EVANGELII NUNTIANDI
Vénérables Frères et
chers Fils, Salut et Bénédiction Apostolique
Encouragement particulier
à l’évangélisation
1. L’effort pour annoncer
l’Evangile aux hommes de notre temps, exaltés par l’espérance mais en même
temps travaillés souvent par la peur et l’angoisse, est sans nul doute un
service rendu à la communauté des chrétiens, mais aussi à toute l’humanité.
C’est pourquoi le devoir
de confirmer les frères, que Nous avons reçu du Seigneur avec la charge de
Successeur de Pierre[1], et qui est pour Nous une “ préoccupation quotidienne
”[2], un programme de vie et d’action, et un engagement fondamental de notre
pontificat, ce devoir Nous paraît encore plus noble et nécessaire lorsqu’il
s’agit d’encourager nos frères dans la mission d’évangélisateurs pour que, en
ces temps d’incertitude et de désarroi, ils l’accomplissent avec toujours plus
d’amour, de zèle et de joie.
A l’occasion de trois
événements
2. C’est bien ce que Nous
voulons faire ici, au terme de cette Année Sainte au long de laquelle l’Eglise,
“ tendue de tout son effort vers la prédication de l’Evangile à tous les hommes
”[3], n’a voulu rien d’autre qu’accomplir son office de messagère de la Bonne
Nouvelle de Jésus-Christ, proclamée à partir de deux consignes fondamentales :
“ Revêtez l’homme nouveau ”[4] et “ Laissez-vous réconcilier avec Dieu ”[5].
Nous voulons le faire en
ce dixième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II dont les objectifs
se résument, en définitive, en un seul : rendre l’Eglise du XXe siècle encore
plus apte à annoncer l’Evangile à l’humanité du XXe siècle.
Nous voulons le faire un
an après la IIIe Assemblée générale du Synode des Evêques — consacrée, on le
sait, à l’évangélisation — , d’autant plus que cela Nous a été demandé par les
Pères synodaux eux-mêmes. En effet, à l’issue de cette mémorable Assemblée, ils
ont décidé de remettre au Pasteur de l’Eglise universelle, avec beaucoup de
confiance et de simplicité, le fruit de tout leur labeur, déclarant qu’ils
attendaient du Pape un élan nouveau, capable de créer, dans une Eglise encore
plus enracinée dans la force et la puissance immortelles de la Pentecôte, des
temps nouveaux d’évangélisation[6].
Thème souvent souligné au
cours de notre pontificat
3. Ce thème de
l’évangélisation, Nous en avons souligné l’importance à plusieurs reprises,
bien avant les journées du Synode. “ Les conditions de la société —
disions-Nous au Sacré Collège des Cardinaux, le 22 juin 1973 — nous obligent
tous à réviser les méthodes, à chercher par tous les moyens à étudier comment
faire arriver à l’homme moderne le message chrétien dans lequel il peut trouver
la réponse à ses interrogations et la force pour son engagement de solidarité
humaine ”.[7] Et Nous ajoutions que pour donner une réponse valable aux
exigences du Concile qui nous interpellent, il faut absolument nous mettre en
face d’un patrimoine de foi que l’Église a le devoir de préserver dans sa
pureté intangible, mais le devoir aussi de présenter aux hommes de notre temps,
autant que possible, d’une façon compréhensible et persuasive.
Dans la ligne du Synode
de 1974
4. Cette fidélité à un
message dont nous sommes les serviteurs, et aux personnes à qui nous devons le
transmettre intact et vivant, est l’axe central de l’évangélisation. Elle pose
trois questions brûlantes, que le Synode de 1974 a eues constamment devant les
yeux :
— Qu’est devenue, de nos
jours, cette énergie cachée de la Bonne Nouvelle, capable de frapper
profondément la conscience de l’homme ?
— Jusqu’à quel point et
comment cette force évangélique est-elle en mesure de transformer vraiment
l’homme de ce siècle ?
— Suivant quelles
méthodes faut-il proclamer l’Evangile pour que sa puissance soit efficace ?
Ces interrogations
explicitent, au fond, la question fondamentale que l’Eglise se pose aujourd’hui
et que l’on pourrait traduire ainsi : après le Concile et grâce au Concile, qui
a été pour elle une heure de Dieu en ce tournant de l’histoire, l’Eglise se
trouve-t-elle, oui ou non, plus apte à annoncer l’Evangile et à l’insérer dans
le cœur de l’homme avec conviction, liberté d’esprit et efficacité ?
Invitation à la réflexion
5. Nous voyons tous
l’urgence de donner à cette question une réponse loyale, humble, courageuse, et
d’agir en conséquence.
Dans notre “ sollicitude
pour toutes les Eglises ”[8], Nous voudrions aider nos frères et fils à
répondre à ces interpellations. Puissent nos paroles, qui voudraient être, à
partir des richesses du Synode, une réflexion sur l’évangélisation, inviter à
la même réflexion tout le Peuple de Dieu rassemblé dans l’Eglise, et servir
d’élan nouveau à tous, spécialement à ceux “ qui peinent à la parole et à
l’enseignement ”,[9] afin que chacun d’eux soit “ un fidèle dispensateur de la
Parole de vérité ”[10], fasse œuvre de prédicateur de l’Evangile et s’acquitte
à la perfection de son ministère.
Une telle Exhortation
Nous est apparue capitale, car la présentation du message évangélique n’est pas
pour l’Eglise une contribution facultative : c’est le devoir qui lui incombe,
par mandat du Seigneur Jésus, afin que les hommes puissent croire et être
sauvés. Oui, ce message est nécessaire. Il est unique. Il ne saurait être
remplacé. Il ne souffre ni indifférence, ni syncrétisme, ni accommodation.
C’est le salut des hommes qui est en cause. C’est la beauté de la Révélation
qu’il représente. Il comporte une sagesse qui n’est pas de ce monde. Il est
capable de susciter, par lui-même, la foi, une foi qui repose sur la puissance
de Dieu[11]. Il est la Vérité. Il mérite que l’apôtre y consacre tout son
temps, toutes ses énergies, y sacrifie, au besoin, sa propre vie.
I. DU CHRIST ÉVANGÉLISATEUR À UNE ÉGLISE ÉVANGÉLISATRICE
Témoignage et mission de
Jésus
6. Le témoignage que le
Seigneur donne de lui-même et que saint Luc a recueilli dans son Evangile — “
Je dois annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ”[12] — a sans doute une
grande portée, car il définit d’un mot toute la mission de Jésus : “ Pour cela
j’ai été envoyé ”[13]. Ces paroles prennent toute leur signification si on les
rapproche des versets antérieurs où le Christ venait de s’appliquer à lui-même
le mot du prophète Isaïe : “ L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a
consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres
”[14].
Proclamer de ville en
ville, surtout aux plus pauvres qui sont souvent les plus accueillants, la
joyeuse annonce de l’accomplissement des promesses et de l’Alliance proposées
par Dieu, telle est la mission pour laquelle Jésus se déclare envoyé par le
Père. Et tous les aspects de son Mystère — l’Incarnation elle-même, les
miracles, l’enseignement, le rassemblement des disciples, l’envoi des Douze, la
croix et la résurrection, la permanence de sa présence au milieu des siens —
font partie de son activité évangélisatrice.
Jésus, premier
Evangélisateur
7. Bien souvent au cours
du Synode, les Evêques ont rappelé cette vérité : Jésus lui-même, Evangile de
Dieu[15], a été le tout premier et le plus grand évangélisateur. Il l’a été
jusqu’au bout : jusqu’à la perfection, jusqu’au sacrifice de sa vie terrestre.
Evangéliser : quelle
signification cet impératif a-t-il eue pour le Christ ? Il n’est certes pas
aisé d’exprimer, dans une synthèse complète, le sens, le contenu, les modes de l’évangélisation
telle que Jésus la concevait et l’a réalisée. D’ailleurs une telle synthèse ne
pourra jamais être terminée. Qu’il Nous suffise de rappeler quelques aspects
essentiels.
L’annonce du Règne de
Dieu
8. Evangélisateur, le
Christ annonce tout d’abord un Règne, le Règne de Dieu, tellement important
que, par rapport à lui, tout devient “ le reste ”, qui est “ donné par surcroît
”[16]. Seul le Règne est donc absolu et il relativise tout ce qui n’est pas
lui. Le Seigneur se plaira à décrire sous mille formes diverses le bonheur
d’appartenir à ce Règne, bonheur paradoxal fait de choses que le monde
rejette[17] ; les exigences du Règne et sa charte[18], les hérauts du
Règne[19], ses mystères[20], ses enfants[21], la vigilance et la fidélité
demandées à quiconque attend son avènement définitif[22].
L’annonce du Salut
libérateur
9. Comme noyau et centre
de sa Bonne Nouvelle, le Christ annonce le salut, ce grand don de Dieu qui est
libération de tout ce qui opprime l’homme mais qui est surtout libération du
péché et du Malin, dans la joie de connaître Dieu et d’être connu de lui, de le
voir, d’être livré à lui. Tout cela commence durant la vie du Christ, est
définitivement acquis par sa mort et sa résurrection, mais doit être patiemment
conduit au cours de l’histoire, pour être pleinement réalisé au jour de
l’Avènement définitif du Christ, dont nul ne sait quand il aura lieu, sauf le
Père[23].
Au prix d’un effort
crucifiant
10. Ce Règne et ce salut,
mots-clés de l’évangélisation de Jésus-Christ, tout homme peut les recevoir
comme grâce et miséricorde, et pourtant simultanément chacun doit les conquérir
par la force — ils appartiennent aux violents, dit le Seigneur[24] — par la
fatigue et la souffrance, par une vie selon l’Evangile, par le renoncement et
la croix, par l’esprit des béatitudes. Mais, avant tout, chacun les conquiert
moyennant un total renversement intérieur que l’Evangile désigne sous le nom de
“ metanoia ”, une conversion radicale, un changement profond du regard et du
cœur.[25]
Prédication infatigable
11. Cette proclamation du
Royaume de Dieu, le Christ l’accomplit par la prédication infatigable d’une
parole dont on dira qu’elle ne trouve d’égale nulle part ailleurs : “ Voilà un
enseignement nouveau, donné avec autorité ! ”[26] ; “ Et tous lui rendaient
témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui
sortaient de sa bouche ”[27] ; “ Jamais homme n’a parlé comme cet homme !
”[28]. Ses paroles dévoilent le secret de Dieu, son dessein et sa promesse, et
changent par là le cœur de l’homme et son destin.
Avec des signes
évangéliques
12. Mais il réalise
également cette proclamation par d’innombrables signes qui font la stupeur des
foules et en même temps les entraînent vers lui pour le voir, l’écouter et se
laisser transformer par lui : malades guéris, eau changée en vin, pain
multiplié, morts qui reviennent à la vie. Et entre tous, le signe auquel il
donne une grande importance : les petits, les pauvres sont évangélisés,
deviennent ses disciples, se réunissent “ en son Nom ” dans la grande
communauté de ceux qui croient en lui. Car ce Jésus qui déclarait : “ Je dois
annoncer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu ”[29] est le même Jésus dont Jean
l’Evangéliste disait qu’il était venu et devait mourir “ pour rassembler dans
l’unité les enfants de Dieu dispersés ”[30]. Ainsi achève-t-il sa révélation,
en la complétant et en la confirmant, par toute la manifestation qu’il fait de
lui-même, par paroles et oeuvres, par signes et miracles, et plus
particulièrement par sa mort, par sa résurrection et par l’envoi de l’Esprit de
Vérité[31].
Pour une communauté évangélisée
et évangélisatrice
13. Ceux qui accueillent
avec sincérité la Bonne Nouvelle, par la force de cet accueil et de la foi
partagée, se réunissent donc au Nom de Jésus pour chercher ensemble le Règne,
le construire, le vivre. Ils constituent une communauté qui est à son tour
évangélisatrice. L’ordre donné aux Douze — “ Allez, proclamez la Bonne Nouvelle
” — vaut aussi, quoique d’une façon différente, pour tous les chrétiens. C’est
bien pour cela que Pierre appelle ces derniers “ un peuple acquis en vue
d’annoncer les merveilles ” de Dieu[32], ces mêmes merveilles que chacun a pu
écouter dans sa propre langue[33]. Du reste, la Bonne Nouvelle du Règne qui
vient et qui a commencé est pour tous les hommes de tous les temps. Ceux qui
l’ont reçue, ceux qu’elle rassemble dans la communauté du salut, peuvent et
doivent la communiquer et la diffuser.
Evangélisation, vocation
propre de l’Eglise
14.
L’Eglise le sait. Elle a une vive conscience que la parole du Sauveur — “ Je
dois annoncer la bonne nouvelle du Royaume de Dieu ”[34] — s’applique en toute
vérité à elle. Elle ajoute volontiers avec saint Paul : “ Pour moi, évangéliser
ce n’est pas un titre de gloire, c’est une obligation. Malheur à moi se je
n’évangélise pas ! ”[35]. C’est avec joie et réconfort que Nous avons entendu,
au terme de la grande assemblée d’octobre 1974, ces paroles lumineuses : “ Nous
voulons confirmer une fois de plus que la tâche d’évangéliser tous les hommes
constitue la mission essentielle de l’Eglise ”[36], tâche et mission que les mutations
vastes et profondes de la société actuelle ne rendent que plus urgentes.
Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son
identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser, c’est-à-dire pour
prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les
pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du christ dans la sainte messe, qui
est le mémorial de sa mort et de sa résurrection glorieuse.
Liens réciproques entre
l’Eglise et l’évangélisation
15. Quiconque relit dans
le Nouveau Testament les origines de l’Eglise suit pas à pas son histoire et la
regarde vivre et agir, voit qu’elle est liée à l’évangélisation par ce qu’elle
a de plus intime.
— L’Eglise naît de
l’action évangélisatrice de Jésus et des Douze. Elle en est le fruit normal,
voulu, le plus immédiat et le plus visible : “ Allez donc, de toutes les
nations faites des disciples ”[37]. Or, “ ceux qui accueillirent la Parole
furent baptisés et environ trois mille se sont réunis à eux... Et le Seigneur
augmentait tous les jours ceux qui embrassaient le Salut ”[38].
— Née par conséquent de
la mission, l’Eglise est à son tour envoyée par Jésus. L’Eglise reste dans le
monde lorsque le Seigneur de gloire retourne au Père. Elle reste comme un signe
à la fois opaque et lumineux d’une nouvelle présence de Jésus, de son départ et
de sa permanence. Elle le prolonge et le continue. Or, c’est avant tout sa
mission et sa condition d’évangélisateur qu’elle est appelée à continuer[39].
Car la communauté des chrétiens n’est jamais close en elle-même. En elle la vie
intime — vie de prière, écoute de la Parole et de l’enseignement des Apôtres,
charité fraternelle vécue, pain partagé[40] — n’a tout son sens que lorsqu’elle
devient témoignage, provoque l’admiration et la conversion, se fait prédication
et annonce de la Bonne Nouvelle. C’est ainsi toute l’Eglise qui reçoit mission
d’évangéliser, et l’œuvre de chacun est importante pour le tout.
— Evangélisatrice,
l’Eglise commence par s’évangéliser elle-même. Communauté de croyants,
communauté de l’espérance vécue et communiquée, communauté d’amour fraternel,
elle a besoin d’écouter sans cesse ce qu’elle doit croire, ses raisons
d’espérer, le commandement nouveau de l’amour. Peuple de Dieu immergé dans le
monde, et souvent tenté par les idoles, elle a toujours besoin d’entendre
proclamer les grandes oeuvres de Dieu[41] qui l’ont convertie au Seigneur,
d’être à nouveau convoquée par lui et réunie. Cela veut dire, en un mot,
qu’elle a toujours besoin d’être évangélisée, si elle veut garder fraîcheur,
élan et force pour annoncer l’Evangile. Le Concile Vatican II a rappelé[42] et
le Synode de 1974 a fortement repris ce thème de l’Eglise qui s’évangélise par
une conversion et une rénovation constantes, pour évangéliser le monde avec
crédibilité.
— L’Eglise est
dépositaire de la Bonne Nouvelle à annoncer. Les promesses de l’Alliance
Nouvelle en Jésus-Christ, l’enseignement du Seigneur et des Apôtres, la Parole
de vie, les sources de la grâce et de la bénignité de Dieu, le chemin du salut,
tout cela lui a été confié. C’est le contenu de l’Evangile, et donc de
l’évangélisation, qu’elle garde comme un dépôt vivant et précieux, non pour le
tenir caché mais pour le communiquer.
— Envoyée et évangélisée,
l’Eglise elle-même envoie des évangélisateurs. Elle met dans leur bouche la
Parole qui sauve, elle leur explique le message dont elle-même est dépositaire,
elle leur donne le mandat qu’elle-même a reçu et les envoie prêcher. Prêcher
non leurs propres personnes ou leurs idées personnelles[43], mais un Evangile
dont ni eux ni elle ne sont maîtres et propriétaires absolus pour en disposer à
leur gré, mais dont ils sont ministres pour le transmettre avec une extrême
fidélité.
L’Eglise, inséparable du
Christ
16. Il y a donc un lien
profond entre le Christ, l’Eglise et l’évangélisation. Pendant ce “ tempus
Ecclesiae ”, c’est l’Eglise qui a la tâche d’évangéliser. Cette tâche ne
s’accomplit pas sans elle, encore moins contre elle.
Il convient certes de le
rappeler à un moment où, non sans douleur, Nous pouvons entendre des personnes,
que Nous voulons croire bien intentionnées mais certainement désorientées dans
leur esprit, répéter qu’elles prétendent aimer le Christ mais sans l’Eglise,
écouter le Christ mais non l’Eglise, être au Christ mais en dehors de l’Eglise.
L’absurde de cette dichotomie apparaît nettement dans cette parole de
l’Evangile : “ Qui vous rejette, me rejette ”[44}. Et comment vouloir aimer le
Christ sans aimer l’Eglise, si le plus beau témoignage rendu au Christ est
celui de saint Paul : “ Il a aimé l’Eglise, il s’est livré pour Elle ” ?[45]
II. QU’EST-CE QU’ÉVANGÉLISER ?
Complexité de l’action évangélisatrice
17. Dans l’action
évangélisatrice de l’Eglise, il y a certainement des éléments et des aspects à
retenir. Certains sont tellement importants que l’on aura tendance à les
identifier simplement avec l’évangélisation. L’on a pu ainsi définir
l’évangélisation en termes d’annonce du Christ à ceux qui l’ignorent, de
prédication, de catéchèse, de baptême et d’autres sacrements à conférer.
Aucune définition
partielle et fragmentaire ne donne raison de la réalité riche, complexe et
dynamique qu’est l’évangélisation, sinon au risque de l’appauvrir et même de la
mutiler. Il est impossible de la saisir si l’on ne cherche pas à embrasser du
regard tous ses éléments essentiels.
Ces éléments fortement
soulignés au cours de Synode, on les approfondit souvent encore, ces temps-ci,
sous l’influence du travail synodal. Nous nous réjouissons de ce qu’ils se
situent, au fond, dans la ligne de ceux que le Concile Vatican II nous a transmis,
surtout dans les Constitutions Lumen gentium, Gaudium et spes et dans le Décret
Ad gentes.
Renouvellement de
l’humanité...
18. Evangéliser, pour
l’Eglise, c’est porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l’humanité
et, par son impact, transformer du dedans, rendre neuve l’humanité elle-même :
“ Voici que je fais l’univers nouveau ! ”[46]. Mais il n’y a pas d’humanité
nouvelle s’il n’y a pas d’abord d’hommes nouveaux, de la nouveauté du
baptême[47] et de la vie selon l’Evangile[48]. Le but de l’évangélisation est
donc bien ce changement intérieur et, s’il fallait le traduire d’un mot, le
plus juste serait de dire que l’Eglise évangélise lorsque, par la seule
puissance divine du Message qu’elle proclame[49], elle cherche à convertir en
même temps la conscience personnelle et collective des hommes, l’activité dans
laquelle ils s’engagent, la vie et le milieu concrets qui sont les leurs.
...et des zones
d’humanité
19. Des zones d’humanité
qui se transforment : pour l’Eglise il ne s’agit pas seulement de prêcher
l’Evangile dans des tranches géographiques toujours plus vastes ou à des
populations toujours plus massives, mais aussi d’atteindre et comme de
bouleverser par la force de l’Evangile les critères de jugement, les valeurs
déterminantes, les points d’intérêt, les lignes de pensée, les sources
inspiratrices et les modèles de vie de l’humanité, qui sont en contraste avec
la Parole de Dieu et le dessein du salut.
Evangélisation des
cultures
20. Nous pourrions
exprimer tout cela en disant : il importe d’évangéliser — non pas de façon
décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en
profondeur et jusque dans leurs racines — la culture et les cultures de
l’homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et spes
[50], partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des
personnes entre elles et avec Dieu.
L’Evangile, et donc
l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont
indépendants à l’égard de toutes les cultures. Et pourtant le Règne que
l’Evangile annonce est vécu par des hommes profondément liés à une culture, et
la construction du Royaume ne peut pas ne pas emprunter des éléments de la
culture et des cultures humaines. Indépendants à l’égard des cultures, Evangile
et évangélisation ne sont pas nécessairement incompatibles avec elles, mais
capables de les imprégner toutes sans s’asservir à aucune.
La rupture entre Evangile
et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui
d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse
évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être
régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira
pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée.
Importance primordiale du
témoignage de vie
21. L’Evangile doit être
proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens
qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent
leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin
avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est
noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et
spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et
leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver.
Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux
qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ?
Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce — ou qui est-ce — qui les inspire ?
Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation
silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. Il y a là un
geste initial d’évangélisation. Les questions que voilà seront peut-être les
premières que se poseront beaucoup de non chrétiens, qu’ils soient des gens à
qui le Christ n’avait jamais été annoncé, des baptisés non pratiquants, des
gens qui vivent en chrétienté mais selon des principes nullement chrétiens, ou
des gens qui cherchent, non sans souffrance, quelque chose ou Quelqu’un qu’ils
devinent sans pouvoir le nommer. D’autres questions surgiront, plus profondes
et plus engageantes, provoquées par ce témoignage qui comporte présence,
participation, solidarité, et qui est un élément essentiel, généralement le
tout premier, dans l’évangélisation[51].
A ce témoignage, tous les
chrétiens sont appelés et peuvent être, sous cet aspect, de véritables
évangélisateurs. Nous pensons spécialement à la responsabilité qui revient aux
migrants dans les pays qui les reçoivent.
Nécessité d’une annonce
explicite
22. Et cependant cela
reste toujours insuffisant, car le plus beau témoignage se révélera à la longue
impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié — ce que Pierre appelait donner “
les raisons de son espérance ”[52] —, explicité par une annonce claire, sans
équivoque, du Seigneur Jésus. La Bonne Nouvelle proclamée par le témoignage de
vie devra donc être tôt ou tard proclamée par la parole de vie. Il n’y a pas
d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le
Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés.
L’histoire de l’Eglise,
depuis le discours de Pierre le matin de Pentecôte, s’entremêle et se confond
avec l’histoire de cette annonce. À chaque nouvelle étape de l’histoire
humaine, l’Eglise, constamment travaillée par le désir d’évangéliser, n’a
qu’une hantise : qui envoyer annoncer le mystère de Jésus ? Dans quel langage
annoncer ce mystère ? Comment faire pour qu’il retentisse et arrive à tous ceux
qui doivent l’écouter ? Cette annonce — kérygme, prédication ou catéchèse —
prend une telle place dans l’évangélisation qu’elle en est souvent devenue
synonyme. Elle n’en est cependant qu’un aspect.
Pour une adhésion vitale
et communautaire
23. L’annonce, en effet,
n’acquiert toute sa dimension que lorsqu’elle est entendue, accueillie,
assimilée et lorsqu’elle fait surgir dans celui qui l’a ainsi reçue une
adhésion du cœur. Adhésion aux vérités que, par miséricorde, le Seigneur a
révélées, oui. Mais plus encore, adhésion au programme de vie — vie désormais
transformée — qu’il propose. Adhésion, en un mot, au Règne, c’est-à-dire au “
monde nouveau ”, au nouvel état de chose, à la nouvelle manière d’être, de
vivre, de vivre ensemble, que l’Evangile inaugure. Une telle adhésion, qui ne
peut pas demeurer abstraite et désincarnée, se révèle concrètement par une
entrée palpable, visible, dans une communauté de fidèles. Ainsi donc, ceux dont
la vie s’est transformée pénètrent dans une communauté qui est elle-même signe
de la transformation, signe de la nouveauté de vie : c’est l’Eglise, sacrement
visible du salut[53]. Mais à son tour, l’entrée dans la communauté ecclésiale
s’exprimera à travers beaucoup d’autres signes qui prolongent et déploient le
signe de l’Eglise. Dans le dynamisme de l’évangélisation, celui qui accueille
l’Evangile comme Parole qui sauve[54] le traduit normalement en ces gestes
sacramentels : adhésion à l’Eglise, accueil des sacrements qui manifestent et
soutiennent cette adhésion, par la grâce qu’ils confèrent.
Entraînant un nouvel
apostolat
24. Finalement, celui qui
a été évangélisé évangélise à son tour. C’est là le test de vérité, la pierre
de touche de l’évangélisation : Il est impensable qu’un homme ait accueilli la
Parole et se soit donné au Règne sans devenir quelqu’un qui témoigne et annonce
à son tour.
Au terme de ces
considérations sur les sens de l’évangélisation, une dernière observation, que
Nous estimons éclairante pour les réflexions qui suivent, doit être formulée.
L’évangélisation,
avons-Nous dit, est une démarche complexe, aux éléments variés : renouveau de
l’humanité, témoignage, annonce explicite, adhésion du cœur, entrée dans la
communauté, accueil des signes, initiative d’apostolat. Ces éléments peuvent
apparaître contrastants, voire exclusifs. Ils sont en réalité complémentaires
et mutuellement enrichissants. Il faut toujours envisager chacun d’eux dans son
intégration aux autres. La valeur du récent Synode a été de nous avoir
constamment invités à composer ces éléments, plutôt qu’à les opposer entre eux,
pour avoir la pleine compréhension de l’activité évangélisatrice de l’Eglise.
C’est cette vision
globale que Nous voulons maintenant exposer, en examinant le contenu de
l’Evangélisation, les moyens d’évangéliser, en précisant à qui s’adresse
l’annonce évangélique et qui en a aujourd’hui la charge.
III. LE CONTENU DE L’ÉVANGÉLISATION
Contenu essentiel et
éléments secondaires
25. Dans le message que
l’Eglise annonce, il y a certes beaucoup d’éléments secondaires. Leur
présentation dépend fortement des circonstances changeantes. Ils changent
aussi. Mais il y a le contenu essentiel, la substance vivante, qu’on ne
pourrait modifier ni passer sous silence sans dénaturer gravement
l’évangélisation elle-même.
Témoignage rendu à
l’amour du Père
26. Il n’est pas superflu
de le rappeler : évangéliser est tout d’abord témoigner, de façon simple et
directe, du Dieu révélé par Jésus-Christ, dans l’Esprit Saint. Témoigner que
dans son Fils il a aimé le monde ; que dans son Verbe Incarné il a donné l’être
à toute chose et a appelé les hommes à la vie éternelle. Cette attestation de
Dieu rejoindra peut-être pour beaucoup le Dieu inconnu[55] qu’ils adorent sans
lui donner un nom, ou qu’ils cherchent par un appel secret du cœur lorsqu’ils
font l’expérience de la vacuité de toutes les idoles. Mais elle est pleinement
évangélisatrice en manifestant que, pour l’homme, le Créateur n’est pas une
puissance anonyme et lointaine : il est Père. “ Nous sommes appelés fils de
Dieu, nous le sommes effectivement ”[56] et nous sommes donc frères les uns des
autres en Dieu.
Au centre du message : le
salut en Jésus-Christ
27. L’évangélisation
contiendra aussi toujours — base, centre et sommet à la fois de son dynamisme —
une claire proclamation que, en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, mort
et ressuscité, le salut est offert à tout homme, comme don de grâce et
miséricorde de Dieu.[57] Et non pas un salut immanent, à la mesure des besoins
matériels ou même spirituels s’épuisant dans le cadre de l’existence temporelle
et s’identifiant totalement avec les désirs, les espoirs, les affaires et les
combats temporels, mais un salut qui déborde toutes ces limites pour
s’accomplir dans une communion avec le seul Absolu, celui de Dieu : salut
transcendant, eschatologique, qui a certes son commencement en cette vie, mais
qui s’accomplit dans l’éternité.
Sous le signe de
l’espérance
28. L’évangélisation par
conséquent ne peut pas ne pas contenir l’annonce prophétique d’un au-delà,
vocation profonde et définitive de l’homme à la fois en continuité et en
discontinuité avec la situation présente : au-delà du temps et de l’histoire,
au-delà de la réalité de ce monde dont la figure passe, et des choses de ce
monde dont une dimension cachée se manifestera un jour ; au-delà de l’homme lui-même
dont le véritable destin ne s’épuise pas dans son visage temporel mais sera
révélé dans la vie future.[58] L’évangélisation contient donc aussi la
prédication de l’espérance dans les promesses faites par Dieu dans la nouvelle
alliance en Jésus-Christ ; la prédication de l’amour de Dieu envers nous et de
notre amour pour Dieu ; la prédication de l’amour fraternel pour tous les
hommes — capacité de don et de pardon, de renoncement, d’aide aux frères — qui,
dérivant de l’amour de Dieu, est le noyau de l’evangile ; la prédication du
mystère du mal et de la recherche active du bien. Prédication, également, et
celle-ci est toujours urgente, de la recherche de Dieu lui-même à travers la
communion avec ce signe visible de la rencontre de Dieu qu’est l’eglise de
Jésus-Christ, et cette communion s’exprime à son tour par la mise en œuvre de
ces autres signes du Christ vivant et agissant dans l’Eglise que sont les
sacrements. Vivre de la sorte les sacrements, de façon à mener leur célébration
à une véritable plénitude, n’est pas, comme certains le prétendraient, mettre
un obstacle à l’évangélisation ou en accepter une déviation, c’est lui donner
toute son ampleur. Car la totalité de l’évangélisation, au-delà de la
prédication d’un message, consiste à implanter l’Eglise, laquelle n’existe pas
sans cette respiration qu’est la vie sacramentelle culminant dans
l’Eucharistie.[59]
Message concernant toute
la vie
29. Mais l’évangélisation
ne serait pas complète si elle ne tenait pas compte des rapports concrets et
permanents qui existent entre l’evangile et la vie, personnelle et sociale, de
l’homme. C’est pourquoi l’évangélisation comporte un message explicite, adapté
aux diverses situations, constamment actualisé, sur les droits et les devoirs
de toute personne humaine, sur la vie familiale sans laquelle l’épanouissement
personnel n’est guère possible,[60] sur la vie en commun dans la société, sur
la vie internationale, la paix, la justice, le développement ; un message
particulièrement vigoureux de nos jours sur la libération.
Un message de libération
30. On sait en quels
termes en ont parlé, au récent Synode, de nombreux Evêques de tous les
continents, surtout les Evêques du Tiers-Monde, avec un accent pastoral où
vibrait la voix de millions de fils de l’Eglise qui forment ces peuples.
Peuples engagés, avec toute leur énergie, dans l’effort et le combat de
dépassement de tout ce qui les condamne à rester en marge de la vie : famines,
maladies chroniques, analphabétisme, paupérisme, injustices dans les rapports
internationaux et spécialement dans les échanges commerciaux, situations de
néo-colonialisme économique et culturel parfois aussi cruel que l’ancien
colonialisme politique. L’Eglise, ont répété les Evêques, a le devoir
d’annoncer la libération de millions d’êtres humains, beaucoup d’entre eux
étant ses propres enfants ; le devoir d’aider cette libération à naître, de
témoigner pour elle, de faire qu’elle soit totale. Cela n’est pas étranger à
l’évangélisation.
En rapport nécessaire
avec la promotion humaine
31. Entre évangélisation
et promotion humaine — développement, libération — il y a en effet des liens
profonds. Liens d’ordre anthropologique, parce que l’homme à évangéliser n’est
pas un être abstrait, mais qu’il est sujet aux questions sociales et
économiques. Liens d’ordre théologique, puisqu’on ne peut pas dissocier le plan
de la création du plan de la Rédemption qui, lui, atteint les situations très
concrètes de l’injustice à combattre et de la justice à restaurer. Liens de cet
ordre éminemment évangélique qui est celui de la charité : Comment en effet
proclamer le commandement nouveau sans promouvoir dans la justice et la paix la
véritable, l’authentique croissance de l’homme ? Nous avons tenu à le signaler
Nous-même en rappelant qu’il est impossible d’accepter “ que l’œuvre
d’évangélisation puisse ou doive négliger les questions extrêmement graves,
tellement agitées aujourd’hui, concernant la justice, la libération, le
développement et la paix dans le monde. Si cela arrivait, ce serait ignorer la
doctrine de l’Evangile sur l’amour envers le prochain qui souffre ou est dans
le besoin ”.[61]
Eh bien, les mêmes voix
qui avec zèle, intelligence et courage ont abordé au cours du Synode ce thème
brûlant, ont, à notre grande joie, fourni les principes illuminateurs pour bien
saisir la portée et le sens profond de la libération telle que l’a annoncée et
réalisée Jésus de Nazareth et telle que l’Eglise la prêche.
Sans réduction ni
ambiguïté
32. Il ne faut pas nous
cacher, en effet, que beaucoup de chrétiens généreux, sensibles aux questions
dramatiques que recouvre le problème de la libération, en voulant engager
l’Eglise dans l’effort de libération, ont fréquemment la tentation de réduire
sa mission aux dimensions d’un projet simplement temporel ; ses buts à une
visée anthropocentrique ; le salut dont elle est messagère et sacrement, à un
bien-être matériel ; son activité, oubliant toute préoccupation spirituelle et
religieuse, à des initiatives d’ordre politique ou social. Mais s’il en était
ainsi, l’Eglise perdrait sa signification foncière. Son message de libération
n’aurait plus aucune originalité et finirait par être facilement accaparé et
manipulé par des systèmes idéologiques et des partis politiques. Elle n’aurait
plus d’autorité pour annoncer, comme de la part de Dieu, la libération. C’est
pourquoi nous avons voulu souligner dans la même allocution à l’ouverture de la
troisième Assemblée synodale “ la nécessité de réaffirmer clairement la
finalité spécifiquement religieuse de l’évangélisation. Cette dernière perdrait
sa raison d’être si elle s’écartait de l’axe religieux qui la dirige : le Règne
de Dieu avant toute autre chose, dans son sens pleinement théologique ”.[62]
La libération
évangélique...
33. De la libération que
l’évangélisation annonce et s’efforce de mettre en œuvre, il faut dire plutôt :
— elle ne peut pas se
cantonner dans la simple et restreinte dimension économique, politique, sociale
ou culturelle, mais elle doit viser l’homme tout entier, dans toutes ses
dimensions, jusque et y compris dans son ouverture vers l’absolu, même l’Absolu
de Dieu ;
— elle est donc rattachée
à une certaine conception de l’homme, à une anthropologie qu’elle ne peut
jamais sacrifier aux exigences d’une quelconque stratégie, d’une praxis ou
d’une efficacité à court terme.
...axée sur le Règne de
Dieu
34. C’est pourquoi, en
prêchant la libération et en s’associant à ceux qui oeuvrent et souffrent pour
elle, l’Eglise — sans accepter de circonscrire sa mission au seul domaine du
religieux, en se désintéressant des problèmes temporels de l’homme — réaffirme
la primauté de sa vocation spirituelle, elle refuse de remplacer l’annonce du
Règne par la proclamation des libérations humaines, et elle proclame que même
sa contribution à la libération est incomplète si elle néglige d’annoncer le
salut en Jésus-Christ.
Sur une vision
évangélique de l’homme...
35. L’Eglise rapproche
mais n’identifie jamais libération humaine et salut en Jésus-Christ, car elle
sait par révélation, par expérience historique et par réflexion de foi que
toute notion de libération n’est pas forcément cohérente et compatible avec une
vision évangélique de l’homme, des choses et des événements ; elle sait qu’il
ne suffit pas d’instaurer la libération, de créer le bien-être et le
développement, pour que le Règne de Dieu arrive.
Bien plus, l’Eglise a la
ferme conviction que toute libération temporelle, toute libération politique —
même si elle s’efforce de trouver sa justification dans telle ou telle page de
l’Ancien ou de Nouveau Testament, même si elle réclame pour ses postulats
idéologiques et ses normes d’action l’autorité des données et des conclusions
théologiques, même si elle prétend être la théologie pour aujourd’hui — porte
en elle-même le germe de sa propre négation et déchoit de l’idéal qu’elle se
propose, tant que ses motifs profonds ne sont pas ceux de la justice dans la
charité, tant que l’élan qui l’entraîne n’a pas de dimension vraiment
spirituelle et que son but final n’est pas le salut et la béatitude en Dieu.
...comportant une
nécessaire conversion...
36. L’Eglise tient certes
comme important et urgent de bâtir des structures plus humaines, plus justes,
plus respectueuses des droits de la personne, moins oppressives et moins
asservissantes, mais elle est consciente que les meilleures structures, les
systèmes les mieux conçus deviennent vite inhumains si les pentes inhumaines du
cœur de l’homme ne sont pas assainies, s’il n’y a pas une conversion du cœur et
du regard de ceux qui vivent dans ces structures ou les commandent.
...excluant la violence
37. L’Eglise ne peut pas
accepter la violence, surtout la force des armes — incontrôlable lorsqu’elle se
déchaîne — et la mort de qui que ce soit, comme chemin de libération, car elle
sait que la violence appelle toujours la violence et engendre irrésistiblement
de nouvelles formes d’oppression et d’esclavage souvent plus lourdes que celles
dont elle prétendait libérer. Nous l’avons dit clairement au cours de notre
voyage en Colombie : “ Permettez enfin que Nous vous exhortions à ne pas mettre
votre confiance dans la violence et dans la révolution ; c’est contraire à l’esprit
chrétien, et cela peut aussi retarder, et non favoriser, l’élévation sociale à
laquelle vous aspirez à bon droit ”.[63] “ Nous devons dire et réaffirmer que
la violence n’est ni chrétienne ni évangélique et que les changements brusques
ou violents des structures seraient fallacieux, inefficaces en eux-mêmes et
certainement non conformes à la dignité du peuple ”.[64]
Contribution spécifique
de l’Eglise
38. Ceci dit, Nous nous
réjouissons que l’Eglise prenne une conscience toujours plus vive de la façon
propre, foncièrement évangélique, qu’elle a de collaborer à la libération des
hommes. Et que fait-elle ? Elle cherche de plus en plus à susciter de nombreux
chrétiens qui se donnent à la libération des autres. Elle fournit à ces
chrétiens “ libérateurs ” une inspiration de foi, une motivation d’amour
fraternel, un enseignement social auquel le vrai chrétien ne peut pas ne pas
être attentif mais qu’il doit poser à la base de sa sagesse et de son
expérience pour le traduire concrètement en des catégories d’action, de
participation et d’engagement. Tout cela, sans se confondre avec des attitudes
tactiques ni avec le service d’un système politique, doit caractériser l’élan
du chrétien engagé. L’Eglise s’efforce d’insérer toujours le combat chrétien
pour la libération dans le dessein global du salut qu’elle annonce elle-même.
Ce que Nous venons de
rappeler ici émerge plus d’une fois dans les débats du Synode. Nous avions
d’ailleurs voulu consacrer à ce thème quelques mots d’éclaircissement dans
l’allocution que Nous adressions aux Pères à l’issue de l’Assemblée.[65]
Toutes ces considérations
devraient aider, il faut l’espérer, à éviter l’ambiguïté que revêt très souvent
le mot “ libération ” dans les idéologies, les systèmes ou les groupes
politiques. La libération que proclame et prépare l’évangélisation est celle
que le Christ lui-même a annoncée à l’homme par son sacrifice.
La liberté religieuse
39. De cette juste
libération liée à l’évangélisation, qui cherche précisément à réaliser des
structures sauvegardant la liberté humaine, on ne peut séparer la nécessité
d’assurer tous les droits fondamentaux de l’homme, parmi lesquels la liberté
religieuse tient une place de première importance. Nous avons récemment parlé
de l’actualité de ce problème, en relevant “ combien de chrétiens, aujourd’hui
encore, sont étouffés par une oppression systématique parce qu’ils sont
chrétiens, parce qu’ils sont catholiques ! Le drame de la fidélité au Christ et
de la liberté religieuse continue, même s’il est camouflé derrière des déclarations
catégoriques en faveur des droits de la personne humaine et de la société
”.[66]
IV. LES VOIES DE L’ÉVANGÉLISATION
A la recherche de moyens
adaptés
40. L’importance évidente
du contenu de l’évangélisation ne doit pas cacher l’importance des voies et des
moyens.
Cette question du “
comment évangéliser ” reste toujours actuelle parce que les façons
d’évangéliser varient suivant les diverses circonstances de temps, de lieu, de
culture, et qu’elles offrent par là un certain défi à notre capacité de
découvrir et d’adapter.
A nous spécialement,
Pasteurs dans l’Eglise, incombe le souci de recréer avec audace et sagesse en
toute fidélité à son contenu, les modes les plus adaptés et les plus efficaces
pour communiquer le message évangélique aux hommes de notre temps. Qu’il Nous
suffise, dans cette réflexion, de rappeler quelques voies qui, pour une raison
ou pour une autre, ont une importance fondamentale.
Le témoignage de la vie
41. Et d’abord, sans
répéter tout ce que Nous avons déjà rappelé plus haut, il est bon de souligner
ceci : pour l’Eglise, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne,
livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre mais également
donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d’évangélisation.
“ L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres —
disions-Nous récemment à un groupe de laïcs — ou s’il écoute les maîtres, c’est
parce qu’ils sont des témoins ”.[67] Saint Pierre l’exprimait bien lorsqu’il
évoquait le spectacle d’une vie pure et respectueuse, “ gagnant sans paroles
même ceux qui refusent de croire à la Parole ”.[68] C’est donc par sa conduite,
par sa vie, que l’Eglise évangélisera tout d’abord le monde, c’est-à-dire par
son témoignage vécu de fidélité au Seigneur Jésus, de pauvreté et détachement,
de liberté face aux pouvoirs de ce monde, en un mot, de sainteté.
Une prédication vivante
42. Il n’est pas superflu
de souligner, ensuite, la portée et la nécessité de la prédication. “ Comment
croire sans l’avoir entendu ? Et comment entendre sans prédicateur ? (...) Car
la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ
”.[69] Cette loi posée un jour par l’Apôtre Paul garde encore aujourd’hui toute
sa force.
Oui, elle est toujours
indispensable, la prédication, cette proclamation verbale d’un message. Nous
savons bien que l’homme moderne rassasié de discours se révèle souvent fatigué
d’entendre et, pire encore, immunisé contre la parole. Nous connaissons aussi
les idées de nombreux psychologues et sociologues, lesquels affirment que
l’homme moderne a dépassé la civilisation du verbe, désormais inefficace et
inutile, et qu’il vit aujourd’hui dans la civilisation de l’image. Ces faits
devraient nous pousser, certes, à mettre en œuvre dans la transmission du
message évangélique les moyens modernes suscités par cette civilisation. Des
efforts très valables, d’ailleurs, ont été déjà accomplis dans cette ligne.
Nous ne pouvons que les louer et les encourager pour qu’ils se développent
encore davantage. La fatigue que provoquent aujourd’hui tant de discours vides
et l’actualité de bien d’autres formes de communication ne doivent cependant
pas diminuer la vertu permanente de la parole ni faire perdre confiance en
elle. La parole reste toujours actuelle, surtout lorsqu’elle est porteuse de la
puissance de Dieu.[70] C’est pourquoi reste lui aussi d’actualité l’axiome de
saint Paul : “ La foi vient de ce qu’on entend ”[71] : c’est la Parole entendue
qui conduit à croire.
Liturgie de la Parole
43. Cette prédication
évangélisatrice prend plusieurs formes que le zèle inspirera de recréer presque
à l’infini. Ils sont effectivement innombrables, les événements de la vie et
les situations humaines qui offrent l’occasion d’une annonce discrète mais
marquante de ce que le Seigneur a à dire dans cette circonstance. Il suffit
d’avoir une vraie sensibilité spirituelle pour lire dans les événements le
message de Dieu. Mais, à un moment où la liturgie renouvelée par le Concile a
beaucoup valorisé la “ liturgie de la Parole ”, ce serait une erreur de ne pas
voir dans l’homélie un instrument valable et très adapté d’évangélisation. Il
faut certes connaître et mettre à profit les exigences et les possibilités de
l’homélie pour qu’elle acquière toute son efficacité pastorale. Mais il faut
surtout en être convaincu et s’y donner avec amour. Cette prédication
singulièrement insérée dans la célébration eucharistique, dont elle reçoit
force et vigueur particulières, a certainement un rôle spécial dans
l’évangélisation, dans la mesure où elle exprime la foi profonde du ministre
sacré qui prêche et où elle est imprégnée d’amour. Les fidèles rassemblés pour
être une Eglise pascale célébrant la fête du Seigneur présent au milieu d’eux
attendent beaucoup de cette prédication et de fait en reçoivent beaucoup de
fruits, pourvu qu’elle soit simple, claire, directe, adaptée, profondément
attachée à l’enseignement évangélique et fidèle au Magistère de l’Eglise,
animée d’une ardeur apostolique équilibrée qui lui vient de son caractère propre,
pleine d’espérance, nourrissante pour la foi, génératrice de paix et d’unité.
Maintes communautés paroissiales ou autres vivent et se consolident grâce à
l’homélie de chaque dimanche, lorsqu’elle a ces qualités.
Ajoutons que, grâce au
même renouvellement de la liturgie, la célébration eucharistique n’est pas le
seul moment approprié pour l’homélie. Celle-ci trouve sa place et ne doit pas
être négligée dans la célébration de tous les sacrements, ou encore au cours de
para-liturgies, dans le cadre d’assemblées de fidèles. Elle sera toujours une
occasion privilégiée pour communiquer la Parole du Seigneur.
La catéchèse
44. Une voie à ne pas
négliger dans l’évangélisation est celle de l’enseignement catéchétique.
L’intelligence, surtout celle des enfants et des adolescents, a besoin
d’apprendre, moyennant un enseignement religieux systématique, les données
fondamentales, le contenu vivant de la vérité que Dieu a voulu nous transmettre
et que l’Eglise a cherché à exprimer de façon toujours plus riche, au cours de
sa longue histoire. Que cet enseignement doive être donné pour éduquer des
habitudes de vie chrétienne et non pour demeurer seulement intellectuel,
personne ne le contestera. Assurément, l’effort d’évangélisation gagnera
beaucoup, au plan de l’enseignement catéchétique donné à l’église, dans les
écoles là où cela est possible, en tout cas dans les foyers chrétiens, si les
catéchètes disposent de textes appropriés, mis à jour avec sagesse et
compétence, sous l’autorité des Évêques. Les méthodes devront être adaptées à
l’âge, à la culture, à la capacité des personnes, en cherchant toujours à fixer
dans la mémoire, l’intelligence et le cœur, les vérités essentielles qui
devront imprégner la vie tout entière. Il faut surtout préparer de bons
catéchètes — catéchistes paroissiaux, instituteurs, parents — soucieux de se
perfectionner dans cet art supérieur, indispensable et exigeant de
l’enseignement religieux. D’ailleurs, sans qu’il faille négliger en quoi que ce
soit la formation des enfants, on observe que les conditions actuelles rendent
toujours plus urgent l’enseignement catéchétique, sous la forme d’un
catéchuménat, pour de nombreux jeunes et adultes qui, touchés par la grâce,
découvrent peu à peu le visage du Christ et éprouvent le besoin de se donner à Lui.
Utilisation des mass
media
45. Dans notre siècle
marqué par les mass media ou moyens de communication sociale, la première
annonce, la catéchèse ou l’approfondissement ultérieur de la foi, ne peuvent
pas se passer de ces moyens, comme Nous l’avons déjà souligné.
Mis au service de
l’Evangile, ils sont capables d’étendre presque à l’infini le champ d’écoute de
la Parole de Dieu, et ils font arriver la Bonne Nouvelle à des millions de
personnes. L’Eglise se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne mettait
pas en œuvre ces puissants moyens que l’intelligence humaine rend chaque jour
plus perfectionnés. C’est par eux qu’elle “ proclame sur les toits ”[72] le
message dont elle est dépositaire. En eux elle trouve une version moderne et
efficace de la chaire. Grâce à eux elle réussit à parler aux masses.
Cependant l’usage des
moyens de communication sociale pour l’évangélisation présente un défi : c’est
que le message évangélique devrait, à travers eux, arriver à des foules
d’hommes, mais avec la capacité de percer la conscience de chacun, de se
déposer dans le cœur de chacun comme s’il était unique, avec tout ce qu’il a de
plus singulier et personnel, et de recueillir en sa faveur une adhésion, un
engagement tout à fait personnels.
Indispensable contact personnel
46. C’est pourquoi, à
côté de cette proclamation de l’Evangile sous forme générale, l’autre forme de
sa transmission, de personne à personne, reste valide et importante. Le
Seigneur l’a souvent pratiquée — les conversations avec Nicodème, Zachée, la
Samaritaine, Simon le pharisien, par exemple, l’attestent —, les Apôtres aussi.
Y aurait-il au fond une autre manière de livrer l’Evangile, que de transmettre
à un autre sa propre expérience de la foi ? Il ne faudrait pas que l’urgence
d’annoncer la Bonne Nouvelle aux masses d’hommes fasse oublier cette forme
d’annonce par laquelle la conscience personnelle d’un homme est atteinte,
touchée par une parole tout à fait extraordinaire qu’il reçoit d’un autre. Nous
ne saurions dire le bien fait par les prêtres qui, à travers le sacrement de la
pénitence ou à travers le dialogue pastoral, se montrent prêts à guider les
personnes dans les voies de l’Evangile, à les affermir dans leur effort, à les
relever si elles sont tombées, à les assister toujours avec discernement et
disponibilité.
Le rôle des sacrements
47. Par ailleurs, on
n’insistera jamais assez sur le fait que l’évangélisation ne s’épuise pas dans
la prédication et l’enseignement d’une doctrine. Car elle doit atteindre la vie
: la vie naturelle à laquelle elle donne un sens nouveau, grâce aux
perspectives évangéliques qu’elle lui ouvre ; et la vie surnaturelle, qui n’est
pas la négation, mais la purification et l’élévation de la vie naturelle.
Cette vie surnaturelle
trouve son expression vivante dans les sept sacrements et dans l’admirable
rayonnement de grâce et de sainteté qui est le leur.
L’évangélisation déploie
ainsi toute sa richesse lorsqu’elle réalise la liaison la plus intime, et mieux
encore une intercommunication jamais interrompue, entre la parole et les
sacrements. En un certain sens, c’est une équivoque que d’opposer, comme on le
fait parfois, l’évangélisation à la sacramentalisation. Il est bien vrai qu’une
certaine façon de conférer les sacrements, sans un solide appui de la catéchèse
de ces mêmes sacrements et d’une catéchèse globale, finirait par les priver en
grande partie de leur efficacité. Le rôle de l’évangélisation est précisément
d’éduquer tellement dans la foi qu’elle conduise chaque chrétien à vivre — et
non à recevoir passivement, ou à subir — les sacrements comme de véritables
sacrements de la foi.
La piété populaire
48. Ici Nous touchons à
un aspect de l’évangélisation qui ne peut pas laisser insensible. Nous voulons
parler de cette réalité que l’on désigne souvent aujourd’hui du terme de
religiosité populaire.
Aussi bien dans les
régions où l’Eglise est implantée depuis des siècles que là où elle est en voie
d’implantation, on trouve chez le peuple des expressions particulières de la
recherche de Dieu et de la foi. Regardées longtemps comme moins pures,
quelquefois dédaignées, ces expressions font aujourd’hui un peu partout l’objet
d’une redécouverte. Les Evêques en ont approfondi la signification, au cours du
récent Synode, avec un réalisme pastoral et un zèle remarquables.
La religiosité populaire,
on peut le dire, a certainement ses limites. Elle est fréquemment ouverte à la
pénétration de maintes déformations de la religion voire de superstitions. Elle
reste souvent au niveau de manifestations culturelles sans engager une véritable
adhésion de foi. Elle peut même mener à la formation de sectes et mettre en
danger la vraie communauté ecclésiale.
Mais si elle est bien
orientée, surtout par une pédagogie d’évangélisation, elle est riche de
valeurs. Elle traduit une soif de Dieu que seuls les simples et les pauvres
peuvent connaître. Elle rend capable de générosité et de sacrifice jusqu’à
l’héroïsme, lorsqu’il s’agit de manifester la foi. Elle comporte un sens aigu
d’attributs profonds de Dieu : la paternité, la rovidence, la présence
amoureuse et constante. Elle engendre des attitudes intérieures rarement
observées ailleurs au même degré : patience, sens de la croix dans la vie
quotidienne, détachement, ouverture aux autres, dévotion. En raison de ces
aspects, Nous l’appelons volontiers “ piété populaire ”, c’est-à-dire religion
du peuple, plutôt que religiosité.
La charité pastorale doit
dicter, à tous ceux que le Seigneur a placés comme chefs de communautés
ecclésiales, les normes de conduite à l’égard de cette réalité, à la fois si
riche et si menacée. Avant tout, il faut y être sensible, savoir percevoir ses
dimensions intérieures et ses valeurs indéniables, être disposé à l’aider à
dépasser ses risques de déviation. Bien orientée, cette religiosité populaire
peut être de plus en plus, pour nos masses populaires, une vraie rencontre avec
Dieu en Jésus-Christ.
V. LES DESTINATAIRES DE L’ÉVANGÉLISATION
Une destination
universelle
49. Les dernières paroles
de Jésus dans l’Evangile de Marc confèrent à l’évangélisation, dont le Seigneur
charge les Apôtres, une universalité sans frontières : “ Allez par le monde
entier, proclamez l’Evangile à toutes les créatures ”.[73]
Les Douze et la première
génération de chrétiens ont bien compris la leçon de ce texte et d’autres
semblables ; ils en ont fait un programme d’action. La persécution elle-même,
en dispersant les Apôtres, a contribué à disséminer la Parole et à implanter
l’Eglise dans des régions toujours plus lointaines. L’admission de Paul au rang
des Apôtres et son charisme de prédicateur de l’Avènement de Jésus-Christ aux
païens — non juifs — a encore souligné l’universalisme.
Malgré tous les obstacles
50. Au long de vingt
siècles d’histoire, les générations chrétiennes ont affronté périodiquement
divers obstacles à cette mission universaliste : d’un côté, de la part des
évangélisateurs eux-mêmes, la tentation de rétrécir sous différents prétextes
leur champ d’action missionnaire et d’autre part, les résistances souvent
humainement insurmontables de ceux à qui s’adresse l’évangélisateur. Par
ailleurs, Nous devons constater avec tristesse que l’œuvre évangélisatrice de
l’Eglise est fortement contrariée, sinon empêchée, par des pouvoirs publics. Il
se trouve, même de nos jours, que des annonciateurs de la Parole de Dieu soient
privés de leurs droits, persécutés, menacés, éliminés pour le seul fait de
prêcher Jésus-Christ et son Evangile. Mais Nous avons confiance que malgré ces
épreuves douloureuses l’œuvre de ces apôtres ne fera finalement défaut en
aucune région du monde.
En dépit de telles
adversités, l’Eglise ranime toujours son inspiration la plus profonde, celle
qui lui vient directement du Maître : Au monde entier! A toute créature!
Jusqu’aux extrémités de la terre! Elle l’a fait de nouveau au récent Synode,
comme un appel à ne pas emprisonner l’annonce évangélique en la limitant à un
secteur de l’humanité, ou à une classe d’hommes ou à un seul type de culture.
Quelques exemples pourraient être révélateurs.
Première annonce à ceux
qui sont loin
51. Révéler Jésus-Christ
et son Evangile à ceux qui ne les connaissent pas, tel est, depuis le matin de
la Pentecôte, le programme fondamental que l’Eglise a assumé comme reçu de son
Fondateur. Tout le Nouveau Testament, et de façon spéciale les Actes des
Apôtres, témoignent d’un moment privilégié et en quelque sorte exemplaire de
cet effort missionnaire qui jalonnera ensuite toute l’histoire de l’Eglise.
Cette première annonce de
Jésus-Christ, elle la réalise par une activité complexe et diversifiée que l’on
désigne quelquefois sous le nom de “ pré-évangélisation ”, mais qui est déjà à
vrai dire l’évangélisation, quoique à son stade initial et bien incomplet. Une
gamme presque infinie de moyens, la prédication explicite, certes, mais aussi
l’art, l’approche scientifique, la recherche philosophique, le recours légitime
aux sentiments du cœur de l’homme peuvent être mis en œuvre dans ce but.
Annonce au monde
déchristianisé
52. Si cette première
annonce s’adresse spécialement à ceux qui n’ont jamais entendu la Bonne
Nouvelle de Jésus ou aux enfants, elle s’avère toujours plus nécessaire
également, à cause des situations de déchristianisation fréquentes de nos
jours, pour des multitudes de personnes qui ont reçu le baptême mais vivent en
dehors de toute vie chrétienne, pour des gens simples ayant une certaine foi
mais connaissant mal les fondements de cette foi, pour des intellectuels qui
sentent le besoin de connaître Jésus-Christ sous une lumière autre que
l’enseignement reçu dans leur enfance, et pour beaucoup d’autres.
Les religions non
chrétiennes
53. Elle s’adresse aussi
à d’immenses portions d’humanité qui pratiquent des religions non chrétiennes
que l’Eglise respecte et estime, car elles sont l’expression vivante de l’âme
de vastes groupes humains. Elles portent en elles l’écho de millénaires de recherche
de Dieu, recherche incomplète mais réalisée souvent avec sincérité et droiture
de cœur. Elles possèdent un patrimoine impressionnant de textes profondément
religieux. Elles ont appris à des générations de personnes à prier. Elles sont
toutes parsemées d’innombrables “ semences du Verbe ”[74] et peuvent constituer
une authentique “ préparation évangélique ”[75], pour reprendre un mot heureux
du Concile Vatican II emprunté à Eusèbe de Césarée.
Une telle situation
suscite, certes, des questions complexes et délicates, qu’il convient d’étudier
à la lumière de la Tradition chrétienne et du Magistère de l’Eglise pour offrir
aux missionnaires d’aujourd’hui et de demain de nouveaux horizons dans leurs
contacts avec les religions non chrétiennes. Nous voulons relever surtout
aujourd’hui que ni le respect et l’estime envers ces religions, ni la
complexité des questions soulevées ne sont pour l’Eglise une invitation à taire
devant les non chrétiens l’annonce de Jésus-Christ. Au contraire, elle pense
que ces multitudes ont le droit de connaître la richesse du mystère du
Christ[76] dans laquelle nous croyons que toute l’humanité peut trouver, dans
une plénitude insoupçonnable, tout ce qu’elle cherche à tâtons au sujet de
Dieu, de l’homme et de son destin, de la vie et de la mort, de la vérité. Même
devant les expressions religieuses naturelles les plus dignes d’estime,
l’Eglise s’appuie donc sur le fait que la religion de Jésus, qu’elle annonce à
travers l’évangélisation, met objectivement l’homme en rapport avec le plan de
Dieu, avec sa présence vivante, avec son action ; elle fait rencontrer ainsi le
mystère de la Paternité divine qui se penche vers l’humanité ; en d’autres
termes, notre religion instaure effectivement avec Dieu un rapport authentique
et vivant que les autres religions ne réussissent pas à établir, bien qu’elles
tiennent pour ainsi dire leurs bras tendus vers le ciel.
C’est pourquoi l’Eglise
garde vivant son élan missionnaire, et même elle veut l’intensifier dans le
moment historique qui est le nôtre. Elle se sent responsable devant des peuples
entiers. Elle n’a pas de repos tant qu’elle n’a pas fait de son mieux pour
proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur. Elle prépare toujours de
nouvelles générations d’apôtres. Constatons-le avec joie au moment où ne
manquent pas ceux qui pensent et même disent que l’ardeur et l’élan apostolique
se sont épuisés, et que l’heure de l’envoi missionnaire est désormais passée.
Le Synode vient de répondre que l’annonce missionnaire ne tarit pas et que
l’Eglise sera toujours tendue vers l’accomplissement de celle-ci.
Soutien de la foi des
fidèles
54. Cependant l’Eglise ne
se sent pas dispensée d’une attention infatigable également envers ceux qui ont
reçu la foi et qui, souvent depuis des générations, sont en contact avec
l’Evangile. Elle cherche ainsi à approfondir, consolider, nourrir, rendre
toujours plus mûre la foi de ceux qu’on appelle déjà fidèles ou croyants, afin
qu’ils le soient davantage.
Cette foi est presque
toujours, aujourd’hui, confrontée au sécularisme, voire à l’athéisme militant :
elle est une foi en butte aux épreuves et menacée, bien plus, une foi assiégée
et combattue. Elle risque de périr par asphyxie ou par inanition si elle n’est
pas tous les jours alimentée et soutenue. Evangéliser doit donc être très
souvent communiquer à la foi des fidèles — particulièrement par une catéchèse
pleine de sève évangélique et munie d’un langage adapté aux temps et aux
personnes — cet aliment et ce soutien nécessaires.
L’Eglise catholique garde
également un vif souci des chrétiens qui ne sont pas en pleine communion avec
elle : tout en préparant avec eux l’unité voulue par le Christ, et précisément
pour réaliser l’unité dans la vérité, elle a conscience qu’elle manquerait
gravement à son devoir si elle ne témoignait pas, auprès d’eux, de la plénitude
de la révélation dont elle garde le dépôt.
Non croyants
55. Significative est
aussi la préoccupation, présente au Synode, à l’égard de deux sphères très
différentes l’une de l’autre, très proches cependant par le défi que, chacune à
leur façon, elles lancent à l’évangélisation.
La première est ce qu’on
peut appeler la montée de l’incroyance dans le monde moderne. Le Synode s’est
attaché à décrire ce monde moderne : sous ce nom générique, que de courants de
pensée, valeurs et contre-valeurs, aspirations latentes ou semences de
destruction, convictions anciennes qui disparaissent et convictions nouvelles
qui s’imposent !
Du point de vue
spirituel, ce monde moderne semble se débattre toujours dans ce qu’un auteur
contemporain a appelé naguère “ le drame de l’humanisme athée ”.[77]
D’une part, on est obligé
de constater au cœur même de ce monde contemporain le phénomène qui devient
presque sa marque la plus frappante : le sécularisme. Nous ne parlons pas de
cette sécularisation qui est l’effort en lui-même juste et légitime, nullement
incompatible avec la foi ou la religion, de déceler dans la création, en chaque
chose ou en chaque événement de l’univers, les lois qui les régissent avec une
certaine autonomie, dans la conviction intérieure que le Créateur y a posé ces
lois. Le récent Concile a affirmé, en ce sens, l’autonomie légitime de la
culture et particulièrement des sciences.[78] Nous envisageons ici un véritable
sécularisme : une conception du monde d’après laquelle ce dernier s’explique
par lui-même sans qu’il soit besoin de recourir à Dieu ; Dieu devenu ainsi
superflu et encombrant. Un tel sécularisme, pour reconnaître le pouvoir de
l’homme, finit donc par se passer de Dieu et même par renier Dieu.
Des formes nouvelles
d’athéisme — un athéisme anthropocentrique, non plus abstrait et métaphysique
mais pragmatique, programmatique et militant — semblent en découler. En liaison
avec ce sécularisme athée, on nous propose tous les jours, sous les formes les
plus diverses, une civilisation de consommation, l’hédonisme érigé en valeur
suprême, une volonté de puissance et de domination, des discriminations de
toute sorte : autant de pentes inhumaines de cet “ humanisme ”.
Dans ce même monde
moderne, d’autre part, paradoxalement, on ne peut pas nier l’existence de
véritables pierres d’attente chrétiennes, de valeurs évangéliques au moins sous
la forme d’un vide ou d’une nostalgie. Il ne serait pas exagéré de parler d’un
puissant et tragique appel à être évangélisé.
Non pratiquants
56. Une seconde sphère
est celle des non pratiquants : aujourd’hui un grand nombre de baptisés qui,
dans une large mesure, n’ont pas renié formellement leur baptême mais sont
entièrement en marge de lui, n’en vivent pas. Le phénomène des non pratiquants est
très ancien dans l’histoire du christianisme, il tient à une faiblesse
naturelle, à une profonde incohérence que nous portons, hélas, au fond de
nous-mêmes. Il présente cependant aujourd’hui des traits nouveaux. Il
s’explique souvent par les déracinements typiques de notre époque. Il naît
aussi du fait que les chrétiens côtoient les non croyants et reçoivent
constamment le contrecoup de l’incroyance. D’ailleurs les non pratiquants
contemporains, plus que ceux d’autrefois, cherchent à expliquer et justifier
leur position au nom d’une religion intérieure, de l’autonomie ou de
l’authenticité personnelles.
Athées et incroyants d’un
côté, non pratiquants de l’autre, opposent donc à l’évangélisation des
résistances non négligeables. Les premiers, la résistance d’un certain refus,
l’incapacité de saisir le nouvel ordre des choses, le nouveau sens du monde, de
la vie, de l’histoire, qui n’est pas possible si l’on ne part pas de l’Absolu
de Dieu. Les autres, la résistance de l’inertie, l’attitude un peu hostile de
quelqu’un qui se sent de la maison, qui affirme tout savoir, avoir goûté à
tout, ne plus y croire.
Sécularisme athée et
absence de pratique religieuse se trouvent chez les adultes et chez les jeunes,
chez l’élite et dans les masses, dans tous les secteurs culturels, dans les
vieilles comme dans les jeunes Eglises. L’action évangélisatrice de l’Eglise,
qui ne peut pas ignorer ces deux mondes ni s’arrêter en face d’eux, doit
chercher constamment les moyens et le langage adéquats pour leur proposer ou
leur reproposer la révélation de Dieu et la foi en Jésus-Christ.
Au cœur des masses
57. Comme le Christ
durant le temps de sa prédication, comme les Douze le matin de la Pentecôte,
l’Église aussi voit devant elle une immense foule humaine qui a besoin de
l’Evangile et y a droit, puisque Dieu “ veut que tout homme soit sauvé et
parvienne à la connaissance de la vérité ”.[79]
Sensible à son devoir de
prêcher le salut à tous, sachant que le message évangélique n’est pas réservé à
un petit groupe d’initiés, de privilégiés ou d’élus mais destiné à tous,
l’Eglise fait sienne l’angoisse du Christ devant les foules errantes et
prostrées “ comme des brebis qui n’ont pas de berger ” et répète souvent sa
parole : “ J’ai pitié de cette foule ”.[80]
Mais elle est aussi
consciente que, pour l’efficacité de la prédication évangélique, elle doit
adresser son message, au cœur des masses, à des communautés de fidèles dont
l’action peut et doit arriver aux autres.
Les communautés
ecclésiales de base
58. Le Synode s’est
beaucoup occupé de ces petites communautés ou “ communautés de base ”, parce
que dans l’Eglise d’aujourd’hui elles sont souvent mentionnées. Que sont-elles
et pourquoi seraient-elles destinataires spéciales d’évangélisation et en même
temps évangélisatrices ?
Fleurissant un peu
partout dans l’Eglise, à en croire les différents témoignages entendus au
Synode, elles diffèrent beaucoup entre elles, au sein d’une même région et plus
encore d’une région à l’autre.
Dans certaines régions,
elles surgissent et se développent, sauf exception, à l’intérieur de l’Eglise,
en étant solidaires de sa vie, nourries de son enseignement, attachées à ses
pasteurs. Dans ces cas-là, elles naissent du besoin de vivre plus intensément
encore la vie de l’Eglise ; ou du désir et de la recherche d’une dimension plus
humaine, que des communautés ecclésiales plus grandes peuvent difficilement
offrir, surtout dans les métropoles urbaines contemporaines favorisant à la
fois la vie de masse et l’anonymat. Elles peuvent tout simplement prolonger à
leur façon au niveau spirituel et religieux — culte, approfondissement de la
foi, charité fraternelle, prière, communion avec les Pasteurs — la petite
communauté sociologique, village ou autre. Ou bien encore elles veulent
rassembler pour l’écoute et la méditation de la Parole, pour les sacrements et
le lien de l’Agapè, des groupes que l’âge, la culture, l’état civil ou la
situation sociale rendent homogènes — couples, jeunes, professionnels, etc. — ;
des personnes que la vie trouve déjà réunies dans les combats pour la justice,
pour l’aide fraternelle aux pauvres, pour la promotion humaine, etc. Ou bien
enfin elles réunissent les chrétiens là où la pénurie de prêtres ne favorise
pas la vie normale d’une communauté paroissiale. Tout cela est supposé à
l’intérieur des communautés constituées de l’Eglise, surtout des Eglises
particulières et des paroisses.
Dans d’autres régions, au
contraire, des communautés de base s’assemblent dans un esprit de critique
acerbe de l’Eglise qu’elles stigmatisent volontiers comme “ institutionnelle ”
et à laquelle elles s’opposent comme des communautés charismatiques, libres de
structures, inspirées seulement par l’Evangile. Elles ont donc comme
caractéristique une évidente attitude de blâme et de refus à l’égard des
expressions de l’Eglise : sa hiérarchie, ses signes. Elles contestent
radicalement cette Eglise. Dans cette ligne, leur inspiration principale
devient très vite idéologique, et il est rare qu’elles ne soient pas assez tôt
la proie d’une option politique, d’un courant, puis d’un système, voire d’un
parti, avec tout le risque que cela comporte d’en devenir l’instrument.
La différence est déjà
notable : les communautés qui par leur esprit de contestation se coupent de
l’Eglise, dont elles lèsent d’ailleurs l’unité, peuvent bien s’intituler “
communautés de base ”, mais c’est là une désignation strictement sociologique.
Elles ne pourraient pas, sans abus de langage, s’intituler communautés
ecclésiales de base, même si elles ont la prétention de persévérer dans l’unité
de l’Eglise tout en étant hostiles à la Hiérarchie. Cette qualification
appartient aux autres, à celles qui se réunissent en Eglise pour s’unir à
l’Eglise et pour faire croître l’Eglise.
Ces dernières communautés
seront un lieu d’évangélisation, au bénéfice des communautés plus vastes,
spécialement des Eglises particulières et elles seront une espérance pour
l’Eglise universelle, comme Nous l’avons dit au terme du Synode, dans la mesure
où :
— elles cherchent leur
aliment dans la Parole de Dieu et ne se laissent pas emprisonner par la
polarisation politique ou par les idéologies à la mode, prêtes à exploiter leur
immense potentiel humain ;
— elles évitent la
tentation toujours menaçante de la contestation systématique et de l’esprit
hypercritique, sous prétexte d’authenticité et d’esprit de collaboration ;
— elles restent fermement
attachées à l’Eglise locale dans laquelle elles s’insèrent, et à l’Eglise
universelle, évitant ainsi le danger — trop réel — de s’isoler en elles-mêmes,
puis de se croire l’unique authentique Église du Christ, et donc
d’anathématiser les autres communautés ecclésiales ;
— elles gardent une
sincère communion avec les Pasteurs que le Seigneur donne à son Eglise et avec
le Magistère que l’Esprit du Christ leur a confié ;
— elles ne se prennent jamais
pour l’unique destinataire ou l’unique agent d’évangélisation — voire l’unique
dépositaire de l’Evangile ! —; mais, conscientes que l’Eglise est beaucoup plus
vaste et diversifiée, elles acceptent que cette Eglise s’incarne autrement qu’à
travers elles ;
— elles croissent chaque
jour en conscience, zèle, engagement et rayonnement missionnaire ;
— elles se montrent en
tout universalistes et jamais sectaires.
A ces conditions-là,
exigeantes certes mais exaltantes, les communautés ecclésiales de base correspondront
à leur vocation la plus fondamentale : auditrices de l’Evangile qui leur est
annoncé et destinataires privilégiées de l’évangélisation, elles deviendront
elles-mêmes sans tarder annonciatrices de l’Evangile.
VI. LES OUVRIERS DE L’ÉVANGÉLISATION
Eglise tout entière
missionnaire
59. Si des hommes
proclament dans le monde l’évangile du salut, c’est par ordre, au nom et avec
la grâce du Christ Sauveur. “ Comment prêcher si l’on n’a pas d’abord reçu
mission ? ”,[81] écrivait celui qui fut certainement l’un des plus grands
évangélisateurs. Personne ne peut le faire à moins d’avoir été envoyé.
Mais qui donc a la
mission d’évangéliser ?
Le Concile Vatican II a
répondu avec clarté : “ Par mandat divin, incombe à l’Eglise la fonction
d’aller dans le monde entier et d’annoncer l’Evangile à toute créature ”.[82]
Et dans un autre texte du même Concile: “ l’Eglise tout entière est
missionnaire ; l’oeuvre d’évangélisation est un devoir fondamental du peuple de
Dieu ”.[83]
Nous avons déjà rappelé
cette liaison intime entre l’Eglise et l’évangélisation. Lorsque l’Eglise
annonce le Règne de Dieu et le construit, elle s’implante elle-même au coeur du
monde comme signe et instrument de ce Règne qui est et qui vient. Le Concile a
repris cette parole très significative de saint Augustin sur l’action
missionnaire des Douze: “ En prêchant la parole de vérité, ils firent naître
des Eglises ”.[84]
Un acte ecclésial
60. Que l’Eglise soit
envoyée et mandatée pour l’évangélisation du monde, cette observation devrait
éveiller en nous une double conviction.
La première : évangéliser
n’est pour personne un acte individuel et isolé, mais c’est un acte
profondément ecclésial. Lorsque le plus obscur prédicateur, catéchiste ou
pasteur, dans la contrée la plus lointaine, prêche l’Evangile, rassemble sa
petite communauté ou confère un sacrement, même seul, il fait un acte d’Eglise
et son geste se rattache certainement, par des rapports institutionnels, mais
aussi par des liens invisibles et par des racines souterraines de l’ordre de la
grâce, à l’activité évangélisatrice de toute l’Eglise. Cela suppose qu’il le
fasse, non pas par une mission qu’il s’attribue, ou par une inspiration
personnelle, mais en union avec la mission de l’Eglise et en son nom.
De là, la seconde
conviction : si chacun évangélise au nom de l’Eglise, qui le fait elle-même en
vertu d’un mandat du Seigneur, aucun évangélisateur n’est le maître absolu de
son action évangélisatrice, avec un pouvoir discrétionnaire, pour l’accomplir
suivant des critères et perspectives individualistes, mais en communion avec
l’Eglise et ses Pasteurs.
L’Eglise est tout entière
évangélisatrice, avons-Nous remarqué. Cela signifie que, pour l’ensemble du
monde et pour chaque portion du monde où elle se trouve, l’Eglise se sent
responsable de la tâche de diffuser l’Evangile.
La perspective de
l’Eglise universelle
61. A ce stade de notre
réflexion, Nous nous arrêterons avec vous, Frères et Fils, sur une question
particulièrement importante de nos jours. Dans leurs célébrations liturgiques,
dans leur témoignage devant les juges et les bourreaux, dans leurs textes
apologétiques, les premiers chrétiens exprimaient volontiers leur foi profonde
dans l’Eglise en la désignant comme répandue par tout l’univers. Ils avaient
pleinement conscience d’appartenir à une grande communauté que ni l’espace ni
le temps ne sauraient limiter : “ Du juste Abel jusqu’au dernier élu ”,[85] “
jusqu’aux extrémités de la terre ”,[86] “ jusqu’à la fin des temps ”.[87]
C’est ainsi que le
Seigneur a voulu son Eglise : Universelle, grand arbre dont les branches
abritent les oiseaux du ciel,[88] filet qui recueille toutes sortes de
poissons[89] ou que Pierre retire chargé de cent cinquante-trois gros
poissons,[90] troupeau qu’un seul pasteur fait paître.[91] Eglise universelle sans
bornes ni frontières sauf, hélas, celles du coeur et de l’esprit de l’homme
pécheur.
La perspective de
l’Eglise particulière
62. Néanmoins cette
Eglise universelle s’incarne de fait dans les Eglises particulières
constituées, elles, de telle ou telle portion d’humanité concrète, parlant
telle langue, tributaire d’un héritage culturel, d’une vision du monde, d’un
passé historique, d’un substrat humain déterminé. L’ouverture aux richesses de
Eglise particulière répond à une sensibilité spéciale de l’homme contemporain.
Gardons-nous bien de
concevoir Eglise universelle comme la somme, ou, si l’on peut dire, la
fédération plus ou moins hétéroclite d’Eglises particulières essentiellement
diverses. Dans la pensée du Seigneur c’est l’Eglise, universelle par vocation
et par mission, qui, jetant ses racines dans la variété des terrains culturels,
sociaux, humains, prend dans chaque portion du monde des visages, des
expressions extérieures diverses.
Ainsi, chaque Eglise
particulière qui se couperait volontairement de l’Eglise universelle perdrait
sa référence au dessein de Dieu ; elle s’appauvrirait dans sa dimension
ecclésiale. Mais par ailleurs, l’Eglise “ toto orbe diffusa ” deviendrait une
abstraction si elle ne prenait pas corps et vie précisément à travers les Eglises
particulières. Seule une attention permanente aux deux pôles de l’Eglise nous
permettra de percevoir la richesse de ce rapport entre Eglise universelle et
Eglises particulières.
Adaptation et fidélité du
langage
63. Les Eglises
particulières, profondément amalgamées avec les personnes mais aussi les
aspirations, les richesses et limites, les façons de prier, d’aimer, de
considérer la vie et le monde qui marquent tel ou tel ensemble humain, ont le
rôle d’assimiler l’essentiel du message évangélique, de le transposer, sans la
moindre trahison de sa vérité essentielle, dans le langage que ces hommes
comprennent, puis de l’annoncer dans ce langage.
La transposition est à
faire, avec le discernement, le sérieux, le respect et la compétence que la
matière exige, dans le domaine des expressions liturgiques,[92] de la
catéchèse, de la formulation théologique, des structures ecclésiales
secondaires, des ministères. Et “ langage ” doit s’entendre ici moins sur le
plan sémantique ou littéraire que sur celui qu’on peut appeler anthropologique
et culturel.
La question perd beaucoup
de sa force et de son efficacité si elle ne prend pas en considération le
peuple concret auquel elle s’adresse, n’utilise pas sa langue, ses signes et
symboles, ne répond pas aux questions qu’il pose, ne rejoint pas sa vie
concrète. Mais d’autre part, l’évangélisation risque de perdre son âme et de
s’évanouir si l’on vide ou dénature son contenu, sous prétexte de le traduire ;
si, voulant adapter une réalité universelle à un espace local, on sacrifie
cette réalité et on détruit l’unité sans laquelle il n’y a pas d’universalité.
Or, seule une Eglise qui garde la conscience de son universalité et montre
qu’elle est en fait universelle peut avoir un message capable d’être entendu
par tous, au-delà des limites régionales.
Une légitime attention
aux Eglises particulières ne peut qu’enrichir l’Eglise. Elle est indispensable
et urgente. Elle répond aux aspirations les plus profondes des peuples et des
communautés humaines, à trouver toujours davantage leur propre visage.
Ouverture à l’Eglise
universelle
64. Mais cet
enrichissement exige que les Eglises particulières gardent leur ouverture
profonde à l’Eglise universelle. Il est bien remarquable, du reste, que les
chrétiens les plus simples, les plus fidèles à l’Evangile, les plus ouverts au
véritable sens de l’Eglise, ont une sensibilité toute spontanée à l’égard de
cette dimension universelle, ils en sentent instinctivement et très fortement
le besoin, ils se reconnaissent facilement en elle, vibrent avec elle et
souffrent au plus profond d’eux-mêmes lorsque, au nom de théories qu’ils ne
comprennent pas, on les contraint à une Eglise dépourvue de cette universalité,
Eglise régionaliste, sans horizon.
Comme l’histoire le
démontre d’ailleurs, chaque fois que telle ou telle Eglise particulière,
parfois avec les meilleurs intentions avec des arguments théologiques,
sociologiques, politiques ou pastoraux, ou même dans le désir d’une certaine
liberté de mouvement ou d’action, s’est coupée de l’Eglise universelle et de
son centre vivant et visible, elle n’a échappé que très difficilement — si tant
est qu’elle y ait échappé — à deux dangers également graves : danger, d’une
part, de l’isolationisme desséchant, et puis, à court terme, de l’effritement,
chacune de ses cellules se séparant d’elle comme elle s’est séparée du noyau
central ; et d’autre part danger de perdre sa liberté, lorsque, coupée du
centre et des autres Eglises qui lui communiquaient force et énergie, elle se
trouve livrée, seule, aux forces les plus diverses d’asservissement et
d’exploitation.
Plus une Eglise
particulière est attachée par des liens solides de communion à l’Eglise
universelle — dans la charité et la loyauté, dans l’ouverture au Magistère de
Pierre, dans l’unité de la “ Lex orandi ” qui est aussi “ Lex credendi ”, dans
le souci de l’unité avec toutes les autres Églises qui composent l’universalité
— plus cette Eglise sera capable de traduire le trésor de la foi dans la
légitime variété des expressions de la profession de foi, de la prière et du
culte, de la vie et du comportement chrétiens, du rayonnement du peuple dans
lequel elle s’insère. Plus aussi elle sera vraiment évangélisatrice,
c’est-à-dire capable de puiser dans le patrimoine universel pour en faire
profiter son peuple comme de communiquer à l’Eglise universelle l’expérience et
la vie de ce peuple, au bénéfice de tous.
L’inaltérable dépôt de la
foi
65. Dans ce sens
précisément Nous avons voulu prononcer, à la clôture de la troisième Assemblée
du Synode, un mot clair et plein de paternelle affection, insistant sur le rôle
du Successeur de Pierre comme principe visible, vivant et dynamique de l’unité
entre les Eglises et donc de l’universalité de l’unique Eglise.[93] Nous
insistions aussi sur la grave responsabilité qui Nous incombe, mais que Nous
partageons avec nos Frères dans l’épiscopat, de garder inaltérable le contenu
de la foi catholique que le Seigneur a confié aux Apôtres : traduit dans tous
les langages, ce contenu ne doit pas être entamé ni mutilé revêtu des symboles
propres à chaque peuple, explicité par des expressions théologiques qui
tiennent compte des milieux culturels, sociaux et même raciaux divers, il doit
rester le contenu de la foi catholique tel que le Magistère ecclésial l’a reçu
et le transmet.
Tâches diversifiées
66. Toute l’Eglise est
donc appelée à évangéliser et cependant dans son sein nous avons différentes
tâches évangélisatrices à accomplir. Cette diversité de services dans l’unité
de la même mission fait la richesse et la beauté de l’évangélisation. Ces
tâches, Nous les rappellerons d’un mot.
Et tout d’abord, qu’il
Nous soit permis de signaler dans les pages de l’Evangile l’insistance avec
laquelle le Seigneur confie aux Apôtres la fonction d’annoncer la Parole. Il
les a choisis[94], formés durant plusieurs années d’intimité[95],
constitués[96] et mandatés[97] comme témoins et maîtres autorisés du message du
salut. Et les Douze ont à leur tour envoyé leurs successeurs qui, dans la
lignée apostolique, continuent à prêcher la Bonne Nouvelle.
Le Successeur de Pierre
67. Le Successeur de
Pierre est ainsi, par la volonté du Christ, chargé du ministère prééminent
d’enseigner la vérité révélée. Le Nouveau Testament montre souvent Pierre “
rempli de l’Esprit Saint ” prenant la parole au nom de tous[98]. C’est bien
pour cela que saint Léon le Grand parle de lui comme de celui qui a mérité la
primauté de l’apostolat[99]. C’est pourquoi aussi la voix de l’Eglise montre le
Pape “ au sommet le plus haut — in apice, in specula — de l’apostolat ”.[100]
Le Concile Vatican II a voulu le réaffirmer en déclarant que “ le mandat du
Christ de prêcher l’Evangile à toute créature (cf. Mc. 16, 15) regarde avant
tout et immédiatement les Évêques avec Pierre et sous la conduite de Pierre
”.[101]
Le pouvoir plénier,
suprême et universel[102] que le Christ confie à son Vicaire pour le
gouvernement pastoral de son Eglise, c’est donc spécialement dans l’activité de
prêcher et faire prêcher la Bonne Nouvelle du salut que le Pape l’exerce.
Evêques et prêtres
68. Unis au Successeur de
Pierre, les Evêques, successeurs des apôtres, reçoivent par la force de leur
ordination épiscopale, l’autorité pour enseigner dans l’Eglise la vérité
révélée. Ils sont les maîtres de la foi.
Aux Evêques sont associés
dans le ministère de l’évangélisation, comme responsables à un titre spécial,
ceux qui par l’ordination sacerdotale “ tiennent la place du Christ ”,[103] en
tant qu’éducateurs du Peuple de Dieu dans la foi, prédicateurs, tout en étant
ministres de l’Eucharistie et des autres sacrements.
Nous donc, Pasteurs, nous
sommes tous invités à prendre conscience, plus que tout autre membre de
l’Eglise, de ce devoir. Ce qui constitue la singularité de notre service
sacerdotal, ce qui donne unité profonde aux mille tâches qui nous sollicitent
au long de la journée et de la vie, ce qui confère à nos activités une note
spécifique, c’est ce but présent en toute notre action : “ annoncer l’Evangile
de Dieu ”.[104]
Voici un trait de notre
identité, qu’aucun doute ne devrait entamer, aucune objection éclipser: Pasteurs,
nous avons été choisis par la miséricorde du souverain Pasteur[105] malgré
notre insuffisance, pour proclamer avec autorité la Parole de Dieu, pour
rassembler le Peuple de Dieu qui était dispersé, pour alimenter ce Peuple avec
les signes de l’action du Christ que sont les sacrements, pour le mettre sur la
voie du salut, pour le maintenir dans cette unité dont nous sommes, à
différents niveaux, des instruments actifs et vivants, pour animer sans cesse
cette communauté réunie autour du Christ dans la ligne de sa vocation la plus
intime. Et lorsque, dans la mesure de nos limites humaines et selon la grâce de
Dieu, nous accomplissons tout cela, c’est une oeuvre d’évangélisation que nous
réalisons, Nous, comme Pasteur de l’Eglise universelle, nos frères Evêques, à
la tête des Eglises particulières, les prêtres et diacres liés à leurs Evêques,
dont ils sont les collaborateurs, par une communion qui prend sa source dans le
sacrement de l’ordre et dans la charité de l’Eglise.
Religieux
69. Les religieux, eux,
trouvent dans leur vie consacrée un moyen privilégié d’évangélisation efficace.
Par leur être le plus profond ils se situent dans le dynamisme de l’Eglise,
assoiffée de l’Absolu de Dieu, appelée à la sainteté. C’est de cette sainteté
qu’ils témoignent. Ils incarnent l’Eglise désireuse de se livrer au radicalisme
des béatitudes. Ils sont par leur vie signes de totale disponibilité pour Dieu,
pour l’Eglise, pour les frères.
En cela, ils ont une
importance spéciale dans le cadre du témoignage qui est, Nous l’avons affirmé,
primordial dans l’évangélisation. Ce témoignage silencieux de pauvreté et de
dépouillement, de pureté et de transparence, d’abandon dans l’obéissance, peut
devenir, en même temps qu’un appel adressé au monde et à l’Eglise elle-même,
une éloquente prédication capable de toucher même les non chrétiens de bonne
volonté, sensibles à certaines valeurs.
Dans une telle
perspective, l’on devine le rôle joué dans l’évangélisation par des religieux
et religieuses consacrés à la prière, au silence, à la pénitence, au sacrifice.
D’autres religieux, en très grand nombre, se donnent directement à l’annonce du
Christ. Leur action missionnaire dépend évidemment de la hiérarchie et doit
être coordonnée avec la pastorale que celle-ci veut mettre en oeuvre. Mais qui
ne mesure la part immense qu’ils ont apportée et qu’ils continuent d’apporter à
l’évangélisation ? Grâce à leur consécration religieuse, ils sont par
excellence volontaires et libres pour tout quitter et aller annoncer l’Evangile
jusqu’aux confins du monde. Ils sont entreprenants, et leur apostolat est
marqué souvent par une originalité, un génie qui forcent l’admiration. Ils sont
généreux : on les trouve souvent aux avant-postes de la mission, et ils
prennent les plus grands risques pour leur santé et leur propre vie. Oui,
vraiment, l’Eglise leur doit beaucoup.
Laïcs
70. Les laïcs, que leur
vocation spécifique place au coeur du monde et à la tête des tâches temporelles
les plus variées, doivent exercer par là même une forme singulière
d’évangélisation.
Leur tâche première et
immédiate n’est pas l’institution et le développement de la communauté
ecclésiale — c’est là le rôle spécifique des Pasteurs —, mais c’est la mise en
oeuvre de toutes les possibilités chrétiennes et évangéliques cachées, mais
déjà présentes et actives dans les choses du monde. Le champ propre de leur
activité évangélisatrice, c’est le monde vaste et compliqué de la politique, du
social, de l’économie, mais également de la culture, des sciences et des arts,
de la vie internationale, des mass media ainsi que certaines autres réalités
ouvertes à l’évangélisation comme sont l’amour, la famille, l’éducation des
enfants et des adolescents, le travail professionnel, la souffrance. Plus il y
aura de laïcs imprégnés d’évangile responsables de ces réalités et clairement
engagés en elles, compétents pour les promouvoir et conscients qu’il faut
déployer leur pleine capacité chrétienne souvent enfouie et asphyxiée, plus ces
réalités sans rien perdre ou sacrifier de leur coefficient humain, mais manifestant
une dimension transcendante souvent méconnue, se trouveront au service de
l’édification du Règne de Dieu et donc du salut en Jésus-Christ.
Famille
71. Au sein de
l’apostolat évangélisateur des laïcs, il est impossible de ne pas souligner
l’action évangélisatrice de la famille. Elle a bien mérité, aux différents
moments de l’histoire, le beau nom d’“ Eglise domestique ” sanctionné par le
Concile Vatican II.[106]
Cela signifie, que, en
chaque famille chrétienne, devraient se retrouver les divers aspects de
l’Eglise entière. En outre, la famille, comme l’Eglise, se doit d’être un
espace où l’Evangile est transmis et d’où l’Evangile rayonne.
Au sein donc d’une
famille consciente de cette mission, tous les membres de la famille
évangélisent et sont évangélisés. Les parents non seulement communiquent aux
enfants l’Evangile mais peuvent recevoir d’eux ce même Evangile profondément
vécu. Et une telle famille se fait évangélisatrice de beaucoup d’autres
familles et du milieu dans lequel elle s’insère.
Même les familles issues
d’un mariage mixte ont le devoir d’annoncer le Christ à leurs enfants avec tout
ce qu’implique leur baptême commun ; elles ont aussi la tâche difficile de se
faire les artisans de l’unité.
Jeunes
72. Les circonstances
nous invitent à une attention toute spéciale aux jeunes. Leur montée numérique
et leur présence croissante dans la société, les problèmes qui les assaillent,
doivent éveiller en tous le souci de leur offrir avec zèle et intelligence
l’idéal évangélique à connaître et à vivre. Mais il faut par ailleurs que les
jeunes, bien formés dans la foi et la prière, deviennent toujours davantage les
apôtres de la jeunesse. L’Eglise compte beaucoup sur cet apport et Nous-même, à
bien des reprises, Nous avons manifesté notre pleine confiance envers eux.
Ministères diversifiés
73. Ainsi prend toute son
importance la présence active des laïcs dans les réalités temporelles. Il ne
faut pas pour autant négliger ou oublier l’autre dimension : les laïcs peuvent
aussi se sentir appelés ou être appelés à collaborer avec leurs Pasteurs au
service de la communauté ecclésiale, pour la croissance et la vie de celle-ci,
exerçant des ministères très diversifiés, selon la grâce et les charismes que
le Seigneur voudra bien déposer en eux.
Ce n’est pas sans éprouver
intimement une grande joie que Nous voyons une légion de Pasteurs, religieux et
laïcs, épris de leur mission évangélisatrice, chercher des façons toujours plus
adaptées d’annoncer efficacement l’Evangile et Nous encourageons l’ouverture
que, dans cette ligne et avec ce souci, l’Eglise accomplit aujourd’hui.
Ouverture à la réflexion d’abord, puis à des ministères ecclésiaux capables de
rajeunir et de renforcer son propre dynamisme évangélisateur.
Il est certain qu’à côté
des ministères ordonnés, grâce auxquels certains sont mis au rang des Pasteurs
et se consacrent d’une manière particulière au service de la communauté,
l’Eglise reconnaît la place de ministères non ordonnés, mais qui sont aptes à
assurer un service spécial de l’Eglise.
Un regard sur les
origines de l’Eglise est très éclairant et fait bénéficier d’une antique
expérience en matière de ministères, expérience d’autant plus valable qu’elle a
permis à l’Eglise de se consolider, de croître et de s’étendre. Cette attention
aux sources doit cependant être complétée par une autre : l’attention aux
besoins actuels de l’humanité et de l’Eglise. S’abreuver à ces sources toujours
inspiratrices, ne rien sacrifier de ces valeurs et savoir s’adapter aux
exigences et aux besoins actuels, tels sont les axes qui permettront de
rechercher avec sagesse et de mettre en lumière les ministères dont l’Eglise a
besoin et que nombre de ses membres auront à coeur d’embrasser pour la plus
grande vitalité de la communauté ecclésiale. Ces ministères auront une vraie valeur
pastorale dans la mesure où ils s’établiront dans un respect absolu de l’unité,
en bénéficiant de l’orientation des Pasteurs, qui sont précisément les
responsables et les artisans de l’unité de l’Eglise.
De tels ministères,
nouveaux en apparence mais très liés à des expériences vécues par l’Eglise tout
au long de son existence — par exemple ceux de catéchètes, d’animateurs de la
prière et du chant, des chrétiens voués au service de la Parole de Dieu ou à
l’assistance des frères dans le besoin, ceux enfin des chefs de petites
communautés, des responsables de mouvements apostoliques ou autres responsables
—, sont précieux pour l’implantation, la vie et la croissance de l’Eglise et
pour sa capacité d’irradier autour d’elle et vers ceux qui sont au loin. Nous
devons aussi notre estime particulière à tous les laïcs qui acceptent de
consacrer une partie de leur temps, de leurs énergies, et parfois leur vie
entière, au service des missions.
Pour tous les ouvriers de
l’évangélisation, une préparation sérieuse est nécessaire. Elle l’est d’autant
plus pour ceux qui s’adonnent au ministère de la Parole. Animés de la
conviction sans cesse approfondie de la grandeur et de la richesse de la Parole
de Dieu, ceux qui ont mission de la transmettre doivent porter la plus grande
attention à la dignité, à la précision, à l’adaptation de leur langage. Chacun
sait que l’art de parler revêt aujourd’hui une très grande importance. Comment
les prédicateurs et les catéchistes pourraient-ils le négliger ?
Nous souhaitons vivement
que, dans chaque Eglise particulière, les Evêques veillent à la formation
adéquate de tous les ministres de la Parole. Cette préparation sérieuse
augmentera en eux l’assurance indispensable mais aussi l’enthousiasme pour
annoncer Jésus-Christ aujourd’hui.
VII. L’ESPRIT DE L’ÉVANGÉLISATION
Pressant appel
74. Nous ne voudrions pas
mettre fin à cet entretien avec nos Frères et Fils bien-aimés, sans un dernier
appel concernant les attitudes intérieures qui doivent animer les ouvriers de
l’évangélisation.
Oui, au nom de Seigneur
Jésus lui-même et au nom des Apôtres Pierre et Paul, Nous voudrions exhorter
tous ceux qui, grâce aux charismes de l’Esprit et au mandat de l’Eglise, sont
de véritables évangélisateurs, à être dignes de cette vocation, à l’exercer sans
céder au doute ou à la peur, à ne pas négliger les conditions qui rendront
cette évangélisation non seulement possible mais active et fructueuse. Voici,
parmi bien d’autres, les conditions fondamentales que Nous tenons à souligner.
Sous le souffle de l’Esprit
Saint
75. Il n’y aura jamais
d’évangélisation possible sans l’action de l’Esprit Saint. Sur Jésus de
Nazareth, l’Esprit descend au moment du baptême lorsque la voix du Père — “ Tu
es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur ”[107] — manifeste de façon
sensible son élection et sa mission. C’est “ conduit par l’Esprit ” qu’il vit
au désert le combat décisif et la suprême épreuve avant de commencer cette
mission.[108] C’est “ avec la puissance de l’Esprit ”[109] qu’il revient en
Galilée et inaugure à Nazareth sa prédication, s’appliquant à lui-même le
passage d’Isaïe: “ L’esprit du Seigneur est sur moi ”. “ Aujourd’hui,
proclame-t-il, cette Ecriture est accomplie ”.[110] Aux disciples qu’il est sur
le point d’envoyer, il dit en soufflant sur eux : “ Recevez l’Esprit Saint
”.[111]
En fait, ce n’est
qu’après la venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, que les Apôtres
partent vers tous les horizons du monde pour commencer la grande oeuvre
d’évangélisation de l’Eglise, et Pierre explique l’événement comme la
réalisation de la prophétie de Joël : “ Je répandrai mon Esprit ”.[112] Pierre
est rempli de l’Esprit Saint pour parler au peuple de Jésus Fils de Dieu.[113]
Paul, lui aussi, “ est rempli de l’Esprit Saint ”[114] avant de se livrer à son
ministère apostolique, comme l’est Etienne lorsqu’il est choisi pour la
diaconie et plus tard pour le témoignage du sang.[115] L’Esprit qui fait parler
Pierre, Paul ou les Douze, inspirant les paroles qu’ils doivent prononcer,
tombe aussi “ sur ceux qui écoutent la Parole ”.[116] C’est grâce à l’appui du
Saint-Esprit que l’Eglise s’accroît.[117] Il est l’âme de cette Eglise. C’est
lui qui explique aux fidèles le sens profond de l’enseignement de Jésus et son
mystère. Il est celui qui, aujourd’hui comme aux débuts de l’Eglise, agit en
chaque évangélisateur qui se laisse posséder et conduire par lui, et met dans
sa bouche les mots que seul il ne pourrait trouver, tout en prédisposant aussi
l’âme de celui qui écoute pour le rendre ouvert et accueillant à la Bonne
Nouvelle et au Règne annoncé.
Les techniques
d’évangélisation sont bonnes mais les plus perfectionnées ne sauraient
remplacer l’action discrète de l’Esprit. La préparation la plus raffinée de
l’évangélisateur n’opère rien sans lui. Sans lui, la dialectique la plus convaincante
est impuissante sur l’esprit des hommes. Sans lui, les schémas sociologiques ou
psychologiques les plus élaborés se révèlent vite dépourvus de valeur.
Nous vivons dans l’Eglise
un moment privilégié de l’Esprit. On cherche partout à le connaître mieux, tel
que l’Ecriture le révèle. On est heureux de se mettre sous sa mouvance. On
s’assemble autour de lui. On veut se laisser conduire par lui.
Or, si l’Esprit de Dieu a
une place éminente dans toute la vie de l’Eglise, c’est dans la mission évangélisatrice
de celle-ci qu’il agit le plus. Ce n’est pas par hasard que le grand départ de
l’évangélisation eut lieu le matin de Pentecôte, sous le souffle de l’Esprit.
On peut dire que l’Esprit
Saint est l’agent principal de l’évangélisation : c’est lui qui pousse chacun à
annoncer l’Evangile et c’est lui qui dans le tréfonds des consciences fait
accepter et comprendre la Parole du salut.[118] Mais l’on peut dire également
qu’il est le terme de l’évangélisation : lui seul suscite la nouvelle création,
l’humanité nouvelle à laquelle l’évangélisation doit aboutir, avec l’unité dans
la variété que l’évangélisation voudrait provoquer dans la communauté
chrétienne. A travers lui l’Evangile pénètre au coeur du monde car c’est lui
qui fait discerner les signes des temps — signes de Dieu — que l’évangélisation
découvre et met en valeur à l’intérieur de l’histoire.
Le Synode des Evêques de
1974, qui a beaucoup insisté sur la place du Saint-Esprit dans
l’évangélisation, a exprimé aussi le voeu que Pasteurs et théologiens — et Nous
dirons aussi les fidèles marqués du sceau de l’Esprit par le baptême — étudient
mieux la nature et le mode de l’action de l’Esprit Saint dans l’évangélisation
aujourd’hui. C’est notre voeu aussi, en même temps que Nous exhortons les
évangélisateurs quels qu’ils soient à prier sans cesse l’Esprit Saint avec foi
et ferveur et à se laisser prudemment guider par lui comme l’inspirateur
décisif de leurs plans, de leurs initiatives, de leur activité évangélisatrice.
Témoins authentiques
76. Considérons
maintenant la personne même des évangélisateurs. On répète souvent, de nos
jours, que ce siècle a soif d’authenticité. A propos des jeunes, surtout, on
affirme qu’ils ont horreur du factice, du falsifié, et recherchent par-dessus
tout la vérité et la transparence.
Ces “ signes du temps ”
devraient nous trouver vigilants. Tacitement ou à grands cris, toujours avec
force, l’on demande: Croyez-vous vraiment à ce que vous annoncez ? Vivez-vous
ce que vous croyez ? Prêchez-vous vraiment ce que vous vivez ? Plus que jamais
le témoignage de la vie est devenu une condition essentielle de l’efficacité
profonde de la prédication. Par ce biais-là nous voici, jusqu’à un certain
point, responsables de la marche de l’Evangile que nous proclamons.
“ Qu’en est-il de l’Eglise
dix ans après la fin du Concile ? ” — demandions-Nous au début de cette
méditation. Est-elle ancrée au coeur du monde et pourtant assez libre et
indépendante pour s’adresser au monde ? Fait-elle preuve de solidarité avec les
hommes et témoigne-t-elle en même temps de l’Absolu de Dieu ? Est-elle plus
ardente dans la contemplation et l’adoration et plus zélée dans l’action
missionnaire, caritative, libératrice ? Est-elle toujours plus engagée dans les
efforts qui cherchent à rétablir la pleine unité des chrétiens, laquelle rend
plus efficace le témoignage commun “ afin que le monde croie ” ?[119] Nous
sommes tous responsables des réponses que l’on pourrait donner à ces
interrogations.
Nous exhortons donc nos
Frères dans l’épiscopat, placés par l’Esprit Saint pour gouverner
l’Eglise.[120] Nous exhortons les prêtres et les diacres, collaborateurs des
Evêques dans le rassemblement du peuple de Dieu et dans l’animation spirituelle
des communautés locales. Nous exhortons les religieux, témoins d’une Eglise
appelée à la sainteté et donc conviées eux-mêmes à une vie qui témoigne des
béatitudes évangéliques. Nous exhortons les laïcs : familles chrétiennes,
jeunes et adultes, tous ceux qui exercent un métier, les dirigeants, sans
oublier les pauvres souvent riches de foi et d’espérance, tous les laïcs
conscients de leur rôle évangélisateur au service de leur Eglise ou au coeur de
la société et du monde. Nous leur disons à tous : il faut que notre zèle
évangélisateur jaillisse d’une véritable sainteté de vie alimentée par la
prière et surtout par l’amour de l’Eucharistie, et que, comme nous le suggère
le Concile, la prédication à son tour fasse grandir en sainteté le
prédicateur.[121]
Le monde qui,
paradoxalement, malgré d’innombrables signes de refus de Dieu, le cherche
cependant par des chemins inattendus et en ressent douloureusement le besoin,
le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils
connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible.[122] Le monde
réclame et attend de nous simplicité de vie, esprit de prière, charité envers
tous, spécialement envers les petits et les pauvres, obéissance et humilité,
détachement de nous-mêmes et renoncement. Sans cette marque de sainteté, notre
parole fera difficilement son chemin dans le coeur de l’homme de ce temps. Elle
risque d’être vaine et inféconde.
Artisans d’unité
77. La force de
l’évangélisation se trouvera bien diminuée si ceux qui annoncent l’Evangile
sont divisés entre eux par toutes sortes de rupture. Ne serait-ce pas là l’un
des grands malaises de l’évangélisation aujourd’hui ? En effet, si l’Evangile
que nous proclamons apparaît déchiré par des querelles doctrinales, des
polarisations idéologiques, ou des condamnations réciproques entre chrétiens,
au gré de leurs vues différentes sur le Christ et sur l’Eglise et même à cause
de leurs conceptions diverses de la société et des institutions humaines,
comment ceux à qui s’adresse notre prédication ne s’en trouveraient-ils pas
perturbés, désorientés sinon scandalisés ?
Le testament spirituel du
Seigneur nous dit que l’unité entre ses disciples n’est pas seulement la preuve
que nous sommes siens, mais aussi la preuve qu’il est envoyé du Père, test de
crédibilité des chrétiens et du Christ lui-même. Evangélisateurs, nous devons
offrir aux fidèles du Christ, non pas l’image d’hommes divisés et séparés par
des litiges qui n’édifient point, mais celle de personnes mûries dans la foi,
capables de se rencontrer au delà des tensions réelles grâce à la recherche
commune, sincère et désintéressée de la vérité. Oui, le sort de
l’évangélisation est certainement lié au témoignage d’unité donné par l’Eglise.
Voilà une source de responsabilité mais aussi de réconfort.
Sur ce point, Nous
voudrions insister sur le signe de l’unité entre tous les chrétiens comme voie
et instrument d’évangélisation. La division des chrétiens est un grave état de
fait qui parvient à entacher l’oeuvre même du Christ. Le Concile Vatican II
affirme avec lucidité et fermeté qu’elle “ nuit à la cause sacrée de la
prédication de l’Evangile à toute créature, et pour beaucoup elle ferme l’accès
à la foi ”.[123] Voilà pourquoi, en annonçant l’Année Sainte, Nous avons cru
nécessaire de rappeler à tous les fidèles du monde catholique que “ la
réconciliation de tous les hommes avec Dieu, notre Père, présuppose, en effet,
le rétablissement de la communion entre ceux qui ont déjà, dans la foi, reconnu
et accueilli Jésus-Christ comme le Seigneur de la miséricorde qui libère les
hommes et les unit dans l’Esprit d’amour et de vérité ”.[124]
Aussi est-ce avec un fort
sentiment d’espérance que Nous regardons les efforts qui se font dans le monde
chrétien pour ce rétablissement de la pleine unité voulue par le Christ. Saint
Paul nous en donne l’assurance : “ L’espérance ne déçoit pas ”.[125] Tandis que
Nous travaillons toujours pour obtenir du Seigneur la pleine unité, Nous
voulons voir intensifiée la prière. En outre, Nous faisons nôtre le voeu
exprimé par les Pères de la IIIe Assemblée générale du Synode des Evêques, à
savoir que l’on collabore plus résolument avec nos frères chrétiens auxquels
nous ne sommes pas encore unis par une communion parfaite, en nous fondant sur
le baptême et sur le patrimoine de foi qui nous est commun, de façon à pouvoir
dès maintenant, dans le même travail d’évangélisation, témoigner ensemble et
plus largement du Christ dans le monde. Nous y sommes poussés par le
commandement du Christ, c’est une exigence de l’oeuvre de prédication et du
témoignage à rendre à l’Evangile.
Serviteurs de la vérité
78. L’Evangile dont nous
avons la charge est aussi parole de vérité. Une vérité qui rend libres[126] et
qui seule donne la paix du coeur, c’est ce que les gens viennent chercher
lorsque nous leur annonçons la Bonne Nouvelle. Vérité sur Dieu, vérité sur
l’homme et sa mystérieuse destinée, vérité sur le monde. Difficile vérité que
nous recherchons dans la Parole de Dieu et dont nous ne sommes, encore une
fois, ni les maîtres ni les propriétaires, mais les dépositaires, les hérauts,
les serviteurs.
De tout évangélisateur on
attend qu’il ait le culte de la vérité, d’autant plus que la vérité qu’il
approfondit et communique n’est autre que la vérité révélée et donc, plus que
tout autre, parcelle de la vérité première qu’est Dieu lui-même. Le prédicateur
de l’Evangile sera donc quelqu’un qui, même au prix du renoncement personnel et
de la souffrance, recherche toujours la vérité qu’il doit transmettre aux
autres. Il ne trahit jamais ni ne dissimule la vérité par souci de plaire aux
hommes, d’étonner ou de choquer, ni par originalité ou désir d’apparaître. Il
ne refuse pas la vérité. Il n’obscurcit pas la vérité révélée par paresse de la
rechercher, par commodité, par peur. Il ne néglige pas de l’étudier. Il la sert
généreusement sans l’asservir.
Pasteurs du Peuple
fidèle, notre service pastoral nous presse de garder, défendre et communiquer
la vérité sans regarder les sacrifices. Tant d’éminents et saints Pasteurs nous
ont laissé l’exemple de cet amour, en beaucoup de cas héroïque, de la vérité.
Le Dieu de vérité attend de nous que nous en soyons les défenseurs vigilants et
les prédicateurs dévoués.
Docteurs, que vous soyez
théologiens, exégètes, historiens, l’oeuvre de l’évangélisation a besoin de
votre infatigable labeur de recherche et aussi de votre attention et de votre
délicatesse dans la transmission de la vérité, dont vos études vous rapprochent
mais qui est toujours plus grande que le coeur de l’homme, car c’est la vérité
même de Dieu.
Parents et maîtres, votre
tâche, que les multiples conflits actuels ne rendent pas facile, est d’aider vos
enfants et vos élèves dans la découverte de la vérité, y compris de la vérité
religieuse et spirituelle.
Animés par l’amour
79. L’oeuvre de
l’évangélisation suppose, dans l’évangélisateur, un amour fraternel toujours
grandissant envers ceux qu’il évangélise. Ce modèle d’évangélisateur qu’est
l’Apôtre Paul écrivait aux Thessaloniciens cette parole qui est un programme
pour nous tous : “ Telle était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu
vous livrer, en même temps que l’Evangile de Dieu, notre propre vie, tant vous
nous étiez devenus chers ”.[127] Quelle est cette affection ? Bien plus que
celle d’un pédagogue, elle est celle d’un père ; et plus encore : celle d’une
mère.[128] C’est cette affection que le Seigneur attend de chaque prédicateur
de l’Evangile, de chaque bâtisseur de l’Eglise. Un signe d’amour sera le souci
de donner la vérité et d’introduire dans l’Unité. Un signe d’amour sera
également de se dévouer sans réserve ni retour à l’annonce de Jésus-Christ.
Permettez-Nous de faire mention de quelques autres signes de cet amour.
Le premier est le respect
de la situation religieuse et spirituelle des personnes qu’on évangélise.
Respect de leur rythme qu’on n’a pas le droit de forcer outre mesure. Respect
de leur conscience et de leurs convictions, à ne pas brusquer.
Un autre signe de cet
amour est le souci de ne pas blesser l’autre, surtout s’il est faible dans sa
foi,[129] avec des affirmations qui peuvent être claires pour les initiés, mais
qui pour les fidèles peuvent être source de perturbation et de scandale, comme
une blessure dans l’âme.
Un signe d’amour sera
aussi l’effort de transmettre aux chrétiens non pas des doutes et des
incertitudes nés d’une érudition mal assimilée, mais des certitudes solides,
parce que ancrées dans la Parole de Dieu. Les fidèles ont besoin de ces
certitudes pour leur vie chrétienne ; ils y ont droit, en tant qu’enfants de
Dieu qui, entre ses bras, s’abandonnent entièrement aux exigences de l’amour.
Avec la ferveur des
saints
80.
Notre appel s’inspire de la ferveur des plus grands prédicateurs et
évangélisateurs dont la vie fut donnée à l’apostolat : parmi eux il Nous plaît
de relever ceux que Nous avons, au cours de l’Année Sainte, proposés à la
vénération des fidèles. Ils ont su dépasser bien des obstacles à l’évangélisation.
Notre époque connaît
également de nombreux obstacles, parmi lesquels Nous nous contenterons de
mentionner le manque de ferveur. Il est d’autant plus grave qu’il vient du
dedans ; il se manifeste dans la fatigue et le désenchantement, la routine et
le désintérêt, et surtout le manque de joie et d’espérance. Nous exhortons donc
tous ceux qui ont à quelque titre et à quelque échelon la tâche d’évangéliser à
alimenter en eux la ferveur de l’esprit.[130]
Cette ferveur exige tout
d’abord que nous sachions nous soustraire aux alibis qui peuvent nous détourner
de l’évangélisation. Les plus insidieux sont certainement ceux pour lesquels
l’on prétend trouver appui dans tel ou tel enseignement du Concile.
C’est ainsi qu’on entend
dire trop souvent, sous diverses formes : imposer une vérité, fût-elle celle de
l’Evangile, imposer une voie, fût-elle celle du salut, ne peut être qu’une
violence à la liberté religieuse. Du reste, ajoute-t-on, pourquoi annoncer
l’Evangile puisque tout le monde est sauvé par la droiture du coeur ? L’on sait
bien d’ailleurs que le monde et l’histoire sont remplis de “ semences vu Verbe
” : n’est-ce pas une illusion de prétendre porter l’Evangile là où il est déjà
dans ces semences que le Seigneur lui-même y a jetées ?
Quiconque se donne la
peine d’approfondir, dans les documents conciliaires, les questions que ces
alibis y puisent trop superficiellement, trouvera une toute autre vision de la
réalité.
Ce serait certes une
erreur d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est
tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le
salut en Jésus-Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options
libres qu’elle fera — en évitant “ toute forme d’agissements qui ont un relent
de coercition, de persuasion malhonnête ou peu loyale[131] — : loin d’être un
attentat à la liberté religieuse, c’est un hommage à cette liberté à laquelle
est offert le choix d’une voie que même les non croyants estiment noble et
exaltante. Est-ce donc un crime contre la liberté d’autrui que de proclamer
dans la joie une Bonne Nouvelle que l’on vient d’apprendre par la miséricorde
du Seigneur ?[132] Et pourquoi seuls le mensonge et l’erreur, la dégradation et
la pornographie, auraient-ils le droit d’être proposés et souvent, hélas,
imposés par la propagande destructive des mass media, par la tolérance des
législations, par la peur des bons et la hardiesse des méchants ? Cette façon
respectueuse de proposer le Christ et son Royaume, plus qu’un droit, est un
devoir de l’évangélisateur. Et s’est aussi un droit des hommes ses frères de
recevoir de lui l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Ce salut, Dieu peut
l’accomplir en qui Il veut par des voies extraordinaires que lui seul
connaît.[133] Et cependant, si son Fils est venu, ce fut précisément pour nous
révéler, par sa parole et par sa vie, les chemins ordinaires du salut. Et il
nous a ordonné de transmettre aux autres cette révélation avec la même autorité
que lui. Il se serait pas inutile que chaque chrétien et chaque évangélisateur
approfondisse dans la prière cette pensée : les hommes pourront se sauver aussi
par d’autres chemins, grâce à la miséricorde de Dieu, même si nous ne leur
annonçons pas l’Evangile ; mais nous, pouvons-nous nous sauver si par
négligence, par peur, par honte — ce que saint Paul appelait “ rougir de
l’Evangile ”[134] — ou par suite d’idées fausses nous omettons de l’annoncer ?
Car ce serait alors trahir l’appel de Dieu qui, par la voix des ministres de
l’Evangile, veut faire germer la semence ; et il dépendra de nous que celle-ci
devienne un arbre et produise tout son fruit.
Gardons donc la ferveur
de l’esprit. Gardons la douce et réconfortante joie d’évangéliser, même lorsque
c’est dans les larmes qu’il faut semer. Que ce soit pour nous — comme pour
Jean-Baptiste, pour Pierre et Paul, pour les autres Apôtres, pour une multitude
d’admirables évangélisateurs tout au long de l’histoire de l’Eglise — un élan
intérieur que personne ni rien ne saurait éteindre. Que ce soit la grande joie
de nos vies données. Et que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans
l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non
d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de
ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers
reçus en eux la joie du Christ, et qui acceptent de jouer leur vie pour que le
Royaume soit annoncé et l’Eglise implantée au coeur du monde.
CONCLUSION
La consigne de l’Année
Sainte
81. Voilà donc, Frères et
Fils, le cri qui monte du fond de notre coeur, en écho à la voix de nos Frères
réunis pour la troisième Assemblée générale du Synode des Evêques. Voilà la
consigne que Nous avons voulu donner à la fin d’une Année Sainte qui Nous a
permis de percevoir plus que jamais les besoins et les appels d’une multitude
de frères, chrétiens et non chrétiens, qui attendent de l’Eglise la Parole du
salut.
Que la lumière de l’Année
Sainte, qui s’est levée dans les Eglises particulières et à Rome pour des
millions de consciences réconciliées avec Dieu, puisse rayonner également après
le Jubilé à travers un programme d’action pastorale, dont l’évangélisation est
l’aspect fondamental, pour ces années qui marquent la veille d’un nouveau
siècle, la veille aussi du troisième millénaire du christianisme !
Marie, Etoile de
l’évangélisation
82. Tel est le voeu que
Nous nous réjouissons de déposer entre les mains et dans le coeur de la Très
Sainte Vierge Marie, l’Immaculée, en ce jour qui lui est spécialement consacré,
au dixième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II. Au matin de la
Pentecôte, elle a présidé dans la prière au début de l’évangélisation sous
l’action de l’Esprit Saint : qu’elle soit l’Etoile de l’évangélisation toujours
renouvelée que l’Eglise, docile au mandat de son Seigneur, doit promouvoir et
accomplir, surtout en ces temps à la fois difficiles et pleins d’espoir !
Au nom du Christ, Nous
vous bénissons, vous, vos communautés, vos familles, tous ceux qui vous sont
attachés, avec les paroles qu’adressait saint Paul aux Philippiens : “ Je rends
grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous, en tout temps dans
toutes mes prières pour vous tous, prières que je fais avec joie, car je me
rappelle la part que vous avez prise à l’Evangile (...). Je vous porte en mon coeur,
vous qui (...) dans la défense et l’affermissement de l’Evangile, vous associez
tous à la grâce qui m’est faite. Oui, Dieu m’est témoin que je vous aime
tendrement dans le coeur du Christ Jésus ”. [135]
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 8 décembre 1975, en la solennité de l’Immaculée-Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, treizième année de notre Pontificat.
NOTES
(1) Cf. Lc 22, 32.
(2) 2 Co 11, 28.
(3) Concile oecuménique
Vatican II, Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise Ad Gentes, n. 1 :
AAS 58 (1966), p. 947.
(4) Cf. Ep 4, 24 ; 2, 15
; Col 3, 10 ; Ga 3, 27 ; Rm 13, 14 ; 2 Co 5, 17.
(5) 2 Co 5, 20.
(6) Cf. Paul VI,
Allocution pour la clôture de la troisième Assemblée générale du Synode des
Évêques (26 octobre 1974) : AAS 66 (1974), pp. 634-635, 637.
(7) AAS 65 (1973), p.
383.
(8) 2 Co 11, 28.
(9) 1 Tm 5, 17.
(10) 2 Tm 2 , 15.
(11) Cf. 1 Co 2, 5.
(12) Lc 4, 43.
(13) Ibid.
(14) Lc 4, 18 ; cf. Is
61, 1.
(15) Cf. Mc 1,1 ; Rm 1,
1-3.
(16) Cf. Mt 6, 33.
(17) Cf. Mt 5, 3-12.
(18) Cf. Mt 5-7.
(19) Cf. Mt 10.
(20) Cf. Mt 13.
(21) Cf. Mt 18.
(22) Cf. Mt 24-25.
(23) Cf. Mt 24, 36 ; Ac
l, 7 ; 1 Tm 5, 1-2.
(24) Cf. Mt 11, 12 ; Lc
16, 16.
(25) Cf. Mt 4, 17.
(26) Mc 1, 27.
(27) Lc 4, 22.
(28) Jn 7, 46.
(29) Lc 4, 43.
(30) Jn 11, 52.
(31) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei
Verbum, n. 4 : AAS 58 (1966), pp. 818-819.
(32) 1 P 2 9.
(33) Cf. Ac 2, 11.
(34) Lc 4, 43.
(35) 1 Co 9, 16.
(36) Déclaration des
Pères du Synode, n. 4 : L’Osservatore Romano (27 octobre 1974), p. 6.
(37) Mt 28, 19.
(38) Ac 2, 41.47.
(39) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, n.
8 : AAS 57 (1965), p. 11 ; Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise Ad
gentes, n. 5 : AAS 58 (1966), pp. 951-952.
(40) Cf. Ac 2, 42-46 ; 4,
32-35 ; 5, 12-16.
(41) Cf. Ac 2, 11 ; 1 P
2, 9.
(42) Cf. Décret sur
l’activité missionnaire de l’Eglise Ad gentes, nn. 5, 11-12 : AAS 58 (1966),
pp. 951-952, 959-961.
(43) Cf. 2 Co 4, 5 ; S.
Augustin, Sermo XLVI, De Pastoribus : CCL XLI, pp. 529-530.
(44) Lc 10, 16 ; cf. S
Cyprien, De unitate Ecclesiae, 14 ; PL 4, 527 ; S Augustin, Enarrat. 88, sermo,
2, 14 : PL 37, 1140 ; S. Jean Chrysostome, Hom. de capto Eutropio, 6 : PG 52,
402.
(45) Ep 5, 25.
(46) Ap 21, 5 ; cf. 2 Co
5, 17 ; Ga 6, 15.
(47) Cf. Rm 6, 4.
(48) Cf. Ep 4, 23-24 ;
Col 3, 9-10.
(49) Cf. Rm 1, 16 ; 1 Co
1, 18 ; 2,4.
(50) Cf. n. 53 : AAS 58
(1966), p 1075.
(51) Cf. Tertullien,
Apologeticum, 39 : CCL I, pp. 150-153 ; Minucius Félix, Octavius, 9 et 31 : CSLP,
Turin 1963, pp. 11-13, 47-48.
(52) 1 P 3, 15.
(53) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, nn.
1, 9 et 48 : AAS 57 (1965), pp. 5, 12-14, 53-54 ; Constitution pastorale sur
l’Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes, nn. 42 et 45 : AAS 58
(1966), pp. 1060-1061, 1065-1066 ; Décret sur l’activité missionnaire de
l’Eglise Ad gentes, nn. 1 et 5 : AAS 58 (1966), pp. 947, 951-952.
(54) Cf. Rm 1, 16 ; 1 Co
1, 18.
(55) Cf. Ac 17, 22-23.
(56) 1 Jn 3, 1 ; cf. Rm
8, 14-17.
(57) Cf. Ep 2, 8 ; Rm 1,
16. Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Declaratio ad fidem tuendam in
mysteria Incarnationis et SS. Trinitatis a quibusdam recentibus erroribus (21
février 1972) : AAS 64 (1972), pp. 237-241.
(58) Cf. 1 Jn 3, 2 ; Rm
8, 29 ; Ph 3, 20-21. Cf. Concile oecuménique Vatican II, Constitution
dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, nn. 48-51 : AAS 57 (1965), pp. 53-58.
(59) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la
Foi, Declaratio circa Catholicam Doctrinam de Ecclesia contra nonnullos errores
hodiernos tuendam (24 juin 1973) : AAS 65 (1973), pp. 396-408.
(60) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce
temps Gaudium et spes, nn. 47-52 : AAS 58 (1966), pp. 1067-1074 ; Paul VI,
Encyclique Humanae vitae ; AAS 60 (1968) pp. 481-503.
(61) Allocution pour
l’ouverture de la troisième Assemblée générale du Synode des Evêques (27
septembre 1974) : AAS 66 (1974), p 562.
(62) Ibid.
(63) Allocution aux “
Campesinos ” (23 août 1968) : AAS 60 (1969), p. 623.
(64) Paul VI, Allocution
prononcée à Bogota, pour la “ Journée du Développement ” (23 août 1968) : AAS
60, p 627 ; cf. S Augustin, Epistola 229, 2 : PL 33, 1020.
(65) Allocution pour la
clôture de la troisième Assemblée générale du Synode des Evêques (26 octobre
1974) : AAS 66 (1974), p. 637.
(66) Allocution à
l’Audience générale du 15 octobre 1975 : cf. L’Osservatore Romano du 17 octobre
1975, p. 1.
(67) Allocution aux
membres du Conseil des Laïcs (2 octobre 1974) : AAS 66 (1974), p. 568
(68) Cf. 1 P 3, 1.
(69) Rm 10, 14. 17.
(70) Cf. 1 Co 2, 1-5.
(71) Rm 10, 17.
(72) Cf. Mt 10, 27 ; Lc
12, 3.
(73) Mc 16, 15.
(74) Cf. S Justin, I
Apologia, 46, 1-4 ; II Apologia 7 (8), 1-4 ; 10 1-3 ; 13, 3-4 ; Florilegium
Patristicum II, Bonn 19112, pp. 81, 125, 129, 133 ; Clément d’Alexandrie,
Stromata I, 19, 91, 94 : S Ch 30, pp. 117-118 ; 119-120 ; Concile oecuménique
Vatican II, Décret sur l’activité missionnaire de l’Eglise Ad gentes, n. 11 :
AAS 58 (1966), p. 960 ; Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, n.
17. AAS 57 (1965), p. 20.
(75) Eusèbe de Césarée,
Praeparatio Evangelica, I, 1 : PG 21, 26-28 ; cf. Concile oecuménique Vatican
II, Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, n. 16 : AAS 57 (1965),
p. 20.
(76) Cf. Ep 3, 8.
(77) H. de Lubac, s.j.,
Le drame de l’humanisme athée, Ed. Spes, Paris 1945.
(78) Cf. Constitution
pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 59 : AAS
58 (1966), p 1080.
(79)1 Tim 2, 4.
(80) Mt 9, 36 ; 15, 32.
(81) Rm 10, 15.
(82) Déclaration sur la
liberté religieuse Dignitatis humanae, n. 13 : AAS 58 (1966), p 939 ; cf.
Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, n. 5 : AAS 57 (1965), pp.
7-8 ; Décret sur l'activité missionnaire de l'Eglise Ad gentes, n. 1 : AAS 58
(1966), p. 947.
(83) Décret dur
l'activité missionnaire de l'Eglise Ad gentes, n. 35 : AAS 58 (1966), p. 983.
(84) S. Augustin,
Enarrat. in Ps 44, 23 : CCL XXXVIII, p. 510 ; cf. Décret sur l'activité
missionnaire de l'Eglise, Ad gentes, n. 1 : AAS 58 (1966), p 947.
(85) S. Grégoire le
Grand, Homil. in Evangelia, 19, 1 : PL 76, 1154.
(86) Ac 1, 8 ; cf.
Didachè, 9, 1 : Funk, Patres Apostolici, 1, 22.
(87) Mt 28, 20.
(88) Cf. Mt 13, 32.
(89) Cf. Mt 13, 47.
(90) Cf. Jn 21, 11.
(91) Cf. Jn 10, 1-16.
(92) Cf. Concile oecuménique Vatican II,
Constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, nn. 37-38: AAS 56
(1964), p. 110 ; cf. aussi les livres liturgiques et les autres documents
publiés ensuite par le Saint-Siège pour réaliser la réforme liturgique voulue
par le Concile Vatican II.
(93) Allocution pour la
clôture de la troisième Assemblée générale du Synode des Evêques (26 octobre
1974) ; AAS 66 (1974), p. 636.
(94) Cf. Jn 15, 16 ; Mc
3, 13-19 ; Lc 6 13-16.
(95) Cf. Ac 1, 21-22.
(96) Cf. Mc 3, 14.
(97) Cf, Mc 3, 14-15 ; Lc
9, 2.
(98) Ac 4, 8 ; cf. Ac 2,
14 ; 3, 12.
(99) Cf. S. Léon le
Grand, Sermo 69, 3 ; Sermo 70, 1-3 ; Sermo 94, 3 ; Sermo 95, 2 : Sources
chrétiennes 200, pp. 5052 ; 58-66 ; 258-260 ; 268.
(100) Cf. Concile
oecuménique de Lyon I, Constitution Ad apostolicae dignitatis: Conciliorum
Oecumenicorum Decreta, Ed. Istituto per le Scienze Religiose, Bologno 1973, p.
278 ; Concile oecuménique de Vienne, Constitution Ad providam Christi, ed.
cit., p. 343 ; Concile oecuménique Latran V, Constitution In apostolici
culminis, ed. cit., p. 608 ; Constitution Postquam ad universalis, ed. cit., p.
609 ; Constitution Supernae dispositionis. ed. cit., p. 614 ; Constitution
Divina disponente clementia, ed cit., p 638.
(101) Décret sur
l'activité missionnaire de Eglise Ad gentes n. 38 : AAS 58 (1966), p 985.
(102) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, n.
22 : AAS 57 (1965), p. 26.
(103) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Constitution dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, nn.
10, 37 : AAS 57 (1965), pp. 14, 43 ; Décret sur l'activité missionnaire de Ad
gentes, n. 39 : AAS 58 (1966), p. 986 ; Décret sur le ministère et la vie des
prêtres Presbyterorum ordinis, nn. 2, 12, 13 : AAS 58 (1966, pp. 992, 1010,
1011).
(104) Cf. 1 Th 2, 9.
(105) Cf. 1 P 5, 4.
(106) Constitution
dogmatique sur l'Eglise Lumen gentium, n. 11 : AAS 57 (1965), p. 16 ; Décret
sur l'apostolat des laïcs Apostolicam actuositatem, n. 11 : AAS 58 (1966), p
848 ; S. Jean Chrysostome, In genesim Serm. VI, 2 ; VII, 1 : PG 54, 607-608.
(107) Mt 3, 17.
(108) Mt 4, 1.
(109) Lc 4, 14.
(110) Lc 4, 18. 21 ; cf.
Is 61, 1.
(111) Jn 20, 22.
(112) Ac 2, 17.
(113) Cf. Ac 4, 8.
(114) Ac 9, 17.
(115) Cf. Ac 6, 5. 10 ;
7, 55.
(116) Ac 10, 44.
(117) Cf. Ac 9, 31.
(118) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Décret sur l'activité missionnaire de l'Eglise Ad
gentes, n. 4 : AAS 58 (1966), pp. 950-951.
(119) Jn 17, 21.
(120) Cf. Ac 20, 28.
(121) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Décret sur le ministère et la vie des prêtres Presbyterorum
ordinis, n. 13 : AAS 58 (1966), p. 1011.
(122) Cf. He 11, 27.
(123) Décret sur
l'activité missionnaire de l'Eglise Ad gentes, n. 6 : AAS 58 (1966), pp.
954-955 ; cf. Décret sur l'oecuménisme Unitatis redintegratio, n. 1 : AAS 57
(1965), pp. 90-91.
(124) Bulle Apostolorum
Limina, VII : AAS 66 (1974), p. 305.
(125) Rm 5, 5.
(126) Cf. Jn 8, 32.
(127) 1 Th 2, 8 ; cf. Ph
1, 8.
(128) Cf. 1 Th 2, 7-11 ;
1 Co 4, 15 ; Ga 4, 19.
(129) Cf. 1 Co 8, 9-13.
(130) Cf. Rm 12, 11.
(131) Cf. Concile
oecuménique Vatican II, Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis
humanae, n. 4 : AAS 58 91966), p 933.
(132) Cf. ibid., nn.
9-14, l. c. pp. 935-940.
(133) Cf. Concile
Oecuménique Vatican II, Décret sur l'activité missionnaire de l'Eglise Ad
gentes, n. 7 : AAS 58 (1966), p. 955.
(134) Cf. Rm 1, 16.
© Copyright - Libreria
Editrice Vaticana
Copyright © Dicastère
pour la Communication
EVANGELII NUNTIANDI
Venerable brothers and
dear sons and daughters:
health and the apostolic blessing.
1. There is no doubt that
the effort to proclaim the Gospel to the people of today, who are buoyed up by
hope but at the same time often oppressed by fear and distress, is a service
rendered to the Christian community and also to the whole of humanity.
For this reason the duty
of confirming the brethren - a duty which with the office of being the
Successor of Peter[1] we have received from the Lord, and which is for us a
"daily preoccupation,"[2] a program of life and action, and a
fundamental commitment of our Pontificate - seems to us all the more noble and
necessary when it is a matter of encouraging our brethren in their mission as
evangelizers, in order that, in this time of uncertainty and confusion, they
may accomplish this task with ever increasing love, zeal and joy.
2. This is precisely what
we wish to do here, at the end of this Holy Year during which the Church,
"striving to proclaim the Gospel to all people,"[3] has had the
single aim of fulfilling her duty of being the messenger of the Good News of
Jesus Christ - the Good News proclaimed through two fundamental commands: "Put
on the new self"[4] and "Be reconciled to God."[5]
We wish to do so on this
tenth anniversary of the closing of the Second Vatican Council, the objectives
of which are definitively summed up in this single one: to make the Church of
the twentieth century ever better fitted for proclaiming the Gospel to the
people of the twentieth century
We wish to do so one year
after the Third General Assembly of the Synod of Bishops, which as is well
known, was devoted to evangelization; and we do so all the more willingly
because it has been asked of us by the Synod Fathers themselves. In fact, at
the end of that memorable Assembly, the Fathers decided to remit to the Pastor
of the universal Church, with great trust and simplicity, the fruits of all
their labors, stating that they awaited from him a fresh forward impulse,
capable of creating within a Church still more firmly rooted in the undying
power and strength of Pentecost a new period of evangelization.[6]
3. We have stressed the
importance of this theme of evangelization on many occasions, well before the
Synod took place. On June 22, 1973, we said to the Sacred College of Cardinals:
"The conditions of the society in which we live oblige all of us therefore
to revise methods, to seek by every means to study how we can bring the
Christian message to modern man. For it is only in the Christian message that
modern man can find the answer to his questions and the energy for his
commitment of human solidarity."[7] And we added that in order to give a
valid answer to the demands of the Council which call for our attention, it is
absolutely necessary for us to take into account a heritage of faith that the
Church has the duty of preserving in its untouchable purity, and of presenting
it to the people of our time, in a way that is as understandable and persuasive
as possible.
4. This fidelity both to
a message whose servants we are and to the people to whom we must transmit it
living and intact is the central axis of evangelization. It poses three burning
questions, which the 1974 Synod kept constantly in mind:
- In our day, what has
happened to that hidden energy of the Good News, which is able to have a
powerful effect on man's conscience?
- To what extent and in
what way is that evangelical force capable of really transforming the people of
this century?
- What methods should be
followed in order that the power of the Gospel may have its effect?
Basically, these
inquiries make explicit the fundamental question that the Church is asking
herself today and which may be expressed in the following terms: after the
Council and thanks to the Council, which was a time given her by God, at this
turning-point of history, does the Church or does she not find herself better
equipped to proclaim the Gospel and to put it into people's hearts with
conviction, freedom of spirit and effectiveness?
5. We can all see the
urgency of giving a loyal, humble and courageous answer to this question, and
of acting accordingly.
In our "anxiety for
all the Churches,"[8] we would like to help our brethren and sons and
daughters to reply to these inquiries. Our words come from the wealth of the
Synod and are meant to be a meditation on evangelization. May they succeed in
inviting the whole People of God assembled in the Church to make the same
meditation; and may they give a fresh impulse to everyone, especially those
"who are assiduous in preaching and teaching,"[9] so that each one of
them may follow "a straight course in the message of the truth,"[10]
and may work as a preacher of the Gospel and acquit himself perfectly of his
ministry.
Such an exhortation seems
to us to be of capital importance, for the presentation of the Gospel message
is not an optional contribution for the Church. It is the duty incumbent on her
by the command of the Lord Jesus, so that people can believe and be saved. This
message is indeed necessary. It is unique. It cannot be replaced. It does not
permit either indifference, syncretism or accommodation. It is a question of
people's salvation. It is the beauty of the Revelation that it represents. It
brings with it a wisdom that is not of this world. It is able to stir up by
itself faith - faith that rests on the power of God.[11] It is truth. It merits
having the apostle consecrate to it all his time and all his energies, and to sacrifice
for it, if necessary, his own life.
6. The witness that the
Lord gives of Himself and that Saint Luke gathered together in his Gospel -
"I must proclaim the Good News of the kingdom of God"[12] - without
doubt has enormous consequences, for it sums up the whole mission of Jesus:
"That is what I was sent to do."[13] These words take on their full
significance if one links them with the previous verses, in which Christ has
just applied to Himself the words of the prophet Isaiah: "The Spirit of
the Lord has been given to me, for he has anointed me. He has sent me to bring
the good news to the poor."[14]
Going from town to town,
preaching to the poorest - and frequently the most receptive - the joyful news
of the fulfillment of the promises and of the Covenant offered by God is the
mission for which Jesus declares that He is sent by the Father. And all the
aspects of His mystery - the Incarnation itself, His miracles, His teaching,
the gathering together of the disciples, the sending out of the Twelve, the
cross and the resurrection, the permanence of His presence in the midst of His
own - were components of His evangelizing activity.
7. During the Synod, the
bishops very frequently referred to this truth: Jesus Himself, the Good News of
God,[15] was the very first and the greatest evangelizer; He was so through and
through: to perfection and to the point of the sacrifice of His earthly life.
To evangelize: what
meaning did this imperative have for Christ? It is certainly not easy to
express in a complete synthesis the meaning, the content and the modes of
evangelization as Jesus conceived it and put it into practice. In any case the
attempt to make such a synthesis will never end. Let it suffice for us to
recall a few essential aspects.
8. As an evangelizer,
Christ first of all proclaims a kingdom, the kingdom of God; and this is so
important that, by comparison, everything else becomes "the rest,"
which is "given in addition."[16] Only the kingdom therefore is
absolute and it makes everything else relative. The Lord will delight in
describing in many ways the happiness of belonging to this kingdom (a
paradoxical happiness which is made up of things that the world rejects),[17]
the demands of the kingdom and its Magna Charta,[18] the heralds of the kingdom,[19]
its mysteries,[20] its children,[21] the vigilance and fidelity demanded of
whoever awaits its definitive coming.[22]
9. As the kernel and
center of His Good News, Christ proclaims salvation, this great gift of God
which is liberation from everything that oppresses man but which is above all
liberation from sin and the Evil One, in the joy of knowing God and being known
by Him, of seeing Him, and of being given over to Him. All of this is begun
during the life of Christ and definitively accomplished by His death and
resurrection. But it must be patiently carried on during the course of history,
in order to be realized fully on the day of the final coming of Christ, whose
date is known to no one except the Father.[23]
10. This kingdom and this
salvation, which are the key words of Jesus Christ's evangelization, are
available to every human being as grace and mercy, and yet at the same time
each individual must gain them by force - they belong to the violent, says the
Lord,[24] through toil and suffering, through a life lived according to the
Gospel, through abnegation and the cross, through the spirit of the beatitudes.
But above all each individual gains them through a total interior renewal which
the Gospel calls metanoia; it is a radical conversion, a profound change of
mind and heart.[25]
11. Christ accomplished
this proclamation of the kingdom of God through the untiring preaching of a
word which, it will be said, has no equal elsewhere: "Here is a teaching
that is new, and with authority behind it."[26] "And he won the
approval of all, and they were astonished by the gracious words that came from
his lips.[27] There has never been anybody who has spoken like him."[28]
His words reveal the secret of God, His plan and His promise, and thereby
change the heart of man and his destiny.
12. But Christ also
carries out this proclamation by innumerable signs, which amaze the crowds and
at the same time draw them to Him in order to see Him, listen to Him and allow
themselves to be transformed by Him: the sick are cured, water is changed into
wine, bread is multiplied, the dead come back to life. And among all these
signs there is the one to which He attaches great importance: the humble and
the poor are evangelized, become His disciples and gather together "in His
name" in the great community of those who believe in Him. For this Jesus
who declared, "I must preach the Good News of the Kingdom of God"[29]
is the same Jesus of whom John the Evangelist said that He had come and was to
die "to gather together in unity the scattered children of God."[30]
Thus He accomplishes His revelation, completing it and confirming it by the
entire revelation that He makes of Himself, by words and deeds, by signs and
miracles, and more especially by His death, by His resurrection and by the
sending of the Spirit of Truth.[31]
13. Those who sincerely
accept the Good News, through the power of this acceptance and of shared faith
therefore gather together in Jesus' name in order to seek together the kingdom,
build it up and live it. They make up a community which is in its turn
evangelizing. The command to the Twelve to go out and proclaim the Good News is
also valid for all Christians, though in a different way. It is precisely for
this reason that Peter calls Christians "a people set apart to sing the
praises of God,"[32] those marvelous things that each one was able to hear
in his own language.[33] Moreover, the Good News of the kingdom which is coming
and which has begun is meant for all people of all times. Those who have received
the Good News and who have been gathered by it into the community of salvation
can and must communicate and spread it.
14. The Church knows
this. She has a vivid awareness of the fact that the Savior's words, "I
must proclaim the Good News of the kingdom of God,"[34] apply in all truth
to herself: She willingly adds with St. Paul: "Not that I boast of
preaching the gospel, since it is a duty that has been laid on me; I should be
punished if I did not preach it"[35] It is with joy and consolation that
at the end of the great Assembly of 1974 we heard these illuminating words:
"We wish to confirm once more that the task of evangelizing all people
constitutes the essential mission of the Church."[36] It is a task and
mission which the vast and profound changes of present-day society make all the
more urgent. Evangelizing is in fact the grace and vocation proper to the
Church, her deepest identity. She exists in order to evangelize, that is to
say, in order to preach and teach, to be the channel of the gift of grace, to
reconcile sinners with God, and to perpetuate Christ's sacrifice in the Mass,
which is the memorial of His death and glorious resurrection.
15. Anyone who rereads in
the New Testament the origins of the Church, follows her history step by step
and watches her live and act, sees that she is linked to evangelization in her
most intimate being:
- The Church is born of
the evangelizing activity of Jesus and the Twelve. She is the normal, desired,
most immediate and most visible fruit of this activity: "Go, therefore,
make disciples of all the nations."[37] Now, "they accepted what he
said and were baptized. That very day about three thousand were added to their
number.... Day by day the Lord added to their community those destined to be
saved."[38] - Having been born consequently out of being sent, the Church
in her turn is sent by Jesus. The Church remains in the world when the Lord of
glory returns to the Father. She remains as a sign - simultaneously obscure and
luminous - of a new presence of Jesus, of His departure and of His permanent
presence. She prolongs and continues Him. And it is above all His mission and
His condition of being an evangelizer that she is called upon to continue.[39]
For the Christian community is never closed in upon itself. The intimate life
of this community - the life of listening to the Word and the apostles'
teaching, charity lived in a fraternal way, the sharing of bread[40] this
intimate life only acquires its full meaning when it becomes a witness, when it
evokes admiration and conversion, and when it becomes the preaching and
proclamation of the Good News. Thus it is the whole Church that receives the
mission to evangelize, and the work of each individual member is important for
the whole.
- The Church is an
evangelizer, but she begins by being evangelized herself. She is the community
of believers, the community of hope lived and communicated, the community of
brotherly love, and she needs to listen unceasingly to what she must believe,
to her reasons for hoping, to the new commandment of love. She is the People of
God immersed in the world, and often tempted by idols, and she always needs to
hear the proclamation of the "mighty works of God"[41] which
converted her to the Lord; she always needs to be called together afresh by Him
and reunited. In brief, this means that she has a constant need of being
evangelized, if she wishes to retain freshness, vigor and strength in order to
proclaim the Gospel. The Second Vatican Council recalled[42] and the 1974 Synod
vigorously took up again this theme of the Church which is evangelized by
constant conversion and renewal, in order to evangelize the world with
credibility.
- The Church is the
depositary of the Good News to be proclaimed. The promises of the New Alliance
in Jesus Christ, the teaching of the Lord and the apostles, the Word of life,
the sources of grace and of God's loving kindness, the path of salvation - all
these things have been entrusted to her. It is the content of the Gospel, and
therefore of evangelization, that she preserves as a precious living heritage,
not in order to keep it hidden but to communicate it.
- Having been sent and
evangelized, the Church herself sends out evangelizers. She puts on their lips
the saving Word, she explains to them the message of which she herself is the
depositary, she gives them the mandate which she herself has received and she
sends them out to preach. To preach not their own selves or their personal
ideas,[43] but a Gospel of which neither she nor they are the absolute masters
and owners, to dispose of it as they wish, but a Gospel of which they are the
ministers, in order to pass it on with complete fidelity.
16. There is thus a
profound link between Christ, the Church and evangelization. During the period
of the Church that we are living in, it is she who has the task of
evangelizing. This mandate is not accomplished without her, and still less
against her.
It is certainly fitting
to recall this fact at a moment like the present one when it happens that not
without sorrow we can hear people - whom we wish to believe are
well-intentioned but who are certainly misguided in their attitude -
continually claiming to love Christ but without the Church, to listen to Christ
but not the Church, to belong to Christ but outside the Church. The absurdity
of this dichotomy is clearly evident in this phrase of the Gospel: "Anyone
who rejects you rejects me."[44] And how can one wish to love Christ
without loving the Church, if the finest witness to Christ is that of St. Paul:
"Christ loved the Church and sacrificed himself for her"?[45]
17. In the Church's
evangelizing activity there are of course certain elements and aspects to be
specially insisted on. Some of them are so important that there will be a
tendency simply to identify them with evangelization. Thus it has been possible
to define evangelization in terms of proclaiming Christ to those who do not
know Him, of preaching, of catechesis, of conferring Baptism and the other
sacraments.
Any partial and
fragmentary definition which attempts to render the reality of evangelization
in all its richness, complexity and dynamism does so only at the risk of
impoverishing it and even of distorting it. It is impossible to grasp the
concept of evangelization unless one tries to keep in view all its essential
elements.
These elements were
strongly emphasized at the last Synod, and are still the subject of frequent
study, as a result of the Synod's work. We rejoice in the fact that these
elements basically follow the lines of those transmitted to us by the Second
Vatican Council, especially in "Lumen gentium," "Gaudium et
spes" and "Ad gentes."
18. For the Church,
evangelizing means bringing the Good News into all the strata of humanity, and
through its influence transforming humanity from within and making it new:
"Now I am making the whole of creation new."[46] But there is no new
humanity if there are not first of all new persons renewed by Baptism[47] and
by lives lived according to the Gospel.[48] The purpose of evangelization is
therefore precisely this interior change, and if it had to be expressed in one
sentence the best way of stating it would be to say that the Church evangelizes
when she seeks to convert,[49] solely through the divine power of the message
she proclaims, both the personal and collective consciences of people, the
activities in which they engage, and the lives and concrete milieu which are
theirs.
19. Strata of humanity
which are transformed: for the Church it is a question not only of preaching
the Gospel in ever wider geographic areas or to ever greater numbers of people,
but also of affecting and as it were upsetting, through the power of the
Gospel, mankind's criteria of judgment, determining values, points of interest,
lines of thought, sources of inspiration and models of life, which are in
contrast with the Word of God and the plan of salvation.
20. All this could he
expressed in the following words: what matters is to evangelize man's culture
and cultures (not in a purely decorative way, as it were, by applying a thin
veneer, but in a vital way, in depth and right to their very roots), in the
wide and rich sense which these terms have in Gaudium et spes,[50] always
taking the person as one's starting-point and always coming back to the
relationships of people among themselves and with God.
The Gospel, and therefore
evangelization, are certainly not identical with culture, and they are
independent in regard to all cultures. Nevertheless, the kingdom which the
Gospel proclaims is lived by men who are profoundly linked to a culture, and
the building up of the kingdom cannot avoid borrowing the elements of human
culture or cultures. Though independent of cultures, the Gospel and
evangelization are not necessarily incompatible with them; rather they are
capable of permeating them all without becoming subject to any one of them.
The split between the
Gospel and culture is without a doubt the drama of our time, just as it was of
other times. Therefore every effort must be made to ensure a full
evangelization of culture, or more correctly of cultures. They have to be
regenerated by an encounter with the Gospel. But this encounter will not take
place if the Gospel is not proclaimed.
21. Above all the Gospel
must be proclaimed by witness. Take a Christian or a handful of Christians who,
in the midst of their own community, show their capacity for understanding and
acceptance, their sharing of life and destiny with other people, their
solidarity with the efforts of all for whatever is noble and good. Let us
suppose that, in addition, they radiate in an altogether simple and unaffected
way their faith in values that go beyond current values, and their hope in
something that is not seen and that one would not dare to imagine. Through this
wordless witness these Christians stir up irresistible questions in the hearts
of those who see how they live: Why are they like this? Why do they live in
this way? What or who is it that inspires them? Why are they in our midst? Such
a witness is already a silent proclamation of the Good News and a very powerful
and effective one. Here we have an initial act of evangelization. The above
questions will ask, whether they are people to whom Christ has never been
proclaimed, or baptized people who do not practice, or people who live as
nominal Christians but according to principles that are in no way Christian, or
people who are seeking, and not without suffering, something or someone whom
they sense but cannot name. Other questions will arise, deeper and more
demanding ones, questions evoked by this witness which involves presence,
sharing, solidarity, and which is an essential element, and generally the first
one, in evangelization."[51]
All Christians are called
to this witness, and in this way they can be real evangelizers. We are thinking
especially of the responsibility incumbent on immigrants in the country that
receives them.
22. Nevertheless this
always remains insufficient, because even the finest witness will prove
ineffective in the long run if it is not explained, justified - what Peter
called always having "your answer ready for people who ask you the reason
for the hope that you all have"[52] - and made explicit by a clear and
unequivocal proclamation of the Lord Jesus. The Good News proclaimed by the
witness of life sooner or later has to be proclaimed by the word of life. There
is no true evangelization if the name, the teaching, the life, the promises,
the kingdom and the mystery of Jesus of Nazareth, the Son of God are not
proclaimed. The history of the Church, from the discourse of Peter on the
morning of Pentecost onwards, has been intermingled and identified with the
history of this proclamation. At every new phase of human history, the Church,
constantly gripped by the desire to evangelize, has but one preoccupation: whom
to send to proclaim the mystery of Jesus? In what way is this mystery to be
proclaimed? How can one ensure that it will resound and reach all those who
should hear it? This proclamation - kerygma, preaching or catechesis - occupies
such an important place in evangelization that it has often become synonymous
with it; and yet it is only one aspect of evangelization.
23. In fact the
proclamation only reaches full development when it is listened to, accepted and
assimilated, and when it arouses a genuine adherence in the one who has thus received
it. An adherence to the truths which the Lord in His mercy has revealed; still
more, an adherence to a program of life - a life henceforth transformed - which
He proposes. In a word, adherence to the kingdom, that is to say, to the
"new world," to the new state of things, to the new manner of being,
of living, of living in community, which the Gospel inaugurates. Such an
adherence, which cannot remain abstract and unincarnated, reveals itself
concretely by a visible entry into a community of believers. Thus those whose
life has been transformed enter a community which is itself a sign of
transformation, a sign of newness of life: it is the Church, the visible
sacrament of salvation.[53] Our entry into the ecclesial community will in its
turn be expressed through many other signs which prolong and unfold the sign of
the Church. In the dynamism of evangelization, a person who accepts the Church
as the Word which saves[54] normally translates it into the following
sacramental acts: adherence to the Church, and acceptance of the sacraments,
which manifest and support this adherence through the grace which they confer.
24. Finally, the person
who has been evangelized goes on to evangelize others. Here lies the test of
truth, the touchstone of evangelization: it is unthinkable that a person should
accept the Word and give himself to the kingdom without becoming a person who
bears witness to it and proclaims it in his turn.
To complete these
considerations on the meaning of evangelization, a final observation must be
made, one which we consider will help to clarify the reflections that follow.
Evangelization, as we
have said, is a complex process made up of varied elements: the renewal of
humanity, witness, explicit proclamation, inner adherence, entry into the
community, acceptance of signs, apostolic initiative. These elements may appear
to be contradictory, indeed mutually exclusive. In fact they are complementary
and mutually enriching. Each one must always be seen in relationship with the
others. The value of the last Synod was to have constantly invited us to relate
these elements rather than to place them in opposition one to the other, in
order to reach a full understanding of the Church's evangelizing activity.
It is this global vision
which we now wish to outline, by examining the content of evangelization and
the methods of evangelizing and by clarifying to whom the Gospel message is
addressed and who today is responsible for it.
25. In the message which
the Church proclaims there are certainly many secondary elements. Their
presentation depends greatly on changing circumstances. They themselves also
change. But there is the essential content, the living substance, which cannot
be modified or ignored without seriously diluting the nature of evangelization
itself.
26. It is not superfluous
to recall the following points: to evangelize is first of all to bear witness,
in a simple and direct way, to God revealed by Jesus Christ, in the Holy
Spirit, to bear witness that in His Son God has loved the world - that in His
Incarnate Word He has given being to all things and has called men to eternal
life. Perhaps this attestation of God will be for many people the unknown
God[55] whom they adore without giving Him a name, or whom they seek by a
secret call of the heart when they experience the emptiness of all idols. But
it is fully evangelizing in manifesting the fact that for man the Creator is
not an anonymous and remote power; He is the Father: "...that we should be
called children of God; and so we are."[56] And thus we are one another's
brothers and sisters in God.
27. Evangelization will
also always contain - as the foundation, center, and at the same time, summit
of its dynamism - a clear proclamation that, in Jesus Christ, the Son of God
made man, who died and rose from the dead, salvation is offered to all men, as
a gift of God's grace and mercy.[57] And not an immanent salvation, meeting
material or even spiritual needs, restricted to the framework of temporal
existence and completely identified with temporal desires, hopes, affairs and
struggles, but a salvation which exceeds all these limits in order to reach
fulfillment in a communion with the one and only divine Absolute: a
transcendent and eschatological salvation, which indeed has its beginning in this
life but which is fulfilled in eternity.
28. Consequently
evangelization cannot but include the prophetic proclamation of a hereafter,
man's profound and definitive calling, in both continuity and discontinuity
with the present situation: beyond time and history, beyond the transient
reality of this world, and beyond the things of this world, of which a hidden
dimension will one day be revealed - beyond man himself, whose true destiny is
not restricted to his temporal aspect but will be revealed in the future
life.[58] Evangelization therefore also includes the preaching of hope in the
promises made by God in the new Covenant in Jesus Christ; the preaching of
God's love for us and of our love for God; the preaching of brotherly love for
all men - the capacity of giving and forgiving, of self-denial, of helping
one's brother and sister - which, springing from the love of God, is the kernel
of the Gospel; the preaching of the mystery of evil and of the active search
for good. The preaching likewise - and this is always urgent - of the search
for God Himself through prayer which is principally that of adoration and
thanksgiving, but also through communion with the visible sign of the encounter
with God which is the Church of Jesus Christ; and this communion in its turn is
expressed by the application of those other signs of Christ living and acting
in the Church which are the sacraments. To live the sacraments in this way,
bringing their celebration to a true fullness, is not, as some would claim, to
impede or to accept a distortion of evangelization: it is rather to complete
it. For in its totality, evangelization - over and above the preaching of a
message - consists in the implantation of the Church, which does not exist
without the driving force which is the sacramental life culminating in the
Eucharist.[59]
29. But evangelization
would not be complete if it did not take account of the unceasing interplay of
the Gospel and of man's concrete life, both personal and social. This is why
evangelization involves an explicit message, adapted to the different
situations constantly being realized, about the rights and duties of every
human being, about family life without which personal growth and development is
hardly possible,[60] about life in society, about international life, peace,
justice and development- a message especially energetic today about liberation.
30. It is well known in
what terms numerous bishops from all the continents spoke of this at the last
Synod, especially the bishops from the Third World, with a pastoral accent
resonant with the voice of the millions of sons and daughters of the Church who
make up those peoples. Peoples, as we know, engaged with all their energy in
the effort and struggle to overcome everything which condemns them to remain on
the margin of life: famine, chronic disease, illiteracy, poverty, injustices in
international relations and especially in commercial exchanges, situations of
economic and cultural neo-colonialism sometimes as cruel as the old political
colonialism. The Church, as the bishops repeated, has the duty to proclaim the
liberation of millions of human beings, many of whom are her own children- the
duty of assisting the birth of this liberation, of giving witness to it, of
ensuring that it is complete. This is not foreign to evangelization.
31. Between
evangelization and human advancement- development and liberation- there are in
fact profound links. These include links of an anthropological order, because
the man who is to be evangelized is not an abstract being but is subject to
social and economic questions. They also include links in the theological
order, since one cannot dissociate the plan of creation from the plan of
Redemption. The latter plan touches the very concrete situations of injustice
to be combated and of justice to be restored. They include links of the
eminently evangelical order, which is that of charity: how in fact can one
proclaim the new commandment without promoting in justice and in peace the
true, authentic advancement of man? We ourself have taken care to point this
out, by recalling that it is impossible to accept "that in evangelization
one could or should ignore the importance of the problems so much discussed
today, concerning justice, liberation, development and peace in the world. This
would be to forget the lesson which comes to us from the Gospel concerning love
of our neighbor who is suffering and in need."[61]
The same voices which
during the Synod touched on this burning theme with zeal, intelligence and
courage have, to our great joy, furnished the enlightening principles for a
proper understanding of the importance and profound meaning of liberation, such
as it was proclaimed and achieved by Jesus of Nazareth and such as it is
preached by the Church.
32. We must not ignore
the fact that many, even generous Christians who are sensitive to the dramatic
questions involved in the problem of liberation, in their wish to commit the
Church to the liberation effort are frequently tempted to reduce her mission to
the dimensions of a simply temporal project. They would reduce her aims to a
man-centered goal; the salvation of which she is the messenger would be reduced
to material well-being. Her activity, forgetful of all spiritual and religious
preoccupation, would become initiatives of the political or social order. But
if this were so, the Church would lose her fundamental meaning. Her message of
liberation would no longer have any originality and would easily be open to
monopolization and manipulation by ideological systems and political parties.
She would have no more authority to proclaim freedom as in the name of God.
This is why we have wished to emphasize, in the same address at the opening of
the Synod, "the need to restate clearly the specifically religious
finality of evangelization. This latter would lose its reason for existence if
it were to diverge from the religious axis that guides it: the kingdom of God,
before anything else, in its fully theological meaning...."[62]
33. With regard to the
liberation which evangelization proclaims and strives to put into practice one
should rather say this:
- it cannot be contained
in the simple and restricted dimension of economics, politics, social or
cultural life; it must envisage the whole man, in all his aspects, right up to
and including his openness to the absolute, even the divine Absolute;
- it is therefore
attached to a view of man which it can never sacrifice to the needs of any
strategy, practice or short-term efficiency.
34. Hence, when preaching
liberation and associating herself with those who are working and suffering for
it, the Church is certainly not willing to restrict her mission only to the
religious field and dissociate herself from man's temporal problems.
Nevertheless she reaffirms the primacy of her spiritual vocation and refuses to
replace the proclamation of the kingdom by the proclamation of forms of human
liberation- she even states that her contribution to liberation is incomplete
if she neglects to proclaim salvation in Jesus Christ.
35. The Church links
human liberation and salvation in Jesus Christ, but she never identifies them,
because she knows through revelation, historical experience and the reflection
of faith that not every notion of liberation is necessarily consistent and
compatible with an evangelical vision of man, of things and of events; she
knows too that in order that God's kingdom should come it is not enough to
establish liberation and to create well-being and development.
And what is more, the
Church has the firm conviction that all temporal liberation, all political
liberation- even if it endeavors to find its justification in such or such a
page of the Old or New Testament, even if it claims for its ideological
postulates and its norms of action theological data and conclusions, even if it
pretends to be today's theology- carries within itself the germ of its own
negation and fails to reach the ideal that it proposes for itself whenever its
profound motives are not those of justice in charity, whenever its zeal lacks a
truly spiritual dimension and whenever its final goal is not salvation and
happiness in God.
36. The Church considers
it to be undoubtedly important to build up structures which are more human,
more just, more respectful of the rights of the person and less oppressive and
less enslaving, but she is conscious that the best structures and the most
idealized systems soon become inhuman if the inhuman inclinations of the human
heart are not made wholesome, if those who live in these structures or who rule
them do not undergo a conversion of heart and of outlook.
37. The Church cannot
accept violence, especially the force of arms- which is uncontrollable once it
is let loose- and indiscriminate death as the path to liberation, because she
knows that violence always provokes violence and irresistibly engenders new
forms of oppression and enslavement which are often harder to bear than those
from which they claimed to bring freedom. We said this clearly during our
journey in Colombia: "We exhort you not to place your trust in violence
and revolution: that is contrary to the Christian spirit, and it can also delay
instead of advancing that social uplifting to which you lawfully
aspire."[63] "We must say and reaffirm that violence is not in accord
with the Gospel, that it is not Christian; and that sudden or violent changes
of structures would be deceitful, ineffective of themselves, and certainly not
in conformity with the dignity of the people."[64]
38. Having said this, we
rejoice that the Church is becoming ever more conscious of the proper manner
and strictly evangelical means that she possesses in order to collaborate in
the liberation of many. And what is she doing? She is trying more and more to
encourage large numbers of Christians to devote themselves to the liberation of
men. She is providing these Christian "liberators" with the
inspiration of faith, the motivation of fraternal love, a social teaching which
the true Christian cannot ignore and which he must make the foundation of his
wisdom and of his experience in order to translate it concretely into forms of
action, participation and commitment. All this must characterize the spirit of
a committed Christian, without confusion with tactical attitudes or with the
service of a political system. The Church strives always to insert the Christian
struggle for liberation into the universal plan of salvation which she herself
proclaims.
What we have just
recalled comes out more than once in the Synod debates. In fact we devoted to
this theme a few clarifying words in our address to the Fathers at the end of
the assembly.[65]
It is to be hoped that
all these considerations will help to remove the ambiguity which the word
"liberation" very often takes on in ideologies, political systems or
groups. The liberation which evangelization proclaims and prepares is the one
which Christ Himself announced and gave to man by His sacrifice.
39. The necessity of
ensuring fundamental human rights cannot be separated from this just liberation
which is bound up with evangelization and which endeavors to secure structures
safeguarding human freedoms. Among these fundamental human rights, religious
liberty occupies a place of primary importance. We recently spoke of the
relevance of this matter, emphasizing "how many Christians still today,
because they are Christians, because they are Catholics, live oppressed by
systematic persecution! The drama of fidelity to Christ and of the freedom of
religion continues, even if it is disguised by categorical declarations in
favor of the rights of the person and of life in society!"[66]
40. The obvious
importance of the content of evangelization must not overshadow the importance
of the ways and means.
This question of
"how to evangelize" is permanently relevant, because the methods of
evangelizing vary according to the different circumstances of time, place and
culture, and because they thereby present a certain challenge to our capacity
for discovery and adaptation.
On us particularly, the
pastors of the Church, rests the responsibility for reshaping with boldness and
wisdom, but in complete fidelity to the content of evangelization, the means
that are most suitable and effective for communicating the Gospel message to
the men and women of our times.
Let it suffice, in this
meditation, to mention a number of methods which, for one reason or another,
have a fundamental importance.
41. Without repeating
everything that we have already mentioned, it is appropriate first of all to
emphasize the following point: for the Church, the first means of
evangelization is the witness of an authentically Christian life, given over to
God in a communion that nothing should destroy and at the same time given to
one's neighbor with limitless zeal. As we said recently to a group of lay
people, "Modern man listens more willingly to witnesses than to teachers,
and if he does listen to teachers, it is because they are witnesses."[67]
St. Peter expressed this well when he held up the example of a reverent and
chaste life that wins over even without a word those who refuse to obey the
word.[68] It is therefore primarily by her conduct and by her life that the
Church will evangelize the world, in other words, by her living witness of
fidelity to the Lord Jesus- the witness of poverty and detachment, of freedom
in the face of the powers of this world, in short, the witness of sanctity.
42. Secondly, it is not
superfluous to emphasize the importance and necessity of preaching. "And
how are they to believe in him of whom they have never heard? And how are they
to hear without a preacher?... So faith comes from what is heard and what is
heard comes by the preaching of Christ."[69] This law once laid down by
the Apostle Paul maintains its full force today.
Preaching, the verbal
proclamation of a message, is indeed always indispensable. We are well aware
that modern man is sated by talk; he is obviously often tired of listening and,
what is worse, impervious to words. We are also aware that many psychologists
and sociologists express the view that modern man has passed beyond the
civilization of the word, which is now ineffective and useless, and that today
he lives in the civilization of the image. These facts should certainly impel
us to employ, for the purpose of transmitting the Gospel message, the modern
means which this civilization has produced. Very positive efforts have in fact
already been made in this sphere. We cannot but praise them and encourage their
further development. The fatigue produced these days by so much empty talk and
the relevance of many other forms of communication must not however diminish
the permanent power of the word, or cause a loss of confidence in it. The word
remains ever relevant, especially when it is the bearer of the power of
God.[70] This is why St. Paul's axiom, "Faith comes from what is
heard,"[71] also retains its relevance: it is the Word that is heard which
leads to belief.
43. This evangelizing
preaching takes on many forms, and zeal will inspire the reshaping of them
almost indefinitely. In fact there are innumerable events in life and human
situations which offer the opportunity for a discreet but incisive statement of
what the Lord has to say in this or that particular circumstance. It suffices
to have true spiritual sensitivity for reading God's message in events. But at
a time when the liturgy renewed by the Council has given greatly increased
value to the Liturgy of the Word, it would be a mistake not to see in the
homily an important and very adaptable instrument of evangelization. Of course
it is necessary to know and put to good use the exigencies and the possibilities
of the homily, so that it can acquire all its pastoral effectiveness. But above
all it is necessary to be convinced of this and to devote oneself to it with
love. This preaching, inserted in a unique way into the Eucharistic
celebration, from which it receives special force and vigor, certainly has a
particular role in evangelization, to the extent that it expresses the profound
faith of the sacred minister and is impregnated with love. The faithful
assembled as a Paschal Church, celebrating the feast of the Lord present in
their midst, expect much from this preaching, and will greatly benefit from it
provided that it is simple, clear, direct, well-adapted, profoundly dependent
on Gospel teaching and faithful to the magisterium, animated by a balanced
apostolic ardor coming from its own characteristic nature, full of hope,
fostering belief, and productive of peace and unity. Many parochial or other
communities live and are held together thanks to the Sunday homily, when it
possesses these qualities.
Let us add that, thanks
to the same liturgical renewal, the Eucharistic celebration is not the only
appropriate moment for the homily. The homily has a place and must not be
neglected in the celebration of all the sacraments, at paraliturgies, and in
assemblies of the faithful. It will always be a privileged occasion for
communicating the Word of the Lord.
44. A means of
evangelization that must not be neglected is that of catechetical instruction.
The intelligence, especially that of children and young people, needs to learn
through systematic religious instruction the fundamental teachings, the living
content of the truth which God has wished to convey to us and which the Church
has sought to express in an ever richer fashion during the course of her long history.
No one will deny that this instruction must be given to form patterns of
Christian living and not to remain only notional. Truly the effort for
evangelization will profit greatly- at the level of catechetical instruction
given at church, in the schools, where this is possible, and in every case in
Christian homes- if those giving catechetical instruction have suitable texts,
updated with wisdom and competence, under the authority of the bishops. The
methods must be adapted to the age, culture and aptitude of the persons
concerned, they must seek always to fix in the memory, intelligence and heart
the essential truths that must impregnate all of life. It is necessary above
all to prepare good instructors- parochial catechists, teachers, parents- who are
desirous of perfecting themselves in this superior art, which is indispensable
and requires religious instruction. Moreover, without neglecting in any way the
training of children, one sees that present conditions render ever more urgent
catechetical instruction, under the form of the catechumenate, for innumerable
young people and adults who, touched by grace, discover little by little the
face of Christ and feel the need of giving themselves to Him.
45. Our century is
characterized by the mass media or means of social communication, and the first
proclamation, catechesis or the further deepening of faith cannot do without
these means, as we have already emphasized.
When they are put at the
service of the Gospel, they are capable of increasing almost indefinitely the
area in which the Word of God is heard; they enable the Good News to reach
millions of people. The Church would feel guilty before the Lord if she did not
utilize these powerful means that human skill is daily rendering more perfect.
It is through them that she proclaims "from the housetops"[72] the
message of which she is the depositary. In them she finds a modern and
effective version of the pulpit. Thanks to them she succeeds in speaking to the
multitudes.
Nevertheless the use of
the means of social communication for evangelization presents a challenge:
through them the evangelical message should reach vast numbers of people, but
with the capacity of piercing the conscience of each individual, of implanting
itself in his heart as though he were the only person being addressed, with all
his most individual and personal qualities, and evoke an entirely personal
adherence and commitment.
46. For this reason, side
by side with the collective proclamation of the Gospel, the other form of
transmission, the person-to-person one, remains valid and important. The Lord
often used it (for example, with Nicodemus, Zacchaeus, the Samaritan woman,
Simon the Pharisee), and so did the apostles. In the long run, is there any
other way of handing on the Gospel than by transmitting to another person one's
personal experience of faith? It must not happen that the pressing need to
proclaim the Good News to the multitudes should cause us to forget this form of
proclamation whereby an individual's personal conscience is reached and touched
by an entirely unique word that he receives from someone else. We can never
sufficiently praise those priests who through the sacrament of Penance or
through pastoral dialogue show their readiness to guide people in the ways of
the Gospel, to support them in their efforts, to raise them up if they have
fallen, and always to assist them with discernment and availability.
47. Yet, one can never
sufficiently stress the fact that evangelization does not consist only of the
preaching and teaching of a doctrine. For evangelization must touch life: the
natural life to which it gives a new meaning, thanks to the evangelical
perspectives that it reveals; and the supernatural life, which is not the
negation but the purification and elevation of the natural life.
This supernatural life
finds its living expression in the seven sacraments and in the admirable
radiation of grace and holiness which they possess.
Evangelization thus
exercises its full capacity when it achieves the most intimate relationship, or
better still, a permanent and unbroken intercommunication, between the Word and
the sacraments. In a certain sense it is a mistake to make a contrast between
evangelization and sacramentalization, as is sometimes done. It is indeed true
that a certain way of administering the sacraments, without the solid support
of catechesis regarding these same sacraments and a global catechesis, could
end up by depriving them of their effectiveness to a great extent. The role of
evangelization is precisely to educate people in the faith in such a way as to
lead each individual Christian to live the sacraments as true sacraments of
faith- and not to receive them passively or reluctantly.
48. Here we touch upon an
aspect of evangelization which cannot leave us insensitive. We wish to speak
about what today is often called popular religiosity.
One finds among the
people particular expressions of the search for God and for faith, both in the
regions where the Church has been established for centuries and where she is in
the course of becoming established. These expressions were for a long time
regarded as less pure and were sometimes despised, but today they are almost
everywhere being rediscovered. During the last Synod the bishops studied their
significance with remarkable pastoral realism and zeal.
Popular religiosity, of
course, certainly has its limits. It is often subject to penetration by many
distortions of religion and even superstitions. It frequently remains at the
level of forms of worship not involving a true acceptance by faith. It can even
lead to the creation of sects and endanger the true ecclesial community.
But if it is well
oriented, above all by a pedagogy of evangelization, it is rich in values. It
manifests a thirst for God which only the simple and poor can know. It makes
people capable of generosity and sacrifice even to the point of heroism, when
it is a question of manifesting belief. It involves an acute awareness of
profound attributes of God: fatherhood, providence, loving and constant presence.
It engenders interior attitudes rarely observed to the same degree elsewhere:
patience, the sense of the cross in daily life, detachment, openness to others,
devotion. By reason of these aspects, we readily call it "popular
piety," that is, religion of the people, rather than religiosity.
Pastoral charity must
dictate to all those whom the Lord has placed as leaders of the ecclesial
communities the proper attitude in regard to this reality, which is at the same
time so rich and so vulnerable. Above all one must be sensitive to it, know how
to perceive its interior dimensions and undeniable values, be ready to help it
to overcome its risks of deviation. When it is well oriented, this popular
religiosity call be more and more for multitudes of our people a true encounter
with God in Jesus Christ.
49. Jesus' last words in
St. Mark's Gospel confer on the evangelization which the Lord entrusts to His
apostles a limitless universality: "Go out to the whole world; proclaim
the Good News to all creation."[73]
The Twelve and the first
generation of Christians understood well the lesson of this text and other
similar ones; they made them into a program of action. Even persecution, by
scattering the apostles, helped to spread the Word and to establish the Church
in ever more distant regions. The admission of Paul to the rank of the apostles
and his charism as the preacher to the pagans (the non Jews) of Jesus' Coming
underlined this universality still more.
50. In the course of
twenty centuries of history, the generations of Christians have periodically
faced various obstacles to this universal mission. On the one hand, on the part
of the evangelizers themselves, there has been the temptation for various
reasons to narrow down the field of their missionary activity. On the other
hand, there has been the often humanly insurmountable resistance of the people
being addressed by the evangelizer. Furthermore, we must note with sadness that
the evangelizing work of the Church is strongly opposed, if not prevented, by
certain public powers Even in our own day it happens that preachers of God's
Word are deprived of their rights, persecuted, threatened or eliminated solely
for preaching Jesus Christ and His Gospel. But we are confident that despite
these painful trials the activity of these apostles will never meet final
failure in any part of the world.
Despite such adversities,
the Church constantly renews her deepest inspiration, that which comes to her
directly from the Lord: To the whole world! To all creation! Right to the ends
of the earth! She did this once more at the last Synod, as an appeal not to
imprison the proclamation of the Gospel by limiting it to one sector of mankind
or to one class of people or to a single type of civilization. Some examples
are revealing.
51. To reveal Jesus
Christ and His Gospel to those who do not know them has been, ever since the
morning of Pentecost, the fundamental program which the Church has taken on as
received from her Founder. The whole of the New Testament, and in a special way
the Acts of the Apostles, bears witness to a privileged and in a sense
exemplary moment of this missionary effort which will subsequently leave its
mark on the whole history of the Church.
She carries out this
first proclamation of Jesus Christ by a complex and diversified activity which
is sometimes termed "pre-evangelization" but which is already
evangelization in a true sense, although at its initial and still incomplete
stage. An almost indefinite range of means can be used for this purpose: explicit
preaching, of course, but also art, the scientific approach, philosophical
research and legitimate recourse to the sentiments of the human heart.
52. This first
proclamation is addressed especially to those who have never heard the Good
News of Jesus, or to children. But, as a result of the frequent situations of
dechristianization in our day, it also proves equally necessary for innumerable
people who have been baptized but who live quite outside Christian life, for
simple people who have a certain faith but an imperfect knowledge of the
foundations of that faith, for intellectuals who feel the need to know Jesus
Christ in a light different from the instruction they received as children, and
for many others.
53. This first
proclamation is also addressed to the immense sections of mankind who practice
non-Christian religions. The Church respects and esteems these non Christian
religions because they are the living expression of the soul of vast groups of
people. They carry within them the echo of thousands of years of searching for
God, a quest which is incomplete but often made with great sincerity and
righteousness of heart. They possess an impressive patrimony of deeply
religious texts. They have taught generations of people how to pray. They are
all impregnated with innumerable "seeds of the Word"[74] and can
constitute a true "preparation for the Gospel,"[75] to quote a
felicitous term used by the Second Vatican Council and borrowed from Eusebius
of Caesarea.
Such a situation
certainly raises complex and delicate questions that must be studied in the
light of Christian Tradition and the Church's magisterium, in order to offer to
the missionaries of today and of tomorrow new horizons in their contacts with
non-Christian religions. We wish to point out, above all today, that neither
respect and esteem for these religions nor the complexity of the questions
raised is an invitation to the Church to withhold from these non-Christians the
proclamation of Jesus Christ. On the contrary the Church holds that these multitudes
have the right to know the riches of the mystery of Christ[76] - riches in
which we believe that the whole of humanity can find, in unsuspected fullness,
everything that it is gropingly searching for concerning God, man and his
destiny, life and death, and truth. Even in the face of natural religious
expressions most worthy of esteem, the Church finds support in the fact that
the religion of Jesus, which she proclaims through evangelization, objectively
places man in relation with the plan of God, with His living presence and with
His action; she thus causes an encounter with the mystery of divine paternity
that bends over towards humanity. In other words, our religion effectively
establishes with God an authentic and living relationship which the other
religions do not succeed in doing, even though they have, as it were, their
arms stretched out towards heaven.
This is why the Church
keeps her missionary spirit alive, and even wishes to intensify it in the
moment of history in which we are living. She feels responsible before entire
peoples. She has no rest so long as she has not done her best to proclaim the
Good News of Jesus the Savior. She is always preparing new generations of
apostles. Let us state this fact with joy at a time when there are not lacking
those who think and even say that ardor and the apostolic spirit are exhausted,
and that the time of the missions is now past. The Synod has replied that the
missionary proclamation never ceases and that the Church will always be
striving for the fulfillment of this proclamation.
54. Nevertheless the
Church does not feel dispensed from paving unflagging attention also to those
who have received the faith and who have been in contact with the Gospel often
for generations. Thus she seeks to deepen, consolidate, nourish and make ever
more mature the faith of those who are already called the faithful or
believers, in order that they may be so still more.
This faith is nearly
always today exposed to secularism, even to militant atheism. It is a faith
exposed to trials and threats, and even more, a faith besieged and actively
opposed. It runs the risk of perishing from suffocation or starvation if it is
not fed and sustained each day. To evangelize must therefore very often be to
give this necessary food and sustenance to the faith of believers, especially
through a catechesis full of Gospel vitality and in a language suited to people
and circumstances.
The Church also has a
lively solicitude for the Christians who are not in full communion with her.
While preparing with them the unity willed by Christ, and precisely in order to
realize unity in truth, she has the consciousness that she would be gravely
lacking in her duty if she did not give witness before them of the fullness of
the revelation whose deposit she guards.
55. Also significant is
the preoccupation of the last Synod in regard to two spheres which are very
different from one another but which at the same time are very close by reason
of the challenge which they make to evangelization, each in its own way.
The first sphere is the
one which can be called the increase of unbelief in the modern world. The Synod
endeavored to describe this modern world: how many currents of thought, values
and countervalues, latent aspirations or seeds of destruction, old convictions
which disappear and new convictions which arise are covered by this generic
name!
From the spiritual point
of view, the modern world seems to he forever immersed in what a modern author
has termed "the drama of atheistic humanism."[77]
On the one hand one is
forced to note in the very heart of this contemporary world the phenomenon
which is becoming almost its most striking characteristic: secularism. We are
not speaking of secularization, which is the effort, in itself just and
legitimate and in no way incompatible with faith or religion, to discover in
creation, in each thing or each happening in the universe, the laws which
regulate them with a certain autonomy, but with the inner conviction that the
Creator has placed these laws there. The last Council has in this sense
affirmed the legitimate autonomy of culture and particularly of the
sciences.[78] Here we are thinking of a true secularism: a concept of the world
according to which the latter is self-explanatory, without any need for recourse
to God, who thus becomes superfluous and an encumbrance. This sort of
secularism, in order to recognize the power of man, therefore ends up by doing
without God and even by denying Him.
New forms of atheism seem
to flow from it: a man centered atheism, no longer abstract and metaphysical
but pragmatic, systematic and militant. Hand in hand with this atheistic
secularism, we are daily faced, under the most diverse forms, with a consumer
society, the pursuit of pleasure set up as the supreme value, a desire for
power and domination, and discrimination of every kind: the inhuman tendencies
of this "humanism."
In this same modern
world, on the other hand, and this is a paradox, one cannot deny the existence
of real steppingstones to Christianity, and of evangelical values at least in
the form of a sense of emptiness or nostalgia. It would not be an exaggeration
to say that there exists a powerful and tragic appeal to be evangelized.
56. The second sphere is
that of those who do not practice. Today there is a very large number of
baptized people who for the most part have not formally renounced their Baptism
but who are entirely indifferent to it and not living in accordance with it.
The phenomenon of the non practicing is a very ancient one in the history of Christianity;
it is the result of a natural weakness, a profound inconsistency which we
unfortunately bear deep within us. Today however it shows certain new
characteristics. It is often the result of the uprooting typical of our time.
It also springs from the fact that Christians live in close proximity with
non-believers and constantly experience the effects of unbelief. Furthermore,
the non-practicing Christians of today, more so than those of previous periods,
seek to explain and justify their position in the name of an interior religion,
of personal independence or authenticity.
Thus we have atheists and
unbelievers on the one side and those who do not practice on the other, and
both groups put up a considerable resistance to evangelization. The resistance
of the former takes the form of a certain refusal and an inability to grasp the
new order of things, the new meaning of the world, of life and of history; such
is not possible if one does not start from a divine absolute. The resistance of
the second group takes the form of inertia and the slightly hostile attitude of
the person who feels that he is one of the family, who claims to know it all
and to have tried it all and who no longer believes it.
Atheistic secularism and
the absence of religious practice are found among adults and among the young,
among the leaders of society and among the ordinary people, at all levels of
education, and in both the old Churches and the young ones. The Church's
evangelizing action cannot ignore these two worlds, nor must it come to a
standstill when faced with them; it must constantly seek the proper means and
language for presenting, or representing, to them God's revelation and faith in
Jesus Christ.
57. Like Christ during
the time of His preaching, like the Twelve on the morning of Pentecost, the
Church too sees before her an immense multitude of people who need the Gospel
and have a right to it, for God "wants everyone to be saved and reach full
knowledge of the truth."[79]
The Church is deeply
aware of her duty to preach salvation to all. Knowing that the Gospel message
is not reserved to a small group of the initiated, the privileged or the elect,
but is destined for everyone, she shares Christ's anguish at the sight of the
wandering and exhausted crowds, "like sheep without a shepherd" and
she often repeats His words: ''I feel sorry for all these people."[80] But
the Church is also conscious of the fact that, if the preaching of the Gospel
is to be effective, she must address her message to the heart of the multitudes,
to communities of the faithful whose action can and must reach others.
58. The last Synod
devoted considerable attention to these "small communities," or
communautes de base, because they are often talked about in the Church today.
What are they, and why should they be the special beneficiaries of
evangelization and at the same time evangelizers themselves?
According to the various
statements heard in the Synod, such communities flourish more or less
throughout the Church. They differ greatly among themselves both within the
same region and even more so from one region to another.
In some regions they
appear and develop, almost without exception, within the Church, having
solidarity with her life, being nourished by her teaching and united with her
pastors. In these cases, they spring from the need to live the Church's life
more intensely, or from the desire and quest for a more human dimension such as
larger ecclesial communities can only offer with difficulty, especially in the
big modern cities which lend themselves both to life in the mass and to
anonymity. Such communities call quite simply be in their own way an extension
on the spiritual and religious level- worship, deepening of faith, fraternal
charity, prayer, contact with pastors- of the small sociological
community such as the village, etc. Or again their aim may be to bring
together, for the purpose of listening to and meditating on the Word, for the
sacraments and the bond of the agape, groups of people who are linked by age,
culture, civil state or social situation: married couples, young people,
professional people, etc.; people who already happen to be united in the
struggle for justice, brotherly aid to the poor, human advancement. In still
other cases they bring Christians together in places where the shortage of
priests does not favor the normal life of a parish community. This is all
presupposed within communities constituted by the Church, especially individual
Churches and parishes.
In other regions, on the
other hand, communautes de base come together in a spirit of bitter criticism
of the Church, which they are quick to stigmatize as "institutional"
and to which they set themselves Up in opposition as charismatic communities,
free from structures and inspired only by the Gospel. Thus their obvious
characteristic is an attitude of fault-finding and of rejection with regard to
the Church's outward manifestations: her hierarchy, her signs. They are
radically opposed to the Church. By following these lines their main
inspiration very quickly becomes ideological, and it rarely happens that they
do not quickly fall victim to some political option or current of thought, and
then to a system, even a party, with all the attendant risks of becoming its
instrument.
The difference is already
notable: the communities which by their spirit of opposition cut themselves off
from the Church, and whose unity they wound, can well be called communautes de
base, but in this case it is a strictly sociological name. They could not,
without a misuse of terms, be called ecclesial communautes de base, even if
while being hostile to the hierarchy, they claim to remain within the unity of
the Church. This name belongs to the other groups, those which come together
within the Church in order to unite themselves to the Church and to cause the
Church to grow.
These latter communities
will be a place of evangelization, for the benefit of the bigger communities,
especially the individual Churches. And, as we said at the end of the last
Synod, they will be a hope for the universal Church to the extent:
- that they seek their
nourishment in the Word of God and do not allow themselves to be ensnared by
political polarization or fashionable ideologies, which are ready to exploit
their immense human potential;
- that they avoid the
ever present temptation of systematic protest and a hypercritical attitude,
under the pretext of authenticity and a spirit of collaboration;
- that they remain firmly
attached to the local Church in which they are inserted, and to the universal
Church, thus avoiding the very real danger of becoming isolated within
themselves, then of believing themselves to be the only authentic Church of
Christ, and hence of condemning the other ecclesial communities;
- that they maintain a
sincere communion with the pastors whom the Lord gives to His Church, and with
the magisterium which the Spirit of Christ has entrusted to these pastors;
- that they never look on
themselves as the sole beneficiaries or sole agents of evangelization- or even
the only depositaries of the Gospel- but, being aware that the Church is much
more vast and diversified, accept the fact that this Church becomes incarnate
in other ways than through themselves;
- that they constantly
grow in missionary consciousness, fervor, commitment and zeal;
- that they show
themselves to be universal in all things and never sectarian.
On these conditions,
which are certainly demanding but also uplifting, the ecclesial communautes de
base will correspond to their most fundamental vocation: as hearers of the Gospel
which is proclaimed to them and privileged beneficiaries of evangelization,
they will soon become proclaimers of the Gospel themselves.
59. If people proclaim in
the world the Gospel of salvation, they do so by the command of, in the name of
and with the grace of Christ the Savior. "They will never have a preacher
unless one is sent,"[81] wrote he who was without doubt one of the
greatest evangelizers. No one can do it without having been sent.
But who then has the
mission of evangelizing?
The Second Vatican
Council gave a clear reply to this question: it is upon the Church that
"there rests, by divine mandate, the duty of going out into the whole
world and preaching the gospel to every creature."[82] And in another
text: "...the whole Church is missionary, and the work of evangelization
is a basic duty of the People of God."[83]
We have already mentioned
this intimate connection between the Church and evangelization. While the
Church is proclaiming the kingdom of God and building it up, she is establishing
herself in the midst of the world as the sign and instrument of this kingdom
which is and which is to come. The Council repeats the following expression of
St. Augustine on the missionary activity of the Twelve: "They preached the
word of truth and brought forth Churches."[84]
60. The observation that
the Church has been sent out and given a mandate to evangelize the world should
awaken in us two convictions.
The first is this:
evangelization is for no one an individual and isolated act; it is one that is
deeply ecclesial. When the most obscure preacher, catechist or pastor in the
most distant land preaches the Gospel, gathers his little community together or
administers a sacrament, even alone, he is carrying out an ecclesial act, and
his action is certainly attached to the evangelizing activity of the whole
Church by institutional relationships, but also by profound invisible links in
the order of grace. This presupposes that he acts not in virtue of a mission
which he attributes to himself or by a personal inspiration, but in union with
the mission of the Church and in her name.
From this flows the
second conviction: if each individual evangelizes in the name of the Church,
who herself does so by virtue of a mandate from the Lord, no evangelizer is the
absolute master of his evangelizing action, with a discretionary power to carry
it out in accordance with individualistic criteria and perspectives; he acts in
communion with the Church and her pastors.
We have remarked that the
Church is entirely and completely evangelizing. This means that, in the whole
world and in each part of the world where she is present, the Church feels
responsible for the task of spreading the Gospel.
61. Brothers and sons and
daughters, at this stage of our reflection, we wish to pause with you at a
question which is particularly important at the present time. In the
celebration of the liturgy, in their witness before judges and executioners and
in their apologetical texts, the first Christians readily expressed their deep
faith in the Church by describing her as being spread throughout the universe.
They were fully conscious of belonging to a large community which neither space
nor time can limit: From the just Abel right to the last of the elect,[85]
"indeed to the ends of the earth,[86] "to the end of time."[87]
This is how the Lord
wanted His Church to be: universal, a great tree whose branches shelter the
birds of the air,[88] a net which catches fish of every kind[89] or which Peter
drew in filled with one hundred and fifty-three big fish,[90] a flock which a
single shepherd pastures.[91] A universal Church without boundaries or
frontiers except, alas, those of the heart and mind of sinful man.
62. Nevertheless this
universal Church is in practice incarnate in the individual Churches made up of
such or such an actual part of mankind, speaking such and such a language,
heirs of a cultural patrimony, of a vision of the world, of an historical past,
of a particular human substratum. Receptivity to the wealth of the individual
Church corresponds to a special sensitivity of modern man.
Let us be very careful
not to conceive of the universal Church as the sum, or, if one can say so, the
more or less anomalous federation of essentially different individual Churches.
In the mind of the Lord the Church is universal by vocation and mission, but
when she puts down her roots in a variety of cultural, social and human
terrains, she takes on different external expressions and appearances in each
part of the world.
Thus each individual
Church that would voluntarily cut itself off from the universal Church would
lose its relationship to God's plan and would be impoverished in its ecclesial
dimension. But, at the same time, a Church toto orbe diffusa would become an
abstraction if she did not take body and life precisely through the individual
Churches. Only continual attention to these two poles of the Church will enable
us to perceive the richness of this relationship between the universal Church
and the individual Churches.
63. The individual Churches,
intimately built up not only of people but also of aspirations, of riches and
limitations, of ways of praying, of loving, of looking at life and the world,
which distinguish this or that human gathering, have the task of assimilating
the essence of the Gospel message and of transposing it, without the slightest
betrayal of its essential truth, into the language that these particular people
understand, then of proclaiming it in this language.
The transposition has to
be done with the discernment, seriousness, respect and competence which the
matter calls for in the field of liturgical expression,[92] and in the areas of
catechesis, theological formulation, secondary ecclesial structures, and
ministries. And the word "language" should be understood here less in
the semantic or literary sense than in the sense which one may call
anthropological and cultural.
The question is
undoubtedly a delicate one. Evangelization loses much of its force and
effectiveness if it does not take into consideration the actual people to whom
it is addresses, if it does not use their language, their signs and symbols, if
it does not answer the questions they ask, and if it does not have an impact on
their concrete life. But on the other hand, evangelization risks losing its power
and disappearing altogether if one empties or adulterates its content under the
pretext of translating it; if, in other words, one sacrifices this reality and
destroys the unity without which there is no universality, out of a wish to
adapt a universal reality to a local situation. Now, only a Church which
preserves the awareness of her universality and shows that she is in fact
universal is capable of having a message which can be heard by all, regardless
of regional frontiers.
Legitimate attention to individual
Churches cannot fail to enrich the Church. Such attention is indispensable and
urgent. It responds to the very deep aspirations of peoples and human
communities to find their own identity ever more clearly.
64. But this enrichment
requires that the individual Churches should keep their profound openness
towards the universal Church. It is quite remarkable, moreover, that the most
simple Christians, the ones who are most faithful to the Gospel and most open
to the true meaning of the Church, have a completely spontaneous sensitivity to
this universal dimension. They instinctively and very strongly feel the need
for it, they easily recognize themselves in such a dimension. They feel with it
and suffer very deeply within themselves when, in the name of theories which
they do not understand, they are forced to accept a Church deprived of this
universality, a regionalist Church, with no horizon.
As history in fact shows,
whenever an individual Church has cut itself off from the universal Church and
from its living and visible center- sometimes with the best of intentions, with
theological, sociological, political or pastoral arguments, or even in the
desire for a certain freedom of movement or action- it has escaped only with
great difficulty (if indeed it has escaped) from two equally serious dangers.
The first danger is that of a withering isolationism, and then, before long, of
a crumbling away, with each of its cells breaking away from it just as it
itself has broken away from the central nucleus. The second danger is that of
losing its freedom when, being cut off from the center and from the other
Churches which gave it strength and energy, it finds itself all alone and a
prey to the most varied forces of slavery and exploitation.
The more an individual
Church is attached to the universal Church by solid bonds of communion, in
charity and loyalty, in receptiveness to the Magisterium of Peter, in the unity
of the lex orandi which is also the lex credendi, in the desire for unity with
all the other Churches which make up the whole- the more such a Church will be
capable of translating the treasure of faith into the legitimate variety of
expressions of the profession of faith, of prayer and worship, of Christian
life and conduct and of the spiritual influence on the people among which it
dwells. The more will it also be truly evangelizing, that is to say, capable of
drawing upon the universal patrimony in order to enable its own people to
profit from it, and capable too of communicating to the universal Church the
experience and the life of this people, for the benefit of all.
65. It was precisely in
this sense that at the end of the last Synod we spoke clear words full of
paternal affection, insisting on the role of Peter's Successor as a visible,
living and dynamic principle of the unity between the Churches and thus of the
universality of the one Church.[93] We also insisted on the grave
responsibility incumbent upon us, but which we share with our Brothers in the
Episcopate, of preserving unaltered the content of the Catholic faith which the
Lord entrusted to the apostles. While being translated into all expressions,
this content must be neither impaired nor mutilated. While being clothed with
the outward forms proper to each people, and made explicit by theological
expression which takes account of differing cultural, social and even racial
milieu, it must remain the content of the Catholic faith just exactly as the
ecclesial magisterium has received it and transmits it.
66. The whole Church
therefore is called upon to evangelize, and yet within her we have different
evangelizing tasks to accomplish. This diversity of services in the unity of
the same mission makes up the richness and beauty of evangelization. We shall
briefly recall these tasks.
First, we would point out
in the pages of the Gospel the insistence with which the Lord entrusts to the
apostles the task of proclaiming the Word. He chose them,[94] trained them
during several years of intimate company,[95] constituted[96] and sent them
out[97] as authorized witnesses and teachers of the message of salvation. And
the Twelve in their turn sent out their successors who, in the apostolic line,
continue to preach the Good News.
67. The Successor of
Peter is thus, by the will of Christ, entrusted with the preeminent ministry of
teaching the revealed truth. The New Testament often shows Peter "filled
with the Holy Spirit" speaking in the name of all."[98] It is
precisely for this reason that St. Leo the Great describes him as he who has
merited the primacy of the apostolate.''[99] This is also why the voice of the
Church shows the Pope "at the highest point- in apice, in specula- of the
apostolate."[100] The Second Vatican Council wished to reaffirm this when
it declared that "Christ's mandate to preach the Gospel to every creature
(cf. Mk. 16:15) primarily and immediately concerns the bishops with Peter and
under Peter."[101]
The full, supreme and
universal power"[102] which Christ gives to His Vicar for the pastoral
government of His Church is this especially exercised by the Pope in the
activity of preaching and causing to be preached the Good News of salvation.
68. In union with the
Successor of Peter, the bishops, who are successors of the apostles, receive
through the power of their episcopal ordination the authority to teach the
revealed truth in the Church. They are teachers of the faith.
Associated with the
bishops in the ministry of evangelization and responsible by a special title
are those who through priestly ordination "act in the person of Christ."[103]
They are educators of the People of God in the faith and preachers, while at
the same time being ministers of the Eucharist and of the other sacraments.
We pastors are therefore
invited to take note of this duty, more than any other members of the Church.
What identifies our priestly service, gives a profound unity to the thousand
and one tasks which claim our attention day by day and throughout our lives,
and confers a distinct character on our activities, is this aim, ever present
in all our action: to proclaim the Gospel of God.[104]
A mark of our identity
which no doubts ought to encroach upon and no objection eclipse is this: as
pastors, we have been chosen by the mercy of the Supreme Pastor,[105] in spite
of our inadequacy, to proclaim with authority the Word of God, to assemble the
scattered People of God, to teed this People with the signs of the action of
Christ which are the sacraments, to set this People on the road to salvation,
to maintain it in that unity of which we are, at different levels, active and
living instruments, and unceasingly to keep this community gathered around
Christ faithful to its deepest vocation. And when we do all these things,
within our human limits and by the grace of God, it is a work of evangelization
that we are carrying out. This includes ourself as Pastor of the universal
Church, our brother bishops at the head of the individual Churches, priests and
deacons united with their bishops and whose assistants they are, by a communion
which has its source in the sacrament of Orders and in the charity of the
Church.
69. Religious, for their
part, find in their consecrated life a privileged means of effective
evangelization. At the deepest level of their being they are caught Up in the
dynamism of the Church's life, which is thirsty for the divine Absolute and
called to holiness. It is to this holiness that they bear witness. They embody
the Church in her desire to give herself completely to the radical demands of
the beatitudes. By their lives they are a sign of total availability to God,
the Church and the brethren.
As such they have a
special importance in the context of the witness which, as we have said, is of
prime importance in evangelization. At the same time as being a challenge to
the world and to the Church herself, this silent witness of poverty and
abnegation, of purity and sincerity, of self-sacrifice in obedience, can become
an eloquent witness capable of touching also non-Christians who have good will
and are sensitive to certain values.
In this perspective one
perceives the role played in evangelization by religious men and women
consecrated to prayer, silence, penance and sacrifice. Other religious, in
great numbers, give themselves directly to the proclamation of Christ. Their
missionary activity depends clearly on the hierarchy and must be coordinated
with the pastoral plan which the latter adopts. But who does not see the
immense contribution that these religious have brought and continue to bring to
evangelization? Thanks to their consecration they are eminently willing and
free to leave everything and to go and proclaim the Gospel even to the ends of
the earth. They are enterprising and their apostolate is often marked by an
originality, by a genius that demands admiration. They are generous: often they
are found at the outposts of the mission, and they take the greatest of risks
for their health and their very lives. Truly the Church owes them much.
70. Lay people, whose
particular vocation places them in the midst of the world and in charge of the
most varied temporal tasks, must for this very reason exercise a very special
form of evangelization.
Their primary and
immediate task is not to establish and develop the ecclesial community- this is
the specific role of the pastors- but to put to use every Christian and
evangelical possibility latent but already present and active in the affairs of
the world. Their own field of evangelizing activity is the vast and complicated
world of politics, society and economics, but also the world of culture, of the
sciences and the arts, of international life, of the mass media. It also
includes other realities which are open to evangelization, such as human love,
the family, the education of children and adolescents, professional work,
suffering. The more Gospel-inspired lay people there are engaged in these
realities, clearly involved in them, competent to promote them and conscious
that they must exercise to the full their Christian powers which are often
buried and suffocated, the more these realities will be at the service of the
kingdom of God and therefore of salvation in Jesus Christ, without in any way
losing or sacrificing their human content but rather pointing to a transcendent
dimension which is often disregarded.
71. One cannot fail to
stress the evangelizing action of the family in the evangelizing apostolate of
the laity.
At different moments in
the Church's history and also in the Second Vatican Council, the family has
well deserved the beautiful name of "domestic Church."[106] This
means that there should be found in every Christian family the various aspects
of the entire Church. Furthermore, the family, like the Church, ought to be a
place where the Gospel is transmitted and from which the Gospel radiates.
In a family which is
conscious of this mission, all the members evangelize and are evangelized. The
parents not only communicate the Gospel to their children, but from their
children they can themselves receive the same Gospel as deeply lived by them.
And such a family becomes
the evangelizer of many other families, and of the neighborhood of which it
forms part. Families resulting from a mixed marriage also have the duty of
proclaiming Christ to the children in the fullness of the consequences of a
common Baptism; they have moreover the difficult task of becoming builders of
unity.
72. Circumstances invite
us to make special mention of the young. Their increasing number and growing
presence in society and likewise the problems assailing them should awaken in
every one the desire to offer them with zeal and intelligence the Gospel ideal
as something to be known and lived. And on the other hand, young people who are
well trained in faith and prayer must become more and more the apostles of
youth. The Church counts greatly on their contribution, and we ourself have
often manifested our full confidence in them.
73. Hence the active
presence of the laity in the temporal realities takes on all its importance.
One cannot, however, neglect or forget the other dimension: the laity can also
feel themselves called, or be called, to work with their pastors in the service
of the ecclesial community for its growth and life, by exercising a great
variety of ministries according to the grace and charisms which the Lord is
pleased to give them.
We cannot but experience
a great inner joy when we see so many pastors, religious and lay people, fired
with their mission to evangelize, seeking ever more suitable ways of
proclaiming the Gospel effectively. We encourage the openness which the Church
is showing today in this direction and with this solicitude. It is an openness
to meditation first of all, and then to ecclesial ministries capable of
renewing and strengthening the evangelizing vigor of the Church.
It is certain that, side
by side with the ordained ministries, whereby certain people are appointed
pastors and consecrate themselves in a special way to the service of the
community, the Church recognizes the place of non-ordained ministries which are
able to offer a particular service to the Church.
A glance at the origins
of the Church is very illuminating, and gives the benefit of an early
experience in the matter of ministries. It was an experience which was all the
more valuable in that it enabled the Church to consolidate herself and to grow
and spread. Attention to the sources however has to be complemented by
attention to the present needs of mankind and of the Church. To drink at these
ever inspiring sources without sacrificing anything of their values, and at the
same time to know how to adapt oneself to the demands and needs of today- these
are the criteria which will make it possible to seek wisely and to discover the
ministries which the Church needs and which many of her members will gladly
embrace for the sake of ensuring greater vitality in the ecclesial community.
These ministries will have a real pastoral value to the extent that they are
established with absolute respect for unity and adhering to the directives of
the pastors, who are the ones who are responsible for the Church's unity and
the builders thereof.
These ministries,
apparently new but closely tied up with the Church's living experience down the
centuries - such as catechists, directors of prayer and chant, Christians
devoted to the service of God's Word or to assisting their brethren in need,
the heads of small communities, or other persons charged with the
responsibility of apostolic movements- these ministries are valuable for the
establishment, life, and growth of the Church, and for her capacity to
influence her surroundings and to reach those who are remote from her. We owe
also our special esteem to all the lay people who accept to consecrate a part
of their time, their energies, and sometimes their entire lives, to the service
of the missions.
A serious preparation is
needed for all workers for evangelization. Such preparation is all the more
necessary for those who devote themselves to the ministry of the Word. Being
animated by the conviction, ceaselessly deepened, of the greatness and riches
of the Word of God, those who have the mission of transmitting it must give the
maximum attention to the dignity, precision and adaptation of their language.
Everyone knows that the art of speaking takes on today a very great importance.
How would preachers and catechists be able to neglect this?
We earnestly desire that
in each individual Church the bishops should be vigilant concerning the
adequate formation of all the ministers of the Word. This serious preparation
will increase in them the indispensable assurance and also the enthusiasm to
proclaim today Jesus Christ.
74. We would not wish to
end this encounter with our beloved brethren and sons and daughters without a
pressing appeal concerning the interior attitudes which must animate those who
work for evangelization.
In the name of the Lord
Jesus Christ, and in the name of the Apostles Peter and Paul, we wish to exhort
all those who, thanks to the charisms of the Holy Spirit and to the mandate of
the Church, are true evangelizers to be worthy of this vocation, to exercise it
without the reticence of doubt or fear, and not to neglect the conditions that
will make this evangelization not only possible but also active and fruitful.
These, among many others, are the fundamental conditions which we consider it
important to emphasize.
75. Evangelization will never
be possible without the action of the Holy Spirit. The Spirit descends on Jesus
of Nazareth at the moment of His baptism when the voice of the Father-
"This is my beloved Son with whom I am well pleased"[107]- manifests
in an external way the election of Jesus and His mission. Jesus is "led by
the Spirit" to experience in the desert the decisive combat and the
supreme test before beginning this mission.[108] It is "in the power of
the Spirit"[109] that He returns to Galilee and begins His preaching at
Nazareth, applying to Himself the passage of Isaiah: "The Spirit of the
Lord is upon me." And He proclaims: "Today this Scripture has been
fulfilled."[110] To the disciples whom He was about to send forth He says,
breathing on them, "Receive the Holy Spirit."[111]
In fact, it is only after
the coming of the Holy Spirit on the day of Pentecost that the apostles depart
to all the ends of the earth in order to begin the great work of the Church's
evangelization. Peter explains this event as the fulfillment of the prophecy of
Joel: "I will pour out my spirit."[112] Peter is filled with the Holy
Spirit so that he can speak to the people about Jesus, the Son of God.[113]
Paul too is filled with the Holy Spirit[114] before dedicating himself to his
apostolic ministry, as is Stephen when he is chosen for the ministry of service
and later on for the witness of blood.[115] The Spirit, who causes Peter, Paul
and the Twelve to speak, and who inspires the words that they are to utter,
also comes down "on those who heard the word."[116]
It is in the
"consolation of the Holy Spirit" that the Church increases.[117] The
Holy Spirit is the soul of the Church. It is He who explains to the faithful
the deep meaning of the teaching of Jesus and of His mystery. It is the Holy
Spirit who, today just as at the beginning of the Church, acts in every
evangelizer who allows himself to be possessed and led by Him. The Holy Spirit
places on his lips the words which he could not find by himself, and at the
same time the Holy Spirit predisposes the soul of the hearer to be open and
receptive to the Good News and to the kingdom being proclaimed.
Techniques of
evangelization are good, but even the most advanced ones could not replace the
gentle action of the Spirit. The most perfect preparation of the evangelizer
has no effect without the Holy Spirit. Without the Holy Spirit the most
convincing dialectic has no power over the heart of man. Without Him the most
highly developed schemas resting on a sociological or psychological basis are
quickly seen to be quite valueless.
We live in the Church at
a privileged moment of the Spirit. Everywhere people are trying to know Him
better, as the Scripture reveals Him. They are happy to place themselves under
His inspiration. They are gathering about Him; they want to let themselves be
led by Him. Now if the Spirit of God has a preeminent place in the whole life
of the Church, it is in her evangelizing mission that He is most active. It is
not by chance that the great inauguration of evangelization took place on the
morning of Pentecost, under the inspiration of the Spirit.
It must be said that the
Holy Spirit is the principal agent of evangelization: it is He who impels each
individual to proclaim the Gospel, and it is He who in the depths of
consciences causes the word of salvation to be accepted and understood.[118]
But it can equally be said that He is the goal of evangelization: He alone
stirs up the new creation, the new humanity of which evangelization is to be
the result, with that unity in variety which evangelization wishes to achieve
within the Christian community. Through the Holy Spirit the Gospel penetrates
to the heart of the world, for it is He who causes people to discern the signs
of the times- signs willed by God- which evangelization reveals and puts to use
within history.
The Bishops' Synod of
1974, which insisted strongly on the place of the Holy Spirit in
evangelization, also expressed the desire that pastors and theologians- and we
would also say the faithful marked by the seal of the Spirit by Baptism- should
study more thoroughly the nature and manner of the Holy Spirit's action in
evangelization today. This is our desire too, and we exhort all evangelizers,
whoever they may be, to pray without ceasing to the Holy Spirit with faith and fervor
and to let themselves prudently be guided by Him as the decisive inspirer of
their plans, their initiatives and their evangelizing activity.
76. Let us now consider
the very persons of the evangelizers.
It is often said nowadays
that the present century thirsts for authenticity. Especially in regard to
young people it is said that they have a horror of the artificial or false and
that they are searching above all for truth and honesty.
These "signs of the
times" should find us vigilant. Either tacitly or aloud- but always
forcefully- we are being asked: Do you really believe what you are proclaiming?
Do you live what you believe? Do you really preach what you live? The witness
of life has become more than ever an essential condition for real effectiveness
in preaching. Precisely because of this we are, to a certain extent,
responsible for the progress of the Gospel that we proclaim.
"What is the state
of the Church ten years after the Council?" we asked at the beginning of
this meditation. Is she firmly established in the midst of the world and yet
free and independent enough to call for the world's attention? Does she testify
to solidarity with people and at the same time to the divine Absolute? Is she
more ardent in contemplation and adoration and more zealous in missionary,
charitable and liberating action? Is she ever more committed to the effort to
search for the restoration of the complete unity of Christians, a unity that
makes more effective the common witness, "so that the world may believe"[119]
We are all responsible for the answers that could be given to these questions.
We therefore address our
exhortation to our brethren in the Episcopate, placed by the Holy Spirit to
govern the Church.[120] We exhort the priests and deacons, the bishops' collaborators
in assembling the People of God and in animating spiritually the local
communities. We exhort the religious, witnesses of a Church called to holiness
and hence themselves invited to a life that bears testimony to the beatitudes
of the Gospel. We exhort the laity: Christian families, youth, adults, all
those who exercise a trade or profession, leaders, without forgetting the poor
who are often rich in faith and hope- all lay people who are conscious of their
evangelizing role in the service of their Church or in the midst of society and
the world. We say to all of them: our evangelizing zeal must spring from true
holiness of life, and, as the Second Vatican Council suggests, preaching must
in its turn make the preacher grow in holiness, which is nourished by prayer
and above all by love for the Eucharist.[121]
The world which,
paradoxically, despite innumerable signs of the denial of God, is nevertheless
searching for Him in unexpected ways and painfully experiencing the need of
Him- the world is calling for evangelizers to speak to it of a God whom the
evangelists themselves should know and be familiar with as if they could see
the invisible.[122] The world calls for and expects from us simplicity of life,
the spirit of prayer, charity towards all, especially towards the lowly and the
poor, obedience and humility, detachment and self-sacrifice. Without this mark
of holiness, our word will have difficulty in touching the heart of modern man.
It risks being vain and sterile.
77. The power of
evangelization will find itself considerably diminished if those who proclaim
the Gospel are divided among themselves in all sorts of ways. Is this not
perhaps one of the great sicknesses of evangelization today? Indeed, if the
Gospel that we proclaim is seen to be rent by doctrinal disputes, ideological
polarizations or mutual condemnations among Christians, at the mercy of the
latter's differing views on Christ and the Church and even because of their
different concepts of society and human institutions, how can those to whom we
address our preaching fail to be disturbed, disoriented, even scandalized?
The Lord's spiritual
testament tells us that unity among His followers is not only the proof that we
are His but also the proof that He is sent by the Father. It is the test of the
credibility of Christians and of Christ Himself. As evangelizers, we must offer
Christ's faithful not the image of people divided and separated by unedifying
quarrels, but the image of people who are mature in faith and capable of
finding a meeting-point beyond the real tensions, thanks to a shared, sincere
and disinterested search for truth. Yes, the destiny of evangelization is
certainly bound up with the witness of unity given by the Church. This is a
source of responsibility and also of comfort.
At this point we wish to
emphasize the sign of unity among all Christians as the way and instrument of
evangelization. The division among Christians is a serious reality which
impedes the very work of Christ. The Second Vatican Council states clearly and
emphatically that this division "damages the most holy cause of preaching
the Gospel to all men, and it impedes many from embracing the faith."[123]
For this reason, in proclaiming the Holy Year we considered it necessary to
recall to all the faithful of the Catholic world that "before all men can
be brought together and restored to the grace of God our Father, communion must
be reestablished between those who by faith have acknowledged and accepted
Jesus Christ as the Lord of mercy who sets men free and unites them in the
Spirit of love and truth."[124]
And it is with a strong
feeling of Christian hope that look to the efforts being made in the Christian
world for this restoration of the full unity willed by Christ. St. Paul assures
us that "hope does not disappoint us."[125] While we still work to
obtain full unity from the Lord, we wish to see prayer intensified. Moreover we
make our own the desire of the Fathers of the Third General Assembly of the
Synod of Bishops, for a collaboration marked by greater commitment with the
Christian brethren with whom we are not yet united in perfect unity, taking as
a basis the foundation of Baptism and the patrimony of faith which is common to
us. By doing this we can already give a greater common witness to Christ before
the world in the very work of evangelization. Christ's command urges us to do
this; the duty of preaching and of giving witness to the Gospel requires this.
78. The Gospel entrusted
to us is also the word of truth. A truth which liberates[126] and which alone
gives peace of heart is what people are looking for when we proclaim the Good
News to them. The truth about God, about man and his mysterious destiny, about
the world; the difficult truth that we seek in the Word of God and of which, we
repeat, we are neither the masters nor the owners, but the depositaries, the
heralds and the servants.
Every evangelizer is
expected to have a reverence for truth, especially since the truth that he
studies and communicates is none other than revealed truth and hence, more than
any other, a sharing in the first truth which is God Himself. The preacher of
the Gospel will therefore be a person who even at the price of personal
renunciation and suffering always seeks the truth that he must transmit to
others. He never betrays or hides truth out of a desire to please men, in order
to astonish or to shock, nor for the sake of originality or a desire to make an
impression. He does not refuse truth. He does not obscure revealed truth by
being too idle to search for it, or for the sake of his own comfort, or out of
fear. He does not neglect to study it. He serves it generously, without making
it serve him.
We are the pastors of the
faithful people, and our pastoral service impels us to preserve, defend, and to
communicate the truth regardless of the sacrifices that this involves. So many
eminent and holy pastors have left us the example of this love of truth. In
many cases it was an heroic love. The God of truth expects us to be the
vigilant defenders and devoted preachers of truth.
Men of learning- whether
you be theologians, exegetes or historians- the work of evangelization needs
your tireless work of research, and also care and tact in transmitting the
truth to which your studies lead you but which is always greater than the heart
of man, being the very truth of God.
Parents and teachers,
your task- and the many conflicts of the present day do not make it an easy
one- is to help your children and your students to discover truth, including
religious and spiritual truth.
79. The work of
evangelization presupposes in the evangelizer an ever increasing love for those
whom he is evangelizing. That model evangelizer, the Apostle Paul, wrote these
words to the Thessalonians, and they are a program for us all: "With such
yearning love we chose to impart to you not only the gospel of God but our very
selves, so dear had you become to us."[127] What is this love? It is much
more than that of a teacher; it is the love of a father; and again, it is the
love of a mother.[128] It is this love that the Lord expects from every
preacher of the Gospel, from every builder of the Church. A sign of love will
be the concern to give the truth and to bring people into unity. Another sign
of love will be a devotion to the proclamation of Jesus Christ, without
reservation or turning back. Let us add some other signs of this love.
The first is respect for
the religious and spiritual situation of those being evangelized. Respect for
their tempo and pace; no one has the right to force them excessively. Respect
for their conscience and convictions, which are not to be treated in a harsh
manner.
Another sign of this love
is concern not to wound the other person, especially if he or she is weak in
faith,[129] with statements that may be clear for those who are already
initiated but which for the faithful can be a source of bewilderment and
scandal, like a wound in the soul.
Yet another sign of love
will be the effort to transmit to Christians not doubts and uncertainties born
of an erudition poorly assimilated but certainties that are solid because they
are anchored in the Word of God. The faithful need these certainties for their
Christian life; they have a right to them, as children of God who abandon
themselves entirely into His arms and to the exigencies of love.
80. Our appeal here is
inspired by the fervor of the greatest preachers and evangelizers, whose lives
were devoted to the apostolate. Among these we are glad to point out those whom
we have proposed to the veneration of the faithful during the course of the
Holy Year. They have known how to overcome many obstacles to evangelization.
Such obstacles are also
present today, and we shall limit ourself to mentioning the lack of fervor. It
is all the more serious because it comes from within. It is manifested in
fatigue, disenchantment, compromise, lack of interest and above all lack of joy
and hope. We exhort all those who have the task of evangelizing, by whatever
title and at whatever level, always to nourish spiritual fervor[130]
This fervor demands first
of all that we should know how to put aside the excuses which would impede
evangelization. The most insidious of these excuses are certainly the ones
which people claim to find support for in such and such a teaching of the
Council.
Thus one too frequently
hears it said, in various terms, that to impose a truth, be it that of the
Gospel, or to impose a way, be it that of salvation, cannot but be a violation
of religious liberty. Besides, it is added, why proclaim the Gospel when the
whole world is saved by uprightness of heart? We know likewise that the world
and history are filled with "seeds of the Word"; is it not therefore
an illusion to claim to bring the Gospel where it already exists in the seeds
that the Lord Himself has sown?
Anyone who takes the
trouble to study in the Council's documents the questions upon which these
excuses draw too superficially will find quite a different view.
It would certainly be an
error to impose something on the consciences of our brethren. But to propose to
their consciences the truth of the Gospel and salvation in Jesus Christ, with
complete clarity and with a total respect for the free options which it
presents- "without coercion, or dishonorable or unworthy
pressure"[131]- far from being an attack on religious liberty is fully to
respect that liberty, which is offered the choice of a way that even
non-believers consider noble and uplifting. Is it then a crime against others'
freedom to proclaim with joy a Good News which one has come to know through the
Lord's mercy?[132] And why should only falsehood and error, debasement and
pornography have the right to be put before people and often unfortunately
imposed on them by the destructive propaganda of the mass media, by the
tolerance of legislation, the timidity of the good and the impudence of the
wicked? The respectful presentation of Christ and His kingdom is more than the
evangelizer's right; it is his duty. It is likewise the right of his fellow men
to receive from him the proclamation of the Good News of salvation. God can
accomplish this salvation in whomsoever He wishes by ways which He alone
knows.[133] And yet, if His Son came, it was precisely in order to reveal to
us, by His word and by His life, the ordinary paths of salvation. And He has
commanded us to transmit this revelation to others with His own authority. It
would be useful if every Christian and every evangelizer were to pray about the
following thought: men can gain salvation also in other ways, by God's mercy,
even though we do not preach the Gospel to them; but as for us, can we gain
salvation if through negligence or fear or shame- what St. Paul called
"blushing for the Gospel"[134] - or as a result of false ideas we
fail to preach it? For that would be to betray the call of God, who wishes the
seed to bear fruit through the voice of the ministers of the Gospel; and it
will depend on us whether this grows into trees and produces its full fruit.
Let us therefore preserve
our fervor of spirit. Let us preserve the delightful and comforting joy of
evangelizing, even when it is in tears that we must sow. May it mean for us- as
it did for John the Baptist, for Peter and Paul, for the other apostles and for
a multitude of splendid evangelizers all through the Church's history- an
interior enthusiasm that nobody and nothing can quench. May it be the great joy
of our consecrated lives. And may the world of our time, which is searching,
sometimes with anguish, sometimes with hope, be enabled to receive the Good
News not from evangelizers who are dejected, discouraged, impatient or anxious,
but from ministers of the Gospel whose lives glow with fervor, who have first
received the joy of Christ, and who are willing to risk their lives so that the
kingdom may be proclaimed and the Church established in the midst of the world.
81. This then, brothers
and sons and daughters, is our heartfelt plea. It echoes the voice of our
brethren assembled for the Third General Assembly of the Synod of Bishops. This
is the task we have wished to give you at the close of a Holy Year which has
enabled us to see better than ever the needs and the appeals of a multitude of
brethren, both Christians and non-Christians, who await from the Church the
Word of salvation.
May the light of the Holy
Year, which has shone in the local Churches and in Rome for millions of
consciences reconciled with God, continue to shine in the same way after the
Jubilee through a program of pastoral action with evangelization as its basic
feature, for these years which mark the eve of a new century, the eve also of
the third millennium of Christianity.
82. This is the desire
that we rejoice to entrust to the hands and the heart of the Immaculate Blessed
Virgin Mary, on this day which is especially consecrated to her and which is
also the tenth anniversary of the close of the Second Vatican Council. On the
morning of Pentecost she watched over with her prayer the beginning of
evangelization prompted by the Holy Spirit: may she be the Star of the
evangelization ever renewed which the Church, docile to her Lord's command,
must promote and accomplish, especially in these times which are difficult but
full of hope!
In the name of Christ we
bless you, your communities, your families, all those who are dear to you, in
the words which Paul addressed to the Philippians: "I give thanks to my
God every time I think of you- which is constantly, in every prayer I utter-
rejoicing, as I plead on your behalf, at the way you have all continually
helped to promote the gospel.... I hold all of you dear- you who...are sharers
of my gracious lot...to defend the solid grounds on which the gospel rests. God
himself can testify how much I long for each of you with the affection of
Christ Jesus!"[135]
Given in Rome, at Saint
Peter's, on the Solemnity of the Immaculate Conception of the Blessed Virgin
Mary, December 8, 1975, the thirteenth year of our Pontificate.
PAULUS PP. VI
Notes
1. Cf. Lk 22:32.
2. 2 Cor 11:28.
3. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 1:
AAS 58 (1966), p. 947.
4. Cf. Eph 4:24, 2:15;
Col 3:10; Gal 3:27; Rom 13:114; 2 Cor 5:17.
5. 2 Cor 5:20.
6. Cf. Paul VI, Address
for the closing of the Third General Assembly of the Synod of Bishops (26
October 1974): AAS 66 (19740, PP. 634-635, 637.
7. Paul VI, Address to
the College of Cardinals (22 June 1973): AAS 65 (1973), p. 383.
8. 2 Cor 11:28.
9. 1 Tim 5:17.
10. 2 Tim 2:15.
11. Cf. 1 Cor 2:5.
12. Lk 4:43.
13. Ibid.
14. Lk 4:18; cf. Is 61:1.
15. Cf. Mk 1:1; Rom
1:1-3.
16. Cf. Mt 6:33.
17. Cf. Mt 5:3-12.
18. Cf. Mt 5-7.
19. Cf. Mt 10.
20. Cf. Mt 13.
21. Mt 18.
22. Cf. Mt 24-25.
23. Cf. Mt. 24:36; Acts
1:7; 1 Thess 5:1-2.
24. Cf. Mt 11:12; Lk
16:16.
25. Cf. Mt 4:17.
26. Mk 1:27.
27. Lk 4:22.
28. Jn 7:46.
29. Lk 4:43.
30. Jn 11:52.
31. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Dogmatic Constitution on Divine Revelation Dei Verbum, 4:
AAS 58 (1966), pp. 818-819.32. 1 Pt 2:9.
33. Cf. Acts 2:11.
34. Lk 4:43.
35. 1 Cor 9:16.
36. "Declaration of
the Synod Fathers", 4: L'Osservatore Romano (27 October 1974), p. 6.
37. Mt 28:19.
38. Acts 2:41, 47.
39. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Dogmatic Constitution on the Church Lumen Gentium, 8: AAS
57 (1965), p. 11; Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 5: AAS
58 (1966), pp 951-952.
40. Cf. Acts 2:42-46;
4:32-35; 5:12-16.
41. Cf. Acts 2:11; 1 Pt
2:9.
42. Cf. Decree on the
Church's Missionary Activity Ad Gentes, 5, 11-12: AAS 58 (1966), pp. 951-952,
959-961.
43. Cf. 2 Cor 4:5; Saint
Augustine Sermo XLVI, De Pastoribus: ccl XLI, pp. 529-530.
44. Lk 10:16; cf. Saint
Cyprian, De Unitate Ecclesiae, 14: PL 4, 527; Saint Augustine, Enarrat. 88,
Sermo, 2, 14: PL 37, 1140; Saint John Chrysostom, Hom. de capto Eutropio, 6: PG
52, 462.
45. Eph 5:25.
46. Rev. 21:5; cf. 2 Cor
5:17; Gal 6:15.
47. Cf. Rom 6:4.
48. Cf. Eph 4:24-25; Col
3:9-10.
49. Cf. Rom 1:16; 1 Cor
1:18, 2:4.
50. Cf. 53: AAS 58
(1966), p. 1075.
51. Cf. Tertullian
Apologeticum, 39: CCL, I, PP. 150-153; Minucius Felix, Octavius 9 and 31: CSLP,
Turin 1963, pp. 11-13, 47-48.
52. 1 Pt 3:15.
53.Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Dogmatic Constitution on the Church Lumen Gentium, 1, 9,
48; AAS 57 (1965), pp. 5, 12-14, 53-54; Pastoral Constitution on the Church in
the Modern World Gaudium et Spes, 42, 45, AAS 58 (1966), pp. 1060-1061,
1065-1066; Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 1, 5: AAS 58
(1966), pp. 947, 951-952.
54. Cf. Rom 1:16; 1 Cor
1:18.
55. Cf. Acts 17:22-23.
56. 1 Jn 3:1; cf. Rom
8:14-17.
57. Cf. Eph 2:8; Rom
1:16. Cf. Sacred Congregation for the Doctrine of the Faith, Declaratio ad
fidem tuendam in mysteria Incarnationis et SS. Trinitatis e quibusdam
recentibus erroribus (21 February 1972): AAS 64 (1972), pp. 237-241.
58. Cf. 1 Jn 3:2; Rom
8:29; Phil 3: 20-21. Cf. Second Vatican Ecumenical Council, Dogmatic
Constitution on the Church Lumen Gentium 48-51: AAS 57 (1965), pp. 53-58.
59. Cf. Sacred
Congregation for the Doctrine of the Faith, Declaratio circa Catholicam
Doctrinam de Ecclesia contra nonnullos errores hodiernos tuendam (24 June
1973): AAS 65 (1973), pp. 396-408.
60. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Pastoral Constitution on the Church in the Modern World
Gaudium et Spes, 47-52: AAS 58 (1966): pp. 1067-1074; Paul VI, Encyclical
Letter Humanae Vitae: AAS 60 (1968), pp. 481-503.
61. Paul VI, Address for
the opening of the Third General Assembly of the Synod of Bishops (27 September
1974): AAS 66 (1974), p. 562.
62. Ibid.
63. Paul VI Address to
the Campesinos of Colombia (23 August 1968): AAS 60 (1968), p. 623.
64. Paul VI, Address for
the Day of Development at Bogota (23 August 1968): AAS 60 (1968), p. 627; Cf.
Saint Augustine, Epistola 229, 2: PL 33, 1020.
65. Paul VI, Address for
the closing of the Third General Assembly of the Synod of Bishops (26 October
1974); AAS 66 (1974), p. 637.
66. Address given on 15
October 1975: L'Osservatore Romano (17 October 1975).
67. Pope Paul VI, Address
to the Members of the Consilium de Laicis (2 October 1974): AAS 66 (1974), p.
568.
68. Cf. 1 Pt 3:1.
69. Rom 10:14, 17.
70. Cf. 1 Cor 2:1-5.
71. Rom 10:17.
723. Cf. Mt 10:27; Lk
12:3.
73. Mk 16:15.
74. Cf. Saint Justin, I
Apol. 46, 1-4: PG 6, II Apol. 7 (8) 1-4; 10, 1-3; 13, 3-4; Florilegium
Patristicum II, Bonn 1911, pp. 81, 125, 129, 133; Clement of Alexandria,
Stromata I, 19, 91; 94; S. Ch. pp. 117-118; 119-110; Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 11:
AAS 58 (1966), p. 960; cf. Second Vatican Ecumenical Council, Dogmatic
Constitution on the Church Lumen Gentium, 17: AAS 57 (1965), p 20.
76. Cf. Eph 3:8.
77. Cf. Henri de Lubac,
Le drame de l'humanisme athee, ed. Spes, Paris, 1945.
78. Cf. Pastoral
Constitution on the Church in the Modern World Gaudium et Spes, 59: AAS 58
(1966), p. 1080.
79. 1 Tim 2:4.
80. Mt 9:36; 15:32.
81. Rom 10:15.
82. Declaration on
Religious Liberty Dignitatis Humanae, 13: AAS 58 (1966), p 939; cf. Dogmatic
Constitution on the Church Lumen Gentium, 5: AAS 57 (1965) pp. 7-8; Decree on
the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 1: AAS 58 (1966), p. 947.
83. Decree on the
Church's Missionary Activity Ad Gentes, 35: AAS 58 (1966), p. 983.
84. Saint Augustine,
Enarratio in Ps 44:23: CCL XXXVIII, p. 510; cf Decree on the Church's
Missionary Activity Ad Gentes, 1: AAS 58 (1966), p. 947.
85. Saint Gregory the
Great, Homil. in Evangelia 19, 1: PL 76, 1154.
86. Acta 1:8; cf. Didache
9, 1: Fund Patres Apostolici, 1, 22.
87. Mt 28:20.
88. Cf. Mt 13:32.
89. Cf. Mt 13:47.
90. Cf. Jn 21:11.
91. Cf. Jn 10:1-16.
92. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Constitution on the Sacred Liturgy Sacrosanctum Concilium
37-38: AAS 56 (1964), p. 110; cf. also the liturgical books and other documents
subsequently issued by the Holy See for the putting into practice of the
liturgical reform desired by the same Council.
93. Paul VI, Address for
the closing of the Third General Assembly of the Synod of Bishops (26 October
1974): AAS 66 (1974), p. 636.
94. Cf. Jn 15:16; Mk
3:13-19; Lk 6:13-16.
95. Cf. Acts 1:21-22.
96. Cf. Mk 3:14.
97. Cf. Mk 3:14-15; Lk
9:2.
98. Acts 4:8; cf. 2:14;
3:12.
99. Cf. St. Leo the
Great, Sermo 69, 3; Sermo 70, 1-3; Sermo 94, 3; Sermo 95 2: S.C. 200, pp.
50-52; 58-66; 258-260; 268.
100. Cf. First Ecumenical
Council of Lyons, Constitution Ad apostolicae dignitaties: Conciliorum
Oecumenicorum Decreta, ed. Istituto per le Scienze Religiose, Bologna 1973, p.
278; Ecumenical Council of Vienne, Constitution Ad providam Christi, ed. cit.,
p. 343; Fifth Lateran Ecumenical Council, Constitution In apostolici culminis,
ed. cit., p. 608; Constitution Postquam ad universalis, ed. cit., p. 614;
Constitution Divina disponente clementia, ed. cit., p. 638.
101. Decree on the
Church's Missionary Activity Ad Gentes, 38: AAS 58 (1966), p. 985.
102. Second Vatican
Ecumenical Council, Dogmatic Constitution on the Church Lumen Gentium, 22: AAS
57 (1965), p. 26.
103. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Dogmatic Constitution on the Church Lumen Gentium, 10, 37;
AAS 57 1965), pp. 14, 43; Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes,
39: AAS 58 (1966), p. 986; Decree on the Ministry and Life of Priests
Presbyterorum Ordinis, 2, 12, 13: AAS 58 (1966), pp. 992, 1010, 1011.
104. Cf. 1 Thess 2:9.
105. Cf. 1 Pt 5:4.
106. Dogmatic
Constitution on the Church Lumen Gentium, 11: AAS 57 (1965), p. 16; Decree on
the Apostolate of the Laity Apostolicam Actuositatem, 11, AAS 58 (1966), p.
848; Saint John Chrysostom, In Genesim Serm. VI, 2; VII, 1: PG 54, 607-68.
107. Mt. 3:17.
108. Mt. 4:1.
109. Lk 4:14.
110. Lk 4:O[18], 21; cf.
Is 61:1.
111. Jn 20:22.
112. Acts 2:17.
113 Cf. Acts 4:8.
114 Cf. Acts 9:17.
115. Cf. Acts 6:5, 10;
7:55.
116. Acts 10:44.
117. Acts 9:31.
118. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 4:AAS
58 (1966), pp. 950-951.
119. Jn 17:21.
120. Cf. Acts 20:28.
121. Cf. Decree on the
Ministry and Life of Priests Presbyterorum Ordinis, 13: AAS 58 (1966), p. 1011.
122. Cf. Heb 11:27.
123. Decree on the
Church's Missionary Activity Ad Gentes, 6: AAS 58 (1966), pp. 954-955; cf.
Decree on Ecumenism Unitatis Redintegratio, 1: AAS 57 (1965), pp. 90-91.
124. Bull Apostolorum
Limina, VII: AAS 66 (1974), p. 305.
125. Rom 5:5.
126. Cf. Jn 8:32.
127. 1 Thess 2:8; cf.
Phil 1:8.
128. Cf. 1 Thess 2:7-11;
1 Cor 4:15; Gal 4:19.
129. Cf. 1 Cor 8:9-13;
Rom 14:15.
130. Cf. Rom 12:11.
131. Cf. Second Vatican
Council, Declaration on Religious Liberty Dignitaties Humanae, 4: AAS 58 (1966),
p. 933.
132. Cf. Ibid., 9-14:
Loc. Cit., pp. 935-940.
133. Cf. Second Vatican
Ecumenical Council, Decree on the Church's Missionary Activity Ad Gentes, 7:
AAS 58 (1966), p. 955.
134. Cf. Rom 1:16.
135. Phil 1:3-4, 7-8.
© Copyright - Libreria
Editrice Vaticana
Copyright © Dicastery for
Communication
Statua bronzea raffigurante Paolo VI nel chiostro del Santuario delle Grazie a Brescia
EVANGELII NUNTIANDI
Venerabili Fratelli e
diletti Figli, salute e Apostolica Benedizione
IMPEGNO PARTICOLARE PER
L'EVANGELIZZAZIONE
1.
L'impegno di annunziare il Vangelo agli uomini del nostro tempo animati dalla
speranza, ma, parimente, spesso travagliati dalla paura e dall'angoscia, è
senza alcun dubbio un servizio reso non solo alla comunità cristiana, ma anche
a tutta l'umanità. Di qui il dovere di confermare i fratelli, che Noi abbiamo
ricevuto dal Signore con l'ufficio di Successore di Pietro [1], e che è per Noi un «assillo quotidiano» [2], un programma di vita e d'azione, e un
impegno fondamentale del Nostro Pontificato; questo dovere Ci sembra ancora più
nobile e necessario allorché si tratta di incoraggiare i nostri fratelli nella
missione di evangelizzatori, affinché, in questi tempi d'incertezza e di
disordine, essi la compiano con amore, zelo e gioia sempre maggiori.
IN OCCASIONE DI TRE
AVVENIMENTI
2.
È proprio ciò che Noi vogliamo fare qui, al termine di questo Anno Santo, nel
corso del quale la Chiesa, «protesa con ogni sforzo verso la predicazione del
Vangelo a tutti gli uomini» [3], non ha voluto fare altro che compiere il
proprio ufficio di messaggera della Buona Novella di Gesù Cristo, proclamata in
virtù di due consegne fondamentali: «Rivestitevi dell'uomo nuovo» [4], e «Lasciatevi riconciliare con Dio» [5].
Vogliamo farlo in questo
decimo anniversario della chiusura del Concilio
Vaticano II, i cui obiettivi si riassumono, in definitiva, in uno solo:
rendere la Chiesa del XX secolo sempre più idonea ad annunziare il Vangelo
all'umanità del XX secolo.
Vogliamo farlo ad un anno
dalla terza Assemblea Generale del Sinodo dei Vescovi - dedicata, come è noto,
all'evangelizzazione - tanto più che questo Ci è stato richiesto dagli stessi
Padri Sinodali. Infatti, alla fine di quella memorabile Assemblea, essi hanno
deciso di rimettere al Pastore della Chiesa universale, con grande fiducia e
semplicità, il frutto del loro lavoro, dichiarando che si aspettavano dal Papa
uno slancio nuovo capace di creare, in una Chiesa ancor più radicata nella
forza e nella potenza perenni della Pentecoste, nuovi tempi d'evangelizzazione [6].
TEMA SPESSO SOTTOLINEATO
DURANTE IL NOSTRO PONTIFICATO
3.
Di questo tema dell'evangelizzazione, Noi abbiamo sottolineato, a più riprese,
l'importanza molto prima della celebrazione del Sinodo. «Le condizioni della
società - dicevamo al
Sacro Collegio dei Cardinali, il 22 giugno 1973 - ci obbligano tutti a
rivedere i metodi, a cercare con ogni mezzo di studiare come portare all'uomo
moderno il messaggio cristiano, nel quale, soltanto, egli può trovare la
risposta ai suoi interrogativi e la forza per il suo impegno di solidarietà
umana» [7]. E Noi aggiungiamo che per dare una
risposta valida alle esigenze del Concilio, le quali ci interpellano, è
assolutamente necessario metterci di fronte ad un patrimonio di fede che la
Chiesa ha il dovere di preservare nella sua purezza intangibile, ma anche di
presentare agli uomini del nostro tempo, per quanto possibile, in modo
comprensibile e persuasivo.
NELLA LINEA DEL SINODO
DEL 1974
4. Questa fedeltà a un messaggio, del quale noi siamo i servitori, e alle persone a cui noi dobbiamo trasmetterlo intatto e vivo, è l'asse centrale dell'evangelizzazione. Essa pone tre brucianti domande, che il Sinodo del 1974 ha avuto costantemente davanti agli occhi:
- Che ne è oggi di questa energia nascosta della Buona Novella, capace di colpire profondamente la coscienza dell'uomo?
- Fino a quale punto e come questa forza evangelica è in grado di trasformare veramente l'uomo di questo secolo?
- Quali metodi bisogna seguire nel proclamare il Vangelo affinché la sua potenza possa raggiungere i suoi effetti?
Questi interrogativi esplicitano, in realtà, la domanda fondamentale che la
Chiesa si pone oggi e che si potrebbe tradurre così: dopo il Concilio e grazie
al Concilio, che è stato per essa un'ora di Dio in questo scorcio della storia,
la Chiesa si sente o no più adatta ad annunziare il Vangelo e ad inserirlo nel
cuore dell'uomo con convinzione, libertà di spirito ed efficacia?
INVITO ALLA RIFLESSIONE
5. Noi tutti vediamo
l'urgenza di dare a questa domanda una risposta leale, umile, coraggiosa, e di
agire di conseguenza. Nella nostra «sollecitudine per tutte le Chiese» [8].
Noi vorremmo aiutare i
nostri Fratelli e Figli a rispondere a questi interrogativi. Possano le nostre
parole, che vorrebbero essere, partendo dalle ricchezze del Sinodo, una
riflessione sulla evangelizzazione, invitare alla medesima riflessione tutto il
Popolo di Dio adunato nella Chiesa e dare nuovo slancio a tutti, specialmente a
«quelli che si affaticano nella parola e nell'Insegnamento» [9], affinché ciascuno di essi sia «un fedele
dispensatore della parola della verità» [10] e faccia opera di predicatore del
Vangelo, assolvendo alla perfezione il proprio ministero. Una tale Esortazione
Ci è parsa di capitale importanza, perché la presentazione del messaggio
evangelico non è per la Chiesa un contributo facoltativo: è il dovere che le
incombe per mandato del Signore Gesù, affinché gli uomini possano credere ed
essere salvati. Sì, questo messaggio è necessario. È unico. È insostituibile.
Non sopporta né indifferenza, né sincretismi, né accomodamenti. È in causa la
salvezza degli uomini. Esso rappresenta la bellezza della rivelazione. Comporta
una saggezza che non è di questo mondo. È capace di suscitare, per se stesso,
la fede, una fede che poggia sulla potenza di Dio [11]. Esso è la Verità. Merita che l'Apostolo
vi consacri tutto il suo tempo, tutte le sue energie, e vi sacrifichi, se necessario,
la propria vita.
I. Dal Cristo
evangelizzatore alla Chiesa evangelizzatrice
TESTIMONIANZA E MISSIONE
DI GESÙ
6.
La testimonianza che il Signore dà di se stesso e che San Luca ha raccolto nel
suo Vangelo - «Devo annunziare la Buona Novella del Regno di Dio» [12] - ha senza dubbio una grande portata,
perché definisce con una parola la missione di Gesù: «Per questo sono stato
mandato» [13]. Queste parole acquistano tutta la loro
significazione, se si accostano ai versetti precedenti, dove il Cristo aveva
applicato a se stesso l'espressione del profeta Isaia: «Lo Spirito del Signore
è sopra di me, per questo mi ha consacrato con l'unzione, e mi ha mandato per
annunziare ai poveri un lieto annuncio» [14].
Proclamare di città in
città, soprattutto ai più poveri, spesso più disposti, il gioioso annuncio del
compimento delle promesse e dell'Alleanza proposta da Dio: tale è la missione
per la quale Gesù si dichiara inviato dal Padre. E tutti gli aspetti del suo
Ministero - la stessa Incarnazione, i miracoli, l'insegnamento, la chiamata dei
discepoli, l'invio dei Dodici, la Croce e la risurrezione, la permanenza della
sua presenza in mezzo ai suoi - sono componenti della sua attività
evangelizzatrice.
GESÙ PRIMO
EVANGELIZZATORE
7.
Molto spesso nel corso del Sinodo, i Vescovi hanno ricordato questa verità:
Gesù medesimo, Vangelo di Dio [15], è stato assolutamente il primo e il più
grande evangelizzatore. Lo è stato fino alla fine: fino alla perfezione e fino
al sacrificio della sua vita terrena.
Evangelizzare: quale
significato ha avuto questo imperativo per Cristo? Non è certo facile
esprimere, in una sintesi completa, il senso, il contenuto, i modi
dell'evangelizzazione, quale il Cristo la concepiva e l'ha realizzata. D'altra
parte questa sintesi non potrà mai essere terminata. Ci basti ricordare alcuni
aspetti essenziali.
L'ANNUNCIO DEL REGNO DI
DIO
8.
Evangelizzatore, il Cristo annunzia prima di tutto un Regno, il Regno di Dio,
il quale è tanto importante, rispetto a lui, che tutto diventa «il resto», che
è «dato in aggiunta» [16]. Solo il Regno è dunque assoluto e rende
relativa ogni altra cosa. Il Signore si compiace di descrivere, sotto
innumerevoli forme diverse, la felicità di appartenere a questo Regno, felicità
paradossale fatta di cose che il mondo rifiuta [17]; le esigenze del Regno e la sua Magna
Charta [18], gli araldi del Regno [19], i suoi misteri [20]; i suoi piccoli [21], la vigilanza e la fedeltà richieste a
chiunque attende il suo avvento definitivo [22].
L'ANNUNCIO DELLA SALVEZZA
LIBERATRICE
9.
Come nucleo e centro della Buona Novella, il Cristo annunzia la salvezza, dono
grande di Dio, che non solo è liberazione da tutto ciò che opprime l'uomo, ma è
soprattutto liberazione dal peccato e dal Maligno, nella gioia di conoscere Dio
e di essere conosciuti da lui, di vederlo, di abbandonarsi a lui. Tutto ciò
comincia durante la vita del Cristo, è definitivamente acquisito mediante la
sua morte e la sua risurrezione, ma deve essere pazientemente condotto nel
corso della storia, per essere pienamente realizzato nel giorno della venuta
definitiva del Cristo, che nessuno sa quanto avrà luogo, eccetto il Padre [23].
A PREZZO DI UNO SFORZO
CROCIFIGGENTE
10.
Questo Regno e questa salvezza, parole-chiave dell'evangelizzazione di Gesù
Cristo, ogni uomo può riceverli come grazia e misericordia, e nondimeno
ciascuno deve, al tempo stesso, conquistarli con la forza - appartengono ai
violenti, dice il Signore [24] - con la fatica e la sofferenza, con una
vita secondo il Vangelo, con la rinunzia e la croce, con lo spirito delle
beatitudini. Ma, prima di tutto, ciascuno li conquista mediante un totale capovolgimento
interiore che il Vangelo designa col nome di «metánoia», una conversione
radicale, un cambiamento profondo della mente e del cuore [25].
PREDICAZIONE INSTANCABILE
11.
Questa proclamazione del Regno di Dio, il Cristo la compie mediante la
predicazione instancabile di una parola, di cui non si trova l'eguale in
nessuna altra parte: «Ecco una dottrina nuova insegnata con autorità!» [26]; «Tutti gli rendevano testimonianza ed
erano meravigliati delle parole di grazia che uscivano dalla sua bocca» [27]; «Mai un uomo ha parlato come parla
quest'uomo!» [28]. Le sue parole svelano il segreto di
Dio, il suo disegno e Ia sua promessa, e cambiano perciò il cuore dell'uomo e
il suo destino.
CON SEGNI EVANGELICI
12.
Ma egli attua parimente questa proclamazione attraverso innumerevoli segni, che
formano Io stupore delle folle e, nel contempo, le trascinano verso di lui per
vederlo, ascoltarlo e lasciarsi trasformare da lai: malati guariti, acqua
cambiata in vino, pane moltiplicato, morti che ritornano alla vita. E tra
tutti, il segno al quale egli dà una grande importanza: i piccoli, i poveri
sono evangelizzati, diventano suoi discepoli, si riuniscono «nel suo nome» nella
grande comunità di quelli che credono in lui. Perché il Gesù che dichiarava:
«Devo annunziare la buona novella del Regno di Dio» [29], è lo stesso Gesù di cui Giovanni
Evangelista diceva che era venuto e doveva morire «per riunire insieme i figli
di Dio dispersi» [30]. Così egli compie la rivelazione,
completandola e confermandola con ogni manifestazione che fa di se medesimo,
mediante le parole e le opere, i segni e i miracoli, e più particolarmente
mediante Ia sua morte, la sua risurrezione e l'invio dello Spirito di Verità [31].
PER UNA COMUNITÀ
EVANGELIZZATA ED EVANGELIZZATRICE
13.
Coloro che accolgono con sincerità la Buona Novella, proprio in virtù di questo
accoglimento e della fede partecipata, si riuniscono nel nome di Gesù per
cercare insieme il Regno, costruirlo, viverlo. L'ordine dato agli Apostoli -
«Andate, proclamate la Buona Novella» - vale anche, sebbene in modo differente,
per tutti i cristiani. È proprio per ciò che Pietro chiama questi ultimi
«Popolo che Dio si è acquistato perché proclami le sue opere meravigliose [32], quelle medesime meraviglie che ciascuno
ha potuto ascoltare nella propria lingua [33]. Del resto, la Buona Novella del Regno,
che viene e che è iniziato, è per tutti gli uomini di tutti i tempi. Quelli che
l'hanno ricevuta e quelli che essa raccoglie nella comunità della salvezza,
possono e devono comunicarla e diffonderla.
EVANGELIZZAZIONE,
VOCAZIONE PROPRIA DELLA CHIESA
14. La Chiesa lo sa. Essa
ha una viva consapevolezza che la parola del Salvatore - «Devo annunziare la
buona novella del Regno di Dio» [34] - si applica in tutta verità a lei
stessa. E volentieri aggiunge con S. Paolo: «Per me evangelizzare non è un
titolo di gloria, ma un dovere. Guai a me se non predicassi il Vangelo!» [35]. È con gioia e conforto che Noi abbiamo
inteso, al termine della grande Assemblea dell'ottobre 1974, queste parole
luminose: «Vogliamo nuovamente confermare che il mandato d'evangelizzare tutti
gli uomini costituisce la missione essenziale della Chiesa» [36], compito e missione che i vasti e
profondi mutamenti della società attuale non rendono meno urgenti.
Evangelizzare, infatti, è la grazia e la vocazione propria della Chiesa, la sua
identità più profonda. Essa esiste per evangelizzare, vale a dire per predicare
ed insegnare, essere il canale del dono della grazia, riconciliare i peccatori
con Dio, perpetuare il sacrificio del Cristo nella S. Messa che è il memoriale
della sua morte e della sua gloriosa risurrezione.
LEGAMI RECIPROCI TRA LA
CHIESA E L'EVANGELIZZAZIONE
15.
Chiunque rilegge, nel Nuovo Testamento, le origini della Chiesa, seguendo passo
passo la sua storia e considerandola nel suo vivere e agire, scorge che è
legata all'evangelizzazione da ciò che essa ha di più intimo: - La Chiesa nasce
dall'azione evangelizzatrice di Gesù e dei Dodici. Ne è il frutto normale,
voluto, più immediato e più visibile: «Andate dunque, fate dei discepoli in
tutte le nazioni» [37]. Ora, «coloro che accolsero la sua parola
furono battezzati e circa tremila si unirono ad essi . . . E il Signore ogni
giorno aggiungeva alla comunità quelli che erano salvati» [38].
- Nata, di conseguenza,
della missione, la Chiesa è, a sua volta, inviata da Gesù. La Chiesa resta nel
mondo, mentre il Signore della gloria ritorna al Padre. Essa resta come un
segno insieme opaco e luminoso di una nuova presenza di Gesù, della sua
dipartita e della sua permanenza. Essa la prolunga e lo continua. Ed è appunto
la sua missione e la sua condizione di evangelizzatore che, anzitutto, è
chiamata a continuare [39]. Infatti la comunità dei cristiani non è
mai chiusa in se stessa. In essa la vita intima - la vita di preghiera,
l'ascolto della Parola e dell'insegnamento degli Apostoli, la carità fraterna
vissuta, il pane spezzato [40] - non acquista tutto il suo significato
se non quando essa diventa testimonianza, provoca l'ammirazione e la
conversione, si fa predicazione e annuncio della Buona Novella. Così tutta la
Chiesa riceve la missione di evangelizzare, e l'opera di ciascuno è importante
per il tutto.
- Evangelizzatrice, la
Chiesa comincia con l'evangelizzare se stessa. Comunità di credenti, comunità
di speranza vissuta e partecipata, comunità d'amore fraterno, essa ha bisogno
di ascoltare di continuo ciò che deve credere, le ragioni della sua speranza,
il comandamento nuovo dell'amore. Popolo di Dio immerso nel mondo, e spesso
tentato dagli idoli, essa ha sempre bisogno di sentir proclamare «le grandi
opere di Dio» [41], che l'hanno convertita al Signore, e
d'essere nuovamente convocata e riunita da lui. Ciò vuol dire, in una parola,
che essa ha sempre bisogno d'essere evangelizzata, se vuol conservare freschezza,
slancio e forza per annunziare il Vangelo. Il Concilio
Vaticano II ha ricordato [42] e il Sinodo del 1974 ha fortemente
ripreso questo tema della Chiesa che si evangelizza mediante una conversione e
un rinnovamento costanti, per evangelizzare il mondo con credibilità.
- La Chiesa è depositaria
della Buona Novella che si deve annunziare. Le promesse della Nuova Alleanza in
Gesù Cristo, l'insegnamento del Signore e degli Apostoli, la Parola di vita, le
fonti della grazia e della benignità di Dio, il cammino della salvezza: tutto
ciò le è stato affidato. Il contenuto del Vangelo, e quindi
dell'evangelizzazione, essa lo conserva come un deposito vivente e prezioso,
non per tenerlo nascosto, ma per comunicarlo.
- Inviata ed
evangelizzata, la Chiesa, a sua volta, invia gli evangelizzatori. Mette nella
loro bocca la Parola che salva, spiega loro il messaggio di cui essa stessa è
depositaria, dà loro il mandato che essa stessa ha ricevuto e li manda a
predicare: ma non a predicare le proprie persone o le loro idee personali [43], bensì un Vangelo di cui né essi, né
essa sono padroni e proprietari assoluti per disporne a loro arbitrio, ma
ministri per trasmetterlo con estrema fedeltà.
LA CHIESA, INSEPARABILE
DAL CRISTO
16.
C'è dunque un legame profondo tra il Cristo, la Chiesa e l'evangelizzazione.
Durante questo tempo della Chiesa è lei che ha il mandato di evangelizzare.
Questo mandato non si adempie senza di essa, né, e ancor meno, contro di essa.
È bene accennare a un
momento come questo, quando avviene di sentire, non senza dolore, persone, che
vogliamo credere ben intenzionate, ma certamente disorientate nel loro spirito,
ripetere che esse desiderano amare il Cristo, ma non la Chiesa, ascoltare il
Cristo, ma non la Chiesa, appartenere al Cristo, ma al di fuori della Chiesa.
L'assurdo di questa dicotomia appare nettamente in queste parole del Vangelo:
«Chi respinge voi, respinge me» [44]. E come si può voler amare il Cristo
senza amare la Chiesa, se la più bella testimonianza resa a Cristo è quella di
S. Paolo: «Egli ha amato la Chiesa e ha dato se stesso per lei»? [45]
II. Che cosa significa
evangelizzare
COMPLESSITÀ DELL'AZIONE
EVANGELIZZATRICE
17.
Nell'azione evangelizzatrice della Chiesa, ci sono certamente degli elementi e
degli aspetti da ritenere. Alcuni sono talmente importanti che si tende ad
identificarli semplicemente con l'evangelizzazione. Si è potuto così definire
l'evangelizzazione in termini di annuncio del Cristo a coloro che lo ignorano,
di predicazione, di catechesi, di Battesimo e di altri Sacramenti da conferire.
Nessuna definizione parziale e frammentaria può dare ragione della realtà
ricca, complessa e dinamica, quale è quella dell'evangelizzazione, senza
correre il rischio di impoverirla e perfino di mutilarla. È impossibile
capirla, se non si cerca di abbracciare con lo sguardo tutti gli elementi
essenziali.
Questi elementi
chiaramente sottolineati durante il menzionato Sinodo, vengono ancora
approfonditi, di questi tempi, sotto l'influsso dei lavori sinodali, Siamo
lieti che essi si collochino, in fondo, nella linea di quelli a noi trasmessi
dal Concilio
Vaticano II, soprattutto nelle Costituzioni «Lumen
Gentium», «Gaudium
et Spes», e nel Decreto «Ad
Gentes».
RINNOVAMENTO DELL'UMANITÀ
. . .
18.
Evangelizzare, per la Chiesa, è portare la Buona Novella in tutti gli strati
dell'umanità, è, col suo influsso, trasformare dal di dentro, rendere nuova
l'umanità stessa: «Ecco io faccio nuove tutte le cose» [46]. Ma non c'è nuova umanità, se prima non
ci sono uomini nuovi, della novità del battesimo [47] e della vita secondo il Vangelo [48]. Lo scopo dell'evangelizzazione è
appunto questo cambiamento interiore e, se occorre tradurlo in una parola, più giusto
sarebbe dire che la Chiesa evangelizza allorquando, in virtù della sola potenza
divina del Messaggio che essa proclama [49], cerca di convertire la coscienza
personale e insieme collettiva degli uomini, l'attività nella quale essi sono
impegnati, la vita e l'ambiente concreto loro propri.
. . . E DEGLI STRATI
DELL'UMANITÀ
19.
Strati dell'umanità che si trasformano: per la Chiesa non si tratta soltanto di
predicare il Vangelo in fasce geografiche sempre più vaste o a popolazioni
sempre più estese, ma anche di raggiungere e quasi sconvolgere mediante la
forza del Vangelo i criteri di giudizio, i valori determinanti, i punti di
interesse, le linee di pensiero, le fonti ispiratrici e i modelli di vita
dell'umanità, che sono in contrasto con la Parola di Dio e col disegno della
salvezza.
EVANGELIZZAZIONE DELLE
CULTURE
20.
Si potrebbe esprimere tutto ciò dicendo così: occorre evangelizzare - non in
maniera decorativa, a somiglianza di vernice superficiale, ma in modo vitale,
in profondità e fino alle radici - la cultura e le culture dell'uomo, nel senso
ricco ed esteso che questi termini hanno nella Costituzione «Gaudium
et Spes» [50], partendo sempre dalla persona e
tornando sempre ai rapporti delle persone tra loro e con Dio.
Il Vangelo, e quindi
l'evangelizzazione, non si identificano certo con la cultura, e sono
indipendenti rispetto a tutte le culture, Tuttavia il Regno, che il Vangelo
annunzia, è vissuto da uomini profondamente legati a una cultura, e la
costruzione del Regno non può non avvalersi degli elementi della cultura e
delle culture umane. Indipendenti di fronte alle culture, il Vangelo e
l'evangelizzazione non sono necessariamente incompatibili con esse, ma capaci
di impregnarle tutte, senza asservirsi ad alcuna.
La rottura tra Vangelo e
cultura è senza dubbio il dramma della nostra epoca, come lo fu anche di altre.
Occorre quindi fare tutti gli sforzi in vista di una generosa evangelizzazione
della cultura, più esattamente delle culture. Esse devono essere rigenerate
mediante l'incontro con la Buona Novella. Ma questo incontro non si produrrà,
se la Buona Novella non è proclamata.
IMPORTANZA PRIMORDIALE
DELLA TESTIMONIANZA DI VITA
21.
Ed essa deve essere anzitutto proclamata mediante la testimonianza. Ecco: un
cristiano o un gruppo di cristiani, in seno alla comunità d'uomini nella quale
vivono, manifestano capacità di comprensione e di accoglimento, comunione di
vita e di destino con gli altri, solidarietà negli sforzi di tutti per tutto
ciò che è nobile e buono. Ecco: essi irradiano, inoltre, in maniera molto
semplice e spontanea, la fede in alcuni valori che sono al di là dei valori
correnti, e la speranza in qualche cosa che non si vede, e che non si oserebbe
immaginare. Allora con tale testimonianza senza parole, questi cristiani fanno
salire nel cuore di coloro che li vedono vivere, domande irresistibili: perché
sono così? Perché vivono in tal modo? Che cosa o chi li ispira? Perché sono in
mezzo a noi? Ebbene, una tale testimonianza è già una proclamazione silenziosa,
ma molto forte ed efficace della Buona Novella. Vi è qui un gesto iniziale di
evangelizzazione. Forse tali domande saranno le prime che si porranno molti non
cristiani, siano essi persone a cui il Cristo non era mai stato annunziato,
battezzati non praticanti, individui che vivono nella cristianità ma secondo
principii per nulla cristiani, oppure persone che cercano, non senza
sofferenza, qualche cosa o Qualcuno che essi presagiscono senza poterlo
nominare.
Altre domande sorgeranno,
più profonde e più impegnative; provocate da questa testimonianza che comporta
presenza, partecipazione, solidarietà, e che è un elemento essenziale,
generalmente il primo, nella evangelizzazione [51]. A questa testimonianza tutti i
cristiani sono chiamati e possono essere, sotto questo aspetto, dei veri
evangelizzatori. Pensiamo soprattutto alla responsabilità che spetta agli
emigranti nei Paesi che li ricevono.
NECESSITÀ DI UN ANNUNCIO
ESPLICITO
22.
Tuttavia ciò resta sempre insufficiente, perché anche la più bella
testimonianza si rivelerà a lungo impotente, se non è illuminata, giustificata
- ciò che Pietro chiamava «dare le ragioni della propria speranza» [52], - esplicitata da un annuncio chiaro e
inequivocabile del Signore Gesù. La Buona Novella, proclamata dalla
testimonianza di vita, dovrà dunque essere presto o tardi annunziata dalla
parola di vita. Non c'è vera evangelizzazione se il nome, l'insegnamento, la
vita, le promesse, il Regno, il mistero di Gesù di Nazareth, Figlio di Dio, non
siano proclamati.
La storia della Chiesa, a
partire dal discorso di Pietro la mattina di Pentecoste, si mescola e si
confonde con la storia di questo annuncio. Ad ogni nuova tappa della storia
umana, la Chiesa, continuamente travagliata dal desiderio di evangelizzare, non
ha che un assillo: chi inviare ad annunziare il mistero di Gesù? In quale
linguaggio annunziare questo mistero? Come fare affinché esso si faccia sentire
e arrivi a tutti quelli che devono ascoltarlo? Questo annuncio - kerigma,
predicazione o catechesi - occupa un tale posto nell'evangelizzazione che ne è
divenuto spesso sinonimo. Esso tuttavia non ne è che un aspetto.
PER UN'ADESIONE VITALE E
COMUNITARIA
23.
L'annuncio, in effetti, non acquista tutta la sua dimensione, se non quando è
inteso, accolto, assimilato e allorché fa sorgere in colui che l'ha ricevuto
un'adesione del cuore. Adesione alle verità che, per misericordia, il Signore
ha rivelate. Ma più ancora, adesione al programma di vita - vita ormai
trasformata - che esso propone. Adesione, in una parola, al Regno, cioè al
«mondo nuovo», al nuovo stato di cose, alla nuova maniera di essere, di vivere,
di vivere insieme, che il Vangelo inaugura. Una tale adesione, che non può
restare astratta e disincarnata, si rivela concretamente mediante un ingresso
visibile nella comunità dei fedeli. Così dunque, quelli, la cui vita si è
trasformata, penetrano in una comunità che è di per sé segno di trasformazione
e di novità di vita: è la Chiesa, sacramento visibile della salvezza [53]. Ma, a sua volta, l'ingresso nella
comunità ecclesiale si esprimerà attraverso molti altri segni che prolungano e
dispiegano il segno della Chiesa. Nel dinamismo dell'evangelizzazione, colui
che accoglie il Vangelo come Parola che salva [54], lo traduce normalmente in questi gesti
sacramentali: adesione alla Chiesa, accoglimento dei Sacramenti, che
manifestano e sostengono questa adesione mediante la grazia, che conferiscono.
FA SORGERE UN NUOVO
APOSTOLATO
24.
Finalmente, chi è stato evangelizzato a sua volta evangelizza. Qui è la prova
della verità, la pietra di paragone dell'evangelizzazione: è impensabile che un
uomo abbia accolto la Parola e si sia dato al Regno, senza diventare uno che a
sua volta testimonia e annunzia. Al termine di queste considerazioni sul senso
dell'evangelizzazione, occorre presentare un'ultima osservazione, che Noi
stimiamo illuminante per le riflessioni che seguono.
L'Evangelizzazione,
abbiamo detto, è un processo complesso e dagli elementi vari: rinnovamento
dell'umanità, testimonianza, annuncio esplicito, adesione del cuore, ingresso
nella comunità, accoglimento dei segni, iniziative di apostolato.
Questi elementi possono
apparire contrastanti e persino esclusivi. Ma in realtà sono complementari e si
arricchiscono vicendevolmente. Bisogna sempre guardare ciascuno di essi
integrandolo con gli altri. Il merito del recente Sinodo sta nell'averci
costantemente invitati a comporre questi elementi, più che ad opporli tra di
loro, al fine di avere la piena comprensione dell'attività evangelizzatrice
della Chiesa.
È questa visione globale,
che ora vogliamo esporre nell'esaminare il contenuto dell'evangelizzazione, i
mezzi per evangelizzare, e nel precisare a chi si indirizza l'annuncio
evangelico e chi ne ha oggi l'incarico.
III. Il contenuto
dell'evangelizzazione
CONTENUTO ESSENZIALE ED
ELEMENTI SECONDARI
25.
Nel messaggio che la Chiesa annunzia, ci sono certamente molti elementi
secondari. La loro presentazione dipende molto dalle circostanze mutevoli. Essi
pure cambiano. Ma c'è il contenuto essenziale, la sostanza viva, che non si può
modificare né passare sotto silenzio, senza snaturare gravemente la stessa
evangelizzazione.
TESTIMONIANZA RESA
ALL'AMORE DEL PADRE
26.
Non è superfluo ricordarlo: evangelizzare è anzitutto testimoniare, in maniera
semplice e diretta, Dio rivelato da Gesù Cristo, nello Spirito Santo.
Testimoniare che nel suo Figlio ha amato il mondo; che nel suo Verbo incarnato
ha dato ad ogni cosa l'essere ed ha chiamato gli uomini alla vita eterna.
Questa attestazione di Dio farà raggiungere forse a molti il Dio ignoto [55], che essi adorano senza dargli un nome,
o che cercano per una ispirazione segreta del cuore allorquando fanno
l'esperienza della vacuità di tutti gli idoli. Ma è pienamente evangelizzatrice
quando manifesta che, per l'uomo, il Creatore non è una potenza anonima e
lontana: è il Padre. «Siamo chiamati figli di Dio, e lo siamo realmente!» [56] e siamo dunque fratelli gli uni gli
altri in Dio.
AL CENTRO DEL MESSAGGIO:
LA SALVEZZA IN GESÙ CRISTO
27.
La evangelizzazione conterrà sempre anche - come base, centro e insieme vertice
del suo dinamismo - una chiara proclamazione che, in Gesù Cristo, Figlio di Dio
fatto uomo, morto e risuscitato, la salvezza è offerta ad ogni uomo, come dono
di grazia e misericordia di Dio stesso [57]. E non già una salvezza immanente, a
misura dei bisogni materiali o anche spirituali che si esauriscono nel quadro
dell'esistenza temporale e si identificano totalmente con i desideri, le
speranze, le occupazioni, le lotte temporali, ma altresì una salvezza che
oltrepassa tutti questi limiti per attuarsi in una comunione con l'unico
Assoluto, quello di Dio: salvezza trascendente, escatologica, che ha certamente
il suo inizio in questa vita, ma che si compie nell'eternità.
SOTTO IL SEGNO DELLA
SPERANZA
28.
La evangelizzazione, di conseguenza, non può non contenere l'annuncio profetico
di un al di là, vocazione profonda e definitiva dell'uomo, in continuità e
insieme in discontinuità con la situazione presente: al di là del tempo e della
storia, al di là della realtà di questo mondo la cui figura passa, e delle cose
di questo mondo, del quale un giorno si manifesterà una dimensione nascosta; al
di là dell'uomo stesso, il cui vero destino non si esaurisce nel suo aspetto
temporale, ma sarà rivelato nella vita futura [58].
L'evangelizzazione
contiene dunque anche la predicazione della speranza nelle promesse fatte da
Dio nella nuova Alleanza in Gesù Cristo; la predicazione dell'amore di Dio
verso di noi e del nostro amore verso Dio; la predicazione dell'amore fraterno
per tutti gli uomini - capacità di dono e di perdono, di abnegazione, di aiuto
ai fratelli - che, derivando dall'amore di Dio, è il nucleo del Vangelo; la
predicazione del mistero del male e della ricerca attiva del bene.
Predicazione, ugualmente - e questa è sempre urgente - della ricerca di Dio
stesso attraverso a preghiera principalmente adorante e riconoscente, ma anche
attraverso la comunione con quel segno visibile dell'incontro con Dio che è la
Chiesa di Gesù Cristo, e questa comunione si esprime a sua volta mediante la
realizzazione di quegli altri segni del Cristo, vivente ed operante nella
Chiesa, quali sono i Sacramenti. Vivere in tal modo i Sacramenti, sì da portare
la loro celebrazione ad una vera pienezza, non significa, come taluno
pretenderebbe, mettere un ostacolo o accettare una deviazione
dell'evangelizzazione, ma darle invece la sua completezza. Perché
l'evangelizzazione nella sua totalità, oltre che nella predicazione di un messaggio,
consiste nell'impiantare la Chiesa, la quale non esiste senza questo respiro,
che è la vita sacramentale culminante nell'Eucaristia [59].
MESSAGGIO CHE COINVOLGE
TUTTA LA VITA
29.
Ma l'evangelizzazione non sarebbe completa se non tenesse conto del reciproco
appello, che si fanno continuamente il Vangelo e la vita concreta, personale e
sociale, dell'uomo. Per questo l'evangelizzazione comporta un messaggio
esplicito, adattato alle diverse situazioni, costantemente attualizzato, sui
diritti e sui doveri di ogni persona umana, sulla vita familiare senza la quale
la crescita personale difficilmente è possibile [60], sulla vita in comune nella società,
sulla vita internazionale, la pace, la giustizia, lo sviluppo; un messaggio,
particolarmente vigoroso nei nostri giorni, sulla liberazione.
UN MESSAGGIO DI
LIBERAZIONE
30.
È noto in quali termini ne abbiano parlato, al recente Sinodo, numerosi Vescovi
di tutti i Continenti, soprattutto i Vescovi del Terzo Mondo, con un accento
pastorale in cui vibrava la voce di milioni di figli della Chiesa che formano
quei popoli. Popoli impegnati, Noi lo sappiamo, con tutta la loro energia,
nello sforzo e nella lotta di superare tutto ciò che li condanna a restare ai
margini della vita: carestie, malattie croniche, analfabetismo, pauperismo,
ingiustizia nei rapporti internazionali e specialmente negli scambi
commerciali, situazioni di neo-colonialismo economico e culturale talvolta
altrettanto crudele quanto l'antico colonialismo politico. La Chiesa, hanno
ripetuto i Vescovi, ha il dovere di annunziare la liberazione di milioni di
esseri umani, essendo molti di essi figli suoi; il dovere di aiutare questa
liberazione a nascere, di testimoniare per essa, di fare sì che sia totale. Tutto
ciò non è estraneo all'evangelizzazione.
IN LEGAME NECESSARIO CON
LA PROMOZIONE UMANA
31.
Tra evangelizzazione e promozione umana - sviluppo, liberazione - ci sono
infatti dei legami profondi. Legami di ordine antropologico, perché l'uomo da
evangelizzare non è un essere astratto, ma è condizionato dalle questioni
sociali ed economiche. Legami di ordine teologico, poiché non si può dissociare
il piano della creazione da quello della Redenzione che arriva fino alle
situazioni molto concrete dell'ingiustizia da combattere e della giustizia da
restaurare. Legami dell'ordine eminentemente evangelico, quale è quello della
carità: come infatti proclamare il comandamento nuovo senza promuovere nella
giustizia e nella pace la vera, l'autentica crescita dell'uomo? Noi abbiamo
voluto sottolineare questo ricordando che è impossibile accettare che
«nell'evangelizzazione si possa o si debba trascurare l'importanza dei
problemi, oggi così dibattuti, che riguardano la giustizia, la liberazione, lo
sviluppo e la pace nel mondo. Sarebbe dimenticare la lezione che ci viene dal
Vangelo sull'amore del prossimo sofferente e bisognoso»[61].
Ebbene, le medesime voci
che con zelo, intelligenza e coraggio hanno affrontato nel corso del citato
Sinodo questo tema cruciale, hanno offerto, con nostra grande gioia, i
principii illuminanti per cogliere la portata e il senso profondo della liberazione
quale l'ha annunziata e realizzata Gesù di Nazareth, e quale la predica la
Chiesa.
SENZA RIDUZIONE NÉ
AMBIGUITÀ
32.
Non dobbiamo nasconderci, infatti, che molti cristiani, anche generosi e
sensibili alle questioni drammatiche che racchiude il problema della
liberazione, volendo impegnare la Chiesa nello sforzo di liberazione, hanno
spesso la tentazione di ridurre la sua missione alle dimensioni di un progetto
semplicemente temporale; i suoi compiti a un disegno antropologico; la
salvezza, di cui essa è messaggera e sacramento, a un benessere materiale; la
sua attività, trascurando ogni preoccupazione spirituale e religiosa, a
iniziative di ordine politico o sociale. Ma se così fosse, la Chiesa perderebbe
la sua significazione fondamentale. Il suo messaggio di liberazione non avrebbe
più alcuna originalità e finirebbe facilmente per essere accaparrato e
manipolato da sistemi ideologici e da partiti politici. Essa non avrebbe più
autorità per annunziare, come da parte di Dio, la liberazione. Per questo Noi
abbiamo voluto sottolineare nella medesima allocuzione all'inizio della terza
Assemblea Sinodale «la necessità di riaffermare chiaramente la finalità
specificamente religiosa dell'evangelizzazione. Questa perderebbe la sua ragion
d'essere se si scostasse dall'asse religioso che la governa: il Regno di Dio
prima di ogni altra cosa, nel suo senso pienamente teologico» [62].
LA LIBERAZIONE EVANGELICA
33.
Circa la liberazione, che l'evangelizzazione annunzia e si sforza di
realizzare, bisogna dire piuttosto:
- essa non può limitarsi alla semplice e ristretta dimensione economica,
politica, sociale o culturale, ma deve mirare all'uomo intero, in ogni sua
dimensione, compresa la sua apertura verso l'assoluto, anche l'Assoluto di Dio;
- è dunque radicata in una certa concezione dell'uomo, in una antropologia, che
non può mai sacrificare alle esigenze di una qualsivoglia strategia, di una
prassi o di una efficacia a breve scadenza.
FONDATA SUL REGNO DI DIO
34.
Per questo, col predicare la liberazione e con l'associarsi a coloro che
operano e soffrono per essa, la Chiesa - senza accettare di circoscrivere la
propria missione al solo campo religioso, disinteressandosi dei problemi
temporali dell'uomo - riafferma il primato della sua vocazione spirituale,
rifiuta di sostituire l'annuncio del Regno con la proclamazione delle
liberazioni umane, e sostiene che anche il suo contributo alla liberazione è
incompleto se trascura di annunziare la salvezza in Gesù Cristo.
SU UNA VISIONE EVANGELICA
DELL'UOMO
35.
La Chiesa collega ma non identifica giammai liberazione umana e salvezza in
Gesù Cristo, perché sa per rivelazione, per esperienza storica e per
riflessione di fede, che non ogni nozione di liberazione è necessariamente
coerente e compatibile con una visione evangelica dell'uomo, delle cose e degli
avvenimenti; sa che non basta instaurare la liberazione, creare il benessere e
lo sviluppo, perché venga il Regno di Dio.
Ben più, la Chiesa ha la
ferma convinzione che ogni liberazione temporale, ogni liberazione politica -
anche se si sforza di trovare la propria giustificazione in questa o in quella
pagina dell'Antico o del Nuovo Testamento, anche se rivendica per i suoi
postulati ideologici e per le sue norme di azione l'autorità dei dati e delle
conclusioni teologiche, anche se pretende di essere la teologia per i nostri
giorni - porta in se stessa il germe della propria negazione e decade
dall'ideale che si propone sia perché i suoi motivi non sono quelli della
giustizia nella carità, sia perché lo slancio che la trascina non ha una
dimensione veramente spirituale e perché il suo scopo finale non è la salvezza
e la beatitudine in Dio.
ESIGE UNA NECESSARIA
CONVERSIONE
36.
La Chiesa reputa certamente importante ed urgente edificare strutture più
umane, più giuste, più rispettose dei diritti della persona, meno oppressive e
meno coercitive, ma è cosciente che le migliori strutture, i sistemi meglio
idealizzati diventano presto inumani se le inclinazioni inumane del cuore
dell'uomo non sono risanate, se non c'è una conversione del cuore e della mente
di coloro che vivono in queste strutture o le dominano.
ESCLUDE LA VIOLENZA
37.
La Chiesa non può accettare la violenza, soprattutto la forza delle armi -
incontrollabile quando si 'scatena - né la morte di chicchessia, come cammino
di liberazione, perché sa che la violenza chiama sempre la violenza e genera
irresistibilmente nuove forme di oppressione e di schiavitù più pesanti di
quelle dalle quali essa pretendeva liberare. Lo dicemmo chiaramente nel nostro
viaggio in Colombia: «Vi esortiamo a non porre la vostra fiducia nella
violenza, né nella rivoluzione; tale atteggiamento è contrario allo spirito
cristiano e può anche ritardare, e non favorire, l'elevazione sociale alla
quale legittimamente aspirate» [63]; «dobbiamo dire e riaffermare che la
violenza non è né cristiana né evangelica e che i mutamenti bruschi o violenti
delle strutture sarebbero fallaci, inefficaci in se stessi e certamente non
conformi alla dignità del popolo» [64].
CONTRIBUTO SPECIFICO
DELLA CHIESA
38.
Detto questo, Noi siamo lieti che la Chiesa prenda coscienza sempre più viva
della maniera propria, fondamentalmente evangelica, che essa ha di collaborare
alla liberazione degli uomini. E che cosa fa? Cerca sempre più di suscitare
numerosi cristiani che si dedichino alla liberazione degli altri. Offre a
questi cristiani «liberatori» una ispirazione di fede, una motivazione di amore
fraterno, un insegnamento sociale al quale il vero cristiano non può non essere
attento, ma che deve porre alla base della sua sapienza, della sua esperienza
per tradurlo concretamente in categorie di azione, di partecipazione e di
impegno. Tutto questo, senza confondersi con atteggiamenti tattici né col
servizio di un sistema politico, deve caratterizzare lo slancio del cristiano
impegnato. La Chiesa si sforza di inserire sempre la lotta cristiana per la
liberazione nel disegno globale della salvezza che essa stessa annunzia.
Ciò che Noi abbiamo qui
ricordato emerge più di una volta dai dibattiti del Sinodo. Noi abbiamo
d'altronde voluto consacrare a questo tema alcune parole di chiarificazione nel
Discorso indirizzato ai Padri alla chiusura dell'Assemblea [65].
Tutte queste
considerazioni dovrebbero aiutare, bisogna sperarlo, ad evitare l'ambiguità che
riveste troppo spesso la parola «liberazione» nelle ideologie, nei sistemi o
nei gruppi politici. La liberazione che proclama e prepara l'evangelizzazione è
quella che il Cristo stesso ha annunziato e donato all'uomo mediante il suo
sacrificio.
LA LIBERTÀ RELIGIOSA
39.
Da questa giusta liberazione legata all'evangelizzazione, che mira ad ottenere
strutture salvaguardanti le libertà umane, non può essere separata
l'assicurazione di tutti i fondamentali diritti dell'uomo, fra i quali la
libertà religiosa occupa un posto di primaria importanza. Abbiamo recentemente
parlato dell'attualità di tale questione, mettendo in rilievo «quanti
cristiani, ancora oggi, perché cristiani, perché cattolici vivono soffocati da
una sistematica oppressione! Il dramma della fedeltà a Cristo, e della libertà
di religione, se pure mascherato da categoriche dichiarazioni in favore dei
diritti della persona e della socialità umana, continua!» [66].
IV. Le vie
dell'evangelizzazione
ALLA RICERCA DEI MEZZI
ADATTI
40.
L'importanza evidente del contenuto dell'evangelizzazione non deve nasconderne
l'importanza delle vie e dei mezzi.
Questo problema del «come evangelizzare» resta sempre attuale perché i modi
variano secondo le circostanze di tempo, di luogo, di cultura, e lanciano
pertanto una certa sfida alla nostra capacità di scoperta e di adattamento.
A noi specialmente,
Pastori nella Chiesa, incombe la cura di ricreare con audacia e saggezza, in
piena fedeltà al suo contenuto, i modi più adatti e più efficaci per comunicare
il messaggio evangelico agli uomini del nostro tempo. Ci basti, in questa
riflessione, ricordare alcune vie che, per una ragione o per l'altra, hanno
un'importanza fondamentale.
LA TESTIMONIANZA DELLA
VITA
41.
Ed anzitutto, senza ripetere tutto quello che abbiamo già sopra ricordato, è
bene sottolineare questo: per la Chiesa, la testimonianza di una vita
autenticamente cristiana, abbandonata in Dio in una comunione che nulla deve
interrompere, ma ugualmente donata al prossimo con uno zelo senza limiti, è il
primo mezzo di evangelizzazione. «L'uomo contemporaneo ascolta più volentieri i
testimoni che i maestri, - dicevamo lo scorso anno a un gruppo di laici - o se
ascolta i maestri lo fa perché sono dei testimoni» [67]. S. Pietro esprimeva bene ciò quando
descriveva lo spettacolo di una vita casta e rispettosa che «conquista senza
bisogno di parole quelli che si rifiutano di credere alla Parola» [68]. È dunque mediante la sua condotta,
mediante la sua vita, che la Chiesa evangelizzerà innanzitutto il mondo, vale a
dire mediante la sua testimonianza vissuta di fedeltà al Signore Gesù, di
povertà e di distacco, di libertà di fronte ai poteri di questo mondo, in una
parola, di santità.
UNA PREDICAZIONE VIVENTE
42.
Non è superfluo sottolineare, inoltre, l'importanza e la necessità della
predicazione. «Come potranno credere, senza averne sentito parlare? E come
potranno sentirne parlare senza uno che lo annunzi? . . . La fede dipende
dunque dalla predicazione e la predicazione a sua volta si attua per la parola
di Cristo» [69]. Questa legge posta un giorno
dall'Apostolo Paolo conserva ancor oggi tutta la sua forza.
Sì, è sempre indispensabile
la predicazione, questa proclamazione verbale di un messaggio. Sappiamo bene
che l'uomo moderno sazio di discorsi si mostra spesso stanco di ascoltare e,
peggio ancora, immunizzato contro la parola. Conosciamo anche le idee di
numerosi psicologi e sociologi, i quali affermano che l'uomo moderno ha
superato la civiltà della parola, ormai inefficace ed inutile, e vive oggi
nella civiltà dell'immagine. Questi fatti dovrebbero spingerci, certo, a
mettere in opera nella trasmissione del messaggio evangelico i mezzi moderni
escogitati da tale civiltà. Tentativi molto validi, d'altronde, sono stati già
compiuti in tal senso. Noi non possiamo che lodarli ed incoraggiarli perché si
sviluppino ancora di più. La fatica che provocano al giorno d'oggi tanti discorsi
vuoti, e l'attualità di molte altre forme di comunicazione non debbono tuttavia
diminuire la forza permanente della parola, né far perdere fiducia in essa. La
parola resta sempre attuale, soprattutto quando è portatrice della potenza di
Dio [70] Per questo resta ancora attuale
l'assioma di S. Paolo: «La fede dipende dalla predicazione» [71]: è appunto la Parola ascoltata che porta
a credere.
LITURGIA DELLA PAROLA
43.
Questa predicazione evangelizzatrice assume parecchie forme, che lo zelo
ispirerà a ricreare quasi all'infinito. Sono effettivamente innumerevoli gli
avvenimenti della vita e le situazioni umane che offrono l'occasione di un
annuncio discreto, ma incisivo, di ciò che il Signore ha da dire in questa
circostanza. Basta una vera sensibilità spirituale per saper leggere negli
avvenimenti il messaggio di Dio. Ma, dal momento che la liturgia rinnovata dal
Concilio ha molto valorizzato la «Liturgia della Parola», sarebbe un errore non
vedere nell'omelia uno strumento valido ed adattissimo di evangelizzazione.
Bisogna certo conoscere e mettere a profitto le esigenze e le possibilità
dell'omelia perché essa acquisti tutta la sua efficacia pastorale. Bisogna,
però, soprattutto esserne convinti e dedicarvisi con amore. Questa predicazione
particolarmente inserita nella celebrazione eucaristica da cui riceve forza e
vigore particolari, ha certamente un ruolo speciale nell'evangelizzazione,
nella misura in cui esprime la fede profonda del ministro sacro che predica, ed
è impregnata di amore. I fedeli riuniti per formare una Chiesa pasquale, che
celebra la festa del Signore presente in mezzo ad essi, si attendono molto da
questa predicazione, e ne ricavano frutto purché essa sia semplice, chiara,
diretta, adatta, profondamente radicata nell'insegnamento evangelico e fedele
al Magistero della Chiesa, animata da un ardore apostolico equilibrato che le
viene dal suo proprio carattere, piena di speranza, nutriente per la fede,
generatrice di pace e di unità. Molte comunità parrocchiali o di altro tipo
vivono e si consolidano grazie alla omelia di ogni domenica, quando essa ha
tali qualità.
Aggiungiamo che, grazie
al medesimo rinnovamento liturgico, la celebrazione eucaristica non è il solo
momento appropriato per l'omelia. Questa trova il suo posto e non deve essere
trascurata nella celebrazione di tutti i Sacramenti, o ancora nel corso di
para-liturgie, nell'ambito di assemblee di fedeli. Sarà sempre un'occasione
privilegiata per comunicare la Parola del Signore.
LA CATECHESI
44.
Una via da non trascurare nella evangelizzazione è quella dell'insegnamento
catechetico. L'intelligenza, soprattutto quella dei fanciulli e degli
adolescenti, ha bisogno di apprendere, mediante un insegnamento religioso
sistematico, i dati fondamentali, il contenuto vivo della verità che Dio ha
voluto trasmetterci e che la Chiesa ha cercato di esprimere in maniera sempre
più ricca, nel corso della sua lunga storia. Che questo insegnamento debba
essere impartito per formare abitudini di vita cristiana e non per rimanere
solamente intellettuale, nessuno lo contesterà. Certamente, lo sforzo di
evangelizzazione trarrà un grande profitto, sul piano dell'insegnamento
catechetico dato in chiesa, nelle scuole, là dove è possibile, in ogni caso
nelle famiglie cristiane, se i catechisti dispongono di testi appropriati,
aggiornati con saggezza e competenza, sotto l'autorità dei Vescovi. 1 metodi
dovranno essere adattati all'età, alla cultura, alla capacità delle persone,
nella costante ricerca di fissare nella memoria, nella intelligenza e nel cuore
le verità essenziali che dovranno impregnare la vita intera. Bisogna
soprattutto preparare buoni catechisti - catechisti parrocchiali, istitutori,
genitori - preoccupati di perfezionarsi in questa arte superiore,
indispensabile ed esigente dell'insegnamento religioso. D'altronde, senza che
si rischi di trascurare in qualunque cosa la formazione dei fanciulli, si
osserva che le condizioni attuali rendono sempre più urgente l'insegnamento
catechistico sotto la forma di un catecumenato, per numerosi giovani e adulti,
che, toccati dalla grazia, scoprono a poco a poco il volto di Cristo e provano
il bisogno di donarsi a lui.
UTILIZZAZIONE DEI «MASS
MEDIA»
45.
Nel nostro secolo, contrassegnato dai mass media o strumenti di comunicazione
sociale, il primo annuncio, la catechesi o l'approfondimento ulteriore della
fede, non possono fare a meno di questi mezzi come abbiamo già sottolineato.
Posti al servizio del
Vangelo, essi sono capaci di estendere quasi all'infinito il campo di ascolto
della Parola di Dio, e fanno giungere la Buona Novella a milioni di persone. La
Chiesa si sentirebbe colpevole di fronte al suo Signore se non adoperasse
questi potenti mezzi, che l'intelligenza umana rende ogni giorno più
perfezionati; servendosi di essi la Chiesa «predica sui tetti» [72] il messaggio di cui è depositaria; in
loro essa trova una versione moderna ed efficace del pulpito. Grazie ad essi
riesce a parlare alle moltitudini.
Tuttavia l'uso degli
strumenti di comunicazione sociale per l'evangelizzazione presenta una sfida:
il messaggio evangelico dovrebbe, per il loro tramite, giungere a folle di
uomini, ma con la capacità di penetrare nella coscienza di ciascuno, di
depositarsi nel cuore di ciascuno come se questi fosse l'unico, con tutto ciò
che egli ha di più singolare e personale, e di ottenere a proprio favore
un'adesione, un impegno del tutto personale.
INDISPENSABILE CONTATTO
PERSONALE
46.
Perciò, accanto alla proclamazione fatta in forma generale del Vangelo, l'altra
forma della sua trasmissione, da persona a persona, resta valida ed importante.
Il Signore l'ha spesso praticata - come ad esempio attestano le conversazioni
con Nicodemo, Zaccheo, la Samaritana, Simone il fariseo e con altri - ed anche
gli Apostoli. C'è forse in fondo, una forma diversa di esporre il Vangelo, che
trasmettere ad altri la propria esperienza di fede? Non dovrebbe accadere che
l'urgenza di annunziare la Buona Novella a masse di uomini facesse dimenticare
questa forma di annuncio mediante la quale la coscienza personale di un uomo è
raggiunta, toccata da una parola del tutto straordinaria che egli riceve da un
altro. Noi non potremmo lodare a sufficienza quei sacerdoti che, attraverso il
Sacramento della Penitenza o attraverso il dialogo pastorale, si mostrano
pronti a guidare le persone nelle vie del Vangelo, a confermarle nei loro
sforzi, a rialzarle se sono cadute, ad assisterle sempre con discernimento e
disponibilità.
IL RUOLO DEI SACRAMENTI
47.
Peraltro non si insisterà mai abbastanza sul fatto che l'evangelizzazione non
si esaurisce nella predicazione e nell'insegnamento di una dottrina. Essa deve
raggiungere la vita: la vita naturale alla quale dà un senso nuovo, grazie alle
prospettive evangeliche che le apre; e la vita soprannaturale, che non è la
negazione, ma la purificazione e la elevazione della vita naturale. Questa vita
soprannaturale trova la sua espressione vivente nei sette Sacramenti e nella
loro mirabile irradiazione di grazia e di santità.
L'evangelizzazione
dispiega così tutta la sua ricchezza quando realizza il legame più intimo e,
meglio ancora, una intercomunicazione ininterrotta, tra la Parola e i
Sacramenti. In un certo senso, è un equivoco l'opporre, come si fa talvolta,
l'evangelizzazione e la sacramentalizzazione. È vero che un certo modo di
conferire i Sacramenti, senza un solido sostegno della catechesi circa questi
medesimi Sacramenti e di una catechesi globale, finirebbe per privarli in gran
parte della loro efficacia. Il compito dell'evangelizzazione è precisamente
quello di educare nella fede in modo tale che essa conduca ciascun cristiano a
vivere i Sacramenti come veri Sacramenti della fede, e non a riceverli
passivamente, o a subirli.
48.
Qui noi tocchiamo un aspetto dell'evangelizzazione che non può lasciare
insensibili. Vogliamo parlare di quella realtà che si designa spesso oggi col
termine di religiosità popolare.
Sia nelle regioni in cui
la Chiesa è impiantata da secoli, sia là dove essa è in via di essere
impiantata, si trovano presso il popolo espressioni particolari della ricerca
di Dio e della fede. Per lungo tempo considerate meno pure, talvolta disprezzate,
queste espressioni formano oggi un po' dappertutto l'oggetto di una riscoperta.
I Vescovi ne hanno approfondito il significato, nel corso del recente Sinodo,
con un realismo pastorale e uno zelo notevoli.
La religiosità popolare,
si può dire, ha certamente i suoi limiti. È frequentemente aperta alla
penetrazione di molte deformazioni della religione, anzi di superstizioni.
Resta spesso a livello di manifestazioni cultuali senza impegnare un'autentica
adesione di fede. Può anche portare alla formazione di sètte e mettere in
pericolo la vera comunità ecclesiale.
Ma se è ben orientata,
soprattutto mediante una pedagogia di evangelizzazione, è ricca di valori. Essa
manifesta una sete di Dio che solo i semplici e i poveri possono conoscere;
rende capaci di generosità e di sacrificio fino all'eroismo, quando si tratta
di manifestare la fede; comporta un senso acuto degli attributi profondi di
Dio: la paternità, la provvidenza, la presenza amorosa e costante; genera
atteggiamenti interiori raramente osservati altrove al medesimo grado:
pazienza, senso della croce nella vita quotidiana, distacco, apertura agli
altri, devozione. A motivo di questi aspetti, Noi la chiamiamo volentieri
«pietà popolare», cioè religione del popolo, piuttosto che religiosità.
La carità pastorale deve
suggerire a tutti quelli, che il Signore ha posto come capi di comunità
ecclesiali, le norme di comportamento nei confronti di questa realtà, così
ricca e insieme così vulnerabile. Prima di tutto, occorre esservi sensibili,
saper cogliere le sue dimensioni interiori e i suoi valori innegabili, essere
disposti ad aiutarla a superare i suoi rischi di deviazione. Ben orientata,
questa religiosità popolare può essere sempre più, per le nostre masse
popolari, un vero incontro con Dio in Gesù Cristo.
V. I destinatari
dell'evangelizzazione
UNA DESTINAZIONE
UNIVERSALE
49.
Le ultime parole di Gesù nel Vangelo di Marco conferiscono alla
evangelizzazione, di cui il Signore incarica gli Apostoli, una universalità
senza frontiere: «Andate in tutto il mondo e predicate il vangelo ad ogni
creatura» [73].
I Dodici e la prima
generazione dei cristiani hanno ben compreso la lezione di questo testo e di
altri simili; ne hanno fatto un programma di azione. La stessa persecuzione,
disperdendo gli Apostoli, ha contribuito a disseminare la Parola e a far
impiantare la Chiesa in regioni sempre più lontane. L'ammissione di Paolo al
rango degli Apostoli e il suo carisma di predicatore ai pagani - non giudei -
della venuta di Gesù Cristo ha ulteriormente sottolineato questo universalismo.
NONOSTANTE TUTTI GLI
OSTACOLI
50.
Lungo venti secoli di storia, le generazioni cristiane hanno affrontato
periodicamente diversi ostacoli, che si frapponevano a questa missione
universalistica. Da un lato, la tentazione, da parte degli stessi
evangelizzatori, di limitare con differenti pretesti il loro campo di azione
missionaria. Dall'altro, le resistenze, spesso umanamente insuperabili, di
coloro ai quali si indirizza l'evangelizzatore. D'altronde, Noi dobbiamo
costatare con tristezza che l'opera evangelizzatrice della Chiesa è fortemente
contrastata, se non impedita, da poteri pubblici. Avviene, anche ai nostri
giorni, che annunziatori della Parola di Dio siano privati dei loro diritti,
perseguitati, minacciati, eliminati per il solo fatto di predicare Gesù Cristo
e il suo Vangelo. Ma Noi abbiamo fiducia che, malgrado queste prove dolorose,
alla fin fine l'opera di questi apostoli non verrà meno in nessuna regione del
mondo.
Nonostante tali
avversità, la Chiesa ravviva sempre la sua ispirazione più profonda, quella che
le viene direttamente dal Maestro: A tutto il mondo! A tutte le creature! Fino
agli estremi confini della terra! Essa lo ha fatto di nuovo nel recente Sinodo,
come un appello a non imprigionare l'annuncio evangelico limitandolo a un
settore dell'umanità, o a una classe di uomini, o a un solo tipo di cultura.
Altri esempi potrebbero essere rivelatori.
PRIMO ANNUNCIO AI LONTANI
51.
Rivelare Gesù Cristo e il suo Vangelo a quelli che non li conoscono, questo è,
fin dal mattino della Pentecoste, il programma fondamentale che la Chiesa ha
assunto come ricevuto dal suo Fondatore. Tutto il Nuovo Testamento, e in modo
speciale gli Atti degli Apostoli, testimoniano un momento privilegiato e, in un
certo senso, esemplare di questo sforzo missionario che si riscontrerà poi
lungo tutta la storia della Chiesa.
Questo primo annuncio di
Gesù Cristo, essa lo realizza mediante un'attività complessa e diversificata,
che si designa talvolta col nome di «pre-evangelizzazione», ma che è già, a
dire il vero, l'evangelizzazione, benché al suo stadio iniziale ed ancora
incompleto. Una gamma quasi infinita di mezzi, la predicazione esplicita,
certamente, ma anche l'arte, l'approccio scientifico, la ricerca filosofica, il
ricorso legittimo ai sentimenti del cuore umano possono essere adoperati a
questo scopo.
ANNUNCIO AL MONDO
SCRISTIANIZZATO
52.
Se questo primo annuncio si rivolge specialmente a coloro, che non hanno mai
inteso la Buona Novella di Gesù, oppure ai fanciulli, esso si dimostra
ugualmente sempre più necessario, a causa delle situazioni di
scristianizzazione frequenti ai nostri giorni, per moltitudini di persone che
hanno ricevuto il battesimo ma vivono completamente al di fuori della vita
cristiana, per gente semplice che ha una certa fede ma ne conosce male i
fondamenti, per intellettuali che sentono il bisogno di conoscere Gesù Cristo in
una luce diversa dall'insegnamento ricevuto nella loro infanzia, e per molti
altri.
LE RELIGIONI NON
CRISTIANE
53.
Esso si rivolge anche a immense porzioni di umanità che praticano religioni non
cristiane, che la Chiesa rispetta e stima perché sono l'espressione viva
dell'anima di vasti gruppi umani. Esse portano in sé l'eco di millenni di
ricerca di Dio, ricerca incompleta, ma realizzata spesso con sincerità e
rettitudine di cuore. Posseggono un patrimonio impressionante di testi
profondamente religiosi. Hanno insegnato a generazioni di persone a pregare.
Sono tutte cosparse di innumerevoli «germi del Verbo» [74] e possono costituire una autentica
«preparazione evangelica» [75] per riprendere una felice espressione
del Concilio
Vaticano II tratta da Eusebio di Cesarea. Tale situazione suscita,
certamente, questioni complesse e delicate, che conviene studiare alla luce della
Tradizione cristiana e del Magistero della Chiesa per offrire ai missionari di
oggi e di domani nuovi orizzonti nei loro contatti con le religioni non
cristiane.
Vogliamo rilevare,
soprattutto oggi, che né il rispetto e la stima verso queste religioni, né la
complessità dei problemi sollevati sono per la Chiesa un invito a tacere
l'annuncio di Cristo di fronte ai non cristiani. Al contrario, essa pensa che
queste moltitudini hanno il diritto di conoscere la ricchezza del mistero di
Cristo [76], nella quale noi crediamo che tutta
l'umanità può trovare, in una pienezza insospettabile, tutto ciò che essa cerca
a tentoni su Dio, sull'uomo e sul suo destino, sulla vita e sulla morte, sulla
verità. Anche di fronte alle espressioni religiose naturali più degne di stima,
la Chiesa si basa dunque sul fatto che la religione di Gesù, che essa annunzia
mediante l'evangelizzazione, mette oggettivamente l'uomo in rapporto con il
piano di Dio, con la sua presenza vivente, con la sua azione; essa fa così
incontrare il mistero della Paternità divina che si china sull'umanità; in
altri termini, la nostra religione instaura effettivamente con Dio un rapporto
autentico e vivente, che le altre religioni non riescono a stabilire, sebbene
esse tengano, per così dire, le loro braccia tese verso il cielo.
Per questo la Chiesa
mantiene vivo il suo slancio missionario, e vuole altresì intensificarlo nel
nostro momento storico. Essa si sente responsabile di fronte a popoli interi.
Non ha riposo fin quando non abbia fatto del suo meglio per proclamare la Buona
Novella di Gesù Salvatore. Prepara sempre nuove generazioni di apostoli. Lo costatiamo
con gioia nel momento in cui non mancano di quelli che pensano ed anche dicono
che l'ardore e lo slancio apostolico si sono esauriti, e che l'epoca delle
Missioni è ormai tramontata. Il Sinodo ha risposto che l'annuncio missionario
non si inaridisce e che la Chiesa sarà sempre tesa verso il suo adempimento.
SOSTEGNO DELLA FEDE DEI
FEDELI
54.
Tuttavia la Chiesa non si sente dispensata da una attenzione altrettanto
infaticabile nei confronti di coloro che hanno ricevuto la fede e che, spesso
da generazioni, sono a contatto col Vangelo. Essa cerca così di approfondire,
consolidare, nutrire, rendere sempre più matura la fede di coloro che si dicono
già fedeli e credenti, affinché lo siano maggiormente.
Questa fede è quasi
sempre, oggi, posta a confronto col secolarismo, anzi con l'ateismo militante:
è una fede esposta alle prove e minacciata: di più, una fede assediata e
combattuta. Essa rischia di perire per asfissia o per inedia se non è
continuamente alimentata e sostenuta. Evangelizzare comporta dunque, molto
spesso, comunicare alla fede dei credenti - particolarmente mediante una
catechesi piena di linfa evangelica e corredata da un linguaggio adatto ai
tempi e alle persone - questo necessario alimento e questo sostentamento.
La Chiesa cattolica ha egualmente
una viva sollecitudine per i cristiani che non sono in piena comunione con
essa: mentre prepara con loro l'unità voluta dal Cristo, e precisamente per
realizzare l'unità nella verità, è consapevole che mancherebbe gravemente al
suo dovere se non testimoniasse presso di loro la pienezza della rivelazione,
di cui custodisce il deposito.
NON CREDENTI
55.
Significativa è anche la preoccupazione, manifestatasi nel citato Sinodo, nei
riguardi delle due sfere molto differenti l'una dall'altra, e tuttavia molto
vicine per la sfida che, ciascuna a suo modo, lancia all'evangelizzazione.
La prima è quella che si
può chiamare il progressivo aumento della non credenza nel mondo moderno. Il
Sinodo ha cercato di descrivere questo mondo moderno: sotto questo nome generico,
quante correnti di pensiero, valori e contro-valori, aspirazioni latenti o semi
di distruzione, convinzioni antiche che scompaiono e convinzioni nuove che si
impongono! Dal punto di vista spirituale, questo mondo moderno sembra
dibattersi in quello che un autore contemporaneo ha chiamato «il dramma
dell'umanesimo ateo» [77]. Da una parte, si è obbligati a
costatare nel cuore stesso di questo mondo contemporaneo il fenomeno che
diviene quasi la sua nota più sorprendente: il secolarismo. Noi non parliamo
della secolarizzazione, che è lo sforzo in sé giusto e legittimo, per nulla
incompatibile con la fede o con la religione, di scoprire nella creazione, in
ogni cosa o in ogni evento dell'universo, le leggi che li reggono con una certa
autonomia, nell'intima convinzione che il Creatore vi ha posto queste leggi. Il
recente Concilio ha affermato, in questo senso la legittima autonomia della
cultura e particolarmente delle scienze [78]. Noi vediamo qui un vero secolarismo:
una concezione del mondo, nella quale questo si spiega da sé senza che ci sia
bisogno di ricorrere a Dio, divenuto in tal modo superfluo ed ingombrante. Un
simile secolarismo, per riconoscere il potere dell'uomo, finisce dunque col
fare a meno di Dio ed anche col negarlo.
Nuove forme di ateismo -
un ateismo antropocentrico, non più astratto e metafisico ma pragmatico,
programmatico e militante - sembrano derivarne. In connessione con questo
secolarismo ateo, ci vengono proposti tutti i giorni, sotto le forme più
svariate, la civiltà dei consumi, l'edonismo elevato a valore supremo, la
volontà di potere e di dominio, discriminazioni di ogni tipo: altrettante
inclinazioni inumane di questo umanesimo.
In questo stesso mondo
moderno d'altra parte, paradossalmente, non si può negare l'esistenza di veri
addentellati cristiani, di valori evangelici, per lo meno sotto forma di un
vuoto o di una nostalgia. Non sarebbe esagerato parlare di una possente e
tragica invocazione ad essere evangelizzato.
NON PRATICANTI
56.
Una seconda sfera è quella dei non praticanti, oggi un gran numero di
battezzati che, in larga misura, non hanno rinnegato formalmente il loro
Battesimo, ma ne sono completamente al margine, e non lo vivono. Il fenomeno
dei non praticanti è molto antico nella storia del cristianesimo, è legato ad
una debolezza naturale, ad una profonda incoerenza che, purtroppo, ci portiamo
dentro di noi. Esso presenta tuttavia oggi delle caratteristiche nuove. Si
spiega spesso mediante gli sradicamenti tipici della nostra epoca. Nasce anche
dal fatto che i cristiani oggi vivono a fianco con i non credenti e ricevono
continuamente i contraccolpi della non credenza. D'altronde, i non praticanti
contemporanei, più di quelli di altri tempi, cercano di spiegare e di giustificare
la loro posizione in nome di una religione interiore, dell'autonomia o
dell'autenticità personali.
Atei e non credenti da
una parte, non praticanti dall'altra, oppongono dunque all'evangelizzazione
resistenze non trascurabili. I primi, la resistenza di un certo rifiuto,
l'incapacità di cogliere il nuovo ordine delle cose, il nuovo senso del mondo,
della vita, della storia, che non è possibile se non si parte dall'Assoluto di
Dio. Gli altri, la resistenza dell'inerzia, l'atteggiamento un po' ostile di
qualcuno che si sente di casa, che afferma di saper tutto, di aver gustato
tutto, di non credervi più. Secolarismo ateo e assenza di pratica religiosa si
trovano presso gli adulti e presso i giovani, presso l'élite e nelle masse, in
tutti i settori culturali, nelle antiche come nelle giovani Chiese. L'azione
evangelizzatrice della Chiesa, che non può ignorare questi due mondi né
arrestarsi di fronte ad essi, deve cercare costantemente i mezzi e il
linguaggio adeguati per proporre o riproporre loro la rivelazione di Dio e la
fede in Gesù Cristo.
NEL CUORE DELLE MASSE
57.
Come Cristo durante il tempo della sua predicazione, come i Dodici al mattino
della Pentecoste, anche la Chiesa vede davanti a sé una immensa folla umana che
ha bisogno del Vangelo e vi ha diritto, perché Dio «vuole che tutti gli uomini
siano salvati e arrivino alla conoscenza della verità» [79].
Conscia del suo dovere di
predicare la salvezza a tutti, sapendo che il messaggio evangelico non è
riservato a un piccolo gruppo di iniziati, di privilegiati o di eletti, ma
destinato a tutti, la Chiesa fa propria l'angoscia di Cristo di fronte alle
folle sbandate e sfinite «come pecore senza pastore» e ripete spesso la sua
parola: «Sento compassione di questa folla» [80]. Ma è anche cosciente che, per
l'efficacia della predicazione evangelica, nel cuore delle masse, essa deve
indirizzare il suo messaggio a comunità di fedeli, la cui azione può e deve
giungere agli altri.
LE COMUNITÀ ECCLESIALI DI
BASE
58.
Il recente Sinodo si è molto occupato di queste piccole comunità o «comunità di
base», perché nella Chiesa d'oggi sono spesso menzionate. Che cosa sono e per
quale motivo queste sarebbero destinatarie speciali di evangelizzazione e,
nello stesso tempo, evangelizzatrici?
Fiorendo un po'
dappertutto nella Chiesa, secondo le differenti testimonianze sentite al
Sinodo, esse differiscono molto fra di loro, in seno alla stessa regione e, più
ancora, da una regione all'altra.
In alcune regioni sorgono
e si sviluppano, salvo eccezioni, all'interno della Chiesa, solidali con la sua
vita, nutrite del suo insegnamento, unite ai suoi pastori. In questo caso,
nascono dal bisogno di vivere ancora più intensamente la vita della Chiesa;
oppure dal desiderio e dalla ricerca di una dimensione più umana, che comunità
ecclesiali più vaste possono difficilmente offrire, soprattutto nelle metropoli
urbane contemporanee che favoriscono la vita di massa e insieme l'anonimato.
Esse possono soltanto prolungare, a modo loro, a livello spirituale e religioso
- culto, approfondimento della fede, carità fraterna, preghiera, comunione con
i Pastori - la piccola comunità sociologica, villaggio o simili.
Oppure esse vogliono
riunire per l'ascolto e la meditazione della Parola, per i Sacramenti e il
vincolo dell'Agape, gruppi che l'età, la cultura, lo stato civile o la
situazione sociale rendono omogenei, coppie, giovani, professionisti, eccetera;
persone che la vita trova già riunite nella lotta per la giustizia, per l'aiuto
fraterno ai poveri, per la promozione umana. Oppure, infine, esse radunano i
cristiani là dove la penuria dei sacerdoti non favorisce la vita normale di una
comunità parrocchiale. Tutto questo è supposto all'interno delle comunità
costituite della Chiesa, soprattutto delle Chiese particolari e delle
parrocchie.
In altre regioni, al
contrario, comunità di base si radunano in uno spirito di critica acerba nei
confronti della Chiesa, che esse stimmatizzano volentieri come «istituzionale»
e alla quale si oppongono come comunità carismatiche, libere da strutture,
ispirate soltanto al Vangelo.
Esse hanno dunque come
caratteristica un evidente atteggiamento di biasimo e di rifiuto nei riguardi
delle espressioni della Chiesa: la sua gerarchia, i suoi segni. Contestano
radicalmente questa Chiesa. In tale linea, la loro ispirazione diviene molto
presto ideologica, ed è raro che non diventino quindi preda di una opzione
politica, di una corrente, quindi di un sistema, anzi di un partito, con tutto
il rischio, che ciò comporta, di esserne strumentalizzate.
La differenza è già
notevole: le comunità che per il loro spirito di contestazione si tagliano
fuori dalla Chiesa, di cui d'altronde danneggiano l'unità, possono sì
intitolarsi «comunità di base», ma è questa una designazione strettamente
sociologica. Esse non potrebbero chiamarsi, senza abuso di linguaggio, comunità
ecclesiali di base, anche se, rimanendo ostili alla Gerarchia, hanno la pretesa
di perseverare nell'unità della Chiesa. Questa qualifica appartiene alle altre,
a quelle che si radunano nella Chiesa per far crescere la Chiesa.
Queste ultime comunità saranno un luogo di evangelizzazione, a beneficio delle comunità più vaste, specialmente delle Chiese particolari, e saranno una speranza per la Chiesa universale, come abbiamo detto al termine del menzionato Sinodo, nella misura in cui:
- cercano il loro alimento nella Parola di Dio e non si lasciano imprigionare dalla polarizzazione politica o dalle ideologie di moda, pronte sempre a sfruttare il loro immenso potenziale umano;
- evitano la tentazione sempre minacciosa della contestazione sistematica e dello spirito ipercritico, col pretesto di autenticità e di spirito di collaborazione;
- restano fermamente attaccate alla Chiesa particolare, nella quale si inseriscono, e alla Chiesa universale, evitando così il pericolo - purtroppo reale! - di isolarsi in se stesse, di credersi poi l'unica autentica Chiesa di Cristo, e quindi di anatematizzare le altre comunità ecclesiali;
- conservano una sincera comunione con i Pastori che il Signore dà alla sua Chiesa e col Magistero, che lo Spirito del Cristo ha loro affidato;
- non si considerano giammai come l'unico destinatario o l'unico artefice di evangelizzazione - anche l'unico depositario del Vangelo! -; ma, consapevoli che la Chiesa è molto più vasta e diversificata, accettano che questa Chiesa si incarni anche in modi diversi da quelli, che avvengono in esse;
- crescono ogni giorno in consapevolezza, zelo, impegno, ed irradiazione missionari;
- si mostrano in tutto universalistiche e non mai settarie.
Alle suddette condizioni,
certamente esigenti ma esaltanti, le comunità ecclesiali di base
corrisponderanno alla loro fondamentale vocazione: ascoltatrici del Vangelo,
che è ad esse annunziato, e destinatarie privilegiate dell'evangelizzazione,
diverranno senza indugio annunciatrici del Vangelo.
VI. Gli operai
dell'evangelizzazione
CHIESA TUTTA INTERA
MISSIONARIA
59.
Se vi sono uomini che proclamano nel mondo il Vangelo della salvezza, lo fanno
per ordine, nel nome e con la grazia del Cristo Salvatore. «Come lo
annunzieranno, senza essere prima inviati?» [81] scriveva colui che fu indubbiamente uno
dei più grandi evangelizzatori. Nessuno può esercitare tale compito senza
esservi stato inviato.
Ma chi ha, dunque, la
missione di evangelizzare?
Il Concilio
Vaticano II ha risposto con chiarezza: alla Chiesa «per mandato divino
incombe l'obbligo di andare nel mondo universo a predicare il Vangelo ad ogni
creatura» [82]. E in un altro testo: «Tutta la Chiesa è
missionaria, e l'opera evangelizzatrice è un dovere fondamentale del Popolo di
Dio . . . » [83].
Abbiamo già accennato a
questo intimo legame tra Chiesa ed evangelizzazione. Quando la Chiesa annunzia
il Regno di Dio e lo edifica, essa stessa affonda le radici nel cuore del mondo
come segno e strumento di questo Regno che è presente e che viene. Il Concilio
ha riportato questa espressione molto significativa di Sant'Agostino
sull'attività missionaria dei Dodici: «Generarono le Chiese predicando la
parola di verità» [84].
UN ATTO ECCLESIALE
60. La constatazione che la Chiesa è inviata e destinata all'evangelizzazione, dovrebbe suscitare in noi due convinzioni.
La prima: evangelizzare non è mai per nessuno un atto individuale e isolato, ma
profondamente ecclesiale. Allorché il più sconosciuto predicatore, catechista o
pastore, nel luogo più remoto, predica il Vangelo, raduna la sua piccola
comunità o amministra un Sacramento, anche se si trova solo compie un atto di
Chiesa, e il suo gesto è certamente collegato mediante rapporti istituzionali,
ma anche mediante vincoli invisibili e radici profonde dell'ordine della grazia,
all'attività evangelizzatrice di tutta la Chiesa. Ciò presuppone che egli
agisca non per una missione arrogatasi, né in forza di un'ispirazione
personale, ma in unione con la missione della Chiesa e in nome di essa. Come
conseguenza, la seconda convinzione: se ciascuno evangelizza in nome della
Chiesa, la quale a sua volta lo fa in virtù di un mandato del Signore, nessun
evangelizzatore è padrone assoluto della propria azione evangelizzatrice, con
potere discrezionale di svolgerla secondo criteri e prospettive
individualistiche, ma deve farlo in comunione con la Chiesa e con i suoi
Pastori. La Chiesa, l'abbiamo già rilevato, è tutta intera evangelizzatrice.
Ciò significa che, per il mondo nel suo insieme e per ogni singola parte del
mondo ove si trovi, la Chiesa si sente responsabile del compito di diffondere
il Vangelo.
LA PROSPETTIVA DELLA
CHIESA UNIVERSALE
61.
A questo punto della nostra riflessione sostiamo con voi, Fratelli e Figli, su
d'una questione oggi particolarmente importante. I primi cristiani esprimevano
volentieri - nella celebrazione liturgica, nella loro testimonianza davanti ai
giudici e ai carnefici, nei loro testi apologetici - una fede profonda nella
Chiesa, indicandola come diffusa in tutto l'universo. Avevano pienamente
coscienza di appartenere ad una grande comunità che né lo spazio né il tempo
potrebbero limitare: «Dal giusto Abele fino all'ultimo eletto» [85] «fino agli estremi confini della terra» [86] «fino alla fine del mondo» [87].
Così il Signore ha voluto
la sua Chiesa: universale, grande albero fra i cui rami si annidano gli uccelli
del cielo [88] rete che raccoglie ogni sorta di pesci [89] o che Pietro trae a riva piena di
centocinquantatré grossi pesci [90], gregge portato al pascolo da un solo
pastore [91]. Chiesa universale senza confini né
frontiere eccetto, purtroppo, quelle del cuore e dello spirito del peccatore.
LA PROSPETTIVA DELLA
CHIESA PARTICOLARE
62.
Tuttavia questa Chiesa universale si incarna di fatto nelle Chiese particolari,
costituite a loro volta dall'una o dall'altra concreta porzione di umanità, che
parlano una data lingua, che sono tributarie di un loro retaggio culturale, di
un determinato sostrato umano. L'apertura alle ricchezze della Chiesa
particolare risponde ad una specifica sensibilità dell'uomo contemporaneo.
Ma dobbiamo ben guardarci
dal concepire la Chiesa universale come la somma o, se così si può dire, la
federazione più o meno eteroclita di Chiese particolari essenzialmente diverse.
Secondo il pensiero del Signore, è la stessa Chiesa che, essendo universale per
vocazione e per missione, quando getta le sue radici nella varietà dei terreni
culturali, sociali, umani, assume in ogni parte del mondo fisionomie ed
espressioni esteriori diverse.
In tal modo ogni Chiesa
particolare, che si separasse volontariamente dalla Chiesa universale,
perderebbe il suo riferimento al disegno di Dio, si impoverirebbe nella sua
dimensione ecclesiale. D'altra parte, la Chiesa «toto orbe diffusa»
diventerebbe un'astrazione se non prendesse corpo e vita precisamente
attraverso le Chiese particolari. Solo una permanente attenzione ai due poli
della Chiesa ci consentirà di percepire la ricchezza di questo rapporto tra
Chiesa universale e Chiese particolari.
ADATTAMENTO E FEDELTÀ DEL
LINGUAGGIO
63.
Le Chiese particolari profondamente amalgamate non solo con le persone, ma
anche con le aspirazioni, le ricchezze e i limiti, i modi di pregare, di amare,
di considerare la vita e il mondo, che contrassegnano un determinato ambito
umano, hanno il compito di assimilare l'essenziale del messaggio evangelico, di
trasfonderlo, senza la minima alterazione della sua verità fondamentale, nel
linguaggio compreso da questi uomini e quindi di annunziarlo nel medesimo
linguaggio.
La trasposizione dev'essere fatta - con il discernimento, la serietà, il rispetto e la competenza che la materia esige - nel campo delle espressioni liturgiche [92], della catechesi, della formulazione teologica, delle strutture ecclesiali secondarie, dei ministeri. E il termine «linguaggio» deve essere qui inteso meno nel senso semantico o letterario che in quello che si può chiamare antropologico e culturale.
La questione è indubbiamente delicata. La evangelizzazione perde molto della
sua forza e della sua efficacia se non tiene in considerazione il popolo
concreto al quale si rivolge, se non utilizza la sua lingua, i suoi segni e simboli,
se non risponde ai problemi da esso posti, se non interessa la sua vita reale.
Ma d'altra parte l'evangelizzazione rischia di perdere la propria anima e di
svanire, se il suo contenuto resta svuotato o snaturato col pretesto di
tradurlo o se, volendo adattare una realtà universale ad uno spazio locale, si
sacrifica questa realtà e si distrugge l'unità senza la quale non c'è
universalità. Orbene, soltanto una Chiesa che conservi la consapevolezza della
propria universalità e che dimostri di essere effettivamente universale, può
avere un messaggio da tutti comprensibile, al di là dei confini regionali.
Del resto una legittima
attenzione alle Chiese particolari non può che arricchire la Chiesa. È anzi
indispensabile e urgente. Corrisponde alle aspirazioni più profonde dei popoli
e delle comunità umane di scoprire sempre maggiormente la propria fisionomia.
APERTURA ALLA CHIESA
UNIVERSALE
64.
Ma questo arricchimento esige che le Chiese particolari si conservino
profondamente aperte verso la Chiesa universale. Bisogna ben rilevare, del
resto, che i cristiani più semplici, più fedeli al Vangelo, più aperti al senso
vero della Chiesa, hanno una spontanea sensibilità circa questa dimensione
universale, ne sentono istintivamente e molto fortemente il bisogno, si
riconoscono facilmente in essa, vibrano all'unisono con essa e soffrono nel più
intimo di se stessi quando, in nome di teorie che non comprendono, li si vuole
comprimere in una Chiesa priva di questa universalità, chiesa regionalista,
senza orizzonte.
D'altronde, come la
storia ben dimostra, ogni volta che l'una o l'altra Chiesa particolare, pur con
le migliori intenzioni, con argomenti teologici, sociologici, politici o
pastorali, o anche nel desiderio d'una certa libertà di movimento e d'azione,
si è tagliata fuori dalla Chiesa universale e dal suo centro vitale e visibile,
molto difficilmente è sfuggita, quando vi è sfuggita, a due pericoli ugualmente
gravi: da una parte il pericolo dell'isolazionismo disseccante, e in seguito,
in breve tempo, del disgregamento, poiché ciascuna delle sue cellule si
separava da essa, com'essa s'era separata dal nucleo centrale; e d'altra parte,
il pericolo di perdere la propria libertà quando, staccata dal centro e dalle
altre Chiese che le comunicavano forza ed energia, si è trovata, essendo sola,
in preda alle forze più diverse di asservimento e di sfruttamento.
Quanto più una Chiesa
particolare è unita con solidi legami di comunione alla Chiesa universale -
nella carità e nella fedeltà, nell'apertura al magistero di Pietro, nell'unità
della «Lex orandi» che è anche «Lex credendi», nella sollecitudine dell'unità
con tutte le altre Chiese che costituiscono l'universalità - tanto più questa
stessa Chiesa sarà capace di tradurre il tesoro della fede nella legittima
varietà delle espressioni della professione di fede, della preghiera e del
culto, della vita del comportamento cristiani, dell'influsso spirituale del
popolo nel quale è inserita; tanto più, ancora, essa sarà veramente
evangelizzatrice, cioè capace di attingere nel patrimonio universale a profitto
del suo popolo, come pure di comunicare alla Chiesa universale l'esperienza e
la vita dello stesso popolo, a beneficio di tutti.
L'INALTERABILE DEPOSITO
DELLA FEDE
65.
Precisamente in questo senso abbiamo voluto dire, alla chiusura della terza
Assemblea Generale del Sinodo, una parola chiara e piena di paterno affetto,
insistendo sul ruolo del Successore di Pietro come principio visibile, vivente
e dinamico dell'unità fra le Chiese, e quindi dell'universalità dell'unica Chiesa
[93]. Insistevamo anche sulla grave
responsabilità che Ci incombe, ma che condividiamo con i Nostri Fratelli
nell'episcopato, di conservare inalterabile il contenuto della fede cattolica,
che il Signore ha affidato agli Apostoli: anche se tradotto in tutti i
linguaggi, questo contenuto non dev'essere né intaccato né mutilato; pur se
rivestito dei simboli propri di ciascun popolo, esplicitato mediante
formulazioni teologiche che tengano conto degli ambienti culturali, sociali ed
anche razziali diversi, deve restare il contenuto della fede cattolica, quale
il Magistero ecclesiale l'ha ricevuto e lo trasmette.
COMPITI DIVERSIFICATI
66.
Tutta la Chiesa è dunque chiamata ad evangelizzare, e tuttavia vi sono da
adempiere attività tra loro differenti nel suo ambito di evangelizzazione.
Questa diversità di servizi nell'unità della stessa missione costituisce la
ricchezza e la bellezza dell'evangelizzazione. Ricordiamo brevemente questi
compiti.
Prima di tutto Ci sia
permesso di segnalare l'insistenza con la quale il Signore, nelle pagine del
Vangelo, affida agli Apostoli la funzione di annunziare la Parola. Egli li ha
scelti [94], li ha formati durante diversi anni di
familiarità [95], li ha costituiti [96] e mandati [97] come testimoni e maestri autorizzati del
messaggio della salvezza. E i Dodici hanno a loro volta inviato i loro
successori, i quali continuano a predicare la Buona Novella sulla linea
apostolica.
IL SUCCESSORE DI PIETRO
67.
Così il Successore di Pietro è investito, per volontà di Cristo, del ministero
preminente di insegnare la verità rivelata. Il Nuovo Testamento mostra spesso
Pietro «pieno di Spirito Santo» che prende la parola a nome di tutti [98]. Per questo san Leone Magno parla di
Pietro come di colui che ha meritato il primato dell'apostolato [99]. Per questo, inoltre, la voce della
Chiesa presenta il Papa «al vertice più alto - in apice, in specula -
dell'apostolato» [100]. Il Concilio
Vaticano II ha voluto ribadirlo dichiarando che «il comando di Cristo di
predicare il Vangelo ad ogni creatura (cfr. Marc. 16, 15), riguarda
innanzitutto e immediatamente proprio loro (i vescovi), insieme con Pietro e
sotto la guida di Pietro» [101].
La potestà piena, suprema
e universale [102] che Cristo ha conferito al suo Vicario
per il governo pastorale della Chiesa, consiste dunque specialmente
nell'attività, esercitata dal Papa, di predicare e di far predicare la Buona
Novella della salvezza.
VESCOVI E SACERDOTI
68.
Uniti al Successore di Pietro, i Vescovi, successori degli Apostoli, ricevono,
in forza dell'ordinazione episcopale, l'autorità per insegnare nella Chiesa la
verità rivelata. Essi sono i maestri della fede.
Ai Vescovi sono associati
nel ministero dell'evangelizzazione, come responsabili a titolo speciale,
coloro che mediante l'ordinazione sacerdotale «agiscono in persona di Cristo» [103], in quanto educatori del Popolo di Dio
nella fede, predicatori, fungendo in pari tempo da ministri del- l'Eucaristia e
degli altri Sacramenti.
Pertanto tutti noi
Pastori siamo invitati, più di qualunque altro membro della Chiesa, a prendere
coscienza di questo dovere. Ciò che costituisce la singolarità del nostro
servizio sacerdotale, ciò che dà un'unità profonda alle mille occupazioni che
ci sollecitano durante tutto il corso della nostra vita, ciò che conferisce
alle nostre attività una nota specifica, è questa finalità presente in ogni
nostra azione: «Annunziare il Vangelo di Dio» [104].
Ecco un tratto della
nostra identità che nessun dubbio dovrebbe mai incrinare, nessuna obiezione mai
eclissare: come Pastori, siamo stati scelti dalla misericordia del sovrano
Pastore [105] nonostante la nostra insufficienza, per
proclamare con autorità la Parola di Dio, per radunare il Popolo di Dio che era
disperso, per nutrire questo popolo con i segni dell'azione di Cristo, che sono
i Sacramenti, per condurlo sulla via della salvezza, per conservarlo in quella
unità di cui noi stessi siamo, a differenti livelli, strumenti attivi e vitali,
per animare incessantemente questa comunità raccolta attorno al Cristo secondo
la sua più intima vocazione. E quando, nella misura dei nostri limiti umani e
secondo la grazia di Dio, adempiamo tutto questo, noi realizziamo un'opera di
evangelizzazione: Noi come Pastore della Chiesa universale, i Nostri Fratelli
nell'episcopato alla guida delle Chiese particolari, i sacerdoti e i diaconi
uniti con i propri Vescovi, di cui sono collaboratori, mediante una comunione
che ha la sua sorgente nel Sacramento dell'Ordine sacro e nella carità della
Chiesa.
RELIGIOSI
69.
I religiosi, a loro volta, trovano nella vita consacrata un mezzo privilegiato
per una evangelizzazione efficace. Con la stessa intima natura del loro essere
si collocano nel dinamismo della Chiesa, assetata dell'Assoluto di Dio,
chiamata alla santità. Di questa santità essi sono testimoni. Incarnano la
Chiesa in quanto desiderosa di abbandonarsi al radicalismo delle beatitudini.
Con la loro vita sono il segno della totale disponibilità verso Dio, verso la
Chiesa, verso i fratelli.
In questo essi rivestono
un'importanza speciale nel contesto di una testimonianza che, come abbiamo
affermato, è primordiale nell'evangelizzazione. Questa silenziosa testimonianza
di povertà e di distacco, di purezza e di trasparenza, di abbandono
nell'ubbidienza, può diventare, oltre che una provocazione al mondo e alla
Chiesa stessa, anche una predicazione eloquente, capace di impressionare anche
i non cristiani di buona volontà, sensibili a certi valori.
In questa prospettiva, si
intuisce il ruolo svolto nell'evangelizzazione da religiosi e religiose
consacrati alla preghiera, al silenzio, alla penitenza, al sacrificio. Altri
religiosi, in grandissimo numero, si dedicano direttamente all'annuncio del
Cristo. La loro azione missionaria dipende evidentemente dalla gerarchia e deve
essere coordinata con la pastorale che questa vuol mettere in opera. Ma chi non
considera l'apporto immenso che essi hanno dato e che continuano a dare
all'evangelizzazione? Grazie alla loro consacrazione religiosa, essi sono per
eccellenza volontari e liberi per lasciare tutto e per andare ad annunziare il
Vangelo fino ai confini del mondo. Essi sono intraprendenti, e il loro
apostolato è spesso contrassegnato da una originalità, una genialità che
costringono all'ammirazione. Sono generosi: li si trova spesso agli avamposti della
missione, ed assumono i più grandi rischi per la loro salute e per la loro
stessa vita. Sì, veramente, la Chiesa deve molto a loro.
LAICI
70.
I laici, che la loro vocazione specifica pone in mezzo al mondo e alla guida
dei più svariati compiti temporali, devono esercitare con ciò stesso una forma
singolare di evangelizzazione.
Il loro compito primario
e immediato non è l'istituzione e lo sviluppo della comunità ecclesiale - che è
il ruolo specifico dei Pastori - ma è la messa in atto di tutte le possibilità
cristiane ed evangeliche nascoste, ma già presenti e operanti nelle realtà del
mondo. Il campo proprio della loro attività evangelizzatrice è il mondo vasto e
complicato della politica, della realtà sociale, dell'economia; così pure della
cultura, delle scienze e delle arti, della vita internazionale, degli strumenti
della comunicazione sociale; ed anche di altre realtà particolarmente aperte
all'evangelizzazione, quali l'amore, la famiglia, l'educazione dei bambini e
degli adolescenti, il lavoro professionale, la sofferenza. Più ci saranno laici
penetrati di spirito evangelico, responsabili di queste realtà ed
esplicitamente impegnati in esse, competenti nel promuoverle e consapevoli di
dover sviluppare tutta la loro capacità cristiana spesso tenuta nascosta e
soffocata, tanto più queste realtà, senza nulla perdere né sacrificare del loro
coefficiente umano, ma manifestando una dimensione trascendente spesso
sconosciuta, si troveranno al servizio dell'edificazione del Regno di Dio, e
quindi della salvezza in Gesù Cristo.
FAMIGLIA
71.
Nell'ambito dell'apostolato di evangelizzazione proprio dei laici, è
impossibile non rilevare l'azione evangelizzatrice della famiglia. Essa ha ben
meritato, nei diversi momenti della storia della Chiesa, la bella definizione
di «Chiesa domestica», sancita dal Concilio
Vaticano II [106]. Ciò significa che, in ogni famiglia
cristiana, dovrebbero riscontrarsi i diversi aspetti della Chiesa intera.
Inoltre la famiglia, come la Chiesa, deve essere uno spazio in cui il Vangelo è
trasmesso e da cui il Vangelo si irradia.
Dunque nell'intimo di una
famiglia cosciente di questa missione, tutti i componenti evangelizzano e sono
evangelizzati. I genitori non soltanto comunicano ai figli il Vangelo, ma
possono ricevere da loro lo stesso Vangelo profondamente vissuto. E una simile
famiglia diventa evangelizzatrice di molte altre famiglie e dell'ambiente nel
quale è inserita. Anche le famiglie sorte da un matrimonio misto hanno il
dovere di annunziare Cristo alla prole nella pienezza delle implicazioni del
comune Battesimo; esse hanno inoltre il non facile compito di rendersi artefici
di unità.
GIOVANI
72.
Le circostanze ci invitano a rivolgere un'attenzione tutta speciale ai giovani.
Il loro aumento numerico e la loro presenza crescente nella società, i problemi
che li assillano devono risvegliare in tutti la preoccupazione di offrire loro,
con zelo e con intelligenza, l'ideale evangelico da conoscere e da vivere. Ma
d'altra parte occorre che i giovani, ben formati nella fede e nella preghiera,
diventino sempre più gli apostoli della gioventù. La Chiesa fa molto
affidamento sul loro apporto e Noi stessi, a diverse riprese, abbiamo
manifestato la Nostra piena fiducia verso di essi.
MINISTERI DIVERSIFICATI
73.
Così acquista tutta la sua importanza la presenza attiva dei laici nelle realtà
temporali. Non bisogna tuttavia trascurare o dimenticare l'altra dimensione: i
laici possono anche sentirsi chiamati o essere chiamati a collaborare con i
loro Pastori nel servizio della comunità ecclesiale, per la crescita e la
vitalità della medesima, esercitando ministeri diversissimi, secondo la grazia
e i carismi che il Signore vorrà loro dispensare.
Non senza provare nel
Nostro intimo una grande gioia osserviamo una legione di Pastori, di religiosi
e di laici i quali, appassionati della loro missione evangelizzatrice, cercano
modi sempre più adatti di annunziare efficacemente il Vangelo. Noi incoraggiamo
l'apertura che, in questa linea e con questa sollecitudine, la Chiesa sta oggi
realizzando. Innanzitutto apertura alla riflessione, poi a ministeri
ecclesiastici capaci di ringiovanire e di rafforzare il suo dinamismo
evangelizzatore. Certamente, accanto ai ministeri ordinati, grazie ai quali
alcuni sono annoverati tra i Pastori e si consacrano in maniera particolare al
servizio della comunità, la Chiesa riconosce il ruolo di ministeri non ordinati
ma adatti ad assicurare speciali servizi della Chiesa stessa.
Uno sguardo alle origini
della Chiesa è molto illuminante e permette di usufruire di un'antica
esperienza, tanto più valida in quanto ha permesso alla Chiesa di consolidarsi,
di crescere, e di espandersi. Ma questa attenzione alle fonti dev'essere
completata da quella dovuta alle necessità presenti dell'umanità e della
Chiesa. Dissetarsi a queste sorgenti sempre ispiratrici, nulla sacrificare di
questi valori e sapersi adattare alle esigenze e ai bisogni attuali: queste
sono le linee maestre che permetteranno di ricercare con saggezza e di
valorizzare i ministeri, di cui la Chiesa ha bisogno e che molti suoi membri saranno
lieti di abbracciare per la maggiore vitalità della comunità ecclesiale. Questi
ministeri avranno un autentico valore pastorale nella misura in cui si
stabiliranno nell'assoluto rispetto dell'unità, attenendosi all'orientamento
dato dai Pastori, che sono appunto i responsabili e gli artefici dell'unità
della Chiesa.
Tali ministeri, nuovi in
apparenza ma molto legati ad esperienze vissute dalla Chiesa nel corso della
sua esistenza, - per esempio quelli di catechista, di animatori della preghiera
e del canto, di cristiani dedicati al servizio della Parola di Dio o
all'assistenza dei fratelli bisognosi, quelli infine dei capi di piccole
comunità, dei responsabili di movimenti apostolici, o di altri responsabili -
sono preziosi per la «plantatio», la vita e la crescita della Chiesa e per una
capacità di irradiazione intorno a se stessa e verso coloro che sono lontani.
Noi dobbiamo anche la nostra particolare stima a tutti i laici che accettano di
consacrare una parte del loro tempo, delle loro energie, e talvolta la loro
vita intera, al servizio delle missioni.
Per tutti gli operai
dell'evangelizzazione è necessaria una seria preparazione. Lo è ancor più per
coloro che si dedicano al ministero della Parola. Animati dalla convinzione
continuamente approfondita della grandezza e della ricchezza della Parola di
Dio, quelli che hanno il compito di trasmetterla devono manifestare la più
grande attenzione alla dignità, alla precisione, all'adattamento del loro
linguaggio. Tutti sanno che l'arte di parlare ha oggi una grandissima
importanza. Come potrebbero trascurarla i predicatori e i catechisti?
Noi auspichiamo vivamente
che, in ciascuna Chiesa particolare, i Vescovi vigilino alla formazione
adeguata di tutti i ministri della Parola. Questa seria preparazione accrescerà
in questi la sicurezza indispensabile ma anche l'entusiasmo per annunziare Gesù
Cristo oggi.
VII. Lo spirito
dell'evangelizzazione
PRESSANTE APPELLO
74.
Non vorremmo terminare questo colloquio con i Nostri Fratelli e Figli
amatissimi, senza un pressante appello riguardante le attitudini interiori che
devono animare gli operai dell'evangelizzazione.
Nel nome del Signore Gesù
Cristo, e nel nome degli Apostoli Pietro e Paolo, Noi esortiamo tutti coloro
che, grazie ai carismi dello Spirito Santo e al mandato della Chiesa, sono veri
evangelizzatori, ad essere degni di questa vocazione, ad esercitarla senza le
reticenze del dubbio e della paura, e a non trascurare le condizioni che
renderanno tale evangelizzazione non soltanto possibile ma anche attiva e fruttuosa.
Ecco le condizioni fondamentali che, fra molte altre, Noi desideriamo mettere
in rilievo.
AL SOFFIO DELLO SPIRITO
SANTO
75.
L'evangelizzazione non sarà mai possibile senza l'azione dello Spirito Santo.
Su Gesù di Nazareth, lo Spirito discende nel momento del battesimo, quando la
voce del Padre - «Questi è il Figlio mio prediletto, nel quale mi sono
compiaciuto» [107] - manifesta in modo sensibile la sua
elezione e la sua missione. «Condotto dallo Spirito», egli vive nel deserto la
lotta decisiva e la prova suprema prima di iniziare tale missione [108]. «Con la potenza dello Spirito» [109] egli ritorna in Galilea, e a Nazareth
dà inizio alla sua predicazione, applicando a se stesso il brano di Isaia: «Lo
Spirito del Signore è sopra di me». «Oggi - egli proclama - si è adempiuta
questa Scrittura» [110]. Ai discepoli quando è sul punto di
inviarli, dice alitando su di loro: «Ricevete lo Spirito Santo» [111].
Di fatto, soltanto dopo
la discesa dello Spirito Santo, nel giorno della Pentecoste, gli apostoli
partono verso tutte le direzioni del mondo per cominciare la grande opera di
evangelizzazione della Chiesa, e Pietro spiega l'evento come realizzazione
della profezia di Gioele: «Io effonderò il mio Spirito» [112]. Pietro è ricolmato di Spirito Santo
per parlare al popolo su Gesù, Figlio di Dio [113]. Paolo a sua volta, è riempito di
Spirito Santo [114] prima di dedicarsi al suo ministero
apostolico, come pure lo è Stefano quando è scelto per esercitare la diaconia,
e più tardi per la testimonianza del martirio [115]. Lo stesso Spirito che fa parlare
Pietro, Paolo o gli altri Apostoli, ispirando loro le parole da dire, discende
anche «sopra tutti coloro che ascoltavano il discorso» [116].
«Colma del conforto dello
Spirito Santo», la Chiesa «cresce» [117]. Lo Spirito è l'anima di questa Chiesa.
È lui che spiega ai fedeli il significato profondo dell'insegnamento di Gesù e
del suo mistero. È lui che, oggi come agli inizi della Chiesa, opera in ogni
evangelizzatore che si lasci possedere e condurre da lui, che gli suggerisce le
parole che da solo non saprebbe trovare, predisponendo nello stesso tempo
l'animo di chi ascolta perché sia aperto ad accogliere la Buona Novella e il
Regno annunziato.
Le tecniche
dell'evangelizzazione sono buone, ma neppure le più perfette tra di esse
potrebbero sostituire l'azione discreta dello Spirito. Anche la preparazione
più raffinata dell'evangelizzatore, non opera nulla senza di lui. Senza di lui
la dialettica più convincente è impotente sullo spirito degli uomini. Senza di
lui, i più elaborati schemi a base sociologica, o psicologica, si rivelano
vuoti e privi di valore.
Noi stiamo vivendo nella
Chiesa un momento privilegiato dello Spirito. Si cerca da per tutto di
conoscerlo meglio, quale è rivelato dalle Sacre Scritture. Si è felici di porsi
sotto la sua mozione. Ci si raccoglie attorno a lui e ci si vuol lasciar
guidare da lui. Ebbene, se lo Spirito di Dio ha un posto eminente in tutta la
vita della Chiesa, egli agisce Soprattutto nella missione evangelizzatrice: non
a caso il grande inizio dell'evangelizzazione avvenne il mattino di Pentecoste,
sotto il soffio dello Spirito.
Si può dire che lo Spirito
Santo è l'agente principale dell'evangelizzazione: è lui che spinge ad
annunziare il Vangelo e che nell'intimo delle coscienze fa accogliere e
comprendere la parola della salvezza [118]. Ma si può parimente dire che egli è il
termine dell'evangelizzazione: egli solo suscita la nuova creazione, l'umanità
nuova a cui l'evangelizzazione deve mirare, con quella unità nella varietà che
l'evangelizzazione tende a provocare nella comunità cristiana. Per mezzo di lui
il Vangelo penetra nel cuore del mondo, perché egli guida al discernimento dei
segni dei tempi - segni di Dio - che l'evangelizzazione discopre e mette in
valore nella storia. Il Sinodo dei Vescovi del 1974, che ha molto insistito sul
ruolo dello Spirito Santo nell'evangelizzazione, ha espresso anche il voto che
Pastori e teologi - e Noi aggiungeremo anche i fedeli, segnati dal sigillo
dello Spirito per mezzo del Battesimo - studino meglio la natura e il modo di
agire dello Spirito Santo nell'odierna evangelizzazione. Facciamo nostro questo
voto, mentre esortiamo in pari tempo gli evangelizzatori - chiunque essi siano
- a pregare incessantemente lo Spirito Santo con fede e fervore, e a lasciarsi
prudentemente guidare da lui quale ispiratore decisivo dei loro programmi,
delle loro iniziative, della loro attività evangelizzatrice.
TESTIMONI AUTENTICI
76.
Consideriamo ora la persona stessa degli evangelizzatori. Si ripete spesso,
oggi, che il nostro secolo ha sete di autenticità. Soprattutto a proposito dei
giovani, si afferma che hanno orrore del fittizio, del falso, e ricercano sopra
ogni cosa la verità e la trasparenza.
Questi «segni dei tempi»
dovrebbero trovarci all'erta. Tacitamente o con alte grida, ma sempre con
forza, ci domandano: Credete veramente a quello che annunziate? Vivete quello
che credete? Predicate veramente quello che vivete? La testimonianza della vita
è divenuta più che mai una condizione essenziale per l'efficacia profonda della
predicazione. Per questo motivo, eccoci responsabili, fino ad un certo punto,
della riuscita del Vangelo che proclamiamo.
«Che ne è della Chiesa a
dieci anni dalla fine del Concilio?», ci domandavamo all'inizio di questa
meditazione. È veramente radicata nel cuore del mondo, e tuttavia abbastanza
libera e indipendente per interpellare il mondo? Rende testimonianza della
propria solidarietà verso gli uomini, e nello stesso tempo verso l'Assoluto di
Dio? È più ardente nella contemplazione e nell'adorazione, e in pari tempo più
zelante nell'azione missionaria, caritativa, di liberazione? È sempre più
impegnata nello sforzo di ricercare il ristabilimento della piena unità dei
cristiani, che rende più efficace la testimonianza comune «affinché il mondo
creda»? [119] Siamo tutti responsabili delle risposte
che si potrebbero dare a questi interrogativi.
Noi esortiamo dunque i
nostri Fratelli nell'episcopato, posti dallo Spirito Santo a governare la
Chiesa [120]. Esortiamo i sacerdoti e i diaconi,
collaboratori dei Vescovi nel radunare il popolo di Dio e nell'animazione
spirituale delle comunità locali. Esortiamo i religiosi, testimoni d'una Chiesa
chiamata alla santità, e quindi partecipi essi stessi di una vita che esprime
le beatitudini evangeliche. Esortiamo i laici: famiglie cristiane, giovani e
adulti, quanti esercitano un mestiere, i dirigenti, senza dimenticare i poveri
spesso ricchi di fede e di speranza, tutti i laici consapevoli del loro ruolo
di evangelizzazione al servizio della Chiesa o in mezzo alla società e al
mondo. Lo diciamo a tutti: bisogna che il nostro zelo per l'evangelizzazione
scaturisca da una vera santità di vita, e che la predicazione, alimentata dalla
preghiera e soprattutto dall'amore all'Eucaristia, a sua volta - come ci
ricorda il Concilio
Vaticano II - faccia crescere in santità colui che predica [121].
Il mondo, che nonostante
innumerevoli segni di rifiuto di Dio, paradossalmente lo cerca attraverso vie
inaspettate e ne sente dolorosamente il bisogno, reclama evangelizzatori che
gli parlino di un Dio, che essi conoscano e che sia a loro familiare, come se
vedessero l'Invisibile [122]. Il mondo esige e si aspetta da noi
semplicità di vita, spirito di preghiera, carità verso tutti e specialmente
verso i piccoli e i poveri, ubbidienza e umiltà, distacco da noi stessi e
rinuncia. Senza questo contrassegno di santità, la nostra parola difficilmente
si aprirà la strada nel cuore dell'uomo del nostro tempo, ma rischia di essere
vana e infeconda.
ARTEFICI DI UNITÀ
77.
La forza dell'evangelizzazione risulterà molto diminuita se coloro che
annunziano il Vangelo sono divisi tra di loro da tante specie di rotture. Non
starebbe forse qui uno dei grandi malesseri dell'evangelizzazione oggi?
Infatti, se il Vangelo che proclamiamo appare lacerato da discussioni dottrinali,
da polarizzazioni ideologiche o da condanne reciproche tra cristiani in balìa
delle loro diverse teorie sul Cristo e sulla Chiesa, ed anche a causa delle
loro diverse concezioni su la società e le istituzioni umane, come potrebbero
coloro a cui è rivolta la nostra predicazione non sentirsene turbati,
disorientati, se non addirittura scandalizzati?
Il testamento spirituale
del Signore ci dice che l'unità tra i suoi seguaci non è soltanto la prova che
noi siamo suoi, ma anche che egli è l'inviato del Padre, criterio di
credibilità dei cristiani e del Cristo medesimo. In quanto evangelizzatori, noi
dobbiamo offrire ai fedeli di Cristo l'immagine non di uomini divisi e separati
da litigi che non edificano affatto, ma di persone mature nella fede, capaci di
ritrovarsi insieme al di sopra delle tensioni concrete, grazie alla ricerca
comune, sincera e disinteressata della verità. Sì, la sorte
dell'evangelizzazione è certamente legata alla testimonianza di unità data
dalla Chiesa. È questo un motivo di responsabilità ma anche di conforto.
A questo punto vogliamo
sottolineare il segno dell'unità tra tutti i cristiani come via e strumento di
evangelizzazione. La divisione dei cristiani è un grave stato di fatto che
perviene ad intaccare la stessa opera di Cristo. Il Concilio
Vaticano II afferma con lucidità e fermezza che essa «è di grave
pregiudizio alla santa causa della predicazione del Vangelo a tutti gli uomini
e impedisce a molti di abbracciare la fede» [123]. Per questo, nell'indire l'Anno Santo
abbiamo creduto necessario ricordare a tutti i fedeli del mondo cattolico che
«la riconciliazione di tutti gli uomini con Dio, nostro Padre, dipende dal
ristabilimento della comunione di coloro che già hanno riconosciuto ed accolto
nella fede Gesù Cristo come il Signore della misericordia che libera gli uomini
e li unisce nello Spirito di amore e di verità» [124].
È con un forte sentimento
di speranza che Noi guardiamo agli sforzi che si fanno nel mondo cristiano per
tale ristabilimento della piena unità voluta da Cristo. S. Paolo ce ne
assicura: «la speranza non delude» [125].
Mentre lavoriamo ancora
per ottenere dal Signore la piena unità, vogliamo intensificata la preghiera.
Inoltre facciamo Nostro il voto dei Padri della terza Assemblea Generale del
Sinodo dei Vescovi, che si collabori con maggiore impegno con i fratelli
cristiani, basandoci sul fondamento del Battesimo e sul patrimonio di fede che
ci è comune, per rendere sin d'ora, nella stessa opera di evangelizzazione, una
più larga testimonianza comune a Cristo di fronte al mondo. Ci spinge a ciò il
Comando di Cristo, lo richiede il dovere di predicare e di rendere
testimonianza al Vangelo.
SERVITORI DELLA VERITÀ
78.
Il Vangelo che ci è stato affidato è anche parola di verità. Una verità che
rende liberi [126] e che sola può donare la pace del
cuore: questo cercano gli uomini quando annunziamo loro la Buona Novella.
Verità su Dio, verità sull'uomo e sul suo destino misterioso, verità sul mondo.
Verità difficile che ricerchiamo nella Parola di Dio ma di cui non siamo, lo
ripetiamo, né padroni né arbitri, ma i depositari, gli araldi, i servitori.
Da ogni evangelizzatore
ci si attende che abbia il culto della verità, tanto più che la verità da lui
approfondita e comunicata è la verità rivelata e quindi - più d'ogni altra -
parte della verità primordiale, che è Dio stesso. Il predicatore del Vangelo
sarà dunque colui che, anche a prezzo della rinuncia personale e della
sofferenza, ricerca sempre la verità che deve trasmettere agli altri. Egli non
tradisce né dissimula mai la verità per piacere agli uomini, per stupire o
sbalordire, né per originalità o desiderio di mettersi in mostra. Egli non
rifiuta la verità; non offusca la verità rivelata per pigrizia nel ricercarla,
per comodità o per paura. Non trascura di studiarla; la serve generosamente
senza asservirla. In quanto pastori del popolo fedele, il nostro servizio
pastorale ci sprona a custodire, difendere e comunicare la verità senza badare
a sacrifici. Numerosi eminenti e santi Pastori ci hanno lasciato l'esempio di
questo amore - in molti casi eroico - della verità. Il Dio di verità attende
che noi ne siamo i difensori vigilanti e i predicatori devoti. Quanti siete
dottori, teologi, esegeti, studiosi di storia: l'opera di evangelizzazione ha
bisogno del vostro indefesso lavoro di ricerca, nonché della vostra attenzione
e delicatezza nella trasmissione della verità a cui i vostri studi vi
avvicinano, ma che è sempre più grande del cuore dell'uomo, perché è la verità
stessa di Dio.
Genitori c maestri, il
vostro compito - che i molteplici conflitti attuali non rendono certo facile -
consiste nell'aiutare i vostri figli e i vostri alunni nella scoperta della
verità, compresa la verità religiosa e spirituale.
ANIMATI DALL'AMORE
79.
L'opera dell'evangelizzazione suppone nell'evangelizzatore un amore fraterno
sempre crescente verso coloro che egli evangelizza. L'Apostolo Paolo, modello
di ogni evangelizzatore, scriveva ai Tessalonicesi queste parole. che sono un
programma per tutti noi: «Così affezionati a voi, avremmo desiderato darvi non
solo il Vangelo di Dio, ma la nostra stessa vita, perché ci siete diventati
cari» [127]. Quale è questa affezione? Ben più di
quella di un pedagogo, essa è quella di un padre; e ancor più: quella di una
madre [128]. Il Signore attende da ciascun
predicatore del Vangelo e da ogni costruttore della Chiesa tale affezione. Un
segno d'amore sarà la cura di donare la verità e di introdurre nell'unità. Un
segno d'amore sarà parimente dedicarsi senza riserve, né sotterfugi
all'annuncio di Gesù Cristo. Aggiungiamo qualche altro segno di questo amore.
Il primo è il rispetto
della situazione religiosa e spirituale delle persone che vengono
evangelizzate, Rispetto del loro ritmo, che non si ha diritto di forzare oltre
misura. Rispetto della loro coscienza e delle loro convinzioni, senza alcuna
durezza.
Un altro segno è
l'attenzione a non ferire l'altro, soprattutto se egli è debole nella fede [129], con affermazioni che possono essere
chiare per gli iniziati, ma diventare per i fedeli fonte di turbamento e di
scandalo, come una ferita nell'anima.
Un segno d'amore sarà
anche lo sforzo di trasmettere ai cristiani, non dubbi e incertezze nati da una
erudizione male assimilata, ma al, cune certezze solide, perché ancorate nella
Parola di Dio. I fedeli hanno bisogno di queste certezze per la loro vita
cristiana, ne hanno diritto in quanto sono figli di Dio che, tra le sue
braccia, s'abbandonano interamente alle esigenze dell'amore.
COL FERVORE DEI SANTI
80. Il Nostro appello si
ispira qui al fervore dei più grandi predicatori ed evangelizzatori, la cui
vita fu dedicata all'apostolato: e tra essi Ci piace particolarmente mettere in
rilievo quelli che Noi, in questo Anno Santo, abbiamo proposto alla venerazione
dei fedeli. Essi hanno saputo superare tanti ostacoli alla evangelizzazione.
Tra tali ostacoli, che
sono anche dei nostri tempi, Noi ci limiteremo a segnalare la mancanza di
fervore, tanto più grave perché nasce dal di dentro; essa si manifesta nella
negligenza e soprattutto nella mancanza di gioia e di speranza. Noi, pertanto,
esortiamo tutti quelli che hanno, a qualche titolo e a qualche livello, il
compito dell'evangelizzazione ad alimentare il fervore dello spirito [130]. Questo fervore esige prima di tutto
che sappiamo sottrarci agli alibi che possono sviare dall'evangelizzazione. I
più insidiosi sono certamente quelli per i quali si pretende di trovare
appoggio nel tale o tal altro insegnamento del Concilio.
Avviene così che si sente
dire troppo spesso, sotto diverse forme: imporre una verità, sia pure quella
del Vangelo, imporre una via, sia pure quella della salvezza, non può essere
che una violenza alla libertà religiosa. Del resto, aggiungono, perché
annunziare il Vangelo dal momento che tutti sono salvati dalla rettitudine del cuore?
Se, d'altra parte, il mondo e la storia sono pieni dei «germi del Verbo», non è
una illusione pretendere di portare il Vangelo là dove esso già si trova nei
semi, che il Signore stesso vi ha sparsi?
Chiunque si prenda cura
di approfondire, nei documenti conciliari, le domande che questi alibi vi
attingono troppo superficialmente, troverà tutt'altra visione della realtà.
Sarebbe certo un errore
imporre qualcosa alla coscienza dei nostri fratelli. Ma proporre a questa
coscienza la verità evangelica e la salvezza in Gesù Cristo con piena chiarezza
e nel rispetto assoluto delle libere opzioni che essa farà - senza «spinte
coercitive o sollecitazioni disoneste o stimoli meno retti» [131] - lungi dall'essere un attentato alla
libertà religiosa, è un omaggio a questa libertà, alla quale è offerta la
scelta di una via, che gli stessi non credenti stimano nobile ed esaltante. È
dunque un crimine contro la libertà altrui proclamare nella gioia una Buona
Novella che si è appresa per misericordia del Signore? [132] E perché solo la menzogna e l'errore,
la degradazione e la pornografia avrebbero il diritto di essere proposti e
spesso, purtroppo, imposti dalla propaganda distruttiva dei mass media, dalla
tolleranza delle leggi, dalla timidezza dei buoni e dalla temerità dei cattivi?
Questo modo rispettoso di proporre il Cristo e il suo Regno, più che un
diritto, è un dovere dell'evangelizzatore. Ed è parimente un diritto degli
uomini suoi fratelli di ricevere da lui l'annuncio della Buona Novella della
salvezza. Questa salvezza Dio la può compiere in chi egli vuole attraverso vie
straordinarie che solo lui conosce [133]. Peraltro se il Figlio è venuto, ciò è
stato precisamente per rivelarci, mediante la sua parola e la sua vita, i
sentieri ordinari della salvezza. E ci ha ordinato di trasmettere agli altri
questa rivelazione con la sua stessa autorità. Non sarà inutile che ciascun
cristiano e ciascun evangelizzatore approfondisca nella preghiera questo
pensiero: gli uomini potranno salvarsi anche per altri sentieri, grazie alla
misericordia di Dio, benché noi non annunziamo loro il Vangelo; ma potremo noi
salvarci se, per negligenza, per paura, per vergogna - ciò che S. Paolo
chiamava «arrossire del Vangelo» [134] - o in conseguenza di idee false,
trascuriamo di annunziarlo? Perché questo sarebbe allora tradire la chiamata di
Dio che, per bocca dei ministri del Vangelo, vuole far germinare la semente;
dipenderà da noi che questa diventi un albero e produca tutto il suo frutto.
Conserviamo dunque il
fervore dello spirito. Conserviamo la dolce e confortante gioia
d'evangelizzare, anche quando occorre seminare nelle lacrime. Sia questo per
noi - come lo fu per Giovanni Battista, per Pietro e Paolo, per gli altri
Apostoli, per una moltitudine di straordinari evangelizzatori lungo il corso
della storia della Chiesa - uno slancio interiore che nessuno, né alcuna cosa
potrà spegnere. Sia questa la grande gioia delle nostre vite impegnate. Possa
il mondo del nostro tempo, che cerca ora nell'angoscia, ora nella speranza,
ricevere la Buona Novella non da evangelizzatori tristi e scoraggiati,
impazienti e ansiosi, ma da ministri del Vangelo, la cui vita irradii fervore,
che abbiano per primi ricevuto in loro la gioia del Cristo, e accettino di
mettere in gioco la propria vita affinché il Regno sia annunziato e la Chiesa
sia impiantata nel cuore del mondo.
LA CONSEGNA DELL'ANNO
SANTO
81.
Ecco dunque, Fratelli e Figli, il grido che sale dal fondo del Nostro cuore, in
eco alla voce dei Nostri Fratelli riuniti per la terza Assemblea Generale del
Sinodo dei Vescovi. Ecco la consegna che abbiamo voluto dare alla fine di un
Anno Santo, che Ci ha permesso di percepire più che mai la necessità e le
invocazioni di una moltitudine di fratelli, cristiani e non cristiani, che
attendono dalla Chiesa la Parola della salvezza. Possa la luce dell'Anno Santo,
che si è levata nelle Chiese particolari e a Roma per milioni di coscienze
riconciliate con Dio, irradiarsi egualmente dopo il Giubileo attraverso un
programma di azione pastorale, di cui l'evangelizzazione è l'aspetto
fondamentale, per questi anni che segnano la vigilia di un nuovo secolo, la
vigilia anche del terzo millennio del cristianesimo.
MARIA, STELLA
DELL'EVANGELIZZAZIONE
82.
Tale è il voto che siamo lieti di deporre nelle mani e nel cuore della
Santissima Vergine Maria, l'Immacolata, in questo giorno che Le è
particolarmente consacrato, nel decimo anniversario della chiusura del Concilio
Vaticano II. Al mattino della Pentecoste, Ella ha presieduto con la sua
preghiera all'inizio dell'evangelizzazione sotto l'azione dello Spirito Santo:
sia lei la Stella dell'evangelizzazione sempre rinnovata che la Chiesa, docile
al mandato del suo Signore, deve promuovere e adempiere, soprattutto in questi
tempi difficili ma pieni di speranza! Nel nome di Cristo, benediciamo voi, le
vostre comunità, le vostre famiglie, tutti coloro che vi sono cari, con le
parole che San Paolo rivolgeva ai Filippesi: «Ringrazio il mio Dio ogni volta
ch'io mi ricordo di voi, pregando sempre con gioia per voi in ogni mia
preghiera a motivo della vostra cooperazione alla diffusione del Vangelo . . .
Vi porto nel cuore, voi che siete tutti partecipi della grazia che mi è stata
concessa, . . . nella difesa e nel consolidamento del Vangelo. Infatti, Dio mi
è testimonio del profondo affetto che ho per tutti voi nell'amore di Cristo
Gesù» [135].
Dato a Roma, presso S.
Pietro, l'8 dicembre, nella Solennità dell'Immacolata Concezione della B. V. Maria,
dell'anno 1975, XIII del Nostro Pontificato.
PAOLO PP. VI
[1]
Cfr. Luc 22, 32
[2]
2 Cor. 11, 28
[3]
Cfr. Ad
Gentes, 1: AAS 58, 1966, p. 947
[4]
Cfr. Eph. 4, 24; 2, 15; Col. 3, 10; Gal. 3, 27; Rom. 13, 14; 2 Cor. 5, 17
[5]
2 Cor. 5, 20
[6]
Cfr. PAOLO PP. VI, Discorso
per la chiusura della terza assemblea generale del Sinodo dei Vescovi (26
ottobre 1974): AAS 66, 1974, pp. 634-635; 637
[7]
PAOLO PP. VI, Discorso
al Sacro Collegio dei Cardinali (22 giugno 1973): AAS 65, 1973, p. 383
[8]
2 Cor. 11, 28
[9]
1 Tim. 5, 17
[10]
2 Tim. 2, 15
[11]
Cfr. 1 Cor. 2, 5
[12]
Luc. 4, 43
[13]
Ibid.
[14]
Luc. 4, 18; cfr. Is. 61, 1
[15]
Cfr. Marc. 1, 1; Rom. 1, 1-3
[16]
Cfr. Matth. 6, 33
[17]
Cfr. Matth. 5, 3-12
[18]
Cfr. Ibid. 5-7
[19]
Cfr. Ibid. 10
[20]
Cfr. Ibid. 13
[21]
Cfr. Ibid. 18
[22]
Cfr. Ibid. 24-25
[23]
Cfr. Ibid. 24, 36; Act. 1, 7; 1 Thess. 5, 1-2
[24]
Cfr. Matth. 11, 12; Luc. 16, 16
[25]
Cfr. Matth. 4. 17
[26]
Marc. 1, 27
[27]
Luc. 4, 22
[28]
Io. 7, 46
[29]
Luc. 4, 43
[30]
Io. 11, 52
[31]
Cfr. Dei
Verbum, 4: AAS 58, 1966, pp. 818-819
[32]
Cfr. 1 Petr. 2, 9
[33]
Cfr. Act. 2, 11
[34]
Luc. 4, 43
[35]
1 Cor. 9, 16
[36]
Cfr. Dichiarazioni dei Padri Sinodali, 4: L'Osservatore Romano, 27 ottobre
1974, p. 6
[37] Matth.
28, 19
[38]
Act. 2, 41. 47
[39]
Cfr. Lumen
Gentium, 8: AAS 57, 1965, p. 11; Ad
Gentes, 5: AAS 58, 1966, pp. 951-952
[40]
Cfr. Act. 2, 42-46; 4, 32-35; 5, 12-16
[41]
Cfr. Ibid. 2, 11; 1 Petr. 2, 9
[42]
Cfr. Ad
Gentes, 5, 11, 12: AAS 58, 1966, pp. 951-952, 959-961
[43]
Cfr. 2 Cor. 4, 5; S. AUGUSTINI Sermo XLVI, De Pastoribus: CCL XLI, pp. 529-530
[44]
Luc. 10, 16; cfr. S. CYPRIANI De Unitate Ecclesiae, 14: PL 4, 527; S. AU
GUSTINI Enarrat. 88, sermo 2, 14: PL 37, 1140; S. IOANNIS CHRYSOSTOMI Hom. de
capto Eutropio, 6: PG 52, 402
[45]
Eph. 5, 25
[46]
Apoc. 21, 5; cfr. 2 Cor. 5, 17; Gal. 6, 15
[47]
Cfr. Rom. 6, 4
[48]
Cfr. Eph. 4, 23-24; Col. 3, 9-10
[49]
Cfr. Rom. 1, 16; 1 Cor. 1, 18; 2, 4
[50]
Cfr. Gaudium
et Spes, 53: AAS 58, 1966, p. 1075
[51]
Cfr. TERTULLIANI Apologeticum, 39: CCL 1, pp. 150.153; MINUCII FELICIS
Octavius, 9 et 31: CSLP, Augustae Taurinorum 19632, pp. 11.13, 47.48
[52]
1 Petr. 3, 15
[53]
Cfr. Lumen
Gentium, 1, 9, 48: AAS 57, 1965, pp. 5, 12-14, 53-54; Gaudium
et Spes, 42, 45: AAS 58, 1966, pp. 1060-1061, 1065-1066; Ad
Gentes, 1, 5: AAS 58, 1966, pp. 947, 951-952
[54]
Cfr. Rom. 1, 16; 1 Cor. 1, 18
[55]
Cfr. Act. 17, 22-23
[56]
1 Io. 3, 1; cfr. Rom. 8, 14-17
[57]
Cfr. Eph. 2, 8; Rom. 1, 16 et SACRAE CONGREGATIONIS PRO DOCTRINA FIDEI Declaratio
ad fidem tuendam in mysteria Incarnationis et SS. Trinitatis a quibusdam
recentibus erroribus (21 Februarii 1972): AAS 64, 1972, pp. 237-241
[58]
Cfr. 1 Io. 3, 2; Rom. 8, 29; Phil. 3, 20-21 et Lumen
Gentium, 48-51: AAS 57, 1965, pp. 53-58
[59]
Cfr. SACRAE CONGREGATIONIS PRO DOCTRINA FIDEI Declaratio
circa Catholicam Doctrinam de Ecclesia contra nonnullos errores hodiernos
tuendam (24 Iunii 1973): AAS 65, 1973, pp. 396-408
[60]
Cfr. Gaudium
et Spes, 47-52: AAS 58, 1966, pp. 1067-1074; PAULI PP. VI Humanae
vitae: AAS 60, 1968, pp. 481-503
[61]
PAOLO PP. VI, Discorso
per l'apertura della terza assemblea generale del Sinodo dei Vescovi (27
settembre 1974): AAS 66, 1974, p. 562
[62]
PAOLO PP. VI, Discorso
per l'apertura della terza assemblea generale del Sinodo dei Vescovi (27
settembre 1974): AAS 66, 1974, p. 562
[63]
PAOLO PP. VI, Discorso ai «Campesinos» della Columbia (23 agosto 1968): AAS 60,
1968, p. 623
[64]
IDEM, Discorso per la «Giornata dello Sviluppo» a Bogotà (23 agosto 1968): AAS
60, 1968, p. 627; cfr. S. AGOSTINO, Epistola 229, 2: PL 33, 1020
[65]
IDEM, Discorso
per la chiusura della terza assemblea generale del Sinodo dei Vescovi (26
ottobre 1974): AAS 66, 1974, p. 637
[66]
PAOLO PP. VI, Discorso del 15 ottobre 1975: L'Osservatore Romano, 17 ottobre
1975
[67]
PAOLO PP. VI, Discorso ai Membri del «Consilium de Laicis» (2 ottobre 1974):
AAS 66, 1974, p. 568
[68]
Cfr. 1 Petr. 3, 1
[69]
Rom. 10, 14. 17
[70]
Cfr. 1 Cor. 2, 1-5
[71]
Rom. 10, 17
[72]
Cfr. Matth. 10, 27; Luc. 12, 3
[73]
Marc. 16, 15
[74]
Cfr. S. IUSTINI I Apologia, 46, 1-4; II Apologia, 7 (8), l-4; 10, 1-3; 13, 3-4:
Florilegium Patristicum II, Bonn 1911-2, pp. 81, 125, 129, 133; CLEMENTIS
ALEXANDRINI Stremata 1, 19, 91, 94: S. Ch. 30, pp. 117-118, 119-120; Ad
Gentes, 11: AAS 58, 1966, p. 960; Lumen
Gentium, 17: AAS 57, 1965, p. 21
[75]
EUSEBII CAESARIENSIS Praeparatio Evangelica, 1, 1: PG 21, 26-28; cfr. Lumen
Gentium, 16: AAS 57, 1965, p. 20
[76]
Cfr. Eph. 3, 8
[77]
HENRI DE LUBAC, Le drame de l'humanisme athée, Ed. Spes, Paris 1945.
[78]
Cfr. Gaudium
et Spes, 59: AAS 58, 1966, p. 1080
[79]
1 Tim. 2, 4
[80]
Matth. 9, 36; 15, 32
[81]
Rom. 10, 15
[82] Dignitatis
Humanae, 13: AAS 58, 1966, 939; p. cfr. Lumen
Gentium, 5: AAS 57, 1965, pp. 7-8; Ad
Gentes, 1: AAS 58, 1966, p. 947
[83]
Cfr. Ad
Gentes, 35: AAS 58, 1966, p. 983
[84]
S. AUGUSTINI Enarrat. in Ps. 44, 23: CCL XXXVIII, p. 510; cfr. Ad
Gentes, 1: AAS 58, 1966, p. 947
[85]
S. GREGORII MAGNI Homil. in Evangelia, 19, 1: PL 76, 1154
[86]
Act. 1, 8; cfr. Didachè, 9, 1: FUNK , Patres Apostolici, 1, 22
[87]
Matth. 28, 20
[88]
Cfr. Ibid. 13, 32
[89]
Cfr. Ibid. 47
[90]
Cfr. Io. 21, 11
[91]
Cfr. Ibid. 10, l-16
[92]
Cfr. Sacrosanctum
Concilium, 37-38: AAS 56, 1964, p. 110; cfr. anche i libri liturgici e gli
altri Documenti emanati successivamente dalla Santa Sede per l'attuazione della
riforma liturgica voluta dal medesimo Concilio.
[93]
PAOLO PP. VI, Discorso
per la chiusura della terza assemblea generale del Sinodo dei Vescovi (26
ottobre 1974): AAS 66, 1974, p. 636
[94]
Cfr. Io. 15, 16; Marc. 3, 13-19; Luc. 6, 13-16
[95]
Cfr. Act. 1, 21-22
[96]
Cfr. Marc. 3, 14
[97]
Cfr. Ibid. 3, 15; Luc. 9, 2
[98]
Act. 4, 8; cfr. Ibid. 2, 14; 3, 12
[99]
Cfr. S. LEONIS MAGNI Sermo 69, 3; Sermo 70, 1-3; Sermo 94, 3; Sermo 95, 2: S.
Ch. 200, pp. 50-52; 58-66; 258-260; 268
[100]
Cfr. CONC. OECUM. LUGDUNENSIS I Ad apostolicae dignitatis: Conciliorum
Oecumenicorum Decreta, Ed. Istituto per le Scienze Religiose, Bologna 19733, p.
278; CONC. OECUM. VIENNENSIS Ad providam Christi, ed. mem., p. 343; CONC.
OECUM. LATERANENSIS V In apostolici culminis, ed. mem., p. 608; Postquam ad
universalis, ed. mem., p. 609; Supernae dispositionis, ed. mem., p. 614; Divina
disponente clementia, ed. mem., p. 638
[101] Ad
Gentes, 38: AAS 58, 1966, p. 985
[102]
Cfr. Lumen
Gentium, 22: AAS 57, 1965, p. 26
[103] Lumen
Gentium, 10, 37: AAS 57, 1965, pp. 14, 43; Ad
Gentes, 39: AAS 58, 1966, p. 986; Presbyterorum Ordinis, 2, 12, 13: AAS 58,
1966, pp. 992, 1010, 1011
[104]
Cfr. 1 Thess. 2, 9
[105]
Cfr. 1 Petr. 5, 4
[106] Lumen
Gentium, 11: AAS 57, 1965, p. 16; Apostolicam
Actuositatem, 11: AAS 58, 1966, p. 848; S. IOANNIS CHRYSOSTOMI In Genesim
Serm. VI, 2; VII, 1: PG 54, 607-608
[107]
Matth. 3, 17
[108]
Ibid. 4, 1
[109]
Luc. 4, 14
[110]
Luc. 4, 18. 21; cfr. Is. 61, 1
[111]
Io. 20, 22
[112]
Act. 2, 17
[113]
Cfr. Ibid. 4, 8
[114]
Cfr. Ibid. 9, 17
[115]
Cfr. Ibid. 6, 5. 10; 7, 55
[116]
Cfr. Ibid. 10, 44
[117]
Cfr. Ibid. 9, 31
[118]
Cfr. Ad
Gentes, 4: AAS 58, 1966, pp. 950-951
[119]
Io. 17, 21
[120]
Cfr. Act. 20, 28
[121]
Cfr. Presbyterorum
Ordinis, 13: AAS 58, 1966, p. 1011
[122]
Cfr. Hebr. 11, 27
[123] Ad
Gentes, 6: AAS 58, 1966, 954955; pp. cfr. Unitatis
Redintegratio, 1: AAS 57, 1965, pp. 90-91
[124] Apostolorum
Limina, VII: AAS 66, 1974, p. 305
[125]
Rom. 5, 5
[126]
Cfr. Io. 8, 32
[127]
1 Thess. 2, 8; cfr. Phil. 1, 8
[128]
Cfr. 1 Thess. 2, 7. 11; 1 Cor. 4, 15; Gal. 4, 19
[129]
Cfr. 1 Cor. 8, 9-13; Rom. 14, 15
[130]
Cfr. Rom. 12, 11
[131]
Cfr. Dignitatis
Humanae, 4: AAS 58, 1966, p. 933
[132]
Ibid. 9-14: AAS 58, 1966, pp. 935-940
[133]
Cfr. Ad
Gentes, 7: AAS 58, 1966, p. 955
[134]
Cfr. Rom. 1, 16
[135]
Phil. 1, 3-4. 7-8
Copyright © Dicastero per
la Comunicazione