Chers frères et sœurs
Arméniens,
Un siècle s’est écoulé
depuis l’horrible massacre qui fut un véritable martyre de votre peuple, dans
lequel beaucoup d’innocents sont morts en confesseurs et martyrs pour le nom du
Christ (cf. Jean-Paul II et Karekin II, Déclaration
commune, Etchmiadzin, 27 septembre 2001). Il n’y a pas de famille
arménienne, encore aujourd’hui, qui n’a pas perdu un être cher dans ces
évènements : ce fut vraiment le « Metz Yeghern », le « Grand Mal »,
comme vous avez appelé cette tragédie. En cette occasion, j’éprouve un
sentiment de grande proximité envers votre peuple et je désire m’unir
spirituellement aux prières qui s’élèvent de vos cœurs, de vos familles, de vos
communautés.
Une occasion favorable
nous est donnée de prier ensemble dans cette célébration d’aujourd’hui, au
cours de laquelle nous proclamons saint Grégoire de Narek, Docteur de l’Église.
J’exprime ma vive gratitude, pour leur présence, à Sa Sainteté Karekin II,
Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens, à Sa Sainteté Aram Ier,
Catholicos de la Grande Maison de Cilicie, et à Sa Béatitude Nerses Bedros XIX,
Patriarche de Cilicie des Arméniens Catholiques.
Saint Grégoire de Narek,
moine du Xème siècle, a su exprimer plus que tout autre la sensibilité de
votre peuple. Donnant une voix au cri, qui devient prière, d’une humanité
souffrante et pécheresse, opprimée par l’angoisse de sa propre impuissance mais
illuminée par la splendeur de l’amour de Dieu et ouverte à l’espérance de son
intervention salvifique, capable de transformer toute chose. « Dans l’attente
certaine de sa puissance, je crois avec une indubitable espérance, me confiant
dans la main du Tout Puissant… que je le verrai, Lui en personne, grâce à sa
miséricorde et à sa pitié, et que j’hériterai du Ciel » (Saint Grégoire de
Narek, Livre des Lamentations, XII).
Votre vocation chrétienne
est très ancienne et remonte en 301, année où saint Grégoire l’Illuminateur a
conduit l’Arménie à la conversion et au Baptême, la première parmi les nations
qui, au cours des siècles, ont embrassé l’Évangile du Christ. Cet événement
spirituel a marqué de manière indélébile le peuple arménien, sa culture et son
histoire dans lesquelles le martyre occupe une place prééminente, comme
l’atteste de manière emblématique le témoignage sacrificiel de saint Vardan et
de ses compagnons du Vème siècle.
Votre peuple, illuminé de
la lumière du Christ et avec sa grâce, a surmonté beaucoup d’épreuves et de
souffrances, animé par l’espérance qui vient de la Croix (cf. Rm 8,
31-39). Comme vous l’avait dit saint Jean-Paul II : « Votre histoire faite de
souffrance et de martyre est une perle précieuse dont l’Église universelle est
fière. La foi au Christ, rédempteur de l’homme, vous a infusé un courage
admirable sur le chemin, souvent semblable à celui de la croix, sur lequel vous
avez avancé avec détermination, dans le but de conserver votre identité de
peuple et de croyants» (Homélie, 21 novembre 1987).
Cette foi a accompagné et
soutenu votre peuple également dans le tragique événement d’il y a cent ans «
que l’on considère généralement comme le premier génocide du XXème siècle»
(Jean-Paul II et Karekin II, Déclaration
commune, Etchmiadzin, 27 septembre 2001). Le Pape Benoît XV qui condamna
comme « inutile massacre » la Première Guerre Mondiale (AAS, IX [1917],429),
s’efforça jusqu’au bout de l’empêcher, reprenant les efforts de médiation déjà
accomplis par le Pape Léon XIII face aux « funestes événements » des années
1894-96. Il écrivit pour cela au sultan Mahomet V, implorant que tant
d’innocents soient épargnés (cf. Lettre du 10 septembre 1915), et ce
fut encore lui qui, lors du Consistoire secret du 6 décembre 1915, affirma dans
un vibrant désarroi : « Miserrima Armenorum gens ad interitum prope
ducitur » (AAS, VII [1915], 510).
Faire mémoire de tout ce
qui est arrivé est un devoir, non seulement pour le peuple arménien et pour
l’Église universelle, mais aussi pour toute la famille humaine, afin que
l’avertissement qui vient de cette tragédie nous évite de retomber dans des
horreurs semblables qui offensent Dieu et la dignité humaine. Aujourd’hui
également, en effet, les conflits dégénèrent parfois en violences
injustifiables, attisées par l’instrumentalisation des diversités ethniques et
religieuses. Tous ceux qui sont placés à la tête des Nations et des
Organisations internationales sont appelés à s’opposer à de tels crimes avec
une ferme responsabilité, sans céder aux ambiguïtés ni aux compromis.
Que cette douloureuse
occasion devienne pour tous un motif de réflexion humble et sincère, et
d’ouverture du cœur au pardon qui est source de paix et d’espérance nouvelle.
Saint Grégoire de Narek, interprète formidable de l’âme humaine, semble
prononcer pour nous des paroles prophétiques : « Je me suis volontairement
chargé de toutes les fautes, depuis celle de notre premier père jusqu’à celles
du dernier de ses descendants, et je me suis considéré comme responsable » (Livre
des Lamentations, LXXII). Combien ce sentiment de solidarité universelle nous
touche ! Comme nous nous sentons petits face à la grandeur de ses invocations :
« Souviens-toi, [Seigneur,]… de ceux aussi qui, parmi la race humaine sont nos
ennemis, mais pour leur faire du bien : accorde leur pardon et miséricorde (…)
N’extermine pas ceux qui me mordent, mais change-les ! arrache-leur la mauvaise
conduite terrestre, enracine la bonne et en moi et en eux » (ibid. LXXXIII).
Que Dieu accorde que soit
repris le chemin de la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple
turc, et que la paix advienne aussi au Nagorno Karabakh. Ce sont des peuples
qui, par le passé, malgré les divergences et les tensions, ont vécu de longues
périodes de cohabitation pacifique, et même dans le tourbillon des violences
ont connu des cas de solidarité et d’aide réciproque. C’est seulement dans cet
esprit que les nouvelles générations pourront s’ouvrir à un avenir meilleur et
que le sacrifice de beaucoup pourra devenir semence de justice et de paix.
Pour nous, chrétiens, que
ceci soit surtout un temps fort de prière, pour que le sang versé, par la force
rédemptrice du sacrifice du Christ, opère le prodige de la pleine unité entre
ses disciples. Qu’il renforce en particulier les liens d’amitié fraternelle qui
déjà unissent l’Église Catholique et l’Église Arménienne Apostolique. Le
témoignage de tant de frères et sœurs qui, sans défense, ont sacrifié leur vie
pour leur foi, rapproche les diverses confessions : c’est l’œcuménisme du sang
qui a conduit saint Jean-Paul II à célébrer ensemble, durant le Jubilé de l’an
2000, tous les martyrs du XXème siècle. La célébration d’aujourd’hui
également se situe dans ce contexte spirituel et ecclésial. Des représentants
de nos deux Églises participent à cet événement ; et de nombreux fidèles
dispersés partout dans le monde s’unissent spirituellement, en un signe qui
reflète sur la terre la communion parfaite qui existe entre les esprits
bienheureux du ciel. Avec un cœur fraternel, j’assure de ma proximité, à
l’occasion de la cérémonie de canonisation des martyrs de l’Église Arménienne
Apostolique qui aura lieu le 23 avril prochain en la cathédrale d’Etchmiadzin,
et des commémorations qui se tiendront à Antelias en juillet.
Je confie à la Mère de
Dieu ces intentions avec les paroles de saint Grégoire de Narek :
« O pureté des Vierges,
reine des bienheureux,
Mère de l’édifice indestructible de l’Église,
Mère du Verbe immaculé de Dieu,
(…)
nous réfugiant sous la défense des ailes immenses de ton intercession,
nous levons les mains vers toi,
et avec une invincible espérance nous croyons que nous serons sauvés ».
(Panégyrique à la Vierge)
Du Vatican, 12 avril 2015
Franciscus
Copyright © Dicastère
pour la Communication
1915-2015 : l’Arménie
commémore ses martyrs
Le 24 avril 2015
En ce jour commémoratif
du centenaire du génocide des Arméniens par les Turcs, nous publions ci-dessous
l’intégralité de l’article paru dans le dernier numéro de « L’Eglise
dans le monde » (la revue de l’AED) sur ce sujet. Une analyse
historique, politique et actuelle rédigée par Philippe Oswald.
Le 24 avril 1915,
l’arrestation de tous les notables arméniens de Constantinople (Istanbul) donne
le coup d’envoi du génocide des Arméniens : les deux tiers seront exterminés,
depuis les nourrissons jusqu’aux vieillards, entre avril et août 1915, sur
l’ensemble du territoire de l’Empire turc – certains lieux sont aujourd’hui
situés en Syrie, tel Rakka -, théâtre de nombreuses horreurs perpétrées
récemment par les djihadistes du prétendu Etat islamique. Les Turcs, quant à
eux, tuèrent environ un million et demi de personnes, soit 75% de la
population, par l’épuisement (marches forcées dans le désert), par la faim ou
par les armes.
Cette extermination avait
été précédée, vingt ans plus tôt (1894-1897), par des massacres de grande
ampleur (« massacres hamidiens ») ordonnés par un sultan panislamiste,
renouvelés en 1909 (« massacres de Silicie ») par les Jeunes Turcs qui venaient
de prendre le pouvoir. C’étaient les prémices du plan d’extermination de 1915
organisé au sommet de l’Etat par le triumvirat Talaat Pacha, Enver Pacha et
Djemal Pacha.
La Turquie persiste à
nier le génocide
Un siècle plus tard, la
Turquie refuse toujours d’admettre l’existence de ce génocide, bien que
celui-ci ne fasse aucun doute pour les historiens, et malgré sa reconnaissance
par une vingtaine d’Etats dont la France et le Saint-Siège, et par de nombreux
parlements et instances internationales. Le 2 juillet 1985, une sous-commission
de l’ONU pour la prévention des droits de l’homme et la protection des
minorités a publié un rapport qualifiant le massacre des Arméniens de «
génocide ».
L’an dernier, alors que
se préparait les cérémonies du centenaire du génocide, le premier
ministre turc islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan s’est tout de même
fendu de « condoléances » aux descendants des victimes, mais en évitant
soigneusement de prononcer le mot « génocide » et en usant d’une circonlocution
alambiquée : « Nous souhaitons que les Arméniens, qui ont perdu la vie
dans les circonstances ayant caractérisé le début du XX° siècle, reposent en
paix, et nous exprimons nos condoléances à leurs petits-enfants » (23 avril
2014). Pas de quoi apaiser les descendants des victimes qui, au-delà du deuil,
continuent de subir des préjudices territoriaux, culturels, moraux et
psychologiques.
En France, l’année de
commémoration s’est ouverte le 28 janvier 2015, avec les représentants de la
communauté arménienne (400 000 Arméniens français), en présence du Président de
la République. La reconnaissance par la France en 2001 du génocide arménien,
puis la tentative de criminaliser sa négation en 2012 – loi rejetée par le
Conseil constitutionnel – continuent de perturber les relations entre Paris et
Ankara. Le voyage de François Hollande en Turquie, en janvier 2014, n’aura
guère permis de les réchauffer, le président français réitérant dans une
conférence de presse en présence de son homologue Abdullah Güll son invitation
à la Turquie d’effectuer un « travail de mémoire » aussi « douloureux »
soit-il, et dévoilant son intention de transposer en France une loi-cadre
européenne de 2008 qui punit « l’apologie, la négation ou la banalisation
grossière publiques des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre. »
C’était à Ankara, au palais de Cankaya, une propriété spoliée à une riche
famille d’Arméniens devenue la résidence officielle des présidents turcs depuis
Mustafa Kemal (« Atatürk »), le fondateur de la Turquie moderne…
Le génocide a dispersé
les Arméniens dans le monde : ils sont 7 millions vivant à l’étranger contre 3
millions dans la République. Certains reviennent, fortune faite, pour aider
leur pays et retrouver leur patrie, tels ceux qui se sont installés en Arménie
après l’éclatement de l’Union soviétique. D’autres, plus récemment, –
environ 6000 – ont fui la guerre en Syrie.
Le « voyage spirituel »
de l’Arménie chrétienne
Dès 301,
soixante-dix-neuf-ans avant l’ouverture au christianisme de l’Empire Romain,
l’Arménie devint officiellement chrétienne sous le double patronage de Grégoire
« l’Illuminateur », fondateur de l’Eglise arménienne, et du roi Tiridate III
qui sortit le patriarche de prison pour être guéri par lui.
C’est cette Eglise
vénérable qui canonisera ses martyrs à l’occasion du centenaire du
génocide. Cette canonisation de masse se déroulera le 23 avril prochain à
Etchmiadzine, ville où se trouve le siège de l’Eglise apostolique arménienne
(orthodoxe). Le jour suivant deviendra la « Journée de la mémoire » de ces
victimes, a annoncé le patriarche arménien Karékin II, dans une lettre
encyclique, qui a ouvert officiellement les célébrations du centenaire.
Celles-ci s’étaleront sur toute l’année, a-t-il annoncé, spécifiant que «
chaque jour de 2015 sera un jour de souvenir et de dévotion envers notre
peuple, un voyage spirituel aux mémoriaux de nos martyrs ». A Rome, le Pape
François célèbrera une messe pour les fidèles arméniens le 12 avril prochain,
en la fête de la divine Miséricorde, dans la basilique Saint-Pierre.
L’Eglise apostolique
arménienne compte environ 6 millions de fidèles et compte deux catholicosats :
celui d’Etchmiadzine en Arménie (350 prêtres et 130 séminaristes sous la
houlette du patriarche Catholicos Karékin II, 132e successeur de Grégoire) et
celui d’Antelias au Liban. S’y ajoutent deux patriarcats, le patriarcat de
Jérusalem et de Constantinople, rattachés à l’autorité du Patriarche suprême
d’Arménie.
Un moine arménien bientôt
« docteur de l’Eglise universelle »
Les relations entre les
deux Eglises catholique et arménienne (orthodoxe) ont été consolidées par
des visites échangées entre les Catholicos et les papes Jean-Paul II (visite à
Etchmiadzin en 2001) et Benoît XVI (2008 et 2012). Le patriarche arménien était
également présent à Rome pour la commémoration des témoins de la foi du XX
siècle lors du grand jubilé 2000, et y revint pour les funérailles de Jean-Paul
II et la cérémonie inaugurale du pontificat actuel. SS Karékin II, Catholicos
d’Etchmiadzin, a été reçu par le pape François le 8 mai dernier, et Aram Ier
Kechichian, le Catholicos de l’Eglise arménienne de Cilicie, le 5 juin (il
avait déjà eu audience avec Jean Paul II en 1997 puis avec Benoît XVI en 2008).
L’Arménie sera également
bientôt à l’honneur dans l’Eglise catholique avec l’élévation au rang de «
docteur de l’Eglise universelle » d’un moine arménien, saint Grégoire de Narek
(950 -1005), grand mystique, auteur d’un important recueil de prières utilisé
dans la liturgie arménienne. Les thèmes principaux de l’œuvre de saint Grégoire
de Narek sont la solidarité des hommes dans le péché, la confiance en la
Miséricorde divine, la nécessité du combat spirituel et l’amour de la vie
mystique. Narek se trouve aujourd’hui en territoire turc, sur la rive sud du
lac de Van.
Philippe Oswald
L’Eglise dans le Monde
SOURCE : http://www.aed-france.org/1915-2015-larmenie-commemore-ses-martyrs/
Stèle
au génocide arménien à La
Tour-d'Aigues
Génocide arménien: 1,5
million de victimes canonisées
Reconnaissance
Ces canonisations émises
par l'Eglise arménienne auront lieu jeudi à la veille des commémorations
officielles.
L'Eglise arménienne va
canoniser jeudi 23 avril 1,5 million de victimes du génocide arménien perpétré
par les Turcs ottomans, à la veille des commémorations officielles du
centenaire des massacres et malgré les critiques de la Turquie qui rejette le
terme de génocide.
Cette canonisation, qui
aura lieu jeudi soir près de Erevan, la capitale, sera la plus importante
numériquement parlant jamais décidée par une Eglise chrétienne.
Martyrs du génocide
Vendredi, des millions de
personnes à travers le monde, dont plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement,
vont rendre hommage aux victimes de ces massacres qui ont débuté il y a 100
ans.
«Le 23 avril aura lieu la
canonisation des martyrs du génocide arménien», a annoncé l'Eglise apostolique
arménienne, en appelant tous les Arméniens à «participer pieusement à cet
événement historique».
L'office de canonisation
sera célébré par le chef de l'Eglise arménienne, le catholicos Karékine II, à
Etchmiadzine, à une vingtaine de kilomètres d'Erevan, dans un édifice datant du
IVe siècle qui est considéré comme la cathédrale chrétienne la plus ancienne au
monde.
Minute de silence
Après la cérémonie, les
cloches vont sonner dans toutes les églises arméniennes à travers le monde et
une minute de silence sera observée.
En canonisant ces
victimes, «l'Eglise ne fait que reconnaître les faits, c'est à dire le
génocide», a déclaré Karékine II mercredi.
«Pour nous, Arméniens,
c'est une obligation morale et un droit de nous souvenir de 1,5 million des
nôtres qui ont été tués et des centaines de milliers de personnes qui ont subi
des privations inhumaines», a souligné pour sa part le président arménien Serge
Sarkissian.
La Turquie nie les faits
Les Arméniens estiment
que 1,5 million de personnes ont été tuées de manière systématique entre 1915
et 1917, lors des dernières années de l'Empire ottoman, et une vingtaine de
pays, parmi lesquels la France et la Russie, ont reconnu qu'il s'agissait là d'un
génocide.
La Turquie récuse ce
terme et évoque pour sa part une guerre civile en Anatolie, doublée d'une
famine, dans laquelle 300 à 500'000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la
mort.
Des centaines de milliers
de personnes sont attendues vendredi à Erevan pour une cérémonie commémorative
au Mémorial des victimes du génocide arménien. Parmi les invités, les
présidents russe Vladimir Poutine et français François Hollande.
Des cérémonies
commémoratives organisées par de nombreuses diasporas arméniennes auront
également lieu de Los Angeles à Stockholm, en passant par Paris et Beyrouth.
Soutien de l'Autriche
A deux jours de la date
anniversaire, le Parlement autrichien a observé mercredi une minute de silence
en mémoire du génocide arménien, une première dans ce pays --allié à l'époque à
l'empire ottoman-- où ce terme n'avait jamais été utilisé officiellement.
Ce geste a provoqué la
fureur de la Turquie qui a dénoncé une «injure au peuple turc contraire aux
faits». Ankara a aussitôt rappelé en consultation son ambassadeur en Autriche
en signe de protestation.
Ces derniers jours, la
Turquie, héritière de l'Empire ottoman depuis 1923, avait déjà été très irritée
par les déclarations du pape François, qui a parlé pour la première fois du
«génocide» des Arméniens, et par le Parlement européen qui a demandé à Ankara
de reconnaître le génocide.
En réaction, Ankara a
rappelé son ambassadeur auprès du Vatican, et le président turc Recep Tayyip
Erdogan a exhorté le pape à ne pas répéter cette «erreur».
Condoléances d'Erdogan
En avril 2014, M.
Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inédit, en présentant ses
condoléances pour les victimes arméniennes de 1915, sans pour autant cesser de
contester toute volonté d'extermination.
Le président arménien
Serge Sarkissian a invité M. Erdogan à faire un geste «plus fort» lors de la
commémoration du centenaire cette année.
«J'espère que le
président Erdogan exprimera un message plus fort le 24 avril et que les
relations (bilatérales) pourront se normaliser», a déclaré M. Sarkissian dans
un entretien accordé à la chaîne d'information turque CNN-Türk diffusé jeudi.(afp/Newsnet)
Créé: 23.04.2015, 11h47
Monumento
conmemorativo del genocidio armenio en Montreal, Canadá
The Armenian Genocide Memorial in the Marcelin-Wilson Park in Montreal
L'Eglise arménienne a
canonisé les victimes du génocide des Arméniens
L'office célébré par le
chef de l'Eglise arménienne s'est déroulé à Etchmiadzine, à une vingtaine de
kilomètres d'Erevan, à la veille des commémorations officielles du centenaire
des massacres.
Le
Monde | 23.04.2015 à 16h20 • Mis à jour le 23.04.2015 à 20h42
La cérémonie de
canonisation des victimes – un million et demi de personnes – du génocide
des Arméniens,
perpétré par les Turcs ottomans, a eu lieu jeudi 23 avril en Arménie,
à la veille des commémorations officielles du centenaire des massacres et
malgré les critiques de la Turquie qui rejette le terme de
génocide.
L'office célébré par le
chef de l'Eglise arménienne, le catholicos Karékine II, s'est déroulé à
Etchmiadzine, à une vingtaine de kilomètres d'Erevan, dans un édifice datant du
IVe siècle qui est considéré comme la cathédrale chrétienne la plus
ancienne au monde. En canonisant ces victimes, « l'Eglise
ne fait que reconnaître les
faits, c'est à dire le
génocide », a souligné le chef de l'Eglise arménienne. « Plus
d'un million d'Arméniens ont été déportés, tués, torturés, mais ils sont restés
fidèles au Christ », a-t-il ajouté.
« Les âmes des
victimes du génocide vont enfin trouver le repos
éternel », s'est félicité Vardoukhi Chanakian, 68 ans, un employé des
services sociaux d'Erevan, la capitale arménienne.
C'est la première fois
qu'est célébré le centenaire d'un génocide. Cette célébration est un
événement international à Erevan, en
Arménie, où la présence de plusieurs chefs d'Etat, dont le président
français, François Hollande, témoigne
d'une solidarité avec les descendants des victimes et d'une responsabilité face
à l'Histoire.
Tehran's
Genocide Memorial, Saint Sarkis Cathedral
Dear Armenian Brothers
and Sisters,
A century has passed
since that horrific massacre which was a true martyrdom of your people, in
which many innocent people died as confessors and martyrs for the name of
Christ (cf. John Paul II and Karekin II, Common
Declaration, Etchmiadzin, 27 September 2001). Even today, there is not an
Armenian family untouched by the loss of loved ones due to that tragedy: it truly
was “Metz Yeghern”, the “Great Evil”, as it is known by Armenians. On this
anniversary, I feel a great closeness to your people and I wish to unite myself
spiritually to the prayers which rise up from your hearts, your families and
your communities.
Today is a propitious
occasion for us to pray together, as we proclaim Saint Gregory of Narek a
Doctor of the Church. I wish to express my deep gratitude for the
presence here today of His Holiness Karekin II, Supreme Patriarch and
Catholicos of All Armenians, His Holiness Aram I, Catholicos of the Great House
of Cilicia, and His Beatitude Nerses Bedros XIX, Patriarch of Cilicia of
Armenian Catholics.
Saint Gregory of Narek, a
monk of the tenth century, knew how to express the sentiments of your people
more than anyone. He gave voice to the cry, which became a prayer, of a sinful
and sorrowful humanity, oppressed by the anguish of its powerlessness, but
illuminated by the splendour of God’s love and open to the hope of his salvific
intervention, which is capable of transforming all things. “Through his
strength I wait with certain expectation believing with unwavering hope that… I
shall be saved by the Lord’s mighty hand and… that I will see the Lord himself
in his mercy and compassion and receive the legacy of heaven” (Saint Gregory of
Narek, Book of Lamentations, XII).
Your Christian identity
is indeed ancient, dating from the year 301, when Saint Gregory the Illuminator
guided Armenia to conversion and baptism. You were the first among nations in
the course of the centuries to embrace the Gospel of Christ. That
spiritual event indelibly marked the Armenian people, as well as its culture
and history, in which martyrdom holds a preeminent place, as attested to
symbolically by the sacrificial witness of Saint Vardan and his companions in
the fifth century.
Your people, illuminated
by Christ’s light and by his grace, have overcome many trials and sufferings,
animated by the hope which comes from the Cross (cf. Rom 8:31-39). As
Saint John Paul II said to you, “Your history of suffering and martyrdom is a
precious pearl, of which the universal Church is proud. Faith in Christ, man’s
Redeemer, infused you with an admirable courage on your path, so often like
that of the Cross, on which you have advanced with determination, intent on
preserving your identity as a people and as believers” (Homily, 21 November
1987).
This faith also
accompanied and sustained your people during the tragic experience one hundred
years ago “in what is generally referred to as the first genocide of the
twentieth century” (John Paul II and Karekin II, Common
Declaration, Etchmiadzin, 27 September 2001). Pope Benedict XV, who
condemned the First World War as a “senseless slaughter” (AAS, IX [1917], 429),
did everything in his power until the very end to stop it, continuing the
efforts at mediation already begun by Pope Leo XIII when confronted with the
“deadly events” of 1894-96. For this reason, Pope Benedict XV wrote to Sultan
Mehmed V, pleading that the many innocents be saved (cf. Letter of 10
September 1915) and, in the Secret Consistory of 6 December 1915, he declared
with great dismay, “Miserrima Armenorum gens ad interitum prope ducitur” (AAS,
VII [1915], 510).
It is the responsibility
not only of the Armenian people and the universal Church to recall all that has
taken place, but of the entire human family, so that the warnings from this
tragedy will protect us from falling into a similar horror, which offends
against God and human dignity. Today too, in fact, these conflicts at times
degenerate into unjustifiable violence, stirred up by exploiting ethnic and
religious differences. All who are Heads of State and of International
Organizations are called to oppose such crimes with a firm sense of duty,
without ceding to ambiguity or compromise.
May this sorrowful
anniversary become for all an occasion of humble and sincere reflection, and
may every heart be open to forgiveness, which is the source of peace and
renewed hope. Saint Gregory of Narek, an extraordinary interpreter of the human
soul, offers words which are prophetic for us: “I willingly blame myself with
myriad accounts of all the incurable sins, from our first forefather through
the end of his generations in all eternity, I charge myself with all these
voluntarily” (Book of Lamentations, LXXII). How striking is his sense of
universal solidarity! How small we feel before the greatness of his
invocations: “Remember, [Lord,]… those of the human race who are our enemies as
well, and for their benefit accord them pardon and mercy… Do not destroy those
who persecute me, but reform them, root out the vile ways of this world, and
plant the good in me and them” (ibid., LXXXIII).
May God grant that the
people of Armenia and Turkey take up again the path of reconciliation, and may
peace also spring forth in Nagorno Karabakh. Despite conflicts and tensions,
Armenians and Turks have lived long periods of peaceful coexistence in the past
and, even in the midst of violence, they have experienced times of solidarity
and mutual help. Only in this way will new generations open themselves to a
better future and will the sacrifice of so many become seeds of justice and
peace.
For us Christians, may
this be above all a time of deep prayer. Through the redemptive power of
Christ’s sacrifice, may the blood which has been shed bring about the miracle
of the full unity of his disciples. In particular, may it strengthen the bonds
of fraternal friendship which already unite the Catholic Church and the
Armenian Apostolic Church. The witness of many defenceless brothers and sisters
who sacrificed their lives for the faith unites the diverse confessions: it is
the ecumenism of blood, which led Saint John Paul II to celebrate all the
martyrs of the twentieth century together during the Jubilee of 2000. Our
celebration today also is situated in this spiritual and ecclesial context.
Representatives of our two Churches are participating in this event to which
many of our faithful throughout the world are united spiritually, in a sign
which reflects on earth the perfect communion that exists between the blessed
souls in heaven. With brotherly affection, I assure you of my closeness
on the occasion of the canonization ceremony of the martyrs of the Armenian
Apostolic Church, to be held this coming 23 April in the Cathedral of
Etchmiadzin, and on the occasion of the commemorations to be held in Antelias
in July.
I entrust these
intentions to the Mother of God, in the words of Saint Gregory of Narek:
“O Most Pure of Virgins,
first among the blessed,
Mother of the unshakeable edifice of the Church,
Mother of the immaculate Word of God,
(…)
Taking refuge beneath your boundless wings which grant us the protection of
your intercession, we lift up our hands to you,
and with unquestioned hope we believe that we are saved”.
(Panegyric of the
Theotokos)
From the Vatican, 12
April 2015
Franciscus
Copyright © Dicastery for
Communication
Map
of the Armenian Genocide in 1915.
Mapa
del genocidio armenio en 1915.
Carte
en anglais du génocide arménien de 1915.
Карта геноцида армян 1915 года.
Carte
représentant les flux de déportations, centres de contrôles, postes, camps de
concentration et d'extermination ainsi que les lieux de résistance arménienne.
Commemoration of the Holy
Martyrs of the Armenian Genocide
The Armenian Genocide—the
first genocide of the 20th century—took the lives of 1.5 million Armenians, who
were massacred by Ottoman Turkey’s “Young Turk” government beginning in 1915.
The deportation and mass extermination of Armenians continued until 1923.
Planned and executed
during World War I, the Armenian Genocide saw the virtual elimination of
Armenians from their ancestral homeland. Those who were not killed immediately
were led on horrific death marches, like the one through the Der Zor desert in
Syria. The mass exodus of surviving Armenians from Anatolia resulted in the
dispersal of the Armenian people to every corner of the world. Today, the large
Armenian diaspora comprises over 4 million people (roughly equal to the number
of Armenians living in the modern Republic of Armenia).
The Armenian Genocide
began on April 24, 1915, when Ottoman authorities arrested and killed some 250
Armenian intellectuals and community leaders in Constantinople. Those arrested
included Armenian doctors, lawyers, parliamentarians, authors, and artists.
Armenian civilians—including the elderly, women and children—were then forcibly
removed from their homes and sent on death marches for hundreds of miles, with
no food or water.
To this day, the Republic
of Turkey continues to deny that the Armenian Genocide took place, although
historians and scholarly authorities throughout the world recognized the
Genocide as a tragic fact of history.
For years, Armenian
communities around the world commemorate each April 24 as “Armenian Martyrs
Day,” which they observe with religious and cultural memorials. This continues
to this day.
On the occasion of the
100th anniversary of the Armenian Genocide, the genocide martyrs were canonized
during a special service at the Mother See of Holy Etchimiadzin as the Holy
Martyrs of the Armenian Genocide on April 23, 2015. This made the Holy Martyrs
of the Armenian Genocide the first saints canonized in the Armenian Church in
hundreds of years. With the canonization, the Armenian Church’s newest feast day,
the Commemoration of the Holy Martyrs of the Armenian Genocide, is celebrated
on April 24.
Aerial view of the Armenian Genocide memorial complex on a hill above Yerevan, september 2017
Armenian
Genocide Museum-Institute in Yerevan, Armenia המוזיאון לרצח העם הארמני בירוואן בירת
ארמניה האנדרטה והאובליסק בשטח המוזיאון
MESSAGGIO DEL SANTO PADRE FRANCESCO
AGLI ARMENI
Cari fratelli e sorelle
armeni,
un secolo è trascorso da
quell’orribile massacro che fu un vero martirio del vostro popolo, nel quale
molti innocenti morirono da confessori e martiri per il nome di Cristo (cfr
Giovanni Paolo II e Karekin II, Dichiarazione
comune, Etchmiadzin, 27 settembre 2001). Non vi è famiglia armena ancora
oggi, che non abbia perduto in quell’evento qualcuno dei suoi cari: davvero fu
quello il “Metz Yeghern”, il “Grande Male”, come avete chiamato quella
tragedia. In questa ricorrenza provo un sentimento di forte vicinanza al vostro
popolo e desidero unirmi spiritualmente alle preghiere che si levano dai vostri
cuori, dalle vostre famiglie, dalle vostre comunità.
Ci è data un’occasione
propizia di pregare insieme nell’odierna celebrazione, in cui proclamiamo
Dottore della Chiesa san Gregorio di Narek. Esprimo viva gratitudine per la
loro presenza a Sua Santità Karekin II, Supremo Patriarca e Catholicos di Tutti
gli Armeni, a Sua Santità Aram I, Catholicos della Grande Casa di Cilicia, e a
Sua Beatitudine Nerses Bedros XIX, Patriarca di Cilicia degli Armeni Cattolici.
San Gregorio di Narek,
monaco del X secolo, più di ogni altro ha saputo esprimere la sensibilità del
vostro popolo, dando voce al grido, che diventa preghiera, di un’umanità
dolente e peccatrice, oppressa dall’angoscia della propria impotenza ma
illuminata dallo splendore dell’amore di Dio e aperta alla speranza del suo
intervento salvifico, capace di trasformare ogni cosa. «In virtù della sua
potenza, io credo con una speranza che non tentenna, in sicura attesa,
rifugiandomi nelle mani del Potente ... di vedere Lui stesso, nella sua
misericordia e tenerezza e nell’eredità dei Cieli» (San Gregorio di
Narek, Libro delle Lamentazioni, XII).
La vostra vocazione
cristiana è assai antica e risale al 301, anno in cui san Gregorio
l’Illuminatore guidò alla conversione e al battesimo l’Armenia, la prima tra le
nazioni che nel corso dei secoli hanno abbracciato il Vangelo di Cristo.
Quell’evento spirituale ha segnato in maniera indelebile il popolo armeno, la
sua cultura e la sua storia, nelle quali il martirio occupa un posto
preminente, come attesta in modo emblematico la testimonianza sacrificale di
san Vardan e dei suoi compagni nel V secolo.
Il vostro popolo,
illuminato dalla luce di Cristo e con la sua grazia, ha superato tante prove e
sofferenze, animato dalla speranza che deriva dalla Croce (cfr Rm 8,31-39).
Come ebbe a dirvi san Giovanni Paolo II: «La vostra storia di sofferenza e di
martirio è una perla preziosa, di cui va fiera la Chiesa universale. La fede in
Cristo, redentore dell’uomo, vi ha infuso un coraggio ammirevole nel cammino,
spesso tanto simile a quello della croce, sul quale avete avanzato con
determinazione, nel proposito di conservare la vostra identità di popolo e di
credenti» (Omelia,
21 novembre 1987).
Questa fede ha
accompagnato e sorretto il vostro popolo anche nel tragico evento di cento anni
fa che «generalmente viene definito come il primo genocidio del XX secolo»
(Giovanni Paolo II e Karekin II, Dichiarazione
Comune, Etchmiadzin, 27 settembre 2001). Il Papa Benedetto XV, che condannò
come «inutile strage» la Prima Guerra Mondiale (AAS, IX [1917], 429),
si prodigò fino all’ultimo per impedirlo, riprendendo gli sforzi di mediazione
già compiuti dal Papa Leone XIII di fronte ai «funesti eventi» degli anni
1894-96. Egli scrisse per questo al sultano Maometto V, implorando che fossero
risparmiati tanti innocenti (cfr Lettera del 10 settembre 1915) e fu
ancora lui che, nel Concistoro Segreto del 6 dicembre 1915, affermò con
vibrante sgomento: «Miserrima Armenorum gens ad interitum prope ducitur»,
(AAS, VII [1915], 510).
Fare memoria di quanto
accaduto è doveroso non solo per il popolo armeno e per la Chiesa universale,
ma per l’intera famiglia umana, perché il monito che viene da questa tragedia
ci liberi dal ricadere in simili orrori, che offendono Dio e la dignità umana.
Anche oggi, infatti, questi conflitti talvolta degenerano in violenze
ingiustificabili, fomentate strumentalizzando le diversità etniche e religiose.
Tutti coloro che sono posti a capo delle Nazioni e delle Organizzazioni
internazionali sono chiamati ad opporsi a tali crimini con ferma
responsabilità, senza cedere ad ambiguità e compromessi.
Questa dolorosa
ricorrenza diventi per tutti motivo di riflessione umile e sincera e di
apertura del cuore al perdono, che è fonte di pace e di rinnovata speranza. San
Gregorio di Narek, formidabile interprete dell’animo umano, sembra pronunciare
per noi parole profetiche: «Io mi sono volontariamente caricato di tutte le
colpe, da quelle del primo padre fino a quello dell’ultimo dei suoi
discendenti, e me ne sono considerato responsabile» (Libro delle Lamentazioni,
LXXII). Quanto ci colpisce questo suo sentimento di universale solidarietà! Come
ci sentiamo piccoli di fronte alla grandezza delle sue invocazioni: «Ricordati,
[Signore,] … di quelli che nella stirpe umana sono nostri nemici, ma per il
loro bene: compi in loro perdono e misericordia (...) Non sterminare coloro che
mi mordono: trasformali! Estirpa la viziosa condotta terrena e radica quella
buona in me e in loro» (ibid., LXXXIII).
Dio conceda che si
riprenda il cammino di riconciliazione tra il popolo armeno e quello turco, e
la pace sorga anche nel Nagorno Karabakh. Si tratta di popoli che, in passato,
nonostante contrasti e tensioni, hanno vissuto lunghi periodi di pacifica
convivenza, e persino nel turbine delle violenze hanno visto casi di
solidarietà e di aiuto reciproco. Solo con questo spirito le nuove generazioni
possono aprirsi a un futuro migliore e il sacrificio di molti può diventare
seme di giustizia e di pace.
Per noi cristiani, questo
sia soprattutto un tempo forte di preghiera, affinché il sangue versato, per la
forza redentrice del sacrificio di Cristo, operi il prodigio della piena unità
tra i suoi discepoli. In particolare rinsaldi i legami di fraterna amicizia che
già uniscono la Chiesa Cattolica e la Chiesa Armena Apostolica. La
testimonianza di tanti fratelli e sorelle che, inermi, hanno sacrificato la
vita per la loro fede, accomuna le diverse confessioni: è l’ecumenismo del
sangue, che condusse san Giovanni Paolo II a celebrare insieme, durante il
Giubileo del 2000, tutti
i martiri del XX secolo. Anche la celebrazione di oggi si colloca in questo
contesto spirituale ed ecclesiale. A questo evento partecipano rappresentanze
delle nostre due Chiese e si uniscono spiritualmente numerosi fedeli sparsi nel
mondo, in un segno che riflette sulla terra la comunione perfetta che esiste
tra gli spiriti beati del cielo. Con animo fraterno, assicuro la mia vicinanza
in occasione della cerimonia di canonizzazione dei martiri della Chiesa Armena
Apostolica, che avrà luogo il 23 aprile prossimo nella Cattedrale di
Etchmiadzin, e alle commemorazioni che si terranno ad Antelias in luglio.
Affido alla Madre di Dio
queste intenzioni con le parole di san Gregorio di Narek:
«O purezza delle Vergini,
corifea dei beati,
Madre dell’edificio incrollabile della Chiesa,
Genitrice del Verbo immacolato di Dio,
(…)
rifugiandoci sotto le ali sconfinate di difesa della tua intercessione,
innalziamo le nostre mani verso di te,
e con indubitata speranza crediamo di essere salvati».
(Panegirico alla Vergine)
Dal Vaticano, 12 aprile
2015
Francesco
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Dicastero per la Comunicazione
Roma,
salita san Nicola da Tolentino - stele in memoria degli armeni martiri
Santi Martiri del
Genocidio Armeno
Cent’anni orsono si
consumava uno dei più sanguinosi eccidi dei tempi moderni che costò la vita ad
un milione e mezzo di cristiani armeni. Domenica 12 aprile Papa Francesco,
durante la Messa presieduta in Vaticano non ha esitato a riconoscere questo
tragico evento quale un vero e proprio genocidio, checché ne dicano coloro che
ancora oggi si ostinano a non riconoscerlo come tale. Il 23 aprile la Chiesa
Apostolica Armena ha canonizzato in massa questo milione e mezzo di uomini,
donne e bambini morti a causa della loro appartenenza etnica e religiosa. Il
giorno successivo, 24 aprile, a partire da quest’anno diviene così la “giornata
della memoria” di queste vittime, come ha annunciato il patriarca armeno
Karekin II nell’enciclica con cui ha aperto ufficialmente le celebrazioni del
centenario del genocidio. Celebrazioni che si estenderanno per tutto l'anno, ha
sottolineato, specificando che “ogni giorno del 2015 sarà un giorno di ricordo
e di devozione al nostro popolo, un viaggio spirituale al memoriale dei nostri
martiri. Nel 1915 e negli anni successivi un milione e mezzo di nostri figli e
figlie ha subito la morte, la fame, la malattia; è stato deportato e costretto
a camminare fino alla morte. Secoli di creatività e di obiettivi raggiunti sono
stati distrutti in un istante. Migliaia di chiese e monasteri sono stati
profanati e distrutti, le istituzioni nazionali e le scuole rase al suolo e
demolite. I nostri tesori spirituali e culturali sono stati sradicati e
cancellati”. In seguito, con il coraggio della fede e il genio che lo
caratterizza, questo popolo ha potuto “risuscitare dalla morte” e tornare a
brillare, come spiega il patriarca. “Riponendo la nostra speranza in Te, o
Signore, il nostro popolo è stato illuminato e rafforzato. La tua luce ha
acceso l'ingegno del nostro spirito. La tua forza ci ha orientati alle nostre
vittorie. Abbiamo creato quando altri avevano distrutto le nostre creazioni.
Abbiamo continuato a vivere quando altri ci volevano morti”. Il centenario
permette di celebrare anche questa risurrezione. Anche la Chiesa Cattolica
Armena ha già avviato le pratiche per la beatificazione di 43 suoi figli
vittime del genocidio.
La persecuzione
scatenata, tra il 1915 e il 1918, dai turchi nei confronti del popolo armeno
residente in Anatolia e nel resto dell’Impero Ottomano rappresenta forse il
primo esempio dell’epoca moderna di sistematica soppressione di una minoranza
etnico-religiosa. Una campagna di eliminazione che non scaturì soltanto
dell’ideologia, scopertamente razzista, del sedicente Partito “modernista e
progressista” dei Giovani Turchi, ma trasse le sue origini più profonde anche
dall’innata, anche se inconfessabile, insofferenza che i mussulmani ottomani e
curdi di Anatolia hanno sempre manifestato nei confronti di una minoranza cristiana,
quella armena, portatrice di valori religiosi e culturali semplicemente
diversi.
Ma andiamo per ordine e
cerchiamo di capire le motivazioni e la genesi di uno dei più orribili e meno
pubblicizzati fenomeni di intolleranza etnico-religiosa del XX secolo. Lo
sterminio degli armeni, verificatosi tra il 1915 e il 1918, in realtà non
rappresenta che il completamento di una lunghissima campagna di persecuzioni e
di discriminazioni che ebbe inizio a partire dalla seconda metà dell’Ottocento
all’interno dei confini del decadente Impero Ottomano. Tra il 1894 e il 1896
‘Abd ul-Hamid, l’ultimo sovrano, o meglio despota, della Sacra Porta, diede il
via ad un programma di sterminio che, sotto molti aspetti è possibile
paragonare a quello nazista nei confronti del popolo ebraico (1). Fu proprio in
questo periodo, infatti, che il governo turco iniziò ad applicare nei confronti
degli armeni - già discriminati in molti settori della vita civile ma ancora in
grado di sopravvivere più o meno decorosamente - una serie di leggi volte non
soltanto a perfezionare l’isolamento civile della minoranza, ma a decretarne e
a renderne possibile, in buona sostanza, lo sterminio legale: una manovra che
in buona misura venne attuata anche per scaricare sugli armeni - popolo, o
meglio nazione, tradizionalmente molto attiva e mediamente colta - la
responsabilità dei fallimenti di una politica di governo, quella dei sultani,
assolutamente deficitaria ed arretrata. La persecuzione contro gli armeni,
infatti, va anche vista come il risultato di quei complessi e traumatici
processi storici che tra la seconda metà del XIX secolo e i primi tredici anni
del XX determinarono lo sgretolamento dell’Impero Ottomano.
Dopo avere dovuto
rinunciare (in seguito alla guerra con l’Italia del 1911/12 e alla Prima Guerra
Balcanica del 1913) a gran parte dei suoi possedimenti (Libia, Albania,
Macedonia e parte delle isole dell’Egeo), il governo di Costantinopoli, entrò
in una fase di crisi molto acuta. Temendo la completa dissoluzione dell’Impero,
prima la Sacra Porta e poi il Partito dei Giovani Turchi, iniziarono ad
assumere un atteggiamento sempre più sospettoso nei confronti delle minoranze
(come quella greca, bulgara, ebraica, beduina e armena), colpevoli - scendo i
vertici di Costantinopoli - di tramare nei confronti dell’Impero, minandone le
fondamenta. E complice quest’ottica distorta ed inesatta, fu proprio la
minoranza armena quella a destare le maggiori attenzioni. Ma la ragione di
tanta diffidenza da parte dei turchi nel confronti degli armeni scaturiva anche
da precise considerazioni e timori di carattere politico internazionale. La
Sacra Porta, infatti, vedeva in questa minoranza, che in gran parte abitava
l’area anatolica nord orientale, una possibile se non sicura alleata
dell’Impero Russo cristiano ortodosso, il più feroce e tradizionale nemico
della Sacra Porta. Un Impero che, fino dai tempi di Pietro il Grande
(1682-1725) e di Nicola I (1825-55), aveva sempre cercato di sottrarre alla
Turchia le regioni confinanti del Caucaso, guadagnandosi la simpatia delle
comunità armene ormai stanche di sottostare al dispotico dominio ottomano.
Diverse furono le guerre che, tra il XVIII e il XIX secolo, contrapposero i
turchi ai russi. Nel 1876, le forze zariste, che erano intervenute a sostegno
della Bulgaria, costrinsero Costantinopoli ad una resa umiliante, imponendo
alla Sacra Porta il Trattato di Santo Stefano. Un documento, quest’ultimo, che
sancì tra l’altro la cessione alla Russia di alcune aree dell’Anatolia nord
settentrionale, abitate da armeni.. Tuttavia, il Trattato, non divenne mai del
tutto operativo, anche a causa delle pressioni esercitate dal Primo Ministro
inglese Benjamin Disraeli, da sempre ostile ad una eccessiva espansione
politica e militare russa, soprattutto sui Balcani. E in seguito
all’intromissione di altre potenze occidentali (come la Francia e la Prussia)
avverse anch’esse alla Russia, il documento venne così parzialmente modificato,
con l’eliminazione della clausola relativa alla tutela della minoranza
armena. In buona sostanza, nessuna potenza occidentale volle spendere una
parola in favore della popolazione cristiana, preferendo orientarsi verso una
real politik. Anche se, pochi anni dopo, nel 1878, l’articolo 61 del
successivo Trattato di Berlino del 1878, sancì, almeno sulla carta, il diritto
alla sopravvivenza di questa sfortunata comunità. Il sostanziale disimpegno
delle nazioni europee permise al dispotico Sultano Abdul Hamid di sopprimere la
fragile Costituzione concessa nel 1876, abolendo tutte le libertà più
elementari, istituendo nuove, severe leggi contro le minoranze religiose del
Paese e costituendo nel contempo un’efficientissima polizia segreta incaricata
di schiacciare il neonato Movimento Indipendentista Armeno. Non contento, il
Sultano incoraggiò inoltre le tribù curde mussulmane ad emigrare verso le
tradizionali zone rurali armene della Turchia orientale, aizzandole contro i
cristiani. Forti dell’appoggio della Polizia Segreta e dell’Esercito Ottomano,
i curdi iniziarono così ad insediarsi in territorio armeno, scacciando con la
forza la locale popolazione. Costretti alla fuga, gli armeni furono quindi
obbligati a trasferirsi sempre più a nord est in direzione delle regioni
caucasiche russe: una manovra che la Sacra Porta, con notevole malafede, volle
interpretare come un atto di slealtà nei suoi confronti e di connivenza con il
nemico zarista. Fu a quel punto che il Movimento Indipendentista Armeno iniziò
a frantumarsi in diversi gruppi politici e società segrete, tra cui l’Armenakan
(fondato nel 1885), il partito socialdemocratico Hunchak (1887) e il più
radicale “movimento” Dashnak (1890), con lo scopo di combattere i turchi. Ma la
risposta del Sultano non si fece attendere. Il despota di Costantinopoli
organizzò i membri delle tribù curde nei cosiddetti reggimenti di cavalleria
Hamidye: autentiche bande armate di predoni autorizzate dal governo a
perseguitare e a massacrare gli armeni dell’Anatolia Orientale.
Ma se gli armeni rimasti
incapsulati in territorio ottomano se la passavano male, occorre dire che anche
quelli che erano riusciti a rifugiarsi nelle zone russo caucasiche non poterono
certo considerarsi in salvo. Nel 1881, in seguito all’assassinio dello zar
Alessandro II, il primo ministro liberale di origine armena Loris Melikov,
dovette rassegnare le dimissioni, in quanto ritenuto incapace di governare il
sempre crescente malcontento dei nazionalisti georgiani e armeni del Caucaso.
Dopo l’uscita di Melikov, i successivi governi di San Pietroburgo iniziarono
quindi a manifestare una certa diffidenza se non ostilità nei confronti degli
armeni, sia quelli residenti in Turchia che quelli stanziati in territorio
zarista (2). Nel 1903, lo zar Nicola II tentò perfino di confiscare le
proprietà della Chiesa Nazionale Armena, ordinando la chiusura delle scuole e delle
altre istituzioni della Transcaucasia russa. Questo drastico cambiamento di
rotta russo, consentì al Sultano Abd ul-Hamid di alzare il tiro contro l’odiata
minoranza, prendendo a presteso, tra l’altro, alcuni gravi ed insensati
attentati compiuti, tra il 1890 e il 1894, dalle frange estremiste del
Movimento Indipendentista Armeno. La situazione stava precipitando. Nel 1894,
un affiliato del Hunchak, un certo Murat, convinse le popolazioni di montagna
armene del distretto di Sassun a non pagare ai capi curdi locali l’odioso
“hafir”, o contributo per la protezione. L’“hafir” era in realtà una forma
di estorsione regolarizzata dal governo turco a tutto beneficio dei curdi che
in questo modo potevano arricchirsi alle spalle dei contadini e dei montanari
armeni.
L’11 marzo 1895, Gran
Bretagna, Francia e Russia, scandalizzate dall’inasprirsi delle misure
anti-armene, cambiarono improvvisamente atteggiamento, intimando al Sultano di
concedere alla minoranza cristiana una forma di seppur limitata
autonomia. La richiesta venne respinta da Hamid che per contro intensificò
la sua politica repressiva, giungendo a compiere vere e proprie stragi di
armeni, anche nelle principali città dell’Impero. Secondo precise testimonianze
dell’epoca, riportate da diplomatici italiani, francesi, inglesi e americani,
in più di un’occasione, le truppe turche e curde saccheggiarono villaggi,
rubarono bestiame, violentarono donne e bambini, costringendo non di rado i
prelati armeni a riunirsi nelle loro chiese alle quali appiccarono fuoco dopo
averne inchiodato le porte. Tra il 1894 e il 1896, le forze ottomane e curde
eliminarono nei modi più barbari dai 200 ai 250.000 armeni. Questa ondata di
violenza raggiunse livelli tali da indurre l’Inghilterra, la Francia e gli
Stati Uniti, ad invocare la destituzione del Sultano. Dal canto suo, sia lo zar
che il kaiser Guglielmo II, che nel 1889 aveva già effettuato una visita di
stato nella capitale del Bosforo, decisero invece di mantenere un atteggiamento
neutrale nei confronti del Sultano. L’atteggiamento del kaiser scaturiva
da ben precise considerazioni di carattere politico ed
economico. Guglielmo II era infatti desideroso di portare a termine la
costruzione della linea ferroviaria Berlino-Baghdad: un’arteria che, una volta
ultimata, avrebbe consentito alla Germania di intensificare i suoi scambi
commerciali con la Turchia e, soprattutto, di consentire all’Impero tedesco di
allargare la sua sfera di influenza verso il Medio Oriente, la Mesopotamia e il
Golfo Persico.
L’ultimo decennio del
regno di Abd ul-Hamid fu caratterizzato da una situazione politica, economica e
sociale interna molto incerta densa di difficoltà, destinata a sfociare in
gravi sommosse. Verso la fine dell’800, in alcuni circoli di Salonicco, un
gruppo di giovani ufficiali dell’esercito, i Liberi Massoni, assieme ad alcuni
esiliati politici turchi confluiti nella società segreta di Unione e Progresso,
iniziarono a tramare contro il vecchio potere centrale assolutista. In seguito,
il cosiddetto Movimento dei Giovani Turchi andò però ben oltre, auspicando
l’eliminazione del sultano e avviando un ambizioso, rapido e radicale processo
di modernizzazione socio-politica, economica e culturale dell’Impero. La
rivolta, capeggiata da un gruppo di giovani ufficiali favorevoli ad una sorta
di “occidentalizzazione” dell’Impero, scoppiò nel 1908, a Monastir. Il 23
luglio dello stesso anno, il Comitato Centrale di Unione e Progresso intimò al
Sultano di ripristinare immediatamente la Costituzione del 1876 (da lui
soppressa nel 1878), intimando di marciare con l’esercito su Costantinopoli. Il
Sultano questa volta cedette e la Costituzione venne ripristinata ufficialmente
il 24 luglio 1908. Seguì un breve periodo di euforia con grandi festeggiamenti
a Costantinopoli, Damasco, Baghdad e nelle città e regioni popolate dalle
minoranze etniche e religiose armene, ebraiche, slave e arabe che vedevano
nella rivolta militare contro il Sultano l’inizio di un nuovo periodo
caratterizzato da maggiori libertà. Effettivamente, in un primo tempo, i giovani
ufficiali turchi proclamarono che mussulmani, cristiani ed ebrei non sarebbero
più stati divisi e avrebbero contribuito, tutti insieme e su uno stato di
completa parità, alla gloriosa rinascita economica e sociale della nazione
ottomana.
Nel 1909, dopo un fallito
tentativo controrivoluzionario condotto dai sostenitori del regime assolutista
di Hamid, gli ufficiali “modernisti” guidati da Taalat Pascià deposero
definitivamente Hamid, costringendolo a lasciare il posto a suo fratello
Muhammad (Mehemet) V. (3) E quest’ultimo, non volendo seccature, accettò di
buon grado le direttive degli ufficiali rivoluzionari che, nel frattempo,
avevano però cominciato ad elaborare programmi a forte contenuto nazionalista e
razzista, rimangiandosi tutte le promesse di libertà (subito dopo la caduta di
Hamid, i Giovani Turchi avevano dato vita ad un regime parlamentare, concedendo
ad elementi cristiani, ebrei e arabi di entrare nella pubblica amministrazione
e di prestare servizio nell’Esercito). Tuttavia, dopo la sconfitta subita ad
opera dell’Italia nel 1912 e i rovesci subiti nell’ambito della Prima Guerra
Balcanica, il 26 gennaio 1913 si verificò a Costantinopoli un nuovo colpo di
stato. Enver Pascià, Taalat Pascià e Ahmed Jemal presero con la forza il potere
dando vita ad una sorta di triumvirato. Abbandonati ben presto gli ideali
liberali e parlamentari, i Giovani Turchi avviarono un capillare processo di
“turchizzazione” dell’Impero Ottomano (una strategia politica che faceva perno
sui principi del “pan-turanismo”, una corrente ideologica della “rinascita
ottomana” sostenuta da Ziya Gok Alp, discepolo del sociologo francese Emile
Durkheim). Imbevuti di questa dottrina, che magnificava le virtù degli antichi
statisti, guerrieri e condottieri turchi, il mai completamente sopito e
sostanziale atteggiamento di intolleranza dei Giovani Turchi nei confronti
delle minoranze dell’Impero, soprattutto quella armena cristiana, iniziò ad
emergere con estremo vigore. E verso la primavera del 1914, proprio alla
vigilia dello scoppio della Prima Guerra Mondiale, la Giunta dei Giovani
Turchi, iniziò a pianificare scientificamente quello che si sarebbe ben presto
rivelato il primo “genocidio” programmato dell’era moderna. Dopo l’entrata in
guerra dell’Impero Ottomano (29 ottobre 1914) a fianco degli Imperi Centrali,
la comunità armena, allo scuro delle manovre segrete dei Giovani Turchi, volle
dimostrare a Costantinopoli la sua fedeltà alla nazione ottomana. E
nell’estate del 1914, ad Erzerum, in occasione dell’ottavo congresso del partito
Dashnak, i leader del più forte movimento indipendentista armeno invitarono
tutti gli iscritti ad assolvere ai loro doveri di fedeli sudditi e soldati
dell’Impero. Nel giro di poche settimane ben 250.000 armeni si arruolarono
nelle forze armate turche, dimostrando, già a partire dalla sfortunata
campagna, scatenata nel successivo mese di dicembre da Enver nel Caucaso contro
i russi, una assoluta lealtà nei confronti del governo che, nel frattempo,
stava ultimando i preparativi per scatenare contro di essi un vero e proprio
massacro a sorpresa.
All’inizio del 1915, nel
corso di una riunione segreta del Comitato di Unione e Progresso, il segretario
esecutivo Nazim concluse testualmente i lavori: “Siamo in guerra; e non
potrebbe verificarsi un’occasione migliore per sterminare tutta la popolazione
armeno. In un momento come questo è estremamente improbabile che vi siano
interventi da parte delle grandi potenze e proteste da parte della stampa; e se
anche ciò accadesse tutti si troverebbero di fronte ad un fatto compiuto”. Un
altro dei presenti, Hassan Fehmin, aggiunse poi. “Siamo nelle condizioni ideali
per spedire sul fronte caucasico tutti i giovani armeni ancora in grado di
imbracciare un fucile. E una volta là, possiamo intrappolarli e annientarli con
facilità, chiusi come saranno tra le forze russe che si troveranno davanti e le
forze speciali che piazzeremo alle loro spalle”. In quella data il
Comitato decise che “lo sterminio degli armeni” sarebbe stato affidato ad una
speciale Commissione a tre, comprendente lo stesso segretario esecutivo Nazim,
Behaettin Shakir e il Ministro della Pubblica Istruzione, Shoukri, sotto il
diretto controllo di Taalat Pascià. La commissione istituì a sua volta la
cosiddetta “Organizzazione Speciale” (Teshkilate Makhsusa) nella quale entrò a
fare parte una folta schiera di ex detenuti e di delinquenti ai quali venne
promessa la libertà in cambio di loschi servigi. All’inizio della primavera
1915, i capi turchi scatenarono l’esercito e le solite bande curde contro gli
indifesi villaggi armeni che vennero depredati. Successivamente, bande armate
curde e reparti dell’esercito e della polizia, incominciarono ad arrestare -
accusandoli di connivenza con il nemico russo - tutti gli esponenti dei vari
partiti armeni. Nel giro di poche settimane, decine di migliaia di cristiani
vennero imprigionati e sottoposti a spaventose e documentate torture. I curdi
mussulmani si accanirono in modo particolare contro i sacerdoti ai quali
vennero strappati gli occhi, le unghie e i denti con punteruoli roventi e
tenaglie. Gevdet Bey, vali della città di Van e cognato del Ministro della
Difesa Enver Pascià, fu visto dare ordine ai suoi uomini di inchiodare ferri di
cavallo ai piedi delle vittime, costringendo poi quei disgraziati ad effettuare
improbabili danze mortali. Il 24 aprile 1915, a Costantinopoli, nel corso di
una gigantesca retata, circa 500 esponenti del Movimento Armeno vennero
incarcerati e poi strangolati con filo di ferro nel profondo di sordide
segrete. (4) Stando ad un rapporto ufficiale del console statunitense ad
Ankara, nel luglio 1915, duemila soldati di etnia armena, reduci dalla campagna
del Caucaso, vennero improvvisamente disarmati dai turchi e spediti in catene
nella regione della città di Kharput con il pretesto di utilizzarli nella
costruzione di una strada. Ma giunti in una vallata, i militari armeni vennero
circondati da un battaglione della polizia turca e massacrati a colpi di
moschetto. Tutti i cadaveri vennero poi scaraventati in una profonda grotta.
Identico destino toccò ad altri 2.500 militari armeni, anch’essi condotti nei
pressi di una cava di pietra, in località Diyarbakir, e lì trucidati da un
grosso reparto misto formato da soldati e miliziani curdi. Sempre secondo i
resoconti dei diplomatici statunitensi, i corpi delle vittime vennero
seviziati, spogliati e lasciati a marcire nella cava. Nel giugno 1916, dopo
avere eliminato circa 150.000 militari di origine armena, i turchi decisero di
fare fuori anche un terzo degli operai armeni impiegati nella costruzione e manutenzione
dell’importante linea ferroviaria Berlino-Costantinopoli-Baghdad. Ma a questo
punto, gli alleati tedeschi e austriaci, che da tempo avevano palesato il loro
disappunto per le orrende carneficine, denunciarono finalmente, e in maniera
ufficiale, le atrocità turche. L’ambasciatore tedesco a Costantinopoli, il
conte von Wolff-Metternich, si precipitò alla Sublime Porta, accusando
direttamente Taalat Pascià e il Ministro degli Esteri Halil Pascià “di inutili
crudeltà e persino di atti di sabotaggio”. Tuttavia, le vibranti proteste
dell’ambasciatore lasciarono impassibili i capi ottomani.
Fu allora che molti
ufficiali e sottufficiali armeni, scampati ai massacri, tentarono di
organizzare sui monti la resistenza. Nell’aprile 1915, nella città di Van,
alcune migliaia di civili armeni riuscirono a disarmare la locale guarnigione
turca, barricandosi nel nucleo urbano dove resistettero per molti giorni alla
controffensiva ottomana e curda; fino all’arrivo, provvidenziale, di una
divisione di cavalleria russa che nel mese maggio liberò dall’assedio quei
disperati. Eguale successo ebbe poi la storica e ormai famosa resistenza del
massiccio montuoso del Musa Dagh, nei pressi di Antiochia (Golfo di
Alessandretta). Su questo acrocoro non meno di 4.000 armeni si trincerarono
decisi a vendere cara la pelle. Resistettero per ben quaranta giorni agli
attacchi dei reparti regolari dell’esercito ottomano e dei “volontari” civili
turchi, segnando una delle pagine più eroiche della storia del popolo armeno.
Alla fine, proprio quando la resistenza sembrava dovere cedere di fronte alle
preponderanza dell’avversario, i reduci vennero salvati dal provvidenziale
arrivo nel Golfo di Alessandretta di una squadra navale francese che riuscì in
gran parte a trarli in salvo (l’epopea del Musa Dagh venne in seguito narrata
da Franz Werfel nel suo celebre romanzo storico “I quaranta giorni di Musa
Dah”). Purtroppo, altri tentativi di resistenza non ebbero la medesima fortuna,
come accadde ad di Urfa. Qui, tutta la guarnigione armena, composta di
ex-militari e civili, dovette soccombere alle soverchianti forze ottomane che,
a battaglia conclusa, massacrarono tutti i difensori ancora in vita, compresi i
feriti.
Verso l’autunno del 1915,
una volta eliminata la parte più giovane e combattiva della nazione armena, il
Ministero degli Interni ottomano iniziò a pianificare lo sterminio di tutti gli
adulti di età superiore ai 45 anni, che fino ad allora erano stati risparmiati
perché ritenuti necessari al lavoro delle campagne, e degli ultimi
prelati. Come testimonia questo brano tratto da un dispaccio inviato dal
Ministro Taalat Pascià al governatore turco di Aleppo il 15 settembre 1915.
“Siete già stato informato del fatto che il Governo ha deciso di sterminare
l’intera popolazione armena…Occorre la vostra massima collaborazione…Non sia
usata pietà per nessuno, tanto meno per le donne, i bambini, gli invalidi…Per
quanto tragici possano sembrare i metodi di questo sterminio, occorre agire
senza alcuno scrupolo di coscienza e con la massima celerità ed efficienza”.
Per risparmiare denaro e per razionalizzare al massimo l’operazione, la Giunta
dei Giovani Turchi avviò una deportazione di massa (dalla quale talvolta
vennero però risparmiati i medici o i tecnici utili al governo, come accadde
nella città di Kayseri) in modo da concentrare in pochi siti isolati tutti gli
armeni ancora in vita. Una delle destinazioni prescelte fu la desolata e
poverissima regione siriana di Deir al-Zor, dove, dopo una marcia a piedi di
centinaia di chilometri, intere famiglie armene vennero ammassate e trucidate
nei modi più raccapriccianti, tanto da sollevare le inutili proteste di un
gruppo di ufficiali tedeschi e austriaci che assistette a quei tragici eventi.
Queste deportazioni vennero architettate anche per facilitare l’esproprio dei
beni immobili armeni. Abbandonata la precedente prassi della distruzione dei
villaggi, molti dirigenti del partito dei Giovani Turchi e moltissimi
funzionari di polizia e comandanti delle famigerate bande a cavallo curde
ebbero modo di arricchirsi proprio in virtù di questi lasciti forzati.
Nell’inverno del ’15 il
rappresentante tedesco a Costantinopoli, conte Wolff-Metternich - che, come si
è già detto, non aveva mai mancato di stigmatizzare “il crudele e
controproducente comportamento degli ottomani nei confronti delle minoranze
cristiane” - denunciò, in una missiva inviata a Berlino, questa “orribile
prassi”, accusando nuovamente i Giovani Turchi di “tradimento nei confronti
della comune causa tedesco-ottomana”. L’ambasciatore tedesco agì in maniera
talmente diretta da indurre Enver Pascià e Taalat Pascià a chiederne a Berlino
la sua sostituzione, cosa che in effetti avvenne nel 1916. A testimonianza
delle dimensioni del fenomeno “espropriazioni”, dopo la fine della guerra, nel
1919, lo scrittore e storico tedesco J.Lepsius nel suo “Deutschland und
Armenien” stimò che nel 1916 “i profitti derivati all’oligarchia dei Giovani
Turchi e ai suoi lacché dai beni rapinati agli armeni fossero arrivati a
toccare la cifra astronomica di un miliardo di marchi”. Per onestà va comunque
detto che, in certi casi, alcuni governatori (i vali) turchi, (come quello di
Angora, città nella quale vivevano 20.000 armeni), mostrarono indubbia pietà
nei confronti degli armeni, arrivando anche a disubbidire alle direttive del
governo. Tanto che, nel luglio del ’15, il governatore di Ankara - che si era
opposto agli stermini - venne subito rimosso e sostituito con un funzionario
più zelante. Come il vali Gevdet che, nell’estate del ’15, a Siirt, a sud di
Bitlis, “fece massacrare - come testimonia Rafael de Nogales, un mercenario
venezuelano che nel 1915 si era arruolato nell’esercito turco - oltre 10.000
tra armeni, cristiani nestoriani e giacobiti, lasciando i loro corpi ignudi in
pasto agli avvoltoi e ai cani randagi”. Identici resoconti possono riscontrarsi
anche nei documenti e nelle memorie di numerosi addetti diplomatici tedeschi,
americani, svedesi e anche italiani. Sull’edizione del quotidiano Il Messaggero
di Roma (25 agosto 1915) venne pubblicata la denuncia del console generale a
Trebisonda, Giovanni Gorrini. Costui affermò che “degli oltre 14.000 armeni
legalmente residenti a Trebisonda all’inizio del 1915 (dal punto di vista
religioso la comunità era composta da cristiani gregoriani, cattolici e protestanti,
nda) il 23 luglio dello stesso anno non ne rimanevano in vita che 90. Tutti gli
altri, dopo essere stati spogliati di ogni avere, erano stati infatti deportati
dalla polizia e dall’esercito ottomani in lande desolate o in vallate
dell’entroterra e massacrati”. E intanto proseguiva senza soste la deportazione
degli armeni destinati ai famigerati campi di raccolta (e di sterminio) della
città di Deir al-Azor. Questi, privi di baracche, servizi igienici, iniziarono
ad accogliere all’interno dei loro perimetri cintati da fitti sbarramenti di
filo spinato sorvegliato da guardie armate, decine di migliaia di profughi.
“Ben presto - come narra lo scrittore David Marshall Lang nel suo eccellente e
ben documentato “Armeni, un popolo in esilio” - in questi recinti, rigurgitanti
in gran parte di vecchi, donne e bambini, scoppiarono terribili epidemie di
tifo e vaiolo che si allargarono a gran parte della popolazione siriana…Solo ad
Aleppo, tra l’agosto 1916 e l’agosto 1917, circa 35.000 persone morirono di tifo”.
Epidemie che si rivelarono talmente devastanti da mettere in allarme lo stesso
generale Otto Liman von Sanders, comandante delle forze turco-tedesche in Medio
Oriente. Questi, nel 1916, cercò di attivare, attraverso il suo Servizio
Sanitario, una qualche forma di assistenza, sempre contrastato dalle autorità
ottomane che, accecate dall’odio verso gli armeni, non si rendevano conto
dell’immane disastro che avevano provocato. In terra siriana, qualche centinaio
di ragazzine e di bambini armeni riuscì però a scampare alla morte per fame,
malattia o alle fucilate degli aguzzini turchi. Le ragazze, soprattutto le più
giovani e graziose, vennero infatti vendute per poche piastre ad alcuni
possidenti arabi che le rinchiusero nei bordelli, non prima di averle fatte
convertire forzatamente all’Islam. Nell’autunno del 1918, quando le forze
inglesi del generale Edmund Allenby dopo avere sconfitto i turco-tedeschi a
Megiddo, occuparono la Palestina e la Siria, trovarono ancora in vita alcune
decine di queste derelitte, tutte marchiate a fuoco dagli stenti e dalle
malattie veneree. Sorte ancora peggiore toccò ai bambini armeni rinchiusi nei
campi siriani. Gran parte di questi vennero infatti sottratti alle madri e
inviati anch’essi in bordelli per omosessuali o in speciali orfanotrofi per
essere rieducati come turchi mussulmani da Halidé Edib Adivart, una mostruosa
virago alla quale il governatore della Siria aveva affidato il compito di
“raddrizzare la schiena alla ribelle gioventù armena”.
Nonostante tutto, il
governo ottomano non si reputava ancora soddisfatto della risoluzione del
“problema armeno”. Nei campi, “i cristiani infedeli morivano troppo
lentamente”. Nel 1916, Enver Pascià, Taalat Pascià e Ahmed Gemal diedero quindi
un ulteriore giro di vite alla loro politica di sterminio, intimando ai loro
governatori e capi di polizia di “eliminare con le armi, ma se possibile, con
mezzi più economici, tutti i sopravvissuti dei campi siriani e anatolici”. In
questa seconda fase del massacro ebbe modo di distinguersi proprio il
governatore del distretto di Deir al-Azor, certo Zekki, che ogni mattina era
solito “cavalcare nei campi tra i profughi, tirare su un bambino, farlo roteare
in aria, e scagliarlo contro le rocce”. Zekki - secondo quanto scrive J. Bryce
(autore di “The Treatment of Armenians”), “rinchiuse 500 armeni all’interno di
una stretta palizzata, costruita su una piana desertica, e li fece morire di
fame e di sete”. E a dimostrazione dello zelo di questo governatore, basti
pensare che, durante l’estate del 1916, i suoi uomini eliminarono oltre 20.000
armeni. Taalat Pascià, divenuto Gran Visir, arrivò addirittura a vantarsi
dell’efficienza del suo governatore con l’esterrefatto ambasciatore americano
Morgenthau, al quale egli ebbe anche l’ardire di chiedere “l’elenco delle
assicurazioni sulla vita che gli armeni più ricchi (deceduti nei campi di
sterminio) avevano precedentemente stipulato con compagnie americane, in modo
da consentire al Governo di incassare gli utili delle polizze”.
Intanto, nelle regioni
orientali e settentrionali dell’Impero Ottomano, la situazione delle comunità
armene che erano riuscite a trovare rifugio nelle valli del Caucaso si fece
improvvisamente drammatica. In seguito alla rivoluzione bolscevica del 1917, l’esercito
russo aveva infatti iniziato a ritirarsi dall’Anatolia orientale e dalla
Ciscaucasia, abbandonando gli armeni al loro destino. Rioccupata l’importante
città-fortezza di Kars, le forze ottomane, ormai libere di agire, iniziarono
una meticolosa caccia all’uomo, arrivando a sopprimere circa 19.000 persone in
poche settimane. Identica sorte che toccò a quei profughi cristiani che,
rifugiatisi preventivamente in Transcaucasia, soprattutto in Georgia e nella
regione caspica di Baku, vennero massacrati dalle locali minoranze mussulmane
tartare e cecene. Nel settembre del ’18, nella sola area di Baku furono
eliminati 30.000 armeni.
Ma la guerra stava
volgendo ormai al termine e nell’imminenza del crollo della Sublime Porta, i
responsabili turchi delle stragi iniziarono a sparire nell’ombra, onde evitare
il peggio. Quando, nell’ottobre 1918, la Turchia si arrese alle forze
dell’Intesa, i principali dirigenti e responsabili del partito dei Giovani
Turchi e del Comitato di Unione e Progresso vennero arrestati dagli inglesi e
internati per un breve periodo a Malta. Successivamente, un tribunale militare
turco condannò a morte, in contumacia, Enver Pascià, Ahmed Gemal e Nazim,
accusati di avere architettato e portato a compimento, tra il 1914 e il 1918,
l’olocausto armeno. Ormai espatriati, nessuno dei condannati finì però nelle
mani della giustizia regolare. Ci pensò il destino e, come spesso accade, lo
spirito vendicativo dell’uomo a colpire chi si era macchiato di tanti efferati
crimini. Il 15 marzo 1921, Taalat Pascià, forse il più crudele dei tre
triumviri di Costantinopoli, venne assassinato a Berlino da uno studente
armeno, tale Soghomon Tehlirian (che venne processato da un tribunali tedesco e
successivamente assolto); sorte che toccò il 21 luglio 1922 anche ad Ahmed
Gemal, ucciso da un altro giovane armeno a Tbilisi, in Georgia. “Strana e sotto
molti aspetti decisamente consona al personaggio fu invece la fine di Enver
Pascià, il più intelligente e “idealista” dei tre: il “Piccolo Napoleone”
dell’Impero, il propugnatore fanatico e determinato del Pan-Turanismo” (D.M.
Lang). Rifugiatosi tra le tribù turche della remota regione asiatica centrale
di Bukhara, dove pensava di portare a compimento la realizzazione del suo
sogno, cioè la creazione di una Grande Nazione Turca, agli inizi degli anni
Venti Enver si mise a capo di una rivolta turco-mussulmana contro il potere
sovietico. Ma il 4 luglio 1922, egli venne circondato con il suo piccolo
esercito da un grosso reparto bolscevico (combinazione guidato da un ufficiale
armeno) e ucciso. Con la morte di Enver tramontava per sempre il progetto
revanchista, di chiara matrice nazionalista e razzista, che non soltanto aveva
trascinato la Turchia nel disastro del Primo Conflitto, ma che aveva
contribuito a riaccendere l’atavico e mai sopito odio della popolazione turca
nei confronti della minoranza armena cristiana. Oggi, a distanza di tanti anni,
quell’impetuoso rigurgito di intolleranza etnico-religiosa che scatenò la
persecuzione contro gli armeni, sta - paradossalmente - interessando un’altra
minoranza, quella curda, che da colpevole fiancheggiatrice di una strage si è
trasformata a sua volta in vittima di una logica di persecuzione assurda e
spietata.
Autore: Alberto
Rosselli
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/96594
Denkmal,Völkermord an den Armeniern, Hinter
der Katholischen Kirche, Berlin-Mitte, Deutschland
Memorial, Völkermord an den Armeniern, Hinter
der Katholischen Kirche, Berlin-Mitte, Germany
Memorial
plaque, Völkermord an den Armeniern, Hinter
der Katholischen Kirche, Berlin-Mitte, Deutschland
Liebe armenische Brüder
und Schwestern!
Ein Jahrhundert ist
vergangen seit jenem schrecklichen Massaker, das ein wahres Martyrium für Euer
Volk war und in dem viele Unschuldige als Bekenner und Märtyrer im Namen
Christi gestorben sind (vgl. Gemeinsame
Erklärung von Papst Johannes Paul II. und Karekin II., Katholikos aller
Armenier, in der Kathedrale des heiligen Etschmiadzin, 27. September 2001;
in O.R. dt., 5.10.2001, Nr. 40, S. 2). Heute noch gibt es keine armenische
Familie, die in jenem Geschehen keinen Angehörigen verloren hätte: Es war
wirklich das »Metz Yeghern«, das »Große Böse«, wie Ihr jene Tragödie genannt
habt. An diesem Jahrestag verspüre ich große Nähe zu Eurem Volk und möchte mich
im Geiste den Gebeten anschließen, die aus Eurem Herzen, aus Euren Familien,
aus Euren Gemeinschaften hervorgehen.
Uns ist eine gute
Gelegenheit geschenkt, im Rahmen der heutigen Feier, in der wir den heiligen
Gregor von Narek zum Kirchenlehrer erheben, gemeinsam zu beten. Ich bringe
Seiner Heiligkeit Karekin II., Oberster Patriarch und Katholikos aller
Armenier, Seiner Heiligkeit Aram I., Katholikos des Großen Hauses von Kilikien,
sowie Seiner Seligkeit Nerses Bedros XIX., Patriarch von Kilikien der
katholischen Armenier, meinen aufrichtigen Dank für ihre Anwesenheit zum
Ausdruck.
Der heilige Gregor von
Narek, ein Mönch des 10. Jahrhunderts, hat mehr als jeder andere das Empfinden
Eures Volkes zum Ausdruck gebracht, indem er dem Schrei, der zum Gebet wird,
seine Stimme verliehen hat – dem Schrei einer schmerzerfüllten und sündigen
Menschheit, bedrückt von der Angst der eigenen Ohnmacht, aber erleuchtet vom
Glanz der Liebe Gottes und offen für die Hoffnung auf sein rettendes
Eingreifen, das alles wandeln kann. »Kraft seiner Macht glaube ich mit einer
Hoffnung, die nicht wankt, in sicherer Erwartung, und in der Zuflucht der Hände
des Allmächtigen,… Ihn selbst zu sehen, in seiner Barmherzigkeit und Liebe und
im himmlischen Erbe« (Gregor von Narek, Buch der Klagen, XII).
Eure christliche Berufung
reicht bis in die Antike zurück, bis in das Jahr 301, in dem Gregor der
Erleuchter Armenien zur Umkehr und zur Taufe führte, als erste der Nationen,
die im Laufe der Jahrhunderte das Evangelium Christi angenommen haben. Dieses
geistliche Ereignis hat das armenische Volk, seine Kultur und seine Geschichte
unauslöschlich geprägt, wobei das Martyrium einen herausragenden Platz
einnimmt, wie das Opferzeugnis des heiligen Vardan und seiner Gefährten im 5.
Jahrhundert sinnbildlich bezeugt.
Euer Volk, vom Licht
Christi und durch seine Gnade erleuchtet, hat viele Prüfungen und Leiden
überwunden, beseelt von der Hoffnung, die vom Kreuz herkommt (vgl. Röm 8,
31-39). Der heilige Johannes Paul II. sagte: »Eure von Leiden und Martyrium
gekennzeichnete Geschichte ist eine kostbare Perle, auf die die gesamte Kirche
stolz ist. Der Glaube an Christus, den Erlöser der Menschen, hat Euch einen
bewundernswerten Mut eingeflößt auf Eurem Weg, der so oft dem Kreuzweg ähnlich
ist und auf dem Ihr entschieden weitergegangen seid mit dem Vorsatz, Eure
Identität als Volk und als Glaubende zu bewahren« (Predigt am 21. November
1987; in Der Apostolische Stuhl 1987. Ansprachen, Predigten und
Botschaften des Papstes. Erklärungen der Kongregationen. Vollständige
Dokumentation, S. 1716). Dieser Glaube hat Euer Volk auch in dem
tragischen Geschehen vor 100 Jahren begleitet, das »generell als der erste
Völkermord des 20. Jahrhunderts bezeichnet wird« (Gemeinsame
Erklärung von Papst Johannes Paul II. und Karekin II., Katholikos aller
Armenier, in der Kathedrale des heiligen Etschmiadzin, 27. September 2001).
Papst Benedikt XV., der
den Ersten Weltkrieg als »unnötiges Blutbad« verurteilt hat (AAS, IX [1917],
429), bemühte sich bis zuletzt darum, ihn zu verhindern, indem er die
Vermittlertätigkeit wieder aufnahm, die bereits Papst Leo XIII. angesichts der
»traurigen Ereignisse« der Jahre 1894-96 durchgeführt hatte. Er schrieb aus
diesem Grund an Sultan Mohammed V. und bat ihn inständig, die vielen unschuldigen
Menschen zu verschonen (vgl. Schreiben vom 10. September 1915). Im
Geheimen Konsistorium vom 6. Dezember 1915 sagte er mit aufrichtiger
Erschütterung: »Miserrima Armenorum gens ad interitum prope ducitur« (AAS, VII
[1915], 510).
Des Geschehenen zu
gedenken ist nicht nur eine Pflicht für das armenische Volk und für die
Universalkirche, sondern für die gesamte Menschheitsfamilie, auf dass die
Mahnung, die aus dieser Tragödie kommt, uns davon befreien möge, in ähnliche
Gräuel zu verfallen, die Gott und die Würde des Menschen beleidigen. Denn auch
heute arten solche Konflikte manchmal in nicht zu rechtfertigende Gewalt aus,
geschürt durch die Instrumentalisierung ethnischer und religiöser Unterschiede.
Alle, die den Nationen und den internationalen Organisationen vorstehen, sind
aufgerufen, sich diesen Verbrechen mit unerschütterlicher Verantwortung zu
widersetzen, ohne Falschheiten und Kompromissen nachzugeben.
Dieser schmerzliche
Jahrestag möge für alle Anlass zur demütigen und aufrichtigen Reflexion werden
und die Herzen für die Vergebung öffnen, die Quelle des Friedens und der
erneuerten Hoffnung ist. Der heilige Gregor Narek, ein wunderbarer Kenner des
menschlichen Herzens, scheint für uns prophetische Worte auszusprechen: »Ich habe
mir freiwillig alle Schuld aufgebürdet, von der des Urvaters bis hin zum
letzten seiner Nachkommen, und ich habe die Verantwortung dafür übernommen« (Buch
der Klagen, LXXII). Wie sehr berührt uns sein Empfinden universaler
Solidarität! Wie klein fühlen wir uns angesichts der Größe seines Gebets:
»Gedenke, [Herr,] … jener, die im Menschengeschlecht unsere Feinde sind, aber
zu ihrem Wohl: Bringe in ihnen Vergebung und Barmherzigkeit hervor (…)
Vernichte jene nicht, die mich verletzen: Verwandle sie! Rotte das lasterhafte
irdische Verhalten aus und pflanze das gute Verhalten in mir und in ihnen ein«
(ebd., LXXXIII).
Gott gewähre, dass der
Weg der Versöhnung zwischen dem armenischen und dem türkischen Volk
wiederaufgenommen werde und der Frieden auch im Bergkarabach entstehen möge. Es
handelt sich um Völker, die in der Vergangenheit trotz aller Gegensätze und
Spannungen lange Zeiträume friedlichen Zusammenlebens erfahren haben, und die
selbst im Aufruhr der Gewalt Fälle von Solidarität und gegenseitiger Hilfe gesehen
haben. Nur in diesem Geist können die neuen Generationen offen werden für eine
bessere Zukunft und kann das Opfer vieler zur Saat von Gerechtigkeit und
Frieden werden. Für uns Christen muss dies vor allem eine starke Zeit des
Gebets sein, auf dass das Blut, das vergossen wurde, durch die erlösende Kraft
Christi das Wunder der vollen Einheit unter seinen Jüngern hervorbringen möge.
Insbesondere möge es die Bindungen der brüderlichen Freundschaft stärken, die
die katholische Kirche und die Armenische Apostolische Kirche bereits vereinen.
Das Zeugnis vieler Brüder
und Schwestern, die wehrlos das Leben geopfert haben für ihren Glauben, vereint
die verschiedenen Konfessionen: Es ist die Ökumene des Blutes, die den heiligen
Johannes Paul II. dazu brachte, im Heiligen Jahr 2000 aller Märtyrer des 20.
Jahrhunderts zu gedenken. Auch die heutige Feier gehört in diesen geistlichen
und kirchlichen Rahmen. An diesem Ereignis nehmen Vertreter unserer beiden
Kirchen teil und vereinen sich im Geiste zahlreiche Gläubige auf der ganzen
Welt, in einem Zeichen, das auf der Erde die vollkommene Gemeinschaft
widerspiegelt, die unter den Seligen im Himmel herrscht. Mit brüderlichem
Herzen versichere ich meine Nähe anlässlich der Feier der Heiligsprechung der
Märtyrer der Armenischen Apostolischen Kirche, die am kommenden 23. April in
der Kathedrale von Etschmiadzin stattfinden wird, sowie bei den Gedenkfeiern,
die im Juli in Antelias abgehalten werden. Der Gottesmutter vertraue ich diese
Anliegen an, mit den Worten des heiligen Gregor von Narek: »O Reinheit der
Jungfrauen, Koryphäe der Seligen, Mutter des unerschütterlichen Baus der
Kirche, Gebärerin des unbefleckten Wortes Gottes, (…)
Wir nehmen Zuflucht unter
den grenzenlosen Schutzflügeln
deiner Fürsprache,
wir erheben unsere Hände zu dir
und glauben mit zweifelsfreier Hoffnung,
dass wir gerettet sind« (Loblied auf die Jungfrau Maria).
Aus dem Vatikan, am 12.
April 2015
Franziskus
Copyright © Dikasterium
für Kommunikation
PRIMER GENOCIDIO DEL SIGLO XX
COLECTIVIDAD ARMENIA DE ROSARIO
Monumento en memoria de los más
de 1.500.000 ARMENIOS muertos en
el que fuera el "PRIMER GENOCIDIO
DEL SIGLO XX".
A manos del Imperio Turcotomano
primero y del Estado Turco posteriormente, gran parte de los ARMENIOS
que habitaban sus tierras por más de
2000 años fueron sistemáticamente
aniquilados y deportados a los 4 puntos
cardinales del mundo.
Este es un homenaje a los que cayeron,
a los que sobrevivieron y a las generaciones
que los sucedieron, defendiendo
La Causa Armenia. Promoviendo esos
valores a las generaciones actuales y
comprometiendo a las que vendrán.
EN SU 90° ANIVERSARIO
1915-2005
An
informative plaque near a small memorial in a park in Rosario, Argentina,
commemorating the 90th anniversary of the Armenian genocide
(the killing of 1.5 million Armenians by the Turks, in 1915). The local
Armenian immigrant community erected the memorial, which is located in a park
zone beside the Paraná River.
Queridos hermanos y
hermanas armenios:
Ha pasado un siglo desde
esa horrible masacre, que fue un verdadero martirio de vuestro pueblo, en la
que muchos inocentes murieron como confesores y mártires por el nombre de
Cristo (cf. Juan Pablo II y Karekin II, Declaración
común, Echmiadzin, 27 de septiembre de 2001). No hay familia armenia aun
hoy que no haya perdido en esos acontecimientos algunos de sus seres queridos:
verdaderamente eso fue el Metz Yeghern, el «Gran Mal», como habéis llamado
a esa tragedia. En esta conmemoración experimento un sentimiento de fuerte
cercanía a vuestro pueblo y deseo unirme espiritualmente a las oraciones que se
elevan desde vuestros corazones, vuestras familias y vuestras comunidades.
Se nos ha dado una
ocasión propicia para rezar juntos en la celebración de hoy, en la que
proclamamos doctor de la Iglesia a san Gregorio de Narek. Expreso un vivo
agradecimiento por su presencia a Su Santidad Karekin II, supremo patriarca y
catholicós de todos los armenios, a Su Santidad Aram I, catholicós de la gran
casa de Cilicia, y a Su Beatitud Nerses Bedros XIX, patriarca de Cilicia de los
armenios católicos.
San Gregorio de Narek,
monje del siglo X, más que cualquier otro supo expresar la sensibilidad de
vuestro pueblo, dando voz al grito, que se convierte en oración, de una
humanidad que sufre y es pecadora, oprimida por la angustia de la propia
impotencia pero iluminada por el esplendor del amor de Dios y abierta a la
esperanza de su intervención salvífica, capaz de transformar todo. «En virtud
de su poder, yo creo con una esperanza que no duda, en segura espera,
refugiándome en las manos del Poderoso... de verlo a Él mismo, en su misericordia
y ternura, en la herencia de los cielos» (san Gregorio de Narek, Libro de
las lamentaciones, XII).
Vuestra vocación
cristiana es muy antigua y se remonta al año 301, cuando san Gregorio el
Iluminador guió hacia la conversión y el bautismo a Armenia, la primera entre
las naciones que a lo largo de los siglos abrazaron el Evangelio de Cristo. Ese
acontecimiento espiritual marcó de forma indeleble al pueblo armenio, su
cultura e historia, en las cuales el martirio ocupa un sitio preeminente, como
lo atestigua de modo emblemático el testimonio sacrificial de san Vardán y sus
compañeros en el siglo V.
Vuestro pueblo, iluminado
por la luz de Cristo y su gracia, ha superado muchas pruebas y sufrimientos,
animado por la esperanza que brota de la Cruz (cf. Rm 8, 31-39). Como
os dijo san Juan Pablo II: «Vuestra historia de sufrimiento y de martirio es
una perla preciosa, de la cual está orgullosa la Iglesia universal. La fe en
Cristo, redentor del hombre, os ha infundido una valentía admirable en el
camino, a menudo tan parecido al de la cruz, por el que habéis avanzado con
determinación, con el propósito de conservar vuestra identidad de pueblo y de
creyentes» (Homilía, 21 de noviembre de 1987).
Esta fe ha acompañado y
sostenido a vuestro pueblo incluso en el trágico acontecimiento de hace cien
años que «generalmente se define como el primer genocidio del siglo XX» (Juan
Pablo II y Karekin II, Declaración
común, Echmiadzin, 27 de septiembre de 2001). El Papa Benedicto XV, que
condenó como «inútil masacre» la Primera Guerra mundial (AAS, IX [1917], 429),
se prodigó hasta el último momento para impedirla, retomando los esfuerzos de
mediación ya realizados por el Papa León XIII ante los «funestos eventos» de
los años 1894-1896. Por este motivo él escribió al sultán Mehmet V, implorando
que se salvasen a los numerosos inocentes (cf. Carta del 10 de
septiembre de 1915) y fue también él quien, en el Consistorio secreto del 6 de
diciembre de 1915, afirmó con vibrante consternación: Miserrima Armenorum
gens ad interitum prope ducitur (AAS, VII [1915], 510).
Hacer memoria de lo
sucedido es un deber no sólo para el pueblo armenio y para la Iglesia
universal, sino para toda la familia humana, para que el llamamiento que surge
de esa tragedia nos libre de volver a caer en semejantes horrores, que ofenden
a Dios y la dignidad humana. También hoy, en efecto, estos conflictos algunas
veces degeneran en violencias injustificables, y se fomentan instrumentalizando
las diversidades étnicas y religiosas. Todos los que son nombrados jefes de las
naciones y de las organizaciones internacionales están llamados a oponerse a
tales crímenes con firme responsabilidad, sin ceder a ambigüedades y
componendas.
Que este doloroso
aniversario sea para todos motivo de reflexión humilde y sincera y de apertura
del corazón al perdón, que es fuente de paz y de renovada esperanza. San
Gregorio de Narek, formidable intérprete del espíritu humano, parece pronunciar
palabras proféticas para nosotros: «Yo cargué voluntariamente todas las culpas,
desde las del primer padre hasta las del último de sus descendientes, y de ello
me consideré responsable» (Libro de las lamentaciones, LXXII). Cuánto nos
impacta ese sentimiento suyo de solidaridad universal. Qué pequeños nos
sentimos ante la grandeza de sus invocaciones: «Acuérdate, [Señor,]... de
quienes en la estirpe humana son nuestros enemigos, pero para su bien: concede
a ellos perdón y misericordia (...) No extermines a quienes me muerden:
¡conviértelos! Extirpa la viciosa conducta terrena y arraiga la buena conducta
en mí y en ellos» (ibid., LXXXIII).
Que Dios conceda que se
retome el camino de reconciliación entre el pueblo armenio y el pueblo turco, y
que la paz brote también en el Nagorno Karabaj. Se trata de pueblos que, en el
pasado, a pesar de los contrastes y tensiones, vivieron largos períodos de
pacífica convivencia, e incluso en la turbulencia de las violencias vieron
casos de solidaridad y ayuda mutua. Sólo con este espíritu las nuevas
generaciones pueden abrirse a un futuro mejor y el sacrificio de muchos
convertirse en semilla de justicia y de paz.
Que para nosotros,
cristianos, este tiempo sea sobre todo un tiempo fuerte de oración, para que la
sangre derramada, por la fuerza redentora del sacrificio de Cristo, obre el
prodigio de la plena unidad entre sus discípulos. Que fortalezca en especial
los vínculos de amistad fraterna que ya unen a la Iglesia católica y a la
Iglesia armenia apostólica. El testimonio de muchos hermanos y hermanas que,
inermes, han sacrificado la vida por su fe, congrega a las diversas
confesiones: es el ecumenismo de la sangre, que condujo a san Juan Pablo II a
celebrar juntos, durante el Jubileo del año 2000, a
todos los mártires del siglo XX. También la celebración de hoy se sitúa en
este contexto espiritual y eclesial. En este evento participan representantes
de nuestras dos Iglesias y se unen espiritualmente numerosos fieles dispersos
por el mundo, en un signo que refleja sobre la tierra la comunión perfecta que
existe entre los espíritus bienaventurados del cielo. Con espíritu fraterno,
aseguro mi cercanía con ocasión de la ceremonia de canonización de los mártires
de la Iglesia armenia apostólica, que tendrá lugar el próximo 23 de abril en la
catedral de Echmiadzin, y a las conmemoraciones que se tendrán en Antelias en
julio.
Encomiendo a la Madre de
Dios estas intenciones con las palabras de san Gregorio de Narek:
«Oh pureza de las
Vírgenes, corifea de los bienaventurados,
Madre del templo indestructible de la Iglesia,
Madre del Verbo inmaculado de Dios, (...)
Refugiándonos bajo las
inmensas alas de defensa de tu intercesión,
elevamos nuestras manos hacia ti,
y con esperanza cierta creemos que seremos salvados».
(Panegírico a la Virgen)
Vaticano, 12 de abril de
2015
Francisco
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para la Comunicación
The Armenian Genocide museum in Der Zor, Syria, location of a major Ottoman extermination site for Armenians.
The memorial chapel to the Armenian Genocide in Margadeh in the Syrian desert - 94th Anniversary of the Armenian Genocide at the desert of Der Zor (Syria) 17-18 April 2009
Estimados irmãos e irmãs
arménios!
Passou um século daquele
horrível massacre que foi um verdadeiro martírio do vosso povo, no qual muitos
inocentes morreram como confessores e mártires em nome de Cristo (cf. João
Paulo II e Karekin II, Declaração
conjunta, Etchmiadzin, 27 de Setembro de 2001). Ainda hoje, não há família
arménia que naquele acontecimento não tenha perdido um dos seus entes queridos:
tratou-se verdadeiramente do «Metz Yeghern», o «Grande Mal», como denominastes
aquele tragédia. Nesta celebração o meu sentimento é de forte proximidade ao
vosso povo e desejo unir-me espiritualmente às orações que se elevam dos vossos
corações, das vossas famílias e das vossas comunidades.
Temos uma ocasião
propícia de rezar juntos nesta celebração, durante a qual proclamamos são
Gregório de Narek Doutor da Igreja. Exprimo profunda gratidão pela presença de
Sua Santidade Karekin II, Supremo Patriarca e Catholicos de Todos os Arménios; de
Sua Santidade Aram I, Catholicos da Grande Casa da Cilícia; e de Sua Beatitude
Nerses Bedros XIX, Patriarca da Cilícia dos Arménios católicos.
São Gregório de Narek,
monge do século X, mais do que qualquer outro, soube manifestar a sensibilidade
do vosso povo, dando voz ao clamor, que se torna oração, de uma humanidade
dolente e pecadora, oprimida pela angústia da própria impotência mas iluminada
pelo esplendor do amor de Deus e aberta à esperança da sua intervenção
salvífica, capaz de transformar qualquer situação. «Em virtude do seu poder,
creio com uma esperança que não hesita, na expectativa segura, refugiando-me
nas mãos do Todo-Poderoso... de o ver a Ele mesmo, na sua misericórdia e
ternura, e na herança dos Céus» (São Gregório de Narek, Livro das Lamentações,
XII).
A vossa vocação cristã é
muito antiga, pois remonta ao ano 301, quando são Gregório o Iluminador guiou
rumo à conversão e ao baptismo a Arménia, primeira das nações que, ao longo dos
séculos, abraçaram o Evangelho de Cristo. Aquele acontecimento espiritual
marcou de maneira indelével o povo arménio, a sua cultura e a sua história, nas
quais o martírio ocupa um lugar proeminente, como testifica de forma
emblemática o testemunho sacrifical de são Vardan e dos seus companheiros, no
século V.
O vosso povo, iluminado
pela luz de Cristo e com a sua graça, superou muitas provações e sofrimentos,
animado pela esperança que deriva da Cruz (cf. Rm 8, 31-39). Como
pôde dizer-vos são
João Paulo II: «A vossa história de sofrimento e de martírio é uma pérola
preciosa, orgulho da Igreja universal. A fé em Cristo, Redentor do homem,
infundiu-vos uma coragem admirável ao longo do caminho, muitas vezes tão
parecido com a vida da Cruz, que vós percorrestes com determinação, tendo o
propósito de conservar a vossa identidade de povo e de crentes» (Homilia,
21 de Novembro de 1987).
Esta fé acompanhou e
sustentou o vosso povo até durante acontecimento de há cem anos, que
«geralmente é definido como o primeiro genocídio do século XX» (João Paulo II e
Karekin II, Declaração
conjunta, Etchmiadzin, 27 de Setembro de 2001). O Papa Bento XV, que
condenou a primeira
guerra mundial como um «massacre inútil» (AAS, IX [1917], 429),
prodigalizou-se até ao fim para o impedir, retomando os esforços de mediação já
levados a cabo pelo Papa
Leão XIII perante os «funestos acontecimentos» ocorridos nos anos
1894-1896. Foi por isso que ele escreveu ao sultão Maomé V, implorando que
fossem poupados tantos inocentes (cf. Carta, 10 de Setembro de 1915),
e foi novamente ele quem, no Consistório secreto de 6 de Dezembro de 1915,
afirmou com vibrante consternação: «Miserrima Armenorum gens ad interitum prope
ducitur» (AAS, VII [1915], 510).
Fazer memória do que
aconteceu é um dever não apenas para o povo arménio e para a Igreja universal,
mas para toda a família humana, para que a admoestação que promana desta
tragédia nos liberte de recair em horrores semelhantes, que ofendem a Deus e a
dignidade humana. Com efeito, até nos nossos dias estes conflitos às vezes
degeneram em violências injustificáveis, fomentadas mediante a
instrumentalização das diversidades étnicas e religiosas. Todos aqueles que ocupam
lugares de liderança no âmbito das Nações e das Organizações internacionais são
chamados a opor-se a tais crimes com uma responsabilidade firme, sem ceder a
ambiguidades nem compromissos.
Esta dolorosa celebração
se torne para todos um motivo de reflexão humilde e sincera, e de abertura do
coração ao perdão, que é manancial de paz e de esperança renovada. São Gregório
de Narek, formidável intérprete do espírito humano, parece dirigir-nos palavras
proféticas: «Assumi voluntariamente todas as culpas, desde aquelas do primeiro
padre até às do último dos seus descendentes, e considerei-me responsável por
elas» (Livro das Lamentações, LXXII). Quanto nos impressiona este seu
sentimento de solidariedade universal! Como nos sentimos pequeninos diante da
grandeza das suas invocações: «Recorda-te [Senhor]... daqueles que, na estirpe
humana, são nossos inimigos, mas para o seu bem: cumpre neles o perdão e a
misericórdia (...) Não extermines aqueles que me afligem: transforma-os!
Extirpa o vicioso comportamento terreno e, em mim e neles, arraiga a boa
conduta» (ibid., LXXXIII).
Deus conceda que se se
retome o caminho de reconciliação entre os povos arménio e turco, e que a paz
desponte também no Nagorno-Karabakh. Trata-se de povos que no passado, não
obstante contrastes e tensões, viveram prolongados períodos de convivência
pacífica e, até no turbilhão das violências, testemunharam casos de
solidariedade e de ajuda recíproca. Somente com este espírito as novas gerações
podem abrir-se a um futuro melhor, e o sacrifício de muitos conseguirá
tornar-se semente de justiça e de paz.
Para nós, cristãos, este
seja principalmente um tempo forte de oração, a fim de que o sangue derramado,
através da força redentora do sacrifício de Cristo, realize o prodígio da plena
unidade entre os seus discípulos. Em particular, fortaleça os vínculos de
amizade fraternal que já unem a Igreja católica e a Igreja apostólica arménia.
O testemunho de inúmeros irmãos e irmãs que, inermes, sacrificaram a vida pela
sua fé, irmana as diversas confissões: trata-se do ecumenismo do sangue, que
levou são João Paulo II a celebrar em conjunto, durante o Jubileu do Ano 2000,
todos os mártires do século XX. Também a celebração hodierna se insere neste
contexto espiritual e eclesial. Neste evento participam representações das
nossas duas Igrejas, unindo espiritualmente numerosos fiéis espalhados pelo
mundo inteiro, num sinal que reflecte sobre a terra a comunhão perfeita que
existe entre os espíritos bem-aventurados no céu. É com espírito fraternal que
asseguro a minha proximidade por ocasião da cerimónia de canonização dos
mártires da Igreja apostólica arménia, que terá lugar no dia 23 de Abril na
Catedral de Etchmiadzin, e nas comemorações que se realizarão em Antelias, no
mês de Julho.
Confio à Mãe de Deus estas
intenções, com as seguintes palavras de são Gregório de Narek:
«Ó pureza das Virgens,
Corifeia dos beatos,
Mãe do edifício inabalável da Igreja,
Genetriz da Palavra imaculada de Deus,
(...)
amparando-nos sob as asas incomensuráveis de defesa da tua intercessão,
elevamos as nossas mãos para ti,
e, com indubitável esperança, acreditamos que seremos salvos».
(Panegírico à Virgem)
Vaticano, 12 de Abril de
2015
Francisco
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Kevorkian Raymond, The Extermination of Ottoman Armenians by the Young Turk Regime (1915-1916), Mass Violence and Resistance - Research Network, 2008 : https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/en/document/extermination-ottoman-armenians-young-turk-regime-1915-1916.html