jeudi 17 novembre 2016

Saint GRÉGOIRE de TOURS, évêque, historien, théologien et confesseur

San Gregorio di Tours

Jean Marcellin. Pierre. Saint Grégoire de Tours, vers 1853. Première statue du Pavillon Turgot au Pavillon Richelieu, cour Napoléon, palais du Louvre

Jean Marcellin, Statua di Gregorio di Tours, Palazzo del Louvre

Jean Marcellin, St. Gregory of Tours, 19th century statue, Louvre, ParisFrance


Saint Grégoire de Tours

Évêque (+ 595)

Né à Clermont-Ferrand, il se rend à Tours pour se faire guérir auprès du tombeau de saint Martin. Resté à Tours, il en devient évêque. A sa mort, il laisse de nombreux traités d'histoire et d'astronomie. Une hagiographie merveilleuse et terrifiante de saint Julien et de saint Martin; un traité des cycles ecclésiastiques et surtout une tumultueuse "Histoire des Francs" étonnamment respectueuse des faits malgré des jugements passionnés, ce qui fait de lui le premier historien de la France.

Saint Grégoire évêque 573-595. (historique - diocèse de Tours)

À Tours, en 594, saint Grégoire, évêque, qui succéda dans ce siège à saint Euphrone et écrivit l’histoire des Francs et les vertus des saints dans une langue simple et un récit plein de vérité.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/158/Saint-Gregoire-de-Tours.html

Aussi beaucoup d'hommes gémissaient disant : "Malheur à nos jours ! L’étude des lettres périt parmi nous, et on ne trouve personne qui puisse raconter dans ses écrits les faits d'à présent." Voyant cela, j'ai jugé à propos de conserver, bien qu'en un langage inculte, la mémoire des choses passées, afin qu'elles arrivent à la connaissance des hommes à venir.

Saint Grégoire de Tours, prologue de l'Histoire des Francs (livre I)

SOURCE : https://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/francs1.htm et https://www.gregoiredetours.fr/qui-sommes-nous/

Saint Grégoire de Tours : vie, œuvres, prières

“Grâce aux maîtres de mon adolescence, et au goût qu’ils m’inspirèrent pour les études chrétiennes, j’eus l’insigne bonheur de connaître la Rédemption du monde par Notre-Seigneur Jésus-Christ et les grâces ineffables réservées à ceux qui suivent l’époux en portant sa croix”. 

Né à Clermont au VIème siècle, Grégoire est issu d’une famille aristocrate arverne par son père et ecclésiale par sa mère. Fervent croyant, il se rend à Tours pour être guéri par saint Martin. Demeuré à Tours, il en devient évêque. Passionné d’Histoire, en particulier des francs et des saints, il en laisse, à sa mort, de nombreux traités, de multiples hagiographies, ainsi que d’autres ouvrages ecclésiastiques. Il est considéré comme le premier historien de la France.

Découvrez d’autres bienheureux, saints et saintes de l’Eglise dans le guide des saints. Voici aussi de belles prières d'intercession pour invoquer saint Grégoire. 

Biographie de Saint Grégoire de Tours

Georges Florent Grégoire naît à Clermont, en Auvergne, en 538, au sein d’une famille noble de sénateurs et d’évêques. Neveu de l’évêque de Clermont, arrière-petit-fils de saint Grégoire de Langres, et petit neveu de saint Nizier de Lyon, il comptait parmi ses pieux aïeux un des martyrs de Lyon, de l’époque de sainte Blandine, et saint Pothin. , il guérit son père plusieurs fois par le biais de songes où un ange lui apparaît. Son père meurt toutefois jeune et il est d’abord élevé par sa mère dans la région de Cavaillon, avant d’être expédié chez son oncle Gall Ier, évêque de Clermont, puis chez son oncle Nizier à Lyon, en 563. Il se passionne pour les écritures saintes. 

De santé fragile, il est tout d’abord guéri à l’âge de 14 ans de maux d’estomac par l’intercession de saint Alyre. Il promet alors à Dieu d’entrer à son service. Puis, à 24 ans, c’est saint Martin qui le soulage de pustules malignes, lors de sa première visite à Tours, et ce malgré les protestations de ses proches qui le conduisent à Tours. Plus tard, il étonnera régulièrement les médecins désespérés de sa guérison en demandant la poussière du tombeau de saint Martin qui le guérira miraculeusement. 

Il est ensuite nommé diacre et exerce à Brioude. Il se rend régulièrement à Tours en pèlerinage. Apprécié des tourangeaux et du roi des Francs Sigebert Ier, il est nommé évêque de Tours en 573 par l’évêque de Reims, Egidius. Il s’attache alors à réformer son clergé, restaure la cathédrale et fait bâtir d'autres églises. Il vient en aide aux pauvres et aux malades. 

Le royaume des francs est alors déchiré par les querelles intestines entre les descendants de Clovis. Ces derniers, en particulier Chilpéric, qui a succédé à Sigebert, en épousant sa veuve, tentent de mettre au pas l’évêque, au profit du pouvoir temporel, qui cherche à renier et rabaisser l’Eglise. Mais Grégoire refuse de céder et il défend son peuple, ainsi que l’intégrité de l’Eglise. Il prend notamment la défense de l’évêque de Rouen, saint Prétextat, qui avait validé un mariage allant à l’encontre des intérêts de Chilpéric, et que ce dernier cherchait à discréditer. Intègre et faisant appel à Dieu et sa conscience, Grégoire refuse les tentatives de soudoiement et d’intimidation de Chilpéric et son épouse Frédégonde. « Je ferai ce que le Seigneur me commande, répondra-t-il, et je parlerai conformément aux saints canons. »

Il est alors victime de calomnie par la reine Frédégonde et un concile est organisé afin de le juger. Il en sort blanchi. 

Sa charge épiscopale l’oblige à voyager en Gaule pour ses affaires politiques ou pour assister à des conciles. C’est ainsi que doté d’un esprit vif et curieux, il commence à écrire dès le début de son épiscopat. Auteur de l'Histoire des Francs, un récit où se mêlent intimement les faits du siècle et de l'Église, il était poussé par un devoir de mémoire et une volonté de montrer l'œuvre du Christ dans l’Histoire. À cela, s’ajoute un ensemble de récits de vies de saints qui s’inscrit parfaitement dans la culture populaire des miracles et des pèlerinages de l'époque, sous le titre de Livre des miracles. Grégoire vénérait les saints, et en particulier saint Martin. Il portait les reliques de ce dernier sur lui, ainsi que celles de saint Saturnin. C’est ainsi qu’il exerçait souvent ses dons de guérison et de discernement des esprits. Empli d’humilité, il se jugeait indigne d’écrire les miracles de saint Martin, jusqu’à ce qu’un ordre du ciel lui enjoigne de le faire. Vers la fin de sa vie, il rencontre le pape saint Grégoire le Grand, qui fut impressionné par son éloquence, sa clairvoyance et sa vertu, et qui lui offrit une chaire pour son église de Tours. 

Grégoire de Tours décède en 594 à Tours. Son clergé ne put consentir à ce que sa tombe soit établie à même le sol afin que l’on puisse marcher dessus, comme il l’avait demandé, il est donc inhumé à côté du tombeau de saint Martin. Il fût canonisé quelques années après sa mort. 

Une prière pour l'Église de saint Grégoire de Tours     

Dieu notre Père,

Conduis ton Eglise. Que dans ce monde, elle vive de plus en plus dans la sainteté, dans l’unité et dans l’amour. Par Jésus le Christ ton fils, et dans l’Esprit Saint. 

Amen

Continuez votre prière à saint Grégoire de Tours grâce à Hozana !

Priez la neuvaine a saint Martin de Tours avec Hozana. Laissez-vous inspirer par son témoignage de vie en Christ, et vous aussi, laissez-vous transformer par la Grâce !

Avec Hozana, (re)découvrez les saints et marchez sur leurs pas ! En priant avec les saints, vous découvrirez la puissance de la communion des saints !

A la suite de saint Grégoire de Tours, priez pour l’Eglise grâce à cette neuvaine a saint Pierre et saint Paul.

Sources

1https://fr.wikipedia.org

2https://www.universalis.fr

3https://www.persee.fr

SOURCE : https://hozana.org/saints/saint-gregoire-de-tours

San Gregorio di Tours

Saint Grégoire, Autun - BM - ms. 0019 bis, Sacramentaire de Marmoutier à l'usage d'Autun, vers 845-850, Touraine, Marmoutier, abbaye Saint-Martin ; Tours, collégiale Saint-Martin. bibliothèque municipale d'Autun

Miniatura con San Gregorio di Tours, tratta dal Santoriale dell'Abbazia di San Martino di Marmoutier (845-850)


Saint Grégoire de Tours

Par son aïeule paternelle, Léocradie, Grégoire descendait de Vettius Epagathus qui fut un des martyrs de Lyon2, et, par sa mère, Armentaire, il était un arrière-petit-fils de saint Grégoire3 qui fut évêque de Langres. Fils du sénateur Florent, il naquit à Clermont le 30 novembre 539.

A cinq ans, il fut confié à son oncle paternel, saint Gal, évêque de Clermont4, et, dès ce temps-là, il paraissait si saint que son cousin Nizier, saint évêque de Lyon, le regardait comme un saint et un prédestiné ; en effet, dans son enfance, instruit en songe par un ange, il guérit deux fois son père des maux dont il était tourmenté : une fois, en mettant sous le chevet du lit paternel une tablette où était écrit le nom de Jésus, et une autre fois, à l'exemple de l'ange Raphaël, dans le livre de Tobie, par l'odeur du foie d'un poisson qu'il fit rôtir.

Etant lui-même tombé malade, il se fit porter au tombeau de saint Alyre qui fut évêque de Clermont5 ; n’ayant obtenu aucun résultat la première fois, il promit à la seconde d'entrer dans l'Eglise et recouvra la santé.  En 569, il reçut le diaconat des mains de Cautin, successeur de saint Gall.

Comme un bourgeois de Clermont qui avait apporté de Tours un morceau de bois détaché du tombeau de saint Martin, ne le gardait pas dans sa maison avec la révérence convenable, tous ses domestiques tombèrent malades. Lorsqu’il eut recours à Dieu pour savoir la cause du mal, un visage indigné lui apparut en songe pour lui dire que le peu de respect porté à la relique était la cause de ses maladies qui cesseraient quand il remettrait le précieux dépôt entre les mains du diacre Grégoire. Il le fit et il vit l’accomplissement de la promesse. Grégoire visitait alors souvent des religieux pénitents dont la conversation le dégoûta entièrement du monde ; il s’adonna à la prière continuelle et de grandes austérités qui altérèrent tant sa santé que l’on désespéra de le guérir ; il se fit transporter au tombeau de saint Martin où il reçut une parfaite guérison, miracle qui se reproduisit si souvent qu'on eût dit qu'il ne tenait la vie que de ce grand saint.

Ses fréquents pèlerinages à Tours l’y rendirent si familier qu’après la mort d'Euphrone (4 août 573), malgré sa résistance, selon les vœux du roi Sigebert6 et de la reine Brunehaut, on l’élit évêque de Tours où, après les guerres qui avaient désolé le pays, les églises étaient ruinées, les mœurs corrompues et la discipline altérée. Avec un zèle merveilleux, il fit remédier à tous ces désordres, surmontant les obstacles qu'il trouva d'abord à ses desseins. Il fit restaurer sa cathédrale et fit bâtir d'autres églises. Il corrigea dans le peuple un grand nombre d'abus et réforma son clergé. Il avait le don du discernement des esprits dont il se servait utilement pour délivrer ses ouailles de leurs maladies spirituelles ; ainsi,  ayant découvert à deux religieux, Sénoch et Liobard, dont chacun vantait la sainteté, leurs plus secrètes pensées, il les guérit d'une vanité dangereuse qu'ils entretenaient dans leur cœur sans la bien connaître. Il secourait  les pauvres plutôt selon la grandeur de sa charité, qui était sans bornes, que selon la force de son bien et du revenu de son évêché. Il soutenait avec un courage intrépide les immunités ecclésiastiques et le droit d'asile des temples sacrés contre les plus grands seigneurs et contre les rois eux-mêmes ; ainsi ne voulut-il jamais livrer au roi Chilpéric7 son fils Mérovée qui s'était réfugié au pied de l'autel de Saint-Martin ; quand le duc Bladaste et le comte Badachaire eurent recours au même asile, il s’en fut trouver le roi Gontran8 qui, refusant de pardonner, s’entendit dire : Puisque vous ne voulez pas, Sire, m'accorder ce que je vous demande, que souhaitez-vous que je réponde à mon Seigneur qui m'a envoyé vers vous ? Le roi Gontran demanda : Et qui est ce seigneur ? Grégoire répondit en souriant : C'est le glorieux saint Martin, il a pris ces deux princes sous sa protection, et lui-même vous demande leur grâce. Ces paroles touchèrent tellement Gontran qu'il pardonna et fit rendre les biens qu'il avait confisqués.

Cet excellent prélat ne montra pas moins de constance dans un synode tenu à Paris contre saint Prétextat, évêque de Rouen, qui avait pour partie adverse le roi Chilpéric et la reine Frédégonde (577) ; les autres évêques n'osant pas parler en faveur de l'accusé, de peur de déplaire à la cour, Grégoire eut le courage d'exhorter ceux qui étaient les mieux venus auprès du roi à le persuader de se départir de cette affaire qui ne ferait que lui attirer le blâme des hommes, aussi bien que la colère et les justes vengeances de Dieu ; et comme Chilpéric le fit appeler devant lui pour se plaindre de ce qu'il soutenait un évêque qui lui était désagréable, il lui fit cette excellente réponse : Si quelqu'un de vos sujets s'écarte de son devoir et commet quelque injustice, vous êtes au-dessus de lui pour le châtier ; mais si vous-même vous vous éloignez du droit sentier de la justice, il n'y a personne qui ait le droit de vous punir. Nous donc, à qui Dieu a commis le soin des âmes, nous prenons alors la liberté de vous en faire de très humbles remontrances, et vous nous écoutez si vous voulez ; que, si vous ne nous écoutez pas, vous aurez à répondre à un souverain juge qui, étant le maître absolu des rois, vous traitera selon vos mérites.

Ce discours n'empêcha certes pas la condamnation de Prétextat, mais comme Frédégonde connut par là la vigueur épiscopale de Grégoire, elle fit ce qu'elle put par des promesses et des menaces pour l'attirer dans ses intérêts. Il fut insensible aux uns et aux autres, et, dans l'état déplorable où était alors le pays, troublé par les démêlés de quatre rois, et presque ruiné par les cruautés de deux reines ambitieuses, il sut se maintenir inviolablement dans la défense de la vérité et de la justice. Il éprouva néanmoins combien il était dangereux de déplaire à Frédégonde quand, trois ans après l'affaire de saint Prétextat, elle le fit citer devant un synode que l'on tenait à Brenni, près de Compiègne, sous prétexte qu'il avait mal parlé d'elle ; mais, n'ayant aucune preuve contre lui et son serment le purgeant entièrement, elle fut obligée de le laisser renvoyer absous, contrairement à celui qui l'avait accusé qui fut excommunié comme calomniateur.

En 594 il partit en pèlerinage à Rome pour vénérer les tombeaux des saints Apôtres. Saint Grégoire le Grand, qui était nouvellement élu pape, le reçut avec beaucoup d'honneurs ; cependant, le voyant de très petite taille, il admirait que Dieu eût enfermé une si belle âme et tant de grâces dans un si petit corps. L'évêque connut par révélation cette pensée, et lui dit : Le Seigneur nous a faits, et nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes, mais il est le même dans les petits que dans les grands. Le Pape fut étonné de voir qu'il eût pénétré le secret de son cœur, et depuis il l'honora comme un saint, lui donna une chaîne d'or, pour mettre dans son église de Tours, et accorda en sa faveur de beaux privilèges à la même église.

Saint Grégoire de Tours a fait durant sa vie un très grand nombre de miracles et de guérisons surnaturelles ; mais, comme il était extrêmement humble, pour cacher la grâce des guérisons dont Dieu l'avait favorisé, il appliquait toujours sur les malades qu'il voulait guérir les reliques qu'il portait sur lui. Il a aussi reçu de la bonté de Dieu des faveurs et des assistances tout à fait extraordinaires. Des voleurs étant venus pour le maltraiter, ils furent contraints de s'enfuir par une terreur panique dont ils furent saisis. Un orage, accompagné d'éclairs et de tonnerres, s'étant élevé en l'air tandis qu'il était en voyage, il ne fit que lui opposer son reliquaire, et il se dissipa en un moment. Dans la même occasion, ce miracle lui ayant donné quelque vaine joie et quelque sorte de complaisance, il tomba aussitôt de cheval et apprit par là à étouffer dans son cœur les plus petits sentiments d'orgueil. Etant un jour de Noël, le matin, dans un grand assoupissement pour avoir veillé toute la nuit, une personne lui apparut en songe et le réveilla par trois fois, lui disant à la troisième fois, par allusion à son nom de Grégoire, qui signifie vigilant : Dormirez-vous toujours, vous qui devez éveiller les autres ? Enfin, sa vie a été remplie de tant de merveilles, qu'il faudrait un volume entier pour les rapporter.

Depuis son retour de Rome, il s'appliqua plus que jamais à la visite de son diocèse, à la correction et à la sanctification des âmes qui lui étaient commises, à la prédication de la parole de Dieu et à toutes les autres fonctions d'un bon évêque. Ce fut dans ces exercices qu'il acheva le cours de sa vie, étant seulement âgé de cinquante-six ans, le 17 novembre de l'an 595, qui était la vingt et unième de son épiscopat. L'humilité qu'il avait pratiquée pendant sa vie parut encore après son décès, par le choix qu'il fit de sa sépulture.

Saint Grégoire de Tours a beaucoup écrit mais son principal ouvrage est son Historia Francorum sans laquelle l’histoire et les mœurs de la seconde moitié du VI° siècle nous seraient presque inconnues. On peut le considérer comme le père de l’histoire de France.

2 Les martyrs de Lyon, dont la fête est célébrée le 2 juin, souffrirent leur passion en 177 ; les plus connus sont : saint Pothin, évêque de Lyon, Vettius Epagathus, le médecin phrygien Alexandre, Attale de Pergame, Alicibiade, Ponticus, Biblis, Sanctus, Maurus et Blandine. On connaît leur martyre par une lettre aux Eglises d’Asie et de Phrygie : « Vettius Epagathus se trouvait avec nos frères. Il débordait de charité envers Dieu et le prochain ; sa vie austère lui méritait, malgré sa jeunesse, l’éloge donné au vieillard Zacharie : oui, il marchait sans reproche dans tous les commandements et observances du Seigneur (S. Luc I 6). Il était diligent pour rendre service, très zélé pour Dieu, tout bouillant de l’Esprit. Un pareil homme ne put tolérer la procédure extravagante instituée contre nous. Dans un sursaut d’indignation, il réclama la parole, lui aussi, pour défendre ses frères et montrer qu’il n’y avait rien d’irréligieux ni d’impie parmi nous. Mais ceux qui étaient autour du tribunal crièrent haro sur lui, car c’était un homme connu, et le gouverneur n’admit point cette requête pourtant juste. Il se contenta de lui demander s’il était chrétien, lui aussi. Epagathus le reconnut d’une voix vibrante et fut admis au nombre des martyrs. »

3 Grégoire, seizième évêque de Langres, membre d’une des grandes familles sénatoriales de la Gaule romaine, naquit vers 450 et fut très jeune comte d'Autun, charge qu'il exerça pendant une quarantaine d'années avec beaucoup de conscience et une fermeté que certains jugèrent quelque peu excessive. Veuf, il fut élu évêque de Langres en 506. Son épiscopat dura près de 33 ans. Langres ayant été dévastée, il fixa sa résidence au castrum de Dijon. Evêque très zélé, il menait une vie fort mortifiée et consacrait de longues heures à la prière. Il avait l'habitude de passer une partie de la nuit dans le baptistère de Saint-Vincent, où étaient exposées de nombreuses reliques. Ayant redécouvert (à la suite d'une vision) les reliques de saint Bénigne, il fit construire sur la tombe du martyr une église (consacrée en 535) et il fonda pour la desservir l'abbaye de Saint-Bénigne, qu'il dota de terres prises sur son patrimoine. Il assista aux conciles d'Epaonne de 517, de Lyon vers 519 et de Clermont en 535 ; il se fit représenter par un de ses prêtres à celui d'Orléans (538). Lorsque l’abbé Jean, fondateur du monastère de Réomé, voulut se retirer à Lérins, il le rappela par une lettre sévère. Pris de fièvre en se rendant de Dijon à Langres pour y célébrer la fête de l'Epiphanie, il mourut le 4 janvier 539. Conformément à son désir, on ramena son corps à Dijon, où il fut inhumé dans le baptistère. Venance Fortunat composa son épitaphe. Des miracles ne tardèrent pas à se produire par son intercession. Il avait eu trois enfants, dont l'un, Tetricus, lui succéda comme évêque de Langres et fit construire un tombeau répondant mieux au culte dont son père était l'objet (I'anniversaire de cette translation se célébrait le 6 novembre); un autre fut le père de saint Euphrone, évêque de Tours ; et un troisième fut le grand-père de Grégoire de Tours qui a évoqué à diverses reprises avec de nombreux détails la figure de son aïeul.

4 Gal, issu d'une illustre famille clermontoise, fut d'abord moine à Cournon, à une dizaine de kilomètres de Clermont, puis diacre de Quintianus, évêque de sa ville natale. Thierry I°, fils de Clovis, se l'attacha ensuite et l'emmena dans quelques-uns de ses déplacements ; Gal séjourna notamment à Cologne. Enfin, il succéda à Quintianus au siège de Clermont. Il serait mort dans sa soixante-cinquième année, huit ans après une épidémie qui ravagea l'Europe et qu'on situe en 543 : sa mort daterait donc de 551 et sa naissance de 487. Son épiscopat ayant duré vingt-sept ans, couvrirait les années 524-51, période durant laquelle se tinrent les conciles de Clermont (535) et Orléans (541, 549) auxquels il participa, et ceux d'Orléans (533 et 538) où il se fit représenter. Malgré son séjour à la cour de Thierry I° et la faveur du roi et de la reine, Gal ne semble pas avoir joué un rôle majeur dans la vie politique de son temps, sinon Grégoire l'eut mis en valeur dans son Historia Francorum.  Sa désignation au siège de Clermont avait fait des jaloux et il eut des rivaux que Grégoire ne manque pas de discréditer. Sa nomination toutefois ne provoqua sans doute pas de sérieuses difficultés, car le neveu ne s'attarde pas longuement à légitimer le pouvoir de l'oncle comme il le fait pour d'autres évêques. Notons cependant que le second canon du concile de Clermont de 535 rappelle précisément que la dignité épiscopale doit être accordée en fonction des mérites et non à la suite d'intrigues. Sur le plan ecclésiastique, rien de connu ou presque n'est à porter au compte de Gal : Grégoire lui prête l'institution d'un pèlerinage annuel à Saint-Julien de Brioude au temps du Carême, pèlerinage qui se faisait encore au moins sous son successeur Cautinus ; il serait osé d'attribuer à Gal un rôle particulier dans les lois qui furent édictées dans les conciles auxquels il participa. Pour éclairer la personnalité de l'évêque, on rappellera l'attachement de sa famille à la religion et à l'Église, sa fuite au monastère et son refus du mariage, sa voix qu'il avait belle, don remarqué à une époque où l'art de lire et de chanter était à la fois peu commun et important (cet art séduisit d'ailleurs Quintianus d'abord, le roi Thierry I° ensuite), l'esclandre qu'il provoqua dans un temple païen à Cologne et qui faillit lui coûter la vie, sa mort pieuse à la suite d'une maladie qui lui fit perdre barbe et cheveux. On sait aussi qu'il aimait montrer une cicatrice qu'il avait au pied, souvenir d'une blessure dont il attribuait la guérison à saint Julien et qu'il exprimait souvent le regret de n'avoir pas été massacré par les païens au temple de Cologne. Il eut des miracles sur son tombeau qui fut transféré à Saint-Laurent de Clermont puis à Notre-Dame-du-Port.

5 Saint Alyre, quatrième évêque de Clermont (370-384), succéda à saint Leogontius. Sa reputation de sainteté s'étendit dans les cités voisines et parvint jusqu'au palais impérial de Trèves, où la fille de l'Empereur, possédée du démon, était regardée comme incurable. L'Empereur dont il s'agit ne peut être que l'usurpateur Maxime (383-388). L'Empereur manda l'évêque des Arvernes à Trèves. Alyre se mit en prières ; on lui amena la possédée et il lui suffit de poser ses doigts sur sa bouche pour la guérir. Alyre refusa les grosses sommes d'argent offertes par l’Empereur, se contentant d'obtenir de que le tribut sur le blé et le vin de Clermont, payés jusque-là en nature, serait transformé en contribution en numéraire. Alyre mourut sur le trajet du retour à Clermont (384). De nombreux miracles, eurent lieu sur son tombeau, placé dans la crypte de l'église Sainte-Marie-entre-les-Saints qui lui fut consacrée.

6 Sigebert I°, fils de Clotaire I°, fut roi d’Austrasie de 561 à 575 ; il épousa Brunehaut, fille du roi des Wisigoths, Athanagilde.

7 Chilpéric I°, fils de Clotaire I°, fut roi de Neustrie de 561 à 584 ; il épousa Galswinthe (sœur de Brunehaut), fille du roi des Wisigoths, Athanagilde.

8 Gontran, fils de Clotaire I°, fut roi de Bourgogne et d’Orléans de 561 à 563.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/11/17.php#gregoire et https://www.reflexionchretienne.fr/pages/vie-des-saints/novembre/saint-gregoire-de-tours-eveque-539-595-fete-le-17-novembre.html

San Gregorio di Tours

Monarchie franque à la mort de Clovis (511). Paul Vidal de La Blache (1845–1918), Atlas général d'histoire et de géographie (1894).

The map comes from Vidal-Lablache, Atlas général d'histoire et de géographie (1894). It shows Gaul in 511 AD.


4èmes RENCONTRES LITTÉRAIRES DANS LE JARDIN DES PRÉBENDES

Vendredi 30 août 2002, de 17 h 30 à 19 h

GRÉGOIRE DE TOURS,

PÈRE DE L’HISTOIRE DE FRANCE

(vers 538 - 594)

GRÉGOIRE DE TOURS est l'un des successeurs de saint Martin et le dix-neuvième évêque de Tours. Il est connu en tant qu’historien grâce en particulier à son « Histoire des Francs » qui lui a valu son surnom de « Père de l’Histoire de France ». Il peut être considéré comme un tourangeau d’adoption car même s’il est né en Auvergne, il a vécu vingt et un ans en Touraine. Habile médiateur à la carrure de chroniqueur, il nous apporte son témoignage sur la société et l'époque mérovingiennes ainsi que sur l'histoire de l'Église de Tours.

Sa biographie :

Grégoire de Tours est né le 30 novembre 539 ou 538 dans le territoire des Arvernes, dans la ville qui deviendra Clermont-Ferrand. Il s'appelait Georgius Florentius Gregorius ; ses deux premiers prénoms, Georges Florent, sont ceux de ses père et grand-père paternel auxquels Grégoire a été rajouté, en souvenir de son arrière grand-père, Grégoire de Langres qui fut conte de Langres puis évêque de Langres. Sa famille native d'Auvergne, était l'une des plus célèbres familles sénatoriales et cléricales de cette province.

Son père Florentius est sénateur d'Auvergne. Possédant une solide richesse foncière, il verra ses biens pillés lors de la répression après la révolte de la noblesse arverne contre le roi franc. Il réussira à récupérer ses biens pour les léguer à ses trois enfants, Petrus, diacre à Langres, Georges Florent Grégoire, notre futur évêque de Tours et une fille épouse de Justinius. Un des frères de Florentius, Gallus, était évêque de Clermont-Ferrand de 525 à 551. Il servait une deuxième génération de rois francs d’Austrasie, dirigée par Childebert II et dont la capitale fut d’abord Reims, puis Metz. Ce royaume rivalisait avec ceux de Neustrie, future Normandie, dirigée par Chilpéric et dont la capitale était Soissons, et de Burgondie franque dont la capitale était Orléans, puis Chalons. Dans cette dernière, des parents de Grégoire étaient évêques comme à Langres et à Lyon.

Sa mère, Armentaria, était une femme pieuse. Elle descendait de Vettius Epagathus, l’un des martyrs de Lyon en 177 et de Léocadius, grand sénateur. Son oncle Nicetius fut évêque de Lyon, un autre Gundulfris reconquit Marseille pour Childebert II. Elle sut transmettre sa foi à GRÉGOIRE DE TOURS qui, très tôt, voulut rentrer dans les ordres.

GRÉGOIRE DE TOURS est élevé dans une ambiance religieuse très forte, assistant à des pèlerinages, des narrations de miracles, de vie de martyrs… Dès l’âge de sept ans, il a des visions miraculeuses que ses parents ne mettent pas en doute. Que ce soit du côté paternel ou maternel, il avait pour ancêtres, une famille de sénateurs et d’évêques. Ceci peut expliquer en partie, son attrait pour la religion et les études.

Orphelin de père à dix ans, il est confié par sa mère à son oncle paternel, Gallus, évêque de Clermont. Il lui servit de père et lui inspira le goût des livres ecclésiastiques. GRÉGOIRE DE TOURS est un fervent défenseur des saints et des reliques. Devenu lecteur puis sous-diacre, il perfectionne ses connaissances avec son grand-oncle maternel, évêque de Lyon, NICETIUS (saint Nizier). En 563, il vient à Tours, pour faire un pèlerinage au tombeau de saint Martin, pour recouvrer la santé. Guéri, sa foi n'en est que confirmée. II retrouve à Tours un parent de sa mère, l'évêque EUPHRONIUS et décide de rester dans cette ville. Il est alors ordonné diacre en 563. Il ne connaît rien de plus naturel que le surnaturel.

Quand l'évêque de Tours, son cousin EUFRONIUS, meurt en 573, GRÉGOIRE DE TOURS est désigné par le roi d'Austrasie, SIGEBERT, pour lui succéder. II est sacré évêque de Tours à Reims en 573. C’est GRÉGOIRE DE TOURS qui précise lui-même cette date, en écrivant au sujet de son ordination :

« La cent soixante douzième année après la mort du bienheureux pontife Martin, la douzième du règne du très glorieux roi Sigebert, l’évêque Eufronius étant mort, je reçus quoiqu’indigne le fardeau de l’épiscopat, (…) » (GRÉGOIRE DE TOURS, Miracles de saint Martin, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 20)

Mais SIGEBERT, roi de Reims, a des ennemis en particulier son frère, CHILPÉRIC Ier, roi de Soissons qui voudrait prendre sa place. Les autres évêques contestent la nomination de l'évêque de Tours, par le roi et non par le pouvoir ecclésiastique. Mais GRÉGOIRE DE TOURS a aussi été nommé par le peuple qui l'apprécie déjà et malgré les divergences d'opinions, il restera évêque. Sa foi tient de la passion sans limites, d'une ardeur irrationnelle et son talent de prédicateur l’a certainement aidé à être choisi. Pour lui, « Les rois sont donnés aux peuples par la faveur divine. » (Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 39) donc il s’en remet à la justice céleste.

Venance FORTUNAT, poète qui rédigea la vie de sainte Radegonde et deviendra évêque de Poitiers, est un ami de GRÉGOIRE DE TOURS ; il a voulu célébrer en vers, l'intronisation de cet évêque :

« Battez des mains, heureux peuples, qui possédez enfin l'objet de vos désirs ;
Votre Pontife est arrivé ; rendez à Dieu vos actions de grâces.
Voici venu l'espoir du troupeau, le père du peuple, l'ami de la cité.
Que les brebis se réjouissent, elles possèdent un pasteur.
Leurs regards inquiets, leurs vœux louables le demandaient.
Qu'elles le contemplent ! il est venu : que leur allégresse lui fasse fête !
Son mérite, sa modestie lui ont conquis les droits du sacerdoce.
Il se nomme Grégoire : l'évêque de la ville, le Pasteur du troupeau...
La main vénérable du pontife Egidius l'a consacré au Seigneur,
Pour qu'il soit la joie du peuple, pour qu'il soit aimé de Radegonde...
Plein d'allégresse, il marchera sous les clefs de Pierre, au milieu des dogmes de Paul,
Jusqu'aux chœurs célestes qu'environne une lumière éblouissante..
Par les mérites de Martin, pendant de longues années, ô Grégoire,
Pais à Tours le troupeau dont tu es le pasteur.
Sois le guide des conciles sacrés, la règle des fidèles ;
Que par ton exemple l'honneur acquis déjà s'accroisse encore ;
Que tes discours donnent aux peuples la lumière évangélique,
Et qu’en toi brillent tous les dons du ciel. »

Sa vie d’évêque :

GRÉGOIRE DE TOURS en tant qu’évêque, a fréquenté les hauts personnages de son époque, notamment les rois mérovingiens, jouant un rôle diplomatique certain lorsqu’il donnait son avis. Sujet de Sigebert, roi de Reims, qui le fit élire évêque de Tours, il fut ensuite celui de CHILPÉRIC, roi de Soissons et de GONTRAN, roi de Bourgogne. Il a exercé ses missions d’évêque et d’historien avec vigueur et a présidé pendant vingt-et-un ans aux destinées de son église. Son évêché était important, comprenant trente-quatre paroisses rurales, six monastères ruraux, quatre oratoires ruraux, deux ermitages, ceux de Chinon et de Marmoutier. À Tours, il existait trois églises proches des bords de la Loire, Saint-Lidoire, Sainte-Monegonde et Saint-Julien. Dans le futur vieux Tours, Saint-Martin était entouré d’un faisceau d’églises proches. Les partages ecclésiastiques ont souvent démembré la province ecclésiastique, par exemple après la mort de CHILPÉRIC, la Touraine fut cédée à CHILDEBERT et les autres cités proches ne purent être réunies qu’en 592. GRÉGOIRE DE TOURS essaya de gérer au mieux les biens de l’église.

Il observe les rivalités et les guerres qui se succèdent à son grand désespoir : guerres opposant les rois mérovingiens CHILPÉRIC Ier et SIGEBERT, CHILPÉRIC et MÉROVÉE, son fils. Il défend les droits de saint Martin contre la sauvagerie des descendants de Clovis. Il faudra attendre la mort de CHILPÉRIC pour que la paix revienne enfin. GRÉGOIRE DE TOURS a cherché à intervenir en médiateur entre les différents prétendants, à la recherche de la paix. Il a joué un rôle politique auprès des petits-fils de CLOVIS, les rois CHILPÉRIC et GONTRAN. À la fin de sa vie, il servira de médiateur entre GONTRAN, roi de Burgondie et son neveu et fils adoptif, CHILDEBERT II, souverain austrasien de GRÉGOIRE DE TOURS.

« « La douleur envahit son âme » au spectacle des guerres civiles » par exemple (cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 71) celles de Manthelan. Les citoyens de Tours et ceux de Manthelan s'entredéchirèrent : SICHAIRE célébrait les solennités de la naissance du Seigneur, dans le bourg de Manthelan. Pendant ce temps, son serviteur est frappé d'un coup d'épée et tué. Deux camps se forment, les uns pour Manthelan et les autres pour Tours. Dans la mêlée, beaucoup furent tués. AUSTREGISIL en profita pour enlever l'or et l'argent. Il fut jugé coupable ; SICHAIRE le sachant, tua sa famille pour se venger et enleva leurs biens à son tour. GRÉGOIRE DE TOURS leur dit à tous :

« Gardez-vous, ô hommes ! de persévérer dans vos crimes, de peur que le mal n'aille encore plus loin. (…) Soyez pacifiques, je vous en conjure ; (...) » (Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 116 et 117). Mais les combattants encore en vie ne l'écoutent pas et SICHAIRE est molesté à son tour pour venger les autres. La justice arrive à tempérer l'affaire par serments de chacun jusqu'à ce que la tuerie ne reprenne. Elle ne finira que par manque d'hommes. La leçon de morale de l'auteur n'aura servi à rien mais GRÉGOIRE DE TOURS a essayé de rétablir la paix.

Ardent défenseur de la doctrine chrétienne, GRÉGOIRE DE TOURS combattait les hérésies et l’arianisme, hérésie chrétienne répandue par ARIUS et ses disciples, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père et qui fut condamnée au Concile de Nicée en 325. Bâtisseur, trouvant la basilique Saint-Martin détruite dans un incendie en 559, il la fait reconstruire plus vaste et plus haute puis il la dédie à Saint-Martin, pendant la dix-septième année de son épiscopat (Guy-Marie OURY, La ville de Tours, page 24). Il fit aussi restaurer de nombreuses églises et y apporter des reliques pour en faire des lieux de pèlerinage. Il exalta la mémoire de tourangeaux dont saint MEXME, disciple de saint MARTIN, saint OURS de Loches, saint VENANT, sainte MONEGONDE, les saintes MAURE et BRITTA… Il promut bienheureux l’abbé SENOCH qui accomplit de nombreux miracles de son vivant. Il développe le culte de saint MARTIN et veut en faire une sorte de « Lourdes des temps mérovingiens ». Saint MARTIN est le protecteur de la ville de Tours qui devint capitale religieuse de la Gaule. GRÉGOIRE DE TOURS proclame que saint MARTIN est l’égal des apôtres. Il disposait d’une énorme puissance temporelle et influençait énergiquement les décisions du peuple.

La basilique subit de graves dégâts par la suite, après des incendies répétés. Il établit le monastère qui, à l'époque, s'appelait Majus ou Major Monasterium devenant ensuite Marmoutier.

Si GRÉGOIRE DE TOURS est connu actuellement, c'est grâce à son œuvre, en particulier à son « Histoire des Francs », composée de dix livres d'histoire mais aussi plus accessoirement à ses sept livres de Miracles principalement sur saint JULIEN et saint MARTIN, un sur la Vie des Pères, un traité sur la marche des étoiles (De cursu stellarum) à visée liturgique, un commentaire du psautier (dont il reste la préface et les titres de chapitres), ces deux derniers étant presque totalement perdus (Charles LELONG, Grégoire de Tours, pages 59 et 60).

Il écrit son premier livre, « De miraculis S. Martini », entre 574 et 593, pour édifier et fixer pour les générations futures, les souvenirs de saint MARTIN, à travers au total « quatre livres en deux cent sept chapitres » (Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 59). II y décrit en particulier, la guérison miraculeuse du mari d'une de ses sœurs. Tous les exemples ont un seul but, conforter la foi des fidèles :

« Je ne puis laisser dans le secret ce que j'ai vu moi-même de la puissance des saints et ce que j'en ai appris... (…) L'église est édifiée toutes les fois qu'on rapporte avec dévotion les actes des saints... ils encouragent ceux qui en écoutent les récits à marcher sur leurs traces… » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 61)

Lui succédera plus tard, un livre sur saint JULIEN, le grand saint de l'Auvergne, « De miraculis S. Juliani » en cinquante chapitres. Sur ces sept livres de miracles, quatre sont consacrés à saint MARTIN.

Parmi ses livres de Miracles, « De Gloria Martyrium » est composé entre 586 et 588 approximativement. II y décrit en cent sept chapitres, les traditions relatives aux premiers martyrs. Certains faits miraculeux de saint JULIEN de Brioude se déroulent en Touraine, à Langeais, Yzeures, Chinon. GRÉGOIRE DE TOURS aborde la vie des anges, de saint MARTIN et de saint HILAIRE DE POITIERS dans « De Gloria Confessorum » en 587. Vers la fin de sa vie, il rassemble en vingt chapitres, la vie de saints gaulois du IVème, Vème, VIème siècles, dans le livre, « De Vita patrum, La vie des Pères ».

Deux ans après sa nomination au diocèse de Tours, il entreprend de rédiger une histoire des premiers rois Francs. Selon Gustavo VINAY, il aurait écrit son Historia Francorum, entre 576 et 594. Histoire de la création du monde et de l'homme jusqu’en 591, celle-ci permet de mieux connaître l'Histoire des Francs et est son œuvre maîtresse.

Il fixe la persécution des chrétiens dans un livre, « La passion des sept dormants d'Éphèse ». Il n'oublie pas son rôle de prédicateur et traite de liturgie dans « Le Cours des étoiles » (pour enseigner d'après les astres, l'heure des diverses prières et litanies) et un commentaire sur les Psaumes dont il ne reste que la préface et les titres de chapitres.

Sa mort survint vraisemblablement le 17 novembre 594. Son corps fut déposé selon la tradition sous la dalle de la basilique Saint-Martin. D’où il ressort qu’à cette époque, il était vénéré comme bienheureux (Beatus) (Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 7). En 1563, il est encore question du « reliquaire de Monseigneur Saint Grégoire ». Ses restes disparurent en novembre 1793. En 596, le nouvel évêque, PELAGIUS, lui succède.

Son portrait :

La tradition le dit de petite taille. On peut penser qu'il eût une enfance fragile car il nous parle de ses maladies et malaises dès sa jeunesse :

« …je tombai malade. Atteint de pustules malignes et de fièvre, et ne pouvant plus ni boire, ni manger, je fus si souffrant, qu'ayant perdu tout espoir de vivre en ce monde, je ne songeais plus qu'aux soins de ma sépulture. (...) Alors, quoique très abattu, ayant invoqué le nom du bienheureux pontife Martin, je me remis un peu. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Miracles de Saint-Martin, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, pages 85 et 86)

Plus tard, il ne se déplacera jamais sans son médecin personnel, ARMENTARIUS, ni sans reliques, invoquant saint MARTIN en dernier recours. Ceci prouve plus son angoisse devant la maladie car il a été très actif, a voyagé, a beaucoup écrit et il est difficile de concevoir qu'un grand malade eût pu concilier les deux.

Travailleur, il est aussi pleinement un homme de Dieu et son œuvre parle pour lui car il ne veut en premier, qu’une seule chose, édifier les gens en racontant l’histoire.

Casimir CHEVALIER le décrit ainsi :

« un esprit distingué, un grand caractère, droit, inflexible sur l’honneur, indulgent pour les coupables, tolérant pour les infidèles, miséricordieux pour les ennemis (…) une âme douce, aimante, charitable, (…) ayant le courage de la vérité, en un mot, un grand homme complété par un grand saint » (cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours page 9)

Son esprit de droiture ressort encore lorsqu’il avoue ses imperfections littéraires. Historien dans l'âme, il veut, dans une langue simple et à la portée de tout le monde, instruire et se faire entendre de tous. Honnête, il s'excuse en disant : « il m'arrive de transgresser les règles de l'art de la grammaire que je ne possède pas pleinement » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, tome I, Introduction, page 34).

Il aurait certainement aimé être un lettré de référence, il connaît ses imperfections, les regrette et en fait le constat en toute honnêteté :

« Je n'ai fait aucune étude de la grammaire et je ne suis pas formé par la lecture savante des auteurs du siècle... » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 75)

Humilité, sagesse ou vérité entière ? il n’est pas facile de faire la part de ces différents éléments ; ce qui est sûr, c’est que cet écrivain souhaitait faire de son mieux, connaissait ses limites et par modestie, ne voulait pas les cacher. Il reste malgré tout le seul écrivain témoin à nous avoir transmis l’histoire de la période mérovingienne, se basant sur son vécu et sur son savoir pour le passé récent, faisant référence à des historiens qui seraient restés totalement inconnus sans lui, comme OROSE, SULPICE, ALEXANDRE, RENATUS PROFURUS FRIGERIDUS… Son honnêteté domine encore, en cas d’hésitation ou d’ignorance ; il ne le cache pas mais le dit ouvertement, comme par exemple, le doute persistant quant au début de la royauté chez les Francs :

« On ignore généralement quel fut le premier roi des Francs, car Sulpice Alexandre, en parlant souvent de ce peuple dans son histoire, ne nomme nulle part son premier roi. Il se contente de dire que les Francs avaient des chefs ou ducs, (...) » (GRÉGOIRE DE TOURS, L'Histoire des rois francs, page 17)

Gabriel MONOD a loué « ce cœur chaleureux et tendre, la rectitude d’esprit, la noblesse de sa nature, le courage intrépide, un esprit de charité et de désintéressement qui lui a valu à bon droit le titre de saint ». (cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 9)

Son œuvre :

Son œuvre est un reflet des évènements qu'il a vécus au fil de sa vie, en plus de l'analyse des siècles passés depuis le début du monde. GRÉGOIRE DE TOURS est le seul à avoir décrit l'histoire de son temps à cette époque, en rapport avec les rois mérovingiens et les grands personnages. Il nous donne son avis, jamais neutre et jamais ennuyeux.

Dans son « Histoire des Francs », rédigé entre 576 et 580, il souhaite aborder l'ensemble de l'histoire du monde en dix livres divisés en trente à quarante chapitres, depuis Adam et Ève à l'an 591. Les quatre premiers vont de la genèse à la mort de SIGEBERT Ier en 575. Dans le livre premier, il commence par la Genèse :

« Au commencement, le Seigneur forma le ciel et la terre dans son Christ, qui est le principe de toutes choses, c’est-à-dire dans son Fils, et après dans la création de tous les éléments du monde entier. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, page 36)

Suit la création de l’homme et de la femme puis l’histoire de l’ancien testament. C’est une profession de foi catholique :

« Je crois donc en Dieu le Père tout puissant. Je crois en Jésus-Christ son fils unique, (...) Je crois que le Saint Esprit a procédé du Père et du Fils (…) Je crois que cette Trinité sainte subsiste avec ses personnes distinctes, (…) » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, pages 34 et 35).

Sa profession de foi voulait être l'affirmation de sa croyance en la Trinité, controversée à son époque en particulier par les Ariens.

Chaque livre se termine par une récapitulation chronologique dans un souci de bien fixer les dates. Par exemple, pour terminer le livre premier, GRÉGOIRE DE TOURS écrit :

« Fin du premier livre contenant les 5.596 années qui se sont écoulées de l’origine du monde jusqu’à la mort de saint Martin évêque. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, page 69)

Cette minutie de précision le caractérise même si elle se trouve parsemée d’erreurs chronologiques involontaires ; par exemple, à la fin de son livre, lorsqu’il précise :

« De ces années la somme totale est : 5792 années. Ici se termine au nom du Christ le livre dixième des Histoires. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, Introduction, page 10)

Le deuxième livre aborde les origines de la dynastie mérovingienne, son expansion en Gaule jusqu’à la mort de Clovis. Il se termine sous la génération des quatre fils de Clotaire. GONTRAN est décrit par GRÉGOIRE DE TOURS comme le bon roi et évêque et CHILPÉRIC, le roi méchant. Cette analyse caricaturale est là pour servir la foi catholique.

Il veut aussi défendre les petits contre les grands et n’hésite pas à prendre sa plume pour montrer que les impôts trop lourds entraînent des révoltes justifiées :

« Chilpéric fit lever dans tout son royaume des impôts nouveaux et lourds. C’est pour cette cause que beaucoup, délaissant leurs cités et leurs propres possessions, gagnèrent d’autres royaumes, estimant qu’il valait mieux séjourner à l’étranger que de s’exposer à un tel danger. (…) Aussi le peuple limousin, quand il se vit chargé d’un si lourd fardeau, se rassembla le jour des calendes de mars et voulut tuer Marc référendaire qui avait reçu l’ordre d’exécuter ces prescriptions. Et il l’aurait fait certainement, si l’évêque Ferréol ne l’avait sauvé du danger qui le menaçait. Puis saisissant les livres des impositions, la foule rassemblée les incendia et les brûla. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Jacques MARSEILLE, Le royaume des Francs, page 20)

Son charisme devant l’injustice envers le peuple s'oppose à son intransigeance pour ceux qui combattent les chrétiens. Pasteur vigilant et actif, il est alors sans pitié par exemple vis-à-vis des ariens qu'il appelle des « chiens immondes » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 72).

Il sut résister aux pressions politiques et a le courage de ses idées : fidèle aux princes d'Austrasie (SIGEBERT et son fils CHILDEBERT), il sait faire respecter la neutralité de l'église dans les conflits. Il oblige à l'arrêt du pillage des soldats de THÉODEBERT (fils de CHILPÉRIC) dans son diocèse. Il sait faire respecter le droit d'asile en la basilique Saint-Martin de Tours, et il eut à déjouer bien des complots.

À partir du cinquième livre, la narration se transforme en un journal vivant, truffé d'anecdotes, de détails. Pour terminer, il nous narre la sécheresse de l'été 591. La conclusion se situe entre avril et août 594 ; c'est une sorte de testament qui récapitule l'ensemble des faits, donne la liste des ouvrages de références, testament certes puisque l'écrivain supplie les générations à venir de ne pas détruire cette somme de connaissances amassées ici :

« Bien que j'aie écrit mes ouvrages dans un style trop rustique, je vous supplie cependant, vous tous évêques qui après mon humble personne gouvernerez l'église de Tours, je vous conjure par l'avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ et par le jour du jugement, effroi de tous les coupables, si vous ne voulez pas être confondus par ce jugement, ni être condamnés avec le diable, de ne jamais faire détruire ces livres ni même de permettre qu'on les récrive sous prétexte d'en faire des extraits et qu'on y pratique des coupures ; mais je veux qu'ils demeurent chez vous entiers et intacts tels qu'ils ont été laissés par nous. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, page 16)

Il a trente-quatre ou trente-cinq ans quand il termine le livre IV. Il s'affirme déjà comme un théologien sûr de ses idées, en particulier de l'existence de la Trinité si controversée à l'époque avec la thèse de l'arianisme. Fervent défenseur du catholicisme, il s'engage avec loyauté, même parfois d'une manière naïve qui nous le rend plus proche de nous. Il n'hésite pas à nous donner des exemples discutables mais convaincu, il ne discute pas, il affirme : par exemple, il expose les crimes de CLOVIS lors de sa conquête de la Gaule et n'hésite pas à l'absoudre parce qu'il s'est converti. Il pense que Dieu l'a récompensé malgré ses crimes ce qui peut paraître puéril à un esprit scientifique mais sa foi était au-dessus de tout :

« Pendant cette guerre, un grand nombre d’églises furent pillées par l’armée de Clovis, parce que ce prince était toujours plongé dans les ténèbres de l’erreur. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 24)

GRÉGOIRE DE TOURS enchaîne quelques pages plus loin, avec la conversion du roi qui fait oublier toutes ses fautes :

« Le roi demanda le premier à recevoir le baptême de la main du pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers le bain sacré pour se laver de la lèpre ancienne qui le couvrait, et faire disparaître dans cette eau salutaire toutes les taches dont il était souillé. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 28)

De même sa foi dans les reliques et les miracles, est absolue, sans discussion possible. Son bon sens et son honnêteté lui font tenir tête seul, dans des situations où personne n'oserait s'engager : par exemple, au procès de l'évêque Ronan PRETEXTAT, il est le seul à le défendre contre le roi CHILPÉRIC qui voulait imposer sa conception personnelle de la Trinité :

« aucun évêque ne lui répondit rien car ils craignaient la fureur de la reine. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 103).

GRÉGOIRE DE TOURS alors parle devant tous :

« Ne vous taisez donc pas, mais prêchez tout haut, et mettez devant les yeux du roi ses péchés, de peur qu'il ne lui arrive quelque mal, et que vous ne soyez responsable pour son âme. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 104)

Malicieux, GRÉGOIRE DE TOURS décrit cet évêque avec bonhomie. Sa passion lui permet d'oser passer outre les préjugés.

À la mort de CLOTAIRE, il explique comment eut lieu le partage entre les quatre frères avec beaucoup de bon sens.

« Les funérailles de Clotaire étaient à peine terminées, que Chilpéric, le troisième de ses fils, s’empara des trésors de son père réunis au palais de Braine. Aussitôt il distribua ces richesses en présents aux Francs les plus braves et les gagna à sa cause. Avec eux il marcha vers Paris, et s’y établit dans le château qu’avait habité le roi Childebert ; mais on ne lui permit pas longtemps d’y rester ; en effet, ses frères se réunirent tous trois contre lui, le contraignirent à diviser l’empire en quatre parts, et à les tirer au sort.

Le sort donna à Charibert le royaume de son oncle Childebert, dont la capitale était Paris ; à Gontran, celui de Clodomer, capitale Orléans ; à Chilpéric, le royaume de son père Clotaire, capitale Soissons, et à Sigebert, le royaume de Reims, qui avait appartenu à son oncle Thierry. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 64)

GRÉGOIRE DE TOURS n’a pas omis de s’intéresser à la vie locale, aux calamités comme la peste, aux intempéries, séismes, famines qui seraient restés totalement inconnus de nous sans son témoignage, par exemple :

 « Cette année-là une famine horrible fit d’affreux ravages dans toute la Gaule. Un grand nombre furent réduits à manger des pépins de raisin, ou des fleurs de noisetier ; d’autres faisaient du pain avec de la racine de fougère desséchée, réduite en poudre et mêlée avec un peu de farine. (…) Les pauvres se vendaient eux-mêmes et se soumettaient à l’esclavage, seulement pour un peu de nourriture. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 148)

Ou encore à deux ans d’intervalle, des crues catastrophiques :

« La cinquième année du règne de Childebert II, il y eut en Auvergne une inondation qui causa de grands ravages. La pluie avait tellement duré douze jours consécutifs, et la Limagne fut tellement couverte d’eau, qu’un grand nombre de cultivateurs ne purent ensemencer leurs terres. La Loire, l’Allier et les autres affluents de ces rivières s’enflèrent tellement qu’ils franchirent les bornes que jusque-là ils n’avaient jamais dépassées. Il y eut une perte énorme de bétail et de moissons, et un grand nombre d’édifices furent renversés. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 96)

« La septième année du règne du roi Childebert, (…), il y eut au mois de janvier des pluies, des éclairs et des grands coups de tonnerre ; des fleurs se montrèrent aux arbres. Une étoile que j’ai dénommée plus haut une comète apparut de telle sorte qu’autour d’elle il y avait une profonde obscurité (…). Il y eut aussi durant cette année une grande épidémie dans la population : des maladies variées, des éruptions accompagnées de pustules et des tumeurs qui ont frappé de mort beaucoup de gens. Beaucoup cependant, en prenant des soins, y ont échappé. Nous avons aussi entendu dire que pendant cette année la peste inguinale a sévi durement dans la ville de Narbonne au point qu’on n’avait pas de répit quand on l’avait attrapée. » (GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, cité par Jacques MARSEILLE, Le royaume des Francs, page 41)

Des secousses sismiques ne sont connus que par ses narrations comme par exemple :

« La ville de Bordeaux fut ébranlée par un tremblement de terre ; ses remparts faillirent être renversés, et la population effrayée s’empressa de sortir de la ville dans la crainte d’être engloutie avec elle. Un grand nombre d’habitants se retirèrent dans les villes voisines. Ce tremblement de terre se fit sentir jusqu’en Espagne, mais avec moins de force. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 97)

Quant à son enseignement historique, il est en premier visuel : il aime décrire le cadre de vie des gens ; il saisit le concret attrayant, aime joindre des exemples, rendant son discours plus spontané. Vers 1610, Claude FAUCHÉ dans ses « Œuvres » le dénomme père de notre histoire, premier historien de la France dans ses œuvres, pour nous avoir fait connaître la Gaule mérovingienne du VIème siècle : grâce à lui, on se souviendra par exemple, de nombreuses villes de France, de faits divers caractéristiques de l’époque, comme de l’assassinat en pleine cathédrale, à Rouen, en 585 ou 586, de l’évêque PRÉTEXTAT qui avait osé reprocher la vie dissolue de la reine FRÉDÉGONDE, ex-maîtresse de CHILPÉRIC, qu’on ne pense pas étrangère à ce crime. Elle provoqua d’ailleurs la mort des fils du roi, issus d’un premier mariage pour que seul le sien, CLOTAIRE, reste en vie. Voici les paroles de cet évêque :

« « (…) Il t’eût fallu faire pénitence et dépouiller l’orgueil qui fermente en toi, pour obtenir la récompense des saints, et conduire jusqu’à l’âge d’homme le fils que tu as enfanté. » Ces paroles blessèrent le cœur de Frédégonde et mirent le comble à sa haine et à sa fureur. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 162)

Le jour de la fête de Pâques, le même évêque chantait les psaumes quand, tout-à-coup :

« un meurtrier se glissa furtivement jusqu’à lui et le frappa de son couteau sous l’aisselle. » (GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, page 162)

À son époque, Grégoire de Tours de part son courage, sa position, sa force de persuasion, sa foi inébranlable, était vénéré comme un bienheureux et ses restes furent par la suite, déposés dans une châsse, l’une de celles qui, au XVème siècle, entouraient le reliquaire de saint Martin (Charles LELONG, Grégoire de Tours, page 7). GRÉGOIRE DE TOURS était un saint évêque, grand témoin de son temps, écrivain de talent, conteur remarquable qui nous a laissé « des tableaux de mœurs d’un relief et d’un coloris incomparables ». GRÉGOIRE DE TOURS n’a pas été canonisé au sens actuel du terme mais il l’a été par ferveur populaire locale, c’est-à-dire que la tradition populaire chrétienne entérinait à cette époque, la sanctification. Après vingt et un ans d’épiscopat bien rempli, il a été vénéré comme saint puis à partir du Xème siècle, son culte s’est propagé tout d’abord localement à Tours, Poitiers, Clermont et dans de nombreuses abbayes bénédictines puis s’est étendu à toute la France.

GRÉGOIRE DE TOURS a traversé les siècles sans devenir désuet, preuve de sa modernité. L’intérêt de nos contemporains pour GRÉGOIRE DE TOURS ne s’est jamais démenti : en 1994, à l’occasion du 1 400ème anniversaire de sa mort, un colloque international sur « Grégoire de Tours et l’espace gaulois », a eu lieu à l’université François Rabelais de Tours, du 3 au 5 novembre 1994 ; il a été conçu par les Musées Départementaux de la Seine-Maritime. Une exposition documentaire a eu lieu au Musée des Antiquités de la Seine-Maritime, à Rouen, d’octobre 1994 à mai 1995 et conjointement à la Bibliothèque municipale de Tours en octobre 1994. Cette exposition constituée de panneaux avec combinaisons de citations de l’auteur, de textes explicatifs et de reproductions photographiques, est ensuite devenue itinérante dans toute la France. Un catalogue a aussi été édité pour permettre une diffusion plus large.

GRÉGOIRE DE TOURS a bien été le témoin privilégié d’une monarchie franque en devenir, fondée moins d’un siècle plus tôt par le mérovingien CLOVIS. Mais il n’a pas fait que d’être spectateur, il a voulu apporter son témoignage personnel en tant qu’écrivain, prenant position, redressant les torts, affirmant sa foi, tout cela avec une plume alerte, à la recherche du détail empêchant la lassitude, d’une manière vivante, n’omettant pas de faire parler les personnages. Oui, GRÉGOIRE DE TOURS n’est pas un historien dépassé par le temps ; il reste un journaliste actif et il n’a en rien perdu de la fraîcheur de son discours. Voilà un écrivain, fervent défenseur de la foi chrétienne, qui sait nous distraire en nous instruisant et le fait que ses écrits ont traversé tant de siècles, est là pour montrer qu’il est resté pour les français, le « Père de l’Histoire de France » ! Merci à GRÉGOIRE DE TOURS pour son apport de connaissances et nous tous, les tourangeaux, témoignons de notre fidélité à ses écrits, à sa mémoire.

Catherine RÉAULT-CROSNIER

BIBLIOGRAPHIE :

GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, traduit du latin par Robert Latouche, Les Belles Lettres - Denoël, Paris, 1963

GRÉGOIRE DE TOURS, L’Histoire des rois francs, traduit du latin par J.J.E. ROY, Gallimard, Paris, 1990

Célébration nationale du 1 400ème anniversaire de la mort de Grégoire de Tours, Musées départementaux de la Seine-et-Marne, Rouen, 1994

Michel LAURENCIN, Dictionnaire biographique de Touraine, CLD, Chambray-lès-Tours, 1990

Charles LELONG, Grégoire de Tours, CLD, Chambray-lès-Tours, 1995

Charles LELONG, Chilpéric, un grand roi méconnu, Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Touraine, tome 6, 1993, pages 19 à 37

Jacques MARSEILLE, Le royaume des Francs, Nouvelle histoire de la France – Tome 4 : Le royaume des Francs, éditions France Loisirs, Paris, 1998

SOURCE : http://www.crcrosnier.fr/preb02/gregoiredetours.htm

St Grégoire de Tours (+595)

Originaire de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), il naît au sein d’une famille de la noblesse gallo-romaine et est d’abord baptisé sous le nom de Georges Florent. Après le décès de son père, il est confié aux soins de son oncle St Gall de Clermont, qui se charge de son éducation, puis il devient ensuite disciple de St Avit, avec qui il étudie les Saintes Écritures. En 573, il est nommé évêque de Tours et prend alors le nom de Grégoire. Il doit dès lors composer avec une situation politique et sociale très instable, marquée par les conflits qui agitent la famille royale. Il devient notamment l’ennemi de la reine Frédégonde et entre en conflit avec le roi Chilpéric lorsque ce dernier prend le contrôle de la ville en 576. La situation s’améliore cependant à partir de 584, après le décès de Chilpéric. St Grégoire est également l’auteur de plusieurs ouvrages importants, dont une Histoire des Francs, qui constitue l’une des principales sources de connaissance de la période Mérovingienne (538-594)

SOURCE : http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Novembre/17.html

Grégoire de Tours

 Version de 2004 (remanié le 23.01.2007)

Autrice/Auteur: Immo Eberl Traduction: Marie Ellenberger-Leuba

30.11.538 ou 539 à Clermont (Auvergne), après le 4.7.593, un 17 novembre (probablement en 594) à Tours, d'une famille gallo-romaine de sénateurs et d'évêques. Elevé par les évêques de Clermont et Lyon. Diacre (563), puis évêque de Tours (573), G. était en bons termes avec le roi Bourgogne Gontran et le roi d'Austrasie Childebert II, mais pas avec le roi de Neustrie Chilpéric Ier et sa femme Frédégonde. Il put conserver le trône épiscopal malgré ses démêlés avec le comte de Tours. G. a joué un plus grand rôle par son œuvre littéraire que par son activité politique. Il est l'auteur d'écrits théologiques et hagiographiques et surtout des Decem libri Historiarum, son œuvre la plus importante, connue sous le titre erroné d'Historiae Francorum (ou Histoire des Francs). Les livres V à X renferment nombre de faits qui touchent les territoires de l'ouest et du sud de la Suisse, par exemple l'éboulement de Tauredunum (Valais) en 563 ou la bataille qui opposa Francs et Lombards près de Bellinzone en 590.

Sources et bibliographie

Bibliographie

M. Weidemann, Kulturgeschichte der Merowingerzeit nach den Werken Gregors von Tours, 2 vol., 1982

LexMA, 4, 1679-1682

M. Heinzelmann, Gregor von Tours (538-594), 1994

J. Schmidt, Grégoire de Tours, 1998

Immo Eberl: "Grégoire de Tours", in: Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version de 2004 (article de l’ouvrage imprimé, remanié le 23.01.2007), traduit de l’allemand. En ligne: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/010304/2007-01-23/, consulté le 23.06.2026.

SOURCE : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/010304/2007-01-23/

Vie de Saint Grégoire — Évêque de Tours

par l'abbé Odoat

C'est à bon droit qu'on vénère la mémoire de tous les saints; mais les fidèles honorent en premier lieu ceux qui, soit par leur science, soit par leur exemple, ont brillé avec plus d'éclat que les autres. Or, que le bienheureux Grégoire, archevêque de la métropole de Tours, ait été l'un de ceux-ci ; qu'il ait resplendi de ce double mérite, c'est ce que prouvent des documents qui ne sont pas d'une faible autorité. Il est donc certes nécessaire de décrire, fût-ce incomplètement, ses actions, afin que la renommée d'un tel homme ne soit pas obscurcie quelque jour par le nuage de l'incertitude. Sans doute il suffit à sa gloire qu'il ait au haut des cieux le témoignage de Christ, auquel il voulait plaire ; mais parmi nous, ne serait-ce pas cependant une chose coupable de taire les louanges de l'homme qui s'efforça de publier celles de tant de saints ? Quelque étendue qu'atteigne ce petit récit, tous ses hauts faits n'y seront pas racontés, parce que, négligeant plusieurs choses que la tradition rapporte, nous nous bornons à un petit nombre de celles qui sont attestées par ses livres. Que si quelqu'un lui demande des miracles, mesurant judaïquement sur le nombre de miracles la sainteté de tout personnage, que pensera-t-il de la bienheureuse mère de Dieu ou de Jean le Précurseur ? Qu'il juge donc plus sainement, et sache qu'au jour redoutable du jugement, beaucoup de ceux qui ont fait des miracles seront réprouvés, et que ceux-là seulement qui se sont adonnés aux œuvres de justice seront accueillis à la droite da souverain juge. Ainsi ce n'est pas pour avoir opéré des miracles que nous recommandons notre métropolitain, quoique sa vie n'en soit pas absolument dépourvue, mais nous espérons démontrer que, doux et humble de coeur, il marcha sur les traces du Christ.

I. Grégoire était originaire de la région celtique des Gaules ; il naquit dans le pays d'Auvergne. Son père était Florentius, sa mère Armentaria ; et comme si la noblesse en ce monde se rapprochait en quelque chose de la générosité divine, ses parents étaient riches de biens et illustres par leur origine. Mais, chose plus importante, ils se montraient tellement attachés par une dévotion remarquable aux devoirs de la servitude envers Dieu, que tout membre de cette famille qui aurait été irréligieux eût mérité d'être noté comme dégénéré. Nous le démontrerons en disant quelque chose de ceux qui lui étaient le plus proches. Georgius, qui de son vivant était sénateur, prit pour épouse Léocadie ; elle descendait de la race de Vectius Epagatus qui, d'après ce que rapporte Eusèbe au Cinquième livre de ses histoires, souffrit le martyre et mourut à Lyon avec d'autres chrétiens du même temps ou plus glorieusement encore. Cette Léocadie mit au monde saint Gallus, évêque au siège d'Auvergne, et Florentins qui eut l'enfant dont nous parlons. De ce Florentius son père, d'Armentaria sa mère, de Pierre son frère, et de sa scieur, l'épouse de Justin, et de ses deux nièces, Heusténie et Justine élève de sainte Radegonde, Grégoire raconte dans ses Livres des miracles des choses qui font voir que leur foi et leurs mérites ne furent pas d'un faible éclat. Aussi jadis Léocadie portait si haut la tête dans cette Auvergne, terre natale de l'enfant, qu'elle dominait parmi les sénateurs comme la statue de Rome. C'était de tels personnages qu'était sortie la parenté de Grégoire : elle fournissait des sénateurs, des juges, et tout ce que je pourrais citer comme étant au premier rang des citoyens les plus distingués. Disons donc avec assurance de ses parents que, comme le Seigneur se manifeste en vous donnant la descendance dont vous êtes digne, c'est un fait qui doit servir à la louange de Grégoire que de sembler avoir été naturellement porté par sa famille au renom de sainteté. Fortunat disait en parlant de la race et de la patrie de Grégoire :

Honneur de ta maison, tête sublime de la cité de Tours, tu sembles parmi les Alpes de l'Auvergne un mont plus élevé qu'elles-mêmes.

Et en s'adressant à sa mère :

Deux fois heureuse par ses mérites, et pour elle et pour le monde, cette Macchabée qui donna au ciel sept enfants dignes des palmes du martyre[i][i] ; et toi aussi, Armentaria, tu es véritablement une heureuse mère, toi qui, brillante par ton enfant, ornée des oeuvres de ton fils, reçois pour couronne la sainteté persévérante de Grégoire.

Ainsi, d'une noble race rejeton plus noble encore, comme une rose qui s'échappe de sa tige en charmant davantage, il reversa sur ses parents l'honneur grandi d'une généreuse nature. Et quoiqu'il ne faille pas rechercher dans les noms la majesté du mystère, lui cependant, par un heureux présage, comme l'événement l'a démontré, reçoit le nom de Grégoire. C'est ainsi qu'en grec on appelle l'homme vigilant ; or il savait observer, non seulement la troisième veille, mais la seconde, ce qui est plus difficile, et même la première, ce qu'on voit très rarement ; et parce qu'il portait le joug du Seigneur dès son enfance, il était assis solitaire, suivant l'expression de Jérémie[ii][ii], ou du moins dans la compagnie de saint Martin. Lorsque son jeune âge prit de la force, il fut consacré à l'étude des lettres, travail où sa tendre intelligence prit ses premiers développements sous l'évêque Gallus, son oncle. 

II. On lui faisait donc apprendre déjà les caractères de l'écriture, quand la divine volonté l'initia aux signes miraculeux et ennoblit sa sainte enfance en lui montrant des prodiges. En effet, son père, atteint d'une maladie violente, était couché dans son lit ; le feu commençait à dévorer la moelle de ses os, le venin de la goutte à tuméfier son corps, une vapeur brillante à fatiguer son visage, lorsqu'un homme, se montrant en songe à l'enfant, lui parla : As-tu lu, lui dit-il, le livre de Josué ? — L'enfant répondit : Je ne connais rien d'autre que les caractères de l'alphabet, et je m'attriste à leur étude où je suis attaché malgré moi. J'ignore entièrement l'existence de ce livre. L'homme reprit : Va, dit-il, arrange une petite baguette de bois de façon à ce qu'on puisse y mettre ce nom, et quand il sera écrit avec de l'encre, tu le mettras sur le lit de ton père, du côté de sa tête. Si tu fais cela, il sera soulagé. Le matin venu, il apprit à sa mère ce qu'il avait vu. L'enfant au pieux esprit avait compris, en effet, que la chose, ce ne fut pas lui mais sa mère qui en jugea, devait être faite. Sa mère ordonne qu'on accomplisse la vision. Ce fut ce que l'on fit, et aussitôt le père recouvra la santé[iii][iii]. Quoi de plus raisonnable, en vérité, que la convenance du nom de Jésus et du bois sur lequel ou l'inscrivit pour le rétablissement de la santé ? 

III. Ses parents, en leur qualité de gens nobles, étaient possesseurs d'un vaste domaine en Bourgogne. Comme ils étaient voisins de saint Nizier, homme de toute sainteté qui gouvernait la cité de Lyon, celui-ci fit venir le jeune Grégoire auprès de lui. Lorsqu'on l'amena en sa présence, le saint homme le contempla quelque temps, et ayant observé dans cet enfant je ne sais quoi de divin, il demanda qu'on le levât jusqu'à lui, car il était couché dans son lit; et, comme un habitant du paradis pressentant un compagnon futur, il se mit à le réchauffer en le pressant dans ses bras, toutefois (c'est un détail qu'il ne faut point passer sous silence) en se couvrant entièrement avec sa robe de peur de toucher l'enfant nu, ne fut-ce que du bout des doigts. Ce même enfant, devenu homme, racontait souvent à ses auditeurs ce trait de, chasteté et leur conseillait de juger, par cette précaution d'un homme qui fut parfait, combien nous, si fragiles, tant que nous sommes, nous devons éviter l'attouchement de la chair. Nizier bénit donc l'enfant, et après avoir prié pour son bonheur, il le remit à ses gens[iv][iv]. 

IV. Deux années environ après le miracle que nous avons raconté, Florentins est de nouveau gagné par la maladie ; la fièvre s'allume, les pieds s'enflent et sont comme tordus par une extrême douleur. Il était sous le poids d'une fin prochaine et gisait déjà presque enfermé dans la tombe. Cependant l'enfant vit de nouveau dans son sommeil le même personnage qui lui demanda s'il ne connaissait pas le livre de Tobie. Nullement, répondit-il. Le personnage reprit : Sache que Tobie était aveugle, et que son fils, accompagné d'un ange, le guérit avec du foie de poisson. Fais donc de même, et ton père sera sauvé. Celui-ci rapporta ces paroles à sa mère, qui aussitôt envoya les serviteurs à la rivière : on prend du poisson, et l'on met sur des charbons ardents la partie de ses viscères qui avait été ordonnée. L'heureuse conclusion du miracle ne se fit pas attendre, car, dès que la première émanation de l'odeur eut pénétré dans les narines du père, toute tumeur et toute douleur disparut aussitôt[v][v]. Si c'est une admirable chose que la bouche de Zacharie ait été ouverte par le mérite de Jean, ce n'est cependant pas non plus peu de chose que Florentius ait été, non une fois, mais deux fois guéri par son fils. Ce Florentius et sa femme avaient compris par là que ce serait un homme habile et heureusement inspiré ; ils ne pouvaient ignorer, en effet, que la sagesse divine ne l'eût formé pour des devoirs plus délicats encore. Cependant ils ne le firent pas tonsurer immédiatement, désirant, je pense, qu'il consentît par lui-même à prendre l'état clérical ; mais on l'appliquait avec plus de soin aux études littéraires. 

V. Il n'était donc encore que laïque et il avait grandi et d'esprit et de corps, quand, saisi tout à coup d'un rhume de poitrine et de fièvres violentes, il tomba gravement malade ; puis sa faiblesse augmenta de jour en jour sans que l'habileté médicale le soulageât en rien. Son oncle Gallus le visitait souvent, et sa mère l'entourait, comme fait une mère, de gémissements continuels. Mais au moment où l'on désespérait déjà de tout secours humain, le ciel inspira au jeune homme de recourir à l'assistance divine. Il demande donc qu'on le transporte au tombeau de saint Allyre[vi][vi] (il en était voisin), mais cela ne lui servit pas beaucoup, car il différait encore d'accomplir ce à quoi cette maladie devait l'amener. Rapporté chez lui, il commença au bout de peu de temps à être tellement tourmenté qu'on le regardait comme courant à sa fin. La souffrance lui fit comprendre enfin la chose; il consola ceux qui pleuraient sur lui et leur dit. Portez-moi encore une fois au tombeau de saint Allyre ; j'ai foi qu'il nous donnera promptement, à moi la guérison et à vous la joie. Ayant donc été transporté là, il pria le plus haut qu'il pouvait, promettant, s'il était délivré de ce mal, qu'il prendrait sans aucun retard l'habit clérical. Dès qu'il eut dit, il sentit sa fièvre se dissiper aussitôt, il répandit par les narines une quantité de sang, et sa maladie disparut entièrement comme se hâte de partir un messager qui a obtenu ce pour quoi il était venu. Il coupa donc sa chevelure et se livra tout entier aux fonctions religieuses[vii][vii]. 

VI. Lorsque saint Gallus eut été appelé à recevoir la juste récompense d'une pieuse vie, l'homme de Dieu, Avitus[viii][viii], recueillit l'adolescent. Après avoir éprouvé son caractère et ses habitudes morales, il le confia aux soins de maîtres à l'aide desquels il lui fit gravir les échelons de la sagesse aussi rapidement que le permit, soit leur activité, soit l'intelligence de leur disciple. Vous trouverez cela dans la vie déjà mentionnée d'Allyre[ix][ix]. Toutefois, il s'exerça à l'étude des lettres avec un tel discernement qu'il se gardait d'un double excès il n'avait pas tout à fait horreur des niaiseries des poètes, et cependant il ne s'y attachait pas, comme beaucoup le font, d'une manière inconvenante, et son truc n'était pas l'esclave de leurs séductions. Taisant le nécessaire, il aiguisa comme sur un caillou la pointe de son esprit, et par là, agissant comme s'il eût emprunté les vases d'or de l'Égypte pour aller manger la manne au désert, il pénétra dans l'examen des forces que recèlent les divines écritures. C'est ce qu'il montre lorsqu'il dit, en parlant de lui-même : Je ne parle pas de la fuite de Saturne, de la colère de Junon, des adultères de Jupiter ; et, continuant son discours, il cite d'autres monstrueux personnages jusqu'au moment où il dit : Méprisant tout cela comme voué à une ruine prochaine, je retournerai plutôt aux choses divines et à l'Évangile, car je ne, veux point être pris et enveloppé dans mes filets. Il montre dans ce passage[x][x] qu'il savait bien ces choses, mais que son jugement éclairé les repoussait. 

VII. A l'époque fixée, il fut ordonné diacre. Il y avait alors un homme du pays d'Auvergne qui avait emporté du bois pris au très saint sépulcre du bienheureux Martin ; mais cet homme sans précaution négligeant le respect dû à ce bois, toute sa famille tomba gravement malade. Bientôt le mal empira ; et ignorant quelle en était la cause, il ne s'amendait pas, lorsqu'il vit en songe une figure terrible qui lui demanda pourquoi il agissait ainsi à son égard. Celui-ci dit qu'il ignorait de quoi il était question. Ce bois que tu as pris au lit du seigneur Martin, lui fut-il répondu, tu le gardes sans soin, c'est pourquoi tu as encouru ces maux ; mais va maintenant le porter au diacre Grégoire[xi][xi]. Celui-ci, j'en suis persuadé, était déjà un digne prêtre, puisque le seigneur Martin lui confiait ce que son troupeau possédait de plus précieux. Il y avait en Auvergne, dans ce temps-là, beaucoup de personnages qui brillaient dons la profession ecclésiastique, et que ce jeune homme visitait, tantôt lorsqu'ils se trouvaient avec le bienheureux Avitus, tantôt seuls, en sorte qu'ou bien il prenait d'eux des exemples de piété, ou bien, par un retour de mutuelle charité, il leur offrait ce qui pouvait peut-être leur manquer à eux-mêmes. Il révérait le Christ en eux, et le Christ ne pouvant être contemplé en sa propre personne, il le voyait en eux comme on voit, au sommet des monts, resplendir un rayon de soleil. Dirigeant donc ses efforts vers ce but, il cherchait à accomplir, soit par leur exemple, soit aussi par l'exemple de ceux qui les avaient déjà précédés au ciel, tout ce qui pouvait servir à la gloire du Christ. 

VIII. Parmi ces modèles au milieu desquels, nous venons de le dire, le Christ resplendissait comme au sommet des montagnes, il avait remarqué le glorieux seigneur Martin, qui dépasse les autres ainsi qu'un Olympe, et plus voisin des feux de l'éther, réfléchit les astres eux-mêmes avec plus d'éclat ; Martin, pour la vénération duquel le monde entier conspire à bon droit et auquel Grégoire aspirait d'un désir ardent. Toujours le portant et dans son coeur et sur ses lèvres, il répandait partout ses louanges. Mais tandis qu'il s'appliquait extrêmement de toutes les ressources de son esprit à la pratique des vertus, sa chair perdait ses forces, comme il arrive ordinairement. C'est la même cause qui fit que Daniel s'étant levé après avoir contemplé en vision son ange, se trouva le corps privé de force[xii][xii] et fut malade pendant de longs jours. Quant aux vertus, Grégoire profitait, mais quant à la santé du corps, il était faible, et il se trouva une fois tombé en proie à la fièvre et à une éruption cutanée qui finit par l'accabler tellement que, ne pouvant plus ni manger ni boire, il perdit tout espoir de conserver la vie. Une chose seule lui était restée : la confiance qu'il fondait en Martin n'était nullement ébranlée. Au contraire, brûlant d'un plus fervent amour, il conçut un tel désir de ce Martin, que bien que sa tête fût à peine épargnée par les atteintes de la mort, il n'hésita pas à se mettre en marche pour aller visiter le tombeau du saint ; les siens ne purent l'en dissuader, et il persista obstinément, car la fièvre de son corps était moins forte que la fièvre de son amour. Après deux ou trois étapes, sa faiblesse augmenta par suite du voyage. Mais, même alors, rien ne put retenir son impatience de recourir à Martin avec la même foi, et il supplia au nom de la majesté divine ceux qui voulaient l'en détourner de l'exposer, ou vivant, ou du moins mort, devant le tombeau du saint. Qu'ajouterai-je ? Il parvint, tant bien que mal, et sa foi justifiée obtint la guérison qu'il espérait. Et non seulement lui, mais aussi l'un de ses clercs nommé Armentarius, qui avait été presque à l'article de la mort, dut au mérite de cette foi son propre salut. Grégoire donc, rendant grâces, tant pour celui-là que pour lui-même, revint dans sa patrie, rassasié, ou plutôt consumé plus que jamais de l'amour de Martin[xiii][xiii]. 

IX. Une fois, qu'il se rendait de Bourgogne en Auvergne, un violent orage s'éleva au-dessus de lui. L'air épaissi se rassemble en nuées ; le ciel commence à étinceler de lueurs répétées, à retentir de vastes grondements de tonnerre, et chacun se sent pâlir et redoute le danger qui menace. Mais Grégoire, l'âme tranquille, tire de sa poitrine, car il les portait toujours à son cou, des reliques des saints qu'il élève du côté des nuages et les leur oppose avec persévérance ; ceux-ci à l'instant se partagent, les uns à droite, les autres à gauche, et offrent aux voyageurs une route intacte. Mais l'orgueil, qui le plus souvent naît de la vertu, se glissa dans l'âme de ce jeune homme ; il se réjouit en lui-même, et, ce qui vient d'être accordé à ses reliques, c'est à ses mérites qu'il l'attribue. Cependant quoi de plus voisin de la présomption que la chute ? En effet, le cheval qu'il montait étant tombé à cette place même, le renversa si durement à terre, que, meurtri dans toutes les parties de son corps, il pouvait à peine se relever. Comprenant la cause de son malheur, il prit garde à l'avenir de ne jamais se laisser vaincre par les aiguillons d'une vaine gloire, mais, chaque fois que la vertu divine agissait par lui, d'en rapporter l'honneur, non à ses propres mérites, mais à la puissance des reliques qu'il portait, comme nous l'avons dit[xiv][xiv]. Et si vous pesez bien ce fait, vous verrez qu'il est plus admirable d'avoir corrigé son orgueil que d'avoir séparé les nuages. 

X. Grégoire était assidu à la prière, surtout pendant les heures de la nuit consacrées au repos. La fête de la bienheureuse vierge Marie était arrivée. Or l'on conserve des reliques d'elle en Auvergne, dans le village de Marsat. Grégoire, qui alors s'y trouvait, se mit en devoir, suivant sa coutume, d'aller faire secrètement ses prières, tandis que les autres étaient plongés dans le sommeil, et ayant regardé au loin, il vit l'oratoire resplendir d'une grande clarté. Il se figure donc que quelques dévots l'ont devancé dans la célébration des vigiles ; cependant, étonné de voir cette grande lumière, il se dirige vers le lieu d'où elle partait : tout s'y trouvait enseveli dans le silence. Il envoie chercher le gardien de l'édifice ; mais pendant ce temps la porte s'ouvre d'elle-même, et, reconnaissant que ce lieu était l'objet d'une visitation divine, il entre avec respect au milieu d'une angélique veillée. La clarté qu'il voyait du dehors cessa aussitôt, et il ne vit plus rien que la vertu de la Vierge glorieuse[xv][xv]. 

XI. L'an 172 après la mort de saint Martin, la douzième du règne du roi Sigibert [573], le bienheureux Eufronius, qui, vieillissant au milieu des vertus, avait été gratifié d'une grâce si grande qu'il semblait avoir en lui l'esprit de prophétie, fut déposé auprès de ses pères. Le temps était arrivé où Grégoire, enflammé de l'amour du bienheureux Martin et devenu capable d'exercer l'office pastoral, devait prendre à sa place le gouvernement de son église. Le bienheureux Eufronius étant donc mort, le peuple du diocèse de Tours s'assembla pour s'occuper du choix de son successeur, et à la suite d'une discussion facile, chacun fut persuadé que Grégoire était celui dont le choix était préférable. Ils le connaissaient par sa présence très fréquente dans le pays, et savaient de lui un grand nombre d'actions dignes d'un homme de bien. Alors tous se réunirent d'une seule voix, et l'on vit par la faveur de Dieu sa cause réussir. En effet, la foule des clercs et des personnages nobles, ainsi que le peuple des champs et celui des villes, s’écrièrent tous d'un même avis qu'il fallait s'arrêter à ce Grégoire, également illustre et par ses brillants mérites et par sa noblesse, éminent en sagesse, dépassant tous les autres en générosité, connu des princes, vénérable par sa probité et habile à toutes les fonctions. Des messagers sont adressés au roi, dans un moment où, par la volonté du Seigneur, Grégoire se trouvait présent. Averti de ce dont il s'agissait, avec quelle humilité il tenta de s'excuser ! par combien de moyens il s'efforça de s'échapper ! Mais où est le vouloir de Dieu, il faut que le reste fléchisse. Le roi lui impose d'obéir à son autorité, la reine Brunichilde le presse de se soumettre. Et comme la véritable humilité ne refuse point l'obéissance, il donne enfin son consentement. Aussitôt, de peur, je pense, que quelque délai ne lui donnât prétexte de fuir, Egidius, archevêque de Reims, le consacra, comme l'a écrit le poète Fortunat dans ces vers :

Saint Julien envoie à saint Martin son élève chéri, ce qui lui fut si doux, il le donne à son frère : c'est celui que la main vénérable et paternelle d'Egidius a consacré au Seigneur, afin qu'il dirigeât le peuple, celui qu'aime Radegonde ; Sigebert triomphant l'encourage, et Brunehaut, l'honore. (Liv. V, pièce 2)

Ainsi le siège épiscopal de Tours, dix-huit jours après avoir perdu Eufronius, reçut Grégoire. Quand les habitants de Tours sortirent solennellement au-devant de leur nouveau pasteur, le même poète composa encore à sa louange les vers que voici :

Applaudissez, peuples heureux, dont les voeux viennent d'être accomplis. Votre pontife arrive, c'est l'espoir du troupeau qui vient. Que la vive enfance, que la vieillesse courbée par l'âge, célèbrent cet événement ; que chacun le proclame, car c'est le bonheur de tous. (Ibid.)

Et le poète poursuit en montrant Grégoire célébré par les gens de Tours et intronisé, suivant les formes, sur son siége. 

XII. Pour dire brièvement quel il fut et combien grand il se montra lorsqu'il fut investi de la prélature, c'est ce que font voir plusieurs églises qu'il reconstruisit entièrement ou dont il répara les toitures, et ce que disent tout d'abord les livres qu'il a composés à la louange des saints ou pour l'explication des divines Écritures. L'église mère que le seigneur Martin avait construite, et qui était en ruines par suite de sa vétusté, fut réparée par lui en forme cintrée, et il en décora les murailles d'histoires avant pour sujet les gestes du même Martin. C'est ce que n'a pas oublié notre chantre mélodieux, lorsqu'il dit, entre autres choses (Liv. x, pièce l) :

Par le secours de Martin, Grégoire élève l'édifice ; nous retrouvons dans l'homme du jour ce que fut l'homme célèbre d'autrefois.

Et ailleurs :

En restaurant ces fondements antiques, l'excellent évoque leur rend l'éclat dont ils brillaient jadis.

Il répara encore, comme nous l'avons dit, et comme on le trouve dans ses propres chroniques, plusieurs églises telles que l'église de Sainte-Croix au village de Marsat[xvi][xvi]. 

XIII. Avec quelle ardeur il se livra, soit a la construction d'édifices religieux, soit à la garde de son troupeau, c'est ce qui se remarque principalement quand on considère qu'il ne put recevoir même des hommes les plus saints le modèle de sa perfection. En effet, pour ne rien dire de ceux dont les péchés, comme dit l'Apôtre, sont manifestes (tout ce que nous en pourrions dire serait superflu), prenons seulement deux d'entre ceux chez qui les marques de sainteté sont telles que personne, excepté Grégoire, n'y pourrait bien répondre, et montrons combien il se montrait délicat en fait de mérite. Peu de temps après sa consécration, l'abbé saint Senoch quitta sa cellule et vint le saluer. Le pieux évêque le reçut avec un grand respect, et après être peu à peu arrivé à le connaître dans les échanges de la conversation, il ne tarda pas à le voir infecté du poison de l'orgueil. Mais il le guérit complètement de cet orgueil au moyen de cette céleste grâce qui l'aidait à pénétrer dans l'appréciation des choses spirituelles[xvii][xvii]. Il n'eut pas moins de pouvoir ni moins de sollicitude à l'égard de saint Liphard[xviii][xviii], que le mauvais esprit agitait de pensées sinistres, au point qu'il avait résolu, à la suite d'une injure verbale qu'on lui avait faite, d'abandonner le monastère où il s'était depuis longtemps enfermé. Mais il ne pouvait pas tomber dans ce malheur, celui qui mérita d'avoir Grégoire pour soutien. Celui-ci, en effet, allant comme à l'ordinaire à Marmoutier, pour y baiser les marques sacrées laissées par le souvenir de Martin, se détourna vers la demeure de Liphard, afin de s'informer, en tendre pasteur, comment se gouvernait une brebis enchaînée dans l'amour du Christ. Liphard lui ouvrit bientôt ces secrets de son coeur que le diable lui avait représentés comme raisonnables. Grégoire aussitôt, avec son esprit plein de sagacité, découvrit les mensonges de Satan, et, soupirant d'une douleur extrême, il se mit à admonester cet homme et à lui dévoiler, par ses discours pleins de sens, la ruse diabolique ; puis, rentré dans sa maison, il lui fit parvenir avec une pieuse sollicitude des livres en harmonie avec la vocation monastique. Celui-ci, auprès les avoir lus à plusieurs reprises, non seulement fut guéri de la tentation qu'il avait soufferte, mais devint doué par la suite d'un esprit beaucoup plus sensé. Ne cherchez rien de plus magnifique ; n'attendez rien de plus remarquable qu'on puisse dire à la louange de Grégoire. Si l'âme vaut mieux que le corps, c'est un assez grand miracle que de la ressusciter en quelqu'un ; le menteur même n'oserait le nier. Quant à l'empire que sa voix exerçait, quant à l'autorité avec laquelle l'exemple de sa vie imposait à ses subalternes, le lecteur studieux s'en assurera dans les livres qu'il a composés lui-même. 

XIV. La faiblesse physique l'incommodait souvent, car il ne prenait aucun soin de ce qui regardait la chair ; mais chaque fois que le malaise tourmentait trop gravement son corps fatigué par la pratique rigoureuse des austérités, il recourait à son cher Martin et aussitôt il était guéri : cela arrivait très souvent. Quand et dans quelles circonstances, c'est ce qui est raconté dans l'histoire des miracles de saint Martin, de manière à réjouir le lecteur[xix][xix]. En homme humble et discret, il commençait par s'administrer des médicaments matériels,mais plus il recherchait avec modestie ceux-là, se jugeant indique de recevoir l'assistance d'un miracle, plus la bonté divine tenait en réserve pour lui sa puissance comme unique médicament. Il lui arriva une fois que, guéri par la vertu habituelle de saint Martin d'une douleur à la tempe, il conçut peu après, par l'insinuation du tentateur, la pensée que cette agitation des veines pourrait être calmée par une saignée. Pendant qu'il y réfléchit en lui-même, il sent battre avec violence les veines de ses deux tempes, la douleur l'envahit de nouveau avec plus de force ; aussitôt il court tout troublé à la basilique, implore d'abord le pardon pour la pensée qu'il avait eue, puis il touche sa tête avec le voile du sépulcre sacré, et sur-le-champ il s'en retourne guéri[xx][xx]. 

XV. Il avait déjà composé plusieurs écrits à la louange de diverses personnes[xxi][xxi] ; et quoiqu'il brûlât de l'amour de Martin plus que de nul autre, il ne se jugeait digne en aucune façon de rapporter ce qu'il y avait à écrire sur ses miracles, quand, averti par deux et trois fois durant son sommeil, il se vit menacé de tomber dans le crime par son silence. Il avait fait agrandir l'oratoire de Saint-Étienne, situé dans le faubourg de Tours, et reporter l'autel tout entier un peu plus loin qu'il n'était ; mais n'ayant trouvé dans cet endroit aucune relique, il envoya un de ses abbés à l'évêché, pour prendre de celles du martyr saint Étienne. Il l'envoya en oubliant de lui donner la clef, en sorte que celui-ci, trouvant la châsse fermée, ne savait à quoi se décider. Retournerait-il à l'évêque pour avoir la clef, c'était un retard ; apporterait-il la châsse entière, il savait que cela lui serait désagréable, parce qu'elle contenait des reliques d'un grand nombre de saints. Tandis qu'il hésitait en lui-même, il vit les barres se retirer et la châsse s'ouvrir comme pour attester que la grâce divine s'associait aux travaux de Grégoire. Le prêtre, remerciant Dieu, porta, au milieu de l'admiration générale, les reliques à Grégoire, qui, à son retour, trouva la châsse fermée, comme il l'avait laissée[xxii][xxii]. 

XVI. Grégoire opérait pour la guérison des malades beaucoup de choses qu'il serait trop long de raconter ; cependant il en faisait honneur aux saints dont il portait les reliques, et s'efforçait de s'en dérober le mérite à lui-même. Plus il l'attribuait humblement à d'autres, plus il était vrai qu'elles s'opéraient par lui. En voici un exemple. Il s'avançait une fois sur la grand'route portant à son cou une croix d'or dans laquelle étaient des reliques de la bienheureuse Marie toujours vierge ou du bienheureux Martin : il aperçut non loin de la route la cabane d'un pauvre qui brûlait ; elle était couverte, suivant l'usage des pauvres gens, de feuilles et de menus branchages, c'est-à-dire de matières inflammables. Le malheureux courait çà et là, avec sa femme et ses enfants ; il criait, il jetait de l'eau, tout cela en vain. Déjà les flammes l'emportaient et on ne pouvait plus les arrêter. Mais alors Grégoire accourt, il élève la croix contre les gerbes de flammes, et bientôt le feu tout entier se trouve tellement paralysé à l'aspect des saintes reliques, qu'il ne peut plus brûler, pas même un peu, les parties dont il était déjà maître[xxiii][xxiii]. 

XVII. Il avait une affaire pour laquelle il devait se rendre dans la ville de Reims. Après avoir été gracieusement reçu par l'évêque Égidius, il y passa la nuit et le lendemain, qui était un dimanche; lorsque le jour fut venu,il alla à l'église pour converser avec l'évêque. Comme il attendait son arrivée dans la sacristie, car il ne voulait pas parler dans l'église, Sygo, autrefois référendaire du roi Sigebert[xxiv][xxiv], s'approcha de lui, et Grégoire après l'avoir embrassé, le fit asseoir à ses côtés. Ils prièrent quelque temps ensemble, et Sygo, qui écoutait attentivement Grégoire, sentit une de ses oreilles, dont il était sourd depuis un certain temps, s'ouvrir tout d'un coup avec un bruit particulier. Il se mit à faire ses actions de grâce, en racontant ce que venait de produire en lui le voisinage de Grégoire. Mais l'homme de Dieu n'oublia pas ses habitudes d'humilité, et, s'efforçant d'enlever à cet homme l'idée qu'il avait : Ce n'est pas à moi qu'il faut rendre grâce, dit-il, mon très doux fils, mais au bienheureux Martin, dont j'ai sur moi, quoique indigne, des reliques, par la vertu desquelles l'ouïe t'a été rendue et ta surdité dissipée. 

XVIII. La charité était tellement chez lui la vertu dominante, qu'il avait pour ses ennemis eux-mêmes des sentiments de tendresse. L'exemple suivant le démontrera. Il lui arriva une fois de se rendre en Bourgogne vers sa vénérable mère. Dans des bois écartés qui se trouvent au delà de la rivière du Barberon[xxv][xxv], il rencontra des voleurs, qui se précipitèrent sur sa suite avec une telle violence, qu'ils semblaient vouloir, non pas seulement dépouiller, mais tuer. Leur irruption ne put effrayer Grégoire, qui marchait entouré de la protection de Martin : il invoqua son secours, et il en éprouva si promptement la présence, que les voleurs prirent la fuite plus rapidement qu'ils n'étaient apparus. Grégoire, usant de sa charité ordinaire, et sans se troubler au milieu du désordre, rappela les fuyards, et voulut demander à ces agresseurs de prendre à manger et à boire. Mais on eût cru qu'ils étaient poursuivis à coups de bâtons, et que leurs chevaux étaient emportés malgré eux avec une vitesse qui dépassait leurs forces, si bien qu'ils ne pouvaient entendre la voix qui les rappelait[xxvi][xxvi]. Ainsi se montrait Grégoire, favorablement écouté d'en haut et appliqué aux œuvres de charité. 

XIX. Grâce à lui, la foi du peuple et sa dévotion croissaient en abondance. Aussi arriva-t-il que l'ennemi malin, tourmenté d'une vive douleur et ne pouvant contenir les efforts de sa méchanceté, s'efforçait à haute voix de bouleverser la confiance et du pasteur et du troupeau. Le jour même de la naissance du Seigneur, comme Grégoire s'avançait pour célébrer pontificalement la fête, suivant l'usage, dans la principale basilique de la ville, un possédé, plus furieux que les autres, commença à se déchaîner outre mesure, et se portant au-devant des groupes qui marchaient devant Grégoire ou derrière lui, ou qui l'entouraient. C'est en vain, s'écria-t-il, que vous allez fouler le seuil de la maison de Martin ; c'est en vain que vous allez dans sa maison, car, à cause de vos crimes sans nombre, il vous a délaissés, il vous a fuis, et c'est à Rome qu'il fait des miracles. Comme le diable soufflait ces paroles et d'autres semblables à la foule pressée, sa voix, non seulement trouble les cœurs des gens de la campagne, mais elle frappe aussi de crainte les clercs et Grégoire lui-même. Ils entrent dans la basilique en versant des larmes abondantes, et tous se prosternent sur le pavé en priant, afin d'obtenir la présence du saint homme. Un homme qui, depuis plus de trois ans, avait deux mains et un pied paralysés, était prosterné comme les autres devant le saint autel, implorant le secours du bienheureux Martin, quand, tout à coup envahi par la fièvre, il commença à souffrir comme s'il eût été à la torture. Cependant le divin office se célébrait ; et au moment où le pieux évêque, redoublant de pleurs, attendait la venue du bienheureux Martin, où, suivant l'usage, on couvrait d'un voile les instruments du divin mystère, le malade fut pleinement rendu à la santé. Aussitôt Grégoire, plein de joie, rend grâces au Dieu tout-puissant, et, les yeux remplis d'une pluie de larmes, il éclate en ces paroles qu'il adresse au peuple : Que la crainte, mes frères, s'éloigne de vos coeurs, car le bienheureux confesseur halite avec nous, et vous ne devez nullement croire le diable qui mentit dès le commencement du monde et n'a jamais connu la vérité. Après qu'il eut donné au peuple ces paroles de consolation et d'autres encore, la douleur universelle se changea en joie, et tous, grâce à Martin et à Grégoire, revinrent chez eux plus contents qu'ils n'étaient venus[xxvii][xxvii]. 

XX. Puisque nous venons de parler de la naissance du Seigneur, nous mentionnerons ce qui arriva un jour de Noël à notre évêque. Pendant la nuit sacro-sainte de cette solennité, fatigué des cérémonies de la veille, il s'était mis un instant sur son lit, quand un homme s'avança vers lui avec vivacité en lui disant : Lève-toi pour retourner à l'église. Il se réveilla, fit le signe de la croix et se rendormit. L'homme recommença et loi donna un second avertissement ; mais se sentant encore lourd à son réveil, il s'endormit de nouveau. Alors cet homme, venant pour la troisième fois, lui donna un soufflet sur la joue et lui dit. C'est toi qui dois admonester les autres pour les faire aller aux vigiles, et voilà que tu te laisses si longtemps dominer par le sommeil. Frappé de cette parole, Grégoire revint d'un pas rapide à l'église[xxviii][xxviii]. Il était tellement agréable aux yeux de la Divinité, qu'il ne pouvait pas, même sous le prétexte de l'humaine faiblesse, se permettre de négliger un moment son salut. 

XXI. Nous croyons devoir ajouter à ce récit comment Dieu voulut le reprendre, afin qu'il ne péchât pas non plus par suite de la légèreté d'autrui. Comme le bienheureux Martin l'avait guéri d'une maladie désespérée, de manière à ce qu'il pût aller le lendemain à l'église, pour ne pas se fatiguer cependant aux solennités de la messe, il avait ordonné à l’un de ses prêtres d'en faire la célébration. Mais ce prêtre avant prononcé avec je ne sais quelle incorrection les paroles consacrées, quelques-uns des assistants se mirent à se moquer de lui, disant qu'il eût mieux fait de se taire que de parler aussi grossièrement. La nuit venue, Grégoire vit un homme en songe qui lui dit qu'il ne fallait faire aucune observation sur les mystères de Dieu. Il résulta de là pour lui qu'il ne devait pas permettre à des sots ou à des hommes légers de rabaisser les saints mystères en sa présence. 

XXII. Souvent l'homme de Dieu, comme un vrai gardien de lui-même et de son troupeau, allait au loin, soit pour l’utilité des siens, soit pour son propre salut. Une fois, en allant prier au tombeau de saint Hilaire, il se détourna pour visiter la reine sainte Radegonde. Tous deux, semblables à des habitants du paradis, s'entretenaient entre eux des choses célestes, quand l'huile qui coulait ordinairement goutte à goutte devant les reliques de la sainte croix devint tellement abondante à l'arrivée de l'évêque, qu'en l'espace de moins d'une heure, il en coula plus d'un sextier. Lorsque cette bienheureuse reine fut sur le point d'être appelée devant le roi des cieux, Grégoire, l'homme de Dieu, reçut la nouvelle qu'elle était à sa fin ; mais elle était déjà trépassée quand il accourut, et il donna la sépulture à ses saints membres. En même temps il bénit solennellement l'autel établi sur le tombeau, en réservant toutefois à l'évêque du lieu, qui par hasard était alors absent, le soin de fermer le cercueil[xxix][xxix]. 

XXIII. Il avait une affaire qui l'obligeait à traverser le fleuve de la Garonne près du château de Blaye ; mais ce fleuve avait tellement grossi, qu'il inspirait une assez grande crainte, rien qu'à le regarder. Non loin de là repose saint Romain, prêtre que notre Martin ensevelit, ainsi qu'il est raconté dans sa vie. Comme les bourrasques de vent d'un côté, les montagnes liquides de l'autre mettaient le navigateur en grand péril, il leva les yeux au ciel, puis regarda l'église de ce saint Romain, et la mer entière s'aplanit bientôt si complètement que tout bruit sinistre s'évanouit et qu'il fut transporté sans courir aucun danger sur l'autre rive[xxx][xxx]. 

XXIV. Il avait accompli déjà seize années d'épiscopat, lorsque son homonyme, le grand Grégoire, fut placé sur le siège apostolique [590 – Grégoire le Grand]. On croit qu'ils ont été quelque temps attachés l'un à l'autre d'une étroite amitié ; et ce, sentiment serait bien naturel, car Fortunat compare le pape à Grégoire de Nazianze, et dit que la personne de ce dernier fut comme un présent fait à l'Orient, celle de Grégoire de Rome un présent fait au Midi, et notre Grégoire à nous un présent aux contrées occidentales. Ce dernier s'étant rendu à l'église des Saints Apôtres[xxxi][xxxi], le saint-père le reçut avec une grande déférence ; et l'ayant conduit à l'endroit où saint Pierre confessa le Christ, il s'arrêta à ses côtés, attendant jusqu'à ce qu'il eût achevé sa prière. Et tandis qu'il attendait, il considérait avec étonnement, car c'était un génie profond, les secrètes dispensations de Dieu à l'égard de l'homme qu'il avait sous les yeux, et qui, petit par la taille, avait reçu du ciel une telle abondance de grâce. Celui-ci s'en aperçut aussitôt par une perception divine, et, se relevant après sa prière, il se tourna vers le pape de l'air calme qu'il conservait toujours et lui dit : C'est le Seigneur qui nous a faits, et non pas nous qui nous sommes faits nous-mêmes ; il est le même dans les petites choses et dans les grandes. Le pape comprit que ces paroles répondaient à sa pensée, et, tout réjoui de cette observation, il commença à professer une vénération profonde pour cette grâce qu'il avait seulement admirée jusque-là dans Grégoire, et il honora le siège épiscopal de Tours du don d'une chaise d'or qui devait y être toujours conservée. 

XXV. Déjà saint Martin, glorifiant partout son disciple Grégoire, avait manifesté de bien des manières combien il le favorisait ; mais, voulant même coopérer à ses œuvres, il daigna quelquefois y être présent avec tout l'éclat qui l'accompagne, tout en restant invisible. Ayant intention de consacrer un oratoire dans une salle qui servait de cabinet à son prédécesseur, Grégoire y transportait des reliques de saint Saturnin, qu'il avait prises avec un grand respect dans la basilique du seigneur Martin. Il y avait en effet un choeur considérable de prêtres et de lévites en robes blanches, une noble assemblée de citoyens décorés de fonctions, une foule nombreuse de peuple du second ordre ; les cierges rayonnaient majestueusement, les croix se haussaient dans les airs. Lorsqu'on fut arrivé à la porte, une lueur terrible remplissant tout d'un coup la chambre frappa tous les yeux d'un éclat excessif, et, se prolongeant, courait çà et là comme la foudre. Tout le monde, saisi d'une peur extrême, était prosterné sur le sol. Mais Grégoire, comme s'il eût été dans le secret de ce miracle si grand, les exhorta avec fermeté et leur dit : Ne craignez rien ; souvenez-vous de quelle manière on vit un globe de feu sortir de la tête du bienheureux Martin pour s'élever vers le ciel, et croyez qu'il est venu lui meure avec ses saintes reliques afin de nous visiter. Tous alors magnifièrent Dieu, et cet homme vénérable répétait avec les clercs : Bénit soit celui qui vient au nom du Seigneur ; Dieu Notre-Seigneur a lui sur nous[xxxii][xxxii]. 

XXVI. Qu'il suffise de ce peu de paroles sur notre évêque. Nous ne le recommandons pas au moyen d'une quantité de miracles, comme on en attribue d'ordinaire même à des réprouvés, mais cette sorte de gloire ne lui manqua pas non plus. C'en est assez d'ailleurs pour faire briller son honneur qu'il ait suivi, humble de cœur, l'exemple du Christ, et qu'il n'ait point mis son espérance dans les trésors d'or et d'argent. C'est certainement avoir fait des choses miraculeuses que d'avoir pu, comme nous l'avons montré plus haut, en partie du moins, se garder des liens du péché. Être exempt de péchés, est une gloire supérieure à toute autre. La vingt et unième année de son épiscopat[xxxiii][xxxiii], c'est-à-dire au moment où il eut rempli le nombre de trois fois sept ans dans la foi envers la sainte Trinité, il fut déposé auprès de ses ancêtres, moins rassasié de jours, car il avait été ordonné à l'âge de près de trente ans[xxxiv][xxxiv], que plein de perfection. Toutefois, celui-là n'est pas entièrement scellé dans la tombe, auquel il reste que sa parole même est vivante dans le monde; et de même que nous croyons Grégoire uni il saint Martin dans le ciel, de même son saint corps est voisin du sien dans le tombeau. Ceux de Tours donc, s'ils ne veulent passer pour ingrats, eu égard aux présents divins qu'ils ont reçus, doivent se, rappeler toujours combien Dieu les a protégés. Le patron qu'il leur a donné n'est pas un saint ordinaire : c'est Martin, duquel on ne sait pas où commencer ses louanges, ni quelle louange particulière faire de lui, puisque ses moindres actions sont manifestement plus grandes, comme on l'a écrit, que les plus grandes actions des autres. Toutes les nations du monde, pour ainsi dire, témoignent quel honneur on doit lui porter en le chérissant d'une affection si étroite, que même en notre temps, où la piété devient si tiède, nous voyons affluer à son très saint tombeau une foule de gens dont le pays et le langage sont inconnus, en sorte qu'on peut dire avec justice de ce Martin : Toute la terre est avide de le voir. Leur zèle condamne énergiquement et à bon droit notre inertie, à nous qui sommes près de lui; mais il est clair que ce n'est pas sans une dispensation divine que son amour a pénétré tous les cœurs au point de rendre sa mémoire partout douce comme celle d'un second Josias, et qu'il s'est tellement étendu par toutes les contrées de la terre, que là où règne le nom du Christ, là Martin est honoré. Aux habitants de la Touraine a encore été donné Grégoire, homme remarquable par la sainteté et aussi par la science, afin que la cité de Tours ne fut pas une ville sans éclat et destituée de la pratique des lettres, mais qu'elle fût plutôt illustrée par lui après l'avoir été par Martin, connue la ville de Romulus, après les apôtres, fut décorée d'un autre Grégoire. Soyons assurés que nous avons Grégoire pour avocat et pour gardien, soit auprès de Dieu, soit auprès du bienheureux Martin, et que nous pouvons lui confier nos besoins pour qu'il y satisfasse. Grégoire, en effet, ne perdra point le souvenir de la bonté qui l'animait ainsi que Martin dont il nous a fait connaître avec tant de sollicitude le cœur compatissant. Pour nous montrer cette compassion, il a recueilli les miracles du saint, afin que tous ceux qui sauraient à l'avenir quel nombre énorme il en a opéré, et de quelle importance ils étaient et quelles maladies désespérées il guérissait, ne puissent jamais douter de sa puissance. Et s'il arrive, par suite de la différence des temps, que les miracles matériels ont cessé, croyons cependant toujours qu'il opère en nos âmes celui de les soutenir par sa vertu. Que Grégoire donc, qui connaissait la miséricorde de Martin, lui rappelle toujours son troupeau; que toujours il lui demande le maintien du saint lieu où Martin repose, et qu'il le prie pour la prospérité de tout le royaume. N'oublions pas non plus comment il a conservé jusque dans sa propre sépulture ses habitudes d'humilité. Il s'était fait ensevelir dans un endroit placé de telle manière, qu'il devait être sans cesse foulé aux pieds par tout le monde[xxxv][xxxv], et l'on était empêché nécessairement par la disposition du lieu de lui témoigner jamais aucun respect. Mais le troupeau du bienheureux Martin, ne pouvant supporter de telles choses, a levé de cette place l'ami de son seigneur, et l'a déposé avec le respect convenable dans un riche mausolée élevé à la gauche du sépulcre saint[xxxvi][xxxvi]. Il est mort le 17 novembre, dans la semaine même consacrée à Martin[xxxvii][xxxvii] : de telle sorte qu'après avoir commencé, déjà malade, à célébrer la fête du saint, il put l'achever joint avec lui dans le ciel, par la grâce du Seigneur Jésus-Christ, Dieu vivant, qui règne avec le Père et le Saint-Esprit aux siècles des siècles. Amen. 

FIN DE LA VIE DE SAINT GRÉGOIRE 

[xxxviii][i] Les sept frères Macchabées et leur mère, martyrs de la religion juive, mis à mort en l'an 168 av. J.-C., par l'ordre da roi de Syrie Antiochus Épiphane.

[xxxix][ii] Lamentations, I. 1.

[xl][iii] Liv. De la gloire des confesseurs, par Grégoire, ch. XI.

[xli][iv] Vies des pères, par Grégoire, liv. VIII, § 2.

[xlii][v] Gloire des confesseurs, ch. XI.

[xliii][vi] Hillidius, vulgairement saint Alire ou Allyre.

[xliv][vii] Vies des Pères, ch. II, § 2.

[xlv][viii] Évêque de Clermont.

[xlvi][ix] Au § Ier.

[xlvii][x] Passage tiré de la préface du livre De la gloire des martyrs. Le dernier membre de phrase de la citation (non enim vel vinciri cupio meït retibus vel involvi) manque dans tous les manuscrits qui nous sont restés du texte original de Grégoire.

[xlviii][xi] Des miracles de saint Martin, par Grégoire, liv. 1, ch. XXXV.

[xlix][xii] Daniel, ch. X, v. 3, 16, 17.

[l][xiii] Des miracles de saint Martin, liv. I, ch. XXXII.

[li][xiv] De la gloire des martyrs, par Grégoire, ch. LXXXIV.

[lii][xv] Ibid., ch. IX.

[liii][xvi] Près Riom (Puy-de-Dôme). Fortunat parle de cette fondation (liv. II, ch. III), et dom Ruinart mentionne cette église, devenue paroissiale comme subsistant encore de son temps, à la fin du XVIIe siècle.

[liv][xvii] Vies des Pères, ch. XV, § 2.

[lv][xviii] Ibid., ch. XX, § 3.

[lvi][xix] En effet, sans parler des miraculeuses guérisons que Grégoire raconte comme les ayant vu s'accomplir en faveur de tous ses proches, de son père arraché plusieurs fois à la mort (Gl. des Mart., LXXXIV, et Gl. des conf., XL), de sa mère guérie d'un mal de jambe dont elle avait souffert pendant trente-quatre ans (Mir. de S.-M., III, 10), de son frère Pierre (Mir. de S.-Jul., XXIV), de son beau-frère Justin (Mir. de S.-M., II, 2), de son oncle Gallus, délivré d'une épine qu'il s'était mise en marchant pieds nus dans les champs (Mir. de S.-Jul., XXIII) ; d'une foule enfin de ses parents, amis ou serviteurs, le pieux évêque de Tours est intarissable quand il parle des miracles opérés sur sa propre personne par l’intervention céleste, surtout par la puissance de saint Martin. Ainsi un lot de reliques provenant de l'héritage de son père et enfermées dans un étui d'or, lui servait à conjurer l'incendie et l'orage (Gl. des Mart., LXXXIV), et saint Julien lui enleva une fois des douleurs de tête résultant d'un coup de soleil (Mir. de S.-Jul., XXV) ; mais, par le grand saint Martin, il obtint d'échapper, sur la seule invocation de son nom (Mir. de S.-Jul., I, 30), à une attaque de brigands ; d'être délivré de la fièvre et de pustules sur tout le corps, en se faisant porter à son tombeau (ibid., I, 32) ; de la dysenterie (ibid., II, 1) et du mal de dents (ibid., III, 60) au moyen de la poussière qu'on recueillait sur le sépulcre ou sur le sol environnant et qu'on buvait délayée dans de l'eau; de la migraine (ibid., II, 60), d'une inflammation d'entrailles (ibid., IV, 1), et d'une arête de poisson qui était restée trois jours dans sa gorge (ibid., III, 1), en appliquant sur la partie malade les tentures drapées au-dessus du monument ; d'un gonflement de la langue et des lèvres en frottant sur la grille qui l'entourait le bout de sa langue (ibid., IV, 2) ; enfin il chassait la grêle loin de ses vignes en mettant sur l'arbre le plus élevé qui s'y trouvât (ibid., I, 34) un peu de cire découlée des cierges qu'on brûlait sur ce tombeau merveilleux.

[lvii][xx] Mirac. de S. Martin, liv. II, ch. LX.

[lviii][xxi] Les critiques modernes pensent que ce fut par le récit des miracles du tombeau de saint Martin qu'il commença ses travaux littéraires.

[lix][xxii] Gloire des Martyrs, ch. XXXIV.

[lx][xxiii] Ibid., ch. XI.

[lxi][xxiv] Voy. Hist. ecclés. des Francs, liv. V, ch. III, et Mirac. de S. Martin, liv. III, ch. XVII.

[lxii][xxv] Verberim ou Berberim. On croit que c'est le Barberon, petit affluent du Dolon, rivière qui se jette dans le Rhône près de Vienne.

[lxiii][xxvi] Mirac. de S. Martin, liv. I, ch. XXXVI.

[lxiv][xxvii] Ibid., liv. II, ch. XXV.

[lxv][xxviii] Gloire des Martyrs, ch. LXXXVII.

[lxvi][xxix] Ibid., ch. V.

[lxvii][xxx] De la Gloire des Confesseurs, ch. XLVI.

[lxviii][xxxi] C'est-à-dire au Vatican, à Rome. Dom Ruinart dit à ce sujet : Il semble que Grégoire dut faire ce voyage en l'année 594 ; car il passa dans les Gaules, d'après les Vies des Pères et autres de ses écrits, les trois années qui précédèrent, et pendant lesquelles Grégoire le Grand gouvernait déjà l'Eglise comme souverain pontife. Ce voyage, dont il n'y a pas d'autre mention que ces ligues de l'abbé Odon, et dont on ne trouve pas trace dans les écrits de Grégoire, est extrêmement douteux.

[lxix][xxxii] Gloire des Confesseurs, ch. XX.

[lxx][xxxiii] Environ l’année 594 par conséquent, Grégoire ayant été ordonné en 573.

[lxxi][xxxiv] Fermè tricennalis. Grégoire rapporte lui-même (Mirac. de S. Martin, liv. III, ch. X) que sa mère, aussitôt après l’avoir mis au monde, ressentit une douleur à la jambe dont elle ne fut guérie que trente-quatre ans après, lorsque étant venue le voir à Tours, elle put prier au tombeau de saint Martin. Post ordinationem mean advenit Turonis, dit-il, et plus loin : discessit dolor qui per triginta quatuor annos feminam fatigaverut. C'est en se reportant, d'après ce passage, à trente-quatre ans avant l'année 573, où Grégoire fut revêtu de la dignité épiscopale, qu'on a placé sa naissance à l'an 539. Mais Grégoire ne dit pas que ce fut de suite après son ordination que sa mère vint le voir. Les mots dont il se sert permettent de croire qu'elle ne vint qu'au bout de quelque temps ; dès lors, pourquoi n'ajouterait-on pas foi aux paroles d'Odon, qui dit avec une certaine recherche d'exactitude que Grégoire n'avait pas tout à fait trente ans quand il parvint à l'épiscopat ? Odon était mieux renseigné que nous sur les dates de la vie de Grégoire, par les obituaires de l'église où l'évêque était enterré, et peut-être par les inscriptions gravées sur les deux tombeaux dont il parle un peu plus loin. — Grégoire ainsi serait né en 543.

[lxxii][xxxv] C'est dire clairement qu'il était inhumé sous une dalle gravée. Les archéologues ne font cependant pas remonter si haut les exemples de ce qu'ils appellent les pierres tombales. Voy. l'Abécédaire de M. de Caumont, Architect. relig., 1854, p. 231.

[lxxiii][xxxvi] Le tombeau de Grégoire de Tours, reconstruit avec luxe par saint Ouen à la fin du septième siècle, puis rétabli, au commencement du onzième, après les ravages des Normands, par Hervé, trésorier de l'église de Tours, disparut en 1562 sous les coups des Huguenots. On lit dans les délibérations du chapitre de Saint-Martin de Tours, qu'à la date du 1er juillet 1563, les chanoines ordonnèrent qu'on remettrait en place dans leur église l'un des grands os des bras de saint Martin avec un fragment de sa tête et quelques morceaux des crânes de saint Brice et de saint Grégoire qui avaient échappé au feu. Ces derniers débris n'ont pas survécu à la tourmente de 1793.

[lxxiv][xxxvii] L'église célèbre la fête de saint Martin le 11 novembre.

SOURCE : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/vie.htm

COLLECTION DES MÉMOIRES RELATIFS A L'HISTOIRE DE FRANCE, depuis la fondation de la monarchie française jusqu'au 13e siècle AVEC UNE INTRODUCTION DES SUPPLÉMENS, DES NOTICES ET DES NOTES;

Par M. GUIZOT,

PROFESSEUR D'HISTOIRE MODERNE A L’ACADÉMIE DE PARIS. 

Notice sur Grégoire de Tours

Du cinquième au douzième siècle, le clergé presque seul a écrit l’histoire. C’est que seul qui savait écrire, a-t-on dit. Il y en a encore une autre raison, et plus puissante peut-être. L’idée même de l’histoire ne subsistait, à cette époque, que dans l’esprit des ecclésiastiques ; eux seuls s’inquiétaient du passé et de l’avenir. Pour les barbares brutaux et ignorants, pour l’ancienne population désolée et avilie, le présent était tout ; de grossiers plaisirs ou d’affreuses misères absorbaient le temps et les pensées ; comment ces hommes auraient-ils songé à recueillir les souvenirs de leurs ancêtres, à transmettre les leurs à leurs descendants ? Leur vue ne se portait point au-delà de leur existence personnelle ; ils vivaient concentrés dans la passion, l’intérêt, la souffrance ou le péril du moment. On a tort de croire que, dans les premiers temps surtout, le clergé seul sût écrire ; la civilisation romaine n’avait pas disparu tout à coup ; il restait, dans les cités, des laïques naguères riches, puissants, lettrés, d’illustres sénateurs, comme les appelle Grégoire de Tours. Mais ceux-là même tombèrent bientôt dans le plus étroit, le plus apathique égoïsme. A l’aspect de leur pays ravagé, de leurs monuments détruits, de leurs propriétés enlevées, au milieu de cette instabilité violente et de cette dévastation sauvage, tout sentiment un peu élevé, toute idée un peu étendue s’évanouit ; tout intérêt pour le passé ou l’avenir cessa : ceux qui étaient vieux et usés crurent à la fin du monde ; ceux qui étaient jeunes et actifs prirent parti, les uns dans l’Église, les autres parmi les barbares eux-mêmes. Le clergé seul, confiant en ses croyances et investi de quelque force, continua de mettre un grand prix à ses souvenirs, à ses espérances et comme seul il avait des pensées qui ne se renfermaient pas dans le présent, seul il prit plaisir à raconter à d’autres générations ce qui se passait sous ses yeux.

De tous les monuments qu’il nous a transmis sur ce long et sombre chaos, le plus important est, à coup sûr, l’Histoire ecclésiastique des Francs de Grégoire de Tours ; titre singulier[i] et qui révèle le secret de l’état social à cette époque. Ce n’est pas l’histoire distincte de l’Église, ce n’est pas non plus l’histoire civile et politique seule qu’a voulu retracer l’écrivain ; l’une et l’autre se sont offertes en même temps à sa pensée, et tellement unies, qu’il n’a pas cru pouvoir les séparer. Le clergé et les Francs, c’était alors en effet toute la société, la seule du moins qui prît vraiment part aux événements et pût prétendre à une histoire. Le reste de la population vivait et mourait misérable, inactif, ignoré.

L’origine de Grégoire de Tours semblait le vouer à l’Église ; la famille de sa grand’mère Léocadie, l’une des plus considérables du Berry, avait donné au christianisme Vettius Epagatus, l’un des premiers et des plus illustres martyrs des Gaules ; son père Florentius et sa mère Armentaria descendaient l’un et l’autre de S. Grégoire, évêque de Langres ; il avait pour grand oncle Saint Nicet[ii], évêque de Lyon, et pour oncle Saint Gal, évêque de Clermont ; tous les souvenirs de ses ancêtres se rattachaient aux épreuves ou aux triomphes de la foi ; et, lorsqu’il naquit en Auvergne le 30 novembre 539, sa famille y était depuis longtemps distinguée par les grandeurs religieuses et mondaines. La naissance d’un frère nommé Pierre et d’une sœur dont on ignore le nom, avait précédé la sienne ; mais soit que la renommée qu’il acquit plus tard ait rejailli sur son enfance, soit qu’en effet on eût remarqué en lui de bonne heure un penchant peu commun pour l’étude et la piété, tout indique qu’il fut, dès ses jeunes ans, l’objet de la prédilection et des espérances de tous ses parents. Il reçut en naissant les noms de George et de Florentius, son grand père et son père, et les a inscrits lui-même en tête de ses ouvrages ; ce fut seulement lorsqu’il parvint à l’évêché de Tours, que, d’après l’usage du temps, il prit le nom du plus illustre de ses ancêtres, Saint Grégoire, évêque de Langres, son bisaïeul. Son père mourut peu après sa naissance ; mais sa mère, femme d’un mérite distingué, à ce qu’il paraît, se voua avec passion à l’éducation d’un fils dont la faible complexion alarmait chaque jour sa tendresse, et dont les dispositions précoces promettaient à son orgueil maternel les plus douces joies. Les familles romaines n’avaient pas encore perdu tout souvenir d’un temps, non plus heureux pour le peuple en général, mais moins barbare et qui laissait quelque éclat aux anciennes grandeurs ; elles mettaient encore du prix à la science, aux lettres, à la gloire polie et humaine. L’Église seule leur offrait quelques moyens d’y parvenir. Le jeune Grégoire fut confié aux soins de son oncle Saint Gal, alors évêque d’Auvergne ; son grand oncle, Saint Nicet, évêque de Lyon, s’occupa aussi de ses progrès et de son avenir. Saint Avite, successeur de Saint Gal, lui porta la même affection. Saint Odon, abbé de Cluni, au dixième siècle, et qui a écrit sa vie, raconte avec complaisance les marques de dévotion fervente que donnait Grégoire encore enfant, et les miracles opérés en faveur de sa santé sur le tombeau de Saint Hillide. Mais il semble que la guérison ne fut jamais que momentanée ; car, dans un nouvel accès de maladie, le jeune homme, déjà ordonné diacre, se fit transporter à Tours, sur le tombeau de Saint Martin, alors la gloire des Gaules et l’objet de sa vénération particulière. Dans ce voyage, les citoyens de Tours le prirent en grande estime ; son esprit était animé, son caractère doux, son instruction plus étendue que celle de la plupart des prêtres, et il l’avait dirigée avec ardeur vers les sciences sacrées : Je ne m’occupe point, dit-il lui-même, de la fuite de Saturne, ni de la colère de Junon, ni des adultères de Jupiter ; je méprise toutes ces choses qui tombent en ruines, et m’applique bien plutôt aux choses divines, aux miracles de l’Évangile. Le peuple partageait ce sentiment ; c’était celui des meilleurs hommes de l’époque, de tous ceux qui conservaient quelque énergie morale, quelque goût vraiment actif pour le développement intellectuel, et lorsque le jeune Florentius retourna en Auvergne après avoir été guéri par l’intervention de Saint Martin, il laissa le peuple comme le clergé de Tours pleins d’admiration pour la sainteté de son langage, de sa vie et de son savoir.

Il en reçut bientôt la preuve la plus éclatante. En 575, pendant un voyage qu’il fit, on ne sait pourquoi, à la cour de Sigebert roi d’Austrasie, auquel appartenait l’Auvergne, Euphronius, évêque de Tours, vint à mourir ; et d’une voix unanime, dit le biographe, le clergé et le peuple élurent à sa place Grégoire absent et âgé seulement de trente-quatre ans. Des députés partirent aussitôt pour aller solliciter du roi Sigebert la confirmation de ce choix. Grégoire hésita ; l’abbé de Cluni l’affirme du moins : sa jeunesse et sa mauvaise santé l’effrayaient ; mais Sigebert et la reine Brunehault joignirent leurs sollicitations à celles des députés ; il accepta, fut sacré par Egidius (Gilles), évêque de Reims, le 22 août 573, et partit aussitôt pour son évêché.

C’est dans les monuments du siècle, et surtout dans Grégoire de Tours lui-même, qu’il faut apprendre ce qu’était alors l’existence d’un évêque, quel éclat, quel pouvoir, mais aussi quels travaux et quels périls y étaient attachés. Tandis que la force avide et brutale errait incessamment sur le territoire, réduisant les pauvres à la servitude, les riches à la pauvreté, détruisant aujourd’hui les grandeurs qu’elle avait créées hier, livrant toutes choses aux hasards d’une lutte toujours imminente et toujours imprévue, c’était dans quelques cités fameuses, près du tombeau de leurs saints, dans le sanctuaire de leurs églises, que se réfugiaient les malheureux de toute condition, de toute origine, le Romain dépouillé de ses domaines, le Franc poursuivi par la colère d’un roi ou la vengeance d’un ennemi, des bandes de laboureurs fuyant devant des bandes de barbares, toute une population qui n’avait plus ni lois à réclamer, ni magistrats à invoquer, qui ne trouvait plus nulle part, pour son repos et sa vie, sûreté ni protection. Dans les églises seulement quelque ombre de droit subsistait encore et la force se sentait saisie de quelque respect. Les évêques n’avaient, pour défendre cet unique asile des faibles, que l’autorité de leur mission, de leur langage, de leurs censures ; il fallait qu’au nom seul de la foi, ils réprimassent des vainqueurs féroces ou rendissent quelque énergie à de misérables vaincus. Chaque jour ils éprouvaient l’insuffisance de ces moyens ; leur richesse excitait l’envie, leur résistance, le courroux ; de fréquentes attaques, de grossiers outrages venaient les menacer ou les interrompre dans les cérémonies saintes ; le sang coulait dans les églises, souvent celui de leurs prêtres, même le leur. Enfin ils exerçaient la seule magistrature morale qui demeurât debout au milieu de la société bouleversée, magistrature, à coup sûr, la plus périlleuse qui fût jamais.

Beaucoup d’évêques étaient fort loin de se montrer dignes d’une situation si difficile et si haute ; il n’est aucun désordre, aucun crime dont on ne rencontre, dans l’histoire du clergé de cette époque, d’effroyables exemples. Mais Grégoire de Tours fut de ceux qui s’en scandalisaient et quelquefois les reprenaient vertement. Je ne redirai point ici les événements de sa vie religieuse et politique ; il les a racontés dans son histoire. On y verra que, soit qu’il s’agit de défendre ou le clergé en général, ou lui-même, ou les privilèges de son église, ou les proscrits qui s’y étaient réfugiés, soit qu’il fût appelé à maintenir ou à rétablir la paix dans sa ville, soit qu’il intervînt comme négociateur tour à tour employé par les divers rois Francs, il ne manqua ni de prudence ni de courage. On s’est étonné de sa superstition, de sa crédulité, de son ignorance, de son ardeur contre les hérétiques ; il faut bien plutôt s’étonner de ce qu’il ne s’est point attribué à lui-même le don des miracles qu’il accordait à tant d’autres, de ses efforts pour s’instruire, de la douceur qu’il témoigna souvent, même aux brigands qui avaient pillé son église et aux Ariens ou aux Juifs que ses arguments n’avaient pas convertis. Peu d’ecclésiastiques de son temps, il est aisé de s’en convaincre, avaient une dévotion, je ne dirai pas aussi éclairée, mais moins aveugle, et tenaient, en ce qui touchait à l’Église, une conduite aussi modérée. On lui a reproché la confusion de son histoire, les fables absurdes dont elle est semée, sa partialité pour les rois orthodoxes, quels que soient leurs forfaits, et tous ces reproches sont légitimes ; mais il n’est aucun de ses contemporains qui ne les mérite encore davantage, aucun qui, à tout prendre, ait agi avec autant de droiture, étudié avec autant de soin, et donné, dans ses écrits et sa vie, autant de preuves de bon sens, de justice et d’humanité.

Aussi obtint-il constamment, dans le cours de son épiscopat, l’affection du peuple de Tours et la considération des rois Barbares. Il faut bien se servir des termes qui répondent aux sentiments qu’éprouvaient alors les hommes, et qu’ils ont employés eux-mêmes, quelque emphatiques qu’ils nous paraissent aujourd’hui. Grégoire de Tours fut vénéré comme un des plus saints évêques, et admiré comme une des lumières de l’Église. Le voyage que, selon l’abbé de Cluni, il fit à Rome, en 592 ou 594, pour voir le pape Saint Grégoire le Grand, est fort douteux, car il n’en a parlé nulle part ; mais le récit du biographe n’en prouve pas moins quel éclat conservaient encore au dixième siècle son nom et sa mémoire. Arrivé devant le pontife, dit-il, il s’agenouilla et se mit en prières ; le pontife, qui était d’un sage et profond esprit, admirait en lui-même les secrètes dispensations de Dieu qui avait déposé, dans un corps si petit et si chétif, tant de grâces divines. L’évêque , intérieurement averti, par la volonté d’en haut, de la pensée du pontife, se leva, et le regardant d’un air tranquille : c’est le Seigneur qui nous a faits, dit-il, et non pas nous-même ; il est le même dans les grands et dans les petits. Le saint pape, voyant qu’il répondait ainsi à son idée, le prit encore en plus grande vénération, et eut tant à cœur d’illustrer le siège de Tours qu’il lui fit présent d’une chaire d’or qu’on conserve encore dans cette église.

Grégoire était en effet de très petite taille et sa mauvaise santé dura toute sa vie. Deux mois après son élévation à l’épiscopat, il fut atteint d’une maladie si grave que sa mère, malade elle-même et qui s’était retirée en Bourgogne, se hâta d’accourir, malgré les fatigues et les périls du voyage, auprès de son fils chéri. L’intervention de Saint Martin réussit seule à guérir le nouvel évêque, qui bien des fois encore fut obligé d’y avoir recours. Enfin, le 17 novembre 593 [iii], les miracles même devinrent inefficaces ; l’évêque de Tours mourut à 54 ans, après 20 ans et quelques mois d’épiscopat, et fut élevé au nombre des saints.

Il laissait, en mourant, de nombreux ouvrages dont il avait pris soin de dresser lui-même la liste, et qui, à l’exception de quatre, sont parvenus jusqu’à nous ; en voici la liste et le sujet :

1°. L’Histoire Ecclésiastique des Francs.

2°. Un traité de la Gloire des Martyrs, recueil de légendes en cent sept chapitres, consacré au récit des miracles des martyrs.

3°. Un traité des Miracles de Saint Julien, martyr à Brioude en Auvergne, en cinquante chapitres.

4°. Un traité de la Gloire des Confesseurs, en cent douze chapitres.

5°. Un traité des Miracles de Saint Martin de Tours, en quatre livres.

6°. Un recueil intitulé, Vies des Pères, en vingt chapitres, et qui contient l’histoire de vingt-deux saints ou saintes de l’Église gallicane.

7°. Un traité des Miracles de Saint André, sur l’authenticité duquel on a élevé quelques doutes qui paraissent mal fondés.

Les ouvrages perdus sont :

1°. Un Commentaire sur les Psaumes.

2°. Un traité sur les Offices de l’Église.

3°. Une préface que Grégoire de Tours avait mise en tête d’un traité des Messes de Sidoine Apollinaire.

4°. Une traduction latine du martyre des sept Dormans.

Enfin on a attribué à Grégoire de Tours plusieurs écrits qui ne sont pas de lui.

De tous ces ouvrages, et malgré quelques faits ou quelques détails sur l’esprit et les moeurs du temps, épars dans les recueils de légendes, l’histoire ecclésiastique des Francs est le seul qui soit demeuré pour nous important et curieux. Tout porte à croire que cg, fut le dernier travail de l’auteur ; son récit s’étend jusqu’en 591, époque voisine de sa mort, et presque tous ses autres ouvrages y sont cités, tandis que l’histoire des Francs ne l’est dans aucun. Elle est divisée en dix livres. Le premier, résumé absurde et confus de l’histoire ancienne et universelle du monde, serait aussi dépourvu d’intérêt que de vérité chronologique s’il ne contenait quelques détails sur l’établissement du christianisme dans les Gaules ; détails de peu de valeur, il est vrai, quant à l’histoire des événements, mais qui peignent naïvement, et quelquefois avec charme, l’état des esprits et des moeurs ; peu d’anecdotes de ce temps sont plus touchantes, plus poétiques même que celle des deux Amans : ce livre finit à la mort de Saint Martin de Tours, en 397. Le second livre s’étend de la mort de Saint Martin à celle de Clovis Ier, c’est-à-dire, de l’an 397 à l’an 511. Le troisième, de la mort de Clovis Ier à celle de Théodebert Ier, roi d’Australie, de l’an 511 à l’an 547. Le quatrième, de la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie, de l’an 547 à l’an 575. Le cinquième comprend les cinq premières années du règne de Childebert Ier, roi d’Australie, de l’an 575 à l’an 580. Le sixième finit, à la mort de Chilpéric, en 584. Le septième est consacré à l’année 585. Le huitième commence au voyage que fit le roi Gontran à Orléans, au mois de juillet 585, et finit à la mort de Leuvigild, roi d’Espagne, en 586. Le neuvième s’étend de l’an 587 à l’an 589. Le dixième enfin s’arrête à la mort de Saint Yrieix, abbé en Limousin, c’est-à-dire, au mois d’août 591 [iv]. L’ouvrage entier comprend ainsi, à partir de la mort de Saint Martin, un espace de cent soixante-quatorze ans ; les cinquante-deux dernières années sont celles auxquelles l’historien avait assisté.

Tout indique qu’il écrivit son histoire à deux reprises différentes ; plusieurs manuscrits ne contiennent que les six premiers livres, et ce sont les seuls que connût Fédégaire lorsque dans le siècle suivant, il entreprit un abrégé des chroniqueurs qui l’avaient précédé. Il est donc probable que les quatre derniers livres furent composés après la publication des premiers ; peut-être même ne furent-ils répandus qu’après la mort de l’auteur. Cependant, leur authenticité n’est pas moins certaine.

Imprimée pour la première fois à Paris, en 1561, l’Histoire des Francs l’a été fort souvent depuis ; je ne dirai rien des nombreux travaux d’érudition et de critique dont elle a été l’objet ; ils ont été reproduits et résumés avec le plus grand soin dans l’édition qui fait partie du Recueil des historiens des Gaules et de la France, et dont nous avons adopté le texte. Deux traductions françaises de l’ouvrage de Grégoire de Tours ont été publiées, l’une, en 1610, par Claude Bonnet, avocat au parlement de Grenoble, l’autre, en 1688, par l’abbé de Marolles. Elles sont l’une et l’autre extrêmement fautives, et la première est souvent plus inintelligible que l’original.

La meilleure ou plutôt la seule bonne édition des oeuvres complètes de Grégoire de Tours est celle que publia dom Ruinart, en 1699, in-folio. La préface est pleine de savantes recherches.

Les deux dissertations les plus complètes et les plus exactes sur la vie et les écrits de notre historien sont : 1° celle qui se trouve dans le tome 3e de l’Histoire littéraire de la France, par les Bénédictins (page 372 - 397 ) ; 2° un mémoire de M. Lévesque de La Ravalière dans la Collection des mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres, tome 26, page 598 - 637.

François Guizot

[i] Un assez grand nombre de manuscrits portent pour titre Historia Francorum, ou Gesta Francorum ; quelques-uns même simplement Chronicæ ; mais les plus anciens sont intitulés Historia ecclesiastica Francorum, et le début du second livre indique clairement que tel est en effet le titre que Grégoire de Tours a dû donner à son ouvrage.

[ii] Ou Saint Nizier.

[iii] Selon M. Lévesque de La Ravalière, et 595 selon dom Ruinart.

[iv] Malgré l’enchaînement chronologique des dix livres de l’Histoire des Francs, il s’en faut beaucoup que les événements y soient bien classés et toujours rapportés à leur vrai temps ; il y règne au contraire une extrême confusion, et l’on rencontre sans cesse, dans chaque livre, des récits qui devraient appartenir aux livres antérieurs ou postérieurs.

SOURCE : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/gregoire/notice.htm

Grégoire de Tours

Saint Grégoire de Tours (Georgius, Florentius, Gregorius) a été un évêque de Tours de 573 à 593 ou 594, né dans la cité des Arvernes, aujourd'hui Clermont-Ferrand, le 30 novembre 538, mort à Tours le 17 novembre 593 ou 594. Il était apparenté par son père comme par sa mère aux plus illustres familles sénatoriales de la Gaule. Il comptait parmi ses parents un martyr, Vettius Epagathus, et plusieurs évêques, Gallus d'Auvergne, Nicetius de Lyon, Euphronius de Tours, Tetricus et Gregorius de Langres. Ayant perdu de bonne heure son père Florentius, il fut élevé par sa mère, par son oncle Gallus et par Avitus, successeur de Gallus. L'illustration de sa famille et son mérite personnel lui valurent la faveur du roi d'Austrasie, Sigebert, à qui appartenaient l'Auvergne et la Touraine. A la mort d'Euphronius, en 573, il fut choisi par le clergé et par le peuple de Tours et confirmé par Sigebert comme évêque de cette ville. Il ajouta sans doute alors le nom de Gregorius, en souvenir de son grand-oncle saint Grégoire de Langres, à ceux qu'il tenait de son aïeul et de son père.

Grégoire de Tours fut considéré comme un évêque modèle et l'Eglise en fit un saint. Son activité était prodigieuse. Au milieu des guerres des rois de Neustrie et d'Austrasie qui se disputaient la cité de Tours, comme au milieu des querelles privées et des épidémies qui désolèrent son diocèse, sa fermeté à défendre les droits de son Eglise fut égale à la charité et au dévouement qu'il prodiguait à ses ouailles. Il sut inspirer aux rois francs un respect religieux mêlé d'affection, même à Chilpéric, qui posséda Tours de 575 à 584, et à qui il résista plusieurs fois en face, soit en refusant de livrer des fugitifs réfugiés dans la basilique de Saint-Martin, soit en prenant la défense de l'évêque de Rouen, Prétextat, accusé de lèse-majesté, soit en s'opposant aux violences du comte de Tours, Leudaste. 

Après la mort de Chilpéric, Grégoire de Tours fut comblé de faveurs, ainsi que son église, par le roi de Burgondie, Gontran, et par le roi d'Austrasie, Childebert. Il se rendit plusieurs fois à la cour de ce dernier et fut envoyé par lui, en 588, auprès de Gontran, pour obtenir la confirmation du traité d'Andelot . Malgré le désordre de ces temps de guerre civile et de barbarie, malgré d'incessants voyages entrepris, soit pour se rendre auprès des rois, soit pour assister à des conciles, Grégoire s'occupait avec zèle de tous les détails de son ministère, faisait reconstruire ou restaurer les églises de son diocèse, et il trouvait encore le temps de composer, pendant ses vingt années d'épiscopat, des oeuvres historiques très considérables qui lui ont mérité en France le titre de Père de l'histoire. Elles contiennent en effet un véritable trésor de renseignements sur l'histoire politique et sur l'histoire religieuse de la Gaule au Ve et au VIe siècle.

Descendant d'un des premiers martyrs de la foi chrétienne en Gaule, uni de coeur à plusieurs églises par sa parenté avec leurs évêques, élevé en Auvergne, le dernier boulevard de l'indépendançe gallo-romaine, le pays d'origine de l'empereur Avitus et de l'évêque Sidoine, enfin évêque de Tours, la ville de saint Martin, sanctuaire vénéré entre tous, vrai centre religieux où l'on affluait de toutes parts pour visiter le tombeau de l'apôtre des Gaules, Grégoire de Tours se trouva préparé à ce rôle d'historien par son éducation, par sa haute situation ecclésiastique, par ses voyages, par ses relations avec tous les grands personnages de son temps. Son instruction littéraire avait été très superficielle; aussi écrivait-il une langue rude et incorrecte, plus rapprochée du parler vulgaire de ses contemporains que de la latinité classique; mais la rusticité dont il s'excuse n'est pas sans charme naïf, et son style ne manque pas de couleur ni même parfois d'éloquence. S'il est dépourvu de sens critique, il a du moins une sincérité qui permet de corriger par ses récits même ses erreurs de jugement. Si la barbarie de son temps a parfois émoussé la délicatesse de son sens moral, on admire cependant en lui l'ardeur de sa piété, la hardiesse courageuse avec laquelle il défend toutes les causes qu'il croit justes, et une tendresse de coeur qui faisait de lui un véritable père des pauvres, des malades, des opprimés.

Son oeuvre principale est l'Historia Francorum en dix livres. Le premier contient un résumé de l'histoire universelle et de l'histoire de l'Eglise jusqu'à la mort de saint Martin; le second raconte l'histoire de la Gaule et des Francs de la mort de saint Martin à celle de Clovis. Les livres III et IV nous conduisent jusqu'à la mort de Sigebert (575). Les deux livres suivants comprennent les dix années pendant lesquelles Chilpéric fut maître de Tours. Enfin les quatre derniers sont consacrés au récit des événements des années 584 à 594.

A côté de cet ouvrage capital qui nous fournit un récit détaillé des actes des rois francs de Clodion à Childebert Il et un tableau saisissant de la société du VIe siècle, Grégoire a composé une série d'ouvrages hagiographiques de moindre importance, mais très précieux aussi pour l'histoire ecclésiastique et l'histoire des moeurs. Ce sont-: les Libri septem miraculorum comprenant quatre livres de Miracula S. Martini, le De Gloria Martyrum, les Miracula S. Juliani, le De Gloria Confessorum et le De Vita Patrum, recueil des vies de vingt-trois abbés, évêques et reclus. Il a traduit du syriaque, avec l'aide d'un interprète, Ia Passio septem dormientium apud Ephesum, et du grec les Miracula S. Andreae et peut-être les Miracula S. Thomae. Il a encore composé un court écrit liturgique, le De Cursu Slellarum, un commentaire sur les Psaumes dont nous n'avons conservé que quelques fragments, et une préface au livre De Missis de Sidoine Apollmaire. Il a dans le dernier chapitre de son Histoire, sorte d'épilogue de son oeuvre entière, donné lui-même la liste de tous ses écrits originaux. (G. Monod).

SOURCE : http://www.cosmovisions.com/GregoireTours.htm

San Gregorio di Tours

Saint Grégoire de Tours. Les statues de l’église Sainte Geneviève à Paris.
http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Arras/Arras-Saint-Vaast.htm

https://www.reflexionchretienne.fr/pages/vie-des-saints/novembre/saint-gregoire-de-tours-eveque-539-595-fete-le-17-novembre.html


Saint Gregory of Tours

Also known as

George Florentius

Memorial

17 November

Profile

Born to the Gallic nobility; great-nephew of Saint Eustadius. Friend of Saint Magnericus and Saint Senoch. While on pilgrimage to the shrine of Saint Martin of Tours, his obvious piety led to his being chosen bishop of ToursFrance in 573, taking the name Gregory on his ordination. An excellent bishop for 20 years; Pope Saint Gregory the Great thought highly of him. Historian and writer; his works are our best historical source for the Merovingian period.

Born

540 at AuvergneFrance as George Florentius

Died

594 of natural causes

Canonized

Pre-Congregation

Patronage

in France

Auvergne

Tours

Additional Information

Book of Saints, by the Monks of Ramsgate

Catholic Encyclopedia

Encyclopedia Britannica

Lives of the Saints, by Father Alban Butler

Lives of the Saints, by Father Francis Xavier Weninger

Legends of the Blessed Sacrament

New Catholic Dictionary

Saints of the Day, by Katherine Rabenstein

books

Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints

Saints and Their Attributes, by Helen Roeder

other sites in english

Encylopaedia Britannica

Thomas McDonald: Why You Should Read Saint Gregory

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“Saint Gregory of Tours“. CatholicSaints.Info. 7 March 2024. Web. 23 June 2026. <https://catholicsaints.info/saint-gregory-of-tours/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-gregory-of-tours/

Book of Saints – Gregory of Tours

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(Saint) Bishop (November 17) (6th century) Born in Auvergne (A.D. 539) and of noble parentage, he was educated by his uncle the Bishop of Clermont. Threatened with a dangerous malady, he went as a pilgrim to the shrine of Saint Martin of Tours, and was there by the people who were struck by his piety elected to fill the then vacant See (A.D. 573). He built several churches, and assisted at the local French Councils of the period. In learning and culture he was far in advance of his contemporaries, and attracted the favourable notice of Pope Saint Gregory the Great. His historical writings are even in our own day continually referred to as throwing great light on Merovingian times. He died November 17, A.D. 590.

MLA Citation

Monks of Ramsgate. “Gregory of Tours”. Book of Saints1921. CatholicSaints.Info. 26 July 2013. Web. 23 June 2026. <https://catholicsaints.info/book-of-saints-gregory-of-tours/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-gregory-of-tours/

New Catholic Dictionary – Saint Gregory of Tours

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Confessor, born Clermont-Ferrand, France, c.538; died Tours, France, 593. He was made Bishop of Clermont in 573, but was at once called to the See of Tours by King Sigebert. At that time Roman civilization in Gaul was breaking down under the Frankish invaders. The bishop, who alone were instructed, came to the rescue of the people, and Gregory was their leader in upholding the genera social welfare, amidst the constant changing of temporal masters. His history of the Franks is a plain statement of what he saw and heard; but he delighted more in themes of hagiography, in which, following the credulous spirit of his day, he revels in the miraculous. Feast11 November.

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“Saint Gregory of Tours”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info. 1 June 2013. Web. 23 June 2026. <https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-saint-gregory-of-tours/>

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San Gregorio di Tours

Saint Grégoire, archevêque de Tours, et saint Salve, évêque d'Albi, devant Chilpéric Ier. (FR 2813) fol. 41v. Grandes Chroniques de France de Charles V. France, Paris, XIVème siècle. (65 x 65 mm).

St Gregory and King Chilperic I, from the Grandes Chroniques de France de Charles V, 14th-century illumination


Gregory of Tours B (RM)

Born at Clermont-Ferrand, c. 538; died at Tours c. 596. Gregory of Tours is remembered chiefly as an historian of the Franks, but his feast day as a saint is celebrated at Tours and in some other French dioceses.

Gregorius Florentius belonged to an important Gallo-Roman family of Auvergne that contained many other saints and bishops, and took the name Gregory later in life. He was raised by his uncle Saint Gallus of Clermont, after the death of his father, studied Scripture under Saint Avitus, a priest of Clermont.

Saint Gregory was appointed to the see of Tours in 573. He was an influential, energetic, and much-travelled bishop, whose difficulties were greatly increased by civil disturbances and political fluctuations; his faithfulness to his religious office made enemies for him in high places, notably the notorious Queen Fredegund.

He soon came into conflict with King Chilperic when Tours came under the king's control in 576, and Gregory supported Meroveus, the king's son, against the king. The differences culminated in the charge of treason against Gregory by Leudastis, whom Gregory had removed as count of Tours. The charges were proven false by a council appointed to investigate them, and Leudastis was punished for perjury.

Things improved with subsequent monarchs after Chilperic's death in 584. Gregory rebuilt the cathedral and several churches, converted heretics, and was known for his ability, justice, charity, and religious fervor. He was a great bishop much revered by Saint Gregory the Great.

Of Gregory's extensive writings the most valuable is the History of the Franks, a source book for the Middle Ages in western Europe, written with verve and enthusiasm to show his Frankish contemporaries the error of their ways. His book is now the best historical source of the Merovingian period.

His hagiographical works, the Glory of the Martyrs, the Life of the (Gallic) Fathers, and others, are less Lives of saints than collections of wonders related of them. Gregory formed a library from which Venantius Fortunatus did not disdain to borrow; all his writing was done after he became bishop, a sufficiently remarkable performance seeing that bad health was added to his episcopal labors (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia).

In art Saint Gregory of Tours has the fish near him, with whose liver he healed his father. Because he was a great historian, he is sometimes shown with a pen and book (Roeder). 

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/1117.shtml

Gregorius Turonensis

Gregorius Turonensis (Gregory of Tours), an eminent prelate and scholar of the 6th century, called "the father of French historian" was born of a noble family in Auvergne, A.D. 540, educated by his uncle, the bishop of Clermont. He was ordained deacon in 569, and bishop of Tours 573. He was strenuous in upholding the orthodox faith, and, though twenty-two years a bishop, he was only fifty-five years old when he died, A.D. 595. He was a man of active mind and habits, and much engaged in the theological disputes of the time. His great work, Anunales Francorum (History of the French), is as barbarous in style as it is full of credulity in narration it begins at the creation, and comes down to his own times (Paris, 1552; Basil. 8vo, 1568; Paris, 1610, 8vo; but the best edition is that edited by Du Chess in his Script. Franc. tom. 1, Paris, 1636). He wrote also Miraculorum librin 7 (Seven Books of Miracles), of which the first contains an account of the miracles of some "of the primitive Christians as well as of Christ; the second, the miracles of St. Justin; the four next, the miracles of St. Martin of Tours; the seventh, the lives of some monks, and an account of the Seven Sleepers. While these writings show an honest simplicty on the part of Gregory, they manifest also his excessive credulity. The best edition of his collected works is Greg. Opera, ed. Ruinart (Paris, 1699, fob.). The Historia Francorum is given in the Bib. Max. Patrol. volume 11, in Pertz, Monumena Germaniae historica, in a new German version, Kirschl. Geschichte d. Franken (Wuizlburg, 1853, 8vo), and by Giesebrecht (Barl. 1851, 2 volumes). See Lobell, Gregor. v. Tours und seine Zeit (Leips. 1885, 8vo, 2d edit. 1867); Kries, de Greg. Turon. vita et scriptis (Vrat. 1839, 8vo), Mosheim, Church History, cent. 6, part 2, chapter 2, note 42;

Clarke, Success. Sacred Literature, 2:344-5 Neander, C. Hist. volume 3; Dupin, Eccles. Writers, t. 5; Hist. Litt. de la France, 3:372; Hoefer, Nouv. Biog. Gener. 21:856.

SOURCE : https://www.biblicalcyclopedia.com/G/gregorius-turonensis.html

San Gregorio di Tours

Victor Thérasse, Statue de Saint-Grégoire-de-Tours, Colonnade de l'église de la Madeleine. Façade est.


St. Gregory of Tours

Born in 538 or 539 at Arverni, the modern Clermont-Ferrand; died at Tours, 17 Nov., in 593 or 594. He was descended from a distinguished Gallo-Roman family, and was closely related to the most illustrious houses of Gaul. He was originally called Georgius Florentius, but in memory of his maternal great-grandfather, Gregory, Bishop of Langres, took later on the name of Gregory. At an early age he lost his father, and went to live with an uncle, Gallus, Bishop of Clermont, under whom he was educated after the manner of all ecclesiastics in his day. An unexpected recovery from a serious illness turned his mind towards the service of the Church. Gallus died in 554, and Gregory's mother went to live with her friends in Burgundy, leaving her son at Clermont in the care of Avitus, a priest, later Bishop of Clermont (517-594). Avitus directed his pupil towards the study of the Scriptures. According to Gregory, rhetoric and profane literature were sadly neglected in his case, an omission that he ever after earnestly regretted. In his writings he complains of his ignorance of the laws of grammar, of confounding the genders, employing the wrong cases, not understanding the correct use of prepositions, and the syntax of phrases, self-reproaches that need not be taken too seriously. Gregory knew grammar and literature as well as any man of his time; it is a mere affectation on his part when he poses as ill-instructed; perhaps he hoped thereby to win praise for his learning. Euphronius, Bishop of Tours, died in 573, and was succeeded by Gregory, Sigebert I being then King of Austrasia and Auvergne (561-576). Charibert's death (567) had made him master of Tours. The new king was acquainted with Gregory and insisted that in deference to the wishes of the people of Tours he should become their bishop; thus it came to pass that Gregory went to Rome for consecration. The poet, Fortunatus, celebrated the elevation of the new bishop in a poem full of sincere enthusiasm whatever its defects ("Ad cives Turonicos de Gregorio episcopo"). Gregory justified this confidence, and his episcopal reign was highly creditable to him and useful to his flock; the circumstances of the time offered peculiar difficulties, and the office of bishop was onerous both from a civil and a religious point of view.

Gregory as bishop

He undertook with great zeal the heavy task imposed on him. In the near past King Clovis had both used and abused his power, but his services to the social order and the fame of his exploits caused the abuses of his reign to be in great part forgiven. His successors, however, had fewer merits, and when they sought to increase their authority by deeds of violence, almost endless civil war was the result. Might overcame right so often that the very notion of the latter tended to disappear. Barbarian fierceness and cruelty were everywhere rampant. During the war between Sigebert and Chilperic, Gregory could not restrain his just indignation at the sight of the woes of his people. "This", he wrote, "has been more hurtful to the Church than the persecution of Diocletian". In Gaul, at least, such may have been the case. The Teutonic tribes newly established in Gaul, or loosely wandering throughout the whole Roman Empire, were well aware of their physical prowess, and disinclined to recognize any rights save that of conquest. Their chiefs claimed whatever they desired, and the army took the rest. Whoever ventured to oppose them was put out of the way with pitiless rapidity. The civilization on which they so suddenly entered was for them a source of annoyance and confusion; coarse material pleasures appealed to them far more than the higher ideals of Roman life. Drunkenness was prevalent in all classes, and even the proverbial chastity of the Franks was soon a forgotten glory. Vengeance threw off all restraint of religion; the powerful and the lowly, clergy and laity, were a law unto themselves. Queen Clotilda, the model of women, was popularly thought to have nourished feelings of revenge against the Burgundians for more that thirty years (see, however, for a rehabilitation, G. Kurth, "Sainte Clotilde", 8th. ed., Paris, 1905, and article CLOTILDA). Guntram, one of the best of the Frankish kings, put to death two physicians because they were unable to restore Queen Austrechilde to health. This being the moral temper of the upper classes, it is needless to speak of the Gallo-Frankish multitude. It is greatly to St. Gregory's honour that amid these conditions he fulfilled the office of bishop with admirable courage and firmness. His writings and his actions exhibit a tender solicitude for the spiritual and temporal interests of his people, whom he protected as best he could against the lawlessness of the civil power.

Amid his labours for the general welfare he upheld always what was right and just with prudence and courage. By his office he was the protector of the weak, and as such always opposed their oppressors. In him the Merovingian episcopate appears at its best. The social morality of the sixth century has no braver or more intelligent exponent that this cultivated gentleman. Gregory explains the government of the world by the constant intervention of the supernatural: direct assistance of God, intercession of saints, and recourse to the miracles wrought at their tombs. He also played a prominent part in increasing the number of churches, which were then the centres of religious life in Gaul. The cathedral church at Tours, burnt down under his predecessor, was rebuilt, and the church of St. Perpetuus restored and decorated. Since the days of Clovis the Church had held, through her bishops, a preponderating position in the Frankish world. In the eyes of the people the bishops were the direct representatives of God, and dispensed His heavenly graces quite as the king bestowed earthly favours. This was not owing, however, to their moral or religious position, but rather to their social influence. With the spread of the rude barbarian civilization in Gaul the old Roman civilization, especially in municipal administration, was unable to cope. The civil authority was unequal to the former responsibilities it assumed, and was soon oblivious of its obligations. The public offices, however, which it neglected corresponded to pressing social needs that must somehow be satisfied. At this juncture the bishops stepped into the breach and became at once politically more important under Frankish than they had been under Roman rule. The Frankish kings gladly recognized in them indispensable auxiliaries. They alone possessed science and learning, while they rendered signal services on different missions freely intrusted to them, and which they alone were capable of fulfilling. On the other hand they were slow to reprove their barbarian masters or to resist them. Gregory himself says in his reply to Childeric: "If one of us were to leave the path of justice, it would be for you to set him right; should you, however, chance to stray, who could correct or resist?". The only duty the bishops seem to have preached to the Frankish kings was a conscientious fulfilment of the royal duties for the good of souls. This duty the kings did not deny, though they often failed to execute it or took refuge in a too liberal conscience.

Tours, which had long possessed the tomb of Saint Martin, was one of the most difficult sees to rule. The city was continually changing masters. On the death of Clotaire (561) it fell to Charibert, and when he died it reverted to the kingdom of Sigebert, King of Austrasia, but not till after a lively conflict. In 573, Chilperic, King of Neustria, seized it, but was soon constrained to abandon the city. He seized it again only to lose it once more; at last, on the assassination of Sigebert in 576, Chilperic became its final master, and held it till he died in 584. Though Gregory took no direct part in these struggles of princes, he has described for us the sufferings they caused his people, also his own sorrows. It is easy to see that he did not love Chilperic; in return the king hated the Bishop of Tours, who suffered much from the attacks of royal partisans. A certain Leudot, who had been deprived of his office through Gregory's complaints, accused the bishop of defamatory statements concerning Queen Fredegunde. Gregory was cited before the judges, and asserted his innocence under oath. At the trial his bearing was so full of dignity and uprightness that he astonished his enemies, and Chilperic himself was so impressed that ever afterwards he was more conciliatory in his dealings with such an opponent. After the death of Chilperic, Tours fell into the hands of Guntram, King of Burgundy, whereupon began for the bishop an era of peace and almost of happiness. He had long known Guntram and was known and trusted by him. In 587, the Treaty of Andelot brought about the cession of Tours by Guntram to Childebert II, son of Sigebert. This king, as well as his mother Brunehaut, honoured Gregory with particular confidence, called him often to court, and entrusted to him many important missions. This favour lasted until his death.

Gregory as a historian

From the time of his election to the episcopate Gregory began to write. His subjects seem to have been chosen, at the beginning of his literary activity, less for their importance than for the purpose of edification. The miracles of St. Martin were then his main theme, and he always cherished most the themes of the hagiographer. Even in his strictly historical writings, biographical details retain a place often quite disproportionate to their importance. His complete works deal with many subjects, and are by himself summarized as follows: "Decem libros historiarum, septem miraculorum, unum de vita patrum scripsi; in psalterii tractatu librum unum commentatus sum; de cursibus etiam ecclesiasticis unum librum condidi", i.e. I have written ten books of "historia", seven of "miracles", one on the lives of the Fathers, a commentary in one book on the psalter, and one book on ecclesiastical liturgy. The "Liber de miracles b. Andreae apostoli" and the "Passio ss. martyrum septem dormientium apud Ephesum" are not mentioned by him, but are undoubtedly from his hand. His hagiographical writings must naturally be read in keeping with the spirit and tastes of his own times. An edict of King Guntram, taken from the "Historia Francorum", illustrates both quite aptly: "We believe that the Lord, who rules all things by His might, will be appeased by our endeavours to uphold justice and right among all people. Being our Father and our King, ever ready to succour human weakness by His grace, God will grant our needs all the more generously when He sees us faithful in the observance of His precepts and commandments". The mental attitude of the king differed little, of course, from that of his people. Nearly all were deeply persuaded that all events were divinely foreseen; but sometimes even to a superstitious extreme. Thus, despite the contemporary social degradation and crimes, the people were ever on the alert for supernatural manifestations, or for what they believed to be such. In this way arose a religious devotion, real and active, indeed, but also impulsive and not properly controlled by reason. Providence seemed to intervene so directly in every minute detail that men blindly thanked God for an enemy's death just as they would for some wonderful grace that had been granted them. The supernatural world was always quite near to the men of that age; God and His saints seemed ever to deal intimately and immediately with the affairs of men. The tombs and relics of the saints became the centres of their miraculous activity. In the contemporary hagiographical narratives those who refuse to believe in the miracles are the exception, and are generally represented as coming to an evil end unless they repent of their incredulity. Occasionally one notes a reaction against this excessive credulity; here and there an individual ventures to assert that certain miracles are fictive, and sometimes impostures. Sensible men endeavour to calm the too ardent credulity of many. Gregory tells us of an abbot who severely punished a young monk who believe he had wrought a miracle: "My son", said the abbot, "endeavour in all humility to grow in the fear of the Lord, instead of meddling with miracles."

Gregory himself, though he relates a great many miracles, seems occasionally to have doubted some of them. He knew that unscrupulous men were wont to abuse the credulity of the faithful, and many agreed with him. Not everyone was willing to consider a dream as a supernatural manifestation. This distrust, however, affected only particular cases; as a rule belief in the multiplicity of miracles was general. The first work of Gregory was an account in four books of the miracles of St. Martin, the famous thaumaturgus of Gaul. The first book was written in 575, the second after 581, the third was completed about 587; the fourth was never completed. After finishing the first two books he began an account of the miracles of an Auvergne saint then famous, "De passione et virtutibus sancti Juliani martyris". Julian had died in the neighbourhood of Clermont-Ferrand and his tomb at Brioude was a well known place of pilgrimage. In 587, Gregory began his "Liber in gloria martyrum", or "Book of the Glories of the Martyrs". It deals almost exclusively with the miracles wrought in Gaul by the martyrs of the Roman persecutions. Quite similar is the "Liber in gloria confessorum" a vivid picture of contemporary or quasi-contemporary customs and manners. The "Liber vitae Patrum", the most important and interesting of Gregory's hagiographical works, gives us much curious information concerning the upper classes of the period.

Gregory's fame as a historian rests on his "Historia Francorum" in ten books, intended, as the author assures us in the preface, to hand down to posterity a knowledge of his own times. Book I contains a summary of the history of the world from Adam to the conquest of Gaul by the Franks, and thence to the death of St. Martin (397). Book II treats of Clovis, founder of the Frankish empire. Book III comes down to the reign of Theodebert (548). Book IV ends with Sigebert (575), and contains the story of many events within the personal knowledge of the historian. According to Arndt these four books were written in 575. Books V and VI treat of events that took place between 575 and 584, and were written in 585. The remaining four books cover the years between 584 and 591, and were written at intervals that cannot be exactly determined. Gregory relates, indeed, as stated above, the story of his age, but in the narrative he himself always plays a prominent part. The art of exposition, of tracing effects to their causes, of discovering the motives which influenced the characters he described, was unknown to Gregory. He tells a plain unvarnished tale of what he saw and heard. Apart from what concerns himself, he always tries to state the truth impartially, and in places even attempts some sort of criticism. This work is unique in its kind. Without it the historical origin of the Frankish monarchy would be to no small extent unknown to us. Did Gregory, however, correctly appreciate the spirit and tendencies of his age? It is open to question. His mind was always busied with extraordinary events: crimes, miracleswars, excesses of every kind; for him ordinary events were too commonplace for notice. Nevertheless, to grasp clearly the religious or secular history of a people, it is more important to know the daily popular life than to learn of the mighty deeds of the reigning house. The morality of the people is often superior to that of its governing classes. In Gregory's day, great moral and religious forces, beloved by the people, must have been leavening the country, counterbalancing the brute force and immorality of the Frankish kings, and saving the strong new race from wasting away in civil strife. From Gregory's account, however, one could scarcely conclude that the people were altogether satisfied with their religion. What Gregory failed to note in a discriminating way, perhaps because it did not enter into the scope of the work, a contemporary, the Greek Agathias, has observed and put on record.

Gregory as a theologian

The theological ideas of Gregory appear not only in the introductions of his various works, and especially to his "Historia Francorum", but also incidentally throughout his writings. His theological education was not very profound; and he wrote but one work immediately theological in character, his commentary on the psalms. The book entitled "De cursu stellarum ratio" (on the courses of the stars) was written for a practical purpose to settle the time, according to the position of the stars, when the night office should be sung. The "Historia Francorum" makes known, in its opening pages, Gregory's theological views. The teaching of Nicaea was his guide; the doctrine of the Church was beyond all discussion. God the Father could never have been without wisdom, light, life, truthjustice; the Son is all these; the Father therefore was never without the Son. In Jesus Christ Gregory saw the Lord of Eternal Glory and the Judge of mankind. He sometimes speaks of the death and the blood of Christ as the means of redemption, though it is not clear that he grasped the inner meaning of this doctrine. He saw in Christ's Death a crime committed by the Jews; in the Resurrection, on the other hand, it seemed to him he beheld the Redemption of mankind. From the psalms he had learned that Jesus had saved the world by His blood, but Gregory's idea of Christ was not that of the Lamb slain for the sins of "the world"; it was rather that of a great king who had left an inheritance to his people. Generally speaking his theological writings exhibited the influence of the Frankish idea of royalty. He does not seem to have been deeply versed in the teaching and the writings of the Fathers on the Incarnation and Death of Christ. This is evident from the story he tells of a discussion he had one day in the presence of King Chilperic with a Jewish merchant. The Jew had questioned the possibility of the fact of the Incarnation and Death of Jesus, and Gregory, without making a direct reply, went on to assert that the Incarnation and Death of the Son of God were necessary, seeing that guilty man was in the power of the Devil and could only be saved by an incarnate God. The Jew, pretending to be convinced, made answer: "But where was the necessity for God to suffer in order to redeem man?" Gregory reminded him that sin was an offence, and that the death of Jesus was the only means of placating God. The Jew in turn asked why God could not have sent a prophet or an apostle to win mankind back to the path of salvation, rather than humble Himself by taking human flesh. Gregory could only reply by lamenting the incredulity of those who would not believe the prophets, and who put those who preached penance to death. And so the Jew remained unanswered. This controversy displays Gregory's lack of dialectical and theological skill.

Leclercq, Henri. "St. Gregory of Tours." The Catholic Encyclopedia. Vol. 7. New York: Robert Appleton Company, 1910. <https://www.newadvent.org/cathen/07018b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Judy Levandoski.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. June 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

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SOURCE : https://www.newadvent.org/cathen/07018b.htm

November 17

St. Gregory of Tours, Bishop and Confessor

THE SECOND ornament of the church of Tours after the great St. Martin, was George Florentius Gregory. He was born at Auvergne, of one of the most illustrious families of that country, both for riches and nobility; and, what was far more valuable, piety seemed hereditary in it. Leocadia, his grandmother, descended from Vettius Epagatus, the illustrious martyr of Lyons. His father was brother to St. Gallus, bishop of Clermont, under whom, and his successor St. Avitus, Gregory had his education. He received the clerical tonsure from the former, and was ordained deacon by the latter. Having contracted a dangerous distemper, for the recovery of his health he made a visit of devotion to the tomb of St. Martin at Tours, and had scarcely left that city when, upon the death of St. Euphronius, the clergy and people, who had been charmed with his piety, learning, and humility, chose him bishop. Their deputies overtook him at the court of Sigebert, king of Austrasia, and the saint being compelled to acquiesce, though much against his will, he was consecrated by Giles, bishop of Rheims, on the 22d day of August in 573, being thirty-four years old. 1 Faith and piety, in the diocess of Tours, received a new increase under his conduct. He rebuilt his cathedral (which was founded by St. Martin) and several other churches; he assisted at the council of Paris in 577, and there defended St. Prætextatus, bishop of Rouen, with so much zeal and prudence as to gain the applause of king Chilperic himself, the persecutor of that injured prelate. The Arians and Sabellians in France were often confounded by him, and the greatest part of them were brought over to the unity of faith by his mildness and erudition. St. Odo extols his meekness, profound humility, ardent zeal for religion, and charity towards all, especially his enemies. The admirable purity of his life and manners could not shelter him from slanders and persecutions, and he was accused of a design of surrendering the city of Tours to King Childebert; but cleared in a council held at Braine a royal palace, three leagues from Soissons, in 580. Chilperic condemned at Braine a nobleman named Dacco, accused by treachery, to be put to death. Dacco besought a priest, without the king’s privity, to admit him to penance; which being done, he was executed. This is an instance of secret penance and confession at the point of death, 2 and of the impious maxim which anciently prevailed, sometimes in the civil courts in France, of refusing the sacraments to dying criminals that were guilty of grievous crimes. The stupidity.and vanity of King Chilperic appear in his rash disputations with St. Gregory about the fundamental articles of our faith, in which the Saint vigorously opposed his extravagances. 3 In 594 our saint went to Rome out of devotion, and was received with distinction by St. Gregory the great, who made him a present of a gold chain. That Pope admired the great graces and virtues of his soul, and the lowness of his stature. To whom the bishop of Tours replied: “We are such as God has framed us: but he is the same in the little and in the great;” meaning, that God is the author of all the good that is in us, and to him alone all praise is due. Several miracles are ascribed to St. Gregory of Tours, which he attributed to St. Martin and other saints, whose relics he always carried about him. When certain thieves who had robbed the church of St. Martin were taken, St. Gregory was afraid lest King Chilperic should put them to death, and wrote to him to save their lives; and as no one appeared to carry on the prosecution against them, they were pardoned. 4 This saint was bishop twenty-three years, and died on the 17th of November in 596. Before his death he ordered his body to be buried in a place where all who came to the church should walk over his grave, and where no memorial could be erected. But the clergy afterwards raised a monument to his honour on the left hand of St. Martin’s tomb. See his works most correctly published by Ruinart, in folio, 1699, and the life of the Saint compiled by St. Odo, abbot of Cluni, prefixed to that edition. See also Rivet, Hist. Littér. t. 3. p. 372. Ceillier, t. 17. p. 1. Maun, Hist. de l’Egl. de Tours

Note 1. Rivet says about thirty; but it is clear from his own testimony, l. 3, de Mirac. S. Martini, c. 10, p. 1087, that he was thirty-four, as Ruinart observes, Not. ib. [back]Note 2. S. Greg. Tur. Hist. l. 5, c. 26. Mabill. Præf. in Sæc. 3, Ben. Par. 1, Obs. 24, n. 98. [back]

Note 3. S. Greg. l. 5, c. 45. [back]

Note 4. The works of St. Gregory or Tours consists of two books on the Glory of Martyrs, though the second regards only the miracles of St. Julian of Brioude. 2ndly, One book on the Glory of Confessors, or miracles wrought in several parts of France through their intercession, and by their relics. 3rdly, Four books on the Miracles of St. Martin. 4thly, A book of Lives of the Fathers, namely, of St. Gallus, and other French saints. In his ample collection of miracles he seems often to have given credit to popular reports. But his principal work is the History of the French, in sixteen books, in which, besides the History of the French church, many civil transactions, and many traces of the Gaulish and French laws and customs occur; of which this history is almost the only repertory, how much soever method and style be neglected in it. See the remarks of Ruinart, Houtesserre, (printed at Toulouse in 1679, in 4to.) the judicious Adrian Valois, (Rerum Francicarum, three vols. folio, in 1658.) Le Cointe, (Annales Ecclesiastici Francor.) &c. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73). Volume XI: November. The Lives of the Saints. 1866.

SOURCE : https://www.bartleby.com/lit-hub/lives-of-the-saints/volume-xi-november/st-gregory-of-tours-bishop-and-confessor

Weninger’s Lives of the Saints – Saint Gregory, Bishop of Tours

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Saint Gregory, bishop of Tours, was born in France, in the Province of Auvergne, of wealthy and pious parents, named Florentius and Armentaria. He was early given in charge to Saint Gallus, bishop of Auvergne, and, afterwards to Saint Avitus, who succeeded to the vacant See. The books written by him, which are still extant, show the high degree of learning he attained under such eminent masters. Not less was his progress in virtue, to which end he was very careful to associate only with such as were renowned for their piety and holiness. Twice he recovered from severe sickness by miracle. The first time, having a dangerous fever, he desired, when all remedies had proved ineffectual, to be taken to the tomb of Saint Allyrius,and when he had there said a short prayer, blood began to stream from his nostrils, and he arose entirely restored. In his second illness, he was already so weak, that his physicians despaired of his life. He alone was full of hope, and desired to be taken to the tomb of Saint Martin, whom he had chosen as his special patron. At first, his request was refused, through fear that he would expire on the road; but as he insisted, it was at last complied with. No sooner had he been carried to the shrine of his patron, than his health was restored, and his strength returned in such a remarkable manner, that he was able to return home on foot. This miracle incited him to serve God more zealously, to honor his holy patron more than ever, especially by imitating his holy life.

He had great faith in holy relics, which he always carried with him, and by the use of which he worked many miracles. One day, he was travelling on horseback, when suddenly there arose so terrific a storm, accompanied by thunder and lightning, that his companions became greatly alarmed. He, however, taking his relics in his hand, held them towards the lowering clouds, which parted, and formed, as it were, two great mountains on either side of the road on which the Saint and his party were travelling. Gregory felt some pride in his heart, when the danger was over, that he had thus commanded the storm to cease; but he was punished by the Lord on the spot; for, his horse stumbled, and threw him with such force out of the saddle, that he was for some time unable to move. He failed not to perceive that this was a punishment of his pride, prayed humbly to be pardoned, and promised, in future, to give the honor to God, when by the devout use of the holy relics, any miracles would be wrought. The Almighty, who leaves not even the smallest fault of His faithful servants unpunished, was reconciled, and did not take from the Saint the power of working miracles. These miracles and the many virtues which the Saint possessed, made him so beloved and honored, as well by the clergy as the laity, that, on the death of the bishop of Tours, he was unanimously elected to that See. Having by some means heard of his election before it was publicly announced, he fled, and concealed himself; but he was soon discovered, and not allowed to make any objections. Hard as it had seemed to him to accept the government of the See, he was untiring, zealous and blameless in the discharge of its duties. He used all the strength of his mind to promote the honor of the Almighty, and to animate his flock to be solicitous for the salvation of their souls. His frequent sermons, his kind exhortations, and, above all, his virtuous life, had in a very short time accomplished the work of many years. Much study and writing, as well as his continual austerities and incessant labors for the welfare of those under his care, brought on the Saint several maladies, all which he bore with admirable patience, but of some of which he was cured by invoking the intercession of his patron, Saint Martin. The following incident shows again how the smallest faults of the servants of God do not go unpunished. It was Christmas night, and the holy bishop’s duty was to be in Church; but as he had watched during the whole of the preceding night, he was so overcome with sleep, that he lay down for a short rest to his weary body. But hardly had he closed his eyes, when a man of commanding appearance stood before him, and in an earnest tone of voice said: “Rise instantly, and go into the church!” The frightened Saint awoke, and thinking it a dream, crossed himself, and was soon once more lost in sleep. The same commanding figure appeared a second time, and repeated the words still more emphatically; but the Saint was so fast asleep that he awoke not. When the stranger returned the third time, he struck the bishop sharply, saying: “Thou, who should awaken others, sleep you thyself?” This took from Gregory all desire for sleep; he rose without delay, went to the church, begged God to forgive him, and atoned for his negligence.

In the sixteenth year of his Episcopate, he went to Rome, not only to visit the holy shrines, but also to confer with Gregory the Great, who had just been raised to the Papal chair. The holy Pope had heard much of the virtues, learning and many noble qualities of our Saint. The two Saints differed widely from one another in their external appearance. The Pope was tall and majestic, while the bishop was of low stature, and of very insignificant appearance. When the Pope saw him, he marvelled in his own mind that so great a soul could dwell in so small a body, and that so ill-shaped a form could be filled with such precious gifts. Our holy bishop knew, by Divine inspiration, the thoughts of the Pope, and said to him: “Holy Father! the Lord has made us, and not we ourselves. Little men, as well as tall ones, may receive noble gifts from the Almighty.” This made the Pope conceive a still higher esteem for him; so that he granted him and the Church of Tours many favors and privileges, and at last dismissed him with honor and veneration.

The holy bishop returned from Rome to Tours, and continued his labors for the salvation of souls until the year 595, when he ended his most holy life, after an episcopate of twenty-three years. On his death-bed, out of deep humility, he desired his body to be buried where everybody might walk over it. The clergy, however, who duly esteemed the holiness of their bishop, did not carry out this wish, but erected a magnificent tomb, to the left of that which contained the body of Saint Martin. Here the remains of the holy bishop were deposited, and his memory became famous on account of the many miracles that were wrought there.

Practical Considerations

Saint Gregory was punished because he was not in Church at the time of devotion; although the omission was no great sin, and was based on a good reason. What do those lazy Christians say to this who show themselves in Church only when they are obliged to do so under pain of committing sin? They do not assist at Mass during the week, nor at Vespers on Sundays, because they are too lazy. They say: “I am not compelled to do it. God has not commanded it. To assist at holy Mass on Sundays and holy days is commanded, therefore it is my duty, but further I am not obliged to go to Church.” Is that the way to act towards the Great God? That we do our duty and omit nothing which binds under penalty of sin, is but right. But to do nothing more, in honor of God and for the salvation of our soul, is wrong and dangerous. What would become of us, if God acted towards us in a similar manner? Is the Almighty obliged to to give us His daily aid? Is it His duty to protect us, soul and body against the many dangers that are constantly menacing us? Is He bound to restore us to health when we are sick, to provide us with temporal comforts, to give us long life, nay, even to protect us one week, or even one single day? And if He were to give us nothing but what He is obliged to give, how would it be with us? Consider this well! We all desire that God should be generous to us; hence we must all endeavor to be, if we may say so, generous to Him, and not only do what we are obliged to do, but more, much more. Hence, for example, besides many other things, we should not only hear Mass on Sundays and holy-days, but also assist at vespers, and visit the Church during the week. “The more generous we are to God,” says Saint Ignatius, “the more generous shall we find Him towards us.”

MLA Citation

Father Francis Xavier Weninger, DD, SJ. “Saint Gregory, Bishop of Tours”. Lives of the Saints1876. CatholicSaints.Info. 26 May 2018. Web. 23 June 2026. <https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-gregory-bishop-of-tours/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/weningers-lives-of-the-saints-saint-gregory-bishop-of-tours/

Legends of the Blessed Sacrament – Saint Gregory, Bishop of Tours

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Saint Gregory of Tours, who died A.D. 595, relates in his book, Of the Glories of the Martyrs, a memorable story of the wonderful power of the Holy Eucharist, which has also been handed down to us by the well-known historian Evagrius. We will give the account in the words of Evagrius, and afterwards subjoin some additions of the holy Bishop:

‘In the days when Mennas occupied the episcopal chair of Constantinople a very extraordinary event took place. There was in that city an old custom, when a large number of the consecrated particles remained after Communion, of causing boys to come in from the schools in order to consume them. It happened once that amongst the other boys who presented themselves was the son of a glass manufacturer, who was a Jew. Now when hre parents inquired of him the reason of his prolonged absence the child related what had happened, and how he, with the other boys, had been fed. The father, in a storm of fury, seized the boy, and cast him into the fiery furnace in which he was accustomed to fuse the glass. His mother sought her child, and finding him not, she went throughout the town weeping and mourning. At length on the third day, as she stood at the door of her husband’s workshop, weeping and tearing her flesh with grief, and calling on her son by name, it came to pass that the boy heard the voice of his mother, and answered her out of the furnace. Immediately she broke open the doors, went in, and there beheld her child standing in the midst of the fiery coals, unharmed. Now when he was questioned as to the manner by which he had remained without injury, he replied that a lady clothed in purple had very frequently appeared, bringing him water and quenching the coals around him; also, when he was hungry, she brought him food. When Justinian the Emperor heard of this he placed both mother and son, after they had passed through the waters of baptism, under the care of the clergy; but the father, who continued to refuse to believe in the mysteries of the Christian faith, he commanded, as being the murderer of his child, to be crucified in the suburb of Syca.’

Saint Gregory writes thus: ‘The boy received the Holy Eucharist in the church of Saint Mary, in which stands the image of the Blessed Virgin in a conspicuous place, upon which the eyes of the boy fell, and being drawn powerfully he entered the church. The image which he had seen in the church, with the child in her arms, was that of her who appeared to him in the midst of the fire.’ The Saint adds: ‘The boy received the bread, and therein the glorious Body and Blood of Jesus Christ.’

MLA Citation

Emily Mary Shapcote. “”. Legends of the Blessed Sacrament1877. CatholicSaints.Info. 28 November 2014. Web. 23 June 2026. <https://catholicsaints.info/legends-of-the-blessed-sacrament-saint-gregory-bishop-of-tours/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/legends-of-the-blessed-sacrament-saint-gregory-bishop-of-tours/

San Gregorio di Tours

Grégoire de Tours. Vita sancti Martini, Paris, Bibliothèque Nationale de France.


Why You Should Read St. Gregory of Tours

A new edition of his Lives of the Fathers and Miracles of Julian and Martin offers a profound look at early medieval Catholicism

Saint Gregory of Tours, 19th century statue by Jean Marcellin, in the Louvre (photo: Wikimedia commons)

Thomas L. McDonald BlogsNovember 24, 2015

Early in his brief book The Miracles of the Martyr Julian, St. Gregory of Tours writes, “I am not the least qualified or experienced enough to tell about these things, for I have neither been instructed in the arts of grammar nor educated in the literary culture; but what am I to do, since may love for my patron impels me so strongly that I cannot be silent?”

There you have the essence of St. Gregory in one of his typically homely, yet oddly beautiful, sentences. He was, indeed, not a “learned” man by the standards of many Church Fathers and other writers of his time. His Latin was, to be frank, pretty poor, and his style is rough and ready rather than elegant. He never quite grasped Latin noun gender. His work is what he says it is: an act of love and profound devotion. As such, it soars beyond the Ciceronian ideals of Latin prose to reach a poetic (and I do mean poetic) heights more refined writers rarely achieve. These skills are amply in evidence in Lives and Miracles, a new volume edited and translated by Giselle De Nie for the Dumbarton Oaks Medieval Library (Harvard, $30)

Bishop of Tours 

Gregory of Tours is best remembered for his Decem Libri Historiarum (better known to English readers as The History of the Franks), which provides a primary witness to the transition from antiquity to the middle ages. He begins with the creation of the world, then takes us through the conversion of Gaul, the Merovingians and other rulers, and up to the year of his death in 594. Along the way we get some vigorous history and polemic, with the violence and perfidy of politics contrasted with the ideals of the Church and her saints, and found wanting. 

There are a few things you need to understand about Gregory to really grasp his work. Although he wasn’t raised in Tours, he was deeply connected to it, tracing kinship to thirteen of his eighteen predecessors as bishop. He was in the worst place at the worst time in 6th century Gaul. The position of Tour in Loire Valley places it between northern and southwestern Gaul, and as brutal civil wars raged this was a poor place to be. The battles between competing Merovingians weren’t epic, but they were nasty and had a disproportionate effect on the populace.  It almost like a gang war. At times it seemed like the judgement of the Lord lay heavily on the people, and that the end times might not be so far off.

His book on the Franks situates Gaul in the tradition of Christen history influenced by Eusebius, and sees avarice and impiety as the root of the conflicts. But as he tells us in the beginning of his History, he is writing “for the sake of those who are losing hope as they see the end of the world coming nearer and nearer.”

Thus, his historical work is laced with signs and portents of the inbreaking of the other world into this one, not to raise fear, but to restore hope. This is why his hagiographical writing and historical writing must be understood together: they form a complete picture of the world as Gregory saw it.

The Mighty Deeds of the Saints

The one work that influenced centuries of hagiography was The Life of St. Martin of Tours by his contemporary, Sulpicius Severus. Though both Martin and Sulpicius had lived and died two centuries before Gregory, they were an ever-present reality in his life. The form and content of Sulpicius’s Life influenced Gregory’s own writing, and Matin himself continued his works and deeds into Gregory’s own time.

This is the important for understanding Gregory, his time, the medieval mind in general, and indeed all Catholicism, although we’ve lost much of that understanding. The immaterial, eternal reality and the time-bound physical world touch at certain places, in certain moments, and through certain people. The best example, of course, is the eucharist, but there’s more to it than that.

As historian Peter Brown points out, “Gregory’s world was full of tombs.” Those tombs and their relics were important not because medieval Catholics were morbid or superstitious, but because the provided a point of contact between this world and the next. The cult of saints was not some retro-fitted Catholic version of pagan worship, but a new sacramental understanding of reality in which heaven and earth touched. Because of the resurrection, death was no longer something hideous in the brutal world of Gregory, but something beautiful. There’s a real aesthetic  sense on display in Lives and Miracles, as Gregory uses tales to uncover the inbreaking of the God into the world through the works of his chosen saints, and shows us its beauty.

The nature of sin and its consequences is the other ongoing theme, although it’s not as grim and ongoing as some might expect for medieval accounts. Brown, in his seminal essay “Relics and Social Status in the Age of Gregory of Tours,” identifies “reverentia” as the key concept in Gregory’s world. This encompasses an entire range of behaviors that amount to giving proper respect to certain objects and moments in order maintain a rhythm of life tied to the will of God, as expressed in the physical realm through relics, sacred time, and other aspects of sacramentality. 

Lives and Miracles

The three works translated in Lives and Miracles provide copious examples of this worldview. 

The two largest works are The Life of the Fathers and The Miracles of Bishop Martin. In between in a shorter work called The Miracles of the Martyr Julian.

Life of the Fathers is a series of biographical sketches of holy men of Gaul, some of them Gregory’s relatives. Each begins with a preface drawing a lesson from the life about to be told, while each life tells of the way God made his works known in the world through the mighty deeds of these saints. As is common with tales after the age of martyrs (and under the influence of the the desert hermits), there is a focus on extreme asceticism in the lives on these men. These were written to be read as entertaining and didactic tales during communal meals, and thus make brisk and satisfying devotional reading even today. 

The Miracles are of in entirely different style. Here we find those works of Gregory that caused later scholars to snort in derision at his extreme credulity. It seemed, to them at least, that he would believe any story he was told about a miracle if it had some connection to the tomb of a saint. Were horses healed because people vowed to pay a tithe to Martin’s chapel and brand their horse with the shape of the chapel key? Gregory tells us about it. St. Martin intervenes for everything from headaches and diarrhea to demonic possession, ghost attacks, and death. Gregory thought it his duty to preserve these stories because of the witness they offered to the sanctity of saints and the power of God. Some he witnessed personally, others he had from reputable sources, and still others he merely “heard.” Often there are cues in the text that tell us how close he is to a source. We may to believe them or not, but they are meant to illustrate deeper truths about reverentia.

Modern readers may think the line between faith and superstition is very thin in Gregory. Some writers have remarked that what we see here is simply baptized paganism, complete with magic, amulets, and the replacement of gods and spirits with saints and holy men. For example, when Gregory describes people being cured of diarrhea by drinking a “potion” made from the dust of St. Martin’s tomb, some may feel we’re in sketchy territory. (It’s worth noting that De Nei’s translation of the Latin “hausto,” which means “drink” or “draft,” as “potion” in this passage is provocative rather than precise.)

Again, we have to set our mind back to the 6th century. Medicinal drafts and ritual practices were deeply embedded in the culture. In the Christianity of 6th century Gaul, this was the form folk culture took. It was a language they understood. The Church was teaching them that they simply misunderstood the mechanism of action: it was God through his holy saints who effected the miracles. 

In an otherwise good introduction to Lives and Mircales, De Nie shows a somewhat shallow understanding of this sacramentality when she distinguishes between things moderns would understand to require “physical antidotes” and things Gregory thinks are caused by “invisible evil spiritual entities.” It’s not that simple. This is one of those “both/and” things. The Christianity of 6th century Gaul certainly was clear in understanding sin as the root of much physical suffering, and piety as its cure.  But, again, the body served as a convergence point of the physical and spiritual. They knew the physical causes of certain diseases and maladies, but believed they occurred and were cured for more profound reasons. They saw meaning in life, with God able to work through everything, either to reward or punish, with saints, spirits, demons, relics, and tombs among His instruments.

All of this shines forth in Lives and Miracles, which is an excellent addition to any Catholic library. At 944 pages, it’s a chunky brick of a book, but half that is the Latin text on facing pages, and the hyper-short chapters (some little more than a paragraph) make it easy reading. This is, as far as I know, the first Latin/English publication of these texts. There’s another contemporary English translation of Life of the Fathers by Edward James, and several notable translations and studies of Gregory by Raymond Van Dam. His Saints and Miracles in Late Antique Gaul include the Miracles of Martin and Julian among other texts. De Nie’s translation is a little more clear and easy to read, and offers the Latin, while Van Dam has more extensive commentary. Die Nie’s endnotes are quite good, and draw on Van Dam’s work, among others. The book itself is beautifully made, with cloth covers, heavy endpapers, and a handsome golf dustjacke.

Flipping through the Miracles of Bishop Martin you’ll find page after page of short paragraphs all with similar headings such as “About the mute woman” and “About my stomach ache,” and you may begin to think this is just a litany of repetitive healing stories. Below the surface, though, you find people and their times coming to life in these little vignettes. Sure, the “plot” may repeat, as the lame and blind are healed, but the telling never ceases to engage. Gregory’s work has the feel and power of folktales: homely narratives told simply and with a purpose. The cumulative effect is to bring a lost world back to life and allow us to understand how they thought and felt and lived their faith.

Thomas L. McDonald Thomas L. McDonald serves as a deacon in the Diocese of Trenton, where his ministries include catechesis and consolation. He writes at An Owl Among the Ruins and Weird Catholic.

SOURCE : https://www.ncregister.com/blog/why-you-should-read-st-gregory-of-tours


Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres 1 à 6, Page de frontispice. Luxeuil ou Corbie, fin du VIIe siècle. BnF, Manuscrits, Latin 17655 fol. 2

Gregory of Tours, History of the Franks, books 1 to 6, Frontispiece page. Luxeuil or Corbie, end of the 7th century. BnF, Manuscripts, Latin 17655 fol. 2

Gregorio di Tours, Storia dei Franchi, libri da 1 a 6, frontespizio

Gregorio de Tours, Historia de los francos, libros I-VI, página del frontispicio, Luxeuil o Corbeil, finales del siglo VII


San Gregorio di Tours Vescovo

17 novembre

Clermont-Ferrand (Francia), ca. 538 - Tours, 17 novembre 594

Etimologia: Gregorio = colui che risveglia, dal greco

Emblema: Bastone pastorale

Martirologio Romano: A Tours in Neustria sempre in Francia, san Gregorio, vescovo, che succedette in questa sede a sant’Eufronio e compose una storia dei Franchi con stile chiaro e semplice.

Giorgio Fiorentino, che prese il nome di Gregorio in occasione della sua consacrazione episcopale, in memoria di un bisavolo che fu vescovo di Langres, nacque nell'Alvernia, a Clermont, il 30 novembre 538. L'anno della sua nascita ci è noto da qualche punto di riferimento contenuto nei suoi scritti. Tuttavia gli storici di Gregorio hanno interpretato diversamente questi dati cronologici; la maggioranza si accorda però sulla data del 538 e sembra che questa interpretazione sia definitiva.

Gregorio apparteneva a una delle piú illustri famiglie della nobiltà gallo-romana; essa contava un martire, cinque vescovi poi onorati come santi, dei senatori. Suo padre, di salute cagionevole, morí giovane senza avere mai occupato cariche pubbliche, lasciando alla vedova Armentaria la cura di allevare i loro tre figli, Giorgio, Pietro, che diverrà diacono e morrà assassinato da un invidioso, e una figlia di cui si ignora il nome, che sposerà un certo Giustino.

Dopo la morte del marito, Armentaria lasciò Clermont e venne a stabilirsi nel regno di Borgogna presso Cavaillon, dove aveva una proprietà. Il piccolo Gregorio aveva allora otto anni; uno dei suoi zii, il futuro vescovo di Lione, s. Nicezio, si incaricò della sua educazione. Un altro zio, s. Gallo, aveva fondato a Clermont, sua città episcopale, una scuola diretta da Avito, anche lui futuro vescovo. Gregorio frequentò questa scuola e prese un gusto vivissimo agli studi e l'amore per i libri: infatti, divenuto vescovo, cercò di procurarsi una biblioteca ben fornita. Lesse molto, soprattutto libri storici; infatti, delle citazioni o reminiscenze che si trovano fra le sue opere è possibile affermare che lesse la Cronaca di Eusebio, tradotta da s. Girolamo, e la sua Storia Ecclesiastica, tradotta da Rufino, le Ricognizioni di Clemente, il libro degli Uomini illustri di s. Girolamo, passiones di martiri e Vitue di santi, specialmente i libri di Sulpizio Severo su s. Martino.e lesse anche Sidonio Apollinare. Dell'opera di Virgilio studiò a memoria lunghi frammenti tanto che soleva citare spesso l'Eneide. Lesse anche Sallustio e forse Aulo Gellio e Plinio, ma non conosceva Cicerone che attraverso s. Girolamo.

Fu soprattutto attirato dagli scritti sacri, specialmente dalla Bibbia come informa lui stesso. Le citazioni che fa della Sacra Scrittura nei suoi scritti provano che doveva averla letta nelle versioni popolari di quelle "antiche Bibbie latine fatte per il popolo da gente del popolo, di cui il testo del Pentateuco di Lione ci dà un'idea molto esatta e il cui latino, pieno di barbarismi e di scorrettezze di ogni genere, non era adatto ad inculcare il rispetto della grammatica, né a rendere il suo orecchio piú delicato".

Gregorio Iesse ed usò alcuni apocrifi del Nuovo Testamento e una collezione di estratti apocrifi degli Atti degli Apostoli. Conobbe anche, ma non molto, s. Girolamo, Cassiano, Sedulio, Lattanzio, Marziano Capella, s. Ilario di Poitiers, il Liber pontificalis. I Padri della Chiesa non occuparono alcun posto nelle sue citazioni, ma non si può concludere che non li avesse letti.

All'età di venticinque anni, Gregorio fu ordinato diacono della Chiesa dell'Alvernia; poco tempo dopo, cadde gravemente malato, ma fece un pellegrinaggio alla tomba di s. Martino, dove ottenne la guarigione. Poi rimase qualche tempo a Tours presso il vescovo Eufronio, suo cugino. Soggiornò in seguito in Borgogna poi a Lione, dove assolse le funzioni di diacono presso suo zio Nicezio.

Durante la sua permanenza a Reims nel 578 ebbe notizia della morte di suo cugino vescovo di Tours e della propria elezione a succedergli, fatta diciotto giorni dopo la morte del predecessore. Ricevette la consacrazione episcopale a Reims dalle mani del vescovo Egidio indi raggiunse la sua città residenziale. Fra i vescovi di Tours solo cinque non erano della sua famiglia, non c'è da stupirsi quindi che sia succeduto a suo cugino, inoltre egli aveva nella Chiesa franca, fama di sapiente e di sant'uomo.

Tours si trovava, dopo la divisione del 567, nel regno di Sigeberto regno in verità composto di territori distaccati, aventi per capitali Reims e Tours. Quando Gregorio accedette all'episcopato, la Chiesa gallo-romana era in un periodo di adattamento ad una situazione nuova. La Gallia stava perdendo; il suo aspetto romano ed entrava nel periodo barbarico. Politicamente il paese riunificato da Clotario I, era stato diviso dopo la sua morte, nel dicembre 561, fra i suoi quattro figli, Cariberto, Gontranno, Sigeberto e Chilperico. Cariberto fu re dell'Ovest, da Amiens fino ai Pirenei con Parigi per capitale (Tours era in questa parte); Gontranno ebbe Orléans, il Berry, le vallate della Saona e del Rodano; Sigeberto ebbe, con Reims, i paesi dell'Est sul bacino della Mosa, del Reno e, al di là di questo fiume, il dominio su diverse tribú germaniche fino all'Elba, ebbe inoltre, l'Alvernia e una parte della Provenza. Chilperico ebbe la parte piú piccola verso Nord con capitale Soissons. Ma essendo Cariberto morto nel 567, i suoi tre fratelli se ne divisero il territorio in maniera bizzarra. Chilperico, che aveva sposato una schiava affrancata, Fredegonda di triste memoria, ottenne il Nord e il Mezzogiorno, piú Rouen e il suo territorio, Evreux, Le Mans, Angers e la Bretagna, Bordeaux, Limoges, Cahors, il Béarn e Bigorre. Sigeberto ricevette Tours, Poitiers e qualche altro dominio al Sud della Garonna. Gontranno ottenne Nantes, Saintes, Angouleme, Périgueux e Agen. La città di Parigi restò indivisa fra i tre fratelli.

Data l'instabilità provocata da queste frequenti divisioni di territori, la guerra civile era una minaccia costante e spesso una triste realtà. Per giunta i costumi rudi dell'epoca facevano sí che, anche senza guerre e razzie, gli assassini, gli assedi alle città fossero frequenti. La Chiesa soffriva nel suo clero, nel suo patrimonio e specialmente nei suoi edifici spesso rovinati o bruciati.

La città di Tours aveva allora una grande importanza, la sua posizione geografica, la sua ricchezza la rendevano invidiabile. Essa era inoltre un centro spirituale della Gallia: il vescovo di Tours, infatti, successore di s. Martino e custode del suo sepolcro, era uno dei grandi personaggi della Chiesa franca.

Autore: Jacques Lahache

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/78100

GREGORIO di Tours

di Francesco Cognasso

Enciclopedia Italiana (1933)

Scrittore dell'epoca merovingica. Apparteneva a famiglia senatoria romana di Alvernia e nacque verso il 538. Fu educato prima dallo zio, vescovo d'Alvernia; poi, recatosi a Tours per impetrare la sanità da S. Martino, vi si fermò e ne divenne vescovo nel 573. Ebbe rapporti con i re franchi dell'epoca; cordiali con Sigeberto d'Austrasia, pessimi con Chilperico di Soissons. Morì nel 594. Scrisse molte opere di carattere ecclesiastico, come il Liber in gloria martyrum, il Liber in gloria confessorum, l'elogio dei miracoli di S. Martino, di S. Andrea, ecc. Ma l'opera più importante è l'Historia Francorum in 10 libri: i primi quattro contengono una storia universale sino al 575; i seguenti la storia delle guerre civili dei re franchi sino a1 591. Discretamente colto, utilizzò nei primi libri gli storici del secolo IV e del V, come Eusebio, Girolamo, Orosio, molti scritti agiografici, compilazioni cronografiche. Per i suoi tempi dispose di molte notizie, raccolte nei suoi viaggi o nelle conversazioni con i numerosi pellegrini che accorrevano al santuario di S. Martino. Aveva invece scarsa cultura classica, limitata a Virgilio e a un po' di Sallustio; né gli mancava la coscienza delle proprie deficienze, ché anzi egli stesso a più riprese parla della sua ignoranza e della impossibilità di usare una lingua che non sia il latino volgare. Pure riesce efficace nella sua semplicità; onesto, espone la vita dei Franchi del suo tempo senza attenuare, senza mascherare. Documento unico per la conoscenza dell'epoca merovingica, G. è certo il più importante fra i cronisti occidentali del Medioevo fino all'età carolingia.

L'Historia Francorum (Historia ecclesiastica Francorum, o Gesta Francoru) è edita in Bouquet, Recueil des historiens de la Gaule et de la France, II; in Migne, Patr. Lat., LXXI; nei testi della Sociéte de l'istoire de France (1836-38). L'edizione migliore, dell'Historia come delle altre opere di G., quella a cura di W. Arndt, M. Bonnet, Br. Krusch, in Mon. Germ. Hist., Scrptores rerum meroving., I (Hannover 1883-85).

Bibl.: J. W. Loebell, Gregor von Tours und seine Zeit, 2ª ed., Lipsia 1869; G. Monod, Études critiques sur les sources de l'hist. mérovingienne, in Bibliothèque de l'École des hautes-études, VIII, 1872; G. Kurth, Grégoire de Tours et les études classiques au VIe siècle, in Revue des questions historiques, XXIV (1878); G. Hellmann, Studien zur mitelalterlichen Geschichtschreibung. I. Gregor von Tours, in Histor. Zeitschrift., CVII, pp. 1-43; per il valore linguistico vedi M. Bonnet, Le latin de G. de T., Parigi 1890; Manitius, Geschichte der lateinischen Literatur des Mittelalters, I, Monaco 1911.

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SOURCE : https://www.treccani.it/enciclopedia/gregorio-di-tours_(Enciclopedia-Italiana)/

Gregorio di Tours

Versione del 2004 (aggiornata il 23.01.2007)

Autrice/Autore: Immo Eberl Traduzione: Jean-Pierre Bouerdick

30.11.538/539 Clermont (Alvernia), un 17.11 dopo il 4.7.593 (probabilmente nel 594) a Tours. Discendente di una fam. galloromana di senatori e vescovi. Venne educato dai vescovi di Clermont e Lione. Fu diacono (563) e poi vescovo di Tours (573). Ebbe buone relazioni con i re Gontrano (Borgogna) e Childeberto II (Austrasia) ma non con re Chilperico (Neustria) e sua moglie Fredegonda. Nonostante i contrasti con il conte di Tours riuscì a mantenere salda la sua posizione di vescovo. Più significativa dell'attività politica fu la produzione letteraria. Accanto ai testi teol. e agiografici, risalta l'opera più importante di G., i Decem libri Historiarum (erroneamente denominati e conosciuti come Historiae Francorum). Fonti di rilevanti informazioni sull'epoca, i libri V-X contengono notizie che riguardano fra l'altro anche la Svizzera occidentale e meridionale, come per esempio la frana di Tauredunum (Vallese) nel 563 e la battaglia tra Franchi e Longobardi presso Bellinzona (590).

Riferimenti bibliografici

Studi

M. Weidemann, Kulturgeschichte der Merowingerzeit nach den Werken Gregors von Tours, 2 voll., 1982

LexMA, 4, 1679-1682

M. Heinzelmann, Gregor von Tours (538-594), 1994

J. Schmidt, Grégoire de Tours, 1998

Immo Eberl: "Gregorio di Tours", in: Dizionario storico della Svizzera (DSS), Versione del 2004 (voce dell’edizione a stampa del DSS, aggiornata il 23.01.2007)(traduzione dal tedesco). Online: https://hls-dhs-dss.ch/it/articles/010304/2007-01-23/, consultato il 23.06.2026.

SOURCE : https://hls-dhs-dss.ch/it/articles/010304/2007-01-23/

San Gregorio di Tours

Grégoire de Tours, Historia Francorum. Fol. 79v. Initiale ornée "A". Manuscrit : parchemin. 10 volumes. Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits (division occidentale). Latin 17655.


Gregor von Tours

Version von 2004 (bearbeitet am 23.01.2007)

Autorin/Autor: Immo Eberl

30.11.538/539 Clermont (Auvergne), nach dem 4.7.593, an einem 17. Nov. (vermutlich 594) Tours, aus einer galloröm. Senatoren- und Bischofsfamilie. Erzogen von den Bf. von Clermont und Lyon. 563 Diakon, 573 Bf. von Tours. G.s Verbindung zum Burgunderkönig Gunthram und zum Kg. von Austrasien Childebert II. war gut, jene zum Kg. von Neustrien Chilperich und zu seiner Gemahlin Fredegunde dagegen schlecht. Trotz der Auseinandersetzungen mit dem Gf. von Tours konnte sich G. als Bischof halten. Bedeutsamer als die politische war G.s schriftsteller. Tätigkeit. Neben seinen theol. und hagiograph. Werken gelten die "Decem libri Historiarum" (fälschlicherweise als "Historiae Francorum" bezeichnet und unter diesem Titel bekannt) als wichtigstes Werk. Sie enthalten vom 5.-10. Buch zeitgeschichtlich wichtige Nachrichten, die u.a. das Gebiet der West- und Südschweiz betreffen, etwa über den 563 niedergegangenen Bergsturz von Tauredunum (Wallis) oder die Schlacht zwischen den Franken und Langobarden 590 bei Bellinzona.

Quellen und Literatur

Literatur

M. Weidemann, Kulturgesch. der Merowingerzeit nach den Werken G., 2 Bde., 1982

LexMA 4, 1679-1682

M. Heinzelmann, G. (538-594), 1994

J. Schmidt, Grégoire de Tours, 1998

Immo Eberl: "Gregor von Tours", in: Historisches Lexikon der Schweiz (HLS), Version von 2004 (Artikel aus der HLS-Druckversion, bearbeitet am 23.01.2007). Online: https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/010304/2007-01-23/, konsultiert am 23.06.2026.

SOURCE : https://hls-dhs-dss.ch/de/articles/010304/2007-01-23/

Gregor (Georgius Florentius Gregorius)

heilig, Bischof von Tours, Geschichtschreiber, * 30.11.538 oder 539 Clermont (Arverni), † 17.11.594 Tours.

Genealogie

V Florentinus, S d. Georgius u. d. Leocadia;

M Armentaria, E d. Gregorius, Bischof v. Langres 506-39 u. d. Florentius, Bischof v. Genf;

Groß-Om Tetricus († 572), Bischof v. Langres (seit 539), Nicetius (513–73), Bischof v. Lyon (seit 552);
Ov Gallus, Bischof v. Clermont 525-51.

Biographie

G. war ein standesbewußtes Glied eines der angesehenen gallo-romanischen Senatorengeschlechter, die führende Stellungen in Staat und Kirche des südlichen Gallien bekleideten und auf deren Bündnis mit dem merowingischen Königtum das fränkische Reich beruhte. Diese Herkunft bestimmte Laufbahn und Anschauungen G.s. Erzogen bei seinem Oheim Gallus und seinem Großoheim Nicetius, trat er jung in den geistlichen Stand und wurde 573 auf den kirchlich und politisch wichtigen Stuhl von Tours erhoben, das damals zum austrasischen Teilreich Sigiberts gehörte, nach dessen Tod 575 aber von Chilperich, später von Guntchram beansprucht wurde. Mit Geschick verstand G. es, seine und seiner Kirche Stellung inmitten der politischen Intrigen und Kämpfe zu behaupten und sich auch mit dem gefürchteten Chilperich und der ihm verhaßten Fredegund zu verständigen. Er war besorgt um Kirchenbau und Mehrung der Reliquien, um Wahrung des orthodoxen Glaubens gegenüber den national und konfessionell verachteten arianischen Westgoten. Neben einem chronologisch-astronomischen Traktat und zahlreichen hagiographischen Schriften über Leben und Wunder zumeist gallischer Heiliger schrieb er „10 Bücher Geschichten“, denen er seinen Ruhm vor allem verdankt. Sie beginnen mit der Schöpfung, wenden sich im 2. Buch der Geschichte Galliens und des Frankenreiches zu, kommen im 4. Buch auf die von G. selbst erlebte Zeit und schließen mit dem Jahre 591; eine Übersicht über das Wirken der Bischöfe von Tours bis zu G. selbst ist beigefügt. Er vermeidet bewußt den Schwulst der rhetorischen Schulsprache und schreibt ein barbarisches Latein, gewinnt aber eben dadurch die derbe Anschaulichkeit und Buntheit, die den Reiz seiner mit vielen direkten Reden und Dialogen belebten Erzählung ausmachen. Nicht nur Königtum,|Staat und Kirche, sondern auch das wilde Leben und Treiben der aristokratischen Gesellschaft, deren gallo-romanischen und fränkischen Glieder sich kaum noch scheiden lassen, sind sein Gegenstand. Der Kunst lebendiger Darstellung des an handfester christlicher Lohn-Strafe-Moral gemessenen Einzelnen entspricht freilich nicht die Kraft gedanklicher Verknüpfung und Durchdringung des Ganzen. Trotzdem ist G.s Werk nicht nur von unschätzbarem Wert für die Geschichte der neuen romanisch-fränkischen Gesellschaft, sondern ist auch das unbestritten bedeutendste Geschichtswerk in lateinischer Sprache, das aus dem 6. Jahrhundert überhaupt überliefert ist.|

Auszeichnungen

G. wird als Heiliger verehrt (17. Nov.).

Werke

W Ausgg.: Opera, ed. W. Arndt, B. Krusch, M. Bonnet, in: MGH SS rer. Merov. I;

Historiae, ed. B. Krusch u. W. Levison, ebd. I², danach mit dt. Übers. (nach W. v. Giesebrecht) ed. R. Buchner, 2 Bde., 1955/56;

Passio VII dormitantium, ed. B. Krusch, in: MGH SS rer. Merov. VII, S. 757-69;
Decursu stellarum, ed. F. Haase, 1853.

Literatur

Manitius I, S. 216-23;

Wattenbach-Levison I, S. 99-106 (L);

K. F. Stroheker, Der senator. Adel im spätantiken Gallien, 1948;

J. M. Wallace-Hadrill, The Work of Gregory of Tours in the Light of Modern Research, in: Transactions of the Royal Historical Society, London 1951, S. 25-45; ferner Vorreden z. d. Ausgg., bes. Krusch-Levison (mit ausführl. Geneal.).

Autor/in

Peter Classen

Zitierweise

Classen, Peter, "Gregor (Georgius Florentius Gregorius)" in: Neue Deutsche Biographie 7 (1966), S. 20 f. [Online-Version]; URL: https://www.deutsche-biographie.de/gnd118697439.html#ndbcontent

SOURCE : https://www.deutsche-biographie.de/118697439.html#ndbcontent


San Gregorio de Tours

(Clermont-Ferrand, c. 538 - Tours, c. 594) Prelado e historiador franco. Miembro de una familia senatorial, sucedió en el año 573 a su primo Eufronio, obispo de Tours, y, sometido muy de cerca a las vicisitudes políticas de su tiempo, se dedicó a la conversión de arrianos y judíos y a restaurar los bienes y los edificios de la Iglesia. Mediano conocedor del latín, escribió varias obras dogmáticas y hagiográficas, como Vida de los Padres. Su trabajo más importante es la Historia de los francos, en la que trabajó a partir de 575; esta obra, dividida en diez libros, es esencial para el conocimiento de la sociedad merovingia hasta la muerte de Sigeberto.

San Gregorio de Tours

Gregorio de Tours pertenecía a una importante familia galorromana que había destacado tanto en asuntos políticos como religiosos; diversos parientes y antepasados suyos habían sido obispos. Tras la temprana muerte de su padre, el joven Gregorio vivió con su tío Galo, obispo de Arvema, y luego con su tío Nicecio en Lyon, donde se convirtió en diácono. Aunque pudo haber esperado el obispado de Lyon, Gregorio fue nombrado obispo de Tours por Sigeberto I, rey de Austrasia, en 573.

La situación política de la Galia en tiempos de la dinastía merovingia fue con frecuencia convulsa. A la muerte en el año 561 de Clotario I, que había logrado reunificar el reino de los francos tres años antes, el reino quedó de nuevo dividido al repartirse entre sus cuatro hijos (Chilperico, Sigeberto, Gontrán y Cariberto) y se inició un turbulento periodo de crímenes cortesanos y guerras civiles del que no quedaron al margen las respectivas reinas o concubinas, como la temible Fredegunda.

Cuando en el año 573 Gregorio fue nombrado obispo, la ciudad de Tours pertenecía a Sigeberto I de Austrasia (Francia nororiental). Tras el asesinato de Sigeberto I en 575, Tours cayó bajo el control de su hermano, Chilperico I de Neustria (Francia noroccidental). Chilperico I fue asesinado en 584, y entonces el tercer hermano, Gontrán de Borgoña, gobernó Tours; en 587, sin embargo, Gontrán cedió Tours al hijo de Sigeberto I, Childeberto II.

Para sobrevivir en este complejo panorama político, Gregorio tuvo que encontrar modos de entenderse con Chilperico I tras el asesinato de Sigeberto I. Aprovechando las aceradas críticas que el obispo había dirigido a Fredegunda, esposa de Chilperico I, sus enemigos obtuvieron que fuese juzgado por calumnias en el Concilio de Berny-Rivière en 580; afortunadamente, Gregorio salió absuelto gracias en parte a la intervención en el juicio de su amigo Venancio Fortunato. A pesar de este episodio, Chilperico y Gregorio fueron capaces de cooperar; de hecho, a Gregorio le sería más difícil tratar con Gontrán de Borgoña, sobre todo por las sospechas que despertaba entre quienes lo rodeaban.

Respecto a su labor como obispo, no hay evidencia de que asistiera a los concilios de la Iglesia, pero sus escritos demuestran su preocupación por la legislación canónica, especialmente por el trabajo dominical. Además de promover el culto a numerosos santos, también restauró iglesias en su diócesis. Por otra parte, la política influyó en el desempeño de sus deberes, como ocurrió en la espinosa cuestión del convento de la Santa Cruz en Poitiers, que había sido fundado por la reina Radegunda, esposa de Clotario I: la revuelta de varias princesas que habían ingresado en el convento contra la abadesa Leubovera se convirtió, en los años 589-590, en una causa célebre que Gregorio hubo de abordar como miembro de un grupo de obispos enviados para tratar el asunto.

A pesar de su relevancia en la Francia de su tiempo, San Gregorio de Tours es recordado principalmente por sus escritos, y sobre todo por la Historia de los francos, en la que trabajó hasta poco antes de su muerte. Esta obra, cuyo título real fue Diez libros de historias, es la principal fuente del siglo VI para estudiar el reino merovingio de los francos. Aunque Gregorio insistió en que los diez libros se transmitieran juntos, una versión abreviada de los seis primeros circuló en el siglo VII. Durante muchos años los eruditos creyeron erróneamente que tal versión había sido preparada por el mismo Gregorio.

En la Historia de los francos, Gregorio se refiere a sus otras obras: siete libros de milagros, una colección de veinte hagiografías titulada Vida de los Padres, el libro Sobre los oficios de la Iglesia y un Comentario sobre los salmos. Además, los eruditos modernos atribuyen a Gregorio los Milagros del beato apóstol Andrés y una refundición de la leyenda de los siete durmientes de Éfeso. La Historia de los francos de Gregorio de Tours brinda una visión de inestimable valor sobre la vida política de la Galia merovingia, y sus hagiografías iluminan la vida religiosa y social, especialmente el culto de los santos.

Los escritos de Gregorio de Tours son asimismo reveladores de los cambios que experimentaba la lengua latina. Aunque existen problemas para diferenciar la gramática y la ortografía exactas utilizadas por Gregorio de las utilizadas por sus copistas, su escritura difería radicalmente del latín clásico en la ortografía y la terminación de casos. Gregorio estaba al tanto de estas diferencias, pero su madre lo convenció de que su estilo haría que sus escritos fueran accesibles a un público más amplio. Debajo de la singular idiosincrasia de su gramática y estilo, las obras de Gregorio están cuidadosamente construidas y son retóricamente sofisticadas; sus vívidas narraciones, lejos de ser ingenuas, transmiten profundos mensajes religiosos y espirituales. La festividad de San Gregorio de Tours se celebra el 17 de noviembre.

Cómo citar este artículo:

Tomás Fernández y Elena Tamaro. «Biografia de San Gregorio de Tours» [Internet]. Barcelona, España: Editorial Biografías y Vidas, 2004. Disponible en https://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/gregorio_de_tours.htm [página consultada el 24 de junio de 2026].

SOURCE : https://www.biografiasyvidas.com/biografia/g/gregorio_de_tours.htm

Grégoire de Tours (538-594). Histoire des Francs Paris : J.-L.-L. Brière, 1823, 2 vol. (514, 418 p.) Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France / publ. par Guizot Sa Vie et autres œuvres : https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Stgregoire/index.htm

 Thélamon Françoise, « Sur Grégoire de Tours [compte-rendu] »Études Normandes  Année 1995  44-2  pp. 117-118 Fait partie d’un numéro thématique : Nature et histoire Normandes : https://www.persee.fr/doc/etnor_0014-2158_1995_num_44_2_2192_t1_0117_0000_1

 Nancy Gauthier. « L'année « Grégoire de Tours [note critique]» (1994) »Revue d'histoire de l'Église de France  Année 1995  206  pp. 295-299 Fait partie d’un numéro thématique : L'enseignement catholique en France aux XIXe et XXe siècle : https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1995_num_81_206_1189

 Pierre Riche, « Grégoire de Tours et l'Armorique » Supplément à la Revue archéologique du centre de la France  Année 1997  13  pp. 23-26 : https://www.persee.fr/doc/sracf_1159-7151_1997_act_13_1_996

Internet Medieval Sourcebook - Gregory of Tours (539-594): History of the Franks: Books I-X : https://sourcebooks.fordham.edu/basis/gregory-hist.asp