mercredi 21 novembre 2012

LA PRÉSENTATION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE AU TEMPLE


La Présentation de la très Sainte Vierge au Temple

Les parents qui aiment vraiment Dieu Lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l'usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

L'Évangile ne nous apprend rien de l'enfance de Marie; Son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans Son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans Son Temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu'on célèbre aujourd'hui. Ce sacrifice de Marie enfant renferme toutes les conditions du plus parfait sacrifice: il a été prompt, généreux, joyeux, sans retour, sans réserve. Combien il dut être agréable au Seigneur! Marie n'avait que trois ans, mais dans son âme la Trinité prenait déjà toutes Ses complaisances, et Dieu marquait le jour prochain où Elle ajouterait à tant d'autres gloires l'auréole incomparable de la maternité divine. Où mieux que loin du monde, dans l'enceinte du temple, Marie se fût-Elle préparée à Sa mission? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l'Élue de Dieu.

Voici, d'après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au Temple: Depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, Elle priait; de 9 heures à 3 heures Elle s'appliquait au travail des mains; ensuite Elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait l'ange qui Lui apportait Sa nourriture. Elle était toujours la première aux veilles, la plus appliquée à l'étude, la plus fervente dans le chant des psaumes, la plus zélée dans les oeuvres de charité, la plus pure parmi les vierges ses compagnes, la plus parfaite dans la pratique de toutes les vertus. Marie, au jour de Sa Présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après Elle viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



Marie consacrée au Seigneur (Protévangile de Jacques)

Comme Samuel, Marie est consacrée au Seigneur parce qu'elle est un don de Dieu (Protévangile de Jacques, IV).

Marie est préservée de tout contact mondain: elle est la consacrée au Seigneur (VI).

L'auteur veut souligner que Marie est toute relative à Dieu et se maintient dans une pureté la plus absolue en étant toute relative au Seigneur.

« Quand elle eut six mois, sa mère la mit à terre, pour voir si elle se tenait debout. Et, après avoir marché sept pas, elle revint vers le giron de sa mère. Et sa mère la prit dans ses bras, disant : Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne marcheras pas sur cette terre jusqu'à ce que je te conduise au Temple du Seigneur. Et elle fit un sanctuaire dans sa chambre ; et elle ne permettait pas que l'enfant prit rien de profane ou d'impur. Et elle invita les filles des Hébreux qui étaient sans tache, et elles la divertissaient. »[1]

Le Protévangile décrit la présentation de Marie au temple à l'âge de trois ans.

« L'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : "Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu." Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple.

Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : "Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël."

Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit. » (Protévangile de Jacques, chapitre VII)

Marie entre dans le Saint des Saints, l'endroit le plus sacré d'Israël:

« Marie demeurait dans le Temple du Seigneur comme une colombe et recevait de la nourriture de la main d'un ange. »[2]

Marie aurait ensuite appartenu à l'institution des vierges tisseuses : on croyait que le voile du Temple tissé par ces vierges servait pour recouvrir le Saint des Saints considéré comme un "corps humain" et pour revêtir l'ange-Ruah, son gardien, identifié avec le messie, son fils :

« [Joseph a pris Marie sous sa garde.] Or il y eut un conseil des prêtres, disant : "Faisons un voile pour le Temple du Seigneur". Et le prêtre dit : "Appelez-moi les vierges sans tache de la tribu de David". [...] Et ils les firent entrer dans le Temple du Seigneur. Et le prêtre dit : "Tirez au sort laquelle filera l'or, l'amiante, le lin, la soie, le bleu, l'écarlate et la pourpre véritable". Et à Marie échurent la pourpre véritable et l'écarlate. »[3]

Avec ces symboles non historiques mais efficaces, l'auteur veut faire comprendre la montée spirituelle de cette fille, à la rencontre à son Dieu, se nourrissant des paroles divines, se sanctifiant quotidiennement pour devenir temple elle-même un véritable et vivant Saint des Saints, digne de tisser le corps du Fils de Dieu.

L'auteur veut surtout continuellement souligner l'innocence absolue de Marie : elle restait dans le Temple et prenait sa nourriture des mains d'un ange - en effet, dans la tradition hébraïque Adam et Ève tant qu'ils restaient dans l'innocence, étaient nourris par les anges.

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[1] Protévangile de Jacques 6 ; texte dans Ecrits apocryphes chrétiens, sous la direction de F.BOVON et P.GEOLTRAIN, La Pléiades, Paris 1997, p.87

[2] Protévangile de Jacques 7 ; ibid., p.89

[3] Protévangile de Jacques 10 ; ibid., p.91

A. GILA



Henri Feur, La Présentation de Marie au Temple
détail d'un vitrail de l'église de Molières (Dordogne)


Présentation de la Vierge Marie

Au jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple, la liturgie se réfère à des textes non canoniques. Comme les évangiles ne parlent pas de l'enfance de la Vierge, des auteurs inconnus, pour contenter de pieuses curiosités, l'ont racontée en donnant d'aimables détails sur sa venue, enfant, au Temple de Jérusalem. Le principal de ces textes a été traduit au XVI° siècle par l'érudit français Postel qui l'a intitulé le Protévangile de Jacques (premier évangile), C'est, sans doute, le plus ancien évangile de l'enfance, composé au milieu du II° siècle et probablement en Egypte ; le texte nous est parvenu dans des versions en grec, syriaque, arménien, éthiopien, géorgien, vieux-slave. Ce texte qui se présente comme l'œuvre de Jacques le Mineur est déjà évoqué par saint Justin (mort vers 165) dans le Dialogue avec Tryphon et Origène s'y réfère explicitement dans le Commentaire de S. Matthieu. Il s'agit de la vie de Marie racontée en style merveilleux et sans souci de vraisemblance géographique. Quelques pieuses gens y feront tout de même des ajouts à partir du V° siècle.

Les mois se succédèrent pour la petit fille. Lorsqu'elle eut deux ans, Joachim dit : Menons-la au Temple du Seigneur, afin que s'accomplisse la promesse que nous avons faite, sinon le Tout-Puissant nous avertirait et l'offrande que nous lui ferions serait rejetée. Mais Anne répondit : Attendons la troisième année pour que l'enfant soit en âge de reconnaître son père et sa mère. Et Joachim répondit : Attendons !

Lorsque la petite fille eut trois ans, Joachim dit : Appelez les filles d'Hébreux de race pure, et qu'elles prennent chacune un flambeau, un flambeau qui ne s'éteindra pas. L'enfant ne devra pas retourner en arrière et son cœur ne se fixera pas hors du Temple du Seigneur. Elles obéirent à cet ordre et elles montèrent ensemble au Temple du Seigneur. Et le prêtre accueillit l'enfant et la prit dans ses bras. Il la bénit, en disant : Il a glorifié ton nom, le Seigneur, dans toutes les générations. C'est en toi qu'aux derniers jours il révélera la Rédemption qu'il accorde aux fils d'Israël ! Et il fit asseoir l'enfant sur le troisième degré de l'autel. Et le Seigneur Dieu fit descendre sa grâce sur elle. Et, debout sur ses pieds, elle se mit à danser. Et elle fut chère à toute la maison d'Israël. Les parents redescendirent du Temple, et ils étaient remplis d'admiration, et ils louaient Dieu l'enfant ne s'était pas retournée en arrière. Et Marie demeurait dans le Temple du Seigneur, semblable à une colombe, et la main d'un Ange la nourrissait.

Le pseudo-Matthieu, écrit en latin vers le IX° siècle, note que Marie gravit en courant les quinze marches du Temple.

L'origine de la fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple serait peut-être palestinienne puisque la vie de saint Jean le Silentiaire, écrite au milieu du VI° siècle par Cyrille de Scythopolis, nous apprend qu'en novembre 543, à Jérusalem, eut lieu la dédicace de la basilique Sainte-Marie-la-Neuve. En tous cas, à Constantinople, la fête de la Présentation de Marie est attestée dès le VIII° siècle, et des homélies de saint André de Crête (mort en 740) lui sont consacrées.

Dans la crypte de Saint-Maximin (Var), on voit, datant du V° siècle, une image de la Vierge Marie orante gravée sur une pierre tombale avec l'inscription en mauvais latin : Marie la Vierge servant dans le Temple de Jérusalem. Ceci étant, on ne voit pas trace, malgré les tentatives du Pape syrien Serge I° (687 + 701), de fête de la Présentation de la Vierge en Occident en ce temps-là. L'Angleterre la célèbre un peu avant l'occupation normande, un calendrier hongrois la note au début du XIII° siècle, mais le Saint-Siège ne l'admet qu'en 1372 lorsque Grégoire XI se rend aux raisons de Pierre II de Lusignan, roi de Chypre et de Jérusalem. Dès 1373, Charles V l'introduit en la chapelle royale de France et, l'année suivant, convie tout le royaume à l'imiter, ce que fit aussi la Navarre. Comme Grégoire XI rentra à Rome après avoir fait célébrer la Présentation, cette fête devint plus importante et, peu à peu, fut adoptée par les ordres et les pays, quoique sa date variât, et elle figure au missel romain depuis 1505 encore qu'elle fut supprimée par Pie V entre 1568 et 1585.

Le Prêtre, essentiellement homme de Dieu, qui doit ici-bas le représenter, poursuivre ses intérêts sans jamais se lasser, en rappelant continuellement aux âmes, importune, opportune, que l'unique nécessaire est de ne pas manquer son Eternité en gâchant sa vie. Or si le séminaire est un milieu favorable à l'ascension de l'âme, le monde où le prêtre exerce son ministère, est tout au contraire anémiant, déprimant et démoralisateur. A la longue, même s'il est saint, surtout s'il est sorti du séminaire avec un bagage surnaturel étriqué, un pasteur d'âmes ne peut pas ne pas subir l'influence de l'ambiance et sentir son idéal perdre de son mordant pour s'estomper dans l'imprécis en voyant s'évanouir les uns après les autres les beaux rêves de sa formation et déchoir peu à peu de sa première ferveur. A moins qu'il ne se redise souvent qu'étant prêtre, il doit se distinguer totalement du commun des hommes pour n'avoir dans l'esprit qu'une pensée et au cœur qu'une unique passion : Jésus, son Maître, son modèle, le type idéal de son sacerdoce, qu’il a juré d'aimer par-dessus tout et de servir à jamais malgré tout. C'est pour engager le Clergé dans cette voie salutaire que M. Olier, en 1650, par une inspiration du Ciel, décidant de donner comme fête principale aux premiers séminaires la Présentation de la Vierge au Temple, institua, pour ce jour l'impressionnante cérémonie de la Rénovation des Promesses cléricales.


La présentation de Marie dans certains lieux de pèlerinage

Au jour de la Présentation de la Vierge Marie au Temple, certains lieux de pèlerinages célèbrent leur fête principale ; ainsi en est-il, dans l’archidiocèse de Cambrai, de Notre-Dame de Cugnolles, à Avesnes. Lorsque Charles VIII, en 1494, fit le siège d'Avesnes, les soldats français pillaient la ville sans aucune modération. Or, à ce moment, la Sainte Vierge apparut menaçante, une baguette à la main, et força les pillards épouvantés à s'arrêter dans leurs crimes. Tout un peuple fut témoin de ce prodige. Les habitants d'Avesnes en célèbrent chaque année l'anniversaire, le 21 novembre où l’on distribue au Clergé et aux fidèles des petits gâteaux bénits qu’on appelle des cugnolles.

A l’Isle, dans l’archidiocèse d’Avignon, on célèbre Notre-Dame de Salut, ainsi appelée en souvenir de la cessation subite de la peste, le 21 novembre 1638, après une procession générale de la ville.

A Nantes, on célèbre Notre-Dame de Bon-Secours, qui, dans la basse ville, était le siège d’une confrérie de mariniers, fondée en 1443. En 1486, les Nantais attribuèrent à Notre-Dame de Bon-Secours que le duc de Montpensier qui assiégeait la ville, se retirât sans causer de dommages. Menacée par les eaux pluviales, la chapelle fut détruite en 1776 et, avant sa reconstruction, la statue fut portée à l’église Sainte-Croix où elle resta deux ans. La reine Marie-Antoinette qui avait financé la reconstruction, offrit une statue d’argent et, en 1778, l’évêque de Nantes bénissait la nouvelle chapelle qui, sous la Révolution, fut pillée, profanée, transformée en arsenal puis vendue. L’église Sainte-Croix recueillit ce qui restait du pèlerinage à qui Pie VII accorda l’indulgence plénière (1815).

Dans l’archidiocèse de Tours, à Liguiel, chapelle construite en 1613, sous le vocable de Notre-Dame des Anges, et ruinée par les révolutionnaires, on se souvient d’Elie-Marie Besnard du Château, né à Ligueil le 21 novembre 1794, qui, faute de prêtres, l'enfant grandissait sans avoir reçu le baptême. Un jour, cependant, les parents apprirent qu'un prêtre vivait caché dans une maison de Ligueil et, le 12 mai 1795, le petit Elie, en cachette, et au milieu des ruines de Notre-Dame des Anges, fut enfin baptisé. Ce souvenir était resté profondément gravé dans la mémoire de l'enfant qui, dans sa vieillesse, résolut de réparer les ruines. Le 15 août 1871, la chapelle fut bénite par M. l'abbé Baranger, curé de Ligueil. Elle abrite le tombeau de celui qui la restaura.

Dans l’église Saint-Etienne de Bar-le-Duc, au diocèse de Verdun, on célèbre la fête de Notre-Dame du Guet. Au XII° siècle, des assiégeants, après avoir ravagé la ville basse, se présentèrent subrepticement devant la Porte-au-Bois au-dessus de laquelle on avait mis une statue de la Vierge à l’Enfant. Lorsqu’un soldat jeta une tuile à la statue, en criant : Prends garde à toi, on vit la Vierge l’attraper et la donner à l’Enfant-Jésus, pendant que le blasphémateur tombait raide mort ; on entendit la Vierge crier : Au guet ! la ville est prise ! réveillant les gens du poste de guet qui repoussèrent les assiégeant jusque dans la campagne. La chapelle de Notre-Dame du Guet, construite au XV° siècle, fut rasée par les révolutionnaires et la statue, brisée en morceaux, fut reconstituée et rendue à la piété des fidèles en 1806.


Prières

Marie s'exerçait au Temple à l'exercice de la prêtrise, offrant les victimes à Dieu et offrant en foi Jésus-Christ, sous autant de figures qu'il y avait d'hosties, voyant en attente le sacrifice de celui qui devait sauver le monde et qui, en même temps serait le prêtre, la victime et le temple de son propre et divin sacrifice. Que volontiers elle offrait ces victimes, avec quel amour faisait-elle ces fonctions, n'ayant rien de plus aimable que la vue de Jésus-Christ, le tenant toujours dans ses mains en esprit pour le sacrifier à Dieu ! O Prêtre saint et admirable, prêtre invisible, prêtre d'esprit, prêtre divin vivant en terre et faisant ses saintes fonctions sans être vue des hommes, mais honorée seulement des esprits bienheureux et chérie de Dieu même.

Jean-Jacques Olier


O Jésus, vivant en Marie, venez et vivez dans votre serviteur, en votre esprit de sainteté, dans la plénitude de votre puissance, en la perfection de vos voies, en la vérité de vos vertus, en la communion de vos divins mystères, dominez toute puissance adverse, en votre Esprit, à la gloire du Père.

Jean-Jacques Olier.


O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! mais, hélas ! ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J'ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd'hui m'offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu'il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu'il s'occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l'offrande d'un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle. ainsi qu'à vous, jusqu'à la mort, afin qu'après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen.

Saint Alphonse-Marie de Ligori.


Je vous salue Marie, dans votre Présentation !

comme une pure Hostie de l'Abandon.

O Vierge et Mère,

par ce mystère donnez-moi la dévotion.

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.


Ouvrez-vous, sanctuaire, portes éternelles !

Voici le temple qu'on présente au temple,

le sanctuaire au sanctuaire,

l'arche véritable où repose le Seigneur

effectivement à l'arche figurative

où il ne repose qu'en image.

Bossuet


O mon Dieu, que j'eusse bien désiré de me pouvoir vivement représenter la consolation et suavité de ce voyage depuis la maison de Joachim jusque au Temple de Jérusalem ! Quel contentement témoignait cette petite Infante voyant l'heure venue qu'elle avait tant désirée ! Ceux qui allaient au Temple pour y adorer et offrir leurs présents à la divine Majesté chantaient tout au long de leur voyage ; et pour cet effet le royal prophète David avait composé tout exprès un psaume que la Sainte Eglise nous fait dire tous les jours au divin office. Il commence par ces mots : Bienheureux sont ceux, Seigneur qui marchent en ta voie sans macule (Psaume CXVIII), sans tache de péché ; en ta voie, c'est-à-dire en l'observance de tes commandements. Les bienheureux saint Joachim et sainte Anne chantaient donc ce cantique au long du chemin, et notre glorieuse Dame et maîtresse avec eux. O Dieu, quelle mélodie ! ô qu'elle l'entonna mille fois plus gracieusement que ne firent jamais les anges ; de quoi ils furent tellement étonnés que, troupe à troupe, ils venaient pour écouter cette céleste harmonie et, les cieux ouverts, ils se penchaient sur les balustres de la Jérusalem céleste pour regarder et admirer cette très aimable Pouponne. J'ai voulu dire ceci en passant à fin de vous bailler sujet de vous entretenir le reste de cette journée à considérer la suavité de ce voyage ; afin de vous émouvoir à écouter ce divin cantique que notre glorieuse Princesse entonne si mélodieusement, et ce avec les oreilles de votre dévotion, car le très heureux saint Bernard dit que la dévotion est l'oreille de l'âme.

Saint François de Sales.


Il (Dieu) la (Marie) séquestre du monde et la consacre à son Temple, pour marque et figure qu'elle sera bientôt consacrée au service d'un temple plus auguste et plus sacré que celui-ci. Là, en sa solitude, il la garde, il l'environne de sa puissance, il l'anime de son esprit, il l'entretient de sa parole, il l'élève de sa grâce, il l'éclaire de ses lumières, il l'embrase de ses ardeurs, il la visite par ses anges, en attendant que lui-même la visite par ses anges, en attendant que lui-même la visite par sa propre personne ; et il rend sa solitude si occupée, sa contemplation si élevée, sa conversation si céleste, que les anges l'admirent et la révèrent comme une personne plus divine qu'humaine. Aussi, Dieu est, et agit en elle, plus qu'elle-même. Elle n'a aucune pensée que par sa grâce, aucun mouvement que par son Esprit, aucune action que par son amour. Le cours de sa vie est un mouvement perpétuel qui, sans intermission, sans relaxation, tend à celui qui est la vie du Père et qui sera bientôt sa vie, et s'appelle absolument la vie dans les Ecritures (S. Jean XIV 6). Ce terme approche et le Seigneur est avec elle, la remplit de soi-même et l'établit en une grâce si rare, qu'elle ne convient qu'à elle ; car cette Vierge, cachée en un coin de la Judée, inconnue à l'univers, fait un chœur à part dans l'ordre de la grâce, tant elle est singulière.

Le cardinal Pierre de Bérulle.



Mémoire: Présentation de la très Sainte Vierge Marie au Temple

Écrit par monique

En ce jour où l'Eglise fait mémoire de la Présentation de la très Sainte Vierge Marie au Temple, nous avons une pensée particulière pour toutes les vierges consacrées, nos religieuses, toutes congrégations confondues, qui ont voué leur vie au service de Dieu et des humbles. Union de prière à la Vierge Marie, Protectrice de la Sainte Eglise Catholique et modèle des consacré(e)s.

Marie fut solennellement offerte à Dieu dans son temple, selon la tradition juive. Selon les textes non liturgiques, a Mère du Sauveur, qui méditait tout dans le silence de son cœur, fut ainsi préparée à sa mission salvatrice durant douze années de recueillement, de prière, de contemplation. Selon Saint Jérôme, la journée de Marie au temple se divisait ainsi qu'il suit: depuis l'aurore jusqu'à 9 heures du matin, Elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s'appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu'au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l'ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.




La mention de la Présentation de Marie au temple se trouve pour la première fois dans les Apocryphes (Protévangile de Jacques, Évangile de la Nativité de la bienheureuse Marie). Célébrée à Constantinople ce jour, elle fut introduite par Philippe de Maizières, envoyé du Roi de Chypre à la Cour d’Avignon, en Occident. Grégoire XI l’introduisit alors dans le calendrier de la Curie (1372).

Double dans le bréviaire romain de 1550, elle fut supprimée par saint Pie V (pas de fondement scripturaire : l’un des buts de la réforme tridentine était d’enlever des arguments aux protestants dans ce domaine). Rétablie par Sixte-Quint en 1585 comme double en 1585 puis élevée par Clément VIII en 1602 comme double majeur avec un nouvel office.


Fra Carnevale (1425–1484), Présentation de la Vierge au Temple, vers1467


Leçons des Matines avant 1960

Au deuxième nocturne.

Du Livre de saint Jean Damascène : De la foi orthodoxe.

Quatrième leçon. Joachim choisit pour épouse, Anne, femme pleine de mérites et digne des plus grands éloges. Comme la première Anne, affligée par l’épreuve de la stérilité, avait obtenu, par la prière et par un vœu, de donner naissance à Samuel, celle-ci, à son tour, par des supplications et une promesse obtint du ciel de mettre au monde la Mère de Dieu : en cela donc aussi, elle ne le cède à aucune des femmes les plus illustres. Ainsi la grâce (car telle est la signification du nom d’Anne) enfanta la Souveraine (c’est ce que signifie le nom de Marie). Marie, en effet, a vraiment été établie la Souveraine de toutes les créatures, en devenant la Mère du Créateur. Elle voit le jour dans la maison de Joachim, dite de la piscine probatique, et plus tard est conduite au temple ; « plantée ainsi dans la maison de Dieu » et nourrie par l’Esprit-Saint, Marie, semblable à un olivier fertile, devient le sanctuaire de toutes les vertus, détachant son cœur de toutes les convoitises de cette vie et de la chair, et conservant son âme vierge aussi bien que son corps, comme il convenait à celle qui devait recevoir Dieu dans son sein.

Du Livre de saint Ambroise, Évêque : Des Vierges.

Cinquième leçon. Telle a été Marie, que sa vie est un enseignement pour tous. S’il ne vous déplaît pas d’en entendre la preuve, nous allons vous le démontrer ; celles d’entre vous qui aspirent à sa récompense doivent imiter son exemple. Que de vertus brillent en cette seule Vierge ! Nous admirons en elle un mystère de pudeur, une foi courageuse, une piété respectueuse. Vierge, elle passe sa vie dans sa demeure ; épouse, elle se livre aux soins domestiques ; mère, elle porte son Fils au temple. Oh ! Combien de vierges la verront s’avancer à leur rencontre ! Combien de vierges elle pressera dans ses bras et amènera au Seigneur, disant de chacune : Voilà celle qui n’a jamais connu d’autre alliance que celle de mon Fils ; voilà celle qui, par une inviolable pureté, s’est toujours montrée sa digne et fidèle épouse.

Sixième leçon. Que dirai-je de la rigoureuse abstinence de Marie et de la multiplicité de ses bons offices : bons offices qui semblaient dépasser les forces de la nature, abstinence où la nature elle-même trouvait à peine le suffisant ! D’un côté, point d’instants inoccupés ; de l’autre, des jeûnes quotidiens. Et après cela, quand elle consentait à prendre quelque réfection, sa nourriture était des plus ordinaires ; elle en prenait juste assez pour ne pas mourir, et rien pour flatter son goût, il fallait que la nécessité vînt la contraindre d’accorder au sommeil, ce qu’elle redoutait de concéder à un désir de la nature ; et lors même que son corps reposait, son esprit veillait, repassant souvent en songe ses lectures, ou donnant suite aux pensées interrompues par le sommeil, s’occupant de ce qu’elle avait prémédité, ou préméditant ce qu’elle avait à faire.

AUX VÊPRES.

Ant. au Magnificat Bienheureuse Marie, Mère de Dieu * toujours vierge, temple du Seigneur, sanctuaire du Saint-Esprit, vous seule avez plu à notre Seigneur Jésus-Christ d’une manière sans exemple, alléluia.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Inférieure en solennité aux autres fêtes de Notre-Dame, tardivement inscrite au Cycle sacré, la Présentation semble de préférence réserver chez nous le culte de ses mystères à la contemplation silencieuse. Dans le silence de leur prière ignorée, les justes gouvernent la terre ; la Reine des saints, la première, fit plus par ses mystères cachés que tous les faux grands hommes dont les gestes bruyants prétendent constituer la trame des annales du monde.

L’Orient chantait depuis sept siècles au moins [1] l’entrée de la Mère de Dieu dans le temple de Jérusalem [2], quand pour la première fois [3], en 1372, Grégoire XI permit qu’elle fût célébrée à la cour romaine d’Avignon. Or en réponse, Marie brisait les chaînes qui depuis soixante-dix ans retenaient la Papauté captive, et bientôt Grégoire XI rendait à Rome le successeur de Pierre.

Ainsi déjà, au Cycle d’Occident, la Visitation nous était apparue comme le monument de l’unité reconquise sur le schisme qui suivit l’exil.

Dès l’année 1373, à l’imitation du Pontife suprême, Charles V de France introduisait la fête de la Présentation dans sa chapelle du palais. Par lettres en date du 10 novembre 1374, aux maîtres et écoliers du collège de Navarre, il exprimait le désir qu’elle fût célébrée dans le royaume entier :

« Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, à nos bien-aimés : salut en Celui qui ne cesse point d’honorer sa Mère sur la terre. Entre les autres objets de notre sollicitude, souci journalier et diligente méditation, le premier qui occupe à bon droit nos pensées est que la bienheureuse Vierge et très sainte Impératrice soit honorée par nous d’un très grand amour et louée comme il convient à la vénération qui lui est due. Car c’est un devoir pour nous de lui rendre gloire ; et nous qui élevons vers elle en haut les vœux de notre âme, nous savons quelle protectrice incomparable elle est pour tous, quelle puissante médiatrice auprès de son béni Fils pour ceux qui l’honorent avec un cœur pur... Et c’est pourquoi, voulant exciter notre fidèle peuple à solenniser ladite fête comme Nous-même nous proposons de le faire, Dieu aidant, chacune des années de notre vie, nous en adressons l’Office à votre dévotion à cette fin d’augmenter vos joies [4]. »

Ainsi parlaient les princes dans ces temps. Or on sait comment dans ces mêmes années le sage et pieux roi, poursuivant l’œuvre inaugurée à Brétigny par la Vierge de Chartres, sauvait une première fois de l’Anglais la France vaincue et démembrée. Dans l’État donc comme dans l’Église, à celte heure si critique pour les deux, Notre-Dame en sa Présentation commandait à l’orage, et le sourire de Marie enfant dissipait la nue.

La nouvelle fête, enrichie d’indulgences par Paul II, s’était peu à peu généralisée, quand saint Pie V, voulant alléger d’un certain nombre d’Offices le calendrier universel, crut devoir la comprendre en ses suppressions. Mais Sixte-Quint la rétablissait au Bréviaire romain dès l’année 1585, et peu après, Clément VIII l’élevait au rang des Doubles-majeurs. Bientôt clercs et réguliers prenaient pour coutume de renouveler leurs engagements sacrés en ce jour où leur commune Reine ouvrit devant eux la voie qui conduit par le sacrifice aux prédilections du Seigneur.

Écoute, ma fille, et vois, et prête l’oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père, et le Roi convoitera ta beauté [5]. Ainsi, formulant les vœux des filles de Tyr [6], chantait au sommet de Moriah l’Église de l’attente ; et son regard inspiré perçant l’avenir, elle ajoutait . A sa suite viendront les vierges, ses compagnes ; elles s’avanceront dans la joie et l’allégresse ; elles entreront dans le temple du Roi [7].

Or donc, salué d’avance comme le plus beau des fils des hommes [8], ce Roi, qui est le Très Puissant [9], prélude à ses conquêtes en ce jour ; et son début, selon le mot du Psaume, est admirable [10], Par la gracieuse enfant qui à cette heure franchit les degrés du temple, il prend possession de ce temple, dont le sacerdoce le reniera vainement plus tard ; car cette enfant qu’accueille aujourd’hui le temple est son trône [11]. Dès maintenant, son parfum le précède et l’annonce en la mère au sein de laquelle l’huile d’allégresse, coulant à flots, doit le faire Christ entre ses frères [12] ; en elle déjà les Anges saluent la Reine dont la virginité féconde enfantera toutes ces âmes consacrées qui réservent à l’Époux la myrrhe et l’encens de leurs holocaustes, ces filles des rois qui feront l’honneur de sa cour [13].

Mais la Présentation de Notre-Dame ouvre encore à l’Église d’autres horizons. Au Cycle des Saints, dépourvu des frontières précises qui délimitent celui du Temps, le mystère du séjour de Marie dans le sanctuaire de l’ancienne alliance prélude, mieux que n’aurait pu faire aucun autre, à la saison si prochaine de l’Avent liturgique. Marie, conduite au temple pour s’y préparer dans la retraite, l’humilité, l’amour, à ses incomparables destinées, eut aussi pour mission d’y parfaire, au pied des autels figuratifs, la prière de l’humanité trop impuissante à faire pleuvoir des cieux le Sauveur [14]. Elle fut, dit saint Bernardin de Sienne, le bienheureux couronnement de toute attente et demande de l’avènement du Fils de Dieu ; en elle, comme en un sommet, tous les désirs des saints qui l’avaient précédée eurent leur consommation et leur terme [15].

Par son admirable intelligence des Écritures, par sa conformité de chaque jour, de toute heure, aux moindres enseignements et prescriptions du rituel mosaïque, Marie découvrait, adorait partout le Messie sous la lettre ; elle s’unissait à lui, s’immolait avec lui dans chacune des victimes immolées sous ses yeux ; et ainsi rendait-elle au Dieu du Sinaï l’hommage, vainement attendu jusque-là, de la Loi comprise, pratiquée, fécondée selon la plénitude qu’elle comportait pour le Législateur. Alors Jéhovah put dire en toute vérité : Comme la pluie descend du ciel et n’y retourne point, mais enivre la terre et lui fait produire ses fruits ; ainsi sera ma parole : elle ne me reviendra pas inféconde, mais aura heureusement tous les effets que j’ai voulus [16].

Supplément béni de la gentilité non moins que de la synagogue, Marie dès lors vit dans l’Épouse du Cantique sacré l’Église à venir. En notre nom à tous elle adressait à Celui qu’elle savait devoir être l’Époux, sans connaître encore qu’elle l’aurait pour fils, les appels d’un amour qui, sur ses lèvres, était bien fait pour obtenir du Verbe divin l’oubli des infidélités passées, des dérèglements où le monde dévoyé s’abîmait toujours plus [17]. Arche de l’alliance universelle, combien avantageusement ne remplaçait-elle pas celle des Juifs, disparue avec le premier temple ! C’était pour elle sans le savoir qu’Hérode, le Gentil, avait repris la construction du second, demeuré comme désert et comme vide depuis Zorobabel ; car le temple, aussi bien que le tabernacle qu’il remplaçait, n’était que l’asile de l’arche destinée à porter Dieu lui-même : mais garder la réalité fut pour le second temple une gloire plus grande [18] que d’abriter comme le premier la figure.

Les Grecs ont fait choix, comme Leçons de ce jour, des passages de l’Écriture qui rappellent l’entrée de l’arche dans le tabernacle au désert [19], et plus tard dans le temple à Jérusalem [20]. Le synaxaire, ou leçon historique de la solennité, résume les traditions qui nous montrent la bienheureuse Vierge offerte par ses saints parents dans la troisième année de son âge au temple de Dieu, pour y demeurer jusqu’aux jours où, après douze années écoulées, devait s’accomplir en elle le mystère du salut.

Au VIe siècle de notre ère, l’empereur Justinien fit élever en l’honneur de la Présentation une église grandiose dans la partie méridionale de la plate-forme qui avait porté le temple et ses annexes [21].

Le siècle suivant nous donne les strophes liturgiques ci-après, qui témoignent de l’antiquité de la fête.

DE B. VIRGINE IN TEMPLUM RECEPTA.

Le temple très pur du Sauveur, le trésor sacré de la divine gloire, la brebis et la Vierge inestimable est aujourd’hui amenée dans la maison du Seigneur ; elle y apporte la grâce de l’Esprit-Saint, les anges de Dieu la célèbrent dans leurs chants : c’est le tabernacle des cieux.

Quand je contemple dans la Vierge la grâce qui s’y révèle, le comble des ineffables et très sacrés mystères de Dieu, l’allégresse me transporte, et je ne puis comprendre l’étonnante et inexprimable manière dont cette élue, dont cette immaculée l’emporte à elle seule sur toute créature visible ou invisible. Lors donc que je veux l’acclamer, ma voix et mon esprit défaillent ; pourtant j’ose l’exalter et la glorifier comme étant le tabernacle des cieux.

Le créateur, auteur et seigneur de toutes choses, s’est incliné vers nous dans son indicible miséricorde et mû par sa seule clémence ; voyant tombé celui qu’il avait façonné de ses propres mains, il en a eu pitié ; dans sa bonté compatissante, il daigne, œuvre plus divine, le relever en s’anéantissant lui-même ; c’est pourquoi, dans le mystère où il a résolu de prendre notre nature, il s’associe Marie, la Vierge et l’immaculée : elle est le tabernacle des cieux.

Le rédempteur et Verbe du Très-Haut, voulant se manifester pour nous dans la chair, introduisit donc la Vierge sur terre, relevant par des honneurs inusités et admirables cette entrée de la toute pure en notre monde : il fit d’elle la récompense et le fruit de la prière, la promettant et l’annonçant par message aux justes Joachim et Anne ; eux, ses parents, recevant avec foi l’oracle, firent avec amour et joie le vœu d’offrir au Seigneur l’immaculée : c’est le tabernacle des cieux.

Etant donc née par divine providence l’auguste Vierge, les saints époux, comme ils l’avaient promis, la conduisirent au temple à son auteur. Anne, dans son allégresse, interpellant le prêtre, s’écriait : Recevez-la, donnez-lui place au plus profond de l’inaccessible sanctuaire, entourez-la de soins ; car c’est un fruit qui fut la récompense de mes prières ; avec joie, dans ma foi, j’ai promis de la rendre à Dieu son auteur : c’est le tabernacle des cieux.

Au XVe siècle et au XVIe, on chantait en ce jour dans un grand nombre d’églises la Prose suivante, composée sur l’acrostiche : AVE MARIA, BENEDICO TE, AMEN. Je vous salue Marie et vous bénis. Amen.

SEQUENCE.

Dans sa profonde providence, la Sagesse divine ordonne toutes choses comme il convient. Joachim et Anne sont unis par le lien conjugal ; mais leur union demeure stérile.

Dans toute l’ardeur de leur amour, par vœu sincère ensemble ils s’engagent au Seigneur : sans tarder, s’il daigne leur donner un enfant, ils le consacreront pour toujours en son temple.

Un Ange apparaît, éclatant de lumière, qui leur apprend que leurs désirs sont exaucés : que par la grâce du Roi suprême, une fille leur sera donnée, toute bénie.

Sainte dès le sein maternel, admirable sera sa naissance, plus admirable l’enfantement par lequel, en demeurant vierge, elle sera mère de Celui dont le Très-Haut est Père, dont la grâce débordante ôtera le péché du monde.

Elle est née la vierge bénie ; âgée de trois ans on la présente au temple, elle en franchit les quinze degrés, toute parée, d’un pas ferme et rapide, sous les yeux de son père et de sa mère.

Le temple resplendit d’une nouvelle gloire à la présentation de l’auguste vierge : instruite divinement et visitée des cieux, elle se réjouit avec les Anges.

A l’âge adulte où ses compagnes sont appelées par ordre du prince des prêtres à contracter mariage, la vierge s’y refuse d’abord ; car ses parents l’ont vouée au Seigneur, et elle-même a résolu par vœu de garder sa virginité.

Dieu consulté répond que la vierge doit prendre pour époux celui qu’une fleur miraculeusement éclose aura désigné ; Joseph, ainsi élu, l’épouse et la conduit en sa maison.

Gabriel est alors député vers la vierge, lui annonçant comment elle doit concevoir ; elle prudente, écoute silencieuse, et considère ce que pareil message a d’insolite.

Lui cependant explique la manière dont toutes choses s’accompliront ; la vierge croit, et aussitôt dans l’Esprit-Saint le Verbe est conçu ; Celui que rien ne peut contenir s’enferme en une vierge.

O vierge sans pareille, quelle louange égalera maintenant vos mérites ! quel n’est pas l’éclat de votre gloire ! Maintenant donc protégez-nous pour que dans la patrie nous jouissions du fruit qui fait votre honneur.

Amen.

« Félicitez-moi, vous tous qui aimez le Seigneur, de ce que, lorsque j’étais petite, j’ai plu au Très-Haut [22]. » C’est l’invitation que vous nous adressez dans les Offices chantés à votre honneur, ô Marie ; et quelle fête la justifie mieux que celle-ci ? Quand, plus petite encore par l’humilité que par l’âge, vous montiez si candide et si pure les degrés du temple, le ciel dut avouer que c’était justice si désormais les meilleures complaisances du Très-Haut étaient pour la terre. Retirée jusque-là dans l’intimité de vos bienheureux parents, ce fut votre première démarche publique ; elle ne vous montrait aux hommes que pour aussitôt vous dérober mieux encore à leurs yeux dans le secret de la face de Dieu ; mais en la manière que pour la première fois vous étiez officiellement offerte et présentée au Seigneur, lui-même sans nul doute, entouré des puissances de sa cour, vous présentait non moins solennellement à ces nobles esprits dont vous étiez la reine. Dans une plénitude de lumière qui n’avait point lui précédemment pour eux, ils comprirent, en même temps que vos grandeurs incomparables, la majesté de ce temple où Jéhovah recueillait un hommage surpassant en dignité celui des neuf chœurs, l’auguste prérogative de cet ancien Testament dont vous étiez la fille, dont les enseignements et les directions allaient parfaire en vous durant douze années la formation de la Mère de Dieu.

La sainte Église, cependant, vous déclare imitable pour nous en ce mystère de votre Présentation comme dans tous les autres, ô Marie [23].

Daignez bénir plus spécialement les privilégiés que la grâce de leur vocation fait dès ici-bas habitants de la maison du Seigneur : qu’ils soient eux aussi l’olivier fertile [24], engraissé de l’Esprit-Saint, auquel vous compare aujourd’hui saint Jean Damascène [25]. Mais tout chrétien n’est-il pas, de par son baptême, l’habitant, le membre de l’Église, vrai sanctuaire de Dieu, dont celui de Moriah n’était qu’une figure ? Puissions-nous, par votre intercession, vous suivre d’assez près dans votre Présentation bienheureuse au pays des ombres et des frimas, pour mériter d’être de même présentés à votre suite au Très-Haut dans le temple de sa gloire [26].

[1] Pitra, Analecta sacra Spicilegio Solesmensi parata, I, 275.

[2] Menaea, ad diem hanc.

[3] Ceci doit s’entendre seulement de la fête proprement dite ; car le marbre de Berre, illustré par Le Blant sous le n° 542 A des Inscriptions chrétiennes de la Gaule, démontre que le fait du séjour de Marie au temple de Jérusalem était reconnu et honoré en Occident au Ve siècle.Voir Planche 72 du même, n° 433.

[4] Launoy, Historia Navarrae gymnasii, Pars I L I, c. 10.

[5] Psalm XLIV, 11, 12.

[6] Ibid. 13.

[7] Ibid. 15, 16.

[8] Ibid. 3.

[9] Ibid. 4.

[10] Ibid. 5.

[11] Psalm. XLIV. 7.

[12] Ibid.8.

[13] Ibid. 9, 10.

[14] Isai. XLV, 8.

[15] Bernardin. Sen. Pro festivitatibus V. Marias, Sermo IV, art. 1, c. 3.

[16] Isai. LV, 10, II.

[17] Olier, Vie intérieure de la T. Sainte Vierge, Présentation.

[18] Agg. II, 10.

[19] Exod. XL.

[20] III Reg. VIII.

[21] C’est aujourd’hui la mosquée El-Aksa.

[22] Deuxième R/. du premier Nocturne à l’Office ordinaire de N.-D.

[23] Lectio 2a IIi Noct. ex AMBR.de Virginibus II.

[24] Eccli. XXIV, 19.

[25] Lectio Ia IIi Noct. ex Damasc. de Fide orthodoxa, IV.

[26] Collecte du jour.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

La mention de la présentation de Marie au temple par ses parents, à l’âge de trois ans, pour y être élevée à l’ombre du tabernacle, se trouve pour la première fois dans les Apocryphes, par exemple dans le Protévangile de Jacques et dans l’Évangile de Nativitate beatae Mariae. Ce fait est d’ailleurs si conforme à ce que la dévotion catholique conçoit et ressent relativement à la vie immaculée de Marie non décrite dans l’Évangile, qu’il jouit également de la faveur des fidèles. C’est ainsi que, sur une patène antique, ornée de figures bibliques, on voit la sainte Vierge dans l’attitude d’une orante, avec cette inscription barbare :

MARIA MENESTER DE TEMPLO CEROSALE

Marie, servante du temple de Jérusalem.

La fête de la présentation de Marie au temple était célébrée à Constantinople le 21 novembre, bien avant que Michel Comnène, en 1166, la mît au nombre de celles où étaient défendues les séances judiciaires.

En Occident, cette fête fut introduite par les soins de Philippe de Maizières, envoyé du roi de Chypre à la cour papale d’Avignon. Le messager décrivit sous des couleurs si brillantes cette solennité orientale à Grégoire XI, que celui-ci se décida à l’introduire dans le calendrier de la Curie (1372). La messe est du Commun, Salve, sancta parens, sauf la première collecte.

Prière. — « Seigneur qui avez voulu qu’en ce jour fût présentée au temple la bienheureuse et toujours vierge Marie, demeure du Saint-Esprit, accordez-nous par son intercession de pouvoir un jour être présentés nous aussi dans le temple de votre gloire. »

Marie est présentée au temple par ses parents, pour que cette tige immaculée de Jessé, sur laquelle devait éclore la fleur de Nazareth, fût gardée, comme en une serre, à l’ombre du sanctuaire. Quelle leçon pour tous, mais spécialement pour les parents, qui ne pourront jamais mieux conserver l’innocence de leurs enfants qu’en les habituant de bonne heure à fréquenter le sanctuaire, à écouter la parole divine, à participer souvent aux sacrements. La vertu est une fleur délicate qui réclame mille soins et précautions mais qui, surtout, demande à être préservée de l’influence d’un entourage nuisible.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

« C’est aujourd’hui la préface des complaisances de Dieu (l’« eudoxie » du Gloria des anges) et l’annonce de la Rédemption du genre humain ; dans le temple de Dieu la Vierge est vraiment présentée et le Christ annoncé à tous. Disons-lui nous aussi à haute voix : Salut, instrument de la Rédemption divine ! » (Contakion des Grecs)

La Présentation de Marie. — L’objet de la fête ne figure pas dans la Sainte Écriture, mais dans les apocryphes, spécialement dans ce que l’on nomme le protévangile de Jacques. Après que la future naissance de Marie lui eut été annoncée par un ange, sainte Anne aurait fait vœu de consacrer l’enfant au Seigneur. C’est pourquoi on la porta, après sa naissance, dans une sainte maison où avaient seules accès les vierges d’Israël. Puis, à l’âge de trois ans, elle fut conduite au Temple. Elle y fut élevée comme une colombe et recevait la nourriture de la main d’un ange. Telle est la légende. — La fête fut célébrée en Orient dès le VIIIe siècle et elle y avait même le caractère de solennité chômée. La fête est désignée en Orient sous la dénomination suivante : L’entrée de la Mère de Dieu au Temple. Elle fut introduite dans l’Église Romaine par un envoyé du roi de Chypre qui séjourna à la cour des papes à Avignon (1371). Sixte IV la rendit obligatoire pour l’Église universelle en 472. Pie V supprima la fête, mais elle fut rétablie quelques années plus tard.

La Messe est du commun (Salve sancta). L’Oraison propre demande pour nous la grâce « d’être présentés aussi un jour dans le temple de la gloire de Dieu ». Nous voyons comment la liturgie rapporte tout à notre transfiguration et à notre sanctification (une pensée du temps). Aujourd’hui nous voulons célébrer l’Offertoire de la messe en union avec Marie s’offrant au Temple. Quel entier abandon de la part de Marie et quelles complaisances de la part de Dieu dans cette offrande de la Mère de Dieu !

La prière des Heures. — Saint Ambroise nous trace un beau portrait de la vie cachée de Marie : « Quelles innombrables vertus brillent dans la Vierge incomparable ! Sanctuaire de la pureté, étendard de la foi, soumission de la piété ! Vierge à la maison, elle s’empresse comme associée au service divin, comme mère au Temple. Ô combien de vierges elle accueille par ces mots : « Voici celle qui a gardé dans une pureté immaculée le berceau de mon Fils, la chambre nuptiale. » A quoi bon rappeler avec quelle modération elle prenait sa nourriture, avec quelle abondance elle pratiquait ses devoirs (religieux) ? Cette abondance a dépassé les forces de la nature, cette modération a presque fait défaut aux besoins de la nature. Ici pas d’interruption, là des jours de jeûne successifs. Et, si le désir de refaire ses forces se présentait, la nourriture, ordinairement la première venue, servait plutôt à empêcher la mort qu’à procurer un plaisir. En Marie la recherche du sommeil n’en précédait jamais le besoin. Et, encore, l’âme continuait-elle de veiller pendant que le corps se reposait : en dormant elle pensait à ce qu’elle avait lu ou bien, interrompant le sommeil, elle continuait la lecture, ou bien elle exécutait les résolutions prises ou bien elle en prenait de nouvelles. »



Feast of the Presentation of Mary

Mary’s presentation was celebrated in Jerusalem in the sixth century. A church was built there in honor of this mystery. The Eastern Church was more interested in the feast, but it does appear in the West in the 11th century. Although the feast at times disappeared from the calendar, in the 16th century it became a feast of the universal Church.

As with Mary’s birth, we read of Mary’s presentation in the temple only in apocryphal literature. In what is recognized as an unhistorical account, the Protoevangelium of James tells us that Anna and Joachim offered Mary to God in the Temple when she was three years old. This was to carry out a promise made to God when Anna was still childless.

Though it cannot be proven historically, Mary’s presentation has an important theological purpose. It continues the impact of the feasts of the Immaculate Conception and of the birth of Mary. It emphasizes that the holiness conferred on Mary from the beginning of her life on earth continued through her early childhood and beyond.

Feast of the Presentation of the Blessed Virgin Mary

The Protoevangel of James, the Gospel of Pseudo-Matthew, the Gospel of the Nativity of Mary, and other apocryphal writings (Walker, "Apocryph. Gosp.", Edinburgh, 1873) relate that Mary, at the age of three, was brought by her parents to the Temple, in fulfillment of a vow, there to be educated. The corresponding feast originated in the Orient, probably in Syria, the home of the apocrypha. Card. Pitra (Anal. Spici. Solesmensi, p. 265) has published a great canon (liturgical poem) in Greek for this feast, composed by some "Georgios" about the seventh or eighth century. The feast is missing in the earlier Menology of Constantinople (eighth century); it is found, however, in the liturgical documents of the eleventh century, like the "Calend. Ostromiranum" (Martinow, "Annus græco-slav.", 329) and the Menology of Basil II (e’ísodos tes panagías Theotókon). It appears in the constitution of Manuel Comnenos (1166) as a fully recognized festival during which the law courts did not sit. In the West it was introduced by a French nobleman, Philippe de Mazières, Chancellor of the King of Cyprus, who spent some time at Avignon during the pontificate of Gregory XI. It was celebrated in the presence of the cardinals (1372) with an office accommodated from the office chanted by the Greeks. In 1373 it was adopted in the royal chapel at Paris, 1418 at Metz, 1420 at Cologne. Pius II granted (1460) the feast with a vigil to the Duke of Saxony. It was taken up by many dioceses, but at the end of the Middle Ages, it was still missing in many calendars (Grotefend, "Zeitrechnung", III, 137). At Toledo it was assigned (1500) by Cardinal Ximenes to 30 September. Sixtus IV received it into the Roman Breviary, Pius V struck it from the calendar, but Sixtus V took it up a second time (1 September, 1585). In the province of Venice it is a double of the second class with an octave (1680); the Passionists and Sulpicians keep it as a double of the first class; the Servites, Redemptorists, Carmelites, Mercedarians, and others as a double of the second with an octave. In the Roman Calendar it is a major double. The Greeks keep it for five days. In some German dioceses, under the title "Illatio", it was kept 26 November (Grotefend, III, 137).

Sources

KELLNER, Heortologie (Freiburg, 1901); NILLES, Kal. Man. (Innsbruck, 1897); HOLWECK, Fasti Mariani (Freiburg, 1892).


Holweck, Frederick. "Feast of the Presentation of the Blessed Virgin Mary." The Catholic Encyclopedia. Vol. 12. New York: Robert Appleton Company, 1911. 21 Nov. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/12400a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/12400a.htm



The Presentation of the Blessed Virgin Mary

RELIGIOUS parents never fail by devout prayer to consecrate their children to the divine service and love, both before and after their birth. Some, amongst the Jews, not content with this general consecration of their children, offered them to God in their infancy, by the hands of the priests in the temple, to be lodged in apartments belonging to the temple, and brought up in attending the priests and levites in the sacred ministry. Thus Samuel and others were dedicated to God in their tender age. There were also apartments in which women devoted themselves to the divine service in the temple: witness Josabeth, the wife of Joiada, 1 and Anne, the daughter of Phanuel. 2 It is an ancient tradition, that the Blessed Virgin Mary was thus solemnly offered to God in the temple in her infancy. 3 This festival of the Presentation of the Blessed Virgin, or, as it is often called by the Greeks, the entrance of the Blessed Virgin into the Temple, is mentioned in the most ancient Greek Menologies extant: also in a constitution of the emperor Emanuel recited by Balsamon. 4 Upon this festival we have several sermons of Germanus, patriarch of Constantinople, in the thirteenth century, 5 of St. Tarasius, patriarch of Constantinople, of the emperor Leo the Wise, 6 of George, not archbishop of Nicomedia, as Surius calls him, but chancellor 7 of the see of Constantinople, &c. This festival passed from the Greeks into the West, and was kept at Avignon in 1372. 8 Three years after this it is mentioned in a letter of Charles V. the French king. 9 Sixtus V., in 1585, 10 commanded the office of this day to be recited by the whole church. Molanus tells us, it had been published before by Pius II. and Paul II., with indulgences annexed.

By the consecration which the Blessed Virgin made of herself to God in the first use which she made of her reason, we are admonished of the most important and strict obligation which all persons lie under, of an early dedication of themselves to the divine love and service. It is agreed amongst all masters of Christian morality, that every one is bound in the first moral instant of the use of reason to convert his heart to God by love; and if divine faith be then duly proposed to him (which is the case of Christian children) by a supernatural assent to it, he is bound then to make an act of faith: also an act of hope in God as a supernatural rewarder and helper, and an act of divine charity. Who can be secure that in the very moment in which he entered into his moral life, and was capable of living to God, he did not stain his innocence by a capital omission of this duty? Of this we can only judge by the care which is taken in the great duty of prayer about that age. How diligent and solicitous are parents bound to be in instructing their children in the first fundamental mysteries of faith, and in the duty of prayer, and in impressing upon their tender minds a sense of spiritual things in a manner in which their age may be capable of receiving it. These first fruits of the heart are a sacrifice of which God is infinitely jealous, an emblem of which, were all the sacrifices of first fruits prescribed in the old law, in token that he is our beginning and last end. Such a heart, adorned with the baptismal grace of innocence, has particular charms. A victim which bears the divine image perfect and entire, without having ever been stained with any spot, or tainted with the least corruption, is most agreeable to God. Grace recovered by penance is not like that of innocence which has never been defiled; nor is it the same happiness for a soul to return to God from the slavery of sin, as for one to give him her first affections, and to open her understanding and will to his love before the world has found any entrance there. This is a present, suiting the spotless and infinite sanctity of God, and a pure holocaust most acceptable in his holy eyes. In return he will pour forth his most precious graces upon such a soul, whose affections, on the other side, will flow more easily and strongly towards him, not having been hampered in the inordinate love of creatures, and easily conquering all lets and impediments which might abate their ardour. The tender soul of Mary was then adorned with the most precious graces, an object of astonishment and praise to the angels, and of the highest complacence to the adorable Trinity, the Father looking upon her as his beloved daughter, the Son, as one chosen and prepared to become his mother, and the Holy Ghost as his darling spouse.

Her first presentation to God, made by the hands of her parents and by her own devotion, was then an offering most acceptable in his sight. Let our consecration of ourselves to God be made under her patronage, and assisted by her powerful intercession and the union of her merits. If we have reason to fear that we criminally neglected this duty at the first dawning of our reason, or, if we have since been unfaithful to our sacred baptismal engagements, such is the mercy and goodness of our gracious God, that he disdains not our late offerings. But that these may be accepted by him, we must first prepare the present he requires of us, that is, our hearts. They must be washed and cleansed in the sacred laver of Christ’s adorable blood, by means of sincere compunction and penance; and all inordinate affections must be pared away by our perfectly renouncing in spirit, honours, riches, and pleasures, and being perfectly disengaged from creatures, and ready to do and suffer all for God, that we may be entirely his, and that neither the world nor pride, nor any irregular passion may have any place in us. What secret affections to this or that creature lurk in our souls, which hinder us from being altogether his, unless they are perfectly cut off or reformed! What constant watchfulness and fidelity are necessary to maintain and increase the fervour of this consecration of ourselves to God, daily renewing the same, and studying to render it more perfect! This Mary did by spending her youth in holy retirement, at a distance from the commerce and corruption of the world, and by the most assiduous application to all the duties and exercises of a religious and interior life. Mary was the first to set up the standard of virginity; and, by consecrating it by a perpetual vow to our Lord, she opened the way to all virgins who have since followed her example. They, in particular, ought to take her for their special patroness, and as her life was the most perfect model of their state, they ought always to have her example before their eyes, and imitate her in prayer, humility, modesty, silence, and retirement. “She who had the good company of holy thoughts,” says St. Ambrose, “did not desire the conversation of other virgins; but then she was least alone, when she was alone: for, how can it be said that she was alone who had with her so many devout books, so many archangels, so many prophets. If she was troubled when the angel Gabriel entered, it was not because she was not accustomed to converse with angels, but because he appeared in the shape of a man.—Hence we may understand the wariness of her religious and chaste ears, and of her venerable and chaste eyes.”

Mary lived retired till she was introduced into the world and espoused to St. Joseph. Some think her espousals were at first only a promise or betrothing: but the ends assigned by the fathers, seem rather to show them to have been a marriage. These are summed up by St. Jerom, as follows: 11 that by the pedigree of Joseph, the descent of Mary, from the tribe of Juda, might be demonstrated: that she might not be stoned by the Jews as an adulteress: that, fleeing into Egypt, she might have the comfort and protection of a spouse. A fourth reason, says St. Jerom, is added by the martyr Ignatius: that the birth of the Son of God might be concealed from the devil. The words of that apostolic father are: “Three mysteries wrought by God in silence were concealed from the prince of this world; the virginity of Mary; the bringing forth of her Son: and the death of the Lord.” 12 Not that God could fear any impediment to his designs, from the devil; but he was pleased to effect these mysteries in silence and without worldly show and noise, that pride and hell might, by his all-wise and sweet providence be more meekly triumphed over, whilst the devil himself hastened his own overthrow by concurring to the mystery of the cross. From the marriage of the Blessed Virgin and St. Joseph, St. Austin shows, 13 that marriage requires no more than the mutual consent of the will between parties which lie under no impediment or inability, to an indissoluble individual society of life. In this holy marriage we admire the incomparable chastity of Mary and Joseph; and the sanctity and honour, as well as the patronage and example which that holy state receives from this mystery. In certain particular churches the espousals of the Virgin Mary and St. Joseph are honoured with an office on the 23d of January.

Note 1. 4 (or 2) Kings xi. 2, and 2 Par. (or Chron.) xxii. 11. [back]

Note 2. Luke ii. 37. [back]

Note 3. See St. Greg. of Nyssa, Serm. in Nat. Christi, p. 779. [back]

Note 4. Balsamon, in Nomocan. Photii, tit. 7, c. 1. [back]

Note 5. T. 5, Auctar. Nov. per Combefis, p. 1411. [back]

Note 6. Ibid. t. 1, p. 1619. [back]

Note 7. Chartophylax. [back]

Note 8. See Papebroke, in mensem Nov. Muscovit. [back]

Note 9. Molan, addit. ad Usuardum. See Canisius, l. 1, de B. Maria V. c. 12. Jos. Assemani, in calendar, ad 21 Nov. t. 5, p. 369. [back]

Note 10. Baronius (Annot. in Martyr, hac die) observes, that in the Latin church the word Presentation was used in rituals for the offering of the divine child, Jesus, in the temple, made by his mother in the mystery of the purification. This title of the Presentation of the child Jesus could never be mistaken for the presentation of the Virgin Mary, which feast was celebrated by the Greeks long before the Latins adopted it to honour the first consecration which she made of herself to God. [back]
Note 11. In c. 1, Matt. p. 7, ed. Ben. [back]

Note 12. St. Ignat. ep. ad Ephes. p. 16. [back]

Note 13. S. Aug. l. de Nuptiis et Concup. c. 11, n. 13, p. 287, et l. de bone Conjug. c. 18, n. 21, p. 322. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866.
SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/211.html



Presentazione della Beata Vergine Maria


Memoria mariana di origine devozionale, si collega a una pia tradizione attestata dal protovangelo di Giacomo. La celebrazione liturgica, che risale al secolo VI in Oriente e al secolo XIV in Occidente, dà risalto alla prima donazione totale che Maria fece di sé, divenendo modello di ogni anima che si consacra al Signore. (Mess. Rom.)

Martirologio Romano: Memoria della Presentazione della beata Vergine Maria. Il giorno dopo la dedicazione della basilica di Santa Maria Nuova costruita presso il muro del tempio di Gerusalemme, si celebra la dedicazione che fece di se stessa a Dio fin dall’infanzia colei che, sotto l’azione dello Spirito Santo, della cui grazia era stata riempita già nella sua immacolata concezione, sarebbe poi divenuta la Madre di Dio.

La memoria odierna della Presentazione della Beata Vergine Maria ha un'importanza notevole, non solo perchè in essa vien commemorato uno dei misteri della vita di Colei che Dio ha scelto come Madre del Suo Figlio e come Madre della Chiesa, nè soltanto perchè in questa 'presentazione' di Maria vien richiamata la 'presentazione' al Padre celeste di Cristo e, anzi, di tutti i cristiani, ma anche perchè essa costituisce un gesto concreto di ecumenismo, di dialogo con i nostri fratelli dell'Oriente. Questo emerge con chiarezza sia dalla nota di commento degli estensori del nuovo calendario sia dalla nota della Liturgia delle Ore, che dice: 'In questo giorno della dedicazione (543) della chiesa di S. Maria Nuova, costruita presso il tempio di Gerusalemme, celebriamo insieme ai cristiani d'oriente quella 'dedicazione' che Maria fece a Dio di se stessa fin dall'infanzia, mossa dallo Spirito Santo, della cui grazia era stata ricolma nella sua immacolata concezione'. Il fatto della presentazione di Maria al tempio, com'è, noto, non è narrato in nessun passo dei testi sacri, mentre viene proposto con abbondanza di particolari dagli apocrifi, cioè da quegli scritti molto antichi e per tanti aspetti analoghi ai libri della Bibbia, che tuttavia sempre la Chiesa ha rifiutato di considerare come ispirati da Dio e quindi come Sacra Scrittura. Or secondo tali apocrifi, la presentazione di Maria al tempio non avvenne senza pompa: sia nel momento della sua offerta che durante la permanenza nel tempio si verificarono alcuni fatti prodigiosi: Maria, secondo la promessa fatta dai suoi genitori, fu condotta nel tempio a tre anni, accompagnata da un gran numero di fanciulle ebree che tenevano delle torce accese, col concorso delle autorità gerosolimitane e tra il canto degli angeli. Per salire al tempio vi erano quindici gradini, che Maria salì da sola, benchè tanto piccola. Gli apocrifi dicono ancora che Maria nel tempio si alimentava con un cibo straordinario recatole direttamente dagli Angeli e che ella non risiedeva con le altre bambine ma addirittura nel 'Sancta Sanctorum' (che veniva invece "visitato" una sola volta all'anno dal solo Sommo Sacerdote). 

La realtà della presentazione di Maria dovette essere molto più modesta e insieme più gloriosa. Fu infatti anche attraverso questo servizio al Signore nel tempio, che Maria preparò il suo corpo, ma soprattutto la sua anima, ad accogliere il Figlio di Dio, attuando in se stessa la parola di Cristo: 'Beati piuttosto coloro che ascoltano la parola di Dio e la osservano'.

Autore: Piero Bargellini

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/25200


Titian (1490–1576). Présentation de la Vierge Marie au Temple, 1534-1538, 


Marie d’Agréda, La Cité mystique de Dieu, Livre deuxième. chapitre I-V, qui traite de la Présentation de la Très-Pure Marie dans le Temple, des divines faveurs qu'elle y reçut, des vertus qu'elle y pratiqua, des afflictions qu'elle y souffrit, de la mort de ses parents saint Joachim et sainte Anne, aussi bien que des épousailles qu'elle fit avec saint Joseph par le commandement du Trés-Haut, et de l'ordre de vie qu'elle se prescrivit dans son très-chaste mariage. :

VIE INTÉRIEURE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE. OUVRAGE RECUEILLI DES ÉCRITS DE M. OLIER, FONDATEUR DE LA CONGRÉGATION DES PRÊTRES DE SAINT-SULPICE, Numérisation : Merci à l'Abbaye Saint Benoît de Port-Valais - www.abbaye-saint-benoit.ch/ : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/olier/Olier.htm


VIE DIVINE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE MARIE par Marie d'Agréda
Traduite de l'Italien par l'Abbé Joseph-Antoine Boullan, Missionnaire du Précieux Sang et Docteur en Théologie. Paris, 1853 : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Dagreda/sommaire.html

Voir aussi : http://www.pagesorthodoxes.net/fetes/md-presentation1.htm