jeudi 9 août 2012

Saint JEAN-BAPTISTE-MARIE VIANNEY, Curé D'ARS



Saint Jean-Marie Vianney

Curé d'Ars ( 1859)

Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, c'est à dire aussi de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voudrait devenir prêtre mais son père est réticent. A vingt ans, il commence ses premières études, mais il est si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon, où il a fini par entrer, décide de le renvoyer. Il parvient quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble(*). Après un premier ministère à Ecully, il est nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y restera jusqu'à sa mort. Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pèlerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé ignorant de tout, mais non pas du cœur des hommes ni de celui de Dieu. Complètement donné à sa tâche pastorale, épuisé, il aura ce mot vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il est exaucé le 4 août 1859 quand il meurt à l'âge de 74 ans.

(*) En 1815, la chapelle du Grand séminaire, à deux pas de la cathédrale, accueille l'ordination du curé d'Ars, fait patron de tous les curés du monde par Pie X en 1905. (diocèse de Grenoble)

En 2009, année sacerdotale et célébration des 150 ans de sa mort.

- Pour le 150e anniversaire du décès du curé d'Ars, le sanctuaire d'Ars organisa les 3 et 4 août 2009 deux jours de festivités tournées autour du saint curé.

- Le cardinal Barbarin a publié un décret élevant la mémoire liturgique du saint curé d'Ars, célébrée le 4 août, au rang de fête à l'intérieur du diocèse de Lyon. C'est une manière d'honorer de façon particulière saint Jean-Marie Vianney, que le pape Benoît XVI donne comme saint patron à tous les prêtres du monde, à l'occasion du 150e anniversaire de sa mort.

- 2009-2010: une
année sacerdotale.

- Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) Confesseur exceptionnel, le Curé d'Ars a consacré l'essentiel de son ministère à guider les cœurs des pénitents sur le chemin de la conversion.
Figures de sainteté - site de l'Eglise catholique en France

- Un grand témoin spirituel Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, par Mgr Dupleix.

Mémoire de saint Jean-Marie Vianney, prêtre. Curé de la paroisse d’Ars, au diocèse de Belley, pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort en 1859, il accomplit son ministère d’une manière admirable par sa prédication, sa prière continue et son exemple de pénitence. Chaque jour, il catéchisait enfants et adultes, réconciliait les pénitents, et une telle charité, puisée dans la sainte Eucharistie comme à sa source, resplendissait en lui qu’on venait de loin rechercher ses conseils, et qu’il conduisit à Dieu, avec sagesse, un grand nombre de personnes.

Martyrologe romain

Il y en a qui ont l’habitude de toujours mal parler des prêtres, qui ont pour eux du mépris. Faites attention, mes enfants. Comme ils sont les représentants de Dieu, tout ce que vous dites retombe sur Dieu lui-même.

Le Curé d’Ars



4 août

Saint Jean-Marie Vianney,


Curé d'Ars





On écoutait M. Vianney comme un nouvel apôtre que Jésus-Christ envoyait à son Eglise, pour y renouveler la sainteté et la ferveur de son divin Esprit, en un siècle dont la corruption l'a si profondément altéré dans l'âme de la plupart des hommes. Et c'est une grande merveille que ne proposant, comme les apôtres, qu'une doctrine incompréhensible à la raison humaine et très amère au goût dépravé du monde - car il ne parlait que de croix, d'humiliations, de pauvreté, de pénitence - cette doctrine fut si bien accueillie...

Le saint curé parlait sans autre travail préparatoire que sa continuelle application à Dieu ; il passait sans délai et sans transition du confessionnal à la chaire, et toutefois, il y apportait une imperturbable assurance, une merveilleuse impassibilité qui ne naissait nullement de la certitude, mais plutôt de l'oubli complet et absolu de lui-même...

M. Vianney n'avait aucun souci de ce qu'on pouvait dire ou penser de lui. Quelle que fût la composition de son auditoire, bien que des évêques et d'autres illustres personnages soient venus souvent se mêler à la foule qui entourait sa chaire, jamais sa parole n'a trahi la moindre émotion, ni le moindre embarras provenant d'une crainte humaine. Lui, si timide et si modeste quand il traversait les rangs pressés de l'assistance, souvent imposante, qui remplissait l'église à l'heure du catéchisme, il n'était plus le même homme ; il avait l'air d'un triomphateur. Il portait la tête haute ; son visage était illuminé ; ses yeux lançaient des éclairs... Il aurait eu le pape, les cardinaux, les rois au pied de sa chaire, qu'il n'aurait dit ni plus ni moins, ne pensant qu'aux âmes et ne faisant penser qu'à Dieu. Cette véritable domination oratoire suppléait chez lui le talent et la rhétorique : elle donnait aux choses les plus simples, sorties de cette bouche vénérable, une majesté singulière et une irrésistible autorité.

La forme qu'employait le curé d'Ars n'était pas autre chose que l'enveloppe la plus transparente que prend l'idée afin de paraître le plus possible telle qu'elle est, créant elle-même l'expression qui lui convient. Il savait mettre les vérités de l'ordre le plus élevé à la portée de toutes les intelligences ; il les revêtait d'un langage familier ; il attendrissait par la simplicité ; il ravissait par la doctrine... Ainsi, les considérations sur le péché, sur l'injure qu'il fait à Dieu et le mal qu'il fait à l'homme n'étaient pas un jeu de son esprit, mais le travail douloureux de sa pensée ; elles le pénétraient, le consternaient : c'était le trait de fer enfoncé dans sa poitrine. Il soulageait son âme en l'épanchant...

La foi du bon curé d'Ars était toute sa science ; son livre, c'était Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il ne cherchait pas la sagesse ailleurs qu'en JésusChrist, dans sa mort et dans sa croix. Il n'y avait pas pour lui d'autre sagesse véritable, pas d'autre sagesse utile... C'est dans la prière, à genoux aux pieds du Maitre, en couvrant ses pieds divins de larmes et de baisers ; c'est en présence du saint tabernacle, où il passait ses jours et ses nuits, c'est là qu'il avait tout appris.

A. Monnin « Le curé d'Ars » (Editions Douniol, 1864).


Ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts. Et Dieu a choisi ce qui dans le monde est sans considération et sans puissance, ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu (I Corinthiens I 27-29). Après avoir décrit ce plan de la Providence, saint Paul le montre réalisé dans sa personne : Je n'ai pas jugé que je dusse savoir par­mi vous autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié..., et ma parole et ma prédication n'avaient rien du langage persuasif de la sagesse, mais l'Esprit-Saint et la force de Dieu en démontraient la vérité... (I Corinthiens II 1-5). Saint Paul détermine ainsi les lois générales de l'évangélisation : la conversion n'est pas œuvre de la sagesse hu­mai­ne, mais œuvre de la puissance divine. C'est bien ce que nous montre la vie du Saint Curé d'Ars que nous célébrons aujourd'hui, démons­tra­­tion éclatante de la primauté des moyens surnaturels dans l'œu­vre de l'apostolat. Il y a, chez ce prêtre, une telle dispropor­tion entre les résultats prodigieux et les infériorités humaines, que les résultats manifestement les fruits de la grâce. Infirma mundi elegit Deus (Dieu a choisi ce qui est faible). Lorsqu'en 1878, à trente-deux ans, l'abbé Vianney prit possession de sa petite paroisse, il était bien ce nul aux yeux du monde, dont Dieu allait faire la plus grande valeur sacerdotale de son siècle. Les gens d'Ecully où il était vicaire, avaient signifié à l'autorité diocésaine qu'ils ne désiraient pas à un curé aussi simple. Physiquement, il n'avait rien d'attirant et sa tenue vestimen­taire ne l'avantageait pas. Certes, il était très propre, mais il avait une minable apparence (soutane usagée et rapiécée, vieux chapeau déformé, gros souliers rapiécés) au point que certains de ses confrères avaient honte de s'asseoir près de lui, lors de leurs réunions périodiques. Il n'avait pas non plus la réputation d'être une intelligence : sans être mal doué, il avait commencé trop tard ses études secondaires et resta longtemps rebelle au latin ; il échoua si piteusement à son examen de philosophie qu'il fut refusé une première fois au Grand Séminaire et quand, enfin reçu, il fut question de son admission au sous-diaconat, il semble bien qu'il ne l'emporta qu'au bénéfice de sa piété.

- Le jeune Vianney, demanda l'examinateur à ses professeurs, est-il pieux ?

Sait-il réciter son chapelet ? A-t-il de la dévotion à la Vierge Marie ?

- C'est, pour la piété, répondirent-ils, le modèle du Séminaire.

- Eh bien donc ! conclut l'examinateur, je le reçois : la grâce de Dieu fera le reste.

Ses supérieurs, cependant, prenaient leurs précautions. Quand, au lendemain de son sacerdoce, il fut nommé vicaire à Ecully, ce fut sans l'autorisation, jusqu'à nouvel ordre, d'entendre les confessions. Un de ses confrères lui dira charitablement, un jour, à Ars : M. le Curé, quand on a si peu de théologie que vous, on ne devrait jamais mettre le pied dans un confessionnal. D'autant que par humilité, il force encore la note : Quand je suis avec les autres prêtres, je suis comme Bordin (un idiot du pays). Il y a toujours dans les familles un enfant qui a moins d'esprit que ses frères et ses sœurs ; eh bien ! chez nous, j'étais cet enfant-là. Et un jour, montrant de lui un portrait, par ailleurs assez peu res­sem­­blant, il disait : C'est bien moi. Voyez comme j'ai l'air bête !... On ne voit pas que l'abbé Vianney eut des dons de parole, de plu­me ou d'action, pour compenser cette infériorité de culture et mê­me de théologie. Après avoir sué sang et eau pour composer et apprendre ses sermons, il les prononçait d'une voix si gutturale et sur une note si élevée, qu'on lui reprochait de crier comme un sourd, jusqu'au moment où une perte de mémoire l'obligeait à descendre de chaire avant d'avoir fini. Il a ainsi couvert des pages de sa fine écriture, mais n'a jamais rien publié. Du point de vue hu­main, ce curé n'a rien pour réussir et rien ne le signale à l'at­ten­tion, sinon pour s'en moquer. Il semble voué à végéter dans ce village inconnu du diocèse et plus encore de la France.

Quand J.M. Vianney fut envoyé à Ars, le Vicaire général lui dit : Mon ami, vous êtes nommé curé d'Ars. C'est une petite pa­roisse où il n'y a pas beaucoup d'amour de Dieu : vous en met­trez. Deux ans après son arrivée, Ars était regardée comme une pa­roisse fervente. Cinq ans plus tard, le saint Curé pouvait écri­re : Je suis dans une petite paroisse pleine de religion, qui sert le Bon Dieu de tout son cœur. Après neuf ans, il rendait, en chaire, ce témoignage resté célèbre : Mes frères, Ars n'est plus Ars ! J'ai confessé et prêché dans des jubilés, dans des missions. Je n'ai rien trouvé comme ici. Il s'était attaqué tout de suite à l'ignorance en catéchisant et en instruisant ses paroissiens ; il mena la lutte con­tre le travail du dimanche, les cabarets, le blasphème et les dan­ses ; il restaura et embellit sa vieille église. De son orphe­li­nat de la Providence, son œuvre préférée, il fit une pépinière de bon­nes chrétiennes et un centre d'intercession. A la base de cette transfor­mation miraculeuse, il y avait ses prières et ses péni­ten­ces. Cette conversion d'Ars n'est qu'un départ de la merveille de l'œuvre accomplie. Depuis dix ans qu'il est curé, ce village ignoré du plateau de la Dombe, commence de devenir célèbre. Le nom du Curé d'Ars vole de bouche en bouche, aux alentours et au loin.

Alors se mit en branle ce pèlerinage, qui fit d'Ars, pendant tren­te ans, le village le plus fréquenté de France. D'abord quelques bonnes dévotes de Dardilly, sa paroisse natale, et d'Ecully où il fut vicaire ; bientôt sa renommée fit tache d'huile et il vint des fou­les toujours renaissantes ; on faisait la file pour entrer dans l'égli­se, étuve l'été, glacière l'hiver, où on restait de longues heures, remis souvent au lendemain, ce qui obligeait à organiser entre soi des numéros d'ordre pour ne pas perdre son tour. Il confessait seize, et même dix-huit heures les longs jours d'été, sans éterniser la conversation, ne donnant à chaque confession que le temps nécessaire, mais il fallait attendre son tour 30, 50, et même 70 heures. Certaines années, Ars vit passer 80 000 et 100 000 pèlerins... Cela dura jusqu'à sa mort, en 1859. La statue de son saint curé a sa place dans nombre d'églises et de chapelles. Vers lui, comme vers leur inspirateur et leur protec­teur, se tournent tant et tant de saints prêtres, même dans les formes nouvelles d'apostolat que nécessite l'évolution de la vie moderne, afin d'apprendre et de recevoir de lui, ce qui reste toujours l'âme de tout apostolat : la vie intérieure. Car voilà bien la grande leçon du saint Curé d'Ars. Il y a une telle disproportion entre les moyens humains et les résultats obtenus, qu'il faut bien dire que le doigt de Dieu est là. Que des génies, comme saint Augustin ou saint Thomas d'Aquin, que des hommes d'action, comme saint Dominique ou saint Ignace de Loyola, aient exercé et exercent encore une telle influence, cela n'étonne pas l'esprit des hommes, mais que ce petit curé de campagne, sans moyens, soit devenu le centre de tout son siècle, voilà qui force la réflexion qui aboutit à croire que la conversion des âmes est l'œuvre de la grâce qui la grâ­ce s'obtient par la force de la prière et la générosité du sa­cri­fi­ce, oratione et jejunio (la prière et la pénitence), la loi immuable.
Il ne s'agit pas de négliger les talents que Dieu nous a donnés que nous devons, au contraire, mettre en valeur ; pendant toute sa vie, le saint Curé d'Ars a fourni bien des efforts pour acquérir la scien­ce religieuse que requiert le ministère sacerdotal. Mais le pres­tige humain et toutes les activités déployées ne sont rien s'ils ne sont pas vivifiés par l'amour de Dieu, selon ce que nous enseigne l'apôtre Paul dans la première lettre aux Corinthiens : J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien (I Corinthiens XIII 1-3) . Que seraient les grands saints évoqués tout à l'heure, s'ils n'avaient eu, avec leur génie et leur action, cet amour de Dieu et cette sainteté ? Des noms dans l'his­­toire de la pensée, mais non pas ces convertisseurs d'âmes qu'ils restent encore. Évidemment à même vertu héroïque, à même sainteté, à même pauvreté, à même mortification n'est pas néces­sairement promis un tel rayonnement et c'est une preuve de l'intervention manifeste de Dieu que nous soyons des serviteurs inutiles. Il n'en reste pas moins que le levain qui soulève les masses est d'abord la vie intérieure et vertueuse.

Abbé C-P Chanut


Je vous aime, ô mon Dieu,
et mon seul désir est de vous aimer jusqu'au dernier soupir de ma vie.

Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable,
et j'aime mieux mourir en vous aimant que de vivre un seul instant sans vous aimer.

Je vous aime, ô mon Dieu,
et je ne désire le ciel que pour avoir le bonheur de vous aimer parfaitement.

Je vous aime, ô mon Dieu,
et je n'appréhende l'enfer que parce qu'on y aura jamais la douce consolation de vous aimer.

O mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime,
du moins je veux que mon coeur vous le répète autant de fois que je respire.

Ah ! Faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant,
de vous aimer en souffrant
et d'expirer un jour en vous aimant
et en sentant que je vous aime.

Et plus j'approche de ma fin,
plus je vous conjure d'accroître mon amour et de le perfectionner.

Amen.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/08/04.php#puissance

SAINT JEAN-BAPTISTE-MARIE VIANNEY

Curé d'Ars

(1786-1859)

On a dit de plus d'un personnage, de plus d'un Saint, qu'ils furent les prodiges de leur siècle. Ceci n'est peut-être vrai de personne autant que du curé d'Ars. Cet homme si humble vit, pendant une trentaine d'années, tout l'univers, pour ainsi dire, attentif à ses vertus et à sa gloire, et tout le monde chrétien à ses pieds; il est assurément l'une des merveilles de la sainteté et de l'apostolat.

Né à Dardilly, non loin de Lyon, trois ans avant la Révolution française, de simples cultivateurs profondément chrétiens, il fut d'abord berger et occupé aux travaux des champs. Dès ses premières années, il se distingua par sa candeur, sa piété, son amour pour la Sainte Vierge, et sa charité pour les pauvres.

Il parvint au sacerdoce grâce à sa piété plus qu'à ses talents. Après quelques années de vicariat, il fut appelé à la cure d'Ars, et, en apercevant le clocher de sa paroisse, il se mit à genoux pour prier Dieu et lui recommander son ministère. Son premier soin fut de visiter ses paroissiens; il les eut vite conquis par sa vertu, et l'on vit succéder aux abus de toutes sortes et à l'indifférence, grâce à son zèle, un esprit profondément chrétien, une parfaite observance du dimanche: la paroisse, sous l'impulsion d'un Saint, était devenue une communauté religieuse.

Bientôt, des pays voisins, on accourut pour l'entendre, pour se confesser à lui et obtenir des miracles, qu'il attribuait à sainte Philomène, dont le culte tout nouveau croissait chaque jour en popularité; aussi l'appelait-il sa chère petite Sainte. Dix ans plus tard, la réputation du saint curé s'était étendue au-delà de la France, et l'on ne tarda pas à venir de plus loin; la paroisse d'Ars, jadis inconnue et solitaire, était devenue un centre d'attraction universelle; aux personnes pieuses se joignaient des impies, des incrédules, des débauchés; les conversions se multipliaient par milliers. Il passait régulièrement jusqu'à seize et dix-huit heures par jour au confessionnal, et le reste du temps en prédications, catéchisme et prières.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


CATÉCHISME DE SAINT JEAN-MARIE VIANNEY SUR LA PRIÈRE.
Voyez, mes enfants : le trésor d'un Chrétien n'est pas sur la Terre, il est dans le Ciel. Eh bien ! Notre pensée doit aller où est notre trésor.
L'homme a une belle fonction, celle de prier et d'aimer. Vous priez, vous aimez : voilà le Bonheur de l'homme sur la Terre !
La Prière n'est autre chose qu'une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit.
Dans cette union intime, Dieu et l'âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer.
C'est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C'est un bonheur qu'on ne peut comprendre.
Nous avions mérité de ne pas prier ; mais Dieu, dans sa bonté, nous a permis de lui parler. Notre prière est un encens qu'il reçoit avec un extrême plaisir.
Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l'élargit et le rend capable d'aimer Dieu.
La Prière est un avant-goût du Ciel, un écoulement du Paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur.
C'est un miel qui descend dans l'âme et adoucit tout. Les peines se fondent devant une prière bien faite, comme la neige devant le soleil.
La Prière fait passer le temps avec une grande rapidité, et si agréablement, qu'on ne s'aperçoit pas de sa durée.
Tenez, quand je courais la Bresse, dans le temps que les pauvres curés étaient presque tous malades, je priais le bon Dieu le long du chemin. Je vous assure que le temps ne me durait pas.
On en voit qui se perdent dans la Prière comme le poisson dans l'eau, parce qu'ils sont tout au bon Dieu.
Dans leur cœur, il n'y a pas d'entre-deux. Oh ! Que j'aime ces âmes généreuses !
Saint François d'Assise et Sainte Colette voyaient Notre Seigneur et lui parlaient comme nous nous parlions.
Tandis que nous, que de fois nous venons à l'église sans savoir ce que nous venons faire et ce que nous voulons demander !
Et pourtant, quand on va chez quelqu'un, on sait bien pourquoi on y va. Il y en a qui ont l'air de dire au bon Dieu « Je m'en vais vous dire deux mots pour me débarrasser de vous... »
Je pense souvent que, lorsque nous venons Adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une Foi bien vive et un cœur bien pur.




Chasse du Saint Curé d'Ars à l’intérieur de la Basilique d’Ars. Photo de Laifen

Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Jean-Marie Vianney, né au bourg de Dardilly dans le diocèse de Lyon d’une famille de pieux cultivateurs, donna, dès son enfance, de nombreux indices de sainteté. Quand, âgé de huit ans il gardait les brebis, il avait coutume, tantôt d’apprendre à d’autres enfants par sa parole et son exemple à réciter le Rosaire agenouillés devant l’image de la Mère de Dieu, tantôt de confier le troupeau à sa sœur ou à quelque autre et de se rendre dans un lieu solitaire où il vaquait plus librement à l’oraison devant une statue de la sainte Vierge. Chérissant les pauvres, il faisait ses délices de les amener par groupes dans la maison de son père et de les aider en toutes manières. Il fut confié au curé du bourg d’Écully pour recevoir l’enseignement littéraire ; mais comme ses dispositions pour l’étude étaient encore peu développées, il y rencontra des difficultés presque insurmontables. Implorant le secours divin dans le jeûne et l’oraison, il se rendit en mendiant au tombeau de saint François Régis pour demander plus de facilité à s’instruire. Après avoir suivi avec effort et peine le cours de théologie, il fut trouvé suffisamment capable pour recevoir les saints ordres.

Cinquième leçon. Nommé vicaire du bourg d’Écully, Jean-Marie s’appliqua de toutes ses forces sous la direction et à l’exemple de son curé, à atteindre les degrés les plus élevés de la perfection pastorale. Trois ans plus tard il fut envoyé au village d’Ars qui devait être rattaché peu de temps après au diocèse de Belley et, comme un ange venu du ciel, il renouvela la face de sa paroisse, la rendant florissante de toute négligée et abandonnée qu’elle était devenue. Assidu de nombreuses heures chaque jour au saint tribunal et à la direction des consciences, il établit l’usage fréquent de la sainte Communion, fonda de pieuses associations et inculqua d’une manière admirable aux âmes une tendre piété envers la Vierge Immaculée. Convaincu qu’un devoir du pasteur est d’expier les fautes du peuple à lui confié, il n’épargnait à cette fin ni prières, ni veilles, ni macérations et jeûnait continuellement. Comme Satan ne pouvait souffrir une si grande vertu de l’homme de Dieu, il le tourmenta d’abord par diverses vexations et le combattit ensuite ouvertement ; mais Jean-Marie souffrait patiemment les afflictions les plus pénibles.

Sixième leçon. Souvent invité par les curés voisins à venir, comme le font les missionnaires, pourvoir au salut des âmes en prêchant et en entendant les confessions, il était toujours prêt à rendre service à tous. Enflammé de zèle pour la gloire de Dieu, il réussit à établir les missions avec les exercices pieux qu’elles comportent, en plus de cent paroisses et à les assurer par des fondations. Entretemps Dieu faisait éclater le mérite de son serviteur par des miracles et des dons surnaturels. Telle fut l’origine de ce célèbre pèlerinage qui durant vingt ans fit affluer à Ars près de cent mille hommes de toute condition et de tout âge venus, non seulement de la France et de l’Europe mais même des régions les plus éloignées de l’Amérique. Épuisé moins par la vieillesse que par les labeurs, il mourut au jour qu’il avait prédit, le 4 août de l’an mil huit cent cinquante - neuf, dans le baiser du Seigneur étant âgé de soixante-treize ans. Beaucoup de miracles l’ayant signalé, il fut béatifié par Pie X et canonisé par Pie XI en l’année jubilaire mil neuf cent vingt-cinq. Le même Pape étendit sa fête à l’Église universelle.

Au troisième nocturne. Du Commun.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 12, 35-40.

En ce temps-là : Ceignez vos reins, et ayez en vos mains des lampes allumées. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape.. Homelia 13 in Evang.

Septième leçon. Mes très chers frères, le sens de la lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre est très clair. Mais de crainte qu’elle ne paraisse, à cause de sa simplicité même, trop élevée à quelques-uns, nous la parcourrons brièvement, afin d’en exposer la signification à ceux qui l’ignorent, sans cependant être à charge à ceux qui la connaissent. Le Seigneur dit : « Que vos reins soient ceints ». Nous ceignons nos reins lorsque nous réprimons les penchants de la chair par la continence. Mais parce que c’est peu de chose de s’abstenir du mal, si l’on ne s’applique également, et par des efforts assidus, à faire du bien, notre Seigneur ajoute aussitôt : « Ayez en vos mains des lampes allumées ». Nous tenons en nos mains des lampes allumées, lorsque nous donnons à notre prochain, par nos bonnes œuvres, des exemples qui l’éclairent. Le Maître désigne assurément ces œuvres-là, quand il dit : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».

Huitième leçon. Voilà donc les deux choses commandées : ceindre ses reins, et tenir des lampes ; ce qui signifie que la chasteté doit parer notre corps, et la lumière de la vérité briller dans nos œuvres. L’une de ces vertus n’est nullement capable de plaire à notre Rédempteur si l’autre ne l’accompagne. Celui qui fait des bonnes actions ne peut lui être agréable s’il n’a renoncé à se souiller par la luxure, ni celui qui garde une chasteté parfaite, s’il ne s’exerce à la pratique des bonnes œuvres. La chasteté n’est donc point une grande vertu sans les bonnes œuvres, et les bonnes œuvres ne sont rien sans la chasteté. Mais si quelqu’un observe les deux préceptes, il lui reste le devoir de tendre par l’espérance à la patrie céleste, et de prendre garde qu’en s’éloignant des vices, il ne le fasse pour l’honneur de ce monde.

Neuvième leçon. « Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que lorsqu’il viendra et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt ». Le Seigneur vient en effet quand il se prépare à nous juger ; et il frappe à la porte, lorsque, par les peines de la maladie, il nous annonce une mort prochaine. Nous lui ouvrons aussitôt, si nous l’accueillons avec amour. Il ne veut pas ouvrir à son juge lorsqu’il frappe, celui qui tremble de quitter son corps, et redoute de voir ce juge qu’il se souvient avoir méprisé ; mais celui qui se sent rassuré, et par son espérance et par ses œuvres, ouvre aussitôt au Seigneur lorsqu’il frappe à la porte, car il reçoit son Juge avec joie. Et quand le moment de la mort arrive, sa joie redouble à la pensée d’une glorieuse récompense.


Émilien Cabuchet, Statue de Saint Jean-Marie Vianney, Ars, 1867


L’Année Liturgique

L’Année Liturgique, dans son édition de 1922, donne le supplément suivant pour le Bhx Jean-Marie Vianney :

Grande déjà était la gloire du IV août [1] ; la fête de saint Dominique l’illuminait, pour l’Église et pour Dieu, de toutes les splendeurs. L’étoile ornant le front si pur du patriarche des Prêcheurs voyait la divine Sagesse se complaire à unir dans ses feux au rayonnement des plus hautes vertus l’éclat de la science et du génie, de la noblesse, de l’éloquence, de tout ce qui fait l’ascendant des hommes d’élite qu’admiré et suit dans ses beaux siècles l’humanité.

Et voilà qu’en nos jours diminués qui ne comprennent plus les grandeurs d’antan, il apparaît qu’aucun amoindrissement social ne saurait faire obstacle à cette Sagesse du Père, toujours égale en son amour des fils des hommes [2], toujours parcourant les nations pour y susciter des prophètes et des amis de Dieu [3]. Près de Dominique de Gusman, elle produit devant les Anges un émule de sa gloire, et le choisit parmi ces petits de la terre [4], chétifs d’origine comme de dons de nature, que dédaigne le monde, mais qu’elle convoque dans les saints Livres à s’enrichir près d’elle de bel amour et de crainte, de connaissance et de sainte espérance [5].

Jean-Baptiste-Marie Vianney entrait dans la vie quand la révolution de la fin du XVIIIe siècle allait fermer les églises de France. Les germes de sa sainteté se développèrent dans le dénuement intellectuel et surnaturel de ces temps ; ce fut du milieu des travaux des champs que, l’heure venue, il entendit Dieu l’appeler à se dévouer au relèvement des ruines. Riches pour lui d’humiliations devaient être les tardives études de sa préparation au sacerdoce. Mais celui que les examinateurs hésitaient d’admettre aux Ordres avait triomphé par sa piété, son humilité, sa dévotion à Marie, de leurs craintes ; envoyé vers une bourgade obscure de la Dombes, on lui avait dit : « Allez, mon ami. Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans cette paroisse ; vous en mettrez. »

Et le Curé d’Ars avait accompli sa mission. Tandis qu’à l’extrémité opposée du diocèse de Belley, un autre village, Ferney-Voltaire, voyait la bourgeoisie si dénuée de grandeur de l’époque s’évertuer à soutenir le prestige de son patriarche, les foules, lassées du doute, accouraient s’abreuver au réservoir de divine charité qui venait de se révéler dans la pauvre localité naguère inconnue, et se reprendre à croire, espérer et aimer. Dieu réalisait magnifiquement à nouveau la parole de l’Apôtre : il confondait par la folie de la croix la sagesse des sages ; il avait fait choix de la faiblesse pour réduire les forts [6].

Durant tout ce qu’on appela le gouvernement de Juillet et le commencement du second empire, ce fut vers le saint Curé un mouvement comparable à celui qui, dans les meilleurs temps de l’Église, amenait le monde aux plus renommés pèlerinages. Démonstration de la vertu d’en haut qui ne devait pas finir avec lui : au moment où il allait mourir, Notre-Dame se montrait à Lourdes ; or elle sembla n’être descendue que pour prendre en personne la direction de cet ébranlement surnaturel des peuples, et l’accroître en des proportions inconnues jusque-là de l’histoire. Serait-ce l’appel suprême de la divine pitié au siècle de l’apostasie sociale, de cette discessio [7] annoncée par saint Paul comme devant précipiter à leur fin les annales de l’humanité ? Tandis que l’enfer allait multiplier plus que jamais les négations, Dieu se laissait moins que jamais sans témoignage.

La Légende qui suit présente un résumé très complet de la vie du Bienheureux Curé d’Ars. A sa lecture, on comprendra que le Siège apostolique ait exaucé les vœux des curés de France, dont il fut l’honneur et le modèle, en le leur donnant pour Patron devant Dieu.

Jean-Marie Vianney naquit de pieux cultivateurs au bourg de Dardilly, diocèse de Lyon. Dès son enfance, il apparut que la divine Providence l’appellerait un jour à devenir apôtre. A l’âge de huit ans, gardant les brebis, il avait coutume de rassembler les petits enfants aux genoux d’une image de la Mère de Dieu, pour leur apprendre et réciter avec eux le Rosaire ; ou bien, confiant son troupeau à sa sœur ou quelque autre, il se retirait dans un taillis écarté, pour y vaquer plus librement à la prière. Employé aux travaux des champs, s’il arrivait que quelque parole plus libre échappât à ses compagnons, il les reprenait doucement ; d’autres fois, recherchant la solitude, il remuait la terre en pensant au ciel, et pour éviter que le travail ne détournât son âme de la contemplation, il plaçait près de lui une statuette de la Vierge. Plein d’amour pour les pauvres, il faisait ses délices de les amener par troupes à la maison paternelle, de les nourrir, de les réchauffer au foyer, ne les laissant point repartir sans avoir appris le Symbole à ceux qui ne le savaient pas. Admirable était sa candeur, constant son zèle pour l’immaculée Mère de Dieu, ardent son culte pieux pour l’Eucharistie. Aussi tout le monde annonçait-il qu’il serait prêtre. Mais confié pour ses études au curé du bourg d’Écully, sa lenteur d’esprit fit qu’il y éprouva de grandes et quasi insurmontables difficultés. Cherchant près de Dieu le secours, il recourut alors sans se lasser au jeûne et à la prière, puis se rendit, mendiant son pain, au tombeau de saint François Régis, afin d’obtenir la facilité d’apprendre. Sa pieuse confiance ne fut point trompée, car son cours de théologie laborieusement achevé, on le trouva suffisamment apte pour être admis aux Ordres.

Nommé vicaire du curé d’Écully, il s’adonna tout entier sous sa conduite à atteindre les plus hauts sommets de la perfection pastorale. Après trois ans, on l’envoyait, tel un Ange du ciel, au village d’Ars qui devait être peu après rattaché au diocèse de Belley. L’ignorance des premiers éléments de la foi y était générale, la maison de Dieu négligée, presque abandonnée, l’usage des Sacrements oublié, le jour du Seigneur inobservé, les danses en honneur, les auberges trop fréquentées. Mais rien n’aura raison de la vaillance du pasteur : il visite en grande charité chacun des habitants, parle au peuple avec tant d’amour de Dieu que tous avec lui fondent en larmes ; il restaure son église, introduit la fréquente communion, établit de pieuses confréries. Pour la protection des jeunes filles délaissées un asile est bâti, qu’il nomme la Providence, et soutient à l’aide de ressources plus d’une fois fournies par Dieu ; des écoles sont ouvertes aux enfants des deux sexes ; le culte de la Vierge immaculée, de sainte Philomène, est l’objet de la tendre piété des âmes ; et bientôt l’heureuse bourgade se voit partout réputée comme une école de toutes les vertus. Cependant le pasteur, estimant que c’était à lui d’expier les péchés de son peuple, n’épargnait ni prières, ni veilles, ni macérations. La nuit, son sommeil, qu’il prenait sur la planche nue et que lui disputaient bien des soucis, était de deux ou trois heures ; souvent ses jeûnes se prolongeaient trois jours, et il n’accordait à sa faim que la plus misérable nourriture, à sa soif un verre d’eau ; chaque jour la chaîne de fer, le cilice, la discipline ensanglantaient son corps. Non moins extrême était la pauvreté qu’il s’imposait pour Dieu. Arrivait-il qu’il eût à sa disposition un mets plus recherché, ou quelque argent, ou quelque pièce de mobilier, tout allait aux pauvres. Satan, ne pouvant supporter une vertu si grande, excita d’abord contre l’homme de Dieu la calomnie, puis bientôt s’en prit directement à lui, le poursuivant des plus cruelles vexations ; mais Jean-Marie prenait tout en patience, l’expérience lui ayant appris que lorsque les assauts diaboliques se faisaient plus furieux, c’était l’annonce de l’arrivée de plus grands pécheurs au tribunal de la pénitence.

Ce qu’il avait accompli dans sa paroisse, il entreprit de le faire alentour. Les curés du voisinage le trouvaient toujours prêt, sur leur appel, à se dévouer comme missionnaire au salut des âmes par la prédication et la confession. Embrasé du zèle de la gloire de Dieu, il trouva même les moyens de fonder ces pieux exercices des missions à perpétuité dans plus de cent paroisses, moissonnant ainsi jusque dans les lieux où il ne pouvait mettre les pieds. C’est alors que, Dieu illustrant son serviteur par le pouvoir des miracles et les autres dons surnaturels, prit naissance ce célèbre pèlerinage qui, vingt ans, devait amener à Ars chaque année une centaine de mille hommes de tout rang et de tout âge, affluant non seulement de France et d’Europe, mais encore des plus lointaines provinces d’Amérique. Ils venaient, non seulement attirés qu’ils étaient par la pensée de voir un prêtre enrichi des faveurs du ciel, scrutant les plus intimes secrets des âmes, lisant dans l’avenir, opérant des prodiges ; mais amenés aussi par le désir de recourir à ses conseils, et surtout de découvrir les plaies de leurs cœurs dans le sacrement de Pénitence. Jean-Marie se donnait tout entier à ce jugement, à cette direction des consciences, négligeant pour cette œuvre repos, sommeil, nourriture, y consacrant dix-sept heures de ses journées, sans un jour de relâche. Ce fut en vain que, deux fois, les bas sentiments qu’il avait de lui-même lui firent tenter de se dérober aux pieux empressements des fidèles. C’est en combattant que le vaillant soldat devait tomber enfin ; usé de travaux plus que d’années, il s’endormit paisiblement dans le baiser du Seigneur, au temps qu’il avait annoncé. L’éclat de ses nombreux miracles a porté Pie X à l’inscrire parmi les Bienheureux.

Elles sont loin ces premières années de votre ministère, dont vous disiez : « Je m’attendais d’un moment à l’autre à être interdit et condamné à finir mes jours dans les prisons. Dans ce temps-là on laissait reposer l’Évangile dans les chaires, et on prêchait sur le pauvre Curé d’Ars. Oh ! J’avais des croix... J’en avais presque plus que je n’en pouvais porter ! Je me mis à demander l’amour des croix ; alors je fus heureux. »

Pour vous, le labeur a pris fin ; mais du sein de votre repos, entendez les ouvriers du salut se réclamer de votre patronage ; soutenez-les dans leur tâche chaque jour plus ingrate, plus chargée d’amertumes. A ceux dont la patience menacerait de fléchir sous la persécution et les calomnies, répétez la parole que vous disiez à l’un de leurs devanciers : « Mon ami, faites comme moi. — Je serais fâché que le bon Dieu fût offensé ; mais d’un autre côté, je me réjouis dans le Seigneur de tout ce qu’il permet qu’on dise contre moi, parce que les condamnations du monde sont des bénédictions de Dieu. Les contradictions nous mettent au pied delà croix, et la croix à la porte du ciel. Fuir la croix, n’est-ce pas fuir en même temps Celui qui a bien voulu être attaché et y mourir pour nous ? La croix faire perdre la paix ! C’est elle qui a donné la paix au monde ; c’est elle qui doit la porter dans nos cœurs. »

Élevé sur le Siège apostolique au jour anniversaire de votre entrée dans la gloire, le Vicaire de l’Homme-Dieu qui vous inscrivit au nombre des Bienheureux, choisit naguère ce même jour du IV août pour adresser au clergé catholique l’exhortation solennelle [8] qu’inspiraient à son cœur de Pontife suprême nos temps mauvais et pleins de périls. Aidez de vos supplications au pied du trône de Dieu les recommandations que le successeur de Pierre appuyait de votre exemple, quand il disait aux prêtres : « La sainteté seule fait de nous ce que demande notre divine vocation, à savoir des hommes crucifiés au monde et auxquels soit lui-même crucifié le monde [9], qui ne tendent qu’au ciel en ce qui les concerne, et n’aient d’efforts que pour y amener les autres ». Hommes de Dieu [10], faut il qu’ils se montrent uniquement ceux qui sont la lumière du monde [11], le sel de la terre [12], les ambassadeurs [13] de Celui qui daigne les appeler ses amis [14], qui les fait dispensateurs de ses dons [15]. Ils ne seront source de sainteté comme ils doivent pour les autres, qu’en étant saints d’abord eux-mêmes dans le secret de la face du Seigneur ; dans la mesure où ils se donneront à Dieu, Dieu se donnera par eux à leur peuple.

Puissent-ils donc, ô Bienheureux, se dire toujours, et dire aux hommes avec vous : « En dehors du bon Dieu, rien n’est solide. Si c’est la vie, elle passe ; si c’est la fortune, elle s’écroule ; si c’est la santé, elle est détruite ; si c’est la réputation, elle est attaquée. Nous allons comme le vent... Le paradis, l’enfer et le purgatoire ont une espèce d’avant-goût dès cette vie. Le paradis est dans le cœur des parfaits, qui sont bien unis à Notre-Seigneur ; l’enfer dans celui des impies ; le purgatoire dans les âmes qui ne sont pas mortes à elles-mêmes. L’homme a été créé par l’amour : c’est pourquoi il est si porté à aimer ; d’un autre côté, il est si grand que rien ne peut le contenir sur la terre. Il n’y a que lorsqu’il se tourne du côté du ciel qu’il est content. »



Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Saint François de Sales disait qu’on peut être martyr, non seulement en confessant Dieu devant les hommes, mais aussi en confessant les hommes devant Dieu. On évoque volontiers cette parole en considérant le saint curé d’Ars, inlassablement assidu à son confessionnal où, de toute la France, les âmes inquiètes venaient chercher la paix.

A ce long supplice, qui dura des journées entières pendant un grand nombre d’années, le saint ajouta celui des jeûnes, des veilles et une continuelle oraison ; aussi, devenu hostie avec le Christ, il mérita d’abord la conversion de son apathique paroisse, puis celle de nombreux pécheurs accourus à lui des lieux les plus éloignés.

Simple, extrêmement pauvre et détaché des choses de ce monde, autant il semblait dépourvu de grandes richesses intellectuelles, autant il était débordant de foi et de zèle, aussi devint-il l’idéal et le modèle des bons curés ; en un mot : le saint curé d’Ars.

Dieu le glorifia par le don des miracles ; et quand, usé par les fatigues et par les austérités, saint Jean-Baptiste Vianney eut fermé les yeux pour toujours, le prodige le plus grand et le plus durable opéré ensuite par lui est l’influence salutaire et décisive qu’il exerça sur le clergé paroissial, spécialement en France, pour le renouvellement de l’esprit pastoral. C’est la raison pour laquelle Pie XI introduisit la fête du saint curé d’Ars dans le Calendrier de l’Église universelle en 1928 et, l’année suivante, le proclama céleste Patron de tous les curés et de tous les prêtres ayant charge d’âmes, dans la Ville et le monde.

La messe est celle du Commun des Confesseurs non-pontifes [16] comme le 23 janvier ; seule la première collecte est propre.

Prière. — « O Dieu tout-puissant et miséricordieux, qui avez voulu enrichir le bienheureux Jean-Marie de la grâce d’un zèle pastoral ardent, d’une prière continuelle et d’une constante mortification, faites que, par ses mérites et à son exemple, nous nous efforcions nous aussi de gagner les âmes de nos frères, afin d’obtenir avec eux la couronne éternelle dans le ciel ». Travailler au salut des âmes, comme le dit saint Jean Chrysostome, est la plus divine des occupations, qui nous vaut en outre de vivre dans l’amour de Dieu et d’assurer notre salut éternel.

[1] La fête du Bhx Curé d’Ars fut fixée localement au 4 août, son dies natalis : lorsqu’elle fut inscrite ensuite au calendrier liturgique universel, elle fut fixée au 9 puis au 8.

[2] Prov. VIII, 31.

[3] Sap..VII, 27.

[4] Prov. IX, 4.

[5] Eccli. XXIV, 24.

[6] I Cor. I, 18-29.

[7] II Thess. II, 3.

[8] PII X in quinquagesimo natali sacerdotii sui exhortatio ad clerum catholicum, die IV Augusti anno MCMVIII.

[9] Gal. VI, 14.

[10] I Tim. VI, 11.

[11] Matth. V, 14.

[12] Ibid. 13.

[13] II Cor. V, 20.

[14] Johan. XV, l5.

[15] I Cor. IV, 1.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique


Saint Jean Vianney. — Jour de mort : 4 août 1859. Tombeau : à Ars. Vie : La fête du célèbre curé d’Ars, canonisé par le Pape Pie XI au cours de l’année jubilaire de 1925, appartient désormais au calendrier de l’Église universelle. Il était fils de simples paysans qui eurent soin de l’élever religieusement, en pleine tourmente révolutionnaire. D’abord berger, puis maître d’école, il fit ensuite ses études théologiques et reçut le sacerdoce en 1815. Peu de temps après (1818), il était envoyé à Ars, petite paroisse de cinq cents âmes, fort peu chrétienne. C’est là qu’il exerça jusqu’à sa mort son zèle inlassable et extraordinairement fécond. Il passa une grande partie de sa vie dans son confessionnal. Des foules de pèlerins accouraient à Ars ; on en a évalué le nombre à environ vingt mille par an. Pareil ascendant sur les âmes était dû à l’austérité extrême de son existence, à l’amabilité et à la simplicité de ses manières, à son intense énergie surnaturelle sous des dehors débiles. Saint Jean Vianney est le modèle des curés. Il mourut le 4 août 1859.

Pratique : La prière de l’Église rend hommage à son zèle pastoral, à son esprit de prière et de pénitence ; elle demande que nous puissions, nous aussi, gagner au Christ les âmes de nos frères. — La messe est la messe Os justi du commun des confesseurs [17].

[16] Sauf en France.

[17] Sauf en France.



Benoît XVI, 

catéchèses, 24 juin 2009

Chers frères et sœurs,

Vendredi dernier, en la solennité du Sacré-Cœur de Jésus et journée traditionnellement consacrée à la prière et à la sanctification des prêtres, j’ai eu la joie d’inaugurer l’Année sacerdotale, décidée à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la "naissance au ciel" du curé d’Ars, saint Jean-Baptiste Marie Vianney. Et en entrant dans la basilique vaticane pour la célébration des vêpres, presque comme premier geste symbolique, je me suis arrêté dans la chapelle du Chœur pour vénérer la relique de ce saint Pasteur d’âmes : son cœur. Pourquoi une Année sacerdotale ? Pourquoi précisément en souvenir du saint curé d’Ars, qui n’a apparemment rien accompli d’extraordinaire ?

La Providence divine a fait en sorte que sa figure soit rapprochée de celle de saint Paul. En effet, alors que se conclut l’Année paulinienne, consacrée à l’apôtre des nations, modèle extraordinaire d’évangélisateur qui a accompli plusieurs voyages missionnaires pour diffuser l’Évangile, cette nouvelle année jubilaire nous invite à nous tourner vers un pauvre agriculteur devenu un humble curé, qui a accompli son service pastoral dans un petit village. Si les deux saints diffèrent beaucoup dans les itinéraires de vie qui les ont caractérisés – l’un est allé de région en région pour annoncer l’Évangile, l’autre a accueilli des milliers et des milliers de fidèles en restant toujours dans sa petite paroisse –, il y a cependant quelque chose de fondamental qui les rassemble : il s’agit de leur identification totale avec leur ministère, leur communion avec le Christ qui faisait dire à saint Paul : "Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi" [18]. Et saint Jean-Marie Vianney aimait répéter : "Si nous avions la foi, nous verrions Dieu caché dans le prêtre comme une lumière derrière la vitre, comme le vin mélangé à l’eau". Le but de cette Année sacerdotale – comme je l’ai écrit dans la lettre envoyée aux prêtres en à cette occasion – est donc de favoriser la tension de chaque prêtre "vers la perfection spirituelle de laquelle dépend en particulier l’efficacité de son ministère", et d’aider avant tout les prêtres, et avec eux tout le peuple de Dieu, à redécouvrir et à raviver la conscience de l’extraordinaire et indispensable don de Grâce que le ministère ordonné représente pour celui qui l’a reçu, pour l’Église entière et pour le monde, qui sans la présence réelle du Christ serait perdu.

Les conditions historiques et sociales dans lesquelles se trouva le curé d’Ars ont indéniablement changé et il est juste de se demander comment les prêtres peuvent l’imiter dans l’identification avec leur propre ministère dans les sociétés actuelles mondialisées. Dans un monde où la vision commune de la vie comprend toujours moins le sacré, à la place duquel l’"aspect fonctionnel" devient l’unique catégorie décisive, la conception catholique du sacerdoce pourrait risquer de perdre sa considération naturelle, parfois même à l’intérieur de la conscience ecclésiale. Souvent, que ce soit dans les milieux théologiques, ou bien dans la pratique pastorale et de formation concrète du clergé, s’affrontent, et parfois s’opposent, deux conceptions différentes du sacerdoce. Je remarquais à ce propos il y a quelques années qu’il existe "d’une part, une conception socio-fonctionnelle qui définit l’essence du sacerdoce avec le concept de "service" : le service à la communauté, dans l’exercice d’une fonction... D’autre part, il y a la conception sacramentelle-ontologique, qui naturellement ne nie pas le caractère de service du sacerdoce, mais le voit cependant ancré à l’être du ministre et qui considère que cet être est déterminé par un don accordé par le Seigneur à travers la médiation de l’Église, dont le nom est sacrement" [19]. Le glissement terminologique du terme "sacerdoce" à ceux de "service, ministère, charge", est également le signe de cette conception différente. Ensuite, à la première, la conception ontologique-sacramentelle, est lié le primat de l’Eucharistie, dans le binôme "sacerdoce-sacrifice", alors qu’à la deuxième correspondrait le primat de la parole et du service de l’annonce.

A tout bien considérer, il ne s’agit pas de deux conceptions opposées, et la tension qui existe cependant entre elles doit être résolue de l’intérieur. Ainsi, le décret Presbyterorum ordinis du Concile Vatican II affirme : "En effet, l’annonce apostolique de l’Évangile convoque et rassemble le peuple de Dieu, afin que tous les membres de ce peuple... s’offrent eux-mêmes en "victime vivante, sainte, agréable à Dieu" [20] et c’est précisément à travers le ministère des prêtres que le sacrifice spirituel des fidèles atteint à sa perfection dans l’union au sacrifice du Christ, unique Médiateur. En effet ce sacrifice est offert par les mains des prêtres au nom de toute l’Église dans l’Eucharistie "de manière non sanglante et sacramentelle, jusqu’à ce que vienne le Seigneur lui-même" [21].

Nous nous demandons alors : "Que signifie précisément pour les prêtres évangéliser ? En quoi consiste ce que l’on appelle le primat de l’annonce ?". Jésus parle de l’annonce du Royaume de Dieu comme du véritable but de sa venue dans le monde et son annonce n’est pas seulement un "discours". Elle inclut dans le même temps son action elle-même : les signes et les miracles qu’il accomplit indiquent que le Royaume vient dans le monde comme réalité présente, qui coïncide en fin de compte avec sa propre personne. En ce sens, il faut rappeler que, dans le primat de l’annonce également, la parole et le signe sont inséparables. La prédication chrétienne ne proclame pas des "paroles", mais la Parole, et l’annonce coïncide avec la personne même du Christ, ontologiquement ouverte à la relation avec le Père et obéissant à sa volonté. Un service authentique à la Parole exige de la part du prêtre une profonde abnégation de soi, jusqu’à dire avec l’Apôtre : "ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi". Le prêtre ne peut pas se considérer comme "maître" de la parole, mais comme serviteur. Il n’est pas la parole mais, comme le proclamait Jean le Baptiste, dont nous célébrons précisément aujourd’hui la nativité, il est la "voix" de la Parole : "Voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers" [22].

Or, être "voix" de la Parole, ne constitue pas pour le prêtre un simple aspect fonctionnel. Au contraire, cela présuppose une substantielle "perte de soi" dans le Christ, en participant à son mystère de mort et de résurrection avec tout son moi : intelligence, liberté, volonté et offrande de son propre corps, comme sacrifice vivant [23]. Seule la participation au sacrifice du Christ, à sa khènosi, rend l’annonce authentique ! Tel est le chemin qu’il doit parcourir avec le Christ pour parvenir à dire au Père avec Lui : que s’accomplisse "non ce que je veux, mais ce que tu veux" [24]. L’annonce, alors, comporte toujours également le sacrifice de soi, condition pour que l’annonce soit authentique et efficace.

Alter Christus, le prêtre est profondément uni au Verbe du Père, qui en s’incarnant a pris la forme d’un serviteur, est devenu serviteur [25]. Le prêtre est le serviteur du Christ, au sens que son existence, configurée à Lui de manière ontologique, assume un caractère essentiellement relationnel : il est en Christ, pour le Christ et avec le Christ au service des hommes. Précisément parce qu’il appartient au Christ, le prêtre est radicalement au service des hommes : il est ministre de leur salut, de leur bonheur, de leur libération authentique, mûrissant, dans cette assomption progressive de la volonté du Christ, dans la prière, dans le "cœur à cœur" avec Lui. Telle est alors la condition inaliénable de toute annonce, qui comporte la participation à l’offrande sacramentelle de l’Eucharistie et la docile obéissance à l’Église.

Le saint curé d’Ars répétait souvent avec les larmes aux yeux : "Comme il est effrayant d’être prêtre !". Et il ajoutait : "Combien est triste un prêtre qui célèbre la Messe comme un fait ordinaire ! Combien s’égare un prêtre qui n’a pas de vie intérieure !". Puisse l’Année sacerdotale conduire tous les prêtres à s’identifier totalement avec Jésus crucifié et ressuscité, pour que, à l’imitation de saint Jean Baptiste, ils soient prêts à "diminuer" pour qu’Il grandisse ; pour qu’en suivant l’exemple du curé d’Ars, ils ressentent de manière constante et profonde la responsabilité de leur mission, qui est le signe et la présence de la miséricorde infinie de Dieu. Confions à la Vierge, Mère de l’Église, l’Année sacerdotale qui vient de commencer et tous les prêtres du monde.

[18] Ga 2, 20.

[19] J. Ratzinger, Ministero e vita del Sacerdote, in Elementi di Teologia fondamentale. Saggio su fede e ministero, Brescia 2005, p. 165.

[20] Rm 12, 1.

[21] N. 2.

[22] Mc 1, 3.

[23] Cf. Rm 12, 1-2.

[24] Mc 14, 36.

[25] Cf. Ph 2, 5-11.




Benoît XVI, 

catéchèse, 5 août 2009

Chers frères et sœurs,

Dans la catéchèse d’aujourd’hui, je voudrais reparcourir brièvement l’existence du saint curé d’Ars en soulignant certains traits de celle-ci, qui peuvent servir d’exemple aux prêtres de notre époque, assurément différente de celle où il vécut, mais marquée, sous de nombreux aspects, par les mêmes défis humains et spirituels fondamentaux. C’est précisément hier que l’on fêtait les cent cinquante ans de sa naissance au ciel : il était en effet deux heures du matin le 4 août 1859, lorsque saint Jean Baptiste Marie Vianney, au terme de son existence terrestre, alla à la rencontre du Père céleste pour recevoir en héritage le royaume préparé depuis la création du monde pour ceux qui suivent fidèlement ses enseignements [26]. Quelle grande fête il dut y avoir au Paradis pour l’arrivée d’un pasteur si zélé ! Quel accueil doit lui avoir réservé la multitude des fils réconciliés avec le Père, grâce à son œuvre de curé et de confesseur ! J’ai voulu saisir l’occasion de cet anniversaire pour proclamer l’Année sacerdotale qui, comme on le sait, a pour thème : Fidélité du Christ, fidélité du prêtre.

C’est de la sainteté que dépend la crédibilité du témoignage et, en définitive, l’efficacité même de la mission de chaque prêtre.

Jean-Marie Vianney naquit dans le petit village de Dardilly le 8 mai 1786, dans une famille de paysans, pauvre en biens matériels, mais riche d’humanité et de foi. Baptisé, comme le voulait le bon usage à l’époque, le jour même de sa naissance, il consacra les années de l’enfance et de l’adolescence aux travaux dans les champs et à paître les animaux, si bien qu’à l’âge de dix-sept ans, il était encore analphabète. Mais il connaissait par cœur les prières que lui avait enseignées sa pieuse mère et il se nourrissait du sentiment religieux que l’on respirait chez lui. Les biographes racontent que, dès sa prime jeunesse, il essaya de se conformer à la divine volonté même dans les tâches les plus humbles. Il nourrissait dans son âme le désir de devenir prêtre, mais il ne lui fut pas facile de le satisfaire. Il parvint en effet à l’ordination sacerdotale après de nombreuses adversités et incompréhensions, grâce à l’aide de sages prêtres, qui ne s’arrêtèrent pas à considérer ses limites humaines, mais surent regarder au-delà, devinant l’horizon de sainteté qui se profilait chez ce jeune homme véritablement singulier. Ainsi, le 23 juin 1815, il fut ordonné diacre et le 13 août suivant, prêtre. Enfin, à l’âge de 29 ans, après de nombreuses incertitudes, un certain nombre d’échecs et beaucoup de larmes, il put monter sur l’autel du Seigneur et réaliser le rêve de sa vie.

Le saint curé d’Ars manifesta toujours une très haute considération du don reçu. Il affirmait : "Oh ! Quelle grande chose que le sacerdoce ! On ne le comprendra bien qu’une fois au Ciel.. si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non d’effroi mais d’amour !" [27]. En outre, dans son enfance, il avait confié à sa mère : "Si j’étais prêtre, je voudrais conquérir beaucoup d’âmes" [28]. Et il en fut ainsi. Dans le service pastoral, aussi simple qu’extraordinairement fécond, ce curé anonyme d’un village isolé du sud de la France parvint si bien à s’identifier à son ministère, qu’il devint, également de manière visible et universellement reconnaissable, alter Christus, image du Bon Pasteur, qui à la différence du mercenaire, donne la vie pour ses brebis [29]. A l’exemple du Bon Pasteur, il a donné la vie au cours des décennies de son service sacerdotal. Son existence fut une catéchèse vivante, qui trouvait une efficacité toute particulière lorsque les personnes le voyaient célébrer la Messe, s’arrêter en adoration devant le tabernacle ou passer de longues heures dans le confessionnal.

Au centre de toute sa vie, il y avait donc l’Eucharistie, qu’il célébrait et adorait avec dévotion et respect. Une autre caractéristique fondamentale de cette extraordinaire figure sacerdotale, était le ministère assidu des confessions. Il reconnaissait dans la pratique du sacrement de la pénitence l’accomplissement logique et naturel de l’apostolat sacerdotal, en obéissance au mandat du Christ : "Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus" [30]. Saint Jean-Marie Vianney se distingua donc comme un confesseur et maître spirituel excellent et inlassable. En passant "d’un même mouvement intérieur, de l’autel au confessionnal", où il passait une grande partie de la journée, il cherchait par tous les moyens, par la prédication et par le conseil persuasif, à faire redécouvrir aux paroissiens la signification et la beauté de la pénitence sacramentelle, en la montrant comme une exigence intime de la Présence eucharistique [31].

Les méthodes pastorales de saint Jean-Marie Vianney pourraient apparaître peu adaptées aux conditions sociales et culturelles actuelles. Comment en effet un prêtre d’aujourd’hui pourrait-il l’imiter, dans un monde qui a tant changé ? S’il est vrai que les temps changent et que de nombreux charismes sont typiques de la personne, et donc inimitables, il y a toutefois un style de vie et un élan de fond que nous sommes tous appelés à cultiver. A bien y regarder, ce qui a rendu saint le curé d’Ars a été son humble fidélité à la mission à laquelle Dieu l’avait appelé ; cela a été son abandon constant, empli de confiance, entre les mains de la Providence divine. Il a réussi à toucher le cœur des personnes non en vertu de ses dons humains, ni en s’appuyant exclusivement sur un effort, même louable, de la volonté, il a conquis les âmes, même les plus réfractaires, en leur communiquant ce qu’il vivait de manière intime, à savoir son amitié avec le Christ. Il fut "amoureux" du Christ, et le vrai secret de son succès pastoral a été l’amour qu’il nourrissait pour le Mystère eucharistique, annoncé, célébré et vécu, qui est devenu amour pour le troupeau du Christ, les chrétiens et pour toutes les personnes qui cherchent Dieu. Son témoignage nous rappelle, chers frères et sœurs, que pour chaque baptisé, et plus encore pour le prêtre, l’Eucharistie "n’est pas simplement un événement avec deux protagonistes, un dialogue entre Dieu et moi. La Communion eucharistique tend à une transformation totale de notre propre vie. Elle ouvre avec force le moi tout entier de l’homme et crée un nouveau nous" [32].

Alors, loin de réduire la figure de saint Jean-Marie Vianney à un exemple, même admirable, de la spiritualité dévotionnelle du XIXe siècle, il est nécessaire au contraire de saisir la force prophétique qui distingue sa personnalité humaine et sacerdotale d’une très grande actualité.

Dans la France postrévolutionnaire qui faisait l’expérience d’une sorte de "dictature du rationalisme" visant à effacer la présence même des prêtres et de l’Église dans la société, il vécut, d’abord – pendant sa jeunesse – une clandestinité héroïque en parcourant des kilomètres dans la nuit pour participer à la Messe. Puis – comme prêtre – il se distingua par une créativité pastorale singulière et féconde, en mesure de montrer que le rationalisme, qui régnait alors sans partage, était en réalité loin de satisfaire les authentiques besoins de l’homme et qui, en définitive, n’était pas vivable.

Chers frères et sœurs, à 150 ans de la mort du saint curé d’Ars, les défis de la société d’aujourd’hui ne sont pas moins difficiles, ils sont même devenus peut-être plus complexes. Si à l’époque régnait la "dictature du rationalisme", à l’époque actuelle, on note dans de nombreux milieux, une sorte de "dictature du relativisme". Elles apparaissent toutes deux comme des réponses inadaptées au juste besoin de l’homme d’utiliser pleinement sa propre raison comme élément distinctif et constitutif de son identité. Le rationalisme fut inadapté parce qu’il ne tint pas compte des limites humaines et prétendit élever la seule raison comme mesure de toute chose, en la transformant en déesse ; le relativisme contemporain mortifie la raison, parce que, de fait, il en vient à affirmer que l’être humain ne peut rien connaître avec certitude au-delà du domaine scientifique positif. Mais aujourd’hui, comme alors, l’homme "assoiffé de signification et d’accomplissement" va à la recherche constante de réponses exhaustives aux questions de fond qu’il ne cesse de se poser.

Les Pères du Concile œcuménique Vatican II avaient bien présents à l’esprit cette "soif de vérité" qui brûle dans le cœur de tout homme, lorsqu’ils affirmèrent que c’est aux prêtres, "comme éducateurs de la foi", qu’il revient de former "une authentique communauté chrétienne" capable de "frayer la route à tous les hommes vers le Christ" et d’exercer "une véritable maternité" à leur égard, en indiquant ou en facilitant à celui qui ne croit pas "un chemin vers le Christ et son Eglise" et "pour réveiller les fidèles, les nourrir, leur donner des forces pour le combat spirituel" [33]. L’enseignement que continue de nous transmettre le saint curé d’Ars à cet égard est que, à la base de cet engagement pastoral, le prêtre doit placer une union personnelle intime avec le Christ, qu’il faut cultiver et accroître jour après jour. C’est seulement s’il est amoureux du Christ que le prêtre pourra enseigner à tous cette union, cette amitié intime avec le divin Maître, qu’il pourra toucher les cœurs des personnes et les ouvrir à l’amour miséricordieux du Seigneur. C’est seulement ainsi, par conséquent, qu’il pourra transmettre enthousiasme et vitalité spirituelle aux communautés que le Seigneur lui confie. Prions pour que, par l’intercession de saint Jean-Marie Vianney, Dieu fasse don à son Église de saints prêtres, et pour que croisse chez les fidèles le désir de soutenir et d’aider leur ministère. Confions ces intentions à Marie, que nous invoquons précisément aujourd’hui comme Vierge des Neiges.

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[26] Cf. Mt 25, 34.

[27] Abbé Monnin, Esprit du Curé d’Ars, p. 113.

[28] Abbé Monnin, Procès de l’ordinaire, p. 1064.

[29] Cf. Jn 10, 11.

[30] Cf. Jn 20, 23.

[31] Cf. Lettre aux prêtres pour l’Année sacerdotale.

[32] Joseph Ratzinger, La Communion dans l’Église.

[33] Cf. Presbyterorum ordinis, n. 6.

[*]

PROPRIUM SANCTORUM PRO ALIQUIBUS LOCIS PROPRE DES SAINTS POUR CERTAINS LIEUX

¶ Infrascriptae Missae de Mysterio vel Sancto elogium in Martyrologio eo die habente, dici possunt ut festivae ubicumque, ad libitum sacerdotis, iuxta rubricas. Similiter huiusmodi Missae dici possunt etiam ut votivae, nisi aliqua expresse excipiatur. ¶ Les Messes données ici d’un Mystère ou d’un saint qui a le jour-même une mention au Martyrologe, peuvent être dites comme festives partout, selon la volonté du prêtre et les rubriques. De la même manière, les Messes peuvent être dites comme votives sauf si c’est indiqué expressément.


LETTRE DU SOUVERAIN PONTIFE
BENOÎT XVI
POUR L’INDICTION
D’UNE ANNÉE SACERDOTALE
À L’OCCASION DU 150e ANNIVERSAIRE
DU DIES NATALIS DU SAINT CURÉ D’ARS



Chers Frères dans le sacerdoce,

En la prochaine solennité du Sacré-Cœur de Jésus, vendredi 19 juin 2009 – journée traditionnellement consacrée à la prière pour la sanctification des prêtres –, j’ai pensé ouvrir officiellement une « Année sacerdotale » à l’occasion du 150e anniversaire du « dies natalis » de Jean-Marie Vianney, le saint patron de tous les curés du monde[1]. Une telle année, qui veut contribuer à promouvoir un engagement de renouveau intérieur de tous les prêtres afin de rendre plus incisif et plus vigoureux leur témoignage évangélique dans le monde d’aujourd’hui, se conclura en la même solennité de l’année 2010. « Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus », avait coutume de dire le Saint Curé d’Ars[2] . Cette expression touchante nous permet avant tout d’évoquer avec tendresse et reconnaissance l’immense don que sont les prêtres non seulement pour l'Église, mais aussi pour l’humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l’offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s’efforçant de Lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l’universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation : celle d’« amis du Christ », qui ont reçu de Lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés ?

Je porte moi-même encore vivant dans mon cœur le souvenir du premier curé auprès de qui j’ai exercé mon ministère de jeune prêtre : il m’a laissé l’exemple d’un dévouement sans faille à son service pastoral, au point de trouver la mort alors qu’il allait porter le viatique à un malade grave. Me viennent encore à la mémoire les innombrables confrères que j’ai rencontrés et que je continue à rencontrer, même au cours de mes voyages pastoraux en divers pays ; tous généreusement engagés dans l’exercice quotidien de leur ministère sacerdotal. Mais l’expression utilisée par le Saint Curé évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d’épines qui l’entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu’ils participent à l’expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu’ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d’accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu’au témoignage suprême du sang ?

Il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l'Église elle-même souffre de l’infidélité de certains de ses ministres. Et c’est pour le monde un motif de scandale et de refus. Ce qui, dans de tels cas peut être surtout profitable pour l'Église, ce n’est pas tant la pointilleuse révélation des faiblesses de ses ministres, mais plutôt une conscience renouvelée et joyeuse de la grandeur du don de Dieu, concrétisé dans les figures splendides de pasteurs généreux, de religieux brûlant d’amour pour Dieu et pour les âmes, de directeurs spirituels éclairés et patients. A cet égard, les enseignements et les exemples de saint Jean-Marie Vianney peuvent offrir à tous un point de référence significatif : le Curé d’Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d’être un don immense pour son peuple : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine »[3]. Il parlait du sacerdoce comme s’il ne réussissait pas à se convaincre de la grandeur du don et de la tâche confiés à une créature humaine : « Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! s’il se comprenait, il mourrait… Dieu lui obéit : il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie… »[4]. Et, pour expliquer à ses fidèles l’importance des sacrements, il disait : « Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir [à cause du péché], qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre… Après Dieu, le prêtre c’est tout… Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel »[5]. Ces affirmations, jaillies du cœur sacerdotal du saint curé, peuvent nous sembler excessives. Elles manifestent toutefois en quelle haute considération il tenait le sacrement du sacerdoce. Il semblait submergé par le sentiment d’une responsabilité sans bornes : « Si l’on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d’amour … Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre-Seigneur ne serviraient de rien… C’est le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption, sur la terre… A quoi servirait une maison remplie d’or, si vous n’aviez personne pour ouvrir la porte ? Le prêtre a la clef des trésors célestes : c’est lui qui ouvre la porte ; il est l’économe du bon Dieu, l’administrateur de ses biens…. Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes… Le prêtre n’est pas prêtre pour lui… il est pour vous »[6].

Il était arrivé à Ars, un petit village de 230 habitants, prévenu par l’Évêque qu’il y aurait trouvé une situation religieuse précaire : « Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans cette paroisse, vous l’y mettrez ». Il était donc pleinement conscient qu’il devait y aller pour y incarner la présence du Christ, témoignant de sa tendresse salvifique : « [Mon Dieu], accordez-moi la conversion de ma paroisse ; je consens à souffrir ce que vous voulez tout le temps de ma vie ! », c’est par cette prière qu’il commença sa mission[7]. Le Saint Curé se consacra à la conversion de sa paroisse de toutes ses forces, donnant la première place dans ses préoccupations à la formation chrétienne du peuple qui lui était confié. Chers frères dans le Sacerdoce, demandons au Seigneur Jésus la grâce de pouvoir apprendre nous aussi la méthode pastorale de saint Jean-Marie Vianney ! Ce que nous devons apprendre en tout premier lieu c’est sa totale identification à son ministère. En Jésus, Personne et Mission tendent à coïncider : toute son action salvifique était et est expression de son « Moi filial » qui, de toute éternité, se tient devant le Père dans une attitude de soumission pleine d’amour à sa volonté. Dans une humble mais réelle analogie, le prêtre lui aussi doit tendre à cette identification. Il ne s’agit pas évidemment d’oublier que l’efficacité substantielle du ministère demeure indépendante de la sainteté du ministre ; mais on ne peut pas non plus ignorer l’extraordinaire fécondité produite par la rencontre entre la sainteté objective du ministère et celle, subjective, du ministre. Le Saint Curé d’Ars se livra immédiatement à cet humble et patient travail d’harmonisation entre sa vie de ministre et la sainteté du ministère qui lui était confié, allant jusqu’à décider d’«  habiter » matériellement dans son église paroissiale : « A peine arrivé, il choisit l’église pour être sa demeure… Il entrait dans l’église avant l’aube et il n’en sortait qu’après l’Angelus du soir. C’est là qu’il fallait le chercher si l’on avait besoin de lui », peut-on lire dans sa première biographie[8].

La pieuse exagération du dévoué hagiographe ne doit pas nous induire à négliger le fait que le Saint Curé sut aussi « habiter » activement tout le territoire de sa paroisse : il rendait visite de manière systématique à tous les malades et aux familles ; il organisait des missions populaires et des fêtes patronales ; il recueillait et administrait des dons en argent pour ses œuvres charitables et missionnaires ; il embellissait son église en la dotant d’objets sacrés ; il s’occupait des orphelines de la « Providence » (un Institut qu’il avait fondé) et de leurs éducatrices ; il s’intéressait à l’éducation des enfants ; il créait des confréries et invitait les laïcs à collaborer avec lui.

Son exemple me pousse à évoquer les espaces de collaboration que l’on doit ouvrir toujours davantage aux fidèles laïcs, avec lesquels les prêtres forment l’unique peuple sacerdotal[9] et au milieu desquels, en raison du sacerdoce ministériel, ils se trouvent « pour les conduire tous à l’unité dans l’amour "s’aimant les uns les autres d’un amour fraternel, rivalisant d’égards entre eux" (Rm 12, 10) »[10]. Il convient de se souvenir, dans ce contexte, comment le Concile Vatican II encourageait chaleureusement les prêtres à « reconnaître sincèrement et à promouvoir la dignité des laïcs et la part propre qu’ils prennent dans la mission de l'Église… Ils doivent écouter de bon cœur les laïcs, en prenant fraternellement en considération leurs désirs, et en reconnaissant leur expérience et leur compétence dans les divers domaines de l’activité humaine, afin de pouvoir discerner avec eux les signes des temps »[11].

Le Saint Curé enseignait surtout ses paroissiens par le témoignage de sa vie. A son exemple, les fidèles apprenaient à prier, s’arrêtant volontiers devant le tabernacle pour faire une visite à Jésus Eucharistie[12]. « On n’a pas besoin de tant parler pour bien prier – leur expliquait le Curé – On sait que le bon Dieu est là, dans le saint Tabernacle ; on lui ouvre son cœur ; on se complaît en sa présence. C’est la meilleure prière, celle-là »[13]. Et il les exhortait : « Venez à la communion, venez à Jésus, venez vivre de lui, afin de vivre pour lui »[14]. « C’est vrai, vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin ! »[15]. Cette éducation des fidèles à la présence eucharistique et à la communion revêtait une efficacité toute particulière, quand les fidèles le voyaient célébrer le saint sacrifice de la Messe. Ceux qui y assistaient disaient « qu’il n’était pas possible de voir un visage qui exprime à ce point l’adoration… Il contemplait l’Hostie avec tant d’amour »[16]. « Toutes les bonnes œuvres réunies – disait-il – n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l’œuvre de Dieu »[17]. Il était convaincu que toute la ferveur de la vie d’un prêtre dépendait de la Messe : « La cause du relâchement du prêtre, c’est qu’on ne fait pas attention à la messe ! Hélas ! Mon Dieu ! qu’un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire ! »[18]. Et il avait pris l’habitude, quand il célébrait, d’offrir toujours le sacrifice de sa propre vie : « Oh ! qu’un prêtre fait bien de s’offrir à Dieu en sacrifice tous les matins »[19].

Cette identification personnelle au sacrifice de la Croix le conduisait – d’un seul mouvement intérieur – de l’autel au confessionnal. Les prêtres ne devraient jamais se résigner à voir les confessionnaux désertés ni se contenter de constater la désaffection des fidèles pour ce sacrement. Au temps du Saint Curé, en France, la confession n’était pas plus facile ni plus fréquente que de nos jours, compte tenu du fait que la tourmente de la Révolution avait étouffé pendant longtemps la pratique religieuse. Mais il s’est efforcé, de toutes les manières : par la prédication, en cherchant à persuader par ses conseils, à faire redécouvrir à ses paroissiens le sens et la beauté de la Pénitence sacramentelle, en montrant comment elle est une exigence intime de la Présence eucharistique. Il sut ainsi donner vie à un cercle vertueux. Par ses longues permanences à l’église, devant le tabernacle, il fit en sorte que les fidèles commencent à l’imiter, s’y rendant pour rendre visite à Jésus, et qu’ils soient en même temps sûrs d’y trouver leur curé, disponible pour l’écoute et le pardon. Par la suite, la foule croissante des pénitents qui venaient de la France entière, le retint au confessionnal jusqu’à 16 heures par jour. On disait alors qu’Ars était devenu « le grand hôpital des âmes »[20]. « La grâce qu’il obtenait [pour la conversion des pécheurs] était si puissante qu’elle allait à leur recherche sans leur laisser un moment de répit » dit le premier biographe[21]. C’est bien ce que pensait le Saint Curé quand il disait : « Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon ; mais c’est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui »[22]. « Ce bon sauveur est si rempli d’amour pour nous qu’il nous cherche partout ! »[23].

Nous tous, prêtres, nous devrions réaliser que les paroles qu’il mettait dans la bouche du Christ nous concernent personnellement : « Je chargerai mes ministres de leur annoncer que je suis toujours prêt à les recevoir, que ma miséricorde est infinie »[24]. Du Saint Curé d’Ars, nous pouvons apprendre, nous prêtres, non seulement une inépuisable confiance dans le sacrement de la Pénitence au point de nous inciter à le remettre au centre de nos préoccupations pastorales, mais aussi une méthode pour le « dialogue de salut » qui doit s’établir en lui. Le Curé d’Ars avait une manière différente de se comporter avec les divers pénitents. Celui qui s’approchait de son confessionnal attiré par un besoin intime et humble du pardon de Dieu, trouvait en lui l’encouragement à se plonger dans « le torrent de la divine miséricorde » qui emporte tout dans son élan. Et si quelqu’un s’affligeait de sa faiblesse et de son inconstance, craignant les rechutes à venir, le Curé lui révélait le secret de Dieu par une expression d’une touchante beauté : « Le bon Dieu sait toutes choses. D’avance, il sait qu’après vous être confessé, vous pécherez de nouveau et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va jusqu’à oublier volontairement l’avenir pour nous pardonner ! »[25]. A celui qui, à l’inverse, s’accusait avec tiédeur et de manière presque indifférente, il offrait, par ses larmes, la preuve de la souffrance et de la gravité que causait cette attitude « abominable » : « Je pleure de ce que vous ne pleurez pas »[26], disait-il. « Encore, si le bon Dieu n’était si bon, mais il est si bon. Faut-il que l’homme soit barbare pour un si bon Père »[27]. Il faisait naître le repentir dans le cœur des tièdes, en les obligeant à voir, de leurs propres yeux et presque « incarnée » sur le visage du prêtre qui les confessait, la souffrance de Dieu devant les péchés. Par contre, si quelqu’un se présentait avec un désir déjà éveillé d’une vie spirituelle plus profonde et qu’il en était capable, il l’introduisait dans les profondeurs de l’amour, exposant l’indicible beauté que représente le fait de pouvoir vivre unis à Dieu et en sa présence : « Tout sous les yeux de Dieu, tout avec Dieu, tout pour plaire à Dieu… Oh ! que c’est beau ! »[28]. A ceux-là, il enseignait à prier : « Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu’il est possible que je vous aime »[29].

Le Curé d’Ars, en son temps, a su transformer le cœur et la vie de tant de personnes, parce qu’il a réussi à leur faire percevoir l’amour miséricordieux du Seigneur. Notre temps aussi a un besoin urgent d’une telle annonce et d’un tel témoignage de la vérité de l’Amour : Deus caritas est (1 Jn 4,8). Par la Parole et les Sacrements de son Jésus, Jean-Marie Vianney savait édifier son peuple, même si, souvent, il tremblait devant son incapacité personnelle, au point de désirer plus d’une fois être délivré des responsabilités du ministère paroissial dont il se sentait indigne. Toutefois, avec une obéissance exemplaire, il demeura toujours à son poste, parce qu’il était dévoré de la passion apostolique pour le salut des âmes. Il s’efforçait d’adhérer totalement à sa vocation et à sa mission en pratiquant une ascèse sévère : « Ce qui est un grand malheur, pour nous autres curés – déplorait le saint –, c’est que l’âme s’engourdit »[30] ; et il faisait ainsi allusion au danger que court le pasteur de s’habituer à l’état de péché ou d’indifférence dans lequel se trouvent tant de ses brebis. Il maîtrisait son corps par des veilles et des jeûnes, afin d’éviter qu’il n’oppose résistance à son âme sacerdotale. Et il n’hésitait pas à s’infliger des mortifications pour le bien des âmes qui lui étaient confiées et pour contribuer à l’expiation de tant de péchés entendus en confession. A un confrère prêtre, il expliquait : « Je vais vous dire ma recette. Je leur donne une petite pénitence et je fais le reste à leur place »[31]. Par-delà ces pénitences concrètes auxquelles le Curé d’Ars se livrait, le noyau central de son enseignement demeure toujours valable pour tous : Jésus verse son sang pour les âmes et le prêtre ne peut se consacrer à leur salut s’il refuse de participer personnellement à ce « prix élevé » de la rédemption.

Dans le monde d’aujourd’hui, comme dans les temps difficiles du Curé d’Ars, il faut que les prêtres, dans leur vie et leur action, se distinguent par la force de leur témoignage évangélique. Paul VI faisait remarquer avec justesse : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou, s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins »[32]. Pour éviter que ne surgisse en nous un vide existentiel et que ne soit compromise l’efficacité de notre ministère, il faut que nous nous interrogions toujours de nouveau : « Sommes-nous vraiment imprégnés de la Parole de Dieu ? Est-elle vraiment la nourriture qui nous fait vivre, plus encore que le pain et les choses de ce monde ? La connaissons-nous vraiment ? L’aimons-nous ? Intérieurement, nous préoccupons-nous de cette parole au point qu’elle façonne réellement notre vie et informe notre pensée ? »[33]. Tout comme Jésus appela les Douze pour qu’ils demeurent avec lui (cf. Mc 3,14) et que, après seulement, il les envoya prêcher, de même, de nos jours, les prêtres sont appelés à assimiler ce « nouveau style de vie » qui a été inauguré par le Seigneur Jésus et qui est devenu précisément celui des Apôtres[34].
C’est cette même adhésion sans réserve au « nouveau style de vie » qui fut la marque de l’engagement du Curé d’Ars dans tout son ministère. Le Pape Jean XXIII, dans l’Encyclique Sacerdotii nostri primordia, publiée en 1959 à l’occasion du premier centenaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney, présentait sa physionomie ascétique sous le signe des « trois conseils évangéliques », qu’il jugeait nécessaires aussi pour les prêtres : « Si pour atteindre à cette sainteté de vie, la pratique des conseils évangéliques n’est pas imposée au prêtre en vertu de son état clérical, elle s’offre néanmoins à lui, comme à tous les disciples du Seigneur, comme la voie royale de la sanctification chrétienne »[35]. Le Curé d’Ars sut vivre les « conseils évangéliques » selon des modalités adaptées à sa condition de prêtre. Sa pauvreté, en effet, ne fut pas celle d’un religieux ou d’un moine, mais celle qui est demandée à un prêtre : tout en gérant de grosses sommes d’argent (puisque les pèlerins les plus riches ne manquaient pas de s’intéresser à ses œuvres de charité), il savait que tout était donné pour son église, pour les pauvres, pour ses orphelins et pour les enfants de sa « Providence »[36], et pour les familles les plus nécessiteuses. Donc, il « était riche pour donner aux autres, et bien pauvre pour lui-même »[37]. Il expliquait : « Mon secret est bien simple, c’est de tout donner et de ne rien garder »[38]. Quand il lui arrivait d’avoir les mains vides, content, il disait aux pauvres qui s’adressaient à lui : « Je suis pauvre comme vous ; je suis aujourd’hui l’un des vôtres »[39]. Ainsi, à la fin de sa vie, il put affirmer dans une totale sérénité : « Je n’ai plus rien, le bon Dieu peut m’appeler quand il voudra »[40]. Sa chasteté était aussi celle qui était demandée à un prêtre pour son ministère. On peut dire qu’il s’agissait de la chasteté nécessaire à celui qui doit habituellement toucher l’Eucharistie et qui habituellement la contemple avec toute l’ardeur du cœur et qui, avec la même ferveur, la donne à ses fidèles. On disait de lui que « la chasteté brillait dans son regard », et les fidèles s’en rendaient compte quand il se tournait vers le tabernacle avec le regard d’un amoureux[41]. De même, l’obéissance de saint Jean-Marie Vianney fut entièrement incarnée dans son adhésion à toutes les souffrances liées aux exigences quotidiennes du ministère. On sait combien il était tourmenté par la pensée de son incapacité pour le ministère paroissial et par son désir de fuir « pour pleurer dans la solitude sur sa pauvre vie »[42]. L’obéissance seule, et sa passion pour les âmes, réussissaient à le convaincre de rester à son poste. Il montrait à ses fidèles, comme à lui-même qu’il « n’y a pas deux bonnes manières de servir Notre Seigneur, il n’y en a qu’une, c’est de le servir comme il veut être servi »[43]. Il lui semblait que la règle d’or pour une vie d’obéissance fut celle-ci : « Ne faire que ce que l’on peut offrir au bon Dieu »[44].

Dans ce contexte d’une spiritualité nourrie par la pratique des conseils évangéliques, je tiens à adresser aux prêtres, en cette Année qui leur est consacrée, une invitation cordiale, celle de savoir accueillir le nouveau printemps que l’Esprit suscite de nos jours dans l'Église, en particulier grâce aux Mouvements ecclésiaux et aux nouvelles Communautés. « L’Esprit dans ses dons prend de multiples formes… Il souffle où il veut. Il le fait de manière inattendue, dans des lieux inattendus et sous des formes qu’on ne peut imaginer à l’avance… Il nous démontre également qu’il œuvre en vue de l’unique corps et dans l’unité de l’unique corps »[45]. Ce que dit à cet égard le Décret Presbyterorum ordinis est d’actualité : « Eprouvant les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, ils [les prêtres] chercheront à déceler, avec le sens de la foi, les charismes multiformes des laïcs, qu’ils soient humbles ou éminents, les reconnaîtront avec joie et les développeront avec un zèle empressé »[46]. Ces mêmes dons, qui poussent bien des personnes vers une vie spirituelle plus élevée, sont profitables non seulement pour les fidèles laïcs mais pour les ministres eux-mêmes. C’est de la communion entre ministres ordonnés et charismes que peut naître « un élan précieux pour un engagement renouvelé de l'Église au service de l’annonce et du témoignage de l’Évangile de l’espérance et de la charité partout à travers le monde »[47]. Je voudrais encore ajouter, dans la ligne de l’Exhortation apostolique Pastores dabo vobis du Pape Jean-Paul II, que le ministère ordonné a une « forme communautaire » radicale et qu’il ne peut être accompli que dans la communion des prêtres avec leur Évêque[48]. Il faut que cette communion des prêtres entre eux et avec leur Évêque, enracinée dans le sacrement de l’Ordre et manifestée par la concélébration eucharistique, se traduise dans les diverses formes concrètes d’une fraternité effective et affective[49]. Ainsi seulement, les prêtres pourront-ils vivre en plénitude le don du célibat et seront-ils capables de faire épanouir des communautés chrétiennes au sein desquelles se renouvellent les prodiges de la première prédication de l’Évangile.

L’Année paulinienne qui arrive à sa fin nous invite à considérer encore la figure de l’Apôtre des Gentils dans laquelle brille à nos yeux un modèle splendide de prêtre complètement « donné » à son ministère. « L’amour du Christ nous presse – écrivait-il – à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts » (2 Co, 5, 14) et il ajoutait : « Il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Co 5, 15). Quel meilleur programme pourrait être proposé à un prêtre qui s’efforce de progresser sur le chemin de la perfection chrétienne ?

Chers prêtres, la célébration du 150e anniversaire de la mort de saint Jean-Marie Vianney (1859) vient immédiatement après les célébrations achevées il y a peu du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes (1858). Déjà en 1959, le bienheureux Pape Jean XXIII l’avait remarqué : « Peu avant que le Curé d’Ars n’achevât sa longue carrière pleine de mérites, [la Vierge Immaculée] était apparue dans une autre région de France à une enfant humble et pure pour lui communiquer un message de prière et de pénitence, dont on sait l’immense retentissement spirituel depuis un siècle. En vérité, l’existence du saint prêtre dont nous célébrons la mémoire, était à l’avance une vivante illustration des grandes vérités surnaturelles enseignées à la voyante de Massabielle ! Il avait lui-même pour l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge une très vive dévotion, lui qui, en 1836, avait consacré sa paroisse à Marie conçue sans péché et devait accueillir avec tant de foi et de joie la définition dogmatique de 1854 »[50]. Le Saint Curé rappelait toujours à ses fidèles que « Jésus-Christ, après nous avoir donné tout ce qu’il pouvait nous donner, veut encore nous faire héritiers de ce qu’il y a de plus précieux, c’est-à-dire sa Sainte Mère »[51].

Je confie cette Année sacerdotale à la Vierge Sainte, lui demandant de susciter dans l’âme de chaque prêtre un renouveau généreux de ces idéaux de donation totale au Christ et à l'Église qui ont inspiré la pensée et l’action du Saint Curé d’Ars. La fervente vie de prière et l’amour passionné de Jésus crucifié ont nourri le don quotidien et sans réserve de Jean-Marie Vianney à Dieu et à l'Église. Puisse son exemple susciter parmi les prêtres ce témoignage d’unité avec l’Évêque, entre eux et avec les laïcs, qui est si nécessaire aujourd’hui, comme en tout temps. Malgré le mal qui se trouve dans le monde, la parole du Christ à ses Apôtres au Cénacle résonne toujours avec la même force d’actualité : « Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn  16, 33). La foi dans le divin Maître nous donne la force de regarder l’avenir avec confiance. Chers prêtres, le Christ compte sur vous. A l’exemple du Saint Curé d’Ars, laissez-vous conquérir par Lui et vous serez vous aussi, dans le monde d’aujourd’hui, des messagers d’espérance, de réconciliation et de paix !

Avec ma bénédiction.

Du Vatican, le 16 juin 2009.

BENEDICTUS PP. XVI
 

[1] C’est ainsi que l’a proclamé le Souverain Pontife Pie XI en 1929.
 
[2]  « Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus » (in Le Curé d’Ars, Sa pensée, Son cœur. Présentés par l’Abbé Bernard Nodet, éd. Xavier Mappus, Foi Vivante, 1966, p. 98). Par la suite : Nodet. L’expression est citée aussi dans le Catéchisme de l'Église catholique, n. 1589.
 
[3] Nodet, p. 101.
 
[4] Ibid., p. 97.

[5] Ibid., pp. 98-99.
 
[6] Ibid., pp. 98-100.
 
[7] Ibid., p. 183.
 
[8] Alfred Monnin, Le Curé d’Ars. Vie de M. Jean-Baptiste Marie Vianney, I, Charles Douniol,  1868.
 
[9] Cf. Lumen gentium, n. 10.
 
[11] Ibid.
 
[12] « La contemplation est regard de foi, fixé sur Jésus. "Je L’avise et Il m’avise", disait au temps de son saint Curé le paysan d’Ars en prière devant le Tabernacle » ( Catéchisme de l'Église catholique, n. 2715).
 
[13] Nodet, p. 85.
 
[14] Ibid., p. 114.
 
[15] Ibid., p. 119.
 
[16] Alfred Monnin, o.c.. II.
 
[17] Nodet, p. 105.
 
[18] Ibid., p. 105.
 
[19] Ibid., p. 104.
 
[20] Alfred Monnin, o.c. , II.
 
[21] Ibid.
 
[22] Nodet, p. 128.
 
[23] Ibid., p. 50.
 
[24] Ibid., p. 131.
 
[25] Ibid., p. 130.
 
[26] Ibid., p. 27.
 
[27] Ibid., p. 139.
 
[28]  Ibid., p. 28.
 
[29] Ibid., p. 77.
 
[30]  Ibid., p. 102.
 
[31]  Ibid., p. 189.
 
[32]  Evangelii nuntiandi, n . 41.
 
[33] BenoîtXVI, Homélie de la Messe Chrismale, 9 avril 2009.
 
[34] Cf. Benoît XVI, Discours à l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Clergé, 16 mars 2009.
 
[35]  Pars I.
 
[36] C’est le nom qu’il donna à la maison où il fit recueillir et éduquer plus de 60 petites filles abandonnées. Il était prêt à tout pour la maintenir : «  J’ai fait tous les commerces imaginables », disait-il en souriant (Nodet, p. 214).
 
[37] Nodet, p. 216.
 
[38] Ibid., p. 215.
 
[39] Ibid., p. 216.
 
[40] Ibid., p. 214.
 
[41] Cf. Ibid., p. 112.
 
[42] Cf. Ibid., pp. 82-84 ; 102-103.
 
[43]  Ibid., p. 75.
 
[44]  Ibid., p. 76.
 
[45] Benoît XVI, Homélie de la Vigile de Pentecôte, 3 juin 2006.
 
[46] N. 9.
 
[48] Cf. n. 17.
 
[49] Cf. Jean-Paul II, Exhort. Ap. Pastores dabo vobis, n. 74.
 
[50] Encycl. Sacerdotii nostri primordia, P III.
 
[51] Nodet, p. 244.

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LE SAINT CURÉ D'ARS
Il fût ordonné Prêtre à l'âge de 30 ans. Il sera nommé Curé du village d'Ars dans le département de l'Ain.
La simplicité de son enseignement, de son accueil et de sa très grande piété le rendent célèbre.
Jean-Marie VIANNEY passe parfois vingt heures par jour au Confessionnal. Il accomplit des miracles qui attirent une foule toujours plus nombreuse.
Sa vie sera faîte de dévotion envers Dieu, d'abnégation, de mortification, de Pénitence, d'un très grand Amour du prochain.
Famille, enfance
C'est le 8 mai 1786 que naquit à Dardilly (près de Lyon) celui qui devait devenir le Saint Curé d'Ars.
Mathieu Vianney le père était de famille paysanne ainsi que son épouse Marie Béluse. Ils eurent six enfants dont seule Marguerite survivra à Jean-Marie et qui déposa au Procès de l'Ordinaire.
Elle dira : « Mon frère Jean-Marie, vint au monde vers minuit. La sage-femme sortit dehors et en rentrant, elle dit : « Oh ! mon Dieu, cet enfant sera un grand saint ou un grand scélérat. Je tiens cette particularité de mon père et de ma mère qui me l'ont répétée bien des fois ».
Marguerite présente Jean-Marie comme un frère placé dès le premier âge dans une exceptionnelle prédestination. Tout petit, sur les genoux de sa mère : « La pieuse femme, avant de lui donner sa soupe, avait soin de lui faire faire le signe de la Croix.
Un jour, elle l'oublia ; l'enfant ne voulut pas manger et il caressait les mains de sa mère, comme pour lui demander quelque chose. Elle comprit à la fin, lui fit faire le signe de la Croix et il mangea sa soupe de bon cœur. Ma mère nous a mille fois raconté ce trait ».
Elle raconta sa ferveur très précoce à la prière : « Il avait à peu près trois ans, lorsqu'un soir il disparut, sans qu'on pût savoir ce qu'il était devenu. Comme il y avait une pièce d'eau à côté de la maison, ma mère craignit un malheur et fit même rechercher si l'enfant ne se serait pas noyé. Lorsqu'elle alla à l'étable, elle entendit le chuchotement de quelqu'un qui prie. C'était Jean-Marie qui, caché entre deux vaches, et à genoux, faisait dévotement sa prière ».
Son enfance se déroula entre le travail à la ferme et la prière. « Quand j'étais avec lui pour garder nos bestiaux, rapporte Marguerite, il me disait quelquefois : fais donc mon bas ! Il faut que j'aille prier vers la rivière ».
C'est à treize ans qu'il fit sa première Communion et c'est à ce moment là qu'il reçut de ses catéchistes les premiers enseignements de lecture et d'écriture. Sa sœur dira : « Il désirait beaucoup étudier pour embrasser l'état ecclésiastique. Il en parla plusieurs fois à mon père qui n'objectait qu'une chose : les dépenses que ces études entraîneraient ».
Ce fut l'Abbé Balley qui donna ses premières leçons à ce jeune homme de vingt et un ans pratiquement illettré.
Dès les premières leçons, il éprouvera de très grandes difficultés et ceci tout au long de ses études, mais devenir Prêtre de Dieu était son seul désir.
Le séminaire
Après un séjour de plus d'un an à Noës après sa désertion, il reprit ses études à Écully. C'est à la Toussaint 1812 que le Curé d'Écully présenta Jean-Marie au petit séminaire de Verrières. L'Abbé Tournier alors également séminariste en même temps de Jean-Marie dira :
« Il était plein de respect et d'obéissance pour ses supérieurs et de bienveillance pour ses condisciples. Il était très pieux, mais faible dans ses études. Le professeur était obligé de l'interroger en français ».
Au séminaire de Saint Irénée il aura également beaucoup de difficultés. « Le résultat de ses études était nul, parce qu'il ne comprenait pas suffisamment la langue latine. Plusieurs fois, je lui ai donné des explications qu'il ne saisissait pas.
Malgré cela, il paraissait s'appliquer continuellement à l'étude dira l'Abbé Bezacier ».
Son premier examen fut déplorable. Il fut évincé de Verrières.
Toutefois, il entrait dans les desseins de Dieu que Jean-Marie Vianney fut ordonné Prêtre. C'est une nouvelle fois avec la ténacité de l'Abbé Balley qu'il fut interrogé seul et par un seul examinateur.
Il répondit de façon à peu près convenable.
C'est en la chapelle du séminaire que le 23 Juin 1815, Mgr Simon Évêque de Grenoble, l'ordonna diacre.
En raison de la période trouble, il fut ordonné Prêtre plus tôt, le 13 Août, à l'âge de vingt-neuf ans. Le dimanche 20 Août il célébra la Messe dans l'Église d'Écully.
Au presbytère d'Écully
L'Abbé Balley s'imposait un jeûne rigoureux, mais Jean-Marie Vianney se trouvait bien dans cette ambiance. C'était entre eux une émulation dans leur comportement de pénitents. M. Balley devait l'initier peu à peu au Ministère pastoral.
La perte de son ami l'Abbé Balley le laissa désemparé. Le nouveau Curé de la paroisse était complètement différent. Le jeune vicaire Jean-Marie Vianney fut nommé desservant de la chapellerie d'Ars-en-Dombes.
Le Curé d'Ars
C'est le 13 Février 1818 que M. Vianney est arrivé dans le petit village. Dès le début il se fit remarquer par sa bonté, sa gaieté, sa vertu et sa grande piété.
L'ambition du nouveau curé était de faire du village une terre de sainteté.
Ses efforts pour rechristianiser le village restèrent d'abord sans résultats, puis son charisme fit des miracles.
Mlle d'Ars écrira : « Nous sommes les enfants gâtés de la Providence. Je n'ai pas connu de Prêtre aussi pieux que lui ; il est continuellement à l'église, offrant à Dieu l'encens de ses prières ; à l'autel, c'est un ange, un séraphin ; en chaire, ce n'est pas un vrai orateur comme M. Berger, mais c'est un homme pénétré de l'Amour de Dieu. Il ne mange presque rien ; je crains que ce genre de vie n'abrège ses jours. Priez Dieu qu'il le soutienne et nous le conserve longtemps ».
Lors de ses remplacements dans les paroisses voisines il se fit vite une réputation de sainteté, son Confessionnal était toujours assiégé. « Ce Prêtre a de grandes vues ; il donne de sages conseils, sa direction est douce et ferme ; mais il faut se soumettre et se résigner. Ce petit Curé d'Ars a été impitoyable pour les soirées et les bals de la sous-préfecture. Au reste, il a raison, et je tâcherai de lui obéir », dira le sous-préfet.
Il est bien évident qu'il fut l'objet de critiques, d'ironies de la part d'autres Prêtres, d'accusation qui ne le laissèrent pas insensible, et d'enquêtes de l'Évêché.
Jean-Marie Vianney disait : « J'étais tourmenté le jour par les hommes, la nuit par le démon, et cependant j'éprouvais une grande Paix, une grande consolation ».
Les tourments du grappin
Il se dévouait sans compter pour son prochain, il faisait des intérims et des missions dans les paroisses d'alentour, il se mortifiait pour sauver les âmes. La nuit il était tourmenté par le démon qu'il appela le « grappin ».
C'est en 1824 que sont apparus les premiers bruits. Plusieurs Prêtres furent les témoins de cette lutte qui n'effrayait nullement M. Vianney. « La cure trembla, les vitres des fenêtres résonnèrent ; tout le monde se leva, effrayé, et on courut à la chambre de M. Vianney. Ils le trouvèrent couché dans son lit, qui était au milieu de la chambre. « C'est, leur dit-il en souriant, le grappin qui a traîné mon lit jusque là ! »
Il les rassura, en leur disant : « N'ayez aucune crainte ! » Ses confrères cessèrent de le plaisanter à ce sujet et de lui faire des reproches ».
La « Providence »
Monsieur le Curé Vianney, malgré toutes ses privations et son état de santé chancelante était débordant d'activité et toujours à la recherche du bien qu'il pouvait faire. C'est ainsi que l'éducation des enfants lui tenait particulièrement à cœur.
C'est grâce à sa ténacité et à la bonne volonté de quelques personnes que la première école allait voir le jour.
Il transformera la « Providence » en orphelinat et en maison d'accueil pour « les jeunes pauvresses abandonnées ». Il trouvera toujours au bon moment l'argent nécessaire, mais non sans crainte, pour faire les travaux et nourrir ces pauvres enfants.
Dieu répondra toujours à son appel à l'aider dans l'accomplissement de sa tâche.
« Une prière bien agréable à Dieu, c'est de demander à la Sainte Vierge d'offrir au Père Éternel son Divin Fils, tout sanglant, tout déchiré, pour la conversion des pécheurs : c'est la meilleure Prière que l'on puisse faire...
Mes enfants, écoutez bien : toutes les fois que j'ai obtenu une grâce, je l'ai demandée de cette manière ; cela n'a jamais manqué. »
Œuvre de M. VIANNEY
On retiendra du Saint Curé d'Ars :
·         Le Directeur des âmes : La rumeur a très vite fait un Saint du Curé d'Ars. Il attira un très grand nombre de pèlerins. Évêque, Prêtres, Laïcs venaient de partout. On venait pour le voir, se confesser, entendre son enseignement, demander un conseil.

·         Les miracles : Pour la réalisation de ses projets, il avait besoin de moyens financiers. Dieu se manifesta toujours pour lui apporter au bon moment le nécessaire (argent pour la création de la Providence, alimentation des pensionnaires).

·         Les guérisons : de nombreux faits inexpliqués sont intervenus comme la guérison d'une fille qui avait perdu l'usage de ses jambes, la guérison d'un jeune ouvrier lyonnais qui éprouvait de très violentes douleurs à la jambe...

Ce qui importait pour M. Vianney était seulement de guérir les âmes.

·         Les apparitions : D'après des témoignages, il semblerait que la Sainte Vierge lui soit plusieurs fois apparue. Toutefois, le Saint Curé restera à ce sujet très discret.

Pour les apparitions de La Salette, il demandera deux preuves au Ciel avant d'être certain et de pouvoir dire : « J'y crois fermement ».

·         Dévotions : À la Sainte Vierge dont il consacrera les habitants d'Ars, à Sainte Philomène à laquelle il vouait une confiance absolue.
Canonisation
C'est le 4 Août 1859 que le jeudi matin vers 2 heures que le Saint Prêtre est retourné vers Dieu et les Saints du Ciel.
Le 3 Octobre 1874 Jean-Baptiste Vianney a été proclamé Vénérable par Pie IX et le 8 Janvier 1905, il a été déclaré Bienheureux.
Le Pape Pie X l'a proposé comme un modèle au clergé paroissial. En 1925, Pie XI l'a Canonisé.
Le Pape Benoit XVI l'a proposé comme patron de tous les Curés.
SOURCE : http://philippe.harambat.pagesperso-orange.fr/saints/ars/ars.htm


Le cardinal Filoni rend hommage au Curé d'Ars

(RV) «Le Curé d’Ars dans sa vie sacerdotale n’a jamais ignoré la vie spirituelle d’un simple bon chrétien : il savait bien que pour être un bon pasteur, il était avant tout nécessaire de vivre et de cheminer dans la grâce sanctifiante.» Le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples, en visite dans ce village de la région lyonnaise, l’a rappelé dans son homélie à l’occasion de la mémoire liturgique de saint Jean-Marie Vianney.


Dans la paroisse du village français où, à partir de 1818, le curé d’Ars a développé son œuvre pastorale et où son corps repose, le cardinal Filoni a rappelé la figure du saint : «En ce lieu, comme chrétien et prêtre, il s’est sanctifié dans la prière, dans la pénitence et dans l’humilité. Ici encore, des hommes et des femmes à la recherche de Dieu cherchaient et cherchent encore paix et réconfort intérieur, en sachant bien qu’il n’a pas épuisé sa mission spirituelle, mais qu’au contraire, il la poursuit. Ici d’innombrables prêtres viennent trouver de l’inspiration pour leur propre vie sacerdotale.»

D’origine paysanne et provenant d’une famille pauvre et nombreuse, Jean-Marie Vianney est né en 1786 à Dardilly, près de Lyon. Le cardinal Filoni a rappelé «son enfance difficile au temps de la Révolution, ses difficultés dans les études et sa piété simple et profonde, à l’école, d’abord, de sa mère, puis de don Balley, qui comme père spirituel l’a encouragé et accompagné dans ses premières années de vie pastorale.»

L’humilité, la pauvreté, l’obéissance et la chasteté sont les quatre solides colonnes, a ajouté le cardinal italien, sur lesquelles le curé d’Ars s’était construit une «maison» : «Ces vertus furent de constantes compagnes de vie ; avec elles il dialoguait et par elles il fut aidé dans son itinéraire humain durant 73 ans.»

Par ailleurs, a rappelé le cardinal Filoni, «l’amitié avec Jésus, doux et humble de cœur, fut la dimension constante de toute sa vie ; de l’enseignement du Christ à travers ses leçons et inspirations de vie durant ses 40 années de ministère sacerdotal comme curé de ce village ; la prière, ensuite, était simple et profonde, comme total fut son filial amour pour Marie».

L’œuvre pastorale de saint Jean-Marie Vianney est devenue modèle de sainteté sacerdotale. Après l’avoir canonisé en 1925, le Pape Pie XI le déclarera, quatre ans plus tard, saint patron «de tous les curés de l’univers». En 1986, année du bicentenaire de sa naissance, le Pape Jean-Paul II avait également rendu hommage au curé d’Ars en visitant ce village.

(CV)





      BENEDICT XVI

    GENERAL AUDIENCE

    Papal Summer Residence, Castel Gandolfo

Wednesday, 5 August 2009


       St. John Mary Vianney, the Holy Curé of Ars


     Dear Brothers and Sisters,

       In today's Catechesis I would like briefly to review the life of the Holy Curé of Ars. I shall stress several features that can also serve as an example for priests in our day, different of course from the time in which he lived, yet marked in many ways by the same fundamental human and spiritual challenges. Precisely yesterday was the 150th anniversary of his birth in Heaven. Indeed it was at two o'clock in the morning on 4 August 1859 that St John Baptist Mary Vianney, having come to the end of his earthly life, went to meet the heavenly Father to inherit the Kingdom, prepared since the world's creation for those who faithfully follow his teachings (cf. Mt 25: 34). What great festivities there must have been in Heaven at the entry of such a zealous pastor! What a welcome he must have been given by the multitude of sons and daughters reconciled with the Father through his work as parish priest and confessor! I wanted to use this anniversary as an inspiration to inaugurate the Year for Priests, whose theme, as is well known, is "Faithfulness of Christ, Faithfulness of Priests". The credibility of witness depends on holiness and, once and for all, on the actual effectiveness of the mission of every priest.

   John Mary Vianney was born into a peasant family in the small town of Dardilly on 8 May 1786. His family was poor in material possessions but rich in humanity and in faith. Baptized on the day of his birth, as was the good custom in those days, he spent so many years of his childhood and adolescence working in the fields and tending the flocks that at the age of 17 he was still illiterate. 

Nonetheless he knew by heart the prayers his devout mother had taught him and was nourished by the sense of religion in the atmosphere he breathed at home. His biographers say that since his earthly youth he sought to conform himself to God's will, even in the humblest offices. He pondered on his desire to become a priest but it was far from easy for him to achieve it. Indeed, he arrived at priestly ordination only after many ordeals and misunderstandings, with the help of far-sighted priests who did not stop at considering his human limitations but looked beyond them and glimpsed the horizon of holiness that shone out in that truly unusual young man. So it was that on 23 June 1815 he was ordained a deacon and on the following 13 August, he was ordained a priest. At last, at the age of 29, after numerous uncertainties, quite a few failures and many tears, he was able to walk up to the Lord's altar and make the dream of his life come true.

      The Holy Curé of Ars always expressed the highest esteem for the gift he had received. He would say: "Oh! How great is the Priesthood! It can be properly understood only in Heaven... if one were to understand it on this earth one would die, not of fright but of love!" (Abbé Monnin, Esprit du Curé d'Ars, p. 113). Moreover, as a little boy he had confided to his mother: "If I were to become a priest, I would like to win many souls" (Abbé Monnin, Procès de l'ordinaire, p. 1064). And so he did. Indeed, in his pastoral service, as simple as it was extraordinarily fertile, this unknown parish priest of a forgotten village in the south of France was so successful in identifying with his ministry that he became, even in a visibly and universally recognizable manner, an alter Christus, an image of the Good Shepherd who, unlike the hired hand, lays down his life for his sheep (cf. Jn 10: 11). After the example of the Good Shepherd, he gave his life in the decades of his priestly service. His existence was a living catechesis that acquired a very special effectiveness when people saw him celebrating Mass, pausing before the tabernacle in adoration or spending hour after hour in the confessional.

     Therefore the centre of his entire life was the Eucharist, which he celebrated and adored with devotion and respect. Another fundamental characteristic of this extraordinary priestly figure was his diligent ministry of confession. He recognized in the practice of the sacrament of penance the logical and natural fulfilment of the priestly apostolate, in obedience to Christ's mandate: "if you forgive the sins of any, they are forgiven; if you retain the sins of any, they are retained" (cf. Jn 20: 23). St John Mary Vianney thus distinguished himself as an excellent, tireless confessor and spiritual director. Passing "with a single inner impulse from the altar to the confessional", where he spent a large part of the day, he did his utmost with preaching and persuasive advice to help his parishioners rediscover the meaning and beauty of the sacrament of Penance, presenting it as an inherent demand of the Eucharistic presence (cf. Letter to Priests for the inauguration of the Year for Priests).

       The pastoral methods of St John Mary Vianney might hardly appear suited to the social and cultural conditions of the present day. Indeed, how could a priest today imitate him in a world so radically changed? Although it is true that times change and many charisms are characteristic of the person, hence unrepeatable, there is nevertheless a lifestyle and a basic desire that we are all called to cultivate. At a close look, what made the Curé of Ars holy was his humble faithfulness to the mission to which God had called him; it was his constant abandonment, full of trust, to the hands of divine Providence. It was not by virtue of his own human gifts that he succeeded in moving peoples' hearts nor even by relying on a praiseworthy commitment of his will; he won over even the most refractory souls by communicating to them what he himself lived deeply, namely, his friendship with Christ. He was "in love" with Christ and the true secret of his pastoral success was the fervour of his love for the Eucharistic Mystery, celebrated and lived, which became love for Christ's flock, for Christians and for all who were seeking God. His testimony reminds us, dear brothers and sisters, that for every baptized person and especially for every priest the Eucharist is not merely an event with two protagonists, a dialogue between God and me. Eucharistic Communion aspires to a total transformation of one's life and forcefully flings open the whole human "I" of man and creates a new "we" (cf. Joseph Ratzinger, La Comunione nella Chiesa, p. 80).

       Thus, far from reducing the figure of St John Mary Vianney to an example albeit an admirable one of 18-century devotional spirituality, on the contrary one should understand the prophetic power that marked his human and priestly personality that is extremely timely. In post-revolutionary France which was experiencing a sort of "dictatorship of rationalism" that aimed at obliterating from society the very existence of priests and of the Church, he lived first in the years of his youth a heroic secrecy, walking kilometres at night to attend Holy Mass. Then later as a priest Vianney distinguished himself by an unusual and fruitful pastoral creativity, geared to showing that the then prevalent rationalism was in fact far from satisfying authentic human needs, hence definitively unliveable.

        Dear brothers and sisters, 150 years after the death of the Holy Curé of Ars, contemporary society is facing challenges that are just as demanding and may have become even more complex. If in his time the "dictatorship of rationalism" existed, in the current epoch a sort of "dictatorship of relativism" is evident in many contexts. Both seem inadequate responses to the human being's justifiable request to use his reason as a distinctive and constitutive element of his own identity. Rationalism was inadequate because it failed to take into account human limitations and claims to make reason alone the criterion of all things, transforming it into a goddess; contemporary relativism humiliates reason because it arrives de facto at affirming that the human being can know nothing with certainty outside the positive scientific field. Today however, as in that time, man, "a beggar for meaning and fulfilment", is constantly in quest of exhaustive answers to the basic questions that he never ceases to ask himself.

        The Fathers of the Second Vatican Council had very clearly in mind this "thirst for the truth" that burns in every human heart when they said that it is the task of priests "as instructors of the people in the faith" to see to the "formation of a genuine Christian community", that can "smooth the path to Christ for all men" and exercise "a truly motherly function" for them, "showing or smoothing the path towards Christ and his Church" for non-believers and for believers, while also "encouraging, supporting and strengthening believers for their spiritual struggles" (cf. Presbyterorum Ordinis, n. 6).

        The teaching which in this regard the Holy Curé of Ars continues to pass on to us is that the priest must create an intimate personal union with Christ that he must cultivate and increase, day after day.
Only if he is in love with Christ will the priest be able to teach his union, this intimate friendship with the divine Teacher to all, and be able to move people's hearts and open them to the Lord's merciful love. Only in this way, consequently, will he be able to instil enthusiasm and spiritual vitality in the communities the Lord entrusts to him. Let us pray that through the intercession of St John Mary Vianney, God will give holy priests to his Church and will increase in the faithful the desire to sustain and help them in their ministry. Let us entrust this intention to Mary, whom on this very day we invoke as Our Lady of the Snow.
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        To special groups

        Dear Brothers and Sisters,

        I offer a warm welcome to the English-speaking visitors present at today's Audience, especially the pilgrimage groups from England, China, Korea and the United States of America. Yesterday the Church celebrated the 150th anniversary of the death of St John Vianney, the Curé of Ars, who is the patron saint of parish priests. In this Year for Priests, let us pray that through his intercession all priests will be renewed in love of the Lord, in the joyful pursuit of holiness and in generous commitment to the spread of the Gospel. Upon you and your families I invoke God's blessings of joy and peace!

        My thoughts turn lastly to the sick, the newlyweds and the young people, especially to those participating in The Fifth International Encounter "Youth Towards Assisi". Today, the liturgical Memorial of the Dedication of the Basilica of St Mary Major, the liturgy invites us to turn our gaze to Mary, Mother of Christ. Always look to her, dear young people, imitating her in doing God's will faithfully; turn to her with trust, dear sick people, to experience the effectiveness of her protection in moments of trial; entrust your family to her, dear newlyweds, so that it may always be supported by her maternal intercession.

    
        © Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana



St. Jean-Baptiste-Marie Vianney

Curé of Ars, born at Dardilly, near Lyons, France, on 8 May, 1786; died at Ars, 4 August, 1859; son of Matthieu Vianney and Marie Beluze.

In 1806, the curé at Ecully, M. Balley, opened a school for ecclesiastical students, and Jean-Marie was sent to him. Though he was of average intelligence and his masters never seem to have doubted his vocation, his knowledge was extremely limited, being confined to a little arithmetic, history, and geography, and he found learning, especially the study of Latin, excessively difficult. One of his fellow-students, Matthias Loras, afterwards first Bishop of Dubuque, assisted him with his Latin lessons.

But now another obstacle presented itself. Young Vianney was drawn in the conscription, the war with Spain and the urgent need of recruits having caused Napoleon to withdraw the exemption enjoyed by the ecclesiastical students in the diocese of his uncle, Cardinal Fesch. Matthieu Vianney tried unsuccessfully to procure a substitute, so his son was obliged to go. His regiment soon received marching orders. The morning of departure, Jean-Baptiste went to church to pray, and on his return to the barracks found that his comrades had already left. He was threatened with arrest, but the recruiting captain believed his story and sent him after the troops. At nightfall he met a young man who volunteered to guide him to his fellow-soldiers, but led him to Noes, where some deserters had gathered. The mayor persuaded him to remain there, under an assumed name, as schoolmaster. After fourteen months, he was able to communicate with his family. His father was vexed to know that he was a deserter and ordered him to surrender but the matter was settled by his younger brother offering to serve in his stead and being accepted.

Jean-Baptiste now resumed his studies at Ecully. In 1812, he was sent to the seminary at Verrieres; he was so deficient in Latin as to be obliged to follow the philosophy course in French. He failed to pass the examinations for entrance to the seminary proper, but on re-examination three months later succeeded. On 13 August, 1815, he was ordained priest by Mgr. Simon, Bishop of Grenoble. His difficulties in making the preparatory studies seem to have been due to a lack of mental suppleness in dealing with theory as distinct from practice — a lack accounted for by the meagreness of his early schooling, the advanced age at which he began to study, the fact that he was not of more than average intelligence, and that he was far advanced in spiritual science and in the practice of virtue long before he came to study it in the abstract. He was sent to Ecully as assistant to M. Balley, who had first recognized and encouraged his vocation, who urged him to persevere when the obstacles in his way seemed insurmountable, who interceded with the examiners when he failed to pass for the higher seminary, and who was his model as well as his preceptor and patron. In 1818, after the death of M. Balley, M. Vianney was made parish priest of Ars, a village not very far from Lyons. It was in the exercise of the functions of the parish priest in this remote French hamlet that as the "curé d'Ars" he became known throughout France and the Christian world. A few years after he went to Ars, he founded a sort of orphanage for destitute girls. It was called "The Providence" and was the model of similar institutions established later all over France. M. Vianney himself instructed the children of "The Providence" in the catechism, and these catechetical instructions came to be so popular that at last they were given every day in the church to large crowds. "The Providence" was the favourite work of the "curé d'Ars", but, although it was successful, it was closed in 1847, because the holy curé thought that he was not justified in maintaining it in the face of the opposition of many good people. Its closing was a very heavy trial to him.

But the chief labour of the Curé d'Ars was the direction of souls. He had not been long at Ars when people began coming to him from other parishes, then from distant places, then from all parts of France, and finally from other countries. As early as 1835, his bishop forbade him to attend the annual retreats of the diocesan clergy because of "the souls awaiting him yonder". During the last ten years of his life, he spent from sixteen to eighteen hours a day in the confessional. His advice was sought by bishops, priests, religious, young men and women in doubt as to their vocation, sinners, persons in all sorts of difficulties and the sick. In 1855, the number of pilgrims had reached twenty thousand a year. The most distinguished persons visited Ars for the purpose of seeing the holy curé and hearing his daily instruction. The Venerable Father Colin was ordained deacon at the same time, and was his life-long friend, while Mother Marie de la Providence founded the Helpers of the Holy Souls on his advice and with his constant encouragement. His direction was characterized by common sense, remarkable insight, and supernatural knowledge. He would sometimes divine sins withheld in an imperfect confession. His instructions were simple in language, full of imagery drawn from daily life and country scenes, but breathing faith and that love of God which was his life principle and which he infused into his audience as much by his manner and appearance as by his words, for, at the last, his voice was almost inaudible.

The miracles recorded by his biographers are of three classes:
The greatest miracle of all was his life. He practised mortification from his early youth. and for forty years his food and sleep were insufficient, humanly speaking, to sustain life. And yet he laboured incessantly, with unfailing humility, gentleness, patience, and cheerfulness, until he was more than seventy-three years old.

On 3 October, 1874 Jean-Baptiste-Marie Vianney was proclaimed Venerable by Pius IX and on 8 January, 1905, he was enrolled among the Blessed. Pope Pius X proposed him as a model to the parochial clergy.

[Note: In 1925, Pope Pius XI canonized him. His feast is kept on 4 August.]

Otten, Susan Tracy. "St. Jean-Baptiste-Marie Vianney." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 3 Aug. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/08326c.htm>
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Transcription. This article was transcribed for New Advent by Gerard Haffner.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08326c.htm




John Baptist Vianney (Curé d'Ars), Priest (RM)

Born at Dardilly (near Lyons), France, on May 8, 1786; died at Ars, August 4, 1869; beatified on January 8, 1905, by Pope Pius IX; canonized by Pope Pius XI in 1925; in 1929, he was declared the principal patron of parish priests.



"We cannot comprehend the power that a pure soul has over God. It is not the soul that does God's will, but God who does the soul's will." -- Saint John Vianney. Without his iron-will, it is very unlikely that John Baptist Vianney would have been ordained. He was the son of a small farmer near Lyons and raised during the French Revolution and its aftermath. He had to take his First Communion in secret when he was 13, because the Church was still being persecuted. By the time this shepherd on his father Matthew's farm reached age 18 and decided that he was being called to the priesthood, open worship was again permitted. Unfortunately, John's father could not afford to send him to school for the proper education. Two years later he managed to get into the presbytery-school of the Abbé Balley in the neighboring village of Ecully, but he had trouble keeping up with the others because he had received so little previous education (a single year when he was nine). John was sure of his goal, so he persisted.

Though a seminarian, through an error he was drafted into the army in 1809. He was ordered to report to the depot in Loyons on October 26, 1809, but two days after receiving the order he was hospitalized and his company left him behind. On January 5, while still convalescing, he was ordered to report to Roanne for another draft the following day. They left without him, because he had stopped to pray in the church. He tried to catch up with them at Renaison, although the only military equipment he had was a knapsack.

While he was resting at the approach to the mountains of Le Forez, a stranger suddenly appeared, picked up his knapsack, and ordered him to follow. He found himself in a hut near the remote mountain village of Les Noës. The stranger was a deserter from the army, one of many hiding in the woods and hills of the area. Vianney saw that the situation was compromising, and reported himself to the mayor of the commune. Monsieur Fayot was both humane and sensible; he pointed out to John that he technically was already a deserter, and that of two evils the lesser was to remain in refuge where he was. The mayor found Vianney a place in his own cousin's home, where John remained in hiding in a stable for 14 months. Several times he was nearly found by the gendarmes, once even feeling the point of a sword between his ribs as it was thrust about in the hay.

He was able to return home when Napoleon granted amnesty to all deserters in 1810 on the occasion of his marriage to the Archduchess Marie-Louise. The following year he was tonsured, then spent a year studying philosophy at the minor seminary at Verrières. In 1813, John entered the major seminary at Lyons. He never did master Latin; thus, it he was called "the most unlearned but the most devout seminarian in Lyons." In fact, his scholarship was so bad that he dropped out after the first term, was privately tutored by Abbé Balley, and then failed the seminary examinations. In spite of that, his reputation for goodness and holiness was so strong that the vicar general allowed him to take minor orders on July 2, 1814, and to be ordained to the priesthood the following year, saying, "The Church wants not only learned priests but, even more, holy ones."

He spent the next years as curate to Abbé Balley at Ecully until his mentor died in 1817. Early in 1818 he was appointed as the parish priest of the tiny village of Ars-en-Dombes (population: 230). He stayed there until he died 41 years later, and his effect was extraordinary. Ten years of patience, good example, and the mysterious outpouring of Divine grace transformed Ars from apathy into a village thriving with Christian spirit. He began personally visiting every household under his care and provided a regular catechism class for children. More important were his offering of a personal example of purity and fervor and his boldly attack on the widespread evils of drunkenness, profanity, immodesty, and slackness in attending Mass and otherwise observing the Sabbath. He had no fear of uttering from the pulpit words and expressions that offended God in order to ensure there was no misunderstanding as to what he was denouncing. He was constantly aware of his responsibility for the souls of his parishioners and gradually there was conversion because his severity in the pulpit was matched by his extraordinary insight and power of conversion in the confessional. His flock would say, "Our pastor is a saint and we must obey him."

Two miracles helped the curé to gain the attention of his people. In 1824, John Vianney encouraged Catherine Lassagne and Benedicta Lardet to open a free school for girls and three years later this became an institution known as La Providence, a shelter for orphans and deserted children. No one was ever turned away from its doors and at times there were as many as 60 people living there, so that the alms on which it depended for its existence were not always sufficient. One time the cook had only a few pounds of flour, but thanks to the prayers of Vianney, she made ten 20-pound loaves out of them. On another occasion a loft that had been almost empty was found to be full of wheat.

And soon the humble Curé d'Ars, whose reputation for holiness was augmented by reports of these miracles, was attracting penitents from all parts of Europe. A shrine he built to Saint Philomena became a place of pilgrimage. So great was his insight into people's problems that by 1855 the number of his visitors was said to be 20,000 annually, and a special railroad booking office had to be opened in Lyons. Of course, Vianney's success prompted jealousy among some of his brother priests, who accused him of being over-zealous, ignorant, a charlatan, and mentally deranged and began spreading slanderous lies about him. These proved to be without foundation, and their bishop, Monsignor Devie, answered them, "I wish, gentlemen, that all my clergy had a touch of the same madness."

The number of visitors also meant a work day that would have crushed those with less spiritual strength. During the winter months, Vianney spent up to 12 hours daily in the confessional; in the summer this increased to 16 hours. It could take a half-hour for him to move from the church to the rectory because of the density of the crowd seeking his blessing and asking his prayers. He slept a bare four hours nightly and would go before sunrise to hear the confessions of those who were already awaiting him in the church.

Countless people testified that Vianney was gifted with a remarkable ability to read souls, discernment of spirits, and prophecy. The instructions that he gave were often short but they had all the power and insight of his saintliness. His utter simplicity moved many. His discouraged fussy piety and gave pithy advice. The archbishop of Auch said that Vianney had told him, "Love your clergy very much." And what more was necessary?

It is remarkable to consider that this man had desired to become a Carthusian and live in quiet contemplation, yet in following God's plans for him, he drew many back to God and the Church. Three times he left Ars in search of solitude, but returned each time to aid the sinners who sought him in ever-increasing numbers. The last time required the diplomacy of the bishop to get him to return.

In 1852, Bishop Chalandon of Belley made Vianney an honorary canon of the chapter. He was invested almost by force and never again wore the mozzetta. Indeed, he sold it for the 50 francs needed for some charitable purpose. The French government in 1855 made him a knight of the Legion of Honor. John Vianney was amazed. "Suppose I die," he mused, "and God says, 'Away you go. You have already been rewarded'." So he refused to have the medal even pinned on his old cassock.

When the last sacraments were brought to him on his deathbed by Bishop Chalandon, John Vianney said, "How sad it is to receive holy communion for the last time." He died at 2:00 a.m. as a thunder storm shook the heavens; nature itself was upset at his passing (Attwater, Benedictines, Bentley, Delaney, Encyclopedia, Walsh).

Two short, very edifying, sermons on temptation by Saint John Vianney, who was often subjected to diabolical attacks over a 30- year period:

We Are Nothing in Ourselves

"Temptation is necessary to us to make us realize that we are nothing in ourselves. Saint Augustine tells us that we should thank God as much for the sins from which He has preserved us as for those which He has had the charity to forgive us. If we have the misfortune to fall so often into the snares of the devil, we set ourselves up again too much on the strength of our own resolutions and promises and too little upon the strength of God. This is very true.

"When we do nothing to be ashamed of, when everything is going along according to our wishes, we dare to believe that nothing could make us fall. We forget our own nothingness and our utter weakness. We make the most delightful protestations that we are ready to die rather than to allow ourselves to be conquered. We see a splendid example of this in Saint Peter, who told our Lord that although all others might be scandalized in Him, yet he would never deny Him.

"Alas! To show him how man, left to himself, is nothing at all, God made use, not of kings or princes or weapons, but simply of the voice of a maidservant, who even appeared to speak to him in a very indifferent sort of way. A moment ago, he was ready to die for Him, and now Peter protests that he does not even know Him, that he does not know about whom they are speaking. To assure them even more vehemently that he does not know Him, he swears an oath about it. Dear Lord, what we are capable of when we are left to ourselves!

"There are some who, in their own words, are envious of the saints who did great penances. They believe that they could do as well. When we read the lives of some of the martyrs, we would, we think, be ready to suffer all that they suffered for God; the moment is shortlived, we say, for an eternity of reward. But what does God do to teach us to know ourselves or, rather, to know that we are nothing? This is all He does: He allows the devil to come a little closer to us. Look at this Christian who a moment ago was quite envious of the hermit who lived solely on roots and herbs and who made the stern resolution to treat his body as harshly. Alas! A slight headache, a prick of a pin, makes him, as big and strong as he is, sorry for himself. He is very upset. He cries with pain. A moment ago he would have been willing to do all the penances of the anchorites--and the merest trifle makes him despair!

"Look at this other one, who seems to want to give his whole life for God, whose ardor all the torments there are cannot damp. A tiny bit of scandal mongering . . . a word of calumny . . . even a slightly cold reception or a small injustice done to him . . . a kindness returned by ingratitude . . . immediately gives birth in him to feelings of hatred, of revenge, of dislike, to the point, often, of his never wishing to see his neighbor again or at least of treating him coldly with an air which shows very plainly what is going on in his heart. And how many times is this his waking thought, just as it was the thought that almost prevented him from sleeping? Alas, my dear brethren, we are poor stuff, and we should count very little upon our good resolutions!"

Beware If You Have No Temptations

"Whom does the devil pursue most? Perhaps you are thinking that it must be those who are tempted most; these would undoubtedly be the habitual drunkards, the scandalmongers, the immodest and shameless people who wallow in moral filth, and the miser, who hoards in all sorts of ways. No, my dear brethren, no, it is not these people. On the contrary, the devil despises them, or else he holds onto them, lest they not have a long enough time in which to do evil, because the longer they live, the more their bad example will drag souls into Hell. Indeed, if the devil had pursued this lewd and shameless old fellow too closely, he might have shortened the latter's life by fifteen or twenty years, and he would not then have destroyed the virginity of that young girl by plunging her into the unspeakable mire of his indecencies; he would not, again, have seduced that wife, nor would he have taught his evil lessons to that young man, who will perhaps continue to practice them until his death. If the devil had prompted this thief to rob on every occasion, he would long since have ended on the scaffold and so he would not have induced his neighbor to follow his example. If the devil had urged this drunkard to fill himself unceasingly with wine, he would long ago have perished in his debaucheries, instead of which, by living longer, he has made many others like himself. If the devil had taken away the life of this musician, of that dancehall owner, of this cabaret keeper, in some raid or scuffle, or on any other occasion, how many souls would there be who, without these people, would not be damned and who now will be) Saint Augustine teaches us that the devil does not bother these people very much; on the contrary, he despises them and spits upon them.

"So, you will ask me, who then are the people most tempted? They are these, my friends; note them carefully. The people most tempted are those who are ready, with the grace of God, to sacrifice everything for the salvation of their poor souls, who renounce all those things which most people eagerly seek. It is not one devil only who tempts them, but millions seek to entrap them.

"We are told that Saint Francis of Assisi and all his religious were gathered on an open plain, where they had built little huts of rushes. Seeing the extraordinary penances which were being practiced, Saint Francis ordered that all instruments of penance should be brought out, whereupon his religious produced them in bundles. At this moment there was one young man to whom God gave the grace to see his guardian angel. On the one side he saw all of these good religious, who could not satisfy their hunger for penance, and, on the other, his guardian angel allowed him to see a gathering of eighteen thousand devils, who were holding counsel to see in what way they could subvert these religious by temptation. One of the devils said: 'You do not understand this at all. These religious are so humble; ah, what wonderful virtue, so detached from themselves, so attached to God! They have a superior who leads them so well that it is impossible to succeed in winning them over. Let us wait until their superior is dead, and then we shall try to introduce among them young people without vocations who will bring about a certain slackening of spirit, and in this way we shall gain them.'

"A little further on, as he entered the town, he saw a devil, sitting by himself beside the gate into the town, whose task was to tempt all of those who were inside. This saint asked his guardian angel why it was that in order to tempt this group of religious there had been so many thousands of devils while for a whole town there was but one--and that one sitting down. His good angel told him that the people of the town had not the same need of temptations, that they had enough bad in themselves, while the religious were doing good despite all the traps which the Devil could lay for them.

"The first temptation, my dear brethren, which the devil tries on anyone who has begun to serve God better is in the matter of human respect. He will no longer dare to be seen around; he will hide himself from those with whom heretofore he had been mixing and pleasure seeking. If he should be told that he has changed a lot, he will be ashamed of it! What people are going to say about him is continually in his mind, to the extent that he no longer has enough courage to do good before other people. If the devil cannot get him back through human respect, he will induce an extraordinary fear to possess him that his confessions are not good, that his confessor does not understand him, that whatever he does will be all in vain, that he will be damned just the same, that he will achieve the same result in the end by letting everything slide as by continuing to fight, because the occasions of sin will prove too many for him.

"Why is it, my dear brethren, that when someone gives no thought at all to saving his soul, when he is living in sin, he is not tempted in the slightest, but that as soon as he wants to change his life, in other words, as soon as the desire to give his life to God comes to him, all Hell falls upon him? Listen to what Saint Augustine has to say: 'Look at the way,' he tells us, 'in which the devil behaves towards the sinner. He acts like a jailer who has a great many prisoners locked up in his prison but who, because he has the key in his pocket, is quite happy to leave them, secure in the knowledge that they cannot get out. This is his way of dealing with the sinner who does not consider the possibility of leaving his sin behind. He does not go to the trouble of tempting him. He looks upon this as time wasted because not only is the sinner not thinking of leaving him, but the devil does not desire to multiply his chains. It would be pointless, therefore, to tempt him. He allows him to live in peace, if, indeed, it is possible to live in peace when one is in sin. He hides his state from the sinner as much as is possible until death, when he then tries to paint a picture of his life so terrifying as to plunge him into despair. But with anyone who has made up his mind to change his life, to give himself up to God, that is another thing altogether.'

"While Saint Augustine lived in sin and evil, he was not aware of anything by which he was tempted. He believed himself to be at peace, as he tells us himself. But from the moment that he desired to turn his back upon the devil, he had to struggle with him, even to the point of losing his breath in the fight. And that lasted for five years. He wept the most bitter of tears and employed the most austere of penances: 'I argued with him,' he says, 'in my chains. One day I thought myself victorious, the next I was prostrate on the earth again. This cruel and stubborn war went on for five years. However, God gave me the grace to be victorious over my enemy.'

"You may see, too, the struggle which Saint Jerome endured when he desired to give himself to God and when he had the thought of visiting the Holy Land. When he was in Rome, he conceived a new desire to work for his salvation. Leaving Rome, he buried himself in a fearsome desert to give himself over to everything with which his love of God could inspire him. Then the devil, who foresaw how greatly his conversion would affect others, seemed to burst with fury and despair. There was not a single temptation that he spared him. I do not believe that there is any saint who was as strongly tempted as he. This is how he wrote to one of his friends:

'My dear friend, I wish to confide in you about my affliction and the state to which the devil seeks to reduce me. How many times in this vast solitude, which the heat of the sun makes insupportable, how many times the pleasures of Rome have come to assail me! The sorrow and the bitterness with which my soul is filled cause me, night and day, to shed floods of tears. I proceed to hide myself in the most isolated places to struggle with my temptations and there to weep for my sins. My body is all disfigured and covered with a rough hair shirt. I have no other bed than the naked ground and my only food is coarse roots and water, even in my illnesses. In spite of all these rigors, my body still experiences thoughts of the squalid pleasures with which Rome is poisoned; my spirit finds itself in the midst of those pleasant companionships in which I so greatly offended God. In this desert to which I have condemned myself to avoid Hell, among these somber rocks, where I have no other companions than the scorpions and the wild beasts, my spirit still burns my body, already dead before myself, with an impure fire; the Devil still dares to offer it pleasures to taste. I behold myself so humiliated by these temptations, the very thought of which makes me die with horror, and not knowing what further austerities I should exert upon my body to attach it to God, that I throw myself on the ground at the foot of my crucifix, bathing it with my tears, and when I can weep no more I pick up stones and beat my breast with them until the blood comes out of my mouth, begging for mercy until the Lord takes pity upon me. Is there anyone who can understand the misery of my state, desiring so ardently to please God and to love Him alone? Yet I see myself constantly prone to offend Him. What sorrow this is for me! Help me, my dear friend, by the aid of your prayers, so that I may be stronger in repelling the devil, who has sworn my eternal damnation.'

"These, my dear brethren, are the struggles to which God permits his great saints to be exposed. Alas, how we are to be pitied if we are not fiercely harried by the devil! According to all appearances, we are the friends of the devil: he lets us live in a false peace, he lulls us to sleep under the pretense that we have said some good prayers, given some alms, that we have done less harm than others. According to our standard, my dear brethren, if you were to ask, for instance, this pillar of the cabaret if the devil tempted him, he would answer quite simply that nothing was bothering him at all. Ask this young girl, this daughter of vanity, what her struggles are like, and she will tell you laughingly that she has none at all, that she does not even know what it is to be tempted. There you see, my dear brethren, the most terrifying temptation of all, which is not to be tempted. There you see the state of those whom the devil is preserving for Hell. If I dared, I would tell you that he takes good care not to tempt or torment such people about their past lives, lest their eyes be opened to their sins.

"The greatest of all evils is not to be tempted because there are then grounds for believing that the devil looks upon us as his property and that he is only awaiting our deaths to drag us into Hell. Nothing could be easier to understand. Just consider the Christian who is trying, even in a small way, to save his soul. Everything around him inclines him to evil; he can hardly lift his eyes without being tempted, in spite of all his prayers and penances. And yet a hardened sinner, who for the past twenty years has been wallowing in sin, will tell you that he is not tempted! So much the worse, my friend, so much the worse! That is precisely what should make you tremble--that you do not know what temptations are. For to say that you are not tempted is like saying the devil no longer exists or that he has lost all his rage against Christian souls. 'If you have no temptations,' Saint Gregory tells us, 'it is because the devils are your friends, your leaders, and your shepherds. And by allowing you to pass your poor life tranquilly, to the end of your days, they will drag you down into the depths.' Saint Augustine tells us that the greatest temptation is not to have temptations because this means that one is a person who has been rejected, abandoned by God, and left entirely in the grip of one's own passions."

In art, John Vianney is depicted as a little old priest in a black cassock, standing with folded hands and his head tilted to one side, smiling. His emblem is so indistinct that he can really only be identified by his face, which is similar in type to that of Saint Bernardino of Siena (Roeder).




Saint John Mary Vianney

Also known as
  • Curé of Ars
  • Jean Baptiste Marie Vianney
  • Jean Marie Baptiste Vianney
  • Jean-Baptiste Vianney
  • John Baptist Vianney
  • John Vianney
Profile

Born to a farm family. In his youth John taught other children their prayers and catechism. Ordained in 1815, though it took several years of study – he had little education, was not a very good student, and his Latin was terrible. Assigned as a parochial vicar to Ecully, France. In 1818 he was assigned to the parish of Ars-sur-Formans, France, a tiny village near Lyons, which suffered from very lax attendance. He began visiting his parishioners, especially the sick and poor, spent days in prayer before the Blessed Sacrament, did penance for his parishioners, and leading his people by example. Had the gifts of discernment of spirits, prophecy, hidden knowledge, and of working miracles. Tormented by evil spirits, especially when he tried to get his 2-3 hours of sleep each night. Crowds came to hear him preach, and to make their reconciliation because of his reputation with penitents; by 1855 there were 20,000 pilgrims a year to Ars. Spent 40 years as the parish priest.

Born


Corps incorrompu de Saint Jean-Marie Vianney (1786 – 1859), Prêtre d’Ars-sur-Formans (France). 


Saint John Marie Vianney

Jean Baptiste Vianney was born on May 8, 1786, into a peasant family in the village of Dardilly near Lyons in southeastern France. He was a quiet, patient, and deeply religious young man who wanted to become a priest but found it nearly impossible to learn Latin. His life was interrupted when he was drafted into the French army.
On his way to join his assigned unit he stopped in a church to pray. The regiment left for Spain without him, and Jean Baptiste had to hide for two years until he was no longer wanted for the army. In 1811 he entered a seminary. Three years later he was dismissed because he was unable to grasp the theological subtleties he was supposed to study. But the bishop of Grenoble was sufficiently impressed by Vianney’s firm character and level-headed judgment to ordain him a priest in 1815. After a three-year testing period, Vianney was assigned to the village of Ars as pastor.
The new curé brought a mixture of kind understanding and personal strength to the people of Ars. In the beginning his sermons were directed against drinking, swearing, and dancing. He tried to show his parishioners the value of resting from work on Sunday and of going to church regularly. His rigorous fasts and his prayers that lasted well into the night proved to the people that he was more strict with himself than with them. Gradually the spirit of Ars changed. It became a model of Christian behavior. More and more frequently visitors from other towns asked the curé of Ars to hear their confessions. His spiritual vision had grown to the point where his insights into their problems were very helpful. By 1845 Vianney was patiently spending more than 12 hours a day in the little confessional box of the parish church, while people who had come to Ars from all over France waited in long lines to ask his advice.
Vianney’s success as a confessor was accompanied by increased personal difficulties. During the few hours of rest he allowed himself at night, he was disturbed by strange noises, sometimes by such discomfort that he felt he was being physically beaten. Once his bed caught fire. He understood these troubles to be persecution by the devil and reacted by intensifying his own prayers and penances. He was 73 when he died on Aug. 4, 1859. The curé of Ars was canonized a saint in the Roman Catholic Church in 1925 and declared heavenly patron for all parish priests in 1929.



San Giovanni Maria Vianney Sacerdote


Dardilly, Francia, 8 maggio 1786 - Ars-sur-Formans, Francia, 4 agosto 1859

Giovanni Maria Vianney nacque l'8 maggio 1786 a Dardilly, Lione, in Francia. Di famiglia contadina e privo della prima formazione, riuscì, nell'agosto 1815, ad essere ordinato sacerdote.Per farlo sacerdote, ci volle tutta la tenacia dell'abbé Charles Balley, parroco di Ecully, presso Lione: lo avviò al seminario, lo riaccolse quando venne sospeso dagli studi. Giovanni Maria Vianney, appena prete, tornò a Ecully come vicario dell'abbé Balley. Alla morte di Balley, fu mandato ad Ars-en-Dombes, un borgo con meno di trecento abitanti. Giovanni Maria Vianney, noto come il curato d'Ars, si dedicò all'evangelizzazione, attraverso l'esempio della sua bontà e carità. Ma fu sempre tormentato dal pensiero di non essere degno del suo compito.Trascorreva le giornate dedicandosi a celebrare la Messa e a confessare, senza risparmiarsi. Morì nel 1859. Papa Pio XI lo proclamerà santo nel 1925. Verrà indicato modello e patrono del clero parrocchiale. (Avvenire)

Etimologia: Giovanni = il Signore è benefico, dono del Signore, dall'ebraico

Martirologio Romano: Memoria di san Giovanni Maria Vianney, sacerdote, che per oltre quarant’anni guidò in modo mirabile la parrocchia a lui affidata nel villaggio di Ars vicino a Belley in Francia, con l’assidua predicazione, la preghiera e una vita di penitenza. Ogni giorno nella catechesi che impartiva a bambini e adulti, nella riconciliazione che amministrava ai penitenti e nelle opere pervase di quell’ardente carità, che egli attingeva dalla santa Eucaristia come da una fonte, avanzò a tal punto da diffondere in ogni dove il suo consiglio e avvicinare saggiamente tanti a Dio.

Guardando al Santo Curato d’Ars, ovvero a san Giovanni Maria Vianney viene da pensare ai versi pronunciati nel salmo 117: «La pietra scartata dai costruttori è divenuta testata d'angolo», parole riprese da Gesù e riportate dagli evangelisti Matteo, Marco, Luca, negli Atti degli Apostoli e nella prima lettera di san Pietro.


Ebbene, ciò che Cristo Signore aveva riferito a se stesso in quanto Figlio di Dio non riconosciuto come tale, può essere applicato ad alcuni santi, fra i quali il patrono dei parroci, don Giovanni Maria Vianney, che sicuramente divenne sacerdote più per volontà divina che per volontà umana, scartato come fu, e a più riprese, da professori ed esaminatori.

Su di lui sembra non puntare nessuno. Soltanto un sacerdote crede in questo giovane, che pare proprio non avere talenti e capacità: è l’abbé Charles Balley (1751-1817), parroco di Écully, presso Lione.

Proprio ad Écully, l’11 febbraio 1778 Matteo Vianney (1753-1819) aveva sposato Maria Beluse (1753-1811); dalla loro unione nacquero sei figli che secondo l’uso devozionale di allora furono consacrati alla Vergine Maria prima ancora della loro nascita. Giovanni Maria nacque a Dardilly, dove aveva preso dimora la famiglia Vianney, verso la mezzanotte dell’8 maggio 1786, tre anni prima dello scoppio della Rivoluzione Francese. Fu battezzato il giorno stesso e prese il nome del fratello minore di suo padre.

«Appena questo figlio prediletto cominciò ad osservare gli oggetti esterni, la pia madre fu lieta di indicargli il crocifisso e le immagini religiose, che ornavano le pareti della casa, e, quando le piccole braccia poterono appena muoversi fuori dalle fasce, cominciò a guidare la manina incerta dalla fronte al petto e dal petto alle spalle: il bambino ne prese presto l’abitudine». Fin da piccolo fu educato a frequentare la chiesa parrocchiale. Le celebrazioni liturgiche lo affascinavano così tanto da imitarle e ripeterle una volta tornato a casa. Quando conduceva al pascolo il bestiame, spesso lasciava ai compagni la custodia degli animali per correre dietro un cespuglio a recitare il santo rosario ed era felice di entrare in una chiesa quando sentiva suonare la campana. Il bambino imparò ben presto anche a venire incontro alle necessità dei bisognosi, prendendo esempio dai suoi genitori, che lavoravano senza risparmiarsi la campagna, riuscendo a condurre una vita tranquilla e con generosità sfamavano ogni giorno molti poveri, non prima di averli invitati a recitare una preghiera. 

«I piccoli non conoscono quella debolezza che si chiama rispetto umano», riferisce François Trochu, che compilò scrupolosamente una biografia in occasione della canonizzazione del Curato d’Ars, avvenuta il 31 maggio 1925. Infatti, in qualunque luogo si trovasse, in casa, in strada, nel giardino, Giovanni Maria «benediceva l’ora» cioè, seguendo l’esempio di sua madre, ogni volta che sentiva suonare le ore, incurante della presenza di altre persone, sospendeva l’attività che stava compiendo, faceva il segno della Croce, recitava l’Ave Maria e ripeteva, a chiusura, il segno della Croce. Questa consuetudine perdurerà lungo tutto l’arco della sua esistenza. La madre di Giovanni Maria, sua prima catechista, fu la prima ad avvedersi  della bellezza della sua anima. «Vedi, mio Giovanni se le tue sorelle o i tuoi fratelli offendessero il Signore, ne avrei grande pena, ma la pia pena sarebbe maggiore ancora, se lo offendessi tu!».

Molti anni dopo, quando qualcuno si feliciterà con lui per aver avuto così presto il gusto della preghiera e dell’altare, egli risponderà, sempre con profonda commozione: «Dopo che a Dio, lo devo a mia madre, tanto ella era buona! La virtù passa facilmente dal cuore della madre nel cuore dei figli… Un figlio che ha avuto la fortuna di avere una buona madre, non dovrebbe mai guardarla, né pensare a lei, senza commuoversi fino al pianto!».

Nel gennaio del 1791 entrò in vigore nel lionese la Costituzione civile del clero. Don Giacomo Rey, parroco per 39 anni di Dardilly, aveva prestato giuramento scismatico; ma in seguito, dopo aver riconosciuto la sua colpa, prese a celebrare la Santa Messa in una casa privata, a causa della persecuzione giacobina, poi si ritirò a Lione ed infine si stabilì in Italia. Il 7 luglio 1803 giunse al suo posto un nuovo parroco, don Giacomo Tournier (1769-1806), anch’egli compromesso con il regime di Parigi. In perfetta buona fede, la famiglia Vianney continuava ad assistere alla Santa Messa. Fu la figlia di 12 anni, Caterina, ad accorgersi che qualcosa non funzionava: le prediche di don Tournier non ricordavano per nulla quelle di don Rey. Nelle sue omelie tornavano con insistenza i nomi di «cittadino», «civismo», «costituzione» e spesso criticava i suoi predecessori. In chiesa si videro volti nuovi, mentre i fedeli più zelanti cominciarono ad allontanarsi dalla parrocchia. Caterina Vianney pose la questione ai suoi familiari: dove andavano a Messa i buoni cattolici? I genitori approfondirono il problema, scoprendo che i preti sani avevano rifiutato il giuramento e proprio per tale ragione erano stati cacciati, ma subivano anche pesanti persecuzioni ed erano costretti a fuggire per non finire sotto la ghigliottina. Tutti i sacerdoti che avevano rifiutato il giuramento erano esposti al pericolo di essere arrestati e giustiziati entro ventiquattro ore, senza possibilità di appello. Coloro che avessero denunciato questi preti avrebbero avuto un compenso di cento franchi, mentre coloro che li avessero ospitati e protetti avrebbero subito la deportazione secondo le leggi del 24 aprile, 17 settembre e 20 ottobre 1793. La famiglia Vianney, incurante degli evidenti pericoli in cui incorrevano, prese ad ospitare in casa propria i preti refrattari, dove potevano anche celebrare le Sante Messe. 

Il 1793 è l’anno del Terrore e a Lione il sangue scorre a fiumi, nella Place des Terreaux la ghigliottina lavora senza tregua. Giovanni Maria cresce in questo clima oppressivo, di violenza feroce contro l’innocente, ma anche in una casa dove si mantiene salda la fede in Cristo. Diventa apostolo e catechista fra i suoi coetanei. Organizza processioni e, mentre in tutta la Francia sono state proibite le cerimonie religiose, il ragazzo guida i coraggiosi compaesani, che seguono una croce fabbricata semplicemente con due bastoni, recitando il Rosario e cantando. A nove anni, eccetto gli elementi di religione, non conosce quasi nulla della scienza umana. Sua sorella Caterina gli ha insegnato l’alfabeto ed egli sa leggere appena un libro di preghiere. 

A Dardilly la scuola, a causa della furia rivoluzionaria, era stata soppressa. La contraddizione era palese: da una parte la legge del 19 dicembre 1793 esigeva che tutti i fanciulli di sei anni almeno, o di otto al più tardi, frequentassero obbligatoriamente le scuole pubbliche per tre anni di seguito; dall’altra, veniva concesso a pochi di aprire una scuola, con l’obbligo di prestare giuramento al Regime, che garantiva il certificato di civismo. Inoltre, venivano interdetti maestri religiosi e preti. Tuttavia era diffusa la scarsità di pedagoghi giacobini e per tali ragioni la piccola scuola di Dardilly fu chiusa.

Nel 1799, all’epoca del secondo Terrore, Giovanni Maria ricevette la prima comunione, che venne amministrata in una camera della casa della famiglia Pingon di Écully, dove viveva il marchese Claude de Jouffroy d’Abbans (1751-1832), inventore del battello a vapore. Il colpo di Stato del 18 brumaio dell’anno IV (9 novembre 1799) portò Napoleone (1769–1821) al potere e, quindi, i sacerdoti refrattari fecero ritorno alle loro chiese, perciò anche don Balley rientrò a Écully. 

Giovanni Maria ha ormai 20 anni e le sue manifestazioni sono decisamente di carattere ascetico. Preghiera, penitenza, meditazione. A tavola mangia quasi sempre solo la minestra, chiedendo che venga scodellata senza burro. Spesso trascorre il tempo in chiesa oppure nella canonica di Écully insieme al curato don Balley, il quale lo prende fin da subito in grande simpatia: vede qualcosa in lui che altri non scorgono. In canonica si accosta agli studi, ma fin dal principio manifesta grandi difficoltà. Con la penna in mano diventa lento e imbarazzato: la sua intelligenza è rimasta arrugginita per troppi anni. Mesi e mesi di sforzi che risultano vani, inefficaci. Con tenacia e volontà si concentra sui libri, ma le difficoltà sono enormi, tanto da sembrare insormontabili. Prega, si mortifica e, troppo poco nutrito, s’indebolisce sempre più. Un giorno il parroco lo rimprovera: «Giovanotto sta bene pregare e far penitenza, ma bisogna anche mangiare e non rovinarsi la salute». 

È proprio in questo tempo che Giovanni Maria sperimenta una dolorosa e forte crisi vocazionale, provando un netto disgusto per i libri. Con la mente rivede i suoi cari, l’amata casa di famiglia, i campi paterni… ha nostalgia dell’aratura della terra, della semina, della mietitura del grano. Fra l’altro il padre di Giovanni Maria Vianney è decisamente contrario all’ordinazione del figlio, che lo reclama in famiglia per impiegarlo nelle mansioni rurali. 

Il giovane afferma con amarezza a don Balley di voler far ritorno alla dimora paterna; ma il suo maestro di fede e d’intelletto si dimostra assai rattristato nell’udire quelle intenzioni, perciò non cede e cerca di spronarlo perché ha piena fiducia nelle potenzialità del suo allievo. I libri continuano ad essere il martirio di Giovanni Maria, il terribile ostacolo alla realizzazione della sua vocazione e secondo la sua stessa confessione «non poteva cacciare nulla nella sua povera testa» oppure «sono come gli zeri, valgo soltanto se vicino ad altre cifre». Cosciente del pericolo, decide di ricorrere all’intervento divino facendo un voto: si sarebbe recato a piedi fino al santuario di La Louvesc, presso la tomba  di san Francesco Regis (1597–1640), l’apostolo del Velay e del Vivarais, il sacerdote della Compagnia di Gesù, che, predicando il Vangelo e amministrando il sacramento della penitenza per monti e per villaggi, si adoperò senza sosta per rinnovare la fede cattolica nell’animo degli abitanti. 

È il 1806. Da Écully al villaggio di La Louvesc distano circa cento chilometri. Magro come un anacoreta, ma comunque in forze, Giovanni Maria parte. Durante il suo pellegrinaggio viene scambiato per un fannullone, un vagabondo e subisce minacce, rischiando di venire denunciato ai gendarmi. Bussa alle porte per essere sfamato, ma raramente trova ristoro e allora si nutre di erba che trova lungo il cammino e beve acqua di fonte. Privo di proteine e vitamine, cade nella denutrizione e nello sfinimento, tanto che è stordito, eppure prosegue il suo andare,  a volte in compagnia di qualche tozzo di pane, ricevuto in elemosina.

Finalmente giunge al santuario, situato a 1.100 metri di altitudine fra le montagne dell’Haut-Vivarais. È stremato, ma felice. Si dirige subito alla tomba di san Francesco Regis e implora la grazia di imparare sufficientemente il latino, tanto da poter accedere agli studi teologici. Si confessa da un padre gesuita del santuario e gli rivela anche il suo voto. Il religioso gli commuta l’impegno preso: anziché attendere l’elemosina degli altri lungo il cammino di ritorno, avrebbe dovuto lui compierla. Dirà più tardi: «Ho sperimentato la verità della parola della Scrittura: val più dare che ricevere”», aggiungendo: «Non consiglierei mai a nessuno di fare il voto di mendicare».

I libri di studio non gli diedero più la nausea, ma a 24 anni era al livello di uno studente di 15. Ottenne la grazia da Dio, ma non dall’ordinamento militare. Infatti i seminaristi vennero dispensati dal servizio nell’esercito perché il cardinale Joseph Fesch (1763 – 1839), che aveva cresimato Vianney e che era in ottimi rapporti con Napoleone, suo nipote, ottenne da lui che tutti gli studenti ecclesiastici, iscritti nelle liste ufficiali della sua diocesi, fossero esentati dall’arruolamento, come coloro che erano già stati ordinati sacerdoti. Ci furono quattro eccezioni e fra questi seminaristi anche Giovanni Maria Vianney. È probabile che don Balley avesse omesso di segnalare all’arcivescovo che il suo chierico continuava a studiare, oppure, come seconda ipotesi plausibile, potrebbe esserci il fatto che i vicari generali avessero dimenticato di farlo iscrivere fra gli studenti dei seminari. Don Balley, allarmato, andò a fare le dovute rimostranze, ma non ci fu nulla da fare: non poteva essere considerato seminarista uno studente tardivo come Vianney, alloggiato in una casa di contadini, che riceveva lezioni in una canonica; inoltre il suo nome non figurava neppure nella lista ufficiale rilasciata dall’autorità diocesana…

Non restava che obbedire. Giovanni Maria entrò come recluta in una caserma di Lione, ma fu presto colto dalla febbre. Venne ricoverato all’ospedale, poi, convalescente, non riuscì a presentarsi in tempo all’ufficio del capitano per la partenza verso la frontiera della Spagna, dove era stato destinato il suo reparto. Entrò così a far parte della lista nera dei disertori e come tale venne ricercato per qualche tempo, fino all’amnistia: Napoleone, vincitore sull’Austria, aveva accordato la grazia in occasione del suo secondo matrimonio con l’arciduchessa Maria Luisa (1791 – 1847). Fu così che Gian Francesco Vianney di 20 anni, con atto notarile e dietro il versamento di 3.000 franchi, parte dell’eredità del fratello Giovanni Maria, prese il suo posto nell’esercito e venne incorporato nel 6° reggimento.

Aveva 26 anni quando don Balley ritenne che era giunto il momento di provare l’inserimento nel Seminario minore di Verrières, presso Montbrison, per il corso di filosofia della durata di una anno, per poi essere ammesso al Seminario maggiore di Sant’Ireneo a Lione. Ma immediatamente prese a circolare la disistima nei suoi confronti. Per questo giovane, che amava il nascondimento e non otteneva risultati soddisfacenti, nessuno provava interesse. Ed ecco la pagella di quel 1812: Lavoro: bene; Scienza: molto debole; condotta: buona; carattere: buono. Con queste valutazioni riuscì, comunque, ad entrare nel Seminario di Lione (1813-1814).

Ma i nodi vennero subito al pettine e nel consiglio docenti si diceva: «Capisce male il latino e lo parla ancora peggio», fino ad arrivare alla decisione: «Sarebbe il caso che il giovane se ne tornasse a casa e utilizzasse il suo tempo in modo più sensato. La vita sacerdotale non fa per lui. Restando qui sprecherebbe il suo e il nostro tempo». Giovanni Maria Vianney, colui che sarebbe stato proclamato da Pio XI, nel 1929, «celeste patrono di tutti i parroci dell'universo» e da Benedetto XVI, nel 2009, «di tutti i sacerdoti del mondo», venne espulso dal Seminario.

Affinché riuscisse a indossare la talare, è stata fondamentale tutta la tenacia dell’abbé Charles Balley: gli ha fatto scuola in canonica, l’ha avviato al seminario, lo ha riaccolto quando è stato sospeso dagli studi per incapacità e, dopo un altro periodo di difficile preparazione, è riuscito a farlo ordinare sacerdote nella città di Grenoble. 

Spinto da don Balley, Giovanni Maria prosegue, nonostante gli insuccessi e le sconfitte. Ma la posta in gioco è troppo alta. Dirà il 13 agosto 1815: «Oh! Che cosa grande è il sacerdozio! Il sacerdozio non lo si capirà bene che in cielo… Se lo si comprendesse sulla terra, si morrebbe, non di spavento, ma di amore!...».

Ha scritto Benedetto XVI nella «Lettera per l’indizione di un anno sacerdotale in occasione del 150° anniversario del dies natalis del Santo Curato d’Ars» (16 giugno 2009): 

«Ci sono, purtroppo, anche situazioni, mai abbastanza deplorate, in cui è la Chiesa stessa a soffrire per l’infedeltà di alcuni suoi ministri. È il mondo a trarne allora motivo di scandalo e di rifiuto. Ciò che massimamente può giovare in tali casi alla Chiesa non è tanto la puntigliosa rilevazione delle debolezze dei suoi ministri, quanto una rinnovata e lieta coscienza della grandezza del dono di Dio, concretizzato in splendide figure di generosi Pastori, di Religiosi ardenti di amore per Dio e per le anime, di Direttori spirituali illuminati e pazienti. A questo proposito, gli insegnamenti e gli esempi di san Giovanni Maria Vianney possono offrire a tutti un significativo punto di riferimento: il Curato d’Ars era umilissimo, ma consapevole, in quanto prete, d’essere un dono immenso per la sua gente».
Nessuna posizione umana è comparabile a quella del sacerdote: «Un buon pastore, un pastore secondo il cuore di Dio, è il più grande tesoro che il buon Dio possa accordare ad una parrocchia e uno dei doni più preziosi della misericordia divina». Sul sacerdozio non riusciva a capacitarsi della grandezza del dono e del compito affidati da Dio a una creatura umana: «Oh come il prete è grande!... Se egli si comprendesse, morirebbe... Dio gli obbedisce: egli pronuncia due parole e Nostro Signore scende dal cielo alla sua voce e si rinchiude in una piccola ostia...». 

Spiegando ai suoi fedeli l’importanza dei sacramenti, l’abbé Vianney affermerà: «Tolto il sacramento dell'Ordine, noi non avremmo il Signore. Chi lo ha riposto là in quel tabernacolo? Il sacerdote. Chi ha accolto la vostra anima al primo entrare nella vita? Il sacerdote. Chi la nutre per darle la forza di compiere il suo pellegrinaggio? Il sacerdote. Chi la preparerà a comparire innanzi a Dio, lavandola per l'ultima volta nel sangue di Gesù Cristo? Il sacerdote, sempre il sacerdote. E se quest'anima viene a morire [per il peccato], chi la risusciterà, chi le renderà la calma e la pace? Ancora il sacerdote... Dopo Dio, il sacerdote è tutto!... Lui stesso non si capirà bene che in cielo». Continua Benedetto XVI nella sua Lettera: «Queste affermazioni, nate dal cuore sacerdotale del santo parroco, possono apparire eccessive. In esse, tuttavia, si rivela l’altissima considerazione in cui egli teneva il sacramento del sacerdozio. Sembrava sopraffatto da uno sconfinato senso di responsabilità […]. Senza il prete la morte e la passione di Nostro Signore non servirebbero a niente. È il prete che continua l’opera della Redenzione sulla terra... Che ci gioverebbe una casa piena d’oro se non ci fosse nessuno che ce ne apre la porta? Il prete possiede la chiave dei tesori celesti: è lui che apre la porta; egli è l’economo del buon Dio; l’amministratore dei suoi beni... Lasciate una parrocchia, per vent’anni, senza prete, vi si adoreranno le bestie... Il prete non è prete per sé, lo è per voi”».

Finalmente il 13 agosto del 1815, a 29 anni e tre mesi, dopo indicibile fatica, poté salire all’altare e compiere il primo sacrificio eucaristico. Da bambino, quando era ancora accanto all’amata madre, egli affermava: «Se fossi prete, vorrei conquistare molte anime», quelle anime lo stavano attendendo.
Tornò a Ecully come vicario dell’abbé Balley, ma quest’ultimo, vecchio prima del tempo, morì nel 1817 dopo essersi confessato con il caro allievo, il figlio prediletto. Ricevette da lui il viatico, l’estrema unzione e gli ordinò di prendere gli strumenti di penitenza, mormorandogli all’orecchio: «Tieni, figliolo, nascondili. Se scoprissero questi arnesi dopo la mia morte, crederebbero che io ho già scontato i miei peccati e mi lascerebbero in Purgatorio fino alla fine del mondo». La disciplina e il cilicio di don Balley vennero ereditati, e quindi utilizzati, dall’abbé Vianney, il quale custodì con devozione gli oggetti appartenuti al suo maestro e padre spirituale, anche un piccolo specchio, «perché aveva riflesso il suo volto».

Ora,  per la diocesi di Lione, si poneva il problema di dove collocarlo. Era vacante una minuscola cappellania (neppure parrocchia) di Ars del dipartimento dell’Ain, a 35 chilometri a nord di Lione. Gli abitanti erano 230. Non valeva la pena “sprecare” un sacerdote per una realtà così piccola e situata in un punto che la diocesi considerava una sorta di Siberia, un luogo dimenticato dal mondo. Tuttavia, c’era quell’ “ignorante” pretino di 32 anni da sistemare. L’onorario previsto era di 500 franchi, concessi annualmente dal Comune. 

Il 9 febbraio 1818 l’ “inutile” ministro di Dio si mise in cammino e, trovato un ragazzo per la via, gli domandò l’indicazione per il villaggio che doveva raggiungere, promettendogli, come evoca, ricordando le parole pronunciate dal santo, il «Monument de la Rencontre» di Ars: «Io ti mostrerò il cammino del cielo». 

Era stato «preavvertito dal Vescovo che avrebbe trovato una situazione religiosamente precaria: “Non c’è molto amor di Dio in quella parrocchia; voi ce ne metterete”. Era, di conseguenza, pienamente consapevole che doveva andarvi ad incarnare la presenza di Cristo, testimoniandone la tenerezza salvifica: “[Mio Dio], accordatemi la conversione della mia parrocchia; accetto di soffrire tutto quello che vorrete per tutto il tempo della mia vita!”, fu con questa preghiera che iniziò la sua missione. Alla conversione della sua parrocchia il Santo Curato si dedicò con tutte le sue energie, ponendo in cima ad ogni suo pensiero la formazione cristiana del popolo a lui affidato. Cari fratelli nel Sacerdozio, chiediamo al Signore Gesù la grazia di poter apprendere anche noi il metodo pastorale di san Giovanni Maria Vianney!». Benedetto XVI non propone a modello, dunque, la pastoralità moderna, bensì quella della Tradizione e si potrebbe affermare la stessa considerazione per la liturgia, come ha avuto modo di spiegare molto bene nella sua autobiografia, ma questo è un altro tema. Prosegue il Pontefice: «Ciò che per prima cosa dobbiamo imparare è la sua totale identificazione col proprio ministero. In Gesù, Persona e Missione tendono a coincidere: tutta la sua azione salvifica era ed è espressione del suo “Io filiale” che, da tutta l’eternità, sta davanti al Padre in atteggiamento di amorosa sottomissione alla sua volontà. Con umile ma vera analogia, anche il sacerdote deve anelare a questa identificazione. Non si tratta certo di dimenticare che l’efficacia sostanziale del ministero resta indipendente dalla santità del ministro; ma non si può neppure trascurare la straordinaria fruttuosità generata dall’incontro tra la santità oggettiva del ministero e quella soggettiva del ministro. Il Curato d’Ars iniziò subito quest’umile e paziente lavoro di armonizzazione tra la sua vita di ministro e la santità del ministero a lui affidato, decidendo di “abitare” perfino materialmente nella sua chiesa parrocchiale: “Appena arrivato egli scelse la chiesa a sua dimora... Entrava in chiesa prima dell’aurora e non ne usciva che dopo l’Angelus della sera. Là si doveva cercarlo quando si aveva bisogno di lui”, si legge nella prima biografia». In chiesa il tempo scompariva, come lo spazio, lì guardava il buon Dio e «Dio guarda me…».

Quando giunse ad Ars il 13 febbraio 1818 trovò un paese immerso nella solitudine, isolato, quasi inaccessibile, anche a causa della quasi impraticabilità delle strade. Gli abitanti, infatti, non si allontanavano quasi mai da lì, «essendo del resto selvatici per natura».
Ad Ars Vianney si diede subito da fare, trovando l’appoggio nella contessina Maria Anna Colomba Garnier des Garets (1754-1832) di 64 anni. La Rivoluzione, nonostante fosse nobile, non l’aveva catturata. Il prete venuto da Dardilly non pretendeva di cambiare il mondo, ma quel minuscolo paese, che Dio gli aveva affidato. Si assicurò perciò la cooperazione delle famiglie migliori per perfezionare i buoni, richiamare gli indifferenti, convertire i peccatori. Dinanzi all’opera da intraprendere si sentiva debole e insufficiente, ma abbattendo l’orgoglio spalancò le porte alla forza misteriosa della Grazia, che inondò la sua anima e il paese di Ars, per il quale offrì tutto se stesso, sottoponendosi a durissime penitenze. Per diverso tempo dormì al piano terra con pavimento e muri umidi e senza materasso poiché lo regalò ai poveri. Contrasse nevralgie facciali molto dolorose e di cui soffrì per 15 anni. Gli fu allora detto di salire nella sua camera, ma lui scelse il solaio. Non ebbe mai per il suo «cadavere», come chiamava il proprio corpo, alcuna pietà.

Per cibarsi usava spesso la marmitta, divenuta leggendaria: in essa cuoceva patate per una settimana e le mangiava fredde, a volte ricoperte di muffa. Di tanto in tanto si faceva cuocere un uovo nella cenere calda oppure impastava un pugno di farina con acqua e sale, preparando i cosiddetti «matefaims» del Curato d’Ars. D’altra parte non aveva cessato di cibarsi di erba. Di tutta fretta mangiava quel poco-niente e beveva un bicchiere d’acqua. Proverbiali erano poi i suoi digiuni, di cui faceva uso per scacciare il peccato dalle anime. Affermava: «Questa specie di demoni – dice il Vangelo – non si scaccia che col digiuno e la preghiera» (Mt 17,20). Rivelerà: «… il demonio fa poco conto della disciplina e degli altri strumenti di penitenza. Ciò che lo sbaraglia è la privazione del bere, nel mangiare e nel dormire. Niente il demonio teme di più e quindi nulla è più gradito a Dio! Quando ero solo, e lo sono stato per otto o nove anni, potendo fare un poco a mio piacimento, mi è capitato di non mangiare per diversi giorni… Allora ottenevo da Dio tutto ciò che volevo per me e per gli  altri» e, con commozione, «Ora non è la stessa cosa. Non posso stare a lungo senza magiare; non riesco più a parlare… Ma come ero fortunato, quando ero solo! Comperavo dai poveri i pezzi di pane che erano stati loro offerti; passavo una buona parte della notte in chiesa; non avevo tanta gente da confessare come ora… E il buon Dio mi faceva grazie straordinarie…».

Utilizzò l’istruzione religiosa per debellare l’ignoranza e cristianizzò, evangelizzò, catechizzò, lanciando una vera e propria crociata contro la bestemmia, il lavoro festivo, le osterie e i balli. Le persone andavano a confessarsi sempre più frequentemente da lui e sovente, come accadrà anche al confessionale di Padre Pio da Pietrelcina, l’abbé Vianney non le assolveva se non vedeva il pentimento. 

Tutti gli obiettivi che si era posto al suo ingresso nel villaggio furono raggiunti, riuscendo anche a sopprimere le osterie, dispensatrici di vizi e miseria. Quando, più tardi, forestieri, fedeli o semplicemente curiosi arriveranno in massa ad Ars, san Giovanni Maria Vianney non si opporrà  all’apertura di attività commerciali come gli alberghi. L’ordine, pur con una presenza massiccia di pellegrini, regnerà sovrano. Gli antidoti dell’abbé Vianney al malcostume, al malaffare, allo sciupio della vita erano: messe quotidiane, sacramenti, catechismo, vespri, preghiere, letture devote, rosario, processioni, rogazioni, così si realizzò la restaurazione spirituale ad Ars, che andò di pari passo con quella materiale. 

Aveva per il peccatore tenera compassione, ma ciò non gli impediva di essere senza misericordia verso il peccato, di fronte al quale diventava rigidissimo e tuonava, spiegando che esiste una santa collera che viene dallo zelo «con cui dobbiamo sostenere gli interessi di Dio». La sua santa collera veniva non dal temperamento mite, bensì dal senso del dovere religioso, avendo assunto l’abito sacerdotale ed essendo divenuto, a pieno titolo, Alter Christus. 

La cappellania diventò parrocchia nel 1821 e Vianney inziò l’opera di restauro della chiesa. Inoltre, nel 1824, aprì una scuola e un orfanotrofio per ragazze, chiamato «Providence». Le giovani erano tante, circa 60, e il cibo, un giorno, iniziò a scarseggiare. Vianney pregò e il granaio si riempì: la cosa singolare è che il poco grano vecchio rimasto si distingueva dai chicchi nuovi. Ci fu carestia a causa della siccità e la farina era rarissima, ma il mediatore di Dio, con la preghiera, moltiplicò anche quella.

Tormentato dal desiderio di solitudine e di meditazione, sognava il giorno in cui avrebbe potuto ritirarsi nell’amata casa «Providence» per stabilire un’adorazione perpetua. Ma i disegni erano ben diversi. 

Dopo cinque anni Ars non era più Ars. Come affluenza di persone sembrava divenuta una metropoli. I forestieri rimanevano stupiti e meravigliati quando vi giungevano: il comportamento degli abitanti era esemplare. Ad essi il curato aveva raccomandato di recitare l’Angelus tre volte al giorno, perciò quando i tre colpi di campana si diffondevano nella valle, tutti si fermavano: gli uomini si scoprivano il capo, le donne giungevano le mani e tutti pregavano.

Violente furono le persecuzioni diaboliche ai danni del Curato d’Ars, che sarà nominato esorcista. Il maligno, che lui chiamava «grappino», lo pedinò per circa trentacinque anni, dal 1824 al 1858 e non gli permetteva di riposare. Rovesciava le sedie, scuoteva i mobili e ripeteva: «Vianney, Vianney! Mangiapatate!, Ah! Non sei ancora morto!... Un giorno ti avrò». Grugniti di orso, latrati di cane…Vianney pregava e faceva penitenza, non mangiava e non dormiva e un giorno il «grappino», sconfitto, non tornò più a molestarlo. 

La fama di santità percorse tutta la Francia e anche oltre. Il santo si schernì sempre dall’essere l’autore di prodigi, guarigioni e miracoli, attribuendo tutto all’intercessione di santa Filomena (III-IV secolo), martire dell’antica Roma, di cui la chiesa di Ars conservava una reliquia.

Tuttavia quella fama di santità urtava parecchi ecclesiastici, che non potevano credere in un sacerdote “ignorante”, spesso considerato addirittura pazzo. A tali illazioni monsignor Alexandre Raymond Dévié (1767 – 1855), vescovo di Belley, rispondeva: «Signori, io auguro a tutto il mio clero un granellino di questa follia».

Dall’età di 11 anni desiderava vivere in solitudine, ma non gli fu permesso; rimase 41 anni curato delle anime di Ars, contro la sua volontà, sottomettendosi a quella di Dio. Un giorno disse: «Non è per la fatica che costa… Ciò che spaventa è il conto che si deve rendere a Dio della vita di curato […] non sapete che cosa voglia dire passare da una canonica al tribunale di Dio». Tre volte tentò la fuga da Ars, ma fece sempre ritorno nel luogo dove Dio l’aveva chiamato ad operare.

I suoi sermoni sono un capolavoro di dottrina e di teologia. Siamo di fronte a un predicatore straordinario. Si prepara le prediche meglio che può, poi le studia. Ma quando le espone, parla con tanta convinzione, con tanto ardente amore per Dio che coinvolge e travolge gli uditori. Parecchi testimoni hanno raccontato che, nonostante la sottile voce del santo, l’assenza di microfoni, l’assembramento delle migliaia di persone nella e presso la chiesa, non impedivano alla Grazia di manifestarsi ugualmente e molti si convertirono senza neppure sentirlo.

Un avvocato anticlericale andò ad Ars sperando di ridere a spese di quello strano prete, in realtà tornò a casa convertito: agli amici che gli chiesero che cosa avesse visto ad Ars, egli rispose che aveva incontrato Dio in un uomo. 

Le sue benedizioni, le sue prediche, il suo carisma si estendono ormai per ogni dove; in moltissimi vogliono raggiungere Ars, tanto che tutta l’Europa viene qui rappresentata. 

Nel 1835 don Vianney risente ancora delle penitenze giovanili: nevralgie facciali e mal di denti impressionanti. Fino al 1843, nonostante la mole di lavoro a cui deve attendere, non ha accanto a sé nessun coadiutore, ma dopo questa data monsignor Devie raccomanda i parroci di Rancé e di Savigneux di aiutarlo nelle diverse funzioni del suo ministero.

Proprio in quell’anno Vianney fu in punto di morte a causa di una pleuro-polmonite, d’altra parte già due anni prima, sentendosi sfinito e prossimo alla morte, aveva fatto testamento, nel quale «lasciava alla terra il suo corpo di peccati e consegnava la sua povera anima alle Tre Persone della SS. Trinità».
Fu un martire del confessionale: arrivò a starvi anche 18 ore al giorno. Benedetto XVI, sull’esempio di Vianney, invita a rimettere al centro delle preoccupazioni pastorali la confessione, il sacramento che rigenera e riporta alla vita l’anima fatta per la libertà della Verità e non per la menzogna e la prigionia del peccato, che getta nelle tenebre la persona, serrandola in una gabbia di male. E se l’anima è torturata, tutto l’equilibrio psicofisico è turbato e compromesso. Scrive ancora il Santo Padre nella sua Lettera: «Sconsiglia ai suoi parrocchiani la danza. Eppure le danze del suo tempo sono meno immorali e scandalose di certe danze di oggi: le sue parrocchiane ci vanno coperte e con le gonne lunghe. Chissà che cosa direbbe di certi balli del nostro secolo! Eppure nega l’assoluzione a chi non promette di astenersi da certi balli. Alcuni gli rispondono che andranno in un’altra chiesa dove non avranno difficoltà a farsi assolvere. A questi risponde: “Se altri preti vi vogliono aiutare ad andare all’Inferno, che se ne prendano la responsabilità”».

Era il mese di marzo del 1850 quando uscì un libro del suo amico, il venerabile fratel Gabriele Taborin (1799-1864), fondatore dei Fratelli della Sacra Famiglia, dal titolo: L’Angelo conduttore dei pellegrini di Ars. Quando Taborin gli fece dono del volume, l’abbé Vianney rimase profondamente addolorato, poiché si trattava di un lavoro encomiastico nei suoi confronti. «Ma come avete potuto ingannarmi così?», disse turbato , «Vi credevo incapace di fare un libro cattivo. Non voglio assolutamente che quest’opera sia conservata o divulgata in alcun modo. Bruciatela immediatamente! Vi rimborserò io le spese della stampa». Di fronte all’interdetto Taborin egli aggiunse, pensando sempre di essere un asino che aveva scambiato il suo «raglio per un nitrito»: «Il vostro libro è buono farà senz’altro del bene. Ma bisogna togliere tutti quegli elogi menzogneri che avete messo all’inizio. Come avete potuto farmi simili lodi. A me, che non sono che un povero peccatore, il più ignorante dei preti. A me che forse un giorno sarò sconfessato! Gli altri parroci fanno del bene. Io non faccio che tele di ragno, e se anche essi non lo dicono, comunque lo pensano». Il suo disappunto non venne preso in considerazione e il Vescovo di Belley diede l’autorizzazione alla distribuzione del volume. Il commento del Curato d’Ars fu: «Appena una croce mi lascia, eccone subito un’altra pronta a sostituirla» e non autografò neppure una copia.

L’abbé Vianney  trascorre tutta la sua giornata e la sera in chiesa: all’altare, sul pulpito, in confessionale. Spesso la notte non trova riposo, a causa delle molestie sataniche, che si fanno sentire anche di giorno, come quella mattina del 24 febbraio 1857. Mentre il curato si trovava in sacrestia, alcuni fedeli, che si trovavano nella canonica, videro uscire le fiamme dalla sua stanza. Corsero per andarlo ad avvisare. Egli, che già indossava i paramenti sacri e stava per iniziare a celebrare la Santa Messa, senza scomporsi disse: «Quel villano d’un grappino!... Non ha potuto prendere l’uccello e così brucia la gabbia». Così dicendo trasse di tasca la chiave della porta per dare la possibilità ai parrocchiani di spegnere l’incendio. (Ancora oggi sono visibili le tracce del fuoco su diversi oggetti). Ma grande fu lo stupore quando i soccorritori videro, aprendo la porta, che le fiamme si erano fermate davanti al reliquiario di legno che don Vianney teneva sul cassettone e che conteneva oltre cinquecento reliquie di santi, raccolte nel corso degli anni.

 Fra i tanti doni straordinari di don Vianney c’era quello del discernimento degli spiriti, cioè l’intelligibilità delle anime che gli permetteva di scrutare i cuori e rivelare anche ciò che i penitenti non osavano dire oppure li illuminava sui pericoli della coscienza e sulle tentazioni. Giorno, notte, sempre, senza soste… nulla lo poteva fermare di fronte alla liberazione del peccato. Soffriva di emicranie paurose dentro il confessionale, gelido d’inverno, una fornace d’estate, eppure proseguiva, incurante di sé.

Venivano pagati i poveri per tenere il posto in coda ai più abbienti. Don Vianney non faceva mai distinzioni fra i fedeli, usando lo stesso atteggiamento, come faceva anche san Giuseppe Cafasso (1811-1860), sia per i meno fortunati che per le persone illustri. Una volta un ricco signore si lamentò a gran voce perché era costretto, per confessarsi, a rispettare la fila come gli altri. Con passo deciso si avviò al confessionale, superando tutti gli astanti, e con arroganza disse: «La settimana scorsa, io, sono stato a pranzo con l’imperatore!», allora l’abbé Vianney spuntò fuori e rispose: «E io pranzo tutti giorni con Nostro Signore!». Arguto e pungente, il Curato rispondeva sempre a tono, come quella volta che si rivolse in questi termini ad un pellegrino scettico, il quale gli aveva domandato se vedeva davvero il diavolo: «Sì, e anche adesso!».

Incoraggiava alla comunione frequente, affermando che non tutti coloro che si avvicinano all’altare sono santi, ma i santi sono fra coloro che si comunicano spesso. Un giorno un’indemoniata gli gridò: «Quanto mi fai soffrire… Se sulla terra ci fossero tre persone come te, il mio regno sarebbe distrutto».

Unito costantemente a sorella povertà, amava i paramenti sacri ricchi e preziosi, gli arredi della chiesa belli e nobili. Affermava che «niente è troppo bello per Dio» e agì di conseguenza abbellendo la chiesa, il campanile, il coro, le cappelle Jean-Baptiste nel 1823, Ecce Homo nel 1833, Sainte Philomène nel 1837 Per tutta la vita accoglierà con riconoscenza donazioni e favori di benefattori aristocratici e potenti, sempre destinati ad abbellire la chiesa o la «Providence».

Incontrandolo ci si convertiva o si consolidava la fede che si aveva, cercando di perfezionarsi, ma gli stessi preti rimanevano scossi e rileggevano la propria vocazione alla luce della vita, della pastorale, delle parole del Curato d’Ars. Spiegava il patrono dei parroci: «La causa della rilassatezza del sacerdote è che non fa attenzione alla Messa! Mio Dio, come è da compiangere un prete che celebra come se facesse una cosa ordinaria!» e prese l’abitudine di offrire sempre, celebrando, anche il sacrificio della propria vita: «Come fa bene un prete ad offrirsi a Dio in sacrificio tutte le mattine!». Il cuore, il centro della vita del prete è l’Eucaristia, ma tale deve essere anche per il laico, come afferma nel sermone pensato per la sesta domenica dopo Pentecoste: «Quale gioia per un cristiano che ha la fede, che, alzandosi dalla santa Mensa, se ne va con tutto il cielo nel suo cuore! ... Ah, felice la casa nella quale abitano tali cristiani!... quale rispetto bisogna avere per essi, durante la giornata. Avere, in casa, un secondo tabernacolo dove il buon Dio ha dimorato veramente in corpo e anima!. . .».

Nel 1836 si organizzò un servizio di vetture fra Ars e Trévoux, tre volte alla settimana e divenne quotidiano fra Ars e Lione nel 1840. Due carrozze omnibus furono poi ulteriormente approntate, per due volte al giorno, con la linea Parigi-Lione. Il numero dei pellegrini giunse ad ottantamila all’anno, contando solo coloro che si servivano di mezzi pubblici. 

Con decreto dell’11 agosto 1855 Napoleone III promosse l’abbé Vianney nell’ordine imperiale della Legion d’Onore, con il grado di cavaliere, titolo che assume un’inevitabile vena umoristica sulle spalle spigolose e fragili del curato, il quale, quando era diventato canonique, aveva immediatamente venduto, a vantaggio dei poveri, la mozzetta che gli avevano consegnato. Un giorno si sentì dire: «Signor Curato, tutte le potenze della terra vi offrono decorazioni. Quindi Dio non mancherà di decorarvi in Cielo» e lui, seriamente: «È questo che mi fa paura! Guai se alla morte mi presentassi con queste bagatelle, e dovessi sentire Dio che mi dice: “Vattene! Hai già ricevuto la tua ricompensa”». Allora, quando seppe che la croce di cavaliere non aveva alcun valore commerciale, altrimenti l’avrebbe venduta per i suoi poveri, la restituì al mittente.

Morì, sfinito, ma senza agonia, il 4 agosto 1859 alle 2 della notte. Il campanile di Ars emise i rintocchi funebri e venne imitato dai paesi di Savigneux, Misérieux, Toussieux, Jassans-Riottier. Dopo le esequie, il suo corpo, per consentire l’ultimo saluto dei  fedeli, rimase esposto in chiesa dieci giorni e dieci notti.  Papa san Pio X lo ha proclamato beato l'8 gennaio 1905; mentre il 31 maggio 1925 è stato canonizzato da Pio XI. Nel centenario della morte, il 1° agosto 1959, il beato Giovanni XXIII gli ha dedicato un’enciclica, Sacerdotii Nostri Primordia, additandolo a modello dei sacerdoti.
Nel 1986, papa Giovanni Paolo II, nel bicentenario della nascita del santo, andò in pellegrinaggio ad Ars, dedicandogli la tradizionale lettera che indirizzava ogni giovedì Santo a tutti i sacerdoti. Lascia scritto il Papa: «Sulla strada del rientro dal Belgio a Roma,  ebbi la fortuna di sostare ad Ars. Era la fine di ottobre del 1947, la domenica di Cristo Re. Con grande commozione visitai la vecchia chiesetta dove San Giovanni Maria Vianney confessava, insegnava il catechismo e teneva le sue omelie. Fu per me un'esperienza indimenticabile. Fin dagli anni del seminario ero rimasto colpito dalla figura del parroco di Ars, soprattutto alla lettura della biografia scritta da Mons. Trochu. San Giovanni M. Vianney sorprende soprattutto perché in lui si rileva la potenza della grazia che agisce nella povertà dei mezzi umani. Mi toccava nel profondo, in particolare, il suo eroico servizio confessionale. Quell' umile sacerdote che confessava più di dieci ore al giorno, nutrendosi poco e dedicando al riposo appena alcune ore, era riuscito, in un difficile periodo storico, a suscitare una sorta di rivoluzione spirituale in Francia e non soltanto in Francia. Migliaia di persone passavano per Ars e si inginocchiavano al suo confessionale. Sullo sfondo della laicizzazione e dell'anticlericalismo del XIX secolo, la sua testimonianza costituisce un evento davvero rivoluzionario.

Dall'incontro con la sua figura trassi la convinzione che il sacerdote realizza una parte essenziale della sua missione attraverso il confessionale, attraverso quel volontario "farsi prigioniero del confessionale"».

Il Cuore incorrotto dell’abbé Vianney è custodito in un reliquiario donato, in occasione del centenario della beatificazione, dalla parrocchia di San Giovanni Maria Vianney (località Borghesiana) di Roma al Santuario di Ars. L'opera, in bronzo argentato, è stata fusa nella fonderia dei laboratori della Domus Dei di Albano su progetto dell'artista Alessia Bernabei di Roma. Il reliquiario è stato ideato prendendo spunto da una frase tratta dalle omelie del Curato: «Il cuore dei santi é saldo come una roccia tra i flutti del mare», e rielabora il  portale della Cappella del Cuore di Ars, trasformandolo in un tempietto, edificato sopra una roccia, che si erge tra le onde del mare.

Autore: Cristina Siccardi




http://www.arsnet.org/

LA FORMATION SACERDOTALE DE JEAN-MARIE VIANNEY. Conférence donnée à Ars par le Père Paul Vial, professeur d’histoire à l’Université Catholique de Lyon, lors des Journées Sacerdotales du Centenaire, le 22 septembre 1959 : http://www.arsnet.org/115-17.pdf

Mgr H. CONVERT. Le Saint Curé d'Ars et la famille : 

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Ars/famille.htm