Bienheureux Pierre de
Castelnau
Archidiacre de Maguelonne
et martyr (+ 1208)
Originaire de la région de Montpellier, il fut archidiacre de Maguelonne. C'est là qu'il eut à lutter contre l'hérésie naissante des Albigeois. Légat du Siège apostolique, il parcourt la province de Toulouse, connaît des relations orageuses avec le comte Raymond de Toulouse et se désole des piètres résultats qu'il obtient. Non loin de Saint-Gilles du Gard, il sera assassiné d'un coup de lance.
D'abord archidiacre de Maguelone, ensuite moine cistercien à Fontfroide, au diocèse de Narbonne, Pierre de Castelnau fut choisi par le pape Innocent III comme légat dans l'affaire des Albigeois, en 1204. Son zèle pour la répression de l'hérésie lui valut l'animosité du comte de Toulouse, Raymond VI. Un des hommes de ce comte attaqua Pierre de Castelnau au moment où il allait traverser le Rhône et le perça de sa lance. Une lettre d'Innocent III relate cette mort. Le corps de Pierre de Castelnau fut enseveli près du tombeau de Saint Gilles. (source: Les Saints du diocèse de Nîmes au 14 janvier)
Près de Saint-Gilles en Provence, l’an 1208, le bienheureux Pierre de
Castelnau, prêtre et martyr. Entré au monastère cistercien de Fontfroide, il
fut chargé par la pape Innocent III d’établir la paix et d’affermir la foi en
Provence et tomba percé d’un coup de lance par un hérétique.
Martyrologe romain
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/5200/Bienheureux-Pierre-de-Castelnau.html
Bienheureux Pierre de Castelnau (v.1170-1208)
Archidiacre de Maguelonne
- Cistercien – Légat du pape
Compagnon de saint Dominique
- Martyr
Né vers 1170 près de
Montpellier
Assassiné le 15 janvier
1208 à Trinquetaille près d’Arles
Près de Saint-Gilles en
Provence, l’an 1208, le bienheureux Pierre de Castelnau, prêtre et martyr.
Entré au monastère cistercien de Fontfroide, il fut chargé par la pape Innocent
III d’établir la paix et d’affermir la foi en Provence et tomba percé d’un coup
de lance par un hérétique. Martyrologe romain
Déclaré martyr par
Innocent IV, puis béatifié, il est célébré le 15 janvier dans les diocèses de
Carcassonne et Nîmes
Fête locale le 15 janvier
Pierre de Castelnau
Pierre de Castelnau est
un religieux de Cîteaux qui
fut légat du pape Innocent
III, né dans le diocèse de Montpellier (peut-être à Castelnau-le-Lez), mort
assassiné le 15 janvier 1208.
On le trouve en 1197
candidat à la dignité de chanoine dans l'église de Maguelonne. En 1199,
Innocent III adjoignit P. de C. « archidiacre de Maguelonne », aux légats qu'il
avait nommés en Languedoc pour la recherche des hérésies. Pierre, vers 1202,
entra comme moine dans l'abbaye cistercienne de Fontfroide, au diocèse de
Narbonne. C'est là que le pape alla le chercher une seconde fois pour lui
conférer, ainsi qu'à un autre moine de la même abbaye, le titre de légat
apostolique (fin 1203). Pierre, dont le zèle pour l'orthodoxie était extrême et
hautain, se rendit d'abord à Toulouse où il fit prêter, dit-on, aux consuls et
aux premiers habitants un serment de fidélité à la foi catholique. Il s'attaqua
ensuite aux membres suspects de l'épiscopat languedocien : Bérenger, archevêque
de Narbonne, l'évêque de Béziers, l'évêque de Toulouse. La lettre d'appel au
pape écrite par Bérenger de Narbonne le 27 décembre 1204 montre avec quelle
rigidité Pierre et son collègue ne craignaient pas d'agir :
« Vous m'avez fait
défendre, sous peine d'anathème et de privations de bénéfice et d'office, de
sortir de mon diocèse, comme si j'étais le dernier des clercs, etc. »
Les légats, en présence
de l'appel de l'archevêque de Narbonne, remirent leurs démissions à Innocent
III qui les refusa, maintint au contraire leurs commissions jusqu'à
l'extirpation totale de l'hérésie (janvier 1205). Alors commencèrent pour le
légat de nouveaux travaux; en 1205, on le voit déposer à Toulouse l'évêque R.
de Rabastens, réformer l'église de Viviers dans son chef et dans ses membres.
De Viviers, Pierre se rendit, avec ses colégats , à Montpellier ou il résida
quelque temps. Là se trouvaient de passage l'évêque espagnol d'Osma et son
clerc saint Dominique.
Les légats étaient
découragés, surtout à cause de la corruption du clergé qui servait aux hérétiques
d'invincible argument contre l'Eglise. L'évêque d'Osma et son compagnon leur
conseillèrent de prêcher d'exemple, d'aller pieds nus, comme les apôtres, sans
or et sans argent. Ils partirent, en effet, de Montpellier en très simple
équipage, et, sur leur route, prirent part à plusieurs conférences organisées
par des docteurs hérétiques, à Verfeil, à Caraman de Lauraguais, à Béziers.
Pierre, toutefois, se savait tellement détesté à Béziers qu'il n'osa pas y
entrer, de crainte d'être frappé. Sur l'avis de l'évêque d'Osma, il retourna
seul à Montpellier où il eut occasion, en octobre 1206, d'être choisi comme
arbitre entre les habitants de cette ville et le roi d'Aragon.
L'année 1207 fut employée
par lui à mener dans la vallée du Rhône, en Provence, une campagne énergique en
faveur du comte des Baux, en guerre avec le comte Raymond de Toulouse, qui
avait promis de tourner ses forces contre les hérétiques de Languedoc, dès
qu'il serait en paix avec Raymond. Le comte de Toulouse,
malgré l'intervention de Pierre, refusa de suspendre les hostilités en
Provence. Il fut aussitôt excommunié; ses terres furent frappées d'interdit.
Cependant, une lettre violente d'Innocent, approuvant pleinement la conduite de
son légat, décida bientôt le comte à se soumettre aux volontés de Pierre; mais
il s'y soumit de mauvaise grâce et fut, de ce chef, excommunié une seconde
fois. Il céda encore et invita le légat à venir le trouver en sa cour de
Saint-Gilles.
L'entrevue fut orageuse,
Pierre de Castelnau y mit fin par un brusque départ et s'en alla coucher dans
une hôtellerie sur le bord du Rhône, en face du bac. Il y fut assassiné, le 15
janvier 1208, par un écuyer du comte de Toulouse. Il n'est pas probable que
Raymond eût prémédité ce meurtre, si contraire à ses intérêts; il faut
l'attribuer aux haines que l'orgueil agressif du légat semait sur son passage
ou au zèle intempestif d'un subalterne. Innocent III lui-même n'accusa pas formellement
le comte de Toulouse; il se borna à le considérer comme valde suspectus.
Quoi qu'il en soit, le meurtre de Pierre de Castelnau fut le signal de la croisade
des Albigeois.
Le culte public du
bienheureux P. de Castelnau a été introduit au XIXe s. dans les diocèses
de Montpellier Nîmes et Carcassonne. (Ch.-V. Langlois).
SOURCE : http://www.cosmovisions.com/Castelnau.htm
Bulle du Pape Innocent III contre les assassins de Pierre de Castelnau (1208)
« Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu à nos fils bien-aimés
les nobles hommes, comtes et barons et à tous les habitants des provinces de
Narbonne, Embrun, Aix et Vienne, salut et bénédiction apostolique.
Nous venons d’apprendre
un événement cruel qui va mettre en deuil l’Eglise tout entière: frère Pierre
de Castelnau, de sainte mémoire, moine et prêtre, qui parmi les hommes vertueux
se faisait remarquer par sa conduite, son savoir et sa bonne réputation, avait
été envoyé par nous avec d’autres dans le midi de la France pour y prêcher la
paix et affermir la foi. Dans la tâche qui lui était confiée, il avait réussi
d’une façon digne d’éloges et ne cessait d’y réussir. En vérité, c’est à
l’école du Christ qu’il avait appris tout ce qu’il prêchait: il était capable
d’exhorter le fidèle selon la sainte doctrine et de réfuter les contradicteurs:
il était toujours prêt à rendre raison à quiconque l’interrogeait car c’était
un homme de foi catholique, de science juridique et de parole éloquente.
Mais le Diable suscita
contre lui son ministre … le Comte de Toulouse. Celui-ci, à cause des grands et
nombreux excès qu’il avait commis contre Dieu et contre l’Eglise avait souvent
encouru la censure ecclésiastique et souvent il s’était fait absoudre après un
simulacre de repentir en homme qu’il était rempli de souplesse astucieuse et
d’insaisissable inconstance. Comme il était incapable de réfréner la haine
qu’il avait conçu contre frère Pierre dont la bouche ne gardait point enfermée
la parole de Dieu pour exercer la vengeance sur les nations et répandre les
châtiments sur les peuples, poussé en outre par une rage d’autant plus vive
qu’il méritait d’être plus fortement réprimandé pour ses crimes, il convoqua à
Saint-Gilles le dit frère Pierre et son collègue, légats du siège apostolique,
promettant de donner sur tous les points qui lui étaient reprochés un entière
satisfaction. Les légats une fois arrivés dans cette ville, le Comte de
Toulouse se montra à leur égard tantôt docile et sincère dans ses promesses
d’exécuter les ordres qui lui étaient donnés pour son bien, tantôt fourbe et
obstiné dans son refus de s’y soumettre. Lorsque les légats décidèrent de se
retirer, il les menaça publiquement de mort: il déclara que leur départ, qu’il
se fit par terre ou par eau, serait par lui avec soin épié, et aussitôt passant
des paroles aux actes, il dressa un guet-apens et y envoya ses complices.
Sourd aux prières de
l’Abbé de Saint-Gilles, et aux instances des consuls et des bourgeois qui
essayaient vainement de calmer sa fureur, il les vit d’un mauvais oeil conduire
malgré lui les légats avec une escorte armée jusqu’au bord du Rhône. A la nuit
tombante, les légats s’arrêtèrent pour se reposer sans s’apercevoir que des
satellites du comte se tenaient auprès d’eux, et comme la suite l’a prouvé,
cherchaient à répandre leur sang. Le lendemain, quand le jour fut levé et la
messe célébrée comme de coutume, les vertueux chevaliers du Christ se disposaient
à traverser le fleuve quand l’un des susdits satellites de Satan, brandissant
sa lance, blessa par derrière entre les côtes ledit Pierre, lequel appuyé
fortement sur le Christ comme sur un roc inébranlable, ne s’attendait pas à une
pareille trahison. Il regarda pieusement son impie agresseur et, suivant
l’exemple de son Maître Jésus-Christ et du bienheureux Etienne, il dit:
« Que Dieu te pardonne comme moi je t’ai pardonné »: il redit à
plusieurs reprises ces paroles pieuses et résignées, puis l’espoir du ciel lui
fit oublier la douleur de la blessure qui le traversait: il continua, pendant
que s’approchait le moment de son précieux trépas à régler avec ses compagnons
les mesures destinées à promouvoir la paix et la foi et, par plusieurs reprises,
il finit par s’endormir bienheureusement dans le Seigneur.
La Paix et la Foi ! C’est
la plus noble cause pour souffrir le martyre: c’est pour elle que frère Pierre
a versé son sang. Aussi d’éclatants miracles auraient déjà glorifié sa mort,
nous en sommes convaincus, sans la présence de ces incrédules, pareils à ceux
dont parle l’Evangile: « Jésus ne fit pas beaucoup de miracles en ce lieu
à cause de leur incrédulité ». Quoique le miracle des langues fut destiné
aux incrédules et non aux croyants, cependant quand notre Sauveur parut devant
Hérode (qui au témoignage de Saint-Luc éprouva à sa vue une grande joie parce
qu’il espérait lui voir opérer quelque prodige), il ne daigna ni faire de
miracle ni répondre à celui qui l’interrogeait, sachant qu’en fait de prodige
Hérode cherchait à satisfaire, non le besoin de croire mais la recherche de sa
vanité. Si donc cette génération dépravée et perverse n’est pas digne de
recevoir de si tôt, comme peut-être elle le cherche, de cet homme qu’elle a
fait son martyr le signe qu’elle attend, quant à nous, nous estimons utile
qu’un seul soit mort pour l’empêcher de périr tout entière, elle que la
contagion de l’hérésie avait contaminée et qui pourra être ramenée de son
erreur, mieux par l’appel du sang que par les discours de sa victime. Tel est
l’antique artifice de Jésus-Christ, le merveilleux stratagème employé par notre
Sauveur: quand on le croit vaincu dans la personne des siens, c’est alors qu’il
remporte sur eux sa plus forte victoire, et en vertu de ce même pouvoir par
lequel en mourant il a vaincu la mort, il l’emporte en la personne de ses
serviteurs sur ceux qui croyaient l’avoir emporté sur eux. Si le grain de blé
qui tombe dans le sillon ne meurt pas, il reste seul: mais si au contraire il
meurt,il porte beaucoup de fruit. De la mort de ce grain très fécond, nous
avons le ferme espoir de voir sortir une riche moisson pour l’Eglise du Christ,
car celui-là serait obstinément cruel et cruellement obstiné dont l’âme ne
serait pas traversé par un tel glaive.
Le sang de la victime
aura, nous n’en doutons pas, une efficacité telle que l’oeuvre de la sainte
prédication qu’il avait inauguré dans le midi de la France et pour laquelle il
est descendu dans la corruption recevra de Dieu le développement désiré. C’est
pourquoi nous estimons devoir avertir et exhorter avec soin nos vénérables
frères les archevêques de Narbonne, d’Arles, d’Ambrun, d’Aix et de Vienne ainsi
que leur suffragants, et nous leur ordonnons fermement de par le Saint-Esprit
et en vertu de l’obéissance qu’ils nous doivent d’arroser et faire germer par
leurs prédications la parole de paix et de foi semée par le défunt. Qu’ils
travaillent avec un zèle infatigable à combattre la dépravation hérétique et à
fortifier la foi catholique, à déraciner les vices et à planter les vertus.
Qu’au nom de Dieu le Père tout Puissant et du Fils et du Saint-Esprit, par
l’autorité des Saints-Apôtres Pierre et Paul et par la notre, dans tous les
diocèses, ils déclarent excommuniés et anathèmes le meurtrier du serviteur de
Dieu et tous ceux qui ont conseillé, favorisé et aidé son crime. Qu’ils aillent
en personne jeter l’interdit sur tous les lieux où se réfugieront les
coupables. Que cette condamnation soit solennellement renouvelée les dimanches
et jours de fête au son de cloches et à la lueur des cierges, jusqu’à ce que le
meurtrier et ses complices se présentent au Siège Apostolique et méritent par
une satisfaction convenable d’obtenir l’absolution.
A tous ceux par contre
qui, animés par le zèle de la foi catholique pour venger le sang du juste qui
élève de la terre au ciel un appel incessant jusqu’à ce que le Dieu des
vengeances descende du ciel sur la terre pour la confusion des corrupteurs et
des corrompus, à tous ceux donc qui prendront vaillament les armes contre ces pestiférés,
ennemis de la vraie foi tout ensemble et de la paix, que les susdits
archevêques et évêques garantissent l’indulgence accordée par Dieu et son
Vicaire pour la rémission de leurs péchés, et qu’une pareille entreprise
suffise à tenir lieu de satisfaction pour les fautes, celles du moins dont une
réelle contribution de coeur et une sincère confession de bouche seront
offertes au Dieu de Vérité. Ces pestiférés, en effet, ne se contentent plus de
viser à la destruction de nos biens, ils cherchent à machiner la perte de nos
personnes: non seulement ils aiguisent leurs langues, pour ruiner les âmes,
mais ils étendent leurs mains pour prendre les corps; ils pervertissent les
âmes et détruisent les corps.
Quant au Comte de
Toulouse, déjà frappé d’anathème pour des fautes graves et nombreuses qu’il
serait trop long d’énumérer, sa responsabilité dans le meurtre du saint homme
ressort d’indices certains: non seulement il l’a publiquement menacé de mort et
a dressé un guet-apens contre lui, mais encore il a, dit-on, reçu dans son
intimité le meurtrier et lui a donné une forte récompense, sans parler d’autres
présomptions qui nous sont clairement apparues. Qu’il soit donc publiquement
déclaré anathème pour ce nouveau motif également par les susdits archevêques et
évêques. Et, comme selon les canons des saints pères, on ne doit plus garder la
fidélité envers celui qui n’a pas gardé sa fidélité envers Dieu et qui est
isolé de la communion des fidèles comme un homme à éviter plutôt qu’à
fréquenter, que tous ceux qui sont liés audit comte par un serment de fidélité,
d’association ou d’alliance soient déclarés par notre autorité apostolique
relevés de ce serment. Qu’il soit permis à tout catholique, sous réserve des droits
du seigneur principal, non seulement de combattre le comte en personne, mais
encore d’occuper et de conserver ses biens , afin que la sagesse d’un nouveau
possesseur purge cette terre de l’hérésie dont par la faute du comte elle a été
jusqu’ici honteusement souillée: il convient, en effet, que toutes les mains se
lèvent contre celui dont la main s’est levée contre tous, et si ce tourment ne
lui donne pas l’intelligence, nous aurons soin d’appesantir davantage nos mains
sur lui. Par contre, s’il s’engage à donner satisfaction, il conviendra
indubitablement qu’il fournisse d’abord les gages suivants de son repentir:
qu’il consacre toutes ses forces à expulser les hérétiques et qu’il se hâte
d’adhérer à une paix universelle: c’est surtout, en effet, parce que sa
culpabilité a été établie sur ces deux points que la censure ecclésiastique a
été prononcée contre lui. Et pourtant, si le Seigneur voulait tenir compte de
toutes ses iniquités, il ne pourrait guère donner de satisfaction suffisante,
non seulement pour lui-même, mais encore pour la foule des autres qu’il a
entraînés dans le piège de la damnation.
Selon la parole de
vérité, il ne faut pas craindre ceux qui tuent le corps, mais bien celui qui
peut envoyer le corps et l’âme en enfer. Aussi nous mettons notre confiance et
notre espoir dans celui qui ressuscita le troisième jour afin de libérer ses
fidèles de la crainte de la mort pour que la mort du susdit serviteur de Dieu,
loin d’effrayer notre vénérable frère l’évêque de Couserans ou notre aimé fils,
l’Abbé de Citeaux, légats du Siège Apostolique, et les autres fidèles
catholiques, excite au contraire leur ardeur: qu’ils suivent l’exemple de celui
qui a eu le bonheur de gagner la vie éternelle au prix d’une mort temporelle:
qu’ils ne craignent pas d’exposer au besoin dans un si glorieux combat leur vie
pour le Christ. C’est pourquoi nous estimons devoir conseiller et commander aux
archevêques et évêques susdits, corroborant nos prières par nos ordres et nos
ordres par nos prières, de tenir scrupuleusement compte des avis et
commandements salutaires de nos légats et de collaborer avec eux comme de
vaillants frères d’armes dans tout ce que ceux-ci leur enjoindront. Nous
ordonnons, sachez-le, de respecter et d’exécuter inviolablement toute sentence
que nos légats prononceraient contre les rebelles ou même contre des
nonchalants.
En avant, chevaliers du
Christ ! En avant, courageuses recrues de l’armée chrétienne ! Que l’universel
cri de douleur de la sainte Eglise vous entraîne ! Qu’un zèle pieux vous enflamme
pour venger une si grande offense faite à votre Dieu ! Souvenez-vous que votre
Créateur n’avait nul besoin de vous quand il vous créa. Mais, bien qu’il puisse
se passer de votre concours, néanmoins, comme si votre aide lui permettait
d’agir avec plus d’efficacité, comme si votre carence affaiblissait sa
Toute-Puissance, il vous donne aujourd’hui l’occasion de le servir d’une
manière qui soit digne de lui. Depuis le meurtre de ce juste, l’Eglise de ce
pays reste sans consolateur, assise dans la tristesse et dans les larmes. La
foi, dit-on, s’en est allée, la paix est morte, la peste hérétique et la rage
guerrière ont pris des forces nouvelles: la barque de l’Eglise est exposée à un
naufrage total si dans cette tempête inouïe on ne lui apporte un puissant
secours. C’est pourquoi nous vous prions de bien entendre nos avertissements,
nous vous exhortons avec bienveillance, nous vous enjoignons avec confiance au
nom du Christ, devant un tel péril nous vous promettons la rémission de vos
péchés afin que sans tarder vous portiez remède à de si grands dangers.
Efforcez-vous de pacifier ces populations au nom du Dieu de paix et d’amour.
Appliquez-vous à détruire l’hérésie par tous les moyens que Dieu vous
inspirera. Avec plus d’assurance encore que les Sarrasins car ils sont plus
dangereux, combattez les hérétiques d’une main puissante et d’un bras étendu.
Pour ce qui est du comte de Toulouse qui semble avoir fait un pacte avec la
mort et ne pas songer à la sienne, si par hasard le tourment lui donne
l’intelligence et si son visage, couvert d’ignominie commence à demander le nom
de Dieu, continuer à faire peser sur lui la menace jusqu’à ce qu’il nous donne
satisfaction, à nous, à l’Eglise et à Dieu. Chassez-le, lui et ses complices,
des tentes du Seigneur. Dépouillez-les de leurs terres afin que les habitants
catholiques y soient substitués aux hérétiques éliminés et, conformément à la
discipline de la foi orthodoxe qui est la votre, servent en présence de Dieu
dans la sainteté et dans la justice.
Donné au Latran, le six
des Ides de Mars, l’an II de notre pontificat. »
P. Guébin, H. Maisonneuve, Histoire Albigeoise, nouvelle traduction de l’Historia Albigensis de Pierre des Vaux-de-Cernay, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1951, p. 25-32.
Pierre de Castelnau
Posté le 19 mai 2015 par ponsot
Originaire de la région de Montpellier, il fut archidiacre de Maguelonne. Entré à l’abbaye cistercienne de Fontfroide, c’est comme tel qu’il est amené à lutter contre l’hérésie déjà bien implantée des ‘‘Albigeois’’, autrement dénommés ‘‘cathares’’.
Légat du pape Innocent III, qui le charge de lutter contre l’hérésie cathare, avec l’Abbé de Citeaux et un autre moine de Fontfroide, Raoul, il rencontre, en 1206, l’évêque d’Osma, Diègue, ainsi que son compagnon, Dominique, à Castelnau, selon une tradition locale.
Il parcourt la province de Toulouse, connaît des relations orageuses avec le comte Raymond de Toulouse et se désole des piètres résultats qu’il obtient. Non loin de Saint-Gilles du Gard, il est assassiné d’un coup de lance par un écuyer de Raimond VI de Toulouse le 15 janvier 1208.
Cet assassinat détermine le pape à lancer la croisade contre les albigeois
SOURCE : https://dominicainsmontpellier.fr/pierre-de-castelnau/
Le VIII° Centenaire de
l’assassinat de Pierre de Castelnau
Posté le 15 mai 2014 par ponsot
Le 15 janvier 1208, vers 6h du matin, Pierre de Castelnau, après avoir célébré la messe, se prépare à traverser le petit Rhône quand il est assassiné de dos par un écuyer du Comte Raymond VI de Toulouse identifié comme venant de Beaucaire.
La veille, le Comte de Toulouse qui a fait de Saint-Gilles au bord du Rhône,
une sorte de Capitale, ville sainte de pèlerinage et grande foire aux échanges
et aux affaires florissantes, a convoqué Pierre de Castelnau, légat du Pape
Innocent III. Rencontre difficile, houleuse où le Comte veut justifier devant
le légat son refus de signer l’accord de paix que le pape Innocent III veut
établir à l’intérieur de la Chrétienté sous la houlette de son pouvoir
spirituel. Ce refus a entrainé l’excommunication du Comte Raymond VI. Si cette
affaire reste complexe puisque le droit médiéval – et nous sommes dans un monde
régi par le droit où personne ne peut en faire qu’à sa tête – n’envisage pas
cette allégeance au pouvoir spirituel du Pape, Raymond VI ne peut justifier les
actes répétés et délibérés de violence qu’il vient d’effectuer en terre
d’empire. Ne vient-il pas de brûler des civils non armés, femmes et enfants
dans l’église de Carpentras ? Ne cherche-t-il pas avec des bandes de routiers
armés, soudards mercenaires payés par l’argent des péages de Saint-Gilles à
répandre la terreur et imposer son pouvoir ?
Le Pape Innocent III, à l’apogée de son pouvoir, cherche à instaurer
durablement la paix à l’intérieur de la Chrétienté pour mieux reconquérir
Jérusalem et asseoir le pouvoir militaire et économique des Latins en Terre
Sainte. Faire ou mieux imposer la paix va de pair avec la purification de la foi chrétienne, débarrassée de
toutes les déviances, divergences ou dissidences. Pour ce faire le Pape veut
faire valoir la suprématie du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, de la
Cité de Dieu sur la Cité des hommes. Vicaire du Christ, il exerce la plenitudo
potestatisqui n’est pas un pouvoir tout puissant mais un pouvoir supérieur ou
suprême: le pouvoir spirituel établi au dessus de toutes les autres formes de
pouvoir que le droit romain et coutumier régulait au Moyen Age. Seul ce pouvoir
spirituel pouvait exiger des Princes une conduite morale exemplaire et
l’instauration de la paix, le règlement pacifique des conflits et des tensions
politiques.
Ce beau projet de paix se heurte concrètement à une multitude de problèmes liés à la réforme de l’Eglise. Mais aussi à de nombreux problèmes personnels ou moraux, économiques ou militaires. En voici un seul exemple mais de taille: la 4ème Croisade que le Pape a rassemblé en 1203, n’a pas abouti au tombeau du Christ mais au sac de Constantinople pour satisfaire les banquiers italiens qui finançaient la Croisade.
Pourtant, malgré cet échec cuisant où la spiritualité de la croisade- assurer le salut des soldats et des pèlerins qui se rendent sur le tombeau du Christ- est largement dévoyée par le pouvoir économique, Innocent III n’abandonne pas son projet de reconquête de la Terre Sainte au prix même d’une croisade d’un nouveau genre que sera, en partie, la croisade contre les Albigeois ou contre des hérétiques du Midi, autrement dit les dissidents plus connus aujourd’hui sous le nom de« Cathares ».Au lieu d’être tournée vers l’extérieur, la croisade vient épurer l’intérieur même de la Chrétienté. La coercition est requise pour rétablir la vraie foi.
Pour étendre et accomplir la réforme Grégorienne dans l’Eglise, Innocent III aura recours à de nombreux Légats qu’il envoie en mission par dessus même les pouvoirs ecclésiastiques ou politiques locaux. Missions ponctuelles, circonscrites, régies par des lettres précisant exactement la nature ou la portée de l’action du Légat. Le Pape finit même à partir de 1204 par choisir des légats dans le vivier des Cisterciens, fer de lance de l’Eglise du XII° siècle et bons connaisseurs des langues et des coutumes locales.
Ainsi, Pierre originaire de Castelnau, la banlieue de Montpellier, ancien archidiacre du diocèse de Maguelone et donc au courant de tous les problèmes juridiques et économiques du diocèse, devenu moine cistercien de Frontfroide. Ne l’idéalisons pas: en 1206 il se fait haïr en prêchant à Béziers. Ses compagnons le font partir pour le protéger. Manifestement sa manière hautaine et autoritaire de s’adresser aux gens empêche la « Sainte Prédication » naissante de réussir sa première campagne de rencontres et de prédications. Homme de caractère, rigoureux et inflexible, plus rigide que diplomate et incapable de contacts chaleureux. Surtout avec l’hérétique qu’il ne sait que menacer pour qu’il revienne – par peur ? – à la vraie foi.
La rencontre de Saint-Gilles met donc en présence un Légat inflexible et un prince versatile, à la colère proverbiale. On pense même que ses excès trahissent une démence. Le Comte menace publiquement le Légat de mort. Or le Légat est plus qu’un représentant du Pape, il est comme sa présence physique auprès de ceux à qui il est envoyé. L’espoir de paix fait place au pur rapport de forces et le Comte a entre ses mains le pouvoir de la violence.
Si cet assassinat du Légat porte en lui-même beaucoup d’éléments d’interprétation, il reste à en apprécier les conséquences incalculables.
Dans sa lettre du 12 mars 1208, le Pape Innocent III manifeste à toutes les institutions politiques et religieuses de la Chrétienté l’excellente connaissance des circonstances de l’assassinat. Il connait par ailleurs toutes les procédures juridiques du droit canon et du monde médiéval. Pourtant il en vient à confondre volontairement le plan de la responsabilité personnelle d’un criminel et l’éradication de la « pestilence » qu’est l’hérésie ou la dissidence. Raymond VI est certes un personnage complexe- est-il coupable de l’assassinat perpétré par « l’écuyer de Beaucaire » qu’il a fait entrer dans sa familiarité ?- mais il n’est pas hérétique.
Peu à peu l’idée de la croisade pour contraindre l’hérétique se met en place. La question devient : est possible et souhaitable de contraindre à la vraie foi ?
La responsabilité de l’Eglise est alors engagée sur deux fronts :
1- Comment se fait-il que les rapports de terrain, par exemple ceux des Légats, vont réussir à majorer la dissidence en Languedoc et à diaboliser l’hérésie au point qu’une seule solution s’impose : l’éradication totale ? Sinon toute la Chrétienté en sera empoisonnée ! Or l’analyse de la dissidence en Languedoc montre qu’elle est loin d’occuper tout le territoire. Saint-Gilles ou Montpellier ne connaissent pas de « Cathares ».Elle a son apogée de Béziers vers Montauban et la dissidence des « bons hommes et des bonnes femmes » fera entre 10 et 15 % de la société de ce « territoire ». Ensuite ses doctrines et ses rituels sont peu et mal connus faute de documents. L’immense majorité des textes et des documents sur l’hérésie vient des Catholiques. Or la diabolisation de l’autre différent conduit à décider la solution violente : il vaut mieux éliminer ce danger d’autant plus qu’il est, pour une bonne part, imaginaire au sens où la figure de l’hérétique sort des bibliothèques de certains monastères plus que de la connaissance de terrain. Ce qui ne veut pas dire que la dissidence n’est rien, bien au contraire mais elle n’est qu’une dissidence à plusieurs courants. Au-delà de la sociologie des dissidences, il faut apprécier surtout la nouveauté qu’elles représentent à la fin du XII ème siècle et ainsi examiner l’attitude de l’Eglise et de la société face à cette nouveauté même.
2- Comment organiser la coercition pour obliger à la conversion ? L’Eglise a besoin de bras séculiers, et du coup va en dépendre. Mais surtout, au delà des aspects tactiques, qu’en est-il de la foi qui est l’adhésion libre à l’appel de Dieu? Il faut se garder de tout anachronisme: les XII° et XIII° siècles sont bien différents de nous. La foi se présente plus comme l’appartenance à un groupe qu’une décision personnelle à cette époque. Mais l’Evangile que l’on impose n’est plus l’Evangile!
Dès lors, les historiens nous aident grandement à camper les circonstances d’un vrai débat : coercition ou prédication ? Prédication ou croisade ? Le débat reste ouvert mais il a le mérite d’aborder les vraies questions.
S’il a préparé plusieurs croisades, le Pape Innocent III a aussi encouragé la prédication pour revenir à la foi. Mais quelle prédication ? Une prédication créant la peur pour pousser à la foi ? Une prédication comme dernière chance avant la coercition ? Une prédication finalement impuissante à empêcher le recours à la force ?
Or depuis la rencontre de Montpellier en 1206, dont nous venons de célébrer le VIII° centenaire et dont les Actes viennent d’être publiés, une alternative se fait jour : la Sainte Prédication : prédication nouvelle, itinérante à la rencontre de l’autre dissident, mendiante, sans accompagnement de soldats ou de domestiques, à pied et non plus avec le prestige des chevaux…
Alors que les Légats, dont Pierre de Castelnau, veulent démissionner devant l’échec de leur mission, Diègue, évêque d’Osma en Castille, accompagné de son Socius, Dominique de Calaruega provoquent une rupture révolutionnaire pour ne plus donner prise aux accusations des hérétiques du midi : renvoyer les bagages, les serviteurs et les soldats qui accompagnent les missions de prédication des évêques et des Légats. La nouveauté de la Sainte prédication répond à la nouveauté des dissidences.
Diègue et Dominique joignent le geste à la parole. Ils coupent peu à peu l’herbe sous les pieds de cet anticléricarisme qui conduit à entrer peu à peu en dissidence devant la richesse et le pouvoir ostentatoire des Clercs confinant au mépris des Laïcs. Ils rétablissent la relation entre les Prêcheurs et le peuple de Dieu après le divorce des clercs « cultivés » priant en latin et le peuple « inculte » parlant en langues vernaculaires.
Grâce au choix de la pauvreté mendiante et de la simplicité de l’Evangile, la Sainte Prédication permet la rencontre de l’hérétique, les réunions publiques de confrontation arbitrées par des jurys composés de laïcs. En dépit de la croisade des Albigeois et malgré le bruit, la fureur et la rémanence de la « culture de coercition », la prédication à la fois nouvelle et traditionnelle aura des résultats probants.
Ainsi la Prédication nouvelle s’inscrit dans la vision « classique » initiée par les Légats en Languedoc : mettre fin à l’hérésie qui déchire l’Eglise et divise la société. Mais elle apporte une nouveauté convaincante : l’alliance de la parole et l’exemple.
Dieu n’est plus le Tout puissant inspirant la crainte comme celle qu’inspirent les souverains de la Terre. Révélé exactement par l’incarnation de son Fils Bien Aimé dans l’Evangile, Dieu se laisse discerner comme Pèrede Jésus-Christ et notre frèreen Jésus-Christ.
Cette fraternité dans l’Eglise et pour le monde est l’alternative crédible à la prédication de coercition.
Prédication ou Croisade? Le choix devient celui d’une prédication fraternelle
de la Vérité de l’Evangile.
Pourtant dès 1209, la croisade contre les Albigeois se réunit devant Béziers,
terrible choc initial qui marque encore notre mémoire collective même au prix
d’une distorsion des faits qu’il nous faudra examiner scientifiquement. Cette
guerre durera une vingtaine d’années et le traité de Paris y mettra fin en
1229. Le Comte Raimond VII de Toulouse s’engagera à poursuivre et punir les
hérétiques. Un autre chapitre d’histoire commence.
Pendant ce temps, l’hiver 1206-1207, la première communauté dominicaine est
fondée à Prouilhe en Lauragais, un monastère de « bonnes femmes »
converties ou revenues dans l’Eglise par la prédication de ce lui qui deviendra
saint Dominique. Une autre histoire parallèle à celle de la guerre commence
elle aussi.
Frère Gilles Danroc o.p.
SOURCE : https://dominicainsmontpellier.fr/le-viii-centenaire-de-lassassinat-de-pierre-de-castelnau/
Profile
Known in lay and religious
life for his intelligence, piety, and devotion. Archdeacon of
Maguelone in 1199. Cistercian monk at
Fontfroide c.1202. Papal legate and
inquisitor in 1203 under Pope Innocent
III. Assigned to work with the heretic Albigensians,
to bring them back to the church. He embarked on a great evangelization campaign
through southern France; Saint Dominic
de Guzman worked in this effort. Martyred by Albigensians,
probably with the support of Count Raymond
VI of Toulouse who
hoped to use the Albigensian crisis
to increase his political power. Peter’s murder sparked
the Albigensian Crusade against
the heretics in
southern France.
Born
near Montpellier, France
stabbed
with a lance in 1208 near
Saint Gilles Abbey by Albigensian heretics
Additional
Information
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005 edition
nettsteder
i norsk
Readings
May God forgive thee,
brother, as I fully forgive thee. -Blessed Peter’s dying words
MLA
Citation
‘Blessed Peter of
Castelnau‘. CatholicSaints.Info. 21 April 2022. Web. 26 August 2026. <https://catholicsaints.info/blessed-peter-of-castelnau/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-peter-of-castelnau/
Book of Saints –
Peter of Castelnau
Article
(Blessed) Martyr (March
5) (13th
century) A Cistercian Saint,
born of a noble family in the South of France,
and the friend of Saint Dominic.
He was admirable in his zeal for the conversion of the Albigensian heretics.
They murdered him
A.D. 1209.
MLA
Citation
Monks of Ramsgate. “Peter
of Castelnau”. Book of Saints, 1921. CatholicSaints.Info.
17 October 2016. Web. 26 August 2026.
<https://catholicsaints.info/book-of-saints-peter-of-castelnau/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-peter-of-castelnau/
Bl. Peter of Castelnau
Feastday: January 15
Death: 1208
Martyred Cistercian
papal legate and
inquisitor. Peter was born near Montpellier and
served as archdeacon of
Maguelone before entering the Cistercians at
Fontfroide, circa 1202. Known for his devout nature and
his intelligence, in 1203he was appointed by Pope Innocent III to
the post of papal legate and
inquisitor with the task of returning the heretic Albigensians to the Church.
Among those who took part in his campaign was St. Dominic. The Albigensians
were ill disposed to heed his call, and a group of overzealous heretics murdered
Peter near Saint Gilles Abbey, probably at the connivance of Raymond VI, count
of Toulouse, who harbored political ambitions and hoped to manipulate the
crisis of the Albigensians to advantage. According to tradition, Peter’s dying
words were: “May God forgive
thee, brother, as I fully forgive thee.” His murder was
the spark that launched the Albigensian Crusade against the heretics in
Southern France.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=5303
Blessed Peter of
Castelnau, OSB Cist. M (AC)
Born near Montpelier,
France; died 1208. Blessed Peter became archdeacon of Maguelonne in 1199 and a
Cistercian monk at Fontfroide around 1202. The following year Pope Innocent III
appointed him apostolic legate and inquisitor for the Albigensians to lead the
famous expedition of evangelization in which Saint Dominic participated. While
engaged in that work he was run through by a lance at the hands of one of the
Albigensians. As he died, he said: "May God forgive you, brother, as fully
as I forgive you" (Benedictines).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0115.shtml
Blessed Pierre de Castelnau
Born in the Diocese
of Montpellier, Languedoc, now Department of Hérault, France;
died 15 Jan., 1208. He embraced the ecclesiastical
state, and was appointed Archdeacon of
Maguelonne (now Montpellier). Pope
Innocent III sent him (1199) with two Cistercians as
his legate into
the middle of France,
for the conversion of the Albigenses.
Some time later, about 1202, he received the Cistercian habit at Fontfroide,
near Narbonne. He was again confirmed as Apostolic
legate and first inquisitor. He gave himself untiringly to his
work, strengthening those not yet infected with error,
reclaiming with tenderness those who had fallen but
manifested good will, and pronouncing ecclesiastical censures against
the obdurate. Whilst endeavouring to reconcile Raymond, Count of Toulouse,
he was, by order of the latter, transpierced with a lance, crying as he
fell, "May God forgive
you as I do." His feast is
celebrated in the Cistercian order,
by one part on 5 March, and by the other on 14 March. He is also honoured as
a martyr in
the Dioceses of Carcassonne and
Treves. His relics are interred in
the church of the ancient Abbey of St-Gilles.
Sources
Breviarium cisterciense (5
March); CHALEMOT, Series sanctorum et Beatorum s.o.c. (Paris,
1670); Annus cisterciensis (Wettingen, 1682); HENRIQUEZ, Menologium
cisterciense (Antwerp, 1630); CAUVET, Étude historique sur Fontfroide (Montpellier,
1875); CARETTO, Santorale cisterciense, II (Turin, 1708).
Obrecht, Edmond.
"Blessed Pierre de Castelnau." The Catholic Encyclopedia. Vol.
12. New York: Robert Appleton Company, 1911. 15 Jan. 2017
<http://www.newadvent.org/cathen/12079d.htm>.
Transcription. This
article was transcribed for New Advent by Ann M. Bourgeois. In thanksgiving to
Almighty God for Rita and Ken Caretti and their endeavors for the Church.
Ecclesiastical
approbation. Nihil Obstat. June 1, 1911. Remy Lafort, S.T.D.,
Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.
Copyright © 2026 by New Advent LLC.
Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.
SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/12079d.htm
PETER OF CASTELNAU, BL.
Legate, martyr; b. Château-Neuf,
Montpellier, France; d. near Saint-Gilles, Belgium, Jan. 14, 1208. While Peter
was archdeacon of Maguelonne (Montpellier), innocent iii made him papal legate
to Languedoc to deal with the albigenses (1199). Peter gained the recantation
of Raymond VI of Toulouse whose domains were rife with heresy. In 1202 Peter
joined the cistercians at fontfroide abbey. In 1207 Innocent
III again made him legate to cope with Raymond, who had lapsed. With
the support of the nobles of Provence and Languedoc, Peter issued a bull of
excommunication and placed Raymond's domains under interdict, thus bringing him
to submission. On January 15, a henchman of Raymond assassinated Peter. This
led to the Albigensian Crusade led by Simon
de Montfort l'Amaury. Peter is honored as a martyr in the Midi dioceses.
Feast: Jan. 15 (formerly
March 5); Diocese of Nîmes, March 15.
Bibliography: Acta
Sanctorum March 1:409–415. A. Fliche and V. Martin, eds., Histoire de
l'église depuis les origines Jusqu’á nos jours. (Paris 1935–) 10. S. Lenssen, Hagiologium cisterciense (Tilburg 1948–49) L. B. Griesser,
"Rainer v. Fossanova," Cistercienser-Chronik (1953) 151–167. K. Spahr, Lexikon für Theologie und Kirche, ed. J. Hofer and K. Rahner
(Freiberg 1957–65) 8:354–355.
[M. A. Mulholland]
New Catholic Encyclopedia
SOURCE : https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/peter-castelnau-bl
Beato Pietro di
Castelnau Sacerdote cistercense, martire
Festa: 15 gennaio
†
Saint-Gilles-les-Boucheries, Francia, 15 gennaio 1208
Arcidiacono della chiesa
di Maguelonne, Pietro fece professione nel monastero cistercense di Fontfroide,
vicino a Narbonne. Nel 1203 venne designato dal papa Innocenzo III come suo
legato nella crociata contro gli albigesi. Le difficoltà straordinarie dell'impresa,
tra le folle ribelli, la nobiltà piena di diffidenze e i tiepidi prelati,
sembrarono esaurire le energie di Pietro, che pregò il papa di permettergli di
ritirarsi nella solitudine di Fontfroide. Ma questo permesso non gli venne
concesso: " Rimanga dov'è, gli scrisse Innocenzo, in questo momento
l'azione è migliore della contemplazione". Tuttavia quest'opera richiese
presto degli aiuti efficaci e il sommo pontefice chiese a Diego, vescovo di
Osma, e ad un suo giovane canonico, Domenico di Guzman (il futuro fondatore
dell'Ordine dei predicatori) di collaborare con i cistercensi. Il 15 gennaio
1208, Pietro venne assassinato con un colpo di giavellotto, mentre si preparava
ad attraversare il Rodano. L'opinione pubblica attribuì la responsabilità di questo
delitto a Raimondo VI, conte di Tolosa, principale promotore della causa degli
albigesi, con il quale Pietro aveva avuto un tumultuoso colloquio il giorno
precedente. Fissando in volto l'assassino, Pietro disse: "Che Dio ti
perdoni come ti perdono io" e, dopo aver lungamente pregato, morì. Pochi
giorni dopo la sua morte, Innocenzo III lo dichiarò vero martire di Cristo. I
suoi resti mortali furono bruciati dagli Ugonotti nel 1562.
Martirologio
Romano: A Saint-Gilles-les-Boucheries nella Provenza, in Francia, beato
Pietro da Chateau-Neuf, sacerdote e martire: entrato nel monastero cistercense
di Fontfroide, fu incaricato da papa Innocenzo III di predicare la pace e di
insegnare la fede cristiana in Provenza; morì trafitto con la lancia da alcuni
eretici.
Pietro nacque nei pressi di Montpellier, nel sud della Francia, allora importante centro regionale della Linguadoca con una nascente università specializzata in medicina. Si ha notizia della sua appartenenza al clero dal 1199, anno in cui figurava arcidiacono a Maguelone. Un anno o due più tardi divenne monaco nell’abbazia cistercense di Fontfroide.
In quel tempo la Linguadoca era finita in preda all’eresia catara, detta anche albigese dal nome della città di Albi, situata una novantina di chilometri ad ovest da Montpellier. Il catarismo esercitava una forte attrazione, forse attribuibile alla dottrina morale che predicava: “per il puro ogni cosa è pura”. Semplice in apparenza, la sua dottrina era in realtà assai più insidiosa: poggiando le basi nel dualismo manicheo, che già un tempo aveva sedotto Sant’Agostino, rappresentava almeno in parte la risposta all’esigenza di una vita più pura di quella condotta dai ricchi e dai potenti, tanto nella Chiesa quanto nello stato. Verso la fine del XII secolo questa era ormai divenuta la religione prevalente nella Linguadoca, nella Provenza e nell’Italia settentrionale. La repressione che si innescò verso questo fenomeno diede origine all’Inquisizione. Quest’ultima fu inizialmente gestita dai vescovi, soliti consegnare “al braccio secolare” quegli ecclesiastici e quei monaci sospettati di eresia. Il pontefice Innocenzo III (1198-1216) scelse di affidare ai legati pontifici il potere giudiziario e l’autorità di condannare all’esilio ed alla confisca dei beni.
Nel 1204 il Papa nominò suoi legati nella Francia meridionale Pietro di Castelnau, suo fratello Raul, monaco, e l’abate di Citeaux, Arnaud-Amaury. Non ebbe un gran successo la loro prima predicazione, volta a porre l’accento sull’autorità papale e sul potere ecclesiastico. Due anni dopo San Domenico, fondatore dell’Ordine dei Predicatori, presentò al Papa proposte concrete per una più efficace campagna, tra cui l’utilizzo dei mezzi stessi che gli eretici impiegavano con non pochi frutti, quali ad esempio una predicazione colta ed uno stile di vita prettamente evangelico.
Sempre nel 1206 San Domenico incontrò a Montpellier con i fratelli Pietro e Raul, persuadendoli a rinunciare allo sfarzo di cui si erano circondati e ad essere modelli di vita semplice ed evangelica. Questa loro trasformazione ebbe effetti immediati e decisivi. Raimondo VI, conte di Tolosa, non smise tuttavia di opporsi all’azione avversa agli eretici, tanto da ordinare l’uccisione di Pietro. L’eccidio si consumò il 15 gennaio 1208 presso Saint-Gilles sul Rodano. Un colpo di lancia trafisse il suo corpo.
Quanto accaduto suscitò un’indignazione tale in tutta il mondo occidentale cristiano da spingere il Papa a fare ricorso a mezzi militari ed indire una crociata contro gli albigesi. Terribili furono le conseguenze e gli spargimenti di sangue si protrassero per l’intero secolo XIII. Pietro ben presto fu venerato come martire ed i suoi resti vennero posti in un reliquiario, collocato nell’abbazia di Saint-Gilles. Il resoconto del suo martirio si trova negli Acta Sanctorum.
Il Martirologio Romano, nella sua ultima edizione promulgata da Giovanni Paolo II all’alba del terzo millennio, così ricorda questo Beato nell’anniversario delal sua nascita al Cielo: “A Saint-Gilles-les-Boucheries nella Provenza, in Francia, beato Pietro da Chateau-Neuf, sacerdote e martire: entrato nel monastero cistercense di Fontfroide, fu incaricato da papa Innocenzo III di predicare la pace e di insegnare la fede cristiana in Provenza; morì trafitto con la lancia da alcuni eretici”.
L’esempio del Beato Pietro di Castelnau risplende più che mai attuale in un tempo in cui la confusione sembra prevalere sulla retta Fede e si unisce agli altri inquisitori già anch’essi innalzati alla gloria degli altari, quali il grande San Pietro da Verona ed i tre beati domenicani piemontesi uccisi dai Valdesi.
Autore: Don Fabio Arduino
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/37840
Den salige Peter av
Castelnau ( -1208)
Minnedag:
15. januar
Den salige Peter av
Castelnau ble født i nærheten av Montpellier i Languedoc i Sør-Frankrike. Dette
var et viktig regionalt senter med et nylig grunnlagt universitet som
spesialiserte seg i medisin. Han ble erkediakon av Maguelonne i 1199 og ca 1202
cisterciensermunk i klosteret Fontfroide.
Languedoc var på denne
tiden i albigensernes grep. Dette var en kjettersk bevegelse av katarer med
navn etter byen Albi ca 10 mil vest for Montpellier. Rundt 1140 hadde den
hellige Bernhard
av Clairvaux og cistercienserne gjort et mislykket forsøk på en misjon
mot kjetterne i Sør-Frankrike. På slutten av mai 1204 utnevnte pave Innocent
III tre pontifikale legater og inkvisitorer for en ny prekenmisjon mot
albigenserne under abbed Arnaud-Amaury av Cîteaux. De to andre var
cistercienserne Peter og Raoul av Fontfroide. Dette betydde at Peter i praksis
var en av lederne for den berømte ekspedisjonen hvor den hellige Dominikus deltok
for å omvende disse kjetterne. Siden kjetteri var en forbrytelse, skulle
legatene ikke bare preke, men også overlevere kjetterne til de sivile
myndighetene for forvisning og beslagleggelse av eiendom. Peter av Castelnau
tok denne delen av oppgaven så alvorlig at han var fryktet og hatet i sør.
Dominikus overtalte dem
imidlertid til heller å ta i bruk kjetternes metoder, som var langt mer
effektive. Ved å gi avkall på all pomp og prakt som hittil hadde omgitt dem og
heller være et eksempel på evangelisk fattigdom, oppnådde de straks langt
større resultater.
Men den 15. januar 1208
ble den pavelige legaten Peter de Castelnau drept i Saint-Gilles ved Rhône av
en tjener av den albigensiske grev Raimund av Toulouse på grevens ordre. Den
rasende pave Innocent III beordret militær makt satt inn mot albigenserne og
deres fører, grev Raimund, og erklærte i juli 1209 hellig krig eller
kjetterkorstog mot dem etter å ha erklært katarene som satanister. Paven ga
oppdraget til sin legat Arnaldus Amalrici og den beryktede hærføreren grev
Simon IV av Montfort, de iure jarl av Leicester. Deres fanatisme
gjorde korstoget i sin blodige brutalitet til et av de dystreste kapitler i den
vestlige kirkehistorien.
Peter ble gjennomboret av
en lanse. Hans siste ord var: "Måtte Gud tilgi deg, bror, som jeg fullt og
helt tilgir deg". Han ble snart æret som martyr og hans levninger ble
skrinlagt i klosteret i Saint-Gilles.
Hans minnedag er 15.
januar.
Kilder:
Attwater/Cumming, Butler (I), Benedictines, Dominikus' biografi -
Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden -
Sist oppdatert: 1999-05-10 00:17
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/pcasteln