vendredi 24 août 2012

Saint BARTHÉLEMY (NATHANAËL), APÔTRE



Saint Barthélemy

Apôtre

(+ vers l'an 71)

Barthélemy, appelé par le Sauveur, vécut avec Lui, assista à Ses prédications, entendit Ses paraboles, fut le témoin de Ses vertus divines.

Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l'Évangile dans l'Inde, au-delà du Gange. Dans tous les pays qu'il dut traverser, il annonça Jésus-Christ, Rédempteur du monde. Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des prêtres pour le seconder et consacra des évêques. Quand, plus tard, saint Pantène évangélisa ce pays, il y trouva l'Évangile de saint Matthieu, apporté là par Barthélemy.

En quittant les Indes, l'Apôtre vint dans la grande Arménie. Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l'on rendait les honneurs divins à l'idole Astaroth, et où l'on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles; le prédicateur de la foi s'y rendit, et aussitôt l'idole devint muette et ne fit plus de guérisons. Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélemy, et leur donnèrent son signalement; mais l'Apôtre se fit assez connaître par ses miracles; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l'idole, en présence d'une foule immense, l'aveu public de ses fourberies; après quoi le démon s'éloigna en grinçant des dents. Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le baptême.

Le démon résolut de se venger; l'Apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif. Les bourreaux inhumains s'armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête aux pieds; de telle sorte que, n'ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os. Il eut ensuite la tête tranchée. Le corps écorché et la peau sanglante de l'Apôtre furent enterrés à Albane, en la haute Arménie; il s'y opéra tant de miracles, que les païens furieux, enfermèrent le corps du bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer. Mais le cercueil, flottant sur l'onde, vint heureusement à l'île de Lipari, près de la Sicile.

Plus tard, les Sarrasins s'emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques; mais un moine reçut, dans une vision, l'ordre de recueillir les ossements de l'Apôtre. Le corps de saint Barthélemy est aujourd'hui à Rome, son chef à Toulouse.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_barthelemy.html


Giovanni Tiepolo, Le Martyre de Saint Barthélémy, 1722, Venise

Barthélemy est l'un des douze apôtres choisis par le Christ pour continuer sa mission et porter la Bonne Nouvelle vers toutes les nations. On l'identifie habituellement avec Nathanaël, dont le début de l'Évangile selon saint Jean donne un portrait fort vivant. À cet homme de Cana en Galilée, Philippe vient annoncer : "Celui de qui il est écrit dans la Loi et les Prophètes, nous l'avons trouvé. C'est Jésus, le fils de Joseph de Nazareth." La réaction de Nathanaël est franche et spontanée, avec ce qu'elle suppose de rivalités de villages : "De Nazareth (sous-entendu : d'un tel trou !), que pourrait-il sortir de bon ?"

Jésus passe et fixe son regard sur lui ; il lance une appréciation pleine d'humour : "Voici un véritable Israélite, chez lequel il n'y a pas d'artifice" (qui dit ce qu'il pense, sans détour). Nathanaël, tout retourné, lui demande : "Mais, tu me connais ?". Jésus lui fait cette réponse : "Avant même que Philippe ne t'appelle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai remarqué". Que voulait-il signifier ? À l'époque du Christ, dans les commentaires des rabbins Juifs, le figuier était comparé à l'arbre de la connaissance du bien et du mal. L'expression "être sous le figuier" pouvait s'appliquer à quelqu'un qui s'intéresse intensément aux saintes Écritures.

Nathanaël est tout fier et heureux d'avoir été remarqué et félicité par ce Maître qui, sans doute, l'a déjà intrigué. Tout aussi spontanément qu'il était sceptique, il lui accorde sa foi et sa confiance. Il proclame : "Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël". La tradition des Églises d'Orient rapporte de l'apôtre Barthélemy-Nathanaël qu'il évangélisa, après la Pentecôte, la Phrygie, les rives du Bosphore et l'Arménie.

D'étymologie araméenne, Barthélémy signifie "fils de Tolmaï" (bar-Tolmaï). Nathanaël signifie en hébreu "Yahvé (Dieu) a donné.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP

SOURCE : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Saints/Barthelemy-apotre-du-Christ


BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Mercredi 4 octobre 2006



Barthélemy


Chers frères et soeurs,

Dans la série des Apôtres appelés par Jésus au cours de sa vie terrestre, c'est aujourd'hui l'Apôtre Barthélemy qui retient notre attention. Dans les antiques listes des Douze, il est toujours placé avant Matthieu, alors que le nom de celui qui le précède varie et peut être Philippe (cf. Mt 10, 3; Mc 3, 18; Lc 6, 14) ou bien Thomas (cf. Ac 1, 13). Son nom est clairement un patronyme, car il est formulé avec une référence explicite au nom de son père. En effet, il s'agit probablement d'un nom d'origine araméenne, bar Talmay, qui signifie précisément "fils de Talmay".

Nous ne possédons pas d'informations importantes sur Barthélemy; en effet, son nom revient toujours et seulement au sein des listes des Douze susmentionnées et ne se trouve donc au centre d'aucun récit. Cependant, il est traditionnellement identifié avec Nathanaël: un nom qui signifie "Dieu a donné". Ce Nathanaël provenait de Cana (cf. Jn 21, 2) et il est donc possible qu'il ait été témoin du grand "signe" accompli par Jésus en ce lieu (cf. Jn 2, 1-11). L'identification des deux personnages est probablement motivée par le fait que ce Nathanaël, dans la scène de vocation rapportée par l'Evangile de Jean, est placé à côté de Philippe, c'est-à-dire à la place qu'occupe Barthélemy dans les listes des Apôtres rapportées par les autres Evangiles. Philippe avait dit à ce Nathanaël qu'il avait trouvé "Celui dont parle la loi de Moïse et les Prophètes [...] c'est Jésus fils de Joseph, de Nazareth" (Jn 1, 45). Comme nous le savons, Nathanaël lui opposa un préjugé plutôt grave: "De Nazareth! Peut-il sortir de là quelque chose de bon?" (Jn 1, 46a). Cette sorte de contestation est, à sa façon, importante pour nous. En effet, elle nous fait voir que, selon les attentes des juifs, le Messie ne pouvait pas provenir d'un village aussi obscur, comme l'était précisément Nazareth (voir également Jn 7, 42). Cependant, dans le même temps, elle met en évidence la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes en se faisant trouver précisément là où nous ne l'attendrions pas. D'autre part, nous savons qu'en réalité, Jésus n'était pas exclusivement "de Nazareth", mais qu'il était né à Bethléem (cf. Mt 2, 1; Lc 2, 4), et qu'en définitive, il venait du ciel, du Père qui est aux cieux.

L'épisode de Nathanaël nous inspire une autre réflexion: dans notre relation avec Jésus, nous ne devons pas seulement nous contenter de paroles. Philippe, dans sa réponse, adresse une invitation significative à Nathanaël: "Viens et tu verras!" (Jn 1, 46b). Notre connaissance de Jésus a surtout besoin d'une expérience vivante: le témoignage d'autrui est bien sûr important, car généralement, toute notre vie chrétienne commence par une annonce qui parvient jusqu'à nous à travers un ou plusieurs témoins. Mais nous devons ensuite personnellement participer à une relation intime et profonde avec Jésus; de manière analogue, les Samaritains, après avoir entendu le témoignage de leur concitoyenne que Jésus avait rencontrée près du puits de Jacob, voulurent parler directement avec Lui et, après cet entretien, dirent à la femme: "Ce n'est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant; nous l'avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c'est vraiment lui le Sauveur du monde!" (Jn 4, 42).

En revenant à la scène de vocation, l'évangéliste nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s'approcher, il s'exclame: "Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir" (Jn 1, 47). Il s'agit d'un éloge qui rappelle le texte d'un Psaume: "Heureux l'homme... dont l'esprit est sans fraude" (Ps 32, 2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël, qui réplique avec étonnement: "Comment me connais-tu?" (Jn 1, 48a). La réponse de Jésus n'est pas immédiatement compréhensible. Il dit: "Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu" (Jn 1, 48b). Nous ne savons pas ce qu'il s'est passé sous ce figuier. Il est évident qu'il s'agit d'un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du coeur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et comprend: cet homme sait tout sur moi, Il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement m'abandonner à cet homme. Et ainsi, il répond par une confession de foi claire et belle, en disant: "Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu! C'est toi le roi d'Israël!" (Jn 1, 49). Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l'itinéraire d'adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l'identité de Jésus: Il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, que dans celle avec le peuple d'Israël, dont il est déclaré le roi, une qualification propre au Messie attendu. Nous ne devons jamais perdre de vue ni l'une ni l'autre de ces deux composantes, car si nous ne proclamons que la dimension céleste de Jésus, nous risquons d'en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l'histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui le qualifie précisément.

Nous ne possédons pas d'informations précises sur l'activité apostolique successive de Barthélemy-Nathanaël. Selon une information rapportée par l'historien Eusèbe au IV siècle, un certain Pantenus aurait trouvé jusqu'en Inde les signes d'une présence de Barthélemy (cf. Hist. eccl. V, 10, 3). Dans la tradition postérieure, à partir du Moyen Age, s'imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire. Il suffit de penser à la très célèbre scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit saint Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l'artiste laissa son autoportrait. Ses reliques sont vénérées ici à Rome, dans l'église qui lui est consacrée sur l'Ile Tibérine, où elles furent apportées par l'empereur allemand Otton III en l'an 983. En conclusion, nous pouvons dire que la figure de saint Barthélemy, malgré le manque d'information le concernant, demeure cependant face à nous pour nous dire que l'on peut également vivre l'adhésion à Jésus et en témoigner sans accomplir d'oeuvres sensationnelles. C'est Jésus qui est et reste extraordinaire, Lui à qui chacun de nous est appelé à consacrer sa propre vie et sa propre mort.

* * *

Je salue cordialement les pèlerins francophones présents ce matin. Puisse la figure de l’Apôtre Barthélemy vous inviter, dans le quotidien de vos vies, à témoigner du Christ, lui qui vous appelle à lui consacrer toute votre existence !

© Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20061004_fr.html


Cecco di Pietro, San Bartolomeo,1386, Avignone, Petit Palais

Saint Barthélemy

Apôtre (1er s.)

Il ne méritait pas que son nom et sa fête soient surtout attachés dans la mémoire des français au massacre des protestants par les souverains catholiques pour des raisons plus politiques que religieuses. 

Originaire de Cana en Galilée, il est aussi le Nathanaël, ami de saint Philippe, qui vint l'évangéliser. Il est, selon la parole du Seigneur: "un vrai fils d'Israël". Que s'était-il passé sous le figuier? cela restera un secret entre le Christ et lui. La tradition veut qu'il ait évangélisé l'Inde.

Barthélemy, mentionné dans toutes les listes des douze apôtres - parfois sous le nom de Nathanael - ne joue aucun rôle dans les Évangiles ni dans les Actes des Apôtres. La légende s'est donc emparée de lui. Il passe pour avoir évangélisé l'Arabie, la Mésopotamie, pour être allé jusqu'aux Indes et pour avoir subi le martyre, écorché vif en Arménie. Cela lui vaut d'être le patron des métiers en rapport avec le cuir, riches corporations qui ont souvent offert des œuvres le représentant. Ses attributs sont le couteau et la peau de bête. (diocèse de Poitiers- quelques saints du Poitou et d'ailleurs)

Fête de saint Barthélemy, Apôtre. Identifié généralement avec Nathanaël, originaire de Cana en Galilée, il fut conduit à Jésus par Philippe; le Seigneur l’appela ensuite à le suivre et le mit dans le groupe des Douze. Des traditions assurent qu’après l’Ascension du Christ, il annonça l’Évangile en Inde et qu’il y fut couronné du martyre.

Martyrologe romain

45 Philippe rencontre Nathanaël et lui dit: «Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l'avons trouvé: c'est Jésus fils de Joseph, de Nazareth.»

46 Nathanaël répliqua: «De Nazareth! Peut-il sortir de là quelque chose de bon?» Philippe répond: «Viens, et tu verras.»

47 Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare: «Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir.»

48 Nathanaël lui demande: «Comment me connais-tu?» Jésus lui répond: «Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu.»

49 Nathanaël lui dit: «Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu! C'est toi le roi d'Israël!»

50 Jésus reprend: «Je te dis que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois! Tu verras des choses plus grandes encore.»

51 Et il ajoute: «Amen, amen, je vous le dis: vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme.»


SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1725/Saint+Barth%E9lemy.html


SAINT BARTHÉLEMY

Barthélemy signifie fils de celui qui suspend les eaux, ou fils de celui qui se suspend. Ce mot vient de Bar, qui veut dire fils, de thelos, sommité, et de moys, eau. De là Barthélemy, c'est-à-dire, le fils de celui qui,suspend les eaux de Dieu ; donc, qui élève l’esprit des docteurs en haut, afin. qu'ils versent 'en bas les eaux de la doctrine. C'est un nom Syrien et non pas Hébreu, il v a trois manières d'être suspendu, que notre saint posséda. En effet il fut suspendu, c'est-à-dire élevé au-dessus de l’amour du monde, porté à l’amour des choses du ciel, entièrement appuyé sur la grâce et le secours de Dieu, de sorte que toute sa vie dépendit non de ses mérites mais de l’aide de Dieu. Par la seconde étymologie,est indiquée la profondeur de sa sagesse dont saint Denys dit ce qui suit dans sa Théologie mystique *: « Le divin Barthélemy avance que la Théologie est tout ensemble développée et briève, l’évangile ample, abondant et néanmoins concis. » Saint Barthélemy veut insinuer par là, , d'après l’opinion de Denys, que la nature suprême de Dieu s'élève au-dessus de tout, au-dessus de toute négation, comme de toute affirmation.

Saint Barthélemy, apôtre, en venant dans l’Inde **, qui est située aux extrémités du monde, entra dans un temple où se trouvait une idole nommée Astaroth, et il s'y arrêta comme ferait un voyageur. Dans cette idole habitait un démon qui prétendait faire du bien aux malades; or, il ne les guérissait pas, mais il suspendait seulement leurs souffrances. Cependant comme le temple était rempli de malades et que, malgré les sacrifices offerts tous les jours pour les infirmes des pays les plus éloignés, on ne pouvait avoir aucune réponse d'Astaroth, les malades allèrent à une autre ville où l’on adorait une idole nommé Bérith. Ils demandèrent à Bérith pourquoi Astaroth ne donnait pas de réponse, et il dit: « Notre Dieu est lié dans des chaînes de feu ; il n'ose ni respirer, ni parler, à dater du moment où est: entré l’apôtre de Dieu Barthélemy.» Ils lui disent: « Et quel est ce Barthélemy ? » Le démon répondit : « C'est l’ami du Dieu tout-puissant; il est venu en cette province pour chasser tous les dieux de l’Inde. » Et ils dirent : « Dis-nous à quels signes nous pourrions le trouver. » Le démon reprit: « Il a les cheveux crépus et noirs, le teint pâle, les yeux grands, le nez régulier et droit, la barbe longue et mêlée de quelques poils blancs, la taille bien prise; il est revêtu d'une robe sans manches avec des noeuds couleur de pourpre, son manteau est blanc, garni de pierres précieuses couleur de pourpre à chaque coin. Depuis vingt ans qu'il les porte, ses habits et ses sandales ne s'usent ni ne se salissent. Chaque jour il fléchit les genoux cent fois pour prier, et autant pendant la nuit. Les anges voyagent avec lui, et ils ne le laissent pas se fatiguer, ni avoir faim. Son visage , est toujours le même, toujours il est joyeux et gai. Il prévoit tout, il sait tout. Il connaît et comprend les langues de tous les pays, et ce que je vous dis en ce moment, il le sait, déjà; quand vous le cherchez, s'il le veut, il se montrera à vous, mais, s'il ne le veut pas, vous ne pourrez le trouver. Or, je vous prie, quand vous l’aurez rencontré, conjurez-le de ne pas venir ici de peur que ses anges ne me fassent ce qu'ils ont déjà fait à mon compagnon. » Après donc qu'on l’eut cherché avec soin pendant deux jours sans le trouver, un démoniaque s'écria titi jour: « Apôtre de, Dieu, Barthélemy, tes prières me brûlent. » L'apôtre lui dit: « Tais-toi, et sors de cet homme. » A l’instant le possédé fut délivré. En apprenant cela, le roi de ce pays, nommé Polimius, qui avait une fille lunatique, envoya prier l’apôtre de venir chez lui et de guérir, sa fille. L'apôtre étant venu chez le roi, et voyant sa fille enchaînée, parce qu'elle déchirait par ses morsures ceux qui l’approchaient, ordonna de la délier; et comme les serviteurs n'osaient l’approcher, il dit: « Déjà je tiens enchaîné le démon qui était en elle, et vous craignez ? » Ou la délia et elle fut délivrée. Alors le roi fit charger des chameaux d'or, d'argent et de pierres précieuses, et fit chercher l’apôtre qu'on ne put rencontrer nulle part. Le lendemain matin, cependant, le roi étant seul dans sa chambre, l’apôtre lui apparut et lui dit: «Pourquoi  m’as-tu cherché toute la journée avec de l’or, de l’argent et des pierres précieuses? Ces présents sont utiles à ceux qui sont avides des biens de la terre; quant à moi, je ne désire rien; de terrestre, rien de charnel. » Alors saint Barthélemy se mit à lui apprendre beaucoup de choses sur la manière dont nous avons été rachetés ; il lui montra, entre autres, que J.-C. avait vaincu le diable par convenance prodigieuse, par puissance, par justice et par sagesse. 1° Il fut convenable en effet que celui qui avait vaincu le fils d'une vierge, c'est-à-dire, Adam créé de la terre, alors qu'elle était encore vierge, fût vaincu par le fils de la Vierge. 2° Il le vainquit par puissance : comme le diable, en faisant tomber l’homme, avait usurpé l’empire de Dieu, J.-C. l’en chassa avec sa toute-puissance. Et comme le vainqueur d'un tyran envoie ses compagnons de victoire pour arborer ses drapeaux partout et pour abattre ceux du tyran, de même J.-C. vainqueur envoie partout ses messagers afin de renverser le culte du diable et établir à la place le culte de J.-C. 3° Il le vainquit avec justice. Il était juste en effet que celui qui avait vaincu l’homme par le manger, et qui le tenait encore sous sa puissance, fût vaincu par le jeûne d'un homme, et dépouillé de son usurpation. 4° Il le vainquit par sagesse, puisque les artifices du diable furent déjoués par l’habileté de J.-C. Tel fut l’artifice du diable: comme un épervier qui saisit un oiseau, il devait saisir J.-C. dans le désert; si en jeûnant J.-C. n'avait pas faim, il n'y aurait plus de doute qu'il fût Dieu; mais s'il avait faim, il l’aurait vaincu lui-même parla gourmandise comme il avait fait du premier homme; mais Dieu ne se fit pas connaître, parce qu'il eut faim; il ne put pas être vaincu, car il résista à sa tentation. Quand donc il eut enseigné au roi les mystères de la foi, il ajouta que s'il voulait recevoir le baptême, il lui montrerait son Dieu, chargé de chaînes.

Le lendemain, les pontifes offraient, vis-à-vis du palais du roi, un sacrifice à l’idole, quand le démon se mit à crier en disant : « Cessez, misérables, de m'offrir des sacrifices, de peur que vous ne souffriez pire encore que moi qui suis lié de chaînes de feu par l’ange, de J.-C., que les Juifs ont crucifié, avec la pensée qu'il serait retenu par la mort : au lieu qu'il a enchaîné la mort elle-même, notre reine, et qu'il retient captif, dans des chaînes de feu, notre prince, l’auteur de la mort. » Aussitôt tous se mirent en oeuvre d'attacher des cordes pour renverser l’idole, mais ils ne le purent. Alors l’apôtre commanda au démon de sortir de l’idole on la brisant : et à l’instant le démon sortit et brisa lui-même toutes les idoles du temple. Puis l’apôtre fit une prière et tous les infirmes furent guéris. Alors saint Barthélemy consacra le temple à Dieu et ordonna au démon de s'en aller dans le désert. L'ange du Seigneur apparut en cet endroit, et en volant autour, du temple, il gava le signe de la crois avec le doigt aux quatre angles en disant: « Voici ce que dit le Seigneur : Comme je vous ai purifiés de votre infirmité, de même aussi ce temple sera purifié de toute souillure, et de la présence de celui qui l’habitait, puisque l’apôtre l'a fait s'en aller au désert. Mais auparavant, je vous le ferai voir. Ne craignez pas en le regardant, mais faites sur votre front un signe pareil à celui que j'ai sculpté sur ces pierres. » Et il leur montra un Éthiopien plus noir que la suie, à la figure anguleuse, avec une longue barbe, et des cheveux qui lui tombaient aux pieds, des yeux enflammés et jetant des étincelles comme le fer rouge; des flammes couleur de soufre lui sortaient de la bouche et des yeux, et il avait les mains liées derrière le dos avec des chaînes de feu. Et l’ange lui dit : « Puisque tu as entendu l’ordre de l’apôtre, et que tu as brisé toutes lés idoles en sortant du temple, je te délierai afin que tu puisses aller en tel endroit où aucun homme n'habite, et que tu y restes jusqu'au jour du jugement. » Quand il fut délié il disparut en hurlant et faisant un grand bruit : mais l’ange du Seigneur s'envola vers le ciel à la vue de tous les assistants. Alors le roi avec son épouse, ses enfants et tout le peuple reçut le baptême après quoi il quitta son royaume pour se faire le disciple de l’apôtre.

Tous les pontifes des temples s'assemblèrent et allèrent trouver le roi Astyage, son frère. Ils portèrent contre l’apôtre des plaintes concernant la perte de leurs dieux, la profanation du temple et la séduction magique qu'on avait exercée contre le roi (* Bréviaire romain.). Alors le roi Astyage indigné fit partir mille hommes armés pour prendre l’apôtre. Quand il eut été amené au roi, celui-ci lui dit : « Es-tu celui qui a perverti mon frère ? » L'apôtre répondit : « Je ne l’ai pas perverti, mais je l’ai converti. » Le roi lui dit : « De même que tu as fait que mon frère abandonnât son Dieu pour croire au tien, de même aussi je te ferai abandonner ton Dieu pour sacrifier au mien. » L'apôtre repartit: « Le Dieu qu'adorait ton frère, je l’ai lié, et je l’ai fait voir lié; après quoi je l’ai forcé à briser la statue de l’idole : si tu parviens à en faire autant à mon Dieu, alors tu pourras  m’inviter à adorer la statue, sinon, de mon côté, je briserai tes dieux et tu croiras au mien. »

Comme l’apôtre parlait encore, on annonce au roi que son dieu Baldach s'était renversé et brisé en morceaux. A cette nouvelle, le roi déchira la robe, de pourpre dont il était revêtu ; ensuite il fit fouetter l’apôtre avec des verges, et commanda qu'on l’écorchât vif. Mais les chrétiens enlevèrent son corps, et l’ensevelirent avec honneur. Quant au roi Astyage, et aux pontifes des temples, ils furent saisis par les démons et ils moururent : mais le roi Polimius fut ordonné évêque et après avoir rempli avec honneur pendant vingt ans, le ministère épiscopal, il mourut en paix et plein de vertus. — Il y a différentes opinions sur le genre de la passion de saint Barthélemy car le bienheureux Dorothée dit qu'il fut crucifié. Voici ses paroles : « Barthélemy prêcha aux Indiens et il traduisit dans leur langue l’Évangile selon saint Mathieu. Il s'endormit à Albane,ville de la grande Arménie, et fut crucifié la tête en. bas.» Mais saint Théodore dit qu'il fut écorché. Cependant, dans beaucoup de livres, on lit qu'il fut seulement décapité. On peut concilier ces opinions différentes, en disant qu'il fut d'abord crucifié, ensuite qu'il fut descendu de la croix avant de mourir, et que pour ajouter à ses tortures, il fut écorché et, qu'en dernier lieu, il eut la tête tranchée.

L'an du Seigneur 831, les Sarrasins, qui envahirent la Sicile, ravagèrent l’île de Lipard,  où reposait le corps de saint Barthélemy, et brisant son tombeau, ils dispersèrent ses ossements. Or, voici comme on rapporte que son corps fut transporté, de l’Inde dans cette île. Ces païens voyant que son corps était en grande vénération à cause de la quantité de miracles qu'il opérait, en furent remplis d'indignation et ils le renfermèrent dans un coffre de plomb qu'ils jetèrent dans la mer. Dieu permit qu'il abordât dans l’île susdite (Grég. de Tours, De Glor. Martyr., l. I, c. XXXVIII.) ; et comme les Sarrasins avaient dispersé ses os, quand ils se furent retirés, le saint apparut à un moine et lui dit : « Lève-toi, rassemblé mes os qui ont été dispersés. » Le moine lui répondit : « Pour quelle raison devons-nous ramasser vos os ou vous rendre quelque honneur, quand vous nous avez laissé exterminer sans nous secourir? » L'apôtre reprit : « Pendant un long espace de, temps, le Seigneur a épargné ce peuple en vue de mes mérites; mais ses péchés s'augmentant de plus en plus et criant jusqu'au ciel, je n'ai plus pu obtenir pardon pour lui. » Comme le moine lui demandait comment il pourrait jamais trouver ses os qui étaient confondus avec beaucoup d'autres, l’apôtre lui dit : « La nuit, tu iras pour les rassembler, et ceux que tu verras briller comme du feu, tu les enlèveras. » Le moine trouva tout ainsi que l’apôtre lui avait dit :  il enleva les os, et, s'embarquant sur un vaisseau, il les transporta à Bénévent, métropole de la Pouilles Maintenant on dit qu'ils sont à Rome, quoique les Bénéventins assurent les posséder encore. — Une femme avait apporté un vase plein d'huile qu'elle voulait verser dans la lampe de saint Barthélemy. Mais de quelque façon que l’on penchât le vase sur la lampe, il ne pouvait rien en sortir, quoique en touchant l’huile avec les doigts on la trouvât liquide. Alors quelqu'un s'écria : « Je pense qu'il n'est pas agréable à l’apôtre qu'on verse de cette huile dans sa lampe.» C'est pourquoi on versa dans une autre lampe cette huile qui coula aussitôt.

Quand l’empereur Frédéric détruisit Bénévent, il donna l’ordre de raser toutes les-églises ; car son intention était de transporter la ville entière dans un autre endroit. Alors un homme rencontra quelques personnages revêtus d'aubes blanches, et resplendissants, qui, paraissaient parler ensemble et discuter entre eux une question. Cet homme, rempli d'étonnement, demanda qui ils étaient, et l’un d'eux répondit : « Voici l’apôtre Barthélemy avec les autres saints dont il se trouvait des églises. dans la ville : ils se sont réunis pour chercher et discuter quelle peiné devra subir celui qui les a chassés de leurs demeures : déjà ils ont décidé entre eux et leur sentence est inviolable, que le coupable sera traduit sans retard au tribunal de Dieu, devant lequel il aura à répondre de tout cela. ».Et de vrai, peu après, ledit empereur mourut misérablement. — On lit dans un livre des Miracles des Saints, qu'un Docteur célébrait solennellement chaque année la fête de saint Barthélemy. Un jour qu'il prêchait, le diable lui apparut sous l’apparence d'une jeune fille remarquablement belle : Le prédicateur jeta les yeux sur elle et l’invita à dîner. Pendant le repas, elle faisait tous ses efforts pour lui inspirer de l’amour. Saint Barthélemy vint à la porte sous la figure d'un pèlerin qui demanda avec instance qu'on le fit entrer pour l’amour de saint Barthélemy. La jeune fille s'y opposa et on envoya au pèlerin un pain que celui-ci refusa d'accepter. Alors, par le messager il envoya prier le (490) maître de lui dire ce qui était plus particulièrement propre à l’homme. Le maître prétendait que c'était le rire, mais la jeune fille répondit : « Dites plutôt le péché, avec lequel l’homme est conçu, naît et vit.» Barthélemy répondit que le maître avait bien parlé, mais quels femme avait donné une réponse renfermant un sens plus profond. En second lieu, le pèlerin envoya demander au maître de lui indiquer un endroit n'ayant qu'un pied d'étendue où Dieu avait manifesté les plus grandes merveilles. Comme le maître disait que, c'était l’endroit de la croix dans lequel Dieu a opéré des miracles, la femme dit : « C'est plutôt la tête de l’homme, dans laquelle existe comme un petit monde. » L'apôtre approuva la sentence de l’un et de l’autre. Troisièmement il demanda quelle distance il y avait depuis le haut du ciel, jusqu'au bas de l’enfer. Comme le maître avouait qu'il ne le savait pas, la femme dit : « Je vois maintenant que je suis surpassée : mais je le sais, moi, qui suis tombée de l’un dans l’autre; et il faut que je te montre cela. » Alors le diable en poussant un grand hurlement se précipita dans l’abîme. Or, quand on chercha le pèlerin, on ne le trouva pas. On lit quelque chose d'à peu près semblable de saint André.

Saint Ambroise dans la préface qu'il a composée pour cet apôtre raconte ainsi sa légende en abrégé. « O Jésus, vous avez daigné manifester d'une manière admirable votre majesté à ceux que vous avez chargés de prêcher votre Trinité qui forme une seule divinité.. Parmi eux, c'est sur saint Barthélemy que vous avez daigné jeter les yeux pour l’envoyer prêcher un peuple éloigné. Aussi l’avez-vous orné de toutes sortes de vertus. Ce peuple, bien que séparé du reste du monde, vous a été acquis, et a été rapproché de vous par les mérites de la prédication de votre apôtre. De quelles louanges n'est pas digne cet homme merveilleux! Ce n'est pas assez pour lui de gagner à la foi les cœurs de ceux qui l’environnent; il vole plutôt qu'il ne marche vers les extrémités du monde habitées par les Indiens: Une multitude innombrable de malades le suit dans le temple du démon et, à l’instant ce père du mensonge ne donne plus de réponses. Oh! combien furent merveilleux les prodiges de sa vertu! Un sophiste veut argumenter contre lui; l’apôtre ordonne et le sophiste reste, muet et épuisé. La fille du roi que le démon tourmentait, il la délivre et la rend guérie à son père. Oh ! prodige de sainteté! il force le démon à réduire en poudre les idoles sous lesquelles l’antique ennemi du genre humain se faisait adorer. Il peut bien être compté dans l’armée du ciel celui auquel apparut un ange envoyé de la cour céleste afin de rendre un témoignage certain à la vérité! Cet ange montre, le démon enchaîné, et grave sur la pierre le signe de la croix qui a sauvé les hommes. Le roi et la reine sont baptisés avec leur peuplé, et les habitants de douze villes vous confessent de corps et de cour. Enfin, sur la dénonciation des pontifes païens, un tyran, le frère de Polémius encore néophyte, fait battre de verges l’apôtre, et le fait écorcher et périr de la mort la plus atroce. » Le bienheureux Théodore *, abbé et docteur, dit entre autres ces paroles, au sujet de saint Barthélemy (Cf. Anastase le Biblioth., t. III, p. 732.) : « L'apôtre Barthélemy prêcha premièrement en Lycaonie, ensuite dans l’Inde, enfin dans Albane, ville de la grande Arménie où il fut d'abord écorché et enfin décapité; il y fut aussi enseveli. Quand il reçut du Seigneur la mission de prêcher, je pense qu'il entendit qu'on lui adressait ces mots : « Mon disciple, va prêcher, va au combat : affronte les périls; j'ai achevé l’oeuvre de mon père; j'ai été témoin le premier; accomplis la tâche qui t'est imposée;  marche sur les pas de ton maître; donne sang pour sang, chair pour chair; endure ce que j'ai enduré pour toi dans ma passion. Que tes armes soient la bénignité au milieu de tes fatigues, et la douceur vis-à-vis des méchants, et la patience dans cette vie qui passe. » L'apôtre accepta, et comme un serviteur fidèle, il acquiesça à l’ordre de son Seigneur; il s'avance plein de joie comme la lumière du monde, afin d'éclairer ceux qui vivaient dans les ténèbres : c'est le sel de la terre qui conserve les peuples énervés; c'est le laboureur qui met la dernière main à la culture des cœurs. L'apôtre saint Pierre enseigne aussi les nations, saint Barthélemy en fait autant : Pierre opère de grands prodiges ; Barthélemy fait des miracles éclatants ; Pierre est crucifié la tête en bas ; Barthélemy, après avoir été écorché vif, est décapité. Autant Pierre conçoit de mystères, autant en pénètre Barthélemy. Il féconde l’Eglise comme le prince des apôtres; les grâces qu'ils ont reçues tous les deux se balancent. De même que la harpe produit des accords harmonieux, de même Barthélemy, qui tient le milieu dans le mystérieux nombre douze, s'accorde avec ceux qui le précèdent comme avec ceux qui le suivent pour produire des sons mélodieux au moyen de la parole divine. Tous les apôtres, en se partageant l’univers, ont été établis les pasteurs du Roi des rois. L'Arménie qui s'étend de Ejulath jusqu'à Gabaoth est la partie qui lui échoit; aussi voyez-le se servir de sa langue comme d'un soc pour labourer le champ de l’esprit des hommes, dans les coeurs desquels il enfouit la parole de sa foi; il plante les jardins et les vignes du Seigneur; il greffe les remèdes qui guériront les passions de chacun; il extirpe les épines nuisibles, il coupe le bois de l’impiété; il entoure le dogme de défenses. Mais qu'ont-ils gagné pour l’offrir au Créateur ! Au lieu des honneurs, ils n'ont que déshonneur, au lieu. de bénédiction, malédiction, au lieu des récompenses, .des tourments; au lieu d'une vie de repos, la mort la plus amère: car après avoir subi des supplices intolérables, Barthélemy ;fut écorché par les impies comme s'ils avaient prétendu en faire un sac et après sa sortie de ce monde, il ne méprisa pas ceux qui l’avaient tué ; mais ceux qui se perdaient, il les attirait par des miracles, ceux qui étaient des adversaires, il les gagnait par des prodiges. Cependant il n'y avait rien qu'il n'employât pour calmer leur fureur aveugle, et pour les éloigner du mal. Or, comment se comportent-ils ensuite? Ils s'acharnent contre le corps du saint. Les malades méprisent celui qui les voulait guérir; les orphelins, celui qui les menait parla, main, les aveugles, leur conducteur, les naufragés, leur pilote, les morts, celui qui leur rendait la vie. Et comment cela? En jetant ce corps saint dans la mer. »

« Le flot poussa des rivages de l’Arménie le coffre où étaient les ossements du saint avec quatre autres coffres d'os de martyrs qui avaient été jetés aussi dans la mer. Pendant tout le trajet, les quatre coffres précédaient celui de l’apôtre auquel ils semblaient faire cortège. Ils abordèrent ainsi, auprès de la Sicile, dans une île appelée Lipari. Le prodige fut révélé à l’évêque d'Ostie qui se trouvait présent. Ce trésor inestimable vint dans un lieu très pauvre. Cette pierre des plus précieuses vint aborder sur un rocher ; cette lumière resplendissante se répandit dans un lieu obscur. Les quatre autres coffres allèrent dans différents pays et laissèrent le saint apôtre dans l’île citée plus-haut. En effet l’apôtre laissa les quatre martyrs par derrière et envoya l’un, savoir: Papinus, dans une ville de Sicile nommée Milas, un autre qui s'appelait Lucien, à Messine; les deux autres, il les fit aller dans la Calabre, savoir: Grégoire dans la cité de Colonne, et Achatius dans la cité de Chale où jusque aujourd'hui ils brillent par les faveurs qu'ils accordent. Le corps de saint Barthélemy fut reçu au chant des hymnes, au milieu des louanges ; on alla au-devant de lui avec des flambeaux, et on éleva en son honneur un temple magnifique. — Le mont Volcano, voisin de l’île, causait: des dommages aux habitants parce qu'il jetait du feu : il s'éloigna de sept stades sans qu'on le vît, et s'arrêta au milieu de la mer, en sorte qu'aujourd'hui encore on n'en aperçoit plus que comme l’apparence d'un feu qui s'échappe. Maintenant donc, salut, ô bienheureux des bienheureux! Trois fois heureux Barthélemy, qui êtes la splendeur de la lumière divine, le pêcheur de la sainte Eglise, l’homme habile à prendre les poissons doués de raison, le doux fruit du palmier vivace, l’exterminateur du diable occupé à blesser le monde par ses violences ! Gloire à vous, soleil qui éclairez tout ce qu'il y a sur la terre, bouche de Dieu, langue de feu qui répand la sagesse, fontaine intarissable de santé, qui avez sanctifié la mer dans votre course, qui avez, rougi la terre de la pourpre de votre sang, qui êtes monté aux cieux, où vous brillez dans l’armée divine, qui êtes environné d'un éclat, d'une gloire incorruptible; et qui nagez dans des transports d'un bonheur sans fin ! »

* Chapitre I, 3

** Bréviaire romain.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci


SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/124.htm


Pierre Le Gros the Younger, Statue de Saint Barthélemy, 

« Les documents relatifs aux fêtes des Apôtres, qui sont publiés en tête du martyrologe hiéronymien, se partagent entre le 24 et le 25 août pour annoncer le natale de saint Barthélémy. Il en va de même, selon les manuscrits, dans le corps du martyrologe, ainsi que dans les calendriers. La plupart des documents liturgiques du XIe et du XIIe siècle, qui nous font connaître l’usage romain, optent pour le 24, tandis que le martyrologe de Saint-Pierre et le passionnaire du Latran choisissent le 25. A la fin du XIIe siècle, les calendriers du Latran et du Vatican s’accordent sur cette dernière date. Les Byzantins, qui fêtent saint Barthélémy avec saint Barnabé le 11 juin, comme le font aussi les Syriens, célèbrent en ce jour une translation de ses reliques, mais, au début du Xe siècle, le manuscrit du typicon originaire de la laure de saint Saba, est encore le seul à mentionner cette fête secondaire de l’Apôtre.

A Rome, le pape Honorius Ier (625-628) transforma sa propre maison, près du Latran, en monastère des saints Apôtres André et Barthélémy. Il faut attendre ensuite l’époque d’Otton III (983-1002) pour trouver une nouvelle attestation du culte romain de saint Barthélémy, avec la translation de ses reliques de Bénévent dans la basilique de l’Ile du Tibre, qui devait ensuite recevoir son nom. Les oraisons que consacrent à la fête de l’apôtre le sacramentaire de Saint-Pierre du XIe siècle et le missel du Latran du XIIe sont celles des Gélasiens du VIIIe. La collecte, qui fait allusion à la veneranda sanctaque laetitia qu’apporte cette fête, provient du Veronense, qui l’attribue à la fête de saint Jean l’Évangéliste » [1].

[1] Cf. Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977.



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Un témoin du Fils de Dieu, un des princes qui annoncèrent sa gloire aux nations, illumine ce jour des incomparables feux de la lumière apostolique. Tandis que ses frères du collège sacré suivaient la race humaine sur toutes les routes où la migration des peuples l’avait portée, c’est au point de départ, sur les monts d’Arménie d’où les fils de Noé remplirent la terre, que Barthélémy parut comme l’envoyé des collines éternelles et le héraut de l’Époux. Là, s’était arrêtée l’arche figurative ; l’humanité, partout ailleurs voyageuse, y restait assise, se souvenant de la colombe au rameau d’olivier, attendant la consommation de l’alliance dont l’arc-en-ciel, brillant sur la nue, avait dans ces lieux pour la première fois signifié les splendeurs [64]. Or, voici qu’une nouvelle bienheureuse a réveillé dans ces hautes vallées les échos des antiques traditions : nouvelle de paix [65], fin du péché dont l’universel déluge recule devant le bois du salut. Combien la sérénité qu’apportait la colombe de jadis est dépassée ! Au châtiment va succéder l’amour. L’ambassadeur du ciel a montré Dieu aux fils d’Adam dans le plus beau de leurs frères [66]. Les nobles sommets d’où coulent les fleuves qui arrosèrent autrefois le jardin de délices, voient renouveler le contrat déchiré en Éden, et célébrer dans l’allégresse de la terre et des cieux les noces divines, attente des siècles, union du Verbe et de l’humanité régénérée.

Personnellement, que fut l’Apôtre dont le ministère emprunte une telle solennité du lieu où il s’accomplit ? Sous le nom ou le surnom de Barthélémy [67], qui est le seul trait que nous aient conservé de lui les trois premiers Évangiles, devons-nous voir, comme plusieurs l’ont pensé, ce Nathanaël dont la présentation par Philippe à Jésus est l’objet en saint Jean d’une scène si suave [68] ? Personnage tout de droiture, d’innocence, de simplicité, bien digne d’avoir eu la colombe pour précurseur, et pour lequel on sent que l’Homme-Dieu dès l’abord réservait des tendresses et des grâces de choix [69].

Quoi qu’il en puisse être, la part échue entre les douze à l’élu de ce jour dit assez la spéciale confiance du Cœur divin ; l’héroïsme du redoutable martyre où il scelle son apostolat, nous révèle sa fidélité ; la dignité qu’a su garder sous toutes les latitudes où elle vit transplantée la nation qu’il greffa sur le Christ, témoigne de l’excellence de la sève infusée originairement dans ses rameaux. Lorsque, deux siècles et demi plus tard, Grégoire l’illuminateur fit germer par toute l’Arménie l’abondance des fleurs et des fruits qui la manifestèrent si belle, il n’eut qu’à réveiller la semence divine déposée par l’Apôtre, et dont les épreuves, qui ne devaient jamais manquer à la généreuse contrée, avaient un temps comprimé l’essor, sans pouvoir l’étouffer.

Pourquoi faut-il que de déplorables malentendus, nourris dans le trouble d’invasions sans fin, aient maintenu trop longtemps en défiance contre Rome une race que les guerres d’extermination, les supplices, la dispersion, n’ont pu détacher de l’amour du Christ Sauveur ! Grâce à Dieu pourtant, le mouvement de retour, plus d’une fois commencé pour ensuite se ralentir, semble aujourd’hui s’accentuer davantage ; l’illustre nation voit l’élite de ses fils travailler avec persévérance au rapprochement si souhaitable, en dissipant les préjugés de leur peuple, en révélant à nos régions les trésors de sa littérature si chrétienne, les magnificences de sa liturgie, en priant surtout et en se dévouant sous l’étendard du père des moines de l’Occident [70]. Avec ces tenants de la vraie tradition nationale, prions Barthélémy leur Apôtre, et le disciple Thaddée [71] qui eut aussi part à l’évangélisation primitive, et Ripsima, l’héroïque vierge amenant des terres romaines ses trente-cinq compagnes à la conquête d’une nouvelle patrie, et tous les martyrs dont le sang cimenta l’édifice sur le seul fondement posé par le Seigneur. Puisse, comme ces grands prédécesseurs, le chef du second apostolat, Grégoire l’Illuminateur, qui voulut voir Pierre [72] en la personne de Silvestre et reçut la bénédiction du Pontife romain ; puissent les saints rois, les patriarches et les docteurs de l’Arménie, redevenir pour elle les guides écoutés des beaux temps de son histoire, et ramener tout entière, sans retour enfin, à l’unique bercail [73], une Église faite pour marcher d’un même pas avec l’Église maîtresse et mère !

Nous apprenons d’Eusèbe [74] et de saint Jérôme [75], qu’avant de se rendre dans l’Arménie, but suprême de son apostolat, saint Barthélémy évangélisa les Indes, où Pantène, au siècle suivant, trouva un exemplaire de l’Évangile de saint Matthieu en lettres hébraïques qu’il y avait laissé. Saint Denys rapporte aussi du glorieux Apôtre une parole profonde, qu’il cite et commente en ces termes : « Le divin Barthélémy dit de la théologie qu’elle est à la fois abondante et succincte, de l’Évangile qu’il est de vaste étendue et en même temps concis ; donnant ainsi excellemment à entendre que la bienfaisante cause de tous les êtres s’exprime et en beaucoup et en peu de paroles, ou même sans discours, n’y ayant parole ou pensée qui la puisse rendre. Car elle est au-dessus de tout par son essence supérieure ; et ceux-là seuls l’atteignent dans sa vérité, non dans les voiles dont elle s’entoure, qui dépassant la matière et l’esprit, s’élevant par delà le faite des plus saints sommets, laissent tous les rayonnements divins, tous les échos de Dieu, tous les discours des cieux, pour entrer dans l’obscurité où habite, comme dit l’Écriture [76], celui qui est au delà de toutes choses » [77].

C’est demain seulement que la ville de Rome célèbre la fête de saint Barthélémy ; elle est en cela d’accord avec les Grecs, qui rattachent au 25 août le souvenir d’une translation des reliques de l’Apôtre. Les translations diverses en effet du saint corps, jointes à la difficulté de préciser la date du martyre de Barthélémy, expliquent la variété des jours adoptés pour cette fête par les Églises de l’Orient comme de l’Occident. La détermination du 24 de ce mois, consacrée par l’usage de la plupart des Églises latines, remonte aux plus anciens martyrologes, y compris le hiéronymien. Au XIIIe siècle, Innocent III, consulté sur la divergence, répondit qu’il fallait maintenir en ce point les coutumes locales [78].

En cette fête qui vous est consacrée, ô Apôtre, l’Église implore la grâce d’aimer ce qui fut l’objet de votre foi, de prêcher ce que vous avez enseigné [79]. Non que l’Épouse du Fils de Dieu puisse défaillir jamais dans la croyance ou dans l’amour ; mais elle sait trop que si sa tête sera toujours dans la lumière et son cœur toujours à l’Époux dans l’Esprit qui la sanctifie, ses membres isolés, les Églises particulières qui la composent, peuvent se détacher de leur centre vital et s’égarer dans la nuit. O vous qui choisîtes notre Occident pour le lieu de votre repos, vous dont Rome se glorifie de garder les restes précieux, ramenez à Pierre les nations que vous avez évangélisées ; justifiez les espérances d’universelle union qui se ravivent en nos jours ; aidez les efforts que tente le Vicaire de l’Homme-Dieu pour rassembler sous la houlette du pasteur les troupeaux dissidents dont le schisme a desséché les pâturages. Puisse votre Arménie achever la première un retour commencé par elle dès longtemps : qu’elle croie à l’Église Mère, et ne se livre plus aux semeurs d’embûches. Tous réunis, puissions-nous jouir en commun des trésors de nos traditions concordantes, aller à Dieu, au prix de tous les dépouillements, par le procédé à la fois si vaste et si simple que nous enseignent votre sublime théologie et vos exemples.

65] Isai. LII, 7.

[66] Psalm. XLIV.

[67] Fils de Tholmaï.

[68] Johan. I, 45-51.

[69] Ibid. XXI.

[70] Les Mekhitaristes, arméniens moines de saint Benoît.

[71] Un des soixante-douze.

[72] Gal. I, 18.

[73] Johan. X, 16.

[74] Hist. eccl. Lib. V, C. L.

[75] De Script, eccl. C. XXXVI.

[76] Psalm. XVII, 12.

[77] Dion. De mystica theol. C. I, § 3.

[78] Decretal. Lib. III, Tit XLVI c. 2 Consilium.

[79] Collecta diei.


Marco d'Agrate, Statue de Saint. Barthélemy, 1562, Duomo di Milano

Bx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Aujourd’hui tombe l’anniversaire d’une des nombreuses translations du corps de saint Barthélemy, et c’est conformément à cette indication que la fête de ce jour est célébrée par les Grecs : Ἠ ἐπάνοδος τοῦ λειφάνου τοῦ ἀγίου Ἀποστόλου Βαρθολομαίου. Théodore le Lecteur rapporte que l’empereur Anastase fit transporter une première fois le corps de l’apôtre à Daras en Mésopotamie [80], où Justinien lui érigea une basilique [81]. Grégoire de Tours raconte, de son côté, que, de son temps, les reliques de saint Barthélémy étaient vénérées dans l’île de Lipari, d’où finalement, vers le IXe siècle, elles furent transférées à Bénévent, où on les conserve encore.

Que, au début du XIe siècle, les habitants de Bénévent aient réellement concédé à Othon III une partie de ce dépôt sacré, ou qu’ils l’aient trompé en substituant à ceux de l’apôtre les ossements de saint Paulin de Nole, le fait est que durant plusieurs siècles ce fut là le sujet d’âpres querelles entre les Romains et les habitants de Bénévent.

Dans la Ville éternelle, on dédia aux saints apôtres André et Barthélemy le monastère que le pape Honorius Ier érigea dans sa maison paternelle près du Latran, et qui, pour cette raison, reçoit aussi son nom dans le Liber Pontificalis : monasterium... quod appellatur Honorii. La petite église du monastère, avec son pavement des Cosmas, existe encore et se trouve entre les bâtiments de l’ancien hôpital de Saint-Michel-Archange et ceux qu’érigea Everso dell’Anguillara. Plusieurs Pontifes l’ont restaurée et enrichie de présents, entre autres Hadrien Ier et Léon III.

Après le Xe siècle, un autre sanctuaire, en l’honneur de saint Barthélémy, s’éleva dans l’île du Tibre, où, peu à peu, le temple érigé par Othon III en l’honneur de son ancien ami, saint Adalbert de Prague, changea de titre et fut placé sous le vocable de l’apôtre Barthélémy.

D’autres églises médiévales, à Rome, étaient aussi dédiées à saint Barthélémy : Saint-Barthélemy in Cancellis, Saint-Barthélemy de capite Merulanae, Saint-Barthélemy de Vaccinariis, etc.

Les Actes de saint Barthéleémy inspirent peu de confiance. Il semble qu’on doive faire plus de cas des traditions arméniennes, selon lesquelles Barthélemy aurait prêché l’Évangile à Urbanopolis (ou Arenban) dans les environs d’Albak. Là il convertit au Christ la propre sœur du roi, en sorte que celui-ci, enflammé de colère, le fit rouer de coups jusqu’à ce qu’il eût rendu l’esprit, après trois heures de ce supplice. Les Arméniens regardent à bon droit saint Barthélémy comme l’apôtre de leur nation.

L’introït est celui du Commun des Apôtres, comme le 30 novembre.

Prière. — « Seigneur qui avez rempli cette journée d’une joie toute sainte et vénérable, à cause de la fête du bienheureux apôtre Barthélémy : faites que votre Église puisse toujours aimer ce qu’il crut, en enseignant fidèlement ce qu’il prêcha ».

Dans le symbole de la foi, l’Église est appelée catholique et apostolique, parce que, tout ce que nous croyons maintenant, les saints apôtres l’ont annoncé jadis, confirmant parle martyre leur Bonne Nouvelle. Cette commune Foi qui nous relie aux martyrs et aux apôtres et remonte jusqu’au Christ, allume dans notre cœur la flamme de l’amour, et elle est .aussi le motif de la joie qui distingue toujours l’esprit de l’Église catholique de la sombre tristesse des sectes hérétiques.

La lecture est tirée de la première épître aux Corinthiens (XII, 27-31) où l’apôtre saint Paul démontre que, précisément parce que l’Église est un organisme vivant, il doit exister en elle unité d’esprit mais multiplicité de fonctions et d’organes. Ainsi tous ne pourront être apôtres, ou prophètes, ou docteurs ; celui-ci fera une chose, et celui-là une autre ; mais chacun devra désirer la charité, c’est-à-dire l’esprit qui anime tout le corps mystique de Jésus nous unit à Lui et à notre prochain, double amour dans lequel universa lex pendet et prophetae.

Le répons : Constitues est le même que le 30 novembre, tandis que le verset alléluiatique est tiré de l’hymne célèbre et triomphale de Nicétas de Remesiana : « Seigneur, le chœur glorieux des Apôtres vous loue ».

La lecture évangélique est empruntée à saint Luc (VI, 12-19) et se rapporte à la vocation des Apôtres. Avant de faire son choix, Jésus demeure toute une nuit en oraison sur la cime d’une montagne, pour nous enseigner que la vocation à l’apostolat est une chose toute divine, qui requiert une longue prière et une grande lumière. C’est Jésus qui choisit ou appelle les ministres du sanctuaire, car personne ne peut prétendre à coopérer avec Dieu dans la plus divine de ses œuvres, qui est celle du salut des âmes, si Dieu lui-même ne le désigne d’abord pour être son coopérateur. Le Rédempteur choisit simultanément les Apôtres et les organise dès le début en un groupe hiérarchique avec saint Pierre comme chef, pour nous apprendre que le sacerdoce légitime, institué par Jésus-Christ, est celui qui, par une chaîne ininterrompue, remonte aux douze premiers Apôtres choisis par le Sauveur, et qui par la communion avec le Siège de Pierre, est en communion avec tout l’épiscopat catholique.

L’antienne pour l’offrande des oblations est la même que le 30 novembre.

Sur les oblations, — « Aujourd’hui que nous célébrons la solennité du bienheureux Barthélémy apôtre, et que nous vous offrons des hosties en son honneur, nous vous supplions aussi, Seigneur, par son intercession, de nous accorder votre secours ». Voilà la prière catholique, humble et sincère. Elle sait bien que notre nature a été gravement blessée par la faute originelle, et elle supplie le Seigneur de lui tendre la main, de la relever et de l’entraîner au bien.

Aujourd’hui, quelques Sacramentaires rapportent la préface suivante, qui d’ailleurs diffère peu de celle qui est commune à tous les Apôtres : Vere... Qui ecclesiam tuam sempiterna pietate non deseris, sed per beatos Apostolos tuos iugiter erudis et sine fine custodis. Per... [82].

L’antienne pour la Communion est la même que pour saint Mathias le 24 février.

Après la Communion. — « Que le gage de l’éternelle rédemption que nous avons reçu nous vaille, Seigneur, par les prières de votre bienheureux apôtre Barthélémy, tous les secours de votre grâce pour la vie présente, et nous mérite la vie éternelle ». La sainte Eucharistie reçoit le beau titre de gage d’éternelle rédemption, parce que Dieu veut se donner à nous. Il veut être notre récompense et notre béatitude. Cependant comme cette félicité est réservée à un avenir plus ou moins éloigné de notre vie présente, Jésus, grâce à son Sacrement, nous en donne ici-bas une anticipation, et ces arrhes ne sont autres que la récompense elle-même dans son intégrité : Dieu.

[80] P. G., LXXXVI, 212.

[81] Procopio, De aedif. II, 2, 3.

[82] Il est vraiment… Par votre piété éternelle, vous n’abandonnez pas votre Église, mais par les bienheureux Apôtres, vous l’enseignez continuellement et la gardez sans fin.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a pas d’artifice.

1. Saint Barthélemy. — L’Église veut nous remplir aujourd’hui d’une « digne et sainte joie », car nous célébrons la fête d’un Apôtre, d’un « ami » du Seigneur, d’un « prince » du Royaume de Dieu, qui, avec le Christ, « règne et juge les douze tribus d’Israël », l’Église. Ce qui rend notre joie si intense aujourd’hui, c’est la pensée que nous appartenons, nous aussi, à la grande famille de Dieu, que nous sommes, comme l’Apôtre saint Barthélemy, membres du corps du Christ. Les membres de ce corps ont des fonctions diverses, mais ils s’aident réciproquement ; la glorification de l’un prépare celle de l’autre (pensée que nous trouvons magnifiquement traduite dans l’Épître de la messe : « Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part »).

Le nom de Barthélemy et celui de Nathanaël qu’on trouve dans saint Jean désignent la même personne (identité dont ne tient d’ailleurs pas compte la liturgie). Barthélemy, originaire de Cana, en Galilée, est un des premiers disciples qui suivirent l’appel du Sauveur. La première fois qu’il le vit, Jésus lui rendit ce magnifique témoignage : « Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a nul artifice ». Après la Résurrection, il fut un des quelques disciples à qui Jésus « se montra... sur les bords de la mer de Tibériade » [83]. Il évangélisa, croit-on, la grande Arménie où il fut écorché vif. Les Arméniens l’honorent comme l’Apôtre de leur pays. Voici l’histoire de ses reliques d’après le martyrologe : Son corps fut d’abord transporté dans l’île Lipari (au nord de la Sicile), puis à Bénévent, et finalement à Rome, dans l’île du Tibre, où il est l’objet d’un culte fervent ». Néanmoins, il semble plus vraisemblable que ses reliques sont encore à Bénévent. La date du 24 août est celle d’une de leurs translations.

2. La messe (Mihi autem). — Pour mieux comprendre cette messe, il est bon que nous nous transportions par la pensée aux premiers temps de l’Église, L’office de la vigile occupait alors toute la nuit. Dès le lever du soleil, on assistait à la messe célébrée par l’évêque entouré de tout son clergé. Le jour même de la fête, les fidèles accouraient de tous côtés au sanctuaire du saint et aimaient à appliquer des linges sur sa châsse, persuadés qu’il en sortait une vertu ; on y amenait également des malades.

Ces détails nous permettent de situer certaines allusions de l’Évangile : le corps mystique, la communauté des fidèles (Épître) vient de passer « la nuit entière en prières » ; c’était la vigile. Vers l’aurore, le Christ appelle ses douze apôtres et « descend avec eux dans la plaine » pour la célébration de la messe. A la messe d’aujourd’hui, nous voyons le Christ s’avancer avec « le chœur glorieux des Apôtres » (All.). A Introït, lorsque l’évêque et le clergé se dirigent vers l’autel, nous voyons en eux « les dignes amis et les princes ». Et maintenant nous voici, à la messe, la « grande multitude » des fidèles qui « étaient venus pour l’entendre (avant-messe : lectures et prédication) et pour être guéris de leurs maladies » (au Saint Sacrifice). A la Communion, même scène qu’à l’Évangile : « et toute la foule cherchait à le toucher parce qu’une vertu sortait de lui, et il les guérissait tous ». Aujourd’hui le pain céleste a toujours la même vertu. Il est « un gage de l’éternelle rédemption » (Postc.). Joignons-nous donc en ce jour à la « multitude » du Christ ; suspendons-nous ardemment à ses lèvres (à l’avant-messe). supplions-le de guérir les blessures de notre âme, et puisons la vertu qui sort de son saint corps.

3. La prière des Heures. — Voici le commentaire donné par saint Ambroise à la péricope de l’Évangile : « Et il passa toute la nuit à prier Dieu... C’est un exemple qui vous est offert, c’est un modèle qui vous est présenté et que vous devez imiter. Car, que ne devez-vous pas faire pour votre salut, lorsque, pour vous, le Christ passa toute la nuit en prière ? Que convient-il que vous fassiez avant d’entreprendre une bonne action, puisque le Christ pria avant d’envoyer ses Apôtres en mission ? Et, si je ne me trompe, on ne le voit jamais ailleurs prier avec les Apôtres : partout il est seul à prier. C’est que l’homme, avec ses désirs, ne comprend pas les intentions de Dieu, et aucun de ses proches ne peut être ici un compagnon du Christ. « Il appela ses disciples, lisons-nous, et choisit douze d’entre eux » — qu’il destinait à porter aux hommes le secours du salut dans l’univers entier, en y répandant la semence de la foi. Remarquez en même temps l’économie du plan céleste. Ce ne sont pas des savants, ce ne sont pas des riches, ce ne sont pas des nobles, mais des pêcheurs et des publicains qu’il a choisis pour cette mission. Il ne voulut pas sembler avoir usé, auprès de certains, de la science pour tes séduire, des richesses pour les acheter, du prestige de l’autorité ou de la noblesse pour les amener à ses faveurs. C’est la force de la vérité, et non le charme de l’éloquence qui devait triompher ».

[83] Jean, 21, 1.

SOURCE : http://www.introibo.fr/24-08-St-Barthelemy-apotre#nb1


José de Ribera (1591–1652). Le Martyre de Saint Barthélemy, 1634, 104 X 113, 
Washington, DC, National Gallery of Art


St. Bartholomew

One of the Twelve Apostles, mentioned sixth in the three Gospel lists (Matthew 10:3; Mark 3:18; Luke 6:14), and seventh in the list of Acts (1:13).

The name (Bartholomaios) means "son of Talmai" (or Tholmai) which was an ancient Hebrew name, borne, e.g. by the King of Gessur whose daughter was a wife of David (2 Samuel 3:3). It shows, at least, that Bartholomew was of Hebrew descent; it may have been his genuine proper name or simply added to distinguish him as the son of Talmai. Outside the instances referred to, no other mention of the name occurs in the New Testament.

Nothing further is known of him for certain. Many scholars, however, identify him with Nathaniel (John 1:45-51; 21:2). The reasons for this are that Bartholomew is not the proper name of the Apostle; that the name never occurs in the Fourth Gospel, while Nathaniel is not mentioned in the synoptics; that Bartholomew's name is coupled with Philip's in the lists of Matthew and Luke, and found next to it in Mark, which agrees well with the fact shown by St. John that Philip was an old friend of Nathaniel's and brought him to Jesus; that the call of Nathaniel, mentioned with the call of several Apostles, seems to mark him for the apostolate, especially since the rather full and beautiful narrative leads one to expect some important development; that Nathaniel was of Galilee where Jesus found most, if not all, of the Twelve; finally, that on the occasion of the appearance of the risen Savior on the shore of the Sea of Tiberias, Nathaniel is found present, together with several Apostles who are named and two unnamed Disciples who were, almost certainly, likewise Apostles (the word "apostle" not occurring in the Fourth Gospel and "disciple" of Jesus ordinarily meaning Apostle) and so, presumably, was one of the Twelve. This chain of circumstantial evidence is ingenious and pretty strong; the weak link is that, after all, Nathaniel may have been another personage in whom, for some reason, the author of the Fourth Gospel may have been particularly interested, as he was in Nicodemus, who is likewise not named in the synoptics.

No mention of St. Bartholomew occurs in ecclesiastical literature before Eusebius, who mentions that Pantaenus, the master of Origen, while evangelizing India, was told that the Apostle had preached there before him and had given to his converts the Gospel of St. Matthew written in Hebrew, which was still treasured by the Church. "India" was a name covering a very wide area, including even Arabia Felix. Other traditions represent St. Bartholomew as preaching in Mesopotamia, Persia, Egypt, Armenia, Lycaonia, Phrygia, and on the shores of the Black Sea; one legend, it is interesting to note, identifies him with Nathaniel.

The manner of his death, said to have occurred at Albanopolis in Armenia, is equally uncertain; according to some, he was beheaded, according to others, flayed alive and crucified, head downward, by order of Astyages, for having converted his brother, Polymius, King of Armenia. On account of this latter legend, he is often represented in art (e.g. in Michelangelo's Last Judgment) as flayed and holding in his hand his own skin. His relics are thought by some to be preserved in the church of St. Bartholomew-in-the-Island, at Rome. His feast is celebrated on 24 August. An apocryphal gospel of Bartholomew existed in the early ages.

Sources

LE CAMUS, Vie de Notre Seigneur (tr. New York, 1906), I; IDEM in VIG., Dict. de la Bible, where references are given for the sources of the traditions, FOUARD, Life of Christ (New York, 1891).


Fenlon, John Francis. "St. Bartholomew." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 24 Aug. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02313c.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by the Cloistered Dominican Nuns, Monastery of the Infant Jesus, Lufkin, Texas. Dedicated to Jesus the Redeemer.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.




Bartholomew, Apostle (RM)

1st century; feast day in Epternach and Cambrai is August 25 and in Persia, June 13. The only things that we know with certainty about Saint Bartholomew can be found in the Scriptures. He is one of the 12 apostles. His name, a patronymic, means "son of Tolomai" and scholars believe he is the same person as Nathanael mentioned in John, who says he is from Cana and that Jesus called him an "Israelite . . . incapable of deceit." The surprised Bartholomew asked, "How do you know me?" And Jesus answered, "Before Philip called you, I saw you sitting under a fig tree."



Bartholomew's earlier skepticism disappeared. He said to Jesus, "Teacher, you are the Son of God. You are the King of Israel." To this Jesus responded: "Because I said to you that I saw you under the fig tree, do you believe? You shall see greater things than these." And he did. But Jesus continued, "Truly, truly, I tell you, you will see the heavens opened, and the angels of God ascending and descending upon the Son of Man." Bartholomew lived to see the Resurrection.

The Roman Martyrology says that Bartholomew preached in India and Greater Armenia, where he was flayed alive and beheaded by King Astyages at Derbend on the Caspian Sea. Tradition has the place as Abanopolis on the west coast of the Caspian Sea and that he also preached in Mesopotamia, Persia, and Egypt. Pantenus of Alexandria (2nd century) is said by Eusebius to have found in "India" a Gospel of Saint Matthew attributed to Bartholomew and written in Hebrew. The Gospel of Bartholomew is apocryphal and was condemned in the decree of Pseudo-Gelasius.

His relics were said to have been interred on the island of Lipara and eventually translated to Benevento, Italy, then Rome, where the church of Saint Bartholomew on Isola San Bartolomeo in the Tiber claims them. One of his arms was said to have been given to Canterbury in the 11th century by King Canute's wife, Queen Emma (Benedictines, Bentley, Delaney, Farmer).

In art, Saint Bartholomew is portrayed as a bearded, sometimes middle-aged, sometimes venerable man, with a book and a butcher's knife used for his flaying. At times he holds his own flayed skin (Roeder).

Bartholomew is the patron of bookbinders, butchers, corn-chandlers, dyers, glovers, furriers, leather-workers, plasterers, shoemakers, tailors, tanners, vine-growers, and Florentine salt and cheese merchants. He is invoked against nervous disorders and twitchings (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0824.shtml


Saint Bartholomew the Apostle

Also known as
  • Bartolomé
  • Bartolomeo
  • Nathanael bar Tolomai
Profile

One of the Twelves Apostles. Probably a close friend of Saint Philip; Bartholomew’s name is always mentioned in the Gospels in connection with Philip, and it was Philip who brought Bartholomew to Jesus. May have written a gospel, now lost; it is mentioned in other writings of the time. May have preached in Asia Minor, Ethiopia, India and Armenia; some one did, leaving behind assorted writings, and local tradition says it was Bartholomew. Martyr.

Born
  • Galilee
  • cross
  • elderly man holding a tanner‘s knife and a human skin
  • tanner‘s knife
  • bright red (skinless) man holding his own skin



Dosso Dossi, Saint Jean et Saint Bartéolemie, 1527


St. Bartholomew, Apostle

THE NAME here given to this apostle is not his proper, but patronymical name: and imports, the son of Tholomew or Tolmai, like Barjona and Bartimeus. Rupertus, Jansenius, and several other learned interpreters of the holy scripture, take this apostle to have been the same person with Nathaniel, a native of Cana, in Galilee, a doctor in the Jewish law, and one of the seventy-two disciples of Christ, to whom he was conducted by St. Philip, and whose innocence and simplicity of heart deserved to be celebrated with the highest eulogium by the divine mouth of our Redeemer. 1 Bartholomew Gavant, the learned commentator on the Rubrics of the Roman Missal and Breviary, has endeavoured, by an express dissertation, to prove this conjecture. F. Stilting, the Bollandist, has undertaken to confirm this opinion more at large; 2 for whereas St. John never mentions Bartholomew among the apostles, so the other three evangelists take no notice of the name of Nathaniel; and they constantly put together Philip and Bartholomew, as St. John says Philip and Nathaniel came together to Christ. Also Nathaniel is reckoned with other apostles when Christ appeared to them at the sea of Galilee after his resurrection; 3 and if he had not already belonged to that sacred college, why was he not propounded a candidate for the apostleship to fill the vacant place of Judas?

St. Bartholomew was chosen by Christ one of his twelve apostles, when he formed that sacred college. 4 He was with them witness of our Lord’s glorious resurrection, and his other principal actions on earth, and was instructed in his divine school, and from his sacred mouth. He is mentioned among the other disciples who were met together joining in devout prayer after Christ’s ascension, and he received the Holy Ghost with the rest. Having been prepared by the example and instructions of our Redeemer, and by humble and fervent prayer, he was replenished, in the descent of the Holy Ghost, with an heroic spirit of humility, mortification, contempt of the world, compunction, prayer, holy zeal, and burning charity. Thus armed and filled with the eminent spirit of all virtues, twelve apostles converted many great nations to Christ, and carried the sound of his name into the remotest corners of the earth. How comes it that now-a-days the apostolical labours of so many ministers of the divine word produce so little fruit? One great reason of this difference is, their neglect to obtain of God a large share in the spirit of the apostles. Their success and the influence of their words upon the hearts of men depend not upon human prudence, eloquence, and abilities; the principal instrument of God’s grace in multiplying the fruit of his word in the hearts of men, is the spirit with which it is announced by those whom he honours with the ministry. Their sincere disinterestedness, humility, and overflowing zeal and charity give, as it were, a living voice to that divine faith and virtue which they preach; and those who take upon them this charge are doubly bound to prepare themselves for it by strenuously labouring to obtain of Christ this perfect spirit in the sanctification of their own souls, not to profane their holy ministry, and destroy the work of God which is committed to their charge.

St. Bartholomew being eminently qualified by the divine grace to discharge the functions of an apostle, carried the gospel through the most barbarous countries of the East, penetrating into the remoter Indies, as Eusebius 5 and other ancient writers testify. By the name of Indies, the ancients sometimes mean only Arabia and Persia; but here they speak of proper India; for they make mention of the Brachmans of that country, famous over the whole world for their pretended skill in philosophy, and in the superstitious mysteries of their idolatry. Eusebius relates that St. Pantænus, about the beginning of the third century, going into the Indies to confute their Brachmans, found there some who still retained the knowledge of Christ, and showed him a copy of St. Matthew’s gospel in Hebrew, which they assured him that St. Bartholomew had brought into those parts when he planted the faith among them. This apostle returned again into the north-west parts of Asia; and met St. Philip at Hierapolis, in Phrygia. Hence he travelled into Lycaonia, where St. Chrysostom affirms that he instructed the people in the Christian faith; but we know not even the names of many of the countries to which he preached. We are struck with astonishment when we call to mind how many prisons the apostles sanctified, how many dangers they braved, how many vast regions they travelled over, and how many nations they conquered to Christ; but if we admire their courage, zeal, and labours, we have still greater reason to wonder and be confounded at our supine sloth and insensibility, who do nothing for the enlargement of God’s kingdom in others, or even for the sanctification of our own souls. It is not owing to the want of means or of strength through the divine grace, but to the want of courage and sincere resolution that we do so little; that we find no opportunities for exercising charity towards our neighbour, no time for prayer and recollection of spirit, no strength for the practice of fasting and penance. If we examine into the truth, we shall find that we blind ourselves by vain pretences, and that sloth, tepidity, and indifferency have many hinderances, which fervour, resolution, industry, and contrivance find ways readily to remove. The apostles who did and suffered so much for God, still sincerely called themselves unprofitable servants, made no account of their labours, and were altogether taken up with the thoughts of what they owed to God, and how infinitely they yet fell short of this. True love exerts itself beyond what seems possible, yet counts all it does as nothing.

St. Bartholomew’s last removal was into Great Armenia, where, preaching in a place obstinately addicted to the worship of idols, he was crowned with a glorious martyrdom, as St. Gregory of Tours mentions. 6 The modern Greek historians say, that he was condemned by the governor of Albanopolis to be crucified. Others affirm, that he was flayed alive, which might well enough consist with his crucifixion; this double punishment being in use, as we learn from Plutarch and Arrian, not only in Egypt, but also among the Persians, the next neighbours to these Armenians, who might very easily borrow from them this piece of barbarous cruelty. Theodorus Lector says, that the Emperor Anastasius having built the city of Duras, in Mesopotamia, in 508, caused the relics of St. Bartholomew to be removed thither. St. Gregory of Tours assures us that, before the end of the sixth age they were carried to the isle of Lipari, near Sicily. Anastasius, the Librarian, informs us 7 that, in 809 they were translated from Lipari to Benevento; from whence they were conveyed to Rome in 983, as Baronius relates. Ever since that time they lie deposited in a porphyry monument under the high altar, in the famous church of St. Bartholomew, in the isle of the Tiber, in Rome. An arm of this apostle’s body was sent a present by the bishop of Benevento to St. Edward the Confessor, and by him bestowed on the cathedral church of Canterbury. Among the many excellent statues which adorn the cathedral at Milan, none is more justly admired than one of St. Bartholomew flayed alive, representing the muscles, veins, and other parts, with an inimitable softness and justness, the work of Chr. Cibo. The feast of St. Bartholomew in ancient Martyrologies is marked on the 24th of August in the West, but among the Greeks on the 11th of June.

The characteristical virtue of the apostles was zeal for the divine glory; the first property of the love of God. A soldier is always ready to defend the honour of his prince, and a son that of his father; and can a Christian say he loves God, who is indifferent to his honour? Or can charity towards his neighbour be lodged in his breast, if he can see him in danger of perishing, and not endeavour, at least by tears and prayers, to avert his misfortune? Every faithful servant of God makes the first petition which our Lord teaches us in his divine prayer, the object of his perpetual ardent desires and tears, that the God of his heart, and of all creatures, may be known, perfectly loved, and faithfully served by all; and he never ceases earnestly to invite, with the royal prophet, all creatures with their whole strength, and with all their powers, to magnify the Lord with him; but then it is the first part of his care and prayer that he may himself perfectly attain to this happiness of devoting to God all the affections of his soul, and all the actions of his life; and it is to him a subject of perpetual tears and compunction that he should have ever offended so good a God, and so kind a Redeemer.

Note 1. John i. 41. [back]

Note 2. Augusti, t. 4, p. 7. [back]

Note 3. John xxi. 2. [back]

Note 4. Matt. x. 3. [back]

Note 5. L. 5, c. 10. [back]

Note 6. L. 1, c. 34. [back]

Note 7. Auctar. Bibl. Patr. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/8/241.html


San Bartolomeo Apostolo


Primo secolo dell’èra cristiana

Apostolo martire nato nel I secolo a Cana, Galilea; morì verso la metà del I secolo probabilmente in Siria. La passione dell'apostolo Bartolomeo contiene molte incertezze: la storia della vita, delle opere e del martirio del santo è inframmezzata da numerosi eventi leggendari.Il vero nome dell'apostolo è Natanaele. Il nome Bartolomeo deriva probabilmente dall'aramaico «bar», figlio e «talmai», agricoltore. Bartolomeo giunse a Cristo tramite l'apostolo Filippo. Dopo la resurrezione di Cristo, Bartolomeo fu predicatore itinerante (in Armenia, India e Mesopotamia). Divenne famoso per la sua facoltà di guarire i malati e gli ossessi. Bartolomeo fu condannato alla morte Persiana: fu scorticato vivo e poi crocefisso dai pagani. La calotta cranica del martire Bartolomeo si trova dal 1238 nel duomo di San Bartolomeo, a Francoforte. Una delle usanze più note legate alla festa di San Bartolomeo é il pellegrinaggio di Alm: la domenica prima o dopo San Bartolomeo, gli abitanti della località austriaca di Alm si recano in pellegrinaggio a St. Bartholoma, sul Konigssee, nel Berchtesgaden. I primi pellegrinaggi risalgono al XV secolo e sono legati allo scioglimento di un voto perché cessasse un'epidemia di peste. (Avvenire)

Patronato: Diocesi Campobasso-Boiano

Etimologia: Bartolomeo = figlio del valoroso, dall'aramaico

Emblema: Coltello

Martirologio Romano: Festa di san Bartolomeo Apostolo, comunemente identificato con Natanaele. Nato a Cana di Galilea, fu condotto da Filippo a Cristo Gesù presso il Giordano e il Signore lo chiamò poi a seguirlo, aggregandolo ai Dodici. Dopo l’Ascensione del Signore si tramanda che abbia predicato il Vangelo del Signore in India, dove sarebbe stato coronato dal martirio.

Il suo nome evoca immediatamente la "notte di san Bartolomeo", cioè quella tra il 23 e il 24 agosto del 1572, quando migliaia di cristiani ugonotti vennero massacrati in Francia dai cattolici: è una tra le pagine più tragiche e buie nella storia dei rapporti tra le Chiese. Ma san Bartolomeo, la cui festa si celebra appunto oggi, 24 agosto, è una figura ben lontana da ogni forma di sopraffazione di violenza.  E' infatti un discepolo di Cristo, anzi: un apostolo,  uno dei dodici, cioè uno di coloro che hanno seguito la vita pubblica di Gesù fin dal principio, poco dopo il battesimo nel Giordano e l'inizio della predicazione.

Il nome Bartolomeo è in realtà un patronimico. In aramaico suona Bar-Talmai, ovvero  figlio di Talmai, del valoroso. Secondo la maggior parte degli studiosi il nome proprio di questo apostolo sarebbe Natanaele (in ebraico "dono di Dio"): così viene indicato nel Vangelo di Giovanni. Di lui non sappiamo molto: i testi canonici ci offrono poche, rade pennellate, sufficienti per tracciare un ritratto essenziale. Sappiamo che, come Simone e Andrea, era un pescatore e possiamo supporre che, prima di incontrare Gesù, abbia fatto parte della cerchia del Battista. Era originario di Cana di Galilea: questo dettaglio autorizza a ipotizzare che abbia assistito di persona al primo miracolo di Gesù, la trasformazione dell'acqua in vino avvenuta, com'è noto, a Cana, durante un banchetto nuziale.

A prima vista quella di Natanaele-Bartolomeo sembrerebbe una figura "secondaria", quasi sempre eclissata da personalità più forti. Ma nel Vagnelo di Giovanni troviamo un episodio che invece lo vede protagonista e che offre numerosi spunti di riflessione: è la chiamata dell'apostolo. Natanaele si trova seduto all'ombra di un fico quando viene raggiunto dall'amico Filippo che con tono entusiastico gli dice «Abbiamo trovato colui del quale hanno scritto Mosè nella Legge e i Profeti, Gesù, figlio di Giuseppe di Nazareth». Bartolomeo è però scettico, diffidente, tanto che risponde con sprezzante incredulità: «Da Nazareth può mai venire qualcosa di buono?».

E' un uomo concreto e ragiona secondo i canoni dalla tradizione: conosce benissimo quell'insignificante agglomerato di casupole che si trova a pochi chilometri da casa sua e gli pare incredibile che un posto simile, mai menzionato nell'Antico Testamento, possa aver dato i natali al Messia, il liberatore di Israele che tutti attendono. Natanaele ha lo sguardo pessimista e un po' frettoloso di chi si ferma all'apparenza. Ma si ricrederà presto. Infatti, incontrandolo, Gesù dice di lui: «Ecco davvero un Israelita in cui non c’è falsità»: è una straordinaria attestazione di fiducia che non ha uguali in tutti i Vangeli. L'uomo, infatti, ne resta spiazzato: «Donde mi conosci?» domanda. E Gesù: «Prima che Filippo ti chiamasse ti vidi mentre eri sotto il fico». Questa frase tocca nel profondo il cuore di Bartolomeo: coglie forse una domanda inespressa, un pensiero nascosto, testimoniando come Gesù sappia leggere nelle pieghe più segrete dell'interiorità. Fatto sta che l'ex-scettico si trasforma nel volgere di un istante in un fervente seguace di Cristo: «Rabbi, tu sei il Figlio di Dio. Tu sei il re d'Israele!» afferma convinto. Ma ora è il maestro a smorzare i toni: «Perché ti ho detto che ti ho visto sotto il fico, tu credi? Vedrai cose ben più grandi di queste». Una risposta che talvolta viene citata come esempio dell'ironia presente nel Vangelo di Giovanni.

Terminato questo dialogo Bartolomeo torna nell'ombra, per riemergere solo di tanto in tanto: lo ritroviamo a Gerusalemme, dopo la Pentecoste, tra coloro che, come riferiscono gli Atti degli Apostoli, sono «assidui e concordi nella preghiera». Tutto il resto è tradizione: alcune fonti parlano di una sua predicazione in India e poi in Armenia, dove avrebbe convertito anche il re, attirandosi però le ire dei sacerdoti pagani attivi nella zona. Per questo, sempre secondo la tradizione, avrebbe subito un atroce martirio, condannato a essere scuoiato vivo e poi decapitato. Ecco perché molta dell'iconografia relativa a san Bartolomeo ce lo mostra con in mano la sua stessa pelle, della quale è stato "svestito" dagli aguzzini. Una delle raffigurazioni più celebri si trova a Roma, nella cappella Sistina: nella maschera di volto, sfigurata dalla sofferenza, che appare su questa pelle pare che Michelangelo abbia voluto tracciare il suo autoritratto.

Autore: Lorenzo Montanaro




S. Bartolomeo è uno dei dodici apostoli, cioè uno di quegli uomini che furono compagni di Simon Pietro per tutto il tempo che il Signore Gesù visse sulla terra, a partire dal battesimo di Giovanni Battista fino al giorno in cui fu assunto al cielo (Atti, 1, 21s.). Il suo nome compare in questa forma, subito dopo quello del suo amico Filippo, nelle tre liste che degli Apostoli riportarono i Sinottici (Mt. 10, 3; Mc. 3, 18; Lc. 6, 14). S. Giovanni l'evangelista ricorda invece con altri discepoli del Signore Natanaele di Cana di Galilea (Giov. 21,2). Gli studiosi attribuiscono oggi comunemente i due nomi ad una stessa persona. Il primo sarebbe patronimico e significa figlio di Tolmai; il secondo sarebbe nome proprio e significa dono di Dio.

Anche Bartolomeo esercitava il mestiere del pescatore. Difatti, quando S. Pietro, dopo la risurrezione, si accinse ad andare a pescare, Natanaele si associò agli altri cinque apostoli presenti, i quali esclamarono: "Veniamo anche noi con te". Quella notte non presero niente. Sul far del giorno, Gesù si presentò sulla riva, ma i discepoli non sapevano che era Gesù. Egli disse loro: "Figliuoli, avete un po' di companatico?". Gli risposero "No". E lui ad essi: "Gettate la rete a destra della barca e troverete". La gettarono e non riuscirono più a tirarla per la gran quantità di pesce (Giov. 21, 2-6).

Probabilmente Bartolomeo faceva parte della cerchia del Battista. Gesù lo chiamò alla sua scuola, tramite Filippo, amico di lui, come aveva chiamato poco prima Simone, tramite Andrea, fratello di lui. Dopo la scelta dei primi discepoli Gesù volle andare in Galilea. Incontrò Filippo di Betsaida e gli disse: "Seguimi". L'invito fu subito accolto. Filippo a sua volta incontrò Natanaele e gli comunicò la lieta notizia: "Abbiamo trovato colui del quale hanno scritto Mosé nella legge ed i profeti, Gesù, figlio di Giuseppe, di Nazareth". Natanaele era forse un assiduo lettore della Bibbia. La doveva meditare sovente sotto il fico che ogni giudaico aveva cura di far sorgere accanto alla propria casa. Sembra però che fosse di temperamento incline al pessimismo. Lo si arguisce dalla sprezzante risposta che diede all'amico: "Da Nazareth può venire qualcosa di buono?". Cana, la sua terra natia, distava appena otto chilometri dalla borgata che il Figlio di Dio aveva scelto come sua dimora terrena.

Natanaele sapeva che era formata da un'accolta di stamberghe semitrogloditiche e che non era neppure nominata in tutto l'Antico Testamento. Filippo, senza raffreddarsi per la scoraggiante risposta, si limitò a dirgli: "Vieni e vedi". Appena Gesù scorse il diffidente figlio di Abramo non poté fare a meno di esclamare: "Ecco davvero un Israelita in cui non c'è falsità!" (Giov. 1,47).

A nessuno degli apostoli fu resa una testimonianza tanto onorifica e solenne. Natanaele stesso più che lusingato ne rimase stupito, motivo per cui gli chiese: "Donde mi conosci?". Il Signore approfittò della sua meraviglia per dargli una prova, ancor più evidente della prima, della sua onniscienza. "Prima che Filippo ti chiamasse, gli disse, ti vidi mentre eri sotto il fico". Non sappiamo che cosa vi stesse facendo. E' facile che nel suo animo fosse accaduto qualcosa di grave e di determinante per la sua esistenza. Non è improbabile che pensasse al vero Messia, alla redenzione d'Israele, avendo udito strane voci che correvano in paese a proposito di Gesù tornato da Betania con i suoi primi apostoli. Il pio israelita, incapace di finzione, ne rimase sgomento e invaso ad un tratto da fervore esclamò: "Rabbi, tu sei il Figlio di Dio. Tu sei il re d'Israele!". Aveva avuto dunque ragione l'amico Filippo di riconoscere in Gesù il Messia promesso dai profeti! Il Signore smorzò in parte quel suo eccessivo entusiasmo dicendogli: "Perché ti ho detto che ti ho visto sotto il fico, tu credi? Vedrai cose ben più grandi di queste". Volgendosi poi a quanti lo seguivano aggiunse: "Vedrete il cielo aperto, e gli angeli di Dio ascendere e discendere sul Figlio dell'Uomo" (Ivi 1,48-51) per mettersi al suo servizio, riconoscerlo loro Signore e avere cura della sua santissima umanità.

Tre giorni dopo il colloquio con Natanaele "ci fu uno sposalizio a Cana di Galilea. La madre di Gesù era là. Alle nozze fu invitato anche Gesù con i suoi discepoli" (Ivi, 2, ls.), forse da Natanaele stesso. Non è improbabile che lo sposo o la sposa fossero suoi parenti o amici. Anche lui assistette così all'inizio delle "cose ben più grandi" predette dal Signore, alla conversione cioè dell'acqua in vino con cui il Messia "manifestò la sua gloria, e i suoi discepoli credettero in lui" (Ivi, 2, 11).

Dopo il ricordo della sua vocazione, questo apostolo si eclissa nel Vangelo per tutta la vita di Gesù. Anche dopo la Pentecoste si hanno vaghe tradizioni riguardo al suo apostolato. Eusebio riferisce che Panteno, il fondatore della scuola catechetica di Alessandria d'Egitto, nel suo viaggio in India (probabilmente era l'Etiopia o l'Arabia meridionale) verso la fine del secolo II, aveva incontrato comunità cristiane costituite dall'apostolo S. Bartolomeo, presso le quali aveva diffuso il Vangelo di S. Matteo in lingua ebraica. In seguito si sarebbe trasferito nell'Armenia maggiore, sostenendo non poche fatiche e superando non lievi difficoltà.

Secondo il Breviario romano in questa regione l'apostolo convertì alla fede cristiana il re Polimio e la sua sposa, nonché dodici città. Queste conversioni eccitarono l'invidia dei sacerdoti delle locali divinità, i quali riuscirono ad aizzare contro di lui in tal modo Astiage, fratello del re Polimio, che costui impartì l'ordine di scorticare vivo Bartolomeo e poi di decapitarlo. Gli artisti lo raffigurano abitualmente con sulle braccia il manto della propria pelle.

Una tradizione armena afferma che il corpo dell'apostolo fu sepolto ad Albanopoli, città in cui subì il martirio. Nel 507 l'imperatore Anastasio I lo fece trasferire a Daras, nella Mesopotamia, dove costruì in suo onore una splendida chiesa. Nel 580 una parte di quei resti mortali fu probabilmente trasferita a Lipari, al nord della Sicilia. Durante l'invasione dei saraceni le reliquie del santo furono trafugate nell'838 a Benevento finché nel 1000, per l'intervento dell'imperatore Ottone III, giunsero a Roma e furono composte nella basilica di S. Bartolomeo, nell'isola Tibertina. Nel 1238 il cranio dell'apostolo fu portato a Francoforte sul Meno dove è ancora venerato nel duomo a lui dedicato. S. Bartolomeo è considerato il protettore dei macellai, dei conciatori e dei rilegatori.

Autore: Guido Pettinati




Non è di quelli che accorrono appena chiamati, anche se poi sarà capace di donarsi totalmente a una causa; ha le sue idee, le sue diffidenze e i suoi pregiudizi. I vangeli sinottici lo chiamano Bartolomeo, e in quello di Giovanni è indicato come Natanaele. Due nomi comunemente intesi il primo come patronimico (BarTalmai, figlio di Talmai, del valoroso) e il secondo come nome personale, col significato di “dono di Dio”.

Da Giovanni conosciamo la storia della sua adesione a Gesù, che non è immediata come altre. Di Gesù gli parla con entusiasmo Filippo, suo compaesano di Betsaida: "Abbiamo trovato colui del quale hanno scritto Mosè nella Legge e i Profeti, Gesù, figlio di Giuseppe di Nazareth". Basta questo nome – Nazareth – a rovinare tutto. La risposta di Bartolomeo arriva inzuppata in un radicale pessimismo: "Da Nazareth può mai venire qualcosa di buono?". L’uomo della Betsaida imprenditoriale, col suo “mare di Galilea” e le aziende della pesca, davvero non spera nulla da quel paese di montanari rissosi.

Ma Filippo replica ai suoi pregiudizi col breve invito a conoscere prima di sentenziare: "Vieni e vedi". Ed ecco che si vedono: Gesù e Natanaele-Bartolomeo, che si sente dire: "Ecco davvero un Israelita in cui non c’è falsità". Spiazzato da questa fiducia, lui sa soltanto chiedere a Gesù come fa a conoscerlo. E la risposta ("Prima che Filippo ti chiamasse, io ti ho visto quando eri sotto il fico") produce una sua inattesa e debordante manifestazione di fede: "Rabbi, tu sei il Figlio di Dio, tu sei il re d’Israele!". Quest’uomo diffidente è in realtà pronto all’adesione più entusiastica, tanto che Gesù comincia un po’ a orientarlo: "Perché ti ho detto che ti ho visto sotto il fico credi? Vedrai cose maggiori di questa".

Troviamo poi Bartolomeo scelto da Gesù con altri undici discepoli per farne i suoi inviati, gli Apostoli. Poi gli Atti lo elencano a Gerusalemme con gli altri, "assidui e concordi nella preghiera". E anche per Bartolomeo (come per Andrea, Tommaso, Matteo, Simone lo Zelota, Giuda Taddeo, Filippo e Mattia) dopo questa citazione cala il silenzio dei testi canonici.

Ne parlano le leggende, storicamente inattendibili. Alcune lo dicono missionario in India e in Armenia, dove avrebbe convertito anche il re, subendo però un martirio tremendo: scuoiato vivo e decapitato. Queste leggende erano anche un modo di spiegare l’espandersi del cristianesimo in luoghi remoti, per opera di sconosciuti. A tante Chiese, poi, proclamarsi fondate da apostoli dava un’indubbia autorità. La leggenda di san Bartolomeo è ricordata anche nel Giudizio Universale della Sistina: il santo mostra la pelle di cui lo hanno “svestito” gli aguzzini, e nei lineamenti del viso, deformati dalla sofferenza, Michelangelo ha voluto darci il proprio autoritratto.

Autore:
Domenico Agasso