Saint Augustin Schoeffler
Martyr au
Tonkin (+ 1851)
Voir sa biographie sur le site des Missions étrangères de Paris.
Augustin Schoeffler, né le 22 novembre 1822 à Mittelbronn, fit ses études à Pont-à-Mousson, puis à Nancy. Il entra dans la congrégation des prêtres des Missions étrangères de Paris. En 1847, il partit pour la mission du Tonkin occidental, travailla plusieurs années et fut décapité pour la foi à Son Tay, le 1er mai 1851. Il a été béatifié le 27 mai 1900 et canonisé le 19 juin 1988.
Le saint patron du Grand Séminaire de Lorraine est un jeune prêtre missionnaire
originaire de Mittelbronn, dans l'Est lorrain, qui fut martyrisé au Tonkin en
1851: Saint Augustin Schoeffler. C'est une belle figure dans l'histoire de
notre Eglise, qui représente certainement un exemple à imiter pour les
séminaristes. (diocèse
de Metz)
Des internautes nous signalent:
- au diocèse de Metz, depuis quelques années, Saint Augustin Schoeffler et ses compagnons sont fêtés le 25 novembre.
-Missionnaire Lazariste né 22-11-1822 Mittelbronn (57) décédé 01-05-1851
Son-Tay (tête tranchée pour la foi Catholique) déclaré Vénérable 24-09-1857 par
Pie IX déclaré Bienheureux 07-05-1900 par Léon XII déclaré Saint 19-06-1988 par
Jean-Paul II.
Au 1er mai au martyrologe romain:
À Son-Tay au Tonkin, en 1851, saint Augustin Schoeffler, prêtre de la Société
des Missions étrangères de Paris et martyr. Né à Mittelbronn en Lorraine, il
fut envoyé dans la mission du Tonkin occidental, et, après trois ans de
ministère, il fut fait prisonnier, puis, sur l'ordre de l'empereur Tu Duc, il
fut décapité au champ dit des Cinq arpents, recevant ainsi la grâce du martyre
qu'il avait demandé à Dieu.
Martyrologe romain
«Les chrétiens ne
détrônent pas les rois, même dans les temps de persécution. Vous apprendrez ce
qu'est leur fidélité si vous régnez un jour»
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/1077/Saint-Augustin-Schoeffler.html
Saint Augustin Schœffler,
Martyr
Né le 22 novembre 1822,
Augustin Schoeffler était l’aîné de six enfants d’un instituteur de
Mittelbronn, alors dans le diocèse de Nancy. À cette époque, l’instituteur
était, en même temps, secrétaire de mairie et chantre à l’église. Comme il
semblait doué pour les études, son père le mit en pension chez son oncle, curé
d’Arraye, où il fit sa première communion. De là, il entra au petit séminaire
de Pont-à-Mousson, car, s’il envisageait volontiers d’imiter son oncle, il lui
fallait encore apprendre le français ; de fait, sa langue maternelle était
l’allemand. Cependant, il termina ses études au collège de Phalsbourg, ville
natale de son père.
Augustin entra au grand
séminaire de Nancy, en novembre 1842, où il fut nommé « préfet de
chœur ». Puis il rentre au Séminaire des Missions Étrangères. Il fut
ordonné prêtre le 29 mai 1847 et reçut sa mission pour le Tonkin. Le 18
novembre, il embarqua à Anvers à destination de la procure des missions
d’Extrême-Orient. Juste avant le départ, il reçut des nouvelles concernant sa
mission : la persécution venait de reprendre en Cochinchine et au Tonkin.
Dans ce contexte,
Schoeffler pénétra clandestinement dans sa mission du Tonkin. Il fallut d’abord
se déguiser en Chinois : la moitié du crâne rasé, une queue de cheveux postiches,
une longue robe de toile grise fendue de chaque côté. Le jeune missionnaire
était heureux de découvrir sa seconde patrie et s’émerveillait de la foi des
chrétiens, et des risques qu’ils prenaient pour y demeurer fidèles. Il assimila
rapidement la langue et, au bout de six mois, fut capable d’entendre les
confessions et de prononcer quelques courtes instructions. Ainsi put-il
accompagner son évêque dans sa tournée pastorale. Il était stupéfait de
l’ampleur des foules qui se rassemblaient pour la circonstance. Il donna
ensuite de ses nouvelles au supérieur du grand séminaire de Nancy :
« Depuis que le roi Tu Duc est monté sur le trône de ses ancêtres, notre
sainte religion a vu ses jours s’améliorer. Nous nous tenons à moitié cachés, à
moitié à découvert. Les mandarins connaissent la présence d’Européens dans leur
préfecture, mais ils semblent fermer les yeux. On dirait que l’on voudrait
donner la liberté de religion et que l’on n’ose encore ».
L’évêque l’envoya dans la
province de Son Tây, au nord-ouest de la mission, c’est là que Jean-Charles
Cornay avait subi le martyre quatorze ans plus tôt. Schoeffler arriva dans son
nouveau district début 1851. Il était le seul Européen avec huit confrères
vietnamiens et quinze mille chrétiens. Dans les montagnes, il y avait des
populations aborigènes qui n’avaient jamais entendu parler de l’Evangile.
« C’est ici que j’espère mourir », écrivit-il à l’abbé Stricher, un
ami de Lorraine.
Mais les édits du nouvel
empereur sont clairs : « Les prêtres européens seront jetés dans les
abîmes de la mer ou des fleuves. Les prêtres vietnamiens, qu’ils foulent ou non
la croix, seront coupés par le milieu du corps. Quiconque dénoncera un prêtre
européen recevra huit taëls d’argent. Ceux qui auront caché un prêtre européen seront
coupés par le milieu des reins et jetés au fleuve ».
Dès son arrivée au
Tonkin, Schoeffler avait écrit : « Le petit coup de sabre serait-il
réservé à quelqu’un d’entre nous ? Quelle grâce ! Jusqu’ici je n’ai
osé la demander ; mais maintenant, chaque jour au saint Sacrifice, j’offre
mon sang à Jésus pour celui qu’il a versé pour moi ».
Dénoncé au chef de
canton, Schoeffler fut arrêté en mars 1851, lors de la proclamation de l’édit
impérial.
Schoeffler comparut
devant le gouverneur de la province de Son Tây, comme Cornay quatorze ans
auparavant. Il subit un interrogatoire au sujet de son identité et le motif de
sa présence au Vietnam. On lui demanda s’il savait qu’il était interdit d’y
prêcher le christianisme sous peine de mort. Il répondit qu’il le savait. On
lui enjoignit de marcher sur la croix. Il refusa. Un deuxième interrogatoire
n’apporta rien de plus. Le gouverneur n’avait plus qu’à adresser son rapport à
l’empereur. Schoeffler fut donc enfermé, chargé de la cangue, dans la prison
des condamnés à mort.
Le 11 avril, la sentence
impériale revint de la capitale : « Les lois de l’empire défendent
très sévèrement la religion de Jésus. Cependant le sieur Augustin, prêtre de
cette religion, a osé pénétrer clandestinement dans Nos États pour la prêcher
en secret, séduire et tromper le peuple. Arrêté, il a reconnu la vérité du
fait, il a tout avoué. Que le sieur Augustin ait la tête tranchée sur-le-champ
et jetée dans le fleuve ».
Le 1er mai 1851, le
martyr, entouré de l’imposante force armée et de la foule, s’agenouilla et pria
un moment. À la demande du bourreau, qui semblait plus ému que lui, il se
dénuda le torse et se laissa lier les mains dans le dos. Il leva les yeux au
ciel et dit : « Ce que vous avez à faire, faites-le vite ».
Quand cymbales et tambours retentirent, le bourreau abattit son sabre.
Après le départ des
soldats, on revit ce qui s’était passé treize ans plus tôt après l’exécution de
Jean-Charles Cornay : de nombreuses personnes – chrétiennes ou non –
s’approchèrent pour tremper des morceaux de coton dans le sang du martyr. On
vit même un mandarin récupérer une tunique blanche éclaboussée de sang :
elle avait été placée par ses soins sur le lieu de l’exécution. Il reçut
plusieurs coups de rotin en châtiment de cette manifestation indigne d’un
fonctionnaire de l’empire, mais il emporta chez lui la tunique.
En exécution de la
sentence, des soldats jetèrent la tête du martyr dans le fleuve Rouge. Elle ne
fut jamais retrouvée. Le corps fut inhumé sur place, selon la loi, dans un cercueil
que les chrétiens avaient préparé. Deux jours plus tard, ils l’exhumaient
discrètement et allaient le réinhumer dans un village chrétien.
Augustin Schoeffler
mourut à l’âge de 29 ans, trois ans après son arrivée dans sa mission du
Tonkin. Il fut le premier missionnaire victime de la deuxième vague de
persécution du Vietnam, menée par l’empereur Tu Duc, qui fera encore plus de
victimes que la première, celle de Minh Mang.
Le décret d’introduction
pour sa cause de Béatification est daté du 24 septembre 1857. Le bref de
Béatification est signé parle pape Léon XIII le 7 mai 1900, et les solennités
furent célébrées le 27 du même mois, à Saint-Pierre de Rome. Sa fête a été transférée
du 20 juin au 6 mai en 1960.
Augustin Schoeffler,
patron des séminaristes du diocèse de Nancy depuis 1900, a été canonisé le 16
juin 1988 par le pape Jean-Paul II. Il est aussi le patron du séminaire
interdiocésain de Lorraine.
[1] Béatifié sous Léon XIII en 1900, canonisé par Jean-Paul
II en 1988
SOURCE : http://www.introibo.fr/Saint-Augustin-Schoeffler-Martyr
Maison natale et statue Saint Augustin Schoeffler à Mittelbronn en Moselle. Photographie de Havang(nl)
PARCOURS DE ST AUGUSTIN
SCHOEFFLER
Augustin SCHOEFFLER né le 22 11 1822 à MITTELBRONN, décédé le 01 05 1851 à SON TÂY
Béatifié en mai 1900, Augustin SCHOEFFLER a été déclaré « Saint » le 19 juin
1988 par le pape Jean- Paul II.
Augustin SCHOEFFLER
est né le 22 novembre 1822 à MITTELBRONN, village de Lorraine.
Il est fils
d’Antoine SCHOEFFLER né en 1799 à PHALSBOURG et de Madeleine HEIMROTH.
Son père, d’abord
instituteur à, s’installe en 1844 à Phalsbourg où il prend en gérance une
auberge fréquentée par les ouvriers du Chemin de Fer. Il meurt le 22 mai 1847,
âgé de 49 ans au moment de l’ordination à Paris de son fils Augustin.
Madeleine, la mère
d’Augustin revient alors à MITTELBRONN où elle meurt le 17 février 1864
à l’âge de 63 ans.
Augustin est
germanophone, dès l’âge de 6 ans, il est confié à son oncle Charles SCHOEFFLER,
prêtre, qui lui apprend le français.
Au cours de sa jeunesse,
il séjourne à ARRAYE ET HAN, à BETTBRONN et St LOUIS où son oncle est
successivement curé.
Augustin a entre 11 et 19
ans et c’est durant ces années que s’éveille sa vocation sacerdotale et
missionnaire.
Augustin fait sa première
communion le 13 avril 1834 à BETTBRONN.
En 1837, il commence ses
études au Petit Séminaire de Pont à Mousson.
Le 4 novembre 1842,
Augustin entre au Grand Séminaire de Nancy.
Le décès de son oncle
Charles SCHOEFFLER survenu le 3 mars 1843 affecte fortement Augustin.
Le 1er juin 1844,
Augustin est tonsuré au Grand Séminaire de Nancy avec 23 autres séminaristes,
il est sous-diacre le 6 mars 1846 et reçoit le diaconat le 6 juin
de la même année.
Après cette ordination
diaconale, Augustin ne peut obtenir de ses parents l’autorisation de partir
pour les missions. Devant ce refus inflexion, une grave décision
s’impose au séminariste.
Début octobre 1846, le
jeune diacre fait ses adieux à sa famille comme s’il se rendait au Grand Séminaire
de Nancy pour la dernière année de préparation à la prêtrise, il charge alors
un ami prêtre de prévenir ses parents qu’ils ne le reverraient plus parce qu’il
part pour les missions.
Ce n’est que trois
semaines plus tard, dans une lettre adressée à ses parents qu’Augustin explique
sa décision (lettre 24-18 octobre 1846) mais sa famille ne répond plus à ses
lettres.
Augustin est maintenant
au Séminaire des Missions Etrangères, 120 rue du Bac à Paris. Il manque
d’argent. Dans une lettre à sa tante Elise il écrit : « je vous dirai
franchement que je suis pauvre, 30 sous font toute ma fortune mais j’aime cette
pauvreté car ce doit être ma vie » (lettre 32- 29 décembre 1846)
Augustin est ordonné
prêtre le 29 mai 1847. Il célèbre sa première messe le dimanche de la Sainte
Trinité en l’église St François Xavier des Missions Etrangères. « Le plus
beau jour de ma vie » écrit-il.
Le 18 septembre 1847, il
quitte Paris pour Anvers et embarque à bord de l’Emmanuel pour une mission à
TONKIN. Le naufrage du navire en rade d’Anvers reporte le départ pour l’Asie au
18 novembre 1847.
Quatre mois plus tard,
Augustin arrive à SINGAPOUR ou il séjourne une quinzaine de jours avant
d’embarquer sur le Prince Albert pour HONG KONG (mai 1848) puis MACAO. Une
barque chinoise va le transporter à LA-FOU et de là au TONKIN où il arrive au
mis de juillet 1848.
Après un temps consacré à
l’apprentissage de la langue annamite, Augustin parcourt l’ANNAM et le TONKIN pour
visiter les communautés chrétiennes qui lui sont confiées. Le vicariat très
étendu compte 120000 chrétiens. La mission s’étend sur sept provinces dans
lesquelles œuvrent six missionnaires et cinquante prêtres indigènes.
Augustin est très vite
épuisé par le surcroît de travail, le peu de sommeil, le régime alimentaire et
le climat auquel il n’est pas habitué. Sa santé est mauvaise et Cô-Dong ,
ainsi baptisé par ses frères tonkinois, a souvent recours à la médecine
annamite.
Dans le même temps la
répression contre les chrétiens s’amplifie et un édit du mandarin met à prix la
tête des missionnaires.
En 1849, au cours d’une
tournée pastorale avec son évêque, Mgr Pierre RETORD, Augustin échappe de peu
aux soldats du mandarin.
En 1850, une épidémie de
choléra fait de nombreux morts dans la province où se trouve Augustin,
il est atteint par la
maladie mais guérit.
En février 1851, un édit
interdit aux missionnaires européens de prêcher la religion chrétienne.
Après avoir échappé
plusieurs fois à la capture, au mois de mars 1851, sur dénonciation, Augustin
est arrêté par les soldats du mandarin de SON TÂY.
Reconnu coupable de
« parcourir le royaume pour y prêcher la religion, séduire et tromper le
peuple », il est décapité au sabre le 1er mai 1851 devant les soldats et
le peuple assemblés.
Augustin est alors âgé de
29 ans.
Des soucis matériels,
familiaux ajoutés aux nombreux deuils qu’a connus Augustin donnent une
tonalité parfois amère à ses lettres mais elles expriment la vie, les
préoccupations, les idées, les préjugés et les projets d’un jeune homme marqué
par sa terre natale, sa famille, l’Eglise et la société de son temps, à la
recherche de Dieu et de sa vocation.
The
Martyrdom of Augustin Schœffler, also known as Saint Augustinô Schoeffler Đông,
on May 1, 1851 in Sơn Tây.
Il
martirio di Agostino Schoeffer
Augustin Schoeffler
Prêtre, Martyr, Saint
1822-1851
« Les chrétiens ne
détrônent pas les rois, même dans les temps de persécution. Vous apprendrez ce
qu’est leur fidélité si vous régnez un jour »
Né le 22 novembre 1822,
Augustin Schoeffler était l’aîné de six enfants d’un instituteur de
Mittelbronn, enMoselle. À cette époque, l’instituteur était, en même
temps, secrétaire de mairie et chantre à l’église. À l’école, le jeune
Augustin a laissé le souvenir d’un garçon doux et réaliste. Comme il
semblait doué pour les études, son père le mit en pension chez son oncle, curé
d’Arraye, où il fit sa première communion. De là, il entra au petit
séminaire de Pont-à-Mousson, car, s’il envisageait volontiers d’imiter son
oncle, il lui fallait encore apprendre le français ; de fait, sa langue
maternelle était l’allemand. Cependant, il termina ses études au collège de
Phalsbourg, ville natale de son père, où celui-ci était revenu, et assurait la
comptabilité de plusieurs commerces. Progressivement, la douceur
d’Augustin laissa place « à une attitude fière reflétant plutôt une
énergie non exempte d’une certaine rudesse ». Après un discernement, dans
le but de savoir s’il devait être militaire ou prêtre, il déclara à sa
sœur : « Quand je serai curé, tu viendras gouverner ma
maison ».
C’est ainsi qu’Augustin
entra au grand séminaire de Nancy, en novembre 1842, où il fut nommé
« préfet de chœur » et dirigea son affaire d’une main de maître,
toutefois sa douceur d’enfant réapparaissait lorsqu’il s’agissait de soutenir
des séminaristes en difficulté.
En mars 1846, il écrivit
à l’un de ses anciens condisciples devenu vicaire à Phalsbourg : « Très
cher ami, vous m’avez dit que mon père avait l’intention de m’écrire sa façon
de penser, et j’attendais toujours cette lettre afin de vous en faire
part. J’ai beau attendre, elle ne vient pas… J’ai bien d’autres
souffrances à attendre, et même je suis heureux d’avoir ce retard de la part de
mes parents, car cela ne fera que fortifier de plus en plus ma vocation.
Veuillez donc passer encore une fois chez nous, et après avoir de nouveau un
peu sondé le terrain, donnez-moi des nouvelles le plus tôt qu’il vous sera
possible ».
Alors que le supérieur du
séminaire avait formulé un avis positif quant à sa requête, l’évêque, ainsi que
les Pères du Séminaire des Missions
Étrangères tardaient à répondre, c’est pourquoi il
poursuivit : « Je n’ai pas encore reçu non plus de réponse de
Paris, je ne sais pourquoi on tarde si longtemps : voilà déjà plus
de quinze jours que M. le supérieur a écrit cependant… ».
Finalement, le Conseil
des Pères de Paris et l’évêque de Nancy finirent par donner leur accord.
Il dut alors faire face à un refus familial. Augustin retourna à
Phalsbourg après avoir été ordonné diacre le 9 octobre 1846, il y prononça un
sermon remarqué. Il dit ensuite à ses parents qu’il allait à Mittelbronn faire
un pèlerinage à l’église où il avait été baptisé et partit pour Paris, laissant
à un ami prêtre la mission d’informer sa famille de ses projets.
Au séminaire des Missions
Étrangères, il apprit que deux de ses tantes avaient entrepris des
démarches auprès du supérieur pour le retenir en France. Ce à quoi
il répondit : « Je ne me sens nul goût pour le ministère de
notre France : il est trop mort, et, au bout de deux ans, je serai
un homme perdu à jamais. Mon caractère veut de l’activité ».
Puis, il s’adressa
à son ancien directeur de Nancy : « Généralement on désire plus les
missions où il y a encore quelque persécution à craindre, par conséquent la
Chine sourit plus que l’Inde ; mais pourvu que l’on soit là où le bon
Dieu vous appelle, c’est l’unique chose nécessaire ».
Il fut ordonné prêtre le
29 mai 1847 et reçut sa mission pour le Tonkin. Le 18 novembre, il
embarqua à Anvers à destination de la procure des missions d’Extrême-Orient.
Juste avant le départ, il reçut des nouvelles concernant sa
mission : la persécution venait de reprendre en Cochinchine et au
Tonkin.
D’UN EMPEREUR À L’AUTRE
La traversée de
L’Emmanuel commença par une tempête, et se poursuivit heureusement jusqu’au détroit
de la Sonde, à partir duquel on veilla à éviter les rencontres de pirates
malais, pour s’achever à Singapour après cent dix-neuf jours de
navigation. En ce lieu, on le transborda sur Le Prince Albert à
destination de Hongkong, où Schoeffler et ses six compagnons débarquèrent fin
avril 1848. La procure des missions venait d’être transféré de Macao vers
la jeune colonie britannique toute proche.
Après la mort de
l’empereur Minh Mang, en 1840, l’Église du Vietnam ― l’empire issu de
la réunion des royaumes de Cochinchine et du Tonkin – connaissait un
répit relatif sous le règne de Thiêu Tri. Aucun des édits contre les
chrétiens n’avait été abrogé, mais le nouvel empereur mit moins de zèle à les
faire appliquer. Lorsqu’en 1843, le capitaine de corvette Favin-Lévêque
se présenta à Tourane (Danang) afin de négocier les bases d’un traité
commercial entre la France et le Vietnam, il fut prévenu que cinq missionnaires
français étaient détenus à Huê, depuis deux ans, et condamnés « à
mort avec sursis ». Avant d’engager les négociations, il exigea leur
libération, « ne pouvant traiter qu’avec un souverain ami ». Les
cinq rescapés lui furent donc remis à condition qu’il les emmenât. En
1847, de nouvelles négociations eurent lieu, qui furent menées par le commandant
Lapierre. Averti que ses deux corvettes devaient êtres coulés pendant les
conversations à terre, il prit les devants, tira sur les jonques de guerre qui
le cernaient déjà, et hissa les voiles avant de se retirer. C’était plus qu’il
n’en fallait pour que la persécution plus ou moins assoupie ne reprenne avec la
même violence que sous le règne de Minh Mang. On promit trente barres d’argent
à quiconque apporterait aux autorités la tête d’un étranger. Et comme il n’y
avait pas d’autres étrangers au Vietnam que les missionnaires français et
dominicains espagnols, de nombreux mandarins s’inquiétèrent : tout cela ne
pourrait qu’amener de nouveaux malheurs. En 1848, l’empereur Thiêu Tri mourut.
La succession posa problème et révéla l’existence de clans à la Cour de Huê,
car c’est le second fils de l’empereur défunt qui fut reconnu comme héritier,
au préjudice de l’aîné. Le nouvel empereur, Tu Duc, était un jeune homme de
dix-neuf ans. On ignorait tout des intrigues qui l’avaient porté sur le trône.
C’est dans ce contexte que Schoeffler pénétra clandestinement dans sa mission
du Tonkin.
Il fallut d’abord se
déguiser en Chinois : la moitié du crâne rasé, une queue de cheveux
postiches, une longue robe de toile grise fendue de chaque côté ; ensuite,
embarquement sur une jonque de contrebandiers chinois, cabotage tout au long de
la côte du Guandong jusqu’à Lafou, village chrétien tout proche de la frontière
tonkinoise. En ce lieu, changement de costume, pour revêtir un turban, une
tunique fendue de calicot noir et un large pantalon de toile blanche.
Schoeffler écrivit alors à ses anciens supérieurs :
« Me voici arrivé à
la terre promise : je suis au comble de mes vœux. Ce n’est pas cependant
sans avoir traversé bien des difficultés. J’ai dû me dérober aux espions
des mandarins, fuir les pirates chinois, essuyer de telles tempêtes que je me
suis cru plus d’une fois sur le point de dire adieu au monde : ce
sont là autant de tribulations par lesquelles la Providence a voulu me faire
passer avant de me montrer le lieu de paix et de bonheur ».
Augustin se trouvait
alors en face de son évêque, Mgr Retord, avec lequel il trouva un bon terrain
d’entente. Le jeune missionnaire était heureux de découvrir sa seconde patrie
et s’émerveillait de la foi des chrétiens, et des risques qu’ils prenaient pour
y demeurer fidèles. Il assimila rapidement la langue et, au bout de six mois,
fut capable d’entendre les confessions et de prononcer quelques courtes
instructions. Ainsi put-il accompagner son évêque dans sa tournée
pastorale. Il était stupéfait de l’ampleur des foules qui se
rassemblaient pour la circonstance. Il donna ensuite de ses nouvelles au
supérieur du grand séminaire de Nancy :
« Depuis que le roi
Tu Duc est monté sur le trône de ses ancêtres, notre sainte religion a vu ses jours
s’améliorer. Nous nous tenons à moitié cachés, à moitié à découvert. Les
mandarins connaissent la présence d’Européens dans leur préfecture, mais ils
semblent fermer les yeux. On dirait que l’on voudrait donner la liberté de
religion et que l’on n’ose encore ».
Le jeune empereur, pour
marquer son avènement, avait procédé à une amnistie générale, sauf pour les
condamnés à mort ferme ; d’où la libération de nombreux chrétiens, y
compris plusieurs condamnés « à mort avec sursis ». Le souverain
s’était fait lire les annales de l’Empire où étaient rapportés les services
rendus à son arrière-grand-père Gia Long par Mgr Pigneau de Béhaine,
l’illustre « évêque d’Adran », et les autres missionnaires
français, à l’époque de la création du Vietnam. Reconnaissant pour les services
rendus, il n’abrogea pourtant pas les édits contre le christianisme promulgués
par son grand-père Minh Mang et reconduits par son père Thiêu Tri. De sorte
qu’officiellement, on en était encore à la persécution. Dans ces conditions,
Mgr Retord souhaitait voir augmenter le nombre de chrétiens pour
« habituer » fidèles, non-chrétiens et autorités au
« fait » chrétien. À cette époque, la famine et les maladies telle
que la peste se développaient. Schoeffler, à son tour, fut atteint du choléra à
la fin de sa tournée avec l’évêque. Mgr Retord lui administra les sacrements et
le prépara à la mort. Mais Schoeffler se remit rapidement et acheva la tournée
en reprenant confessions et célébration des sacrements pour les malades. Après
cela, l’évêque estima qu’il pouvait laisser son jeune missionnaire voler de ses
propres ailes. Il l’envoya dans la province de Son Tây, au nord-ouest de
la mission, là où le fleuve Rouge, avant d’entrer dans son delta, reçoit ses
deux grands affluents : la rivière Noire à droite et la rivière
Claire à gauche.
C’est là que Jean-Charles
Cornay avait subi le martyre quatorze ans plus tôt. Schoeffler arriva dans
son nouveau district début 1851. Il était le seul Européen avec huit
confrères vietnamiens et quinze mille chrétiens. Dans les montagnes, il y
avait des populations aborigènes qui n’avaient jamais entendu parler de
l’Evangile. « C’est ici que j’espère mourir », écrivit-il à
l’abbé Stricher, un ami de Lorraine. Mais il oubliait que les montagnes
étaient un repaire de brigands, ce qui rendait les mandarins vigilants.
VOUS APPRENDREZ CE QU’EST
LA FIDÉLITÉ DES CHRETIENS
Nous avons vu que
l’éviction du fils aîné de l’empereur Thiêu Tri au profit de son cadet Tu Duc
prouvait l’existence de clans à la Cour du Vietnam. De fait, le prince
dépossédé, Hoàng Bao, ne s’y résignait nullement et commençait à intriguer pour
étoffer son parti. Il fit même contacter l’évêque de la Cochinchine
septentrionale, Mgr Pellerin, lui promettant la liberté religieuse, lui
laissant même espérer sa conversion au christianisme. Ce à quoi l’évêque
répondit que « les chrétiens ne détrônent pas les rois, même dans les
temps de persécution. Vous apprendrez ce qu’est leur fidélité si vous
régnez un jour ». La conspiration de Hoàng Bao fut découverte, les
conjurés les plus influents furent décapités, et le prince, condamné à la
prison à vie, s’étrangla. Le Premier mandarin accusa les chrétiens d’avoir
participé au complot, et le résultat ne se fit pas attendre : les édits de
Minh Mang furent reconduits et même aggravés : « Les prêtres
européens seront jetés dans les abîmes de la mer ou des fleuves. Les prêtres
vietnamiens, qu’ils foulent ou non la croix, seront coupés par le milieu du
corps. Quiconque dénoncera un prêtre européen recevra huit taëls d’argent. Ceux
qui auront caché un prêtre européen seront coupés par le milieu des reins et
jetés au fleuve ».
Dès son arrivée au
Tonkin, Schoeffler avait écrit : « Le petit coup de sabre
serait-il réservé à quelqu’un d’entre nous ? Quelle grâce ! Jusqu’ici
je n’ai osé la demander ; mais maintenant, chaque jour au saint Sacrifice,
j’offre mon sang à Jésus pour celui qu’il a versé pour moi ».
Dénoncé au chef de
canton, Schoeffler fut arrêté en mars 1851, lors de la proclamation de l’édit
impérial. Un prêtre vietnamien, arrêté en même temps que lui, avec un
catéchiste et quelques fidèles, demandèrent de pouvoir le racheter. Le
chef des soldats proposa une grosse somme d’or et d’argent. « Je ne
dispose pas d’une pareille somme, dit Schoeffler, mais mes disciples arriveront
peut-être à la réunir ». Cette solution trouva l’approbation du chef des
soldats, qui laissa partir les compagnons du prisonnier. Quand Schoeffler
estima qu’ils étaient assez loin et hors de danger, il pressa l’officier de le
mener sans plus tarder aux mandarins. Il avait réussi à sauver ses
compagnons.
Schoeffler comparut
devant le gouverneur de la province de Son Tây, comme Cornay quatorze ans
auparavant. Il subit un interrogatoire au sujet de son identité et le motif de
sa présence au Vietnam. On lui demanda s’il savait qu’il était interdit d’y
prêcher le christianisme sous peine de mort. Il répondit qu’il le savait.
On lui enjoignit de marcher sur la croix. Il refusa. Un deuxième interrogatoire
n’apporta rien de plus. Le gouverneur n’avait plus qu’à adresser son rapport à
l’empereur. Schoeffler fut donc enfermé, chargé de la cangue, dans la prison
des condamnés à mort. « Il ne s’est jamais plaint », observèrent
ses compagnons. Un envoyé de Mgr Retord, porteur de quelques barres d’argent,
lui fit passer une lettre, et obtint qu’il fût détenu dans une pièce du
logement du gardien-chef ; mais il ne put lui adresser la parole : ils
se regardèrent seulement. La captivité de Schoeffler s’était donc bien adoucie
depuis le transfert de local, mais il restait très étroitement surveillé. Un
prêtre vietnamien toutefois, prenant tous les risques, parvint à le voir, et
entendit sa confession.
Le 11 avril, la sentence
impériale revint de la capitale : « Les lois de l’empire
défendent très sévèrement la religion de Jésus. Cependant le sieur Augustin,
prêtre de cette religion, a osé pénétrer clandestinement dans Nos États pour la
prêcher en secret, séduire et tromper le peuple. Arrêté, il a reconnu la vérité
du fait, il a tout avoué. Que le sieur Augustin ait la tête tranchée
sur-le-champ et jetée dans le fleuve ».
L’EXECUTION
Le 1er mai 1851, le
gouverneur convoqua deux régiments. Toute la ville pensa à une expédition
contre les brigands. En fait, il s’agissait de l’exécution d’Augustin
Schoeffler. Le gouverneur voulait ainsi décourager toute tentative d’aide de la
part des chrétiens. Quand on vint le chercher, le martyr manifesta une grande joie.
Il jeta au loin ses sandales et emboîta le pas pieds nus à ses gardiens, tenant
d’une main sa chaîne relevée pour marcher plus facilement. Les personnes
présentes manifestaient leur admiration : « C’est un
héros : il va à la mort comme à une fête ! Quel bel homme, quel
air de bonté ! Comment le roi peut-il faire tuer de tels
hommes ! ».
Arrivé au lieu du
supplice, près des murs de la citadelle, le martyr, entouré de l’imposante
force armée et de la foule, s’agenouilla et pria un moment. À la demande du
bourreau, qui semblait plus ému que lui, il se dénuda le torse et se laissa
lier les mains dans le dos. Il leva les yeux au ciel et dit : « Ce
que vous avez à faire, faites-le vite ». Quand cymbales et tambours
retentirent, le bourreau abattit son sabre.
Après le départ des
soldats, on revit ce qui s’était passé treize ans plus tôt après l’exécution
de Jean-Charles
Cornay : de nombreuses personnes ― chrétiennes ou
non ― s’approchèrent pour tremper des morceaux de coton dans le sang
du martyr. On vit même un mandarin récupérer une tunique blanche éclaboussée de
sang : elle avait été placée par ses soins sur le lieu de l’exécution. Il
reçut plusieurs coups de rotin en châtiment de cette manifestation indigne d’un
fonctionnaire de l’empire, mais il emporta chez lui la tunique.
En exécution de la
sentence, des soldats jetèrent la tête du martyr dans le fleuve Rouge. Elle ne
fut jamais retrouvée. Le corps fut inhumé sur place, selon la loi, dans un
cercueil que les chrétiens avaient préparé. Deux jours plus tard, ils
l’exhumaient discrètement et allaient le réinhumer dans un village chrétien.
Augustin Schoeffler
mourut à l’âge de 29 ans, trois ans après son arrivée dans sa mission du
Tonkin. Il fut le premier missionnaire victime de la deuxième vague de persécution
du Vietnam, menée par l’empereur Tu Duc, qui fera encore plus de victimes que
la première, celle de Minh Mang.
Le décret d'introduction
pour sa cause de Béatification est daté du 24 septembre 1857. Le bref de
Béatification est signé par le pape Léon
XIII le 7 mai 1900, et les solennités furent célébrées le 27 du même
mois, à Saint-Pierre de Rome.
Augustin Schoeffler,
désormais saint patron du Séminaire de Metz, a été canonisé le 16 juin 1988 par
le pape Jean-Paul
II. Les saints martyrs du Vietnam sont honorés le 24 novembre.
SOURCE : http://archivesmep.mepasie.org
SOURCE : http://nouvl.evangelisation.free.fr/augustin_schoeffler.htm
Saint Augustin Schoeffler
Né le 22 novembre
1822, Augustin Schoeffler était l’aîné de six enfants d’un
instituteur de Mittelbronn, en Moselle. À cette époque, l’instituteur
était, en même temps, secrétaire de mairie et chantre à l’église. À l’école, le
jeune Augustin a laissé le souvenir d’un garçon doux et
réaliste. Comme il semblait doué pour les études, son père le mit en pension
chez son oncle, curé d’Arraye, où il fit sa première communion. De là, il entra
au petit séminaire de Pont-à-Mousson, car, s’il envisageait volontiers
d’imiter son oncle, il lui fallait encore apprendre le français ; de fait, sa
langue maternelle était l’allemand. Cependant, il termina ses études au collège
de Phalsbourg, ville natale de son père, où celui-ci était revenu, et
assurait la comptabilité de plusieurs commerces. Progressivement, la douceur
d’Augustin laissa place « à une attitude fière reflétant plutôt une
énergie non exempte d’une certaine rudesse ». Après un discernement, dans le
but de savoir s’il devait être militaire ou prêtre, il déclara à sa soeur : «
Quand je serai curé, tu viendras gouverner ma maison ».
C’est ainsi
qu’Augustin entra au grand séminaire de Nancy, en novembre 1842,
où il fut nommé « préfet de chœur » et dirigea son affaire d’une main de
maître, toutefois sa douceur d’enfant réapparaissait lorsqu’il s’agissait de
soutenir des séminaristes en difficulté.
En mars 1846, il
écrivit à l’un de ses anciens condisciples devenu vicaire
à Phalsbourg : « Très cher ami, vous m’avez dit que mon père avait
l’intention de m’écrire sa façon de penser, et j’attendais toujours cette
lettre afin de vous en faire part. J’ai beau attendre, elle ne vient pas… J’ai
bien d’autres souffrances à attendre, et même je suis heureux d’avoir ce retard
de la part de mes parents, car cela ne fera que fortifier de plus en plus ma
vocation. Veuillez donc passer encore une fois chez nous, et après avoir de
nouveau un peu sondé le terrain, donnez-moi des nouvelles le plus tôt qu’il
vous sera possible ».
Alors que le supérieur du
séminaire avait formulé un avis positif quant à sa requête, l’évêque, ainsi que
les Pères du Séminaire des Missions Étrangères tardaient à répondre, c’est
pourquoi il poursuivit : « Je n’ai pas encore reçu non plus de réponse de
Paris, je ne sais pourquoi on tarde si longtemps : voilà déjà plus de quinze
jours que M. le supérieur a écrit cependant… ».
Finalement, le Conseil
des Pères de Paris et l’évêque de Nancy finirent par donner leur accord. Il dut
alors faire face à un refus familial. Augustin retourna à Phalsbourg après
avoir été ordonné diacre le 9 octobre 1846, il y prononça un sermon remarqué.
Il dit ensuite à ses parents qu’il allait à Mittelbronn faire un pèlerinage à
l’église où il avait été baptisé et partit pour Paris, laissant à un ami prêtre
la mission d’informer sa famille de ses projets.
Au séminaire des Missions
Étrangères, il apprit que deux de ses tantes avaient entrepris des démarches
auprès du supérieur pour le retenir en France. Ce à quoi il répondit : « Je ne
me sens nul goût pour le ministère de notre France : il est trop mort, et, au
bout de deux ans, je serai un homme perdu à jamais. Mon caractère veut de
l’activité ».
Puis, il s’adressa à son
ancien directeur de Nancy : « Généralement on désire plus les missions où il y
a encore quelque persécution à craindre, par conséquent la Chine sourit plus
que l’Inde ; mais pourvu que l’on soit là où le bon Dieu vous appelle,
c’est l’unique chose nécessaire ».
Il fut ordonné prêtre le
29 mai 1847 et reçut sa mission pour le Tonkin. Le 18
novembre, il embarqua à Anvers à destination de la procure des missions
d’Extrême-Orient. Juste avant le départ, il reçut des nouvelles concernant sa
mission : la persécution venait de reprendre en Cochinchine et au Tonkin.
La traversée de
L’Emmanuel commença par une tempête, et se poursuivit heureusement jusqu’au
détroit de la Sonde, à partir duquel on veilla à éviter les rencontres de
pirates malais, pour s’achever à Singapour après cent dix-neuf jours
de navigation. En ce lieu, on le transborda sur Le Prince Albert à destination
de Hongkong, où Schoeffler et ses six compagnons
débarquèrent fin avril 1848. La procure des missions venait d’être
transféré de Macao vers la jeune colonie britannique toute proche.
Après la mort de
l’empereur Minh Mang, en 1840, l’Église du Vietnam – l’empire
issu de la réunion des royaumes de Cochinchine et
du Tonkin – connaissait un répit relatif sous le règne de Thiêu
Tri. Aucun des édits contre les chrétiens n’avait été abrogé, mais le
nouvel empereur mit moins de zèle à les faire appliquer. Lorsqu’en 1843,
le capitaine de corvette Favin-Lévêque se présenta
à Tourane (Danang) afin de négocier les bases d’un traité commercial
entre la France et le Vietnam, il fut prévenu que cinq missionnaires français
étaient détenus à Huê, depuis deux ans, et condamnés « à mort avec sursis
». Avant d’engager les négociations, il exigea leur libération, « ne pouvant
traiter qu’avec un souverain ami ». Les cinq rescapés lui furent donc remis à
condition qu’il les emmenât. En 1847, de nouvelles négociations eurent lieu,
qui furent menées par le commandant Lapierre. Averti que ses deux
corvettes devaient êtres coulés pendant les conversations à terre, il prit les
devants, tira sur les jonques de guerre qui le cernaient déjà, et hissa les
voiles avant de se retirer. C’était plus qu’il n’en fallait pour que la
persécution plus ou moins assoupie ne reprenne avec la même violence que sous
le règne de Minh Mang. On promit trente barres d’argent à quiconque
apporterait aux autorités la tête d’un étranger. Et comme il n’y avait pas
d’autres étrangers au Vietnam que les missionnaires français et dominicains
espagnols, de nombreux mandarins s’inquiétèrent : tout cela ne pourrait
qu’amener de nouveaux malheurs. En 1848, l’empereur Thiêu
Tri mourut. La succession posa problème et révéla l’existence de clans à
la Cour de Huê, car c’est le second fils de l’empereur défunt qui fut
reconnu comme héritier, au préjudice de l’aîné. Le nouvel empereur, Tu
Duc, était un jeune homme de dix-neuf ans. On ignorait tout des intrigues qui
l’avaient porté sur le trône. C’est dans ce contexte
queSchoeffler pénétra clandestinement dans sa mission
du Tonkin.
Il fallut d’abord se
déguiser en Chinois : la moitié du crâne rasé, une queue de cheveux postiches,
une longue robe de toile grise fendue de chaque côté ; ensuite, embarquement
sur une jonque de contrebandiers chinois, cabotage tout au long de la côte
du Guandong jusqu’à Lafou, village chrétien tout proche de la
frontière tonkinoise. En ce lieu, changement de costume, pour revêtir un
turban, une tunique fendue de calicot noir et un large pantalon de toile
blanche. Schoeffler écrivit alors à ses anciens supérieurs :
« Me voici arrivé à la
terre promise : je suis au comble de mes vœux. Ce n’est pas cependant sans
avoir traversé bien des difficultés. J’ai dû me dérober aux espions des
mandarins, fuir les pirates chinois, essuyer de telles tempêtes que je me suis
cru plus d’une fois sur le point de dire adieu au monde : ce sont là autant de
tribulations par lesquelles la Providence a voulu me faire passer avant de me
montrer le lieu de paix et de bonheur ».
Augustin se trouvait
alors en face de son évêque, Mgr Retord, avec lequel il trouva un bon
terrain d’entente. Le jeune missionnaire était heureux de découvrir sa seconde
patrie et s’émerveillait de la foi des chrétiens, et des risques qu’ils
prenaient pour y demeurer fidèles. Il assimila rapidement la langue et, au bout
de six mois, fut capable d’entendre les confessions et de prononcer quelques
courtes instructions. Ainsi put-il accompagner son évêque dans sa tournée
pastorale. Il était stupéfait de l’ampleur des foules qui se rassemblaient pour
la circonstance. Il donna ensuite de ses nouvelles au supérieur du grand
séminaire de Nancy :
« Depuis que le
roi Tu Duc est monté sur le trône de ses ancêtres, notre sainte
religion a vu ses jours s’améliorer. Nous nous tenons à moitié cachés, à moitié
à découvert. Les mandarins connaissent la présence d’Européens dans leur
préfecture, mais ils semblent fermer les yeux. On dirait que l’on voudrait
donner la liberté de religion et que l’on n’ose encore ».
Le jeune empereur, pour
marquer son avènement, avait procédé à une amnistie générale, sauf pour les
condamnés à mort ferme ; d’où la libération de nombreux chrétiens, y compris
plusieurs condamnés « à mort avec sursis ». Le souverain s’était fait lire les
annales de l’Empire où étaient rapportés les services rendus à son
arrière-grand-père Gia Long par Mgr Pigneau de Béhaine,
l’illustre « évêque d’Adran », et les autres missionnaires français, à l’époque
de la création du Vietnam. Reconnaissant pour les services rendus, il
n’abrogea pourtant pas les édits contre le christianisme promulgués par son
grand-père Minh Mang et reconduits par son père Thiêu Tri. De
sorte qu’officiellement, on en était encore à la persécution. Dans ces
conditions, Mgr Retord souhaitait voir augmenter le nombre de
chrétiens pour « habituer » fidèles, non-chrétiens et autorités au « fait »
chrétien. À cette époque, la famine et les maladies telle que la peste se
développaient. Schoeffler, à son tour, fut atteint du choléra à
la fin de sa tournée avec l’évêque. Mgr Retord lui administra les
sacrements et le prépara à la mort. Mais Schoeffler se remit
rapidement et acheva la tournée en reprenant confessions et célébration
des sacrements pour les malades. Après cela, l’évêque estima qu’il pouvait
laisser son jeune missionnaire voler de ses propres ailes. Il l’envoya dans la
province de Son Tây, au nord-ouest de la mission, là où le fleuve Rouge,
avant d’entrer dans son delta, reçoit ses deux grands affluents : la rivière
Noire à droite et la rivière Claire à gauche.
C’est là
que Jean-Charles Cornay avait subi le martyre quatorze ans plus
tôt. Schoeffler arriva dans son nouveau district début 1851. Il était
le seul Européen avec huit confrères vietnamiens et quinze mille chrétiens.
Dans les montagnes, il y avait des populations aborigènes qui n’avaient jamais
entendu parler de l’Evangile. « C’est ici que j’espère mourir »,
écrivit-il à l’abbé Stricher, un ami de Lorraine. Mais il oubliait que les
montagnes étaient un repaire de brigands, ce qui rendait les mandarins
vigilants.
Nous avons vu que
l’éviction du fils aîné de l’empereur Thiêu Tri au profit de son
cadet Tu Duc prouvait l’existence de clans à la Cour du Vietnam.
De fait, le prince dépossédé, Hoàng Bao, ne s’y résignait nullement et
commençait à intriguer pour étoffer son parti. Il fit même contacter l’évêque
de la Cochinchineseptentrionale, Mgr Pellerin, lui promettant la
liberté religieuse, lui laissant même espérer sa conversion au christianisme.
Ce à quoi l’évêque répondit que « Les chrétiens ne détrônent pas les rois, même
dans les temps de persécution. Vous apprendrez ce qu’est leur fidélité si vous
régnez un jour ». La conspiration de Hoàng Bao fut découverte, les
conjurés les plus influents furent décapités, et le prince, condamné à la
prison à vie, s’étrangla. Le Premier mandarin accusa les chrétiens d’avoir
participé au complot, et le résultat ne se fit pas attendre : les édits
de Minh Mang furent reconduits et même aggravés : « Les prêtres
européens seront jetés dans les abîmes de la mer ou des fleuves. Les prêtres
vietnamiens, qu’ils foulent ou non la croix, seront coupés par le milieu du
corps. Quiconque dénoncera un prêtre européen recevra huit taëls d’argent. Ceux
qui auront caché un prêtre européen seront coupés par le milieu des reins et
jetés au fleuve ».
Dès son arrivée au
Tonkin, Schoeffler avait écrit : « Le petit coup de sabre serait-il
réservé à quelqu’un d’entre nous ? Quelle grâce ! Jusqu’ici je n’ai osé la
demander ; mais maintenant, chaque jour au saint Sacrifice, j’offre mon sang
à Jésus pour celui qu’il a versé pour moi ».
Dénoncé au chef de
canton, Schoeffler fut arrêté en mars 1851, lors de la proclamation
de l’édit impérial. Un prêtre vietnamien, arrêté en même temps que lui, avec un
catéchiste et quelques fidèles, demandèrent de pouvoir le racheter. Le chef des
soldats proposa une grosse somme d’or et d’argent. « Je ne dispose pas d’une
pareille somme, dit Schoeffler, mais mes disciples arriveront peut-être à
la réunir ». Cette solution trouva l’approbation du chef des soldats, qui
laissa partir les compagnons du prisonnier. Quand Schoeffler estima
qu’ils étaient assez loin et hors de danger, il pressa l’officier de le mener
sans plus tarder aux mandarins. Il avait réussi à sauver ses compagnons.
Schoeffler comparut
devant le gouverneur de la province de Son Tây,
comme Cornay quatorze ans auparavant. Il subit un interrogatoire au
sujet de son identité et le motif de sa présence au Vietnam. On lui
demanda s’il savait qu’il était interdit d’y prêcher le christianisme sous
peine de mort. Il répondit qu’il le savait. On lui enjoignit de marcher sur la
croix. Il refusa. Un deuxième interrogatoire n’apporta rien de plus. Le
gouverneur n’avait plus qu’à adresser son rapport à l’empereur. Schoeffler fut
donc enfermé, chargé de la cangue, dans la prison des condamnés à mort.
« Il ne s’est jamais plaint », observèrent ses compagnons. Un envoyé
de Mgr Retord, porteur de quelques barres d’argent, lui fit passer une
lettre, et obtint qu’il fût détenu dans une pièce du logement du gardien-chef ;
mais il ne put lui adresser la parole : ils se regardèrent seulement. La
captivité de Schoeffler s’était donc bien adoucie depuis le transfert
de local, mais il restait très étroitement surveillé. Un prêtre vietnamien toutefois,
prenant tous les risques, parvint à le voir, et entendit sa confession.
Le 11 avril, la sentence
impériale revint de la capitale : « Les lois de l’empire défendent très
sévèrement la religion de Jésus. Cependant le sieur Augustin, prêtre
de cette religion, a osé pénétrer clandestinement dans Nos États pour la
prêcher en secret, séduire et tromper le peuple. Arrêté, il a reconnu la vérité
du fait, il a tout avoué. Que le sieur Augustin ait la tête tranchée
sur-le-champ et jetée dans le fleuve ».
Le 1er mai 1851, le
gouverneur convoqua deux régiments. Toute la ville pensa à une expédition
contre les brigands. En fait, il s’agissait de l’exécution d’Augustin
Schoeffler. Le gouverneur voulait ainsi décourager toute tentative d’aide de la
part des chrétiens. Quand on vint le chercher, le martyr manifesta une
grande joie. Il jeta au loin ses sandales et emboîta le pas pieds nus à ses
gardiens, tenant d’une main sa chaîne relevée pour marcher plus facilement. Les
personnes présentes manifestaient leur admiration : « C’est un héros : il
va à la mort comme à une fête ! Quel bel homme, quel air de bonté !
Comment le roi peut-il faire tuer de tels hommes ! ».
Arrivé au lieu du
supplice, près des murs de la citadelle, le Martyr, entouré de l’imposante
force armée et de la foule, s’agenouilla et pria un moment. À la demande du
bourreau, qui semblait plus ému que lui, il se dénuda le torse et se laissa
lier les mains dans le dos. Il leva les yeux au ciel et dit : « Ce que
vous avez à faire, faites-le vite ». Quand cymbales et tambours
retentirent, le bourreau abattit son sabre.
Après le départ des
soldats, on revit ce qui s’était passé treize ans plus tôt après l’exécution
de Jean-Charles Cornay : de nombreuses personnes – chrétiennes ou non
– s’approchèrent pour tremper des morceaux de coton dans le sang du
martyr. On vit même un mandarin récupérer une tunique blanche éclaboussée
de sang : elle avait été placée par ses soins sur le lieu de l’exécution. Il
reçut plusieurs coups de rotin en châtiment de cette manifestation indigne d’un
fonctionnaire de l’empire, mais il emporta chez lui la tunique.
En exécution de la
sentence, des soldats jetèrent la tête du martyr dans le fleuve Rouge. Elle ne
fut jamais retrouvée. Le corps fut inhumé sur place, selon la loi, dans un cercueil
que les chrétiens avaient préparé. Deux jours plus tard, ils l’exhumaient
discrètement et allaient le réinhumer dans un village chrétien.
Augustin Schoeffler
mourut à l’âge de 29 ans, trois ans après son arrivée dans sa mission du
Tonkin. Il fut le premier missionnaire victime de la deuxième vague de
persécution du Vietnam, menée par l’empereur Tu Duc, qui fera encore plus
de victimes que la première, celle de Minh Mang.
Le décret d’introduction
pour sa cause de Béatification est daté du 24 septembre 1857. Le bref
de Béatification est signé par le pape Léon XIII le 7 mai
1900, et les solennités furent célébrées le 27 du même mois, à Saint-Pierre de
Rome.
Augustin Schoeffler,
désormais saint patron du Séminaire de Metz, a été canonisé le 16
juin 1988 par le pape Jean-Paul II. Les saints martyrs du Vietnam
sont honorés le 24 novembre.
SOURCE : https://missionsetrangeres.com/martyrsdasie/saint-augustin-schoeffler/
Les portraits d'Augustin
A quoi ressemblait
Augustin Schoeffler ? Un débat existe à ce sujet depuis longtemps. Or il est
attesté qu'il a posé pour un daguerréotype avant son départ en mission à
l'automne 1847. Il écrit d'Anvers à sa tante Elise Schoeffler et à mademoiselle
Klein, le 14 octobre 1847 : "Avez-vous reçu le portrait [1] que
je vous ai envoyé ?" Par ailleurs, des témoins affirment que l'abbé
Stricher a reçu, lui-aussi, un portrait d'Augustin, sans doute à la même
époque.
Cette technique inventée
par Louis Daguerre, en 1837, connut une vogue rapide. Ce n'était pas encore la
photographie telle que nous la connaissons : cela ne pouvait se faire qu'en
studio et il fallait, au début, poser une demi-heure immobile !
Ces portraits ont été
reproduits et ... retouchés après le martyre d'Augustin. Ce n'était plus un
souvenir de famille, le cliché était devenu objet de vénération et il devait
correspondre au goût et à l'attente du public. C'est la période d'essor, dans
l'art religieux, de ce qui est désigné sous le qualificatif peu élogieux de
"sulpicien". Si l'on compare le portrait d'Augustin [2],
réalisé en 1847, avec celui du populaire Théophane Vénard, réalisé en 1851, on
réalise pourquoi il "fallait" retoucher celui d'Augustin. La prise de
vue a été faite en légère contre plongée (du bas vers le haut), ce qui donne
une impression de froideur. Théophane a la tête un peu baissée et il regarde
l'objectif, Augustin a les yeux tournés vers sa droite. Rapidement les
retouches vont corriger la froideur en ajoutant un très léger sourire, corriger
ce regard en le tournant vers le ciel.
Pour connaître le vrai
visage d'Augustin, la chance est avec nous. Il n'existe pas un cliché non retouché,
mais certainement au moins deux : en effet, Augustin Schoeffler a posé avec
deux de ses condisciples du Séminaire des Missions Etrangères de Paris [3].
Et c'est son profil que nous voyons dans l'album des missionnaires, cliché
reproduit ici. Aucun trucage, aucune retouche.
***
Lorsque le chanoine
Mangenot prépare sa biographie sur Augustin, il envoie à l'abbé Martin, curé de
Phalsbourg, un véritable questionnaire[ 4].
On y trouve ceci :
"La photographie
faite à Phalsbourg par Zanover [5] reproduit-elle
exactement les dimensions du daguerréotype ?
- Le portrait, la
photographie faite à Phalsbourg n'a pas été faite d'après le daguerréotype,
mais d'après une autre photographie : M. l'abbé Ehalt [6],
qui a parfaitement connu le bienheureux, trouve que cette photographie est très
ressemblante [7].
[...]
Monsieur Stricher [8] avait
le daguerréotype en question, mais on ne sait pas ce qu'il est devenu."
Il y a un certain
flottement... Et la tante Elise n'est plus là pour donner son avis, elle est
décédée à Lunéville en 1883. Le chanoine Mangenot poursuit ses recherches, sa
patience s'illustrera plus tard dans l'édition du fameux Dictionnaire de
Théologie Catholique. L'abbé V. F. Schoeffler, curé de Willerwald et cousin
d'Augustin, lui écrit, le 16 novembre 1900 : " J'ai l'honneur de vous
adresser la reproduction du Daguerréotype représentant le Bienheureux Augustin
Schoeffler avec le costume annamite [9]. Le
Bienheureux l'avait envoyé de Paris à Mr. l'abbé Stricher, alors vicaire à
Phalsbourg. A la mort de Mr. Stricher, j'ai prié sa soeur de me céder ce
daguerréotype. A trois reprises différentes, elle me l'a refusé, et au 3e
refus, elle a ajouté qu'elle l'avait donné à son frère, employé dans la Savoie.
Mais ce n'était que le cadre qu'elle avait donné. Par une Providence
particulière, le beau-frère de Mr. Stricher, Joseph Meyer, a détaché du cadre
le portrait du Bienheureux, ainsi que celui de Mr. Krick [10],
et les a remis à Mr. l'abbé Marchal, curé d'Archeviller, voulant, disait-il,
sauver ces deux figures. Au mois d'août de cette année, me trouvant chez Mr.
l'abbé Marchal, on parlait des deux portraits du Bienheureux (l'autre était
dans la possession de sa tante Elise) et je déplorais la perte de celui qui
appartenait à Mr. l'abbé Stricher, tout en en faisant la description ; tout à
coup, Mr. Marchal dit : Je crois que je l'ai. Il me le remit après m'avoir
raconté comment il l'avait reçu.
"Avant de vous
servir de cette reproduction, je vous prierai d'attendre encore quelques
semaines, car j'ai fait remettre l'original à un photographe de Saverne pour la
faire reproduire, et établir une comparaison. Je vous enverrai la 2e épreuve
avec l'original qui sera conservé dans la bibliothèque du grand séminaire de
Nancy [11].
"Quant au 1er
portrait authentique que le Bienheureux avait envoyé à sa tante, je ne sais où
le trouver, n'étant plus en relations avec ses nièces. Mais je l'ai fait
reproduire, comme vous avez pu le voir dans la 2e édition de Mr. le chanoine
Finot.
"En Lorraine,
surtout à Phalsbourg, cette reproduction a été renouvelée maintes fois,
et il me semble que chaque photographe y introduit un changement, presque
imperceptible, il est vrai, mais ce n'est plus tout à fait le même
regard inspiré de la 1ère épreuve. J'ai heureusement gardé le numéro du
cliché du photographe Odinot [12],
c'est le n° 32493. Si Mr. Odinot l'a conservé, vous trouverez-là le véritable
portrait du Bienheureux, et je vous permets et je vous prie de le faire
reproduire pour la gloire du Bienheureux.
"La ressemblance la
plus frappante se trouve dans le portrait avec le costume annamite a déclaré
Mr. Ehalt, son condisciple et son ami. L'autre portrait ne déclare pas assez
franchement la figure osseuse [13] que
possédait le Bienheureux."
Ce précieux témoignage
éclaire quelque peu notre problème, sans toutefois lever toutes les ambiguïtés.
Il semble bien qu'Augustin ait fait parvenir, de Paris, au moins deux portraits
: l'un à sa tante Elise, l'autre à l'abbé Stricher. Par contre, il est tout à
fait invraisemblable qu' Augustin ait posé, à Paris, en costume annamite. Une
autre lettre de l'abbé V. F. Schoeffler, datée du 29 juillet 1903, indique ceci
: " Je vous envoie ci-joint un portrait du Bienh. avec costume
chinois. (Le costume annamite doit être le même, suivant le dire d'un
missionnaire.) C'est le P. Victor Laroche, neveu de Mr. l'archiprêtre de
Sarralbe, revenu de Chine pour cause de maladie, qui m'a donné son portrait
fait en Chine. Le photographe a adapté au buste la tête du martyr, et
ainsi l'on a à peu près sa tenue de missionnaire, moins la barbe, la tête rasée
et la mèche de cheveux [14].
"L'autre portrait
avec turban [15],
dont je vous ai envoyé un exemplaire, n'a d'autre valeur que celle de
reproduire plus fidèlement les traits de la figure, surtout de la bouche et du
menton, suivant le témoignage de son ami Mr. l'abbé Ehalt."
Nous trouvons encore un
autre témoignage dans la documentation réunie par M. le chanoine Mangenot. Il
s'agit d'une carte de visite, non datée, de l'abbé Ch. Pernot, vicaire à St
Fiacre de Nancy qui " retourne à M. Mangenot la photographie du Bx
Schoeffler. Monsieur le Curé [16] a
donné la même appréciation ; il y a quelque chose qui rappelle la figure du Bx,
mais selon lui elle est idéalisée. Il est tenté de croire que la
photographie de M. le Curé de Phalsbourg a été faite non pas directement mais
d'après un dessin plus ou moins fidèle."
Nous ne pourrons pas
conclure ce dossier définitivement : nous ne possédons pas le portrait avec
turban, il existe des documents qui dorment dans des malles ou de vieux albums
de photographies. Si cet article pouvait aider à les retrouver... Dans l'état
actuel de la documentation, nous pouvons retenir :
- le premier cliché où
Augustin est en compagnie de deux autres séminaristes des Missions Etrangères
(il est à gauche, de profil). Voir également l'agrandissement... même s'il est
de mauvaise qualité.
***
- le deuxième est
également indiscutable. Augustin a les mains dans les manches de sa soutane, il
est sérieux, tendu, déterminé. L'épaule gauche est plus haute que la
droite. Il pourrait s'agir du daguerréotype envoyé à la tante Elise ?
***
- le 3e, sur carte
postale, montre d'importantes différences :les épaules sont à la même hauteur,
la tête est très légèrement relevée, le visage est arrondi, Augustin semble
plus serein ; le tracé de la mâchoire est adouci. C'est ce cliché que l'on
trouve dans la deuxième édition de la biographie par l'abbé Finot. Il n'est pas
impossible qu'il s'agisse d'un autre daguerréotype ou plutôt d'un cliché
retouché (mâchoire) à partir d'un autre daguerréotype. Ce serait celui envoyé à
Stricher ? C'est ce cliché qui semble être à l'origine de ceux qui suivent et
même du visage d'Augustin tel qu'il figure sur le tableau du martyre [17],
tableau réalisé peu de temps après, au Vietnam, ce qui laisserait penser que le
peintre avait un cliché... en effet, le jour du martyre, Augustin avait la
barbe et ses cheveux étaient très courts comme l'indique le rapport de son
évêque.
- le 4e est une image
gravée avec légende en allemand reproduisant le 3e avec retouche
"imperceptible". C'est la dernière avec le rabat.
- le 5e, image de piété
imprimée entre 1857 et 1900 (il est "Vénérable"), gravure
représentant Augustin en costume "chinois" ? : le visage est à
nouveau retouché, notamment la bouche où l'on a comme un sourire obtenu en
accentuant les plis de chaque côté de la bouche ; les yeux sont nettement plus
tournés vers le haut ; en arrière fond des constructions orientales que l'on
retrouve dans les deux clichés suivants ; attitude pieuse, avant-bras croisés
sur la poitrine, main droite tenant la croix. Augustin n'a jamais ressemblé à
ce portrait lorsqu'il était au Tonkin: il portait la barbe, avait la tête
rasée, sauf une mèche à l'arrière du crâne...
- le 6e, image de piété,
gravure imprimée à partir de 1900 ("bienheureux"), reprend le
précédent avec d'importantes retouches au visage : Augustin a pris un coup de
jeune.
- le 7e cliché n'a de
commun avec les trois précédents que le costume ; le cliché a été retourné ; il
est parent des précédents avec d'énormes retouches... c'est presque quelqu'un
d'autre. On retrouve la mèche relevée et la position des cheveux autour de l'oreille.
C'est une image imprimée par l'Oeuvre de la Ste Enfance : l'absence de mention
"vénérable" pourrait indiquer une impression très tôt, entre 1852 et
1857.
- le 8e cliché a été
imprimé avant 1900, puis l'image a été actualisée par un collage "le
bienheureux" au dessus de la mention "le vénérable". La parenté
est nette avec le 8e : le sens, tourné vers la droite ; le costume, avec
cependant moins de plis et un col montant plus important. Le visage n'a plus
qu'un lointain rapport avec les premiers clichés.
- le 9e cliché s'inspire
manifestement du précédent au niveau du visage encore retouché... mais aussi de
la série 5,6,7 (avant-bras croisés et arrière-fonds reprenant de façon très
floue les deux bâtiments). Il s'agit d'une image plus récente que les précédentes,
elle reproduit un tableau qui se trouve aux Missions Etrangères de Paris.
En résumé, mis à part le
cliché de groupe (n° 1), on se trouve devant un premier ensemble (2,3,4) avec
rabat, Augustin a les yeux légèrement tournés vers sa droite, mais la position
des épaules indique qu'il y a deux clichés différents (2 et 3) ; puis un
deuxième ensemble (5,6,), dérivant du cliché n° 3, en costume étranger, avec
les bras croisés et la croix, les yeux sont davantage tournés vers le haut et
un certain sourire ; le troisième ensemble (7,8) se caractérise par le
renversement du cliché, le costume s'apparente à celui du 2e ensemble, mais le
décor en arrière fond a disparu, l'attitude se rapproche du 1er ensemble,
cependant les bras, dont on ne distingue que le haut, ne sont pas croisés.
Enfin, le cliché n° 9 qui reprend un peu de chacun des autres sauf du n° 2.
Pardonnez-moi : vous avez
peut-être une indigestion de détails. Essayez de vous faire une opinion par
vous-mêmes en comparant les reproductions. Il ne s'agit pas d'imposer un
portrait - on peut aimer les portraits idéalisés - mais d'essayer de retrouver
à quoi ressemblait véritablement le jeune Augustin Schoeffler à la veille de
son départ en Mission. Et il n'y a pas d'hésitation possible : seuls les clichés
1 et 2 nous donnent l'image "historique" de ce jeune homme de 25 ans.
C'est effectivement un visage anguleux et non poupin, volontaire.
Ne serait-il pas
judicieux de privilégier le véritable visage d'Augustin si nous voulons le
rendre proche de notre temps qui apprécie de moins en moins les retouches qui
trahissent en idéalisant. Osons donc retrouver - par delà les pieuses retouches
- la vérité d'un homme qui part en Mission sans avoir pu faire ses adieux à ses
parents, opposés à sa vocation, qui connaît, jusqu'aux derniers jours avant son
départ, des manoeuvres destinées à le dissuader de partir et même des problèmes
d'argent. Il n'a pas encore le sourire d'un bienheureux même s'il est très
heureux de s'embarquer vers une terre connue pour être celle des martyrs.
Livres disponibles dans
les bibliothèques :
- Abbé FINOT. - Vie
et mort du Bienheureux Augustin Schoeffler : un martyr lorrain en
Extrême-Orient. Metz, 1900, 2e éd., 157 p. avec un portrait.
- Abbé E. MANGENOT.
- Le Bienheureux Augustin Schoeffler. Nancy, 1900, 105 p.
Disponible à
l'association St Martin (Mittelbronn ; adresse p. 8)
- Abbé NOBLET & abbé
BERLOCHER.- Un aventurier de Dieu : Augustin Schoeffler 1822-1851.
Plaquette illustrée de 32 p., 1988 (2 éditions).
- St Augustin
Schoeffler : 19 juin 1988 Rome - 28 août 1988 Mittelbronn. C'était hier,
souvenez-vous aujourd'hui... Plaquette illustrée, 60 p., 1988.
- Cassette vidéo, cartes
postales, médailles...
- Visite de la maison
natale et du musée.
[1] Unique usage de ce mot
dans les lettres connues à ce jour.
[2] Voir la première page
du Bulletin des Amis de la Bibliothèque (1ère page de couverture).
[3] Voir la dernière page
du Bulletin des Amis de la Bibliothèque (4e de couverture).
[4]La réponse est datée
du 6 juin 1900. Archives de la Bibliothèque diocésaine de Nancy, dossiers
Schoeffler.
[5] L'orthographe n'est
pas sûre !
[6] Condisciple au
séminaire de Nancy, il a -selon Finot p. 49-50 - reçu au moins une lettre
d'Augustin. Il y a probablement une correspondance adressée à Ehalt dans les
archives de l'évêché de Metz...
[7] Ce qualificatif est
étrange. S'il s'agissait vraiment d'une photographie, la question de la
ressemblance ne devrait pas se poser. On utilise ce terme pour une gravure ou
un portrait robot reconstitué...
[8] 1818-1884. Né à
Arzviller de parents pauvres, ordonné prêtre à Nancy en 1846, il est nommé
vicaire à Phalsbourg où il sera précieux pour essayer d'arranger les relations
familiales difficiles. Il est mort en 1884, chapelain du pèlerinage qu'Augustin
connaissait et aimait, celui de Bonne Fontaine. Nous connaissons onze lettres
d'Augustin adressées à Stricher.
[9]Il ne peut s'agir que
d'une adaptation et non d'un véritable cliché.
[10]Autre martyr, né à
Lixheim, en 1819, missionnaire au Thibet où il a été assassiné en 1854. Qui
pourrait retrouver ce cliché de l'abbé Krick ?
[11]Malheureusement ces
documents ne sont pas à la bibliothèque diocésaine de Nancy.
[12]Célèbre photographe,
rue St Dizier à Nancy ?
[13]C'est nous qui
soulignons.
[14]C'est nous qui
soulignons. Ce cliché est un montage.
[15]Publié dans la
brochure en allemand d’après le livre de Finot : Ein Märtyrer aus
Lothringen, Leben und Tod des seligen Augustin Schöffler, Metz, 1900, 128 p..
[16]L'abbé
Auguste-Jean-Christophe Barbier, né en 1825, ordonné prêtre en 1849, nommé à St
Fiacre en 1869. Il est un peu plus jeune qu'Augustin, mais il l'a connu au
séminaire de Nancy.
[17]Voir la couverture du
numéro 2 du Bulletin des Amis de la Bibliothèque Diocésaine (avril
1994).
Bernard Stelly
SOURCE : http://www.bdnancy.fr/choufleur/portrait.php
Louis Stienne. Statue d'Augustin Schoeffler église
Notre-Dame de l'Assomption à Phalsbourg. Photographie de G.Garitan
Also
known as
Augustus Schoffler
Agostino Schoeffler
24
November as one of the Martyrs
of Vietnam
Profile
Studied
in the seminary
at Pont a Mousson and the Grand Seminary of Nancy. Priest.
Member of the Paris
Society of Foreign Missions in 1846.
Missionary
to Viet
Nam beginning in 1848,
preaching
first in Hong Kong, and then in the Vietnamese
province of Sudoa, then in the Christian
area of Bono. There he was betrayed to soldiers
who, as part of a persecutions
of Emperor Tu-Duc, were hunting Christians.
One of the Martyrs
of Vietnam.
Born
22
November 1822
at Mittelbronn, Moselle, France
beheaded
on 1 May
1852
at Son-tai, Tonkin, Vietnam
his head was thrown into
the Song-Ka River, his body buried
in a nearby village
2 July 1899
by Pope
Leo
XIII (decree of martyrdom)
19 June
1988
by Pope
John
Paul II
Additional
Information
Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed
Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
other
sites in english
images
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001
edición
sites
en français
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005
edition
nettsteder
i norsk
MLA
Citation
“Saint Augustine
Schoffler“. CatholicSaints.Info. 25 January 2024. Web. 5 October 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-augustine-schoffler/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-augustine-schoffler/
Vitrail
représentant le martyre d'Augustin Schoeffler, Église Saint-Barthélémy de
Sarrebourg, Moselle
St. Augustus Schoffler
Feastday: May 1
Patron: Metz Seminary
Birth: 1822
Death: 1851
Canonized: Pope John Paul II
Augustus was born at
Mittelbronn, Lorraine
in 1822. He joined the Society of
Foreign Missionaries in Paris, was sent to Tongking (now Vietnam), Indochina,
in 1848, and soon learned enough of the language to hear confessions and give
simple instructions. In 1851, owing to political disturbances, a persecution
of Christians broke out. Father Schoffler was arrested on March 1 and, although
he was not tortured he must have suffered terribly from the great wooden frame
(cang) around his neck and the fetters which confined his limbs, not to speak
of the vermin and of the company in the common prison into which he was thrown.
His execution (beheading) was attended with much parade, but the martyr's
courage and bearing impressed even his enemies. He was beatified in 1900 and canonized in
1988 with the Martyrs of Indo-China.
SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=551
Saints
of the Day – Blessed Augustine (Augustus) Schéffler and John-Louis Bonnard,
Martyrs
Article
Died 1851; beatified
1900. Augustine Schéffler was born at Mittelbronn, Lorraine, in 1822.
John-Louis Bonnard was born in France two years later. They joined the Paris
Society of Foreign Missions and were sent to Annam (Vietnam), where they were
beheaded for the faith in Tonkin (Attwater2, Benedictines).
MLA
Citation
Katherine I Rabenstein. Saints of the Day, 1998.
CatholicSaints.Info. 25 January 2024. Web. 5 October 2026.
<https://catholicsaints.info/saints-of-the-day-blessed-augustine-augustus-scheffler-and-john-louis-bonnard-martyrs/>
New
Catholic Dictionary – Blessed Augustine Schoeffler
Article
Martyr,
born Mittelbronn, Germany,
1822;
died
Son-tai, Indo-China, 1851.
After studies in the seminary at Pont a Mousson and the Grand Seminary of
Nancy, he entered the Society of Foreign Missions at Paris,
1846,
and was sent to the mission of Tonkin in Indo-China, 1847.
His Apostolic labors began on his voyage to the East, and during his sojourn at
Hong Kong, early in 1848,
he preached to the native heathens. Arriving at Tonkin in the midst of a
terrible persecution, he occupied himself with the study of the language and
fulfilling the duties of the ministry throughout the province of Sudoa. In 1851
he penetrated farther into the country and labored at Bono, a large Christian
parish. Here he was betrayed to the soldiers who were executing the general
edict against Christians, was beheaded, and his head was thrown into the
Song-Ka River. His body was buried in a neighboring village. Beatified, 1900;
canonized 1988.
MLA
Citation
“Blessed Augustine
Schoeffler”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info.
27
July 2012.
Web. 5 October 2026.
<http://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-blessed-augustine-schoeffler/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-blessed-augustine-schoeffler/
Saints and
Saintly Dominicans – 31 August
Venerable
Augustine
Schoeffler, Martyr,
Tertiary,
O.P.
Augustine Schoeffler was
born in 1822 at Mittelbroun in the diocese of Nancy, and was received into the
Third Order by Most Rev. Father Jandel of holy memory, who had been his
superior and confessor at the seminary of Pont-a-Mousson. In 1847 he left the
Foreign Missionary College for the perilous mission of Tonquin. Here he fell
into the hands of the grand mandarin’s satellites, who cast him into a horrible
dungeon, his neck in the cangue and chained day and night. Finally he was
sentenced to be beheaded on May 1, 1851. The hero of the Faith, the servant of
Mary, went forth with a smiling countenance, his head erect, holding up his
chains in his hands and reciting fervent prayers. “How handsome he is,” said
the pagans, “What a hero! He goes to death as others go to a feast.” He even
threw off his sandals that he might walk more rapidly. On reaching the place of
execution he knelt down, and taking his crucifix tenderly kissed it three
times. Then he offered his neck to the executioners saying: “Do your work
quickly.” But the executioner’s hand trembled, and the martyr’s head only fell
at the third stroke. He was twenty-nine years of age. Pius IX in 1857, declared
him a martyr.
Prayer
Queen of Martyrs, pray
for all missionaries suffering persecution or discouragement.
Practice
Make little sacrifices,
with love, at home, since you have neither the opportunity nor the courage to
make great ones in foreign lands for the extension of the Faith.
– taken from the book Saints
and Saintly Dominicans, by Blessed
Hyacinthe-Marie
Cormier, O.P.
SOURCE : https://catholicsaints.info/saints-and-saintly-dominicans-31-august/
Reliquie
Augustin Schoeffler. Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Phalsbourg
Reliquie
Augustin Schoeffler. Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Phalsbourg
Saint Augustine Schoffler
- Martyr
Saint Augustine
Schoffler,
Pray for us !
Saint of the Day
: May 1
Other Names : Augustus Schoffler •
Agostino Schoeffler
Memorials :• 1 May
• 2 May (France)
• 24 November as one of
the Martyrs of Vietnam
Born : 22 November 1822 at
Mittelbronn, Moselle, France
Died : Beheaded on 1 May
1852 at Son-tai, Tonkin, Vietnam • His head was thrown into the
Song-Ka River, his body buried in a nearby village
Augustin Schoeffler
(1822–1851) was a French saint and martyr in the Roman Catholic Church and a
member of the Paris Foreign Missions Society. He was a priest in Lorraine who
joined the Foreign Missions of Paris. He worked as a missionary to Indochina
and was one of two French missionaries killed in northern Vietnam between 1847
and 1851. At the time, it was illegal to proselytize in Vietnam.
His feast day is May 1
(May 2 locally in France).
In May of 1851 in Tonkin
(today northern Vietnam) a 29 year old priest of the Paris Foreign Missions Society
walked gleefully towards his execution. Proselytization was illegal, and
Augustin Schoeffler had been ambushed, caught red-handed and arrested. After
contriving to allow some of his fellow priests to escape on the excuse that
they would collect a pretend ransom, Schoeffler freely confessed to
proselytization. When asked if he had been aware of the criminal nature of his
activities he replied “that he knew very well, even before he left France, that
the Catholic religion was strictly prohibited in that kingdom [Tonkin], but
that that was the principal reason of his coming to it rather than to any
other.”
And Schoeffler had
certainly been busy. According to the accounting of the Vicar Apostolic, in the
previous year Schoeffler had performed “two hundred baptisms of children of
unbelievers, forty-one of children of Christians, and twenty-three of adults;
four thousand seven hundred and seven confessions; three thousand three hundred
and fifty-one communions; fifty-two administrations of the holy Viaticum; and
one hundred and twenty-five of extreme unction.” [That’s actually not that many
extreme unctions. I did more than that before breakfast this morning.]
Two examinations of the priest in front of the local Mandarin provided more
free confession of faith, but little useful information for the authorities
intent on ferreting out his network.
He spent the next month
in prison. On the 4th of May he was led from the prison by “Eight soldiers,
sabre in hand…preceded by two companies of fifty armed men each, half lancers
and half fusiliers, who walked alternately in two lines, and two elephants
formed the rear-guard.” In front of the smiling priest and his guards as
he walked to the place of execution a placard was carried which read: “He
preached truly the whole charge of preaching the religion of Jesus. His crime
is patent. Let Mr. Augustin be beheaded, and cast into a stream.” His kneeling
request for a quick execution was denied by the mandarin who was determined to
observe some formalities. Finally, at the third crash of the cymbals, the
executioner swung the sword at Schoeffler‘s bare neck but “the hand of the
executioner trembled. He struck three blows of his sabre on the neck of his
victim, and was at length obliged to cut the flesh with a knife, in order to
detach the head from the body.” [You call that gore? Yeah, me, too.] The
head was tossed into the river and several accounts indicate that there was a
scrambling afterwards by native Christians to obtain anything soaked with his
blood as relics.
On September 24, 1857,
Augustin Schoeffler was declared Venerable by Pope Pius IX. He was beatified by
Pope Leo XIII on May 7, 1900. He was made a saint by Pope John Paul II on June
19, 1988.
The Rue St Augustin
Schoeffler is located in Mittelbronn.
As of May 10, 2009 a
relic of Augustin Schoeffler can be found at the Assumption Grotto Church in
Detroit, Michigan. Descendants of Schoeffler's family live in the area and
attend the church.
SOURCE : https://saintscatholic.blogspot.com/2018/05/saint-augustine-schoffler-martyr.html
Saint Augustin V.
Schoeffler Collection
1846-1849.
Extent : .5 linear inch.
Repository : University of Notre Dame Archives
Address : Notre Dame, Indiana 46556
Preferred Citation
Saint Augustin V.
Schoeffler Collection (ZBL), University of Notre Dame Archives (UNDA), Notre
Dame, IN 46556
Scope and Content
Four letters written by
Augustin Schoeffler to another priest, Louis Hoffer: an undated autograph
letter; an autograph letter written in Paris, 12 November 1846; an autograph
letter written in Paris, 8 September 1847, and a manuscript copy of a letter
written in Hong Kong, 24 May 1848. One letter written by Abbé Nicolas Krick to
an unidentified woman, 26 January 1849. One purple pouch embroidered with the
monogram "VAS" (Venerable Augustin Schoeffler) in which all five
letters had been kept.
Also an edition of 74 of Schoeffler's letters (January 1993) which developed into an edition of 88 letters and other works, Saint Augustin Schoeffler: lettres d'un lorrain martyr au Tonkin (1822-1851) (Paris: Missions Etrangères), edited and annotated by Bernard Stelly.
Born 22 November 1822 in
Mittelbronn, Lorraine, France (department 57), Augustin Schoeffler became a
priest of the Diocese of Nancy. Sent to the Kingdom of Tonkin by the Paris
Foreign Mission Society, he was beheaded by the Vietnamese on the first of May
1851. He was canonized in 1988.
Nicolas Krick, another
missionary priest, was martyred in Tibet in 1854. Abbé Bernard Stelly is
director of the Diocesan Library of Nancy.
SOURCE : http://archives.nd.edu/findaids/ead/xml/zbl.xml
Louis
Stienne (1845–1908), Statue des Martyrers August Schoeffler in der
Kirche Notre-Dame-de-l'Assomption, Phalsbourg
Statua
di sant'Agostino Schoeffler, fatta da Louis Stienne, situata nella
chiesa dell'Assunzione di Nostra Signora a Phalsbourg)
Sant' Agostino Schoeffler Sacerdote e martire
>>> Visualizza la Scheda del Gruppo cui appartiene
Mittelbonn, Francia, 22 novembre 1822 - Sơn-Tâi, Vietnam, 1 maggio 1851
Etimologia: Agostino = piccolo venerabile, dal latino
Martirologio Romano: Presso la rocca di Sơn-Tâi nel Tonchino, ora Viet Nam, sant’Agostino Schoeffler, sacerdote della Società per le Missioni Estere di Parigi e martire, che, gettato in carcere dopo aver esercitato per tre anni il suo ministero, su ordine dell’imperatore Tự Đức, nel campo di Năm Mẫu ottenne con la decapitazione la grazia del martirio, che ogni giorno aveva chiesto a Dio.
Di tutti i cristiani e missionari martirizzati nel Tonchino e nella Cocincina (Vietnam), Leone XIII ne beatificò 77 il 7-5-1900; S. Pio X 8 il 15-4-1906 e 34 l'11-4-1909; Pio XII 25 il 29-4-1951. Di costoro 117 furono canonizzati da Giovanni Paolo II nel 1988. Non sappiamo con certezza quando il cristianesimo fu introdotto in quei paesi la cui evangelizzazione regolare e sistematica fu iniziata nel 1627 dal P. Alessandro de Rodhes SJ. Con l'aiuto di un confratello in 3 anni egli riuscì a battezzare circa 3.000 infedeli. Per istigazione di un bonzo fu esiliato dal re, ma nel 1631 altri gesuiti riuscirono a entrare occultamente nel regno e, con l'aiuto di alcuni missionari di altri Ordini religiosi, in meno di trent'anni a convertire alla fede 200.000 pagani.
Primo Vicario Apostolico del Tonchino (Vietnam) fu Mons. Francesco Pallu, e primo vicario Apostolico della Cocincina Mons. Pietro de La Motte Lambert. Per provvedere di missionari quelle terre pagane essi si adoperarono per fondare a Parigi il seminario delle Missioni estere. Sono molti i martiri che vi furono formati e che i papi canonizzarono. Tra loro figura anche il P. Agostino Schoefner. Egli nacque il 22-11-1822 a Mittelbonn in Lorena (Francia), e compì gli studi ecclesiastici nel seminario diocesano di Nancy durante i quali volle iscriversi al Terz'Ordine Domenicano. Non senza opposizione dei parenti, nel 1846 passò in quello delle Missioni estere di Parigi per assecondare la sua vocazione missionaria.
Per quanto fosse disposto a recarsi in qualsiasi terra di missione, non nascose la sua preferenza per il Tonchino (Vietnam) in cui infuriava la persecuzione scatenata dal re Minh-Manh (1820-1840) e continuata da suo figlio, il re Thiéu-Tri (1840-1847). Nelle lettere che di lui ancora si conservano appare manifesto con quanto ardore bramasse di dare la vita per la fede. In una di esse si legge: "II buon Dio mi accorderà la grazia del martirio; gliela domando ogni giorno". E in un'altra: "Soffro molto, ma ai piedi della croce... Che cosa può esserci di più dolce?".
Il 1-8-1847 il santo lasciò Parigi per Anversa. Raggiunse Hong-Kong dopo cinque mesi di navigazione. Il suo campo di lavoro fu la cristianità di La-Fou che raggiunse dopo essere riuscito a superare la frontiera settentrionale del Tonchino tra pericoli di ogni genere. Trascorse i primi mesi in quel paese studiando la lingua e cercando di adattarsi agli usi e costumi degli indigeni. Poté in seguito darsi con tutto l'ardore giovanile al sacro ministero. Nel 1849 fu di grande aiuto a Mons. Retord, ordinario del luogo, nella visita pastorale che fece a Ke-Bang. In seguito fu trasferito al distretto di Xu-Doai dove, disseminati per montagne e foreste, 16.000 cristiani attendevano ansiosi l'opera di un missionario.
Nonostante la malferma salute raccolse tra loro abbondanti frutti di vita spirituale, tanto che il suo nome presso quei cristiani restò in benedizione.
Il desiderio del martirio cresceva nel santo di mano in mano che, prendendosi cura delle anime, capiva che non c'è amore più grande di colui che da la vita per i fratelli. La pubblicazione dell'editto di persecuzione contro i cristiani del re Tu-Dùc (1847-1883), secondogenito di Thiéu-Tri, ravvivò le sue speranze. I mandarini erano incitati a far catturare i missionari europei perché erano ritenuti "come falsari, seduttori, barbari, tonti, sciocchi, vili..." e, per conseguire più facilmente lo scopo, venivano offerte trecento once d'argento a chi ne avesse denunciato uno. Lo stesso re il 13-2-1851 fece spedire a tutti i mandarini una circolare segreta in cui prescriveva che i missionari europei fossero annegati con una pietra al collo, e i sacerdoti annamiti segati vivi.
In quel tempo la cristianità di Bau-Nò, nel Tonchino occidentale, era infestata da bande di briganti e di ribelli. Per opporsi alle loro scorrerie, i mandarini del distretto avevano costituito una milizia di volontari i quali, facendo finta di dare la caccia ai briganti, taglieggiavano i poveri cittadini. Il 1-3-1851 la strada tortuosa che dalle colline scendeva verso il villaggio era infestata da guardie. Pareva che attendessero al varco qualche squadra di briganti, invece, ad un segnale convenuto, essi sbucarono fuori dai cespugli per arrestare prima un sacerdote indigeno che camminava discorrendo con due giovani, quindi P. Agostino, che lo seguiva a poca distanza con allievi e catechisti. Nel mettere le mani addosso al bianco che li guardava maestoso e tranquillo, le guardie furono prese da timore e riverenza. Allora il comandante gridò loro: "Che fate? Date mano alle verghe e battete". Il missionario, che era stato tradito da una delle guide, lo interruppe, dicendo: "E perché? Io non ho mosso un passo per resistere alla vostra violenza". Dopo che fu legato, mentre le guardie si disponevano alla partenza, il loro capo si rivolse ai prigionieri e disse: "Potrei consegnarvi ai mandarini; datemi una verga d'oro, cento verghe d'argento e vi lascerò tutti liberi".
Alla mente di P. Agostino balenò immediatamente un generoso disegno. Difatti gli rispose: "Ebbene, se volete una così grande somma per il nostro riscatto, lasciate che questi miei discepoli vadano a cercarla; io resterò in ostaggio".
Il pagano, accecato dalla cupidigia dell'oro, rilasciò il sacerdote indigeno con gli allievi e i catechisti, ma il denaro pattuito non riuscì ad averlo perché non fu potuto trovare. Il missionario, lieto di aver salvato gli altri con il suo sacrificio, si lasciò condurre a Son-Tay non senza aver prima assicurato i fedeli che nessuno da parte sua sarebbe stato denunciato o compromesso. A Son-Tay, dopo le solite domande, il mandarino chiese al prigioniero: "Quando eravate ancora in Europa, sapevate che la vostra religione era proibita nel regno?". "Si che lo sapevo, ma volli venirvi appunto per questo", "Ditemi i luoghi in cui siete stato affinchè possa fare il mio rapporto e rimandarvi in Europa". "Mi trovo nel regno da quattro anni; sono stato in molti luoghi di cui non ricordo il nome e vado in tutti i villaggi in cui sono desiderato dagli abitanti". I mandarini, presi da insolito rispetto per il giovane sacerdote, non insistettero. Il giorno dopo provarono a indurlo all'apostasia, ma il martire fu così risoluto nel rifiuto che i giudici, considerando inutile ogni ulteriore insistenza, chiusero gli atti e ne inviarono il rapporto alla capitale.
Tra l'altro la sentenza diceva: "Il signor Agostino è un europeo che ha avuto l'audacia di venire, malgrado il divieto che ne fanno le leggi, a percorrere le contrade di questo regno per predicarvi la religione, sedurre e ingannare il popolo: della qual cosa fu pienamente convinto nell'esame della sua causa. Secondo il decreto del re, ad Agostino si deve tagliare la testa e gettarla nelle acque del mare o dei fiumi a esempio e ritegno del popolo".
Il capitano delle guardie riuscì ad ottenere dal mandarino che, il missionario, fosse tolto dal carcere duro e detenuto nella casa del direttore delle prigioni. Il santo poté riavere anche il denaro che gli era stato sequestrato al momento dell'arresto, e con esso provvide al suo sostentamento. Così il martire trascorreva nella meditazione e nella preghiera giorni tranquilli. Pur essendo strettamente vigilato, qualche catechista poté introdursi fino a lui e consegnargli le lettere che gli scrivevano altri missionari e gli amici d'Europa. Il sacerdote Phuong riuscì ad avvicinarlo, travestito da mercante di occhiali, confessarlo e dargli la comunione. Il santo era tanto acceso di zelo che neppure in carcere tralasciò di esercitare l'apostolato, parlando della bellezza della fede ai soldati di guardia ed esortandoli ad abbracciarla. Diceva loro: "Io mi ricorderò di voi dopo la mia morte, ma se desiderate essere felici, cercate un villaggio abitato da cristiani e convertitevi".
Il 1-5-1851 fu condotto al luogo del supplizio scortato da un buon nerbo di soldati. Giulivo in volto, camminava con passo sicuro, salmeggiando. Appena vi giunse s'inginocchio per terra, baciò il crocifisso, si sbottonò la veste e presentò il collo al carnefice dicendo: "Sbrigatevi a fare il vostro dovere". La testa del martire fu gettata nel fiume dove non fu più possibile ripescarla. Il corpo, che era stato seppellito nel luogo stesso dell'esecuzione capitale, il giorno dopo fu trasportato di nascosto nella vicina città di Bach-Loc dove un fervente cristiano gli diede onorata sepoltura presso la propria casa. Leone XIII beatificò il martire il 7-5-1900 e Giovanni Paolo II lo canonizzò nel 1988 con altri 116 testimoni della fede nel Vietnam.
Autore: Guido Pettinati
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/51590
Den hellige Augustus
Schoeffler (1822-1851)
Minnedag:
24. november
En av 117 hellige martyrer
fra Vietnam
Den hellige Augustus
Schoeffler (Augustine Schöffler) ble født i 1822 i Mittelbronn i Lorraine. Han
sluttet seg til Missions Etrangères de Paris (Societas Parisiensis Missionum ad
Exteras Gentes - MEP) og ble sendt til Annam i Vietnam sammen med
kollegaen Johannes
Ludvig (Jean-Louis) Bonnard. Han kom til Tonkin i 1848 og lærte snart nok
av språket til å høre skriftemål og drive enkel opplæring.
Han ble arrestert den 1.
mars 1851. Selv om han ikke ble torturert i streng forstand, men med føttene i
lenker og en treramme (cang) rundt nakken ble han kastet i en celle overlatt
til rotter og mus og de andre fangenes nåde, og dette overgikk enhver tortur.
Hans henrettelse var en offentlig begivenhet, og hans mot og verdighet
imponerte selv de mest hardhjertede og antikristne som var til stede. Han ble
halshogd den 1. mai 1851 i Son Tây.
Augustus ble saligkåret
den 27. mai 1900 av pave Leo XIII og helligkåret som en av 117 martyrer fra
Vietnam (Andreas Dung-Lac og ledsagere) den 19. juni 1988 av pave Johannes Paul
II. Martyrene har felles minnedag i verdenskirken den 24. november, men
Augustus kan også minnes på dødsdagen 1. mai.
Kilder:
Attwater/Cumming, Farmer, Benedictines, Butler (II), KIR, Bloomfield,
Vietcatholic.net - Kompilasjon og oversettelse: p. Per Einar Odden -
Sist oppdatert: 1999-10-30 23:41
SOURCE : https://www.katolsk.no/biografier/historisk/aschoeff
Augustin
Schoeffler : https://sites.google.com/site/vietnamesemartyrs/VietnameseMartyrs/augustin-schoeffler?pli=1&authuser=0