jeudi 22 octobre 2015

Saint PHILIPPE d'HÉRACLÉE, évêque et martyr, et ses compagnons, martyrs

Saint Philippe


martyr ( 304)

évêque d'Héraclée, saint Sévère, prêtre et saint Hermès, diacre. Ils furent arrêtés parce qu'ils s'étaient réunis pour célébrer le Jour du Seigneur. Quand le chef de la police vint apposer les scellés aux portes de l'église, Philippe lui déclara: «Homme crédule. Tu t'imagines que le Dieu Tout Puissant habite plutôt dans des murs de pierre que dans le cœurs des hommes.» Ils souffrirent pendant sept mois de nombreux supplices jusqu'au jour où ils furent condamnés à être brûlés vifs


À Andrinople en Thrace, l’an 303, les saints martyrs Philippe, évêque d’Héraclée, et Hermès, diacre. Le premier, au début de la persécution de Dioclétien, reçut du gouverneur Justin l’ordre de fermer l’église et de lui présenter tous les vases et les livres saints. Il lui répondit qu’il ne convenait pas à l’évêque de les donner, ni au gouverneur de les recevoir. Il fut alors incarcéré et flagellé avec son diacre, puis tous deux furent brûlés vifs.


Martyrologe romain


SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/8686/Saint-Philippe.html

22 octobre. Saint Philippe, évêque d'Héraclée, et ses compagnons, martyrs à Andrinople en Roumélie. 304.
Pape : Saint Marcellin
Empereur romain d'Orient : Dioclétien
Empereur romain d'Occident : Maximien-Hercule.

" Celui qui brûle d'arriver dans léternelle patrie doit être d'autant plus froid pour l'amour des biens du siècle, qu'il s'élève plus ardemment à l'amour de Dieu."
Saint Grégoire le Grand.
 
Philippe fut éprouvé d'abord en qualité de diacre, ensuite avec celle de prêtre dans les travaux que l'Église impose à ses ministres.

Son application à ses devoirs lui avait valu la louange des hommes, et ses vertus, les joies de la conscience ; l'honnêteté de ses moeurs l'avait en même temps mis à l'abri de tout reproche. Ce fut donc du consentement des frères qu'il fut enfin élevé à la dignité épiscopale. Confirmant alors dans la foi ses disciples, le prêtre Sévère et le diacre Hermès, par de fréquents entretiens, il eut le bonheur de les voir partager non seulement ses pensées, mais encore la gloire de sa passion ; en sorte qu'après les avoir eus pour ministres dans l'offrande du glorieux mystère, il les eut pour compagnons dans son martyre.

Malgré la menace de la persécution, son coeur ne se. laissa point troubler. Un grand nombre lui conseillaient de quitter la ville ; il s'y refusa, nous apprenant par son exemple à ambitionner de tels supplices et non à les craindre. Il dit : " Que la volonté de Dieu s'accomplisse !" et demeura dans son église, où il exhortait chacun à la patience :
" Frères, vous dont la foi est sincère, les temps annoncés par les prophéties sont proches. Le siècle penche vers sa ruine ; il semble rouler le cercle de ses derniers jours. Le diable dans sa rage obstinée nous menace ; le pouvoir lui a été donné pour un peu de temps ; il vient, non point, il est vrai, pour perdre les serviteurs du Christ, mais pour les éprouver. Le jour de l'Épiphanie approche ; c'est un avertissement de nous préparer à la gloire. Que ni les menaces des impies, ni leurs tourments ne vous épouvantent ; car le Christ donne à ses soldats la patience de souffrir et la récompense de tous les supplices qu'ils endurent. J'ai la confiance que tous les efforts de nos ennemis sont inutiles." 
Le bienheureux Philippe parlait encore, quand l'homme de police de la cité, Aristomaque, arriva pour fermer l'église des chrétiens, en y apposant les scellés de la part du gouverneur.
Philippe dit :
" Homme crédule, qui t'imagines que le Dieu tout-puissant habite plutôt dans des murs de pierre que dans les coeurs des hommes. Tu ignores cette parole d'Isaïe : Le ciel est mon trône, et la terre est l'escabeau de mes pieds. Quelle maison espérez-vous donc me construire ?"

Le lendemain, l'homme de police vint faire l'inventaire de tout le mobilier de l'église et y apposa le sceau de l'empereur.

Tous étaient tristes ; Philippe avec Sévère, Hermès et les autres, s'interrogeait, plein d'anxiété, sur son propre devoir. Appuyé contre la porte, il ne permettait pas que personne s'éloignât du siège qui lui avait été confié. Il parlait de l'avenir. A quelque temps de là, les frères étant réunis à Héraclée pour célébrer le jour du Seigneur, le président Basse trouva Philippe, environné de tous les fidèles, debout à la porte de l'église.

Basse voulut les juger séance tenante ; il s'assit et les fit approcher ; puis, s'adressant à Philippe et à la foule :
" Qui de vous est le maître des chrétiens, le docteur de leur Église ?"
Philippe répondit :
" C'est moi que tu cherches."
Basse continua :
" Tu connais la loi de l'empereur qui défend aux chrétiens de tenir des réunions ; il veut que dans tout l'univers les hommes de cette secte se convertissent aux idoles ou soient mis à mort. Ainsi donc tous les vases que vous avez, qu'ils soient d'or ou d'argent ou de toute autre matière, quel que soit d'ailleurs le prix du travail, de même aussi les Écritures que vous lisez et que vous enseignez, seront soumis à l'examen de notre puissance. Que si vous ne le faites pas de bon gré, vous y serez réduits par les tourments."
Philippe répondit :
" S'il te plaît de nous faire souffrir, notre âme est prête.
Prends donc ce corps infirme, déchire-le comme tu voudras, mais ne t'attribue pas un pouvoir quelconque sur mon âme. Quant aux vases que tu demandes, prends-les, nous n'y sommes pas attachés. Ce n'est pas avec un métal précieux, c'est par la crainte de Dieu que nous honorons le Seigneur ; c'est la beauté du coeur, et non l'ornement d'une église, qui plaît au Christ. Quant à nos Ecritures, tu ne peux les recevoir, et il serait indigne à moi de te les livrer."

Le président fit approcher les bourreaux. Mucapor entra : c'était une sorte de monstre bestial. Le président appela le prêtre Sévère ; on ne le trouva pas, il fit alors torturer Philippe.
Le supplice se prolongeait sans mesure, lorsque Hermès s'écria :
" Juge, avec tes impitoyables recherches quand même on te livrerait tous nos saints Livres, et qu'il ne resterait plus aucune trace écrite de cette vénérable tradition dans tout l'univers, nos fils, fidèles à la mémoire de leurs pères, et animés par le zèle de leur propre salut, auraient bientôt refait des volumes en plus grand nombre, et ils enseigneraient avec d'autant plus d'ardeur la crainte respectueuse que nous devons au Christ."
On le fouetta longtemps ; ensuite il entra dans le lieu où l'on conservait cachés tous les vases sacrés ainsi que les Écritures. Il y fut suivi par Publius, l'assesseur du président, homme avide et voleur. Il se mit aussitôt à détourner avec adresse quelques-uns des vases dont on avait fait l'inventaire.
Hermès voulut blâmer son audace et l'arrêter ; l'autre lui meurtrit le visage au point que le sang jaillit en abondance. Basse, l'ayant appris, fit venir Hermès ; la vue de son visage tout sanglant l'irrita contre Publius, et il fit soigner la victime. Les vases, ainsi que toutes les Écritures, furent, par ordre du président, remis aux mains d'un officier. Il fit ensuite conduire au forum Philippe et tous les autres, entourés de gardes.

Pendant que la foule roulait vers le forum, le président chargea les soldats d'y porter toutes les Écritures, et il se rendit au palais. Le toit de l'église des chrétiens fut dépouillé de ses ornements. On activait à coups de fouet la répugnance de ceux qui étaient chargés de cet office, de peur qu'ils ne fussent trop lents à détruire. Pendant ce temps on alluma des feux sur le forum dans lesquels on jeta toutes les Écritures divines. Les flammes s'élancèrent vers le ciel si impétueuses et si menaçantes que les spectateurs pris de peur s'enfuirent. Quelques-uns cependant, au milieu de cette exécution, étaient demeurés sur le forum qui sert de marché à la ville, et entouraient le bienheureux Philippe.

Quand la nouvelle de ce malheur arriva, le saint prit la parole :
" Habitants d'Héraclée, juifs et païens, à quelque secte, à quelque religion que vous apparteniez, sachez que l'heure des derniers temps n'est pas éloignée, cette heure que l'Apôtre nous apprenait à craindre, lorsqu'il disait : Voilà que du haut du ciel la colère de Dieu va se révéler pour punir l'impiété et l'injustice des hommes.
Sur Sodome autrefois a pesé la juste colère de Dieu, à cause des crimes de. ses habitants. Si donc les habitants d'Héraclée redoutent le jugement de Sodome, qu'ils fuient ses injustices, et recherchent enfin le Dieu qui s'est réservé le jugement ; qu'ils abandonnent le vain culte des pierres et assurent leur salut. Ceux qui dans l'Orient ont vu les feux de Sodome ont eu là un signe du jugement, un exemple de la colère de Dieu. Mais ces feux ne devaient pas être seulement manifestés en Orient ; la Sicile et même l'Italie ont eu aussi leur merveilleux enseignement. Le saint homme Lot avec ses filles fut arraché par les Anges à la ville de Sodome, parce qu'il était exempt de péché et plein d'horreur pour les crimes de ses concitoyens. De même autrefois, en Sicile, une immense quantité d'eau s'élança de la bouche du cratère divin, en même temps qu'une flamme vengeresse descendait du ciel pour punir les pécheurs.
Tout fut consumé, à l'exception de deux jeunes vierges qui échappèrent au danger. Même au milieu de la frayeur universelle, la prudence ne les avait point abandonnées : leur père était accablé par la vieillesse et les infirmités, elles l'emportèrent pieusement dans leurs bras.
Mais en cherchant à échapper à l'incendie, le doux fardeau qu'elles portaient les arrêta dans leur fuite ; un cercle de flammes pétillantes les environnait, et elles se virent contraintes d'essayer un moyen de salut désespéré.
Le Christ tout-puissant ne voulut pas laisser succomber tant de piété filiale et de dévouement. Par le secours sensible de sa majesté souveraine, il rendit le père à ses enfants et les enfants à leur père, en sorte que l'on put comprendre que ce n'était pas Dieu qui avait manqué, mais bien plutôt le mérite et la vertu à tous ceux qui furent les victimes de l'incendie.
Aussitôt donc s'ouvrit pour les vierges une voie libre et sûre, et partout où elles dirigeaient leurs pas, vous eussiez vu la flamme tracer, comme en se jouant, la route devant elles. Le feu suspendait son souffle embrasé ; doux et caressant comme le zéphir, il embellissait même tous les lieux sur leur passage ; on eût dit qu'à la volonté de ces vierges tout s'animait d'une nouvelle vie."

" Telle était donc la sainteté de leurs mérites et la puissance de leur piété filiale, que le feu respectait non seulement leurs personnes, mais encore les endroits par où elles passaient. Ce lieu que la flamme n'avait pas osé toucher s'appela depuis la Piété, il a conservé jusqu'aujourd'hui ce nom glorieux qui devra, mieux que tous nos écrits, transmettre à nos descendants le souvenir du miracle. Quant à ce feu intelligent, c'était sans aucun doute le feu divin qui, juge et vengeur de toutes nos actions, descend souvent du ciel sur la terre, et brûle tout ce qu'il y trouve d'inutile. Autrefois la pensée de ce feu inspira je ne sais quel amour de la mort à Hercule, en lui persuadant que les hommes dévorés par les flammes deviennent des dieux ; et l'infortuné héros se brûla sur le mont Igie. Il est vrai que le médecin Esculape, frappé de la foudre sur le mont Cynosyris, trouva dans ce feu comme une consécration divine aux yeux des gentils insensés, qui se prirent à honorer en lui ce qui n'était, certes, pas une puissance quelconque, mais le juste châtiment de ses crimes et sa triste fin.
Assurément ils n'auraient pas imaginé en lui tant de puissance s'il eût continué à vivre. C'est ce même feu qui a brûlé ce que les Éphésiens appellent leur dieu, brûlé le Capitole et le temple de la ville de Rome, brûlé l'empereur Héliogabale ; ce même feu qui n'a point épargné dans Alexandrie l'asile de Sérapis, dévorant à la fois le temple et son Dieu."

" Qui donc, dites-le-moi, pourrait espérer encore du secours de ces vaines idoles, qui non seulement ne peuvent se donner l'être, mais ne sauraient même se le conserver ? Un tel dieu est créé par celui qui l'adore ; et si par hasard le matin il devient la proie des flammes, le soir l'activité vigilante de l'ouvrier l'a remis en état.
Tant qu'on pourra trouver des pierres et du bois, les dieux ne manqueront point parmi les hommes. Dans Athènes, le dieu Bacchus a volontiers laissé brûler son temple, sachant que la foudre consacrerait sa divinité. Minerve avec sa lance a brûlé de même ; ni la tête de la Gorgone qui défend sa poitrine, ni l'éclat de son armure aux mille couleurs n'ont pu la défendre ; plus heureuse, si elle eût continué à tourner ses fuseaux ! De même à Delphes, le temple d'Apollon, que la tempête avait déjà renversé, fut aussi consumé par un feu mystérieux.
Mais celui qui punit respecte partout sa grâce ; s'il éprouve l'homme juste, ce n'est plus une flamme qui châtie, c'est une lumière qui fait éclater la vertu."

Pendant ce long discours, Hermès aperçoit le prêtre Cataphrons et ses ministres, qui portaient aux idoles des mets impies, de sacrilèges offrandes.
Aussitôt il dit aux fidèles qui l'environnaient :
" Ce festin que vous voyez, c'est l'invocation du diable ; on l'apporte pour nous souiller."
Philippe lui dit :
" Que la volonté du Seigneur s'accomplisse !"
En même temps le président Basse arriva, escorté de la foule dans laquelle les uns s'apitoyaient, tandis que la colère, chez les autres, s'emportait aux plus grands excès ; les Juifs surtout étaient les plus violents ; car le jugement de l'Écriture contre eux est toujours vrai ; c'est d'eux que l'Esprit-Saint a dit par son Prophète : Ils ont sacrifié au démon, et non à Dieu.

Le président commença l'interrogatoire ; il dit à Philippe :
" Immole des victimes aux dieux."
Philippe répondit :
" Comment puis-je, moi chrétien, honorer des pierres ?
- Tu ne peux refuser à nos maîtres le tribut d'un sacrifice.
- Nous avons appris à obéir aux princes, à offrir aux empereurs nos hommages : le culte, jamais.
- Mais à la fortune de la ville tu ne refuseras pas un sacrifice. Vois comme sa statue est belle et riante, avec quelle bienveillance elle admet à l'honneur de son service tout ce peuple nombreux.
- Je vois bien qu'elle vous plaît, puisque vous l'honorez ; pour moi je professe hautement que l'oeuvre d'un homme, quel que soit son talent, ne pourra jamais m'arracher au culte du Maître du ciel.
- Laisse-toi toucher par cette statue d'Hercule si belle.
- Ah ! les malheureux, dignes de toutes nos larmes ! ignorer à ce point la sainteté trois fois adorable de la Divinité ! Infortunés que vous êtes, vous abaissez le ciel aux proportions de la terre ; et, dans votre ignorance de la vérité, vous inventez et vous fabriquez l'objet de votre culte ! Qu'est-ce donc que l'or, l'argent, l'airain, le fer ou le plomb ? N'est-ce pas de la terre, cette terre qui dans son sein les nourrit et les forme ?
Vous ignorez la divinité du Christ, qu'aucune intelligence humaine ne peut ni mesurer ni comprendre; et vous osez reconnaître quelque ombre de puissance dans ces dieux que la main d'un ouvrier, peut-être appesanti par le sommeil ou par le vin, vous a façonnés ?
Si, par hasard, de son travail sort une image plus parfaite, aussitôt à cette image vous attribuez la puissance, vous la revêtez de la divinité. Convenez que vos maisons et vos palais sont des ateliers de sacrilèges, où l'impiété se renouvelle sans cesse ; car enfin, lorsque, pour les usages domestiques, vous brûlez quelque morceau de bois, c'est la matière de votre dieu que vous brûlez.
Quelle excuse donnerez-vous d'un pareil crime ? Vous dites, il est vrai : Ce bois n'était pas un dieu ; mais je vous répondrai : Il pouvait le devenir, si l'ouvrier l'avait voulu. Et vous ne comprenez pas dans quelles ténèbres vous êtes plongés ! Parce que le marbre de Paros est beau, le Neptune qu'on y taillera en sera-t-il meilleur ? Et parce que vous avez un bel ivoire, votre Jupiter en retirera-t-il quelque attrait de plus, si vous l'y entaillez ?
Avouez que vos ouvriers ont trouvé un excellent moyen d'accroître la valeur du métal qu'ils emploient ; mais ce n'est pas au profit du dieu ; c'est au leur. Concluons donc que tout cela n'est que de la terre, qu'il faut fouler aux pieds et non pas adorer. Dieu, à notre sentiment, a fait la terre afin que nous en jouissions ; pour vous, il paraîtrait qu'il ne l'a faite que comme une matière destinée à vous fournir des dieux."

Basse se tourna vers Hermès :
" Toi, du moins, sacrifie aux dieux.
- Non ; je suis chrétien.
- Quel est ton rang dans la cité ?
- Je suis décurion ; mais voici mon maître à qui j'obéis en tout.
- Si j'amène Philippe à sacrifier, tu le suivras comme ton maître.
- Non, ni moi je suivrai son apostasie, ni toi tu ne triompheras de sa vertu. Un même esprit, une même force nous animent.
- Tu seras livré au feu, si tu t'obstines dans cette fureur de la résistance.
- Les flammes dont tu me menaces sont impuissantes ; tu ignores le feu éternel qui consume, dans d'interminables souffrances, les disciples du diable.
- Sacrifie au moins à nos maîtres, à nos empereurs ; en disant : Vie et puissance à nos princes !
- Nous aussi, nous aspirons à la vie.
- Sacrifiez donc ; dérobez-vous à ces chaînes, à ces tourments.
- Juge impie, jamais tu ne nous amèneras à ton impiété ; tes menaces, loin de nous amollir, donnent à notre foi plus de courage."

Basse furieux, forçant la voix, commanda qu'on les re-conduisît en prison. Pendant le trajet, des hommes osaient pousser Philippe avec violence ; souvent le saint évêque roulait à terre. Mais il se relevait le visage joyeux, ne témoignant ni indignation ni douleur. La stupeur avait envahi les âmes ; tous étaient en admiration devant un vieillard qui souffrait avec joie tant de cruelles insultes. Cependant les saints martyrs arrivèrent en chantant des psaumes. Après quelques jours de prison, on leur offrit la maison d'un certain Pancrace, où, sous la surveillance des soldats du gouverneur, ils devaient être traités avec tous les égards de l'hospitalité.

Or, comme ils demeuraient dans cette maison, les frères accouraient en foule de toutes parts auprès de ces saints confesseurs, qui les accueillaient avec bonté et leur enseignaient les sacrés mystères. Le diable, témoin de cette affluence, devint furieux de se voir enlever tous ses sujets ; c'est pourquoi, par la trahison et les calomnies, il obtint un nouvel ordre de les re-mettre en prison. Mais la prison était adossée au théâtre, en sorte qu'on avait pu y ménager une communication secrète. Par cette voie, les prisonniers, pénétrant dans l'enceinte réservée aux spectacles, pouvaient y recevoir la foule qui accourait pour les visiter. Cette pieuse avidité était si grande et si universelle, que la nuit même ne suspendait pas la visite des frères.

Sur ces entrefaites, Basse, à la fin de sa présidence annuelle, reçut un successeur dans la personne de Justin. C'était un coeur pervers, incapable de connaître Dieu et trop endurci pour le craindre. Ce changement causa aux frères une grande douleur ; car Basse leur avait montré des égards, et, en présence de la raison, il se laissait vaincre ; même depuis quelque temps sa femme était convertie. A l'arrivée du nouveau président, Zoïle, le magistrat de la cité, au milieu du grand concours des citoyens, fit amener Philippe devant Justin.
Justin lui dit :
" Tu es l'évêque des chrétiens ?
- Je le suis, et je ne puis le nier.
- Les empereurs, nos maîtres, ont daigné ordonner à tous les chrétiens de sacrifier. S'ils refusent, nous devons employer la contraite, et contre l'obstination, le châtiment. Aie donc pitié de ta vieillesse, et ne l'expose pas à des tortures que la jeunesse aurait peine à supporter."
Philippe répondit :
" Des hommes, vos semblables, font des lois, et vous les recevez; vous les gardez par la crainte d'une rapide souffrance; combien plus nous devons, nous, obéir aux ordres de notre Dieu, qui punit les coupables dans des supplices éternels !
- Il est juste d'obéir aux empereurs.
- Je suis chrétien, et je ne puis faire ce que tu m'ordonnes. Tu peux me punir, mais non me contraindre.
- Tu ne soupçonnes pas quels tourments vont t'atteindre.
- Me tourmenter, tu le peux ; me vaincre, jamais. Non, personne ne m'amènera à sacrifier à vos dieux.
- Je t'attacherai les pieds, et tu seras traîné par la ville. Si tu survis, tu attendras en prison de nouveaux supplices.
- Plaise à Dieu que ta parole s'accomplisse avec tes désirs impies."

Alors Justin le fit attacher et traîner, ainsi qu'il avait dit. Bientôt le corps du saint, heurtant avec violence contre un pavé inégal et rude, fut couvert de blessures dans tous ses membres. Les mains des frères le recueillirent et le reportèrent en prison.

Cependant, le prêtre Sévère, pour se soustraire aux recherches, se tenait caché dans une retraite profonde, quand, poussé par un mouvement de l'Esprit-Saint, il se présenta lui-même. Quand on l'eut amené à l'audience, Justin lui dit :
" Je dois en ce moment te donner un conseil : ne te laisse pas séduire par la folie étrange dont Philippe, votre docteur, vient d'être la victime. Sa fureur a été la seule cause de son supplice. Obéis plutôt aux ordres de l'empereur. Épargne ton corps ; aime la vie ; attache-toi avec joie aux biens que t'offre le monde."
Sévère répondit :
" Il me faut être fidèle et garder jusqu'à la fin les mystères.
- Réfléchis, d'un côté le supplice, de l'autre le salut ; tu comprendras facilement qu'il y a avantage de sacrifier aux dieux."
Mais le seul nom de sacrifice excitait l'indignation et l'horreur de Sévère ; le président donna l'ordre de le ramener en prison.

Hermès fut appelé. Justin lui dit :
" Ceux qui t'ont précédé viennent de mépriser les ordres de l'empereur ; tu vas voir leur châtiment. Garde-toi de vouloir partager leurs tortures ; songe à assurer ta vie, la vie de tes enfants ; fuis le péril, sacrifie aux dieux."
Hermès répondit :
" Jamais. J'ai grandi dans cette foi que je défends aujourd'hui ; car c'est depuis le berceau que le saint, mon maître, a imprimé cette vérité dans mon âme. Je ne puis en aucune manière abandonner la voie ; un faux pas serait un crime, déchire-moi à ton gré, j'ai rendu témoignage à mon Dieu.
- Ton assurance n'a d'autre fondement que l'ignorance des maux qui te menacent ; quand tu auras été mis à la torture, tu te repentiras, mais trop tard."
Hermès répondit :
" Quelles que soient les douleurs dont tu veux m'accabler, le Christ, pour qui nous souffrons, les adoucira par ses Anges."

Justin le condamna à la prison. Mais, au bout de deux jours, adoucissant un peu la sévérité de ses ordres, il mit les martyrs sous les lois de l'hospitalité, à la garde d'un citoyen de la ville. Cet état dura peu. Un nouvel ordre les ramena en prison ; et, pendant sept mois entiers, on les retint dans des cachots infects, jusqu'à ce que Justin commandât de les conduire à Andrinople. A leur départ d'Héraclée, la douleur et les regrets furent grands parmi les frères.

Arrivés à Andrinople, les saints furent gardés dans la maison de campagne Sempor, jusqu'à l'arrivée du gouverneur. Il vint enfin ; et, dès le lendemain de son entrée, il fit dresser son tribunal aux Thermes, devant toute la foule du peuple, et ordonna qu'on lui amenât Philippe.
" La délibération a été longue, lui dit-il ; quelle est enfin ta résolution ? Car c'était pour te préparer à un changement qu'un délai t'avait été accordé. Sacrifie donc, si tu veux échapper au supplice et recouvrer la liberté."
Philippe répondit :
" Si notre prison avait été volontaire, tu pourrais nous faire valoir comme une grâce le temps qu'il t'a plu de nous y laisser; mais, comme cette prison n'a été qu'un châtiment qu'il nous a fallu subir, de quel droit veux-tu que j'appelle une libéralité le temps que tu nous y as retenus ? Je te l'ai déjà dit, je suis chrétien ; à toutes tes questions ce sera ma réponse. Jamais je n'adorerai de statues ; je n'adore que le Dieu éternel."

Le président le fit alors dépouiller de ses vêtements. Quand on lui eut enlevé sa longue robe de lin, le président lui dit :
" Consens-tu à faire ce que nous t'ordonnons ? Refuses-tu encore ?"
Philippe répondit :
" Je ne sacrifierai pas."

A cette réponse, Justin donna l'ordre de le frapper de verges. Alors parut un merveilleux prodige : toute la partie antérieure de sa tunique de lin demeurait intacte sous les coups, tandis que l'autre se déchirait en mille endroits. Les verges avaient profondément sillonné tous les membres ; l'oeil sondait dans le corps jusqu'aux profondes retraites de la vie, les entrailles étaient mises à nu ; et cependant l'athlète du Christ demeurait calme et tranquille. Justin fut comme effrayé de tant de courage ; il ordonna de le reconduire en prison, et fit amener Hermès.
Le juge répéta ses menaces, les officiers de leur côté offraient au martyr les conseils de la prudence ; niais ni les menaces ni la persuasion ne purent l'ébranler. Il était aimé de tout le monde, et spécialement des appariteurs du juge ; car il avait été magistrat et s'était attaché tous les officiers du gouverneur.
Saisissant cette occasion de lui témoigner leur reconnaissance, ils s'agitaient avec une tendre sollicitude pour le sauver ; le martyr sortit victorieux de ce nouveau combat et rentra dans sa prison, que remplissait une joie immense : on rendait grâces au Christ et on célébrait la défaite de Satan.
Cette première lutte avait exalté le courage et multiplié les forces. Philippe lui-même, qui avait été jusque-là d'une nature délicate et sensible, au point de ne pouvoir souffrir qu'on le touchât, maintenant défendu par la protection des Anges, ne ressentait plus aucune gêne.

Trois jours après, Justin se trouva au lieu des audiences publiques, fit amener les martyrs, et dit à Philippe :
" D'où te vient cette témérité qui t'emporte à mépriser la vie, et à refuser d'obéir aux ordres de l'empereur ?
- Ce n'est point témérité, mais j'adore le Dieu qui a tout créé et qui jugera les vivants et les morts ; son amour et sa crainte m'inspirent, et je n'ose mépriser sa loi. J'ai obéi de longues années aux empereurs, et, qu'ils me commandent des choses justes, je m'empresserai de les exécuter ; car l'Ecriture divine a ordonné de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. Je l'ai toujours fait. Mais aujourd'hui il est temps de renoncer aux caresses du monde et de ravir le ciel, en dédaignant la terre. Comprends donc que je suis chrétien, et que je refuse de sacrifier aux dieux."

Justin s'adressa à Hermès :
" Si la vieillesse, voisine de la mort, inspire à celui-ci le dégoût des biens d'ici-bas, tu achèteras par un sacrifice des jours plus heureux.
- Je veux te montrer en peu de mots et clairement, à toi et à tes assesseurs, ce que vaut le culte odieux que tu pratiques.
Comment le mensonge poursuit-il ainsi la vérité, le crime l'innocence, que l'homme enfin veuille toujours attaquer l'homme ? Dieu n'avait pas créé dans ce monde un être plus parfait que l'homme ; mais le diable s'est ingénié à profaner l'oeuvre du ciel. Il a inventé ces dieux que vous honorez ; il vous a faits, par vos sacrifices, les esclaves de son empire. Comme des chevaux qui prennent le mors aux dents, n'obéissent plus aux rênes ni à la main qui les conduit, et, brisant le frein salutaire qui les veut arrêter, vont, ignorants de la mort, se jeter dans les précipices, vous, de même, la folie vous emporte ; vous méprisez la parole de Dieu pour écouter et garder les conseils impies du diable. Mais le ciel a parlé. Aux bons, la gloire ; aux méchants, l'infamie ; car la justice appelle sur les uns la récompense, sur les autres le châtiment. Le prophète Zacharie dit : Que le Seigneur te punisse, Ô Satan ! que le Seigneur te punisse, lui qui a choisi Jérusalem. Ce bois à demi brûlé, n'est-ce pas un tison arraché aux flammes ?
Quelle passion vous pousse à chercher un refuge près d'une bûche brûlée, et qui vous donnera la mort ? Si vous voulez brûler avec lui, laissez-nous du moins parcourir le cercle étroit de cette vie terrestre, de manière à nous assurer les biens de l'éternelle vie. Avec cet extérieur malpropre, des vêtements sales, des cheveux mal peignés, vous prétendez honorer les tombeaux et les temples de vos, dieux ; ce n'est point ainsi qu'on adore.
On dirait, au contraire, que vous pleurez, et que vous portez dès avant le jugement la peine du péché. Comment, devant ces folies, demeurez-vous aveuglés ? Votre libérateur vous offre son secours, et vous n'accourez pas vers lui ! Les chiens à l'odeur cherchent leur maître ; au coup de sifflet du guide qu'il a renversé sans le savoir, le, cheval accourt et sait trouver son cavalier ; à la vue de l'étable, le boeuf revient à son maître ; l'âne lui-même sait trouver le lieu où l'abrite celui qui le nourrit. Mais Israël ignore son Seigneur, selon ce qui a été écrit : Israël ne m'a pas connu, moi, le Seigneur de toutes choses ; ils n'ont pas craint le jugement du juste.
Qu'ils périssent donc, ou noyés dans les eaux d'un nouveau déluge, comme au temps de Noé ; ou épuisés de faiblesse, comme les Israélites dans le désert, lorsque leurs genoux tremblants se dérobaient sous eux ; ou enfin consumés dans les flammes, comme ceux qui n'avaient pas observé la loi.
- Crois-tu donc pouvoir faire de moi un chrétien ? dit Justin.
- Ce n'est pas toi seulement, c'est chacun de ceux qui m'entourent ici que je voudrais convertir au Christ. Du reste, ne compte pas que je sacrifie jamais à tes dieux."

Le président prit conseil de ses ministres et de son assesseur, puis il prononça la sentence :
" Philippe et Hermès ont méprisé les décrets de l'empereur ; en conséquence ils ont perdu les noms et les droits du citoyen romain ; nous ordonnons qu'ils soient brûlés vifs, afin que tous apprennent par cet exemple ce qu'il en coûte de mépriser les lois de l'empire."
Aussitôt on fit sortir les confesseurs ; ils marchaient vers le bûcher d'un pas joyeux. On eût dit les deux chefs d'un grand troupeau, choisis au milieu de leurs nombreuses brebis, pour être offerts au Dieu tout-puissant comme une hostie sainte.

Cependant Sévère restait seul en prison, comme un vaisseau abandonné sans gouvernail à la merci des flots, ou comme une brebis tremblante égarée dans la solitude, après avoir perdu son pasteur. Mais son âme s'exaltait dans une immense joie à la nouvelle que ses maîtres étaient conduits au martyre, le terme de toutes ses espérances. Il était tombé à genoux, et, dans sa prière mêlée de gémissements et de larmes, il disait au Seigneur :
" Ô Dieu ! vous êtes le port sûr et tranquille de tous ceux que la tempête agite, l'espérance de ceux qui espèrent. Vous êtes le salut des malades, le secours des indigents, le guide des aveugles, la miséricorde ouverte à tous ceux qui sont dans la peine ; vous êtes un appui dans la fatigue, une lumière dans les ténèbres.
C'est vous qui avez établi la terre sur ses fondements, donné des lois à la mer et distribué à chacun des éléments son rôle et sa place dans la création. Dans votre seule parole, le ciel et les astres, tous les êtres, ont trouvé leur perfection. Vous avez sauvé Noé des eaux et comblé Abraham de richesses ; vous avez délivré Isaac et préparé la victime qui devait le remplacer sur l'autel ; vous avez donné à Jacob le bonheur et la gloire de lutter avec vous ; par vos Anges Lot a été retiré de Sodome, la terre de malédiction ; Moïse vous a vu ; Jésus, fils de Navé, a reçu de vous la sagesse, et vous avez daigné servir de guide à Joseph dans son long exil ; puis arrachant votre peuple à la terre d'Égypte, vous l'avez conduite jusqu'à la terre promise.
C'est vous qui avez secouru dans la fournaise les trois enfants, que votre Majesté sainte a inondés comme d'une rosée divine, pour les préserver des flammes ; c'est vous qui avez fermé la gueule des lions, et donné à Daniel, avec la vie, un repas miraculeux ; vous n'avez pas laissé périr Jonas dans les profondeurs de la mer, ni sous la dent du monstre cruel envoyé pour l'engloutir ; vous avez donné des armes à Judith et délivré Suzanne de l'injustice de ses juges ; par vous, Esther a reçu la gloire, tandis que vous ordonniez de faire périr Aman.
C'est vous enfin qui nous avez amenés des ténèbres à l'éternelle lumière, Ô vous, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; vous êtes vous-même cette lumière toujours victorieuse ; et c'est vous qui m'avez donné le signe de la croix et du Christ.
Ne me rejetez pas, Seigneur, comme indigne des souffrances qu'ont méritées mes collègues ; donnez-moi plutôt une part à leur couronne, afin que je sois réuni dans la gloire avec ceux dont j'ai pu partager. la prison. Après avoir avec eux confessé votre nom à jamais adorable et affronté comme eux les cruels tourments du juge, faites que j'aie le bonheur de jouir avec eux du repos."
Telle était la prière de Sévère ; ces ardents désirs de la foi furent exaucés, et dès le lendemain il mérita de recevoir la grâce du martyre.

Quant à Philippe, il fallut le porter la douleur de ses pieds, après tant de tortures, ne lui permettait pas de marcher. Hermès, retardé lui aussi par de semblables souffrances, le suivait en boitant. Il causait doucement avec Philippe :
" Hâtons-nous d'arriver auprès du Seigneur; nos pieds ne doivent plus nous inquiéter beaucoup ; tout à l'heure nous n'en aurons plus besoin. Les besoins de la vie présente pourront suspendre leur office, quand nous serons entrés dans le royaume du ciel."
Puis s'adressant à la multitude qui les suivait, il ajouta :
" Ces souffrances, Dieu me les avait fait connaître par révélation. Tandis que je dormais, je crus voir une colombe blanche comme la neige. Elle entra dans ma chambre et se reposa sur ma tête ; puis elle descendit sur ma poitrine et m'offrit une nourriture délicieuse; je compris que le Seigneur m'appelait et me jugeait digne du martyre."

Pendant qu'il parlait, on arriva au lieu de l'exécution. D'abord les bourreaux, selon la coutume, recouvrirent de terre les pieds du bienheureux Philippe jusqu'aux genoux, et lui lièrent les mains derrière le dos avec une corde qu'ils fixèrent avec des clous. Puis ils ordonnèrent à Hermès de descendre de même dans la, fosse.

Hermès, qui soutenait avec peine sur un bâton ses pas chancelants, se prit à rire de cet ordre et dit :
" Comment, diable, même ici tu ne saurais me soutenir !"
On jeta aussitôt de la terre sur ses pieds ; mais avant qu'on allumât le bûcher, le malheureux Hermès appela dans la foule des spectateurs un des frères nommé Véloge. Il lui fit jurer par le nom sacré de Notre Seigneur Jésus-Christ qu'il porterait à Philippe, son fils, les dernières volontés d'un père mourant, et lui dirait de payer fidèlement tout ce qu'il pouvait laisser de dettes en mourant, parce que tel est le précepte du Roi de l'univers, qui a ordonné de rendre de bon coeur à chacun les biens que nous en avons reçus.
" Que mon fils soit donc fidèle à faire cette restitution, pour ne pas laisser à son père une cause d'expiation et de souffrance."
Le saint martyr voulait parler des nombreux dépôts que la confiance des fidèles avait remis en ses mains.
Il ajouta avec une tendresse toute paternelle :
" Tu es jeune ; cherche ta vie dans le travail, comme faisait ton père ; à son exemple, vis toujours dans la paix et l'union avec le prochain."
Quand il eut achevé, les bourreaux lui lièrent les mains derrière le dos et mirent le feu au bûcher. Au milieu des flammes, tant que les martyrs purent formuler une parole, on entendit leurs cantiques ; quand leurs forces furent épuisées, l'Amen annonça que tout était consommé.

On trouva le bienheureux Philippe les bras étendus, comme dans la prière. Le corps du vieillard s'était renouvelé dans l'éclat de la jeunesse ; il semblait encore provoquer l'ennemi, et chercher une couronne dans de nouveaux supplices et de nouveaux combats. De même le visage du bienheureux Hermès était intact ; une couleur de vie animait ses traits ; seulement, comme trace du combat qu'il venait de soutenir, l'extrémité de ses oreilles était demeurée légèrement livide. A cette vue, tous ensemble, on rendit grâces au Dieu tout-puissant, qui donne la gloire et la couronne à ceux qui espèrent en lui.

Le diable ne put voir, sans dépit, tant de merveilles ; l'inspira à Justin de jeter dans l'Ebre les corps des martyrs. En apprenant cette nouvelle cruauté, les fidèles d'Andrinople préparèrent leurs filets et montèrent sur leurs barques , dans l'espérance que quelqu'un d'eux aurait le bonheur de retrouver une si riche proie. Dieu ne fut pas sourd à leurs voeux; presque aussitôt les saintes reliques tombèrent dans les filets et furent retirées entières. Ce trésor, plus précieux que l'or et les plus riches perles, fut caché à douze milles, d'Héraclée, dans une ville que l'on appelle dans la langue du pays Ogetistyron, c'est-à-dire, en notre langue, le lieu des possesseurs. En ce lieu se trouvaient des sources nombreuses ; un bois, de riches moissons, des vignes en faisaient l'ornement. Mais aujourd'hui la Majesté divine y multiplie les miracles, pour prouver à tous qu'il ne peut laisser dans l'obscurité ses serviteurs, quand on a vu jusqu'aux abîmes profonds d'un fleuve les restituer d'eux-mêmes à notre vénération. C'est ainsi qu'il nous avertit de ne pas trembler devant les supplices, mais plutôt de tendre avec ardeur vers la couronne.
Amen.

Philip of Heraclea B and Companions MM (RM)

Died 304. The aged, revered bishop Philip of Heraclea, his deacon Severus, Eusebius (priest), and Hermes (priest) of Constantinople were arrested under Diocletian. First, the authorities closed the church. At which time Philip said to the police, "Do you imagine that God dwells within walls, and not rather in the hearts of men?" He simply summoned the brethren for worship in the open air.


He was ordered by the governor, Bassus, to hand over the church's sacred vessels and books: to the first Philip agreed, but, for the Scriptures, 'It is not fitting,' he said, 'that you should ask for them or that I should give them up.' The bishop and his deacon, Hermes, were then scourged and the wanted goods seized. Afterwards, Philip and Hermes refused in turn to make an act of worship of the emperors or of the goddess Fortune or of Heraclea's name-deity, Hercules.

Later there was a fruitless interrogation by Bassus' successor, Justin, after which Philip was dragged back to jail by his feet. Together with Hermes and a priest called Severus, he was confined rigorously for seven month before all three were taken to Adrianopolis.

Justin interviewed them twice again, and he had Philip unmercifully beaten for his contumacy; they were then sentenced to death by fire at Adrianopolis. St. Philip had been so badly beaten that he had to be carried to the stake. St. Hermes, who was not much better, joked cheerfully and sent a last message to his son: "Tell them to pay back whatever I owe, and to work hard for his living as I have done, and to behave well to everybody." When the fire was lit the martyrs praised and gave thanks to God until the smoke suffocated them. St. Severus followed them the next day (Attwater, Encyclopedia).

The Benedictines say that Severus was the deacon and the other two were 'inferior clergy.' They also report that we have a copy of the legal document processed against them of undeniable authenticity. By mistake recent editions of the R.M. register them as martyrs under Julian the Apostate (Benedictines). 



October 22

St. Philip, Bishop of Heraclea, and Companions, Martyrs

From their original acts, published by Mabillon, in Vetera Analecta, t. 4, p. 134, and more correctly by Ruinart, p. 409, Tillemont, t. 5.

A.D. 304.

PHILIP, a venerable old man, bishop of Heraclea, the metropolis of Thrace, was an illustrious martyr of Christ in the persecution of Dioclesian. Having discharged every duty of a faithful minister in the characters of deacon and priest in that city, he was raised to the episcopal dignity, and governed that church with great virtue and prudence when it was shaken by violent storms. To extend and perpetuate the work of God, he was careful to train up many disciples in the study of sacred learning, and in the practice of solid piety. Two of the most eminent among them had the happiness to be made companions of his martyrdom; namely, Severus, a priest, whose laborious and penitential life proved him to be a true disciple of the cross; and Hermes, a deacon, who was formerly the first magistrate of the city, and in that office, by his charity and universal benevolence, had gained the esteem and affection of all the citizens; but after he was engaged in the ministry, gained his livelihood with his own hands, and brought up his son to do the same. Dioclesian’s first edicts against the Christians being issued out, many advised the holy bishop to leave the city; but he would not even stir out of the church, continuing to exhort the brethren to constancy and patience, and preparing them for the celebration of the feast of the Epiphany. Whilst he preached to them, Aristomachus, the stationary, (that is, an officer of the town,) came, by the governor’s order, to seal up the door of the church. The bishop said to him: “Do you imagine that God dwells within walls, and not rather in the hearts of men?” He continued to hold his assemblies before the doors of the church. The next day certain officers came, and set their seal upon the sacred vessels and books. The faithful, who beheld this, were much grieved: but the bishop who stood leaning against the door of the church, encouraged them with his discourses. Afterwards the governor Bassus finding Philip and many of his flock assembled before the church door, gave orders that they should be apprehended, and brought before him. Being seated on his tribunal, he said to them: “Which of you is the teacher of the Christians?” Philip replied: “I am the person you seek.” Bassus said: “You know that the emperor has forbidden your assemblies. Surrender into my hands the vessels of gold and silver which you make use of, and the books which you read.” The bishop answered: “The vessels and treasure we will give you; for it is not by precious metal but by charity that God is honoured. But the sacred books it neither becomes you to demand nor me to surrender.” The governor ordered executioners to be called into court, and commanded Muccapor, the most noted among them for his inhumanity, to torture the holy prelate. Philip bore his torments with invincible courage. Hermes told the governor that it was not in his power to destroy the word of God, even though he should take away all the writings in which the true doctrine is contained. The judge commanded him to be scourged. After this he went with Publius, the governor’s successor, to the place where the sacred writings and plate were hid. Publius would have conveyed away some of the vessels, but being hindered by Hermes, he gave him such a blow on the face that the blood followed. The governor Bassus was provoked at Publius for this action, and ordered the deacon’s wound to be dressed. He distributed the vessels and books among his officers; and, to please the infidels and terrify the Christians, caused Philip and the other prisoners to be brought to the market-place, surrounded with guards, and the church to be uncovered by taking off the tiles. In the mean time, by his orders, the soldiers burned the sacred writings, the flames mounting so high as to frighten the standers by. This being told to Philip in the market-place, he took occasion from this fire to discourse of the vengeance with which God threatens the wicked, and represented to the people how their gods and temples had been often burned, beginning with Hercules, protector of their city, from whom it derived its name. By this time Caliphronius, a Pagan priest, appeared in the market-place with his ministers, who brought with them the necessary preparations for a sacrifice and a profane feast. Immediately after, the governor Bassus came, followed by a great multitude, some of whom pitied the suffering Christians; others, especially the Jews, clamoured loudly against them. Bassus pressed the bishop to sacrifice to the gods, to the emperors, and to the fortune of the city. Then pointing to a large and beautiful statue of Hercules he bid him consider what veneration was due to that piece. Philip showed the absurdity of adoring a base metal, and the work of a drunken statuary. Bassus asked Hermes if he at least would sacrifice. “I will not,” replied Hermes, “I am a Christian.” Bassus said: “If we can persuade Philip to offer sacrifice, will you follow his example?” Hermes answered he would not; neither could they persuade Philip. After many useless threats, and pressing them to sacrifice at least to the emperors, he ordered them to be carried to prison. As they went along, some of the rabble insolently pushed Philip, and often threw him down; but he rose with a joyful countenance, without the least indignation or grief. All admired his patience, and the martyrs entered the prison joyfully, singing a psalm of thanksgiving to God. A few days after they were allowed to stay at the house of one Pancras, near the prison, where many Christians and some new converts resorted to them to be instructed in the mysteries of faith. After some time they were remanded to a prison, contiguous to the theatre, which had a door into that building with a secret entry. They there received the crowds that came to visit them in the night.

In the mean time, Bassus going out of office at the expiration of his term, one Justin succeeded him. The Christians were much afflicted at this change, for Bassus often yielded to reason, his wife having for some time worshipped the true God herself: but Justin was a violent man. Zoilus, the magistrate of the city, brought Philip before him, who declared to the saint the emperor’s order, and pressed him to sacrifice. Philip answered: “I am a Christian, and cannot do what you require. Your commission is to punish our refusal, not to force our compliance.” Justin said: “You know not the torments which shall be your portion.” Philip replied: “You may torment, but will not conquer me: no power can induce me to sacrifice.” Justin told him, he should be dragged by the feet through the streets of the city, and if he survived that punishment, should be thrown into prison again to suffer new torments. Philip answered: “God grant it may be so:” Justin commanded the soldiers to tie his feet and drag him along. They dashed him against so many stones, that he was torn and bruised all over his body. The Christians carried him in their arms, when he was brought back to his dungeon. The enraged idolaters had long been in quest of Severus, the priest, who had hid himself, when inspired by the Holy Ghost, he at length surrendered himself, and was carried before the governor, and committed to prison. Hermes was likewise steady in his examination before Justin, and was treated in the same manner. The three martyrs were kept imprisoned in a bad air seven months, and then removed to Adrianople, where they were confined in a private country house, till the arrival of the governor. The next day, holding his court at the Thermæ, he caused Philip to be brought before him, and to be beaten with rods till his bowels appeared bare. His courage astonished the executioners and Justin himself, who remanded him to prison. Hermes was next examined, and to him all the officers of the court were favourable, because having been formerly decurio or chief magistrate of the city of Heraclea, he had obliged them all on several occasions, though he declared in his examinations that he had been a Christian from his cradle. He persisted in this profession, and was sent back to prison, where the holy martyrs joyfully gave thanks to Jesus Christ for this beginning of their victory. Philip, though of a weak and delicate constitution, did not feel the least inconvenience. Three days after this, Justin caused them to be brought again before his tribunal, and having in vain pressed Philip to obey the emperors, said to Hermes: “If the approach of death makes this man think life not worth preserving, do not you be insensible to its blessings, and offer sacrifice.” Hermes replied by showing the blindness and absurdity of idolatry: so that Justin being enraged, cried out: “Thou speakest as if thou wouldst fain make me a Christian.” Having then advised with his assessor and others, he pronounced sentence in these terms: “We order that Philip and Hermes, who, despising the commands of the emperor, have rendered themselves unworthy of the name of Romans, be burned, that others may learn to obey.” They went joyfully to the pile. Philip’s feet were so sore that he could not walk, and therefore he was carried to execution. Hermes followed him with much difficulty, being afflicted also in his feet; and he said to him: “Master, let us hasten to go to our Lord. Why should we be concerned about our feet, since we shall have no more occasion for them?” Then he said to the multitude that followed them: “The Lord revealed to me that I must suffer. While I was asleep, methought I saw a dove as white as snow, which, entering into the chamber, rested on my head, and descending upon my breast, presented me some meat which was very agreeable to the taste. I knew that it was the Lord that called me, and was pleased to honour me with martyrdom.” Fleury remarks, that this delicious meat seems to mean the eucharist, which the martyrs received before the combat. When they came to the place of punishment, the executioners, according to custom, covered Philip’s feet and legs with earth up to the knees; and having tied his hands behind his back, nailed them to the pile. They likewise made Hermes go down into a ditch, who, supporting himself upon a club, because his feet trembled, said smiling: “O demon, thou canst not suffer me even here.” Immediately the executioners covered his feet with earth; but before they lighted the fire, he called upon Velogus, a Christian, and said to him: “I conjure you by our Saviour Jesus Christ, tell my son Philip from me, to restore whatever was committed to my charge, that I may incur no fault: even the laws of this world ordain it. Tell him also, that he is young, and must get his bread by labour, as he has seen me do; and behave himself well to every body.” He spoke of the treasures of the church, or of deposits lodged in his hands. Hermes having spoken thus, his hands were tied behind his back, and fire was set to the pile. The martyrs praised, and gave thanks to God as long as they were able to speak. Their bodies were found entire; Philip having his hands stretched out as in prayer; Hermes with a clear countenance only his ear a little blue. Justin ordered their bodies to be thrown into the Hebrus: but certain citizens of Adrianople went in boats with nets, and fished them out whilst they were entire, and hid them for three days at a place called Ogestiron, twelve miles from the city. Severus the priest, who had been left alone in prison, being informed of their martyrdom, rejoiced at their glory, and earnestly besought God not to think him unworthy to partake in it, since he had confessed his name with them. He was heard, and suffered martyrdom the day after them. The order for burning the holy Scriptures and destroying the churches, points out the time of their suffering to have been after the first edicts of Dioclesian. The 22nd of October is consecrated in the Martyrologies to their memory.

 A just and humble fear, the assiduous practice of penance, and all other virtues, the most fervent use of the sacraments, prayer, and meditation on eternal truths, a contempt of the world, and of the goods and evils of this life, and a constant attention to those to come, were the weapons with which the martyrs stood always prepared for the combat, and the source of the courage and strength which they obtained of God, and by which they triumphed. The spiritual persecutions of the world are often more dangerous than those of the sword, and they corrupt far more souls. The allurements of pleasure and riches; the pomps of vanity, and the snares of pride and ambition, murder more souls than the Neros and Dioclesians murdered bodies. We run into the arms of certain death if we expose ourselves to our enemies bereft of our weapons. Constant watchfulness, penance, prayer, and the like means above mentioned are the bucklers with which we must be always shielded, that we may be rendered invincible against the devil.

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume X: October. The Lives of the Saints.  1866

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/10/221.html

Philippus, bp. of Heraclea
Philippus (6), bp. of Heraclea in Thrace and martyr in the Diocletian persecution c. 304 with Severus, a presbyter, and Hermes, a deacon. His Acts present one of the most vivid and minute pictures we possess of that persecution, and are often quoted by Le Blanc in his Actes des Martyrse.g. pp. 12, 41, 52, 54, etc., where many incidental marks of authenticity are pointed out. The various steps in the persecution can be clearly traced, the arrest of the clergy, the seizure and destruction of the sacred writings and vessels, and finally the torture and death of the martyrs. Philip was arrested and examined by a president Bassus, who then committed him to the free custody of one Pancratus (c. vii.). Bassus was soon succeeded by a certain Justinus, who was much more stern towards the Christians than his predecessor, whose wife was a Christian. After some time Justinus brought them to Adrianople, and there burned Philip and Hermes on the same day (Ruinart, Acta Sincera, p. 442).

SOURCE : http://www.ccel.org/ccel/wace/biodict.html?term=Philippus,%20bp.%20of%20Heraclea

St. Philip of Heraclea and Companions

Philip, the bishop of Heraclea in Thrace, became a martyr of Christ during the persecution of Diocletian. He was a diligent, courageous shepherd who confirmed the faith of his people, and when induced to flee the persecution, chose to remain.

Severus and Hermes were a priest and deacon who endured tribulation, prison and martyrdom with him. At first, Bassus, the governor, ordered the door of the church sealed, to which Philip retorted: “Do you imagine that God dwells within walls, and not rather in the hearts of men?” and continued to hold assembly outside.

Finally the sacred vessels and books were confiscated, the sacred books burned publicly, and the roof of the church incinerated.

Under torture, Philip was invincible. Pointing to a large statue of Hercules, Bassus bid him to only touch it, but the martyr refused saying that graven images had value only to stone-carvers but were helpless to worshipers. Then the deacon Hermes was asked if he would offer sacrifice, he refused.
Bassus’ term as governor being up, another, Justin, a ruthless man, stepped in. Under Justin, Philip was beaten till his flesh was pulp.

Imprisoned with Hermes and another, the priest Severus, Philip faced martyrdom alongside Hermes by fire. Buried up to their knees, the martyrs were burned. But when the flames died and the smoke cleared, although the martyrs were dead, their bodies were found whole. Justin ordered the bodies to be thrown into the river, but pious citizens fished them out with nets and gave them proper burial.

In prison, the priest Severus rejoicing on hearing of their victory, begged God to think him not unworthy of following in the footsteps of his bishop and Hermes, and suffered martyrdom the next day.

SOURCE : https://www.americaneedsfatima.org/Saints-Heroes/st-philip-of-heraclea-and-companions.html

Martyred c. AD 303)

The Roman Emperor Diocletian essayed the most wholesale of the Roman persecutions in AD 303-305. Earlier emperors had tried to crush Christianity selectively or briefly. Diocletian, a gifted organizer, launched a program that aimed at its total destruction.

There were, at this time, three clergymen of the diocese of Heraclea in Thrace: Philip, the bishop; Severus, a priest; and Hermes, a deacon. When the Emperor issued his earliest edicts against the Christians, Bishop Philip was advised to take flight. He refused. He would remain at Heraclea in order to help his flock to stand firm in their faith.

The governor eventually closed his church, but the Bishop continued to hold services in the open air. Then the officials demanded that he hand over to them the sacred vessels and the holy books. The books would have been not only the ceremonials but all the scriptural readings.

Bishop Philip answered their demand with a distinction. "The vessels we will give you, for it is not by precious metal but by charity that God is honored. But the sacred books it becomes neither you to demand nor me to surrender." Deacon Hermes added that even if the governor should take away all the manuscripts, he could not destroy the eternal word of God written on them.

The officers did seize the books, however, and cast them into the fire. They also burnt down the church building. Philip and Hermes were then tortured to compel them to offer sacrifices to the gods. When they refused, they were jailed. Access to them was permitted, however, so those under instruction for baptism were able to continue their study. The authorities were especially puzzled by Hermes' behavior. He had won high respect among the citizens in past years, and sat in the local senate. How could he have become so stubbornly Christian?

Meanwhile, Severus, a priest who had been in hiding, turned himself in to the governor and became a co-captive with the bishop and the deacon. After seven months of imprisonment, the trio was taken off to Adrianople. Brought into court once again, they were severely beaten, but nothing could persuade them to offer pagan sacrifices. At length the presiding official condemned the three to death by burning at the stake.

The beatings suffered by Philip and Hermes made it difficult for them to walk to the place of execution, as they were required to do. Hermes encouraged the bishop, however. "Master, let us hasten to go to the Lord. Why should we be concerned about our feet, since we shall have no more use for them?"

Once the execution was over, the two bodies were thrown into the river, but Christians managed to rescue and preserve them. Severus the priest was put to death the following day.

The story of St. Philip and companions is one of the most dependable accounts of a martyrdom dating from the persecution of Diocletian. That persecution achieved the death of thousands of victims, but most of them are unidentified and unrecorded, and known only to God. The legend of this trio has come down in a Latin text, but the Latin account was based on a contemporary Greek narrative.
As St. Hermes the Deacon observed, the Roman governor might destroy the scrolls inscribed with the Holy Scriptures, but he did not and could not destroy the word of God.

--Father Robert F. McNamara

SOURCE : http://kateriirondequoit.org/resources/saints-alive/pacian-pulcheria/st-philip-of-heracleca-and-companions/