mercredi 8 août 2012

Saint GAÉTAN (GAETANO, CAJETAN) de THIENNE (7 août), prêtre et fondateur


Saint Gaétan de Thiene

Fondateur de l'ordre des Théatins ( 1547)

Contemporain de Martin Luther, il fut de ceux qui, au temps de la Réforme et bien avant le concile de Trente, travaillèrent à préserver l'Italie du protestantisme. Pendant 13 ans, il fut secrétaire au Vatican sous le pape Jules II et le pape Léon X. Ce qu'il y vit n'était guère conforme à l'Évangile et sa piété le portait alors à imiter encore davantage Notre-Seigneur. A la mort de sa mère, il renonça à sa charge et passa les six années suivantes à donner aux pauvres son héritage à Vicence, Venise ou Vérone, visitant les taudis, balayant dans les hôpitaux, soignant les incurables. Il fonda avec son ami Jean-Pierre Carafa, le futur pape Paul IV, un institut de prêtres qui mèneraient, comme lui, une vie pauvre et austère, les Théatins. Ils s'engageaient à ne pas mendier pour eux, à soigner les malades, à répandre l'usage des sacrements parmi les laïcs et à ramener le clergé à ses devoirs. Il mourut à Naples, étendu sur un lit de cendres. Le mode de vie de son Institut inspira les grands réformateurs du XVIe siècle.

Le sanctuaire Saint Cayetano (Saint Gaetan), patron en Argentine du 'pain et du travail' se trouve dans un quartier périphérique de Buenos Aires. Chaque année, le 7 août, des milliers de fidèles se mettent en file indienne pour passer devant la statuette du saint et prier... le cardinal Bergoglio (maintenant Pape François) avait l’habitude de remonter la file des pèlerins pour discuter avec eux et bénir les enfants.

"Ne vas pas à la rencontre de l’autre pour le convaincre de devenir catholique, non, non, vas le rencontrer parce qu’il est ton frère!" Message du Pape pour la Saint Cayetano, patron des travailleurs argentins - 7 août 2013

Chierici Regolari Teatini - site en italien

Mémoire de saint Gaétan de Thienne, prêtre, qui se consacra aux œuvres de charité, en particulier aux souffrants de maladie incurable, encouragea des associations pour la formation chrétienne des laïcs et, pour la réforme de l’Église, fonda une société de clercs réguliers, en engageant ses disciples à vivre à la manière des premiers Apôtres. Il mourut à Naples en 1547.

Martyrologe romain

"Quand nous demandons du travail, nous demandons de pouvoir avoir de la dignité"


SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1635/Saint-Gaetan-de-Thiene.html

Gaétan, juriste de formation, était devenu à Rome secrétaire du Pape Jules II, lequel était surtout un homme de guerre, soucieux de restaurer la puissance politique de l'Église. Très déçu par un tel comportement si opposé à l'Évangile, Gaétan quitte la Cour pontificale où son avenir était pourtant prometteur. Ce sont les pauvres qu'il préfère et qui l'attendent. Grand timide, il surmonte à force de prière ses appréhensions.

Il se met au service des orphelins, des incurables et des prisonniers : pour eux, il fonde l'Association de l'Amour divin. Heureusement, il a comme soutien un prêtre ami, Jean-Pierre Caraffa, lequel deviendra Pape sous le nom de Paul IV. Comme ce dernier était évêque de Théate, la congrégation que fonde Gaétan en 1523 sera appelée les Théatins : des clercs et des laïcs rassemblés par une vie sacramentelle intense et par l'amour fraternel, en priorité pour les pauvres et les petits. Mission providentielle, alors qu'à cette époque, Martin Luther stigmatisait les vices et le train de vie du Clergé. Avec d'autres, Gaétan fait partie de ceux qui, avant le concile de Trente, ont travaillé à la Réforme de l'Église en Italie, préservant le pays du Protestantisme.

Saint Gaétan avait mis l'accent dans son Institut sur l'idéal de consécration au Christ, spécialement par la prédication évangélique et le renouveau de la Liturgie. Recteur de paroisse à Vicence, son pays natal, il y déploya une vive ardeur apostolique. Il termine son "combat" à Naples le 7 août 1547 au milieu des pauvres, les préférés du Christ.

En Gaëtan, les mouvements caritatifs comme les Équipes de saint Vincent de Paul et le Secours catholique peuvent trouver un modèle toujours actuel. Gaëtan vient du latin gaietanus, qui signifie "habitant de la ville de Gaète", cité située dans le Latium pendant l'Antiquité romaine.

Rédacteur: Frère Bernard Pineau, OP



SAINT GAÉTAN de THIENNE

Fondateur des Théatins

(1480-1547)

Saint Gaétan, né à Vicence, de race illustre, fut consacré à Marie dès le sein de sa mère, puis ensuite à sa naissance. On lui donna le nom de Gaétan, pour conserver un célèbre nom familial; mais on y ajouta le nom de Marie, pour marquer sa consécration à la Reine du Ciel.

Gaétan de Sainte-Marie montra de bonne heure un grand amour pour les pauvres; ce fut là, du reste, un des beaux caractères de toute sa vie. Son coeur d'enfant, tendre et délicat, le faisait pleurer souvent à la vue des misères qui s'offraient à lui; les pauvres, qui le connaissaient tous, l'appelait leur petit ami, en attendant qu'il fût leur père. L'enfant leur rendait mille petits services, et lorsqu'il recevait quelque argent de ses parents à titre de récompense, il n'avait rien de plus pressé que de le distribuer à ses chers mendiants. La petite somme était toujours vite épuisée; alors Gaétan mettait en mouvement tous les ressorts de sa jeune politique, et il finissait toujours par reconstituer son petit trésor. À bout d'expédients, il demandait l'aumône à ses parents pour l'amour de Dieu.

Devenu prêtre, il bâtit une église dans ses domaines pour y exercer le saint ministère. Comme il était très simple et même négligé dans ses vêtements, son père se fâchait souvent et l'accusait de déshonorer son nom en se mêlant aux mendiants. Le plus souvent Gaétan répondait à ce reproche par son silence. Il s'occupa avec zèle des ouvriers, ce qui lui attira la persécution de ses proches, puis l'admiration de tous, quand on vit son ministère opérer de grands fruits de sanctification. Partout où il allait, sa première visite était pour les pauvres et les malades.

Un jour de Noël, Notre-Seigneur lui apparut sous la forme d'un petit enfant; il Le prit dans ses bras et Le caressa longtemps, pendant que son coeur se fondait d'amour.

A Rome, Gaétan, plein du désir de donner au clergé des modèles à imiter, fonda, de concert avec quelques saints prêtres, la congrégation des Théatins. La confiance absolue en Dieu valait plus pour lui que tous les conseils de la prudence humaine, et nulle part la Providence ne le laissa manquer du nécessaire.

Le Saint était déjà âgé quand il tomba malade, à Naples; il refusa un matelas et voulut mourir sur la cendre et le cilice; il refusa aussi un médecin extraordinaire, disant: "Je suis un pauvre religieux, qui ne vaut pas la peine d'être assisté." Marie vint Elle-même chercher son âme. Il laissa la réputation d'un séraphin à l'autel et d'un apôtre en chaire.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.



Gaétan, juriste de formation, était devenu à Rome secrétaire du Pape Jules II, lequel était surtout un homme de guerre, soucieux de restaurer la puissance politique de l'Église. Très déçu par un tel comportement si opposé à l'Évangile, Gaétan quitte la Cour pontificale où son avenir était pourtant prometteur. Ce sont les pauvres qu'il préfère et qui l'attendent. Grand timide, il surmonte à force de prière ses appréhensions.

Il se met au service des orphelins, des incurables et des prisonniers : pour eux, il fonde l'Association de l'Amour divin. Heureusement, il a comme soutien un prêtre ami, Jean-Pierre Caraffa, lequel deviendra Pape sous le nom de Paul IV. Comme ce dernier était évêque de Théate, la congrégation que fonde Gaétan en 1523 sera appelée les Théatins : des clercs et des laïcs rassemblés par une vie sacramentelle intense et par l'amour fraternel, en priorité pour les pauvres et les petits. Mission providentielle, alors qu'à cette époque, Martin Luther stigmatisait les vices et le train de vie du Clergé. Avec d'autres, Gaétan fait partie de ceux qui, avant le concile de Trente, ont travaillé à la Réforme de l'Église en Italie, préservant le pays du Protestantisme.

Saint Gaétan avait mis l'accent dans son Institut sur l'idéal de consécration au Christ, spécialement par la prédication évangélique et le renouveau de la Liturgie. Recteur de paroisse à Vicence, son pays natal, il y déploya une vive ardeur apostolique. Il termine son "combat" à Naples le 7 août 1547 au milieu des pauvres, les préférés du Christ.

En Gaëtan, les mouvements caritatifs comme les Équipes de saint Vincent de Paul et le Secours catholique peuvent trouver un modèle toujours actuel. Gaëtan vient du latin gaietanus, qui signifie "habitant de la ville de Gaète", cité située dans le Latium pendant l'Antiquité romaine.

Rédacteur : Frère Bernard Pineau, OP


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Saint Gaetan est le patron :

• Des Théatins, mais aussi :

• Des chômeurs et demandeurs d'emploi.

En Argentine, Saint Gaétan est considéré comme le patron des travailleurs. Tous les 7 août, à Buenos Aires, les abords de l'église Saint Gaétan sont fréquentés par des centaines de personnes qui cherchent du travail.



Leçons des Matines avant 1960.

Au deuxième nocturne.

Quatrième leçon. Gaétan naquit à Vicence, de la noble famille de Thienne. Aussitôt qu’elle lui eut donné le jour, sa mère l’offrit à la sainte Vierge, Mère de Dieu. L’innocence brilla tellement en lui dès ses tendres années, que tout le monde le nommait le Saint. Après avoir obtenu à Padoue le grade de docteur dans l’un et l’autre droit, il partit pour Rome, où le Pape Jules II le mit au rang des Prélats. Ordonné Prêtre, il fut si ardemment embrasé de l’amour de Dieu que, se dérobant à la cour, il se voua tout entier à Dieu. Ayant fondé des hôpitaux à ses propres frais, il y servait lui-même les pauvres pestiférés. Le zèle qu’il ne cessa de déployer pour le salut du prochain le fit surnommer le Chasseur d’âmes.

Cinquième leçon. Les mœurs du clergé étaient alors devenues moins régulières ; voulant les ramener à la forme de vie apostolique, il institua un ordre de Clercs réguliers, qui, se déchargeant de toute préoccupation quant aux biens terrestres, devaient ne posséder aucun revenu, ni demander aux fidèles de quoi subsister, mais se contenter, pour vivre, d’aumônes spontanément offertes. Ayant obtenu l’approbation de Clément VII, Gaétan, accompagné de Jean-Pierre Caraffa, Évêque de Chiéti [4] depuis souverain Pontife sous le nom de Paul IV, et de deux autres personnages d’une grande piété, émit solennellement ses vœux devant l’autel majeur de la basilique du Vatican. Lors du sac de Rome, des soldats le brutalisèrent afin de lui extorquer l’argent qu’il avait déjà placé dans les trésors célestes par la main des pauvres. Les coups, les tortures, la prison, il supporta tout avec une patience invincible. Se confiant à la seule providence de Dieu, qui ne lui fit jamais défaut, ainsi que l’attestent plusieurs prodiges, il persévéra avec une constance inébranlable dans la règle de vie qu’il avait embrassée.

Sixième leçon. L’amour du culte divin, le zèle pour entretenir la maison de Dieu, l’observance des rites sacrés, une participation plus fréquente à l’adorable Eucharistie, furent les choses qu’il s’appliqua le plus à encourager. Plus d’une fois il découvrit et confondit à néant les embûches et les erreurs de l’hérésie. Il prolongeait son oraison pendant huit heures environ, et l’accompagnait de larmes, souvent ravi en extase. Le don de prophétie l’a rendu célèbre. Étant, la nuit de Noël, près de la crèche du Seigneur, à Rome, il mérita de recevoir dans ses bras l’enfant Jésus, des mains de la Vierge Mère. Quelquefois Gaétan passait des nuits entières à châtier son corps à coups de discipline ; jamais on ne put l’amener à adoucir l’austérité de sa vie, et il témoigna souvent le désir qu’il avait de mourir couché sur la cendre et revêtu d’un cilice. Enfin la douleur qu’il ressentit de voir le peuple offenser Dieu par une sédition le fit tomber malade et, réconforté par une vision céleste, son âme passa de la terre au ciel. C’est à Naples qu’il mourut, et l’on y conserve très religieusement son corps dans l’église de Saint-Paul. Les miracles qu’il opéra pendant sa vie et après sa mort l’ont rendu glorieux, et le souverain Pontife Clément X l’a inscrit au nombre des Saints.

Au troisième nocturne.

Lecture du saint Évangile selon saint Matthieu. Cap. 6, 24-33.

En ce temps-là : Jésus dit à ses disciples : Nul ne peut servir deux maîtres. Et le reste.

Homélie de saint Augustin, Évêque. Liber 2 de Sermone Domini in monte, cap. 14

Septième leçon. « Nul ne peut servir deux maîtres ». A cette même intention (bonne ou mauvaise [5]), se rapporte ce que notre Seigneur expose en conséquence de son assertion, disant : « Ou il haïra l’un et il aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ». Il faut examiner attentivement ce passage ; le Seigneur lui-même indique quels sont ces deux maîtres, en ajoutant : « Vous ne pouvez servir Dieu et mammon ». Les Hébreux donnent, dit-on, aux richesses, le nom de mammon. En langue punique, ce mot a le même sens ; car mammon signifie gain.

Huitième leçon. Servir mammon, c’est être l’esclave de celui que sa perversité a préposé aux choses terrestres, et que le Seigneur appelle « prince de ce monde ». Donc : « ou l’homme le haïra et aimera l’autre », c’est-à-dire Dieu, « ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ». En effet, quiconque est esclave des richesses, s’attache à un maître dur et a une domination funeste ; enchaîné par sa cupidité, il subit la tyrannie du démon, et certes il ne l’aime pas ; car, qui peut aimer le démon ? Mais cependant il le supporte.

Neuvième leçon. « C’est pourquoi, continue le Sauveur, je vous dis : Ne vous inquiétez point pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous vous vêtirez ». Il ne veut pas que notre cœur se partage à la recherche, non seulement du superflu, mais même du nécessaire, et que, pour nous le procurer, notre intention se détourne de sa véritable fin, dans les actions que nous paraissons faire par un motif de miséricorde. C’est-à-dire qu’il ne veut pas que, tout en paraissant nous dévouer aux intérêts du prochain, nous ayons moins en vue son utilité que notre avantage personnel, et que nous nous regardions comme exempts de fautes, parce que nous ne voulons obtenir que le nécessaire et non le superflu.

[1] Matth. 6, 33.

[2] Deut. 10, 15.

[3] Eccli. 45, 9.

[4] Chieti, en latin Theate, d’où le nom de Théatins.

[5] S. Augustin vient dans le chapitre précédent de son explication du Sermon sur la Montagne, de parler longuement de la bonne et de la mauvaise intention, en expliquant ces paroles de notre Seigneur : « Si ton œil est simple, tout ton corps sera lumineux ».



Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Gaétan apparut comme le zélateur du sanctuaire, à l’heure où la fausse réforme lançait par le monde ses manifestes de révoltée. La grande cause du péril d’alors avait été l’insuffisance des gardiens de la cité sainte, leur connivence par complicité de cœur ou d’esprit avec les doctrines et les mœurs païennes, qu’une renaissance mal entendue avait ramenées. Ravagée par le sanglier de la forêt, la vigne du Dieu des armées retrouverait-elle jamais sa fertilité des beaux jours [8] ? Gaétan reçut de l’éternelle Sagesse la révélation du nouveau mode de culture qui convenait à cette fin pour une terre épuisée.

L’urgent besoin de ces jours néfastes était le relèvement du clergé par la dignité de la vie, le zèle et la science. Il fallait à cette œuvre des hommes qui, clercs eux-mêmes dans l’acception entière du mot et la variété des obligations qu’il comporte, fussent pour les membres de la sainte hiérarchie un modèle permanent de la perfection primitive, un supplément à leurs impuissances, un levain qui peu à peu régénérerait et soulèverait la masse entière [9]. Mais où trouver ailleurs que dans la vie des conseils et la stabilité des trois vœux qui en forment l’essence, l’impulsion, la puissance, la durée nécessaires aux éléments d’une telle entreprise ? L’inépuisable fécondité de l’Ordre religieux ne fit pas plus défaut à l’Église en ces temps de décadence qu’aux époques de sa gloire. Après les moines tournés vers Dieu dans leurs solitudes, et attirant sur la terre qu’ils semblaient oublier la lumière et l’amour ; après les familles des religieux mendiants, gardant par le monde leurs habitudes claustrales et l’austère parfum du désert : les clercs réguliers faisaient leur entrée sur le champ de bataille, où leur poste de combat, leur genre extérieur de vie, leur costume même, allaient confondre leurs rangs avec ceux de la milice séculière ; ainsi on fortifie les cadres d’une troupe hésitante en y versant des soldats éprouvés de mêmes armes, qui agissent par la parole, l’exemple et l’entraînement sur les faibles.

Comme d’autres avaient été les initiateurs des grandes formes antérieures de la vie religieuse, Gaétan fut le patriarche des Clercs réguliers. Le 24 juin 1524, un bref de Clément VII approuvait sous ce nom l’institut qu’il fondait cette année même avec l’évêque de Théate, d’où vint aussi aux nouveaux religieux l’appellation de Théatins. Bientôt, Barnabites, compagnie de Jésus, Somasques de saint Jérôme Émilien, clercs réguliers Mineurs de saint François Carracciolo, clercs réguliers Ministres des infirmes, clercs réguliers des Écoles pies, clercs réguliers de la Mère de Dieu, d’autres encore, se pressaient dans la voie ouverte et montraient l’Église toujours seule belle, toujours digne de l’Époux, laissant retomber de son poids sur l’hérésie l’accusation d’impuissance qu’elle lui avait lancée.

Ce fut sur le terrain du détachement des richesses, dont l’amour avait causé mille maux dans l’Église, que Gaétan voulut commencer et qu’il mena le plus avant la réforme. On vit les Théatins présenter au monde un spectacle inconnu depuis les Apôtres, pousser le zèle du dénuement jusqu’à s’interdire la faculté de mendier, et attendre toutes choses de l’initiative spontanée des fidèles. Héroïque hommage rendu à la Providence de Dieu, à l’heure même où Luther en niait l’existence, et que maintes fois le Seigneur se plut à reconnaître par des prodiges.

Qui comme vous, ô grand Saint, fit honneur à la parole de l’Évangile : Ne vous inquiétez du manger, ni du boire, ni du vêtement [10] ? Vous connaissiez aussi l’autre parole, également divine : Celui qui travaille mérite qu’on le nourrisse [11] ; vous saviez qu’elle s’appliquait principalement aux ouvriers de la doctrine [12] ; vous n’ignoriez point que d’autres semeurs du Verbe avaient avant vous fondé sur elle l’incontestable droit de leur pauvreté, embrassée pour Dieu, à revendiquer du moins le pain de l’aumône. Sublime revendication d’âmes affamées d’opprobres à la suite de Jésus, et rassasiant en elles ainsi surtout l’amour ! Mais la Sagesse qui plie les aspirations des saints aux circonstances du temps où elle place leur vie mortelle, fit prédominer en vous sur la soif des humiliations l’ambition d’exalter dans votre pauvreté la sainte Providence ; n’était-ce pas ce qu’il fallait à un siècle dont le néo-paganisme semblait, avant même d’avoir écouté l’hérésie, ne plus compter sur Dieu ? Hélas ! de ceux même à qui le Seigneur s’était donné pour possession au milieu des enfants d’Israël [13], on pouvait trop justement dire : Ils recherchent comme des païens les biens de ce monde [14]. Vous eûtes à cœur, ô Gaétan, de justifier le Père qui est aux cieux, de montrer qu’il était toujours prêt à tenir la promesse faite pour lui par son Fils adoré : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît [15].

C’était bien ainsi que, par le fait, il s’imposait de commencer la réforme du sanctuaire à laquelle vous aviez résolu de dévouer votre vie. Il fallait tout d’abord rappeler les membres de la sainte milice à l’esprit de la formule sacrée qui fait les clercs, au jour béni où, déposant l’esprit du siècle avec ses livrées, ils disent dans la joie de leur cœur : Le Seigneur est la part de mon héritage et de mon calice ; c’est vous, à Dieu, qui me rendrez mon héritage [16].

Le Seigneur, ô Gaétan, reconnut alors votre zèle et bénit vos efforts. Gardez en nous le fruit de votre labeur. La science des rites sacrés reste grandement redevable à vos fils ; puissent-ils prospérer, dans une fidélité renouvelée aux traditions de leur père. Que votre bénédiction de patriarche accompagne toujours les nombreuses familles des Clercs réguliers marchant à la suite de la vôtre. Que tous les ministres de la sainte Église éprouvent qu’au ciel vous restez puissant pour les maintenir, et, au besoin, les ramener dans la voie de leur saint état, comme vous l’étiez sur la terre. Que l’exemple de votre confiance sublime en Dieu apprenne à tous les chrétiens qu’ils ont au ciel un Père dont la Providence n’est jamais en défaut pour ses fils.

[8] Psalm. LXXIX.

[9] Matth. XIII, 33.

[10] Matth. VI, 31.

[11] Matth. X, 10.

[12] I Tim V, 17-18.

[13] Num. XVIII, 20.

[14] Matth. VI, 32.

[15] Ibid. 33.

[16] Pontificale roman. De clerico faciendo, ex Psalm. XV, 5.



Bhx cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Ce cher Saint, doux et si humble qu’il demanda à Dieu que son tombeau, après sa mort, ne fût connu de personne († 1547), a le mérite d’avoir été, avant même saint Ignace, un des représentants les plus autorisés de la réforme ecclésiastique accomplie au XVIe siècle.

Rome chrétienne le vénère comme un de ses citoyens d’élection. La basilique Libérienne évoque encore le souvenir de la messe qu’il célébra à la crèche du Seigneur avec la ferveur d’un Séraphin, le jour où il mérita de recevoir dans ses bras le Divin Enfant.

La confession du Prince des Apôtres conserve également le souvenir du jour mémorable — c’était le 14 septembre 1524 — où Gaétan de Thienne et l’ardent Jean-Pierre Caraffa (le futur Paul IV) instituèrent le nouvel Ordre des Clercs Réguliers, en émettant le vœu difficile de se confier entièrement à la divine Providence pour vivre seulement des aumônes qui leur seraient spontanément offertes par les fidèles.

Saint Gaétan eut une part notable dans la réforme du Bréviaire sous Clément VII. Sa fête entra dans le Missel au temps de Clément X, et Innocent XI l’éleva au rang du rite double.

La messe est celle des confesseurs, à l’exception des parties suivantes : Prière. — « O Dieu qui avez accordé au bienheureux Gaétan la grâce de suivre la règle de vie jadis donnée à vos Apôtres ; par son intercession faites que, d’après ses exemples, nous mettions en vous toute notre confiance et désirions seulement les choses célestes ». La règle apostolique de vie, c’est la pauvreté parfaite consacrée par vœu, selon l’exemple des Apôtres qui, ayant tout abandonné, suivirent le Sauveur.

La lecture évangélique sur le parfait abandon à la divine Providence est commune au quatorzième dimanche après la Pentecôte. Le Seigneur nous y enseigne qu’il ne veut point supprimer l’action, mais seulement la préoccupation excessive. Dieu veut que nous agissions ; où nous n’arrivons pas, nous, il arrivera, lui. Aide-toi, le ciel t’aidera, dit un proverbe populaire, bien expressif.

Il est un autre proverbe populaire qui ne manque pas, non plus de vérité. Lascia fare a Dio, ch’è santo vecchio. Cela veut dire que Dieu sait ce qu’il fait, et ce qui convient davantage à notre bien.


Francesco Solimena. San Gaetano di Thiene

Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

La confiance en la divine Providence.

1. Saint Gaétan. — Jour de mort : 7 août 1547. Tombeau : à Naples, dans l’église Saint-Paul. Vie : Saint Gaétan est le fondateur de l’ordre des Théatins. Jules II l’éleva, jeune encore, à la dignité de prélat. Ordonné prêtre en 1517, il renonça à la cour papale et se voua tout entier au service de Dieu. Il soignait de ses propres mains les malades. Son zèle de tous les instants au salut du prochain lui valut le surnom de « Chasseur d’âmes ». Dans le but de restaurer la discipline ecclésiastique, il institua, en 1524, un Ordre de clercs réguliers appelés à donner l’exemple d’une vie vraiment apostolique. Dédaigneux des biens de la terre, ces religieux ne devaient posséder aucun revenu et même ne rien solliciter des fidèles, se contentant pour leur subsistance de ce qui leur était spontanément offert. Ils vivaient ainsi dans une absolue confiance envers la divine Providence. Saint Gaétan passait souvent jusqu’à huit heures en prière. Il eut un rôle particulièrement actif dans la réforme du bréviaire sous Clément VII. La vertu dominante de ce saint, plein de mansuétude, fut l’humilité. A Rome, près de la Crèche, une nuit de Noël, il mérita de recevoir l’Enfant Jésus des bras de la Vierge Marie. Pendant le sac de Rome par Charles-Quint, il fut violemment maltraité par les soldats déçus de n’en pouvoir obtenir les biens qu’il avait distribués aux pauvres. La nouvelle d’une sédition populaire l’affecta si profondément qu’il en mourut.

2. La messe (Os justi). — Messe du commun des confesseurs, excepté l’Évangile et l’Oraison. L’Église y insiste sur la principale vertu de saint Gaétan, une grande confiance en Dieu et un vif désir du ciel. « Accorde-nous, par son intercession et son exemple, de mettre toujours en toi notre confiance et de n’avoir d’autres désirs que les biens du ciel ».

C’est pourquoi l’Évangile nous annonce le « joyeux message » de la confiance en Dieu. « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans les greniers ; votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Considérez les lis des champs comme ils grandissent ; ils ne travaillent pas et ils ne filent pas. Je vous le dis, Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux ».

Voici les deux pensées que l’Église inscrit au programme de notre journée ; le matin : « Ne vous inquiétez point et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? Votre Père sait ce qui vous est nécessaire » ; et, le soir : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît ».

3. L’examen particulier liturgique. — On connaît la pratique de l’examen particulier préconisée par saint Ignace. Elle consiste à examiner sa conscience sur tel défaut ou telle vertu nettement déterminée. C’est un exercice excellent.

Depuis des siècles, l’Église nous offre quelque chose de semblable. Lorsqu’elle observe chez un saint une vertu particulièrement frappante, elle ne cesse de nous la proposer en exemple toute la journée. Comment ? Il nous est aisé de le voir aujourd’hui. L’Église s’y prend de quatre manières :

1) Elle nous montre cette vertu en pratique dans la vie même du saint. Ceci à matines. Les mots nous touchent ; les exemples nous entraînent.

2) Elle nous la fait demander dans l’oraison du jour, non pas seulement une fois, mais jusqu’à six fois : à toutes les Heures de l’Office. C’est la grande prière de la journée, le point culminant de chaque partie de l’office.

3) Par la messe, surtout, nous participons à la vertu du saint. L’avant-messe d’aujourd’hui est éminemment instructive : le Christ nous y apprend pour ainsi dire lui-même, de sa propre bouche, la sollicitude du Père éternel pour ses enfants. Puis, cet enseignement, l’Église le pénètre de la rosée de grâce du Saint-Sacrifice. Ainsi, la Sainte Communion de ce jour a pour fruit particulier la confiance en la divine Providence.

4) Voici enfin le quatrième procédé de l’Église. Elle nous fait chanter les passages essentiels du saint Évangile. Ce qu’on chante se grave profondément dans le cœur. Au lever du soleil, nous chantons aujourd’hui cette parole du Christ : « Ne vous inquiétez pas... » ; et à la tombée de la nuit : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu... » De tout cela nous pouvons conclure que l’Église fait preuve d’une habileté admirable à enseigner la pratique de la vertu.

SOURCE : http://www.introibo.fr/07-08-St-Gaetan-de-Thienne

Cajetan (Gaetano) of Thienna, Priest (RM) 

Born in Vicenza, Lombardy, Italy, in 1480; died in Naples, Italy, on August 7, 1547; beatified by Urban VIII in 1629; canonized by Clement X in 1671. Saint Cajetan, founder of the blue-habited Theatines, was the son of Lord Gaspar of Thienna (Tiene) and his wife Mary di Porto. Both were known for their piety. At his birth his mother, a fervent Dominican tertiary, dedicated Cajetan to the Blessed Virgin. Although his father died while fighting for the Venetians against King Ferdinand of Naples when Cajetan was only two, the example of his mother helped Cajetan to grow into a man of sweet temper, constant recollection, and unwavering compassion, especially toward the poor and afflicted.


After attaining a doctorate in both civil and canon law at Padua, Italy, he became a senator in Vicenza. He built a parochial chapel at his own expense at Rampazzo, where those living far from the parish church might be catechized and worship. Thereafter he fled to Rome in 1506, where he had hoped to live in obscurity among the crowds; however, Pope Julius II compelled him to accept the office of protonotary in his court. Although Julius II was one of the least inspiring examples of a pope, Cajetan saw through the lustful, simonious, indulgent, war-loving court to the essential holiness of the Church. He knew that despite the vices and follies of Her servants, Holy Mother Church still held the keys to the salvation of the world.

He thanked God for the flowering of the arts in the Renaissance, knowing that the genius of the artist was but a reflection of the creativity of God. Yet he knew that the Church was in need of reformation. Unlike his contemporaries Luther and Savonarola, however, Cajetan wanted to bring about the reform patiently and humbly. He put his trust in the Holy Spirit and the love Christ has for His Bride.
During the thirteen years Cajetan labored in Rome for reform, he did what he could to bring comfort to others: he visited the sick in hospitals and sought out the incurable and the dying in their homes. He had joined the Confraternity of Divine Love, a small, unofficial group devoted to works of charity. They cared for the sick, the poor, foundlings, and prisoners. Gradually their influence spread further afield in Italy.
He resigned as protonotary upon Julius's death in 1513 and was ordained in 1516. The following year, while praying at the Christmas crib in the church of Saint Mary Maggiore, he had a mystical experience. He records, "Encouraged by the Blessed Saint Jerome, whose bones lie in the crypt beneath the crib, I took from the hands of the timid Virgin who had just become a mother her tender Child, in whom the eternal Word had been made flesh."

In 1518, Cajetan returned to Vicenza and his dying mother. There he joined the Oratory of Saint Jerome. Upon Mary di Porto's death, he dedicated his considerable inheritance to relieving distress, first in Vicenza and then in Verona and Venice. He founded a similar oratory at Venice and continued his work, particularly with the incurable.

In 1523, he returned to Rome, Paul Consiglieri, Boniface da Colle, and Bishop Giovanni Pietro Caraffa of Chieti (or Theate), who later became Pope Paul IV. These men helped Cajetan implement his vision of an order of priests whose lives would be as simple as those of the Apostles and who would serve as models for the secular clergy. The members of the Congregation of Clerks Regular (more generally known as the Theatines) were to dress in black and concentrate on the essentials of the priestly life: embracing poverty, spreading charity, and bringing life in the sacraments. The institute was approved by Pope Clement VII with Bishop Caraffa as the order's first provost general.

In 1524, twelve priests installed themselves in a house on the Pinicio in Rome, where Cajetan occupied himself in the humblest tasks. When Rome was sacked three years later by Charles V, the Theatines moved to Venice, where the famine and plague gave them ample opportunity to devote themselves to the service of others. The Venetians called them "hermits" because of their extreme simplicity of life and Cajetan they named "the saint of Providence." Cajetan was elected superior in 1530, and Caraffa re- elected in 1533. That same year the Theatines founded a house in Naples with Cajetan as its superior. Thereafter, the order rapidly spread throughout Italy, then Europe.

In Naples Cajetan fought widespread opposition to the reforms of the bishops and the prevalent heresies. Later, with Blessed John Marinoni, he founded the montes pietatis to help extend loans to the poor and combat usury.

Cajetan, one of the great Catholic reformers, died in Naples, worn out by his frequent travels and many obligations as superior, on a bed of ashes. At his request, he was buried in a common grave in the church of Saint Paul. Many of the reforms of the Council of Trent were anticipated and implemented by Cajetan long before that council convened (Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Husenbeth).

In art, Saint Cajetan is depicted as a Theatine monk with a winged heart. He may sometimes be shown (1) with a book, pen, lily, and flaming heart (not to be confused with Saint Augustine, who never has a lily); (2) seeing a vision of the Holy Family with a lily at his feet; or (3) holding the Christ-Child as an angel holds a lily nearby (Roeder). He is venerated in Chieti and Naples (Roeder).



St. Cajetan

 (GAETANO.)

Founder of the Theatines, born October, 1480 at Vicenza in Venetian territory; died at Naples in 1547. Under the care of a pious mother he passed a studious and exemplary youth, and took his degree as doctor utriusque juris at Padua in his twenty-fourth year. In 1506 he became at Rome a prothonotary Apostolic in the court of Julius II, and took an important share in reconciling the Republic of Venice with that pontiff. On the death of Julius in 1523 he withdrew from the court, and is credited with founding, shortly after, an association of pious priests and prelates called the Oratory of Divine Love, which spread to other Italian towns. Though remarkable for his intense love of God, he did not advance to the priesthood till 1516. Recalled to Vicenza in the following year by the death of his mother, he founded there a hospital for incurables, thus giving proof of the active charity that filled his whole life. But his zeal was more deeply moved by the spiritual diseases that, in those days of political disorder, infected the clergy of all ranks, and, like St. Augustine in earlier times, he strove to reform them by instituting a body of regular clergy, who should combine the spirit of monasticism with the exercises of the active ministry.

Returning to Rome in 1523 he laid the foundations of his new congregation, which was canonically erected by Clement VII in 1524. One of his four companions was Giovanni Pietro Caraffa, Bishop of Chieti (in Latin Theate), afterwards Paul IV, who was elected first superior, and from whose title arose the name Theatines. The order grew but slowly. During the sack of Rome in 1527 the Theatines, then twelve in number, escaped to Venice after enduring many outrages from the heretic invaders. There Cajetan met St. Hieronymus Æmiliani (see SOMASCHI), whom he assisted in the establishment of his Congregation of Clerks Regular. In 1533 Cajetan founded a house in Naples, where he was able to check the advances of Lutheranism. In 1540 he was again at Venice, whence he extended his work to Verona and Vicenza. He passed the last four years of his life, a sort of seraphic existence, at Naples where he died finally of grief at the discords of the city, suffering in his last moments a kind of mystical crucifixion. He was beatified by Urban VIII in 1629, and canonized by Clement X in 1671. His feast is kept on the 7th of August.

Keating, Joseph. "St. Cajetan." The Catholic Encyclopedia. Vol. 3. New York: Robert Appleton Company, 1908. 7 Aug. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/03145a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Marcia L. Bellafiore.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. November 1, 1908. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


August 7

St. Cajetan of Thienna, Confessor

See his life compiled by Antonio Caraccioli, Pr. of his Order, published in Latin with those of the three other founders in 1612. Also the same given more at large in Italian, by F. Jos. Silos, of the same Order, on the occasion of his canonization in 1671, with the bull of his canonization, and the comments of the Bollandists. See also his life written by Del Tufa, bishop of Acerra; Helyot, Hist. des Ord. Relig. t. 4, p. 71. Contin. Fleury, t. 32, et la Vie de S. Cajetan de Thienne, par D. Bernard. Paris, 1698, 12mo.

A.D. 1547

ST. CAJETAN was son of Gaspar, lord of Thienna, 1 and Mary Porta, persons of the first rank among the nobility of the territory of Vicenza, in Lombardy, and eminent for their piety. The saint was born in 1480. 2 His mother by earnest prayer recommended him from his birth to the patronage of the Blessed Virgin, and as he grew capable of instruction, never ceased setting before his eyes the example of our divine Redeemer’s humility, meekness, purity, and all other virtues; and such was his docility to her lessons that from his infancy he was surnamed the Saint. The perfect mortification of his passions from the cradle, made an unalterable sweetness of temper seem as it were the natural result of his constitution. The love of prayer taught a constant recollection, and the continual application of his mind to eternal truths, made him shun all loss of time in amusements or idle conversation; for no discourse seemed agreeable or interesting to him, unless it tended to raise the mind to God. His affections were entirely weaned from the world, and he directed all his aims to the life to come. His tender charity towards all men, particularly his compassion for the poor, and all who were in affliction, were remarkable on all occasions. The long exercises of devotion which he daily practised, were no hinderance to his studies, but sanctified them, and purified the eye of his understanding, enabling him the better to judge of truth. He distinguished himself in the study of divinity; likewise in the civil and canon laws, in which faculty he took the degree of doctor with great applause at Padua.

To devote himself perfectly to the divine service he embraced an ecclesiastical state; and, out of his own patrimony, built and founded a parochial chapel at Rampazzo, for the instruction and benefit of many who lived at a considerable distance from the parish church. After this he went to Rome not in quest of preferment, or to live at court, but hoping to lie concealed in that great city, and to lead an obscure and hidden life, which it was impossible for him to do in his own country. Nevertheless, Pope Julius II. compelled him to accept the office of protonotary in his court, and by that means drew him out of his beloved solitude, though the saint had the art to join interior recollection with public employments, and to live retired in courts. Being much delighted with the end proposed by the confraternity in Rome, called of the love of God, which was an association of zealous and devout persons who devoted themselves by certain pious exercises and regulations to labour with all their power to promote the divine honour, he enrolled himself in it. Upon the death of Julius II. he resigned his public employment, and returned to Vicenza. There he entered himself in the confraternity of St. Jerom, which was instituted upon the plan of that of the love of God in Rome; but which in that place consisted only of men in the lowest stations of life. This circumstance was infinitely pleasing to the saint, but gave great offence to his worldly friends, who thought it a blemish to the honour of his family. He persisted, however, in his resolution, and exerted his zeal with wonderful fruit in the most humbling practices of charity. He sought out the most distressed objects among the sick and the poor over the whole town, and served them with his own hands, being most assiduous about those who laboured under the most loathsome diseases in the hospitals of the incurables, the revenues of which house he considerably augmented. In obedience to the advice of his confessor, John of Crema, a Dominican friar, a man of great prudence, learning, and piety, the saint removed to Venice, and taking up his lodgings in the new hospital of that city, pursued his former manner of life. He was so great a benefactor to that house as to be regarded as its principal founder, though his chief care was to provide the sick with every spiritual succour possible. He at the same time emaciated his body with penitential austerities, and seemed to rival the most eminent contemplatives in the sublime grace of prayer; and it was the common saying both at Rome, Vicenza, and Venice, that Cajetan was a seraph at the altar, and an apostle in the pulpit.

By the advice of the same director, Cajetan left Venice to return to Rome, in order to associate himself again to the confraternity of the love of God, among the principal members of which, many were no less eminent for their learning and prudence than for their extraordinary piety. He deliberated with them on some effectual means for the reformation of manners among Christians, grieving that the sanctity of this divine religion should be so little known and practised by the greater part of those who profess it. All agreed that this could not be done but by reviving in the clergy the spirit and zeal of those holy pastors who first planted the faith. To put all the clergy in mind what this spirit ought to be, and what it obliges them to, a plan was concerted among the associates for instituting an order of regular clergy upon the perfect model of the lives of the apostles. The first authors of this design were St. Cajetan, John Peter Caraffa, afterwards pope under the name of Paul IV., but at that time archbishop of Theate, now called Chieti, a town in Abruzzo; Paul Consigliari, of the most noble family of Ghisleri, and Boniface de Colle, a gentleman of Milan. Those among them who were possessed of ecclesiastical livings addressed themselves to Pope Clement VII. for leave to resign them with a view of making such an establishment. His holiness made great difficulties with regard to the archbishop; but at length he gave his consent. The plan of the new institute was drawn up, laid before the pope, and examined in a consistory of cardinals in 1524. The more perfectly to extirpate the poison of avarice, always most fatal to the ecclesiastical order where it gets footing, and to establish in the hearts of those who are engaged in that state the most perfect spirit of disinterestedness, and the entire disengagement of their hearts from the goods of this world, the zealous founders made it an observance of their institute, though not under any vow or obligation (as several French writers of note have mistaken), that this regular clergy should not only possess no annual revenues, but should be forbidden ever to beg or ask for necessary subsistence, content to receive the voluntary contributions of the faithful, and relying entirely upon Providence. The cardinals objected a long time to this rule, thinking it inconsistent with the ordinary laws of prudence. But their opposition was at length overcome by the founders, who urged that Christ and his apostles having observed this manner of life, the same might be perfectly copied by those who were their successors in the ministry of the altar, and of the divine word. But this clause was added to the rule, that if a community should be reduced to extreme necessity, they should give notice of their distress by a toll of the bell. The Order therefore was approved by Clement VII. in 1524, and Caraffa was chosen the first general. As he still retained the title of archbishop of Theate, these regular clerks were from him called Theatins. 3 The principal ends which they proposed to themselves were to preach to the people, assist the sick, oppose errors in faith, restore among the laity the devout and frequent use of the sacraments, and reestablish in the clergy disinterestedness, regularity, a perfect spirit of devotion, assiduous application to the sacred studies, the most religious respect to holy things, especially in whatever belongs to the sacraments and pious ceremonies.

Rome and all Italy soon perceived the happy effects of the zeal of these holy men, and the odour of their sanctity drew many to their community. They lived at first in a house in Rome, which belonged to Boniface de Colle; but, their number increasing, they took a larger house on Monte Pincio. In the following year they were afflicted with a calamity which had like to have put an end to their Order soon after its birth. The army of the Emperor Charles V., which was commanded by the constable Bourbon, who had deserted from the French king to the emperor, marched from the Milanese to Rome, and took that city by assault on the 6th of May, 1527. This Duke of Bourbon, after having committed horrible outrages, was killed by a musket shot in mounting the wall; but Philibert of Challons, prince of Orange, took upon him the command of the army, which was composed in a great measure of Lutherans, and other enemies of the see of Rome. The pope and cardinals retired into the castle of St. Angelo; but the German army plundered the city, and were guilty of greater cruelties and excesses than had been committed by the Goths a thousand years before. The house of the Theatins was rifled, and almost demolished; and a soldier, who had known St. Cajetan at Vicenza before he renounced the world, falsely imagining he was then rich, gave an information to his officer against him to that effect; whereupon he was barbarously scourged and tortured to extort from him a treasure which he had not. Being at length discharged, though in a weak and maimed condition, he and his companions left Rome, with nothing but their breviaries under their arms, and with clothes barely to cover themselves. They repaired to Venice, where they were kindly received, and settled in the convent of St. Nicholas of Tolentino. Caraffa’s term for discharging the office of general expired after three years, in 1530, and St. Cajetan was chosen in his room. It was with great reluctance that he accepted that charge; but the sanctity, zeal, and prudence with which he laboured to advance the divine honour, especially by inspiring ecclesiastics with fervour and the contempt of the world, drew the esteem of the whole world on his Order. The fruits of his charity were most conspicuous during a raging plague which was brought to Venice from the Levant, and followed by a dreadful famine. Excited by his example, Jerom Emiliani, a noble Venetian, in 1530, founded another congregation of regular clerks, called Somasches, from the place where they lived, between Milan and Bergamo, the design of which was to breed up orphans, and such children as were destitute of the means of a suitable education.

At the end of the three years of Cajetan’s office, Caraffa was made general a second time, and our saint was sent to Verona, where both the clergy and laity were in the greatest ferment, tumultuously opposing certain articles of reformation of discipline which their bishop was endeavouring to introduce among them. The saint in a short time restored the public tranquillity, and brought the people unanimously and cheerfully to submit to a wholesome reformation, of which they themselves would reap all the advantages. Shortly after he was called to Naples to found a convent of his Order in that city. The count of Oppido bestowed on him a convenient large house for that purpose, and used the most pressing importunities to prevail upon him to accept a donation of an estate in lands: but this the saint constantly refused. A general reformation of manners at Naples both in the clergy and laity was the fruit of his example, preaching, and indefatigable labours. No occupations made him deprive himself of the comfort and succour of his daily long exercises of holy prayer, which he sometimes continued for six or seven hours together, and in which he was often favoured with extraordinary raptures. In 1534 Caraffa was created Cardinal by Paul III. Clement the Seventh’s successor. He was afterwards raised to the papacy upon the death of Marcellus II. in 1555, and died in 1559. Our saint was then gone to receive the recompense of his labours. In 1537 he went back to Venice, being made general a second time; but after his three years were expired, returned to Naples, and governed the house of his Order in that city till his happy death. Being worn out by austerities, labours, and a lingering distemper, he at length perceived his last hour to approach. When his physicians advised him not to lie on the hard boards, but to use a coarse bed in his sickness, his answer was: “My Saviour died on a cross, suffer me at least to die on ashes.” His importunity prevailing, he was laid on a sackcloth spread on the floor, and strewed with ashes; and in that penitential posture he received the last sacraments, and calmly expired in the greatest sentiments of compunction on the 7th of August, 1547. Many miracles wrought by his intercession were approved at Rome after a rigorous scrutiny, a history of which is published by Pinius the Bollandist. St. Cajetan was beatified by Urban VIII. in 1629, and canonized by Clement X. in 1671. His remains are enshrined in the church of St. Paul at Naples. 4

  The example of this saint inculcates to us the holy maxims of disinterestedness which Christ has laid down in his gospels. He teaches us that all inordinate desires, or excess of solicitude for the goods of this world is a grievous evil, and extremely prejudicial to all Christian virtues; he presses upon all his followers the duty of fighting against it in the strongest terms, and explains the rigorous extent of his precept in this regard. 5 It is incredible how much avarice steels the heart against all impressions of charity, and even of humanity, and excludes all true ideas of spiritual and heavenly things. The most perfect disinterestedness and contempt of the world, necessary in all Christians, is more essentially the virtue of the ministers of the altar; it always formed the character of every holy pastor. But alas! how often does the idol of covetousness, to the grievous scandal of the faithful, and profanation of all that is sacred or good, now-a-days find a place in the sanctuary itself! New fences against this evil have been often set up, but all become ineffectual in those who do not study perfectly to ground their souls in the true spirit of the opposite virtue.

Note 1. The house of Thienna, illustrious for the antiquity of its nobility, its alliances and military honours, still subsists at Vicenza. Two branches of this house were settled in France; one in Dauphiny in the year 1563, under Charles IX. and the other near Loches in Touraine, according to F. Giri. Nicholas of Thienna, says this author, was page to Francis I. captain of a company of artillery under Henry II. and highly esteemed under the three following reigns, and under that of Henry IV. He married Jane de Villars, daughter of Honoratus of Savoy, marquis de Villars, and grand admiral of France. But these two branches of the house of Thienna, although originally from Vicenza, were not descended from Gaspar of Thienna, father of St. Cajetan; John Baptist, only brother to our saint, having but one daughter, in whom the branch of Gaspar of Thienna was extinct.

  Our saint was called Cajetan, from his uncle the famous Cajetan of Thienna, who was canon of Padua, and esteemed one of the greatest philosophers of his age. We have a work of his printed at Padua, an. 1476, fol. under the following title: “Gaëtani de Tienis Vicentini Philosophi clarissimi in IV. Aristotelis Meteorum libros expositio.” This edition is “rare and very much sought after,” says the author of the Bibliographie instructive, No. 1277. Spondanus mistakes in pretending that St. Cajetan was called Marcellus. Fleury has been guilty of the same mistake, Instit. au Droit Eccles. t. 1, p. 202. 
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Note 2. Baillet says that St. Cajetan was born either at Vicenza or at Thienna; but he is the only person who has admitted this alternative. All the historians of his life are unanimous that he was born at Vicenza; nevertheless the day of his birth is not exactly known; most authors place it at the latest in 1480. [back]

Note 3. Baillet is mistaken in dating the bull of the institution of regular clerks of St. Cajetan in 1525, it being given in 1524. The 14th of September following, St. Cajetan and his companions made their vows. See the form of these vows in the life of the saint, by J. B. Caraccioli, p. 49, of the edition of Pisa, in 1738.

  St. Cajetan was the first institutor of regular clerks, that is, priests united by vows to fulfil the duties of an ecclesiastical state. They reckon generally eight congregations of regular clerks in Italy. 1. Regular clerks of St. Paul, called Barnabites, from their house dedicated to God in honour of St. Barnaby at Milan, instituted in 1533. 2. Regular clerks of the Society of Jesus, instituted in 1540. 3. Regular clerks of St. Mayeul or Somasquos, thus called from a village near Milan, instituted in 1530. This congregation was united to that of the Theatins in 1546, and again separated in 1555. 4. Regular clerks, Minors, instituted in 1588. 5. Regular clerks, ministering to the sick, called also cross-bearers, from a red cross which they wear on their cassock, instituted in 1591. 6. Regular clerks of pious schools, instituted in 1621. 7. Regular clerks of the Mother of God, instituted at Lucca in 1628. 8. Theatins; but as these were the first, they had no other name given them in the bull of their institution than that of regular clerks, without any other addition, as Spondanus in his Church Annals takes notice. These different congregations have nearly the same dress; they make use of the ancient cassock which the secular priests wore towards the end of the sixteenth century, and in the beginning of the seventeenth.

  Thomassin (Discipl. de l’Eglise, t. 1, p. 1806. Edit. 1725,) says, that the life of the regular clerks is nearly the same as that of the canon regulars; there is yet this difference, that the ancient canon regulars observed the fasts, the abstinences, the silence, and the night watchings of the monks; whereas the regular clerks, according to their institution, embraced the functions of the ecclesiastical state, without practising the great austerities of those religious men who dedicated themselves to silence and retirement. See the statutes of the canon regulars of the Order of Premontré. 
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Note 4. The Order of Theatins has eight houses in Naples, two in Rome, several in other parts of Italy, Spain, and Poland, and one in France, which was founded at Paris by Cardinal Mazarin in 1648. [back]

Note 5. Matt. vi. 24. [back]
Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866.