dimanche 19 août 2012

Saint JEAN EUDES, prêtre, missionnaire et fondateur


Saint Jean Eudes

Fondateur des Eudistes et de l'Institut Notre-Dame de Charité ( 1680)

Il est contemporain de saint Vincent de Paul et sa vocation s'explique en grande partie par la situation religieuse de la France à son époque. 

Le peuple, écrit-il, «avait remplacé la foi par la sorcellerie et la superstition»; les puissants «donnaient l'exemple de tous les vices»; les prêtres étaient «ignorants et souvent corrompus, abandonnant leur troupeau dès qu'apparaissaient la peste ou une épidémie». Pour y remédier, s'appuyant sur ses dons évidents pour la prédication, il organise des «missions paroissiales», en Bretagne, en Normandie, en Bourgogne et jusqu'à la cour du roi Louis XIV, pour une annonce systématique de l'Évangile, près de cent quinze missions entre 1632 et 1675. 

Pour mieux se consacrer à cet apostolat, il quitte l'Oratoire en 1643 et fonde, à Caen, "la Congrégation de Jésus et de Marie" (les Pères eudistes), qui se voue aux missions ainsi qu'à la fondation des séminaires pour la formation d'un meilleur clergé. 

En 1642, il crée également "l'Institut Notre-Dame de Charité", dont les religieuses se consacreront, entre autres ministères, à la réhabilitation des femmes prostituées. Son action s'appuie sur la compassion du cœur de Marie et la miséricorde du cœur de Jésus. 

Ayant renoncé à la charge de premier supérieur général de sa congrégation, il s'éteint à Caen en 1680, à l'âge de soixante-dix neuf ans. Il a été canonisé le 31 mai 1925.

Saint Jean Eudes (1601-1680) Missionnaire dans l'âme, ce prêtre de la deuxième génération de la Réforme catholique va, sa vie durant, contempler la miséricorde et l'amour du Christ tout en s'impliquant dans une intense activité apostolique.

Partez à la découverte de l’église de Ri, dans l’Orne, village natal de St jean Eudes (1601, baptistère d’époque), grand apôtre et évangélisateur pour ses contemporains normands ... (diocèse de Séez) - vidéo.

Né à Ri, dans l'Orne, en 1601, il entre chez les Oratoriens et parcourt le Cotentin, en fondant un institut pour les filles repenties, en assistant les pestiférés et les prisonniers impliqués dans la révolte des Nu-pieds. Outre les missions, il fonde des séminaires à Caen, Coutances, Lisieux, Rouen, Evreux et Rennes. Il répand la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie. Le diocèse de Coutances lui doit la construction de la chapelle du séminaire. Source: Liturgie des heures du diocèse de Coutances et Avranches 1993.

Voir aussi: 

- Saint Jean Eudes, bientôt docteur de l'Eglise? (Radio Vatican, le 3 décembre 2016)

Mémoire de saint Jean Eudes, prêtre, qui s’adonna plusieurs années, dans la Congrégation de l’Oratoire, à la prédication dans les paroisses, principalement en Normandie, puis fonda la Congrégation de Jésus et de Marie pour la formation sacerdotale dans des séminaires, et une autre, celle des moniales de Notre-Dame de la Charité, pour consolider dans la vie chrétienne des femmes pénitentes. Il favorisa tant qu’il put la dévotion aux cœurs de Jésus et de Marie et s’endormit pieusement dans le Seigneur à Caen, en 1680.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1696/Saint-Jean-Eudes.html



G. Francisi. Saint Jean Eudes, Fondateur, 1909
Conservé chez les Eudistes de Charlesbourg (Québec).



Saint Jean Eudes

Fondateur de la Congrégation de Jésus et de Marie

(1601-1680)

Jean Eudes, né le 14 novembre 1601, dans le petit village normand de Ri, était l'aîné de six enfants; l'historien Eudes de Mézerai était son frère. Son père, Isaac, qui avait été arrêté au seuil du sacerdoce par des devoirs impérieux, possédait une science religieuse au-dessus de la moyenne; aussi en fit-il largement bénéficier ses enfants.

Aucun ne profita mieux de cette éducation que Jean. Il n'était encore qu'un enfant quand, un jour, ayant reçu un soufflet d'un de ses camarades, il se mit à genoux, et tendit l'autre joue, selon le conseil évangélique. À quatorze ans, il faisait le voeu de chasteté et montrait déjà cette ténacité de volonté qui sera sa note caractéristique. Au collège de Caen, sa dévotion envers Marie le poussa à se passer naïvement un anneau de fiançailles au doigt. Ses études terminées, il se décida à entrer dans l'état ecclésiastique. Pour le faire avec plus de perfection, il se mit sous la direction du Père de Bérulle, entra à l'Oratoire et fut ordonné prêtre à Paris, le 24 décembre 1625.

Le nouveau prêtre inaugura son ministère en se dévouant au soulagement des populations de Normandie alors décimées par la peste. Il poussa si loin le dévouement envers les pestiférés qu'il ne se trouva personne à Caen pour oser lui prêter asile, et que pendant plusieurs semaines il en fut réduit à se loger hors de la ville, dans un grand tonneau.

Mais l'oeuvre principale du Père Eudes fut l'oeuvre des missions. Au sortir des guerres religieuses, en France, l'ignorance de la religion et le relâchement des moeurs étaient extrêmes. Pour y porter remède, le Père Eudes parcourut la Normandie, la Bourgogne, l'Île de France et maints autres lieux; son éloquence populaire, servie par un bel organe, et accompagnée d'une sainteté authentique, exerça un ascendant considérable sur toutes les classes de la société. Depuis saint Vincent Ferrier on n'avait point vu de missionnaire qui exerçât une telle action sur les foules.

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, "le plus grand ennemi de l'Église", selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Coeurs de Jésus et de Marie, et appelée "Congrégation de Jésus et de Marie" (Eudistes). Le succès vint aussitôt: les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.

En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des "Repenties". Selon l'usage du temps, chaque maison était indépendante; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d'Angers, sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme "de taille à gouverner un royaume", obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de "Bon-Pasteur". Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

Une des gloires du Père Eudes est d'avoir été le précurseur de la dévotion aux Coeurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l'Office solennel de ces très saints Coeurs et s'en faisait l'Apôtre dans ses missions. Aussi Léon XIII a appelé le Père Eudes "Auteur du culte liturgique des SS. Coeurs de Jésus et de Marie"; et Pie X, en le béatifiant, a dit qu'il devait être regardé comme "Père, Docteur et Apôtre" de cette dévotion.

Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680.

J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 332

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/saint_jean_eudes.html



Buste de Saint-Jean-Eudes à Caraquet,

 au Nouveau-Brunswick (Canada), 1990

BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE



Mercredi 19 août 2009


Chers frères et sœurs!

C'est aujourd'hui la mémoire liturgique de saint Jean Eudes, apôtre inlassable de la dévotion aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie, qui vécut en France à la fin du XVIIe siècle, un siècle marqué par des courants religieux opposés et également par de graves problèmes politiques. C'est l'époque de la guerre de Trente ans, qui a non seulement dévasté une grande partie du centre de l'Europe, mais qui a également dévasté les âmes. Pendant que se diffusait le mépris pour la foi chrétienne de la part de certains courants de pensée alors dominants, l'Esprit Saint suscitait un renouveau spirituel plein de ferveur, avec des personnalités de grande envergure comme de Bérulle, saint Vincent de Paul, saint Louis Marie Grignon de Montfort et saint Jean Eudes. Cette grande "école française" de sainteté porta parmi ses fruits également saint Jean-Marie Vianney. Par un mystérieux dessein de la providence, mon vénéré prédécesseur Pie XI proclama saints ensemble, le 31 mai 1925, Jean Eudes et le curé d'Ars, offrant à l'Eglise et au monde entier deux exemples extraordinaires de sainteté sacerdotale.

Dans le contexte de l'Année sacerdotale, j'ai à cœur de m'arrêter pour souligner le zèle apostolique de saint Jean Eudes, particulièrement tourné vers la formation du clergé diocésain. Les saints sont la véritable interprétation de l'Ecriture Sainte. Les saints ont éprouvé, dans l'expérience de leur vie, la vérité de l'Évangile; ainsi, ils nous introduisent dans la connaissance et la compréhension de l'Évangile. En 1563, le Concile de Trente avait promulgué des normes pour l'érection des séminaires diocésains et pour la formation des prêtres, dans la mesure où le Concile était tout à fait conscient que toute la crise de la réforme était également conditionnée par une formation insuffisante des prêtres, qui n'étaient pas préparés pour le sacerdoce de manière juste, intellectuellement et spirituellement, dans leur cœur et dans leur âme. Nous étions en 1563; mais comme l'application et la réalisation des normes tardaient aussi bien en Allemagne qu'en France, saint Jean Eudes comprit les conséquences de ce retard. Animé par la conscience lucide du grave besoin d'aide spirituelle, dont les âmes étaient victimes également en raison du manque de préparation d'une grande partie du clergé, le saint, qui était un curé, institua une Congrégation consacrée de manière spécifique à la formation des prêtres. Il fonda son premier séminaire dans la ville universitaire de Caen, une expérience extrêmement appréciée, qui se diffusa très vite dans d'autres diocèses. Le chemin de sainteté, qu'il parcourut et qu'il proposa à ses disciples, avait pour fondement une solide confiance dans l'amour que Dieu a révélé à l'humanité dans le Cœur sacerdotal du Christ et dans le Cœur maternel de Marie. A cette époque de cruauté, de perte d'intériorité, il s'adressa au cœur, pour dire au cœur une parole des Psaumes très bien interprétée par saint Augustin. Il voulait attirer à nouveau au cœur les personnes, les hommes et surtout les futurs prêtres, en montrant le cœur sacerdotal du Christ et le cœur maternel de Marie. Chaque prêtre doit être témoin et apôtre de cet amour du cœur du Christ et de Marie. Et nous arrivons ainsi à notre époque.

Aujourd'hui aussi, on ressent le besoin que les prêtres témoignent de l'infinie miséricorde de Dieu à travers une vie entièrement "conquise" par le Christ, et apprennent cela dès les années de leur préparation dans les séminaires. Le Pape Jean-Paul II, après le synode de 1990, a publié l'Exhortation apostolique Pastores dabo vobis dans laquelle il reprend et met à jour les règles du Concile de Trente et souligne en particulier la nécessaire continuité entre le moment initial et celui permanent de la formation; pour lui, pour nous, cela est un véritable point de départ pour une authentique réforme de la vie et de l'apostolat des prêtres, et c'est également le point central afin que la "nouvelle évangélisation" ne soit pas simplement un slogan attrayant, mais se traduise dans la réalité. Les fondements établis dans la formation au séminaire, constituent l'"humus spirituale" irremplaçable, dans lequel on peut "apprendre le Christ" en se laissant progressivement configurer à Lui, unique prêtre suprême et bon pasteur. Le temps du séminaire doit donc être considéré comme la réalisation du moment où le Seigneur Jésus, après avoir appelé les apôtres et avant de les envoyer prêcher, leur demande de rester avec Lui (cf. Mc 3, 14). Lorsque saint Marc raconte la vocation des douze apôtres, il nous dit que Jésus avait un double objectif: le premier était qu'ils soient avec Lui, le second qu'ils soient envoyés pour prêcher. Mais, allant toujours avec Lui, ils annoncent réellement le Christ et apportent la réalité de l'Évangile au monde.

Au cours de cette Année sacerdotale, je vous invite à prier, chers frères et sœurs, pour les prêtres et pour tous ceux qui se préparent à recevoir le don extraordinaire du sacerdoce ministériel. Pour conclure, j'adresse à tous l'exhortation de saint Jean Eudes qui dit ceci aux prêtres: "Donnez-vous à Jésus, pour entrer dans l'immensité de son grand Cœur, qui contient le Cœur de sa Sainte Mère et de tous les saints, et pour vous perdre dans cet abîme d'amour, de charité, de miséricorde, d'humilité, de pureté, de patience, de soumission et de sainteté" (Le Cœur admirable, III, 2).

Dans cet esprit, chantons à présent le Notre Père en latin.

* * *

Je suis heureux de vous saluer, chers amis de langue française, en ce jour où l'Eglise fait mémoire de saint Jean Eudes, qui fut un modèle de sainteté sacerdotale. Le chemin de sainteté qu'il suivit et qu'il proposa à ses disciples avait comme fondement une solide confiance en l'amour que Dieu a révélé à l'humanité dans le cœur sacerdotal du Christ et dans le cœur maternel de Marie. Je vous invite à prier pour que les prêtres d'aujourd'hui, à l'exemple de saint Jean Eudes, soient aussi des témoins ardents de cet amour à travers leur vie et leur ministère, afin que le Peuple de Dieu tout entier puisse en bénéficier. Avec ma Bénédiction apostolique!

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090819_fr.html



Saint Jean-Eudes
Prêtre et fondateur des :
« Congrégation de Jésus et de Marie » (Eudistes)
« Institut Notre-Dame de Charité »

Jean Eudes, né le 14 novembre 1601, dans le petit village normand de Ri, était l´aîné de six enfants ; l´historien Eudes de Mézerai était son frère. Son père, Isaac, qui avait été arrêté au seuil du sacerdoce par des devoirs impérieux, possédait une science religieuse au-dessus de la moyenne ; aussi en fit-il largement bénéficier ses enfants.

Aucun ne profita mieux de cette éducation que Jean. Il n´était encore qu´un enfant quand, un jour, ayant reçu un soufflet d´un de ses camarades, il se mit à genoux, et tendit l´autre joue, selon le conseil évangélique. À quatorze ans, il faisait le vœu de chasteté et montrait déjà cette ténacité de volonté qui sera sa note caractéristique. Au collège de Caen, sa dévotion envers Marie le poussa à se passer naïvement un anneau de fiançailles au doigt.

Ses études terminées, il se décida à entrer dans l´état ecclésiastique. Pour le faire avec plus de perfection, il se mit sous la direction du Père de Bérulle, entra à l´Oratoire et fut ordonné prêtre à Paris, le 24 décembre 1625.

Le nouveau prêtre inaugura son ministère en se dévouant au soulagement des populations de Normandie alors décimées par la peste. Il poussa si loin le dévouement envers les pestiférés qu´il ne se trouva personne à Caen pour oser lui prêter asile, et que pendant plusieurs semaines il en fut réduit à se loger hors de la ville, dans un grand tonneau.

Mais l´œuvre principale du Père Eudes fut l´œuvre des missions. Au sortir des guerres religieuses, en France, l´ignorance de la religion et le relâchement des mœurs étaient extrêmes. Pour y porter remède, le Père Eudes parcourut la Normandie, la Bourgogne, l´Île de France et maints autres lieux ; son éloquence populaire, servie par un bel organe, et accompagnée d´une sainteté authentique, exerça un ascendant considérable sur toutes les classes de la société. Depuis saint Vincent Ferrier on n´avait point vu de missionnaire qui exerçât une telle action sur les foules.

Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, « le plus grand ennemi de l´Église », selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l´embryon d´une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Cœurs de Jésus et de Marie, et appelée « Congrégation de Jésus et de Marie » (Eudistes). Le succès vint aussitôt : les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux. Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.

En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des « Repenties ». Selon l´usage du temps, chaque maison était indépendante ; à la mort du Père Eudes, il y en avait quatre ; à la veille de la Révolution, il y en avait huit. En 1835, la supérieure du Refuge d´Angers, sainte Marie-Euphrasie Pelletier, femme « de taille à gouverner un royaume », obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de « Bon-Pasteur ». Cette branche a eu un grand succès, et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.

Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur et mourut saintement le 19 août 1680.

Une des gloires du Père Eudes est d´avoir été le précurseur de la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie. Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l´Office solennel de ces très saints Cœurs et s´en faisait l´Apôtre dans ses missions. Aussi le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) appela le Père Eudes « Auteur du culte liturgique des SS. Cœurs de Jésus et de Marie ».

Saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), en le béatifiant, le 25 avril 1909, a dit qu´il devait être regardé comme « Père, docteur et apôtre » de cette dévotion.

Jean-Eudes a été canonisé le 31 mai 1925 par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939).
Pour un approfondissement biographique :


Sources principales : J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 332 (« Rév. x gpm »). 

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Né à Ri, près d'Argentan, dans l’Orne, le 14 novembre 1601 

Mort à Caen, le 19 août 1680 

Prêtre français, fondateur de l’Ordre de Notre-Dame de Charité, et de la Congrégation du séminaire de Jésus et Marie (Eudistes). 

Fils d'un chirurgien de campagne, il est l'aîné de sept enfants, dont l’historien François Eudes de Mézeray. En 1615, il part pour Caen, où il y devient élève des Jésuites. En 1620, il reçoit la tonsure et les ordres mineurs. Séduit par la communauté de l'Oratoire qui vient de se fonder à Caen, il part pour Paris où il est accueilli, en 1623, par Pierre de Bérulle, à l'Oratoire de la rue Saint-Honoré. En 1624, il fait le "vœu de servitude à Jésus", et à Noël de l'année 1625, il est ordonné prêtre. Après deux années de repos obligé pour raisons de santé, Jean Eudes demande l'autorisation de rejoindre Caen, où sévit la peste. Il y arrive en 1627, où il soigne les pestiférés jusqu'à la disparition du fléau. Prédicateur de talent, il se consacre ensuite aux missions de son Ordre. A Paris, en Normandie, en Bourgogne et en Bretagne, il s’illustre par sa charité et son éloquence. Nommé, en 1640, supérieur de la maison de l’Oratoire de Caen, il institue des conférences ecclésiastiques pour l’instruction des prêtres de la ville. En août 1641, il rencontre Marie des Vallées à Coutances, dont il devient, à la demande de l'évêque, le directeur spirituel. Il en sera toujours l'ardent défenseur, jusqu'après la mort de celle-ci en 1656. Le Père Ange Le Doré écrit au sujet de cette rencontre dans Naissance du culte liturgique des Sacrés-Cœurs : «en 1641 que Dieu lui-même est intervenu au moment choisi par la Providence et qu'il s'est servi de la sœur Marie des Vallées pour manifester ou pour confirmer au P. Eudes la triple mission qui désormais occuperait sa vie : l'établissement du culte des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, la fondation de la Congrégation de Jésus et de Marie, l'institution de l'Ordre de Notre-Dame de Charité. Ces trois œuvres n'ont pas seulement des rapports de simultanéité dans leur origine ; des liens plus étroits les unissent et n'en font en quelque sorte qu'une seule œuvre. Dans toutes les trois, l'idée, l'esprit sont les mêmes. Ce sont trois manifestations diverses du même sentiment. » C'est en effet en septembre de cette même année 1641 qu'il conçoit et réalise le projet de la Maison du Refuge, qui accueille les femmes prostituées, ou liées avec une homme marié. Il y célèbre la première Messe le 8 décembre. L'approbation épiscopale de l'évêque de Bayeux pour cette congrégation féminine en 1651 en fera un véritable institut religieux, désormais connu sous le nom de Notre-Dame de Charité, approuvé par Alexandre VII en 1665. Puis en 1643, il quitte l’Oratoire, et fonde à Caen la Congrégation du séminaire de Jésus et Marie, dont les membres seront appelés plus tard eudistes, et un premier séminaire dans cette ville. La Congrégation sera approuvée par le Saint-Siège en 1851. De nombreux séminaires voient le jour dans les années qui suivent : à Coutances (1650), Lisieux (1653), Rouen (1658), Evreux (1667), et Rennes (1670). 

En 1648, à Autun, Jean Eudes fait imprimer le volume de La Dévotion au Cœur de Marie, et y célèbre le 8 février la première fête consacrée au Cœur de la Vierge. En 1671, à la demande de l'archevêque de Paris, il prêche une mission à la cour de Versailles. Louis XIV et la reine assistent à plusieurs sermons. En 1672, il publie le rituel de l’Office au Cœur de Jésus, et le 29 juillet, envoie une circulaire aux six maisons de son institut leur prescrivant de célébrer le 20 octobre la fête du Cœur de Jésus. Ce sera la première célébration en l'honneur du Sacré-Cœur en France. Disgracié par Louis XIV en 1673, suite à un véritable complot préparé par ses adversaires, il retrouve enfin la faveur royale en 1679. Il donne l'année suivante sa démission de supérieur de sa congrégation (remplacé par Jean-Jacques Blouet de Camilly le 26 juin) et meurt deux mois plus tard à Caen, le 19 août 1680. 

Il a composé un grand nombre d’ouvrages de piété, et pour la première fois dans l'Eglise composé des messes en l'honneur du Cœur de Jésus : La Vie et le Royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes (1637), De la dévotion et de l’office du Cœur de la Vierge (1650-1653), Le Contrat de l’homme avec Dieu dans le saint Baptême (1654), Le bon confesseur (1667), Manuel de prières (1668), L'Enfance admirable de la Mère de Dieu (1676), Le Cœur admirable de la Très Sainte Mère de Dieu (1680), ainsi que Le Mémorial de la vie ecclésiastique (1681) et Le prédicateur apostolique (1685). Jean Eudes a été béatifié le 25 avril 1909 par Pie X, et canonisé le 31 mai 1925 par Pie XI.





Lecture de l’icône de Saint Jean Eudes

Avant de nous approcher de l’icône de Saint Jean Eudes pour y lire ce que les lignes peuvent manifester du Mystère, recueillons-nous un instant devant Celui qui est l’Amour Incarné et qui nous a aimé jusqu’au bout. Lui l’icône vivante du Père, à l’image de qui nous avons été façonnés.

Cette icône peut être divisée en trois volets. Le Saint occupe la bande centrale. Sur le volet de droite, derrière le saint autel recouvert d’un baldaquin, nous voyons Notre Seigneur Jésus Christ, à côté de qui se trouve Saint Jean Eudes penché sur sa poitrine, tenant la place de Saint Jean le bien aimé dans l’icône de la Cène mystique. A partir de la grotte une source se transformant en fleuve traverse la montagne.

Le volet de gauche contient une église sur laquelle sont adossés plusieurs bâtiments symbolisant les séminaires et les deux Congrégations que le Saint a fondés. Le groupe se trouvant à l’avant représente la multitude qui a bénéficié des missions et de la charité du Saint. 

La Platitera occupe la partie supérieure de l’icône. Jean Eudes chante le Mystère de l’Incarnation uni à ses Acteurs par des liens indissolubles. Jésus dans le Cœur de Marie est la Source, le Modèle et le Terme de la vie de notre Saint.

Saint Jean Eudes, « l’Auteur, l’Apôtre et le Docteur du culte des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie », se tient debout, élancé en un mouvement anagogique, lui-même attiré et attirant à son tour vers les cimes de l’amour divin tous ceux qui l’approchent. Un simple graphisme sous-tend la composition et suggère ce mouvement ascensionnel à travers une structure en pointe de flèche : deux triangles ayant pour sommet la tête de l’enfant Jésus dans la Platitera. La base du premier triangle traverse la main bénissante de Notre Seigneur et la croix se trouvant sur la coupole de l’église. La base du second triangle lie le fleuve au groupe des nécessiteux. Notre Saint lève la main gauche en signe d’adoration et d’offrande reflétant l’attitude de la main de la Platitera. A l’exemple de Marie : « il nous fait regarder et adorer son Fils en Elle et n’y regarder et adorer que Lui ». La Mère de Dieu a soutenu le bras du Saint et a béni toutes ses entreprises. Comme le disciple bien aimé, Jean Eudes a pris Marie chez lui, bénéficiant de tous ses bienfaits au cours de sa vie dès sa conception jusqu’à sa mort.

En levant la main, dans un geste spontané, le Saint dévoile son cœur ardent où nous pouvons apercevoir les flammes qu’il lance. Il offre à Dieu le Père, l’Amour de son Fils Bien-Aimé. C’est la prière qui perce le ciel et qui est des plus fructueuses. Cela ne nous étonne point puisque Saint Jean Eudes a reçu « de Jésus et de sa très bonne Mère leur très aimable Cœur, d’une manière spéciale » qu’il lègue dans un testament à sa famille spirituelle. Nous pouvons affirmer que le Seigneur s’est servi de Saint Jean Eudes comme le Prophète, par excellence, des Saints Cœurs.

Le Saint se penche vers l’Eglise des pauvres parce que le Cœur de Jésus bat à la place du sien, et parce qu’il voit « le Christ qui se cache en eux à peu près comme sous les espèces de l’Eucharistie » (Saint Jean Chrysostome). Le zèle pour le salut des âmes le brûle, il s’épuise lors des missions afin de faire connaître aux chrétiens leur dignité de baptisé.

Dans la miniature représentant la Cène, Saint Jean Eudes se penche sur la poitrine du Sauveur pour s’abreuver à la source de son Cœur divin et pour laisser Jésus se former en lui. Ici, le Saint représente les prêtres dans leurs fonctions ministérielles. Il leur montre la grandeur de leur vocation et où ils peuvent puiser la sainteté et la force. Grâce à « l’Agneau immolé dès la fondation du monde » (Apocalypse 13, 8) ressuscité et se donnant en nourriture à ses fidèles, le prêtre peut changer le cours de l’histoire en ramenant à Dieu ses enfants égarés et dispersés. A l’image du Grand Prêtre ils peuvent, en union à ses souffrances, racheter les âmes. C’est pourquoi la main bénissante de Jésus se trouve au même niveau que la Croix de la coupole de l’église. Ainsi la bénédiction de Jésus qui atteint son point culminant au moment de l’Ascension fait irruption dans le monde en purifiant le temps et l’espace profané. Cette bénédiction est aussi « bénéfaction » (mot de Paul Evdokirnov) car elle arrose, comme un fleuve, les âmes assoiffées par le moyen des sacrements que les prêtres administrent. Pour signifier ceci nous voyons le fleuve au niveau de la multitude qui bénéficie de toutes ces grâces. Saint Jean Eudes écrit : « Jésus aime l’Eglise dont les sacrements spécialement l’Eucharistie, abrégés de toutes les merveilles de Dieu, sont autant de fontaines inépuisables de grâces et de sainteté qui ont leur source dans l’océan immense du Sacré Cœur de notre Sauveur ».

Saint Jean Eudes porte dans sa main droite un parchemin sur lequel nous lisons sa devise : « Vive Jésus et Marie ». Le meilleur commentaire que l’on puisse en faire ce sont ces paroles qui débordent du cœur du Saint : « qui me donnera que tous les Cœurs et toutes les langues crient avec moi : Vive Jésus et Marie ! Vive le très aimable Cœur de Jésus et Marie ! Vivent tous les cœurs qui aiment et honorent ce Cœur admirable ! Ô rêve de ma vie, que mon cœur meurt à toute autre vie et qu’il vive de votre vie, qu’il soit animé de votre Esprit, qu’il soit embrasé de votre amour, afin que les désirs de mon Sauveur s’accomplissent : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il brûle ».

Pour terminer cette lecture de l’icône nous empruntons les paroles de Saint Macaire qui font écho aux désirs de Saint Jean Eudes : « Agissez comme des enfants de lumière et comme les rayons de l’unique soleil de vérité, le Christ, que votre foi commune ait son centre dans son Cœur. Unis entre vous par la Sainte Charité, constituez une seule lumière ».

Que le Règne de Jésus vienne, que le Cœur Immaculé de Marie triomphe ! Amen.

22 juin 2001, Fête du Sacré Cœur de Jésus
Carmel de la Théotokos et de l’Unité
Rue Saint Joseph





Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Jean naquit de parents pieux et honnêtes en l’an mil six cent un au village de Ri dans le diocèse de Séez. Encore enfant ayant été nourri du pain des anges, il fit joyeusement le vœu de chasteté. Reçu au collège des Pères Jésuites de Caen, il s’y signala par sa rare piété et se mit sous’la protection de la Vierge Marie..Quoique à peine adolescent, il signa de son sang le pacte qui le consacrait à elle. Ayant suivi avec grande distinction les cours de lettres et de philosophie et rejeté des propositions de mariage, s’enrôla dans la congrégation de l’Oratoire fondée par le Cardinal de Bérulle et fut ordonné prêtre à Paris. Sa charité envers le prochain était admirablement ardente, car la peste s’étant répandue d’Asie en plusieurs lieux, il s’empressa d’apporter tous ses soins à la guérison des corps et des âmes. Nommé recteur de l’Oratoire de Caen, il songea longtemps à fonder un institut où des jeunes gens capables deviendraient de dignes ministres de l’Église et, ayant imploré le secours divin, il se sépara courageusement bien qu’avec peine de ses confrères de l’Oratoire après vingt ans de vie commune.

Cinquième leçon. S’adjoignant donc en ce but cinq prêtres, il institua en l’an mil six cent quarante trois, au jour de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie une congrégation de clercs réguliers qu’il plaça sous le vocable des très saints noms de Jésus et de Marie et ouvrit à Caen le premier de ses séminaires. Il en établit d’autres ensuite en Normandie et en Bretagne. En faveur des pécheresses à rappeler à la vie chrétienne, il fonda peu après l’Ordre de Notre-Dame de Charité, arbre illustre qui a comme rameau la congrégation du Bon Pasteur à Angers. Jean Eudes fonda aussi la société du Cœur admirable de la Mère de Dieu et d’autres œuvres de charité. Ses écrits sont nombreux et excellents. Jusqu’à l’âge le plus avancé il sema, comme missionnaire apostolique, la bonne parole dans quantité de villages, de bourgs et de villes et jusque dans le palais des rois.

Sixième leçon. Le zèle de Jean Eudes brilla spécialement dans son ardeur à promouvoir une salutaire dévotion envers les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. Il fut le premier à songer, non sans quelque inspiration divine, au culte liturgique qu’il leur faut rendre. Aussi le tient-on pour le père, l’apôtre et le docteur de cette dévotion. Vigoureux adversaire du Jansénisme, il garda toujours à l’égard de la Chaire de St-Pierre, un inflexible respect, et pria Dieu assidûment pour ses ennemis comme pour ses frères. Brisé par tant de travaux plus que par l’âge et désirant la dissolution de son corps pour être avec le Christ, il mourut paisiblement le dix-neuf août de l’an mil six cent quatre-vingt après avoir dit et redit les noms suaves de Jésus et de Marie. Plusieurs miracles ayant signalé sa sainteté, Pie X l’inscrivit au catalogue des Bienheureux et, à la suite de nouveaux miracles, Pie XI le mit au nombre des saints en l’année sainte, le dimanche de la Pentecôte et il étendit son office et sa messe à l’Église universelle.

Au troisième nocturne. Du Commun.

Lecture du saint Évangile selon saint Luc. Cap. 12, 35-40.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Que vos reins soient ceints, et les lampes allumées dans vos mains. Et le reste.

Homélie de saint Grégoire, Pape. Homilia 13 in Evang.

Septième leçon. Mes très chers frères, le sens de la lecture du saint Évangile que vous venez d’entendre est très clair. Mais de crainte qu’elle ne paraisse, à cause de sa simplicité même, trop élevée à quelques-uns, nous la parcourrons brièvement, afin d’en exposer la signification à ceux qui l’ignorent, sans cependant être à charge à ceux qui la connaissent. Le Seigneur dit : « Que vos reins soient ceints ». Nous ceignons nos reins lorsque nous réprimons les penchants de la chair par la continence. Mais parce que c’est peu de chose de s’abstenir du mal, si l’on ne s’applique également, et par des efforts assidus, à faire du bien, notre Seigneur ajoute aussitôt : « Ayez en vos mains des lampes allumées ». Nous tenons en nos mains des lampes allumées, lorsque nous donnons à notre prochain, par nos bonnes œuvres, des exemples qui l’éclairent. Le Maître désigne assurément ces œuvres-là, quand il dit : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux ».

Huitième leçon. Voilà donc les deux choses commandées : ceindre ses reins, et tenir des lampes ; ce qui signifie que la chasteté doit parer notre corps, et la lumière de la vérité briller dans nos œuvres. L’une de ces vertus n’est nullement capable de plaire à notre Rédempteur si l’autre ne l’accompagne. Celui qui fait des bonnes actions ne peut lui être agréable s’il n’a renoncé à se souiller par la luxure, ni celui qui garde une chasteté parfaite, s’il ne s’exerce à la pratique des bonnes œuvres. La chasteté n’est donc point une grande vertu sans les bonnes œuvres, et les bonnes œuvres ne sont rien sans la chasteté. Mais si quelqu’un observe les deux préceptes, il lui reste le devoir de tendre par l’espérance à la patrie céleste, et de prendre garde qu’en s’éloignant des vices, il ne le fasse pour l’honneur de ce monde.

Neuvième leçon. « Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin que lorsqu’il viendra et frappera à la porte, ils lui ouvrent aussitôt ». Le Seigneur vient en effet quand il se prépare à nous juger ; et il frappe à la porte, lorsque, par les peines de la maladie, il nous annonce une mort prochaine. Nous lui ouvrons aussitôt, si nous l’accueillons avec amour. Il ne veut pas ouvrir à son juge lorsqu’il frappe, celui qui tremble de quitter son corps, et redoute de voir ce juge qu’il se souvient avoir méprisé ; mais celui qui se sent rassuré, et par son espérance et par ses œuvres, ouvre aussitôt au Seigneur lorsqu’il frappe à la porte, car il reçoit son Juge avec joie. Et quand le moment de la mort arrive, sa joie redouble à la pensée d’une glorieuse récompense.


Buste de Saint-Jean Eudes à Caen (Calvados).


Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce zélé missionnaire exerça en France une activité multiforme et féconde, pour affermir dans le jeune clergé et parmi le peuple fidèle le sens du Christ devant la glaciale hérésie des Jansénistes.

Saint Jean Eudes fonda une congrégation de prêtres pour l’éducation des clercs dans les séminaires ; il institua une société de religieuses destinées à recueillir les pécheresses repenties ; par sa prédication et par ses écrits, il propagea la dévotion et le culte liturgique envers les Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie, de telle sorte qu’il occupe une place principale dans l’histoire de cette belle dévotion. Il mourut le 19 août 1680 et fut canonisé par Pie XI.

La messe est celle du Commun des Confesseurs non pontifes, mais la première collecte est propre.

Prière. — « Seigneur, qui avez merveilleusement embrasé l’âme de votre serviteur Jean pour promouvoir le culte envers les Cœurs très saints de Jésus et de Marie, et qui, par son intermédiaire, avez voulu instituer dans votre Église deux nouvelles familles religieuses ; faites que, vénérant ses glorieux mérites, nous profitions aussi de ses exemples ». La dévotion envers les très saints Cœurs de Jésus et de Marie est très efficace pour favoriser la vie intérieure, car l’esprit de ce culte consiste dans la participation et la conformité à ces dispositions, que le Sauveur et sa bienheureuse Mère nourrirent envers Dieu au temps de leur vie mortelle.et qu’ils ont conservées dans la gloire du ciel. C’est cela même que nous conseille l’Apôtre : Hoc enim sentite in vobis quod et in Christo lesu.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Travailler à obtenir des prêtres zélés.

1. Saint Jean. — Jour de mort : 19 août 1680. Tombeau : A Caen (France). Vie : Le saint est connu comme fondateur d’une congrégation de prêtres séculiers en France qui poursuit le double but de travailler au développement de l’esprit chrétien du peuple par les missions et à la bonne formation du clergé séculier dans les séminaires diocésains. Né en 1601 en Normandie, il entra dès sa jeunesse dans la Congrégation de l’Oratoire, fut ordonné prêtre en 1626, et commença bientôt à parcourir la France comme missionnaire apostolique. Lorsque son ministère apostolique lui eut fait comprendre combien il était nécessaire d’avoir un clergé zélé pour développer l’esprit religieux dans le peuple, il fonda la Congrégation dont nous avons parlé. Il écrivit aussi des livres pour seconder son apostolat, par exemple « Le bon confesseur », « Le prédicateur apostolique ». Il fut durement attaqué par les Jansénistes.

Pratique : La prière liturgique souligne que le saint a fondé une nouvelle Congrégation et surtout qu’il a développé le « culte du Sacré-Cœur et de la Sainte Vierge », et elle demande que nous imitions ses vertus. L’œuvre essentielle du saint fut la formation du clergé séculier. Il savait trop bien que la piété d’un peuple dépend en grande partie de la piété de son clergé. Celui-ci est-il bon et pieux, alors tout va bien aussi pour le peuple. Travaillons dans notre modeste sphère à obtenir de bons prêtres ; soutenons de pieux jeunes gens dans leurs études ; surtout prions pour les prêtres. La messe est du commun des confesseurs (Os justi).

2. L’espérance terrestre et l’espérance céleste. — Prenons une fois encore la messe du commun « Os justi » et comparons les deux lectures. Toutes deux traitent d’une conception pratique de l’idéal chrétien ; ce sont donc les deux côtés d’une même médaille. L’Épître fait l’éloge de l’homme qui « ne court pas après l’or et ne met pas ses espérances dans l’argent et les trésors ». C’est le côté négatif. Le païen, l’homme selon la nature fait tous ses efforts pour jouir de la prospérité sur terre. Ses pensées et ses actes ne tendent qu’à acquérir dans la plus large mesure possible les biens de la fortune. Son espérance est tout entière rivée à la terre. Et pourtant, demanderai-je, la plupart des chrétiens ne sont-ils pas eux aussi remplis de cette espérance ? Ils sont pieux ; ils servent Dieu ; mais ils ne méritent pas cet éloge. Ils sont encore loin de se tenir au-dessus des biens de la terre. Sur le fond sombre de la leçon, l’Évangile se détache en pleine lumière. Ici le Sauveur fait le portrait de l’homme dont l’espérance est au ciel. C’est une peinture saisissante : Le serviteur qui, dans la nuit, tient sa lampe allumée et a les reins ceints pour attendre son maître. Si nous supprimons l’image, c’est la contre-partie de l’homme « qui court après l’or »... Le serviteur attend son Maître dans la nuit de la vie. C’était l’attitude des chrétiens de la primitive Église. La vie, c’est la nuit ; elle est pleine du désir de la venue du Maître. Dans cette vie, il n’y a pas place pour « l’espoir en l’or et dans les trésors » ; les biens de la terre ont perdu tout leur éclat : ils ne sont tout au plus que des moyens d’atteindre la fin éternelle. Avec la robe et le flambeau du baptême, le chrétien est là, toujours prêt, attendant la venue du Maître. C’est le saint, tel que le voit la liturgie. Travaillons, nous aussi, à réaliser cette attitude.

Et comme, avec ces réflexions, la messe quotidienne nous sera précieuse ! Elle nous mettra de nouveau en garde contre l’amour des biens de ce monde, elle nous invitera à cette vigilance toujours prête. Si chaque jour, à la messe, nous attendons le Maître « avec la lampe allumée et les reins ceints », alors nous serons certainement prêts pour sa dernière venue à l’heure de la mort.

SOURCE : http://www.introibo.fr/19-08-St-Jean-Eudes-confesseur



Œuvres complètes de saint Jean Eudes numérisées par l'Abbé Jean-Rémi Côté, c.j.m.  (cotejr8@videotron.ca)

Tome 1 :
La vie et le royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes
(pdf  Mo, 19, Lethielleux, éditeur)

Tome 2 :
De l'honneur dû aux lieux saints. - Méditations sur l'humilité. - Entretiens de l'âme chrétienne avec son Dieu. - Contrat de l'homme avec Dieu par le saint baptême. - Exercice de piété. - La vie du chrétien ou le catéchisme de la mission.
(pdf  3 Mo, 1906, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 3 :
Le mémorial de la vie ecclésiastique.
Manuel contenant plusieurs exercices de piété pour l'usage d'une Communauté ecclésiastique.
(pdf  3 Mo, 1906, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 4 :
Le prédicateur apostolique.
Le bon confesseur.
Avertissement aux confesseurs missionnaires.
la manière de bien servir la messe.
(pdf  3 Mo, 1907, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 5 :
L'enfance admirable de la très sainte Mère de Dieu.
(pdf  3 Mo, 1907, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 6 :
Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu ou la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge Marie. Livres I à IV.
(pdf  5 Mo, 1908, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 7 :
Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu ou la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge Marie. Livres V à IX.
(pdf  4 Mo, 1908, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 8 :
Le Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu ou la dévotion au très saint Cœur de la bienheureuse Vierge Marie. Livres X à XII.
(pdf  4 Mo, 1908, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 9 :
La dévotion au très saint Cœur et au très sacré Nom de la bienheureuse Vierge Marie.
La dévotion au très saint Cœur de la très précieuse Vierge Marie Mère de Dieu.
L'institution de la sainte Confrérie et Société du Sacré Cœur de Jésus et de Marie.
Règlement de la Société du très saint Cœur de la Mère Admirable.
Règles et constitutions de la Congrégation de Jésus et Marie.
(pdf  4 Mo, 1909, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 10 :
Règles de saint Augustin et Constitutions pour les sœurs religieuses de Notre-Dame de Charité. Lettres du bienheureux Jean Eudes :
Livre I - Lettres aux prêtres de la Congrégation de Jésus et Marie.
Livre II - Lettres aux religieuses de Notre-Dame de Charité.
(pdf  8 Mo, 1909, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 11 :
Lettres du bienheureux Jean Eudes :
Livre III - Lettres à diverses personnes.
Offices dressés en l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de sa Très Sainte Mère, de Saint Joseph, de Saint Gabriel, des Saints Prêtres et Lévites, et de plusieurs autres Saints.
(pdf 12 Mo, 1910, Beauchesnes et Cie, éditeurs)

Tome 12 :
Les petits offices.
Opuscules et fragments.
Table des Pères et Écrivains ecclésiastiques cités dans les Œuvres complètes du B. J. Eudes.
Table des références bibliques.
Table analytique de toutes les matières.
(pdf 5 Mo, 1911, Beauchesnes et Cie, éditeurs)
 





Saint John Eudes

John Eudes was born at Ri, Normandy, France, on November 14, 1601, the son of a farmer. He went to the Jesuit college at Caen when he was 14, and despite his parents’ wish that he marry, joined the Congregation of the Oratory of France in 1623. He studied at Paris and at Aubervilliers, was ordained in 1625, and worked as a volunteer, caring for the victims of the plagues that struck Normandy in 1625 and 1631, and spent the next decade giving Missions, building a reputation as an outstanding preacher and confessor and for his opposition to Jansenism. He became interested in helping fallen women, and in 1641, with Madeleine Lamy, founded a refuge for them in Caen under the direction of the Visitandines. He resigned from the Oratorians in 1643 and founded the Congregation of Jesus and Mary (the Eudists) at Caen, composed of secular priests not bound by vows but dedicated to upgrading the clergy by establishing effective seminaries and to preaching missions. His foundation was opposed by the Oratorians and the Jansenists, and he was unable to obtain Papal approval for it, but in 1650, the Bishop of Coutances invited him to establish a seminary in that diocese. The same year the sisters at his refuge in Caen left the Visitandines and were recognized by the Bishop of Bayeux as a new congregation under the name of Sisters of Our Lady of Charity of the Refuge.
John founded seminaries at Lisieux in 1653 and Rouen in 1659 and was unsuccessful in another attempt to secure Papal approval of his congregation, but in 1666 the Refuge sisters received Pope Alexander III’s approval as an institute to reclaim and care for penitent wayward women. John continued giving missions and established new seminaries at Evreux in 1666 and Rennes in 1670. He shared with St. Mary Margaret Alacoque the honor of initiating devotion to the Sacred Heart of Jesus (he composed the Mass for the Sacred Heart in 1668) and the Holy Heart of Mary, popularizing the devotions with his “The Devotion to the Adorable Heart of Jesus” (1670) and “The Admirable Heart of the Most Holy Mother of God”, which he finished a month before his death at Caen on August 19th. He was canonized in 1925. His feast day is August 19th.


Blessed Jean Eudes

French missionary and founder of the Eudists and of the Congregation of Our Lady of Charity; author of the liturgical worship of the Sacred Hearts of Jesus and Mary; b. at Ri, France, 14 Nov., 1601; d. at Caen, 19 Aug., 1680. He was a brother of the French historian, François Eudes de Nézeray. At the age of fourteen he took a vow of chastity. After brilliant studies with the Jesuits at Caen, he entered the Oratory, 25 March, 1623. His masters and models in the spiritual life were Fathers de Bérulle and de Condren. He was ordained priest 20 Dec., 1625, and began his sacerdotal life with heroic labours for the victims of the plague, then ravaging the country. As a missionary, Father Eudes became famous. Since the time of St. Vincent Ferrer, France had probably not seen a greater. He was called by Olier "the prodigy of his age". In 1641 he founded the Congregation of Our Lady of Charity of the Refuge, to provide a refuge for women of ill-fame who wished to do penance. The society was approved by Alexander VII, 2 Jan., 1666. With the approbation of Cardinal de Richelieu and a great number of others, Father Eudes severed his connection with the Oratory to establish the Society of Jesus and Mary for the education of priests and for missionary work. This congregation was founded at Caen, 25 March, 1643, and was considered a most important and urgent work (see EUDISTS).

Father Eudes, during his long life, preached not less than one hundred and ten missions, three at Paris, one at Versailles, one at St-Germaine-en-Laye, and the others in different parts of France. Normandy was the principal theatre of his apostolic labours. In 1674 he obtained from Clement X six Bulls of indulgences for the Confraternities of the Sacred Heart already erected or to be erected in the seminaries. He also established the Society of the Heart of the Mother Most Admirable — which resembles the Third Orders of St. Francis and St. Dominic. This society now numbers from 20,000 to 25,000 members. Father Eudes dedicated the seminary chapels of Caen and Coutances to the Sacred Hearts. The feast of the Holy Heart of Mary was celebrated for the first time in 1648, and that of the Sacred Heart of Jesus in 1672, each as a double of the first class with an octave. The Mass and Office proper to these were composed by Father Eudes, who thus had the honour of preceding the Blessed Margaret Mary in establishing the devotion to the Sacred Hearts. For this reason, Pope Leo XIII, in proclaiming his virtues heroic in 1903, gave him the title of "Author of the Liturgical Worship of the Sacred Heart of Jesus and Holy Heart of Mary". Father Eudes wrote a number of books remarkable for elevation of doctrine and simplicity of style. His principal works are:--"Le Royaume de Jésus"; "Le contrat de l'homme avec Dieu par le Saint Baptême"; "Le Mémorial de la vie Ecclésiastique"; "Le Bon Confesseur"; "Le Prédicateur Apostolique"; "Le Cœur Admirable de la Très Sainte Mère de Dieu". This last is the first book ever written on the devotion to the Sacred Hearts. His virtues were declared heroic by Leo XIII, 6 Jan., 1903. The miracles proposed for his beatification were approved by Pius X, 3 May, 1908, and he was beatified 25 April, 1909.

[St. John Eudes was beatified April 25, 1909 and canonized in 1925. His feast day is August 19. --Ed.]

Sources

Œuvres Complètes du Vén. J. Eudes (1905-); MONTIGNY, Vie du R. P. Jean Eudes (Paris, 1827); HÉRAMBOURG, Le Père Eudes, ses vertus (Paris, 1869); MARTINE, Vie du P. Eudes (Caen, 1880); BOULAY, Vie du V. Jean Eudes (Paris); JOLY, Le Vén. Père Eudes (Paris, 1907); LE DORÉ, Le Père Eudes, Premier Apôtre des Sacrés Cæ;urs de Jésus et de Marie (Paris, 1870); Les Sacrés Cæ;urs et le V. P. Eudes (Paris, 1891); ORY, Les Origines de Nôtre Dame de Charité (Abbeville, 1891); NILLES, De Rationibus festorum SS. Cordium Jesu et Mariæ (Innsbruck, 1889).

Le Brun, Charles. "Blessed Jean Eudes." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 19 Aug. 2017 <http://www.newadvent.org/cathen/05596a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by WGKofron. With thanks to St. Mary's Church, Akron, Ohio.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/05596a.htm

Saint John Eudes

Also known as
  • Jean Eudes
Profile

Farmer’s son who attended the Jesuit college at Caen, France at age 14. Joined the Congregation of the Oratory of France. Studied at Paris and Aubervilliers in France. Priest. Ministered to plague victims. Missionary and preacher, working well over 100 missions. Worked against Jansenism. Established seminaries. Founded the Congregation of Jesus and Mary Eudists on 25 March 1643 to promote virtuous secular parochial clergy not bound by vows, but dedicated to improving the clergy through seminaries and missions; due to opposition by Oratorians and Jansenists, he never obtained papal approval. Founded the Sisters of Our Lady of Charity who worked for the welfare of penitent women. Author of the liturgical devotion of the Sacred Hearts of Jesus and Mary.

Born


Au centre de la spiritualité de Jean Eudes : le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie : 
Ex-voto, XIXème ou XXème siècle. Musée du Coeur ( collection du docteur Boyadjian et de son épouse ), 
MRAH, Parc du Cinquantenaire, Bruxelles

Salutation To Our Lady, by Saint John Eudes

Hail Mary, Daughter of God the Father.
Hail Mary, Mother of God the Son.
Hail Mary, Spouse of God the Holy Ghost.
Hail Mary, Temple of the undivided Divinity.
Hail Mary, fair Lily of the resplendent and ever serene Trinity.
Hail Mary, bright Rose of Heavenly beauty.
Hail Mary, Virgin of Virgins, Virgin most faithful, of whom the King of Heaven was willing to be born and to be nourished with her milk.
Hail Mary, Queen of Martyrs, whose soul was pierced with the sword of sorrow.
Hail Mary, Mistress of the world, to whom is given all power in heaven and on earth.
Hail Mary, Queen of my Heart, my Mother, my life, my sweetness and my dearest hope.
Hail Mary, Mother most amiable.
Hail Mary, Mother most admirable.
Hail Mary, Mother of mercy.
Hail Mary, full of grace, the Lord is with you.
Blessed are you amongst women, and blessed the fruit of your Womb, Jesus.
Blessed is your spouse, Joseph.
Blessed is your father Joachim.
Blessed is your mother Anne.
Blessed is your son John, given to you on Calvary.
Blessed is your angel Gabriel.
Blessed is the Eternal Father, who made choice of you.
Blessed is the Son, who loved you.
Blessed is the Holy Ghost who espoused you.
Blessed for ever are those who bless you and love you.
O Virgin Mary with your loving child, bless us.
Amen.



General Audience of Pope Benedict XVI, 19 August 2009 – Saint John Eudes and the formation of the diocesan clergy

Today is the liturgical Memorial of Saint John Eudes, a tireless apostle of the devotion to the Sacred Hearts of Jesus and Mary who lived in France in the 17th century that was marked by opposing religious phenomena and serious political problems. It was the time of the Thirty Years’ War, which devastated not only a large part of Central Europe but also souls. While contempt for the Christian faith was being spread by certain currents of thought which then prevailed, the Holy Spirit was inspiring a spiritual renewal full of fervour with important figures such as de Berulle, Saint Vincent de Paul, Saint Louis-Marie Grignon de Montfort and Saint John Eudes. This great “French school” of holiness also included Saint John Mary Vianney. Through a mysterious design of Providence, my venerable Predecessor Pius XI canonized John Eudes and the Cure d’Ars together, on 31 May 1925, holding up to the whole world two extraordinary examples of priestly holiness.

In the context of the Year for Priests, I want to dwell on the apostolic zeal of Saint John Eudes, which he focused in particular on the formation of the diocesan clergy. The saints are true interpreters of Sacred Scripture. In the experience of their lives the saints have verified the truth of the Gospel; thus they introduce us into a knowledge and understanding of the Gospel. In 1563 the Council of Trent issued norms for the establishment of diocesan seminaries and for the formation of priests, since the Council was well aware that the whole crisis of the Reformation was also conditioned by the inadequate formation of priests who were not properly prepared for the priesthood either intellectually or spiritually, in their hearts or in their minds. This was in 1563; but since the application and realization of the norms was delayed both in Germany and in France, Saint John Eudes saw the consequences of this omission. Prompted by a lucid awareness of the grave need for spiritual assistance in which souls lay because of the inadequacy of the majority of the clergy, the Saint, who was a parish priest, founded a congregation specifically dedicated to the formation of priests. He founded his first seminary in the university town of Caen, a particularly appreciated experience which he very soon extended to other dioceses. The path of holiness, which he took himself and proposed to his followers, was founded on steadfast trust in the love that God had revealed to humanity in the priestly Heart of Christ and in the maternal Heart of Mary. In those times of cruelty, of the loss of interiority, he turned to the heart to speak to the heart, a saying of the Psalms very well interpreted by Saint Augustine. He wanted to recall people, men and women and especially future priests, to the heart by showing them the priestly Heart of Christ and the motherly Heart of Mary. Every priest must be a witness and an apostle of this love for Christ’s Heart and Mary’s Heart. And here we come to our own time.

Today too people feel in need of priests who witness to God’s infinite mercy with a life totally “conquered” by Christ and who learn to do this in the years of their seminary training. After the Synod in 1990 Pope John Paul II published the Apostolic Exhortation Pastores Dabo Vobis in which he returned to and updated the norms of the Council of Trent and stressed above all the necessary continuity between the priest’s initial and continuing formation. For him this is a true starting point for an authentic reform of the life and apostolate of priests. It is also the key to preventing the “new evangelization” from being merely an attractive slogan and to ensuring that it is expressed in reality. The foundations laid in seminary formation constitute that indispensable “humus spirituale” in which “to learn Christ”, letting oneself be gradually configured to him, the one and only High Priest and Good Shepherd. The seminary period should therefore be seen as the actualization of the moment when the Lord Jesus, after calling the Apostles and before sending them out to preach, asks them to be with him (cf. Mk 3: 14). When Saint Mark recounts the calling of the Twelve Apostles he says that Jesus had a twofold purpose: firstly that they should be with him, and secondly, that they should be sent out to preach. Yet, in being with him always, they really proclaim Christ and bring the reality of the Gospel to the world.

During this Year for Priests I ask you, dear brothers and sisters, to pray for priests and for all those who are preparing to receive the extraordinary gift of the ministerial priesthood. I address to you all and thus I conclude the exhortation of Saint John Eudes who said to priests: “Give yourselves to Jesus in order to enter the immensity of his great Heart which contains the Heart of his Holy Mother and the hearts of all the Saints and lose yourselves in this abyss of love, charity, mercy, humility, purity, patience, submission and holiness” (Coeur admirable, III, 2).



“La Vieille Mission" au 30 rue Jean Eudes à Caen (Calvados). 
Plaque commémorative: Dans cette maison en 1643 saint Jean Eudes "prêtre missionnaire" 
avec ses compagnons ouvrit le séminaire des Eudistes de Caen. Il y mourut le 19 août 1680

August 19: Saint Jean Eudes

Posted by Jacob

“Faith is a beam radiating from the face of God.”

Today, August 19, we celebrate the feast day of Saint Jean Eudes (1601-1680), priest, founder of the congregation of the Sisters of Our Lady of Charity of the Refuge, and devotee of the Sacred Hearts of Jesus and Mary. Saint Jean worked tirelessly throughout his life, building seminaries and increasing the number of religious devoted to the Lord. Pope Benedict XVI has referred to Saint Jean as “an example of priestly holiness.” A prolific writer, his
written works (see also here and here)continue to inspire us today.

Jean Eudes was born at Ri (Normandy), France, the son of a farmer. He left home at age fourteen to attend the Jesuit college at Caen, and despite pressure from his parents to marry, pledged himself to the Lord. Jean joined the Congregation of the Oratory of France at the age of 22, continuing his studies in Paris. At age 24 he was ordained a priest, and worked during that time as a volunteer to treat the victims of the plague. For several years, lest he infect his fellow religious, he lived in a huge cask in the middle of a field during the plague.

Saint Jean spent the next decade of his life traveling, conducting missions, and preaching. He drew many to Christ, including many men and women who entered the religious life through his eloquent and persuasive sermons. Saint Jean also developed a reputation as a holy and inspired confessor, who could read the hearts of those who came to him. Well educated by the Jesuits, and strong in his faith, Jean also spoke out against the heretical threat of Jansenism, which caused his difficulties later in his life.

The missions organized by Saint Jean were unlike any other missions during that time. They often lasted several weeks. “Otherwise,” said the saint, “we put a bandage on the wound, but do not heal it.” Processions, hymns, religious plays, special conferences for specific groups, organization of leagues against duels and blasphemy, and visits to the sick occupied the missionaries’ very full days.

Espousing the view that all were called to the Lord, even the most downtrodden and forgotten of society. He was particularly concerned with the plight of prostitutes, but needed a gentle push to assist in their care. One day, one of his parishioners, Madeleine Lamy, who had cared for several of the women, said to him: “Where are you off to now? To some church, I suppose, where you’ll gaze at the images and think yourself pious. And all the time what is really wanted of you is a decent house for these poor creatures.”

Madame Lamy’s words struck Saint Jean deeply, and he promptly founded a refuge for prostitutes in Caen, placing the society under the direction of the Visitandine Order. After resigning from the Oratory of France, he founded his first congregation, the Congregation of Jesus and Mary (referred to as the Eudists), composed of secular priests (who had not taken vows) who were dedicated to establishing seminaries, improving teaching, and preaching missions to increase religious numbers. This foundation was vocally opposed by the Jansenists and the Oratorians (whom he had been a member of only months beforehand), and due to the controversy, he was unable to attain Papal approval and recognition of the Eudists.

Saint Jean was, however, invited to establish a seminary by the Bishop of Coutances, which he graciously did. At the same time, the sisters in his refuge for “fallen women” left the direction of the Visitandines, and were recognized as a new congregation: the Sisters of Our Lady of Charity of the Refuge. This congregation received Papal approval from Pope Alexander III, as an institute to “reclaim and care for penitent wayward women.” However, Jean was unable to obtain approval for the Eudist Order.

Undeterred, Saint Jean continued his work to increase the numbers of religious, founding seminaries throughout France, giving missions, and preaching tirelessly. Along with saint Mary Margaret Alacoque, he initiated the devotion to the Sacred Heart of Jesus and the
Holy Heart of Mary. He further wrote several texts to popularize the devotion, including “The Admirable Heart of the Most Holy Mother of God” and “The Devotion to the Adorable Heart of Jesus.” His devotion to the Sacred Heart and to the Immaculate Heart of Mary led Pope Pius XI to declare him the "father, doctor and apostle of the liturgical cult of the Sacred Heart.”

Saint Jean wrote many diverse prayers during his lifetime demonstrating his desire to offer every action of each day to God in a special and meaningful way. One such prayer, in part, reads:

“O Jesus, I offer Thee the rest I am about to take, in honor of the eternal rest Thou dost enjoy in the bosom of Thy Father, and in honor of the sleep and temporal rest Thou didst take in the bosom of Thy Mother, as well as during Thy whole life on earth.”

Saint Jean died in 1680, pronouncing the names of Jesus and Mary. Both the Sisters of Our Lady of Charity and the Congregation of Jesus and Mary continue their good works to this day, throughout the world. During his lifetime, he had preached over 100 missions, and founded over 16 seminaries. The Orders he founded number over 25,000 members today.

Saint Jean believed fully in the unity of the hearts of Jesus and Mary. He wrote: "You must never separate what God has so perfectly united. So closely are Jesus and Mary bound up with each other that whoever beholds Jesus sees Mary; whoever loves Jesus, loves Mary; whoever has devotion to Jesus, has devotion to Mary." We pause to reflect on this thought today, on his feast day. How unified are we—are our hearts—with those of Jesus and Our Blessed Mother?

Father,
you chose the priest John Eudes
to preach the infinite riches of Christ.
By his teaching and example
help us to know You better
and live faithfully in the light of the gospel.
Grant this through our Lord Jesus Christ, Your Son,
who lives and reigns with You and the Holy Spirit,
one God for ever and ever. Amen.

Selected Quotations from Saint Jean Eudes

“Our wish, our object, our chief preoccupation must be to form Jesus in ourselves, to make his spirit, his devotion, his affections, his desires, and his disposition live and reign there. All our religious exercises should be directed to this end. It is the work which God has given us to do unceasingly.”

“Let us therefore give ourselves to God with a great desire to begin to live thus, and beg Him to destroy in us the life of the world of sin, and to establish His life within us.”

“The Christian life is a continuation and completion of the life of Christ in us. We should be so many Christ’s here on earth, continuing His life and His works, laboring and suffering in a holy and divine manner in the spirit of Jesus."

"The air that we breathe, the bread that we eat, the heart which throbs in our bosoms, are not more necessary for man that he may live as a human being, than is prayer for the Christian that he may live as a Christian.”

“A Christian has a union with Jesus Christ more noble, more intimate and more perfect than the members of a human body have with their head.’

“We must continue to accomplish in ourselves the stages of Jesus' life and his mysteries and often to beg him to perfect and realize them in us and in his whole Church. . . . For it is the plan of the Son of God to make us and the whole Church partake in his mysteries and to extend them to and continue them in us and in his whole Church. This is his plan for fulfilling his mysteries in us.”

“The crosses with which our path through life is strewn associate us with Jesus in the mystery of His crucifixion.”




St. John Eudes is part of the French School of Spirituality.  He was one of the disciples of Pierre de Berulle who initiated this renewal movement in the 17th century France.  The French School is not a system nor a deduction from philosophical principles.  It is all about a person, JESUS CHRIST himself.  Hence, the marked Christocentrism in this school of spirituality.

The living tradition which is the life blood of the religious and priestly families which evolved directly or indirectly from the French School also belongs to the the Church which it never stops vivifying.  The French School remains relevant today as it endeavored to tackle and grapple with realities that touches human need for the Transcendent:

  • the sense of adoration
  • the personal relationship with Jesus
  • the rediscovery of the Holy Spirit, the apostolic spirit
Vatican II brought to fore the key notions of the spiritual heritage bequeathed to the Church by the French School:

  • the universal call of all Christians to holiness;  lay people women and men religious, priests and deacons, called to personal union with Jesus at the heart of the Church and to apostolic witnessing.
  • the understanding of the Church as Mystery:  Body of Christ, Temple of the Holy Spirit and People of God.
Another characteristic of the Berullian current, as French School is sometimes referred to, is the concern for "reunification, the integration from both the outside and the inside" of the Christian way of life.

St. John Eudes & Pierre de Berulle

What distinguishes St. John Eudes from his master is his practicality.  His soul was that of a missionary and the mission is foremost in his mind.  He attempts to provide his "dear reader" or his listeners with practical material they can put to use directly.  The challenge facing this pastor's heart was to help each Christian discover the riches of his/her Baptism.  The idea he proposes to every baptized person is to "FORM, SANCTIFY, ALLOW JESUS TO LIVE AND REIGN IN US."

In the Eudist spiritual heritage, our desire for converion will not translate into methodical efforts, even if such efforts are necessary, but will first command a loving and admiring look at Jesus:

  • we contemplate him at length in a spirit of praise,
  • we ask forgiveness for whatever is us in not him,
  • we give ourselves to his Spirit asking him to destroy in us what is contrary to the life of Jesus, and make us live of his life.
Our life is meant to become the continuation and the fulfillment of the life of Jesus in the space and time we occupy.  We thus become missionaries ourselves.  Our sole concern is TO MAKE JESUS LIVE AND REIGN IN EVERY HUMAN HEART, so that each one may also have access to the riches of the Heart of Christ, the source of all life.

-  Adapted from Spiritual Itinerary for Today with St. John Eudes.




San Giovanni Eudes Sacerdote


- Memoria Facoltativa

Ri, Francia, 14 novembre 1601 - Caen, Francia, 19 agosto 1680

Nato in Normandia nel 1601, muore nel 1680. Divenuto un attivista e un devoto di Maria è ordinato sacerdote nel Collegio dei gesuiti di Caen. Da qui parte per assistere gli appestati nella regione di Argentan. In seguito si consacra alle missioni parrocchiali. Resosi conto di quanto sia importante la figura del sacerdote, riesce a far costruire un seminario, dando vita alla «Congregazione di Gesù e di Maria ». San Giovanni Eudes è il primo e più ardente apostolo del culto liturgico ai Sacri Cuori di Gesú e di Maria. Nel 1641 fonda due Congregazioni religiose, una maschile e una femminile, dedicate ai Sacri Cuori. Per lui, quindi, il culto del Sacro Cuore di Gesú è il culto della persona, in quanto esso è l'origine e la fonte della dignità e della santità della persona. Fonda poi rifugi per togliere le ragazze dalla strada e una Congregazione di Religiose per assisterle, l'ordine di «Nostra Signora della Carità del Rifugio». Scrive numerose opere, fra cui la più conosciuta e la più considerevole è «Il cuore ammirabile della Madre di Dio». (Avvenire)

Etimologia: Giovanni = il Signore è benefico, dono del Signore, dall'ebraico

Martirologio Romano: San Giovanni Eudes, sacerdote, che si dedicò per molti anni alla predicazione nelle parrocchie e fondò poi la Congregazione di Gesù e Maria per la formazione dei sacerdoti nei seminari e quella delle monache di Nostra Signora della Carità per confermare nella vita cristiana le donne penitenti; incrementò moltissimo la devozione verso i sacri Cuori di Gesù e di Maria, finché a Caen nella Normandia in Francia si addormentò piamente nel Signore.

Cognome e predicato della sua casata normanna: Eudes de Mézeray. Un suo fratello minore, Francesco, diventerà storico di corte. Lui, dopo i primi studi, viene accolto a Parigi nella Congregazione dell’oratorio, creata nel1611 dal sacerdote e futuro cardinale Pietro de Bérulle, per formare buoni predicatori. Nel 1625, ordinato sacerdote, viene mandato a Caen, nella Normandia nativa. E qui lo sorprende la peste. Si fa infermiere dei malati e confortatore dei moribondi, ma i suoi amici si tengono alla larga, per paura del contagio. Allora li tranquillizza, isolandosi: dorme su un pagliaio, dentro una botte. Prende il male anche lui, ma ne guarisce, e infine torna all’attività principale: le “missioni al popolo”, che sono cicli di soggiorno, incontri e predicazione, da un paese all’altro.

Percorre il Nord della Francia, dimostrandosi "predicatore di qualità straordinarie; dove passava, convertiva" (L.Mezzadri). Ma spesso si tratta di fiammate, che dopo la sua partenza si estinguono. E per varie ragioni: la Francia e l’Europa intera vivono uno dei loro momenti peggiori, la guerra dei Trent’anni (1618-1648); in alcune parti del Continente la fame produce il cannibalismo; i contadini di Francia sono alla disperazione, brutalmente depredati non da truppe nemiche, ma dai soldati del loro re, insaziabili e impuniti. Molti non sanno più in cosa credere; la tradizionale pratica religiosa cattolica, già messa in crisi nel secolo precedente dalle guerre di religione, ora è anche attaccata dal movimento giansenista: i suoi ispiratori e maestri, noti per austerità di vita, cultura e schietti convincimenti, sono tuttavia portatori di una religiosità che a molti fedeli ispira reverenza e timore verso Dio, piuttosto che amore fiducioso e speranza. Ma il peggio non viene da fuori: sta dentro la Chiesa di Francia. Sta nel suo clero scadente e apatico, nell’ignoranza di troppi preti. Giovanni Eudes si convince che la prima necessità, urgentissima, è rifare il clero: e vorrebbe che fosse la “sua” Congregazione dell’oratorio a promuovere da Parigi questo sforzo grandioso. (Il concilio di Trento aveva decretato l’istituzione dei seminari già nel 1563, ma in Francia il decreto è rimasto largamente inapplicato). 

Da Parigi arriva però una risposta negativa, e allora lui fonda nel 1643 la Congregazione di Gesù e Maria, formata da sacerdoti legati dal voto di obbedienza (e chiamati poi Eudisti) con lo scopo di tenere anche le “missioni al popolo”, ma soprattutto di aprire e dirigere seminari, che diano ai futuri sacerdoti l’indispensabile formazione spirituale. Per trasformarli da opachi funzionari del culto (come troppi di loro si sentono) in diffusori dell’amore incessante di Dio, simboleggiato nelle immagini del cuore di Gesù e del cuore di Maria. 

Nello stesso 1643, fonda a Caen il primo seminario di Normandia (poi verranno quelli di Coutances, Lisieux, Rouen, Evreux e Rennes). Intanto, sempre a Caen, ha creato l’Ordine femminile di Nostra Signora della Carità, votato alla riabilitazione delle donne vittime di sfruttatori: un’istituzione che nell’Ottocento si svilupperà nell’Istituto del Buon Pastore, fondato da santa Maria Eufrasia Pelletier. La sua vita si conclude a Caen. Beatificato da Pio X nel 1909, è stato proclamato santo da PioXI nel 1925. Le sue spoglie riposano in Colombia, dove si trova la casa generalizia dei Padri Missionari Eudisti.


Autore: Domenico Agasso




R. P. HÉRAMBOURG, C.J.M. Saint Jean Eudes, instituteur de la congrégation de jésus et marie et de l'ordre de notre-dame de charité. Père, Docteur, Apôtre du culte liturgique des sacrés cœurs, Ses Vertus, 1927 : http://www.liberius.net/livres/Saint_Jean_Eudes,_instituteur_de_la_Congregation_de_Jesus_et_Marie_et_de_l_Ordre_de_Notre-Dame-de-Charite,_pere,_docteur,_apotre_du_culte_liturgique_des_Sacres-Coeurs_:_ses_vertus_000000301.pdf