vendredi 8 février 2013

Saint JEAN de MATHA, prêtre, fondateur et confesseur

Saint Jean de Matha

Confesseur

(1160-1213)

Saint Jean de Matha, originaire d'une illustre famille, en Provence, fut consacré au Seigneur par un voeu, dès sa naissance. Il brilla, tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l'argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. C'est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita de devenir le père d'un grand Ordre de charité.

Le jour où il fut élevé au sacerdoce une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l'onction du Saint-Esprit qui opérait dans son âme. Le bruit de ce prodige s'étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première Messe. Au moment de la consécration, lorsque Jean élevait l'hostie, on vit le visage du saint resplendir d'une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au dessus de l'autel sur un spectacle invisible aux assistants. "J'ai vu, dit-il plus tard, un ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix de couleur rouge et bleue; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l'un chrétien et l'autre maure; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants."

C'était l'annonce claire de l'oeuvre qu'il devait établir; il fut, en effet, le fondateur de l'Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision.

Qui dira tout ce que le Saint eut à souffrir dans son pénible apostolat? "Si je n'ai pas le bonheur d'être martyr, disait-il souvent, puissai-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères!"

Dieu seconda plus d'une fois son zèle par des miracles. Un jour que les habitants de Tunis voulaient l'empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu'il avait rachetés, il se prosterna et invoqua Marie; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étendit son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogua bientôt en pleine mer et aborda en moins de deux jours à Ostie, aux applaudissements d'une foule émerveillée du prodige.

Jean de Matha mourut à Rome, usé de fatigues, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d'oeuvres et de mérites. La pauvre petite cellule qu'il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu'à ce jour.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950



S. Jean de Matha

8 février /17 décembre

On lit au début du Martyrologe Romain du 17 décembre :

« À Rome, l’anniversaire de saint Jean de Matha prêtre et confesseur, fondateur de l’Ordre de la Très Sainte Trinité pour le rachat des captifs. Sa fête, par décision du Pape Innocent XI, se célèbre le 6 des ides de février (8 février).

RÉSUMÉ :

Saint Jean de Matha naquit en Provence, près de Moriez, et dès sa plus tendre enfance se distingua par sa charité envers les pauvres.

Ordonné prêtre à Paris, il eut à sa première Messe une vision où Dieu lui manifesta qu’il aurait à établir l’Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs.

Il se retira alors dans la solitude où il vécut durant trois ans avec saint Félix de Valois, dans la prière et la contemplation. Une nouvelle vision les détermina à aller trouver Innocent III qui approuva la nouvelle Institution voulue par Dieu.

Grâce aux nombreuses aumônes que saint Jean de Matha sollicita des rois et des princes de France et d’Espagne, il put délivrer un grand nombre de Chrétiens tombés aux mains des musulmans.

Il passa ses deux dernières années à Rome dans une mortification et une prière continuelles et fut de la sorte ce serviteur fidèle qui sut attendre son Maître à toutes les heures de sa vie. Il mourut en 1213.

Saint Jean de Matha, originaire d’une illustre famille, en Provence, près de Moriez (à Faucon proche de Barcelonnette), fut consacré au Seigneur par un vœu, dès sa naissance. C’était l’an 1160, Alexandre III étant pape, Frédéric Ier Barberousse empereur d’Allemagne et Louis VII le Jeune roi de France.

Il brilla, tout jeune encore, par le divin instinct de la charité. On le voyait distribuer aux pauvres l’argent que ses parents lui donnaient pour ses menus plaisirs, et tous les vendredis il allait servir les malades dans les hôpitaux ; là, il pansait leurs plaies et leur procurait tous les secours qui étaient en son pouvoir. C’est par cette conduite admirable, il y a lieu de le croire, que le pieux jeune homme mérita de devenir le père d’un grand Ordre de charité.

Le jour où il fut élevé au Sacerdoce, il plut à Dieu de montrer aux hommes la sainteté de Son serviteur. Une colonne de feu reposa sur la tête du nouveau prêtre et manifesta l’onction du Saint-Esprit qui opérait dans son âme. Le bruit de ce prodige s’étant répandu, une nombreuse assemblée assista à sa première Messe. Au moment de la Consécration, lorsque saint Jean élevait l’Hostie, on vit le visage du Saint resplendir d’une lumière surnaturelle et ses yeux se fixer au-dessus de l’autel sur un spectacle invisible aux assistants.

« J’ai vu, dit-il plus tard, un Ange tout blanc, avec un vêtement brillant, portant sur la poitrine une croix de couleur rouge et bleue ; ses bras se croisaient, et il présentait les mains à deux captifs, l’un Chrétien et l’autre Maure ; ils étaient à ses pieds dans la posture de suppliants. » C’était l’annonce claire de l’œuvre qu’il devait établir ; il fut, en effet, fondateur de l’Ordre de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs, dont les religieux portèrent le costume indiqué par la vision.

Qui dira tout ce que le Saint eut à souffrir dans son pénible apostolat ? « Si je n’ai pas le bonheur d’être martyr, disait-il souvent, puissé-je au moins rester chez les barbares, comme esclave, pour mes frères ! »

Dieu seconda plus d’une fois son zèle par des miracles. Un jour que les habitants de Tunis voulaient l’empêcher de ramener en Europe les nombreux captifs qu’il avait rachetés, il se prosterna et invoqua Marie ; puis, à la grande stupéfaction des infidèles, étendit son manteau en guise de voile sur le navire. Celui-ci, sans rames, sans voiles, sans gouvernail, vogua bientôt en pleine mer et aborda en moins de deux jours à Ostie, aux applaudissements d’une foule émerveillée du prodige.

Saint Jean de Matha mourut à Rome, usé de fatigues, dans la pauvreté et la pénitence, mais chargé d’œuvres et de mérites. C’était l’an 1213, le 21 décembre, Innocent III étant pape, Othon IV empereur d’Allemagne et Philippe II Auguste roi de France. La pauvre petite cellule qu’il sanctifia par ses dernières années et par sa mort a été conservée jusqu’à ce jour et semble encore toute parfumée de ses vertus.



Le 24 juin 1154 Jean de Matha naissait à Faucon en Provence. Son père Euphème de Matha était un seigneur espagnol qui avait reçu de Raymond Bérenger le jeune, comte de Barcelone et de Provence, la terre de Faucon. Pour lui donner une instruction et une éducation digne de son rang, la famille se fixe à Marseille où Jean commence ses études. Sa mère, Marthe, lui apprend à connaître les pauvres, les malheureux et à les aimer. Elle le conduit aussi dans les hôpitaux et les prisons.

Il poursuivra ses études à Aix en Provence, puis à l’université à Paris où il prend ses grades de docteur en théologie. Il est encouragé à devenir prêtre par Maurice de Sully, évêque de Paris, qui avait remarqué sa valeur et sa piété.

Quand il célèbre sa première messe, le 28 janvier 1193/1194, fête de sainte Agnès, dans la chapelle de Maurice de Sully, il « voit » un homme en blanc, une croix rouge et bleue sur la poitrine, posant les mains sur deux prisonniers dont l’un est blanc et l’autre maure. Le lendemain, alors qu’il s’est retiré dans une forêt pour prier avec un ermite dont la réputation de sainteté est arrivée jusqu’à ses oreilles, les deux hommes sont témoins de l’apparition d’un cerf portant une croix entre les bois, qui vient s’abreuver à une fontaine auprès d’eux.

Jean de Matha parle de sa vision des prisonniers au pape, qui a eu la même : ils l’interprètent comme un appel à la fondation d’un ordre ayant pour mission de racheter les captifs victimes des razzias menés par les Sarrasins sur les côtes méditerranéennes. L’Ordre de la très sainte Trinité pour la rédemption des captifs est approuvé, en même temps que sa Règle, par Innocent III le 17 décembre 11982 (bulle Operante divine dispositionis).

Les Trinitaires construisent un premier monastère à Cerfroid (actuellement commune de Brumetz, dans l’Aisne), lieu de l’apparition, sur une propriété donnée par Marguerite de Blois3, future comtesse de Bourgogne (la Maison de la Trinité de Cerfroid restera le Chef-d’ordre des Trinitaires jusqu’à la Révolution française). À Cerfroid s’ajoutent Planels et Bourg-la-Reine : ce sont les trois fondations initiales.

Puis Philippe Auguste aide les Trinitaires à construire un monastère à Paris près d’une chapelle dédiée à saint Mathurin, d’où leur nom de Mathurins. Des milliers de chrétiens sont ainsi rachetés aux musulmans du Maroc, d’Algérie et de Tunisie dont ils étaient devenus esclaves. Après la mort de son ami ermite (qu’on appellera Félix de Valois trois siècles plus tard, sans savoir qui il fut), Jean se retire à Rome où il meurt le 17 décembre 1213. Il fut enterré le 21 décembre 1213 dans l’église San Tommaso in Formis, d’où son corps fut transféré en Espagne.

Canonisation de Jean-de-Matha

Si durant les premiers siècles de son existence l’ordre Trinitaire n’a développé aucun culte particulier envers Jean de Matha, il faudra attendre le XVIIe siècle pour que les Trinitaires tentent une canonisation.

En 1665 le père Jean de la Conception présenta une requête au vicariat de Rome avec des arguments prouvant que Jean de Matha (ainsi que Félix de Valois) avait été qualifié de saint par plusieurs papes. Le 31 juillet 1665, le cardinal vicaire de Rome rend un décret constatant le culte accordé de temps immémorial à Jean de Matha et à Félix de Valois, sentence confirmée par la Sacrée Congrégation des rites le 14 août 1666 et par le pape Alexandre VII le 21 octobre.

Les noms de Jean et de Félix seront insérés dans le martyrologe romain le 27 janvier 1671 par un décret d’Innocent XI. Le 14 mars 1694 les fêtes des deux saints seront étendues à l’Église universelle. Les reliques de Saint Jean de Matha (os du pouce) sont transférées de l’église de Faucon à l’église des Trinitaires le 26 août 1674.



Première Messe de saint Jean de Matha. 
Apparition de l'Ange avec le Chrétien captif et le Maure esclave des Sarrasins.

Né dans les Basses-Alpes en 1160, il fonde avec saint Félix de Valois l’Ordre des Trinitaires en 1198. Mort en 1213, culte confirmé en 1666, fête en 1694.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Jean de Matha, instituteur de l’Ordre de la très sainte Trinité pour la Rédemption des captifs, naquit à Faucon en Provence, de parents distingués par leur piété et leur noblesse : il se rendit à Aix, puis à Paris, pour ses études. Après y avoir achevé le cours de théologie, il obtint le bonnet de docteur. Sa science et ses vertus déterminèrent l’Évêque de Paris à lui conférer, malgré son humble résistance, l’ordre sacré de la prêtrise, afin que, durant son séjour dans cette ville, l’exemple de sa sagesse et de sa conduite éclairât la jeunesse studieuse. Comme il offrait pour la première fois à Dieu le saint Sacrifice, dans la chapelle de l’Évêque, qui y assistait avec d’autres personnes, il fut réjoui par uni faveur céleste : un Ange lu apparut vêtu d’une robe d’une éclatante blancheur, portant attachée sur sa poitrine une croix rouge et bleue, et tenant les bras croisés et les mains posées sur deux captifs, l’un chrétien et l’autre maure, placés à ses côtés. Ravi en extase par cette vision, l’homme de Dieu comprit aussitôt qu’il était destiné à racheter les captifs du pouvoir des infidèles.

Cinquième leçon. Pour procéder avec plus de maturité dans une chose de cette importance, il se retira dans la solitude, et là, il advint, par la volonté divine, qu’il rencontra Félix de Valois qui habitait déjà le même désert depuis nombre d’années. Pendant l’espace de trois ans, il vécut dans sa société en s’exerçant à la prière, à la contemplation et à la pratique de toutes les vertus. Or il arriva, tandis qu’ils s’entretenaient des choses divines au bord d’une fontaine, qu’un cerf s’approcha d’eux, portant entre ses cornes une croix de couleur rouge et bleue. Comme Félix s’étonnait de la nouveauté de ce spectacle, Jean lui raconta la vision qu’il avait eue à sa première Messe. Après ce miracle, ils s’appliquèrent avec plus de ferveur encore à l’oraison ; puis, en ayant reçu trois fois l’avertissement en songe, ils résolurent de partir pour Rome, afin d’obtenir du souverain Pontife l’institution d’un nouvel Ordre pour le rachat des captifs. Pendant ce temps, Innocent III avait été élu, il les reçut avec bonté, et comme il délibérait sur leur projet, un Ange vêtu de blanc, ayant une croix de deux couleurs, lui apparut sous l’aspect d’un homme qui rachète des captifs : c’était en la seconde fête de sainte Agnès, durant la Messe solennelle, dans l’église de Latran, au moment de l’élévation de la sainte Hostie. Le Pontife approuva donc leur institut, ordonna qu’on l’appelât l’Ordre de la très sainte Trinité de la Rédemption des captifs, et voulut que ceux qui y feraient profession portassent un habit blanc, avec une croix rouge et bleue.

Sixième leçon. L’ordre ainsi institué, les saints fondateurs revinrent en France, et ayant bâti leur premier monastère à Cerfroid, dans le diocèse de Meaux, Félix demeura pour le gouverner, : tandis que Jean repartit avec quelques-uns de leurs compagnons pour Rome, où Innocent III leur donna la maison, l’église et l’hospice de Saint-Thomas de Formis, sur le mont Cœlius, avec plusieurs revenus et propriétés. Il leur remit des lettres pour l’émir qui régnait au Maroc, et t’œuvre de la rédemption commença ainsi sous d’heureux auspices. Alors Jean se dirigea vers l’Espagne, opprimée en grande partie sous le joug des Sarrazins et il excita les cœurs des rois, des princes, et des autres fidèles à la compassion envers les captifs et les pauvres. 11 édifia des monastères, érigea des hospices, et racheta beaucoup de captifs, au grand profit de leurs âmes. Enfin, de retour à Rome et s’y dévouant aux œuvres saintes, usé par des labeurs assidus et affaibli par la maladie, brûlant du plus ardent amour pour Dieu et le prochain, il fut réduit à l’extrémité. Ayant fait assembler tes frères, il les exhorta de la manière la plus persuasive à continuer cette œuvre de la rédemption, que le Ciel même avait indiquée ; puis il s’endormit dans le Seigneur, le seize des calendes de janvier, l’an du salut j mil deux cent treize ; son corps fut enseveli dans l’église même de Saint-Thomas de Formis avec l’honneur dû à ses mérites.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Naguère, nous célébrions la mémoire de Pierre Nolasque, appelé par la très sainte Mère de Dieu à fonder un Ordre destiné au rachat des chrétiens captifs chez les infidèles ; aujourd’hui, nous avons à honorer l’homme généreux qui fut le premier favorisé de cette sublime pensée, et établit, sous le nom de la très sainte Trinité, une société religieuse dont les membres s’engagèrent à mettre leurs efforts, leurs privations, leur liberté, leur vie, au service des pauvres esclaves qui gémissaient sous le joug des Sarrasins. L’Ordre des Trinitaires et celui de la Merci, quoique distincts, sont frères dans leur but et dans l’intention qui les a produits ; leurs résultats, en six siècles de durée, ont été de rendre à leurs familles et à leur patrie plus d’un million d’hommes, dont ils préservaient en même temps la foi des périls de l’apostasie. C’est en France, près de Meaux, que Jean de Matha, assisté de son fidèle coopérateur Félix de Valois, qui paraîtra à son tour sur le Cycle dans la dernière partie de l’année, établit le centre de son œuvre à jamais bénie. En ces jours de préparation au Carême, où nous avons besoin de raviver en nous la flamme de la charité envers ceux qui souffrent, quel plus admirable modèle que Jean de Matha, que son Ordre tout entier, qui n’a eu d’autre raison d’existence que le désir d’aller arracher aux horreurs de l’esclavage des frères inconnus qui languissent chez les barbares ! Est-il une aumône, si généreuse qu’elle soit, qui ne s’efface, quand on la compare au dévouement de ces hommes qui s’obligent par leurs règles non seulement à parcourir la chrétienté pour y recueillir les deniers à l’aide desquels ils rendront la liberté aux esclaves, mais à prendre tour à tour les fers de quelqu’un de ces infortunés, afin d’accroître le nombre des rachetés ? N’est-ce pas, autant que la faiblesse humaine le peut permettre, imiter à la lettre l’exemple du Fils de Dieu lui-même, descendant du ciel pour être notre Rédempteur ? Animés par de tels modèles, nous entrerons plus volontiers encore dans les intentions de l’Église qui nous recommandera bientôt les œuvres de miséricorde comme l’un des éléments essentiels de la pénitence quadragésimale.

Jouissez maintenant du fruit de votre dévouement pour vos frères, ô Jean de Matha ! Le Rédempteur du monde voit en vous une de ses plus fidèles images, et il se plaît à honorer aux yeux de toute la cour céleste les traits de ressemblance que vous avez avec lui. C’est à nous sur la terre de suivre vos traces, puisque nous espérons arriver au même terme. La charité fraternelle nous y conduira ; car nous savons que les œuvres qu’elle inspire ont la vertu d’arracher l’âme au péché [1]. Vous l’avez comprise telle qu’elle est dans le cœur de Dieu, qui aime nos âmes avant nos corps, et qui cependant ne dédaigne pas de subvenir aux besoins de ceux-ci. Ému des périls que couraient tant d’âmes exposées au danger de l’apostasie, vous êtes accouru à leur aide, et vous leur avez fait comprendre tout le prix d’une religion qui suscite de tels dévouements. Vous avez compati aux souffrances de leurs corps, et votre main généreuse a fait tomber les chaînes sous le poids desquelles ils languissaient. Enseignez-nous à imiter de tels exemples. Que les périls auxquels sont exposées les âmes de nos frères ne nous trouvent plus insensibles. Faites-nous comprendre cette parole d’un Apôtre : « Celui qui aura retiré un pécheur des erreurs de sa voie, en même temps qu’il sauvera l’âme de celui-ci, couvrira la multitude de ses propres péchés [2]. » Donnez-nous part aussi à cette tendresse compatissante qui nous rendra généreux et empressés à soulager les maux que nos frères souffrent dans leurs corps, et qui sont trop souvent pour eux l’occasion de blasphémer Dieu et sa Providence. Libérateur des hommes, souvenez-vous en ces jours de tous ceux qui gémissent par le péché sous la captivité de Satan, de ceux surtout qui, dans l’ivresse des illusions mondaines, ne sentent plus le poids de leurs chaînes et dorment tranquillement dans leur esclavage. Convertissez-les au Seigneur leur Dieu, afin qu’ils recouvrent la véritable liberté. Priez pour la France votre patrie, et maintenez-la au rang des nations fidèles. Protégez enfin les restes précieux de l’Ordre que vous avez fondé, afin que, l’objet de son antique dévouement ayant pour ainsi dire cessé aujourd’hui, il puisse encore servir aux besoins de la société chrétienne.

[1] Eccli. III, 33.

[2] Jacob, V, 20.

Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Nous dirions volontiers que ce saint a presque droit de cité dans le calendrier romain ; non seulement parce que, durant de longues années, il fut attaché au service de Grégoire IX en qualité de chapelain pontifical, mais plus encore parce qu’il mourut et fut enseveli sur le Coelius (+ 1213) dans la vieille église de Saint-Thomas in Formis près de laquelle, aujourd’hui encore, l’on visite la petite cellule que l’on dit avoir été habitée par lui. Son saint corps fut transporté de là en Espagne après la mort d’Innocent X. L’église et le monastère qui y est annexé (le seul monument qui, à Rome, rappelle notre saint) appartiennent au Chapitre Vatican. Sur la porte monumentale contemporaine d’Innocent III se voit encore l’importante mosaïque représentant le Sauveur entre deux esclaves, l’un blanc et l’autre noir. Dans l’encadrement du blason est écrite cette légende : + Signum Ordinis Sanctae Trinitatis Redemptionis Captivorum. La messe est celle du Commun des confesseurs non pontifes, Os iusti, comme pour la fête de saint Raymond le 23 janvier, sauf la première collecte qui est propre.

Le titre de la Sainte-Trinité, pris par l’ordre religieux institué par saint Jean de Matha, coïncide avec un réveil intense de la dévotion catholique envers cet auguste mystère de notre foi. Durant les derniers siècles du moyen âge, s’élevèrent de nombreuses abbayes, églises et chapelles, dédiées à la Très Sainte Trinité, et Rome même eut son abbaye SS. Trinitatis Scottorum, près de la basilique de Saint-Laurent in Damaso.

D’ailleurs, le titre de la Très Sainte-Trinité convient fort bien à une famille religieuse qui se propose par vœu de s’employer à restituer aux enfants de Dieu ce qu’il a donné de plus précieux à l’homme, la liberté et le salut. S’il est au monde une œuvre éminemment divine, c’est bien d’imiter l’Auguste Triade et de concourir à la rédemption des âmes.


Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

La délivrance de la captivité du corps et de l’âme.

Saint Jean de Matha. — Jour de mort : 17 décembre 1213. Tombeau : à Madrid. Image : On le représente avec un esclave enchaîné. Sa vie : Saint Jean est le fondateur de l’Ordre des Trinitaires ou Ordre de la Sainte Trinité, pour le rachat des captifs, Ordre qui se donna pour tâche l’œuvre héroïque et alors très opportune du rachat des chrétiens captifs. Comme saint Jean célébrait sa première messe, il eut une apparition céleste. Il vit un ange qui portait un vêtement d’une blancheur éclatante avec une croix rouge et bleue sur la poitrine et qui étendait ses deux bras sur deux captifs enchaînés, un chrétien et un Maure. Transporté en extase par cette apparition, l’homme de Dieu reconnut aussitôt qu’il était appelé par la Providence à l’œuvre du rachat des captifs. Il travailla à cette grande œuvre en union avec saint Félix de Valois ; il se rendit plusieurs fois dans l’Afrique du Nord et sur les côtes d’Espagne et travailla sans repos au rachat des captifs. — C’était là de l’héroïsme de la charité. Aidons, nous aussi, notre prochain à se délivrer de la captivité du péché.

La messe. — La messe est du commun des confesseurs (Os iusti->332]), la belle messe du serviteur vigilant (voir le commentaire, au 23 janvier). L’Oraison propre comporte une application particulière pour notre vie : puissions-nous être délivrés de la captivité du corps et de l’âme !




John of Matha (RM)

Born in Fauçon, Provence, France, June 23, 1160 (or June 24, 1169, according to Husenbeth, or 1154 per Tabor); died in Rome, Italy, December 17, 1213; cultus approved in 1655 and 1694.


Saint John was educated at Aix, but on his return to Fauçon lived as a hermit for a time. He then went to Paris where he received his doctorate in theology and was ordained in 1197. At the first Mass he celebrated as a new priest, he had a vision of an angel, clothed in white with a red and blue cross on his breast. The angel placed his hands on the heads of two slaves, who knelt beside him.

Thereafter, Saint John joined Saint Felix of Valois in his hermitage at Cerfroid. John confided in Felix his idea of founding a religious order to ransom the thousands of Christians captured the followers of Islam and sold into slavery. Late in 1197, the two went to Rome and found that Pope Innocent III had experienced a similar vision. Without hesitation Innocent provided papal approval for the Order of the Most Holy Trinity for the Redemption of Captives (the Trinitarians), with John as superior. They also secured the approval of King Philip Augustus of France, and travelled throughout that country collecting money. The order flourished, spread to France, Spain, Italy, and England, sent many of its members to North Africa, and redeemed many captives.

The Trinitarians would go into the slave markets, buy the Christian slaves and set them free. Of course, this required a good deal of capital. Saint John entrusted the fundraising activities of the Trinitarians under the patronage of Mary, whom John honored with the title, "Our Lady of Good Remedy." They were so successful that, over the centuries, the Trinitarians were able to free thousands of slaves.

Nothing else is known about Saint John because his biographies were based on spurious records. Felix of Valois may be a fictional character, though his name is generally associated with the real John of Matha. The problem is that there is no record of the person or cultus for Saint Felix until the 17th century. The original story for Saint Felix that was included in the Roman breviary until 1961 is that of Saint Hugh; there is no genuine evidence of his existence (Attwater, Benedictines, Delaney, Encyclopedia, Gill, Sheppard, Tabor).

Saint John is always pictured in the Trinitarian habit (white with blue and red cross on the breast), chains in his hands or at his feet, captives near him, and his miter at his feet (Roeder, Tabor). Generally he is portrayed with Saint Felix of Valois (Roeder) and the angel and two envisioned captives in the background (Tabor). The Holy Trinity may be shown giving him the scapular (Roeder), or he may be shown with Our Lady of Good Remedy, who had him a bag of money. He is venerated in Fauçon, Provence, France (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0208.shtml




St. John of Matha, Confessor, Founder of the Order of the Trinitarians

From several bulls of Innocent III. and the many authors of his life, especially that compiled by Robert Gaguin, the learned general of this Order, in 1490, collected by Baillet, and the Hist. des Ordres Relig. by F. Helyot. See also Annales Ordinis SS. Trinitatis, auctore Bon. Baro, Ord. Minor. Romæ. 1684, and Regula et Statuta Ord. SS. Trinitatis, in 12mo. 1570.

A.D. 1213

ST. JOHN was born of very pious and noble parents, at Faucon, on the borders of Provence, June 24th, 1169, and was baptized John, in honour of St. John the Baptist. His mother dedicated him to God by a vow from his infancy. His father Euphemius sent him to Aix, where he learned grammar, fencing, riding, and other exercises fit for a young nobleman. But his chief attention was to advance in virtue. He gave the poor a considerable part of the money his parents sent him for his own use: he visited the hospital every Friday, assisting the poor sick, dressing and cleansing their sores, and affording them all the comfort in his power.

Being returned home, he begged his father’s leave to continue the pious exercises he had begun, and retired to a little hermitage not far from Faucon, with the view of living at a distance from the world, and united to God alone by mortification and prayer. But finding his solitude interrupted by the frequent visits of his friends, he desired his father’s consent to go to Paris to study divinity, which he easily obtained. He went through these more sublime studies with extraordinary success, and proceeded to doctor of divinity with uncommon applause, though his modesty gave him a reluctancy to that honour. He was soon after ordained priest, and said his first mass in the bishop of Paris’s chapel, at which the bishop himself, Maurice de Sully, the abbots of St. Victor and of St. Genevieve, and the rector of the university assisted; admiring the graces of heaven in him, which appeared in his extraordinary devotion on this occasion as well as at his ordination.

On the day he said his first mass, by a particular inspiration from God, he came to a resolution of devoting himself to the occupation of ransoming Christian slaves from the captivity they groaned under among the infidels: considering it as one of the highest acts of charity with respect both to their souls and bodies. But before he entered upon so important a work, he thought it needful to spend some time in retirement, prayer, and mortification. And having heard of a holy hermit, St. Felix Valois, living in a great wood near Gandelu, in the diocess of Meaux, he repaired to him and begged he would admit him into his solitude, and instruct him in the practice of perfection. Felix soon discovered him to be no novice, and would not treat him as a disciple, but as a companion. It is incredible what progress these two holy solitaries made in the paths of virtue, by perpetual prayer, contemplation, fasting, and watching.

One day, sitting together on the bank of a spring, John disclosed to Felix the design he had conceived on the day on which he said his first mass, to succour the Christians under the Mahometan slavery, and spoke so movingly upon the subject that Felix was convinced that the design was from God, and offered him his joint concurrence to carry it into execution. They took some time to recommend it to God by prayer and fasting, and then set out for Rome in the midst of a severe winter, towards the end of the year 1197, to obtain the pope’s benediction. They found Innocent III. promoted to the chair of St. Peter, who being already informed of their sanctity and charitable design by letters of recommendation from the bishop of Paris, his holiness received them as two angels from heaven; lodged them in his own palace, and gave them many long private audiences. After which he assembled the cardinals and some bishops in the palace of St. John Lateran, and asked their advice. After their deliberations he ordered a fast and particular prayers to know the will of heaven. At length being convinced that these two holy men were led by the spirit of God, and that great advantages would accrue to the church from such an institute, he consented to their erecting a new religious order, and declared St. John the first general minister. The bishop of Paris, and the abbot of St. Victor, were ordered to draw up their rules, which the pope approved by a bull, in 1198. He ordered the religious to wear a white habit, with a red and blue cross on the breast, and to take the name of the order of the Holy Trinity. He confirmed it some time after, adding new privileges by a second bull, dated in 1209.

The two founders having obtained the pope’s blessing and certain indults or privileges, returned to France, presented themselves to the king, Phillip Augustus, who authorized the establishment of their Order in his kingdom, and favoured it with his liberalities. Gaucher III. lord of Chatillon, gave them land whereon to build a convent. Their number increasing, the same lord, seconded by the king, gave them Cerfroid, the place in which St. John and St. Felix concerted the first plan of their institute. It is situated in Brie, on the confines of Valois. This house of Cerfroid, or de Cervo frigido, is the chief of the order. The two saints founded many other convents in France, and sent several of their religious to accompany the counts of Flanders and Blois, and other lords, to the holy war. Pope Innocent III. wrote to recommend these religious to Miramolin, king of Morocco; and St. John sent thither two of his religious in 1201, who redeemed one hundred and eighty-six Christian slaves the first voyage. The year following, St. John went himself to Tunis, where he purchased the liberty of one hundred and ten more. He returned into Provence, and there received great charities, which he carried into Spain, and redeemed many in captivity under the Moors. On his return he collected large alms among the Christians, towards this charitable undertaking. His example produced a second order of Mercy, instituted by St. Peter Nolasco, in 1235.

St. John made a second voyage to Tunis in 1210, in which he suffered much from the infidels, enraged at his zeal and success in exhorting the poor slaves to patience and constancy in their faith. As he was returning with one hundred and twenty slaves he had ransomed, the barbarians took away the helm from his vessel, and tore all its sails, that they might perish in the sea. The saint, full of confidence in God, begged him to be their pilot, and hung up his companions’ cloaks for sails, and, with a crucifix in his hands, kneeling on the deck, singing psalms, after a prosperous voyage, they all landed safe at Ostia, in Italy. Felix, by this time, had greatly propagated his order in France, and obtained for it a convent in Paris, in a place where stood before a chapel of St. Mathurin, whence these religious in France are called Mathurins.

St. John lived two years more in Rome, which he employed in exhorting all to penance with great energy and fruit. He died on the 21st of December in 1213, aged sixty one. He was buried in his church of St. Thomas, where his monument yet remains, though his body has been translated into Spain. Pope Honorius III. confirmed the rule of this order a second time. By the first rule, they were not permitted to buy anything for their sustenance except bread, pulse, herbs, oil, eggs, milk, cheese, and fruit, never flesh nor fish: however, they might eat flesh on the principal festivals, on condition it was given them. They were not, in travelling, to ride on any beast but asses. 1

St. Chrysostom 2 elegantly and pathetically extols the charity of the widow of Sarepta, whom neither poverty nor children, nor hunger, nor fear of death, withheld from affording relief to the prophet Elias, and he exhorts every one to meditate on her words, and keep her example present to his mind. “How hard or insensible soever we are,” says he, “they will make a deep impression upon us, and we shall not be able to refuse relief to the poor, when we have before our eyes the generous charity of this widow. It is true you will tell me, that if you meet with a prophet in want, you could not refuse doing him all the good offices in your power. But what ought you not to do for Jesus Christ, who is the master of the prophet? He takes whatsoever you do to the poor as done to himself.” When we consider the zeal and joy with which the saints sacrificed themselves for their neighbours, how must we blush at, and condemn our insensibility at the spiritual and the corporal calamities of others! The saints regarded affronts, labours, and pains, as nothing for the service of others in Christ: we cannot bear the least word or roughness of temper

Note 1. A mitigation of this rule was approved by Pope Clement IV. in 1267, which allows them to use horses, and to buy fish, flesh, and all other necessaries: on which mitigations see Historia prolixior Priorum Grandimont, published by Martenne, Ampliff. Collectio, t. 6. p. 138. This order is possessed of about two hundred and fifty monasteries, divided into thirteen provinces, in France, Spain, Italy, and Portugal. That formerly in England had forty-three houses; that in Scotland nine; and that in Ireland fifty-two. The general of the order is chosen by a general chapter, which is always held at Cerfroid. Each house is governed by a superior, who is called minister. Those in the provinces of Champagne, Normandy, and Picardy, (which last includes Flanders,) are perpetual; but in Italy and Spain, triennial. Their rule is that of the canons regular of St. Austin. Their principal exercises are to sing the divine office at the canonical hours, praising and glorifying the adorable Trinity, as angels of the earth; and to gather and carry alms into Barbary for the redemption of slaves, to which work one-third of the revenues of each house is applied. A reformation was made in this order in the years 1573 and 1576, which, by degrees, has been introduced into the greater part of the convents, and into that of Cerfroid itself. These never eat meat except on Sundays, sing matins at midnight, and wear no linen. The reformation of the barefooted Trinitarians, still much more severe, was set on foot in Spain, in 1594, by John Baptist of the Conception, who suffered many persecutions in the undertaking, and died in 1613, in great reputation for sanctity and miracles, the examination of which has been commenced in order to his beatification. [back]

Note 2. Hom. de Elia et Vidua Sarept. p. 33. 328. ed. Montf. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume II: February. The Lives of the Saints.  1866.


SOURCE : http://www.bartleby.com/210/2/081.html