Saint Grégoire le
Thaumaturge
Évêque de
Néocésarée (+ v. 270)
Né en Cappadoce maritime d'une famille païenne, il se révéla très tôt être d'une intelligence hors du commun. Il contemplait l'harmonie du monde créé, délaissant les liaisons dangereuses que ses amis lui proposaient. Envoyé en Palestine pour poursuivre ses études, il y rencontre Origène qui lui fait découvrir la foi chrétienne. Retiré au désert pendant quelque temps, il revient à Néocésarée comme évêque. Son œuvre pastorale convertit la région, mais durant la persécution de Dèce, il préfère se cacher pour aider les plus faibles dans la foi. Il s'endormit dans la paix du Seigneur.
À Néocésarée dans le Pont, vers 270, saint Grégoire, évêque. Encore adolescent,
il embrassa la foi chrétienne et, ayant progressé en science humaine et divine,
il fut ordonné évêque et se rendit célèbre par sa doctrine, ses vertus, ses
travaux apostoliques, et les miracles qu'il accomplit lui ont valu le surnom de
Thaumaturge.
Martyrologe romain
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/9155/Saint-Gr%C3%A9goire-le-Thaumaturge.html
Saint Grégoire le
Thaumaturge
Évêque
(† 270)
Saint Grégoire opéra tant
de prodiges, que, de son vivant, il fut appelé le Thaumaturge, c'est-à-dire
faiseur de miracles. Né de parents nobles et riches, mais païens, dès son
enfance il eut le sentiment de la vérité du christianisme. L'enseignement du grand
Origène le confirma dans cette pensée; il reçut le Baptême: "Servez-vous,
lui écrivit son Maître, des talents que Dieu vous a donnés pour la défense de
la religion du Christ, et pour cela, ayez surtout soin de joindre la prière à
l'étude."
Grégoire eût pu occuper
les plus hautes places; il préféra vendre tous ses biens, en donner le prix aux
pauvres et se retirer dans la solitude pour y converser seul à seul avec Dieu.
Il dut bientôt accepter le fardeau de l'épiscopat; sa science et ses miracles
lui donnèrent une influence étonnante sur les peuples. Grégoire était un homme
doué de l'esprit des Apôtres et des Prophètes.
Toute sa conduite, dit
saint Basile, portait l'empreinte de la perfection évangélique. Jamais il ne
priait que la tête découverte; il parlait avec simplicité et modestie; il avait
en horreur le mensonge, l'habileté et tous les détours qui ne s'accordent point
avec l'exacte vérité. Il ne pouvait supporter ce qui blesse la douceur et la
charité. Il mourut ne laissant que dix-sept idolâtres où il avait trouvé
dix-sept chrétiens.
Abbé L. Jaud, Vie
des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_gregoire_le_thaumaturge.html
Dom Prosper Guéranger, L'ANNÉE LITURGIQUE
LE XVII NOVEMBRE. SAINT GRÉGOIRE THAUMATURGE, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR.
Moïse, instruit dans
la sagesse des Egyptiens, puissant en œuvres et en paroles (1) se retire
au désert; Grégoire, prévenu des meilleurs dons de naissance et de nature,
rhéteur brillant, riche de toute science, dérobe aux hommes sa florissante
jeunesse et court offrir à Dieu dans la solitude l'holocauste qui plaît au
Seigneur. Tous deux, espoir de leur peuple, se détournent de lui pour se perdre
en la contemplation des mystères du ciel. Et cependant le joug du Pharaon
s'appesantit sur Jacob ; et cependant des âmes périssent, qu'une parole ardente
arracherait à l'empire des faux dieux : pareille fuite n'est-elle pas désertion
?
Est-ce donc à l'homme de
se proclamer sauveur, quand Jésus ne s'est pas attribué de lui-même un tel nom
(2) ? et quand le mal grandissait partout, l'ouvrier de Nazareth eut il tort de
s'attarder dans l'ombre des trente années qui précédèrent son ministère si
court ? Docteurs de nos temps enfiévrés, qui rêvez d'une hiérarchie nouvelle
entre les vertus et comprenez la divine charité autrement que nos pères,
ceux-là ne sont pas de la race des sauveurs d'Israël (3) qui pensent sur le
salut social d'autre manière que le Sauveur du monde.
Grégoire fut comme Moïse
de cette race bénie. Amis et ennemis s'accordaient à dire qu'il rappelait le
législateur des Hébreux pour l'excellence de la vertu et l'éclat des prodiges
opérés à son commandement (4). Même zèle de part et d'autre à connaître Dieu,
pour le manifester aux hommes qu'ils devaient lui conduire ; la plénitude de la
doctrine est le premier don des guides des peuples, leur pénurie en ce point la
pire des insuffisances (5). Je suis Celui qui suis, déclare Dieu sur sa demande
à Moïse ; du milieu du buisson ardent, la sublime formule à lui confiée
authentique la mission qui l'appelle à sortir du désert (6). Quand l'heure
sonne pour Grégoire d'aller lui-même au monde de par Dieu, la Vierge bénie,
dont le buisson d'Horeb fut la figure (7), apparaît à ses yeux éblouis dans la
nuit profonde où il implorait la lumière, et Jean qui suit la Mère de Dieu
laisse tomber de ses lèvres d'évangéliste cette autre formule; complétant la
première à l'usage des disciples de la loi d'amour :
« Un seul Dieu, Père du
Verbe vivant, de la Sagesse subsistante et puissante qui est l'expression
éternelle de lui-même, principe parfait du Fils unique et parfait qu'il
engendre. Un seul Seigneur, unique engendré de l'unique, Dieu de Dieu, Verbe
efficace, Sagesse embrassant et contenant l'univers, puissance créatrice de
toute créature, vrai Fils d'un vrai Père. Et un seul Saint-Esprit tenant de
Dieu l'être divin, révélé aux hommes par le Fils dont il est le parfait
semblable, vie causant la vie, sainteté donnant d'être saint. Trinité parfaite,
immuable, inséparable en gloire, éternité, domination (8). »
C'est le message que
notre Saint doit communiquer à son pays, le symbole qui portera son nom dans
l'Eglise de Dieu. Dans sa foi au premier des mystères il soulèvera les
montagnes et refoulera les flots, dépossédera l'enfer et chassera du Pont
l'infidélité. Lorsque vers l'an 240, Grégoire évêque prend la route de Néocésarée,
il ne voit partout que temples d'idoles et s'arrête pour la nuit dans un
sanctuaire fameux. Au matin, les dieux sont en fuite et refusent de revenir ;
mais le Saint remet à leur adresse au prêtre de l'oracle un ordre ainsi libellé
: Grégoire à Satan : rentre (9). Une défaite plus cuisante attendait,
en effet, l'infernale cohorte ; contrainte d'arrêter sa retraite précipitée,
elle doit assister à la ruine de son empire dans les âmes qu'elle abusa. Leur
prêtre, le premier, se donne à l'évêque, et il devient son diacre ; bientôt sur
les décombres des temples, en tous lieux abattus, se dresse l'Eglise du Christ
seul Dieu.
Heureuse Eglise, si
fortement fondée que l'hérésie fut impuissante contre elle au siècle suivant,
sous la tempête arienne où fléchirent tant d'autres ! Au témoignage de saint
Basile, les successeurs de Grégoire, éminents eux-mêmes, formaient
à Néocésarée comme une parure de pierres précieuses (10), une couronne
de brillantes étoiles (11). Or, dit Basile, tous ces illustres prélats mettaient
leur honneur à maintenir le souvenir du grand devancier, ne souffrant pas
qu'un acte quelconque, un mot, une manière même de faire autre que la sienne
dans les rites sacrés, prévalussent sur les traditions qu'il avait laissées (12).
Lorsque Clément XII
établit dans l'Eglise entière, comme nous l'avons vu, la fête de sainte
Gertrude la Grande, il décréta d'abord qu'elle serait fixée au présent jour, où
continue de la célébrer l'Ordre de saint Benoît. Mais, dit Benoît XIV, le XVII
Novembre étant attribué depuis de longs siècles à la mémoire de Grégoire le
Thaumaturge, il parut mieux convenir que celui qui changeait de place les
montagnes ne fût pas lui-même changé de son lieu par la vierge ; et c'est ainsi
que dès l'année 1739, qui suivit l'institution de la fête nouvelle, celle-ci
fut fixée pour l'avenir au XV dudit mois (13).
Lisons le bref résumé
consacré dans la sainte Liturgie au grand Thaumaturge.
Grégoire, évêque
de Néocésarée dans le Pont, illustre par sa doctrine et sa sainteté,
le fut plus encore par le nombre et l'éclat des miracles extraordinaires qui le
firent appeler Thaumaturge et le rendirent, au témoignage de saint Basile,
comparable à Moïse, aux Prophètes et aux Apôtres. Par sa prière il changea de
place une montagne qui le gênait pour bâtir une église Il mit de même à sec un
étang qui était pour des frères une cause de discorde. Il arrêta les
débordements du Lycus qui dévastait les campagnes, en enfonçant sur
la rive son bâton qui prit racine aussitôt et devint un grand arbre, formant
une limite que le fleuve ne dépassa plus.
Souventes fois il
chassa les démons des idoles et des corps, et accomplit nombre d'autres
prodiges par lesquels des multitudes d'hommes furent amenées à la foi de
Jésus-Christ ; il possédait aussi l'esprit des prophètes et annonçait l'avenir.
Sur le point de quitter la vie, comme il s'informait du nombre d'infidèles qui
restaient dans Néo-césarée, on lui répondit qu'il n'était que de dix-sept, et
rendant grâces à Dieu, il dit: C'est le même nombre que celui des fidèles au
début de mon épiscopat. Il écrivit plusieurs ouvrages qui, comme ses miracles,
ont illustré l'Eglise de Dieu.
Saint Pontife, votre foi,
soulevant les montagnes et domptant les flots, justifia la promesse du Seigneur
(14). Apprenez-nous à faire honneur nous-mêmes à l'Evangile, en ne doutant
jamais de la divine parole et du secours qu'elle nous promet contre Satan , en
qui l'Eglise nous montre aujourd'hui l'orgueilleuse montagne à
jeter à la mer (15), contre le débordement des passions et l'entraînement d'un
monde dont vos écrits nous disent avec le Sage la vanité (16). Enseignez-nous
non moins à ne pas oublier le bienfait du secours du ciel après la victoire ;
préservez-nous de l'ingratitude qui vous fut si odieuse.
Nous possédons toujours
l'éloge touchant que vous dicta votre reconnaissance pour l'illustre maître aux
enseignements duquel vous dûtes, après Dieu, cette fermeté et splendeur de foi
qui fut votre gloire (17). Leçon précieuse et pratique pour tous
: célébrant la divine Providence dans l'homme qui fut pour vous son
instrument prédestiné, vous n'avez garde d'oublier l'hommage à l'Ange de Dieu
qui écarta vos pas des abîmes dans la nuit de l'infidélité où s'écoulèrent vos
premiers ans; céleste gardien qui toujours en éveil dans son
dévouement actif, éclairé, persévérant, supplée à
nos insuffisances, nourrit, instruit chacun de nous, le conduit par
la main, ménageant aux âmes à travers l'espace
et les temps ces inestimables rencontres qui transforment la vie et
assurent l'éternité (18).
Mais comment remercier
dignement, créatures pécheresses, l'auteur premier de tous biens, l'Etre infini
qui donne à l'homme et ses anges et les intermédiaires visibles ici-bas de la
divine grâce? Confiance pourtant ; car nous avons pour chef son premier-né, son
Verbe qui sauva nos âmes et gouverne l'univers. Lui seul, mais lui peut sans
peine rendre au Père d'assidues, d'éternelles actions de grâces pour lui-même
comme pour tous et chacun, sans risque d'ignorance ou d'oubli dans le thème de
sa louange, sans nul péril d'imperfection dans le mode ou l'ampleur de ses
chants. A lui donc, au Dieu Verbe, ô Grégoire, nous renvoyons comme vous le
légitime souci de parfaire les accents de notre gratitude, en considération des
ineffables prévenances du Père qui est aux cieux ; car le Verbe est pour nous,
comme il le fut pour vous, l'unique voie de la piété, delà reconnaissance et de
l'amour (19). Puisse-t-il susciter en nos temps des pasteurs qui rappellent vos
oeuvres ; puisse-t-il réveiller les antiques Eglises de cet Orient dont vous
fûtes la lumière!
1. Act. VII, 22.
2. MATTH. I, 21
; Heb. V, 5.
3. I Mach. V, 62.
4. Basil.
de Spir. S. XXIX.
5. MATTH. XV, 14.
6. Exod. III.
7. Ant. Rubum quem viderat Moyses.
8. Greg. Nyss. Vita Greg. Thaumaturg.
9. Ibid.
10. Basil. Ep.
XXVIII, al. LXII.
11. Ep. CCIV, al.
LXXV.
12. De Spir.
S. XXIX.
13. Benedict. XIV,
De canonizat. SS. Lib. I, cap. XLI, 40, 41.
14. Marc, XI, 22-24.
15. Homil. ad Matut. ex
Beda in Marc.
16. Greg. Thaumat. Metaphrasis
in Ecclesiasten Salomonis.
17. In Origenem oratio
panegyrica.
18. Ibid, IV.
19. In Origenem oratio
panegyrica., IV.
GRÉGOIRE DE NYSSE. SUR
LA VIE ET LES MIRACLES DE NOTRE PÈRE PARMI LES SAINTS, GRÉGOIRE LE
THAUMATURGE
GNO X 1, 3-57 (PG 46, 893
- 957)
Traduction (provisoire)
de Pierre Maraval
I/ Introduction
L'assistance de l'Esprit
nécessaire
1. Le but de notre discours
et de la présente assemblée est le même : Grégoire le Grand, pour vous, est le
motif de la réunion; pour moi celui de l'entretien. Je pense, pour ma part, que
j'ai besoin de la même force et pour pratiquer la vertu en actes, et pour
raconter dignement ses belles actions en paroles. Aussi faudrait-il demander
l'assistance grâce à laquelle celui-ci, durant sa vie, pratiqua la vertu. Or
celle-ci, à mon avis du moins, c'est la grâce de l'Esprit, qui fortifie par
elle-même, et pour leur vie et pour leur discours, ceux qui prennent au sérieux
l'une et l'autre. Puis donc que cette illustre et célèbre existence a été
dirigée par la force de l'Esprit, c'est un fruit de la prière que l'assistance
apportée au discours soit aussi abondante que celle qui advint à celui-ci
pendant sa vie, De la sorte, la louange ne sera pas trouvée inférieure à la
réputation de ses actions vertueuses, mais un tel homme sera montré à ceux qui
sont présents, /p.4 Heil/, grâce à la commémoration qui est faite de lui, tel
qu'il était pour ceux de ce temps-là, lorsqu'on le voyait lui-même dans ses
oeuvres.
Les devoirs de l'orateur
et des auditeurs
2. Si donc le souvenir de
ceux qui ont excellé dans la vertu était sans profit et qu'il ne contribue en
rien au bien de ses auditeurs, il serait peut-être superflu et vain d'orienter
sans aucune utilité le discours lui-même vers la louange, en le déroulant en
vain et en fatiguant inutilement l'auditoire. Mais puisque la grâce d'un tel
discours, dans des circonstances normales, doit être un gain commun pour tous
les auditeurs, comme l'est un phare pour ceux qui naviguent sur mer, dirigeant
vers lui ceux qui errent au large dans l'obscurité, je pense qu'il faut pour
cela une ardeur égale et de votre part et de la mienne : de la vôtre pour écouter,
de la mienne pour parler. Il est clair en effet que la vie vertueuse de
celui-ci, en resplendissant pour nos âmes à la manière d'un phare, grâce à la
commémoration, est une voie vers le bien et pour celui qui l'expose, et pour
ceux qui l'écoutent. Car les hommes, par nature, ont en propre de vouloir et de
désirer acquérir tout ce qui est précieux et digne de louange.
L'éloge atteindra son but
3. Tel est donc le thème
de notre discours. Mais pour moi qui ose aborder ce thème, que le discours soit
capable de s'élever à la hauteur des faits ou qu'il ne le soit pas est de toute
façon sans danger, car la louange sera égale, dans les deux cas, pour celui qui
fait l'objet de l'éloge. Si le discours réussit à exprimer ses miracles, il
frappera certainement l'auditoire par ces belles actions; s'il reste inférieur
à leur grandeur, même en ce cas la gloire de celui dont on fait l'éloge sera
rendue éclatante, car la louange la plus grande d'un homme, c'est de montrer
qu'il dépasse la capacité de ceux qui le louent.
Critères de l'éloge païen
et chrétien
4. Mais qu'aucun de ceux
qui ont été instruits dans la sagesse divine ne s'attende à ce que celui qu'on
célèbre spirituellement soit loué, selon la coutume des païens, au moyen des
procédés artificiels des éloges. L'appréciation du bien ne se fait pas selon
les mêmes critères chez nous et chez les autres, et l'on ne trouverait pas les
mêmes jugements sur les mêmes choses /p. 5/ chez ceux qui vivent selon le monde
(cf. Eph 2, 2) et ceux qui se sont élevés au-dessus du monde. Pour ceux-là, ce
qui semble être une grande chose, et digne de recherche, c’est la richesse, la
race, la gloire, les magistratures mondaines, les mythes fondateurs de la
patrie, et ces récits à fuir pour tous ceux qui ont quelque intelligence - trophées,
combats, les malheurs provoqués par les guerres. Mais pour l'opinion qui a
cours chez nous, sont dignes d'honneur une seule patrie, le paradis, premier
foyer du genre humain, une seule cité, la cité céleste, construite de « pierres
vivantes » (1P 2, 5), « dont Dieu est l'architecte et le constructeur » (Hb 11,
10), une seule noblesse de race, la parenté avec Dieu. Celle-ci ne s'acquiert
pas automatiquement, à la manière de la bonne naissance selon le monde, qui
souvent se transmet par une succession automatique, même pour les indignes,
mais il n'est pas possible de l’acquérir autrement que par un libre choix : « A
ceux qui l'ont reçu, dit la parole sainte, il a donné le pouvoir de devenir
enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Y aurait-il quelque chose de plus noble que cette
naissance ? Les traditions ancestrales, chez tous les autres, sont des mythes,
des inventions, des fraudes de démons mêlées à des récits mythiques, mais les
nôtres n'ont pas besoin d'être racontées. Qui regarde vers le ciel et
contemple, avec l’œil de l'âme, les beautés présentes en lui et toute la
création, dans toutes les merveilles qu'il sera capable de saisir en elles,
trouvera les récits de notre patrie, ou plutôt non de la patrie elle-même, mais
de la colonie où nous demeurons après avoir été chassés de la vie plus haute,
le monde présent.
Objet transcendant de
l'éloge chrétien
5. Si la colonie est
telle, il faut imaginer quelle est la métropole de la colonie, quelle beauté
est en elle, quel en est le palais royal, quel est le bonheur de ceux qui ont
reçu d'y habiter. Car si ce qui apparaît /p.6/ dans la création est tel que
cela passe la louange, que faut-il imaginer de ce qui est au-dessus de cela, ce
qu'il n'est pas possible à l’œil de saisir, ni à l'oreille d'entendre, ni à la
pensée de concevoir(1 Co 2, 9). C'est pour cela que la loi divine des éloges
exclut du bon renom spirituel les bagatelles d'ici-bas, jugeant honteux que
ceux qui se sont rendus fameux par de telles actions soient célébrés au moyen
de ce qui a du prix sur terre. Qu'un homme mondain, qui a en vue le bonheur
matériel, recherche la louange des hommes à partir de telles réalités - que sa
patrie est riche en troupeaux, que la mer fournit d'elle-même d'abondantes
provisions pour les gloutons, que des pierres bien disposées embellissent les
constructions. Mais celui qui regarde vers la vie d'en haut, celui pour qui la
pureté de l'âme est une beauté, la pauvreté une richesse, la vertu une patrie,
le palais royal lui-même de Dieu une cité, tiendra pour une honte l'honneur qui
est placé dans les réalités terrestres.
Seule la vie vertueuse
est à prendre en considération
6. Ainsi donc, laissant
de côté nous aussi de telles réalités, nous n'ajouterons pas la patrie aux
louanges du grand Grégoire, ni n'évoquerons ses ancêtres à l'appui de ses
éloges, sachant qu'aucune louange n'est vraie si elle n'est pas le bien propre
de ceux qu'on loue - nous appelons bien propre ce qui demeure continuellement,
ce qu'on ne peut jamais enlever à quelqu'un. Donc, puisque, en nous abstenant de
tout cela - richesse, renommée, gloire, honneur, luxe, plaisir, parents, amis
-, nous restons attachés à la seule disposition au vice ou à la vertu, ne
jugeons bienheureux que celui qui est vertueux.
Feinte rhétorique : la
patrie
7. Pourtant, que personne
ne pense que c'est parce qu'il n'y aurait rien d'honorable à raconter sur la
patrie et les ancêtres de cet homme que, sous prétexte de paraître les
mépriser, /p.7/ je passe sous silence la honte qui serait la leur. Qui ne
connaît en effet le surnom du Pont, qui a été spécialement attribué à cette
nation par tous les hommes et témoigne de la vertu de ceux qui, depuis
l'origine, ont reçu ce lieu en partage. Seul de toutes les terres et les mers,
ce Pont est appelé « favorable » (euxeinos), soit que ce nom témoigne de leur
bienveillance pour les étrangers qui y résident, soit que l'endroit soit tel
qu'il procure en abondance les ressources pour la vie, non seulement aux
autochtones, mais aussi à ceux qui, de partout, ont coutume de s'y rendre.
Telle est la nature de cette région qu'elle produit en abondance tout ce qui
est nécessaire pour la vie et qu'elle n'est pas dépourvue des biens qui
viennent d'ailleurs, car la mer leur permet d'acquérir ceux de toute
provenance. Il en est ainsi de toute cette nation, car quelle que soit la
partie qu'on en examine pour elle-même, on pense qu'elle est supérieure aux
autres. Néanmoins, de l'avis unanime de la nation, la ville du grand Grégoire
est en quelque sorte ce qu'il y a de plus noble parmi celles qui sont à l'entour
: un empereur illustre parmi ceux qui ont exercé le pouvoir chez les Romains,
du nom de César, pris d'amour et d'affection pour cette région, l'a jugée digne
d'être appelée de son nom. Mais cela n'a rien à voir avec notre but, comme de
croire que nous montrerions ce grand saint plus vénérable pour les raisons
suivantes - que la région abonde en fruits, que la ville est ornée de
constructions, que grâce à la mer voisine les produits de partout, quels qu'ils
soient, y viennent à volonté.
Seconde feinte rhétorique
: les ancêtres
8. Et dans le présent
discours, je ne ferai pas mémoire non plus de ses ancêtres, ceux qui furent à
l'origine de sa naissance selon la chair, en évoquant leur richesse, leurs
honneurs et leur réputation mondaine. En quoi cela - les tombeaux, les stèles
funéraires, les inscriptions, les récits du passé - contribuera-t-il à la
louange de celui qui s'est élevé lui-même /p.8/ au-dessus du monde entier ? Et
surtout, il n'est pas possible d'invoquer, pour en faire partager le bon renom,
ceux dont celui-ci a renié la parenté spirituelle. Ceux-là en effet firent
preuve de sottise en étant dans l'erreur de l'idolâtrie; celui-ci, ayant levé
les yeux vers la vérité, s'est introduit dans la parenté d'en haut par la foi.
Mais passons sous silence comment et de quels parents il est né, et quelle
ville il a habitée durant ses premières années - ce qui est complètement
inutile pour le présent exposé -, et nous prendrons pour commencer notre éloge
le moment où il adopta la vie vertueuse.
II/ La vie selon la vertu
dans sa jeunesse
1. L'intelligence du bien
: l ‘acquisition des vertus
9. Lorsqu'il était encore
dans sa prime jeunesse, il fut privé de la sollicitude que portent
naturellement les parents, car les siens étaient morts. À un moment où, chez la
plupart, l'intelligence est imparfaite en raison de l'âge et se trompe dans son
appréciation du bien, il se montra aussitôt, dans les premières années de son
âge, tel qu'il devait être dans la perfection de celui-ci. De même que les
bourgeons de bonne venue, lorsque pendant leur première croissance ils se
développent en rameaux bien droits, montrent aux cultivateurs, à travers leur
grâce présente, leur beauté à venir, de même celui-ci , quand, chez les autres,
l'âme est chancelante par ignorance et se laisse aller facilement à ce qui est
vain et inutile, comme la plupart des occupations de la jeunesse, a montré
alors en lui-même, dans les premiers choix de sa vie, la vérité de la parole de
David : « Le juste fleurira comme le palmier » (Ps 91, 13). Seul cet arbre
s'élève de terre avec une tête parfaitement touffue, et lorsqu'il croît en
hauteur, il ne reçoit avec le temps aucun accroissement en largeur. De même
celui-ci, dès son premier bourgeon, fleurit aussitôt par son choix de vie,
s'élevant parfait et avec un feuillage touffu. Se tenant à l'écart de tout ce
qui passionne la jeunesse - équitation, chasse, élégance, vêtements, jeu de dés
/p.9/, plaisir, il s'adonnait aussitôt tout entier à l'acquisition des vertus,
choisissant constamment ce qui convenait à l'âge qui était le sien.
2. La sagesse et les
vertus connexes
10. Sa première
préoccupation, pour acquérir les vertus, est celle de la sagesse. A la suite de
celle-ci, comme un poulain attelé avec elle, la tempérance, et l'alliée de
toutes deux, la chasteté. L'absence d'orgueil et de colère s'accompagnait du
mépris des richesses, car la cause de l'enflure et de l'orgueil n'est autre que
la cupidité, qui amène avec elle d'autres passions.
Comparaison avec Abraham
L'Écriture rapporte que
le patriarche Abraham, lorsqu'il eut acquis la science de la philosophie
chaldéenne et qu'il eut observé la position et le mouvement harmonieux et
ordonné des astres, se servit de cette connaissance comme d'un marchepied pour
accéder à la contemplation du bien supérieur, ayant pensé que si de telles
réalités sensibles peuvent être saisies par l'intelligence, qu'en serait-il de
celles qui sont au-delà du sensible ? Il obtint ainsi ce qu'il cherchait, ayant
acquis la sagesse païenne et étant devenu, grâce à elle, plus élevé, de manière
à pouvoir s'approcher d'une certaine façon, grâce à elle, des réalités
inaccessibles. De même, ce Grand, ayant assidûment fréquenté la philosophie
païenne, fut amené à la connaissance du christianisme par cela même grâce à
quoi l'hellénisme s'assure une influence auprès de la plupart. Abandonnant la
religion erronée de ses pères, il cherchait la vérité de ce qui est, ayant
appris de la réflexion même des païens l'inconsistance des doctrines grecques.
Lorsqu'il vit en effet que la philosophie, aussi bien celle des Grecs que celle
des barbares, était divisée en conceptions différentes touchant les opinions
sur le divin, et que les tenants de ces doctrines ne s'accordaient pas entre
eux et rivalisaient pour faire prévaloir chacun sa propre opinion au moyen de
l'habileté de leurs discours, il abandonna ceux-ci, qui s'excitaient les uns
contre les autres comme dans une guerre civile, et il s'attache à la parole
ferme de la foi, qui prévaut sans aucun raffinement du discours ni artifice de
l'art, mais est annoncée également à tous grâce à la simplicité de ses paroles
/p. 10/, elle qui tire sa crédibilité d'être au-dessus de la connaissance.
Autre comparaison avec
Moïse
11. Si ce qui est dit
était tel qu'on puisse le comprendre par la force de raisonnements humains, ce
ne serait pas différent de la sagesse grecque, car eux aussi estiment que ce
qu'ils ont réussi à comprendre, cela même existe. Mais puisque la compréhension
de la nature supérieure est inaccessible aux raisonnements humains, à cause de
cela la foi remplace les raisonnements, elle qui s'étend vers ce qui est
au-dessus de la raison et de la compréhension. C'est pourquoi, de même que
l'Écriture dit de Moïse qu’« il fut instruit de toute la sagesse des Égyptiens
» (Ac 7, 22), de même ce Grand, qui était passé par toute l'éducation des Grecs
et connaissait par expérience la faiblesse et l'inconsistance de leurs
doctrines, se fait disciple de l'Évangile, et avant d'y être amené par la
naissance mystique et incorporelle, il dirigeait sa vie de manière à n'apporter
au baptême aucune souillure de péché.
3. La chasteté.
12. Comme telle était sa
conduite en Égypte, dans la ville d'Alexandrie, où afflue de toutes parts la
jeunesse qui s'adonne à la philosophie ou à la médecine, il était pour ses condisciples
un spectacle pénible, jeune homme paré d'une chasteté supérieure à celle des
vieillards. La louange de sa pureté était un blâme pour les impurs. Pour
procurer une excuse aux débauchés - celle de ne pas être seuls à paraître tels
- une machination, fruit d'un complot, fut mise en place, pour que quelque
reproche soit infligé à la vie du Grand. Ils lui envoient, pour l'accuser, une
prostituée issue du lieu de débauche, méprisée pour son indignité. Alors que
celui-ci, selon son habitude, s'entretenait avec des hommes cultivés d'un des
problèmes de la philosophie, dans une attitude sérieuse, la femme s'approche,
en se dandinant lascivement et en feignant par tous les moyens d'être dans sa
familiarité [et par ce qu'elle disait et par ce qu'elle faisait]. Elle disait
ensuite /p. 11/ qu'elle avait été privée de sa rétribution, en ajoutant encore
avec impudence les motifs pour lesquels elle se plaignait de la privation de
récompense.
...confirmée par Dieu
13. Alors que ceux qui
connaissaient la vie de celui-ci s'indignaient et s'élançaient avec colère
contre la femme, lui ne se troubla point avec ceux qui se fâchaient à cause de
lui; bien qu'il fût calomnié, il ne dit rien de ce qu'il est naturel que dise
un accusé. Il n'appela pas à son secours les témoins de sa vie, ni n'écarta le
reproche par un serment, ni ne dénonça la malignité de ceux qui avaient machiné
cela contre lui. S'étant tourné vers un de ses familiers, il dit d'une voix
douce et posée : « Eh, toi, donne-lui l'argent, pour qu'elle ne trouble pas
davantage, par son agitation, le sérieux que nous mettons à la discussion ».
Mais lorsque celui qui avait été chargé de cela, après avoir appris de la
prostituée combien d'argent elle demandait de lui, eut payé aussitôt toute la
somme, alors que le complot des débauchés contre le juste touchait à son terme
et que le salaire était déjà dans la main de l'infâme, à ce moment-là vient de
Dieu le témoignage de la chasteté du jeune homme et la réfutation de la
calomnie de ses condisciples. Au moment même où elle recevait l'argent dans sa
main, torturée par un esprit démoniaque, gémissant et hurlant comme une bête,
non d'une voix humaine, elle tombe face contre terre au milieu de ceux qui
étaient assemblés, devenue subitement pour ceux qui étaient présents un
spectacle affreux et effrayant, avec ses cheveux épars et qu'elle arrachait de
ses mains, ses yeux révulsés, sa bouche qui crachait de la bave... Et le démon
ne cessa de l'oppresser, jusqu'à ce que ce Grand invoque Dieu et demande
miséricorde pour elle.
Grandeur de la conduite
de Grégoire
14. Tels sont les récits
de la jeunesse de ce Grand, digne prologue de sa vie future. En vérité, cette
action admirable est telle que, même s'il n'y avait rien d'autre à ajouter à
cela, il n’obtiendrait d'aucun de ceux qui vivent dans la vertu, à partir de
cela seul, le second rang dans les louanges. Riche, jeune, résidant à
l'étranger, dans une ville très peuplée, où parce que les /p.12/ jeunes vivent
à volonté dans le plaisir, la pureté était une tare pour ceux qui n'étaient pas
chastes, sans mère qui prenne soin de sa vie, sans père qui guide son existence
quotidienne, il s'éleva à tel point, par son impassibilité, vers la vertu, que
celui qui surveille toutes choses se fit le témoin de sa vie, celui qui réfuta
d'un coup sévère la calomnie de la femme. Que pourrait-on imaginer de plus
grand comme motif d'éloge ? Comment louerait-on dignement celui-ci ? Lui qui
avait triomphé de la nature par la raison avait soumis sa jeunesse, comme un
animal domestiqué, au joug du raisonnement, s'était rendu maître de toutes les
passions physiques qui l'agitaient. Lorsqu'il attira sur lui l'envie, qui
s'attaque à ceux qui sont bons, il se rendit aussi maître de celle-ci, sans se
lever pour se défendre contre la méchanceté de ses compagnons et en se montrant
bienfaisant envers celle qui les avait assistés pour attirer le blâme sur lui,
en la délivrant par la prière des souffrances provoquées par le démon.
Comparaison avec Joseph
et amplification : il est supérieur à Joseph
15. Nous apprenons
quelque chose de semblable dans l'histoire de Joseph : il pouvait commettre un
crime avec la femme de son maître, car celle-ci était devenue folle d'amour
pour la beauté du jeune homme, et il n'y avait personne comme témoin de ce
qu'il aurait osé (cf. Gn 39, 7 s.). Eh bien, lui aussi, regardant vers l’œil de
Dieu, préféra paraître mauvais plutôt que l'être, et supporter le sort des
malfaiteurs plutôt que devenir un malfaiteur. Mais peut-être Grégoire peut-il
davantage tirer gloire de ce récit, car il n'est pas équivalent, en matière
d'éloignement de la souillure, d'éviter le crime d'adultère et d'accepter
d'être blâmé pour un délit moindre. Lui donc, qui d'après les lois n'était
nullement en danger, ayant jugé que le plaisir même issu du péché était, par
lui-même, plus redoutable que le châtiment /p.13/, ou bien a dépassé Joseph par
la grandeur de cette action admirable, ou bien ne sera certainement pas jugé
inférieur à lui. Eh bien, tels furent les commencements de sa vie; sa vie
elle-même, que fut-elle ?
4. L'étude des sciences
divines
16. Lorsqu'il eut
parcouru tout le cycle éducatif de la sagesse païenne, il rencontra un certain
Firmilien, qui faisait partie des eupatrides de Cappadoce, de mœurs semblables
aux siennes, comme il le montra dans la suite de sa vie, lorsqu'il devint
l'ornement de la ville de Césarée. Grégoire fit connaître à son ami le but de
sa propre vie - qu'il regardait vers Dieu -, et il comprit que l'intention de
celui-ci s'accordait avec son propre désir. Abandonnant toute étude de la
philosophie païenne, il se rend avec lui près de celui qui, en ce temps-là,
était le guide de la philosophie des chrétiens - c'était Origène, dont le renom
est grand par ses écrits. Il montrait ainsi non seulement son amour de la
science et du labeur, mais aussi l'équilibre et la mesure de son caractère.
Bien qu'il fût rempli d'une si grande sagesse, il ne dédaigna pas de recourir à
un autre maître pour les sciences divines. Lorsqu'il eut passé auprès du maître
le temps qu'il fallait pour acquérir ces sciences, alors que beaucoup
cherchaient à le retenir en terre étrangère et lui demandaient de rester chez
eux, il préféra à toutes la patrie où il avait vécu et y retourna, ramenant
avec lui les multiples richesses de la sagesse et de la science que, comme un
marchand, il avait acquises dans les études profanes en fréquentant des
personnages de renom.
5. Le rejet d'une
carrière brillante
17. Du reste, pour qui
juge bien les faits, cela non plus ne paraîtra nullement une petite chose à
mettre à sa louange que d'avoir refusé l'invitation commune venue d'une si
grande ville et de n'avoir pas accepté la demande instante de rester parmi eux
que lui faisaient tous les gens cultivés, ainsi que l'invitation dans le même
sens de leurs magistrats. Le but de tous était que ce Grand reste chez eux pour
y être comme un fondateur de vertu et un législateur de vie. Mais lui, fuyant
les motifs d'orgueil d'où qu'ils viennent, sachant que la passion de la superbe
est d'ordinaire la cause principale d'une vie mauvaise, /p.14/revient à la vie
paisible dans sa patrie, comme dans un port.
6. Le choix de la vie
solitaire
18. Tout le peuple avait
les yeux fixés sur l'homme et tous s'attendaient à ce qu'il manifeste en public
sa culture dans des réunions publiques, afin d'obtenir, comme fruit de ses
longs labeurs, la renommée qui leur est attachée. Or ce Grand savait comment il
convient que la vraie philosophie soit manifestée publiquement par ceux qui la
recherchent sérieusement. Pour que son âme ne soit pas blessée par la recherche
des honneurs - la louange qui vient des auditeurs est en effet redoutable parce
qu'elle affaiblit l'énergie de l'âme par la fumée de l'orgueil et l'amour de la
gloire -, il fit une déclamation publique par son silence, montrant par un acte
et non par des paroles le trésor qui était en lui. S'étant éloigné des tumultes
de la place publique et, totalement, du mode de vie urbain, il vivait dans un
lieu écarté avec lui-même seul, et ainsi avec Dieu, en faisant peu de cas du
monde entier et de tout ce qui est en lui. Il ne se mêlait pas des affaires de
l’empire, ne s'intéressait pas aux magistratures, n'écoutait pas qui lui
rapportait comment étaient administrées les affaires publiques. Mais il se
préoccupait de la manière dont l'âme est rendue parfaite dans la vertu et il
tendait avec force toute sa vie vers ce but. Ayant laissé tomber toutes les
affaires de ce monde, c’était en notre temps un autre Moïse, rivalisant
vraiment avec les actions admirables de celui-ci.
Comparaison avec Moïse et
amplification : supériorité de Grégoire
19. Tous deux, Moïse et
Grégoire, quittèrent cette existence pleine de trouble et de bruit, chacun en
son temps vivant pour eux-mêmes, jusqu'à ce que pour tous deux devienne
visible, suite à une apparition divine, l'avantage d'une vie pure. Mais pour
Moïse, une épouse accompagnait la philosophie, alors que Grégoire avait pour
compagne la seule vertu. Si pour l'un et l'autre le but était identique – la
fin, pour l'un et l'autre, en s'éloignant de la multitude, était de contempler les
divins mystères de l’œil de l'âme /p. 15/-, il est loisible à qui sait
apprécier la vertu de juger duquel des deux la vie était le plus marquée par
l'absence de passions, de celui qui s'était abaissé à la participation légitime
et tolérée des plaisirs ou de celui qui s'était élevé au-dessus de celle-ci et
n'avait donné aucune voie d'accès à la passion matérielle.
7. L'ordination
épiscopale
20. Comme Phaidimos, à
qui Dieu avait donné, par l'Esprit Saint, la faculté de prévoir l'avenir, était
à ce moment-là le guide de l'église d'Amasée, et qu'il mettait tout son soin à
gagner le grand Grégoire et à le mener à la direction de l'Église, pour qu'un
si grand bien ne mène pas une vie paresseuse et inutile, celui-ci, s'étant
aperçu de l'intention de l'évêque, tenta de se cacher en se rendant dans un
autre lieu désert. Ce grand Phaidimos, en faisant toute tentative et en
utilisant tous les moyens imaginables, ne réussissait pas à conduire au
sacerdoce cet homme, qui se gardait de tous ses yeux pour n'être pas saisi par
la main de l'évêque, et leurs préoccupations étaient contradictoires - l'un
désirait prendre, l'autre fuir celui qui le poursuivait, car celui-là savait
qu'il porterait à Dieu un don sacré, tandis que celui-ci craignait que les
devoirs du sacerdoce, imposés à sa vie comme un fardeau, ne deviennent pour lui
un obstacle à la philosophie. 21. À cause de cela, Phaidimos, poussé par une
impulsion divine à réaliser son projet, sans se préoccuper de la distance qui
le séparait de Grégoire - celui-ci était éloigné de lui de trois jours de
voyage -, ayant levé les yeux vers Dieu et dit qu'à cette heure-là lui-même et
celui-ci étaient pareillement sous le regard de Dieu, il envoie sa parole, à
défaut d'imposition des mains, à Grégoire. Il consacre à Dieu celui qui n'était
pas présent de corps et lui confiant cette ville, qui, jusqu'à ce moment-là,
était à ce point soumise à l'erreur des idoles /p.16/ qu’il ne s'en trouvait
pas plus de dix-sept qui avaient accueilli la parole de la foi, alors que les
habitants de la ville et des environs étaient innombrables.
8. L’évêque instruit par
Dieu
22. Ainsi donc, contraint
de se soumettre au joug, lorsque après cela eurent été accomplies sur lui
toutes les cérémonies rituelles, il demanda à celui qui avait proclamé sur lui
le sacerdoce un peu de temps pour approfondir le mystère; il pensait qu'il ne
devait plus avoir égard « à la chair et au sang », comme le dit l'Apôtre (Ga 1,
16), mais il demandait que la révélation des choses cachées lui vienne de Dieu.
Il n'eut pas l'audace de s'adonner à la prédication de la parole avant que la
vérité ne lui ait été révélée par une vision. Une nuit, alors qu'il
réfléchissait sur le discours de la foi et qu'il échafaudait des raisonnements
de toutes sortes - car il y avait alors des gens qui falsifiaient la pieuse
doctrine et, par l'habileté de leurs argumentations, rendaient souvent la
vérité incertaine, même pour ceux qui la connaissaient bien -, alors donc qu'il
veillait et réfléchissait à cela, lui apparut en vision un personnage âgé ayant
l'aspect d'un homme, dont le vêtement manifestait le caractère sacré, qui
annonçait une grande vertu par la grâce de son visage et la dignité de son
maintien.
Une vision lui donne la
connaissance de la foi
23. Frappé de stupeur à
ce spectacle, il se leva de son lit et lui demanda qui il était et à quelle fin
il venait. Celui-ci apaisa le trouble de sa pensée d'une voix douce et lui dit
qu'il lui était apparu sur ordre de Dieu en raison des questions controversées
autour de lui, pour que lui soit révélée la vérité de la foi pieuse. Lui reprit
courage à ces paroles et le regarda avec joie et étonnement. Ensuite celui-ci,
ayant tendu la main droite devant lui, comme pour lui montrer avec les doigts
/p.17/ tendus ce qui apparaissait sur le côté, lui fit tourner le regard par sa
main tendue et voir en face une autre apparition sous l'aspect d'une femme,
bien supérieure à une apparition humaine. Lui, à nouveau frappé de stupeur,
détourna son visage; il était incapable de voir ce spectacle, car ses yeux ne
pouvaient supporter l'apparition. Ce qu'il y avait de tout à fait
extraordinaire dans cette vision, c'était, alors que la nuit était profonde,
qu'une lumière brillait sur ceux qui lui étaient apparus, comme si une lampe
brillante était allumée. Comme ses yeux ne pouvaient supporter l'apparition, il
entendit ceux qui lui étaient apparus s'entretenir au cours d’une conversation
sur l'objet de sa recherche; grâce à eux, non seulement il fut instruit de la
véritable connaissance de la foi, mais il reconnut grâce à leurs noms ceux qui
lui étaient apparus, chacun d'entre eux appelant l'autre de son propre nom.
Il met par écrit
l'enseignement reçu
24. On dit en effet qu'il
entendit celle qui était apparue sous l'aspect d'une femme exhorter
l'évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité, et
celui-ci lui répondre qu'il était prêt à accorder cela à la mère du Seigneur,
puisque ce lui était agréable. Ayant ainsi exposé la question de manière
convenable et bien claire, ils disparurent ensuite de sa vue. Et lui aussitôt
mit par écrit cette divine mystagogie et c’est d'après elle qu’il annonça
ensuite la parole dans l'église ; il laissa à ses successeurs, comme un
héritage, cet enseignement donné par Dieu. C'est grâce à lui que, jusqu'à ce
jour, le peuple de chez eux, qui est resté exempt de toute hérésie, est initié
aux mystères. Les paroles de cette mystagogie sont les suivantes :
Le Credo de Grégoire
Un seul Dieu,
père du Verbe vivant (qui
est sagesse subsistante, puissance et caractère éternels),
parfait géniteur du
parfait,
père du Fils monogène.
/p.18/ Un seul seigneur,
unique de l'unique,
Dieu de dieu,
caractère et image de la
divinité,
verbe agissant,
sagesse qui embrasse
l'ordonnance de l'univers,
et puissance qui a faite
toute la création,
Fils véritable du Père
véritable,
invisible de l'invisible,
ineffable de l'ineffable,
immortel de l'immortel,
éternel de l'éternel.
Un seul Esprit saint,
qui tient son existence
de Dieu,
et est apparu par le Fils
(aux hommes),
image parfaite du Fils
parfait,
vie, cause des vivants,
sainteté, dispensateur de
sanctification,
dans lequel sont
manifestés Dieu le Père,
celui qui est au-dessus
de tout et en tout,
et Dieu le Fils,
celui par qui sont toutes
choses.
Trinité parfaite,
qui n'est divisée ni
distinguée ni selon la gloire, ni selon l'éternité, ni selon la royauté.
/p.19/(Donc il n'y a rien
de créé ni d'esclave dans la Trinité, ni de surajouté comme si cela n'existait
pas auparavant, mais avait été introduit par la suite. Donc le Fils n'a jamais
fait défaut au Père ni l'Esprit au Fils, mais la même Trinité est toujours
immuable et sans changement).
Nouvelle comparaison avec
Moïse et amplification : supériorité de Grégoire
26. Celui qui désire être
persuadé à ce sujet, qu'il écoute l'église, dans laquelle il proclamait la
parole, ceux chez qui le texte écrit de cette bienheureuse main est conservé
encore aujourd'hui. Ne rivalise-t-il pas, par la magnificence de la grâce, avec
ces tables gravées par Dieu, je veux dire ces tables sur lesquelles furent
gravées les prescriptions de la volonté divine ? Le texte dit de Moïse, qui
était allé au-delà du visible (cf. Ex 31, 18) et était entré par son âme à
l'intérieur des sanctuaires invisibles (c'est cela que désigne la nuée), y
apprit les divins mystères et, grâce à sa propre connaissance de Dieu,
instruisit tout le peuple. Or on peut voir chez ce Grand aussi la même histoire
: pour lui la montagne ne fut pas une colline visible, mais la hauteur de son
désir des doctrines véritables; la nuée, ce fut ce spectacle inaccessible aux
autres, la tablette, son âme, les lettres gravées sur les tables, la voix de
celui qui était apparu, toutes choses grâce auxquelles la révélation des
mystères fut faite et pour lui et pour ceux qu'il instruisait des mystères.
III/ Vie selon les vertus
de l'adulte
1. Le courage dans la
lutte contre le démon
27. Lors donc qu'il eut
été rempli d'audace et de courage par cette vision, comme un athlète qui, ayant
acquis /p.20/ du pédotribe l'expérience et la force nécessaires pour les
combats, plein d'audace, ôte ses vêtements près du stade et s'enduit de
poussière pour affronter ses adversaires, de la même manière celui-ci, ayant
oint comme il convient son âme par son propre exercice et l’assistance de la
grâce qui lui était apparue, s’adonne de même aux combats (il ne faut pas, en
effet, parler d'autre chose que de combats ou de luttes tout au long de sa vie
sacerdotale, durant laquelle, par la foi, il combattit victorieusement la
puissance de l'adversaire). Aussitôt qu'il eut quitté sa retraite et pris le
départ vers la ville dans laquelle il devait établir l'église pour Dieu,
lorsqu'il apprit que toute la région était sous la coupe de la tromperie des
démons et que nulle part n'y avait été bâti un temple du vrai Dieu, que toute
la ville et les environs étaient remplis d'autels, de sanctuaires et de statues
- car tout le peuple mettait du zèle à orner les temples des idoles et les
sanctuaires et à faire durer l'idolâtrie en la fortifiant par des processions,
des initiations et des sacrifices répugnants -, comme un vaillant soldat qui
affronte le chef de l'armée adverse et, au moyen de celui-ci, met en fuite ses
subordonnés, de même ce Grand commence par s'attaquer à la puissance des démons
eux-mêmes. De quelle façon ?
Il passe la nuit dans un
temple
28. Alors qu'il se
rendait du lieu de sa retraite à la ville, comme le soir était tombé et qu'une
pluie très violente se prolongeait, il entre dans un sanctuaire avec ceux qui
le suivaient. Ce sanctuaire était un des plus fameux : les démons y venaient
ouvertement assister les desservants du temple dans leur pratique de la
divination des oracles. Entré dans le temple avec ses compagnons, il terrifia
les démons en invoquant le nom du Christ. Ayant purifié l'air souillé par les
odeurs des sacrifices au moyen du signe de la croix, il y passa la nuit tout
entière, en veillant, à son habitude, dans les prières et les hymnes, de
manière à transformer en maison de prière celle qui inspirait de l'horreur par
le sang répandu sur l'autel et les statues. Quand il eut passé la nuit de cette
manière, il allait reprendre son voyage.
Menaces du desservant du
temple
29. Or, comme le
desservant du sanctuaire, à l'aube, célébrait le culte habituel des démons, on
dit que les démons lui apparurent et lui dirent que le sanctuaire leur était
inaccessible à cause de celui qui y avait demeuré. Lui, au moyen de
purifications et de sacrifices, s'efforçait de faire rentrer les démons dans le
temple. Mais comme, malgré toutes ses tentatives, ses efforts étaient
inefficaces, car les démons n'obéissaient pas du tout, comme d'habitude, à son
invocation, pris de fureur et de colère, le desservant saisit ce Grand et lui
adressait les menaces les plus terribles - de le dénoncer aux autorités, d'user
de violence à son endroit et de dénoncer à l'empereur ce qu'il avait eu
l'audace de faire. Chrétien, ennemi des dieux, il avait osé pénétrer à
l'intérieur du sanctuaire ; son entrée avait fait se détourner la puissance qui
agissait dans les lieux sacrés, et la force divinatrice des démons ne résidait
plus, comme d'habitude, en ces lieux.
Grégoire montre sa
puissance
30. Mais celui-ci,
rejetant la colère inconsidérée et stupide du desservant au moyen d'une pensée
supérieure et opposant à toutes les menaces l'assistance du Dieu véritable, dit
qu'il était à ce point convaincu de la puissance de celui qui combattait pour
lui qu'il avait le pouvoir de les chasser comme il le voulait et de les faire
entrer où il voudrait, et il promit de donner aussitôt les preuves de ce qu'il
disait. /p.22/ Le desservant, émerveillé et frappé de stupeur par la grandeur
de son pouvoir, lui demanda de montrer en cela même sa puissance et de faire
revenir les démons dans le sanctuaire. En entendant cela, le Grand déchira un
petit fragment d’un livre et le donna au desservant, après avoir écrit une
parole impérative contre les démons. Le texte de ce qui était écrit là-dessus
était : « Grégoire à Satan, entre ». Le desservant prit le petit écrit et le
plaça sur l'autel ; ensuite, ayant offert les graisses habituelles et les
offrandes impures, il vit à nouveau ce qu'il voyait précédemment, avant que les
démons n'aient été chassés du temple. Quand cela se fut produit, il se fit la
réflexion que Grégoire possédait une puissance divine grâce à laquelle il
s'était montré plus fort que les démons.
Le desservant du temple
demande un nouveau miracle
31. Il le rejoignit en
hâte avant qu'il ne parvienne à la ville et demanda d'apprendre de lui le
mystère et quel était ce dieu auquel était soumise la nature des démons.
Lorsque le Grand lui eut expliqué le mystère de la piété, le desservant éprouva
un sentiment bien naturel de la part d'un non-initié aux choses divines, et il
jugea qu'il était indigne de la conception de Dieu de croire que le divin soit
apparu aux hommes dans la chair. Comme celui-ci disait que la foi en ce mystère
ne s'appuyait pas sur des paroles, mais qu'elle tirait sa crédibilité du
caractère extraordinaire des faits, le desservant lui demanda de voir un
miracle, pour être conduit par ce fait à l'acceptation de la foi.
Grégoire l'accomplit
32. Alors, dit-on, ce
Grand fit le plus incroyable des miracles. Comme le desservant souhaitait
qu'une pierre de grande taille qui se trouvait sous leurs yeux /p.23/, une
pierre qui ne pouvait être mue de main d'homme, soit transportée dans un autre
endroit par la puissance de la foi sur l'ordre de Grégoire, sans hésiter, ce
Grand ordonna aussitôt à la pierre, comme à un être animé, de se déplacer vers
le lieu qu'avait montré le desservant. Quand cela se fut produit, l'homme aussitôt
crut à la parole, et abandonnant tout, famille, maison, épouse, enfants, amis,
sacerdoce, foyer, richesses, il préféra à tous ses biens la compagnie du Grand
et la participation à ses fatigues, ainsi qu'à cette philosophie et à cet
enseignement divins.
Grandeur du miracle
33. Que fasse silence,
sur ce sujet, toute habileté artificieuse des discoureurs, qui par quelque
rhétorique cherche à élever encore plus haut les grandeurs des miracles. Ce
miracle, si on le rapporte, n'est pas tel qu'il puisse être rendu plus petit ou
plus grand par le pouvoir de celui qui parle. Que pourrait en effet ajouter à
ce miracle, dans ce qu’il en dit, celui qui en parle ? Et comment quelqu'un
pourrait-il diminuer, chez ses auditeurs, l'admiration devant ce qui est arrivé
? Une pierre écarte des pierres ceux qui étaient les esclaves des pierres, une
pierre devient le héraut de la vraie foi et le guide du salut pour les
infidèles, en proclamant la puissance divine, non par un son ou une parole,
mais en manifestant par ce qu'elle faisait le Dieu annoncé par Grégoire, Lui à
qui toute la création, également soumise, obéit : non seulement tout ce qui est
sensible, qui respire et qui est animé, mais même ce qui ne fait pas partie de
ces choses, et qui reçoit le commandement du serviteur comme si ce n'était pas
privé de sensation. Comment /p.24/ la pierre a-t-elle entendu ? Quelle fut sa
perception du pouvoir de celui qui donnait l'ordre ? Quelle faculté de se
déplacer possédait-elle ? Quelle était la disposition de ses membres et de ses
articulations ? Tout cela et les autres choses semblables, c'est le pouvoir de
celui qui donnait l'ordre qui en tient lieu pour la pierre. En voyant ce
pouvoir, ce desservant a aussitôt réalisé et pris en dégoût la ruse des démons,
destinée à tromper la nature humaine, et il est passé dans les rangs du vrai
Dieu, ayant compris le caractère inexprimable de la puissance du maître grâce à
ce qu'avait accompli son serviteur. Si la puissance du serviteur est si grande
que, par une parole, elle fasse se mouvoir ce qui ne peut se mouvoir, qu'elle
se serve d'un ordre pour s'adresser à des êtres insensibles et donne des
commandements à des êtres inanimés, quelle surabondance de puissance ne doit-on
pas concevoir dans le maître de tout, dont la volonté devint la matière, la
forme, la puissance du monde lui-même et de tous les êtres qui sont en lui et
au-dessus de lui ?
2. L’assurance : l'entrée
de Grégoire à Néocésarée
34. Là-dessus, ce Grand,
qui avait commencé de montrer sa supériorité sur les démons et emmenait avec
lui le desservant, comme un trophée dressé contre ceux qui avaient été vaincus,
après avoir frappé le peuple d'étonnement par le renom (de ses hauts faits),
fit alors son entrée dans la ville avec assurance et audace. Il n'avait pour se
donner de l'éclat ni chars, ni chevaux, ni mules, ni une suite
d'accompagnateurs, mais il était entouré de tous côtés par les vertus. Les
habitants de la cité étaient accourus en masse, comme à la recherche d'un
spectacle nouveau, et tous désiraient voir quel était ce Grégoire, lui qui,
tout homme qu'il fût, avait le pouvoir, comme un roi, sur ceux qu'ils
considéraient comme des dieux, faisant par un ordre aller et venir les démons à
son gré, là où /p. 25/ il le voulait, comme des esclaves; lui qui emmenait,
comme s'il l'avait réduit en son pouvoir, le serviteur de ces démons, lequel
méprisait la fonction qui était la sienne auparavant et avait échangé tous ses
biens contre la vie en sa compagnie.
3. Autre manifestation de
sa vertu
35. Tous l'attendaient
devant la cité dans ces dispositions. Quand il arriva chez eux, alors que tous
avaient les yeux fixés sur lui, passant devant ces gens comme devant une
matière sans vie, sans se tourner vers aucun de ceux qui venaient à sa
rencontre, mais se dirigeant droit vers la ville, il les frappa davantage
encore d'étonnement, car il apparaissait à ceux qui le voyaient supérieur à sa
renommée. Qu'en entrant pour la première fois dans une grande ville, sans
jamais en avoir eu l'habitude auparavant, il n'ait pas été frappé d'étonnement
parce qu'un peuple aussi considérable s'était rassemblé pour lui, mais que,
s'avançant comme à travers un désert, il n'ait dirigé son regard que vers
lui-même et son chemin, sans se tourner vers aucun de ceux qui étaient
rassemblés, cela paraissait à ces gens une action merveilleuse qui surpassait
celle accomplie avec le rocher. De ce fait, alors qu'avant sa promotion ceux
qui avaient reçu la foi étaient en petit nombre, comme on l'a dit précédemment,
c'est comme si toute la cité honorait son sacerdoce qu'il fit son entrée,
pressé de toutes parts par ceux qui l'escortaient.
4. Son détachement des
préoccupations matérielles
36. Quand il s'était
attaché à la philosophie, il s'était aussitôt libéré de tout, comme d'un
fardeau, et rien ne lui était resté de ce qui est nécessaire à la vie, ni
champ, ni lieu, ni maison, mais c'est lui qui était tout pour lui-même, ou
plutôt la vertu et la foi étaient sa patrie, son foyer et sa richesse. Lors
donc qu'il se trouva à l'intérieur de la ville, il n'avait nulle part de maison
pour se reposer, ni appartenant à l'église, ni en bien propre. Comme ceux qui
l'entouraient en étaient troublés /p.26/ et qu'ils se demandaient comment il
serait accueilli et chez qui il trouverait un abri, le maître leur dit : «
Pourquoi vous demander, comme si vous étiez en dehors de l'abri de Dieu, où
nous allons faire se reposer nos corps ? Dieu vous semble-t-il une petite
demeure, s'il est vrai qu' ‘en lui nous vivons, nous nous mouvons, nous avons
l'être’ (Ac 17, 28) ? Êtes-vous à l'étroit dans l'abri céleste ? Cherchez-vous
un autre logement que celui-là ? Qu'une seule demeure vous préoccupe, celle qui
est propre à chacun, celle qui est édifiée par les vertus et qui s'élève dans
les hauteurs; ne soyez chagrinés que parce que cette habitation n'est pas prête
pour vous. Être entouré de murs terrestres n'est d'aucun avantage pour ceux qui
vivent dans la vertu, ou plutôt c'est avec raison que l'usage de murs est une
préoccupation pour ceux qui sont souillés par le vice, car la maison est souvent
pour eux un voile qui cache leurs secrets honteux; à l'inverse, pour ceux dont
la vie est dirigée selon la vertu, les murs n'auront rien à cacher ».
Il est reçu par un des
notables
37. Comme il disait cela
à ses compagnons, un homme qui faisait partie des notables, que l'on comptait
parmi les premiers par la race, la richesse et le pouvoir, du nom de Mousonios,
quand il vit que beaucoup étaient animés du même désir - celui de recevoir cet
homme dans leurs propres demeures -, devança les autres et s'empare de cette
grâce pour lui-même. Il prie le Grand d'être son hôte et d'honorer sa maison
par sa venue : ainsi serait-il plus vénérable et digne d'être loué par la
postérité, lorsque le temps ferait passer à ses successeurs le souvenir d'un
tel honneur. Comme beaucoup d'autres accouraient pour le supplier à ce sujet,
jugeant qu'il était juste de donner cette faveur à celui qui avait devancé les
autres, il se rend chez celui qui l'avait invité le premier, non sans avoir
salué les autres et leur avoir rendu honneur par des paroles bienveillantes.
5. L'efficacité de
Grégoire pasteur : prédication et miracles
38. Puisque le tableau de
ce qui le concerne est seulement descriptif et sans apprêt, car notre discours
omet volontairement les /p.27/ amplifications des faits produites par quelque
artifice, il peut être une preuve non négligeable, pour ceux qui jugent
droitement des choses, que les miracles de celui dont on parle ne sont
nullement grossis par l'imagination, mais que le souvenir des faits qui le
concernent suffit pour la louange la plus parfaite, comme la beauté naturelle
qui fleurit sur un visage sans l'appoint superflu de l'art du maquillage. Alors
que ceux qui avaient entendu la parole étaient en petit nombre, avant la fin du
jour et le coucher du soleil, ils adhérèrent si nombreux dès la première
rencontre que la foule de ceux qui avaient cru était suffisante pour constituer
un peuple. À l'aube, de nouveau le peuple est aux portes : hommes, femmes,
enfants, les vieillards, ceux qui souffrent d'une infirmité du corps à cause
des démons ou par suite de quelque autre attaque, et lui est au milieu d'eux,
se partageant avec bienveillance, par la puissance de l’Esprit, selon le besoin
de ceux qui étaient rassemblés, prêchant, examinant avec eux leurs problèmes,
reprenant, enseignant, guérissant. Par cette prédication surtout il en attirait
le plus grand nombre, car ce qu'ils voyaient correspondait à ce qu'ils
entendaient, et à travers les deux choses resplendissaient chez lui les signes
de la puissance divine. Le discours frappait l'oreille, les miracles réalisés
sur les malades frappaient la vue.
Un enseignement adapté à
chacun
39. Celui qui pleurait
était consolé, le jeune homme était rendu sage, le vieillard était soigné par
les paroles qui convenaient, les esclaves apprenaient à être fidèles à leurs
maîtres, les puissants à faire preuve de bonté envers ceux qui leur étaient
soumis; les pauvres apprenaient que la vertu est l'unique richesse, dont
l'acquisition est au pouvoir de tous, et pareillement celui qui était fier de
sa richesse était exhorté à être l'administrateur et non le maître de ses
biens. En dispensant aux femmes ce qui était avantageux pour elles, aux enfants
ce qui s'accordait (à leur âge), aux pères ce qui leur convenait, devenu tout à
tous, il s'attacha aussitôt un peuple si nombreux /p. 28/, avec l'aide de
l'Esprit, qu'il se mit à la construction d'un temple, tous collaborant à cette
entreprise par leurs richesses et leurs bras.
Construction d'une église
40. C'est le temple qu'on
montre encore de nos jours : ce Grand, l'ayant aussitôt établi comme fondement
et base de son sacerdoce, a agi sous une inspiration divine et accompli cette
œuvre avec une assistance meilleure encore, comme en témoigne ce qui arriva par
la suite. Quand un tremblement de terre très violent eut lieu, à notre époque,
dans cette ville, alors que tous les bâtiments publics, ou peu s'en faut,
étaient détruits de fond en comble et que toutes les demeures privées étaient
renversées, seul ce temple demeura debout et intact. Ainsi, même en cela,
apparut clairement avec quelle puissance ce Grand s'était occupé de ses
affaires.
Grégoire juge
41. Ces faits pourtant
ont été accomplis par la puissance divine longtemps après, en témoignage de la
foi du Grand. Mais à ce moment-là, dans la ville et ses environs, tous étaient
frappés de stupeur par les miracles de l'apôtre, et ils croyaient que tout ce
qui était dit ou fait par lui l'était par la puissance divine. Aussi
estimaient-ils qu'il n'existait pour eux aucun tribunal qui ait plus
d'autorité, même pour les controverses d'ordre temporel, mais que tout procès
et toute intrigue difficile à démêler pouvaient être résolus grâce à ses
conseils. C'est pourquoi le bon ordre et la paix régnaient, et pour la
communauté, et pour les individus, grâce à sa bienveillance, et grand était le
progrès du bien, en privé et en public, car aucun mal ne portait atteinte à la
concorde mutuelle. Il n'est pas hors de propos de faire mémoire d'un de ses
jugements, pour que, selon le proverbe, le tissu tout entier nous devienne manifeste
à partir de la frange.
Comparaison avec le
jugement de Salomon
42. L'Écriture divine,
alors que Salomon a rendu beaucoup de jugements pour ses sujets, s'est
contentée de nous montrer la sagesse de cet homme à partir d'un seul. Lorsqu'il
jugeait les deux mères, /p. 29/ comme les torts étaient difficiles à établir de
manière égale, car chacune n'acceptait pas l'enfant mort et s'attachait au
survivant, il sut par une ruse dépister la vérité cachée. Puisque la faute
était sans témoin et que le soupçon de mensonge et de vérité était égal pour
chacune, il s'appuya sur la nature pour témoigner de la vérité, ayant caché son
intention sous des menaces feintes. Ayant donc ordonné de partager par l'épée,
de manière égale, le survivant et le mort, et d'attribuer à toutes deux la
moitié des enfants, il laissa à la nature le discernement de la vérité. Comme
l'une acceptait volontiers ce qu'il avait ordonné et pressait le bourreau
d'agir, mais que l'autre, émue dans ses entrailles maternelles, acceptait sa
défaite et suppliait d'épargner l'enfant - car elle tenait pour une grâce que
l'enfant soit sauvé, quelle qu'en fût la manière -, le roi, se servant de cela
comme du critère de la vérité, rend la sentence en faveur de celle qui acceptait
volontairement sa défaite, estimant que la nature révélait que celle qui ne
faisait aucun cas du meurtre de l'enfant n'était pas la mère de celui dont elle
souhaitait qu'on hâte la mort. Quel est donc le jugement du grand Grégoire que
nous raconterons nous aussi ?
Un exemple de son
jugement :
La querelle de deux
frères. Insuccès des exhortations de Grégoire.
43. Deux frères, jeunes
par l'âge, qui s'étaient partagés peu auparavant l'héritage paternel, se
disputaient la possession d'un lac, se querellant pour l'avoir chacun en entier
et n'acceptant pas de le partager avec l'autre. Le maître est donc chargé du
jugement. S'étant rendu sur les lieux, il avait tenté de se servir de ses
propres lois pour l'arbitrage et avait poussé les jeunes gens à se réconcilier,
/p. 30/ les exhortant à s'entendre par amitié et à préférer l'avantage de la
paix à ceux qu'ils tireraient des revenus de ce bien. (Il leur disait) que
celle-là dure pour toujours pour les vivants et pour les morts, mais que de
ceux-ci la jouissance est éphémère, alors que la condamnation pour injustice
est éternelle, et tout ce qu'il convenait de dire pour calmer la fougue
désordonnée de la jeunesse. Mais l'exhortation restait sans effet et cette
jeunesse s'excitait et s'échauffait davantage les esprits, s'exaltant dans
l'espérance du gain; on rassemblait de part et d'autres une armée d'esclaves;
une multitude prête au meurtre, guidée par la colère et la jeunesse, se
préparait, et le moment de l'affrontement était fixé - la bataille, pour les
deux camps, devait éclater le lendemain.
Le miracle : le lac
asséché
44. L'homme de Dieu, qui
était resté près du lac et avait veillé toute la nuit, fit voir un miracle
semblable à celui que Moïse fit sur l'eau, non en séparant ses profondeurs en
deux parties d'un coup de bâton, mais en le changeant soudain tout entier en
terre ferme ; il fit voir à l'aube le lac asséché et tari, au point de n'avoir
plus une trace d'eau dans aucun de ses creux, alors qu'avant la prière il était
comme une mer. Pour lui, ayant jugé cette cause par la puissance divine, il se
retirait chez lui, mais pour les jeunes gens, la sentence exprimée par les
faits mit fin à la dispute : puisque n'existait plus ce pour quoi ils
préparaient la guerre l'un contre l'autre, la paix succéda à la fureur et la
nature se reconnut à nouveau entre les frères. Aujourd'hui encore, il est
possible de voir les signes manifestes de cette sentence divine : tout autour
de ce qui autrefois était le lac, il subsiste des traces de la présence de
l'eau; mais tout ce qui était alors dans les profondeurs a été entièrement
transformé en bois, lieux de résidence, prairies et champs cultivés.
Amplification : Grégoire
supérieur à Salomon
45. À propos de ce
jugement, je pense que même ce fameux Salo/p. 31/mon ne pourrait lui contester
la première place. Qu'est-ce qui témoigne d'une plus grande vertu : sauver un
nourrisson encore au sein maternel, à qui il est tout à fait indifférent, pour
être sauvé, que ce soit celle qui l'avait mis au monde ou une autre qui prenne
soin de sa nourriture, ou obtenir le salut de deux jeunes gens qui, au moment
où ils abordaient les réalités de la vie, dans la vigueur de la jeunesse, dans
la fleur même de l'âge, alors que la colère les poussait à se tuer l'un
l'autre, risquaient de montrer bientôt à leurs contemporains un spectacle
affligeant ? Ils avaient armés leurs bras l'un contre l'autre, et l'on pouvait
en attendre soit que tous deux se tuent l'un l'autre, soit que l'un du moins ne
se souille du meurtre de son frère. Et je ne parle pas de ceux qui, par chacun
des deux, avaient été enrôlés dans la même colère, pour qui un seul but était
assigné à la lutte, la mort de leurs adversaires.
... supérieur à tous les
thaumaturges
46. Celui donc qui a
annulé par la prière la sentence de mort déjà décidée contre eux par le complot
du Malin, qui a réconcilié la nature avec elle-même et transformé en
disposition pacifique le désir de meurtre, combien plus d'admiration ne
mérite-t-il pas pour son jugement que celui qui a découvert la fraude de la courtisane
? Car le miracle produit sur l'eau - comment ce qui était navigable a été
transformé subitement en terre ferme, le lac étant devenu un champ vallonné,
comment cet endroit qui auparavant était comme une mer est maintenant mis à
découvert pour la production de fruits -, je pense qu'il vaut mieux le passer
sous silence plutôt que de le raconter dans un discours qui ne peut s'élever
comme il convient à la hauteur du miracle. Avons-nous appris quelque chose,
dans les miracles qui ont été consignés par écrit, qui puisse l'égaler ou lui
être comparé ? Jésus, fils de Navé, a arrêté les flots du Jourdain, mais
seulement pendant que /p. 32/l'arche était dans l'eau; quand le peuple fut
passé et que l'arche eut traversé, il rendit aux flots leur aspect habituel. Le
fond de la mer fut débarrassé de son eau, dans la mer Rouge, lorsque l'étendue
liquide fut repoussée sur les côtés par le vent, mais ce miracle dura pendant
la traversée de l'armée, qui se fit à pied sec dans le fond de la mer, et après
cela, la surface de la mer redevint unie, ce qui avait été un temps divisé fut
submergé. Ici, en revanche, ce qui s’était produit une fois resta comme cela
s’était produit, pour qu'il ne soit pas possible avec le temps de ne pas croire
au miracle, dont porte constamment témoignage ce qu'on peut voir. Il en est
donc ainsi concernant ce qui se dit et que l'on montre à propos du lac, mais on
montre et on rapporte aussi un autre miracle semblable qui lui est dû.
Autre manifestation de la
puissance de Grégoire : le fleuve dompté
Les dangers provoqués par
le Lycos
47. Dans leur région
coule un fleuve dont le nom seul indique le caractère violent et indompté de
ses flots : on l'appelle en effet le Lykos (loup), parce qu'il cause des
dommages à ceux qui habitent près de lui. Il descend d'Arménie, important dès
sa source, parce que les montagnes situées au-dessus en nourrissent abondamment
les flots, et parce qu'il est encaissé, il ravine le bas des précipices et
devient d'autant plus violent lorsqu'il s'écoule l'hiver, car il reçoit en lui
toutes les eaux qui s'écoulent des montagnes. Mais dans la région de plaine
située en aval qu'il traverse, comme il est souvent à l'étroit entre ses rives,
il passait par-dessus la berge en quelque endroit et inondait de ses flots tout
le sol sur ses côtés. De la sorte, il suscitait à l'improviste de fréquents
dangers pour ceux qui habitaient cet endroit, car souvent le fleuve envahissait
les champs à une heure indue de la nuit comme de jour. /p. 33/ Aussi non
seulement les plantes, les semences et animaux étaient détruits par l'assaut
des eaux, mais le danger atteignait aussi les habitants eux-mêmes, qui
faisaient naufrage dans leurs maisons de par le débordement imprévu des eaux.
Le recours des habitants
à Grégoire
48. Or comme le récit des
miracles accomplis précédemment par le Grand s'était répandu dans toute la
nation, ceux qui habitaient cette région près du fleuve se mirent en route,
eux, leurs femmes, leurs enfants, tous en masse se font les suppliants du
Grand, le priant de mettre fin à leur situation désespérée : Dieu pouvait
accomplir par lui tout ce qui était impossible à des entreprises humaines. Rien
en effet de ce qui relève d'une initiative ou d'un pouvoir humain n'avait été
négligé par eux : ils avaient tout fait, avec des pierres, des barrages et tout
ce qu'on a coutume d'inventer contre de tels maux, mais ils n'avaient pu faire
obstacle à ce fléau. Et pour qu'il soit davantage porté à les prendre en pitié,
ils lui demandaient d'être témoin oculaire de leur malheur et de constater
qu'ils ne pouvaient déplacer leurs habitations, que partout la mort était sur
eux à cause de la violence des eaux.
Grégoire se rend auprès
du fleuve
49. Il se rendit donc sur
les lieux - aucune nonchalance ne faisait obstacle à son zèle pour le bien - sans
avoir besoin d'un char, de chevaux ni de quelque autre moyen de transport, mais
c'est en s'appuyant sur un bâton qu'il fit avec eux tout le trajet. En même
temps, il philosophait avec ses compagnons de route sur une plus haute
espérance : en s’entretenant toujours avec eux de ce point principal, il
traitait le reste comme un accessoire de la préoccupation plus importante.
Lorsque ceux qui le conduisaient lui eurent montré l'endroit où le flot sortait
de son lit et que cela même qu'il voyait lui fit comprendre le malheur, car
l'endroit avait été profondément raviné par la ruée des eaux, il dit à ceux qui
étaient rassemblés : « Il n'est pas /p.34/ au pouvoir des hommes, frères, de
mettre une limite au mouvement des eaux; c'est l'œuvre de la seule puissance
divine d'enfermer dans des limites la violence des eaux. C'est ainsi en effet
que le prophète s'adresse à Dieu : ‘Tu as fixé une limite qu'il ne franchira
pas’ (Ps 103, 9). C'est au seul maître de la création qu'est soumise la nature
des éléments, qui reste toujours dans les lieux où elle a été placée. Puis donc
que c'est Dieu qui fixe leur limite aux eaux, c'est lui seul qui pourra par sa
puissance mettre un frein à la démesure de ce fleuve ».
Il plante son bâton près
du fleuve
50. Il dit et, comme rempli
d'une inspiration plus divine, après avoir prié le Christ, d'une voix forte, de
venir l'assister dans cette affaire, il fixe en terre le bâton qu'il tenait en
main à l'endroit dévasté de la berge. La terre, à cet endroit-là, étant
détrempée et spongieuse, céda profondément sous la poussée du bâton et de la
main de celui qui l'enfonçait. Ensuite, ayant demandé à Dieu que ce soit comme
un barrage et un obstacle à la démesure des eaux, il revint chez lui, montrant
par cette action que tout ce qu'il faisait était l'œuvre de la puissance
divine. Car peu de temps après, le bâton, ayant pris racine sur la berge,
devint un arbre : cette plante fut fixée comme une limite au lit du fleuve, et
jusqu'à ce jour, elle est pour les habitants un spectacle et un sujet de récit.
Lorsque, par suite des pluies et des hivers, ce fameux Lycos déborde à son
habitude et, dans sa fureur, se déchaîne, heurtant ses flots avec fracas de
manière effrayante, à peine le sommet de l'eau effleure-t-il la racine de
l'arbre que, se gonflant à nouveau, le flot se replie vers le milieu, et comme
s'il avait peur de s'approcher de l'arbre, il passe le long de l'endroit en
grosses vagues.
Conclusion sur ces deux
miracles
51. Telle fut la
puissance du grand Grégoire, ou plutôt de Dieu qui opérait par lui des
miracles. Comme si elle était soumise, /p. 35/ la nature des éléments se
montrait, à ce qu'il semble, transformée par ses ordres, de sorte qu'un lac se
transformait en terre à blé et que le lit des torrents devenait un lieu
d'habitation, le bâton garantissant la sécurité à ses habitants. Le nom de
l'arbre, jusqu'à ce jour, est resté « le bâton », conservé pendant tout ce
temps par les habitants comme un souvenir de la grâce et de la puissance de
Grégoire.
Comparaison avec Elie –
et amplification
52. Quel miracle des
prophètes veux-tu comparer à ceux-là ? Parlerai-je de la séparation du Jourdain
provoquée par Élie, avant son ascension, d'un coup de son manteau, et après lui
Elisée, l'héritier et de son manteau, et de son esprit ? Mais dans ces cas-là,
c'est pour les seuls prophètes que le Jourdain, quand c'était nécessaire,
devint franchissable, les eaux s'étant séparées et retenant le courant en
elles-mêmes autant de temps qu'il le fallait pour que les pieds des prophètes
puissent traverser le fond desséché; mais ensuite, et pour les autres hommes,
il fut tel qu'il était auparavant. Le Lycos, en revanche, une fois écarté de
son cours désordonné, établit pour toujours le miracle de Grégoire, en
demeurant tout le temps qui suit tel que la foi du Grand l'a fait au moment du
miracle. Et le but de ce qui arriva n'était pas de surprendre les spectateurs,
mais de sauver ceux qui habitaient près du fleuve. C'est pourquoi, bien que le
miracle soit identique - la nature de l'eau, de la même manière, cède la place,
et pour les prophètes, et pour l'imitateur des prophètes -, s'il faut parler
avec audace, ce qui est arrivé par celui-ci l'emporte par le caractère
philanthrope; grâce à cela, le salut des habitants /p. 36/ est assuré, le flot
étant entravé une fois pour toutes et demeurant sans changement à l'avenir.
IV. Vie selon les vertus
communautaires
1. Le discernement :
l'élection de Comane
Ambassade des habitants
de Comane
53. Comme de tels
miracles, en se répandant partout dans la région, étaient considérés comme
l'œuvre de la puissance de la foi au Christ, tous désiraient participer de
cette foi dont témoignaient de tels miracles, et en tout lieu la prédication
progressait, le mystère était agissant et le zèle pour le bien s'étendait, car
le sacerdoce était institué chez tous, pour que, par tous les moyens, la foi
s'étende et s'accroisse. Aussi une ambassade venant d'une ville voisine se rend
auprès de lui pour qu'il vienne chez eux et y constitue une église grâce au
sacerdoce; Comane est le nom de cette ville, où tous ensemble demandaient que
le Grand fût leur hôte.
Les qualités à attendre
d'un candidat à l'épiscopat
54. S'étant donc rendu
chez eux, il y passa quelques jours et enflamma davantage encore, par ce qu'il
disait et ce qu'il faisait, leur désir pour le mystère. Lorsqu'il fut temps de
mettre un terme à ce qui avait motivé leur ambassade et de désigner quelqu'un
comme grand prêtre de leur église, les avis de tous les magistrats se portaient
vers ceux qui semblaient l'emporter par l'éloquence, la noblesse et les autres
qualités en vue; ils estimaient, puisque ces qualités se trouvaient aussi chez
le Grand Grégoire, qu'aucune d'elles ne devait manquer à qui obtiendrait cette
grâce. Mais comme ils étaient fort divisés dans leurs suffrages, les uns
préférant un tel, les autres tel autre, le Grand attendait qu’un conseil lui
vienne de Dieu sur cette question. Et de même qu’on rapporte que Samuel, dans
le choix d'un roi, ne se laissa pas influencer par la beauté du corps /p. 37/
et sa prestance, mais chercha à découvrir une âme royale même dans un corps
dont on ne faisait point cas, de la même façon celui-ci aussi, sans prendre en
considération ce dont on se préoccupait pour chacun des candidats, ne
considérait qu'une seule chose - si quelqu'un, même avant sa proclamation,
portait le sacerdoce dans sa manière d'être, par son mode de vie et sa vertu.
Divergences entre
Grégoire et les électeurs
55. Comme ils lui
présentaient leurs candidats, chacun proposant le sien avec des louanges, lui
les exhortait à prendre aussi en considération ceux qui étaient d'une situation
plus modeste, car il était possible, même parmi de telles gens, de trouver
quelqu'un qui, par la richesse de son âme, serait supérieur à ceux que leur
condition mettait davantage en vue. Un de ceux qui présidaient à l'élection
jugea insultant et impertinent un pareil jugement du Grand - que certains parmi
les artisans puissent être jugés plus dignes d'une telle grâce alors qu'aucun
de ceux qui avaient été préférés aux autres pour son éloquence, sa dignité et
le témoignage manifeste de sa vie ne soit admis au sacerdoce. S'approchant de
lui, il dit avec ironie : « Si tu ordonnes cela, que soient dédaignés de telles
gens, qui ont été choisis par toute la ville, et que soit choisi pour présider au
sacerdoce quelqu'un de la lie du peuple, c'est le moment pour toi d'appeler au
sacerdoce le charbonnier Alexandre; en transférant sur lui (nos voix), s'il te
semble bon, accordons-nous les uns les autres dans nos votes, tous les citoyens
de la ville ». Cet homme parlait ainsi pour rejeter son avis, en critiquant par
l'ironie de ce vote l'absence de jugement dont on faisait preuve envers les
précédents. Mais à ces paroles, il vient à l'idée du saint que ce n'était pas
sans une inspiration divine qu'Alexandre ait été mentionné par les votants. «
Quel est, dit-il, /p. 38/cet Alexandre dont vous avez fait mention ? ».
Présentation d'Alexandre
: son extérieur
56. Alors un des présents
fit introduire, sous les rires, celui dont on avait fait mention, vêtu d'habits
crasseux, et pas même sur tout le corps, dont les mains, le visage et tout le
corps, tout noirs de la fumée du charbon, montraient clairement le métier. Pour
les autres, cet Alexandre, debout au milieu d'eux, était un objet de risée;
mais à l’œil perspicace de celui-ci, ce qu'il voyait apportait une grande
surprise : un homme vivant dans une extrême pauvreté et insoucieux de son corps
qui regardait en lui-même et semblait s'enorgueillir de cette apparence, qui
était risible à des yeux non avertis. Il en était ainsi en effet : ce n'est pas
parce qu'il était forcé par la pauvreté qu'il avait adopté un tel mode de vie,
mais l'homme était un philosophe, [comme le montra sa vie par la suite].
Ses qualités intérieures
57. Il s'appliquait à
demeurer caché,] supérieur qu'il était à l'heureux sort tel que le recherchent
la plupart, tenant la vie pour rien et ayant le désir de la vie plus haute, la
vie véritable. Pour atteindre au mieux le but de la vertu, il avait imaginé de
rester caché en adoptant la plus vile des occupations, se dissimulant comme
sous un masque hideux. Autrement dit : alors qu'il était dans la fleur de sa
jeunesse, il jugea dangereux, pour le but (qu'il se fixait) de la chasteté, de
laisser paraître la beauté de son corps, comme s'il tirait gloire des heureux
dons de la nature. Il savait en effet qu'une telle situation avait été /p.
39/pour beaucoup une occasion de grave chute. Afin donc de ne rien subir de ce
qu'il ne voulait pas et de ne pas être pour des yeux étrangers un objet de
passion, il s'applique volontairement, comme un masque hideux, la fabrication
du charbon; grâce à elle, il exerçait son corps à la vertu par des travaux
fatigants et il dissimulait sa beauté sous la saleté des charbons; en même
temps, il se servait de ce qu'il retirait de ses travaux pour observer les
commandements.
Transformation
d'Alexandre
58. Aussi, quand, l'ayant
fait sortir de l'assemblée, il eut appris avec précision tout ce qui le
concernait, il le confie à son entourage en lui prescrivant ce qu'il fallait
faire. Lui-même, regagnant l'assemblée, instruisait à partir de la situation
présente ceux qui étaient réunis, leur tenant des discours sur le sacerdoce et
leur exposant par ce moyen la vie selon la vertu. Il fit durer de tels discours
et retient l'assemblée jusqu'à ce que ses serviteurs, ayant accompli ce qu'il
leur avait prescrit, revinssent; ils avaient avec eux Alexandre, qu'ils avaient
nettoyé par un bain de la saleté de la suie et revêtu des habits du Grand -
c'est en effet cela qu'il leur avait ordonné de faire. Comme tous s'étaient
tournés vers Alexandre et restaient stupéfaits devant ce spectacle, le maître
leur dit : « Il ne vous est arrivé rien d'étonnant lorsque vous avez été
trompés par le jugement de vos yeux et avez confié le jugement du bien à la
seule sensation. La sensation, qui par elle-même empêche d'avoir accès à la
profondeur de la pensée, est un critère peu sûr pour juger de la vérité des
êtres. En même temps, il était agréable à l'ennemi de la piété, le démon, de
laisser inemployé le ‘vase de choix’(Ac 9, 15), caché par l'ignorance, /p. 40/
et de ne pas mettre en avant celui qui devait détruire sa propre autorité ».
Alexandre évêque
59. En disant cela, il
consacre cet homme à Dieu par le sacerdoce, l’ayant rendu parfait par la grâce
de la manière requise par la loi. Comme tous avaient les yeux fixés sur le
nouveau prêtre, Alexandre, sollicité de faire un discours à l'assemblée, montra
aussitôt, dans les débuts de son gouvernement, que le jugement porté sur lui
par Grégoire n'avait pas été une erreur, car son discours fut plein
d'intelligence, bien que moins orné des fleurs de la rhétorique. Aussi un jeune
insolent, originaire d'Attique établi chez eux, se moqua du manque d'élégance
du discours, parce qu'il n'était pas embelli par les raffinements attiques. On
dit qu'il s'en corrigea à la suite d'une vision divine, ayant vu une troupe de
colombes qui resplendissaient d'une beauté extraordinaire et il avait entendu
quelqu'un dire que c'étaient les colombes d'Alexandre, dont il s'était moqué.
Louange de la vertu de
Grégoire
60. Laquelle des deux
choses faut-il le plus admirer ? Que l'homme n'ait pas été impressionné par le
vote des dignitaires et qu'il ne se soit pas laissé influencer par le
témoignage de gens importants, ou plutôt la richesse qui se cachait sous les
charbons, dont le témoignage de Dieu confirma aussitôt le jugement droit par la
vision du rhéteur ? Il me semble que ces deux choses sont telles par
elles-mêmes qu'elles rivalisent l'une l'autre, et il s'en faut de peu qu'elles
ne l'emportent sur toutes celles qui ont été mentionnées comme des miracles.
S'opposer au désir des gens importants fut le signe le plus évident d'une
pensée ferme et supérieure : par elle, il voyait toutes les apparences selon le
monde de manière égale, qu'elles soient les plus élevées et les plus
remarquables ou qu'elles soient humbles et sans éclat. En donnant la préférence
à la seule vertu et en estimant qu'il n'y avait rien de méprisable sinon la vie
dans le vice, il tenait pour rien tout ce qui /p. 41/ est jugé digne d'être
recherché ou méprisé selon cette vie. Cela certes, il est démontré qu’il le fit
alors, car en cherchant à trouver ce qui est agréable à Dieu, il n'a pas
considéré comme capables de rendre témoignage la richesse, la dignité et l'éclat
selon ce monde, toutes choses dont aucune n'a été comptée par la parole divine
au nombre des biens.
... qui s'est dépassé
lui-même
61. Aussi n'est-il pas
seulement digne de louange et d'admiration qu'il n'ait pas accepté les
manœuvres des dirigeants, mais qu'il se soit dépassé lui-même par l'action
accomplie. Celui qui refuse un vote inacceptable sans proposer une autre
solution a empêché un mal, mais il n'a pas fait ce qui est bien. Mais celui
qui, pour ne pas consentir au pire, a trouvé la bonne action, a parfaitement
accompli le bien : il n'a pas permis l'accès au mal et a amené le bien à être
actif. Ainsi c'est de ces deux manières que le Grand a été un bienfaiteur pour
la ville, en écartant d'eux les fautes qu'ils commettaient par ignorance et en
manifestant par lui-même le bien qui se trouvait caché chez eux.
2. L'infaillibilité :
l'épisode des deux Juifs
Une manœuvre pour tromper
Grégoire
62. Comme tout ce qui
arrivait au Grand se réalisait selon son désir par l'assistance de l'Esprit
Saint, il ne sera peut-être pas hors de propos de raconter aussi ce qui arriva
lors de son retour, pour que soit montrée au grand jour la grâce qui
accompagnait cet homme en toutes choses. Il était connu de tous que cet homme
avait à cœur avant tout de considérer avec bienveillance quiconque avait besoin
de consolation ; aussi deux Hébreux, soit qu'ils aient eu un gain en vue, soit
qu'ils aient projeté d'attirer une raillerie sur cet homme - de se laisser
facilement tromper -, /p. 42/ surveillent son retour. L'un des deux, feignant
d'être mort, était étendu sur le côté de la route, couché sur le dos; l'autre,
se lamentant sur celui qui était étendu, contrefaisait les cris des gens en
deuil. À son passage, il suppliait le Grand avec des cris en lui disant : « Ce
malheureux qui vient d'être saisi par la mort est couché nu et n'a pas ce qu'il
faut pour sa sépulture ». Il priait donc le Grand de ne pas négliger la piété
envers lui, mais de prendre pitié de sa misère et de lui donner de ce qu'il
possédait pour que les derniers devoirs soient rendus à son corps. Il le
suppliait en disant cela et d'autres paroles semblables; lui, sans tarder,
ayant jeté sur le gisant le manteau double qu'il portait, de poursuivre son
chemin.
Le châtiment du trompeur
63. Lorsqu'il se fut éloigné
et que ceux qui s'étaient ainsi joués de lui furent seuls, le trompeur,
changeant son chant funèbre feint en rire, invitait le gisant à se relever,
riant aux éclats de plaisir pour le gain que leur avait valu leur ruse. Mais
celui-ci restait dans la même position, sans rien entendre de ce qui lui était
dit. L'autre ayant parlé d'une voix plus forte et essayé en même temps de le
réveiller du pied, le gisant n'entendait pas davantage la voix ni ne sentait
les coups, mais restait étendu dans la même position : il était mort en effet
au moment même où le manteau avait été jeté sur lui, devenu véritablement par
sa mort ce qu'il avait feint d'être pour tromper le Grand. Ainsi l'homme de
Dieu ne s'était pas trompé, mais la raison pour laquelle il avait donné le
manteau étaie devenue réelle pour celui qui l'avait reçu.
Comparaison avec l'apôtre
Pierre
64. Si une tel résultat
de la foi et de la puissance du Grand semble sévère, que personne ne s'en
étonne en considérant la conduite du grand Pierre. Lui aussi démontrait sa
puissance, non seulement par ses bienfaits, en montrant au peuple le boiteux de
naissance qui courait /p. 43/ et sautait (Ac 3, 8) ou en guérissant de l'ombre
de son corps les maladies des infirmes (Ac 5, 15) - le soleil, en se dirigeant
de côté sur son corps, la leur procurait au passage de l'apôtre -, mais il
condamne aussi à mort Ananie (Ac 5, 8), qui avait méprisé la puissance présente
dans l'apôtre. Cela, je pense, pour que, par la crainte inspirée par celui-là,
quiconque le mépriserait dans le peuple devienne plus sage, ayant reçu cette
instruction, par cet exemple redoutable, pour ne pas subir le même châtiment.
C'est donc à bon droit que l'imitateur de Pierre, après avoir montré par de
nombreux miracles bénéfiques la grandeur de son pouvoir, fit en sorte que celui
qui avait tenté de faire preuve de ruse contre l'Esprit en éprouve la vérité à
ses dépens. Il fallait, je pense, que le destructeur du mensonge change le
mensonge en vérité même dans le trompeur; de la sorte, il serait clair aux yeux
de tous que tout ce qui était dit par le Grand était vérité et que ce qu'il
avait accepté comme vrai n'était pas un mensonge. Ainsi les Juifs qui, de la
manière qu'on a dite, s'étaient moqués du pouvoir du Grand devinrent pour les
autres une leçon : de ne pas oser faire preuve de ruse quand Dieu se fait le
vengeur de ces audaces.
3. Les miracles sans
artifice
Il chasse un démon.
65. Quelque temps après,
comme une réunion se tenait un jour en plein air dans un endroit de la campagne
et que tous étaient émerveillés par ses enseignements, un jeune homme se mit à
crier à ceux qui étaient assemblés que ce n'était pas de lui-même que le maître
disait cela, mais qu'un autre, présent auprès de lui, faisait passer ses
paroles par lui. Lorsqu'on amena l'enfant, après la réunion, le Grand, dit-on,
déclara aux assistants que le jeune homme n'était pas purifié du démon; en même
temps, il prit /p. 44/ le linge qui était sur ses épaules, souffla dessus de sa
bouche et le jeta sur le jeune homme. Quand il eut fait cela, le jeune homme se
mit à s'agiter et à crier, à se jeter de côté et d'autre et à subir toutes les
souffrances provoquées par les démons. Ensuite, lorsque le saint eut mis la
main sur lui et calmé l'agitation, le démon s'éloigna de lui; revenu à son état
normal, il ne disait plus qu'il voyait celui qui parlait auprès du saint.
66. C'est là, certes, un
des grands miracles de cet homme : d'accomplir des miracles qui guérissent sans
aucun artifice. Il lui suffisait, pour chasser les démons comme pour guérir les
maladies corporelles, d'un souffle de sa bouche, transmis au malade par un
linge. Mais un trop long récit serait nécessaire, et un discours qui dépasse le
temps dont nous disposons, pour parcourir tous les miracles accomplis par la
suite par cet homme. Je rappellerai encore un ou deux de ceux qu'on peut
raconter sur lui pour terminer mon discours.
V. Vie selon la vertu
dans les épreuves sociales
1. Prudence
La persécution
67. La prédication divine
s'était déjà répandue en tous lieux; tous, dans la ville et les environs,
s'étaient convertis à la foi de la pieuse doctrine, les autels, les temples,
les idoles y avaient été détruits; la vie humaine était purifiée maintenant des
souillures des idoles, l'odeur répugnante de la viande des sacrifices s'était
dissipée, le sang impur sur les autels et les saletés des sacrifices d'animaux
avaient été lavés; tous, en tout lieu, avaient élevé avec zèle des temples de
prière au nom du Christ. C'est alors que la fureur et l'envie s'emparent de
celui qui alors était placé à la tête des Romains, sous le prétexte que les
cultes traditionnels de l'erreur étaient négligés alors que grandissait /p. 45/
le mystère des chrétiens et que l'Église, partout dans l'univers, faisait des
progrès, croissant en importance grâce à ceux qui sans cesse s'attachaient à la
parole. Ayant pensé qu'il était possible d'opposer sa propre dureté à la
puissance divine, de faire cesser la prédication du mystère, de détruire les
institutions des Églises et de faire revenir aux idoles ceux qui avaient adhéré
à la Parole, il envoie aux gouverneurs des païens un édit redoutable,
établissant contre eux la menace du châtiment s'ils ne mutilaient pas par des
supplices de toute sorte ceux qui adoraient le nom du Christ et s'ils ne les
ramenaient pas par la crainte et la contrainte des supplices à l'adoration
traditionnelle de ces démons.
68. Lorsque cet édit
redoutable et impie fut connu des magistrats, ceux qui avaient été chargés de
son exécution par la cruauté du tyran se répandirent partout dans l'empire.
Celui qui gouvernait la nation en cet endroit était tel qu'il n'avait pas
besoin de l'autorité supérieure pour être poussé à la méchanceté, car il avait
par nature de la cruauté et de la malveillance envers ceux qui avaient cru à la
parole. Il annonce, dans une lettre publique, une mesure effrayante :qu'il faut
renier la foi avec serment ou bien être puni de châtiments de toute sorte et de
la mort. Il n'y avait alors rien d'autre, ni affaire publique ni affaire privée
dont se préoccupaient ceux qui avaient la charge habituelle des affaires
communes, sinon la poursuite et le châtiment de ceux qui étaient attachés à la
foi. La terreur ne provenait pas seulement de menaces verbales, mais après
elles divers instruments de torture semaient l'effroi parmi les hommes et
faisaient naître la crainte avant même qu'on en fasse l'expérience. Les épées,
le feu, les bêtes sauvages, les fosses, les instruments de torture pour étirer
les membres, les sièges de fer rougis au feu, les chevalets / p. 46/ dressés
sur lesquels les corps étendus de ceux qu'on y élevait étaient déchirés par
l'application des redoutables ongles de fer, d'innombrables autres instruments
inventés pour torturer les corps de diverses manières étaient imaginés par eux.
Unique était la préoccupation de ceux qui étaient chargés de ces magistratures
: qu'on ne trouve personne qui soit inférieur à un autre dans les excès de
cruauté. Les uns dénonçaient, les autres apportaient des preuves, d'autres
cherchaient à découvrir ceux qui étaient cachés, d'autres s'attaquaient aux
fuyards; beaucoup, ayant en vue les biens des croyants, poursuivaient ceux qui
étaient attachés à la foi pour devenir les maîtres de leurs affaires sous
prétexte de piété. 69. Il y avait dans la nation une grande confusion et une
grande incertitude, tous se suspectaient les uns les autres; dans ces
circonstances terribles, la bienveillance des pères envers leurs enfants ne
subsistait plus, la nature ne garantissait plus chez les enfants le maintien de
la sollicitude envers les pères. Les familles étaient divisées entre elles,
séparées selon leurs religions. Le fils païen livrait des parents fidèles, le
père resté dans l'infidélité était l'accusateur du fils croyant, le frère, pour
le même motif, combattait la nature et jugeait conforme aux lois divines que
son parent soit puni s'il adhérait à la foi. De ce fait, les déserts étaient
pleins de ceux qui étaient poursuivis et les maisons vides de leurs habitants.
De nombreux édifices publics étaient utilisés pour les besoins de la situation,
car les prisons n'étaient pas suffisantes pour contenir la multitude de ceux
qui étaient poursuivis à cause de la foi. Toutes les places publiques, toutes
les assemblées publiques et privées, échangeaient la joie habituelle contre de
tels malheurs : les uns étaient traînés en prison, les autres exilés, d'autres
riaient ou pleuraient de ce qui arrivait. Il n'y avait pas de pitié pour les
petits enfants, de respect pour la vieillesse, de vénération pour la vertu,
mais tout âge était comme en captivité, livré aux ennemis de la foi. La
faiblesse naturelle de leur sexe ne valait pas aux femmes de rester hors de
tels combats, mais unique était contre tous la / p. 47/ loi de la cruauté,
appliquant la même mesure à qui s'était éloigné des idoles, sans tenir compte de
la nature. 70. Alors ce Grand, considérant la faiblesse de la nature humaine et
le fait que la plupart des gens ne pouvaient combattre jusqu'à la mort pour la
défense de la piété, conseille à son Église de s'éloigner un peu de ce
redoutable assaut; il estimait qu'il était préférable que leurs vies soient
sauvées par la fuite plutôt que de devenir des déserteurs de la foi en restant
sur le champ de bataille. Et pour que les gens soient parfaitement persuadés
que sauver leur foi par la fuite ne mettrait leur âme en danger, il conseille
la retraite par son propre exemple, en se soustrayant lui-même avant les autres
à la recherche du danger. En même temps, c'est surtout ce qui le concernait qui
préoccupait les autorités, comme si, une fois capturé le général, toute l'armée
de la foi serait détruite; aussi ses ennemis cherchaient avec ardeur à ce que
celui-ci tombe dans leurs mains.¨
2/ Confiance en Dieu
71. Celui-ci avait gagné
une colline déserte, ayant avec lui le gardien du temple qu'il avait, dans les
débuts, amené à la foi, et qui l'assistait maintenant avec la grâce du
diaconat. Comme ceux qui les poursuivaient suivaient sa trace en grand nombre
et que quelqu'un les avait averti de l'endroit où il se cachait, les uns,
s'étant disposés en cercle en bas de la colline, montaient la garde pour qu'il
ne puisse s'échapper par aucun endroit, si toutefois il tentait de le faire,
tandis que les autres faisaient l'ascension de la montagne et cherchaient de
tous côtés; déjà ils étaient visibles du Grand, s'avançant droit vers lui. Mais
lui /p. 48/, ayant recommandé à son compagnon de garder une confiance
inébranlable en Dieu, de lui confier pareillement son salut en élevant, comme
lui, les mains pour prier et de ne pas se détourner de la foi par crainte, même
si les poursuivants étaient tout proches, se faisait pour le diacre un modèle
de ce qu'il lui avait prescrit en regardant vers le ciel d'un œil inébranlable
et les mains tendues vers le ciel. 72. Eux donc étaient dans cette attitude,
tandis que ceux qui avaient couru vers le sommet à leur recherche, après avoir
examiné l'endroit de tous côtés et exploré avec toute la précision possible
tous les buissons qui poussaient là, tous les escarpements de rocher, tous les
fonds de précipice, redescendent au bas de la montagne, comme si, mis en fuite
par la crainte de ceux qui le cherchaient, il était tombé aux mains de ceux
qui, en bas, étaient postés autour. Mais comme il n'avait pas été trouvé par
eux ni ne se trouvait avec ceux-là, celui qui avait examiné avec soin le lieu
de résidence du saint le décrivait par signes, mais les chercheurs assuraient
avec force qu'ils n'avaient vu personne, sinon deux arbres se dressant à peu de
distance l'un de l'autre. 73. Comme ceux qui le cherchaient étaient repartis,
le délateur, qui était resté sur place, rencontra le Grand lui-même et son
compagnon en prière, et il reconnut la divine protection grâce à laquelle
ceux-ci avaient été pris pour des arbres par leurs poursuivants. Il se jette à
ses pieds et croit en la Parole, et celui qui peu auparavant était persécuteur
devient un des fuyards.
74. Ils demeuraient donc
longtemps dans le désert, car la guerre contre la foi sévissait cruellement, le
gouverneur étant enragé contre ceux qui avaient adhéré à la parole de la piété,
et tous s'étaient enfuis. Aussi, comme l'entreprise contre le Grand était sans
espoir à leurs yeux, car il ne tomberait jamais aux mains de ses poursuivants,
ils retournaient leur furieuse cruauté contre les autres. Ils cherchaient
partout et indistinctement dans la nation tous les hommes /p. 49/, femmes et
enfants pour qui le nom du Christ était adorable, ils les traînaient en ville
et en remplissaient les prisons, ils faisaient de leur piété une accusation
contre eux à l'égal d'un autre délit, de sorte que les tribunaux ne se
consacraient alors à aucune autre des affaires publiques, sinon celles-là
seules : se préoccuper, pour les gouvernants, d'infliger tous les supplices et
toutes les espèces de tortures qu'ils pouvaient imaginer à ceux qui adhéraient
à la foi.
3. Attention à sa
communauté
75. C'est alors qu'il
devint encore plus clair, aux yeux de tous, que ce Grand ne décidait de rien
sans le secours divin, car en s'étant lui-même, par la fuite, préservé pour le
peuple, il était un allié commun pour tous ceux qui combattaient pour la foi.
De même que nous entendons dire, à propos de Moïse, que tout en restant à
distance de l'armée des Amalécites il apportait à ceux de sa race, par la
prière, la force contre leurs ennemis, de même lui aussi, comme s'il voyait de
l’œil de l'âme les événements, appelait l'assistance divine sur ceux qui
combattaient pour la défense de la foi. 76. Un jour, alors qu'il priait Dieu,
selon son habitude, avec ceux qui étaient auprès de lui, il fut soudainement
rempli d'anxiété et de trouble. Il était visible aux assistants qu'il était
comme surpris et bouleversé par sa vision et qu'il tendait l'oreille comme si
un son venait jusqu'à lui. Un assez long moment s'était écoulé et il était
resté, pendant tout ce temps, fixe et immobile; ensuite, comme si le spectacle
qu'il avait sous les yeux s'était heureusement terminé, il redevint comme il
était d'habitude, et il loua Dieu en prononçant les paroles de victoire et de
louange que nous entendons souvent dans les psaumes de David, lorsqu'il dit : «
Béni soit Dieu, qui ne nous a pas donné / p. 50/ en proie à leurs dents » (Ps
123, 6). 77. Comme ceux qui l'entouraient étaient dans l’étonnement et qu'ils
lui demandaient de leur apprendre quelle était la vision qu'il avait eue sous
les yeux, on dit qu'il leur raconta qu'il avait vu, à cette heure-là, une
grande chute, car le diable avait été vaincu par un jeune homme dans les
combats pour la piété. Comme ceux-ci restaient dans l'ignorance, il leur
expliqua plus clairement ce qu'il leur avait dit : à cette heure-là, un jeune
homme des eupatrides, conduit par les bourreaux devant le gouverneur, avait
lutté dans les durs combats pour la foi avec l'assistance d'en haut. Il ajouta
également son nom, l'appelant Troadios, et qu'après beaucoup de tourments qu'il
avait courageusement supportés, il avait ceint la couronne du martyre.
78. Frappé par ce récit,
le diacre, qui n'osait pas ne pas croire à ce qui était dit, mais en même temps
pensait qu'il était au-dessus de la nature humaine qu'en étant loin de la ville
et sans que personne ne l'ait informé sur lui, il raconte à ceux qui étaient
avec lui ce qui s'était passé là-bas comme s'il avait assisté à l'événement,
supplie le maître de lui permettre de voir de ses yeux ce qui était arrivé et
de ne pas l'empêcher de se rendre sur les lieux même du miracle. Comme celui-ci
lui disait qu'il était dangereux de se trouver au milieu de meurtriers et
d'avoir à souffrir quelque désagrément (souvent par suite des embûches de
l'adversaire), le diacre lui disait qu'il avait confiance dans l'assistance de
ses prières, et il lui adressait ces paroles : « Toi, recommande-moi à ton Dieu
et aucune crainte de mes ennemis ne me touchera ». Celui-ci l'ayant laissé
aller, grâce à sa prière, avec l'assistance de Dieu pour compagne, il allait
son chemin confiant, sans attirer l'attention d'aucun de ceux qu'il
rencontrait. 79. Arrivé le soir dans la ville, comme il était fatigué du
voyage, il jugea nécessaire de / p. 51/ remédier à sa fatigue par un bain. Mais
un démon meurtrier régnait en cet endroit, qui s'était établi dans ce bain. Il
exerçait sa force destructrice contre ceux qui s'approchaient après la venue de
l'obscurité, et c'est pourquoi ce bain était inaccessible et ne fonctionnait
pas après le coucher du soleil. Lorsqu'il en fut proche, il demandait à celui
qui en était chargé de lui ouvrir la porte, de le laisser entrer et de ne pas
l'empêcher de prendre son bain. Comme celui-ci l'assurait qu'aucun de ceux qui
l'avaient osé à cette heure-là n'était revenu sur ses pieds, mais que le démon,
le soir, se rendait maître de tous, et que beaucoup, pour l'avoir ignoré,
avaient souffert des maux irrémédiables; au lieu de la détente espérée, ils
avaient obtenu des chants funèbres, des funérailles, des gémissements. Bien
qu'il lui ait dit cela et d'autres choses semblables, celui-ci ne se relâchait
en rien de son désir, mais il insistait de toutes les façons en faisant
pression sur lui pour qu'il le laisse entrer. L'autre, estimant avantageux de
ne pas courir un danger à cause de l'inconscience de l'étranger, lui donna la
clef et s'en va loin du bain. 80. Quand (le diacre) fut à l'intérieur et se fut
dévêtu, les démons essaient de l'effrayer et de l'épouvanter par toutes sortes
de moyens : des fantômes de toute espèce, faits de feu et de fumée, ayant forme
d'hommes ou d'animaux, s'offraient à ses yeux, frappaient ses oreilles,
faisaient sentir leur proximité par leur souffle, se répandaient en cercle
autour de son corps. Mais lui, ayant mis devant lui le signe de la croix et en
invoquant le nom du Christ, traversa sans dommage la première salle. Ayant
progressé plus avant, il rencontra des visions plus redoutables, car le démon
s'était transformé en un spectacle plus effrayant encore; en même temps, il lui
semblait que le bâtiment était secoué par un séisme et que le sol, en
s’entrouvrant, laissait entrevoir le feu d'en bas pendant que des étincelles
ardentes / p. 52/ jaillissaient du fond des eaux. De nouveau la même arme - le
signe de la croix et le nom du Christ - ainsi que l'assistance des prières du
maître dissipaient le caractère effrayant de ces apparitions et de ces
événements. Sorti enfin de l'eau et se hâtant vers la sortie, il trouve encore
un obstacle, le démon ayant bloqué la porte. Mais cet obstacle à nouveau était
supprimé de lui-même par le même pouvoir, car la porte s'ouvrit par le signe de
la croix. 81. Et lorsque tout se fut passé selon son désir, on dit que le démon
lui cria d'une voix humaine de ne pas croire que le pouvoir grâce auquel il
avait échappé à la mort était le sien, car c'est la voix de celui qui l'avait
confié à un protecteur qui lui avait valu de rester indemne. Ainsi sauvé de la
manière qu'on vient de dire, il provoqua la stupéfaction des autorités de
l'endroit, car aucun de ceux qui jusqu'à cette heure avaient osé entrer dans
l'eau ne se voyait parmi les vivants. Lorsqu'il leur eut raconté ce qui lui
était arrivé et qu’il se rendit compte que les actes héroïques des martyrs
avaient eu lieu dans la ville comme le Grand, absent de la ville, les avait
racontés à l’avance, ayant ajouté cela aux miracles par lesquels il avait vu,
entendu et appris par sa propre expérience la puissance de la foi du Grand, à
laquelle le démon avait rendu témoignage, 82. il revient vers le maître,
laissant à ses contemporains et à ses successeurs une protection commune : que
chacun se recommande à Dieu par l’intermédiaire des prêtres. Maintenant encore,
une telle croyance existe dans toute l’Église, et particulièrement chez eux, en
souvenir de l’aide apportée à cet homme par Grégoire.
4. Sagesse
83. Quand cette tyrannie
fut enfin abattue, avec l’aide de Dieu, et que la paix à nouveau lui fit
succéder une vie humaine dans laquelle le zèle pour le divin était libre et au
pouvoir de tous, il redescendit vers la ville. Ayant parcouru toute la région,
/ p. 53/ il créait pour la population alentour une addition au zèle pour le
divin en instituant les panégyries en l’honneur de ceux qui avaient combattu
pour la foi On portait les corps des martyrs dans un lieu puis dans un autre,
on se réunissait chaque année le jour anniversaire et on se réjouissait en
faisant une panégyrie en l’honneur des martyrs. Et c’est là une preuve de sa
grande sagesse que, après avoir changé soudainement le rythme de toute une
génération en l’amenant à une vie nouvelle, comme un cocher préposé à la nature
et qui les avait solidement attachés aux rênes de la connaissance de Dieu, il
leur ait concédé une petite chose pour que l’obéissance s’élance avec joie vers
le joug de la foi. S’étant rendu compte que la plupart, semblables à des
enfants et peu éduqués, demeuraient dans l’erreur des idoles à cause des
plaisirs du corps, pour que ce qui avait jusqu’alors le plus d’importance chez
eux soit corrigé – qu’ils portent le regard vers Dieu au lieu de s’adonner à de
vains cultes - il leur permit de montrer leur joie lors des fêtes des saints
martyrs, de prendre du plaisir et de se divertir. Ainsi, avec le temps, leur
vie se transformerait d’elle-même vers plus de piété et plus de rigueur, la foi
les amenant à cela. Cela déjà se vérifie chez la plupart, chacun des plaisirs
agréables au corps s’étant transformé en une forme spirituelle de joie.
VI. Vertus dans les
derniers moments
Dernière prière
84. Gouvernant ainsi
l’Église et ayant le souci, avant sa mort, de les voir passer tous des idoles à
la foi salutaire, lorsqu’il connut à l’avance sa fin, il parcourut
soigneusement toute la ville et la région environnante pour apprendre s’il en
était quelques-uns qui étaient restés encore en dehors de la foi. Lorsqu’il sut
que ceux qui étaient restés dans l’erreur ancienne n’étaient pas plus de / p.
54/ dix-sept, il dit en levant les yeux vers Dieu qu’il était triste qu’il
manque quelque chose au nombre des sauvés, mais que pourtant cela méritait une
grande action de grâces qu’il laisse à celui qui recevrait l’Église après lui
autant d’idolâtres que lui-même avait reçu de chrétiens. 85. Il demanda alors
dans sa prière, pour ceux qui étaient déjà croyants, la croissance dans la
perfection, pour les infidèles la conversion, et c’est ainsi qu’il passa de la
vie humaine à Dieu, après avoir recommandé à ses familiers de ne pas faire
l’acquisition d’un lieu pour qu’il ait une tombe privée. Car si de son vivant
il n’avait pas accepté d’être appelé propriétaire d’un lieu quelconque, mais il
avait passé sa vie comme un étranger dans les maisons d’autrui, il ne rougirait
absolument pas d’être en terre étrangère après sa mort. Mais il dit : « Que
l’on rapporte à ceux qui vivront après moi que Grégoire, de son vivant, n’a pas
reçu son nom d’un lieu et qu’après sa mort il est devenu résident dans des
tombes étrangères, car il a récusé toute possession sur terre au point de ne
pas accepter d’être enterré dans un lieu qui lui soit propre. La seule
possession précieuse à ses yeux était celle qui n’a en elle-même aucune trace
de convoitise ».
Retour sur l’évangélisation.
La peste à Néocésarée
86. Que nul de ceux qui
auront connaissance de ce discours ne s’étonne de ce passage rapide de toute la
nation de la vanité grecque à la connaissance de la vérité et que nul ne soit
incrédule en considérant la disposition providentielle grâce à laquelle a eu
lieu une telle transformation de ceux qui sont passés du mensonge à la vérité.
Ce qui a eu lieu durant les premiers temps de son sacerdoce, que le discours a
omis en privilégiant ses autres miracles, je vais maintenant le reprendre pour
le raconter.
87. Il y avait dans la
ville une fête de tout le peuple / p. 55/ célébrée en l’honneur d’un démon des
environs selon un rite traditionnel. A cette fête affluait presque toute la
nation de cette région, qui la célébrait avec la ville. Le théâtre était rempli
de tous ceux qui étaient accourus, et la multitude de ceux qui affluaient
encore se déversait de toutes parts sur les gradins. Comme tous désiraient être
près de l’orchestre pour mieux voir et entendre, le bâtiment était plein de
vacarme et les acteurs ne pouvaient jouer, ca le tumulte de ceux qui étaient à
l’étroit non seulement empêchait de profiter de la musique, mais ne laissait
même pas les acteurs faire montre de leur art. Alors une clameur commune
jaillit de tout le peuple : ils invoquaient le démon en l’honneur de qui ils
faisaient la fête et ils lui demandaient de leur donner de l’espace. 88. Comme
tous criaient ensemble à qui mieux mieux, la clameur s’élevait très haut et la
parole qui faisait cette prière au démon semblait issu de la ville comme d’une
seule bouche. Cette prière, pour en rapporter les termes mêmes, était : Zeus,
fais-nous de la place. Ce Grand, ayant entendu la clameur par laquelle ceux qui
appelaient le démon par son nom demandaient que la ville ait de l’espace,
envoya un de ses proches leur dire que bientôt leur serait donné de l’espace,
un plus grand espace que celui que demandait leur prière. 89. Et lorsque cette
parole venant de lui eut été prononcée comme une sévère sentence, la peste
s’approche de cette fête publique, et soudain le thrène funèbre se mêlait aux
chœurs de danse, de sorte que pour eux le plaisir se changeait en deuil et
malheur. A la place des flûtes et du tapage, ce fut le chant funèbre
ininterrompu qui envahit la ville. Une fois en effet que la maladie fondait sur
les gens, elle progressait plus vite qu’attendu, dévorant les maisons à la
manière d’un feu, de sorte que les temples étaient remplis de ceux qui, frappés
par la maladie, s’y réfugiaient dans l’espoir d’être guéris. Les sources, les
fontaines, les puits étaient assiégés par /p. 56/ ceux que dévorait la soif
provoquée par la rigueur de la maladie. L’eau pour eux était impuissante à
apaiser la fièvre intérieure, car ceux qui avaient été atteints par la maladie
étaient dans le même état après avoir bu comme avant. Beaucoup se rendaient
d’eux-mêmes à leurs tombes, car les vivants ne suffisaient pas pour ensevelir
les morts. L’attaque du mal n’était plus inattendue pour les gens, mais dès que
son apparition survenait dans la maison qu’elle allait saisir, la ruine suivait
de même.
90. Lors donc que la
cause de la maladie devint manifeste à tous, car le démon qu’ils avaient
invoqué avait funestement exaucé la prière des sots en provoquant par la
maladie ce funeste espace dans la ville, ils viennent comme des suppliants
auprès du Grand en lui demandant que le cours du mal s’arrête grâce au Dieu
connu et prêché par lui, dont ils confessaient qu’il était le seul vrai Dieu et
qu’il avait pouvoir sur toutes choses. Car lorsque cette apparition se
manifestait, précédant la ruine d’une maison et provoquant aussitôt le
désespoir, il n’y avait qu’un seul moyen de salut pour ceux qui étaient en
danger : que le grand Grégoire vienne dans cette maison et écarte par la prière
la maladie qui fondait sur cette maison. Et comme le bruit s’était rapidement
répandu grâce à ceux qui avaient profité les premiers d’une telle guérison,
toutes les pratiques que leur sottise leur avait fait pratiquer auparavant
cessèrent : oracles, sacrifices expiatoires, fréquentation des idoles. Tous
regardaient vers le grand prêtre et chacun cherchait à l’attirer chez lui pour
le salut de toute sa famille. Pour lui, la récompense était le salut des âmes
de ceux qu’il avait guéris, car dans une telle expérience se manifestait la
piété du prêtre, et pour ceux qui avaient appris par les faits la puissance de
la foi il n’y avait plus de délai pour donner son assentiment au mystère. 91.
C’est ainsi que la maladie, pour ces hommes, fut plus efficace que la santé,
car ceux qui étaient en bonne santé, alors qu’ils manquaient de raisons assez
fortes pour accepter le mystère, furent rendus forts pour la foi par la maladie
du corps. / p. 57/ Et ainsi, quand l’erreur des idoles eut été écartée, tous se
convertissaient au nom du Christ, les uns conduits à la vérité par la maladie,
les autres ayant mis devant eux, comme une protection contre la peste, la foi
au Christ.
92. Il y a encore
beaucoup de miracles du grand Grégoire qui ont été conservés jusqu’à ce jour
par le souvenir. Mais pour épargner les oreilles incrédules, de sorte que ne
subissent pas de dommage ceux qui estiment que le vrai est mensonge à cause de
la grandeur des faits rapportés, nous ne les avons pas ajoutés à ce récit.
SOURCE : http://www.gregoiredenysse.com/html/thaumaturge/thaumaturge.htm
Also
known as
Gregory of Neo Caesarea
Gregory of Neocaesarea
Gregory of Pontus
Gregory the Wonder Worker
The Wonder Worker
Theodorus
Profile
Born to a wealthy and
distinguished pagan family. Trained in law and
rhetoric in his youth. Brother-in-law to the Roman governor of Palestine.
His father died when
Theodore was age 14. The boy had originally planned to study at
the law school in
Beirut, but when he arrived at Caesarea with
his brother-in-law’s entourage, he encountered Origen,
head of the catechetical school in Alexandria, Egypt.
He and his brother Athenodorus each gave up the idea of law school,
became students of Origen,
and converted to Christianity;
Theodore changed his name to Gregory. Studied philosophy and theology for
seven years under Origen.
Returned to Pontus c.238.
Bishop of Caesarea,
a diocese with
only 17 Christians when
he arrived. Gregory converted most
of his bishopric;
tradition says there were only 17 pagans left
at the time of his death.
Instituted the celebration of martyrs, teachings about
the saints,
and celebration of saint feast days
as a way to interest pagans in
the Church.
During the Decian persecutions c.250,
he and his flock fled into the desert. Worked among the sick when
the plague struck
soon after, and with refugees during the invasion of Pontus by the Goths
in 252.
Attended the First Council of Antioch in 264 and 265.
Opposed the heresies of Sabellianism and Tritheism.
Used his legal training
to help his parishioners, and settle disputes between them without taking their
problems to the civil courts controlled by pagans.
Oversaw the council that chose Saint Alexander
the Charcoal Burner as the first bishop of Comana. Saint Macrina
the Elder heard Gregory preach many
times in her youth, and passed his wisdom onto her grandsons Saint Basil
the Great and Saint Gregory
of Nyssa. Noted theological writer.
As you might expect from
some one surnamed the Wonder Worker, there were many miraculous events
in Gregory’s life.
Saint Gregory
of Nyssa writes that
the Wonder-Worker was the first person known to receive a vision of the
Theotokus. The Virgin and Saint John
the Baptist appeared to him in a vision, and gave him what became a
statement of doctrine on the Trinity.
Gregory had the power
of healing by
laying on of his hands. Often the healing was
so powerful that the patient was cured of
his illness,
and became a fervent convert on
the spot.
During the construction of
a church for his growing flock, the builders ran
into a problem with a huge buried boulder. Gregory ordered the rock to move out
of the way of his church; it did.
In order to stop the
River Lycus from its frequent and damaging floods,
Gregory planted his staff at
a safe point near the river bank. He then prayed that
the river would never rise past the staff.
The staff took
root, grew into a large tree,
and the river never flooded past it again. This act led to his patronage against floods and flooding.
Two local pagans,
hearing that Gregory was a soft touch for money, decided to con the bishop.
One lay beside the road where Gregory was travelling,
and pretended to be dead.
The other stopped the bishop,
pleaded poverty,
and asked for money to bury his dead friend.
Gregory had no money with him, so he took off his cloak and
threw it over the “dead” man, telling the “live” one to sell the cloak and
use the funds. When Gregory had moved on, the “live” con-man found that his
friend had died.
Two brothers in
Gregory’s diocese had
inherited a piece of land that contained a lake. Unable to decide how to divide
the lake, the two settled on armed combat to settle the matter. On the night
before the battle, Gregory prayed for
a peaceful solution to the matter. The next morning the brothers found that the
lake had dried up leaving easily dividable farm land.
During Gregory’s time in
the desert during the Decian persecutions,
an informer told the authorities where to find the bishop.
Guards went to the site, but found nothing but two trees standing
in isolation in the desert. The informer went back to the place and found that
what the soldiers had
seen as trees were
actually Gregory and a deacon in prayer.
This convinced the informer of the reality of Gregory’s God, and
he converted.
When returning from the
wilderness, Gregory had to seek shelter from a sudden and violent storm. The
only structure nearby was a pagan temple.
Gregory made the sign of the cross to purify the place, then spent the night
there in prayer,
waiting out the storm. The next morning, the pagan priest
arrived to receive his morning oracles. The demons who had been masquerading
as pagan gods
advised him that they could not stay in the purified temple or near the holy
man. The priest threatened to summon the anti–Christian authorities
to arrest Gregory. The bishop wrote
out a note reading “Gregory to Satan: Enter”. With this “permission slip”
in hand, the pagan priest
was able to summon his demons again.
The same pagan priest,
realizing that his gods unquestioningly obeyed Gregory’s single God,
found the bishop and
asked how it was done. Gregory taught the
priest the truth of Christianity.
Lacking faith, the priest asked for a sign of God’s power. Gregory ordered a
large rock to move from one place to another; it did. The priest immediately
abandoned his old life, and eventually became a deacon under bishop Gregory.
This ordering about of boulders led to Gregory’s patronage against
earthquakes.
Born
c.213 at
Pontus, Asia
Minor (in modern Turkey) as Theodorus
c.270 at
Pontus, Asia
Minor (in modern Turkey) of natural causes
remains translated
to Calabria, Italy
bishop driving demons out
of a temple
presenting a bishop‘s mitre to Saint Alexander
the Charcoal Burner
Additional
Information
A
Sectional Confession of Faith, by Saint Gregory
Thaumaturgus
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Catholic
Encyclopedia, by H. Leclercq
Heaven’s
Bright Queen: Apparition to Saint Gregory
Thaumaturgus
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Lives
of the Saints, by Father Francis
Xavier Weninger
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
Short
Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly
Three
Saints for the Incredulous, by Father Robert
Emmett Holland
books
1001 Patron Saints and Their Feast Days, by Australian
Catholic Truth Society
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
Anti-Nicene
Fathers: collected writings
Father Francis Xavier Weninger
Fathers of the Church:
collected writings
Professor Plinio Corrêa de Oliveira
images
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
Writings
Metaphrase
of the Book Of Ecclesiastes
Sectional Confession of
Faith
Readings
There is one God, the
Father of the living Word, who is His subsistent Wisdom and Power and Eternal
Image: perfect Begetter of the perfect Begotten, Father of the only-begotten
Son. There is one Lord, Only of the Only, God of God, Image and Likeness of
Deity, Efficient Word, Wisdom comprehensive of the constitution of all things,
and Power formative of the whole creation, true Son of true Father, Invisible
of Invisible, and Incorruptible of Incorruptible, and Immortal of Immortal and
Eternal of Eternal. And there is One Holy
Spirit, having His subsistence from God, and being made manifest by the
Son, to wit to men: Image of the Son, Perfect Image of the Perfect; Life, the
Cause of the living; Holy Fount; Sanctity, the Supplier, or Leader, of
Sanctification; in whom is manifested God the Father, who is above all and in
all, and God the Son, who is through all. There is a perfect Trinity, in glory
and eternity and sovereignty, neither divided nor estranged. Wherefore there is
nothing either created or in servitude in the Trinity; nor anything
superinduced, as if at some former period it was non-existent, and at some
later period it was introduced. And thus neither was the Son ever wanting to
the Father, nor the Spirit to the Son; but without variation and without
change, the same Trinity abideth ever. – a declaration of faith by Saint Gregory
MLA
Citation
‘Saint Gregory
Thaumaturgus‘. CatholicSaints.Info. 21 April 2024. Web. 13 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-gregory-thaumaturgus/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-gregory-thaumaturgus/
Book of Saints
– Gregory Thaumaturgus
(Saint) (November 17)
Bishop (3rd century) A Saint of exceeding celebrity both in the East and in the
West, who is still annually commemorated in the Liturgy. Born at Neo-Caesarea,
a then Pagan city of Pontus near the Black Sea, and a disciple of the famous
Origen, he became Bishop of his birthplace about A.D. 240. At his accession
there were no more than seventeen Christians in the town; and it is related
that on his deathbed (about A.D. 270) he thanked God that only that same number
of idolaters remained in it. His title of Thaumaturgus, or Wonder-worker, he
earned by the marvellous miracles his faith privileged him to work, among them
the literal moving of mountains and drying up of lakes. He took part in the
Council of Antioch (A.D. 264;, against Paul of Samosata. His literary remains
are of value though fragmentary.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate.
“Gregory Thaumaturgus”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
26 July 2013. Web. 14 January 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-gregory-thaumaturgus/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-gregory-thaumaturgus/
New
Catholic Dictionary – Saint Gregory of Neocaesarea
Derivation
Greek: thauma,
wonder; ergo, work
Article
(Gregory Thaumaturgus)
Confessor, Bishop of Neocaesarea, born Neocaesarea in Pontus (Asia Minor),
213; died there,
270. Of a noble pagan family,
he was educated for the career of a lawyer. Converted to Christianity by Origen, Gregory took up the study of philosophy and theology.
Consecrated Bishop of Neocaesarea c.240, he converted the inhabitants by his
preaching and miracles. When he became bishop there were only 17 Christians in
his flock and at his death there were but 17 pagans in
the whole town of Caesarea. He was present at the First Council of Antioch
against Paul of Samosata. Because of the great number of miracles he performed,
Gregory is called the “Wonder Worker.” He is also well known as a writer and
some of his chief works are: “Oratio Panegyrica,” in honor of Origen; “Tractatus ad Theopompum,” on the passibility and
impassibility of God; “Epistola Canonica,” an explanation of the organization
of the churches of Pontus under Gregory; and “Exposition of the Faith,” showing
Gregory’s idea of the Trinity. Patron of those in desperate situations; invoked
against inundations. Relics: Saint Peter’s, in the Vatican, and Lisbon. Feast,
Roman Calendar, 17
November.
MLA
Citation
“Saint Gregory of
Neocaesarea”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
8 May 2016. Web. 14 January 2026. <https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-gregory-of-neocaesarea/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-gregory-of-neocaesarea/
St. Gregory Thaumaturgus,
Bishop of Neocesarea
Meeting a master
Young Theodore – Gregory’s name from birth – was born around 213 in the city of Neoceasarea in Pontus, in present-day Turkey, into a pagan family. At fourteen, shortly after his father’s death, he and his brother Athenodorus set out for Palestine. The two adolescents were escorting their sister to Caesarea in Palestine, where her husband had been appointed a government functionary. But they had also left home with a dream: from Caesarea they would continue onto Beirut and study law in one of the most prestigious schools in the Greek-speaking world. Like many young men, they wanted to make something of themselves and leave a mark on this world.
Once they arrived in Caesarea, however, the young men found that their plans
were caught up in a Plan they could not have devised. Origen, the incredibly
gifted Christian writer and teacher, the head of the famous catechetical school
of Alexandria, was living in that city. Curious as young men are, they went to
listen to this “great name.” They were spellbound. There was something more
than law here. Beirut soon evaporated from their thoughts. They had not found a
famous orator; they had found a master.
A Christian and a bishop
Months of listening, conversing, arguing with this man on fire with the Scriptures did their work. Theodore became Gregory. He and his brother accepted baptism. They were Christians now, disciples of the greatest exegete of the first Christian millennium. Gregory stayed for seven years, studying philosophy and theology, learning not only to hone his skills as a writer and a speaker, but to place them at the service of the “one God” whom Gregory confessed in a remarkable Creed. The “perfect Trinity,” who had so entirely disturbed the youthful ambitions of the pagan Theodore, had made him a believer and a servant.
When Gregory and his brother finally left Caesarea to return to Pontus,
ostensibly to practice law there, he was no longer surprised when his plans
went awry. He had learned to pay attention to the ways of God, which are not
our ways. Years of discipleship had prepared him for a task. At age forty,
Gregory was elected bishop of the tiny Christian community of Neocaesarea,
which numbered seventeen believers.
The “wonder-worker”
For thirty years, Gregory shepherded his flock. He proved a worthy disciple of his master: This bishop could preach, and soon the little flock of seventeen grew by a few souls, then by a few again, until soon they had enough believers and donations to build a new church. A creative bishop, he organized festivals in honor of the martyrs that attracted even curious pagans. He was wise, and people came to him for counsel. For the Christians, he was a strong shepherd and brave, leading them through the Decian persecution. Always he confessed the Father, “who has never been without the Son, nor the Son without the Spirit … this same Trinity … immutable and unalterable forever.”
The word began to spread even among non-believers, who quickly dwindled in
numbers in this town: the bishop was a man of God, an extraordinary man with a
faith so strong that wonders abounded in his presence. They began to call him
“Thaumaturgus,” the “wonder-worker.” He was like a kind of opening onto heaven.
But of all the miracles attributed to Gregory, perhaps the most memorable
remains this: tradition states that this man, who was consecrated bishop of
seventeen believers, left only seventeen non-believers in Neocaesarea at his
death. Gregory had once wanted to make something of himself. Instead, the Lord
of the universe made something of him: a shepherd and a father who built up the
Church of God.
SOURCE : https://www.vaticannews.va/en/saints/11/17/st--gregory--thaumaturgus--bishop-of--neocesarea.html
Gregory the Wonder-Worker B (RM)
(also known as Gregory Thaumaturgus)
Born at Neocaesarea c. 213; died there c. 270. Saint Gregory was the son of
pagan parents of rank, and had a good education in letters and law. About 233,
he and his brother Athenodorus accompanied their sister, who was joining her
husband at Caesarea in Palestine. They were supposed to continue on to Beirut
to further their study of law, but instead they came under Origen's influence,
entered his catechetical school in Caesarea, studied theology, and were
baptized. After studying under Origen for five years, and Gregory returned to
Pontus as a missionary with an intention also to practice law.
Soon after 238 he was, in
spite of his youth, elected bishop of Neocaesarea by the 17 Christians of the
city. It soon became apparent that he was gifted with remarkable powers. He
preached so eloquently that in the course of some 30 years he is said to have
converted practically the whole population of the city. He was a much sought
after arbiter for his wisdom, legal knowledge, and ability. He so ably
proselytized by word and deed that it is reported that at the time of his death
only 17 unbelievers were left in the city.
His apostolic work was
carried on in heartbreaking conditions of war, plague, and persecution. When
Decius's persecution of the Christians broke out in 250, he advised his flock
to go into hiding, and fled to the desert with his deacon. On his return, he
ministered to his flock when plague struck his see, and when the Goths
devastated Pontus, 252-54, which he described in his Canonical Letter. He
participated in the Synod of Antioch, 264-65, against Samosata, and fought
Sabellianism and Tritheism.
Not much is known about
it, but he is the first missionary of whom it is related that he popularized
Christian observances by adding secular attractions to religious festivals.
Saint Gregory left a
number of theological and other writings and he has always been highly regarded
in the Greek Church. He wrote a panegyric to Origen, a treatise on the Creed,
and a dissertation addressed to Theopompus. Many of his works are available on
the Internet, including:
A Declaration of Faith
A Metaphrase of the Book of Ecclesiastes
A Sectional Confession of Faith
On the Trinity
Twelve Topics on the Faith
On the Subject of the Soul
Four Homilies
On All the Saints
On Matthew 6:22-23
Canonical Epistle
The reason for his more
popular fame is indicated by the epithet given to him, Thaumaturgus, 'the
Wonder-Worker.' Extraordinary marvels are attributed to him, which were written
down a century after his time by Saint Basil and Saint Gregory of Nyssa, who
had learned of the wonder-worker from their grandmother Saint Macrina who had
known him and had heard him preach in her youth. On the testimony of the last
named, he was the first recorded person to whom the Virgin Mary appeared in a
vision; with her, we are told, appeared Saint John the Evangelist, and they
communicated to Gregory a statement of doctrine on the Blessed Trinity.
Saint Gregory also
records that when today's Gregory was returning to the wilderness, he had to
seek shelter in a pagan temple during a violent rain storm. Upon entering, he
made the sign of the cross several times to purify the air, then spent the
night there in prayer with his companion.
The next day the temple
priest tried to call forth his normal oracles, but the demons declared that
they could stay there no longer because Gregory had cleansed the temple. The
angry priest threatened to go to the magistrates and the emperor with his
complaint against Gregory. Unemotionally, Gregory told the priest that the
demons would do his bidding in the name of Christ. The priest's fury turned to
admiration, when Gregory complied with his desire. As he left the place, he
handed the priest a paper on which was written, "Gregory to Satan: Enter,"
and the demons returned.
The priest, surprised
that his gods would readily obey Gregory's God, ran after the bishop, who
explained the Christian faith to the priest. Shocked at the doctrine of the
Incarnation and desiring that the truth be reinforced by a sign, the priest
requested that Gregory miraculously transport a huge rock from one place to
another. The stone, too, obeyed, by the power of Him who promised His disciples
that by faith they could move mountains. By this miracle, the priest was
converted and left behind his home, family, and friends to be instructed in the
divine wisdom. The priest later become Gregory's companion and deacon.
At other times Gregory
laid hands upon the sick and they recovered their health of mind, body, and
spirit, while receiving also the gift of conversion. So many were healed and
converted, that Gregory was forced to build a church for their use in
Neocaesarea. Saint Jerome and the Venerable Bede both record that when a rock
impeded the building, Gregory commanded that it yield its place--and it did.
In order to hold back the
floods of the River Lycus, which often overflowed its banks, Gregory fixed his
staff near the bank and prayed the the waters might not exceed that bound; and
they obeyed his voice. The staff also took root and grew into a large tree.
Two men hoped to take
advantage of Gregory's compassionate nature. One pretended to be dead, while
the other besought funds with which to bury the first. Gregory, in a hurry,
tossed his coat upon the impostor. When he had left, the second laughed to let
the other know the coast was clear. Unfortunately, the impostor was really
dead.
Another time, two
brothers were fighting each other over the ownership of a lake, which was part
of their inheritance. The night before the dispute was to be ended with a
battle to the death between the tenants of each side, Gregory spent the night
in prayer on the spot. The next day, the combatants found that the lake had
become dry land and could be divided without an engagement of forces.
During the renewed
persecutions of Decius in 250, Gregory withdrew into the desert with his
deacon. The authorities had learned of his hiding place and sent soldiers to
bring him back. They returned empty-handed, saying that they had seen nothing
at the place except two trees. The informer went again to the place to verify
the news and, finding in prayer the bishop and deacon whom the soldiers mistook
for two trees, judged their escape to be miraculous, threw himself at Gregory's
feet, and became a Christian (Attwater, Benedictines, Delaney).
Saint Gregory is
generally portrayed as a bishop driving devils out of the temple, though
sometimes he is shown bringing the miter to Alexander Carbonarius (Roeder).
Carol Gerten's site contains an anonymous 12th-century Russian icon of St.
Gregory the Miracle-Worker
He is invoked against floods and earthquakes (at one time he reportedly stopped the flooding Lycus, and at another, he moved a mountain) (Delaney).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1117.shtml
St. Gregory of
Neocaesarea
Born
at Neocæsarea in Pontus (Asia
Minor) about 213; died there 270-275. Among those who built up the Christian
Church, extended its influence, and strengthened its institutions,
the bishops of Asia
Minor occupy a high position; among them Gregory of Neocaesarea
holds a very prominent place. His pastoral work is but
little known, and his theological writings
have reached us in a very incomplete state. In this semi-obscurity the personality of
this great man seems eclipsed and dwarfed; even his immemorial
title Thaumaturgus (the wonder-worker) casts an air
of legend about him. Nevertheless, the lives of few bishops of
the third century are so well authenticated;
the historical references to him permit us to reconstruct his work
with considerable detail.
Originally he was known
as Theodore (the gift
of God), not an exclusively Christian
name. Moreover, his family was pagan,
and he was unacquainted with the Christian
religion till after the death of his father,
at which time he was fourteen years old. He had a brother Athenodorus, and,
on the advice of one of their tutors, the young men were anxious to study law at
the law-school of Beirut,
then one of the four of five famous schools in
the Hellenic world. At this time, also, their brother-in-law was appointed assessor to
the Roman Governor of Palestine; the youths had therefore an occasion
to act as an escort to their sister as far as Caesarea in Palestine.
On arrival in that town they learned that the celebrated scholar Origen,
head of the catechetical school of Alexandria,
resided there. Curiosity led them to hear and converse with the
master, and his irresistible charm did the rest. Soon both youths forgot all
about Beirut and Roman
law, and gave themselves up to the great Christian teacher,
who gradually won them over to Christianity.
In his panegyric on Origen, Gregory describes
the method employed by that master to win the confidence and esteem of those he
wished to convert; how he mingled a persuasive candour with outbursts of
temper and theological argument
put cleverly at once and unexpectedly. Persuasive skill rather than bare
reasoning, and evident sincerity and an ardent conviction were the means Origen used
to make converts. Gregory took up at first the study of philosophy; theology was
afterwards added, but his mind remained always inclined to philosophical study,
so much so indeed that in his youth he cherished strongly the hope of
demonstrating that the Christian
religion was the only true and good philosophy.
For seven years he underwent the mental and moral discipline of Origen (231
to 238 or 239). There is no reason to believe that is studies were
interrupted by the persecutions of Maximinus of Thrace; his
alleged journey to Alexandria, at this time, may therefore be considered
at least doubtful,
and probably never occurred.
In 238 or 239 the two
brothers returned to their native Pontus.
Before leaving Palestine Gregory delivered in presence of Origen a
public farewell oration in which he returned thanks to the
illustrious master he was leaving. This oration is valuable from many
points of view. As a rhetorical exercise it exhibits the excellent training
given by Origen,
and his skill in developing literary taste; it exhibits also the
amount of adulation then permissible towards a living person in
an assembly composed mostly of Christians,
and Christian in
temper. It contains, moreover, much useful information concerning the youth
of Gregory and his master's method of teaching. A letter
of Origen refers
to the departure of the two brothers, but it is not easy to determine whether
it was written before or after the delivery of this oration. In it Origen exhorts
(quite unnecessarily, it is true)
his pupils to bring the intellectual treasures
of the Greeks to the service of Christian philosophy,
and thus imitate the Jews who
employed the golden vessels of the Egyptians to adorn the Holy of
Holies. It may be supposed that despite the
original abandonment of Beirut and
the study of Roman
law, Gregory had not entirely given up the original purpose of
his journey to the Orient; as a matter of fact, he returned to Pontus with
the intention of practising law. His plan, however, was again
laid aside, for he was soon consecrated bishop of
his native Caesarea by Phoedimus, Bishop of Amasea and Metropolitan of Pontus.
This fact illustrates in an interesting way the growth of the hierarchy in
the primitive Church, for we know that
the Christian community
at Caesarea was very small, being only seventeen souls,
and it was given a bishop.
We know,
moreover, from ancient canonical documents, that it was possible for
a community of even ten Christians to
have their own bishop.
When Gregory was consecrated he
was forty years old, and he ruled his diocese for
thirty years. Although we know nothing
definite as to his methods, we cannot doubt that
he must have shown much zeal in
increasing the little flock with which he began his episcopal administration.
From an ancient source we learn a fact that is at once a curious coincidence,
and throws light on his missionary zeal;
whereas he began with only seventeen Christians,
at his death there remained but seventeen pagans in
the whole town of Caesarea. The many miracles which
won for his the title of Thaumaturgus were doubtless performed during
these years. The Oriental mind revels so naturally in
the marvellous that a serious historian cannot accept unconditionally all its
product; yet if ever the title of "wonder-worker" was
deserved, Gregory had a right to
it.
It is to be noted here
that our sources of information as to the life, teaching,
and actions of Gregory Thaumaturgus are all more or
less open to criticism. Besides the details given us
by Gregory himself, and of which we have already spoken, there are
four other sources of information, all, according to Kötschau, derived from
oral tradition; indeed, the differences between them force the conclusion
that they cannot all be derived from one common written source. They are:
Life and Panegyric
of Gregory by St.
Gregory of Nyssa (P.G., XLVI, col. 893 sqq.);
Historia Miraculorum, by
Russinus;
an account
in Syriac of the great actions of Blessed Gregory (sixth
century manuscript);
St.
Basil, De Spiritu Sancto.
Gregory
of Nyssa with the help of family traditions and
a knowledge of
the neighbourhood, has left us an account of the Thaumaturgus that
is certainly more historical than any other known to us.
From Rufinus we see that in his day (c. 400) the original story was
becoming confused; the Syriac account is at times obscure and
contradictory. Even the life by Gregory
of Nyssa exhibits a legendary element, though its facts were
all supplied to the writer by his grandmother, St.
Macrina the Elder. He relates that before his episcopal consecration Gregory retired
from Neocæsarea into a solitude, and was favoured by
an apparition of the Blessed Virgin and
the Apostle St. John, and that the latter dictated to him
a creed or formula of Christian faith,
of which the autograph existed at Neocæsarea when the
biography was being written. The creed itself is quite important for
the history of Christian
doctrine (Caspari, Alte und neue Quellen zur Gesch,
d. Taufsymols und der Glaubernsregel, Christiania, 1879, 1-64). Gregory
of Nyssa describes at length the miracles that
gained for the Bishop of Caesarea the
title of Thaumaturgus; herein the imaginative element
is very active. It is clear, however, that Gregory's influence must
have been considerable, and his miraculous
power undoubted. It might have been expected
that Gregory's name would appear among those who took part in the
First Council of Antioch against Paul
of Samosata (Eusebius, Church
History VII.28); probably he took part also in the
second council held there against the same heresiarch, for the letter
of that council is signed by a bishop named Theodore,
which had been originally Gregory's name (Eusebius,
op. cit., VII, xxx). To attract the people to the festivals in honour of
the martyrs,
we learn that Gregory organized profane amusements as an attraction
for the pagans who
could not understand a solemnity without some pleasures of a less
serious nature than the religious ceremony.
Writings of Gregory
The Oratio
Panegyrica in honour of Origen describes
in detail that master's pedagogical methods. Its literary value
consists less in its style than in its novelty, it being the first attempt at
autobiography in Christian literature.
This youthful work is full of enthusiasm and genuine talent; moreover,
it proves how fully Origen had
won the admiration of his pupils, and how the
training Gregory received influenced the remainder of a long and well
spent life. Gregory tells us in this work (xiii) that
under Origen he
read the works of many philosophers,
without restriction as to school,
except that of the atheists.
From this reading of the old philosophers he
learned to insist frequently on the unity of God;
and his long experience of pagan or
crudely Christian populations
taught him how necessary this
was. Traces of this insistence are to be met with in the Tractatus ad
Theopompum, concerning the passibility and impassibility of God;
this work seems to belong to Gregory, though in its general arrangement it
reminds us of Methodius. A similar trait was probably characteristic of
the lost Dialogus cum Aeliano (Pros Ailianon dialexis), which we
learn of through St. Basil, who frequently attests the orthodoxy of
the Thaumaturgus (Ep. xxviii, 1, 2; cciv, 2; ccvii, 4) and even
defends him against the Sabellians, who claimed him for their teaching and
quoted as his formula: patera kaiouion epinoia men einai duo,
hypostasei de en (that the Father and the Son were two
in intelligence, but one in substance) from the
aforesaid Dialogus cum Aeliano. St. Basil replied
that Gregory was arguing against a pagan,
and used the words agonistikos not dogmatikos, i.e. in the heat
of combat, not in calm exposition; in this case he was insisting, and rightly,
on the Divine unity. he added, moreover, that a like explanation must be
given to the words ktisma, poiema (created, made) when applied to
the Son, reference being
to Christ Incarnate. Basil added that the text of the work
was corrupt.
The "Epostola
Canonica", epistole kanonike (Routh, Reliquiae Sacrae, III,
251-83) is valuable to both historian and canonist as evidence of the
organization of the Church of Caesarea and
the other Churches of Pontus under Gregory's influence,
at a time when the invading Goths had
begun to aggravate a situation made difficult enough by the
imperial persecutions. We learn from this work how absorbing
the episcopal charge was for a man of conscience and
a strict sense of duty.
Moreover it helps us to understand how a man so well equipped mentally, and
with the literary gifts of Gregory, has not left a greater
number of works.
The Ekthesis tes
pisteos (Exposition of the Faith) is in its kind a theological document
not less precious than the foregoing. It makes clear Gregory's orthodoxy apropos
of the Trinity. Its authenticity and date seem now
definitely settled, the date lying between 260-270. Caspari has shown
that this confession of faith is
a development of the premises laid down by Origen.
Its conclusion leaves no room for doubt:
There is therefore
nothing created, nothing greater or less (literally, nothing subject) in
the Trinity (oute oun ktiston ti, he doulon en te triadi),
nothing superadded, as though it had not existed before, but never
been without the Son, nor the Son without the Spirit; and
this same Trinity is immutable and unalterable forever.
Such a formula, stating
clearly the distinction between the Persons in the Trinity, and
emphasizing the eternity,
equality, immortality,
and perfection, not only of the Father, but of the Son and of
the Holy Spirit, proclaims a marked advance on the theories of Origen.
A Metaphrasis eis
ton Ekklesiasten tou Solomontos, or paraphrase of Ecclesiastes,
is attributed to him by some manuscripts;
others ascribe it to Gregory
of Nazianzus; St.
Jerome (Illustrious
Men 65 and Com. in eccles., iv) ascribes it to our Gregory.
The Epistola ad Philagrium has reached us in
a Syriac version. It treats of the Consubstantiality of
the Son and has also been attributed to Gregory
of Nazianzus (Ep. ccxliii; formerly Orat. xiv); Tillemont and
the Benedictines,
however, deny this because it offers no expression suggestive of
the Arian controversy. Draeseke,
nevertheless, calls attention to numerous views and expressions in this
treatise that recall the writings of Gregory
of Nazianzus. The brief Treatise on the Soul addressed
to one Tatian,
in favour of which may be cited the testimony of Nicholas of Methone (probably
from Procupius of Gaza),
is now claimed for Gregory.
The Kephalaia peri
pisteos dodeka or Twelve Chapters on Faith do not
seem to be the work of Gregory. According to Caspari,
the Kata meros pistis or brief exposition
of doctrine concerning
the Trinity and the Incarnation, attributed to Gregory, was
composed by Apollinaris of Laodicea about
380, and circulated by his followers as a work
of Gregory (Bardenhewer). Finally, the Greek, Syriac,
and Armenian Catenæ contain
fragments attributed more or less correctly to Gregory. The fragments of
the De Resurrectione belong rather to Pamphilus Apologia for Origen.
Sources
Gregory's writings wree
first edited by Voss (Mainz, 1604) and are in P.G., X. For the Tractatus
ad Theopompum see DE LAGARDE, Analecta Syriaca (Londond, 1858),
46-64; and PITRA, Analecta Sacra (Paris, 1883), IV. See also
RYSSEL, Gregorius Thaumaturgus, sein Leben, und seine
Schriften (Leipzig, 1880); KOTSCHAU, Des Gregorios Thaumaturgos
Dankrede an Origenes (Frieburg, 1894); BARDENHEWER, Patrology, tr.
SHAHAN (St. Louis, 1908), 170-175. For an English version of the literary
remains of Gregory see Ante-Nicene Fathers (New York, 1896), VI,
9-74.; cf. also REYNOLDS in Dict. Chr. Biog., s.v. Greorius (3).
Leclercq, Henri.
"St. Gregory of Neocaesarea." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New
York: Robert Appleton Company, 1910. 18 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/07015a.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Beth Ste-Marie.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. June 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2023 by Kevin Knight.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/07015a.htm
November 17
St. Gregory Thaumaturgus,
Bishop and Confessor
From his life by St.
Gregory of Nyssa, Eusebius, l. 6, c. 23; St. Jerom in Catal. and the saint’s
Oration to Origen; also St. Basil, l. de Spir. Soc. c. 29, ep. 62–65. See
Tillemont, t. 4; Ceillier, t. 3, p. 307; Cave’s Primitive Fathers.
A.D. 270.
THEODORUS, afterwards
called Gregory, and, from his extraordinary miracles, surnamed Thaumaturgus, or
Worker of Wonders, was of Neocæsarea in Pontus, born of parents eminent for
their rank and fortune, but engaged in the superstitions of idolatry. At
fourteen years of age he lost his father, and from that time began to discover
the vanity of the heathenish religion, as his reason grew more quick and manly,
and was improved by education; and by this means his inclinations were
insensibly turned towards the belief of the unity of the Deity and the
Christian faith. 1 His
mother pursued the plan, begun by his father, in giving him a literary
education, with an intention of bringing him up to the bar, and the practice of
oratory. In the study of rhetoric he made such surprising progress, that it was
easy to foresee he would one day be one of the greatest orators of the age. He
learned the Latin tongue, which was a necessary qualification for preferment to
great dignities in the Roman empire: his masters also persuaded him to study
the Roman laws, an acquaintance with which they said would be a great advantage
to him in whatever profession he should afterwards embark. His sister being
married to the assessor, or assistant of the governor of Cæsarea in Palestine,
she was conducted thither at the public charge, with such as she was disposed
to take with her. Gregory accompanied her upon this occasion with his brother
Athenodorus, who was afterwards a bishop, and suffered much for the faith of
Jesus Christ. From Cæsarea the two brothers went to Berytus, to attend a famous
school of the Roman law in that neighbourhood. After a short stay there they
returned to Cæsarea.
Origen had arrived there
a little before, in 231, having left Alexandria to avoid the trouble which
Demetrius gave him there. That great man opened a school at Cæsarea with
extraordinary reputation, and, at the first interview with our saint and his
brother, discovered in them an admirable capacity for learning, and excellent
dispositions to virtue; which encouraged him to inspire them with a love of
truth, and an eager desire of attaining the sovereign or chief good of man.
Charmed with his discourses they entered his school, and laid aside all
thoughts of going back to Berytus. Origen began with the praise of philosophy,
by which term he understood true wisdom. He observed to them, that
self-knowledge is the first step to the true life of a rational being; but no
one can deserve that appellation who does not know his last end, and the means
by which he is to attain to it, and to perfect the abilities which are in him:
likewise the impediments which he is to remove, the vices which he must
conquer, and the like. Indeed what can be more ridiculous than for a man to
pretend to the knowledge of all things that are out of himself, and foreign to
his happiness, whilst he is unacquainted with himself, and what it most
essentially concerns him to know? For this he must carry his inquiries to real
good and evil, in order to embrace the former and avoid the latter. Origen
pursued his point several days; but never put on the air of a disputant who
aimed at confounding his adversaries. He, on the contrary, behaved himself in
the whole course of his conversation like one who had no other view but that of
making his scholars happy by bringing them acquainted with what is really good;
and he spoke with such a lovely mixture of sweetness and strong reasoning, that
it seemed impossible to hold out against the attack; and the two young men soon
forgot their own country, their friends, and all their former designs and
views. Origen having thus gained their hearts, and engaged their attention,
sounded their dispositions, and explored the strength of their genius, with a
judgment and sagacity peculiar to that great man: and having thus prepared
them, he undertook to give them a regular course of instructions. In this
procedure masters have an admirable lesson what method they ought to take with
their scholars, not beginning by laying down dry dull rules, but by laying open
the reasons, and showing the importance of these rules, to render the study
rational, instructive, and agreeable.
Origen entered upon his
course of philosophy with them by logic, which, as laid down by him, taught
them neither to admit, nor reject a proof at a venture, but to examine an
argument to the bottom, without being dazzled at or amused with terms. He then
proceeds to natural philosophy, which, as managed by that religious and learned
man, led them to consider and adore the infinite power and wisdom of God, and
admire the various and beautiful works of the creation with a becoming
humility. The mathematics were their next employment, under which astronomy and
geometry were comprehended; but all this master’s lessons tended to raise the
minds of his scholars above the earth, and to warm their hearts to the love and
eager pursuit of truth. These studies were succeeded by lectures of morality,
and St. Gregory does justice to Origen by assuring us that he excited them to
virtue no less by his example than by his discourses; and tells us that he
inculcated to them, that, in all things, the most valuable knowledge is that of
the first cause, and thus he led them on to theology. Upon this head he put
into their hands and opened to their view all that the philosophers and poets
had written concerning God, observing to them what was true and what was
erroneous in the doctrine of each, and showing them the incompetence of human
reason for attaining to certain knowledge in the most important of all points,
that of religion, which manifestly appears from the capital errors into which
the most considerable philosophers fell, whose monstrous opinions destroy one
another, and by their absurdity and inconsistency confute themselves. Having
brought them thus far on their way, he clearly set forth that, in what regards
the Deity, we can only give credit to God himself, who speaks to us by his
prophets, and he expounded to them the scriptures. Gregory and his brother were
so charmed with this admirable light, that they were ready to quit every thing
that interfered with their design of making God the object of their thoughts.
In the mean time the persecution broke out in the East under Maximian, which obliged
Origen to leave Cæsarea, in 235, and lie concealed that and the two following
years.
Gregory in the mean time
repaired to Alexandria, where then flourished a famous school of the Platonic
philosophy and another of physic. His morals at Alexandria were so strict and
regular, that the young students grew jealous of his virtue, and looked upon
his behaviour as a tacit censure of their own irregularities. To be revenged
they instructed an infamous prostitute to affront him in the following manner:
While Gregory was engaged in a serious discourse with some of his learned
particular friends, she impudently went up to him and made a demand of arrears
due to her, as she falsely pretended, upon contract for criminal familiarities.
Those who knew his virtue, were fired with resentment at so base a calumny and
aspersion; but he, without the least emotion, desired one of his friends to
satisfy her demands that she might be gone, and their conversation might suffer
no interruption by her importunities. This easy compliance made some of his
friends suspect him guilty, and begin to reproach him: but God rewarded his
patience and meekness by clearing his innocence; for no sooner had the strumpet
received the money, but she was seized with an evil spirit, howled in a frightful
manner, and fell down tearing her hair, foaming at the mouth, and staring with
all the fury and distraction of a fiend. Gregory’s charity prompted him to call
upon God in her favour; and she immediately recovered. 2 Gregory
remained at Alexandria from 235 to 238, when the persecution being over, he
returned to Cæsarea, and finished his studies under Origen in two years more,
so that he passed five years in his school and three at Alexandria—in all
eight. Whether he received baptism in this latter city, or after his return to
Cæsarea, is uncertain. Before he took leave of Origen, to testify his gratitude
to such a master, he thanked him publicly by an oration, which he made before
him in a numerous auditory, and which Du-Pin calls one of the most finished and
elegant panegyrics extant; Gerard Vossius, Casaubon, Fabricius, and all other
critics agree that it is an excellent and elegant performance. In it he extols
the method and wisdom by which his great master conducted him through his
studies; and thanks God, who had given him such a master, and his guardian angel,
for having conducted him to this school; gives a wonderful character of Origen,
and elegantly bewails his departure from his school as a kind of banishment
from paradise. He clearly teaches original sin, and the divinity of God the
Son, 3 and
in the close prays that his guardian angel may conduct him in his way. 4
Gregory and his brother
were scarcely arrived at Neocæsarea, but Origen wrote a tender letter to our
saint, in which he calls him his holy lord, and his true son; and exhorts him
to employ for the service of religion all the talents which he had received
from God, and to borrow from the heathenish philosophy only what might serve
that purpose, as the Jews converted the spoils of the Egyptians to the building
of the tabernacle of the true God, recommending to him the study of the holy
scripture, with prayer. At his return his countrymen expected to see great
fruits of his studies, the wise and great men importuned him to aspire to posts
of honour and authority, and to display his abilities amongst them. But
relinquishing all that he possessed in the world, he retired to a solitary
place in the country, there to converse solely with God and his own mind.
Phedimus, archbishop of Amasea, metropolitan of Pontus, cast his eye upon him
to raise him to the episcopal dignity, judging that his ripe parts and piety
more than made up for his want of age. The good man, hearing of this, shifted
his quarters, and no sooner was he sought for in one desert but he fled to
another. However, at length he compounded that a delay should be allowed him,
to prepare himself for that sacred character; after which he received the
episcopal ordination with the accustomed ceremonies. About the same time he
received and committed to writing the famous creed or rule of faith, concerning
the mystery of the Holy Trinity, which is extant in his works, and of which we
have in Lambecius a most valuable ancient Latin translation, published from a
copy which was sent by Charlemagne a present to Pope Adrian I. St. Gregory of
Nyssa assures us, that this creed was delivered to the saint by the Blessed
Virgin and St. John Evangelist, in a vision, which he relates as follows: One
night, whilst St. Gregory was taken up in a profound meditation on the
mysteries of our holy faith, a venerable old man appeared to him, and said he
was sent by God to teach him the truth of the holy faith. A woman stood by, who
appeared above the condition of what is human, and, calling the other by his
name, John the Evangelist, bade him discover to the young man the mystery of
the true religion. He answered that, seeing it was the desire of the mother of
our Lord, he was ready to do it. He then delivered the doctrine by word of
mouth, which Gregory committed to writing, and the vision immediately
disappeared. St. Gregory made this creed the rule of his preaching, and left
the same a legacy to his church, which, by following it, has to this day, says
St. Gregory of Nyssa, remained free from all heresy, namely, of the Arians and
Semiarians: for this creed clearly explains the doctrine of the holy Trinity. 5 St.
Gregory of Nyssa testifies that in his time the original copy was preserved in
the archives of the church of Neocæsarea; it is quoted by St. Gregory Nazianzen,
Rufinus, &c.
The city of Neocæsarea
was rich, large, and populous, but so deeply buried in vice, and so miserably
addicted to superstition and idolatry, that it seemed to be the place where
Satan had fixed his seat, and Christianity had as yet scarcely been able to
approach its neighbourhood, though it was in a nourishing condition in many
parts of Pontus. St. Gregory animated with zeal and charity, applied himself
vigorously to the charge committed to him, and God was pleased to confer upon
him an extraordinary power of working miracles, of some of which St. Gregory of
Nyssa gives us the following account: As the saint was returning from the city
to the wilderness, a violent rain obliged him to take shelter in a heathenish
temple, the most famous in the country, upon account of oracles and divinations
delivered there. At his entrance he made the sign of the cross several times to
purify the air, and then spent the night there with his companion in prayer,
according to custom. The next morning he pursued his journey, and the
idolatrous priest performed his usual superstitions in the temple: but the
devils declared they could stay there no longer, being forced away by the man
who passed the last night there. After several vain attempts to bring those powers
back, the priest hastened after the saint, threatening to carry his complaints
against him to the magistrates and to the emperor. Gregory, without the least
emotion, told him, that with the help of God he could drive away or call the
devils when he pleased. When the idolater saw he disregarded all his menaces,
and heard that he had a power of commanding demons at pleasure, his fury was
turned into admiration, and he entreated the bishop, as a further evidence of
the divine authority, to bring the demons back again to the temple. The saint
complied with his request, and dismissed him with a scrip of paper, in which he
had written, “Gregory to Satan: Enter.” This being laid upon the altar, and the
usual oblation made, the demons gave their answers as usual. The priest,
surprised at what he saw, went after the holy bishop, and begged he would give
him some account of that God whom his gods so readily obeyed. Gregory explained
to him the principles of the Christian faith, and finding the priest shocked at
the doctrine of the incarnation, told him that great truth was not to be
enforced by words or human reasoning, but by the wonders of the divine power.
The priest hereupon pointing to a great stone, desired the saint to command
that it should change its place to another, which he named. St. Gregory did so,
and the stone obeyed, by the power of him who promised his disciples that by
faith they should be able to remove mountains. The priest was converted by this
miracle, and, forsaking his house, friends, and relations, resigned himself up
to the instructions of divine wisdom.
The people of Neocæsarea,
hearing of the miraculous actions of Gregory, were all ambitious to see so
wonderful a man, and received him with great applause when he first arrived
amongst them. But he passed unconcerned through the crowd, without so much as
casting his eye on one side or another. His friends, who had accompanied him
out of the wilderness, were solicitous where he should meet with entertainment.
The saint asked them if they were banished the divine protection; and bade them
not be solicitous concerning their bodies, but about their minds which are of
infinitely greater importance, and are to be prepared and built up for heaven.
Many were ready to open their doors to so welcome a guest; and he accepted the
invitation of Musonius, a person of great honour and esteem in the city, and
lodged with him. That very day he fell to preaching, and, before night, had
converted a number sufficient to form a little church. Early the next morning
the doors were crowded with sick persons, whose distempers he cured, and at the
same time he wrought the conversion of their souls. The body of Christians soon
became so numerous that the saint was enabled to build a church for their use,
to which all contributed either money or labour. Though churches were
afterwards demolished in the days of Dioclesian, and though an earthquake threw
down most of the neighbouring buildings, this escaped both dangers, and not a
stone of it was shaken to the ground. St. Jerom and venerable Bede mention,
that when St. Gregory built this famous church near the sea, he commanded a
rock, which obstructed the work, to yield place; which it did. The river Lycus,
now called Casalmach, which passed by the walls of Neocæsarea, falling from the
mountains of Armenia, sometimes by its impetuous floods swept away inhabitants,
cattle, houses, and crops. St. Gregory, moved with compassion, fixed his staff
near the bank, and prayed that the waters might not exceed those bounds, and
they obeyed his voice; and no such floods happened again to the time when St.
Gregory of Nyssa wrote: the staff also took root, and became a large tree.
Once, when the saint was upon a journey, he was espied by two Jews, who,
knowing his charitable disposition, made use of a stratagem to impose upon him.
One lay on the ground, feigning himself dead, and the other, lamenting his
miserable fate, begged somewhat of the bishop towards his burial: who took his
coat and cast it on the man that lay as dead. When St. Gregory was got out of
sight, the impostor came back laughing, and required his companion to rise; but
found him really dead. The miracles and wisdom of the saint brought him into
such reputation, that, even in civil causes, wherever the case was knotty and difficult,
it was usually referred to his decision. Two brothers happened to be at law
about a lake, both challenging it to belong to their part of the inheritance:
nor was the saint able by words to accommodate the difference between them; but
each resolved to maintain his right by force of arms, and a day was set when
they were to bring into the field all the force they could raise with their
tenants. To prevent unjust bloodshed, St. Gregory continued all the night
before the intended engagement in prayer upon the spot, and the next day the
lake was turned into solid land, whereby the contention was removed; the
remains of the lake were shown long after. The saint being invited to assist at
the election of a bishop at Comana, the people set their eyes upon persons
honourable for their birth and eloquence, and much esteemed in the world. The
saint told them, that sanctity, virtue, and prudence were more to be considered
than such qualifications. Then, said one, we may take Alexander, the collier,
for bishop. This Alexander was a wise and holy man, who, leaving his books, had
put on the disguise of a collier in the city of Comana, where he lived by the
labour of his hands. God, revealing to our saint what kind of man he was, he
caused him to be brought in, and, by putting many questions to him, showed the
people that he was much more than he seemed to be, and that under that mean
clothing was hidden great wisdom and sanctity. Then calling him aside he
obliged him to confess who he was: and having caused his clothes to be changed,
gave him to the people for their bishop. This Alexander discharged the
episcopal office with great zeal and sanctity, and dying a martyr for the faith
is commemorated in the Roman Martyrology on the 11th of August. These miracles
of St. Gregory Thaumaturgus are related by St. Gregory of Nyssa: some of them
are also mentioned by St. Basil; who both lived within less than a hundred
years after him, and whose grandmother Macrina, who taught them in their youth,
and had care of their education, had known him and heard him preach in her
younger years. St. Basil says, that he was a man of a prophetic and apostolic
temper, and that the whole tenour of his life expressed the height of
evangelical conversation. In all his devotions he showed the greatest reverence
and deepest recollection, and never covered his head at prayer. The simplicity
and modesty of his speech were such that yea and nay were
the measure of his conversation. He abhorred lies and falsehood, especially all
cunning and artificial methods of detraction. Envy and pride he was a stranger
to. Slandering and reproaching others he greatly hated; no anger, wrath, or
bitterness ever appeared in his words or carriage.
The persecution of Decius
breaking out in 250, St. Gregory advised his flock rather to save their souls
by flying, than by abiding the fierce conflicts, to expose themselves to the
danger of losing their faith; by which means, and by his zealous exhortation,
not one amongst them fell. Setting them an example, he withdrew himself into
the desert, accompanied only with the Gentile priest whom he had before
converted, and who then served him in the office of deacon. The persecutors
were informed that he was concealed upon a certain mountain, and sent soldiers
to apprehend him. These returned, saying they had seen nothing but two trees;
upon which the informer went again to the place, and finding the bishop and his
deacon at their prayers, whom the soldiers had mistaken for two trees, judged
their escape to have been miraculous, threw himself at the bishop’s feet, and
became a Christian, and the companion of his retreat and dangers. The wolves
despairing to meet with the shepherd fell with the fiercer rage upon that part
of his flock which staid behind, and seizing upon men, women, and children, who
had any reverence for the name of Christ, cast them into prisons. St. Gregory
in his wilderness saw in spirit the conflict of the holy martyr Troadius, a
young man of distinction in the city, who, after a great variety of torments
gained a glorious triumph by dying for the faith. The persecution ending with
the life of the emperor, in 251, Gregory returned to Neocæsarea, and soon after
undertook a general visitation of the whole country, made excellent regulations
for repairing the damage done by the late storm, and instituted solemn
anniversary festivals, in honour of the martyrs who had suffered in the
persecution. On a day devoted to the solemn worship of one of the heathen
deities, the whole country flocked to the diversions at the theatre in
Neocæsarea, and some of them finding the crowd troublesome, prayed that Jupiter
would make room for them. This being told the holy bishop, he said, they should
soon have no reason to complain for want of room. At that time a dreadful
pestilence broke out, which ravaged all Pontus. It was at length stopped in
that part by the prayers of Gregory; upon which occasion most of the remaining
infidels were converted to the faith. During the weak administration of the
emperor Gallienus, the Goths and Scythians overran Thrace and Macedon, and
passing into Asia burnt the temple of Diana, at Ephesus, and plundered Pontus
and other countries, committing the most horrible disorders. In those times of
confusion several Christians who had been plundered by the barbarians,
plundered others in their turn, or purchased of the infidels their unjust
booty. St. Gregory being consulted by another bishop concerning the penance
which was to be enjoined for these crimes, wrote his canonical epistle, which
holds an eminent rank among the penitential canons of the ancient church. 6 In
it he says: 7 “Let
no one deceive himself under the pretence of having found a thing; it is not
even lawful to make use of that which we find.—If in the time of peace it is
not lawful to advantage ourselves at the expense of a brother, or even of an
enemy who neglects what belongs to him through carelessness: how much less at
the expense of an unfortunate person who leaves it, through necessity, in order
to fly from enemies? Others deceive themselves in keeping what belongs to
another because they have found it in the place of their own. Thus because the
Borades and Goths exercise hostilities against them, they become Borades and
Goths to others.” He adds: 8 “They
who (in restoring what they have found) fulfil the commandment of God, ought to
do it without any secular views, without making any demand, either as having
discovered, or saved, or found a thing, or any other pretence whatever.” Which
maxim of justice is excellently inculcated by St. Austin. St. Gregory
Thaumaturgus mentions the distinct orders of penitents, as the hearers, the
prostrati, &c.
In 264 a council was held
at Antioch against the heresies broached by Paul of Samosata, who had been four
years bishop of that city. He asserted that there was but one person in the
Godhead, and that our Saviour was no more than a mere man, with other monstrous
errors. 9 He
was also one of the most haughty and vain of mortals, and caused hymns in his
own praise to be sung in the church. In this synod St. Gregory and his brother
Athenodorus are named the first among the subscribers. Paul only escaped
personal censures by dissembling his errors, which he afterwards renewed; and
was therefore condemned and deposed in the second council of Antioch, in 270,
though he kept possession of the episcopal house till after the defeat of
Zenobia, queen of the East, his protectress, in 272. Our saint seems to have
passed to eternal glory in that interval; but the year is uncertain: it seems
most probable to have been in 270 or 271, on the 17th of November. A little
before his death, being sensible of its near approach, he inquired how many
infidels yet remained in the city, and being told there were seventeen, he
sighed, and lifting up his eyes to heaven, expressed his grief that any
continued strangers to the true religion, but thankfully acknowledged, as a
great mercy, that having found but seventeen Christians at his first coming
thither, he left but seventeen idolaters. Having then heartily prayed for the
conversion of the infidels, and the confirmation and perfect sanctification of
those who believed in the true God, he enjoined his friends not to procure him
any peculiar place of burial, but that as he lived as a pilgrim in the world,
claiming nothing for himself, so after death he might enjoy the portion of a
stranger, and be cast into the common lot. He peaceably resigned his soul into
the hands of his Redeemer, and is named in all Eastern and Western
Martyrologies on the 17th of November. Neocæsarea, the capital of that part of
Pontus, became afterwards an archiepiscopal see, and at present is called by
the Greeks, Nixar (which is a corruption of its original name), by the Turks,
Tocate, and is the seat of a Beglierberg.
The greatest geniuses
which the world ever produced, men the most penetrating, the most judicious,
the most learned, and at the same time the most sincere, the most free from all
bias of interest or passions, the most disengaged from the world, whose very
sanctity and perfect victory over pride and all the passions of the human mind
was the most visible miracle of divine grace, and the prodigy of the world, are
venerable vouchers of the truth of the divine revelation of the Christian
religion, and of the evident miracles by which it was confirmed and established.
Their testimony is the more unexceptionable, as they maintained it in the most
perfect spirit of humility, meekness, and charity, and in opposition to every
view of pride and all human interest. Yet, if we believe modern freethinkers,
their party alone is that of good sense, and in proportion as a man is endowed
with better understanding, and a more sublime genius, the more he is inclined
to religious scepticism and incredulity. But they attempt in vain by an
overbearing impudence, impertinence, and ridicule, to bring the faith of a
divine revelation into contempt, and too visibly betray, that pride or other
base passions have corrupted their hearts; whence arise these clouds which
darken their understanding. Let them impartially examine into the causes of
their error, and they will find that they accuse and shut their eyes to the
clearest light, because it condemns them, and that they turn infidels because
it is the interest of their vices to be so. Let them correct the irregularities
of their own hearts, and bring to the inquiry sincere simplicity, and a
teachable mind: then all their difficulties will immediately vanish, and the
evidence of the divine revelation will appear manifest. The most monstrous
absurdities, evident falsehoods, glaring inconsistencies, and wretched
sophistry, which we meet with in almost every line or rather word of their most
boasted writings, suffice to prove how much it is in spite of reason that they
declaim, and how ridiculous their claim to it is. A submission to divine revelation
authentically manifested to us, in the judgment of all who impartially consider
its triumphant motives, to the eyes of reason will always appear to be the most
just and glorious use that man can make of his reason.
Note 1. S. Greg.
Thaum. Orat. ad Orig. p. 33. [back]
Note 2. S. Greg.
Nyssen. in Vit. Greg. [back]
Note 3. N. 34 et 35,
p. 23, et Bengelius, Not. in n. 37, p. 153, &c. [back]
Note 4. Bengelius, a
Lutheran, gave us a new edition of this panegyric with notes, printed at
Stutgard, capital of the duchy of Wirtemberg, in Suabia, in 1722. The works of
St. Gregory Thaumaturgus, which are in particular request, even amongst
Protestants, consist of this panegyric, his creed, canonical epistle, and
paraphrase upon Ecclesiastes, all published by Ger. Vossius, in 1604, and more
accurately at Paris in 1622. [back]
Note 5. See Bull, de
Defens. fidei Nicænæ, l. 2, c. 12. [back]
Note 6. See
Beveridge’s Can. Eccl. Græcæ. [back]
Note 7. Can. 4, 5. [back]
Note 8. Ib. c.
10. [back]
Note 9. S. Epiph.
hær. 65; Eus. l. 7, c. 27 et 30; Conc. t. 1, p. 845. Athan. de Syn. Arimin. pp.
691, 708, &c. See Jablonski, Diss. de genuinâ Pauli Samos; Sententiâ
Francof. 1736. [back]
Rev. Alban
Butler (1711–73). Volume XI: November. The Lives of the
Saints. 1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/171.html
Saints
and Saintly Dominicans – 17 November
The great Thaumaturgus is
Jesus. “He worked” says Saint Thomas, “miracles relating to demons, to angels,
to the heavens, to men, to animals, to the material elements. He wrought them
by His own power and made them serve to manifest the better His heavenly
doctrine.” But he has communicated this gift, more or less to His principle
disciples, and in particular to Saint Gregory of Neocaesarea. That faith, which
our Saviour so much praised when He said it was powerful enough to remove
mountains is realized in him to the letter. By prayer alone, but prayer full of
faith and seconded by penance, he displaced a mountain and caused it to draw
back into the sea. This miracle and numberless others, procured him by
excellence the surname of Thaumaturgus, and caused him to be compared by Saint Basil to
Moses, to the Prophets and Apostles. The town of Neocaesarea, when he became
its Bishop was
entirely pagan, counting among them only seventeen Christians. He effected
there so much good that at his death all the inhabitants excepting seventeen
were believers. Above all he was distinguished by a profound humility, a rare
modesty, a great love for the truth, resembling in this Saint Dominic, who said
to his companions: “Let truth be dear to you above all else.” Hence his zeal to
confute Paul of Samosata, who covertly attacked the Divinity of Jesus Christ. (266)
Prayer
Saint Gregory
Thaumaturgus, obtain a new miracle –
that of my conversion.
Practice
Examine if your prayers
are made in a spirit of faith, asking in the name of Jesus Christ and in virtue
of His infinite merits.
– taken from the
book Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
SOURCE : https://catholicsaints.info/saints-and-saintly-dominicans-17-november/
St Gregory the
Wonderworker of Neocaesarea
Commemorated on November
17
Saint Gregory the
Wonderworker, Bishop of Neocaesarea, was born in the city of Neocaesarea
(northern Asia Minor) into a pagan family. Having received a fine education,
from his youth he strived for Truth, but the thinkers of antiquity were not
able to quench his thirst for knowledge. Truth was revealed to him only in the
Holy Gospel, and the youth became a Christian.
For the continuation of
his studies St Gregory went to Alexandria, known then as a center for pagan and
Christian learning. The youth, eager for knowledge, went to the Alexandrian
Catechetical School, where the presbyter Origen taught. Origen was a famous
teacher, possessing a great strength of mind and profound knowledge. St Gregory
became a student of Origen. Afterwards, the saint wrote about his mentor: “This
man received from God a sublime gift, to be an interpreter of the Word of God
for people, to apprehend the Word of God, as God Himself did use it, and to
explain it to people, insofar as they were able to understand it.” St Gregory
studied for eight years with Origen, and was baptized by him.
The ascetic life of St
Gregory, his continence, purity and lack of covetousness aroused envy among his
conceited and sin-loving peers, pagans that they were, and they decided to
slander St Gregory. Once, when he was conversing with philosophers and teachers
in the city square, a notorious harlot came up to him and demanded payment for
the sin he had supposedly committed with her. At first St Gregory gently
remonstrated with her, saying that she perhaps mistook him for someone else.
But the profligate woman would not be quieted. He then asked a friend to give
her the money. Just as the woman took the unjust payment, she immediately fell
to the ground in a demonic fit, and the fraud became evident. St Gregory said a
prayer over her, and the devil left her. This was the beginning of St Gregory’s
miracles.
Having returned to
Neocaesarea, the saint fled from the worldly affairs into which influential
townsmen persistently sought to push him. He went into the desert, where by
fasting and prayer he attained to high spiritual accomplishment and the gifts
of clairvoyance and prophecy. St Gregory loved life in the wilderness and
wanted to remain in solitude until the end of his days, but the Lord willed
otherwise.
The bishop of the
Cappadocian city of Amasea, Thedimos, having learned of St Gregory’s ascetic
life, decided to have him made Bishop of Neocaesarea. But having foreseen in
spirit the intent of Bishop Thedimos, the saint hid himself from the messengers
of the bishop who were entrusted to find him. Then Bishop Thedimos ordained the
absent saint as Bishop of Neocaesarea, beseeching the Lord that He Himself
would sanctify the unusual ordination. St Gregory perceived the extraordinary
event as a manifestation of the will of God and he did not dare to protest.
This episode in the life of St Gregory was recorded by St Gregory of Nyssa
(January 10). He relates that St Gregory of Neocaesarea received the episcopal
dignity only after Bishop Thedimos of Amasea performed all the canonical rites
over him.
During this time, the
heresy of Sabellius and Paul of Samosata began to spread. They taught falsely
concerning the Holy Trinity. St Gregory prayed fervently and diligently
imploring God and His most pure Mother to reveal to him the true faith. The
All-Holy Virgin Mary appeared to him, radiant like the sun, and with Her was
the Apostle John the Theologian dressed in archepiscopal vestments.
By the command of the
Mother of God, the Apostle John taught the saint how to correctly and properly
confess the Mystery of the Most Holy Trinity. St Gregory wrote down everything
that St John the Theologian revealed to him. The Mystery of the Symbol of the
Faith, written down by St Gregory of Neocaesarea, is a great divine revelation
in the history of the Church. The teaching about the Holy Trinity in Orthodox
Theology is based on it. Subsequently it was used by the holy Fathers of the
Church: Basil the Great, Gregory the Theologian, and Gregory of Nyssa. The
Symbol of St Gregory of Neocaesarea was later examined and affirmed in the year
325 by the First Ecumenical Council, showing his enduring significance for
Orthodoxy.
Having become a bishop,
St Gregory set off to Neocaesarea. Along the way from Amasea he expelled devils
from a pagan temple, the priest of which he converted to Christ. The convert
was witness to still another miracle of the saint, at his word a large stone
shifted from its place.
The preaching of the
saint was direct, lively and fruitful. He taught and worked miracles in the
name of Christ: he healed the sick, he helped the needy, he settled quarrels
and complaints. Two brothers sharing an inheritance were not able to agree over
the property of their dead father. There was a large lake over which they
argued, for each of the brothers wanted the lake for himself. They both
gathered their friends together, and were ready to come to blows. St Gregory
persuaded them to delay their fight until the following day, and he himself
prayed all night long at the shore of the lake which sparked the quarrel. When
dawn broke, everyone saw that the lake had dried up or gone underground.
Through the intense prayer of the saint, now there was only a stream, and its
course defined the boundary line. Another time, during the construction of a
church, he commanded a hill to move and make room at the place of the
foundation.
When a persecution
against Christians began under the emperor Decius (249-251), St Gregory led his
flock to a faraway mountain. A certain pagan, knowing about the hiding place of
the Christians, informed the persecutors. Soldiers surrounded the mountain. The
saint went out into an open place, raised up his hands to heaven and ordered to
his deacon to do the same. The soldiers searched the whole mountain, and they
went several times right past those praying, but not seeing them, they gave up
and went away. In the city they reported that there was nowhere to hide on the
mountain: no one was there, and only two trees stood beside each other. The
informer was struck with amazement, he repented of his ways and became a
fervent Christian.
St Gregory returned to
Neocaesarea after the end of the persecution. By his blessing church Feasts
were established in honor of the martyrs who had suffered for Christ.
By his saintly life, his
effective preaching, working of miracles and graced guiding of his flock, the
saint steadily increased the number of converts to Christ. When St Gregory
first ascended his cathedra, there were only seventeen Christians in
Neocaesarea. At his death, only seventeen pagans remained in the city.
SOURCE : https://www.oca.org/saints/lives/2026/11/17/103315-saint-gregory-wonderworker-of-neocaesarea
San Gregorio Taumaturgo Vescovo
Sec. III - m. 270
Etimologia: Gregorio
= colui che risveglia, dal greco
Emblema: Bastone
pastorale
Martirologio
Romano: A Neocesarea nel Ponto, nell’odierna Turchia, san Gregorio,
vescovo, che, abbracciata fin dall’adolescenza la fede cristiana, fu grande
cultore delle scienze sia umane sia divine; ordinato vescovo si mostrò insigne
per dottrina, virtù e zelo apostolico e per i numerosi miracoli da lui operati
ricevette il nome di Taumaturgo.
S. Gregorio, soprannominato Taumaturgo, nacque al principio del secolo III in Neocesarea del Ponto. I suoi genitori, illustri per nobiltà e ricchezze, ma idolatri, lo allevarono, assieme al fratello Atenodoro, nelle pagane superstizioni. Ma la Provvidenza Divina che aveva prestabilito di farne due grandi luminari della Chiesa, dispose che ancora fanciulli trovassero la verità e la vera religione.
Dotato di grande penetrativa e di una sete inestinguibile di sapere, Gregorio fu messo a frequentare la scuola di filosofia del celebre Origene.
Alla luce di quelle lezioni tanto eloquenti, la sua mente logica fu rischiarata e ben presto volle essere battezzato. Approfonditosi in modo particolare nello studio della Sacra Scrittura, deliberò di consacrarsi interamente al divino servizio e di rinunziare a ogni vantaggio terreno. Infatti, mentre era ancora a Cesarea, la morte gli rapì i genitori, ed egli trovandosi padrone di molte ricchezze, ne fece parte alle vedove e agli orfani e si ritirò in una solitudine.
La penitenza, la preghiera e la studio della Sacra Bibbia furono i suoi grandi mezzi per salire alla contemplazione e alla perfezione. Non potè tuttavia rimanere ignoto, poichè la fama dei suoi consigli e delle sue virtù giunse agli orecchi del santo vescovo Fotino, che per speciale rivelazione dello Spirito Santo, lo volle far risplendere sul candelabro della Chiesa, creandolo vescovo di Neocesarea.
Invano tentò ripetutamente di sottrarsi al grave peso; ma conosciuta essere quella la volontà di Dio, dopo una conveniente preparazione, fece l’ingresso nella sua popolatissima città, che non contava però più di 17 cristiani.
Nondimeno la sua fama di uomo straordinario aveva incoscientemente preparato quel popolo idolatra al culto del vero Dio; e da parte sua il Santo non risparmiò sforzi, preghiere e specialmente miracoli per affrettarne la conversione.
Ne riportiamo qualcuno. Si trattava di costruire il primo tempio cristiano; ma il fiume da un lato e la montagna dall’altro rendevano angusto il luogo. Il Santo comanda al monte di scostarsi, e il monte docilmente si sposta quanto è necessario.
Il popolo si lagnava che una palude, già causa di discordie tra fratelli, rendeva insalubre il clima. Gregorio con il segno di croce la fa divenire fertile campagna.
In una piena, il torrente di Casalmacco ruppe gli argini e minacciava l’abitato: vi accorre il Santo, pianta in terra il suo bastone, le acque si ritirano nel loro alveo e il bastone diviene robustissima pianta.
I tanti prodigi del taumaturgo vescovo non valsero a salvarlo dalla persecuzione di Decio, nè dall’esilio. Di là vigilava e pregava per la perseveranza del suo gregge nella fede.
Conosciuta poi, per divina rivelazione, l’ora della sua morte, comandó di fare diligente ricerca di quanti pagani rimanessero ancora nella sua diocesi, e saputo ch’erano 17 esclamò: “Deo gratias, alla mia venuta trovai appunto 17 cristiani!”.
Dopo 25 anni di episcopato chiuse placidamente gli occhi nel Signore. Era l’anno 270.
Autore: Antonio Galuzzi
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/78050
A
Sectional Confession of Faith, by Saint Gregory Thaumaturgus : https://catholicsaints.info/a-sectional-confession-of-faith-by-saint-gregory-thaumaturgus/
A Metaphrase of the Book of Ecclesiastes, by Saint Gregory Thaumaturgus : https://catholicsaints.info/a-metaphrase-of-the-book-of-ecclesiastes-by-saint-gregory-thaumaturgus/

