Bienheureux Joseph Outhay
Martyr au
Laos (+ 1961)
Joseph Outhay, né en
Thailande en 1933, mort à Savannakhet en 1961. Catéchiste.
En avril-mai 1961, dans la province de Xieng Khouang, les PP. Louis Leroy, Michel
Coquelet et Vincent
L'Hénoret sont cueillis à leur poste et abattus sans procès. De même
dans le sud du pays, le P. Noël Tenaud et
son fidèle catéchiste Outhay sont pris et exécutés; le P. Marcel
Denis sera retenu prisonnier quelque temps mais partagera le même
sort. Un de leur confrères écrit: "Ils ont été, tous, d'admirables
missionnaires, prêts à tous les sacrifices, vivant très pauvrement, avec un
dévouement sans limite. En cette période troublée, nous avions tous, chacun
plus ou moins, le désir du martyre, de donner toute notre vie pour le Christ.
Nous n'avions pas peur d'exposer nos vies; nous avions tous le souci d'aller
vers les plus pauvres, de visiter les villages, de soigner les malades, et
surtout d'annoncer l'Evangile..."
Joseph Outhay naquit vers Noël 1933, dixième enfant d'une famille catholique très pieuse de Kham Koem, dans le Lao Issan, aujourd'hui diocèse de Tharè-Nonseng en Thaïlande. Lorsqu'éclate au Siam la persécution de 1940, le jeune Outhay a sept ans. Sa paroisse puis l'ensemble de la province restent sans prêtre résident; son père est catéchiste et prend le relais. À douze ans, la persécution finie, Outhay est envoyé pour 6 ans au petit séminaire de Ratchaburi. Il revient alors au village: sa mère et ses frères aînés sont tous morts; il doit s'occuper de son père et de ses deux sœurs encore petites... Il se marie donc - il a 19 ans -, mais un an plus tard son épouse meurt en couches, suivie peu après de leur enfant.
Outhay voit là un signe: il partit pour Tharè, se mettant à la disposition de son évêque comme catéchiste diocésain. À l'invitation de son ancien curé, le P. Noël Tenaud, MEP, il suivra bientôt ce dernier vers la Mission de Thakhek au Laos. Homme expérimenté, mûri précocement par la vie, il fut à Pongkiu un catéchiste apprécié de tous, chargé de la formation de jeunes catéchistes débutants. Homme de confiance du P. Tenaud, il le suivra en 1960 vers les régions de la province de Savannakhet à défricher pour l'Evangile. Il partagera aussi son destin final, rendant comme lui l'ultime témoignage de foi le 27 avril 1961. De son vivant, Outhay était déjà considéré comme un catéchiste héroïque. Après sa mort, sa renommée n'a fait que monter, jusqu'à aujourd'hui. Son exemple est une inspiration pour tous.
(présentation des 17 martyrs du Laos, Missions étrangères de Paris)
Il fait partie des martyrs au Laos entre 1954 et 1970 qui seront béatifiés en 2016.
Liens utiles:
- Joseph-Outhay Phongphumi (1933-1961)
- Noël Tenaud (1904-1961), prêtre des Missions Étrangères de Paris envoyé au Siam en 1931, Noël Tenaud est assassiné avec son catéchiste Joseph Outhay Phongphumi le 27 avril 1961 - site OMI, province de France
- Le Vatican reconnaît les martyrs du Laos
- Présentation des martyrs du Laos
SOURCE : https://nominis.cef.fr/contenus/saint/13039/Bienheureux-Joseph-Outhay.html
Joseph-Outhay Phongphumi
(1933-1961)
Un fils de la mission du
Laos
Joseph Outhay Phongphumi
était un Lao Issan du Nord-Est de la Thaïlande. Son village d´origine, Kham
Koem, est situé à 5 kilomètres du chef-lieu de Nakhon Phanom, et à trois
kilomètres de Nonseng et du Mékong, en face de l´île de Don Dôn. C´est un
paisible village agricole qui vit de la culture du riz. La récolte est
complétée par l´élevage des poules et une abondance de fruits de toute sorte.
Traditionnellement les familles améliorent leur revenu avec la fabrication de
chapeaux coniques en feuilles de latanier - ces couvre-chefs que les Français
appelaient jadis « chapeaux annamites ».
Le village est
entièrement catholique : fondé avant 1885, ce fut l´un des premiers centres
établis au XIXe siècle par les Pères des Missions Étrangères de Paris pour les
populations rachetées à l´esclavage - esclavage des marchands de chair humaine
ou esclavage de la peur des esprits. Le poste missionnaire appartenait alors à
la « Mission du Laos », située à cheval sur le Mékong mais dont la partie la
plus développée était en territoire siamois. La paroisse fait partie
aujourd´hui du diocèse de Tharè - Nonseng ; le plus ancien registre des
baptêmes qui y est conservé remonte à 1904.
Au-delà des rizières,
l´horizon est fermé par la dentelle des monts karstiques de Khammouane, au
Laos. Le Laos, d´ailleurs, est proche à tout point de vue : les coutumes et le
dialecte local sont à peu près les mêmes des deux côtés du fleuve.
De 1934 à 1940 le curé de
Kham Koem était le Père Noël Tenaud, m.e.p. ; les paroissiens âgés se souviennent
bien de lui, et rappellent qu´ils lui doivent la construction du grand mur
d´enceinte en briques - une rareté dans cette région - qui encercle les
terrains de l´église. Ce ministère de six années, interrompu par la persécution
de 1940, a également préparé l´avenir pour le plus notable des fils de la
paroisse : Joseph Outhay Phongphumi.
Les jeunes années :
lumières et ombres
Outhay fut baptisé le
jour de Noël 1933. On lui donna le nom de saint Joseph, mais la date de
l´événement lui vaudra le surnom de « No-en » (en prononciation populaire).
Était-ce un signe ? « Noël » est justement le prénom porté par le Père Tenaud.
Outhay était né le jour même ou quelques jours plus tôt, dixième enfant d´une
famille catholique très pieuse qui comptera vingt-deux naissances. Mais dans
ces années de pénurie, où les conditions de vie étaient dures, la nourriture
insuffisante et la médecine moderne à peu près absente, la mortalité infantile
était très élevée ; la plupart des frères et soeurs d´Outhay moururent en bas âge
ou très jeunes.
Le père d´Outhay, Paul
Khrua, était catéchiste ; ce fait aussi marquera de façon définitive la vie du
jeune homme.
Lorsqu’éclata la
persécution en décembre 1940, le jeune Outhay avait tout juste sept ans. La
paroisse de Kham Koem et l´ensemble de la province durent rester sans prêtre
résident, avec la messe de loin en loin seulement. Mais le catéchiste Paul
Khrua ne laissa pas la foi chrétienne s´étioler. Tout au long des années
noires, la famille hébergea Soeur Véronique, une religieuse des Amantes de la
Croix de Chieng Khoang à qui l´on interdisait de porter l´habit et de vivre en
communauté. La présence à côté de sa mère de cette personne consacrée,
éducatrice née, eut sur le jeune garçon une très grande influence, comme ses
propres soeurs se plaisent à le rappeler.
La persécution finie,
Joseph Outhay avait douze ans. Il était intelligent, éveillé et pieux, et sa
conduite était exemplaire. On l´envoya donc dans le sud, au petit séminaire
tenu par les Pères Salésiens à Bang Nok Khuek (Ratchaburi), le seul séminaire
alors ouvert dans le pays. Il y fera six années d´études secondaires. C´est au
cours de ces années que la maman fut emportée à son tour par la maladie.
Au terme de ces études,
Outhay n´entra pas au grand séminaire mais revint au village. La raison la plus
profonde de ce retour appartient au secret de sa conscience. On peut toutefois
penser que la situation familiale eut une part dans la décision. Selon la
tradition, il revient à l´un des garçons de s´occuper de ses parents lorsqu´ils
sont âgés ou malades. De dizième, Outhay était devenu l´aîné de sa fratrie,
suivi de deux filles et de deux garçons ; or la plus âgée de ses deux soeurs,
Khamsaen, n´avait que treize ans...
C´était alors un beau
jeune homme de dix-huit ans, de corpulence assez forte. Foncièrement bon et
droit, il était doté d´une personnalité marquante : le rencontrer ne laissait
personne indifférent. Ses soeurs se souviennent de l´amour fraternel qu´il leur
portait. C´était aussi un passionné de la foi chrétienne, entièrement dévoué à
son travail pour l´Église. Encouragé et entraîné par son père, il dirigeait la
prière et les chants à l´église ; il faisait les lectures et enseignait parfois
le catéchisme.
On le fiança sans tarder
: il fallait une femme à la maison. Maria Khamtan était une petite cousine,
mais tout le monde à Kham Koem n´était-il pas plus ou moins cousin ? À leur
mariage, le 17 février 1953, Outhay n´avait guère plus de dix-neuf ans, elle en
avait presque vingt-cinq. La voici bientôt enceinte ; mais elle mourut en
couches en mettant au monde leur petite fille. Trois mois plus tard, l´enfant
suivait sa mère dans la tombe.
Un catéchiste expatrié
Outhay ne resta pas
longtemps dans ce village où trop de deuils successifs l´avaient durement
frappé. Au bout d´un an environ, le Père Noël Tenaud vint visiter ses anciens
paroissiens. Il était désormais missionnaire dans la Province de Khammouane au
Laos, mais aussi pro-préfet de la Préfecture apostolique de Thakhek (Laos)
nouvellement fondée. À ce titre, il cherchait des cadres pour mieux organiser
l´évangélisation de ce grand territoire. Il invita le jeune veuf Outhay à le
suivre comme catéchiste au Laos, après un stage à l´école des catéchistes de
Sriracha, dans le sud de la Thaïlande.
Outhay accepta avec joie
de s´ouvrir ainsi à de nouveaux horizons et de relever de nouveaux défis.
Quant à la famille, elle
participa au sacrifice dans un esprit de foi. C´est la soeur puînée, Khamsaen,
qui allait s´occuper des vieux jours de papa Khrua. Par la suite Outhay, fils
fidèle et frère reconnaissant, visitera son vieux père et ses soeurs à peu près
une fois par an.
Homme instruit,
expérimenté mûri précocement par la vie, il fut catéchiste senior dans la
grande paroisse laotienne de Pongkiou, près de Thakhek, centre chrétien
important de la minorité Sô. Le Père Tenaud lui confia en partie la formation
de jeunes débutants ; le catéchiste Kani était l´un d´entre eux.
Le Père Tenaud fut chargé
de la paroisse de Pongkiou de 1944 à 1958 ; Outhay fut à ses côtés durant les
trois dernières années - la date précise de son arrivée n´est pas connue.
Un portrait contrasté
Malgré une différence
d´âge peu considérable, Kani se souvient d´Outhay comme quelqu´un « d´une autre
génération », très réservé et sérieux - trop sérieux peut-être. Il ne
fréquentait guère le village, assurant essentiellement son service à l´église.
Mais comment s´étonner de cette réserve, de cette distance, chez quelqu´un qui
vivait encore intensément des deuils prématurés ?
Outhay avait toutefois un
côté bonhomme. Il passait au petit séminaire de Thakhek en compagnie du Père
Lek, un prêtre laotien dont il était proche. Soeur Christina était alors
cuisinière de l´établissement ; elle le voyait taper dans le ballon avec les
jeunes élèves. Ceux-ci l´avaient surnommé « Kèk », c´est-à-dire « l´étranger »,
mais c´est avec affection qu´ils prononçaient ce nom, ou riaient lorsque son
embonpoint rendait sa course pataude.
Soeur Marie-Thérèse a
très bien connu Outhay à Pongkiou ; son témoignage explique les contrastes de
son tempérament, liés à l´histoire de son enfance :
Je connais bien le
caractère du Khru Outhay : esprit humble et dévoué, il accomplissait son
travail avec beaucoup de courage. Ce qu´il aimait dans la vie, c´était de
donner la Bonne Nouvelle aux autres. Il donnait tout pour l´annonce de
l´Évangile. Il avait aussi l´art de ramener les gens dans le droit chemin. Tout
le monde appréciait la douceur de son caractère.
Il était particulièrement
à l´aise avec les Soeurs Amantes de la Croix, qu´il traitait comme si elles
étaient sa propre mère. Il savait aussi faire rire, ménager des bons moments de
détente, taquiner les Soeurs pour les faire rire. Mais quand c´était
nécessaire, il savait être sévère, notamment avec les jeunes apprentis
catéchistes.
Le Père Tenaud, avant son
départ pour la Province de Savannakhet, se déplaçait toujours en compagnie du
catéchiste Outhay, et ce dernier l´a accompagné plus tard dans la région de
Muang Phine.
En effet, le seul vrai
confident d´Outhay était bien le Père Tenaud, le curé de son enfance. Dans les
rapports sur la disparition et la mort de ce dernier, les responsables de la
Mission parleront simplement de « son fidèle catéchiste ». Il n´était pas nécessaire
de le nommer, car Outhay partait toujours avec lui, quel que fût le danger. Ils
étaient liés d´amitié, inséparables.
Épreuves et départ en
mission sans retour
En juin 1958, le Père
Tenaud partit en congé en France pour une année entière. Ce départ fut pour
Outhay le début d´une période de grande épreuve ; même la nourriture vint à
manquer. En désespoir de cause, il décida de rentrer dans son village natal.
Après la vocation sacerdotale de son enfance, celle de catéchiste missionnaire
allait-elle s´évanouir ? Mais il était d´une famille où l´on croyait en la
Providence. Celle-ci se manifesta en la personne de Michel Kien Samophithak, le
prêtre thaïlandais qui venait célébrer la messe dominicale dans la paroisse de
Kham Koem : or il fut nommé vicaire apostolique de Tharè justement en
février 1959.
Le nouvel évêque fit plus
ample connaissance avec Outhay, et fut fortement impressionné. La soeur du
catéchiste se souvient bien de cela : « Outhay avait une personnalité telle que
tous ceux qui le rencontraient étaient contraints de l´aimer. » Mgr Kien
voulait fonder dans son vicariat une congrégation de frères enseignants : il
vit en Outhay un des piliers de sa fondation, et l´invita à venir vivre à
l´évêché. Le jeune homme ne demandait qu´à servir Dieu et l´Église, et suivit
donc son évêque.
Cela ne devait durer que
quelques mois. En juillet 1959, ce fut l´ordination épiscopale de Mgr Michel
Kien, qui prenait ainsi possession du vicariat, mais aussi le retour de congés
du Père Noël Tenaud. Or ce dernier était nommé, non pas dans une chrétienté
bien établie comme Pongkiou, mais dans un poste missionnaire où le travail
d´évangélisation n´avait jamais débuté : dans un effort d´aller ad gentes, vers
les non-chrétiens, il prospecterait tout le centre de la Province de
Savannakhet, sur deux cents kilomètres le long de la route n° 9, entre Séno et
la frontière du Viêt-nam. Il établirait sa résidence dans le bourg de Xépone,
dans la montagne, où il n´y avait pas un seul chrétien6. Le Père Tenaud supplia
l´évêque - avec larmes, précise la soeur d´Outhay - ; il le persuada de lui
céder ce précieux compagnon, afin de pouvoir relever en équipe le nouveau défi
apostolique.
Quant au catéchiste, il
n´hésita pas à suivre son maître et ami, disposé comme toujours à l´accompagner
dans toutes ses tournées d´évangélisation. Au témoignage de sa soeur, Outhay
connaissait pourtant bien la nouvelle situation au Laos, et le danger de mort
que la guérilla représentait pour les ouvriers de l´Évangile. Le Père Tenaud
n´avait pas cherché à le tromper : « Il a invité mon frère à le suivre au Laos
pour y mourir ensemble ; il l´exhortait à ne pas laisser son Père mourir seul.
Et Outhay a été d´accord pour y aller, tout en sachant bien qu´il allait
mourir. » Malgré leur étonnement, les membres de sa famille ne cherchèrent pas
à l´en dissuader.
D´aucuns jugeront ces
propos exagérés. À l´été 1959 - quelques mois avant la mort violente du Père
René Dubroux - les Pères voyaient volontiers le danger de persécution comme une
hypothèse lointaine. Les catéchistes, bien plus proches de la population,
avaient une vue différente. Le 2 août 1959, ceux de Sam Neua écrivaient à
l´évêque de Vientiane une lettre soulignant l´urgence de la situation, dont
voici quelques phrases en traduction littérale :
Tes fils estiment que les
prêtres... vont avoir des difficultés de toutes sortes... Chaque jour
maintenant le trouble s´élève continuellement. Vos fils pensent que c´est une
chose très grave parce que les ennemis sont arrivés et très certainement les Pères
de par ici n´éviteront pas la mort... Pour ce qui concerne le pays, maintenant
ce n´est plus, de beaucoup, la même chose qu´auparavant. Si cela arrive, nous
certifions qu´il n´y a pas de moyen de s´en aller, parce que maintenant c´est
la population qui est de coeur avec les... ennemis de notre religion.
Les Pères... ne
comprennent pas bien encore ce que c´est que la guerre ou la persécution contre
les Pères, parce qu´ils ne l´ont pas encore vue de leurs yeux. Ils prennent
encore cela à la légère. Vos fils sont des hommes qui ont été avec les Pères
depuis toujours et comprennent, et savent bien que si la guerre arrive, et que
les prêtres ne s´en vont pas tout d´abord, très certainement les ennemis
doivent leur faire du mal jusqu´à ce que mort s´ensuive... En ces jours-ci, vos
fils ont pensé et envoyé cette lettre à vous, Monseigneur, pour que vous
examiniez le moyen de ne pas perdre les prêtres.
Installation
À Xépone, les deux
apôtres s´installèrent juste au-delà du pont, à droite de la route. Le Père
Tenaud loua un compartiment dans un bâtiment en bois de style commercial
chinois. Un jeune séminariste, alors âgé de dix-huit ans et aujourd´hui prêtre
au Laos, les a visités à l´occasion de ses voyages vers le Viêt-nam, et « garde
un très vif souvenir de ce séjour ». Outhay et lui se baignaient dans la
rivière, et le catéchiste lui racontait volontiers son apostolat. « Je n´ai pas
vu les activités missionnaires dans les villages, mais Outhay m´a raconté
comment ils prenaient des contacts. C´était un homme cordial, chaleureux, qui
parlait facilement. »
De même, pour Mgr Pierre
Bach qui a fait sa connaissance durant cette dernière année de sa vie, Outhay
était quelqu´un de « très ouvert aux autres, autant que cela était possible
dans l´ambiance du Laos à cette époque. » Soeur Marie-Thérèse corrobore cette
vision : « Catéchiste attitré du Père Tenaud, c´est lui qui parlait
familièrement, fraternellement avec les gens, en se mettant à leur portée ; en
effet, avec les prêtres il y a une trop grande distance. »
Comme le Père Tenaud,
Outhay avait aussi un pied-à-terre en ville à Savannakhet, pour les temps de
repos et de retraite : une maison de bois construite derrière le chevet de
l´église, la future cathédrale. L´intention était d´en faire un petit centre de
formation pour les catéchistes. Plus tard, cette maison a été démontée et sert
aujourd´hui d´église dans un village.
Le dernier voyage
Pour Noël Tenaud et
Joseph Outhay, le « dernier voyage » s´est fait en deux étapes : la dernière
remontée vers Xépone et la tentative de retour vers la vallée du Mékong. La
reconstitution de ce double voyage reste en partie hypothétique.
Début 1961, la position
de Xépone était menacée par la guérilla et surtout par son puissant allié
nord-vietnamien : les plans de la future piste Hô Chí Minh exigeaient d´en
éliminer toute présence indésirable. Selon Mgr Pierre Bach, futur évêque de
Savannakhet, « on avait déconseillé au Père Tenaud, à cause du danger, de
retourner dans cette région ; mais lui avait tenu à y aller malgré tout, afin
d´affermir le courage des chrétiens isolés. Le catéchiste Outhay a accepté,
comme toujours, de l´accompagner. »
Sur le dernier voyage, il
y a des bribes de témoignages ; mises ensemble, celles-ci donnent une image en
pointillés relativement précise. Outhay a été mortellement blessé en même temps
que le Père Tenaud au moment de l´embuscade, mais le moment précis de sa mort
n´est pas connu. Un témoin, habitué de la région, s´exprime ainsi :
Un ancien de Muang Phine
m´a indiqué l´emplacement de l´embuscade ; mais je ne sais pas s´il faut lui
faire confiance sur le détail. C´est lui qui m´a dit qu´Outhay avait été seulement
blessé. Le Père Aballain a su cela aussi peut-être par d´autres personnes. J´ai
présumé que le Père Tenaud avait été enterré au bord de la route, et que Outhay
avait été soigné, soit à Phalane, soit à Muang Phine, ou même à Xépone. À mon
avis, c´est à Xépone qu´il est mort parce que c´est là que le GMC est retourné.
Le Père Aballain l´expliquait aussi comme cela après son enquête.
Le lieu de l´échauffourée
qui coûta la vie au P. Tenaud et ultimement au catéchiste Outhay est au Km 124.
Une troupe partisans, affamés, étaient sortis de la forêt ; ils avaient arrêté
un autobus et dévalisaient les voyageurs pour de la nourriture. Survint un
camion GMC commandé par le capitaine Phou Vieng, de l´armée royale, sous la
protection duquel voyageaient Tenaud et Outhay. Une fusillade s´ensuivit, avec
beaucoup de morts. Le P. Tenaud, tué, fut enterré dans la nature, avec les
autres morts, à proximité du km 124. Outhay, blessé et soigné à l´hôpital de
Phalane, mourut quelques jours plus tard, soit à Phalane, soit à Xepone. À
proximité du lieu de l´embuscade se trouve maintenant le village de Nonsa-ad
(km 125).
Après la mort du Père
Tenaud la route était coupée, et pendant longtemps on n´a plus eu de nouvelles.
A partir de 1994, et jusqu´à aujourd´hui, quelques tournées missionnaires ont
pu avoir lieu sur cette route.
Circonstances, motifs et
sens de cette mort
Témoignage de Mgr Bach,
m.e.p.
Quand le catéchiste
Outhay et le Père Tenaud ont disparu en avril-mai 1961, j´étais absent du Laos,
en Thaïlande pour quelques mois. Ce que je sais de leur mort est donc ce que
j´ai entendu des témoins.
Les deux voyageaient dans
la même voiture. Celle-ci circulait alors sur la route qui va de Savannakhet
vers le Viêt-nam. L´attaque est survenue à la hauteur de Tchépone, c´est-à-dire
dans le no man´s land au-delà des positions de l´armée royale laotienne. Cette
zone était tenue par la guérilla... Pour cette raison il a été impossible d´y
aller pour récupérer les corps.
Outhay aurait été blessé
dans l´attaque, mais il est mort de ses blessures peu de temps après.
Sur l´embuscade fatale,
il existe deux théories :
-Elle a été le fait de
l´armée royale, qui ne permettait à personne de se rendre en zone ennemie.
Cette hypothèse n´est guère vraisemblable, et je n´y crois pas.
-Elle a été le fait de la
guérilla, qui ne voulait pas d´interférences dans la zone qu´elle contrôlait.
C´est l´hypothèse qui a été finalement retenue.
Je suis certain que le
catéchiste Outhay n´était mêlé d´aucune façon aux questions militaires ou
politiques. Il n´y a pas de doute qu´Outhay était lui-même conscient du danger.
Il savait bien ce qui pouvait arriver. Pour moi, c´est la preuve qu´il
acceptait librement de donner sa vie pour sa mission, à cause de sa foi. Il
avait choisi de suivre le Christ et de servir le peuple de Dieu, quoi qu´il
arrive. Il a été fidèle jusqu´à la mort à cette option.
Je ne peux pas dire quels
sont les motifs qui expliquent directement le geste de ceux qui l´ont tué. Je
sais toutefois que les gens de la guérilla avaient été formés dans les maquis
par les Viêt-minh à la haine de la religion : ils voulaient à tout prix
supprimer la foi chrétienne dans le peuple laotien.
Bien sûr, il y avait dans
les motivations des adversaires un certain mélange. Ils faisaient l´amalgame
entre la haine du capitalisme, des Américains, des étrangers... Ceci dit,
l´attitude anti-religieuse est évidente chez eux : il y a à peine quelques
années les autorités au pouvoir continuaient à faire signer aux chefs de
famille des documents d´abjuration de la religion chrétienne. Certains
acceptaient pour avoir la paix ; d´autres refusaient...
La haine de la foi
chrétienne a donc bien été, au moins indirectement, la cause de la mort
d´Outhay.
La réputation de martyr
du catéchiste Outhay
Témoignage de Mgr Bach,
m.e.p.
"Je considère
personnellement le catéchiste Outhay comme un martyr, c´est-à-dire comme un
chrétien héroïque qui a offert sa vie courageusement pour sa foi, qui a suivi
le Christ jusque dans la mort.
Les chrétiens de
Savannakhet, qui l´ont connu ou ont entendu parler de lui, partagent cette même
conviction. Les prêtres diocésains de Savannakhet pourront attester cela.
La réputation de martyr
d´Outhay a commencé dès le moment de sa mort ; d´ailleurs, dès avant sa mort,
il était considéré par ceux qui le connaissaient comme un catéchiste héroïque.
Après sa mort, sa renommée n´a fait que monter, et ce, jusqu´à aujourd´hui. Je
peux attester cela pour les prêtres et les religieuses ; pour les chrétiens
laïcs, n´étant pas en contact avec eux, je ne puis toutefois en répondre.
Je n´ai pas connaissance
de chrétiens qui ne partageraient pas cette certitude. Je n´ai jamais entendu
non plus, de la part de non chrétiens, d´affirmations qui s´opposeraient à
cette réputation. Les Laotiens en général voient dans ces chrétiens morts pour
leur foi des héros à leur manière, des hommes qui n´avaient pas peur : pour eux
ce sont des gens qui suivaient leur maître. Comme le prêtre suit son Maître, le
Christ, le catéchiste Outhay a suivi le prêtre comme son maître, jusque dans la
mort.
Oui, il m´arrive de
m´inspirer de l´exemple laissé par le catéchiste Outhay, et je pense que cet
exemple inspire d´autres chrétiens. Oui, il m´arrive de demander l´intercession
auprès de Dieu de nos « martyrs » du Laos ; je le fais de façon collective, sans
privilégier tel ou tel. Je peux aussi attester qu´à Savannakhet et dans les
villages on fait mention d´eux après chaque messe."
Le témoignage de Mgr Bach
est rejoint par celui de Kani, le catéchiste laotien :
"Je suis persuadé
que le catéchiste Outhay est vraiment un martyr. Il n´a pas eu peur de partir
dans les régions où régnait l´insécurité. Il connaissait certainement le danger
de la situation. Mais quant à lui, il faisait confiance au Père : il le suivait
comme un disciple suit son maître. Il ne voulait à aucun prix le laisser
seul."
La mort du catéchiste
Outhay n´a pas plongé sa famille dans le désespoir : sa parenté croit fermement
qu´il est mort pour Dieu. Il s´était engagé dans l´enseignement du catéchisme,
pour faire connaître l´amour de Dieu à ceux qui ne le connaissent pas. Il a
suivi le Père Tenaud et à collaboré avec lui à l´oeuvre du Seigneur. Ses soeurs
croient fermement qu´il est avec Dieu et prie pour ceux qui sont encore en vie,
à Khamkoem et au Laos, parce qu´il les aimait tant.
SOURCE : http://www.oblatfrance.com/index.php?id_page=576
Blessed Joseph
Outhay Phongphumi
Profile
Layman
catechist
in the apostolic vicariate of Savannakhet (in modern Laos). Martyr.
Born
1933
in Kham Koem, Nakhon Phanom, Thailand
27
April 1961
in Muang Phalane, Savannakhet, Laos
5
June 2015
by Pope
Francis
(decree of martyrdom)
11
December 2016
by Pope
Francis
beatification
recognition celebrated in Vientiane, Laos, presided by Cardinal
Angelo
Amato
Additional
Information
other
sites in english
fonti
in italiano
MLA
Citation
‘Blessed Joseph Outhay
Phongphumi‘. CatholicSaints.Info. 26 February 2023. Web. 5 October 2026.
<https://catholicsaints.info/blessed-joseph-outhay-phongphumi/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-joseph-outhay-phongphumi/
Beato Giuseppe Outhay
Phongphumi Catechista e martire
Festa: 27 aprile
>>> Visualizza la
Scheda del Gruppo cui appartiene
Kham Koem, Thailandia,
1933 - Phalane, Laos, 27 aprile 1961
Joseph Outhay Phongphumi
nacque nel Siam (l’attuale Thailandia) in una famiglia numerosa e già cattolica
e fu inviato al Seminario minore di Ratchaburi, da cui uscì, terminato il corso
di studi, per prendersi cura della sua famiglia. Si sposò a diciannove anni, ma
sua moglie morì di parto l’anno seguente, insieme alla loro unica figlia. Per
lui fu il segno che doveva mettersi a disposizione come catechista diocesano,
seguendo padre Noël Tenaud, delle Missioni Estere di Parigi. Nell’aprile 1961
cadde in un’imboscata insieme a lui e a un ragazzo sordomuto, poi liberato.
Quando il missionario chiese di essere riportato alla missione con Joseph
Outhay, entrambi vennero portati via e uccisi il 27 aprile 1961. Inseriti nel
gruppo di quindici martiri capeggiato dal sacerdote laotiano Joseph Thao Tiên,
sono stati beatificati l’11 dicembre 2016 a Vientiane, nel Laos. La loro
memoria liturgica cade il 16 dicembre, unitamente a quella degli altri quindici
martiri del Laos.
Primi anni
Joseph Outhay Phongphumi nacque a Kham Koem, un villaggio agricolo nel nord-est dell’attuale Thailandia, a ridosso del Natale 1933, data nella quale fu battezzato. Il suo villaggio era uno dei primi ad essere stato evangelizzato dai sacerdoti della Società delle Missioni Estere di Parigi, che si occupavano di un vasto territorio tra Laos e Siam.
Outhay era il decimo di ventidue figli, quasi tutti morti giovanissimi o
comunque in tenera età. Suo padre, Paul Khrua, era catechista e non si lasciò
impaurire dalla persecuzione avviata in Siam nel dicembre 1940, anzi: ospitò in
casa propria suor Veronica, delle Religiose Amanti della Croce, alla quale era
stato proibito di portare l’abito religioso e di vivere in comunità. Le sorelle
di Outhay notarono subito che la sua presenza, accanto a quella della madre,
era molto importante per lui.
Allievo del Seminario minore, poi catechista
Al termine della persecuzione, Joseph Outhay aveva dodici anni ed era intelligente, dotato e religioso. Per questo motivo venne inviato al sud, nel Seminario minore retto dai Salesiani a Bang Nok Khuek (Ratchaburi), all’epoca l’unico del Paese.
Terminato il periodo di sei anni per gli studi secondari, tornò al villaggio. Non si sa per quale motivo: forse era perché, nel frattempo, la madre era morta, come anche i suoi fratelli più anziani. Ritrovatosi a essere il figlio maggiore, dovette quindi prendersi cura del padre e dei quattro fratelli minori rimasti.
Le sorelle ricordarono che era dotato di un carattere onesto, che non lasciava
indifferente chiunque lo incontrasse. Appassionatissimo alla sua fede
cristiana, come gli era stato insegnato dal padre, dirigeva la preghiera e i
canti in chiesa; proclamava le letture e a volte insegnava il catechismo.
Sposato e subito vedovo
Dato che era ormai in età per prendere moglie, gli fu presentata una cugina,
Maria Khamtan. Si sposarono il 17 febbraio 1953: lo sposo aveva poco più di
diciannove anni, mentre la sposa ne aveva venticinque. Tuttavia, rimase presto
vedovo: la moglie, infatti, morì di parto e, tre mesi dopo, fu seguita dalla
loro unica figlia.
Al seguito di padre Noël Tenaud
Provato da quei lutti, Joseph Outhay accettò la proposta di padre Noël Tenaud, della Società delle Missioni Estere di Parigi, che tempo addietro era stato parroco della comunità cristiana di Kham Koem e all’epoca era missionario nella provincia di Khammouan nel Laos, nonché pro-prefetto della Prefettura apostolica di Thakhek, di recente fondazione.
Stava appunto cercando nuove leve per organizzare al meglio l’evangelizzazione in quel territorio tanto esteso: invitò quindi il giovane vedovo a seguirlo, dopo il necessario periodo di formazione nella scuola di Sriracha, nel sud della Thailandia.
Outhay accettò con gioia, pur soffrendo il distacco dalla famiglia, che comprese il suo desiderio di nuove sfide. In seguito, in spirito di fedeltà e riconoscenza, tornò a trovare i familiari almeno una volta l’anno.
Fu al fianco di padre Tenaud durante i suoi ultimi tre anni nella parrocchia di
Pongkiou, vicino a Thakhek, centro importante per il servizio alla minoranza
etnica dei Sô. In particolare, si occupò d’insegnare agli apprendisti
catechisti, ai quali mostrava la parte seria del suo carattere. Per il resto,
era capace di far sorridere le Suore Amanti della Croce, che conservarono di
lui un buon ricordo. Tutte le sue migliori risorse erano impiegate per
trasmettere il Vangelo agli altri.
Al servizio del vicario apostolico
Nel giugno 1958, padre Tenaud tornò in Francia per un anno di riposo. Questo fatto, unito a un periodo in cui mancò perfino da mangiare, spinse Outhay a tornare nel suo villaggio natale. Mentre era sul punto di cedere alla disperazione, pur confidando nella Provvidenza, entrò in contatto con don Michel Kien Samophithak, il sacerdote thailandese che celebrava la Messa domenicale nella parrocchia di Kham Koem.
Nominato vicario apostolico di Tharè nel febbraio 1959, conobbe più
profondamente Outhay, restando favorevolmente colpito da lui. La sua intenzione
era fondare una congregazione di fratelli insegnanti e pensava che lui potesse
esserne uno dei pilastri; così, l’invitò a venire a vivere in episcopio. Il
giovane, che non aveva altro pensiero se non servire Dio e la Chiesa,
acconsentì.
Di nuovo con padre Tenaud
Monsignor Michel Kien venne ordinato vescovo nel luglio 1959 e prese possesso del vicariato, ma nello stesso periodo tornò padre Noel Tenaud con un nuovo incarico: accettò una parrocchia pressoché inesistente, in una provincia del tutto priva di cristiani, dove quindi l’evangelizzazione non era ancora cominciata. Facendo base a Savannakhet, visitava i villaggi verso la frontiera del Vietnam, con la speranza di creare una nuova comunità cristiana. Per questo motivo, supplicò il vescovo – fino alle lacrime, faceva notare la sorella di Outhay – di cederglielo e di riprendere il lavoro di squadra con lui.
Quanto al diretto interessato, non esitò un momento a seguirlo nei suoi viaggi di evangelizzazione. Era consapevole dei rischi cui poteva andare incontro, nella situazione politica del Laos che era sempre più complicata; perciò, i suoi familiari non cercarono di dissuaderlo.
Il missionario e il catechista s’installarono a Xepone, ma avevano anche una
piccola residenza nella città di Savannakhet, per trascorrervi qualche giorno
di riposo e per i momenti di ritiro. Se con i sacerdoti la gente del luogo si
teneva a distanza, con Outhay si apriva più facilmente.
L’ultimo viaggio
Nell’aprile 1961, padre Tenaud partì con lui e con un giovanissimo cristiano sordomuto, per girare i villaggi che gli erano stati affidati. Giunto al passaggio del campo di Seno (Xenô), i militari francesi l’avvertirono che un attacco dei nord-vietnamiti si stava preparando sulla zona che doveva raggiungere e lo sconsigliarono formalmente di proseguire. Più avanti, un pastore protestante gli confermò la brutta notizia, ma lui tirò dritto.
Dopo aver raggiunto il cuore dell’offensiva, tornò indietro, ma la strada era stata interrotta oltre Phalane, a circa cinquanta chilometri da Savannakhet. I tre viaggiatori, allora, si rifugiarono in un villaggio lungo la strada, ma furono traditi dai loro stessi ospiti e arrestati dai soldati nord-vietnamiti, che imposero loro di tornare a Phalane.
Sulla strada tra Muang Phine e Phalane, tuttavia, caddero in un’imboscata: i
soldati furono uccisi, padre Tenaud ferito a una gamba, mentre Outhay fu
colpito al collo. Ricondotti a Phalane, vennero curati, mentre il ragazzo
sordomuto venne rimesso in libertà.
Il martirio
Dopo otto giorni, il missionario domandò all’amministrazione provvisoria stabilita nella zona di poter rientrare a Savannakhet con Outhay. Alcuni testimoni li videro uscire dall’ufficio dell’amministrazione e, da allora, non ebbero più loro notizie né arrivarono a destinazione.
Nel 1963 varie testimonianze condussero a pensare che entrambi fossero
dispersi. La Società delle Missioni Estere registrò quindi la morte di padre
Tenaud alla data presunta del 15 dicembre 1962. Un avviso ufficiale
dell’ambasciata di Francia in Laos, datato 19 aprile 1967, retrodatò la sua
uccisione al 27 aprile 1961. La ragione ultima dell’accaduto rientrava
probabilmente nei tentativi da parte dei guerriglieri di sradicare il
cristianesimo dal Laos: era visto come un pericolo e i missionari apparivano,
di conseguenza, come “nemici del popolo”.
La causa di beatificazione
Padre Noël Tenaud e Joseph Outhay Phongphumi sono stati inseriti in un elenco di quindici tra sacerdoti, diocesani e missionari, e laici, uccisi tra Laos e Vietnam negli anni 1954-1970 e capeggiati dal sacerdote laotiano Joseph Thao Tiên. La fase diocesana del loro processo di beatificazione, ottenuto il nulla osta dalla Santa Sede il 18 gennaio 2008, si è svolta a Nantes (di cui era originario il già citato padre Jean-Baptiste Malo) dal 10 giugno 2008 al 27 febbraio 2010, supportata da una commissione storica.
A partire dalla fase romana, ovvero dal 13 ottobre 2012, la Congregazione delle
Cause dei Santi ha concesso che la loro “Positio super martyrio”, consegnata
nel 2014, venisse coordinata, poi studiata, congiuntamente a quella di padre
Mario Borzaga, dei Missionari Oblati di Maria Immacolata, e del catechista Paul
Thoj Xyooj (la cui fase diocesana si era svolta a Trento).
Il decreto sul martirio e la beatificazione
Il 27 novembre 2014 la riunione dei consultori teologi si è quindi pronunciata favorevolmente circa il martirio di tutti e diciassette. Questo parere positivo è stato confermato il 2 giugno 2015 dal congresso dei cardinali e vescovi della Congregazione delle Cause dei Santi, ma solo per Joseph Thao Tiên e i suoi quattordici compagni: padre Borzaga e il catechista, infatti, avevano già ottenuto la promulgazione del decreto sul martirio il 5 maggio 2015. Esattamente un mese dopo, il 5 giugno, papa Francesco autorizzava anche quello per gli altri quindici.
La beatificazione congiunta dei diciassette martiri, dopo accaniti dibattiti, è stata infine fissata a domenica 11 dicembre 2016 a Vientiane, nel Laos. A presiederla, come inviato del Santo Padre, il cardinal Orlando Quevedo, arcivescovo di Cotabato nelle Filippine e Missionario Oblato di Maria Immacolata. La loro memoria liturgica cade il 16 dicembre, anniversario del martirio di padre Jean Wauthier, Missionario Oblato di Maria Immacolata.
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/97096
Beati Martiri del Laos
Festa: 16 dicembre (celebrazione di gruppo)
† 1954/1970
Sotto il nome di martiri
del Laos vanno in realtà considerati due gruppi di sacerdoti (in gran parte
missionari) e laici autoctoni, uccisi negli anni dal 1954 al 1970 da parte di
guerriglieri comunisti del movimento Pathet Lao. Il primo gruppo comprende
sacerdoti sia della Società delle Missioni Estere di Parigi, sia dei Missionari
Oblati di Maria Immacolata, e catechisti laici: conta quindici martiri,
capeggiati dal sacerdote Joseph Thao Tiên, considerato il protomartire del Laos
(nel senso di primo martire nativo di quel Paese). Il secondo è formato da
padre Mario Borzaga, degli Oblati Missionari di Maria Immacolata, e dal
catechista Paul Thoj Xyooj. Le due cause di beatificazione hanno seguito
percorsi distinti nella fase diocesana, riunendosi per la discussione della
“Positio super martyrio” e separandosi di nuovo per la promulgazione dei
decreti sul martirio. Tutti e diciassette sono stati infine beatificati l’11
dicembre 2016 a Vientiane, in Laos. La loro memoria liturgica congiunta cade il
16 dicembre, data della morte di padre Jean Wauthier, dei Missionari Oblati di
Maria Immacolata.
L’evangelizzazione del Laos, situato tra Thailandia, Cina e Vietnam, rimonta, nei suoi primi tentativi, almeno al 1642, con l’arrivo del padre gesuita Gian Maria Leria; vi rimase per cinque anni. Seguirono altre spedizioni, quasi tutte apparentemente fallimentari, tra malattie, persecuzioni e difficoltà di ambientamento da parte dei missionari.
Solo dalla seconda metà del 1800 i sacerdoti della Società delle Missioni Estere di Parigi iniziarono a stabilire piccole stazioni missionarie lungo il fiume Mekong. La data ufficiale per l’avvio della Chiesa in Laos viene però fissata al 1885, con l’impianto di una missione stabile a Ban Dorn Don.
Nel 1938 la Santa Sede eresse la Prefettura apostolica di Vientiane e Luang Prabang, nel nord del Paese; nel 1952 divenne un Vicariato apostolico, col proprio vescovo. I Missionari Oblati di Maria Immacolata di nazionalità francese, che avevano raggiunto il Laos nel 1935, chiesero rinforzi dai confratelli della Provincia italiana: nel 1957, quindi, arrivarono i primi sei missionari.
Tuttavia, il territorio laotiano aveva ottenuto l’indipendenza dal 1953, ma era caratterizzato da lotte interne, fomentate soprattutto dai guerriglieri del movimento politico Pathet Lao, vicini al comunismo di stampo cinese.
Nel 1959 tutti i missionari ricevettero l’ordine dalla Santa Sede di restare al proprio posto, a meno che non fossero anziani o malati. Per molti di essi, obbedire a quella consegna significò l’arresto, la prigionia e la condanna a morte.
Il loro ricordo non è mai venuto meno, come quello dei catechisti laici laotiani che li avevano seguiti nelle spedizioni missionarie. Per questo motivo, dopo che san Giovanni Paolo II aveva invitato a conservare la memoria dei martiri del XX secolo nella lettera apostolica «Tertio Millennio Adveniente», i vescovi del Laos domandarono alla Società delle Missioni Estere e agli Oblati di Maria Immacolata di aiutarli a cercare i documenti necessari.
Nella commemorazione dei testimoni della fede nel XX secolo, svolta nel contesto del Grande Giubileo del 2000, precisamente il 7 maggio, sono stati elencati anche quelli che operarono in Laos.
Nel maggio 2003 i vescovi del Laos approvarono una lista provvisoria di 14 presunti martiri e chiesero agli Oblati di Maria Immacolata di rappresentarli nelle fasi preliminari del processo. Il 26 luglio 2004 il loro Superiore generale notificò di aver accettato la richiesta, ma con una precisazione: il lavoro iniziale sarebbe stato compiuto dalle province di Francia e d’Italia, rispettivamente per quindici e per due martiri. Ciò era motivato dal fatto che nel primo gruppo erano compresi missionari francesi, mentre il secondo contava solo il trentino padre Mario Borzaga e il catechista Paul Thoj Xyooj, scomparsi insieme alla fine dell’aprile 1960.
Le due cause si sono quindi svolte in questo modo. Per i quindici martiri franco-laotiani, capeggiati dal sacerdote Joseph Thao Tiên in quanto primo martire di nazionalità laotiana, la fase diocesana ha ottenuto il nulla osta dalla Santa Sede il 18 gennaio 2008. Si è quindi svolta a Nantes (di cui era originario padre Jean-Baptiste Malo, della Società delle Missioni Estere di Parigi) dal 10 giugno 2008 al 27 febbraio 2010, supportata da una commissione storica. La causa diocesana di padre Mario Borzaga e di Paul Thoj Xyooj si è invece svolta a Trento, ottenuto il trasferimento dal Vicariato apostolico di Luang Prabang, dal 7 ottobre 2006 al 17 ottobre 2008.
A partire dalla fase romana, ovvero dal 13 ottobre 2012, la Congregazione delle Cause dei Santi ha concesso che la “Positio super martyrio” di entrambi i gruppi venisse coordinata, poi studiata, congiuntamente.
Il 27 novembre 2014 la riunione dei consultori teologi si è quindi pronunciata favorevolmente circa il martirio di tutti e diciassette. Questo parere positivo è stato confermato il 2 giugno 2015 dal congresso dei cardinali e vescovi della Congregazione delle Cause dei Santi, ma solo per Joseph Thao Tiên e i suoi quattordici compagni: padre Borzaga e il catechista, infatti, avevano già ottenuto la promulgazione del decreto sul martirio il 5 maggio 2015. Esattamente un mese dopo, il 5 giugno, papa Francesco autorizzava anche quello per gli altri quindici.
La beatificazione congiunta dei diciassette martiri è stata infine fissata a
domenica 11 dicembre 2016 a Vientiane, nel Laos. A presiederla, come inviato
del Santo Padre, il cardinal Orlando Quevedo, arcivescovo di Cotabato nelle
Filippine e Missionario Oblato di Maria Immacolata. La loro memoria liturgica
cade il 16 dicembre, anniversario del martirio di padre Jean Wauthier,
Missionario Oblato di Maria Immacolata.
L’elenco che segue presenta i nomi di tutti e diciassette i martiri del Laos. I
nomi di battesimo sono tutti riportati nelle lingue nazionali e, per i laici di
nazionalità laotiana, in lingua francese.
91548 - Mario Borzaga,
sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
96696 - Paul Thoj Xyooj, catechista
† fine di aprile 1960
Decreto sul martirio: 5 maggio 2015
94616 - Joseph Thao
Tiên, sacerdote diocesano del Vicariato di Muang Sôi (Vietnam)
† Ban Ta Lang, 2 giugno 1954
97064 - Jean-Baptiste
Malo, sacerdote della Società delle Missioni Estere di Parigi
† Yên Hội, 28 marzo 1954
97066 - René Dubroux,
sacerdote della Società delle Missioni Estere di Parigi
† Palay, 19 dicembre 1959
97095 - Louis Leroy,
sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
† Ban Pha, 18 aprile 1961
97065 - Michel
Coquelet, sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
† Sop Xieng, 20 aprile 1961
97096 - Joseph Outhay
Phongphumi, catechista
97067 - Noël Tenaud, sacerdote della Società delle Missioni Estere di Parigi
† Phalane, Laos, 27 aprile 1961
97109 - Vincent
L’Hénoret, sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
† Ban Ban / Muang Kham, 11 maggio 1961
97128 - Marcel Denis,
sacerdote della Società delle Missioni Estere di Parigi
† Kham Hè, 31 luglio 1961
97129 - Jean Wauthier,
sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
† Ban Na, 16 dicembre 1961
97130 - Thomas
Khampheuane Inthirath, apprendista catechista
97131 - Lucien Galan, sacerdote della Società delle Missioni Estere di Parigi
† Paksong, 12 maggio 1968
97133 - Joseph Boissel,
sacerdote dei Missionari Oblati di Maria Immacolata
† Hat I-Et, 5 luglio 1969
97134 - Luc Sy,
catechista e padre di famiglia
97135 - Maisam Pho Inpèng, padre di famiglia
† Den Din, 7 marzo 1970
Decreto sul martirio: 5 giugno 2015
Autore: Emilia Flocchini
SOURCE : https://www.santiebeati.it/dettaglio/96704
Bienheureux NOËL TENAUD, prêtre des Missions Étrangères et martyr, et les MARTYRS du LAOS : http://har22201.blogspot.com/2017/04/bienheureux-noel-tenaud-pretre.html