mercredi 15 août 2012

ASSOMPTION de la TRÈS SAINTE VIERGE MARIE


Assomption de la très Sainte Vierge

vers l'an 57

Cette fête a pour objet de célébrer à la fois la bienheureuse Mort, la glorieuse Résurrection et la triomphante Assomption de la très Sainte Vierge au Ciel.

Jésus avait souffert la mort pour racheter le monde; Marie, dans le plan de la Providence, devait suivre Son divin Fils et mourir. Mais Sa mort ne ressembla en rien à celle du commun des hommes; elle eut pour unique cause l'excès de Son amour et de Ses désirs; elle ne fut accompagnée d'aucune douleur, ni suivie de la corruption du tombeau. Jésus devait tous ces privilèges à Sa sainte Mère.

La tradition rapporte que les Apôtres, dispersés dans l'univers pour prêcher l'Évangile, se trouvèrent miraculeusement réunis autour du lit de mort de Celle qui avait présidé à la naissance et aux premiers développements de l'Église. Trois jours après la mort de Marie, visitant le virginal tombeau avant de se séparer, ils furent les heureux témoins d'une grande merveille. On entendit dans les airs d'harmonieux cantiques; un parfum délicieux s'exhalait du tombeau de Marie; et lorsqu'on l'eut ouvert, on n'y trouva que des fleurs fraîches et vermeilles: les Anges avaient transporté dans les Cieux, en corps et en âme, la Mère du Sauveur.

On ne peut que soupçonner ici bas avec admiration l'accueil qui fut fait à Marie par la Très Sainte Trinité, à laquelle Elle avait été associée d'une manière si sublime dans le mystère du salut des hommes, par Jésus-Christ Son Fils bien-aimé, par les légions des Anges, les Patriarches, les Prophètes, tous les Saints de l'Ancien Testament et les élus de la loi nouvelle. Les plus grands serviteurs de Marie, dans leurs contemplations, se sont plu à dépeindre Son triomphe incomparable, Son couronnement, Sa gloire en ce grand jour.

Mais le triomphe et la gloire de Marie sont éternels. La fête de l'Assomption, outre Sa mort toute sainte, Sa Résurrection et Son couronnement, célèbre Sa royauté toute-puissante. Elle est la Reine du Ciel, la Reine des Anges et des Saints, la Reine de l'Église terrestre, la Reine de l'Église du Purgatoire; et c'est Elle que David a dépeinte dans ses Psaumes: "La Reine S'est assise à Votre droite, couverte d'un manteau d'or, environnée et tout étincelante des richesses les plus variées." L'Assomption de Marie réclamait une définition de foi: l'Église a proclamé ce dogme le 1er novembre 1950. Gloire à Marie!

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

SOURCE : http://magnificat.ca/cal/fr/saints/assomption_de_la_tres_sainte_vierge.html



La Fête est attestée à Jérusalem au début du Ve siècle. Au VIe siècle, l’empereur Maurice impose sa célébration à tout l’Empire. Elle est attestée à Rome au VIIe siècle comme l’une des quatre grandes Fêtes mariales, sous le titre de ‘dormition’.

Au VIIIe siècle elle prend le titre d’Assumptio B.M.V., et est dotée d’une vigile et d’une octave par Léon IV (847-855).

La Messe de la Vigile s’est maintenue telle quelle, celle du jour de la Fête fut remplacée en 1950 par un formulaire plus explicite.



Historique

Pierre Jounel [1]

La fête mariale du 15 août a pris naissance à Jérusalem, où le lectionnaire de 415-417 déclare : « Le 15 août, de Marie, la Théotokos, au deuxième mille de Bethléem ». On y lit la prophétie de l’Emmanuel (Is. 7,10-16d), le texte de saint Paul sur le Christ « né de la femme » (Gal. 3,29 - 4,7) et le récit de la naissance de Jésus à Bethléem (Luc 2,1-7). Il ne s’agit donc pas encore de célébrer la Dormition de Marie, mais sa maternité divine. De Jérusalem la fête devait se répandre à travers l’Orient, puis atteindre la Gaule et Rome. L’évangéliaire romain de 645 ne connaît pas encore la fête du 15 août, mais celui de 740 annonce Sollemnia de pausatione sanctae Mariae et celui du 9e siècle fera de même. C’est sous ce titre, reçu de l’Orient, que la fête avait pénétré à Rome et qu’elle est mentionnée dans le Liber Pontificalis, qui énumère les quatre processions décrétée par le pape Sergius Ier diebus Adnuntiationis Domini, Dormitionis et Nativitatis sanctae Dei genetricis semperque virginis Mariae ac sancti Symeonis, quod Ypappanti Graeci appellant [2]. Cependant, dans les mêmes années, si l’on s’en rapporte à l’analyse d’A. Chavasse [3], le sacramentaire grégorien intitulait la fête du 15 août Adsumptio sanctae Mariae, comme on le faisait en Gaule, où l’Assomption était célébrée le 18 janvier. Le vocabulaire des martyrologes devait rester plus longtemps fidèle au modèle oriental. Mais la déclaration d’Usuard contre les apocryphes du type Transitus Mariae, le 15 août, ne l’empêche pas de noter, au 14, la vigilia Assumptionis. Au XIe siècle, le martyrologe de Saint-Pierre continue à tenir le langage de ses congénères, quand il annonce Sanctae Mariae dormitio.

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, l’Assomption était célébrée au Latran avec la même solennité que Noël, au dire de l’Ordo, qui lui consacre une ample description. Il évoque, en particulier, la procession nocturne. Mais, bien qu’on célèbre l’Assomption avec ferveur au Latran, on y lit durant les vigiles et pendant toute l’octave l’opuscule pseudo-hiéronymien Cogitis me, o Paula dans lequel Paschase Radbert, sans nier explicitement l’assomption de Marie, met en doute sa résurrection corporelle et veut qu’on ne présente le fait que sous la forme d’une simple opinion [4]. Quant au missel du Latran, il reproduit les oraisons de l’Hadrianum, indiquant pour la station ad sanctum Adrianum l’oraison Veneranda, qui affirme explicitement la résurrection de la sainte Mère de Dieu : « Veneranda nobis domine huius est diei festivitas in qua sancta Dei genetrix mor-tem subiit temporalem, née tamen mortis nexibus deprimi potuit, qui Filium tuum dominum nostrum de se genuit incarnatum ».

En décrivant les manuscrits du passionnaire du Latran et de l’antiphonaire Vat. lat. 5379, on a relevé une anomalie : le premier ne contient aucune lecture pour le 15 août ; le second a une messe, le 14, in vigilia S. Marie, mais non le lendemain pour la fête. Sans doute faut-il expliquer cette absence par le fait qu’au début du 12e siècle le clergé du Latran participait à la procession, qui comportait la célébration de l’office nocturne à Sainte-Marie-la-Neuve et s’achevait par la messe à Sainte-Marie-Majeure.

[1] Cf. Pierre Jounel, Le Culte des Saints dans les Basiliques du Latran et du Vatican au douzième siècle, École Française de Rome, Palais Farnèse, 1977.

[2] L. Duchesne, Le Liber Pontificalis, tome 1er, p. 376. Un siècle plus tard, le pape Adrien 1er fit exécuter un parement d’autel habentem adsumptionem sanctae Dei genetricis pour Sainte-Marie-Majeure (ibid., p. 500).

[3] A. Chavasse, Le sacramentaire gélasien, pp. 390-397.

[4] Pour le texte P.L. 30, col. 122-142. Pour son étude on trouvera une bibliographie dans la Clavis Patrum latinorum, editio altéra 1961, Coll. Sacris erudiri, p. 144, n° 633, epistola 9. La pensée de Paschase Radbert est identique à celle d’Usuard, mais Usuard lui-même n’a fait que reproduire, en l’abrégeant, un long développement qu’ Adon a inséré au 8 septembre (MA 594).



D’après L’Église en Prières, Martimort et alii.

La récente définition dogmatique de l’Assomption de la Vierge a eu pour conséquence une assez massive révision du formulaire antérieur de la fête, tant pour les hymnes et leçons du bréviaire que pour le missel, où les oraisons, les chants de l’introït, du graduel, de l’offertoire et de la communion, les textes de l’épître et de l’évangile sont nouveaux. Seul, le verset de l’Alléluia : « Assumpta est Maria in cælum, gaudet exercitus angelorum » a pu être maintenu, malgré son imprécision.

Ce fait massif ne mériterait pas d’être souligné s’il ne révélait, par contraste, combien discret et anormalement neutre fut jugé — et est en effet pour ce qui regarde l’assomption corporelle, — le formulaire romain antérieur, resté presqu’inchangé depuis les débuts, soit depuis le VIIe siècle [5].

Cette obstinée réserve, évidemment voulue à l’origine, perpétuait les scrupules des théologiens anciens — les Carolingiens surtout — inquiets du revêtement légendaire de la croyance. Déjà depuis Grégoire de Tours [6] (573-593), sa ferveur s’appuyait sur d’anciens récits apocryphes orientaux. La défiance datait de longtemps : les premiers sacramentaires en témoignent déjà, par une sorte de significative imprécision neutraliste des formules. En effet, lorsque, vers la fin du VIe siècle, un net décret de l’empereur Maurice (582-602) avait déjà rendu la fête obligatoire partout, le formulaire gélasien, composé de pièces empruntées à des sources romaines antérieures, n’accusait sa destination nouvelle que dans la secrète, par l’addition imprécise : « vel talis assumpta est ». Quant à l’Hadrianum, de ses trois oraisons [7] — celles-là même que reprendra et gardera le missel romain — seule la secrète évoque la fête par un « pro condicionis carnis migrasse cognoscimus » volontairement incolore.

Un siècle environ après saint Grégoire, soit vers l’an 700, le pape Serge Ier, syrien d’origine, voulant instituer à Rome trois processions stationnales pour l’Annonciation, la Dormition et la Nativité, faisait composer pour celle du 15 août une admirable oraison de départ du cortège, ainsi conçue [8] :

Veneranda nobis, Domine, huius est diei festivitas, in qua sancta Dei Genetrix mortem subiit temporalem, nec tamen mortis nexibus deprimi potuit, quæ Filium tuum, Dominum nostrum, de se genuit incarnatum. Per eumdem.

Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête qui commémore ce jour en lequel la sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais néanmoins ne put être retenue par les liens de la mort, elle qui avait engendré de sa substance votre Fils, notre Seigneur incarné.

La netteté doctrinale de cette ardente prière fait contraste avec l’insignifiance calculée du formulaire romain antérieur. Au reste, une de ses sources d’inspiration semble bien avoir été le « kontakion » byzantin de la fête de l’Assomption, de doctrine si réfléchie :

La Theotokos, infatigable en ses intercessions, espoir inébranlable grâce à ses plaidoyers, ni le tombeau ni la mort ne l’ont retenue. Étant mère de la Vie, c’est à la Vie qu’elle fut transférée par Celui qu’avait renfermé son sein virginal.

Autant que le « kontakion » grec, l’oraison latine Veneranda est plus que simple louange : elle professe le privilège marial et en fournit soigneusement la justification théologique. Sans doute voulait-on, en imposant son texte si ferme, mettre fin à certaines hésitations doctrinales.

N’appartenant pas à la messe, mais créée en vue de la procession stationnale romaine, Veneranda devenait sans objet hors de la Ville éternelle. Elle finit par disparaître du formulaire, lorsque le Missale secundum consuetudinem Romanæ curiæ se fut répandu partout. Témoin insigne de la doctrine, on l’a maintenue, moyennant de légères retouches, à Lyon et à Milan, et elle est restée en usage dans plusieurs ordres religieux.

Aux autres incolores et trop prudentes formules romaines ont aujourd’hui succédé de lumineuses visions de gloire : la Mulier amicta sole et couronnée d’étoiles (introït), revêtue texturæ aureæ, intégralement ressuscitée comme son Fils, tota decora ingreditur (graduel).

5] On sait par le prologue au Supplément ajouté par Alcuin au Sacramentaire grégorien, que le texte primitif ne comportait pas l’Assomption (cf. éd. LIETZMANN, p. xix). D’autre part, l’Assomption est une des quatre fêtes mariales que le pape Serge Ier (687-701) dotera d’une procession.

[6] De gloria martyrum I, 4 ; PL 71 col. 708.

[7] Elles ne font pas partie du Grégorien primitif : cf. note 1.

[8] LIETZMANN, op. cit., p. 88, n. 147.



Dom Pius Parsch, Le guide dans l’année liturgique

Marie a choisi la meilleure part.

Vers la fin de l’été, à l’époque où dans les jardins et les prés mûrissent les fruits, l’Église célèbre la plus grande fête de la moisson, qui annonce le retour de l’automne liturgique. Le fruit le plus précieux qui se soit épanoui sur la terre du royaume de Dieu est aujourd’hui déposé dans les granges célestes : Marie, la Très Sainte Vierge.

1. La Fête de l’Assomption. — Que célébrons-nous en ce jour ?

a) Avant tout la mort de Marie, la fête de la « Dormitio », comme on disait autrefois. Pour l’Église, l’anniversaire de la mort des saints est plus encore celui de leur naissance au ciel (natale).

b) C’est ensuite la réception de Marie au Paradis. La liturgie dépeint l’arrivée de la Mère de Dieu comme un cortège nuptial, comme une marche triomphale.

c) Poursuivons encore. Nous célébrons le couronnement de Marie comme Reine des Saints. Toutefois, c’est une pensée particulièrement chère à la piété populaire et au mysticisme du moyen âge dont la liturgie fait moins de cas.

d) Enfin, l’Église songe à l’Assomption corporelle de Marie dans le ciel, quoique la liturgie n’insiste guère non plus sur ce fait. Sur la mort de la sainte Vierge nous ne possédons aucun document historique certain ; nous en ignorons même le lieu (d’après la tradition : Éphèse ou Jérusalem).

L’Assomption est une des fêtes les plus anciennes de la Sainte Vierge. On la célébrait primitivement le 18 janvier ; l’empereur Maurice (582-602) en fixa la date actuelle. — La « bénédiction des plantes » qui a lieu également aujourd’hui dans certaines régions est une antique coutume sans rapport bien net avec la fête liturgique. L’office, il est vrai, compare Marie aux plantes et aux fleurs odoriférantes ; d’après la légende, au lieu d’un linceul ce sont des fleurs que l’on trouva dans son tombeau. Vraisemblablement pourtant, la bénédiction des plantes n’est que la survivance d’un vieil usage païen qu’on a voulu christianiser.

2. L’Office. — Efforçons-nous encore une fois de bien comprendre et de bien suivre toutes les phases de l’office liturgique. Les premières et les secondes vêpres annoncent déjà dans leurs antiennes quel est le mystère de la fête, et proclament la sainteté de la Mère de Dieu. Les matines, prière nocturne de l’Église, font l’exposé poétique et dramatique de tout ce que rappelle la solennité de l’Assomption : les versets et, mieux encore, les répons acclament en Marie la Reine et l’Épouse : « Assumpta est » — « Marie a été élevée au Ciel », y répète-t-on sans cesse.

Les leçons sont également très belles. Au troisième nocturne, nous entendons une homélie de saint Augustin sur l’évangile de la fête [127]. Les anciens insistent surtout sur le sens allégorique de cet évangile : les deux femmes symbolisent la vie active et la vie contemplative, mais elles représentent aussi la paix céleste de l’Église. Et c’est ce dernier motif qui explique le choix de cette péricope aujourd’hui : dans son Assomption « Marie a pris la meilleure part ». — A l’heure où l’aurore glisse ses premières clartés sur le sommet des montagnes, à l’heure où le soleil visible commence majestueusement sa carrière, l’Église entonne le Benedictus et salue le vrai « Soleil levant » (Oriens ex alto) ; mais aujourd’hui, c’est surtout la pensée de Marie entrant au ciel qui lui suggère cette image : « Quelle est celle qui s’élève comme l’aurore, belle comme la lune, radieuse comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille ? »

3. La Messe. — Depuis la promulgation comme dogme du mystère de la fête de l’Assomption, un nouveau formulaire de messe a été prescrit conformément au décret de la Congrégation des Rites, en date du 31 octobre 1950. Ce formulaire souligne davantage encore que l’ancien la souveraine dignité de Marie.

La messe commence immédiatement par cette image de l’Apocalypse : « La femme revêtue du soleil, la lune à ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles ». Peut-il y avoir plus sublime image de la Reine du ciel qui brille de l’éclat des astres ? Marie est la première créature entrée, corporellement aussi, dans la glorification du Christ ; nous pouvons donc entonner un « cantique nouveau ». Le mot « nouveau » a dans la liturgie un sens tout à fait éminent et veut indiquer le monde surnaturel ; sur la terre la vie nouvelle de la grâce, dans l’autre monde, « un ciel nouveau et une nouvelle terre ». Le « cantique nouveau chante le corps humain glorifié de la Mère de Dieu, les « choses admirables accomplies en elle par Dieu.

Si nous considérons le psaume 97 dans son entier, nous pensons alors que la Mère de Dieu est entrée dans les parvis célestes en tant que première créature humaine glorifiée ; Ainsi, « le Seigneur a révélé son salut et dévoilé sa justice sous les yeux du monde ». Par la foi, « toutes les contrées de la terre voient le salut de notre Dieu ». A présent toute la création rend hommage au premier être humain glorifié, Marie. Car la création voit en elle les prémices de sa propre glorification : « Jouez en l’honneur du Seigneur sur la harpe... Que la mer se soulève avec ce qu’elle contient, la terre avec tous ses habitants. Que les fleuves applaudissent et qu’en même temps les montagnes tressaillent ». L’Introït est donc une magnifique ouverture pour cette messe.

La nouvelle Collecte est ainsi rédigée : « Dieu tout-puissant et éternel qui avez élevé en corps et en âme dans la gloire céleste l’immaculée Vierge Marie, Mère de votre Fils ; faites, nous vous en supplions, que, attentifs toujours aux choses d’en-haut, nous méritions de participer à sa gloire ». Cette Oraison constate donc que « la Vierge Immaculée » et « Mère du Fils de Dieu a été élevée « en corps et en âme dans les splendeurs du ciel » : elle en tire une double application : qu’ici-bas nous soyons « sans cesse occupés des choses du ciel » et « que nous participions un jour à sa gloire ». La Collecte indique donc la valeur vitale du mystère de la fête. C’est ce que nous demandons aussi en la fête de l’Ascension : « habiter de cœur dans le ciel ».

L’Épître est tirée du Livre de Judith (nous avons déjà le même texte dans le missel à la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs). L’éloge de cette femme héroïque est appliqué à Marie qui a foulé aux pieds le serpent : « Le Seigneur vous a bénie dans sa force ; car, par vous, il a anéanti nos ennemis (par la naissance de Jésus-Christ, le Vainqueur de la mort et de l’enfer). Ainsi, Marie « est bénie plus que toutes les femmes sur la terre... parce que le Seigneur a guidé sa main pour trancher la tête à notre plus grand ennemi ». Nous avons là un écho du texte de la Vulgate dans la Genèse : « elle t’écrasera la tête ». L’Épître parle donc de la tâche de Marie dans l’histoire du salut qui, en tant que Mère immaculée du Sauveur, a pris une part active à la défaite du démon. L’Épître ajoute encore cette phrase empruntée à un autre chapitre du même Livre : « Vous êtes la gloire de Jérusalem, la joie d’Israël, la couronne de notre peuple ». (Jérusalem, c’est l’Église, Israël la chrétienté). Nous voyons que l’Épître a été bien choisie.

Au Graduel, l’image de l’héroïne guerrière fait place à l’image pacifique de la fiancée ; nous voyons la Mère de Dieu sous les traits d’une fille de roi et d’une épouse royale, entrer dans le palais céleste. Nous entendons l’invitation : « Écoute, ma fille, vois et prête l’oreille ; le roi sera épris de ta beauté » ; puis nous voyons « la fille du roi richement parée, en vêtements aux franges dorées, entrer dans le ciel ».

Nous rencontrons dans l’Alléluia le point culminant de la fête, nous chantons au milieu des Alléluias célestes : « Marie a été transportée au ciel, l’armée des anges s’en réjouit. »

L’Évangile aussi est entièrement nouveau. L’ancien évangile qui rapportait la discussion entre les deux sœurs avait le défaut de ne pas parler de la Mère de Dieu ; mais pour l’ami de la liturgie il avait l’avantage de fournir le verset de la Communion « Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera pas ôtée ». La péricope nouvelle nous transporte dans la maison de Sainte Élisabeth qui continue la salutation de l’ange : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni ». Nous avons donc ici une phrase répondant à celle de l’Épître. Ensuite nous entendons sur les lèvres de Marie une partie du Magnificat. Nous pouvons nous représenter la Sainte Vierge chantant, à son arrivée au ciel, son premier solennel Magnificat.

L’antienne de l’Offertoire n’est pas tirée d’un psaume, c’est la parole de Dieu au paradis terrestre : « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et son Fils ». Nous pouvons là aussi constater une correspondance avec l’Épître. Judith « a coupé la tête du chef des ennemis d’Israël » devant les portes du paradis perdu Dieu a peint l’image de Marie qui écraserait le serpent.

La Secrète est très solennelle ; elle commence par le mot « ascendat » ; instinctivement, on pense tout d’abord à l’Assomption de Marie mais, les mots suivants nous montrent qu’il s’agit des oblats que nous souhaitons voir monter vers Dieu ; dans la phrase qui suit nous demandons que l’Assomption de la Sainte Vierge enflamme nos cœurs du feu de l’amour divin. Les charbons allumés, l’encens fumant pendant l’offertoire sont les symboles de cette oraison.

A la Communion, nous voyons le ciel ouvert et la Mère de Dieu glorifiée chanter le Magnificat : « toutes les générations me proclameront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses ». Nous pouvons chanter le Magnificat en entier, le cantique d’action de grâces pour notre salut.

La Postcommunion demande à Dieu que « nous soyons conduits à la gloire de la résurrection ». La liturgie aime beaucoup à diriger nos pensées vers la fin de la messe, sur la gloire céleste (cf. la Postcommunion de la Fête-Dieu « la jouissance éternelle de la divinité »). Cette nouvelle messe fait donc passer devant nous diverses scènes et images : d’abord la grandiose image de la Femme vêtue du soleil, l’héroïque Judith, l’entrée de la royale épouse, la Sainte Vierge frappant à la porte de Sainte Élisabeth, la femme qui écrase le serpent et enfin, la Reine du ciel chantant le Magnificat.

Constitution apostolique Munificentissimus Deus, 1950


Pie XII proclamant le dogme de l’Assomption en 1950

Constitution de Pie XII du 1er novembre 1950 définissant le dogme de l’Assomption.

1. Dans sa munificence, Dieu, qui peut tout, et dont le plan providentiel est fait de sagesse et d’amour, adoucit par un mystérieux dessein de sa pensée, les souffrances des peuples et des individus en y entremêlant des joies, afin que par des procédés divers et de diverses façons, toutes choses concourent au bien de ceux qui l’aiment [128].

2. Notre pontificat, tout comme l’époque actuelle, est accablé de multiples soucis, préoccupations et angoisses causés par les très graves calamités et les déviations de beaucoup d’hommes qui s’écartent de la vérité et de la vertu. Cependant, c’est pour Nous une grande consolation de voir des manifestations publiques et vivantes de la foi catholique, de voir la piété envers la Vierge Marie, Mère de Dieu, en plein essor, et croître chaque jour davantage, et offrir presque partout des présages d’une vie meilleure et plus sainte. Il arrive de la sorte que tandis que la Très Sainte Vierge remplit amoureusement ses fonctions de mère en faveur des âmes rachetées par le sang du Christ, les esprits et les cœurs des fils sont incités à contempler avec plus de soin ses privilèges.

3. Dieu, en effet, qui, de toute éternité, regarde la Vierge Marie avec une toute particulière complaisance « dès que vint la plénitude des temps [129] », réalisa le dessein de sa Providence de façon que les privilèges et les prérogatives dont il l’avait comblée avec une suprême libéralité, resplendissent dans une parfaite harmonie. Que si l’Église a toujours reconnu cette très grande libéralité et cette parfaite harmonie des grâces, et si, au cours des siècles, elle les a chaque jour explorées plus intimement, il était cependant réservé à notre temps de mettre en plus grande lumière le privilège de l’Assomption corporelle au ciel de la Vierge Marie, Mère de Dieu.

4. Ce privilège resplendit jadis d’un nouvel éclat lorsque Notre Prédécesseur d’immortelle mémoire, Pie IX, définit solennellement le Dogme de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Ces deux privilèges sont en effet très étroitement liés. Par sa propre mort, le Christ a vaincu le péché et la mort, et celui qui est surnaturellement régénéré par le baptême triomphe par le même Christ du péché et de la mort. Toutefois, en vertu d’une loi générale, Dieu ne veut pas accorder aux justes le plein effet de la victoire sur la mort, sinon quand viendra la fin des temps. C’est pourquoi, les corps même des justes sont dissous après la mort, et ne seront réunis, chacun à sa propre âme glorieuse qu’à la fin des temps.

5. Cependant, Dieu a voulu exempter de cette loi universelle la Bienheureuse Vierge Marie. Grâce à un privilège spécial, la Vierge Marie a vaincu le péché par son Immaculée Conception, et de ce fait, elle n’a pas été sujette à la loi de demeurer dans la corruption du tombeau, et elle ne dut pas non plus attendre jusqu’à la fin du monde la rédemption de son corps.

6. C’est pourquoi, lorsqu’il fut solennellement défini que la Vierge Marie, Mère de Dieu, a été préservée dès sa conception de la tache originelle, les fidèles furent remplis d’un plus grand espoir de voir définir le plus tôt possible, par le suprême magistère de l’Église, le Dogme de l’Assomption corporelle au ciel de la Vierge Marie.

7. En fait, on vit alors, non seulement les simples fidèles, mais encore les représentants des nations et des provinces ecclésiastiques, ainsi que de nombreux Pères du Concile du Vatican, postuler instamment cette définition auprès du Siège apostolique.

8. Au cours des siècles, ces pétitions et ces vœux, loin de diminuer, ne firent que croître en nombre et en instance. En effet, de pieuses croisades de prières furent organisées à cette fin ; de nombreux et éminents théologiens en firent l’objet de leurs études empressées et attentives, soit en particulier, soit dans des Athénées ou Facultés ecclésiastiques, soit d’autres Instituts destinés à l’enseignement des sciences sacrées ; des Congrès mariaux nationaux ou internationaux eurent lieu, en de nombreuses parties du monde. Ces études et ces recherches mirent en meilleure lumière le fait que, dans le dépôt de la foi chrétienne confié à l’Église, était également contenu le Dogme de l’Assomption au ciel de la Vierge Marie ; et généralement, il en résulta des pétitions dans lesquelles on priait instamment le Saint-Siège de définir solennellement cette vérité.

9. Dans cette pieuse campagne, les fidèles se montrèrent admirablement unis à leurs évêques, lesquels adressèrent en nombre vraiment imposant des pétitions de ce genre à cette Chaire de Saint-Pierre. Aussi, au moment de Notre élévation au trône du Souverain Pontife, plusieurs milliers de ces suppliques avaient été présentées au Siège apostolique de toutes les régions de la terre et par des personnes de toutes les classes sociales : par Nos chers Fils les cardinaux du Sacré-Collège, par Nos vénérables Frères les archevêques et évêques, par les diocèses et les paroisses.

10. En conséquence, tandis que Nous adressions à Dieu de ferventes prières afin d’obtenir pour Notre âme la lumière du Saint-Esprit en vue de la décision à prendre en une si grave affaire, Nous édictâmes des règles spéciales, pour que fussent entreprises dans un effort commun, des études plus rigoureuses sur cette question et pour que, pendant ce temps, fussent rassemblées et examinées avec soin toutes les pétitions concernant l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie [130].

11. Mais comme il s’agissait d’une chose particulièrement grave et importante, Nous jugeâmes opportun de demander directement et officiellement à tous les vénérables Frères dans l’épiscopat de bien vouloir Nous exprimer ouvertement chacun son sentiment à ce sujet. C’est pourquoi, le 1er mai de l’année 1946, Nous leur adressâmes la lettre Deiparae Virginis Mariae, dans laquelle se trouvait ce qui suit : « Est-ce que vous, vénérable Frère, dans votre grande sagesse et prudence, vous pensez que l’Assomption corporelle de la Bienheureuse Vierge puisse être proposée et définie comme Dogme de foi et est-ce que vous, votre clergé et vos fidèles, vous désirez cela ? »

12. Et ceux que « l’Esprit-Saint a établis évêques pour gouverner l’Église de Dieu » [131] donnèrent à l’une et à l’autre question une réponse presque unanimement affirmative. Ce « singulier accord des évêques et des fidèles catholiques » [132], qui estiment que l’Assomption corporelle au ciel de la Mère de Dieu peut être définie comme un Dogme de foi, comme il nous offre l’accord de l’enseignement du magistère ordinaire de l’Église et de la foi concordante du peuple chrétien — que le même magistère soutient et dirige — manifeste donc par lui-même et d’une façon tout à fait certaine, et exempte de toute erreur, que ce privilège est une vérité révélée par Dieu et contenue dans le dépôt divin, confié par le Christ à son Épouse, pour qu’elle le garde fidèlement et le fasse connaître d’une façon infaillible [133], le magistère de l’Église, non point certes par des moyens purement humains, mais avec l’assistance de l’Esprit de vérité [134] et à cause de cela sans commettre absolument aucune erreur, remplit la mission qui lui a été confiée de conserver à travers tous les siècles, dans leur pureté et leur intégrité, les vérités révélées ; c’est pourquoi il les transmet, sans altération, sans y rien ajouter, sans y rien supprimer. « En effet, comme l’enseigne le Concile du Vatican, le Saint-Esprit ne fut pas promis aux successeurs de Saint-Pierre pour que, Lui révélant, ils enseignent une doctrine nouvelle, mais pour que, avec son assistance, ils gardent religieusement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » [135]. C’est pourquoi, de l’accord universel, du magistère ordinaire de l’Église, on tire un argument certain et solide servant à établir que l’Assomption corporelle au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie — laquelle, en ce qui concerne la « glorification » céleste elle-même du corps virginal de la Mère de Dieu, ne pouvait être connue par les forces naturelles d’aucune faculté de l’âme humaine — est une vérité révélée par Dieu, et par conséquent elle doit être crue fermement et fidèlement par tous les enfants de l’Église. Car, ainsi que l’affirme le même Concile du Vatican, « on doit croire de foi divine et catholique toutes les choses contenues dans la parole de Dieu écrite ou transmise, et que l’Église propose à notre foi par son magistère ordinaire ou universel, comme des vérités révélées par Dieu » [136] .

13. Des témoignages, des indices, des traces multiples de cette foi commune de l’Église ont apparu au cours des siècles, depuis l’antiquité, et cette même foi s’est manifestée dans une lumière plus vive de jour en jour.

14. En effet, sous la direction et la conduite de leurs pasteurs, les fidèles ont appris par la Sainte Écriture que la Vierge Marie a mené au cours de son pèlerinage ici-bas, une vie de soucis, d’angoisses et de souffrances ; ils ont su, de plus, que s’est réalisée la prédiction du saint vieillard : qu’un glaive acéré lui transperça le cœur au pied de la croix de son divin Fils, notre Rédempteur. Les fidèles ont également admis sans peine que l’admirable Mère de Dieu, à l’imitation de son Fils unique, quitta cette vie. Mais cela ne les a aucunement empêchés de croire et de professer ouvertement que son corps si saint ne fut jamais soumis à la corruption du tombeau et que cet auguste tabernacle du Verbe divin ne fût pas réduit en pourriture et en poussière. Bien plus, éclairés par la grâce divine, et poussés par leur piété envers Celle qui est la Mère de Dieu et aussi notre très douce Mère, ils ont contemplé dans une lumière chaque jour plus vive l’admirable harmonie et concordance des privilèges que Dieu, dans son infinie Providence, a accordés à cette sainte associée de notre Rédempteur, privilèges si élevés que nulle autre créature, en dehors de Marie, sauf la nature humaine de Jésus-Christ, n’atteignit jamais pareil sommet.

15. Cette même croyance est clairement attestée par d’innombrables églises consacrées à Dieu en l’honneur de la Vierge Marie dans son Assomption ; elle l’est aussi par les images sacrées exposées dans les églises à la vénération des fidèles et représentant aux yeux de tous ce singulier triomphe de la Bienheureuse Vierge. En outre, des villes, des diocèses, des régions furent placés sous la protection et le patronage spéciaux de la Vierge, Mère de Dieu, élevée au ciel. Pareillement, des Instituts religieux approuvés par l’Église furent créés, qui portent le nom de ce privilège de Marie. On ne doit pas non plus passer sous silence que dans le rosaire mariai, dont le Siège apostolique recommande tant la récitation, est proposé à la méditation un mystère ayant trait, comme chacun sait, à l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge.

16. Mais cette foi des pasteurs de l’Église et des fidèles s’est manifestée d’une façon universelle et plus éclatante lorsque, depuis les temps anciens, en Orient, comme en Occident, furent célébrées des solennités liturgiques en l’honneur de l’Assomption. Les Pères et Docteurs de l’Église, en effet, n’ont jamais manqué de puiser là un lumineux argument, attendu que la liturgie sacrée, ainsi que tous le savent, « étant aussi une profession des vérités célestes, soumises au magistère suprême de l’Église, elle peut fournir des preuves et des témoignages de grande valeur pour décider de quelque point particulier de la doctrine chrétienne [137] ».

17. Dans les livres liturgiques où l’on trouve la fête, soit de la Dormition, soit de l’Assomption de Sainte Marie, il y a des expressions en quelque sorte concordantes pour attester que lorsque la Sainte Vierge, Mère de Dieu, quitta cet exil pour les demeures éternelles, il arriva pour son corps sacré, par une disposition de la divine Providence, ce qui était en harmonie avec sa dignité de Mère du Verbe incarné, et avec les autres privilèges qui lui avaient été accordés. Ces expressions, pour en donner un remarquable exemple, se lisent dans le Sacramentaire, que Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Adrien I, envoya à l’empereur Charlemagne. Il y est dit, en effet : « Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête de ce jour, en lequel la Sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais cependant ne put être humiliée par les liens de la mort, elle qui engendra de sa chair, ton Fils, Notre-Seigneur » [138].

18. Ce qu’indique dans sa sobriété verbale habituelle la liturgie romaine, est exprimé avec plus de détails et de clarté dans les autres livres de l’ancienne liturgie, tant orientale qu’occidentale. Le Sacramentaire Gallican, pour apporter un seul exemple, qualifie ce privilège de Marie d’« inexplicable mystère, d’autant plus admirable qu’il est exceptionnel parmi les hommes, par l’Assomption de la Vierge ». Et, dans la liturgie byzantine, l’Assomption corporelle de la Vierge Marie est reliée plus d’une fois, non seulement à la dignité de Mère de Dieu, mais encore à ses autres privilèges, à un titre particulier à sa maternité virginale, faveur qu’elle doit à un singulier dessein de la divine Providence : « Dieu, le Roi de l’univers, t’a accordé des choses qui dépassent la nature, car, de même qu’il te garda vierge lorsque tu enfantas, de même il préserva ton corps de la corruption du tombeau et le glorifia par une divine translation » [139].

19. Cependant, le fait que le Siège apostolique, héritier de la mission confiée au Prince des apôtres de confirmer les frères dans la foi rendit, en vertu de son autorité, de plus en plus solennelle cette fête, a porté l’esprit des fidèles à considérer chaque jour davantage la grandeur du mystère qui était commémoré. C’est pourquoi la fête de l’Assomption, du rang honorable qu’elle obtint dès le commencement parmi les autres fêtes mariales, fut élevée au rang des fêtes les plus solennelles de tout le cycle liturgique. Et Notre prédécesseur, saint Serge I, prescrivant la litanie ou procession stationnale pour les quatre fêtes mariales, énumère ensemble les fêtes de la Nativité, de l’Annonciation, de la Purification et de la Dormition de la Vierge Marie [140]. Plus tard, saint Léon IV eut à cœur de faire célébrer encore avec plus de solennité la fête déjà établie sous le titre d’Assomption de la Bienheureuse Mère de Dieu ; à cet effet, il en institua la vigile, puis il prescrivit des prières pour son octave ; et lui-même, heureux de profiter de cette occasion, entouré d’une immense foule, tint à participer à la célébration des solennités [141]. Enfin, on déduit très clairement l’obligation, remontant à une date ancienne, de jeûner la veille de cette solennité, des déclarations de Notre prédécesseur saint Nicolas Ier, au sujet des principaux jeûnes « que la Sainte Église romaine reçut en tradition et qu’elle observe encore » [142].

20. Vu que la liturgie catholique n’engendre pas la foi catholique, mais plutôt en est la conséquence, et que, comme les fruits d’un arbre, en proviennent les rites du culte sacré, les Saints Pères et les grands Docteurs, à cause de cela même, n’y puisèrent pas cette doctrine comme d’une source première dans les homélies et discours qu’ils adressaient au peuple ; mais ils en parlaient plutôt comme d’une chose déjà connue des fidèles et par eux acceptée. Ils l’ont mise en plus grande lumière. Ils en ont exposé le fait et le sens par des raisons plus profondes, mettant surtout en un jour plus lumineux ce que les livres liturgiques très souvent touchaient brièvement et succinctement : à savoir que cette fête rappelait non seulement qu’il n’y eut aucune corruption du corps inanimé de la Bienheureuse Vierge Marie, mais encore son triomphe remporté sur la mort et sa « glorification » céleste, à l’exemple de son Fils unique Jésus-Christ.

21. C’est pourquoi saint Jean Damascène, qui demeure parmi tant d’autres, le héraut par excellence de cette vérité dans la tradition, lorsqu’il compare l’Assomption corporelle de l’auguste Mère de Dieu avec tous les autres dons et privilèges, proclame avec une puissante éloquence : « Il fallait que Celle qui avait conservé sans tache sa virginité dans l’enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort. Il fallait que Celle qui avait porté le Créateur comme enfant dans son sein, demeurât dans les divins tabernacles. Il fallait que l’Épouse que le Père s’était unie habitât le séjour du ciel. Il fallait que Celle qui avait vu son Fils sur la croix et avait échappé au glaive de douleur en le mettant au monde, l’avait reçu en son sein, le contemplât encore siégeant avec son Père. Il fallait que la Mère de Dieu possédât tout ce qui appartient à son Fils et qu’elle fût honorée par toute créature comme la Mère de Dieu et sa servante » [143].

22. Cette voix de saint Jean Damascène répond fidèlement à celle des autres qui soutiennent la même doctrine. Car on trouve des déclarations non moins claires et exactes dans tous ces discours que les Pères de la même époque ou de la précédente ont tenus généralement à l’occasion de cette fête. C’est pourquoi, pour en venir à d’autres exemples, saint Germain de Constantinople estimait que l’incorruption du corps de la Vierge Marie, Mère de Dieu, et son élévation au ciel, non seulement convenaient à sa maternité divine, mais encore à la sainteté particulière de son corps virginal : « Tu apparais, comme il est écrit, en splendeur ; et ton corps virginal est entièrement saint, entièrement chaste, entièrement la demeure de Dieu ; de sorte que, de ce fait, il est ensuite exempt de tomber en poussière ; transformé dans son humanité en une sublime vie d’incorruptibilité, vivant lui-même et très glorieux, intact, et participant de la vie parfaite » [144]. Un autre écrivain des plus anciens déclare : « A titre donc de très glorieuse Mère du Christ, le Sauveur notre Dieu, Auteur de la vie et de l’immortalité, elle est vivifiée, dans une incorruptibilité éternelle de son corps, par Celui-là même qui l’a ressuscitée du tombeau et l’a élevée jusqu’à lui, comme lui seul la connaît » [145].

23. Comme cette fête liturgique se célébrait chaque jour en plus de lieux et avec une piété plus considérable, les pasteurs de l’Église et les orateurs sacrés, d’un nombre toujours croissant, estimèrent qu’il était de leur devoir d’exposer clairement et ouvertement le mystère que rappelle cette fête et de déclarer qu’il est très lié avec les autres vérités révélées.

24. Parmi les théologiens scolastiques, il n’en manqua pas qui, voulant approfondir les vérités divinement révélées et désirant offrir cet accord parfait qui se trouve entre la raison théologique et la foi catholique, pensèrent qu’il fallait reconnaître que ce privilège de l’Assomption de la Vierge Marie s’accorde d’une façon admirable avec les vérités divines que nous livrent les Saintes Lettres.

25. En partant de là par voie de raisonnement, ils ont présenté des arguments variés qui éclairent ce privilège marial, et le premier, pour ainsi dire, de ces arguments, déclaraient-ils, est le fait que Jésus-Christ, à cause de sa piété à l’égard de sa Mère, a voulu l’élever au ciel. Et la force de ces arguments s’appuyait sur l’incomparable dignité de sa maternité divine et de toutes les grâces qui en découlent, à savoir : sa sainteté insigne qui surpasse la sainteté de tous les hommes et des anges : l’intime union de la Mère avec son Fils, et ce sentiment d’amour privilégié dont le Fils honorait sa très digne Mère.

26. Souvent ainsi, des théologiens et des orateurs sacrés se présentent qui, suivant les traces des Saints Pères [146], pour illustrer leur foi en l’Assomption, usant d’une certaine liberté, rapportent des événements et des paroles qu’ils empruntent aux Saintes Lettres. Pour Nous en tenir à quelques citations qui sont sur ce sujet le plus souvent employées, il y a des orateurs qui citent la parole du psalmiste : « Lève-toi, Seigneur, au lieu de ton repos, toi et l’arche de ta majesté [147] ; et ils envisagent l’« Arche d’alliance » faite de bois incorruptible et placée dans le temple de Dieu, comme une image du corps très pur de la Vierge Marie, gardé exempt de toute corruption du sépulcre et élevé à une telle gloire dans le ciel. De la même façon, en traitant de cette question, ils décrivent la Reine entrant triomphalement dans la cour des cieux et siégeant à la droite du divin Rédempteur [148] ; ainsi ils présentent l’Épouse du Cantique « qui monte du désert comme une colonne de fumée exhalant la myrrhe et l’encens » pour ceindre la couronne [149]. Ils proposent ce qui précède comme des images de cette Reine du ciel, cette Épouse céleste qui, en union avec son Époux divin, est élevée à la cour des cieux.

27. Et de plus, les Docteurs scolastiques, non seulement dans les diverses figures de l’Ancien Testament, mais aussi dans cette Femme revêtue de soleil que contempla l’Apôtre Jean dans l’île de Patmos [150], ont vu l’indication de l’Assomption de la Vierge Mère de Dieu. De même, des passages du Nouveau Testament, ils ont proposé avec un soin particulier à leur considération ces mots : « Salut pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes » [151], alors qu’ils voyaient dans le mystère de l’Assomption le complément de cette surabondante grâce accordée à la Bienheureuse Vierge, et cette bénédiction unique en opposition avec la malédiction d’Ève.

28. C’est pourquoi, au début de la théologie scolastique, cet homme très pieux, Amédée, évêque de Lausanne, affirme que la chair de la Vierge Marie est restée sans corruption — car on ne peut croire que son corps ait vu la corruption — puisqu’il a, en effet, été uni de nouveau à son âme et conjointement avec elle, dans la cour céleste, couronné de la gloire d’En-Haut. « Elle était, en effet, pleine de grâce et bénie entre les femmes » [152]. Seule, elle a mérité de concevoir le vrai Dieu de vrai Dieu, que vierge elle a mis au monde, que vierge, elle a allaité, le pressant sur son sein, et qu’elle a servi en toute chose d’une sainte obéissance [153].

29. Parmi les saints écrivains qui, à cette époque, se sont servis des textes et de diverses similitudes ou analogies des Saintes Écritures pour illustrer ou confirmer la doctrine de l’Assomption, objet d’une pieuse croyance, le Docteur évangélique saint Antoine de Padoue occupe une place à part. C’est lui, en effet, qui, le jour de l’Assomption, expliquait ces paroles du Prophète Isaïe : « Je glorifierai le lieu où reposent mes pieds » [154], affirma d’une façon certaine que le divin Rédempteur a orné de la plus haute gloire sa Mère très chère, dont il avait pris sa chair d’homme. « Par là, vous savez clairement, dit-il, que la Bienheureuse Vierge dans son corps, où fut le lieu où reposèrent les pieds du Seigneur, a été élevée (au ciel). » C’est pourquoi le Psalmiste sacré écrit : « Lève-toi, Seigneur, au lieu de ton repos, toi, et l’arche de ta majesté. » De la même façon, comme il l’affirme lui-même, que Jésus-Christ est ressuscité en triomphant de la mort, et monté à la droite de son Père, ainsi pareillement « est ressuscitée aussi l’Arche de sa sanctification lorsqu’en ce jour, la Vierge Mère a été élevée dans la demeure céleste » [155].

30. Au moyen âge, alors que la théologie scolastique était dans tout son éclat, saint Albert le Grand, après avoir réuni, pour en établir la preuve, divers arguments fondés sur les Saintes Lettres, les textes de la tradition ancienne et enfin la liturgie et le raisonnement théologique, comme on dit, conclut ainsi : « Pour toutes ces raisons, et ces témoignages qui font autorité, il est clair que la Bienheureuse Mère de Dieu a été élevée en âme et en corps au-dessus des chœurs des anges. Et nous croyons que cela est vrai de toutes façons » [156]. Dans le sermon qu’il prononça le saint jour de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, en expliquant ces paroles de l’Ange la saluant : « Ave, gratia plena »..., le Docteur universel, comparant à Ève la Très Sainte Vierge, soutient clairement et expressément qu’elle fut exempte de la quadruple malédiction qui frappa Ève [157].

31. Le Docteur angélique, à la suite de son remarquable Maître, bien qu’il n’ait jamais traité expressément la question, chaque fois cependant qu’incidemment il y touche, maintient constamment en union avec l’Église catholique que le corps de Marie a été élevé au ciel avec son âme [158].

32. Le Docteur séraphique, entre beaucoup d’autres, se déclare dans le même sens. Pour lui, il est tout à fait certain que Dieu, de la même façon qu’il a gardé Marie, la Très Sainte, exempte de la violation de son intégrité virginale et de sa pureté virginale, soit quand elle a conçu, soit quand elle enfanta, ainsi Dieu n’a pas permis en aucune façon que son corps fût réduit à la corruption ou réduit en cendres [159]. En interprétant ces paroles de la Sainte Écriture et les appliquant en un certain sens accomodatice à la Bienheureuse Vierge : Quae est ista, quae ascendit de deserto, deliciis affluens, innixa super dilectum suum. « Quelle est celle-ci qui monte du désert, pleine de délices, appuyée sur son bien-aimé [160] ? », il raisonne ainsi : « De là encore, il résulte qu’elle s’y trouve en corps... Car, en effet, sa béatitude ne serait pas consommée si elle ne s’y trouvait pas en personne, mais c’est l’union (du corps et de l’âme) qui la constitue ; il est évident qu’en tant que suivant cette union, c’est-à-dire en son corps et en son âme, elle s’y trouve : sans quoi, elle n’aurait pas la jouissance béatifique achevée » [161].

33. A une époque plus tardive de la théologie scolastique, soit au XVe siècle, saint Bernardin de Sienne, reprenant d’une manière générale, et étudiant de nouveau avec soin tout ce que les théologiens du Moyen Age avaient déclaré et discuté sur cette question, ne se contenta pas de rapporter les principales considérations que les docteurs du temps passé avaient proposées, mais il en ajouta de nouvelles. A savoir la ressemblance de la divine Mère et de son divin Fils pour ce qui touche à la noblesse et à la dignité de l’âme et du corps — à cause de cette ressemblance, nous ne pouvons pas même penser que la Reine du Ciel soit séparée du Roi du Ciel — demande que Marie « ne puisse se trouver que là où est le Christ » [162], et, d’autre part, il est conforme à la raison et convenable que de même que pour l’homme, ainsi le corps et l’âme de la femme arrivent à la gloire éternelle dans le ciel ; et, enfin, puisque l’Église n’a jamais recherché les restes de la Bienheureuse Vierge et ne les a jamais proposés au culte du peuple. Il y a là un argument qu’on peut offrir, « comme une preuve sensible » [163].

34. En des temps plus récents, ces déclarations des Saints Pères et Docteurs que nous avons rapportées furent d’un usage commun. Embrassant cette unanimité des chrétiens dans la tradition des siècles antérieurs, saint Robert Bellarmin s’écrie : « Et qui pourrait croire, je vous prie, que l’arche de la sainteté, la demeure du Verbe, le temple de l’Esprit-Saint se soit écroulé ? Mon âme répugne franchement même à penser que cette chair virginale qui a engendré Dieu, lui a donné le jour, l’a allaité, l’a porté, ou soit tombée en cendres ou ait été livrée à la pâture des vers » [164].

35. De la même façon, saint François de Sales, après avoir soutenu qu’on ne peut mettre en doute que Jésus-Christ a accompli à la perfection le commandement divin qui prescrit aux fils d’honorer leurs parents, se pose cette question : « Qui est l’enfant qui ne ressuscitast sa bonne mère s’il pouvoit et ne la mist en paradis après qu’elle seroit décédée [165] ? » Et saint Alphonse écrit : « Jésus n’a pas voulu que le corps de Marie se corrompît après sa mort, car c’eût été un objet de honte pour lui si sa chair virginale était tombée en pourriture, cette chair dont lui-même avait pris la sienne » [166].

36. Mais comme ce mystère, objet de la célébration de cette fête, se trouvait déjà mis en lumière, il ne manqua pas de Docteurs qui, plutôt que de se servir des arguments théologiques qui démontrent qu’il convient absolument et qu’il est logique de croire à l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie en son corps, tournaient leur esprit et leur cœur à la foi de l’Église, Épouse mystique du Christ qui n’a ni tache ni ride [167], et que l’Apôtre appelle « la colonne et la base de la vérité » [168] ; appuyés sur cette foi commune, ils pensaient que l’opinion contraire était téméraire pour ne pas dire hérétique. Du moins, saint Pierre Canisius, comme tant d’autres, après avoir déclaré que le mot même d’Assomption signifie « glorification » non seulement de l’âme, mais encore du corps, et que l’Église, déjà au cours de nombreux siècles, vénère et célèbre avec solennité ce mystère marial de l’Assomption, remarque ce qui suit : « Ce sentiment prévaut déjà depuis des siècles ; il est ancré au cœur des pieux fidèles et confié ainsi à toute l’Église. Par conséquent, on ne doit pas supporter d’entendre ceux qui nient que le corps de Marie a été élevé dans le ciel, mais on doit les siffler, à l’occasion, comme des gens trop entêtés, et par ailleurs téméraires, et comme des gens imbus d’un esprit plus hérétique que catholique » [169].

37. A la même époque, le Docteur excellent qui professait cette règle en mariologie que « les mystères de grâce opérés par Dieu dans la Vierge ne doivent pas se mesurer aux règles ordinaires, mais à la toute-puissance divine, étant supposée la convenance de ce dont il s’agit et que cela ne soit pas en contradiction avec les Saintes Écritures ou inconciliable avec le texte sacré » [170], en ce qui concerne le mystère de l’Assomption, fort de la foi commune de l’Église tout entière, il pouvait conclure que ce mystère doit être cru avec la même fermeté d’âme que l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, et déjà il affirmait que ces vérités pouvaient être définies.

38. Tous ces arguments et considérations des Saints Pères et des théologiens s’appuient sur les Saintes Lettres comme sur leur premier fondement. Celles-ci nous proposent, comme sous nos yeux, l’auguste Mère de Dieu dans l’union la plus étroite avec son divin Fils et partageant toujours son sort. C’est pourquoi il est impossible de considérer Celle qui a conçu le Christ, l’a mis au monde, nourri de son lait, porté dans ses bras et serré sur son sein, séparée de lui, après cette vie terrestre, sinon dans son âme, du moins dans son corps. Puisque notre Rédempteur est le Fils de Marie, il ne pouvait certainement pas, lui qui fut l’observateur de la loi divine le plus parfait, ne pas honorer, avec son Père éternel, sa Mère très aimée. Or, il pouvait la parer d’un si grand honneur qu’il la garderait exempte de la corruption du tombeau. Il faut donc croire que c’est ce qu’il a fait en réalité.

39. Il faut surtout se souvenir que, depuis le IIe siècle, les Saints Pères proposent la Vierge Marie comme une Ève nouvelle en face du nouvel Adam et, si elle lui est soumise, elle lui est étroitement unie dans cette lutte contre l’ennemi infernal, lutte qui devait, ainsi que l’annonçait le Protévangile [171], aboutir à une complète victoire sur le péché et la mort, qui sont toujours liés l’un à l’autre dans les écrits de l’Apôtre des Nations [172]. C’est pourquoi, de même que la glorieuse Résurrection du Christ fut la partie essentielle de cette victoire et comme son suprême trophée, ainsi le combat commun de la Bienheureuse Vierge et de son Fils devait se terminer par la « glorification » de son corps virginal ; car, comme le dit ce même Apôtre, « lorsque ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : la mort a été engloutie dans sa victoire » [173].

40. C’est pourquoi l’auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d’une manière mystérieuse, par « un même et unique décret » [174] de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du Divin Rédempteur qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils, déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fut élevée dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, Roi immortel des siècles » [175].

41. Alors, puisque l’Église universelle, en laquelle vit l’Esprit de vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les évêques du monde entier, d’un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l’Assomption au ciel de la Bienheureuse Vierge Marie — vérité qui s’appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l’âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l’Église, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l’étude, la science et la sagesse des théologiens, — nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie.

42. Nous, qui avons confié Notre pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Cœur Immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers. Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l’unité du Corps mystique de Jésus-Christ et d’augmenter leur amour envers Celle qui, à l’égard de tous les membres de cet auguste corps, garde un cœur maternel. Et il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de Marie se persuaderont de plus en plus de quelle grande valeur est la vie humaine si elle est entièrement vouée à l’accomplissement de la volonté du Père céleste et au bien à procurer au prochain ; que, alors que les inventions du « matérialisme » et la corruption des mœurs qui en découle menacent de submerger l’existence de la vertu et, en excitant les guerres, de perdre les vies humaines, sera manifesté le plus clairement possible, en pleine lumière, aux yeux de tous, à quel but sublime sont destinés notre âme et notre, corps ; et enfin que la foi de l’Assomption céleste de Marie dans son corps rendra plus ferme notre foi en notre propre résurrection, et la rendra plus active.

43. Ce Nous est une très grande joie que cet événement solennel arrive, par un dessein de la Providence de Dieu, alors que l’Année Sainte suit son cours, car ainsi nous pouvons, pendant la célébration du très grand Jubilé, orner le front de la Vierge Mère de Dieu de ce brillant joyau et laisser un souvenir plus durable que l’airain de Notre piété très ardente envers la Mère de Dieu.

44. C’est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d’incessantes et suppliantes prières, et invoqué les lumières de l’Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu Tout-Puissant, qui prodigua sa particulière bienveillance à la Vierge Marie, pour l’honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l’exultation de l’Église tout entière, par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.

45. C’est pourquoi, si quelqu’un — ce qu’à Dieu ne plaise — osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu’il sache qu’il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique.

46. Et pour que Notre définition de l’Assomption au ciel de la Vierge Marie dans son corps parvienne à la connaissance de l’Église universelle, Nous voulons que Nos lettres apostoliques présentes demeurent pour en perpétuer la mémoire, ordonnant que les copies qui en seront faites, ou même les exemplaires qui en seront imprimés, contresignés de la main d’un notaire public, et munis du sceau d’une personne constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent foi absolument auprès de tous, comme le feraient les présentes Lettres elles-mêmes si elles étaient exhibées ou montrées.

47. Qu’il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d’attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu’un avait la présomption d’y attenter, qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu Tout-Puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.

48. Donné à Rome, près de Saint-Pierre, l’année du très saint Jubilé mil neuf cent cinquante, le premier novembre, en la fête de tous les Saints, de Notre pontificat la douzième année.

[128] Rom. 8, 28.

[129] Gal. 4, 4.

[130] Cf. Hentrich-Von Moos, Petitiones de Assumptione corporea B. Virginis Mariae in Caelum definienda ad S. Sedem delatae, 2 volumes, Typis Polyglottis Vaticanis, 1942.

[131] Act. 20, 28.

[132] Bulle Ineffabilis Deus, Acta Pii IX, pars 1 , Vol. 1, p. 615.

[133] Concile du Vatican, Constitution Dei Filius, c. 4.

[134] Jean. 14, 26.

[135] Concile du Vatican, Constitution Pastor Aeternus, c. 4.

[136] Ibid., Dei Filius, c. III.

[137] Encyclique Mediator Dei, Acta Apostolicae Sedis, XXXIX, 541.

[138] Sacramentorum Gregorianum.

[139] Menaei Totius Anni.

[140] Liber Pontificalis.

[141] Ibid.

[142] Responsa Nicolai Papae I ad Consulta Bulgarorum.

[143] S. Jean Damascène, Encomium in Dormitionem Dei Genitricis Semperque Virginis Mariae, hom. II, n. 14 ; cf. également ibid., n. 3.

[144] S. Germain de Constantinople, In sanctae Dei Genitricis Dormitionem, sermon I.

[145] Encomium in Dormitionem Sanctissimae Dominae Nostrate Deiparae Semperque Virginis Mariae, attribué à S. Modeste de Jérusalem, n. 14.

[146] Cf. S. Jean Damascène, op. cit., Hom. II, n. 11 ; et aussi l’Encomium attribué à saint Modeste.

[147] Ps. 131, 8.

[148] Ps. 44, 10-14.

[149] Cant. 3, 6 ; cf. 4, 8 ; 6, 9.

[150] Ap. 12, 1 et seq., IV.

[151] Luc. 1, 23

[152] Luc. 1, 28.

[153] Amédée de Lausanne, De Beatae Virginis Obitu, Assumptione in Caelum Exaltatione ad Filii Dexteram.

[154] Is. 61,13.

[155] S. Antoine de Padoue, Sermones dominicales et in solemnitatibus, In Assumptione S. Mariae Virginis sermo.

[156] S. Albert le Grand, Mariale, q. 132.

[157] S. Albert le Grand, Sermones de Sanctis, sermon XV in Annuntiatione B. Mariae ; cf. également Mariale, q. 132.

[158] St. Thomas d’Aquin, Summa Theol., I, lla ; q. 27, a. 1 ; q. 83, a. 5, ad 8 ; Expositio Salutationis Angelicae ; In Symb. Apostolorum Expositio, a. S ; In IV Sent., d. 12, q. 1, a. 3, sol. 3 ; d. 43, q. 1, a. 3, sol. 1, 2.

[159] S. Bonaventure, De Nativitate B. Mariae Virginis, Sermon V.

[160] Cant. 8, 5.

[161] S. Bonaventure, De Assumptione B. Mariae Virginis, sermon 1.

[162] S. Bernardin de Sienne, in Assumptione Beatae Mariae Virginis, sermon 11.

[163] Ibid.

[164] S. Robert Bellarmin, Contiones habitae Lovanii, n. 40, De Assumptione B. Mariae Virginis.

[165] Œuvres de S. François de Sales, sermon pour la fête de l’Assomption.

[166] S. Alphonse de Liguori, Les Gloires de Marie, Part. 2, d. 1.

[167] Eph. 5, 27.

[168] I Tim. 3, 15.

[169] S. Pierre Canisius, De Maria Virgine.

[170] Suarez, In Tertiam Partem D. Thomae, q.27, a. 2, disp. 3, seq. 5, n. 31.

[171] Gen. 3, 15.

[172] Rom. 5-6 ; I Cor. 15, 21-26, 54-57.

[173] I Cor. 15, 54.

[174] Bulle Ineffabilis Deus, doc. cit., p. 599.

[175] I Tim. 1, 17.

SOURCE : http://www.introibo.fr/Commentaires-liturgiques-de-la,1032


Bref historique de la doctrine de l'Assomption

La Tradition de l'Église Judéo-chrétienne, avec ses apocryphes, a évoqué très vite la fin de la destinée terrestre de Marie. Le texte le plus ancien, partiellement conservé en grec et plus complètement en éthiopien, est attribué à un certain Leucio, disciple de saint Jean.  Mais cette tradition est passée sous silence dans les quatre premiers siècles de l'histoire de l'Église. C'est seulement au V° et VI° siècle, que ces récits apocryphes connaissent une diffusion extraordinaire.

Saint Ephrem († 373) exprime déjà l'idée que le corps de Marie n'a pas connu la corruption après la mort.


Epiphane, évêque de Salamine, dans une lettre adressée aux chrétiens de l'Arabie en 377, pose la question théologique de la mort de Marie.

« En effet l'Écriture se situe au-dessus de l'esprit humain et elle a laissé dans l'incertitude l'événement par respect envers cette vierge incomparable, pour couper court à toute pensée vulgaire et charnelle dans son égard. Nous ignorons si elle est morte ou si elle a été enterrée. »[1]

Pour lui, on ne sait pas comment Marie est morte, ni où c'est son corps.

Epiphane était palestinien, il n'est pas possible qu'il ignorât toute la littérature apocryphe mais pour lui, elle n'a pas de valeur.

D'autres pères de l'Eglise retiennent quelques éléments des récits apocryphes.

Le patriarche d'Alexandrie Théodose († 566) nous renseigne sur une double célébration : une fête pour commémorer la mort de la Vierge était célébrée le 16 janvier, et le 9 Août était célébré la fête de sa résurrection[2]. Théodose met un intervalle de 206 jours donc entre les deux événements, en éludant le problème de la corruption. La résurrection corporelle est la conséquence de sa maternité divine. Au ciel, la Vierge intercède.

La fête liturgique qui commémore le départ de la Vierge de ce monde a été fixée, pour l'église de Constantinople, le 15 Août, par un décret de l'empereur Maurice en l'an 600, avec la dénomination de Koimesis (Dormizione).

Vers l'an 600, l'empereur Maurice décréta que serait célébrée le 15 août « la Dormition de Sainte Marie » dans tout l'empire, avec la plus haute révérence en observant tout le repos festif.
Qui dit liturgie, dit aussi homélie.


L'homélie de Théotecno sur l'Assomption de Marie au ciel constitue une des premières, sinon la première homélie composée pour ce mystère, vers l'an 600. Il exhorte à la joie et au chant pour célébrer "cette fête des fêtes, l'Assomption de la toujours vierge"[3]. Parce qu'il était opportun que le corps qui a porté Dieu et fut le réceptacle divinisé, incorruptible, éclairé par la lumière divine, fût élevé dans la gloire avec l'âme agréable à Dieu".[4]

A Constantinople, en imitant les liturgies de Jérusalem, deux sanctuaires, aujourd'hui détruits commémorent la mort et l'Assomption de Marie : Chalkoprateia et surtout Blacherne avec la source miraculeuse, les icônes, entre autre la Blachernitissa appelé aujourd'hui la Vierge du Signe et les traditions des reliques (qui remontent au VII° et VIII° siècle).

En Occident, le pape Grégoire le Grand (540-604), dans son sacramentaire, présente un formulaire liturgique de la « fête où la sainte Mère de Dieu a subi la mort temporelle, sans cependant connaître l'humiliation de l'esclavage de la mort », parce que Dieu l'a exaltée au-dessus des anges.

Dans le Missel gothique-gallican, du VI-VII° siècle, le jour de l'Assomption est un « sacrement [= un mystère] qui n'est pas explicable », et il est « à honorer plus que les autres jours », parce que « la Vierge Mère de Dieu a émigré du monde au Christ. Elle n'a pas été contaminée par la corruption et elle n'a pas subi l'esclavage du sépulcre. »

L'âge d'or de la réflexion se situe au 8° siècle, avec notamment saint Germain de Constantinople († 733). Le ton très serein de toutes ces homélies, montre que la réflexion doctrinale s'est déroulée sans heurts, dans la joie de la fête liturgique.

Pendant des siècles, l'Eglise vit cette foi à travers la liturgie.

Le dogme catholique


L'Eglise catholique romaine, dans un acte de louange envers Dieu, promulgue le dogme de l'Assomption le 1° novembre 1950, jour de Toussaint, signe que l'Assomption de Marie est une espérance pour la destinée de tous.

[1] Panarion, Haer. 78,11

[2] Cf. M. Chaine, Sermon de Théodose, patriarche d'Alexandrie, sur la dormition et l'assomption de la Vierge, « Revue de l'Orient Chrétien » 29 (1933-1934),273-313. (texte copte et texte français). Il existe une version arabe :  Vatic. Arabo 698.

[3] Homélie sur l'Assomption de la Sainte Mère de Dieu, 31

[4] Ibid., 9

Faculté théologique pontificale "Marianum", Rome

La mort de Marie selon les pères de l’Eglise

Nombreux sont les pères de l'Eglise qui font une référence explicite à la mort de Marie ; les motivations qui sont alléguées sont toutes de convenance :

Marie est morte à cause de sa nature humaine[1],en tant que descendante d'Adam[2] elle suit, elle aussi, les lois de la nature[3],elle est morte parce que le Christ aussi est mort selon la chair[4], et parce qu'elle a aussi bu le calice[5].

D'autre part, ces affirmations sont considérablement adoucies ou réduites.

La mort naturelle de Marie ne comporte pas - comme pour toute l'humanité - un esclavage, mais elle consiste presque dans un sommeil extatique, semblable au sommeil d'Adam quand de son côté Ève a été formée[6].

Il ne faudrait donc pas appeler son départ du monde une « mort », mais il est plus logique de le définir « dormition » ou « passage » ou plutôt une « entrée dans la demeure de Dieu »: en effet, elle entre dans une condition meilleure [7], il s'agit d'un sommeil bienheureux[8] d'un passage glorieux de la terre au ciel[9].

[1] Germain de Constantinople, deuxième discours sur la dormition

[2] s. Augustin, Explication du Psaume 34,2.3

[3] Andrée de Crète, Sermon sur la dormition

[4] Jean Damascène, 2e homélie sur la dormition 10

[5] Jacques de Sarug, sermon sur le passage

[6] André de Crète, sermon sur la dormition

[7] Jean Damascène, 1e Homélie sur la dormition, 10

[8] Modeste de Jérusalem, Homélie (louange) sur la dormition, 7

[9] Germain de Constantinople, 1e discours sur la dormition



L’incorruptibilité du corps de Marie selon les pères de l'Eglise

Le corps de Marie n'a pas connu la décomposition et il n'a pas été réduit en poussière.

Le premier argument est le mystère de l'incarnation, thème répété avec une fréquence considérable. Le corps de Marie est incorruptible parce que durant sa vie terrestre il a accueilli le corps du Christ[1], parce qu'il a été "temple vivant du Fils unique de Dieu"[2], parce qu'elle a reçu la vie[3].

Le second argument se rattache au mystère de la virginité dans la conception et l'enfantement. En effet, « comment peut-elle supporter la sépulture celle qui n'a pas connu le rapport viril?»[4]. De même que l'utérus de Marie est resté intègre lors de l'accouchement, de la même façon, sa chair ne s'est pas dissolue lors de sa mort. Elle a échappé à la corruption de l'accouchement et le sépulcre ne l'a pas accueilli dans l'extrême corruption de la mort[5].

Le troisième argument est déduit du rôle de Marie dans l'œuvre de la rédemption réalisée par le Christ. « En effet, comment ta chair pouvait-elle se dissoudre en cendre et se réduire en poussière, alors que tu avais libéré le genre humain de la corruption de la mort, par l'incarnation de celui qui est né de toi?»[6]

[1] Modeste de Jérusalem, Homélie (louange) sur la dormition, 7

[2] Germain de Constantinople, 1e Discours sur la dormition

[3] Germain de Constantinople, 2e discours sur la dormition

[4] Giovanni Damasceno, canon sur la dormition, 4

[5] André de Crète, 2e Sermon sur la dormition

[6] Germain de Constantinople, 1e discours sur la dormition




Marie dans la gloire de Dieu

La condition post-temporelle de Marie est vue par les pères de l'Eglise comme une élévation dans la gloire du Seigneur :

- « Le Christ notre Dieu a établi et fixé, en conformité au consentement de son Père et de l'Esprit Saint de faire monter auprès de lui sa mère pour qu'elle soit avec lui exaltée dans la gloire. » [1]

- Libre de la corruption, le Fils l'a assumée auprès de lui[2].

- Le Christ l'a appelée au siège de la béatitude[3].

- « Ton âme assurément n'est pas descendue dans l'Hadès mais bien plus, ta chair elle-même "n'a pas vu la corruption"[4] Ton corps sans souillure et très pur ne fut pas abandonné à la terre : mais aux demeures royales des cieux tu fus emportée, toi, la reine, la souveraine, la maîtresse, la Mère de Dieu, la vraie Théotokos. »[5]

Pendant que Marie est transférée dans la gloire le cosmos est bouleversé :

« Qu'advient-il alors ? Je suppose les éléments ébranlés et bouleversés, des voix, des rumeurs, des fracas (...) Alors les maladies étaient en fuite, les bandes de démons en déroute, de partout refoulées aux demeures souterraines. L'air, l'éther, le ciel étaient sanctifiés par la montée de l'esprit, la terre par la déposition du corps. (...) Dans la langue des anges, un hymne se fait entendre, tel qu'ils peuvent le moduler, tandis que les Apôtres et les Pères tout remplis de Dieu chantent des cantiques divins composés par l'Esprit »[6]

N.B. Pour rendre plus compréhensible l'Assomption de Marie dans la gloire, les pères de l'Eglise prendront la figure d'Elie ou celle de l'arche d'Alliance.

[1] Modeste de Jérusalem, Homélie (louange) sur la dormition, 2

[2] Germain de Constantinople, 1e discours sur la dormition

[3] Modeste de Jérusalem, Homélie (louange) sur la dormition, 10

[4] Act. 2,31. Cf. Ps. 16,10. Application à la Théotokos de ce qui est dit de son Fils, préservé de la corruption.

[5] Saint Jean Damascène, sur la dormition I,12, in sources chrétiennes 80, par P.VOULET, Cerf, Paris, 1961, p. 117.

[6] Saint Jean Damascène, sur la dormition II,11, in sources chrétiennes 80, par P.VOULET, Cerf, Paris, 1961, p. 151-153

A.    Gila

Le ‘Transitus Virginis’ ou ‘Dormitio Mariae’

Contenu

Le 'Transitus Virginis' ou 'Dormitio Mariae' est un document[1] qui présente les derniers instants de la vie terrestre de Marie et se préoccupe de faire pressentir au lecteur que dans le cas de Marie le corps ne subit pas les effets de la décomposition du sépulcre, mais il fut porté au ciel.

Datation

Le texte le plus ancien, partiellement conservé en grec et plus complètement en éthiopien, est attribué à un certain Leucio, disciple de saint Jean.

La composition dans la forme actuelle remonte au IV-V° siècle. Mais dans ce document « sont conservés des informations et des formes littéraires Judéo-chrétiennes, plus évidentes dans le code Vatican grec 1892, qui autorisent l'hypothèse d'un archétype datant des II ou III° siècle. [2]. Le spécialiste B. Bagatti qui a beaucoup approfondi ce document en lien aussi avec les découvertes archéologiques affirme que sa rédaction primitive doit être datée à une période très antérieure au IV° siècle[3].

Harmonie avec l'archéologie

Ce qui frappe beaucoup dans ce document c'est la coïncidence surprenante avec les données offertes par les découvertes archéologiques : les trois chambres sépulcrales mises au jour par les fouilles correspondent aux trois chambres décrites dans la version syrienne du document.

Importance

Ce document n'a pas eu de chance auprès des Pères des quatre premiers siècles parce qu'il provenait de l'église Judéo-chrétienne qui avait une activité séparée des chrétiens d'origine païenne. On ne doit oublier que l'Église Judéo-chrétienne fut considérée comme schismatique pendant les premiers siècles de l'Église[4].

Le message fondamental du pseudo-épigraphe remontant au II-III° siècle, maintenant perdu, mais substantiellement présent dans les codes du IV-V° siècle devait être celui-ci : le corps de Marie Vierge Mère du Seigneur ne se décomposa pas, mais il suivit le sort de son Fils.

Si cette hypothèse d'étude correspond au déroulement réel des faits, alors nous pouvons conclure que la foi de l'Église dans l'Assomption corporelle de Marie au ciel rentre dans une tradition ininterrompue et vivante même si l'événement est enveloppé dans le voile du mystère.

[1] cf B. BAGATTI, Le due redazioni del "Transitus Mariae", in «Marianum» 32 (1970), 279-287; E. PERETTO, o.c., 112-113.

[2] Cf.  A. WENGER, L'Assomption de la T. S. Vierge dans la tradition byzantine, du VIe au Xe siècle, études et documents, p. 209-241; B. BAGATTI, S. Pietro nella "Dormitio Mariae", in «Bibbia e Oriente» 13 (1971), 42-49.

[3] B. BAGATTI, Le due redazioni del "Transitus Mariae", o.c., 287.

[4] Cf. G. BESUTTI, Ricerche storiche sull'Assunzione di Maria, in «Riparazione Mariana» 1978/4, 5-6.
Les Eglises syro-occidentales et syro-orientales célèbrent la fête du "Shunoyo" : l'Assomption, la Dormition et la migration de Marie. C'est "la grande solennité", ou la "fête divine". On s'y prépare par un jeûne (5 jours chez les Nestoriens) et on prolonge la fête pendant 8 jours.

L’existence de la fête de l'Assomption est postérieure à saint Ephrem de plusieurs siècles.

Cependant, saint Ephrem avait déjà chanté l’événement de l’Assomption de la Vierge Marie.

Son hymne est traditionnel dans la liturgie syrienne (hymnes à Marie pour la liturgie des heures, n° 16) :

Le corps de Marie est resté vierge après l’enfantement, ce corps ne connaît pas la corruption après la mort.
Elle est celle qui a porté le Créateur devenu enfant dans son sein, qu’elle habite désormais dans les demeures divines, et que l’épouse de Dieu entre dans la maison du ciel.
Elle a vu son propre fils en croix, et reçu dans son corps la douleur qu’elle n’a pas soufferte durant l’enfantement. Elle le contemple siégeant à la droite du Père, et elle ne connaît pas la corruption après la mort. […]
Qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la mère et la servante de Dieu.

Cet hymne de saint Ephrem est présenté par :

Fra Nerwan Al Banna, ofm

La ceinture ou le maphorion de la Vierge

Les traditions relatives à la ceinture ou au maphorion de la Vierge remontent au VII° et VIII° siècle, l'âge d'or de la réflexion sur l'Assomption de Marie.

La trame du récit.

La Vierge en train de monter au ciel apparut à saint Thomas. Elle le salua et, à la demande de l'apôtre, laissa choir sa ceinture (ou son « maphorion », manteau) comme preuve de son Assomption.
Les premières sources.

Les premiers récits de cet épisode datent du VII° et VIII° siècle, et sont obscurs. Le fait est signalé pour la première fois dans un tropaire de Maxime le Confesseur (580-662) [1]. Il est mentionné dans le Transitus Mariae du Pseudo-Joseph d'Arimathie [2]. Il l'est également au chapitre 4 du Livre arabe du passage de la Bienheureuse Vierge Marie, ou Dormitio arabe dite des « Six Livres ». Un discours anonyme [3] évoque l'invention et la déposition de la ceinture de la Vierge.

Les sanctuaires et la liturgie de Constantinople.

Germain, patriarche de Constantinople (715 à 729), évoque les « langes de Jésus » et la ceinture de la Vierge dans son discours sur les reliques de l'église des Chalcopratia[4].

Euthyme de Constantinople, patriarche de 907 à 912, évoque la fête de la ceinture de Marie, déposée, indique-t-il, dans la châsse sous le règne d'Arcadius, empereur de 395 à 408, selon une inscription trouvée dans la châsse.

Autour de l'an mil, plusieurs textes font mention de la « ceinture » de Marie : le Synaxaire de Constantinople (Xe siècle), et le Ménologe de Basile II le Bulgaroctone, empereur de 963-1025 (PG, t. CXVII, col. 613), selon lequel la relique aurait été trouvée chez une femme pieuse de Jérusalem puis conservée dans l'église des Chalcopratia à Constantinople où l'on célébrait la fête de la « Déposition de la relique de la ceinture de Marie ».

L'Occident a reprend cette tradition.

Depuis le XIII° siècle est conservée dans la cathédrale de Prato (Italie, Toscane) une « ceinture de la Vierge ». Jacques de Voragine (archevêque de Gênes † 1298) a repris les récits orientaux dans sa Légende dorée (sans distance critique).

[1] En géorgien, S. Mimouni, Dormition et Assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Paris, Beauchesne, 1995, 624-628, p. 625

[2] Vatican lat. 4363, BHL 5348- 5350

[3] Publié par F. Combefils, Bibliothecae Patrum Novum Auctuarium, t. II, Paris, 1648, col. 789-804

[4] BHG 1086 et PG, t. XCVIII, col. 372-384

On pourra lire aussi :

G. Bianchini, Notizie istoriche della SS. Cintura di Maria Vergine, Prato, 1766, 30-34 ; T. Casini, La Sacra Cintura, Prato, 1954 ;

F. Piccardi, Il S. Cingolo Mariano in Prato fino alla Traslazione del 1395, Prato, 1895 et rééd., 1937.
L. Réau, Iconographie de l'art chrétien, t. II/2, Paris, 1957, 61-63.

Patrick Sbalchiero, article « Thomas (apôtre) », dans : René Laurentin et Patrick Sbalchiero, 

Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.





The Feast of the Assumption

The Feast of the Assumption of the Blessed Virgin Mary, 15 August; also called in old liturgical books Pausatio, Nativitas (for heaven),Mors, Depositio, Dormitio S. Mariae.

This feast has a double object: (1) the happy departure of Mary from this life; (2) the assumption of her body into heaven. It is the principal feast of the Blessed Virgin.

The fact of the Assumption

Regarding the day, year, and manner of Our Lady's death, nothing certain is known. The earliest known literary reference to the Assumption is found in the Greek work De Obitu S. Dominae. Catholic faith, however, has always derived our knowledge of the mysteryfrom Apostolic Tradition. Epiphanius (d. 403) acknowledged that he knew nothing definite about it (Haer., lxxix, 11). The dates assigned for it vary between three and fifteen years after Christ's Ascension. Two cities claim to be the place of her departure: Jerusalem andEphesus. Common consent favours Jerusalem, where her tomb is shown; but some argue in favour of Ephesus. The first six centuries did not know of the tomb of Mary at Jerusalem.

The belief in the corporeal assumption of Mary is founded on the apocryphal treatise De Obitu S. Dominae, bearing the name of St. John, which belongs however to the fourth or fifth century. It is also found in the book De Transitu Virginis, falsely ascribed to St. Melito of Sardis, and in a spurious letter attributed to St. Denis the Areopagite. If we consult genuine writings in the East, it is mentioned in thesermons of St. Andrew of Crete, St. John Damascene, St. Modestus of Jerusalem and others. In the West, St. Gregory of Tours (De gloria mart., I, iv) mentions it first. The sermons of St. Jerome and St. Augustine for this feast, however, are spurious. St. John of Damascus(P.G., I, 96) thus formulates the tradition of the Church of Jerusalem:

St. Juvenal, Bishop of Jerusalem, at the Council of Chalcedon (451), made known to the Emperor Marcian and Pulcheria, who wished to possess the body of the Mother of God, that Mary died in the presence of all the Apostles, but that her tomb, when opened, upon the request of St. Thomas, was found empty; wherefrom the Apostles concluded that the body was taken up to heaven.

Today, the belief in the corporeal assumption of Mary is universal in the East and in the West; according to Benedict XIV (De Festis B.V.M., I, viii, 18) it is a probable opinion, which to deny were impious and blasphemous.


The feast of the Assumption

Regarding the origin of the feast we are also uncertain. It is more probably the anniversary of the dedication of some church than the actual anniversary of Our Lady's death. That it originated at the time of the Council of Ephesus, or that St. Damasus introduced it in Rome is only a hypothesis.

According to the life of St. Theodosius (d. 529) it was celebrated in Palestine before the year 500, probably in August (Baeumer, Brevier, 185). In Egypt and Arabia, however, it was kept in January, and since the monks of Gaul adopted many usages from the Egyptian monks(Baeumer, Brevier, 163), we find this feast in Gaul in the sixth century, in January [mediante mense undecimo (Greg. Turon., De gloria mart., I, ix)]. The Gallican Liturgy has it on the 18th of January, under the title: Depositio, Assumptio, or Festivitas S. Mariae (cf. the notes of Mabillon on the Gallican Liturgy, P.L., LXXII, 180). This custom was kept up in the Gallican Church to the time of the introduction of the Roman rite. In the Greek Church, it seems, some kept this feast in January, with the monks of Egypt; others in August, with those of Palestine; wherefore the Emperor Maurice (d. 602), if the account of the "Liber Pontificalis" (II, 508) be correct, set the feast for theGreek Empire on 15 August.

In Rome (Batiffol, Brev. Rom., 134) the oldest and only feast of Our Lady was 1 January, the octave of Christ's birth. It was celebrated first at Santa Maria Maggiore, later at Santa Maria ad Martyres. The other feasts are of Byzantine origin. Duchesne thinks (Origines du culte chr., 262) that before the seventh century no other feast was kept at Rome, and that consequently the feast of the Assumption, found in the sacramentaries of Gelasius and Gregory, is a spurious addition made in the eighth or seventh century. Probst, however (Sacramentarien, 264 sqq.), brings forth good arguments to prove that the Mass of the Blessed Virgin Mary, found on the 15th of August in the Gelasianum, is genuine, since it does not mention the corporeal assumption of Mary; that, consequently, the feast was celebrated in the church of Santa Maria Maggiore at Rome at least in the sixth century. He proves, furthermore, that the Mass of the Gregorian Sacramentary, such as we have it, is of Gallican origin (since the belief in the bodily assumption of Mary, under the influence of theapocryphal writings, is older in Gaul than in Rome), and that it supplanted the old Gelasian Mass. At the time of Sergius I (700) this feastwas one of the principal festivities in Rome; the procession started from the church of St. Hadrian. It was always a double of the first class and a Holy Day of obligation.

The octave was added in 847 by Leo IV; in Germany this octave was not observed in several dioceses up to the time of the Reformation. The Church of Milan has not accepted it up to this day (Ordo Ambros., 1906). The octave is privileged in the dioceses of the provinces ofSienna, Fermo, Michoacan, etc.

The Greek Church continues this feast to 23 August, inclusive, and in some monasteries of Mount Athos it is protracted to 29 August (Menaea Graeca, Venice, 1880), or was, at least, formerly. In the dioceses of Bavaria a thirtieth day (a species of month's mind) of the Assumption was celebrated during the Middle Ages, 13 Sept., with the Office of the Assumption (double); today, only the Diocese of Augsburg has retained this old custom.

Some of the Bavarian dioceses and those of Brandenburg, Mainz, Frankfort, etc., on 23 Sept. kept the feast of the "Second Assumption", or the "Fortieth Day of the Assumption" (double) believing, according to the revelations of St. Elizabeth of Schönau (d. 1165) and of St. Bertrand, O.C. (d. 1170), that the B.V. Mary was taken up to heaven on the fortieth day after her death (Grotefend, Calendaria 2, 136). The Brigittines kept the feast of the "Glorification of Mary" (double) 30 Aug., since St. Brigitta of Sweden says (Revel., VI, l) that Marywas taken into heaven fifteen days after her departure (Colvenerius, Cal. Mar., 30 Aug.). In Central America a special feast of the Coronation of Mary in heaven (double major) is celebrated 18 August. The city of Gerace in Calabria keeps three successive days with the rite of a double first class, commemorating: 15th of August, the death of Mary; 16th of August, her Coronation.

At Piazza, in Sicily, there is a commemoration of the Assumption of Mary (double second class) the 20th of February, the anniversary of the earthquake of 1743. A similar feast (double major with octave) is kept at Martano, Diocese of Otranto, in Apulia, 19th of November.

Note: By promulgating the Bull Munificentissimus Deus, 1 November, 1950, Pope Pius XII declared infallibly that the Assumption of the Blessed Virgin Mary was a dogma of the Catholic Faith. Likewise, the Second Vatican Council taught in the Dogmatic Constitution Lumen Gentium that "the Immaculate Virgin, preserved free from all stain of original sin, was taken up body and soul into heavenly glory, when her earthly life was over, and exalted by the Lord as Queen over all things (n. 59)."


Holweck, Frederick. "The Feast of the Assumption." The Catholic Encyclopedia. Vol. 2. New York: Robert Appleton Company, 1907. 15 Aug. 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/02006b.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/02006b.htm



DEFINING THE DOGMA OF THE ASSUMPTION

Munificentissimus Deus

Apostolic Constitution of Pope Pius XII issued November 1, 1950

1. The most bountiful God, who is almighty, the plan of whose providence rests upon wisdom and love, tempers, in the secret purpose of his own mind, the sorrows of peoples and of individual men by means of joys that he interposes in their lives from time to time, in such a way that, under different conditions and in different ways, all things may work together unto good for those who love him.[1]

2. Now, just like the present age, our pontificate is weighed down by ever so many cares, anxieties, and troubles, by reason of very severe calamities that have taken place and by reason of the fact that many have strayed away from truth and virtue. Nevertheless, we are greatly consoled to see that, while the Catholic faith is being professed publicly and vigorously, piety toward the Virgin Mother of God is flourishing and daily growing more fervent, and that almost everywhere on earth it is showing indications of a better and holier life. Thus, while the Blessed Virgin is fulfilling in the most affectionate manner her maternal duties on behalf of those redeemed by the blood of Christ, the minds and the hearts of her children are being vigorously aroused to a more assiduous consideration of her prerogatives.

3. Actually God, who from all eternity regards Mary with a most favorable and unique affection, has "when the fullness of time came"[2] put the plan of his providence into effect in such a way that all the privileges and prerogatives he had granted to her in his sovereign generosity were to shine forth in her in a kind of perfect harmony. And, although the Church has always recognized this supreme generosity and the perfect harmony of graces and has daily studied them more and more throughout the course of the centuries, still it is in our own age that the privilege of the bodily Assumption into heaven of Mary, the Virgin Mother of God, has certainly shone forth more clearly.

4. That privilege has shone forth in new radiance since our predecessor of immortal memory, Pius IX, solemnly proclaimed the dogma of the loving Mother of God's Immaculate Conception. These two privileges are most closely bound to one another. Christ overcame sin and death by his own death, and one who through Baptism has been born again in a supernatural way has conquered sin and death through the same Christ. Yet, according to the general rule, God does not will to grant to the just the full effect of the victory over death until the end of time has come. And so it is that the bodies of even the just are corrupted after death, and only on the last day will they be joined, each to its own glorious soul.

5. Now God has willed that the Blessed Virgin Mary should be exempted from this general rule. She, by an entirely unique privilege, completely overcame sin by her Immaculate Conception, and as a result she was not subject to the law of remaining in the corruption of the grave, and she did not have to wait until the end of time for the redemption of her body.

6. Thus, when it was solemnly proclaimed that Mary, the Virgin Mother of God, was from the very beginning free from the taint of original sin, the minds of the faithful were filled with a stronger hope that the day might soon come when the dogma of the Virgin Mary's bodily Assumption into heaven would also be defined by the Church's supreme teaching authority.

7. Actually it was seen that not only individual Catholics, but also those who could speak for nations or ecclesiastical provinces, and even a considerable number of the Fathers of the Vatican Council, urgently petitioned the Apostolic See to this effect.

8. During the course of time such postulations and petitions did not decrease but rather grew continually in number and in urgency. In this cause there were pious crusades of prayer. Many outstanding theologians eagerly and zealously carried out investigations on this subject either privately or in public ecclesiastical institutions and in other schools where the sacred disciplines are taught. Marian Congresses, both national and international in scope, have been held in many parts of the Catholic world. These studies and investigations have brought out into even clearer light the fact that the dogma of the Virgin Mary's Assumption into heaven is contained in the deposit of Christian faith entrusted to the Church. They have resulted in many more petitions, begging and urging the Apostolic See that this truth be solemnly defined.

9. In this pious striving, the faithful have been associated in a wonderful way with their own holy bishops, who have sent petitions of this kind, truly remarkable in number, to this See of the Blessed Peter. Consequently, when we were elevated to the throne of the supreme pontificate, petitions of this sort had already been addressed by the thousands from every part of the world and from every class of people, from our beloved sons the Cardinals of the Sacred College, from our venerable brethren, archbishops and bishops, from dioceses and from parishes.

10. Consequently, while we sent up earnest prayers to God that he might grant to our mind the light of the Holy Spirit, to enable us to make a decision on this most serious subject, we issued special orders in which we commanded that, by corporate effort, more advanced inquiries into this matter should be begun and that, in the meantime, all the petitions about the Assumption of the Blessed Virgin Mary into heaven which had been sent to this Apostolic See from the time of Pius IX, our predecessor of happy memory, down to our own days should be gathered together and carefully evaluated.[3]

11. And, since we were dealing with a matter of such great moment and of such importance, we considered it opportune to ask all our venerable brethren in the episcopate directly and authoritatively that each of them should make known to us his mind in a formal statement. Hence, on May 1, 1946, we gave them our letter "Deiparae Virginis Mariae," a letter in which these words are contained: "Do you, venerable brethren, in your outstanding wisdom and prudence, judge that the bodily Assumption of the Blessed Virgin can be proposed and defined as a dogma of faith? Do you, with your clergy and people, desire it?"

12. But those whom "the Holy Spirit has placed as bishops to rule the Church of God"[4] gave an almost unanimous affirmative response to both these questions. This "outstanding agreement of the Catholic prelates and the faithful,"[5] affirming that the bodily Assumption of God's Mother into heaven can be defined as a dogma of faith, since it shows us the concordant teaching of the Church's ordinary doctrinal authority and the concordant faith of the Christian people which the same doctrinal authority sustains and directs, thus by itself and in an entirely certain and infallible way, manifests this privilege as a truth revealed by God and contained in that divine deposit which Christ has delivered to his Spouse to be guarded faithfully and to be taught infallibly.[6] Certainly this teaching authority of the Church, not by any merely human effort but under the protection of the Spirit of Truth,[7] and therefore absolutely without error, carries out the commission entrusted to it, that of preserving the revealed truths pure and entire throughout every age, in such a way that it presents them undefiled, adding nothing to them and taking nothing away from them. For, as the Vatican Council teaches, "the Holy Spirit was not promised to the successors of Peter in such a way that, by his revelation, they might manifest new doctrine, but so that, by his assistance, they might guard as sacred and might faithfully propose the revelation delivered through the apostles, or the deposit of faith."[8] Thus, from the universal agreement of the Church's ordinary teaching authority we have a certain and firm proof, demonstrating that the Blessed Virgin Mary's bodily Assumption into heaven- which surely no faculty of the human mind could know by its own natural powers, as far as the heavenly glorification of the virginal body of the loving Mother of God is concerned-is a truth that has been revealed by God and consequently something that must be firmly and faithfully believed by all children of the Church. For, as the Vatican Council asserts, "all those things are to be believed by divine and Catholic faith which are contained in the written Word of God or in Tradition, and which are proposed by the Church, either in solemn judgment or in its ordinary and universal teaching office, as divinely revealed truths which must be believed."[9]

13. Various testimonies, indications and signs of this common belief of the Church are evident from remote times down through the course of the centuries; and this same belief becomes more clearly manifest from day to day.

14. Christ's faithful, through the teaching and the leadership of their pastors, have learned from the sacred books that the Virgin Mary, throughout the course of her earthly pilgrimage, led a life troubled by cares, hardships, and sorrows, and that, moreover, what the holy old man Simeon had foretold actually came to pass, that is, that a terribly sharp sword pierced her heart as she stood under the cross of her divine Son, our Redeemer. In the same way, it was not difficult for them to admit that the great Mother of God, like her only begotten Son, had actually passed from this life. But this in no way prevented them from believing and from professing openly that her sacred body had never been subject to the corruption of the tomb, and that the august tabernacle of the Divine Word had never been reduced to dust and ashes. Actually, enlightened by divine grace and moved by affection for her, God's Mother and our own dearest Mother, they have contemplated in an ever clearer light the wonderful harmony and order of those privileges which the most provident God has lavished upon this loving associate of our Redeemer, privileges which reach such an exalted plane that, except for her, nothing created by God other than the human nature of Jesus Christ has ever reached this level.

15. The innumerable temples which have been dedicated to the Virgin Mary assumed into heaven clearly attest this faith. So do those sacred images, exposed therein for the veneration of the faithful, which bring this unique triumph of the Blessed Virgin before the eyes of all men. Moreover, cities, dioceses, and individual regions have been placed under the special patronage and guardianship of the Virgin Mother of God assumed into heaven. In the same way, religious institutes, with the approval of the Church, have been founded and have taken their name from this privilege. Nor can we pass over in silence the fact that in the Rosary of Mary, the recitation of which this Apostolic See so urgently recommends, there is one mystery proposed for pious meditation which, as all know, deals with the Blessed Virgin's Assumption into heaven.

16. This belief of the sacred pastors and of Christ's faithful is universally manifested still more splendidly by the fact that, since ancient times, there have been both in the East and in the West solemn liturgical offices commemorating this privilege. The holy Fathers and Doctors of the Church have never failed to draw enlightenment from this fact since, as everyone knows, the sacred liturgy, "because it is the profession, subject to the supreme teaching authority within the Church, of heavenly truths, can supply proofs and testimonies of no small value for deciding a particular point of Christian doctrine."[10]

17. In the liturgical books which deal with the feast either of the dormition or of the Assumption of the Blessed Virgin there are expressions that agree in testifying that, when the Virgin Mother of God passed from this earthly exile to heaven, what happened to her sacred body was, by the decree of divine Providence, in keeping with the dignity of the Mother of the Word Incarnate, and with the other privileges she had been accorded. Thus, to cite an illustrious example, this is set forth in that sacramentary which Adrian I, our predecessor of immortal memory, sent to the Emperor Charlemagne. These words are found in this volume: "Venerable to us, O Lord, is the festivity of this day on which the holy Mother of God suffered temporal death, but still could not be kept down by the bonds of death, who has begotten your Son our Lord incarnate from herself."[11]

18. What is here indicated in that sobriety characteristic of the Roman liturgy is presented more clearly and completely in other ancient liturgical books. To take one as an example, the Gallican sacramentary designates this privilege of Mary's as "an ineffable mystery all the more worthy of praise as the Virgin's Assumption is something unique among men." And, in the Byzantine liturgy, not only is the Virgin Mary's bodily Assumption connected time and time again with the dignity of the Mother of God, but also with the other privileges, and in particular with the virginal motherhood granted her by a singular decree of God's Providence. "God, the King of the universe, has granted you favors that surpass nature. As he kept you a virgin in childbirth, thus he has kept your body incorrupt in the tomb and has glorified it by his divine act of transferring it from the tomb."[12]

19. The fact that the Apostolic See, which has inherited the function entrusted to the Prince of the Apostles, the function of confirming the brethren in the faith,[13] has by its own authority, made the celebration of this feast ever more solemn, has certainly and effectively moved the attentive minds of the faithful to appreciate always more completely the magnitude of the mystery it commemorates. So it was that the Feast of the Assumption was elevated from the rank which it had occupied from the beginning among the other Marian feasts to be classed among the more solemn celebrations of the entire liturgical cycle. And, when our predecessor St. Sergius I prescribed what is known as the litany, or the stational procession, to be held on four Marian feasts, he specified together the Feasts of the Nativity, the Annunciation, the Purification, and the Dormition of the Virgin Mary.[14] Again, St. Leo IV saw to it that the feast, which was already being celebrated under the title of the Assumption of the Blessed Mother of God, should be observed in even a more solemn way when he ordered a vigil to be held on the day before it and prescribed prayers to be recited after it until the octave day. When this had been done, he decided to take part himself in the celebration, in the midst of a great multitude of the faithful.[15] Moreover, the fact that a holy fast had been ordered from ancient times for the day prior to the feast is made very evident by what our predecessor St. Nicholas I testifies in treating of the principal fasts which "the Holy Roman Church has observed for a long time, and still observes."[16]

20. However, since the liturgy of the Church does not engender the Catholic faith, but rather springs from it, in such a way that the practices of the sacred worship proceed from the faith as the fruit comes from the tree, it follows that the holy Fathers and the great Doctors, in the homilies and sermons they gave the people on this feast day, did not draw their teaching from the feast itself as from a primary source, but rather they spoke of this doctrine as something already known and accepted by Christ's faithful. They presented it more clearly. They offered more profound explanations of its meaning and nature, bringing out into sharper light the fact that this feast shows, not only that the dead body of the Blessed Virgin Mary remained incorrupt, but that she gained a triumph out of death, her heavenly glorification after the example of her only begotten Son, Jesus Christ-truths that the liturgical books had frequently touched upon concisely and briefly.

21. Thus St. John Damascene, an outstanding herald of this traditional truth, spoke out with powerful eloquence when he compared the bodily Assumption of the loving Mother of God with her other prerogatives and privileges. "It was fitting that she, who had kept her virginity intact in childbirth, should keep her own body free from all corruption even after death. It was fitting that she, who had carried the Creator as a child at her breast, should dwell in the divine tabernacles. It was fitting that the spouse, whom the Father had taken to himself, should live in the divine mansions. It was fitting that she, who had seen her Son upon the cross and who had thereby received into her heart the sword of sorrow which she had escaped in the act of giving birth to him, should look upon him as he sits with the Father. It was fitting that God's Mother should possess what belongs to her Son, and that she should be honored by every creature as the Mother and as the handmaid of God."[17]

22. These words of St. John Damascene agree perfectly with what others have taught on this same subject. Statements no less clear and accurate are to be found in sermons delivered by Fathers of an earlier time or of the same period, particularly on the occasion of this feast. And so, to cite some other examples, St. Germanus of Constantinople considered the fact that the body of Mary, the virgin Mother of God, was incorrupt and had been taken up into heaven to be in keeping, not only with her divine motherhood, but also with the special holiness of her virginal body. "You are she who, as it is written, appears in beauty, and your virginal body is all holy, all chaste, entirely the dwelling place of God, so that it is henceforth completely exempt from dissolution into dust. Though still human, it is changed into the heavenly life of incorruptibility, truly living and glorious, undamaged and sharing in perfect life."[18] And another very ancient writer asserts: "As the most glorious Mother of Christ, our Savior and God and the giver of life and immortality, has been endowed with life by him, she has received an eternal incorruptibility of the body together with him who has raised her up from the tomb and has taken her up to himself in a way known only to him."[19]

23. When this liturgical feast was being celebrated ever more widely and with ever increasing devotion and piety, the bishops of the Church and its preachers in continually greater numbers considered it their duty openly and clearly to explain the mystery that the feast commemorates, and to explain how it is intimately connected with the other revealed truths.

24. Among the scholastic theologians there have not been lacking those who, wishing to inquire more profoundly into divinely revealed truths and desirous of showing the harmony that exists between what is termed the theological demonstration and the Catholic faith, have always considered it worthy of note that this privilege of the Virgin Mary's Assumption is in wonderful accord with those divine truths given us in Holy Scripture.

25. When they go on to explain this point, they adduce various proofs to throw light on this privilege of Mary. As the first element of these demonstrations, they insist upon the fact that, out of filial love for his mother, Jesus Christ has willed that she be assumed into heaven. They base the strength of their proofs on the incomparable dignity of her divine motherhood and of all those prerogatives which follow from it. These include her exalted holiness, entirely surpassing the sanctity of all men and of the angels, the intimate union of Mary with her Son, and the affection of preeminent love which the Son has for his most worthy Mother.

26. Often there are theologians and preachers who, following in the footsteps of the holy Fathers,[20] have been rather free in their use of events and expressions taken from Sacred Scripture to explain their belief in the Assumption. Thus, to mention only a few of the texts rather frequently cited in this fashion, some have employed the words of the psalmist: "Arise, O Lord, into your resting place: you and the ark, which you have sanctified"[21]; and have looked upon the Ark of the Covenant, built of incorruptible wood and placed in the Lord's temple, as a type of the most pure body of the Virgin Mary, preserved and exempt from all the corruption of the tomb and raised up to such glory in heaven. Treating of this subject, they also describe her as the Queen entering triumphantly into the royal halls of heaven and sitting at the right hand of the divine Redeemer.[22] Likewise they mention the Spouse of the Canticles "that goes up by the desert, as a pillar of smoke of aromatical spices, of myrrh and frankincense" to be crowned.[23] These are proposed as depicting that heavenly Queen and heavenly Spouse who has been lifted up to the courts of heaven with the divine Bridegroom.

27. Moreover, the scholastic Doctors have recognized the Assumption of the Virgin Mother of God as something signified, not only in various figures of the Old Testament, but also in that woman clothed with the sun whom John the Apostle contemplated on the Island of Patmos.[24] Similarly they have given special attention to these words of the New Testament: "Hail, full of grace, the Lord is with you, blessed are you among women,"[25] since they saw, in the mystery of the Assumption, the fulfillment of that most perfect grace granted to the Blessed Virgin and the special blessing that countered the curse of Eve.

28. Thus, during the earliest period of scholastic theology, that most pious man, Amadeus, Bishop of Lausarme, held that the Virgin Mary's flesh had remained incorrupt-for it is wrong to believe that her body has seen corruption-because it was really united again to her soul and, together with it, crowned with great glory in the heavenly courts. "For she was full of grace and blessed among women. She alone merited to conceive the true God of true God, whom as a virgin, she brought forth, to whom as a virgin she gave milk, fondling him in her lap, and in all things she waited upon him with loving care."[26]

29. Among the holy writers who at that time employed statements and various images and analogies of Sacred Scripture to Illustrate and to confirm the doctrine of the Assumption, which was piously believed, the Evangelical Doctor, St. Anthony of Padua, holds a special place. On the feast day of the Assumption, while explaining the prophet's words: "I will glorify the place of my feet,"[27] he stated it as certain that the divine Redeemer had bedecked with supreme glory his most beloved Mother from whom he had received human flesh. He asserts that "you have here a clear statement that the Blessed Virgin has been assumed in her body, where was the place of the Lord's feet. Hence it is that the holy Psalmist writes: 'Arise, O Lord, into your resting place: you and the ark which you have sanctified."' And he asserts that, just as Jesus Christ has risen from the death over which he triumphed and has ascended to the right hand of the Father, so likewise the ark of his sanctification "has risen up, since on this day the Virgin Mother has been taken up to her heavenly dwelling."[28]

30. When, during the Middle Ages, scholastic theology was especially flourishing, St. Albert the Great who, to establish this teaching, had gathered together many proofs from Sacred Scripture, from the statements of older writers, and finally from the liturgy and from what is known as theological reasoning, concluded in this way: "From these proofs and authorities and from many others, it is manifest that the most blessed Mother of God has been assumed above the choirs of angels. And this we believe in every way to be true."[29] And, in a sermon which he delivered on the sacred day of the Blessed Virgin Mary's annunciation, explained the words "Hail, full of grace"-words used by the angel who addressed her-the Universal Doctor, comparing the Blessed Virgin with Eve, stated clearly and incisively that she was exempted from the fourfold curse that had been laid upon Eve.[30]

31. Following the footsteps of his distinguished teacher, the Angelic Doctor, despite the fact that he never dealt directly with this question, nevertheless, whenever he touched upon it, always held together with the Catholic Church, that Mary's body had been assumed into heaven along with her soul.[31]

32. Along with many others, the Seraphic Doctor held the same views. He considered it as entirely certain that, as God had preserved the most holy Virgin Mary from the violation of her virginal purity and integrity in conceiving and in childbirth, he would never have permitted her body to have been resolved into dust and ashes.[32] Explaining these words of Sacred Scripture: "Who is this that comes up from the desert, flowing with delights, leaning upon her beloved?"[33] and applying them in a kind of accommodated sense to the Blessed Virgin, he reasons thus: "From this we can see that she is there bodily...her blessedness would not have been complete unless she were there as a person. The soul is not a person, but the soul, joined to the body, is a person. It is manifest that she is there in soul and in body. Otherwise she would not possess her complete beatitude.[34]

33. In the fifteenth century, during a later period of scholastic theology, St. Bernardine of Siena collected and diligently evaluated all that the medieval theologians had said and taught on this question. He was not content with setting down the principal considerations which these writers of an earlier day had already expressed, but he added others of his own. The likeness between God's Mother and her divine Son, in the way of the nobility and dignity of body and of soul-a likeness that forbids us to think of the heavenly Queen as being separated from the heavenly Kingmakes it entirely imperative that Mary "should be only where Christ is."[35] Moreover, it is reasonable and fitting that not only the soul and body of a man, but also the soul and body of a woman should have obtained heavenly glory. Finally, since the Church has never looked for the bodily relics of the Blessed Virgin nor proposed them for the veneration of the people, we have a proof on the order of a sensible experience.[36]

34. The above-mentioned teachings of the holy Fathers and of the Doctors have been in common use during more recent times. Gathering together the testimonies of the Christians of earlier days, St. Robert Bellarmine exclaimed: "And who, I ask, could believe that the ark of holiness, the dwelling place of the Word of God, the temple of the Holy Spirit, could be reduced to ruin? My soul is filled with horror at the thought that this virginal flesh which had begotten God, had brought him into the world, had nourished and carried him, could have been turned into ashes or given over to be food for worms."[37]

35. In like manner St. Francis of Sales, after asserting that it is wrong to doubt that Jesus Christ has himself observed, in the most perfect way, the divine commandment by which children are ordered to honor their parents, asks this question: "What son would not bring his mother back to life and would not bring her into paradise after her death if he could?"[38] And St. Alphonsus writes that "Jesus did not wish to have the body of Mary corrupted after death, since it would have redounded to his own dishonor to have her virginal flesh, from which he himself had assumed flesh, reduced to dust."[39]

36. Once the mystery which is commemorated in this feast had been placed in its proper light, there were not lacking teachers who, instead of dealing with the theological reasonings that show why it is fitting and right to believe the bodily Assumption of the Blessed Virgin Mary into heaven, chose to focus their mind and attention on the faith of the Church itself, which is the Mystical Body of Christ without stain or wrinkle[40] and is called by the Apostle "the pillar and ground of truth."[41] Relying on this common faith, they considered the teaching opposed to the doctrine of our Lady's Assumption as temerarious, if not heretical. Thus, like not a few others, St. Peter Canisius, after he had declared that the very word "assumption" signifies the glorification, not only of the soul but also of the body, and that the Church has venerated and has solemnly celebrated this mystery of Mary's Assumption for many centuries, adds these words of warning: "This teaching has already been accepted for some centuries, it has been held as certain in the minds of the pious people, and it has been taught to the entire Church in such a way that those who deny that Mary's body has been assumed into heaven are not to be listened to patiently but are everywhere to be denounced as over-contentious or rash men, and as imbued with a spirit that is heretical rather than Catholic."[42]

37. At the same time the great Suarez was professing in the field of mariology the norm that "keeping in mind the standards of propriety, and when there is no contradiction or repugnance on the part of Scripture, the mysteries of grace which God has wrought in the Virgin must be measured, not by the ordinary laws, but by the divine omnipotence."[43] Supported by the common faith of the entire Church on the subject of the mystery of the Assumption, he could conclude that this mystery was to be believed with the same firmness of assent as that given to the Immaculate Conception of the Blessed Virgin. Thus he already held that such truths could be defined.

38. All these proofs and considerations of the holy Fathers and the theologians are based upon the Sacred Writings as their ultimate foundation. These set the loving Mother of God as it were before our very eyes as most intimately joined to her divine Son and as always sharing his lot. Consequently it seems impossible to think of her, the one who conceived Christ, brought him forth, nursed him with her milk, held him in her arms, and clasped him to her breast, as being apart from him in body, even though not in soul, after this earthly life. Since our Redeemer is the Son of Mary, he could not do otherwise, as the perfect observer of God's law, than to honor, not only his eternal Father, but also his most beloved Mother. And, since it was within his power to grant her this great honor, to preserve her from the corruption of the tomb, we must believe that he really acted in this way.

39. We must remember especially that, since the second century, the Virgin Mary has been designated by the holy Fathers as the new Eve, who, although subject to the new Adam, is most intimately associated with him in that struggle against the infernal foe which, as foretold in the protoevangelium,[44] would finally result in that most complete victory over the sin and death which are always mentioned together in the writings of the Apostle of the Gentiles.[45] Consequently, just as the glorious resurrection of Christ was an essential part and the final sign of this victory, so that struggle which was common to the Blessed Virgin and her divine Son should be brought to a close by the glorification of her virginal body, for the same Apostle says: "When this mortal thing hath put on immortality, then shall come to pass the saying that is written: Death is swallowed up in victory."[46]

40. Hence the revered Mother of God, from all eternity joined in a hidden way with Jesus Christ in one and the same decree of predestination,[47] immaculate in her conception, a most perfect virgin in her divine motherhood, the noble associate of the divine Redeemer who has won a complete triumph over sin and its consequences, finally obtained, as the supreme culmination of her privileges, that she should be preserved free from the corruption of the tomb and that, like her own Son, having overcome death, she might be taken up body and soul to the glory of heaven where, as Queen, she sits in splendor at the right hand of her Son, the immortal King of the Ages.[48]

41. Since the universal Church, within which dwells the Spirit of Truth who infallibly directs it toward an ever more perfect knowledge of the revealed truths, has expressed its own belief many times over the course of the centuries, and since the bishops of the entire world are almost unanimously petitioning that the truth of the bodily Assumption of the Blessed Virgin Mary into heaven should be defined as a dogma of divine and Catholic faith-this truth which is based on the Sacred Writings, which is thoroughly rooted in the minds of the faithful, which has been approved in ecclesiastical worship from the most remote times, which is completely in harmony with the other revealed truths, and which has been expounded and explained magnificently in the work, the science, and the wisdom of the theologians-we believe that the moment appointed in the plan of divine providence for the solemn proclamation of this outstanding privilege of the Virgin Mary has already arrived.

42. We, who have placed our pontificate under the special patronage of the most holy Virgin, to whom we have had recourse so often in times of grave trouble, we who have consecrated the entire human race to her Immaculate Heart in public ceremonies, and who have time and time again experienced her powerful protection, are confident that this solemn proclamation and definition of the Assumption will contribute in no small way to the advantage of human society, since it redounds to the glory of the Most Blessed Trinity, to which the Blessed Mother of God is bound by such singular bonds. It is to be hoped that all the faithful will be stirred up to a stronger piety toward their heavenly Mother, and that the souls of all those who glory in the Christian name may be moved by the desire of sharing in the unity of Jesus Christ's Mystical Body and of increasing their love for her who shows her motherly heart to all the members of this august body. And so we may hope that those who meditate upon the glorious example Mary offers us may be more and more convinced of the value of a human life entirely devoted to carrying out the heavenly Father's will and to bringing good to others. Thus, while the illusory teachings of materialism and the corruption of morals that follows from these teachings threaten to extinguish the light of virtue and to ruin the lives of men by exciting discord among them, in this magnificent way all may see clearly to what a lofty goal our bodies and souls are destined. Finally it is our hope that belief in Mary's bodily Assumption into heaven will make our belief in our own resurrection stronger and render it more effective.

43. We rejoice greatly that this solemn event falls, according to the design of God's providence, during this Holy Year, so that we are able, while the great Jubilee is being observed, to adorn the brow of God's Virgin Mother with this brilliant gem, and to leave a monument more enduring than bronze of our own most fervent love for the Mother of God.

44. For which reason, after we have poured forth prayers of supplication again and again to God, and have invoked the light of the Spirit of Truth, for the glory of Almighty God who has lavished his special affection upon the Virgin Mary, for the honor of her Son, the immortal King of the Ages and the Victor over sin and death, for the increase of the glory of that same august Mother, and for the joy and exultation of the entire Church; by the authority of our Lord Jesus Christ, of the Blessed Apostles Peter and Paul, and by our own authority, we pronounce, declare, and define it to be a divinely revealed dogma: that the Immaculate Mother of God, the ever Virgin Mary, having completed the course of her earthly life, was assumed body and soul into heavenly glory.

45. Hence if anyone, which God forbid, should dare willfully to deny or to call into doubt that which we have defined, let him know that he has fallen away completely from the divine and Catholic Faith.

46. In order that this, our definition of the bodily Assumption of the Virgin Mary into heaven may be brought to the attention of the universal Church, we desire that this, our Apostolic Letter, should stand for perpetual remembrance, commanding that written copies of it, or even printed copies, signed by the hand of any public notary and bearing the seal of a person constituted in ecclesiastical dignity, should be accorded by all men the same reception they would give to this present letter, were it tendered or shown.

47. It is forbidden to any man to change this, our declaration, pronouncement, and definition or, by rash attempt, to oppose and counter it. If any man should presume to make such an attempt, let him know that he will incur the wrath of Almighty God and of the Blessed Apostles Peter and Paul.

48. Given at Rome, at St. Peter's, in the year of the great Jubilee, 1950, on the first day of the month of November, on the Feast of All Saints, in the twelfth year of our pontificate.

I, PIUS, Bishop of the Catholic Church, have signed, so defining.


ENDNOTES

1. Rom 8:28.
  2. Gal 4:4.
  3. Cf. Hentrich-Von Moos, Petitiones de Assumptione Corporea B. Virginis Mariae in Caelum Definienda ad S. Sedem Delatae, 2 volumes (Vatican Polyglot Press, 1942).
  4. Acts 20:28.
  5. The Bull Ineffabilis Deus, in the Acta Pii IX, pars 1, Vol. 1, p. 615.
  6. The Vatican Council, Constitution Dei filius, c. 4.
  7. Jn 14:26.
  8. Vatican Council, Constitution Pastor Aeternus, c. 4.
  9. Ibid., Dei Filius, c. 3.
  10. The encyclical Mediator Dei (Acta Apostolicae Sedis, XXXIX, 541).
  11. Sacramentarium Gregorianum.
  12. Menaei Totius Anni.
  13. Lk 22:32.
  14. Liber Pontificalis.
  15. Ibid.
 16. Responsa Nicolai Papae I ad Consulta Bulgarorum.
  17. St. John Damascene, Encomium in Dormitionem Dei Genetricis Semperque Virginis Mariae, Hom. II, n. 14; cf. also ibid, n. 3.
  18. St. Germanus of Constantinople, In Sanctae Dei Genetricis Dormitionem, Sermo I.
  19. The Encomium in Dormitionem Sanctissimae Dominae Nostrate Deiparae Semperque Virginis Mariae, attributed to St. Modestus of Jerusalem, n. 14.
  20. Cf. St. John Damascene, op. cit., Hom. II, n. 11; and also the Encomium attributed to St. Modestus.
  21. Ps 131:8.
  22. Ps 44:10-14ff.
  23. Song 3:6; cf. also 4:8; 6:9.
  24. Rv 12:1ff.
  25. Lk 1:28.
  26. Amadeus of Lausanne, De Beatae Virginis Obitu, Assumptione in Caelum Exaltatione ad Filii Dexteram.
  27. Is 61:13.
  28. St. Anthony of Padua, Sermones Dominicales et in Solemnitatibus, In Assumptione S. Mariae Virginis Sermo.
  29. St. Albert the Great, Mariale, q. 132.
  30. St. Albert the Great, Sermones de Sanctis, Sermo XV in Annuntiatione B. Mariae; cf. also Mariale, q. 132.
  31. St. Thomas Aquinas, Summa Theol., Illa; q. 27, a. 1; q. 83, a. 5, ad 8; Expositio Salutationis Angelicae; In Symb. Apostolorum Expositio, a. S; In IV Sent., d. 12, q. 1, a. 3, sol. 3; d. 43, q. 1, a. 3, sol. 1, 2.
  32. St. Bonaventure, De Nativitate B. Mariae Virginis, Sermo V.
  33. Song 8:5.
  34. St. Bonaventure, De Assumptione B. Mariae Virginis, Sermo 1.
  35. St. Bernardine of Siena, In Assumptione B. Mariae Virginis, Sermo 11.
  36. Ibid.
  37. St. Robert Bellarmine, Conciones Habitae Lovanii, n. 40, De Assumption B. Mariae Virginis.
  38. Oeuvres de St. Francois De Sales, sermon for the Feast of the Assumption.
  39. St. Alphonsus Liguori, The Glories of Mary, Part 2, d. 1.
  40. Eph 5:27.
  41. I Tm 3:15.
  42. St. Peter Canisius, De Maria Virgine.
  43. Suarez, In Tertiam Partem D. Thomae, q. 27, a. 2, disp. 3, sec. 5, n. 31.
  44. Gn 3:15.
  45. Rm 5-6; I Cor. 15:21-26, 54-57.
  46. I Cor 15:54.
  47. The Bull Ineffabilis Deus, loc. cit., p. 599.
  48. I Tm 1:17.

SOURCE : http://www.papalencyclicals.net/Pius12/P12MUNIF.HTM



The Solemnity Of The Assumption

For hundreds of years, Catholics observed the feast of the Assumption of the Blessed Virgin Mary on August 15 — celebrating Mary’s being taken bodily to Heaven after her death — but it was not until 1950 that the Church proclaimed this teaching a dogma of the Church — one of the essential beliefs of the Catholic faith.

August 15 is the day that Catholics have long celebrated what is called the Dormition (falling asleep) or Assumption of the Virgin Mary. The Feast of the Assumption celebrates both the happy departure of Mary from this life by her natural death, and her assumption bodily into heaven. Along with the Feast of the Immaculate Conception (December 8th) the Assumption is a principal feast of the Blessed Virgin and a Holy Day of Obligation — one of the most important feasts of the Church year.
The idea of the assumption of Mary into heaven after her death is first expressed in narratives of the fifth and sixth centuries. Even though these were never official, they bear witness to the very early belief in a teaching of the Catholic Church which was not formally defined as a dogma (a teaching essential to the Catholic faith) until 50 years ago.

Though it was almost universally believed for more than a thousand years, the Bible contains no mention of the assumption of Mary into heaven. The first Church writer to speak of Mary’s being taken up into heaven by God is Saint Gregory of Tours (594). Other early sermons on the Feast of Mary’s entry into heaven are those of Ps.-Modestus of Jerusalem (ca. 700).

On May 1, 1946, Pope Pius XII, asked all bishops in the world whether they thought this belief in the assumption of Mary into heaven should be defined as a proposition of faith, and whether they with their clergy and people desired the definition. Almost all the bishops replied in the affirmative.

On November 1, 1950, the Feast of All Saints, Pope Pius XII declared as a dogma revealed by God that “Mary, the immaculate perpetually Virgin Mother of God, after the completion of her earthly life, was assumed body and soul into the glory of Heaven”.

We have no real knowledge of the day, year, and manner of Our Lady’s death. The dates which have been assigned to her death vary between three and fifteen years after Christ’s Ascension. Both Jerusalem and Ephesus claim to be the place where she died. (By tradition, Mary lived at Ephesus after the death of Jesus.) Mary’s tomb was presumably found in Jerusalem. It is believed that Mary died in the presence of all the Apostles, but that after her burial, her tomb, when opened, was found empty. Therefore, they concluded that her body had been taken up (assumed) into heaven.

Saint Gregory of Tour provided a rationale for the tradition, which is related to her having been preserved from original sin. He said that it is inconceivable to think Mary’s sinless body, likened to the Ark of the Covenant which was made of incorruptible wood, should decay in the grave. The text, ‘Rise thou and the ark of thy strength’ (Ps 132/1:8) was understood to mean that it was God’s will that, as Christ had ascended, so too Mary would be received into heaven.

There is an important difference, of course, between the ascension of Jesus into Heaven after His Resurrection, and the assumption of Mary. To ascend is to rise up under one’s own power; while to be assumed means something that is done to one. Jesus, being the Second Person of the Trinity, had no need of assistance; whereas Mary did not have this power. (A pastor once demonstrated this difference in an unusual way. He asked two children to come to the front of the church. He told one child to walk from one side of the sanctuary to the other; and the other child he carried across.)

According to one tradition, Mary was warned of her approaching end by Saint Michael the Archangel, who conducts souls to Heaven, and was surrounded on her death-bed by the apostles, who were miraculously transported to her bedside from their various mission-fields. It was said that Jesus appeared, bore away her soul, and returned three days after her burial, when angels carried her body to Paradise where it was reunited with her soul under the Tree of Life.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/assumption/



August 15

The Assumption of the Blessed Virgin Mary

ON this festival the church commemorates the happy departure of the Virgin Mary, and her translation into the kingdom of her Son, in which she received from him a crown of immortal glory, and a throne above all the other saints and heavenly spirits. After Christ, as the triumphant conqueror of death and hell, ascended into heaven, his blessed Mother remained at Jerusalem, persevering in prayer with the disciples, till, with them she had received the Holy Ghost. St. John, the Evangelist, to whom Christ recommended her on his cross, took her under his protection. The prelates assembled in the general council which was held at Ephesus in 431, mention as the highest prerogative of that city, that it had received a great lustre from St. John the Evangelist, and the Mother of God, saying, In which John the Theologian, and the Virgin Mother of God, the holy Mary, conversed, or rather, are honoured with churches held in special veneration. 1 Tillemont and some others conjecture from this passage, that she died at Ephesus; but others think rather at Jerusalem, where, in later ages, mention is made of her sepulchre cut in a rock at Gethsemani. 2 All agree that she lived to a very advanced age, 3 improving daily in perfect charity, and in the most heroic exercise of all other virtues. She paid the common debt of nature, none among the children of Adam being exempt from that rigorous law. But the death of the saints is rather to be called a sweet sleep than death; much more that of the queen of saints, who had been exempt from all sin.

 It is a traditionary pious belief, that the body of the Blessed Virgin was raised by God soon after her death, and assumed to glory, by a singular privilege, before the general resurrection of the dead. This is mentioned by the learned Andrew of Crete, 4 in the east in the seventh, and by St. Gregory of Tours, 5 in the west in the sixth century. It is an opinion perfectly conformable to the sentiments of piety and respect which we owe to the glorious Mother of God. This preservation from corruption, and speedy assumption to glory, was a privilege which seems justly due to that sacred body, which was never defiled by any sin, which was ever the most holy and pure temple of God, preserved from all contagion of Adam, and the common curse of mankind; to that body from which the Eternal Word received his own adorable flesh, by whose hands he was pleased to be nourished and clothed on earth, and whom he vouchsafed to obey and honour as his mother. So great was the respect and veneration of the fathers towards this most holy and most exalted of all pure creatures, that St. Epiphanius durst not affirm that she ever died, because he had never found any mention of her death, and because she might have been preserved immortal, and translated to glory without dying. 6 Much more ought piety to incline us to receive with deference a tradition so ancient and so well recommended to us as is this of the corporal assumption of the Virgin Mary; an opinion which the church so far favours as to read, from the works of St. John Damascen and St. Bernard, an account of it in the breviary as proper to edify, and excite the devotion of her children. 7 But then, that our piety may be discreet, we must imitate the moderation and cautious reserve of our holy mother the church, and not put mere opinions any way upon a level with articles of faith, or matters of divine revelation.
This solemnity, in ancient Martyrologies, is promiscuously called the assumption, passage, or repose of the Virgin Mary. Whether this assumption was of her soul only, or of both soul and body, is no part of faith. The latter is the truth, but were it not so, the object of the present festival is still the same; for, as we honour the departure of other saints out of this world, so we have great reason to rejoice and praise God on this day, when the mother of Christ entered into the possession of those joys which he had prepared for her. We ought certainly to employ this festival in pouring forth our souls before God, in most holy transports of thanksgiving for the high degree of grace and glory to which, in his infinite mercy, he has exalted her; secondly, in imitating her virtues; thirdly, in imploring his clemency and bounty through her patronage and intercession. We shall excite ourselves to these duties by considering on one side to how great a crown she is raised, and by what means she attained to it, and on the other, how powerful an advocate God hath given us in her.

The assumption of the Virgin Mary is the greatest of all the festivals which the church celebrates in her honour. It is the consummation of all the other great mysteries, by which her life was rendered most wonderful; it is the birthday of her true greatness and glory, and the crowning of all the virtues of her whole life, which we admire singly in her other festivals. It is for all these gifts conferred on her that we are on this day to praise and thank him who is the author of them; but especially for that glory with which he hath crowned her. In this we must join our homages and joy with all the blessed spirits in heaven. What must have been their exultation and triumph on this occasion! With what honour do we think God himself received his mother into his kingdom! What glory did he bestow on her whom he exalted above the highest cherubim, and placed on a throne raised above all the choirs of his blessed spirits! The seraphim, angels, and all the other glorious inhabitants of his kingdom, seeing the graces with which she was adorned, and the dazzling beauty and lustre with which she shone forth as she mounted on high from the earth, cried out in amazement: Who is she that cometh up from the desert flowing with charms and delights, leaning upon her beloved? 8 Accustomed as they were to the wonders of heaven, in which God displayeth the magnificence of his power and greatness, they are, nevertheless, astonished to behold the glory of Mary; and much more so, to see the earth which had been loaded with maledictions, and covered with monsters of abomination and horror, now produce so great a treasure, and send to them so rich a present. They pronounce it blessed for having given her birth; but their heaven much more so in now receiving her for eternity.

But ought we not rather to stop our inquiries in silent raptures of admiration and praise, than presume to pursue them in an object which is the astonishment of the highest angels? This made St. Bernard say on this subject: 9 “Nothing more delights me, yet nothing terrifies me more than to discourse of the glory of the Virgin Mary.” It is presumption to offer to dive into God’s secret mysteries, by pretending to fathom or measure the degree of bliss to which she is raised. Let it then suffice that we know her honour now is proportioned to the incomprehensible dignity of Mother of God which she bears, and to the transcendent degree of grace and merits which she possessed on earth, and which she had never ceased to increase every moment of her life. We extol her incomparable dignity in being the mother of her Creator; a dignity which no mortal tongue can express; but we may confidently say that the glory with which Christ received her in heaven is no less above the reach of our understanding. Martha was highly favoured when she had the honour to harbour Jesus under her roof; the history of which is read in the gospel of this festival. But that was only an emblem or shadow of the happiness of the Virgin Mary, who not only received her Creator into her house, but conceived and bore him in her womb. Yet this so high a dignity only met with its recompense in the happiness to which she was admitted on this day, on which she was received by him in his glory, as she had harboured him on earth in her womb and under her roof. He who rewards so richly those who for his sake serve or relieve the least of his members on earth, though they should only give them a cup of cold water, displays his liberality with the utmost profusion of great gifts in favour of a mother the most faithful to his graces, the most fervent in his love, and the most constant in his service. He remembers the affection, piety, and fervour with which she sanctified herself before she conceived him, and during the remainder of her life; with which she bore him in her womb, cherished and served him in his mortal body upon earth, and suffered with him, by compassion, on Mount Calvary; and now he repays her by the honour with which he receives and crowns her. This he does in a manner so much the more wonderful, as he is infinite in power, love, and goodness, and as his ways are infinitely exalted above those of creatures. Moreover, his own honour is here interested that he should glorify one that stands in so near a relation to himself, and that he should exalt his mother by the gifts of his glory as he enriched her with his most extraordinary graces when he first chose her to that dignity.

She is said to be clothed with the sun—that is, with a glory transcending that of the other blessed, as the brightness of the sun surpasseth the stars; it is added, that the moon is placed under her feet. “Of this heavenly queen,” says St. Francis of Sales, 10 “from my heart I proclaim this loving and true thought. The angels and saints are only compared to stars, and the first of those to the fairest of these. But she is fair as the moon, as easily to be discerned from the other saints as the sun is from the stars.” She receives a crown not like those of other saints, but of twelve stars. 11 If she rejoice exceedingly in her own bliss, much more will she overflow with joy in the glory of her divine Son. What a singular pleasure must she feel to behold him whom she had with so much solicitude ministered to, so affectionately attended, and so grievously mourned for, now placed on the throne of his majesty, resplendent with the glory of the divinity, and proclaimed every where the Lord of all things! What raptures of love and joy must transport her soul at this sight! And with what tenderness does he address, and say to her: “You ministered to me far above all others in my state of humiliation; and I will minister to you more abundantly than to any other in my glory. I received from you my humanity, and I will bestow on you the riches of my immortality.” The devil, beholding her exaltation, swells with rage to see his seduction of the first Eve become an occasion of so great a dignity and glory to Mary. All the holy choirs of heaven contemplating her exaltation, praise the mercies and gifts of God in her. We on earth are bound, on many accounts, to join them in the duty of thanksgiving and joy.

Whilst we contemplate the glory to which Mary is raised by her triumph on this day, in profound sentiments of veneration, astonishment, and praise, we ought, for our own advantage, to consider by what means she arrived at this sublime degree of honour and happiness, that we may walk in her steps. That she should be the mother of her Creator was the most wonderful miracle, and the highest dignity; yet it was not properly this that God crowned in her, as Christ himself assures us. 12 So near a relation to God was to be adorned with the greatest graces; and Mary’s fidelity to them was the measure of her glory. It was her virtue that God considered in the recompense he bestowed upon her; herein he regarded her charity, her profound humility, her purity, her patience, her meekness, holy zeal, and ardour in paying to God the most perfect homage of adoration, love, praise, and thanksgiving. Charity, or the love of God, is the queen and the most excellent of all virtues; it is also their form, or soul; because no other virtue can be meritorious of eternal life, unless it be animated, and proceed from the motive of holy charity. In this consists the perfection of all true sanctity. Mary surpassed all others in sanctity in proportion as she excelled them in the most pure, most ardent, and most perfect charity. This virtue she exercised and improved continually in her soul, by the ardour with which she served Christ both in person and in his members, the poor; by the most constant and perfect obedience to the divine law in all things; by the most entire resignation and sacrifice of herself to God’s will; the most invincible patience and meekness, and by all other virtues; especially assiduous acts of adoration, hope, praise, thanksgiving, supplication, and the like parts of prayer, in which she employed her holy soul with all her affections. But if charity was the perfection of her eminent sanctity, its groundwork was her sincere and most profound humility. This was the source of her transcendent charity, and of all her other virtues, by drawing from heaven those graces into her soul. This chiefly attracted God from the seat of his glory into her chaste womb; the same raised her to the highest throne among the blessed. Yes; the assumption of Mary in glory was only the triumph of her humility. Hereof we have the most authentic assurance. 13 She was exalted in virtue, dignity, and glory above all other pure or mere creatures, because she was of all others the most humble. Therefore did charity and every other virtue shoot so deep roots in her heart, and raise their head like a palm-tree in Cades, and is like a cedar on Libanus; spreading their shade like a cypress-tree on mount Sion, and diffusing their sweet odour as a rose-plant in Jericho, like cinnamon and aromatic balm, and like the best myrrh. 14 Therefore she ascends so high, because in her own sentiments of herself she was so lowly.

Meekness and patience are the sister-virtues and inseparable companions of humility. By these was Mary to purchase her great crown; and to furnish her with occasions for the most perfect exercise of these and all other virtues in the most heroic degree, God was pleased to visit her with the sharpest trials. Though she was the mother of God, never defiled with the least stain of sin, and by a singular privilege of grace free from concupiscence, yet she was not exempted from the cross of her Son. Nay, how much nearer a relation she bore to him, and how much dearer and more precious she was in his sight, so much a larger portion of his cup did he present to her above his other saints. Though she had no sins to satisfy for, yet her virtue was to be exercised and improved by trials, and the highest degree of glory was prepared for her, by so much the more severe crosses was it to be earned. Besides these reasons for suffering, we who are criminal sinners have immense debts to cancel, an unruly concupiscence to keep under, and a fund of inordinate self-love to fight against and subdue. Yet we would live without mortification and suffering, and are inclined to murmur at what ought to be the subject of our joy and ambition. God was pleased to conduct his mother through hard and rigorous ways in virtue, that her example might be a model and consolation to us under interior trials. They are painful to nature, but the ordinary exercise of heroic souls in pure and perfect love. Consolations, even those that are spiritual, are rather supports of our weakness than the test and school of solid virtue; the character of which is to suffer with patience and constancy. The path of prosperity, if uninterrupted, exposes souls to much illusion; in it many are filled only with self-love whilst they flatter themselves they are walking with God, and reaping the fruits of virtue. The road of privations is the most secure as well as most fruitful in heroic virtues. Certainly nothing can be more sublime, or better for us, seeing God had nothing greater for his mother. This consideration suffices alone to fill us with comfort and joy under all afflictions, that in them we are in good company, even with Christ himself, with his blessed mother, and his saints, who have all walked in this path before us, carrying their heavy crosses, which were the sources of their greatest blessings.

Let us consider a little the life of Mary. What must she have suffered from the hardships of poverty, the alarming persecution of Herod, the banishment into Egypt, living after her return in a kind of exile for fear of Archelaus! Under these, and many like circumstances, we may easily imagine what continual crosses she had to bear together with her divine infant. What must she feel to see him in want, suffering cold and all other inconveniences! What, when she lost him in the temple, and saw him exposed to hardships and ill treatment on other occasions! He was persecuted and reviled by the Pharisees and others, his meekness despised, and his most holy doctrine contradicted. It was also a continual affliction to her tender heart, always full of zeal for the honour of God, and of charity for men, to see the whole world filled with sins, blasphemies against so good a God, scandals, abuses, and wrecks of souls. But what was her grief to see her most amiable and divine Son in his sacred passion, covered with ignominies, overwhelmed with the blackest calumnies, bound, scourged, crowned with thorns, and dying on a cross! How sharp a sword of most bitter grief must have then pierced the soul of this mother of sorrows! After her divine son had left the earth, how earnest were her sighs to be united to him in glory! How bitter must the prolongation of her banishment amidst the sins of the world have been to her, whose burning charity surpassed that of all other saints! Only patience, meekness, submission to the will of God, entire confidence in him, and the assiduous exercise of prayer and divine love were her support, her comfort, and the rich harvest which she reaped from her sufferings. The weight and duration of these crosses, and the great virtues which she practised under them, are the measure of that height of glory to which she is exalted. We see the means by which Mary mounted to the happiness which she now enjoys. No other way is open to us. The same path which conducted her to glory will also lead us thither; we shall be partners in her reward, if we copy her virtues. Her example is both our model and our encouragement. From her assumption we derive another great advantage, that of her patronage. Mary crowned in heaven is an advocate with her Son in favour of us sinners

The prayers of the holy Virgin Mary, whilst she lived on earth, were certainly of great efficacy; much more than those of Abraham, Job, or Elias. Now raised to a state of bliss she cannot have lost the power to intercede with God for us; this on the contrary must be much greater as she is now seated near the throne of mercy. If the angels who are before the throne of God offer our prayers to him, and pray themselves for us; if the saints in glory employ their intercession in our favour, shall not the most holy mother of God be able to do the same office for us? Can any be so bold as to pretend, either that she is not willing, or that she cannot exert her charity in our behalf? That she is most ready and desirous, no one can doubt, seeing that, among all pure creatures, there never was any zeal or charity equal to hers who bore charity itself in her womb. She received from him that zeal for the glory of God, and those bowels of tenderness and compassion for the souls of poor sinners, which surpassed those of all angels and men. Now she beholds the divine essence, and is made all love by being transformed in glory, and united to him who is love itself; now she sees all that can inflame her charity, in our miseries, in God’s goodness, and in the glory which will redound to him from our salvation, can she forget us? No, certainly. With her zeal for the divine honour, and her charity for poor sinners, her compassion for us must be much increased. Nor can she have less power and credit with her Son; but the more she is honoured by him, the more prevalent must her intercession be. If Esther could prevail with Assuerus in favour of her nation; if the Thecuit could move David to show mercy to Absalom; if Judith could save her people by her prayers; if the saints both on earth and reigning with Christ in heaven could often avert the divine vengeance, and work wonders, what shall we not be able to obtain through the intercession of Mary! As St. Bonaventure 15 repeats from St. Bernard: “You have secure access to God where you have the Mother addressing the Son, and the Son before the Father in your behalf. She shows to her Son in your favour the breasts which gave him suck, and the Son presents to the Father his wounds and open side.”

 The constant doctrine and tradition of the church, through all ages, renders us secure in the practice of invoking this holy Virgin. 16 The Protestant century-writers of Magdeburg trace it for us as high as the second century, and charge St. Irenæus with teaching it in the same manner that the Catholic church does at this day. This is their remark upon those words of that great and primitive doctor: “The Virgin Mary is made the advocate of Eve,” that is, for men upon whom their first mother entailed a curse. 17 St. Irenæus is one of the first in the list of the fathers; and this holy and wholesome devotion he learned from his masters, St. Polycarp and other immediate disciples of the apostles; and the same has been delivered down by the pastors of the church with the whole sacred deposit of our faith, without changing one iota; for its faith is always the same and unalterable. This is easy to prove with regard to the present point from the clear testimonies of ancient venerable fathers. But it would be superfluous and tedious to load a discourse with the quotations of all those writers who are, in every age, vouchers of this article of the Catholic faith, and witnesses of the homages which the church, instructed by the Holy Ghost, has never failed to pay to the glorious Mother of God. It is confirmed from the watchful attention with which the church has condemned all errors that have been broached contrary to it.

 St. Epiphanius informs us, 18 that in the fourth age, among the Apollinarists sprung up in Arabia the heretics called Antidicomarianitæ, or adversaries of Mary, who affirmed that she had not remained a virgin, and that after the birth of Christ she had children by St. Joseph. He tells us, 19 that there arose at the same time, and in the same country, another heresy quite contrary to the former, the professors of which were called Collyridians, from certain cakes, called in Greek Collyrides, which they offered to the Virgin Mary, honouring her with sacrifices as a kind of divinity, and thus changing piety and devotion into superstition and idolatry. St. Epiphanius discoursing against this heresy, concludes that Mary ought to be honoured, but God alone adored. This error was immediately crushed by the authority of the church; but it shows that the faithful then paid solemn devotion to this queen of heaven, which some ignorant people took occasion impiously to pervert. Likewise when Nestorius blasphemously denied to the Virgin Mary the title and dignity of Mother of God, this heresy but awakened the piety of the faithful, and the error, as it always happens, served to establish the truth with greater lustre by the decisions of councils, and the most authentic public monuments and writings of the fathers, full of devotion and the strongest addresses to this glorious advocate of sinners, as may be seen in several works of St. Cyril of Alexandria against Nestorius, in the discourses of St. Proclus on the Virgin Mary against the same heresiarch, and others.

The fathers moreover encourage us to place a confidence in her holy patronage, by frequent miraculous instances which they have recorded. St. Gregory of Nyssa tells us, 20 that the Blessed Virgin and St. John Evangelist, in a vision, delivered to St. Gregory Thaumaturgus, in the year 244, a creed which afterwards preserved the church of Neocæsarea from the Arian heresy. St. Gregory Nazianzen relates, 21 that the holy virgin and martyr Justina, in the reign of Dioclesian, besought the Virgin Mary to assist her against infamous tempters, and the magical charms of Cyprian, and was wonderfully succoured, Cyprian himself being converted, and becoming a glorious martyr. St. Sophronius and John Moschus in the Spiritual Meadow, 22 mention a certain merchant of Alexandria, who setting out on a voyage to Constantinople, recommended his wife and little daughter to “our Lady the holy Mother of God;” and by her patronage they were both miraculously preserved during his absence from being robbed and murdered. Many other such instances might be gathered from the writings of the most holy and illustrious fathers of the church, than which nothing can more clearly prove what were their sentiments and practice, and those of the whole church from the earliest times, with regard to this devotion to the Mother of God. We are encouraged to be fervent in this great means of mercy by the experience of her powerful intercession, confirmed by illustrious examples. “Let him cease to extol thy clemency, O holy Virgin,” cries out her devout client St. Bernard, 23 “who ever invoked thy aid in his necessities, and found it to fail him.” Hence, not only the Cistercian, but many other religious Orders, and numberless pious confraternities have solemnly put themselves under the special patronage of the Mother of God; and many kingdoms have done the same, as Hungary by the devotion of St. Stephen, and France by the vow of Lewis XIII. in 1638, in memory of which an annual most solemn procession is performed in all parts of that kingdom on this festival of the assumption. The church strongly recommends to us this wholesome devotion by establishing so many feasts in honour of this holy virgin. This of her assumption was celebrated with the utmost solemnity at Jerusalem in the fifth and sixth ages, as appears from the life of St. Theodosius. 24 St. Proclus, on this day of her festival in 428, delivered his famous sermon against Nestorius, in his presence, proving the Virgin Mary to be the Mother of God. We find churches dedicated to God in her honour in all parts of the Christian world, as soon as that liberty was allowed under the first Christian emperors. The great church of Ephesus bore her name when the general council was assembled in it against Nestorius in 431. St. Mary Major was built in Rome in the time of Pope Liberius, and consecrated by Sixtus III. about the year 433, as is proved by the Bollandists. 25 Theodorus Lector 26 mentions that the empress Pulcheria built two churches in her honour at Constantinople. About the same time one was built at Jerusalem by St. Sabas, &c.

The voice of the church, the example of so many eminent saints, and the most powerful motives of religion, recommend to us a singular devotion to the glorious Mother of God. St. Teresa, in her childhood, grieving for the loss of her mother, cast herself on her knees before a picture of the Blessed Virgin, beseeching her with many tears to take her under her special patronage, and to be to her a tender mother and tutoress. 27 In like manner we may, by a solemn dedication of ourselves to God under the patronage of the Virgin Mary, choose her for our principal advocate with him, and commend ourselves most earnestly to her intercession. This recommendation of ourselves to her we may renew in our morning and night devotions, and in a more solemn manner on all her festivals; imploring, moreover, her intercession in all temptations, and necessities, spiritual or corporal. Base and unworthy sinners as we are, can we do better than strengthen our prayers by the joint intercession of such an advocate, and by invoking her as our secure refuge? St. Bernard 28 puts into our mouths the following address to her: “O blessed finder of grace, mother of life, mother of salvation, may we through you have access to your Son, and that he who was given us through you, may receive us through you. May your integrity and innocence excuse before him the stain of our corruption; may your humility, so agreeable to God, obtain the pardon of our vanity; may your abundant charity cover the multitude of our sins, and your glorious fruitfulness supply our indigence of merits. Our lady, our mediatrix, our advocate, reconcile us to your Son, commend us to your Son, present us to your Son. By the grace with which you are honoured, by the mercy which you have brought forth, obtain that he who through you put on our weakness, may through you make us partakers of his bliss and glory.” But to obtain the protection of the Mother of God, we must not content ourselves to implore it barely in words, but must do this also with our hearts, and with a sincere desire of serving God with fervour. To be devout to the Mother we must copy her virtues, and live faithful to the holy law of her Son. She is the refuge of sinners; but of such as sue for pardon with sincere repentance; not of those who wilfully continue to crucify her Son. She detests the false confidence of such, and can never countenance their presumption and impiety. An imitation of her virtues and spirit is the most solid proof of a true devotion to her, and the means to honour her, and to recommend our petitions through her to her divine Son.

Note 1. Con. t. 3, pp. 5, 73. [back]

Note 2. That St. John the Evangelist retired to Ephesus in his old age is manifest from incontestable monuments of history. It is reasonable to be presumed that he carried with him some memorials of this dear and blessed person. Some think she went with him thither, and died at Ephesus. But it seems more probable that she died at Jerusalem. St. Willibald, who flourished in 740, in his voyage to Jerusalem, was shown the tomb of the Blessed Virgin, which was empty, in the valley of Josaphat, at the foot of Mount Olivet. (Apud. Canis. t. 2, p. 102, ed Basnagii.) Adamnan, the Irish monk, who visited Palestine in the close of the seventh century, (in Itiner. ap. Mab. Sæc. 3, Bened. par. 2, l. 1, c. 9,) and Bede (De locis Sanct. p. 502,) mention it in the same place. Among the Greeks, Andrew of Crete, who lived in the seventh and eighth ages, says the Blessed Virgin lived upon Mount Sion at Jerusalem, and died there. (Or. in Dormit. B. M.) St. Germanus, patriarch of Constantinople, who died in 730, affirms, that she died at Jerusalem. (Or. in Dormit. Deiparæ, pp. 1450, 1462.) The Armenians (Conc. Armen. in 1342, ap. Martenne, t. 8, Vet. Scrip. p. 351.) and the Muscovites agree that she was buried at Gethsemani. Gregory Barebræus, the Nestorian, (ap. Jos. Assemani Bibl. Orient. t. 3, par. 1, p. 318,) and some others, who say she accompanied St. John to Ephesus, seem to have grounded their opinion only on conjecture. St. John probably staid in Judæa and that neighbourhood till after her death, and seems not to have come to Ephesus before SS. Peter and Paul had left the East, or even before their martyrdom. St. Paul established St. Timothy bishop of Ephesus in 64, and in his second epistle to that disciple, during his last imprisonment, (in which he invites him to come from Ephesus to Rome,) takes no notice of St. John being at Ephesus. The Blessed Virgin must have been sixty-one or sixty-three years old, at least twenty years before that time. See the Fr. Comm. on the Bible. an. 1750. Diss. sur le Trépas de la Ste. Vierge, t. 12, p. 59. [back]

Note 3. See Suarez Tr. de Mysteriis B. V. Mariæ. [back]

Note 4. Or. 2, de laudibus Assumptæ Virg. p. 132; also by German. patriarch of Constantinople, Or. 1, de Dormit. Deiparæ, &c. [back]

Note 5. L. de Glor. Mart. c. 4; also St. Ildefonse, Serm. 6, de Assumptione; and the old Gallican or Gothic Missal, published by Card. Thomasius, and by Mabillon. See Card. Lambertini, (afterwards Pope Ben. XIV.) Comment. de D. N. J. Christi Matrisque ejus Festis, par. 2, c. 112, p. 100. [back]

Note 6. St. Epiph. hær. 78, c. 11 and 23, pp. 1034, 1035. [back]

Note 7. The history of many circumstances relating to the assumption of the Blessed Virgin, falsely ascribed to Melito of Sardis, is rejected by the whole world as an invention of some unknown Greek author, about the sixth century. But that her body was assumed to glory soon after her death is the constant opinion in the Latin, and in all the Oriental churches. See the old English Martyrology, p. 656, and many others, published by Solier the Bollandist, (t. 7, Junii,) others by Martenne. (Anec. t. 3, pp. 1559, 1568, et t. 5, p. 76; also Collect. Vet. Script. t. 6, p. 656.) Likewise the liturgies of the Visigoths and Franks, used before the reign of Charlemagne. (Ap. Mabillon, pp. 212, 213, et ap. Thomas, pp. 291, 292.) Consult Le Quien (in Op. S. Jo. Damasc. p. 857,) and Florentinius. (Ad 15 Aug. and 18 Jan.) The corporal assumption of the Mother of God is well proved by the anonymous author of the dissertation on this subject against Launoy, under the name of the Advocate; and by Claude Joli, precentor of the metropolitan church of Paris. (De Verbis Martyrol. Usuardi.) But that this historical tradition and pious belief or opinion is no article of faith, is proved by Baronius. Not. in Martyr. Melchior Cano, l. 12, de Locis Theol. c. 10; Suarez, 3, p. q. 37, art. 4, disp. 21, sect. 2; Theophilus Raynaudus in Dypticis Marianis, t. 7. Op. p. 220; Thomassin, Tr. des Fêtes, l. 2, c. 20; Nat. Alex. Hist. sæc. 2, c. 4, in Addit. ad Censor. Card. Gotti, t. 4, de Verit. Relig. Christian. c. 41; Benedict XIV. loc. cit. c. 115, et t. 1, de Canoniz. Sanctor. l. 1, c. 42, n. 15; Bourdeloue, Serm.

This feast of the assumption of the Blessed Virgin Mary is mentioned as celebrated with great solemnity before the sixth age, both in the Latin and Greek Church, as appears from the most ancient Sacramentaries extant, with complete calendars, before the time of Pope Sergius, as is clear from the pontifical; and before the reign of the Emperor Mauritius, as is gathered from Nicephorus, l. 17, c. 28. See Baron. Annot. in Martyr.; Mabillon in Liturg, Gallic. l. 2, p. 118; Pagi in Brev. Gest. Rom. Pontif. in Sergio, n. 26; Martenne de Ant. Eccl. discipl. in div. offic. celebr. c. 33, n. 25; Thomassin, &c. It is called by the Greeks [Greek], or Translatio; by the Latins, Dormitio, Pausatio, Transitus, Assumptio; by the Muscovites Uspenie, i. e. Dormitio. See Falconius, archbishop of San-Severino, Comm. in Tabulas Ruthenas Cappomanis, p. 126, Romæ, 1755. And Jos. Assemani, Comm. in Calend. Univ. ad 15 Aug. Romæ, 1766. The Emperor Constantine Porphyrogenetta (l. 2, de Cæremoniis Aulæ Constantinopl. c. 29, p. 312, ed. Leips. 1754,) describes the solemn procession made by the court and clergy at Constantinople, on the great festival of the repose of the Blessed Virgin Mary. The emperor himself often passed the vigil watching all the night in the great church of our Lady at Blachernæ on the coast some miles below Constantinople, whither he went in great state attended by his court, either by land or in a yacht.


  Benedict XIV. (c. 120,) shows these terms, death, repose, passage, &c., to coincide with the word assumption; and this last to have been sometimes used of other saints, as St. Gregory of Tours mentions the assumption of St. Avitus of Vienne. (l. de Glor. Confess. c. 49, &c.) Thomassin proves this promiscuous use of the word assumption from Beleth, an eminent theologian at Paris, in 1200. (Rationale Div. Offic. c. 4 et 146.) See Thomassin, Tr. des Fêtes, l. 2, c. 20, n. 17. [back]


Note 8. Cant. viii. 5. [back]

Note 9. Serm. 4, de Assumpt. [back]

Note 10. L. 3, On the Love of God, c. 8. [back]

Note 11. Apoc. xii. 1. [back]

Note 12. Luke xi. 28; Matt. xii. 50. [back

Note 13. Luke i. 48. [back]

Note 14. Ecclus. xxiv. [back]

Note 15. S. Bonav. Solil. fol. 60. [back]

Note 16. “Quod ab illâ (viz. Ecclesiâ) didici securus teneo.” St. Bernard. [back]

Note 17. S. Iren. l. 5, c. 21, (ol. 19,) p. 352. [back]

Note 18. Hær. 77, n. 26, et hær. 78. [back]

Note 19. S. Epiph. hær. 79. [back]

Note 20. S. Gr. Nyss. t. 3, p. 543. [back]

Note 21. Or. 18, pp. 279, 280. [back]

Note 22. Prat. Spirit. c. 75. [back]

Note 23. S. Bern. Serm. 4, de Assumpt. [back]

Note 24. In Bollandus ad 11 Jan. n. 31. [back]

Note 25. Ad Martii 28, p. 716, c. 9. [back]

Note 26. Pages 552, 563. [back]

Note 27. Her own Life, ch. 1. [back]

Note 28. S. Bern. Serm. 2, in Adv. n. 5, p. 723. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VIII: August. The Lives of the Saints.  1866.