Miguel Cabrera (1695–1768), Santa
Gertrude di Helfta, 1763, olio su tela, 110.4 x 88.2, Dallas Museum of Art
Sainte Gertrude de Helfta
Vierge
moniale (+ 1301)
A cinq ans, la petite
Gertrude qui va devenir Gertrude la Grande est confiée pour son éducation au
monastère bénédictin de Helfta en Saxe. Elle y trouve une atmosphère de vie
spirituelle et intellectuelle intense. Elle a aussi la chance d'y avoir comme
maîtresse et conseillère la grande Melchtilde de Hackeborn. Elle s'épanouit
dans ce milieu qu'elle ne cherchera pas à quitter. En grandissant elle devient
une moniale d'une intelligence rayonnante et d'une vaste culture. Si sa santé fragile
la tient souvent éloignée du chœur, sa santé mentale, au contraire, reflète un
grand équilibre. A partir de 1291, elle commence à être favorisée de visions
qu'elle consignera dans cinq livres. Son expérience mystique s'appuie sur les
mystères de la liturgie et reste totalement dépourvue de dolorisme. Elle fait
une large place au Christ et tout particulièrement au Sacré-Cœur, "où est
enclose toute la vertu de la Divinité." Elle oriente l'âme vers la
contemplation sereine et la jouissance de la vie divine "dans la
resplendissante et toute calme Trinité".
- Histoire
de sainteté: Sainte Gertrude de Helfta.
Le 6 octobre 2010, Benoît
XVI a évoqué sainte Gertrude, "une célèbre mystique et la seule femme à
avoir reçu le titre de Grande en Allemagne en vertu de sa stature culturelle et
évangélique. Sa vie et sa pensée -a ajouté le Pape- ont profondément influencé
la spiritualité chrétienne" du Moyen Age. Née en 1256, elle entra enfant
au couvent, comme c'était alors la coutume. Après des études, elle y passa le
restant de son existence. Gertrude fut une étudiante extraordinaire, capable
d'apprendre tout ce qu'on pouvait alors enseigner. "Ensuite, elle se
consacra totalement à Dieu dans la vie monastique, la prière et l'étude".
Vingt ans plus tard, elle eut la vision d'un enfant qui l'encourageait à
surmonter le roncier qui opprimait son esprit. A partir de ce moment, sa
communion avec le Seigneur s'intensifia en un véritable chemin de
conversion". Elle abandonna ses études profanes pour se consacrer
exclusivement aux théologiques et, toujours dans l'observance monastique, elle
passa de ce qu'elle appelait sa vie de négligence à une vie priante, mystique
et missionnaire".
Le Saint-Père a ensuite
rappelé que Gertrude se repentit de "s'être trop consacrée aux arts
libéraux, à la sagesse humaine, au dam de la science spirituelle, se privant
ainsi du sel de la vraie connaissance. Gravissant le mont de la contemplation,
elle abandonna l'homme ancien pour le nouveau". La sainte allemande
"se consacra, avec clarté et simplicité, à écrire et à diffuser la vérité
de la foi. Elle servit l'Église avec efficacité et amour, au point d'être
appréciée des théologiens. Il reste peu de choses de son intense production à
cause de la dévastation que subit le couvent de Helfta. Ont survécu, ses
Révélations et ses Exercices spirituels, qui sont des joyaux de la littérature
mystique... Elle ajouta des prières au pénitencier monastique, dans lesquelles
elle s'abandonne à Dieu avec confiance, au point de faire sentir la présence du
Seigneur à qui la rencontrait. Dieu lui avait, il est vrai, fait comprendre
l'avoir appelée à être un instrument de sa grâce. Gertrude se sentait indigne
de cet immense trésor, et déclarait ne pas l'avoir assez bien conservé et
valorisé". Elle mourut en 1301 ou 1302.
Benoît XVI a conclu en
affirmant que l'exemple de sainte Gertrude "montre qu'une vie heureuse est
faite de l'amitié du Seigneur, de l'amour de l'Écriture, de la liturgie et de
Marie, faite d'une foi profonde et de la recherche continue de Dieu, but de
notre existence". Après la catéchèse, il a salué les différents groupes,
notamment polonais, et rappelé qu'octobre est le mois du Rosaire et, demain, la
fête de Notre Dame du Rosaire: "Le chapelet est une prière particulière
dans l'Église, une arme spirituelle adaptée à chacun de nous. La méditation de
la vie de Jésus et de Marie doit être une lumière éclairant notre chemin
évangélique, notre renouveau spirituel et la conversion de nos cœurs".
(source: VIS 20101006 - 500)
Mémoire de sainte
Gertrude, surnommée la Grande, vierge moniale. Donnée au Seigneur par ses
parents dès l'âge de cinq ans dans l'abbaye cistercienne d'Helfta en Saxe, elle
y passa toute sa vie, vouée à la solitude du cloître et aux belles-lettres avec
tout son cœur et toute son énergie. Sans renoncer au travail intellectuel, elle
avança de manière admirable sur le chemin de la perfection, dans la prière et
la contemplation du Christ en croix, et mourut le 17 novembre 1301.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/154/Sainte-Gertrude-de-Helfta.html
Hölzerne Statue der Hl. Gertrud von Helfta (1256 - 1302) mit Kreuz und Herz in der Klosterkirche St. Marien Burlo, Stadt Borken (NRW). Die Entstehung der Figur wird auf das Ende des 17. / Anfang des 18. Jahrhunderts datiert.
Sainte Gertrude
Religieuse Bénédictine
d'Eisleben
(1256-1302)
Sainte Gertrude
d'Eisleben est la plus célèbre de plusieurs Saintes qui portent le même nom, et
c'est pour cela que d'anciens auteurs l'ont appelée Gertrude la Grande. On la
mit, dès l'âge de cinq ans, chez les Bénédictines d'Helfta. Elle y vint comme
simple religieuse, sous la direction d'une abbesse du même nom qu'elle, dont la
soeur était sainte Mechtilde d'Hackeborn, qui fut la maîtresse et l'amie de
notre sainte Gertrude.
Gertrude apprit le latin
dans sa jeunesse, ce que faisaient alors des personnes de son sexe qui se
consacraient à Dieu dans la retraite. Elle avait aussi une connaissance peu
commune de l'Écriture et de toutes les sciences qui ont la religion pour objet;
mais la prière et la contemplation furent toujours son principal exercice, et
elle y consacrait la plus grande partie de son temps. Elle aimait
particulièrement à méditer sur la Passion et sur l'Eucharistie, et elle ne
pouvait alors retenir les larmes qui, malgré elle, coulaient de ses yeux en
abondance. Lorsqu'elle parlait de Jésus-Christ et de Ses mystères, elle
ravissait ceux qui l'entendaient. Un jour qu'on chantait à l'Église ces
paroles: "J'ai vu le Seigneur face à face," elle vit une face divine
d'une éclatante beauté, dont les yeux perçaient son coeur et remplirent son âme
et son corps de délices inexprimables.
L'amour divin était
l'unique principe de ses affections et de ses actions. De là ce crucifiement
entier au monde et à toutes ses vanités. Elle fut l'objet d'un grand nombre de
grâces extraordinaires; Jésus-Christ grava Ses plaies dans le coeur de Sa
sainte épouse, lui mit des anneaux au doigt, Se présenta devant elle en
compagnie de Sa Mère et agit en elle comme s'Il avait changé de coeur avec
elle. Toutes ces grâces étonnantes ne firent que développer son amour de la
souffrance. Il lui était impossible de vivre sans ressentir quelque douleur; le
temps qu'elle passait sans souffrir lui paraissait perdu. Le zèle pour le salut
des âmes était ardeur au coeur de Gertrude. Pensant aux âmes des pécheurs, elle
répandait pour elles des torrents de larmes au pied de la Croix et devant le
Saint-Sacrement.
Pendant la longue maladie
de cinq mois dont elle devait mourir, elle ne donna pas le moindre signe
d'impatience ou de tristesse; sa joie, au contraire augmentait avec ses
douleurs. Le jour de sa mort étant venu, elle vit la Très Sainte Vierge
descendre du Ciel pour l'assister ; une de ses soeurs aperçut son âme allant
droit au Coeur de Jésus, qui S'ouvrit pour la recevoir. Sainte Gertrude est une
des grandes mystiques de l'Église. Le livre de ses Révélations est demeuré
célèbre.
Abbé L. Jaud, Vie
des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/sainte_gertrude.html
Engelhartszell
( Upper Austria ). Engelszell monastery church ( 1754-64 ) - Altar of Saint
John of Nepomuk: Statue of Saint Gertrud of Helfta by Johann Georg Üblhör.
Engelhartszell
( Oberösterreich ). Stiftskirche Engelszell ( 1754-64 ) - Nepomukaltar: Statue
der heiligen Gertrudis von Helfta von Johann Georg Üblhör.
BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Place Saint-Pierre
Mercredi 6 octobre 2010
Sainte Gertrude
Chers frères et sœurs,
Sainte Gertrude la
Grande, dont je voudrais vous parler aujourd'hui, nous conduit cette semaine
aussi au monastère de Helfta, où sont nés certains des chefs-d’œuvre de la
littérature religieuse féminine latino-allemande. C'est à ce monde
qu’appartient Gertrude, l'une des plus célèbres mystiques, seule femme en
Allemagne à recevoir l'épithète de «Grande», en raison de sa stature culturelle
et évangélique: à travers sa vie et sa pensée, elle a influencé de manière
singulière la spiritualité chrétienne. C'est une femme exceptionnelle, dotée de
talents naturels particuliers et d'extraordinaires dons de grâce, d'une
profonde humilité et d’un zèle ardent pour le salut du prochain, d'une intime
communion avec Dieu dans la contemplation et de disponibilité à venir au
secours des plus démunis.
A Helfta, elle se mesure,
pour ainsi dire, systématiquement à sa maîtresse Mathilde de Hackeborn, dont
j'ai parlé à l'Audience de mercredi dernier; elle noue des relations avec
Mathilde de Magdebourg, une autre mystique médiévale; elle grandit en recevant
les soins maternels, doux et exigeants, de l'abbesse Gertrude. De ces trois
consœurs, elle puise des trésors d'expérience et de sagesse; elle les élabore
dans sa propre synthèse, en parcourant son itinéraire religieux avec une
confiance sans limite dans le Seigneur. Elle exprime la richesse de la
spiritualité non seulement de son monde monastique, mais aussi et surtout
biblique, liturgique, patristique et bénédictin, avec un timbre tout à fait
personnel et de façon très communicative.
Elle naît le 6 janvier
1256, en la fête de l'Epiphanie, mais l'on ne sait rien ni de ses parents, ni
de son lieu de naissance. Gertrude écrit que le Seigneur lui-même lui révèle le
sens de ce premier déracinement: «Je l'ai choisie pour ma demeure parce que je
vois avec délices que tout ce que les hommes aiment dans cette Elue est mon
œuvre propre […] Aussi je l'ai exilée en quelque sorte loin de tous ses
parents, afin que personne ne l'aimât à ce titre et que je fusse le seul motif
de l'affection qu'on aurait pour elle» (Les Révélations, I, 16).
A l'âge de cinq ans, en
1261, elle entre au monastère, comme c'était souvent le cas à l'époque, pour la
formation et l'étude. Elle y passe toute son existence, dont elle signale
elle-même les étapes les plus significatives. Dans ses mémoires, elle rappelle
que le Seigneur l'a prévenue avec une patience compatissante et une infinie
miséricorde, en oubliant les années de l'enfance, de l'adolescence et de la
jeunesse, passées — écrit-elle — «dans un tel aveuglement, que si vous ne
m'aviez donné une horreur naturelle du mal, un attrait pour le bien avec les
sages conseils de mon entourage, il me semble que je serais tombée dans toutes
les occasions de faute, sans remords de conscience, absolument comme si j'avais
été une païenne […]. Cependant vous m'aviez choisie dès ma plus tendre enfance,
afin de me faire grandir au milieu des vierges consacrées, dans le sanctuaire
béni de la Religion» (ibid., II, 23 ).
Gertrude est une
étudiante extraordinaire, elle apprend tout ce que l’on peut apprendre des
sciences du Trivium et du Quadrivium, la formation de cette époque; elle est
fascinée par le savoir et se donne tout entière à l'étude profane avec ardeur
et ténacité, avec une réussite scolaire dépassant toutes les attentes. Si nous
ne savons rien de ses origines, elle nous dit beaucoup de ses passions de
jeunesse: littérature, musique et chant, art de l’enluminure la ravissent; elle
a un caractère fort, décidé, immédiat et impulsif; elle dit souvent être
négligente; elle reconnaît ses défauts, elle en demande humblement pardon. Elle
demande avec humilité conseil et prière pour sa conversion. Certains traits et
défauts de son tempérament l'accompagneront jusqu'à la fin, au point de
surprendre certaines personnes s'étonnant que le Seigneur lui donne une telle
préférence.
En tant qu’étudiante,
elle se consacre ensuite entièrement à Dieu dans la vie monastique et pendant
vingt ans, rien d’exceptionnel n’a lieu: l’étude et la prière constituent son
activité principale. En raison de ses qualités, elle excelle parmi ses
consœurs; elle fait preuve de ténacité pour consolider sa culture dans divers
domaines. Mais, au cours de l’Avent 1280, elle commence à ressentir un dégoût
pour tout cela, en perçoit la vanité, et le 27 janvier 1281, quelques jours
seulement avant la fête de la purification de la Vierge, vers l’heure des
Complies, le soir, le Seigneur illumine ses denses ténèbres. Avec délicatesse
et douceur, il calme le trouble qui l’angoisse, trouble que Gertrude voit comme
un don même de Dieu «pour renverser la tour de vaine gloire et de curiosité
élevée par mon orgueil. Orgueil insensé car je ne méritais même pas de porter
le nom et l'habit de la Religion. Toutefois c'était bien le chemin que vous
choisissiez, ô mon Dieu, pour me révéler votre salut» (Ibid., II, 1, p. 87). La
vision d’un jeune homme la guide pour démêler le nœud d’épines qui opprimait
son âme, en la prenant par la main. Dans cette main, Gertrude reconnaît «les
joyaux précieux des plaies sacrées qui ont annulé tous les titres qui pouvaient
nous être opposés» (ibid., II, 1, p. 89), et reconnaît Celui qui sur la Croix
nous a sauvés par son sang, Jésus.
A partir de ce moment, sa
vie de communion intime avec le Seigneur s’intensifie, en particulier au cours
des temps liturgiques les plus significatifs — l’Avent et Noël, Carême et
Pâques, la fête de la Vierge — même lorsque, malade, elle ne pouvait se rendre
au chœur. C’est le même humus liturgique que Mathilde, sa maîtresse, que
Gertrude décrit toutefois à travers des images, des symboles et des termes plus
simples et linéaires, plus réalistes, avec des références plus directes à la
Bible, aux Pères, au monde bénédictin.
Sa biographe indique deux
directions de ce que nous pourrions définir sa «conversion» particulière: dans
les études, avec le passage radical des études humanistes profanes à celles
théologiques, et dans l’observance monastique, avec le passage de la vie
qu’elle qualifie de négligente à la vie de prière intense, mystique, avec une
exceptionnelle ardeur missionnaire. Le Seigneur, qui l’avait choisie dans le
sein maternel et qui l’avait fait participer, dès son enfance, au banquet de la
vie monastique, la ramène par sa grâce «des choses extérieures à la
contemplation intérieure, des occupations terrestres au soin des choses
célestes». Gertrude comprend alors qu'elle était restée loin de Lui dans une
région de dissemblance, comme elle dit avec saint Augustin; de s’être consacrée
avec trop d’ardeur aux études libérales, à la sagesse humaine, en négligeant la
science spirituelle, se privant du goût de la véritable sagesse; elle est
conduite à présent à la montagne de la contemplation, où elle se dépouille du
vieil homme pour se revêtir de l’homme nouveau. «C'est ainsi que de
grammairienne elle devint théologienne, relisant sans cesse les pages divines
qu’elle pouvait se procurer, et remplissant son cœur des plus utiles et des
plus douces sentences de la Sainte Ecriture. Aussi avait-elle toujours à sa
disposition la Parole de Dieu afin de satisfaire ceux qui venaient la consulter
et de réfuter toute idée fausse par des témoignages de la Sainte Ecriture
employés si à propos, qu'on n'y trouvait rien à objecter» (ibid., I, 1, p. 25).
Getrude transforme tout
cela en apostolat: elle se consacre à écrire et à divulguer la vérité de la foi
avec clarté et simplicité, grâce et persuasion, servant avec amour et fidélité
l’Eglise, au point d’être utile et appréciée par les théologiens et les
personnes pieuses. Il nous reste peu de son intense activité, notamment en raison
des événements qui conduisirent à la destruction du monastère d’Helfta. Outre
Le Héraut de l'Amour Divin ou Les révélations, il nous reste les Exercices
spirituels, un rare joyau de la littérature mystique spirituelle.
En ce qui concerne
l’observance religieuse, notre sainte est «donc une très forte colonne de la
Religion, un défenseur si zélé de la justice et de la vérité» (ibid., I, 1, ),
dit sa biographe. A travers les mots et l’exemple, elle suscite chez les autres
une grande ferveur. Aux prières et à la pénitence de la règle monastique, elle
en ajoute d’autres avec une telle dévotion et un tel abandon confiant en Dieu,
qu’elle suscite chez ceux qui la rencontrent la conscience d’être en présence
du Seigneur. Et de fait, Dieu lui-même lui fait comprendre qu’il l’a appelée à
être un instrument de sa grâce. Gertrude se sent indigne de cet immense trésor
divin, elle confesse qu’elle ne l’a pas conservé et valorisé. Elle s’exclame:
«Je vous offre la douleur que j'éprouve [...] de ne m'être pas servie avec soin
et révérence des dons que j'avais reçus. Ne m'eussiez-vous donné, en souvenir
de vous, à moi si indigne, qu'un léger fil de lin, j'aurais dû le recevoir avec
un respect infini» (ibid., I, 5). Mais, reconnaissant sa pauvreté et son
indignité, elle adhère à la volonté de Dieu: «j'ai dû combattre mon goût
personnel — affirme-t-elle —, et considérer qu'ayant si peu profité de vos
grâces, elles ne pouvaient m'avoir été accordées pour moi seule, puisque votre
sagesse éternelle ne se trompe en rien. O Dispensateur de tous les biens, qui
m'avez comblée gratuitement de tant de grâces, faites au moins qu'en lisant cet
écrit, le cœur d'un de vos amis soit ému par votre condescendance, et vous
remercie de ce que, pour l'amour des âmes, vous avez conservé si longtemps au
milieu des souillures de mon cœur une pierre précieuse d'un tel prix» (ibid.,
II, 5).
En particulier, deux
faveurs lui sont plus chères que toutes les autres, comme Gertrude l’écrit
elle-même: «La première est l'empreinte que vous avez formée sur mon cœur, par
les splendides joyaux de vos plaies sacrées. La seconde est cette blessure d'amour
si profonde et si efficace que, (dussé-je vivre mille ans dans le plus complet
délaissement), je goûterais sans cesse un bonheur ineffable au souvenir de ces
deux bienfaits. Ils me seraient à chaque heure une source suffisante de
consolation, de lumière et de gratitude. Pour ajouter à ces faveurs, vous
m'avez encore admise à l'incomparable familiarité de votre tendresse, en
m'offrant l'arche très noble de votre divinité, c'est-à-dire votre Cœur sacré,
pour que j'y trouve mes délices [...]. Enfin vous m'avez donné pour avocate
votre très douce Mère la bienheureuse Vierge Marie, me recommandant plusieurs
fois à elle avec autant de tendresse qu'en mettrait un époux à confier à sa
propre mère l'épouse qu'il s'est choisie» (ibid., II, 23).
Tendue vers la communion
sans fin, elle conclut sa vie terrestre le 17 novembre 1301 ou 1302 à l’âge
d’environ 46 ans. Dans le septième Exercice, celui de la préparation à la mort,
sainte Gertrude écrit: «O Jésus, toi qui m’es immensément cher, sois toujours
avec moi, pour que mon cœur demeure avec toi et que ton amour persévère avec
moi sans possibilité de division et que mon trépas soit béni par toi, afin que
mon esprit, libéré des liens de la chair, puisse immédiatement trouver le repos
en toi. Amen» (Exercices, Milan 2006, p. 148).
Il me semble évident que
ces choses ne sont pas seulement des choses du passé, historiques, mais
l'existence de sainte Gertrude reste une école de vie chrétienne, de voie
droite, et nous montre que le cœur d'une vie heureuse, d'une vie véritable, est
l'amitié avec Jésus, le Seigneur. Et cette amitié s'apprend dans l'amour pour
Les Ecritures Saintes, dans l'amour pour la liturgie, dans la foi profonde,
dans l'amour pour Marie, de manière à connaître toujours plus réellement Dieu
lui-même et le bonheur véritable, but de notre vie. Merci.
* * *
J’accueille avec joie les
pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les jeunes du Centre
Madeleine Danielou de Blois, ainsi que les Paroisses de Saint-Raphaël et de
Pamataii. N’ayez pas peur de vous laisser guider par l’exemple de sainte
Gertrude! Fructueux pèlerinage à tous!
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Libreria Editrice Vaticana
Les Exercices de Sainte
Gertrude
Trois siècles avant Saint
Ignace, la jeune moniale bénédictine favorisée de grâces mystiques écrit sept
Exercices. Composés par la sainte elle-même ils embrassent toute l’oeuvre de
sanctification d’une âme. Le renouvellement de la grâce du baptême en est le
point de départ et la préparation à la mort en est le terme.
Lorsque Gertrude, une
moniale allemande du milieu du 13ème siècle rentre au monastère d’Hefta près
d’Eisleben en Saxe, elle n’a que cinq ans. Le seul évènement qui marqua son
existence cloîtrée pendant quarante ans fut ce qu’elle appela elle même sa «
conversion ». En 1280, âgée de 24 ans, elle rencontre un peu après l’Office de
Complies au beau milieu de ses tourments intérieurs cet Époux dont elle goûte
alors les « célestes richesses » déposées en son âme.
Trois siècles avant Saint
Ignace, la jeune moniale bénédictine favorisée de grâces mystiques écrit sept
Exercices. Composés par la sainte elle-même ils embrassent toute l’oeuvre de
sanctification d’une âme. Le renouvellement de la grâce du baptême en est le
point de départ et la préparation à la mort en est le terme.
Dans un don total de soi,
cette grande mystique découvre en compagnie de l’Époux, l’océan de bonté et de
miséricorde du Coeur du Christ, ce Christ qui supplée aux petites infirmités de
l’homme à mesure qu’on les lui confie.
Les Exercices de Sainte
Gertrude sont difficiles à lire. Dès le départ, le lecteur est baigné par les
hauteurs que prend la grande sainte, sa fréquentation régulière de la vie
surnaturelle et le langage ultime de la beauté qu’elle emploie. Oui, le lecteur
pourra être surpris par ce langage dont il a désapprit jusqu’à même
l’existence. Il lui faudra pourtant réapprendre ce dialogue de l’âme qui
tournée naturellement vers Dieu exalte l’action de grâce et la louange.
SOURCE : http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sainte-gertrude-dhefta-exercices/
Maître-autel
(XIXe): Statues de l'aile droite: Sainte Julienne du Mont-Cornillon, sainte
Catherine d'Alexandrie avec l'épée et la roue, sainte Marguerite-Marie Alacoque
portant un reliquaire contenant le coeur ardent couronné d'épines, sainte
Gertrude avec une fleur de lys. Église du Couvent des Augustins
(XIVe-XVe-XVIIIe), Alsace, Haut-Rhin, Ribeauvillé, 3 rue de
l'Abbé-Louis-Kremp. © Ralph Hammann - Wikimedia Commons
Sainte
Gertrude
L'abbaye d'Helfta, fondée
par les comtes de Mansfeld en 1229, près de Eisleben (Saxe), sous la règle de
saint Benoît, était un milieu où l'on cultivait les lettres et les arts.
Gertrude, née le 6 janvier 1256, sans que l'on puisse dire avec assurance dans
quelle famille, fut y donnée au Seigneur par ses parents à l'âge de cinq ans et
y vécut jusqu'à sa mort (16 novembre 1301 ou 1302). La jeune Gertrude,
intelligente, vive, affable et diserte, sous la direction de Mechtilde de
Hackeborn, se délecta dans l'étude de la langue et de la littérature latines,
dans le chant et la peinture.
Elle venait d'avoir
vingt-cinq ans lorsque, le 27 janvier 1281, après complies, elle découvrit la
vie mystique dans une vision initiatrice : le Seigneur « la prit, la
souleva et la plaça près de lui. » Ce fut une véritable conversion.
« Que mon âme vous bénisse, Seigneur mon Dieu, mon Créateur ; que mon
âme vous bénisse, et que mon être le plus intime confesse les miséricordes dont
votre bonté sans nulle mesure m'a entourée avec une telle gratuité, ô mon très
doux ami. Je rends grâces, autant que je le puis, à votre immense
miséricorde ; avec elle je loue et glorifie votre patience longanime qui
vous a fait dissimuler pendant toutes les années du bébé et de l’enfant, de
l'adolescente et de la jeune fille, presque jusqu'à la fin de mes vingt-cinq
ans : j'ai vécu dans une folie si aveugle que j'aurais fait sans remords,
en pensée, parole et action, toutes mes volontés, partout où c'était possible,
si vous ne m'aviez prévenu par un dégoût connaturel du mal, et un plaisir du
bien, ainsi que par les corrections extérieures de mon entourage. Comme si
j'avais été une païenne parmi des païens, sans jamais comprendre que vous, mon
Dieu, vous récompensez le bien et châtiez le mal. Et pourtant vous m'aviez
choisie dès l'enfance, dès ma cinquième année, pour vous être présentée parmi
vos amis les plus dévoués au manoir de la sainte religion. Par la multitude et
la grandeur de vos bienfaits, vous m’avez exaltée comme si, différente de tous
les mortels, j’avais mené sur terre une vie angélique. c’est pendant cet Avent
que vous commençâtes, avant que je finisse mes vingt-cinq ans pour l’Epiphanie,
par un certain trouble dont mon cœur fut si ébranlé que toute légèreté juvénile
commença à me paraître insipide. C’est ainsi que mon cœur fut quelque peu
préparé à vous.
Que l'abîme de la Sagesse
incréée appelle l'abîme de l'admirable toute-puissance, pour faire ressortir
une si prodigieuse bienveillance, qui par le débordement de votre miséricorde
coula par les profondeurs jusqu'au vallon de ma misère ! En la
vingt-sixième année de mon âge, en cette seconde férie (lundi), si
salutaire pour moi, avant la fête de la Purification de Marie, votre très
chaste Mère - laquelle férie tomba alors le 6 avant les calendes de
févier (27 janvier) - en cette heure désirable de l'après
complies : vous, la Vérité, mon Dieu, plus serein que toute lumière, mais
plus intérieur que tout secret, vous aviez résolu de diluer la densité de mes
ténèbres, commençant bellement et doucement par calmer ce trouble qu'un mois
auparavant vous aviez suscité en mon cœur. Par ce trouble, je pense, vous aviez
essayé de détruire la tour de ma vanité et de ma curiosité, qu'avait bâtie ma
superbe. Hélas! je portais alors en vain le nom et l'habit de la religion, mais
cela vous servait pour trouver le moyen de me montrer mon salut. A cette heure
donc, comme je me tenais au milieu du dortoir, et que je redressais ma tête
inclinée pour saluer au passage une ancienne, selon le cérémonial de l'ordre,
je vis un jeune homme aimable et délicat, âgé d'environ seize ans, réalisant
l'idéal de beauté qui put charmer alors les yeux extérieurs de ma jeunesse. Il
me dit d'un air doux et bénin : Bientôt viendra ton salut. Pourquoi
te consumer de chagrin ? Tu n'as donc pas de directeur, pour que la
douleur t'ait ainsi changée ? Comme il parlait, j’avais beau me
savoir matériellement dans le dortoir, il me semblait que j’étais au chœur, en
ce coin où j’avais accoutumé de faire une oraison si tiède, et c’est là que
j’entendis la suite des paroles : Je te sauverai et te
libèrerai : n’aie pas peur. J’entendis ; puis je vis une main
tendre et délicate me serrer la main, comme pour appuyer ces paroles par un
gage. Et il ajouta : Avec mes ennemis, tu as baisé la terre et tu as
léché le miel dans les épines ; enfin, reviens à moi, et je t’enivrerai du
torrent de ma volupté divine. Comme il parlait, je regardai, et vis entre
moi et lui, à sa droite et à ma gauche, une haie d’une longueur si infinie que,
ni devant moi, ni derrière moi, n’apparaissait la fin de cette longueur. Le
haut de cette haie me semblait muni d’une telle masse d’épines que nul passage
ne s’ouvrait à moi pour revenir au jeune homme. Je restai donc hésitant et
haletant de désir, sur le point de défaillir, quand soudain, sans nulle
difficulté, il me prit, me souleva et me plaça près de lui. Je reconnus alors,
dans cette main reçue en gage, les joyaux éclatants de ces blessures qui ont
annulé les actes rédigés par tous nos adversaires. Je loue, adore, bénis,
remercie autant que je peux votre sage miséricorde et miséricordieuse sagesse
de ce que vous, mon Créateur et Rédempteur, vous avez fait effort pour ployer
ma nuque indomptable sous votre joug bénin, en me préparant un cordial si bien
dosé pour ma faiblesse. Dès lors, en effet, dans une joie d’esprit nouvelle, je
commençai à avancer, pacifiée par l’arôme de vos parfums, en sorte que j’ai pu
estimer votre joug bénin et léger, lui que naguère je jugeais insupportable.
Alors commença pour la
moniale, occupée à la copie des manuscrits du scriptorium, une vie
d'humilité, d'attention aux autres et de patience dans la maladie qui, à la fin
de sa vie la tenait éloignée des offices du chœur où elle était la seconde
chantre aux côtés de sainte Mechtilde de Hackeborn (morte en 1298), elle aussi
favorisée de grâces mystiques et de révélations dont elles se faisaient
mutuellement la confidence. Gertrude ne renonça pas au travail intellectuel,
mais elle passa de la grammaire à la théologie. Elle méditait
l'Ecriture et les textes de la liturgie, lisait les Pères, spécialement saint
Augustin et saint Bernard. Gertrude a laissé dans ses Révélations et ses Exercices
spirituels un témoignage sur sa propre vie d'intimité avec Dieu, tout
unifiée dans la contemplation de l'Amour incarné, dont le côté ouvert du Christ
en Croix lui offre le signe merveilleux. Dans l'une de ses prières, Gertrude
dit au Seigneur : « Je désire t'aimer non seulement avec douceur,
mais avec sagesse. » La piété mariale de sainte Gertrude se comprend dans
la dépendance du mystère du Christ : « Jésus est mon premier-né parce
qu'après lui, que dis-je, par lui, vous choisissant pour que vous soyez ses
frères et mes fils, dans le sein de mon amour maternel, je vous ai, tous,
engendrés. »
Les demandes de sainte
Gertrude furent agréées du Sauveur : « Je connus d'une manière
spirituelle, que vous aviez imprimé sur des places très réelles de mon cœur les
stigmates sacrés de vos plaies adorables ; au moyen de ces blessures, vous
avez guéri les ulcères de mon âme et vous m'avez enivrée d'un nectar
délicieux. »
Prière
lue par Sainte Gertrude
et adoptée pour le jour
de la Purification de Notre Dame.
O mon Seigneur
Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, donnez-moi d'aspirer vers vous, de tout mon
cœur, avec les brûlants désirs d'une âme altérée ; donnez-moi de respirer
en vous, ô très suave et très doux ami ; que mon esprit, que tout mon être
haletant soupire après vous, ô seule vraie Béatitude. O Sauveur dont la
clémence est infinie, daignez, par votre Sang précieux, imprimer dans mon cœur
vos plaies sacrées afin qu'en elles je lise à chaque instant, et vos douleurs,
et votre Charité pour moi.
Faites que le souvenir de
vos divines blessures, demeure enseveli toujours au plus intime de mon être
afin d'y exciter une juste compassion à toutes vos souffrances, et d'y allumer
le feu consumant de votre amour. Accordez-moi aussi de connaître le néant de la
créature, diminuez sa valeur devant mes yeux, et soyez, Vous seul, ô Jésus, la
douceur et la joie de mon âme.
Gertrude aimait cette
prière et la récitait tous les jours. Ses demandes agréées du Sauveur : Je
connus d'une manière spirituelle, que vous aviez imprimé sur des places très
réelles de mon cœur les stigmates sacrés de vos plaies adorables ; au
moyen de ces blessures, vous avez guéri les ulcères de mon âme et vous m'avez
enivrée d'un nectar délicieux.
SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/11/16.php#gertrude
Pfarrkirche
St. Ulrich, St. Ulrich im Schwarzwald, Gemeinde Bollschweil. Herz-Jesu-Altar
(Schreiner: Fr. Sainte Marguerite-Marie Alacoque et Sainte Gertrude de
Helfta, entourant le Sacré-Cœur de Jésus, Collégiale Saint-Thiébaut de
Thann (Alsace, Haut-Rhin, ) Autel-retable du Sacré-Cœur de Jésus
(XIXe) © Ralph Hammann - Wikimedia Commons
SAINTE GERTRUDE.
Sainte Gertrude fut la
sainte de l’humanité de Jésus-Christ comme sainte Catherine de Gênes fut la
sainte de sa divinité. Ce caractère général éclaire sa vie et nous explique son
attrait, qui fut la familiarité. Catherine de Gênes montre dans quel sens Dieu
est loin de l’homme ; sainte Gertrude montre dans quel sens Dieu est près de
l’homme. Catherine de Gênes, montre l’abîme qui sépare Dieu de l’homme ; sainte
Gertrude montre le pont jeté sur cet abîme. Angèle de Foligno montre ces deux
choses. L’amour, dans sainte Catherine de Gênes, a le caractère de l’adoration qui
va vers l’infini et ne sait comment se satisfaire. L’amour, dans sainte
Gertrude, a le caractère de la familiarité, qui n’exclut pas l’adoration, mais
qui s’empare avec ardeur et jouissance de tout ce que Dieu nous a donné de
lui-même. Il serait d’un intérêt immense de savoir quel fut, chez sainte
Madeleine, le caractère de l’amour. Qui sait si elle ne fut pas la sainte de
l’humanité de Jésus, tant que Jésus fut vivant de sa vie mortelle, et la sainte
de la divinité du Christ, après l’Ascension et la Pentecôte ? Qui sait si la
parole qu’elle entendit: Ne me touchez pas, ne changea pas en elle le
caractère de l’amour, et si au désert, pendant les années prodigieuses de
sa vie pénitente et inconnue, elle n’éprouva pas plus spécialement pour
la divinité de Jésus-Christ ce qu’elle avait éprouvé plus spécialement pour son
humanité pendant les jours de sa vie mortelle ? Qui sait si cette parole douce
et terrible : Ne me touchez pas, ne l’a pas transsubstantiée à une forme
de vie plus haute ?
Quoi qu’il en soit de
sainte Madeleine, nous pouvons dire de Sainte Gertrude qu’elle passa sa vie
dans la familiarité de l’Homme-Dieu.
Née à Isleb, dans le
comté de Mansfeld, en l’an 1320, elle fut prévenue de la grâce à l’âge de cinq
ans. Un des caractères de sainte Gertrude, c’est qu’elle est toujours prévenue.
On dirait que la prédestination est plus visible en elle que dans la plupart
des saints. La grâce la prévient avant l’âge qu’on appelle l’âge de raison ; la
grâce la suit, la grâce habite en elle sensiblement ; la grâce consomme sa vie,
qu’elle a inaugurée.
Dans une prière composée
par elle-même, sainte Gertrude promet le secours de Dieu à ceux qui se
recommanderont à son intercession, le remerciant des grâces que Dieu lui a
faites ; ces grâces sont précisément celles que nous venons d’indiquer : sainte
Gertrude engage ceux qui prieront par son intercession à considérer la
familiarité que Dieu eut avec elle.
« Que ceux qui vous
prieront par mon intercession, dit-elle, se souvenant de la familiarité à
laquelle vous avez daigné m’admettre, vous rendent grâces particulièrement pour
cinq de vos bienfaits ;
« D’abord pour l’amour
par lequel vous m'avez choisie de toute éternité. Ensuite parce que vous m’avez
attirée heureusement à vous ; car il semblait que vous eussiez trouvé en moi la
compagne fidèle de votre douceur, et que notre union fût pour vous, Seigneur,
le plus grand des plaisirs. Ensuite parce que vous m’avez attachée étroitement
à vous, pour faire éclater la merveille de votre amour dans la plus indigne des
créatures. Ensuite parce que vous avez pris plaisir dans mon coeur, parce que
mon âme a été pour vous un lieu de délices : vous unissant à la créature la
plus dissemblable à vous, vous vous êtes livré à un amour que j’oserais appeler
extatique. Enfin, parce qu’il vous a plu d’accomplir votre oeuvre en moi, et de
la consommer par une mort heureuse. »
Ce sentiment profond de
la prédestination, de la faveur de Dieu, de son amitié, de sa grâce qui
prévient et qui consomme, toute cette chose qui s’appelle, dans le langage des
saints, l’Union intime, contient, domine, possède et résume sainte Gertrude.
Ce caractère explique
toute sa vie intérieure. Non-seulement les saints sont différents entre eux par
leur nature particulière, mais ils sont différents parce que les grâces qu’ils
reçoivent, fussent-elles de même genre, changent de forme et de caractère, et
d’aspect et de langage, d’après la nature humaine de celui qui les reçoit.
Sainte Gertrude nous fournit non-seulement la pratique, mais la théorie de
cette vérité. Dans le livre des Insinuations divines (remarquez ce
mot: insinuations, comme il s'adapte à elle), dans ce livre, sainte Gertrude
nous cite ces paroles sorties des lèvres de Jésus-Christ :
« Plus je diversifie la
manière de communiquer mes dons, et plus je fais éclater la profondeur de ma
sagesse, qui sait répondre à chacun selon la portée et l’étendue de son esprit,
et lui enseigner ce que je veux, selon la capacité et l’intelligence que je lui
ai données, m’expliquant avec les plus simples par des comparaisons plus
sensibles et plus grossières, avec les plus éclairés, d’une façon plus
intérieure et plus sublime. »
Ces paroles, profondément
comprises, nous donneraient peut-être aux uns et aux autres l’explication de
bien des mystères. Les uns sont étonnés et quelquefois scandalisés par la
hauteur et la profondeur des communications divines. Il y a des gens qui ont été
capables de faire à saint Denys le reproche d’être inaccessible.
D'autres sont étonnés et
quelquefois scandalisés de l’extrême simplicité qui préside à certains discours
et à certaines apparitions.
Le secret de cette
différence étonnante, tant elle est énorme, est dans l’état d’esprit de ceux
qui devaient entendre la voix. Dieu a parlé à Moïse un certain langage, un
autre à Elie.
Jésus-Christ a frappé
Angèle de Foligno et sainte Gertrude d’impressions très diverses.
Il y a des gens qui
croient faire preuve de supériorité métaphysique quand ils se moquent des
comparaisons sensibles, si fréquentes dans la vie des saints.
Saint Bernard, qui avait
déjà de temps en temps affaire à eux, leur adresse ces explications :
« Quand l’âme sacrée et
emportée par la contemplation est frappée tout à coup par la lumière divine,
comme par un éclair, il se forme ensuite en elle des images et des
représentations de choses humaines et inférieures, qui se rapportent à la
vérité dont elle a été instruite, qui servent d’ombres ou de voiles pour
tempérer cette vérité, pour la rendre supportable, pour aider celui qui la
reçoit à la communiquer aux autres. »
Ces comparaisons sont,
bien entendu, plus fréquentes dans sainte Gertrude que partout ailleurs, par la
raison que j’ai indiquée au commencement de ce chapitre.
Sainte Catherine de Gênes
fait peu de comparaisons ou même n’en fait pas. Elle est plus directement aux
prises avec l’incommensurable. Saint Denys ne sait de quelle parole se servir;
car il ne peut nommer Dieu tel qu’il est en lui-même. Mais sainte Gertrude
habite la région des paraboles, Sainte Thérèse en use aussi.
La vie de sainte Gertrude
n’eut pas beaucoup d’incidents extérieurs. Sainte Thérèse mena de front les
combats du dedans et les combats du dehors : la contemplation et les affaires.
Cette double vocation semble se perpétuer jusqu’à un certain point dans l’ordre
des Carmélites. Sainte Gertrude n’eut à s’occuper que de son coeur, et Dieu a
engagé lui-même plusieurs âmes saintes à aller le chercher là, dans ce coeur
prédestiné. Un monastère de l’ordre de Saint-Benoît, situé dans la ville de
Rodart, fut le théâtre de ces visions.
« Il arriva, dit-elle,
qu’un certain jour, entre l’Ascension et la Pentecôte, j’entrai dans la cour et
je considérai la beauté du lieu, l’eau courante, la liberté des oiseaux,
particulièrement les colombes qui voltigeaient à l’entour, à cause de la
tranquillité de ces lieux où l’on se repose à l’écart. »
Alors la sainte veut
faire remonter à Dieu ses grâces, comme le ruisseau à sa source; elle veut
croître comme les arbres, fleurir comme les plantes, s’élever comme la colombe,
libre et dégagée.
Puis, le soir, ces
paroles de l’Évangile lui reviennent à l’esprit : « Si quelqu’un m’aime, il
gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons
en lui notre demeure. »
« A ces mots,
s’écrie-t-elle, mon coeur, qui n’est que boue, s’aperçut, ô Dieu infiniment
doux, unique objet de mon amour, que vous y êtes venu vous-même. Plût à Dieu,
plût à Dieu encore mille fois, que toute l’eau de la mer fût changée en sang,
et que je pusse faire passer l’Océan sur ma tête pour la laver de ses
souillures, et nettoyer le lieu que vous avez choisi pour demeure ! Je voudrais
qu’on m’arrachât le coeur des entrailles, qu’on le déchirât par morceaux, et
qu’on le mit sur un brasier ardent afin, que votre séjour devint moins indigne
de vous !
« Et, après ce jour où
j’ai reconnu votre présence dans mon coeur, quoique mon esprit prit plaisir à
s’égarer dans la distraction des choses périssables, néanmoins, après quelques
heures, quelquefois même après quelques jours, quelquefois, je tremble de le
dire, après des semaines entières, quand je rentrais dans mon coeur, après une
si longue absence, je vous y trouvais le même, ô mon Dieu ! Voilà neuf ans que
j’ai reçu cette grâce, et vous ne vous êtes absenté qu’une fois, pendant onze
jours ; c’était avant la fête de saint Jean-Baptiste.
« Votre absence fut
causée par un entretien profane que j’avais eu avec quelques personnes du monde
le jeudi précédent. »
Personne, dans le monde
des psychologues, ne rend compte des choses de l’âme avec autant de simplicité,
de profondeur et de naïveté que les saints. Mais, parmi les saints eux-mêmes,
sainte Gertrude est remarquable par cette naïveté. Elle raconte son histoire
intérieure, comme elle s’est passée, avec une candeur d’enfant. Elle nous dit
ces choses comme elle se les dit à elle-même. Elle pense tout haut, ce n’est
pas un auteur qui parle. L’auteur le plus sincère, dans ses confessions les
plus véridiques, pense encore au lecteur. L’orateur le plus emporté pense
encore à l’auditoire. Mais sainte Gertrude ne pense qu’à Dieu et à elle-même.
Non-seulement elle parle comme elle pense, mais elle parle comme elle prie. Or,
la prière est une force plus intime que la pensée. L’intention de se faire
estimer ou admirer n’abandonne pas longtemps de suite l’homme qui parle de lui
au public. Il faut profiter de cet instant-là pour l’admirer il s’oublie un
instant. Mais cet oubli ne dure pas. Chez sainte Gertrude, l’oubli dure
toujours. Elle nous parle comme si nous n’étions pas là.
Certains passages de
l’Écriture qui étonnent les esprits chercheurs devenaient simples pour sainte
Gertrude, à cause de sa simplicité. Elle surprit quelques-uns des secrets
d’Ezéchiel.
« Celui qui aura mis des
impuretés dans son coeur, dit le prophète, et le scandale de son iniquité
contre son visage, et qui venant trouver le prophète l’interrogera en mon nom,
je lui répondrai, moi, qui suis le Seigneur, selon la multitude de ses
impuretés, afin qu’il soit surpris par les artifices de son coeur. »
Sainte Gertrude comprit
dans ces paroles le mystère du criminel tombant dans le piège qu’il a tendu.
Elle vit que le pécheur qui, pour éprouver le saint, lui demande la connaissance
d’une chose cachée, en reçoit ordinairement une réponse qui elle-même est un
châtiment et qui le confirme dans son endurcissement.
Par ces mots de la Genèse
: « Où est Abel, votre frère ? » elle connut que Dieu demande compte à chaque
religieux des fautes de son prochain toutes les fois que ce religieux aurait pu
les empêcher. Elle comprit que le religieux ne peut pas plus que Caïn répondre
: « Suis-je le gardien de mon frère ? » car il est le gardien de son frère. Et
elle sentit à cette occasion la profondeur de cette autre parole : « Malheur à
celui qui fait le mal ; mais malheur deux fois à celui qui y consent ! »
Entendant chanter ces
paroles : Le Seigneur m’a revêtue, sainte Gertrude comprit que celui qui
travaille pour la justice et la charité revêt Dieu d’un manteau. Et le Seigneur
le revêtira lui-même éternellement d’une robe de gloire. Si l’on pense ici à ce
fréquent rapprochement de Dieu et du pauvre que j’ai déjà signalé dans
l’Écriture (Le Jour du Seigneur), le souvenir de saint Martin se présente à la
pensée. L’homme juste sera étonné au dernier jour, quand il verra combien de
manteaux il aura donnés á Jésus-Christ.
Les paroles de l’Écriture
étaient, pour sainte Gertrude, des vérités essentiellement réelles et
pratiques, qu’elle expérimentait personnellement, et très ordinairement sa vie
intérieure suivait les évolutions du calendrier. Quand elle entendait chanter
les mots de la liturgie, ces mots s’éclairaient pour elle et devenaient vivants
dans son âme. Un dimanche de carême, comme on chantait à la messe :
« Vidi Dominum facie ad facium, j’ai vu le Seigneur face à face », elle se
trouva enveloppée dans un éclat de lumière si éblouissant qu’il lui sembla voir
une face collée contre la sienne. Il lui semblait voir le regard des deux yeux,
semblables à deux soleils, dirigés sur ses yeux, et comme ces choses sont
inexprimables, elle emprunte, pour les faire entendre, la parole de saint
Bernard. Cette splendeur n’était renfermée sous aucune forme, mais donnait la
forme à tout être : elle ne surprenait pas les yeux du corps, mais les yeux de
l’âme.
« Toute l’éloquence du
monde, ajoute-t-elle, n’eût jamais pu me persuader qu’une créature pût vous
voir, d’une façon si sublime, ô mon Dieu, même dans la gloire céleste. Il
fallait votre amour, ô mon Dieu, pour me persuader, par mon expérience, qu’une
telle chose était possible. »
Sainte Gertrude eut, le
27 décembre, une apparition de saint Jean : « Que sentiez-vous, lui dit-elle,
dans votre âme quand vous reposiez, au jour de la Cène, sur le sein de Jésus ?
»
Saint Jean fit entendre
quelque chose de la profonde immersion de son âme dans l’âme de Jésus-Christ,
et du feu ardent dont il fut consumé.
-Et pourquoi, reprit
sainte Gertrude, avec cette familiarité qui la caractérisait, pourquoi
n'avez-vous rien dit et rien écrit de tout cela ?
-C'est, répondit saint
Jean, que j’étais chargé seulement d’exposer à l’Église naissante la doctrine
du Verbe, et d’en faire passer la vérité de siècle en siècle, dans la mesure où
ces siècles sont capables de la comprendre ; car personne ne le fait
complètement. Quant à ces délices ineffables dont je fus abreuvé sur le coeur
de Jésus, je me suis réservé d’en parler plus tard, afin que la charité
refroidie et la langueur du monde vieillissant soient un jour réchauffées et réveillées
par la nouvelle de ces douceurs incomparables. »
Ces dernières paroles
semblent aujourd’hui prendre un intérêt spécial, un intérêt direct et relatif à
nous. Le Sacré-Coeur, qu’on voudrait faire passer pour une nouveauté
imprudente, avait déjà chargé saint Jean de parler de lui à sainte Gertrude et
d’annoncer que son jour viendrait, le jour de sa plénitude.
Ces temps sont accomplis.
La vieillesse du monde, prédite par saint Jean, est arrivée. Toutes les voix la
constatent, les voix de la sainteté et les autres. Tout ce qui parle, bien ou
mal, affirme cette décrépitude. Les temps sont accomplis. Voici l’heure des
lumières réservées que Dieu gardait pour les derniers temps. Toutes les voix
saintes, qui ne s’étaient pourtant pas donné le mot, et qui, éparpillées dans
le temps et dans l’espace, ont parlé de siècle en siècle, sans se répondre,
sans se connaître, se sont rencontrées dans cette promesse, comme dans un
rendez-vous mystérieux.
Voici le soir : restez
avec nous. Si jamais la terre a dû répéter cette parole, c’est aujourd'hui. Si
jamais elle eut besoin de lumière et de réjouissement, c’est aujourd’hui. Si
jamais elle eut besoin des secrets du coeur, c’est aujourd’hui.
Sainte Gertrude mourut en
prononçant et en répétant un seul mot : « Spiritus meus, mon esprit ! »
Ce mot résume toute sa
vie et toute sa mort.
Ernest HELLO. Physionomie
de saints. Paris, Victor Palmé, 1875.
SOURCE : https://archive.org/stream/PhysionomiesDeSaintsParErnestHello/physionomies%20de%20saints_djvu.tx
Holzstatue
von 1725, in der Klosterkirche in Arouca in
Portugal
Sainte Gertrude
Leçons des Matines avant
1960
Quatrième leçon. Née de
parents nobles à Eisleben en Saxe, Gertrude, dès l’âge de cinq ans, consacra à
Jésus-Christ sa personne et sa virginité, dans le monastère bénédictin de
Rodesdorf. A partir de ce moment, tout à fait étrangère aux choses du monde et
s’appliquant avec zèle à pratiquer la vertu, elle mena une vie toute céleste. A
la connaissance des lettres humaines, elle joignait la science des choses
divines, dont la méditation l’excitait à la vertu et lui fit, en peu de temps,
acquérir la perfection chrétienne. Elle parlait souvent, et avec de pieux
sentiments, du Christ et des mystères de sa vie, et ne pensant qu’à la gloire
de Dieu, elle y rapportait tous ses désirs et toutes ses actions. Bien que Dieu
l’eût abondamment comblée de dons excellents, dans l’ordre de la nature et de
la grâce, elle se méprisait cependant elle-même au point de compter, parmi les
principaux miracles de la divine bonté, le fait d’en être miséricordieusement
supportée, quoiqu’indigne pécheresse.
Cinquième leçon. A l’âge
de trente ans, elle fut choisie pour gouverner d’abord le monastère de
Rodesdorf, où elle avait embrassé la vie religieuse, puis le monastère
d’Heldelfs. Pendant quarante ans, elle remplit sa charge avec tant de charité,
de prudence et de zèle pour l’observance de la discipline régulière, que son
monastère semblait être l’asile de la perfection religieuse. Dans ces deux
communautés, bien qu’elle fût la mère et la supérieure de toutes les
religieuses, elle voulait néanmoins être considérée comme la dernière ; et,
s’abaissant de fait, elle se faisait la servante des autres. Pour s’occuper de
Dieu avec une plus grande liberté d’esprit, elle mortifiait son corps par les
veilles, les jeûnes et toutes sortes d’austérités. Toujours égale à elle-même,
elle ne cessa de montrer une innocence de vie, une douceur, une patience
extraordinaires. Elle s’appliqua par tous les moyens à procurer le salut du
prochain, et, de sa pieuse sollicitude, elle recueillit des fruits abondants.
La force de son amour pour Dieu lui faisait éprouver de fréquentes extases, et
lui obtint d’être élevée à un très haut degré de contemplation et aux
jouissances de l’union divine.
Sixième leçon.
Jésus-Christ, voulant montrer le mérite de son épouse bien-aimée, déclara que
le cœur de Gertrude était pour lui une demeure pleine de délices. Elle honorait
d’une dévotion toute spéciale la glorieuse Vierge Marie, que Jésus lui-même lui
avait donnée pour mère et protectrice, et reçut d’elle un grand nombre de
faveurs. Le très adorable sacrement de l’Eucharistie et la passion du Seigneur
la pénétraient d’un tel amour et d’une si vive reconnaissance, qu’en les
méditant, elle répandait des larmes abondantes. Elle soulageait chaque jour par
ses suffrages et ses prières les âmes des justes condamnées aux flammes
expiatoires. Gertrude composa de nombreux écrits, propres à ranimer la piété.
Des révélations divines et le don de prophétie l’ont aussi rendue célèbre.
Enfin, réduite à un état de langueur, plutôt par son ardent amour de Dieu que
par la maladie, elle mourut l’an du Seigneur mil deux cent quatre-vingt douze.
Après sa mort comme pendant sa vie, Dieu l’a glorifiée par des miracles.
Dom Guéranger, l’Année
Liturgique
L’école qui a pour base
la règle du Patriarche des moines d’Occident, commence à saint Grégoire le
Grand ; et telle a été l’indépendance de l’Esprit-Saint qui la dirigeait, que
des femmes y ont prophétisé comme les hommes. Il suffit de rappeler sainte
Hildegarde et sainte Gertrude, à côté de laquelle figure avec honneur sa
compagne, sainte Mechtilde, et la grande sainte Françoise romaine. Quiconque en
fera l’expérience, s’il a pratiqué les auteurs plus récents sur l’ascèse et la
mystique, ne tardera pas à sentir cette saveur si différente, cette autorité
douce qui ne s’impose pas, mais qui entraîne. Là, rien de cette habileté, de
cette stratégie, de cette analyse savante que l’on rencontre ailleurs ;
procédés qui réussissent plus ou moins, et dont on ne recommence l’application
qu’avec le risque d’en sortir blasé.
Le pieux et docte P.
Faber a relevé avec sa sagacité ordinaire les avantages de cette forme de
spiritualité qui ménage la liberté d’esprit, et produit dans les âmes, sans
méthode rigoureuse, les dispositions dont les méthodes modernes n’ont pas
toujours le secret. « Nul ne peut lire, dit-il, les écrivains spirituels de
l’ancienne école de saint Benoît, sans remarquer avec admiration la liberté
d’esprit dont leur âme était pénétrée. Sainte Gertrude en est un bel exemple ;
elle respire partout l’esprit de saint Benoît. L’esprit de la religion
catholique est un esprit facile, un esprit de liberté ; et c’était là surtout
l’apanage des Bénédictins ascétiques de la vieille école. Les écrivains
modernes ont cherché à tout circonscrire, et cette déplorable méthode a causé
plus de mal que de bien [2]. »
Au reste, les voies sont
diverses, et tout chemin qui mène l’homme à Dieu par la réforme de soi-même est
un heureux chemin. Nous n’avons voulu dire qu’une chose, c’est que celui qui se
livrera à la conduite d’un Saint de la vieille école ne perdra pas son temps,
et que s’il est exposé à rencontrer moins de philosophie, moins de psychologie
sur son chemin, il a chance d’être séduit par la simplicité et l’autorité du
langage, d’être ébranlé et bientôt réduit parle sentiment du contraste qui
existe entre lui et la sainteté de son guide. Telle est l’heureuse révolution
qu’éprouvera pour l’ordinaire une âme qui, se proposant de resserrer ses
relations avec Dieu, et s’étant établie dans la droiture de l’intention et dans
un sincère recueillement, voudra suivre sainte Gertrude, tout spécialement dans
la semaine d’Exercices qu’elle a tracée. Nous oserions presque lui promettre
qu’elle en sortira tout autre qu’elle n’y était entrée. Il est même à croire
qu’elle y reviendra plus d’une fois et avec plaisir ; car il ne lui souvient
pas qu’elle ait éprouvé la moindre fatigue, et que la liberté de son esprit ait
été enchaînée même un instant. Elle a pu être confondue de se sentir si près
d’une âme sanctifiée, elle si loin de la sainteté ; mais elle a senti qu’ayant
après tout la même fin que cette âme, il lui faut sortir de la voie molle et
dangereuse qui l’entraînerait à sa perte.
Si l’on se demande d’où
vient à notre Sainte cet empire qu’elle exerce sur quiconque consent à
l’écouter, nous répondrons que le secret de son influence est dans la sainteté
dont elle est remplie : elle ne démontre pas le mouvement, elle marche. Une âme
bienheureuse, descendue du ciel pour demeurer quelque temps avec les hommes, et
parlant la langue delà patrie sur cette terre d’exil, transformerait ceux qui
auraient le bonheur de l’entendre parler. Sainte Gertrude, admise dès ici-bas à
la plus étroite familiarité avec le Fils de Dieu, semble avoir quelque chose de
l’accent qu’aurait cette âme ; voilà pourquoi ses paroles sont autant de
flèches pénétrantes qui abattent toute résistance dans ceux qui se placent à
leur portée. L’intelligence est éclairée par cette doctrine si pure et si
élevée, et cependant Gertrude ne disserte pas ; le cœur est ému, et cependant
Gertrude n’adresse la parole qu’à Dieu ; l’âme se juge, se condamne, se
renouvelle par la componction, et cependant Gertrude n’a pas cherché un instant
à l’établir dans un état factice.
Si l’on veut maintenant
se rendre compte de la bénédiction particulière attachée à son langage, qu’on
recherche la source de ses sentiments et des expressions sous lesquelles ils se
traduisent. Tout émane de la divine parole, non seulement de celle que Gertrude
a entendue de la bouche de l’Époux céleste, mais aussi de celle qu’elle a
goûtée, dont elle s’est nourrie dans les livres sacrés et dans la sainte
Liturgie. Cette fille du cloître n’a pas cessé un seul jour de puiser la
lumière et la vie aux sources de la contemplation véritable, de cette
contemplation que l’âme goûte en s’abreuvant à la fontaine d’eau vive, qui
jaillit de la psalmodie et des paroles inspirées des divins Offices. Elle s’est
tellement enivrée de cette liqueur céleste, qu’elle ne dit pas un mot qui ne
dévoile l’attrait qu’elle y trouve. Telle est sa vie, si complètement absorbée
dans la Liturgie de l’Église, que nous voyons constamment, dans ses
Révélations, le Seigneur arriver près d’elle, lui manifester les mystères du
ciel, la Mère de Dieu et les Saints se présenter à ses regards et l’entretenir,
à propos d’une Antienne, d’un Répons, d’un Introït, que Gertrude chante avec
délices et dont elle déguste toute la saveur.
Delà, chez elle, ce
lyrisme continuel qu’elle ne recherche pas, mais qui lui est devenu comme
naturel ; cet enthousiasme sacré auquel elle ne peut se soustraire, et qui
l’amène à produire tant de pages où la beauté littéraire semble arriver à la
hauteur de l’inspiration mystique. Cette fille du XIIIe siècle, au fond d’un
monastère de la Souabe, a réalisé avant Dante le problème de la poésie
spiritualiste Tantôt la tendresse de son âme s’épanche dans une touchante
élégie ; tantôt le feu qui la consume éclate en brûlants transports ; tantôt c’est
la forme dramatique qu’elle emploie pour rendre le sentiment qui la domine.
Parfois ce vol sublime s’arrête : l’émule des Séraphins semble vouloir
redescendre sur la terre ; mais c’est pour repartir bientôt et s’élever plus
haut encore. Une lutte incessante a lieu entre son humilité qui la tient
prosternée dans la poussière, et son cœur haletant vers Jésus qui l’attire et
lui adonné tant de gages de son amour.
A notre avis, les plus
sublimes passages de sainte Thérèse, mis en regard des effusions de sainte
Gertrude, n’en affaibliraient en rien l’ineffable beauté. Il nous semble même
que souvent l’avantage resterait à la vierge de Germanie sur la vierge espagnole.
Ardente et impétueuse, la seconde n’a pas, il est vrai, la teinte un peu
mélancolique et réfléchie de la première ; mais Gertrude, initiée à la langue
latine, ravivée sans cesse par la lecture des saintes Écritures et les divins
Offices qui n’ont pas d’obscurités pour elle, y puise un langage dont la
richesse et la puissance nous semblent l’emporter généralement sur les
immortels épanchements de Thérèse à qui ces secours ont été moins familiers.
Que le lecteur cependant
ne s’effraie pas à la pensée d’être placé tout à coup sous la conduite d’un
Séraphin, lorsque sa conscience lui rend le témoignage qu’il a encore une
longue station à faire dans la région purgative, avant de songer à parcourir
des voies qui peut-être ne s’ouvriront jamais devant lui. Qu’il écoute
simplement Gertrude, qu’il la contemple et qu’il ait foi dans le but d’arrivée.
La sainte Église, lorsqu’elle met dans notre bouche les Psaumes du
Roi-Prophète, n’ignore pas que leurs expressions dépassent trop souvent les
sentiments de notre âme ; mais le moyen d’arriver à l’unisson avec ces divins
cantiques, n’est-ce pas de les réciter fréquemment avec foi et humilité, et
d’obtenir ainsi la transformation que nul autre moyen n’aurait opérée ?
Gertrude nous détache doucement de nous-mêmes et nous conduit à Jésus-Christ,
en nous précédant de loin, mais en nous entraînant après elle. Elle va droit au
cœur de son Époux divin : rien n’est plus juste ; mais ne lui serons-nous pas
déjà assez redevables, si elle nous conduit à ses pieds comme Madeleine repentante
et régénérée ?
Même quand elle écrit
plus spécialement pour ses sœurs, on doit se garder de penser que la lecture de
ces pages si émouvantes soit inutile à ceux qui sont engagés dans la vie du
siècle. La vie religieuse exposée par un tel interprète est un spectacle aussi
instructif qu’il est éloquent. Est-il permis d’ignorer que la pratique des
préceptes devient plus aisée à quiconque s’est donné la peine d’approfondir et
d’admirer celle des conseils ? Le livre de l’Imitation, qu’est-il autre chose
que le livre d’un moine écrit pour des moines ? En quelles mains cependant ne
le rencontre-t-on pas ? Combien de personnes séculières sont sous le charme des
écrits de sainte Thérèse ? Et néanmoins la vierge du Carmel concentre sur la
vie religieuse ses écrits et sa doctrine.
Nous nous garderons
d’analyser ici des merveilles qu’il faut contempler soi-même. Dans notre
société désaccoutumée du langage ferme et coloré des âges de foi, gâtée, dans
ce qui tient à la piété, par les fadeurs ou les prétentions mondaines des
livres de dévotion que l’on voit éclore chaque jour, sainte Gertrude étonnera
et choquera même plus d’un lecteur. Que faire alors ? Si l’on a désappris le
langage de l’antique piété qui formait les Saints, il semble qu’il n’y aurait
rien de mieux à faire que de le rapprendre, et il est de fait que sainte
Gertrude y pourrait servir beaucoup.
La liste des admirateurs
de sainte Gertrude serait longue Mais il est encore une autorité plus imposante
: nous voulons dire celle de l’Église elle-même. Cette Mère des fidèles,
toujours dirigée parle divin Esprit, a rendu son témoignage par l’organe de la
sainte Liturgie. La personne de Gertrude et l’esprit qui l’animait y sont à
jamais recommandés et glorifiés aux yeux de tous les chrétiens, par le jugement
solennel contenu dans l’Office de la Sainte [3].
La vie de Gertrude la
Grande, ainsi qu’elle mérita d’être désignée entre les Saintes du même nom, fut
humble et cachée [4]. Entrée à cinq ans à l’Abbaye d’Helfta, près Eisleben,
elle s’y perdit dans le secret de la face de Dieu. Malgré la confusion qui
régna plusieurs siècles à ce sujet et qui se retrouve dans la Légende de la
fête, c’est à tort qu’on l’a prise pour son homonyme, grandement prévenue
elle-même des dons divins, l’Abbesse Gertrude de Hackeborn, qui gouverna de son
temps le monastère. Ce fut sur la sublimité de ses Révélations tardivement
publiées [5] qu’inscrite en 1677 au Martyrologe, elle vit au siècle suivant [6]
Clément XII ordonner la célébration de sa fête dans toute l’Église sous le rit
Double. Les Indes Occidentales l’acclamèrent comme Patronne, et le
Nouveau-Mexique bâtit une ville en son honneur.
Afin de fournir une
expression à la piété des fidèles envers sainte Gertrude, nous plaçons ici
l’une des Hymnes que l’Ordre de saint Benoît lui consacre dans sa Liturgie, et
nous la faisons suivre d’une des Antiennes.
HYMNE
O Gertrude, sanctuaire de
la divinité, unie à l’Époux des vierges, laissez-nous célébrer vos chastes
amours et votre alliance nuptiale.
A peine âgée de quatre ans
et déjà fiancée au Christ, vous prenez votre vol vers le cloître ; vous vous
arrachez aux bras de votre nourrice, n’aspirant qu’aux divines caresses de
l’Époux.
Semblable au lis sans
tache, vous exhalez un parfum qui réjouit les cieux, et l’éclat de votre
virginale beauté attire vers vous le Roi dé cet heureux séjour.
Celui qui vit au sein du
Père, entouré d’une gloire éternelle, devient votre Époux, et daigne se reposer
dans votre amour.
Par cet amour, vous avez
blessé le Christ, à son tour il blesse aussi votre cœur, il y grave en traits
de feu les stigmates des plaies qu’il a reçues.
O ineffable amour ! ô
échange merveilleux ! c’est lui qui respire dans votre cœur ;son souffle
devient en vous le principe de la vie.
Que l’heureux chœur des
Vierge célèbre vos louanges, ô Jésus leur Époux ! gloire égale au Père et au
divin Paraclet ! Amen.
Ant. O très digne Épouse
du Christ, la lumière prophétique vous a éclairée, le zèle apostolique vous a
enflammée, la couronne des Vierges a ceint votre front, et les flammes du divin
amour vous ont consumée.
Révélatrice du Cœur
sacré, quelle meilleure prière pourrions-nous faire à votre honneur, que de
dire avec vous, nous tournant vers le Fils de la Vierge bénie :
« Lumière sereine de mon
âme, Matin éclatant des plus doux feux, devenez en moi le jour. Amour qui non
seulement éclairez, mais divinisez, venez à moi dans votre puissance, venez
dissoudre doucement tout mon être. Détruite en ce qui est de moi, faites que je
passe en vous tout entière, en sorte que je ne me retrouve plus dans le temps,
mais que déjà je vous sois étroitement unie pour l’éternité. « C’est vous qui
m’avez aimée le premier ; c’est vous qui m’avez choisie. Vous êtes celui qui
accourt de lui-même vers la créature altérée ; et l’éclat de la lumière
éternelle brille sur votre front. Montrez-moi votre visage, tout rayonnant des
feux du divin soleil. Comment l’étincelle pourrait-elle subsister loin du feu
qui l’a produite ? Comment la goutte d’eau se conserverait-elle hors de la
fontaine d’où elle est sortie ? Amour, pourquoi m’avez-vous aimée, moi créature
et souillée, si ce n’est parce que vous vouliez me rendre belle en vous ? O
vous, qui êtes la fleur délicate qu’a produite la Vierge Marie, votre
miséricordieuse bonté m’a séduite et m’entraîne. Amour, ô mon beau Midi ! je
voudrais mourir mille fois, pour me reposer en vous. « O Charité, à l’heure de
ma mort, vous me soutiendrez par vos paroles plus délicieuses que le vin le
plus exquis ; vous serez ma voie ; vous m’aiderez, ô ma Reine, à parvenir
jusqu’à ces pâturages charmants et fertiles que recèle le divin désert, où
enfin, enivrée de bonheur, je serai admise à jouir delà présence de l’Agneau
qui est mon Époux et mon Dieu. O amour qui êtes Dieu, sans vous le ciel et la
terre n’auraient de moi une espérance ni un désir : daignez accomplir en moi
cette union que vous désirez vous-même ; qu’elle soit ma fin, la consommation
de mon être. Dans les traits de mon Dieu, votre lumière éclate comme celle de
l’astre du soir ; à l’heure de ma mort, montrez-moi vos rayons. « Amour, ô mon
Soir bien-aimé, que la flamme sacrée qui brûle éternellement en votre divine
essence, consume à ce moment toutes les taches de ma vie. O mon doux Soir,
faites-moi m’endormir en vous d’un sommeil tranquille, et goûter cet heureux
repos que vous avez préparé en vous à ceux que vous aimez. Par votre seul
regard si calme et si plein de charmes, daignez disposer toutes choses, et
dirigez les préparatifs de mes noces éternelles. Amour, soyez pour moi un Soir
si beau, que mon âme transportée dise avec allégresse un doux adieu à son
corps, et que mon esprit, retournant au Seigneur qui l’a donné, repose en paix
sous votre ombre chérie [7]. »
[2] Tout pour Jésus, ch.
VIII, § 8.
[3] Dom Guéranger, Les
Exercices de sainte Gertrude (1863), en la Préface.
[4] 1256-1303.
[5] Consignées dans les
cinq Livres du Legatus divinae pietatis, ou Héraut de l’amour divin.
[6] 1738.
[7] Du cinquième
Exercice. Pour animer en soi l’amour de Dieu.
Santa
Gertrudis de Helfta, llamada también la Magna o la Grande.
Bhx Cardinal
Schuster, Liber Sacramentorum
L’art chrétien a
accoutumé de représenter les bienheureux avec l’emblème caractérisant le mieux
l’aspect spécial de leur sainteté. C’est pourquoi sainte Gertrude est
représentée avec un cœur enflammé dans la main ; parce que, comme elle habitait
mystiquement dans le Sacré-Cœur de Jésus, le Sauveur demeurait en elle par la
foi et par l’amour.
La mission de cette
illustre vierge bénédictine du XIIIe siècle fut fort semblable à celle de
sainte Marguerite-Marie Alacoque, que, d’ailleurs, dans sa lumière prophétique,
elle annonça et connut. Entre les deux mystiques il y a cependant une
différence : les grandes révélations du Cœur de Jésus à la sainte bénédictine
sont destinées à nourrir la piété d’un groupe choisi d’âmes privilégiées ;
tandis que celles de Paray-le-Monial doivent devenir le trésor de tout
l’univers catholique. Substantiellement, l’objet des apparitions dont furent
favorisées les deux voyantes est identique : c’est l’amour ineffable de Jésus,
dont le Cœur est l’organe et le signe physique. Mais quant à la manière de
concevoir cette dévotion, la formation différente des deux saintes s’y révèle
manifestement.
Dans un Ordre qui,
pendant plus de sept siècles, avait été le pacifique héritier de la tradition
patristique, et où la liturgie catholique était la source presque exclusive de
la vie spirituelle, Gertrude concevait la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus moins
comme une dévotion spéciale que comme une intelligence plus élevée du grand et
total mystère du Christ revivant dans l’Église au moyen de la liturgie
catholique. C’est l’amour même de Jésus qui explique et illustre, dans la
prière catholique de l’Église, tout le drame de son incarnation, les battements
de son Cœur.
En effet, la mystique de
sainte Gertrude est exclusivement fondée sur la vie liturgique de la famille
catholique. Elle ne connaît guère d’autres pratiques de dévotion que l’Office
divin et les messes solennelles, que Gertrude chantait chaque jour avec la
cantrix Mechtildis — sainte Mathilde — et avec sa communauté, au chœur de
l’abbaye de Helfta. Les révélations dont la favorisait le Seigneur étaient
généralement en relation avec cet Office divin ; tantôt Jésus lui en expliquait
le sens caché, tantôt il lui enseignait la façon la plus sublime de s’y adapter
et de le revivre.
L’atmosphère qui entoure
l’âme de Gertrude est généralement lumineuse et sereine. Plutôt qu’un abîme de
douleur, c’est un mystère de grâce et d’amour que Jésus lui révèle dans son
Cœur. Elle ne voit pas encore ce Cœur divin entouré d’une couronne d’épines, et
elle ne se sent pas appelée par Jésus à la vocation particulière de victime
d’expiation pour les péchés du monde, comme plus tard sainte Marguerite-Marie.
Il est vrai que parfois le Divin Cœur se montre à elle transpercé, mais cette
blessure est une porte d’or par où Gertrude s’introduit joyeuse dans le
sanctuaire intime de la Divinité, dans la chambre nuptiale de l’Époux.
A la ressemblance de
saint Jean qui, à la dernière Cène, tandis que les Apôtres se sentaient saisis
de terreur à l’annonce de la trahison de Judas et de la mort prochaine de
Jésus, reposait doucement sur la poitrine du Sauveur, la Bénédictine de Helfta
se plonge dans le Cœur de son Bien-Aimé comme en un bain purificateur, un asile
où personne ne peut l’atteindre pour troubler sa mystique contemplation.
D’autres fois, elle
considère le Divin Cœur comme une coupe d’or à laquelle s’abreuvent tous les
bienheureux ; ou bien elle voit une chaîne d’or, partant du Cœur du Sauveur et
rendant le monde prisonnier de l’amour. Parfois le Sacré Cœur semble un
encensoir fumant, dont l’encens brûle devant le trône du Père éternel, ou
encore un écrin précieux dans lequel sont conservés tous les mérites de la
sainte Incarnation, mérites dans lesquels les âmes peuvent puiser librement.
Symbole de douleur et
d’amour, le Cœur sacré qui apparaît à la voyante bénédictine représente moins
une dévotion spéciale, qu’il ne reflète cette attitude d’affectueuse tendresse
envers l’humanité adorable du Rédempteur que la piété catholique avait assumée
en Europe à la fin du moyen âge, après les arides disquisitions théologiques
des byzantins.
Gertrude est une des
figures les plus autorisées de ce courant, mais elle n’est pas la seule, pas
même dans sa propre abbaye de Helfta, où, sous la houlette de la sainte abbesse
Gertrude de Hackeborn — trop souvent confondue avec la voyante homonyme —
vivaient, et écrivaient des ouvrages de mystique, sainte Mechtilde et une autre
Mechtilde, elle aussi insigne par ses mérites et par les révélations célestes.
Si la dévotion au
Sacré-Cœur de Jésus, telle qu’elle fut cultivée au XIIIe siècle dans le
monastère de Helfta, reflète parfaitement l’antique spiritualité de l’Ordre de
Saint-Benoît, les grandes révélations faites par sainte Marguerite-Marie sont
plus en harmonie avec la psychologie des temps nouveaux, en ce moment
exceptionnel de la vie de l’Église à l’avant-veille de la Révolution française.
Gertrude elle-même avait
entrevu la mission très importante de l’humble disciple de saint François de
Sales, un jour qu’avec saint Jean l’Évangéliste elle avait été invitée par
Jésus à reposer sur sa poitrine. Entendant l’harmonie des battements de ce Cœur
adorable, la Sainte de Helfta demanda à l’Apôtre de l’amour pourquoi, dans son
Évangile, il n’avait pas dévoilé au monde les trésors de lumière et de
miséricorde qu’il avait découverts, durant son mystique repos sur la poitrine
du Sauveur à la dernière Cène. Jean répondit que cette nouvelle et plus
touchante révélation avait été remise à plus tard, lorsque le monde aurait
touché le fond de l’abîme de la malice, si bien que pour l’en sortir Dieu
devrait recourir aux suprêmes ressources de son invincible amour.
Tel est le motif pour
lequel, dans l’histoire du culte du très saint Cœur de Jésus, plutôt que de
parler de dévotion nouvelle, on doit tenir compte, tant des traditions
mystiques de l’antique famille bénédictine, que des mérites acquis dans
l’apostolat du Sacré-Cœur par les congrégations religieuses plus récentes, sans
opposer dévotion à dévotion, puisque toutes développent et illustrent l’unique
piété catholique. Comme l’Incarnation, comme l’Eucharistie, le Sacré-Cœur de
Jésus est un trésor commun à toute l’Église, et il ne peut donc devenir le
monopole exclusif d’une famille particulière. Gertrude ressemble à sainte
Marguerite-Marie, et les révélations faites aux voyantes bénédictines d’Helfta
reçoivent leur exact accomplissement en celles dont fut favorisée, quatre
siècles plus tard, l’héroïque fille de la Visitation.
Gertrude naquit le 6
janvier 1256 ; à cinq ans elle entra dans l’abbaye d’Helfta ; à vingt-cinq elle
fut gratinée du charisme des révélations ; vers la fin de sa vie elle mérita de
recevoir les stigmates, et elle mourut vers 1302. Clément XII inséra son office
dans le calendrier romain.
La messe Dilexísti est du
commun, sauf la première collecte qui fait allusion aux paroles que Jésus
adressa un jour à sainte Gertrude : « En aucun autre lieu je ne me trouve aussi
bien que dans le sein de mon Père céleste, dans le sacrement de l’Eucharistie
et dans ton cœur, ô mon épouse bien-aimée. » Prière. — « O Dieu, vous qui vous
êtes préparé une demeure agréable dans le cœur de votre bienheureuse vierge
Gertrude ; par ses mérites et par ses prières, effacez miséricordieusement les
taches de notre cœur, afin que nous puissions jouir de sa société dans la
gloire. »
Un jour que Gertrude ne
put assister avec ses sœurs à la conférence spirituelle, Jésus lui apparut et
lui dit : Veux-tu, ma bien-aimée, que je te fasse moi-même le discours ? La
Sainte accepta, et le Seigneur la fit approcher de son Cœur, où elle entendit
deux sortes de battements. Jésus lui expliqua qu’il opérait ainsi le salut des
hommes. Par la première pulsation, lui dit-il, j’apaise le Père éternel irrité
contre les pécheurs, j’excuse leur malice et je les incite à la contrition. Par
la seconde, je me réjouis avec mon Père de l’efficacité de mon sang pour le
salut des justes, et j’attire suavement les bons à agir avec une perfection de
plus en plus grande. Et de même que les opérations des sens ne peuvent empêcher
le cœur humain de battre, ainsi le gouvernement de tout l’univers ne pourra
jamais ralentir dans mon Cœur ces deux pulsations de miséricorde envers les
justes et envers les pécheurs.
Dom Pius Parsch, le Guide
dans l’année liturgique
« Dieu se ménage dans ses
saints une agréable demeure »
Sainte Gertrude. — Jour
de mort : 17 novembre 1302 (1311). Tombeau : à Helfta, en Thuringe. Image : En
bénédictine, avec un cœur enflammé. Vie : Sainte Gertrude, la grande
bénédictine, est l’une des figures les plus attachantes de l’Allemagne du Moyen
Age et demeurera pour tous les temps, grâce à ses écrits, un maître de la vie
intérieure. Elle naquit en 1256 et passa sa jeunesse, à partir de l’âge de cinq
ans, au monastère de Helfta, où l’abbesse, Gertrude de Hackeborn, et sa sœur,
sainte Mechtilde, furent ses guides dans la vie intérieure. (La similitude de
noms a fait souvent prendre à tort sainte Gertrude pour l’abbesse et sainte
Mechtilde pour sa sœur ; cette confusion se trouve même au bréviaire). Notre
sainte Gertrude n’a en réalité exercé aucune charge de direction au monastère.
Outre la connaissance qu’elle avait de la langue latine, elle atteignit un haut
degré de culture doctrinale. Par ailleurs sa vie fut une suite ininterrompue de
maladies. La richesse de sa vie intérieure n’en fut que plus grande. A l’âge de
25 ans (1281), elle eut pour la première fois une apparition du Christ qui lui
dévoila les secrets de son union mystique avec lui. Sur un ordre de Dieu, elle
écrivit une relation des grâces dont elle avait été favorisée. Son ouvrage
capital est le Legatus divinae pietatis — L’ambassadeur du divin amour. Il se
distingue par la profondeur de la théologie, par l’élévation de la poésie et
par une surprenante clarté. Seule la lecture de l’ouvrage lui-même est capable
de montrer jusqu’à quel point il excite à l’amour de Dieu. Louis de Blois,
l’Abbé bien connu, avoue l’avoir lu une douzaine de fois chaque année. Elle
mourut consumée plus par le feu de l’amour divin que par la fièvre, en 1302 (ou
1311).
Pratique : L’Oraison dit
que « Dieu se ménage dans ses saints une aimable demeure ». C’est là une
profonde pensée : Dieu habite dans ses enfants, et les vertus et les grâces
ornent cette demeure. Mais le péché fait de ce temple une caverne de voleurs.
Quelle invitation pour nous à vivre dans la piété et le bien ! — La Messe est
du commun des vierges (Dilexísti). La messe constitue en ce moment une
excellente préparation à la parousie.
SOURCE : http://www.introibo.fr/16-11-Ste-Gertrude-vierge
Gertrud
von Helfta. Kath. Pfarrkirche St. Gordian und Epimachus, Merazhofen, Stadt Leutkirch im
Allgäu, Landkreis Ravensburg Chorgestühl, 1896, Bildhauer: Peter Paul Metz
Also
known as
Gertrude of Helfta
Gertrudis Helfta
Gertud von Helfta
Geltrude
Gertrudis la Grande
Gertrude Magna
Geltrude…
formerly 15
November
12 April on
some calendars
Profile
We don’t know who
her parents were
or what became of them, and she may have been an orphan.
Gertrude was raised in the Benedictine abbey of
Saint Mary of Helfta, Eisleben, Saxony from
age five. An extremely bright and dedicated student,
she excelled in literature and philosophy,
and when she was old enough, became a Benedictine nun.
At age 26, when she had become too enamored of philosophy,
she received a vision of Christ who reproached her; from then on she studied the
Bible and the works of the Church
Fathers. Gertrude received other visions and mystical instruction,
which formed the basis of her writings.
She helped spread devotion to the Sacred
Heart of Jesus. Her writings have
been greatly praised by Saint Teresa
and Saint Francis
de Sales, and continue in print today.
Born
6 January 1256 at
Eisleben, Thuringia (part of modern Germany)
on a Wednesday of Easter season, 17
November 1302 at
the convent of
Saint Mary’s of Helfta, Saxony (part of modern Germany)
of natural causes
relics in
the old monastery of
Helfta
received equipotent canonization,
and a was universal feast day
declared in 1677 by Pope Clement
XII
Magdeburg, Germany, diocese of
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Catholic
Encyclopedia, by Gertrude Casanova
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Lives
of the Saints, by Father Francis
Xavier Weninger
On
Saint Gertrude the Great, by Pope Benedict
XVI, 6 October 2010
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
Short
Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly
Thoughts
on Saint Gertrude, by Aubrey de Vere
books
1001 Patron Saints and Their Feast Days, by Australian
Catholic Truth Society
Gertrud the Great of Helfta: The Spiritual Exercises, by
Gertrud Jarron Lewis, Jack Lewis
Gertrude of Helfta: The Herald of Divine Love, by Margaret
Winkworth
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
The Years of Saint Gertrude, by Father Emmanuel, OSB
e-books
Preces
Gertrudianae: Prayers of Saint Gertrude and Saint Mechtilde of the Order of
Saint Benedict
Saint
Gertrude the Great, by D Gilbert Dolan, OSB
The Exercises, by Saint Gertrude
The Life and Revelations of Saint Gertrude
The Love of the Heart of Jesus to His Creatures, by Saint
Gertrude
images
video
webseiten
auf deutsch
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
sites
en français
Abbé
Christian-Philippe Chanut
site
in italiano
strony
w jezyku polskim
Conference of the Polish Episcopacy
Works
Exercises of Saint
Gertrude
Legatus Divinae Pietatis
Liber Specialis Gratiae
of Saint Mechtilde
Readings
May my soul bless you, O
Lord God my Creator, may my soul bless you. From the very core of my being may
all your merciful gifts sing your praise. Your generous care for your daughter
has been rich in mercy; indeed it has been immeasurable, and as far as I am
able I give you thanks. I praise and glorify your great patience which bore
with me even though, from my infancy and childhood, adolescence and early
womanhood, until I was nearly 26, I was always so blindly irresponsible.
Looking back I see that but for your protecting hand I would haven been quite
without conscience in thought, word or deed. But you came to my aid by giving
me a natural dislike of evil and a natural delight in what is good, and
provided me with necessary correction from those among whom I lived. To make
amends for the way I previously lived, I offer you, most loving Father, all the
sufferings of your beloved Son, from that first infant cry as he lay on the hay
in the manger, until that final movement when, bowing his head, with a mighty
voice, Christ gave up his spirit. I think, as I make this offering, of all that
he underwent, his needs as a baby, his dependence as a young child, the
hardships of youth and the trials of early manhood. To atone for all my neglect
I offer, most loving Father, all that your only-begotten Son did during his
life, whether in thought, word or deed. And now, as an act of thanksgiving, I
praise and worship you, Father, in deepest humility for you most loving
kindness and mercy. Though I was hurrying to my eternal loss, your thoughts of
me were thoughts of peace and not of affliction, and you lifted me up with so
many great favors. Finally, you drew me to yourself by your faithful promises
of the good things you would give me from the hour of my death. So great are
these promises that for their sake alone, even if you had given me nothing
besides, my heart would sigh for you always and be filled with a lively
hope. – from the Revelations by
Saint Gertrude
Prayer to the Sacred
Heart of Jesus
O Sacred Heart of Jesus,
fountain of eternal life, Your Heart is a glowing furnace of Love. You are my
refuge and my sanctuary. O my adorable and loving Savior, consume my heart with
the burning fire with which Yours is aflamed. Pour down on my soul those graces
which flow from Your love. Let my heart be united with Yours. Let my will be
conformed to Yours in all things. May Your Will be the rule of all my desires
and actions. Amen. – Saint Gertrude
MLA
Citation
“Saint Gertrude the
Great“. CatholicSaints.Info. 17 May 2024. Web. 13 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-gertrude-the-great/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-gertrude-the-great/
Szymon Czechowicz (1689–1775). Św.
Gertruda z Helfty, 1758-1759, Lietuvos dailės muziejus, Vilnius
BENEDICT XVI
GENERAL AUDIENCE
Saint Peter's Square
Wednesday, 6 October 2010
Saint Gertrude the Great
Dear Brothers and
Sisters,
St Gertrude the Great, of
whom I would like to talk to you today, brings us once again this week to the
Monastery of Helfta, where several of the Latin-German masterpieces of
religious literature were written by women. Gertrude belonged to this world.
She is one of the most famous mystics, the only German woman to be called
"Great", because of her cultural and evangelical stature: her life
and her thought had a unique impact on Christian spirituality. She was an
exceptional woman, endowed with special natural talents and extraordinary gifts
of grace, the most profound humility and ardent zeal for her neighbour's
salvation. She was in close communion with God both in contemplation and in her
readiness to go to the help of those in need.
At Helfta, she measured
herself systematically, so to speak, with her teacher, Matilda
of Hackeborn, of whom I spoke at last Wednesday's Audience. Gertrude came
into contact with Matilda of Magdeburg, another medieval mystic and grew up
under the wing of Abbess Gertrude, motherly, gentle and demanding. From these
three sisters she drew precious experience and wisdom; she worked them into a
synthesis of her own, continuing on her religious journey with boundless trust
in the Lord. Gertrude expressed the riches of her spirituality not only in her
monastic world, but also and above all in the biblical, liturgical, Patristic
and Benedictine contexts, with a highly personal hallmark and great skill in
communicating.
Gertrude was born on 6
January 1256, on the Feast of the Epiphany, but nothing is known of her parents
nor of the place of her birth. Gertrude wrote that the Lord himself revealed to
her the meaning of this first uprooting: "I have chosen you for my abode
because I am pleased that all that is lovable in you is my work.... For this
very reason I have distanced you from all your relatives, so that no one may
love you for reasons of kinship and that I may be the sole cause of the
affection you receive" (The Revelations, I, 16, Siena 1994, pp.
76-77).
When she was five years
old, in 1261, she entered the monastery for formation and education, a common
practice in that period. Here she spent her whole life, the most important
stages of which she herself points out. In her memoirs she recalls that the
Lord equipped her in advance with forbearing patience and infinite mercy,
forgetting the years of her childhood, adolescence and youth, which she spent,
she wrote, "in such mental blindness that I would have been capable... of
thinking, saying or doing without remorse everything I liked and wherever I
could, had you not armed me in advance, with an inherent horror of evil and a
natural inclination for good and with the external vigilance of others. "I
would have behaved like a pagan... in spite of desiring you since childhood,
that is since my fifth year of age, when I went to live in the Benedictine
shrine of religion to be educated among your most devout friends"
(ibid., II, 23, p. 140f.).
Gertrude was an
extraordinary student, she learned everything that can be learned of the
sciences of the trivium and quadrivium, the education of that time; she was
fascinated by knowledge and threw herself into profane studies with zeal and
tenacity, achieving scholastic successes beyond every expectation. If we know
nothing of her origins, she herself tells us about her youthful passions:
literature, music and song and the art of miniature painting captivated her.
She had a strong, determined, ready and impulsive temperament. She often says
that she was negligent; she recognizes her shortcomings and humbly asks
forgiveness for them. She also humbly asks for advice and prayers for her
conversion. Some features of her temperament and faults were to accompany her
to the end of her life, so as to amaze certain people who wondered why the Lord
had favoured her with such a special love.
From being a student she
moved on to dedicate herself totally to God in monastic life, and for 20 years
nothing exceptional occurred: study and prayer were her main activities.
Because of her gifts she shone out among the sisters; she was tenacious in
consolidating her culture in various fields.
Nevertheless during
Advent of 1280 she began to feel disgusted with all this and realized the
vanity of it all. On 27 January 1281, a few days before the Feast of the
Purification of the Virgin, towards the hour of Compline in the evening, the
Lord with his illumination dispelled her deep anxiety. With gentle sweetness he
calmed the distress that anguished her, a torment that Gertrude saw even as a
gift of God, "to pull down that tower of vanity and curiosity which,
although I had both the name and habit of a nun alas I had continued to build
with my pride, so that at least in this manner I might find the way for you to
show me your salvation" (ibid., II, p. 87). She had a vision of a
young man who, in order to guide her through the tangle of thorns that
surrounded her soul, took her by the hand. In that hand Gertrude recognized
"the precious traces of the wounds that abrogated all the acts of
accusation of our enemies" (ibid., II, 1, p. 89), and thus recognized
the One who saved us with his Blood on the Cross: Jesus.
From that moment her life
of intimate communion with the Lord was intensified, especially in the most
important liturgical seasons Advent-Christmas, Lent-Easter, the feasts of Our
Lady even when illness prevented her from going to the choir. This was the same
liturgical humus as that of Matilda, her teacher; but Gertrude
describes it with simpler, more linear images, symbols and terms that are more
realistic and her references to the Bible, to the Fathers and to the
Benedictine world are more direct.
Her biographer points out
two directions of what we might describe as her own particular
"conversion": in study, with the radical passage from
profane, humanistic studies to the study of theology, and in monastic
observance, with the passage from a life that she describes
as negligent, to the life of intense, mystical prayer, with exceptional
missionary zeal. The Lord who had chosen her from her mother's womb and who
since her childhood had made her partake of the banquet of monastic life,
called her again with his grace "from external things to inner life and
from earthly occupations to love for spiritual things". Gertrude understood
that she was remote from him, in the region of unlikeness, as she said
with Augustine; that she had dedicated herself with excessive greed to liberal
studies, to human wisdom, overlooking spiritual knowledge, depriving herself of
the taste for true wisdom; she was then led to the mountain of contemplation
where she cast off her former self to be reclothed in the new. "From a
grammarian she became a theologian, with the unflagging and attentive reading
of all the sacred books that she could lay her hands on or contrive to obtain.
She filled her heart with the most useful and sweet sayings of Sacred
Scripture. Thus she was always ready with some inspired and edifying word to
satisfy those who came to consult her while having at her fingertips the most
suitable scriptural texts to refute any erroneous opinion and silence her
opponents" (ibid., I, 1, p. 25).
Gertrude transformed all
this into an apostolate: she devoted herself to writing and popularizing the
truth of faith with clarity and simplicity, with grace and persuasion, serving
the Church faithfully and lovingly so as to be helpful to and appreciated by
theologians and devout people.
Little of her intense
activity has come down to us, partly because of the events that led to the
destruction of the Monastery of Helfta. In addition to The Herald of
Divine Love and The Revelations, we still have her Spiritual
Exercises, a rare jewel of mystical spiritual literature.
In religious observance
our Saint was "a firm pillar... a very powerful champion of justice and
truth" (ibid., I, 1, p. 26), her biographer says. By her words and
example she kindled great fervour in other people. She added to the prayers and
penances of the monastic rule others with such devotion and such trusting
abandonment in God that she inspired in those who met her an awareness of being
in the Lord's presence. In fact, God made her understand that he had called her
to be an instrument of his grace. Gertrude herself felt unworthy of this
immense divine treasure, and confesses that she had not safeguarded it or made
enough of it. She exclaimed: "Alas! If you had given me to remember you,
unworthy as I am, by even only a straw, I would have viewed it with greater
respect and reverence that I have had for all your gifts!" (ibid., II,
5, p. 100). Yet, in recognizing her poverty and worthlessness she adhered to
God's will, "because", she said, "I have so little profited from
your graces that I cannot resolve to believe that they were lavished upon me
solely for my own use, since no one can thwart your eternal wisdom. Therefore,
O Giver of every good thing who has freely lavished upon me gifts so
undeserved, in order that, in reading this, the heart of at least one of your
friends may be moved at the thought that zeal for souls has induced you to leave
such a priceless gem for so long in the abominable mud of my heart"
(ibid., II, 5, p. 100f.).
Two favours in particular
were dearer to her than any other, as Gertrude herself writes: "The
stigmata of your salvation-bearing wounds which you impressed upon me, as it
were, like a valuable necklaces, in my heart, and the profound and salutary wound
of love with which you marked it.
"You flooded me with
your gifts, of such beatitude that even were I to live for 1,000 years with no
consolation neither interior nor exterior the memory of them would suffice to
comfort me, to enlighten me, to fill me with gratitude. Further, you wished to
introduce me into the inestimable intimacy of your friendship by opening to me
in various ways that most noble sacrarium of your Divine Being which is your
Divine Heart.... To this accumulation of benefits you added that of giving me
as Advocate the Most Holy Virgin Mary, your Mother, and often recommended me to
her affection, just as the most faithful of bridegrooms would recommend his
beloved bride to his own mother" (ibid., II, 23, p. 145).
Looking forward to
never-ending communion, she ended her earthly life on 17 November 1301 or 1302,
at the age of about 46. In the seventh Exercise, that of preparation for death,
St Gertrude wrote: "O Jesus, you who are immensely dear to me, be with me
always, so that my heart may stay with you and that your love may endure with
me with no possibility of division; and bless my passing, so that my spirit,
freed from the bonds of the flesh, may immediately find rest in you. Amen"
(Spiritual Exercises, Milan 2006, p. 148).
It seems obvious to me
that these are not only things of the past, of history; rather St Gertrude's
life lives on as a lesson of Christian life, of an upright path, and shows us
that the heart of a happy life, of a true life, is friendship with the Lord
Jesus. And this friendship is learned in love for Sacred Scripture, in love for
the Liturgy, in profound faith, in love for Mary, so as to be ever more truly
acquainted with God himself and hence with true happiness, which is the goal of
our life. Many thanks.
To special groups:
Dear Brothers and
Sisters,
I am pleased to welcome
all the English-speaking pilgrims and visitors. In particular, I extend
greetings to the Candidates for Diaconate Ordination from the Pontifical North
American College, along with their families and friends, to the new students
and staff at the Pontifical Beda College, and to the pilgrims from Corpus
Christi Parish, Dublin. May your time in Rome and your visit to the Successor
of Peter bring you peace and joy. Upon all of you, I invoke God's abundant
Blessings.
Lastly, I address an
affectionate thought to the young people, the sick and
the newlyweds.
Tomorrow the Church will
celebrate the Feast of Our Lady of the Rosary. October is the month of the Holy
Rosary that invites us to make the most of this prayer that is so dear to the
tradition of the Christian people.
I invite you, dear young
people, to make the Rosary your daily prayer. I encourage you, dear sick
people, to grow, thanks to the recitation of the Rosary, in trusting
abandonment in God's hands. I urge you, dear newlyweds, to make the Rosary
a constant contemplation of the mysteries of Christ.
© Copyright 2010 -
Libreria Editrice Vaticana
SOURCE : http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20101006.html
(Saint) Virgin (November
17) (14th century) The holy nun of singular learning and endued with high gifts
of mystic prayer, who has left us the “Insinuationes Divinse Pietatis,” a work
comparable to the writings of Saint Teresa, and enriched with sublime imagery.
Tradition assigns Eisleben in Saxony as her birthplace, and makes her Abbess
successively of Rudersdorff and of Heldelfs. But modern research distinguishes
the Abbess Saint Gertrude from her contemporary the mystic Saint of the same
name, a nun in the monastery of the former. They flourished in the latter half
of the thirteenth century, and November 17, A.D. 1334, is assigned as the date
of the death of the survivor. That Saint Mechtildis, another celebrated mystic
writer, was sister of either Saint Gertrude is also now controverted. The
Church keeps the Feast of Saint Gertrude on November 15, though in certain
Kalendars it is found noted on April 12 or November 12. The confusing together
of two or more Saints of the same name has evidently led to this discrepancy.
The works of Saints Gertrude and Mechtelde, edited by the Benedictines of
Solesmes, may be usefully consulted.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Gertrude”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
11 July 2013. Web. 13 January 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-gertrude/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-gertrude/
New
Catholic Dictionary – Saint Gertrude the Great
Virgin, Benedictine nun and
mystic writer,
born Germany,
1256; died Helfta,
Saxony, 1302. At the age of five she entered the monastery of
Helfta, where she lived for the rest of her life, devoting herself to study and
to writing. In her twenty-sixth year there was granted to her the first of that
series of visions which continued until her death. Saint Gertrude’s piety is
characterized by her devotion to the Sacred Heart. She was buried at the monastery of
Helfta where doubtless her body still lies. Many of her works have perished but
those now extant are: the “Legatus Divinae Pietatis,”
the “Exercises of Saint Gertrude,” and the
“Liber Specialis Gratiae” of Saint
Mechtilde. Patroness of the West Indies. Emblems:
crown, taper, lily. Equipollent canonization, 1677.
Relics in the old monastery at
Helfta. Feast,
Roman Calendar, 15
November.
MLA
Citation
“Saint Gertrude the
Great”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
31 March 2013. Web. 13 January 2026.
<https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-gertrude-the-great/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-gertrude-the-great/
Feastday: November 16
Patron: of the West Indies
Birth: 1256
Death: 1302
St. Gertrude, Virgin
(Patroness of the West Indies) Feastday-November 16 St. Gertrude was
born at Eisleben in Saxony. At the age of five, she was placed in the care of
the Benedictine nuns at
Rodalsdorf and later became a nun in the same monastery, of which she was
elected Abbess.
The following year she was obliged to take charge of the monastery at Helfta,
to which she moved with her nuns.
St. Gertrude had enjoyed
a good education.
She wrote and composed in Latin, and was versed in Sacred Literature. The life of
this saint, though not replete with stirring events and striking actions, was
one of great mental activity. It was the mystic life of
the cloister, a life hidden
with Christ in
God. She was characterized by great devotion to the Sacred Humanity of
Our Lord in
His Passion and in the Blessed Eucharist, and by a tender love for the Blessed
Virgin. She died in 1302.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=281
MF
Dondelinger. St. Gertrude of Helfta, 17.5 x 24”, Egg tempera, 24
carat gold on a solid wood panel. private collection
St. Gertrude the Great
Feastday: November 16
Patron: of the West Indies
Birth: 1256
Death: 1301
Canonized: 1677 by Clement XII
St. Gertrude the Great,
or St. Gertrude of Helfta, was born on January 6, 1256 in Germany. She
eventually chose to follow the Lord by pursuing a vocation as a Benedictine
Nun. Her deep relationship with the Lord in prayer led to her being hailed as a
mystic. She was also regarded as a great theologian.
Although little is known
about Gertrude's childhood, it is widely accepted that at just four-years-old,
she was enrolled in the Cistercian monastery school of Helfta in Saxony, under
the governance of Abbess Gertrude of Hackerborn.
The Cistercian movement
was an effort to bring the Benedictine religious community back to a stricter
and more faithful adherence to the original “Rule” or way of life encouraged by
St Benedict. Some sources speculate that Gertrude's parents offered their child
as an oblate, a lay person especially dedicated to God or to God's service,
while others believe she may have entered the monastery school as an orphan.
St. Mechtilde, the
younger sister of the Abbess Gertrude, took care of young Gertrude. Gertrude
and Mechtilde had a strong bond that only grew deeper with time, allowing
Mechtilde to have a great influence over Gertrude.
Gertrude, known for being
charming and able to win people over, entered the Benedictine Order at Helfta
and became a nun. She devoted herself to her studies, and received an education
in many different subjects. Gertrude was both fluent in Latin and very familiar
with scripture and works from the Fathers of the Church, including Augustine.
In 1281, 25-year-old
Gertrude experienced her first series of visions that would continue until the
day she passed away. Her visions altered her life and she saw this moment as
her new birth. Her priorities turned away from secular teachings and focuses
more on studying Scripture and theology. Her life became full with this
awakening and she was an enthusiastic student, writing for the spiritual
benefit of others.
Gertrude once had a
vision on the feast of John the Evangelist, described in Gertrude's writings.
As she rested her head near Jesus' wound on his side, she could hear the
beating of his heart. She asked St. John if he, too, felt the beating of Jesus'
Divine Heart on the night of the Last Supper. He told her he was saving this
revelation for a time when the world needed it to rekindle its love.
She went on to become one
of the great mystics of the 13th century. Along with St. Mechtilde, she
practiced what is known as "nuptial mysticism," seeing herself as the
bride of Christ. She embraced charity for both rich and poor, she was a simple
woman with a deep solidarity with those not yet ready for the beatific vision,
who are still being purified in the state of repose known as purgatory.
Gertrude assisted at the
deathbeds and mourned for the loss of both Abbess Gertrude of Hackeborn in 1291
and her dearly loved St. Mechtilde in 1298. Gertrude's health began to
deteriorate, but she continued to only show her love for the Lord.
"Until the age of
25, I was a blind and insane woman... but you, Jesus, deigned to grant me the
priceless familiarity of your friendship by opening to me in every way that
most noble casket of your divinity, which is your divine Heart, and offering me
in great abundance all your treasures contained in it".
On November 17, 1301,
Gertrude passed away a virgin and joined her Bridegroom forever.
Throughout her life,
Gertrude produced numerous writings, although only a few still exists today.
One of her longest surviving works is Legatus Memorialis Abundantiae Divinae
Pietatis (The Herald of Divine Love). Her other standing works include, her
collection of Spiritual Exercises and Preces Gertrudianae (Gertrudian Prayers).
The Herald of Divine Love
is composed of five different books. Book two is the core of the work, and was
written solely by Gertrude. It is a notable piece of writing, because it
includes detailed descriptions of Gertrude's visions and a veneration of
Christ's heart. The other four books are believed to have been composed by
other nuns.
Although Gertrude was
never formally canonized, Rome approved a liturgical office of prayer and
readings in her honor. To separate her from Abbess Gertrude of Hackeborn, Pope
Benedict XIV gave her the title, "the Great," making her the only
woman saint to be called, "the Great."
St. Gertrude the Great is
the Patroness of the West Indies and she is often invoked for souls in
purgatory. Her feast day is celebrated on November 16.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=424
Gertrude the Great, OSB V
(RM)
Born in Eisleben, Thuringia, Germany, on January 6, 1256; died at Helfta in
Saxony, c. 1302.
"O Lord Jesus
Christ, in union with Your most perfect actions I commend to You this my work,
to be directed according to Your adorable will, for the salvation of all
mankind. Amen." --Saint Gertrude Almost nothing is known about one of my
favorite saint's birth or death. Saint Gertrude was probably an orphan because
at age five she was received by the Cistercian nuns of Helfta and placed under
the care of Saint Mechtilde (see below) of Hackeborn, mistress of novices.
(Helfta was actually a Black Benedictine convent, which had been falsely
designated as Cistercian for political reasons in many early records.)
The intellectual level
was high in the castle convent of Helfta, which was then run by the noblewoman,
Saint Gertrude of Hackeborn (1232-1292). Even so, Saint Gertrude was considered
an outstanding student, who devoted herself to study, especially literature and
philosophy. Eventually she became a professed nun but still she concentrated on
the secular.
God, however, is a great
teacher. Gertrude learned that when she began to get carried away with her love
of learning. She didn't go so far as to neglect the Lord completely, but she
did push him off a bit to the side. Her mind was growing, but it was growing
faster than her heart.
Gertrude's life has a
lesson for intellectuals who will profit from her example. If a syllogism moves
you to ecstasy and a dissertation about the love of God makes you speechless
with joy, then beware. They are a trap. Gertrude learned not to prefer things
to people, ideas to reality, the study of divine learning to the pursuit of
love. She teaches us to avoid entanglement in the net of our words that save us
from believing in the living God, from dressing up God in the latest fashions
and making him into a latter-day golden calf, an idol that only serves to hide
the real Lord. Love means another person--the beloved--and another person
always upsets the neat constructs built by the mind.
But the Lord Himself saw
to it that she was set on the right path of devotion. Once touched by the
Spirit of God, Gertrude was converted from innocence to holiness, and swiftly
ran in the paths of perfection, devoting herself to prayer and contemplation.
Thus, her ecstasies began when she was 26.
Then she redirected her
energies from secular studies to scrutinizing the Bible and the writings of SS
Augustine, Gregory, and Bernard.
Many of her writings are
lost, but fortunately she left to the world an abundance of spiritual joy in
her book The Herald of Divine Love, in which she tells of the visions granted
her by our divine Lord. She wrote this excellent, small book because she was
told that nothing was given to her for her own sake only. Her Exercises is an
excellent treatise on the renewal of baptismal vows, spiritual conversion,
religious vows, love, praise, gratitude to God, reparation, and preparation for
death.
She began to record her
supernatural and mystical experiences in what eventually became her Book of
Extraordinary Grace (Revelation of Saint Gertrude), together with Mechtilde's
mystical experiences Liber Specialis Gratiae, which Gertrude recorded. Most of
the book was actually written by others based on Gertrude's notes.
She also wrote with or
for Saint Mechtilde a series of prayers that became very popular, and through
her writings helped spread devotion to the Sacred Heart (though it was not so
called until revealed to Margaret Mary Alocoque).
When in a vision the Lord
asked Gertrude whether she would prefer health or sickness, she responded,
"Divine Lord, give me whatever pleases You. Do not consider my wishes at
all. I know that what You choose to send is the best for me."
What value should be
placed on our suffering? All the saints looked upon it as a gift that brings
great merit. Moreover, it is better to bear the sorrows God allows. Gertrude
says, "It is the most dangerous kind of impatience if a person desires to
choose his own sufferings. Whatever is given to him by God is the best."
What if sickness comes?
Our Lord said to Gertrude:
"When man, after
applying the remedy for his suffering, patiently bears for love of Me that
which he is unable to cure, he gains a glorious prize." And later:
"If a man can, with
the help of grace, praise and thank God in time of suffering, he obtains a
treasure from the Lord, because thanksgiving when sorrow comes is the most
beautiful and precious crown of the soul." (Note the similarity to the
Book of Job.) Saint Gertrude learned that every tear shed on the death of a
loved one earns a rich reward if offered to God in obedience to His holy will.
The deep sympathy our Lord shows for the sorrows of men was thus revealed to
her. Gertrude found her strength in the Holy Eucharist. I think this passage
from Herald of Divine Love shows us how much Jesus prizes diversity in worship.
"Once Gertrude felt
slightly provoked when she noticed a certain religious approach Holy Communion
with extreme timidity. Our Lord rebuked her, however, saying, 'Dost thou not
realize that I deserve reverence equally as much as love? But as human frailty
is incapable of rendering both, I inspire one with reverence, and to another I
give the unction of My love.'" Regarding frequent communion, Jesus told
her:
"It is a time
honored custom that one who has twice held the office of governor excels in
honor him who has filled the office but once. Likewise, they shall be more
glorious in heaven who shall have received Me oftener on earth . . . "In
communicating but once, the Christian receives Me for his salvation, with all
My goods--that is, with the united treasures of My Divinity and Humanity; but
he does not appropriate the abundance of these treasures except by repeated
Communions. At each new Communion, I increase, I multiply the riches which are
to constitute his happiness in heaven! . . . In the end, he who approaches Me
with fear and reverence is less eagerly welcomed than he who comes to Me from a
motive of pure love."
The depth of His love was
shown to Gertrude in several visions. One day she saw Jesus during Holy
Communion placing beautiful white robes on some of the sisters. Precious
jewels, shaped like violets and giving out a delightful fragrance, adorned the
robes. A rose- colored garment with golden flowers was also given them as a
sign of Christ's passion and His infinite love for man. Our Lord wishes people
to pray for the souls in purgatory. He once showed Gertrude a table of gold on
which were many costly pearls. The pearls were prayers for the holy souls. At
the same time the saint had a vision of souls freed from suffering and
ascending in the form of bright sparks to heaven.
In one of my favorite
passages, Our Lord tells Gertrude that he longs for someone to ask Him to
release souls from purgatory, just as a king who imprisons a friend for
justice's sake hopes that someone will beg for mercy for his friend. (I've
posted this long passage previously.) Jesus ends with:
"I accept with highest
pleasure what is offered to Me for the poor souls, for I long inexpressibly to
have near Me those for whom I paid so great a price. By the prayers of thy
loving soul, I am induced to free a prisoner from purgatory as often as thou
dost move thy tongue to utter a word of prayer." To her was granted the
privilege of seeing our Lord's Sacred Heart. The graces flowing from it
appeared like a stream of purest water flowing over the whole world.
These visions continued
until the end of her life. Jesus said to her at the last: "Come, my chosen
one, and I will place in you My throne."
Saint Gertrude was
"the Great" because of her single-hearted love for the Sacred Heart
of Jesus and the souls in purgatory. Though she was never formally canonized,
Pope Clement XII in 1677 directed that her feast be observed throughout the Church.
It is interesting to note that Saint Teresa of Avila had a great devotion to
Gertrude (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Martindale, Melady,
White)
In art Saint Gertrude is
depicted as a Cistercian (white) abbess wearing seven rings on her right hand
and holding a heart with the figure of Christ in her left. She was neither an
abbess nor a Cistercian (but rather a Black Benedictine), but is often
portrayed as such. Sometimes seven angels ring her head and the Christ-Child is
over her heart (Roeder).
She is known as the
'prophetess of devotion to the Sacred Heart.' She is the patroness of the West
Indies. Venerated at Helfta, Saxony (Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1116.shtml
Antonio González Velázquez (1723–1793).
Sacra Conversazione, vers 1749, Saragossa Museum . La obra representa a
la Virgen con el niño, acompañados de un grupo de santos: Santa Gertrudis la Magna (1256-1302), San Pedro de Alcántara (1499-1562), San Antonio de Padua (1191/95-1231), San Francisco de Asís (1181/82-1226), San Juan Nepomuceno (1340-1393) y San Felipe Neri (1515-1595).
St. Gertrude the Great
Benedictine and mystic writer;
born in Germany,
6 Jan., 1256; died at Helfta, near Eisleben, Saxony,
17 November, 1301 or 1302. Nothing is known of
her family,
not even the name of her parents.
It is clear from her life (Legatus, lib. I, xvi) that she was not born in the
neighbourhood of Eisleben. When she was but five years of age she entered the
alumnate of Helfta. The monastery was
at that time governed by the saintly and enlightened Abbess Gertrude of
Hackerborn, under whose rule it prospered exceedingly, both
in monastic observance and in that intellectual activity
which St. Lioba and her Anglo-Saxon nuns had
transmitted to their foundations in Germany.
All that could aid to sanctity,
or favour contemplation and learning, was to be found in
this hallowedspot. Here, too, as to the centre of all activity and impetus
of its life, the work of works-the Opus Dei, as St.
Benedict terms the Divine
Office - was solemnly carried
out. Such was Helfta when its portals opened to receive the
child destined to be its brightest glory. Gertrude was
confided to the care of St.
Mechtilde, mistress of the alumnate and sister of the Abbess Gertrude.
From the first she had the gift of winning the hearts, and her
biographer gives many details of her exceptional charms, which matured with
advancing years. Thus early had been
formed betwen Gertrude and Mechtilde the bond of an
intimacy which deepened and strengthened withtime, and gave the
latter saint a prepondering influence over the former.
Partly in the alumnate,
partly in the community, Gertrude had devoted herself to study with
the greatest ardour. In her twenty-sixth year there was granted her the
first of that series of visions of which the wonderful sequence ended
only with life. She now gauged in its fullest extent the void of which she
had been keenly sensible for some time past, and with this awakening
came the realization of the utter emptiness of all transitory things. With
characteristic ardour she cultivated the highest spirituality, and,
to quote her biographer, "from being a grammarian became
a theologian", abandoning profane studies for
the Scriptures, patristic writings, and treatises on theology.
To these she brought the same earnestness which had characterized her former
studies, and with indefatigable zeal copied,
translated, and wrote for the spiritual benefit of others.
Although Gertrudevehemently condemns herself for
past negligence (Legatus, II, ii), still to understand her words
correctly we must remember that they express the indignant
self-condemnation of a soul called
to the highest sanctity.
Doubtless her inordinate love of
study had proved a
hindrance alike to contemplation and interior recollection, yet
it had none the less surely safeguarded her from more serious and grievous
failings. Her struggle lay in the conquest of a sensitive and
impetuous nature. In St. Gertrude's life there are no abrupt
phases, no suddenconversion from sin to holiness.
She passed from alumnate to the community. Outwardly her life was
that of the simple Benedictine nun,
of which she stands forth preeminently as the type. Her
boundless charity embraced richand poor, learned and
simple, the monarch on his throne and the peasant in the field; it
was manifested in tender sympathy towards the souls in purgatory,
in a great yearning for the perfection of souls consecrated to God.
Her humility was
so profound that she wondered how the earth could support so sinful a
creature as herself. Her raptures were frequent and so absorbed
her faculties as to render her insensible to what passed around her.
She therefore begged, for the sake of others, that there might be no outward
manifestations of the spiritualwonders with which her life was filled. She
had the gift
of miracles as well as that of prophecy.
When the call came for
her spirit to leave the worn and pain-stricken body, Gertude was
in her forty-fifth or forty-sixth year, and in turn assisted at the death-bed
and mourned for the loss of the holy Sister Mechtilde (1281), her
illustrious Abbess Gertrude
of Hackeborn (1291), and her chosen guide and confidante, St.
Mechtilde(1298). When the community was transferred in 1346 to the monastery of
New Helfta, the present Trud-Kloster, within the walls of Eisleben, they still
retained possession of their old home, where doubtless the bodies of
St. Gertrude and St.
Mechtilde still buried, though their place of sepulture remains
unknown. There is, at least, no record of their translation. Old Helfta is now
crown-property, while New Helfta has lately passed into the hands of the local
municipality. It was not till 1677 that the name
of Gertrude was inscribed in
the Roman Martyrology and her feast was
extended to the universal church, which now keeps it on 15 November,
although it was at first fixed on 17 November, the day of her death, on which
it is still celebrated by her own order. In compliance with apetition from
the King of Spain she
was declared Patroness of the West Indies; in Peru her feast is
celebrated with great pomp, and in New
Mexico a town was built in her honour and
bears her name. Some writers of recent times have considered that St. Gertrude
was a Cistercian,
but a careful and impartial examination of the evidence at present
available does not justify this conclusion. It is well known that
the Cistercian Reform
left its mark on many houses not affiliated to the order, and the fact that
Helfta was founded during the "golden age" of Cîteaux(1134-1342)
is sufficient to account for this impression.
Many of the writings of
St. Gertrude have unfortunately perished. Those now extant are:
The "Legatus Divinae
Pietatis",
The "Exercises of
St. Gertrude";
The "Liber Specialis
Gratiae" of St.
Mechtilde.
The works of St. Gertrude
were all written in Latin, which she used with facility and grace.
The "Legatus Divinae Pietatis" (Herald of Divine Love) comprises
five books containing the life of St. Gertrude, and recording many of the
favours granted her by God. Book II
alone is the work of the saint,
the rest being compiled by members of the Helfta community. They were written
for her Sisters in religion, and we feel she has here a free
hand unhampered by the deep humility which
made it so repugnant for her to disclose favours personal to herself. The
"Exercises", which are seven in number, embrace the work of the
reception of baptismal grace to
the preparation for death. Her glowing language deeply impregnated with
the liturgy and scriptures exalts the soul imperceptibly
to the heights of contemplation. When the "Legatus Divinae
Pietatis" is compared with the "Liber Specialis Gratiae"
of St.
Mechtilde, it is evident that Gertrude is the chief, if not the
only, author of the latter book. Her writings are also coloured by the glowing
richness of that Teutonic genius which found its most congenial expression
in symbolism and allegory. The spirit of St. Gertrude,
which is marked by freedom, breadth, and vigour, is based on the Rule
of St. Benedict. Her mysticism is
that of all the great contemplative workers of the Benedictine
Order from St.
Gregory to Blosius. Hers, in a word, is that ancient Benedictine spirituality
which Father Faber has so well depicted (All for Jesus, viii).
The characteristic
of St. Gertrude's piety is
her devotion to the Sacred Heart, the symbol of that
immense charitywhich urged the Word to take flesh, to institute
the Holy
Eucharist, to take on Himself our sins,
and, dying on theCross, to offer Himself as a victim and
a sacrifice to the Eternal Father (Congregation
of Rites, 3 April, 1825).Faithful to the mission entrusted to them,
the superiors of Helfta appointed renowned theologians,
chosen from the Dominican and Franciscan friars,
to examine the works of the saint.
These approved and commented them throughout. In the sixteenth
century Lanspergius and Blosius propagated her writings.
The former, who with his confrere Loher spared no pains in editing
her works, also wrote a preface to them. The writings were warmly received
especially in Spain,
and among the long list of holy and learned authorities who
used and recommended her works may be mentioned :
St.
Teresa, who chose her as her model and guide,
Yepez,
the illustrious Francisco
Suárez,
the Discalced Carmelite Friars of France,
St. Francis de
Sales,
M. Oliver,
Fr. Faber,
The Church has
inserted the name of Gertrude in
the Roman Martyrology with this eulogy: "On the 17th of
November, in Germany (the Feast)
of St. Gertrude Virgin, of the Order of St. Benedict, who
was illustrious for the gift of revelations."
Casanova,
Gertrude. "St. Gertrude the Great." The Catholic
Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton Company,1909. 16
Nov. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/06534a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas. In memory of
Sabina Jablonski.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. September 1, 1909. Remy Lafort,
Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2020 by Kevin
Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
Source : http://www.newadvent.org/cathen/06534a.htm
Santa Gertrude di Helfta
Gertrude von Helfta: Insinuationum divinae pietatis exercitia nonnulla.
Quibus accessere D. Henrici Susonis ac Joannis Lanspergii ..., Titelblatt,
Paris, Guilllaume Chaudière, 1578
St. Gertrude, Virgin and Abbess
From her book of Divine Insinuations, and her Life compiled by Dom Mege, prefixed to his edition of that work, in 1664. See also Dr. Cave, Hist. Liter, t. 2, p. 301.
A.D. 1292
ST. GERTRUDE was of an illustrious family, born at Eisleben, or Islebe, in Upper Saxony, and sister to St. Mechtildes. At five years of age she was offered to God in the Benedictin nunnery of Rodalsdorf, and at thirty was chosen abbess of that house, in 1251: and, the year following, was obliged to take upon her the government of the monastery of Heldelfs, to which she removed with her nuns. In her youth she studied Latin, as it was then customary for nuns to do; she wrote and composed in that language very well, and was versed in sacred literature. Divine contemplation and devout prayer, she always looked upon as the principal duty and employment of her state, and consecrated to those exercises the greater part of her time. The passion of our Redeemer was the favourite object of her devotions; and, in meditating on it, or on the blessed Eucharist, frequently she was not able to contain the torrents of tears which flowed from her eyes. She spoke of Christ, and of the mysteries of his adorable life, with so much unction, and in such transports of holy love, as to ravish those who heard her. Ecstacies and raptures of the divine love, and the gifts of divine union in prayer, were familiar to her. She mentions that once hearing those words, I have seen the Lord face to face, sung in the church, she saw, as it were, a divine face, most beautiful and charming, whose eyes pierced her heart, and filled both her soul and body with inexpressible delight which no tongue could express. 1 The divine love which burned in her breast, and consumed her soul, seemed the only spring of all her affections and actions. For this precious grace her pure soul was prepared by the crucifixion of her heart to the world, and to inordinate self-love in all its shapes. Watching, fasting, abstinence, perfect obedience, and the constant denial of her own will, were the means by which she tamed her flesh, and extirpated or subdued whatever could oppose the reign of the most holy will of God in her afflictions; but profound humility, and perfect meekness had the chief part in this work, and laid the foundation of the great virtues and graces to which the divine mercy raised her. Though she was possessed of the greatest natural talents, and of most extraordinary gifts of divine grace, her mind was penetrated, and entirely filled only with the deepest sentiments of her own nothingness, baseness, and imperfections. It was her sincere desire that all others should have the same contempt of her, which she had of herself, and she used to say, that it seemed to her one of the greatest of all the miracles of God’s infinite goodness, that his divine majesty was pleased to suffer the earth to bear her. Though she was the superior and mother of the rest, she behaved towards them as if she had been the lowest servant, and one that was unworthy ever to approach them: and such were the sincere sentiments of her heart. How much soever she gave herself up to the exercises of heavenly contemplation, she neglected not the duties of Martha, and was very solicitous in attending to all the necessities of every one, and in providing all things for them, especially all spiritual helps. In their progress in all the exercises and virtues of an interior and religious life, she found the happy fruits of her zealous endeavours and pious instructions. Her tender devotion to the Mother of God, sprang from the ardour of her love for the divine Son. The suffering souls in purgatory had a very great share in her compassion and charity.
We have a living portraiture of her pure and holy soul in her short book Of Divine Insinuations, or Communications and Sentiments of Love, perhaps the most useful production, next to the writings of St. Teresa, with which any female saint ever enriched the church, for nourishing piety in a contemplative state. 2 The saint proposes exercises for the renovation of the baptismal vows, by which the soul entirely renounces the world and herself, consecrates herself to the pure love of God, and devotes herself to pursue in all things his holy will. The like exercises she prescribes for the conversion of a soul to God, and for the renovation of her holy spiritual espousals, and the consecration of herself to her Redeemer, by a bond of indissoluble love, praying that she may totally die to herself, and be buried in him, so that he alone, who is her holy love, be acquainted with this her hidden state or sepulchre, and that she may have no other employment but that of love, or what his love directs. These sentiments she repeats with admirable variety throughout the work, and, in the latter part, dwells chiefly on the most ardent desires of being speedily united to her love in everlasting glory, entreating her divine Redeemer, by all his sufferings and infinite mercies, to cleanse her perfectly from all earthly affections and spots, that she may be admitted to his divine presence. Some of these sighs, by which she expresses her thirst after this happy union with her God in bliss, are so heavenly, that they seem rather to proceed from one who was already an inhabitant of heaven, than a pilgrim in this mortal life; so strongly were the affections of the saint fixed there. This is particularly observable in that exercise, wherein she advises the devout soul sometimes to set apart a day to be devoted without interruption to praise and thanksgiving, in order to supply any defects in this double duty in daily devotions, and to endeavour as perfectly as possible to be associated in this function to the heavenly spirits. The like exercises she proposes for supplying all defects in the divine love, by dedicating an entire day to the most fervent acts of pure love. The saint, as a chaste turtle, never interrupted her sweet sighs and moans, admitting no human consolation so long as her desire was delayed; yet rejoicing in hope and love, in perfect resignation to the will of God, in the visits of the Divine Spirit, in suffering with and for her loving Redeemer, and in labouring for his service. Her desires were at length fulfilled, and, having been abbess forty years, she was called to the embraces of her heavenly Spouse in 1292, her sister, Mechtildes, being dead some time before. The last sickness of St. Gertrude seemed rather a languishing of Divine love than a natural fever; so abundantly did her soul enjoy in it the sweetest comforts and presence of the Holy Ghost. Miracles attested how precious her death was in the sight of God. She is honoured with an office in the Roman Breviary on this day. The Lypsanographia, or catalogue of relics kept in the electoral palace of Brunswick-Lunenbourg, printed at Hanover, in 1713, in folio, mentions, amongst others, the relics of St. Gertrude in a rich shrine.
The exercises by which
St. Gertrude made such sublime advances in the school of divine love, all
tended to the closest union of her heart to God by the most inflamed desires
and purest affections: and were directed at the same time to remove all
obstacles to this union, by cleansing her soul and purifying her affections, by
tears of compunction, by the renunciation of sensual delights, and the most
perfect denial of herself. Hence she prayed continually that by the grace of
the omnipotent divine love she might be strengthened to resign herself to holy
love, so that nothing of self should remain in her, but should be totally
consumed by the flame of holy love, like dust carried away by the wind, so as
not to leave the least grain or trace behind. 3 For
this exterior action, both of self-denial and of charity, zeal and all other
virtues are necessary; but interior exercises are far more essential, in which
the soul must frequently in the day raise herself up to God by the most ardent
desires of love, praise, and thanksgiving, and study to die to herself by
sincere and repeated sentiments of humility, compunction, meekness, patience,
and self-denial.
Note 1. Insin.
Divin. l, 2, c. 22. [back]
Note 2. This book
has run through several editions: one was given by the devout Carthusian,
Lanspergius, who died at Cologne in 1539: another by the great contemplative
Lewis Blosius, the reformer of the abbey of Liesse, who refused the
archbishopric of Cambray, and died in 1568. But the most correct is that of Dom
Mege, the Maurist monk, in 1664, under this title: S. Gertrudis insinuationum
divinæ pietatis exercitia. [back]
Note 3. Insin.
Divin. p. 52. [back]
Rev. Alban
Butler (1711–73). Volume XI: November. The Lives of the
Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/151.html
Baltasar
Vargas de Figueroa (Atribuido). Muerte de Santa Gertrudis, siglo
XVII. Oleo sobre Tela. La composición de esta imagen la convierte de una de las
obras más ricas iconográficamente que posee el Museo Colonial. Santa Gertrudis
ubicada en el centro, es sostenida por Jesùs, acompañado de cerca por María y
san José. En la parte de atrás un grupo de santos, entre los que se hallan
santa Bárbara, santa Catalina de Alejandría y san Benito de Nurcia, presencia
la escena, compuesta por múltiples figuras.
Weninger’s
Lives of the Saints – Saint Gerturde, Virgin
Article
The Roman Martyrology commemorates the virgin Saint
Gertrude, who is to be distinguished from another virgin of the same name,
whose life is recorded in the month of March. The Breviary relates of her, as
follows: Gertrude was born at Eisleben, in Saxony, the same place where, two
hundred years later, the unhappy Luther came into the world. When hardly five
years old, she went into the Benedictine convent at Rudersdorf, to consecrate
herself entirely to the service of the Most High. From that time, she despised
all that was worldly, and striving only after virtue, led an almost heavenly
life. The meditation of the divine mysteries, to which she was much devoted,
served her as an incitement to virtue and perfection. In all her actions, she
sought only the honor of God. Her conversations on our Lord and His holy life
were most edifying, and her devotion to the Holy Eucharist, and the bitter
passion and death of Christ was so fervent, that she frequently shed floods of
tears in contemplating them. The Virgin Mother, whom in a vision, Christ had
given her as mother, she venerated with filial affection. She daily offered all
her prayers and other good works for the souls in purgatory, many of whom she
freed from their sufferings.
When thirty years of age, she was chosen abbess or
superior, and successively governed two convents, with so much mildness, wisdom
and zeal for the maintenance of the Rule, that the houses under her charge were
justly regarded and praised as true dwellings of religious perfection. Although
the holy virgin, as superior, stood above all, she would be the least of them,
and endeavored to show those under her all possible kindness. The Almighty
favored her with extraordinary gifts. She had many visions of Christ, the Blessed
Virgin and other Saints. The revelations which she had of secret and future
events were almost numberless. She often went into ecstasy during her prayers
and continued in it a considerable length of time. But notwithstanding these
and other divine gifts, she was so humble that she frequently said that one of
the greatest miracles of divine goodness was the fact that God suffered her to
serve Him. Quite different was the judgment of heaven; for, to say nothing of
many other proofs of the favor with which she was regarded, we will only
relate, that Christ Himself revealed to another holy person, that He had chosen
for Himself a most lovely dwelling in the heart of Gertrude. God made the hour
of her death known to her; and the nearer it approached, the more her zeal in
the Lord’s service increased; until a happy death called her home, in 1292. She
was during her life, venerated as an example of all virtues, among which her
love of God was the brightest. This love was so great, that her death was
caused rather by its ardor than by the sufferings of her malady. Before and
after her death, God wrought many and great miracles by her intercession.
Practical Considerations
The nearer the hour of her death approached the more
zealous Saint Gertrude became in the service of God. The same was the case with
Saint Gregory. He redoubled his fatherly care for his flock and for the
salvation of his own soul. Both acted rightly. Many persons are aware when
their lives are drawing to a close, either because they are very old, or
because they perceive that their strength leaves them, or because God visits
them with a mortal sickness. If these persons wish to act sensibly they will
endeavor to employ the time left to them to the best advantage. They ought to
prepare them- selves carefully and in time for death; bear the pains they
suffer patiently, in the spirit of penance, and offer them to the Almighty;
practice good works daily; repent daily and hourly of the sins of their past
life, in order to atone, at least in some measure, for their former negligence,
and yet gather some treasures for eternity, during the few days of life that
still remain.
“Work while it is day,” admonishes the Lord; “the
night comes when no man can work.” (John 9) The laborers in the gospel who did
not begin to work until the eleventh hour, received the same wages as those who
had worked longer, because in their zeal they had done as much in the last
hour, as the others during the whole day. Saint Chrysostom says: “At the
eleventh hour are called those who are advanced in age. This parable is
intended to encourage those who do not reform until they are old, that they may
not think that their happiness in heaven will not be as great as that of
others.” But Christ gave this parable to comfort not only the aged, but all
those who have been negligent in the service of the Most High. Such people
especially when they feel that their end draws near, should employ all their
strength to serve the Lord, in order to repair, in a short time, what they have
neglected. They will surely gain eternal life by acting thus. Saint Chrysostom
says: “The older we are or the nearer we are, for other reasons, to eternity,
the more eagerly must we run along the way to Heaven.”
The special devotion of Saint Gertrude to the passion
and death of our Lord, prompts me to say a few words more. Harder than a stone
must you be, if, considering not only who He was who suffered and died for your
sake, but also, how He suffered in soul and body and how painful a death He
died – harder than a stone, I say, must you be, if, considering all this, you
are not moved with love and devotion towards your Saviour. But you must prove
your gratitude and love, especially, by earnestly repenting of your sins, which
were the cause of Christ’s sufferings and death. “He was wounded for our
iniquities, he was bruised for our sins,” says the Prophet. (Isaiah 53) “See, O
man!” says Saint Bernard, “the greatness of your wounds, in the awful suffering
of the Lord.” And if you recognize the enormity of sin, tell me, how can you
dare to sin again? “The son of God died for our sins;” says Origen: “and canst
thou, O Christian, delight in sinning?” You know that Christ, true God and Man,
sweat blood for your crimes, in the garden of Olives; that He was made a
prisoner, was derided, scourged, crowned with thorns, and finally crucified;
and you dare to sin anew? Is then hell itself enough to punish such abominable
wickedness? The holy Apostle curses all those who do hot love our Lord Jesus
Christ. What then does he deserve who even dares to offend Him anew? “If any
man love not our Lord Jesus Christ, let him be Anathema Maranatha.” (1
Corinthians 16)
MLA Citation
Father Francis Xavier Weninger, DD, SJ. “Saint
Gerturde, Virgin”. Lives of the Saints, 1876. CatholicSaints.Info.
26 May 2018. Web. 17 November 2020.
<https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-gerturde-virgin/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-gerturde-virgin/
Rooms-Katholieke Kerk: beeld St.Geertrudis
St. Gertrude the Great
St. Gertrude was born in Eisleben, Germany in 1256. As a five-year-old, she was
received into the monastery of the Cistercian nuns in Helfta. She was an
intellectually gifted student with a gentle disposition who applied herself to
her studies, concentrating on literature and philosophy.
At the age of twenty-six, Gertrude had the first of many visions of Jesus which
brought about a deep interior conversion, drawing her into the innermost
recesses of His Sacred Heart. Her heart symbolically united in a vision to the
Sacred Heart of Jesus, she was a precursor of the later devotion to the Sacred
Heart. She also advocated frequent reception of the Eucharist and devotion to
St Joseph.
Similar to other mystics, such as St. Teresa of Avila, the Passion of Christ was
her favorite devotion and when she meditated on it, or on the blessed
Eucharist, she was often unable to control the torrents of tears which flowed
from her eyes. She frequently went into ecstasy when she meditated or focused
on the great love of Christ and united her heart with His.
On one occasion, Jesus, appeared to Gertrude in a vision and pointed out to her
the wound in his side, out of which flowed a stream of crystal-clear water. The
heart of Christ seemed to her to be suspended like a lamp in her own heart. She
heard it throbbing with His unconditional, redemptive love for both saint and
sinner.
In her short book of "Divine Insinuations", or "Communications
and Sentiments of Love," she proposed exercises for the renewal of
baptismal vows, by which the soul completely renounces the world and herself,
consecrates herself to the pure love of God, abandoning herself entirely to His
holy will.
When in a vision the Lord asked Gertrude whether she would prefer health or
sickness, she responded, "Divine Lord, give me whatever pleases You. Do
not consider my wishes at all. I know that what You choose to send is the best
for me."
Gertrude was an extraordinarily charitable person toward all those she
encountered and her love for others manifested itself in tender sympathy
towards the souls in purgatory. An extremely humble person, she prayed that her
many spiritual gifts not be manifested outwardly to others and her request was
granted. Gertrude was blessed with the gift of prophecy as well as the gift of miracles.
A prolific writer, she authored five books on spirituality. However, only three
of them are still in existence.
Gertrude died on November 17th, 1301 or 1302 of natural causes. She is the
patron saint of nuns, travelers, and the West Indies.
Prayer to the Sacred Heart of Jesus
O Sacred Heart of Jesus, fountain of eternal life, Your Heart is a glowing
furnace of Love. You are my refuge and my sanctuary. O my adorable and loving
Savior, consume my heart with the burning fire with which Yours is aflamed.
Pour down on my soul those graces which flow from Your love. Let my heart be
united with Yours. Let my will be conformed to Yours in all things. May Your
Will be the rule of all my desires and actions. Amen.
~ Saint Gertrude the Great
Prayer of Saint Gertrude the Great
Dictated by Our Lord, to release 1000 souls from purgatory each time it is
said.
Eternal Father, I offer Thee the Most Precious Blood of Thy Divine Son Jesus
Christ, in union with the most Holy Sacrifice of the Mass, said throughout the
world today, for all the holy Souls in Purgatory, for sinners everywhere, for
sinners in the Universal Church, those in my own home, and within my family.
SOURCE : https://catholicfire.blogspot.com/2016/11/todays-saints-st-gertrude-great-and-st.html
St. Gertrude’s Love for
the Sacred Heart Overflows Into Purgatory
St. Gertrude the Great,
whose feast day is Nov. 16, was especially devoted to the holy souls in
purgatory.
Patty Knap BlogsNovember 16, 2016
I recently came across
the prayer for souls in purgatory that is attributed to St. Gertrude, and I
became curious about her life. I discovered that she is a fascinating
13th-century mystic who experienced visions of Christ that transformed her
life.
Born in Germany in 1256,
Gertrude was educated in a monastery in Helfta. By the age of 24 Gertrude was
convinced she had built a “tower of vanity and curiosity” rather than seeking
to love God above all things.
During Advent of 1281,
she received her first vision of Christ, with the words: “I have come to
comfort you and bring you salvation.” This brought about a focus on the study
of Scripture and theology. She spent hours in prayer and meditation, and began
writing spiritual treatises for the benefit of her monastic sisters. Many of
Gertrude's prayers were miraculously answered, including the healings of
serious diseases of other sisters. Along with her friend and teacher St.
Mechtild, she practiced a spirituality known as “nuptial mysticism,” seeing
herself as the bride of Christ.
Only a few of St.
Gertrude's writings survive today, but what we have is beautiful and profound.
Her Spiritual Exercises were written in Latin around 1289. This
arrangement of prayers, hymns and reflections was intended for the nuns of her
community and was used by Gertrude herself for her own yearly spiritual
renewal. With themes of baptism, conversion, commitment, discipleship, union
with God and preparation for death, these Spiritual Exercises are
still useful today for anyone seeking to deepen their spirituality through
prayer and meditation.
In 1289, Gertrude heard
Christ ask her to write an account of the many graces she had received. She
wrote a short spiritual autobiography, The Herald of God's Loving Kindness,
to which the Helfta community later added what they had experienced with her.
In it Gertrude describes her transformation as so real she was able to overcome
all resistance within herself and surrender unconditionally to God’s love.
Gertrude had a special
devotion to the holy souls in purgatory. At every Communion she asked God for
mercy upon them. He once showed her a table of gold on which were many pearls
representing prayers for the holy souls. At the same time Gertrude saw souls
freed from purgatory and ascending to heaven. In another vision, our Lord told
her that he longs for someone to simply ask him to release souls from
purgatory. He told her:
I accept with highest
pleasure what is offered to me for the poor souls, for I long inexpressibly to
have near me those for whom I paid so great a price. By the prayers of thy
loving soul, I am induced to free a prisoner from purgatory as often as thou
dost move thy tongue to utter a word of prayer.
In another vision she was
said to be given the following well-known prayer:
Eternal Father, I offer
You the Most Precious Blood of Thy Divine Son, Jesus Christ, in union with the
Masses said throughout the world today, for all the Holy Souls in Purgatory,
for sinners everywhere, those in the Universal Church, in my home, and in my family.
On his own feast day, St.
John appeared to Gertrude and placed her by the wounded side of Jesus, where
she could hear his beating Sacred Heart.
“Why is it, O beloved of
God,” she asked him, “that you who rested on his bosom at the Last Supper have
said nothing of what you experienced then?”
St. John told her:
It was my task to present
to the first age of the Church the doctrine of the Word made flesh which no
human intellect can ever fully comprehend. The eloquence of that sweet beating
of his Heart is reserved for the last age in order that the world grown cold
and torpid may be set on fire with the love of God.
Our Lord then showed her
his Divine Heart, saying:
Behold, I manifest
to the gaze of thy soul my deified Heart, the harmonious instrument whose sweet
tones ravish the Most Adorable Trinity. I give It to thee, and like a faithful,
zealous servant, this Heart will be ready, at any moment, to repair thy defects
and negligences. ... Make use of it and thy works will charm the eye and ear of
the Divinity.
Gertrude was stunned by
this gift of Our Lord because she thought it too great a condescension. Jesus
encouraged her:
If thou hast a beautiful
and melodious voice, and takest much pleasure in chanting, wilt thou not feel
displeased if another person whose voice is harsh, wishes to sing in thy stead,
and insists on doing so? Thus my Divine Heart, understanding human inconstancy,
desires with incredible ardor to be continually invited, either by words or
signs, to operate and accomplish in thee what thou art unable to accomplish
thyself. Its omnipotence enables my Heart to act without trouble. Its
impenetrable wisdom enables It to act in the most perfect manner. And its
joyous and loving charity makes it ardently desire to accomplish this end.
St. Gertrude encouraged
others to pray to the Sacred Heart for graces. Jesus told her: “They may draw
forth all they need from my Divine Heart.”
These visions continued
until the end of her life. As she was dying, Jesus said to her: “Come, my
chosen one, and I will place in you my throne.”
The feast of St. Gertrude
was extended to the universal Church by Clement XII in 1738 and today is
celebrated on Nov. 16, the date of her death in 1301 or 1302. Pope Benedict XIV
gave her the title “the Great” to distinguish her from another St. Gertrude,
Abbess Gertrude of Hackeborn, and to recognize her spiritual and theological
insight.
Keywords:
Patty Knap Patty
Knap lives on Long Island and is a mother of two adult children. She’s a
certified pregnancy counselor, a faith formation teacher and an ABA therapist.
She loves the beach, national parks, dalmatians and old churches.
SOURCE : https://www.ncregister.com/blog/st-gertrude-s-love-for-the-sacred-heart-overflows-into-purgatory
St. Gertrude and the
Purgatory Prayer
Posted on 16 November 2020 by Fr. John Zuhlsdorf
Sometimes I get questions
about certain practices or prayers. Someone might find a slip of
paper saying, “Pray this and X will happen.” Some will ask me about
prayers that receive X number of days off of Purgatory.
There is a prayer
associated with today’s saint, St. Gertrude “the Great” about which a claim is
made that it will release from Purgatory 1000 souls.
St. Gertrude was a 13th
c. Benedictine, saint and mystic. She received private revelations.
She is often called “the Great”. She was an early promoter of veneration
of Sacred Heart with a powerful concern for the souls in Purgatory..
Here is the prayer:
“Eternal Father, I offer
You the most precious blood of thy Divine Son, Jesus, in union with the Masses
said throughout the world today, for all the Holy Souls in Purgatory, for
sinners everywhere, for sinners in the universal Church, for those in my own home,
and in my family. Amen.”
That’s a lovely
prayer. It is attributed to St. Gertrude the Great.
Nowhere in the writings
that have come down to us did Gertrude make the claim about 1000 souls.
For the last couple
centuries the Church has tried to weed out specious claims that have attached
themselves to certain pious practices. This is precisely one of
those claims. For this reason the Church abolished the “Toties
Quoties” indulgences, etc. (practices by which one could gain any number of
plenary indulgences in a day).
None of this means that
the prayer is a bad prayer. Claims about it are bad. We can say the
same for perfectly acceptable prayers on old holy cards that say that a certain
number of days reduced for Purgatory (or other time measures) are
obtained.
Number of souls or of
days? No. But the prayers can still be good!
Pope Leo XIII tried to
suppress a virtual superstition of the nearly “magical” effects of the
simple recitation of prayers to free various numbers of souls from Purgatory.
You can find his acts in Acta Sanctae Sedis, which was the
instrument of promulgation of documents of the Holy See. It’s name
eventually changed to Acta Apostolicae Sedis, which is what it is called
now. In ASS 31
(1898-99) and ASS 32
(1899-1900). At AAS 32 on p. 243 on Rule 8 we
find a condemnation of cards or pages that promise that many souls will be
released from Purgatory due to the recitation of a prayer.
The Church gets to
establish what indulgences are effective and can be used. The current
general grants are found in the Handbook
of Indulgences. Everyone should have a copy to reference.
SOURCE : https://wdtprs.com/2020/11/st-gertrude-and-the-purgatory-prayer/
Santa Geltrude (Gertrude)
la Grande Vergine
- Memoria
Facoltativa
Eisleben, Germania, ca.
1256 - Monastero di Helfta, Germania, 1302
Nata nel 1256 a Eisleben,
in Germania, a 5 anni venne affidata alle monache di Helfta e con loro
trascorse il resto della vita. Educata nell’eccellente scuola dell’abbazia,
presto rivelò un’intelligenza fuori dal comune. A 26 anni ebbe una visione
nella quale si trovò di fronte a una siepe di spine. Il Signore la sollevò e la
depose dalla sua parte. «Da allora cominciai a seguire il profumo dei tuoi
balsami e appresi in breve che il giogo del tuo amore è mite e leggero». Dei
suoi progressi nella vita dello spirito, siamo informati dalla sua opera,
'Rivelazioni', che consta di cinque libri. Solo il secondo, il 'Legatus', un
inno alla misericordia di Dio, è scritto di suo pugno. Il primo, una sua
biografia, e gli altri vennero composti dopo la sua morte da una consorella, a
partire da suoi appunti e racconti. Alla base delle sue esperienze mistiche vi
sono le celebrazioni liturgiche, mentre il linguaggio evidenzia una forte
impronta biblica. La sua dottrina, infine, è cristocentrica. La misericordia
del Salvatore la trasporta nella sua divinità al punto che, come Maria, ella si
sente sposa e madre di Gesù.Vivendo costantemente alla presenza di Dio, vede
sempre Gesù, il Dio fatto uomo, il Salvatore con il cuore squarciato e vive nella
disponibilità a patire ciò che ancora manca alla passione di Cristo. Una delle
più grandi mistiche cristiane morì nel 1301 o 1302.
Etimologia: Geltrude
= la vergine della lancia, dal tedesco
Emblema: Giglio
Martirologio
Romano: Santa Geltrude, detta Magna, vergine, che, fin dall’infanzia si
dedicò con grande impegno e ardore alla solitudine e agli studi letterari e,
convertitasi totalmente a Dio, entrò nel monastero cistercense di Helfta vicino
a Eisleben in Germania, dove percorse mirabilmente la via della perfezione,
consacrandosi alla preghiera e alla contemplazione di Cristo crocifisso. Il suo
transito si celebra domani.
(17 novembre: A Helfta
vicino a Eisleben nella Sassonia in Germania, anniversario della morte di santa
Geltrude, vergine, la cui memoria si celebra il giorno precedente a
questo).
Invece delle origini familiari, conosciamo le sue passioni giovanili: letteratura, musica e canto, arte della miniatura. Per una ragazza del suo tempo, queste non sono cose tanto comuni. Gertrude, infatti, ha fatto i suoi studi, ed è certo quindi che veniva da una famiglia benestante. Ma non era figlia di nobili, come hanno scritto alcuni, confondendola con un’altra Gertrude. Comunque, già all’età di cinque anni, la sua famiglia la mette a scuola nel monastero di Helfta, in Sassonia, che all’epoca segue le consuetudini cistercensi.
E qui Gertrude trova la maestra delle novizie Matilde di Hackeborn e, successivamente, la grande Matilde di Magdeburgo, maestra di spiritualità e anche di bello scrivere: la narrazione delle sue esperienze mistiche, Lux divinitatis, costituisce un elegante testo poetico. Matilde è il personaggio decisivo nella vita interiore di molte giovani che l’avvicinano, maestra di una spiritualità fortemente attratta dal richiamo mistico. A questa scuola cresce Gertrude, che tuttavia non sembra percorrere tranquillamente la frequente trafila alunna-postulante-monaca. Alcune fonti, addirittura, le attribuiscono momenti di vita “dissipata”. Però a 26 anni diventa un’altra; o, come dirà successivamente lei stessa: il Signore, "più lucente di tutta la luce, più profondo di ogni segreto, cominciò dolcemente a placare quei turbamenti che aveva acceso nel mio cuore".
Una mutazione che sorprende molti, e che lei stessa attribuisce a una visione, seguita poi da altri fenomeni eccezionali come visioni, estasi, stigmate. E in aggiunta vengono a tormentarla le malattie. Ma accade a lei come ad altre donne e uomini misteriosamente “visitati” che l’infermità fisica, invece di fiaccarli, li stimola. Gertrude vorrebbe vivere in solitudine questa avventura dello spirito, ma non sempre può: le voci corrono, arriva al monastero gente per confidarsi, per interrogarla, anche semplicemente per vederla. E questa contemplativa malata ha momenti di stupefacente attivismo, nel contatto con le persone e nell’impegno di divulgatrice del culto per l’umanità di Gesù Cristo, tradotta nell’immagine popolarissima del Sacro Cuore. Accoglie tanti disorientati e cerca di aiutarli. Per raggiungerne altri scrive, sull’esempio di Matilde, e lo fa con l’eleganza che è frutto dei suoi studi.
Quell’impegno di adolescente e di giovane nelle discipline scolastiche l’ha preparata a essere “apostolo” nel modo richiesto dai suoi tempi. E anche precorritrice di Teresa d’Avila e di Margherita Maria Alacoque.
La fama di santità l’accompagna già da viva, e dura nel tempo, anche se ci
vorrà qualche secolo per il riconoscimento ufficiale del suo culto nella Chiesa
universale. Ma per chi l’ha conosciuta e ascoltata, Gertrude è già santa al
momento della morte nel monastero di Helfta, all’età di circa 46 anni.
La Chiesa la venera come santa dal 1738.
Autore: Domenico Agasso
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/30050
Comunione di Santa Gertrude (Giovanni Battista Carlone) (1603 ca. – 1684 ca.), Abbazia di Novalesa, proveniente dalla Chiesa di Santa Caterina dei Cistercensi a Genova ed oggi conservato presso l'Albergo dei poveri nella stessa città ligure
BENEDETTO XVI
UDIENZA GENERALE
Piazza San Pietro
Mercoledì, 6 ottobre
2010
Santa Gertrude la Grande
Cari fratelli e sorelle,
Santa Gertrude la Grande,
della quale vorrei parlarvi oggi, ci porta anche questa settimana nel monastero
di Helfta, dove sono nati alcuni dei capolavori della letteratura religiosa
femminile latino-tedesca. A questo mondo appartiene Gertrude, una delle
mistiche più famose, unica donna della Germania ad avere l’appellativo di
“Grande”, per la statura culturale ed evangelica: con la sua vita e il suo
pensiero ha inciso in modo singolare sulla spiritualità cristiana. È una donna
eccezionale, dotata di particolari talenti naturali e di straordinari doni di
grazia, di profondissima umiltà e ardente zelo per la salvezza del prossimo, di
intima comunione con Dio nella contemplazione e di prontezza nel soccorrere i
bisognosi.
A Helfta si confronta,
per così dire, sistematicamente con la sua maestra Matilde
di Hackeborn, di cui ho parlato nell’Udienza di mercoledì scorso; entra in
rapporto con Matilde di Magdeburgo, altra mistica medioevale; cresce sotto la
cura materna, dolce ed esigente, della Badessa Gertrude. Da queste tre
consorelle attinge tesori di esperienza e sapienza; li elabora in una propria
sintesi, percorrendo il suo itinerario religioso con sconfinata confidenza nel
Signore. Esprime la ricchezza della spiritualità non solo del suo mondo
monastico, ma anche e soprattutto di quello biblico, liturgico, patristico e
benedettino, con un timbro personalissimo e con grande efficacia comunicativa.
Nasce il 6 gennaio del
1256, festa dell’Epifania, ma non si sa nulla né dei genitori né del luogo di
nascita. Gertrude scrive che il Signore stesso le svela il senso di questo suo
primo sradicamento: “L'ho scelta per mia dimora perché mi compiaccio che tutto
ciò che c'è di amabile in lei sia opera mia […]. Proprio per questa ragione io
l'ho allontanata da tutti i suoi parenti perché nessuno cioè l'amasse per
ragione di consanguineità e io fossi il solo motivo dell'affetto che le si
porta” (Le Rivelazioni, I, 16, Siena 1994, p. 76-77).
All’età di cinque anni,
nel 1261, entra nel monastero, come si usava spesso in quella epoca, per la
formazione e lo studio. Qui trascorre tutta la sua esistenza, della quale lei
stessa segnala le tappe più significative. Nelle sue memorie ricorda che il
Signore l’ha prevenuta con longanime pazienza e infinita misericordia,
dimenticando gli anni della infanzia, adolescenza e gioventù, trascorsi -
scrive - “in un tale accecamento di mente che sarei stata capace […] di
pensare, dire o fare senza alcun rimorso tutto ciò che mi fosse piaciuto e
dovunque avessi potuto, se tu non mi avessi prevenuta, sia con un insito orrore
del male ed una naturale inclinazione per il bene, sia con la vigilanza esterna
degli altri. Mi sarei comportata come una pagana […] e ciò pur avendo tu voluto
che fin dall'infanzia e cioè dal mio quinto anno di età, abitassi nel santuario
benedetto della religione per esservi educata fra i tuoi amici più devoti”
(Ibid., II, 23, p. 140s).
Gertrude è una
studentessa straordinaria, impara tutto ciò che si può imparare delle scienze
del Trivio e del Quadrivio, la formazione di quel tempo; è affascinata dal
sapere e si dà allo studio profano con ardore e tenacia, conseguendo successi
scolastici oltre ogni aspettativa. Se nulla sappiamo delle sue origini, molto
ella ci dice delle sue passioni giovanili: letteratura, musica e canto, arte
della miniatura la catturano; ha un carattere forte, deciso, immediato,
impulsivo; sovente dice di essere negligente; riconosce i suoi difetti, ne
chiede umilmente perdono. Con umiltà chiede consiglio e preghiere per la sua
conversione. Vi sono tratti del suo temperamento e difetti che
l’accompagneranno fino alla fine, tanto da far stupire alcune persone che si
chiedono come mai il Signore la prediliga tanto.
Da studentessa passa a
consacrarsi totalmente a Dio nella vita monastica e per vent’anni non accade
nulla di eccezionale: lo studio e la preghiera sono la sua attività principale.
Per le sue doti eccelle tra le consorelle; è tenace nel consolidare la sua
cultura in svariati campi. Ma, durante l’Avvento del 1280, inizia a sentire
disgusto di tutto ciò, ne avverte la vanità e il 27 gennaio del 1281, pochi
giorni prima della festa della Purificazione della Vergine, verso l’ora di
Compieta, la sera, il Signore illumina le sue dense tenebre. Con soavità e
dolcezza calma il turbamento che l’angoscia, turbamento che Gertrude vede come
un dono stesso di Dio “per abbattere quella torre di vanità e di curiosità che,
pur portando ahimè e il nome e l'abito di religiosa, io ero andata innalzando
con la mia superbia, onde almeno così trovar la via per mostrarmi la tua
salvezza” (Ibid., II,1, p. 87). Ha la visione di un giovanetto che la guida a
superare il groviglio di spine che opprime la sua anima, prendendola per mano.
In quella mano, Gertrude riconosce “la preziosa traccia di quelle piaghe che
hanno abrogato tutti gli atti di accusa dei nostri nemici” (Ibid., II,1,
p. 89), riconosce Colui che sulla Croce ci ha salvati con il suo sangue,
Gesù.
Da quel momento la sua
vita di comunione intima con il Signore si intensifica, soprattutto nei tempi
liturgici più significativi - Avvento-Natale, Quaresima-Pasqua, feste della
Vergine - anche quando, ammalata, era impedita di recarsi in coro. È lo
stesso humus liturgico di Matilde, sua maestra, che Gertrude, però,
descrive con immagini, simboli e termini più semplici e lineari, più
realistici, con riferimenti più diretti alla Bibbia, ai Padri, al mondo
benedettino.
La sua biografa indica
due direzioni di quella che potremmo definire una sua particolare
“conversione”: negli studi, con il passaggio radicale dagli studi
umanistici profani a quelli teologici, e nell’osservanza
monastica, con il passaggio dalla vita che ella definisce negligente alla
vita di preghiera intensa, mistica, con un eccezionale ardore missionario. Il
Signore, che l’aveva scelta dal seno materno e fin da piccola l’aveva fatta
partecipare al banchetto della vita monastica, la richiama con la sua grazia
“dalle cose esterne alla vita interiore e dalle occupazioni terrene all'amore
delle cose spirituali”. Gertrude comprende di essere stata lontana da
Lui, nella regione della dissomiglianza, come ella dice con sant’Agostino;
di essersi dedicata con troppa avidità agli studi liberali, alla sapienza umana,
trascurando la scienza spirituale, privandosi del gusto della vera sapienza;
ora è condotta al monte della contemplazione, dove lascia l’uomo vecchio per
rivestirsi del nuovo. “Da grammatica diventa teologa, con l'indefessa e attenta
lettura di tutti i libri sacri che poteva avere o procurarsi, riempiva il suo
cuore delle più utili e dolci sentenze della Sacra Scrittura. Aveva perciò
sempre pronta qualche parola ispirata e di edificazione con cui soddisfare chi
veniva a consultarla, e insieme i testi scritturali più adatti per confutare
qualsivoglia opinione errata e chiudere la bocca ai suoi oppositori”(Ibid.,
I,1, p. 25).
Gertrude trasforma tutto
ciò in apostolato: si dedica a scrivere e divulgare la verità di fede con
chiarezza e semplicità, grazia e persuasività, servendo con amore e fedeltà la
Chiesa, tanto da essere utile e gradita ai teologi e alle persone pie. Di
questa sua intensa attività ci resta poco, anche a causa delle vicende che
portarono alla distruzione del monastero di Helfta. Oltre all’Araldo del
divino amore o Le rivelazioni, ci restano gli Esercizi
Spirituali, un raro gioiello della letteratura mistica spirituale.
Nell'osservanza religiosa
la nostra Santa è “una salda colonna […], fermissima propugnatrice della
giustizia e della verità” (Ibid., I, 1, p. 26), dice la sua biografa. Con
le parole e l’esempio suscita negli altri grande fervore. Alle preghiere e alle
penitenze della regola monastica ne aggiunge altre con tale devozione e tale
abbandono fiducioso in Dio, da suscitare in chi la incontra la consapevolezza
di essere alla presenza del Signore. E di fatto Dio stesso le fa comprendere di
averla chiamata ad essere strumento della sua grazia. Di questo immenso tesoro
divino Gertrude si sente indegna, confessa di non averlo custodito e
valorizzato. Esclama: “Ahimè! Se Tu mi avessi dato per tuo ricordo, indegna
come sono, anche un filo solo di stoppa, avrei pur dovuto riguardarlo con
maggior rispetto e reverenza di quanto ne abbia avuta per questi tuoi doni!”
(Ibid., II,5, p. 100). Ma, riconoscendo la sua povertà e la sua indegnità, ella
aderisce alla volontà di Dio, “perché – afferma - ho così poco approfittato
delle tue grazie che non posso risolvermi a credere che mi siano state elargite
per me sola, non potendo la tua eterna sapienza venir frustrata da alcuno. Fa’
dunque, o Datore di ogni bene che mi hai gratuitamente elargito doni così
indebiti, che, leggendo questo scritto, il cuore di uno almeno dei tuoi amici
sia commosso al pensiero che lo zelo delle anime ti ha indotto a lasciare per
tanto tempo una gemma di valore così inestimabile in mezzo al fango abominevole
del mio cuore” (Ibid., II,5, p. 100s).
In particolare due favori
le sono cari più di ogni altro, come Gertrude stessa scrive: “Le stimmate delle
tue salutifere piaghe che mi imprimesti, quasi preziosi monili, nel cuore, e la
profonda e salutare ferita d'amore con cui lo segnasti. Tu mi inondasti con
questi Tuoi doni di tanta beatitudine che, anche dovessi vivere mille anni
senza nessuna consolazione né interna né esterna, il loro ricordo basterebbe a
confortarmi, illuminarmi, colmarmi di gratitudine. Volesti ancora introdurmi
nell’inestimabile intimità della tua amicizia, aprendomi in diversi modi quel
sacrario nobilissimo della tua Divinità che è il tuo Cuore divino […]. A questo
cumulo di benefici aggiungesti quello di darmi per Avvocata la santissima
Vergine Maria Madre Tua, e di avermi spesso raccomandata al suo affetto come il
più fedele degli sposi potrebbe raccomandare alla propria madre la sposa sua
diletta” (Ibid., II, 23, p. 145).
Protesa verso la
comunione senza fine, conclude la sua vicenda terrena il 17 novembre del 1301 o
1302, all’età di circa 46 anni. Nel settimo Esercizio, quello della
preparazione alla morte, santa Gertrude scrive: “O Gesù, tu che mi sei immensamente
caro, sii sempre con me, perché il mio cuore rimanga con te e il tuo amore
perseveri con me senza possibilità di divisione e il mio transito sia benedetto
da te, così che il mio spirito, sciolto dai lacci della carne, possa
immediatamente trovare riposo in te. Amen” (Esercizi, Milano 2006, p. 148).
Mi sembra ovvio che
queste non sono solo cose del passato, storiche, ma l’esistenza di santa
Gertrude rimane una scuola di vita cristiana, di retta via, e ci mostra che il
centro di una vita felice, di una vita vera, è l’amicizia con Gesù, il Signore.
E questa amicizia si impara nell’amore per la Sacra Scrittura, nell’amore per
la liturgia, nella fede profonda, nell’amore per Maria, in modo da conoscere
sempre più realmente Dio stesso e così la vera felicità, la meta della nostra
vita. Grazie.
Saluti:
J’accueille avec joie les
pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les jeunes du Centre
Madeleine Danielou de Blois, ainsi que les Paroisses de Saint-Raphaël et de
Pamataii. N’ayez pas peur de vous laisser guider par l’exemple de sainte
Gertrude! Fructueux pèlerinage à tous!
I am pleased to welcome
all the English speaking pilgrims and visitors. In particular, I extend
greetings to the Candidates for Diaconate Ordination from the Pontifical North
American College, along with their families and friends, to the new students
and staff at the Pontifical Beda College, and to the pilgrims from Corpus
Christi Parish, Dublin. May your time in Rome and your visit to the Successor
of Peter bring you peace and joy. Upon all of you, I invoke God’s abundant
blessings.
Mit Freude grüße ich alle
deutschsprachigen Pilger und Gäste, vor allem die vielen Schüler und
Jugendlichen. Die heilige Gertrud von Helfta zeigt uns, wie wichtig die
persönliche Beziehung zu Christus ist, die sich aus dem Gebet, der Heiligen
Schrift, der Liturgie der Kirche und den Sakramenten nährt. Bemühen auch wir
uns jeden Tag neu, im geistlichen Leben, in der Liebe zu Christus zu wachsen.
Gott segne euch alle!
Saludo con afecto a los
peregrinos de lengua española, en particular, a las Hermanas Terciarias
Capuchinas de la Sagrada Familia, así como a los fieles procedentes de España,
Argentina, Chile, Colombia, Guatemala, México, Nicaragua y otros países
latinoamericanos. Que el ejemplo de Santa Gertrudis os impulse a conocer
profundamente la Sagrada Escritura, a amar con humildad a Cristo y a su
Iglesia, a cultivar la oración personal y a participar con fidelidad en la
Santa Misa. Muchas gracias y que Dios os bendiga.
Amados peregrinos de
língua portuguesa, a minha cordial saudação para todos, em particular para os
grupos do Brasil e de Portugal, da paróquia dos Milagres na Bidoeira. Este mês
do Rosário incita-nos a perseverar na reza diária do terço; que, desta forma,
as vossas famílias se reúnam com a Virgem Mãe, para aprender a cooperar
plenamente com os desígnios de salvação que Deus tem sobre vós. Como encorajamento
e penhor de graças, de coração vos dou a minha Bênção Apostólica.
Saluto in lingua
slovacca:
S láskou vítam
slovenských pútnikov, osobitne z farnosti Panny Márie Sedembolestnej
z Bratislavy-Petržalky ako i z Tesár a okolia.
Bratia a sestry, Cirkev
zajtra v liturgii slávi spomienku Ružencovej Panny Márie. Znovu objavte hodnotu
modlitby Ruženca ako cesty k osobnému stretnutiu s Kristom.
Zo srdca vám udeľujem
Apoštolské požehnanie.
Pochválený buď Ježiš
Kristus!
Traduzione
italiana :
Con affetto do il
benvenuto ai pellegrini slovacchi, in particolare a quelli provenienti dalla
Parrocchia della Madonna Addolorata di Bratislava-Petržalka come pure da Tesáre
e dintorni.
Fratelli e sorelle, la
Chiesa domani fa memoria liturgica della Beata Vergine Maria del Rosario.
Riscoprite il valore della preghiera del Rosario come via per un incontro
personale con Cristo.
Di cuore vi imparto la
Benedizione Apostolica.
Sia lodato Gesù Cristo!
Saluto in lingua romena:
Salut cu afecţiune
pelerinii români. Dragi prieteni, urez ca pelerinajul vostru în această lună
dedicată Fecioarei Maria, să vă ajute să redescoperiţi valoarea Sfântului
Rozariu, această rugăciune simplă dar eficace. Din inimă vă dau Binecuvântarea
Apostolică.
Traduzione italiana:
Saluto con affetto i
pellegrini rumeni. Cari amici, auspico che il vostro pellegrinaggio in questo
mese di ottobre dedicato alla Vergine Maria, vi aiuti a riscoprire il valore
del Santo Rosario, questa preghiera semplice ma efficace. Di cuore imparto la
Benedizione Apostolica.
Saluto in lingua polacca:
Serdecznie pozdrawiam
pielgrzymów polskich. Jutro przypada wspomnienie Najświętszej Maryi Panny
Różańcowej. Różaniec to szczególna modlitwa Kościoła i duchowy oręż dla każdego
z nas. Niech rozważanie życia Jezusa i Maryi będzie dla wszystkich światłem na
drodze ewangelicznej odnowy życia i przemiany serc. Niech będzie pochwalony
Jezus Chrystus.
Traduzione italiana:
Saluto cordialmente i
pellegrini polacchi. Domani ricorre la memoria della Beata Maria Vergine del
Rosario. Il rosario è una particolare preghiera della Chiesa e un’arma
spirituale per ognuno di noi. La meditazione della vita di Gesù e Maria sia per
tutti noi luce sulla via evangelica del rinnovamento spirituale e della conversione
del cuore. Sia lodato Gesù Cristo.
Saluto in lingua croata:
Srdačno pozdravljam sve
hrvatske hodočasnike, na poseban način svećenike i vjernike iz sisačke
biskupije predvođene Pastirom monsinjorom Vladom Košićem, kao i vjernike
Hrvatske katoličke misije iz St. Gallena. Dragi prijatelji, došli ste na
grobove apostola očitovati svoju vjernost i zahvalnost Apostolskoj Stolici za
ponovnu uspostavu biskupije Sisak. U mjesecu posvećenom našoj nebeskoj Majci
prosite njen zagovor i zaštitu za vas i vaše obitelji. Ujedno vas potičem na
molitvu za prijeko potrebna nova duhovna zvanja, a osobito u vašoj biskupiji.
Neka vam blagoslov, koji rado podjeljujem, pomogne da ustrajete. Hvaljen Isus i
Marija!
Traduzione italiana:
Saluto di cuore i
pellegrini croati, in modo particolare i sacerdoti ed i fedeli tutti della
Diocesi di Sisak, guidati dal loro Pastore Mons. Vlado Kosic, come pure i
fedeli della Missione Croata di St. Gallen. Cari amici, siete venuti alle tombe
degli Apostoli a manifestare la vostra fedeltà e gratitudine alla Sede
Apostolica per la erezione della nuova Diocesi di Sisak. Nel mese dedicato alla
nostra Madre Celeste, chiedete la sua intercessione e la sua protezione per voi
e per le vostre famiglie. Vi esorto poi a pregare per le vocazioni al Sacerdozio
ed alla Vita Consacrata, tanto necessarie specialmente nella vostra Diocesi. La
benedizione, che volentieri vi imparto, vi aiuti a perseverare. Siano lodati
Gesù e Maria!
* * *
Rivolgo un cordiale
benvenuto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare, saluto i Missionari
Oblati di Maria Immacolata, che stanno tenendo il loro Capitolo Generale ed
auguro ad essi di impegnarsi con rinnovato slancio apostolico a rendere sempre
più attuale il carisma dell’Istituto, per cooperare generosamente nell'opera
della nuova evangelizzazione. Sono lieto di accogliere i sacerdoti, provenienti
da varie Nazioni, iscritti presso il Pontificio Collegio San Paolo Apostolo per
il completamento dei loro studi, come pure i Seminaristi dei Servi della
Carità-Opera Don Guanella. A tutti auguro un proficuo anno accademico.
Indirizzo, infine, un
affettuoso pensiero ai giovani, ai malati ed agli sposi
novelli. Domani la Chiesa celebrerà la festa della Madonna del Rosario. Ottobre
è il mese del Santo Rosario, che ci invita a valorizzare questa preghiera così
cara alla tradizione del popolo cristiano. Invito voi, cari giovani, a
fare del Rosario la vostra preghiera d'ogni giorno. Incoraggio voi,
cari malati, a crescere, grazie alla recita del Rosario, nel fiducioso abbandono
nelle mani di Dio. Esorto voi, cari sposi novelli, a fare del Rosario
una costante contemplazione dei misteri di Cristo.
© Copyright 2010 -
Libreria Editrice Vaticana
SOURCE : http://www.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20101006.html
Pietro Liberi (1605–1687). Estasi
di Santa Gertrude, Abbey of Santa Giustina, Padua
Gesù a Santa Gertrude la Grande : “Ho infatti ordinato nel Vangelo di cercare per primo il Regno di Dio e la sua giustizia (Lc 12,31), vale a dire il profitto spirituale”
S. Gertrude la Grande –
Le Rivelazioni, III, Capitoli 77-90
77– Utilità della tentazione
Gertrude pregava un giorno per una persona assalita
dalla tentazione, e il Signore le disse: «Io permetto questa tentazione per
farle conoscere e deplorare il suo difetto, essa cercherà di vincerlo, e non
riuscendovi si umilierà. Questa umiliazione cancellerà allora quasi interamente
ai miei occhi altri difetti che essa ancora non riconosce. Colui che scorge una
macchia sulla sua mano, non lava soltanto la macchia, ma anche le mani, e così
le purifica anche da ogni traccia di polvere, che egli non avrebbe tolta se
questa macchia visibile non gliene avesse dato l’occasione».
78 – La Comunione frequente piace a Dio
Una persona, eccitata da
zelo di giustizia, giudicava spesso alcune altre persone che trova poco devote
e poco preparate a ricevere la Comunione con frequenza. Qualche volta ne faceva
anche loro pubblico rimprovero, così che esse, diventate timorose, non osavano
più comunicarsi.
Chiese un giorno al
Signore se approvava questo suo modo di agire, ed Egli rispose: «Le mie delizie
sono di stare coi figlioli degli uomini e Io ho istituito questo Sacramento
perché lo si rinnovasse spesso in mia memoria, impegnandomi a restare per esso
coi miei fedeli fino alla consumazione dei secoli. Chiunque cerca di
allontanare dalla Comunione un’anima che non è in stato di peccato mortale,
impedisce e sospende le delizie che Io avrei potuto trovare in essa. Egli
assomiglia ad un precettore severo che impedisce al figlio del re di giocare
con dei poveri bambini suoi coetanei, nonostante che il giovane principe vi
trovi molto piacere, e ciò sotto pretesto che gli conviene di più ricevere gli
onori dovuti al su orango che divertirsi sulla piazza a giocare alla palla».
Essa allora disse: «Se questa persona fosse ben decisa a non dare più in
avvenire tali consigli, le perdoneresti ciò che ha fatto finora?». «Non solo
glielo perdonerei – disse il Signore -, ma troverei nel suo buon proposito un
piacere simile a quello del figlio del re se il suo precettore, cambiando
parere, gli riconducesse spontaneamente i suoi piccoli amici che prima aveva
scacciato per eccesso di severità».
79 –
Vantaggi dello zelo
Pregava un giorno per una
certa persona che si rammaricava per il timore di avere offeso Dio: si era
infatti irritata di alcune negligenze delle sue consorelle che riteneva funeste
per l’osservanza regolare.
Ricevette dal migliore
dei maestri questo insegnamento: «Se alcuno desidera che il suo zelo sia per me
un accettissimo sacrificio e assicuri nello stesso tempo il suo vantaggio
spirituale, deve applicarsi a tre cose. Anzitutto deve mostrare sempre un volto
amabile alla persona di cui corregge i difetti – come del resto richiedono la
convenienza ed il tatto – e usare sempre parole e atti caritatevoli. In secondo
luogo deve avere cura di non divulgare le colpe quando possa sperare la
correzione del colpevole oppure quando non possa contare sul prudente riserbo
degli astanti. Infine non deve lasciarsi arrestare da alcun rispetto umano
quando la coscienza le indica qualche cosa che è degno di riprensione, ma deve
cercare con tutta carità l’occasione di correggerlo al solo intento di
procurare la gloria di Dio e la salvezza delle anime. Allora sarà certamente
ricompensato in proporzione della fatica e non in proporzione del risultato
ottenuto, poiché se anche questo fosse nullo, chi ne porterà la pena sarà
soltanto colui che non avrà riconosciuto il proprio torto o che avrà resistito».
Un’altra volta pregava
per due persone che stavano discutendo fra loro, e delle quali una era persuasa
di difendere la giustizia e l’altra di favorire la carità verso il prossimo. Il
Signore le disse: «Quando un buon padre vede che i suoi bambini giocano e si
esercitano alla lotta, qualche volta ride o fa finta di non vedere. Se però a
un certo momento vede che uno dei contendenti si accanisce contro l’altro, si
alza e corregge il colpevole. Allo stesso modo Io che sono il Padre delle
misericordie, quando vedo due persone discutere con dolcezza e carità non vi
presto particolare attenzione, anche se preferirei vederle in pieno accordo. Ma
se una prende a trattare l’altra con durezza, allora non potrà evitare la
correzione della mai paterna giustizia».
80 –
Utilità futura della preghiera
Una persona si lagnava
spesso di non sentire alcun vantaggio dalla preghiera che gli altri facevano in
suo favore. Essa riferì questa lagnanza al Signore chiedendogliene la ragione.
Il Signore rispose: «Domanda a quella persona che cosa troverebbe più
vantaggioso per un suo giovane parente a cui desiderasse di veder conferito un
beneficio ecclesiastico: che gliene venisse concessa immediatamente la rendita
(pur non avendo ancora compiuto i suoi studi) e che lo si lasciasse disporre di
essa a suo talento? Il buon senso giudicherebbe più utile concedere al
giovanetto soltanto il titolo del beneficio ecclesiastico destinato a
procurargli in avvenire grandi rendite; perché se queste gli fossero concesse
subito potrebbe dissiparle in spese inutili e trovarsi più tardi povero e
misero come prima. La persona per cui preghi abbia dunque fiducia nella mia
sapienza e nella mia bontà divina, poiché io sono il padre, il fratello,
l’amico dell’anima sia, e veglierò sui suoi interessi spirituali e temporali
con più sollecitudine e fedeltà di quella che essa potrebbe impiegare nel
curare gli interessi di un suo parente. Sia persuasa che Io serbo per un tempo
propizio e determinato il frutto di tutte le preghiere che mi sono state rivolte
per lei, e che glielo consegnerò integralmente quando nulla potrà più sminuirlo
o renderlo vano. E questo è per lei il meglio, poiché se provasse subito una
certa consolazione ad ogni preghiera che si fa per lei, questa gioia spirituale
sarebbe forse offuscata dalla vanagloria o resa sterile dall’orgoglio, e se io
le concedessi qualche bene temporale, la sua anima potrebbe trovarvi
un’occasione di peccato».
81 –
Vantaggi dell’obbedienza
L’Ebdomadaria (1) stava un
giorno recitando il Capitolo di Mattutino a memoria, secondo quanto prescrive
la santa Regola (2). Gertrude conobbe per rivelazione che essa lo faceva appunto
per conformarsi a questo precetto, e vide che si acquistava in tal modo un
merito uguale a quello che avrebbe potuto procurarle la preghiera di tante
persone quante erano le parole che il Capitolo conteneva.
Comprese anche il senso
delle parole che S. Bernardo(3) suppone dette ad un uomo in punto di morte
dalle azioni che egli ha compiuto durante la vita: «Tu ci hai fatto, noi siamo
opera tua, non ti abbandoneremo, ma ti seguiremo dovunque e ti accompagneremo
al tribunale di Dio». Dio permetterà in quel momento che tutte le azioni
compiute in spirito di obbedienza, quasi altrettanti personaggi illustri,
consolino colui che ne sarà stato l’autore e intercedano per lui. Ogni opera
buona compiuta per obbedienza e resa perfetta dalla purezza d’intenzione,
otterrà all’uomo il perdono di qualche negligenza. Quale grande consolazione
per chi si trova in agonia!
Colei che era di turno
per guidare la Liturgia delle Ore
Regola di S. Benedetto,
cap. XII
Meditationes piissime,
cap. II, 5. Inter spuria
82 – Raccomandazione di
una persona deputata per quella settimana alla recita
privata del Salterio (1)
Una Ebdomadaria(2) che
doveva recitare il Salterio prescritto per la Comunità, chiese una volta
l’aiuto delle sue preghiere. Essa acconsentì, e, mentre pregava vide in
ispirito il Figlio di Dio prendere con sé questa Ebdomadaria per condurla
davanti al trono del Padre suo, onde chiedergli di far partecipare quest’anima
all’ardente amore e alla fedeltà coi quali Egli stesso aveva desiderato la
gloria del Padre suo e la salvezza del genere umano. Questo soccorso di grazia
le avrebbe ottenuto tutto quanto desiderava. Quando il Figlio ebbe fatta questa
preghiera, la persona per la quale Egli aveva pregato apparve coperta di vesti
simili alle sue. E come leggiamo che il Figlio di Dio sta davanti al Padre per
intercedere per la Chiesa, così costei, come un’altra Regina Ester, stava
davanti a Dio Padre per pregarlo insieme al Figlio suo per il suo popolo, vale
a dire per la sua Comunità. E recitando essa con tale interna disposizione
tutto il salterio, il Padre celeste accettava le sue parole in due modi:
anzitutto come un signore accetta da qualcuno il pagamento di un debito di cui
si era fatto garante; in secondo luogo, come un padrone che riceve dal suo
intendente una somma da distribuire ai suoi più cari amici. Essa vedeva ancora
il Signore esaudire tutte le preghiere che questa persona gli rivolgeva per la
Comunità, e metterla davanti a Sé perché distribuisse alle sue consorelle tutto
ciò che essa chiedeva per loro.
(1) Si tratta della
recita superogatoria [=straordinaria] del Salterio in uso ad Hefta
come in altri Monasteri, per le intenzioni e i bisogni della Comunità.
(2) Colei che era di
turno per guidare la Liturgia delle Ore
83 – Utilità della
sottomissione
Un giorno pregava il
Signore che correggesse il difetto di un certo superiore, e ricevette questa
risposta: «Ignori forse che non soltanto questa persona, ma anche tute quelle
che sono preposte a questa diletta Congregazione hanno tutte i loro difetti? Nessuno
al mondo può esserne esente! Se lo permetto in questo caso, è per l’immensa mia
bontà e per la tenerezza con la quale amo questa Congregazione che mi sono
scelta, perché per tal via i suoi meriti saranno mirabilmente accresciuti. Ci
vuol molta maggior virtù a star soggetti a una persona di cui si conoscono i
difetti, che ad un’altra i cui atti sono irreprensibili». Essa rispose: «Sì,
Signore, io provo una grande gioia a veder crescere i meriti dei sudditi, ma
desidererei tuttavia che i superiori non commettessero la colpa che mi pare
essi contraggono per i loro difetti». Il Signore rispose: «Io che conosco tutti
i loro difetti, permetto che ne manifestino alcuni nelle diverse incombenze
della loro carica, altrimenti non giungerebbero forse mai a possedere una
grande umiltà. come il merito dei sudditi può crescere tanto per i difetti che
per le qualità dei Superiori, così anche il merito dei Superiori può crescere
tanto per i difetti che per la qualità dei sudditi, precisamente come tutte le
membra di uno stesso corpo contribuiscono al bene l’uno dell’altro».
Essa comprese allora la
bontà e la sapienza infinita del Signore che tutto saviamente dispone per la
salvezza dei suoi eletti e sa servirsi anche dei difetti per innalzare a una
maggior virtù. E pensò che, anche se la misericordia di Dio non le si fosse
mostrata che in quella sola circostanza, tutte le creature insieme non
avrebbero mai potuto lodarne abbastanza il Signore.
84 – La vera
purificazione dell’uomo
Mentre pregava per una
persona per una persona afflitta udì questa risposta: «Non temere: io non
permetto mai che i miei eletti siano afflitti oltre misura delle loro forze, ma
sempre son loro vicino per pesar la loro pena. Una madre che vuol scaldare il suo
bambino al fuoco, tiene sempre la sua mano tra il bambino e la fiamma; allo
stesso modo, quando credo bene purificare i miei giusti con la tribolazione, il
mio intento non è di farli soffrire, ma piuttosto di provarli a loro salvezza».
Pregava un altro giorno
per una persona che aveva sorpresa in qualche difetto, e, nell’ardore del suo
desiderio, diceva al Signore: «Signore, io che son l’ultima delle tue creature,
prego nell’interesse della tua gloria per questa persona; ma Tu, che sei
Potenza infinita a cui nulla resiste, perché non mi esaudisci?». Il Signore
rispose: «Sì, son la Potenza infinita a cui nulla resiste, ma sono anche
l’insondabile Sapienza che tutto dispone per il meglio. Né faccio cosa alcuna
che non convenga. Quando un re della terra che può disporre delle forze e
dell’obbedienza dei suoi servi vede le sue scuderie non perfettamente tenute,
non si abbassa fino a far la pulizia con le sue proprie mani, così Io non
ritraggo mai un uomo dal peccato in cui è caduto deliberatamente, se egli non
fa violenza a se stesso e non si mostra degno del mio amore cambiando le sue
disposizioni».
85 – Come il Signore
supplisce per la creatura
Gertrude osservava una
volta una monaca che si aggirava nel coro durante il Mattutino per esortare le
consorelle all’osservanza di alcune regole la cui dimenticanza avrebbe causato
una certa confusione nell’Ufficio divino, e domandò al Signore come gradisse
questo zelo. Il Signore rispose: «Se uno, con l’intento di glorificarmi, si
applica ad evitare ogni negligenza dell’ufficiatura e ad avvertire gli altri
allo stesso fine, supplisco Io all’inevitabile imperfezione del suo
raccoglimento e della sua pietà».
86 – L’offerta della
sofferenza
Essa pregava un giorno
per una persona afflitta per l’infermità di un’amica che temeva di perdere. Il
Signore le diede questo ammaestramento: «Supponi che un uomo abbia perduto un
amico diletto nel quale trovava non solo il conforto dell’amicizia, ma anche un
consigliere fidato per il suo profitto spirituale. Se egli mi offre, con piena
adesione al mio volere, il dolore che sente disposto, pur di conformare la sua
volontà alla mia, a rimaner privo dell’amico quand’anche fosse in suo potere
trattenerlo, e permane in questa volontà non fosse che per un’ora, sia certo
che la mia bontà divina conserverà sempre alla sua offerta tutto il valore che
con queste su disposizioni egli le conferisce. Tutto il dolore che, per
fragilità umana, anche in seguito continuerà a provare per questa perdita
contribuirà alla sua salvezza eterna. più t ardi, forse sfuggiranno al suo
cuore spezzato dei lamenti e dei rimpianti al pensiero delle consolazioni,
dell’aiuto, del conforto che ha perduto, ma poiché mi ha offerto il suo dolore,
la sofferenza di cui questi pensieri son causa disporrà il suo cuore a ricevere
la mia divina consolazione. Essa si spanderà nella sua anima in proporzione
dell’opprimente sofferenza che dopo questa offerta possa ancora gravare sul suo
cuore. La mia bontà naturale mi sforza, per così dire, ad agire in tal modo.
L’orefice non è forse obbligato ad inserire nell’oro o nell’argento tante
pietre quanti sono i castoni che egli ha preparato per riceverle? Ho paragonato
la mia divina consolazione alle pietre preziose, perché la consolazione celeste
che l’uomo acquista con la sua passeggera sofferenza possiede appunto, come le
gemme, una particolare virtù, e tale da ricompensarlo al centuplo fin da questa
vita e poi mille volte tanto nell’eternità».
87 – Colpe di fragilità
Stava pregando in
un’altra occasione per una certa persona che desiderava ardentemente di avere,
davanti al Signore, il merito della verginità, e temeva tuttavia di essere
incorsa per fragilità umana in qualche piccola imperfezione. Questa persona le
apparve fra le braccia del Signore, ornata di una veste candida come la neve,
le cui pieghe erano disposte con grande eleganza. Il Signore le diede questa
spiegazione: «Quando per debolezza umana una piccola ombra viene a macchiare la
virtù della verginità, causando vero rincrescimento e senso di penitenza, la
mia bontà fa sì che queste piccole colpe servano a far risaltare maggiormente
la bellezza di tale virtù, allo stesso modo come le pieghe conferiscono grazia
alla veste. Vale però sempre quel detto della Scrittura: «Incorruptio, proximum
facit esse Deo: la perfetta purezza avvicina l’uomo a Dio (Sap 6,20). Se queste
macchie pertanto fossero contratte per peccati molto gravi, impedirebbero la
dolcezza dell’unione divina così come la molteplicità delle pieghe nella veste
della sposa le riuscirebbe d’impaccio nell’andare verso lo sposo».
88 – L’ostacolo
dell’attaccamento
Pregava un giorno per
un’anima che desiderava conseguire la grazia delle divine consolazioni, e
ricevette dal Signore questa risposta: «È proprio lei che mette ostacolo
all’effusione della mia grazia nella sua anima. Quando infatti attiro i miei
eletti col profumo soave del mio amore, colui che si tiene ostinatamente
attaccato al proprio giudizio non ne sente la fragranza; così come un uomo che
si chiudesse il naso non potrebbe sentire il soave profumo di un’aroma. Colui
invece che per amor mio rinuncia al proprio giudizio per seguire piuttosto il
giudizio altrui, accresce di tanto il suo merito, quanto maggiore è la violenza
che si fa. Egli, infatti, non solo pratica la virtù dell’umiltà, ma anche
quella della fortezza che è causa della sua vittoria. E perciò appunto
l’Apostolo dice: «Non coronabitur nisi qui legitime certaverit: nessuno sarà
coronato se non regolarmente combattuto» (2Tim 2,5).
89 – La buona volontà
riesce gradita al Signore
Una persona trovava
grande difficoltà in un lavoro che le era stato imposto dall’obbedienza. Mentre
Gertrude pregava per lei, il Signore l’illuminò con questo paragone:
«Supponiamo che un uomo voglia intraprendere per amor mio un’opera nella quale
prevede tali difficoltà da fargli temere che riescano di impedimento alla sua
devozione. In tal cosa se egli preferisce il compimento della mia volontà al
bene della sua propria anima, Io farò tanto conto anche di questa semplice
buona intenzione che, purché cominci l’opera, Io già la prendo per un fatto
compiuto, anche se dopo averla incominciata non riesca portarla a termine. Egli
ne avrà lo stesso merito che se l’avesse compiuta senza incorrere in alcuna
negligenza».
90 – Non anteporre i beni
esteriori a quelli dell’anima
Un giorno pregava per una
persona che spesso si trovava afflitta da pene che, in un certo senso, essa
stessa si attirava. Il Signore le disse: «Queste pene servono a purificarla
dalle macchie che qualche volta ha contratto anteponendo per ragioni umane il vantaggio
materiale al profitto spirituale». «Non possiamo tuttavia vivere senza servirci
di beni materiali – essa obiettò –, come mai dunque detta persona ha potuto
peccare provvedendo a questi beni, come esige la sua carica?». Il Signore
rispose: «Per una nobile damigella è certamente un onore ed un abbellimento
portare un mantello foderato di una pelliccia tigrata; se però lo portasse al
rovescio e cioè con la pelliccia al di fuori, anziché di decoroso ornamento le
riuscirebbe di confusione e di vergogna. Sua madre certo non sopporterebbe
questo camuffamento ridicolo e, se non potesse far di meglio, le getterebbe
almeno sulle spalle un altro mantello, per timore che la prendano per una
pazza. Così Io, che amo teneramente questa tua figliuola, copro questo suo
difetto sotto un mantello, cioè con tutte le noie che conseguono, pur senza
colpa, alle sue occupazioni; e inoltre la rivesto ancora dell’ornamento della
pazienza. Ho infatti ordinato nel Vangelo di cercare per primo il Regno di Dio
e la sua giustizia (Lc 12,31), vale a dire il profitto spirituale. Quanto alle
cose esterne ho semplicemente promesso di darle in soprappiù».
Chi desidera l’intima
amicizia di Dio, deve pesare con cura l’importanza di questa parola.
Zisterzienserin Gertrud von Helfta. Stich, Staatsbibliothek Berlin, Stiftung Preußischer Kulturbesitz, Berlin, Germany. Auf dem Spruchband des Jesuskindes im Herzen Gertruds steht in latein: "In corde Gertrudis invenietis me." Übersetzung: "Ihr findet Mich im Herzen von Gertrud."
Gertrud von Helfta
auch: Gertraud
Beiname: die Große
Gedenktag katholisch: 16. November
nicht gebotener Gedenktag
gebotener Gedenktag im Trappisten- und Zisterzienserorden (kann im weiblichen Zweig der Zisterzienser auch als Fest gefeiert werden)
Todestag: 17. November
Gedenktag im deutschen Sprachgebiet: 17. November
Diözesankalender Paderborn
Name bedeutet: die
Speerstarke (althochdt.)
Nonne, Mystikerin
* 6. Januar 1256 in Thüringen
† 17. November 1301/1302 in Helfta,
heute Stadtteil von Eisleben in Sachsen-Anhalt
Schon als fünf Jahre
altes Mädchen war Gertrud - wohl als Waisenkind - ins Kloster
Helfta der Zisterzienserinnen gekommen,
wo sie von der Äbtissin Gertrud
von Hackeborn und ihrer Lehrerin Mechthild
von Hackeborn wissenschaftlich und geistlich erzogen und dann selbst
Nonne wurde. Sie übersetzte Teile der Heiligen Schrift ins Deutsche. Am 27.
Januar 1281 hatte sie eine Vision: Sie wurde von Jesus
Christus in die Nachfolge gerufen; er hob sie über eine Dornenhecke zu
sich und führte sie davon. Vor ihrer Bekehrung wollte sie den Männern in nichts
nachstehen; von ihren damaligen Anstrengungen hatte Jesus in der
Berufungsvision gesagt: Bisher hast Du mit meinen Feinden vom Staub der
Erde gegessen und aus ihren Dornen ein paar Honigtropfen gesaugt. Komme zu mir
- ich will dich trunken machen mit dem Strom meiner göttlichen Wonnen. In
den nächsten Jahren wurde diese mystische Christusbeziehung stetig vertieft und
entfaltet.
Groß war Gertruds Liebe
zu Jesus,
ausgedrückt in der freien Hingabe an das Leiden als Zeichen der Nachfolge,
ebenso stark war auch ihre Liebe zu den Menschen. Stundenlang war sie den
Menschen ihrer Umgebung Zuhörerin, Ratgeberin, Trösterin. Gleichzeitig war sie
eine hochgebildete und künstlerisch begabte Frau. Umfassende Brautmystik und
besondere Verehrung des Herzen Jesu kennzeichneten
ihre Frömmigkeit, hinzu kam die Hingabe an Gott in der Feier der Liturgie des
Kirchenjahres. Als Vorbild für ihr Leben stellte Christus Gertrud seine
Mutter Maria vor
Augen, die Hingabe an den Sohn führte dazu, dass seine Wundmale so sehr in ihr
Herz eingebrannt wurde, dass sie erlebte, wie er sein Herz gegen das ihre
austauschte.
Ihre beiden Hauptwerke
sind der Legatus divinae pietatis, Gesandter der göttlichen
Liebe mit der Schilderung der Offenbarungen an Gertrud - wohl Anfang des
15. Jahrhunderts ins Deutsche übersetzt - und die Exercitia
spiritualia, Geistliche Übungen; in kunstvoller und hochpoetischer Form
enthalten diese Übungen die Zusammenfassung all ihres religiösen Wissens,
Lebens und Erlebens, zugleich auch eine Summa des theologischen
Wissens und der religiösen Spekulationen ihrer Zeit. Die Legende erzählt von
einer Vision der Mystikerin, in der sie die sterbende Jungfrau Maria in
einem Garten sah, umgeben mit aller Arten wohlriechender Blumen.
Als eine der großen
Mystikerinnen Deutschlands erhielt Gertrud den Ehrennamen die Große. Im
Zuge der Gegenreformation im 16. wurden ihre Werke vor allem in den romanischen
Ländern weit verbreitet, gelangten bis nach Südamerika und prägten u. a. Petrus
Canisius. Für die katholische Frömmigkeit vom 16. bis ins 19. Jahrhundert
wurden Gertruds Offenbarungen wichtig durch Auszüge, die im erbaulichen
Schrifttum aufgenommen wurden.
In Folge eines
Fürstenstreits wurde das Kloster Helpede
/ Helfta 1342 erstmals zerstört und ging schließlich 1525 in den
Wirren der Bauernkriege unter; nach kurzer Wiederbelebung wurde es 1542
säkularisiert. Später war die Anlage preußische Staatsdomäne, dann
DDR-Volksgut. Nach dem Untergang der DDR kam die Anlage wieder in
Kirchenbesitz, dort entstand 1999 wieder ein Zisterzienserinnenkloster.
Dort wurde 2008 die ihr geweihte Gertrudkapelle errichtet.
Kanonisation: Gertrud wurde erst 1678 ins römische Heiligenverzeichnis aufgenommen.
Attribute: Nonne, brennendes Herz, Buch, Kreuz, Feder
Patronin von Peru und Tarragona in Spanien; zweite Patronin des Bistums Magdeburg
Bauernregel: Tummeln sich an Gertrud die Haselmäuse, / ist es weit mit des
Winters Eise.
Worte der Heiligen
Gertrud beschreibt, wie das Kreuz Jesu Christi angemessen verehrt werden kann:
In der Messe sodann wurde sie vom Herrn durch folgende Worte belehrt: Betrachte, welches Beispiel ich meinen Auserwählten durch diese Verherrlichung des Kreuzes gebe. Denn den Gegenständen, welche mir zu körperlichen Erquickungen dienten, wie z. B. dem Gefäß, worin ich in meiner Kindheit gebadet wurde, und ähnlichem, habe ich keine so hohe Ehre erteilt wie meinem Kreuze, der Dornenkrone, der Lanze und den Nägeln, welche dazu dienten, mir Leiden zu bereiten. Deshalb wünsche ich, dass auch meine Freunde mich hierin nachahmen, und zwar dadurch, dass sie meiner Ehre und ihres eigenen Heiles wegen eine größere Liebe ihren Feinden als ihren Wohltätern erweisen, weil sie hieraus einen unvergleichlich größeren Gewinn ziehen können. Unterlassen sie es aber aus menschlicher Schwachheit, die erlittenen Unbilden sogleich durch Wohltaten zu vergelten, so würde es mir hierbei doch ein angenehmes Opfer sein, wenn sie wenigstens eine Weile nachher sich bemühten, den Unbilden durch Wohltaten zu entsprechen, gleichwie das Kreuz meines Leidens eine Zeitlang in der Erde verborgen lag und nachher erhöht wurde. …
Hierauf begehrte sie sehnsüchtig, eine Partikel von dem Herrn so teuren Holz zu
erwerben, um durch die Verehrung für dieselbe vom Herrn umso gnädiger angesehen
zu werden. Er antwortete ihr: Willst du Reliquien haben, die mein Herz zu
dem Besitzer wirksam hinziehen können, dann lies den Text meiner
Leidensgeschichte und erwäge dabei sorgfältig, welche Worte ich mit größerer
Liebe gesprochen habe. Diese schreibe ab, bewahre sie, überdenke sie oftmals
und sei versichert, dass du hierdurch meine Gnade mehr als durch andere
Reliquien verdienen wirst.
Quelle: Gertrud die
Große: Gesandter der göttlichen Liebe, übersetzt von J. Weißbrot, 4. Buch, 50.
Kapitel, S. 384f
Zitate von Gertrud von
Helfta:
Gott ist höher und tiefer als alle Erkenntnis; nur die Liebe erreicht ihn.
Der Herr sagte zu ihr: Mein Herz wird verwundet durch ein zuversichtliches Vertrauen. Dies Vertrauen tut meiner Liebe eine solche Gewalt an, dass ich mich ihr niemals entziehen kann.
Der Herr nimmt viel lieber den guten Willen eines aufrichtigen Herzens als große Werke ohne lautere Absicht.
Je mehr ein Mensch von anderen Menschen verlassen ist, desto mehr wird er durch göttliches Erbarmen getröstet.
Je öfter für jemand gebetet wird, desto mehr Segen liegt auf ihm, denn kein
gläubiges Gebet wird unerhört bleiben, wenn den Menschen auch die Art der
Erhörung verborgen ist.
zusammengestellt von Abt em. Dr. Emmeram Kränkl OSB,
Benediktinerabtei Schäftlarn,
für die Katholische
SonntagsZeitung
Martyrologium
Romanum Flori-Legium
Im Kunstverlag Josef Fink
erschien die von Pfarrer Josef Hochenauer besorgte Auswahl: (Link
mit Vergütung) Bilder
und Gleichnisse aus dem Werk der heiligen Gertrud von Helfta.
Das neu aufgebaute
Kloster Helfta ist mit eigener Hompage im
Internet.
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zum Ausdruck optimiertUnser Reise-Blog:
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Autor: Joachim
Schäfer - zuletzt aktualisiert am 03.12.2025
Quellen:
• Hiltgard L. Keller: Reclams Lexikon der Heiligen und der biblischen Gestalten. Reclam, Ditzingen 1984
• http://www.bauernregeln.net/november.html - abgerufen am 18.07.2023
• Lexikon für Theologie und Kirche, begr. von Michael Buchberger. Hrsg. von
Walter Kasper, 3., völlig neu bearb. Aufl., Bd. 4. Herder, Freiburg im Breisgau
1995
korrekt zitieren: Joachim Schäfer: Artikel Gertrud von Helfta, aus dem Ökumenischen Heiligenlexikon - https://www.heiligenlexikon.de/BiographienG/Gertrud_von_Helfta.html, abgerufen am 13. 1. 2026
Die Deutsche Nationalbibliothek verzeichnet das Ökumenische
Heiligenlexikon in der Deutschen Nationalbibliografie; detaillierte
bibliografische Daten sind im Internet über https://d-nb.info/1175439177 und https://d-nb.info/969828497 abrufbar.
SOURCE : https://www.heiligenlexikon.de/BiographienG/Gertrud_von_Helfta.html
Pfarrkirche
St. Ulrich, St. Ulrich im Schwarzwald, Gemeinde Bollschweil. Herz-Jesu-Altar
(Schreiner: Fr. Moosbrugger aus Bregenz, Fassmaler: A. Kummer aus Wurzach),
1748–1750, Auszugsbild: Hl. Gertrud von Helfta, 1772 von Simon Göser
Les Exercices de Sainte
Gertrude Traduction du Père Emmanuel, OSB oliv., Paris 1919 : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/gertrude/exercices.htm
Le Héraut de l'Amour
divin. Les Révélations de Sainte Gertrude, Vierge de l'Ordre de Saint-Benoit au
Monastère d’Helfta près d’Eisleben en Saxe. Traduction de « Insinuationes divinæ
pietatis » par des moines bénédictins en 1884 : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Gertrude/gertrude1.htm
St. Gertrude of Helfta:
The Iconography : https://www.christianiconography.info/gertrude.html
Nov 16 – St Gertrude
(1256-1302) German mystic and writer : https://www.catholicireland.net/saintoftheday/st-gertrude-the-great-1256-1302-german-mystic-and-writer/
















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