samedi 15 juin 2013

Saints VITE (ou GUY), MODESTE et CRESCENCE, martyrs



Saints Vite (ou Guy), Modeste et Crescence

Culte local romain au VIIème siècle. Fête au XIIème siècle.

Saint Vite est un martyr de Lucanie, dont le culte se propagea de bonne heure dans l’Italie méridionale et spécialement en Sicile. C’est là que la légende lui adjoignit deux compagnons, Modeste et Crescent. Le culte de saint Vite est attesté à Rome au 7e siècle par le sacramentaire gélasien. Il avait pour centre l’Esquilin, où une diaconie et un monastère avaient saint Vite pour titulaire [1].

Le Hiéronymien annonce successivement : in Lucania Viti ; in Sicilia Viti, Modesti et Crescentiae. Bède adopte la première mention. Les Gélasiens du 8e et l’évangéliaire romano-franc de 750 font de même. Florus, suivi par Adon et Usuard, opte pour la légende sicilienne. A Rome on trouve saint Vite seul dans l’évangéliaire du 9e siècle et, au 11e siècle, dans les témoins. A la fin du 12e siècle, c’est la légende sicilienne qui prévaut au Latran et au Vatican.

[1] G. Ferrari, Early roman monasteries, pp. 345-352.

Leçon des Matines avant 1960

Troisième leçon. Vite fut baptisé tout enfant à l’insu de son père, qui, l’ayant appris, n’omit rien pour détacher son fils de la religion chrétienne ; et comme l’enfant demeurait inébranlable, il le livra au juge Valérien pour être battu de verges ; Vite persistant néanmoins dans sa résolution, on le rendit à son père. Pendant que celui-ci cherchait de plus grands châtiments, le jeune Vite, averti par un Ange et conduit par Modeste et Crescence, qui l’avaient élevé, gagna une terre étrangère. Là, sa sainteté arriva à un tel éclat, que sa renommée parvint jusqu’à Dioclétien. L’empereur, qui avait un fils tourmenté par le démon, appela le Saint pour l’en délivrer ; mais, cette délivrance une fois obtenue, le prince ingrat tenta, par l’offre des plus grandes récompenses, d’amener le libérateur de son fils au culte des faux dieux, et, ne pouvant y réussir, il le fit jeter en prison, chargé de chaînes, avec Modeste et Crescence. Les trouvant plus inébranlables que jamais, l’empereur donna l’ordre de les plonger dans une chaudière remplie de plomb fondu, de poix et de résine embrasée ; comme les trois enfants hébreux, ils y chantèrent des hymnes au Seigneur. On les en retira pour les jeter à un lion ; mais le lion se coucha devant eux et lécha leurs pieds. Enflammé de colère de voir la foule touchée par ce miracle, Dioclétien les fit étendre sur le chevalet, où leurs membres furent mis en pièces et leurs os rompus. Au même moment se produisirent des éclairs, du tonnerre et de grands tremblements de terre qui renversèrent les temples des dieux et tuèrent beaucoup de monde. Une femme noble, appelée Florence, recueillit les restes des Martyrs et, les ayant embaumés de parfums, les ensevelit honorablement.




Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’Esprit divin qui règne sur cette partie du Cycle, est avant tout le témoin du Verbe [2]. L’Homme-Dieu l’annonçait sous ce titre au monde qu’il devait laisser pour retourner à son Père, après avoir rendu lui-même son grand témoignage à la vérité souveraine [3]. Formés par l’Esprit sur le type du Fils de l’homme, les fidèles sont aussi des témoins, dont la mission est de refouler le mensonge, ennemi de Dieu, en exprimant la vérité dans leurs paroles et leurs actes. Mais le témoignage suprême, qu’il n’est pas donné à tous de rendre, est celui du sang ; les martyrs sont les privilégiés de cette lutte incessante du vrai contre le faux, en laquelle se résume l’histoire. Ils ne pouvaient manquer de briller au ciel en ces jours. Bientôt l’Église va tressaillir à la naissance de Jean le Précurseur, cet homme si grand entre tous [4], et dont la grandeur fut d’avoir été envoyé par Dieu pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière [5]. Nous aurons alors occasion de méditer plus longuement ces pensées, auxquelles semblent vouloir nous préparer déjà les groupes joyeux de martyrs qui vont se succéder, comme pour annoncer la prochaine arrivée de l’Ami de l’Époux [6].

Aujourd’hui, accompagné de ses fidèles nourriciers Modeste et Crescence, c’est un enfant qui vient nous apprendre le prix du baptême, et la fidélité due contre tous au Père qui est dans les cieux. Sa gloire est grande, au ciel et sur la terre ; les démons, qui tremblaient devant lui, continuent de le craindre ; son nom reste inscrit dans la mémoire du peuple chrétien comme celui de l’un de ses plus puissants auxiliaires, à la suite de saint Elme ou Érasme, dont le commencement de ce mois nous ramenait le souvenir. Saint Vite, ou saint Gui, garde le pouvoir de délivrer ceux qui recourent à lui dans les atteintes du triste mal qui porte son nom. Il neutralise la morsure des chiens enragés, et se montre secourable aux animaux eux-mêmes. On le prie encore contre la léthargie, ou le sommeil trop prolongé ; le coq qui l’accompagne en diverses représentations rappelle cet usage, ainsi que celui d’invoquer notre saint pour obtenir d’être réveillé à une heure déterminée.

Vos combats sont finis, glorieux martyrs ; ils ont peu dure, mais la couronne qu’ils vous valurent est éternelle. Pour toujours vous est acquise, ô Modeste et Crescence, la reconnaissance de Dieu même, à qui vous avez rendu fidèlement le dépôt qu’il vous confia dans cet enfant devenu le vôtre par là foi et le saint baptême. Et vous, noble enfant qui préférâtes le Père du ciel à celui de la terre, qui dira la tendresse dont vous entoure à jamais Celui que vous avez si courageusement reconnu devant les hommes ? Il veut que dès ici-bas éclatent à votre endroit les marques de sa munificence ; car il vous confie une large part dans l’exercice de sa puissance miséricordieuse. En retour de la sainte liberté qui, dès les premières lueurs de la raison, régna dans votre âme et soumit dans une complète obéissance votre corps à cette âme, vous possédez sur la nature déchue un pouvoir merveilleux : les malheureux dont les membres désordonnément agités par une cruelle maladie ne connaissent plus la direction d’une volonté maîtresse, les hommes mêmes qu’un sommeil trop prolongé ne laisse point libres de leurs actes, retrouvent à vos pieds la parfaite harmonie du corps et de l’âme, la docilité du premier permettant à celle-ci de vaquer aux devoirs qui lui incombent envers Dieu et la société. Illustre saint, soyez toujours plus large dans l’exercice de votre don précieux, pour le bien de l’humanité souffrante et la plus grande gloire du Dieu qui vous a couronné. Nous vous demandons pour tous avec l’Église, et par vous nous demandons à Dieu la destruction de l’orgueil qui rompt l’équilibre dans l’homme et le fait dévier de sa voie, le mépris du mal qui lui rend au contraire la liberté dans l’amour : superbe non sapere, sed placita humilitate proficere, ut, prava despiciens, quœcumque recta sunt libera exerceat charitate [7].

[2] Johan. XV, 26.

[3] Ibid. XVIII, 37.

[4] Matth. XI, 11.

[5] Johan. I, 6-8.

[6] Johan. III, 29.

[7] Collecta diei.




Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Les Actes de saint Vite ont tellement subi d’interpolations qu’il est difficile d’y retrouver la vérité. Il s’agit d’un martyr auquel le Hiéronymien assigne pour patrie tantôt la Lucanie, tantôt la Sicile, et dont le culte fut très répandu en Italie durant la période lombarde. La présence d’une messe en son honneur dans le Gélasien, est due sans doute à l’existence du monastère de Saint-Vite, près de l’arc de Gallien. C’est de ce monastère qu’en 768 fut élevé au pontificat, en compétition avec Sixte IV, le prêtre Philippe. Celui-ci voyant dès le lendemain que les choses tournaient mal, revint aux tranquilles travaux de son cloître et ne voulut plus entrer dans ces compétitions contre le pontife légitime.

Le Liber Pontificalis mentionne un autre oratoire, dédié à saint Vite, et qui s’élevait dans le monastère de Corsas sur la voie Appienne. Cette chapelle a disparu depuis longtemps. En revanche, la diaconie de Saint-Vite existe encore, et les fidèles la fréquentent toujours, particulièrement s’ils ont été victimes de chiens enragés ou de serpents venimeux ; souvent, ils y obtiennent la santé.

La messe était, à l’origine, exclusivement dédiée à saint Vite ; plus tard, les martyrs Modeste et Crescence y eurent part eux aussi ; selon les Actes, le premier aurait été le précepteur et la seconde, la nourrice de saint Vite.

L’antienne pour l’introït est tirée du psaume 33 et décrit le sort des justes tant en ce monde que dans l’autre : ici-bas, ils sont éprouvés par de nombreuses tribulations, afin qu’ils accomplissent en eux-mêmes le mystère du Crucifié ; mais Dieu les secourt par sa grâce, et non seulement au ciel il préserve leur âme de la haine des persécuteurs, mais encore il se porte garant de leur réunion à leur corps, qui repose sous l’autel du temple dans l’attente de la résurrection finale.

La première collecte veut nous obtenir du Seigneur l’humilité, cette humilité si nécessaire à la vie chrétienne, et grâce à laquelle tant d’âmes simples et pauvres, et jusqu’à des enfants, assistés de la divine puissance, affrontèrent le martyre. Cette basse opinion de nous-mêmes, ce dépouillement de l’esprit propre, éteindra en nous la fièvre de l’égoïsme et nous rendra agiles dans l’exercice de la divine charité.

La première lecture est tirée du livre de la Sagesse (III, 1-18). L’âme des justes s’est confiée à Dieu, et il la garde et la sauve, même si dans ce but il permet que les impies l’éprouvent par leurs tourments. Ceux-ci, loin de contrevenir d’une façon quelconque aux desseins divins, entrent au contraire dans leur plan pour la prédestination des élus, puisque l’épreuve à laquelle ils soumettent les saints est comme la flamme d’un creuset où l’or se purifie.

Le répons est tiré du psaume 149 et continue, pour ainsi dire, la description du paradis des martyrs, commencée dans la lecture précédente. — Tel est, en effet, le véritable caractère du psaume responsorial classique : il doit être en étroite relation avec la lecture, comme s’il voulait exprimer les sentiments que celle-ci a excités dans l’auditoire. — « Que les saints triomphent dans la gloire, et qu’assis sur leurs lits, ils chantent. Chantez à Yahweh un cantique nouveau, — celui de l’amour, explique saint Augustin, — célébrez-le au milieu des assemblées des justes ». Les saints dans le ciel sont unis entre eux par une charité si parfaite que la béatitude de l’un est un motif pour tous les autres de se réjouir et de glorifier Dieu.

Le verset alléluiatique est semblable à l’antienne d’introït du 22 avril.

La lecture évangélique est tirée de saint Luc (X, 16-20). Jésus confère à ses disciples tout pouvoir sur le démon, en sorte que les serpents et les autres animaux venimeux ne pourront leur nuire, allusion évidente à la vertu thaumaturgique de saint Vite en faveur des victimes de l’hydrophobie. — Toutefois, loin de mettre leur confiance dans ces grâces qui leur sont principalement accordées pour l’édification d’autrui, que les chrétiens visent de plus en plus à acquérir les vertus qui assureront leur salut éternel. Ainsi faisait saint Paul ; au moyen de la pénitence il réduisait son corps en servitude, pour ne pas connaître le malheur d’être rejeté avec les réprouvés après avoir évangélisé le monde entier.

L’antienne qu’on intercalait dans le psaume 67 durant la présentation des offrandes, est identique à celle du 22 janvier. Le sens littéral ne se rapporte point aux saints, comme le ferait croire la version latine, mais au sanctuaire de Jérusalem. « O Yahweh, vous êtes terrible de votre sanctuaire ! Le Dieu d’Israël donne à son peuple valeur et force. Yahweh soit béni ! » Voici, donc, d’où les martyrs ont tiré un si grand courage. « Aujourd’hui, — disait sainte Félicité de Carthage en proie aux douleurs de l’enfantement, — aujourd’hui c’est moi qui souffre ce que je souffre ; quand, au contraire, je serai exposée aux bêtes féroces dans le cirque, alors ce sera un autre qui souffrira pour moi, puisque c’est pour lui qu’alors je souffrirai. »

La collecte avant l’anaphore a une exquise saveur d’antiquité classique. « Comme aujourd’hui les oblations présentées à l’autel pour la fête des martyrs sont une confirmation de la puissance de la divine grâce, qu’ainsi elles nous obtiennent le salut à nous aussi ».

L’antienne pour la distribution des saints Mystères au peuple est la même que le 2 juin. Les pensées de la foi et les jugements de Dieu sont bien différents de ceux du monde. Les martyrs succombent au milieu des douleurs et des tourments ; les persécuteurs appellent cela la mort, tandis qu’eux au contraire, calmes et sereins, prennent leur vol vers le ciel.

La prière après la Communion contient une allusion au caractère solennel et stationnal qu’avaient autrefois toutes ces messes de martyrs. « Comblés aujourd’hui d’une solennelle bénédiction, nous vous demandons, Seigneur, par l’intercession de vos martyrs Vite, Modeste et Crescence, que la grâce médicinale du Sacrement soit profitable à notre âme non moins qu’à notre corps ».

Comme nous l’avons déjà observé ailleurs, la divine Eucharistie, en tant qu’elle contient l’antidote du poison répandu par le serpent dans le fruit de l’Éden, peut conférer au corps lui-même santé, force et heureuse jeunesse. Saint Grégoire de Nazianze raconte que sa sœur n’acceptait pas d’autres remèdes que la sainte Communion. Aussi l’Église, dans ses collectes, nous fait-elle demander souvent avec la santé de l’âme celle du corps, pour que nous puissions mieux servir Dieu et le prochain.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

L’humilité est la vertu fondamentale.

1. Les saints du jour. — Jour de mort : 15 juin, vers 305. Tombeau : Primitivement à Rome. Les reliques de saint Vit furent transférées en divers lieux ; un bras se trouve dans la cathédrale Saint-Vit, à Prague. Image : On représente saint Vit avec une bassine de poix bouillante. Vie : D’après les actes légendaires, Vit fut baptisé tout enfant à l’insu de son père. Dès que son père l’apprit, il le fit battre de verges par le juge. Comme son père songeait à des châtiments plus sévères, Vit, sur l’ordre d’un ange, se rendit en Sicile avec son maître Modeste et sa nourrice Crescence. Mais là aussi ils furent persécutés à cause de la foi. On les jeta dans une chaudière d’huile bouillante, mais, comme les trois jeunes gens dans la fournaise, ils n’eurent aucun mal et chantèrent les louanges de Dieu. Les bêtes féroces ne voulurent pas les toucher ; Enfin ils moururent tous martyrs. Saint Vit est un des 14 saints qu’on invoque dans les cas désespérés.

Pratique. — L’oraison d’aujourd’hui nous enseigne à pratiquer, à l’exemple de nos saints martyrs, la vertu d’humilité : « Nous t’en prions, Seigneur, donne à ton Église, par l’intercession des saints martyrs, Vit, Modeste et Crescence, de ne pas avoir des sentiments d’orgueil, mais de marcher dans l’humilité qui te plaît, afin qu’elle méprise le mal et accomplisse tout bien dans la liberté de la charité ».

2. La messe (Multae tribulationes). — La messe contient presque uniquement des textes propres. Ces textes sont, comme c’est le cas dans les messes antiques, un éloge du martyre. Dès l’Introït, l’Église nous enseigne que les martyrs, malgré toutes leurs tribulations, sont dans la main de Dieu. Dieu les garde pour l’éternité. La communauté chante en même temps le psaume de prédilection de l’ancienne Église, le psaume 33. La leçon exprime la même pensée : le sort des justes (« justi » est l’expression habituelle de la liturgie) sur la terre et dans le ciel. Ici, ils souffrent de grands tourments, mais ils sont comme l’or qui doit être purifié dans le feu des souffrances. Dieu accepte leur mort comme un agréable holocauste. Là-haut, ils brilleront comme des étincelles et participeront à la royauté du Christ. Le Graduel se rattache, comme un écho, à l’Épître. L’Alléluia est un véritable « louez le Seigneur » dans la bouche des saints. L’Évangile ne se trouve sans doute nulle part ailleurs dans le missel. Les 72 disciples que le Seigneur a envoyés se réjouissent du succès merveilleux qu’ils ont remporté. Le Christ confirme qu’il leur a donné le pouvoir de « marcher sur les serpents et les scorpions, et la force contre toute puissance de l’ennemi ». Mais ils doivent estimer bien plus la joie d’être enfants de Dieu, le fait « que leurs noms sont écrits au ciel ». L’Évangile est très bien choisi par rapport au pouvoir des miracles qu’exerce saint Vit (il est considéré comme thaumaturge surtout pour ceux qui sont mordus par des chiens enragés et des serpents venimeux) ; mais l’Église nous enseigne aussi la véritable manière d’honorer les saints. Le rôle des saints n’est pas de nous aider dans nos besoins terrestres ; leur rôle, principal est de nous assurer le bonheur éternel. Les membres glorifiés du corps mystique doivent conduire à l’éternelle béatitude les membres qui ne sont pas encore glorifiés. Nous allons à l’Offrande en répétant ce cri qu’aimait tant l’ancienne Église : « Dieu est admirable dans ses saints ». L’antienne de communion se contente de répéter un verset de la leçon : « Les saints sont dans la paix ». Ce mot paix signifie la béatitude. Une partie de cette paix coule maintenant dans nos âmes par la sainte Eucharistie. La postcommunion nous enseigne que le pain du ciel est un remède pour le corps et pour l’âme.

SOURCE : http://www.introibo.fr/15-06-Sts-Vite-ou-Guy-Modeste-et



Saint Guy

Il subit le martyre dans la province de Matera (Italie) au cours des premiers siècles. Son culte se développa en Allemagne à partir de 836, date à laquelle ses reliques arrivèrent à l'abbaye de Corvey (Saxe). Parmi les sanctuaires qui lui furent élevés en Allemagne, celui de Dresselhausen (près d'Ulm) connut la célébrité au XVème siècle. A cette époque une épidémie de chorée ravageait l'Allemagne et les Pays-Bas. On accourut de partout à Dresselhausen. Ce fut alors que cette maladie prit le nom de « danse de Saint Guy »; alors aussi celui-ci fut mis au nombre des Saints Auxiliateurs et son renom de thaumaturge se répandit dans l'Europe entière.



SAINT VITUS ET SAINT MODESTE *

Vitus est ainsi nommé de vie : or, saint Augustin dans son livre de la Cité de Dieu (Lib. XIX, II, 19) distingue trois genres de vie, savoir une vie d'action, ce qui se rapporte à la vie active; une vie de loisir, ce qui se rapporte au loisir spirituel de la vie contemplative, et une troisième, composée des deux autres. Et ces trois genres de vie résidèrent en saint Virus. Ou bien Vitus vient de vertu, vertueux.

Modeste, qui se tient dans un milieu, savoir, le milieu de la vertu. Chaque vertu tient le milieu entre deux vices qui l’entourent comme deux extrêmes. Car la prudence a pour extrêmes la ruse et la sottise; les extrêmes de la tempérance sont l’accomplissement des désirs de la chair et toute espèce d'affliction qu'on s'impose; les extrêmes de la grandeur d'âme sont la pusillanimité et la témérité ; la justice a pour extrêmes la cruauté et l’indulgence.

Virus, enfant distingué et fidèle, souffrit le martyre en Sicile, à l’âge de douze ans. Il était souvent frappé par son père pour mépriser les idoles et pour ne vouloir pas les adorer. Le président Valérien, informé de cela, fit venir l’enfant qu'il fit battre de verges, parce qu'il refusait de sacrifier aux idoles. Mais aussitôt les bras des bourreaux et la main du préfet se séchèrent. Et ce dernier s'écria : « Malheur à moi ! car j'ai perdu l’usage de ma main. » Vitus lui dit: « Que tes dieux viennent te guérir, s'ils le peuvent. » Valérien lui répondit : « Est-ce que tu ne le pourrais pas ? » « Je le puis, reprit Vitus, au nom de mon Seigneur. » Alorsl’enfant se mit en prières et aussitôt le préfet fut guéri. Et celui-ci dit au père : « Corrige ton enfant, de peur qu'il ne périsse misérablement. » Alors le père ramena son enfant chez soi, et s'efforça de changer son coeur par la musique, par les jeux avec des jeunes filles et par toutes sortes de plaisirs. Or, comme il l’avait enfermé dans une chambre, il en sortit un parfum d'une odeur admirable qui embauma son père et toute sa famille. Alors le père, regardant par la porte, vit sept anges debout autour de l’enfant: «Les dieux, dit-il, sont venus dans ma maison », aussitôt il fut frappé de cécité. Aux cris qu'il poussa, toute la ville de Lucana fut en émoi, au point, que Valérien accourut et demanda au père de Vitus quel malheur lui était survenu. « J'ai vu, lui répondit-il, des dieux de feu, et je n'ai pu supporter l’éclat de leur visage. » Alors on le conduit au temple de Jupiter, et pour recouvrer la vue il promet un taureau avec des cornes dorées: mais comme il n'obtenait rien, il pria son fils de le guérir; et par ses prières, il recouvra la vue. Or, cette merveille elle-même ne lui ouvrait pas les yeux à la foi, mais au contraire il pensait à tuer son fils; un ange du Seigneur apparut alors à Modeste, son précepteur, et lui ordonna de monter à bord d'un navire pour conduire l’enfant dans un pays étranger. Il le fit; un aigle leur apportait là leur nourriture, et ils opéraient beaucoup de miracles. Sur ces entrefaites, le fils de l’empereur Dioclétien est saisi par le démon qui déclare ne point sortir si Vitus de Lucana ne vient. On cherche Vitus, et quand on l’eut trouvé, on le mène à l’empereur. Dioclétien lui dit: « Enfant, peux-tu guérir mon fils ? » « Ce n'est pas moi, dit Vitus, mais le Seigneur. » Alors il impose les mains sur le possédé et à l’instant le démon s'enfuit. Et Dioclétien lui dit « Enfant, veille à tes intérêts et sacrifie aux dieux, pour ne pas mourir de malemort. » Comme Vitus refusait de le faire, il fut jeté en prison avec Modeste. Les fers dont on les avait garrottés tombèrent et le cachot fut éclairé par une immense lumière : cela fut rapporté à l’empereur, qui fit sortir et jeter le saint dans une fournaise ardente, mais il s'en retira intact. Alors on lâche, pour le dévorer, un lion furieux, qui fut adouci par la foi de l’enfant. Enfin on l’attacha sur le chevalet avec Modeste et Crescence, sa nourrice, qui l’avait constamment suivi. Mais soudain l’air se trouble, la terre tremble, les tonnerres grondent, les temples des idoles s'écroulent et écrasent beaucoup de personnes ; l’empereur lui-même est effrayé ; il fuit en se frappant avec les poings et dit : « Malheur à moi ! puisque je suis vaincu par un seul enfant. » Quant aux martyrs, un ange les délia aussitôt, et ils se trouvèrent sur les bords d'un fleuve, où après s'être arrêtés quelque temps et avoir prié, ils rendirent leur âme au Seigneur.

Leurs corps gardés par des aigles furent trouvés par une illustre matrone nommée Florence à laquelle saint Vitus en fit la révélation. Elle les prit et les ensevelit avec honneur. Ils souffrirent sous Dioclétien qui commença à régner vers l’an du Seigneur 287.

* Martyrologe d'Adon.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/083.htm

Saint Guy

Martyr (✝ 303)

Saint Vite (en latin Vitus) ou saint Guy, saint Guido, selon les pays, originaire de Sicile, témoigna de sa foi au Christ comme martyr, vers 303, à Rome, sous l'empereur Dioclétien. Des reliques furent transportées par les moines bénédictins à Saint Denis en France au début du IXe siècle puis en 836 au monastère de la Nouvelle-Corbie, Corwey en Westphalie, toujours par des moines bénédictins. Quelques éléments des reliques de saint Vite, furent transférées à Prague, à la demande du duc de Bohème, saint Venceslas, à la fin du Xe siècle. Le culte de saint Guy ou Vite, était très répandu dans le nord de la France et en Belgique.

Au XIVe siècle, lors d'une grave épidémie, il fut invoqué et c'est ainsi que l'on parle de "la danse de saint Guy" dont il guérissait les malades qui demandaient son intercession.

En Lucanie, saint Guy, martyr, probablement sous Dioclétien, vers 303.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1325/Saint-Guy.html

Saint Guy

Martyr sous Dioclétien (284-305)

Fête le 15 juin

† en Lucanie [auj. Basilicate] v. 300 (?)

Groupe « Guy, Modeste et Crescence »

Autres graphies : Guy le Martyr, Gui ou Vite

Fils d’un sénateur de Sicile, Guy aurait eu pour précepteur et servante, des chrétiens, Modeste et Crescence. Modeste fit baptiser l’enfant. Ils durent s’enfuir vers le sud de l’Italie afin d’échapper aux persécutions. Puis ils partirent pour Rome. Là, Guy réussit à guérir le fils de l’empereur Dioclétien, mais dans la suite, lui et ses compagnons, Modeste et son épouse Crescence, furent cruellement suppliciés parce qu’ils refusèrent de sacrifier aux dieux. Cependant, ils furent libérés de leur prison par un ange, et ils retournèrent dans l’Italie du Sud où ils moururent des suites de leurs souffrances. Cette histoire est une légende, le fait qu’ils furent martyrs, probablement dans le sud de l’Italie, est confirmée par l’ancienneté de la vénération qui leur est vouée. Mais rien d’autre, pas même la date de leur martyre, n’est certain. Le culte de saint Gui, très populaire au Moyen Âge, se répandit surtout en Allemagne. Saint Gui, protecteur des épileptiques, fait partie des saints auxiliateurs, on l’invoque contre l’agitation nerveuse appelée chlorée ou danse de Saint-Gui. Il est aussi le patron des danseurs et des acteurs. Ses reliques, dispersées dans plus de cent cinquante localités passaient pour guérir les maladies nerveuses, et notamment l’épilepsie, appelée « danse de saint Guy » dans la majeure partie des langues d’Europe. Saint Guy est également le patron de la Poméranie, de la Saxe, de la Bohême, de la Basse-Saxe et de la Sicile. Son corps fut transporté à Prague pendant la guerre de Cent ans.

SOURCE : http://www.martyretsaint.com/guy/



Sts. Vitus, Modestus, and Crescentia

According to the legend, martyrs under Diocletian; feast, 15 June. The earliest testimony for their venerationis offered by the "Martyrologium Hieronymianum" (ed. De Rossi-Duchesne, 78: "In Sicilia, Viti, Modesti et Crescentiae"). The fact that the note is in the three most important manuscripts proves that it was also in the common exemplar of these, which appeared in the fifth century. The same Martyrologium has under the same day another Vitus at the head of a list of nine martyrs, with the statement of the place, "In Lucania", that is, in the Roman province of that name in Southern Italy between the Tuscan Sea and the Gulf of Taranto. It is easily possible that the same martyr Vitus in both cases, because only the name of a territory is given, not of a city, as the place where the martyr was venerated. This testimony to the public veneration of the threesaints in the fifth century proves positively that they are historical martyrs. There are, nevertheless, nohistorical accounts of them, nor of the time or the details of their martyrdom. During the sixth and seventh centuries a purely legendary narrative of their martyrdom appeared which was based upon other legends, especially on the legend of Poitus, and ornamented with accounts of fantastic miracles. It still exists in various versions, but has no historical value.


According to this legend Vitus was a boy seven years of age (other versions make him twelve years old), the son of a pagan senator of Lucania. During the era of the Emperors Diocletian and Maximilian, his father sought in every way, including various forms of torture, to make him apostatize. But he remained steadfast, and Godaided him in a wonderful manner. He fled with his tutor Modestus in a boat to Lucania. From Lucania he was taken to Rome to drive out a demon which had taken possession of a son of the Emperor Diocletian. This he did, and yet, because he remained steadfast in the Christian Faith, he was tortured together with his tutor Modestus and his nurse Crescentia. By a miracle an angel brought back the martyrs to Lucania, where they died from the tortures they had endured. Three days later Vitus appeared to a distinguished matron namedFlorentia, who then found the bodies and buried them in the spot where they were. It is evident that the author of the legend has connected in his invention three saints who apparently suffered death in Lucania, and were first venerated there. The veneration of the martyrs spread rapidly in Southern Italy and Sicily, as is shown by the note in the "Martyrologium Hieronymianum". Pope Gregory the Great mentions a monasterydedicated to Vitus in Sicily ("Epist.", I, xlviii, P.L., LXXXVII, 511). The veneration of Vitus, the chief saint of the group, also appeared very early at Rome. Pope Gelasius (492-496) mentions a shrine dedicated to him (Jaffé, "Reg. Rom. Pont.", 2nd ed., I, 6 79), and at Rome in the seventh century the chapel of a deaconry wasdedicated to him ("Liber Pont.", ed. Duchesne, I, 470 sq.). In the eighth century it is said that relics of St. Vitus were brought to the monastery of St-Denis by Abbot Fulrad. They were later presented to Abbot Warin ofCorvey in Germany, who solemnly transferred them to this abbey in 836. From Corvey the veneration of St. Vitus spread throughout Westphalia and in the districts of eastern and northern Germany. St. Vitus isappealed to, above all, against epilepsy, which is called St. Vitus's Dance, and he is one of the FourteenMartyrs who give aid in times of trouble. He is represented near a kettle of boiling oil, because according to the legend he was thrown into such a kettle, but escaped miraculously. The feast of the three saints wasadopted in the historical Martyrologies of the early Middle Ages and is also recorded in the present RomanMartyrology on 15 June.

Sources

Acta SS., June, II, 1021-1037; MOMBRITIUS, Sanctuarium, II, 349-351; (2nd ed.), II, 634-638; Catalogus codicum hagiograph., ed. BOLLANDISTS (Brussels), I, 11-12, 54-56; Mon. Germ. Hist.: Script., II, 576-585; Historia translationis s. Viti, ed. STENTRUP (Munster, 1906); Bibliotheca hagiographica latina, II, 1257- 1259; Supplementum (2nd ed.), 308-309; DUFOURCQ, Étude sur les gesta martyrum romains, II (Paris, 1907), 165-177; KESSEL, St. Veit, seine Geschichte, Verehrung und bildlichen Darstellungen in Jahrbucher des Vereins fur Altertumsfreunde im Rheinlande, XLIII (1867), 152-183; SCHILDGEN, St. Vitus und der slavische Swantovit in ihrer Beziehung zu einander in Programme (Munster, 1881).

Kirsch, Johann Peter. "Sts. Vitus, Modestus, and Crescentia." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 15 Jun. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/15490b.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett. Dedicated to the Roman martyrs.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


June 15

SS. Vitus or Guy, Crescentia, and Modestus, Martyrs

See the Collections of Papebroke, t. 2, Junii, p. 1013.

In the Beginning of the Fourth Century.

THESE saints are mentioned with distinction in the ancient Martyrologies. According to their acts they were natives of Sicily. Vitus or Guy was a child nobly born, who had the happiness to be instructed in the faith, and inspired with the most perfect sentiments of his religion by his Christian nurse, named Crescentia, and her faithful husband Modestus. His father Hylas was extremely incensed when he discovered the child’s invincible aversion to idolatry; and finding him not to be overcome by stripes and such like chastisements, he delivered him up to Valerian, the governor, who in vain tried all his arts to work him into compliance with his father’s will and the emperor’s edicts. He escaped out of their hands, and, together with Crescentia and Modestus, fled into Italy. They there met with the crown of martyrdom in Lucania, in the persecution of Dioclesian. The heroic spirit of martyrdom which we admire in St. Vitus, was owing to the early impressions of piety which he received from the lessons and example of a virtuous nurse: of such infinite importance is the choice of virtuous preceptors, nurses, and servants about children. 1

This reflection unfolds the reason why certain courts and ages were so fruitful in saints. The pagan Romans were solicitous that no slave should ever have access to their children who did not speak with perfect elegance and purity of language; and shall not a Christian be as careful as to manners and virtue? It is a fatal mistake to imagine that infants are ever too young to be infected with the contagion of vice. No age receives deeper impressions, or observes more narrowly every thing that passes in others; nor is any thing so easily or so insensibly imbibed as a spirit of vanity, pride, revenge, obstinacy, or sloth; or harder to be ever corrected. What a happiness for an infant to be formed from the mother’s breast as it were naturally to all virtue, and for the spirit of simplicity, meekness, goodness, and piety to be moulded in its tender frame? Such a foundation being well laid, further graces are abundantly communicated, and a soul improves daily these seeds, and rises to the height of Christian virtue often without experiencing severe conflicts of the passions.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/6/151.html

Vitus, Modestus, & Crescentia MM (RM)
(Vitus also known as Guy, Veit, Guido)


Died c. 303. Unreliable legend has Vitus, the only son of Hylas, a senator in Sicily, become a Christian when he was very young-- between the ages of seven and 12--by the influence of the servants who tended him. His Christian tutor, Modestus, and his nurse, Crescentia (wife of Modestus), accompanied him on his journeys throughout Sicily. When his conversions and miracles became widely known to the administrator of Sicily, Valerian, he had Vitus brought before him to shake his faith. (Another version says that his incensed father gave him up to Valerian.) He was unsuccessful, but Vitus with his tutor and nurse fled to Lucania and then to Rome, where he exorcised Emperor Diocletian's son of an evil spirit.


When Vitus would not sacrifice to the gods his cure was attributed to sorcery. He, Modestus, and Crescentia were subjected to various tortures, including a cauldron of molten lead, from which they emerged unscathed. For example, when throw into the den of a hungry lion, the beast merely licked Vitus affectionately. One version says that the tormentors gave up and freed the trio when during a storm temples were destroyed and an angel guided them back to Lucania, where they eventually died.
The facts are that their cultus is ancient. We are not really even certain about when they lived, although most place their martyrdom at the time of Diocletian. There is even some confusion about the site of their martyrdom. It appears that they may be two separate groups: Vitus alone in Lucania (whose cultus is the oldest), and Vitus, Modestus, and Crescentia in Sicily.

The Vitus who is alone is celebrated in the Gelasian Sacramentary and an early South Italian Book of the Gospels, which assigns to his feast a pericope of the cure from demonic possession and sickness. The Martyrology of Bede and the Old English Martyrology also list Vitus by himself. There is an ancient church dedicated to him on the Esquiline Hill of Rome. Vitus's relics were moved to Saint-Denis in Paris. A great devotion to Vitus developed in Germany when his relics were translated to Corvey Abbey in Saxony in 836. Most of the medieval abbeys in England celebrated Vitus and Modestus without Crescentia, but five who followed the Sarum Rite added her name.

Saint Vitus is one of the Fourteen Holy Helpers, who, as a group, are especially venerated in France and Germany. The Holy Helpers were believed to possess especially efficacious intercessory power. The relics of Vitus are said to possess many healing properties, especially when epileptics prayed before them (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Husenbeth, Sheppard, White).

In art, Saint Vitus is depicted as a boy with a rooster and a cauldron. At times he may be shown (1) with his Modestus and Crescentia as they refuse to worship idols; (2) being put into an oven; (3) with a palm and cauldron; (4) with a palm and dog; (5) with a chalice and dog; (6) with sword and dog; (7) with a sword and rooster; (8) with a book and rooster; (9) with a wolf or lion; or (10) as a young prince with a palm and sceptre (Roeder).

Saint Vitus is the patron of Prague, dogs, domestic animals, young people, dancers, coppersmiths, actors, comedians, and mummers. He is invoked against epilepsy, lightning, poisoning by dog or snake bite, sleeplessness, snakebite, storm, and Saint Vitus Dance (Sydenham's chorea, a nervous disorder) (Bentley, Roeder).


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0615.shtml

San Vito Adolescente martire


Mazara del Vallo (Trapani), III sec. – Lucania, 15 giugno 303

Non si conosce la sua origine, anche se una "Passio" di nessun valore storico, lo fa nascere in Sicilia da padre pagano e lo vuole incarcerato sette anni perché cristiano. L'unica notizia attendibile su di lui si trova nel Martirologio Gerominiano, da cui risulta che Vito visse in Lucania. Popolarissimo nel medioevo, egli fu inserito nel gruppo dei Ss. Ausiliatori, i santi la cui intercessione veniva considerata molto efficace in particolare occasioni e per sanare determinate malattie. Egli veniva invocato per scongiurare la lettargia, il morso di bestie velenose o idrofobe e il "ballo di San Vito". In proposito la leggenda racconta che Vito, da bambino, abbia guarito il figlio di Diocleziano, suo coetaneo, ammalato di epilessia.

Patronato: Danzatori, Epilettici

Etimologia: Vito = forse forte, virile, che ha in sé vita, dal latino

Emblema: Palma

Martirologio Romano: In Basilicata, san Vito, martire.

San Vito fa parte dei 14 Santi Ausiliatori, molto venerati nel Medioevo, la cui intercessione veniva considerata particolarmente efficace nelle malattie o specifiche necessità. Gli altri tredici Ausiliatori sono: Acacio, Barbara, Biagio, Caterina d’Alessandria, Ciriaco, Cristoforo, Dionigi, Egidio, Erasmo, Eustachio, Giorgio, Margherita, Pantaleone. 

Il culto per s. Vito è attestato dalla fine del V secolo, ma le notizie sulla sua vita sono poche e scarsamente attendibili. Alcuni antichi testi lo dicono lucano, ma la ‘Passio’ leggendaria del VII secolo, lo dice siciliano; nato secondo la tradizione a Mazara del Vallo in una ricca famiglia, rimasto orfano della madre, fu affidato ad una nutrice Crescenzia e poi al pedagogo Modesto, che essendo cristiani lo convertirono alla loro fede. 

Aveva sui sette anni, quando cominciò a fare prodigi e quando nel 303 scoppiò in tutto l’impero romano, la persecuzione di Diocleziano contro i cristiani, Vito era già molto noto nella zona di Mazara. 

Il padre non riuscendo a farlo abiurare, si crede che fosse ormai un’adolescente, lo denunziò al preside Valeriano, che ordinò di arrestarlo; che un padre convinto pagano, facesse arrestare un suo figlio o figlia divenuto cristiano, pur sapendo delle torture e morte a cui sarebbe andato incontro, è figura molto comune nei Martirologi dell’età delle persecuzioni, che come si sa, sotto vari titoli furono scritti secoli dopo e con l’enfasi della leggenda eroica. 

Il preside Valeriano con minacce e lusinghe, tentò di farlo abiurare, anche con l’aiuto degli accorati appelli del padre, ma senza riuscirci; il ragazzo aveva come sostegno, con il loro esempio di coraggio e fedeltà a Cristo, la nutrice Crescenzia e il maestro Modesto, anche loro arrestati. 

Visto l’inutilità dell’arresto, il preside lo rimandò a casa, allora il padre tentò di farlo sedurre da alcune donne compiacenti, ma Vito fu incorruttibile e quando Valeriano stava per farlo arrestare di nuovo, un angelo apparve a Modesto, ordinandogli di partire su una barca con il ragazzo e la nutrice.
Durante il viaggio per mare, un’aquila portò loro acqua e cibo, finché sbarcarono alla foce del Sele sulle coste del Cilento, inoltrandosi poi in Lucania (antico nome della Basilicata, ripristinato anche dal 1932 al 1945). 

Vito continuò ad operare miracoli tanto da essere considerato un vero e proprio taumaturgo, testimoniando insieme ai due suoi accompagnatori, la sua fede con la parola e con i prodigi, finché non venne rintracciato dai soldati di Diocleziano, che lo condussero a Roma dall’imperatore, il quale saputo della fama di guaritore del ragazzo, l’aveva fatto cercare per mostrargli il figlio coetaneo di Vito, ammalato di epilessia, malattia che all’epoca era molto impressionante, tale da considerare l’ammalato un indemoniato. 

Vito guarì il ragazzo e come ricompensa Diocleziano ordinò di torturarlo, perché si rifiutò di sacrificare agli dei; qui si inserisce la parte leggendaria della ‘Passio’ che poi non è dissimile nella sostanza, da quelle di altri martiri del tempo. 

Venne immerso in un calderone di pece bollente, da cui ne uscì illeso; poi lo gettarono fra i leoni che invece di assalirlo, diventarono improvvisamente mansueti e gli leccarono i piedi. Continua la leggenda, che i torturatori non si arresero e appesero Vito, Modesto e Crescenzia ad un cavalletto, ma mentre le loro ossa venivano straziate, la terra cominciò a tremare e gli idoli caddero a terra; lo stesso Diocleziano fuggì spaventato. 

Comparvero degli angeli che li liberarono e trasportarono presso il fiume Sele allora in Lucania, oggi dopo le definizioni territoriali successive, scorre in Campania, dove essi ormai sfiniti dalle torture subite, morirono il 15 giugno 303; non si è riusciti a definire bene l’età di Vito quando morì, alcuni studiosi dicono 12 anni, altri 15 e altri 17. 

Purtroppo bisogna dire che il martirio in Lucania è l’unica notizia attendibile su s. Vito, mentre per tutto il resto si finisce nella leggenda. Il suo culto si diffuse in tutta la Cristianità, colpiva soprattutto la giovane età del martire e le sue doti taumaturgiche, è invocato contro l’epilessia e la corea, che è una malattia nervosa che dà movimenti incontrollabili, per questo è detta pure “ballo di san Vito”; poi è invocato contro il bisogno eccessivo di sonno e la catalessi, ma anche contro l’insonnia ed i morsi dei cani rabbiosi e l’ossessione demoniaca. 

Protegge i muti, i sordi e singolarmente anche i ballerini, per la somiglianza nella gestualità agli epilettici. Per il grande calderone in cui fu immerso, è anche patrono dei calderai, ramai e bottai.
Secondo una versione tedesca della leggenda, nel 756 l’abate Fulrad di Saint-Denis, avrebbe fatto trasportare le reliquie di san Vito nel suo monastero di Parigi; poi nell’836 l’abate Ilduino le avrebbe donate al monastero di Korway nel Weser, che divenne un centro importante nel Medioevo, della devozione del giovane martire. 

Durante la guerra dei Trent’anni (1618-48), le reliquie scomparvero da Korwey e raggiunsero nella stessa epoca Praga in Boemia, dove la cattedrale costruita nel X secolo, era dedicata al santo; a lui è consacrata una splendida cappella. 

Bisogna dire che delle reliquie di san Vito, è piena l’Europa; circa 150 cittadine, vantano di possedere sue reliquie o frammenti, compreso Mazara del Vallo, che conserva un braccio, un osso della gamba e altri più piccoli. 

Nella città ritenuta suo luogo di nascita, san Vito è festeggiato ogni anno con una solenne e tipica processione, che si svolge fra la terza e la quarta domenica d’agosto. Il “fistinu” in onore del santo patrono, ricorda la traslazione delle suddette reliquie, avvenuta nel 1742 ad opera del vescovo Giuseppe Stella. 

La processione, indicata come la più mattiniera d’Italia, inizia alle quattro del mattino, con il trasporto della statua d’argento del santo, posta sul Carro trionfale, trainato a braccia dai pescatori, fino alla chiesetta di San Vito a Mare, accompagnato da una suggestiva fiaccolata e da fuochi d’artificio; da questo luogo si crede sia partito con la barca per sfuggire al padre e al preside Valeriano. 

Una seconda processione è quella celebre storica-ideale a quadri viventi, è una serie di carri, su cui sono rappresentate da fedeli con gli abiti dell’epoca, scene della sua vita e del suo martirio, chiude la processione il già citato carro trionfale. 

“U fistinu” si conclude nell’ultima domenica d’agosto, con un’ultima processione del carro trionfale diretto al porto-canale e da lì il simulacro di s. Vito, viene issato su uno dei pescherecci e seguito da un centinaio di altri pescherecci e barche, giunge fino all’altezza della Chiesetta di S. Vito al Mare, per ritornare infine al porto. 

A Roma esiste la chiesa dei santi Vito e Modesto, dove in un affresco oltre il giovanetto, compaiono anche Modesto con il mantello da maestro e Crescenzia in aspetto matronale con il velo. 

Nell’area germanica s. Vito è rappresentato come un ragazzo sporgente da un grosso paiolo, con il fuoco acceso sotto. 

Il santuario in cui è venerato nell’allora Lucania, oggi nel Comune di Eboli in Campania, denominato S. Vito al Sele, era detto “Alecterius Locus” cioè “luogo del gallo bianco”; nella vicina città di Capaccio, nella chiesa di S. Pietro, è custodita una reliquia del santo, mentre nella frazione Capaccio Scalo, è sorta un’altra chiesa parrocchiale dedicata anch’essa a S. Vito; la diocesi di questi Comuni in cui il culto di S. Vito è così forte, perché qui morì con i suoi compagni di martirio, si chiama tuttora Vallo della Lucania, pur essendo in provincia di Salerno. 

Il santo è anche patrono di Recanati e nella sola Italia, ben 11 Comuni portano il suo nome.

Autore:
Antonio Borrelli


Santi Modesto e Crescenzia Martiri


m. Lucania, 15 giugno 303

Etimologia: Modesto = semplice, riservato, dal latino

Crescenzia = accresce (la famiglia)

Emblema: Palma

Nonostante il nuovo Martyrologium Romanum si limiti in data odierna a citare singolarmente il giovane martire siculo San Vito, sono comunque degni di nota coloro che una plurisecolare tradizione ha voluto affiancargli come compagni di vita e di martirio, i Santi Modesto e Crescenzia, rispettivamente suo maestro e sua nutrice. Entrambi accostarono Vito alla fede cristiana, nonostante l’opposizione di suo padre. Questi cercò di fargli rinnegare la nuova religione, ma Vito rimase saldo agli insegnamenti ricevuti e preferì fuggire con Modesto e Crescenza in Lucania, ove al tempo dell’imperatore Diocleziano subirono il martirio. In tutta questa vicenda non vi è assolutamente nulla di storico, in quanto la Passio redatta sul loro conto ha un carattere esclusivamente leggendario.
Una primitiva forma di culto nacque inizialmente solo per Vito, citato senza i due compagni nel Martirologio Geronimiano, nei martirologi di San Beda il Venerabile e nell’Antico Martirologio inglese. Solo in un secondo momento gli furono accostate le misteriose figure di Modesto e Crescenzia, con i quali pare abbia condiviso il martirio bollendo in un pentolone, leggenda ripresa da una vasta iconografia tradizionale. La presenza di Vito tra i Quattordici Santi Ausiliatori ha favorito la diffusione nell’intera Europa del culto di Modesto e Crescenzia, fattore ancora oggi riscontrabile nelle numerose chiese dedicate non solo al giovane martire, ma denominate invece Santi Vito, Modesto e Crescenzia. Sarebbe quasi impossibile elencare le numerose località che si contendono la presenza delle reliquie dei tre martiri, come spesso accade per i santi di quel periodo, e che li hanno conseguentemente eletti quali loro celesti patroni.

Autore:
Fabio Arduino