Bienheureuse Bonne
d'Armagnac
(+ 1462)
Elle naquit dans une
grande famille de la noblesse de l'Armagnac. Son neveu, duc de Nemours, sera
condamné à mort par le roi Louis XI. Elle refusa d'abord les projets que l'on
faisait sur elle : la faire entrer dans un couvent de clarisses. Et puis, un
beau jour, elle changea d'avis et, grande dame pour montrer que ce n'était pas
une déchéance, elle partit de Carlat dans le Cantal jusqu'à Lézignan dans
l'Aude avec un noble escorte : un sénéchal, sept gentilshommes, sept
demoiselles et six gardes mousquetons sur l'épaule. Suivaient les pages et les laquais.
Cette décision contrariait les vues politiques de son frère le duc de Nemours.
Mais elle resta ferme. Elle meurt à vingt ans, après trois années de vie
monastique : « Gentiment moqueuse et toujours joyeuse. »
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/8731/Bienheureuse-Bonne-d-Armagnac.html
26 octobre, année B
La bienheureuse Bonne
d'Armagnac (vers 1430-1462) entend et voit Jésus
Après vingt ans de mariage,
Bernard VIII d’Armagnac, marié à une cousine du roi de France
Charles VI, reste sans enfants. Il supplie sainte Colette de Corbie
d'intercéder, Celle-ci lui dit en songe que ses désirs seraient réalisés à
condition d’offrir à Dieu la première fille que le Seigneur lui donnerait.
Neuf mois plus tard, une
fille, Bonne, voit le jour. l'enfant grandit entourée de la tendresse des
siens.
A ses dix-sept ans, son
père lui révèle d'un coup les circonstances qui avaient précédé sa naissance et
lui demande d’entrer en religion. Mais Bonne aime la vie mondaine et ne se sent
aucun goût pour le cloître.
Peu après, elle assiste à
la messe dans le château familial. Au moment de l’élévation, elle entend une
voix lui dire : « Bonnette, si tu n’es pas religieuse, comme tu dois
être, tu seras bien punie. »
Se tournant vers l’autel,
elle voit le Christ, présent physiquement, le corps couvert de plaies. Elle se
cache le visage derrière son livre d’Heures et verse un torrent de larmes.
Le mois suivant, elle
quitte le monde, heureuse d'entrer chez les Clarisses de Lézignan (France,
Aude).
Bienheureuse Bonne
d’Armagnac, Vierge. www.sanctoral.com
Edouard de Dienne, La
Légende dorée en Carladez. La bienheureuse Bonne d'Armagnac, 1434-1462,
Aurillac, Bancharel, 1910.
Bienheureuse Bonne
d’Armagnac
Clarisse (vers 1439–1462)
Fête le 26 octobre.
Bernard d’Armagnac,
second fils du célèbre connétable, et petit-fils, par sa mère, de Jean de
Berry, frère de Charles V, après avoir servi dans les armées de Charles VII,
devait être, plus tard, gouverneur du dauphin, le futur roi Louis XI. Il avait
épousé Eléonore de Bourbon, duchesse de Nemours, fille de Jacques de Bourbon, roi
de Hongrie, et possédait, en Auvergne, le château de Carlat, non loin
d’Aurillac.
Naissance et premières
années. — « Bonne ».
Après vingt ans de
mariage le foyer restait sans enfant. Connaissant par la renommée et par
d’intimes relations de famille la vertu de sainte Colette qui travaillait alors
à la réforme du monastère des Clarisses de Lézignan, près de Narbonne, les deux
époux se recommandèrent à ses prières. Colette les assura que leurs désirs
seraient exaucés, mais elle leur recommanda d’offrir au Seigneur, pour en faire
une Clarisse, à Lézignan, la première fille que le ciel leur donnerait.
Eléonore donna
successivement le jour à deux fils, Jacques, connu dans l’histoire sous le nom
de duc de Nemours, et Jean, comte de Castres, plus tard évêque du diocèse du
même nom. Elle allait être mère une troisième fois, lorsqu’elle tomba gravement
malade. Sainte Colette, avertie, envoya en Auvergne deux Frères Mineurs qui
devaient porter à la comtesse et à son mari des paroles d’espérance. Quelque
temps après, le 23 février 1435, naissait celle dont nous racontons la vie.
L’enfant reçut le nom de Bonne, qui était aussi celui de son aïeule maternelle,
Bonne de Berry, morte en 1435, et de sa tante, Bonne de Savoie, décédée
en 1431.
Selon que l’avait
recommandé sainte Colette, ses parents l’offrirent au Seigneur, lui demandant
de la prendre tout à lui dans le monastère de Lézignan, et, pour manifester
cette intention, ils voulaient lui donner le nom de Claire. Mais au moment du
baptême, sa marraine répondit à la demande du prêtre : « Bonne est
son nom, car bonne sera-t-elle. » Le vieil auteur qui rapporte ce trait y
voit comme une inspiration d’en haut. L’événement prouva qu’il en était ainsi,
car, dès ses plus tendres années, Bonne, profitant des leçons quelle recevait,
leçons corroborées du reste par l’exemple, fit de sensibles progrès dans la
pratique des vertus. Les premiers mots qui passèrent du cœur de sa mère dans
son cœur et sur ses lèvres furent : « Jésus mon amour ! » Cette
exclamation, on le verra dans la suite, devint en quelque sorte la devise de
toute sa vie.
Ses parents lui parlent
de Lézigrïan. — Hésitations. Victoire de la grâce.
Ses parents l’avaient
vouée à Dieu. De leur part, cet acte était méritoire, mais, sans nul doute, il
n’obligeait leur fille qu’autant que celle-ci se croirait appelée à la vie
religieuse. Quand elle eut atteint sa dix-septième année, son père lui exposa
les diverses circonstances qui avaient précédé et accompagné sa naissance et
lui proposa d’entrer au couvent des Clarisses de Lézignan. Mais Bonne ne se
sentait aucune inclination pour la vie cloîtrée.
Pour le moment, son père
n’eut garde d’insister.
Catherine, sa dernière
fille, plus jeune que Bonne de trois ou quatre ans, montra plus de décision que
l’aînée. Disant adieu à un monde qu’elle connaissait à peine, elle alla
s’enfermer, sous la direction de sainte Colette, au monastère des Clarisses
d’Amiens, où l’avaient précédée, du reste, deux sœurs de sa mère, Isabeau et
Marie de Bourbon.
Cette généreuse démarche
émut-elle Bonne ? C’est très probable, car ses historiens nous la
montrent, à partir de ce moment, anxieuse, inquiète, quoique, ajoute l’un
d’eux, « la magnanimité lui fît dissimuler le tout ». Du reste, elle
se livrait aux fêtes et divertissements en usage dans les cours à cette
époque ; elle aimait les belles parures, et, comme rien ne lui manquait
pour plaire, elle semblait destinée à une vie heureuse dans le monde.
« Mais elle se peinait en vain, selon la parole du vieux chroniqueur, de
penser trouver le repos de son âme parmi les délices du corps et la gloire
mondaine. » Dieu avait ses vues sur sa servante.
Elle semble y avoir
réfléchi elle-même sérieusement quand il fut question de la marier. Son père,
en raison des fonctions qu’il avait occupées, et de la grande influence exercée
par sa famille dans le parti aristocratique, avait ses entrées libres à la cour
du roi de France. Y avait-il fait paraître sa fille ? L’histoire ne le dit
pas d’une manière positive, mais un fils aîné du roi, Charles, duc de Berry et plus
tard duc de Normandie, connut assez les vertus et la beauté de Bonne pour
aspirer à sa main.
Ce qui aurait mis au
comble du bonheur une âme ordinaire ne fit qu’exciter dans celle de Bonne une
anxiété plus grande.
Jusque-là si heureuse, en
apparence du moins, elle ne put retenir ses larmes, et, quoiqu’elle ne les
répandit qu’en secret, son entourage remarqua cependant la tristesse qui
l’avait envahie. On ne saurait dire quel eut été le résultat de cette lutte
intérieure, si le ciel « qui œilladait son âme », dit naïvement le
vieil auteur, n’avait frappé un grand coup.
Un jour, Bonne assistait
au saint sacrifice dans la chapelle du château de Carlat avec la comtesse, sa
mère, et une suite nombreuse. Tout à coup, au moment de l’Élévation, elle
entend une voix forte qui lui dit (c’est toujours le même auteur qui nous
l’assure) : « Bonnette, Bonnette, si tu n’es religieuse comme tu le dois
être, tu seras bien punie. » Sa première pensée est de regarder les
assistants, s’imaginant que tous ont entendu, mais à leur maintien elle
comprend qu’aucun son particulier n’a frappé leurs oreilles. Se tournant alors
vers l’autel, elle voit Notre-Seigneur Jésus-Christ, de grandeur naturelle,
mais le corps tout couvert de plaies saignantes. Le spectacle est si frappant
quelle ne peut en supporter la vue : elle se cache le visage dans son
livre d’Heures et se prosterne jusqu’à terre en versant un torrent de larmes.
La messe étant finie, les
assistants se retirèrent ; Bonne, seule, était encore là, sous le coup
d’une indéfinissable émotion. Elle relève enfin la tête et regarde l’autel. Un
ange, sous la forme d’un petit enfant, a remplacé le Sauveur ; il lui
présente, avec un visage souriant, trois couronnes d’or, sur chacune desquelles
est gravé un de ces mots : « Pauvreté, Chasteté, Martyre. »
Bonne comprend : elle promet à Dieu de lui appartenir désormais sans
réserve.
Les adieux. — Arrivée à
Lézignan.
Dès lors, la jeune fille
apparut tout autre : son air, ses paroles, toute sa conduite ne
respiraient plus que paix et joie. On se demandait encore quelle pouvait être
la cause d’un tel changement quand elle se présenta devant son père. A genoux,
les mains jointes, elle commence par demander pardon « de toutes les
fâcheries et ennuis qu’elle lui a donnés », et, quand le comte a dit que tout
est oublié, Bonne lui baise les pieds comme pour le remercier : puis se
levant : « Monsieur, voici celle que vous avez fait si soigneusement
élever, pour qui vous avez tant prié, veillé, jeûné… Maintenant, Jésus, mon
amour, m’a vaincue, et moi, par sa grâce, je vaincrai tous mes ennemis. Je lui
ai déjà voué pauvreté et chasteté ; je me donne et consacre corps et âme à
celui qui a voulu mourir sur l’arbre de la sainte croix pour moi, pauvre
pécheresse. »
A ces mots, le comte
tombe comme évanoui ; il ne reprend ses sens, quelques instants après, que
pour manifester à haute voix sa reconnaissance envers Dieu, et pour donner à sa
fille des paroles d’encouragement. Peu après, Bonne fait la même communication
à sa mère, qui partage la joie de son digne époux.
Un mois après, tous les
préparatifs étant terminés, Bonne était de nouveau agenouillée, sollicitant la
bénédiction de sa mère, « laquelle la lui donna à mains jointes, en
pleurant si chaudement et jetant des cris si piteux que tous les assistants sanglotaient
de la voir si fort affligée ».
Bernard d’Armagnac, non
moins ému, mais plus fort, veut encore demander à sa fille si elle croit
pouvoir supporter la vie de pénitence et de renoncement dans laquelle elle va
s’engager : « Oui, mon père, répond-elle sans hésiter, et, de plus,
je voudrais mourir pour l’amour de mon Dieu. — Va donc. Bonnette ! »
dit-il, et il lui baise les mains, « n’osant toucher sa face qui
resplendissait pour lors, en sorte qu’on pouvait bien juger qu’elle était
remplie du Saint-Esprit, qui la rendait aussi constante, courageuse et
riante ».
Enfin, non sans avoir
fait une dernière visite à une léproserie de femmes à qui elle avait coutume de
porter des paroles de consolation avec de larges aumônes, elle prend le chemin
du Languedoc.
Elle arriva à Lézignan,
raconte un autre biographe, le vendredi 24 mars 1459. Les principaux du lieu
allèrent au-devant d’elle. Son escorte était ainsi composée : son
sénéchal, sept gentilshommes, sept demoiselles et six gardes. Quand elle
marchait dans les rues de Lézignan pour se rendre au monastère, son sénéchal la
menait par la main, chapeau bas, précédés qu’ils étaient des six gardes,
mousqueton sur l’épaule. Les demoiselles, les gentilshommes, les pages et les
laquais étaient à sa suite. Tout le monde se mettait sur les portes pour voir
un si beau spectacle.
Ce n’était pas, du reste,
une princesse quelconque qui disait adieu au monde ; c’était la fille même
de leur seigneur. Par son mariage avec Éléonore de Bourbon, Bernard d’Armagnac
avait hérité des biens patrimoniaux de Jacques II ; il était donc comte de
la Marche et de Castres et baron de Lézignan.
Le duc de Nemours veut
s’opposer aux desseins de la bienheureuse Bonne. — Elle triomphe et prend le
saint habit.
Quand Bonne avait quitté
Carlat, son frère aîné, Jacques, qui s’était déjà illustré à la bataille de
Formigny (1450), se trouvait à la cour de Charles VII.
Apprenant le départ de sa
sœur, il se dirige à marches forcées vers Lézignan où il arrive le même jour
que Bonne, mais assez tard dans la nuit.
Sans que personne lui en
eût parlé, la future Clarisse connaît l’arrivée et les intentions de son
frère ; elle se lève et passe le reste de la nuit en prière. Le matin, à
la première heure, un garde, qu’elle interroge, lui ayant dit que Jacques s’était
informé si elle avait encore ses cheveux : « Me voudrait-il prendre
par les cheveux et me ramener à Carlat ? » dit-elle en riant. Et d’un coup
de ciseaux elle tranche sa belle chevelure.
Peu après, son frère se
présente. « Il la salue fort froidement, dit le biographe, et lui reproche
au possible sa venue en ce lieu », puis il lui offre de l’accompagner à
la messe.
Bonne pensait aller
l’entendre à la chapelle du monastère.
Mais lui, la tirant
rudement par le bras, la contraignit d’aller à la paroisse, et la faisant
marcher si vite qu’elle lui dit tout en riant : « Mon frère, et
pourquoi allez-vous si vite ? Il est encore si matin I Avez-vous si tôt
oublié de conduire les dames, vous qui ne faites que venir de la cour ? »
Sur cela, ils entrèrent dans l’église.
Le Christ souffrant
apparaît à la bienheureuse Bonne pour la décider à embrasser la vie religieuse.
La messe fut célébrée à
la chapelle Notre-Dame ; Bonne se recommanda de bon cœur à cette Mère de
toute consolation, obtenant en retour la force et le courage chrétiens.
Aussi les reproches de
son frère ne purent-ils l’émouvoir, pas plus que les menaces ne l’ébranlèrent.
Jacques, tout en colère, quitta Lézignan, deux jours plus tard, sans même
prendre congé de sa sœur. Il nourrissait dans son cœur des pensées de vengeance
contre le monastère, se promettant de les exécuter plus tard quand il serait
devenu baron de Lézignan. Disons-le tout de suite, il n’en fut rien grâce à une
lettre de Bonne dont Dieu se servit pour le toucher. Dans une vie très agitée,
que termina une mort tragique — il devait avoir la tête tranchée à Paris le 4
août 1477 — Jacques conserva toujours un grand attachement pour les deux Ordres
de Saint-François et de Sainte-Claire.
Mais Bonne était libre.
Dès le jour même, 27 mars 1459, elle revêtait la bure des Clarisses avec une de
ses demoiselles d’honneur, qui n’avait pas voulu se séparer d’elle.
L’archevêque de Narbonne, Félix d’Harcourt, présida la cérémonie.
Vertus religieuses de la
bienheureuse Bonne. — Mort de son père. Esprit prophétique.
La vie de la jeune novice
ne fut plus dès lors que prières, pénitences et prodiges.
Une religieuse confessait
franchement, raconte l’ancien biographe, qu’en regardant cette Bienheureuse,
elle se sentait excitée à un grand amour de Dieu : « Il me semble,
disait-elle, que je vois un ange, quand je regarde Sœur Bonne » ; et
protestait l’avoir vue souvent raivie, et connaissait évidemment qu’elle avait
de grandes révélations.
La dévotion qu’elle avait
eue dès l’enfance pour la Passion du Sauveur ne faisait que grandir :
« Elle s’était fait une loi de ne rien omettre de ce qui pouvait
l’honorée » ; quand elle parlait ou écrivait, « de dix paroles,
l’une était : « Jésus, mon amour ! » tant elle était dévote à ce
sacré et saint nom ».
Souvent, pour tout repas,
elle ne prenait que les restes de ses Sœurs ; même étant malade, elle ne
voulait d’autre nourriture que celle de la communauté. La renommée de ses
vertus se répandit bientôt au loin et attira au couvent de Sainte-Claire de
nombreuses et illustres vocations, parmi lesquelles sa cousine, Marie de
Bourbon-Cariat, déjà fiancée à un prince espagnol.
Le père de Bonne, ne
pouvant assister à la profession religieuse de sa fille à cause de ses
infirmités, députa son chapelain, porteur d’un magnifique coffret sculpté et doré
qui contenait diverses reliques, entre autres le voile que sainte Colette avait
reçu de Benoît XIII (Pierre de Lune). Et ce fut avec ce voile que Bonne fit
profession.
Rien de charmant comme le
petit discours que l’auteur du manuscrit que nous aimons à citer met à cette
occasion sur les lèvres de la Mère abbesse devant toute la communauté réunie au
Chapitre :
Elle s’assit sur son
siège et commença à dire : « Vous savez, mes bonnes Mères et Sœurs,
comme nous sommes assemblées ici pour l’honneur et gloire de Dieu, et pour
épouser à sa divine Majesté notre pauvre fille et sœur Bonne. Venez ça, ma
fille, ma mie ; voici comme vos bonnes Mères et Sœurs, ayant connu votre
bonne dévotion et le zèle que vous avez au salut de votre âme, voire le grand
amour que vous portez à votre sainte religion, vous ont reçue à la sainte
profession…
Le jour même de sa
profession, Dieu lui révéla que son père était gravement malade. Bientôt, par
la même voix, elle en connut la mort, et quand, pour la préparer à cette grave
nouvelle, on lui parla de la maladie du comte : « Oh l dit-elle, il
est à présent guéri de tous maux. »
D’après la volonté
expresse du défunt, son corps fut porté à Lézignan, revêtu de l’habit
franciscain. On l’inhuma dans l’église du couvent, sous la porte, « à
cette fin que tous ceux qui entreraient et sortiraient marchassent sur sa
tombe », comme il l’avait expressément désiré.
La renommée de la vertu
de la jeune Clarisse, et celle de son illustre origine ne tardèrent pas à
franchir les limites du couvent. C’est ainsi que l’évêque de Carcassonne
passait à Lézignan, se rendant à la cour du roi de France ; il voulut
saluer Bonne, la pieuse religieuse.
« L’archevêque de
Narbonne l’estimait aussi à ce point qu’il vint à Lézignan tout expressément
pour la voir. » Il voulait en même temps lui offrir un habit neuf. Bonne
refusait de l’accepter, trouvant celui quelle portait encore en bon état.
Cédant enfin aux instances du prélat : « Du moins, dit-elle, je n’en
aurai plus d’autre, celui-ci me servira à la vie et à la mort. »
La peste sévissait dans
la contrée, et Bonne en fut atteinte. Le confesseur de la communauté consulta à
son sujet les meilleurs médecins. Ils conseillèrent des remèdes énergiques,
selon l’usage du temps. Mais elle, qui avait mis toute sa confiance en Dieu, ne
pouvait se résoudre à prendre les remèdes qu’on lui présentait. Elle en accepta
enfin trois ou quatre par obéissance, en disant à son confesseur :
« Je vous satisferai, bien que je sois très assurée que ces amères
médecines me seront employées inutilement, à moi qui ne dois point mourir de ce
mal-là, ni vous non plus, mon Père, car vous m’enterrerez de vos propres
mains. »
Ces prédictions devaient
se réaliser.
Épreuves suprêmes. —
Triomphe final.
La jeune religieuse avait
échappé à la peste ; sur la fin de l’année 1460, elle ressentit les
premières attaques d’un autre mal. Selon qu’elle l’avait prédit, les soins et
les remèdes n’y pouvaient rien.
Cet état de fatigue se
prolongea environ une année. Vers Noël, elle demanda l’Extrême-Onction. En cette
solennité de la Nativité du Sauveur, le Père confesseur célébra la messe à
l’infirmerie.
La Bienheureuse, dit son
biographe, fit très dévotement la sainte communion avec une si grande abondance
de larmes qu’elle animait toute l’assistance à l’amour de Dieu. Le confesseur
lui donna ensuite l’absolution générale ; et quand il lui disait ces
paroles : « Je vous restitue à l’innocence et pureté du
baptême », elle joignit les mains et, les mettant sur sa bouche, avec
grande joie et jubilation, disait à voix basse : « Ah ! bonté,
pitié et miséricorde de mon Dieu ! »
Toutes les religieuses
s’étaient rendues à la grand messe, sur la prière de la malade, car,
disait-elle, il n’est pas juste de laisser le Créateur pour la créature. Or,
pendant le Saint Office, une belle dame richement vêtue et tenant un petit
enfant dans ses bras apparaît tout à coup à la malade. Bonne commença à essuyer
ses larmes pour la voir plus à souhait, mais la Mère de Dieu – car c’était elle
– ne lui en laissa en quelques sortes pas la temps. Elle s’approcha et lui
dit : « Tenez, ma fille, mon petit enfant nouvellement né ;
gardez-le jusqu’à ce que je revienne. » Et la pauvre Clarisse, au comble
du bonheur, le prit dans ses bras et fut inondée de consolations surnaturelles.
Elle s’écriait, dans son ravissement : « Je tiens maintenant le petit
Jésus, mon amour. »
En revenant de l’église,
ses soeurs la trouvèrent dans ces transports et, au commandement de la
supérieure, Bonne leur en découvrit la cause.
Le lendemain, on la crut
à l’agonie ; le confesseur commença les dernières prières. Tout à coup,
elle se prit à crier : « Jésus, mon amour, veuillez me secourir en ce
pressant besoin ! » Elle demanda ensuite une nouvelle absolution et, à la
question du confesseur si c’était la souffrance qui lui avait fait pousser ce
cri : « Nenni, mon Père. C’est la vision de diables que j’ai eue, la
plus horrible et épouvantable qu’on ne saurait imaginer. Ils me montraient deux
livres ouverts et me disaient que là dedans était ma confession. Mais un Frère
Mineur qui avait les stigmates aux pieds et aux mains, reluisantes comme
soleil, ferma les livres et les attacha bien serrés avec sa corde… Puis ils
tâchaient de me mettre en désespoir de la Miséricorde de Dieu, mais aussitôt
que l’ai eu prononcé ces mots : « Jésus, mon amour ! » ils se
sont évanouis. »
Plusieurs fois encore,
l’agonisante fut tourmentée par d’horribles visions. Elle en était
impressionnée jusqu’à trembler de tous ses membres ; ses os semblaient se
disloquer. Mais sa confiance en Dieu et la protection de saint Michel lui
obtinrent la victoire. Elle voulut chanter avec ses compagnes l’hymne de la
reconnaissance et du triomphe, le Gloria in excelsis et le Magnificat.
Enfin, le 3 janvier 1462,
après avoir reçu une dernière fois le bienfait de l’absolution, après avoir
pris congé de ses sœurs en les exhortant « d’être fort zélées au service
de Dieu et au salut des âmes », et dit : « Mon Père, vous m’avez
fait grand nombre de recommandations, mais je n’en oublierai aucune, surtout,
j’aurai mémoire de vous et de ce monastère béni de la main de Dieu même, et qui
m’a été un moyen d’aller au paradis. » Puis le même jour, « plus
chargée de vertus et de mérites que d’années » elle entra dasn la patrie
bienheureuse. Elle était âgée d’à peine 23 ans.
Son culte paraît s’être
établi dès le jour de sa mort et il s’est perpétué dans l’église paroissiale de
Lézignan ; les titres de Bienheureuse et de Sainte lui sont
traditionnellement décernés ; l’évêque de Carcassonne et l’Ordre
franciscain sont en instance auprès du Saint-Siège pour en obtenir la
confirmation.
G.D.
Sources consultées. – Les
anciens auteurs de l’Ordre franciscain. – Vies manuscrites et divers documents
conservés à Narbonne et à l’évêché de Carcassonne. – Ch. Samaran, dans
Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. IV (Paris, 1925).
– (V. S. B. P., n° 1479)
SOURCE : https://laportelatine.org/spiritualite/vies-de-saints/bienheureuse-bonne-darmagnac
Bienheureuse Bonne d’Armagnac
Vierge, Clarisse du monastère de Lézignan
(1439-1462)
Bernard d’Armagnac, fils
du connétable de ce nom et gouverneur du dauphin qui fut le roi Louis X, après
vingt ans de mariage, restait sans enfants. Sainte Colette, aux prières de
laquelle il s’était recommandé, l’assura que ses désirs seraient réalisés à
condition d’offrir à Dieu la première fille que Dieu lui donnerait. Le 23
février 1439, lui naissait une fille qui reçut le nom de Bonne.
Quand l’enfant eut
atteint sa dix-septième année, son père lui révéla les circonstances qui
avaient précédé sa naissance et lui proposa d’entrer en religion. Bonne, qui
aimait le monde, ne se sentait aucun goût pour le cloître; lorsqu’un jour,
assistant à la messe, au moment de l’élévation, elle entendit une voix lui
dire: «Bonnette, si tu n’es pas religieuse, comme tu dois être, tu seras bien
punie.» Se tournant alors vers l’autel, Bonne aperçoit Notre-Seigneur, le corps
tout couvert de plaies. Elle se cache alors le visage derrière son livre
d’Heures et se met à verser un torrent de larmes. À partir de ce moment, son
parti fut pris: un mois après, avec la bénédiction de son père et de sa mère,
elle quittait le monde.
Jacques, son frère aîné,
se trouvait à la cour de Charles VII. Apprenant le départ de sa sœur, il se
dirigea en hâte au monastère des Clarisses de Lézignan où elle venait
d'arriver. Sans que personne lui en eût parlé, la future Clarisse connaît
l'arrivée et les intentions de son frère; elle passe le reste de la nuit en
prière. Le matin, à la première heure, un garde, qu'elle interroge, lui ayant
dit que Jacques s'était informé si elle avait encore ses cheveux: «Me
voudrait-il prendre par les cheveux et me ramener à la maison?» dit-elle en
riant. Et d'un coup de ciseaux elle tranche sa belle chevelure. Ni les
reproches ni les menaces de son frère ne purent ébranler sa résolution de se
consacrer à Dieu. Le jour même, 27 mars 1459, elle revêtait la bure des
Clarisses avec une de ses demoiselles d'honneur qui n'avait pas voulu se
séparer d'elle.
La vie de la jeune novice
ne fut plus dès ce jour que prière et mortification. «Il me semble, disait une
de ses compagnes, que je vois un ange, quand je regarde sœur Bonne.» Souvent,
pour tout repas, elle ne prenait que les restes de ses sœurs; même en maladie,
elle ne voulait d’autre nourriture que celle de la communauté. La renommée de
ses vertus se répandit bientôt au loin et attira de nombreux sujets au couvent
de Sainte-Claire.
Empêché par la maladie
d’assister à la profession religieuse de sa fille, le seigneur d’Armagnac
députa son chapelain, porteur d’un magnifique coffret contenant diverses
reliques, entre autres le voile de sainte Colette. Ce fut avec ce voile que
Bonne fit profession. Voici le charmant discours que la Mère Abbesse lui
adressa en cette circonstance: «Vous savez, mes bonnes Mères et Sœurs, comme nous
sommes assemblées ici pour l’honneur et gloire de Dieu, et pour épouser à sa
Divine Majesté notre pauvre fille et sœur Bonne. Venez ça, ma fille, ma mie;
voici comme vos bonnes Mères et Sœurs, ayant connu votre bonne dévotion et le
zèle que vous avez au salut de votre âme, voire le grand amour que vous portez
à votre sainte religion, vous ont reçue à la sainte profession.»
Le jour même de sa
profession, Dieu révéla à la Bienheureuse que son père était gravement malade;
bientôt, par la même voie, elle en connut la mort. Quand pour la préparer à
cette grave nouvelle, on lui parla de la maladie du comte, sans hésiter elle
répondit: «Oh! Il est à présent guéri de tous les maux.» –– D’après la volonté
expresse du défunt, son corps fut porté à Lézignan, revêtu de l’habit
franciscain et inhumé dans l’église du couvent.
Bonne survécut peu à son
père. Le jour de Noël 1461, elle recevait les derniers sacrements. Huit jours
après, elle entrait dans sa bienheureuse éternité, n’étant âgée que de
vingt-trois ans.
Collection de Vies de
Saints, Un Saint pour chaque jour du mois,, Première série, Octobre, Paris,
Maison de la Bonne Presse, 1932
SOURCE : https://sanctoral.com/fr/saints/bse_bonne_d_armagnac.html
Le
Christ souffrant apparaît à Bonne pour la décider à embrasser la vie religieuse
Bl. Bonne d’Armagnac
Birth: 1434
Death: 1457
When Bonne d’Armagnac was
born in Carlat, France, her parents took
a vow to give her to religious life, a vow conditional upon the girl’s own
subsequent assent. When years later the young woman
learned of her parent’s promise, she at first refused to consent to it. But she
later had a change of heart, and decided of her own accord to enter the convent of Poor Clares
at Lezignan. There she encountered opposition from her brother James, who began
a campaign to persuade her to abandon convent life.
Her vocation thus tested, Bonne persevered in the novitiate, developing a deep
devotion to the Passion of Christ. On the day of her religious profession, she
had a mystical experience in which Christ revealed his love for
her, and forewarned her of her father’s approaching death. Bonne herself was
soon stricken with a fatal illness, in the course of which she redoubled her
meditations upon the Passion, finding great consolation therein. On her
deathbed, the twenty-three-year-old Bonne admonished her fellow nuns to
devote themselves to the service of God and the salvation of
souls.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=5679
Le
frère de Bonne veut la contraindre à quitter le couvent pour entrer dans le monde
I Santi : Santu Evaristu,
A Beata Bona
Charles Monti
le Samedi 26 Octobre 2013 à 01:07
Evaristu era natu in
Bettelemme. Hè statu elettu papa l'annu 97. Hè dunque u quintu papa di a Chjesa
catolica dopu à Petru, Linu, Cletu, è Clemente. Hà spartutu Roma in parochje è
interdettu i matrimonii clandestini. Hè statu marturiatu in Roma à l'epica di
l'imperatore Traianu, u 26 uttobre di l'annu 105.
Bona, nata in u 1434 à
Carlat (attualmente in u dipartimentu di u Cantal), hè morta à Lézignan
(dipartimentu di l'Aude). Era di a famiglia di l'Armagnac di a Gascogna chì, pè
a preeminenza, pretendianu di esse à parità cù quella di i rè di Francia. Issa
famiglia si hè spinta quindeci anni dopu à a morte di Bona, cù un nipote,
chjusu in una gabbia di ferru da Luigi XI di Francia, è po tombu.
A vita di a Beata Bona, citata
da Omer Englebert in "La Vie des Saints", dice: "Brave,
gentiment moqueuse, magnanime et toujours joyeuse... elle se peinait en vain de
penser trouver la paix parmi les délices du corps et la gloire mondaine. La
grâce de Dieu qui oeilladait son âme finit par l'emporter. Une voix intérieure
se fit entendre: Bonnette, Bonnette, si tu n'es religieuse comme tu le dois
être tu seras punie... Son entrée au couvent se fit en grand arroi. Ayant
demandé pardon à son père de toutes les fâcheries et ennuis qu'elle lui avait
donnés; ayant reçu la bénédiction de sa mère, qui la lui impartit en jetant des
cris si piteux que tous sanglotaient, Bonne fit une dernière visite à la
léproserie de femmes qu'elle entretenait. Elle arriva à Lézignan le vendredi 24
mars 1499. Son escorte comprenait un sénéchal, sept gentilshommes, sept
demoiselles et six gardes. Son sénéchal, chapeau bas, lui donnait la main.
Marchaient devant les six gardes mousqueton sur l'épaule. Suivaient les
gentilshommes, les demoiselles, puis les pages et les laquais".
U fratellu di Bona,
Ghjacumu, duca di Nemours, averebbi vulsutu maritalla. Quand'ellu hà sappiutu
ch'ella era entrata in un cunventu, vense, è dumandò s'elli li avianu digià
tagliatu i capelli. "Soga - disse ella - mi voli piglià pè i capelli è
strascinammi in casa!". È, pigliendu e furbice, tagliò a so bella
capillera.
In cunventu ci stete
pocu, postu ch'ella hè morta à 28 anni.
SOURCE : https://www.corsenetinfos.corsica/I-Santi-Santu-Evaristu-A-Beata-Bona_a5794.html
Beata Bona De Armagnac
(1434-1462)
Bona pertenecía a una muy
noble familia que se trataba de igual a igual con los reyes de Francia. Aunque
era buena y caritativa- mantenía un leprosario para mujeres ella misma- no
quería seguir la vocación de religiosa a la que se sentía llamada. Por
fin la gracia de Dios acabó por empujarla y entró al convento con gran pompa y
acompañamiento al convento de clarisas de Lézignan. Antes de que
profesara, su hermano, el duque de Nemours fue por ella pues deseaba casarla
por razones políticas, y al llegar preguntó si ya le habían cortado los
cabellos. Bona preguntó “¿Me quiere coger de los pelos para conducirme a
Carlat a casarme?”, y, sin pensarlo dos veces, echó mano a las tijeras y ella
misma cortó su hermosa cabellera. Murió en el convento a los 28 años y se
le recuerda como una mujer valiente, bromista, magnánima y siempre alegre.
* La alegría
constante es signo de que se siente la filiación divina- el convencimiento de
que somos hijos de Dios. Agradece muchas veces al día a tu Padre Dios esta
seguridad.
SOURCE : https://encuentra.com/santoral-26-de-octubre-beata-bona-de-armagnac/









