dimanche 25 novembre 2012

Sainte CATHERINE D'ALEXANDRIE, vierge et martyre


Sainte Catherine d'Alexandrie

Vierge et Martyre

(+ vers 307)

Sainte Catherine naquit à Alexandrie, d'une famille de première noblesse. Comme elle ne se hâtait pas de recevoir le Baptême, Dieu lui envoya une vision où la Sainte Vierge la présentait au divin Enfant qui détournait les yeux avec tristesse, et disait: "Je ne veux point la voir, elle n'est pas encore régénérée." A son réveil, elle résolut de recevoir promptement le Baptême. Quand elle l'eut reçut, Jésus lui apparut, lui donna mille témoignages d'amour, la prit pour épouse en présence de Marie et de toute la cour céleste, et lui passa au doigt l'anneau de Son alliance.

Catherine, douée d'une haute intelligence, suivit avec le plus grand succès les leçons des plus grands maîtres chrétiens de l'école d'Alexandrie, et acquit la science des Docteurs. Dans une grande fête du paganisme, célébrée en présence de l'empereur Maximin, elle eut la sainte audace de se présenter devant lui, de lui montrer la vanité des idoles et la vérité de la religion chrétienne. La fête terminée, Maximin, étonné du courage et de l'éloquence de la jeune fille, réunit cinquante des plus savants docteurs du paganisme et leur ordonna de discuter avec Catherine. Préparée par la prière et le jeûne, elle commença la discussion et fit un discours si profond et si sublime sur la religion de Jésus-Christ comparée au culte des faux dieux, que les cinquante philosophes, éclairés par sa parole en même temps que touchés de la grâce, proclamèrent la vérité de la croyance de Catherine et reçurent, par l'ordre du cruel empereur, le baptême du sang, gage pour eux de l'immortelle couronne.

Cependant Maximin, malgré sa fureur, plein d'admiration pour la beauté et les hautes qualités de Catherine, espéra la vaincre par l'ambition en lui promettant sa main. Il essuya un refus plein de mépris. Pendant deux heures l'innocente vierge subit le supplice de la dislocation de ses membres sur un chevalet, et celui des fouets. Le lendemain, Maximin, surpris de la trouver plus belle et plus saine que jamais, essaya de triompher de sa résistance. Il la fit soumettre au terrible supplice des roues, mais les roues volèrent en éclats et tuèrent plusieurs personnes. Le tyran, confus de tous ces prodiges, ordonna de lui trancher la tête.

Avant de mourir, elle avait demandé et obtenu deux choses de son divin Époux: que son corps fût respecté après le supplice, et que l'ère des persécutions prit bientôt fin. Plus tard, son corps fut transporté par les Anges sur le mont Sinaï.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



SAINTE CATHERINE

Catherine vient de catha, qui signifie universel, et de ruina, ruine, comme si on disait ruine universelle : en effet, dans elle, l’édifice du diable fut entièrement ruiné: savoir: l’orgueil, par l’humilité qu'elle posséda; la concupiscence de la chair, par la virginité qu'elle conserva; et la cupidité mondaine; par le mépris qu'elle eut pour toutes les vanités du monde. Ou bien Catherine, vient de chaînette (catena) : car par ses bonnes œuvres, elle se fit comme une chaîne au moyen de (374) laquelle elle monta au ciel. Et cette chaîne ou échelle est formée de quatre degrés qui sont : l’innocence d'action, la pureté du coeur, le mépris de la vanité, et le langage de la vérité, degrés que le prophète a disposés par ordre quand il dit (Ps. XXIII) : « Qui est-ce qui montera sur la montagne du Seigneur?... Ce sera, répond-il, celui dont les mains sont innocentes, et qui a le coeur pur, qui n'a point pris son âme en vain, et qui n'a pas fait de faux serments contre son prochain. » Ces quatre degrés ont existé dans sainte Catherine, ainsi qu'on le voit dans sa légende.

Catherine, fille du roi Costus, fut instruite dans l’étude de tous les arts libéraux. L'empereur Maxence avait convoqué à Alexandrie les riches aussi bien que les pauvres, afin de les faire tous immoler aux idoles, et pour punir les chrétiens qui ne le voudraient pas. Alors, Catherine, âgée de 18 ans, était restée seule dans un palais plein de richesses et d'esclaves ; elle entendit les mugissements des divers animaux et les accords des chanteurs; elle envoya donc aussitôt un messager s'informer de ce qui se passait. Quand elle l’eut appris, elle s'adjoignit quelques personnes, et se munissant du signe de la croix, elle quitta le palais et s'approcha. Alors elle vit beaucoup de chrétiens qui, poussés parla crainte, se laissaient entraîner à offrir des sacrifices. Blessée au coeur d'une profonde douleur, elle s'avança courageusement vers l’empereur, et lui parla ainsi : « La dignité dont tu es revêtu, aussi bien que la raison exigeraient de moi de te faire la cour, si tu connaissais le créateur du ciel, et si tu renonçais au culte des dieux. » Alors debout devant la porte du temple, elle discuta avec l’empereur, à l’aide des conclusions syllogistiques, sur une infinité de sujets qu'elle considéra au point de vue allégorique, métaphorique, dialectique et mystique. Revenant ensuite à un langage ordinaire, elle ajouta : « Je me suis attachée à t'exposer ces vérités comme à un savant : or, maintenant pour quel motif as-tu inutilement rassemblé cette multitude afin qu'elle adorât de vaines idoles? Tu admires ce temple élevé par la main des ouvriers; tu admires des ornements précieux que le vent envolera comme de la poussière. Admire plutôt le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment, admire les ornements du ciel, comme le soleil, la lune et les étoiles : admire leur obéissance, depuis le commencement du monde jusqu'à la fin des temps ; la nuit et le jour, ils courent à l’occident pour revenir à l’orient, sans se fatiguer jamais : puis quand tu auras remarqué ces merveilles, cherche et apprends quel est leur maître; lorsque, par un don de sa grâce, tu l’auras compris et que tu n'auras trouvé personne semblable à lui, adore-le, glorifie-le : car il est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs. » Quand elle lui eut exposé avec sagesse beaucoup de considérations touchant l’incarnation du Fils, l’empereur stupéfait ne sut que lui répondre. Enfin revenu à lui : « Laisse, ô femme, dit-il, laisse-nous terminer le sacrifice, et ensuite nous te répondrons. » Il commanda alors de la mener au palais et de la garder avec soin; il était plein d'admiration pour sa sagesse et sa beauté. En effet elle était parfaitement bien faite, et son incroyable beauté la rendait aimable et agréable à tous ceux qui la voyaient. Le César vint au palais et dit à Catherine : « Nous avons pu apprécier ton éloquence et admirer ta prudence, mais occupés à sacrifier aux dieux, nous n'avons pu comprendre exactement tout ce que tu as dit : or, avant de commencer, nous te demandons ton origine. » A cela Catherine répondit : « Il est écrit : « Ne te loues pas ni ne te déprécies toi-même », ce que font les sots que tourmente la vaine gloire. Cependant j'avoue mon origine, non par jactance, mais par amour pour l’humilité. Je suis Catherine, fille unique du roi Costus. Bien que née dans la pourpre et instruite assez à fond dans les arts libéraux, j'ai méprisé tout pour me réfugier auprès du Seigneur J.-C. Quant aux dieux que tu. adores, ils ne peuvent être d'aucun secours ni à toi, ni à d'autres. Oh ! qu'ils sont malheureux les adorateurs de pareilles idoles qui, au moment où on les invoque, n'assistent pas dans les nécessités, ne secourent pas dans la tribulation et ne défendent pas dans le péril! » Le roi : « S'il en est ainsi que tu le dis, tout le monde est dans l’erreur, et toi seule dis la vérité : cependant toute affirmation doit être confirmée par deux ou trois témoins. Quand tu serais un ange, quand tu serais une puissance céleste, personne ne devrait encore te croire ; combien moindre encore doit être la confiance en toi, car tu n'es qu'une femme fragile! » Catherine : « Je t'en conjure, César, ne te laisse pas dominer par ta fureur ; l’âme du sage ne doit pas être le jouet d'un funeste trouble, car le poète a dit : « Si l’esprit te gon« verne, tu seras roi, si c'est le corps, tu seras esclave. » L'empereur : «Je m’aperçois que tu te disposes à nous enlacer dans les filets d'une ruse empoisonnée, en appuyant tes paroles sur l’autorité des philosophes. » Alors l’empereur, voyant qu'il ne pouvait lutter contre la sagesse de Catherine, donna des ordres secrets pour adresser des lettres de convocation à tous les grammairiens et les rhéteurs afin qu'ils se rendissent de suite au prétoire d'Alexandrie, leur promettant d'immenses présents, s'ils réussissaient à l’emporter par leurs raisonnements sur cette vierge discoureuse.

On amena donc, de différentes provinces, cinquante orateurs qui surpassaient tous les mortels dans tous les genres de science mondaine. Ils demandèrent à l’empereur, pourquoi ils avaient été convoqués de si loin ; le césar leur répondit : « Il v a parmi nous une jeune fille. incomparable par son on sens et sa prudence; elle réfute tous les sages, et affirme que tous les dieux sont des démons. Si vous triomphez d'elle, vous retournerez chez vous comblés d'honneurs. » Alors l’un d'eux plein d'indignation répondit avec colère : « Oh! la grande détermination d'un empereur, qui, pour une discussion sans valeur avec une jeune fille, a convoqué les savants des pays les plus éloignés du monde, quand l’un de nos moindres écoliers pouvait la confondre de la façon la plus leste! » L'empereur dit : « Je pouvais la contraindre par la force à sacrifier, ou bien l’étouffer dans les supplices ; mais j'ai pensé qu'il valait mieux qu'elle restât tout à fait confondue par vos arguments. » Ils lui dirent alors : « Qu'on amène devant nous la jeune fille et que, convaincue de sa témérité, elle avoue n'avoir jusqu'ici jamais vu des savants. » Mais la vierge ayant appris la lutte à laquelle elle était réservée, se recommanda toute à Dieu; et voici qu'un ange du Seigneur se présenta devant elle et l’avertit de se tenir ferme, ajoutant que non seulement elle ne pourra être vaincue par ses adversaires, mais qu'elle les convertira et qu'elle leur frayera le chemin du martyre. Ayant donc été amenée devant les orateurs, elle dit à l’empereur : « Est-il juste que tu opposes une jeune fille à cinquante orateurs auxquels tu promets des gratifications pour la victoire, tandis que tu me forces à combattre sans m’offrir l’espoir d'une récompensé? Cependant, pour moi, cette récompense sera N.-S. J.-C: qui est l’espoir et la couronne de ceux qui combattent pour lui. » Alors les orateurs ayant avancé qu'il était impossible que Dieu se fît homme et souffrît, la vierge montra que cela avait été prédit même par les Gentils. Car Platon établit que Dieu est un cercle, mais qu'il est échancré. La sybille a dit aussi : « Bienheureux est ce Dieu qui est suspendu au haut dit bois. » Or, comme la vierge discutait avec la plus grande sagesse contre les orateurs qu'elle réfutait par des raisons évidentes, ceux-ci, stupéfaits, et ne sachant quoi répondre, furent réduits à un profond silence. Alors l’empereur, rempli contre eux d'une grande fureur, se mit à leur adresser des reproches de ce qu'ils s'étaient laissé vaincre si honteusement par une jeune fille. L'un d'eux prit la parole et dit : « Tu sauras, empereur, que jamais personne n'a pu lutter avec nous, sans qu'il n'eût été vaincu aussitôt : mais cette jeune fille, dans laquelle parle l’esprit de Dieu, a tellement excité notre admiration, que nous ne savons, ni n'osons absolument dire un mot contre le Christ. Alors, prince, nous avouons fermement que si tu n'apportes pas de meilleurs arguments en faveur des dieux que nous avons adorés jusqu'à présent, nous voici disposés à nous convertir tous à la foi chrétienne. » Le tyran, entendant cela, fut outré de colère et ordonna de les faire brûler tous au milieu de la ville. Mais la vierge les fortifia, et leur inspira la constance du martyre; puis elle les instruisit avec soin dans la foi. Et comme ils regrettaient de mourir sans le baptême, la vierge leur dit : « Ne craignez rien, car l’effusion de votre sang vous tiendra lieu de baptême et de couronne. » Après qu'ils se furent munis du signe de la croix, on les jeta dans les flammes, et ils rendirent leur âme au Seigneur : ni leurs cheveux, ni leurs vêtements ne furent aucunement atteints par le feu. Quand ils eurent été ensevelis par les chrétiens, le tyran parla à la vierge en ces termes : « O vierge généreuse, ménage ta jeunesse ; après la reine, tu tiendras le second rang dans mon palais ; ta statue sera élevée au milieu de la ville; et tu seras adorée de tous comme une déesse. » La vierge lui répondit : « Cesse de parler de choses qu'il est, criminel même de penser, je me suis livrée au Christ comme épouse : il est ma gloire, il est mon amour, il est ma douceur, et l’objet de ma tendresse; ni les caresses, ni les tourments ne pourront me faire renoncer à son amour. » alors l’empereur furieux la fit dépouiller et fouetter avec des cordes garnies de fers tranchants (scorpions) ; puis quand elle eut été broyée, il ordonna de la traîner dans une prison obscure où elle devrait, pendant douze jours, souffrir le supplice de la faim.

Des affaires pressantes ayant appelé l’empereur hors du pays, l’impératrice, qui s'était éprise d'une vive affection pour Catherine, vint en toute hâte la trouver en son cachot, au milieu de la nuit, avec le général des armées, nommé Porphyre. A son entrée, l’impératrice vit la prison resplendissante d'une clarté ineffable, et des anges qui pansaient les plaies de la vierge. Alors Catherine commença à lui vanter les joies éternelles, et quand elle l’eut convertie à la foi, elle lui prédit qu'elle obtiendrait la couronne du martyre. Elles prolongèrent ainsi leur entretien jusqu'à une heure avancée de la nuit. Porphyre, ayant entendu tout ce qu'elles avaient dit, se jeta aux pieds de la vierge et reçut la foi de J.-C. avec deux cents soldats. Or, comme le tyran avait condamné Catherine à rester douze jours sans nourriture, J.-C., pendant ce laps de temps, envoya du ciel une colombe blanche qui la rassasiait d'un aliment céleste ; ensuite le Seigneur lui apparut accompagné d'une multitude d'anges et de vierges, et lui dit : « Ma fille, reconnais ton créateur pour le nom duquel tu as subi une lutte laborieuse : sois constante, car je suis avec toi. » A son retour, l’empereur se la fit amener; mais la voyant brillante de santé, alors qu'il la pensait abattue par un si long jeûne, il crut que quelqu'un lui avait apporté des aliments dans le cachot; plein de fureur, il commanda qu'on mît les gardiens à la torture. Mais Catherine dit : « Je n'ai pas reçu de nourriture de main d'homme, c'est J.-C. qui m’a nourrie par le ministère d'un ange. »L'empereur lui répondit : « Recueille dans ton coeur, je t'en prie, les conseils que je t'adresse; et ne me réponds plus d'une manière ambiguë : Nous ne désirons pas te traiter en esclave, mais en reine puissante et belle, qui triomphera dans mon empire. » La vierge dit à son tour: « Fais attention, toi-même, je t'en conjure, et décide, après un mûr et sage examen, quel est celui que je dois choisir de préférence, ou bien de quelqu'un puissant, éternel, glorieux, et beau, ou d'un autre infirme, mortel, ignoble et laid. » Alors l’empereur indigné dit : « Choisis de deux choses l’une, ou de sacrifier et de vivre, ou bien de subir les tourments les plus cruels, et de périr. » « Quels que soient les tourments que tu puisses imaginer, reprit Catherine, hâte-toi, car je désire offrir, ma chair et mon sang au Christ, comme il s'est offert lui-même pour moi. Lui, c'est mon Dieu, mon amant, mon pasteur et mon unique époux. Alors un officier conseilla à l’empereur furieux de faire préparer, dans le courant de trois jours; quatre roues garnies de scies de fer et de clous très aigus, afin que cette machine la broyât par morceaux, et que l’exemple d'une mort si cruelle effrayât le reste des chrétiens. On disposa deux roues qui devaient tourner dans un sens, en même temps que deux autres roues seraient mises en mouvement dans un sens contraire, de manière que celles de dessous devaient déchirer les chairs que les roues de dessus en venant se placer contré les premières, auraient rejetées contre celles-ci. Mais la bienheureuse vierge pria le Seigneur de briser cette machine pour la gloire de son nom et pour la conversion du peuple qui se trouvait là. Aussitôt un ange du Seigneur broya cette meule et en dispersa les morceaux avec tant de force que quatre mille Gentils en furent tués.

Or, la reine, qui regardait d'un lieu élevé et qui jusque-là s'était cachée, descendit aussitôt et adressa de durs reproches à l’empereur pour cette étrange cruauté. Mais l’empereur, plein de fureur, sur le refus de l’impératrice de sacrifier, la condamna à avoir les seins arrachés, puis à être décapitée. Comme on la menait au martyre, elle demanda à Catherine de prier pour elle le Seigneur. Catherine répondit : « Ne crains rien, ô reine chérie de Dieu, car aujourd'hui à la place d'un royaume qui passe, tu en recevras un autre qui sera éternel, et à la place d'un époux mortel, tu en auras un immortel. » Alors l’impératrice affermie exhorta les bourreaux à ne point différer de faire ce qui leur avait été commandé. ils la conduisirent hors de la ville et après lui avoir arraché les mamelles avec des fers de lance, ils lui coupèrent ensuite la tête. Porphyre put soustraire son corps et l’ensevelir. Le lendemain, comme on cherchait le corps de l’impératrice, et, qu'à ce sujet, le tyran donnait l’ordre de traîner au supplice beaucoup de personnes, Porphyre se présenta tout à coup sur la place en s'écriant: « C'est moi qui ai enseveli la servante du Christ dont j'ai embrassé la foi. » Alors Maxence égaré s'écria en poussant un rugissement terrible : « Oh ! je suis le malheureux le plus à plaindre ! Voici qu'on a séduit Porphyre, l’unique appui de mon âme et ma consolation. dans mes peines! » Et comme il faisait part de cela à ses soldats, ils lui répondirent aussitôt: « Et nous aussi, nous sommes chrétiens et prêts à mourir. » Alors le César, enivré de fureur, commanda qu'on leur coupât la tête en même temps qu'à Porphyre et qu'on jetât leurs corps aux chiens. Ensuite, il fit comparaître Catherine et lui dit : « Bien que tu aies fait mourir l’impératrice par art magique, cependant si tu viens à impératrice tu seras la première dans mon palais : aujourd'hui donc, ou tu offriras des sacrifices aux dieux, ou tu auras la tête coupée. » Catherine lui répondit: « Fais tout ce que tu as résolu : tu me verras prête à tout souffrir. » Alors Maxime prononça son arrêt et la condamna. à être décapitée. Quand elle eut été amenée au lieu du supplice, elle leva les yeux au ciel et fit cette prière: « O vous qui êtes l’espérance et le salut des croyants! l’honneur et la gloire des vierges : ô Jésus, ô bon roi, je vous en conjure, que quiconque; eu mémoire de mon martyre, m’invoquera à son heure dernière, ou bien en toute autre nécessité, vous trouve propice et obtienne ce qu'il demande ! » Cette voix s'adressa alors à elle : « Viens, ma bien-aimée, mon épouse ; voici la porte du ciel qui t'est ouverte. Tous ceux qui célébreront la mémoire de ton martyre avec dévotion, je leur promets du ciel les secours qu'ils réclameront. » Quand elle fut décapitée, il coula de son corps du lait au lieu de sang. Alors les anges prirent son corps et le portèrent, de cet endroit, jusqu'au mont, Sinaï, éloigné de plus de vingt jours de marche, et l’y ensevelirent avec honneur (La légende et l’oraison du Bréviaire romain consacrent le fait du transport du corps de la sainte par les anges au mont Sinaï) . De ses ossements découle sans cesse une huile qui a la vertu de guérir les membres de ceux qui sont débiles. Elle souffrit sous le tyran Maxence ou Maximin qui commença à régner vers l’an du Seigneur 310. On peut voir dans l’Histoire de l’Invention de la sainte Croix comment ce tyran fut puni pour ce crime et pour d'autres encore qu'il commit. — On dit qu'un moine de Rouen alla au mont Sinaï où il resta pendant sept ans au service de sainte Catherine. Comme il la suppliait avec grande instance de lui donner quelque parcelle de son corps, tout à coup un de ses doigts se détacha. Le moine reçut avec joie ce don de Dieu et l’apporta en son monastère (Des reliques de sainte Catherine furent en effet apportées à Rome en 1027. Cf. Hugues de Flavigny, en sa Chronique). — On rapporte encore qu'un homme fort dévot à sainte Catherine qu'il invoquait fréquemment à son aide, se relâcha par la suite et perdit toute dévotion du coeur, en sorte qu'il cessa d'invoquer la martyre. Un jour qu'il était en prières, il vit passer devant lui une multitude de vierges dont l’une paraissait plus resplendissante que les autres. Quand elle approcha de lui, elle se couvrit le visage et passa ainsi. Or, comme il admirait extrêmement son éclat et demandait qui elle était, l’une d'elles lui répondit : « C'est Catherine que tu aimais à connaître autrefois ; aujourd'hui que tu parais ne plus t'en souvenir, elle a passé devant toi, la figure voilée, comme si elle était pour toi une inconnue. »

Il est bon de remarquer que sainte Catherine est admirable : I° dans sa sagesse ; II° dans son éloquence ; III° dans sa constance ; IV° dans l’excellence de sa chasteté ; V° dans le privilège de sa dignité. I° Elle parait admirable dans la science. Car en elle se trouva réunie toute la philosophie . — La philosophie ou la science se divise en théorique, en pratique et en logique. D'après quelques auteurs, la science théorique se divise en trois parties: l’intellectuelle, la naturelle et la mathématique. Or, sainte Catherine posséda : 1° la science intellectuelle dans la connaissance des choses divines, et s'en servit avec avantage dans. sa disputé avec les rhéteurs, auxquels elle prouva qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que les autres sont tous de faux dieux. 2° Elle posséda la science naturelle dans la connaissance de tous les êtres inférieurs; elle en usa à l’égard de l’empereur, ainsi qu'on l’a vu plus haut. 3° Elle posséda la science mathématique, par le mépris qu'elle fit des choses de la terre. Cette science, d'après Boëce, traite abstractivement des formes dégagées de la matière. Sainte Catherine la posséda, quand elle dépouilla son coeur de. tout amour matériel ; et elle prouva qu'elle l’avait en répondant ainsi aux interrogations de l’empereur: « Je suis Catherine, fille du roi Costus, bien que je sois née dans la pourpre..., etc. » Elle en fit principalement usage quand elle excita l’impératrice à se mépriser ainsi que le monde pour désirer le roi éternel: La science pratique se divise en trois parties, qui sont : l’ethnique, l’économique et la publique ou politique. La première enseigne à former les moeurs, à s'orner des vertus et convient à tous. La seconde apprend à bien gouverner sa famille, elle est du ressort des pères de famille. La troisième enseigne à bien- régir les villes, les peuples et la république. C'est la partie des gouverneurs des villes. Sainte Catherine posséda encore cette triple science : la première en composant ses moeurs en toute honnêteté; la seconde en gouvernant avec mérite sa famille qui était nombreuse; la troisième en donnant de sages avis à l’empereur. La logique se divise en trois parties : la démonstrative, la probative et la sophistique. La première appartient aux philosophes, la seconde aux rhéteurs et aux dialecticiens, la troisième aux sophistes. On voit que sainte Catherine posséda aussi cette triple science, puisqu'on dit d'elle : « Elle discuta avec l’empereur, à l’aide de conclusions syllogistiques, une infinité de sujets qu'elle considéra au point de vue allégorique, métaphorique, dialectique et mystique. » II. Elle fut admirable d'éloquence ; car elle eut de belles paroles dans ses prédications, comme on l’a vu ; elle s'exprima avec une grande clarté dans ses raisonnements, alors qu'elle disait à l’empereur: « Tu admires ce temple fabriqué par la main des ouvriers. » Elle fut très habile à gagner ceux auxquels elle s'adressait, témoins Porphyre et l’impératrice qu'elle attira à la foi par la suavité de son élocution. Elle fut très puissante pour convaincre, par exemple, les rhéteurs qu'elle força à croire. III. Elle fut admirable de constance d'abord, malgré les menaces qu'on lui fit et qu'elle méprisa, puisqu'elle répondit à l’empereur: « Quels que soient les tourments que tu puisses t'imaginer, hâte-toi, car je désire offrir au Christ et' ma chair et mon sang. » Et plus loin encore : « Fais tout ce que tu peux concevoir en ton esprit, tu me verras disposée à tout supporter. » Ensuite elle repoussa les biens qu'on lui offrit. C'est pour cela que l’empereur lui promettant le second rang dans le palais, elle répondit : « Cesse de dire de pareilles choses ; c'est un crime même de les penser, etc... » En troisième lieu, elle surmonta les tourments qu'on lui infligea, cela est évident, parce qu'elle fut mise en prison et sur la roue. IV. Elle fut très constante 'dans la conservation de sa chasteté quoiqu'elle eût été exposée à des épreuves où la chasteté succombe d'ordinaire. Ces épreuves sont au nombre de cinq: l’abondance qui amollit, l’occasion qui entraîne, la jeunesse qui aime à folâtrer, la liberté qui n'a pas de frein et la beauté qui provoque. Malgré tout cela la bienheureuse Catherine conserva la chasteté. Car elle eut des richesses en abondance, puisqu'elle succéda à de très riches parents. Elle avait des occasions puisque, maîtresse: d'elle-même, elle passait tous ses instants au milieu de ses serviteurs. Elle était jeune, elle jouissait de sa liberté puisqu'elle restait seule et libre dans un palais. C'est pour cela qu'il est dit d'elle ci-dessus : « Catherine, à l’âge de 18 ans, resta seule dans un palais rempli d'esclaves et de richesses. » Elle était belle puisqu'on dit : « Elle était parfaitement bien faite, et son incroyable beauté la rendait aimable et agréable à tous ceux qui la voyaient.» V. Elle fut admirable dans le privilège de sa dignité. Quelques saints ont été honorés de privilèges particuliers au moment de leur trépas, comme la visite de J.-C. dans saint Jean l’évangéliste ; l’huile qui émane de leurs ossements dans saint Nicolas; le lait qui coule de leurs plaies dans saint Paul ; le tombeau disposé dans saint Clément; les demandes exaucées dans sainte Marguerite, quand elle pria en faveur de ceux qui feraient mémoire d'elle. Or, tous ces privilèges se trouvent réunis dans sainte Catherine, tels qu'on a pu le voir dans sa légende. Un doute s'est fait jour chez quelques écrivains, celui de savoir si elle a été martyrisée par Maxence ou par Maximin. A cette époque, trois gouvernaient l’empire, savoir. Constantin qui succéda à son père, Maxence, fils de Maximien, nommé Auguste par les soldats prétoriens de Rome et Maximin qui fut créé césar en Orient. D'après les chroniques, Maxence exerçait sa tyrannie contre les chrétiens à Rome et Maximin en Orient. D'autres auteurs pensent que c'est une faute de copiste, si on a mis Maxence au lieu de Maximin.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii


Leçons des Matines (avant 1960)

Quatrième leçon. L’illustre vierge Catherine naquit à Alexandrie. Ayant joint, dès sa jeunesse, l’étude des arts libéraux à l’ardeur de la foi, elle s’éleva en peu de temps à une haute perfection de doctrine et de sainteté, si bien qu’à l’âge de dix-huit ans, elle surpassait les plus érudits. Ayant vu traîner au supplice, par ordre de Maximin, beaucoup de Chrétiens qu’on avait déjà tourmentés diversement à cause de leur religion, Catherine ne craignit pas d’aller trouver ce tyran, et, lui reprochant son impie cruauté, elle lui prouva, par des raisons pleines de sagesse, que la foi en Jésus-Christ est nécessaire pour le salut.

Cinquième leçon. Maximin, rempli d’admiration pour la science de Catherine, la fit garder ; et rassemblant de toutes parts les hommes les plus savants, il leur promit de magnifiques récompenses, s’ils pouvaient la faire passer avec conviction de la foi du Christ au culte des idoles. Le contraire arriva : car plusieurs de ces philosophes réunis pour la convaincre, furent, par la force et la précision de ses raisonnements, embrasés d’un si grand amour envers Jésus-Christ, qu’ils n’auraient point hésité à mourir pour lui. Maximin entreprend donc, par les flatteries et les promesses, d’amener Catherine à d’autres sentiments ; mais comprenant qu’on l’essaierait en vain, il la fait battre de verges, meurtrir à coups de fouets garnis de plomb, puis la retient onze jours en prison, sans nourriture ni boisson.

Sixième leçon. C’est alors que l’épouse de Maximin, et Porphyre, général de ses armées, entrèrent dans la prison pour voir la jeune vierge. Persuadés par ses discours, ils crurent en Jésus-Christ, et reçurent dans la suite la couronne du martyre. Cependant Catherine fut tirée du cachot ; on avait préparé une roue, où se trouvaient fixés de proche en proche des glaives aigus pour déchirer cruellement le corps de la vierge. Mais cet instrument de supplice fut bientôt mis en pièces à la prière de Catherine, et plusieurs, à la vue de ce miracle, embrassèrent la foi de Jésus-Christ. Maximin n’en étant que plus obstiné dans son impiété et sa cruauté, ordonna de décapiter Catherine. Elle présenta courageusement sa tête à la hache du bourreau, et s’envola au ciel, pour recevoir la double récompense de la virginité et du martyre. C’était le septième jour des calendes de décembre. Son corps fut miraculeusement transporté par les Anges sur le mont Sinaï, en Arabie.


Dom Lefèvre, Missel

L’illustre vierge Catherine, dit le bréviaire romain, naquit à Alexandrie. Ayant joint dès sa jeunesse l’étude des arts libéraux à l’ardeur de la foi, elle s’éleva en peu de temps à une haute perfection de doctrine et de sainteté, si bien qu’à l’âge de dix-huit ans elle surpassait les plus érudits. Ayant reproché à l’empereur Maximien de tourmenter les chrétiens, celui-ci, rempli d’admiration pour la science de Catherine, rassembla de toutes parts les hommes les plus savants, afin de la faire passer avec conviction de la foi de Jésus au culte des Idoles. Le contraire arriva, car plusieurs d’entre eux furent convertis au christianisme par la force de ses raisonnements. Maximien alors fit battre Catherine de verges et de fouets garnis de plomb. Puis il là fit attacher à des roues armées de glaives aigus. Mais cette machine se rompit et le tyran ordonna que la vierge fût décapitée. Elle mourut vers 305. Elle est dans la liste des 14 Saints auxiliaires. Le mont Sinaï où le corps de Ste Catherine fut transporté par les Anges est aussi le lieu où, par le ministère des Anges, Dieu donna sa loi à Moïse.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Gertrude la Grande avait eu dès l’enfance un attrait spécial pour la glorieuse vierge Catherine ; un jour qu’elle désirait connaître ses mérites, le Seigneur la lui montra sur un trône si haut et si magnifique, que, n’y eût-il pas eu de plus grande reine dans le ciel, la gloire de celle-ci aurait semblé suffire à le remplir ; de sa couronne rejaillissait sur ceux qui l’honoraient une merveilleuse splendeur [1]. On sait comment la Pucelle d’Orléans, placée par Michel Archange sous la conduite des saintes Catherine et Marguerite, reçut d’elles conseil et assistance durant sept années ; comment Sainte-Catherine-de-Fierbois fournit l’épée de la libératrice de la France

Les croisés d’Occident avaient, dans les XII° et XIII° siècles, éprouvé l’aide puissante de la Martyre d’Alexandrie ; ils rapportèrent d’Orient son culte en nos contrées, où lui fut vite acquise une popularité sans pareille. Un Ordre de chevalerie était fondé pour protéger les pèlerins qui allaient vénérer son saint corps au Mont Sinaï. Sa fête, élevée à la dignité de la première classe, comportait l’abstention des œuvres serviles en beaucoup d’églises. Les philosophes chrétiens, les écoliers, les orateurs et procureurs l’honoraient comme patronne ; le doyen des avocats fut appelé bâtonnier en raison du privilège qui lui appartenait de porter sa bannière ; tandis que les jeunes filles, organisées en confréries de Sainte-Catherine, estimaient à grand honneur le soin d’orner l’image de leur Sainte vénérée. Comptée parmi les Saints auxiliateurs à titre de sage conseillère, elle voyait beaucoup d’autres corporations se réclamer d’elle, sans autre motif plausible que l’expérience faite par tous de son crédit universel auprès du Seigneur. Ses fiançailles avec le divin Enfant, d’autres traits de sa Légende, fournirent à l’art chrétien d’admirables inspirations.

Cependant le sage et pieux Baronius regrettait déjà de son temps que, sur quelques points, les Actes de la grande Martyre d’Orient donnassent prise aux doutes dont devait s’emparer la critique outrée des siècles suivants pour amoindrir la con fiance des peuples [2]. Au grand honneur de la virginité chrétienne, il n’en reste pas moins qu’acclamée par élèves et maîtres en la personne de Catherine, elle présida dans la vénération et l’amour au développement de l’esprit humain et de la pensée, durant ces siècles où resplendirent comme des soleils les Albert le Grand, les Thomas d’Aquin, les Bonaventure. Heureux les purs de cœur ! Car ils verront Dieu [3]. « Il faut, disait Méthodius, l’évêque martyr du IIIe siècle, en son Banquet des vierges, il faut que la vierge aime d’amour les saines doctrines, et qu’elle tienne une place honorable parmi ceux que distingue leur sagesse [4]. » Nombreuses furent les compositions liturgiques inspirées à l’Occident par la fête de ce jour. Nous nous bornons à emprunter celle-ci au Graduel de Saint-Victor, en la faisant suivre d’un beau et touchant Répons conservé par les Frères Prêcheurs [5].

SEQUENCE.

Que notre chœur harmonieusement chante le Créateur, par qui toutes choses sont disposées : par lui combat celui qui ignorait la guerre, par lui sur l’homme à des jeunes filles la victoire est donnée.

Par lui les habitants d’Alexandrie sont stupéfaits de voir en une femme des qualités qui semblaient n’être pas de la femme, lorsque Catherine la bienheureuse triomphe des docteurs par sa science, du fer par son courage à souffrir.

A la gloire de sa race sa vertu sans pareille ajoute un éclat nouveau ; illustre par ceux qui la mirent au monde, illustre elle est plus encore par les mœurs saintes dont fa grâce l’a favorisée.

Tendre est la fleur de sa beauté ; point cependant elle ne lui épargne étude et labeur : de toutes sciences, qu’elles aient le monde ou Dieu pour objet, sa jeunesse s’est rendue maîtresse.

Vase de choix, vase des vertus, les biens qui passent ne sont pour elle que de la boue ; elle méprise la fortune de son père et les grands patrimoines que lui vaut sa naissance.

Vierge prudente et sage, elle se fait sa réserve d’huile pour aller au-devant de l’Epoux : elle veut, toute prête à l’heure qu’il arrivera, entrer sans retard au festin.

Pour le Christ elle désire mourir ; devant l’empereur à qui elle est présentée, l’éloquence de la vierge réduit cinquante philosophes au silence.

L’horreur de la prison où on l’enferme, et l’épreuve des roues menaçantes, la faim, les privations, tout ce qu’elle doit subir, elle le supporte pour l’amour de Dieu, toujours la même en toute rencontre.

Torturée, elle triomphe du bourreau ; la constance d’une femme a triomphé d’un empereur : c’est lui qui est dans les tourments, parce que le bourreau s’avoue vaincu avec ses supplices impuissants.

Elle est enfin décapitée ; la mort pour elle au trépas a pris fin ; elle fait joyeuse son entrée dans la vie : ce pendant que les Anges prennent soin d’ensevelir son corps en une terre lointaine.

Une huile en découle qui, par une grâce évidente, guérit beaucoup de malades ; bonne pour nous sera l’essence, si son intervention guérit nos vices.

Présente à nous, qu’elle se réjouisse en voyant les joies qu’elle nous cause ; que nous donnant les présentes joies, elle nous procure aussi les futures ; qu’elle se réjouisse avec nous ici-bas, et nous avec elle dans la gloire. Amen.

REPONS.

R/. La vierge est flagellée , chargée de liens elle est soumise au tourment de la faim, elle demeure emprisonnée, une lumière céleste emplit la prison de splendeur : * Un doux parfum se fait sentir, on entend les cantiques des phalanges des cieux. V/. L’Époux aime l’Épouse, elle reçoit la visite du Sauveur. * Un doux parfum. Gloire au Père. * Un doux parfum.

Bienheureuse Catherine, recevez-nous à votre école. Par vous la philosophie, justifiant son beau nom, conduit à la Sagesse éternelle, le vrai au bien, toute science au Christ, qui est la voie, la vérité, la vie [6] « Curieux qui vous repaissez d’une spéculation stérile et oisive, s’écrie le plus éloquent de vos panégyristes, sachez que cette vive lumière qui vous charme dans la science, ne lui est pas donnée seulement pour réjouir votre vue, mais pour conduire vos pas et régler vos volontés. Esprits vains, qui faites trophée de votre doctrine avec tant de pompe, pour attirer des louanges, sachez que ce talent glorieux ne vous a pas été confié pour vous faire valoir vous-mêmes, mais pour faire triompher la vérité. Ames lâches et intéressées, qui n’employez la science que pour gagner les biens de la terre, méditez sérieusement qu’un trésor si divin n’est pas fait pour cet indigne trafic ; et que s’il entre dans le commerce, c’est d’une manière plus haute, et pour une fin plus sublime, c’est-à-dire, pour négocier le salut des âmes [7]. »

Ainsi, ô Catherine, n’employez-vous votre science que pour la vérité. Vous faites « paraître Jésus-Christ avec tant d’éclat que les erreurs que soutenait la philosophie sont dissipées par sa présence ; et les vérités qu’elle avait enlevées viennent se rendre à lui comme à leur maître, ou plutôt se réunir en lui comme en leur centre. Apprenons d’un si saint exemple à rendre témoignage à la vérité, à la faire triompher du monde, à faire servir toutes nos lumières à un si juste devoir, qu’elle nous impose. O sainte vérité ! je vous dois le témoignage de ma parole ; je vous dois le témoignage de ma vie ; je vous dois le témoignage de mon sang : car la vérité, c’est Dieu même [8]. » L’Église, ô vierge magnanime, n’a pas d’autre pensée quand aujourd’hui elle formule ainsi pour nous sa prière : « O Dieu qui donnâtes la loi à Moïse sur le sommet du Mont Sinaï, et au même lieu par les saints Anges avez miraculeusement placé le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; exaucez nos supplications : faites que par ses mérites et son intercession nous parvenions à la montagne qui est le Christ, vivant et régnant avec vous dans les siècles des siècles [9]. »

[1] Legatus divinae pietatis, IV, LVII.

[2] Baron. Annal, ad ann. 307.

[3] Matth. 5, 8

[4] Method. Conviv. Oratio I, 1.

[5] Troisième Répons du II° Nocturne de la fête.

[6] Jean 14, 6

[7] Bossuet, Panégyrique de sainte Catherine.

[8] Bossuet, Panégyrique de sainte Catherine.

[9] Collecte du jour.


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Malheureusement, la légende de sainte Catherine est dépourvue de toute autorité. Les anciens calendriers orientaux et égyptiens ne la nomment jamais. En Occident, le culte de sainte Catherine n’apparaît que vers le XIe siècle. Ce furent les Croisades qui le rendirent si populaire que Catherine devint l’une des saintes les plus honorées à la fin du moyen âge. Il existe en effet un grand nombre d’églises, d’autels et d’images en l’honneur de cette martyre qui fut même choisie comme protectrice des philosophes. La critique n’a pas encore dit son dernier mot sur la personnalité de sainte Catherine ; cependant, autant nous ignorons les détails de sa biographie, autant Dieu a voulu glorifier sa Sainte sur le mont Sinaï où les pèlerins, aujourd’hui encore, vénèrent son tombeau.

Sainte Gertrude qui, dès son enfance, eut une grande dévotion à sainte Catherine, demanda un jour au Seigneur de lui montrer la gloire céleste de sa Patronne. Elle fut exaucée et vit la vierge d’Alexandrie sur un trône d’or, entourée des sages qu’elle avait attirés à la vraie foi et qui formaient dans le ciel sa couronne la plus brillante.

Rome médiévale éleva en l’honneur de sainte Catherine cinq églises au moins.

La messe est du Commun, Loquébar ; sauf la collecte qui est propre.

Collecte. — « O Dieu, qui avez donné la loi à Moïse sur le sommet du mont Sinaï, et qui avez fait miraculeusement transporter en ce même lieu, par vos saints Anges, le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; faites, nous vous en supplions, que par ses mérites et son intercession, nous puissions parvenir à la montagne qui est le Christ. »

Le Christ est une montagne, parce que Lui seul, comme Dieu et homme tout ensemble, s’élève à une hauteur infinie au-dessus de toutes les choses créées. Il est une montagne pour que tous les peuples puissent le voir et s’orienter vers lui. Il est une montagne enfin, parce que le Seigneur est in circuita populi sui, de même qu’une couronne de collines entourent et protègent Jérusalem.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Jour de mort : Les Grecs aussi bien que les Latins célèbrent sa mort le 25 novembre. Tombeau : au monastère Sainte Catherine, sur le mont Sinaï, en Arabie. Image : On la représente avec une roue, une épée et un livre. Vie : Sainte Catherine (la pure) est honorée par les Grecs comme une grande martyre. Mais le récit de son martyre est légendaire et il est difficile d’y trouver un fondement historique. La sainte jouit d’une grande faveur en Orient et en Occident ; elle appartient au groupe des quatorze Saints Auxiliaires. Son culte n’est célébré par 1a liturgie romaine que depuis le XIIIe siècle. Elle est considérée comme la patronne des Facultés de philosophie. La légende du bréviaire raconte ceci : Catherine, vierge d’Alexandrie, s’adonna à l’étude des sciences libérales, si bien qu’à 18 ans elle l’emportait sur tous par sa culture. Voyant que beaucoup de chrétiens étaient livrés à de terribles supplices sur l’ordre de l’empereur Maximin (311-313), elle se présenta sans crainte à l’empereur, lui reprocha sa cruauté et lui exposa par de très solides arguments la nécessité de la foi chrétienne pour le salut. Étonné par sa sagesse, l’empereur ordonna de la maintenir sous bonne garde et fit venir de partout les hommes les plus instruits, en leur promettant les plus hautes récompenses, s’ils parvenaient à convaincre Catherine de renoncer à la foi au Christ pour adorer les idoles. Ce fut le contraire qui arriva : plusieurs philosophes qui s’étaient présentés pour combattre Catherine furent, grâce à la profondeur et à la force de son argumentation, enflammés d’un tel amour pour Jésus-Christ qu’ils n’hésitèrent pas à donner leur vie pour lui. Alors l’empereur tenta lui-même d’ébranler la jeune vierge par des flatteries et des promesses ; mais, n’aboutissant à rien, il la fit battre de verges, flageller à coups de lanières plombées et enfermer en prison pendant onze jours sans nourriture. Ce temps passé, la femme de l’empereur et le général Porphyrius vinrent visiter la vierge dans sa prison ; tous deux furent gagnés par sa prédication à la foi au Christ et scellèrent, dans la suite, de leur sang, leur amour pour le Sauveur. Sur ces entrefaites Catherine fut tirée de sa prison et étendue sur une roue garnie de lames aiguës et tranchantes afin que tout son corps fût déchiré. Mais, lorsqu’on voulut mettre en mouvement cet instrument de supplice, il se brisa à la prière de la sainte, et beaucoup se convertirent à la foi chrétienne. Enfin l’empereur la fit décapiter le 25 novembre. Son corps fut porté par les anges sur le mont Sinaï (l’Oraison fait allusion à ce prodige) où il repose au monastère Sainte Catherine (+305 environ).

Messe (Loquebar). — La Messe est du commun des vierges-martyres ; Recueillons une fois de plus dans cette messe les pensées de la parousie. La parabole des vierges sages et des vierges folles (Ev.) est tirée du grand discours eschatologique du Christ et nous exhorte à veiller et à attendre le Seigneur. Dans l’Oraison, nous demandons la grâce de “pouvoir parvenir à la montagne qui est le Christ”.



St. Catherine of Alexandria

A virgin and martyr whose feast is celebrated in the Latin Church and in the various Oriental churches on 25 November, and who for almost six centuries was the object of a very popular devotion.


Of noble birth and learned in the sciences, when only eighteen years old, Catherine presented herself to theEmperor Maximinus who was violently persecuting the Christians, upbraided him for his cruelty and endeavoured to prove how iniquitous was the worship of false gods. Astounded at the young girl's audacity, but incompetent to vie with her in point of learning the tyrant detained her in his palace and summoned numerous scholars whom he commanded to use all their skill in specious reasoning that thereby Catherine might be led to apostatize. But she emerged from the debate victorious. Several of her adversaries, conquered by her eloquence, declared themselves Christians and were at once put to death. Furious at being baffled, Maximinus had Catherine scourged and then imprisoned. Meanwhile the empress, eager to see so extraordinary a young woman, went with Porphyry, the head of the troops, to visit her in her dungeon, when they in turn yielded to Catherine's exhortations, believed, were baptized, and immediately won the martyr's crown. Soon afterwards the saint, who far from forsaking her Faith, effected so many conversions, was condemned to die on the wheel, but, at her touch, this instrument of torture was miraculously destroyed. The emperor, enraged beyond control, then had her beheaded and angels carried her body to Mount Sinai where later a church and monastery were built in herhonour. So far the Acts of St. Catherine.

Unfortunately we have not these acts in their original form, but transformed and distorted by fantastic and diffuse descriptions which are entirely due to the imagination of the narrators who cared less to state authenticfacts than to charm their readers by recitals of the marvellous. The importance attached throughout the Middle Ages to the legend of this martyr accounts for the eagerness and care with which in modern times the ancient Greek, Latin and Arabic texts containing it have been perused and studied, and concerning which critics have long since expressed their opinion, one which, in all likelihood, they will never have to retract. Several centuries ago when devotion to the saints was stimulated by the reading of extraordinary hagiographical narrations, the historical value of which no one was qualified to question, St. Catherine was invested by Catholic peoples with a halo of charming poetry and miraculous power.

Ranked with St. Margaret and St. Barbara as one of the fourteen most helpful saints in heaven, she was unceasingly praised by preachers and sung by poets. It is a well-known fact that Bossuet dedicated to her one of his most beautiful panegyrics and that Adam of Saint-Victor wrote a magnificent poem in her honour: "Vox Sonora nostri chori", etc. In many places her feast was celebrated with the utmost solemnity, servile work being suppressed and the devotions being attended by great numbers of people. In several dioceses of France it was observed as a Holy Day of obligation up to the beginning of the seventeenth century, the splendour of its ceremonial eclipsing that of the feasts of some of the Apostles. Numberless chapels were placed under herpatronage and her statue was found in nearly all churches, representing her according to medieval iconographywith a wheel, her instrument of torture. Whilst, owing to several circumstances in his life, St. Nicholas of Myra, was considered the patron of young bachelors and students, St. Catherine became the patroness of young maidens and female students. Looked upon as the holiest and most illustrious of the virgins of Christ, it was but natural that she, of all others, should be worthy to watch over the virgins of the cloister and the young women of the world.

The spiked wheel having become emblematic of the saint, wheelwrights and mechanics placed themselves under her patronage. Finally, as according to tradition, she not only remained a virgin by governing her passions and conquered her executioners by wearying their patience, but triumphed in science by closing the mouths ofsophists, her intercession was implored by theologians, apologists, pulpit orators, and philosophers. Before studying, writing, or preaching, they besought her to illumine their minds, guide their pens, and impart eloquence to their words. This devotion to St. Catherine which assumed such vast proportions in Europe after theCrusades, received additional eclat in France in the beginning of the fifteenth century, when it was rumoured that she had appeared to Joan of Arc and, together with St. Margaret, had been divinely appointed Joan's adviser.

Although contemporary hagiographers look upon the authenticity of the various texts containing the legend of St. Catherine as more than doubtful, it is not therefore meant to cast even the shadow of a doubt around theexistence of the saint. But the conclusion reached when these texts have been carefully studied is that, if the principal facts forming the outline are to be accepted as true, the multitude of details by which these facts are almost obscured, most of the wonderful narratives with which they are embellished, and the long discourses that are put into the mouth of St. Catherine, are to be rejected as inventions, pure and simple.

An example will illustrate. Although all these texts mention the miraculous translations of the saint's body toMount Sinai, the itineraries of the ancient pilgrims who visited Sinai do not contain the slightest allusion to it. Even in the eighteenth century Dom Deforis, the Benedictine who prepared an edition of Bossuet's works, declared the tradition followed by this orator in his panegyric on the saint, to be in a great measure false, and it was just at this time that the feast of St. Catherine disappeared from the Breviary of Paris. Since then devotionto the virgin of Alexandria has lost all its former popularity.

Sources

Migne, P.G., CXVI, col. 276-301; Viteau, Passions des saints Ecaterine et Pierre d'Alexandrie, Barbara et Anysia (Paris, 1897); Varnhagen, Zur Geschichte der Legende der Katharina von Alexandrien (Erlangen, 1891); Analecta Bollandiana (Brussels, XXII, 1903, 423-436; XXVI, 1907, 5-32).

Clugnet, Léon. "St. Catherine of Alexandria." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company,1908. 16 Mar. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/03445a.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/03445a.htm

St. Catherine of Alexandria

St. Catherine of Alexandria, Virgin and Martyr whose feast day is November 25th. She is one of the 14 Holy Helpers and the patroness of philosophers, preachers, nurses, mechanics, craftsmen who work with a wheel (potters, spinners, etc.), archivists, dying people, educators, girls, jurists, lawyers, librarians, libraries, maidens, millers, hat-makers, nurses, philosophers, preachers, scholars, schoolchildren, scribes, secretaries, and unmarried girls.

St. Catherine is believed to have been born in Alexandria of a noble family. Converted to Christianity through a vision, she denounced Maxentius for persecuting Christians. Fifty of her converts were then burned to death by Maxentius.

Maxentius offered Catherine a royal marriage if she would deny the Faith. Her refusal landed her in prison. While in prison, and while Maxentius was away, Catherine converted Maxentius’ wife and two hundred of his soldiers. He had them all put to death.

Catherine was likewise condemned to death. She was put on a spiked wheel, and when the wheel broke, she was beheaded. She is venerated as the patroness of philosophers and preachers. St. Catherine’s was one of the voices heard by St. Joan of Arc.

Maxentius’ blind fury against St. Catherine is symbolic of the anger of the world in the face of truth and justice. When we live a life of truth and justice, we can expect the forces of evil to oppose us. Our perseverance in good, however, will be everlasting.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-catherine-of-alexandria/


Jos. Assemani in Calend. Univ. ad Nov. 24, t. 5, p. 375

ST. CATHARINE, whom the Greeks call Æcatherina, glorified God by an illustrious confession of the faith of Christ, at Alexandria, under Maximinus II. Her acts are so much adulterated that little use can be made of them. The Emperor Basil, in his Greek Menology, relates with them that this saint, who was of the royal blood, and an excellent scholar, confuted a company of the ablest heathen philosophers, whom Maximinus had commanded to enter into a disputation with her, and that being converted by her to the faith, they were all burnt in one fire, for confessing the same. He adds, that Catharine was at length beheaded. She is said first to have been put upon an engine made of four wheels joined together, and stuck with sharp pointed spikes, that, when the wheels were moved, her body might be torn to pieces. The acts add, that at the first stirring of the terrible engine, the cords with which the martyr was tied were broken asunder by the invisible power of an angel, and, the engine falling to pieces by the wheels being separated from one another, she was delivered from that death. Hence the name of St. Catharine’s wheel.

The learned Joseph Assemani thinks that all the account we have of the particulars relating to this saint upon which we can depend, is what we meet with in Eusebius, though that historian mentions not her name. His relation is as follows: 1 “There was a certain woman, a Christian, and the richest and most noble of all the ladies of Alexandria, who, when the rest suffered themselves to be deflowered by the tyrant (Maximin), resisted and vanquished his unbounded and worse than beastly lust. This lady was most illustrious for her high birth and great wealth, and likewise for her singular learning; but she preferred her virtue and her chastity to all worldly advantages. The tyrant, having in vain made several assaults upon her virtue, would not behead her, seeing her ready to die, but stripped her of all her estates and goods, and sent her into banishment.” Maximin, not long after, declared war against Licinius, and, after several engagements, was at length defeated by him in 313. Having lost his empire after a reign of five years, he fled to Tarsus, and there died in extreme misery. The body of St. Catharine was discovered by the Christians in Egypt, about the eighth century, when they groaned under the yoke of the Saracens. It was soon after translated to the great monastery on the top of Mount Sinai, in Arabia, built by St. Helen, and sumptuously enlarged and beautified by the Emperor Justinian, as several old inscriptions and pictures on Mosaic work in that place testify. 2 Falconius, archbishop of San-Severino, speaks of this translation as follows: 3 “As to what is said, that the body of this saint was conveyed by angels to Mount Sinai, the meaning is, that it was carried by the monks of Sinai to their monastery, that they might devoutly enrich their dwelling with such a treasure. It is well known that the name of an angelical habit 4 was often used for a monastic habit, and that monks, on account of their heavenly purity and functions, were anciently called Angels.” From that time we find more frequent mention made of the festival and relics of St. Catharine. St. Paul of Latra kept her feast with extraordinary solemnity and devotion. In the eleventh age, Simeon, a monk of Sinai, coming to Rouen to receive an annual alms of Richard, duke of Normandy, brought with him some of her relics, which he left there. The principal part of the mortal remains of this saint is still kept in a marble chest in the church of this monastery on Mount Sinai, described by Dr. Richard Pocock. 5

From this martyr’s uncommon erudition, and the extraordinary spirit of piety by which she sanctified her learning, and the use she made of it, she is chosen in the schools the patroness and model of Christian philosophers. Learning is, next to virtue, the most noble ornament, and the highest improvement of the human mind, by which all its natural faculties obtain an eminent degree of perfection. The memory is exceedingly improved by exercise: those who complain that in them this faculty is like a sieve, may, especially in youth, render it by use retentive of whatever is necessary, and particularly adapted to be a storehouse of names, facts, or entire discourses, according to every one’s exigency or purposes. But nothing ought to be learned by heart by children but what is excellent or absolutely necessary. To load a mind with other men’s lumber, and to make it a magazine of errors, trumpery, or toys, is to pervert all the purposes of this faculty, and a certain proof of the sloth, ignorance, and stupidity of a master. As the understanding is the light of the soul, so is it plain how exceedingly this is enlarged both by exercise and by the acquisition of solid science and useful knowledge. Judgment, the most valuable of all the properties of the mind, and by which the other faculties are poised, governed, and directed, is formed and perfected by experience and regular well-digested studies and reflection; and by them it attains to true justness and taste. The mind, by the same means, acquires a steadiness, and conquers the aversion which sloth raises against the serious employment of its talents. It is doubtless the will of the Creator that all his works be raised to that degree of perfection of which they are capable, and, where our industry is required to this, it becomes a duty incumbent upon us. This is in nothing so essential and important as in our own mind, the dignity of our being, and the masterpiece of the visible world. How much its perfection depends upon culture appears in the difference of understanding between the savages (who, except in treachery, cunning, and shape, scarcely seem to differ from the apes which inhabit their forests) and the most elegant civilized nations. A piece of ground left wild produces nothing but weeds and briers, which by culture would be covered with corn, flowers, and fruit. The difference is not less between a rough mind and one that is well cultivated. The same culture, indeed, suits not all persons. Geniuses must be explored, and the manner of instructing proportioned to them. Conditions and circumstances must be considered. 6 Generally the more sublime theological studies suit not those who are excluded from teaching, though women, upon whom the domestic instruction of children in their infancy mainly depends, ought to be well instructed in the motives of religion, articles of faith, and all the practical duties and maxims of piety. Then history, geography, and some tincture of works of genius and spirit, may be joined with suitable arts and other accomplishments of their sex and condition, provided they be guided by, and referred to religion, and provided books of piety and exercises of devotion always have the first place both in their hearts and in their time.

Note 1. Eus. Hist. l. 8, c. 14, p. 400 ed. Cantabr. anno 1720. [back]

Note 2. See the present situation of this great monastery, described by Mr. Thompson, in his travels, t. 2. [back]

Note 3. In Comment. ad Capponianas Tabulas Ruthenas. Romæ, 1755, p. 36. [back]

Note 4. [Greek]. [back]

Note 5. Dr. Richard Pocock’s Travels, t. 1. p. 140, in folio. [back]

Note 6. The female sex is not less capable of the sublime sciences, nor less remarkable for liveliness of genius. Witness numberless instances in polite literature, and, in theology, the celebrated Venetian lady, Helen Lucretia Cornaro, doctress in theology at Padua, in 1678, the wonder of her age for her skill in every branch of literature, and still more for the austerity of her life, and her extraordinary piety. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/251.html