lundi 4 mai 2015

Saint JOHN HOUGHTON, prêtre, prieur de la Chartreuse de Londres et martyr

Francisco Zurbarán. Saint John Houghton, O.Cart.

Francisco de Zurbarán (1598–1664), Beato John Houghton, circa 1640, 120 x 64, Museum of Cádiz

Saint John Houghton, di Francisco de Zurbarán (XVII secolo)


Saint John Houghton

Martyr en Angleterre (+ 1535)

et ses compagnons martyrs, Robert Lawrence, Augustin Webster, tous deux chartreux et saint Richard Reynolds, brigittain. Tous fidèles à la foi de l'Église romaine, catholique et apostolique, jusqu'à donner leur vie pour elle qui est le Corps du Christ.

Il fait partie des Quarante martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970.

À Londres, en 1535, les bienheureux prêtres et martyrs Jean Houghton, Robert Lawrence et Augustin Webster, prieurs des Chartreuses de Londres, de Beauvale, et d’Axholm, et Richard Reynolds, de l’Ordre de Sainte-Brigitte, qui furent condamnés à mort pour haute trahison, parce qu’ils refusaient de reconnaître le roi Henri VIII comme chef suprême de l’Église d’Angleterre; ils furent pendus et dépecés encore vivants à Tyburn. Avec eux subit le même supplice le bienheureux Jean Haile, prêtre, curé de la paroisse d’Isleworth, réputé coupable lui aussi de haute trahison pour le même motif.

Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1093/Saint-John-Houghton.html

John Houghton, Robert Lawrence, Augustine Webster, Richard Reynolds et John Haile

John est le premier de la longue file de martyrs de la persécution anglaise du XVIe siècle. Né en 1487 dans l’Essex, il étudia à Cambridge (où était chancelier John Fisher 1), prit ses grades en droit civil et canonique, puis ressentit la vocation sacerdotale et devint prêtre. Après quatre années de ministère, il entra à vingt-huit ans chez les chartreux, où il fut estimé en vrai modèle d’obéissance, d’humilité, de mortification.

Devenu prieur de la Chartreuse de Londres, sa sainteté ne se démentit pas. Il supporta par exemple héroïquement les injures grossières et les coups d’un inférieur.

Quand le roi Henri VIII réussit à faire voter comme loi d’État la suprématie royale sur l’Église, et la condamnation pour trahison envers tous ceux qui s’y opposeraient, le saint prieur avec toute sa communauté refusa nettement de s’y soumettre. L’apprenant, le roi se montra furieux contre lui et résolut d’en faire sa première victime.

John, avec deux autres prieurs qui étaient venus le rencontrer à ce moment-là, tentèrent de fléchir Cromwell, vainement. Le 29 avril 1535, au Westminster Hall, il y eut un semblant de jugement, au terme duquel Cromwell arracha aux juges une sentence de mort pour cause de haute trahison.

Ces trois prieurs chartreux subirent le martyre le 4 mai, et on leur adjoignit aussi deux autres prêtres. Le martyre consistait à la pendaison, mais comme souvent cela se produisit dans cette persécution, on ramenait à terre les pendus avant leur mort, et on les mettait en morceaux, encore vivants.

En ce qui concerne John, quand le bourreau lui arracha le cœur, il aurait dit : “Ô Jésus, que veux-tu faire avec mon cœur ?”.

De sa cellule, Thomas More2 aperçut les martyrs et dit à sa fille Meg : “Regarde, ces bienheureux Pères vont à la mort aussi gaiement que des fiancés vont à leur mariage”.

On a moins de détails sur les autres martyrs compagnons de John.

Robert Lawrence était prieur de la chartreuse de Beauvale dans le comté de Nottingham, et Augustine Webster, prieur de celle d’Axholme dans le comté de Lincoln. Tous deux venaient de rejoindre Londres pour traiter de quelques affaires concernant leurs maisons respectives, et s’associèrent pleinement aux prises de position de leur saint Confrère John.

Richard Reynolds, de l’ordre de Sainte-Brigitte, né vers 1492, avait pris ses grades à Cambridge, et était entré à la maison de Sion, fondée pour les brigittains par la famille royale de Suède.

John Haile, prêtre séculier, exerçait le saint ministère dans la paroisse d’Isleworth depuis 1521. Assez âgé, il s’exprima fermement contre la cruauté de Henri VIII et le déclara hérétique, ce qui le fit arrêter et conduire à la Tour de Londres, et partager le sort des précédents.

Déclarés bienheureux en 1886, les Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles furent canonisés en 1970. Le Martyrologe mentionne nos cinq martyrs d’aujourd’hui au 4 mai.

1 Martyr lui aussi, fêté le 22 juin.

2 Martyrisé le 6 juillet, il est fêté avec John Fisher le 22 juin.

SOURCE : http://nova.evangelisation.free.fr/john_houghton_et_compagnons.htm

Vincenzo Carducci (1576–1638), Martirio de los priores de las cartujas inglesas de Londres, Nottingham y Axholme, circa 1626, 337 x 298, Museo del Prado


HISTOIRE DU MARTYRE DES CHARTREUX EN ANGLETERRE.

1. — Alors que la prudence et l'habileté séculaires du gouvernement de ses nobles rois et princes avaient illustré notre beau royaume d'Angleterre, que la foi chrétienne, l'influence, la puissance, l'abondance, la gloire, les richesses y florissaient, en même temps il se leva des hommes qui préféraient les gloires de l'ancienne Grèce à celles de la patrie, des hommes qui cherchaient leurs propres intérêts plutôt que ceux de la justice et de l'honneur du royaume ; qui ne savaient pas que la vertu mieux que le vice fait la force et le bonheur des États dont la sécurité est assurée par l'obéissance à la voix de leur Dieu ; préférant d'ailleurs la jouissance des choses caduques à la crainte de Dieu, ces hommes avaient lâché les rênes au luxe et à la débauche. C'est pourquoi, abandonnés de Dieu, ils en vinrent à ce point de folie, d'obstination et d'aveuglement que pour le malheur du royaume, sinon pour sa complète destruction, ils osèrent se permettre des choses auxquelles le chrétien ne doit même point penser. La relation présente en fera connaître quelques-uns. Plût à Dieu que la détresse et la souffrance de notre royaume ou plutôt les vices qui nous ont conduits à ce misérable état ouvrent les yeux des princes et des États et leur fassent comprendre qu'ils ne désirent pas commettre de pareils actes s'ils ne veulent pas subir les mêmes châtiments. Car, témoin la sainte Ecriture, les vices rendent les peuples malheureux et leur incrédulité attire sur eux la colère divine.

2. — Voici donc ce qui arriva à notre royaume d'Angleterre. Tant que le roi Henri VIII vécut dans la crainte de Dieu, l'obéissance à la discipline de l'Eglise, son gouvernement fut prospère; il était renommé, agréable, aimé, fort et redouté. Mais ce qui arriva à Sodome et Salomon prouve que trop de richesses, de prospérité et de loisirs sont, quand on en mésuse, une cause de crimes; il connut cette abondance quelques années avant sa mort, et bien loin de les consacrer à témoigner à Dieu sa reconnaissance et en implorer la miséricorde pour ses fautes passées, il s'éprit d'un violent amour pour une femme, Anne Boleyn.

Il en était tellement épris qu'il oublia totalement les intérêts de son gouvernement, de son royaume et l'extirpation du fléau de l'hérésie qui à ce moment pullulait dans diverses parties de ses États. Il admit dans son conseil des gens que rien n'avait préparés ni aux affaires tant politiques que militaires ni à l'administration de l'État, et c'est à de pareils agents qu'il confia les intérêts de son royaume ; alors que ces misérables n'avaient pas d'autre souci que d'agrandir démesurément leur fortune personnelle.

Anne d'ailleurs, fourbe et rusée, demandait et acceptait volontiers leur concours. Elle refusait toutefois, mais de bouche seulement, d'acquiescer aux désirs du roi, non pas qu'elle fût chaste ou pudique, car, au dire général, elle était très débauchée et la cour tout entière la tenait pour une courtisane avérée ; mais- par ambition, afin d'arriver à partager la couronne et le trône. C'est pour atteindre plus sûrement ce but qu'elle refusa d'une part de se livrer au roi afin d'exciter davantage sa passion, et que de l'autre elle captait les bonnes grâces de ces gens perdus qui pouvaient conseiller le roi suivant ses désirs. — Tandis que le roi se voyait ainsi repoussé, quelques-uns de ses parasites lui persuadèrent qu'il vivait dans l'état d'adultère, puisqu'il vivait avec la femme de feu son frère, ce qui, prétendaient-ils, était prohibé par les saintes Écritures. En effet, le roi avait épousé la très sainte dame Catherine, fille, etc. (sic) et tante du très victorieux seigneur l'empereur Charles-Quint, tout d'abord mariée au frère aîné de notre roi Henri, mort d'ailleurs avant la consommation de leur mariage. Comme c'était un fait hors de doute, du consentement du saint Pontife et de tout le royaume, Henri l'épousa ; de ce mariage naquit la Sérénissime et très pieuse dame Marie qui fut donnée en mariage au catholique prince et roi Philippe, fils dudit Charles-Quint ; mais le roi Henri, comme s'il eût trouvé un excellent moyen de satisfaire sa méchanceté et sa luxure, s'appliqua à faire déclarer nul son premier mariage afin d'en contracter un nouveau avec Anne. - Cela fait, voulant complaire à sa seconde femme, l'an 1534 suivant le calendrier romain, la 25e de son avènement au trône, et sous le pontificat du pape Clément VII, il décréta que tous ses sujets âgés de 21 ans et au-dessus, de tout état et de toute condition„ approuveraient et affirmeraient par serment que ses secondes noces avec Anne Boleyn étaient légitimes, et que les enfants nés ou à naître de cette union seraient acceptés et obéis comme héritiers légitimes. Cependant Catherine sa première femme n'était pas morte, elle devait même vivre deux ans après ces noces adultères, et dans cet intervalle naquit Elizabeth, notre reine actuelle.

4. — Cependant que le conseil royal s'occupait de faire exécuter cette loi, il y avait un peu partout dans le royaume des prodiges et des présages qui paraissaient pronostiquer des calamités et des fléaux, et dans certains il y avait comme une désignation spéciale de la Chartreuse de Londres.

En 1533, pendant plusieurs nuits, parut dans tout le royaume une comète effrayante dont l'éclat et le scintillement extraordinaires remplissaient d'épouvante tous ceux qui la voyaient. Cette comète étendait ses rayons et semblait frapper le campanile de la Chartreuse de Londres d'une façon tellement évidente qu'il ne pouvait y avoir d'erreur pour ceux qui en étaient témoins. Cette même année, on vit un globe sanglant suspendu dans les airs. A cette même époque on vit deux armées de mouches innombrables qui alternativement couvraient en quelque sorte notre maison, s'arrêtant longtemps sur l'église et nos cellules ; l'une de ces deux armées était formée de mouches noires et difformes semblables à celles qui naissent sur le fumier, tandis que celles de la seconde armée étaient longues et de couleurs diverses comme celles que nous voyons voltiger parmi les roseaux.

5. — Vers cette même époque il arriva le fait étonnant que voici : le vénérable Père Prieur de la Chartreuse de Londres, dont nous parlerons plus loin, était visiteur de la province d'Angleterre, et il faisait la visite du monastère du Mont de Grâce,au nord du royaume, pas bien loin d'York. La longueur du voyage l'avait obligé à enlever ses vêtements pour les faire laver ; or tandis que les serviteurs les étendaient en même temps que ceux d'un autre visiteur pour les faire sécher, de grands corbeaux noirs volèrent sur ceux de notre père qu'ils arrachèrent des perches auxquelles on les avait suspendus et les déchiquetèrent ; sans nul doute cela présageait et marquait comment il serait déchiré lui-même par les noirs ministres du démon. Ces prodiges et bien d'autres encore furent bien propres à nous remplir de crainte et à nous faire voir l'imminence de quelque grande tribulation. Ces malheurs du reste nous avaient déjà été annoncés bien des années auparavant par ceux de nos pères que nous regardions comme des saints. Mais toujours, comme les enfants d'Israël, nous pensions que ces visions n'arriveraient que bien plus tard et que c'étaient des prophéties à longue échéance. — Pourtant quand nous vîmes ces choses se succéder ainsi une à une, nous commençâmes à craindre qu'elles ne se réalisassent de notre vivant et nous implorâmes le Seigneur très clément de nous être propice et de tout faire tourner à notre avantage.

6. — Ces faits s'étant ainsi passés, et les ordres sévères d'un roi cruel étant exécutés par des serviteurs encore plus cruels, notre tour d'épreuve arriva. Les commissaires royaux, pour accomplir l'édit de leur maître, vinrent en effet à notre maison, nommée la maison de la Salutation de la B. V. Marie, de l'ordre des Chartreux, non loin de Londres.

Et tout d'abord ils mandèrent secrètement Jean Houghton, notre vénérable Père et prieur de la maison, lui demandant, à lui et à tous ceux qui étaient soumis à son autorité, de reconnaître la légitimité de la répudiation de la première épouse et celle en même temps du second mariage. A ces mots, il répondit que ni lui ni les siens ne se mêlaient des affaires du roi, et qu'ils n'avaient pas à s'occuper de la personne que le roi voulait répudier, pas plus que de celle qu'il voulait prendre pour femme.

Mécontents de cette réponse, ils exigèrent que franchement et sans retard, le couvent convoqué, tous affirmassent par serment que le premier mariage était illicite, légitime le second.

Mais lui répondait qu'il ne comprenait pas comment un premier mariage célébré selon les rites de l'Église et qui avait duré tant d'années pouvait être annulé. Cette réponse les mit en fureur et ils ordonnèrent de l'enfermer immédiatement dans la Tour de Londres en même temps que le père Humfroid Middlemore, alors procureur de la maison et qui, questionné à son tour, avait fait la même réponse.

Ils y furent détenus un mois durant. Entre temps, quelques hommes honnêtes et dévoués leur persuadèrent que ce n'était pas une question de foi qu'il fallait défendre jusqu'à la mort. Ces conseils les décidèrent à accepter ce qu'exigeaient les envoyés du roi. Élargis aussitôt, ils revinrent chez nous où nous les reçûmes avec grande joie. Toutefois comme, après le retour de notre père, il y eut une consultation entre conventuels au sujet de cette question, avant que les commissaires reparussent, et comme on ne savait à quel parti s'arrêter, le pieux Père nous dit : « Vénérables pères et frères, acquiesçons, je vous en prie, cette fois, aux envoyés royaux, et sans offenser Dieu, ce que j'espère, vivons un peu ensemble, car ce n'est pas la fin. Tout cela ne finira point ainsi. La nuit même où le procureur notre frère et moi nous avons été élargis, il m'a été révélé pendant mon sommeil que la prochaine fois je ne m'en tirerais pas à si bon compte, car dans peu de jours je serai derechef conduit en prison et j'y finirai mes jours. On nous proposera quelque chose au sujet de laquelle il ne pourra y avoir ni hésitation ni ambiguïté. »

Sur ces entrefaites, les mêmes commissaires vinrent de la part du roi pour exiger le même serment de la part de tous les conventuels et conduire en prison ceux qui le refuseraient : deux fois ils partirent sans avoir rien obtenu, car d'une commune voix nous nous refusâmes à leur donner satisfaction, leurs menaces n'ayant sur nous aucun effet. Une troisième fois ils se présentèrent accompagnés des gouverneurs de la ville et leurs satellites. Considérant alors que nous ne pouvions plus échapper, nous nous décidâmes à suivre les conseils dévoués et salutaires de notre prieur Jean Houghton, et nous prêtâmes tous le serment exigé par le roi, le 25e jour de mai 1534, la 4e année du priorat de notre Père.

7. — Nous pensions alors que notre obéissance aux ordres du roi nous avait rendu notre liberté et que dorénavant nous pourrions vivre tranquilles. Mais nous éprouvâmes la vérité de cette parole du prophète : « Ne vous fiez pas aux princes, en eux il n'y pas de sécurité. » En effet, vers la fin de la même année 1534, il fut décidé par le roi et ses conseillers, dans un acte célèbre du Parlement, que dorénavant, le Saint-Père ne voulant pas consentir au divorce et approuver le second mariage, tous les sujets ne devaient plus reconnaître l'autorité papale ou toute autre étrangère au royaume, mais tenir le roi lui-même pour chef de l'Eglise d'Angleterre, tant au spirituel qu'au temporel, et s'y engager par serment ; ceux qui le refuseraient seraient poursuivis pour crime de lèse-majesté. Cette ordonnance ayant été publiée dans tout le royaume, notre vénérable Père Prieur Jean Houghton réunit le couvent et lui fit part du nouveau décret. — A cette nouvelle nous fûmes tous consternés, d'abondantes larmes coulèrent de nos yeux et d'une commune voix : « Mourons tous dans la simplicité de notre coeur ; le ciel et la terre rendront témoignage que nous périssons injustement. » Notre Père nous répondit avec tristesse : « Oui, qu'il en soit ainsi, que la même mort rende à la vie ceux qu'une même vie a réservés pour la mort, afin que je puisse paraître

devant Dieu entouré de mon troupeau. Ne croyons pas cependant qu'ils nous feront à tous un si grand bien et à eux-mêmes un si grand mal ; je crois plutôt qu'ils feront d'abord mourir les officiers, les plus âgés et moi-même, laissant libres les plus jeunes. Néanmoins qu'en tout s'accomplisse la volonté divine ; mais pour ne pas être pris à l'improviste par le Seigneur quand il viendra frapper à la porte, préparons-nous comme si nous devions mourir sur l'heure. Les coups que l'on attend sont moins sensibles. » Alors il donne à tous la permission de se choisir un confesseur parmi nous afin de lui faire une confession générale et recevoir l'indulgence plénière de notre ordre. Puis, « comme nous péchons tous en bien des points et que nous nous devons tous quelque chose ; que, d'autre part, ni la vie, ni la mort, ni rien au monde n'a de valeur sans la charité, nous nous réconcilierons publiquement, ensuite nous célébrerons le messe du Saint-Esprit pour obtenir la grâce que son bon plaisir s'accomplisse en nous. »

8. — Le jour de la réconciliation venu, notre Père Prieur nous fit un sermon très touchant sur la charité, la patience et la confiance inébranlable dans le Seigneur qui n'abandonne jamais ceux qui espèrent en lui, et il conclut en ces termes : « Il nous vaut mieux d'être couverts ici-bas de confusion et de subir une peine passagère pour nos péchés, que de l'être dans l'autre monde en face de Dieu, des anges et des saints, et d'être réservés pour les châtiments éternels. Il ajouta : « Pères et frères très chers, ce que je vais faire, faites-le à votre tour. » A ces mots, il se lève, s'approche du plus ancien assis à ses côtés et, s'agenouillant devant lui, il lui demande humblement pardon de tous les torts qu'il pouvait lui avoir faits en paroles ou en actions. La même prière lui fut adressée par l'ancien. Le Père Prieur répéta la même démarche pour chacun jusqu'au dernier frère convers et versant d'abondantes larmes. Tout le monde l'imita et chacun se demandait pardon et remise. Quelle tristesse ! Que de larmes en ce moment ! Vraiment dans Rama on entendit une voix, beaucoup de cris de lamentations. A partir de ce jour, il suffisait de regarder notre saint Père Prieur pour lire sur son visage, qui jusque-là ne s'était jamais laissé altérer par les événements, quel grand chagrin, quelle immense douleur, avaient atteint le fond de son âme. Le changement de son visage et de son teint déclarait la souffrance intime de son coeur ; toute sa personne était comme enveloppée de tristesse, et les soubresauts de son corps trahissaient malgré lui ses chagrins intérieurs.

9. — Le jour venu où l'on devait célébrer la messe conventuelle du Saint-Esprit, notre Père Prieur lui-même se prépara très dévotement à offrir le saint sacrifice pendant lequel le Dieu très clément daigna visiter ses serviteurs. — En effet, à peine l'élévation était finie que tout le monde entendit comme un léger bruissement pareil à celui que produit un vent très doux ; il résonnait un peu plus fort à l'extérieur, mais bien davantage dans notre intérieur ; les oreilles de notre coeur le percevaient plus distinctement que celles de notre corps. A cette touche divine, le Père Prieur lui-même se sentit tellement rempli de douceur céleste qu'il fondit en larmes et que pendant de longs instants il lui fut impossible de continuer la messe. Et cet effet de la clémence divine fut ressenti de tous, même des frères convers qui se tenaient dans différents endroits de l'église. Dès la réunion qui suivit, une discussion pleine de piété et d'humilité s'engagea entre le Père et les enfants, le premier attribuant cette grâce à la dévotion de ses fils et ceux-ci à la sainteté de leur Père, qui vraiment était un saint doué de toutes les grâces, de toutes les vertus. Combien instante fut, à partir de ce jour, la prière de notre communauté afin que Dieu daignât arranger toutes choses pour sa gloire et le salut de nos âmes, je n'essaierai pas même de le dire.

10. — Sur ces entrefaites, arriva chez nous le vénérable P. Robert Lawrence, Prieur de la Chartreuse de Bellavallis (Bellevallée), profès de notre monastère, religieux accompli et de grande piété ; deux jours après arriva également chez nous, conduit par les affaires de sa maison, le vénérable P. Augustin Webster, profès du couvent de Shène et Prieur du monastère de la Visitation de la bienheureuse Vierge Marie près d'Anxiolme. C'était un homme de vertus vigoureuses. Quand ils apprirent nos angoisses et les périls auxquels nous étions exposés, de concert avec notre Père Prieur Jean Houghton, ils résolurent d'aller ensemble trouver le vicaire du Royaume Thomas Cromwell pour calmer par son entremise la colère du roi très allumée contre nous parce qu'il avait appris que nous ne voulions pas nous soumettre à son décret, et aussi pour tenter de s'affranchir, eux et leurs subordonnés, de ce décret. L'ayant abordé, ils lui exposèrent bien humblement leurs désirs et leurs supplications. Mais celui-ci, fort indigné, refusa d'y condescendre, leur ordonna de rentrer chez nous pour revenir le trouver le lendemain ; en attendant, ils se consulteraient sur la réponse qu'ils pourraient lui donner au sujet de cette affaire. De retour le lendemain, comme ils en avaient reçu l'ordre, ils réitérèrent leur demande, lui exposant simplement leur intention. Comme un lion rugissant, il les accabla de reproches et d'injures, les traita de traîtres, de rebelles, et les fit enfermer dans la Tour de Londres, où il les fit détenir la semaine entière. La semaine écoulée, il vint lui-même à la tour, accompagné de beaucoup de nobles du conseil royal et de quelques docteurs. Il fit appeler nos Pères et leur demanda si oui ou non ils voulaient se soumettre à l'édit du Parlement et du roi, à savoir s'ils voulaient renier l'autorité du pape et affirmer qu'il avait par fraude et violence usurpé la primauté de l'Église, reconnaître et affirmer que le roi était le chef suprême de l'Église d'Angleterre tant au spirituel qu'au temporel. Nos Pères répondirent qu'ils feraient sans hésitation aucune tout ce à quoi étaient tenus de vrais chrétiens et sujets à l'égard de leur prince et qu'ils obéiraient en tout ce que permettrait la loi divine. « Point de restriction, répondit-il, je veux que pleinement et sincèrement, de cœur comme de bouche, et sous serment vous affirmiez et observiez avec fermeté ce qu'on exige de vous. »

11. — Nos bienheureux Pères répondirent : « C'est tout le contraire qui a toujours été enseigné par notre mère la sainte Église. — L'Église, dit-il, c'est le dernier de mes soucis. Voulez-vous, oui ou non, faire ce que je vous dis ? » Ils répondirent : « Nous craignons trop Dieu pour oser abandonner l'Église catholique, nous révolter ou aller ouvertement à l'encontre de ses décrets ; car saint Augustin a dit : « Je ne croirais même pas à l'Évangile du Christ si la sainte et orthodoxe Église ne me l'avait enseigné comme elle l'enseigne ». — « Que saint Augustin, expliqua-t-il, pense comme il voudra. Vous, vous penserez comme moi ou bien il vous arrivera malheur. » Comme ils gardèrent le silence, on les fit reconduire en prison. Au jour fixé, les gardiens de la Tour, les officiers, les ministres de la Tour et une nombreuse escorte de satellites les annoncèrent à la cour de Westminster et les présentèrent à la barre; on leur avait adjoint un vénérable religieux du couvent de Sion, de l'ordre de Sainte-Brigitte, le père Réginald, homme de grand savoir et de fion moindre sainteté, et un autre prêtre séculier, curé de l'église paroissiale de Thisteworth. Tous les deux étaient détenus dans la même prison pour le même motif ; avec une grande constance ils avaient refusé d'obéir aux ordres du roi. C'est ce qui les avait fait appeler tous les deux en ce lieu où se trouvaient réunis beaucoup de grands seigneurs du royaume. Requis un par un de s'expliquer sur la question, tous refusèrent d'obéir, disant qu'à aucun prix ils ne voulaient déroger en quoi que ce fût à la loi de Dieu, aux coutumes de la sainte Eglise ni abandonner les lois de leurs ancêtres. Immédiatement on choisit douze hommes, conformément à l'usage national, qui, sous la foi du serment, devaient dire si ces cinq accusés qui refusaient de se soumettre et d'obéir aux ordres du roi et du Parlement devaient ou non être mis à mort. En face d'un ordre si nouveau, difficile et inouï, ils remirent leur sentence au lendemain; et les saints personnages furent alors reconduits en prison.

Tout le jour les juges agitèrent cette question, et leur conclusion fut que les pères n'avaient pas enfreint de loi et qu'ils étaient innocents à tous les points de vue. Mais Thom. Cromwell soupçonna que ces douze juges avaient de la délicatesse de conscience, et sur le soir de cette première journée, apprenant qu'ils n'avaient pas encore rendu leur sentence, il leur fit demander le motif d'un si long retard et ce qu'ils pensaient faire de la cause qu'on leur avait confiée. Ils exposèrent qu'ils n'avaient pas osé condamner comme malfaiteurs des hommes si pieux et qu'ils ne les avaient trouvés coupables en rien. Cette réponse le mit en fureur et il leur fit dire immédiatement : « Si vous ne les trouvez pas coupables, vous subirez vous-mêmes le châtiment des transgresseurs. » Ils persistèrent dans leur décision. A cette nouvelle, il vint à eux comme un furieux et proféra de si violentes menaces qu'il les força à condamner ces saints pour crime de lèse-majesté. Le lendemain, on les ramena de la prison à la cour de Westminster, et en leur présence les douze jurés firent connaître leur sentence, disant que ces cinq religieux étaient coupables du crime de lèse-majesté. Leur sentence sur ce fait ayant été prononcée suivant la coutume anglaise, les juges qui présidaient à la connaissance des affaires et à l'application de la loi condamnèrent ces saints personnages à la peine de mort pour crime de lèse-majesté.

L'arrêt une fois rendu, on les ramena en prison, mais en faisant porter devant eux le signe des condamnés à mort. Ils restèrent encore cinq jours. Ni la parole ni la plume ne peuvent traduire ce que ces saints personnages eurent à endurer d'avanies de la part des persécuteurs de leurs âmes. Comme ils restaient inébranlables en face de leurs ennemis, on donna l'ordre de les conduire au supplice. Voici comment il eut lieu.

12. — Tirés de prison, on les coucha, chacun vêtu de l'habit de son ordre, sur des claies d'osier. Ils y étaient attachés étendus sur le dos, et des chevaux les traînèrent à travers la ville de Londres jusqu'au lieu où l'on exécutait les scélérats, à Tyburn, à 3 milles anglais (ou italiens) de la Tour de Londres. Ils étaient attachés deux par deux sur les claies, le cinquième excepté qui était seul. Qui pourrait dire les douleurs, les tortures qu'eurent à endurer ces très saints hommes pendant un aussi long trajet, étendus ainsi sur une claie fort dure et qui, s'élevant à peine d'un travers de doigt au-dessus du sol, maintenait leurs corps étendus, les traînait tantôt sur des lieux pleins de cailloux et tantôt dans des endroits pleins d'eau et de boue? Ils arrivèrent enfin au lieu désigné. Tout d'abord on détacha de la claie notre saint Père Prieur de la Chartreuse de Londres et visiteur de la province anglaise, Jean Houghton. Comme de coutume, le bourreau se jeta immédiatement à genoux devant lui, le suppliant de lui pardonner la mort qu'il allait lui donner. O bon Jésus l quel est le coeur de pierre qui n'aurait pas été attendri, s'il avait pu le voir à cette heure ! Quelle affabilité dans sa parole, quelle bonté dans son étreinte, quelle piété et quelle ferveur dans sa prière pour le bourreau et les témoins de son supplice ! Cela fait, il reçut l'ordre de monter sur le chariot placé sous la potence où il allait être pendu. Il le fit avec une très grande douceur. Alors un des conseillers • du roi, qui était là présent entouré d'une foule immense, lui demanda s'il voulait obéir à l'ordre du roi et au décret du Parlement ; il lui serait fait grâce à cette condition. Le fidèle martyr du Christ répondit : « J'en prends à témoin le Dieu tout-puissant et vous supplie vous tous de témoigner pour moi au terrible jour du jugement, qu'ici sur le point de mourir je déclare publiquement que ce n'est ni par obstination ni par malice, ni par esprit de révolte que je refuse d'obtempérer à la volonté de votre roi, mais seulement par crainte de Dieu et pour ne pas offenser sa divine majesté. Parce que les ordonnances que notre mère la sainte Eglise a établies, enseigne, garde et a toujours gardées sont en opposition avec celles de votre roi et de son Parlement, je suis donc obligé en conscience et je suis prêt à souffrir cette mort et tous les tourments qu'on pourrait m'infliger plutôt que de renier les enseignements de l'Eglise. » Après ces mots, il demanda au bourreau de lui laisser terminer la prière qu'il avait commencée, qui était: « En vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance », etc., jusqu'au verset : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains », etc., inclusivement. Sa prière finie, sur un signal donné on enleva le char de dessous ses pieds et il se trouva ainsi pendu.

13. — Presque aussitôt un des assistants coupa la corde pendant qu'il vivait encore et, tombant à terre, il commença à reprendre son souffle. Aussitôt il fut traîné un peu à l'écart, dépouillé de ses vêtements et écartelé tout nu. Alors le bourreau se jeta sur lui et tout d'abord il lui coupa les parties naturelles, puis lui ouvrit le ventre, enleva ses entrailles qu'il jeta dans un brasier allumé, tandis que le bienheureux ne cessait de prier. Enfin pendant qu'on lui enlevait le coeur, il conservait une douceur et une patience surhumaines qui excitaient chez tous les témoins la plus grande admiration ; enfin sur le point de rendre le dernier soupir, il dit d'une voix très douce : « Très miséricordieux Seigneur Jésus, prenez pitié de moi à cette heure. » Et pendant que le bourreau lui arrachait le coeur, il lui dit, comme l'ont rapporté les ministres et d'autres personnes dignes de foi présentes au supplice : « O bon Jésus, que veux-tu faire de mon coeur ? » Et le bourreau lui-même, qui voulait le montrer aux seigneurs conseillers, ne put le tenir dans ses mains tant les palpitations en étaient fortes. C'est après ces supplices et ces dernières paroles qu'il rendit le dernier soupir ; immédiatement on lui coupa la tête et on divisa son corps en quatre. Ainsi ce saint homme fidèle jusqu'à la mort alla au Seigneur le 4 mai 1535, vers la 48e année de son âge et la 5e de son priorat, semblable au bon pasteur qui ne donne pas seulement sa vie pour ses brebis en leur prêchant d'exemple, mais encore en mourant pour la justice et la foi de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de notre mère la sainte Église.

14. — Ainsi mourut ce saint religieux. Le même jour et dans le même lieu périrent cruellement de la même manière les quatre saints personnages dont nous avons déjà prononcé le nom ; à savoir les chartreux Robert Lawrence et Augustin Webster, le R. P. Réginald, Brigittain, et un prêtre séculier. Mais le P. Brigittain, homme d'une doctrine et grande sainteté, debout sur le char et presque la corde au cou, sans peur, sans la moindre faiblesse, harangua éloquemment le peuple. Les membres de ces défunts furent mis en pièces, jetés dans des chaudières et légèrement bouillis afin de les rendre plus horribles à voir, enfin suspendus dans divers endroits de la ville. On suspendit à la porte de notre Chartreuse de Londres un bras de notre saint P. Jean Houghton. Il y resta suspendu jusqu'à notre expulsion. Deux semaines après cette expulsion, comme deux des nôtres passaient par cette porte, le bras tomba par hasard. Ils regardèrent cela comme un présage, l'emportèrent avec soi et le cachèrent. Malheureusement le lieu n'était pas tellement secret que, grâce à la négligence de certains, cela ne permît aux suppôts du diable de le trouver plus tard, de le couper en morceaux et de les jeter on ne sait où. Les documents publics et les registres de Westminster et notre pieux Père J. Houghton lui-même témoignent que telle fut la cause unique de leur supplice, car après que la sentence de mort fut portée contre eux, il écrivit lui-même de sa propre main dans son carnet toutes les questions et les réponses qu'ils y avaient faites. Cette relation fut remise au P. Withelme Exméro, alors procureur de notre maison, par l'entremise d'un de ses geôliers qu'il avait converti pendant sa détention. Le procureur lui-même me confia ensuite ce carnet. Plus tard, je l'ai remis à un noble Florentin, Pierre de Berdes, qui me promit de le faire tenir à notre Saint-Père le Pape avec un fragment de la chemise dans laquelle notre bienheureux Père avait été supplicié.

15. — Trois semaines durant, après la mort des saints dont nous avons raconté les détails et donné la raison, bon nombre d'hommes de basse extraction allèrent trouver Th. Cromwell et lui demandèrent l'autorisation de maltraiter les chartreux. Il ne pouvait y avoir de refus, au contraire ; ils vinrent donc en hâte jusqu'à notre maison ; ils nous enlevèrent trois vénérables Pères qui en étaient restés comme les têtes : c'étaient le P. Humfroid Middlemore alors notre vicaire et précédemment notre procureur; puis Guillaume Exmew, religieux aussi pieux qu'instruit, surtout dans les langues grecque et latine enfin le P. Sébastien Newdigate, d'une naissance illustre et qui avait été élevé à la cour avant son entrée dans l'Ordre. Ils étaient tous les trois profès de la Chartreuse de Londres ; jeunes d'âge, il est vrai, mais d'une austérité et sainteté de vie peu communes. Ils furent enfermés, par ces hommes sans entrailles, dans une prison fétide, la Marshalsey, et là, les fers au cou et aux jambes attachés à des colonnes, ils étaient forcés de se tenir constamment debout (1). C'est dans cette position, dans ce cruel martyre, qu'ils restèrent deux semaines durant sans un moment de répit, pas même pour satisfaire à leurs besoins naturels. Au bout de ces quinze jours ils comparurent devant les conseillers du roi, qui les interrogèrent l'un après l'autre sur le même article qui avait occasionné la mort de notre Père et de ses compagnons. Ils répondirent avec constance que rien au monde ne les ferait transgresser les lois ou les coutumes de notre sainte mère l'Église. On les envoya à la Tour de Londres, où ils passèrent quelque temps.

Ensuite ils furent conduits au tribunal de Westminster, dont nous avons déjà parlé, et là on leur demanda de nouveau si, oui ou non, ils voulaient obéir à l'édit royal. Mais ils refusèrent et ils donnèrent aux juges les raisons de leur refus ; ils invoquèrent devant eux des témoignages empruntés aux saintes Écritures qui prouvaient péremptoirement que le roi n'avait, d'autorité divine, aucune primatie dans l'Église, puisque le seul Roi et Pontife Jésus-Christ avait délégué cette autorité à Pierre seul et à ses successeurs les pontifes romains. Ils parlèrent ainsi avec intrépidité et, comme ils persistèrent dans ces sentiments, ils furent condamnés à la même peine que notre père Prieur et ses compagnons. Elle fut exécutée avec beaucoup de cruauté ; c'est en la subissant qu'ils rendirent leurs âmes précieuses à Dieu, le 19 juin 1535. Ils le glorifièrent ainsi dans leurs corps en les livrant avec générosité et patience à de si affreux supplices pour le Christ et l'unité de son épouse notre sainte mère l'Église. — Je dis cela parce que bon nombre prétendent que notre bienheureux Père et les autres religieux que j'ai nommés avaient conspiré la mort du roi et que, par conséquent, leur mort n'avait été qu'une vengeance légitime. Or cela est absolument faux ; car comme je l'ai déjà dit, non seulement l'accusation et les actes publics affirment le contraire ; mais encore nous-mêmes, restes de ce couvent et qui vivons encore, nous le savons pertinemment, et même nos ennemis en sont juges. En effet, le sicaire lui-même Th. Cromwell, exécuteur de ces œuvres, a proclamé publiquement que leur mort n'avait point d'autre cause, et c'est celle qu'il nous a proposée dans les mêmes termes et sous la même forme toutes les fois qu'il est venu nous voir et qu'il a essayé de nous arracher.

16. — Après la mort de nos Pères, deux ans environ s'écoulèrent sans que nul de nous fût appréhendé ou incarcéré ; mais ce temps ne se passa point sans de pénibles tribulations. Le temps était venu où chacun dut parler pour son propre compte et veiller à sa sûreté personnelle, sans pouvoir compter que sur l'appui et le secours de Dieu. Au dehors, la lutte ; à l'intérieur, des craintes plus pénibles encore que le combat.

Nous désirions la mort, mais elle nous fuyait ; nos ennemis voulaient avoir raison de nous par la lassitude A partir de l'arrestation de nos trois derniers Pères, à savoir du vicaire et de ses compagnons, Th. Cromwell (exécuteur d'une loi inique, et inique lui-même dans toute sa conduite, basse, inhumaine) avait mis à la tête de notre maison deux séculiers qui maltraitaient les frères et le couvent tandis qu'ils se gorgeaient de mets délicats. Au lieu de notre pitance accoutumée, ils nous servaient seulement, pour la journée entière, un peu de fromage ou quelque chose d'analogue. La maison était pleine d'hérétiques qui pullulaient maintenant partout, et d'hommes cruels qui, enivrés de vin et de méchanceté, nous bafouaient chaque jour, nous souffletaient même quand nous leur tombions sous la main.

Il s'en faufila même d'autres pour surveiller indiscrètement la liberté dont nous disposions et se rendre compte comment nous pouvions avoir assez de force et d'audace pour oser combattre un tel roi et résister à ses ordonnances. Comprenant que nous puisions le soulagement de tous nos maux dans la lecture répétée des saintes Ecritures et que nous nous étions munis non de glaives et de bâtons matériels, mais du glaive de l'esprit qu'est la divine parole, et du témoignage des docteurs orthodoxes, toujours prêts du reste à rendre à chacun les raisons de notre foi et de notre espérance, ils enlevèrent de nos cellules tous les livres qu'ils purent trouver. Mais cela fut à pure perte, car Dieu n'abandonnait pas les siens. Nos ennemis eux-mêmes étaient confondus et subjugués par la sainte simplicité et la vie innocente de quelques-unes de nos frères que rien ne put déterminer à franchir les limites déterminées par les Pères ni s'écarter de la doctrine de l'Eglise. Je le répète : cette sainte simplicité humiliait beaucoup plus nos ennemis que la docte constance des autres.

Un dimanche même, Th. Cromwell fit enlever malgré eux du monastère quatre de nos principaux frères pour les conduire à l'église cathédrale de la Trinité de Londres. On les installa dans un endroit bien en vue, en face d'un nombre considérable d'évêques, de nobles et d'une foule très nombreuse ; ils devaient assister à un sermon d'un évêque qui était regardé dans tout le royaume comme un homme de très grand talent ; mais ce sermon contraire à la foi ne produisit sur nous aucune impression. Les conseillers du roi s'appliquaient donc de leur mieux à trouver des moyens capables de nous faire abandonner notre résolution. Ils insinuaient ; ils menaçaient. Souvent, dans ce but, ils venaient chez nous et ils nous gardaient si longtemps au chapitre que nous ne pouvions nous rendre au choeur aux heures accoutumées pour les offices de vêpres ou de matines, ce qui nous ennuyait et peinait tout à la fois. A cela venaient s'ajouter chaque jour les lamentations et les larmes de nos parents et amis. Le temps était enfin venu de montrer de quel côté tournaient l'esprit et le coeur de chacun de nous ; irions-nous du côté de Dieu, irions-nous du côté du diable ? Chacun de nous avait la liberté de mal faire. Mais grâces à Dieu, la crainte de Dieu était en nous si forte, et la constance dans nos résolutions si grande ; nous avions tant de modestie dans nos paroles, tant de fidélité à notre observance religieuse, tant de circonspection en toute occasion que tous nos adversaires ne le pouvaient constater sans en être troublés et couverts de confusion. Car, bien que notre Prieur nous eût été ravi, chacun de nous était à lui-même son Prieur ; il s'instruisait et se dirigeait, se gouvernait en tout comme il convient à un religieux.

18. — Les conseillers du roi, dont Cromwell était le principal, voyant que leur habileté, leur ruse, leur peine, n'aboutissaient à rien, prirent alors quatre des nôtres qui, pensaient-ils, nous guidaient de leurs conseils, les séparèrent et les envoyèrent dans deux maisons de notre ordre le 4 mai 1536, le jour anniversaire du martyre de notre Père Prieur Jean Houghton.

Dès que ces quatre frères furent partis, nos ennemis, comme si les autres étaient maintenant dénués de tout secours, revinrent à la charge et s'y prirent de toutes façons, dégoûts et caresses, pour nous corrompre et nous amener à leurs fins. Mais béni soit Dieu qui ne nous laissa pas duper par leurs artifices. Ils restèrent en effet fermement attachés à la pierre inébranlable. Cet échec leur fit penser qu'en fractionnant encore notre maison ils triompheraient de la constance des autres sur ce, ils prirent encore huit frères parmi nous qu'ils transplantèrent dans un autre couvent où se trouvaient des religieux de grand renom dont quelques-uns laissaient l'Arche sainte qu'ils portaient au fond du coeur chanceler et se perdre, non pas qu'ils eussent des doutes sur la vérité de la foi ; mais, par suite de vaines considérations, ils promettaient beaucoup et se relâchaient sur bien des points. Leur influence fut pernicieuse sur quelques-uns des nôtres qui se laissèrent amollir et détourner du droit chemin. Mais de retour au milieu des leurs, pressés, inquiétés par leur conscience, ils revinrent à résipiscence et redevinrent fermes comme auparavant.

19. — Cela suffit pour mettre en fureur les conseillers du roi, qui menacèrent de détruire le couvent s'ils ne consentaient pas à se soumettre. D'ailleurs, étant donnée cette constance unanime, ils hésitaient à mettre la main sur eux. Or cela nous avait été prédit par un de nos Pères, excellent religieux et mort en odeur de sainteté bien des années auparavant. Il avait parlé à nos frères des tribulations et des maux qui devaient leur arriver et ajoutant toutefois que tant qu'ils resteraient étroitement unis ils intimideraient leurs ennemis. Mais les épreuves de l'heure présente leur faisaient oublier cette prophétie. Car un certain nombre des nôtres, voyant la malice de nos ennemis s'accroître chaque jour davantage, et voulant éviter la destruction de la maison, constatant en outre que tous les autres religieux dans la plus grande partie du royaume se soumettaient aux envoyés royaux et aux lois, prirent la résolution de faire leur soumission. C'est en versant d'abondantes larmes qu'ils réclamaient la miséricorde divine en disant : « Seigneur, vous qui connaissez le fond de nos coeurs, vous savez combien inique, combien injuste est ce qu'on veut nous arracher. Vous voyez que nos résistances n'aboutissent à rien ; combien grands et multipliés sont les efforts que nous avons faits pour échapper à ces dangers. Nous supplions par conséquent votre clémence sans bornes de nous pardonner l'acte extérieur que nous allons accomplir, puisque nous subissons violence et que nous le repoussons de coeur et d'âme. » Et sur ce quelques-uns des nôtres prêtèrent le serment demandé par le roi. Quant aux autres, ils préférèrent perdre pour la justice et la vérité leur vie et tous les biens de ce monde ; c'est pourquoi ils restèrent inébranlables et ne voulurent pas, pour conserver les biens de ce monde, pour garder une maison terrestre et avoir la joie de l'habiter, s'exposer à perdre la demeure du ciel et à endurer les supplices éternels ; aussi furent-ils en-fermés dans une prison infecte nommée Newgate. Dix religieux furent donc arrêtés : trois prêtres, RichardBerer, Thomas Johnson et Thomas Grene ; un diacre, Jean Dawy ; et six convers, Guillaume Grenewod, Thomas Scryven, Robert Salter, Walter Peerson, Thomas Re-dingue, Guillaume Horne, tous profès de notre maison de Londres. Cela se passa en 1537, le 4 des calendes de juin. Tous en un rien de temps, sauf un convers, le fr. Guillaume Horne, ne tardèrent pas à passer à une vie meilleure, suffoqués par la puanteur de la prison. La nouvelle de cette mort contraria beaucoup Th. Cromwell, qui avait juré de leur faire endurer de plus affreux supplices.

20. — Pendant que ces événements avaient lieu chez nous, il y eut un mouvement populaire contre le roi. Quand cette effervescence fut calmée, un noble voisin de la Chartreuse de Hull alla trouver le vicaire du roi et lui dit que les deux des quatre frères de la Chartreuse de Londres dont nous avons parlé, qui y avaient été envoyés pour désobéissance, persévéraient dans leur obstination. A cette nouvelle, Cromwell lui donna le pouvoir de les traiter avec toute la rigueur de la loi. Heureux de cette autorisation, il les amena devant le duc de Norfolk, qui remplissait alors à York les fonctions de vice-roi dans cette ville, où leur fermeté les fit condamner à la potence. Ils furent exécutés. L'un s'appelait Jean Rochester, l'autre Jacques Walverke. Leur supplice eut lieu en dehors de la ville le 15 mai 1537 ; ils restèrent enchaînés au gibet jusqu'à la complète désagrégation de leurs os. Le 18e de cette sainte phalange, le 6e des frères convers qui n'était point mort comme les autres dans la prison, Guillaume Horne, ne perdit rien de sa constance et fut, par un ordre impie du roi, extrait de la geôle et subit le même supplice que le bienheureux Père Prieur et ses compagnons le 4 novembre 1540.

Les deux des quatre frères qui avaient été envoyés dans une autre partie du royaume revinrent à Londres après un an et demi d'exil. Ils avaient prêté le serment, pensant sauver par là le monastère. Cet espoir ne se réalisa pas.

Sans doute, on nous promettait la paix, la stabilité, l'intégrité de cette chère maison comme prix de notre serment ; mais nous fûmes dupes de l'iniquité. En effet, un an après notre soumission ils violèrent leur parole ; car ils nous chassèrent tous au nombre de 18, à savoir 12 prêtres et 6 convers, le 5 novembre 1538. Depuis lors, notre héritage et notre maison ont passé à des mains étrangères, celle-ci même est devenue une caverne de voleurs et un lieu de débauche. L'église servait à remiser les tentes royales.

Les autels servirent de tables de jeu ; l'église et nos cellules furent témoins d'inavouables turpitudes qu'il vaut mieux déplorer que raconter. En 1544 notre monastère fut donné en toute propriété à un soldat qui s'en fit un splendide palais, détruisant ici, construisant là et changeant la configuration des anciens bâtiments. Voilà dans quel état est aujourd'hui la Chartreuse de Londres.

21. — Et maintenant quelques mots seulement, dans le but de perpétuer le souvenir de l'affection de ceux grâce auxquels la restauration de notre Ordre avait commencé en Angleterre. Nous, chartreux, comme tous les autres religieux, du reste, chassés de nos demeures, nous avons vécu dans cet exil, dans cette captivité, dans cette désolation, impuissants que nous étions de quitter le royaume. Plusieurs fois, bon nombre des nôtres l'ont tenté, mais toujours sans succès, tant était sévère la surveillance des ports maritimes,et ces tentatives ou occasions de fuite étaient toujours un danger de mort. Malgré cela, quelques-uns s'y exposèrent plutôt que de continuer à vivre dans ce pays schismatique et loin de leur Ordre, et grâce à la protection divine, ils purent s'échapper et arriver jusqu'à la Chartreuse de Bruges, en Flandre, où ils furent accueillis à bras ouverts et y vécurent jusqu'à la première année du règne de la très sereine et très noble dame la reine Marie, en 1553, mariée au très puissant et catholique roi d'Espagne. A cette époque, apprenant les bienfaits dont Dieu avait comblé ce royaume par l'entremise de ces très nobles et très pieux princes, notre R. Père primat de l'Ordre, de qui dépendent et à qui obéissent toutes nos maisons, ordonna d'envoyer en Angleterre quelques moines anglais du monastère de Bruges afin de faire des démarches pour le rétablissement de notre Ordre dans ce pays. Un religieux, P. Jean Fox et moi, ainsi qu'un frère convers dévoué, Hugues Taylor, profès tous les trois de la maison de Londres, nous fûmes envoyés en Angleterre où nous arrivâmes le 29 juin, pendant les négociations du légat de Sa Sainteté le Pape Jules III, Réginad Pole, homme d'une naissance, d'une sainteté, d'une force d'âme et d'un savoir également remarquables. Il était fort dévoué à toutes les familles religieuses, mais plus particulièrement à la nôtre, parce que dans son enfance il avait été élevé et instruit dans une de nos maisons . Il nous reçut le  1er juillet, grâce à l'influence et à l'appui d'un homme illustre et distingué entre tous, D. Robert Rochester, chevalier, alors intendant de la Cour, majordome de la très noble reine Marie, en quelque sorte son principal conseiller, et son serviteur depuis de longues années. C'est pour lui que fut notre première visite, attirés que nous étions par la confiance que sa bonté nous avait inspirée et aussi parce que le vénérable Jean Rochester, profès de la Chartreuse de Londres, qui avait été martyrisé comme nous l'avons déjà rapporté, était son frère utérin. Du reste, nous lui étions bien connus, car il avait souvent fréquenté notre maison.

22. — A cause de cela, nous venions à lui tout d'abord afin de lui exposer le motif de notre arrivée. Il nous reçut avec beaucoup de bonté, nous donna l'hospitalité dans sa propre demeure et, sans tarder, il annonça notre arrivée à la reine et au cardinal à qui il nous présenta le jour même et qui nous reçut avec bienveillance, car il était lui aussi le plus doux et le plus humble des hommes. Le lendemain, lui-même, accompagné de Rob. Rochester et d'autres principaux conseillers de la cour, il nous présenta à la reine.

Elle se montra tout heureuse de notre arrivée et, quand elle en connut le motif, elle chargea le seigneur Robert de prendre soin de nous et nous promit de traiter notre affaire avec le cardinal. C'est ainsi que nous sommes restés les hôtes du seigneur Rochester qui se chargea de faire face à tous nos besoins, tandis que nous attendions pleins d'espoir l'arrivée de la bonne nouvelle que la reine nous enverrait. Sur ces entrefaites, le religieux P. Fox, mon compagnon de route, fut pris de la fièvre, s'alita et mourut le lendemain de la fête de saint Jacques. Notre hôte illustre le fit ensevelir dans l'église de l'hôpital de Savoie où nous étions logés avec lui. Cela remplit mon âme de deuil ; mais pourtant, afin de ne pas laisser ma mission inachevée, j'envoyai en Flandre au Prieur de Bruges, lui demandant de m'envoyer un autre Anglais, le P. Richard Crostes, qui avait été vicaire dans la Chartreuse de Hollande. Il vint, mais nous ne passâmes pas deux semaines ensemble, les misères qui lui étaient survenues pendant le voyage l'avaient conduit au tombeau et il fut lui aussi enterré dans la même église de Savoie. Ainsi privé de la présence de ceux qui étaient bien plus aptes que moi à mener nos affaires à bonne fin, n'ayant plus avec moi qu'un frère convers et pénétré du sentiment de mon insuffisance, je me mis à songer à mon retour en Flandre. Le cardinal et le très illustre intendant devinèrent mes projets et me dissuadèrent complètement de les mettre à exécution, en me promettant une grande consolation.

23. — Pendant ces négociations, ceux des frères de notre Ordre qui étaient restés en Angleterre apprenaient qu'un des leurs était venu cherchant les intérêts d'Israël, et ils accouraient auprès de moi. Consolé par leur présence, j'étais heureux de rester. Voici leurs noms : le vénérable P. Jean Michael, qui dans les beaux jours de l'Angleterre fut Prieur de la Chartreuse de Wittham et covisiteur de la Province ; le vénérable Jean Wilson, Prieur du couvent du Mont-de-Grâce, et les autres Pères Thomas Fletcher, Robert Maashall, Thurstan Hickemans, Robert Abell, Jean Clyte, Thomas Synderton, Nicolas Balande, Thomas Lee, Robert Thurlbye, Nicolas Dogmer et Bernard Hall. Tous ces moines étaient prêtres et profès de diverses maisons d'Angleterre ; il y avait aussi des frères convers pleins de dévouement, Robert Skypely et Jean Sawnderson. Ils jetèrent les premiers fondements de notre seconde érection, et chacun d'eux, selon ses moyens, se dépensa pour la réédification de notre maison. Fort de leurs conseils et du secours divin, je poursuivais avec ténacité de mes supplications auprès du cardinal, de l'intendant et d'autres seigneurs, dont je connaissais l'affection pour nous, afin d'arriver à mener notre affaire à bonne fin. La reine et eux étaient animés des meilleures intentions à notre endroit ; aussi nos instances n'étaient-elles pas nécessaires pour eux, nous les faisions seulement parce qu'il y avait de grandes difficultés pour tout accommoder sans troubler la paix, car toutes nos maisons avaient été détruites et rasées et que leurs biens avaient passé dans des mains étrangères. Une seule restait à la reine dont elle pût librement disposer. Malheureusement, avant notre arrivée en Angleterre, elle l'avait abandonnée à une dame pour s'y loger.

Cette maison était connue sous le nom de Jésus de Bethléem, près de Shene ; elle n'était pas ruinée complètement, mais bien démolie, et ne donnait guère l'impression d'une Chartreuse ni comme proportions ni comme aspect, car elle avait été transformée en palais. — Cette très dévouée reine nous l'aurait remise volontiers, mais la dame qui la détenait, et qui tout d'abord était venue l'habiter par simple permission de la reine, prétendait maintenant qu'elle avait un titre pour la garder, car le roi Henri l'avait donnée à son mari qui pour infraction aux lois du royaume avait été décapité avant l'avènement de Marie au pouvoir ; d'où d'après le droit elle faisait retour au trône. Mais la reine Marie, au début de son règne, était pleine de miséricorde et d'indulgence, elle compatissait à la désolation et au veuvage de cette dame et par pure bonté lui permit d'habiter quelque temps la maison de Shene ; mais, une fois entrée, comme je l'ai déjà dit, elle ne voulut ni la quitter ni la rendre.

Alors la très sainte reine, voyant l'obstination singulière de cette femme, aima mieux user de clémence que de rigueur, et d'autre part, comme elle ne voulait pas renoncer à une entreprise si charitable à cause de la méchanceté de cette femme, elle lui assigna une autre résidence plus belle et plus agréable choisie parmi ses propres palais, et donna l'ordre de nous restituer notre maison de Shene, ce que firent le cardinal et le très illustre intendant du palais le jour de la fête de saint Hugues de Lincoln. Je commençai à l'habiter avec quelques frères , et je me mis à détruire , à démolir et à rebâtir afin de préparer la place pour les autres.

Bien que l'appropriation fût à peine convenable, je les appelai tous le 25 novembre suivant et, comme nous n'avions pas fait de provisions de bouche et que d'autre part nous n'avions aucun revenu, le très noble intendant du palais pourvut à notre entretien de ses propres deniers, il nous bâtit encore le chapitre, car le premier avait été rasé. Cet homme généreux, tout dévoué à notre Ordre, ajouta à toutes ses autres générosités celle de réparer pour nous la seconde partie de l'église dont il ne restait que les murs ; il voulut y être enseveli ; et, sur le point de mourir, il nous laissa par testament une rente annuelle de plus de 300 pièces d'or. Qu'il le récompense de si grands et si nombreux bienfaits celui pour l'amour duquel il les a accomplis, celui qui loua la pauvre veuve d'avoir donné deux petites pièces de monnaie, celui qui a promis le ciel comme prix d'un verre d'eau froide donné en son nom ; celui qui paie avec tant de générosité et de prodigalité toutes les bonnes oeuvres, Jésus-Christ Notre-Seigneur.

24. — Bien d'autres aussi, la reine, le cardinal et d'autres seigneurs vinrent à notre aide, si bien que dès le premier jour de notre arrivée, rien ne nous manqua. Tant que vécurent la reine et le cardinal, nos constructions prospéraient, grandissaient jusqu'à arriver à leur complet achèvement ; bon nombre de cellules et le cloître étaient terminés.

Deux ans après, le jour de la fête de saint Hugues, anniversaire de celui où ils nous avaient rendu notre maison de Shene, la mort les frappa tous les deux, comme pour les récompenser de la bonne action qu'ils avaient accomplie ce jour-là, et l'année suivante, le même jour, mourut également l'illustre intendant de la cour dont la protection et les secours m'avaient permis de ramener ici nos frères et de chanter la louange divine. Dieu l'appela pour lui donner la récompense que méritait une oeuvre si exceptionnelle et si pleine de piété.

Sous ce règne d'Elizabeth il y eut un renouveau de méchanceté et un affaiblissement de charité ; toutes les oeuvres pieuses qui s'épanouissaient sous Marie commencèrent à périr; les hérésies pullulèrent, et les hérétiques, sortant de leur retraite, prirent de l'assurance. Elizabeth elle-même, immédiatement après son couronnement, convoqua le Parlement et publia un édit qui, rejetant l'usage de l'Eglise, obligeait à n'employer dorénavant que la langue ordinaire- pour le service divin, tant pour la messe que pour les heures ; ainsi elle ressemblerait davantage à son père, tous la reconnaîtraient pour chef de l'Eglise et rejetteraient l'autorité du Pape, sans quoi on serait puni d'emprisonnement, de la confiscation des biens. Les religieux que sa soeur avait fait rentrer devaient être chassés à nouveau et perdre leur avoir. Elle y ajouta d'autres décrets également pervers et diaboliques.

25. — Notre refus d'y souscrire fut suivi d'une troisième expulsion le 8 juillet 1559, la Ire année de son gouvernement.

Elle aurait pu nous traiter avec plus d'inhumanité, mais elle ne voulut pas appliquer selon toute sa rigueur l'injuste loi qu'elle avait portée. Nous en pouvons attribuer la cause au Sérénissime Seigneur Philippe, roi d'Espagne, et aux bons offices du très illustre comte de Feria, qui défendait alors en Angleterre les intérêts de son maître. Sur ses instances, elle nous accorda un sauf-conduit et nous permit de nous retirer sur le continent.

Grâce par conséquent à la protection divine et à la piété du roi catholique, du consentement de notre Rme Père, et enfin sur la demande spontanée du Prieur et du couvent de Bruges, nous nous dirigeâmes de ce côté pour y fixer notre demeure. La charité et la clémence du roi pourvoit à notre subsistance. Tous les ans, pour que notre présence ne soit pas trop onéreuse à cette maison, il paie pour nous sur sa cassette la somme de 100 livres de Flandre.

Voilà pourquoi nous sommes ici depuis cinq ans, espérant toujours voir des temps meilleurs. Quand je reprenais le chemin de l'Angleterre pour y rétablir notre Ordre, quelques-uns de nos Pères me disaient que je faisais très bien, que c'était mon devoir de remettre en mémoire à l'Angleterre un Ordre dont elle avait en quelque sorte perdu le souvenir; mais ils ajoutaient que l'heure n'était point venue de s'y établir d'une façon définitive. Une autre expulsion est proche, disaient-ils, et l'événement a prouvé qu'ils ne se trompaient pas. Cependant, ajoutaient-ils, ne perdez pas courage, car encore un peu, et vous serez rappelés pour n'en être plus chassés et pour y rester toujours dans la joie du Seigneur.

Que le Très-Haut, le très miséricordieux Jésus-Christ Notre-Seigneur qui console les affligés nous accorde bientôt l'accomplissement de cette prophétie, lui qui est béni dans les siècles des siècles. Et il n'y a pas de quoi pour nos ennemis nous dire d'un ton de triomphe : « Toute plantation que le Père céleste n'a point faite sera déracinée » ; car Isaïe avait prédit que le roi des Perses, Cyrus, rétablirait, élèverait le temple du Seigneur à Jérusalem ; car de même que cette oeuvre, grâce à la méchanceté des ennemis, avait été entravée dès le début, et qu'elle ne put être menée à bonne fin que la 2e année du règne de Darius, de même nous espérons obtenir une faveur pareille de la miséricorde divine, qui ne repousse pas pour toujours, qui même dans sa colère est toujours compatissante, car elle veut être reconnue juste dans ses paroles et sortir victorieuse dans les jugements qu'on fera d'elle.

(1.) « D'après Dom Doreau, s'appuyant sur Chauncy, les BB. Middlemore, Exmew et Newdigate, debout et solidement rivés au mur du cachot, le cou garni d'un collier de fer, les bras chargés de chaînes et des entraves aux pieds, subirent l'horrible tourment de cette position verticale pendant quinze jours (p. 183). S'il faut croire un autre contemporain, W. Rastoll, auteur d'une Vie perdue de Thomas More, mais dont il nous reste trois extraits, ce supplice aurait duré dix-sept jours. Pour la date exacte du martyre du B. Guillaume Horn (4 août 1540), nous avons le précieux témoignage de l'ambassadeur français M. de Marillac, qui se trouvait alors à Londres. Il écrivait de là à son roi, le 6 août 1540, qu'on avait fait mourir mercredi dernier un chartreux. Or cette année-là le mercredi qui précède le 6 août était le 4. » Annal. bolland.,1892, t. XI, p. 201.

LES MARTYRS, TOME VII. La Réforme Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu'au XX° siècle traduites et publiées par le R. P. Dom H. LECLERCQ, Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough. Imprimi potest. FR. FERDINANDUS CABROL, Abbas Sancti Michaelis Farnborough. Die 11 Julii 1907. Imprimatur. Pictavii, die 17 Julii 1907. + HENRICUS, Ep. Pictaviensis.(i534-4573) PARIS 1907. A mon très cher E. P. A. RENOIR. Témoignage d'une amitié profonde et durable, in Christo, pro Christo.

SOURCE : https://www.bibliotheque-monastique.ch/bibliotheque/bibliotheque/saints/martyrs/default.htm

St Etheldreda, Ely Place, London EC1 - Nave statue St John Houghton


Saint John Houghton

Memorial

4 May; one of the Carthusian Martyrs

25 October as one of the Forty Martyrs of England and Wales

20 September on some calendars

Profile

Graduated from Cambridge with degrees in civil and canon lawOrdained in 1501 and served as a parish priest for four years. Carthusian monk, doing his noviate in the London Charterhouse, and making his final vows in 1516Prior of the Beauvale Carthusian Charterhouse in Northampton, EnglandPrior of the London Charterhouse.

In 1534 he was the first person to oppose King Henry VIII‘s Act of SupremacyImprisoned with Blessed Humphrey Middlemore. When the oath was modified to include the phrase “in so far as the law of God permits”, John felt he could be loyal to Church and Crown; he and several of his monks signed the oath, though with misgivings. Father John was released, and a few days later, troops arrived at the chapter house and forced the remaining monks to sign the modified oath.

On 1 February 1535, Parliment required that the original, unmodified oath be signed by all. Following three days of prayer, Father John, with Saint Robert Lawrence and Saint Augustine Webster, contacted Thomas Cromwell to seek an exemption for themselves and their monks. The group was immediately arrested and thrown in the Tower of London. True to his Carthusian vow of silence, John would not defend himself in court, but refused to co-operate or sign anything. The jury could find no malice to the king, but when threatened with prosecution themselves, they found John and his co-defendants guilty of treason.

He became the first person martyred under the Tudor persectionsdying with Blessed John Haile and three others. One of the Forty Martyrs of England and Wales.

Born

1487 at Essex, England

Died

hanged, drawn, and quartered on 4 May 1535 at Tyburn, LondonEngland

body was chopped to pieces and put on display around London as an example to others

Beatified

9 December 1886 by Pope Leo XIII

Canonized

25 October 1970 by Pope Paul VI

Representation

Carthusian monk carrying a noose

Carthusian with a rope around his neck and holding his heart in his hand

Additional Information

Book of Saints, by the Monks of Ramsgate

Catholic Encyclopedia

Lives of the English Martyrs, by Father Edward S Keogh

Menology of England and Wales

New Catholic Dictionary

Saints of the Day, by Katherine Rabenstein

The One Hundred and Five Martyrs of Tyburn

books

Catholic Martyrs of England and Wales 1535-1680, by the Catholic Truth Society

Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints

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Martirologio Romano2001 edición

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Dicastero delle Cause dei Santi

Martirologio Romano2005 edition

Santi e Beati

Wikipedia

Readings

And what wilt thou do with my heart, O Christ? – Saint John’s dying words as he was being disembowelled

MLA Citation

‘Saint John Houghton‘. CatholicSaints.Info. 4 May 2024. Web. 10 April 2026. <https://catholicsaints.info/saint-john-houghton/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-john-houghton/

Book of Saints – Carthusian Martyrs

Article

(Blessed) (May 4) (16th century) They are eighteen in number, namely, in the first place, John Houghton, Prior of the London Charterhouse, Robert Laurence, Prior of Beauvale in Nottinghamshire, Augustine Webster, Prior of Axholme in Lincolnshire, who were executed at Tyburn, May 4, 1538. Shortly afterwards, at York, eleven others of the brethren were done to death. They are John Rochester, James Walworth, John or Richard Bere, Thomas Johnson, Thomas Greenway or Green, all priests; John Davies, deacon; William Greenwood, Thomas Scriven, Robert Salt, Walter Pierson, Thomas Redyng, lay-brothers. Blessed William Exmew, Humphrey Middlemore and Sebastian Newdigate of the London Charterhouse had been put to death long before (June 18, 1535). Blessed William Home shared the captivity of the rest, but was spared to be brought to execution at a later period (August 4, 1540). These holy men of one accord laid down their lives rather than swerve at the behest of Henry VIII from the Faith of their Fathers.

MLA Citation

Monks of Ramsgate. “Carthusian Martyrs”. Book of Saints1921. CatholicSaints.Info. 29 September 2012. Web. 10 April 2026. <http://catholicsaints.info/book-of-saints-carthusian-martyrs/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/book-of-saints-carthusian-martyrs/

St. John Houghton

Feastday: October 25

Birth: 1486

Death: 1535

Protomartyr of the English Reformation. A native of Essex, he served as a parish priest after graduating from Cambridge. He then became a Carthusian and the prior of the Carthusian Charterhouse of London. As an opponent of King Henry Viii’s Acts of Succession and Supremacy, he was arrested with other Carthusians but was released temporarily. He then refused to swear to the Oath of Supremacy, the first man to make this refusal. Dragged through the streets, he was executed at Tyburn with four companions by being hanged, drawn, and quartered. Parts of his remains were put on display in assorted spots throughout London. Pope Paul VI canonized him in 1970 as one of the Forty Martyrs of England and Wales.

SOURCE : https://www.catholic.org/saints/saint.php?saint_id=3990

John Houghton, O Cart. M (RM)

Born in Essex, England, in 1487; died at Tyburn on May 4, 1535; beatified in 1886; canonized by Pius VI in 1970 as one of the Forty Martyrs of England and Wales. Saint John served as a parish priest for four years after his graduation from Cambridge. Then he joined the Carthusians, where he was named prior of Beauvale Charterhouse in Northampton and, just a few months later, prior of London Charterhouse.

In 1534, he and his procurator, Blessed Humphrey Middlemore, were arrested for refusing to accept the Act of Succession, which proclaimed the legitimacy of Anne Boleyn's children by Henry VIII. They were soon released when the accepted the act with the proviso "as far as the law of God allows."

The following year Father Houghton was again arrested when he, Saint Robert Lawrence, and Saint Augustine Webster went to Thomas Cromwell to seek an exemption from taking the oath required in the Act of Supremacy. He, as the first of hundreds to refuse to apostatize in favor of the crowned heads of England, gave a magnificent example to his monks and the whole of Britain of fidelity to the Catholic faith.

As the sentence of drawing and quartering was read to Father Houghton, he said, "And what wilt thou do with my heart, O Christ?" The three were dragged through the streets of London, treated savagely, and then hanged, drawn, and quartered at Tyburn. After his death, John Houghton's body was chopped into pieces and hung in various parts of London (Attwater, Benedictines, Delaney).

John Houghton is depicted as a Carthusian with a rope around his neck, holding up his heart (Roeder).

SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0504.shtml

Blessed John Houghton

Protomartyr of the persecution under Henry VIII, b. in Essex, 1487; d. at Tyburn, 4 May, 1535. He was educated at Cambridge, graduating LL.B. about 1497, and later LL.D. and D.D.; he was ordained priest in 1501 and entered the Carthusian novitiate at the London Charterhouse in 1505, where he was professed in 1516. He filled the office of sacristan, 1523-28; of procurator, 1528-31; of prior of Beauvale, Nottinghamshire, from June to November, 1531; of prior of the London Charterhouse, 1531-35; and of provincial visitor, 1532-35. He was imprisoned in the Tower for about a month, with the procuratorBlessed Humphrey Middlemore, for refusing to swear that the king's marriage with Queen Catharine was invalid, but took the oath of succession under the condition quatenus licitum esset, with some of his monks, 29 May, 1534, the others being sworn 6 June. On or about 13 April, 1535, he was committed again to the Tower for refusing the oath of supremacy. With him were sent Blessed Robert Laurence, who had succeeded him as prior of Beauvale, and had previously been chaplain to the Duke of Norfolk and then a monk of the London Charterhouse; and Blessed Augustine Webster, prior of Axholme, Lincolnshire, formerly a monk of Sheen. These priors, who were on a visit to the London Charterhouse, had not had the oath tendered to them, but were brought before the Rolls for that purpose on 20 April, and, on refusing it, were sent back to the Tower. There they were joined by Blessed Richard Reynolds, a Brigittine of Syon, born about 1492, educated at Christ's and Corpus Christi colleges, Cambridge, Fellow of Corpus Christi, 1510, B.D. 1513, subsequently D.D. He became a Brigittine in 1513, and was considered one of the foremost scholars of his day. All four were indicted 28 April, 1535, under 26 Henry VIII, c. 1, for refusing the oath of supremacy. The jury at first refused to find them guilty, but were intimidated by Cromwell into doing so the next day. All were hanged in their habits without being previously degraded, and all were disembowelled while fully conscious, Houghton being the first to suffer and Reynolds the last.

With them died a secular priest, Blessed John Hale, LL.B., Fellow of King's Hall, Cambridge, and Vicar of Isleworth, Middlesex, since 13 August, 1521. He took this living in exchange for the Rectory of Cranford, Middlesex, which he had held since 11 September, 1505. There is nothing to identify him with the Rector of Chelmsford of 1492. He may possibly be the person of this name who became scholar of Eton in 1485. He was indicted 20 April, 1535, with the perpetual curate of Teddington, Middlesex, named Robert Feron, for offenses against 25 Henry VIII, c. 22. Both pleaded guilty and were condemned; but Feron was pardoned. Hale was the fourth to suffer.

Sources

CAMM, Lives of the English Martyrs (London, 1904-05), I, 1-36; HENDRIKS, The London Charterhouse (London, 1889), passim; COOPER, in Dict. Nat. Biog., s.v.; HAMILTON, The Angel of Syon (Edinburgh and London, 1905), passim; GILLOW, Bibl. Dict. Eng. Cath., s. vv.; GASQUET, Henry VIII and the English Monasteries (London, 1906), passim; HENNESSY, Novum Repertorium Parochiale Londinense (London, 1898), 133, 229; HAMILTON, Wriothesley's Chronicle, I (London, 1875), 27, 184.

Wainewright, John. "Blessed John Houghton." The Catholic Encyclopedia. Vol. 8. New York: Robert Appleton Company, 1910. 4 May 2015 <http://www.newadvent.org/cathen/08465a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Robert B. Olson. Offered to Almighty God for Timothy and Theresa Leland & Family.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

Copyright © 2023 by Kevin Knight. Dedicated to the Immaculate Heart of Mary.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/08465a.htm

New Catholic Dictionary – Blessed John Houghton

Article

Martyr, born Essex, England, 1487; died Tyburn, England, 1535. He was educated at Cambridge, graduating LL.B., 1497, and later LL.D. and D.D. Ordained priest in 1501, he entered the Carthusian novitiate at the London Charterhouse, and was professed in 1516. Refusing to take the Oath of Supremacy, he was imprisoned in the Tower and hanged. Beatified, 1888.

MLA Citation

“Blessed John Houghton”. New Catholic Dictionary. CatholicSaints.Info. 30 September 2012. Web. 10 April 2026. <http://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-blessed-john-houghton/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/new-catholic-dictionary-blessed-john-houghton/

Menology of England and Wales – Blessed John Houghton, Martyr

Article

John Houghton, a native of Essex, after serving God devoutly as a secular priest for four years, at the age of twenty-eight entered the Carthusian Order. Both during his novitiate and afterwards he was considered a model of obedience, humility, mortification, and every religious Reynolds virtue. After filling various important offices, he was at length made Prior of the Charter-House in London, and held this influential position, when he was required, according to the recent Act of Parliament, to renounce, without reserve, the spiritual jurisdiction of the Pope.

The three holy Priors, Blessed Augustine Webster, Blessed Robert Lawrence and Blessed John Houghton held a conference as to what was best to be done at so critical a moment, and resolved to go together to Cromwell, the King’s Vicar-General, to represent their sincere loyalty, but to petition to be exempted from an exaction which their conscience could not bear. They were received by this man with the greatest harshness. He would hear of no exemption, no alteration in the terms of the oath. “What do I care for the Church?” he said. “Will you take the oath or not?” On their refusal, they were straightway committed to a severe imprisonment in the Tower, and brought to trial on the 29th April.

The charge against the five Martyrs, Blessed John Houghton, Blessed Robert Lawrence, Blessed Augustine Webster, Blessed Richard Reynolds and Blessed John Haile, was one and the same, and was clearly expressed “that they had said the King, our sovereign lord, is not supreme head on earth of the Church of England”. The jury showed great reluctance to convict these holy men of such a crime as high treason, but at last yielded to threats of Cromwell, who told them that if they refused they should themselves suffer the death of traitors. On the 4th May, the Martyrs were dragged on hurdles from the Tower to Tyburn, and persevered to the end with admirable constancy. Prior Houghton called God to witness that it was purely for conscience that he had to suffer, and with most pious sentiments resigned his soul to God. Lawrence showed equal firmness, and expressly refused a pardon, offered on condition of his taking the oath. Their example was faithfully followed by their brother in Religion, Augustine Webster. In the case of Reynolds, great efforts were made at the trial to seduce him from his Faith; but all were in vain, and he appealed to the doctrine of the Church in all ages, in refutation of the new teaching established by Act of Parliament. The particulars of the case of John Haile are not known, but his glorious death proves that he, too, was faithful to the end.

The sentence for high treason was executed with all its horrors, the butchery and the quartering being commenced before the holy Martyrs had expired. Thus began that long series of persecutions for the Faith of Christ, even unto death, which was to be continued, with little intermission, during the space of 150 years.

MLA Citation

Father Richard Stanton. “Blessed John Houghton, Martyr”. Menology of England and Wales1887. CatholicSaints.Info. 23 April 2015. Web. 10 April 2026. <https://catholicsaints.info/menology-of-england-and-wales-blessed-john-houghton-martyr/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/menology-of-england-and-wales-blessed-john-houghton-martyr/

Blessed John Houghton, Blessed Robert Lawrence, and Blessed Augustine Webster, Carthusians, by Father Edward S Keogh

Tyburn, 4 May 1535

The future Proto-Martyr of the persecution in England, John Houghton, was born in 1487, of respectable parents in the county of Essex.

At a fitting age he was sent to the University of Cambridge, of which the Blessed John Fisher, Bishop of Rochester, was then Chancellor, and in due course graduated in Civil and Canon Law.

His piety matured with his years and intelligence, and when, on the completion of his studies, he found that his parents were planning for his future by endeavouring to secure for him a suitable marriage, he fled from his home, and took refuge with a devout priest, to whom he confided his desire to serve God in the sacerdotal state. In this concealment he remained until his ordination. Then he returned to his home and was easily reconciled to his parents.

For four years he continued to lead the life of a holy secular priest. No details have been preserved of this period of his life, but it is clear that God was leading him on step by step in the ways of sanctity; for now he determined to leave all things, even his father’s house and the joys of natural affection and the innocent use of his own liberty, and serve God in the most perfect life of prayer, penance, and detachment which he could find. And so passing by even the many religious houses of various Orders then happily flourishing around him on all sides in high repute of virtue and fervour, he betook himself to the Carthusians of the Charter house, near West Smithfield, a little way out of London, as it was then, and after a long trial, as we are told, was granted the habit. He was then twenty-eight years of age, and was to spend twenty years in this holy state before his glorious consummation. Such is the perfection of Saint Bruno’s rule that the Church allows religious of any of the mendicant Orders to pass into it, as a state of greater austerity and sanctity, whilst no Carthusian can leave his Order for any other. Peter the Venerable, describing their life a generation after Saint Bruno, says, “Their dress is meaner and poorer than that of other monks; so short and scanty and so rough that the very sight affrights one. They wear coarse hair-shirts next their skin, fast almost perpetually, eat only bran bread, never touch flesh, either sick or well. On Mondays. Wednesdays, and Fridays they take nothing but bread and water, and have only one meal a day, except in the octaves of Christmas, Easter, Whitsuntide, Epiphany, and some other festivals. Their constant occupation is prayer, reading, and manual labour, . . . they say the lesser Hours of the Divine Office in their cells at the time when the bell rings, but meet together at Vespers and Matins with wonderful recollection.” Such as their founder left them eight hundred years ago, such they are to our day, never having known relaxation or needed reform.

Amongst those who led this saintly life, Blessed John Houghton was pre-eminent. Penitential as the rule was for all, he contrived to be more austere than its requirements: he shone, moreover, “in much humility and patience and a perfect mortification of self: he was a most diligent observer of his cell and of silence, ever keeping out of sight and hiding the grace that was granted him, ever desiring to be unknown and thought unworthy of esteem.” His brethren appreciated his sanctity, and he was chosen first to the office of Sacrist, which he filled for five years, and then was Procurator of the house for three more, after which he was elected Prior of the Chartreuse of Beauvale, in Nottinghamshire, in the year 1531.

He had governed that house, however, but a few months when John Batmanson, his late Prior at London, died, and he was by a unanimous vote elected to succeed him. Thus recalled to his old home he continued in it till his holy death; but shortly after his election by the nomination of the Prior of the Grande Chartreuse he became also Visitor of the English Province of the Order.

In the offices of trust and authority to which he was now raised, the virtue of the holy Prior shone more brightly than ever. His patience was not less than heroic. Once when a fallen religious attacked him not only with the grossest insults, but with blows and violence, far from resisting, he threw himself at his feet, and when his brethren hastened to his rescue, earnestly took up the defence of his assailant. His piety was manifested by an abundant gift of holy tears which would sometimes force him to rise from his place in the refectory and hide himself in his cell, but which especially visited him during the holy Sacrifice of the Mass. He was a vigilant and zealous Superior, continually guarding against the least defects in the sacred psalmody, inquiring into the use of each one’s time, assisting the tempted, stimulating the lukewarm, and ever a perfect pattern to all his sons, factus forma gregis. His favourite virtue would seem, however, to have been humility. He was much disturbed if any one gave him any title of honour. “It is not lawful,” he would say, “for a poor Carthusian monk to broaden the fringes of his garment or be called by men Rabbi.” Whenever his brethren made him the obeisance according to custom, though he would not dispense himself from receiving it or them from giving it, he made it the occasion of deep inward self-abasement. When alone with a religious in his cell he would behave as if simply one of the brethren, saying he had left his Prior’s rank in his own cell; but on other occasions he kept up the honour of his office, though ever with humble modesty. And indeed he seldom had to contend for it, for the brethren vied one with another in reverence and devotion towards him.

To such a life might be applied what Saint Ambrose says of holy virginity that it deserves our praises, not because it is found in the martyrs, but because it makes martyrs. It was the divine training by which God was preparing the Blessed John for martyrdom.

Martyrdom in Christian Catholic England! The idea would have seemed a strange one in the early years of the century which was then but three decades old. But strange things were happening in England now. Perhaps in the life of solitude and prayer of the Charterhouse they were unknown, or unheeded by the faithful sons of Saint Bruno, near though they were to the busy life of London. But if so their happy ignorance was not to last. In July f I 533> proclamation was everywhere made of the new law requiring all persons who were sixteen years of age, when called upon, to swear that they would maintain the Act of Succession, which declared that none were heirs to the crown but the children of the King’s “lawful wife, Queen Anne.” The Carthusians do not seem to have been molested about this law until the next year; but various revelations and portents are spoken of as having prepared their minds for coming trouble. It came upon them at last. The royal Commissaries appeared at the Charterhouse and required the Prior and his monks to swear to the Succession as declared by the Act. The Prior answered that neither he nor his had any vocation to interfere in the King’s business; and that it did not concern them what wife he put away or whom he married, as long as they were not asked anything on the subject. Pressed further by the Commissaries, he admitted that he could not understand how the first marriage solemnized by the Church and so long subsisting could be annulled. On this he, together with Dom Humphrey Middlemore, the Procurator, was carried off to the Tower.

They remained prisoners a month, and then yielding to the judgment of certain good and learned men, who told them that this was no sufficient cause for the sacrifice of their lives, agreed to take the declaration with the saving clause, “as far as it was lawful.”

Their brethren received them with joy, and, though not without some trouble of conscience, acquiesced in their advice and took the oath with the same reservation. This was on the 29th of May, 1534.” For the moment the danger was over, but they knew now that the conflict was only delayed. The Prior told them indeed that the night before leaving the Tower, he had been warned in a dream that within a year he should return to the same prison and there finish his course.

Early next year the Royal Supremacy was made the law of England by Parliament, and its denial was declared high treason. The Prior called his monks together, to prepare them for what was before them. With one voice they cried: “Let us all die in our simplicity.” But the holy Prior was torn with anxiety for the many young religious in the community, now leading so holy a life, but who would soon be forced to leave God’s house, and be thrown amid the dangers of an irreligious world. “Would,” he said, “that it might be as you say; and that one death might for all of us be the way to life, but I fear they will not do us so much good nor themselves so much ill. I fear they will put you ancient Fathers and me to death, and send out these youths in terram non suam, into a world not theirs.” He felt so keenly their danger that he seemed almost tempted to comply with the King’s demands, but he ended with our Lord’s words: “He that loveth aught more than Me is not worthy of Me;” and thus resolved he exhorted his brethren to join him in making diligent preparation for their approaching combat. This preparation lasted three days. On the first he urged them all to purify their hearts by a general confession: on the second day he made them a pathetic address on the necessity of charity, patience, and a firm adherence to God in the day of trial, ending with the words, “It is better for us to undergo a short suffering here for our sins, than to lay up for ourselves eternal torments.” Then he added: “Dearest Fathers and brethren, what you see me do, I beseech you do likewise,” and immediately rising from his seat he went towards the oldest monk of the house and kneeling down before him, humbly asked his forgiveness for all the excesses and offences he might have committed against him in thought, word, or deed. He went thus to each religious, one by one, on both sides of the choir, down to the last lay-brother, all the while shedding abundance of tears. All the others followed his example, each in turn asking pardon of his brethren. The third day being come, he offeree! a solemn Votive Mass of the Holy Ghost, to obtain the special graces they would all need. When all hearts were thus fervently disposed, we are not surprised to learn from Dom Chauncy that the Holy Spirit vouchsafed them a very special grace. At the moment of the Elevation there was heard the sound of a gentle wind perceptible to the bodily ear, but much more to the hearts of all present. The holy Prior at the same moment was visited with such an abundance of devout tears that for a long time he was unable to go on with his Mass, and all the rest were filled with a spirit of joy; whilst after wards as they spoke of what had happened there was a holy strife of humility among them, the Prior attributing it to the devotion of his sons, and they to the sanctity of their Father.

During the following days Divine Providence sent on a visit to the Charterhouse the two brethren predestined to be the companions of Blessed John’s martyrdom. These were Dom Robert Lawrence, Prior of the Convent of Beauvale, formerly a religious of the London Charterhouse, and, two days later, Dom Augustine Webster, a monk of the house of Shene, and Prior of the Convent of Axholme, in Lincolnshire.

The two visitors seem to have learned for the first time on their arrival the danger hanging over the convent, a danger which had now become immediate. For the King had heard of the Prior’s preparations to resist his will, and was enraged against him. It was by no accident that the storm first broke over the poor religious of Saint Bruno. The whole of the King’s tyrannical pride and strength of will was now committed to carrying through the schism. For his success in this it was all-important to bend to his will, or to strike down ruthlessly, those who stood highest in the estimation of the people. It was no doubt this consideration which determined the first victims of the persecution.

Meanwhile the three Priors, to leave nothing undone that offered any hope of peace, went together to implore Cromwell, the King’s “Vicar General,” to obtain for them some mitigation of the oath which they knew was about to be tendered to them. But his only answer was to order them at once as prisoners to the Tower.

The conflict which the Blessed John had long foreseen was now upon them. It is a consolation to have a testimony to their courage and constancy from an adversary. “Divers were sent to them in prison by the King’s commandment,” writes Thomas Starkey, “to instruct them. They were so blinded and sturdy that they could neither see the truth in the cause nor ‘give convenient obedience due to [from?] such persons as of themself cannot see the truth,’ . . . affirming the same, by their blind, superstitious knowledge, to be to the salvation of man of necessity, and that this superiority of the Pope was a sure truth and manifest of the law of God, and instituted by Christ as necessary to the conservation of the spiritual unity of this mystical body of Christ. In this blindness their superstitious minds were stabled.” After a week’s imprisonment the King’s Commissaries and with them Cromwell himself, came to demand of them the oath, by which they were to renounce and deny the authority and jurisdiction of the Holy See and acknowledge the King as the supreme head of the Church in England in spiritual as well as temporal things. They offered to comply if they might add the saving clause “as far as the Divine law permits.” If we are surprised to find men of God, men so soon to lay down their lives for His cause, ready to make a concession which seems to go so near compromising the faith and the unity of the Church, we must bear in mind the perplexities of an untried situation, the anxiety for others dependent on them, and especially that we have the very best proof that the reservation was, and was well understood to be, a solid reality; for Cromwell peremptorily refused to accept it. “I will have no condition,” he said, “I care nothing what the Church has held or taught. Will you agree to the oath or not?” Then they firmly declared that the fear of God would not allow them to contradict or abandon the Catholic Church, of which Saint Augustine had said that he would not believe the Gospel of Christ unless the Church so taught and instructed him. This answer sealed their fate. On the 29th of April, they were brought to trial in Westminster Hall. The indictment against them is still extant and accuses them of declaring, on the 26th of April, at the Tower of London, that “the King our Sovereign Lord is not supreme head in earth of the Church of England.” The offence against the Statute law was of course evident, and moreover the holy confessors resolutely persevered in the offence. But an unexpected difficulty arose. The jury refused to give a verdict against them, and put off their finding till the next day. In vain did Cromwell send to demand the cause of their delay; in vain did he send again to threaten them with a like fate if they did not forth with bring in a verdict of guilty; the whole of the next day was spent in discussion, these worthy men recoiling from the guilt of giving up the servants of God to a cruel death. At length Cromwell in a rage came himself, and so terrified them that he succeeded in overbearing their resistance, upon which sentence of death was passed on them as in cases of high treason.

Their martyrdom, a memorable one, the first of a long series, as glorious as it is sorrowful, extending over a century and a half, was fixed for the fifth day from their condemnation, the 4th of May. Two other confessors of the Faith were to suffer with them, Richard Reynolds, a Bridgettine monk, and John Haile or Hall, the aged Vicar of Isleworth.

By special order of the King, as it would appear, the martyrs were not only to suffer to the utmost extent the cruel agony of the execution, but every thing was to be done to degrade them in the eyes of the people. Accordingly, our holy Prior was laid upon a hurdle in his religious habit, and thus, followed by his blessed companions, dragged at the horses’ tails for three or four miles through the rough and dirty roads to the place of execution at Tyburn, where many great lords and a vast crowd of other spectators were assembled. After the executioner had knelt down and asked and received his forgiveness, he was told to go up the ladder dressed as he was, for in pursuance of the plan already mentioned, the martyrs were to be hanged in their religious habits. A thick rope too had been prepared in order that they might not be strangled by the fall but kept alive for the butchery afterwards. Whilst he was on the ladder, one of the King’s councillors present among the throng urged him to yield to the royal command, promising him pardon. He in reply, addressed the spectators, of whom several thousands were present, in very few words: “I call God to witness, and beg of you all likewise to bear me witness at the dread judgment day, that here, about to die, I declare publicly that I refuse to comply with the will of our Lord the King, not out of any pertinacity, malice, or rebellious disposition, but only from the fear of God, lest I should offend His Sovereign Majesty, seeing our holy Mother the Church has decreed and determined otherwise than the King and his Parliament has ordained; where fore I am obliged, in conscience, and am also ready and not dismayed, to suffer these and all possible torments rather than oppose the teaching of the Church. Pray for me, and pity my brethren whose unworthy prior I have been.” He prayed aloud for some time, reciting the psalm, “In Thee, O Lord, have I hoped.” When he had said the words, “Into Thy hands I commend my spirit,” the ladder was turned, but the rope was immediately cut, and falling to the ground, he began at once to revive. Then he was dragged to the quartering block, and with rough violence stripped of his clothes. The ignominious and barbarous dismemberment followed. The executioner ripped him up, tore out his entrails and cast them into the fire. The blessed martyr during this agony uttered no complaint, but prayed incessantly. When almost at the point of death he cried out with fervour, “Most holy Lord Jesus, have mercy on me in this hour.” And as the hangman seized his heart with his hand to tear it out, he said, “Good Jesus, what will ye do with my heart?”

A moment more and the first palm was won, the first martyr crowned in the terrible persecution on which the Church was entering. The holy remains underwent the usual indignities of being cut up into quarters, parboiled in a cauldron, and set up upon spikes in different parts of the city. But Blessed John Houghton was conqueror in the fight, and as we are now able to declare with the authority of Holy Church, reigns among the princes of God’s Kingdom.

He was soon joined by his blessed companions, Dom Lawrence and Dom Webster. Unfortunately, no account of their lives previous to the persecution has come down to us. Their martyrdom seems to have had one circumstance of horror which their glorious predecessor was spared. According to a contemporary account, “it is believed that one saw the other’s execution fully carried out before he died – a pitiful and strange spectacle.”

The writer adds: “It is long since persons have been known to die with greater constancy. No change was noticed in their colour or tone of speech, and while the execution was going on they preached and exhorted the bystanders with the greatest boldness to do well, and obey the King in every thing that was not against the honour of God and the Church.” They thus kept up in the sight of the cruel torments so soon to be inflicted upon themselves, the spirit of holy courage and joy with which they set out on their way to martyrdom. “As Sir Thomas More,” says Roper, “in the Tower, chanced on a time looking out of his window, to behold one Master Reynolds, a religious, learned and virtuous Father of Syon, and three monks of the Charterhouse, for the matter of the Supremacy and Matrimony, going out of the Tower to execution, he, as one longing in that journey to have accompanied them, said unto my wife, then standing there beside him: Lo, dost thou not see, Meg, that these blessed Fathers be now as cheerfully going to their deaths, as bridegrooms to their marriage. Wherefore thereby mayest thou see, mine own good daughter, what a great difference there is between such as have in effect spent all their days in a strait and penitential and painful life, religiously, and such as have in the world, like worldly wretches (as thy poor father hath done) consumed all their time in pleasure and ease, licentiously.

And thus from the joy of suffering for God on earth, they passed to the joy of possessing Him in Heaven.

SOURCE : https://catholicsaints.info/blessed-john-houghton-blessed-robert-lawrence-and-blessed-augustine-webster-carthusians-by-father-edward-s-keogh/

St. John Houghton and the Carthusian Martyrs.

Posted on May 9, 2011 by Gertrude

Last Wednesday Archbishop Vincent Nichols preached on St. John Houghton and the Carthusian Martyrs at  at the Solemn (Anglican) Evensong at Charterhouse, the former Carthusian monastery in London, to the north of what is now  Charterhouse Square. 

The following is part of a homily delivered two years ago by Father Sean Finnegan, and I think it deserves reprinting, reminding us of the sacrifices made by our forefathers in defence of our Faith.

The story of the Carthusian martyrs is not as well known as it should be. No doubt this is because, in the great tale of the early English Reformation, the figures of Sts John Fisher and Thomas More tower over all others, for many and obvious good reasons. And yet nobody becomes a martyr without some extraordinary qualities—tenacity, faith, holiness—that make it possible to face all the consequences of simply doing the right thing when it is required. And yet how difficult that simple thing can be, even in small matters.

The monks of the London Charterhouse (who provided most of today’s saints) were renowned for their holiness of life in the early sixteenth century. It had become fashionable to grumble about monks at that time, but nobody grumbled about them. Thomas More, who could be rather scathing about monks who were no holier than they should be, actually lived with the London Carthusians for several years, and contemplated joining them. Carthusian monks, following a somewhat different and stricter form of the Benedictine life, have as their proud boast that they have never needed reform. Theirs is, and always has been, a very silent and recollected life: The London community in the sixteenth century was led by Prior John Houghton, a relatively young man, already with a reputation for sanctity. You will understand, then, why Henry VIII was particularly keen to get him and his community on side. Being widely respected, they would lend authority to the King’s claims to the headship of the Church in England.

John Houghton was somebody who had wrestled with his vocation. At first, he had studied civil law at Cambridge, and his parents had planned a good marriage for him to go with his almost certain good career prospects; however he became increasingly aware of the call to holiness and went to live with a secular priest, studying with him for ordination. For four years he lived as a secular priest until he finally tried his vocation with the Charterhouse, and in short order ended up novice, then professed, sacristan, prior of Beauvale Charterhouse in Nottinghamshire, and finally Prior of London, where, under his guidance, the whole community achieved a reputation for sanctity and wisdom.

When presented with the King’s demands that the London Carthusians recognize his claim to the headship of the Church in England, the community took three days to pray about it, on the last of which they celebrated a Mass of the Holy Spirit. During Mass, at the elevation, the whole community actually had an experience together that they unanimously identified as the Holy Spirit breathing in the chapel, and which gave them courage for what was to come—courage they would sorely need.

John Houghton, together with two other priors from the North, went to speak to Thomas Cromwell, the King’s strong arm man in religious matters. We can be sure that with his lawyer’s training, St John tried everything to make it possible to take the oath of allegiance to the King, without, however, compromising principle. Nothing availed, however, and all three were arrested, the charge being that —and I quote — ‘John Houghton says that he cannot take the King, our Sovereign Lord to be Supreme Head of the Church of England afore the apostles of Christ’s Church’, which rather makes it sound as if the apostles had also usurped what was the King’s rightful position.

In any event, he was condemned, of course—Cromwell had had to threaten the jury with treason charges themselves in order to achieve it, and the three priors together with a Bridgettine priest and a secular priest were all dragged to execution together. St Thomas More, by now in the Tower of London, watched them from the window of his cell setting off, and commented to his daughter who was visiting that they looked just like bridegrooms going to their wedding, a comparison that St John Fisher was also to use on the morning of his own death.

King Henry was insistent that the priests should be executed in their religious habits, to teach other religious a lesson, one presumes. This meant that after St John was cut down from the gallows, still alive, to be butchered, the thick hairshirt he wore under his heavy habit had to be cut through by the executioner, who had to stab down hard with the knife. And then, finally, as the executioner drew out St John’s still beating heart before his face, he spoke his last words: ‘Good Jesu’ he said, ‘what will you do with my heart?’

The story of St John Houghton is one that I have been very familiar with for the last twelve years or so, because I was once the Catholic chaplain at Charterhouse School near Godalming, which had been founded in the buildings of what had been the London Charterhouse. John Houghton’s last words have long puzzled me: they were very suitable for young people—I used them a great deal to get the boys to think about what they were going to do with their lives ‘Good Jesu, what will do you with my heart?’ but why would St John use them at that very moment. Some devil sometimes whispered in my ear that in his pain and confusion he was blaspheming at the executioner, feeling his hands around his heart, but I know that cannot be the case. St John knew all along what to expect. For years I have puzzled about it—such a strange thing to say—and only last night I think the answer came to me.

I think his words were not accidental but very deliberately chosen, and they were words that he had used in his life before, perhaps often. We have seen how he was uncertain what his state in life would be and, doubtless, a prayer such as ‘Good Jesu, what will you do with my heart?’ must often have been on his lips. It was, then, a prayer from his youth, when puzzled as to just what God wanted of him. And when the end had come, when his heart was about to be torn from his body, then he acknowledged his destiny: martyrdom, and he knew very literally what Jesu was to do with his heart. And that heart he willingly gave in honour of that Sacred Heart that loved mankind so much.

The death of those priests did not have the effect Henry desired; in fact it shocked people deeply, so the other Carthusians were not executed publicly. Instead they were simply chained up in a cell and were left quietly to starve.

SOURCE : https://catholicismpure.wordpress.com/2011/05/09/st-john-houghton-and-the-carthusian-martyrs/

Feast of the English Martyrs: St. John Houghton

Torch of The Faith News on Tuesday 04 May 2010 - 19:33:38 | by admin

Today is the great Feast of the Martyr's of England and Wales. In the times we live we especially need their intercession and example to guide and inspire us to deeper courage and faithfulness.

I am sure that St. John Houghton must have interceded for my family over the years!

You see, I grew up in a family of convinced Protestants. We thought of the Catholic Church as, at the very best, an idolatrous and un-Biblical monstrosity... 

A series of Providential events, circumstances and encounters caused my Dad to re-evaluate the truth claims of Catholicism. He eventually converted to the Catholic Faith at Christmas 1989. Mum followed at Christmas 1990. At Easter 1993, by an outpouring of God's Grace, I was also received into the Catholic Church.

As I described recently; we all came home to the Faith at English Martyr's parish on Merseyside. We were each received by the remarkable Canon Michael Culhane (R.I.P.). 

My middle name is John and our family name is Houghton. Nevertheless we had never heard of St. John Houghton until we saw his name listed in the martyrology on the walls inside English Martyr's Church. 

My nephew and God-son is also called John Houghton. The rest of this blog-post is dedicated to him.

St. John Houghton was born in 1486 and went on to become the Prior of London Charterhouse.

He resisted the lust and power-seeking of King Henry XIII by refusing to admit the falsehood that the king's marriage was invalid. For this loyalty to Christ and the Sacrament of Marriage he was imprisoned for a period in the Tower of London.  

The king next tried to remove the rights of the Church and the Papacy by establishing himself as head of the Church in England. To this end he forced Church leaders to sign the Act of Supremacy in 1534.
 
The response of St. John should be an example to us in our own present day as the British Government increasingly imposes anti-Christian laws, opposed to the Natural and Divine Laws, prior to demanding our meek collusion.

When presented with the king’s demands St. John Fisher and his whole community of monks prayed for three days. On the final day they celebrated a Mass of the Holy Spirit. During Mass, at the elevation of the Blessed Sacrament, the whole community unanimously experienced the Holy Spirit blowing through the chapel and giving them the courage to resist the evil and unjust assertions of the king.

Notice here; they did not resist evil by their own powers but by the power of God received in prayer and especially through Jesus Christ in the Holy Sacrifice of the Mass.

On this day - the 4th May - in 1535 St. John and three others were drawn to Tyburn gallows on hurdles. The great St. Thomas More saw them from his cell window in the tower and remarked to his daughter, 'Look Meg, these blessed Fathers be now going to their deaths as cheerfully as bridegrooms to their marriage!' 

Why did they die? It is because they loved Jesus Christ and His Church so much that their consciences would choose death rather than betrayal of the source of all goodness. Such a heroic response can only come by cooperating prayerfully with the Grace of the Holy Spirit.

John was hung and then taken down from the gallows before he died in order to suffer the dreadful cruelty of being quartered...

The executioner tore open his chest and dragged out his heart. St. John, looking at his wounded heart exclaimed, 'O Jesu, what wouldst Thou do with this heart of mine?'  

It is a question we would all do well to ask. 

In 2010 British Catholics live in very grave times with the prospect of further darkness to descend. Yet the English Martyr's and their witness encourage us to hope. They remind us that, although this life is a good gift from God; still there is so much more to come for those who accept it as a passing gift and as the means of working out their eternal salvation with the aid of His Grace.

Holy Martyrs of England and Wales - Ora pro nobis!

SOURCE : http://www.torchofthefaith.com/news.php?extend.284.1

The One Hundred and Five Martyrs of Tyburn – 4 May 1535

Article

Blessed John HoughtonCarthusian prior

Blessed Augustine WebsterCarthusian prior

Blessed Robert LawrenceCarthusian prior

Blessed Richard ReynoldspriestBridgittine

Blessed John Haile, secular priest

Blessed John Houghton was born in Essex. He was the Prior and proto-martyr of the London Charterhouse, and was also the proto-martyr of the one hundred and five glorious martyrs of Tyburn. When, in 1535, the Act of the Royal Supremacy was published, he went, together with the Carthusian Priors of Beauvale and Axholme, to plead that the monks might be held exempt from the Oath, or that it might be mitigated for them, though with one voice they had chosen to die rather than swerve in their allegiance to the Holy See. Thomas Cromwell’s answer was to send the three Priors to the Tower. They were tried and sentenced to death. Clad in their white habits, and stretched on hurdles, they came to Tyburn as gladly as to a marriage feast. Blessed John Houghton was the first to win his crown. He was cut down while still conscious, and bore the butchery inflicted on him with invincible meekness. “Good Jesu! what will Ye do with my heart?” he cried as it was torn from his breast.

Blessed Richard Reynolds was perhaps the most learned monk of his time in England, and certainly one of the holiest. He was known to all as the “Angel of Sion,” a title he won by his saintly life in the Bridgittine Monastery of Isleworth. It was felt that the submission of such a man to the King’s new statutes would act powerfully upon the whole country, and he was put to the test accordingly. But this project entirely failed, his allegiance to the Holy See remained unshaken, and the terrible sufferings of dungeon and gibbet only served to add to the high opinion men had of him.

Blessed John Haile was far advanced in years when he was brought to trial on the charge of maliciously slandering the King. Unlike some of the Martyrs, he felt the full horror and dread of death, and this circumstance, aggravated by age and sickness, made his end all the more admirable, for he never swerved, but offered the sacrifice of his life with as much love and fortitude as the most light-hearted among them.

MLA Citation

The Nuns of the Convent of Tyburn. “4 May 1535”. The One Hundred and Five Martyrs of Tyburn1917. CatholicSaints.Info. 24 January 2020. Web. 10 April 2026. <https://catholicsaints.info/the-one-hundred-and-five-martyrs-of-tyburn-4-may-1535/>

SOURCE : https://catholicsaints.info/the-one-hundred-and-five-martyrs-of-tyburn-4-may-1535/

THE PROTOMARTYR, ST JOHN HOUGHTON

St John Houghton, the protomartyr of the English Reformation, was born in Essex in 1487. It is believed that he graduated from Cambridge University with degrees in civil and Canon Law. His minor gentry parents had arranged a very good marriage for him but John felt drawn to the priesthood. Because of their opposition to his choice, John had to go into hiding to pursue his vocation. He was prepared for ordination by a pious priest with whom he took lodging.

After ordination John served as a parish priest for several years then he entered the Carthusian novitiate in London. About 1516 he was professed at the Charterhouse in London. For a short time John was prior of Beauvale Charterhouse in Northampton and then prior of the London Charterhouse.

Storm clouds gathered when, in 1534, King and Parliament decreed that all had to take an oath upholding the King’s marriage to Anne Boleyn and swearing that his marriage to Catherine of Aragon had been invalid. This was known as the Act of Succession because it obliged the oath-taker to acknowledge that Anne’s children would be the rightful and sole heirs to the throne. John Houghton refused to take the oath and he was arrested and imprisoned in the Tower of London. When the words “so far as it is lawful” were added to the decree, John felt able to take the oath, though still with some misgivings.

The situation worsened in 1535 when King Henry and Parliament introduced the Oath of Supremacy, which declared Henry to be the Supreme Head of the Church in England. Not to take the oath was deemed High Treason! For various reasons, (mostly terror of the tyrant King) some other orders and clergy acquiesced to this demand. Augustine Webster and Robert Lawrence, the Carthusian Priors of Axholme and Beauvale Charterhouses, travelled to London to discuss this state of affairs with John. Following three days of prayer, they contacted one of the King’s toadies, Thomas Cromwell, seeking exclusion, for themselves and the monks under them, from having to take the oath. The three were ordered to take the oath but they refused outright. On 20th April 1535 they were arrested and conveyed to the Tower, via Traitors’ Gate.

Under interrogation by Thomas Cromwell, John Houghton and his companions said that they were ready to consent to all that the law of God would permit. Cromwell, wanting total submission, declared; “I admit no exception. Whether the law of God permits it or no, you shall take the oath without any reserve whatsoever, and you shall observe it too.”

When the Carthusians pointed out that the Act was contrary to what the Catholic Church taught, Cromwell replied; “I care nothing for what the Church has held or taught. I will that you testify by solemn oath that you believe and firmly hold what we propose to you to profess; that the king is Head of the English Church.” The fate of the faithful monks was sealed!

The priests came to trial and twice the jury refused to condemn them, despite threats that if they failed to find in favour of the king they would suffer the same fate as the priests. It was only when Cromwell himself came in person and intimidated them that, for fear of their own lives, the cowed jury returned a guilty verdict against John Houghton and his companions. They were sentenced to be hanged, drawn, and quartered, the usual sentence for those convicted of High Treason.

On Tuesday, 4th May 1535, the condemned priests were dragged to Tyburn. John Houghton was the first of the *five to suffer, making him the protomartyr of the Reformation in England. The executioner begged his pardon and John embraced him. As he stood on the cart below the gallows, John was asked again to submit to the king before it was too late. The holy monk replied; “I call on Almighty God to witness, and I beseech all here present to attest for me on the dreadful danger of judgement, that, being about to die in public, I declare that I have refused to comply with the will of His Majesty the King, not from obstinacy, malice, or a rebellious spirit, but solely for fear of offending the Supreme Majesty of God. Our Holy Mother the Church has decreed and enjoined otherwise than the king and Parliament have decreed. I am therefore bound in conscience, and am ready and willing to suffer every kind of torture, rather than deny a doctrine of the Church. Pray for me, and have mercy on my brethren, of whom I have been the unworthy Prior.”

The barbaric sentence was carried out in full. The rope was placed around the martyr’s neck, the cart pulled away and he was left to hang but briefly. Then still alive and fully conscious, he was cut down and disembowelled. He was heard to exclaim; “Oh most holy Jesus, have mercy upon me in this hour!” Still alive as the executioner tried to rip his heart out, it was reported that the victim was heard to murmur; “Good Jesu, what will ye do with my heart?” John Houghton was then decapitated and his poor body quartered. His head was displayed on a pike on London Bridge and his quarters were hung in prominent places as a deterrent to any who would be so foolish as to question the wicked king and his contemptible Parliament. One quarter, including an arm, was suspended above the gate of the London Charterhouse. It was a most grisly and potent warning of things to come for, although John Houghton was the first, many more would follow.

On 9th December 1886, John Houghton was beatified by Pope Leo XIII. Eighty-four years later, on 25th October 1970, John Houghton was canonised by Pope Paul VI as one of the FORTY MARTYRS OF ENGLAND AND WALES.

*John Houghton and the two other Carthusian Priors, Augustine Webster and Robert Lawrence, were executed with Bridgettine monk, Richard Reynolds and secular priest, John Hale, who also refused to take the Oath of Supremacy.

SOURCE : http://lastwelshmartyr.blogspot.ca/2012/02/protomartyr-st-john-houghton.html

Lawrence Hendriks, The London Charterhouse, its monks and its martyrs, with a short account of the English Carthusians after the dissolution, London, K. Paul, 1889 - https://archive.org/details/londoncharterhou00henduoft/page/n165/mode/1up


Santi Giovanni Houghton, Roberto Lawrence, Agostino Webster e Riccardo Reynolds Sacerdoti e martiri

4 maggio

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† Londra, Inghilterra, 4 maggio 1535

Martirologio Romano: A Londra in Inghilterra, santi sacerdoti martiri Giovanni Houghton, Roberto Lawrence e Agostino Webster, priori delle certose di Londra, Bellavalle e Haxholmie, e Riccardo Reynolds, dell’Ordine di Santa Brigida, che, avendo professato senza paura la fede dei padri, sotto il re Enrico VIII furono trascinati a Tyburn al supplizio dello squartamento. Insieme a loro anche il beato Giovanni Haile, sacerdote, parroco di Isleworth, sobborgo della città, fu impiccato allo stesso patibolo.

Cinque sacertodi inglesi furono i primi martiri ad essere uccisi per aver professato la fede cattolica sotto il regno di Enrico VIII, fautore dello scisma anglicano: i certosini Giovanni Houghton, Roberto Lawrence e Agostino Webster, il brigidino Riccardo Reynolds ed il parroco Giovanni Haile. Tutti beatificati da Papa Leone XIII il 29 dicembre 1886, solamente i primi quattro sono stati anche canonzzati da Paolo VI il 25 ottobre 1970, mentre Giovanni Haile è ancora oggi venerato solo come beato. Ai quattro santi è dedicata in particolare la presente scheda agiografica.

Giovanni Houghton, Roberto Lawrence ed Agostino Webster, priori certosini

I certosini, per quanto benvoluti essendo monaci non dediti ad alcuna attività politica, ricevettero anch’essi nella Certosa di Londra la visita dei funzionari regi che, in base al decreto emanato, chiedevano a tutti i maggiorenni, religiosi compresi, l’approvazione del ripudio da parte del re della moglie Caterina d’Aragona e dunque l’accettazione quale sovrana di Anna Bolena. Il priore, John Houghton, ed il procuratore finirono in carcere per aver obiettato circa la legittimità del ripudio, ma un mese dopo, convinti che tale giuramento non toccasse la fede, finirono per giurare e furono quindi liberati. Ritornati alla Certosa, convinsero i loro confretelli delle loro argomentazioni e così il 25 maggio 1534 tutti giurarono dinanzi ai funzionari, che erano tornati accompagnati dai soldati.

La pace tanto auspicata durò però ben poco, infatti verso la fine del 1534 un nuovo decreto promulgato dal re e dal Parlamento ordinò a tutti i sudditi di disconoscere l’autorità del papa, attribuendo al sovrano il ruolo di capo della Chiesa anglicana anche in ambito spirituale, prevedendo il reato di lesa maestà per coloro i quali non avessero approvato tale novità. Avutane notizia, il priore John Houghton riunì tutti i certosini ed all’unanimità si dissero pronti a morire per la fedeltà alla Chiesa di Roma.

Nella certosa erano arrivati anche Robert Lawrence ed Augustine Webster, priori delle certose di Bellavalle e Haxholmie, i quali, messi al corrente della pericolosa situazione dei monaci, di comune accordo si recarono dal vicario del re Thomas Cromwell per implorarlo di convincere Enrico VIII ad esentarli da questo giuramento contrario alla loro fede, ma questi indignato li fece arrestare e rinchiudere nella Torre di Londra quali ribelli e traditori. Una settimana dopo furono processati presso Westminster, ove ribadirono il loro rifiuto, e vennero quindi condannati a morte e nuovamente incarcerati. Lì furono raggiunti da altri due sacerdoti condannati per il medesimo motivo: il brigidino Richard Reynolds e John Haile, parroco di Isleworth.

Riccardo Reynolds

Non conosciamo con esattezza la data di nascita di Richard Reynolds, ma dal fatto che fu accettato quale novizio dall’Ordine di Santa Brigina nel 1512 e prese i voti l’anno seguente, deduciamo che sia nato tra il 1488 ed il 1489. Tale ordine religioso prevede infatti che i novizi possano professare i voti solo al raggiungimento dei venticinque anni di età. Trascorsi alcuni anni all’università di Cambridge, nel 1513 conseguì il baccellierato in teologia e dalla medesima università fu assunto quale predicatore. Prima del Concilio di Trento queste attività non erano ritenute incompatibili con lo stato di novizio di un ordine religioso.

I monasteri brigidini erano composti da due comunità, maschile e femminile, separate dalla chiesa: i monaci fungevano da cappellani per le suore e la badessa era superiora di ambe le comunità. Come i suoi contemporanei, quali ad esempio i celeberrimi San John Fisher e San Thomas More, anche il Reynolds aveva ricevuto un’ottima formazione umanistica ed il cardinal Pole testimonia che “non solo era un uomo dalla vita santissima, ma era anche l’unico monaco inglese che conoscesse bene le tre lingue fondamentali, cioè il latino, il greco e l’ebraico”. Il Registro della biblioteca del monastero di Syon, fondato nel 1415 dal re Enrico V, annoverava ben 94 volumi a lui attribuiti ed egli fu indubbiamente un’eminente personalità della Londra del tempo.

Nel 1535 fu anch’egli imprigionato nella Torre di Londra per essersi rifiutato di prestare il giuramento di supremazia. Il 28 aprile, durante il processo, non demordette dall’opporsi ad un’ingiusta legge contraria alla sua fede: “Per essere a posto con la coscienza mia e di quelli che sono presenti qui con me, io dichiaro che la nostra fede ha maggior peso ed è sorretta da maggiori testimonianze di quella vostra, perché invece delle poche testimonianze che voi avete ricavato dal Parlamento di questo solo regno, io ho dalla mia parte l’intero mondo cristiano”. Un testimone oculare descrisse Riccardo quale “uomo di contegno angelico, amato da tutti, e pieno di Spirito Santo”.

Ormai prossimo al martirio, chiese di rinviare l’esecuzione di alcuni giorni, onde potesse “preparare la sua anima all’incontro con la morte come si conviene ad un religioso e a un buon cristiano”. Il cardinal Pole, nella sua “Difesa dell’unità della Chiesa”, ebbe a scrivere: “Non posso tralasciare di dare notizie di uno di questi martiri: è Reynolds che ho conosciuto intimamente; fu un uomo che, per la santità di vita, potrebbe essere paragonato ai primissimi che furono di esempio e di guida agli altri... era stabilito che egli dovesse dare testimonianza della verità col proprio sangue. E lo fece veramente... e con tale fermezza che, secondo quanto ho appreso da un testimone oculare, offrì il capo al mortale capestro come se lo porgesse per ricevere una collana regale piuttosto che uno strumento di morte”.

Insieme verso il martirio

Il 4 maggio 1535 i tre certosini, Padre Reynolds ed il parroco di Isleworth, indossati gli abiti religiosi furono legati stesi su delle stuoie e trascinati per le vie sassose e fangose che portavano dalla Torre di Londra al Tyburn, famigerato luogo delle esecuzioni capitali. Dalla finestra della sua cella il cancelliere Thomas More poté constatare assieme a sua figlia, in visita da lui, la felicità di questi santi uomini che si apprestavano ad essere i primi martiri di questa nuova persecuzione.

John Houghton, priore di Londra, anch’egli arrestato e condannato, salì per primo il patibolo e collaborò con il boia per l’impiccagione proferendo parole di perdono e di fiducia in Dio. Non era ancora morto soffocato, che uno dei presenti tagliò la corda ed il padre cadde a terra, il boia lo denudò e gli cavò ancora vivo le viscere per poter mostrare il cuore ai consiglieri del re.

Seguì poi l’esecuzione degli altri quattro. Ultimo a morire fu il Reynolds, dopo aver incoraggiato i compagni senza impallidire e perdersi d’animo nel vederli squartare e sventrare, ma prima dell’esecuzione si rivolse alla folla presente invitandola a pregare per il re, “affinché il re che, all’inizio del suo regno aveva governato con saggezza e pietà, come Salomone, non dovesse, come lui, nei suoi ultimi tempi essere sedotto dalle donne fino alla rovina”.

I corpi dei martiri furono fatti a pezzi ed esposti al popolo per incutere terrore ai ‘papisti’, ma la Chiesa, che mai si dimentica dei suoi servitori più fedeli, li ha glorificati concedendo loro l’onore degli altari.

Autore: Fabio Arduino

SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/93215

I MARTIRI

Elenco dei martiti con relativa ricorrenza:

John Houghton, Sacerdote certosino, 4 maggio

Robert Lawrence, Sacerdote certosino, 4 maggio

Augustine Webster, Sacerdote certosino, 4 maggio

Richard Reynolds, Sacerdote brigidino, 4 maggio

John Stone, Sacerdote agostiniano, 23 dicembre

Cuthbert Mayne, Sacerdote, 30 novembre

Edmund Campion, Sacerdote gesuita, 1 dicembre

Ralph Sherwin, Sacerdote, 1 dicembre

Alexander Briant, Sacerdote gesuita, 1 dicembre

John Paine, Sacerdote, 2 aprile

Luke Kirby, Sacerdote, 30 maggio

Richard Gwyn, Laico, 17 ottobre

Margaret Clitherow, Laica, 25 marzo

Margaret Ward, Laica, 30 agosto

Edmund Gennings, Sacerdote, 10 dicembre

Swithun Wells, Laico, 10 dicembre

Eustace White, Sacerdote, 10 dicembre

Polydore Plasden, Sacerdote, 10 dicembre

John Boste, Sacerdote, 24 luglio

Robert Southwell, Sacerdote gesuita, 21 febbraio

Henry Walpole, Sacerdote gesuita, 7 aprile

Philip Howard, Laico, 19 ottobre

John Jones, Sacerdote dei Frati Minori, 12 luglio

John Rigby, Laico, 21 giugno

Anne Line, Laica, 27 febbraio

Nicholas Owen, Religioso gesuita, 2 marzo

Thomas Garnet, Sacerdote gesuita, 23 giugno

John Roberts, Sacerdote benedettino, 10 dicembre

John Almond, Sacerdote, 5 dicembre

Edmund Arrowsmith, Sacerdote gesuita, 28 agosto

Ambrose Edward Barlow, Sacerdote benedettino, 10 settembre

Alban Bartholomew Roe, Sacerdote benedettino, 21 gennaio

Henry Morse, Sacerdote gesuita, 1 febbraio

John Southworth, Sacerdote, 28 giugno

John Plessington, Sacerdote, 19 luglio

Philip Evans, Sacerdote gesuita, 22 luglio

John Lloyd, Sacerdote, 22 luglio

John Wall (Gioacchino di Sant’Anna), Sacerdote dei Frati Minori, 22 agosto

John Kemble, Sacerdote, 22 agosto

David Lewis, Sacerdote gesuita, 27 agosto

SOURCE : https://www.causesanti.va/it/santi-e-beati/40-martiri-di-inghilterra-e-galles.html

CANONIZZAZIONE DI QUARANTA MARTIRI DELL’INGHILTERRA E DEL GALLES

OMELIA DEL SANTO PADRE PAOLO VI

Domenica, 25 ottobre l970


We extend Our greeting first of all to Our venerable brother Cardinal John Carmel Heenan, Archbishop of Westminster, who is present here today. Together with him We greet Our brother bishops of England and Wales and of all the other countries, those who have come here for this great ceremony. We extend Our greeting also to the English priests, religious, students and faithful. We are filled with joy and happiness to have them near Us today; for us-they represent all English Catholics scattered throughout the world. Thanks to them we are celebrating Christ’s glory made manifest in the holy Martyrs, whom We have just canonized, with such keen and brotherly feelings that We are able to experience in a very special spiritual way the mystery of the oneness and love of .the Church. We offer you our greetings, brothers, sons and daughters; We thank you and We bless you.

While We are particularly pleased to note the presence of the official representative of the Archbishop of Canterbury, the Reverend Doctor Harry Smythe, We also extend Our respectful and affectionate greeting to all the members of the Anglican Church who have likewise come to take part in this ceremony. We indeed feel very close to them. We would like them to read in Our heart the humility, the gratitude and the hope with which We welcome them. We wish also to greet the authorities and those personages who have come here to represent Great Britain, and together with them all the other representatives of other countries and other religions. With all Our heart We welcome them, as we celebrate the freedom and the fortitude of men who had, at the same time, spiritual faith and loyal respect for the sovereignty of civil society.

STORICO EVENTO PER LA CHIESA UNIVERSALE

La solenne canonizzazione dei 40 Martiri dell’Inghilterra e del Galles da Noi or ora compiuta, ci offre la gradita opportunità di parlarvi, seppur brevemente, sul significato della loro esistenza e sulla importanza the la loro vita e la loro morte hanno avuto e continuano ad avere non solo per la Chiesa in Inghilterra e nel Galles, ma anche per la Chiesa Universale, per ciascuno di noi, e per ogni uomo di buona volontà.

Il nostro tempo ha bisogno di Santi, e in special modo dell’esempio di coloro che hanno dato il supremo testimonio del loro amore per Cristo e la sua Chiesa: «nessuno ha un amore più grande di colui che dà la vita per i propri amici» (Io. l5, l3). Queste parole del Divino Maestro, che si riferiscono in prima istanza al sacrificio che Egli stesso compì sulla croce offrendosi per la salvezza di tutta l’umanità, valgono pure per la grande ed eletta schiera dei martiri di tutti i tempi, dalle prime persecuzioni della Chiesa nascente fino a quelle – forse più nascoste ma non meno crudeli - dei nostri giorni. La Chiesa di Cristo è nata dal sacrificio di Cristo sulla Croce ed essa continua a crescere e svilupparsi in virtù dell’amore eroico dei suoi figli più autentici. «Semen est sanguis christianorum» (TERTULL., Apologet., 50; PL l, 534). Come l’effusione del sangue di Cristo, così l’oblazione che i martiri fanno della loro vita diventa in virtù della loro unione col Sacrificio di Cristo una sorgente di vita e di fertilità spirituale per la Chiesa e per il mondo intero. «Perciò - ci ricorda la Costituzione Lumen gentium (Lumen gentium, 42) – il martirio, col quale il discepolo è reso simile al Maestro che liberamente accetta la morte per la salute del mondo, e a Lui si conforma nell’effusione del sangue, è stimato dalla Chiesa dono insigne e suprema prova di carità».

Molto si è detto e si è scritto su quell’essere misterioso che è l’uomo : sulle risorse del suo ingegno, capace di penetrare nei segreti dell’universo e di assoggettare le cose materiali utilizzandole ai suoi scopi; sulla grandezza dello spirito umano che si manifesta nelle ammirevoli opere della scienza e dell’arte; sulla sua nobiltà e la sua debolezza; sui suoi trionfi e le sue miserie. Ma ciò che caratterizza l’uomo, ciò che vi è di più intimo nel suo essere e nella sua personalità, è la capacità di amare, di amare fino in fondo, di donarsi con quell’amore che è più forte della morte e che si prolunga nell’eternità.

IL SACRIFICIO NELL’AMORE PIÙ ALTO

Il martirio dei cristiani è l’espressione ed il segno più sublime di questo amore, non solo perché il martire rimane fedele al suo amore fino all’effusione del proprio sangue, ma anche perché questo sacrificio viene compiuto per l’amore più alto e nobile che possa esistere, ossia per amore di Colui che ci ha creati e redenti, che ci ama come Egli solo sa amare, e attende da noi una risposta di totale e incondizionata donazione, cioè un amore degno del nostro Dio.

Nella sua lunga e gloriosa storia, la Gran Bretagna, isola di santi, ha dato al mondo molti uomini e donne che hanno amato Dio con questo amore schietto e leale: per questo siamo lieti di aver potuto annoverare oggi 40 altri figli di questa nobile terra fra coloro che la Chiesa pubblicamente riconosce come Santi, proponendoli con ciò alla venerazione dei suoi fedeli, e perché questi ritraggano dalle loro esistenze un vivido esempio.

A chi legge commosso ed ammirato gli atti del loro martirio, risulta chiaro, vorremmo dire evidente, che essi sono i degni emuli dei più grandi martiri dei tempi passati, a motivo della grande umiltà, intrepidità, semplicità e serenità, con le quali essi accettarono la loro sentenza e la loro morte, anzi, più ancora con un gaudio spirituale e con una carità ammirevole e radiosa.

È proprio questo atteggiamento profondo e spirituale che accomuna ed unisce questi uomini e donne, i quali d’altronde erano molto diversi fra loro per tutto ciò che può differenziare un gruppo così folto di persone, ossia l’età e il sesso, la cultura e l’educazione, lo stato e condizione sociale di vita, il carattere e il temperamento, le disposizioni naturali e soprannaturali, le esterne circostanze della loro esistenza. Abbiamo infatti fra i 40 Santi Martiri dei sacerdoti secolari e regolari, abbiamo dei religiosi di vari Ordini e di rango diverso, abbiamo dei laici, uomini di nobilissima discendenza come pure di condizione modesta, abbiamo delle donne che erano sposate e madri di famiglia: ciò che li unisce tutti è quell’atteggiamento interiore di fedeltà inconcussa alla chiamata di Dio che chiese a loro, come risposta di amore, il sacrificio della vita stessa.

E la risposta dei martiri fu unanime: «Non posso fare a meno di ripetervi che muoio per Dio e a motivo della mia religione; - così diceva il Santo Philip Evans - e mi ritengo così felice che se mai potessi avere molte altre vite, sarei dispostissimo a sacrificarle tutte per una causa tanto nobile».

LEALTÀ E FEDELTÀ

E, come d’altronde numerosi altri, il Santo Philip Howard conte di Arundel asseriva egli pure: «Mi rincresce di avere soltanto una vita da offrire per questa nobile causa». E la Santa Margaret Clitherow con una commovente semplicità espresse sinteticamente il senso della sua vita e della sua morte: «Muoio per amore del mio Signore Gesù». « Che piccola cosa è questa, se confrontata con la morte ben più crudele che Cristo ha sofferto per me », così esclamava il Santo Alban Roe.

Come molti loro connazionali che morirono in circostanze analoghe, questi quaranta uomini e donne dell’Inghilterra e del Galles volevano essere e furono fino in fondo leali verso la loro patria che essi amavano con tutto il cuore; essi volevano essere e furono di fatto fedeli sudditi del potere reale che tutti - senza eccezione alcuna - riconobbero, fino alla loro morte, come legittimo in tutto ciò che appartiene all’ordine civile e politico. Ma fu proprio questo il dramma dell’esistenza di questi Martiri, e cioè che la loro onesta e sincera lealtà verso l’autorità civile venne a trovarsi in contrasto con la fedeltà verso Dio e con ciò che, secondo i dettami della loro coscienza illuminata dalla fede cattolica, sapevano coinvolgere le verità rivelate, specialmente sulla S. Eucaristia e sulle inalienabili prerogative del successore di Pietro, che, per volere di Dio, è il Pastore universale della Chiesa di Cristo. Posti dinanzi alla scelta di rimanere saldi nella loro fede e quindi di morire per essa, ovvero di aver salva la vita rinnegando la prima, essi, senza un attimo di esitazione, e con una forza veramente soprannaturale, si schierarono dalla parte di Dio e gioiosamente affrontarono il martirio. Ma talmente grande era il loro spirito, talmente nobili erano i loro sentimenti, talmente cristiana era l’ispirazione della loro esistenza, che molti di essi morirono pregando per la loro patria tanto amata, per il Re o per la Regina, e persino per coloro che erano stati i diretti responsabili della loro cattura, dei loro tormenti, e delle circostanze ignominiose della loro morte atroce.

Le ultime parole e l’ultima preghiera del Santo John Plessington furono appunto queste: «Dio benedica il Re e la sua famiglia e voglia concedere a Sua Maestà un prospero regno in questa vita e una corona di gloria nell’altra. Dio conceda pace ai suoi sudditi consentendo loro di vivere e di morire nella vera fede, nella speranza e nella carità».

«POSSANO TUTTI OTTENERE LA SALVEZZA»

Così il Santo Alban Roe, poco prima dell’impiccagione, pregò: «Perdona, o mio Dio, le mie innumerevoli offese, come io perdono i miei persecutori», e, come lui, il Santo Thomas Garnet che - dopo aver singolarmente nominato e perdonato coloro che lo avevano tradito, arrestato e condannato - supplicò Dio dicendo: «Possano tutti ottenere la salvezza e con me raggiungere il cielo».

Leggendo gli atti del loro martirio e meditando il ricco materiale raccolto con tanta cura sulle circostanze storiche della loro vita e del loro martirio, rimaniamo colpiti soprattutto da ciò che inequivocabilmente e luminosamente rifulge nella loro esistenza; esso, per la sua stessa natura, è tale da trascendere i secoli, e quindi da rimanere sempre pienamente attuale e, specie ai nostri giorni, di importanza capitale. Ci riferiamo al fatto che questi eroici figli e figlie dell’Inghilterra e del Galles presero la loro fede veramente sul serio: ciò significa che essi l’accettarono come l’unica norma della loro vita e di tutta la loro condotta, ritraendone una grande serenità ed una profonda gioia spirituale. Con una freschezza e spontaneità non priva di quel prezioso dono che è l’umore tipicamente proprio della loro gente, con un attaccamento al loro dovere schivo da ogni ostentazione, e con la schiettezza tipica di coloro che vivono con convinzioni profonde e ben radicate, questi Santi Martiri sono un esempio raggiante del cristiano che veramente vive la sua consacrazione battesimale, cresce in quella vita che nel sacramento dell’iniziazione gli è stata data e che quello della confermazione ha rinvigorito, in modo tale che la religione non è per lui un fattore marginale, bensì l’essenza stessa di tutto il suo essere ed agire, facendo sì che la carità divina diviene la forza ispiratrice, fattiva ed operante di una esistenza, tutta protesa verso l’unione di amore con Dio e con tutti gli uomini di buona volontà, che troverà la sua pienezza nell’eternità.

La Chiesa e il mondo di oggi hanno sommamente bisogno di tali uomini e donne, di ogni condizione me stato di vita, sacerdoti, religiosi e laici, perché solo persone di tale statura e di tale santità saranno capaci di cambiare il nostro mondo tormentato e di ridargli, insieme alla pace, quell’orientamento spirituale e veramente cristiano a cui ogni uomo intimamente anela - anche talvolta senza esserne conscio - e di cui tutti abbiamo tanto bisogno.

Salga a Dio la nostra gratitudine per aver voluto, nella sua provvida bontà, suscitare questi Santi Martiri, l’operosità e il sacrificio dei quali hanno contribuito alla conservazione della fede cattolica nell’Inghilterra e nel Galles.

Continui il Signore a suscitare nella Chiesa dei laici, religiosi e sacerdoti che siano degni emuli di questi araldi della fede.

Voglia Dio, nel suo amore, che anche oggi fioriscano e si sviluppino dei centri di studio, di formazione e di preghiera, atti, nelle condizioni di oggi, a preparare dei santi sacerdoti e missionari quali furono, in quei tempi, i Venerabili Collegi di Roma e Valladolid e i gloriosi Seminari di St. Omer e Douai, dalle file dei quali uscirono appunto molti dei Quaranta Martiri, perché come uno di essi, una grande personalità, il Santo Edmondo Campion, diceva: «Questa Chiesa non si indebolirà mai fino a quando vi saranno sacerdoti e pastori ad attendere al loro gregge».

Voglia il Signore concederci la grazia che in questi tempi di indifferentismo religioso e di materialismo teorico e pratico sempre più imperversante, l’esempio e la intercessione dei Santi Quaranta Martiri ci confortino nella fede, rinsaldino il nostro autentico amore per Dio, per la sua Chiesa e per gli uomini tutti.

PER L’UNITA DEI CRISTIANI

May the blood of these Martyrs be able to heal the great wound inflicted upon God’s Church by reason of the separation of the Anglican Church from the Catholic Church. Is it not one-these Martyrs say to us-the Church founded by Christ? Is not this their witness? Their devotion to their nation gives us the assurance that on the day when-God willing-the unity of the faith and of Christian life is restored, no offence will be inflicted on the honour and sovereignty of a great country such as England. There will be no seeking to lessen the legitimate prestige and the worthy patrimony of piety and usage proper to the Anglican Church when the Roman Catholic Church-this humble “Servant of the Servants of God”- is able to embrace her ever beloved Sister in the one authentic communion of the family of Christ: a communion of origin and of faith, a communion of priesthood and of rule, a communion of the Saints in the freedom and love of the Spirit of Jesus.

Perhaps We shall have to go on, waiting and watching in prayer, in order to deserve that blessed day. But already We are strengthened in this hope by the heavenly friendship of the Forty Martyrs of England and Wales who are canonized today. Amen.

Copyright © Dicastero per la Comunicazione

La Santa Sede

SOURCE : https://www.vatican.va/content/paul-vi/it/homilies/1970/documents/hf_p-vi_hom_19701025.html

RITO DE CANONIZAÇÃO DE QUARENTA MÁRTIRES
DA INGLATERRA E DE GALES

HOMILIA DO PAPA PAULO VI

Domingo, 25 de Outubro de 1970


Dirigimos a Nossa saudação, em primeiro lugar, ao venerado Irmão, Cardeal Dom John Carmel Heenan, Arcebispo de Westminster, aqui presente, e também aos Nossos Irmãos, Bispos da Inglaterra, de Gales e de outros Países, que vieram a Roma para assistir a esta grandiosa cerimónia, juntamente com muitos sacerdotes, religiosos, estudantes e fiéis de língua inglesa. Sentimo-Nos feliz e comovido por os ter hoje à Nossa volta. Representam, para Nós, todos os católicos ingleses, espalhados pelo mundo e levam-Nos a celebrar a glória de Cristo nos Santos Mártires, que acabámos de canonizar, com um sentimento tão vivo e tão fraterno que Nos permite saborear, com singularíssima experiência espiritual, o mistério da unidade e da caridade da Igreja. Saudamo-vos, Irmãos e Filhos, agradecemo-vos e abençoamo-vos.

A Nossa saudação, cheia de respeito e de afecto, também se dirige aos membros da Igreja Anglicana, presentes a este rito. De modo particular, apraz-Nos sublinhar a presença do representante oficial do Arcebispo de Canterbury, Reverendo Doutor Harry Smythe. Como os sentimos perto! Gostaríamos que eles lessem no Nosso coração a humildade, o reconhecimento e a esperança com que os acolhemos. E, agora, saudamos as Autoridades e as Personalidades que aqui vieram representar a Grã- Bretanha e, com elas, todos os Representantes de outros Países e de outras Religiões. Associamo-los, de bom grado, a esta celebração da liberdade e da fortaleza do homem, que tem fé e vive espiritualmente, ao mesmo tempo que mantém respeitosa fidelidade à soberania da sociedade civil.

A solene canonização dos Quarenta Mártires da Inglaterra e de Gales, que acabámos de realizar, proporciona-Nos a agradável oportunidade de vos falar, embora brevemente, sobre o significado da sua existência e sobre a importância que a sua vida e a sua morte tiveram, e continuam a ter, não só para a Igreja na Inglaterra e no País de Gales, mas também para a Igreja Universal, para cada um de nós e para todos os homens de boa-vontade.

O nosso tempo tem necessidade de Santos e, de modo especial, do exemplo daqueles que deram o testemunho supremo do seu amor por Cristo e pela sua Igreja: «Ninguém tem maior amor do que aquele que dá a sua vida pelos seus amigos » (Jo 15, 13). Estas palavras do Divino Mestre, que se referem, em primeiro lugar, ao sacrifício que Ele próprio realizou na cruz, oferecendo-se pela salvação de toda a humanidade, são válidas para as grandes e eleitas fileiras dos mártires de todos os tempos, desde as primeiras perseguições da Igreja nascente até às dos nossos dias, talvez mais veladas, mas igualmente cruéis. A Igreja de Cristo nasceu do sacrifício de Cristo na cruz, e continua a crescer e a desenvolver-se em virtude do amor heróico dos seus filhos mais autênticos. Semen est sanguis christianorum (Tertuliano, Apologeticus, 50, em: PL 1, 534). A oblação que os mártires fazem da própria vida, em virtude da sua união com o sacrifício de Cristo, torna-se, como a efusão do sangue de Cristo, uma nascente de vida e de fecundidade espiritual para a Igreja e para o mundo inteiro. Por isso, a Constituição sobre a Igreja recorda-nos: «o martírio, pelo qual o discípulo se assemelha ao Mestre que aceitou livremente a morte pela salvação do mundo e a Ele se conforma na efusão do sangue, é considerado pela Igreja como doação insigne e prova suprema da caridade » (Lumen Gentium, n. 42)-

Tem-se falado e escrito muito sobre este ser misterioso que é o homem: sobre os dotes do seu engenho, capaz de penetrar nos segredos do universo e de dominar as realidades materiais, utilizando-as para alcançar os seus objectivos; sobre a grandeza do espírito humano, que se manifesta nas admiráveis obras da ciência e da arte; sobre a sua nobreza e a sua fraqueza; sobre os seus triunfos e as suas misérias. Mas o que caracteriza o homem, o que ele tem de mais íntimo no seu ser e na sua personalidade, é a capacidade de amar, de amar profundamente, de se dedicar com aquele amor que é mais forte do que a morte e que continua na eternidade.

O martírio dos cristãos é a expressão e o sinal mais sublime deste amor, não só porque o mártir se conserva fiel ao seu amor, chegando a derramar o próprio sangue, mas também porque este sacrifício é feito pelo amor mais nobre e elevado que pode existir, ou seja, pelo amor d'Aquele que nos criou e remiu, que nos ama como só Ele sabe amar, e que espera de nós uma resposta de total e incondicionada doação, isto é, um amor digno do nosso Deus.

Na sua longa e gloriosa história, a Grã-Bretanha, Ilha de Santos, deu ao mundo muitos homens e mulheres, que amaram a Deus com este amor franco e leal. Por isso, sentimo-Nos feliz por termos podido incluir hoje, no número daqueles que a Igreja reconhece publicamente como Santos, mais quarenta filhos desta nobre terra, propondo-os, assim, à veneração dos seus fiéis, para que estes possam haurir, na sua existência, um vívido exemplo.

Quem lê, comovido e admirado, as actas do seu martírio, vê claramente e, podemos dizer, com evidência, que eles são os dignos émulos dos maiores mártires dos tempos passados, pela grande humildade, simplicidade e serenidade, e também pelo gáudio espiritual e pela caridade admirável e radiosa com que aceitaram a sentença e a morte.

É precisamente esta atitude de profunda espiritualidade que agrupa e une estes homens e mulheres, que, aliás, eram muito diversos entre si em tudo aquilo que pode diferenciar um grupo tão numeroso de pessoas: a idade e o sexo, a cultura e a educação, o estado e a condição social de vida, o carácter e o temperamento, as disposições naturais, sobrenaturais e as circunstâncias externas da sua existência. Realmente, entre os Quarenta Mártires, temos sacerdotes seculares e regulares, religiosos de diversas Ordens e de categoria diferente, leigos de nobilíssima descendência e de condição modesta, mulheres casadas e mães de família. O que os une todos é a atitude interior de fidelidade inabalável ao chamamento de Deus, que lhes pediu, como resposta de amor, o sacrifício da própria vida.

E a resposta dos Mártires foi unânime. São Philip Evans disse: « Não posso deixar de vos repetir que morro por Deus e por causa da minha religião. E sinto-me tão feliz que, se alguma vez pudesse ter mais outras vidas, estaria muito disposto a sacrificá-las todas por uma causa tão nobre ».

E, como aliás também muitos outros, São Philip Howard, conde de Arundel, afirmou igualmente: «Tenho pena de ter só uma vida a oferecer por esta nobre causa». Santa Margaret Clitherow, com simplicidade comovedora, exprimiu sintèticamente o sentido da sua vida e da sua morte: « Morro por amor do meu Senhor Jesus ». Santo Alban Roe exclamou: «Como isto é pouco em comparação com a morte, muito mais cruel, que Jesus sofreu por mim ».

Como muitos outros dos seus compatriotas, que morreram em circunstâncias análogas, estes quarenta homens e mulheres da Inglaterra e de Gales queriam ser, e foram até ao fim, leais para com a própria pátria que eles amavam de todo o coração. Queriam ser e foram, realmente, fiéis súbditos do poder real, que todos, sem qualquer excepção, reconheceram até à morte como legítimo em tudo o que pertencia à ordem civil e política. Mas consistia exactamente nisto o drama da existência destes mártires: sabiam que a sua honesta e sincera lealdade para com a autoridade civil estava em contraste com a fidelidade a Deus e com tudo o que, segundo os ditames da sua consciência, iluminada pela fé católica, compreendia verdades reveladas sobre a Sagrada Eucaristia e sobre prerrogativas inalienáveis do sucessor de Pedro que, por vontade de Deus, é o Pastor universal da Igreja de Cristo. Devendo escolher entre a perseverança na fé e, portanto, a morte por ela, e a conservação da própria vida, renegando a fé, eles, sem um momento de hesitação e com uma energia verdadeiramente sobrenatural, puseram-se da parte de Deus e enfrentaram alegremente o martírio. O seu espírito era tão magnânimo, os seus sentimentos tão nobres, e a inspiração da sua existência tão cristã, que muitos deles morreram a rezar pela sua querida pátria, pelo Rei ou pela Rainha e, até, pelos responsáveis directos da sua prisão, dos seus tormentos e das circunstâncias ignominiosas da sua morte atroz.

As últimas palavras e a última oração de São John Plessington foram exactamente estas: « Que Deus abençoe o Rei e a sua família e queira conceder a Sua Majestade um reinado próspero nesta vida e uma coroa de glória na outra. Que Deus conceda a paz aos seus súbditos, permitindo-lhes que vivam e morram na verdadeira fé, na esperança e na caridade ».

Santo Alban Roe, pouco antes de ser enforcado, implorou: « O meu Deus, perdoa as minhas inumeráveis ofensas, como eu perdoo os meus perseguidores ». E São Thomas Garnet, depois de ter nomeado e perdoado aqueles que o tinham traído, encarcerado e condenado, dirigiu uma súplica a Deus, dizendo: «Que todos eles possam obter a salvação e chegar ao céu comigo».

Ao ler as actas do martírio deles e ao meditar sobre o abundante material, recolhido com tanto cuidado, sobre as circunstâncias históricas da sua vida e do seu sofrimento, ficamos impressionado, de modo particular, com o que inequívoca e luminosamente refulge na sua existência, e que, pela sua própria natureza, transcende os séculos, conservando, portanto, toda a sua actualidade, e evidentemente, sobretudo nos nossos dias, uma importância capital. Referimo-Nos ao facto de estes filhos e filhas da Inglaterra e Gales terem vivido a sua fé com seriedade, o que significa terem-na aceitado como regra única da sua vida e do seu comportamento, haurindo nela uma grande serenidade e uma profunda alegria espiritual. Com a simplicidade e a espontaneidade, aliadas ao precioso dote do humor, tipicamente próprio do seu povo, com dedicação ao cumprimento dos seus deveres, sem qualquer ostentação e com a franqueza característica de quem vive com convicções profundas e bem radicadas, estes Santos Mártires são um exemplo radioso do cristão, que vive realmente a sua consagração baptismal, crescendo na vida que lhe foi dada no sacramento da iniciação, e que o da Confirmação robusteceu tanto, que a religião, para ele, não é um facto marginal, mas a própria essência de todo o seu ser e das suas acções, ao ponto de fazer com que a caridade divina se torne a força inspiradora, efectiva e operante de uma existência, totalmente dedicada à união de amor com Deus e com todos os homens de boa-vontade, que encontrará a sua plenitude na eternidade.

A Igreja e o mundo de hoje têm suma necessidade destes homens e destas mulheres, de todas as condições e estados de vida: sacerdotes, religiosos e leigos, porque só pessoas com tanta envergadura e santidade serão capazes de transformar o nosso mundo atormentado e de lhe dar de novo, juntamente com a paz, aquela orientação espiritual e verdadeiramente cristã a que todos os homens intimamente aspiram, embora algumas vezes inconscientemente, e de que todos temos tanta necessidade.

Elevamos a nossa prece de gratidão a Deus, por ter querido, com a sua próvida bondade, suscitar estes Santos Mártires, cuja operosidade e sacrifício muito contribuíram para conservar a fé católica na Inglaterra e no País de Gales.

Que o Senhor continue a suscitar, na Igreja, leigos, religiosos e sacerdotes, que sejam émulos dignos destes arautos da fé.

Queira Deus, com o seu amor, que também hoje floresçam e se desenvolvam centros de estudo, formação e oração, capazes, nas actuais circunstâncias, de preparar santos sacerdotes e missionários, como fizeram, naqueles tempos, os veneráveis Colégios de Roma e Valladolid e os gloriosos Seminários de Saint Omer e Douai, dos quais saíram muitos dos Quarenta Mártires, porque, como disse um deles, Santo Edmund Campion: « Esta Igreja nunca se enfraquecerá enquanto houver sacerdotes e pastores que se preocupem com a própria grei».

Queira o Senhor conceder-nos a graça de fazer com que, nestes tempos de indiferentismo religioso e de materialismo teórico e prático cada vez mais difundidos, o exemplo e a intercessão dos Quarenta Santos Mártires nos fortifiquem na fé, robusteçam o nosso autêntico amor a Deus, à Igreja e a todos os homens.

E que o sangue destes Mártires possa curar a grande ferida, aberta na Igreja de Deus, pela separação da Igreja Anglicana da Igreja Católica. Não é só uma, dizem-nos estes Mártires, a Igreja que Jesus Cristo fundou? Não foi este o testemunho que eles deram? O seu amor à própria pátria dá-nos a certeza que, no dia em que for restabelecida, com a graça de Deus, a unidade da fé e da vida cristã, a honra e a soberania deste grande País, que é a Grã-Bretanha, não sofrerão qualquer ofensa, assim como o devido prestígio e o grande património de piedade e de bons costumes, próprios da Igreja Anglicana, não serão diminuídos quando esta Igreja Católica Romana e este humilde « Servo dos Servos de Deus » puderem abraçar a sempre dilectíssima irmã, na única e autêntica comunhão da família de Cristo: comunhão de origem, comunhão de fé, comunhão de sacerdócio, comunhão de regime e comunhão dos Santos, na liberdade e na caridade do Espírito de Jesus.

Talvez ainda tenhamos que esperar e velar para merecer aquele dia feliz. Mas esta esperança agora é confortada com a amizade celeste dos Quarenta Mártires da Inglaterra e do País de Gales, hoje canonizados.

Assim seja!

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A Santa Sé

SOURCE : https://www.vatican.va/content/paul-vi/pt/homilies/1970/documents/hf_p-vi_hom_19701025.html

~ Martyrs of England and Wales († 1535-1680) ~ (I) : http://newsaints.faithweb.com/martyrs/England01.htm#Houghton