jeudi 1 novembre 2012

La SOLENNITÉ DE TOUS LES SAINTS dite FÊTE DE LA TOUSSAINT



La Toussaint, fête de tous les saints

La multitude des baptisés de toutes races, de toutes langues, de toutes nations, qui sont fils adoptifs par la grâce divine et participant de la vie trinitaire, cette multitude est anonyme aux yeux des hommes; Dieu seul la connaît, lui qui les a appelés. Elle déborde les calendriers de toutes les Églises. Dès le IVe s. l'Église syrienne consacrait un jour à fêter tous les martyrs dont le nombre était devenu si grand qu'il rendait impossible toute commémoration individuelle. Trois siècles plus tard, dans son effort pour christianiser les traditions païennes, le pape Boniface IV transformait un temple romain dédié à tous les dieux, le Panthéon, en une église consacrée à tous les saints. Cette coutume se répandit en Occident, mais chaque Église locale les fêtait à des dates différentes, jusqu'en 835, où elle fut fixée au 1er novembre. Dans l'Église byzantine, c'est le dimanche après la Pentecôte qui est consacré à la fête de tous les saints. 

"Toi seul es saint" car c'est en Lui que se trouve réalisée la plénitude de la sanctification de l'homme par Lui, avec Lui et en Lui, toute Gloire de Dieu. "Toi qui es la source de toute sainteté" disons-nous en chaque prière eucharistique 2. 

Voir aussi

- C'est la fête de tous les saints. Ceux qui sont connus, ceux qui ont été reconnus par une canonisation, mais aussi ceux qui sont restés dans l'oubli. Chaque 1er novembre, l'Eglise célèbre donc ceux et celles qui ont vécu dans la fidélité à l'Evangile et au service de tous, ceux et celles qui, connus ou inconnus, ont été de vivants témoins du Christ. C'est une fête belle et joyeuse, qui a longtemps été célébrée à proximité des fêtes de Pâques ou de la Pentecôte. Il ne faut pas confondre la Toussaint (1er novembre) et la fête des défunts (2 novembre). 

- 'L'ambition de la sainteté': la sainteté continue de paraître comme un phénomène éloigné de notre réalité quotidienne. Quel dommage! (par Mgr Macaire)

- le dossier Toussaint sur le site de l'Eglise catholique en France.

- vivre la Toussaint en famille (diocèse de Paris)

- Toussaint - Tous saints? Yes we can! (à lire sur le blog jeunes cathos)

Solennité de Tous les Saints. Dans la joie d'une fête unique, la sainte Église, encore en marche sur la terre, vénère tous ceux qui vivent dans le ciel avec le Christ, est incitée à suivre leur exemple, se réjouit de leur intercession et est couronnée de leur triomphe.
Martyrologe romain
"Saints et saintes de Dieu, vitraux de la lumière divine, 
parlez-nous de Lui. 
Vous qui n'avez pas trouvé de date dans nos calendriers, 
mais qui avez reçu de Dieu une place éternelle, priez pour nous."

Charles Delhez, Prier N° 236

SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/169/Tous-les-saints.html


La chiesa di Ognissanti è un luogo di culto cattolico di Roma
situato nel quartiere Appio-Latino, lungo la via Appia Nuova, nei pressi di piazza Re di Roma; 
è sede dell'omonima parrocchia affidata ai figli della Divina Provvidenza.
Sulla chiesa insiste la diaconia di "Ognissanti in Via Appia Nuova", istituita da papa Paolo VI nel 1969.


La Fête de Tous les Saints

dite fête de la Toussaint

"L'Église notre Mère, dit Mgr Gaume, a eu le talent de retracer, dans la division de son année liturgique, toute l'histoire du genre humain. Les quatre semaines de l'Avent, qui aboutissent à la naissance du Sauveur, nous rappellent les quatre mille ans pendant lesquels ce divin Messie fut attendu. Le temps qui s'écoule depuis Noël jusqu'à la Pentecôte nous redit toute la vie cachée, publique et glorieuse du Rédempteur, et cette partie de l'année se termine par l'Ascension de Jésus-Christ dans le Ciel et par la fondation de l'Église. L'intervalle qui sépare la Pentecôte de la Toussaint nous représente le pèlerinage de l'Église sur la terre, et cette nouvelle partie de l'année se termine encore par la fête du Ciel." Le Ciel, c'est le couronnement de la vie chrétienne, c'est l'éternel rendez-vous, c'est la récompense de nos devanciers sur la terre, ce doit être la nôtre un jour. Quelle force puise le chrétien dans la pensée du Ciel, au milieu des peines de la vie et des difficultés inhérentes à l'accomplissement du devoir!

Une sagesse toute divine a présidé à l'établissement de cette fête. Trois raisons principales ont engagé l'Église à l'instituer, au VIIè siècle. Il ne faut pas croire que tous les Saints aient ou puissent avoir leur jour de fête; tous les Saints n'ont pas reçu les honneurs de la canonisation; il y a une multitude innombrable de saints inconnus, qui s'augmente chaque jour par l'entrée au Ciel de nouveaux élus. Il convenait donc que, pour suppléer à l'impossibilité d'honorer chaque Saint, une fête commune fût instituée, dans laquelle nous puissions célébrer la mémoire de tous ces martyrs, de toutes ces vierges, de toutes ces saintes femmes, de tous ces confesseurs, en un mot, de tous ces héros de la vérité et de la vertu, nos pères et nos frères aînés dans la grande famille chrétienne: la fête de la Toussaint nous montre de la manière la plus heureuse l'Église de la terre et l'Église du Ciel se tendant la main.

De plus, les fêtes particulières des Saints passent généralement inaperçues pour la plupart des fidèles; la fête de tous les Saints ensemble leur permet de réparer une lacune dans l'accomplissement de ce grand devoir vis-à-vis du culte des Saints, et de leurs saints Patrons spécialement. Enfin nous avons d'immenses besoins sur la terre; il nous faut des modèles et des protecteurs: la fête de tous les Saints répond à ces besoins.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/la_fete_de_tous_les_saints.html


La chiesa di Ognissanti, o chiesa degli Ognissanti, 
Venezia, situato nel sestiere di Dorsoduro.


Comme son nom l'indique, la Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l'Eglise honore ainsi la foule innombrable de ceux et celles qui ont été de vivants et lumineux témoins du Christ.

Si un certain nombre d'entre eux ont été officiellement reconnus, à l'issue d'une procédure dite de « canonisation », et nous sont donnés en modèles, l'Eglise sait bien que beaucoup d'autres ont également vécu dans la fidélité à l'Evangile et au service de tous. C'est bien pourquoi, en ce jour de la Toussaint, les chrétiens célèbrent tous les saints, connus ou inconnus.

Cette fête est donc aussi l'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté, par des chemins différents, parfois surprenants ou inattendus, mais tous accessibles.

La sainteté n'est pas une voie réservée à une élite : elle concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ. Le pape Jean-Paul II nous l'a fait comprendre en béatifiant et canonisant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des figures aussi différentes que le Père Maximilien Kolbe, Edith Stein, Padre Pio ou Mère Térésa...

La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse, vivante et proche de nous. Elle nous montre l'actualité de la Bonne nouvelle et la présence agissante de l'Esprit Saint parmi les hommes. Témoins de l'amour de Dieu, ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement - ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain -, par leurs doutes, leurs questionnements... en un mot : leur humanité.

La Toussaint a été longtemps célébrée à proximité des fêtes de Pâques et de la Pentecôte. Ce lien avec ces deux grandes fêtes donne le sens originel de la fête de la Toussaint : goûter déjà à la joie de ceux qui ont mis le Christ au centre de leur vie et vivre dans l'espérance de la Résurrection.

Qu'est-ce que la sainteté ?

Le texte des Béatitudes, qui est l'Evangile lu au cours de la messe de la Toussaint, nous dit à sa manière, que la sainteté est accueil de la Parole de Dieu, fidélité et confiance en Lui, bonté, justice, amour, pardon et paix.

« Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

"Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !" » (Matthieu 5, 1-12a)

SOURCE : http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/toussaint/qu-est-ce-que-la-toussaint.html


LA TOUSSAINT

"Peuple de bienheureux, peuple de Dieu en marche…"

La communion des saints tient une grande place dans les liturgies. Dès le Vème siècle, on a fait mémoire des saints dans la prière eucharistique. La fête de tous les saints était célébrée le premier dimanche après la Pentecôte. Elle fut ensuite transférée au 1er novembre. Le 13 mai 610, le pape Boniface IV transforma en église le Panthéon romain qu’il dédia à Marie et aux Martyrs et fit de ce jour la fête de tous les saints. En 835, le pape Grégoire IV fit promulguer par l’empereur d’Occident Louis le Pieux un décret qui fixait la fête de tous les saints à la date du 1er novembre. A partir de ce moment, cette célébration devint rapidement dans toute l’Europe latine, une solennité commune et la fête du 13 mai disparut.

De nombreuses personnes humbles ont donné à leur entourage immédiat le témoignage authentique et admirable de la sainteté. Il est juste de les célébrer en les associant aux saints inscrits dans les divers martyrologes.

La liturgie célèbre le Dieu trois fois saint entouré de tous les élus sanctifiés par sa grâce. Chacun ne reflète qu’une part infime de la sainteté infinie de Dieu. L’adoration de Dieu est au centre de la célébration de la Toussaint. La liturgie est une action de grâce à Dieu qui a fait de nous ses enfants. Les chrétiens proclament leur espérance. La solennité nous fait prendre conscience de la foule de tous les rachetés qui nous ont précédés et du monde invisible qui nous attend. Par solidarité, ils intercèdent pour nous.

La Toussaint nous invite à être en communion avec tous les rachetés, le prêtre peut nous amener à nous souvenir des personnes que nous avons aimées. Cette célébration se démarque de celle du lendemain, une prière pour toutes les personnes défuntes.

La Toussaint n’est pas le seul jour où nous fêtons les saints. Tout au long de l’année, nous fêtons ces personnes qui ont eu une vie exemplaire et sont des modèles pour nous, ils nous appellent à l’imitation. Nous célébrons ainsi le Christ qui les a façonnés à son image et a créé entre tous les hommes une communion spirituelle.

L’étude de la vie des saints a une valeur pédagogique, elle nous entraîne vers le Christ. Ce ne sont pas des personnes « brillantes » mais elles reflètent par leur vie la lumière du Christ. Le mystère même de l’Eglise est la communion fraternelle qui existe entre les vivants et les morts à travers la prière et les sacrements. Nous formons un seul corps dont le Christ est la tête. Les saints « nous aident à libérer le saint qui se cache en nous comme un bloc de marbre non encore sculpté que l’amour de Dieu veut ciseler pour qu’apparaisse son image »

SOURCE : http://www.liturgiecatholique.fr/Toussaint,3370.html?artsuite=1


La Solennité de tous les saints semble liée, historiquement, à la dédicace de l’ancien temple romain du Panthéon par le pape Boniface IV au début du vIIe siècle. Originellement dédié à tous les dieux — c’est le sens du nom en grec — le Panthéon fut consa¬cré à Marie et à tous les martyrs, auxquels on ajouta plus tard les confesseurs. L’anniversaire de la dédicace du Panthéon, et donc la fête de tous les saints, fut fixée d’abord au 13 mai, puis, en 835, au 1er novembre.

La fête de la Toussaint unit l’Église de la terre à la béatitude de l’Église du ciel : cette célébration groupe non seulement tous les saints canonisés (voir Saints), c’est-à-dire ceux dont l’Église assure, en engageant son autorité, qu’ils sont dans la Gloire de Dieu, mais aussi tous ceux qui, en fait et les plus nombreux, sont dans la béa¬titude divine. Comme la fête de la dédicace, la Toussaint donne un avant-goût de la liturgie éternelle, celle que la liturgie de la terre inaugure (cf. Vatican II, Constitution sur la sainte Liturgie, n° 8).

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

SOURCE : http://www.liturgiecatholique.fr/Toussaint.html


Prière à tous les saints

Reine de tous les saints, glorieux Apôtres et Evangélistes, Martyrs invincibles, généreux Confesseurs, savants Docteurs, illustres Anachorètes, dévoués Moines et Prêtres, Vierges pures et pieuses femmes, je me réjouis de la gloire ineffable à laquelle vous êtes élevés dans le Royaume de Jésus-Christ, notre divin Maître.

Je bénis le Très-Haut des dons et des faveurs extraordinaires dont il vous a comblés et du rang sublime où il vous élève. O amis de Dieu !

O vous qui buvez à longs traits au torrent des délices éternelles, et qui habitez cette patrie immortelle, cette heureuse cité, où abondent les solides richesses ! Puissants Protecteurs, abaissez vos regards sur nous qui combattons, qui gémissons encore dans l'exil, et obtenez-nous la force et les secours que sollicite notre faiblesse pour atteindre vos vertus, perpétuer vos triomphes et partager vos couronnes.

O Vous tous, bienheureux habitants du ciel, saints amis de Dieu qui avez traversé la mer orageuse de cette vie périssable, et qui avez mérité d'entrer dans le port tranquille de la paix souveraine et de l'éternel repos !

O saintes âmes du paradis, vous qui, maintenant à l'abri des écueils et des tempêtes, jouissez d'un bonheur qui ne doit pas finir, je vous en conjure, au nom de la charité qui remplit votre coeur, au nom de Celui qui vous a choisis et qui vous a faits tels que vous êtes, écoutez ma prière.

Prenez part à nos travaux et à nos combats, vous qui portez sur vos vos fronts vainqueurs une couronne incorruptible de gloire ; ayez pitié de nos innombrables misères, vous qui êtes à jamais délivrés de ce triste exil ; souvenez-vous de nos tentations, vous qui êtes affermis dans la justice ; intéressez-vous à notre salut, vous qui n'avez plus rien à redouter pour le vôtre ; tranquillement assis sur la montagne de Sion, n'oubliez pas ceux qui gisent encore couchés dans la vallée des larmes.

Puissante armée des saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. Tendez-nous une main secourable, détournez de nos têtes coupables la justice irritée de Dieu ; faites entrer par vos prières notre frêle navire dans le port de la bienheureuse éternité.

Saint Augustin

SOURCE : http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/toussaint/priere-a-tous-les-saints-de-st-augustin.html



TOUS LES SAINTS

L'institution de la fête de tous les saints paraît se rattacher à quatre motifs : 1° la dédicace d'un temple; 2° la fête des saints omis dans le cours de l’année ; 3° l’expiation de nos négligences ; 4° une plus grande facilité d'obtenir ce que nous demandons dans nos prières.

1. Cette fête fut instituée pour la dédicace d'un temple. Les Romains, après s'être rendus maîtres de l’univers, construisirent un temple magnifique au milieu duquel ils placèrent leur idole, et autour de sa statue, celles des divinités de chaque province tournées de face vers l’idole des Romains. S'il .arrivait qu'une province se révoltât, aussitôt, dit-on, par l’artifice du diable, la statue de l’idole de cette province tournait le dos à l’idole de Rome, comme pour faire entendre qu'elle cessait de reconnaître son haut domaine. Alors les Romains levaient en toute hâte une armée nombreuse contre le pays révolté et le faisaient rentrer sous leurs lois. Mais ce ne fut pas assez pour les Romains d'avoir dans leur ville lés simulacres des faux dieux de toutes les provinces ; ils firent plus ; ce fut de construire un temple consacré à chacun des dieux qui les avaient rendus, en quelque sorte, les vainqueurs et les maîtres de toutes ces provinces. Cependant comme toutes les idoles ne pouvaient avoir chacune un temple dans Rome, les Romains, pour faire parade de leur folie, érigèrent, en l’honneur de tous les dieux, un temple plus merveilleux et plus élevé que les autres qu'ils nommèrent Panthéon, mot qui signifie tous les dieux et formé de Pan, tout et, Theos, Dieu. Les pontifes des idoles avaient en effet inventé, pour induire le peuple en erreur, que Cybèle, nommée par eux la mère de tous les dieux, leur avait ordonné d'élever un temple magnifique à ses enfants, si on voulait vaincre toutes les nations. On jeta les fondements du temple sur un plan sphérique, pour mieux démontrer par là l’éternité des dieux. Mais comme la largeur de la voûte était telle qu'il ne paraissait pas possible qu'elle se soutînt, quand l’édifice fut un peu élevé au-dessus du sol, on en remplit tout l’intérieur avec de la terre, dans laquelle on jeta, dit-on, de la monnaie: et l’on continua d'en faire autant jusqu'à l’entier achèvement de ce temple merveilleux. On permit alors à quiconque voudrait enlever la terre de garder pour soi tout l’argent qui y serait trouvé; la foule accourut et vida de suite l’édifice. Enfin, les Romains fabriquèrent un globe d'airain doré, en forme de pomme de pin, qu'ils placèrent au sommet. On rapporte encore que sur ce globe étaient sculptées demain de maître toutes les provinces, de telle sorte que celui qui venait à Rome pouvait savoir de quel côté du monde était son pays. Mais dans la suite des temps ce globe vint à tomber; de là, l’ouverture qui est restée au sommet. Du temps donc de l’empereur Phocas, quand Rome avait depuis longtemps déjà reçu la foi du Seigneur, Boniface, le quatrième pape après saint Grégoire le Grand, vers: l’an du Seigneur 605, obtint de cet empereur ce temple qu'il purgea de ses idoles immondes et qu'il consacra le 3 des Ides de mai (13 mai), en l’honneur de la bienheureuse vierge Marie et de tous les martyrs. Il lui donna le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs (et il est connu aujourd'hui du peuple sous celui de Sainte-Mariede-la-Rotonde) ; car à cette époque, on ne célébrait pas encore dans l’Eglise de fêtes pour les confesseurs. Or, comme à cette consécration se rendait une multitude de monde infinie et que le manque de vivres ne permettait pas de la célébrer, un pape, du nom de Grégoire IV, établit de la transférer aux calendes (1er) de novembre, alors que la moisson et les vendanges sont terminées ; il décida qu'on célébrerait en ce jour, dans l’univers entier, une fête solennelle en l’honneur de tous les saints. Ce fut ainsi qu'un temple bâti pour toutes les idoles fut dédié à tous les saints, et que l’on adresse de pieuses louanges à la multitude des saints en un. lieu où l’on adorait une multitude d'idoles.

II. La fête de tous les saints a été instituée pour honorer ceux dont on ne célèbre pas la fête, et dont on ne fait pas même la mémoire. Nous rie pouvons pas, en effet, fêter tous les saints, tant à cause de leur grand nombre qu'à cause de l’impossibilité où nous réduisent notre faiblesse et notre infirmité, comme aussi à cause de l’insuffisance du temps, qui serait trop court. Car, ainsi que le dit saint Jérôme dans l’épître qui se trouve à la tête de son calendrier, il n'est pas de jour; excepté celui des calendes (1er) de janvier, auquel on ne puisse assigner cinq mille martyrs, voilà pourquoi l’Eglise a sagement disposé que, rie pouvant célébrer la fête de tous les saints chacun en particulier, nous les honorions tous ensemble d'une manière générale. Mais, pourquoi célébrons-nous sur la terre les fêtes des saints? Maître Guillaume d'Auxerre en assigne six raisons, dans sa Somme des offices. La première, c'est l’honneur de la divine majesté ; car en honorant les saints, c'est Dieu que nous Honorons et que nous proclamons admirable en leur personne, puisque celui qui fait honneur aux saints honore spécialement celui qui les a sanctifiés, La seconde, c'est pour obtenir aide à notre misère; par nous-mêmes, nous ne pouvons obtenir le salut ; aussi avons-nous besoin des suffrages des saints, qu'il est juste que nous honorions si nous voulons mériter leur secours. On lit au IIIe livre des Rois, ce que Bersabée (nom signifiant puits d'abondance), c'est-à-dire l’Eglise triomphante, obtint, par ses prières, le royaume pour son fils, c'est-à-dire pour l’Eglise militante. La troisième augmente notre sécurité et notre espérance, par la considération de la gloire des saints, qui nous est rappelée dans la fête que nous célébrons; car si des hommes mortels, semblables à nous, ont pu être élevés à un pareil degré de gloire, il est certain que nous pourrons ce qu'ils ont pu, puisque le bras du Seigneur n'est, pas raccourci. La quatrième, c'est comme exemple offert à notre imitation. Quand revient la fête des saints, nous sommes portés à les imiter, à mépriser, comme eux, les choses de la terre, et à soupirer après les biens du ciel. La cinquième, c'est pour les payer de retour; car les saints font une fête dans le ciel par rapport à nous, puisqu'il y a joie chez les anges de Dieu et chez les âmes des saints, pour un pécheur qui fait pénitence. Donc, il est juste que nous les payions de retour, et que, faisant de nous une fête dans les cieux, nous célébrions aussi sur la terre une fête pour eux. La sixième, c'est pour nous acquérir de l’honneur ; en honorant les saints, nous travaillons à notre avantage, nous nous procurons de l’honneur, parce que leur fête c'est notre gloire ; en honorant nos frères, nous nous honorons nous-mêmes. La charité fait que tous les biens soient communs ; or, nos biens sont célestes, terrestres et éternels.

Outre ces raisons, saint Jean Damascène, au livre IV, chap. VIII, en apporte d'autres. Il se demande pourquoi on doit honorer les saints, ainsi que leurs corps ou reliques. Il en donne des raisons dont plusieurs se tirent de leur dignité, d'autres de l’excellence de leurs corps. Il dit donc que leur dignité a quatre degrés : ils sont les amis de Dieu, les fils de Dieu, les héritiers de Dieu et nos guides. Ses autorités, il les puise, quant au premier degré, dans saint Jean (XV) : « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, mais bien mes amis. » Quant au second degré, dans saint Jean (I) : « Il a donné à ceux qui l’ont reçu le pouvoir d'être faits enfants de Dieu. » Quant au troisième degré, dans la troisième épître aux Romains (VIII) : « S'ils sont enfants, donc ils sont héritiers. » Par rapport au quatrième degré, voici ce qu'il dit

« Que de peines ne vous donneriez-vous pas, pour trouver un guide qui vous présenterait à un roi mortel et qui parlerait en votre faveur ? Eh bien ! les guides de tout le genre humain, nos intercesseurs auprès de Dieu, ne les honorera-t-on pas? Oui, comme on doit honorer ceux qui élèvent un temple à Dieu; et dont on' vénère la mémoire. » D'autres raisons sont prises de l’excellence de leurs corps; saint Jean Damascène en assigne quatre et saint Augustin en ajoute une cinquième. Les corps des saints, en effet, ont été les celliers de Dieu, le temple de J.-C., le vase du parfum céleste, les fontaines divines et les membres du Saint-Esprit. Ils ont été : 1° les celliers de Dieu, et Dieu les a ornés comme des cénacles ; 2° le temple de J.-C. Dieu a habité en eux par l’intelligence; J.-C. le dit aux apôtres : « Ne savez-vous pas que vos corps sont les temples de l’Esprit-Saint, qui habite en vous ? » Or, Dieu est esprit : et pourquoi donc ne pas honorer des temples, des tabernacles que Dieu anime Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : « L'homme se complaît à élever des palais, et Dieu à habiter dans ses saints.» «Seigneur, dit le Psalmiste, j'ai beaucoup aimé la beauté de votre maison.» Quelle beauté? Ce n'est pas celle qu'on obtient avec une variété de marbres précieux, mais celle qui vient de l’abondance de toutes les grâces. La première flatte la chair, la seconde vivifie l’âme. Celle-là ne dure qu'un temps, trompe les yeux ; celle-ci élève pour toujours l’intelligence jusqu'au ciel. ». 3° Ce sont les vases pleins d'un parfum spirituel : « Des reliques des saints, continue saint Jean Damascène, découle un parfum qui répand la meilleure odeur; et que personne ne vienne me contredire : car, si d'un rocher, d'une pierre dure, il a jailli de l’eau dans le désert; si, de la mâchoire de son âne, Samson brûlant de soif obtint de l’eau, à combien plus forte raison, des reliques des martyrs, doit-on croire qu'il découlera un parfum tout odoriférant, en faveur de ceux qui ont soif de la vertu divine de Dieu dans les saints, qui ont soif de cet honneur qui a sa source en Dieu ? » 4° Ce sont des fontaines divines: ils vivent au sein de la vérité et jouissent de la présence de Dieu. J.-C., notre maître, nous a donné, dans les reliques des saints, des sources de salut qui répandent des bienfaits de toute nature; ils sont l’organe de l’Esprit-Saint.

C'est la raison qu'allègue saint Augustin (Cité de Dieu, l. I, c. XIII) : « Il ne faut pas, dit-il, abandonner avec dédain les corps des saints qui, pendant leur vie, ont été l’organe et l’instrument du Saint-Esprit pour toute bonne Oeuvre. » Ce qui fait dire à l’apôtre : « Est-ce que vous voulez éprouver J.-C. qui parle par ma bouche? »

Il est dit encore de saint Etienne, que ses ennemis ne pouvaient résister à la sagesse et à l’esprit qui parlait en lui. Saint Ambroise s'exprime ainsi dans. son Hexaëmon : « Voici ce qu'il y a de plus précieux, c'est que l’homme soit l’organe de la voix de Dieu, et qu'il exprime les oracles divins avec des lèvres humaines. »

III. La fête de la Toussaint a été instituée pour expier nos négligences. En effet bien que nous ne fassions la fête que d'un petit nombre de saints, cependant il s'y mêle beaucoup de négligence, et notre ignorance comme notre négligence nous y font oublier une multitude de choses. Si, donc nous avons négligé quoi que ce soit dans les autres solennités des saints, nous pouvons le suppléer dans cette fête générale, et nous purifier des fautes qui pourraient nous être imputées. Cette raison est touchée dans le sermon qui se récite en ce jour dans l’office de l’Église (Il est du vénérable Bède, sermon XVIII). Il y est dit : « Il a été décrété qu'en ce jour on ferait mémoire de tous les Saints, afin que si la fragilité humaine a quelque chose à regretter dans la manière dont elle a solennisé les Saints; soit par ignorance et par négligence, soit par les embarras des affaires, elle puisse l’expier en cette circonstance. » Il faut remarquer qu'il y a quatre classes différentes de saints du Nouveau Testament, que nous honorons dans le courant de l’année et que nous réunissons aujourd'hui tous ensemble, afin de suppléer à ce que nous avons fait avec négligence : ce sont les apôtres; les martyrs, les confesseurs et les vierges. D'après Raban, ils sont indiqués par les quatre parties du monde : par l’orient, les apôtres; par le midi, les martyrs; par l’aquilon, les confesseurs et par l’occident, les vierges. Les premiers sont les apôtres dont. la dignité et l’excellence sont certaines, car ils l’emportent en quatre manières sur tous les autres saints : 1° par la prééminence de leur dignité ils sont en effet les sages princes de l’Église militante, les puissants assesseurs du juge éternel, les doux pasteurs du troupeau du Seigneur. « C'était convenance, dit saint Bernard, que le, genre humain eût à sa tête des pasteurs et des docteurs pareils, qui joignissent à la douceur la puissance et la sagesse. Ils doivent posséder la douceur, pour m’accueillir avec bonté et miséricorde; la puissance pour me protéger efficacement; la sagesse pour me conduire à la vie par la voie qui aboutit à la cité d'en haut. » 2° Par la prééminence du pouvoir. Saint Augustin en parle comme il suit : « Dieu a donné aux apôtres pouvoir sur la nature, afin de la guérir ; sur les démons, pour les renverser; sur les éléments pour les changer ; sur les âmes, pour les délier de leur péché ; sur la mort, pour la mépriser; ce pouvoir est au-dessus de celui des anges, pour consacrer le corps du Seigneur. 3° Par la prérogative de la sainteté. Aussi était-ce pour ce qu'ils excellaient en sainteté et qu'ils étaient remplis de grâces que reluisaient en eux comme dans un miroir la vie et la conduite de J.-C., qu'ils reproduisaient en eux, comme on tonnait le soleil à ses ardeurs, une rose à son parfum, et le feu à sa chaleur. Ce qui fait dire à saint Jean Chrysostome, dans son Commentaire sur saint Mathieu : « J.-C. envoie les apôtres, comme le soleil répand ses rayons, comme la rose l’odeur de son parfum, comme le feu ses étincelles, afin que comme le, soleil brille dans ses rayons, comme la rose se devine à son parfum, comme le feu se découvre par ses étincelles, de même la puissance de J.-C. se manifeste par leurs vertus. » 4° Par leur utilité réelle. Voici ce que dit saint Augustin à ce propos : « Ils sont des plus vifs, des plus inhabiles, ils sont en très petit nombre, et cependant quelle noblesse, quelle science, quelle force dans leurs discours ! Les génies les plus extraordinaires, les bataillons les plus épais, les intelligences les plus merveilleuses des auteurs, des orateurs et des docteurs sont soumises par eux au Christ. » — La seconde classe de saints se compose. des martyrs dont la dignité et l’excellence sont évidentes par la multiplicité, l’utilité et la constance de leurs tourments. Ils furent nombreux, parce que outre le martyre de sang, il y en a encore trois autres où le sang n'est pas répandu : savoir la modération dans l’abondance, comme David l’a possédée ; la largesse dans la pauvreté, comme chez Tobie et chez la. veuve de l’Évangile ; la chasteté dans la jeunesse, ainsi que Joseph la pratiqua en Égypte. D'après saint Grégoire il y a trois sortes de martyres où le sang n'est pas versé ; savoir : la patience dans l’adversité : « Nous pouvons, dit ce père, être martyrs sans subir le fer, si nous conservons au fond du coeur une vraie patience. » La compassion pour les affligés: « Celui qui témoigne de la douleur pour les misères d'autrui, celui-là porte la croix dans son esprit. » L'amour des ennemis : « Supporter les mépris, dit-il encore, aimer qui vous hait, c'est le martyre au fond de la pensée. Les tourments furent utiles d'abord aux martyrs eux-mêmes, qui par là obtinrent la rémission de leurs péchés, une augmentation de mérites, et la possession de la gloire éternelle. Ils se l’acquirent au prix de leur sang, et c'est pour cela que l’on dit de ce sang qu'il est précieux, c'est-à-dire, plein de prix. C'est à ce sujet que parle ainsi saint Augustin dans la Cité de Dieu : « Quoi de plus précieux que la mort pour laquelle les péchés sont remis et les mérites accrus! » Dans ses Commentaires sur saint Jean : « Le sang de J.-C. est précieux, et même sans prix ; cependant il a rendu précieux aussi le sang de ses fidèles, pour lesquels il a donné son sang comme rançon. » En effet s'il n'avait pas rendu précieux le sang de ses serviteurs, on ne dirait pas : « La mort des saints est précieuse aux yeux du Seigneur. » «Le martyre, dit saint Cyprien, c'est la fin des péchés, le terme du danger, le guide du salut, le maître de la patience, la maison de vie. » « Trois choses, dit saint Bernard, rendent précieuse la mort des saints : cessation de travail, joie de la situation nouvelle, assurance par rapport à l’éternité. » Ils nous sont d'une double utilité : 1° ce sont nos modèles dans la lutte. « Chrétiens, dit saint Chrysostome, tu es un soldat rempli de mollesse, si tu penses vaincre sans combat, triompher sans lutte exerces hardiment tes forces, combats rudement, prends bien tes mesures; considère les conventions, fais attention à ta condition; apprends les règlements de cette milice ; les conventions, c'est ce que tu as promis, la condition, c'est celle dans laquelle tu -t'es engagé; cette milice, c'est celle où tu t'es enrôlé. Tous ont combattu sous ces conventions ; tous ont vaincu dans cette condition, ont triomphé dans cette milice. » 2° Ils nous ont été donnés comme des patrons pour, nous secourir et par leurs mérites et par leurs prières. « O bonté immense de Dieu, dit saint Augustin, qui veut que les mérites des martyrs soient ce qui nous aide ! Il les éprouve pour nous instruire ; il les tourmente pour nous gagner; il veut que leurs supplices soient notre profit.» « Si les apôtres et les martyrs, dit saint Jérôme, revêtus encore de leur corps, peuvent prier pour les autres, quand ceux-ci doivent encore être inquiets par rapport à eux-mêmes, à plus forte raison peuvent-ils le faire, après avoir remporté des couronnes, des victoires, des triomphes! Moïse seul obtient le pardon de six cent mille hommes, et Étienne demande pardon pour Paul et pour beaucoup d'autres, et l’obtient; auront-ils moins de pouvoir lorsqu'ils seront avec le Christ? L'apôtre Paul dit que Dieu lui accorda la vie de deux cent soixante-seize âmes dans un navire : fermera-t-il la bouche quand il sera avec J.-C. ? » 3° Ils souffrirent avec constance; saint Augustin dit à ce sujet: « L'âme du martyre c'est une épée resplendissante de charité, aiguisée par la vérité, agitée. par la force du Dieu (les batailles : elle a fait, les guerres, elle a terrassé ses nombreux contradicteurs, elle a frappé ses ennemis, elle a écrasé ses adversaires. » Saint Chrysostome ajoute: « Ceux qui étaient torturés sont restés plus forts que leurs bourreaux; et des membres écorchés ont vaincu les écorcheurs. »

La troisième classe de saints renferme les confesseurs, dont la dignité et l’excellence sont évidentes en ce qu'ils ont confessé Dieu en trois manières : de coeur, de bouche, et d'action. La confession du coeur ne suffit pas sans celle de la bouche, comme le prouve par quatre raisons saint Chrysostome, Sur saint Mathieu : 1°« La racine de la confession; c'est la foi du cœur, et la confession c'est le fruit de la foi; or, comme il est de toute nécessité que tant que la racine est vivante en terre, elle produise des branches et des feuilles, car si elle n'en produit pas, soyez sûr que sa racine est desséchée sous terre; de même; tant que 1a foi du coeur reste entière, toujours, elle enfante la confession dans la bouche : que si la confession de la bouche est flétrie, tenez pour certain que la foi du coeur est desséchée depuis longtemps déjà. » 2° « Si c'est un avantage pour vous de croire du fond du coeur, et de ne pas confesser votre foi devant les hommes, donc un infidèle hypocrite trouvera avantageux de confesser J.-C., quand bien même il ne croirait pas en lui du fond qui coeur : Maintenant s'il ne gagne rien à confesser sans avoir la foi, vous non plus, vous ne gagnerez rien à croire, si vous ne confessez pas. » 3° « Si vous croyez avoir fait assez pour J.-C. que de le connaître, sans le confesser devant les hommes, ce sera donc assez pour vous que J.-C. vous connaisse, mais ne vous confesse pas devant, son Père. Or, si connaître Dieu n'est pas chose suffisante pour vous; votre foi un lui suffira pas davantage. » 4° « Si la foi du coeur eût suffi, Dieu n'aurait créé que votre coeur seulement; mais il a encore créé votre bouche afin que vous le confessiez de coeur et de bouche. » 3° Ils ont confessé Dieu par leurs oeuvres. Saint Jérôme dans son commentaire sur ce passage de l’épître à Tite : « Ils font profession de connaître Dieu », montre comment on peut confesser ou nier Dieu par ses Oeuvres. « J.-C., dit-il; est sagesse, justice, vérité, sainteté; et courage. On renie la sagesse par la folie, la justice par l’iniquité, la vérité par le mensonge, la sainteté par les turpitudes, le courage par faiblesse d'esprit, et chaque fois que nous nous laissons vaincre par les vices et par les péchés, tout autant de fois, renions-nous Dieu ; tandis qu'au contraire, toutes les fois que nous faisons le bien, nous confessons Dieu. » La quatrième classe des saints est celle dés vierges, dont la dignité et l’excellence est évidente : 1° parce qu'elles sont les épousés du roi éternel. « Imaginez, si vous le pouvez, dit saint; Ambroise, une beauté plus grande que la beauté de celle qui est aimée par le Roi, qui est prisée par le Juge, qui est dédiée au Seigneur, qui est consacrée à Dieu ? Toujours épouse et jamais mariée! » 2° Parce qu'elles sont comparées aux Anges. « La virginité, dit ailleurs saint Ambroise, surpasse la nature humaine, puisqu'elle fait des hommes les compagnons des anges. Cependant chez les vierges, la victoire l’emporte encore sur celle des anges : car ceux-ci vivent sans la chair, tandis que les vierges triomphent dans la chair. 3° Parce qu'elles sont plus illustres que tout le reste des fidèles : « La virginité, dit saint Cyprien, est la fleur de l’église, la beauté et l’ornement de la grâce spirituelle, l’heureuse disposition à la louange et à l’honneur, une pauvre intègre et sans corruption, l’image de Dieu, la plus illustre portion du troupeau de J.-C. » 1° Parce qu'elles sont préférées aux personnes mariées. Or, cette excellence que possède la virginité par rapport à l’union conjugale, est claire et certaine si on les compare. Le mariage féconde le corps, la virginité féconde l’esprit. Saint Augustin dit qu'il y a plus de générosité à imiter par avance avec la chair la vie des anges que d'augmenter dans la chair le nombre des mortels. Or, la fécondité est plus grande, comme aussi plus pleine de bonheur, à agrandir son esprit qu'à concevoir dans son sein; le mariage procrée des enfants de douleurs, et la virginité des enfants de joie et d'allégresse. « La continence, dit saint Augustin, est loin d'être stérile, mais c'est une mère féconde d'enfants de joie qu'elle enfante de vous, Seigneur. » Le mariage remplit la terre d'enfants, la virginité en remplit le ciel. Saint Jérôme a dit : « Le mariage remplit la terre, la virginité remplit le paradis. Le mariage traîne, après soi grand nombre d'inquiétudes, la virginité engendre le calme. Gilbert disait : que la virginité est l’absence des chagrins, la paix de la chair, la rançon du vice et la reine des vertus. Le mariage, c'est le bien, la virginité, c'est le mieux. « Il y a autant de différence entre le mariage et la virginité, dit saint Jérôme à Pammachius, qu'il y en a entre ne pas pécher et bien faire; ou pour adoucir, l’expression, qu'il y en a entre le bien et le mieux. Le premier est comparé aux épines, la seconde aux roses. » Saint Jérôme dit à Eustochium : « Je loue le mariage parce qu'il enfante des vierges. Je cueille la rose au milieu des épines, je tire l’or de la terre, et la perle du coquillage. » 5° Parce qu'elles possèdent de nombreux privilèges. Les vierges en effet auront une couronne enrichie d'or; elles seules chanteront, le cantique; elles seront revêtues comme le Christ ; elles marcheront toujours à la suite de l’Agneau.

IV. Enfin, la fête de tous les saints a été instituée pour obtenir plus facilement ce que nous demandons dans nos prières : comme nous les honorons, en ce jour, tous à la fois, eux aussi prient tous ensemble pour nous, afin que nous obtenions plus facilement miséricorde de Dieu. S'il est en effet impossible de ne pas exaucer les prières d'une multitude, il sera plus impossible encore que les prières réunies de tous les saints ne soient pas exaucées. Cette raison est indiquée par l’oraison de l’office de ce jour dans laquelle nous disons: « Nous vous supplions, Seigneur, d'augmenter, avec le nombre de nos intercesseurs, l’abondance de votre miséricorde après laquelle nous soupirons (C'est l’oraison . Veneranda, qui reste reléguée dans les Sacramentaires). » Les saints intercèdent pour nous par mérite et par affection : par mérite, quand leurs mérites nous secondent : par affection, lorsqu'ils désirent l’accomplissement de nos souhaits : ce dont ils s'abstiennent toutefois à moins qu'ils ne reconnaissent . la nécessité d'accomplir la volonté de Dieu. Que tous les saints s'unissent en ce jour pour intercéder unanimement en notre faveur, nous en avons la preuve dans une vision qu'on raconte avoir eu lieu l’année qui suivit l’institution de cette solennité. A pareil jour, le coûtre de l’église de Saint-Pierre avait eu la dévotion de faire une station à chaque autel, et après avoir imploré les suffrages de tous les saints, il était enfin revenu à l’autel de saint Pierre, où s'étant reposé un instant, il fut ravi hors de lui. Il vit alors le Roi des rois assis sur un trône élevé, et autour de lui tous les anges. La Vierge des vierges ornée d'un diadème éclatant arriva aussitôt suivie d'une multitude de vierges et de continentes : A l’instant le roi se leva pour l’accueillir, et l’invita à s'asseoir sur un siège qu'il fit placer auprès du sien. Après cela vint un personnage, revêtu d'un habit de poil de chameau, suivi par nue multitude de vieillards vénérables. Ensuite s'en présenta un autre orné de vêtements pontificaux escorté par un choeur de plusieurs autres revêtus de la même manière : Enfin s'avança une multitude innombrable de soldats, après lesquels se présenta une foule infinie de nations diverses. Tous étant parvenus jusque devant le trône du Roi, ils fléchirent les genoux et l’adorèrent. Alors celui qui était orné d'habits pontificaux commença les matines que tous les autres continuèrent. Or, l’ange conducteur du coûtre lui expliqua la vision : « La vierge qui se trouvait au premier rang, c'était la mère de Dieu; celui qui était vêtu de poil de chameau c'était saint Jean-Baptiste avec les patriarches et les, prophètes; celui qui était revêtu d'ornements pontificaux était saint Pierre, avec les autres apôtres, les soldats étaient les martyrs, et le reste de la foule, se composait des confesseurs. Tous étaient venus en présence du roi pour rendre grâces de l’honneur à eux rendu en ce jour par les mortels et pour prier en faveur de l’univers entier. » Ensuite il le conduisit dans un autre endroit où il lui montra des personnes des deux sexes, les unes sur des tapis d'or, d'autres à table, dans les délices : d'autres en fins nus, pauvres et mendiant des secours. Il lui dit alors que ce lieu était le purgatoire; que les âmes qui vivaient dans l’abondance étaient celles dont les âmes les aidaient beaucoup de leurs suffrages, que les indigentes étaient celles dont on n'avait aucun souci. Il lui ordonna de rapporter toutes ces particularités au souverain Pontife, afin qu'après la fête de tous les saints il établît le jour des âmes, de manière que l’on adressât des supplications générales en faveur de ceux qui ne pouvaient en avoir de particulières.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdccccii
SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/163.htm


Fra Angelico. Les Précurseurs du Christ avec les Saints et les Martyrs (1423-1424) 
Tempera sur bois, 31,9 x 63,5, Londres, National Gallery

D’origine irlandaise, la Solemnitas sanctissima (Alcuin) de Tous les Saints commença à être célébrée en Angleterre au cours du VIIIe siècle. Elle gagna le continent aux abords de l’an 800. Selon Adon, l’empereur Louis le Pieu en prescrivit la célébration dans tout son Empire (833). Elle est attestée à Rome au Xe siècle. Elle était célébrée partout à l’égal des plus grandes fêtes de l’année, avec jeûne préparatoire et vigile. Au XVe siècle, Sixte IV lui attribue une octave. La fête est double de Ière classe dans le calendrier de 1968.

A MATINES.

Invitatoire. Venez, adorons le Seigneur, Roi des rois, * Qui est lui-même la couronne de tous les Saints.

Hymne de Vêpres.

AU PREMIER NOCTURNE.

Ant. 1 Le Seigneur connaît * la voie des justes, qui méditent sa loi le jour et la nuit.

Ant. 2 Il a glorifié * ses Saints, le Seigneur, et il les a exaucés lorsqu’ils ont crié vers lui.

Ant. 3 Il est admirable, * votre nom, Seigneur, car vous avez couronné vos Saints de gloire et d’honneur, et vous les avez établis sur les œuvres de vos mains.

V/..Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur et exultez.

R/. Glorifiez-vous, vous tous, droits de cœur.

Du livre de l’Apocalypse de l’Apôtre saint Jean.

Première leçon. 4, 2-8. Je vis un trône placé dans le ciel, et quelqu’un assis sur le trône. Celui qui était assis paraissait semblable à une pierre de jaspe et de sardoine [1] ; et il y avait autour du trône un arc-en-ciel semblable à une émeraude [2]. Autour du trône étaient encore vingt-quatre trônes, et sur les trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus d’habits blancs, et sur leurs têtes des couronnes d’or. Et du trône sortaient des éclairs, des voix et des tonnerres ; et il y avait devant le trône sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu [3]. Et devant le trône, comme une mer de verre semblable à du cristal [4] ; et au milieu du trône, et autour du trône, quatre animaux pleins d’yeux devant et derrière [5]. Le premier animal ressemblait à un lion, le second à un veau, le troisième avait un visage comme celui d’un homme, et le quatrième était semblable à un aigle qui vole. Ces quatre animaux avaient chacun six ailes, et autour et au dedans ils étaient pleins d’yeux ; et ils ne se donnaient du repos ni jour ni nuit, disant : Saint, saint, saint est le Seigneur, Dieu tout-puissant, qui était, qui est, et qui doit venir.

R/. Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et toute la terre était pleine de sa majesté ; * Et ce qui était sous lui remplissait le temple. V/. Des Séraphins étaient au-dessus du trône : l’un avait six ailes et l’autre six ailes. * Et.

Deuxième leçon. 5, 1-8. Je vis ensuite, dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors, scellé de sept sceaux. Je vis encore un Ange fort, qui criait d’une voix forte : Qui est digne d’ouvrir le livre, et d’en délier les sceaux ? Et nul ne pouvait ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ouvrir le livre, ni le regarder. Et moi je pleurais beaucoup, de ce que personne ne s’était trouvé digne d’ouvrir le livre ni de le regarder. Mais l’un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici le lion de la tribu de Juda, la racine de David, qui a obtenu par sa victoire d’ouvrir le livre et d’en délier les sept sceaux. Et je regardai, et voilà au milieu des vieillards, un Agneau debout, comme immolé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre [6]. Et il vint, et prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Et lorsqu’il eut ouvert le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards tombèrent devant l’Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes pleines de parfums, qui sont les prières des saints.

R/. Vous êtes bienheureuse, Vierge Marie, Mère de Dieu, vous qui avez cru au Seigneur ; car ce qui vous a été dit s’est accompli en vous ; voilà que vous êtes élevée au-dessus des chœurs des Anges : * Intercédez pour nous auprès du Seigneur notre Dieu. V/. Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. * Intercédez.

Troisième leçon. 5, 9-14. Ils chantaient un cantique nouveau, disant : Vous êtes digne, Seigneur, de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux, parce que vous avez été mis à mort, et que vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Et vous avez fait de nous un royaume et des prêtres pour notre Dieu ; et nous régnerons sur la terre. Je regardai encore, et j’entendis autour du trône, et des animaux, et des vieillards, la voix de beaucoup d’Anges ; leur nombre était des milliers de milliers qui disaient d’une voix forte : II est digne, l’Agneau qui a été immolé de recevoir la vertu, la divinité, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction. Et j’entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, et celles qui sont sur la mer et en elle ; je les entendis tous disant : A celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles ! Et les quatre animaux disaient : Amen. Et les vingt-quatre vieillards tombèrent sur leurs faces, et adorèrent celui qui vit dans les siècles.

R/. En présence des Anges, je vous chanterai des hymnes : * En présence des Anges, je vous chanterai des hymnes : * J’adorerai vers votre saint temple, et je glorifierai votre nom, Seigneur. V/. A cause de votre miséricorde et de votre vérité, parce que vous avez élevé par-dessus tout la grandeur de votre nom saint. * J’adorerai. Gloire au Père. * J’adorerai.

[1] Dans les douces couleurs de ces pierreries, on voit Dieu revêtu d’une majesté douce et d’un éclat agréable aux yeux. (Bossuet.)

[2] Ribeira, Viegas et d’autres auteurs disent que l’arc-en-ciel signifie la. miséricorde de Dieu, qui entoure son trône. Dans cet arc-en-ciel domine la couleur verte, qui désigne les consolations que Dieu répandra sur ses élus. (Corn. a Lap.)

[3] Ces sept esprits sont les sept Anges les plus élevés ; d’autres auteurs y voient un emblème des sept dons du Saint-Esprit.

[4] Bède, ;Richard et Rupert voient dans cette mer l’image du .sacrement de baptême, par lequel les saints parviennent jusqu’au trône de Dieu. Le baptême a, en effet, la grandeur de la mer, la limpidité du verre, la solidité du cristal ; comme les rayons du soleil pénètrent le verre, ainsi l’âme baptisée est éclairée par les rayons de la grâce divine. Pour les mêmes raisons, cette mer est encore l’image de la pénitence qui est amère comme l’océan qui produit souvent une abondance de larmes, et est accompagnée d’un bon propos ferme comme le cristal. (Corn. à Lap.)

[5] Par ces quatre animaux mystérieux, on peut entendre les quatre Évangélistes ; et l’on trouvera au verset suivant la figure des quatre animaux, par où les Pères ont estimé que le commencement de leur Évangile était désigné. On voit aussi dans les quatre animaux, quatre principales qualités des saints : dans le lion, le courage et la force ; dans le veau, qui porte le joug, la docilité et la patience ; dans l’homme, la sagesse ; et dans l’aigle-, la sublimité des pensées et des désirs. (Bossuet.)

[6] Il est debout et vivant ; mais il paraît comme mort et comme immolé, à cause de ses plaies qu’il a portées dans le ciel. (Bossuet.) Ansbert, Béde et Rupert estiment que les sept cornes et les sept yeux signifient les sept dons du Saint-Esprit, appelés yeux, parce qu’ils éclairent, et cornes, à cause de l’excellence de leur force et de leur pouvoir.


AU DEUXIÈME NOCTURNE.

Ant. 1 Seigneur, * ceux qui pratiquent la justice habiteront dans votre tabernacle, et se reposeront sur votre montagne sainte.

Ant. 2 Telle est la génération * de ceux qui cherchent le Seigneur, de ceux qui cherchent la face du Dieu de Jacob.

Ant. 3 Réjouissez-vous dans le Seigneur * et exultez, justes, glorifiez-vous, vous tous, droits de cœur.

V/..Que les justes exultent en la présence de Dieu.

R/. Et qu’ils se délectent dans la joie.

Sermon de saint Béde le Vénérable, Prêtre.

Quatrième leçon. Aujourd’hui, bien-aimés frères, nous célébrons, dans l’allégresse d’une solennité commune, la fête de tous les Saints. Leur société réjouit les cieux, leur protection console la terre, leur triomphe couronne la sainte Église. Plus 1a profession de leur foi a été ferme dans les tourments, plus ils ont d’éclat dans la gloire. Car la violence du combat s’augmentant, l’honneur des combattants s’est aussi accru. Les diverses tortures du martyre rehaussent le triomphe, et des souffrances plus affreuses ont procuré de plus délicieuses récompenses. Notre mère l’Église catholique, répandue au loin dans tout l’univers, à qui Jésus-Christ, son chef, apprit par son exemple à ne craindre ni les outrages, ni les croix, ni la mort, s’est de plus en plus fortifiée, non par la résistance, mais par la patience. Pour encourager toutes ces légions d’illustres athlètes, jetés en prison comme des criminels, et pour les animer tous à soutenir le combat avec la même ardeur et un courage égal, elle leur a inspiré la sainte ambition d’un glorieux triomphe.

R/. Il est venu, le Précurseur du Seigneur, auquel Jésus lui-même a rendu ce témoignage : * Il ne s’est pas élevé entre les enfants des femmes, de plus grand que Jean-Baptiste. V/. Celui-ci est un Prophète, et plus qu’un Prophète, lui de qui le Seigneur a dit. * Il.

Cinquième leçon. Heureuse en vérité, l’Église notre mère, d’être ainsi honorée des marques éclatantes de la miséricorde divine, empourprée du noble sang des Martyrs victorieux, parée du vêtement blanc de l’inviolable fidélité des Vierges ! Ni les roses, ni les lis ne manquent parmi ses fleurs. Et maintenant, très chers frères, que chacun de nous s’efforce d’acquérir la plus ample provision de titres à ces deux sortes d’honneurs, et de mériter, ou la couronne blanche de la virginité ou la couronne pourpre du martyre. Car, dans la milice des cieux, le repos et la lutte ont leurs fleurs pour couronner les soldats du Christ.

R/. Ce sont ceux-ci qui, tandis qu’ils vivaient dans la chair ont planté l’Église dans leur sang : * Ils ont bu le calice du Seigneur, et ont été faits amis de Dieu. V/. Leur voix a retenti par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde. * Ils.

Sixième leçon. L’immense et ineffable bonté de Dieu a même eu soin de ne pas prolonger le temps des travaux et du combat, et de ne le faire ni long, ni éternel, mais court, et pour ainsi dire, d’un moment. Elle a voulu que les combats et les travaux fussent pour cette vie passagère et vite écoulée ; les couronnes et les récompenses du mérite, pour la vie éternelle ; que les travaux finissent promptement, que la récompense des mérites durât toujours ; qu’après les ténèbres de ce monde, il fût donné aux Saints de jouir de la plus resplendissante lumière, et de posséder une béatitude plus grande que le cruel excès de toutes les souffrances. Et voilà ce qu’attesté l’Apôtre quand il dit : « Les souffrances du temps n’ont aucune proportion avec la gloire qui doit un jour éclater en nous. »

R/. Mes Saints, vivant dans la chair, vous avez soutenu le combat. * Moi, je vous rendrai la récompense de votre labeur. V/. Venez, les bénis de mon Père, recevez le royaume. * Moi. Gloire au Père. * Moi.

AU TROISIÈME NOCTURNE.

Ant. 1 Craignez le Seigneur, * vous tous ses Saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent ; les yeux du Seigneur sont sur ses justes, et ses oreilles sont ouvertes à leurs prières.

Ant. 2 Seigneur, l’espérance des Saints * et leur tour forte ; vous avez donné un héritage à ceux qui craignent votre nom ; ils habiteront dans votre tabernacle pendant les siècles.

Ant. 3 Vous qui aimez le Seigneur, * réjouissez-vous dans le Seigneur et célébrez la mémoire de sa sanctification.

V/..Les justes vivront éternellement.

R/. Et leur récompense est auprès du Seigneur.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 5, 1-12.

En ce temps-là : Jésus, voyant la foule, monta sur la montagne, et lorsqu’il se fut assis, les disciples s’approchèrent de lui. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque.

Septième leçon. Si l’on demande ce que signifie la montagne, on peut bien dire qu’elle signifie des préceptes de justice plus élevés, parce que ceux qui avaient été donnés aux Juifs étaient inférieurs. C’est toutefois le même Dieu qui, réglant avec un ordre admirable l’économie des temps, a donné, par ses saints Prophètes et par ses autres serviteurs, des préceptes moins parfaits à un peuple qu’il fallait encore contenir au moyen de la crainte, et, par son Fils, des préceptes plus parfaits, à un peuple qu’il convenait d’affranchir au moyen de la charité. Si de moindres commandements sont donnés à des âmes moins parfaites, et de plus grands à de plus parfaites ils sont toujours donnés par Celui qui est le seul à bien savoir fournir au genre humain le remède approprié à la diversité de ses besoins.

R/. Ceignez vos reins, et ayez en vos mains des lampes allumées ; * Soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces. V/. Veillez donc, parce que vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur viendra. * Soyez.

Huitième leçon. Et il ne faut pas s’étonner que le même Dieu, créateur du ciel et de la terre, donne, en vue du royaume des cieux, de plus grands préceptes, après en avoir donné de moindres pour celui de la terre. C’est de cette justice plus grande, que le Prophète a dit : « Votre justice est comme les montagnes de Dieu. » Et c’est ce que figure très bien la montagne où cette justice est enseignée par l’unique et seul Maître capable d’enseigner des choses si sublimes. Or il enseigne étant assis, ce qui appartient à la dignité du magistère. Et ses disciples s’approchent de lui : rapprochés de Jésus par la volonté d’accomplir ses préceptes, il fallait bien qu’ils fussent aussi plus près pour entendre ses paroles. « Et ouvrant sa bouche, il les instruisait, disant. » Cette périphrase de l’écrivain sacré : « Et ouvrant sa bouche, » semble avertir, en retardant son début, que le discours doit avoir une certaine étendue. A moins encore que ce ne soit pour rappeler que celui qui ouvre en ce moment la bouche, a lui-même ouvert, dans l’ancien Testament, .la bouche des Prophètes.

R/. Au milieu de la nuit un cri s’éleva : * Voici l’époux qui vient, sortez au-devant de lui. V/. Vierges prudentes, préparez vos lampes. * Voici. Gloire au Père. * Voici.

Neuvième leçon. Or, que dit-il ? « Bienheureux les pauvres d’esprit, parce qu’à eux appartient le royaume des cieux. » Nous lisons dans l’Écriture, au sujet de la convoitise des biens temporels : « Tout est vanité et présomption d’esprit. » Présomption d’esprit veut dire orgueil et arrogance. On dit même vulgairement des superbes qu’ils ont de l’enflure d’esprit, et avec raison, puisque le vent est aussi appelé esprit ou souffle, comme nous le voyons dans ce verset d’un Psaume : « Feu, grêle, neige, glace, souffles des tempêtes. » Qui ne sait qu’on appelle les orgueilleux des gens bouffis, comme qui dirait gonflés de vent ? De là encore ce mot de l’Apôtre : « La science enfle, mais la charité édifie. » C’est pourquoi par ces pauvres en esprit, sont justement désignés ceux qui sont humbles et qui craignent Dieu, c’est-à-dire qui n’ont point en eux cet esprit d’enflure.


Dom Lefèvre, Missel

Le temple d’Agrippa fut dédié, sous Auguste, à tous les dieux du paganisme, d’où son nom de Panthéon. Sous l’empereur Phocas, entre 607 et 610, le pape Boniface IV y transporta de nombreux ossements de martyrs tirés des Catacombes. Le 13 mai 610, il dédia cette nouvelle basilique chrétienne à Sainte Marie et aux Martyrs. La fête de cette dédicace prit dans la suite un caractère plus universel, et l’on consacra ce temple à Sainte Marie et à tous les Saints. Comme il existait d’autre part une fête de la commémoraison de tous les Saints, célébrée à diverses dates dans différentes églises, puis fixée en 835 par Grégoire IV au 1" Novembre, le pape Grégoire VII transporta à cette date l’anniversaire de la dédicace du Panthéon. La fête de la Toussaint rappelle donc le triomphe que remporta le Christ sur les fausses divinités païennes. C’est dans ce temple que l’on fait la Station le Vendredi dans l’Octave de Pâques. Comme les Saints honorés aux trois premiers siècles de l’Église étaient des Martyrs et que le Panthéon fut aussi tout d’abord dédié aux Martyrs, la messe de la Toussaint est faite d’emprunts à la liturgie des Martyrs. L’introït est celui de la messe de Ste Agathe, employé plus tard aussi pour d’autres fêtes ; l’Évangile, l’Offertoire et la Communion sont tirés du Commun des Martyrs. L’Église nous donne en ce jour une admirable vision du ciel où elle nous montre, avec S. Jean, les douze mille inscrits (douze est considéré comme un nombre parfait) de chaque tribu d’Israël, et une grande foule que nul ne peut compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches et ayant des palmes à la main (Épître), Le Christ, la Vierge, les bienheureuses phalanges distribuées en neuf chœurs, les apôtres et les prophètes, les martyrs empourprés de leur sang, les confesseurs parés de vêtements blancs et les chastes chœurs de vierges forment, nous dit l’hymne des Vêpres ce majestueux cortège. Il se compose en effet de tous ceux qui, ici-bas, ont été détachés des biens de la terre, doux, affligés, équitables, miséricordieux, purs, pacifiques et en butte aux persécutions pour le nom de Jésus. « Réjouissez-vous, leur annonçait le Maître, car une grande récompense vous est préparée dans le ciel » (Év., Com,). Parmi ces millions de justes qui ont été disciples fidèles de Jésus sur terre se trouvent plusieurs des nôtres : parents, amis, membres de notre famille paroissiale qui bénéficient aujourd’hui de ce culte, qui adorent le Seigneur, Roi des rois et Couronne de tous les Saints (invitatoire de Matines) et nous obtiennent l’abondance tant désirée de ses miséricordes (Or.). Le sacerdoce que Jésus exerce invisiblement sur nos autels où il s’offre à Dieu, s’identifie avec celui qu’il exerce visiblement au ciel. Les autels de la terre où se trouve l’« Agneau de Dieu »« et celui du ciel où se tient debout « l’Agneau comme immolé », ne font qu’un. Aussi, à la messe, tout nous rappelle la patrie céleste. La Préface unit nos chante aux louanges des Anges et le Communicantes nous fait entrer en communion avec la Vierge et tous les Saints.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Je vis une grande multitude que nul ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de toute langue ; elle se tenait devant le trône, vêtue de robes blanches, des palmes à la main ; de ses rangs s’élevait une acclamation puissante : Gloire à notre Dieu [7] !

Le temps n’est plus ; c’est l’humanité sauvée qui se découvre aux yeux du prophète de Pathmos. Vie militante et misérable de cette terre [8], un jour donc tes angoisses auront leur terme. Notre race longtemps perdue renforcera les chœurs des purs esprits que la révolte de Satan affaiblit jadis ; s’unissant à la reconnaissance des rachetés de l’Agneau, les Anges fidèles s’écrieront avec nous : Action de grâces, honneur, puissance à notre Dieu pour jamais [9] !

Et ce sera la fin, comme dit l’Apôtre [10] : la fin de la mort et de la souffrance ; la fin de l’histoire et de ses révolutions désormais expliquées. L’ancien ennemi, rejeté à l’abîme avec ses partisans, ne subsistera plus que pour attester sa défaite éternelle. Le Fils de l’homme, libérateur du monde, aura remis l’empire à Dieu son Père. Terme suprême de toute création, comme de toute rédemption : Dieu sera tout en tous [11].

Bien avant le voyant de l’Apocalypse, déjà Isaïe chantait : J’ai vu le Seigneur assis sur un trône élevé et sublime ; les franges de son vêtement remplissaient au-dessous de lui le temple, et les Séraphins criaient l’un à l’autre : Saint, Saint, Saint, le Seigneur des armées ; toute la terre est pleine de sa gloire [12].

Les franges du vêtement divin sont ici les élus, devenus l’ornement du Verbe, splendeur du Père [13]. Car depuis que, chef de notre humanité, le Verbe l’a épousée, cette épouse est sa gloire, comme il est celle de Dieu [14]. Elle-même cependant n’a d’autre parure que les vertus des Saints [15] : parure éclatante, dont l’achèvement sera le signal de la consommation des siècles. Cette fête est l’annonce toujours plus instante des noces de l’éternité ; elle nous donne à célébrer chaque année le progrès des apprêts de l’Épouse [16].

Heureux les conviés aux noces de l’Agneau [17] ! Heureux nous tous, à qui la robe nuptiale de la sainte charité fut remise au baptême comme un titre au banquet des cieux ! Préparons-nous, comme notre Mère l’Église, à 1’ineffable destinée que nous réserve l’amour. C’est à ce but que tendent les labeurs d’ici-bas : travaux, luttes, souffrances pour Dieu, relèvent d’inestimables joyaux le vêtement de la grâce qui fait les élus. Bienheureux ceux qui pleurent [18] !

Ils pleuraient, ceux que le Psalmiste nous montre creusant avant nous Je sillon de leur carrière mortelle [19], et dont la triomphante allégresse déborde sur nous, projetant à cette heure comme un rayon de gloire anticipée sur la vallée des larmes. Sans attendre au lendemain de la vie, la solennité commencée nous donne entrée pat la bienheureuse espérance au séjour de lumière où nos pères ont suivi Jésus, le divin avant-coureur [20]. Quelles épreuves n’apparaîtraient légères, au spectacle des éternelles félicités dans lesquelles s’épanouissent leurs épines d’un jour ! Larmes versées sur les tombes qui s’ouvrent à chaque pas de cette terre d’amertume, comment le bonheur des chers disparus ne mêlerait-il pas à vos regrets la douceur du ciel ? Prêtons l’oreille aux chants de délivrance de ceux dont la séparation momentanée attire ainsi nos pleurs ; petits ou grands [21], cette fête est la leur, comme bientôt elle doit être la nôtre. En cette saison où prévalent les frimas et la nuit, la nature, délaissant ses derniers joyaux, semble elle-même préparer le monde à son exode vers la patrie sans fin.

Chantons donc nous aussi, avec le Psaume : « Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur. Nos pieds ne sont encore qu’en tes parvis, mais nous voyons tes accroissements qui ne cessent pas, Jérusalem, ville de paix, qui te construis dans la concorde et l’amour. L’ascension vers toi des tribus saintes se poursuit dans la louange ; tes trônes encore inoccupés se remplissent. Que tous les biens soient pour ceux qui t’aiment, ô Jérusalem ; que la puissance et l’abondance règnent en ton enceinte fortunée. A cause de mes amis et de mes frères qui déjà sont tes habitants, j’ai mis en toi mes complaisances ; à cause du Seigneur notre Dieu dont tu es le séjour, j’ai mis en toi tout mon désir [22]. »

AUX PREMIÈRES VÊPRES.

Les cloches ont retenti, non moins joyeuses qu’aux plus beaux jours. Elles annoncent la grande solennité du Cycle à son déclin, la fête qui marque l’empreinte de l’éternité sur les temps, la prise de possession pour Dieu de l’année qui finit, joignant sa moisson d’élus à celles de ses devancières. Aux triomphantes volées remplissant l’air de leurs ondes harmonieuses, l’Église, qui depuis le matin jeûnait prosternée, se relève le front dans la lumière : elle pénètre avec Jean les secrets des cieux ; et les paroles du disciple bien-aimé, passant par ses lèvres, y revêtent un accent d’enthousiasme incomparable Cette fête est vraiment pour elle le triomphe de la Mère ; car la foule immense et bienheureuse, aperçue par elle près du trône de l’Agneau, se compose des fils et des filles que seule, comme étant l’unique [23], elle a donnés au Seigneur.

Commentaire des Antiennes

Près de ses fils glorifiés, l’Église voit les Anges, nobles natures dont l’attitude devant Dieu, la liturgie grandiose, l’adoration anéantie, ravissent son cœur. Et elle en redit le spectacle à ceux des siens qui militent encore avec elle ici-bas.

Mais l’hommage et les chants des célestes Principautés, qui jamais ne s’interrompirent, ne sont plus seuls à rendre au Très-Haut la gloire à lui due dans son temple éternel. Comme, dans un chœur nombreux, une mère distingue entre toutes la voix de son enfant, l’Église tressaille en entendant la race élue qu’elle a nourrie pour l’Époux faire sa partie dans le concert des cieux, et célébrer l’Agneau dont le sang fut le prix de notre entrée bienheureuse au royaume de Dieu.

C’est la vraie joie, l’ineffable consolation de ce jour. Aussi la grande exilée ne se tient pas d’adresser aux Saints un appel brûlant à plus de zèle, s’il se peut encore, pour louer le Seigneur Epoux : « Soyez heureux, vous tous, et le célébrez ! » s’écrie-t-elle de la vallée des larmes, empruntant les paroles de Tobie dans la terre de sa captivité [24].

Louer Dieu sans trêve : part des Saints, bon partage d’Israël en la vraie Sion [25] ! l’Église en son transport ne se lasse point d’exalter cette part glorieuse, la meilleure part, privilège de quelques-uns sur la terre, partage de tous dans la patrie.

Nulle puissance ne saurait amoindrir la gloire de la cité sainte, ou diminuer d’une unité le nombre de ses fortunés habitants, tel que le fixèrent avant tous les âges les conseils du Très-Haut. Si ce monde a trop mérité la colère, il ne finira pourtant qu’après avoir donné au ciel le dernier des élus. C’est ce qu’exprime au vif le Capitule, tiré de l’Apocalypse.

Rhaban-Maur, abbé de Fulde et archevêque de Mayence, est l’auteur présumé de l’Hymne. La « gent perfide » qu’on y demande à tous les bienheureux de chasser loin des terres chrétiennes, c’était, au IXe siècle, la race des Normands infidèles qui couvraient de sang et de ruines l’empire des faibles successeurs de Charlemagne. L’éclatante conversion des farouches destructeurs fut la réponse des Saints. Puissent-ils toujours exaucer de la sorte l’Église, éclairer comme alors ceux qui l’attaquent sans la connaître, faire d’eux ses plus fermes soutiens.

Tous les chœurs angéliques, tous les ordres des Saints reçoivent, en l’Antienne de Magnificat, l’hommage de la prière de l’Église, comme tous vont avec elle exalter la Reine de la terre et des cieux reprenant pour tous son glorieux Cantique.

Lorsque Rome eut achevé la conquête du monde, elle dédia le plus durable monument de sa puissance à tous les dieux. Le Panthéon devait attester à jamais la reconnaissance de la cité reine. Cependant conquise elle-même au Christ et investie par lui de l’empire des âmes, son hommage se détourna des vaines idoles pour aller aux Martyrs, qui, priant pour elle en mourant de sa main, l’avaient seuls faite éternelle. Ce fut à eux et à leur reine, Marie, qu’au lendemain des invasions qui l’avaient châtiée sans la perdre, elle consacra, cette fois pour toujours, le Panthéon devenu chrétien.

« Levez-vous, Saints de Dieu ; venez au lieu qui vous fut préparé [26]. » Trois siècles durant, les catacombes restèrent le rendez-vous des athlètes du Seigneur au sortir de l’arène. Rome doit à ces vaillants un triomphe mieux mérité que ceux dont elle gratifia ses grands hommes d’autrefois. En 312 pourtant, Rome, désarmée mais non encore changée dans son cœur, n’était rien moins que disposée à saluer de ses applaudissements les vainqueurs des dieux de l’Olympe et du Capitule. Tandis que la Croix forçait ses remparts, la blanche légion [27] demeura cantonnée dans les retranchements des cimetières souterrains qui, comme autant de travaux d’approche, bordaient toutes les routes conduisant à la ville des Césars. Trois autres siècles étaient laissés à Rome pour satisfaire à la justice de Dieu, et prendre conscience du salut que lui ménageait la miséricorde. En 609. le patient travail de la grâce était accompli. Des lèvres de Boniface IV, Pontife suprême, descendait sur les cryptes sacrées le signal attendu.

Heure solennelle, prélude de celle que la trompette de l’Ange doit un jour annoncer par les sépulcres de l’univers [28] ! C’est dans la majesté apostolique, c’est entouré d’un peuple immense, que le successeur de Pierre, que l’héritier du crucifié de Néron, se présente aux portes des catacombes. Ornés avec magnificence, vingt-huit chars l’accompagnent, et il convie à y monter les Martyrs. L’antique voie triomphale s’ouvre devant les Saints ; les fils des Quirites chantent à leur honneur : « Votre sortie sera heureuse, votre marche toute de joie ; car voici que tressaillent les monts, les collines fameuses, qui vous attendent en allégresse [29]. Paraissez, Saints de Dieu ; quittez vos postes de combat ; entrez dans Rome, devenue la cité sainte ; bénissez le peuple romain, qui vous suit au temple de ses fausses divinités devenu votre église, pour y adorer avec vous la majesté du Seigneur [30]. »

Après six siècles de persécutions et de ruines, le dernier mot restait donc aux Martyrs : mot de bénédiction, signal de grâces pour la Babylone ivre naguère du sang chrétien [31]. Mieux que réhabilitée par l’accueil qu’elle faisait aux témoins du Christ, elle n’était plus Rome seulement, mais la nouvelle Sion, la privilégiée du Seigneur. L’encens qu’elle brûlait sous les pas des Saints, rappelait celui dont ils avaient refusé l’hommage à ses dieux de mensonge ; l’autel au pied duquel leur sang avait coulé, était celui-là même où elle les invitait à prendre la place des usurpateurs enfuis à l’abîme. Bien inspirée fut-elle, quand le temple édifié par Marcus Agrippa, restauré par Sévère Auguste, étant devenu celui des saints Martyrs, elle crut devoir maintenir à son fronton le nom des constructeurs primitifs et l’appellation qu’ils lui avaient donnée ; l’insigne monument ne justifia son titre qu’à dater de la mémorable journée où, sous sa voûte incomparable, image du ciel, Rome chrétienne put appliquer aux hôtes nouveaux du Panthéon la parole du Psaume : J’ai dit : c’est vous les dieux [32] ! C’était le XIII mai, qu’avait eu lieu la prise de possession triomphale.

Toute dédicace sur terre rappelle à l’Église, ainsi qu’elle le dit elle-même, l’assemblée des Saints, pierres vivantes de l’éternelle demeure que Dieu se construit aux cieux [33]. On s’étonnera d’autant moins que la Dédicace du Panthéon d’Agrippa, dans les circonstances que nous avons rapportées, soit devenue la première origine de la fête de ce jour [34]. Son anniversaire, en ramenant la mémoire collective des Martyrs, donnait satisfaction à l’Église qui, désireuse d’honorer annuellement tous ses bienheureux fils morts pour le Seigneur, se vit de bonne heure réduite par leur nombre à l’impuissance de célébrer chacun d’eux au jour de son glorieux trépas. Or, au culte des Martyrs s’était joint pour elle, à l’âge de la paix, celui des justes qui, l’arène sanglante désormais fermée, se sanctifiaient chaque jour dans tous les héroïsmes offerts par ailleurs au courage chrétien ; la pensée de les associer aux premiers dans une solennité commune, qui suppléerait pour tous à la nécessité des omissions individuelles, naquit comme spontanément de l’initiative que Boniface IV avait prise.

En 732, dans la première moitié de ce huitième siècle qui fut si grand pour l’Église, Grégoire III dédiait, à Saint-Pierre du Vatican, un oratoire en l’honneur du Sauveur, de sa sainte Mère, des saints Apôtres, de tous les saints Martyrs, Confesseurs, Justes parfaits qui reposent par toute la terre [35].Une dédicace au vocable si étendu n’implique pas de soi l’établissement de notre fête même de tous les Saints par l’illustre Pontife ; il est à remarquer cependant qu’à dater de cette époque, on commence à la rencontrer en diverses églises, et fixée dès lors au premier jour de Novembre, comme en témoignent pour l’Angleterre le Martyrologe du Vénérable Bède et le Pontifical d’Egbert d’York. Elle était loin toutefois d’être universelle, lorsqu’en l’année 835, Louis le Débonnaire, sollicité par Grégoire IV, et du consentement de tous les évêques de ses états, fit de sa célébration une loi d’empire : loi sainte, portée aux applaudissements de l’Église entière qui l’adopta comme sienne, dit Adon, avec révérence et amour [36].

Il existait jusque-là, dans nos contrées, une coutume attestée par les conciles d’Espagne et de Gaule dès le VIe siècle [37], et qui consistait à sanctifier l’époque des calendes de Novembre par trois jours de pénitence et de litanies, rappelant les Rogations qui précèdent encore l’Ascension du Seigneur. Le jeûne de la Vigile de la Toussaint est le seul souvenir qui nous reste maintenant de cette coutume de nos pères ; conservant le triduum pénitentiel, et l’avançant de quelques jours, ils en avaient fait une préparation de la fête elle-même : « Qu’entière soit notre dévotion, recommandait un auteur du temps ; disposons-nous à cette solennité très sainte par trois jours de jeûne, de prière et d’aumône [38]. » En s’étendant au monde entier, la fête s’était complétée ; devenue l’égale des plus augustes solennités, elle développait ses horizons jusqu’à l’infini, embrassait toute sainteté incréée ou créée. Son objet n’était plus Marie seulement et les Martyrs, ou tous les justes nés d’Adam, mais avec eux les neuf chœurs angéliques, mais pardessus tout la Trinité sainte, Dieu tout en tous [39], Roi de ces rois qui sont les Saints [40], Dieu des dieux en Sion [41]. Écoutons l’Église éveillant aujourd’hui ses fils : Le Roi des rois, le Seigneur, venez, adorons-le, parce qu’il est la couronne de tous les Saints [42]. C’est l’invitation qu’en cette même nuit le Seigneur lui-même adressait à la chantre d’Helfta, Mechtilde, la privilégiée du divin Cœur : « Loue-moi de ce que je suis la couronne de tous les Saints [43]. » Et la vierge voyait toute la beauté des élus et leur gloire s’alimenter au sang du Christ, briller des vertus par lui pratiquées ; et répondant à l’appel divin, elle louait tant qu’elle pouvait la très heureuse, la toujours adorable Trinité, de ce qu’elle daigne être aux Saints leur diadème, leur admirable dignité [44]. Dante lui aussi nous montre, en l’empyrée, Béatrice se faisant sa couronne du reflet des rayons éternels [45]. Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit ! ainsi tout d’une voix, pour le sublime poète, chantait le Paradis. « Tout l’univers, dit-il, me semblait un sourire [46]. Le royaume d’allégresse, avec tout son peuple ancien et nouveau, tourné vers un seul point, était tout regard, tout amour. O triple lumière, qui scintillant en une seule étoile, rassasies à ce point leur vue, regarde ici-bas à nos tempêtes [47] ! »

L’ancien Office de la fête offrit jusqu’au XVIe siècle, en beaucoup d’Églises, cette particularité qu’aux Nocturnes la première Antienne, la première Bénédiction, la première Leçon et le premier Répons étant de la Trinité, la deuxième série des mêmes pièces liturgiques avait pour objet Notre-Dame, la troisième les Anges, la quatrième les Patriarches et les Prophètes, la cinquième les Apôtres, la sixième les Martyrs, la septième les Confesseurs, la huitième les Vierges, la neuvième tous les Saints. En raison de cette disposition spéciale au jour, la première Leçon revenait contre l’usage du reste de l’année au plus digne du Chœur, le premier Répons était réservé aux premiers Chantres ; et ainsi arrivait-on, par une progression descendante, jusqu’aux enfants, dont l’un donnait la Leçon des Vierges, et cinq autres, vêtus de blanc, cierges à la main en mémoire des vierges prudentes, exécutaient le huitième Répons devant l’autel de Notre-Dame ; la neuvième Leçon et le neuvième Répons revenaient à des prêtres. Toutes ou presque toutes ces formules ont été successivement modifiées ; mais l’attribution des Répons actuels est toujours la même.

On sera heureux de trouver ici les Antiennes et Répons primitifs, auxquels se réfèrent les visions des Saints de cet âge, quand ils nous montrent chaque ordre de bienheureux au ciel s’unissant durant la nuit sacrée aux actions de grâces et prières de la terre [48]. Nous empruntons les textes qui suivent aux Bréviaires concordants d’Aberdeen et de Salisbury.

Ant. 1 Soyez-nous favorable, Dieu unique, tout-puissant, Père, Fils, Esprit-Saint.

Ant. 2 Comme le lis entre les épines, ainsi entre les autres est ma bien-aimée.

Ant. 3 Louons le Seigneur que louent les Anges, que Chérubins et Séraphins proclament Saint, Saint, Saint, à l’envi.

Ant. 4 Entre les fils des femmes, il n’y en a point eu de plus grand que Jean-Baptiste.

Ant. 5 Soyez forts dans la guerre, et combattez avec l’ancien serpent, et vous recevrez le royaume éternel. Alléluia.

Ant. 6 Ce sont là les Saints qui, pour l’amour de Dieu, ont méprisé les menaces des hommes ; saints Martyrs ils tressaillent avec les Anges dans le royaume éternel ; oh ! qu’elle est précieuse la mort des Saints qui toujours se tiennent devant le Seigneur et ne sont point séparés les uns des autres !

Ant. 7 Ceignez vos reins, tenez en mains des lampes allumées : soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces.

Ant. 8 Saintes Vierges de Dieu, priez pour nous : puissions-nous mériter de recevoir par vous le pardon de nos crimes.

Ant. 9 Louez notre Dieu, tous ses Saints et vous qui le craignez, petits et grands ; car il règne notre Seigneur Dieu tout-puissant : réjouissons-nous et tressaillons, rendons- lui gloire.

R/. A la Trinité souveraine, au Dieu simple, Père, Fils et Saint-Esprit : divinité unique, gloire égale, coéternelle majesté ; * Tout l’univers obéit à ses lois. V/. Qu’elle daigne nous octroyer sa grâce la bienheureuse divinité du Père, du Fils, de l’Esprit conjointement adoré. * Tout l’univers obéit à ses lois.

R/. Vous êtes heureuse, sainte Vierge Marie ; vous êtes digne de toute louange ; * Car c’est de vous qu’est né le Soleil de justice, le Christ notre Dieu. V/. Priez pour le peuple, intervenez pour les clercs, intercédez pour les femmes vouées à Dieu, que tous ceux-là éprouvent votre secours qui célèbrent cette fête véritablement vôtre. * Car c’est de vous.

R/. Seigneur saint, tous les Anges vous célèbrent dans les hauteurs, et ils disent : * A vous conviennent * Honneur et louange, Seigneur. V/. Saint vous proclament Chérubins et Séraphins, et tous les chœurs célestes chantent : * A vous conviennent. Gloire au Père. * Honneur et louange.

R/. Entre les fils des femmes, il n’y en a point eu de plus grand que Jean-Baptiste : * Qui prépara la voie du Seigneur au désert. V/. Il y eut un homme envoyé par Dieu, dont le nom était Jean. * Qui prépara.

R/. Voici les hommes apostoliques, les familiers de Dieu ; ils se présentent : * Portant la lumière, éclairant la patrie ; ils viennent donner la paix aux nations et délivrer le peuple du Seigneur. V/. Écoutez la prière des suppliants implorant le don de la vie éternelle, vous qui portez en vos mains les gerbes de vos œuvres justes et vous présentez aujourd’hui dans la joie. * Portant.

R/. O louable constance des Martyrs ! ô charité inextinguible ! ô invincible patience ! sous les coups des persécuteurs, elle semblait ne mériter que mépris : * Elle trouvera louange et gloire et honneur, * Au temps de la récompense. V/. Aussi implorons-nous l’appui de leurs pieux mérites, à cette heure où les honore le Père qui est aux deux. * Elle trouvera. Gloire au Père. * Au temps.

R/. Ceignez vos reins, tenez en mains des lampes allumées : * Soyez semblables à des hommes qui attendent leur maître à son retour des noces. V/. Veillez donc ; car vous ne savez à quelle heure votre Maître doit venir. * Soyez semblables.

R/. J’ai entendu une voix venant du ciel : Venez, toutes, Vierges très sages ; * Tenez l’huile en vos vases pour quand l’Époux viendra. V/. Au milieu de la nuit, un cri s’est élevé : Voici l’Époux ! * Tenez l’huile.

R/. Seigneur, nous vous en supplions, remettez-nous nos fautes ; et par l’intercession des Saints dont nous célébrons la fête en ce jour, * Accordez-nous dévotion telle * Que nous méritions d’être admis dans leurs rangs. V/. Que leurs mérites soient notre secours dans les difficultés provenant de nos crimes ; nos actes nous accusent, puisse nous excuser leur prière ; et vous qui leur avez donné au ciel la palme de victoire, ne nous refusez pas le pardon du péché. * Accordez-nous. Gloire au Père. * Que nous méritions.

Les Grecs honorent comme nous dans une fête commune « tous les Saints de tous les pays de la terre, Asie, Libye, Europe, Septentrion ou Midi [49]. » Mais tandis que l’Occident fixe aux derniers jours de l’année une solennité qui représente, à ses yeux, la rentrée des fruits dans les celliers du Père de famille, l’Orient la célèbre au Dimanche qui suit la Pentecôte, en ce printemps de l’Église où, sous l’action des eaux jaillissantes de l’Esprit, la sainteté fit partout germer ses fleurs [50]. Il en était ainsi dès le IVe siècle ; c’est en ce premier Dimanche après la Pentecôte, fête aujourd’hui de la Très Sainte Trinité pour nous Latins, que saint Jean Chrysostome prononça son discours en l’honneur de « tous les saints Martyrs ayant souffert dans le monde entier [51]. »

On le sait : l’origine première de la Toussaint fut de même en notre Occident cette commémoration générale des Martyrs, que d’autres Églises d’Orient placèrent au vendredi de l’Octave de Pâques [52] ; heureuse pensée, qui associait la confession des témoins du Christ au triomphe remporté sur la mort par Celui dont la confession divine, sous Ponce Pilate [53], avait devant les bourreaux été leur exemple et leur force. Ainsi faisait du reste primitivement Rome même, en rattachant à la première quinzaine de mai sa mémoire solennelle des Martyrs ; ainsi fait-elle encore, en réservant aux seuls Martyrs, conjointement avec les Apôtres, l’honneur d’un Office spécial pour la durée du Temps pascal entier.

Nous emprunterons les quelques traits qui suivent à l’Office grec du Dimanche de tous les Saints.

IN MAGNO VESPERTINO.

Les disciples du Seigneur, instruments de l’Esprit, ont répandu par l’univers entier l’évangélique semence d’où germèrent les Martyrs qui prient pour nos âmes.

Vous êtes le soutien de l’Église, la perfection de l’Évangile, chœur divin des Martyrs ; en vous se justifient les paroles du Sauveur. Car les portes de l’enfer, béantes contre l’Église, ont été par vous fermées ; votre sang qui coulait a mis à sec les libations idolâtriques ; la plénitude des croyants naquit de votre immolation. Admirés des Anges, le front ceint du diadème, vous vous tenez devant Dieu : sans fin priez-le pour nos âmes.

Fidèles, venez tous ; célébrons par des psaumes, des hymnes, des cantiques spirituels la solennelle mémoire de tous les Saints : voici qu’elle vient à nous chargée des plus riches dons. Crions donc, et disons : Salut, assemblée des Prophètes qui annonçâtes l’arrivée du Christ au monde, et vîtes comme présent ce qui était loin encore. Salut, chœur des Apôtres, pêcheurs d’hommes qui sûtes jeter le filet sur les nations. Salut, armée des Martyrs : rassemblés des confins de la terre en l’unique foi, vous avez pour elle subi affronts et tortures, vous avez brillamment triomphé dans l’arène. Salut, ruche des Pères qui, le corps réduit par l’ascèse et mortifiant la chair et ses passions, avez muni vos âmes des ailes du divin amour, l’emportant jusqu’au ciel ; vous partagez maintenant l’allégresse des Anges, l’éternel bonheur est à vous. Mais, ô Prophètes, ô Apôtres, ô Martyrs, ô Ascètes, priez avec instance Celui qui vous a couronnés de nous sauver des ennemis invisibles ou visibles

Salut, Saints et Justes ; salut, auguste chœur des Saintes. Près du Christ, intercédez pour le monde : qu’il donne au prince la victoire sur les barbares, et à nos âmes sa grande miséricorde.

A LA MESSE.

Aux calendes de novembre, c’est le même empressement qu’à la Noël pour assister au Sacrifice en l’honneur des Saints, disent les anciens documents relatifs à ce jour [54]. Si générale que fût la fête, et en raison même de son universalité, n’était-elle pas la joie spéciale de tous, l’honneur aussi des familles chrétiennes ? Saintement fières de ceux dont elles se transmettaient de générations en générations les vertus, la gloire au ciel de ces ancêtres ignorés du monde les ennoblissait à leurs yeux par-dessus toute illustration de la terre.

Mais la foi vive de ces temps voyait encore en cette fête une occasion de réparer les négligences, volontaires ou forcées, dont le culte des bienheureux inscrits au calendrier public avait souffert au cours de l’année. Dans la bulle fameuse Transiturus de hoc mundo, où il établit la fête du Corps du Seigneur, Urbain IV mentionne la part qu’eut ce dernier motif à l’institution plus ancienne de la Toussaint ; et le Pontife exprime l’espoir que la nouvelle solennité vaudra une même compensation des distractions et tiédeurs annuelles au divin Sacrement, où réside Celui qui est la couronne de tous les Saints et leur gloire [55].

L’Antienne d’Introït rappelle aujourd’hui celle de l’Assomption de Notre-Dame. Cette fête est bien la suite, en effet, du triomphe de Marie : comme l’Ascension du Fils avait appelé l’Assomption de la Mère, toutes deux réclamaient pour complément l’universelle glorification des élus de cette race humaine qui donne au ciel sa Reine et son Roi. Joie donc sur la terre, qui continue si grandement de donner son fruit [56] ! Joie parmi les Anges, qui voient se combler les vides de leurs chœurs ! Joie, dit le Verset, à tous les bienheureux, objet des chants de la terre et du ciel !

Mais nous pécheurs, et toujours exilés, c’est avant tout de la miséricorde que nous devons prendre souci en toute circonstance, en toute fête. Ayons cependant bon espoir, aujourd’hui que tant d’intercesseurs la demandent pour nous. Si la prière d’un habitant du ciel est puissante, que n’obtiendra pas le ciel tout entier ?

ÉPÎTRE.

Une première fois, aux jours de son premier avènement, l’Homme-Dieu, se servant pour cela de César Auguste, avait dénombré la terre [57] : il convenait qu’au début de la rédemption, fût relevé officiellement l’état du monde. Et maintenant, l’heure a sonné d’un autre recensement, qui doit consigner au livre de vie le résultat des opérations du salut. « Pourquoi ce dénombrement du monde au moment de la naissance du Seigneur, dit saint Grégoire en l’une des Homélies de Noël, si ce n’est pour nous faire comprendre que dans la chair apparaissait Celui qui devait enregistrer les élus dans l’éternité [58] ? » Mais plusieurs s’étant soustraits par leur faute au bénéfice du premier recensement, qui comprenait tous les hommes dans le rachat du Dieu Sauveur, il en fallait un deuxième et définitif, qui retranchât de l’universalité du précédent les coupables. Qu’ils soient rayés du livre des vivants ; leur place n’est point avec les justes [59] : c’est la parole du Prophète-roi que rappelle au même lieu le saint Pape.

Toute à l’allégresse cependant, l’Église en ce jour ne considère que les élus ; comme c’est d’eux seuls qu’il est question dans le relevé solennel où nous venons de voir aboutir les annales de l’humanité. Eux seuls, par le fait, comptent devant Dieu ; les réprouvés ne sont que le déchet d’un monde où seule la sainteté répond aux avances du Créateur, aux mises de l’amour infini. Sachons prêter nos âmes à la frappe divine qui doit les conformer à l’effigie du Fils unique [60], et nous marquer pour le trésor de Dieu. Quiconque se dérobe à l’empreinte sacrée, n’évitera point celle de la bête [61] ; au jour où les Anges arrêteront le règlement de compte éternel, toute pièce non susceptible d’être portée à l’actif divin ira d’elle-même à la fournaise, où brûleront sans fin les scories [62].

Vivons donc dans la crainte recommandée au Graduel : non celle de l’esclave, qui n’appréhende que le châtiment ; mais la crainte filiale qui redoute par-dessus tout de déplaire à Celui de qui nous viennent tous les biens, dont la bonté mérite tout amour. Sans rien perdre de leur béatitude, sans diminuer leur amour, les Puissances angéliques [63] et tous les bienheureux se prosternent au ciel en un saint tremblement, sous le regard de l’auguste et trois fois redoutable Majesté.

ÉVANGILE.

Si proche du ciel est aujourd’hui la terre, qu’une même pensée de félicité emplit les cœurs. L’Ami, l’Époux, le divin Frère des fils d’Adam revient lui-même s’asseoir au milieu d’eux et parler de bonheur. Venez à moi, vous tous qui peinez et souffrez, chantait tout à l’heure le Verset de l’Alléluia, cet écho fortuné de la patrie, qui pourtant nous rappelait notre exil. Et aussitôt, en l’Évangile, est apparue la grâce et la bénignité de notre Dieu Sauveur [64]. Écoutons-le nous enseigner les voies de la bienheureuse espérance [65], les délices saintes, à la fois garantie, avant-goût, du bonheur absolu des cieux.

Au Sinaï, Jéhovah, tenant le Juif à distance, n’avait pour lui que préceptes et menaces de mort. Au sommet de cette autre montagne où s’est assis le Fils de Dieu, combien différemment se promulgue la loi d’amour ! Les huit Béatitudes ont pris en tête du Testament nouveau la place qu’occupait, comme préface de l’ancien, le Décalogue gravé sur la pierre.

Non qu’elles suppriment les commandements ; mais leur justice surabondante va plus loin que toutes prescriptions. C’est de son Cœur que Jésus les produit, pour les imprimer, mieux que sur le roc, au cœur de son peuple. Elles sont tout le portrait du Fils de l’homme, le résumé de sa vie rédemptrice. Regardez donc, et agissez selon le modèle qui se révèle à vous sur la montagne [66].

La pauvreté fut bien le premier trait du Dieu de Bethléhem ; et qui donc apparut plus doux que l’enfant de Marie ? qui pleura pour plus nobles causes, dans la crèche où déjà il expiait nos crimes apaisait son Père ? Les affamés de justice, les miséricordieux, les purs de cœur, les pacifiques : où trouveront-ils qu’en lui l’incomparable exemplaire, jamais atteint, imitable toujours ? Jusqu’à cette mort, qui fait de lui l’auguste coryphée des persécutés pour la justice ! suprême béatitude d’ici-bas, en laquelle plus qu’en toutes se complaît la Sagesse incarnée, y revenant, la détaillant, pour finir avec elle aujourd’hui comme en un chant d’extase !

L’Eglise n’eut point d’autre idéal ; à la suite de l’Époux, son histoire aux divers âges ne fut que l’écho prolongé des Béatitudes. Comprenons, nous aussi ; pour la félicité de notre vie sur terre, en attendant l’éternel bonheur, suivons le Seigneur et l’Église.

Les Béatitudes évangéliques élèvent l’homme au-dessus des tourments, au-dessus même de la mort, qui n’ébranle pas la paix des justes, mais la consomme. C’est ce que chante l’Offertoire, dans ces lignes empruntées au livre de la Sagesse.

Comme l’exprime la Secrète, le Sacrifice auquel il nous est donné de prendre part glorifie Dieu, honore les Saints, et nous concilie la bonté suprême.

Écho de la lecture évangélique, l’Antienne de Communion, ne pouvant énumérer à nouveau la série entière des Béatitudes, rappelle les trois dernières, et, ce faisant, les rapproche toutes avec raison du Sacrement divin où elles s’alimentent.

L’Église demande, en la Postcommunion, que cette fête de tous les Saints ait comme résultat de porter ses fils à les honorer toujours, pour toujours aussi bénéficier de leur crédit près de Dieu.

AUX SECONDES VÊPRES.

Les secondes Vêpres de la fête sont semblables aux premières, à l’exception du dernier Psaume, du Verset de l’Hymne et de l’Antienne de Magnificat. Voici ce Psaume, qui met en la bouche des Saints un sublime résumé de leur vie de foi et d’épreuves ici-bas, de reconnaissance et de louange éternelle aux cieux.

PSAUME CXV.

J’ai cru : c’est pourquoi j’ai parlé, malgré l’excès d’humiliation où j’étais réduit.

J’ai dit dans mon trouble : Il n’est point d’homme qui ne soit trompeur.

Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il a répandus sur moi ?

Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur.

En présence de son peuple, j’acquitterai mes vœux au Seigneur : aux yeux, du Seigneur, la mort de ses Saints est précieuse.

O Seigneur ! je suis votre serviteur ; oui, je le suis, et le fils de votre servante.

Vous avez brisé mes liens ; je vous offrirai un sacrifice de louange, et j’invoquerai le nom du Seigneur.

J’acquitterai mes vœux au Seigneur, en présence de tout son peuple, dans les parvis de la maison du Seigneur, au milieu de toi, ô Jérusalem !

Un sentiment d’ineffable complaisance, de désir résigné, respire en cette Antienne, qui clôt la solennité des Saints. Mais la journée n’est pas terminée pour l’Église. A peine a-t-elle salué ses glorieux fils, disparaissant dans leurs robes blanches à la suite de l’Agneau, que l’innombrable foule des âmes souffrantes l’entoure aux portes des cieux ; et elle ne songe plus qu’à leur prêter sa voix et son cœur. L’éclatante parure qui lui rappelait le blanc vêtement des bienheureux fait place aux couleurs du deuil ; les ornements, les fleurs de ses autels, ont disparu ; l’orgue se tait ; le glas des cloches semble la plainte des trépassés. Aux Vêpres de la Toussaint succèdent sans transition les Vêpres des morts [67].

[7] Apoc. VII, 9-10.

[8] Job. VII, 1.

[9] Apoc. VII, 11-14.

[10] I Cor. XV, 24.

[11] I. Cor. XV, 24-28.

[12] Isai. VI, 1-3.

[13] Heb. I, 3.

[14] I Cor. XI. 7.

[15] Apoc. XIX, 8.

[16] Ibid. 7.

[17] Ibid.

[18] Matth. V, 5.

[19] Psalm. CXXV.

[20] Heb. VI, 19-20.

[21] Apoc. XIX, 5.

[22] Psalm. CXXI.

[23] Cant. VI, 8.

[24] Tob. XIII, 7, 10.

[25] Psalm. CXLVIII, 14 ; CXLIX, 9.

[26] Pontifical, rom. Ant. in Eccl. dedicatione.

[27] Hymn. Ambros.

[28] Sequ. Dies iræ.

[29] Pontifical, rom. Ant. in Eccl. dedicatione.

[30] Ex eodem, ibid. fere ad verbum.

[31] Apoc. XXVII, 6.

[32] Psalm. LXXXI, 6.

[33] Collecta in die Dedicationis Altaris ; Postcomm. Anniv. Ded. Eccl.

[34] Martyrolog. ad hanc. diem.

[35] Liber pontific, in Gregorio III.

[36] Ado, Martyrol.

[37] Concil. Gerund. an. 567, can. 3 ; Lugdun. II, an. 367, can. 6.

[38] Inter Opera Alcuini, Epist. XCI, ad calcem.

[39] I Cor. XV, 28.

[40] Apoc. V, 10.

[41] Psalm. LXXXIII, 8.

[42] Invitator. festi.

[43] Liber specialis gratiae, P.a, c. XXXI.

[44] Ibid.

[45] Dante, Paradis, chant XXXI.

[46] Chant XXVII.

[47] Chant XXXI, traduction de Mesnard.

[48] Liber specialis gratiae, ubi supra.

[49] Pentecostarion, in Dominica Sanctorum omnium.

[50] Leon. Philosoph. Oratio XV, In universas terras Sanctos universos.

[51] Chrys. Opera II, 711.

[52] Calendaria Syrorum et Chald.

[53] I Tim. VI, 1 2-13.

[54] Lectiones antiquae Breviarii Romani ad hanc diem. HITTORP. Ordo rom.

[55] Cap. Si Dominum, De Reliqu. et Veneratione Sanctorum, Clementin. III, XVI.

[56] Psalm. LXVI, 7.

[57] Luc. II, I.

[58] Lectio VII in Nocte Natal. Domini ; ex Homil. VIII, in Ev.

[59] Psalm. LXVIII, 29.

[60] Rom. VIII, 29.

[61] Apoc. XIII, 16.

[62] Ibid. XIV, 11.

[63] Praefat. Missae.

[64] Tit. II, 11 ; III, 4.

[65] Ibid. II, 12-13.

[66] Exod. XXV, 40 ; Heb. VIII, 5.

[67] Si le lendemain de la Toussaint se trouve être un dimanche, la Commémoration des Morts est retardée d’un jour.



La chiesa di Ognissanti, o dei Templari, è una chiesa romanica di Trani del XII secolo 
situata sulla riva del porto. La chiesa è anche detta "del Purgatorio".


Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’automne avancé, la chute des feuilles jaunies, le long cycle des dimanches après la Pentecôte, accompagné de ce sentiment de mélancolique lassitude qui en pénètre la dernière période, rappellent l’âme aux pensées solennelles de l’éternité et du monde d’outre-tombe, dont les jours et les années qui passent nous rapprochent. Le Voyant de Pathmos nous fait pour ainsi dire anticiper la clôture de ce long cycle, où est symbolisée la dure vie de l’Église militante : aujourd’hui il soulève pour nous un coin du voile et nous montre l’Église triomphante dans toute la splendeur de sa gloire.

Au début de cette période liturgique qui va de la Pentecôte à l’A vent, on annonçait que l’Esprit Paraclet glorifierait Jésus : Ille me clarificabit. Aujourd’hui l’on voit qu’il a tenu sa promesse, en répandant sur le corps mystique du Sauveur une si grande sainteté qui a été le germe d’une si grande gloire.

Une fête collective de tous les martyrs, en relation avec le triomphe pascal du Rédempteur, apparaît en Syrie dès le IVe siècle. Les Byzantins la célébraient au contraire le dimanche près la Pentecôte, usage qui fut jadis introduit également à Rome, comme en fait foi le plus ancien Comes publié par D. Morin d’après le célèbre manuscrit de Würzbourg : Dominica in natale Sanctorum.

Cette fête transplantée de Byzance sur les rives du Tibre fut toutefois de courte durée. Dans la semaine après la Pentecôte, une ancienne tradition imposait aux Romains le jeûne solennel des Trois-Temps avec la grande veillée dominicale à Saint-Pierre. Il était impossible, après la fatigue de cette nuit, de célébrer encore, dans la matinée, la solennité de tous les Saints. On renonça donc à l’usage byzantin, il fallut se contenter de la fête du 13 mai en l’honneur des martyrs, jadis instituée par Boniface IV lorsqu’il consacra le Panthéon au culte chrétien.

Cependant la pensée d’une solennité collective de tous les saints, et non pas simplement des martyrs, gagnait de plus en plus de terrain. Tandis qu’en Orient les Iconoclastes détruisaient images et reliques, et qu’en Italie, en plein Latium, les cimetières des martyrs gisaient dans l’abandon à cause des continuelles incursions des Lombards dans la campagne romaine, Grégoire III érigea à Saint-Pierre un oratoire expiatoire en l’honneur de tous les Saints, Martyrs ou Confesseurs, morts dans le monde entier. Un chœur de moines était attaché au service liturgique de ce sanctuaire Vatican ; et chaque jour on faisait même, à la messe, une commémoraison spéciale de tous les Saints dont les diverses églises de la catholicité célébraient le natale.

Comment Rome en vint-elle à célébrer aux calendes de novembre la fête de tous les Saints, cela n’est rien moins que clair. Ce changement se fit sous Grégoire IV (827-844), et l’action de Louis le Pieux et de l’épiscopat franc n’y fut pas étrangère ; mais il n’est pas absolument prouvé que l’initiative vînt du Pape plutôt que de l’empereur. Plus tard, Sixte IV ajouta une octave à la fête.

L’introït Gaudeamus... sub honore Sanctorum omnium est le même qui fut primitivement assigné à la fête de sainte Agathe (5 février).

Les autres jours, la liturgie célèbre la mémoire d’un ou de plusieurs saints en particulier. Aujourd’hui au contraire le Seigneur multiplicavit gentem et magnificavit laetitiam, selon la parole d’Isaïe ; aussi la glorification du Christ et de l’Église en ce jour est-elle complète.

L’Esprit du Seigneur, comme cette mystérieuse onction d’huile aromatique dont parle le Psalmiste, s’est répandu sur tout le corps mystique du Christ, sanctifiant tous ses membres quelque humbles qu’ils soient, et le préparant par ce moyen à une gloire sublime. Ce sont les Apôtres, les martyrs, les membres de la hiérarchie ecclésiastique, le laïcat catholique, les laborieux ouvriers, jusqu’aux pauvres esclaves, sur qui est descendu le Paraclet qui les a élevés à une sainteté héroïque. Telle est la belle pensée exprimée en ce jour par l’antienne d’introït.

On trouve déjà la première collecte dans le Sacramentaire Gélasien ; elle y est assignée à une fête collective de tous les Apôtres, fête devant se célébrer dans l’octave des saints Pierre et Paul : « O Dieu qui nous accordez de vénérer dans une unique solennité les mérites de tous vos Saints (Apôtres), faites qu’aujourd’hui, grâce à cette multitude d’intercesseurs, vous soyez plus disposé à nous combler de la plénitude de vos miséricordes. »

La première lecture — et cela est très significatif relativement à l’origine de cette fête — est la même que pour la dédicace du Panthéon le 13 mai (Apoc., VIII, 2-12). Le Voyant de Pathmos aperçoit une grande porte ouverte devant lui, et par cette porte entre dans le ciel une immense multitude. Ce ne sont pas seulement les cent quarante quatre mille descendants prédestinés d’Abraham, mais une turbam magnam de tout âge, de tout sexe, de toute époque, de toute condition de vie, qui entrent au Paradis en passant par la porte qui est Jésus. Il n’est donc plus si difficile de se sauver, puisque saint Jean lui-même écrit qu’il n’a pu arriver à compter le nombre interminable des élus.

Il y a cependant une condition essentielle. Ceux qui arrivent au salut portent tous un sceau sur le front, et c’est le caractère d’appartenance et de conformité au Père éternel et à son Christ. Ce sceau, au dire d’Ézéchiel, a la forme du Thau et il est imprimé sur le front de ceux qui pleurent et qui gémissent. Signa Thau super frontes virorum gementium et dolentium. Que veut-il dire par là ? L’Apôtre nous l’explique en nous apprenant que : sicut socii passionum estis, et consolationis eritis ; la gloire future sera proportionnée à la part que nous prendrons ici-bas au sacrifice de Jésus.

Le graduel Timete Dominum est le même que celui du 8 août pour la fête de saint Cyriaque. Le verset alléluiatique prélude à la lecture de l’Évangile. Jésus appelle à lui tous ceux qui peinent en portant la croix et il promet de les soulager.

Le jour où l’Église fête ensemble tous les Saints, la lecture évangélique ne peut être autre que celle des Béatitudes (Matth., V, 1-12). Tous y sont compris, et chacun y reçoit une bénédiction particulière. Pour l’obtenir, point n’est besoin d’une naissance illustre, d’une grande fortune, d’une science ou d’une habileté spéciale ; au contraire, celui qui possède le moins en propre obtient davantage du don céleste, et c’est pourquoi la première bénédiction est pour les humbles et les pauvres d’esprit, c’est-à-dire pour ceux qui, en vue d’acquérir le Christ, se sont dépouillés d’eux-mêmes et se sont faits petits, comme l’enfant de l’Évangile donné par Jésus en modèle à ses Disciples.

L’antienne pour l’offertoire, magnifique dans sa riche mélodie grégorienne qui rappelle celle du Stetit Angelus, est la même que celle du 13 août pour la fête de saint Hippolyte.

Les persécuteurs croyaient tenir entre leurs mains la vie des martyrs et des Saints ; non : elle est entre les mains de Dieu. Les impies ne sont que des instruments dont il se sert pour forger tranquillement son chef-d’œuvre. Aussi la frénésie, la rage furieuse sont seulement du côté des persécuteurs, véritables serfs attachés à la glèbe. L’artisan et son chef-d’œuvre vivant, absorbés dans l’idéal qu’ils poursuivent, sont plongés dans la paix la plus profonde, celle-là même qui est requise pour toutes les œuvres géniales et difficiles.

Les Sacramentaires du moyen âge nous offrent cette préface pour la fête de ce jour : ... Vere dignum... aeterne Deus : et clementiam tuam suppliciter obsecrare, ut cun exsultantibus Sanctis in caelestis regni cubilibus gaudia nostra subiungas. Et quos virtutis imitatione non possumus sequi, debitas venerationis contingamus affectu, per Christum etc.

L’antienne pour la Communion est tirée de l’Évangile des Béatitudes de ce jour. Le monde, avec une soif insatiable, aspire au bien-être ; la Vérité éternelle elle-même enseigne aux hommes le chemin de cette félicité, quand, du haut d’une montagne, elle proclame le décalogue du bonheur. Bienheureux ceux dont l’œil du cœur est pur, car ils discerneront Dieu ; bienheureux ceux qui conserveront une paix inaltérable, car ils se, feront par là reconnaître pour les véritables enfants de Dieu, auteur de la paix ; bienheureux ceux qui, pour la vertu, souffrent persécution, parce qu’en échange de la joie et de la vie d’ici-bas, ils obtiendront là-haut la vie éternelle et une joie impérissable.

Remarquons aujourd’hui le mot si profond par lequel la liturgie désigne l’Église militante : le peuple fidèle, c’est-à-dire le peuple qui va droit devant soi vers l’éternité, avec les yeux et la lumière de la foi. Quelle est la récompense de cette foi catholique crue, et continuellement vécue, sans laquelle personne ne peut s’arroger loyalement le titre de fidèle ? Fides quid tibi praestat ? demande encore aujourd’hui l’Église aux catéchumènes. — Et ceux-ci répondent : vitam aeternam.

Nous sommes heureux de rapporter aujourd’hui, en l’honneur de tous les Saints, la belle inscription composée par le pape Damase en mémoire de tous les justes ensevelis dans le cimetière de Callixte :

HIC • CONGESTA • IACET • QVAERIS • SI • TVRBA • PIORVM

CORPORA • SANCTORVM • RETINENT • VENERANDA • SEPVLCHRA

SVBLIMES • ANIMAS • RAPVIT • SIBI • REGIA • CAELI

HIC • COMITES • XYSTI • PORTANT • QVI • EX • HOSTE • TROPHAEA

HIC • NVMERVS • PROCERVM • SERVAT • QVI • ALTARIA • CHRISTI

HIC • POSITVS • LONGA • QVI • VIXIT • IN • PACE - SACERDOS

HIC • CONFESSORES • SANCTI • QVOS • GRAECIA • MISIT

HIC • IVVENES • PVERIQVE • SENES • CASTIQVE • NEPOTES

QVIS • MAGE • VIRGINEVM • PLACVIT • RETINERE • PVDOREM

HIC • FATEOR • DAMASVS • VOLVI • MEA • CONDERE • MEMBRA

SED • CINERES • TIMVI • SANCTOS • VEXARE - PIORVM.

Ici, si tu le veux savoir, est assemblée une foule de justes, car ces sépulcres vénérables renferment les ossements d’un grand nombre de Saints, dont le royaume du ciel a tiré à lui les âmes sublimes.

Ici sont les compagnons de Sixte, parés des trophées de la victoire remportée sur l’ennemi ; ici est le groupe des Papes qui gardent l’autel du Christ ; ici est déposé le Pontife qui passa ses jours dans une longue paix ; ici les saints Confesseurs, venus à nous de la Grèce ; ici des jeunes gens, des enfants, des vieillards et leurs chastes descendants qui voulurent conserver intact le lis de la virginité.

Ici je le confesse, moi aussi, Damase, j’aurais désiré que mon corps reposât, mais la crainte de nuire au repos des cendres des Saints m’en détourna.

Cette inscription se trouvait dans l’hypogée des Pontifes du IIIe siècle, au lieu même où, avec Sixte II, étaient ensevelis quatre de ses diacres, décapités avec lui — Comites Xysti.

Le numerus procerum du cinquième vers se rapporte à la série des Pontifes ensevelis dans le cimetière de Callixte, depuis Zéphyrin jusqu’à Miltiade (sauf Callixte, Marcellin et Marcel).

Le Sacerdos qui passa ses jours dans une longue paix est généralement identifié avec le pape Miltiade, qui vit finalement la paix de l’Église sous Constantin le Grand [68].

Les Confessores Sancti quos Graecia misit, sont certainement les martyrs Hippolyte, Néon, Marie, Adria, Pauline, etc., ensevelis au lieu appelé l’arénaire d’Hippolyte, tandis que parmi les iuvenes, castique pueri qui conservèrent intact le lis de leur virginité, doivent être comptés tout d’abord l’acolyte Tarcisius et la martyre Cécile qui reposaient dans le voisinage.

Par humilité, Damase déclina l’honneur d’être enseveli au milieu de ses prédécesseurs dans l’hypogée papal ; cependant, pour être près des martyrs, il imita le geste du pape Marc et se fit construire à peu de distance une crypte spéciale, où il déposa aussi le corps de sa mère Laurence et de sa sœur Irène, vierge consacrée à Dieu.

[68] Marucchi identifiait ce Sacerdos avec le pape Marc (N. du T.).


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Introduction à la fête : commentaire des Matines Nous pouvons deviner la joie, le bonheur et la félicité de notre Mère l’Église quand il lui est donné de passer une revue de tous ses enfants qui ont atteint leur fin éternelle, qui sont entrés dans la céleste patrie et qui jouissent de l’éternelle vision de Dieu. Elle, la Mère, qui a tant lieu de craindre sur terre pour le salut de ses enfants, qui doit lutter contre l’ennemi du genre humain, qui se voit contrainte à tant de désillusions dues à l’infidélité et à la faiblesse de ses enfants, elle peut entonner aujourd’hui un joyeux Te Deum, un Magnificat de reconnaissance pour le triomphe de ceux de ses enfants qui ont combattu le bon combat et remporté la couronne de vie. C’est pourquoi, à la fête de demain, l’Église tient ses yeux fixés sur les saints ; avec la joie et la fierté d’une mère, elle ne cesse de parcourir des yeux leurs rangs. Quand nous considérons la liturgie de demain, nous y trouvons spécialement trois images par lesquelles l’Église nous présente les saints. Examinons ces images.

a) La première image est une joyeuse vision du ciel. L’Église nous prend par la main et nous conduit au ciel, Qu’y voyons-nous ? C’est la liturgie céleste bien connue que saint Jean l’évangéliste, le voyant de Pathmos, nous peint en brillantes couleurs. Nous entrons dans la basilique céleste. Là se trouve un trône élevé, entouré de Chérubins, sur lequel est assis Dieu le Père. Devant le trône il y a un autel ; sur cet autel, l’Agneau immolé et glorifié ; c’est Jésus-Christ, le Rédempteur. Autour de l’autel sont rassemblés vingt-quatre vieillards, les représentants de l’ancien et du nouveau royaume de Dieu sur la terre ; en cercle alentour se tient une foule d’élus composée d’un certain nombre de Juifs, puis d’une multitude innombrable venant du paganisme, de toute race, de tout peuple et de toute nation. Ils sont vêtus de blanc, portent des palmes dans leurs mains et chantent un cantique nouveau : “Vous nous avez rachetés par votre sang, nous qui venons de toute race, de tout peuple et de toute nation. Vous nous avez faits rois et prêtres pour notre Dieu, afin que nous régnions sur la terre.” Les quatre Chérubins disent Amen et les vingt-quatre vieillards se prosternent en adorant Dieu et l’Agneau. Et l’Alléluia retentit sans fin. — A cette troupe nous voulons appartenir, nous aussi, un jour. Rejetons donc les chaînes qui nous tiennent attachés à la terre et montons en esprit au ciel...

b) Maintenant l’Église nous montre une autre image de ses saints enfants. Elle nous ramène sur terre et nous fait voir les saints dans leur accession à la sainteté, c’est-à-dire dans .la réalisation des huit béatitudes du sermon sur la montagne. C’est vraiment un tout autre spectacle. Nous voyons alors les disgraciés de ce monde qui parfois manquent du pain quotidien, un père, une mère qui gagnent péniblement le pain de leurs enfants, des esclaves injustement traités pendant leur vie, les héros silencieux de la vie qui ne protestent pas bruyamment contre leurs souffrances, mais les supportent courageusement, les malades cloués sur un lit de douleur, ceux qui se consument de chagrin et dont les joues sont sillonnées de larmes. A vrai dire, ce n’est pas la souffrance seule qui les a sanctifiés, mais ils l’ont reçue de la main de Dieu et en ont fait le tremplin de leur sainteté. A côté d’eux il y a des pacifiques et des miséricordieux, des âmes innocentes et pures. — C’est un chemin de croix qui se déroule devant nous : ce sont sans doute des hommes insignifiants aux yeux du monde, mais le monde n’était pas digne d’eux. Ils sont l’honneur de l’Église, de vrais saints. Voulons-nous, nous aussi, suivre cette voie ?

c) Mais l’Église a encore une troisième image dans laquelle elle se plaît à rassembler tous les saints ; c’est ce que l’on nomme le commun. L’Église range volontiers en groupes les saints qui ont mis en relief chacun des aspects de l’idéal de la sainteté. Alors quel dans le cours de l’année, elle éparpille le faisceau de ces couleurs variées, elle veut aujourd’hui en voir rassemblées toutes les parties dans la claire lumière du soleil de la Toussaint. Aux Matines, l’Église nous montre précisément cette image de tous les saints rassemblés. Au milieu d’eux se tient Dieu le Père, “assis sur un trône haut et élevé ; les franges de sa robe remplissent le temple ; des séraphins planent au-dessus de lui” (1er répons). Devant le trône, la première parmi tous les saints, se tient Marie, la Mère de Dieu. La milice des anges la salue de l’Ave : “Je vous salue. Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous” (2e répons). Vient ensuite le chœur des anges ; eux aussi font partie de l’armée des saints : “En présence des anges nous chanterons pour vous, et nous vous adorerons dans votre sanctuaire” (3e répons). Maintenant se tient devant nous un saint qui n’appartient à aucun groupe, le précurseur du Seigneur dont le Christ a dit lui-même : “Personne n’a été plus grand parmi les enfants des femmes que Jean Baptiste” (4e répons). Ensuite voici une cohorte vénérable, la cohorte de ceux qui ont planté l’Église dans leur sang, “ils ont bu le calice du Seigneur, ils sont devenus les amis de Dieu. Sur toute la terre retentit le son de leurs voix et jusqu’aux extrémités du globe leur prédication” (5e répons). Ce sont les Apôtres du Seigneur, qui ont une place de choix dans l’Église de Dieu. Après eux vient la milice des martyrs, vêtus de blanc et des palmes à la main. Dur a été leur combat, magnifique est leur récompense. Le Christ leur adresse maintenant son invitation : “Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume” (6e répons). Puis une nouvelle phalange approche à son tour. Ceux-ci ont “les reins ceints et une lampe allumée à la main”. Ils ont veillé et .attendu que le Seigneur revint de la noce. Ce sont les confesseurs (7e répons). Enfin un dernier groupe, celui des vierges. Elles aussi ont une lampe à la main et vont à la rencontre du Christ, leur Époux, avec un amour et une ardeur d’épouses (8e répons). — A quel groupe voulons-nous appartenir ? Voulons-nous acquérir les roses du martyre, fussent elles non sanglantes, ou les lis d’une vie pure, ou les violettes de la pénitence ? Combattons ; ne demeurons pas inactifs, les bras croisés. Nous sommes encore en route, nous sommes encore dans la lutte, persévérons dans la patience afin de pouvoir entrer, nous aussi, dans la phalange victorieuse des saints.

La Messe (Gaudeamus). La messe ressemble par son architecture et par son contenu à celle d’hier (Vigile). L’Introït nous invite à prendre part à la joyeuse fête de famille. Il y a joie sur terre, joie au ciel. Avec une intime fierté de mère, l’Église embrasse d’un coup d’œil tout le chœur de l’Église triomphante et s’assure l’intercession protectrice de ses membres glorifiés (Oraison). La Leçon nous conduit au ciel. Saint Jean nous y fait jeter un regard ; nous voyons alors l’immense armée des saints rassemblée autour du trône de Dieu et chantant de pieux cantiques. Une partie des saints, une foule, mais que l’on peut dénombrer, provient du Judaïsme ; tandis que d’innombrables phalanges sont issues des nations païennes. Tous ont été purifiés de leurs péchés par le sang de l’Agneau et portent maintenant dans leurs mains la palme de la victoire. Le Graduel et le verset de l’Alléluia nous ramènent sur terre et nous montrent le chemin du ciel : servir Dieu et porter la croix. Les huit béatitudes nous indiquent la voie qui conduit à la sainteté, “ la grande voie royale du Christ, l’échelle d’or de la félicité éternelle ”. La vie des saints est la mise en œuvre des béatitudes. La Communion met encore une fois en un vif relief ces béatitudes qui sont engendrées, nourries et conservées par l’Eucharistie. En même temps, nous apprenons où est la source de ces vertus et de ces béatitudes ; c’est la Sainte Eucharistie : “Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu ; bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu ; bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient.” La grande pensée fondamentale de la messe est donc celle-ci : les saints au ciel (Épître) et les saints sur la terre (Évangile). — En terminant la fête (secondes vêpres), nous nous écrions avec un pieux étonnement : “Combien glorieux est le royaume où les saints exultent avec le Christ, suivant, vêtus de blanc, l’Agneau partout où il va.”

SOURCE : http://www.introibo.fr/01-11-Fete-de-Tous-les-Saints


La chiesa di Ognissanti di Cuti,  cittadina di 

Toussaint : les mérites des saints sont à nous !

Jean-Michel Castaing | 31 octobre 2019

La communion des saints représente un formidable réservoir de grâces dans lequel l’Église nous encourage à piocher pour mener une vie plus ajustée au cœur de Dieu. N’hésitons pas à nous approprier les mérites de nos frères les saints : eux-mêmes se feront un plaisir de nous les offrir !

La solennité de la Toussaint est l’occasion de se pencher sur le mystère de la communion des saints. Les théologiens en fournissent plusieurs définitions. Soulignons aujourd’hui un aspect de ce mystère de la foi que nous résumerons par la formule-programme suivante, un brin provocatrice : s’approprier ce qui ne nous appartient pas ! Je devine déjà la surprise du lecteur. Comment ? La communion des saints s’apparenterait à un vaste système de larcins ? Une internationale du détournement du bien d’autrui ? Cette présentation d’un point cardinal du Credo a de quoi surprendre, voire scandaliser !

Un vaste réservoir de grâces à notre disposition

Pourtant, avec la communion des saints, il s’agit effectivement de faire nôtre ce qui appartient à un autre ! En effet, par le mystère de la réversibilité des mérites, qui fait partie intégrante de celui de la communion des saints, les mérites des élus sont « réversibles » et peuvent être imputés aux chrétiens moins avancés qu’eux dans la sainteté. Ainsi, j’ai le droit de prier tel ou tel saint (ou sainte) afin qu’il me donne sa foi, ou l’espérance dont il a témoigné durant sa vie terrestre, ou bien encore une autre qualité en sa possession (la chasteté, l’endurance dans les épreuves, la compassion envers les plus démunis, le courage du martyr, etc).
Non seulement cette appropriation est possible, mais elle est même recommandée par notre Seigneur. Car cet échange des mérites, cette bourse aux vertus, fait grandir le Royaume de Dieu. Or, Jésus nous a avertis que le Royaume souffre violence (Mt 11, 12), c’est-à-dire qu’il ne faut pas hésiter à demander sa venue et à y entrer. Et une des solutions pour y parvenir consiste à faire nôtres les vertus et autres qualités de ceux qui sont déjà dans la Patrie céleste. Par exemple je peux demander à saint Vincent de Paul de me donner son élan à venir en aide aux plus pauvres, à Marie-Madeleine son attachement à la personne de Jésus, à saint François son charisme de paix et de louange, à sainte Thérèse de Lisieux son intelligence de la « petite voie », à tous les martyrs leur courage à confesser la foi.

Bien commun de toute l’Église

Si j’ai parlé de « vol », c’était par façon de parler. En effet, une telle démarche ne consiste pas, à proprement parler, à s’approprier indûment le bien d’autrui pour la bonne raison que la vertu d’un saint ne lui appartient plus. Elle est le bien commun de toute l’Église. Chacun peut en disposer. Encore faut-il le vouloir ! Écoutons à ce propos ce que dit le mystique alsacien Jean Tauleur (1300-1361) : « Si j’aime le bien qui est en mon prochain plus qu’il ne l’aime lui-même, ce bien est à moi plus qu’à lui. Si j’aime en saint Paul toutes les faveurs que Dieu lui a accordées, tout cela m’appartient au même titre qu’à lui. Par cette communion je puis être riche de tout le bien qui est au ciel et sur la terre, dans les anges, les saints et en tous ceux qui aiment Dieu. »
Illustrons cette théorie par un autre exemple qui parlera aux lecteurs. Admettons que j’éprouve quelques difficultés à pardonner à N… le léger affront qu’il m’a fait. Comment vais-je m’y prendre pour dire, à la messe, la demande du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » ? Vais-je garder le silence ? Ou bien vais-je plutôt couler ma demande dans celle de toute l’assemblée, afin que mes frères chrétiens, rassemblés à l’église, me donnent leur grâce de pardon que je n’ai pas actuellement pour ma part ? Car le Notre Père ne dit pas : « Pardonne-moi mes offenses » mais « Pardonne-nous nos offenses » : dans la communion des saints, je peux toujours m’approprier une demande de l’assemblée, alors que je ne nourris pas encore en moi-même le désir de passer l’éponge et de pardonner ! Ce n’est pas là une défausse de ma part, mais simplement l’aveu d’une incomplétude à laquelle le trésor de l’Église, le trésor de mes frères et sœurs en Christ, remédie pour l’instant. Ce qui ne me dispensera pas toutefois de faire des efforts sur moi-même pour aller me réconcilier ultérieurement avec l’offenseur. Dans l’intervalle, je vis à crédit avec le bien du pardon des autres !

Une vaste chaîne de sainteté qui remonte jusqu’à Jésus-Christ

Allons plus loin : les mérites et les grâces des saints ne leur ont jamais véritablement appartenu en entier. Pour quelle raison ? Parce qu’en vertu de la même communion des saints, eux-mêmes en ont été redevables à un autre saint, qui lui-même a dû sa sainteté à un prédécesseur, et ainsi de suite jusqu’à Jésus-Christ. Par exemple Padre Pio doit son charisme à François d’Assise, qui lui-même doit peut-être le sien à un chrétien, ou une chrétienne, obscur(e), qui priait et vivait saintement au XIe siècle pour le renouveau de l’Église. Et où cette âme fervente et inconnue puisait-elle ses grâces, sinon dans le cœur du Christ ? Ainsi, en nous appropriant le bien des saints, ou des anges, ou de nos frères, nous ne faisons que puiser dans le trésor de Jésus ! Certes, la vertu de saint Paul est bien à lui. Mais l’apôtre ne manque jamais, dans ses lettres, de préciser que ce ne sont pas ses mérites qui l’ont fait devenir ce qu’il est, mais bien la foi en Jésus. Saül de Tarse est devenu saint Paul grâce aux vertus de Jésus !

Jésus nous donne sa sainteté

Sommes-nous alors des voleurs en puisant à pleines mains dans les mérites du Fils de Dieu ? Nous le serions si Jésus avait voulu les garder pour lui ! Mais ce n’est pas pour cela que la seconde Personne de la Trinité s’est faite homme, mais au contraire afin que nous devenions comme lui. Jésus a voulu de toutes ses forces nous partager sa sainteté. Aussi sommes-nous en droit de faire nôtres ses belles qualités afin de devenir des saints à notre tour. La communion des saints consiste bien à nous approprier ce qui à l’origine ne nous appartenait pas !


Le vrai sens de la Toussaint

Jean Duchesne | 31 octobre 2016

Une occasion de redécouvrir ce que signifient la sainteté, le Salut, le purgatoire, la communion des saints et la résurrection des morts.

Comme chaque année le 1er novembre, les chrétiens célèbrent la fête de tous les saints — la Toussaint. C’est quelque chose qui, étrangement, résiste à la sécularisation. Comme Noël, Pâques et la Pentecôte, ce jour demeure férié dans la quasi-totalité des pays de la vieille chrétienté qui déclarent mortes et stériles leurs racines religieuses.

« La Toussaint, c’est une occasion de se souvenir que la mémoire de Dieu n’est pas sélective »

Les homélies du jour ne manqueront pas de rappeler que les saints, ce ne sont pas uniquement ceux qui sont au calendrier et donnés en modèle. Car c’est aussi et (même proportionnellement surtout) la masse incalculable des inconnus et des oubliés qui ont été sanctifiés. Entendons par là qu’ils ont été rendus saints, c’est-à-dire assez purs pour être proches de Dieu en qui rien n’est corrompu par son contraire ni divisé comme chez Satan (cf. Lc 11, 18). Les saints sont donc tous ceux qui ont été sauvés des contradictions où s’empêtre et se détruit l’homme qui entend se passer de son Créateur. Ils ont été littéralement unifiés en se laissant unir à Dieu par leur appartenance à l’Église, leur foi et leurs œuvres.
L’historiographie est impuissante à recenser tous ces gens, autrement dit à mesurer l’ampleur du Salut. Et il y a encore tout ceux auxquels leur droiture, même si elle n’était qu’instinctive, a épargné l’auto-démolition bien qu’ils n’aient pas pu recevoir le baptême parce qu’ils étaient nés trop tôt ou en un lieu où ils n’avaient aucune chance que cette grâce leur soit concrètement offerte.
La Toussaint, c’est donc une occasion de se souvenir que la mémoire de Dieu n’est pas sélective comme la nôtre et ne perd rien ni personne de vue en chemin. C’est aussi une incitation à s’aviser que les morts, s’ils n’existent plus sous nos yeux, n’ont pas été dissous dans un néant où tout serait désormais indifférent. Ce serait donc une erreur aussi bien de les croire insensibles que de rester nous-mêmes insensibles à leur sort — qui sera d’ailleurs un jour le nôtre. Ceci veut dire que nous pouvons et devons d’une part prier pour eux, pour autant que leur sanctification, autrement dit leur purification, n’était pas achevée à leur décès – et c’est ainsi que nous pouvons comprendre le purgatoire. Mais nous pouvons aussi, d’autre part, leur demander, même s’ils ne peuvent pas nous répondre, de prier pour nous, dans la mesure où ils sont toujours capables d’espérer non seulement pour eux-mêmes, mais encore pour ceux qu’ils ont aimés et où l’oreille de Dieu (si l’on peut dire) n’est pas plus filtrante que sa mémoire.

« En priant pour les morts (…) nous sommes entraînés à participer à l’œuvre du Salut »

Parce que rien n’assure que tous les morts sont déjà des saints, l’Église propose de prier pour tous les défunts, quels qu’aient été leurs mérites et leurs manquements, dans le prolongement immédiat de la Toussaint : le lendemain. Il s’agit bien sûr d’abord de prier pour ceux – les proches que nous avons perdus – dont nous savons qu’ils ont irréversiblement contribué à faire de nous ce que nous sommes. Dieu ne s’est pas servi d’eux comme des produits jetables pour nous créer et nous unir à lui en nous délivrant de nos contradictions. Comment ne pas désirer pour eux la sainteté à laquelle, fût-ce malgré eux, ils nous permettent d’aspirer et que Dieu, à qui nous désirons être unis, ne veut pas moins pour eux que pour nous ?
Il s’agit ensuite de ne pas craindre de solliciter leur aide, s’il est vrai qu’ils n’ont pas été engloutis dans un vide, mais existent et ressentent encore, immatériellement et pourtant réellement, dans l’attente de la résurrection promise au dernier jour, qui ne sera pas une recréation ex nihilo. C’est quelque chose qui défie notre imagination et fait pourtant partie intégrante et nécessaire de notre Credo. En priant pour les morts, en leur demandant d’intercéder pour nous, en montrant ainsi nos enfants ce qu’ils seront à leur tour appelés à faire, nous sommes entraînés à participer à l’œuvre du Salut et commençons à en bénéficier. C’est ce que l’on appelle la communion des saints.

« Si les morts ne comptent pas, s’ils n’ont pas droit à la dignité humaine, à l’existence humaine, la religion perd son sens »

Mais nous sommes aussi invités à cette occasion à nous ouvrir bien au-delà de ce qui s’impose immédiatement à nous, et à percevoir les dimensions cette communion des saints : la solidarité que Dieu veut et rend possible entre tous ses enfants ne se tisse pas simplement dans l’espace au moment que nous vivons, mais encore à travers le temps. La Révélation chrétienne répond ici à deux aspirations qui fondent la dignité de l’homme dans le monde : en premier lieu, l’intuition que la réalité excède ce qu’il peut en connaître et maîtriser ; et, par-delà, le pressentiment tout est conçu non comme une mécanique complexe au point d’être finalement incompréhensible, mais selon une gratuité d’une rigueur logique sans faille, qui n’invite pas la raison à abdiquer mais la stimule.
C’est ce que le cardinal Lustiger a fort bien exprimé en 1987 dans Le Choix de Dieu : « Je ne vois pas ce que pourrait signifier l’universalité d’un Salut qui n’engloberait pas autant les morts — ceux que nous appelons les morts — que les vivants. La totalité des hommes, c’est la totalité de ceux qui, quelque part, sont dans la conscience divine, dans le cœur de Celui qui est le Créateur et le Rédempteur de tous. Faute de quoi, nous ne sommes qu’un tourbillon de moucherons engloutis par le devenir et par le temps. Si les morts ne comptent pas, s’ils n’ont pas droit à la dignité humaine, à l’existence humaine, la religion perd son sens. La condition humaine ne se ramène pas à la condition biologique qui, elle, est périssable, précaire et sans cesse remise en cause, et selon laquelle l’existence individuelle est moins stable que l’existence de l’espèce. Cette vision, au fond matérielle, ne permet de rendre compte ni de l’esprit humain ni de l’espérance dans l’homme ».
La tentation est grande aujourd’hui en nos pays « riches » de se résigner à ce que l’homme ne soit qu’un accident dans une histoire qui n’a pas de sens. C’est contre cette démission que la Toussaint et le jour des morts nous appellent à croire et à dire que la grandeur de l’homme n’est pas de se soumettre à l’absurde en affirmant orgueilleusement qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion puisque lui-même n’est pas aux commandes, mais d’ouvrir humblement son intelligence en acceptant de recevoir pour donner et d’être ainsi uni au Créateur et Sauveur.




 Fra Angelico, Panneau central du retable de San Domenico, 1423,

National Gallery, Londres.

Les clés d’une œuvre : le retable de San Domenico de Fra Angelico


Sophie Roubertie | 31 octobre 2019

Alors que l’Église s’apprête à fêter la Toussaint, la partie inférieure du retable de San Domenico à Fiesole nous laisse entrevoir la béatitude céleste et nous donne à contempler le Christ vainqueur, vers lequel se tourne une multitude de saints et d’anges.

Réalisé en 1423 par Fra Angelico, le retable de San Domenico illustre parfaitement la prière à tous les saints laissée par saint Augustin :
« Reine de tous les saints, glorieux Apôtres et Évangélistes, Martyrs invincibles, généreux Confesseurs, savants Docteurs, illustres Anachorètes, dévoués Moines et Prêtres, Vierges pures et pieuses femmes, je me réjouis de la gloire ineffable à laquelle vous êtes élevés dans le Royaume de Jésus-Christ, notre divin Maître. »

Le peintre évoque en effet la cité du Ciel en un long ruban de cinq panneaux juxtaposés où se pressent, en rangs serrés, 300 personnages.
Au centre, en majesté, le Christ Ressuscité est le seul à porter un vêtement blanc et une auréole crucifère1. Des anges musiciens chantent sa gloire et l’accompagnent de leurs instruments.

Sur les panneaux latéraux figurent les saints et les saintes de l’ordre dominicain pour lequel a été réalisé le retable, destiné à l’église de leur couvent de Fiesole, en Toscane. Ordre auquel appartenait Fra Angelico.
Encadrant les anges, le peintre mêle aux saints les précurseurs du Christ. Tranchant avec le noir et le blanc du vêtement dominicain, les saints et les saintes portent des tenues aux couleurs lumineuses. Certains sont aisément identifiables. On reconnaîtra en particulier saint Pierre, à proximité immédiate de Marie, sur le panneau de gauche. À droite, saint Jean-Baptiste est reconnaissable à sa croix de roseau et son vêtement de peau de bête, en haut du panneau de droite.

L’or du fond est l’unique décor. Il est utilisé pour représenter la lumière divine, dont les rayons semblent émaner du Christ, éclairant le monde sans nul besoin ni du soleil, ni de la lune, ni des étoiles. Matériau inaltérable, il est un hommage à la création et illustre l’état de sainteté de ceux qui sont nimbés de son brillant durable.

Laissons saint Augustin poursuivre cette belle litanie :
« Puissante armée des saints, troupe bienheureuse des apôtres et évangélistes, des martyrs, des confesseurs, des docteurs, des anachorètes et des moines, des prêtres, des saintes femmes et des vierges pures, priez sans cesse pour nous misérables pécheurs. »
La prédelle2 a été détachée de la scène principale du retable représentant une Vierge à l’enfant entourée de saints.
Les cinq panneaux peints à la tempera sur bois vers 1422 sont désormais conservés à la National Gallery de Londres.


[1] En forme de croix
[2] La prédelle est une étroite bande peinte courant sur toute la longueur d’un panneau principal ou d’un polyptique. Elle vient en compléter le thème ou en aborder de différents, en une ou plusieurs scènes.




All Saints' Day

The vigil of this feast is popularly called "Hallowe'en" or "Halloween".

Solemnity celebrated on the first of November. It is instituted to honour all the saints, known and unknown, and, according to Urban IV, to supply any deficiencies in the faithful's celebration of saints' feasts during the year.

In the early days the Christians were accustomed to solemnize the anniversary of a martyr's death for Christ at the place of martyrdom. In the fourth century, neighbouring dioceses began to interchange feasts, to transfer relics, to divide them, and to join in a common feast; as is shown by the invitation of St. Basil of Caesarea (397) to the bishops of the province of Pontus. Frequently groups of martyrs suffered on the same day, which naturally led to a joint commemoration. In the persecution of Diocletian the number of martyrs became so great that a separate day could not be assigned to each. But the Church, feeling that every martyr should be venerated, appointed a common day for all. The first trace of this we find in Antioch on the Sunday after Pentecost. We also find mention of a common day in a sermon of St. Ephrem the Syrian (373), and in the 74th homily of St. John Chrysostom (407). At first only martyrs and St. John the Baptist were honoured by a special day. Other saints were added gradually, and increased in number when a regular process of canonization was established; still, as early as 411 there is in the Chaldean Calendar a "Commemoratio Confessorum" for the Friday after Easter. In the West Boniface IV, 13 May, 609, or 610, consecrated the Pantheon in Rome to the Blessed Virgin and all the martyrs, ordering an anniversary. Gregory III (731-741) consecrated a chapel in the Basilica of St. Peter to all the saints and fixed the anniversary for 1 November. A basilica of the Apostles already existed in Rome, and its dedication was annually remembered on 1 May. Gregory IV (827-844) extended the celebration on 1 November to the entire Church. The vigil seems to have been held as early as the feast itself. The octave was added by Sixtus IV (1471-84).


Mershman, Francis. "All Saints' Day." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907.1 Nov. 2019 <http://www.newadvent.org/cathen/01315a.htm>.
Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas. In Gratitude to St. Joseph.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01315a.htm



La chiesa di Ognissanti, via Ognissanti, Padova.


On All the Saints (St. Gregory Thaumaturgus)

Grant your blessing, Lord.

It was my desire to be silent, and not to make a public display of the rustic rudeness of my tongue. For silence is a matter of great consequence when one's speech is mean. And to refrain from utterance is indeed an admirable thing, where there is lack of training; and verily he is the highest philosopher who knows how to cover his ignorance by abstinence from public address. Knowing, therefore, the feebleness of tongue proper to me, I should have preferred such a course. Nevertheless the spectacle of the onlookers impels me to speak. Since, then, this solemnity is a glorious one among our festivals, and the spectators form a crowded gathering, and our assembly is one of elevated fervour in the faith, I shall face the task of commencing an address with confidence. And this I may attempt all the more boldly, since the Father requests me, and the Church is with me, and the sainted martyrs with this object strengthen what is weak in me. For these have inspired aged men to accomplish with much love a long course, and constrained them to support their failing steps by the staff of the word; and they have stimulated women to finish their course like the young men, and have brought to this, too, those of tender years, yea, even creeping children. In this wise have the martyrs shown their power, leaping with joy in the presence of death, laughing at the sword, making sport of the wrath of princes, grasping at death as the producer of deathlessness, making victory their own by their fall, through the body taking their leap to heaven, suffering their members to be scattered abroad in order that they might hold their souls, and, bursting the bars of life, that they might open the. gates of heaven. And if any one believes not that death is abolished, that Hades is trodden under foot, that the chains thereof are broken, that the tyrant is bound, let him look on the martyrs disporting themselves in the presence of death, and taking up the jubilant strain of the victory of Christ. O the marvel! Since the hour when Christ despoiled Hades, men have danced in triumph over death. O death, where is your sting! O grave, where is your victory? 1 Corinthians 15:55 Hades and the devil have been despoiled, and stripped of their ancient armour, and cast out of their peculiar power. And even as Goliath had his head cut off with his own sword, so also is the devil, who has been the father of death, put to rout through death; and he finds that the selfsame thing which he was wont to use as the ready weapon of his deceit, has become the mighty instrument of his own destruction. Yea, if we may so speak, casting his hook at the Godhead, and seizing the wonted enjoyment of the baited pleasure, he is himself manifestly caught while he deems himself the captor, and discovers that in place of the man he has touched the God. By reason thereof do the martyrs leap upon the head of the dragon, and despise every species of torment. For since the second Adam has brought up the first Adam out of the deeps of Hades, as Jonah was delivered out of the whale, and has set forth him who was deceived as a citizen of heaven to the shame of the deceiver, the gates of Hades have been shut, and the gates of heaven have been opened, so as to offer an unimpeded entrance to those who rise there in faith. In olden time Jacob beheld a ladder erected reaching to heaven, and the angels of God ascending and descending upon it. But now, having been made man for man's sake, He who is the Friend of man has crushed with the foot of His divinity him who is the enemy of man, and has borne up the man with the hand of His Christhood, and has made the trackless ether to be trodden by the feet of man. Then the angels were ascending and descending; but now the Angel of the great counsel neither ascends nor descends: for whence or where shall He change His position, who is present everywhere, and fills all things, and holds in His hand the ends of the world? Once, indeed, He descended, and once He ascended,— not, however, through any change of nature, but only in the condescension of His philanthropic Christhood; and He is seated as the Word with the Father, and as the Word He dwells in the womb, and as the Word He is found everywhere, and is never separated from the God of the universe. Aforetime did the devil deride the nature of man with great laughter, and he has had his joy over the times of our calamity as his festal-days. But the laughter is only a three days' pleasure, while the wailing is eternal; and his great laughter has prepared for him a greater wailing and ceaseless tears, and inconsolable weeping, and a sword in his heart. This sword did our Leader forge against the enemy with fire in the virgin furnace, in such wise and after such fashion as He willed, and gave it its point by the energy of His invincible divinity, and dipped it in the water of an undefiled baptism, and sharpened it by sufferings without passion in them, and made it bright by the mystical resurrection; and herewith by Himself He put to death the vengeful adversary, together with his whole host. What manner of word, therefore, will express our joy or his misery? For he who was once an archangel is now a devil; he who once lived in heaven is now seen crawling like a serpent upon earth; he who once was jubilant with the cherubim, is now shut up in pain in the guard-house of swine; and him, too, in fine, shall we put to rout if we mind those things which are contrary to his choice, by the grace and kindness of our Lord Jesus Christ, to whom be the glory and the power unto the ages of the ages. Amen.

Source. Translated by S.D.F. Salmond. From Ante-Nicene Fathers, Vol. 6. Edited by Alexander Roberts, James Donaldson, and A. Cleveland Coxe. (Buffalo, NY: Christian Literature Publishing Co., 1886.) Revised and edited for New Advent by Kevin Knight. <http://www.newadvent.org/fathers/0610.htm

SOURCE : http://www.newadvent.org/fathers/0610.htm



Municipio e chiesa di tutti i santi. Rovetta.


The Solemnity of All Saints


All Saint’s Day (or officially The Solemnity of All Saints) is instituted to honor all the saints, known and unknown, and, according to Urban IV, to supply any deficiencies in the faithful’s celebration of saints’ feasts during the year. In the early days the Christians were accustomed to solemnize the anniversary of a martyr’s death for Christ at the place of martyrdom.

In the fourth century, neighboring dioceses began to interchange feasts, to transfer relics, to divide them, and to join in a common feast; as is shown by the invitation of St. Basil of Caesarea (397) to the bishops of the province of Pontus.

Frequently groups of martyrs suffered on the same day, which naturally led to a joint commemoration. In the persecution of Diocletian the number of martyrs became so great that a separate day could not be assigned to each. But the Church, feeling that every martyr should be venerated, appointed a common day for all. The first trace of this we find in Antioch on the Sunday after Pentecost. We also find mention of a common day in a sermon of St. Ephrem the Syrian (373), and in the 74th homily of St. John Chrysostom (407).

At first only martyrs and St. John the Baptist were honored by a special day. Other saints were added gradually, and increased in number when a regular process of canonization was established; still, as early as 411 there is in the Chaldean Calendar a “Commemoratio Confessorum” for the Friday after Easter. In the West Boniface IV, 13 May, 609, or 610, consecrated the Pantheon in Rome to the Blessed Virgin and all the martyrs, ordering an anniversary. Gregory III (731-741) consecrated a chapel in the Basilica of St. Peter to all the saints and fixed the anniversary for 1 November. A basilica of the Apostles already existed in Rome, and its dedication was annually remembered on 1 May. Gregory IV (827-844) extended the celebration on 1 November to the entire Church.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/all-saints-day/


Allerheiligenkirche am Kreuz,  Monaco di Baviera.


Litaniae Sanctorum (Litany of the Saints)


The Litany of the Saints (Latin, Litania Sanctorum) is a sacred prayer of the Roman Catholic Church. It is a prayer of invocation to the Triune God, and prayers for the intercession of the Blessed Virgin Mary, the Angels and all the martyrs and saints upon whom Christianity was founded.

It is most prominently sung during the Paschal Vigil at the beginning of Sacraments of Initiation for those to be received that night into the Church, in other celebrations of the Sacrament of Baptism (the first of the Sacraments of Initiation,) and in the liturgy for Holy Orders.


Écouter : http://www.ucatholic.com/videos/the-litany-of-saints/


La chiesa di Ognissanti, Mantova, corso Vittorio Emanuele.


Solemnity of All Saints

"'Be holy as I am holy,' says the Lord. As Christians we are all called to holiness because we are His children. Every Christian should be a saint. Indeed, for a Christian to live in a state of sin is a monstrous contradiction."
 --Curé d'Ars.

It has recently been claimed that the decline in the cult of saints and in pilgrimages to holy places is spiritually beneficial for Christians, so that their attention will be turned exclusively towards Jesus. There is, however, a danger to the faith in attempting to become too intellectual and sophisticated, and thereby becoming too cold, methodical, and rational. In the face of the divine mysteries and matters that are beyond human comprehension our minds should be kept open.

"The saints are like so many little mirrors in which Jesus Christ sees Himself. In His apostles He sees His zeal and love for the salvation of souls; in the martyrs He sees His constancy, suffering, and painful death; in the hermits He sees His obscure and hidden life; in the virgins He sees His spotless purity; and in all the saints He sees His unbounded charity. And when we honor the virtues of the saints, we are but worshipping the virtues of Jesus Christ. . . ." -
- Curé d'Ars

We render God a worship of adoration and dependence with faith, hope, love, and a profound humbling of our souls before His supreme Majesty. We honor the saints with a feeling of respect and veneration for the favors God granted them, for the virtues they practiced, and for the glory with which God has crowned them in heaven. We commend ourselves to their prayers.

"It is a most precious grace that God should have destined the saints to be our protectors and our friends. Saint Bernard said that the honor we give them is less a glory for them than a help to us, and that we may call upon them with full confidence because they know how greatly we are exposed to dangers on earth, for they remember the perils that they themselves had to face during their lifetimes." 
-- Curé d'Ars.

The friendship that binds us to all the saints, and which is encouraged and commemorated by the feast-days of the Church, is not the invention of a handful of bigots or a commercial stunt manufactured by merchants of religious medallions. The communion of saints answers a definite need, and insofar as we neglect any one of the forms of spiritual life we are cutting ourselves off from a source of divine grace and making ourselves just a little blinder than we are already.

We too can be saints and we must all strive to become so.

"The saints were mortals like us, weak and subject to the passions, as we are. We have the same help, the same means of grace, the same sacraments, but we must be like them and renounce the pleasures of the world, shunning the evils of the world as much as we can and remaining faithful to grace. We must take the saints as our models or be damned, that we must live either for heaven or for hell. There is no middle way."
 --the Curé d'Ars.

The Church has celebrated some feast in honor of the saints from the period of primitive Christianity. There is tentative evidence of the celebration to honor all the martyrs in the writings of Tertullian (died 223) and Gregory of Nyssa (died 395). It was definitely observed at the time of Saint Ephraem (died 373), who in the Nisibene Hymnus mentions a feast kept in honor of "the martyrs of all the earth" on May 13. It should be noted that on May 13, c. 609, Pope Saint Boniface IV dedicated the Pantheon of Rome in honor of our Lady and all martyrs--another instance of something pagan baptized by Christianity for a new purpose dedicated to God. The Venerable Bede says that the pope designed that "the memory of all the saints might in future be honored in the place which had formerly been devoted to the worship, not of gods, but of demons."

By 411 as indicated in the Syriac Short Martyrology, throughout the Syrian Church the Friday in the Octave of Easter was celebrated as the feast of "all the martyrs." Chaldean Catholics still maintain Easter Friday in honor of the martyrs.

Since at least the time of Saint John Chrysostom (died 407), the Byzantine churches have kept a feast of all the martyrs on the Sunday after Pentecost (Chrysostom, A panegyric of all the martyrs that have suffered throughout the world).

We are not quite sure how November 1 came to be commemorated in honor of all the saints in the West. We do know that by AD 800, Blessed Alcuin was in the habit of keeping the solemnitas sanctissima of All Saints on November 1, preceded by a three-day fast. His friend Bishop Arno of Salzburg had presided over a synod in Bavaria (Germany) which included that day in its list of holy days (Walsh).

Why has the Church included such a day in its calendar? To honor all the saints--known and unknown to us--reigning together in glory; to give thanks to God for the graces with which He crowns all the elect; to excite ourselves to humble imitation of their virtues; to implore the Divine Mercy through the help of these intercessors; and to repair any failures in not having properly honored God in His saints on their individual feast days.

Saint Bernard wrote: "It is our interest to honor the memory of the saints, not theirs. Would you know how it is our interest? from the remembrance of them I feel, I confess, a triple vehement desire kindled in my breast--of their company, of their bliss, and of their intercession.

"First, of their company. To think of the saints is in some measure to see them. Thus we are in part, and this the better part of ourselves, in the land of the living, provided our affection goes along with our thoughts or remembrance: yet not as they are. The saints are there present, and in their persons; we are there only in affection and desires. Ah! when shall we join our fathers? when shall we be made the fellow-citizens of the blessed spirits, of the patriarchs, prophets, apostles, martyrs, and virgins? when shall we be mixed in the choir of the saints?

"The remembrance of each one among the saints is, as it were, a new spark, or rather torch, which sets our souls more vehemently on fire, and makes us ardently sigh to behold and embrace them, so that we seem to ourselves even now to be amongst them. And from this distant place of banishment we dart our affections sometimes towards the whole assembly, sometimes towards this, and sometimes that happy spirit. What sloth is it that we do not launch our souls into the midst of those happy troops, and burst hence by continual sighs! The church of the first-born waits for us; yet we loiter. The saints earnestly long for our arrival; yet we despise them. Let us with all the ardor of our souls prevent those who are expecting us; let us hasten to those who are waiting for us."

Secondly, he mentions the desire of their bliss; and, lastly, the succor of their intercession, and adds: "Have pity on me, have pity on me, at least you, my friends. You know our danger, our frail mould, our ignorance, and the snares of our enemies; you know our weakness, and the fury of their assaults. For I speak to you who have been under the like temptation; who have overcome the like assaults; have escaped the like snares; and have learned compassion from what you yourselves have suffered.--We are members of the same Head.--Your glory is not to be consummated without us. . . ." (Bernard of Clairvaux, Serm. 5 de fest. omnium sanct., n. 5, 6).

In his sermon on the Vigil of Saints Peter and Paul, Bernard also writes: "He who was powerful on earth is more powerful in heaven, where he stands before the face of his Lord. And if he had compassion on sinners, and prayed for them while he lived on earth, he now prays to the Father for us so much the more earnestly as he more truly knows our extreme necessities and miseries; his blessed country has not changed, but increased his charity. Though now impassible, he is not a stranger to compassion: by standing before the throne of mercy, he has put on the tender bowels of mercy. . . ."

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1101.shtml


La chiesa di San Salvatore in Ognissanti (in breve di Ognissanti), Firenze



All Saints

THE CHURCH in this great festival honours all the saints reigning together in glory; first, to give thanks to God for the graces and crowns of all his elect; secondly, to excite ourselves to a fervent imitation of their virtues by considering the holy example of so many faithful servants of God of all ages, sexes, and conditions, and by contemplating the inexpressible and eternal bliss which they already enjoy, and to which we are invited: thirdly, to implore the divine mercy through this multitude of powerful intercessors; fourthly, to repair any failures or sloth in not having duly honoured God in his saints on their particular festivals, and to glorify him in the saints which are unknown to us, or for which no particular festivals are appointed. Therefore our fervour on this day ought to be such, that it may be a reparation of our sloth in all the other feasts of the year; they being all comprised in this one solemn commemoration, which is an image of that eternal great feast which God himself continually celebrates in heaven with all his saints, whom we humbly join in praising his adorable goodness for all his mercies, particularly for all treasures of grace which he has most munificently heaped upon them. 1 In this and all other festivals of the saints, God is the only object of supreme worship, and the whole of that inferior veneration which is paid to the saints is directed to give sovereign honour to God alone, whose gifts their graces are: and our addresses to them are only petitions to holy fellow-creatures for the assistance of their prayers to God for us. When therefore we honour the saints, in them and through them we honour God, and Christ true God and true Man, the Redeemer and Saviour of mankind, and King of the Saints, and the source of all their sanctity and glory. In his blood they have washed their robes: from him they derive all their purity, whiteness, and lustre. We consider their virtues as copies taken from him the great original, as streams from his fountain, or as images of his virtues produced by the effusion of his spirit and grace in them. His divine life is their great exemplar and prototype, and in the characteristical virtues of each saint, some of his most eminent virtues are particularly set forth; his hidden life in the solitude of the anchorets; his spotless purity in the virgins; his patience or charity in some; his divine zeal in others; in them all in some degree his plenitude of all virtue and sanctity. Nor are the virtues of the saints only transcripts and copies of the life or spirit of Christ; they are also the fruit of his redemption; entirely his gifts and graces. And when we honour the saints we honour and praise him who is the Author of all their good; so that all festivals of saints are instituted to honour God and our Blessed Redeemer.

In all feasts of saints, especially in this solemn festival of All Saints, it ought to be the first part of our devotion to praise and thank God for the infinite goodness he has displayed in favour of his elect. A primary and most indispensable homage we owe to God, is that of praise, the first act of love, and complacency in God and his adorable perfections. Hence the psalms, the most perfect and inspired model of devotions, repeat no sentiments so frequently or with so much ardour as those of divine adoration and praise. This is the uninterrupted sweet employment of the blessed in heaven to all eternity; and the contemplation of the divine love, and other perfections, is a perpetual incentive inflaming them continually afresh in it, so that they cannot cease pouring forth all their affections, and exhausting all their powers: and conceive every moment new ardour in this happy function of pure love. So many holy solitaries of both sexes in this life have renounced all commerce and pleasures of the world, to devote themselves wholly to the mixed exercises of praise and love, and of compunction and humble supplication. In these, all servants of God find their spiritual strength, refreshment, advancement, delight, and joy. If they are not able here below to praise God incessantly with their voice or actual affections of their hearts, they study to do it always by desire, and by all their actions strive to make the whole tenor of their life an uninterrupted homage of praise to God. This tribute we pay him, first, for his own adorable majesty, justice, sanctity, power, goodness, and glory; rejoicing in the boundless infinitude of his perfections we call forth all our own faculties, and all our strength; summon all the choir of the creation to praise him, and find it our delight to be vanquished and overwhelmed by his unexhausted greatness, to which all our praises are infinitely inadequate, and of which all conceptions fall infinitely short; so as not to bear the least degree of proportion to them. To aid our weakness, and supply our insufficiency, in magnifying the infinite Lord of all things, and exalting his glory, we have recourse to the spotless victim, the sacrifice of the Lamb of God, put into our hands for us to offer a holocaust of infinite price, equal to the majesty of the Godhead. We also rejoice in the infinite glory which God possesses in himself, and from himself. Deriving from himself infinite greatness and infinite happiness, he stands not in need of our goods, and can receive no accession from our homages as to internal glory; in which consists his sovereign bliss. But there is an external glory which he receives from the obedience and praise of his creatures, which, though it increase not his happiness, is nevertheless indispensably due to him, and an external homage with which all beings are bound to sound forth his sovereign power and sanctity. Nor do we owe him this only for his own greatness and glory, which he possesses in himself, but also for the goodness, justice, wisdom, and power which he manifests in all his works. Compounds of the divine mercies, as we are, we are bound to give to God incessant thanks for all the benefits both in the order of nature and of grace, which he has gratuitously conferred upon us. We owe him also an acknowledgment of praise and thanksgiving for all his creatures from the beginning, and for all the wonders he has wrought in them or in their behalf. For this the psalmist and the prophets so often rehearse his mighty works, and invite all beings to magnify his holy name for them.

It is in his saints that he is wonderful above all his other works. 2 For them was this world framed; for their sakes is it preserved and governed. In the revolutions of states and empires, and in the extirpation or conservation of cities and nations, God has his elect chiefly in view. By the secret unerring order of his most tender and all-wise providence, All things work together for good to them. 3 For their sake will God shorten the evil days in the last period of the world. 4 For the sanctification of one chosen soul he often conducts innumerable second causes, and hidden springs. Nor can we wonder hereat, seeing that for his elect his coeternal Son was born and died, has wrought so many wonders, performed so many mysteries, instituted so many great sacraments, and established his Church on earth. The justification of a sinner, the sanctification of a soul is the fruit of numberless stupendous works, the most wonderful exertion of infinite goodness and mercy, and of almighty power. The creation of the universe out of nothing is a work which can bear no comparison with the salvation of a soul through the redemption of Christ. And with what infinite condescension and tenderness does the Lord of all things watch over every one of his elect! With what unspeakable invisible gifts does he adorn them! To how sublime and astonishing a dignity does he exalt them, making them companions of his blessed angels, and coheirs with his divine Son! Weak and frail men, plunged in the gulf of sin, he, by his omnipotent arm, and by the most adorable and stupendous mercy, has rescued from the slavery of the devil and jaws of hell; has cleansed them from all stains; and by the ornaments of his grace, has rendered them most beautiful and glorious. And with what honour has he crowned them! To what an immense height of immortal glory has he raised them! and by what means? His grace conducted them by humility, patience, charity, and penance, through ignominies, torments, pains, sorrows, mortifications, and temptations to joy and bliss, by the cross to their crowns. Lazarus, who, here below, was covered with ulcers, and denied the crumbs of bread which fell from the rich man’s table, is now seated on a throne of glory, and replenished with delights, which neither eye hath seen, nor ear hath heard. Poor fishermen, here the outcast of the world, are made assessors with Christ in judging the world at the last day: so great will be the glory and honour with which they will be placed on thrones at his right hand, and bear testimony to the equity of the sentence which he will pronounce against the wicked. Thy friends are exceedingly honoured, O God. 5 These glorious citizens of the heavenly Jerusalem he has chosen out of all the tribes of the children of Israel, 6 and out of all nations, without any distinction of Greek or barbarian; persons of all ages, showing, there is no age which is not ripe or fit for heaven; and out of all states and conditions; in the throne amidst the pomp of worldly grandeur; in the cottage; in the army; in trade: in the magistracy; clergymen, monks, virgins, married persons, widows, slaves, and freemen. In a word, what state is there that has not been honoured with its saints? And they were all made saints by the very occupations of their states, and by the ordinary occurrences of life; prosperity and adversity; health and sickness; honour and contempt; riches and poverty; all which they made the means of their sanctification by the constant exercise of patience, humility, meekness, charity, resignation, and devotion. This is the manifold grace of God. 7 He has employed all means, he has set all things at work, to show in ages to come the abundant riches of his grace. 8 How do these happy souls, eternal monuments of God’s infinite power and clemency, praise his goodness without ceasing! I will sing to the Lord, for he hath triumphed gloriously, &c. 9 And casting their crowns before his throne they give to him all the glory of their triumphs. 10 “His gifts alone in us he crowns.” 11 We are called upon with the whole church militant on earth to join the church triumphant in heaven in praising and thanking our most merciful God for the graces and glory he has bestowed on his saints. Shall we not, at the same time, earnestly conjure him to exert his omnipotence and mercy in raising us from all our spiritual miseries and sins, healing the disorders of our souls, and conducting us through the paths of true penance to the happy company of his saints, to which he has vouchsafed most graciously to invite us?

Nothing can more powerfully incite us to aspire with all our strength to the incomparable happiness and blessed company of the saints than their example. Nor can anything more strongly inflame us with holy emulation than the constant meditation on that glory of which they are even now possessed, and in which they earnestly wait for us to join them. How does their immortality inspire us with a contempt of the inconstant, perishable, and false honours of this world! How does the unspeakable joy of that state, which satisfies all the desires, and fills the whole capacity of the heart, make us sovereignly despise the false empty pleasures of this life, and trample under our feet the threats and persecutions of a blind world, with all that we can suffer from it or in it! Are we not transported out of ourselves at the thought that, by the divine mercy and grace, we are capable of attaining to this state of immense and endless bliss? And do we not, from our hearts, this moment bid adieu for ever to all pursuits, occupations, and desires which can be an impediment to us herein, and embrace all means which can secure to us the possession of our great and only good. Do we not burn with a holy desire of being admitted into the society of the friends of God, and being crowned by him in this blessed company with eternal joy and glory? A certain general who, from the rank of a common soldier, had, by his valour and conduct, raised himself to the dignity and command of lieutenant-general, used sometimes familiarly to converse with his soldiers, and tell them that he once carried his musket, stood sentry, lived and bore fatigues like them. He used to relate how in sieges he had dug the trenches, carried fascines, been the first man in mounting a breach, making an assault, or forcing a dangerous pass. He gave them an account upon what occasion and by what means he was made a serjeant, and gradually advanced to the posts of lieutenant, captain, colonel, and general officer. It is not to be easily conceived with what ardour his soldiers were fired by such discourses, and by such an example which they had before their eyes. The greatest fatigues and dangers were to them at that time no longer a subject of complaint, but of joy and ambition, whilst every one seemed to himself to see a door by such means open to him to some degree of preferment. Yet they could not but be sensible how great the odds were against them, through how many dangers the very least promotion was to be purchased, and after all that could be done by them, after the greatest exploits and most happy success on their side, the reward and honour which they had in view was too extraordinary, too precarious, and depended too much upon the caprices of favour and fortune rationally to raise high expectations. In the affair of our salvation the case is quite otherwise. The option is in our own breast: how exalted and how immense soever the glory is to which we aspire, it is God who invites us, and who is our light and our strength: by his grace, which can never fail but through our fault, we are sure to attain to that state of bliss which will never have an end, and which is far beyond all we can imagine possible. So many happy saints are already arrived there. By their example they have pointed out the way to us. We have but to tread their steps. They were once what we now are, travellers on earth; they had the same weaknesses which we have; Elias was a man subject to the same infirmities as we are, says St. James: 12 so were all the saints. We have difficulties to encounter, so had all the saints, and many of them far greater than we can meet with. They had the allurements of vice, and several of them the flatteries of courts to resist, with a thousand particular obstacles from kings and princes, from the interest of whole nations, from the seduction and snares of fawning worldly friends, from the rancour and injustice of enemies, sometimes from the prisons, racks, and swords of persecutors, and from an infinity of other circumstances. Yet they bravely surmounted these difficulties, which they made the very means of their virtue and sanctity by their victories and triumphs over these enemies, and by their extreme watchfulness over themselves, their fervour in continual prayer, mortification, and penance, their plentiful alms-deeds, and their ardour in the exercise of all good works, to which their alarming dangers served much more strongly to excite them.

Do we complain of our frailty? The saints were made of the same mould with us; but being sensible of their weakness, they were careful to retrench all incentives of their passions, to shun all dangerous occasions of sin, to ground themselves in the most profound humility, and to strengthen themselves by the devout use of the sacraments, prayer, an entire distrust in themselves, and other means of grace. It was by the strength they received from above, not by their own, that they triumphed over both their domestic and their external enemies. We have the same succours by which they were victorious. The blood of Christ was shed for us as it was for them; the all-powerful grace of our Redeemer is not wanting to us, but the failure is in ourselves. If difficulties start up, if temptations affright us, if enemies stand in our way like monsters and giants, which seem ready to devour us, 13 let us not lose courage, but redouble our earnestness, crying out with Josue, 14 The Lord is with us. Why do we fear? If the world pursue us, let us remember that the saints fought against it in all its shapes. If our passions are violent, Jesus has furnished us with arms to tame them, and hold them in subjection. How furious assaults have many saints sustained in which they were supported by victorious grace! Many, with the Baptist, happily prevented the rebellion of these domestic enemies by early watchfulness, abstinence, and retirement. Others God suffered for their own advantage to feel their furious buffets; but animated them to vigilance and fervour, and crowned them with victories, by which they at length brought these enemies into subjection. Of this many are instances who had had the misfortune formerly to have fortified their passions by criminal habits. St. Austin, after having been engaged many years in irregular courses, conquered them. How many other holy penitents broke stronger chains than ours can be, by courageously using violence upon themselves, and became eminent saints! Can we, then, for shame think the difficulties we apprehend an excuse for our sloth, which, when we resolutely encounter them, we shall find to be more imaginary than real? Shall we shrink at the thought of self-denial, penance, or prayer? Shall not we dare to undertake or to do what numberless happy troops of men and women have done, and daily do? So many tender virgins, so many youths of the most delicate complexion and education, so many princes and kings, so many of all ages, constitutions, and conditions have courageously walked before us! “Canst not thou do what these and those persons of both sexes have done?” 15 said St. Austin to himself. Their example wonderfully inspires us with resolution, and silences all the pretexts of pusillanimity. To set before our eyes a perfect model of the practice of true virtue, the Son of God became man, and lived amongst us. That we may not say the example of a God-man is too exalted for us, we have that of innumerable saints, who, inviting us to take up the sweet yoke of Christ, say to us with St. Paul, Be you imitators of me, even as I am of Christ. 16 They were men in all respects like ourselves, so that our sloth and cowardice can have no excuse. They form a cloud of witnesses, demonstrating to us, from their own experience, that the practice of Christian perfection is easy and sweet. They will rise up and condemn the wicked at the last day, covering them with inexpressible confusion: Thou raisest up thy witnesses against me. 17 To animate and encourage ourselves in the vigorous pursuit of Christian perfection, and in advancing towards the glory of the saints, we ought often to lift up our eyes to heaven, and contemplate these glorious conquerors of the world, clothed with robes of immortality, and say to ourselves: These were once mortal, weak men, subject to passions and miseries as we are now: and if we are faithful to our sacred engagements to God, we shall very shortly be made companions of their glory, and attain to the same bliss. But for this we must walk in their steps; that is to say, we must with them take up our cross, renounce the world and ourselves, and make our lives a course of labour, prayer, and penance. We are lost if we seek any other path. We must either renounce the world and the flesh with the saints, or we renounce heaven with the wicked.
There is but one Gospel, but one Redeemer and divine Legislator, Jesus Christ, and but one Heaven. No other road can lead us thither but that which he has traced out to us: the rule of salvation laid down by him is invariable. It is a most pernicious and false persuasion, either that Christians in the world are not bound to aim at perfection, or that they may be saved by a different path from that of the saints. The torrent of example in the world imperceptibly instils this error into the minds of many,—that there is a kind of middle way of going to heaven: and under this notion, because the world does not live up to the gospel, they bring the gospel down to the level or standard of the world. It is not by the example of the world that we are to measure the Christian rule, but by the pure maxims of the gospel. All Christians are commanded to labour to become holy and perfect, as our heavenly Father is perfect, and to bear his image, and resemble him by spotless sanctity, that we may be his children. We are obliged, by the law of the gospel, to die to ourselves by the extinction of inordinate self-love in our hearts, by the crucifixion of the old man, and the mastery and regulation of our passions. It is no less indispensable an injunction laid on us than on them, that we be animated with, and live by, the Spirit of Christ; that is, the spirit of sincere and perfect humility, meekness, charity, patience, piety, and all other divine virtues. These are the conditions under which Christ makes us his promises, and enrols us among his children, as is manifest from all the divine instructions which he has given us in the gospel; and those which the apostles have left us in their inspired writings. Here is no distinction made between the apostles, or clergymen, or religious and secular persons. The former indeed take upon themselves certain stricter obligations, as means of accomplishing more easily and more perfectly these lessons: but the law of sanctity and of a disengagement of the heart from the world is general, and binds all the followers of Christ, all who can be entitled to inherit his promises. Now, what marks do we find in the lives of Christians of this crucifixion of their passions, and of the Spirit of Christ reigning in their hearts and actions? Do not detraction, envy, jealousy, anger, antipathies, resentments, vanity, love of the world, ambition, and pride discover themselves in their conversation and conduct, and as strongly as in the very heathens? It is in vain to plead that these are sins of surprise. It is manifest that they are sins of habit, and that these passions hold the empire in their hearts. An interior disposition of charity, meekness, and other virtues would give a very contrary turn to their conversation and behaviour, and would make them like the saints, humble, peaceable, mild, obliging to all, and severe only to themselves. The dirt lies always lurking in their hearts; the provocation and occasion only stirs it up, and shows it to be there. It is in vain that such persons shelter themselves under a pretended course of a pious life, and allege that they are regular in their prayers, in frequenting the sacraments, and in other duties, and are liberal in their alms: all this is imperfect so long as they neglect the foundation, which is the mortification of their passions. They are unacquainted with the very soul of a Christian spirit, which was that of all the saints.

What, then, is the first duty of one who desires to become a disciple of Christ? This is a most important point, which very few sufficiently attend to. The first thing which a Christian is bound to study is, in what manner he is to die to himself and his passions. This is the preliminary article or condition which Christ requires of him, before he can be admitted into his divine school. For this such a practice of the exterior mortification of the senses is necessary that they may be kept under due government; but the interior denial of the will and restraint of the passions is the most essential part, and is chiefly effected by extirpating pride, vanity, revenge, and other irregular passions, and planting in the heart the most perfect spirit of humility, meekness, patience and charity. The motives and rules of these virtues ought to be studied and meditated upon, according to every one’s capacity: both interior and exterior acts of each must be frequently and fervently exercised; and the contrary vices diligently watched against and vigorously curbed. By diligent self-examination all the foldings of the heart must be laid open, every vicious inclination discovered, and the axe laid to the root, that the disorder may be cut off. Thus must we study to die to ourselves. By the frequent use of the sacraments, assiduous prayer, pious reading, or meditation, and the practice of devout aspirations, we must unite our souls to God. This crucifixion of self-love and union of our hearts to God are the two general means by which the Spirit of Christ must be formed and daily improved in us, and by which we shall be imitators of the saints. This task requires earnest application, and some consideration and leisure from business. How much time do we give to every other improvement of mind or body! the student to cultivate his understanding in any art or science! the artisan to learn his trade! and so of every other profession. And shall we not find time to reform our hearts, and to adorn our souls with virtue? 18 which is our great and only business, upon which the good use of all other qualifications, and both our temporal and eternal happiness depend. In virtue consists the true excellence and dignity of our nature. Against this great application to the means of our sanctification some object the dissipation and hurry of the world in which they live: they doubt not but they could do this if they were monks or hermits. All this is mere illusion. Instead of confessing their own sloth to be the source of their disorders, they charge their faults on their state and circumstances in the world. But we have all the reason in the world to conclude that the conduct of such persons would be more scandalous and irregular in a monastery than it is in the world. Every thing is a danger to him who carries the danger about with him.

But can any one pretend that seculars can be excused from the obligation of subduing their passions, retrenching sin, and aiming at perfection? Are they not bound to save their souls; that is, to be saints? God, who commands all to aim at perfection, yet whose will it is at the same time that to live in the world should be the general state of mankind, is not contrary to himself. That all places in the world should be filled, is God’s express command: also that the duties of every station in it be faithfully complied with. 19 He requires not then that men abandon their employs in the world, but that by a disengagement of heart, and religious motive or intention they sanctify them. Thus has every lawful station in the world been adorned with saints. God obliges not men in the world to leave their business; on the contrary, he commands them diligently to discharge every branch of their temporal stewardship. The tradesman is bound to attend to his shop, the husbandman to his tillage, the servant to his work, the master to the care of his household and estates. These are essential duties which men owe to God, to the public, to themselves, and to their children and families; a neglect of which, whatever else they do, will suffice to damn them. But then they must always reserve to themselves leisure for spiritual and religious duties; they must also sanctify all the duties of their profession. This is to be done by a good intention. It is the motive of our actions upon which, in a moral and Christian sense, the greater part, or sometimes the whole of every action depends. This is the soul of our actions; this determines them, forms their character, and makes them virtues or vices. If avarice, vain-glory, sensuality, or the like inordinate inclinations influence the course of our actions, it is evident to what class they belong; and this is the poison which infects even the virtuous part of those who have never studied to mortify their passions. Thus the very virtues of the foolish drudgers for popular fame among the ancient philosophers, were false; they have already received their reward, the empty applause of men. The Christian who would please God, must carefully exclude in his actions all interested views of self-love, and direct all things he does purely to the glory of God, desiring only to accomplish his holy will in the most perfect manner. Thus a spirit of divine love and zeal, of compunction, penance, patience, and other virtues, will animate and sanctify his labour and all that he does. In the course of all these actions he must watch against the dangerous insinuation of his passions, must study on all occasions to exercise humility, meekness, charity, and other virtues, the opportunities of which continually occur; and he ought from time to time, by some short fervent aspiration, to raise his heart to God. Thus the Isidores and Homobons sanctified their employs. Did the Pauls or Antonies do more in their deserts? unless perhaps the disengagement of their hearts, and the purity and fervour of their affections and intentions were more perfect; upon which a soul’s progress in sanctity depends.

But slothful Christians allege the difficulty of this precept; they think that perfectly to die to themselves is a severe injunction. God forbid any one should widen the path, which the Saviour of the world has declared to be narrow. It is doubtless difficult, and requires resolution and courage. Who can think that heaven will cost him nothing which cost all the saints so much? What temporal advantage is gained without pains? The bread of labourers, the riches of misers, the honours of the ambitious, cost much anxiety and pains. Yet, what empty shadows, what racking tortures, what real miseries are the enjoyments which worldlings purchase at so dear a rate! But it is only to our inordinate appetites (which we are bound to mortify, and the mortification of which will bring us liberty and true joy) that the doctrine of self-denial appears harsh. And its fruits in the soul are the reign of divine love; and the sweet peace of God which surpasseth all understanding, 20 which springs from the government of the passions, and the presence of the Holy Ghost in the soul, and is attended with a pure and holy joy which fills the whole capacity of the heart, and which the whole world can never take from the servant of God. This precious gift and comfort does not totally forsake him under the severest interior trials, with which God suffers his servants to be sometimes visited in this life for their greatest advantage; under which they are also supported by the prospect of eternal glory. And even in this present life their sufferings are often repaid by the inexpressible consolations which the Holy Ghost infuses into their hearts, so that they receive a hundred fold for all that they have forsaken for God. The wicked have told me their fables; but not as thy law, O Lord. 21 A voice of joy and salvation rings in the tabernacles of the just. 22 Compare the state of the greatest worldly monarch with that of the humble servant of God. 23 Power, riches, and pleasure constitute the king’s imaginary happiness. Nations conspire to obey his will, or even prevent his inclinations: the earth is silent before him; at his orders armies march, lay whole countries waste, or sacrifice their lives; he punishes by his very countenance, and scatters favours at pleasure, without any one asking him a reason; even princes approach him with trembling, count it their greatest happiness and honour if he vouchsafe to receive their homages, and, with the countenances of slaves, study in his eyes what sacrifice he requires of them. Is this that happy state of independence and power which the world admires? Certainly there cannot be a baser slavery, than that of the world and the passions. Only the servant of God enjoys true liberty and independence, who fears only God, and has no concern but for his duty, is equally resigned under all vicissitudes of fortune, as much raised above all consideration of human respect as he is disengaged from this world, yet, by charity, shares in the prosperity of all his neighbours as in his own; neither can injuries or affronts reach his person, who fenced by meekness, patience, and charity, receives them as great opportunities of his spiritual advantage, and considers them as sent by God in infinite wisdom and tender love and mercy. A king is exposed to greater disappointments and troubles as his concerns are greater, and his passions usually more impetuous. And is not the very grandeur and happiness of a king dependent upon others? and upon men whose favour is caprice? If he would reign by being feared, so as to say in his heart, “Let them hate, provided they fear me,” he bears in his heart all the seeds of tyranny and pride, and will be sure to have almost as many secret enemies as he has subjects. If he studies to gain the affections and love of his people by clemency and kindnesses, he will find the generality so blind as neither to know what is for their good, nor what they themselves desire; likewise ungrateful, whom benefits only embolden to be more insolent. If his power be so frail and so troublesome, shall we admire his riches? Is not he rather the poorest of men whose wants are the greatest, and whose desires are usually the most craving? Him we ought justly to esteem the richest, whose necessities are fewest, and who knows not what more to ask or desire; and this whether he lives in a cell or a palace. A king’s pleasures are much abated because cheaper than those of others; for human enjoyments consist greatly in the pursuit; or at least it is by the eagerness of the pursuit that they are chiefly enhanced. If he be a stranger to virtue, his breast, amidst the glittering pomp which surrounds him, will often be miserably torn by all those passions which successively tyrannize over him, and will be a prey to corroding cares which embitter all enjoyments. The beautiful fat ox in the fable could not taste the rich pasture, but ran and roared, as it were, to call for compassion and help, because a contemptible insect, a little gnat, shot its sting into his nostrils. A man, who governed the Persian empire under the king, could not take his rest, or find any pleasure in all that he possessed, because Mordecai, the Jew, refused to bow down to him at the gate of the palace. Thus does the most trifling check, or the most petty rage or envy raise storms in the breasts of the wicked. Their pleasures are base, empty, and vain; whatever false joy they may give for a passing moment, this is dearly earned by succeeding pains; however these may be disguised from others, they are not less sharp or gnawing. Many who are seated on the pinnacle of human grandeur, are a burden to themselves, whilst they are the object of other’s envy.

Have we not then reason to conclude with St. Chrysostom, that happiness is not to be sought in the gratification of pride and worldly passions; which the oracles of eternal truth clearly confirm? But we are assured by the same unerring authority that it is to be found in a steady practice of virtue. Hence the virtues in which the renunciation of ourselves consist, as humility, compunction, meekness, and the rest, 24 are by our divine Redeemer himself styled beatitudes, because they not only lead to happiness, but also bring with them a present happiness, such as our state of trial is capable of. This Christ gives in the bargain as an earnest of his love and promises. But the recompence of the saints reserved in the kingdom of God’s glory is such as alone to make everything that can be suffered here, for so great a crown, light and of no consideration. The examples of the saints shew us the path; and their glory strongly animates our hope, and excites our fervour. “It is our interest,” says St. Bernard, 25 “to honour the memory of the saints, not theirs. Would you know how it is our interest? From the remembrance of them I feel, I confess, a triple vehement desire kindled in my breast; of their company, of their bliss, and of their intercession. First, of their company. To think of the saints is in some measure to see them. Thus we are in part, and this the better part of ourselves, in the land of the living, provided our affection goes along with our thoughts or remembrance: yet not as they are. The saints are there present, and in their persons; we are there only in affection and desires. Ah! when shall we join our fathers? when shall we be made the fellow-citizens of the blessed spirits, of the pariarchs, prophets, apostles, martyrs, and virgins? when shall we be mixed in the choir of the saints? The remembrance of each one among the saints is, as it were, a new spark, or rather torch which sets our souls more vehemently on fire, and makes us ardently sigh to behold and embrace them, so that we seem to ourselves even now to be amongst them. And from this distant place of banishment we dart our affections sometimes towards the whole assembly, sometimes towards this, and sometimes that happy spirit. What sloth is it, that we do not launch our souls into the midst of those happy troops, and burst hence by continual sighs! The church of the first-born waits for us; yet we loiter. The saints earnestly long for our arrival: yet we despise them. Let us with all the ardour of our souls prevent those who are expecting us; let us hasten to those who are waiting for us.” Secondly, he mentions the desire of their bliss; and, lastly, the succour of their intercession, and adds: “Have pity on me, have pity on me, at least you my friends. You know our danger, our frail mould, our ignorance, and the snares of our enemies; you know our weakness and the fury of their assaults. For I speak to you who have been under the like temptation; who have overcome the like assaults; have escaped the like snares, and have learned compassion from what yourselves have suffered.—We are members of the same head.—Your glory is not to be consummated without us,” &c.

This succour of the saints’ intercession is another advantage which we reap by celebrating their festivals, of which the same St. Bernard 26 writes: “He who was powerful on earth is more powerful in heaven where he stands before the face of his Lord. And if he had compassion on sinners and prayed for them whilst he lived on earth, he now prays to the Father for us so much the more earnestly as he more truly knows our extreme necessities and miseries; his blessed country has not changed, but increased his charity. Though now impassible, he is not a stranger to compassion: by standing before the throne of mercy he has put on the tender bowels of mercy,” &c.

Note 1. The dedication of a famous church in Rome gave occasion to the institution of this festival. The Pantheon, or Rotunda, was a temple built by Marcus Agrippa, the favourite counsellor of Augustus, and dedicated to Jupiter the Revenger, in compliment to Augustus upon his victory at Actium over Antony and Cleopatra, as Pliny informs us. It was called Pantheon, either because the statues of Mars and several other gods were placed in it, or rather, as Dion thinks, because its figure represented the heavens, called by the pagans the residence of all the gods, which is the interpretation of the Greek name Pantheon. This masterpiece of architecture is a half globe, its height being almost equal to its breadth: the diameter is one hundred and fifty-eight feet. It has neither pillar nor window, but only a large round aperture in the middle at the top, which lets in the light. Underneath it, in the middle of the pavement, is an orifice of a sink, covered with a concave brass plate, bored with many holes, to receive the rain which falls through the aperture at the top. (See Théâtre d’Italie, t. 4, p. 14, et fig. 57–59, in fol.) Such changes are at present making in repairing and embellishing the inside of this famous structure which began to decay, that only the outlines, as it were, of this most curious ancient masterpiece of architecture will be discernible. (See on the Pantheon, Mémoires de Trevoux, November, 1758 p. 362.)

  Theodosius the Younger, who came to the throne in 408, demolished all the temples of idols in the East; but Honorius, his uncle, though he caused them to be shut up in the West, suffered them to stand as monuments of the ancient magnificence of the empire. When idolatry had been so long banished that there was no danger of any person reviving its superstitions, these edifices were in some places purified, and converted into churches for the worship of the true God, who thus triumphed over those pretended deities in their own temples. When our Saxon ancestors received the faith, St. Gregory, writing to King Ethelbert, exhorted him to destroy the temples of the idols; (l. 11, ep. 66, ol. 60, p. 1165;) but afterwards in a letter to St. Mellitus (l. 11, ep. 76, ol. 71, p. 1176, t. 2, ed Ben.) he allowed them to be changed into churches. About three years and a half after the decease of this great pope, Boniface IV. was placed in St. Peter’s chair, who cleansed and opened the Pantheon, and, in 607, dedicated it in honour of the Blessed Virgin and all the martyrs. Whence it was called S. Maria ad Martyres, or the Rotunda. The feast of this dedication was kept on the 13th of May. Pope Gregory III. about the year 731, consecrated a chapel in St. Peter’s church in honour of all the saints, (as Anastasius relates in his life,) from which time this feast of All Saints has been celebrated in Rome. Gregory IV. going into France, in 837, in the reign of Lewis Debonnair, exceedingly propagated this festival of All Saints. See John Beleth, an English theologian, who flourished at Paris in 1328. (Rationale de Divinis Officiis et Festivitatibus, c. 127.) Durandus, bishop of Mende, legate of Gregory X. at the council of Lyons, (Rationale Div. Officiorum, l. 7, c. 34.) Thomassin, Tr. des Fêtes. Fronto in Calend. p. 145. Before the dedication of the Rotunda, the feast of all the apostles was celebrated on the 1st of May. The Greeks keep a festival of All Saints on the Sunday after Whit-Sunday. See Smith. De hod. Statu Eccl. Græc. p. 19, and Benedict XIV.
De Festis Sanct. in Diœcesi Bolon. Op. t. 13. [back]

Note 2. Ps. lxvii. 36. [back]

Note 3. Rom. viii. 28. [back]

Note 4. Mark xiii. 20. [back]

Note 5. Ps. cxxxviii. 16. [back]

Note 6. Apoc. vii. 3, 4, &c. [back]

Note 7. 1 Pet. iv. 10. [back]

Note 8. Eph. ii. 7. [back]

Note 9. Exod. xv. 1, 2, 11, 13, 18. [back]

Note 10. Apoc. iv. 11; Ps. cxv. 1. [back]

Note 11. “Nil Deus in nobis præter sua dona coronat.”—S. Prosper, Carm. de Ingratis. [back]

Note 12. James v. 17. [back]

Note 13. Num. xiii. 34. [back]

Note 14. Num. xiv. 9. [back]

Note 15. “Tu non poteris quod isti et istæ”—S. Aug. Conf. [back]

Note 16. 1 Cor. xi. 1. [back]

Note 17. Job x. 17. [back]

Note 18. “Vacat esse philosophum, non vacat esse Christianum.”—S. Eucher. ad Valer. [back]

Note 19. 1 Cor. vii. 20; Ephes. iv. 1[back]

Note 20. Phil. iv. 7. [back]

Note 21. Ps. cxviii. 85. [back]

Note 22. Ps. cxvii. 15. [back]

Note 23. See St. Chrysostom’s short treatise, Comparatio Regis et Monachi, ed. Savil. t. 7, p. 861. Ed. Ben. t. 1, p. 116. Also translated in Blosius’s works. [back]

Note 24. Matt. v. [back]

Note 25. S. Bern. serm. 5, de Fest. Omnium Sanct. n. 5, 6. [back]

Note 26. Serm. in Vigiliâ SS Petri et Pauli, p. 987. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/011.html



All Saints Day, Holy Cross Cemetery in Gniezno, Poland, November 1st 20017
Celebración de Todos los Santos, cementerio de la Santa Cruz, Gniezno, Polonia, 1 de noviembre 2017
Cimitero durante Tutti i Santi in Cimeterio di Santa Croce, Gniezno Polonia, 1 novembre 2017
 Uroczystość Wszystkich Świętych, Cmentarz św. Krzyża w Gnieźnie, Polska, 1 listopada 2017

Photographie de Diego Delso

Tutti i Santi


Festeggiare tutti i santi è guardare coloro che già posseggono l’eredità della gloria eterna. Quelli che hanno voluto vivere della loro grazia di figli adottivi, che hanno lasciato che la misericordia del Padre vivificasse ogni istante della loro vita, ogni fibra del loro cuore. I santi contemplano il volto di Dio e gioiscono appieno di questa visione. Sono i fratelli maggiori che la Chiesa ci propone come modelli perché, peccatori come ognuno di noi, tutti hanno accettato di lasciarsi incontrare da Gesù, attraverso i loro desideri, le loro debolezze, le loro sofferenze, e anche le loro tristezze.

Questa beatitudine che dà loro il condividere in questo momento la vita stessa della Santa Trinità è un frutto di sovrabbondanza che il sangue di Cristo ha loro acquistato. Nonostante le notti, attraverso le purificazioni costanti che l’amore esige per essere vero amore, e a volte al di là di ogni speranza umana, tutti hanno voluto lasciarsi bruciare dall’amore e scomparire affinché Gesù fosse progressivamente tutto in loro. E' Maria, la Regina di tutti i Santi, che li ha instancabilmente riportati a questa via di povertà, è al suo seguito che essi hanno imparato a ricevere tutto come un dono gratuito del Figlio; è con lei che essi vivono attualmente, nascosti nel segreto del Padre.

Martirologio Romano: Solennità di tutti i Santi uniti con Cristo nella gloria: oggi, in un unico giubilo di festa la Chiesa ancora pellegrina sulla terra venera la memoria di coloro della cui compagnia esulta il cielo, per essere incitata dal loro esempio, allietata dalla loro protezione e coronata dalla loro vittoria davanti alla maestà divina nei secoli eterni. 

«Oggi, o Padre, ci dai la gioia di contemplare la città del cielo, la santa Gerusalemme che è nostra madre» canta la  Santa  Chiesa  nel  Prefazio  della Messa  di questa luminosa solennità, “Pasqua dell’autunno”, nella quale «in un unico giubilo di festa – dice il Martirologio Romano  –  la  Chiesa  ancora  pellegrina  sulla  terra  venera  la  memoria  di  coloro  della  cui compagnia esulta il cielo».
La Chiesa non contempla se stessa. Può capitare che lo facciano singoli credenti, o anche intere comunità, ma la Chiesa, Sposa di Cristo, è il suo Sposo che contempla!

Mentre si rallegra di tanta parte di sé già nella gloria eterna, è Lui che la Chiesa contempla e, se vede se stessa, vede ciò che veramente essa è: opera del Salvatore; redenta dal Sangue dell’Agnello; consapevole che il bene che è in lei, e di cui ringrazia e gioisce, viene dalla Grazia di Dio ed il male presente, di cui soffre ed invita all’umile pentimento, è frutto della fragilità degli uomini.

La Chiesa guarda con gioia gli innumerevoli suoi figli che hanno raggiunto la meta, ma sa che essi, come ha detto san Giovanni (Ap.7,2-4.9-14), «sono quelli che hanno lavato le loro vesti, rendendole candide nel sangue dell’Agnello» e sostenuti dalla Grazia hanno testimoniato la fede: alcuni come martiri in persecuzioni cruente, poiché coraggiosamente hanno assunto come criterio di valutazione la Parola del Signore, non l’opinione propria o di altri; alcuni come discepoli di Cristo nel cammino quotidiano della vita: alcuni “grandi”, che hanno impegnato doti elevate in opere straordinarie, altri “piccoli” che hanno vissuto senza grandi imprese; una schiera di uomini e donne che «hanno cercano il volto di Dio», (cfr. Sal. 23) rivelatosi nel volto di Gesù che proclama «beati», felici – (Mt 5,1-12) – «i poveri in spirito», coloro che sono «nel pianto», i «miti»,   «quelli che hanno fame e sete della giustizia», i «misericordiosi», i «puri di cuore», gli «operatori di pace», i «perseguitati per la giustizia» e per «causa Sua»; uomini e donne, giovani e adulti, che hanno conosciuto il peccato e i limiti della creatura umana, ma hanno lottato in un cammino di conversione a Cristo dentro le situazioni e le circostanze del viaggio terreno ed hanno fatto esperienza della misericordia di Dio, della pace che Dio dona e di cui quel martellante “Beati ” nel discorso della Montagna rivela le condizioni.

Incamminati anche noi verso «la città del cielo», destino, meta del nostro vivere sulla terra, la contempliamo, ripetendo una stupenda preghiera con la gioia e la fiducia con cui la compose Giovanni da Fécamp, nipote di san Guglielmo di Volpiano che fondò l’abbazia di S. Benigno Canavese e morì anch’egli nel monastero di Fécamp in Normandia; la facciamo nostra, consapevoli che il cammino di fede consiste nel dare a Dio, ma prima ancora nell’accogliere da Lui i Suoi doni, poiché è il Suo amore accolto ed assaporato che ci mette in movimento, e la santità che ci è proposta è consegnarci al Suo Amore, come fu per i discepoli chiamati a Sé da Gesù e che «si avvicinarono a lui», come abbiamo ascoltato nel Vangelo.

«O Casa luminosa e bellissima, io ho sempre amato il tuo splendore, il luogo dove abita la gloria del mio Signore, Colui che ti ha costruita e ti possiede. Sospiri a te il mio cammino quaggiù: io grido a Colui che ti ha fatta perché dentro le tue mura Egli possiede anche me. Io sono andato errando come una pecora smarrita, ma sulle spalle del mio Pastore, che è il tuo architetto, io spero di essere ricondotto a te.

Gerusalemme, città eterna di Dio, non si scordi di te l’anima mia. Dopo l’amore per Cristo sii tu la mia gioia ed il dolce ricordo del tuo nome beato mi sollevi da ogni triste zza e da tutto ciò che mi opprime».

La «casa luminosa e bellissima», meta del nostro pellegrinaggio sulla terra – ci fa comprendere il monaco Giovanni – è opera di Cristo che con la Sua Incarnazione, Passione, Morte e Risurrezione ci ha aperto la strada per il cielo, Lui che ha detto: Io sono con voi tutti i giorni fino alla fine del tempo, e che con la Sua presenza misteriosa e reale ci sostiene nel cammino verso il traguardo.

Raggiungere questa meta è l’essenziale della vita, di questa vita che è bella non perché sia sempre piacevole, ma perché è iscritta in un Mistero d’Amore e destinata a costituire la Città eterna della quale, già ora, io sono pietra che il divino Architetto prepara lavorandola con lo scalpello del Suo amore misericordioso.

«Sospiri a te il mio cammino quaggiù» Gli diciamo con il monaco Giovanni. Questo sospiro è la voce più vera del nostro essere che manifesta l’insopprimibile desiderio di felicità posto da Dio nel cuore umano: un cuore che chiede l’Eternità, poiché è fatto così dal Creatore: per una totalità, per una pienezza: poiché per meno di tutto non vale la pena!

«Io grido a Colui che ti ha fatta, perché dentro le tue mura Egli possiede anche me ». E’ la preghiera che dalla Chiesa oggi sale al Signore con intensità speciale. La facciamo nostra perché sappiamo che anche noi «siamo andati errando come pecora smarrita», ma  «sulle spalle del Pastore, speriamo di essere ricondotti a Lui» e ci «protendiamo» perciò «nella corsa per afferrarlo noi che già siamo stati afferrati da Cristo» (cfr. Fil.3,12).

I nostri Santi, tutti i fratelli e le sorelle che abbiamo nella Gerusalemme del cielo, come amici e modelli di vita ci accompagnano nel viaggio. Noi li guardiamo commossi e con il monaco Giovanni diciamo: «Gerusalemme, città eterna di Dio, non si scordi di te l’anima mia. Il dolce ricordo del tuo nome beato mi sollevi da ogni tristezza e da tutto ciò che mi opprime».
Autore: Mons. Edoardo Aldo Cerrato CO




La comunione delle cose sante

Uno degli articoli del Credo è relativo alla Communio Sanctorum.

Che cos'è questa Communio Sanctorum? Intanto può avere una duplice traduzione e, ambedue queste traduzioni, sono legittime: la comunione delle cose sante e anche la comunione dei santi.

è certo che prima di tutto il Simbolo Apostolico intende la comunione delle cose sante. è uno dei privilegi, anzi il privilegio che dimostra l'unità; il privilegio proprio dei credenti e ne dimostra l'unità proprio per il fatto che essi possono comunicare ai medesimi beni, possono tutti dei medesimi beni partecipare. Le cose sante sono comuni e questa è già una grande cosa, una cosa meravigliosa.

La ricchezza, sul piano naturale ed umano, tende a divenire sempre un fatto privato, un fatto che esclude gli altri. Mentre i beni terreni, non so se per natura loro, sembrano essere proprio una delle occasioni maggiori di divisione fra gli uomini, le cose sacre invece, per se stesse, implicano la comunione e realizzano una comunione perché, quanto più il dono è eccelso sul piano soprannaturale tanto più realizza una comunione; tanto più, di fatto, è comune.

Altre volte mi sembra di avervi detto che i doni più grandi che Dio può fare non sono quelli singolari, fatti ad alcuni santi, le stigmate per esempio: i doni più grandi sono quelli che Dio fa a tutti e che poi non tutti realizzano nello stesso modo. Certo nessuna grazia che Dio abbia fatto all'anima è maggiore dell'Eucarestia.

I doni più grandi di Dio...

Tanto più un dono è grande, è eccelso, nell'ordine soprannaturale, tanto più è comune e tanto più realizza una comunione. Di fatto, la Redenzione stessa è per sé una grazia, un dono divino, che realizza l'unità: l'anima non è salva che in quanto essa entra in comunione con Dio, un'anima non è salva che in quanto quest'anima entra di nuovo in rapporto con gli uomini nella Chiesa, fa parte di una Chiesa. Il male, il peccato divide, il male e il peccato ci chiudono: il male e il peccato ci escludono anzi, più che chiuderci. Invece la grazia che, secondo lo Scoto [Giovanni Duns Scoto, francescano, filosofo, teologo e scolastico scozzese, 1266-1308, chiamato anche Doctor Subtilis; beatificato nel 1993] si identifica alla caritas - e secondo i teologi ha la caritas come suo frutto immediato - la grazia allora che è l'amore e all'amore conduce, importa e realizza la comunione, l'unità. Communio Sanctorum: la comunione delle cose sante e la comunione nelle cose sante.

Dobbiamo renderci conto - ecco quello che prima di tutto si impone a noi - che tutto quello che il Signore ci ha dato, Io ha dato per tutti, lo ha dato perché tutti fossero uno. La massima ricchezza non è una ricchezza che ci distingue e ci divide, è una ricchezza che ci unisce e ci identifica: la grazia è la ricchezza che realizza l'unità.

...sono per tutti...

I beni che Dio ha concesso alla Chiesa sono beni che Dio ha concesso in vista di ogni anima e per ogni anima: la Sacra Scrittura, i Sacramenti divini, il magistero ecclesiastico, tutto è a servizio di tutti, tutto è per tutti e per ciascuno. La Chiesa non potrebbe sottrarre nulla a nessun'anima di quello che essa ha ricevuto. Dobbiamo renderci conto che anche, non so, quei ministeri che naturalmente non possono essere di tutti, sono però per tutti anch'essi. Il Papa veramente è Papa per me, a mio servizio, per il mio bene. Non vi è, non dico una grazia particolare, ma nessuna grazia dalla quale io sia in qualche modo escluso.

Ed è precisamente per questo accesso di tutti al medesimo bene che tutti, di fatto, entriamo in comunione fra noi, viviamo una nostra unità, realizziamo una nostra unità. Al contrario anche qui di quello che avviene sul piano naturale ed umano. Perché? Perché quanto più uno è dotato, tanto più si distingue; tanto più uno è dotato quanto più uno si separa, quanto più emerge. è un fatto questo inevitabile. Perché? Perché i beni sono limitati: un bene limitato per sé, non potrebbe essere bene di tutti che cessando di essere un bene. E la spiegazione è assai semplice. Prendete un miliardo, dividetelo in quaranta milioni di persone e voi vedete quanto ne tocca a ciascuno. Se invece questo miliardo tocca a uno solo, questo è abbastanza ricco. Sono beni limitati e perciò nella misura in cui uno ne partecipa, o piuttosto, tanto più uno ne partecipa quanto più è solo a parteciparne. Tutto tende a distinguerti, a separarti, sul piano naturale.

Voi vedete che fuori dal Cristianesimo l'umiltà non esiste; può esistere la modestia, ma non esiste l'umiltà. Lo stoico, che pure per tanti altri motivi può sembrare di vivere la vita del cristiano sul piano morale, ha però un orgoglio che gli deriva dalla consapevolezza di quello che egli è nei confronti del popolo, della massa, nei confronti di un volgo che egli odia e col quale egli non spartisce nulla, col quale non si sente in nessun modo solidale o in comunione. Diogene [Diogene di Sinope, filosofo greco, fondatore della scuola cinica, 412 a.C. ca. - 323 a.C.] rifiuta di vivere una sua partecipazione anche con un uomo grande come Alessandro il Macedone; non vuol nulla da lui, è troppo ricco in se stesso per aver bisogno di Alessandro. Siccome un bene limitato è divisibile, naturalmente quanti più sono a parteciparne tanto più questa divisibilità lo rende nullo. Di qui un fatto, che anche quelli che non sono beni, se però sono propri soltanto di pochi, tendono di per sé a divenire un bene; uno si gloria anche di una sciocchezza qualunque, purché sia solo a possederla o la possegga con pochi.

...per realizzare una comunione universale

Al contrario i beni soprannaturali tanto più veramente sono beni quanto più di fatto sono comuni. Perché? Perché in fondo i beni soprannaturali si identificano a un Dio, a un Dio che è l'amore e Dio tanto più veramente è posseduto dagli uomini, dall'anima, quanto più questo Dio, che l'anima possiede, è posseduto da tutti.

Ecco dunque la condizione del cristiano che vive nella Chiesa: egli non si sente defraudato di cosa alcuna, non si sente di nulla privato, tutto quello che la Chiesa è, è suo. Non quello che la Chiesa possiede come cose singole, ma quello che la Chiesa possiede nella partecipazione di una grazia che è Dio stesso. Questa diviene il bene di ciascuna anima; ogni anima ne partecipa nella misura che ne vuole, non nella misura della capacità del bene a parteciparsi, ma della capacità dell'anima a possederlo. Ognuno cioè può partecipare di questi beni nella misura in cui vuole, non nella misura che dipende dal bene stesso: il bene non ha misura. Appunto perché è infinito, tutto può essere tuo; la misura sei tu che la poni.

Che cosa hai da invidiare? Più nulla. L'invidia davvero, sul piano soprannaturale, è non solo un peccato, ma un controsenso, un assurdo. Che cosa vuoi invidiare? La santità di san Francesco? Ma è tua. La santità di Nostro Signore? è tua anche questa. Tutto è tuo nella misura in cui lo vuoi. Non sarebbe un bene divino, questa santità, se non solo non fosse comunicabile, ma non ti fosse comunicata, perché nella misura che questa è un bene veramente divino è amore e l'amore è in quanto si dà.

Vedete dunque che cosa vuol dire la Communio Sanctorum?

Noi crediamo a questa Communio Sanctorum, a questa comunione delle cose sante onde tutto il Paradiso è nostro, onde tutti i beni di Dio divengono patrimonio comune. Patrimonio mio, sì, ma non in senso esclusivo, perché se lo faccio mio in senso esclusivo, proprio per questo fatto, mi escludo dalla Communio. Queste cose mie, queste cose di Dio, tanto più sono mie, tanto più sono di tutti; tanto più le faccio mie quanto più mi libero da ogni esclusività nel possesso, quanto più di fatto io non pretendo privilegi, sul piano della santità e della grazia. Il privilegio qui, è quello soltanto dell'amore, è quello soltanto cioè di un amore che tende di per sé a diffondersi anche da te verso tutti, e trova soltanto una barriera non più in te, ma negli altri che non si aprono ad accogliere il tuo dono d'amore.

I privilegi di Maria

Guardate, per esempio, i privilegi di Maria Santissima. Ci sono tanti privilegi di Maria: l'immacolato concepimento, l'Assunzione... Sono privilegi ma non è che ella possegga questi beni come un bene suo proprio. Proprio nella misura in cui Dio si concede a quest'anima, in un modo così straordinariamente divino, nella stessa misura l'anima di Maria si apre per donare quella grazia che riceve a tutte le anime. Ed ecco perché proprio il privilegio dell'immacolato concepimento di Maria è il fondamento di quella dignità che la fa rifugio di tutti i peccatori; proprio perché ella è stata perdonata da ogni peccato prima ancora di averlo commesso, proprio per questo in lei è stato perdonato anche ogni peccatore, ella è rifugio di tutti noi. Così l'Assunzione di Maria non è privilegio ma il tipo della nostra resurrezione stessa. Se noi celebriamo l'Assunzione di Maria, non la celebriamo come un fatto che non ci riguardi: proprio perché ella ha ottenuto questo supremo attestato di amore da parte di Dio, proprio per questo, anche ella lo dona, ella lo partecipa; ella ce lo promette, lo implora, e attraverso di lei, Dio lo realizza.

Non vi è privilegio, sul piano soprannaturale, che ci escluda, che tenda a separarci. Ogni privilegio che tendesse a separarci dagli altri sarebbe un "non amore", sarebbe una negazione di Dio, una negazione della grazia. Se l'Assunzione, se l'immacolato concepimento di Maria la separassero da noi, non vorrei nemmeno saper più nulla di Maria Santissima, perché non riconoscerei più in lei Dio, perché non vedrei più in lei, vivente, l'amore infinito di Dio, che si comunica a tutti. Dunque i privilegi propri anche di Maria sono privilegi per modo di dire, privilegi che la fanno più capace di amare, più capace di donarsi, più capace di essere di tutti. Ed è infatti questo il privilegio supremo di Maria: quello di essere la Madre di ciascuno, mentre gli altri che si sono poco aperti all'amore, che non hanno accolto l'amore, proprio per questo medesimo motivo, sono meno comunicabili di lei, non sono come lei la Madre di tutti, non sono i fratelli universali, per dirlo in altre parole. Lo sono e non lo sono; non sono percepiti come tali, non vi sembra?

Tutto è di ciascuno

Communio Sanctorum: che meraviglia tutto questo!

Bisogna essere proprio piccini piccini, cioè non pretendere nulla per noi, escludere ogni proprietà perché è la proprietà che esclude l'amore, è la proprietà cioè che esclude questa ricchezza divina, questo bene che è Dio. Dio non può essere esclusivamente tuo: nella misura in cui tu lo fai tuo, Egli ti sfugge e non è; proprio nella misura che tu lo vorresti soltanto per te, proprio nella stessa misura, ti escludi al suo possesso.

Le cose sante sono comuni appunto per questo: sono tutte tue e tutte di tutti, e proprio perché essendo tue sono di tutti, proprio per questo anche quanto più Dio si comunica a te, tanto più in te si realizza l'unità con ogni creatura. Ecco Maria Santissima. Dio si è comunicato in modo sorprendente alla sua anima, ma ella non per questo si separa dagli altri, ma proprio per questo diviene invece la Madre di tutti. Proprio per questo diviene intima a ciascuno; proprio per questo ella vive in te più di quanto non viva in te la tua anima stessa.

Communio Sanctorum: che meravigliosa verità è mai questa!

E che gioia non ci dona il sentire che nulla ci è rifiutato, che da nulla siamo esclusi; che nessuna grazia, proprio perché è grazia, non ci è sottratta! E nella misura in cui tutto ci è donato, nella stessa misura, ecco, noi diveniamo aperti, senza più porte, senza più difese del nostro egoismo, liberati da tutto quello che ci divide e ci separa da Dio e dagli uomini, dagli angeli, dal mondo divino e dal mondo umano, da tutto.

Ognuno di noi, proprio per possedere Dio, bisogna che divenga immenso come Lui, per possedere Dio bisogna che si apra ad accogliere tutto come Dio stesso, bisogna che si faccia una sola cosa col tutto, nel Cristo.

Questa mi sembra che voglia dire prima di tutto la Communio Sanctorum.

La Comunione dei santi...

La nostra partecipazione alla redenzione del Cristo implica una partecipazione all'uomo della vita divina, di una grazia però che non è un bene esclusivo e non lo diviene mai, ma tanto più si partecipa quanto più anche diviene comune. Ora, proprio per questo motivo, la comunione delle cose sante diviene naturalmente e necessariamente la Comunione dei santi.

Se la grazia di Dio non si comunica all'uomo che aprendo l'uomo ad una universale comunione, ne viene precisamente che, quanto più l'uomo partecipa di questi doni divini, tanto più anche comunica con gli altri uomini, vive una comunione di amore con tutti quelli che partecipano ai medesimi beni. Per la carità di Dio l'uomo non si apre soltanto a Dio, non entra in comunione soltanto con la divinità, ma acquista una sua trasparenza onde l'anima può comunicare con tutte le altre anime, può vivere un rapporto di amore anche con tutti i fratelli.

Il peccato ci ha divisi, ci ha opposti gli uni agli altri e ci ha separati, ci ha reso opachi, impenetrabili all'amore; la grazia invece ci dona questa nuova trasparenza, ci dona questa nuova possibilità di comunione di amore. Ed è questo precisamente allora l'effetto della grazia divina: che cioè noi viviamo la vita di tutti e tutti vivono della nostra medesima vita; non c'è più nulla di proprio che non sia, anche qui, di tutti. Quanto più noi siamo ricchi e partecipiamo agli altri i nostri beni, tanto più dell'altrui bene noi viviamo. Un santo tanto più è santo quanto più è privo di ogni difesa nel suo amore, quanto meno è chiuso nella sua ricchezza.

...oltre lo spazio e il tempo

A questa comunione di amore non solo non è più di impedimento l'opacità del corpo, ma nemmeno la difficoltà di uno spazio che ci divide, di un tempo che ci può separare. Per la comunione dei santi, di fatto, un'anima può riassumere in sé la vita non solo di tutte le anime, ma di tutti i tempi: può veramente vivere un rapporto di amore con tutti coloro che questa medesima grazia hanno posseduto, posseggono o anche possederanno.

Il respiro dell'anima cristiana è veramente un respiro cattolico; il cristiano è per sua natura sinfonico. Che cosa noi dobbiamo agli altri? Che cosa gli altri debbono a noi? Noi potremmo dire: tutto, ogni cosa. Dio stesso non si comunica a noi che attraverso la mediazione dei nostri fratelli.

Tu non sei battezzato, tu non ricevi il perdono di Dio, tu non ricevi nemmeno il Corpo del Cristo, che attraverso la mediazione non solo della Chiesa, ma del sacerdozio. Tu non ricevi comunione di vita nella parola di Dio, che attraverso il magistero, l'insegnamento, non solo della Chiesa docente, ma di tutti quei fratelli che nella Chiesa sono maestri e discepoli. Uno anche se non insegna con la parola, insegna con l'esempio, insegna con la vita.

Il bene che noi ci comunichiamo a vicenda è uno solo: Dio, l'amore. Ma questo Dio, che è il bene unico e comune per tutti, è un bene che non si dona a ciascuno che attraverso la mediazione di tutti. Noi abbiamo bisogno dell'esperienza umana universale per vivere la nostra povera vita, per vivere la nostra piccola vita. Piccola, povera... No, perché in ognuno di noi vive tutto quanto l'universo, così che nell'universo io non mi perdo, così che nell'universo io non mi sommergo.
Questo di fatto, direi, è quello che distingue il cristiano.

L'alternativa al Cristianesimo

Noi pensiamo a due soluzioni al di fuori del Cristianesimo e ambedue sono soluzioni di morte, non di salvezza per l'uomo. Una soluzione è quella appunto dell'uomo che vivendo nel mondo, che vivendo nella storia, viene assorbito dal mondo, viene assorbito dalla storia, come parte di un tutto, ma precisamente, in quanto parte di un tutto, egli non vive. Che cos'è mai questa piccola parte che è l'uomo in una storia così vasta, in una storia così grande come la storia degli uomini? Che cos'è mai quest'uomo nella creazione? Una parte. Ma anche lo stesso nostro sistema stellare si perde nell'immensità degli spazi. Se tu sei parte non sei nulla. Giustamente però allora, al di fuori del Cristianesimo, l'uomo tenta di salvarsi separandosi dal tempo e dallo spazio, escludendosi dalla comunione con gli uomini, isolandosi in un isolamento feroce, cercando di difendere il proprio io, di contro a tutte le ragioni di un amore che tenta di sommergere questo piccolo lucignolo fumigante che è l'uomo. Ma anche in questo caso che cosa l'uomo vive? L'uomo vivrebbe nel suo isolamento se fosse Dio, cioè se avesse in sé la ragione della propria esistenza, cioè, se per vivere, l'uomo non avesse bisogno di alimentarsi continuamente. Ma l'uomo, come tutte le cose quaggiù, non ha una ragione del proprio esistere: come non ha ragione del suo essere, così non ha ragione in sé della sua esistenza. Per essere, ha bisogno di un atto creatore, per sussistere ha bisogno continuamente di essere alimentato nella sua vita. Una stufa ha bisogno che ogni giorno noi ci gettiamo il sacchetto di carbone.
L'uomo, sul piano anche fisico, per sussistere ha bisogno ogni giorno di mangiare. E voi pensate che per la nostra vita spirituale noi possiamo essere sufficienti a noi stessi? No certamente. Nel suo isolamento dunque, l'uomo mentre cerca di difendere se stesso di fronte a una sommersione, di fronte a un suo annientamento nella vastità delle cose, nel suo isolamento egli non vive che la sua morte, non fa che destinarsi alla morte.

Il Cristianesimo di fatto ci libera da una soluzione come dall'altra: tu non sei parte del tutto e tu non vivi isolato. Tu sei il tutto, perché il tutto vive in te. Tu sei il tutto perché tutta quanta l'umanità in te rivive, di tutta quanta l'umanità tu ti alimenti; tutta quanta la storia deve avere una sua eco nel tuo medesimo cuore. E tutto questo avviene precisamente in forza di questo amore divino, di questa grazia di Dio, di questa comunione delle cose sante che è Dio stesso poi, in ultima analisi, onde tu, ecco, accogli l'amore e lo doni.

In Dio accolgo tutto e tutti

Comunione dei santi. L'uomo non è parte dunque di un tutto e non è l'uno che si isola: se si isola dagli uomini si isola da Dio. Accogliendo Dio in sé, l'uomo diviene penetrabile da tutti e l'uomo accoglie anche tutti perché non accoglie Dio che attraverso la mediazione degli uomini. Per accogliere Dio, bisogna che accolga tutta quanta l'umanità; e d'altra parte non si isola, ma accoglie Dio per comunicarsi a sua volta a tutta quanta l'umanità.

Ecco la Comunione dei santi, mistero estremamente gioioso, estremamente glorioso per l'uomo. Tu vivi una comunione d'amore con ogni fratello, tu hai bisogno di ogni fratello per vivere Dio, e ogni fratello ha bisogno di te. Tu devi sentirti debitore di tutti, tu devi sentirti bisognoso di tutti. Vivere, per l'uomo, vuol dire sempre più aprirsi ad accogliere il dono divino, il dono di un Dio che giustamente non si comunica a te attraverso una singola cosa, ma attraverso tutte, perché di tutte Egli ha bisogno, di tutte in qualche modo ha voluto avere bisogno per donarsi al tuo cuore.

A tua volta, tu non possiedi ora Dio, tu non possiedi questa vita divina, che in quanto la comunichi a tutti. Sicché, l'essere tu bisognoso di tutti, il sentirti tu nella necessità, per vivere, di ricevere, di accogliere in te il dono di una vita che da ogni avvenimento, da ogni creatura ti viene comunicata, non ti dispensa dal comunicarti. Anzi: nella misura in cui accogli, nella misura in cui hai bisogno, nella stessa misura sei debitore. Tanto tu accogli quanto tu doni, e quello che accogli è l'immenso, Dio, e quello che tu doni è l'immenso, Dio stesso.

Dio è colui che ci unisce, Dio è colui che attraverso di noi si comunica, Dio è colui che tu ricevi e tu doni. La nostra comunione è in Dio, ed è Dio stesso che la fa.

Vivere la comunione...

Communio Sanctorum - comunione dei santi - mistero, dicevo, glorioso, ma come viverlo? Come dovremmo parlare un linguaggio più semplice! Come dovremmo sentirci impegnati a vivere questo mistero in una maniera veramente reale, concreta! Che debbo dirvi? Questo bisogno voi lo sentite? Vorrei che lo sentiste.

...nella lectio divina...

La lectio divina, uno dei mezzi più necessari alla vita cristiana, che cos'è se non precisamente un accogliere Dio se non attraverso una nuova esperienza? Guarda che Dio si comunica a te prima di tutto, dicevo, attraverso un'esperienza che giustamente è stata in qualche modo consegnata alla parola.

Dio si è comunicato prima all'uomo attraverso le cose. Una lectio divina è anche aprire gli occhi a vedere la creazione, e vedere la creazione come libro di Dio: "e;Coeli enarrant gloriam Dei"e; (Sal 18, 2). Dunque i cieli parlano, i cieli sono una scrittura divina, è una scrittura divina anche la creazione, che tu devi interpretare, che tu devi accogliere. Le cose stesse ti parlano di Dio: tu devi accogliere il loro messaggio. Dunque la lectio divina è la contemplazione della natura, ma una lectio divina è anche, e soprattutto, una lettura e una meditazione dei Libri Sacri. Attenti qui: nei Libri Sacri, Dio non ti parla attraverso la natura, ti parla attraverso il linguaggio di un uomo. I Libri Sacri sono la letteratura di un popolo: la letteratura ebraica praticamente si identifica alla Bibbia.

L'esperienza dunque di una storia umana, la storia di un popolo, l'esperienza di un popolo nella sua vita civile, politica e culturale: questa è la parola di Dio. Dio e l'uomo sono insieme confusi, più che confusi sono insieme uniti, e tu non accogli Dio che attraverso questo accogliere l'uomo. Per vivere tu la parola divina, devi accogliere Israele nel tuo cuore.

"e;Siamo tutti dei semiti, spiritualmente"e;, diceva Pio XI. Non lo siamo soltanto perché Israele ci ha dato la rivelazione, ma perché ci ha dato la rivelazione attraverso la sua stessa esperienza umana, la sua medesima storia. Tu comunichi con Dio se tu comunichi con tutto il popolo, tu vivi di Dio se fai tua l'esperienza di Mosè, di Isaia, di Geremia, di uomini che non sono lontani da te, che tu devi sentire padri tuoi e tuoi fratelli. "Tipo" della santità rimangono essi per te; Dio non si comunica a te se non attraverso di loro. Non è forse vero?

...e nell'esperienza dell'uomo

Vi ricordate quello che vi dicevo proprio domenica? Ogni letteratura nell'antichità è sempre stata considerata una letteratura sacra, ispirata in qualche modo da Dio. Ed è vero in qualche modo. Non certo ogni letteratura si può mettere sul piano della letteratura d'Israele, della Bibbia, e tuttavia l'uomo può comunicare se stesso senza comunicare Dio? Non è forse vero che Lucrezio [Tito Lucrezio Caro, poeta e filosofo latino, 98-55 a.C.] - per parlare di un poeta latino - ti può veramente condurre, darti un senso del sacro di fronte alla natura?
Ed Eschilo [poeta tragico greco, ca. 525-456 a.C.] per i greci?

Classica e non classica, antica e moderna, l'esperienza dell'uomo non è mai un'esperienza di un uomo soltanto, è l'esperienza anche di un Dio, che l'uomo o crocifigge nel suo cuore o combatte furiosamente per sottrarsi al suo impero.
Oppure di un Dio, invece, a cui l'uomo si apre, si abbandona per essere invaso da Lui, per essere da Lui posseduto.

Le molteplici Rivelazioni...

La comunione dei santi. Dio si comunica all'uomo attraverso la mediazione degli uomini, cosicché tu non potrai mai ricevere Dio se non aprendoti ad accogliere ogni uomo; e non soltanto l'uomo. Ma giustamente noi dobbiamo insistere soprattutto sugli uomini perché, mentre se tu accogli il messaggio divino attraverso gli avvenimenti e le cose, tu entri in comunione con Dio, ma non con gli uomini, è invece nell'accogliere Dio attraverso gli uomini che non soltanto accogli Dio, ma accogli gli uomini stessi. Allora tu vivi ora non più soltanto in comunione con Lui, ma in comunione anche con loro, che diventano tuoi fratelli.

...cosmica...

Si diceva: uno dei mezzi fondamentali per alimentare in noi la vita divina, è precisamente la lectio, la lettura sacra, la meditazione, per usare un linguaggio moderno, meditazione che deriva da una lettura. Ora la lettura che si fa per prima, è la lettura della creazione: la creazione stessa si apre davanti a te come un libro perché tu possa leggervi Dio, perché tu possa trovarvi la sua parola e tu possa comunicare con la sua volontà, col mistero della sua grandezza, col mistero della sua santità.

Ma giustamente, attraverso questa lettura, la tua comunione non potrà mai divenire una comunione personale con le cose: le cose divengono soltanto lo strumento perché tu entri in comunione con Dio. Tu anzi devi trascendere le cose medesime, nell'istante in cui tu raggiungi la divinità, nell'istante che ti apri ad accogliere Lui.

...profetica

Ma vi è un'altra lettura, una lettura che in senso più proprio viene detta lectio divina: la lettura dei Libri Sacri, che è normativa per ogni altra lettura.

Nei Libri Sacri è consegnata non soltanto la parola di Dio - questo si diceva poco fa - ma anche la parola dell'uomo, di tutto un popolo, di tutta la storia di un popolo. Praticamente la Bibbia si identifica a tutta la storia del popolo ebraico, fin tanto che il popolo ebraico rimane il popolo eletto, il popolo di Dio. Tu ora non accogli questo messaggio divino, la rivelazione di Dio, che accogliendo tutta questa storia; tu non vivi una comunione con Dio che vivendo una comunione con questo popolo, che facendoti tu in qualche modo un israelita spiritualmente, come diceva Pio XI. Non c'è possibilità per noi di accogliere Dio indipendentemente da questa storia, indipendentemente da questa parola, indipendentemente da questa esperienza, che è una esperienza umana: è l'esperienza di Geremia e di Isaia, di Mosè e di Abramo, è l'esperienza di questi uomini di Dio. Come essi hanno accolto Dio, così ora Dio si comunica a te attraverso la loro esperienza, nella loro stessa esperienza.

E si diceva ancora: certo che la Bibbia, la lettura biblica è normativa di ogni altra lettura, per un'anima religiosa, perché indubbiamente nessun'altra letteratura, di nessun altro popolo, comunica in un modo così pieno il valore divino, la volontà di Dio, come questa letteratura.

E pur tuttavia si soggiungeva: vi è forse un'esperienza dell'uomo che non implichi Dio? In ogni esperienza umana tu non ritrovi che Dio, magari in quanto l'uomo ha combattuto questo Dio che voleva forzare la porta per entrare nel suo cuore. Così giustamente non vi è lettura che non ci riporti a Dio, che non possa comunicarci Dio.

...per accogliere l'umanità intera

Tu hai bisogno di Dio, ma non lo puoi ricevere che accogliendo tutti gli uomini in te, che aprendoti ad ogni umana esperienza, che facendoti tu solidale con tutti. La comunione con Dio implica la comunione con tutta quanta la comunità umana. Non solo: non si potrà mai comunicare a te un'esperienza umana che nell'atto medesimo in cui si comunica a te Dio stesso, perché l'uomo è dall'uomo separato e diviso, finché la grazia non crei una possibilità di comunione e di amore. Questa grazia che ci comunica Dio è anche la grazia che di nuovo apre a noi la possibilità di una comunione con gli uomini.

Noi cristiani, proprio in forza della grazia che possediamo, siamo nelle condizioni migliori per accogliere tutti, per sentire tutti, per vibrare con tutti, per far nostra l'esperienza di tutti. Veramente la Chiesa ha ereditato le spoglie dell'Egitto, veramente il cristiano è l'erede di tutta la storia del mondo.
Tutta la storia del mondo ha un'eco nel suo intimo cuore

I santi...

Certo che soprattutto tu vivrai in comunione con gli uomini in quanto questi uomini sono dei santi perché, se la comunione ti è possibile in forza della caritas, solo in forza di un Dio che è il possesso comune, ne viene che quanto più santo è colui che ti parla, tanto più tu attraverso di lui entri in comunione con Dio ed entri in comunione con colui che ti parla e vivi la sua stessa esperienza.

Ed è anche vero questo: che se tu hai bisogno di Dio, che se la tua vita interiore si alimenta di Dio, è chiaro anche che il bisogno di una comunione con gli uomini tanto più è vero e reale, quanto più questi uomini sono veramente dei santi, cioè veramente ti comunicano Dio, veramente ti danno Dio. Di qui, vedete, l'importanza che ha, nella vita cristiana l'agiografia, e anche i libri scritti dagli uomini che hanno avuto nella storia del Cristianesimo, ed anche nella storia del mondo, un'esperienza singolarissima di vita divina. Potresti tu fare a meno di sant'Agostino, di Origene, di santa Teresa, di san Giovanni della Croce, di santa Teresa del Bambino Gesù? No, non ne puoi fare a meno. Certo, anche di tutti gli altri tu senti il bisogno, anche di tutte le altre anime in qualche modo tu senti fame, ma soprattutto di queste perché in esse massimamente Dio è presente, e attraverso di loro massimamente si comunica a te.

...mediatori di Dio...

è difficile per noi esagerare il valore che ha avuto nella storia della santità cristiana l'agiografia, per esempio, e l'importanza che hanno avuto le vite dei santi. Pensiamo un poco quanti sono i santi che si sono fatti santi proprio per un primo contatto con altre anime, più che con Dio, con altre anime sante: per sant'Agostino, la vita di sant'Antonio; la vita di santa Maria Egiziaca per il Beato Colombini; la Legenda aurea per sant'Ignazio di Loyola. E tanti altri oltre loro. Così sempre nella Chiesa.

Si può noi pretendere di comunicare con Dio, di vivere un "solo a solo" con Lui? No, si diceva già prima, un "solo a solo" con Dio è veramente un assurdo per noi cristiani. La fuga del "solo a solo" di Plotino [filosofo greco, nato in Egitto, fondatore del neoplatonismo, 204 o 205-270], è veramente un assurdo per noi cristiani, nell'esperienza cristiana, perché Dio è l'amore e tu lo possiedi soltanto nella misura in cui ti apri a comunicarti agli altri, perché Dio non si dona a te che attraverso la mediazione degli uomini. E una volta che tu lo possiedi, se Egli è l'amore, Egli anche da te si comunica a tutti, anche Egli da te si deve donare a ciascuno.

...norma di vita

Si parlava dianzi della lectio divina, la lettura della Sacra Scrittura. Certo che, più della dottrina, non vi è un altro sacramentale più alto, più ricco di grazia, più efficace per la nostra vita interiore. Di fatto rimane anche vero che la nostra comunione, prima ancora di essere una comunione con gli altri uomini, anche cristiani badate, santi cristiani, è una comunione con Abramo, Mosè, Isaia, Geremia, Cristo, Pietro, Paolo, Giovanni, con gli uomini cioè, la cui vita, in qualche modo, è indivisibile dallo stesso messaggio della rivelazione divina. La rivelazione divina in tal modo viene congiunta, unita, all'esperienza umana di questi uomini, che per te sono divenuti norma di vita.

Tu puoi imitare o non imitare san Luigi, tu puoi imitare o non imitare santa Teresa, ma tu non potrai mai, se vuoi vivere una vita divina, non imitare Abramo. Tu non puoi non vedere in Abramo una norma che si impone al tuo spirito, tu non potrai non vedere in Pietro o in Giovanni o in Paolo, una norma di vita. E soprattutto nel Cristo, nel Cristo non in quanto si comunica a te attraverso il Sacramento eucaristico, ma in quanto si comunica a te attraverso la sua esperienza umana consegnata nella storia evangelica attraverso quella parola.

Anime sinfoniche...

Non sentite vivere in voi la vita di tutti questi uomini, non sentite che la vostra anima è veramente un'anima sinfonica?

Che cos'è vostro? Nulla, perché tutto quello che è vostro è di tutti. Che cosa voi dovete agli uomini? Voi stessi non lo sapete: tutto avete ricevuto da loro, perché tutto a voi viene attraverso di loro, e tutto voi dovete a loro perché tutta la vostra esperienza dovete anche comunicarla ai fratelli, perché gli altri si nutrano del vostro sangue, della vostra anima, della vostra stessa esperienza.

lo vi richiamo soprattutto, per vivere questa Communio Sanctorum, all'importanza che ha nella vostra vita spirituale la lettura della Sacra Scrittura; dopo di questa viene la lettura degli altri libri più o meno sacri, perché tutti sono sacri: libri di santi, siano essi vite o anche trattati di dottrina. Il pericolo per noi è che si trasformi la lettura in uno studio. Ora lo studio non è più la comunione con un'anima, è piuttosto una elucubrazione di idee, è un'impalcatura, una sistemazione di concetti.

...cioè vive

Voi dovete mantenervi anime vive e sentirvi in comunione con anime vive. La lettura si deve trasformare per voi in una comunione d'amore, una comunione di amore onde voi accogliete, attraverso l'uomo, Dio stesso, onde voi, accogliendo Dio, entrate anche in comunione con colui che ve lo comunica.

Non è mai senza commozione che io rileggo certe pagine di Newman [John Henry Newman, teologo, filosofo e cardinale inglese, 1801-1890; beatificato nel 2010], anche del suo testamento, in cui parla degli antichi Padri della Chiesa come di amici, come di persone che egli sente veramente vive nella sua vita, con le quali egli ha veramente un rapporto di amore. E in fondo è così: la nostra comunione con gli altri avviene nella nostra stessa comunione con Dio. Così questo si realizza: che ci sono più vicini i santi dei nostri stessi familiari, che viviamo una comunione più intima con san Francesco e santa Teresa di quella che viviamo con i colleghi della scuola o con i fratelli di sangue. Tu vivi la loro vita più di quanto tu non viva la vita dei tuoi fratelli. Così, la vita di santa Teresa del Bambino Gesù ti è più vicina, ti forma di più, di quanto non ti formi, di quanto non sia norma per te, di quanto non alimenti la tua vita intima, l'esperienza dei tuoi fratelli di sangue.

Dio fonte di comunione

Vediamo dunque come gli uomini comunicano fra loro: attraverso Dio stesso. Quanto più gli uomini comunicano Dio, tanto più comunicano anche se stessi. La nostra comunione con gli uomini si realizza in una nostra comunione con Dio, l'unità con gli uomini è Dio stesso, che è il bene e degli uni e degli altri, bene comune anzi di tutti. In Lui dunque la comunione si stabilisce, in Lui dunque la comunione si rafforza, in Lui la comunione si approfondisce e diviene grande, immensa, diviene intima, dolce. In Dio la comunione diviene veramente viva.

Come comprendiamo che l'uomo è immortale! Proprio per questa Communio Sanctorum, perché infatti, se io dovessi vivere soltanto una mia comunione con delle persone con le quali il bene con cui comunico non è Dio, questa comunione si esaurirebbe. Si esaurisce molte volte anche la comunione di un marito con la moglie, dopo molti anni di vita in comune; si sente al termine che non c'è più nulla da scambiare fra loro. Com'è triste tutto questo, ma come è vero! Vivendo con dei fratelli di sangue, pian piano ci si accorge che siamo sempre più lontani fra noi. Com'è triste ma com'è vero! Il bene comune che crea la comunione è Dio; è nella comunione dei santi che questo Dio è l'unità. Ma se Dio alimenta questa comunione, questa comunione è indefettibile, eterna. Ed ecco perché ci sono più vicini Agostino e Gregorio di quanto non ci siano vicine certe persone che ci passano accanto per la strada.
Che cosa ho da spartire con costoro? Tanto e nulla o ben poco. La Communio Sanctorum può realizzarsi anche con loro, con quelli che mi passano accanto occasionalmente, e deve realizzarsi anche con loro, soprattutto in quanto sono debitore a loro di quel Dio che posseggo. Tuttavia, o per una mia povertà spirituale o per un loro egoismo onde essi si chiudono e non accolgono Dio, la comunione rimane estremamente fragile, il bene comune in cui possiamo trovarci uniti è tale che non basta a dare né una vita profonda a me e all'altro, né una vita eterna, né una vita che doni all'uno e all'altro l'immortalità. Come invece sentiamo che la comunione con i santi ci dona realmente la vita, come sentiamo che nella comunione di questi santi veramente la nostra vita si dilata, si arricchisce, acquista una forza, un vigore che il tempo non basta ad esaurire, a impoverire.

Accogliere i santi

Bisogna vivere questa comunione dei santi! Oggi troppo poco si parla dei santi: non va bene. Ho paura di questa dimenticanza perché il Cristianesimo se dimentica i santi dimentica la redenzione; si misura la grandezza della redenzione dal frutto, che sono i redenti, che sono i santi cristiani.

Vivere con loro, comunicare con loro, aprirci ad accogliere il loro dono di amore, perché soltanto nell'accogliere questo dono di amore, noi accogliamo Dio stesso, noi viviamo in Dio una medesima vita! Questo è il compito nostro, questo è il modo di vivere il mistero che noi crediamo quando diciamo: "e;Credo nella Comunione dei Santi"e;.

L'Eucarestia

è uno dei mezzi, quello della lettura, fra i più facili e i più necessari per vivere la Communio Sanctorum ma non il solo né il più grande. Se è vero quello che dicevo, che cioè Dio si comunica attraverso la mediazione degli uomini, sarà più perfetta la comunione coi santi, quando è più perfetta la comunione con Dio, quando Dio si dona nella misura più alta, più perfetta alla creatura. Allora anche avviene la comunione più perfetta, più intima, più vera coi santi.

Quando? La lectio divina ci riporta un mezzo di comunione con Dio che era proprio dell'antica rivelazione profetica più che della rivelazione cristiana. Indubbiamente i Libri Sacri rimangono anche per i cristiani; anzi, i cristiani non hanno come libri sacri soltanto i libri dell'Antico Testamento, ma anche i libri del Nuovo. Tuttavia nemmeno i libri del Nuovo Testamento sono il più alto dono che Dio ha fatto agli uomini nella rivelazione cristiana.

Il più alto dono che Dio ha fatto di Sé agli uomini, nella rivelazione cristiana, più ancora del Nuovo Testamento, sono i Sacramenti divini: l'Eucarestia in particolare. Ora, se nell'Eucarestia Dio si dona, si comunica nel modo più intimo e vero, nel modo più alto e immediato, se così si può dire, è giusto pensare che anche in quel mezzo, in quell'atto, la nostra comunione coi santi si realizzi nel modo più perfetto. Ed è proprio quello che pensavo nel recitare il Vespro insieme con voi. Oggi celebriamo la memoria di Sant'Andrea Avellino: chi lo conosce [al secolo Lancellotto Avellino, sacerdote nel 1545, entrò fra i Teatini nel 1556 col nome di Andrea; 1521-1608. Fu proclamato beato nel 1624 e santo nel 1712]? Eppure io parlavo a Dio di lui, invocavo la sua intercessione, era una comunione con lui. Non potevo vivere la lode divina che in quanto entravo in comunione con un santo.

La liturgia

Che cosa mirabile è mai la liturgia della Chiesa! Non fa presente soltanto il Mistero del Cristo: fa presente il Mistero di un Dio che si comunica al mondo, nel fare presente anche tutta la Chiesa trionfante, i morti del purgatorio, i cristiani che vivono quaggiù, perché la liturgia della Chiesa non è mai preghiera privata, è una preghiera in cui tutta la Chiesa in qualche modo è coinvolta, è presente, è viva, ma soprattutto fa presente la Chiesa trionfante.

Ma pensate un poco! San Tommaso d'Aquino: mica studio le sue opere! Egli pensa a me. La grandezza di questi uomini non li allontana affatto dal più umile cristiano perché anche il più umile cristiano non soltanto celebra la festa di san Tommaso, ma ne invoca l'intercessione, ma vive in comunione d'amore con lui.

Fin tanto che vivevano quaggiù sulla terra, anche i santi non vivevano in una comunione così intima con gli uomini come ora che sono nel cielo. La stessa loro missione praticamente li separava dagli uomini, li rendeva estranei ai fratelli. Quanti avranno avuto la possibilità di accedere, non so, ad un Papa e parlare ad un Papa delle piccole cose! Quanti avranno avuto accesso facile, in modo da stabilire una vera comunione personale di amore, con san Tommaso d'Aquino o con sant'Edoardo Re, per fare degli esempi. E ora che sono morti, ecco ti sono dati, entrano nella tua vita, sono tuoi compagni di viaggio, sono tuoi amici, ti danno quello che ti fa vivere giorno per giorno. La grazia divina la ottieni per la loro intercessione, per la loro preghiera, per un loro ministero di amore.

Il Santorale

Il Santorale, nella Liturgia della Chiesa, ci dice che cosa è mai la vita cristiana: non solo comunione con Dio, ma comunione con tutta quanta l'umanità, di tutti i tempi, di tutte le razze, perché tutti entrano nella tua vita.

Pensa un poco: uno come noi può vivere in un angolino appena appena conosciuto da poche persone. Eppure invece, ci conoscono e noi conosciamo loro; ci conoscono e ci amano - e noi li amiamo - persone che sono vissute nella Persia o nel Giappone o nell'America del Sud, come santa Rosa da Lima, come il Beato Martino de Porres [Martino de Porres, mulatto peruviano, terziario domenicano, 1579-1639; proclamato santo nel 1962], come santa Marianna di Gesù [Mariana de Jesùs Paredes y Flores, terziaria francescana ecuadoregna, 1618-1645; proclamata santa nel 1950]. Possono entrare nella nostra vita come amici e fratelli, e più che amici e fratelli, perché, si diceva già prima, l'unità qui non è stabilita dal legame del sangue, ma dal bene che l'anima e il santo possiede e che è Dio stesso.

In Dio nulla ci separa

Possiamo vivere come fratelli ed essere di diverse razze, di diversa civiltà, lontani nel tempo, estremamente diversi nel temperamento, con una missione, nella Chiesa, estremamente diversa: eppur nulla ci allontana. Quaggiù tutto ci allontana: lo spazio, il tempo; uno che vive oggi è separato da coloro che vivevano ieri: il tempo separa, lo spazio separa. Anche la condizione sociale separa: uno ha una certa cultura, l'altro non ha nessuna cultura, non c'è modo di stabilire veramente un contatto intimo, personale. La ricchezza separa, i doni stessi separano, i doni naturali, come si diceva stamani. Invece la carità di Dio, la Communio Sanctorum, il possesso di Dio, fa intimi gli uni agli altri senza che nessun impedimento, nessun ostacolo, possa impedire l'amore, possa impedire questa comunione di amore. Dio che è al di sopra del tempo, Dio che trascende lo spazio, Dio che supera tutte le divisioni, opera l'unità. L'unità di tutti i tempi nella tua medesima vita, l'unità di tutti gli spazi nella tua stessa esperienza umana. L'unità di tutti i popoli nella tua povera vita, perché tutti i popoli entrano nella tua vita con la loro esperienza, con la loro storia, con la loro vita, e tu vivi la vita di tutti e tutti vivono la tua vita, nella misura in cui tu vivi in Dio, nella misura in cui tu, vivendo di Dio, sei debitore a ciascuno.

Ed ecco che un santo, che vive oggi una povera vita, diviene poi una fiaccola per tutte le nazioni, diviene poi un cuore che pulsa nel cuore di tutti. Una santa Teresa del Bambino Gesù, nella cella accanto alla sua, fin tanto che viveva quaggiù sulla terra, era sconosciuta, dimenticata, lontana. Ma ora ella vive non vicina, ma nel cuore di tutti; non soltanto perché è ricordata, ma perché essa è viva nel comunicare Dio, la propria esperienza religiosa.

La Messa, tutta la storia del mondo

Avete voi questa percezione di vivere una vita così? Una sinfonia così ampia, così ricca, così vasta, in tal modo che tutto quello che è umano abbia una ripercussione nel vostro cuore?

Basterebbe pensare a quello che diciamo nella Messa, dopo la Consacrazione: "e;Supra quae propitio ac sereno vultu respicere digneris..."e;. Ci farebbero andare in estasi queste parole, soltanto se le pensassimo: basterebbe pensarle! Vivere noi l'atto di Abele e in Abele tutta la civilizzazione antica, tutta l'esperienza umana prima della vocazione di Abramo, tutta l'esperienza ebraica fino a Cristo. Tutta la rivivi in quell'atto, tutta si fa presente in quell'atto. Pulsa nel tuo cuore la stessa ansia di tutta un'umanità che ha cercato Dio, a tentoni, nel buio. Pulsa nel tuo atto tutta l'aspirazione del popolo d'Israele nell'attesa del compimento della promessa; vive nel tuo atto tutto l'ardore dei confessori, dei pontefici, dei martiri cristiani. II tuo atto è la vita del mondo, è veramente tutta la storia del mondo.

I santi si donano

E, guardate, una cosa importante: siamo noi i sordi, non loro. Essi si donano, siamo noi che non li accogliamo. Se sant'Edoardo rimane un estraneo ancora nella nostra vita, non è per colpa sua, è per colpa nostra. Come è bello sentire che noi abbiamo parte alla missione stessa di questo santo, perché questo santo ci viene incontro con un nome, un cognome e certe generalità! Entra nella vita, cioè, con la sua esperienza. Non è un qualunque uomo, è sant'Edoardo, si noti bene, cioè un re dell'Inghilterra medievale. lo che ho una missione così misera, vivo la missione di tutti i santi. Che cosa ho da invidiare a Santa Margherita Maria? Nella misura in cui essa è santa ed ama, le sue grazie sono mie grazie, la missione che ha avuto nella Chiesa diviene la mia missione. Non mi è sottratto nulla, dicevo stamani, non mi è sottratta dunque la posizione che essi hanno avuto nella storia. San Tommaso d'Aquino diviene il mio amico in quanto è un dottore della Chiesa. Non è un nome, un'etichetta. Kant [lmmanuel Kant, filosofo tedesco, 1724-1804] è un'etichetta per me, un'etichetta per dire quello che è il pensiero kantiano, non è vero? Ti ha mai interessato il personaggio Kant? Poteva essere una curiosità sapere che aveva la mania di andare sempre a passeggio in quelle date ore del giorno. Poteva essere una curiosità intellettuale, non che tu vivessi una comunione con lui. Ma i santi - può essere anche una curiosità tua conoscere la vita dei santi - i santi veramente entrano nella tua vita con la loro carica umana di amore, di un amore che certo è soprannaturale nel suo principio, ma umano nella sua espressione, perché i santi sono uomini, pur essendo glorificati, pur essendo nella gloria di Dio. Essi ti amano e tu li ami, non sono un'etichetta. Si stabilisce fra te e loro una comunione di amore, una famiglia; l'unità di una vita.

Vivere la vita dei santi

Se tu la pensi un poco, che meravigliosa cosa è mai questa!

Così piccolo tu sei, così povero tu sei, così limitato è il tuo orizzonte, così limitata la tua esperienza. Eppure in questa tua esperienza, in questa tua piccola vita, risuona l'eco di tutte le età, vive e pulsa il cuore di tutte le generazioni, si anima questa tua piccola vita della vita di tutte le anime che hanno conosciuto Dio e l'hanno amato.

Per questo - vedi - non ti è sottratto nulla. Pur vivendo a Viareggio, puoi vivere la vita nel Carmelo di sessanta anni fa, la vita del Carmelo di Lisieux. Puoi vivere sì, certamente, l'ansia intellettuale di Tommaso, puoi vivere sì, certamente, lo spirito missionario di san Francesco Saverio. è quello che viveva - ricordate - santa Teresa del Bambino Gesù. Lo dice nell'ultimo capitolo della Storia di un'anima. Ella, nel suo piccolo Carmelo, viveva questa vita immensa: la vita di tutti i santi, dei dottori, dei martiri, dei confessori, dei pontefici: tutta la vita, in una sinfonia di una grandezza impressionante.

La tua piccola vita non ti toglie nulla; non ti è impedito di vivere altrettanto, in ogni momento, tutto.

L'uomo, centro del tutto...

L'uomo, si diceva già prima, non è parte di un tutto: il tutto è Dio, e se il tutto è Dio, non vi è una circonferenza ma ogni punto è il centro cui tutto converge. Si dice - ricordate? - riguardo agli spazi stellari: la circonferenza non è da nessuna parte e in ogni parte è il punto, il centro. Questo non è vero per gli spazi stellari comunque essi siano, ma è vero per la vita spirituale, se la vita spirituale, la vita soprannaturale è Dio stesso in quanto si comunica al mondo. Allora è vero che ogni anima è centro, centro cui convergono tutte quante le cose, perché centro di una sfera è il punto da cui parte tutta la sfera. Così la terra: centro della terra è quel punto che attira a sé tutta la terra, e se la terra è solida lo è precisamente per questo centro, per questa attrazione onde tutte le cose vengono ricondotte a questo centro. Anche la tua anima, ogni anima, è centro: tutta quanta la creazione converge in te, pesa su di te e tu non sei schiacciato. E come centro anche da te si diparte tutta quanta la creazione; tutto a te converge, tutto da te s'irradia. Di tutto hai bisogno per vivere, a tutta la creazione tu dai la vita, nel possesso di Dio.

...nel possesso di Dio

Questo tu devi vivere, nella Liturgia.

Pensa un poco: se il Papa vive, lo deve a te, se il Papa scrive un'Enciclica, lo deve a te. Tutto è tuo, però tu hai bisogno non soltanto del Papa, ma anche di un bambino. Da ogni parte accogli Dio e a tutte le creature tu lo doni.

Questo è vero non solo per coloro che vivono quaggiù, ma anche per i santi. E com'è bello, per esempio, glorificare Maria! Donare Dio a Maria Santissima, ai santi, nel lodarli, nel glorificarli, nell'esaltarli! Che cosa noi facciamo se non portare Dio nel loro animo, quasi che essi dovessero ricevere Dio da noi, ricevere proprio dalle nostre mani la gloria che è loro dovuta? Siamo noi che incoroniamo Maria: anche per le nostre mani essa è e deve essere incoronata.

Non ci sono mai soltanto quelli che ricevono: nel mondo divino della grazia, noi riceviamo da tutti per donare a tutti e a ciascuno, anche nella nostra povera vita, nella nostra piccola vita comunque essa sia. Questo mi sembra che ci insegni la liturgia della Chiesa.
Autore: Divo Barsotti






Église Tutti i Santi (Tous-les-Saints), via San'Antonio Abate 
dans le borgo Sant'Antonio (littéralement bourg Saint-Antoine, centre historique de Naples ). 
Elle dépend de l'archidiocèse de Naples.




La festa di tutti i Santi, il 1 novembre si diffuse nell’Europa latina nei secoli VIII-IX. Si iniziò a celebrare la festa di tutti i santi anche a Roma, fin dal sec. IX.

Un’unica festa per tutti i Santi, ossia per la Chiesa gloriosa, intimamente unita alla Chiesa ancora pellegrinante e sofferente. Oggi è una festa di speranza: “l’assemblea festosa dei nostri fratelli” rappresenta la parte eletta e sicuramente riuscita del popolo di Dio; ci richiama al nostro fine e alla nostra vocazione vera: la santità, cui tutti siamo chiamati non attraverso opere straordinarie, ma con il compimento fedele della grazia del battesimo.

Dai “Discorsi” di san Bernardo, abate

A che serve dunque la nostra lode ai santi, a che il nostro tributo di gloria, a che questa stessa nostra solennità? Perché ad essi gli onori di questa stessa terra quando, secondo la promessa del Figlio, il Padre celeste li onora? A che dunque i nostri encomi per essi? I santi non hanno bisogno dei nostri onori e nulla viene a loro dal nostro culto. E’ chiaro che, quando ne veneriamo la memoria, facciamo i nostri interessi, non i loro. Per parte mia devo confessare che, quando penso ai santi, mi sento ardere da grandi desideri. Il primo desiderio, che la memoria dei santi o suscita o stimola maggiormente in noi, é quello di godere della loro tanto dolce compagnia e di meritare di essere concittadini e familiari degli spiriti beati, di trovarci insieme all’assemblea dei patriarchi, alle schiere dei profeti, al senato degli apostoli, agli eserciti numerosi dei martiri, alla comunità dei confessori, ai cori delle vergini, di essere insomma riuniti e felici nella comunione di tutti i santi.

Ci attende la primitiva comunità dei cristiani, e noi ce ne disinteresseremo? I santi desiderano di averci con loro e noi e ce ne mostreremo indifferenti? I giusti ci aspettano, e noi non ce ne prenderemo cura? No, fratelli, destiamoci dalla nostra deplorevole apatia. Risorgiamo con Cristo, ricerchiamo le cose di lassù, quelle gustiamo. Sentiamo il desiderio di coloro che ci desiderano, affrettiamoci verso coloro che ci aspettano, anticipano con i voti dell’anima la condizione di coloro che ci attendono. Non soltanto dobbiamo desiderare la compagnia dei santi, ma anche di possederne la felicità. Mentre dunque bramiamo di stare insieme a loro, stimoliamo nel nostro cuore l’aspirazione più intensa a condividerne la gloria. Questa bramosia non é certo disdicevole, perché una tale fame di gloria é tutt’altro che pericolosa. Vi é un secondo desiderio che viene suscitato in noi dalla commemorazione dei santi, ed é quello che Cristo, nostra vita, si mostri anche a noi come a loro, e noi pure facciamo con lui la nostra apparizione nella gloria. Frattanto il nostro capo si presenta a noi non come é ora in cielo, ma nella forma che ha voluto assume

Autore: 
Monaci Benedettini Silvestrini