute chrétienne, le juge ordonna de le frapper à coups de poing, de le séparer de Pierre, de l’enfermer nu, sans nourriture et sans lumière, dans un cachot jonché de fragments de verre. Par son ordre aussi, Pierre fut à son tour étroitement enchaîné. Mais ces tourments ne faisant qu’accroître en tous deux la foi et le courage, ils persévérèrent dans leur confession ; et condamnés à avoir la tête tranchée, ils rendirent ainsi à Jésus-Christ un témoignage éclatant. Dans la Campanie, sous l’empire de Dioclétien et de Maximien, l’Évêque Érasme fut frappé avec des fouets garnis de plomb et à coup de bâton, on le plongea ensuite dans la résine, le plomb fondu, la poix brûlante, la cire et l’huile bouillantes ; mais il échappa sain et sauf à tous ces supplices, et ce miracle convertit un grand nombre de personnes à la foi du Christ. Ramené de nouveau en prison, et chargé de lourdes chaînes de fer, Érasme fut miraculeusement délivré par un Ange. Maximien lui fit encore subir à Formies divers autres supplices, entr’autres, il ordonna de le revêtir d’une tunique d’airain rougie au feu ; mais avec le secours de Dieu, le saint Martyr surmonta ces nouveaux tourments. Enfin, après avoir confirmé dans la foi ou converti un grand nombre de personnes, il obtint la palme d’un illustre martyre.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

La gloire du martyre illumine ce jour avec une profusion qui se rencontre rarement sur le Cycle ; déjà nous pouvons présager, dans le mois qui commence, celui de la confession glorieuse entre toutes que Pierre et Paul consommeront dans leur sang. Les Gaules et l’Italie, Rome et Lyon son illustre fille, concourent à former pour le ciel une légion de héros. Tout à l’heure nous admirerons Pothin [1], l’un des chefs de cette phalange illustre, venu d’Asie pour lever sur les rives du Rhône son contingent sacré. Mais les premiers honneurs sont dus à l’Église mère. Saluons donc tout d’abord Marcellin, engendrant par son sacerdoce les recrues nombreuses que l’Esprit-Saint rend dignes aussitôt de partager son triomphe ; honorons l’exorciste Pierre, qui amène à la fontaine sacrée tant de païens gagnés au Christ en voyant la faiblesse des démons.

Quand le christianisme parut sur la terre, Satan était bien, et visiblement, le prince du monde. Tous les autels étaient à lui ; la législation et les mœurs subissaient son empire. Du fond de leurs temples fameux, les chefs des démons dirigeaient la politique des cités consultant leurs oracles ; sous divers noms, les plus infimes des anges déchus trouvaient influence et honneur au foyer domestique ; d’autres avaient leurs postes assignés dans les forêts, sur les montagnes, auprès des sources ou sur la mer, occupant contre Dieu ce monde qu’il avait créé pour sa gloire, et que Satan, par la complicité de l’homme, avait conquis. Quatre mille ans d’abandon du côté du ciel avaient permis à l’usurpateur d’affermir ainsi sa conquête ; la résistance était savamment préparée pour le jour où le roi légitime prétendrait rentrer dans ses droits.

La venue du Verbe dans la chair donna le signal de la grande revendication divine. Le prince du monde, vaincu en personne par le Fils de Dieu, comprit qu’il allait avoir à retourner dans l’abîme. Mais les innombrables puissances de ténèbres qu’il avait constituées devaient poursuivre la lutte durant des siècles, et ne lâcher que pied à pied leurs positions. Chassées des villes par les adjurations de la sainte Église et le triomphe des martyrs, les légions infernales se reformeront dans les solitudes ; les soldats du Christ auront à y soutenir contre elles, sous la conduite d’Antoine et de Pacôme, de terribles combats. En Occident, le patriarche des moines retrouvera les autels des démons et les démons eux-mêmes sur les hauteurs du Cassin, au VIe siècle. Au VIIe, ils disputeront à saint Gall les bois, les lacs, les rochers de la Suisse actuelle ; et on les entendra se plaindre qu’après avoir été chassés de la société des hommes, on ne leur laisse même pas ces retraites ignorées, C’est qu’en effet, dans la pensée divine, l’appel des moines au désert aura pour but, non moins que la fuite du monde en ce qui les concerne, la poursuite des démons dans leurs derniers retranchements.

Nous insistons sur les considérations qui précèdent ; car leur importance est extrême, et n’a d’égale que la profondeur de l’ignorance systématique où l’on se tient à leur endroit. Les vrais chrétiens croient fermement, aujourd’hui comme toujours, à la lutte privée, toute spirituelle, que l’âme doit soutenir contre l’enfer dans le secret de la conscience ; mais plusieurs n’hésitent point à rejeter dans le domaine de l’imagination ce qu’on leur raconte de ces autres combats livrés par nos pères aux démons sur le terrain extérieur et public. Leur excuse sans doute est de vivre en un pays où, depuis des siècles, cette guerre du dehors avait pris fin par la victoire sociale du christianisme. Mais l’Esprit-Saint nous annonce que l’ancien serpent, immobilisé durant mille années, doit être à la fin délié de nouveau pour un peu de temps [2]. Si nous touchions à cette époque fatale, il serait temps d’y songer ; nous serions mal préparés à la reprise des anciennes luttes, par l’ignorance où nous entretient l’habitude d’abandonner, sous le nom de légende, à la fatuité de la courte science qui domine de nos jours, les faits les mieux attestés de l’histoire de nos devanciers. Qu’est-ce donc que l’histoire après tout, depuis la révolte de Lucifer, sinon le tableau de la lutte engagée entre Dieu et Satan ? Et si, comme nous l’avons dit, Satan, par la permission divine, avait envahi le monde extérieur aussi bien que celui des âmes, n’était-il pas nécessaire pour le jeter dehors [3], selon l’expression du Sauveur, que la lutte avec lui fût une lutte corps à corps, qu’elle revêtit un caractère extérieur et visible ?

« Le Verbe, dit saint Justin, s’est fait homme pour deux buts : sauver les croyants, et chasser les démons » [4]. Aussi l’expulsion des démons de la place qu’ils occupent dans ce monde matériel, et spécialement du corps de l’homme qui en est la plus noble partie, apparaît-elle, dans l’Évangile, comme l’un des principaux caractères de la puissance du Sauveur. Quittant la terre et envoyant ses apôtres continuer son œuvre parmi les nations, c’est elle également que lui-même indique comme devant être le premier signe de la mission qu’ils auront à remplir [5]. Le monde ne s’y méprit pas. Bientôt les païens durent constater la cessation partout des anciens oracles [6], et la cause d’un phénomène de cette importance pour l’ancienne religion apparut évidente : les démons eux-mêmes n’hésitèrent point à reconnaître que leur silence forcé venait des chrétiens. Sur cette puissance du christianisme contre l’enfer, les apologistes des IIe et IIIe siècles en appelaient, sans crainte d’être contredits, au témoignage public. « C’est sous les yeux de tous, disait saint Justin aux empereurs, que les chrétiens, dans Rome et dans tout l’univers, chassent les démons au nom de Jésus-Christ » [7]. Les dieux de l’Olympe se voyaient démasqués honteusement en présence de leurs adorateurs confus, et Tertullien pouvait jeter ce défi aux magistrats de l’empire : « Qu’on amène à vos tribunaux quelqu’un de ces hommes qui se disent sous la puissance des dieux. Sur l’ordre du premier venu d’entre nous, l’esprit qui les possède sera contraint de confesser ce qu’il est ; s’il ne s’avoue démon et non pas dieu, n’osant mentir à un chrétien, répandez aussitôt le sang de ce chrétien blasphémateur. Mais non ; la crainte qu’ils ont du Christ fait que l’attouchement, le souffle même de l’un de ses serviteurs suffit à les chasser » [8].

Le baptême suffisait donc pour donner à l’homme un tel pouvoir ; et c’était bien en effet le sens de la promesse du Seigneur, lorsque, parlant de ceux qui croiraient en lui, et non pas seulement des chefs de l’Église, il avait dit : « En mon nom ils chasseront les démons » [9]. De bonne heure cependant, l’Église, organisant la guerre sainte, constitua parmi ses fils un ordre spécial qui eut pour mission directe la poursuite de Satan sur tous les points de ce monde visible. Les exorcistes se trouvèrent par cette délégation investis d’un empire qui accéléra la défaite du prince du monde, et lui rendit cette défaite d’autant plus odieuse, que l’Église, humiliant son orgueil, n’éleva point au-dessus des rangs inférieurs de la cléricature un ordre pourtant si terrible à l’enfer. Lucifer avait prétendu s’égaler au Très-Haut [10] ; précipité du ciel, il s’était flatté, dans sa folie, de pouvoir du moins supplanter Dieu sur la terre : et voilà que le soin de sa défaite est confié, non plus aux anges ses égaux par nature, mais à des hommes, aux plus petits de cette race si facilement trompée, qu’il avait vue prosternée devant lui durant de longs siècles. Leur main de chair le contraint, lui esprit, à descendre de son trône ; à leur parole, il faut qu’il dépose ses vains ornements, qu’il se démasque lui-même ; l’eau qu’ils bénissent ravive en lui ses tortures éternelles ; du prince du monde et de ses pompes il ne reste plus que Satan, le révolté a la face hideuse, le condamné tremblant dans la poussière aux pieds des fils des hommes, ou fuyant comme la feuille desséchée sous le souffle de leur bouche.

L’archange Michel reconnaît dans ces fils d’Adam les dignes alliés des anges fidèles qu’il conduisit à la victoire. Mais parmi ces continuateurs du grand combat commencé dans les hauteurs des cieux [11], l’exorciste Pierre se présente à nous rayonnant d’un éclat sans pareil. Le triomphe du martyre vient s’ajouter pour lui aux victoires remportées sur les troupes de Satan. Nul mieux que lui n’a fait reculer l’enfer ; car, chassant les démons des corps, il a de plus conquis les âmes. Le prêtre Marcellin, son associé dans la conquête et le martyre, est également l’associé de sa gloire. L’Église a voulu que leurs noms, redoutables aux esprits de ténèbres, brillassent d’une commune auréole ici-bas comme au ciel. Chaque jour, elle leur rend le plus solennel hommage qui soit en son pouvoir, en les nommant tous deux au diptyque du Sacrifice avec les saints Apôtres et les premiers de ses fils. Telle fut l’importance de la mission qu’ils remplirent et la renommée de leurs derniers combats, que leurs corps, transportés sur la voie Lavicane, y devinrent le centre d’un illustre cimetière. Les chrétiens de l’âge de la paix, qui suivit de près leur glorieuse confession, se disputèrent l’avantage d’être ensevelis sous la puissante protection des soldats du Christ ; Constantin, le vainqueur de l’idolâtrie, déposa près d’eux les restes sa mère, sainte Hélène, qui avait retrouvé le bois du salut, terreur des démons. Une inscription célèbre fut composée en leur honneur par le pape Damase qui, dans son enfance, avait appris de la bouche même du bourreau, converti depuis, les détails de leur martyre ; gravée près de leurs tombeaux, elle compléta les monuments de cette catacombe, où l’art chrétien multipliait ses plus riches enseignements.

A la mémoire des saints Marcellin et Pierre est joint, dans la Liturgie de ce jour, le souvenir d’un saint évêque martyr, bien connu autrefois du peuple fidèle. Si les Actes qui nous sont parvenus de sa vie ne sont pas à l’abri de tout reproche au point de vue de la critique, les faveurs obtenues par l’intercession d’Érasme ou saint Elme portèrent son nom dans toute la chrétienté, comme l’attestent les formes nombreuses que ce nom revêtit au moyen âge dans les différentes contrées d’Occident. Il fait partie du groupe des saints auxiliateurs ou secourables, dont le culte se répandit surtout en Allemagne et en Italie. Les marins le reconnurent pour patron, en souvenir d’un voyage miraculeux rapporté dans sa Vie ; une des tortures nombreuses qu’il eut à subir, l’a fait aussi invoquer contre les douleurs d’entrailles. Nous ne devons pas oublier de mentionner ici que le patriarche des moines d’Occident eut saint Érasme en vénération particulière ; lorsqu’il quitta pour la Campanie sa solitude des bords de l’Anio, il marqua sa principale étape entre Subiaco et le Mont-Cassin en jetant, à Véroli, les fondements d’une église et d’un monastère sous le vocable du saint martyr ; un autre monastère fut également dédié par saint Benoît, dans Rome même, à saint Érasme.

Vous avez tous trois, ô saints martyrs, confessé Jésus-Christ dans la plus effroyable tempête qu’il ait permis au démon de susciter contre son Église. A des degrés divers de la hiérarchie, vous avez été les modèles et les guides du peuple chrétien, l’entraînant à votre suite par rangs pressés dans l’arène du martyre, et comblant par des conversions plus nombreuses encore les vides qu’eût laissés sur terre le départ pour le ciel des compagnons de votre victoire. C’est pourquoi, en ce jour, l’Église de la terre joint ses hommages reconnaissants aux félicitations de l’Église triomphante. Soyez propice toujours aux maux qui accablent le genre humain dans cette vallée de l’épreuve. L’excès de sa misère morale fait qu’il en est arrivé jusqu’à oublier, dans le besoin, ses puissants protecteurs. Par des bienfaits nouveaux, ranimez en lui votre souvenir.

Protégé du ciel autrefois, protégez maintenant vous-même, ô Érasme, ceux qui luttent sur les flots contre les éléments déchaînés. Dans votre force d’âme, à l’heure suprême, vous livrâtes aux bourreaux jusqu’à vos entrailles ; soyez secourable à ceux qui vous invoquent en des souffrances rappelant de loin les tourments que vous avez endurés pour le Christ.

Pierre, Marcellin, unis dans le labeur et dans la gloire, jetez sur nous les yeux : un seul de vos regards fait trembler l’enfer ; il éloignera de nous ses ténébreuses phalanges. Mais combien elle aussi la société civile, combien le monde visible a besoin de votre aide ! L’ennemi que vous aviez si puissamment contribué à faire rentrer dans l’abîme, redevient maître. Sommes-nous au temps où, reprenant la guerre avec les saints, il lui sera donné de les vaincre [12] ? C’est à peine, maintenant, s’il se cache encore. Non seulement il conduit le monde par mille ressorts que les sociétés autrefois secrètes ont ostensiblement remis en ses mains : on l’a vu chercher à s’introduire dans les réunions de toutes sortes, au sein des familles, comme l’hôte de la maison, le compagnon de divertissements ou d’affaires, avec ses tables tournantes et tous les procédés de divination que Tertullien dénonçait de son temps et du vôtre [13]. L’expulsion des démons par le christianisme avait été si absolue, qu’il en était résulté chez nous jusqu’à l’oubli le plus complet de ces funestes pratiques. Si pour cette fois, dans les familles chrétiennes, les avertissements des pasteurs l’ont emporté sur l’attrait d’une curiosité malsaine, une secte pourtant s’est formée à la suite, dont Satan est devenu le guide et l’oracle. Les spirites, comme ils s’appellent, préparent de concert avec la franc-maçonnerie l’invasion dernière du monde extérieur par les bandes infernales ; l’Antéchrist, avec sa puissance usurpée et ses vains prestiges, sera le produit commun des loges politiques et de la secte où l’on se donne à tâche de ramener sous une forme nouvelle les anciens mystères du paganisme. Vaillants soldats de l’Église, rendez-nous dignes de nos pères. Si l’armée chrétienne doit s’amoindrir en nombre, que la foi grandisse en elle d’autant plus ; que son courage, ni ne défaille, ni ne s’égare ; qu’elle soit trouvée faisant toujours face à l’ennemi, à l’heure suprême où le Seigneur Jésus tuera d’un souffle de sa bouche l’homme de péché [14], et replongera pour jamais les hordes de Satan dans le puits de l’abîme.

[1] Dom Guéranger commente aussi au 2 juin, dans l’Année Liturgique, St Pothin et ses compagnons, dont la fête n’est pas inscrite au calendrier universel, ni à celui propre à la France en 1962.

[2] Apoc. XX, 2-3.

[3] Johan. XII, 31.

[4] 2a Apol. VI.

[5] Marc. XVI, 17.

[6] PLUTARCH. De oraculor. defectu.

[7] 2a Apol. VI.

[8] Apol. XXIII.

[9] Marc, XVI, 17.

[10] Isaï. XIV, 12-15.

[11] Apoc. XII, 7-9.

[12] Apoc. XIII, 7.

[13] Apol. XXIII.

[14] Il Thess. II, 8.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Les saints martyrs Marcellin, prêtre, et Pierre, exorciste.

Station dans le cimetière « aux deux lauriers » sur la voie de Labicum.

Aujourd’hui le manuscrit de Berne du Martyrologe Hiéronymien porte l’indication suivante : Romæ, in cimiterio inter duas lauros, via Lavicana, milliario quarto, Marcellini presbyteri et Petri exorcistæ. Ces deux martyrs souffrirent la mort pour la foi durant la persécution de Dioclétien. Décapités dans la localité appelée silva nigra sur la voie Cornélia, leurs corps furent transférés au quatrième mille de la voie de Labicum, près de la tombe de saint Tiburce et dans le voisinage de ce qui devint plus tard la villa impériale de Constantin — inter duas lauros.

Les fouilles exécutées en 1897 firent retrouver leur crypte sépulcrale, et l’on put constater alors que celle-ci avait été élargie en forme de petite basilique ; on avait rasé les cubicula et les galeries qui, à l’origine, s’étendaient autour du tombeau des deux martyrs. De la sorte, ce tombeau en vint à se trouver isolé, et ce fut sur lui qu’on érigea l’autel.

Le pape Damase, en des vers célèbres, raconte qu’il a appris, encore enfant, les détails du supplice des deux saints ; il les tenait du bourreau lui-même qui les avait décapités :

MARCELLINE • TVOS • PARITER • PETRE • NOSSE • TRIVMPHOS

PERCVSSOR • RETVLIT • DAMASO • MIHI • CVM • PVER • ESSEM

HÆC • SIBI • CARNIFICEM • RABIDVM • MANDATA • DEDISSE

SENTIBVS • IN • MEDIIS • VESTRA • VT • TVNC • COLLA • SECARET

NE • TVMVLVM • VESTRVM • QVISQVAM • COGNOSCERE • POSSET

VOS • ALACRES • VESTRIS • MANIBVS • MVNDASSE • SEPVLCRA

CANDIDVLO • OCCVLTE • POSTQVAM • IACVISSE • SVB • ANTRO

POSTEA • COMMONITAM • VESTRA • PIETATE • LVCILLAM

HIC • PLACVISSE • MAGIS • SANCTISSIMA • CONDERE • MEMBRA « O Marcellin, et vous aussi, ô Pierre, contemplez vos triomphes. Quand j’étais encore enfant, le bourreau lui-même me rapporta qu’il avait reçu l’ordre du cruel tyran de vous couper la tête au milieu d’une forêt, afin que personne ne pût ensuite connaître le lieu de votre sépulture. Vous, alors, de vos mains, purifiâtes votre tombe avec diligence. Cependant, après avoir reposé quelque temps ignorés dans la grotte purifiée par vous, vous daignâtes en avertir Lucilla, qui préféra déposer ici votre dépouille sacrée. »

La forêt touffue, au dixième mille de la voie Cornelia, consacrée par le martyre des deux saints, fut bientôt, en souvenir du candidulo antro où reposèrent leurs corps, appelée Silva candida, et, durant le haut moyen âge, devint un siège épiscopal.

Les noms de Pierre et de Marcellin entrèrent presque immédiatement dans la seconde section de la grande intercession romaine, après celui du martyr Alexandre de la voie Nomentane. Non loin du Latran, sur la voie Merulana, s’éleva, dès le IVe siècle, un titre urbain sous leur vocable. En 1750, des fouilles faites en ce lieu firent retrouver des fragments de marbre d’une épigraphe dédicatoire :

NATAL...SIRICI † PAPA • (ecc)LESIÆ

RIQVE OR

et, sur un autre marbre :

(Sump)TV • PROPRIO • FECIT

Si, comme tout le fait croire, ces deux épigraphes étaient placées là où on les a trouvées, il faut admettre qu’en ce lieu on vénérait autrefois un souvenir domestique quelconque des deux martyrs, et que, selon l’usage romain, il fut transformé en titulus sous le pape Sirice.

Dans les indications qui précèdent le texte des homélies de saint Grégoire sur les Évangiles, il est dit que celle du IIIe dimanche de l’Avent fut prononcée in basilica sanctorum Marcellini et Pétri, c’est-à-dire dans l’église de la voie Merulana.

Aujourd’hui, aux noms des deux martyrs de la voie Labicana on ajoute celui de saint Érasme, évêque et martyr. A l’origine on avait toutefois deux messes distinctes.

L’antienne ad introitum est le même que pour les XL martyrs de Sébaste, le 10 mars, tandis que la première collecte est presque identique à celle que nous avons déjà vue le 15 février pour la fête des saints Faustin et Jovite.

La première lecture est tirée de la lettre de saint Paul aux Romains (VIII, 18-23), et elle est commune au IVe dimanche après la Pentecôte. L’Apôtre y parle de l’attente où maintenant se trouve toute la création, contrainte de servir aux pécheurs, mais qui soupire ardemment après le jour de sa revanche et de la délivrance. Nous aussi, dans nos souffrances actuelles, nous éprouvons comme les douleurs de l’enfantement ; mais celles-ci seront aisément oubliées au jour de la parousie, alors que les peines et la grâce enfanteront la gloire.

La répons-graduel est identique à celui du 15 février et répète le même texte que l’introït. Le verset alléluiatique est emprunté à l’Évangile (Ioan., XV, 16). « Je vous ai tirés du milieu du monde pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit soit durable. »

Les saints portent toujours un fruit exquis et abondant, parce que, comme des sarments, ils tirent leur sève vitale du Christ, qui est la vigne divine. En outre, leur fruit est durable, car, tandis que sur la terre la renommée de leurs vertus est une prédication continuelle de l’Évangile, au ciel la gloire rend leurs mérites impérissables.

Dans l’antiphonaire grégorien, le verset alléluiatique est le suivant (Ps. 144) : Sancti tui, Domine, benedicent te, gloriam regni tui dicent.

Conformément à la liste de Würzbourg, la lecture évangélique de ce jour est tirée de saint Luc (XXI, 9-19). Nous l’avons déjà rapportée le jour des martyrs Vincent et Anastase, le 22 janvier, mais il faut remarquer aujourd’hui ce que Jésus enseigne relativement à la possession de l’âme, c’est-à-dire à la manière dont il faut s’y prendre pour ne pas la perdre. In patientia. Donc dans la souffrance, et en la greffant, comme dit saint Paul, à l’arbre du Christ crucifié.

L’antienne pour l’offrande des oblations par le peuple est tirée du psaume 31, et elle est commune à la messe des saints Fabien et Sébastien.

La collecte qui sert de prélude à l’anaphore est la même que le 14 avril pour la messe des martyrs Tiburce, Valérien et Maxime. Cependant la prière suivante est indiquée dans le Sacramentaire : Votiva, Domine, munera deferentes, in tuorum Marcellini et Petri martyrum passione, tuam magnificentiam veneramur, et per eam nobis imploramus tuæ pietatis auxilium [15].

Autrefois, la préface elle aussi était propre : ... æterne Deus ; apud quem semper est præclara vita Sanctorum, quorum nos pretiosa mors lætificat et tuetur. Quapropter Martyrum tuorum Marcellini et Petri gloriosa recensentes natalitia, laudes tibi referimus, et magnificentiam tuam supplices exoramus, ut quorum sumus martyria venerantes, beatitudinis mereamur esse consortes [16].

L’antienne pour la Communion du peuple est tirée de la Sagesse (III, I, 2, 3) : « Les âmes des justes sont dans les mains de Dieu, et le tourment que leur inflige le démon ne les touche pas ; aux yeux des insensés ils ont semblé devoir succomber à la mort ; au contraire ils sont dans la paix. »

Par une permission de Dieu, de même que les impies avaient déchiré le corps très saint du Christ, ils s’en prennent aussi aux membres de ses serviteurs. L’Agneau éternel, que saint Jean dit immolé depuis le commencement du monde, ne pouvant personnellement pâtir au delà des courtes années de sa vie terrestre, continue à souffrir et à s’immoler dans ses saints.

Ces persécutions des justes sont toutefois simplement externes et apparentes. Comme la tempête ride seulement les vagues de la mer, mais n’arrive pas à agiter les eaux au sein de l’océan, ainsi les tribulations extérieures ne parviennent pas à altérer l’ineffable sérénité et la paix des saints, dont l’esprit demeure immobile au centre du Cœur de Dieu.

La prière après la Communion est la même que pour la fête des martyrs Tiburce et Valérien le 14 avril.

Dans les anciens Sacramentaires, la prière ad complendum est ainsi conçue : Intercedentibus Sanctis tuis, Domine, Marcellino et Petro, plebi tuæ præsta subsidium ; ut ab omnibus noxiis expedita, cuncta sibi profutura perficiat [17]. — Voilà la grande grâce à obtenir des martyrs, voilà le critérium selon lequel nous devons nous conduire : ne faire que ce qui nous est vraiment utile pour l’éternité. Cuncta sibi profutura perficiat. Cuncta, c’est-à-dire non pas quelque bien en particulier, mais tout le bien qui nous est possible ; en d’autres termes, atteindre cette mesure de grâce et de sainteté que le Seigneur a préétablie pour chacun de nous, secundum mensuram donationis Christi [18].

Durant le temps pascal, les lectures et les collectes sont les mêmes. Les chants antiphoniques sont ceux du 14 avril, fête des martyrs Tiburce, Valérien et Maxime. Après la première lecture, voici les versets alléluiatiques : « (Ioan., XV, 16) Je vous ai tirés, etc., comme ci-dessus. » (Ps. 115) : « La mort de ses saints est précieuse devant le Seigneur. »

Saint Érasme, évêque et martyr.

Station au monastère de Saint-Érasme, dans le Xenodochium Valerii.

Aujourd’hui le Hiéronymien porte : in Campania Herasmi. Cet évêque fut martyrisé à Formies au début du IVe siècle, mais sa fête, dès le commencement du moyen âge, se répandit dans le Latium et la Campanie. De bonne heure elle entra aussi dans la liturgie romaine, grâce surtout à la renommée qu’eut le monastère d’hommes dédié à ce Saint sur le mont Cœlius, là où auparavant s’élevait la maison de Mélanie et de Pinien, devenue ensuite le Xenodochium des Valerii chrétiens.

Sans aller jusqu’à attribuer la fondation de ce monastère à saint Benoît ou à saint Placide, comme l’a fait gratuitement Constantin Gaetani, on peut affirmer qu’il remonte au VIe siècle, puisque le pape Adéodat (+ 619) y fut instruit dans sa jeunesse. Devenu Pontife, il l’enrichit de biens nombreux qui furent plus tard concédés à l’abbaye de Subiaco, à laquelle le monastère de Saint-Érasme finit par être annexé.

Les fouilles pratiquées à diverses époques dans ce sol classique, occupé aujourd’hui par deux maisons de santé, ont toujours amené à la lumière des richesses archéologiques très précieuses. Ainsi Ficoronifit jadis connaître une bulle plombée du monastère sur un côté de laquelle on lisait :

† SCS ERASMVS

et au revers :

IOH • ET • DECIBIVS • V • P • A •

Au XVIe siècle, on trouva en ce lieu divers diplômes de bronze en l’honneur de Q. Aradius Valerius Proculus, avec la célèbre lampe de bronze en forme de navire, sur laquelle étaient gravés ces mots :

DOMINVS • LEGEM • DAT • VALERIO • SEVERO

II s’agit d’un cadeau à l’occasion d’un baptême.

Dans le Liber Pontificalis il est souvent question du monastère romain de Saint-Érasme en des circonstances tantôt peu heureuses, tantôt indifférentes. Là fut gardé quelque temps, prisonnier des factieux, le pape saint Léon III qui, plus tard, peut-être en souvenir de sa délivrance inattendue, offrit à l’autel du martyr un précieux vêtement liturgique et une lampe d’argent. Grégoire IV donna lui aussi un ornement à Saint-Érasme.

Aujourd’hui, le monastère de Saint-Érasme au Cœlius est détruit, mais sa mémoire est conservée dans la Ville éternelle par un autel qui lui est dédié dans la basilique vaticane. Saint Grégoire le Grand mentionne deux monastères dédiés à saint Érasme, l’un à Naples, l’autre sur le versant du mont Repperi [19].

[15] Offrant des dons votifs, Seigneur, en la passion de vos martyrs Marcellin et Pierre, nous vénérons votre magnificencen et par elle, nous implorons pour nous le secours de votre piété.

[16] ...Dieu éternel, auprès de vous est pour toujours la vie glorieuse des Saints, dont la mort prétieuse nous réjouit et nous protège. C’est pourquoi, célébrant le jour glorieux de la naissance au ciel de vos Martyrs Marcellin et Pierre, nous vous offrons nos louanges, et nous prions en suppliant votre magnificence, afin que nous méritions d’être associer à la béatitude de ceux dont nous vénérons le martyre.

[17] Par l’intercession de vos Saints Marcellin et Pierre, soutenez, Seigneur, votre peuple ; pour qu’épargnés de tout mal, il accomplisse tout ce qui lui sera bon pour la vie éternelle.

[18] Ephes. 4, 7 : selon la mesure du don de Jésus-Christ.

[19] Registr. I, 23, IX, 172. Ewald-Hartmann, I, p. 27, t. II, p. 169.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Saint Marcellin, prêtre ; Saint Pierre, exorciste ; Saint Érasme, évêque ; martyrs (simple).

Les souffrances de ce temps et la gloire future.

Les saints. — Tombeau : Les deux premiers furent ensevelis d’abord dans la crypte de Tiburce, à Rome ; maintenant, le tombeau de saint Marcellin se trouve à Seligenstadt (Allemagne). Saint Érasme fut enterré à Gaète (Italie). Image : On les représente en martyrs ; Érasme, en évêque avec un bassin de poix et un dévidoir. Vie : L’exorciste Pierre fut jeté en prison sous Dioclétien. Là, il délivra la fille du geôlier du mauvais Esprit ; alors le geôlier se convertit avec toute sa famille. Pierre les conduisit au prêtre Marcellin qui les baptisa. Pour cette raison, Marcellin fut lui-même emprisonné et cruellement torturé. Enfin, les deux martyrs furent décapités (vers 303). Le pape saint Damase raconte dans une inscription que, tout enfant, il a entendu raconter par le geôlier lui-même les détails de l’exécution des deux saints. Érasme était évêque en Campanie. Il fut arrosé de plomb fondu, mais il demeura sain et sauf. On le revêtit ensuite d’une tunique d’airain brûlant, mais cette fois encore il ne subit aucun dommage. Il mourut enfin d’une mort paisible. C’est un des 14 saints qu’on invoque dans les cas désespérés.

Pratique : Un exorciste, un prêtre, un évêque, c’est-à-dire trois personnes « du clergé », se tiennent devant nous comme martyrs du Christ. Ils ont payé de leur vie l’exercice de leurs fonctions saintes pour le bien des âmes. Faisons en sorte que l’union entre le clergé et le peuple soit toujours intime et fructueuse. C’est justement le renouveau liturgique qui amènera cette union.


Saints Marcellin, Pierre et Erasme (+ 304 ou 305)

Pierre, exorciste à Rome sous l’empereur Dioclétien, ayant été jeté en prison par le juge Sérénus pour avoir confessé la foi chrétienne, délivra Pauline, fille d’Artémius, directeur de la prison, d’un démon qui la tourmentait. Sur quoi, les parents de la jeune fille, avec toute sa famille et les voisins accoururent à ce prodige inouï, furent gagnés au Christ, et conduits par Pierre au prêtre Marcellin qui les baptisa tous. Dès que Sérénus l’eut appris, il fit comparaître Pierre et Marcellin et les reprit durement, joignant à la sévérité de ses reproches les plus redoutables menaces, s’ils ne reniaient pas le Christ. C’est avec la liberté du chrétien que Marcellin lui répondit. Aussi son juge, après l’avoir laissé frapper de coups de poings, ordonna de le séparer de Pierre et de le jeter nu, sans nourriture et sans lumière, dans un cachot jonché de tessons de verre. Pierre aussi, sur ses ordres, fut enchaîné d’entraves étroitement serrées. Mais les tourments ne faisaient qu’accroître leur foi et leur courage à tous deux ; ils restèrent fermes dans la confession de la foi et, décapités, rendirent ainsi à Jésus-Christ un éclatant témoignage. L’Évêque Érasme, au temps des empereurs Dioclétien et Maximien, fut supplicié en Campanie, flagellé avec des lanières plombées et des verges. Plongé ensuite dans la résine, le plomb fondu, la poix brûlante, la cire, et arrosé d’huile bouillante, il en sortit cependant entier et sans blessure. A cause de ce miracle, beaucoup se convertirent à la foi du Christ. Ramené en prison et entravé avec des chaînes de fer très lourdes, il en fut miraculeusement délivré par un ange. Puis, à Formies, soumis par Maximien à des supplices variés, revêtu d’une tunique d’airain incandescent, le saint surmonta tous ces tourments par la vertu divine. Finalement, après avoir converti et confirmé dans la foi un grand nombre de prosélytes, il obtint la palme insigne du martyre.


Marcellinus and Peter MM (RM)

Died 304. Marcellinus, a Roman priest, and Peter, an exorcist, renowned for their zeal and piety, are named in the Roman canon of the Mass. During the Diocletian persecution, they were secretly condemned to die for their faith. The executioner led them into a forest, so that the Christians would be unaware of their deaths or burial site. It was not until they reached a thicket overgrown with thorns and briers, three miles from Rome, that he told them the sentence of the judge. Far from being afraid, the saints cheerfully fell to work themselves. They gathered up the brambles and cleared a spot fit for their sepulcher. After they were beheaded, their bodies were buried in the same place. Some time later their burial site was revealed mysteriously to a pious lady named Lucilla. She and another devout woman named Firmina found and honorably interred their bodies near that of Saint Tiburtius in the catacombs on the Via Labicana at "the two laurels."

Their unreliable later _acta_ say that they converted their jailer and his family while they were in prison, that the site of their execution was called Black Wood and later White Wood, and that the magistrate who condemned them was named Severus.

Evidence of their cultus is strong and early, including feasts in the sacramentaries and calendars and the survival of their tombs. Pope Saint Damasus tells us that, when he was a child, he heard these details from the lips of the executioner himself. The pope inserted them in a Latin epitaph with which he adorned their tomb. Anastasius the librarian testifies, from ancient registers, that Constantine the Great built a church in honor of these martyrs, in which his mother Saint Helena was buried, and that he gave to this church a golden paten, weighing thirty-five pounds, as well as many other rich presents. Honorius I and Adrian I repaired this church and the cemetery of Saint Tiburtius.

It may seem somewhat odd that the bodies of Marcellinus and Peter were translated to Germany. This is how it happened. Blessed Charlemagne's favorite secretary, a German named Eginhard, and his wife Emma mutually agreed to vow perpetual continency. Eginhard became a monk and later was chosen abbot of Fontenelle and, in 819, of Ghent. His letters from Abbot Lupus of Ferrieres reveal that he was terribly grieved at the death of his wife Emma in 836. Eginhard sent his secretary to Rome to procure from pope Gregory IV relics of martyrs to enrich the monasteries which he had founded or repaired. The pope sent him the bodies of SS. Marcellinus and Peter, which Eginhard translated to Strasburg, France. Later he translated them to Michlenstadt, then to Seligenstadt, between Frankfurt and Aschaffensburg, where, in 829, he built a church and monastery in their honor. The story of the translation of their relics, including the miracles that then took place, is recorded in Eginhard's own writings, as well as in works by Sigebert, Aymoinus, Rabanus Maurus, and others. Pope Gregory the Great preached his twenty homilies on the gospels in the church of SS. Marcellinus and Peter at Rome (Attwater, Benedictines, Farmer, Husenbeth).


Marcellinus and Peter

Died: 304

Though we know very little about these two martyrs under Diocletian, there is no question that the early church venerated them. Evidence of the respect in which they were held are the basilica Constantine built over their tombs and the presence of their names in the first eucharistic prayer.

Pope St. Damasus says that he heard the story of these two martyrs from their executioner who became a Christian after their deaths. Marcellinus, a priest, and Peter, an exorcist, died in the year 304. According to a legendary account of their martyrdom, the two Romans saw their imprisonment as just one more opportunity to evangelize and managed to convert their jailer and his family. The legend also says that they were beheaded in the forest so that other Christians wouldn't have a chance to bury and venerate their bodies. Two women found the bodies, however, and had them properly buried.


SS. MARCELLINUS AND PETER, MM.

Feast: June 2

Marcellinus was a priest, and Peter an exorcist, both of the clergy of Rome, and eminent for their zeal and piety. In the persecution of Dioclesian, about the year 304, they were condemned to die for their faith: and by a secret order of the judge, the executioner led them into a forest, that the holy men being executed privately, no Christians might be acquainted with the place of their sepulchre. When he had brought them into a thicket overgrown with thorns and briers, three; miles from Rome, he declared to them his sanguinary commission. The saints cheerfully fell to work themselves, grubbed up the brambles, and cleared a spot fit for their sepulchre. After they were beheaded, their bodies were buried in the same place. Some time after, Lucilla, a pious lady, being informed by revelation, and assisted by another devout lady named Firmina, took up their bodies and honorably interred them near that of St. Tiburtius on the Lavican road in the Catacombs. Pope Damasus assures us, that, when a child, he learned all these particulars from the mouth of the executioner himself, and he has inserted them in a Latin epitaph with which he adorned their tomb. Anastasius the librarian testifies from ancient registers, that Constantine the Great built here a church in honor of these martyrs, in which he caused his mother St. Helena to be buried under a porphyry tomb, on the Lavican road, three miles from Rome, and that he gave to this church a paten, weighing thirty-five pounds, of pure gold, with many other rich presents; which is also mentioned by Bede,1 Ado,2 and Sigebert.3 The porphyry mausoleum of St. Helena is still shown among other antiquities near the Lateran basilica. Honorius I. and Adrian I. repaired this church and cemetery of St. Tiburtius, and SS. Marcellinus and Peter, as Anastasius mentions. Not long after, the bodies of SS. Marcellinus and Peter were translated into Germany on the following occasion. Eginhard, a German, the favorite secretary of Charlemagne, and his wife Emma, by mutual consent, made a vow of perpetual continency; and becoming a monk, was chosen abbot of Fontenelle, and, in 819, abbot of Ghent. Emma died in 836, to his great affliction, as appears from the letters of Lupus, abbot of Ferrieres, to him. This great man, in 827, sent his secretary to Rome, to procure from pope Gregory IV. some relies of martyrs to enrich the monasteries which he had founded or repaired. The pope sent him the bodies of SS. Marcellinus and Peter, which Eginhard translated to Strasburg. But soon after he deposited them first at Michlenstad; and afterwards at Malinheim, since called Selgenstad, three leagues from Frankfort, and two from Achaffenburg; where, in 829, he built to their honor a church and monastery, of which he died the first abbot. Besides the life of Charlemagne, and the annals of France, during the reigns of Pepin, Charlemagne, and Louis Debonnaire, he wrote four books in prose, and one in verse, on the translation of SS. Marcellinus and Peter. This translation is also mentioned by Sigebert, Aymoinus, Rabanus Maurus, &c. Pope Gregory the Great preached his twenty homilies on the gospels in the church of SS. Marcellinus and Peter at Rome; as appears from some of them, and from the testimony of John the Deacon.4 See their acts and the history of their translation in Papebroke, t. 1, Junij, p. 170, and Laderchius, Diss. de Basilicis, SS. Marcellini and Petri; Romae, 1705

Endnotes

1 Beda, l. de temporibus.

2 Ado in martyrol.

3 Chron. ad an 849.

(Taken from Vol. 6 of "The Lives or the Fathers, Martyrs and Other Principal Saints" by the Rev. Alban Butler, the 1864 edition published by D. & J. Sadlier, & Company)

Provided Courtesy of: Eternal Word Television Network, 5817 Old Leeds Road, Irondale, AL 35210


SOURCE : http://www.ewtn.com/library/mary/marpete.htm

June 2

SS. Marcellinus and Peter, Martyrs

MARCELLINUS was a priest, and Peter an exorcist, both of the clergy of Rome, and eminent for their zeal and piety. In the persecution of Dioclesian, about the year 304, they were condemned to die for their faith: and by a secret order of the judge, the executioner led them into a forest, that the holy men being executed privately, no Christians might be acquainted with the place of their sepulchre. 1 When he had brought them into a thicket overgrown with thorns and briers, three miles from Rome, he declared to them his sanguinary commission. The saints cheerfully fell to work themselves, grubbed up the brambles, and cleared a spot fit for their sepulchre. 2 After they were beheaded, their bodies were buried in the same place. Some time after, Lucilla, a pious lady, being informed by revelation, 3 and assisted by another devout lady named Firmina, took up their bodies, and honourably interred them near that of St. Tiburtius on the Lavican road in the Catacombs. Pope Damasus assures us, that, when a child, he learned all these particulars from the mouth of the executioner himself, 4 and he has inserted them in a Latin epitaph with which he adorned their tomb. Anastasius the librarian testifies, from ancient registers, that Constantine the Great built here a church in honour of these martyrs, in which he caused his mother St. Helena to be buried under a porphyry tomb, on the Lavican road, three miles from Rome, and that he gave to this church a paten weighing thirty-five pounds, 5 of pure gold, with many other rich presents; which are also mentioned by Bede, 6 Ado, 7 and Sigebert. 8 The porphyry mausoleum of St. Helena is still shown among other antiquities near the Lateran basilic. Honorius I., and Adrian I., repaired this church and cemetery of St. Tiburtius, and SS. Marcellinus and Peter, as Anastasius mentions. Not long after the bodies of SS. Marcellinus and Peter were translated into Germany on the following occasion: Eginhard, a German, the favourite secretary of Charlemagne, and his wife Emma, by mutual consent, made a vow of perpetual continency; and becoming a monk, was chosen abbot of Fontenelle, and, in 819, abbot of Ghent. Emma died in 836, to his great affliction, as appears from the letters of Lupus, abbot of Ferrieres, to him. This great man, in 827, sent his secretary to Rome, to procure from Pope Gregory IV., some relics of martyrs to enrich the monasteries which he had founded or repaired. The pope sent him the bodies of SS. Marcellinus and Peter, which Eginhard translated to Strasburg. But soon after he deposited them first at Michlenstad; and afterwards at Malinheim, since called Selgenstad, three leagues from Francfort, and two from Achaffenburgh; where, in 829, he built to their honour a church and monastery, of which he died the first abbot. Besides the life of Charlemagne, and the annals of France, during the reigns of Pepin, Charlemagne, and Lewis Debonnaire, he wrote four books in prose, and one in verse, on the translation of SS. Marcellinus and Peter. This translation is also mentioned by Sigebert, Aymoinus, Rabanus Maurus, &c. Pope Gregory the Great preached his twenty homilies on the gospels in the church of SS. Marcellinus and Peter at Rome; as appears from some of them, and from the testimony of John the Deacon. 9 See their acts and the history of their translation in Papebroke, t. 1, Junij, p. 170, and Laderchius, Diss. de Basilicis SS. Marcellini & Petri. Romæ. 1705.

Note 1. Nec tumulum vestrum quisquam cognoscere posset. Damasus, Carm. 12, p. 152. [back]

Note 2. Vos alacres vestris manibus mundasse sepulchra, ib. [back]

Note 3. Postea commonitam vestrâ pietate Lucillam, ib. [back]

Note 4. Percussor retulit Damaso mihi cum puer essem, ib. [back]

Note 5. The paten used at the altar was anciently of a much larger size than at present, that the offerings or the hosts of all the congregation who communicated at mass, might be laid on it. Whence, during that part of the sacrifice in which it was not used, it was taken off the altar, and held by the subdeacon. See Vert and Le Brun sur Les Liturg. t. 1. [back]

Note 6. Beda l. de temporibus. [back]

Note 7. Ado in martyrol. [back]

Note 8. Chron. ad an. 849. [back]

Note 9. Joan. Diac. in vita S. Gregorii, M. l. 2, n. 18. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/022.html

June 2

St. Erasmus, Bishop and Martyr

HE suffered torments and a cruel death in the persecution of Dioclesian at Formiæ, in the year 303. St. Gregory the Great testifies that his body remained in that city in the sixth age. 1 Formiæ being destroyed by the Saracens in the ninth century, the sacred treasure was translated with the episcopal see to Cajeta, in 842. This saint is corruptly called St. Elmo 2 for Ermo, the abbreviation for Erasmus; and he was usually invocated by sailors in the Mediterranean. St. Erasmus is commemorated in the new Paris Breviary, and a portion of his relics is possessed by a nunnery near Gournay, in that diocess, much frequented by pilgrims. See the Bollandists.

Note 1. St. Greg. b. 1, ep. 8. [back]

Note 2. St. Peter Gonzales, whom see on the 14th of April, is also a patron of mariners, and called St. Elm. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.