mercredi 17 juin 2015

Saint NICANDER et saint MARCIEN, martyrs

Saints Nicandre et Marcien

martyrs ( v. 297)

À Dorostore en Mésie, vers 297, les saints martyrs Nicandre et Marcien, tous deux soldats, qui refusèrent fermement de recevoir leur solde en sacrifiant aux dieux, et furent condamnés à mort par le gouverneur Maxime, pendant la persécution de Dioclétien.

Martyrologe romain





RUINART, Act. sinc., p. 618. — P. ALLARD, Hist. des perséc., IV, p. 122.

J'ai hâte de raconter les glorieux combats que les saints martyrs Nicandre et Marcien soutinrent contre le diable. Ces grands hommes, après avoir combattu dans les armées du siècle, avaient revêtu les armes de la vraie justice, et renonçant à toute la gloire de ce monde, forts de la grâce du Christ, s'étaient enrôlés dans la milice céleste. Aussitôt ils furent mis en jugement, sous l'inculpation de sacrilège. Le gouverneur Maxime, qui avait mission pour juger ces sortes de causes, leur dit : « Nicandre et Marcien, vous connaissez l'ordre que les empereurs vous ont donné de sacrifier aux dieux, approchez et obéissez. »

Nicandre répondit : « C'est à ceux qui veulent sacrifier que l'édit s'adresse; mais nous, nous sommes chrétiens, et un paieil ordre ne saurait nous atteindre.

— Pourquoi du moins ne voulez-vous pas recevoir la solde due à votre dignité?

— L'argent des impies souille et tue les hommes qui veulent honorer Dieu.

— Quelques grains d'encens seulement à l'honneur des dieux, Nicandre ! Comment un homme un chrétien, pourrait-il, afin d'adorer des pierres et du bois, abandonner le Dieu immortel, qui a tout tiré du néant, à qui nous avons donné notre foi, et qui seul peut me sauver, moi et tous ceux qui espèrent en lui? »

Cependant la femme du bienheureux Nicandre, nommée Daria, était présente à cet interrogatoire, et animait le courage de son mari. « Crains le Seigneur, lui disait elle, garde-toi de consentir à cette impiété ; garde-toi de renoncer au Seigneur Jésus-Christ. Lève les yeux au ciel : tu y verras Celui pour qui tu as conservé jusqu'à ce jour une conscience pure, une inviolable fidélité, Celui qui est ton soutien. » Maxime lui dit « Méchante tête de femme ! Pourquoi veux-tu que ton mari meure? » Elle répondit : « Pour qu'il vive aux pieds de Dieu, et qu'il ne meure plus. — Non, il y a un autre motif, tu veux un mari d'un sang plus vigoureux ; c'est pour cela que tu désires hâter la mort de Nicandre.

— Si tu me soupçonnes d'avoir de sembables pensées, si tu me crois capable d'un parti; crime, fais-moi périr la première, en l'honneur du Christ, si toutefois tu as reçu l'ordre de frapper aussi les femmes. — Je n'ai pas reçu d'ordre contre les femmes ; je n'exaucerai donc point ta prière ; cependant tu seras gardée en prison. »

On l'emmena. Maxime, reprenant l'interrogatoire de Nicandre, lui dit : « Garde-toi de t'arrêter aux paroles de ta femme, ou d'écouter ces sortes de conseils par lesquels on veut te perdre : autrement la mort ne se fera pas attendre. Mais si tu le désires, je t'offre le temps de la réflexion ; vois donc lequel tu préfères, de vivre ou de mourir.

—Le délai que tu m'offres, considère-le dès ce moment comme passé, j'ai délibéré. Je suis résolu à conquérir le salut à tout prix. „

A ces mots le président éleva la voix et s'écria : « Grâce à Dieu !

— Oui, dit Nicandre : Grâce à Dieu ! » Le président pensait que le martyr du Christ parlait de la vie présente, et qu il exprimait le désir de la sauver; il en concluait que Nicandre allait sacrifier, ce qui lui causait une grande joie. Dans le transport qui l'animait, il se leva, et fit quelques pas avec son conseiller Leucon. Cependant Nicandre, ravi dans l'extase par l'Esprit-Saint, avait de son côté commencé à rendre grâces à Dieu; il priait à haute voix le Seigneur de le délivrer des tentations et des souillures de ce monde. Aussitôt que Maxime l'eut appris : « Comment! lui dit-il, toi, qui tout à l'heure voulais vivre, voilà que maintenant tu voudrais mourir ! » Nicandre répondit : « C'est de la vie éternelle que je veux vivre, et non de la vie éphémère du siècle ; c'est pour cela que je t'ai abandonné mon corps. Fais donc ce que tu désires : je suis chrétien. » Le président alors, s'adressant à Marcien :

« Et toi, Marcien, lui dit-il, que vas-tu faire?

— Moi aussi je professe la foi qu'a professée mon frère d'armes.

— Vous serez donc tous deux jetés en prison, pour recevoir bientôt sans doute le châtiment. »
On les mit en prison. Au bout de vingt jours, ils furent de nouveau amenés devant le président,qui leur dit : «Nicandre et Marcien, je vous ai laissé le temps de vous décider à obéir aux édits impériaux.

— Tu prolongeras tes discours inutilement, ils ne nous feront point abandonner la foi ni renier notre Dieu. Il est là, nous le voyons, nous entendons sa voix qui nous appelle. Ne nous retiens pas plus longtemps. C'est aujourd'hui que notre foi va trouver dans le Christ son accomplissement ; congédie-nous au plus tôt, afin que nous puissions voir ce Crucifié que ta bouche criminelle ne craint pas de maudire; il est l'objet de notre adoration et de notre amour.

— Eh bien, selon vos désirs, vous allez mourir. »

Marcien : « Par le salut des empereurs, nous t'en conjurons, ne tarde pas plus longtemps. Ce n'est pas la crainte des supplices qui nous inspire cette prière, mais le désir de posséder Celui que nos coeurs aiment. » Maxime dit : « Ce n'est pas moi que vos discours attaquent ; aussi n'est-ce pas moi qui vous persécute; ce sont les édits des empereurs. Pour moi, mes mains sont pures de votre sang qui va couler. Si vous savez que votre mort vous conduit au bonheur, je vous en félicite; que vos désirs soient accomplis. » En même temps il prononça contre eux la sentence. Les martyrs s'écrièrent : « Que tes désirs s'accomplissent ! La paix soit avec toi, humain gouverneur! » Et ils marchaient au supplice pleins d'une sainte allégresse, en bénissant le Seigneur.

Nicandre était suivi de sa femme et de Papien, le frère du martyr Pasicrate, qui portait entre ses bras le fils de Nicandre et félicitait son ami d'obtenir ainsi l'éternel bonheur. Quant à Marcien, des parents le suivaient, et avec eux son épouse qui déchirait ses vêtements, et s'écriait dans sa douleur : « Voilà donc, Marcien, ce que je t'annonçais en prison, par mes frayeurs et par mes larmes. Oh ! malheureuse que je suis ! il ne me répond pas. Seigneur, aie pitié de moi, regarde ton enfant chéri, regarde-nous, ne nous méprise pas. Pourquoi cette hâte? Où vas-tu? Comment peux-tu nous haïr? On me l'enlève comme une brebis pour le sacrifice. » Alors Marcien, se détournant, la regarda sévèrement : « Combien de temps encore Satan tiendra-t-il ton âme et ton corps dans les ténèbres? Éloigne-toi de nous, et laisse-moi achever mon martyre pour Dieu. » En même temps un chrétien nommé Zotique lui prenait la main comme pour le soutenir et lui disait : « Mon maître et mon frère, aie bon courage ; tu as combattu le bon combat. Faibles mortels que nous sommes, d'où nous vient à nous une foi si vive ? Rappelle-toi les promesses que le Seigneur a daigné nous faire et qu'il va tout à l'heure accomplir pour vous. Oui, vous êtes vraiment les chrétiens parfaits, vous êtes bienheureux. » Mais sa femme se glissait en pleurant aux milieu d'eux, et cherchait à l'entraîner en arrière. Alors Marcien dit à Zotique : « Retiens-la. » Et Zotique abandonna le martyr pour arrêter Daria.

Lorsqu'on fut arrivé au lieu du supplice, Marcien jeta les yeux autour de lui ; il appela Zotique du milieu de la multitude, et le pria de lui amener son épouse. Elle vint ; le martyr lui donna un baiser et lui dit : « Retire-toi au nom du Seigneur. Tu ne peux pas me voir consommer la joyeuse fête de mon martyre ; car le malin est encore dans ton âme. » Puis il embrassa son fils, et levant les yeux au ciel : « Seigneur Dieu tout-puissant, s'écria-t-il, je te l'abandonne. » Après cela les deux martyrs s'embrassèrent, et se séparèrent ensuite de quelques pas pour accomplir leur sacrifice. Mais à ce moment Marcien, promenant ses regards autour de lui, aperçut la femme de Nicandre, qui ne pouvait approcher à cause de la foule; il lui tendit la. main et la conduisit à Nicandre, qui lui dit : «Dieu soit avec toi. » Elle ne le quitta plus; debout à ses côtés, elle lui disait : « Bon maître, aie courage; montre que tu sais combattre. Dix années entières je suis restée sans toi seule dans notre patrie; à tous les instants je demandais à Dieu le bonheur de te revoir; aujourd'hui je te revois, et j'accompagne des transports de ma joie ton entrée dans la vie.

Aujourd'hui, je vais être glorifiée, je suis la femme d'un martyr. Courage, offre à Dieu ton martyre pour qu'il me délivre à mon tour de l'éternelle mort. » Quand elle eut achevé, le soldat banda les yeux des martyrs, et d'un coup d'épée acheva leur sacrifice.

            Ainsi s'endormirent dans la paix les martyrs du Christ Nicandre et Marcien, le quinze des calendes de juillet, sous le règne de Jésus-Christ Notre-Seigneur, à qui est l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Des chrétiens enlevèrent leurs corps et les ensevelirent près du lieu de leur supplice. On y éleva une basilique qui porte leur nom ; sous l'autel distille goutte à goutte une eau pure qui souvent, de nos jours encore, a rendu la santé aux malades gai en ont bu, et par laquelle en tous lieux le Christ aime à multiplier ses miracles.

LES MARTYRS. TOME II. LE TROISIÈME SIÈCLE, DIOCLÉTIEN. Recueil de pièces authentiques sur les martre depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle. Traduites et publiées par le B. P. DOM H. LECLERCQ, Moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough. Imprimi potest FR. FERDINANDUS CABROL, Abbas Sancti Michaelis Farnborough. Die 15 Martii 1903. Imprimatur. Pictavii, die 24 Martii 1903. + HENRICUS, Ep. Pictaviensis.



LES ACTES DES SAINTS NICANDRE, MARCIEN, DARIA ET PASICRATE

(L'an de Jésus Christ 178)

fêtés le 8 juin

Les saints martyrs Nicandre et Marcien entrèrent à leur tour dans la lice contre le diable, et, revêtus de la cuirasse de la foi, ils conservèrent intacte leur fidélité au Christ, qui les avait enrôlés. Ils avaient suivi dans le monde la carrière des armes; mais ils renoncèrent aux honneurs et aux avantages du siècle, pour se donner tout entiers à la grâce divine, qui les appelait à la perfection. Aussitôt après cette démarche, ils furent accusés comme coupables d'impiété. Le président Maxime, chargé de poursuivre cette sorte de crime, les fit comparaître devant lui, et leur dit : «Nicandre et Marcien, vous n'ignorez pas les ordres des empereurs, qui vous ordonnent de sacrifier aux dieux; approchez donc, et sacrifiez.» Nicandre dit : «C'est à ceux qui veulent honorer vos dieux, que ces ordres s'adressent; pour nous, nous sommes chrétiens, et nous ne reconnaissons point de semblables lois.» Le président Maxime dit : «Mais l'argent accordé à vos charges, pourquoi refusez-vous de le recevoir ?» Nicandre répondit : «L'argent des impies est une souillure pour des hommes qui font profession d'honorer le vrai Dieu.» Maxime dit : «Nicandre, offre de l'encens aux dieux.» Et Nicandre répondit: «Comment un chrétien pourrait-il honorer des pierres et du bois, quand il y a un Dieu immortel, créateur de toutes choses ? C'est Lui que je sers, c'est Lui qui me sauvera, ainsi que tous ceux qui croient en Lui.»
Cependant l'épouse de Nicandre fortifiait et encourageait le saint martyr : «Seigneur, lui disait-elle, n'offre pas de l'encens, et ne renie pas le Christ. Lève les yeux au ciel, et tu y verras Celui à qui tu gardes ta foi; car il est ton protecteur.»

Le président Maxime dit à cette femme : «Méchante créature, pourquoi désires-tu la mort de ton mari ?» Elle répondit : «Pour qu'il vive avec Dieu, et ne connaisse pas la mort.» — «Ce n'est point là le vrai motif, reprit Maxime; tu voudrais un autre mari, et c'est pour cela que tu cherches à te débarrasser de celui-ci.» Elle dit : «Puisque tu me soupçonnes d'un pareil désir, fais-moi mourir pour le Christ, avant mon mari, si toutefois tu as l’ordre de contraindre aussi les femmes à sacrifier.» Le président répondît : «Mes ordres ne vont point jusque-là, et je ne ferai point ce que tu me demandes; cependant tu iras en prison.»

On l'emmena donc; puis le président dit à Nicandre : «Ne te laisse pas séduire par les paroles de ta femme ni de tout autre; il y va pour toi de la vie; mais si tu le veux, prends trois jours d'examen et vois ce que tu préfères, ou la vie ou la mort.» Nicandre répondit : «Ces jours d'examen, je les ai pris, et j'ai conclu que mieux fallait choisir la vie.» — «Grâces à Dieu ! dit aussitôt le président,» en élevant la voix. — «Oui, grâces à Dieu !» dit en même temps Nicandre. Mais le président croyait que le saint martyr parlait de la vie présente, et il faisait part de son idée à Leucon, son conseiller. Nicandre, au contraire, saisi de l'Esprit saint, glorifiait le Seigneur; il demandait à Dieu à haute voix de le délivrer de cette épreuve et de le sauver par sa grâce. Le président, qui l'entendit, lui demanda alors : «Pourquoi ce changement ? Tout à l'heure tu voulais vivre, et maintenant tu veux mourir ?» Nicandre répondit : «Oui, j'ai préféré vivre, mais de l'éternelle vie, et non de la vie éphémère de ce siècle; et c'est pour cela que j'ai abandonné mon corps à ta puissance; fais-en ce que tu voudras; car, pour moi, je suis chrétien.» Mors le président s’adressa à Marcien : «Et toi, Marcien, que dis-tu ?» Marcien reprit : «Ma réponse est la même que celle de Nicandre, mon frère d'armes.» Et le président dit: «Vous serez donc tous deux jetés en prison pour y subir l'expiation de votre impiété.»

Cependant, au bout de vingt jours passés dans les cachots, ils furent de nouveau amenés devant le président, qui leur dit : «Nicandre et Marcien, je vous ai laissés un temps assez long pour vous décider à obéir enfin aux ordres de l'empereur.» Marcien répondit : «Tes longs discours ne nous feront point abandonner notre foi ni renier notre Dieu; car Il se tient à côté de nous; nous Le voyons et nous savons où Il nous appelle. Ne nous retiens donc pas plus longtemps; c'est aujourd'hui que notre foi dans le Christ va recevoir sa dernière perfection. Hâte-toi de nous laisser partir, afin que nous voyions le Crucifié que vous blasphémez, et que nous adorons.» Nicandre, à son tour, dit à Maxime : «Nous t'en prions par ton salut, par le salut des empereurs, ne tarte pas plus longtemps à nous laisser partir, et ne pense pas que ce soit la crainte des tourments qui nous dicte cette prière; nous avons hâte de posséder enfin les biens que nous promet notre foi.» Le président Maxime reprit : «Ce n'est point à moi que vous refusez d'obéir; car ce n'est pas moi qui vous poursuis, c'est l'ordre de l'empereur; mes mains seront donc pures de votre sang. Si vous savez qu'il est avantageux pour vous de quitter cette terre, je m'en réjouis avec vous, et que vos désirs soient remplis.» Aussitôt il ordonna qu'on les fit mourir. Les saints martyrs de Dieu répondirent d'une commune voix «Ô généreux Maxime, que la paix soit avec toi !» En même temps ils partirent pour le supplice, pleins de joie et bénissant le Seigneur.

La femme de Nicandre, la bienheureuse Daria, accompagnait son mari, et avec elle le frère du saint martyr Pasicrate, Papion, qui portait dans ses bras le fils de Nicandre, et félicitait le père de son bonheur. Marcien, au contraire, avait à lutter contre les sollicitations de ses parents, de sa femme surtout qui, le tenant étroitement embrassé, accablait le martyr de tendres reproches, et lui disait : «Était-ce donc là, ô Marcien, ce que tu me disais dans la prison ? Ne crains point, me répétais-tu; ne pleure point sur moi. Ah ! seigneur, laisse-toi attendrir sur mes malheurs; regarde ce jeune enfant, ton fils chéri. Arrête tes pas et détourne-toi; cesse de nous dédaigner. Pourquoi cet empressement ? Où cours-tu ? Qui excite contre nous ta haine. On t'entraîne comme la brebis pour le sacrifice.»

À ces mots Marcien se détourne, et arrêtant sur elle ses regards : «Malheureuse que l'esprit méchant a saisi, jusqu'à quand Satan obsèdera-t-il ton âme ? Éloigne-toi de moi; laisse-moi offrir à Dieu le sacrifice de mon martyre.» Alors un chrétien nommé Zotique saisissant la main de Marcien, lui dit : «Prends courage, mon seigneur et mon frère, tu as soutenu un glorieux combat. D'où nous vient, à nous faibles mortels, une foi si généreuse ? Rappelle-toi les promesses que Dieu nous a faites et qu'Il accomplit en ce moment. Oui, chrétiens, avec la perfection que vous donne votre sacrifice, vous êtes vraiment bienheureux.» Et comme la femme du martyr se lamentait et pleurait, et qu'elle cherchait à l'entraîner à elle, en le tirant par derrière, Marcien dit à Zotique : «Retiens ma femme,» et Zotique, alors, quittant le martyr, arrêta les élans de cette épouse désolée.

Quand les martyrs fuirent arrivés au lieu du supplice, Marcien, jetant un regard sur la foule, et apercevant Zotique, l'appela et lui demanda de lui ramener sa femme. Elle vint aussitôt. Marcien, après l'avoir embrassée, lui dit : «Au nom du Seigneur, éloigne-toi; tu ne pourrais supporter la vue du martyre de ton mari ; car un esprit méchant domine tes pensées.» Puis il prit son enfant dans ses bras, lui donne un baiser, et levant les yeux au ciel, il dit : «Seigneur, Dieu tout-puissant, prenez soin de ce tendre enfant.» Aussitôt les martyrs, après s'être embrassés et donné mutuellement le baiser fraternel, se séparèrent l'un de l'autre pour recevoir le coup qui allait consommer leur sacrifice. À ce moment Marcien, promenant les yeux autour de lui, et voyant la femme de Nicandre qui ne pouvait, à cause de la foule, approcher de son mari, lui tendit la main et la fit avancer. Nicandre, en la voyant, lui dit : «Dieu soit avec toi.» Elle, de son côté, se tenant auprès de lui, lui disait : «Seigneur, prends courage; montre au monde un glorieux combat. Pendant dix ans j'ai vécu loin de toi, et jour et nuit je demandais à Dieu de te revoir encore et de mourir. Aujourd'hui je te vois, et je suis heureuse; je te vois aller à la vie éternelle. Oui, maintenant je parlerai avec un légitime orgueil, et je me glorifierai; je suis l'épouse d'un martyr. Courage donc, seigneur; offre à Dieu ton sacrifice pour qu'Il daigne m'arracher à la mort éternelle.» Cependant un soldat, après avoir mis le voile sur les yeux des bienheureux, termina par un coup d'épée leur glorieux martyre.

Ces saints martyrs de Dieu, Nicandre et Marcien, ont souffert le huit du mois de juin, sous le règne de notre Seigneur Jésus Christ, à qui soit la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

SOURCE : http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/martyrs/juin/nicandre.htm

LES ACTES DES SAINTS MARCIEN ET NICANDRE

(L'an de Jésus Christ 303)

fêtés le 8 juin

J'ai hâte de raconter les glorieux combats que les martyrs Nicandre et Marcien soutinrent contre le diable. Ces grands hommes, après avoir combattu dans les armées du siècle, avaient revêtu les armes de la vraie justice; et renonçant à toute la gloire de ce monde, forts de la grâce du Christ, ils s'étaient enrôlés dans la milice céleste. Aussitôt ils furent appelés en jugement, comme coupables d'un odieux sacrilège. Le président Maxime, qui avait mission pour juger ces sortes de causes, leur dit : «Nicandre et Marcien, vous connaissez l'ordre que les empereurs vous ont donné de sacrifier aux dieux, approchez et obéissez.» Nicandre répondit : «C'est à ceux qui veulent sacrifier que l'édit s'adresse; mais nous, nous sommes chrétiens et un pareil ordre ne saurait à nous enchaîner.» Maxime dit : «Pourquoi du moins ne voulez-vous pas recevoir la solde due à votre dignité ?» Nicandre répondit : «L'argent des impies souille et tue les hommes qui veulent honorer Dieu.» Maxime dit : «Quelques grains d'encens seulement à l'honneur des dieux, ô Nicandre !» Nicandre répondit : «Comment un homme, un chrétien, pourrait-il, afin d'adorer des pierres et du bois, abandonner le Dieu immortel, qui a tout tiré du néant, à qui nous avons donné notre foi, et qui seul peut me sauver moi et tous ceux qui espèrent en lui.» 

Cependant la femme du bienheureux Nicandre, nommée Daria, était présente à cet interrogatoire, et animait le courage de son mari. «Crains le Seigneur, lui disait-elle, garde-toi de consentir à cette impiété; garde-toi de renoncer au Seigneur Jésus Christ. Lève les yeux au ciel; tu y verras celui pour qui tu as conservé jusqu'à ce jour une conscience pure, une inviolable fidélité, celui qui est ton soutien.» Maxime lui dit : «Quelle scélératesse dans la tête d'une femme! Pourquoi veux-tu que ton mari meure ?» Elle répondit : «Pour qu'il vive aux pieds de Dieu, et qu'il ne meure plus.» Maxime lui dit : «Non, il y a un autre motif; tu veux un mari d'un sang plus vigoureux; c'est pour cela que tu désires hâter la mort de Nicandre.» Elle répondit : «Si tu me soupçonnes d'avoir de semblables pensées, si tu me crois capable d'un pareil crime, fais-moi périr la première, en l'honneur du Christ; si toutefois tu as reçu l'ordre de frapper aussi les femmes.» Maxime reprit : «Je n'ai pas reçu d'ordre contre les femmes; je n'exaucerai donc point ta prière; cependant tu seras gardée en prison.» 

On l'emmena en effet, et Maxime reprenant l'interrogatoire de Nicandre, lui dit : «Garde-toi de t'arrêter aux paroles de ta femme, ou d'écouter ces sortes de conseils par lesquels on veut te séduire: autrement la mort ne se fera pas attendre. Mais si tu le désires, je t'offre le temps de la réflexion; vois donc lequel tu préfères, de vivre ou de mourir.» Nicandre répondit : «Le temps que tu me promets, considère-le dès ce moment comme accompli; sache que j'ai délibéré à loisir, et que ma résolution ferme est de conquérir le salut à tout prix.» À ces mots le président éleva la voix et s'écria : «Grâces soient rendues à Dieu !» — «Oui, disait de son côté Nicandre : «Grâces soient rendues à Dieu !» Le président pensait que le martyr du Christ parlait de la vie présente, et qu'il exprimait le désir de la sauver; il en concluait que Nicandre allait sacrifier : ce qui lui causait une grande joie. Dans le transport qui l'animait, il se leva et fit quelques pas avec son conseiller Leucon. Cependant Nicandre, ravi dans l'extase par l'Esprit saint, avait de son côté commencé à rendre grâces à Dieu; il priait à haute voix le Seigneur de le délivrer des tentations et des souillures de ce monde. Aussitôt que Maxime l'eut appris : «Comment, lui dit-il, toi, qui tout à l'heure voulais vivre, voilà que maintenant tu voudrais mourir !» Nicandre répondit : «C'est de la vie éternelle que je veux vivre, et non de la vie éphémère du siècle; c'est pour cela que je t'ai abandonné mon corps. Fais donc ce que tu désires : je suis chrétien.» Le président alors s'adressant à Marcien : «Et toi, Marcien, lui dit-il, que vas-tu faire ?» Marcien répondit : «Moi aussi je professe la même foi qu'a professée mon frère d'armes.» Maxime dit : «Vous serez donc tous deux jetés en prison, pour recevoir bientôt sans doute le châtiment de votre crime.» 

On les mit en prison. Au bout de vingt jours, ils furent de nouveau amenés devant le président qui leur dit : «Nicandre et Marcien, je vous ai laissé le temps suffisant pour délibérer si vous consentiriez à obéir aux édits impériaux.» Marcien répondit : «Inutilement tu prolongeras tes discours; ils ne nous feront point abandonner la foi ni renier notre Dieu. Il est la, nous le voyons, nous entendons sa voix qui nous appelle. Ne nous retiens pas plus longtemps. C'est aujourd'hui que notre foi va trouver dans le Christ son accomplissement; congédie-nous au plutôt; afin que nous puissions voir ce crucifié que ta bouche criminelle ne craint pas de maudire; il est l'objet de notre adoration et de notre amour.» — «Eh bien donc, dit le président, vos désirs vont être comblés, vous allez être livrés à la mort.» Marcien répondit : «Par le salut des empereurs, nous t'en conjurons, ne tarde pas plus longtemps. «Ce n'est pas la crainte des supplices qui nous inspire cette prière; mais le désir de posséder celui que nos cÏurs aiment.» Maxime dit : «Ce n'est pas moi que vos discours attaquent; aussi n'est-ce pas moi qui vous persécute; ce sont les édits des empereurs. Pour moi, mes mains sont pures de votre sang qui va couler. Si vous savez que votre mort vous conduit au bonheur, je vous en félicite; que vos désirs soient accomplis.» En même temps il prononça contre eux la sentence de mort. Les saints martyrs du Christ s'écrièrent tout d'une voix : «Que tes désirs s'accomplissent. La paix soit avec toi, ô le plus humain des gouverneurs !» Et ils marchaient au supplice pleins d'une sainte allégresse, en bénissant le Seigneur. 

Nicandre était suivi de sa femme et de Papien, le frère du martyr Pasicrate, qui portait entre ses bras le fils de Nicandre et félicitait son ami d'obtenir ainsi l'éternel bonheur. Quant à Marcien, des parents le suivaient, et avec eux son épouse qui déchirait ses vêtements, et s'écriait dans sa douleur : «Voilà donc, ô Marcien, ce que je t'annonçais en prison, par mes frayeurs et par mes larmes. Oh ! malheureuse que je suis ! il ne me répond pas. Seigneur, aie pitié de moi, regarde ton fils bien-aimé, jette un regard sur nous, ne nous méprise pas. Pourquoi cet empressement ? Où vas-tu ? Comment peux-tu nous haïr ? On me l'enlève comme une tendre brebis pour le sacrifier.» Alors Marcien se détournant, arrêta sur elle un regard sévère : «Combien de temps encore, lui dit-il, Satan tiendra-t-il ton âme et ton corps dans les ténèbres ? Éloigne-toi de nous, et laisse-moi consommer notre martyre en l'honneur de notre Dieu.» En même temps un chrétien nommé Zoticus lui prenait la main comme pour le soutenir, et lui disait : «Mon maître et mon frère, aie bon courage; tu as combattu le bon combat. Faibles mortels que nous sommes, d'où nous vient à nous une foi si vive ? Rappelle-toi les promesses que le Seigneur a daigné nous faire, et qu'il va tout à l'heure accomplir pour vous. Oui vous êtes vraiment les chrétiens parfaits, vous êtes bienheureux.» Mais sa femme se glissait en pleurant au milieu d'eux, et cherchait à l'entraîner en arrière. Alors Marcien dit à Zoticus : «Retiens-la.» Et Zoticus abandonna le martyr, pour arrêter Daria. Lorsqu'on fut arrivé au lieu du supplice, Marcien jeta les yeux autour de lui; il appela Zoticus du milieu de la multitude, et le pria de lui amener son épouse. Elle vint; le martyr lui donna un baiser et lui dit : «Retire-toi au nom du Seigneur. Tu ne peux pas me voir consommer la joyeuse fête de mon martyre; car l'esprit méchant s'est glissé dans ton âme.» Puis il embrassa son fils, et levant les yeux au ciel : «Seigneur Dieu tout-puissant, s'écria-t-il, c'est à vos soins que je l'abandonne.» Après cette touchante scène, les deux martyrs s'embrassèrent, et se séparèrent ensuite de quelques pas pour accomplir leur sacrifice. Mais à ce moment Marcien, promenant ses regards autour de lui, aperçut la femme de  Nicandre qui ne pouvait approcher, à cause de la foule; il lui tendit la main et la conduisit à son époux. Nicandre en la voyant lui dit : «Dieu soit avec toi.» Elle ne le quitta plus; debout à ses côtés, elle lui disait : «Bon maître, aie courage; montre que tu sais combattre. Dix années entières je suis restée sans toi, seule dans notre patrie; à tous les instants je demandais à Dieu le bonheur de te revoir; aujourd'hui je te vois, et j'accompagne des transports de ma joie ton entrée dans la vie. Aujourd'hui, avec un légitime orgueil, je puis me glorifier d'être l'épouse d'un martyr. Seigneur, aie bon courage, offre à Dieu ton martyre, pour qu'il me délivre à mon tour de l'éternelle mort.» Quand elle eut achevé, le soldat chargé de l'exécution attacha le bandeau sur les yeux des martyrs, et d'un coup de son glaive consomma leur sacrifice.

Ainsi s'endormirent dans la paix les martyrs du Christ Nicandre et Marcien, le quinze des calendes de juillet, sous le règne de Jésus Christ notre Seigneur, à qui est l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Des chrétiens enlevèrent leurs corps, et les ensevelirent près du lieu de leur supplice. On y éleva une basilique qui porte leur nom; sous l'autel distille goutte à goutte une eau pure qui souvent, de nos jours encore, a rendu la santé aux malades qui en ont bu, et par laquelle en tous lieux le Christ aime à multiplier ses miracles.


SOURCE : http://orthodoxievco.net/ecrits/vies/martyrs/juin/marcien.htm

Nicander and Marcian MM (RM)

Died 173 or 303? Two martyrs in the imperial army who were probably martyred at Moesia in Illyricum, the area of contemporary Roumania and Bulgaria, although some modern scholars place their death at Venafro, Naples. They left the army when edicts were universally published against the Christians. Desertion added to their crime. They were impeached by Governor Maximus and commanded to sacrifice to the gods.


Then the judge spied Nicander's wife, Daria, who was encouraging her husband to remain steadfast. Maximus asked her, "Wicked woman, why would you have your husband die?"

Daria responded: "I do not wish for his death, but that he live in God, so as to never die."

Maximus goaded her that she desired his death, so that she could marry another.

"If you suspect that," said she, "put me to death first."

The judge said his orders did not extend to women; the first edict apply only to those in the armed services. Nevertheless, he commanded that she be taken into custody. Later she was released and returned to see the judgment of the trial.

Maximus asked Nicander to decide whether he would choose life or death. To which Nicander answered: "I have already deliberated upon the matter, and have decided to save myself."

The judge, understanding that he intended to save his life by sacrificing to the idols, began to congratulate and rejoice with Suetonius, one of his assessors, for their imagined victory. But Nicander soon cleared the matter by praying aloud for God to deliver him from the dangers and temptations of the world.

"How now," said the governor, "you but just now desired to live, and at present you ask to die."

Nicander replied: "I desire that life which is immortal, not the fleeting life of this world. To you I willingly yield up my body; do with it what you please, I am a Christian."

"And what are your sentiments, Marcian?" said the judge, addressing himself to the other. He declared that they were the same as those of his fellow-prisoner. Maximus then ordered that they should be both confined in the dungeon for twenty days.

Thereafter they were again brought before the governor, who asked them if they would obey the edicts of the emperors. Marcian answered: "All you can say will never make us abandon our religion or deny God. We behold Him present by faith, and know where He calls us. Do not, we beseech you, detain us; but send us quickly to Him, so that we may behold the One Who was crucified, the One we honor and worship."

The governor, saying that he was only doing his job, granted their request, and ordered their decapitation. The martyrs thanked him then said, "May peace be with you, O most clement judge."

They joyfully walked to the place of execution, praising God as they went. Nicander was followed by his wife Daria and his child who was carried in the arms of Papinian, the brother of Saint Pasicrates. Marcian's wife, unlike Daria, continued to persuade him to apostatize and save himself. When she persisted, he ask Zoticus, a zealous Christian, to keep her behind. At the place of execution he called for her, embraced his son, and, looking up to heaven, said, " Lord, all-powerful God, take this child into thy special protection." Then he bade his wife to go away in peace, because she would not have the courage to see him die.

Daria continued to exhort her husband to constancy and joy. "Be of good heart, my Lord," she said. "For ten years I have lived at home away from you, never ceasing to pray that I might see you again. Now am I favored with that comfort, and I behold you going to glory, and myself made the wife of a martyr. Give to God that testimony you owe to his holy truth: that you may also deliver me from eternal death." By this she was asking that by his sufferings and prayers he might obtain mercy for her. Once the executioner bound their eyes with their handkerchiefs, he struck off their heads (Benedictines, Husenbeth).


June 17

SS. Nicander and Marcian, Martyrs

From their genuine acts in Mabillon, Mus. Italic. t. 1, and Ruinart, p. 551.

About the Year 303

THESE saints, as appears from the circumstances of their acts, suffered under Dioclesian, and probably in Mœsia, a province of Illyricum, under the same governor who condemned St. Julius; though some moderns place their martyrdom at Venafro, at present in the kingdom of Naples. They had served some time in the Roman troops, but when the edicts were everywhere published against the Christians, foregoing all expectations from the world, they forsook the army. This was made a crime in them, and they were impeached before Maximus the governor of the province. The judge informed them of the imperial order that all were commanded to sacrifice to the gods. Nicander replied, that order could not regard Christians, who looked upon it as unlawful to abandon the immortal God, to adore wood and stones. Daria the wife of Nicander was present, and encouraged her husband. Maximus interrupting her said: “Wicked woman, why would you have your husband die?” “I wish not for his death,” said she, “but that he live in God, so as never to die.” Maximus reproached her that she desired his death, because she wanted another husband. “If you suspect that,” said she, “put me to death first.” The judge said his orders did not extend to women; for this happened upon the first edict which regarded only the army. However, he commanded her to be taken into custody; but she was released soon after, and returned to see the issue of the trial Maximus, turning again to Nicander, said: “Take a little time, and deliberate with yourself whether you choose to die or to live.” Nicander answered: “I have already deliberated upon the matter, and have taken the resolution to save myself.” The judge took it that he meant he would save his life by sacrificing to the idols, and giving thanks to his gods, began to congratulate and rejoice with Suetonius one of his assessors, for their imaginary victory. But Nicander soon undeceived him, by crying out: “God be thanked,” and by praying aloud that God would deliver him from the dangers and temptations of the world. “How now,” said the governor, “you but just now desired to live, and at present you ask to die.” Nicander replied: “I desire that life which is immortal, not the fleeting life of this world. To you I willingly yield up my body; do with it what you please, I am a Christian.” “And what are your sentiments, Marcian?” said the judge, addressing himself to the other. He declared that they were the same with those of his fellow-prisoner. Maximus then gave orders that they should be both confined in the dungeon, where they lay twenty days.

After which they were again brought before the governor, who asked them if they would at length obey the edicts of the emperors. Marcian answered: “All you can say will never make us abandon our religion or deny God. We behold him present by faith, and know whither he calls us. Do not, we beseech you, detain or retard us; but send us quickly to him, that we may behold him who was crucified, whom you stick not to blaspheme, but whom we honour and worship.” The governor granted their request, and excusing himself by the necessity he lay under of complying with his orders, condemned them both to lose their heads. The martyrs expressed their gratitude, and said: “May peace be with you, O most clement judge.” They walked to the place of execution joyful, and praising God as they went. Nicander was followed by his wife Daria, with his child, whom Papinian, brother to the martyr, St. Pasicrates, carried in his arms. Mercian’s wife, differing much from the former, and his other relations, followed him, weeping and howling in excess of grief. She in particular did all that in her lay to overcome his resolution, and for that purpose often showed him his little child, the fruit of their marriage; and continually pulled and held him back, till he having rebuked her, desired Zoticus, a zealous Christian to keep her behind. At the place of execution he called for her, and embracing his son and looking up to heaven, said: “Lord, all-powerful God, take this child into thy special protection.” Then with a check to his wife for her base cowardice, he bade her go away in peace, because she could not have the courage to see him die. The wife of Nicander continued by his side, exhorting him to constancy and joy. “Be of good heart, my lord,” said she, “ten years have I lived at home from you, never ceasing to pray that I might see you again. Now am I favoured with that comfort, and I behold you going to glory, and myself made the wife of a martyr. Give to God that testimony you owe to his holy truth, that you may also deliver me from eternal death;” meaning, that by his sufferings and prayers he might obtain mercy for her. The executioner having bound their eyes with their handkerchiefs, struck off their heads on the 17th of June.

Faith and grace made these martyrs triumph over all considerations of flesh and blood. They did not abandon their orphan babes, to whom they left the example of their heroic virtue, and whom they committed to the special protection of their heavenly Father. We never lose what we leave to obey the voice of God. When we have taken all prudent precautions, and all the care in our power, we ought to commend all things with confidence to the divine mercy. This ought to banish all anxiety out of our breasts. God’s blessing and protection are all we can hope or desire; we are assured he will never fail on his side; and what can we do more than to conjure him never to suffer us by our malice to put any obstacle to his mercy? On it is all our reliance for the salvation of our own souls. How much more ought we to trust to his goodness in all other concerns?

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume VI: June. The Lives of the Saints.  1866.