samedi 3 novembre 2012

Saint MARTIN de PORRÈS, religieux du Tiers Ordre de saint Dominique


Saint Martin de Porrès

Religieux du Tiers Ordre de Saint-Dominique

(1569-1639)

Ce Saint naquit à Lima, dans l'Amérique méridionale. Son père, Don Juan de Porrès, était un conquérant espagnol, et sa mère, Anna Velasquez, une esclave noire devenue libre. Comme Martin ressemblait beaucoup à sa mère par sa couleur il devint une cause d'humiliation pour son père qui l'abandonna à son sort. Son admirable pureté de moeurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie.

A quinze ans, Martin de Porrès entra dans le Tiers-Ordre de St-Dominique. Le jeune novice chérissait tellement l'humilité qu'il accomplissait avec délice les offices les plus abjects du couvent. Il se regardait et se nommait le plus grand des pécheurs, baisait à genoux les pieds de ceux qui le chargeaient d'injures et les suppliait de le fouler à leurs pieds. Son aversion pour les moindres fautes était implacable. Afin de les éviter sûrement, saint Martin de Porrès ne cessait de châtier son corps par des jeûnes continuels, des cilices et des chaînes de fer. Il affectionnait tellement le divin Sauveur que la force de cet amour surnaturel le fit un jour s'élever de terre, s'envoler vers un crucifix et baiser la plaie du Coeur de Jésus. Il ne parlait que de Dieu ou avec Dieu et déversait son trop plein d'amour divin sur tous les hommes, particulièrement sur les malades et les agonisants. Ce Saint de la charité déploya son intarissable dévouement dans l'office d'infirmier dont il fut chargé.

Dieu Se plut à honorer l'éminente charité de Son serviteur en le gratifiant de faveurs extraordinaires. Saint Martin de Porrès connaissait les secrets des coeurs, prédisait l'avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Il devinait à distance les désirs des malades et se transportait miraculeusement à leur chevet. Pendant une épidémie qui sévit au couvent du Rosaire, on garda toutes les portes closes. Les malades furent ébahis de constater la présence subite du Saint près de leur lit. On a vu et entendu saint Martin de Porrès en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu'il n'a jamais quitté l'Amérique. Quoiqu'il n'eût point fait d'études religieuses, l'humble infirmier résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.

Sa bonté proverbiale s'étendait même aux animaux nuisibles. Afin de leur éviter de tomber dans les pièges meurtriers du frère sacristain qui se plaignait de voir ses étoffes rongées par les rats et les souris, il rassembla un jour toutes ces petites bêtes, et déposant son panier par terre, il leur enjoignit de grimper dedans. Lorsque toutes ces indésirables créatures eurent monté dans sa corbeille, il les transporta au fond du jardin, leur promettant de les nourrir chaque jour.

Dieu lui révéla d'avance le jour de sa mort. Le Saint demanda que tous les religieux du couvent soient présents à ses derniers moments et leur demanda pardon pour toutes les offenses qu'il avait pu commettre envers eux. Ses frères récitèrent avec émotion le Symbole des Apôtres; arrivés à cette parole: «Le Verbe S'est fait chair», saint Martin de Porrès posa doucement le crucifix sur sa poitrine et rendit à Dieu son âme innocente, le troisième jour de novembre 1639, à l'âge de soixante ans.

Comme durant sa vie, de nombreux miracles continuèrent de témoigner de son éminente sainteté. Après avoir examiné et approuvé ces prodiges, le pape Grégoire XVI rangea Martin de Porrès au nombre des bienheureux, le 19 mars 1836; Jean XXIII lui décerna les honneurs de la canonisation.

Résumé O.D.M.

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_martin_de_porres.html


Saint Martin de Porrès (1579-1639)

Saint Martion de Porrès (1569-1639) Appelé couramment 'Martin de la charité', patron de la justice sociale, père des malades et des pauvres, saint Martin de Porrès est un intercesseur hors pair pour toutes les personnes qui sont dans le besoin.

Le trois novembre, l’Église fait mémoire dans sa liturgie de saint Martin de Porrès.

Martin de Porrès naquit le 9 décembre 1579 à Lima, au Pérou. Fils naturel d’un chevalier espagnol, il avait la peau noire comme sa maman. Son père, au début, ne voulut pas le reconnaître. En 1594, il entra au couvent dominicain de Lima où il accomplit les tâches les plus humbles comme celle de nettoyer les salles de toilettes.

Frère Martin y exerça les fonctions d’infirmier et puisa dans la prière des forces qui firent de lui un catéchiste de grande qualité. Sa bonté envers les chiens, les chats et autres animaux était immense, ce qui le rendit très populaire auprès des populations indiennes. Aussi est-il souvent représenté en compagnie d’animaux et tenant un balais à la main pour rappeler les services les plus humbles qu’il accomplissait au monastère. Il mourut à Lima le 3 novembre 1639. Martin de Porrès a été béatifié par le pape Grégoire XVI le 29 octobre 1837 et canonisé par le pape Jean XXIII le 16 mai 1962.


HOMÉLIE DE JEAN XXIII À LA CANONISATION DE SAINT MARTIN DE PORRÈS
(16 MAI 1962)

Martin de Porrès nous montre par les exemples de sa vie que nous pouvons obtenir le salut et la sainteté par le chemin que le Christ Jésus nous a montré ; cela à condition que d’abord nous aimions Dieu de toute notre âme et de tout notre esprit. et ensuite que nous aimions nos proches comme nous-mêmes.

Il était convaincu que le Christ Jésus a souffert pour nous et qu’il a porté nos péchés dans son corps sur la croix. Aussi a-t-il eu un amour tout spécial pour le crucifié. Quand il contemplait ses douloureuses blessures, il ne pouvait s’empêcher de pleurer abondamment. Il avait également un amour très particulier pour le Saint Sacrement de l’Eucharistie ; très souvent, caché dans la sacristie de l’église. il l’adorait pendant des heures et il désirait s’en nourrir le plus fréquemment possible.

Dans une obéissance parfaite aux invitations du divin Maître, il entourait ses frères d’une extrême charité, jaillie d’une foi sans mélange et d’un coeur très humble. Il aimait les hommes parce qu’il les considérait vraiment comme les fils de Dieu et comme ses frères; mieux encore, il les aimait plus que lui-même parce que. dans son humilité, il les estimait tous plus justes et meilleurs que lui.

Il excusait les fautes des autres; il pardonnait les plus violentes injures parce qu’il avait la conviction de mériter, à cause de ses péchés, les châtiments les plus sévères. Il faisait tous ses efforts pour ramener les coupables à une vie honnête. Il assistait les malades avec bonté. Aux plus pauvres il fournissait nourriture, vêtements, remèdes. Aux paysans et aux hommes de couleur, noirs ou métis, considérés alors comme une masse d’esclaves méprisables, il apportait le réconfort de tous les secours et de toutes les attentions dont il était capable. C’est au point qu’il mérita d’être appelé couramment « Martin de la charité».

Ce saint qui, par ses paroles, ses exemples et ses vertus a tellement attiré les hommes vers la vie chrétienne, peut encore aujourd’hui, d’une manière admirable, élever nos âmes vers le ciel. Tous, hélas, ne comprennent et n’apprécient pas ces valeurs surnaturelles comme il faudrait. Mais il y a plus grave ; beaucoup inclinant vers les charmes du vice, méprisent ces valeurs surnaturelles, s’en dégoûtent, ou les négligent totalement. Puisse l’exemple de saint Martin enseigner à un grand nombre, pour leur salut, quelle douceur et quel bonheur on trouve à suivre les traces de Jésus Christ et à obéir à ses commandements.

Source : Liturgie des heures – tome IV « Office des lectures » aux pages 1118 à 1120

SOURCE : http://diaconos.unblog.fr/2012/10/25/saint-martin-de-porres-1579-1639/



SAINT MARTIN DE PORRÈS APÔTRE DE LA CHARITÉ

par le fr. Wilfrid-Marie Houeto, op

INTRODUCTION

Le titre d'apôtre de la charité est celui qui convient très bien à S. Martin de Porrès. C'est aussi sur la base de la charité que chacun d'entre nous sera jugé à la fin de notre séjour ici-bas. Et vous vous demandez qu'est-ce que cette charité ? Elle est à la fois simple et mal comprise de nos jours d'où son intérêt.

D'abord une introduction géographique et historique de S. Martin.

Martin est né dans la ville de Lima au Perou (Amérique du Sud) en 1579. On se rappellera que l'Ordre des Prêcheurs autrement connu sous le nom de Dominicains a été fondé en 1216 au sud de la France, trois siècles avant la naissance de Martin dans ce monde. En 1492, l'Italien Christophe Colomb voyagea en Amérique pour le compte de l'Espagne. L'Europe découvrait ainsi un monde qu'elle appellera le "Nouveau Monde".

L'Espagne était au sommet de sa gloire et se servait de missionnaires chrétiens pour coloniser le monde. Les colonialistes et ceux qui devaient annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu cheminaient et travaillaient côte à côte. On raconte que les Espagnols conquistadors malmenaient les Indiens Américains avec une telle cruauté, les brûlant vifs que c'est un miracle que le catholicisme ait pu transcender et survivre. Mais heureusement qu'en 1510, 12 Frères Prêcheurs (Dominicains) Espagnols débarquent dans l'île de Santo Domingo (ou Saint Domingue). Quelques jours après, un beau dimanche (on raconte) qu'un des frères Domicains, le Père Antonio de Montesino dénonce la cruauté et la barbarie des colonisateurs Espagnols envers la population indigène. Le Père Antonio de Montesino va jusqu'à menacer les colonialistes qui malmenaient les populations indigènes de ne pas leur donner l'absolution. Quelques années après un autre Dominicain Bartolomé de Las Casas arriva dans le nouveau monde. Il sera plus tard acquis à la défense des populations indigènes qui néanmoins continuaient de subir de nombreux sévices de la part des colonisateurs.

Et un saint naquit....

C'est donc dans cette atmosphère que naît le 9 Décembre 1579 Martin de Porrès. Son père Juan de Porrès était d'une noble famille espagnole, un chevalier de l'Ordre de l'Alcantara. Sa mère, Ana Velasquez était une esclave africaine affranchie, une belle danseuse de cabaret. Martin avait une sœur du nom de Juana, (ou Jeanne en français). Les parents de Martin n'étaient pas mariés et n'ont apparemment jamais vécu ensemble, ni avant, ni après la naissance des deux enfants. Ana élèvera toute seule ses deux enfants.

Juan de Porrès, le père de Martin ne l'avait pas accepté à la naissance mais un peu plus tard. On raconte que l'acte de naissance de Martin à l'État Civil de Lima indique jusqu'à ce jour, "Martin, père inconnu". Un peu plus tard, le père avait non seulement reconnu son fils, mais il remplit pleinement et avec beaucoup d'affection son rôle de père, pour Martin et pour sa sœur Juana. Martin grandit près de sa mère qui était une brave dame mais financièrement démunie. Elle envoyait Martin faire les courses tous les matins [au marché public], lui remettant le peu d'argent qu'elle avait gagné la veille. Il advenait un des trois cas suivants :

Martin rentrait souvent avec beaucoup de retard ; (1)

Il rentrait avec un panier [on allait faire les courses avec un panier] à moitié vide, dans le meilleur des cas ; (2)

Ou il rentrait avec un panier presque vide alors qu'il avait dépensé tout l'argent que sa mère lui avait remis. (3)

(1) Martin rentrait avec beaucoup de retard simplement parce que sur le chemin du marché, il y a une église et Martin s'y arrêtait souvent pour passer de long moments. On raconte qu'il était souvent vu agenouillé et en silence devant le crucifix ou devant la statue de la Vierge Marie: il avait à peine sept ans.

(2) & (3) Martin rentrait avec un panier vide ou à moitié vide car il y avait tellement de pauvres mendiants dans les rues de Lima que Martin ne pouvait les ignorer. Il leur donnait ce qu'il avait- ce qui ne faisait pas du tout la joie de sa mère qui n'en avait pas en abondance !

Lorsque Martin avait entre 8 et 10 ans, son père fut nommé Gouverneur de Panama. Il prit avec eux pour une courte période Martin et sa sœur Juana, ce qui leur permit de bénéficier d'une éducation élémentaire. Les deux enfants revinrent vivre avec leur mère quelque temps après.

Lorsqu'il avait environ 12 ans, Martin décida de faire l'apprentissage pour devenir coiffeur, un métier qui était combiné avec celui de médecin traditionnel.

Chez les Dominicains...

Á l'âge de 15 ans, Martin décida de se rendre au couvent des Dominicains du Saint Rosaire dans sa ville natale de Lima. Il était déjà bien connu dans Lima pour ses grandes vertus de charité et pour sa profonde vie spirituelle. Au Prieur des Dominicains, il demanda à être accepté comme un "donatus " ou "donaldo" en espagnol. Ceci correspondrait au "familier" que l'on retrouvait dans les couvents dominicains ou qu'on retrouve encore dans certains monastères de nos jours. Le "donatus" était au bas de l'échelle dans de l'Ordre des Prêcheurs. Non seulement il ne faisait aucun vœux, mais il offrait ses services en échange d'un logement au couvent et de sa prise en charge par les frères. Les "donatus" étaient membres du Tiers Ordre Dominicain aussi appelé Laïc Dominicain.

Au couvent des Dominicains, Martin accomplissait des tâches variées. Il faisait la cuisine pour les frères, était le linger du couvent, l'homme de ménage [raison pour laquelle il est souvent montré avec un balai à la main.] Martin était le "One man show" du couvent des Dominicains. En dehors du couvent, il avait quelques apostolats de taille : il a continué à s'occuper des malades de la ville, un boulot qu'il pratiquait avec celui de coiffeur avant de rejoindre les Dominicains. Martin avait organisé une soupe populaire et on raconte qu'il nourrissait quelques centaines de Péruviens par jour ; il recevait un soutien financier des riches de Lima qui lui faisaient entière confiance. Martin recevait sans demander des milliers, peut-être des centaines de milliers de francs : on était au 17ième siècle dans un pays pauvre. Avec l'argent que l'on lui confiait, Martin s'occupait des œuvres et des enfants de Dieu. Ainsi, il ouvrit un orphelinat et en confia la gestion à sa sœur.

Pendant les cinq premières années au couvent du Saint Rosaire, Martin s'était constamment vu offrir des positions "meilleures", tel que faire les vœux et accéder au rang de "frère", mais Martin constamment refusa disant qu'il préférait être un simple objet dans la maison de son Seigneur. Cependant, à l'âge de vingt ans, Martin fut obligé par le Prieur de faire ses vœux, devenir frère coopérateur, et donc devenir membre à part entière de la famille dominicaine. Il obéit, et fit ses vœux. Pendant 40 après cela, Martin mena une vie de charité basée sur un intense prière.

ET QU'EST-CE QUE LA CHARITÉ ?

C'est le Pape Jean XXIII qui, pendant la cérémonie de canonisation de Martin de Porrès le 5 mai 1963, lui donna le titre d'apôtre de la charité. Et c'est ce qu'il est en réalité.

La prière fut ce que Martin découvrit très tôt dans sa vie. On se souviendra que déjà dès l'âge de sept ans, peut-être bien avant, Martin passait de longs moments dans les églises. Plus tard, lorsqu'il devint coiffeur, on l'a souvent surpris enfermé dans sa chambre qui devint son sanctuaire, absorbé par la prière. Il était souvent en extase.

L'apôtre S. Paul nous enseigne en long et en large la charité à travers ses épîtres : Rom. 12 :9, Rom. 13 :10, Rom. 14 :15, Rom. 15 :30, 1Cor. 4 :21, 1Cor. 8 :1, 1Cor. 13 et suivants, 1Cor. 14 :1, 1Cor. 16 :14, etc., etc......

La charité est donc une vertu et en tant que telle, elle est une disposition à aimer, ici, aimer Dieu. Dieu appelle chacun d'entre nous à une amitié spéciale avec Lui un peu comme un parent s'attend naturellement à une certaine amitié avec son enfant. Mais c'est Dieu qui le Premier nous aime. Lorsque nous l'aimons, nous ne faisons que répondre à son amitié. Les saints sont ceux qui ont aimé Dieu de tout leur cœur et c'est aussi ce que chacun d'entre nous est appelé à faire, aimer Dieu. La charité est un amour d'amitié qui se manifeste de deux façons :

- nous entrons dans une amitié (ici avec Dieu). Deux personnes sont attirées l'une vers l'autre parce qu'il y a quelque chose dans l'autre qui attire et que nous aimons.

- ou nous entrons dans un amour d'amitié simplement parce que nous désirons le bien pour l'autre ; c'est ce qui caractérise la charité car elle nous pousse à simplement désirer le bien de l'autre, notre ami.

Dans un monde où on parle beaucoup d'amour et où on se sert de ce concept pour toutes sortes d'abomination et de perversion, on comprend que le mot puisse prêter à confusion.

Notre ami ici est Dieu et nous entrons dans une amitié naturelle avec Dieu. Notre amitié est plutôt une réponse à l'amour de Dieu. Or, nul n'a jamais vu Dieu qui soit encore de ce monde. Nous ne pouvons voir Dieu qu'à travers ses œuvres. Ses œuvres sont notre prochain, tous ceux qui nous entourent aussi bien que tout ce que Dieu a créé. Nous savons que ce que Dieu a créé est très bon ~Gen 1 :31. Le bien que nous voulons faire à Dieu dans notre élan de charité, nous le faisons à ses créatures : notre prochain et tout ce que Dieu a créé.

Au couvent des Dominicains, Martin était complètement dédié au service de ses frères. Il s'assurait que la cuisine était faite, bien faite et à temps. À la lingerie, Martin prenait grand soin du linge du couvent. Il était chagriné lorsque des souris entraient dans les placards et rongeaient le linge y laissant des trous. Martin aurait pu mettre du raticide pour se débarrasser des souris qui n'étaient que des parasites très nuisibles. Mais là encore, Martin avait quelque chose d'un peu franciscain en lui en ce sens qu'il se rendit compte que la souris est aussi une créature de Dieu. Il ne voulu point les détruire. "Pauvres bêtes ", s'écria t-il un jour exaspéré. "Elles n'auraient pas rongé le linge si elles avaient quelque chose à manger." Et il refusa de poser des pièges ou encore de répandre du raticide pour tuer les souris. Un jour, alors que Martin travaillait dans la lingerie, il vit une petite souris sortir d'un trou. Martin se mit à lui parler. "Va chercher toutes les autres souris et je vous ordonne de quitter cette lingerie et d'aller faire votre demeure au milieu du jardin. Là-bas, je viendrai vous apporter à manger tous les jours." Les frères qui avaient assisté au sermon de Martin à la souris racontent que le rongeur écouta Martin très attentivement les oreilles dressées vers l'avant alors que ses yeux scintillaient de peur. La bête retourna dans son trou. Quelques minutes après, les frères virent sortir de plusieurs endroits de la lingerie une légion de souris et toutes se mirent comme en rang pour se rendre dans le jardin comme Martin le leur avait demandé. Là-bas, elles creusèrent de nouveaux trous et y firent leur nouvelle demeure. Martin leur apportait à manger tous les jours comme il le leur avait promis.

Martin était le coiffeur du couvent. Un jour, après avoir coupé les cheveux d'un frère, il l'entendit se plaindre de sa nouvelle coupe de cheveux à un autre frère. Martin réalisa qu'il n'avait pas bien pris soin d'une créature de Dieu [Quelqu'un d'autre se serait révolté qu'on critiquait ce qu'il pense avoir fait de bon cœur.] Martin pensa plutôt à réparer sa "faute". Il alla cueillir des fruits et vint offrir au frère mécontent de sa coupe de cheveux un panier de fruits frais et variés lui demandant pardon. Le frère en fut bouleversé.

Dans la ville de Lima, il y avait beaucoup d'Indiens qui étaient déshérités et qui s'adonnaient à des substances de dépendance. Ils vivaient dans les rues. Á eux et pour les nombreux dépourvus de Lima, Martin organisait une soupe populaire. Il leur donnait à manger une fois par jour. Pour eux, Martin était une star, un vrai héros. Tous les jours lorsqu'il apparaissait pour prier avant de servir le repas, la foule jubilait. Mais Martin priait, les exhortant à "sauver leurs âmes par le sang du Christ versé pour nous." On entend ici la préoccupation du salut des âmes, cher à S. Dominique mais mieux encore. Martin aimait tellement tout le monde, surtout les déshérités. Il veut que bien au-delà de la nourriture terrestre, ces braves âmes puissent gagner le vrai combat : aller un jour au ciel. Ce n'est que la charité qui pousserait à ce désir pour l'autre.

Martin voyait et aimait Dieu à travers les orphelins. Aussi il fonda un orphelinat dont il confia la gestion à sa sœur. Lui qui avait fait des vœux de pauvreté et ne possédait ni compte courant bancaire, ni quelque bien que ce soit. Ceux qui en avaient en abondance voyaient le bien fondé de l'œuvre de Martin, et y participaient. Il est dit de Martin qu'il savait aimer le pauvre sans haïr le riche, ce que certaines personnes animées d'une bonne volonté peuvent avoir du mal à concevoir. Pour Martin, nous sommes tous des enfants de Dieu, riches ou pauvres.

Au couvent et pour tous ceux qui en éprouvaient le besoin, Martin était l'infirmier. Il aimait s'occuper des malades pour qui il avait une attention singulière. Pour Martin, le malade est quelqu'un qui est dans une lutte, c'est-à-dire la souffrance. Cette lutte est à la fois physique, psychique, etc. mais surtout spirituelle. Pour Martin, la malade est beaucoup plus qu'un cas médical car l'âme du malade aussi bien que le salut de l'âme sont impliquées dans la lutte spirituelle.

C'est Dieu qui créa tout ce qui existe dans la nature et tout ce qu'il créa est bon. Aussi, lorsque exaspéré par l'odeur nauséabonde d'un chien sale et couvert de gale qui était tout le temps devant le couvent des Dominicains un frère le tua et l'enterra dans le jardin du couvent, Martin n'approuva pas ceci. Il alla déterrer le chien le ressuscita, soigna ses plaies, lui donna à manger et lui demanda d'aller loin, très loin du couvent.

Martin respirait la charité. Il la vivait à tout moment, c'est-à-dire qu'il était arrivé à développer une vraie amitié avec Dieu. Il était constamment en présence de Dieu à travers Ses créatures. Et Dieu se manifestait constamment à travers les nombreux miracles que Martin accomplissait : "si vous ne croyez pas en lui, croyez en ses œuvres, car Dieu est sans aucun doute avec lui." La vertu de charité semble déborder sur d'autres :

l'humilité : devant les merveilles de Dieu, on ne peut être que déboussolé. On reconnaît sa petitesse. Une fois, l'Archevêque de Panama voyageait au Pérou où il tomba malade d'un violent mal de tête. On consulta tous les médecins de la ville sans succès. Pris de panique, le Prieur du Couvent des Dominicains eut l'idée de faire venir le fr. Martin dans la chambre de l'archevêque. Á peine fut-il arrivé qu'il imposa les mains sur le prélat et la fièvre disparut. Après ceci, Martin fut troublé et remarqua que le prélat ne devait pas se moquer d'un pauvre mulatto de la sorte.

la sagesse : Martin n'aimait pas passer jugement sur les autres[ il se sentait toujours en présence de créatures de Dieu]. S'il était amené à donner son opinion, il cherchait toujours le bon côté.

l'obéissance : Martin n'aimait pas désobéir. Cela serait aller contre un de ses vœux religieux mais pire, cela vaudrait aller contre la volonté de Dieu. Au moins une fois cependant, Martin se trouva dans une situation difficile. Il amenait les malades et les blessés des rues de Lima pour les soigner dans sa cellule au couvent. Ceci indisposait les frères qui se sont plaints, auprès du Prieur. Celui-ci ordonna Martin de ne plus amener les malades ou les blessés au couvent. Martin se conforma à cet ordre. Un soir, Martin rentrait au couvent lorsqu'il aperçut un Indien qui était blessé et saignait abondamment. Martin se souvint de l'ordre d'interdiction qu'il avait reçu mais réalisa que s'il laissait le pauvre homme sur le trottoir, il allait mourir avant le lever du jour. Il prit le risque d'outrepasser l'ordre d'interdiction. Il amena une fois encore le malade dans sa cellule, pansa sa blessure, lui donna une petite douche et quelque chose à manger. Tôt le matin, pensant que personne ne l'avait vu, il congédia son hôte. Mais un frère avait aperçu Martin passer outre l'ordre du Prieur. Ce jeune frère alla en parler au Prieur qui tout furieux, appela Martin pour lui demander si c'était vrai qu'il avait désobéi. Après que Martin eut avoué sa faute, le Prieur furieux lui infligea une punition. Martin l'accomplit rapidement et surtout très gaiement. Bien après, lorsque toutes les passions étaient calmées, Martin retourna voir le Prieur pour le supplier de lui pardonner sa désobéissance. Le Prieur supplia Martin de lui expliquer ce qui s'était réellement passé, comment lui qui est un réel modèle de vie religieuse admiré par tous les frères a pu passer outre l'ordre du Prieur. Martin prit la parole et dit au Prieur que lorsqu'il s'était trouvé devant la situation, il s'était bien rappelé l'ordre d'interdiction mais qu'il avait pensé que le précepte de charité précède le précepte d'obéissance. Le Prieur n'avait jamais pensé le problème en ces termes et n'avait même pas pensé à la vie religieuse en ces termes. Il regretta avoir prêté attention au frère venu lui rapporter le fait, demanda pardon à Martin pour l'avoir puni et lui dit à la fin : "Vous avez bien agi cher frère ; la prochaine fois vous pouvez recommencer de la même façon."

Pour une vie entièrement vécue dans la charité, Dieu n'abandonne pas ses amis. Mieux, Il est plus proche de Ses amis que nous ne l'imaginons. Dieu se manifestait à travers Martin par les nombreux miracles que le frère accomplissait presque tous les jours.

Il m'arrive [à moi votre pauvre serviteur] de penser que Martin, tout comme beaucoup d'autres saints arrivent à avoir une vision du ciel pendant qu'ils sont encore de ce monde. Et le ciel doit être d'une certaine inimaginable beauté que personne, conscient de l'état misérable qui est le nôtre ne s'en sentirait digne.

Martin était l'ami d'une multitude de gens à Lima, dont au moins deux ont été canonisés :

Ste Rosa de Lima et S. Juan Macias, tous trois reposant au couvent du Saint Rosaire à Lima.

Le fr. Martin naquit au ciel le 3 novembre dans l'année du Seigneur, 1639.

SOURCE : http://biblio.domuni.org/articleshist/martindeporres.htm


APÔTRE DE LA CHARITÉ (1579-1639)

Par M. Roger Zielke

Chers lecteurs:

Martin avait une grande charité envers amis et ennemis, et son amour pour les animaux était semblable à celui qu'avait St François d'Assise. La race, la couleur, ou le credo ne comptaient pas pour notre saint; sa première pensée était d'aider les autres de son mieux; que ce soit en leur donnant de l'argent, ou de la nourriture; en pansant leurs plaies, ou en leur donnant de bons conseils spirituels ou d'ordre pratique, il ne laissait jamais un acte de charité inachevé. Depuis son enfance Martin apprit à être humble. Et au monastère, il continua de s'humilier, prenant toujours la dernière place, et ne se défendant jamais. À une époque où tout le monde connaissait sa sainteté et où les ecclésiastiques et laïcs les plus éminents quémandaient ses avis, un confrère Religieux lui demanda: "Frère Martin, ne serait-il pas mieux pour vous de demeurer dans la maison de Son Excellence, l'Archevêque de Mexico, au lieu de demeurer ici à nettoyer les toilettes du Monastère?" Sans hésitation aucune, Martin répondit, selon les mots du Roi David: "J'ai choisi d'être abject dans la maison de mon Dieu" (Psaume 83; 11).

Les Premières Années

Martin est né le 9 décembre 1579 à Lima, au Pérou, en Amérique du Sud. À cette époque les Espagnols avaient conquis plusieurs parties de ce continent et plusieurs d'entre eux se révélaient des maîtres de cruauté, laissant plusieurs amérindiens pauvres et misérables. Il est étonnant que la Foi Catholique ait été reçue par ces pauvres gens, alors qu'ils furent si méchamment traités. Malgré que Dieu lui-même soit intervenu par des prêtres, des saints, et même des tremblements de terre pour les amener à se convertir, plusieurs Espagnols persistèrent dans leur avarice et manque de charité. Notre saint est né enfant illégitime de Jean de Porrès, noble Espagnol et Chevalier de l'Ordre d'Alcantara, et d'Anne Vélasquez, une esclave noire libérée. Au début Jean de Porrès fut vivement ennuyé de ce que le petit Martin soit noir comme sa mère, et non bronzé comme les Espagnols. Mais il se repentit bientôt, et il reconnut légalement l'enfant pour sien, ainsi qu'une soeur née deux ans après lui. Alors que Jean, avec qui elle s'était finalement mariée, devait s'absenter pour de longues périodes, ayant en effet été nommé à un poste important dans un autre pays, Anna faisait de son mieux pour s'occuper de ses deux petits. Elle devait parfois multiplier les petits emplois, afin de subvenir aux nécessités de la petite famille. Souvent elle envoyait le petit Martin au marché, et celui-ce revenait à la maison avec un panier vide, et sans argent non plus! Il y avait tellement de pauvres à Lima que Martin ne pouvait s'empêcher de leur faire l'aumône, même s'il savait que c'était avec l'argent de sa mère, et que celle-ci lui ferait de graves remontrances à son retour à la maison. Durant une de ses visites à Lima, Jean prit ses deux enfants, Martin (huit ans) et Joanne (six ans), et il s'en retourna à Guayaquil, en Équateur. Il voulait en prendre soin et les éduquer comme un vrai père. Mais au bout de quatre ans Jean fut nommé au Panama. Il laissa alors Joanne chez son grand-oncle de Guayaquil, et il emmena Martin à Lima pour y vivre avec sa mère. Il remit à cette dernière des fonds suffisants pour lui permettre de bien vivre et de fournir une bonne éducation au jeune garçon. Alors âgé de douze ans, celui-ci décida d'apprendre le métier de barbier, et devint apprenti d'un dénommé Marcel de Rivero. Il faut savoir qu'à cette époque les barbiers ne faisaient pas que couper les cheveux ou raser la barbe des clients, mais ils soignaient aussi les blessures et les fractures, ils pratiquaient des saignées, et prescrivaient des remèdes pour les maladies courantes. Étant intelligent, Martin devint rapidement maître dans son art. Souvent Marcel laissait à notre jeune ami le soin de panser les plaies des malades se présentant à la boutique. Lors d'une de ces occasions, un Indien qui avait été sévèrement battu lors d'une bagarre fut amené chez Marcel de Rivero. Notre jeune saint nettoya donc et pansa les blessures de ce pauvre homme, et au bout de quelques jours celui-ci redevint frais et dispos, et suffisamment fort pour reprendre son travail. Cet incident et d'autres du même genre furent bientôt connus, et les gens commencèrent alors à préférer se faire soigner par Martin. Grâce à ses gains de barbier, notre ami aurait pu vivre confortablement avec sa mère et s'enrichir assez vite. Mais telle n'était pas son ambition. Maintenant qu'il en avait les moyens, Martin aimait encore plus les pauvres, et il voulait les aider davantage. Lorsque notre ami refusait d'être payé pour ses services, sa mère ne le grondait pas, car elle n'était pas frivole, et se contentait de ce que son mari lui avait donné pour l'entretien de son petit ménage.

Martin travaillait fort. Il se levait à l'aube, et s'arrêtait en chemin à l'église St Lazare, où il servait autant de Messes que le temps lui permettait. Puis, après avoir servi les pauvres et les affligés qui s'étaient présentés à la boutique, il s'enfermait dans sa chambre pour lire et prier. Il demeurait alors à genoux, immobile, son visage ruisselant de larmes, ses bras étendus en forme de croix, et ses yeux fixés sur le crucifix. Une telle spiritualité ne pouvait faire autrement que de produire de bons fruits et, à l'âge de 16 ans le jeune Martin entra dans l'Ordre des Dominicains. Il était assoiffé de sainteté. Le Christ lui avait tout donné, et il voulait tout donner au Christ. Quittant son emploi de barbier et sa pauvre mère, il demanda à être admis à la plus humble position qu'il y avait au Monastère du Saint Rosaire, celui de membre du Tiers Ordre, ou "donado" ("donné"). Ces membres se dévouent au service du Monastère; ils y vivent sous l'habit dominicain, y recevant ce qui est nécessaire à leur subsistance. Ils se voient confier les tâches les plus pénibles, et prennent rang sous les simples Frères. Le jour où il reçut le saint habit, Martin considéra que cela avait plus de valeur que sa liberté, son métier, et son apostolat dans le monde. Il se dévoua donc aux travaux les plus humbles; il balaya les cloîtres et les corridors, il nettoya les toilettes. Et à cause de son expérience dans le monde, on lui confia aussi le poste de barbier du Monastère.

Un jour que Martin apprit que son Prieur s'en était allé au marché pour y vendre des biens du Monastère afin de payer des dettes et fournir de la nourriture à la communauté, il se mit à courir après lui dans les rues de Lima, le rattrapa, et le supplia en ces termes: "Ne vendez pas ces objets que vous portez, mais vendez-moi, puisque le Monastère gaspille ses fonds à me garder moi, un pauvre idiot et un mulâtre; un marchant pourrait payer un bon montant pour moi, car je suis fort et je peux bien travailler. Et ce sera pour moi une grande bénédiction de trouver enfin quelqu'un qui me traitera comme je le mérite." Le Prieur fut d'abord confus; mais quand il comprit la proposition de Martin, ses yeux se remplirent de larmes et il répondit: "Retournez au monastère, mon Frère, vous n'êtes pas à vendre!"


Un Infirmier Patient… Et Efficace!

Avec le temps les Supérieurs de Martin reconnurent ses habiletés médicales, et ils lui confièrent le soin des malades à l'infirmerie. Voyant le Christ en toutes les âmes affligées, le saint Frère servait les malades avec un dévouement total, voyant à tous leurs besoins, même les plus répugnants. Souvent, il les servait même à genoux, "avec le coeur enflammé d'un Séraphin" dira un témoin. Il s'agissait là de la position qu'il préférait, surtout vis-à-vis des prêtres. Il ne s'asseyait jamais en leur présence, et il leur baisait les pieds, car il reconnaissait en eux les prédicateurs de l'Évangile. Prendre soin des malades n'était pas toujours une tâche facile. Quand ceux-ci récompensaient son dévouement par des impatiences et des mots durs, Martin prenait tout cela en bonne part. Il savait combien la souffrance peut rendre les gens impatients et de mauvais poil. Il se réjouissait même d'être la cible de ces sautes d'humeur, et il sentait qu'il devait même être reconnaissant envers ceux qui le rebutaient ou l'insultaient. D'un patient qu'il l'avait traité rudement il disait: "Je dois prendre un meilleur soin de celui-ci, car il me connaît mieux que les autres." L'humilité de Martin résistait autant aux louanges qu'aux insultes, et il réagissait à celles venant de ses égaux ou inférieurs de la même façon qu'il le faisait quand elles lui venaient de ses Supérieurs.

Selon les circonstances, notre jeune saint se servait d'herbes ou de ses talents médicaux pour effectuer des guérisons, même quand les herbes n'étaient pas nécessaires: Notre ami avait en effet le don de thaumaturgie... Le frère Ferdinand était aux portes de la mort, et les médecins avaient abandonné tout espoir. Le pauvre homme avait de la difficulté à respirer et souffrait terriblement de la poitrine. Une nuit Martin vint sur les lieux, enroula un bandage autour de la poitrine du Fr. Ferdinand, déposant des feuilles de trèfles sous les plis du pansement. Le frère dormit bien cette nuit-là, et le lendemain se trouva complètement guéri, et en mesure de vaquer à ses travaux coutumiers! Le Père Christophe avait quant à lui une sévère rage de dents, et se remit aux soins d'un frère pour se faire arracher la dent pourrie. Or le frère fit un travail de boucher, arrachant la racine de la dent et une partie de la gencive, si bien que le pauvre prêtre souffrit d'une hémorragie, et de douleurs intenses durant une semaine, ne pouvant ni s'alimenter ni dormir. Il commença à désespérer de guérir. Martin vint le visiter et lui tapa doucement sur la joue. Il déposa ensuite du fil à coudre au sein de la cavité dentaire. L'hémorragie arrêta sur le coup, et les souffrances cessèrent. Mais à une heure le lendemain matin, les douleurs reprirent de plus belle. Martin se trouvait au choeur, en prière. Il apparut néanmoins près du prêtre, retira le fil de la cavité, et tapa gentiment sur sa joue. Cette fois le malade fut guéri pour de bon. Un des plus grands miracles qu'opéra notre ami fut auprès du vieux Frère Thomas, qui se mourait dans sa cellule, sous la garde d'un Frère. Celui-ci quitta les lieux pour un court moment, et quand il y revint, le Frère Thomas était mort! On appela Martin et il se mit en prière devant un crucifix, aux pieds du mort, lequel était alors proprement "refroidi". Il fut soudainement inspiré de crier: "Frère Thomas!" dans l'oreille du mort. Celui-ci répondit par un faible soupir. Martin recommença, avec le même résultat. A la troisième reprise, le vieux Frère reprit des couleurs et revint à la vie!

La Prière Et La Pénitence

Martin était un homme de prière. Il avait acquis cet art dès sa jeunesse, mais après son entrée au Monastère, sa vie entière devint une prière. En toutes ses occupations, qu'il soit en train de balayer les planchers, de soigner les malades, de secourir les pauvres, ses pensées demeuraient fixées en Dieu. Et lorsqu'il se déplaçait au cours de ses travaux, il ne manquait pas de s'incliner devant les images des saints ou même de s'agenouiller devant une statue pour une courte mais fervente prière. Et il ne faut pas oublier la chapelle que Martin aimait le plus: celle dédiée à Notre Dame du Rosaire. Il s'y rendait souvent pour dire à la Vierge son ardent désir d'aimer Son divin Fils, et pour lui présenter toutes ses difficultés. Là, à chaque soir il suppliait Marie: "Veillez sur moi, et ne permettez pas que je tombe dans le péché." En signe d'amour envers Notre Dame il allait tous les matins au lever du soleil dans le clocher pour y sonner l'Angélus, et il continua ce pieux devoir jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent à la fin de sa vie. Marie lui enseigna la sagesse, et elle l'aida même physiquement, comme lorsqu'un certain soir, alors qu'il avait prolongé sa prière mariale et se pressait pour aller rejoindre la communauté au choeur, elle lui envoya deux anges vêtus de robes blanches et portant des cierges allumés, afin d'empêcher le Frère Martin de se heurter à des obstacles dans le noir. Martin aimait aussi beaucoup la chapelle susdite en raison du Saint Sacrement qui y était réservé. Il y avait découvert un recoin idéal pour pouvoir adorer son Jésus sans être vu. Il s'agissait d'un espace sous le toit de la chapelle. Il pouvait y grimper et se glisser jusqu'au dessus du tabernacle. Il pouvait rester là durant des heures, et on l'y aperçu un jour flottant dans les airs, dans la posture de l'adoration! De plus, à chaque fois que Martin longeait le cloître supérieur et passait devant une fenêtre donnant sur l'intérieur de la chapelle, il s'arrêtait et s'agenouillait quelques instants pour adorer le bon Dieu.

St Martin de Porrès aimait la Sainte Messe, la Fête-Dieu, le troisième dimanche du mois, et tous les jeudis. Quand le Saint Sacrement était exposé durant ces journées dédiées à l'Eucharistie, il se tenait immobile pendant des heures, tel une statue figée en adoration. En ce temps-là les religieux ne recevaient la sainte Communion qu'aux grandes fêtes de Jésus et de Marie, et le dimanche. Martin reçut en outre la permission de communier les jeudis. Lorsqu'il s'approchait pour recevoir son Seigneur, sa face était comme un charbon allumé. Après la Messe il allait se cacher dans la salle du Chapitre, et il passait un long temps à converser avec son Rédempteur. La nuit était par ailleurs la période que Martin préférait pour s'adonner à la prière. Il y dormait peu, se contentant de prendre de brèves siestes durant le jour, lorsqu'il attendait des visiteurs. Il choisissait souvent la salle du Chapitre pour faire ses dévotions. Il arriva plus d'une fois que des confrères le surprirent en pleine lévitation dans la chapelle, élevé à la hauteur du grand crucifix d'autel. Il avait alors les bras étendus et posait ses mains sur les mains clouées de Jésus! Ses progrès dans la vie de prière étaient en grande partie dus à sa grande mortification. Imitant Saint Dominique, le Fondateur des Dominicains, notre ami se donnait la discipline sur le dos trois fois par soir. Avant Minuit, pour s'unir aux souffrances endurées par Notre Seigneur lors de sa flagellation, Martin se servait d'une discipline faite de chaîne de fer et de pointes acérées. À Minuit, il utilisait une corde garnie de noeuds, et à la pointe du jour, il demandait à un confrère de le fustiger sans pitié avec une branche d'arbre. Il voulait cette pénitence pour soulager les âmes du Purgatoire. Puis, pour faire bonne mesure, il revêtait sous ses habits, durant le jour, un cilice de crin et une chaîne de métal autour de la taille. Enfin il jeûnait durant presque toute l'année, même si cela n'était pas commandé par le Règle de son Ordre.

Comme le souffrit le saint Curé d'Ars, le démon se tenait près de Martin. En voici un exemple: Le saint Frère devait parfois visiter l'infirmerie durant la nuit, et il utilisait comme raccourci un vieil escalier situé entre sa chambre et la salle des malades. Un soir, alors qu'il avait les bras chargés de matériel, il s'engagea dans l'escalier. Un terrible monstre aux yeux brillants lui barra la voie. Martin savait à qui il avait affaire. "Que fais-tu ici, toi le Maudit?" demanda-t-il. Le démon répliqua: "Je suis ici parce que ça me plaît, et parce que j'en attend du profit." Martin s'écria alors:"Va-t-en d'ici vers les profondeurs maudites où tu vis!" Le monstre refusa de bouger. Martin déposa son fardeau, retira sa ceinture de cuir, et se mis à en battre le monstre, lequel disparut bientôt, sachant qu'il ne gagnerait rien à rester dans les parages.


Les Trois Vœux et Les Vertus

Durant neuf ans Martin le "donado" avait édifié la communauté par ses vertus, et son Supérieur lui demanda donc de faire Profession en tant que Frère laïc. C'est ainsi qu'un jour, en présence de tous ses frères réunis à la salle du Chapitre, et après une cérémonie où il invoqua la miséricorde de Dieu et de l'Ordre Dominicain, Martin de Porrès fit les voeux solennels de Pauvreté, Chasteté, Obéissance. Bien qu'aucun changement ne fût extérieurement remarqué, l'âme de Martin se trouva baignée dans la grâce et la miséricorde de Dieu, et c'est désormais à pas de géant qu'il allait parcourir le dur chemin de la vie spirituelle.

Martin aimait la sainte pauvreté, et la pratiquait à un degré héroïque. Il ne faisait jamais usage des choses nouvelles, et tous ses habits étaient de seconde main. Il disait à ses confrères qu'il préférait utiliser des choses vieilles et laides, car il n'avait pas à les entretenir ou à s'en préoccuper. Un certain jour sa soeur Joanne voulut lui donner un nouvel habit, afin de pouvoir laver celui que Martin portait, mais il refusa son offre, disant:"Quand je lave mon habit, ma tunique me suffit pendant le temps où il sèche; et quand je lave ma tunique, c'est mon habit que je porte. Ça serait vraiment du superflu que d'avoir deux habits à mon usage." Il choisissait ses souliers parmi les paires jetées au rebut par ses frères. Son désir de pauvreté allait si loin qu'il n'avait même pas de cellule, et que c'est dans une chambre d'entreposage qu'il avait installé son lit de planches. On ne voyait sur les murs de cette chambre qu'une pauvre croix de bois, avec une image de la Sainte Vierge et de St Dominique. Notre ami était aussi un modèle de pureté. Tous ceux qui le connurent de son vivant s'accordaient à dire qu'il avait conservé sa virginité toute sa vie. C'est en s'efforçant de développer une union de plus en plus intime avec Dieu que Martin augmentait sans cesse son degré de pureté. Chacun de ses gestes, de ses actions, de ses paroles, manifestait la pureté de son coeur, et inspirait son entourage à plus de dévotion. Les affligés se sentaient consolés rien qu'à le regarder. Et que dire de son obéissance? Celle-ci était basée sur un tel sentiment de respect envers l'autorité, qu'on pourrait presque parler de vénération, et cela s'appliquait tant à l'autorité civile qu'à l'ecclésiastique, car il y voyait un reflet de l'autorité de Dieu. Un prêtre témoignera que le saint Frère "obéissait et révérait les prélats tant religieux que diocésains, ainsi que tous ceux qui étaient investis d'une dignité ecclésiastique ou civile, comme s'il vénérait en eux Dieu, Son Autorité et Sa Puissance déléguées." Un frère disait que Martin "accomplissait son voeu d'obéissance avec une volonté prompte, joyeuse, et virile."

Étant fort avancé dans la science des saints, Martin servait souvent d'arbitre lors des disputes théologiques entre les Frères étudiants, et il leur donnait souvent une réponse exacte et rapide lorsqu'ils le questionnaient. Bien qu'il n'ait pas le temps de lire ou d'étudier, à cause de ses multiples activités, il connaissait la Somme de Saint Thomas. Lorsqu'il entendit un jour un étudiant discuter d'un problème soulevé par St Thomas, Frère Martin lui dit:"Pourquoi vous exciter autant pour cette question, quand St Thomas a lui-même résolu cette difficulté?" Il donna alors au Frère clerc l'endroit exact où il trouverait la solution du Docteur Angélique! Comme St Bonaventure et beaucoup d'autres saints, c'est par ses longues heures de contemplation devant le Crucifix ou le saint Sacrement que le Frère avait acquis une telle science de Dieu.

Son amour pour les âmes était sans limites. À chaque jour, après qu'il eut servi leur repas aux malades et aux domestiques du Monastère, et qu'il eut donné de la nourriture aux pauvres, frère Martin réunissait un groupe de jeunes garçons et d'ouvriers du Monastère, et il leur enseignait la doctrine et les prières chrétiennes, et il les instruisait aussi sur la manière de vivre en bons Chrétiens. Ses auditeurs étaient non seulement attentifs, mais ils s'efforçaient vraiment de mettre en pratique ce que le saint religieux leur avait enseigné. Martin avait particulièrement à coeur le salut des enfants. Il y avait en effet beaucoup d'orphelins vagabondant dans les rues de Lima, et Martin travailla beaucoup à l'établissement de l'Orphelinat de la Sainte Croix pour les recueillir et les éduquer. Il choisissait avec beaucoup de soins les professeurs et autres employés de l'Orphelinat, et s'assurait qu'ils recevaient un bon salaire. Le but du Frère était de transformer ces pauvres orphelins en hommes et femmes qui vivraient en bons Catholiques. Il avait réalisé qu'une bonne éducation permettrait aux garçons de s'établir dans la vie, et il s'assurait aussi que les filles aient toutes une dot suffisante pour leur permettre de faire un bon mariage. Bien sûr, une telle entreprise requérait beaucoup d'argent, mais cela n'inquiétait pas notre saint. Il avait de nombreux amis- des gens riches et nobles, et même le vice-roi- qui lui donnèrent avec grande générosité, car ils savaient qu'il allait utiliser leurs dons pour faire la volonté de Dieu. Et celui-ci bénit les donateurs de telle sorte que plus ils donnaient, plus ils gagnaient d'argent par la suite!

La bilocation est le fait de se trouver en deux endroits différents dans le même temps, et c'est un don miraculeux qui fut accordé à peu de saints. Martin fut un de ces privilégiés. Il désirait ardemment aller répandre la Foi en Chine et au Japon, et voulait faire le don de sa vie à Dieu par le martyre. Même si le bon Frère n'eut jamais l'occasion de réaliser son souhait, Dieu s'en contenta. Des témoins ont rapporté que Martin fut vu à plusieurs reprises en ces deux contrées d'Orient, et qu'il réunissait alors près de lui les petits Asiatiques pour leur enseigner la Foi. À la fin de chaque leçon de Catéchisme, il donnait aux enfants des images, des bonbons, et des fruits exotiques que ceux-ci n'avaient jamais vues où goûtés auparavant. Il arriva aussi que notre ami usera de ce don pour soulager les Catholiques prisonniers des Turcs et qui se trouvaient en danger de se décourager et d'abjurer leur Foi. On rapporte qu'un homme qui fut prisonnier des Turcs pendant plusieurs années et puis avait été libéré, était allé au monastère du Saint Rosaire de Lima, et qu'il avait rapporté aux Pères que le Frère Martin avait été le visiter, lui et ses compagnons d'infortune, à plusieurs reprises, leur apportant du pain, de l'argent, etc., et qu'il prenait soin des malades, et encourageait tous les prisonniers à rester fidèles à la foi Catholique. Ces visites du saint Frère avaient été les seules consolations de son existence de prisonnier, et l'argent qu'il en recevait petit à petit lui permirent finalement de payer sa liberté. On rapporte aussi qu'une certaine nuit Martin quitta le Couvent malgré les portes verrouillées, et qu'il alla assister un Indien qui se mourait à l'Hôpital Ste Anne de Lima. Il demanda au mourant s'il était baptisé, et celui-ci répondit que non. Le Frère envoya chercher l'aumônier de l'hôpital. Celui-ci baptisa donc l'Indien, qui mourut peu après, et notre saint ami retourna au Monastère en passant au travers des lourdes portes barrées.

Un autre fait surprenant... Le frère Martin avait entre autres soins celui de veiller aux choses utiles aux malades:Linges, vêtements, draps, etc. Il s'assurait en outre que les habits et tuniques de rechange des Frères et Pères étaient bien propres et bien rangés. Mais il y avait au monastère des intrus qui semblaient prendre un malin plaisir à trouer et salir le linge et les tissus. L'un d'eux fut un jour attrapé par Martin. Il s'agissait d'une souris. Il lui tint alors ce discours:"Petite soeur, pourquoi est-ce que toi et tes compagnes faites tant de dommages aux choses des pauvres malades? Vois, je ne te tuerai pas, mais tu devras assembler toutes tes camarades, et les conduire au fond du jardin. Si vous laissez mes armoires en paix, je vous apportai tous les jours de quoi manger." La petite souris entendit, sauta au sol, et disparut. Soudainement il y eut grand bruissement; du plafond, des armoires, des craques du plancher, surgirent des centaines de souris qui se rassemblèrent et se dirigèrent vers le fond du jardin où elles trouvèrent suffisamment de place pour s'y creuser des trous bien confortables. A partir de ce moment, il n'y eut plus de dégâts ni de dommages dans les armoires, et Frère Martin alla tous les jours nourrir ses petites compagnes. Le Monastère était délivré, ou presque, des souris!

Un Père Pour Les Jeunes Religieux

Sans être Maître des Novices, Martin était comme un père pour eux. Dès que l'un d'entre eux avait besoin d'une nouvelle chemise ou d'un livre, notre ami s'empressait de l'aider. Il voulait s'assurer que ces jeunes religieux ne se décourageraient pas dans leur vocation à cause du manque de choses nécessaires; il était en quelque sorte leur ange gardien, fussent-ils en bonne santé ou malades. Il leur rappelait:"Les garçons, étudiez attentivement, parce qu'un jour le crédit et la gloire de la Province dépendront de vous." Il les encourageait souvent par de telles paroles, et renouvelait leur amour et enthousiasme envers l'Ordre Dominicain. On rapporte le cas d'un certain Frère François. Celui-ci était novice depuis un mois quand son père, qui allait prendre sa retraite et voulait donner à son fils son poste de Secrétaire du Trésor Royal, vint au Couvent et planifia le fuite de son fils. Un trou devait être percé dans le mur autour du Monastère, et François devait quitter l'Ordre en secret au milieu de la nuit. Ce soir-là, Martin alla voir le Frère François et le taquina de ce qu'il voulait quitter l'Ordre:"Ce que tu ne voulais pas faire par amour pour Dieu, tu le feras par crainte de Dieu." Le jeune Frère alla ensuite pour souper mais, dès qu'il fut assis à table, il fut pris de tremblements et de frissons:Une forte fièvre l'obligea à prendre le lit. Ses projets tombaient à l'eau. Un mois plus tard, s'étant remis de cette maladie, il arrangea un nouveau projet d'escapade. Or il tomba à nouveau malade. Mais il se remis, et organisa une nouvelle tentative. Peine perdue! Il tomba malade à nouveau. Cette fois il comprit le message, et il persévéra dans la vie religieuse. Un autre jour, le Maître des Novices demanda à Martin de rechercher deux novices qu'on ne pouvait retrouver nulle part. Notre ami arpenta les rues de la ville, et les retrouva ensemble dans une maison. Il entra en passant au travers la porte verrouillée et il encouragea les deux jeunes religieux à continuer dans la vie religieuse. Honteux de leur fuite, les deux Frères revinrent au Monastère, et ils y pénétrèrent avec Martin, malgré les portes barrées! Un jour, le Maître des Novices envoya ceux-ci voir notre saint durant leur récréation. Ils allèrent donc à sa cellule, et pendant que Martin allait à la cuisine pour leur préparer une collation, les novices fouillèrent les tiroirs du saint, et y découvrirent des fruits et un pièce de monnaie. Lorsqu'il revint sur les lieux, notre ami dit aux novices qu'ils pouvaient manger les fruits qu'ils avaient trouvés, et ceux-ci s'empressèrent de s'exécuter. Puis ils firent mine de partir, lorsque Martin les arrêta en disant à l'un d'eux:"Frère, remettez l'argent où vous l'avez trouvé, il ne nous appartient pas, mais appartient à quelqu'un d'autre." Alors que l'interpellé feignait l'ignorance, Martin reprit:"Enlevez la pièce de monnaie cachée dans votre soulier. Il est mauvais de prendre ce qui appartient aux pauvres de Jésus-Christ." Un autre fait: Lors d'une belle journée de vacances, le Frère Martin de Porrès avait emmené trente novices pour une promenade en campagne. Ce fut une joyeuse randonnée, et ils s'arrêtèrent au sommet d'une petite montagne pour y pique-niquer. L'après-midi fut très agréable. Mais soudainement, les novices se rendirent compte qu'ils auraient dû depuis longtemps se mettre en route pour retourner au monastère, et qu'ils allaient arriver en retard aux offices et être punis. Seul Martin ne semblait pas préoccupé. Alors que la petite troupe se trouvait encore à deux kilomètres du monastère, la cloche de celui-ci sonnait l'Avé. Panique chez les novices! Quelle ne fut donc pas leur surprise de se retrouver au monastère en moins de trois minutes, juste à temps pour l'office!

Notre saint avait reçu le don de conseil, et il comprenait que Dieu voulait qu'il en fasse bénéficier ses frères, novices ou non. Lorsque la communauté ne pouvait arriver à conclure une élection aux divers postes du monastère car les résultats étaient trop serrés, on demandait l'avis de Martin. Celui-ci disait parfois à l'un des candidats:"Vous n'êtes pas fait pour cet emploi", et à un autre;"Vous n'avez pas encore assez de maturité pour cette position". Personne ne s'offensait de tels jugements, et tout le monde y voyait l'expression de la volonté de Dieu.

Souvent Dieu donne à un saint un ami qui en est un aussi, et cela arriva pour Martin. Il eut en effet la joie d'avoir St Jean Massias comme ami. Celui-ci était aussi un Dominicain, vivant au monastère Ste Marie-Madeleine à Lima. Les deux saints avaient la permission de se rencontrer de temps à autre, et ils profitaient de l'occasion pour échanger sur leurs expériences mystiques, et ils concluaient leur rencontre en se donnant mutuellement la discipline jusqu'au sang.



Bienfaiteur Et Ami Des Pauvres, Et Autres Créatures

Marin aimait les pauvres, et ceux-ci le lui rendaient bien. À l'heure du souper, notre ami ne tenait plus en place, et il ne retrouvait la paix qu'en se retrouvant au milieu de ses chers pauvres. Mais auparavant, il mettait dans un gros pot sa propre nourriture puis allait de table en table quémander les restes de ses Frères. Cela fait, il allait prendre les restes de la cuisine de l'infirmerie. Les pauvres étaient là qui l'attendaient écuelles en mains. Ils avaient aussi apporté celles de leurs camarades trop faibles pour se déplacer. Un jour Martin s'était rendu ainsi à la cuisine de l'infirmerie et le cuisinier lui dit qu'il n'y aurait même pas assez de nourriture pour les religieux malades, en grand nombre ce jour-là. Martin lui répondit:"Vous ne devriez pas être découragé ou abattu pour si peu. Dieu va sûrement pourvoir à tous nos besoins, puis qu'Il soutient le monde!" Puis il prit la louche des mains du Frère, et alla verser de généreuses portions dans les écuelles. Il y en eut suffisamment pour tous les malades, et même pour les pauvres! Avant de remplir les écuelles, les bols, les tasses présentées par les mendiants, Martin faisait toujours une prière:"Puisse Dieu, en son infinie miséricorde, multiplier cette nourriture." et Dieu ne manquait pas d'exaucer une telle confiance. Il se trouvait toujours de la nourriture dans la marmite, jusqu'à ce qu tous les plats soient remplis, même ceux des chiens et des chats!

Il semble que Dieu ait donné aux animaux vivant près du monastère l'instinct de savoir que Martin serait toujours leur bienfaiteur. En voici quelques exemples amusants et touchants... Notre ami se faisait un jour demander pourquoi il était en train de découper en bandelettes un drap usé, alors que personne n'était blessé. Il répondit: "En ce moment, non, mais quelqu'un en aura bientôt besoin." Peu après, un gros chien entra à l'infirmerie, ses intestins sortant de son ventre blessé. Martin les remit en place, recousit et pansa le ventre de l'animal, et lui ordonna de s'étendre sur des peaux de mouton qu'il avait mises par terre. Le saint garda le chien quelques jours, et lorsqu'il fut guéri le renvoya: "Maintenant va, et recommence à travailler pour ton maître!". Le brave animal s'empressa d'obéir... Un autre jour un chien vint prendre la file derrière les malades. Il avait quatre plaies ouvertes, et même une arme lui passant de part et d'autre du corps! Il avertit le Frère de son grave état par quelques jappements plaintifs. Martin vint le prendre par l'oreille et le mena à sa chambre où il soigna ses plaies. Cependant le chien montra les crocs, et notre ami comprit qu'il s'agissait d'un malcommode et il l'avertit: "Tu es mieux d'être tranquille et d'apprendre à devenir bon, car les malotrus finissent mal!" Après quelques jours le quadrupède fut guéri et montra dès lors sa gratitude en suivant Martin partout. Mais malgré le bon conseil du frère l'animal ne s'était pas amélioré, et grognait dès que quelqu'un s'approchait du religieux. Martin lui dit: "Frère, quand apprendras-tu à devenir bon? Fais attention, ou bien la prochaine fois tu te feras chasser à coups de trique!" Quelques jours plus tard le chien attaqua un Frère, et celui-ci, accompagné de quelques autres, le chassa hors du monastère à coups de bâtons. Un fait encore plus surprenant: le vieux Frère Jean, Économe du monastère, avait un chien âgé de 18 ans qui avait la gale et d'autres infirmités dues à la vieillesse. Frère Jean se sentit un jour obligé de se débarrasser de son vieux compagnon, lequel d'ailleurs dégageait maintenant une odeur infecte. Il confia donc le chien à un laïc pour être éliminé, et l'homme tua le chien en lui écrasant la tête d'un coup de pierre. Il allait le jeter ensuite à la rivière quand survint Martin qui lui réclama et en obtint la dépouille de l'animal; il l'apporta dans sa cellule et la déposa sur le plancher. Au contact du plancher, le chien revint à la vie et s'assit! Martin lui prit la tête entre ses mains, la nettoya, et la referma. Quatre jours plus tard le pauvre animal était parfaitement guéri, non seulement des ses blessures, mais de la gale et de ses infirmités! Quelles ne furent pas la surprise et la joie du frère Jean de retrouver son fidèle compagnon! Mais les chiens n'étaient pas les seuls animaux à bénéficier de la présence du Frère Martin. Celui-ci soignait aussi les chats, et même les dindes! Un jour, comme il les nourrissait il dit aux membres de sa petite ménagerie: "Maintenant mes petits frères, ne vous chicanez pas et mangez ensemble comme de bons frères, autrement je devrai vous renvoyer!" Les assistants ne pouvaient s'empêcher d'admirer le fait de ces animaux divers, chiens, chats, même souris, manger en paix à partir d'un même plat! Même lorsqu'il visitait une ferme, les animaux s'y trouvant venaient le trouver et le caresser, fussent-ils des taureaux, ou des ânes. Les poulets se laissaient prendre par lui sans témoigner aucune crainte.

Les Derniers Moments

Partagé entre le soin de la communauté et l'aide aux pauvres et même aux animaux, la vie de Martin s'écoula rapidement et, même si ses frères eussent voulu le garder près d'eux encore longtemps, Dieu avait tracé la limite de la vie terrestre de Martin de Porrès. À l'été de 1639, celui-ci était âgé de 59 ans, et Lima recevait la visite du nouvel Archevêque de Mexico, Mgr Felician da Vega, qui malheureusement avait attrapé une pneumonie durant son voyage. Mgr de Vega connaissait et même honorait Martin de son amitié. Il se rendit au monastère du Saint Rosaire, et notre saint le guérit de son mal. L'Archevêque demanda alors au Provincial des Dominicains s'il pouvait emmener Martin avec lui à Mexico et, malgré qu'il en ait eu le coeur brisé, le Provincial accepta. Notre ami en fut très heureux:Il allait enfin pouvoir échapper aux marques d'admiration qu'il ne cessait de recevoir à Lima, et il se trouverait plus près du Japon, une terre sanctifiée par le sang de nombreux martyrs Dominicains. Son départ n'était cependant prévu que dans quelques mois, et la vie continua comme à l'habitude. Quelle ne fut donc pas la surprise de la communauté, lorsqu'elle vit un jour le Frère Martin revêtu d'un habit flambant neuf! Cela n'était jamais arrivé en 45 ans! On comprend que notre saint se préparait à se rendre à Mexico, et qu'il ne voulait pas humilier son Archevêque par une mise vraiment trop pauvre... Mais on était à l'automne, saison où Martin souffrait toujours d'une récurrence de fièvre quarte, et il fut en effet attaqué de nouveau. Les Frères ne s'inquiétèrent donc pas trop, mais Martin leur dit que cela serait sa dernière maladie. On appela le médecin, mais ce fut en pure perte. La fièvre consuma le corps du Frère, mais celui-ci demeura serein et calme malgré de terribles souffrances. Bientôt la ville de Lima eut vent de la nouvelle, et les amis de Martin se pressèrent à son chevet pour recevoir de lui un dernier conseil, un suprême encouragement.

Voyant qu'il avait une dernière chance de ravir l'âme de notre saint, le Démon vint lui rendre visite lui aussi. Il le soumis à une tentation d'orgueil: "Maintenant tu as gagné! Tu as foulé aux pieds tous les obstacles; tu es devenu un saint! Tu peux cesser désormais de te frapper la poitrine; voici arrivé le moment du triomphe!" Mais le saint Frère ne devait pas se faire jouer, il repoussa le Diable en redoublant ses actes d'humilité. Puis Martin entra en extase. La Vierge Marie, St Dominique, St Vincent Ferrier, d'autres saints et plusieurs anges vinrent le visiter. Martin fit une confession générale et demanda pardon à tous pour les mauvais exemples qu'il leur avait donnés. Il reçut le Saint Viatique et l'Extrême-onction. On sonna, et toute la communauté vint se ranger auprès du lit du mourant, priant et chantant des hymnes. Le frère ferma les yeux, et poussa son dernier soupir. Son âme était partie pour le Ciel. Son corps était mort. L'Archevêque da Vega, présent à la scène dit à la communauté: "Mes Frères, apprenons du Frère Martin comment mourir. C'est la leçon la plus difficile et la plus importante." Les religieux qui préparèrent le corps de notre ami pour ses funérailles furent émus de voir son corps meurtri par les macérations. Alors qu'ils le vêtaient d'un habit de circonstance, des cris perçants se firent entendre de l'infirmerie. C'était le Père Jean de Vargas, malade depuis plusieurs jours, qui se tordait de douleurs. On lui dit d'invoquer Martin; le Père le fit et aussitôt la douleur le quitta. Après une nuit de sommeil paisible le prêtre se réveilla totalement guéri de son mal! Martin était mort en odeur de sainteté, et lorsque son corps fut exposé il dégagea effectivement une odeur céleste qui pénétrait les âmes de joie spirituelle. Une foule de gens déferla autour du cercueil, vague après vague, et il fallu changer plusieurs fois l'habit de notre ami, car tout le monde voulait rapporter de l'église une relique du Frère.

Plusieurs personnes ont par la suite invoqué l'assistance de Martin et en ont obtenu des guérisons et autres faveurs insignes. Sa cause fut introduite suivant les formes et délais canoniques, et le 29 octobre 1837, Martin fut déclaré Bienheureux par le Pape Grégoire XVI, seulement une semaine après que son ancien ami Jean Massias ait été lui-même canonisé! C'est le 16 mai 1962 que Sa Sainteté Jean XXIII canonisa Saint Martin de Porrès. Durant son homélie il dira: "St Martin, toujours obéissant et inspiré par son divin Maître, vécu parmi ses frères avec ce profond amour qui vient de la Foi pure et de l'humilité du coeur. Il aima les hommes parce qu'il les voyait comme des enfants de Dieu, et comme ses propres frères et soeurs. Telle fut son humilité qu'il les aima plus qu'il ne s'aimait lui-même, et qu'il les considérait comme étant meilleurs et plus vertueux que lui-même... Il excusait les fautes des autres. Il pardonna les insultes les plus amères, convaincu qu'il était qu'il méritait de plus sévères châtiments à cause de ses propres péchés. Il essaya de toutes ses forces de sauver les coupables; il consola amoureusement les malades; il fournit des remèdes, de la nourriture, des vêtements aux pauvres; il aida tant qu'il fut possible les ouvriers agricoles et les Nègres, sans oublier les mulâtres, qui en ce temps étaient considérés ni plus ni moins que comme des esclaves. Il est triste de dire que nous ne comprenons pas tous ces valeurs spirituelles autant que nous le devrions; nous ne leur donnons pas leur propre place en nos vies. Plusieurs d'entre nous, en fait, fortement attirés par le péché, regardons peut-être ces valeurs comme ayant peu d'importance, ou même comme étant nuisibles, ou bien nous les ignorons simplement. Il est très enrichissant pour les hommes s'efforçant de se sauver de suivre les pas du Christ et d'obéir aux commandements de Dieu. Si seulement nous pouvions tous apprendre cette leçon à partir de l'exemple que Martin nous a laissé."

SOURCE : http://www.sspx.ca/Communicantes/Jun2006/French/St_Martin_de_Porres.htm


St. Martin de Porres

St. Martin de Porres was born at Lima, Peru, in 1579. His father was a Spanish gentleman and his mother a colored freed-woman from Panama. At fifteen, he became a lay brother at the Dominican Friary at Lima and spent his whole life there-as a barber, farm laborer, almoner, and infirmarian among other things.

Martin had a great desire to go off to some foreign mission and thus earn the palm of martyrdom. However, since this was not possible, he made a martyr out of his body, devoting himself to ceaseless and severe penances. In turn, God endowed him with many graces and wondrous gifts, such as, aerial flights and bilocation.

One day an aged beggar, covered with ulcers and almost naked, stretched out his hand, and Saint Martin, seeing the Divine Mendicant in him, took him to his own bed, paying no heed to the fact that he was not perfectly neat and clean. One of his brethren, considering he had gone too far in his charity, reproved him. Saint Martin replied: “Compassion, my dear Brother, is preferable to cleanliness. Reflect that with a little soap I can easily clean my bed covers, but even with a torrent of tears I would never wash from my soul the stain that my harshness toward the unfortunate would create.”

When an epidemic struck Lima, there were in this single convent of the Rosary sixty religious who were sick, many of them novices in a distant and locked section of the convent, separated from the professed. Saint Martin is known to have passed through the locked doors to care for them, a phenomenon which was observed in the residence more than once. The professed, too, saw him suddenly beside them without the doors having been opened; and these facts were duly verified by the surprised Superiors.

Martin continued to transport the sick to the convent until the provincial Superior, alarmed by the contagion threatening the religious, forbid him to continue to do so. His sister, who lived in the country, offered her house to lodge those whom the residence of the religious could not hold. One day he found on the street a poor Indian, bleeding to death from a dagger wound, and took him to his own room until he could transport him to his sister’s hospice. The Superior, when he heard of this, reprimanded his subject for disobedience. He was extremely edified by his reply: “Forgive my error, and please instruct me, for I did not know that the precept of obedience took precedence over that of charity.” In effect, there are situations where charity must prevail; and instruction is very necessary. The Superior gave him liberty thereafter to follow his inspirations in the exercise of mercy.

St. Martin’s love was all-embracing, shown equally to humans and to animals, including vermin, and he maintained a cats and dogs hospital at his sister’s house. He also possessed spiritual wisdom, demonstrated in his solving his sister’s marriage problems, raising a dowry for his niece inside of three day’s time, and resolving theological problems for the learned of his Order and for bishops. A close friend of St. Rose of Lima, this saintly man died on November 3, 1639 and was canonized on May 6, 1962. His feast day is November 3. He is the patron of Peru, people of African descent, hair stylists, mixed-race people, poor people, public health, race relations, and social justice.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-martin-de-porres/

Saint Martín de Porres (1579–1639) spent his entire life in Lima, Peru. A Dominican monk known as a healer and an indefatigable worker in charitable service to the poor, Martín was canonized in 1962 by Pope John Paul XXIII, who designated him the patron saint of universal brotherhood.

Always a famous figure within Latin American Catholicism, Martín began to receive renewed attention in the later years of the twentieth century. Partly this was due to his mixed-race background; he was one of a comparatively small number of Catholic saints who could be classified as black, and he ministered without distinction to Spanish nobles and to slaves recently brought from Africa. Another fascinating aspect of Martín's life and legacy has emerged from the fund of miraculous legends that surround his memory. Such legends are not unique to Martín, but he was clearly a religious leader with a perennial appeal to the popular imagination. Finally, Martín's sometimes defiant attachment to the ideal of social justice achieved deep resonance in a church attempting to carry forward that ideal in today's modern world.

Born to Freed Panamanian-Born Slave

Martín de Porres was born in Lima, Peru, on December 9, 1579. His father was a Spanish conquistador named Don Juan de Porres and his mother was a freed slave from Panama, of African or possibly part Native American descent, named Ana Velázquez. Seeing that the child had African rather than European features, Don Juan de Porres refused to acknowledge his paternity. Martín was baptized the day he was born, with notation on the baptismal certificate reading "father unknown" (it is quoted in full by J.C. Kearns in The Life of Blessed Martín de Porres ). He was raised by his mother in extreme poverty, on the very lowest rungs of early Spanish colonial society; in the eyes of the nobility, a mark of illegitimacy was exceeded in shamefulness only by a child's racially mixed heritage.

Stories of Martín's remarkable generosity apparently began to surround him even in childhood; sent to the local market by his mother, he would often give away the contents of his basket to homeless persons before reaching home. By the time he was 10 he was spending several hours of each day in prayer, a practice he maintained for the rest of his life. He once asked his landlady for the stumps of some candles she had discarded, and she later saw him using their meager light to behold a crucifix before which he knelt, weeping. Perhaps as a result of the boy's spiritual accomplishments, Don Juan de Porres acknowledged when Martín was eight years old that he was Martín's father, a remarkable admission at the time. (He finally abandoned Ana Velázquez for good after the birth of another daughter.) Ana recognized in her son the signs of an intense spiritual quality, and she tried to obtain for him an education beyond mere subsistence level. When Martín was 12, he was apprenticed to a barber—a profession that in sixteenth-century society involved much more than cutting hair. Young Martín learned the rudiments of surgery: administering herbal remedies, dressing wounds, and drawing blood—something that was thought to be curative at the time.

At 15, Martín decided to devote himself to the religious life. He applied to join the Convent of the Rosary in Lima, a Dominican monastery. Racial restrictions dictated that he be given the position of "tertiary" or lay helper, which he enthusiastically accepted. The bishop at the monastery, according to an early biography quoted by Alex García-Rivera in St Martín de Porres , said that "there are laws that we must respect. These indicate that the Indians, blacks, and their descendants, cannot make profession in any religious order, seeing that they are races that have little formation as of yet." Martín was able to exercise his medical skills after being put in charge of the monastery infirmary, and he was often given the monastery's basic chores such as cleaning, cooking, and doing laundry.

Both before and after joining the monastery, Martín suffered incidents of harassment that may well have been racially motivated. The monks for whom he was cooking would hide the kitchen's potholders, and one of the early stories surrounding the young holy man was that he could then pick up the pots with his bare hands and not be burned. Another story concerned Martín's tendency toward self-denial—or, read another way, his determination to identify himself with the lives of Peru's indigenous poor. Told by his superior to retire to bed, Martín responded (according to Kearns), "What! Do you command me, who at home would never have enjoyed the luxuries of life, to betake myself to a soft bed! Father, I beseech you, do not force me to enjoy such an unmerited gratification." Cleaning a toilet one day, he was asked by a monk whether he might not prefer life at the splendid offices of the Archbishop of Mexico. Martín responded, according to Kearns, by quoting the biblical Psalm 83: "I have chosen to be an abject in the house of my God rather than to dwell in the tabernacles of sinners." He qualified this remark by saying that he was not referring to the Archbishop as a sinner, but rather simply that he himself preferred menial tasks. He wore robes until they fell apart, refusing the luxury of new ones.

Religious Devotion Celebrated in Stories

When Martín was 24, in 1603, he gave the profession of faith that allowed him to become a Dominican brother. He is said to have several times refused this elevation in status, which may have come about due to his father's intervention, and he never became a priest. As with any other famous holy man, Martín's life is surrounded by stories, and those stories constitute the primary means of remembering him at a distance of four centuries. The stories surrounding Martín are of two kinds. Some consist of testimony about his character and accomplishments by church officials who knew him, while others seem to be of a more popular character, arising among Lima's impoverished populace, and coming down to the present time partly via oral tradition.

Many stories attest to Martín's exceptional piety. He was said sometimes to be surrounded by a bright light when he prayed, and to be levitated off the floor of a chapel by sheer religious ecstasy. He subsisted for days on bread and water and would do penance for sins by whipping himself with chains. Martín was said to be capable of bilocation (being in two places at once), and individuals from both Africa and Mexico swore that they had encountered him in their home villages even though he was never known to have left Lima. Patients under his care spoke on several occasions of his having walked through locked doors in order to render medical help.

Other tales of the miracles and wonders worked by Martín, however, were more specific to his time and place. He was said to have a supernatural rapport with the natural world. The most famous single story connected with Martín had to do with a group of mice (or rats) that infested the monastery's collection of fine linen robes. Martín resisted the plans of the other monks to lay poison out for the mice. One day he caught a mouse and said (in the rendering of Angela M. Orsini of San Francisco's Martín de Porres House of Hospitality, one of many institutions and schools in the United States named after the Peruvian healer), "Little brothers, why are you and your companions doing so much harm to the things belonging to the sick? Look; I shall not kill you, but you are to assemble all your friends and lead them to the far end of the garden. Everyday I will bring you food if you leave the wardrobe alone"—whereupon Martín lead a Pied Piper-like mouse parade toward a small new den. Both the mice and Martín kept their word, and the closet infestation was solved for good. Martín loved animals of all kinds and seemed to have unusual skills in communicating with them. He would apply his medical skills to the treatment of a wounded dog found wandering the streets with the same energy he would devote to a sick human. Paintings of Martín often depicted him with a mouse, dog, or cat—or sometimes with a broom, symbolizing his devotion to everyday tasks.

Ministered to the Poor and Sick

Many other stories of Martín's goodness pertained to his unwavering efforts to help Lima's poor and ill, often against the wishes of his superiors at the monastery. A sick, aged street person, almost naked and covered with open sores, was taken by Martín to his own bed at the monastery. A fellow monk was horrified, but Martín responded (according to the Lives of the Saints reported on the website of Canada's Monastery of the Magnificat), "Compassion, my dear Brother, is preferable to cleanliness. Reflect that with a little soap I can easily clean my bed covers, but even with a torrent of tears I would never wash from my soul the stain that my harshness toward the unfortunate would create."

He treated victims of bubonic plague without regard to whether they were white, black, or Native American. During one plague outbreak he brought a wounded Native American man into the monastery for treatment even though the Superior administrator of the province had forbidden the admission of the sick owing to fears of contagion. Given a reprimand for disobedience, Martín replied (according to the Monastery of the Magnificat site), "Forgive my error, and please instruct me, for I did not know that the precept of obedience took precedence over that of charity." Martín's skills as a physician spread his name far and wide, and even the Archbishop of Mexico came to Lima to seek his services at one point. He was said to have a miraculous ability to know whether or not a patient would recover. Sometimes he sent sick people (or animals) to the home of his sister Juana when the monastery's facilities were overwhelmed.

Martín was, in the words of Richard Cardinal Cushing (writing in St. Martín de Porres ), "a precursor of modern social science," and the Convent of the Rosary while he was there "became the forerunner of the modern medical clinic." To finance all these activities, Martín also became an early specialist in the art of nonprofit fundraising. Spanish nobles gave him large donations so that he could continue his work, and one estimate placed his weekly disbursements of funds at the level of $2,000, an astonishing sum for the period. Martín did not devote these funds exclusively to those in misery, but also tried to level class distinctions. For example, he sometimes provided money for a poor young woman's dowry so that she could marry. When the monastery's finances suffered as a result of his activities, Martín responded (according to American Catholic's Saint of the Day website), "I am only a poor mulatto. Sell me. I am the property of the order. Sell me."

Martín died of a fever in Lima on November 3, 1639, at the age of nearly 60. Despite his renown throughout Latin America, recognition from the Catholic church was slow to come. In 1837 he was beatified, and his feast day is celebrated on November 3. He was canonized as a saint by Pope John XXIII on May 6, 1962, with a contingent of 350 African-American Catholics in attendance. Both Kearns and Cushing called Martín "a pioneer social worker," and when canonized he was designated the patron saint of universal brotherhood. On a more earthly plane, he was also the patron saint of interracial relations, social justice, public education, Peruvian television and public health, trade unions in Spain, mixed-race individuals, and barbers and hair stylists in Italy.

Books

Cushing, Richard Cardinal, St. Martin de Porres , St. Paul Editions, 1962.
García-Rivera, Alex, St. Martín de Porres: The "Little Stories" and the Semiotics of Culture , Orbis, 1995.
Kearns, J.C., O.P., The Life of Blessed Martín de Porres: Saintly American Negro and Patron of Social Justice , P.J. Kenedy & Sons, 1937.

Periodicals

Manila Bulletin (Philippines), November 3, 2006.

Online

"About St. Martín de Porres," Martin de Porres House of Hospitality, http://www.martindeporres.org
 (January 21, 2007).
"Saint Martin de Porres," Lives of the Saints, Monastery of the Magnificat, Mont-Tremblant, Quebec, Canada, http://www.magnificat.ca/cal/engl/11-03.htm
 (January 21, 2007).
"St. Martin de Porres: A Brief Biography," St. Martin de Porres School, Oakland, CA, http://www.stmdp.org/SmdPBioPage.html
 (January 21, 2007).
"St. Martín de Porres," American Catholic: Saint of the Day, http://www.americancatholic.org
 (January 21, 2007).
"St. Martin de Porres," St. Patrick's Catholic Church, Washington, DC, http://www.saintpatrickdc.org/ss/1103.htm#mart
 (January 21, 2007).




November 3


St. Martin de Porres
(1579-1639)
« Father unknown » is the cold legal phrase sometimes used on baptismal records. "Half-breed" or "war souvenir" is the cruel name inflicted by those of "pure" blood. Like many others, Martin might have grown to be a bitter man, but he did not. It was said that even as a child he gave his heart and his goods to the poor and despised.

He was the son of a freed woman of Panama, probably black but also possibly of Native American stock, and a Spanish grandee of Lima, Peru. His parents never married each other. Martin inherited the features and dark complexion of his mother. That irked his father, who finally acknowledged his son after eight years. After the birth of a sister, the father abandoned the family. Martin was reared in poverty, locked into a low level of Lima’s society.

When he was 12, his mother apprenticed him to a barber-surgeon. He learned how to cut hair and also how to draw blood (a standard medical treatment then), care for wounds and prepare and administer medicines.

After a few years in this medical apostolate, Martin applied to the Dominicans to be a "lay helper," not feeling himself worthy to be a religious brother. After nine years, the example of his prayer and penance, charity and humility led the community to request him to make full religious profession. Many of his nights were spent in prayer and penitential practices; his days were filled with nursing the sick and caring for the poor. It was particularly impressive that he treated all people regardless of their color, race or status. He was instrumental in founding an orphanage, took care of slaves brought from Africa and managed the daily alms of the priory with practicality as well as generosity. He became the procurator for both priory and city, whether it was a matter of "blankets, shirts, candles, candy, miracles or prayers!" When his priory was in debt, he said, "I am only a poor mulatto. Sell me. I am the property of the order. Sell me."

Side by side with his daily work in the kitchen, laundry and infirmary, Martin’s life reflected God’s extraordinary gifts: ecstasies that lifted him into the air, light filling the room where he prayed, bilocation, miraculous knowledge, instantaneous cures and a remarkable rapport with animals. His charity extended to beasts of the field and even to the vermin of the kitchen. He would excuse the raids of mice and rats on the grounds that they were underfed; he kept stray cats and dogs at his sister’s house.

He became a formidable fundraiser, obtaining thousands of dollars for dowries for poor girls so that they could marry or enter a convent.

Many of his fellow religious took him as their spiritual director, but he continued to call himself a "poor slave." He was a good friend of another Dominican saint of Peru, Rose of Lima (August 23).

Comment:

Racism is a sin almost nobody confesses. Like pollution, it is a "sin of the world" that is everybody's responsibility but apparently nobody's fault. One could hardly imagine a more fitting patron of Christian forgiveness (on the part of those discriminated against) and Christian justice (on the part of reformed racists) than Martin de Porres.
Quote:

At Martin's canonization in 1962, Saint John XXIII remarked: "He excused the faults of others. He forgave the bitterest injuries, convinced that he deserved much severer punishments on account of his own sins. He tried with all his might to redeem the guilty; lovingly he comforted the sick; he provided food, clothing and medicine for the poor; he helped, as best he could, farm laborers and Negroes, as well as mulattoes, who were looked upon at that time as akin to slaves: thus he deserved to be called by the name the people gave him: 'Martin of Charity.'"
Patron Saint of:

African-Americans
Barbers
Hairdressers
Race relations
Social justice

SOURCE : http://www.americancatholic.org/Features/Saints/saint.aspx?id=1188

Martin de Porres, OP (AC)

Born at Lima, Peru, on November 9, 1579; died November 3, 1639; beatified in 1837; canonized on May 5, 1962, by Pope John XXIII; feast day formerly November 5.



Martin was the illegitimate child of Juan de Porres, a Spanish knight (hidalgo) from Alcantara, and Anna Velasquez, a free Panamanian mullato. Martin inherited his mother's features and dark skin, which upset his father, but John acknowledged his paternity of Martin and his sister while neglecting them. He was left to the care of his mother, and at 12 he was apprenticed to a barber-surgeon, who taught him the healing arts. Martin's prayer life was rich even in his youth. He had a deep devotion to the Passion of Our Lord, and continually prayed to know what he could do in gratitude for the immense blessings of redemption.

Deciding upon the religious life, at the age of 15, Martin received the habit of the Third Order of Saint Dominic and was admitted to the Dominican Rosary Convent at Lima as a servant. He gave himself the lowliest duties of the house. Finally, his superiors commanded him to accept the habit of a lay brother-- something Martin felt was too great an honor for him--and he was professed. He served in several offices in the convent--barber, infirmarian, wardrobe keeper--as well as in the garden and as a counsellor. Soon Martin's reputation as a healer spread abroad. He nursed the sick of the city, including plague victims, regardless of race, and helped to found an orphanage and foundling hospital with other charities attached to them. He distributed the convent's alms of food (which he is said sometimes to have increased miraculously) to the poor. Martin especially ministered to the slaves that had been brought from Africa.

He cured as much through prayer as through his knowledge of the medical arts. Among the countless many whose cures were attributed to Martin were a priest dying from a badly infected leg and a young student whose fingers were so damaged in an accident that his hopes for ordination to the priesthood were nearly quenched.

Martin spent his nights in prayer and penance, and he experienced visions and ecstasies. In addition to these gifts, he was endowed with the gift of bilocation; he was seen in Mexico, Central America, and even Japan, by people who knew him well, whereas he had never physically been outside of Lima after entering the order. One time Martin was on a picnic with the novices and they lost track of time. Suddenly realizing that they would be late for their prayers, Martin had them join hands. Before they knew what happened, they found themselves standing in the monastery yard, unable to explain how they travelled several miles in a few seconds.

He passed through locked doors by some means known only to himself and God. In this way he appeared at the bedside of the sick without being asked and always soothed the sick even when he did not completely heal them.

Even sick animals came to Martin for healing. He demonstrated a great control of and care for animals--a care that apparently was inexplicable to the Spaniards--extending his love even to rats and mice, whose scavenging he excused on the grounds that they were hungry. He kept cats and dogs at his sister's house.

Great as his healing faculty was, Martin is probably best remembered for the legend of the rats. It is said that the prior, a reasonable man, objected to the rodents. He ordered Martin to set out poison for them. Martin obeyed, but was very sorry for the rats. He went out into the garden and called softly--and out came the rats. He reprimanded them for their bad habits, telling them about the poison. He further assured them that he would feed them every day in the garden, if they would refrain from annoying the prior. This they agreed upon. He dismissed the rodents and forever after, they never troubled the monastery.

His protege, Juan Vasquez Parra, reveals him to have been a practical and capable man, attending to details ranging from raising his sister's dowry in three days, to teaching Juan how to sow chamomile in the manured hoofprints of cattle. He was eminently practical in his charities, using carefully and methodically the money and goods he collected. He was consulted on delicate matters by persons of consequence in Lima.

Martin's close friends included Saint Rose of Lima and Blessed John Massias, who was a lay-brother at the Dominican priory of Saint Mary Magdalene in Lima. Although he referred to himself as a "mulatto dog," his community called him the "father of charity." They came to respect him so much that they accepted his spiritual direction, even though he was but a lay brother.

He died of quatrain fever at Rosary Convent on November 3. The Spanish viceroy, the count of Chinchón, came to kneel at his deathbed and ask his blessing. Martin was carried to his grave by prelates and noblemen.

The startling miracles, which caused Martin to be called a saint in his own lifetime, continue today at his intercession. He lived a life of almost constant prayer, and practiced remarkable austerities. He worked at hard and menial tasks without ever losing a moment of union with God. His charity, humility, and obedience were extraordinary--even for a saint. Such was the veneration for Martin that the canonical inquiry into his cause was begun in 1660 (Attwater, Cavallini, Delaney, Dorcy, Farmer, Walsh, White).

He is the patron saint of interracial relations (because of his universal charity to all men), social justice, public education, and television in Peru, Spanish trade unionists (due to injustices workers have suffered), Peru's public health service, people of mixed race, and Italian barbers and hairdressers (White).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1103.shtml

Blessed Martin de Porres, C.O.P.

Helper in Hopeless Cases

Memorial Day: November 5th

Profile

    Martin was the illegitimate child of Juan de Porres, a Spanish knight (hidalgo) from Alcantara, and Anna Velasquez, a free Panamanian mullato. Martin inherited his mother's features and dark skin, which upset his father, but John acknowledged his paternity of Martin and his sister while neglecting them. He was left to the care of his mother, and at 12 he was apprenticed to a barber-surgeon, who taught him the healing arts.

    Martin's prayer life was rich even in his youth. He had a deep devotion to the Passion of Our Lord, and continually prayed to know what he could do in gratitude for the immense blessings of redemption.

    Deciding upon the religious life, at the age of 15, Martin received the habit of the Third Order of Saint Dominic and was admitted to the Dominican Rosary Convent at Lima as a servant. He gave himself the lowliest duties of the house. Finally, his superiors commanded him to accept the habit of a lay brother-- something Martin felt was too great an honor for him--and he was professed.

    He served in several offices in the convent--barber, infirmarian, wardrobe keeper--as well as in the garden and as a counsellor. Soon Martin's reputation as a healer spread abroad. He nursed the sick of the city, including plague victims, regardless of race, and helped to found an orphanage and foundling hospital with other charities attached to them. He distributed the convent's alms of food (which he is said sometimes to have increased miraculously) to the poor. Martin especially ministered to the slaves that had been brought from Africa.

    He cured as much through prayer as through his knowledge of the medical arts. Among the countless many whose cures were attributed to Martin were a priest dying from a badly infected leg and a young student whose fingers were so damaged in an accident that his hopes for ordination to the priesthood were nearly quenched.

    Martin spent his nights in prayer and penance, and he experienced visions and ecstasies. In addition to these gifts, he was endowed with the gift of bilocation; he was seen in Mexico, Central America, and even Japan, by people who knew him well, whereas he had never physically been outside of Lima after entering the order. One time Martin was on a picnic with the novices and they lost track of time. Suddenly realizing that they would be late for their prayers, Martin had them join hands. Before they knew what happened, they found themselves standing in the monastery yard, unable to explain how they travelled several miles in a few seconds.

    He passed through locked doors by some means known only to himself and God. In this way he appeared at the bedside of the sick without being asked and always soothed the sick even when he did not completely heal them.

    Even sick animals came to Martin for healing. He demonstrated a great control of and care for animals--a care that apparently was inexplicable to the Spaniards--extending his love even to rats and mice, whose scavenging he excused on the grounds that they were hungry. He kept cats and dogs at his sister's house.

    Great as his healing faculty was, Martin is probably best remembered for the legend of the rats. It is said that the prior, a reasonable man, objected to the rodents. He ordered Martin to set out poison for them. Martin obeyed, but was very sorry for the rats. He went out into the garden and called softly--and out came the rats. He reprimanded them for their bad habits, telling them about the poison. He further assured them that he would feed them every day in the garden, if they would refrain from annoying the prior. This they agreed upon. He dismissed the rodents and forever after, they never troubled the monastery.

    His protege, Juan Vasquez Parra, reveals him to have been a practical and capable man, attending to details ranging from raising his sister's dowry in three days, to teaching Juan how to sow chamomile in the manured hoofprints of cattle. He was eminently practical in his charities, using carefully and methodically the money and goods he collected. He was consulted on delicate matters by persons of consequence in Lima.

    Martin's close friends included Saint Rose of Lima and Blessed John Massias, who was a lay-brother at the Dominican priory of Saint Mary Magdalene in Lima. Although he referred to himself as a "mulatto dog," his community called him the "father of charity." They came to respect him so much that they accepted his spiritual direction, even though he was but a lay brother.

    He died of quatrain fever at Rosary Convent on November 3. The Spanish viceroy, the count of Chinchón, came to kneel at his deathbed and ask his blessing. Martin was carried to his grave by prelates and noblemen.

    The startling miracles, which caused Martin to be called a saint in his own lifetime, continue today at his intercession. He lived a life of almost constant prayer, and practiced remarkable austerities. He worked at hard and menial tasks without ever losing a moment of union with God. His charity, humility, and obedience were extraordinary--even for a saint. Such was the veneration for Martin that the canonical inquiry into his cause was begun in 1660 (Attwater, Cavallini, Delaney, Dorcy, Farmer, Walsh, White).

Born: December 9, 1579 at Lima, Peru

Died: November 3,1639 of fever

Beatified: In 1837 he was solemnly beatified by Gregory XVI

Patronage: He is the patron saint of interracial relations (because of his universal charity to all men), social justice, public education, and television in Peru, Spanish trade unionists (due to injustices workers have suffered), Peru's public health service, people of mixed race, and Italian barbers and hairdressers (White).

First Vespers:

Ant. Strengthen by holy intercession, O Martin, confessor of the Lord, those here present, have we who are burdened with the weight of our offenses may be relieved by the glory of thy blessedness, and may by thy guidance attain eternal rewards.

V. Pray for us, Blessed Martin.

R. That we may be made worthy of the promises of Christ.

Lauds:

Ant. Well done, good and faithful servant, because Thou hast been faithful in a few things, I will set thee over many, sayeth the Lord.

V. The just man shall blossom like the lily.

R. And shall flourish forever before the Lord.

Second Vespers:

Ant. I will liken him unto a wise man, who built his house upon a rock..

V. Pray for us. Blessed Martin.

R. That we may be made worthy of the promises of Christ.

Prayer:

Let us Pray: O God, who exaltest the humble, and midst make Blessed Martin Thy Confessor, pass to the heavenly kingdom, grant through his merits and intercession that we may so imitate his humility on earth as to deserve to be exalted with him in heaven. Through Christ our Lord. Amen.

Prayer to Blessed Martin de Porres

To you Blessed Martin de Porres we prayerfully lift up our hearts filled with serene confidence and devotion. Mindful of your unbounded and helpful charity to all levels of society and also of your meekness and humility of heart, we offer our petitions to you. Pour out upon our families the precious gifts of your solicitous and generous intercession; show to the people of every race and every color the paths of unity and of justice; implore from our Father in heaven the coming of his kingdom, so that through mutual benevolence in God men may increase the fruits of grace and merit the rewards of eternal life. Amen.

The Litany of Blessed Martin de Porres
For Private Use Only.
Lord, have mercy,
Christ have mercy on us.
Lord, have mercy. Christ, here us.
Christ, graciously hear us,
God the Father of Heaven,
have mercy on us.
God the Son, Redeemer of the world,
have mercy on us.
God, the Holy Ghost,
have mercy on us.
Holy Trinity, One God,
have mercy on us.
Holy Mary, Queen of the Most Holy Rosary,
Pray for us.
Blessed Martin, ever in the presence of God,
Pray for us.
Blessed Martin, faithful servant of Christ, etc.
Blessed Martin, lover of the Holy Eucharist,
Blessed Martin, devoted to our Blessed Mother,
Blessed Martin, spiritual patron of Americans,
Blessed Martin, raised from the depths to a heavenly mansion,
Blessed Martin, honored son of Saint Dominic,
Blessed Martin, lover of the Most Holy Rosary,
Blessed Martin, apostle of mercy,
Blessed Martin, winged minister of charity,
Blessed Martin, miraculously conveyed to far-distant lands,
Blessed Martin, freed from the barriers of time and space,
Blessed Martin, seeking the conversion of sinners,
Blessed Martin, protector of the tempted and repentant,
Blessed Martin, helper of souls in doubt and darkness,
Blessed Martin, compassionate to the sorrowful and afflicted,
Blessed Martin, consoler of the discouraged and unfortunate,
Blessed Martin, peacemaker in all discords,
Blessed Martin, touched by all suffering,
Blessed Martin, comforter of the sick and dying,
Blessed Martin, angel to hospitals and prisons,
Blessed Martin, worker of miraculous cures,
Blessed Martin, guardian of the homeless child,
Blessed Martin, humbly hiding God-given powers,
Blessed Martin, devoted to holy poverty,
Blessed Martin, model of obedience,
Blessed Martin, lover of heroic penance,
Blessed Martin, strong in self-denial,
Blessed Martin, performing menial tasks with holy ardor,
Blessed Martin, gifted with prophecy,
Blessed Martin, symbol of interracial brotherhood,
 
Lamb of God, Who takest away the sins of the world,
Spare us, O Lord.
Lamb of God, Who takest away the sins of the world,
Graciously hear us, O Lord.
Lamb of God, Who takest away the sins of the world,
Have mercy on us.
 
V. Pray for us, Blessed Martin, 

R. That we may be made worthy of the promises of Christ.

Let Us Pray.

O God, the exalter of the humble, Who didst make Blessed Martin, Thy confessor, to enter the heavenly Kingdom, grant through his merits and intercession that we may so follow the example of his humility on earth as to deserve to be exalted with him in Heaven, through Christ Our Lord. R. 
Amen.