JUBILÉ
EXTRAORDINAIRE DE LA MISÉRICORDE
DISCOURS DU PAPE FRANÇOIS
Chers frères et sœurs,
bonsoir !
Nous partageons avec joie
et reconnaissance ce moment de prière qui nous introduit au Dimanche de la
Miséricorde, tant désiré par saint Jean-Paul II – il y a onze ans, comme en ce
jour, en 2005 il s’en est allé – ; et il voulait ceci pour accomplir une demande
de sainte Faustine. Les témoignages qui ont été proposés – et dont nous
remercions – et les lectures que nous avons entendues ouvrent des trouées de
lumière et d’espérance pour entrer dans le grand océan de la miséricorde de
Dieu. Combien sont les visages de sa miséricorde, avec lesquels il vient à
notre rencontre ? Ils sont vraiment nombreux ; il est impossible de tous les
décrire, parce que la miséricorde de Dieu est en croissance continuelle. Dieu
ne se fatigue jamais de l’exprimer et nous ne devrions jamais nous habituer à
la recevoir, à la rechercher, à la désirer ! C’est quelque chose de toujours
nouveau qui provoque étonnement et surprise en voyant la grande imagination
créatrice de Dieu quand il vient à notre rencontre avec son amour.
Dieu s’est révélé en
manifestant plusieurs fois son nom, et ce nom est « miséricordieux » (cf. Ex. 34,6).
Comme grande et infinie est la nature de Dieu, aussi grande et infinie est sa
miséricorde, à tel point qu’il semble une entreprise ardue de pouvoir la
décrire sous tous ses aspects. Parcourant les pages de la sainte Ecriture, nous
trouvons que la miséricorde est avant tout la proximité de Dieu avec
son peuple. Une proximité qui s’exprime et se manifeste principalement comme
aide et protection. C’est la proximité d’un père et d’une mère qui se reflète
dans une belle image du prophète Osée. Il dit ceci : « Je le guidais avec
humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on
soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger »
(11, 4). L’accolade d’un père et d’une mère à leur enfant. Cette image est très
expressive : Dieu prend chacun de nous et le soulève tout contre sa joue. Que
de tendresse cela contient, que d’amour cela exprime ! Tendresse :
mot presqu’oublié et dont le monde d’aujourd’hui – nous tous – nous avons
besoin. J’ai pensé à cette parole du prophète quand j’ai vu le logo du
Jubilé. Non seulement Jésus porte l’humanité sur ses épaules, mais sa joue est
contre celle d’Adam, à tel point que les deux visages semblent se fondre en un.
Nous n’avons pas un Dieu
qui ne saurait pas comprendre nos faiblesses et y compatir (cf. He 4,
15). Au contraire ! Justement en vertu de sa miséricorde Dieu s’est fait l’un
de nous : « Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni
lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec
une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un
cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout,
en tout semblable à nous, hormis le péché (Gaudium et spes, n. 22). En Jésus,
donc, non seulement nous pouvons toucher de la main la miséricorde du Père,
mais nous sommes poussés à devenir nous-mêmes instrument de la miséricorde. Il
peut être facile de parler de miséricorde, alors qu’il est plus engageant d’en
devenir concrètement des témoins. C’est un parcours qui dure toute la vie et ne
devrait connaître aucune pause. Jésus nous a dit que nous devons être «
miséricordieux comme le Père » (cf. Lc 6, 36). Et cela dure toute la
vie !
Que de visages a donc la
miséricorde de Dieu ! Elle nous est fait connaître comme proximité et
tendresse, mais aussi en vertu de cela comme compassion et partage,
comme consolation et pardon. Qui plus en reçoit, plus il est appelé
à l’offrir, à la partager ; elle ne peut être tenue cachée ni gardée seulement
pour soi-même. C’est quelque chose qui brûle le cœur et le provoque à aimer,
reconnaissant le visage de Jésus Christ surtout en celui qui est plus loin,
faible, seul, perdu et marginalisé. La miséricorde ne reste pas clouée sur
place : elle va à la recherche de la brebis perdue, et quand elle la retrouve
elle exprime une joie contagieuse. La miséricorde sait regarder dans les yeux
chaque personne ; chacune est précieuse pour elle, parce que chacune est
unique. Que de douleur nous éprouvons dans le cœur lorsque nous entendons dire
: ‘‘Ces gens… ces gens, ces pauvres gens, mettons-les dehors, laissons-les
dormir dans la rue…’’. Cela est-il de Jésus ?
Chers frères et sœurs, la
miséricorde ne peut jamais nous laisser tranquilles. C’est l’amour du Christ
qui nous « inquiète » tant que nous n’avons pas atteint l’objectif ; qui nous
pousse à embrasser et à serrer contre nous, à impliquer tous ceux qui ont
besoin de miséricorde pour permettre à tous d’être réconciliés avec le Père
(cf. 2 Co 5, 14-20). Nous ne devons pas avoir peur, c’est un amour
qui nous rejoint et nous implique au point d’aller au-delà de nous-mêmes, pour
nous permettre de reconnaître son visage dans celui de nos frères.
Laissons-nous conduire docilement par cet amour et nous deviendrons
miséricordieux comme le Père.
Nous avons écouté
l’Évangile : Thomas était un homme têtu. Il n’avait pas cru. Et il a trouvé la
foi précisément lorsqu’il a touché les plaies du Seigneur. Une foi qui n’est
pas capable de se mettre dans les plaies du Seigneur n’est pas la foi ! Une foi
qui n’est pas capable d’être miséricordieuse, comme les plaies du Seigneur sont
signe de miséricorde, n’est pas la foi : c’est une idée, c’est une idéologie.
Notre foi est incarnée dans un Dieu qui s’est fait chair, qui s’est fait péché,
qui a été plaie pour nous. Mais si nous voulons croire vraiment et avoir la
foi, nous devons nous approcher et toucher cette plaie, caresser cette plaie et
également abaisser la tête pour laisser les autres caresser nos plaies.
Il est bien alors que ce
soit l’Esprit Saint qui guide nos pas : C’est lui l’Amour, c’est lui la
Miséricorde qui se communique à nos cœurs. Ne mettons pas d’obstacles à son
action vivifiante, mais suivons-le docilement sur les sentiers qu’il nous
indique. Demeurons avec le cœur ouvert, pour que l’Esprit puisse le transformer
; et ainsi, pardonnés, réconciliés, immergés dans les plaies du Seigneur,
devenons des témoins de la joie qui jaillit du fait d’avoir rencontré le
Seigneur ressuscité, vivant au milieu de nous.
[Bénédiction]
L’autre jour, en parlant
avec les dirigeants d’une association d’aide, de charité, a émergé cette idée,
et j’ai pensé : ‘‘Je l’exprimerai à Place [Saint Pierre], le samedi’’. Qu’il
serait beau que comme souvenir, disons, comme un ‘‘monument’’ de cette Année de
la Miséricorde, il y ait dans chaque diocèse une œuvre, sous la forme d’une
structure, de miséricorde : un hôpital, une maison pour les personnes âgées,
pour les enfants abandonnés, une école là où il n’y en a pas, une maison pour
récupérer les toxicomanes… Tant de choses qu’on peut faire… Il serait beau que
chaque diocèse y pense : que puis-je laisser comme souvenir vivant, comme œuvre
de miséricorde vivante, comme plaie de Jésus vivant à l’occasion de cette Année
de la Miséricorde ? Pensons-y et parlons-en avec les Evêques. Merci !
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pour la Communication
EXTRAORDINARY
JUBILEE OF MERCY
PRAYER VIGIL ON THE
OCCASION OF THE JUBILEE OF DIVINE MERCY
ADDRESS OF HIS HOLINESS
POPE FRANCIS
Good evening! With joy
and thanksgiving we come together to share this time of prayer that begins
Mercy Sunday. It is a liturgical feast which Saint John Paul II –
he left us on this day in 2005 - ardently desired as a response to the request
of Sister Faustina. The testimonies offered – for which we are grateful – and
the readings we have just heard provide us the light and hope needed to enter
the great ocean of God’s mercy. How many are the expressions of mercy with
which God encounters us? They are numerous and it is impossible to describe
them all, for the mercy of God continually increases. God never tires of
showing us mercy and we should never take for granted the opportunity to receive,
seek and desire this mercy. It is something always new, which inspires awe and
wonder as we see God’s immense creativity in the ways he comes to meet us.
God has revealed himself,
on many occasions, through his name which is “merciful” (cf. Ex 34:6).
How great and infinite is the nature of God, so great and infinite his mercy,
to the point that it is greatly challenging to describe it in all its entirety.
Through Sacred Scriptures, we find that mercy is above all the closeness of God
to his people. It is a closeness expressed essentially through help and
protection. It is the closeness of a father or mother reflected in the
beautiful words of the prophet Hosea: “I led them with cords of compassion,
with the bands of love, and I became to them as one who eases the yoke on their
jaws, and I bent down to them and fed them” (11:4). A father and mother’s
embrace of their child. This image is extremely evocative: God picks each one
of us up and holds us to his cheek. How much tenderness and love is expressed here!
Tenderness: a word almost forgotten and one which the world today needs, all of
us need. I had these words of the prophet in mind when I saw the image for the
Jubilee. Jesus not only carries humanity on his shoulders, but his face is so
closely joined to Adam’s face that it gives the impression they are one.
We do not have a God who
is incapable of understanding and sharing our weaknesses (cf. Heb 4:15).
Quite the contrary! Precisely because of his mercy God became one of us: “For
by his incarnation the Son of God has united himself in some fashion with every
man. He worked with human hands, he thought with a human mind, acted by human
choice and loved with a human heart. Born of the Virgin Mary, he has truly been
made one of us, like us in all things except sin” (Gaudium
et Spes, 22). In Jesus, therefore, we are able not only to touch the mercy
of God with our hands, but we are inspired to become instruments of his mercy.
It is easy to speak of mercy, yet more difficult to become its witness. This is
a path that is lifelong and which should not be interrupted. Jesus has said to
us that we must be “merciful as the Father” (cf. Lk 6:36). It is a
lifelong endeavour.
How many expressions
there are, therefore, of God’s mercy! This mercy comes to us as closeness and
tenderness, and because of this, comes also as compassion and solidarity, as
consolation and forgiveness. The more we receive, the more we are called to
share it with others; it cannot be kept hidden or kept only for ourselves. It
is something which burns within our hearts, driving us to love, thus
recognizing the face of Jesus Christ, above all in those who are most distant,
weak, alone, confused and marginalized. Mercy does not remain still: it seeks
out the lost sheep, and when one is found, a contagious joy overflows. Mercy
knows how to look into the eyes of every person; each one is precious, for each
one is unique. How much pain do we feel in our hearts when we hear: “These
people… these people, these poor souls, let’s throw them out, let them sleep on
the streets…”. Are these words from Jesus?
Dear brothers and
sisters, mercy never allows us to feel satisfied. It is the love of Christ
which makes us restless until we reach the goal; it impels us to embrace,
welcome and include those who need mercy, so that all may be reconciled with
the Father (cf. 2 Cor 5:14-20). We ought not to fear for it is a love
which comes to us and involves us to such an extent that we go beyond
ourselves, enabling us to see his face in our brothers and sisters. Let us
allow ourselves to be humbly guided by this love; then we will become merciful
as the Father is merciful.
We have heard the Gospel:
Thomas was hard-headed. He did not believe. And he found his faith at precisely
the moment he touched the wounds of the Lord. A faith that is not able to touch
the Lord’s wounds, is not faith! A faith that cannot be merciful, as the Lord’s
wounds were a sign of mercy, is not faith: it is an idea, an ideology. Our
faith is incarnated in a God who was made man, who became sin, who was wounded
for us. But if we really want to believe and have faith, we must draw near and
touch those wounds, caress those wounds and even lower our head and allow
others to sooth our wounds.
It is good that it is the
Holy Spirit who guides us: he is love, he is the mercy that is poured into our
hearts. May we not place obstacles to his life-giving work but with docility
follow the path he shows us. Let us open our hearts so that the Spirit can
transform us; thus forgiven, reconciled, and sheltered in our Lord’s wounds, we
will become witnesses to the joy that brims over on finding the risen Lord,
alive among us.
[The Holy Father imparts
his Apostolic Blessing].
The other day, speaking
with the directors of a charitable agency, the following idea surfaced. I
thought it would be good to share it with you this evening. How beautiful it
would be to have as a reminder, a “memorial” as it were, in every diocese
during this Year of Mercy, an institutional expression of mercy: a hospital, a
home for the elderly, for abandoned children, a school where none exists, a
home for the recovery of addicts… There are so many things that could be done…
It would be very good for each diocese to consider: what can we leave as a
living memory, as a work of living mercy, as a wound of the living Jesus for
this Year of Mercy? Let us reflect on this and speak to the Bishops about it.
Thank you.
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Communication
GIUBILEO
STRAORDINARIO DELLA MISERICORDIA
DISCORSO DEL SANTO PADRE
FRANCESCO
Condividiamo con gioia e
riconoscenza questo momento di preghiera che ci introduce nella Domenica della
Misericordia, tanto desiderata da san Giovanni Paolo II –
undici anni fa, come oggi, nel 2005 se n’è andato –; e voleva questo per dare
compimento a una richiesta di santa Faustina. Le testimonianze che sono state
offerte – e di cui ringraziamo – e le letture che abbiamo ascoltato aprono
squarci di luce e di speranza per entrare nel grande oceano della misericordia
di Dio. Quanti sono i volti della sua misericordia, con cui Lui ci viene
incontro? Sono veramente tanti; è impossibile descriverli tutti, perché la
misericordia di Dio è un continuo crescendo. Dio non si stanca mai di
esprimerla e noi non dovremmo mai abituarci a riceverla, ricercarla,
desiderarla! E’ qualcosa di sempre nuovo che provoca stupore e meraviglia nel
vedere la grande fantasia creatrice di Dio quando ci viene incontro con il suo
amore.
Dio si è rivelato
manifestando più volte il suo nome, e questo nome è “misericordioso” (cfr Es 34,6).
Come è grande e infinita la natura di Dio, così grande e infinita è la sua
misericordia, a tal punto che appare un’impresa ardua poterla descrivere in
tutti i suoi aspetti. Scorrendo le pagine della Sacra Scrittura, troviamo che
la misericordia è anzitutto la vicinanza di Dio al suo popolo. Una
vicinanza che si esprime e si manifesta principalmente come aiuto e protezione.
E’ la vicinanza di un padre e di una madre che si rispecchia in una bella
immagine del profeta Osea. Dice così: «Io li traevo con legami di bontà, con
vincoli d’amore, ero per loro come chi solleva un bimbo alla sua guancia, mi
chinavo su di lui per dargli da mangiare» (11,4). L’abbraccio di un papà e di
una mamma con il loro bambino. E’ molto espressiva questa immagine: Dio prende
ciascuno di noi e ci solleva fino alla sua guancia. Quanta tenerezza contiene
e quanto amore esprime! Tenerezza: parola quasi dimenticata e di cui il mondo
di oggi – tutti noi – abbiamo bisogno. Ho pensato a questa parola del profeta
quando ho visto il logo del Giubileo. Gesù non solo porta sulle sue spalle
l’umanità, ma la sua guancia stretta con quella di Adamo, a tal punto che i due
volti sembrano fondersi in uno.
Noi non abbiamo un Dio
che non sappia comprendere e compatire le nostre debolezze (cfr Eb 4,15).
Al contrario! Proprio in forza della sua misericordia Dio si è fatto uno di
noi: «Con l’incarnazione il Figlio di Dio si è unito in certo modo ad ogni
uomo. Ha lavorato con mani d’uomo, ha pensato con intelligenza d’uomo, ha agito
con volontà d'uomo, ha amato con cuore d’uomo. Nascendo da Maria vergine, egli
si è fatto veramente uno di noi, in tutto, in tutto simile a noi fuorché il
peccato» (Gaudium
et spes, 22). In Gesù, quindi, non solo possiamo toccare con mano la
misericordia del Padre, ma siamo spinti a diventare noi stessi strumento della
misericordia. Può essere facile parlare di misericordia, mentre è più
impegnativo diventarne concretamente dei testimoni. E’ questo un percorso che
dura tutta la vita e non dovrebbe conoscere alcuna sosta. Gesù ci ha detto che
dobbiamo essere “misericordiosi come il Padre” (cfr Lc 6,36). E
questo prende tutta la vita!
Quanti volti, dunque, ha
la misericordia di Dio! Essa ci viene fatta conoscere come vicinanza e
tenerezza, ma in forza di questo anche come compassione e condivisione,
come consolazione e perdono. Chi più ne riceve, più è chiamato a
offrirla, a condividerla; non può essere tenuta nascosta né trattenuta solo per
sé stessi. E’ qualcosa che brucia il cuore e lo provoca ad amare, riconoscendo
il volto di Gesù Cristo soprattutto in chi è più lontano, debole, solo, confuso
ed emarginato. La misericordia non sta ferma: va alla ricerca della pecora
perduta, e quando la ritrova esprime una gioia contagiosa. La misericordia sa
guardare negli occhi ogni persona; ognuna è preziosa per lei, perché ognuna è
unica. Quanto dolore nel cuore sentiamo quando sentiamo dire: “Questa gente…
questa gente, questi poveracci, buttiamoli fuori, lasciamoli dormire sulle
strade…”. Questo è da Gesù?
Cari fratelli e sorelle,
la misericordia non può mai lasciarci tranquilli. E’ l’amore di Cristo che ci
“inquieta” fino a quando non abbiamo raggiunto l’obiettivo; che ci spinge ad
abbracciare e stringere a noi, a coinvolgere quanti hanno bisogno di
misericordia per permettere che tutti siano riconciliati con il Padre
(cfr 2 Cor 5,14-20). Non dobbiamo avere timore, è un amore che ci
raggiunge e coinvolge a tal punto da andare oltre noi stessi, per permetterci
di riconoscere il suo volto in quello dei fratelli. Lasciamoci condurre
docilmente da questo amore e diventeremo misericordiosi come il Padre.
Abbiamo ascoltato il
Vangelo: Tommaso era un testardo. Non aveva creduto. E ha trovato la fede
proprio quando ha toccato le piaghe del Signore. Una fede che non è capace di
mettersi nelle piaghe del Signore, non è fede! Una fede che non è capace di
essere misericordiosa, come sono segno di misericordia le piaghe del Signore,
non è fede: è idea, è ideologia. La nostra fede è incarnata in un Dio che si è
fatto carne, che si è fatto peccato, che è stato piagato per noi. Ma se noi
vogliamo credere sul serio e avere la fede, dobbiamo avvicinarci e toccare
quella piaga, accarezzare quella piaga e anche abbassare la testa e lasciare
che gli altri accarezzino le nostre piaghe.
E’ bene allora che sia lo
Spirito Santo a guidare i nostri passi: Lui è l’Amore, Lui è la Misericordia
che si comunica nei nostri cuori. Non poniamo ostacoli alla sua azione
vivificante, ma seguiamolo docilmente sui sentieri che Lui ci indica. Rimaniamo
con il cuore aperto, perché lo Spirito possa trasformarlo; e così, perdonati,
riconciliati, immersi nelle piaghe del Signore, diventiamo testimoni della
gioia che scaturisce dall’aver incontrato il Signore Risorto, vivo in mezzo a
noi.
[Benedizione]
L’altro giorno, parlando
con i dirigenti di una associazione di aiuto, di carità, è uscita questa idea,
e ho pensato: “La dirò in piazza, sabato”. Che bello sarebbe che come un
ricordo, diciamo, un “monumento” di quest’Anno della Misericordia, ci fosse in
ogni diocesi un’opera strutturale di misericordia: un ospedale, una casa per
anziani, per bambini abbandonati, una scuola dove non ci fosse, una casa per
recuperare i tossicodipendenti… Tante cose che si possono fare… Sarebbe bello
che ogni diocesi pensasse: cosa posso lasciare come ricordo vivente, come opera
di misericordia vivente, come piaga di Gesù vivente per questo Anno della
Misericordia? Pensiamoci e parliamone con i Vescovi. Grazie.
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AUSSERORDENTLICHES
JUBILÄUM DER BARMHERZIGKEIT
ANSPRACHE VON PAPST FRANZISKUS
Voll Freude und
Dankbarkeit halten wir gemeinsam diesen Moment des Gebets, der uns in den
Sonntag der göttlichen Barmherzigkeit einführt. Dieser Tag war der große Wunsch
des heiligen Johannes Paul II. – vor elf Jahren wie heute, im Jahr 2005 ist er
von uns gegangen; er wollte diesen Tag, um damit eine Bitte der heiligen
Faustyna zu erfüllen. Die Zeugnisse, die vorgetragen wurden – und für die wir
danken –, und die Lesungen, die wir gehört haben, sind ein Licht- und
Hoffnungsstrahl, um in den großen Ozean der Barmherzigkeit Gottes einzutreten.
Wie viele Gesichter hat seine Barmherzigkeit, mit denen er uns entgegenkommt?
Es sind wirklich sehr viele; es ist unmöglich, sie alle zu beschreiben, denn
die Barmherzigkeit Gottes wächst beständig. Gott wird nie müde, sie zum
Ausdruck zu bringen, und wir sollten uns nie daran gewöhnen, sie zu empfangen,
zu suchen und zu ersehnen. Sie ist etwas stets Neues, das Staunen und
Verwunderung hervorruft, wenn wir den großen schöpferischen Erfindungsreichtum
Gottes sehen, wenn er uns mit seiner Liebe entgegenkommt.
Gott hat sich geoffenbart
und mehrmals seinen Namen kundgetan, und dieser Name ist „Barmherzigkeit“
(vgl. Ex 34,6). So groß und unendlich wie das Wesen Gottes, so groß
und unendlich ist seine Barmherzigkeit, derart, dass es ein schwieriges
Unterfangen scheint, sie in allen ihren Aspekten zu beschreiben. Wenn wir die
Seiten der Heiligen Schrift durchgehen, sehen wir, dass die Barmherzigkeit
zuallererst die Nähe Gottes zu seinem Volk ist. Eine Nähe, die sich
vor allem als Hilfe und Schutz ausdrückt und zeigt. Es ist die Nähe eines
Vaters und einer Mutter, die sich im schönen Bild des Propheten Hosea widerspiegelt.
Er sagt so: „Mit menschlichen Fesseln zog ich sie an mich, mit den Ketten der
Liebe. Ich war da für sie wie die (Eltern), die den Säugling an ihre Wangen
heben. Ich neigte mich ihm zu und gab ihm zu essen“ (11,4). Die Umarmung eines
Vaters und einer Mutter mit ihrem Kind. Dieses Bild ist sehr ausdrucksstark:
Gott nimmt einen jeden von uns und hebt uns an seine Wange. Wie viel Zärtlichkeit steckt
in diesem Bild, wie viel Liebe drückt es aus! Zärtlichkeit: ein fast
vergessenes Wert – und die Welt von heute, wir alle, brauchen sie. Ich habe an
dieses Wort des Propheten gedacht, als ich das Logo des Heiligen Jahres sah.
Jesus trägt auf seinen Schultern nicht nur die Menschheit, sondern seine Wange
liegt so eng an der Wange Adams, dass die beiden Gesichter scheinbar zu einem
verschmelzen.
Wir haben keinen Gott,
der uns nicht verstehen und nicht mitfühlen könnte mit unserer Schwäche
(vgl. Hebr 4,15). Im Gegenteil! Gerade kraft seiner Barmherzigkeit
ist Gott einer von uns geworden: „Der Sohn Gottes hat sich in seiner
Menschwerdung gewissermaßen mit jedem Menschen vereinigt. Mit Menschenhänden
hat er gearbeitet, mit menschlichem Geist gedacht, mit einem menschlichen
Willen hat er gehandelt, mit einem menschlichen Herzen geliebt. Geboren aus
Maria, der Jungfrau, ist er in Wahrheit einer aus uns geworden, in allem [, in
allem] uns gleich außer der Sünde“ (Gaudium
et spes, 22). In Jesus können wir daher die Barmherzigkeit des Vaters nicht
nur mit Händen greifen, sondern wir sind angespornt, selbst ein Werkzeug der
Barmherzigkeit zu werden. Es kann leicht sein, über Barmherzigkeit zu reden,
während es viel anstrengender ist, sie konkret zu bezeugen. Dies ist ein Weg,
der das ganze Leben dauert und keinen Stillstand kennen darf. Jesus hat uns
gesagt, dass wir „barmherzig wie der Vater“ (vgl. Lk 6,36) sein
müssen. Und dies beansprucht das ganze Leben.
Wie viele Gesichter hat
also die Barmherzigkeit Gottes! Sie wird uns kundgetan als Nähe und
Zärtlichkeit, aber kraft dessen auch als Mitleid und Teilhabe,
als Trost und Vergebung. Je mehr einer sie empfängt, umso mehr
ist er aufgerufen, sie anzubieten, mitzuteilen; man kann sie nicht versteckt
halten, noch sie nur für sich selbst behalten. Sie ist etwas, das das Herz
durchglüht und Liebe hervorruft, wenn wir das Antlitz Jesu Christi vor allem in
dem erkennen, der weiter weg, schwächer, einsamer, besorgter und ausgegrenzter
ist. Die Barmherzigkeit steht nicht still: sie macht sich auf die Suche nach
dem verlorenen Schaf, und wenn sie es wiederfindet, zeigt sie eine ansteckende
Freude. Die Barmherzigkeit versteht es, jeder Person in die Augen zu sehen;
jeder Mensch ist für sie wertvoll, weil jeder einzigartig ist. Wie viel Schmerz
spüren wir im Herzen, wenn wir sagen hören: „Diese Leute… diese Leute, diese
armen Kerle, stoßen wir sie hinaus, lassen wir sie auf der Straße schlafen …“
Kommt dies von Jesus?
Liebe Brüder und
Schwestern, die Barmherzigkeit darf uns nie unbewegt lassen. Die Liebe Christi
„beunruhigt“ uns, solange wir nicht das Ziel erreicht haben; sie drängt uns,
alle, die der Barmherzigkeit bedürfen, zu umarmen und an uns zu drücken, sie
teilhaben zu lassen, um zu ermöglichen, dass alle mit dem Vater versöhnt werden
(vgl. 2 Kor 5,14-20). Wir dürfen keine Angst haben. Sie ist eine
Liebe, die uns erreicht und soweit teilhaben lässt, dass wir aus uns
herausgehen, um uns zu erlauben, sein Antlitz in dem der Brüder und Schwestern
zu erkennen. Lassen wir uns von dieser Liebe folgsam führen, und wir werden
barmherzig wie der Vater.
Wir haben das Evangelium
gehört: Thomas war ein Dickkopf. Er hat nicht geglaubt. Und er kam zum Glauben
gerade, als er die Wunden des Herrn berührte. Ein Glaube, der sich nicht in die
Wunden des Herrn legen kann, ist kein Glaube! Ein Glaube, der nicht barmherzig
sein kann, wie die Wunden des Herrn ein Zeichen der Barmherzigkeit sind, ist
kein Glaube: er ist eine Idee, eine Ideologie. Unser Glaube ist Fleisch
geworden in einem Gott, der Fleisch geworden ist, der zur Sünde geworden ist,
der für uns verwundet wurde. Aber wenn wir ernsthaft glauben wollen und Glauben
haben wollen, müssen wir näher kommen und jene Wunde berühren, wir müssen jene
Wunde streicheln und auch das Haupt beugen und zulassen, dass die anderen
unsere Wunden streicheln.
Es ist also gut, dass der
Heilige Geist unsere Schritte lenkt: Er ist die Liebe, Er ist die
Barmherzigkeit, die sich in unsere Herzen hinein mitteilt. Setzen wir seinem
lebenspendenden Handeln keine Hindernisse, sondern folgen wir ihm fügsam auf
seinen Wegen, die Er uns zeigt. Halten wir unser Herz offen, damit der Geist es
verwandeln kann; und so werden wir nach unserer eigenen Vergebung und
Versöhnung, wenn wir hineingetaucht sind in die Wunden des Herrn, zu Zeugen der
Freude, die aus der Begegnung mit dem auferstandenen Herrn hervorgeht, der
unter uns lebt.
[Segen]
Als ich neulich mit den
Leitern einer karitativen Hilfsorganisation sprach, kam es zu folgender Idee,
und ich dachte: „Diese erwähne ich am Samstag auf dem Petersplatz“. Wie schön
wäre es, wenn es gleichsam als Erinnerung, sagen wir als „Denkmal“ des Jahres
der Barmherzigkeit, in jeder Diözese ein Bauwerk der Barmherzigkeit gäbe: ein
Krankenhaus, ein Seniorenheim, ein Kinderheim, eine Schule, wo es noch keine
gab, ein Haus, um Drogenabhängige wieder einzugliedern… Man kann viele Dinge
tun… Es wäre schön, wenn jede Diözese darüber nachdenken würde: Was kann ich
als lebendige Erinnerung, als Werk der lebendigen Barmherzigkeit, als Wunde des
lebendigen Jesus für dieses Jahr der Barmherzigkeit hinterlassen? Denken wir
darüber nach und sprechen wir darüber mit den Bischöfen. Danke.
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JUBILEO
EXTRAORDINARIO DE LA MISERICORDIA
DISCURSO DEL SANTO PADRE
FRANCISCO
Compartimos con alegría y
agradecimiento este momento de oración que nos introduce en el Domingo de la
Misericordia, muy deseado por san Juan Pablo II — hoy, hace once años, en el
2005 se ha ido—, y quería esto para hacer realidad una petición de santa
Faustina. Los testimonios que han sido presentados —por los que damos gracias—
y las lecturas que hemos escuchado abren espacios de luz y de esperanza para
entrar en el gran océano de la misericordia de Dios. ¿Cuántos son los rostros
de la misericordia, con los que él viene a nuestro encuentro? Son
verdaderamente muchos; es imposible describirlos todos, porque la misericordia
de Dios es un crescendo continuo. Dios no se cansa nunca de
manifestarla y nosotros no deberíamos acostumbrarnos nunca a recibirla,
buscarla y desearla. Siempre es algo nuevo que provoca estupor y maravilla al
ver la gran fantasía creadora de Dios, cuando sale a nuestro encuentro con su
amor.
Dios se ha revelado,
manifestando muchas veces su nombre, y este nombre es “misericordioso”
(cf. Ez 34,6). Así como la naturaleza de Dios es grande e infinita,
del mismo modo es grande e infinita su misericordia, hasta el punto que parece
una tarea difícil poder describirla en todos sus aspectos. Recorriendo las
páginas de la Sagrada Escritura, encontramos que la misericordia es sobre
todo cercanía de Dios a su pueblo. Una cercanía que se expresa y se
manifiesta principalmente como ayuda y protección. Es la cercanía de un padre y
de una madre que se refleja en una bella imagen del profeta Oseas, que dice
así: «Con lazos humanos los atraje, con vínculos de amor. Fui para ellos como
quien alza un niño hasta sus mejillas. Me incliné hacia él para darle de comer»
(11,4). El abrazo de un papá y de una mamá con su niño. Es muy expresiva esta
imagen: Dios toma a cada uno de nosotros y nos alza hasta sus mejillas. Cuánta
ternura contiene y cuánto amor manifiesta. Ternura: palabra casi olvidada y de
la que hoy el mundo —todos nosotros— tenemos necesidad.
He pensado en esta
palabra del Profeta cuando he visto el logo del Jubileo. Jesús no sólo lleva
sobre sus espaldas a la humanidad, sino que además pega su mejilla a la de
Adán, hasta el punto que los dos rostros parecen fundirse en uno.
No tenemos un Dios que no
sepa comprender y compadecerse de nuestras debilidades (cf. Hb 4,
15). Al contrario, precisamente en virtud de su misericordia, Dios se ha hecho
uno de nosotros: «El Hijo de Dios con su encarnación, se ha unido, en cierto
modo, con cada hombre. Trabajó con manos de hombre, pensó con inteligencia de
hombre, obró con voluntad de hombre, amó con corazón de hombre. Nacido de la
Virgen María, se hizo verdaderamente uno de nosotros, en todo, en todo semejantes
a nosotros, excepto en el pecado» (Gaudium
et spes, 22). Por lo tanto, en Jesús no sólo podemos tocar la misericordia
del Padre, sino que somos impulsados a convertirnos nosotros mismos en
instrumentos de misericordia. Puede ser fácil hablar de misericordia, mientras
que es más difícil llegar a ser testigos de esa misericordia en lo concreto.
Este es un camino que dura toda la vida y no debe detenerse. Jesús nos dijo que
debemos ser “misericordiosos como el Padre” (cf. Lc 6,36). Y esto
toma toda la vida.
¡Cuántos rostros,
entonces, tiene la misericordia de Dios! Ésta se nos muestra como cercanía y
ternura, pero en virtud de ello también como compasión y comunicación,
como consolación y perdón. Quién más la recibe, más está llamado
a ofrecerla, a comunicarla; no se puede tener escondida ni retenida sólo para
sí mismo. Es algo que quema el corazón y lo estimula a amar, porque reconoce el
rostro de Jesucristo sobre todo en quien está más lejos, débil, solo,
confundido y marginado. La misericordia no se detiene: sale a buscar la oveja
perdida, y cuando la encuentra manifiesta una alegría contagiosa. La
misericordia sabe mirar a los ojos de cada persona; cada una es preciosa para
ella, porque cada una es única. Cuanto dolor sentimos en el corazón, al
escuchar decir: “Esta gente… esta gente, esta pobre gente, echémosla fuera,
dejémosla dormir en la calle…”. ¿Esto es de Jesús?
Queridos hermanos y
hermanas, la misericordia nunca puede dejarnos tranquilos. Es el amor de Cristo
que nos “inquieta” hasta que no hayamos alcanzado el objetivo; que nos empuja a
abrazar y estrechar a nosotros, a involucrar, a quienes tienen necesidad de misericordia
para permitir que todos sean reconciliados con el Padre (cf. 2 Co 5,14-20).
No debemos tener miedo, es un amor que nos alcanza y envuelve hasta el punto de
ir más allá de nosotros mismos, para darnos la posibilidad de reconocer su
rostro en los hermanos. Dejémonos guiar dócilmente por este amor y
llegaremos a ser misericordiosos como el Padre.
Hemos escuchado el
Evangelio. Tomás era un testarudo. No había creído. Y ha encontrado la fe
cuando ha tocado las llagas del Señor. Una fe que no es capaz de meterse en las
llagas del Señor, no es fe. Una fe que no es capaz de ser misericordiosa, como
son signos de misericordia las llagas del Señor, no es fe: es idea, es
ideología. Nuestra fe es encarnada en Dios que se ha hecho carne, que se ha
hecho pecado, que ha sido herido por nosotros. Si queremos creer seriamente y
tener la fe, debemos acercarnos y tocar aquellas llagas, acariciar aquellas
llagas e incluso bajar la cabeza y dejar que los otros acaricien nuestras
heridas.
Que sea, pues, el
Espíritu Santo quien guíe nuestros pasos: Él es el amor, él es la misericordia
que se comunica a nuestros corazones. No pongamos obstáculos a su acción
vivificante, sino sigámoslo dócilmente por los caminos que nos indica.
Permanezcamos con el corazón abierto, para que el Espíritu pueda transformarlo;
y así, perdonados, reconciliados, inmersos en las llagas del Señor, seamos
testigos de la alegría que brota del encuentro con el Señor Resucitado, vivo
entre nosotros.
[Bendición]
El otro día, hablando con
los directivos de una asociación de ayuda, de caridad, ha salido está idea, y
pensé: “la diré en la Plaza, el sábado”. Que bello sería, que como un recuerdo,
digamos, un “monumento” de este Año de la Misericordia, haya en cada diócesis
una obra estructural de misericordia: un hospital, una casa para ancianos, para
niños abandonados, una escuela donde no haya, una casa para recuperar los
toxicómanos… Tantas cosas que se pueden hacer… Sería hermoso que cada diócesis
pensara: ¿Qué podemos dejar como recuerdo vivo, como obra de misericordia viva,
como llaga de Jesús vivo en este Año de la Misericordia? Pensemos y hablémoslo
con los Obispos. Gracias.
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JUBILEU
EXTRAORDINÁRIO DA MISERICÓRDIA
DISCURSO DO PAPA
FRANCISCO
Com alegria e gratidão,
partilhamos estes momentos de oração que nos introduzem no Domingo da
Misericórdia, tão desejado por São João Paulo II – partiu há onze anos, em
2005, num sábado da Divina Misericórdia como hoje –; e queria este Domingo para
satisfazer um pedido de Santa Faustina. Os testemunhos que nos foram oferecidos
– e que agradecemos – e as leituras que ouvimos abrem clareiras de luz e de
esperança para entrar no grande oceano da misericórdia de Deus. Quantas são as
faces da misericórdia com que Ele vem ao nosso encontro? São verdadeiramente
muitas; é impossível descrevê-las todas, porque a misericórdia de Deus cresce
sem cessar. Deus nunca Se cansa de a exprimir, e nós não deveríamos jamais
recebê-la, procurá-la, desejá-la por hábito. É sempre algo de novo que gera
surpresa e maravilha à vista da imaginação criadora de Deus, quando vem ao
nosso encontro com o seu amor.
Deus revelou-Se,
manifestando várias vezes o seu nome; este nome é «misericordioso» (cf. Ex 34,
6). Tal como é grande e infinita a natureza de Deus, assim é grande e infinita
a sua misericórdia, de tal modo que se revela uma árdua tarefa conseguir
descrevê-la em todos os seus aspetos. Repassando as páginas da Sagrada
Escritura, vemos que a misericórdia é, antes de mais nada, a proximidade de
Deus ao seu povo. Uma proximidade que se exprime e manifesta principalmente
como ajuda e proteção. É a proximidade dum pai e duma mãe que se espelha numa
bela imagem do profeta Oseias. Diz assim: «Segurava-os com laços humanos, com
laços de amor, fui para ele como os que levantam uma criancinha contra o seu
rosto; inclinei-me para ele, para lhe dar de comer» (11, 4). O abraço dum pai e
duma mãe ao seu filho. É muito expressiva esta imagem: Deus pega em cada um de
nós e levanta-nos até ao seu rosto. Quanta ternura contém e quanto
amor manifesta! Ternura: palavra quase esquecida e de que o mundo atual, todos
nós temos necessidade. Pensei nesta palavra do profeta quando vi o logótipo do
Jubileu. Jesus não só leva aos seus ombros a humanidade, mas tem o seu rosto
tão chegado ao de Adão, que os dois rostos parecem fundir-se num só.
Nós não temos um Deus que
não saiba compreender e compadecer-Se das nossas fraquezas (cf. Heb 4,
15). Pelo contrário! Foi precisamente em virtude da sua misericórdia que Deus
Se fez um de nós: «Pela sua encarnação, Ele, o Filho de Deus, uniu-Se de certo
modo a cada homem. Trabalhou com mãos humanas, pensou com uma inteligência
humana, agiu com uma vontade humana, amou com um coração humano. Nascido da
Virgem Maria, tornou-Se verdadeiramente um de nós, semelhante a nós em tudo,
exceto no pecado» (Gaudium
et spes, 22). Por conseguinte, em Jesus, podemos não só palpar a
misericórdia do Pai, mas somos impelidos a tornar-nos nós mesmos instrumentos
da misericórdia. Falar de misericórdia pode ser fácil; mais difícil é tornar-se
suas testemunhas na vida concreta. Trata-se dum percurso que dura toda a vida e
não deveria registar interrupções. Jesus disse-nos que devemos ser
«misericordiosos como o Pai» (cf. Lc 6, 36). E isto requer a vida
inteira!
Muitas são, portanto, as
faces com que se apresenta a misericórdia de Deus! É-nos dada a conhecer como
proximidade e ternura, mas, em virtude disto, também como compaixão e partilha,
como consolação e perdão. Quem dela mais recebe, mais é chamado
a oferecer, a partilhar; não pode ser mantida oculta nem retida só para nós
mesmos. É algo que faz arder o coração e o desafia a amar, reconhecendo a face
de Jesus Cristo, sobretudo em quem está mais longe, fraco, abandonado, confuso
e marginalizado. A misericórdia não fica parada: vai à procura da ovelha
perdida e, quando a encontra, irradia uma alegria contagiosa. A misericórdia
sabe olhar cada pessoa nos olhos; cada uma delas é preciosa para ela, porque
cada uma é única. Quanta amargura sentimos no coração, quando ouvimos dizer:
«Esta gente… esta gente, estes miseráveis, expulsemo-los, deixemo-los dormir na
estrada». Será isto de Jesus?
Queridos irmãos e irmãs,
a misericórdia não pode jamais deixar-nos tranquilos. É o amor de Cristo que
nos «inquieta» enquanto não tivermos alcançado o objetivo; que nos impele a
abraçar e estreitar a nós, a envolver quantos necessitam de misericórdia, para
permitir que todos sejam reconciliados com o Pai (cf. 2 Cor 5,
14-20). Não devemos ter medo; é um amor que nos alcança e envolve de tal
maneira que se antecipa a nós mesmos, permitindo-nos reconhecer a sua face na
dos irmãos. Deixemo-nos conduzir docilmente por este amor, e tornar-nos-emos
misericordiosos como o Pai.
Como ouvimos no
Evangelho, Tomé era um teimoso. Não acreditara e encontrou a fé, precisamente
quando tocou as chagas do Senhor. Uma fé que não é capaz de se imergir nas
chagas do Senhor, não é fé. Uma fé que não é capaz de ser misericordiosa, à
semelhança das chagas do Senhor que são sinal de misericórdia, não é fé: é mera
ideia, é ideologia. A nossa fé está encarnada num Deus que Se fez carne, que Se
fez pecado, que Se cobriu de chagas por nós. Por isso, se queremos acreditar a
sério e possuir a fé, devemos aproximar-nos e tocar aquela chaga, afagar aquela
chaga e também inclinar a cabeça e deixar que os outros afaguem as nossas
chagas.
Para isso é bom que seja
o Espírito Santo a guiar os nossos passos: Ele é o Amor, Ele é a misericórdia
que é comunicada aos nossos corações. Não ponhamos obstáculos à sua ação
vivificante, mas sigamo-Lo docilmente pelas sendas que nos aponta. Permaneçamos
de coração aberto, para que o Espírito possa transformá-lo; e assim, perdoados,
reconciliados, imersos nas chagas do Senhor, nos tornemos testemunhas da
alegria que brota de ter encontrado o Senhor Ressuscitado, vivo no meio de nós.
[depois da Bênção]
Há poucos dias, em
conversa com os dirigentes duma associação de assistência, de caridade, surgiu
esta ideia e pensei comigo: «Vou dizê-la, sábado, na Praça de São Pedro». Como
seria belo se em cada diocese, como recordação, digamos, como «monumento» deste
Ano da Misericórdia, se erguesse uma estrutura de misericórdia: um hospital,
uma casa para idosos, para crianças abandonadas, uma escola onde não houvesse,
uma casa para recuperação dos toxicodependentes… Tantas coisas que se podem
fazer! Seria bom que cada diocese pensasse nisto: que posso deixar como
recordação viva, como obra de misericórdia viva, como chaga de Jesus vivo neste
Ano da Misericórdia? Pensemos e falemos com os Bispos. Obrigado!
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GIUBILEO
STRAORDINARIO DELLA MISERICORDIA
DISCORSO DEL SANTO PADRE
FRANCESCO
Z radością i
wdzięcznością uczestniczymy w tej chwili modlitwy wprowadzającej nas w
Niedzielę Bożego Miłosierdzia, tak bardzo upragnionej przez św. Jana Pawła II,
- przed jedenastoma laty, w 2005 roku, podobnie jak dziś odszedł do Domu
Ojca. Bardzo chciał on spełnić prośbę św. Faustyny. Przedstawione
nam świadectwa, za które dziękujemy i usłyszane przez nas czytania otwierają
szczeliny światła i nadziei, aby wpłynąć na wielki ocean miłosierdzia Bożego.
Jakże wiele jest twarzy Jego miłosierdzia, z którym wychodzi On nam na
spotkanie? Jest ich doprawdy wiele. Nie sposób ich wszystkich opisać,
gdyż Boże miłosierdzie jest nieustannym wzrostem. Bóg je niestrudzenie
wyraża, a my nie powinniśmy nigdy przyzwyczaić się do jego przyjmowania,
poszukiwania i pragnienia. Jest czymś nieustannie nowym, budzącym podziw
i zdumienie, gdy widzimy wielką twórczą wyobraźnię Boga, przychodzącego do nas
ze swoją miłością.
Bóg się objawił ukazując
wiele razy swoje imię, a imię to brzmi: „miłosierny” (por. Wj 34,6).
Tak, jak wielka i nieskończona jest natura Boga, tak też wielkie i nieskończone
jest Jego miłosierdzie, do tego stopnia, że opisanie Go we wszystkich jego
aspektach wydaje się przedsięwzięciem trudnym. Przeglądając karty Pisma
Świętego, możemy stwierdzić, że miłosierdzie jest przede wszystkim bliskością Boga
wobec swego ludu. Bliskością się ukazującą się i wyrażającą głównie jako pomoc
i ochrona. Jest to bliskość ojca i matki, która znajduje odzwierciedlenie w
pięknym obrazie proroka Ozeasza. Powiada on: „Pociągnąłem ich ludzkimi więzami,
a były to więzy miłości. Byłem dla nich jak ten, co podnosi do swego policzka
niemowlę - schyliłem się ku niemu i nakarmiłem go” (11,4). Uścisk tatusia i
mamusi ze swoim dzieckiem. To bardzo wyrazisty obraz: Bóg bierze każdego z nas
i podnosi do swego policzka. Ileż zawiera on czułości i ile
wyraża miłości! Czułość – słowo niemal zapomniane, którego współczesny świat –
my wszyscy – potrzebujemy. Myślałem o tym słowie widząc logo Jubileuszu. Jezus
nie tylko niesie ludzkość na swoich ramionach, ale zbliża swój policzek do
policzka Adama, do tego stopnia, że dwa oblicza zdają się stapiać w jedną
całość.
Nasz Bóg nie jest Bogiem,
który nie potrafiłby zrozumieć i współczuć z naszymi słabościami (por. Hbr 4,15).
Przeciwnie! Właśnie ze względu na swoje miłosierdzie Bóg stał się jednym z nas:
„Syn Boży, poprzez wcielenie zjednoczył się w pewien sposób z każdym
człowiekiem. Ludzkimi rękami wykonywał pracę, ludzkim umysłem myślał, ludzką
wolą działał, ludzkim sercem kochał. Zrodzony z Maryi Dziewicy stał się
prawdziwie jednym z nas, podobny do nas we wszystkim z wyjątkiem grzechu” (Gaudium
et spes, 22). Zatem w Jezusie możemy nie tylko namacalnie dotknąć miłosierdzia
Ojca, ale jesteśmy pobudzeni abyśmy sami stali się narzędziami miłosierdzia.
Łatwo można by mówić o miłosierdziu, natomiast znacznie trudniej stawać się konkretnie
jego świadkami. Jest to droga trwająca całe życie, która nigdy nie powinna
ustawać. Jezus powiedział nam, że powinniśmy być „miłosierni, jak Ojciec”
(por. Łk 6,36). A to zajmuje całe życie!
Jakże zatem wiele obliczy
ma Boże miłosierdzie! Poznajemy je jako bliskość i czułość, ale ze względu na
to także jako współczucie i dzielenie się, jako pocieszenie i
przebaczenie. Ten, kto go więcej otrzymuje, ten jest też wezwany by bardziej je
ofiarowywać, dzielić z innymi. Nie można go trzymać w ukryciu albo zatrzymywać
jedynie dla samych siebie. To coś, co rozpala serce i pobudza je do miłowania,
rozpoznając oblicze Jezusa Chrystusa zwłaszcza w tych, którzy są najdalej, w
słabych, samotnych, zdezorientowanych i usuniętych na margines.
Miłosierdzie nie stoi w miejscu: wyrusza w poszukiwaniu owcy zagubionej,
a gdy ją znajduje wyraża zaraźliwą radość. Miłosierdzie potrafi spojrzeć w oczy
każdej osobie; każda z nich jest dla niego cenna, bo każda z nich jest
wyjątkowa. Ileż bólu odczuwamy w sercu, kiedy słyszymy: „Ci ludzie ... ci
ludzie, ci biedacy, wyrzućmy ich, niech śpią na ulicach…”. Czy to pochodzi od
Jezusa?
Słyszeliśmy Ewangelię:
Tomasz był uparty. Nie uwierzył. A odnalazł swoją wiarę właśnie wtedy, gdy
dotknął ran Pana. Wiara, która nie potrafi wejść w rany Pana, nie jest wiarą!
Wiara, która nie jest zdolna by była miłosierną, tak jak znakami miłosierdzia
są rany Pana – nie jest wiarą, jest ideę, jest ideologią. Nasza wiara jest
ucieleśniona w Boga, który stał się ciałem, który stał się grzechem, który dla
nas poniósł rany. Ale jeśli chcemy wierzyć na serio i mieć wiarę, musimy
podejść i dotknąć tej rany, okryć pieszczotami tę ranę a także pochylić głowę i
pozwolić, aby inni umiłowali nasze rany.
Drodzy bracia i siostry,
miłosierdzie nie może nas nigdy zostawiać w spokoju. Jest miłością Chrystusa,
która nas „niepokoi”, aż nie uda się nam osiągnąć celu; która pobudza nas do
objęcia i przyciśnięcia do siebie, do wciągnięcia osób potrzebujących
miłosierdzia, aby umożliwić, żeby wszyscy byli pojednani z Ojcem
(por. 2 Kor 5,14-20). Nie powinniśmy się lękać. Jest to miłość, która
do nas dociera i angażuje do tego stopnia, byśmy wychodzili poza nasze
ograniczenia, pozwalając rozpoznać Jego oblicze w obliczu braci. Pozwólmy się
posłusznie prowadzić tą miłością a staniemy się miłosierni jak Ojciec.
Dobrze zatem, aby to Duch
Święty kierował naszymi krokami: On jest Miłością, On jest Miłosierdziem, które
rozbrzmiewa w naszych sercach. Nie stawiajmy przeszkód Jego ożywiającemu
działaniu, ale idźmy za Nim drogami, jakie On nam wskazuje. Trwajmy z otwartym
sercem, aby Duch Święty mógł je przekształcić i w ten sposób otrzymawszy
przebaczenie, pojednani, zanurzeni w ranach Pana stawajmy się świadkami radości
wypływającej ze spotkania Zmartwychwstałego Pana żyjącego pośród nas.
[Błogosławieństwo]
Przed kilku dniami,
rozmawiając z kierownictwem pewnego stowarzyszenia pomocy, dobroczynności,
pojawia się pewna idea, a ja pomyślałem: „Powiem o tym w sobotę na placu św.
Piotra”. Jakże dobrze byłoby, aby pamiątką, powiedzmy, „pomnikiem” tego Roku
Miłosierdzia stało się w każdej diecezji strukturalne dzieło miłosierdzia:
szpital, dom opieki dla osób starszych, dla opuszczonych dzieci, szkoła tam,
gdzie jej nie było, ośrodek dla leczenia narkomanów... Wiele rzeczy można
zrobić ... Wspaniale byłoby, aby w każdej diecezji pomyślano: co można zostawić
jako żywe upamiętnienie, jako żywe dzieło miłosierdzia, jako rana żyjącego
Jezusa z okazji tego Roku Miłosierdzia? Zastanówmy się i porozmawiajmy o tym z
biskupami. Dziękuję.
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