Mère Marie-Anne Blondin
en 1888, au seuil de ses 80 ans
Bienheureuse Marie-Anne Blondin
Fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne (+ 1890)
Mère fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne (1850) à Vaudreuil, Québec, Canada.
Sa biographie sur le site de la congrégation.
Béatifiée le 29 avril 2001 à Rome par Jean-Paul II.
Marie-Anne Blondin (1809-1890), fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne, béatifiée le 29 avril 2001. (diocèse d'Edmundston)
À Lachine, au Québec, en 1890, la bienheureuse Marie-Esther Soureau-Blandin (Marie-Anne), vierge. Toute ignorante de l’alphabet dans sa jeunesse, elle fonda la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne pour la formation des enfants d’agriculteurs, donnant toujours dans sa charge un bel exemple de maîtresse de la jeunesse.
Martyrologe romain
«Que l'Eucharistie et l'abandon à la Volonté de Dieu soient votre ciel sur la terre»
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10098/Bienheureuse-Marie-Anne-Blondin.html
Bienheureuse MARIE-ANNE BLONDIN
Née à Terrebonne, au Québec, en 1809, de parents cultivateurs illettrés, Esther Blondin est la troisième d’une famille de douze enfants. Encore analphabète à 20 ans, elle rêve d'enseigner un jour. En attendant, elle offre ses services aux sœurs de la Congrégation Notre-Dame et apprend à lire et à écrire dans ses temps libres. Elle développe une conscience accrue de l'exclusion de presque tous les gens de son pays qui, comme elle, n'ont pas encore accès à l'instruction.
Un essai dans la vie religieuse avorte à cause de sa santé fragile. Néanmoins, elle accepte d’enseigner à l’Académie de Vaudreuil et continue de voir l’ampleur de l’ignorance des gens plongés dans l’exclusion sociale.
Pour Esther, il faut prendre en charge l’instruction collectivement. Elle s’adjoint rapidement des femmes enseignantes qui l’amèneront à fonder, en 1850, une communauté consacrée à l’enseignement. La communauté s'appelle les Sœurs de Sainte-Anne. Comme religieuse et supérieure de sa communauté, elle prend le nom de Mère Marie-Anne.
Un projet d’avant-garde
Mère Marie-Anne conçoit un projet innovateur : fonder des écoles mixtes pour remédier à la situation pitoyable des écoles rurales de l’époque. Mais la résistance vient de l’Église. Elle apprend que « la communauté ne pourrait enseigner aux enfants des deux sexes que jusqu’à l’âge de 10 ans ».
Elle écrit à Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, pour lui dire « qu’elle regarde le but qu’elle s’est proposé comme manqué parce que ce sont les pauvres qui ont fait appel à son zèle et à sa charité ».
Cependant, malgré l’interdit, les Sœurs de Sainte-Anne ont toujours enseigné à des classes mixtes à tous les niveaux d’éducation.
Puis, Mère Marie-Anne rencontre de grands problèmes. Dès l'année suivante, à la suite de difficultés avec un jeune prêtre devenu aumônier du couvent, Mère Marie-Anne se rend à la demande de Mgr Bourget et accepte de démissionner comme supérieure. Elle devient alors directrice au pensionnat de Sainte-Geneviève. Mais quatre ans plus tard, elle est destituée une seconde fois.
Oubliée, puis reconnue
Mère Marie-Anne, selon son expression, est réduite à « zéro ». Si bien que son nom ne figure pas sur la liste des sœurs et de leurs emplois. En 1859, au couvent de Saint-Jacques, dans la région de Joliette, elle est nommée sacristine. Durant 30 ans, elle remplira dans l’ombre des emplois manuels selon les besoins de la communauté, jusqu'à son décès en 1890.
À cause des préjugés tenaces à son égard, elle reste dans l’ombre longtemps après sa mort. Grâce à une série de conférences données par un aumônier qui a interrogé des témoins de sa vie, l’enthousiasme se soulève envers Mère Marie-Anne.
En 1950, année du centenaire de la fondation de la congrégation, c’est le début des démarches officielles pour faire reconnaître sa sainteté. Elle a été proclamée vénérable en 1991 et bienheureuse le 29 avril 2001, par le pape Jean-Paul II.
Une présence prophétique
Les sœurs de Sainte-Anne et leurs associées
poursuivent la mission de Mère Marie-Anne en cherchant à être une présence
prophétique dans la solidarité et l’engagement pur la justice envers les
femmes, les jeunes, les personnes appauvries et marginalisées.
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Esther Blondin naît en 1809 à Terrebonne (Québec), une banlieue actuelle de Montréal. Ses parents, Jean-Baptiste Blondin et Marie-Rose Limoges, cultivateurs de modeste condition, habitent dans le rang de la « Côte Terrebonne », en bordure de la rivière des Mille-Isles.
Voulant aider sa famille, à l'âge de 20 ans, Esther s'engage comme domestique chez un marchand du village. Quelques mois plus tard, elle offre ses services aux sœurs de la Congrégation de Notre-Dame qui dirigent l'école paroissiale. Encore analphabète, elle apprend à lire et à écrire tout en travaillant. Par la suite, elle entre dans cette Congrégation, mais malheureusement, la maladie l'oblige à quitter le noviciat en 1833.
Cette même année, après
quelques mois de repos, elle répond à l'invitation d'une ancienne novice de la
Congrégation de Notre-Dame, qui dirige une école à Vaudreuil. Esther lui
apporte son aide et commence une carrière dans l'enseignement. Quelques années
plus tard, elle devient directrice de l'école qui prend le nom d'Académie
Blondin car Esther y prépare de jeunes institutrices pour les « écoles
de rang ».
La fondatrice
Vu l'état pitoyable des écoles rurales du Québec, Esther, en 1850, fonde la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne. Elle veut se dévouer à l'éducation des enfants pauvres et projette d'ouvrir des classes mixtes, projet reconnu très « subversif » pour l'époque. Esther, qui s'appelle désormais soeur Marie-Anne, devient supérieure.
En 1853, devant l'essor
de la communauté et faute de place pour loger recrues et pensionnaires, les
soeurs déménagent à Saint-Jacques-de-l'Achigan (aujourd'hui
Saint-Jacques-de-Montcalm) dans la région de Joliette. Là, soeur Marie-Anne
rencontre de grands problèmes. Dès l'année suivante, à la suite de difficultés
avec un jeune prêtre devenu aumônier du couvent, monsieur l'abbé Louis-Adolphe
Maréchal, Mère Marie-Anne se rend à la demande de Monseigneur Ignace Bourget et
accepte de démissionner comme supérieure. Elle devient alors directrice au
pensionnat de Sainte-Geneviève. À cause de l'influence de monsieur l'abbé
Maréchal, les persécutions continuent contre elle et, quatre ans plus tard,
elle est destituée une seconde fois.
L’oubliée
Mère Marie-Anne est rappelée à Saint-Jacques où pendant un an, elle ne figure pas sur la liste où sont consignés les noms et les emplois des sœurs. Selon son expression, elle est réduite à « zéro ». À Saint-Jacques, en 1859, elle est nommée sacristine. Elle remplira dans l'ombre différents emplois manuels selon les besoins de la communauté. C'est en 1890, après trente ans de vie très humble, que Mère Marie-Anne meurt, à la Maison mère de Lachine installée à cet endroit depuis 1864. Avant de mourir, elle renouvelle son pardon à monsieur l'abbé Maréchal.
L’année dernière,
comme votre Grandeur le sait, je n’ai eu aucune part dans les offices, je suis
demeurée zéro toute l’année; cette année, on a eu assez de confiance en moi
pour m’en confier deux, et l’on m’a donné pour aide celles qui étaient première
dans ces deux offices l’année dernière. Ces offices sont la sacristie de la
paroisse et la roberie. (Mère Marie-Anne à Mgr Bourget, le 17 octobre
1859)
La réhabilitée
À cause de préjugés tenaces, Mère Marie-Anne reste dans l'ombre longtemps après sa mort. En 1917, un aumônier de la Maison mère, qui a eu l'occasion d'échanger avec des témoins de la vie de Mère Marie-Anne, donne une série de conférences. Son initiative suscite un grand enthousiasme et fait boule de neige.
En 1950, année du centenaire de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne, Monseigneur Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, autorise le début des démarches officielles pour faire reconnaître la sainteté de Mère Marie-Anne. Une première biographie complète, Martyre du silence, est publiée en 1956. L'auteur, le Père Eugène Nadeau, o.m.i., y relate des faits restés jusqu'alors inconnus.
Depuis les années
cinquante, un mouvement de ferveur se développe envers Mère Marie-Anne. La
communauté inaugure à la Maison mère un endroit où l'on peut venir la prier. De
nombreuses faveurs lui sont attribuées. En 1991, après plusieurs années
d'examens minutieux de sa vie, le Pape Jean-Paul II la proclame «
vénérable ». Le 29 avril 2001, elle
a été béatifiée; nous la prions maintenant sous le vocable de
« Bienheureuse Marie-Anne Blondin ».
Une femme de parti-pris
Esther Blondin, une femme d'audace, ouvre à d'autres femmes le chemin d'une militance téméraire et subversive. Analphabète à 20 ans, elle fonde une communauté enseignante à 39 ans.
Dans l'histoire du Québec, au XIXe siècle, sur un fond de toile nationaliste aux couleurs de l'économie sociale, des femmes de chez nous dessinent des voies du parti-pris pour les gens d'ici. L'une des séquelles importantes de la domination britannique fut l'asservissement et l'assimilation potentielle des francophones. Le chemin le plus sûr : éliminer les écoles francophones catholiques en les confiant aux tenants protestants de l'Institution Royale, éliminer par conséquent l'accès à l'instruction pour les francophones. Être pauvre, c'est d'abord être privé d'instruction, la voie assurée pour exclure des rapports sociaux, culturels, économiques et politiques. L'histoire de vie d'Esther Blondin rappelle cette époque qui fit éclore en elle le désir d'apprendre pour elle-même et d'enseigner dans les écoles de fabrique mises sur pied ici et là par les curés de paroisse. « Elle voulait agir pour transformer cette situation », écrira-t-on à son sujet. Compatissante, elle vient de prendre parti.
Troisième de douze enfants d'une famille terrienne, Esther Blondin est née à Terrebonne de parents illettrés. Encore analphabète à 20 ans, elle repasse tout au fond d'elle-même son rêve d'enseigner un jour. Son travail comme domestique chez les soeurs du village—les soeurs de la Congrégation Notre-Dame— attise ses ambitions. Durant les moments libres à travers ses heures de travail, Esther apprend à lire et à écrire prenant une conscience accrue de l'exclusion de presque tous les gens de son pays qui, comme elle, n'ont pas encore accès à l'instruction. Elle-même exclue, elle se retrouve à 22 ans au milieu des enfants pauvres fréquentant assidûment les classes du couvent.
Après un essai de vie
religieuse avorté, Esther continue de réaliser l'ampleur et la profondeur du
drame de l'ignorance. Malgré une santé chancelante, elle avance sur le chemin
des exclus en acceptant d'aller enseigner à l'Académie de Vaudreuil. Là elle prendra
la mesure collective et sociale de cette exclusion. D'instinct elle comprend
que l'action individuelle est insuffisante et qu'il devient indispensable de
s'associer à d'autres, de s'épauler en communauté. Elle s'adjoint donc très
rapidement des sous-maîtresses. Ce sens inné de la force collective la mènera à
la fondation d'une communauté consacrée à l'enseignement, malgré le peu
d'instruction dont elle-même et les autres se trouvent pourvues. Sans le dire
dans les termes actuels de « justice sociale » ou d'« économie
sociale », Esther, devenue leader, présidente d'une confrérie de jeunes
femmes, les « entraîne à soulager les veuves et les orphelins du typhus,
les chômeurs, les mal logés, les paysans déracinés et les familles démembrées
par les bouleversements sociaux » En même temps responsable de la
formation des maîtresses pour les écoles de rang, elle ne se laisse pas
distraire de l'urgence d'instruire les francophones des deux sexes des
campagnes du Québec. Son rêve s'élargit encore et débordera jusqu'en terres
éloignées La communauté enseignante qu'elle fonde est donc née d'un parti pris
de fond permanent qui l'a solidarisée avec les « exclus de la connaissance
surtout » en vue de leur libération, du respect de leurs droits et de leur
dignité. Peut-on s'étonner que ses filles — les soeurs de
Sainte-Anne — ouvrent leur collège classique au coeur de la Petite
Bourgogne, en pleine crise économique, le 8 septembre 1932?
Une femme à l’action prophétique dépossédée par le
patriarcat clérical
Fondatrice d'une communauté de religieuses enseignantes, c'est sur le terrain religieux qu'Esther Blondin sera confrontée à la contestation.
Des écoles mixtes
Une première résistance
à l'institution ecclésiale porte sur l'intention ferme qu'elle a d'ouvrir
des écoles mixtes. Imaginez! Un projet innovateur en faveur des pauvres
illettrés soumis à la question de la discipline et de l'image de l'Église... Là
où semble échouer la solidarité avec les exclus, Esther oppose l'argument
spirituel : « Je prie depuis longtemps et je sens que c'est la
prière seule qui a pu me donner la force de me présenter ici aujourd'hui. »
Touché! Rien de mieux, pressent-elle, que de s'approprier le langage même de
l'institution. Plus tard apprenant de sources sérieuses que « la
communauté ne pourrait enseigner aux enfants des deux sexes que jusqu'à l'âge
de 10 ans », Esther n'hésite pas à écrire à Mgr Bourget qu'« elle
regarde le but qu'elle s'est proposé comme manqué parce que ce sont les pauvres
qui ont fait appel à son zèle et à sa charité ». Faut-il voir dans cette
décision de Mgr Bourget une limitation pour les religieuses d'enseigner
dans les écoles publiques? C'est ce que laisse entendre la fondatrice, dans la
même lettre du 15 juillet 1851 : « (...) il est certain que Messieurs
les Commissaires ne voudront point employer les Soeurs si les enfants ne
peuvent fréquenter les écoles jusqu'à l'âge voulu par la loi ». Pourtant
l'histoire nous apprend que, malgré l'interdit, les soeurs, pour toutes sortes
de raisons et dans diverses circonstances, ont toujours enseigné à des classes
mixtes.
Dans la phalange des mises à la marge
Une femme parmi les humbles... Une femme de parti pris pour le droit à l'instruction. Une femme de la résistance! En Esther Blondin, les femmes d'aujourd'hui saluent une femme de parole et de cohérence capable d'exprimer et d'assumer ses choix jusqu'au bout. Une femme qui a toujours maintenu sa parole libre devant toute autorité ne se soumettant jamais servilement. Une femme dont l'histoire vit et survit à travers des générations de femmes québécoises engagées dans le devenir de la société québécoise. Une femme comme nous issue de race forte et de source féconde.
Esther Blondin portait
les mêmes préoccupations que bien des femmes ou des organismes communautaires
d'aujourd'hui. Les efforts consacrés à l'économie sociale ne font-ils pas écho
aux intuitions prophétiques des femmes du XIXe siècle qui ont relevé avec tant
de courage et d'audace les défis sociaux du Québec de leur siècle?
Prière
Dans tes méditations, tu as souvent rappelé à tes filles la mystique de l'arbre. « Plus un arbre enfonce ses racines dans le sol, plus il a de chance de grandir, de s'élever dans l'air et de porter des fruits. » Les femmes d'aujourd'hui vivent de cette spiritualité. Croire en la semence. Arroser les jeunes pousses. Espérer envers et contre vents et marées que la vie finira par triompher. Comme toi, attentives aux besoins des exclus et, à l'instar des femmes d'hier, solidaires des aspirations de leur peuple, les Québécoises se tiennent « debouttes », dignes et inventives pour le respect des droits et des libertés. Merci à toi, Esther Blondin, et à tes consoeurs du XIXe siècle qui ont donné aux femmes d'aujourd'hui l'accès à la connaissance et ouvert des voies à l'engagement pour développer une société plus juste.
SOURCE : http://www.ssacong.org/fra/histoire/fondatrice/index.htm
Bienheureuse Marie-Anne
Blondin, fondatrice
Marie-Esther Soureau-Blondin naquit dans une famille de laboureurs de douze enfants, près de Montréal à Terrebonne, le 18 avril 1809.
A vingt ans, après avoir été domestique, elle entra au service des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame qui venaient d' arriver à Terrebonne. Elle leur demanda, à la place de gages, de pouvoir apprendre chez elles à lire et à écrire, car elle était presque illettrée.
En effet, depuis que le Québec était passé sous domination anglaise ( et protestante ), il n' y avait que très peu d' écoles francophones dans les campagnes. L' Institution Royale prévoyait d' assimiler les écoles au sein d' un système d' éducation anglophone et protestant. Les curés paraient à l' urgence en regroupant les écoliers du village dont la fabrique de l' église paroissiale finançait les études.
Elle fut finalement admise au noviciat de la Congrégation, en 1832 ; mais n' y prononça pas de voeux, car elle était de santé trop fragile. La maladie l' obligea à retourner chez ses parents, où elle passa une longue convalescence. Elle devint ensuite collaboratrice d' une institutrice, ancienne novice des Soeurs de Notre-Dame, dans le village de Vaudreuil, non loin de Montréal. Au bout de quelques années, elle devint directrice de la petite école, en 1838, devenue l' Académie Blondin. En plus de l' éducation des enfants, elle formait aussi des institutrices et des sous-maîtresses. Elle voyait loin...
Sa vocation se précisa. Elle regroupa des compagnes pour faire la classe aux petits enfants, et d' année en année, dans la prière, elle apporta sa réponse aux questions scolaires de son époque. En 1850, le jour de l' Immaculée Conception, elle fonda un institut chargé de l' éducation des jeunes enfants. Elle prit le nom de Soeur Marie-Anne, et Mgr Ignace Bourget ( 1799-1885 ), évêque de Montréal, reçut ses voeux et celui de ses premières compagnes au sein de la nouvelle Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne à la spiritualité ignatienne. Mgr Bourget faisait venir de nombreux religieux et religieuses de France qui essaimèrent au Canada et il fut à l' origine de la fondation de plusieurs Congrégations canadiennes.
Les débuts de la Congrégation furent difficiles à
cause de la pauvreté de biens et de moyens ; cependant, en 1853, les Soeurs
purent ouvrir leur Maison Mère à Saint-Jacques de l' Achigan. Peu de temps
après, Mgr Bourget nomma comme aumônier de la Congrégation le jeune prêtre
Louis-Adolphe Maréchal.
Celui-ci s' opposa à la fondatrice. Etait-ce par ambition ? Ou trouvait-il que
la fondatrice n' avait pas une vision assez moderne de l' éducation ? Toujours
est-il qu' en un an, il réussit à l' écarter; sous prétexte de mauvaise
gestion, et d' avoir trop insisté sur la nécessité d' utiliser les services des
religieuses dans les écoles publiques...
Il fit destituer la Supérieure Générale - elle avait 45 ans - qui
devint Supérieure d' une nouvelle petite communauté, le pensionnat de
Sainte-Geneviève. Malgré l' éloignement, de nombreuses Soeurs
restaient fidèles à la Mère Marie-Anne. L' aumônier, qui prenait les commandes
de la Congrégation, malgré les règles de fondation, ne le supporta pas ! Il
demanda à l' évêque de la destituer encore de sa charge, et c' est ainsi que
cette enseignante de qualité dut accomplir les tâches les plus humbles. Elle
fut portière, sacristine, blanchisseuse, etc... dans diverses maisons de la
Congrégation.
La fondatrice des Soeurs de Sainte-Anne passa alors 36 ans de sa vie, dans
l' humilité, le sacrifice et l' obéissance.
Mais son témoignage de Foi et de soumission à la Volonté Divine fut un exemple
pour toutes les Soeurs qui n' ignoraient pas le destin de leur Mère. Elle avait
offert sa vie pour le bien de sa fondation.
En 1884, la règle des Soeurs de Sainte-Anne fut
approuvée par Rome. Quelques années plus tard, elles étaient 428 Soeurs,
attachées au soin des malades et à l' éducation enfantine, réparties dans 43
maisons, au Québec, en Colombie Britannique ( Canada ), aux Etats-Unis, en
Alaska. A partir du milieu du XXème siècle, d' autres fondations ont eu lieu à
Haïti, au Cameroun, au Chili et récemment au Congo. Elles étaient 1380
Soeurs vers 1980, elles sont aujourd' hui 840. Les années 1950 furent les plus
florissantes pour les vocations.
Elle mourut le 2 janvier 1890 d' une bronchite, à l' aube de ses 81 ans, à
la nouvelle Maison Mère de Lachine, devenue aujourd' hui le Musée de la
Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne.
Elle fut béatifiée le 29 avril 2001, à Rome, par Jean-Paul II.
Prions pour le Québec, fortement déchristianisé !
Lire : Père Eugène Nadeau, omi, " Martyre du silence, Mère Marie-Anne, ssa ", Editions Médiaspaul, Montréal 2003.
SOURCE : http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-15178437.html
Histoire de la Bienheureuse Marie-Anne Blondin
Esther Blondin, en religion «Soeur Marie-anne», naît à
Terrebonne (Québec, Canada), le 18 avril 1809, dans une famille d'agriculteurs
profondément chrétiens. Elle hérite de sa mère une piété centrée sur la
Providence et l'Eucharistie et, de son père, une foi solide et une grande
patience dans la souffrance. Esther et sa famille sont victimes de
l'analphabétisme qui règne dans les milieux canadiens-français du XIXe siècle.
À 22 ans, elle s'engage comme domestique au couvent des Soeurs de la
Congrégation de Notre-Dame, nouvellement arrivées dans son village. Un an plus
tard, elle s'y inscrit comme pensionnaire pour apprendre à lire et à écrire. On
la retrouve ensuite au noviciat de cette même Congrégation qu'elle doit
cependant quitter, à cause d'une santé trop fragile.
En 1833, Esther devient institutrice à l'école du village de Vaudreuil. C'est
là qu'elle découvre une des causes de l'analphabétisme ambiant: un règlement
d'Eglise, qui interdit aux femmes d'enseigner aux garçons, et aux hommes
d'enseigner aux filles. Ne pouvant financer deux écoles paroissiales, les curés
choisissent souvent de n'en tenir aucune. Et les jeunes croupissent dans
l'ignorance, incapables de suivre le catéchisme pour faire leur première
communion. En 1848, avec l'audace du prophète que meut un appel irrésistible de
l'Esprit, Esther soumet à son évêque, Monseigneur Ignace Bourget, le projet
qu'elle nourrit depuis longtemps: celui de fonder une Congrégation religieuse
«pour l'éducation des enfants pauvres des campagnes dans des écoles mixtes». Le
projet est novateur pour l'époque! Il paraît même «téméraire et subversif de
l'ordre établi». Mais, puisque l'État favorise ce genre d'écoles, l'évêque
autorise un modeste essai pour éviter un plus grand mal.
La Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne est fondée à Vaudreuil, le 8
septembre 1850 et Esther - désormais appelée «Mère Marie-Anne» - en devient la
première supérieure. Le recrutement rapide de la jeune Congrégation requiert
très tôt un déménagement. À l'été de 1853, l'évêque Bourget transfère la Maison
mère à Saint-Jacques-de-l'Achigan. Le nouvel aumônier, l'abbé Louis-Adolphe
Maréchal, s'ingère de façon abusive dans la vie interne de la communauté. En
l'absence de la Fondatrice, il change le prix de la pension des élèves. Et,
quand il doit lui même s'absenter, il demande aux soeurs d'attendre son retour
pour se confesser. Après une année de conflit entre l'aumônier et la
supérieure, soucieuse de protéger les droits de ses soeurs, l'évêque Bourget
croit trouver une solution: le 18 août 1854, il demande à Mère Marie-Anne de
«se déposer». Il convoque des élections et exige de Mère Marie-Anne de «ne plus
accepter le mandat de supérieure, si ses soeurs veulent la réélire». Privée du
droit que lui donne la Règle de la Communauté d'être réélue, Mère Marie-Anne
obéit à son évêque qu'elle considère comme l'instrument de la Volonté de Dieu
sur elle. Et elle «bénit mille fois la divine Providence de la conduite toute
maternelle qu'elle tient à son égard, en la faisant passer par la voie des
tribulations et des croix».
Nommée alors directrice au Couvent de Sainte-Geneviève, Mère Marie-Anne devient
une cible de harcèlement de la part des nouvelles autorités de la Maison mère,
subjuguées par le despotisme de l'aumônier Maréchal. Sous prétexte de mauvaise
administration, on la ramène à la Maison mère en 1858, avec la consigne
épiscopale de «prendre les moyens pour qu'elle ne nuise à personne». Depuis
cette nouvelle destitution et jusqu'à sa mort, elle est tenue à l'écart de
toute responsabilité administrative. On l'écarte même des délibérations du
conseil général où les élections de 1872 et de 1878 l'ont réélue. Affectée aux
plus obscurs travaux de la buanderie et de la repasserie, elle mène une vie de
renoncement total, qui assure la croissance de sa Congrégation. C'est là le
paradoxe d'une influence qu'on a voulu neutraliser: dans les caves obscures de
la repasserie de la Maison mère, de nombreuses générations de novices recevront
de la Fondatrice l'exemple d'une vie d'obéissance, d'humilité et de charité
héroïques. À une novice qui lui demandait un jour pourquoi elle, la Fondatrice,
était maintenue dans de si modestes emplois, elle s'est contentée de répondre
avec douceur: «Plus un arbre enfonce ses racines profondément dans le sol, plus
il a de chances de grandir et de porter du fruit».
L'attitude de Mère Marie-Anne, face aux situations d'injustice dont elle fut
victime, nous permet de découvrir le sens évangélique qu'elle a toujours donné
aux événements de sa vie. Comme le Christ passionné pour la Gloire de son Père,
elle n'a cherché en tout que «la Gloire de Dieu» qu'elle a donnée pour fin à sa
communauté. «Faire connaître le bon Dieu aux jeunes qui n'avaient pas le
bonheur de le connaître», c'était pour elle un moyen privilégié de travailler à
la Gloire de Dieu. Dépouillée de ses droits les plus légitimes, spoliée de sa
correspondance personnelle avec son évêque, elle cède tout, sans résistance,
attendant de Dieu le dénouement de tout, sachant que «dans sa Sagesse, il saura
discerner le vrai du faux et récompenser chacun selon ses oeuvres».
Empêchée de se laisser appeler «mère» par les autorités qui lui ont succédé,
Mère Marie-Anne ne s'attache pas jalousement à son titre de Fondatrice; elle
accepte plutôt l'anéantissement, comme Jésus, «son Amour crucifié», pour que
vive sa communauté. Elle ne renonce pas pour autant à sa mission de mère
spirituelle de sa Congrégation; elle s'offre à Dieu «pour expier tout le mal
qui s'est commis dans la communauté»; et elle demande tous les jours à sainte
Anne, «pour ses filles spirituelles, les vertus nécessaires aux éducatrices
chrétiennes».
Comme tout prophète investi d'une mission de salut pour les siens, Mère
Marie-Anne a vécu la persécution, en pardonnant sans restriction; car elle
était convaincue qu'il y a «plus de bonheur à pardonner qu'à se venger». Ce
pardon évangélique était pour elle le garant de «la paix de l'âme qu'elle
tenait pour le bien le plus précieux»; et elle en donna un ultime témoignage
sur son lit d'agonie, en demandant à sa supérieure de faire venir l'abbé
Maréchal «pour l'édification des soeurs».
Sentant venir sa fin, Mère Marie-Anne lègue à ses filles, en guise de testament
spirituel, ces quelques mots qui résument bien toute sa vie: «Que l'Eucharistie
et l'abandon à la Volonté de Dieu soient votre ciel sur la terre». Puis elle
s'éteint paisiblement à la Maison mère de Lachine, le 2 janvier 1890, «heureuse
de s'en aller chez le bon Dieu» qu'elle avait servi toute sa vie.
SOURCE : http://www.chretiensmagazine.fr/2011/10/histoire-de-la-bienheureuse-marie-anne.html
LA BIENHEUREUSE MÈRE
MARIE-ANNE
ou le mystère de la fécondité de la Croix
DU NOVICIAT DE LA
PAUVRETÉ À CELUI DES SŒURS DE LA CONGRÉGATION NOTRE-DAME
C’EST à Terrebonne, le 18
avril 1809, que Marie-Esther vint au monde, la troisième de la famille Blondin
qui comptera douze enfants en dix-neuf ans, dont sept mourront en bas âge.
Notre future bienheureuse connut d’abord la vie ordinaire des familles
paysannes canadiennes. Ses parents étaient pauvres et illettrés mais laborieux,
courageux et surtout bons chrétiens, soumis aux directives de leur excellent
curé. Leur religion austère mais tendre accordait la plus grande place à la
piété eucharistique et mariale. C’est lorsqu’elle eut atteint ses neuf ans que
la vie de la petite Esther prit une tournure particulière. Sa joie et son
exubérance ordinaires laissèrent place à une gravité et une piété au-dessus de
son âge, qui étonnèrent puis inquiétèrent ses parents. Ne lui est-il pas arrivé
plusieurs fois de rester plus de six heures en prière à l’église ? Ne l’a-t-on
pas surprise à genoux, pleurant devant le crucifix de sa chambre ? Lorsque son
frère cadet, Jean-Baptiste, son confident habituel, lui demanda si elle avait
de la peine, elle lui répondit simplement : « Oui, mais tu ne peux pas me
comprendre ».
Plus tard, elle confiera
à l’aumônier de sa communauté qu’elle voyait partout autour d’elle des images
de deuil, de tristesse et de trouble. Il lui semblait voir la foule insensée
des hommes s’amuser ensemble, vivre follement, précipitée sur la pente raide de
la vie, vers l’éternité. Et ces images la remplissaient d’amertume et d’ennui.
Elle fuyait la compagnie du monde et même de ses parents. Elle eût voulu se
voir reléguée sur une autre sphère, loin de cette misérable terre où tout est
vanité.
Un jour de sa seizième
année, constatant qu’après chaque communion, elle retrouvait une paix qui
durait quelques jours, elle demanda à Dieu d’être délivrée de ces sombres
pensées. Exaucée, elle retrouva sa gaieté expansive et reprit goût au monde.
Mais elle fut vite effrayée de sa légèreté et demanda comme grâce de retrouver
son précédent état qui se mua alors en zèle pour le salut des âmes,
l’entraînant dans la voie de la pénitence héroïque. Elle fut saisie aussi d’un
vif désir de s’instruire. C’est qu’elle comprenait à quel point l’ignorance
était, non pas une atteinte à la dignité de l’Homme, mais un obstacle au salut
éternel : « Il était difficile, confiera-t-elle plus tard, de trouver
parmi les cultivateurs quelqu’un qui pût seulement signer son nom. Les enfants
de la campagne qui se préparaient à la première communion, devaient faire
quelquefois des demi-lieues pour trouver une personne qui sût lire et pût
enseigner le catéchisme. Dieu s’est chargé de me faire comprendre à quels
travaux Il me réservait. Cette grande leçon, je l’ai étudiée pendant plus de
vingt ans. » Mais elle ne dit rien à ses chers parents trop pauvres pour
satisfaire ses désirs.
À dix-huit ans, la voici
servante au magasin général de Terrebonne, puis au couvent des Sœurs de la
Congrégation Notre-Dame. Les archives gardent la trace d’un arrangement pour
l’année suivante : ses gages sont diminués de moitié, mais elle est admise à
l’école ; elle a vingt ans ! Elle fit ensuite une année au pensionnat. Ses
résultats scolaires n’étaient pas brillants, mais sa piété, ses vertus et sa
constante bonne humeur édifiaient. Tout naturellement, elle passa du pensionnat
de Terrebonne au noviciat à Montréal, où elle reçut le nom de sœur Christine.
Malheureusement, plusieurs maladies successives obligèrent le médecin à
recommander son renvoi. Les supérieures qui l’estimaient fort, firent une
exception à la coutume et l’envoyèrent finir son noviciat au couvent de
Terrebonne où l’air natal était supposé tout arranger. Il n’en fut rien. Au
bout de quelques mois, elle dut regagner la maison familiale où elle retrouva la
santé en quelques semaines. Mais pour quoi faire ?
UNE LONGUE PRÉPARATION
Pendant ce temps, à Vaudreuil,
le curé Jean-Paul Archambault se préoccupait lui aussi de l’ignorance des
Canadiens français. Dans sa vaste paroisse, seulement un garçon sur quinze et
une fille sur cinq fréquentaient l’école suffisamment pour apprendre à lire et
à écrire. Il mettait donc toute son énergie à y remédier et, sous son
impulsion, l’école paroissiale prospérait. Mlle Suzanne Pineault, sa directrice
et unique institutrice, ancienne novice de la Congrégation Notre-Dame elle
aussi, s’adressa aux religieuses pour avoir de l’aide. C’est ainsi qu’Esther
Blondin, que tout le monde appelait maintenant mademoiselle Christine, reçut
une lettre l’invitant à aller à Vaudreuil faire l’école.
Si elle accepta sans
enthousiasme, elle ne tarda pas à se plaire à Vaudreuil en cet automne 1834, et
surtout à s’y faire aimer. Les talents pédagogiques qu’elle révéla alors,
attirèrent davantage d’élèves, et il fallut construire une nouvelle école. Le
curé Archambault, jeune quinquagénaire, devint tout naturellement son père
spirituel, et il sut la guider avec bon sens. Il s’ensuivit quatre années de
vie heureuse et bien régulière, à la satisfaction de tous.
Durant l’été 1838,
lorsque Suzanne Pineault décida de quitter Vaudreuil pour Saint-Lin où un
oncle-curé fondait une école paroissiale, Mademoiselle Christine lui succéda
avec le titre de directrice. Elle enrichit alors le programme et l’école
paroissiale devint académie, c’est-à-dire apte à former des maîtresses d’écoles
du rang.
Lorsque Mgr de
Forbin-Janson vint prêcher une retraite en 1841, allumant le feu de la
renaissance catholique dans cette région du diocèse de Montréal, Mademoiselle
Christine était bien placée pour seconder son curé. Elle devint la présidente
et la véritable animatrice de la Confrérie des Filles de Marie Immaculée. Ce fut
pour elle une nouvelle façon de satisfaire son zèle, qui s’ajouta à la piété, à
l’enseignement et au dévouement discret auprès de ses anciennes élèves devenues
mères de famille. Six années passèrent ainsi.
LA FONDATION DES SŒURS DE
SAINTE-ANNE
En 1847, après une grave
maladie qui fit craindre pour ses jours, l’idée de la fondation d’une
communauté religieuse vouée à l’enseignement des enfants pauvres des campagnes,
germa plus précisément dans son esprit. Au début du carême 1848, elle s’en
ouvrit à son curé qui, après avoir longuement réfléchi, l’encouragea à aller
présenter sa demande à Mgr Bourget, l’évêque de Montréal. Il lui remit une
chaleureuse lettre de recommandation et lui fit cet avertissement prophétique :
« Si la réponse de Monseigneur est favorable, attendez-vous à beaucoup
souffrir. »
Le projet d’Esther
Blondin rencontrait les propres préoccupations de Mgr Bourget qui accepta même
l’idée des écoles mixtes – nouveauté inouïe à l’époque – afin d’augmenter le
nombre d’enfants scolarisés.
Un témoin indirect
raconte : « Il lui fit donc des questions, lui montra toute la difficulté
de la chose, le tort qui en revient toujours pour la religion quand de telles
entreprises n’ont pas Dieu pour principe, et qu’il faut s’arrêter en chemin.
Elle répliqua à ces remarques, qu’elle s’était rendue certaine par ses délais,
que l’inspiration n’avait pu venir que de Dieu et qu’il ne manquerait pas de
moyens, dans sa sagesse infinie, pour mener l’œuvre à bonne fin. (…) L’évêque
lui dit donc avec bonté : “ Essayez, voyez, sans faire de bruit, les personnes
qui voudront s’adjoindre à vous, et cependant, ne cessez de prier, afin que
Dieu bénisse votre œuvre et que, conduite avec intention pure, elle profite à
sa gloire et à votre salut. ” »
Forte de cet
encouragement, Mademoiselle Christine, alors âgée de 39 ans, profita des
vacances scolaires de 1848 pour recruter. Six jeunes filles âgées de 29, 27,
21, 17, 15 et 14 ans, acceptèrent de la suivre. Le curé Archambault décida
qu’elles s’appelleraient les Filles de Notre-Dame de Bonsecours et de
Sainte-Anne. Et on essaya. Les débuts furent touchants de simplicité et
d’héroïsme caché. Tout était à faire : outre l’école qui continuait et
augmentait même ses capacités, sœur Christine devait former ses compagnes dont
certaines en savaient à peine davantage que leurs élèves. Elles avaient aussi
tout à apprendre de la vie religieuse que la fondatrice elle-même avait connue
seulement durant les quelques mois de son noviciat à la Congrégation
Notre-Dame. Enfin, les conditions matérielles de la jeune communauté étaient
très dures, et il en sera ainsi pendant un demi-siècle : il fallait composer
sans cesse avec l’exiguïté des locaux et les difficultés financières.
C’est que les vocations
ne tardèrent pas à abonder. Outre Suzanne Pineault qui, dès novembre, revenait
à Vaudreuil, trente-huit jeunes filles se présentèrent avant la fin de l’année
1848 ! Trente furent acceptées immédiatement ou différées faute de place. Les
sœurs se levaient chaque jour à 5 heures, priaient, travaillaient, enseignaient,
étudiaient sans arrêt jusqu’au soir. La pauvreté était telle que, plusieurs
fois, il est arrivé que les sœurs se retrouvent à table devant des plats
vides ; on récitait les prières d’usage, on saluait la grande croix qui ornait
la pièce et on repartait vers ses occupations ! Prévenu, le curé faisait
expédier les restes des pains bénis ou alors faisait sonner la cloche et il se
trouva toujours quelques paysans généreux pour venir en aide aux sœurs. « La
Providence vient infailliblement au secours de ceux qui se confient en elle et
il n’y a pas de raison de se décourager aux heures difficiles »,
répétait-elle à ses jeunes compagnes.
La première cérémonie de
vêture eut lieu pour la fête de l’Assomption 1849. C’est ce jour-là que notre
future bienheureuse reçut son nom de religieuse : sœur Marie-Anne.
Passons rapidement sur
les trois années suivantes. En 1850, Mgr Bourget vint en personne recevoir les
premiers vœux. Voyant les conditions de vie ordinaires que nous qualifierions
d’héroïques, de ces jeunes religieuses, Monseigneur rappela à la fondatrice :
« La perfection religieuse ne tient qu’à une maxime bien entendue et bien
comprise : se faire violence. Prêchez-la sans cesse, et exercez vos sœurs dans
cette route du Calvaire. Que de bon cœur elles fassent ce qui leur déplaît et
qu’elles ne fassent pas ce qui leur plaît. » Durant l’hiver, l’évêque
entreprit la rédaction de la Règle, il vint même pour cela passer neuf jours à
Vaudreuil ; interrompu par un rappel urgent à Montréal, il demanda à Mère
Marie-Anne d’achever ce qu’il avait entrepris, preuve indubitable de son estime
pour la fondatrice. Elle fit de l’humilité le fondement de sa communauté,
peut-être sans imaginer à quel point il lui faudrait prêcher d’exemple.
« JE TE RENVERSERAI,
TOI ET TA COMMUNAUTÉ. »
En 1851, la première
fondation eut lieu à Sainte-Geneviève, de l’autre côté du Lac des
Deux-Montagnes, face à Vaudreuil. La communauté continuant de grandir, son
berceau devenait indubitablement trop petit ; il fallait refuser des sujets. On
en vint donc à envisager la construction d’un nouveau couvent. Or un jour
d’avril 1853, Mère Marie-Anne présida son conseil avec une vive émotion
contraire à ses habitudes. « Mes sœurs, attendons-nous à être ballottées,
dit-elle d’une voix blanche. Ce matin, j’écrivais à mon bureau et j’ai
entendu une voix qui me disait : “ Je te renverserai, toi et ta communauté. ”
Il nous arrivera ce que Dieu permettra. J’ai mis ma confiance en lui et je ne
serai pas confondue. Veillons et prions, mes Sœurs, car les démons feront tout
leur possible pour nous faire tomber. »
Dès le lendemain, ce fut
un déchaînement. C’était le 17 avril, une assemblée de paroissiens devait avoir
lieu pour décider de la nouvelle construction, une formalité de routine. Or, un
paroissien sema la zizanie en un seul discours… En deux semaines, le sort des
Sœurs fut réglé : malgré tous les efforts du curé Archambault, elles étaient
obligées de quitter Vaudreuil !
Vous imaginez avec quel
déchirement pour elles, pour le bon curé, pour beaucoup de paroissiens,
s’effectua le déménagement en juillet 1853. Elles allaient dans la paroisse de
Saint-Jacques, près de Joliette, où elles remplaçaient les Dames du Sacré-Cœur
que Monseigneur venait de transférer dans sa ville épiscopale. Les bâtiments
qui les attendaient étaient relativement vastes, elles disposeraient d’une
ferme, mais les paroissiens étaient pauvres. L’abbé Paré, curé de la paroisse
depuis 34 ans, était, quant à lui, très heureux de leur arrivée. Seule ombre au
tableau, leur aumônier n’avait pas encore été nommé.
Or, au même moment,
l’évêque de Montréal reçut une plainte des paroissiens de Saint-Cyprien contre
leur jeune curé, l’abbé Louis-Adolphe Maréchal. Pour la troisième fois en peu
de temps, l’évêque allait se voir contraint de muter ce jeune prêtre qu’il
estimait, mais qui était aussi dépourvu de diplomatie et d’entregent qu’il
était intelligent et brillant ! Devant les remontrances du prélat, l’abbé
Maréchal conclut qu’il n’était pas fait pour le ministère paroissial, qu’il lui
faudrait plutôt une aumônerie de communauté religieuse. Cette réflexion anodine
allait modifier son destin et celui de Mère Marie-Anne ! Mgr Bourget trouva la
suggestion fort juste et le nomma sur l’heure aumônier des Sœurs de
Sainte-Anne ; il en fit avertir aussitôt le curé Paré, les documents officiels
devaient suivre incessamment. Sur le champ, l’abbé Maréchal quitta
Saint-Cyprien pour retourner à Saint-Jacques, paroisse qu’il connaissait bien
pour y avoir été vicaire mais dont il avait été chassé avec perte et fracas par
le dévoué curé Paré, pour incompatibilité d’humeur ! Lorsque ce dernier apprit
la nomination de son ancien vicaire, il crut à une méprise de Mgr Bourget à qui
il écrivit aussitôt pour lui demander de revenir sur sa décision. Ne doutant
pas que sa requête serait prise en considération par son bon évêque, il avertit
Mère Marie-Anne de l’incident tout en lui affirmant que la nomination de l’abbé
Maréchal serait annulée. C’est pourquoi lorsque, le lendemain, l’abbé Maréchal
se présenta au couvent, il fut éconduit par la supérieure qui croyait bien
faire. Il n’en fallut pas davantage pour convaincre l’ombrageux aumônier que
Mère Marie-Anne était une incapable, les excuses qu’elle lui présenta après sa
nomination officielle ne changèrent rien à son appréciation...
« Je te renverserai
toi, et ta communauté. » avait-elle entendu cinq mois auparavant. Encore
un an, et elle serait renversée. Mais ses vertus héroïques empêcheront le
renversement de la communauté, mieux : elles la fortifieront. C’est ce qu’il
nous reste à voir.
En septembre 1853, le
déménagement fini, on procéda aux élections canoniques. Lorsque l’abbé Maréchal
rédigea l’acte officiel, il oublia d’inscrire la réélection de Mère
Marie-Anne comme supérieure, et par deux fois, il omit de la nommer à côté du
titre de supérieure. Après quoi, les classes s’ouvrirent avec plus de soixante
élèves. Monsieur l’aumônier commença à s’occuper de tout, modifiant bien des
pratiques de la vie de communauté héritées de Vaudreuil et améliorant
sensiblement la pédagogie. Sa manière d’agir commença à créer un malaise dans la
communauté : fallait-il obéir à M. l’aumônier ou à la supérieure ? Les sœurs
anciennes étaient choquées de ces bouleversements, tandis que les dernières
arrivées s’y mettaient sans difficulté. Mère Marie-Anne, quant à elle,
approuvait le plus souvent les réformes de l’aumônier, mais plusieurs fois elle
lui demanda de lui en faire part afin qu’elle les impose à la communauté en
tant que supérieure, après avis de son conseil. Comme rien ne changeait, elle
crut de son devoir d’en informer Mgr Bourget. L’aumônier répliqua en dénonçant
le “ mauvais esprit ” qui sévissait contre lui dans la communauté !
Dans un premier temps,
Mgr Bourget temporisa. Après chacune de ses visites, l’abbé Maréchal oubliait
ses admonestations ; il ne se souvenait que de son contentement sur le fond de
ses réformes et de ses exhortations aux sœurs sur l’humilité et l’obéissance.
Chaque fois, Mgr Bourget repartait convaincu que le conflit était apaisé, mais
une semaine ne s’était pas écoulée que de nouvelles lettres l’informaient d’un
nouvel incident. En août 1854, il jugea opportun de demander la démission de
Mère Marie-Anne. Sa décision se comprend si on veut bien ne pas oublier les
indéniables compétences de l’abbé Maréchal qui étaient bien nécessaires pour
asseoir cette nouvelle fondation. Mgr Bourget espérait, en éloignant l’objet de
son ressentiment, permettre à l’abbé Maréchal de travailler avec les sœurs en
bonne entente. Il nomma donc Mère Marie-Anne supérieure de la fondation de
Sainte-Geneviève, et désigna pour la remplacer une jeune religieuse qui n’avait
été mêlée à aucun des conflits. Il l’entoura d’un conseil formé des religieuses
les plus anciennes. Il annonça ces mesures aux sœurs réunies à la chapelle.
Mais une rumeur réprobatrice les accueillit. Cette réaction impressionna fort
mal Mgr Bourget : n’était-ce pas là la preuve du mauvais esprit, qui, selon les
dires de l’abbé Maréchal, régnait dans la communauté contre l’autorité
ecclésiastique ?
L’évêque reparti pour
Montréal, la nouvelle supérieure ne sut pas résister aux diktats de l’aumônier,
ce qui exaspéra davantage les sœurs. Mère Marie-Anne, que tous ces tragiques
événements avaient rendue malade, vit défiler ses filles éplorées auprès de son
lit. Elle leur conseilla la soumission mais aussi l’ouverture d’âme à leur
évêque. Mgr Bourget reçut donc plusieurs lettres se plaignant de l’aumônier. Ce
dernier, quant à lui, persuada les jeunes sœurs de dénoncer le mauvais exemple
que Mère Marie-Anne leur donnait par son orgueil. Le climat était plus tendu
que jamais. Le Diable régnait dans la maison ! Le curé Paré prit parti pour la
fondatrice et pour les religieuses qui réclamaient la liberté de confession.
C’est dans cette
atmosphère pesante que se déroula à l’infirmerie l’incident du dimanche 10
septembre 1854. Lorsque Mère Marie-Anne vit arriver l’abbé Maréchal qui portait
la communion aux malades, elle s’écria : « Ministre de Jésus-Christ,
arrêtez ! Au nom du Dieu de toute charité que vous portez, arrêtez ! Je sais
que vous avez quelque chose dans le cœur contre moi. Si je vous ai contristé,
pardonnez-moi. Je vous ai pardonné tout le mal que vous avez fait dans la communauté,
toutes les persécutions que vous m’avez faites. » Décontenancé, l’abbé
Maréchal s’arrêta net, puis il reprit : « Vous me pardonnez le mal que
j’ai fait à la communauté et les persécutions que je vous ai causées à
vous-même ? J’ai donc bien fait du mal ? Eh bien, si vous le croyez dans votre
conscience, voici votre Dieu, recevez-le. » Mère Marie-Anne communia
« avec la plus entière confiance ». Mais les jours suivants, l’abbé
Maréchal lui refusa la communion.
Mgr Bourget vint une
nouvelle fois sur place. Il demanda des explications à l’aumônier, le
convainquit de mensonge dans ses tentatives de justification et lui ordonna de
donner la communion à la fondatrice. Mais l’évêque estima aussi que les fautes
de l’aumônier ne justifiaient pas pour autant le mauvais esprit de certaines
religieuses ; il refusa donc de leur céder et maintint l’abbé Maréchal dans ses
fonctions. Puis il partit pour Rome défendre les intérêts du catholicisme
intégral au Canada.
Quelques semaines plus
tard, Mère Marie-Anne, à peine rétablie, partit pour Sainte-Geneviève dans le
plus grand secret ; l’abbé Maréchal craignait en effet des manifestations de
sympathie intempestives de la part de ses filles. Elle fit toutefois étape à
l’évêché de Montréal où elle eut un long entretien avec le nouveau coadjuteur,
Mgr Larocque, qui écrivit ensuite à Mgr Bourget : « J’ai été extrêmement
surpris de rencontrer dans la Révérende Mère Marie-Anne une personne de mérite
et surtout une religieuse très soumise ; j’espère que son épreuve ne sera pas longue. »
Il écrivit aussi quelques mots à la supérieure des Sœurs de Sainte-Anne :
« J’ai longuement conversé avec votre Mère Marie-Anne, j’ai rarement
rencontré des personnes aussi distinguées, aussi inspirées de Dieu. » Ce
n’était évidemment pas le jugement de l’abbé Maréchal. Après l’éloignement de
la fondatrice, il prépara son expulsion et, pour cela, commença l’épuration du
conseil afin qu’il lui fût enfin totalement soumis. Prévenue, Mère
Marie-Anne eut l’inspiration de se confier à l’Immaculée Conception : le
20 juin 1855, avec la permission du curé de Sainte-Geneviève qui n’hésitait pas
à la défendre publiquement, elle promit “ de porter la médaille miraculeuse et
de dire chaque jour le petit office de l’Immaculée Conception pour obtenir par
l’intercession de cette Bonne Mère, le bon esprit pour tous les membres de la
petite famille des Filles de Sainte-Anne. ” Peu de temps après, elle fit sa
confession générale à Mgr Larocque qui la chargera d’expier tous les péchés de
sa communauté.
Durant l’été 1856, Mgr
Bourget, de retour de Rome, la visita et lui manifesta son affection. Mais
l’abbé Maréchal n’en continuait pas moins ses manœuvres, appuyé par un conseil
et une supérieure générale maintenant totalement à ses ordres. On commença par
accuser la supérieure de Sainte-Geneviève de mauvaise gestion et de manquement
à la pauvreté. Heureusement, le curé de la paroisse avait pris toutes les
précautions, il put convaincre de mensonge la supérieure générale ! Ce fut un
court répit pour Mère Marie-Anne. En juillet 1858, elle était destituée de sa
charge et envoyée à Saint-Ambroise. Monseigneur Bourget laissa faire et lui
prédit qu’elle vivrait une dure année. Peut-être l’avait-elle convaincu qu’elle
vivait un mystère, comme elle l’avait dit à une sœur compatissante.
La mort du curé Paré en
1859, permit à Mgr Bourget de nommer l’abbé Maréchal curé de la paroisse et
supérieur ecclésiastique des Sœurs de Sainte-Anne. Un autre prêtre reçut donc
la charge de l’aumônerie, mais l'ancien aumônier lui interdit pratiquement de
confesser les sœurs sans son autorisation ! C’est alors que, triomphant, l’abbé
Maréchal fit rappeler sœur Marie-Anne à Saint-Jacques, pour qu’elle devienne sa
sacristine. Elle accepta avec bonheur cette obédience qui lui permettait de
manifester sa parfaite soumission à son persécuteur. Mgr Bourget admira.
LA FÉCONDITÉ DE LA CROIX
Elle a encore trente ans
à vivre, dans l’humiliation la plus totale. Vaincue, elle tient cependant en
échec le Démon : non seulement sa communauté n’est pas renversée, mais elle va
se développer à un rythme extraordinaire pour le plus grand bien des âmes.
Jusqu’en 1870, cette
prospérité était due apparemment à la sage administration des frères Maréchal.
Oui, des frères, car l’abbé Louis-Adolphe Maréchal, curé de Saint-Jacques,
obtint en 1864 la nomination de son frère Napoléon comme aumônier des Sœurs
après le transfert de la maison mère de Saint-Jacques à Lachine. À cette date,
la congrégation comptait déjà 113 professes dont 37 natives de la paroisse de
Saint-Jacques ! Les fondations se succédèrent dans le nord-ouest du diocèse de
Montréal et dans Saint-Henri, le quartier pauvre de la ville épiscopale où en
1869, les sœurs tenaient quatre écoles qui scolarisaient 1 300 enfants. Dès
1858, puis en 1861 et 1863, des sœurs étaient parties en Colombie britannique,
puis au Yukon et en Oregon. Enfin, elles fondèrent en Nouvelle-Angleterre des
établissements florissants pour les émigrés canadiens-français. En 1879, trente
ans après la fondation, on comptait 300 professes, et cinq ans plus tard, 415.
Ces fondations se
faisaient au prix d’un héroïsme d’autant plus constant que la Communauté était
sans cesse affrontée à des difficultés financières. Ses seuls revenus réguliers
étaient les frais de scolarité… mais n’oublions pas qu’elles prenaient en
charge la scolarité des enfants pauvres. La Règle prévoyait qu’on ne
réclamerait pas de dot aux postulantes. Chaque établissement devait donc
développer de petites industries locales pour augmenter ses revenus, ce qui
aggravait aussi la charge de travail des sœurs.
Cependant, l’esprit même
de la communauté avait bien évolué depuis Vaudreuil. Les abbés Maréchal avaient
réglementé la vie quotidienne dans le moindre détail. Jusqu’en 1867, date à
laquelle l’expansion missionnaire fit ressortir davantage le carcan de leur
absolutisme, jamais la supérieure générale n’avait contesté leur emprise. Mais
il fallut une affaire de fausse mystique pour ruiner tout à fait leur autorité.
Durant l’été 1869, la supérieure de la maison mère tomba gravement malade.
L’abbé Napoléon Maréchal convainquit une jeune religieuse qui recevait soit
disant des faveurs mystiques, d’offrir sa vie pour le rétablissement de sa
supérieure. Il fixa une date pour le miracle : le 15 août. Ce jour-là, toute la
communauté fut rassemblée à la chapelle où la supérieure mourante avait été
transportée. On pria toute la journée, mais en vain. On eut beau recommencer
les implorations plusieurs jours de suite, la supérieure si soumise aux frères
Maréchal finit par mourir. Mais plusieurs sœurs avaient été scandalisées et
s’étaient plaintes à l’évêché. Dès que Mgr Bourget qui était alors à Rome,
apprit les évènements, il renvoya l’aumônier, supprima le conseil de la
communauté et ordonna de nouvelles élections. Mais lorsqu’il eut la preuve que
le curé de Saint-Jacques les influençait, il les suspendit jusqu’à son retour
et nomma une vice-supérieure générale.
« LA VIE EST UN
TISSU DE CROIX. »
Mère Marie-Anne assista à
tous ces événements dans la plus grande discrétion. Depuis 1866, elle avait la
charge de la buanderie, un des emplois les plus durs puisqu’elle était confinée
au sous-sol de la maison mère, dans un local toujours saturé d’humidité où la
chaleur était étouffante l’été, les fers électriques n’existant pas encore.
Cependant, cette obédience fut providentielle : toutes les novices étant
envoyées à tour de rôle à ce travail très pénible, Mère Marie-Anne put
connaître ainsi toutes ses filles. Elles ne savaient pas à qui elles avaient à
faire, mais la bonté de son cœur, ses excellents conseils et ses encouragements
à bon escient, lui gagnèrent le cœur de toutes. C’est ce qui explique la
surprise des élections de 1872, les premières élections “ libres ” dans la
communauté après le retour de Rome de Mgr Bourget. Elle fut en effet élue
première assistante ! Mgr Bourget ratifia l’élection. Mais, les jours suivants,
la nouvelle supérieure générale se permit de la rétrograder au dernier rang des
conseillères et de ne lui confier aucune tâche. Elle laissa faire. Qu’importe,
aux élections de 1878, elle fut élue première conseillère. Mgr Fabre avait
alors remplacé Mgr Bourget sur le siège épiscopal de Montréal, et il avait
choisi comme vicaire général… l’abbé Louis-Adolphe Maréchal. Mère Marie-Anne
fut donc une nouvelle fois rétrogradée et oubliée dans sa buanderie.
C’est le curé de Lachine,
l’excellent abbé Piché, qui la sauvera de l’oubli total. En 1875, pour les
vingt-cinq ans de fondation, il improvisa une petite fête dont le but réel
était d’honorer les quatre premières sœurs encore vivantes. Les jeunes sœurs découvrirent
alors que la sœur de la buanderie en était ! Dix ans plus tard, lorsque les
supérieurs majeurs des Frères des écoles chrétiennes visitèrent avec admiration
l’établissement de Lachine, le curé Piché n’hésita pas à leur présenter la
fondatrice, au grand étonnement de toutes les religieuses réunies pour la
circonstance. Un autre prêtre joua aussi son rôle, l’abbé Brien qui fut un
temps aumônier de la maison mère ; il entreprit d’écrire l’histoire de la
communauté et, pour ce faire, il recueillit de précieux témoignages, à
commencer par celui de Mère Marie-Anne. Mais la supérieure générale voulut lire
les chapitres depuis l’installation à Saint Jacques. Naïf, le jeune aumônier
lui confia ses précieux cahiers dont il n’existait aucune copie, et la supérieure
les égara.
Une seule fois, Mère
Marie-Anne sortit de son silence. Ce fut à l’occasion de l’approbation de la
congrégation par Rome ; elle eut la douloureuse surprise de constater que non
seulement son rôle, mais aussi celui du curé Archambault étaient passés sous
silence : la communauté aurait été fondée à Saint-Jacques ! Elle ne put
s’empêcher de protester immédiatement : « Permettez-moi, ma Mère, de vous
faire remarquer qu’il y a une erreur sur le décret. La communauté a commencé à
Vaudreuil, non à Saint-Jacques. » La supérieure la fit rasseoir et
marmonna à l’intention des conseillères : « Ce ne sont pas des pierres qui
fondent une communauté, mais des têtes. » C’est bien ce que l’abbé
Maréchal avait réussi à insinuer dans l’esprit de toutes les religieuses aptes
à des postes de gouvernement : Mère Marie-Anne était une incapable ; pour le
bon renom de la communauté, il valait mieux la cacher. L’affaire fit cependant
scandale aux États-Unis où, lors d’une fête organisée par la supérieure
générale, on lut le fameux décret. Cette fois, ce fut l’abbé Dugas, curé d’une
importante paroisse franco-américaine, mais originaire de Saint-Jacques, qui ne
put s’empêcher d’intervenir ! Puis un de ses confrères, neveu de l’abbé
Archambault, cassa son testament qui était en faveur des Sœurs. Celles-ci
finirent par entreprendre des démarches pour faire corriger le décret, mais
elles n’aboutirent que vingt ans plus tard.
Mère Marie-Anne, quant à
elle, était rentrée dans son silence. Lorsque ses forces commencèrent à
décliner, elle abandonna progressivement la buanderie pour fabriquer de petites
choses pour les ventes de charité au profit de la Communauté. Elle aimait aussi
visiter les sœurs malades, mais elle emportait toujours un tricot ou un autre
travail de ce genre ; c’est qu’elle était de cette génération où il y avait
tant à faire que les mains ne pouvaient s’arrêter de travailler. Elle savait
qu’elle vivait le mystère de la Croix et, comme Mgr Bourget le lui avait appris, elle
offrait aussi tous ses sacrifices pour l’Église. La prière pour l’Église était
en effet un des aspects essentiels de la vie spirituelle des religieuses
fondées par le saint évêque de Montréal. Mais cette pratique tomba vite en
désuétude lorsque les aumôniers n’eurent plus d’autre souci que de former
les sœurs à la perfection des vertus religieuses. L’abbé Napoléon Maréchal, par
exemple, s’était mis dans l’idée de leur faire apprendre par cœur l’Imitation
de Jésus-Christ, y compris à Mère Marie-Anne. Mais il ne sut pas voir que cette
vieille religieuse qui avait tant de peine à mémoriser le texte, le mettait en pratique
mieux que personne ! Ne disait-elle pas à une jeune religieuse éprouvée : « Cette
petite épreuve, vous pouvez en profiter pour vous préparer à en porter de plus
grandes. La vie est un tissu de croix. Le bon Dieu en permet de plus grandes
pour certaines âmes, mais il les couvre de son amour… » Elle aimait se
rappeler la parabole de la vigne qui doit être émondée pour porter beaucoup de
fruits. Elle faisait aussi souvent remarquer que l’arbre planté dans le fumier
pousse bien. Sa grande dévotion était l’Eucharistie, c’est-à-dire la
présence réelle de Jésus glorieux mais immolé par amour. « Que
l’Eucharistie et l’abandon à la volonté de Dieu soient notre ciel sur la terre. »
Sa piété était pleine d’alacrité, et elle souffrait beaucoup de l’enseignement
spirituel moralisateur et austère que les aumôniers distillaient dans l’âme de
ses filles. Mais sa dernière retraite de communauté, en 1889, lui fut une
grande consolation : le prédicateur en était le Père Pichon, le confesseur de
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, et il leur parla d’amour et de confiance.
Elle mourut le 2 janvier
1890. Lors de ses derniers jours, elle fit preuve d’une très grande paix qui
impressionna beaucoup les sœurs. « Je m’en vais heureuse et contente vers
le bon Dieu. Si vous saviez comme le bon Dieu est bon », répéta-t-elle.
Après avoir reçu l’indulgence in articulo mortis, elle demanda à sa
supérieure générale : « Ma Mère, si vous n’avez pas d’objection,
voudriez-vous prier monsieur Louis-Adolphe Maréchal de venir ? » Et
quelques instants plus tard, elle dit à son infirmière : « Pour
l’édification des sœurs, il serait mieux qu’il vienne. » Le soir, tandis
que les sœurs étaient réunies autour du lit pour la prière des agonisants, la
porte de la chambre s’ouvrit brusquement, l’abbé Maréchal était là. Mère
Marie-Anne sursauta à cause de la vivacité du geste, mais elle ne pouvait plus
parler et elle respirait déjà péniblement, il lui donna une dernière
absolution. Quelques instants plus tard, paisible, elle rendit son âme à Dieu.
Il fallut encore près de
cinquante ans d’efforts de la part des religieuses qui, à la buanderie, avaient
été marquées par ses vertus et son bon cœur, pour que Mère Marie-Anne soit
pleinement réhabilitée et considérée officiellement comme la fondatrice des
Sœurs de Sainte-Anne. Sa béatification, le 29 avril 2001 par le pape
Jean-Paul II, est l’aboutissement de leurs entreprises. Mais Mère
Marie-Anne est-elle bien sortie de l’ombre ? Réhabilitée certes, mais son
esprit et son idéal de vie religieuse n’en sont pas moins oubliés : c’est le
zèle du salut des âmes, le combat contre les forces de l’enfer déchaînées qui
expliquent toute sa vie, et non la dignité de l’Homme ou la non-violence à
l'égal de Gandhi, comme le précisait la vice-postulatrice, lors de sa
béatification ! Aussi longtemps que sa congrégation fut fidèle à son esprit et
à ses vertus, elle se développa. En 1960, on comptait 3 500 religieuses œuvrant
en 151 maisons réparties dans 23 diocèses ; elles s’occupaient de 37 000 élèves
et de 43 000 malades ! Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Le Démon aurait-il réussi
à renverser l’œuvre de Mère Marie-Anne ? Dans l’ultime combat qui, aujourd’hui,
oppose le Démon à l’Immaculée Conception, elle intercède pour ceux qui
meurent au pied de la grande Croix. Mais elle nous est aussi un modèle
puisque notre Règle nous rappelle avec le Père de Foucauld, que « Pauvreté,
abjection, humiliation, délaissement, persécution, souffrance et croix, voilà
nos armes, que Dieu nous a données pour continuer l’œuvre du salut du monde. »
RC n° 90,
août-septembre 2001, p. 1-6
SOURCE : https://crc-canada.net/eglise-au-canada/eglise-19e-siecle/m-anne-blondin.html
Also known as
Esther Blondin
Sister Marie-Anne
Marie-Anne Blondin
Profile
Born to a pious, French–Canadian farm family,
the daughter of Jean Baptiste Blondin and Marie Rose Limoges. Illiterate into
adulthood, as were the other members of her family and most of her
acquaintances. Domestic
servant for a village merchant,
and then in the convent of
the Sisters of the Congregation of Notre Dame, where she learned to read
and write. Entered as a novice in
the Sisters, but ill
health forced her to leave.
Parochial school teacher at
Vaudreuil, Quebec in 1833;
she was later named directress of the school,
which was renamed the Blondin Academy. There she realized the reason for
the widespread illiteracy in the area: girls could
only be taught by women, boys only
by men; parishes that
could not afford two schools simply
had none. In 1848 she
sought permission to form a congregation that would teach boys and girls in
the same school.
It was a radical notion in its day, but had government support, and the bishop authorized
a test site. The Congregation of the Sisters of Saint Anne was
founded in Vaudreuil on 8
September 1850 with
Esther as first superior, taking the name in religion of Marie-Anne.
The community grew, and the motherhouse transferred to
Saint Jacques de l’Achigan in 1853.
There the new chaplain, Father Louis
Adolphe Marechal, abused his position, meddled in the financial and spiritual
life of the Congregation, and generally sabotaged the work of Mother Marie
Anne. Marechel succeeded in having her removed from her position in the Congregation.
Directress at Saint Genevieve Convent,
but she continued to be harassed by Marechal. Accused of mismanagement, she was
recalled to the Motherhouse in 1858,
and was prohibited for her remaining 32 years from an administrative position;
the sisters were ordered not to refer to her as “Mother”. Realizing that any
fight she could make would only damage the Congregation, she accepted her
lot, and worked in the laundry,
the ironing room, and other menial positions. Elected several times as superior
of the Congregation, she was forbidden to accept, and never tried. Her
humility and resignation paid off as the Congregation continued to
grow, and universal education became
the norm.
Born
18 April 1809 in
Terrebonne, Quebec, Canada as Esther
Blondin
2
January 1890 at
Lachine, Quebec, Canada of
natural causes
14 May 1991 by Pope John
Paul II (decree of heroic virtue)
29 April 2001 by Pope John
Paul II
Additional Information
other sites in english
Canadian Conference of Catholic Bishops
Sisters of Saint Anne, Marlboro, Massachusetts, USA
images
audio
sitios en español
Martirologio Romano, 2001 edición
sites en français
fonti in italiano
nettsteder i norsk
Readings
Model of a humble and hidden life, Marie-Anne Blondin
found interior strength by contemplating the cross, showing us that the life of
intimacy with Christ is the surest way to give fruits mysteriously and fulfill
the mission willed by God. – Pope John
Paul II at the beatification of Blessed Maria
Lord. You gave to Blessed Marie Anne Blondin a heart
impassioned for your glory and You called her to serve with tenderness the
young, the poor and the sick. You gave her hope in the most difficult moments
of her life and You led her to deep serenity. Be praised, Lord, for your humble
servant, Blessed Marie
Anne Blondin. Through her intercession grant us the favour that we ask of You
with confidence. Amen. – prayer for obtaining a favour
MLA Citation
“Blessed Maria Anna Blondin“. CatholicSaints.Info.
17 August 2020. Web. 18 April 2021. <http://catholicsaints.info/blessed-maria-anna-blondin/>
SOURCE : http://catholicsaints.info/blessed-maria-anna-blondin/
SOURCE : http://www.biographi.ca/fr/bio.php?id_nbr=5858
(1809 - 1890)
Den salige Maria
Anna Blondin (1809-1890)
Minnedag: 18.
april
Den salige Maria Anna (fr: Marie-Anne) ble født som
Esther Sureau Blondin den 18. april 1809 i Terrebonne i Québec i Canada, nå en
av forstedene til Montreal. Hennes foreldre, Jean-Baptiste Blondin og
Marie-Rose Limoges, var beskjedne, men dypt kristne bønder. Fra moren arvet
datteren en fromhet konsentrert om Det guddommelige forsyn og eukaristien, og
fra sin far en dyp tro og en sterk tålmodighet overfor lidelser. Hun vokste opp
på foreldrenes gård og deltok i de mangfoldige aktivitetene der. Skolegang kostet
den gangen mer enn de fleste hadde råd til, selv med støtte fra religiøse
ordener og menighetsskoler, så Esther fikk ingen utdannelse.
For å hjelpe familien økonomisk begynte hun tyve år
gammel som tjenestejente hos en kjøpmann i landsbyen. Noen måneder senere
tilbød hun sine tjenester som tjenestejente til søstrene fra Kongregasjonen av
Notre Dame, som nettopp var kommet til landsbyen og som drev menighetens skole.
Hun var da fortsatt analfabet, men begynte å lære å lese og skrive mens hun
arbeidet. Deretter trådte hun inn i søstrenes novisiat, men sykdom tvang henne
til å slutte igjen i 1833.
Etter noen måneders hvile begynte hun i mai 1833 å
undervise på en menighetsskole i Vaudreuil i Québec etter invitasjon fra en
tidligere novise fra Notre Dame som drev skolen. Her ville hun forsøke å hjelpe
barna i området som i likhet med henne selv ellers ville ha liten sjanse for å
lære å lese og skrive og få en formell utdannelse. Få år senere ble Esther
rektor for det som fikk navnet Académie Blondin. Sakte men sikkert oppdaget hun
at en av grunnene til den intellektuelle fattigdommen blant fransk-kanadiere
var en kirkelig regel som forbød kvinner å undervise gutter og menn å undervise
jenter. Siden de fleste prester var ute av stand til å finansiere to skoler i
menigheten, valgte mange av dem å ha ingen skoler.
Etter et uimotståelig åndelig kall reiste Esther våren
1848 til Montreal for å forelegge for biskopen et prosjekt hun har tenkt lenge
på: Å grunnlegge en religiøs kongregasjon for å undervise fattige barn på
landsbygda, og det i blandede skoler med både gutter og jenter. Selv om biskop
Ignace Le Bourget var skeptisk til prosjektet og mente det stred imot den
naturlige orden, var staten tilhenger av slike skoler, så han ga tillatelse til
en beskjeden prøve.
Den 8. september 1850 ble instituttet Søstre av den
hellige Anna (Soeurs
de Sainte-Anne – SSA) kanonisk grunnlagt av Esther Blondin i Vandreuil.
Esther ble superior og tok ordensnavnet sr. Marie-Anne, eller Mary Ann, som hun
ble kjent som i det engelskspråklige Canada. Kommuniteten startet med seks
medlemmer, men allerede i 1857 hadde de 45 medlemmer. Sommeren 1853 gjorde
plassmangel at biskop Le Bourget påla dem å flytte til Saint-Jacques de
l'Achigan (i dag Saint-Jacques de Montcalm) i området Joliette. Men der skulle
Marie-Anne møte store problemer.
Svært raskt oppsto det store vanskeligheter i forhold
til klosterets unge kapellan, den 29-årige p. Louis-Adolphe Maréchal, som
blandet seg inn i klosterets indre liv. Mère Marie-Anne ville på sin side
beskytte kommunitetens rettigheter, og de var stadig i konflikter. Etter et år
ga biskop Le Bourget den 18. august 1854 Marie-Anne ordre om å trekke seg som
klosterets superior. Til tross for hindringene fortsatte søstrene med sin
religiøse observans og sitt kommunitetsarbeid og viet seg til utdannelsen av de
fattige og de trengende. Den hellige Anna, skytshelgen for lærere, var deres
inspirasjon.
Marie-Anne ble leder for kostskolen Sainte-Geneviève.
Men på grunn av innflytelsen fra kapellan Maréchal fortsatte forfølgelsene av
henne, og fire år senere ble de tatt opp på nytt. Da ble Mère Marie-Anne kalt
tilbake til Saint-Jacques under påskudd om «dårlig administrasjon», og der sto
hennes navn i ett år ikke på listen over søstre og deres oppgaver. Søstrene
fikk forbud mot å kalle henne «moder», og ifølge eget utsagn var hun redusert
til «et null». I 1859 ble hun utnevnt til sakristan og utførte diverse manuelle
oppgaver etter kommunitetens behov.
I 1860 flyttet søstrene av St. Anna sitt hovedkvarter
til Lachine ved bredden av St. Lawrence River. I kjelleren i moderhuset, i
vaskeriet og strykerommet, lærte mange generasjoner noviser et sant eksempel på
lydighet og ydmykhet av sin grunnleggerske. Hun ble holdt borte fra
generalkapitlenes forhandlinger, selv da søstrene i 1872 og 1878 gjenvalgte
henne.
Etter 25 års ydmykt liv døde Mère Marie-Anne den 2.
januar 1890 i hovedkvarteret i Lachine. Før hun døde, gjentok hun sin
tilgivelse av kapellan Maréchal.
I 30 år etter sin død forble hun i skyggen. Men i 1917
fikk en kapellan ved hovedkvarteret anledning til å møte vitner til Mère
Marie-Annes liv, og han holdet en serie foredrag som vakte stor entusiasme. I
1950, da kongregasjonen feiret sitt 100-årsjubileum, ga erkebiskop Paul-Émile
Leger av Montreal tillatelse til at de første offisielle skritt ble tatt for å
anerkjenne Marie-Annes hellighet. Den første fullstendige biografien,
«Martyrium i stillhet», ble utgitt i 1956 av p. Eugene Nedeau OMI, som la frem
fakta som til da hadde vært ukjent.
Den 14. mai 1991 ble hennes «heroiske dyder» anerkjent
og hun fikk tittelen Venerabilis («Ærverdig»). Den 28. juni 1999
undertegnet pave Johannes Paul II (1978-2005) dekretet fra
Helligkåringskongregasjonen som godkjente et mirakel på hennes forbønn. Hun ble
saligkåret av paven den 29. april 2001 på Petersplassen i Roma. Hennes minnedag
er 18. april.
Kilder: Patron
Saints SQPN, vatican.va, EWTN/OR, La Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne,
St. Ann's Academy, Diocèse d'Edmundston - Kompilasjon og oversettelse:
p. Per Einar
Odden - Sist oppdatert: 2005-07-04 16:20
SOURCE : http://www.katolsk.no/biografier/historisk/mblondin
Études: Christine Mailloux, s.s.a., Une femme dans la tourmente (1992), Lachine, Éditions Sainte-Anne, 2001, 472 p.
Thérèse Simard. Marie-Anne Blondin, femme des Béatitudes, Montréal, Médiaspaul, 2002, 190 p.
Christine Mailloux, s.s.a.. Esther Blondin, un voyage une passion, Montréal, Médiaspaul, 2010, 588 p.
Micheline Dumont. « Christine Mailloux, Esther Blondin. Un voyage, une passion, Montréal, Mediaspaul, 2010, 591p. » (compte rendu), Études d'histoire religieuse. Volume 77, 2011 : https://www.erudit.org/fr/revues/ehr/2011-v77-ehr052/1008405ar.pdf
Margaret Cantwell,s.s.a. Les Soeurs de Sainte-Anne en Alaska et au Yukon, Lachine,
Les Soeurs de Sainte-Anne, 372 p. Traduction de North to share de
Albert Beaudry.
