jeudi 29 novembre 2012

Saint SATURNIN (SERNIN), évêque et martyr

Saint Saturnin

Évêque de Toulouse et Martyr

(vers l'an 70)

Saint Saturnin était fils de prince et d'origine grecque. On croit qu'attiré d'abord par la réputation de saint Jean-Baptiste, il fut ensuite l'un des soixante-douze disciples du Sauveur et eut le bonheur d'être témoin de la plupart des faits de Sa vie, ainsi que de Sa Résurrection et de Son Ascension.

Après la Pentecôte, il accompagna souvent saint Pierre dans ses courses apostoliques, puis fut envoyé par lui dans les Gaules, en qualité d'évêque. Chemin faisant, il prêchait l'Évangile, fondait des chrétientés et détruisait l'empire du démon. À Arles et à Nîmes, il obtint de grands succès. À Carcassonne, il fut emprisonné pour Jésus-Christ, mais délivré par un ange. À Toulouse, une femme lépreuse fut guérie en sortant de la piscine baptismale, et ce prodige fut suivie de la conversion d'une bonne partie de la cité. De toutes parts on apportait au Saint des malades, il les guérissait par le signe de la Croix.

Saturnin prêcha encore à Auch, puis à Pampelune, en Espagne; mais il revint à Toulouse, centre de son apostolat, qu'il devait arroser de son sang. Là, les dieux ne rendaient plus d'oracles. Les prêtres païens se concertèrent: "Si on laisse cet homme prêcher son Christ, dirent-ils, c'en est fait de notre culte." Saturnin vient à passer. La foule, ameutée par les prêtres, se saisit de lui; on lui crie: "Sacrifiez à nos dieux, ou malheur à vous!" Pour toute réponse, Saturnin prêche Jésus-Christ. Dieu même confirme Sa doctrine par un éclatant miracle, car au même moment les idoles du temple tombent de leur piédestal et se brisent. À cette vue, la rage des païens ne se contient plus.

Il y avait au Capitole un taureau sauvage amené pour être immolé en sacrifice; on entoure son corps d'une grosse corde au bout de laquelle on attache le saint évêque par les pieds; puis l'animal est lâché et frappé à coups d'aiguillons; il se précipite, entraînant sa victime, dont le crâne est fracassé sur les marches du temple. Le taureau, poursuivant sa course effrénée à travers les rues, réduit en lambeaux le corps du martyr, jusqu'à ce qu'enfin la corde se brise et la victime reste étendue sans vie sur le chemin. C'est à cet endroit que s'élève aujourd'hui l'église qui, en souvenir, porte le nom de Notre-Dame-du-Taur. Le tombeau de l'apôtre de Toulouse est devenu célèbre par la dévotion populaire et par de nombreux prodiges.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



Saint Saturnin était l’un des compagnons de saint Denys l’Aréopagite ; il le suivit en Gaule après avoir été en Palestine le disciple de saint Jean-Baptiste puis l’un des soixante-douze disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Il évangélisa le Languedoc, la Gascogne et les contrées limitrophes de l’Espagne. Persécuté d’abord à Carcassonne et divinement arraché à ses bourreaux, il se rendit à Toulouse, où il bâtit une petite église près du Capitole, passa ensuite à Pampelune, revint à Eauze, dans la Gascogne, puis retourna à Tolède, où il opéra de grands miracles.

C’est là qu’il apprit que les Toulousains s’étaient soulevés contre son disciple saint Papoul et l’avaient massacré ; il accourt et relève le courage des fidèles. Mais comme il passait chaque soir devant le Capitole, où était un temple de Jupiter, sa présence rendit muets les oracles des dieux.

Les prêtres de Jupiter se saisirent de lui, le lièrent par les pieds à un taureau qu’on rendit furieux. Le taureau s’élance du Capitole à travers les rues, brise le crâne du saint Évêque et déchire en pièces son corps vénérable. C’était l’an 70, saint Lin étant pape et Vespasien empereur.

De saintes femmes le recueillirent et l’ensevelirent sur le lieu de son supplice, où plus tard il fut retrouvé par son successeur saint Hilaire.

Saint Saturnin est le titulaire de la cathédrale et le patron de la ville de Toulouse.



SAINT SATURNIN, SAINTES PERPÉTUE, FÉLICITÉ ET LEURS AUTRES COMPAGNONS

Saturnin, ordonné évêque par les disciples des Apôtres, fut envoyé dans la ville de Toulouse. Or, comme, à son entrée, les démons cessèrent de rendre des réponses, un des, gentils déclara que si on ne tuait Saturnin; on n'obtiendrait certainement rien de leurs dieux. On se saisit donc du saint qui ne voulait pas sacrifier, on le lia aux pieds d'un taureau qu'on pressa à coups d'aiguillons et on, le précipita du haut de l’escalier du capitole; le saint eut la tète brisée, la cervelle écrasée et consomma ainsi heureusement son martyre. Deux femmes prirent son corps à la dérobée, et l’enterrèrent dans un endroit profond par crainte des gentils ; ses successeurs en firent dans la suite une translation dans un lieu plus convenable. — Il y eut un autre Saturnin que le préfet de Rome retint longtemps en prison et qu'il fit mettre sur le chevalet où il fut déchiré à coups de nerfs, de cordes, et de fouets 'garnis de fer ; ensuite ou lui brûla les côtes, on le détacha du chevalet et il fut décapité. vers l’an du Seigneur 286, sous Maximien. — Il y eut un troisième Saturnin en Afrique. Il était frère de saint Satyre et souffrit le martyre avec lui, Révocat et Félicité, sa soeur, nommée Révocate et avec Perpétue d'une race noble. On fait la mémoire de leur martyre dans un autre temps. Le proconsul leur ayant dit de sacrifier aux idoles, ils s'y refusèrent obstinément, ils furent alors mis en. prison. Le père de Perpétue, voyant cela, accourut à la prison et dit : « Ma fille, qu'as-tu fait? tu as déshonoré ta famille; Jamais aucun de tes ancêtres n'a été incarcéré. » Mais ayant appris que sa fille était chrétienne, il se jeta sur elle, et il voulut lui arracher les,yeux avec les doigts ; puis il sortit en poussant des exclamations. Or, la bienheureuse Perpétue eut une vision qu'elle raconta ainsi le lendemain à ses compagnons : « J'ai vu une échelle d'or d'une grandeur admirable; elle allait jusqu'au ciel, et était si étroite qu'une personne seule et petite pouvait la monter. A droite et à gauche étaient fixées des lames et des épées de fer aiguës et luisantes, de sorte que celui qui montait ne pouvait regarder ni autour, ni au-dessous de lui; mais il était forcé de se tenir toujours droit vers le ciel. Sous l’échelle, se tenait un dragon hideux et énorme faisant peur à celui qui voulait monter. J'ai vu aussi Satyre sur les degrés d'en haut qui regardait vers nous en disant : « Ne craignez point ce dragon, mais montez avec confiance afin de pouvoir être avec moi. » En entendant ces choses, tous rendirent grâces, parce qu'ils connurent qu'ils étaient appelés au martyre *.

Ils furent amenés devant le juge, et comme ils ne voulaient pas sacrifier, il fit séparer Saturnin et les autres hommes des femmes, et dit à Félicité : « As-tu un mari? » Elle répondit : « J'en ai un, mais je n'en ai souci. » Il lui dit : « Aie pitié de toi, jeune femme, afin de vivre, surtout puisque tu portes un enfant dans ton sein. » Elle lui répondit : « Fais de moi tout ce que tu veux, car tu ne sauras jamais m’entraîner à céder à ta volonté. » Alors les parents de Perpétue accoururent avec son mari et lui amenèrent son petit enfant encore à la mamelle : en la voyant débout devant le préfet, son père tomba la face contre terre et dit : «Ma très chère fille, aie pitié de moi, de ta malheureuse mère que voici et de ce mari infortuné qui ne pourra pas te survivrez » Mais Perpétue restait immobile. Alors le père jeta son enfant à son cou et lui-même sa mère et son mari, lui tenant les mains et pleurant, l’embrassaient en disant : « Aie pitié de nous, ma fille, et vis avec nous. » Mais Perpétue rejetant son fils et les repoussant : « Éloignez-vous de moi, dit-elle, ennemis de Dieu, car je ne vous connais pas. » Le préfet, voyant la constance des martyrs, les fit fouetter très durement, puis mettre en prison. Les saints très affligés par rapport à Félicité qui était dans le huitième mois de sa grossesse, prièrent pour elle; alors l’es douleurs de l’enfantement la saisirent tout à coup et elle accoucha d'un fils vivant. Or, un des gardes lui dit: « Que feras-tu, quand tu seras en présence du préfet, si maintenant tu souffres si, cruellement ? » Félicité répondit : « Maintenant c'est moi qui souffre, mais là, ce sera Dieu qui souffrira à ma place. » On les tira de la. prison,. les mains liées derrière le dos, et on les dépouilla de leurs habits pour les conduire à travers les rues. Les bêtes furent lâchées. Satyre et Perpétue furent dévorés par les lions, Révocat et Félicité mangés par les léopards. Quant à saint Saturnin il eut la tête, tranchée vers l’an du Seigneur 256, sous les empereurs Valérien et Galien.

* Dodwel, dans sa Dissertation sur la huitième épître de saint Cyprien, où il est question des visions prophétiques, parle de celle de sainte Perpétue et reconnaît que les actes de ces saints martyrs ont été écrits par un contemporain. Ces actes ont été. ici compilés par le Bienheureux Jacques de Voragine.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii


Saint Saturnin

Saint Saturnin, premier évêque et martyr de Toulouse subit le martyre de manière originale aux environ de 250. Premier pasteur de la petite communauté chrétienne organisée à Toulouse dans les années de calme qui précédèrent le règne de Dèce, il fut massacré par une foule exaspérée de son refus de faire allégeance au culte impérial officiel. Attaché à la queue du taureau préparé pour être la victime du sacrifice prescrit par l'édit impérial, Saturnin devient lui-même victime de la persécution romaine et, ce qui explique peut-être sa popularité dans toute la Gaule, un des premiers et rares évêques martyrs en Gaule . Après une période de latence, son culte se développe très rapidement sous l'impulsion des premiers évêques toulousains, Hilaire, Silve et surtout Exupère. Entre 403 et 408, ce dernier organise le transfert des reliques du premier martyr toulousain dans la basilique prévue à cet effet par son prédécesseur Silve. A cette occasion, il fait rédiger les actes officiels du martyre (connus sous le nom de Passio antiqua, , sous forme d'un panégyrique reprenant vraisemblablement des textes antérieurs. D'une très grande sobriété, ils peuvent être considérés comme un des documents les plus vénérables de l'Eglise des Gaules, aux côtés des actes des martyrs de Lyon. Relayé par quelques grands écrivains mérovingiens (Césaire d'Arles, Grégoire de Tours, Fortunat, etc.) le culte de Saturnin se répand dans toute la Gaule, principalement à l'intérieur des limites du royaume wisigothique, mais aussi dans le reste du territoire. On voit se fonder des églises sous son patronage, des reliques circuler et devenir elles-mêmes objet d'un culte propre. A Toulouse, un pèlerinage s'organise autour de la basilique élevée par Exupère. Mais le pèlerin qui vient se recueillir sur sa tombe est fortement incité à visiter les autres lieux honorés de son souvenir : celui de son supplice et celui de sa première sépulture. Dans chaque église où son nom est invoqué, on prend soin de réunir un dossier contenant non seulement les textes destinés à l'édification des fidèles mais aussi les pièces liturgiques nécessaires à la célébration de son office. Ces dossiers sont communément désignés sous le nom de libelli. D'existence fort ancienne, ils étaient constitués pour la commodité du culte et la diffusion de la dévotion envers un saint particulièrement vénéré dans un centre de pèlerinages.

Les pèlerins les emportaient volontiers avec eux, pour garder un témoignage de leurs dévotions.Beaucoups de ces libellis ont disparu à cause de leur fragilité dûe à l'usure .

Le dossier de saint Saturnin contenu dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale (Nouv. Acq. Lat. 613) en est un des plus précieux car il nous donne l'intégralité des trois légendes qui ont été composées en l'honneur de Saturnin, en respectant leur ordre de création.



Richard de Montbaston. Martyre de saint Saturnin (Saturninus, Saturnino, Cernin)). 
Jacobus de Voragine, Legenda aurea (traduction de Jean de Vignay), 
 Paris, XIVe siècle

Culte attesté dès 336.

Réduit à une simple commémoraison par saint Pie V pour laisser plus d’importance à la vigile de saint André.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Aujourd’hui, à Rome, outre la messe nocturne de saint André, on célébrait aussi, dans le cimetière de Thrason, sur la voie Salaria Nova, la station (natalis) de saint Saturnin. La première mention de cette fête est contenue dans le calendrier philocalien : 777 Kal. dec. Saturnini in Thrasonis.

Selon les Gesta Marcelli, saint Saturnin, vir senex, fut condamné, durant la persécution de Dioclétien, d’abord à transporter le sable des carrières aux thermes que cet empereur faisait ériger à Rome ; puis, comme la patience, l’esprit de prière et les paroles éloquentes du martyr convertissaient beaucoup de monde, il fut conduit sur la voie Nomentane par ordre du préfet de la Ville, et là, avec le diacre Sisinnius il fut décapité. Un pieux chrétien nommé Thrason aidé du prêtre Jean ensevelit leurs corps dans une propriété sur la voie Salaria Nova, où, durant les premières années de la paix, l’on érigea une basilique dédiée à Saturnin. Ce temple, successivement restauré par Hadrien Ier, Félix IV et Grégoire IV, resta debout jusqu’au XVIe siècle. C’est précisément là que se célébrait en ce jour une synaxe eucharistique qui est déjà mentionnée dans le Gélasien.

Une autre église en l’honneur de saint Saturnin s’élevait sur la place du Quirinal, et on en retrouve les traces dès le XIe siècle. Elle était confiée à la garde des moines de l’abbaye de Saint-Paul, et Sixte IV y fit des restaurations parce qu’elle menaçait ruine. Elle fut démolie sous Paul V pour faire place à l’esplanade qui devait s’ouvrir devant le palais pontifical sur le mont Quirinal.

Bien que la fête de saint Saturnin soit notée en ce jour dans le Sacramentaire Gélasien, le titre de la messe était pourtant collectif puisqu’il réunissait presque tous les martyrs mentionnés dans les Gesta Marcelli et ensevelis en ce lieu de la voie Salaria : Saturnin, Chrysanthe, Darie, Maur, Papias, Sisinnius et d’autres encore. Cependant, la messe de saint Saturnin est celle du Commun des martyrs, Lætábitur, mais les collectes lui sont propres et le mentionnent exclusivement.

Voici les vers magnifiques que le pape Damase, le poète des martyrs romains, fit graver sur la tombe de saint Saturnin sur la voie Salaria Nova :

INCOLA • NVNC • CHRISTI • FVERAT • QVI • CARTHAGINIS • ANTE

TEMPORE • QVO • GLADIVS • SECVIT • PIA • VISCERA • MATRIS

SANGVINE • MVTAVIT • PATRIAM • NOMENQVE • GENVSQVE

ROMANVM • CIVEM • SANCTORVM • FECIT • ORIGO

MIRA • FIDES • RERVM • DOCVIT • POST • EXITVS • INGENS

CVM • LACERAT • PIA • MEMBRA • FREMIT • GRATIANVS • VT • HOSTIS

POSTEAQVAM • FELLIS • VOMVIT • CONCEPTA • VENENA

COGERE • NON • POTVIT • CHRISTVM • TE • SANCTE • NEGARE

IPSE • TVIS • PRECIBVS • MERVIT • CONFESSVS • ABIRE

SVPPLICIS • HAEC • DAMASI • VOX • EST • VENERARE • SEPVLCHRVM

SOLVERE • VOTA • LICET • CASTASQVE • EFFVNDERE • PRECES

SANCTI • SATVRNINI • TVMVLVS • QVIA • MARTYRIS • HIC • EST-

SATVRNINE • TIBI • MARTYR • MEA • VOTA • REPENDO

Maintenant citoyen du Christ, il l’avait jadis été de Carthage,

Au temps où un glaive transperçait le cœur de sa pieuse mère [1],

Par le mérite du sang, il changea de patrie, de nom et de famille.

Et, entrant parmi les saints, il devint citoyen romain.

Il démontra sa foi intrépide par son intrépide mort.

Gratien, persécuteur, frémit, tandis qu’il déchire sur le chevalet tes membres sacrés ;

Mais, nonobstant qu’il déversât sur toi tout son fiel venimeux,

Il ne put toutefois t’induire, ô Saint, à renier le Christ.

Bien plus, par tes prières, il mérita lui aussi de mourir en confessant la Foi.

Que telle soit la prière suppliante de Damase : que ce sépulcre soit vénéré.

Qu’il soit aussi permis d’accomplir ici ses vœux, et de se répandre en pieuses prières,

Parce que ce tombeau est celui du martyr Saturnin.

O martyr Saturnin, je t’offre mes vœux.

L’oratoire de Saint-Saturnin fut conservé au culte jusqu’au temps de Nicolas IV. Toutefois les reliques du martyr furent transférées sur le mont Cœlius, dans le titre de Bisantius, nous ne savons à quelle époque.

L’introït est tiré du psaume 63. Quoiqu’au milieu de l’épreuve, le juste jouit, dans l’intime de son cœur, d’un bonheur imperturbable qui jaillit de la pureté de sa conscience et se nourrit de l’espérance en le Seigneur. Ce n’est que momentanément que les impies peuvent triompher et obtenir des applaudissements ; le triomphe final appartient aux saints.

Dans la collecte, on invoque le mérite du martyr pour que Dieu vienne au secours de nos multiples insuffisances.

La lecture est tirée de différents passages de la IIe lettre à Timothée (II, 2, 8-10 ; 3, 10-12). Paul, déjà près du martyre, rappelle à son disciple bien-aimé, son compagnon dans la foi comme dans les souffrances endurées pour la propager, que l’Évangile qu’il a prêché n’est pas autre chose, en substance, que l’annonce messianique du Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde. Paul, alors enchaîné, a conscience de n’être coupable que de ce crime, quasi male operans, d’avoir annoncé le salut du monde au moyen de la foi en Jésus. C’est là le noble crime de Paul : Jésus salut du monde. C’est le crime qui sera aussi imputé après lui à tous les autres martyrs : quasi male operans. Quand l’Apôtre écrit à Timothée, il est lié par les chaînes ; mais — verbum Dei — observe-t-il — non est alligatum. Ce Verbe de liberté et de vérité triomphera de ses adversaires.

Le répons-graduel est pris du psaume 36 et fait allusion à la valeur différente que la douleur et les maux de la vie présente assument pour le juste — dont la foi est agissante au moyen de la charité — et pour l’impie. Le juste se confie en Dieu, pour le nom de qui il affronte précisément l’épreuve du tyran : sa tête pourra donc tomber sous le coup du glaive, mais c’est là une mort seulement apparente et visible, puisque le martyr qui tombe endormi du sommeil de la mort s’abandonne entre les bras de Dieu, lequel, au dire de l’Écriture, nourrit son âme de l’aliment de l’immortalité. Combien donc il doit être doux de s’endormir en présence des bourreaux furieux, pour s’éveiller l’instant d’après entre les bras du Seigneur, en paradis !

Le verset alléluiatique est tiré de l’Évangile selon saint Jean (8, 12). Celui qui me suit, dit Jésus, par la voie du Calvaire, ne sera pas gêné par les ténèbres des prisons, ni par les nuages noirs de la haine des persécuteurs. Le Seigneur brillera comme une étoile éclatante devant son esprit, lumière de vérité, qui le guidera partout et lui fera dire, comme le martyr Laurent durant sa passion : Mea nox obscurum non habet, sed omnia in luce clarescunt. Cette lumière intérieure et inextinguible, c’est la sainte Foi.

La péricope évangélique, dans le Capitulaire de Wtirzbourg, était tirée de saint Marc (13, 5-13) [2]. Dans notre Missel actuel elle est empruntée à saint Matthieu (10, 26-32). Jésus veut que, le moment venu d’annoncer à tout l’univers le saint Évangile, c’est-à-dire lorsque après la descente du Saint-Esprit Israël aura répudié son héritage messianique, ses disciples prêchent partout et ouvertement cette parole de la foi qui doit sauver le monde. L’annonce de cette parole de vie vaudra la mort aux prédicateurs évangéliques, comme elle l’a value au Maître, mais ils ne perdront rien à cela, puisque leur supplice sera comme un grain de blé qui, déposé dans les entrailles de la terre, rapportera cent pour un. Le nombre cent signifie la mesure pleine et parfaite qui convient aux martyrs, parce que par leur mort non seulement ils acquièrent un droit spécial à participer avec le Christ à la résurrection glorieuse, mais même ici-bas, leur témoignage sanglant devient pour l’Église un puissant argument de la divinité de la foi, si bien que, comme le dit Tertullien, leur sang est toujours une semence féconde de nouveaux chrétiens.

Le verset pour l’oblation des dons est tiré du psaume 20. Vous, ô Seigneur, vous avez ceint d’un précieux diadème le chef de ce pauvre abandonné de la société humaine, de ce condamné. Tandis que, en présence de ses juges, il écoutait sa sentence de mort, il pensait qu’on le rayait du nombre des vivants non pour lui-même mais parce qu’en lui on voulait vous chasser, vous, que le monde hait. Alors il éleva son cœur, et considéra que c’était vous qui souffriez en lui, puisqu’il souffrait pour vous. Il demanda donc en grâce la vie ; non point cette vie mortelle qui n’est que trop à la merci des hommes et qui allait lui être ravie par le persécuteur. Cette vie misérable et fugitive il ne l’aimait pas, puisque, prodigue de son sang, il la donnait même volontiers pour vous. Il demanda au contraire la vie véritable, une part à votre résurrection, la vie indéfectible dont vous êtes la source, vie de lumière, de grâce, de joie. Vous l’avez exaucé, et maintenant celui qui fut condamné et mis à mort triomphe avec vous et juge ses persécuteurs eux-mêmes.

Dans la prière avant l’anaphore, nous supplions aujourd’hui le Seigneur de sanctifier notre sacrifice, c’est-à-dire de nous donner les dispositions nécessaires de foi et d’amour pour que l’offrande eucharistique, sainte en elle-même, bien plus, source de toute sainteté, soit aussi saintement offerte par nous ; de telle sorte que, par l’intercession du martyr, elle serve à nous rendre propice la divine clémence.

Le verset pour la Communion est tiré, à l’encontre des règles classiques, de l’Évangile selon saint Jean (12, 26). Que celui qui veut être à mon service, dit Jésus, me suive à travers les labeurs et les souffrances de ce monde ; et comme le Fils de l’homme n’a pas voulu entrer en possession de sa propre gloire sinon par la voie de la croix, ainsi le serviteur ne pourra marcher dans un autre chemin pour arriver à la béatitude dont le Maître veut le rendre participant. La collecte d’action de grâces souhaite d’une façon générale que l’intercession des martyrs rende vraiment fructueuse notre communion. La liturgie établit ici un rapport important entre le sacrifice de Jésus Rédempteur, celui que lui ont offert les martyrs en répandant pour lui leur sang, et enfin notre double sacrifice, c’est-à-dire le Sacrifice eucharistique et celui de notre devotio qui comporte la consécration à Dieu de tout notre être, de toute notre vie. Cette offrande multiple est intimement unie sur le saint Autel, parce qu’en réalité elle ne constitue qu’un unique sacrifice, celui de Jésus ; c’est-à-dire de Jésus Chef du corps de l’Église, et de Jésus dans ses membres mystiques.

Gardons-nous donc de séparer ce que Dieu a uni, notre offrande de celle de Jésus et de celle des martyrs, puisque notre vie chrétienne doit être la continuation de leur confession et de leur martyre.

Voici le texte de la collecte eucharistique : « Faites, nous vous en supplions, Seigneur, que la réception de ce sacrement nous sanctifie, et que grâce à l’intercession de vos Saints, elle nous rende agréable à vos yeux. » Telle est précisément la gloire du Christ ! tout sexe, tout âge a su lui offrir palmes et couronnes, en sorte que personne désormais ne peut refuser de le suivre avec sa propre croix sous prétexte que la voie est difficile. Même un vieillard comme Saturnin a su trouver dans sa foi la force et le courage de vaincre l’impiété de Maximin, dans les chaînes, dans la honte des travaux forcés, sous l’épée du bourreau. Et toi, pourquoi ne pourrais-tu ce qu’ont pu tant d’autres avant toi ? Cur non poteris quod isti et istae ?

[1] L’Église, persécutée par l’Empire romain.

[2] Texte aujourd’hui disparu du Missel Romain :

Et respondens Jesus cœpit dicere illis : Videte ne quid vos seducat : multi enim venient in nomine meo, dicentes quia ego sum : et multos seducent. Cum audieritis autem bella, et opiniones bellorum, ne timueritis : oportet enim hæc fieri : sed nondum finis. Exsurget enim gens contra gentem, et regnum super regnum, et erunt terræmotus per loca, et fames. Initium dolorum hæc. Videte autem vosmetipsos. Tradent enim vos in consiliis, et in synagogis vapulabitis, et ante præsides et reges stabitis propter me, in testimonium illis. Et in omnes gentes primum oportet prædicari Evangelium. Et cum duxerint vos tradentes, nolite præcogitare quid loquamini : sed quod datum vobis fuerit in illa hora, id loquimini : non enim vos estis loquentes, sed Spiritus Sanctus. Tradet autem frater fratrem in mortem, et pater filium : et consurgent filii in parentes, et morte afficient eos. Et eritis odio omnibus propter nomen meum. Qui autem sustinuerit in finem, hic salvus erit.

Et Jésus, leur répondant, se mit à dire : Prenez garde que personne ne vous séduise. Car beaucoup viendront sous mon nom, disant : C’est moi le Christ ; et ils séduiront beaucoup de monde. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne craignez point ; car il faut que ces choses arrivent, mais ce ne sera pas encore la fin. Car on verra se soulever nation contre nation et royaume contre royaume, et il y aura des tremblements de terre en divers lieux, et des famines. Ce sera là le commencement des douleurs. Pour vous, prenez garde à vous-mêmes ; car on vous livrera aux tribunaux et vous serez battus dans les synagogues, et vous comparaîtrez devant les gouverneurs et devant les rois à cause de moi, pour me rendre témoignage devant eux. Il faut auparavant que l’Évangile soit prêché à toutes les nations. Et lorsqu’on vous emmènera pour vous livrer, ne pensez pas d’avance à ce que vous direz ; mais dites ce qui vous sera inspiré à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit-Saint. Alors le frère livrera son frère à la mort, et le père son fils ; les enfants s’élèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Et vous serez haïs de tout le monde à cause de Mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé.



Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Jour de mort : 29 novembre, 300 environ. Tombeau : à Rome. Vie : Le Martyrologe rapporte ceci : “A Rome, sur la Via Salaria, la mort du saint martyr, le vieillard Saturnin, et du diacre Sisinius. Sous l’empereur Maximien, ils durent subir un long emprisonnement ; ensuite le préfet de Rome les fit étendre sur le chevalet où on leur disloqua les membres, où on les frappa à coups de bâton et de scorpion et où enfin on les brûla avec des torches ; au sortir du chevalet, on les décapita.” Pratique : “Dieu est admirable dans ses saints”, ainsi s’exprime l’Église quand elle considère l’héroïsme de ses martyrs. Oui, les vertus des saints sont un reflet de la grandeur et de la beauté de Dieu. Si la magnificence de la nature nous porte à admirer Dieu, combien plus les vertus des saints !




Saint Sernin ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (3ème s.)

Il est difficile de retirer l'histoire de la légende. Il aurait été envoyé par saint Pierre lui-même. Le plus sûr est de dire qu'il fut du nombre des missionnaires qui, comme saint Denys de Paris, vinrent dans les années 250, évangéliser les Gaules. Il fonda le siège épiscopal de Toulouse.

De nombreuses localités portent son nom dans diverses régions du sud de la France.

La commune de Saint-Saturnin, Puy de Dôme, 63450, est dédiée à Saint Saturnin, martyr, premier évêque de Toulouse au IIIe siècle, dont les reliques ont été ramenées en Auvergne au VIe siècle.

L'église de Saint-Saturnin est la plus petite des 5 basiliques majeures d’Auvergne. (diocèse de Clermont-Ferrand)

"Après l'Ascension du Sauveur, au début de la prédication apostolique, Saturnin chargé de mission par saint Étienne, vint à Toulouse où il convertit beaucoup de monde. Puis, il alla dans les provinces voisines prêcher la parole de Dieu. Il partit pour Eauze. En passant à Auch, il apprit, par révélation divine, le martyre de saint Pierre. En son honneur, il bâtit une église sur les bords du Gers. Ensuite, il poursuivit son voyage, arriva à Eauze et franchit les Pyrénées semant partout les graines du salut.

Après tant d'efforts pour répandre partout la doctrine du Christ, il revint à Toulouse. Les démons qu'on y vénérait le redoutaient tellement qu'ils cessèrent de rendre leurs oracles, malgré les sacrifices d'animaux qu'on leur offrait. Émus par ce silence inattendu, les ministres de la superstition résolurent de le faire mourir. En présence d'une foule considérable, on décida d'offrir un taureau en sacrifice, en vue d'apaiser les dieux. Saturnin vint à passer et quelqu'un, dans la foule, le reconnut: 'C'est lui, s'écria-t-il, l'adversaire de notre culte ! Vengeons, et notre honneur et leur gloire: son immolation calmera leur courroux; sa mort les comblera de joie.' À l'appel de cette voix, la foule en délire fit cercle autour du saint. Un prêtre et deux diacres parvinrent à s'échapper. Saturnin, seul, est traîné au Capitole. On le pousse à sacrifier aux démons. Il témoigne: 'Je ne connais qu'un Dieu unique et véritable, c'est à lui que j'immolerai les sacrifices de louanges. Vos dieux sont des démons'. À ces mots du saint évêque, ils passèrent, autour du taureau qui devait être immolé, une corde à laquelle ils attachèrent les pieds du saint. Puis, ils excitent vivement le taureau qui dévala les degrés du Capitole vers la plaine. Aussitôt, tête brisée, crâne décervelé, corps tout entier déchiré, il rendit à Dieu son âme admirable." (diocèse de Pamiers)

"Saint Saturnin et l’Albigeois - Quand et comment la Bonne Nouvelle de l’Évangile est-elle parvenue dans l’Albigeois? On ne peut répondre avec certitude à cette question. Il est cependant fort probable que les premiers chrétiens de notre pays soient venus de Toulouse; l’importance de cette cité et la commodité des chemins la reliant à la vallée du Tarn ont dû favoriser l’implantation des premiers fidèles. Or, il y avait une Église à Toulouse au milieu du IIIe siècle, avec un évêque Saturnin ou Sernin martyrisé lors de la persécution de Dèce. Il est fort vraisemblable que les membres de cette communauté aient porté témoignage dans la région environnante. C’est ce souvenir qui a sans doute été à l’origine de la vénération du saint Martyr dans le diocèse d’Albi." (Les saints de chez nous - diocèse d'Albi - Tarn)

À Toulouse, commémoraison de saint Saturnin (ou Sernin), évêque et martyr. Il fut, dit-on, au temps de Dèce, arrêté par les païens au capitole de cette ville et précipité du haut des degrés jusqu’en bas, et ainsi, la tête brisée, le corps broyé, il rendit son âme au Christ, vers 250.

Martyrologe romain



The Life of Saint Saturnine

Here followeth the Life of Saint Saturnine, and first of his name.

Saturnine is said of saturare, that is to be filled, and of nux, that is a nut, for the paynims were filled for to martyr him, like as the squirrel that eateth the nut. For when the squirrel taketh the nut for to have it out of the hull, it seemeth to him bitter, then he goeth up on high on the tree and letteth it fall, and then the hull breaketh and the nut springeth out. And thus were the paynims filled in Saint Saturnine, for he was bitter to them because he would not do sacrifice, and then they brought him up on high of the Capitol, and cast him down the steps or grees so that he brake his head, and the brain sprang out of it.

Of Saint Saturnine.

Saturnine was ordained bishop of the disciples of the apostles, and was sent into the city of Toulouse, and when he entered into the city, the devils ceased to give answers, and then one of the paynims said but if they slew Saturnine they should have none answer of their gods. And they took Saturnine which would not do sacrifice, and bound him to the feet of a bull and drew him unto the highest place of the capitol and cast him down the degrees and steps to the ground, so that his head was all to-broken and the brain sprang out, and so he accomplished his martyrdom. And two women took his body and buried it in a deep place for fear of the paynims, and afterwards his successors took up the body and transported it into a more honourable place.

There was another Saturnine whom the provost of Rome held long in prison, and after, he raised him in the torment named Eculee, and did do beat him with sinews, rods, and scorpions, and after, did do burn his sides, and then took him down and smote off his head, about the year of our Lord two hundred and ninety under Maximian.

And yet there was another Saturnine in Africa which was brother of Saint Satyra, Saint Revocata, and Saint Felicity his sister, and Saint Perpetua, which was of noble lineage, which all suffered death together, of whom the passion is holden another time. And when the provost said to them that they should do sacrifice to the idols, they refused it utterly, and he then put them in prison. And when the father of Saint Perpetua heard that, he came to the prison weeping, and said: Daughter, thou hast dishonoured all thy lineage, for till now was never none of thy lineage put in to prison. And when he knew that she was christian, he ran upon her and would have scratched out her eyes with his fingers, and crying loud and issued out. And the blessed Perpetua saw a vision which in the morning she said to her fellows: I saw, said she, a ladder of gold of a marvellous height erect to heaven, and was so strait that no man might go but one alone, and coulters and swords of sharp iron were fixed on the right side and left side, so that he that went up might neither look here nor there, but behoved always to behold right up to heaven. And a dragon of horrible great form lay under the ladder, which made every man to dread and fear to mount up, and she saw Satyra ascending by the same unto above and looking to usward, and said: Doubt ye nothing this dragon, but come up surely that ye may be with me. And when they heard this vision, they all gave thankings to our Lord God, for they knew then that they were called to martyrdom, and on the morn they were all presented to the judge, and after, he said to them: It behoveth you to be presented to the gods and do sacrifice to them. But when they would do no sacrifice, he made Saint Saturnine to be taken from the women, and to be put among the other men, and he said to Saint Felicity: Hast thou a husband? She said: I have one, but I set not by him, and then he said to her: Have mercy on thyself, woman, and live, specially sith thou hast a child in thy belly. To whom she said: Do to me what thou wilt, for thou mayst never draw me to thy will. The father and mother of Saint Perpetua, and her husband, ran to her and brought her child to her, which yet sucked. And when her father saw her standing tofore the provost, he fell down and said to her: My most sweet daughter, have mercy on me, and on thy sorrowful mother, and also of this most wretch thy husband, which may not live after thee, and she stood still without moving, and then her father cast his arms about her neck, and he, her mother, and her husband, kissed her, saying: Daughter, have pity of us, and live with us. And then she put the little child from her, and them also, saying: Depart ye, and go ye from me, mine enemies, for I know you not, and then when the provost saw her constancy he made her long to be beaten, and afterwards to be put in prison. And then the other saints were sorrowful for Saint Felicity, which had yet months to come of her childing, and prayed to God for her, and anon she began to travail and was delivered of a child alive and quick. Then one of her keepers said to her: What wilt thou do when thou comest tofore the provost, which art yet so grievously tormented? And Felicity answered: I shall here suffer pain for myself, and God shall suffer there for me. And then were these saints drawn out of prison, and were despoiled and led by the streets, and to them were let go beasts, and Satyra and Perpetua were devoured of lions, and Revocata and Felicity were slain of leopards, and Saint Saturnine had his head smitten off. And this was about the vear of our Lord two hundred and fifty-six, under Valerian and Galien, emperors.

Thus endeth the life of Saint Saturnine.

The Golden Legend or Lives of the Saints compiled by Jacobus de Voragine



St. Saturninus

St. Saturninus was, says Tillemont, one of the most illustrious martyrs France has given to the Church. We possess only his Acts, which are very old, since they were utilized by St. Gregory of Tours. He was the firstbishop of Toulouse, whither he went during the consulate of Decius and Gratus (250). Whether there were already Christians in the town or his preaching made numerous conversions, he soon had a little church. To reach it he had to pass before the capitol where there was a temple, and according to the Acts, the pagan priestsascribed to his frequent passings the silence of their oracles. One day they seized him and on his unshakeablerefusal to sacrifice to the idols they condemned him be tied by the feet to a bull which dragged him about the town until the rope broke. Two Christian women piously gathered up the remains and buried them in a deep ditch, that they might not be profaned by the pagans. His successors, Sts. Hilary and Exuperius, gave him morehonourable burial. A church was erected where the bull stopped. It still exists, and is called the church of theTaur (the bull). The body of the saint was transferred at an early date and is still preserved in the Church of St. Sernin (or Saturninus), one of the most ancient and beautiful of Southern France. His feast was entered on theHieronymian Martyrology for 29 November; his cult spread abroad. The account of his Acts was embellished with several details, and legends linked his name with the beginning of the churches of Eauze, Auch, Pamplona, andAmiens, but these are without historic foundations.

Sources

RUINART, Acta Martyrum (Ratisbon, 18569), 177-80; Gregorii Turonensis opera Hist. Francorum, ed. ARNDT AND KRUSCH, I (Hanover, 1884), xxxix; TILLEMONT, Hist. ecclesiastique, III (Paris, 1701), 297; LABAN, Vie de Saint Saturnin (Toulouse, 1864); DUCHESNE, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (Paris, 1894), 25, 295.

Dégert, Antoine. "St. Saturninus." The Catholic Encyclopedia. Vol. 13. New York: Robert Appleton Company, 1912. 29 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/13486b.htm>.


SAINT SATURNINUS

Bishop and Martyr

(†ca. 70 A.D.)

Saint Saturninus was a contemporary and a disciple of Our Lord Jesus Christ; he came to Palestine from Greece, attracted by the reputation of Saint John the Baptist, which had echoed even to the northern Mediterranean region. He then followed our Saviour, heard His teaching, and was a witness to many of His miracles. He was present in the Cenacle when the Holy Spirit descended at Pentecost upon the Mother of Christ, the Apostles and Disciples assembled in the number of 120. (Acts of the Apostles 1:15) He departed to teach Christianity under Saint Peter’s authority, evangelizing the lands east of Palestine, and going as far as the region of the Persians and Medes and their neighboring provinces. He cured the sick, the lepers, and the paralytics and delivered souls from the demons; and before he left, he gave written instructions to the new Christians concerning what they should believe and practice.

When Saint Saturninus went with Saint Peter to Rome, the Apostle was inspired to send out a number of fervent evangelists to the West, to dissipate by the light of Christ the darkness in which those regions were still plunged. Saturninus was directed to go to what is now southern France, to Toulouse in particular. Saint Peter consecrated him a bishop, that he might form and ordain native priests for the future Christian churches of Gaul. He was given for his companion Papulus, later to become Saint Papulus the Martyr.

The two companions acquired at Nimes an ardent assistant in the person of Honestus. At Carcassonne, when the three announced Christ they were thrown into a prison, where they suffered from hunger; but an Angel was sent by the Lord to deliver them, and they continued on their way to Toulouse, preaching the doctrine and the name of Christ publicly. At this large and opulent city, where idolatry was entrenched, the idols became mute when the missionaries arrived. This caused great astonishment, and the cause of the silence was sought. Saint Saturninus in the meantime was working miracles which produced a strong impression on the witnesses; among them, the cure of a woman with advanced leprosy. The sign of the cross which he made over crowds often cured many sick persons at the same time, and he then baptized those who showed themselves ready for the sacrament. For a time he left his two disciples there and continued on elsewhere, preaching in the cities of what are now Auch and Eauze. A Spaniard heard of him and crossed the Pyrenees to hear him; this man, by the name of Paternus, advanced so rapidly on the paths of virtue that Saint Saturninus ordained him and then established him bishop of Eauze. He himself returned to Toulouse and sent Honestus to Spain to preach. When the latter returned to ask him to come with him to Spain, he left his disciple Papulus in charge for a time at Toulouse.

At Pampeluna his preaching brought thousands to the truth, delivering these former idolaters from the heavy yoke of the ancient enemy. While he continued his apostolic labors elsewhere, in Toulouse a persecution broke out against Papulus, and the faithful Christian obtained the crown of martyrdom by a violent death. At once Saint Saturnin returned to Toulouse, when he learned of it.

The idols again became mute. One day a great multitude was gathered near a pagan altar, where a bull stood ready for the sacrifice. A man in the crowd pointed out Saturninus, who was passing by, as the cause of the silence. “There is the one who preaches everywhere that our temples must be torn down, and who dares to call our gods devils! It is his presence that imposes silence on our oracles!” He was chained and dragged to the summit of the capitol, situated on a high hill, and commanded to offer sacrifice to the idols and cease to preach Jesus Christ. An Angel appeared to him to fortify him, and the terrible flagellation he endured could not alter his firmness. “I know only one God, the only true one; to Him alone I will offer sacrifice on the altar of my heart... How can I fear gods who you yourselves say are afraid of me?” He was tied by a rope to the bull, which was driven down the stairs leading to the capitol. His skull was broken, and the Saint entered into the beatitude of the unceasing vision of God. His body was taken up and buried by two devout young women. Tradition conserved the memory of the place of his burial, where later a church was built.

Reflection: When beset by the temptations of the devil, let us call upon the Saints, who reign with Christ. They were powerful during their lives against the devil and his angels. They are more powerful now that they have passed from the Church on earth to the Church triumphant.

Source: Les Petits Bollandistes: Vies des Saints, by Msgr. Paul Guérin (Bloud et Barral: Paris, 1882), Vol. 13.

St. Saturninus went from Rome by the direction of Pope Fabian, about the year 245, to preach the faith in Gaul, where St. Trophimus, the first bishop of Arles, had some time before gathered a plentiful harvest.
In the year 250, when Decius and Gratus were consuls, St. Saturninus fixed his episcopal see at Toulouse. Fortunatus tells us, that he converted a great number of idolaters by his preaching and miracles. This is all the account we have of him till the time of his holy martyrdom.
In this temple oracles were given; but the devils were struck dumb by the presence of the saint as he passed that way. The pagan priests spied him one day going by, and seized and dragged him into the temple. declaring that he should either appease the offended deities by offering sacrifice to them, or expiate the crime with his blood.
St. Saturninus boldly replied: “I adore one only God, and to him I am ready to offer a sacrifice of praise. Your gods are devils, and are more delighted with the sacrifice of your souls than with those of your bullocks. How can I fear them who, as you acknowledge, tremble before a Christian?” The infidels, incensed at this reply, abused the saint with all the rage that a mad zeal could inspire, and after a great variety of indignities, tied his feet to a wild bull, which was brought thither to be sacrificed.
The beast being driven from the temple, ran violently down the hill, so that the martyr’s scull was broken, and his brains dashed out. His happy soul was released from the body by death, and fled to the kingdom of peace and glory, and the bull continued to drag the sacred body, and the limbs and blood were scattered on every side, till, the cord breaking, what remained of the trunk of his body was left in the plain without the gates of the city.
Two devout women laid the sacred remains on a bier, and hid them in a deep ditch, to secure them from any further insult, where they lay in “wooden coffin” till the reign of Constantine the Great. Then Hilary, bishop of Toulouse, built a small chapel over this his holy predecessor’s body. Sylvius, bishop of that city towards the close of the fourth century, began to build a magnificent church in honor of the martyr, which was finished and consecrated by his successor Exuperius, who, with great pomp and piety, translated the venerable relics into it. This precious treasure remains there to this day with due honor. The martyrdom of this saint probably happened m the reign of Valerian, in 257.


SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-saturninus/

Saturninus of Toulouse BM (RM)
(also known as Saturnin, Sernin)


Born in Rome; died c. 257. Saint Sernin forms a link between Gaul and Judea, and between our civilization and Jesus Christ himself. According to legend, Sernin was Greek and lived during the time of Jesus. He heard of John the Baptist, went to hear him, and was so deeply moved that he stayed to become one of his disciples. He was baptized in the Jordan on the same day as Jesus, whom he thereafter followed, even becoming one of the 72 disciples. He remained with the Apostles after the Crucifixion, and was with them in the cenacle when the Holy Spirit appeared to them. He went with Peter to evangelize the Middle East, and then went with him to Rome. From there he was sent to Gaul, and after stopping in Arles and Nîmes he settled in Toulouse with his two companions, Papoul whom Peter had sent with him, and Honestus whom he had converted on the way.



Yes, this is a legend trying to connect the foundation of the church of Toulouse back to the origins of Christianity. But like all legends they point to even more miraculous truths. It is a miracle that the message of Jesus Christ spread far and wide to all corners of the earth--to all nations, races, and peoples--pure, authentic, and unchanged.

You know how difficult it is for a group of people to agree upon anything, yet the Gospel remains the Gospel. You'd probably think of the founders of the group as having a good idea that is now out- of-date. But the work of Sernin first in Pamplona, Navarre, Spain, then in Toulouse, France, of others in Munich, in Armenia, in China, and in Africa has endured right down to the present. They belonged to different races, but they all preached the same religion--the same Jesus Christ, the same Saint Peter, the same John the Baptist.

They were often isolated, lost, or forgotten, and yet, centuries later, there is still no need to rectify their teaching. And if that isn't a direct connection with Jesus Christ, then what is? Take comfort in the fact that the more historians try to undermine the miracle, the greater it becomes.

About 245 Saint Sernin was sent by Pope Fabian from Rome to preach the Gospel in Pamplona. From there he travelled to France, where Bishop Trophimus of Arles needed missionaries. Sernin was consecrated bishop of Toulouse.

When Sernin arrived in Toulouse he began by destroying the pagan idols, which caused a stir but was still only negative work. People were suspicious and something else was needed. Then one day Sernin cured the leprosy of Austris of Saxony, the daughter of Marcellus, the governor of Toulouse, and immediately afterwards half the town was converted.

You don't believe in miracles? Then how do you explain that one fine morning half the town awoke and found themselves Christians? Take away Sernin, take away the miracle, and you're left with an even bigger miracle, and one which is even harder to explain.

With Austris cured and Toulouse converted, Sernin didn't want to be bishop, so he set off to make new conquests. He stayed for a while at Auch and sent his disciples Honestus to Pamplona, where he later joined him and together they pushed on as far as Toledo. After converting both these towns, he returned to Toulouse, which he found in good condition. And this is another miracle: the evangelists went away for years and yet when they returned it was as if they had never been absent.

Sernin's work wasn't finished, for no work ever is, but he had done the essential part of it. Now all that remained for him was to die, and to die in the tradition of John the Baptist, Jesus Christ, and Saint Peter.

He lived in Toulouse not far from the capitol, which was a pagan temple. He drove the demons out of the capitol--we don't know how, but we do know that the pagans felt that their temple was empty. One source says that to show his contempt for the pagan gods, Sernin took a house on one side of the pagan temple and built a small church on the other side. This is said to have silenced completely the pagan oracles, from which the pagan priests drew their principal income.

These pagan priests, assuming that Sernin's behavior had displeased their gods, one day seized Sernin, hauled him into their temple, and they tried to force him to sacrifice a bullock to their gods.

They had to act quickly, for crowds are easily moved one way or another, and so they began to beat and scourge him. No one intervened. God didn't come to protect him, so they went further. They tied him by the feet to an already excited bull that was waiting to be sacrificed. Sernin was dragged behind the bull and trampled until his body was dashed to pieces, his head smashed and his brains spilled out on the ground. And so Sernin was sacrificed instead of the bull.

Sernin probably didn't know Jesus and Saint Peter in the flesh, but Jesus triumphed when he died forgiving his executioners. At the very moment when the others believed that they had won, the real victory went to Jesus. It was not a negative forgiveness, but one which gave life.

Sernin also forgave his executioners. If his pardon came only from himself it would not have been worth much, but coming also from Jesus Christ it was effective. The connection between Sernin and Jesus Christ was direct, and that is the real miracle.

Today the church of Saint Sernin in Toulouse is the largest Romanesque church in France, and the saint's body lies in the choir, in a great tomb constructed in 1746 and resting on bulls of bronze (Attwater 2, Benedictines, Bentley, Coulson, Encyclopedia).

Saint Sernin is usually portrayed as a bishop dragged by a bull or with a bull at his feet (Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1129.shtml


St. Saturninus, Bishop of Toulouse, Martyr

From his authentic acts in Surius and Ruinart, quoted by St. Gregory of Tours, l. 1, Hist. c. 28. See Tillemont, t. 3, p. 297. Calmet, Hist. de Lorraine, l. 3, p. 130. Rivet, Hist. Litter. de la France, t. 1, p. 306.

A.D. 257

ST. SATURNINUS went from Rome by the direction of Pope Fabian, about the year 245, to preach the faith in Gaul, where St. Trophimus, the first bishop of Arles, had some time before gathered a plentiful harvest. In the year 250, when Decius and Gratus were consuls, St. Saturninus fixed his episcopal see at Toulouse. Fortunatus tells us, 1 that he converted a great number of idolaters by his preaching and miracles. This is all the account we have of him till the time of his holy martyrdom. The author of his acts, who wrote about fifty years after his death relates, that he assembled his flock in a small church; and that the capitol, which was the chief temple in the city, lay in the way between that church and the saint’s habitation. In this temple oracles were given; but the devils were struck dumb by the presence of the saint as he passed that way. The priests spied him one day going by, and seized and dragged him into the temple, declaring, that he should either appease the offended deities by offering sacrifice to them, or expiate the crime with his blood. Saturninus boldly replied: “I adore one only God, and to him I am ready to offer a sacrifice of praise. Your gods are devils, and are more delighted with the sacrifice of your souls than with those of your bullocks. How can I fear them who, as you acknowledge, tremble before a Christian?” The infidels, incensed at this reply, abused the saint with all the rage that a mad zeal could inspire, and after a great variety of indignities, tied his feet to a wild bull, which was brought thither to be sacrificed. The beast being driven from the temple ran violently down the hill, so that the martyr’s scull was broken, and his brains dashed out. His happy soul was released from the body by death, and fled to the kingdom of peace and glory, and the bull continued to drag the sacred body, and the limbs and blood were scattered on every side, till the cord breaking, what remained of the trunk was left in the plain without the gates of the city. Two devout women laid the sacred remains on a bier, and hid them in a deep ditch, to secure them from any further insult, where they lay in a wooden coffin till the reign of Constantine the Great. Then Hilary bishop of Toulouse, built a small chapel over this his holy predecessor’s body. Sylvius, bishop of that city towards the close of the fourth century, began to build a magnificent church in honour of the martyr, which was finished and consecrated by his successor Exuperius, who with great pomp and piety translated the venerable relics into it. This precious treasure remains there to this day with due honour. The martyrdom of this saint probably happened in the reign of Valerian, in 257.

Another ST. SATURNINUS is named on this day in the Roman Martyrology, who was beheaded for the faith at Rome with St. Sisinnius, in the reign of Dioclesian, in 304, and interred two miles from the city on the road to Nomentum.

In the spirit of the primitive apostles of nations we see what that of a true disciple of Christ ought to be. What was a Christian in those happy times of fervour? He was a man penetrated with the most lively sentiments of his own nothingness; yet courageous and magnanimous in his humility; disengaged from and raised above the world: crucified to his senses, and dead to himself: having no interest but that of Jesus Christ; mild, affable, patient, full of tenderness and charity for others, burning with zeal for religion, always ready to fly to the remotest parts of the globe to carry the light of the gospel to infidels, or to die with the martyrs in defence of the divine truth. Such a spirit and such a life, is something far greater and more astonishing than any signs or external miracles. What wonder if such men converted an infidel world, subdued the hearts of many immersed in vice, and wedded to the earth; and infused into others the spirit of that holy and divine religion which their lives and whole conduct preached more powerfully than their words?

Note 1. L. 2. c. 9. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/291.html