dimanche 10 avril 2016

ÉZÉCHIEL, prophète


Le prophète Ezéchiel



< La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, … le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines (Ezéchiel 1,1)... Je regardai : c'était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu. Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l'aspect : ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes (Ezéchiel 1, 4-6)... Au-dessus de la voûte qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, un être ayant apparence humaine (Ezéchiel 1,26)… je vis quelque chose comme du feu et une lueur tout autour ; l'aspect de cette lueur, tout autour, était comme l'aspect de l'arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C'était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face contre terre ; et j'entendis la voix de quelqu'un qui me parlait. Il me dit : "Fils d'homme, tiens-toi debout, je vais te parler." L'esprit entra en moi comme il m'avait été dit, il me fit tenir debout et j'entendis celui qui me parlait.> (Ezéchiel 1, 27-28; 2,1)


Ezéchiel est représenté sous les traits d’un vieil homme, l’air affligé, s’adressant à un jeune homme sur sa gauche. Il fut le premier prophète d'Israël envoyé hors de son pays. Il fut en effet déporté en exil à Babylone (environ 593 av. J.-C.) où il tenta de rappeler les Israélites à leur responsabilité morale vis-à-vis de la déportation en Mésopotamie et de la destruction de Jérusalem, causée par l'infidélité à leur alliance avec Dieu. Le livre des prophéties d'Ezéchiel peut être divisé en trois parties : la première, la dénonciation des péchés du peuple élu qui porteront à l'inévitable châtiment de Dieu, arrivant à son comble dans la chute de Jérusalem (Ezéchiel, chapitres 1-24). La deuxième partie est l'annonce de la ruine des peuples idolâtres (chapitres 25-32). Dans les derniers chapitres (33-48) le prophète reçoit de Dieu la mission de rappeler le peuple israélite à la conversion de ses péchés (33, 10-20) et d'annoncer son avenir par la vision d'une nouvelle Jérusalem, la fondation d'un nouveau culte et d'une nouvelle terre sous le guide d'un nouveau pasteur, David.



Pierre Paul Rubens (1609-1610), Le prophète Ézéchiel, 

vers 1602, 46 X 38, musée du Louvre, département des Arts graphiques.

Le livre d’Ezéchiel

Ézékiel est un prêtre du temple de Jérusalem. Il fait partie des Israélites déportés à Babylone en 597 avant Jésus-Christ. Environ quatre ans plus tard, Dieu l'appelle à devenir son prophète.
Le livre d’Ézéchiel s’ouvre sur une vision grandiose et saisissante du prophète : celle du «char de Yavhé» quittant le Temple dans un grand déploiement de splendeur (Ézéchiel 1, 4-28). Ce char de Yavhé est composé de quatre Vivants – que la tradition chrétienne assimilera aux quatre évangélistes – d’Anges  aux ailes déployées, de feu, d’éclairs, d’animaux et de pierres précieuses. Il repose sur quatre roues démesurées qui lui donnent une étrange mobilité. Même si la vision de ce «char de Yavhé» reste obscure, le sens général en est parfaitement clair : la présence de Dieu n’est pas attachée à un lieu déterminé, elle accompagne les Juifs fidèles dans leur exil.
Cette vision fait partie du trésor de la mystique juive. Elle sera employée au 1er siècle par les savants juifs pour comprendre comment survivre après la destruction du second Temple par Titus. Yohannan Ben Zakkai, fondateur du judaïsme rabbinique en sera, avec bien d’autres un adepte fervent. On retrouvera ce thème du «voyage céleste» dans la Kabbale. 
Ézéchiel est ensuite conduit par Dieu lui-même dans un étonnant voyage initiatique et prophétique qui lui permet de voir les abominations et les infidélités du peuple élu. Il a été sacrilège, idolâtre, meurtrier, désormais Dieu le délaisse (chapitres 4 à 24). Quant aux nations, tout aussi infidèles, elles ne sont pas en reste en fait de jugement et d’annonce de châtiments (chapitres 25 à 32).
Pourtant, un espoir demeure pour Israël (chapitres 33 à 48) : l’Alliance ancienne doit être remplacée par une Alliance éternelle et nouvelle plusieurs fois annoncée (16, 60 ; 23, 26). Mais Israël n’y aura aucun mérite. Il s’agira d’un pur don de Dieu (16, 61-63). Le Messie annoncé par Ézéchiel ne sera plus un roi mais un berger. (34, 23) Il ne s’agit plus de l’annonce d’une théocratie mais de la mise en avant du rapport personnel de l’homme avec son Dieu, seul source de salut. C’est ainsi qu’apparaissent deux thèmes tout à fait nouveaux : celui de la rétribution personnelle et celui du renouvellement intérieur : «J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair». (36, 26).
Cette spiritualisation de la foi d’Israël est le grand apport d'Ézéchiel. Elle ouvre la voie au Judaïsme moderne et au christianisme. Jésus est le bon pasteur annoncé par le prophète et il annonce le culte «en esprit et en vérité» dont Jésus parlera à la Samaritaine.
Jean-Pierre Rosa - 2014

SOURCE : http://www.croire.com/Definitions/Bible/Ezechiel/Le-livre-d-Ezechiel



EZECHIEL

Fils de Busi, prophète de la race sacerdotale (Eze 1 :3), fut emmené captif à Babylone par Nabuchodonosor, avec Jéchonias, roi de Juda, l'an du monde 3405, avant Jésus-Christ 595, avant l'ère vulgaire 599. Dieu ne lui communiqua l'esprit de prophétie que durant sa captivité ; car il ne paraît pas qu'avant son arrivée dans la Mésopotamie, il eût encore prophétisé.

Il commença son ministère la trentième année (Eze 1 :1) de son âge, selon plusieurs, ou plutôt, la trentième année depuis le renouvellement de l'alliance avec le Seigneur, faite sous le règne de Josias ; ce qui revient à la cinquième année de la captivité d'Ezéchiel, du monde 3410 ; et il prophétisa pendant vingt ans, jusqu'en 3430, qui était la quatorzième année après la prise de Jérusalem, avant Jésus-Christ 570, avant l'ère vulgaire 574.

Un jour donc qu'Ezéchiel était au milieu des captifs, sur le fleuve de Chobar, ou Chaboras, il eut une vision, où le Seigneur lui apparut sur un trône ou une espèce de chariot, porté par quatre chérubins, appuyés sur quatre manières de roues (Eze 1). Le Seigneur lui fit entendre sa voix ; et l'envoya annoncera son peuple ce qui devait leur arriver (Eze 2). Il lui sembla qu'on lui présentait un livre en rouleau, et qu'il le mangeait. Après cela, il se trouva au milieu des captifs (Eze 3), et y demeura assis sur le fleuve Chobar pendant sept jours, ne cessant de pleurer. Alors le Seigneur lui adressa sa parole, et l'établit sentinelle de son peuple. En même temps le Seigneur lui apparut de nouveau dans sa gloire, et lui ordonna de s'enfermer dans sa maison, et lui prédit qu'on l'y arrêterait, et qu'on l'y lierait avec des chaines comme un furieux. Ce qui arriva en effet.

Pendant qu'il était ainsi arrêté dans son logis (Eze 4), Dieu lui dit de dessiner sur une brique, ou sur une pièce de terre molle, la ville de Jérusalem assiégée et environnée de remparts, suivant la manière ancienne d'assiéger les villes ; de mettre entre la ville et lui une plaque de fer ; d'avoir les yeux arrêtés sur cette ville ; de demeurer trois cent quatre-vingt-dix jours couché sur son côté gauche, pour marquer les iniquités des enfants d'Israël ; et, après cela, de se retourner et de demeurer quarante jours couché sur son côté droit, pour marquer les iniquités de Juda. Ces quatre cent trente jours marquaient la durée du siége de Jérusalem par Nabuchodonosor et celle de la captivité des dix tribus ; qui devait être de trois cent quatre-vingt-dix ans ; et celle de Juda, qui devait être de quarante ans, à commencer à la dernière prise de Jérusalem, sous Sédécias, ou plutôt à la quatrième année d'après ce siége, lorsque Nabuzardan enleva ce qui testait de Juifs dans le pays, et les transporta à Babylone (Jer 52 :30), l'an du monde 3420, et en les finissant, à la mort de Balthazar, vers l'an 3466, selon Ussérius ; ou, mettant le commencement à la prise de Jérusalem en 3416 et la fin en 3457, qui est la première année de Cyrus à Babylone, selon notre supputation.

Dieu lui dit ensuite (Eze 4 :9,10) de prendre du froment, de l'orge, des fèves, des lentilles, du millet et de la vesce ; de s'en faire autant de pains qu'il devait demeurer de jours couché, sur son côté, et de frotter ces pains avec des excréments qui sortent du corps de l'homme. Ezéchiél ayant témoigné sa répugnance sur ce dernier article, Dieu lui permit de prendre en la place de la fiente de bœuf. Tout cela était une figure de ce qui devait arriver dans Jérusalem, où les Israélites devaient être réduits pendant le siége à manger du pain souillé, et encore en petite quantité, et dans des frayeurs et des inquiétudes continuelles. Après cela, Dieu lui dit de se couper les cheveux (Eze 5), d'en faire trois parts, d'en brûler une partie, d'en couper une autre partie avec l'épée, et de jeter le reste auvent, pour marquer que les habitants de Jérusalem seraient, les uns consumés par la peste et par la famine, les autres mis à mort par le glaive, et les troisièmes dispersés en divers endroits du monde.

L'année suivante, Ezéchiel fut transporté en esprit à Jérusalem (Eze 8), et Dieu lui fit voir les abominations et les idolâtries que les Juifs y commettaient, et qui devaient attirer sur eux les plus terribles effets de la vengeance du ciel. Comme il était encore dans le temple, Dieu ordonna à cinq anges, qui portaient chacun un instrument de mort, de tuer dans Jérusalem tous ceux qui ne seraient point marqués du signe de vie (Eze 9); et en même temps il ordonna à un ange, qui était avec les cinq autres, de passer au milieu de la ville, et de marquer d'un T tous ceux qui gémissaient  et qui étaient affligés des désordres de Jérusalem. Tout cela fut exécuté, et la vengeance commença par le temple du Seigneur, qui fut bientôt rempli de sang et de carnage. Le Seigneur, ayant de nouveau paru dans sa gloire (Eze 10), ordonna au même ange qui avait imprimé le caractère de vie sur ceux qui devaient être, sauvés, de prendre des charbons du milieu des chérubins qui portaient le trône du Seigneur, et de répandre ces charbons sur la ville qui marquait le feu de la guerre et de la vengeance divine qui devait bientôt tomber sur elle.

Cinq ans avant le dernier siége de Jérusalem, le Seigneur dit à Ezéchiel (Eze 12) : « Préparez-vous comme un homme qui quitte son pays pour aller ailleurs ; vous ferez transporter vos meubles devant votre peuple en plein jour, et vous passerez d'unlieu, en un autre devant leurs yeux, pour voir s'ils y feront attention. Percez la muraille de votre maison et sortez-en  par l'ouverture que vous aurez faite. Vous aurez des hommes qui vous porteront sur leurs épaules durant l'obscurité, et vous aurez un voile sur les yeux, afin que ce spectacle attire leur attention. Vous leur direz que ce que vous faites s'exécutera lorsque l'ennemi aura pris Jérusalem, et que le roi Sédécias sera ainsi traité et emporté de son palais. » Il ajouta : que ces choses n'étaient point éloignées, et que bientôt on enverrait l’accomplissement. Enfin il invective fortement contre les faux prophètes, et les fausses prophétesses, et contre ceux qui, se laissaient séduire à leurs vaines prédictions (Eze 13 Eze 14).
     
Pendant que ces choses se passaient dans la Mésopotamie, Sédécias, roi de Juda, prenait des mesures sécrètes avec les rois d'Egypte, d'Edom, et quelques autres princes voisins, pour se révolter contre Nabuchodonosor, roi de Babylone. Ce prince marcha contre Jérusalem, et en fit le siége l'an du monde 3414, avant Jésus-Christ 556, avant l'ère vulgaire 590, le dixième jour du dixième mois de la neuvième année de Sédécias. Le même jour et la même année, Ezéchiel, qui était en Mésopotamie, à plus de deux cents lieues de Jérusalem, annonça cet événement aux Juifs qui étaient avec lui en captivité (Eze 14) ; il représenta la ruine future de Jérusalem et de ses habitants sous la figure d'une chaudière pleine de chair et d'os, laquelle est mise sur le feu jusqu'à ce que la chair et les os soient consumés et que le cuivre même de la chaudière soit fondu et brûlé. En même temps, la femme du prophète étant morte, Dieu lui défendit de la pleurer et d'en faire le deuil. Le peuple ayant demandé au prophète ce que voulaient dire toutes ces actions figuratives, il leur répondit que Dieu leur allait ôter tout ce qu'ils avaient de plus cher : leur temple, leur ville, leur patrie, leurs parents et leurs amis; et qu'ils n'auraient pas même la triste consolation de les pleurer.

Pendant le siége de Jérusalem, Ezéchiel prophétisa contre l'Egypte (Eze 19 :16 Eze 30 Eze 31) et contre Tyr (Eze 24). Il apprit la prise de Jérusalem le cinquième jour du dixième mois (Eze 33 :21), de l'an du monde 3417, environ six mois après que la ville avait été rendue ; ce qui fait juger que la demeure de ce prophète était dans un endroit fort reculé de la province, et fort éloigné de Babylone, où cette nouvelle fut sans doute bientôt portée. Dès la veille du jour auquel le messager arriva, le Seigneur avait ouvert la bouche au prophète, et lui avait fait prédire que les restes du peuple qui étaient demeurés dans la Judée, et qui se flattaient encore d'un prompt rétablissement, seraient aussi dispersés, comme il arriva en effet quatre ans après (Jer 52 :30). Ce fut apparemment en, ce même temps qu'il prédit les malheurs des Sidoniens, des Tyriens, des Iduméens, des Ammonites (Eze 25), qui arrivèrent cinq ans après la ruine de Jérusalem.

Le siège de la ville de Tyr (Eze 26 Eze 27) et la guerre de Nabuchodonosor contre l'Egypte (Eze 25) sont, après les affaires des Juifs, ce qui se fait le plus remarquer dans Ezéchiel. Après ces visions fâcheuses, Dieu lui fit voir des objets plus consolants : le retour de la captivité, le rétablissement de la ville et du temple, du royaume et des villes de Juda et d'Israël ; leurs victoires centre leurs ennemis, et leur état nouveau plus florissant que le premier. Tout cela est compris dans les chapitres XXXVI, XXXVII XXXVIII et les suivants, jusqu'à la fin du livre.

Saint Jérôme croit que comme Jérémie prophétisait à Jérusalem en même temps qu'Ezéchiel au delà de l'Euphrate, on envoyait les prophéties de celui-ci à Jérusalem, et réciproquement celles de Jérémie dans la Mésopotamie, afin de consoler et d'affermir les Juifs captifs dans leur exil. On dit qu'Ezéchiel fut mis à mort par le prince de son peuple, parce qu'il l'exhortait à quitter l'idolâtrie. On ne voit guère quel pouvait être ce prince du peuple juif sur le Chaboras, où demeurait Ezéchiel. On assure aussi que son corps fut mis dans la même caverne où avaient été mis Sem et Arphaxad, sur le bord de l'Euphrate. Benjamin de Tudèle dit que ce tombeau est derrière la synagogue, entre l'Euphrate et le Chaboras ; qu'il est placé sous une fort belle voûte bâtie par le roi Jéchonias; que les Juifs y entretiennent une lampe qui brûle toujours, et qu'ils se vantent d'y conserver le livre écrit de la main de ce prophète, qu'ils lisent tous les ans au jour de l'Expiation solennelle.

Josèphe dit qu'Ezéchiel laissa deux livres sur la captivité de Babylone. Il dit ailleurs que, ce prophète ayant prédit la ruine du temple et que Sédécias ne verrait pas Babylone, cet écrit fut envoyé à Jérusalem. Il est vrai qu'Ezéchiel, (Eze XII :13), prédit que ce prince serait mené à Babylone, et qu'il ne la verrait point. Mais on ne lit pas dans les ouvrages d'Ezéchiel que nous avons aujourd'hui, que cet écrit ait été envoyé à Babylone. Saint Athanase a cru que l'un des deux volumes d'Ezéchiel ne subsistait plus. Spinosa croit que ce que nous avons de ce prophète n'est que le débris d'un plus grand écrit. Mais nous ne voyons aucune bonne preuve de tout cela ; et nous ne savons d'où Josèphe avait appris ce qu'il dit de ces deux prétendus ouvrages d'Ezéchiel.

Les oeuvres de ce prophète ont toujours été reconnues pour canoniques, et on ne les lui a point contestées. Toutefois les Juifs disent que le sanhédrin délibéra longtemps si l'on mettrait son livre dans le canon. On lui objectait l'obscurité du commencement et de la fin de sa prophétie, et ce qu'il dit (Eze XVIII, 2, 20), que le fils ne porterait plus l'iniquité de son père; ce qui est contraire à Moïse (Ex 34 :7 ; 20 :5), qui dit que le Seigneur venge l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération.

Saint Clément d'Alexandrie dit que quelques-uns croient que Nazaratus, Assyrien, précepteur de Pythagore, était le même qu'Ezéchiel. Mais pour lui il n'est nullement de cet avis. Il ne croit pas que Pythagore ait jamais vu Ezéchiel Ce philosophe a vécu assez longtemps après notre prophète. Saint Epiphane et Dorothée racontent diverses choses dans la vie d'Ezéchiel qui passent pour fabuleuses dans l'esprit des plus savants critiques. Ils disent, par exemple, que ce prophète fit plusieurs miracles dans la Chaldée; qu'il partagea les tribus de Dan et de Gad dans Babylone; qu'il envoya contre eux des serpents, qui dévorèrent leurs enfants et leur bétail, en punition de leur idolâtrie; qu'il ramena le peuple à Jérusalem pour confondre les incrédules ; enfin qu'il fut enterré dans le pays des Spyres, apparemment des Sapires. Quoi qu'en disent certains auteurs, le temps et le genre de sa mort sont incertains. Les Juifs ne permettaient pas la lecture, au moins du commencement de ce prophète, avant l'âge de trente ans.

Les Juifs ont parlé d'Ezéchiel d'une manière fort méprisante. Ils disent qu'il était Serviteur ou garçon, puer, de Jérémie; qu'il était l'objet des railleries et des moqueries de son peuple : d'où vient qu'on lui donna le nom de fils de Buzi, c'est-à-dire, fils du mépris, ou du méprisé. Ils l'accusent d'avoir enseigné plus d'une chose contraire à Moïse, par exemple sur la matière des sacrifices, et d'avoir dit que Dieu ne ferait pas passer la peine du péché des pères aux enfants ; au lieu que Moïse la fait descendre jusqu'à la troisième et quatrième génération (Comp Ex 20 :5 Eze 18 :2-4). Sous ce prétexte, le sanhédrin délibéra un jour de le rayer du nombre des écrivains sacrés et de retrancher ses ouvrages du canon des livres saints.

Une autre raison qui fit balancer de supprimer ses ouvrages fut leur obscurité, principalement la vision du chariot mystérieux au chapitre premier. Les suffrages allaient presque tous à le condamner, si le rabbin Chananias, qui vivait alors, ne se fût offert d'en lever toutes les difficultés. On y consentit, et, pour l'aider dans son travail, on lui fit présent de trois cents tonneaux d'huile pour allumer ses lampes, et pour l'éclairer pendant qu'il travaillerait à cet ouvrage. On comprend bien que tout cela n'est qu'une hyperbole des talmudistes, pour exagérer la difficulté d'expliquer les prophéties d'Ezéchiel ; et il est à croire que tout ce qu'ils racontent de la délibération du sanhédrin à ce sujet est une pure fable.

Benjamin de Tudèle raconte dans ses voyages qu'il a vu, à quelques lieues de Bagdad, un superbe mausolée, au-dessus duquel était une fameuse bibliothèque. Le mausolée était le tombeau du prophète Ezéchiel, qui était fréquenté tous les ans par tous les chefs de la captivité, qui s'y rendaient avec une nombreuse suite. C'est un lieu de dévotion, non-seulement pour les Juifs, mais aussi pour les Perses, les Mèdes, et quantité de musulmans, qui y vont faire leurs présents et s'acquitter de leurs voeux. Ces peuples ont ce lieu en une singulière vénération; les armées mêmes n'y touchent jamais. Une lampe luit continuellement sur son tombeau, et c'est le chef de captivité de Bagdad qui fournit de quoi l'entretenir. Ce pèlerinage continue encore aujourd'hui avec beaucoup de dévotion.

Quant à la bibliothèque qu'on voyait au même lieu, il dit qu'elle était très-nombreuse, et que tous ceux qui mouraient sans enfants l'augmentaient, en y envoyant de leurs livres. On y voyait même, dit-on, l'original des prédictions de ce prophète, qu'il avait écrit de sa main. Voilà qui paraît fort circonstancié, et qui a assez l'air de vrai.    

Cependant un auteur assez ancien dit qu'il fut tué par le commandant de sa nation, irrité de la censure que le prophète faisait de sa conduite, et qu'il fut enterré dans la caverne où reposaient Sein et Arphaxad, ancêtres d'Abraham. Un auteur qui vivait du temps de Constantin dit qu'Ezéchiel est enterré à Bethléem, dans le même lieu que Jessé, David et Salomon.

On sait qu'Ezéchiel parle d'une résurrection fameuse (Eze 37 :1), et qu'un jour ayant été mené dans un champ plein d'os, l'esprit de Dieu lui ayant fait faire le tour du champ, lui dit: Croyez-vous que ces os ressusciteront? En même temps il lui dit : Prophétisez sur ces os, et dites-leur : Os arides, écoutez la parole du Seigneur; je vais répandre dans vous l'esprit de vie, et vous vivrez. En effet, comme le prophète parlait, tous ces os commencèrent à se remuer et à se rejoindre, et enfin ils ressuscitèrent. On a fort disputé sur cet événement s'il était réel, ou s'il était seulement figuratif et arrivé en esprit pour marquer au prophète d'une manière plus vive et plus expresse le retour de la captivité des Juifs. Plusieurs rabbins ont cru que la chose était arrivée dans la rigueur comme le raconte le prophète; mais la plupart des commentateurs croient que le tout se passa en idée et en vision.

Voici comme les mahométans la racontent : La petite ville de Davardan, qui est de la dépendance de la ville de Vassith, ayant été attaquée de la peste, plusieurs des habitants quittèrent leurs demeures et conservèrent leur vie. Une autre année, la peste s'y fit sentir de nouveau, et tous les habitants en sortirent avec leurs troupeaux. Comme ils furent arrivés dans une profonde vallée, deux anges apparurent aux deux extrémités de la vallée, qui leur annoncèrent la mort de la part dè Dieu. Ils moururent tous avec leurs bestiaux. Les habitants du voisinage en ayant été informés, s'y rendirent pour leur donner la sépulture; mais le nombre des morts était si grand, qu'ils n'en purent venir à bout. Ils fermèrent la vallée de deux murailles aux deux bouts, et laissèrent une grande partie des cadavres sur la terre, où ils furent bientôt consumés, et il n'en resta que les os. Le prophète Ezéchiel, passant par là quelques années après, fit cette prière à Dieu : Seigneur, de même qu'il vous a plu manifester sur ceux-ci votre puissance avec terreur, regardez-les maintenant d'un oeil de clémence et de miséricorde. Dieu exauça ses prières, et les ressuscita. Voilà quel est le caractère de ces peuples orientaux ; il n'y a presque aucune histoire qu'ils ne déguisent, et qu'ils n'embellissent à leur manière. Les musulmans font succéder Ezéchiel à Caleb, fils de Jéphoné, qui jugea Israël après la mort de Josué. Voila un anachronisme des plus forts.      

SOURCE : http://456-bible.123-bible.com/calmet/E/ezechiel.htm


Introduction à Ezéchiel

Les circonstances historiques et politiques au sein desquelles Ezéchiel a commencé son ministère ont été, pensons-nous, suffisamment esquissées dans l'introduction au livre de Jérémie. Nous y renvoyons d'une manière générale, nous bornant à rappeler ici ce qui importe plus particulièrement au sujet actuel.

A Jéhojakim, dont la rébellion avait amené l'armée de Nébucadnetsar sous les murs de Jérusalem, succéda Jéhojachin, qui ne régna que trois mois. Le nouveau roi était monté sur le trône au milieu des embarras et des misères du siège. Ce fut sans doute l'arrivée du monarque chaldéen en personne devant sa capitale, qui le décida à conclure une capitulation. La ville fut épargnée ; mais en se rendant, le roi ne sauva que sa vie. Il fut emmené à Babylone avec dix mille habitants de Jérusalem, environ tous ceux qui, en cas de nouvelles complications, pouvaient se rendre redoutables par leur position, leur intelligence ou leur connaissance des armes (2 Rois 24.15 et suivants). Ces choses se passaient en 599 avant J-C.

Tandis que Jéhojachin était conduit à Babylone, où il demeura en prison durant de longues années (comparez 2 Rois 25.27), une partie des captifs, emmenés avec lui, furent transportés sur les bords du fleuve Kébar, en Mésopotamie. C'est au nombre de ces derniers que se trouvait l'homme de Dieu dont nous allons étudier la personne et le ministère.

II

Ezéchiel, dont le nom signifie : Dieu fortifie, était fils d'un sacrificateur nommé Buzi (1.3). Nous ne connaissons rien de sa vie antérieure. De la manière dont il parle du temple, et généralement de sa connaissance de la vie sacerdotale (chapitres 8 ; 40 et suivants), on peut conclure qu'il avait exercé à Jérusalem, pendant un certain temps, les fonctions sacrées. Nous pouvons calculer jusqu'à un certain point la durée de son activité. Il fut appelé au ministère prophétique cinq ans après sa déportation en Chaldée (1.2,3, vers l'an 595 avant J-C), six ans par conséquent avant la ruine de Jérusalem. D'après 29.17, celui de ses discours qui porte la date la plus tardive a été prononcé la vingt-septième année de la captivité ; nous devons donc attribuer à son ministère une durée de vingt-deux ans au moins. Nous ne savons rien de sa mort. Une légende juive prétend qu'il fut tué par un des princes de Juda auquel il avait reproché son idolâtrie ; mais rien de moins certain que ces traditions extra-bibliques. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'on ne découvre dans son livre absolument rien qui puisse faire supposer qu'il ait vu lui-même le retour de la captivité et l'accomplissement des promesses par lesquelles il avait si souvent relevé le courage du peuple captif.

Son livre jette quelque lumière sur son genre de vie au milieu de ses frères de la captivité. Il était marié (24.18) ; il jouissait d'une grande considération auprès de ses compatriotes qui l'entouraient ; on le consultait volontiers (8.4 ; 14.1 ; 33.31). Son activité avait quelque analogie avec le ministère évangélique. Nous recueillons dans le livre d'Ezéchiel les renseignements suivants sur la situation extérieure et l'état moral de la colonie israélite.

La localité où les exilés se trouvaient groupés s'appelait Tel-Abib, colline des épis (3.15), nom qui paraît indiquer la fertilité. Les exilés jouissaient d'une assez grande liberté. Leurs relations avec la mère-patrie n'étaient pas entravées. Ils possédaient des maisons et des terres (8.1 et Jérémie 29.5). Ils étaient administrés par leurs propres anciens (14.1 ; 20.1), sans doute sous la surveillance d'un représentant du roi. Les exilés formaient l'élite de la nation, au point de vue intellectuel et social (voir plus haut), aussi bien qu'au point de vue religieux. C'est ce qui ressort de la vision des deux paniers de figues (Jérémie 24.1 et suivants). Mais cette supériorité ne pouvait être que relative. Les illusions auxquelles se livrait la portion du peuple demeurée à Jérusalem et qui allaient lui être si fatales, n'avaient pas pris fin tout d'un coup chez les premières victimes de la captivité. Aussi Dieu lui-même dépeint-il à Ezéchiel ses compagnons comme une race rebelle, en face de laquelle il rendra son front dur comme le diamant. Sous le respect extérieur pour Jéhova et pour son prophète (33.31), se retrouvaient chez eux les dispositions qui allaient causer la ruine de Jérusalem. L'influence des faux prophètes (chapitre 13) contrebalançait celle de l'envoyé de Dieu. L'idolâtrie persistait sous une forme ou sous une autre (14.3 et suivants), et le tableau des moeurs de la colonie, tracé dans des passages comme 23.25-26, justifie l'assertion du prophète que le nom de l'Eternel était blasphémé à cause d'Israël au milieu des païens, 36.20,21. En un mot, ce commencement de châtiment n'avait pas plus produit ses fruits sur la terre d'exil qu'à Jérusalem, et il devenait toujours plus évident que, pour être profitable, le jugement devait s'exécuter jusqu'au bout.

III

Quelle était, dans ces circonstances, la tâche du prophète ?

Etrangers au milieu d'une grande nation idolâtre, sans culte, sans lien religieux avec le centre de la vie israélite, les exilés étaient exposés à perdre rapidement la connaissance vivante du vrai Dieu et par là tout espoir de restauration. Il était nécessaire, pour parer à ce danger, de suppléer autant que possible, aux moyens de grâce qui leur manquaient. C'est à ce besoin que Dieu pourvoit par les révélations accordées au prophète qu'il suscite au sein de l'exil. Il se révèle à lui dans une apparition magnifique, à la suite de laquelle le prophète fait entendre aux exilés de nombreuses prédictions, d'une étonnante précision de détail et d'une forme symbolique très riche, en harmonie avec le milieu où ils vivent, et décrit enfin, dans le tableau du nouveau temple, la perfection sublime des derniers temps.

Un fait capital partage en deux parties le ministère d'Ezéchiel : c'est la ruine de Jérusalem. Jusqu'à ce moment le prophète parle à son peuple un tout autre langage que celui qu'il emploiera plus tard. Le patriotisme religieux des Israélites se révoltait à la pensée qu'un jugement de Dieu pût détruire la ville sainte. Il fallait préparer les esprits à cette catastrophe, et pour cela leur faire sentir jusqu'à quel point elle était méritée. Voilà ce que Dieu fait en Babylonie par le ministère d'Ezéchiel, en même temps qu'à Jérusalem par celui de Jérémie. C'est dans ce but que notre prophète accumule dans la première partie de son livre les descriptions des crimes de Jérusalem, de son idolâtrie, de son immoralité. Il travaille ainsi à renverser la chimérique attente d'un retour prochain des exilés dans leur patrie et l'espérance, plus folle encore, d'une victoire remportée par le peuple de Jérusalem sur les Chaldéens. Par là il prévient en même temps le découragement qui aurait pu si facilement saisir les exilés au moment de la ruine de Jérusalem, et il prouve que dans cette catastrophe tout est à la charge du peuple rebelle, et que rien ne peut être imputé à l'impuissance ou à l'infidélité de Dieu lui-même.

Mais dès que fut arrivée la fatale nouvelle (23.21), les prédications du prophète prirent un tout autre caractère. Aux censures de la sainteté succèdent les promesses. Ezéchiel s'adresse maintenant au résidu croyant, à ce « saint reste, » dont avait parlé Esaïe, qui a su reconnaître « qu'il y avait un prophète au milieu d'eux. » Devant ce peuple humilié, qu'il faut désormais garder d'abattement, il étale les perspectives du relèvement ; il décrit l'avènement du vrai Berger prenant la place des pasteurs indignes, l'effusion de l'Esprit et la conversion des coeurs, la résurrection nationale et le triomphe de la théocratie restaurée sur tous ses futurs ennemis. Préparées comme elles l'avaient été par la première partie de son ministère, ces promesses purent tomber dans un sol bien préparé et être saisies par la foi, sans que les illusions de l'orgueil ou d'un patriotisme faussé risquassent d'en dénaturer le sens.

IV

A cette double tâche du prophète correspond l'ordonnance de son livre. Dans tout l'Ancien Testament il n'est pas d'écrit dont le plan et la pensée intime ressortent avec plus de clarté. Il se divise en deux parties principales, chapitres 1 à 24 et chapitres 33 à 48, datant l'une d'avant, l'autre d'après la ruine de Jérusalem. Entre ces deux parties en est intercalée une d'un caractère spécial (chapitres 25 à 32), qui comprend les prophéties dirigées contre les peuples étrangers. Dans l'introduction à cette partie intermédiaire, nous indiquerons les raisons pour lesquelles elle a été ainsi placée.

Chacune de ces trois grandes portions peut se diviser en un certain nombre de sections qui, sauf dans la partie intermédiaire, se suivent dans un ordre strictement chronologique.

Dans la première partie, le premier groupe (chapitres 1 à 7) est daté de la cinquième année de la captivité. Il renferme le tableau de la vocation du prophète (chapitre 1 à 3.15), puis l'annonce de la ruine de Jérusalem dans une série d'emblèmes d'abord, puis dans un discours prophétique (3.16 à chapitre 7).

Le second groupe (chapitres 8 à 19) porte la date, de l'année suivante. Ezéchiel nous transporte avec lui à Jérusalem dans le temple même, où son regard prophétique contemple les cérémonies païennes qui s'y pratiquent. L'Eternel donne l'ordre de détruire la ville ; et la nuée, symbole de sa gloire, abandonne par degrés le sanctuaire profané (chapitres 8 à 11). Suivent des menaces dirigées contre les habitants de Jérusalem, contre Sédécias et contre les faux prophètes, des avertissements adressés aux exilés, enfin une complainte sur les princes d'Israël (chapitres 12 à 19).

Le groupe suivant (chapitres 20 à 23), qu'une indication chronologique rapporte à la septième année, commence par des censures suivies de promesses ; puis le prophète annonce la marche de l'armée chaldéenne contre Jérusalem et rappelle, d'abord en termes propres, puis sous une forme allégorique, les crimes de Jérusalem, en les rapprochant de ceux de Samarie.

Enfin, deux ans plus tard (chapitre 24), le prophète annonce la ruine imminente de Jérusalem ; puis il se renferme dans le silence, en attendant la confirmation de cette menace. Ainsi se termine la première partie.

La partie intermédiaire (chapitre 25 à 32) se compose de prédictions prononcées en différents temps contre des peuples étrangers. Ces peuples sont au nombre de sept : les Ammonites, les Moabites, les Edomites, les Philistins, Tyr et Sidon, enfin l'Egypte.

La dernière partie du livre est introduite par une parole de Dieu à Ezéchiel, qui précède immédiatement le message annonçant la ruine de Jérusalem (33.21). Le prophète proclame ensuite le jugement des chefs d'Israël et des ennemis de la théocratie, menaces qui se transforment en promesses pour le peuple converti (chapitres 34 à 36) ; puis il trace le tableau magnifique de la résurrection d'Israël (chapitre 37), et annonce sa victoire sur un dernier ennemi (chapitres 38 et 39).
Le livre se termine par une triple vision : d'abord celle d'un temple nouveau ; Ezéchiel le décrit avec les détails les plus précis, ainsi que le culte nouveau que l'on y célébrera (chapitres 40 à 46) ; en second lieu, la vision du torrent d'eaux vives sortant du temple et portant partout la fécondité (47.1-14) ; enfin, celle de la répartition nouvelle du pays entre les douze tribus restaurées (47.15 à 48).

Aucun livre de l'Ancien Testament, peut-être, n'a été arrangé avec un soin si scrupuleux. Presque tous les discours sont accompagnés de leur date, et dans les deux parties principales, du moins, comme nous l'avons dit, ils sont placés selon l'ordre chronologique ; comparez 1.2 (5e année) ; 8.1 (6e année) ; 20.1 (7e année) ; chapitre 24 (9e année) ; chapitre 40 (25e année) ; de sorte que l'on ne peut guère douter que la rédaction définitive du livre ne soit l'oeuvre d'Ezéchiel lui-même. Aussi, ni son authenticité, ni son intégrité n'ont-elles été mises en doute. Il y a, sous ce rapport, contraste complet entre l'écrit du troisième grand prophète et ceux de deux de ses prédécesseurs.

V

Etudions enfin de plus près les caractères particuliers de ce livre, au double point de vue religieux et littéraire.

Le trait dominant dans la conception religieuse d'Ezéchiel nous paraît être la puissance illimitée de l'action divine. Esaïe avait fait ressortir surtout la sainteté du caractère de Dieu, en opposition à l'hypocrisie de l'observance extérieure et aux abominations idolâtres auxquelles se livraient tour à tour les contemporains de ce prophète. Dans les discours de Jérémie, c'est la justice de Dieu qui fait entendre sa voix sévère. Le peuple, définitivement condamné, n'a plus qu'à courber la tête sous le châtiment ; et le prophète, en ce moment douloureux, a pour tâche de lui montrer l'hommage qu'il doit rendre à Dieu par l'acceptation humble du jugement mérité. Au temps d'Ezéchiel, le peuple captif est profondément découragé ; sa dernière espérance s'évanouit ; Jérusalem est tombée ; l'exil se prolonge. Comment les captifs de Juda reviendraient-ils jamais de cette terre étrangère ? Ce serait une vraie résurrection des morts. Inutile de rien attendre de pareil ! « Et quand vous seriez morts, morts depuis des siècles, l'Eternel vous relèvera ; sa puissance n'a pas de bornes » : tel est le message d'Ezéchiel, surtout dans la seconde période de son ministère. Le prophète entretient ainsi l'étincelle de la foi chez ce pauvre « reste, » qui se croit abandonné pour toujours ; et il rend par là possible son rétablissement. Tel est, nous semble-t-il, le trait saillant de la prophétie d'Ezéchiel.

On a cru découvrir chez lui un autre caractère, dont l'école critique la plus récente a cherché à se prévaloir. On trouve dans le livre d'Ezéchiel un esprit essentiellement légal, et l'on fait de ce prophète le précurseur de ce judaïsme sacerdotal et rituel qui commença à régner dès le retour de la captivité et qui aboutit au pharisaïsme du temps de Jésus. « Soit qu'il revendique une vieille règle méconnue ou tombée en désuétude, soit qu'il en crée une nouvelle, dit M. Reuss, Ezéchiel est le chef de file »...des Esdras, des Néhémie et de leurs nombreux successeurs, qui ont imprimé au peuple juif des derniers siècles avant notre ère son caractère étroitement légal. Et comme l'on avait été conduit à placer à l'époque du retour de l'exil la composition du Pentateuque et spécialement celle de toute la partie cérémonielle de ce livre, on fit de celui d'Ezéchiel une sorte de transition entre la grande et libre période prophétique qui avait fini avec la captivité et la période de servile littéralisme qui a suivi la restauration.

C'est dans l'Introduction au Pentateuque que nous devrons étudier de front cette hypothèse, qui renverse de fond en comble l'histoire du peuple d'Israël, telle qu'elle a été jusqu'ici comprise. Nous ne pouvons nous occuper ici que de ce qui concerne spécialement le prophète Ezéchiel. On fait de lui l'inventeur du sacerdotalisme et de la légalité judaïques. Nest-ce pas lui, en effet, qui trace, chapitres 40 à 48, le tableau du temple qui doit être construit et du sacerdoce qui doit être établi après l'exil ? Ces institutions ne diffèrent-elles pas sur plusieurs points et du tabernacle et du culte décrits dans le Pentateuque ? Or, dit-on, Ezéchiel n'aurait rien pu changer à tous ces statuts, s'ils eussent été consignés dans un code vénéré et reçu de tous, comme l'aurait été un écrit de Moïse lui-même. Cette objection renferme un grand malentendu et une non moins grande inconséquence. On s'imagine que dans la description du temple nouveau, Ezéchiel a tracé le modèle du sanctuaire qui devait être matériellement élevé lorsque le peuple serait rentré dans son pays. Mais s'il eût songé à imposer une tâche semblable au peuple restauré, il n'eût pas fait entrer dans ce tableau du sanctuaire futur des choses complètement irréalisables. Qu'est-ce, par exemple, que ce torrent qui sort du seuil de ce temple, qui n'atteint dans le parvis qu'à la cheville du pied du prophète, mais qui grossit par degrés, quoique sans affluent, tellement qu'un peu plus loin Ezéchiel ne peut plus le traverser qu'en ayant de l'eau jusqu'aux genoux, puis jusqu'aux reins ; et qu'enfin il est obligé de le traverser à la nage ? Comment ce torrent naît-il et grossit-il de la sorte ? Comment croissent sur ses bords deux rangées d'arbres pareils à ceux d'Eden ? Comment parvient-il à l'est jusqu'à la plaine que le Jourdain traverse avant de se jeter dans la mer Morte, alors que cette plaine est séparée de la vallée située au pied du temple par un dos de terrain infranchissable ? Par quelle vertu l'eau de ce torrent, en arrivant dans la mer Morte, purifie-t-elle ses eaux saumâtres et les rend-elle habitables pour des êtres vivants ? (chapitre 47) Tous ces traits, interprétés littéralement, n'ont aucun sens. Ils conviennent, non à un torrent matériel, mais à un fleuve de vie spirituelle, qui, partant d'un sanctuaire spirituel comme lui, doit renouveler l'humanité. Ezéchiel pense si peu au temple que devra rebâtir le peuple à son retour, qu'entre la restauration et la construction de cet édifice il place une crise nouvelle, une terrible invasion étrangère, celle de Gog et Magog (chapitre 38 et 39). Aussi aucun des chefs du peuple après le retour de la captivité n'a-t-il pensé à prendre pour modèle du nouveau sanctuaire celui dont Ezéchiel a tracé le plan. On a imité aussi fidèlement que possible l'ancien temple de Salomon, mais sans songer un instant à réaliser même approximativement le tableau d'Ezéchiel. Le caractère tout spirituel du sanctuaire décrit par ce prophète ressort du reste de plusieurs changements significatifs qu'il apporte à l'ordonnance du tabernacle. Il remplace le voile entre le Lieu saint et le Lieu très saint par une porte à battants, et fait de l'autel d'or, dans le Lieu saint, la table de l'Eternel (41.22-24). Ces nouvelles dispositions sont destinées à indiquer un progrès dans la relation de Jéhova avec les siens, progrès que l'alliance nouvelle, déjà annoncée par Jérémie (31.31 et suivants), doit réaliser sur l'ancienne, et auquel correspondent ces paroles d'Ezéchiel lui-même : « Je vous donnerai un coeur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau...; je mettrai mon Esprit au-dedans de vous...et vous serez mon peuple et je serai votre Dieu » (36.26-28).

A ce malentendu, qui transforme de magnifiques promessses en commandements inexécutables et absurdes, se joint chez les défenseurs de cette hypothèse une très grande inconséquence. Ils prétendent qu'Ezéchiel ne peut s'être permis de changer quelque chose au code mosaïque, si déjà il existait. Mais peut-on nier que le temple de Jérusalem n'ait existé avant l'exil et n'ait possédé aux yeux du prophète le caractère d'une institution divine ? Et cependant il en modifie le plan très librement, comme nous l'avons vu, en traçant le tableau de son temple idéal. Bien plus, il annonce une répartition de la Terre Sainte entre les douze tribus, qui diffère absolument du partage exécuté sous Josué (chapitre 48). Pour être conséquents, les auteurs de l'hypothèse devraient conclure de là que ce partage antérieur n'avait point eu lieu et que par conséquent toute l'histoire du peuple depuis Josué jusqu'à l'exil n'a été qu'un rêve des historiens sacrés !

Nous pouvons donc d'ores et déjà, et avec la plus parfaite quiétude, nous inscrire en faux contre l'hypothèse récente de la critique, au moins en ce qui concerne le rôle attribué à Ezéchiel dans cette nouvelle construction de l'histoire sainte.

Au point de vue littéraire, le livre d'Ezéchiel frappe dès l'abord par un déclin manifeste de la langue ; l'influence de l'araméisme se fait fortement sentir. Des répétitions fatigantes pour notre oreille occidentale, une prolixité étrange, des tournures absolument prosaïques, marquent une différence absolue entre cet écrit et la seconde partie d'Esaïe, par exemple, tout en accusant une ressemblance relative avec Jérémie. D'autre part, une abondance d'images saisissantes et un symbolisme riche et grandiose, révèlent chez lui une nature de feu, qui se livre tout entière à la puissance de l'Esprit dont elle est saisie. Ces images, ces emblèmes, ne sont pas en effet chez Ezéchiel de simples ornements de style ; sa personne elle-même est constamment en jeu dans ces allégories par lesquelles il décrit à l'avance le sort de son peuple ; il est lui-même, comme il le dit, « un signe » prophétique (24.9-4,27). C'est là ce que signifie l'acte étrange qu'il doit accomplir au commencement de son ministère (3.3,14,15) et qui représente la fusion la plus intime de sa personne et de son oeuvre. En face de ces faits, comment a-t-on pu songer à faire d'Ezéchiel une sorte d'écrivain savant, d'homme de cabinet, « parlant à la postérité qui lira des discours que personne n'aura entendus » (M. Reuss). Ce genre imagé, symbolique, où l'allégorie prend des dimensions colossales et se revêt en même temps des contours les plus minutieux et les plus précis, répondait on ne peut mieux aux besoins des auditeurs d'Ezéchiel, familiarisés depuis leur séjour en Babylonie avec les figures de ces animaux fantastiques dont les Chaldéens aimaient à peupler l'entrée de leurs temples et les vestibules de leurs palais. Rien donc de plus actuel que ce style d'Ezéchiel, dans lequel on prétend voir une oeuvre artificielle, destinée à la postérité plutôt qu'à des auditeurs immédiats.

Ezéchiel se trouve placé sur la limite d'un passé, l'ancienne théocratie visible qui s'en va, et d'un avenir qui doit sortir de ces ruines. Jérémie avait en quelque sorte inhumé l'ancien ordre de choses ; Ezéchiel inaugure le nouveau. Mais qu'on ne s'y trompe pas ! Cet avenir qu'Ezéchiel contemple et prépare, n'est pas celui qui se réalisera immédiatement après la restauration. Le regard du prophète passe par-dessus les cinq siècles qui sépareront la captivité de l'économie spirituelle. Quand Ezéchiel dit : « J'ôterai du dedans de vous le coeur de pierre et je mettrai à la place un coeur de chair » (36.26), ce n'est pas assurément l'oeuvre du judaïsme légal et pharisaïque qu'il décrit de la sorte, mais celle du Christ. La loi n'est que l'ombre, après aussi bien qu'avant l'exil ; Christ est le corps (Colossiens 2.17), la réalité promise.





Ezekiel, Prophet (RM)
(also known as Ezechiel)

6th century BC. Ezekiel is one of the four major prophets of the Old Testament. Tradition says that he was put to death, while in captivity in Babylon, by one of the Jewish judges who had apostatized, and that he was buried there in the tomb of Shem. He grave was a site of pilgrimage for the early Christians (Benedictines, Encyclopedia).
Raphael painted this Vision of Ezekiel.



Julius Schnorr von Carolsfeld (1794–1872), La Vision du prophète Ézéchiel

Prophet Ezekiel



" In the thirtieth year, in the fourth month, on the fifth day of the month,... the heavens were opened, and I saw visions of God (Ezekiel 1,1)...As I looked, behold a stormy wind came out of the north, and a great cloud, with brightness round about it, and fire flashing forth continually, and in the midst of the fire, as it were gleaming bronze. And from the midst of it came the likeness of four living creatures. And this was their appearance: they had the form of men, but each had four faces and each of them had four wings (Ezekiel 1, 4-6)... And above the firmament over their heads there was the likeness of a throne, in appearance like sapphire; and seated above the likeness of a throne was a likeness as it were of a human form (Ezekiel 1,26)...Like the appearance of the bow that is in the cloud on the day of rain, so was the appearance of the brightness round about. Such was the appearance of the likeness of the glory of the Lord. And when I saw it, I fell upon my face, and I heard the voice of one speaking. And he said to me, 'Son of man, stand upon your feet, and I will speak to you'. And when he spoke to me, the Spirit entered into me and set me upon my feet; and I heard him speaking to me." (Ezekiel 1, 28; 2,1)


Ezekiel is portrayed as an old man in deep conversation with a young man on his right. He was the first prophet of Israel and was active outside his land. He was in fact deported into exile in Babylon (approx. 593 BC) where he tried to call the Jews to their moral responsibility for the deportation in Mesopatamia and for the destruction of Jerusalem, caused by their unfaithfulness to the alliance with God. The book of the prophecies of Ezekiel can be divided into three sections. The first includes the exposure of the sins of the chosen people which will lead to unavoidable punishment by God, that will reach its apex in the fall of Jerusalem (Ezekiel, ch. 1-24). The second regards the announcement of the ruin of the idolatrous people (ch. 25-32), while in the last chapters (33-48) God entrusts the prophet with the task of calling the Jewish people to conversion from their sins (33, 10-20) and of announcing their future with the vision of a new Jerusalem, the founding of a new cult and of a new land under the leadership of a new shepherd, that is David.

SOURCE : http://mv.vatican.va/3_EN/pages/x-Schede/CSNs/CSNs_V_SibProf_04.html


Ezekiel

Ezekiel, whose name, Yehézq'el signifies "strong is God", or "whom God makes strong" (Ezek. i, 3; iii, 8), was the son of Buzi, and was one of the priests who, in the year 598 B.C., had been deported together with Joachim as prisoners from Jerusalem (2 Kings 24:12-16; cf. Ezekiel 33:21, 40:1). With the other exiles he settled in Tell-Abib near the Chobar (Ezek. i,1; iii, 15) in Babylonia, and seems to have spent the rest of his life there.In the fifth year after the captivity of Joachim, and according to some, the thirtieth year of his life, Ezekiel received his call as a prophet (Ezek. i, 2, 4 etc) in the vision which he describes in the beginning of his prophecy (Ezek. i,4; iii, 15). From Ezek. xxix, 17 it appears that he prophesied during at least twenty-two years.

Ezekiel was called to foretell God's faithfulness in the midst of trials, as well as in the fulfilment of His promises. During the first period of his career, he foretold the complete destruction of the kingdom of Juda, and the annihilation of the city and temple. After the fulfilment of these predictions, he was commanded to announce the future return from exile, the re-establishment of the people in their own country and, especially, the triumph of the Kingdom of the Messiah, the second David, so that the people would not abandon themselves to despair and perish as a nation, through contact with the Gentiles, whose gods had apparently triumphed over the God of Israel. This is the principal burden of Ezekiel's prophecy, which is divided into three parts. After the introduction, the vision of the calling of the prophet (Ezek. i-iii, 21), the first part contains the prophecies against Juda before the fall of Jerusalem (Ezek. iii, 22-xxiv). In this part the prophet declares the hope of saving the city, the kingdom, and the temple to be vain, and announces the approaching judgment of God upon Juda. This part may be subdivided into five groups of prophecies.
  • After a second revelation, in which God discloses to the prophet His course of action (iii, 22-27), the prophet foretells by symbolic acts (iv, v) and in words (vi-vii), the siege and capture of Jerusalem, and the banishment of Juda.
  • In a prophetic vision, in the presence of the elders of Israel, God reveals to him the cause of these punishments. In spirit he witnesses the idolatry practiced in and near the temple (viii); God commands that the guilty be punished and the faithful be spared (ix); God's majesty departs from the temple (x), and also, after the announcement of guilt and punishment, from the city. With this the judgment which the prophet communicates to the exiles ends (xi).
  • In the third group (xii-xix) many different prophecies are brought together, whose sole connection is the relation they bear to the guilt and punishment of Jerusalem and Juda. Ezekiel prophesies by symbolic actions the exile of the people, the flight of Sedecias, and the devastation of the land (xii, 1-20). Then follow Divine revelations regarding belief in false prophecies, and disbelief in the very presence of true prophecy. This was one of the causes of the horrors (xiii, 21-xiv, 11), to be visited upon the remnant of the inhabitants of Jerusalem (xiv, 12-23). The prophet likens Jerusalem to the dead wood of the vine, which is destined for the fire (xv); in an elaborate denunciation he represents Juda as a shameless harlot, who surpasses Samaria and Sodom in malice (xvi), and in a new simile, he condemns King Sedecias (xvii). After a discourse on the justice of God (xviii), there follows a further lamentation over the princes and the people of Juda (xix).
  • In the presence of the elders the prophet denounces the whole people of Israel for the abominations they practiced in Egypt, in the Wilderness, and in Canaan (xx). For these Juda shall be consumed by fire, and Jerusalem shall be exterminated by the sword (xxi). Abominable is the immorality of Jerusalem (xxii), but Juda is more guilty than Israel has ever been (xxiii).
  • On the day on which the siege of Jerusalem began, the prophet represents, under the figure of the rusty pot, what was to befall the inhabitants of the city. On the occasion of the death of his wife, God forbids him to mourn openly, in order to teach the exiles that they should be willing to lose that which is dearest to them without grieving over it (xxiv).
In the second part (xxv-xxxii), are gathered together the prophecies concerning the Gentiles. He takes, first of all, the neighbouring peoples who had been exalted through the downfall of Juda, and who had humiliated Israel. The fate of four of these, the Ammonites, the Moabites, the Edomites, and the Philistines, is condensed in chapter xxv. He treats more at length of Tyre and its king (xxxvi-xxviii,19), after which he casts a glance at Sidon (xxviii, 20-26). Six prophecies against Egypt follow, dating from different years (xxix-xxxii. The third part (xxxiii-xlviii), is occupied with the Divine utterances on the subject of Israel's restoration. As introduction, we have a dissertation from the prophet, in his capacity of authorized champion of the mercy and justice of God, after which he addresses himself to those remaining in Juda, and to the perverse exiles (xxxiii). The manner in which God will restore His people is only indicated in a general way. The Lord will cause the evil shepherds to perish; He will gather in, guide, and feed the sheep by means of the second David, the Messiah (xxxiv).

Though Mount Seir shall remain a waste, Israel shall return unto its own. There God will purify His people, animate the nation with a new spirit, and re-establish it in its former splendour for the glory of His name (xxxv-xxxvii). Israel, though dead, shall rise again, and the dry bones shall be covered with flesh and endowed with life before the eyes of the prophet. Ephraim and Juda shall, under the second David, be united into one kingdom, and the Lord shall dwell in their midst (xxxvii). The invincibleness and indestructibility of the restored kingdom are then symbolically presented in the war upon Gog, his inglorious defeat, and the annihilation of his armies (xxxviii-xxxix). In the last prophetic vision, God shows the new temple (xl-xliii), the new worship (xliii-xlvi), the return to their own land, and the new division thereof among the twelve tribes (xlvii-xlviii), as a figure of His foundation of a kingdom where He shall dwell among His people, and where He shall be served in His tabernacle according to strict rules, by priests of His choice, and by the prince of the house of David.

From this review of the contents of the prophecy, it is evident that the prophetic vision, the symbolic actions and examples, comprise a considerable portion of the book. The completeness of the description of the vision, action and similes, is one of the many causes of the obscurity of the book of Ezekiel. It is often difficult to distinguish between what is essential to the matter represented, and what serves merely to make the image more vivid. On this account it happens that, in the circumstantial descriptions, words are used, the meaning of which, inasmuch as they occur in Ezekiel only, is not determined. Because of this obscurity, a number of copyist mistakes have crept into the text, and that at an early date, since the Septuagint has some of them in common with the earliest Hebrew text we have. The Greek version, however, includes several readings which help to fix the meaning. The genuineness of the book of Ezekiel is generally conceded. Some few consider chapters xl-xlviii to be apocryphal, because the plan there described in the building of the temple was not followed, but they overlook the fact that Ezekiel here gives a symbolic representation of the temple, that was to find spiritual realization in God's new kingdom. The Divine character of the prophecies was recognized as early as the time of Jesus the son of Sirach (Eccles. xlix, 10, 11). In the New Testament, there are no verbatim references, but allusions to the prophecy and figures taken from it are prominent. Compare St. John x etc. with Ezek. xxxiv, 11 etc.; St. Matthew xxii, 32, with Ezek. xvii, 23. In particular St. John, in the Apocalypse, has often followed Ezekiel. Compare Apoc. xviii-xxi with Ezek. xxvii, xxxviii etc., xlvii etc.

Schets, Joseph. "Ezekiel." The Catholic Encyclopedia. Vol. 5. New York: Robert Appleton Company, 1909. 10 Apr. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/05737b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Sean Hyland.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. May 1, 1909. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



Ezekiel – Prophets and Prophecy

30 November, 1999
Sean Goan sees the book of Ezekiel, characterised by prophecies based on four strange visions, as one of the most interesting and challenging in the Old Testament.

 Ezekiel is the only prophet to have received his calling outside the land of Israel. The prophet was a priest in the Jerusalem temple at a time of considerable political and religious upheaval. The Babylonians were the dominant world power but the leaders in Judah were hoping, through alliances with Egypt, to escape their clutches. Jeremiah had warned them that this strategy would end in disaster but he was ignored. In 597, to show their power and dominance, the Babylonians took many of the citizens of Jerusalem into exile and replaced the king with one of their own choosing. Among those sent into exile in Babylon was Ezekiel whose calling to be a prophet is described in chs 1-3 of his book. He explains an experience he had as a “vision of the likeness of the glory of the Lord” (1 :4-28). God speaks to him calling him “son of man” and telling him to prophesy to “rebellious Israel” and with these phrases two of the characteristic features of the book are established. The Prophet is a mere mortal (the meaning of the term son of man) and the Israelites who have been called into covenant with God are only rebels who have not sought to do God’s will. His vocation as a prophet is then described using the symbolism of a scroll:

“It was then I saw a hand stretched out to me, in which was a written scroll which was unrolled before me. It was covered with writing front and back and on it was written: Lamentation wailing and woe! He said to me: Son of man, eat what is before you; eat this scroll then go, speak to the house of Israel. So I opened my mouth and he gave me the scroll to eat…and it was as sweet as honey in my mouth. He said: Son of man, go now to the house of Israel and speak my words to them.” (2:9-3:4)

The paradox of Ezekiel’s mission is summed up in this imagery. The word of God he has to preach involves much lamentation and woe as he points out to rebellious Israel that it is their own sinfulness that has brought them to this crisis. However he will also preach a word of hope that looks forward to a new day when the faithful Israelites will return to a restored temple.

These two aspects of his preaching are reflected in the structure of the Book. Chapters 4-24 are made up of oracles up to the time of the final destruction of the temple by the Babylonians in 587. These are hard-hitting pronouncements of judgement on Israel for her unfaithfulness. The next part of the book (25-32) is made up of prophecies against the nations that played a part in Israel’s downfall or that were willing to take advantage of her weakened position. After that the message changes dramatically to one of hope and consolation as the prophet contemplates God’s plan for his people now that Jerusalem and its temple have been destroyed. Finally the last section of the book (40-48) is a vision of a new Israel worshipping at a new temple in Jerusalem.

The Four Visions


Ezekiel’s visions are found at important moments in the book and represent a new way of presenting the prophetic message. While beforehand the tendency was simply to begin a prophecy with: “Thus says the Lord”, in Ezekiel God’s pronouncements are preceded by dramatic visions that communicate the divine message in a new way. The visions happen because the “hand of the Lord” comes upon the prophet and in this state he is allowed to see the divine plan unfold in a symbolic representation. This way of revealing God’s intention will soon develop into a genre of its own known as “apocalyptic” i.e. the drawing aside of the veil. When the era of the prophets is over it is followed by the age of apocalyptic and the finest example of this writing in the OT is to be found in the book of Daniel.


The Vision of God (1: 1-3:15)

In this vision which marks the opening of his book, Ezekiel describes how he saw a storm coming from the north and in the midst of the storm he saw four living creatures with bizarre appearances each with four faces and four wings. Accompanying the creatures were gleaming wheels within wheels and above these was a throne on which was seated one who had the appearance of a man. All of this he describes as the likeness of the glory of the Lord and that is as near as we come in the OT to someone claiming to see God. The symbolism of the vision expresses a theme that is important throughout the book: the glory and transcendence of God which is, at one and the same time entirely beyond human knowledge and yet has been revealed to Israel. As part of the vision, Ezekiel is given the scroll to eat and feels that the spirit has seized him. The whole experience leaves him in a stupor for seven days.


The Vision of Jerusalem (8:1-10:23)


This vision is the description of a great turning point in the history of Israel. Since the time of Solomon some 400 years earlier the temple of Jerusalem has been thought of as the dwelling place of God on earth. Traditions had grown up which regarded it as God’s inviolable sanctuary that would endure forever. However, Jeremiah had warned against such presumption and now with this vision of Ezekiel it becomes clear why the Jerusalem temple cannot endure. The Spirit of God brings the prophet to the temple and shows him several ways in which it is being desecrated: idol worship by the elders, women participating in the rites of the Babylonians, sun worship by the priests. All of this means that the wrath of God will be unleashed against the city and its temple. However before this the glory of the Lord must depart and the prophet is allowed to witness this event. Once again the description is of bizarre creatures and gleaming wheels and a throne. It departs from the city and stands on the Mount of Olives to the east. The symbolism is designed to show that while the glory of the Lord did indeed rest on the house of God, this presence could no longer remain because of the sins of Israel. With his departure the way is cleared for the inevitable destruction of the sanctuary.


The Valley of the Bones (37:1-14)


Probably the best known of the visions in Ezekiel, this belongs to that part of the book that seeks to give hope to the exiles. After their darkest hour, a new day is dawning and this will be the work of the Lord who gives life to all living things. Once again Ezekiel is brought out “in the spirit of the Lord” and he sees an enormous collection of dry bones, the very epitome of lifelessness. The only way they can be brought to life is by the breath of God (in Hebrew the same word ruah is used for spirit and breath) and that is what happens. The valley of the dry bones becomes a place where a vast army stands upright. The vision is then explained as God raising his people out of their graves in order to bring them back home. Those who have been without hope now find themselves renewed by the spirit of God that has breathed life back into them.


The New Temple in Jerusalem (40-48)


In this the longest and most detailed of the visions the catastrophe of the destruction of the temple is finally undone. Ezekiel is brought to a high mountain from which he can see the new city and temple that the Lord is building. As he witnessed the glory of the Lord leaving the temple, so now he witnesses the return. The vision not only describes a new place of worship but also a renewed sense of the life-giving presence of the God who dwells there. The water that from flows from the temple has the power to transform even the Dead Sea. There is healing for the people in the leaves of the trees that grow along its bank and there is constant and abundant nourishment in their fruit. The vision shows how when God is truly at the centre of the lives of his people then they flourish and grow.


In his own time Ezekiel described the disastrous destruction of the Temple in Jerusalem in terms of the glory of the Lord departing from the city (11 :22). Likewise in showing the faithfulness of God who will restore his people and bring them to life again he describes the glory of the Lord returning to the Temple (43:1-6). The suffering that the people endured with the Babylonian captivity was understood by Ezekiel as a punishment for sin; however if the people were to be obliterated altogether what would that say about their God? So the prophet argued that while each individual must accept responsibility for his or her sins, the God of Israel also had to act for the sake of his name. Thus God would act to save his people who were as good as dead, he would bring them to life through the Spirit which would be breathed into them.(Ezek 37, 39:27-29). From the restored temple where the glory of God abides would flow the waters of life bringing abundance of growth and healing (47:1-12). Though the destruction of Jerusalem was a catastrophic event the prophet saw in it a new stage in the development of the unique relationship between Israel and its God. In this way Ezekiel made a profound contribution to the theology and faith of Israel and his message inspires hope to this day.

This article first appeared in The Word (January 2004), a Divine Word Missionary Publication.






Prophet Ezekiel


The Holy Prophet Ezekiel lived in the sixth century before the birth of Christ. He was born in the city of Sarir, and descended from the tribe of Levi; he was a priest and the son of the priest Buzi. Ezekiel was led off to Babylon when he was twenty-five years old together with King Jechoniah II and many other Jews during the second invasion of Jerusalem by the Babylonian king Nebuchadnessar.


The Prophet Ezekiel lived in captivity by the River Chebar. When he was thirty years old, he had a vision of the future of the Hebrew nation and of all mankind. The prophet beheld a shining cloud, with fire flashing continually, and in the midst of the fire, gleaming bronze. He also saw four living creatures in the shape of men, but with four faces (Ez. 1:6). Each had the face of a man in front, the face of a lion on the right, the face of an ox on the left, and the face of an eagle at the back (Ez. 1:10). There was a wheel on the earth beside each creature, and the rim of each wheel was full of eyes.

Over the heads of the creatures there seemed to be a firmament, shining like crystal. Above the firmament was the likeness of a throne, like glittering sapphire in appearance. Above this throne was the likeness of a human form, and around Him was a rainbow (Ez. 1:4-28).

According to the explanation of the Fathers of the Church, the human likeness upon the sapphire throne prefigures the Incarnation of the Son of God from the Most Holy Virgin Mary, who is the living Throne of God. The four creatures are symbols of the four Evangelists: a man (St Matthew), a lion (St Mark), an ox (St Luke), and an eagle (St John); the wheel with the many eyes is meant to suggest the sharing of light with all the nations of the earth. During this vision the holy prophet fell down upon the ground out of fear, but the voice of God commanded him to get up. He was told that the Lord was sending him to preach to the nation of Israel. This was the begining of Ezekiel’s prophetic service.

The Prophet Ezekiel announces to the people of Israel, held captive in Baylon, the tribulations it would face for not remaining faithful to God. The prophet also proclaimed a better time for his fellow-countrymen, and he predicted their return from Babylon, and the restoration of the Jerusalem Temple.

There are two significant elements in the vision of the prophet: the vision of the temple of the Lord, full of glory (Ez. 44:1-10); and the bones in the valley, to which the Spirit of God gave new life (Ez. 37:1-14). The vision of the temple was a mysterious prefiguring of the race of man freed from the working of the Enemy and the building up of the Church of Christ through the redemptive act of the Son of God, incarnate of the Most Holy Theotokos. Ezekiel’s description of the shut gate of the sanctuary, through which the Lord God would enter (Ez. 44: 2), is a prophecy of the Virgin giving birth to Christ, yet remaining a virgin. The vision of the dry bones prefigured the universal resurrection of the dead, and the new eternal life bestowed by the Lord Jesus Christ.

The holy Prophet Ezekiel received from the Lord the gift of wonderworking. He, like the Prophet Moses, divided the waters of the river Chebar, and the Hebrews crossed to the opposite shore, escaping the pursuing Chaldeans. During a time of famine the prophet asked God for an increase of food for the hungry.

Ezekiel was condemned to execution because he denounced a certain Hebrew prince for idolatry. Bound to wild horses, he was torn to pieces. Pious Hebrews gathered up the torn body of the prophet and buried it upon Maur Field, in the tomb of Sim and Arthaxad, forefathers of Abraham, not far from Baghdad. The prophecy of Ezekiel is found in the book named for him, and is included in the Old Testament.

St Demetrius of Rostov (October 28 and September 21) explains to believers the following concepts in the book of the Prophet Ezekiel: if a righteous man turns from righteousness to sin, he shall die for his sin, and his righteouness will not be remembered. If a sinner repents, and keeps God’s commandments, he will not die. His former sins will not be held against him, beause now he follows the path of righteousness (Ez. 3:20; 18:21-24).




Voir aussi : http://www.topchretien.com/topbible/dictionnaire/ezechiel-prophete/