San Leonardo da Porto Maurizio
Leonardo Massabo (1812-1886). San Leonardo in Corsica, Basilique
Saint-Maurice, Imperia (Italie)
Saint Léonard de
Port-Maurice
Frère mineur à
Rome (+ 1754)
Religieux franciscain qui (peut-être) a inventé le chemin de croix, mais en fut certainement un grand propagateur au cours de ses missions intérieures, spectaculaires et étonnantes.
Paul Jérôme Casanova est né à Porto Maurizio, province de Gênes dans une famille de marins. A 23 ans il entre chez les Franciscains et prend le nom de Léonard. Son maître des novices est un Corse très austère de la famille de Bernardin de Calenzana. Ordonné prêtre en 1702, à la suite d'une maladie, il décide de se consacrer aux missions populaires. Saint Alphonse de Liguori le nommait 'le grand missionnaire de notre temps'. Envoyé en Corse (alors en révolte) par Benoît XIV il mène une action à la fois religieuse et politique. Tâche immense en ces temps troublés... En bon contemporain de l'époque baroque, il cherchait à captiver son auditoire en encourageant un large retour à soi-même et une meilleure préparation à la Pénitence et à l'Eucharistie. Le moment le plus favorable semblait être la cérémonie du chemin de Croix... Il en érigea 572 dont une centaine en Corse... (d'après 'Église de Corse en prière' - diocèse d'Ajaccio)
À Rome, au couvent de Saint-Bonaventure sur le Palatin, en 1754, saint Léonard
de Port-Maurice, prêtre de l’Ordre des Mineurs. Rempli du zèle des âmes, il se
dépensa pendant presque toute sa vie à prêcher, à publier des livres de piété,
et à visiter plus de trois cents missions à Rome, en Corse et dans l’Italie du
Nord.
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/131/Saint-Leonard-de-Port-Maurice.html
San Leonardo da Porto Maurizio
Ein Bild von Leonhard von Porto Maurizio im Kloster Maria Lankowitz
S. Léonard de
Port-Maurice
26 novembre
Cet illustre disciple de saint François d’Assise est né en 1676,
le bienheureux Innocent XI étant pape, Léopold Ier empereur et Louis
XIV roi de France. Après une enfance et une jeunesse saintes, saint
Léonard se sentit animé d’une ardente soif d’austérités et d’un zèle
immense pour le salut des âmes : ce sont les deux principaux
caractères de sa vie.
Sa passion de la
souffrance lui fit fonder une solitude où ses disciples s’engageaient à ne
manger ni viande, ni œufs, ni laitage, ni poisson, à observer neuf
Carêmes, à l’exemple de saint François, à coucher sur la dure, à marcher pieds
nus par tous les temps, à observer un continuel et rigoureux silence. Il ne
sortait de « ce lieu de délices » que pour prêcher des missions,
et il avait hâte d’y revenir se plonger dans la pénitence et dans la
prière.
On comprend que la
prédication d’un tel religieux, même à part son éloquence, devait produire de
merveilleux fruits de salut ; toutes les résistances cédaient devant
lui ; ses sermons étaient interrompus par des cris de douleur et des
sanglots ; le don des miracles ajoutait encore à sa puissance apostolique.
Il mourut l’an 1751,
Benoît XIV étant pape, Marie-Thérèse impératrice et Louis XV roi de
France.
San Leonardo da Porto Maurizio
Ritratto di S.Leonardo da Porto Maurizio (Leonard of Port Maurice), circa 1750
Vie brève de Saint Léonard
de Port-Maurice
Chapitre 1 : La jeunesse
Chapitre 2 : Le religieux
Chapitre 3 : Le prédicateur
Chapitre 4 : Supérieur et fondateur d’un ermitage
Chapitre 5 : La fin du Bienheureux
CHAPITRE 1
La jeunesse
Paul-Jérôme Casanuova est originaire de la ville italienne de Port-Maurice qui
lui a donné son nom et qui se trouve dans la province de Gênes. Il naquit le 20
décembre 1676. Ses parents étaient aisés et profondément chrétiens. L’enfant
perdit sa mère, lorsqu’il n’avait encore que deux ans. Son père se remaria et
eut quatre enfants de sa seconde femme. Il donna à ses enfants une éducation
chrétienne tant par ses exemples que par ses exhortations. Sa préférence allait
cependant à Paul-Jérôme dont les dispositions à la piété semblaient
naturelles.Autant il montra, dès l'âge le plus tendre, peu d’attrait pour les
jeux auxquels s’adonnaient les enfants de son âge, autant son plus grand
plaisir était de penser à Dieu. Il avait coutume de construire de petits autels
et de faire des processions auxquelles il invitait des camarades : après avoir
récité avec eux des prières ou chanté des cantiques, il leur faisait souvent de
petits sermons, à la façon d'un prédicateur.
Son amour de la Vierge se manifestait par la récitation du chapelet et d’autres
prières qui lui sont dédiées. Jeune homme, il faisait, pieds nus, en compagnie
de quelques camarades, de fréquents pèlerinages à l'église de Notre-Dame de la
Plaine, située à trois kilomètres environ de Port-Maurice. A cette époque, la
ville de Naples subissait de nombreux tremblements de terre qui provoquaient
partout la frayeur ; aussi Paul-Jérôme suppliait-il la Vierge Marie de délivrer
son pays de ce terrible fléau.
Il aimait visiter les églises, toujours accompagné de ces mêmes compagnons avec
lesquels il récitait de nombreuses prières. Il cherchait ainsi à les préserver
des mauvaises influences par son exemple et ses enseignements ; à l'âge de dix
ans, il fut pris à parti avec ses amis, par un officier de marine qui tenta de
les porter au mal ; ils s’enfuirent pour lui échapper. Ayant réussi à le
distancer, Paul-Jérôme fit un pèlerinage de reconnaissance à Notre-Dame de la
Plaine.
Après avoir étudié avec grand succès dans sa ville natale, son père l’envoya à
Rome chez un de ses frères, nommé Augustin ; cet homme, sage et vertueux, le
confia d’abord à un maître habile. Charmé de ses progrès dans les sciences et
de sa conduite édifiante, son oncle le traita avec autant d'affection que ses
propres enfants. Au bout de trois ans, Paul-Jérôme suivit les leçons publiques
du collège romain. Il eut pour maître le Père Toloméi qui devint plus tard
cardinal.
Ses progrès n'étaient pas moindres dans la piété que dans la science. Sa vie
spirituelle et intérieure était à la mesure de sa ferveur ; il s'approchait des
Sacrements tous les jours de fête, et, matin et soir, il se recommandait à
Dieu, comme s'il eût dû mourir le jour même ou la nuit suivante. Il était
modeste, humble, pieux, studieux et vigilant sur lui-même, au point que jamais
il ne dit une parole, ni ne fit la moindre action qui fût de nature à causer du
scandale ou de l'étonnement ; tous ses entretiens avec ses compagnons roulaient
sur des sujets de piété ou des études, si bien que ses vertus et sa vie
exemplaire faisaient l’admiration de ses camarades du collège romain.
Ami de la solitude et de la retraite, il eut peu d'amis qu’il choisit parmi les
meilleurs de son établissement. Il aimait surtout l'un d'eux qui partageait le
même idéal et dont les conseils poussaient à la ferveur. Ainsi lui apprit-il
que vivre sous le regard de Dieu faisait éviter bien des impatiences et
d’autres défauts et que le péché ne peut rester toujours impuni. Un de ses
auteurs spirituels préférés était St François de Sales dont le livre de
l’Introduction à la vie dévote ne le quittait pas.
Il s’était agrégé à des assemblées de jeunes qui se réunissaient, l'une à
l'oratoire du Père jésuite Caravita, l'autre à celui de saint Philippe de Néri,
à la Chiesa Nuova ; dans ces réunions, il puisait un enthousiasme et une
ferveur grandissante pour la pratique des vertus et le désir des pénitences.
Mais c’est surtout après une confession générale dans une cellule qu’avait
autrefois occupé St Philippe de Néri qu’il se sentit plus attiré par les
austérités et la pénitence. La nuit, il n’était pas rare que, quittant son lit,
il dormît sur le sol ayant une planche pour oreiller.
Quand il rentrait chez son oncle après ces rencontres des Oratoires du Père
Jésuite et de St Philippe de Néri, il ne pouvait s’empêcher de communiquer son
ardeur en racontant à table, et avec tant d’entrain, ce qu’il y avait entendu
et fait, qu’il en oubliait de manger. Son zèle était si brûlant que les jours
de fête, il allait par les rues et les places de Rome, et, bravant les mépris
et les injures des indifférents et des pécheurs, il exhortait les gens à se
rendre aux sermons dans les églises qu’il aimait lui-même entendre volontiers
et qu’il répétait aux personnes de sa maison. Prêchant à Rome, en 1749, il
recommanda à ses auditeurs de s'affilier à quelque pieuse fraternité pour
conserver la foi et grandir dans la charité, les assurant qu'il parlait
d'expérience, ajoutant que, s'il avait fait quelque bien, et surtout évité le
mal dans sa jeunesse, il s'en croyait redevable à l’oratoire du Père Caravita
et à celui de la Chiesa Nuova.
Son assiduité à la prière et aux sacrements, sa ferveur communicative firent
penser à son entourage que Paul-Jérôme deviendrait un jour religieux et un
grand prédicateur. Et en effet, tout en vivant dans le monde, il n’était pas du
monde et se sentait appelé à l’état religieux. Il en parla à son confesseur qui
voulut d'abord l’éprouver par d’humiliantes épreuves. Pendant que Paul-Jérôme,
multipliant ses oraisons et ses pénitences, demandait à Dieu de lui faire
connaître sa volonté, il vit, en traversant la place du Gésu, deux religieux
d'un extérieur pauvre et d'un maintien fort modeste ; il en fut frappé, et, en
même temps, se sentit enflammé du désir d'embrasser leur genre de vie. Mais, ne
sachant pas à quel Ordre ils appartenaient, ni quel couvent ils habitaient, il
se mit à les suivre jusqu'à leur couvent de Saint Bonaventure, situé sur le
Palatin, et habité par les Frères Franciscains. Il entra dans l'église du
couvent au moment où les religieux commençaient la récitation des Complies, et
il entendit ces mots : Converte nos, Deus, salutaris noster : «
Convertissez-nous, ô mon Dieu, notre Sauveur ! » Ces paroles lui allèrent droit
au cœur et il décida d’entrer dans ce monastère.
CHAPITRE 2
Le religieux
Après avoir entretenu son confesseur de sa découverte des Frères Franciscains
et de son attrait pour leur genre de vie, et ayant vaincu les résistances de
son oncle, il frappa à la porte du couvent le 2 octobre 1697. On lui donna le
nom de Léonard. Lui-même a fait connaître avec quelle ferveur il fit son
noviciat : car, quand, dans un âge avancé, il lui arrivait de parler de cette
époque de sa vie religieuse, il appelait le jour de sa prise d'habit religieux
« le jour de sa conversion », et l'année de son noviciat « l'année sainte » :
il se plaignait d'avoir perdu la dévotion qu'il avait alors, et de n'avoir fait
depuis que reculer au lieu d'avancer dans le chemin de la perfection. Il était
fidèle jusque dans les plus petites choses, et exact à garder les pieuses
pratiques de l'Ordre, car disait-il, il ne faut pas regarder comme peu de chose
ce qui peut plaire ou déplaire à Dieu. « Si, pendant que nous sommes jeunes »,
ajoutait-il quelquefois, « nous ne faisons pas cas des petites choses et si
nous y manquons volontairement, nous nous permettrons de manquer à des points
plus importants, lorsque nous serons plus avancés en âge et que nous aurons
plus de liberté». Aussi c’est à l’unanimité qu’il fut admis à la profession
solennelle, le 2 octobre 1698.
Après ses voeux, il étudia la théologie dans laquelle il excella et puisa un
plus grand désir de sainteté. Cette pensée le poursuivait même pendant les
heures de récréation. Il avait coutume d’exhorter ses compagnons à l’espérance,
disant « qu’avec le secours de la grâce, qui ne manque jamais, nous pouvons non
seulement être bons, mais même devenir des Saints ». Il leur suggéra de choisir
chaque semaine une vertu, dont chacun devait produire pendant cette période le
plus d'actes possible ; cette vertu et les moyens de l'acquérir devaient faire
le sujet des conversations. Et si quelqu'un venait à commettre une faute, il
devait s’en accuser humblement, sollicitant l’aide de la prière de ses frères.
Lorsqu'il fut ordonné prêtre, il prit l'habitude de se confesser chaque matin
avant de monter à l'autel : souvent même il se confessait le soir et le matin
Ses dons naturels et son application lui obtinrent de brillants résultats dans
ses études. Mais il ne cessa pas de les poursuivre après la fin de leur cycle.
Il insistait sur la nécessité d’acquérir de nouvelles connaissances pour
procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes ; ce qui ne peut se faire que
par l’étude. Et il reconnaissait qu’il avait toujours étudié et qu’il étudiait
encore dans ce but. Aussi à la réputation de sainteté sut-il unir la réputation
de savant : c'est pourquoi on le nomma professeur de philosophie. Peu de temps
après, il tomba malade. Sa constitution fragile, ses rigoureuses pénitences,
son application à l’étude firent craindre le pire : il devint comme un
squelette n'ayant plus que la peau sur les os. On l'obligea d'aller à Naples,
puis à Port-Maurice, son pays natal, pour se rétablir. Les remèdes restant
inefficaces, il s’adressa à la Vierge Marie la suppliant de lui obtenir de son
divin Fils une santé qu'il consacrerait à gagner des âmes pour le ciel. Sa
prière fut exaucée ; l'infirmité dont il souffrait depuis cinq ans disparut si
complètement qu'il put entreprendre et continuer de nouveaux travaux plus
nombreux et plus difficiles.
CHAPITRE 3
Le prédicateur
Embrasé d'amour pour Dieu et de zèle pour le salut du prochain, il nourrissait
le plus vif désir de partir pour les missions. Il fut sur le point de partir en
Chine. Mais Dieu le réservait pour d’autres tâches et ne permit pas qu’il
s’éloigna de l’Italie. Aussi répétait-il souvent qu'il n'avait pas été jugé
digne de verser son sang pour Jésus-Christ. Et quand il apprenait le martyre de
plusieurs confrères de ces contrées lointaines, il disait : « Moi aussi, je
devrais en être, mais mes péchés ont été la cause que je n'y suis pas allé ».
Il commença par faire connaître l’exercice du chemin de la croix et le trésor
incomparable des indulgences que l'on peut gagner en le pratiquant ; il
s'employa même auprès des souverains pontifes Benoît XIII, Clément XII et
Benoît XIV, pour que ces indulgences fussent étendues à tous les lieux. C’est à
lui que le chemin de croix doit sa forme actuelle. Saint Léonard en érigea plus
de 500, dont celui du Colisée, à Rome.
Ce fut dans son diocèse d'Albenga qu'il fit sa première mission, à Artallo,
distant de trois kilomètres de Port-Maurice. Il partait chaque matin de cette
résidence, et y revenait le soir, nu-pieds, quoiqu’on fut en plein hiver,
pratique qu'il continua, malgré ses fatigues, jusqu'à l'avant-dernière année de
sa vie, lorsque Benoît XIV l'obligea de porter des sandales.
Il fit une guerre sans merci aux bals et aux fêtes mondaines. Une fois, à
l'occasion de la fête de saint Barthélémy, il fut invité, à la paroisse de
Caramagna, à faire un sermon ; ayant été averti que, chaque année à pareil
jour, les hommes et les femmes dansaient ensemble publiquement, et faisaient
d'un jour de fête un véritable carnaval, il s'éleva avec force contre une telle
pratique, affirmant que le démon a tout à gagner dans les bals. Malgré cela, la
plupart de ses auditeurs, à peine sortis de l'église, se rendirent, comme les
autres années, au lieu où l'on dansait. L’ayant appris, Léonard prit en main un
crucifix, et, accompagné de deux hommes qui portaient des cierges allumés, il
se transporta lui-même sur les lieux. A son aspect, les musiciens et les
danseurs voulurent s’enfuir. Mais il les retint, leur adressa la parole, et
leur fit une si vive impression, que toute la foule émue aux larmes, offrit le
spectacle d’un repentir sincère et universel. Or, tandis qu'il parlait, un bras
du crucifix se détacha de la croix ; à cette vue, le peuple manifesta encore
une plus vive émotion. Saint Léonard profita de cette circonstance pour
condamner avec plus d'énergie l'usage coupable de profaner par des bals les
fêtes consacrées aux Saints ; ajoutant que le Seigneur avait voulu faire
comprendre par ce signe qu'il était prêt à lancer sa foudre s'ils ne
promettaient pas de ne plus commettre ces sortes de profanations. Le peuple,
saisi d’une grande crainte, en fit sur-le-champ la promesse qu’il tint
fidèlement. Le jeune missionnaire, voyant que le ciel bénissait ses travaux, en
fut encouragé dans son ministère de prédicateur de l’Evangile, en sorte qu'il
se rendait partout où il était demandé, sans s'inquiéter des fatigues ou des difficultés.
On ne peut dire l’étendue de son apostolat ; presque toute l'Italie fut
successivement témoin de ses prédications et de ses victoires sur le péché. Le
grand-duc de Toscane, Cosme III, le demanda pour réformer les mœurs de ses
Etats, et lui-même allait souvent lui rendre visite et prendre conseil auprès
de lui. Il le pria de donner des missions dans tout le grand-duché, lui offrant
assistance et protection, tant pour lui-même que pour ses compagnons. Le
serviteur de Dieu accepta volontiers l’offre du prince d’évangéliser les
habitants de son pays, mais il refusa les libéralités dont le Grand-Duc voulait
le combler, car il ne voulait vivre que d’aumônes. Voici comment un familier de
Cosme III relate les missions de St Léonard en Toscane : « Je ne puis
m'empêcher de vous donner avis, dans les sentiments de la joie la plus vive, du
bonheur qu’a eu Pitigliano de posséder ce grand serviteur de Dieu, qui y
termine sa mission, pour aller ensuite à Sorano, et sanctifier cet endroit-là à
son tour ; car ce n'est pas seulement convertir, c'est sanctifier, qu’il fait.
Le Père Léonard est un instrument de l'Esprit-Saint, qui, par ses bonnes
manières, attire à lui tous ceux qui l'entendent, même les plus endurcis. J'ai
l'honneur d'avoir été chargé par Son Altesse Royale de le servir et de lui
faire apprêter tout ce dont il a besoin ; mais j'ai eu peu d'occasions de lui
être utile, ainsi qu'à ses compagnons ; car le peu qu'ils prennent pour leur
nourriture, ils vont le quêter. Je lui avais fait préparer un petit appartement
composé de cinq chambres, avec un lit pour lui, fourni de matelas et de tout ce
qui convient ; à peine arrivé, il fit tout emporter pour mettre à la place
quelques planches sur lesquelles il prend son repos la nuit. Je crois que Dieu
lui conserve la vie par une assistance spéciale, car il n'est pas possible de
se soutenir naturellement au milieu de si grandes fatigues, avec de si rudes
pénitences ».
On ne saurait en effet se faire une idée des foules qui se pressaient autour du
missionnaire. Un jour, que l'on portait en procession une image miraculeuse de
la sainte Vierge, pour la remercier d'avoir délivré la Toscane de la peste, le
nombre des fidèles qui assistaient à cette cérémonie s’élevait à plus de cent
mille personnes ! Et chose extraordinaire, lorsque la procession fut arrivée au
sommet de la colline de Sainte-Marie, le saint missionnaire prononça un
discours qui fut clairement entendu par tous, même par les plus éloignés qui se
trouvaient à plusieurs centaines de mètres du prédicateur.
Tous les diocèses auraient voulu accueillir le serviteur de Dieu ; il parcourut
ceux de Massa, d'Arezzo, de Volterra et les campagnes de Sienne, recueillant
partout d'abondantes moissons pour le ciel. On ne savait qu’admirer le plus :
son zèle, son éloquence ou ses austérités. L'évêque de San-Miniato, remerciant
dans une lettre le Père gardien de Saint-François du Mont, de lui avoir envoyé
l’apôtre, écrivit : « Le Père Léonard rentre dans sa sainte retraite chargé de
mérites ; il a travaillé avec un zèle admirable pendant quinze jours, et je
pourrais dire aussi pendant quinze nuits, au salut de mon bien-aimé troupeau.
Rien ne surpasse son dévouement, si ce n'est, j'ose l'espérer, les fruits qu'il
produit. Pour moi, je dis que la grâce divine triomphe en lui, car il ne me
semble pas possible que, sans un secours tout spécial de Dieu, un homme puisse
faire tant ». .
Le curé de Saint-Roch, près Pistoie, exprime ainsi sa reconnaissance et
témoignant son admiration : « Toute la ville vénère le Père Léonard comme un Saint,
comme un prédicateur savant, comme un fervent missionnaire, et toutes les âmes
ont été comme enchaînées à sa parole de feu. Il brise les cœurs, même les plus
indifférents, qui ne prêtent l'oreille qu'à ce qui les flatte, et la ferment à
la vérité. Nul n'a pu résister que celui qui n'est pas venu l'entendre. Son
auditoire a été des plus nombreux ; à la seconde procession de pénitence on
juge qu'il y avait bien quinze mille personnes, et à la bénédiction papale
environ vingt mille. Tous les confesseurs de la ville ont eu beaucoup à faire,
et l'on remarquait chez tous les pénitents des dispositions extraordinaires,
une préoccupation très vive des besoins de leur âme et un profond oubli de tout
autre chose. Il a emporté avec lui les regrets universels manifestés par les
larmes des fidèles qui ne le laissaient point partir. Aussi, la ville tout
spécialement attend-elle avec anxiété le bonheur de le posséder de nouveau. Les
habitants les plus notables de Pistoie, hommes et femmes, venaient à Saint-Roch
à des heures très incommodes et au fort de la chaleur, pour pouvoir l'entendre
et se confesser à lui. Beaucoup de personnes passaient la nuit sous le portique
de l'église. Dieu soit béni, qui daigne visiter son Eglise en lui envoyant de
tels serviteurs ! On peut juger du fruit de la mission, rien qu'à voir la
dévotion avec laquelle se pratique l'exercice du Chemin de la Croix. C'est une
chose tout à fait étrange que de voir les hommes et les dames de qualité de
Pistoie, si ennemis des démonstrations extérieures de piété, faire le Chemin de
la Croix avec tant de recueillement et de ferveur, qu'ils ne rougissent pas de
baiser la terre, et cela même depuis que la mission est terminée ».
Dans une ville du diocèse de Pise, il produisit une émotion extraordinaire sur son
auditoire, en prêchant sur le scandale; tandis qu'il se donnait publiquement la
discipline, selon l'usage qui se pratiquait en Italie pendant les missions. Le
curé du lieu, montant alors sur l'estrade, saisit l'instrument de pénitence et
commença à se flageller rudement les épaules nues, en confessant à haute voix
qu'il était lui-même le scandaleux ; le peuple, qui déjà pleurait en entendant
la parole de feu de Saint Léonard, fut encore plus ému en voyant son pasteur,
qui était un prêtre digne et vertueux, lui donner ainsi un exemple d'humilité.
La ville de Livourne semblait être le repaire de tous les vices : le Père
Léonard entreprit de la convertir aux approches du carnaval : on versa bientôt
des larmes à ses sermons, on donna publiquement les signes les plus manifestes
du repentir ; on ne parla plus de carnaval, et, quoiqu'on eût fait de grands
préparatifs et de grands frais, les mascarades, d'un commun accord, furent
prohibées ; quant aux théâtres, ils restèrent fermés faute de spectateurs, et
des multitudes de repentants assiégeaient jour et nuit les confessionaux. Plus
de quarante personnes de mauvaise vie s'étant rendues au sermon par curiosité,
sans avoir le moindre dessein de changer de vie, furent effrayées de leur état
en entendant les menaces terribles du prédicateur contre ceux qui haïssent leur
âme jusqu'à lui préférer un vil plaisir, et qui craignent si peu de la perdre
éternellement : elles conçurent une telle douleur de leurs péchés, que toutes
ensemble se repentirent et demandèrent pardon à Dieu et à la ville du scandale
dont elles étaient la cause jusqu'alors. Le missionnaire les reçut et les plaça
dans une maison particulière, d'où, les jours suivants, on les voyait sortir,
vêtues d'un habit de pénitence, pour se rendre à l'église ; Dieu leur accorda
ainsi la grâce d'édifier la ville qui avait été d’abord scandalisée par leur
mauvaise conduite.
Le Père Léonard se rendit aussi en Corse qui était alors dépendante du Royaume
de Gênes. Théâtre d’animosités et de rancunes ancestrales, de nombreuses
familles de l’île étaient divisées par des haines invétérées. Mais les
exhortations du missionnaire eurent tôt fait d’apporter la réconciliation. On
renonça aux hostilités, on déposa les armes et on conclut la paix. Des scènes
inouïes se produisaient : des familles jadis ennemies émues, s’embrassaient. Et
non contentes de rétablir l’entente devant tous, elles voulurent scellèrent
leur nouvelle union par des actes officiels.
CHAPITRE 4
Supérieur et fondateur d’un ermitage
En 1715, après ses missions en Toscane, il fut nommé gardien et directeur du
couvent de Saint-François du Mont, à Florence. Il y établit la plus grande
régularité par ses exhortations et par ses exemples. Il parlait avec tant de
chaleur et d'onction que les frères se sentaient à l'écouter, portés non
seulement à être bons, mais à devenir des saints. Non content d'observer avec
une grande exactitude tout ce qui était prescrit, il se livrait en outre à de
grandes austérités ; il ne prenait qu'un seul repas par jour, se contentant de
légumes ; il ne portait en toute saison qu'un seul vêtement déchiré et rapiécé,
sans parler de bien d'autres mortifications dont on a déjà parlé et dont il
sera question plus loin. On ne pouvait assez admirer la charité qu'il mettait
en toute rencontre à aider ses religieux ainsi que les personnes séculières, ne
s'épargnant aucune fatigue pour amener les uns à une parfaite observance, et
pour secourir les autres dans leurs besoins quelconques.
Mais la solitude d'un couvent ordinaire ne suffisait pas au Père Léonard ; il
cherchait, comme saint François, un lieu écarté où il pût, du moins de temps en
temps, vivre seul avec Dieu. Il put se procurer un ermitage situé sur une
montagne, à dix kilomètres environ de Florence, et appelé Sainte-Marie de
l'Incontro. Avec l'agrément des supérieurs de son Ordre, Léonard y établit une
solitude en faveur des religieux que Dieu, par une inspiration particulière, y
appellerait de temps en temps. Il dressa des constitutions qui furent
approuvées, et le jour de l'Annonciation, il partit nu-pieds sur la neige avec
quelques religieux, et en chantant des psaumes et des cantiques. Il veilla à ce
qu'on observât les règles de la plus stricte pauvreté. La cellule de chaque
solitaire était si petite, qu'en étendant les bras, on pouvait facilement
atteindre les deux extrémités, et en les élevant toucher la voûte, formée de
simples roseaux. Quant à la nourriture, il établit qu'on ne mangerait ni
viande, ni œufs, ni laitage, ni poissons, et qu'on y observerait les neuf
Carêmes, à l'exemple de saint François; de sorte qu’il n’était permis de faire
usage d'œufs et de laitage, que quinze ou seize jours par an. Il ordonna de
plus que les frères coucheraient sur la dure, et que chacun s'exercerait encore
à d'autres mortifications. Les pieux solitaires embrassaient toutes ses
austérités avec joie et empressement, et ils étaient les uns pour les autres
des sujets de sainte émulation. Le Père Léonard, en sa qualité de fondateur de
cette solitude, pour donner l'exemple aux siens, voulut être le premier à s'y
retirer et à exécuter rigoureusement tous les points de sa Règle, faisant de
plus tout ce que son amour des souffrances et la ferveur de son esprit pouvait
lui suggérer. Il observait un continuel et rigoureux silence ; il assistait de
jour et de nuit, sans jamais y manquer, à l'oraison vocale et mentale que l'on
faisait en commun ; il vivait dans un sévère isolement qui ne permettait à
personne, excepté au supérieur, d'administrer les sacrements, d'écrire, ou de
recevoir des lettres sauf cas exceptionnels ; il se donnait la discipline,
comme la Règle l'indiquait, chaque nuit, après Matines, et le jour, après
Vêpres ; il s'appliquait comme les autres, pendant une heure, à des travaux
manuels.
Il n’aurait jamais voulu sortir de cette solitude qu’il appelait le lieu de ses
délices. En s'y rendant, il disait qu'il allait faire le noviciat du paradis.
Son zèle ardent d’apôtre pouvait seul l’en arracher. Il s'y rendait
régulièrement deux fois par an ; il y passait des mois pour faire les exercices
spirituels; il y allait de plus à l'approche d’une grande fête, ou au retour
des missions auxquelles, par ordre de Clément XI, il dut s'employer, même
pendant le temps qu'il était gardien du couvent. Son repos, après une vie
d'apostolat et de fatigues, était une vie plus mortifiée et plus pénitente dans
cet ermitage.
La nouvelle de la vie tout évangélique qu'on y menait se répandit au dehors.
Des réguliers de divers instituts demandèrent d’y être admis pour y faire les
exercices spirituels, et, après y avoir séjourné quelques jours, ils s'en
retournaient profondément touchés et édifiés. Beaucoup d'hommes du monde même,
mus par le désir de s'amender, regardaient comme une faveur singulière de
pouvoir passer une semaine avec ces solitaires; ils prenaient part à leurs
pieux et austères exercices de jour et de nuit. Ils y passaient des jours si
heureux qu’ils les considéraient comme des jours de paradis, et c’est avec
regret qu’ils s’en retournaient chez eux. Beaucoup d’ecclésiastiques, de
prélats et de princes, qui vinrent visiter cet ermitage, furent remplis
d’admiration pour la ferveur qui y régnait. Le Pape Clément XI, lui-même,
vénérait le saint religieux : c’est dire le crédit qu’il avait dans toute
l’Italie, auprès des plus humbles comme des plus grands.
CHAPITRE 5
La fin du bienheureux
Interrompant sa vie solitaire pour reprendre ses missions pour obéir aux ordres
de ses supérieurs, iI lui arrivait quelquefois de succomber d'épuisement, de
s'évanouir au milieu du sermon et de rester à demi mort. Mais il ne tenait
aucun compte de ces avertissements et surmontant sa faiblesse physique, il
poursuivait sa prédication : « Mon âne s'est jeté par terre », disait-il, «
mais j'aurai soin de le châtier pour qu'il ne s'avise plus de recommencer et
qu'il tienne ferme sur ses pieds ». Il se mettait alors une chaîne au cou, sur
la tête une couronne d'épines, prenait sa discipline et se frappait souvent
jusqu'à ce qu'on se jetât sur lui pour le retenir. On s'étonnait qu'il pût
résister à tant d’austérités et de travaux. Le cardinal Corradini, le voyant un
jour exténué, l'invita à se reposer. « Mon repos », répondit-il, « je ne le
désire ni le veux sur la terre, mais je le désire et je le veux en paradis ». A
Rome où il prêcha pour le Jubilé ; il se retira au couvent de Saint-Bonaventure.
Là, comme si, en s'épuisant au service des autres, il se fût négligé lui-même,
il voulut vaquer à son tour aux exercices spirituels. Le soir qui précédait sa
retraite, il se jeta aux genoux de son supérieur, dans le réfectoire commun,
pour demander sa permission et sa bénédiction ; et tout en protestant à la face
de ses confrères qu'il n'avait de religieux que l'habit, et en se recommandant
aux prières de la communauté, il fut ému au point que les larmes étouffaient sa
voix. Etant interrogé sur le fruit qu'il avait retiré de cette retraite, il
répondit qu’il consistait en un désir ardent de mourir bientôt pour aller jouir
de son Dieu.
Dans les missions qui suivirent, il dit plusieurs fois à ses compagnons que
c'étaient les dernières. Il laissa entendre que sa mort approchait. Le Pape lui
ayant écrit une lettre pour le rappeler à Rome, il se mit en route pour lui
obéir. Ce voyage fut pour lui très-pénible. L’hiver approchait. En partant de
Tolentino, il dut traverser des montagnes qui étaient déjà couvertes de neige.
Il endura un froid si grand que la chaleur de son corps semblait s’être retirée
de ses membres et que son aspect était davantage celui d’un cadavre que d’un
être vivant. Son compagnon de voyage lui ayant demandé comment il se trouvait,
il reconnut par deux fois : «Je suis mal ». Aucune souffrance n'avait pu lui
arracher cette plainte depuis vingt-cinq ans. Arrivé à Foligno, il voulut
pourtant dire la messe ; et, comme le frère le priait de s'en abstenir pour
cette fois, attendu qu'il ne tenait plus sur ses jambes, il lui répondit : «
Mon frère, une messe vaut plus que tous les trésors du monde ». Dès qu'il eut
franchi la porte de Rome, il dit à son compagnon : « Entonnez le Te Deum, et je
répondrai ». Il le fit en effet, et c'est en récitant ce chant d'actions de
grâces qu'il arriva au couvent de Saint-Bonaventure, le 26 novembre après le
coucher du soleil.
On le descendit avec peine de la voiture : car il était si faible qu'on ne lui
sentait plus de pouls : aussi fallut-il le porter à bras jusqu'à l'infirmerie.
A peine y fut-il entré qu'il se confessa et demanda le saint Viatique, qui lui
fut administré environ une heure après son arrivée, en présence de toute la
communauté. Dès que le prêtre entra dans la chambre, le malade prononça ses
actes de foi, d'espérance et de charité avec tant d'énergie et de sentiment,
que tous les assistants en furent émus jusqu'aux larmes. Après être resté
pendant quelque temps recueilli en Dieu, il reçut la visite du médecin, qu'il
pria de ne pas lui ordonner de manger de la viande, tant il était jaloux
d'observer, jusqu'à son dernier soupir, l'abstinence qu'il gardait depuis tant
d'années. Le docteur le trouva si faible qu’il ordonna de prendre une boisson
fortifiante ; l'infirmier la lui apporta et il la prit en le remerciant et en
ajoutant : « Oh ! si l'on en faisait autant pour l'âme que pour le corps ! »
Après avoir bu, il dit encore : « Mon frère, je n'ai pas de termes suffisants
pour remercier Dieu de la grâce qu'il m'accorde de mourir au milieu de mes
confrères ». Le Bienheureux désirait demeurer dans le recueillement et demanda
aux religieux de le laisser en leur disant d'aller se reposer ; il ne resta
près de lui que l'infirmier pour l'assister au besoin. Celui-ci, se tenait en
dehors de la chambre, dont la porte était ouverte. S'étant approché du lit, il
vit que le malade avait le visage tout enflammé ; il le toucha, et il le trouva
brûlant de fièvre. On lui donna l'Extrême-Onction, qu'il reçut avec les
sentiments de la dévotion la plus parfaite; peu après, ayant conservé jusqu'à
la fin toute sa présence d'esprit, il parut comme surpris d'un doux sommeil ;
et, sans faire aucun mouvement, il s'endormit dans le Seigneur. Ce fut le
vendredi, 26 novembre 1751, un peu avant minuit, qu'il alla recevoir la récompense
de tant de travaux entrepris pour la gloire de Dieu et pour le salut du
prochain : il était âgé de soixante-quatorze ans, onze mois et six jours ; il
avait passé cinquante-trois ans en religion et il en avait consacré
quarante-quatre aux missions. Le matin, de bonne heure, conformément aux
instructions reçues, on en fit donner avis au Saint-Père, qui, en apprenant la
mort du Père Léonard, dit avec un profond sentiment de douleur : « Nous avons
beaucoup perdu ; mais nous avons gagné un protecteur dans le ciel ».
Les funérailles du serviteur de Dieu eurent lieu le 28 novembre 1751 : le
concours du peuple était si grand qu'on résolut de ne point l'exposer dans
l'église, par peur des désordres. Mais pendant la messe, il fut placé devant le
grand autel. On le transporta ensuite de l'église dans la chapelle du couvent ;
il fut enseveli en face de la chapelle de Saint-François. Ce tombeau devint
très célèbre en Italie : beaucoup de miracles s'y opéraient. Le corps a échappé
à la corruption et est parfaitement conservé ; il repose à découvert sous le
maître-autel. En 1796, le pape Pie VI l'a mis au rang des Bienheureux, et, en
1867, à l'occasion du Centenaire de saint Pierre, il a été solennellement
canonisé par le pape Pie IX.
St Léonard de Port-Maurice est surtout connu pour avoir répandu la dévotion au
chemin de croix. Mais on le représente aussi portant une bannière de la sainte
Vierge, à cause du zèle qu'il mettait à propager le culte de la Mère de Dieu.
SOURCE : http://web.archive.org/web/20080607200053/http:/www.theotime.com/Article14.html
San Leonardo da Porto Maurizio
Statue of Saint Leonard, in St. Francis Xavier Catholic Church, in Superior, Wisconsin
LE SERMON DE SAINT LÉONARD DE PORT-MAURICE
SUR LE NOMBRE DES ÉLUS
Saint Léonard de
Port-Maurice fut l’un des grands prédicateurs de missions populaires. Ses
quarante-quatre années de ministère apostolique se passèrent à parcourir
inlassablement l’Italie. A Rome même, sur la place Navona, saint Léonard prêcha
une mission à laquelle assista Benoît XIV. Sa prédication était
extrêmement efficace.
« Mes sermons sont à base
non de belles paroles mais de belles vérités... Je me servirai de mots
simples, familiers pour être compris des plus rustres et des plus lourdauds
sans pour autant lasser les plus intelligents ».
Son infatigable
compagnon, le frère Jacques de Florence, lui conseilla un jour de changer ses
thèmes de sermon, car, disait-il, en faisant toujours les mêmes sermons, on
n’obtient pas autant de fruit que si on les varie. Le saint lui répondit par
cet argument décisif : « Fais-le, tu seras un petit docteur présomptueux qui
cherche la gloire du monde et non celle de Dieu ». Ainsi raisonnent les saints.
« Avec deux ou trois
compagnons, à pied, sans chaussures, le bâton à la main, saint Léonard de
Port-Maurice, nous dit le Père Gemelli (El Franciscanismo, VI), parcourut toute
l’Italie Centrale, presque toute l’Italie du Nord et celle du Midi jusqu’à
Naples. Partout où il s’arrêtait, il provoquait le même concours extraordinaire
de peuple. Dès les premiers sermons, l’église se trouvait trop petite pour la
foule qui accourait ; il ne lui restait plus qu’à parler sur la place publique
qui se remplissait alors jusqu’aux toits. Une fois le sermon terminé, les
confessionnaux étaient assiégés ; et le missionnaire, sans apparence de
fatigue, confessait heure après heure, de jour et de nuit, avec le courage du
soldat qui refuse d’abandonner le champ de bataille jusqu’à ce qu’il ait
obtenu une complète victoire ; sans oublier qu’après la bataille, il reste
encore à poursuivre l’ennemi. « Contre l’enfer, disait-il, ayez l’épée à la
main... soyez prêts à combattre l’enfer jusqu’à votre dernier souffle ».
Benoît XIV l’appelait « le grand chasseur du Paradis ».
Figure apostolique
célèbre et très populaire, saint Léonard est le patron des missions populaires.
Quelle est la raison de ce patronage ? C’est qu’il accomplissait parfaitement
lui-même ce que commande le code de droit canon, dans le canon 1347 :
1. La prédication sacrée
devra exposer avant tout ce que les fidèles doivent croire et pratiquer
pour se sauver.
2. Les prédicateurs de la
parole divine doivent s’abstenir de traiter des affaires profanes, des sujets
abstraits qui dépassent la capacité ordinaire des auditeurs. Ils doivent
exercer leur ministère évangélique non par des raisonnements persuasifs d’une
éloquence humaine, ni par l’apparat profane ou la séduction d’une vaine et
ambitieuse éloquence, mais en se montrant dans leur prédication pleins de
l’esprit et de la vertu de Dieu, ne se prêchant pas eux-mêmes, mais le Christ
Crucifié.
L’un des plus célèbres
sermons de saint Léonard de Port-Maurice était celui du petit nombre des élus ;
c’est à lui qu’il confiait la conversion des grands pécheurs. Dans ce
sermon – qui fut soumis à examen canonique, comme ses autres écrits, au cours
du procès de canonisation –, il passe en revue les différents états de vie des
Chrétiens et conclut au petit nombre – relatif – de ceux qui se sauvent, là
comparaison étant faite sur la totalité des hommes.
Le lecteur méditera
lui-même sur ce texte remarquable et, faisant peut-être abstraction de
quelques expressions qui peuvent paraître pittoresques à la mentalité moderne,
il saisira la solidité de l’argumentation qui a mérité l’approbation de
l’Eglise.
Voici donc le sermon
vibrant et émouvant du grand missionnaire.
Sermon pour le mardi
après le quatrième dimanche de Carême « Du nombre des élus », extrait du
livre Sermons du bienheureux Léonard de Port Maurice (traduit de
l'italien par Ch. Sainte Foy), pp. 134 à 161.
I. Ce qui remplit
d’effroi les plus grands saints.
Grâce à Dieu, le nombre
des disciples du Rédempteur n’est pas si petit que la malignité des scribes et
des pharisiens doive en triompher. Quoiqu’ils s’efforçassent de calomnier
l’innocence et de tromper la foule par leurs sophismes perfides, en
discréditant la doctrine et le caractère de Notre-Seigneur, trouvant des taches
jusque dans le soleil, beaucoup reconnurent en Lui le vrai Messie, et, sans
craindre ni les châtiments ni les menaces, embrassèrent ouvertement Son parti.
Malgré les impostures de Ses ennemis : "De turba autem multi crediderunt
in Eum". Tous ceux qui suivirent le Christ L’ont-ils suivi jusque dans la
gloire ? Oh ! c’est ici que, révérant ce profond mystère, j’adore en silence
les abîmes des décrets divins, plutôt que de décider avec témérité un si grand
point ! C’est un grave sujet que celui que je dois traiter aujourd’hui ; il a
fait trembler les colonnes mêmes de l’Eglise, rempli de terreur les plus grands
saints et peuplé d’anachorètes les déserts. Cette instruction, dans laquelle il
s’agit de décider si le nombre des chrétiens qui se sauvent est plus grand ou
moins grand que le nombre des chrétiens qui se perdent, vous inspirera, je
l’espère, une crainte salutaire des jugements de Dieu.
II. Celui qui se
damne, se damne par sa propre malice.
Mes frères, je voudrais,
à cause de l’amour que je vous porte, pouvoir vous rassurer par les pronostics
d’un bonheur éternel, en disant à chacun de vous : le paradis vous est assuré ;
le plus grand nombre des chrétiens se sauvent, vous vous sauverez donc aussi.
Mais comment puis-je vous donner cette douce assurance, si, ennemis de
vous-mêmes, vous vous révoltez contre les décrets de Dieu ? J’aperçois en Dieu
un sincère désir de vous sauver, mais je vois en vous une inclination décidée à
vous perdre. Que ferai-je donc aujourd’hui si je parle clairement ? Je
vous déplairai. Si je ne parle pas, je déplais à Dieu. Je partagerai donc
ce sujet en deux points : dans le premier, pour vous épouvanter, je laisserai
les théologiens et les Pères de l’Eglise décider la question, et prononcer que
la plus grande partie des chrétiens adultes se damnent ; et, adorant en silence
ce terrible mystère, je tiendrai caché mon propre sentiment. Dans le
second point, j’essaierai de venger contre les impies la bonté de Dieu, en vous
prouvant que ceux qui se damnent se damnent par leur propre malice, parce
qu’ils ont voulu se damner. Voici donc deux vérités très importantes. Si
la première vous effraie, ne vous en prenez pas à moi, comme si je voulais
resserrer pour vous le chemin du ciel. Car je veux être neutre dans cette
question : prenez-vous en plutôt aux théologiens et aux Pères de l’Eglise, qui,
à force de raisons, vous imprimeront cette vérité dans le cœur. Si vous êtes
détrompés par la seconde, rendez-en grâce à Dieu, qui ne veut qu’une chose,
c’est que vous Lui donniez entièrement vos cœurs. Enfin si vous me forcez à
dire clairement ce que je pense, je le ferai pour votre consolation.
Ce n’est pas une
curiosité, mais une précaution.
Ce n’est pas une vaine
curiosité, mais une précaution salutaire, de faire retentir du haut de la
chaire certaines vérités qui servent merveilleusement à réprimer l’insolence
des libertins, lesquels, parlant toujours de la miséricorde de Dieu et de la
facilité de se convertir, vivent plongés dans toute sorte de péchés et dorment
en assurance dans le chemin de la perdition. Pour les détromper et
les réveiller de leur torpeur, examinons aujourd’hui cette grande
question : le nombre des chrétiens qui se sauvent est-il plus grand que celui
des chrétiens qui se perdent ? Ames pieuses, retirez-vous, ce sermon n’est pas
pour vous : il a uniquement pour but de réprimer l’orgueil de ces libertins qui,
chassant de leur cœur la sainte crainte de Dieu, se liguent avec le démon,
lequel, au sentiment d’Eusèbe, perd les âmes en les rassurant “
immittit securitatem ut immittat perditionem ”. Pour résoudre ce doute, mettez
d’un côté tous les Pères de l’Eglise, tant grecs que latins, de l’autre les
théologiens les plus savants, les historiens les plus érudits et placez au
milieu la Bible exposée au regard de tous. Ecoutez donc, non ce que je vais
vous dire, car je vous ai déclaré que je ne voulais pas prendre moi-même la
parole ni décider la question, mais ce que vous diront ces grands esprits, qui
servent comme de phares dans l’Eglise de Dieu, pour éclairer les autres afin
qu’ils ne manquent pas le chemin du ciel. De cette manière, guidés par la
triple lumière de la foi, de l’autorité et de la raison, nous pourrons résoudre
sûrement cette grave question.
Remarquez bien qu’il ne
s’agit pas ici du genre humain tout entier, ni de tous les catholiques sans
distinction, mais seulement des catholiques adultes, qui, ayant le libre
arbitre, peuvent coopérer à la grande affaire de leur salut. Consultons d’abord
les théologiens dont on reconnaît qu’ils examinent les choses de plus près et
n’exagèrent pas dans leur enseignement ; écoutons deux savants cardinaux, Cajetan et Bellarmin :
ils enseignent que la plus grande partie des chrétiens adultes se damnent et,
si j’avais le temps de vous exposer les raisons sur lesquelles ils s’appuient,
vous en seriez convaincus vous-même. Je me contenterai de citer ici Suarez qui,
après avoir consulté tous les théologiens, après avoir étudié attentivement la
question, a écrit ces mots : « Le sentiment le plus commun tient que parmi
les chrétiens il y a plus de réprouvés que de prédestinés ».
Que si, à l’autorité des
théologiens, vous voulez joindre celle des Pères grecs et latins, vous
trouverez que presque tous disent la même chose. C’est le sentiment de saint
Théodore, de saint Basile, de saint Ephrem, de saint Jean Chrysostome. Bien
plus, au rapport de Baronius, c’était une opinion commune parmi les
Père Grecs que cette vérité avait été expressément révélée à saint Siméon
Stylite et que c’était pour assurer l’affaire de son salut qu’il s’était
décidé, par suite de cette révélation, à vivre debout pendant quarante ans sur
une colonne, exposé à toutes les injures du temps, modèle pour tous de
pénitence et de sainteté. Consultez maintenant les pères latins, et vous
entendrez saint Grégoire vous dire en termes clairs : « Beaucoup parviennent à la
foi, mais peu au royaume céleste ». « Il en est peu qui se sauvent », dit saint
Anselme, et saint Augustin dit plus clairement encore : « Il en est donc peu
qui se sauvent en comparaison de ceux qui se perdent ». Le plus terrible cependant
est saint Jérôme qui, sur la fin de sa vie, en présence de ses
disciples, prononça cette épouvantable sentence : « Sur cent mille, dont
la vie a toujours été mauvaise, vous en trouverez un à peine qui mérite
l’indulgence ».
III. Témoignages de
l’Ecriture.
Mais pourquoi chercher
les opinions des Pères et des théologiens, lorsque la Sainte Ecriture tranche
si clairement la question ? Parcourez l’Ancien et le Nouveau Testament, et
vous y trouverez une multitude de figures, de symboles et de paroles qui font
ressortir clairement cette vérité : il en est très peu qui se sauvent. Au temps
de Noé, tout le genre humain fut submergé par le déluge, et huit personnes
seulement furent sauvées dans l’arche. « Or, cette arche, dit saint Pierre,
était la figure de l’Eglise », « et ces huit personnes qui se sauvent, reprend
saint Augustin, signifient qu’il y a très peu de chrétiens de sauvés, parce
qu’il en est très peu qui renoncent sincèrement au siècle, et que ceux qui
n’y renoncent que de parole n’appartiennent point au mystère représenté par
cette arche ». La Bible nous dit encore que deux Hébreux seulement sur deux
millions entrèrent dans la terre promise après la sortie d’Egypte ; que quatre
personnes seulement échappèrent à l’incendie de Sodome et des autres villes infâmes
qui périrent avec elle. Tout cela signifie que le nombre des réprouvés, qui
doivent être jetés au feu comme de la paille, l’emporte de beaucoup sur
celui des élus que le Père céleste doit ramasser un jour comme un froment
précieux dans ses greniers.
Je n’en finirais point,
s’il me fallait exposer ici toutes les figures par lesquelles les Livres saints
confirment cette vérité : contentons-nous d’écouter l’oracle vivant de la
sagesse incarnée. Que répondit Notre-Seigneur à ce curieux de
l’Evangile qui Lui demandait : « Seigneur, y en aura-t-il peu à se sauver ? »
Garda-t-Il le silence ? répondit-Il, en hésitant ? dissimula-t-Il sa pensée,
dans la crainte d’effrayer la foule ? Non : interrogé par un seul, Il s’adresse
à tous ceux qui étaient présents. Vous me demandez, leur dit-Il, s’il en est
peu qui se sauvent. Voici ma réponse : « Efforcez-vous d’entrer par la
porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le
pourront ». Qui parle ici ! C’est le fils de Dieu, la vérité éternelle,
qui dit plus clairement encore dans une autre occasion : « Beaucoup sont
appelés, mais peu sont élus ». Il ne dit pas : tous sont appelés, et entre tous
les hommes peu sont élus. Mais il dit : Beaucoup sont appelés, c’est-à-dire,
comme l’explique saint Grégoire, qu’entre tous les hommes, beaucoup sont
appelés à la vraie foi, mais parmi eux il en est peu qui se sauvent. Ces
paroles, mes frères, sont de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; sont-elles claires ?
Elles sont vraies. Dites-moi maintenant s’il est possible d’avoir la
foi dans le cœur, et de ne pas trembler.
IV. Examen des
divers états.
Ah ! je m’aperçois qu’en
parlant ainsi de tous en général, je manque mon but : appliquons donc cette
vérité aux divers états, et vous comprendrez qu’il faut ou renoncer à la
raison, à l’expérience, au sens commun des fidèles, ou confesser que le plus
grand nombre des catholiques se perd. Y a-t-il au monde un état plus favorable
à l’innocence, où le salut semble plus facile, et dont on ait une plus haute
idée que celui des prêtres, qui sont les lieutenants de Dieu ?
Qui ne croirait, au premier abord, que la plupart d’entre eux sont non
seulement bons, mais encore parfaits ; et cependant je
suis saisi d’horreur, lorsque j’entends un saint Jérôme avancer
que, quoique le monde soit plein de prêtres, il en est à peine un sur cent
qui vive d’une manière conforme à son état ; lorsque j’entends un
serviteur de Dieu attester qu’il a appris par révélation que le nombre de
prêtres qui tombent journellement en enfer est si grand, qu’il ne lui semblait
pas possible qu’il en restât autant sur la terre : lorsque j’entends saint
Chrysostome s’écrier les larmes aux yeux : « Je ne crois
pas qu’il y ait beaucoup de prêtres qui se sauvent, mais je crois au contraire,
que le nombre de ceux qui se perdent est bien plus grand ».
Regardez plus haut encore
; voyez les prélats de la Sainte Eglise, les curés ayant charge d’âmes : le
nombre de ceux qui se sauvent parmi eux est-il plus grand que le nombre de ceux
qui se perdent ? Ecoutez Cantimpré ; il vous racontera un fait, ce sera à vous
d’en tirer les conséquences. Un synode se tenait à Paris : un grand nombre de
prélats et de curés à charge d’âmes s’y trouvèrent ; le roi et les princes
vinrent encore ajouter par leur présence à l’éclat de cette assemblée. Un
célèbre prédicateur fut invité à prêcher ; et pendant qu’il préparait son
sermon, un horrible démon lui apparut, et lui dit : « Laisse de côté tous tes
livres ; si tu veux faire un sermon utile à ces princes et à ces prélats,
contente-toi de leur dire de notre part : « Nous, princes des ténèbres, nous
vous rendons grâce, à vous princes, prélats et pasteurs des âmes, de ce
que, par votre négligence, le plus grand nombre des fidèles se perd ;
aussi nous nous réservons de vous récompenser de cette faveur, quand vous serez
avec nous en enfer ».
Malheur à vous qui
commandez aux autres : s’il en est tant qui se damnent par votre faute, que
sera-ce de vous ? Si parmi ceux qui sont les premiers dans l’Eglise de
Dieu il en est peu qui se sauvent, que deviendrez-vous ? Prenez tous les états,
tous les sexes, toutes les conditions, maris, femmes, veuves, jeunes filles,
jeunes gens, soldats, marchands, artisans, riches, pauvres, nobles, plébéiens ;
que dirons-nous de tous ces gens qui vivent si mal d’ailleurs ? Saint Vincent
Ferrier vous montrera par un fait ce que vous devez en penser. Il rapporte
qu’un archidiacre de Lyon, ayant renoncé à sa dignité et s’étant retiré dans un
désert pour y faire pénitence, mourut le même jour et à la même heure que saint
Bernard. Apparaissant à son évêque après sa mort, il lui dit : « Sachez,
Monseigneur, qu’à l’heure même ou j’ai expiré trente-trois mille personnes sont
mortes. Sur ce nombre, Bernard et moi nous sommes montés au ciel sans délai,
trois sont entrés au Purgatoire, et tous les autres sont tombés en enfer ».
Nos chroniques racontent
un fait plus épouvantable encore. Un de nos religieux, célèbre par sa doctrine
et sa sainteté, prêchant en Allemagne, représenta avec tant de force la laideur
du péché impur qu’une femme tomba morte de douleur à la vue de tout le monde.
Puis, revenant à la vie, elle dit : « Lorsque j’ai été présentée au Tribunal de
Dieu, soixante mille personnes y arrivaient en même temps de toutes les parties
du monde ; sur ce nombre, trois ont été sauvées en passant par le purgatoire,
et tout le reste a été damné ».
O abîme des jugements de
Dieu ! de trente-trois mille, cinq seulement se sauvent !
de soixante mille il n’y en a que trois qui vont au ciel !
Pécheurs qui m’écoutez, de quel nombre serez-vous ?... Que dites-vous ?... Que
pensez-vous ?...
V. Les deux chemins.
Je vois que presque
tous vous baissez la tête, saisis d’étonnement et d’horreur. Mais déposez
votre stupeur, et au lieu de nous flatter, tâchons de retirer de notre
crainte quelqu’avantage. N’est-il pas vrai qu’il y a deux voies qui conduisent
au ciel, l’innocence et le repentir ? Or, si je vous démontre qu’il
en est très peu qui prennent l’une de ces deux routes, vous conclurez en hommes
raisonnables qu’il en est très peu qui se sauvent. Et pour en venir aux
preuves, quel âge, quel emploi, quelle condition trouverez-vous où le nombre
des méchants ne soit pas cent fois plus considérable que celui des bons, et de
qui l’on puisse dire : « Les Bons y sont rares et les méchants très nombreux »
? On peut dire de notre temps ce que saint Salvien(1) disait
du sien : il est plus facile de trouver une multitude innombrable de pécheurs
plongés dans toute sorte d’iniquités que quelques innocents. Combien y en
a-t-il, parmi les serviteurs, qui soient entièrement .probes et fidèles dans
leur office ? Combien, parmi les marchands, qui soient justes et équitables
dans leur commerce ? Combien, parmi les artisans, qui soient exacts et
véridiques ? Combien, parmi les négociants, qui soient désintéressés et
sincères ? Combien, parmi les gens de loi, qui ne trahissent pas l’équité ?
Combien de soldats qui ne foulent pas aux pieds l’innocence ? Combien de
maîtres qui ne retiennent pas injustement le salaire de ceux qui les servent ou
qui ne cherchent pas à dominer leurs inférieurs ? Partout les bons sont rares
et les méchants nombreux. Qui ne sait qu’aujourd’hui il y a tant de libertinage
parmi les jeunes gens, tant de malice parmi les hommes mûrs, tant de liberté
parmi les jeunes filles, de vanité chez les femmes, de licence dans la noblesse,
de corruption dans la bourgeoisie, de dissolution dans le peuple, tant
d’impudence chez les pauvres, que l’on peut dire ce que David disait de son
temps : « Tous ensemble se sont égarés... Il n’en est pas qui fasse le bien,
pas même un seul » (Ps. XIII et LII).
Nous sommes arrivés,
hélas ! à ce déluge universel de vices prédit par Osée : Maledictum et
mendacium et furtum et adulterium inundaverunt.
Parcourez les rues et les
places, les palais et les maisons, les villes et les campagnes, les tribunaux
et les cours, les temples de Dieu même : où trouverez-vous la vertu ? « Hélas !
dit saint Salvien, à l’exception d’un très petit nombre qui fuient le mal,
qu’est-ce que l’assemblée des chrétiens, sinon une sentine de tous les vices ?
» On ne trouve partout qu’intérêt, ambition, gourmandise et luxe. La plus
grande partie des hommes n’est-elle pas souillée par le vice impur, et saint
Jean n’a-t-il pas raison de dire que le monde, si l’on peut appeler ainsi
quelque chose d’aussi immonde, est tout entier posé dans le mal ? Ce n’est pas
moi qui vous le dis, c’est la raison qui vous force à croire que parmi tant de
gens qui vivent si mal, il en est très peu qui se sauvent.
VI. Les Confessions.
Mais la pénitence,
dites-vous, ne peut-elle pas réparer avec avantage la perte de
l’innocence ? C’est vrai, j’en conviens : mais je sais aussi que la pénitence
est si difficile dans la pratique, qu’on en a tellement perdu l’usage,
ou qu’on en abuse tellement parmi les pécheurs que cela seul suffit
pour vous convaincre qu’il en est peu qui se sauvent par cette voie. Oh ! que
ce chemin est escarpé, étroit, semé d’épines, horrible à voir, dur à monter !
On y voit partout des traces sanglantes, et des choses qui rappellent de
tristes souvenirs. Combien défaillent rien qu’à le voir ! Combien se retirent
dès le commencement ! Combien tombent de fatigue au milieu, combien
s’abandonnent misérablement à la fin ! et qu’il en est peu qui y
persévèrent jusqu’à la mort ! Saint Ambroise déclare qu’il est plus facile
de trouver des hommes qui aient gardé l’innocence, que d’en trouver qui aient
fait une pénitence convenable : « Facilius inveni qui innocentiam servaverint,
quam qui congruam pœnitentiam egerint ».
Si vous considérez la
pénitence comme sacrement, que de confessions tronquées, que d’apologies
étudiées, que de repentirs trompeurs, que de promesses mensongères, que de
propos inefficaces, que d’absolutions nulles ! Regarderez-vous comme
valide la confession de celui qui s’accuse de péchés déshonnêtes dont il garde
auprès de lui l’occasion, ou de celui qui s’accuse d’injustices manifestes sans
avoir l’intention de les réparer autant qu’il le peut ; ou de celui qui, à
peine confessé, retombe dans les mêmes iniquités ? Oh ! abus horribles
d’un si grand sacrement !
L’un se confesse pour
éviter l’excommunication, l’autre pour se donner la réputation d’un pénitent.
Celui-ci se débarrasse de ses péchés pour calmer ses remords, celui-là les
cache par honte ; l’un les accuse imparfaitement par malice, l’autre les
découvre par habitude. Celui-ci ne se propose point la véritable fin du
sacrement ; celui-là manque de la douleur nécessaire ; un autre du ferme
propos. Pauvres confesseurs, que d’efforts ne vous faut-il pas pour amener la plus
grande partie des pénitents à ces résolutions, à ces actes, sans lesquels la
confession est un sacrilège, l’absolution une condamnation et la
pénitence une illusion !
Où sont maintenant ceux
qui croient que le nombre des élus parmi les chrétiens est plus grand que celui
des réprouvés, et qui, pour autoriser leur opinion, raisonnent ainsi la plus
grande partie des catholiques adultes meurent dans leurs lits, munis des
sacrements de l’Eglise, donc la plupart des catholiques adultes sont sauvés ?
Oh ! quel beau raisonnement ! Il faut dire tout le contraire. La
plupart des catholiques adultes se confessent mal pendant leur vie, donc à plus
forte raison ils se confessent mal à la mort, donc la plupart sont damnés.
Je dis : à plus forte raison, parce qu’un moribond qui ne s’est pas bien
confessé pendant qu’il était en santé aura beaucoup plus de peine encore à le
faire lorsqu’il sera au lit, le cœur oppressé, la tête chancelante, la raison
assoupie ; lorsqu’il sera combattu en plusieurs manières par les objets encore
vivants, par les occasions encore fraîches, par les habitudes contractées, et
surtout par les démons qui cherchent tous les moyens de le précipiter en enfer
? Or si à tous ces faux pénitents vous ajoutez tant d’autres pécheurs
qui meurent à l’improviste dans le péché, ou par l’ignorance des
médecins, ou par la faute des parents, qui meurent empoisonnés ou ensevelis
dans un tremblement de terre, ou frappés d’apoplexie, ou dans une chute ou sur
un champ de bataille, ou dans une rixe, ou pris dans un piège, ou frappés de la
foudre, ou brûlés, ou noyés, n’êtes-vous pas forcé de conclure que la plupart
des chrétiens adultes sont damnés ? C’est le raisonnement de saint Chrysostome.
La plupart des chrétiens, dit ce saint, ne marchent-ils pas toute leur vie dans
le chemin de l’enfer. Pourquoi donc vous étonner que le plus grand nombre aille
en enfer ? Pour arriver à la porte il faut prendre le chemin qui y mène.
Qu’avez-vous à répondre à une raison si forte ?
VII. Comme les
sables de la mer... Comme les étoiles du firmament...
La réponse, me
direz-vous, c’est que la miséricorde de Dieu est grande. Oui, pour celui
qui le craint : « Misericordia Domini super timentes eum », dit le Prophète
; mais Sa justice est grande pour celui qui ne le craint pas, et elle
réprouve tous les pécheurs opiniâtres : « Discedite a Me, omnes operarü
iniquitatis ».
Mais alors, me
direz-vous, pour qui est donc le paradis, s’il n’est pas pour les chrétiens ? Il
est pour les chrétiens, sans doute, mais pour ceux qui ne déshonorent pas leur
caractère, et qui vivent en chrétiens. Et d’ailleurs, si au nombre des
chrétiens adultes qui meurent dans la grâce de Dieu vous ajoutez cette foule
innombrable d’enfants qui meurent après le baptême, avant d’avoir atteint l’âge
de raison, vous ne vous étonnerez plus que l’apôtre saint Jean ait dit en
parlant des élus : « J’ai vu une grande foule que personne ne pouvait compter
».
Et c’est là ce qui trompe
ceux qui prétendent que le nombre des élus parmi les catholiques est plus grand
que celui des réprouvés. Il est certain que, si vous prenez tous les
catholiques ensemble, la plus grande partie se sauve, parce que, d’après les
observations qui ont été faites, la moitié des enfants environ meurent après le
baptême, avant l’âge de raison. Or, si à ce nombre vous ajoutez les adultes qui
ont conservé la robe de l’innocence, ou qui, après l’avoir souillée, l’ont
lavée dans les larmes de la pénitence, il est certain que le plus grand nombre
est sauvé ; et c’est là ce qui explique les paroles de l’Apôtre saint Jean : «
J’ai vu une grande foule », et ces autres de Notre-Seigneur : « Beaucoup
viendront de l’Orient et de l’Occident, et se reposeront avec Abraham, Isaac et
Jacob dans le royaume des cieux », et les autres figures que l’on a coutume de
citer en faveur de cette opinion. Mais si l’on parle des chrétiens adultes,
l’expérience, la raison, l’autorité, la convenance et l’Ecriture s’accordent à
prouver que le plus grand nombre se damne. Ne croyez pas pour cela que le
paradis soit désert ; c’est au contraire un royaume très peuplé ;
et si les réprouvés sont aussi nombreux que les sables de la mer, les élus le
sont autant que les étoiles du firmament, c’est-à-dire que les uns et les autres
sont innombrables, quoiqu’en des proportions très différentes. Saint Jean
Chrysostome, prêchant un jour dans la cathédrale de Constantinople et
considérant cette proportion, ne put s’empêcher de frémir d’horreur : «
Combien, dit-il, parmi ce peuple si nombreux croyez-vous qu’il y aura d’élus ?
» Et sans attendre la réponse, il ajouta : « Parmi tant de milliers de
personnes ou n’en trouverait pas cent qui se sauvent, et pour ce cent je doute
encore ». Quelle chose épouvantable ! Le grand saint croyait que dans un peuple
si nombreux il y en avait à peine cent qui dussent se sauver, et encore
n’était-il pas sûr de ce nombre. Qu’arrivera-t-il de vous qui m’écoutez ? Grand
Dieu ? je n’y puis penser sans frémir. C’est une chose bien difficile, mes
frères, que l’affaire du salut ; car selon la maxime des
théologiens, quand une fin exige de grands efforts, peu seulement
l’atteignent. « Deficit in pluribus, contingit in pauciori-bus ».
C’est pour cela que le
Docteur Angélique saint Thomas, après avoir, avec son immense érudition, pesé
toutes les raisons pour et contre, conclut à la fin que le plus grand nombre
des catholiques adultes est damné : « La béatitude éternelle dépassant l’état
de nature, surtout depuis qu’elle est privée de la grâce originelle, c’est le
petit nombre qui se sauve ».
VIII. Dieu, Père
Juste.
Otez-vous donc des yeux
ce bandeau dont vous aveugle l’amour-propre, et qui vous empêche de croire
une vérité aussi évidente, en vous donnant les idées les plus
fausses sur la justice de Dieu. « Père juste ! le monde ne Vous connaît point
», dit Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il ne dit pas Père tout-puissant, Père très
bon, miséricordieux, Il dit : « Père juste », pour nous faire
entendre que de tous les attributs de Dieu, il n’en est aucun qui soit moins
connu que Sa justice, parce que les hommes refusent de croire ce qu’ils
craignent d’éprouver. Otez donc le voile qui vous bouche les yeux, et dites
avec larmes : Hélas ! le plus grand nombre des catholiques, le plus grand
nombre des habitants de ce lieu, et peut-être même de cet auditoire, sera
damné. Quel sujet mérite plus vos larmes ? Le roi Xerxès, voyant du haut d’une
colline son armée composée de cent mille soldats rangés en ordre de bataille et
considérant que de tout cela il n’y aurait pas un seul homme vivant dans cent
ans, ne put retenir ses larmes. N’avons-nous pas bien plus de raison de pleurer
en pensant que, de tant de catholiques, le plus grand nombre sera damné ?
Cette pensée ne
devrait-elle pas tirer de nos yeux des ruisseaux de larmes ou du moins exciter
dans nos cœurs ce sentiment de compassion qu’éprouva autrefois le
vénérable Marcel de saint Dominique, religieux Augustin ? Comme il méditait un
jour sur les peines éternelles, le Seigneur lui montra combien d’âmes allaient
en ce moment en enfer et lui fit voir un chemin très large ou vingt-deux mille
réprouvés couraient vers l’abîme, se heurtant les uns les autres. A cette vue,
le serviteur de Dieu, stupéfait, s’écria : « Oh ! quel nombre ! quel nombre !
et encore il en vient d’autres. O Jésus ! O Jésus ! quelle folie ! »
Laissez-moi donc répéter avec Jérémie : « Qui donnera de l’eau à ma tête et une
source de larmes à mes yeux, et je pleurerai ceux que la fille de mon peuple a
perdus ». Pauvres âmes ! Comment courez-vous si empressées vers l’enfer ? Arrêtez-vous
de grâce, écoutez-moi un instant. Ou vous comprenez ce que veut dire se sauver
et se damner pendant toute l’éternité, ou bien vous ne comprenez pas. Si vous
le comprenez, et si malgré cela vous ne vous décidez pas aujourd’hui
à changer de vie, à faire une bonne confession, à fouler le monde aux
pieds, en un mot, à faire tous vos efforts pour être du petit nombre
de ceux qui se sauvent, je dis que vous n’avez pas la foi. Si vous ne
le comprenez pas, vous êtes plus excusables ; car il faut dire que vous avez
perdu le sens. Se sauver pendant toute l’éternité ! se damner pendant toute
l’éternité ! et ne pas faire tous ses efforts pour éviter l’un et
s’assurer l’autre, c’est une chose qui ne se peut concevoir.
Peut-être ne croyez-vous
pas encore les vérités terribles que je viens de vous enseigner. Mais ce sont
les théologiens les plus considérables, les Pères les plus illustres qui vous
ont parlé par ma bouche. Comment pouvez-vous donc résister à des raisons
fortifiées par tant d’exemples, par tant de paroles de l’Ecriture ? Si malgré
cela, vous hésitez encore, et si votre esprit penche vers l’opinion opposée,
cette seule considération ne suffit-elle pas pour vous faire trembler ? Ah !
vous faites voir par là que vous avez peu de souci de votre salut ? Dans cette
affaire importante, un homme de sens est plus frappé par le moindre doute du
danger qu’il court que par l’évidence d’une ruine complète dans les autres
affaires où l’âme n’est point intéressée. Aussi un de nos religieux, le bienheureux
Gille, avait coutume de dire que, si un seul homme eût dû se damner, il aurait
fait tout son possible pour s’assurer que ce n’était pas lui. Que devons-nous
donc faire nous qui savons que, non seulement parmi tous les hommes, mais
encore parmi les catholiques, le plus grand nombre sera damné ? Ce que nous
devons faire ? Prendre la résolution d’appartenir au petit nombre de ceux qui
se sauvent. Si le Christ, dites-vous, voulait me damner, pourquoi m’a-t-Il mis
au monde ? Tais-toi, langue téméraire : Dieu n’a créé personne, pas même les
Turcs, pour les damner ; mais quiconque se damne, se damne parce qu’il le veut
bien. Je veux donc entreprendre maintenant de défendre la bonté de mon Dieu, et
de la venger de tout reproche : ce sera le sujet du second point.
IX. Avant d’aller
plus loin, ramassez d’un côté tous les livres et toutes les hérésies de Luther
et de Calvin, de l’autre les livres et les hérésies des Pélagiens, des
semi-Pélagiens et mettez-y le feu. Les uns détruisent la grâce, les autres
la liberté, et tous sont remplis d’erreurs ; jetez-les donc au feu. Tous
les réprouvés portent gravé sur leur front l’oracle du Prophète Osée : Ta perte
vient de toi, afin qu’ils puissent comprendre que quiconque se damne, se
damne par sa propre malice, et parce qu’il veut se damner.
Prenons d’abord pour base
ces deux vérités incontestables : « Dieu veut que tous les hommes se sauvent ».
« Tous ont besoin de la grâce de Dieu ». Or, si je vous démontre que Dieu
a la volonté de sauver tous les hommes, et que pour cela Il leur donne à
tous Sa grâce, avec tous les autres moyens nécessaires pour obtenir
cette fin sublime, vous serez forcés de convenir que quiconque se damne doit
l’imputer à sa propre malice, et que, si le plus grand nombre des chrétiens
sont réprouvés, c’est parce qu’ils le veulent. « Ta perte vient de toi ;
en Moi seulement est ton secours ».
Que Dieu ait vraiment la
volonté de sauver tous les hommes, Il nous le déclare en cent endroits des
livres saints. « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se
convertisse et qu’il vive. Je vis, dit le Seigneur. Je ne veux pas la mort de
l’impie – convertissez-vous et vivez ». Lorsque quelqu’un désire beaucoup une
chose, on dit qu’il en meurt de désir, c’est une hyperbole. Mais Dieu a voulu, et
veut encore, si fortement notre salut qu’Il en est mort de désir, et Il a
souffert la mort pour nous donner la vie : « et propter nostram salutem mortuus
est ». Cette volonté de sauver tous les hommes n’est donc pas en Dieu une
volonté affectée, superficielle et apparente, c’est une volonté vraie,
effective et bienfaisante, car Il nous fournit tous les moyens les
plus propres pour nous sauver, Il nous les donne, non pour qu’ils n’aient point
leur effet et parce qu’Il voit qu’ils ne l’auront point ; mais Il nous les
donne avec une volonté sincère, avec l’intention qu’ils obtiennent leur effet,
et, s’ils ne l’obtiennent pas, Il s’en montre affligé et offensé. Il ordonne
aux réprouvés eux-mêmes de les employer à faire leur salut, Il les y exhorte,
Il les y oblige, et s’ils ne le font pas, ils pèchent. Ils peuvent donc le
faire et se sauver ainsi.
Bien plus, Dieu, voyant
que sans Son aide nous ne pourrions pas même nous servir de Sa grâce, nous
donne d’autres secours et s’ils restent quelquefois inefficaces, la
faute en est à nous ; parce que, avec ces mêmes secours, in actu primo comme
parlent les théologiens, avec ces mêmes secours dont l’un abuse et avec
lesquels il se damne, un autre peut faire le bien et se sauver ; il le pourrait
même avec des secours moins puissants. Oui, il peut se faire que l’un abuse
d’une grâce plus grande et se perde, tandis que l’autre coopère à une moindre
grâce et se sauve.
« Si donc quelqu’un
s’écarte de la justice, s’écrie saint Augustin, il est emporté par son libre
arbitre, entraîné par sa concupiscence, trompé par sa propre persuasion. Mais
pour ceux qui n’entendent pas la théologie, voici ce que j’ai à leur dire :
Dieu est si bon que, lorsqu’Il voit un pécheur courir à sa perte, Il court
après, l’appelle, le prie et l’accompagne jusqu’aux portes de l’enfer ; et que
ne fait-Il pas, pour le convertir ? Il lui envoie de bonnes inspirations, de
saintes pensées, et s’il n’en profite pas, Il se fâche, Il s’indigne, Il le
poursuit. Va-t-Il le frapper ? Non : Il vise en l’air et lui pardonne. Mais le
pécheur ne se convertit pas encore : Dieu lui envoie une maladie mortelle. Tout
est fini pour lui sans doute. Non, mes frères, Dieu le guérit ; le pécheur
s’opiniâtre dans le mal, Dieu cherche dans Sa miséricorde quelque nouveau moyen
; Il lui donne encore un an, et, l’année finie, Il lui en accorde une autre.
Mais si malgré tout cela le pécheur veut se jeter en enfer, que fait Dieu ?
L’abandonne-t-Il ? Non : Il le prend par la main ; et pendant qu’il a un pied
en enfer et l’autre dehors, Il le prêche encore, Il le supplie de ne pas abuser
de Ses grâces. Or, je vous le demande, si cet homme se damne, n’est-il pas,
vrai qu’il se damne contre la volonté de Dieu et parce qu’il veut se damner ?
Venez me dire maintenant : si Dieu voulait me damner, pourquoi m’a-t-Il mis au
monde ?...
X. Il n’y a pas
d’excuse.
Pécheur ingrat,
apprenez aujourd’hui que si vous vous damnez, ce n’est point à Dieu qu’il faut
l’imputer, mais à vous et à votre propre volonté. Pour vous en convaincre,
descendez jusqu’aux portes de l’abîme : là je vous ferai venir quelqu’un de ces
malheureux réprouvés qui brûlent en enfer, afin qu’il vous explique cette
vérité. En voici un : « Dis-moi, qui es-tu ? –. Je suis un pauvre idolâtre, né
dans une terre inconnue ; je n’ai jamais entendu parler ni du ciel ni de
l’enfer, ni de ce que je souffre maintenant. – Pauvre malheureux ! va-t-en ; ce
n’est pas toi que je cherche ». Qu’un autre vienne ; le voici ; « Qui es-tu ? –
Je suis un schismatique des derniers confins de la Tartarie, j’ai toujours vécu
dans l’état sauvage, sachant à peine qu’il y a un Dieu. – Ce n’est pas toi que
je demande, retourne en enfer ». En voici un autre. « Et toi, qui es-tu ? – Je
suis un pauvre hérétique du Nord. Je suis né sous le pôle, sans avoir jamais vu
ni la lumière du soleil, ni celle de la foi – Ce n’est pas toi encore que je
demande, retourne en enfer ». Mes frères, j’ai le cœur brisé en voyant parmi
les réprouvés ces malheureux qui n’ont jamais rien connu de la véritable foi.
Sachez pourtant que la sentence de condamnation a été prononcée contre eux, on
leur a dit : Perditio tua ex te. Ils se sont damnés parce qu’ils l’ont voulu.
Que de secours ils ont reçus de Dieu pour se sauver ! Nous ne les connaissons pas,
mais ils le savent bien, et ils s’écrient maintenant : « Vous êtes juste,
Seigneur, et Vos jugements sont équitables »(Ps, 119 ; 137).
Vous devez savoir, mes
frères, que la loi la plus ancienne est la loi de Dieu, que nous la
portons tous écrite en notre cœur, qu’elle s’apprend sans maître,
et qu’il suffit d’avoir la lumière de la raison pour connaître tous les
préceptes de cette loi. C’est pour cela que les barbares eux-mêmes se cachent
pour commettre leurs péchés parce qu’ils savent le mal qu’ils font ; et ils
sont damnés pour n’avoir pas observé la loi naturelle qu’ils avaient gravée
dans le cœur : car s’ils l’avaient observée, Dieu aurait fait un miracle plutôt
que de les laisser se damner ; il leur aurait envoyé quelqu’un pour les
instruire et leur aurait donné d’autres secours dont ils se sont rendus
indignes en ne vivant pas conformément aux inspirations de leur propre
conscience qui n’a jamais manqué de les avertir et du bien qu’il fallait faire,
et du mal qu’il fallait éviter. Aussi c’est leur conscience qui les a
accusés au Tribunal de Dieu, c’est elle qui leur dit continuellement en enfer :
Perditio tua ex te, perditio tua ex te. Ils ne savent que répondre et sont
forcés de confesser qu’ils ont mérité leur sort. Or, si ces infidèles n’ont
point d’excuse, y en aura-t-il pour un catholique, qui a eu à sa
disposition tant de sacrements, tant de sermons, tant de secours ?
Comment ose-t-il dire : si Dieu devait me damner, pourquoi m’a-t-Il mis au
monde ? Comment ose-t-il parler ainsi, lorsque Dieu lui donne tant de secours
pour se sauver ? Achevons donc de le confondre.
XI. Le sort des
catholiques pécheurs.
Répondez, vous qui
souffrez dans ces abîmes. Y a-t-il des catholiques parmi vous ? S’il y en a !
Et combien ! Que l’un d’eux vienne donc ici. C’est impossible, ils sont trop
bas, et, pour les faire venir, il faudrait bouleverser tout l’enfer ; il est
plus facile d’arrêter un de ceux qui y tombent. Je m’adresse donc à toi qui vis
dans l’habitude du péché mortel, dans la haine, dans la fange du vice impur et
qui chaque jour t’approches davantage de l’enfer. Arrête-toi, retourne en
arrière ; c’est Jésus qui t’appelle et qui, par Ses plaies, comme par
autant de voix éloquentes, te crie : « Mon fils, si tu te damnes, tu n’as
à te plaindre que de toi : Perditio tua ex te ». Lève les yeux, et vois de
combien de grâces Je t’ai enrichi, afin d’assurer ton salut éternel. Je pouvais
te faire naître dans une forêt de la Barbarie ; Je l’ai fait pour tant
d’autres, mais pour toi, Je t’ai fait naître dans la foi catholique ; Je
t’ai fait élever par un si bon père, par une mère excellente, au milieu des
instructions et des enseignements les plus purs ; si malgré cela tu te damnes,
à qui sera la faute ? A toi, Mon fils, à toi Perditio tua ex te.
Je pouvais te précipiter en enfer après le premier péché mortel que tu as
commis, sans attendre le second : Je l’ai fait avec tant d’autres, mais J’ai
pris patience avec toi ; Je t’ai attendu pendant de longues années, Je
t’attends encore aujourd’hui à la pénitence. Si malgré tout cela tu te damnes,
à qui la faute ? A toi, Mon fils, à toi : Perditio tua ex te. Tu sais
combien sont mort en réprouvés sous tes yeux : c’était un avertissement pour
toi ; tu sais combien d’autres J’ai remis dans la bonne voie pour te donner le
bon exemple. Te rappelles-tu ce que t’a dit cet excellent confesseur ? C’est
Moi qui le lui faisais dire. Ne t’engagea-t-il pas à changer de vie, à
faire une bonne confession ? C’est Moi qui le lui inspirais. Souviens-toi
de ce sermon qui te toucha le cœur, c’est Moi qui t’y ai conduit. Et ce qui
s’est passé entre Moi et toi dans le secret de ton cœur, tu ne le saurais
oublier. Ces inspirations intérieures, ces connaissances si claires, ces
remords continuels de ta conscience, tu oserais les nier ? Tout cela, c’était
autant de secours de Ma grâce, parce que Je voulais te sauver. Je les ai
refusés à tant d’autres et Je te les ai donnés à toi, parce que Je t’aimais
tendrement. Mon fils, Mon fils, combien d’autres, si Je leur parlais aussi
tendrement que Je te parle aujourd’hui, se remettraient dans la bonne voie ! et
toi, tu Me tournes le dos. Ecoute ce que Je vais te dire, ce seront Mes
dernières paroles : tu m’as coûté du sang ; si malgré ce sang que J’ai versé
pour toi, tu veux te damner, ne te plains pas de Moi, n’accuse que toi, et
pendant toute l’éternité n’oublie pas que si tu te damnes, tu te damnes malgré
Moi, tu te damnes parce que tu veux te damner : Perditio tua ex te ».
Ah ! mon bon Jésus, les
pierres elles-mêmes se fendraient à de si douces paroles, à des expressions si
tendres. Y a-t-il ici quelqu’un qui veuille se damner avec tant de grâces et de
secours ? S’il en est un, qu’il m’écoute, et qu’il résiste ensuite s’il le
peut.
XII. Si vous le
voulez, vous vous sauverez.
Baronius rapporte que
Julien l’apostat, après son infâme apostasie, conçut une haine si vive contre
le Saint Baptême, qu’il cherchait jour et nuit les moyens de
l’effacer. Il fit pour cela préparer un bain de sang de chèvres et se mit
dedans, voulant, avec ce sang impur d’un victime consacrée à Vénus, effacer de
son âme le caractère sacré du Baptême. Cette conduite vous paraît abominable :
mais si Julien avait pu réussir dans son dessein, il est certain qu’il aurait
souffert beaucoup moins en enfer.
Pécheurs, le conseil que
je veux vous donner vous paraîtra sans doute étrange ; et cependant, à le bien
prendre, il est au contraire inspiré par une tendre compassion pour vous. Je
vous conjure donc à genoux, par le sang de Jésus-Christ et par le cœur de
Marie, de changer de vie, de vous remettre dans la voie qui conduit
au ciel, et de faire tout votre possible pour appartenir au petit nombre des
élus. Si, au lieu de cela, vous voulez continuer de marcher dans la voie qui
conduit aux enfers, trouvez du moins le moyen d’effacer en vous le baptême.
Malheur à vous, si vous emportez en enfer gravé dans votre âme le nom sacré de
Jésus-Christ et le caractère sacré du chrétien. Votre confusion en sera
beaucoup plus grande. Faites donc ce que je vous conseille : si vous ne voulez
pas vous convertir, allez dès aujourd’hui prier votre curé d’effacer votre nom
du registre des baptêmes, afin qu’il ne reste plus aucun souvenir que vous ayez
jamais été chrétien, suppliez votre ange gardien d’effacer de son livre les
grâces, les inspirations et les secours qu’il vous a donnés par l’ordre de
Dieu, car malheur à vous s’il se les rappelle. Dites à Notre-Seigneur qu’il
reprenne Sa foi, Son baptême, Ses sacrements. Vous êtes saisis d’horreur à
cette pensée. Jetez-vous donc aux pieds de Jésus-Christ, et dites-Lui, les
larmes aux yeux et le cœur contrit : « Seigneur, je confesse que jusqu’ici je
n’ai point vécu en chrétien, je ne suis pas digne d’être compté parmi Vos élus,
je reconnais que j’ai mérité la damnation, mais Votre miséricorde est grande :
et plein de confiance en Votre grâce, je vous proteste que je veux sauver
mon âme, dussé-je sacrifier ma fortune, mon honneur, ma vie même, pourvu que je
me sauve. Si jusqu’ici j’ai été infidèle, je m’en repens, je déplore, je
déteste mon infidélité, je vous en demande humblement pardon. Pardonnez-moi,
mon bon Jésus, et fortifiez-moi en même temps, afin que je me sauve.
Je ne Vous demande ni les richesses, ni les honneurs, ni la prospérité ; je ne
demande qu’une chose, c’est de sauver mon âme ».
Et Vous, ô Jésus ! que
dites-Vous ? Voici la brebis errante qui revient à Vous, ô bon pasteur ;
embrassez ce pécheur repentant, bénissez ses larmes et ses soupirs, ou plutôt
bénissez ce peuple si bien disposé et qui ne veut plus chercher autre chose que
son salut. Protestons, mes frères, aux pieds de Notre-Seigneur, que nous
voulons coûte que coûte, sauver notre âme. Disons-Lui tous, les larmes aux yeux
: « Bon Jésus, je veux sauver mon âme ». O larmes bénies, ô
bienheureux soupirs !
Je veux, mes frères, vous
renvoyer tous consolés aujourd’hui. Si donc vous me demandez mon
senti-ment sur le nombre des élus, le voici : qu’il y ait beaucoup ou peu
d’élus, je dis que celui qui veut se sauver se sauve, et que personne
ne se perd s’il ne veut se perdre. Et s’il est vrai qu’il en est peu qui se
sauvent, c’est qu’il y en a peu qui vivent bien. Au reste, comparez ces
deux opinions : la première, qui dit que le plus grand nombre des catholiques
sont condamnés ; la seconde, qui prétend au contraire que le plus grand nombre
des catholiques sont sauvés ; représentez-vous qu’un ange, envoyé par Dieu pour
confirmer la première opinion, vienne vous dire que non seulement la plupart
des catholiques sont damnés mais que de toute cette foule ici présente, un seul
sera sauvé. Si vous obéissez aux commandements de Dieu, si vous détestez
la corruption de ce siècle, si vous embrassez avec un esprit de pénitence
la croix de Jésus-Christ, vous serez ce seul qui se sauvera. Représentez-vous
ensuite que cet ange revienne parmi vous, et que, pour confirmer la seconde
opinion, il vous dise que non seulement la plus grande partie des catholiques
sont sauvés, mais que de tout cet auditoire une seule personne sera damnée et
tous les autres se sauveront. Si vous continuez après cela vos usures, vos
vengeances, vos actions criminelles, vos impuretés, vous serez ce seul qui se
damnera.
A quoi sert donc de
savoir s’il en est peu ou beaucoup qui se sauvent ? « Tachez de rendre votre
élection certaine par vos bonnes œuvres », nous dit saint Pierre. « Si
vous voulez, vous vous sauverez », dit saint Thomas d’Aquin à sa sœur, qui
lui demandait ce qu’elle devait faire pour aller au ciel. Je vous dis la même
chose : et voici comment je prouve mon assertion. Personne ne se damne s’il ne
pèche mortellement, c’est de foi ; personne ne pèche mortellement s’il ne le
veut, c’est là une proposition théologique incontestable. Donc personne ne
va en enfer s’il le veut. La conséquence est évidente. Cela ne suffit-il pas
pour vous consoler ? Pleurez les péchés passés, confessez-vous bien, ne péchez
plus à l’avenir, et vous serez tous sauvés. Pourquoi donc tant se tourmenter,
puisqu’il est certain que pour aller en enfer il faut pécher mortellement, que
pour pécher mortellement il faut le vouloir, et que par conséquent on ne va en
enfer que si on le veut ? Ce n’est pas là une opinion, mais une vérité
incontestable et bien consolante ; que Dieu vous la fasse comprendre et vous
bénisse. Amen ».
1 Saint
Salvien (390, mort vers 484), fête le 22 juillet. Né sur les bords du Rhin,
marié, puis prêtre, moine à Lérins et à Marseille ; apologiste et moraliste. Il
a laissé des Lettres et deux ouvrages : De gubernatione
Dei (Du gouvernement de Dieu) et Adversus avaritiam (Contre
l’avarice) où il fait un tableau satirique des mœurs de la société romaine au
Ve siècle, auxquelles il oppose la pureté de mœurs chez les barbares. Et il
voit dans les invasions barbares, conformes à un plan de la Providence, le
salut du peuple romain.
SOURCE : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Portmaurice/deselus.htm
San Leonardo da Porto Maurizio
Also
known as
Jerome Casanova
Paul Jerome Casanova
Profile
Son of Domenico Casanova,
a sea
captain, and Anna Maria Benza. Placed at age thirteen with his uncle
Agostino to study for
a career as a physician,
but the youth decided against medicine,
and his uncle disowned him. Studied at
the Jesuit College in Rome, Italy.
Joined the Riformella, a branch of the Franciscans of the Strict
Observance on 2
October 1697,
taking the name Brother Leonard. Ordained in Rome in 1703. Taught for
a while, and expected to become a missionary to China,
but a bleeding ulcer
kept him in his native lands for the several years it took to recover and
regain his strength.
Sent to Florence, Italy in 1709 where
he became a noted preacher in
the city and nearby region. He was often invited to other areas, and worked for
devotion to the Blessed Sacrament, Sacred Heart, Immaculate
Conception, and the Stations of the Cross. Established the Way of the Cross
in over 500 places, including the Colosseum in Rome.
Sent as a missionary by Pope Benedict
XIV to the island of Corsica in 1744.
There he restored discipline to the holy orders there, but local politics
greatly limited his success in preaching.
He returned exhausted to Rome where
he spent the rest of his days.
Born
20
December 1676 at
Porto Maurizio, Italy on
the Riviera di Ponente as Paul Jerome Casanova
11:00pm 26
November 1751 at
the monastery of
Saint Bonaventura, Rome, Italy
parish
missions (proclaimed on 17
March 1923 by Pope Pius
XI)
–
with the Blessed
Virgin Mary
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Catholic
Encyclopedia, by Michael Bihl
Hidden
Treasures of Holy Mass, by Saint Leonard
of Port Maurice
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
The Little Number of Those Who Are Saved, by Saint Leonard
Life of Saint Leonard of
Port Maurice, O.F.M.,
by Father Dominic
Devas, O.F.M.
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
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If the Lord at the moment
of my death reproves me for being too kind to sinners, I will answer, ‘My dear
Jesus, if it is a fault to be too kind to sinners, it is a fault I learned from
you, for you never scolded anyone who came to you seeking mercy.’ – Saint Leonard
MLA
Citation
‘Saint Leonard of Port
Maurice‘. CatholicSaints.Info. 26 March 2024. Web. 14 August 2026.
<http://catholicsaints.info/saint-leonard-of-port-maurice/>
SOURCE : http://catholicsaints.info/saint-leonard-of-port-maurice/
San Leonardo da Porto Maurizio
St. Leonard of Port Maurice Church in Boston, Massachusetts.
St. Leonard of Port
Maurice
Feastday: November 26
Death: 1751
Franciscan proponent of
the Blessed Sacrament, the devotion of the Sacred Heart, and the Stations of
the Cross, as well as the Immaculate Conception. He was born Leonard Casanova
in Port Maurice, Porto Maurizio, Italy, and joined the Franciscans of the Strict
Observance in 1697. Ordained in 1703, he began preaching all over the Tuscany region
of Italy. By 1736 he was attracting huge crowds in Rome and
elsewhere, and he erected almost six hundred Stations of the Cross throughout
the lands. In 1744, Leonard was sent by Pope Benedict XIV to preach on Corsica,
returning to Rome in
1751 after receiving a summons from the pope. Leonard died at his friary, St.
Bonaventure, on November 26. He was canonized in 1867 and named patron of parish missions.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=4247
San Leonardo da Porto Maurizio
Saint Leonard of Port Maurice. Engraving by G.S. Perini.
Leonard of Port Maurice
(also known as Leonard
Casanuova)
Born at Porto Maurizio,
Liguria, Italy, December 20, 1676; died in Rome, on November 26, 1751;
beatified in 1796; canonized in 1867.
Captain Dominic Casanuova
had his son baptized Paul Jerome Casanuova. Throughout his life, the future
Saint Leonard thanked God for giving him such an excellent father. At the age
of 13, Paul Jerome was sent to the Jesuit Roman College. His uncle Augustine,
with whom he was living, wanted him to become a physician. Paul studied
medicine, but when he refused his uncle's wish that he become a doctor and
announced he had other plans, Augustine disowned him.
He joined the Franciscans
of the Strict Observance at Ponticelli in 1697, taking the name Leonard,
continued his studies at the Observant Saint Bonaventure's on the Palatine in
Rome, and was ordained there in 1703. For five years, Leonard had to stop
preaching because he was spitting blood. When healing continued to elude him
even in the mild climate of Liguria, he vowed that he would devote him entire
life to the conversion of sinners, if God would make him well again.
He recovered and, in
1709, he went to the San Francesco del Monte monastery in Florence and from
there preached all over Tuscany with tremendous effect for the next 44 years.
He became guardian of San Francesco, founded a retreat for religious at nearby
Incontro, where the friars retired twice a year to practice the eremitical
life.
In 1730, Leonard was
appoint guardian of Saint Bonaventure's in Rome. He spent the next six years
conducting missions around Rome, preaching to soldiers, sailors, convicts, and
galley-slaves in addition to conducting parochial missions. His contemporary,
Saint Alphonsus Liguori, said Leonard was the finest missioner of his day. In
1736, he was released from this position to continue his evangelization in
Umbria, Genoa, and the Marches of Ancona. His missions now attracted such huge
crowds that they were often held in the open air.
Leonard is primarily
responsible for the popularity of the Stations of the Cross devotion, of which
he was an ardent promoter (reputedly setting up almost six hundred Stations
throughout Italy, even in the Colosseum in Rome), and devotion to the Blessed
Sacrament, the Sacred Heart, and the Immaculate Conception.
Leonard served for a time
as spiritual director of Clementina Sobieska, wife of the "Old
Pretender" to the English throne, King James III, whose son Cardinal Henry
of York promoted the friar's canonization.
In 1744, Leonard was sent
to Corsica by Pope Benedict XIV to preach and to restore peace there but he was
unsuccessful, because the Corsicans felt he was more a political tool of the
Genoese who ruled the island than a missionary. (Schamoni says that he helped
to reconcile the Corsicans to one another, and Attwater notes that his success
was ephemeral--as soon as he left the island, the people fell back into
discord.) This mission lasted only six months before the Genoese government
sent a ship to rescue Leonard.
He returned to Rome from
the discouraging missionary tour in 1749 to prepare the Romans for the holy
year. For two weeks Leonard preached in the Piazza Navona, which ironically had
once been the hippodrome of Emperor Domitian. He had to promise Pope Benedict
XIV, who held him in high esteem and himself attended his sermons, that he
would die in Rome.
When he was preaching a
mission in the holy father's native city of Bologna in 1751, Leonard had a
premonition that he would soon die. Completely exhausted from his arduous work
and severer mortifications, he returned to Rome and died at Saint Bonaventure
the night he arrived.
In addition to his oral
evangelization, Leonard was a prolific ascetical writer. His printed
works--mostly letters and sermons-- fill thirteen volumes. His most famous work
is Resolutions. He is the patron of parish missions and popular missionaries
(Attwater, Attwater 2, Benedictines, Coulson, Delaney, Encyclopedia, Farmer,
Schamoni, White).
San Leonardo da Porto Maurizio
Scuola romana, San Leonardo da Porto Maurizio, 1750 ca, da Convento di Pofi a Frosinone
St. Leonard of Port
Maurice
Preacher and ascetic writer,
b. 20 Dec., 1676, at Porto Maurizio on the Riviera di
Ponente; d. at the monastery of
S. Bonaventura, Rome,
26 Nov., 1751. The son of Domenico Casanova and Anna Maria
Benza, he joined after a brilliant course of study with the Jesuits in Rome (Collegio
Romano), the so- called Riformella, an offshoot of the Reformati branch of
the Franciscan
Order [see FRIARS
MINOR, II, B, (2)]. On 2 October, 1697, he received the habit, and
after making his novitiate at
Ponticelli in the Sabine mountains, he completed his studies at the principal
house of the Riformella, S. Bonaventura on the Palatine at Rome.
After his ordination he
remained there as lector (professor),
and expected to be sent on the Chinese missions. But he was soon
afterwards seized with severe gastric haemorrhage, and became so ill that he
was sent to his native climate of Porto Maurizio, where there was
a monastery of
the Franciscan Observants (1704).
After four years he was restored to health, and began to preach
in Porto Maurizio and the vicinity. When Cosimo III
de' Medici handed over the monastery del
Monte (that on San Miniato near Florence,
also called Monte alle Croci) to the members of
the Riformella, St. Leonard was sent hither under the auspices
and by desire of Cosimo III, and began shortly to give missions to
the people in Tuscany,
which were marked by many extraordinary conversions and great
results. His colleagues and he always practised the
greatest austerities and most severe penances during these
missions. In 1710 he founded the monastery of
Icontro, on a peak in the mountains about four and a quarter miles
from Florence, whither he and his assistants could retire from time to
time after missions, and devote themselves
to spiritual renewal and fresh austerities.
In 1720 he crossed the
borders of Tuscany and
held his celebrated missions in Central and Southern Italy,
enkindling with zeal the
entire population. Clement
XII and Benedict
XIV called him to Rome;
the latter especially held him in high esteem both as a preacher and as a
propagandist, and exacted a promise that he would come to Rome to
die. Everywhere the saint made
abundant conversions, and was very often obliged both
in cities and country districts to preach in the open, as
the churches could not contain the thousands who came to listen. He
founded many pious societies and confraternities,
and exerted himself especially to spread the devotion of
the Stations of the Cross — the propagation of which he greatly
furthered with the assistance of his brethren — the devotion to
the Sacred Heart of Jesus, the perpetual adoration of the
Most Blessed
Sacrament, and devotion to the Immaculate Conception. One of
his most ardent desires was to see the last-named defined as a dogma of faith by
the Holy
See. Besides the celebrated stations in
the Colosseum at Rome, St.
Leonard erected 571 others in all parts of Italy,
while on his different missions. From May to November, 1744, he preached in the
Island of Corsica, which at that time belonged to
the Republic of Genoa and
which was frightfully torn by party strife. In November, 1751, when he was
preaching to the Bolognese, Benedict
XIV called him to Rome,
as already there were indications of his rapidly approaching end. The strain of
his missionary labours and his mortifications had
completely exhausted his body. He arrived on the evening of 26 November, 1751,
at his beloved monastery of
S. Bonaventura on the Palatine, and expired on the same night at eleven
o'clock at the age of seventy-five. In the church of this monastery (which
must soon make way for the excavations of the ground occupied by the palace of
the Caesars) the partly incorrupt body of the saint is
kept in the high
altar. Pius
VI pronounced his beatification on
19 June, 1796, and Pius
IX his canonization on
29 June, 1867. The Franciscan
Order celebrates his feast on
26 November, but outside this order it is often celebrated on 27 November.
The numerous writings of
the saint consist
of sermons, letters, ascetic treatises, and books
of devotion for the use of the faithful and of priests,
especially missionaries. The "Diary" (Diario) of his missions is
written by Fra Diego da Firenze. A treasure
for asceticism and homiletics, many of his writings have been
translated into the most diverse languages and often republished: for example
his "Via Sacrea spianata ed illuminata" (the Way of the
Cross simplified and explained), "Il Tesoro Nascosto" (on
the Holy Mass); his celebrated "Proponimenti", or resolutions
for the attainment of higher
Christian perfection. A complete edition of his works appeared first
at Rome in
thirteen octavo volumes (1853-84), "Collezione completa delle opere di
B. Leonardo da Porto Maurizio". Then another in five octavo
volumes, "Opere complete di S. Leonardo di Porto Maurizio" (Venice,
1868-9). In English, German, etc., only single works have been
issued, but a French translation
of the entire set has appeared: "OEuvres completes de S. Leonard de
Port-Maurice" (8 vols., Paris and Tournai,
1858), and "Sermons de S. Leonard de Port Maurice" (3 vols., Paris).
Sources
Summarium processus
beatificationis V.S.D. Leon. a P.M. (Rome, 1781); RAFELLO DA ROMA, Vita
del P. Leonardoda P.M. (Rome, 1754); JOS. De MASSERANO, Vita del B.
Leonardo da P.M. (Rome, 1796), written by the postulator and dedicated to the
duke of York, son of James [III] of England; SALVATORE DI ORMEA, Vita del
B. Leonardo da P.M. (Innsbruck, 1869); L. De CHERANCÉ, S. Leonard de
Port-Maurice (Paris, 1903) in Nouvelle Bibliotheque Franciscaine (1st
series), XIII. Chapter xx of this last mentioned work had already appeared
in Études Franciscaines, VIII (Paris, 1902), 501-10.
Bihl, Michael. "St.
Leonard of Port Maurice." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York:
Robert Appleton Company, 1910. 26 Nov. 2016
<http://www.newadvent.org/cathen/09178c.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Michael T. Barrett. Dedicated to
Leonard Cleary.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort,
Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2026 by New Advent LLC.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/09178c.htm
San Leonardo da Porto Maurizio
Sv. Leonard Portomavriški, circa 1800, Slovenian
Museum of Christianity
St. Leonard of Port
Maurice: Feast Day is Nov.26
Saint Leonard of Port
Maurice was a most holy Franciscan friar who lived at the monastery of Saint
Bonaventure in Rome. He was one of the greatest missioners in the history of
the Church. He used to preach to thousands in the open square of every city and
town where the churches could not hold his listeners. So brilliant and holy was
his eloquence that once when he gave a two weeks’ mission in Rome, the Pope and
College of Cardinals came to hear him. The Immaculate Conception of the Blessed
Virgin, the adoration of the Blessed Sacrament and the veneration of the Sacred
Heart of Jesus were his crusades.
He was in no small way
responsible for the definition of the Immaculate Conception made a little more
than a hundred years after his death. He also gave us the Divine Praises, which
are said at the end of Benediction. But Saint Leonard’s most famous work was
his devotion to the Stations of the Cross. He died a most holy death in his
seventy-fifth year, after twenty-four years of uninterrupted preaching.
One of Saint Leonard of
Port Maurice’s most famous sermons was “The Little Number of Those Who Are
Saved.” It was the one he relied on for the conversion of great sinners.
This sermon, like his other writings, was submitted to canonical examination
during the process of canonization. In it he reviews the various states of life
of Christians and concludes with the little number of those who are saved, in
relation to the totality of men. The reader who meditates on this remarkable
text will grasp the soundness of its argumentation, which has earned it the
approbation of the Church.
(We can wonder how well
such a preaching would go over in our day!)
SOURCE : https://airmaria.com/2014/11/25/st-leonard-of-port-maurice-feast-day-is-nov-26/
San Leonardo da Porto Maurizio
Saint
Leonard of Port Maurice: "The Little Number of Those Who Are Saved"
Posted by Jacob
Today, November 26, we
celebrate the feast day of Saint
Leonard of Port Maurice (1676-1751), a Franciscan friar, preacher, and
writer. Saint Leonard’s devotion to the Stations of the Cross, and his fierce
sermons on the salvation of souls converted thousands as he preached in the
great town squares across Europe. He was one of the greatest missionaries of
the Church.
One of Saint Leonard of
Port Maurice's most famous sermons was "The Little Number of Those
Who Are Saved." It was the one he relied on for the conversion of
great sinners. In it he reviews the various states of life of Christians and
concludes with the little number of those who are saved, in relation to the
totality of men. Below is an excerpt from this famous sermon.
Introduction
Thanks be to God, the
number of the Redeemer's disciples is not so small that the wickedness of the
Scribes and Pharisees is able to triumph over them. Although they strove to
calumniate innocence and to deceive the crowd with their treacherous
sophistries by discrediting the doctrine and character of Our Lord, finding
spots even in the sun, many still recognized Him as the true Messiah, and,
unafraid of either chastisements or threats, openly joined His cause. Did all
those who followed Christ follow Him even unto glory? Oh, this is where I
revere the profound mystery and silently adore the abysses of the divine
decrees, rather than rashly deciding on such a great point! The subject I will
be treating today is a very grave one; it has caused even the pillars of the
Church to tremble, filled the greatest Saints with terror and populated the
deserts with anchorites. The point of this instruction is to decide whether the
number of Christians who are saved is greater or less than the number of
Christians who are damned; it will, I hope, produce in you a salutary fear of
the judgments of God.
Brothers, because of the
love I have for you, I wish I were able to reassure you with the prospect of
eternal happiness by saying to each of you: You are certain to go to paradise;
the greater number of Christians is saved, so you also will be saved. But how
can I give you this sweet assurance if you revolt against God's decrees as
though you were your own worst enemies? I observe in God a sincere desire to
save you, but I find in you a decided inclination to be damned. So what will I
be doing today if I speak clearly? I will be displeasing to you. But if I do
not speak, I will be displeasing to God.
Therefore, I will divide
this subject into two points. In the first one, to fill you with dread, I will
let the theologians and Fathers of the Church decide on the matter and declare
that the greater number of Christian adults are damned; and, in silent
adoration of that terrible mystery, I will keep my own sentiments to myself. In
the second point I will attempt to defend the goodness of God versus the godless,
by proving to you that those who are damned are damned by their own malice,
because they wanted to be damned. So then, here are two very important truths.
If the first truth frightens you, do not hold it against me, as though I wanted
to make the road of heaven narrower for you, for I want to be neutral in this
matter; rather, hold it against the theologians and Fathers of the Church who
will engrave this truth in your heart by the force of reason. If you are
disillusioned by the second truth, give thanks to God over it, for He wants
only one thing: that you give your hearts totally to Him. Finally, if you
oblige me to tell you clearly what I think, I will do so for your
consolation.
The Words of Holy
Scripture
But why seek out the
opinions of the Fathers and theologians, when Holy Scripture settles the
question so clearly? Look in to the Old and New Testaments, and you will find a
multitude of figures, symbols and words that clearly point out this truth: very
few are saved. In the time of Noah, the entire human race was submerged by the
Deluge, and only eight people were saved in the Ark. Saint Peter says,
"This ark was the figure of the Church," while Saint Augustine adds,
"And these eight people who were saved signify that very few Christians
are saved, because there are very few who sincerely renounce the world, and
those who renounce it only in words do not belong to the mystery represented by
that ark." The Bible also tells us that only two Hebrews out of two
million entered the Promised Land after going out of Egypt, and that only four
escaped the fire of Sodom and the other burning cities that perished with it.
All of this means that the number of the damned who will be cast into fire like
straw is far greater than that of the saved, whom the heavenly Father will one
day gather into His barns like precious wheat.
I would not finish if I
had to point out all the figures by which Holy Scripture confirms this truth;
let us content ourselves with listening to the living oracle of Incarnate Wisdom.
What did Our Lord answer the curious man in the Gospel who asked Him,
"Lord, is it only a few to be saved?" Did He keep silence? Did He
answer haltingly? Did He conceal His thought for fear of frightening the crowd?
No. Questioned by only one, He addresses all of those present. He says to them:
"You ask Me if there are only few who are saved?" Here is My answer:
"Strive to enter by the narrow gate; for many, I tell you, will seek to
enter and will not be able." Who is speaking here? It is the Son of God,
Eternal Truth, who on another occasion says even more clearly, "Many are
called, but few are chosen." He does not say that all are called and that
out of all men, few are chosen, but that many are called; which means, as Saint
Gregory explains, that out of all men, many are called to the True Faith, but
out of them few are saved. Brothers, these are the words of Our Lord Jesus
Christ. Are they clear? They are true. Tell me now if it is possible for you to
have faith in your heart and not tremble.
The Goodness of God
Perhaps you do not yet
believe the terrible truths I have just taught you. But it is the most
highly-considered theologians, the most illustrious Fathers who have spoken to
you through me. So then, how can you resist reasons supported by so many
examples and words of Scripture? If you still hesitate in spite of that, and if
your mind is inclined to the opposite opinion, does that very consideration not
suffice to make you tremble? Oh, it shows that you do not care very much for
your salvation! In this important matter, a sensible man is struck more
strongly by the slightest doubt of the risk he runs than by the evidence of
total ruin in other affairs in which the soul is not involved. One of our
brothers, Blessed Giles, was in the habit of saying that if only one man were
going to be damned, he would do all he could to make sure he was not that man.
So what must we do, we
who know that the greater number is going to be damned, and not only out of all
Catholics? What must we do? Take the resolution to belong to the little number
of those who are saved. You say: If Christ wanted to damn me, then why did He
create me? Silence, rash tongue! God did not create anyone to damn him; but
whoever is damned, is damned because he wants to be. Therefore, I will now strive
to defend the goodness of my God and acquit it of all blame: that will be the
subject of the second point.
Before going on, let us
gather on one side all the books and all the heresies of Luther and Calvin, and
on the other side the books and heresies of the Pelagians and Semi-Pelagians,
and let us burn them. Some destroy grace, others freedom, and all are filled
with errors; so let us cast them into the fire. All the damned bear upon their
brow the oracle of the Prophet Osee, "Thy damnation comes from thee,"
so that they may understand that whoever is damned, is damned by his own malice
and because he wants to be damned.
First let us take these
two undeniable truths as a basis: "God wants all men to be saved,"
"All are in need of the grace of God." Now, if I show you that God
wants to save all men, and that for this purpose He gives all of them His grace
and all the other necessary means of obtaining that sublime end, you will be
obliged to agree that whoever is damned must impute it to his own malice, and
that if the greater number of Christians are damned, it is because they want to
be. "Thy damnation comes from thee; thy help is only in Me."
SOURCE : http://365rosaries.blogspot.ca/2010/11/saint-leonard-of-port-maurice-little.html
San Leonardo da Porto Maurizio
Clarice
Vasini (1731-1823), San Leonardo da Porto Maurizio, olio su tela, 1763, 154 x 111, proveniente dalla chiesa di San Paolo in Monte
dell'Osservanza - Silvia Massari, La cappella invernale. I dipinti in
Donatella Biagi Maino e Giulia Gandolfi (a cura di), L'Osservanza di
Bologna. Convento e chiesa di San Paolo in Monte, Bologna, Fondazione del Monte
di Bologna e Ravenna, 2009, p. 110. SBN IT\ICCU\UBO\2813344
November
26: Saint Leonard of Port Maurice
Posted by Jacob
"If the Lord at the
moment of my death reproves me for being too kind to sinners, I will answer,
'My dear Jesus, if it is a fault to be too kind to sinners, it is a fault I
learned from you, for you never scolded anyone who came to you seeking mercy.’”
Today, November 26, we
celebrate the feast day of Saint Leonard of Port Maurice (1676-1751),
a Franciscan friar, preacher, and writer. Leonard, called "the great
missionary of the 18th century" by Saint
Alphonsus Liguori, wished to go to the foreign missions of China, but like
other servants of the Lord, was called to serve in another manner. Saint
Leonard’s devotion to the Stations of the Cross, and his fierce sermons on the
salvation of souls converted thousands as he preached in the great town squares
across Europe. He was one of the greatest missionaries of the Church.
Leonard (named Paul
Jerome Casanova at birth) was born at Port Maurice, a seaport near Genoa,
Italy. Leonard’s father was a pious sea captain, and paid so much attention to
the spiritual education of his children that three of his sons entered the
Franciscan Order (including Leonard), and his only daughter became a nun.
At the young age of
thirteen, Leonard left home in Port Maurice and traveled to Rome to begin his
studies at the Roman college. There, he was recognized for his piety,
diligence, and charitable works, and was compared to Saint
Aloysius who had attended the same school. Having planned on becoming
a physician, Leonard soon was called by the Lord in another direction. One day,
while visiting a church connected to the Franciscan convent of Saint
Bonaventure, he was moved by the words of the choir: "Converte nos
Deus, salutaris noster!” – “Convert us, O God, our salvation!” Hearing
this as a call from the Lord, Leonard determined to enter the Franciscan Order
and spend his life in service.
Leonard entered the
Riformella, a branch of the Franciscans of the Strict Observance, taking the
name Brother Leonard at the age of twenty-one. He became the model Franciscan
and the pride of the order. His exact observance of the rule of Saint
Francis was admirable. He similarly espoused the characteristics of
the founder of the order, evidenced by his fervor at prayer, his burning love
of Jesus and Mary, his rigorous penance, his humility, and his tireless charity
toward his neighbor. Saint Leonard further scourged himself mercilessly for the
salvation of sinners. While Leonard wanted nothing more that to travel
overseas—specifically to China—to preach the Gospel, he was of poor health,
having suffered earlier in his studies from Consumption. His miraculous
survival of the illness is attributed to the intercession of the Blessed
Virgin.
Unable to travel to
China, Saint Leonard devoted himself to parish missions. His missions lasted 15
to 18 days, and he often stayed an additional week to hear confessions. He
said: "I believe that in those days the real and greatest fruit of
the mission is gathered. As much good is done in these days as during the
mission." Leonard spent twenty-four years as a missionary, traveling
throughout Italy and Corsica. He became known as one of the greatest missioners
in the history of the Church. He preached to thousands in the open square of
every city and town where the churches could not hold his listeners. So
brilliant and holy was his eloquence that once when he gave a two weeks'
mission in Rome, the Pope and College of Cardinals came to hear him. Through his
preaching, even the most hardened of hearts was converted to Jesus Christ.
Saint Leonard also
concerned himself with the care of the Order and his fellow brothers. He
oversaw the building of a retreat house that the Franciscans used to prepare
for missionary work, and founded several pious fraternities in Rome, including
that of the Sacred Heart.
Saint Leonard was devoted
to spreading the adoration of the Blessed Sacrament, the veneration of the
Sacred Heart of Jesus, and the Immaculate Conception of the Blessed Virgin (the
doctrine had not yet been established). He was in no small way responsible for
the definition of the Immaculate Conception made a little more than a hundred
years after his death. He also wrote the Divine Praises, which are said at the
end of Benediction. But Saint Leonard's most famous work was his devotion to
the Stations of the Cross. He established the Way of the Cross in over 500
places, including the Coliseum in Rome.
Pope Benedict XIV held
Saint Leonard in high esteem, asking him to promise to die only in Rome, and no
other city. Upon returning from a mission, Father Leonard kept his promise,
dying peacefully at the convent of Saint Bonaventure. Numerous miracles were
reported at his tomb side following his death. He is regarded as the patron
saint of parish missions.
Saint Leonard preached
with the fire of the Lord. Not only to withdraw from confrontation, his sermons
detailed what waited for those who did not lead virtuous lives, wrapped in the
redeeming love of Christ. His words have saved and will save countless souls
till the end of until. The Church, in the prayer of the Divine Office, Sixth
Lesson, says of Saint Leonard's heavenly eloquence: “Upon hearing him,
even hearts of iron and brass were powerfully inclined to penance, by reason of
the astonishing effectiveness of the sermon and the preacher's burning zeal.
And in the liturgical prayer we ask of the Lord, Give the power to bend the
hearts of hardened sinners by the works of preaching.” Today, like every
day, we, too, are called to conversion. Saint Leonard of Port Maurice,
pray for us!
Selected Quotations of
Saint Leonard of Port Maurice
On Our Blessed
Mother: “She has had a decisive influence on our lives. Each of us has his
own experience. Looking back we see her intervention behind every problem,
driving us forward and with the definitive push making us begin anew. Whenever
I get down to thinking about the numerous graces I have received from Mary, I
feel like one of those Marian Shrines on the walls of which, covered with
'offerings', there is inscribed only: 'Through grace received from Mary'. In
this way, it seems that I am written all over: Through grace received from
Mary'.
Every good thought, every
good act of will, every movement of my heart: 'Through grace received from
Mary'.”
On the Power of Holy
Mass:
"The principal
excellence of the most Holy Sacrifice of the Mass consists in being
essentially, and in the very highest degree, identical with that which was
offered on the Cross of Calvary: with this sole difference that the sacrifice
on the Cross was bloody, and made once for all, and did on that one occasion
satisfy fully for all the sins of the world; while the sacrifice of the altar
is an unbloody sacrifice, which can be repeated an infinite number of times,
and was instituted in order to apply in detail that universal ransom which
Jesus paid for us on Calvary."
"I believe that were
it not for the Holy Mass, as this moment the world would be in the abyss,
unable to bear up under the mighty load of its iniquities Mass is the potent
prop that hold the world on its base."
"What graces, gifts
and virtues the Holy Mass calls down ... repentance for sin ... victory over
temptation ... holy inspirations which dispositions to shake off tepidity ...
the grace of final perseverance, upon which depends our salvation ... temporal
blessings, such as peace, abundance and health ..."
Almighty and merciful
God, You made Saint Leonard an illustrious herald of the mystery of the cross.
Through his prayers may we comes to know the riches of the cross on earth and
attain to its reward in heaven. Amen.
SOURCE : http://365rosaries.blogspot.ca/2010/11/november-26-saint-leonard-of-port.html
San Leonardo da Porto Maurizio
Targa in memoria di san Leonardo da Porto Maurizio, Chiesa di San Jacopo, Gallicano, Toscana, Italia
St. Leonard's Way of the
Cross
Though many saints were
devoted to the Way [or Stations] of the Cross, perhaps no one did more to
promote it than St. Leonard of Port Maurice, Italy (1676-1751). As a Franciscan
priest, St. Leonard preached the Way of the Cross at missions for forty-three
years and reportedly set up stations in 571 locations throughout Italy, including
the Colosseum in Rome. (Read Origins
of the Stations of the Cross and Stations
of the Cross for the Elderly)
Born Paul Jerome Casanova
in Porto Maurizio, he realized while still a teenager that he had a religious
vocation. At the age of twenty-one, he joined a strict branch of the Franciscan
Order, taking the name Leonard after a relative who had been kind to him.
Combining a severely
austere monastic observance with active missionary work, St. Leonard earned the
deep respect of Pope Benedict XIV, who enlisted the saint’s assistance in a
diplomatic mission in 1744.
For a time, St. Leonard
was the spiritual director of Clementina Sobieska of Poland, the wife of King
James II of England.
In spite of wearing
himself out in mission work, he also found time to write many letters and
devotional work, such as his "Resolutions." He promoted devotion to
the Sacred Heart, the Blessed Sacrament, and the Immaculate Conception but was
best known for preaching the Way of the Cross.
Station One
Opening Prayer
Resolved to sin no more,
I humble myself at your most holy feet, O Jesus, my most merciful Redeemer.
With sorrow for my sins, I ask your forgiveness with all my heart, and I love
you above all things.
Accompany me with your
grace, O most loving Jesus. Enlighten my mind and soften my heart, so that by
meditating on your most painful voyage to Calvary, I may be filled with sorrow
for my sins. By your suffering, by your blood, make me worthy to obtain by this
devotion the indulgence granted, which I offer for the souls in purgatory.
O my sweet Jesus, grant
that in the Way of the Cross I may learn to love you always. Amen.
Jesus is condemned
"Crucify him!"
Who? And for whom? Jesus, most innocent, for me, a sinner. Oh, what a cruel
sentence, a sentence of death without mercy.
My most amiable Jesus,
you wish to die for me. And I, with my sins, am that witness who accuses you,
that judge who condemns you. How ungrateful I have been! You have given me
life, and I deliver you to death.
I repent of my sins. I
despise them. I detest them. And since you have not punished me by making me
die on the cross, grant me at least the courage to accompany you in sorrow to
Calvary.
Readings: Matthew 27:26;
Mark 15:15; Luke 23:23-25; John 19:16
Second Station
Jesus takes up the cross
My most loving Jesus,
you're already on the way to Calvary. It's not enough for you to have a crown
of thorns, chains around your waist, scourges, wounds, blood covering your
divine body: you also desire the cross.
You embrace it with such
meekness, and I, with such diligence, seek to avoid it. You humbly accept so
great a weight upon your innocent shoulders, and I, full of pride, reject my
own lesser cross. How blind I am! You teach me to suffer so that I may be
saved, and I neglect my salvation because I do not wish to suffer.
My dear Jesus, free me
from self-love. And if the cross is the only way to heaven, here I am ready to
embrace it. Help me with your mercy.
Reading: John 19:17
Third Station
Jesus falls
Alas, what do I see? My
most amiable Jesus fallen under the cross, stretched out on the ground. Angels
of heaven, sustain your Creator and my Redeemer. But oh! instead of angels, the
enraged scoundrels come running and, with punches, slaps, and kicks, beat him
horribly.
And you, my dear Jesus,
faced with so many outrages, suffer and remain silent. I am puzzled at myself
that, whenever some small evil strikes, I am shaken; at every offense I am
resentful, become angry and complain.
My most patient Jesus,
lessen my pride and grant me patience so that, imitating you, I may for my own
good be with you until death.
Reading: Matthew
27:31
Fourth Station
Jesus meets his mother
To my great confusion, it
wasn't enough that I should see Jesus covered with pain and clothed as a
sinner; now his mother also joins him to suffer for my sins! Accursed sins;
most painful encounter; most sorrowful mother! In your agony, I see my
wickedness.
I know that, in such a
painful encounter, the suffering of the Son is the suffering of the mother. I
know that, if my sins have pierced Jesus' body, they have pierced your heart, O
great virgin. But I also know that Jesus is the source of mercy, you, the
refuge of sinners.
Therefore, most merciful
mother, I humbly turn to you with sorrow for my sins. In your kindness, obtain
for me from your suffering Son, Jesus, the pardon of my sins.
Reading: John
19:25-27
Fifth Station
Simon of Cyrene helps
Jesus
Then, to assist my weary
Jesus, a man is forced to carry the cross for him. Sadly, I see that I am that
Cyrenean, who occasionally though unwillingly takes up some cross that you, my
Jesus, offer me.
How foolish I am! For my
whims, for my pleasure, I don’t dread hardships, I don’t fear dangers, I don’t
count the sweat. For you, my dear Jesus, everything aggravates me, everything
bores me, I seek to avoid everything. How lukewarm, how weak I am!
My Jesus, grant me a
little fervor, enliven my courage to suffer with you, so that I may rejoice
with you forever.
Reading: Matthew
27:32; Mark 15:21;Luke 23:26
Sixth Station
Veronica wipes Jesus’
face
Give me that shroud, holy
woman. Let me keep it, blessed Veronica. I wish to imprint in my heart the holy
face of my Savior. But oh, unhappy me! who, full of self-love and ambition,
have a heart of stone, incapable of holy sentiments.
My most merciful Redeemer,
create in me a new heart, a pure, contrite, and humble heart, and then imprint
upon it your most holy name. I promise to love you alone, my Jesus, and to be
detached from myself.
Jesus on my lips, Jesus
in my heart. Jesus my delight, I’ll call upon him in life; Jesus my comfort,
I’ll call upon him in death. And in the name of Jesus, I firmly hope to breathe
forth my spirit.
Reading: Luke 23:27
Seventh Station
Jesus falls again
Here is the king of
heaven, the Creator of the universe, once again stretched out on the ground
under the heavy cross. What pain, what fatigue, what derision!
My most gentle Jesus, you
bathe the ground with sweat from the front of your fallen head, and I, with my
pride, have turned against heaven and exalted myself above what I really am,
forgetting that I am nothing but lowly dust.
How despicable I am!
Humility, my Jesus, humility. Lessen my pride, show me my nothingness. You
created me from clay, and to clay I must return. Death is approaching, and my
sinfulness weighs against me. Mercy, my God. By your sufferings, grant me
sorrow for my sins. By your fall, help me to rise again.
Reading: Luke 23:26
Eighth Station
Jesus meets the
women of Jerusalem
I hear you, most amiable
Savior, I hear you: it is not for you but for myself that I should bitterly
weep. My tears only increase your suffering if they are not tears of
repentance.
Weep then, my heart! Weep
not for your God who goes to his death, but for your sins that bring him there.
You are even cruel to yourself unless you wipe out your sins with such sorrow.
Most precious blood of my
sweet Jesus, soften the heart that does not weep; enlighten the mind that does
not know; bend the will that does not obey. Yes, my Jesus, I’m sorry for my
sins, and I’ll be sorry for them as long as I live. I would rather die a
thousand times before committing them again. Strengthen me by your grace.
Reading: Luke
23:28-31
Ninth Station
Jesus falls a third time
My Jesus, my life and my
hope, I see you fallen a third time under the cross. It isn’t the wood of the
cross, but my ingratitude, which makes it too heavy for you to carry. My
repeated falls into hateful sin cause you to fall again.
How often I turn from sin
to confession, then from confession to sin! Yes, I realize that this is the
infinite weight of your most painful cross. But now I resolve to change.
What would become of me
in my weakness if you did not help me to rise again whenever I fall? Oh, I see
hell opened under my feet ready to swallow me! Most merciful Jesus, sustain me
by your suffering, shield me by your wounds, so that I will never again fall
into sin, never again.
Reading: John 19:17
Tenth Station
Jesus is stripped
Such a contrast should
never exist: you, my beloved Jesus, stripped of your garments, with festering
wounds; I, clothed in soft garments. I, unwilling to bear any pain, however
slight. I, girded with delicacy and with pride.
To you, my sweet Savior,
bitter gall; to me, pleasures and sweet delights. You, the joy of heaven,
filled with sufferings; I, a most vile worm from this world, void of
repentance.
No, my Jesus, may it not
be so any longer. It’s not fair that you who are innocent should suffer, and I
who am guilty enjoy. By your grace, grant me a share in some part of your
sufferings.
And if a little
contrition would sweeten that gall, why, my soul, don’t you weep? Yes, my most
sorrowful Jesus, I repent of my sins and seek your mercy: I love you above all
things.
Reading: Luke 23:34
Eleventh Station
Jesus is crucified
You have finally arrived
at Calvary, my dear Jesus. You have arrived, dragged along like a lowly
criminal, beaten and kicked, pulled with ropes, accompanied by two thieves for
your greater humiliation.
What a horrible sight!
The hammering of nails into your hands and feet, the sharpest thorns on your
head, God transfixed on a most painful cross. So much confusion, so much blood!
Who can contemplate you, my Jesus, and not be heartbroken with compassion?
Permit me to draw near to
you, my dying Redeemer. Since my sins have brought you to death, I want to kiss
that cross, to take shelter in those wounds, to drink of that most precious
blood. Blood and wounds of my Jesus, which have redeemed me, save me. I beg of
you, save me.
Reading: Matthew
27:33-38; Mark 15:22-27; Luke 23:33-34; John 19:18
Twelfth Station
Jesus dies
Here is the victim
already immolated, the great sacrifice already accomplished, the will of the
Eternal Father already carried out. Here is Jesus on the hill of Golgotha,
nailed to a cross, a pitiful sight to heaven, to earth, to the elements.
My Jesus is dead; he is
dead. Those most holy eyes discolored, those lips taking their final breath,
those thorns, those nails, those wounds, that opening in his side, that blood —
all are sources of mercy.
But near the cross I also
see Divine Justice, ready with sword in hand! Poor me, if I remain obstinate in
my sins, making vain the work of my redemption! No, my Jesus, don’t allow me to
leave Calvary without impressing in my heart your most bitter passion. Grant
that, fearing your justice, I will live in your wounds, in your mercy.
Readings: Matthew
27:46-50; Mark 15:34-37; Luke 23:46; John 19:28-30
Thirteenth Station
Jesus is taken from the
cross
Most holy mother of my
crucified Jesus, you receive him in your lap, and if you do not die of sorrow,
if love does not kill you, it is because Jesus does not will it. Two most
bitter passions for the sake of my redemption: the Son suffering torments of the
body, the mother suffering martyrdom of the heart — both for me.
Infinite mercy of my
Jesus, I adore you; most merciful mother of sorrows, I thank you. How cruel my
sinfulness has been, executioner of the Son, tyrant of the mother’s heart!
Most holy mother, place a
kiss for me upon those wounds, upon that bloody cross. I don’t dare to approach
because sin reminds me of my ingratitude. Sorrowful virgin, intercede for me
that I may be truly sorry for my sins, and may the power of your protection
obtain my repentance, my salvation.
Reading: Matthew
27:57-58; Mark 15:42-45; Luke 28:50-52; John 19:38
Fourteenth Station
Jesus is buried
Who will give me a source
of tears with which to weep over the death of my Jesus and accompany him to the
tomb? Poor Jesus, at the cost of all your blood you have redeemed the whole
world from the slavery of hell and, except for a few people, there is no one to
weep with compassion at your tomb.
What ignorance! I wish,
my beloved Jesus, to weep for everyone over your death and to detest the sins
that have betrayed you. Enclose in your tomb my poor heart. Yes, my Jesus,
accomplish your mercy: grant that, purified and sanctified, it will rise again
with you.
And since you have
encountered death voluntarily for my salvation, grant that I may humbly accept
my death for love of you so that, by means of this sacrifice of humiliation and
love, I may glorify you in heaven for all eternity.
Reading: Matthew
27:59-61; Mark 15:46-47; Luke 23:53-56; John 19:39-42
San Leonardo da Porto Maurizio
San Leonardo da Porto
Maurizio Sacerdote
Porto Maurizio, Imperia,
1676 - Roma, 26 novembre 1751
È il santo a cui si deve
il merito di aver ideato la Via Crucis. Ligure (1676-1751), era figlio di un
capitano di marina. Nato a Porto Maurizio, l'odierna Imperia, compie i suoi
studi a Roma presso il Collegio romano, per poi entrare nel Ritiro di san Bonaventura,
sul Palatino, dove vestirà il saio francescano. Inviato dal Papa in Corsica a
ristabilire la concordia tra i cittadini, riuscì ad ottenere, nonostante le
gravi divisioni tra gli abitanti, un impensabile abbraccio di pace. Il tema
della Croce era al centro della sua predicazione: richiamava le folle alla
penitenza e alla pietà cristiana. Alfonso Maria de' Liguori lo definì «il più
grande missionario del nostro secolo». (Avvenire)
Patronato: Missioni al
popolo
Etimologia: Leonardo =
forte come leone, dal latino e dal tedesco
Martirologio Romano: A
Roma nel convento di San Bonaventura sul Palatino, san Leonardo da Porto
Maurizio, sacerdote dell’Ordine dei Frati Minori, che, pieno di amore per le
anime, impegnò tutta la sua vita nella predicazione, nel pubblicare libri di
devozione e nel far visita ad oltre trecento missioni a Roma, in Corsica e
nell’Italia settentrionale.
Giovane francescano,
Leonardo aveva chiesto di andare missionario in Cina. Il Cardinale
Colloredo gli aveva risposto: " La tua Cina sarà l'Italia ".
E alla fine del Seicento,
l'Italia aveva abbastanza miserie e sufficienti disgrazie per essere
considerata terra di missione.
Leonardo era ancora
studente a Roma, quando un compagno gli propose di andare a udire una predica.
Fatti pochi passi, trovarono un impiccato che ciondolava dalla forca. "
Ecco la predica " dissero i due giovani.
Pochi giorni dopo, il
figlio del capitano marittimo di Porto Maurizio, in Liguria, seguì due figure
di frati che salivano verso il convento di San Bonaventura, sul Palatino, dove
vestì l'abito dei Francescani detti " della riformella ", o "
scalzati ".
Datosi alla predicazione,
forse ricordando quel suppliziato pendente dalla forca, fra Leonardo ebbe
sempre in mente l'altro suppliziato, pendente dalla Croce. Perciò, il suo tema
preferito fu quello della Via Crucis, devozione tipicamente francescana, alla
quale egli dette la più grande diffusione.
La sua predicazione aveva
qualcosa di drammatico e di tragico, spesso al lume delle torce e con volontari
tormenti, ai quali fra Leonardo si sottoponeva, ora ponendo la mano sulle
fiaccole accese, ora flagellandosi a sangue.
Folle immense accorrevano
ad ascoltarlo e rimanevano impressionate dalla sua bruciante parola, che
ri-chiamava alla penitenza e alla pietà cristiana. " E’ il più grande
missionario del nostro secolo " diceva Sant'Alfonso de' Liguori. Spesso
l'uditorio intero, durante le sue prediche, scoppiava in singhiozzi.
Predicò in tutta
l'Italia, ma la regione più battuta fu la Toscana, a causa del freddo
Giansenismo, ch'egli voleva combattere prima di tutto con l'ardore del suo
cuore, poi con i suoi temi più efficaci, e cioè quello del Nome di Gesù, della
Madonna e della Via Crucis.
In una sua missione in
Corsica, i briganti dell'isola tormentata scaricarono in aria i loro archibugi,
gridando: " Viva frate Leonardo, viva la pace! ".
Tornato in Liguria, fu
messa in mare una galera, intitolata, in suo onore, San Leonardo. Ma di
lui, gravemente ammalato, i marinai dicevano: " La barca fa acqua ".
Consumato dalle fatiche
missionarie, venne infine richiamato a Roma, dove, con le sue appassionate
prediche, alle quali assisteva anche il Papa, preparò il clima spirituale per
il Giubileo del 1750. In quella occasione, piantò la Via Crucis nel Colosseo,
dichiarando quel luogo sacro per i Martiri. Gli storici hanno dimostrato poi
che nel Colosseo non furono mai martirizzati cristiani, ma la predicazione ~ in
buona fede - di San Leonardo impedì l'ulteriore rovina del monumento,
considerato fino allora come una cava di buona pietra.
Fu l'ultima sua fatica.
Morì l'anno dopo, e a San Bonaventura al Palatino occorsero i soldati, per
tenere indietro la folla che voleva vedere il Santo e portar via le sue
reliquie. " Perdiamo un amico sulla terra - disse il Papa Lambertini - ma
guadagnamo un protettore in Cielo ".
Fu lui a proporre la
definizione del dogma mariano dell'Immacolata Concezione, mediante una
consulta-zione epistolare con tutti i pastori della Chiesa.
Fonte : Archivio
Parrocchia
Note: Il sito
dell'Associazione Compagnia di san Leonardo da Porto Maurizio: www.sanleonardoimperia.it
SOURCE : https://www.santiebeati.it/Detailed/79300.html
San Leonardo da Porto Maurizio
Photograph of Front of St. Leonard of Port Maurice Catholic Church, Archdiocese of Boston. Featuring
Bronze Sculpture of St. Leonard and Stations of the Cross by artist, Richard
Aliberti.
Leonardo da Porto
Maurizio
(1676-1751)
Beatificazione:
- 19 marzo 1796
- Papa Pio VI
Canonizzazione:
- 29 giugno 1869
- Papa Pio IX
- Basilica Vaticana
Memoria Liturgica:
- 26 novembre
Sacerdote dell’Ordine dei
Frati Minori, che, pieno di amore per le anime, impegnò tutta la sua vita nella
predicazione, nel pubblicare libri di devozione e nel far visita ad oltre
trecento missioni a Roma, in Corsica e nell’Italia settentrionale
"Confessare è il
maggior bene della missione, e tutto il resto senza questo è una mera apparenza
di bene"
San Leonardo da Porto
Maurizio - al secolo Paolo Girolamo Casanova - nasce a Porto
Maurizio, l’attuale Imperia, il 20 dicembre 1676, e studia a Roma presso il
Collegio Romano, per poi entrare nel Ritiro di San Bonaventura, sul Palatino,
dove veste il saio francescano.
Dedicandosi alla
predicazione, fra Leonardo ha costantemente in mente il supplizio della Croce.
Assieme alla devozione al Nome di Gesù e alla Vergine Maria, è sempre presente
nelle sue orazioni il tema della Via Crucis, devozione tipicamente francescana,
alla quale egli dette grande diffusione.
Folle immense accorrono
ad ascoltare le sue predicazioni, rimanendone impressionate e lasciandosi
commuovere. "È il più grande missionario del nostro secolo", disse
Sant'Alfonso Maria de' Liguori. I viaggi per le missioni popolari lo portano in
tutta Italia, in particolare in Toscana. Inviato anche in Corsica per
ristabilire la concordia tra i cittadini, riesce a ottenere un inatteso
abbraccio di pace, nonostante le gravi divisioni tra gli abitanti.
Consumato dalle fatiche
missionarie, torna prima in Liguria, quindi a Roma. Predicatore instancabile
nell'Anno Santo del 1750, indetto da Papa Benedetto XIV, quando erigerà nel
Colosseo 14 edicole per il pio esercizio della Via Crucis e una grande croce
nell’area dell’anfiteatro. Ma si tratta della sua ultima fatica.
Muore il 26 novembre 1751
a San Bonaventura al Palatino, già venerato come Santo dai romani e non solo.
Beatificato il 19 marzo
1796, la cerimonia di canonizzazione ha luogo, invece, il 29 giugno 1867,
durante il Pontificato di Papa Pio IX, particolarmente devoto a San Leonardo.
Pio XI, nel 1923, lo nomina Patrono dei missionari nei Paesi cattolici; dalla
metà degli anni Novanta il francescano è anche Patrono della città di Imperia.
SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/leonardo-da-porto-maurizio.html
San Leonardo da Porto Maurizio
La
statua di S. Leonardo a Porto Maurizio
SAN LEONARDO DA PORTO
MAURIZIO
(1676-1751)
26
novembre
Buttato fuori di casa
dallo zio che non accetta la sua vocazione diventa un grande predicatore.
Innamorato del SS
Sacramento, del Sacro
Cuore e alla Maria, ne anticipa la devozione. Il suo segreto? Una Madonna
che portava sempre con se…
Nacque il 20 dicembre
1676 a Porto Maurizio, vicino a La Spezia. Figlio di Domenico Casanova
e Anna Maria Benza, fu battezzato con i nomi di Paolo Gerolamo. La madre
morì quando egli aveva due anni, ed il padre si risposò con
Maria Ridolfo, della frazione di Artallo. Fu pertanto il padre che diede al
futuro santo quelle basi religiose alle quali in seguito ispirò la sua
vita. Domenico Casanova era armatore e uomo di mare e, come voto di
castità, aveva stabilito di non ammettere tra i passeggeri dei suoi
navigli alcuna donna. A tredici anni il padre lo affidò alle cure di
un ricco zio di Roma, che lo iscrisse al collegio gesuita della
città, dove studiò letteratura e filosofia e
cominciò anche a capire di avere una vocazione religiosa (sebbene
fosse attratto dall’ordine dei frati minori, piuttosto che dalla Compagnia
di Gesù.)
Lo zio, che desiderava
diventasse medico, s’oppose e infine lo cacciò da casa, fortunatamente
Paolo riuscì a trovare asilo presso un altro parente, Leonardo Ponzetti, con
cui rimase finchè ricevette il permesso incondizionato da parte del padre
di diventare frate. Nel 1697, ricevette la tonaca nel noviziato
francescano a Ponticelli, con il nome di Leonardo per gratitudine verso
Ponzetti. Completati gli studi al convento di S.
Bonaventura di Roma, fu ordinato sacerdote nel
1702; questo convento era la casa principale dei Riformella, una
diramazione del rigoroso ramo dei francescani riformati, e Leonardo mise in
pratica, per tutta la vita, l’ideale di un attivo lavoro missionario combinato
con l’austerità e la solitudine che apprese proprio in questo convento. La sua
grande ambizione era sempre stata quella di recarsi in missione, ma subito dopo
l’ordinazione contrasse la tubercolosi mentre insegnava filosofia al
convento di S.
Bonaventura, e fu informato che sarebbe rimasto in Italia.
Dopo la miracolosa
guarigione dalla tisi avvenuta, per intercessione della Modonna,
durante le sue frequentazioni del Santuario della Assunta a
Piani. egli divenne ulteriormente devoto a Lei, e unitamente al tema della Croce
anche il tema di Maria fu fondamentale nelle prediche missionarie.
Nel 1709, Leonardo fu inviato con un gruppo di frati a S.
Francesco del Monte a Firenze, un convento che era stato donato
ai Riformella dal granduca Cosimo III de’ Medici, dove si riprese a
seguire l’ideale francescano di povertà; di conseguenza la congregazione
iniziò ad aumentare e ben presto il convento diventò un importante centro
religioso, punto di partenza di Leonardo e degli altri frati che svolsero la
loro attività in Toscana, infine Leonardo fu nominato guardiano di S.
Francesco del Monte, un parroco scrisse della sua attività in quella
zona:
“solo Dio sa quanto bene
ha fatto qui; le sue prediche hanno toccato il cuore di tutti […] tutti i
confessori in città avranno un duro lavoro da svolgere”.
Per prima cosa istituì
un eremo a Incontro sulle montagne vicine, dove i frati potevano ritirarsi
per brevi periodi a turno, due volte l’anno, per vivere in solitudine e
semplicità, mentre si rigeneravano spiritualmente. Leonardo risiedette a
Firenze per molti anni, ma col passare del tempo, gli chiesero costantemente di
predicare anche altrove. La sua prima missione a Roma fu fin troppo lunga,
secondo il duca Cosimo, tanto che questi mandò una nave sul Tevere a
riprenderlo, ma nel 1736, si trasferì a Roma definitivamente, come guardiano
del S.
Bonaventura. Mantenne l’incarico per un anno, durante il quale trovò
tempo per predicare, con qualche risultato, a soldati, marinai,
condannati, galeotti, nel porto di Civitavecchia: Una volta esonerato
dall’incarico, iniziò nove attività in posti distanti come l’Umbria, Genova, le
Marche, spesso attraendo una folla tale da essere costretto ad uscire
dalla chiesa e predicare all’aperto.
Fra ‘ Leonardo, colpito
dalla bellezza del quadro e dalla profondità del suo significato, lo benedisse
e lo battezzò col nome di “Madonna del Bello Amore”; da allora lo
portò sempre con sé in tutte le Missioni. In punto di morte lo consegnò al
Guardiano del suo Convento, San
Bonaventura al Palatino dove si trova tuttora. Nel 1744 papa
Benedetto XIV, che teneva Leonardo in alta considerazione, d’accordo con il
governo dell’isola, il doge di Genova, lo mandò in Corsica, dove la
religione era trascurata e l’ordine in generale decaduto. Di tutte le
missioni di Leonardo, questa fu quella più difficile per lui; fu ricevuto
con una certa ostilità dato che diverse persone pensavano fosse un agente
del doge in incognito. Era certamente vero che la missione aveva un aspetto
politico, dato che quel disordine era in gran parte espressione di opposizione
alla dominazione di Genova.
Leonardo, tuttavia,
perseverò nel predicare, nonostante molti si presentassero al suo cospetto
armati. Inoltre ebbe occasione di affermare in una delle sue molteplici
lettere: Incoraggiò l’esposizione del SS.
Sacramento e la devozione al Sacro
Cuore e alla Madonna, nessuna delle quali era allora così diffusa come in
seguito. Pensava in particolare che l’Immacolata
Concezione dovesse essere considerata un dogma della fede e
suggerì che le autorità ecclesiastiche si pronunciassero sull’argomento senza
ricorrere ad un concilio ecumenico (come avvenne un secolo dopo).
Leonardo trovò anche il
tempo, fra tutte le sue attività, di essere consigliere spirituale di un
certo numero di persone, tra cui Clementina Sobieska, moglie di Giacomo Edoardo
Stuart (conosciuto anche come Giacomo III d’Inghilterra). Nel 1741 mentre
predicava le Missioni in Cave di Palestina vicino a Gaeta, un fedele gli portò
un dono. Era un bellissimo ritratto della Vergine Maria con il Bambino Gesù che
adorava il Crocifisso.
Era stato dipinto per lui da un famoso pittore Sebastiano Conca, nativo di
Gaeta, che diventerà il Presidente dell’Accademia di San
Luca in Roma dove studierà anche il pittore portorino Leonardo
Massabò.
“In ogni parrocchia
troviamo la più terribile delle faide, ma generalmente affiorano alla fine pace
e quiete, a ogni modo, a meno che la giustizia non sia forte abbastanza da
soffocare questa ostilità, il bene che stiamo facendo può essere solo
transitorio […] durante questi anni di guerra il popolo non ha ricevuto
nessun tipo di distruzione […] quando avrò l’opportunità di incontrare i
vescovi, dirò loro ciò che penso […] nonostante la fatica, il raccolto non
è abbondante”.
Leonardo aveva
ormai sessantotto anni e il duro lavoro, gli intrighi e la costante
necessità di essere vigile cominciarono a minare la sua salute; dopo sei mesi
era così malato che fu imbarcato su una nave per
riportarlo a casa. La sua valutazione dello stato delle cose in Corsica fu
confermata in una lettera del papa: “Il popolo corso è peggiorato più che mai
dopo la missione, quindi non è consigliabile che vi facciate ritorno”. Una
volta rimessosi, continuò a predicare e a ospitare suore e laici,
soprattutto in vista del giubileo del 1750, anno in cui soddisfò una delle sue
più grandi ambizioni, quando ricevette dal papa il permesso di istruire le
stazioni della croce nel Colosseo.
Nella primavera
successiva, partì (in carrozza, gli ordinò il papa , piuttosto che a piedi) per
andare a predicare a Lucca e in altri posti, ma dato che le sue energie
cominciavano a venir meno, e che doveva anche affrontare l’ostilità o
l’indifferenza che incontrava in alcuni luoghi, queste missioni tardive non ebbero
molto successo. Agli inizi di novembre, conscio di avere ultimato il suo
lavoro, ripartì per Roma; la carrozza si danneggiò, a Spoleto, perciò
Leonardo continuò a piedi e raggiunse il convento di S.
Bonaventura la sera del 26 novembre; giunse un messaggio molto
affettuoso da parte del papa. Leonardo morì prima della mezzanotte. Oltre al
metodo pastorale della predicazione, la sua eredità annovera diversi tratti
devozionali e le Risoluzioni, che danno informazioni su di lui oltre che
sull’argomento che trattano, inoltre sono rimaste le sue lettere. Leonardo fu
beatificato nel 1796 e canonizzato nel 1867; il corpo e la maschera funebre si
trovano nella chiesa di S.
Boaventura a Roma.
SOURCE : http://biscobreak.altervista.org/2012/11/san-leonardo/