mercredi 26 avril 2017

Saint RAFFAELE ARNAIZ BARON, religieux cistercien-trappiste

Saint Raphaël Arnaiz Baron

Religieux cistercien ( 1938)

Encore novice au monastère de Saint-Isidore de Dueñas, en Espagne, il fut atteint d’une maladie grave, et supporta son état physique avec une extrême patience, mettant toujours sa confiance en Dieu. 

Béatifié le 27 septembre 1992 par Jean-Paul II - Canonisé le 11 octobre 2009 à Rome par Benoît XVI.

St Rafael Arnáiz Barón (1911-1938) biographie en anglais - site du Vatican. 

Il fait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid

"Évoquant un des nouveaux saints espagnols Rafael Arnaiz, mort à l’âge de 27 ans, des suites d’une grave maladie alors qu’il était encore novice, Benoît XVI a tourné ses pensées vers les jeunes qui aspirent à la vérité pleine, à la joie indescriptible, des valeurs que l’on ne peut atteindre que grâce à l’amour de Dieu."

(source: Radio Vaticana - Cinq nouveaux saints pour l'Église universelle - 11 octobre 2009)


Martyrologe romain




Ráfael Arnáiz Barón

1911-1938

Né le 9 avril 1911 à Burgos dans une famille de haute bourgeoisie espagnole, Ráfael était le premier des quatre garçons. Il fréquente l’école des Jésuites où très vite on remarque sa riche sensibilité, ses dons artistiques et intellectuels.

Effectivement, très doué pour le dessin, il commence en 1930 des études d’architecture à Madrid. Cette même année, il découvre l’abbaye trappiste de San Isidro de Dueñas. Ráfael est un étudiant joyeux et sérieux à la fois, sportif, apprécié de tous. Mais il opte pour une voie meilleure et entre à l’abbaye le 15 janvier 1934.

Bien que la séparation de la famille lui coûte un peu, il s’adapte bien à sa nouvelle vie. Mais voilà que quelques mois après son entrée, se déclare un diabète foudroyant : en mai 1934, il perd vingt-quatre kilogrammes en huit jours. On lui conseille alors simplement de retourner chez lui pour y être bien soigné. Ráfael quitte le monastère la mort dans l’âme, mais avec l’espérance d’y revenir bientôt.

Ráfael ne se remettra pas. Pendant quatre ans, il fera de fréquents allers-et-retours entre le monastère et la maison de ses parents. Au monastère, la maladie l’empêche de suivre tout-à-fait la règle de la “stricte observance”, qui est assez rigide. En conséquence, il n’est pas autorisé à faire la profession religieuse consistant à promettre, selon la règle de Saint Benoît, obéissance, conversion de vie et stabilité dans le monastère. Il n’est donc pas vraiment moine à part entière. 

Dans cet état de souffrance et de déception, Ráfael reste fidèle dans son cœur et sa méditation s’approfondit ; il devient un authentique contemplatif, si bien que la communauté l’apprécie et l’accepte en tant qu’oblat régulier.

La guerre civile de 1936 ne favorise pas les choses, car les médicaments nécessaires n’arrivent pas au monastère, mais Ráfael est au moins déclaré inapte au service armé. 

Quand il voit que sa santé décline inexorablement, il préfère rester au monastère. Le Père Abbé lui remet l’habit monastique, la coule, que portent les moines profès, et lui promet de le faire ordonner prêtre dès qu’il aura achevé ses études théologiques.

Mais Ráfael décède bientôt, le 26 avril 1938.

Lors de son voyage apostolique à Compostelle, pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, le pape Jean-Paul II a donné Ráfael comme modèle à tous les jeunes, le samedi 19 août 1989.

Ráfael sera béatifié en 1992, et canonisé en 2009. Le Martyrologe Romain le commémore le 26 avril.



Saint Rafael Arnaiz Barón

Cistercien-trappiste

Raphaël, en religion frère María Rafael, naît le 9 avril 1911 à Burgos en Espagne, de Rafael Arnáiz y Sanchez de la Campa et Mercedes Barón Torres ; premier de quatre enfants d'une famille aisée, catholique pratiquante.

Tout commence vraiment lorsqu'en 1930, tout jeune bachelier, il obtient comme cadeau de fin d'études de passer ses vacances d'été chez son oncle et sa tante, Leopoldo et María, ducs de Maqueda, non loin d'Avila. C'est le commencement d'une amitié spirituelle intense entre Raphaël et ses oncles, dont témoigne une correspondance abondante et profonde. C'est à l'issue de ces vacances que, sur le conseil de l'oncle, Raphaël passe son premier séjour à la Trappe de San Isidoro de Dueñas, en septembre 1930 : il est séduit par le silence, enthousiasmé par la beauté du lieu, ravi par les sonorités du Salve Regina entendu à Complies.

Raphaël, très doué pour le dessin, commence des études prometteuses d'architecture à Madrid. Mais il prend enfin la grande décision et entre au monastère le 15 janvier 1934, convaincu d'avoir trouvé sa vocation. Mais un diabète se déclare d'une façon foudroyante quatre mois après son entrée. Il oblige le novice presque moribond à quitter, triste et perplexe, son cher monastère.

Ce n'est qu'en janvier 1936, après une longue convalescence, qu'il peut entrer de nouveau à San Isidoro, cette fois en qualité de simple oblat, car sa maladie ne lui permet pas de suivre les exigences de la Règle. Pendant une deuxième sortie (septembre-décembre 1936) il est déclaré inapte à porter les armes dans le conflit qui ravage son pays. Après une troisième sortie (février-décembre 1937), il vit son dernier séjour à la Trappe, du 15 décembre 1937 au 26 avril 1938, comme son dernier carême et une préparation au dernier dépouillement, celui de sa vie sur la terre.

Le mystère de cette vie, jusqu'au bout, aura été de se laisser conduire à travers les perplexités d'une vocation embrassée avec enthousiasme et sans cesse contrariée: par la maladie, par la guerre, par l'impossibilité de prononcer ses vœux monastiques, par le manque de relations communautaires normales. Son noviciat sur la terre, accompli dans la solitude et la maladie humiliante, s'achève lorsqu'à Pâques, enfin revêtu de la coule par une faveur spéciale de son abbé, il entre, par son passage à la vraie vie, dans la communauté céleste.

Ce mystère de dépouillement si dramatique n'a pu être vécu que grâce à un amour débordant et à une joie qui possède, plutôt que de la naïveté, un certain humour, une certaine marque d'humilité. Le Dieu de Raphaël, son Christ, n'est pas l'objet d'étude mais le Compagnon d'une expérience vécue, transcendante, d'Amour absolu. Son seul désir était de vivre pour aimer : aimer Jésus, aimer Marie, aimer la Croix, aimer son cher monastère. L'exubérance de sa foi et l'enthousiasme de son amour se sont avérés invincibles.

Voilà la caractéristique foncière de sa spiritualité personnelle. Raphaël est « un trappiste fou et excité d'amour pour Dieu », qui sans cesse se retient de crier à tue-tête la miséricorde de Dieu à son égard. Et cette force le mène toujours davantage à l'essentiel, à ce qui comble son cœur en vérité: « Dieu seul! » Dans la solitude et le silence, la souffrance de la Croix devient le lieu propre où il renonce à lui-même, et sa propre souffrance, acceptée comme grâce de Dieu, permet le dépouillement ultime de l'humilité. Raphaël ne s'appartient plus, il n'y a que « Dieu seul! », le message fou de l'amour.

Rafael Arnaiz Barón a été béatifié le 27 septembre 1992, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), et canonisé, par le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013), le 11 octobre 2009.

Pour un approfondissement biographique :


Sources principales : ocso.org/index; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).


©Evangelizo.org 2001-2017

Prière de Saint Rafael Arnáiz Barón

Voici la Prière « Seigneur Jésus, c’est seulement au pied de ta Croix que j’apprends l'humilité, la charité, le pardon, la bonté, … » de Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), Moine Trappiste Cistercien Espagnol de l'Abbaye San Isidro de Dueñas en Espagne canonisé par le Pape Benoît XVI le 11 octobre 2009 


La Prière de St Raphaël Arnaiz Baron « Seigneur Jésus, c’est seulement au pied de ta Croix que j’apprends l'humilité, la charité, le pardon, la bonté, … » :

« Hier j'ai clairement vu qu'on apprend seulement en accourant à Toi, et que Toi seul Tu donnes des forces dans les épreuves et tentations ; que seulement au pied de ta Croix, Te voyant cloué sur Elle, on apprend le pardon, on apprend l'humilité, la charité, la bonté ... La prodigieuse, l'admirable, l'inexprimable leçon que Tu m'apprends depuis ta Croix me donne des forces pour tout. On T'a craché dessus, on T'a insulté, on T'a flagellé, on T'a cloué sur une Croix et, étant Dieu, Tu pardonnais, Tu te taisais humblement, et Tu t'offrais même. Que pourrais-je dire de ta Passion ? Il vaut mieux ne rien dire, et que, au fond de mon cœur, je médite ce que l'homme ne peut jamais arriver à comprendre ; que je me contente d'aimer profondément, passionnément, le Mystère de ta Passion ... Qu'Elle est douce la Croix de Jésus ! Qu'il est doux de souffrir en pardonnant ! Comment ne pas devenir fou ? Il me montre son Cœur ouvert aux hommes et méprisé. Où a-t-on jamais vu, et qui a jamais rêvé d'une douleur pareille ? Comme on vit bien dans le Cœur du Christ ! Ainsi soit-il. » 

Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938)

« La Croix du Christ ! Que peut-on dire de plus ? Je ne sais pas prier, je ne sais pas ce qu'est être bon, je n'ai pas l'esprit religieux, car je suis plein du monde. Je ne sais qu'une chose, une chose qui remplit mon âme de joie, tout en me voyant si pauvre en vertus et si riche en misères ; je sais seulement que j'ai un trésor que ne changerais pour rien ni pour personne : ma croix, la Croix de Jésus, cette Croix qui est mon seul repos. Comment expliquer cela ? Celui qui ne l'a pas expérimenté ne peut nullement soupçonner de quoi il s'agit. Ah, si tous les hommes aimaient la Croix du Christ ! Si le monde savait ce que c'est que d'embrasser pleinement, vraiment, sans réserve, en folie d'amour, la Croix du Christ !... Combien de temps perdu en causeries, dévotions et exercices qui sont saints et bons, mais ne sont pas la Croix de Jésus, ne sont pas ce qu'il y a de meilleur... Pauvre homme qui n'es bon à rien, qui ne sers à rien..., qui traînes ta vie, suivant comme tu peux les austérités de la règle, te contentant de cacher en silence tes ardeurs, aime à la folie ce que le monde méprise parce qu'il ne le connaît pas, adore en silence cette Croix, qui est ton trésor, sans que personne s'en aperçoive. Médite en silence devant Elle les grandeurs de Dieu, les merveilles de Marie, les misères de l'homme... Continue ta vie toujours en silence, aimant, adorant et t'unissant à la Croix. Que veux-tu de plus ? Savoure la Croix, comme a dit ce matin monseigneur l'évêque. Savourer la Croix ! » 

(Saint Raphaël Arnaiz Baron – « Ecrits spirituels ») 




Bhx Rafael Arnaiz Baron (1911-1938), frère trappiste (nom de religieux : frère Marie Raphaël).

Jean Paul II le donna en modèle pour tous les jeunes du monde à S. Jacques de Compostelle (1989). B XVI l’a nommé patron des JMJ Madrid 2011.


Rafael Arnáiz Barón est une bonne illustration de ce cor inquietum qui brûle de désirs infinis et divins. Dans la vie du frère Rafael, le désir de Dieu, l’Absolu et l’éternité, expliquent tout.

Né le 9 avril 1911 à Burgos en Espagne, premier de 4 enfants d’une famille aisée, catholique pratiquante. En 1930, tout jeune bachelier, il obtient comme cadeau de fin d’études de passer ses vacances d’été chez son oncle et sa tante, Leopoldo et María, ducs de Maqueda, non loin d’Avila. C’est le commencement d’une amitié spirituelle intense entre Raphaël et ses oncles, dont témoigne une correspondance abondante et profonde. A l’issue de ces vacances que, sur le conseil de l’oncle, Raphaël passe son premier séjour à la Trappe de San Isidoro de Dueñas, en septembre 1930 : il est séduit par le silence, enthousiasmé par la beauté du lieu, ravi par le Salve Regina entendu à Complies.


Très doué pour le dessin, il est étudiant en architecture à Madrid, mais prend enfin la grande décision et entre au monastère le 15 janvier 1934, convaincu d’avoir trouvé sa vocation. Un diabète se déclare d’une façon foudroyante 4 mois après son entrée (il perd 24 kg en 8 jours). Il oblige le novice presque moribond à quitter, triste et perplexe, son cher monastère.

En janvier 1936, après une longue convalescence, il peut entrer de nouveau à San Isidoro, cette fois en qualité de simple oblat, car sa maladie ne lui permet pas de suivre les exigences de la Règle. La guerre civile espagnole (1936-1939) ne permettra pas le bon approvisionnement des médicaments qui auraient pu le soigner. Pendant une deuxième sortie (septembre-décembre 1936) il est déclaré inapte à porter les armes dans le conflit qui ravage le pays. Après une troisième sortie (février-décembre 1937), il vit son dernier séjour à la Trappe, du 15 décembre 1937 au 26 avril 1938, comme son dernier carême et une préparation au dernier dépouillement, celui de sa vie sur la terre, avant d’avoir pu être ordonné prêtre.

Le mystère de cette vie, jusqu’au bout, aura été de se laisser conduire à travers les perplexités d’une vocation embrassée avec enthousiasme et sans cesse contrariée : par la maladie, par la guerre, par l’impossibilité de prononcer ses voeux monastiques, par le manque de relations communautaires normales. Son noviciat sur la terre, accompli dans la solitude et la maladie humiliante, s’achève lorsqu’à Pâques, enfin revêtu de la coule par une faveur spéciale de son abbé, il entre, par son passage à la vraie vie, dans la communauté céleste.

Ce mystère de dépouillement si dramatique n’a pu être vécu que grâce à un amour débordant et à une joie qui possède, plutôt que de la naïveté, un certain humour, une certaine marque d’humilité. Le Dieu de Raphaël, son Christ, n’est pas l’objet d’étude mais le Compagnon d’une expérience vécue, transcendante, d’Amour absolu. Son seul désir était de vivre pour aimer : aimer Jésus, aimer Marie, aimer la Croix, aimer son cher monastère. L’exubérance de sa foi et l’enthousiasme de son amour se sont avérés invincibles.

Voilà la caractéristique foncière de sa spiritualité personnelle. Raphaël est "un trappiste fou et excité d’amour pour Dieu", qui sans cesse se retient de crier à tue-tête la miséricorde de Dieu à son égard. Et cette force le mène toujours davantage à l’essentiel, à ce qui comble son coeur en vérité : "Dieu seul !" Dans la solitude et le silence, la souffrance de la Croix devient le lieu propre où il renonce à lui-même, et sa propre souffrance, acceptée comme grâce de Dieu, permet le dépouillement ultime de l’humilité. Raphaël ne s’appartient plus, il n’y a que "Dieu seul", le message fou de l’amour.

A lire :

- P.Tomás Gallego, "Le frère Raphaël Arnáiz y Barón (1911-1938), témoin de la transcendance de Dieu", dans Collectanea Cisterciensia : (1987) pp.279-297 ; (1988) pp.57-75 et 335-371. 

- Xavier Morales, "Dieu et mon âme : Le dernier cahier (février 1937 - avril 1938)", idem : (2000) pp.101-153. 

Du site "spiritualitéchrétienne"


Textes du bhx RAPHAEL ARNAIZ BARON

Le dernier cahier, 23 février 1938. C’EST MOI, JÉSUS !

Dans mes va-et-vient précipités à travers le noviciat, sans savoir quoi faire, j’ai regardé à travers la fenêtre, contre mon habitude et mon règlement qui me l’interdit. Le soleil commençait à poindre. Une grande paix régnait sur la nature. Tout commençait à s’éveiller : la terre, le ciel, les oiseaux. Tout, peu à peu, s’éveillait doucement au commandement de Dieu. Tout obéissait à ses divines lois, sans plaintes et sans soubresauts, doucement, calmement, la lumière aussi bien que les ténèbres, le ciel bleu aussi bien que la terre dure couverte de la rosée de l’aube. Comme Dieu est bon, pensai-je. La paix habite partout sauf dans le cœur humain.

Et doucement, tranquillement, Dieu m’a appris à obéir, à moi aussi, par l’intermédiaire de cette aurore douce et tranquille. Une très grande paix s’empara de mon âme. Je pensai que Dieu seul est bon ; que tout est ordonné par Lui. Que m’importe ce que disent ou font les hommes. Il ne doit y avoir pour moi qu’une seule chose dans le monde : Dieu. Dieu qui ordonne tout pour mon bien. Dieu, qui tous les matins fait se lever le soleil, qui fait fondre le givre, qui fait chanter les oiseaux et change les nuages du ciel en mille suaves nuances. Dieu qui m’offre un coin sur la terre pour prier, qui me donne un coin où pouvoir attendre ce que j’attends. Dieu si bon avec moi, qui parle à mon cœur dans le silence, et m’apprend peu à peu, parfois avec des larmes, toujours avec des croix, à le détacher des créatures, à ne chercher la perfection qu’en Lui, à me montrer Marie, et me dire : "Voici la seule créature parfaite. En Elle tu trouveras l’amour et la charité que tu ne trouves pas chez les hommes". De quoi te plains-tu, Frère Raphaël ? Aime-Moi, souffre avec Moi, c’est Moi, Jésus.

Ah ! Vierge Marie, voilà la grande miséricorde de Dieu. Voilà comme Dieu oeuvre dans mon âme, tantôt dans la désolation, tantôt dans la consolation, mais toujours pour m’apprendre que ce n’est qu’en Lui seul que je dois mettre mon cœur, que ce n’est qu’en Lui seul que je dois vivre, que c’est Lui seul que je dois aimer, désirer, espérer, dans la foi pure, sans consolation ni secours d’humaine créature . Quel bonheur, ma Mère . Combien dois-je en être reconnaissant à Dieu. Comme Jésus est bon !

Quand je cessai de regarder le ciel par la fenêtre du noviciat, je pensai : le Seigneur fait d’un mal un bien. Si quelqu’un m’avait vu, il se serait dit : "Voilà un novice qui perd son temps !". Est-ce perdre son temps que d’adorer amoureusement Dieu ? La tentation a passé, le trouble aussi, et avec lui, je n’ai plus pensé à ce que j’avais entendu et qui m’avait troublé. Et après avoir fait un acte d’union à la volonté divine, chose que je fais à chaque fois que je m’en souviens, je suis descendu à l’église pour entendre la sainte messe ; et là, au pied du Tabernacle, j’ai élevé mon cœur vers Dieu et vers la Très Sainte Mère Marie.

Toi seul, mon Dieu, Toi seul ! Plus je me suis approché des créatures, plus je me suis vu loin d’elles, et plus je suis loin de l’homme, plus je suis proche de Dieu.


Le dernier cahier, 4 mars 1938. DIEU M’AIME !

Je prends aujourd’hui la plume au nom de Dieu, pour que mes mots, en se gravant sur le blanc papier, servent de perpétuelle louange au Dieu béni, auteur de ma vie, de mon âme et de mon cœur. J’aimerais que l’univers entier, avec toutes les planètes, tous les astres et les innombrables systèmes sidéraux, fussent une immense surface lisse où pouvoir écrire le nom de Dieu. J’aimerais que ma voix fût plus puissante que mille tonnerres, plus forte que le courant de la mer, et plus terrible que le vacarme des volcans, pour ne dire que : Dieu. J’aimerais que mon cœur fût aussi grand que le ciel, aussi pur que celui des anges, aussi simple que la colombe, pour avoir Dieu en lui. Mais puisque toute cette grandeur rêvée ne peut se voir réalisée, contente-toi de peu [de chose tangible ici-bas] Frère Raphaël, et puisque toi, tu n’es que néant, le néant doit te suffire.

Quelle hypocrisie que de dire qu’il n’a rien, celui qui a Dieu ! Oui ! Pourquoi le taire ? Pourquoi le dissimuler ? Pourquoi ne pas crier au monde entier, et publier aux quatre vents les merveilles de Dieu ? Pourquoi ne pas dire aux gens, et à tous ceux qui voudront bien l’entendre : "Vous voyez ce que je suis ? Vous voyez ce que j’ai été ? Vous voyez ma misère qui se traîne dans la fange ? Eh bien, ça ne fait rien, soyez émerveillés, malgré tout : j’ai Dieu ! Dieu est mon ami !". Que le sol se dérobe, que la mer se dessèche de stupeur, Dieu m’aime si tendrement, moi, que si le monde entier le comprenait, toutes les créatures deviendraient folles et rugiraient de stupéfaction ! Bien plus, tout cela n’est rien. Dieu m’aime tellement que les anges eux-mêmes ne le comprennent pas ( ?).

Comme est grande la miséricorde de Dieu ! M’aimer, moi ! Être mon ami, mon frère, mon père, mon maître ! Être Dieu, et moi, être ce que je suis ! Ah ! mon Jésus, je n’ai ni plume ni papier. Que dirai-je ! Comment ne pas devenir fou ! Comment peut-on vivre, manger, dormir, parler et avoir des relations avec tous ? Comment est-il possible que j’aie encore suffisamment de sérénité pour penser à quelque chose que le monde appelle raisonnable, moi qui perds la raison quand je pense à Toi ?

Comment est-ce possible, Seigneur ! Je sais, Tu me l’as expliqué déjà, c’est par le miracle de la grâce. Si le monde qui cherche Dieu le savait ! Ignorants et insensés qui cherchez Dieu où Il n’est pas. Écoutez, et soyez dans l’étonnement. Dieu est dans le cœur de l’homme, je le sais. Mais écoutez, Dieu vit dans le cœur de l’homme, quand ce cœur vit détaché de tout ce qui n’est pas Lui. Quand ce cœur se rend compte que Dieu frappe à sa porte, et qu’il balaie et nettoie tous ses appartements pour se disposer à recevoir le Seul qui comble vraiment. Comme il est doux de vivre ainsi, avec Dieu seul dans le cœur. Quelle grande douceur que de se voir rempli de Dieu. Comme il doit être facile de mourir ainsi.

Faire ce qu’Il veut demande bien peu, ou plutôt rien du tout, car on aime sa volonté ; même la souffrance et la douleur sont paix, car on souffre par amour. Dieu seul comble l’âme et la comble toute entière. Il n’y a ni créatures, ni monde, il n’y a rien pour la troubler, seule la pensée de pouvoir L’offenser et Le perdre la fait souffrir. Qu’ils viennent, les savants, demander où est Dieu. Dieu est où le savant à l’orgueilleuse science ne peut arriver. Dieu est dans le cœur détaché, il est dans le silence de la prière, dans le sacrifice volontaire de la douleur, dans le vide du monde et de ses créatures.

Dieu est sur la Croix, et tant que nous n’aimerons pas la Croix, nous ne Le verrons pas, nous ne Le sentirons pas.


Le dernier cahier, 23 février 1938. TRISTESSES ET CONSOLATIONS + + +

Ma vie est une continuelle alternance de désolations et de consolations. Les premières sont des tristesses et des peines, parfois très profondes, des pensées qui me troublent, des tentations qui me font souffrir. Les consolations sont la même chose, mais à l’envers : joies intérieures inconnues, désirs de souffrir et amour pour la Croix de Jésus, qui remplissent mon âme de paix et de tranquillité au milieu de ma solitude et de mes douleurs, ce que je ne changerais pour rien au monde.

Voici un exemple récent. L’autre jour, je voyais tout en noir : ma vie obscure et enfermée dans l’infirmerie, sans soleil, sans lumière, sans rien pour l’aider à supporter la charge que Dieu m’a imposée. Maladie, silence, abandon, je ne sais pas, mon âme souffrait beaucoup ; le souvenir du monde, de la liberté, m’accablait. Mes pensées étaient tristes, lugubres. Je me voyais sans amour pour Dieu, oublié des hommes, sans foi et sans lumière. L’habit me pesait. J’avais froid et sommeil. Je ne sais pas, tout s’accumulait. L’obscurité de l’église me rendait triste. Je regardais le Tabernacle, et il ne me disait rien. Je me voyais mort vivant, je me voyais enfermé dans le monastère, comme un mort dans un tombeau, et même pis que dans un tombeau, puisque là au moins on trouve le repos. Bref, voilà quelles étaient mes pensées, l’autre jour avant de recevoir le Seigneur à la communion.

L’idée que j’étais enterré vif m’obsédait, me rendait fou. Le démon s’attachait à me faire souffrir avec le souvenir du monde, de la lumière, de la liberté ; il évoquait en moi la joie de vivre. Les moines me semblaient des âmes en peine, eux qui étaient aussi des morts vivants, eux qui souffraient l’enfermement du tombeau.

Bon, je n’arrive pas à m’expliquer : j’aurais aimé, à cet instant, mourir vraiment, mais mourir pour ne plus souffrir. J’ai vu ensuite que c’était une tentation. C’est dans cet état d’âme que je me suis approché pour recevoir le Seigneur. Je venais de me mettre à genoux, avec le désir de demander à Jésus la tranquillité pour mon esprit, quand j’ai senti une ferveur très grande, un amour immense pour Jésus, et un oubli absolu de toutes mes pensées antérieures, au rappel de quelques mots que Jésus, je crois, m’inspira en cet instant : "Je suis la Résurrection et la Vie".

Comment exprimer combien mon âme fut consolée ! Je pleurais presque de joie en me voyant aux pieds de Jésus, enterré vif. Mes mains serraient le crucifix et mon cœur aurait voulu mourir, mais cette fois par amour pour Jésus, par amour pour la vie véritable, pour la véritable liberté. J’aurais voulu mourir à genoux en embrassant la Croix, en aimant la volonté de Dieu, en aimant ma maladie, mon enfermement, mon silence, mon obscurité, ma solitude. En aimant mes douleurs, qui, en un instant de lumière, et avec une étincelle d’amour de Dieu, sont si vite oubliées. Comme tout me paraissait petit : le monde avec toutes ses créatures ; comme ma vie me semblait insignifiante avec tant et tant d’attentions puériles. Comme les affaires humaines, le monastère me paraissait insignifiant, ses moines si petits, bref, comme tout disparaissait devant l’immense bonté d’un Dieu qui descend jusqu’à moi pour me dire : "Pourquoi souffres-tu ? Je suis le salut. Je suis la Vie. Que cherches-tu ici-bas ?".

Ah ! bon Jésus, si les hommes savaient ce que c’est que de t’aimer sur la Croix ! Si les hommes soupçonnaient ce que c’est que de renoncer à tout pour Toi ! Quelle joie de vivre sans volonté. Quel grand trésor que de n’être rien, d’être le dernier ! Quel grand trésor que la Croix de Jésus, et comme l’on vit bien en l’embrassant ! Personne ne peut s’en douter !


Le dernier cahier, 10 avril 1938. ABANDON :

Si nous sommes vraiment unis par amour à la volonté de Dieu, nous ne désirerons rien qu’Il ne désire, nous n’aimerons rien qu’Il n’aime, et en étant abandonnés à sa volonté, nous serons indifférents à quoi que ce soit qu’Il nous envoie, en quelque endroit qu’Il nous mette. Tout ce qu’Il voudra de nous, ne nous sera pas seulement indifférent : cela nous sera même agréable.

Je suis chaque jour plus heureux en mon complet abandon entre ses mains. Je vois sa volonté jusque dans les choses les plus petites et minuscules qui puissent m’arriver. De tout, je tire un enseignement qui me sert pour comprendre davantage sa miséricorde envers moi. J’aime avec tendresse ses desseins et cela me suffit. Je suis un pauvre homme ignorant ce qui me convient, et Dieu veille sur moi comme personne ne peut s’en douter.

Si l’on me disait en détail ce que je dois faire pour être saint et agréable à Dieu, je crois qu’avec l’aide de Dieu et de Marie, je le ferais en entier. Avec Jésus à mes côtés, rien ne me paraît difficile, et le chemin de la sainteté me semble à chaque fois plus facile. Il me paraît consister plus à enlever des choses qu’à en ajouter. Il se réduit peu à peu à la simplicité, plutôt qu’il ne se complique de choses nouvelles. Et au fur et à mesure que l’on se détache d’un si grand amour désordonné pour les créatures, et pour nous-mêmes, il me semble que l’on s’approche de plus en plus de l’unique amour, de l’unique désir, de l’unique but de cette vie, de la vraie sainteté, et c’est Dieu.

Comme Dieu est bon, Lui qui m’apprend peu à peu tout cela ! Comme Dieu est bon envers moi ! Saurai-je agir en retour comme je le dois ? Seigneur, ne regarde pas mes actes, ni mes paroles, regarde mon intention et si elle n’est pas bien dirigée vers Toi, redresse-la. Ne permets pas, mon Seigneur, que je sois ingrat et que je perde mon temps.

Comme l’on vit bien, loin des hommes et près de Toi. Quand j’entends le bruit que fait le monde ; quand je vois le soleil qui inonde les champs et illumine les oiseaux en liberté ; quand je me rappelle les jours heureux que j’ai passés dans mon foyer, je ferme les yeux, je me bouche les oreilles et j’étouffe les voix du souvenir et je dis : quel bonheur c’est de vivre avec le Christ. Je n’ai rien et j’ai le Christ. Je ne possède rien ni ne désire rien, et je possède et je désire le Christ. Je ne jouis de rien et ma joie, c’est le Christ. Et là, dans mon cœur, je suis complètement heureux, même si ce n’est pas le mot pour désigner l’état de mon âme.

Les créatures me sont indifférentes, si elles ne me conduisent pas à Dieu. Je ne veux pas de la liberté, si elle ne me conduit pas à Dieu. Je ne veux pas de consolations, de plaisirs et de joies, je ne veux que la solitude avec Jésus, l’amour pour la Croix et les larmes de la pénitence. Mon Jésus, mon doux amour, ne permets pas que je sois séparé de Toi. Marie, ma Mère, sois ma seule consolation.

L’autre jour, j’ai essayé la coule que le Révérend Père Abbé me laissera revêtir, par une faveur spéciale, à partir du jour de Pâques. J’ai toujours eu une grande envie de pouvoir porter un jour la coule cistercienne. Mais... elle est si neuve et si blanche, qu’ensuite j’ai eu beaucoup de honte de ce désir puéril ; car ce n’est pour moi qu’une vanité devant les hommes. Le Christ, qui est mon Maître, en ces jours, a été dépouillé devant la foule qui l’insultait, et moi, on m’habille. Puis-je en tirer un vain orgueil ? Je serais bien insensé de ne pas voir une grande humiliation le jour de Pâques, quand moi, le dernier disciple du Christ, je me présenterai à la Communauté avec la coule neuve et reluisante de l’Ordre cistercien. Il aurait valu bien mieux me revêtir d’un "sac".

Mais cela encore aurait été une vanité puérile, et en réalité, aujourd’hui, je suis arrivé à la conclusion que ça m’est égal. Au bout du compte, vêtu de soie de laine ou de sac, cela ne doit en rien changer mon cœur. Il est ce qui, un jour, aura de la valeur aux yeux de Dieu.


Bhx Raphael Arnaiz Baron : Dans le monde on souffre... ce ne sont que soucis, désirs, espoirs... bien peu souvent réalisés. Dans le monde on pleure pour des affaires matérielles, viles et périssables. Dans le monde on pleure peu pour le Christ. Dans le monde on souffre peu pour Dieu.

Dans mes va-et-vient à travers le noviciat, sans savoir quoi faire... j’ai regardé ô travers la fenêtre, contre mon habitude... Le soleil commençait à poindre. Une grande paix régnait sur la nature... Tout commençait à s’éveiller_ la terre, le ciel, les oiseaux... Tout, peu à peu, s’éveillait doucement... Tout obéissait aux divines lois, sans plaintes, et sans soubresauts, doucement, calmement, la lumière aussi bien que les ténèbres, le ciel bleu aussi bien que la terre dure couverte de la rosée de l’aube... Comme Dieu est bon, pensai-je... La paix habite partout sauf dans le coeur humain.


Le dernier cahier, 8 mars 1938. AUPRÈS DE TON CŒUR

Dieu et sa volonté sont la seule chose qui occupe ma vie. Par sa miséricorde infinie, ce qui auparavant était désir véhément se tempère peu à peu. Comme la grâce de Dieu est immense, quand peu à peu, Il emplit une âme. Comme peu à peu se précise de plus en plus la vanité de tout ce qui est humain, et comme on parvient au contraire à se convaincre qu’en Dieu seul se trouve la sagesse véritable, la paix véritable, la vie véritable, l’unique nécessaire et l’unique amour et désir de l’âme.

L’autre jour, j’étais avec le Révérend Père Abbé. J’ai été lui demander de me concéder une pénitence pour ce saint temps du Carême, chose qu’il me refusa, et à la place, il me dit que le jour de Pâques, il me donnerait la coule monacale et le scapulaire noir. Quelle joie j’éprouvai, bon Jésus ! J’aurais embrassé le Révérend Père Abbé. Il est trop bon avec moi !

Quel désir j’avais depuis déjà un certain temps de pouvoir revêtir la coule ! Quel grand bonheur me donna la pensée de ce que, à brève échéance, je ne me distinguerais en rien d’un vrai religieux. Mais après avoir été rendre grâce au Seigneur pour cette grâce, je vis clairement qu’en moi, c’est vanité. J’ai vu que c’est un honneur que me fait la communauté, et cela me désole plus qu’autre chose. Ah ! s’il m’avait donné l’habit de convers, comme je le lui ai suggéré, ç’aurait été autre chose. Mais ça m’est égal : en marron ou en blanc, avec ou sans coule, je suis le même devant Dieu. Tout ce qui est extérieur m’est indifférent. Je veux seulement aimer Dieu, et je le fais à l’intérieur et sans que les hommes s’en aperçoivent. Cela m’est égal, Seigneur, de connaître l’honneur ou le mépris. La joie vaine et un peu infantile de revêtir la coule s’est déjà calmée. J’aimerais, Seigneur, que rien au monde ne me trouble, et qu’aucune des créatures ne m’enlève la paix et la tranquillité de n’aimer que ta volonté. Et je vois ainsi, Seigneur, que tout est vanité. Tu n’es ni dans l’habit, ni dans la couronne. Alors ? Tu n’es, Seigneur, que dans le cœur détaché de tout.

Bon Jésus, mon divin Bien-aimé, Tu as tes délices. Ah ! Seigneur, que vais-je dire ? Tu as tes délices dans le cœur de l’homme. Je T’offre le mien. Laisse-moi faire ma cellule dans le tien. Laisse-moi faire ma couche auprès de lui. Laisse-moi vivre seul et nu de tout, auprès de ton Cœur Divin, et me moquer des habits, des couronnes, et... des barbes de tous les convers du monde. Je serai toujours le même pour Toi, n’est-ce pas, Jésus ?

Comme le monde est ignorant et puéril ! Quelle joie nous procure un chiffon et quelle tristesse un nuage ! Avec quelle facilité nous considérons-nous heureux d’une puérilité, et sommes-nous abattus et désespérés avec une autre ! Comme nous sommes peu de chose..., comme nous vivons sur le plan extérieur, sans penser que tout n’est rien, excepté de T’aimer et de Te servir, Toi, mon Jésus ! Guenon de soie vêtue .... guenon demeure !

J’aimerais, Seigneur, passer ce Carême, à mourir peu à peu, de tout ce qui me manque encore, pour ne vivre que pour Toi. Pour qu’un jour, Tu me laisses, Seigneur, pénétrer par la plaie de ton côté, et m’y faire une cellule auprès de ton Divin Cœur. Tu me le permettras ? Je le demande avec ferveur à la Très Sainte Vierge Marie. 

Un jour où la petite croix que Jésus m’envoyait me semblait bien grande, un jour où, en pensant à ce qui me reste de vie, en pensant à cette vie de trappiste, enfermé ici pour toujours, cela me paraissait bien long, bref, un jour où je souffrais parce que mon chemin me paraissait long et pénible, j’ai lu des mots qui me disaient : "Rien de ce qui a une fin n’est grand !"


Dieu seul, p. 26 : Les gens disent que le silence dans le monastère est triste et qu’il est difficile d’observer la Règle... Il n’y a pas d’opinion plus erronée...Le silence à la Trappe est le plus joyeux langage que les hommes puissent soupçonner... Ah ! Si Dieu nous donnait la faculté de voir dans les cœurs, alors nous verrions que, de l’âme de ce trappiste d’aspect extérieur misérable et qui vit dans le silence, jaillit abondamment et sans arrêt un glorieux chant d’allégresse, plein d’amour et de joie envers son Créateur, envers son Dieu, envers un Père affectueux qui prend soin de lui et le console... Dans le silence, ils parlent avec Dieu.

Réf. dans l’Osservatore Romano : 1992 n.39. Réf. dans la Documentation catholique : 1992 n.19 p. 919.

Né à Burgos (Espagne) le 09.04.1911, retourné à Dieu le 26 04 1938, béatifié le 27 09 1992 par Jean-Paul II, béatifié le 11 10 2009 par B XVI. 

1934 : entre au monastère cistercien de San Isidoro (Palencia).

Il avait interrompu ses études d’architecte pour entrer au monastère cistercien de Sant’Isidro, en Espagne en 1934 ; la maladie le contraignit à quitter 3 fois le monastère où il revenait aussitôt. 

Ce que fut sa sainteté ? Une photo très belle le suggère qui le représente, sans autre détail, assis au soleil, les yeux mi-clos, souriant à un interlocuteur invisible.


Saint Rafael Arnáiz Barón

Also known as
  • María Rafael
Profile

An artistic young man, he studied architecture in Madrid, Spain. However, he felt a call to the religious life, and on 15 April 1934 Rafael became an oblate friar of the Order of Cistercians of the Strict Observance (Trappist). Suffered from acute diabetes, a condition that forced him to leave the monastery three times, but each time, as soon as he was sufficiently healed, he returned to the monastic life.

Born



St Rafael Arnáiz Barón (1911-1938) 

St Rafael Arnáiz Barón was born in Burgos, Spain, on 9 April 1911 into a well-to-do Christian family. He was the eldest of four. As a boy he attended several schools run by Jesuits and his sensitivity to spiritual topics and to art was apparent from boyhood. These qualities were remarkably well balanced giving him an open, joyful attitude to the world, combined with exuberant good humour, respect and humility.

Bouts of fever and pleurisy interrupted his education. When he had recovered his father took him to Zaragoza to consecrate him to Our Lady of the Pillar and his family moved to Oviedo where he completed his secondary schooling.

In 1930 Rafael embarked on architectural studies in Madrid. It was in this year that his deeper commitment to Christ began. After completing his secondary schooling, that summer he had spent a holiday near Avila at the home of his uncle and aunt, the Duke and Duchess of Maqueda. It was they who introduced him to the Trappist Monastery of San Isidoro de Dueñas whose beauty and prayerful atmosphere attracted him.

He was called up but declared unfit for active duty. He decided to abandon his architectural studies in Madrid and seek the mystery of the "Absolute" in this Cistercian Monastery of the Strict Observance, which he entered on 16 January 1934 and joyfully received the white habit. He was 23. He said upon entering that this decision had not been prompted by suffering or disappointments but rather by God who, "in his infinite goodness" had given him far more in life than he deserved. Rafael felt deeply suited to the monastic rhythm of Gregorian chant and the Liturgy of the Hours. He wrote many letters to his mother, who after his death collected them in a book, and to his uncle and aunt with whom he had a close friendship.

Four months after entering the monastery, after an austere Lent, he was smitten by a serious form of diabetes mellitus which forced him to go home for treatment. Indeed, he was obliged to go back and forth between his home and the monastery again and again between 1935 and 1937. It was at the height of the Spanish Civil War.

Thus, on his final return to the monastery, he was made an oblate, taking the last place and living on the fringes of the community. Canon law at the time did not permit a person in his condition of poor health to take monastic vows.

He died in the monastery's infirmary on 26 April 1938 after a final attack of the disease at only 27 years old. He was buried in the monastery cemetery and his remains were later translated to the Abbey Church.

Despite his brief life, he embodies the Cistercian grace in a remarkably pure way. From beginning to end he let himself be led through a series of bewildering contradictions and perplexities illness, war, the inability to pronounce his vows, abnormal community relations until he totally renounced himself. Humiliation was his constant companion.

His one desire was to live in order to love: to love Jesus, Mary, the Cross, his Trappist monastery. His reputation for holiness spread rapidly throughout Spain and his grave at San Isidro became a place of pilgrimage where many favours were received.

On 19 August 1989, at the World Youth Day in Santiago de Compostela, John Paul II proposed Bro. Rafael as a model for young people today, and beatified him on 27 September 1992, in Rome. In his Homily at the beatification Mass, the late Pope said of this Spanish Trappist that he set an example, especially for young people, "of a loving and unconditional response to the divine call".

Saint Rafael Arnaiz Baron

1911- 1938

Canonized October 11, 2009

(by Alberico Feliz)


Brother Rafael was not and could not be other than young. His life of only 27 years was framed between a Palm Sunday and an Easter Sunday. His life is condensed principally in his youth, because it is in youth that the most promising hopes are sown and germinated. What is seed and germ today will be flower and fruit tomorrow.

With a brilliant intelligence, distinguished manners, a jovial character, frank and happy, but still, with all this, extremely simple, Rafael, as he grew in age and in development of his personality grew also in spiritual experience and in the Christian life, toward which he felt drawn from his earliest childhood, giving clear signs of an attraction toward the things of God. The Lord roused within Rafael's well-disposed heart the invitation to give himself completely to God by means of a special consecration in the monastic life. It happened that one day Christ crossed his path, and Rafael, following Him very closely, tried to overtake Him, leaving behind his promising career as architect, with all its dreams and prospects, and entering not only once but twice, three, and four times the Cistercian Monastery of San Isidro de Duenas, first as a Novice, then as an Oblate, so that he might be, within the simplicity of the hidden life, a heroic witness of the Passion of Jesus Christ.

In his incurable illness of diabetes, he embraced the Cross with an almost savage love and came to desire the will of God with such a deep-seated determination that he made of it his only norm and rule: "I want nothing other than God, and His Will shall be my will . . ." "Happy the man who sees nothing more than the will of God...." "My only desire is to unity myself absolutely and entirely with the will of Jesus...." "I want to die loving the will of God."

The perfume of his life and his numerious writing continues to spread in all directions and to be well received for the good of all those who, through them, enter into contact with his spirituality. It is a spirituality rich in nuances, but it can be condensed within a phrase, which for him covered everything: "God alone!" Fascinated by God, he consumed his life in love. A very significant trait of his spirituality was his heart-felt love for Mary. She was his help and his light, and in her he took shelter with tenderness, confidence, and simplicity.


Blessed Maria Rafael Arnáiz Barón

A Gifted Boy

Today is also the memorial of Blessed Rafael Arnáiz Barón (1911- 1938), a Trappist Cistercian Oblate of the Abbey of San Isidoro de Dueñas in Spain. I commemorated him at Mass, using Eucharistic Prayer III. Rafael Arnáiz, -- or Brother María Rafael as he was known in his monastery -- was born on 9 April 1911 in the city of Burgos, Spain. He was the first of four sons born to an upper class family with profoundly Catholic values. As a boy Rafael went to Jesuit schools. As Rafael's personality emerged and affirmed itself, it became evident that he had a rich sensibility, as well as intellectual, artistic, and spiritual gifts.

Fully Alive

Rafael was not, by any means, a pious curmudgeon nor was he one of those morbidly pious adolescents without social skills. He was handsome. He loved beauty. He was open to the good things the world had to offer. Rafael was joyful. The rich artistic side of his personality was tempered and perfected by grace.

The Monastic Enchantment

In September 1930, after graduating from Secondary School, Rafael spent his summer holiday with relatives near Avila. During that fateful summer he had his first exposure to monastic life at the Trappist Abbey of San Isidoro de Dueñas. The Cistercian silence called to his soul. The chant of the monks enchanted him. The solemn Salve Regina at the end of Compline took hold of his heart. Three years later, after completing studies in architecture, Rafael entered the monastery as a postulant and, shortly thereafter, was clothed in the white habit of the Cistercian novice.

The Cross

Rafael had only four more years to live. A few months after entering the monastery, he was diagnosed with a virulent form of diabetes. The illness brought with it melancholy and perplexity. Three times the novice’s superiors sent him home to rest and recover his strength. Drafted into the Nationalist Army at the very height of the Spanish Civil War, Rafael was declared unfit for active duty. Returning to the monastery for the last time, he was received as a regular oblate, that is, a man living within the cloister without vows and following a personal rule of life approved by the abbot. Regular oblates were, at that time, somewhat marginalized in monastic communities. Their peculiar status -- monks living without vows and without the security that comes from having made profession -- was not without its own challenges. Rafael entered fully into the vocation of the oblate, understanding that the oblate is destined for the altar, that is, for sacrifice.

Contradictions and Uncertainties

Blessed Rafael, in spite of the brevity and discontinuity of his monastic experience, lived it fully. He remained faithful in the face of bewildering contradictions, uncertainties, and apparent failure. He found the Will of God in weakness, in illness, in war, in the inability to make monastic profession, and in the sufferings inherent in community life.

Maria, Spes Nostra

The Virgin Mary was the love and consolation of Rafael’s life. “It is a pity,” he wrote, “that David [the psalmist] didn’t know the Most Holy Virgin! What marvelous things he would have said about her! A heart as big as his would certainly have been full of love for Mary! Mary! If only I knew how to write!”

Humble Unto Death

Brother Rafael Maria was humble because he accepted one humiliation after another without ever despairing of the mercy of God. He died stripped of everything, without having fulfilled even the legitimate human aspirations that so appealed to him. Configured to the poor and crucified Jesus, he died in the splendour of the resurrection on 26 April 1938 at the age of 27.

A Model For Today's Youth

Pope John Paul II proclaimed Rafael a model for today’s youth and beatified him in 1992. In some ways Blessed Rafael reminds me of the Passionist Saint Gabriel of the Sorrowful Mother; in other ways he reminds me of Saint Benedict Joseph Labre, and also of Blessed Marie-Joseph Cassant. I wonder if his life did not, in some way, inspire that remarkable novel about Cistercian life, Cosmas, or the Love of God by Pierre de Calan.

The whole community is gathered in adoration
to ask the Lord for peace,
to pray for those who are dying and to make reparation for so many sins . . .
But one mustn't spread discouragement. . . .
When we ask for mercy and pardon, we are doing as David did . . .
that is, the Lord will blot out all our sins and those of the whole world,
not by any poor merits of ours,
but by the multitude and the greatness of His mercy.


Blessed Rafael Arnáiz Barón

August 2, 1936



San Raffaele Arnaiz Baron Religioso trappista


Burgos, Spagna, 9 aprile 1911 – Duenas, Spagna, 26 aprile 1938

Nel monastero di sant’Isidoro di Duenas il beato spagnolo Raffaele Arnàiz Baròn, fratello dell’Ordine dei Cistercensi Riformati o di Stretta Osservanza, colpito ancora novizio da grave malattia, sopportò con grande pazienza l’infermità, confidando sempre nel Signore. Giovanni Paolo II lo beatificò il 27 settembre 1992. Benedetto XVI lo ha canonizzato in Piazza San Pietro l'11 ottobre 2009.

Martirologio Romano: Nel monastero di Sant’Isidoro di Dueñas in Spagna, beato Raffaele Arnáiz Barón, religioso dell’Ordine Cistercense, che, colpito ancora novizio da una grave malattia, con strenua pazienza sopportò la malferma salute confidando sempre in Dio.

C’è uno zio, particolarmente devoto e illuminato, sulla strada dello spagnolo Raffaele Arnaiz Baròn verso la Trappa. Non è che i suoi genitori non siano buoni cristiani, anzi: papà, ingegnere forestale di Burgos, e mamma, devotissima e dalla messa quotidiana, sono ricchi tanto di beni e di proprietà terriere quanto di fede viva e profonda. Ma è a zio Leopoldo, duca di Maqueda, che Raffaele apre il suo cuore.


Nato nel 1911, è un giovane esuberante, pieno di vita, intelligente e brillante negli studi, avviato ad una promettente carriera. In lui però si scorgono anche, chiari ed evidenti, i segni di una religiosità profonda, di una fede viva, di un forte desiderio di interiorità; è un ragazzo dalla comunione quotidiana, dalla prolungata adorazione eucaristica, dalla penitenza e dalla mortificazione ormai abituali. Ha imparato anche ad esercitarsi nella carità, cominciando da quelli a lui più prossimi, cioè le persone di servizio, per estendersi poi ai tanti bisognosi che sua mamma già soccorre ed agli altri che lui va a scovare.

Leggendo la biografia di un trappista francese che lo zio ha fatto pubblicare e facendo a 21 anni gli esercizi spirituali in una trappa, comincia a sentirsi irresistibilmente attratto verso questa vita di silenzio, preghiera e austerità. E’ naturalmente zio Leopoldo il primo ad essere messo al corrente della sua decisione di entrare nella Trappa ed il primo a gioirne, anche se poi la gioia si estende a tutta la famiglia, che pure avrebbe desiderato vederlo prima laureato.

A metà febbraio 1934 Raffaele entra come novizio nella Trappa di San Isidro di Duenas. Pieno di salute e di vitalità come sempre, scrive a casa di essere convinto che “Dio ha fatto la Trappa per me e me per la Trappa”; confida a papà che quando è nel coro con i confratelli “possono passare ore e ore senza che me ne accorga”; confessa candidamente a mamma di provare i morsi della fame, del freddo e del sonno, ma di non essersi “mai alzato da tavola così contento come in quei venerdì di quaresima in cui non abbiamo mangiato che pane ed acqua”. Eppure, incredibile a dirsi, in quel ragazzone che scoppia di salute si verifica il crollo della salute in meno di un mese. Arriva il diabete mellito a minare il suo fisico forte e in appena otto giorni perde 24 chili di peso. Lo rimandano a casa, malgrado la sua disperazione, dove si riprende in fretta, tanto da poter tornare nella Trappa, ma ormai le sue condizioni di salute sono incompatibili con la vita monastica.

Chiede allora di essere accolto come semplice “oblato”, abitando a fasi alterne nell’infermeria come ospite (difatti papà pagherà per lui una pensione giornaliera), con l’unica ambizione di “vivere la mia vita di infermo nella Trappa con il sorriso sulle labbra”, pienamente convinto che “il mio centro non è la Trappa, né il mondo, né alcuna creatura, ma solo Dio, Dio crocifisso”, offrendo e soffrendo da “oblato infermo e inutile..per i peccati dei miei fratelli, per i sacerdoti, i missionari, per le necessità della chiesa, per i peccati del mondo”. Arso dalla febbre, divorato da un tormentoso senso di fame e di sete, fra Raffaele muore il 26 aprile 1938, ad appena 27 anni, dopo 19 mesi e 12 giorni di permanenza nella Trappa.

Giovanni Paolo II° lo ha beatificato nel 1992 e i tanti scritti spirituali che ha lasciato fanno oggi di lui uno dei più grandi mistici del XX secolo.



Autore: Gianpiero Pettiti