dimanche 12 août 2012

Sainte CLAIRE D'ASSISE, vierge, abbesse et fondatrice


SAINTE CLAIRE D'ASSISE

Vierge et Fondatrice d'Ordre

(1194-1253)

Sainte Claire naquit à Assise, en Italie. Dès son enfance, on put admirer en elle un vif attrait pour la retraite, l'oraison, le mépris du monde, l'amour des pauvres et de la souffrance; sous ses habits précieux, elle portait un cilice.

A l'âge de seize ans, fortement émue de la vie si sainte de François d'Assise, elle va lui confier son désir de se donner toute à Dieu. Le Saint la pénètre des flammes du divin amour, accepte de diriger sa vie, mais il exige des actes: Claire devra, revêtue d'un sac, parcourir la ville en mendiant son pain de porte en porte. Elle accomplit de grand coeur cet acte humiliant, et, peu de jours après, quitte les livrées du siècle, reçoit de François une rude tunique avec une corde pour lui ceindre les reins, et un voile grossier sur sa tête dépouillée de ses beaux cheveux.

Elle triomphe de la résistance de sa famille. Quelques jours après, sa soeur Agnès la supplie de l'agréer en sa compagnie, ce que Claire accepte avec joie, en rendant grâce au Ciel. "Morte ou vive, qu'on me ramène Agnès!" s'écria le père, furieux à cette nouvelle; mais Dieu fut le plus fort, et Agnès meurtrie, épuisée, put demeurer avec sa soeur. Leur mère, après la mort de son mari, et une de leurs soeurs, vinrent les rejoindre.

La communauté fut bientôt nombreuse et florissante; on y vit pratiquer, sous la direction de sainte Claire, devenue, quoique jeune, une parfaite maîtresse de vie spirituelle, une pauvreté admirable, un détachement absolu, une obéissance sublime: l'amour de Dieu était l'âme de toutes ses vertus.

Claire dépassait toutes ses soeurs par sa mortification; sa tunique était la plus rude, son cilice le plus terrible à la chair; des herbes sèches assaisonnées de cendre formaient sa nourriture; pendant le Carême, elle ne prenait que du pain et de l'eau, trois fois la semaine seulement. Longtemps elle coucha sur la terre nue, ayant un morceau de bois pour oreiller.

Claire, supérieure, se regardait comme la dernière du couvent, éveillait ses soeurs, sonnait matines, allumait les lampes, balayait le monastère. Elle voulait qu'on vécût dans le couvent au jour le jour, sans fonds de terre, sans pensions et dans une clôture perpétuelle.

Claire est célèbre par l'expulsion des Sarrasins, qui, après avoir pillé la ville, voulaient piller le couvent. Elle pria Dieu, et une voix du Ciel cria: "Je vous ai gardées et Je vous garderai toujours." Claire, malade, se fit transporter à la porte du monastère, et, le ciboire en main, mit en fuite les ennemis. Sa mort arriva le 12 août 1253.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Salle Paul VI



Mercredi 15 septembre 2010



Claire d’Assise


Chers frères et sœurs,

L’une des saintes les plus aimées est sans aucun doute sainte Claire d’Assise, qui vécut au XIIIe siècle, et qui fut contemporaine de saint François. Son témoignage nous montre combien l’Eglise tout entière possède une dette envers des femmes courageuses et riches de foi comme elle, capables d’apporter une impulsion décisive au renouveau de l’Eglise.

Qui était donc Claire d’Assise? Pour répondre à cette question, nous possédons des sources sûres: non seulement les anciennes biographies, comme celles de Thomas de Celano, mais également les Actes du procès de canonisation promu par le Pape quelques mois seulement après la mort de Claire et qui contiennent les témoignages de ceux qui vécurent à ses côtés pendant longtemps.

Née en 1193, Claire appartenait à une riche famille aristocratique. Elle renonça à la noblesse et à la richesse pour vivre dans l’humilité et la pauvreté, adoptant la forme de vie que François d’Assise proposait. Même si ses parents, comme cela arrivait alors, projetaient pour elle un mariage avec un personnage important, à 18 ans, Claire, à travers un geste audacieux inspiré par le profond désir de suivre le Christ et par son admiration pour François, quitta la maison paternelle et, en compagnie de son amie, Bona de Guelfuccio, rejoignit en secret les frères mineurs dans la petite église de la Portioncule. C’était le soir du dimanche des Rameaux de l’an 1211. Dans l’émotion générale, fut accompli un geste hautement symbolique: tandis que ses compagnons tenaient entre les mains des flambeaux allumés, François lui coupa les cheveux et Claire se vêtit d’un habit de pénitence en toile rêche. A partir de ce moment, elle devint l’épouse vierge du Christ, humble et pauvre, et se consacra entièrement à Lui. Comme Claire et ses compagnes, d’innombrables femmes au cours de l’histoire ont été fascinées par l’amour pour le Christ qui, dans la beauté de sa Personne divine, remplit leur cœur. Et l’Eglise tout entière, au moyen de la mystique vocation nuptiale des vierges consacrées, apparaît ce qu’elle sera pour toujours: l’Epouse belle et pure du Christ.

L’une des quatre lettres que Claire envoya à sainte Agnès de Prague, fille du roi de Bohême, qui voulut suivre ses traces, parle du Christ, son bien-aimé Epoux, avec des expressions nuptiales qui peuvent étonner, mais qui sont émouvantes: «Alors que vous le touchez, vous devenez plus pure, alors que vous le recevez, vous êtes vierge. Son pouvoir est plus fort, sa générosité plus grande, son apparence plus belle, son amour plus suave et son charme plus exquis. Il vous serre déjà dans ses bras, lui qui a orné votre poitrine de pierres précieuses... lui qui a mis sur votre tête une couronne d'or arborant le signe de la sainteté» (Première Lettre: FF, 2862).

En particulier au début de son expérience religieuse, Claire trouva en François d’Assise non seulement un maître dont elle pouvait suivre les enseignements, mais également un ami fraternel. L’amitié entre ces deux saints constitue un très bel et important aspect. En effet, lorsque deux âmes pures et enflammées par le même amour pour le Christ se rencontrent, celles-ci tirent de leur amitié réciproque un encouragement très profond pour parcourir la voie de la perfection. L’amitié est l’un des sentiments humains les plus nobles et élevés que la Grâce divine purifie et transfigure. Comme saint François et sainte Claire, d’autres saints également ont vécu une profonde amitié sur leur chemin vers la perfection chrétienne, comme saint François de Sales et sainte Jeanne-Françoise de Chantal. Et précisément saint François de Sales écrit: «Il est beau de pouvoir aimer sur terre comme on aime au ciel, et d’apprendre à s’aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement dans l’autre. Je ne parle pas ici du simple amour de charité, car nous devons avoir celui-ci pour tous les hommes; je parle de l’amitié spirituelle, dans le cadre de laquelle, deux, trois ou plusieurs personnes s’échangent les dévotions, les affections spirituelles et deviennent réellement un seul esprit» (Introduction à la vie de dévotion, III, 19).

Après avoir passé une période de quelques mois auprès d’autres communautés monastiques, résistant aux pressions de sa famille qui au début, n’approuvait pas son choix, Claire s’établit avec ses premières compagnes dans l’église Saint-Damien où les frères mineurs avaient préparé un petit couvent pour elles. Elle vécut dans ce monastère pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort, survenue en 1253. Une description directe nous est parvenue de la façon dont vivaient ces femmes au cours de ces années, au début du mouvement franciscain. Il s’agit du compte-rendu admiratif d’un évêque flamand en visite en Italie, Jacques de Vitry, qui affirme avoir trouvé un grand nombre d’hommes et de femmes, de toute origine sociale, qui «ayant quitté toute chose pour le Christ, fuyaient le monde. Ils s’appelaient frères mineurs et sœurs mineures et sont tenus en grande estime par Monsieur le Pape et par les cardinaux... Les femmes... demeurent ensemble dans divers hospices non loin des villes. Elle ne reçoivent rien, mais vivent du travail de leurs mains. Et elles sont profondément attristées et troublées, car elles sont honorées plus qu’elles ne le voudraient, par les prêtres et les laïcs» (Lettre d’octobre 1216: FF, 2205.2207).

Jacques de Vitry avait saisi avec une grande perspicacité un trait caractéristique de la spiritualité franciscaine à laquelle Claire fut très sensible: la radicalité de la pauvreté associée à la confiance totale dans la Providence divine. C'est pour cette raison qu'elle agit avec une grande détermination, en obtenant du Pape Grégoire IX ou, probablement déjà du Pape Innocent III, celui que l’on appela le Privilegium Paupertatis (cf. FF, 3279). Sur la base de celui-ci, Claire et ses compagnes de Saint-Damien ne pouvaient posséder aucune propriété matérielle. Il s'agissait d'une exception véritablement extraordinaire par rapport au droit canonique en vigueur et les autorités ecclésiastiques de cette époque le concédèrent en appréciant les fruits de sainteté évangélique qu’elles reconnaissaient dans le mode de vie de Claire et de ses consœurs. Cela montre que même au cours des siècles du Moyen âge, le rôle des femmes n'était pas secondaire, mais considérable. A cet égard, il est bon de rappeler que Claire a été la première femme dans l'histoire de l'Eglise à avoir rédigé une Règle écrite, soumise à l'approbation du Pape, pour que le charisme de François d'Assise fût conservé dans toutes les communautés féminines qui étaient fondées de plus en plus nombreuses déjà de son temps et qui désiraient s'inspirer de l'exemple de François et de Claire.

Dans le couvent de Saint-Damien, Claire pratiqua de manière héroïque les vertus qui devraient distinguer chaque chrétien: l'humilité, l'esprit de piété et de pénitence, la charité. Bien qu'étant la supérieure, elle voulait servir personnellement les sœurs malades, en s'imposant aussi des tâches très humbles: la charité en effet, surmonte toute résistance et celui qui aime accomplit tous les sacrifices avec joie. Sa foi dans la présence réelle de l'Eucharistie était si grande que, par deux fois, un fait prodigieux se réalisa. Par la seule ostension du Très Saint Sacrement, elle éloigna les soldats mercenaires sarrasins, qui étaient sur le point d'agresser le couvent de Saint-Damien et de dévaster la ville d'Assise.

Ces épisodes aussi, comme d'autres miracles, dont est conservée la mémoire, poussèrent le Pape Alexandre IV à la canoniser deux années seulement après sa mort, en 1255, traçant un éloge dans la Bulle de canonisation, où nous lisons: «Comme est vive la puissance de cette lumière et comme est forte la clarté de cette source lumineuse. Vraiment, cette lumière se tenait cachée dans la retraite de la vie de clôture et dehors rayonnaient des éclats lumineux; elle se recueillait dans un étroit monastère, et dehors elle se diffusait dans la grandeur du monde. Elle se protégeait à l'intérieur et elle se répandait à l'extérieur. Claire en effet, se cachait: mais sa vie était révélée à tous. Claire se taisait mais sa renommée criait» (FF, 3284). Et il en est véritablement ainsi, chers amis: ce sont les saints qui changent le monde en mieux, le transforment de manière durable, en insufflant les énergies que seul l'amour inspiré par l'Evangile peut susciter. Les saints sont les grands bienfaiteurs de l'humanité!

La spiritualité de sainte Claire, la synthèse de sa proposition de sainteté est recueillie dans la quatrième lettre à sainte Agnès de Prague. Sainte Claire a recours à une image très répandue au Moyen âge, d'ascendance patristique, le miroir. Et elle invite son amie de Prague à se refléter dans ce miroir de perfection de toute vertu qu'est le Seigneur lui-même. Elle écrit: «Heureuse certes celle à qui il est donné de prendre part au festin sacré pour s'attacher jusqu'au fond de son cœur [au Christ], à celui dont toutes les troupes célestes ne cessent d'admirer la beauté, dont l'amitié émeut, dont la contemplation nourrit, dont la bienveillance comble, dont la douceur rassasie, dont le souvenir pointe en douceur, dont le parfum fera revivre les morts, dont la vue en gloire fera le bonheur des citoyens de la Jérusalem d'en haut. Tout cela puisqu'il est la splendeur de la gloire éternelle, l'éclat de la lumière éternelle et le miroir sans tache. Ce miroir, contemple-le chaque jour, ô Reine, épouse de Jésus Christ, et n'arrête d'y contempler ton apparence afin que... tu puisses, intérieurement et extérieurement, te parer comme il convient... En ce miroir brillent la bienheureuse pauvreté, la sainte humilité et l'ineffable charité» (Quatrième lettre: FF, 2901-2903).

Reconnaissants à Dieu qui nous donne les saints qui parlent à notre cœur et nous offrent un exemple de vie chrétienne à imiter, je voudrais conclure avec les mêmes paroles de bénédiction que sainte Claire composa pour ses consœurs et qu'aujourd'hui encore les Clarisses, qui jouent un précieux rôle dans l'Eglise par leur prière et leur œuvre, conservent avec une grande dévotion. Ce sont des expressions où émerge toute la tendresse de sa maternité spirituelle: «Je vous bénis dans ma vie et après ma mort, comme je peux et plus que je le peux, avec toutes les bénédictions par lesquelles le Père des miséricordes pourrait bénir et bénira au ciel et sur la terre les fils et les filles, et avec lesquelles un père et une mère spirituelle pourraient bénir et béniront leurs fils et leurs filles spirituels. Amen» (FF, 2856).

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Je salue les francophones présents et plus particulièrement les participants au pèlerinage promu par la Conférence épiscopale de Guinée, et conduits par l’Evêque de N’Zérékoré, Mgr Guilavogui, et ceux du Diocèse de Nancy, en France, guidés par Mgr Papin. Je n’oublie pas les pèlerins de la Martinique, de Dijon et d’ailleurs. Puisse Dieu vous bénir! Bon séjour à Rome!

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APPEL DU SAINT-PÈRE

Je suis avec préoccupation les événements qui se déroulent ces jours-ci dans les diverses régions de l'Asie du sud, notamment en Inde, au Pakistan et en Afghanistan. Je prie pour les victimes et je demande que le respect de la liberté religieuse et la logique de la réconciliation prévalent sur la haine et la violence.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100915_fr.html


Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. La vierge Claire naquit d’une famille illustre, à Assise, en Ombrie. A l’exemple de saint François, qui était de la même ville, elle distribua et convertit tous ses biens en aumônes et secours aux pauvres. Fuyant le tumulte du siècle, elle se rendit dans l’église de la Portioncule, où le même Saint lui coupa les cheveux. Ses parents firent tous leurs efforts pour la ramener dans le monde ; mais elle y opposa une ferme résistance. Conduite par saint François à l’église de Saint-Damien, elle s’associa plusieurs compagnes et institua ainsi elle-même une communauté de religieuses consacrées à Dieu, dont elle n’accepta le gouvernement que pour céder aux saintes importunités du Bienheureux. Elle exerça pendant quarante-deux ans la charge de supérieure, et se montra admirable par sa sollicitude, sa prudence et le soin qu’elle prit de maintenir dans sa communauté la parfaite observance des règles et des statuts de l’Ordre. Sa vie, en effet, était pour ses sœurs un enseignement et un exemple, d’où elles apprirent à régler leur vie.

Cinquième leçon. Afin de fortifier l’esprit en soumettant la chair, elle avait pour lit la terre nue ou des sarments, et pour oreiller un dur morceau de bois. Une seule tunique et un manteau d’étoffe rude et grossière lui suffisaient ; un âpre cilice ne quittait point sa chair. Telle était son abstinence que, pendant un temps assez long, elle ne goûta aucun aliment corporel, trois jours par semaine ; se restreignant les autres jours à une si petite quantité de nourriture, que ses sœurs s’étonnaient qu’elle pût subsister. Avant de tomber malade, elle s’imposait deux carêmes chaque année, sa seule réfection consistant alors en du pain et de l’eau. Adonnée aux veilles et assidue à l’oraison, elle passait dans ce saint exercice la plupart des jours et des nuits. Quand, éprouvée par de longues infirmités, elle ne pouvait se lever d’elle-même pour se livrer au labeur matériel, Claire se soulevait avec l’aide de ses sœurs, puis, le dos appuyé, travaillait des mains pour ne pas demeurer oisive, même dans ses maladies. Son amour passionné de la pauvreté lui fit constamment refuser les biens que Grégoire IX lui offrait pour le soutien de sa communauté.

Sixième leçon. Des miracles nombreux et variés répandirent l’éclat de sa sainteté. A l’une des sœurs de son monastère, elle rendit l’usage de la parole, guérit une seconde de sa surdité, et en délivra d’autres de la fièvre, d’une enflure d’hydropisie, d’une fistule douloureuse et de diverses maladies qui les accablaient. Un frère de l’Ordre des Mineurs lui dut de recouvrer la raison. L’huile étant venue à manquer totalement dans le monastère, Claire prit une cruche, la lava, et tout à coup ce vase se trouva rempli d’huile par un miracle de la divine bonté. Elle multiplia la moitié d’un pain, de manière à ce qu’il y en eût assez pour cinquante sœurs. Les Sarrasins, assiégeant Assise, s’efforçaient d’envahir le couvent de Claire : la Sainte, toute malade qu’elle était, se fit porter à l’entrée de la maison, tenant elle-même le vase où était renfermé le très saint sacrement de l’Eucharistie ; là, elle adressa à Dieu cette prière : « Seigneur, ne livrez pas aux bêtes féroces des âmes qui vous louent ; protégez vos servantes, que vous avez rachetées de votre sang précieux. » Pendant qu’elle priait, on entendit cette parole : « Moi, je vous garderai toujours. » En effet, une partie des Sarrasins prit la fuite, et ceux d’entre eux qui étaient déjà montés sur les murailles furent aveuglés et tombèrent à la renverse. Enfin cette Vierge, à ses derniers moments, fut visitée par un chœur de bienheureuses Vierges vêtues de blanc parmi lesquelles s’en distinguait une surpassant en beauté toutes les autres. Alors, munie de la sainte Eucharistie et enrichie par Innocent IV de l’indulgence plénière, elle rendit son âme à Dieu, la veille des ides d’août. Les nombreux miracles qui la glorifièrent après sa mort, déterminèrent le Pape Alexandre IV à la mettre au nombre des saintes Vierges.

Au troisième nocturne. Du Commun.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 25, 1-13.

En ce temps-là : Jésus dit à-ses disciples cette parabole : Le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui ; ayant pris leurs lampes, altèrent au-devant de l’époux et de l’épouse. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape. Homilia 12 in Evang.

Septième leçon. Je vous recommande souvent, mes très chers frères, de fuir le mal et de vous préserver de la corruption du monde ; mais aujourd’hui la lecture du saint Évangile m’oblige à vous dire de veiller avec beaucoup de soin à ne pas perdre le mérite de vos bonnes actions. Prenez garde que vous ne recherchiez dans le bien que vous faites, la faveur ou l’estime des hommes, qu’il ne s’y glisse un désir d’être loué, et que ce qui paraît au dehors ne recouvre un fond vide de mérite et peu digne de récompense. Voici que notre Rédempteur nous parle de dix vierges, il les nomme toutes vierges et cependant toutes ne méritèrent pas d’être admises au séjour de la béatitude, car tandis qu’elles espéraient recueillir de leur virginité une gloire extérieure, elles négligèrent de mettre de l’huile dans leurs vases.

Huitième leçon. Il nous faut d’abord examiner ce qu’est le royaume des cieux, ou pourquoi il est comparé à dix vierges, et encore quelles sont les vierges prudentes et les vierges folles. Puisqu’il est certain qu’aucun réprouvé n’entrera dans le royaume des cieux, pourquoi nous dit-on qu’il est semblable à des vierges parmi lesquelles il y en a de folles ? Mais nous devons savoir que l’Église du temps présent est souvent désignée dans le langage sacré sous le nom de royaume des cieux ; d’où vient que le Seigneur dit en un autre endroit : « Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son royaume tous les scandales » [1]. Certes, ils ne pourraient trouver aucun scandale à enlever, dans ce royaume de la béatitude, où se trouve la plénitude de la paix.

Neuvième leçon. L’âme humaine subsiste dans un corps doué de cinq sens. Le nombre cinq, multiplié par deux, donne celui de dix. Et parce que la multitude des fidèles comprend l’un et l’autre sexe, la sainte Église est comparée à dix vierges. Comme, dans cette Église, les méchants se trouvent mêlés avec les bons et ceux qui seront réprouvés avec les élus, ce n’est pas sans raison qu’on la dit semblable à des vierges, dont les unes sont sages et les autres insensées. Il y a en effet, beaucoup de personnes chastes qui veillent sur leurs passions quant aux choses extérieures et sont portées par l’espérance vers les biens intérieurs ; elles mortifient leur chair et aspirent de toute l’ardeur de leur désir vers la patrie d’en haut ; elles recherchent les récompenses éternelles, et ne veulent pas recevoir pour leurs travaux de louanges humaines : celles-ci ne mettent assurément pas leur gloire dans les paroles des hommes, mais la cachent au fond de leur conscience. Et il en est aussi plusieurs qui affligent leur corps par l’abstinence, mais attendent de cette abstinence même des applaudissements humains.

[1] Matth. 13, 41.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

L’année même où, préalablement à tout projet de réunir des fils, saint Dominique fondait le premier établissement des Sœurs de son Ordre, le compagnon destiné du ciel au père des Prêcheurs recevait du Crucifix de Saint-Damien sa mission par ces mots : « Va, François, réparer ma maison qui tombe en ruines ». Et le nouveau patriarche inaugurait son œuvre en préparant, comme Dominique, à ses futures filles l’asile sacré où leur immolation obtiendrait toute grâce à l’Ordre puissant qu’il devait fonder. Sainte-Marie de la Portioncule, berceau des Mineurs, ne devait qu’après Saint-Damien, maison des Pauvres-Dames, occuper la pensée du séraphin d’Assise. Ainsi une deuxième fois dans ce mois [2], l’éternelle Sagesse veut-elle nous montrer que tout fruit de salut, qu’il semble provenir de la parole ou de l’action, procède premièrement de la contemplation silencieuse.

Claire fut pour François l’aide semblable à lui-même [3] dont la maternité engendra au Seigneur cette multitude d’héroïques vierges, d’illustres pénitentes, que l’Ordre séraphique compta bientôt sous toutes les latitudes, venant à lui des plus humbles conditions comme des marches du trône.

Dans la nouvelle chevalerie du Christ, la Pauvreté, que le père des Mineurs avait choisie pour Dame, était aussi la souveraine de celle que Dieu lui avait donnée pour émule et pour fille. Suivant jusqu’aux dernières extrémités l’Homme-Dieu humilié et dénué pour nous, elle-même pourtant déjà se sentait reine avec ses sœurs au royaume des cieux [4]. Dans le petit nid de son dénuement, répétait-elle avec amour, quel joyau d’épouse égalerait jamais la conformité avec le Dieu sans nul bien que la plus pauvre des mères enserra tout petit de vils langes en une crèche étroite [5] ! Aussi la vit-on défendre intrépidement, contre les plus hautes interventions, ce privilège de la pauvreté absolue dont la demande avait fait tressaillir le grand Pape Innocent III, dont la confirmation définitive, obtenue l’avant-veille de la mort delà sainte, apparut comme la récompense ambitionnée de quarante années de prières et de souffrances pour l’Église de Dieu.

La noble fille d’Assise avait justifié la prophétie qui, soixante ans plus tôt, l’annonçait à sa pieuse mère Hortulana comme devant éclairer le monde ; bien inspiré avait été le choix du nom qu’on lui donnait à sa naissance [6]. « Oh ! comme puissante fut cette clarté de la vierge, s’écrie dans la bulle de sa canonisation le Pontife suprême ! comme pénétrants furent ses rayons ! Elle se cachait au plus profond du cloître, et son éclat, transperçant tout, remplissait la maison de Dieu » [7]. De sa pauvre solitude qu’elle ne quitta jamais, le nom seul de Claire semblait porter partout la grâce avec la lumière, et fécondait au loin pour Dieu et son père saint François les cités.

Vaste comme le monde, où se multipliait l’admirable lignée de sa virginité, son cœur de mère débordait d’ineffable tendresse pour ces filles qu’elle n’avait jamais vues. A ceux qui croient que l’austérité embrassée pour Dieu dessèche l’âme, citons ces lignes de sa correspondance avec la Bienheureuse Agnès de Bohême. Fille d’Ottocare Ier, Agnès avait répudié pour la bure d’impériales fiançailles et renouvelait à Prague les merveilles de Saint-Damien : « O ma Mère et ma fille, lui disait notre sainte, si je ne vous ai pas écrit aussi souvent que l’eût désiré mon âme et la vôtre, n’en soyez point surprise : comme vous aimaient les entrailles de votre mère, ainsi je vous chéris ; mais rares sont les messagers, grands les périls des routes. Aujourd’hui que l’occasion m’en est présentée, mon allégresse est entière, et je me conjouis avec vous dans la joie du Saint-Esprit. Comme la première Agnès s’unit à l’Agneau immaculé, ainsi donc vous est-il donné, ô fortunée, de jouir de cette union, étonnement des cieux, avec Celui dont le désir ravit toute âme, dont la bonté est toute douceur, dont la vision fait les bienheureux, lui la lumière de l’éternelle lumière, le miroir sans nulle tache ! Regardez-vous dans ce miroir, ô Reine, ô Épouse ! Sans cesse, à son reflet, relevez vos charmes ; au dehors, au dedans, ornez-vous des vertus, parez comme il convient la fille et l’épouse du Roi suprême : ô bien-aimée, les yeux sur ce miroir, de quelles délices il vous sera donné de jouir en la divine grâce !... Souvenez-vous cependant de votre pauvre Mère, et sachez que pour moi j’ai gravé à jamais votre bienheureux souvenir en mon cœur » [8]. La famille franciscaine n’était pas seule à bénéficier d’une charité qui s’étendait à tous les nobles intérêts de ce monde. Assise, délivrée des lieutenants de Frédéric II et de la horde sarrasine à la solde de l’excommunié, comprenait quel rempart est une sainte pour sa patrie de la terre. Mais c’étaient surtout les princes de la sainte Église, c’était le Vicaire du Christ, que le ciel aimait à voir éprouver la puissance toute d’humilité, l’ascendant mystérieux dont il plaisait au Seigneur de douer son élue. François, le premier, ne lui avait-il pas, dans un jour de crise comme en connaissent les saints, demandé direction et lumière pour son âme séraphique ? De la part des anciens d’Israël arrivaient à la vierge, qui n’avait pas trente ans alors, des messages de cette sorte : « A sa très chère sœur en Jésus-Christ, à sa mère, Dame Claire servante du Christ, Hugolin d’Ostie, évêque indigne et pécheur. Depuis l’heure où il a fallu me priver de vos saints entretiens, m’arracher à cette joie du ciel, une telle amertume de cœur fait couler mes larmes que, si je ne trouvais aux pieds de Jésus la consolation que ne refuse jamais son amour, mon esprit en arriverait à défaillir et mon âme à se fondre. Où est la glorieuse allégresse de cette Pâque célébrée en votre compagnie et en celle des autres servantes du Christ ?... Je me savais pécheur ; mais au souvenir de la suréminence de votre vertu, ma misère m’accable, et je me crois indigne de retrouver jamais cette conversation des saints, si vos larmes et vos prières n’obtiennent grâce pour mes péchés. Je vous remets donc mon âme ; à vous je confie mon esprit, pour que vous m’en répondiez au jour du jugement. Le Seigneur Pape doit venir prochainement à Assise ; puissé-je l’accompagner et vous revoir ! Saluez ma sœur Agnès (c’était la sœur même de Claire et sa première fille en Dieu) ; saluez toutes vos sœurs dans le Christ » [9].

Le grand cardinal Hugolin, âgé de plus de quatre-vingts ans, devenait peu après Grégoire IX. Durant son pontificat de quatorze années, qui fut l’un des plus glorieux et des plus laborieux du XIIIe siècle, il ne cessa point d’intéresser Claire aux périls de l’Église et aux immenses soucis dont la charge menaçait d’écraser sa faiblesse. Car, dit l’historien contemporain de notre sainte, « il savait pertinemment ce que peut l’amour, et que l’accès du palais sacré est toujours libre aux vierges : à qui le Roi des cieux se donne lui-même, quelle demande pourrait être refusée [10] ? »

L’exil, qui après la mort de François s’était prolongé vingt-sept ans pour la sainte, devait pourtant finir enfin. Des ailes de feu, aperçues par ses filles au-dessus de sa tête et couvrant ses épaules, indiquaient qu’en elle aussi la formation séraphique était à son terme. A la nouvelle de l’imminence d’un tel départ intéressant toute l’Église, le Souverain Pontife d’alors, Innocent IV, était venu de Pérouse avec les cardinaux de sa suite. Il imposa une dernière épreuve à l’humilité de la sainte, en lui ordonnant de bénir devant lui les pains qu’on avait présentés à la bénédiction du Pontife suprême [11]) ; le ciel, ratifiant l’invitation du Pontife et l’obéissance de Claire au sujet de ces pains, fit qu’à la bénédiction de la vierge, ils parurent tous marqués d’une croix.

La prédiction que Claire ne devait pas mourir sans avoir reçu la visite du Seigneur entouré de ses disciples, était accomplie. Le Vicaire de Jésus-Christ présida les solennelles funérailles qu’Assise voulut faire à celle qui était sa seconde gloire devant les hommes et devant Dieu. Déjà on commençait les chants ordinaires pour les morts, lorsqu’Innocent voulut prescrire qu’on substituât à l’Office des défunts celui des saintes vierges ; sur l’observation cependant qu’une canonisation semblable, avant que le corps n’eût même été confié à la terre, courrait risque de sembler prématurée, le Pontife laissa reprendre les chants accoutumés. L’insertion de la vierge au catalogue des Saints ne fut au reste différée que de deux ans.

O Claire, le reflet de l’Époux dont l’Église se pare en ce monde ne vous suffit plus ; c’est directement que vous vient la lumière. La clarté du Seigneur se joue avec délices dans le cristal de votre âme si pure, accroissant l’allégresse du ciel, donnant joie en ce jour à la vallée d’exil. Céleste phare dont l’éclat est si doux, éclairez nos ténèbres. Puissions nous avec vous, par la netteté du cœur, parla droiture de la pensée, par la simplicité du regard, affermir sur nous le rayon divin qui vacille dans l’âme hésitante et s’obscurcit de nos troubles, qu’écarte ou brise la duplicité d’une vie partagée entre Dieu et la terre.

Votre vie, ô vierge, ne fut pas ainsi divisée. La très haute pauvreté, que vous eûtes pour maîtresse et pour guide, préservait votre esprit de cette fascination de la frivolité qui ternit l’éclat des vrais biens pour nous mortels [12]. Le détachement de tout ce qui passe maintenait votre œil fixé vers les éternelles réalités ; il ouvrait votre âme aux ardeurs séraphiques qui devaient achever de faire de vous l’émule de François votre père. Aussi, comme celle des Séraphins qui n’ont que pour Dieu de regards, votre action sur terre était immense ; et Saint-Damien, tandis que vous vécûtes, fut une des fermes bases sur lesquelles le monde vieilli put étayer ses ruines.

Daignez nous continuer votre secours. Multipliez vos filles, et maintenez-les fidèles à suivre les exemples qui feront d’elles, comme de leur mère, le soutien puissant de l’Église. Que la famille franciscaine en ses diverses branches s’échauffe toujours à vos rayons ; que tout l’Ordre religieux s’illumine à leur suave clarté. Brillez enfin sur tous, ô Claire, pour nous montrer ce que valent cette vie qui passe et l’autre qui ne doit pas finir.

[2] Il est fait allusion ici à la fête franciscaine de la Dédicace de la Portioncule le 2 août.

[3] Gen. II, 18.

[4] Regula Damianitarum, VIII.

[5] Regula, II ;Vita S. Clarae coeva, II.

[6] Clara claris praeclara meritis, magnas in cœlo claritate glorias ac in terra splendore miraculorum sublimium, clare claret, Bulla canonizationis.

[7] Ibid.

[8] S. Clarae ad B. Agnetem, Epist. IV.

[9] Wadding, ad an. 1221.

[10] Vita S. Clarae coaeva, III.

[11] Wadding, ad an. 1253, bien que le fait soit rapporté par d’autres au pontificat de Grégoire IX.

[12] Sap. IV, 12.


François d'Assise recevant la profession de foi de Claire.
Enluminure, vers 1435


Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Voici celle qu’aujourd’hui la sainte liturgie appelle la première plante de la pauvre famille des Mineurs, dans sa branche féminine. Pauvre d’argent, oui, mais splendide dans la magnificence de son dénuement, parce qu’elle reflète fidèlement la pauvreté royale du Christ en Bethléem et sur la Croix.

Pour bien comprendre la figure séraphique de sainte Claire Sciti, il faut se reporter au temps où elle vécut. L’abus de la richesse et de la puissance féodale au XIIIe siècle avait imposé au clergé et aux moines des soins temporels qui, souvent, les distrayaient trop, au détriment de leur mission spirituelle. Les hérétiques en prenaient sujet d’accuser l’Église de s’être écartée de la pauvreté apostolique, tandis que les bons catholiques gémissaient de cet état de choses et appelaient une réforme. Dieu suscita enfin saint François, qui professa, dans le premier article de sa Règle, humble obéissance au pape Honorius (III) et à ses successeurs. Le héraut du grand Roi, sans bulle de privilèges, sans immunités féodales, se présenta donc aux fidèles pauvre et sans chaussures, mais portant aux mains, aux pieds et au côté, le sceau du Crucifié et, en son nom, fit résonner à nouveau sur les places et aux carrefours, la parole évangélique et les béatitudes de la montagne.

Le puissant abbé de Saint-Benoît du Subasio exerçait sa suzeraineté sur de nombreuses terres et forteresses dans le territoire d’Assise. Le Poverello, pour donner un berceau à la nouvelle famille qu’il voulait instituer, lui demanda la plus pauvre de ses possessions, la chapelle à demi détruite de la Portiuncule, qui devint ainsi le Bethléem des Mineurs.

Claire fut la parfaite imitatrice de saint François. Ce que celui-ci fit lui-même pour la vie religieuse dans la branche masculine, il le fit par l’intermédiaire de Claire dans la branche féminine. Au début, saint François lui donna à professer la Règle du Patriarche saint Benoît, sur l’Ordre duquel il voulut greffer sa nouvelle réforme des recluses de Saint-Damien, afin de l’établir sur une base canonique, déjà reconnue par la sainte Église. Toutefois, ne se contentant pas de l’exemple des riches monastères de Bénédictines répandus alors en Ombrie, saint François établit que Claire et ses moniales se rattacheraient, en vertu d’un recul de plusieurs siècles, aux traditions austères de la vie bénédictine, telle que le saint Patriarche l’avait instituée parmi les rochers solitaires de Subiaco, et dans la plus rigoureuse pauvreté.

C’est ainsi que Grégoire IX, avant que les Clarisses n’eussent encore une règle propre, put leur écrire : « Voici que vous êtes les dignes filles du bienheureux Benoît ».

Le monastère de Saint-Damien, où Claire vécut et mourut, représente aujourd’hui encore le palais royal de madonna paupertade. Mais, pour mieux assurer ce trésor, la fille spirituelle du Poverello voulut obtenir d’Innocent IV un diplôme de parfaite pauvreté ; aussi, tandis que d’autres sollicitaient du Pontife romain des honneurs, des privilèges et des biens, Claire ambitionna au contraire, pour elle et pour ses sœurs, le privilège de suivre la parfaite pauvreté du Christ.

Sainte Claire mourut en 1253 et fut canonisée deux ans après par Alexandre IV.

Aujourd’hui la messe est du commun (Dilexísti).

Sainte Claire nous enseigne aussi la dévotion à l’Eucharistie. Dans l’extrême dénuement de sa pauvreté, elle conservait le Très Saint Sacrement dans une custode d’argent, placée dans une pyxide en ivoire. Quand, sous Frédéric II, les Sarrasins assiégèrent Assise et assaillirent même le monastère de Saint-Damien, la Sainte, malade alors, ayant vu que tout secours humain était inutile, demanda celui de Dieu. Elle se fit transporter à la porte de clôture, et de là elle éleva, tel un bouclier, la pyxide eucharistique pour défendre ses religieuses contre les infidèles. A cette vue les ennemis prirent immédiatement la fuite, comme si, de ce vase sacré, fût sortie une vertu qui les repoussait de ce lieu.



Dom Pius Parsch, Le Guide dans l’année liturgique

Seigneur, ne livrez pas aux bêtes sauvages les âmes de ceux qui vous louent ! (Ps. LXXIII).

Sainte Claire. — Jour de mort : le 12 août 1253. Tombeau : son corps reposa pendant six cents ans profondément enfoui sous l’église d’Assise. En 1850, Pie IX en ayant permis l’exhumation, on le trouva parfaitement conservé (en particulier, la tête et toutes les dents). Image : une religieuse, avec un ciboire dans la main.

Vie : La vie de collaboratrice de saint François d’Assise est comme enveloppée d’un voile de tendre charité divine. L’Ordre des Clarisses, branche féminine de la famille franciscaine, lui doit l’existence. A l’exemple de saint François, dit le bréviaire, elle distribua tous ses biens aux pauvres. Fuyant le tumulte du siècle, elle se réfugia à la campagne, dans une église. Là, saint François lui coupa les cheveux et lui imposa un habit de pénitence (18 mars 1212). Puis, elle se rendit à l’église Saint-Damien, où le Seigneur lui envoya plusieurs compagnes avec lesquelles elle institua une communauté dont elle accepta le gouvernement sur les instances de saint François. Pendant quarante-deux ans sa direction fut admirable de sollicitude et de prudence ; et sa vie tout entière, un enseignement et une lumière pour ses sœurs. Elle obtint du pape Innocent IV, pour elle et pour ses compagnes, le privilège de vivre dans la pauvreté parfaite. Elle fut la très fidèle imitatrice du saint d’Assise.

Comme les Sarrasins assiégeaient Assise et s’efforçaient d’envahir son couvent, bien que malade, sainte Claire se fit transporter à la porte de la maison, tenant elle-même le vase où était renfermé le Très Saint Sacrement. « Seigneur, implora-t-elle, ne livrez pas aux bêtes sauvages les âmes qui, vous louent (Ps LXXIII). Protégez vos servantes que vous avez rachetées de votre sang précieux ! » On entendit alors une voix qui disait : « Je vous garderai toujours ! » Et, en effet, les Sarrasins prirent la fuite.

Claire d’Assise fut proclamée sainte deux ans seulement après sa mort. On connaît l’ingénieuse trouvaille de Thomas de Celano : Clara nomine, vita clarior, clarissima moribus.

La Messe est du commun (Dilexísti).


St. Clare of Assisi


Clare was a beautiful Italian noblewoman who became the Foundress of an order of nuns now called “Poor Clares.” When she heard St. Francis of Assisi preach, her heart burned with a great desire to imitate Francis and to live a poor humble life for Jesus. So one evening, she ran away from home, and in a little chapel outside Assisi, gave herself to God. St. Francis cut off her hair and gave her a rough brown habit to wear, tied with a plain cord around her waist. Her parents tried in every way to make her return home, but Clare would not.

Soon her sister, St. Agnes joined her, as well as other young women who wanted to be brides of Jesus, and live without any money. St. Clare and her sisters wore no shoes, ate no meat, lived in a poor house, and kept silent most of the time. Yet they were very happy, because Our Lord was close to them all the time. Once, He saved them from a great danger in answer to St. Clare’s prayer. An army of rough soldiers came to attack Assisi and they planned to raid the convent first. Although very sick, St. Clare had herself carried to the wall and right there, where the enemies could see it, she had the Blessed Sacrament placed. Then on her knees, she begged God to save the Sisters.

“O Lord, protect these Sisters whom I cannot protect now,” she prayed. A voice seemed to answer: “I will keep them always in My care.” At the same time a sudden fright struck the attackers and they fled as fast as they could. St. Clare was sick and suffered great pains for many years, but she said that no pain could trouble her. So great was her joy in serving the Lord that she once exclaimed: “They say that we are too poor, but can a heart which possesses the infinite God be truly called poor?” We should remember this miracle of the Blessed Sacrament when in Church. Then we will pray with great Faith to Jesus in the Holy Eucharist: “Save me, O Lord, from every evil – of soul and body.”


St. Clare of Assisi

Cofoundress of the Order of Poor Ladies, or Clares, and first Abbess of San Damiano; born at Assisi, 16 July, 1194; died there 11 August, 1253.

She was the eldest daughter of Favorino Scifi, Count of Sasso-Rosso, the wealthy representative of an ancient Roman family, who owned a large palace in Assisi and a castle on the slope of Mount Subasio. Such at least is the traditional account. Her mother, Bl. Ortolana, belonged to the noble family of Fiumi and was conspicuous for her zeal and piety.

From her earliest years Clare seems to have been endowed with the rarest virtues. As a child she was most devoted to prayer and to practices of mortification, and as she passed into girlhood her distaste for the world and her yearning for a more spiritual life increased. She was eighteen years of age when St. Francis came to preach the Lenten course in the church of San Giorgio at Assisi. The inspired words of the Poverello kindled a flame in the heart of Clare; she sought him out secretly and begged him to help her that she too might live "after the manner of the holy Gospel". St. Francis, who at once recognized in Clare one of those chosen souls destined by God for great things, and who also, doubtless, foresaw that many would follow her example, promised to assist her. On Palm Sunday Clare, arrayed in all her finery, attended high Mass at the cathedral, but when the others pressed forward to the altar-rail to receive a branch of palm, she remained in her place as if rapt in a dream. All eyes were upon the young girl as the bishop descended from the sanctuary and placed the palm in her hand. That was the last time the world beheld Clare. On the night of the same day she secretly left her father's house, by St. Francis's advice and, accompanied by her aunt Bianca and another companion, proceeded to the humble chapel of the Porziuncula, where St. Francis and his disciples met her with lights in their hands. Clare then laid aside her rich dress, and St. Francis, having cut off her hair, clothed her in a rough tunic and a thick veil, and in this way the young heroine vowed herself to the service of Jesus Christ. This was 20 March, 1212.

Clare was placed by St. Francis provisionally with the Benedictine nuns of San Paolo, near Bastia, but her father, who had expected her to make a splendid marriage, and who was furious at her secret flight, on discovering her retreat, did his utmost to dissuade Clare from her heroic proposals, and even tried to drag her home by force. But Clare held her own with a firmness above her years, and Count Favorino was finally obliged to leave her in peace. A few days later St. Francis, in order to secure Clare the greater solitude she desired, transferred her to Sant' Angelo in Panzo, another monastery of the Benedictine nuns on one of the flanks of Subasio. Here some sixteen days after her own flight, Clare was joined by her younger sister Agnes, whom she was instrumental in delivering from the persecution of their infuriated relatives. Clare and her sister remained with the nuns at Sant' Angelo until they and the other fugitives from the world who had followed them were established by St. Francis in a rude dwelling adjoining the poor chapel of San Damiano, situated outside the town which he had to a great extent rebuilt with his own hands, and which he now obtained from the Benedictines as a permanent abode for his spiritual daughters. Thus was founded the first community of the Order of Poor Ladies, or of Poor Clares, as this second order of St. Francis came to be called.

The history of the Poor Clares will be dealt with in a separate article. Here it suffices to note that we may distinguish, during the lifetime of St. Clare, three stages in the complicated early history of the new order.

In the beginning St. Clare and her companions had no written rule to follow beyond a very short formula vitae given them by St. Francis, and which may be found among his works. Some years later, apparently in 1219, during St. Francis's absence in the East, Cardinal Ugolino, then protector of the order, afterwards Gregory IX, drew up a written rule for the Clares at Monticelli, taking as a basis the Rule of St. Benedict, retaining the fundamental points of the latter and adding some special constitutions. This new rule, which, in effect if not in intention, took away from the Clares the Franciscan character of absolute poverty so dear to the heart of St. Francis and made them for all practical purposes a congregation of Benedictines, was approved by Honorius III (Bull, "Sacrosancta", 9 Dec., 1219). When Clare found that the new rule, though strict enough in other respects, allowed the holding of property in common, she courageously and successfully resisted the innovations of Ugolino as being entirely opposed to the intentions of St. Francis. The latter had forbidden the Poor Ladies, just as he had forbidden his friars to possess any worldly goods even in common. Owning nothing, they were to depend entirety upon what the Friars Minor could beg for them. This complete renunciation of all property was however regarded by Ugolino as unpractical for cloistered women. When, therefore, in 1228, he came to Assisi for the canonization of St. Francis (having meanwhile ascended the pontifical throne as Gregory IX), he visited St. Clare at San Damiano and pressed her to so far deviate from the practice of poverty which had up to this time obtained at San Damiano, as to accept some provision for the unforeseen wants of the community. But Clare firmly refused. Gregory, thinking that her refusal might be due to fear of violating the vow of strict poverty she had taken, offered to absolve her from it. "Holy Father, I crave for absolution from my sins", replied Clare, "but I desire not to be absolved from the obligation of following Jesus Christ".

The heroic unworldliness of Clare filled the pope with admiration, as his letters to her, still extant, bear eloquent witness, and he so far gave way to her views as to grant her on 17 September, 1228, the celebrated Privilegium Paupertatis which some regard in the light of a corrective of the Rule of 1219. The original autograph copy of this unique "privilege"--the first one of its kind ever sought for, or ever issued by the Holy See--is preserved in the archive at Santa Chiara in Assisi. The text is as follows:

Gregory Bishop Servant of the Servants of God. To our beloved daughters in Christ Clare and the other handmaids of Christ dwelling together at the Church of San Damiano in the Diocese of Assisi. Health and Apostolic benediction. It is evident that the desire of consecrating yourselves to God alone has led you to abandon every wish for temporal things. Wherefore, after having sold all your goods and having distributed them among the poor, you propose to have absolutely no possessions, in order to follow in all things the example of Him Who became poor and Who is the way, the truth, and the life. Neither does the want of necessary things deter you from such a proposal, for the left arm of your Celestial Spouse is beneath your head to sustain the infirmity of your body, which, according to the order of charity, you have subjected to the law of the spirit. Finally, He who feeds the birds of the air and who gives the lilies of the field their raiment and their nourishment, will not leave you in want of clothing or of food until He shall come Himself to minister to you in eternity when, namely, the right hand of His consolations shall embrace you in the plenitude of the Beatific Vision. Since, therefore, you have asked for it, we confirm by Apostolic favour your resolution of the loftiest poverty and by the authority of these present letters grant that you may not be constrained by anyone to receive possessions. To no one, therefore, be it allowed to infringe upon this page of our concession or to oppose it with rash temerity. But if anyone shall presume to attempt this, be it known to him that he shall incur the wrath of Almighty God and his Blessed Apostles, Peter and Paul. Given at Perugia on the fifteenth of the Kalends of October in the second year of our Pontificate."

That St. Clare may have solicited a "privilege" similar to the foregoing at an earlier date and obtained it vivâ voce, is not improbable. Certain it is that after the death of Gregory IX Clare had once more to contend for the principle of absolute poverty prescribed by St. Francis, for Innocent IV would fain have given the Clares a new and mitigated rule, and the firmness with which she held to her way won over the pope. Finally, two days before her death, Innocent, no doubt at the reiterated request of the dying abbess, solemnly confirmed the definitive Rule of the Clares (Bull, "Solet Annuere", 9 August, 1253), and thus secured to them the precious treasure of poverty which Clare, in imitation of St. Francis, had taken for her portion from the beginning of her conversion. The author of this latter rule, which is largely an adaptation mutatis mutandis, of the rule which St. Francis composed for the Friars Minor in 1223, seems to have been Cardinal Rainaldo, Bishop of Ostia, and protector of the order, afterwards Alexander IV, though it is most likely that St. Clare herself had a hand in its compilation. Be this as it may, it can no longer be maintained that St. Francis was in any sense the author of this formal Rule of the Clares; he only gave to St. Clare and her companions at the outset of their religious life the brief formula vivendi already mentioned.

St. Clare, who in 1215 had, much against her will been made superior at San Damiano by St. Francis, continued to rule there as abbess until her death, in 1253, nearly forty years later. There is no good reason to believe that she ever once went beyond the boundaries of San Damiano during all that time. It need not, therefore, be wondered at if so comparatively few details of St. Clare's life in the cloister "hidden with Christ in God", have come down to us. We know that she became a living copy of the poverty, the humility, and the mortification of St. Francis; that she had a special devotion to the Holy Eucharist, and that in order to increase her love for Christ crucified she learned by heart the Office of the Passion composed by St. Francis, and that during the time that remained to her after her devotional exercises she engaged in manual labour. Needless to add, that under St. Clare's guidance the community of San Damiano became the sanctuary of every virtue, a very nursery of saints. Clare had the consolation not only of seeing her younger sister Beatrix, her mother Ortolana, and her faithful aunt Bianca follow Agnes into the order, but also of witnessing the foundation of monasteries of Clares far and wide throughout Europe. It would be difficult, moreover, to estimate how much the silent influence of the gentle abbess did towards guiding the women of medieval Italy to higher aims. In particular, Clare threw around poverty that irresistible charm which only women can communicate to religious or civic heroism, and she became a most efficacious coadjutrix of St. Francis in promoting that spirit of unworldliness which in the counsels of God, "was to bring about a restoration of discipline in the Church and of morals and civilization in the peoples of Western Europe". Not the least important part of Clare's work was the aid and encouragement she gave St. Francis. It was to her he turned when in doubt, and it was she who urged him to continue his mission to the people at a time when he thought his vocation lay rather in a life of contemplation. When in an attack of blindness and illness, St. Francis came for the last time to visit San Damiano, Clare erected a little wattle hut for him in an olive grove close to the monastery, and it was here that he composed his glorious "Canticle of the Sun". After St. Francis's death the procession which accompanied his remains from the Porziuncula to the town stopped on the way at San Damiano in order that Clare and her daughters might venerate the pierced hands and feet of him who had formed them to the love of Christ crucified--a pathetic scene which Giotto has commemorated in one of his loveliest frescoes. So far, however, as Clare was concerned, St. Francis was always living, and nothing is, perhaps, more striking in her after-life than her unswerving loyalty to the ideals of the Poverello, and the jealous care with which she clung to his rule and teaching.

When, in 1234, the army of Frederick II was devastating the valley of Spoleto, the soldiers, preparatory to an assault upon Assisi, scaled the walls of San Damiano by night, spreading terror among the community. Clare, calmly rising from her sick bed, and taking the ciborium from the little chapel adjoining her cell, proceeded to face the invaders at an open window against which they had already placed a ladder. It is related that, as she raised the Blessed Sacrament on high, the soldiers who were about to enter the monastery fell backward as if dazzled, and the others who were ready to follow them took flight. It is with reference to this incident that St. Clare is generally represented in art bearing a ciborium.

When, some time later, a larger force returned to storm Assisi, headed by the General Vitale di Aversa who had not been present at the first attack, Clare, gathering her daughters about her, knelt with them in earnest prayer that the town might be spared. Presently a furious storm arose, scattering the tents of the soldiers in every direction, and causing such a panic that they again took refuge in flight. The gratitude of the Assisians, who with one accord attributed their deliverance to Clare's intercession, increased their love for the "Seraphic Mother". Clare had long been enshrined in the hearts of the people, and their veneration became more apparent as, wasted by illness and austerities, she drew towards her end. Brave and cheerful to the last, in spite of her long and painful infirmities, Clare caused herself to be raised in bed and, thus reclining, says her contemporary biographer "she spun the finest thread for the purpose of having it woven into the most delicate material from which she afterwards made more than one hundred corporals, and, enclosing them in a silken burse, ordered them to be given to the churches in the plain and on the mountains of Assisi". When at length she felt the day of her death approaching, Clare, calling her sorrowing religious around her, reminded them of the many benefits they had received from God and exhorted them to persevere faithfully in the observance of evangelical poverty. Pope Innocent IV came from Perugia to visit the dying saint, who had already received the last sacraments from the hands of Cardinal Rainaldo. Her own sister, St. Agnes, had returned from Florence to console Clare in her last illness; Leo, Angelo, and Juniper, three of the early companions of St. Francis, were also present at the saint's death-bed, and at St. Clare's request read aloud the Passion of Our Lord according to St. John, even as they had done twenty-seven years before, when Francis lay dying at the Porziuncula. At length before dawn on 11 August, 1253, the holy foundress of the Poor Ladies passed peacefully away amid scenes which her contemporary biographer has recorded with touching simplicity. The pope, with his court, came to San Damiano for the saint's funeral, which partook rather of the nature of a triumphal procession.

The Clares desired to retain the body of their foundress among them at San Damiano, but the magistrates of Assisi interfered and took measures to secure for the town the venerated remains of her whose prayers, as they all believed, had on two occasions saved it from destruction. Clare's miracles too were talked of far and wide. It was not safe, the Assisians urged, to leave Clare's body in a lonely spot without the walls; it was only right, too, that Clare, "the chief rival of the Blessed Francis in the observance of Gospel perfection", should also have a church in Assisi built in her honour. Meanwhile, Clare's remains were placed in the chapel of San Giorgio, where St. Francis's preaching had first touched her young heart, and where his own body had likewise been interred pending the erection of the Basilica of San Francesco. Two years later, 26 September, 1255, Clare was solemnly canonized by Alexander IV, and not long afterwards the building of the church of Santa Chiara, in honour of Assisi's second great saint, was begun under the direction of Filippo Campello, one of the foremost architects of the time. On 3 October, 1260, Clare's remains were transferred from the chapel of San Giorgio and buried deep down in the earth, under the high altar in the new church, far out of sight and reach. After having remained hidden for six centuries--like the remains of St. Francis--and after much search had been made, Clare's tomb was found in 1850, to the great joy of the Assisians. On 23 September in that year the coffin was unearthed and opened, the flesh and clothing of the saint had been reduced to dust, but the skeleton was in a perfect state of preservation. Finally, on the 29th of September, 1872, the saint's bones were transferred, with much pomp, by Archbishop Pecci, afterwards Leo XIII, to the shrine, in the crypt at Santa Chiara, erected to receive them, and where they may now be seen. The feast of St. Clare is celebrated throughout the Church on 12 August later changed to 11 August — Ed.; the feast of her first translation is kept in the order on 3 October, and that of the finding of her body on 23 September.

Sources

The sources of the history of St. Clare at our disposal are few in number. They include (1) a Testament attributed to the saint and some charming Letters written by her to Blessed Agnes, Princess of Bohemia; (2) the Rule of the Clares, and a certain number of early Pontifical Bulls relating to the Order; (3) a contemporary Biography, written in 1256 by order of Alexander IV. This life, which is now generally ascribed to Thomas of Celano, is the source from which St. Clare's subsequent biographers have derived most of their information.

Robinson, Paschal. "St. Clare of Assisi." The Catholic Encyclopedia. Vol. 4. New York: Robert Appleton Company, 1908. 11 Aug. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/04004a.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Rick McCarty.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



From her authentic life, written soon after her death, by order of Pope Alexander IV. who had pronounced her funeral panegyric whilst Cardinal of Ostia, and who canonized her two years after. See also the Annals of the Franciscan Order, compiled by the learned F. Luke Wadding; her life published in English; F. Sbarala, &c.

A.D. 1253.

ST. CLARE was daughter to Phavorino Sciffo, a noble knight who had distinguished himself in the wars, and his virtuous spouse called Hortulana. These illustrious personages, who held the first rank at Assisium for their birth and riches, were still more eminent for their extraordinary piety. They had three daughters, Clare, Agnes, and Beatrice. 1 St. Clare was born in 1193 at Assisium, a city in Italy, built on a stony mountain called Assi. From her infancy she was extremely charitable and devout. It was her custom to count her task of Paters and Aves by a certain number of little stones in her lap, in imitation of some ancient anchorets in the East. 2 Her parents began to talk to her very early of marriage, which gave her great affliction; for it was her most ardent desire to have no other spouse but Jesus Christ. Hearing the great reputation of St. Francis, who set an example of perfection to the whole city, she found means to be conducted to him by a pious matron, and begged his instruction and advice. He spoke to her on the contempt of the world, the shortness of life, and the love of God and heavenly things in such a manner as warmed her tender breast; and, upon the spot, she formed a resolution of renouncing the world. St. Francis appointed Palm-Sunday for the day on which she should come to him. On that day Clare, dressed in her most sumptuous apparel, went with her mother and family to the divine office; but when all the rest went up to the altar to receive a palm-branch, bashfulness and modesty kept her in her place; which the bishop seeing, he went from the altar down to her and gave her the palm. She attended the procession; but, the evening following it, being the 18th of March, 1212, she made her escape from home, accompanied with another devout young woman, and went a mile out of the town to the Portiuncula, where St. Francis lived with his little community. He and his religious brethren met her at the door of their church of Our Lady with lighted tapers in their hands, singing the hymn Veni Creator Spiritus. Before the altar of the Blessed Virgin she put off her fine clothes, and St. Francis cut off her hair, and gave her his penitential habit, which was no other than a piece of sackcloth, tied about her with a cord. The holy father not having yet any nunnery of his own, placed her for the present in the Benedictin nunnery of St. Paul, where she was affectionately received, being then eighteen years of age. The Poor Clares date from this epoch the foundation of their Order.

No sooner was this action of the holy virgin made public, but the world conspired unanimously to condemn it, and her friends and relations came in a body to draw her out of her retreat. Clare resisted their violence, and held the altar so fast as to pull the holy cloths half off it when they endeavoured to drag her away; and, uncovering her head to show her hair cut, she said that Christ had called her to his service, and that she would have no other spouse of her soul; and that the more they should continue to persecute her, the more God would strengthen her to resist and overcome them. They reproached her that by embracing so poor and mean a life she disgraced her family; but she bore their insults, and God triumphed in her. St. Francis soon after removed her to another nunnery, that of St. Angelo of Panso, near Assisium, which was also of St. Bennet’s Order. There her sister Agnes joined in her undertaking; which drew on them both a fresh persecution, and twelve men abused Agnes both with words and blows, and dragged her on the ground to the door, whilst she cried out, “Help me, sister; permit me not to be separated from our Lord Jesus Christ, and your loving company.” Her constancy proved at last victorious, and St. Francis gave her also the habit, though she was only eighteen years of age. He placed them in a new mean house contiguous to the church of St. Damian, situated on the skirts of the city Assisium, and appointed Clare the superior. She was soon after joined by her mother, Hortulana, and several ladies of her kindred and others to the number of sixteen, among whom three were of the illustrious family of the Ubaldini in Florence. Many noble princesses held for truer greatness the sackcloth and poverty of St. Clare than the estates, delights, and riches which they possessed, seeing they left them all to become humble disciples of so holy and admirable a mistress. St. Clare founded, within a few years, monasteries at Perugia, Arezzo, Padua, that of SS. Cosmas and Damian in Rome; at Venice, Mantua, Bologna, Spoletto, Milan, Sienna, Pisa, &c.; also in many principal towns in Germany. Agnes, daughter to the King of Bohemia, founded a nunnery of her Order in Prague, in which herself took the habit.

St. Clare and her community practised austerities, which, till then, had scarcely ever been known among the tender sex. They wore neither stockings, shoes, sandals, nor any other covering on their feet; they lay on the ground, observed a perpetual abstinence, and never spoke but when they were obliged to it by the indispensable duties of necessity and charity. The foundress in her rule extremely recommends this holy silence as the means to retrench innumerable sins of the tongue, and to preserve the mind always recollected in God, and free from the dissipation of the world, which, without this guard, penetrates the walls of cloisters. Not content with the four

Lents, and the other general mortifications of her rule, she always wore next her skin a rough shift of horse hair or of hog’s bristles cut short; she fasted church vigils and all Lent on bread and water; and from the 11th of November to Christmas-day, and during these times on Mondays, Wednesdays, and Fridays ate nothing at all. She sometimes strewed the ground on which she lay with twigs, having a block for her bolster. Her disciplines, watchings, and other austerities were incredible, especially in a person of so tender a constitution. Being reduced to great weakness and to a very sickly state of health, St. Francis and the Bishop of Assisium obliged her to lie upon a little chaff, and never pass one day without taking at least some bread for nourishment. Under her greatest corporal austerities her countenance was always mild and cheerful, demonstrating that true love makes penance sweet and easy. Her esteem of holy poverty was most admirable. She looked upon it as the retrenchment of the most dangerous objects of the passions and self-love, and as the great school of patience and mortification, by the perpetual inconveniences and sufferings which it lays persons under, and which the spirit of Christ crucified teaches us to bear with patience and joy. It carries along with it the perfect disengagement of the heart from the world, in which the essence of true devotion consists. The saint considered in what degree Christ, having for our sakes relinquished the riches of his glory, practised holy poverty, in his birth, without house or other temporal conveniency; and during his holy ministry, without a place to lay his head in, and living on voluntary contributions; but, above all, his poverty, nakedness, and humiliation on the cross and at his sacred death were deeply imprinted on her mind, and she ardently sought to bear for his sake some resemblance of that state which he had assumed for us to apply a proper remedy to our spiritual wounds, and heal the corruption of our nature.

St. Francis instituted that his Order should never possess any rents even in common, subsisting on daily contributions. St. Clare possessed this spirit in such perfection, that when her large fortune fell to her, by the death of her father, after her profession, she gave the whole to the poor without reserving one single farthing for the monastery. Pope Gregory IX. desired to mitigate this part of her rule, and offered to settle a yearly revenue on her monastery of St. Damian’s; but she in the most pressing manner persuaded him by many reasons, in which her love of evangelical poverty made her eloquent, to leave her Order in its first rigorous establishment. Whilst others asked riches, Clare presented again her most humble request to Pope Innocent IV. that he would confirm to her Order the singular privilege of holy poverty, which he did, in 1251, by a bull written with his own hand, which he watered at the same time with tears of devotion. 3 So dear was poverty to St. Clare, chiefly for her great love of humility. Though superior, she would never allow herself any privilege or distinction. It was her highest ambition to be the servant of servants, always beneath all, washing the feet of the lay-sisters and kissing them when they returned from begging, serving at table, attending the sick, and removing the most loathsome filth. When she prayed for the sick she sent them to her other sisters, that their miraculous recovery might not be imputed to her prayers or merits. She was so true a daughter of obedience, that she had always, as it were, wings to fly wherever St. Francis directed her, and was always ready to execute anything, or to put her shoulders under any burden that was enjoined her; she was so crucified to her own will, as to seem entirely divested of it. This she expressed to her holy father as follows: “Dispose of me as you please; I am yours by having consecrated my will to God. It is no longer my own.”

Prayer was her spiritual comfort and strength, and she seemed scarcely ever to interrupt that holy exercise. She often prostrated herself on the ground, kissed it, and watered it with many tears. Whilst her sisters took their rest she watched long in prayer, and was always the first that rose, rung the bell in the choir, and lighted the candles. She came from prayer with her face so bright and inflamed (like that of Moses descending from conversing with God) that it often dazzled the eyes of those who beheld her; and every one perceived by her words that she came from her devotions; for she spoke with such a spirit and fervour as enkindled a flame in all who but heard her voice, and diffused into their souls a great esteem of heavenly things. She communicated very often, and had a wonderful devotion towards the blessed sacrament. Even when she was sick in bed, she spun with her own hands fine linen for corporals, and for the service of the altar, which she distributed through all the churches of Assisium. In prayer she was often so absorpt in divine love as to forget herself and her corporal necessities. She on many occasions experienced the all-powerful force and efficacy of her holy prayer. A remarkable instance is mentioned in her life: The impious Emperor Frederic II. cruelly ravaged the valley of Spoletto, because it was the patrimony of the holy see. He had in his army many Saracens and other barbarous infidels, and left in that country a colony of twenty thousand of these enemies of the church in a place still called Noura des Moros. These banditti came once in a great body to plunder Assisium, and as St. Damian’s convent stood without the walls, they first assaulted it. Whilst they were busy in scaling the walls, St. Clare, though very sick, caused herself to be carried and seated at the gate of the monastery, and the blessed sacrament to be placed there in a pix in the very sight of the enemies, and, prostrating herself before it, prayed with many tears, saying to her beloved spouse: “Is it possible, my God, that thou shouldst have here assembled these thy servants, and nurtured them up in thy holy love, that they should now fall into the power of these infidel Moors? Preserve them, O my God, and me in their holy company.” At the end of her prayer she seemed to hear a sweet voice, which said: “I will always protect you.” A sudden terror, at the same time, seized the assailants, and they all fled with such precipitation, that several were hurt without being wounded by any enemy. Another time, Vitalis Aversa, a great general of the same emperor, a cruel and proud man, laid siege to Assisium for many days. St. Clare said to her nuns, that they who had received corporal necessaries from that city, owed to it all assistance in their power in its extreme necessity. She therefore bid them cover their heads with ashes, and in this most suppliant posture beg of Christ the deliverance of the town. They continued pressing their request with many tears a whole day and night till powerful succours arriving, the besiegers silently raised the siege, and retired without noise, and their general was soon after slain.

St. Francis was affected with the most singular and tender devotion towards the mysteries of Christ’s nativity and sacred passion. He used to assemble incredible numbers of the people to pass the whole Christmas night in the church in fervent prayer; and, at midnight, once preached with such fervour and tenderness, that he was not able to pronounce the name Jesus, but called him the little child of Bethlehem; and, in repeating these words, always melted away with tender love. St. Clare inherited this same devotion and tenderness to this holy mystery, and received many special favours from God in her prayers on that festival. As to the passion of Christ, St. Francis called it his perpetual book, and said he never desired to open any other but the history of it in the gospels, though he were to live to the world’s end. The like were the sentiments of St. Clare towards it; nor could she call to mind this adorable mystery without streams of tears, and the warmest emotions of tender love. In sickness particularly it was her constant entertainment. She was afflicted with continual diseases and pains for eight-and-twenty years, yet was always joyful, allowing herself no other indulgence than a little straw to lie on. Reginald, cardinal of Ostia, afterwards Pope Alexander IV., both visited her and wrote to her in the most humble manner. Pope Innocent IV. paid her a visit a little before her death, going from Perugia to Assisium on purpose, and conferring with her a long time on spiritual matters with wonderful comfort.

St. Clare bore her sickness and great pains without so much as speaking of them, and when brother Reginald exhorted her to patience, she said: “How much am I obliged to my sweet Redeemer; for since, by means of his servant Francis, I have tasted the bitterness of his holy passion, I have never in my whole life found any pain or sickness that could afflict me. There is nothing insupportable to a heart that loveth God, and to him that loveth not every thing is insupportable.” Agnes, seeing her dear sister and spiritual mother draw near her end, besought her with great affection and many tears that she would take her along with her, and not leave her here on earth, seeing they had been such faithful companions, and so united in the same spirit and desire of serving our Lord. The holy virgin comforted her, telling her it was the will of God she should not at present go along with her; but bade her be assured she should shortly come to her, and so it happened. St. Clare seeing all her spiritual children weep, comforted them, and tenderly exhorted them to be constant lovers and faithful observers of holy poverty, and gave them her blessing, calling herself the little plant of her holy father St. Francis. The passion of Christ, at her request, was read to her in her agony, and she sweetly expired, amidst the prayers and tears of her community, on the 11th of August, 1253, in the forty-second year after her religious profession, and the sixtieth of her age. She was buried on the day following, on which the church keeps her festival. Pope Innocent IV. came again from Perugia, and assisted in person with the sacred college at her funeral. Alexander IV. canonized her at Anagnia in 1255. Her body was first buried at St. Damian’s; but the pope ordered a new monastery to be built for her nuns at the church of St. George within the walls, which was finished in 1260, when her relics were translated thither with great pomp. A new church was built here afterwards, which bears her name, in which, in 1265, Pope Clement V. consecrated the high altar under her name, and her body lies under it. The body of St. Francis had lain in this church of St. George four years, when, in 1230, it was removed to that erected in his honour, in which it still remains. Camden remarks that the family name Sinclair among us is derived from St. Clare.

The example of this tender virgin, who renounced all the softness, superfluity, and vanity of her education, and engaged and persevered in a life of so much severity, is a reproach of our sloth and sensuality. Such extraordinary rigours are not required of us; but a constant practice of self-denial is indispensably enjoined us by the sacred rule of the gospel, which we all have most solemnly professed. Our backwardness in complying with this duty is owing to our lukewarmness, which creates in every thing imaginary difficulties, and magnifies shadows. St. Clare, notwithstanding her continual extraordinary austerities, the grievous persecutions she had suffered, and the pains of a sharp and tedious distemper with which she was afflicted, was surprised when she lay on her death-bed, to hear any one speak of her patience, saying, that from the time she had first given her heart to God, she had never met with any thing to suffer, or to exercise her patience. This was the effect of her ardent charity. Let none embrace her holy institute without a fervour which inspires a cheerful eagerness to comply in the most perfect manner with all its rules and exercises; and without seriously studying to obtain, and daily improve, in their souls, her eminent spirit of poverty, humility, obedience, love of silence, mortification, recollection, prayer, and divine love. In this consists their sanctification—in this they will find all present and future blessings and happiness.

Note 1. Hortulana met with a sensible affliction in the loss of her husband; but, upon that occasion, raising her heart to God, she said courageously: “Sovereign Lord, my affections for my husband carried me to an excess, and was a hinderance to the perfect reign of thy love in my heart. Therefore hast thou been pleased to deprive me of so great a comfort and support: may thy name be for ever praised. I am thine, and to thy service I consecrate my soul and affections, with all I possess.” This heroic sacrifice of herself, which drew its merit from the perfect dispositions with which it was made, was accepted by God, and deserved to be recompensed by greater graces. In like manner St. Jerom relates of St. Melania, that, having lost her husband and two children the same day, casting herself at the foot of the cross, she said: “I see, my God, that thou requirest of me my whole heart and love, which was too much fixed on my husband and children. I most willingly resign it all to thee.” Hortulana placed her youngest daughter Beatrice with Monaldo, her husband’s brother, and put her fortune into his hands, her two eldest having already forsaken the world; and having distributed the remainder of her estate among the poor, took the veil at St. Damian’s from the hands of St. Francis; and, though advanced in years, went through the meanest offices of the novitiate, made her profession, and courageously bore the most austere fasts, watching, disciplines, and other mortifications in her tender body. In these fervent exercises she persevered to her death, and was buried at St. Damian’s; but her body was afterwards translated to the church of St. George, where it lies in the same tomb with her two daughters, St. Clare and St. Agnes. [back]

Note 2. Paul of Sceté counted the tribute of his prayers which he repeated three hundred and sixty-six times a day, by pebble stones. Hist. Lausiac. c. 23. [back]

Note 3. Urban IV. allowed a dispensation to many houses of this Order to possess rents; these are called Urbanists; the others Poor Clares. Besides these the Capucinesses, the Annunciades, the Conceptionists, the Cordeliers or Grey-sisters, the Recollects, and the most austere Reformation of the Ave-Maria in Paris, are branches of the rule of St. Clare; but most add certain particular constitutions. Of all these together there are said to be above four thousand convents. The third Order of St. Francis differs from the others, and is a milder institute, established by that saint in favour of certain devout ladies, who were not disposed to embrace so great austerities, or were not able entirely to forsake the world. This admits married persons, both men and women, who enroll themselves under the standard of penance, according to a certain form of living which this saint prescribed for persons settled in the world. See on its institution Wadding’s Annals of the Franciscans on the year 1221. Several persons of this third Order make the essential vows of religious, and live in communities. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/8/121.html


Giotto, Sainte Claire, fresque, chapelle Bardi, basilique Santa Croce, Florence.

Santa Chiara Vergine


Assisi, 1193/1194 - Assisi, 11 agosto 1253

Ha appena dodici anni Chiara, nata nel 1194 dalla nobile e ricca famiglia degli Offreducci, quando Francesco d'Assisi compie il gesto di spogliarsi di tutti i vestiti per restituirli al padre Bernardone. Conquistata dall'esempio di Francesco, la giovane Chiara sette anni dopo fugge da casa per raggiungerlo alla Porziuncola. Il santo le taglia i capelli e le fa indossare il saio francescano, per poi condurla al monastero benedettino di S.Paolo, a Bastia Umbra, dove il padre tenta invano di persuaderla a ritornare a casa. Si rifugia allora nella Chiesa di San Damiano, in cui fonda l'Ordine femminile delle «povere recluse» (chiamate in seguito Clarisse) di cui è nominata badessa e dove Francesco detta una prima Regola. Chiara scrive successivamente la Regola definitiva chiedendo ed ottenendo da Gregorio IX il «privilegio della povertà». Per aver contemplato, in una Notte di Natale, sulle pareti della sua cella il presepe e i riti delle funzioni solenni che si svolgevano a Santa Maria degli Angeli, è scelta da Pio XII quale protettrice della televisione. Erede dello spirito francescano, si preoccupa di diffonderlo, distinguendosi per il culto verso il SS. Sacramento che salva il convento dai Saraceni nel 1243. (Avvenire)

Patronato: Televisione

Etimologia: Chiara = trasparente, illustre, dal latino

Emblema: Giglio, Ostia

Martirologio Romano: Memoria di santa Chiara, vergine, che, primo virgulto delle Povere Signore dell’Ordine dei Minori, seguì san Francesco, conducendo ad Assisi in Umbria una vita aspra, ma ricca di opere di carità e di pietà; insigne amante della povertà, da essa mai, neppure nell’estrema indigenza e infermità, permise di essere separata.

La sera della domenica delle Palme (1211 o 1212) una bella ragazza diciottenne fugge dalla sua casa in Assisi e corre alla Porziuncola, dove l’attendono Francesco e il gruppo dei suoi frati minori. Le fanno indossare un saio da penitente, le tagliano i capelli e poi la ricoverano in due successivi monasteri benedettini, a Bastia e a Sant’Angelo. 

Infine Chiara prende dimora nel piccolo fabbricato annesso alla chiesa di San Damiano, che era stata restaurata da Francesco. Qui Chiara è stata raggiunta dalla sorella Agnese; poi dall’altra, Beatrice, e da gruppi di ragazze e donne: saranno presto una cinquantina. 

Così incomincia, sotto la spinta di Francesco d’Assisi, l’avventura di Chiara, figlia di nobili che si oppongono anche con la forza alla sua scelta di vita, ma invano. Anzi, dopo alcuni anni andrà con lei anche sua madre, Ortolana. Chiara però non è fuggita “per andare dalle monache”, ossia per entrare in una comunità nota e stabilita. Affascinata dalla predicazione e dall’esempio di Francesco, la ragazza vuole dare vita a una famiglia di claustrali radicalmente povere, come singole e come monastero, viventi del loro lavoro e di qualche aiuto dei frati minori, immerse nella preghiera per sé e per gli altri, al servizio di tutti, preoccupate per tutti. Chiamate popolarmente “Damianite” e da Francesco “Povere Dame”, saranno poi per sempre note come “Clarisse”. 

Da Francesco, lei ottiene una prima regola fondata sulla povertà. Francesco consiglia, Francesco ispira sempre, fino alla morte (1226), ma lei è per parte sua una protagonista, anche se sarà faticoso farle accettare l’incarico di abbadessa. In un certo modo essa preannuncia la forte iniziativa femminile che il suo secolo e il successivo vedranno svilupparsi nella Chiesa. 

Il cardinale Ugolino, vescovo di Ostia e protettore dei Minori, le dà una nuova regola che attenua la povertà, ma lei non accetta sconti: così Ugolino, diventato papa Gregorio IX (1227-41) le concede il “privilegio della povertà”, poi confermato da Innocenzo IV con una solenne bolla del 1253, presentata a Chiara pochi giorni prima della morte. 

Austerità sempre. Però "non abbiamo un corpo di bronzo, né la nostra è la robustezza del granito". Così dice una delle lettere (qui in traduzione moderna) ad Agnese di Praga, figlia del re di Boemia, severa badessa di un monastero ispirato all’ideale francescano. 

Chiara le manda consigli affettuosi ed espliciti: "Ti supplico di moderarti con saggia discrezione nell’austerità quasi esagerata e impossibile, nella quale ho saputo che ti sei avviata". Agnese dovrebbe vedere come Chiara sa rendere alle consorelle malate i servizi anche più umili e sgradevoli, senza perdere il sorriso e senza farlo perdere. A soli due anni dalla morte, papa Alessandro IV la proclama santa.

Chiara si distinse per il culto verso l'Eucarestia. Per due volte Assisi venne minacciata dall'esercito dell'imperatore Federico II che contava, tra i suoi soldati, anche saraceni. Chiara, in quel tempo malata, fu portata alle mura della città con in mano la pisside contenente il Santissimo Sacramento: i suoi biografi raccontano che l'esercito, a quella vista, si dette alla fuga.

Autore:
Domenico Agasso