mardi 30 avril 2013

Sainte MARIE de L'INCARNATION (Marie Guyart-Martin), ursuline missionnaire, fondatrice et mystique



Portrait de Mère Marie de l'Incarnation
attribué à Hugues Pommier, huile, 100,0 x 77,0. 1672. 
Archives des ursulines de Québec.


SAINTE MARIE de L'INCARNATION

Veuve, Ursuline

(1599-1672)

Marie Guyart-Martin, quatrième d'une famille de sept enfants, naquit à Tours, en France. Toute jeune, elle eut un songe qui la toucha profondément. «J'avais environ sept ans, écrit-elle. Une nuit, durant mon sommeil, il me sembla que j'étais dans la cour d'une école... Tout à coup le ciel s'ouvrit, et Notre-Seigneur en sortit, venant vers moi! Quand Jésus S'approcha de moi, je Lui tendis les bras pour L'embrasser... Et Jésus m'embrassa affectueusement et me dit: "Voulez-vous être à Moi? -- Oui, Lui répondis-je..." Ce "oui", clé de toute son existence, elle ne cessera de le répéter en toute occasion, dans la joie comme dans l'adversité.

A 18 ans, ses parents la crurent faite pour le mariage. Marie obéit et épouse Claude Martin, maître ouvrier en soie. En 1619, elle met au monde un fils qui deviendra Dom Claude Martin. Six mois plus tard, le Seigneur la marqua de Son choix: c'est la croix du veuvage avec toutes ses épreuves. Marie de l'Incarnation se sentait fortement attirée à la vie religieuse, reconnaissant toutefois que l'heure de Dieu n'était pas encore venue.

Plusieurs années très dures se succédèrent. En service chez sa soeur, Marie de l'Incarnation devint l'esclave des serviteurs et servantes de la maison. Dans cette pénible situation, la bienheureuse poussa l'humilité, la charité, la patience et l'oubli d'elle-même jusqu'à l'héroïsme. Dans les occupations les plus débordantes, elle conservait sans cesse la présence de Dieu.

A l'âge de vingt et un an, elle se liait dans le monde par les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. En 1625, Dieu la gratifia d'une vision de la Très Sainte Trinité.

A trente et un ans, l'appel de Dieu qui lui demande de tout quitter retentit impérieusement dans l'âme de Madame Martin. Le 25 janvier 1631, elle quitte son vieux père, et surmontant les déchirements de son coeur de mère, elle confie son fils, lequel n'a pas encore douze ans, aux soins de sa soeur. Ce détachement absolu, qui en fait un modèle pour les parents, fut l'un des actes les plus héroïques et les plus sublimes de la vie de la bienheureuse Marie de l'Incarnation. «Dieu le veut mon fils, disait la courageuse mère, et si nous L'aimons, nous devons le vouloir aussi. C'est à Lui de commander, à nous d'obéir.» Le coeur brisé, elle entre enfin au noviciat des Ursulines de Tours.

Huit ans plus tard, soit à l'âge de 40 ans, Marie de l'Incarnation s'embarque à Dieppe avec quelques compagnes, en destination du Canada. Elle compte parmi les premières religieuses qui vinrent en Amérique. A cette époque, une telle aventure missionnaire était considérée comme une innovation. L'héroïsme était de règle chez ces pionnières de l'Église de Nouvelle-France qui joignait la vie cloîtrée à la vie missionnaire. «Nous voyons ici une espèce de nécessité de devenir sainte, écrira Marie de l'Incarnation. Ou il faut mourir, ou y donner son consentement.»

Bien qu'âgée de plus de quarante ans, elle étudia les langues indiennes extrêmement difficiles, et rédigea un dictionnaire algonquin-français, ainsi qu'un dictionnaire et un catéchisme iroquois. Son travail préféré consistait dans l'enseignement des petites Indiennes qu'elle appelait les «délices de son coeur» et «les plus beaux joyaux de sa couronne.»

Les maladies, les humiliations et les persécutions de la part même des personnes de bien, les longues peines intérieures et les croix de toutes sortes dont la vie de la Bienheureuse abonde, ont manifesté avec éclat l'esprit de sainteté qui régnait dans cette âme totalement livrée à l'amour divin. Bien qu'entraînée par l'Esprit-Saint aux plus hauts sommets de la contemplation, Marie de l'Incarnation ne cessa d'être une femme d'action extraordinaire, douée d'un sens pratique hors pair.

Elle rendit sa belle âme à Dieu à l'âge de 72 ans. Par les vocations diverses que la divine Providence lui réserva successivement, cette âme admirable se présente comme un modèle pour les époux, les parents, les apôtres laïcs et les religieux. Surnommée à juste titre: la Thérèse de la Nouvelle-France, Marie de l'Incarnation figure parmi les plus grandes gloires nationales du Canada et comme la véritable Mère de la patrie.

Par le décret d'héroïcité des vertus, promulgué le 19 juillet 1911, le saint pape Pie X justifia et confirma la réputation de sainteté dont elle jouissait déjà à sa mort. Le 24 juin 1976, Grégoire XVII plaça l'illustre Marie de l'Incarnation au catalogue des bienheureuses.

Tiré d'une composition O.D.M. et du magazine bimestriel Univers, juillet-août 1980, no: 4, p. 6.


Marie de l'Incarnation

Nous signalons parmi les héros de la fondation de Québec, la Bienheureuse Marie de l’Incarnation, qu’on a surnommée: «Mère de l’Eglise canadienne, la Thérèse d’Avila du Canada», béatifiée par Jean-Paul II. Voici une courte biographie, que nous prenons de la vie des saints de tous les jours.

Marie Guyart, quatrième enfant de Jeanne Michelet et du boulanger Florent Guyart, est née à Tours, en France, le 28 octobre 1599.

Dieu allait en faire une des plus grandes mystiques de l’Église, une missionnaire exceptionnelle et la mère de l’Église canadienne.

Dès l’âge de sept ans, elle voit, dans un songe, Jésus qui vient vers elle et lui demande: «Voulez-vous être à moi?»

Avec toute sa spontanéité d’enfant, elle répond «OUI!» Un «Oui» libre et ardent qui ne s’est jamais démenti.

A dix-sept ans, ses parents, selon la coutume du temps, la donnent en mariage à Claude Martin, marchand en soieries. Son mari meurt deux ans plus tard la laissant avec le soin d’un enfant de six mois, le petit Claude (qui deviendra plus tard prêtre bénédictin), et tous les embarras d’un commerce en faillite. Avec courage, elle fait face à cette nouvelle situation.

En 1621, elle avait accepté de travailler au commerce de son beau-frère qui gérait une entreprise importante de transport. On voit Marie, dans les rues de Tours, en train de négocier, de s’occuper des employés ou de prendre soin de soixante chevaux. Parfois, il est minuit et elle est encore sur les quais à faire charger et décharger la marchandise.

En 1627, lors d’une expérience profonde de la Trinité, Jésus la prend pour son épouse et l’unit à lui de façon inexprimable. Elle vit ces expériences au milieu d’une vie très occupée.

En 1631, à la suite des appels répétés du Seigneur, elle entre chez les Ursulines, à Tours, où elle prend le nom de Marie de l’Incarnation. Là, Dieu continue à la préparer à la vocation missionnaire qu’il a choisie pour elle.

En 1634, dans un nouveau songe, elle voit «un lieu très difficile», qu’elle reconnaîtra à son arrivée à Québec, et perçoit que la Vierge Marie et son fils Jésus semblent l’appeler à une mission qu’elle ne connaît pas encore.

Elle entre en contact avec quelques Jésuites, missionnaires de la Nouvelle-France. Finalement, le 25 janvier 1639, elle quitte son monastère de Tours, en route pour Québec. Elle est accompagnée de madame de la Peltrie, une veuve qui est prête à la suivre et à l’aider financièrement dans son projet de fonder une école pour les jeunes filles amérindiennes et françaises.

De 1639 à 1672, elle vit dans son monastère à Québec, au coeur de la nouvelle Église canadienne.

Pour se protéger du froid, les soeurs dorment dans des coffres, sortes de cercueils doublés de serge.

L’activité qu’elle déploie au service de la Mission est tout simplement prodigieuse. En plus d’accueillir les jeunes filles pour leur enseigner les fondements de la religion chrétienne, elle reçoit au parloir un grand nombre de visiteurs amérindiens et français.

En outre, elle se met à l’étude des langues du pays et compose des dictionnaires, des catéchismes et des histoires saintes dans au moins trois langues amérindiennes.

C’est à elle que revient tout le soin du matériel: la construction du monastère et la reconstruction après l’incendie de 1650, le souci d’assurer la nourriture et les vêtements pour les religieuses et les jeunes pensionnaires.

Le soir à la chandelle, elle écrit des milliers de lettres à son fils, à ses amis et aux bienfaiteurs de France.

En 1654, elle répond aux demandes insistantes de son fils Claude, devenu bénédictin, en lui envoyant la Relation de sa vie.

Au dire de Bossuet, Marie de l’Incarnation est la «Thérèse du nouveau monde et de son temps.»

Elle est appelée, à juste titre «mère de l’Église canadienne».

Elle meurt à Québec le 30 avril 1672, et a été béatifiée par Jean-Paul II le 22 avril 1980.

Bienheureuse Marie de l’Incarnation, ramenez nos Canadiens à la pratique religieuse.



MARIE DE L'INCARNATION (1599-1672)
 
DES QUAIS DE LA LOIRE AUX RIVES DU ST-LAURENT
 
Son itinéraire spirituel

par Hermann Giguère, professeur à l'Université Laval

(article paru dans la revue de spiritualité SELON SA PAROLE, vol.12, numéro 5, 15 mai 1986)

Marie Guyart (c'était le nom de famille de Marie de l'Incarnation), née en 1599, épousa en 1617 Claude Martin, un fabricant de tissus et de soieries à Tours en France dont elle eut un fils qu'on prénomma Claude comme son père. A 20 ans, elle était veuve. Son mari était mort en lui laissant son enfant à élever et une entreprise sur le bord de la faillite.

Premières grâces (1599-1619)

Marie Guyart, comme beaucoup des ancêtres québécois, était de constitution robuste et ne se laissait pas écrasée facilement par les problèmes. Elle prit en main l'entreprise de son mari, régla les dettes, liquida les biens et se retira chez son père avec son jeune fils. Plusieurs prétendants se présentent. Elle préfère attendre avant de se remarier. Elle se consacre à son fils et à son vieux père. Pendant cette période plus calme de sa vie, elle voit son goût de Dieu se développer. Déjà dans son enfance , elle nous raconte qu'elle avait une 'pente au bien' et qu'elle aimait bien rendre service autour d'elle. Maintenant qu'elle est plus libre, elle va suivre de plus ce penchant.

Les étapes unitives (1619-1631)

Un matin de mars 1620, le 24 mars plus précisément, alors qu'elle s'en va à la messe , elle fait une expérience bouleversante. Elle n'avait jamais saisi dans le fond d'elle-même que Dieu l'aimait telle qu'elle était, qu'il avait donné son Fils pour son salut. Ce matin-là, elle se voit comme plongée dans le sang du Christ. A 55 ans , elle se rappelle encore ce jour comme celui d'un nouveau départ dans sa vie " Je m'en revins à notre logis, changée en une autre créature, mais si puissamment changée que je ne me connaissais plus moi-même" écrira-t-elle à son fils en 1654.

Dans les années qui suivent , Marie met de côté les projets de mariage. Elle accepte d'aller aider sa soeur et son beau-frère. Elle fera tous les travaux ménagers, elle s'occupera des employés malades et finalement elle dirigera l'entreprise de son beau-frère lors de ses nombreuses absences. C'était une entreprise de transports de marchandises par bateau sur la Loire. "Quelquefois, écrit-elle, il était minuit que j'étais sur le port à faire charger ou décharger des marchandises. Ma compagnie ordinaire était des crochetiers, des charretiers (nous dirions aujourd'hui des débardeurs)."

Par toute cette vie assez occupée, Marie Guyart ne se sent pas éloignée de Dieu qu'elle a rencontré. Au contraire, parce qu'elle peut venir en aide à toutes sortes de gens , les encourager, les soigner, leur parler de Jésus, elle est sûre qu'elle répond de cette façon à l'appel de Dieu. Sa rencontre avec le Seigneur continuera de se faire à travers la vie quotidienne et concrète. Son fils grandit. Sa vie spirituelle s'épanouit. Elle connaît des moments pour elle inoubliables en la présence de Dieu dans la prière comme en 1627 où elle se voit liée à Jésus comme en un mariage spirituel et mystique. Sa vie n'en sera pas changée extérieurement. Ce qui comptera encore plus pour Marie, ce sera de vire l'Évangile de Jésus. Les "maximes de l'Evangile", comme elle dit, seront là pour la guider où Dieu voudra.

La vocation missionnaire (1631-1647)

En entrant dans la trentaine, Marie Guyart ne se doutait pas encore que son amour de Dieu et son goût du service la conduiraient en Nouvelle-France comme missionnaire dans pays de froidures, de chasses et de commerce de peaux de castors. Québec à ce moment était un petit village de 300 personnes à peine. Après être entrée dans la congrégation des religieuses Ursulines en 1631, tout en souffrant de se séparer de son fils, elle avait senti que le Seigneur la préparait à d'autre chose. On lui proposa d'aller en Nouvelle-France et elle décida d'accepter. Le 1 août 1639, elle débarquait à Québec avec quelques compagnes. Il fallait se bâtir un logis, puis commencer à apprendre les langues indiennes, car le but de ce petit groupe d'Ursulines était l'éducation des enfants des colons et des jeunes indiennes.

L'état consommatif et permanent (1647- 1672)

Dans cette période de la vie de Marie de l'Incarnation (c'est le nom qu'elle avait pris en entrant chez les Ursulines), les épreuves ne font pas défaut comme par exemple l'incendie du monastère en plein hiver en 1650 dans la nuit du 30 au 31 décembre.

Conclusion

Ce qui nous frappe chez Marie de l'Incarnation C'est qu'elle ne retourne jamais en arrière. Favorisée d'un grand sens pratique et d'une confiance inébranlable en Dieu, elle vit ses soucis, son enseignement, ses responsabilités dans la paix. "Dieu luit au fond de mon âme, qui est comme dans l'attente" écrira-t-elle en ajoutant que toutes ses occupations ne lui font pas perdre de vue la présence de Dieu dans sa vie. Elle est parvenue à une intégration spirituelle remarquable du service de ses frères et soeurs et de la communion intime avec Dieu au fond d'elle-même. Après une brève maladie, elle meurt en 1672. Elle avait voulu de toutes ses forces contribuer à l'annonce de l'Evangile dans ce nouveau pays où elle apprit à vivre de façon différente sa fidélité au Seigneur

Mariée et mère de famille, gérante du commerce de son beau-frère, éducatrice des enfants sur les rives du St-Laurent, Marie Guyart s'est appliquée à répondre de tout son coeur aux appels que le Seigneur lui a fait au cours de sa vie. Elle a vécu simplement, n'a pas eu peur de prendre de nouveaux départs et surtout elle s'est attachée à cette lumière de l'Evangile qui l'a soutenue et réjouie bien souvent. "Dieu ne m'a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de l'amour et de la confiance" dira-t-elle en 1668, quelques années avant sa mort.Elle a été déclarée bienheureuse par le pape Jean-Paul II, le 22 juin 1980. Sa sainteté est ainsi reconnu de façon officielle par l'Eglise. On peut souhaiter qu'un jour elle devienne comme Thérèse d'Avila et Catherine de Sienne Docteur de l'Eglise.


Marie de l'Incarnation (1599-1672)

Elle occupe une place rare en France. Elle occupe une place rare en Nouvelle-France. L'abbé Henri Brémond, un historien de la spiritualité, a sorti Marie de l'Incarnation de l'oubli dans son grand ouvrage sur l'Histoire du sentiment religieux en France à partir des guerres de religion.

1. Sa place parmi les mystiques

L’abbé Henri Brémond situe Marie de l'incarnation dans la foulée mystique du XVIIe siècle et lui consacre la moitié d'un tome de son ouvrage. Il la classe dans la ligne de l'école mystique du P. Louis Lallemant dont nous reparlerons plus loin. Si Brémond considère Marie de l'Incarnation de l'école du père Louis Lallemant, Cognet dans La spiritualité moderne, voit sa spiritualité comme une "adaptation mystique" bérullienne.

Qu'en penser?

Le silence et l'oubli où elle fut si longtemps tenue n'avouent-ils pas une situation "hors-école"? Elle a cherché sa voie et s'est toujours remise à l'action de Dieu, ne s'attachant qu'à sa présence, toujours parfaitement libre de saisir son bien où il le lui présentait.

On peut trouver des indices et des preuves en faveur d'une opinion ou de l'autre. Je crois, quant à moi, que Marie de l'Incarnation a une place à part dans l'histoire de la spiritualité. Elle se situe en dehors des écoles. Elle cherché sa voie et s'est toujours remise à l'action de Dieu dans sa vie sans s'attacher à une voie plus qu'une autre. Elle a toujours été souverainement libre vis-à-vis les écoles. Elle a sûrement lu Thérèse d'Avila, François de Sales et d'autres auteurs spirituels, mais elle a pris son bien où il était. Ses directeurs spirituels furent Feuillants (Dom François de St-Bernard et Dom Raymond de St-Bernard), une congrégation monastique de tradition bénédictine, jésuites (le Père Jérôme Lallemant), mais son guide fut toujours comme nous le verrons, le "Maître intérieur". C'est pourquoi, nous nous attacherons à regarder surtout l'expérience de Marie de l'Incarnation.

Il n'y a pas non plus une école de spiritualité qui se rattache à Marie de l'Incarnation car elle n'a pas eu de disciples. Chez les Ursulines, elle a été vénérée comme fondatrice et comme éducatrice d'abord et avant tout. Pierre Pourrat dans La spiritualité chrétienne s'intéresse seulement à son oeuvre d'éducatrice lui aussi. Cela n'enlève rien à la grandeur et la beauté de son expérience spirituelle personnelle, mais elle est sans postérité. C'est un cas fréquent dans l'histoire de la spiritualité. Son expérience et ses écrits mériteraient de la déclarer Docteur de L'Église au même titre que Thérèse d'Avila et Catherine de Sienne. Aujourd'hui, on commence à s'inspirer de sa spiritualité.

Dans l'histoire de la spiritualité, elle se situe un peu en dehors des écoles. Elle n'est pas dans l'école de Lallemant comme telle, ni tout à fait bérullienne. Elle est UNIQUE. Son expérience spirituelle s'est nourrie de la piété de l'Église et de la Parole de Dieu méditée. L'Écriture Sainte est importante dans sa vie.

2. Son expérience spirituelle

Voici quelques notes brèves qui seront commentées en classe. Marie de l'Incarnation répondant à la demande insistante de son fils devenu moine a raconté son cheminement spirituel dans une longue lettre (Relation) en 1654. Elle l'a divisé en étapes spirituelles qu'elle appelle des "états d'oraison". Ces "états d'oraison" sont plus englobants que les "demeures" de Thérèse d'Avila. Ils ne se limitent pas malgré leur noms à décrire les progrès dans la prière. Dans la langue de Marie de l'Incarnation ce qu'on peut mettre sous le mot "état d'oraison" est ainsi présenté par Colette Gombervaux dans L'itinéraire mystique de Marie de l'Incarnation (p.191)

A travers de nombreuses péripéties extérieures et intérieures, "un état d'oraison, écrit-elle, n'a d'autre stabilité pour notre mystique que celle d'un don sans repentance dont Dieu arrive à faire profiter pleinement celui ou celle à qui il le destine"

Ainsi un "état d'oraison" est d'abord marqué par la nouveauté de l'action de Dieu qui est reçue et perçue par le sujet (par Marie de l'Incarnation). L'"état d'oraison" comportera un début et une fin dans le temps, mais il ne sera toujours qu'un étape ou une phase plus ou moins longue d'une unique expérience qui s'enrichit et s'épanouit.

Marie Guyart, née en 1599, épouse à dix huit ans, en 1617, un fabricant de tissus et de soieries à Tours: Claude Martin. Claude, leur fils, naît en 1618. En 1619, Marie (Guyart) Martin devient veuve à vingt ans, une entreprise en faillite et un bébé d'un an sur les bras!

Premières grâces (1599-1619)

Avec la constitution robuste de nos ancêtres, Marie Guyart fait face aux chocs. Elle règle les dettes, liquide les biens et se retire, avec son bébé, chez son père, où, ignorant les prétendants, elle se consacre à son fils et à son vieux papa. Période calme où grandit l'attrait de Dieu, 'une pente au bien' disait-elle de son enfance, avec ce goût à rendre déjà service autour d'elle.

Les étapes unitives (1619-1631)

Le 24 mars 1620, alors qu'elle s'en va à la messe, c'est, dans la rue, l'expérience bouleversante de l'amour de Dieu, ressentie jusqu'au fond d'elle-même.

Ce matin du 24 mars, elle se voit comme plongée dans le sang du Christ. Pour la première fois Marie Guyart-Martin sait que Dieu l'aime telle qu'elle est, qu'il a donné son Fils pour son salut: "...Je m'en revins à notre logis, changée en une autre créature, mais si puissamment changée que je ne me connaissais plus moi-même...", écrira-t-elle à Claude en 1654; trente ans plus tard!

Les années suivantes, hébergée par sa soeur mariée, Marie les passe aux travaux ménagers, au soin des employés malades et, finalement, à diriger le commerce de son beau-frère durant ses nombreuses absences, une entreprise de transports par bateau, sur la Loire.

Si occupée soit sa vie, Marie Guyart-Martin reste près du Dieu qu'elle a rencontré. Venir en aide à chacun, encourager, soigner, parler de Jésus, elle sait qu'elle répond à l'appel de Dieu, que la rencontre avec le Seigneur passe par la vie quotidienne.

Elle connaît, dans la prière en la présence de Dieu, des moments pour elle inoubliables. En 1627 elle se voit liée à Jésus en un mariage spirituel et mystique, sans que sa vie n'en soit extérieurement changée. Vivre l'Évangile, les "maximes de l'Évangile", comme elle dit, voilà ce qui la guide où Dieu veut.

Vocation missionnaire (1631-1647)

Vers trente ans, madame Martin, déchirée à l'idée de se séparer de son fils de 12 ans, se présente pourtant en 1631, à la porte d'une congrégation vouée à l'éducation: les religieuses Ursulines.

Reçue, pour toujours, Marie Guyart-Martin s'appelle désormais Marie de l'Incarnation.

La vie intérieure unifiée, s'amplifie, encore qu'elle présente que le Seigneur la prépare à d'autre chose où son dévouement, son sens de l'action, son goût de servir, trouveront leur consommation.

L'état consommatif et permanent (1647- 1672)

L'offre de mission tombe, qu'elle accepte. Et le 1 août 1639, elle voit, comme ses compagnes, se dresser devant elle le Cap Diamant!

Nous connaissons ce qui l'attend: 300 pauvres habitants et combien d'autochtones, dont il faut tout apprendre, si l'on veut les servir. Si on veut servir; sans retour.

Les uns comme les autres -en fait, la Nouvelle-France et l'Église-, disposent désormais, avec ces femmes dans la force de l'âge et de la disponibilité, d'un instrument d'éducation pour leurs enfants.

3. Thèmes principaux de ses écrits

Il y a quatre thèmes sur lesquels on peut insister pour caractériser sa spiritualité.

a) Le Verbe Incarné

- Songe à 7ans "le plus beau des enfants des hommes"

- Enchâssement des coeurs (Vision en 1623-24 dans le demi-sommeil)

- Mariage mystique

-Dévotion au Sacré-Coeur (de 1635 à sa mort) durant 37 ans

Note sur la dévotion au Sacré-Cœur de Marie de l’Incarnation

En 1627 ou 1628, selon Dom Oury même si le mot coeur ne figure pas dans le texte. Elle voit sortir du sein du Fils de Dieu "avec impétuosité un fleuve d'amour qui recréait tout le ciel"

Au début des années trente. Raconté dans sa grande lettre sur le Sacré-Coeur de 1661. Elle entend une voix qui lui dit "Demande-moi par le Coeur de mon Fils, c'est par lui que je t'exaucerai" Des ce jour, commente-t-elle dans la Relation de 1654, "L'Esprit qui m'agissait m'unit à ce divin et très adorable Coeur de Jésus en sorte que je ne parlais ni ne respirais que par lui, en expérimentant de nouvelles infusions de grâces dans ce divin Coeur et l'Esprit de mon Jésus qui me faisait produire des choses admirables... au sujet de l'amplification du royaume" Jamet t. II, p.315)

Cette dévotion au Sacré Coeur est plus qu'une dévotion elle exprime un trait essentiel de la spiritualité de Marie de l'Incarnation

Le Coeur est ici un symbole comme dans le courant bérullien de saint Jean Eudes. Mais ce symbole est lié de façon explicite dans la prière apostolique à la Rédemption, "l'amplification du Royaume" dans le langage savoureux de Marie de l'Incarnation.

Voici le texte de cette fameuse prière dite "Prière apostolique de Marie de l'Incarnation"

Marie de l'Incarnation raconte : "un soir que j’étais dans notre cellule, traitant avec le Père éternel de la conversion des âmes et souhaitant avec un ardent désir que le Royaume de Jésus-Christ fût accompli, il me semblait que le Père éternel ne m’écoutait pas... cela m’affligeait, mais en ce moment j’entendis une voix intérieure qui me dit : "Demande-moi par le Coeur de mon Fils, c’est par lui que je t’exaucerai".

PRIÈRE APOSTOLIQUE DE MARIE DE L'INCARNATION

"C’est par le Coeur de mon Jésus, ma voie, ma vérité et ma vie que je m’approche de vous, ô Père éternel.

Par ce divin Coeur je vous adore pour tous ceux qui ne vous adorent pas ;

je vous aime pour tous ceux qui ne vous aiment pas ;

je vous adore pour tous les aveugles volontaires qui par mépris ne vous connaissent pas.

Je veux par ce divin coeur satisfaire pour tous les mortels.

Je fais le tour du monde pour y chercher toutes les âmes rachetées du Sang très précieux de mon divin Epoux : je veux vous satisfaire pour elles toutes par ce divin Coeur. Je les embrasse toutes pour vous les présenter par lui. Je vous demande leur conversion ; voulez-vous souffrir qu’elles ne connaissent pas mon Jésus ? Permettrez-vous qu’elles ne vivent pas en Celui qui est mort pour tous ? Vous voyez, ô divin Père, qu’elles ne vivent pas encore. Ah ! faites qu’elles vivent par ce divin Coeur.

Sur cet adorable Coeur je vous présente tous les ouvriers de l’Evangile ; remplissez-les de votre Esprit-Saint par les mérites de ce divin Coeur. Sur ce Sacré Coeur comme sur un Autel divin je vous présente Claude Martin, votre petit serviteur (mon fils) et Marie Buisson, votre petite servante (ma nièce), je vous demande au nom de mon divin Epoux que vous les remplissiez de son esprit et qu’ils soient éternellement à vous sous les auspices de cet adorable Coeur.

Vous savez, mon bien-aimé, tout ce que je veux dire au Père par votre divin Coeur et par votre sainte âme : en lui disant je vous le dis parce que vous êtes en votre Père et que votre Père est en vous. Faites donc que tout cela s’accomplisse et joignez-vous à moi pour fléchir par votre Coeur celui de votre Père. Faites selon votre parole que comme vous êtes une même chose avec lui, toutes les âmes que je vous présente soient aussi une même chose avec lui et avec vous."

Le Coeur de Jésus est une voie d'entrée dans le mystère du dessein d'amour du Père et aussi un lieu d'insertion dans le Corps Mystique.

L'amplification du royaume implique l'idée de mission et d'évangélisation; étendre le royaume de Jésus. C'est une conception de la mission qui voit l'évangélisation un peu comme dans les Actes des Apôtres, à l'image de l'Église primitive qui rayonnait et qui voyait de plus de plus de gens s'adjoindre à la communauté des croyants. Cette nouvelle Église qui naît en Nouvelle-France est une communauté chrétienne fervente qui se crée. Et créer une communauté chrétienne, c'est évangéliser. On a appellé Marie de l'Incarnation, la "Mère de l'Église canadienne".

Sa méthode insiste sur la connaissance et l'adaptation. Elle apprend les langues indiennes à quarante et cinquante ans.

b) L'union de l'action et de la contemplation.

C'est une compénétration des deux.

c) L'amour de l'Écriture Sainte ou de la Parole de Dieu.

Elle insiste sur les maximes de l'Évangile de Jésus Christ.

d) La docilité à l'Esprit

ou au Maître intérieur qui se traduit dans la pauvreté spirituelle, une forme de désappropriation spirituelle et d'ouverture à l'Esprit. Autre versant confiance aux inspirations de l'Esprit.

Conclusion

Ce qui nous frappe chez Marie de l'Incarnation c'est qu'elle ne retourne jamais en arrière. Telle est cette femme. Soucis, enseignement, responsabilités, tout se vit avec un rare sens pratique et en la présence irréductible de Dieu: "...Dieu luit au fond de mon âme, qui est comme dans l'attente". C'est la communion intégrale du service à ses frères et soeurs et du commerce intime de son être avec Dieu, où toutes ses forces contribuent à l'évangélisation de la Nouvelle-France. Telle était cette femme dans la constance de sa foi et de son espérance.

Jeune fille, femme, mère, veuve, gérante commerciale, missionnaire éducatrice, Guyart-Martin-Marie-de-l'Incarnation attend, entend, écoute les appels que le Seigneur lui fait. Elle y répond simplement, sans crainte du nouveau ou de l'inconnu, baignée et nourrie de la Parole de Dieu qui "...ne m'a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de l'amour et de la confiance". (lettre de 1668, quatre ans avant sa mort en 1672).

Chez Marie de l'Incarnation se conjugue un état de contemplation et d'oraison très profond avec une action apostolique et sociale qu'aucune adversité ne tue: incendie de 1650, destruction de la huronie, martyre des pères jésuites.... Rien ne l'aura déstabilisée.

Déclarée bienheureuse par Jean-Paul II, le 22 juin 1980, sa sainteté ainsi reconnue par l'Église, le souhait demeure que comme Thérèse d'Avila pour l'Espagne, comme Catherine de Sienne pour l'Italie, Marie de l'Incarnation pour les Amériques, soit la première femme Docteur de l'Église universelle.

La Bienheureuse Marie de l'Incarnation (1599-1672) suscite un intérêt qui ne se dément pas depuis l'Histoire du sentiment religieux en France de Brémond.

MARIE DE L'INCARNATION (1599-1672)

Les premières grâces

28-10-1599 Naissance à Tours de Marie Guyart.

1607 Songe prophétique. Première conversion à Dieu.

1607-1619 Premières Grâces.

1614 Attraits à la vie religieuse.

1617 Mariage avec Claude Martin.

1619 Naissance d'un fils: Claude junior.

1619 Veuvage et solitude. Ruine de la fortune.

Les étapes mystiques unitives

24-03-1620 Conversion (Vision du Sang de Jésus).

1620-1631 Itinéraire mystique unitif. Pratique héroïque des vertus (mortification, pauvreté, chasteté, obéissance, charité, religion...).

1621-1625 État de service chez une soeur aînée.

1625-1631 A la tête du commerce de son beau-frère.

1627 2ème Vision de la Trinité - Mariage spirituel

1631 Entrée chez les Ursulines.

25-03-1631 Prise de voile, Prend le nom de Marie de l'Incarnation

1631-1633 Années de Noviciat. Aridités et nuits spirituelles.

01-1633 Profession religieuse.

Vocation missionnaire

Noël 1633 Songe prophétique du Canada.

1634 Sous-maîtresse du Noviciat. Grâces d'esprit apostolique.

1633-1639 Itinéraire mystique de vie apostolique.

1636-1639 Exécution de la vocation missionnaire.

1639 Songe prophétique des souffrances apostoliques

05-08 1639 Voyage en Canada.

1639-1645 Premiers établissements au Canada. Première période de supériorat. Rédaction des Constitutions et du Directoire. L'enseignement des enfants. Les grandes souffrances de la vie intérieure apostolique.

1645 Direction spirituelle par le Père Jérôme Lallemant.

1646 Maladie de Marie. Dépositaire.

État foncier et permanent (consommation)

1647 Itinéraire mystique de vie apostolique.(consommation)

1650 Incendie du premier monastère. Nouveaux triennats de supériorat.

1651-1657 L'union mystique à la T.S. Vierge Marie.

1654 Itinéraire mystique de vie apostolique.

1663-1670 Dernier supériorat. Graves maladies.

1670 Assistante et maîtresse des novices.

1672 Maladie, guérison, rechute.

30-04-1672 Décès.

Histoire de la spiritualité moderne et contemporaine (Hiver 2007)

Cours THL- 15770: HISTOIRE DE LA SPIRITUALITÉ MODERNE ET CONTEMPORAINE
Cours donné à Marie-Jeunesse à Sherbrooke

Faculté de théologie et de sciences religieuses

Université Laval, Québec, QC

Professeur: Hermann Giguère

Tous droits réservés


BIBLIOGRAPHIE

HISTOIRE DE LA SPIRITUALITÉ MODERNE ET CONTEMPORAINE

Hermann Giguère, professeur

Automne 1998

*** Marie de l'Incarnation

* Oeuvres

Marie de l'Incarnation, Ursuline de Tours: fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France. Ecrits spirituels et historiques, avec annotations critiques, pièces documentaires et biographie, 4 vol., DDB, Paris et L'Action Sociale, Québec, 1929-1939. édités par Dom Albert Jamet.

Marie de l'Incarnation, Ursuline, (1599-1672). Correspondance, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes, nouvelle éd., 1971, 1071p.édité par Dom Albert Jamet.

Éditions partielles:

Dieu, mon Amour. Extraits des écrits de Marie de L'Incarnation, mystique de France et du Canada, (Réflexion et Vie, 2) Bellarmin, Montréal, 1972, 107p.

La relation autobiographique de 1654, préface de Guy-Marie OURY, Solesmes, 1976, 134p.

Le témoignage de Marie de l'Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec, Beauchesne Paris,1932, 350p. édité par Dom Albert Jamet.

Constitutions et Règlements des Premières Ursulines de Québec 1647 (avec le P. Jérome Lallemant), Edition miméographiée préparée par S. Gabrielle Lapointe, Québec, 1974, 268p.

* Autres ouvrages

AA. VV., L'itinéraire mystique d'une femme. Marie de l'Incarnation, ursuline, sous la direction de Jean Comby, (Epiphanie Documents), Cerf/Bellarmin, Paris, 1993, 226 p.

AA. VV., Béatification de Mère Marie de l'Incarnation, fondatrice du premier monastère des Ursulines en Amérique, née à Tours, en France, le 28 oct. 1599, arrivée au Canada le Ier août 1639, décédée à québec le 30 avril 1672, béatifiée le 22 juin 1980 par sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, Vieux monastère de Québec, 1980.

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Nouvelle présentation: 30 septembre 2004 sans mise à jour de la bibliographie.

Tous droits réservés Copyright de la version électronique 1998 par Hermann Giguère



Sainte Marie de l'Incarnation, peintre anonyme du XIXe siècle


Marie de l'Incarnation

« Mariée et mère de famille, gérante du commerce de son beau-frère, éducatrice des enfants sur les rives du St-Laurent, Marie Guyart s'est appliquée à répondre de tout son coeur aux appels que le Seigneur lui a fait au cours de sa vie. Elle a vécu simplement, n'a pas eu peur de prendre de nouveaux départs et surtout elle s'est attachée à cette lumière de l'Évangile qui l'a soutenue et réjouie bien souvent. "Dieu ne m'a jamais conduite par un esprit de crainte, mais par celui de l'amour et de la confiance" dira-t-elle en 1668, quelques années avant sa mort. Elle a été déclarée bienheureuse par le pape Jean-Paul II, le 22 juin 1980. »

Marie de l’Incarnation, 1599-1672

témoin et catéchète en Nouvelle-France

C’est sous les traits de Marie Tifo que nous redécouvrons aujourd’hui Marie de l’Incarnation, à la fois au théâtre dans La déraison de l’amour et au cinéma dans La Folle de Dieu. Une réalisation de Jean-Daniel Lafond, à partir des centaines de lettres que la religieuse écrivait à son fils Claude Martin, devenu moine bénédictin.

Marie Guyart est veuve et a trente-deux ans quand elle entre chez les Ursulines. Elle y prend le nom de Marie de l’Incarnation pour signifier son désir d’incarner et de transmettre son amour pour Jésus. En 1639, elle s’embarque pour le Canada , terre de mission..

Elle fonde à Québec un couvent et une école pour l’éducation des filles des colons français et des jeunes sauvagesses. Très vite, elle se rend compte qu’elle ne peut transmettre la parole de Dieu si elle ne parle pas leur langue, si elle ne s’imprègne pas de leur culture. Elle entreprend alors le difficile apprentissage des langues amérindiennes et rédige pour elles dictionnaires, catéchismes et livres d’histoire sainte en algonquin et en iroquois.

Comprenant l’attrait des jeunes indiennes pour le chant et la danse, elle compose des chants à saveur d’Évangile. Cette étonnante missionnaire qui savait chanter et danser pour Dieu avec ses jeunes élèves ne serait-elle pas la première catéchète en Nouvelle -France? Elle a saisi l’importance du respect et du dialogue entre les cultures, un premier pas vers l’inculturation.

Nous ne sommes pas si loin des défis auxquels cette audacieuse pédagogue a fait face en son temps : oser annoncer l’Évangile dans la langue et la culture de chez nous.

Françoise Lagacé

« Marie comprend qu'elle est choisie. Lors d'un rêve prophétique, elle n'est pas seule mais bien en compagnie « d'une bonne fille »... « Ah! Voilà Notre Seigneur! C'est à moi qu'il vient! » Pourquoi à elle? Voilà une question qui restera sans réponse.

Les choix divins sont tout à fait gratuits, inexplicables par nos raisonnements humains, ils sont grâces. Le Seigneur laisse l'occasion d'exercer notre foi et de lui faire confiance. Et Marie ajoute : Le Seigneur avait un secret que je ne connaissais pas. Ainsi pour chaque personne. Dieu a un projet qui sera connu au fur et à mesure du déroulement des jours. Quel grand mystère que cette prédilection, cette préférence! C'est avec beaucoup d'humilité qu'il convient d'accueillir les prévenances divines. Ce qui suppose aussi beaucuop d'attenction aux moindres signes que la vie présente. »

NOËL, Gabrielle o.s.u. Marie Guyart de l'Incarnation, mère de l'Église canadienne, collection Prier 15 jours, Éditions Nouvelle cité, Montrouge, France, p.25.


GUYART, MARIE, dite de l’Incarnation (Martin), ursuline, fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France, née à Tours (France) le 28 octobre 1599, décédée à Québec le 30 avril 1672.

Fille de Florent Guyart, maître boulanger, et de Jeanne Michelet, Marie fut portée sur les fonts baptismaux de l’ancienne église Saint-Saturnin. Sa mère descendait des Babou de La Bourdaisière, noble et ancienne famille qui s’était distinguée au service de l’Église et de l’État. Mais Jeanne Michelet avait épousé un simple et honnête artisan bien établi et honoré dans sa corporation. Les Guyart donnèrent à leurs sept enfants, trois garçons et quatre filles, une éducation profondément chrétienne et une solide instruction. De bonne heure, Marie fréquenta l’école. Ses premiers souvenirs nous la montrent dans une cour de récréation, jouant au cerceau avec une compagne. Une nuit, elle vit le Seigneur en songe. Se penchant vers elle, il lui demanda : « Voulez-vous estre à moy ? » Elle répondit : « Ouy ». Un oui qui devait tisser son existence d’élans généreux. Marie Guyart était une petite fille attirée vers les réalités divines. Toute jeune, elle passait des heures à raconter ses « petites affaires » au bon Dieu. Debout sur une chaise, elle répétait les sermons entendus à l’église, et, des yeux, elle suivait les prêtres qu’elle croisait dans la rue. Ce qu’elle appelle « une petite prudence » l’empêchait de baiser leurs traces et de courir après eux. De bonne heure, Marie révèle l’équilibre de sa riche nature faite à la fois pour les expériences mystiques et les réalisations pratiques. Elle est bien fille de la première moitié du XVIIe siècle. Époque de chevalerie et de bon sens, époque où la spéculation et l’action se rencontrent dans une harmonieuse synthèse.

À l’âge de 14 ans, Marie Guyart manifesta des attraits pour le cloître ; mais, la voyant d’humeur gaie et agréable, ses parents la crurent plutôt propre au mariage. Quoique pieuse, Marie lisait des romans, faisait bon visage au monde. Claude Martin, maître ouvrier en soie, se présenta, et Marie se laissa engager dans cette union qui ne lui apporta pas le bonheur. Elle demeura toujours réticente sur cette période de sa vie, mais son premier biographe, Dom Claude Martin, parle d’épreuves d’une espèce rare et nouvelle. Mystère qui recèle des ennuis domestiques causés par une belle-mère jalouse et des embarras financiers qui devaient aboutir à la faillite. Il se peut que l’état précaire de son commerce ait conduit Claude Martin au tombeau. Il mourut dans les derniers mois de 1619, après deux ans de ménage, laissant à sa veuve de 19 ans un fils âgé de 6 mois. Le petit Claude, né le 2 avril précédent, avait été le seul rayon de soleil de leur union. Une fois libre, Marie se retira chez son père et ses désirs du cloître revinrent impérieux. Mais l’état pitoyable de ses affaires et son fils au berceau la retenaient dans le monde. De nombreux prétendants se présentèrent. De toutes parts, on la pressait de se remarier pour renflouer son budget et pourvoir à l’éducation de son fils. Après quelques moments d’hésitation, elle décida de suivre sa pente vers la solitude. Retirée dans une chambre haute, elle se mit à lire des livres pieux, à converser intimement avec Dieu.

Soudain, le Seigneur fit irruption dans sa vie. Elle-même raconte l’expérience mystique qui produisit ce qu’elle appelle sa « conversion ». Un matin qu’elle se rendait à ses occupations, une force irrésistible fond sur elle et l’arrête au milieu de la rue. En un moment, les yeux de son esprit s’ouvrent et toutes ses fautes et imperfections lui sont montrées en gros et en détail, avec une « clarté plus certaine que toute certitude ». Au même moment, elle se voit plongée dans le sang du Fils de Dieu. Elle se confesse au premier religieux qu’elle trouve dans la chapelle des Feuillants et s’en retourne si puissamment changée qu’elle ne se reconnaît plus. C’était le 24 mars 1620. Marie n’avait que 20 ans. Elle signifia par son habit et son maintien que sa fortune était faite dans le monde. Comme elle avait beaucoup de talent pour le négoce, sa sœur, mariée à Paul Buisson, marchand voiturier, l’invita à venir habiter chez elle. D’abord, Marie assuma les besognes les plus obscures de la maison. Tour à tour cuisinière, femme de chambre, garde-malade, elle s’attablait avec une trentaine de rouliers pour les empêcher de blasphémer et les soignait comme une mère quand ils étaient souffrants. Déjà liée à Dieu par le vœu de chasteté, elle fit aussi les vœux de pauvreté et d’obéissance. On imagine ce qu’elle eut à souffrir de la part de sa sœur et de son beaufrère qui n’en soupçonnaient rien. En 1625, Paul Buisson lui confie la responsabilité de toute son entreprise. La voilà dans un « tracas d’affaires », en conversation avec un grand nombre de clients, sur les quais de la Loire, jusque dans la boutique des huguenots. Cependant, elle expérimente « un paradis intérieur », reçoit des révélations ineffables concernant le mystère de la sainte Trinité. Elle a 27 ans et son fils Claude vient d’avoir 8 ans. C’est un petit garçon frêle, timide, que sa mère prépare doucement à la séparation définitive.

Mme Martin sait que l’heure de quitter le monde va sonner. Assistée des conseils de Dom Raymond de Saint-Bernard, religieux feuillant, elle attend que se précisent les voies de Dieu. On la recevrait sans doute chez les Feuillantines, les Visitandines, les Carmélites, les Bénédictines de Beaumont-lez-Tours, mais elle opte pour les Ursulines, parce qu’une voix secrète lui dit que Dieu la veut là. Le 25 janvier 1631, elle abandonne son vieux père, confie son fils Claude à la garde de sa sœur, et entre toute brisée au noviciat des Ursulines de Tours. Aucune explication humaine ne peut justifier pareil geste. Comme Abraham, Marie obéissait à des exigences divines, ratifiées par son directeur spirituel et par Mgr Bertrand d’Eschaux, évêque de Tours. Revenant plus tard sur cet épisode douloureux, Marie avouera qu’elle s’était sentie mourir « toute vive ». Rien ne lui fut plus pénible que la fugue de son fils. Pressentant quelque chose d’insolite, il s’était enfui avant le départ de sa mère. On le retrouva après trois jours, sur les quais de Blois. Puis le pauvre enfant fit l’assaut du monastère avec une troupe d’écoliers. Dans ce vacarme, Marie distinguait la voix de son fils qui, à hauts cris, disait : « Rendez-moy ma mère, rendez-moy ma mère ».

Mme Martin devient religieuse ursuline sous le nom de Marie de l’Incarnation et prononce ses vœux de religion en 1633. Claude poursuit ses études chez les Jésuites de Rennes. Bientôt, Marie est nommée sous-maîtresse des novices et professeur de doctrine chrétienne. Cependant, elle a la secrète conviction que le monastère de Tours n’est pour elle qu’un lieu de passage. Peu a peu sa vocation apostolique se précise. En songe, Dieu la promène dans un vaste pays plein de montagnes, de vallées et de brouillards épais. Plus tard, le Seigneur lui dit expressément : « C’est le Canada que je t’ai fait voir ; il faut que tu y ailles faire une maison à Jésus et à Marie ». Le mystère s’éclaircit, les obstacles s’aplanissent. Les Relations des Jésuites renseignent Marie sur les missions de la Nouvelle-France. Le père PONCET lui permet de rencontrer Mme de CHAUVIGNY de La Peltrie, elle-même désireuse de se dévouer à l’évangélisation des petites sauvagesses. Humainement parlant, l’entreprise paraît pure folie : comment imaginer de faibles femmes sur une mer infestée d’écueils et de pirates ? De multiples objections surgissent contre le projet. Certains pères de la compagnie veulent substituer les ursulines du faubourg Saint-Jacques à celles de Tours ; Mgr d’Eschaux fait d’abord la sourde oreille ; la Compagnie des Cent-Associés refuse le passage à Mme de La Peltrie qui s’est présentée trop tard. Enfin, Marie de l’Incarnation, Marie de Saint-Joseph [V. SAVONNIERES] et Mme de La Peltrie prennent le chemin de Paris. On comptait y recruter une troisième ursuline ; mais l’archevêque refusa d’exposer la mère Saint-Jérôme « aux injures de la mer et des barbares ». Mère Cécile de Sainte-Croix, ursuline de Dieppe, compléta le nombre, à la dernière minute. Trois hospitalières s’embarquaient aussi pour le Canada : les mères Marie de Saint-Ignace [V. GUENET], Anne Le Cointre, dite de Saint-Bernard et Marie de Saint-Bonaventure [V. FORESTIER]. Le 4 mai 1639, le Saint-Joseph cingla vers le Nouveau Monde. Marie de l’Incarnation a laissé une description pittoresque de la traversée et de l’immense iceberg qui faillit fracasser le navire. Le 1er août 1639, les voyageuses arrivaient à Québec.

La vie apostolique de Marie de l’Incarnation fut alors intimement liée à l’histoire de la Nouvelle-France. Mère Marie se révèle d’abord femme d’affaires. Elle s’installe cahin-caha dans une maison de la basse ville. Logement de fortune qu’elle appelle finement son « Louvre ». Pour se garantir du froid, il faut dormir dans des coffres doublés de serge. En 1642, on déménage sur le cap, dans le beau monastère tout de pierre qui a 3 étages, 92 pieds de longueur et 28 de largeur. Une merveille pour le pays. Dans la nuit du 31 décembre 1650, le feu rase cette demeure, fruit d’immenses sacrifices. Marie de l’Incarnation recommence à bâtir. Elle tient à coups d’énergie, d’ingéniosité et d’aumônes. Elle sait rédiger des contrats, défendre ses droits contre certains messieurs qui essaient de lui enlever ses concessions.

Bien plus, elle a des idées neuves et personnelles sur l’économie du pays. La découverte des mines et des salines l’intéresse. À la place des commerçants, elle ferait l’exportation de l’huile de marsouin. Elle-même cultive un jardin, exploite une ferme, fait creuser des puits. Sa correspondance abonde de détails concernant la vie quotidienne. Devant nous, elle compte ses derniers sols, paie les ouvriers, pétrit son pain d’orge. Elle s’interrompt même pour regarder ses bœufs à bout de souffle. Gouverneurs, intendants et notables de la colonie la consultent au sujet des affaires temporelles. Elle rêve grand pour la France, se réjouit des exploits de ses compatriotes, mesure les progrès réalisés à Québec. En 1639, elle était descendue dans une petite bourgade d’à peine quelques maisons ; en 1663, on parle d’élire un maire et des échevins. On a établi l’usage des dîmes pour l’entretien du séminaire et la fondation des paroisses, et l’on projette même de bâtir un palais de justice et une prison. « Enfin tout cela sonne gros, et commence bien », écrit Marie de l’Incarnation.

Avec l’aide des Jésuites, elle rédigea des constitutions adaptées à la Nouvelle-France. Monument de sagesse pratique et surnaturelle. Marie de l’Incarnation fut vraiment une mystique d’action. Pendant 32 ans, tout le poids des responsabilités de la fondation reposa sur ses épaules. Elle brava les raids iroquois, les intempéries, la mauvaise volonté des hommes habiles à semer de l’ivraie dans le champ des justes.

Marie de l’Incarnation mit ses talents de chef au service des âmes. C’est en effet pour cette œuvre évangélique que Dieu J’avait comblée des dons de la nature et de la grâce. Au Canada, elle fut l’émule des pères de la Compagnie de Jésus, leur confidente et leur soutien. Elle les accompagna par le désir jusqu’en Huronie, correspondit avec eux, souhaita même de partager leur martyre. Les Jésuites furent ses directeurs de conscience, ses professeurs de langues sauvages.

À la grille, mère Marie reçut les confidences des Français chargés d’administrer la colonie. Plus encore que de leurs entreprises temporelles, ils causaient spiritualité. MM. Louis D’Ailleboust, JEAN BOURDON, Pierre LEGARDEUR de Repentigny et Alexandre de PROUVILLE de Tracy la considéraient comme leur meilleure amie. Mais Marie de l’Incarnation est surtout venue pour l’éducation des petites Françaises et des petites sauvagesses. Dès le lendemain de leur arrivée à Québec, les Ursulines reçurent toutes les jeunes filles françaises qui se purent rencontrer, pour les instruire dans la piété et dans les bonnes mœurs. À cause de la rareté de l’argent, les pensions des demoiselles étaient payées en marchandises. D’où l’originalité des registres dont voici un extrait, daté de 1646 :

Reçule 13 janvier pour la pension de Mlle. C.

3 1/2 cordes de bois de chauffage.

” le 6 mars.4 cordes de bois de chauffage

” le 13 mars1 pot de beurre pesant le 12 lbs.

” le 13 novembre1 cochon gras, 1 baril de pois.

” ………………baril d’anguille salée.

Le pensionnat des Ursulines se composa d’abord de 18 à 20 pensionnaires qui payaient 120# de pension par an. Avec les années, le nombre alla croissant et la tâche parut lourde, urgente. « S’il n’y avoit des Ursulines, écrit mère Marie, [les jeunes filles] seroient dans un danger continuel de leur salut ». La raison ? C’est qu’on laissait trop de liberté aux demoiselles. En somme, les Canadiennes avaient « l’esprit bon » et devenaient fermes dans le bien quand elles le connaissaient, mais il fallait quelquefois leur apprendre « dans un an à lire, à écrire, à Jetter [...] et tout ce que doit sçavoir une fille ». Avant de mourir, mère Marie eut la consolation de donner l’habit religieux à plusieurs Canadiennes de naissance venues prendre la relève.

Mais Marie de l’Incarnation réserva toujours le meilleur d’elle-même pour les petites sauvagesses. Elle les recevait à bras ouverts, les nettoyait, s’ingéniait à les comprendre, à les catéchiser, à les rendre heureuses. Ses lettres regorgent d’histoires pittoresques racontant la ferveur, les luttes et les espiègleries des enfants des bois. Aussi bien que la mentalité des néophytes, ces documents révèlent la profonde psychologie et le sens apostolique de mère Marie. À toutes les religieuses, elle recommandait, particulièrement envers les séminaristes, « les salutations et petites paroles d’affection ». Souvent, elle les appelait les « délices » de son cœur et « les plus beaux fleurons » de sa couronne.

En 1668, les ministres du roi prirent des mesures pour franciser les sauvages. Chez les Jésuites, au séminaire de Québec et aux Ursulines, l’expérience s’avéra désastreuse : « C’est pourtant une chose très difficile, pour ne pas dire impossible de les franciser ou civiliser. Nous en avons l’expérience plus que tout autre, et nous avons remarqué que de cent de celles qui ont passé par nos mains, à peine en avons-nous civilisé une. »

Cependant, les fleurs des bois ne manquèrent pas de s’épanouir pour la joie de mère Marie. Entre autres, Marie-Madeleine Chrestienne, ancienne élève du séminaire sauvage des Ursulines de Québec, qui devint l’épouse de Pierre Boucher*, futur gouverneur de Trois-Rivières.

Intense fut aussi l’apostolat de mère Marie auprès des sauvages adultes. Elle les catéchisait et les régalait de sagamité. À plus de 40 ans, elle se mit à l’étude des langues indiennes et les maîtrisa au point d’écrire un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire algonquin-français, un dictionnaire iroquois et un catéchisme iroquois. Une partie de ces ouvrages a disparu dans l’incendie de 1686, l’autre a été donnée à des missionnaires oblats en partance pour le Nord du Canada.

Après l’incendie de 1650, les Hurons craignirent de perdre Marie de l’Incarnation et ses compagnes. Le chef Taiearonk leur tint ce langage émouvant : « Courage, saintes filles, ne vous laissez pas vaincre par l’amour de vos parents, et faites voir aujourd’hui que l’affection que vous avez pour les pauvres sauvages est une charité céleste plus forte que les liens de la nature ». Après cela, on comprend que les Hurons de Lorette aient adressé une lettre postulatoire à Pie IX, dans l’automne de 1875. En reconnaissance des bienfaits que Marie de l’Incarnation avait prodigués à leurs pères, ils demandaient pour elle les honneurs de la béatification.

Certes, Marie de l’Incarnation eut beaucoup à souffrir de la part des Iroquois, qui saccagèrent ses fermes, tuèrent ses domestiques et ses meilleurs amis. En 1660, son monastère fut mis en état de siège. Chaque année, elle se demandait avec angoisse s’il ne faudrait pas repasser en France. Mère spirituelle de l’Église canadienne, elle ressentait le contrecoup de toutes les épreuves infligées à son pays d’adoption.

Pendant 33 ans, elle assista aux luttes des Français acharnés à s’implanter en Amérique du Nord. Ses lettres racontent cette épopée frémissante d’efforts, d’échecs, de victoires et de panache. C’est d’abord la petit colonie hésitante sous le gouvernement de Montmagny [V. HUAULT]. Puis le sacrifice des martyrs et l’arrivée de Mgr de Laval* en 1659. Sa Grandeur avait d’abord logé dans la maison de Mme de La Peltrie, humble demeure située à quelques pas du monastère des Ursulines. Parlant de cette résidence épiscopale, Mgr de Laval écrivait : « Nous la trouvons assez riche parce qu’elle suffit à notre pauvreté. Nous avons avec nous trois prêtres, qui sont nos commensaux, deux serviteurs, et c’est tout ». Marie de l’Incarnation lui avait prêté son jardin, et son œil perspicace avait vite percé les dispositions de Monsieur de Pétrée : « Je ne dis pas que c’est un saint, ce serait trop dire ; mais je dirai avec vérité qu’il vit saintement et en apôtre ». En avril 1660, Mgr de Laval avait fait sa première visite épiscopale aux Ursulines et déclaré qu’il entendait apporter de notables changements aux constitutions de 1646, rédigées avec tant de prudence par le père JEROME Lalemant. Établie en Canada depuis 1639, Marie de l’Incarnation voyait mieux le fond du problème que Mgr de Laval, nouveau venu dans la colonie. Sans prendre « huit mois ou un an » pour réfléchir, elle estime que les modifications proposées ruinent les constitutions. Aussi bien, écrit-elle d’un ton respectueux mais très ferme : « l’affaire est déjà toute pensée et la résolution toute prise : nous ne l’accepterons pas, si ce n’est à l’extrémité de l’obéissance. » A la ténacité s’ajoutent la prudence, le don de peindre les hommes sur le vif : « Nous ne disons mot néanmoins, pour ne pas aigrir les affaires ; car nous avons affaire à un Prélat, qui étant d’une très haute piété, s’il est une fois persuadé qu’il y va de la gloire de Dieu, il n’en reviendra jamais, et il nous en faudra passer par là, ce qui causerait un grand préjudice à nos observances. » Mgr de Laval maintint les anciennes constitutions à la réserve de cinq articles. En 1681, neuf ans après la mort de Marie, on signera l’affiliation des Ursulines de Québec avec les Ursulines de Paris.

Après les expéditions de M. de Tracy, vinrent des années de prospérité et de paix illustrées par les initiatives de l’intendant TALON. Mère Marie avait beaucoup besogné. Des pénitences prolongées, des maladies soignées à la bonne l’avaient épuisée. Ce qu’elle appelle son « flux hépatique » ne cessait de la miner. Parfois ses lettres apportent un bulletin de santé peu rassurant : elle ne peut plus se tenir à genoux, sa vue baisse, toute nourriture goûte l’amertume de l’absinthe. Et pourtant, elle exulte de penser que la fin approche, que bientôt elle pourra voir Dieu face à face. Avant de mourir, elle repasse sa vie et trouve que l’heure de partir est venue : le Seigneur l’a comblée de faveurs mystiques, l’œuvre des Ursulines est en excellente voie, et son fils Claude est devenu sa gloire et sa joie. Entré chez les Bénédictins de Saint-Maur en 1641, il a été promu à la charge de supérieur dès 1652. En 1668, à titre d’assistant du supérieur général, il avait pris rang parmi les supérieurs majeurs de son ordre. Sur le point de mourir, Marie de l’Incarnation lui envoya un message de tendresse : « Dites-lui que je l’emporte dans mon cœur ». Elle dit adieu à ses, petites sauvagesses et s’éteignit à l’âge de 72 ans et 6 mois, le 30 avril 1672.

La cérémonie des obsèques achevée, on descendit le corps dans le caveau ; mais on le remonta bientôt pour tirer un portrait, afin que ne fût pas enseveli le « rayon de majesté que Dieu faisait éclater sur son visage. » Malheureusement, le peintre envoyé par le gouverneur de Rémy de Courcelle était un artiste de second ordre : il ne fixa sur la toile que les traits d’une morte. Il ne se trouva personne pour mouler la figure de celle qui venait de fermer les yeux. La toile de 1672 a péri dans les flammes de 1686. En 1699, les Ursulines de Québec reçurent un autre portrait de leur vénérable mère : une copie de l’original, disent les traditions monastiques. Quoi qu’il en soit, cette réplique retouchée par des pinceaux malhabiles représente une Marie de l’Incarnation sous les traits d’une septuagénaire cassée par l’âge et les infirmités. Les paupières baissées, les mains gonflées, elle a perdu le halo de la transfiguration. Cette peinture est conservée chez les Ursulines de Québec. Ni la gravure de Jean Edelinck, exécutée pour les éditions de Dom Claude Martin (1677 et 1681), ni le portrait de Poilly, préparé pour la monographie de Charlevoix (1724), ne rendent justice à Marie de l’Incarnation. Plus heureux que ses prédécesseurs, le peintre Botoni (1878) nous a donné une Marie de L’Incarnation en extase ; mais cette œuvre fantaisiste ne correspond pas à la physionomie qui se dégage de ses lettres. Pour nous en faire une idée, relisons plutôt le portrait que Dom Martin a laissé de sa mère : « Elle était, écrit-il dans la Vie, d’une belle taille pour son sexe, d’un port grave et majestueux, mais qui ne ressentait point le faste, étant modéré par une douceur humble et modeste. Elle était assez belle de visage en sa jeunesse et avant que ses pénitences et ses travaux y eussent causé de l’altération, et même en sa vieillesse l’on y remarquoit encore une proportion de parties qui faîsoît assez voir ce qu’elle avait été autrefois. Cette beauté néanmoins n’avait rien de mol, mais l’on remarquoit sur son visage le caractère du grand courage qu’elle a fait paroître dans les occasions pour tout entreprendre et tout souffrir ce qu’elle reconnaissoit être à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Son courage était accompagné de force, étant d’un bon tempérament et d’une constitution de corps forte et vigoureuse, propre à supporter les grands travaux que Dieu demandoit de son service. Elle étoit d’une humeur agréable, et quoy que la présence continuelle de Dieu luy imprimât un sentiment de gravité et de retenue qui ressentoit je ne sçay quoy de céleste, il ne se pouvoit voir néanmoins une personne plus commode et plus accorte. »

Dès 1672, Marie de l’Incarnation fut vénérée comme une sainte. On réclama comme des reliques les objets qui avaient été à son usage. Le père Jérôme Lalemant qui avait presque toujours été son directeur au Canada écrivait : « Si Monseigneur l’évêque eût été ici, il ne J’eût point abandonnée pendant sa maladie, tant il faisait état de sa personne ; à son défaut, M. de BERNIERES, son Grand-Vicaire, et supérieur du Monastère, lui a rendu tout ce qu’on peut attendre d’un bon Pasteur, et notre Compagnie, les témoignages de respect et d’affection qui étaient dus à son mérite. Au reste, la mémoire de la défunte sera à jamais en bénédiction dans ces contrées, et pour mon particulier, j’ai beaucoup de confiance en ses prières, et j’espère qu’elle m’aidera mieux à bien mourir que je n’ai fait à son égard. Je lui ai été en tout et partout un serviteur inutile, me contentant d’être l’observateur des ouvrages du Saint-Esprit en elle, sans m’ingérer d’aucume chose, la voyant en si bonne main, de crainte de tout perdre. »

Un des plus beaux éloges réservés à Marie de l’Incarnation reste la lettre que Mgr de Laval écrivit, le 12 novembre 1677, à Dom Claude Martin pour être mise en tête de l’édition de 1677. En voici un extrait :

« Nous tenons à bénédiction particulière la connaissance qu’il a plu à Dieu nous en donner [de Marie de l’Incarnation], l’ayant soumise à notre conduite pastorale, et le témoignage que nous en pouvons rendre est qu’elle était ornée de toutes les vertus dans un degré très éminent, surtout d’un don d’oraison si élevée et d’une union à Dieu si parfaite qu’elle conservait sa présence parmi les différentes occupations où sa vocation l’engageait et au milieu de l’embarras des affaires les plus difficiles et les plus distrayantes. Elle était tellement morte à elle-même et Jésus-Christ la possédait si pleinement que l’on peut assurément dire d’elle, comme de l’Apôtre, qu’elle ne vivait pas, mais Jésus-Christ en elle, et qu’elle ne vivait et n’agissait que par Jésus-Christ. Dieu l’ayant choisie pour donner commencement à l’établissement des Ursulines en Canada, lui avait donné la plénitude de l’esprit de son Institut. C’était une parfaite supérieure, une excellente maîtresse des novices ; elle était capable de tous les emplois de la religion. Sa vie, commune à l’extérieur mais très régulière et animée d’un intérieur tout divin, était une règle vivante à toute sa communauté. Son zèle pour le salut des âmes et surtout pour la conversion des sauvages était si grand et si étendu qu’il semblait qu’elle les portait tous en son cœur, et nous ne doutons point qu’elle n’ait beaucoup contribué par ses prières à obtenir de Dieu les bénédictions qu’il a répandues sur cette Eglise naissante. »

Vers le milieu du XVIIIe siècle, le culte rendu à la mémoire de Marie de l’Incarnation fut sur le point d’être porté à la connaissance officielle du Saint-Siège. Mais le traité de Paris qui céda le Canada à l’Angleterre interrompit les démarches élaborées. En 1867, les circonstances se montrèrent favorables à la reprise du projet. À la demande de Mgr Baillargeon*, évêque de Québec, commencèrent les procès préparatoires à l’introduction de la cause de la servante de Dieu. Voici les principales étapes de ce procès : introduction de la cause en cour de Rome, 1877 ; procès de non-culte, 1882 ; procès de réputation de sainteté, 1891 ; examen des écrits, 1895 ; validité des procès faits à Québec, 1897 ; procès de l’héroïcité des vertus, 1907–1910 ; décret sur l’héroïcité des vertus de Marie de l’Incarnation (l 9 juillet) 1911.

Il ne manque que deux miracles, obtenus par l’intercession de mère Marie, pour la proclamation solennelle de sa béatification.

Marie de l’Incarnation a beaucoup écrit, mais tous ses textes ne sont pas parvenus jusqu’à nous. Il nous reste d’elle : Une Relation autobiographique, écrite à Tours, en 1633 ; des Lettres de conscience, datant des années 1625–1634 ; des notes spirituelles, Exclamations et Élévations, remontant aux années 1625–1638 ; une Exposition du Cantique des Cantiques, écrite entre 1631 et 1637 ; l’École sainte, Explication des mystères de la foy rédigées entre 1633 et 1635 ; une Relation autobiographique, écrite à Québec en 1654 ; un Mémoire complémentaire de cette Relation, écrit en 1656 ; La Correspondance, comprenant des lettres historiques et spirituelles. En 1677, Dom Claude Martin a publié une Vie de sa mère, qui contient des fragments des deux Relations. Un Recueil de Lettres suivit en 1681. Aujourd’hui, l’édition de Dom Claude est devenue très rare. Celle, plus savante et plus complète, de Dom Jamet comprend deux volumes d’écrits spirituels et deux volumes de lettres (1639–1660).

La Relation de 1633 : Marie de l’Incarnation, alors ursuline du monastère de Tours, écrivit ce mémoire à la demande du père de La Haye, recteur du collège d’Orléans. Ce religieux eut plusieurs entretiens avec mère Marie et voyant la qualité exceptionnelle de son interlocutrice, «il voulut encore qu’elle mît par écrit toutes les grâces qu’elle avait reçues de Dieu depuis son enfance, et l’usage qu’elle en avait fait, afin de porter un jugement plus assuré sur [son] état ».

Avant de mourir (1652), le père de La Haye légua cette Relation aux Ursulines de Saint-Denis (France), en leur recommandant de garder le secret jusqu’au décès de Marie. Elles respectèrent si fidèlement la consigne que Dom Claude chercha cette pièce pendant 20 ans. Après 1672, les Ursulines la lui envoyèrent «fort obligeamment sur l’avis qu’elles [avaient] eu qu’il travaillait à la Vie [de sa vénérable mère] ».

Dom Claude mit les ciseaux dans la Relation, en découpa 87 fragments qu’il distribua au cours des 757 pages de la Vie et retourna le précieux document à ses propriétaires. À l’aide de comparaisons et de recoupements, Dom Jamet a réussi une reconstitution rationnelle de la Relation de 1633. Ainsi, on peut suivre les différentes étapes de l’itinéraire mystique de Marie de l’Incarnation.

Lettres de conscience : sous ce titre se rangent quelques lettres de Marie à son directeur, Dom Raymond de Saint-Bernard ; ses absences de Tours ont motivé la correspondance de Marie entre 1622 et 1634. Les échantillons qui restent montrent qu’en dépit d’un noviciat, du vœu d’obéissance à son père spirituel et de la lecture des traités d’oraison, l’ursuline a gardé sa trempe personnelle. Un jour, elle prit la liberté de dire à Dom Raymond qu’il lui fallait se détacher de tout, même des dons de Dieu.

Exclamations et Élévations : sous ces deux chefs, on peut grouper les épithalames ou plaintes amoureuses qu’écrivait Marie « pour évaporer la ferveur de l’esprit ». La plupart ont été brûlées, mais les épaves qui échappèrent au feu montrent l’émoi d’une femme qui a rencontré la Vie au plus intime de son être. Rejetant toutes les métaphores, toutes les analogies, Marie nomme Dieu tel qu’elle l’expérimente : « Non, mon Amour, vous n’êtes pas feu, vous n’êtes pas eau, vous n’êtes pas ce que nous disons. Vous êtes ce que vous êtes en votre éternité glorieuse. Vous êtes : c’est là votre essence et votre nom. Vous êtes vie, vie divine, vie vivante, vie unissante. Vous êtes tout béatitude. Vous êtes unité suradorable, ineffable, incompréhensible. En un mot, vous êtes Amour et mon Amour. »

Entretien spirituel sur l’Épouse des Cantiques en qualité de sous-maîtresse des novices, Marie de l’Incarnation donna des instructions aux jeunes religieuses du monastère de Tours. Ces conférences roulaient sur les mystères de la foi, les Psaumes et le Cantique des Cantiques. Une seule de ses conférences nous est parvenue. Marie avait le don de la parole et se livrait, selon la grâce du moment, à des improvisations qui émerveillaient l’assistance : « Je ne me pouvais taire, écrit-elle ; et j’avais une très grande simplicité pour produire mes pensées à mes sœurs qui étoient toutes étonnées de m’entendre ainsi parler. Une entre les autres ayant trouvé dans son livre François un passage de l’Épouse des Cantiques, me dit : « Prêchez-nous un peu, Sœur Marie ; dites-nous ce que c’est à dire : Qu’il me baise du baiser de sa bouche. » Nôtre Maîtresse étoit présente, laquelle pour me mortifier me fit apporter une chaise. Sans autre cérémonie, je commençay par ce premier mot : Qu’il me baise du baiser de sa bouche ; lequel m’emporta dans une suite de discours, en sorte que dès ce mot, n’étant plus à moy, je parlay fort long-temps selon que l’amoureuse activité me possédoit. Enfin, je perdis la parole, comme si l’Esprit de mon Jésus eût voulu le reste pour luy. Je ne me pûs cacher en cette rencontre, qui ensuite me donna bien de la confusion, ce qui m’est encore arrivé, par surprise, en d’autres occasions. »

L’École sainte ou explication familière des mystères de la foy était, selon le père de Charlevoix*, l’un des meilleurs catéchismes qui existaient en français. La vénérable mère fondait son enseignement sur l’Écriture sainte qu’elle exposait d’une manière simple et claire. Non contente d’éclairer l’esprit, elle réchauffait le cœur et l’engageait à se sanctifier. Marie parlait d’abondance, surprise elle-même de sa facilité : « J’avais beaucoup de lumières là-dessus, et je portais en mon âme une grâce de science qui me faisait quelquefois dire ce que je n’eusse pas voulu ni ose avancer de moi-même. »

Les Relations d’oraison : Dom Claude Martin a publié ces Relations sous le titre de Retraites de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation. Il s’agit de notes d’oraison prises pour son usage personnel. Ces confidences soumises à son directeur expliquent tous les modes d’agir de l’Esprit divin sur une âme fidèle à ses inspirations. C’est dans ce petit livre de Méditations, « plus utile que vingt traités de mystique », qu’Henri Bremond a puisé les principaux éléments de son étude sur la psychologie spirituelle de Marie de l’Incarnation.

La Relation de 1654 : plus élaborée que la première, cette seconde autobiographie n’en est pas une réplique. Marie de l’Incarnation l’écrivit à bâtons rompus, sur les instances longtemps renouvelées de son fils et sur l’ordre de son directeur, le père Jérôme Lalemant. «Parmi un grand divertissement de ses affaires domestiques », Marie a retracé l’histoire de sa vie. Après avoir recommandé le secret, elle parle à cœur ouvert des grâces qu’elle a reçues, des sommets que Dieu lui a fait gravir. Sa fine psychologie démêle le jeu des facultés et les touches ineffables de l’amour divin. À elle seule, cette Relation suffit pour classer Marie au nombre des plus sublimes mystiques de l’Église universelle. Théologiens, philosophes et linguistes n’ont pas fini d’exploiter ce journal encore palpitant d’intérêt.

Marie de l’Incarnation expédia cette longue lettre à son fils avec cette recommandation : « Si vous y avez des difficultés, vous pouvez me les proposer en me marquant les endroits. » Le prieur des Blancs-Manteaux envoya un long questionnaire à Québec. En 1656, il recevait un Supplément dont nous ne possédons que quelques articles.

La Correspondance : Marie de l’Incarnation était née épistolière. On estime qu’elle dut écrire dans sa vie environ 13 000 lettres. Ont échappé à l’oubli 5 ou 6 originaux. Dom Claude Martin en a publié 221, chiffre très restreint qui devait être réduit parce que certaines pièces avaient été partagées en deux. Richaudeau et Dom Jamet ont eu le bonheur d’en trouver quelques-unes. Si la plupart des lettres de Marie ont disparu, le Registre des Bienfaiteurs des Ursulines de Québec nous révèle la liste des principaux destinataires. Liste incomplète mais assez vaste pour faire déplorer le dommage causé par la destruction d’une multitude d’épîtres. Si l’on en juge par certaines pièces fort élaborées, quelques-unes devaient être de véritables traités de vie spirituelle et des chapitres d’histoire coloniale.

Marie aborde tous les sujets, écrit au fil de la plume, la nuit, à la lueur de la chandelle. Ses lettres ne sont que des brouillons qu’elle expédie sans trouver le temps de se relire. Les vaisseaux attendent et sa main devient si lasse qu’elle a peine à la conduire. En pareille occurrence, elle aurait pu s’en tenir à l’essentiel, expédier des billets laconiques, des requêtes et des remerciements en style télégraphique*. Non pas ! Elle s’accorde le plaisir de raconter des scènes pittoresques, croquées sur le vif et toutes palpitantes d’actualité. Du coup, elle se révèle tout entière en même temps que son époque et ses contemporains. C’est là surtout qu’elle s’épanche sans contrainte, se montrant sous tous les angles de sa géniale personnalité. On sent vibrer son cœur de mère, d’amie, de moniale et de patriote. Elle parle de tout sans avoir passé par les écoles spécialisées, règle les problèmes les plus complexes, parce qu’elle regarde le monde à la lumière de l’éternité. Avec des yeux détachés de toute convoitise malsaine. Et son style court, sourit, prend tous les tons de la gamme humaine. En sortant du parloir, elle jette ses impressions sur le papier et voilà que se dessinent des figures inoubliables de vérité et de mouvement. Les lettres de mère Marie ont toutes les qualités et les défauts des pièces de premier jet ; mais on pardonne quelques négligences de forme à qui sait manier la baguette magique de la vie. Fille du Grand Siècle, Marie de l’Incarnation avait le sens de l’ordre et de l’harmonie. L’unité qu’elle a réalisée dans son être transparaît dans ses écrits, limpides comme son esprit détaché de toutes bagatelles.

En 1645, Marie de l’Incarnation souhaitait l’union de toutes les congrégations d’Ursulines françaises. Son rêve s’est réalisé au Canada en 1953. Ses filles se sont groupées sous la direction d’une supérieure générale et des provinces ont été érigées à Québec, à Trois-Rivières et à Rimouski. Fidèles à l’esprit missionnaire de leur fondatrice, les Ursulines canadiennes ont essaimé au Japon (1935) et en Amérique du Sud (1961).

MARIE-EMMANUFL CHABOT, O.S.U.

Archives manuscrites des Ursulines de Québec.— Archives manuscrites du couvent des Ursulines du faubourg Saint-Jacques, Paris.— Eugène Griselle, La vénérable Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de Québec : supplément à sa correspondance, (Paris, [1909 ?]).—Marie Guyart de l’Incarnation, L’Ecole sainte ou explication familière des mystères de la foy pour toutes sortes de personnes qui sont obligées d’enseigner la doctrine chrétienne (Paris, 1684) ; Écrits (Jamet) ; Lettres de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, Première Supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, divisées en deux parties, éd. Claude Martin (Paris, 1681) ; Lettres (Richaudeau) ; Retraites de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, religieuse ursuline, avec une exposition succincte du « Cantique des cantiques » (Paris, 1682) ; Le témoignage de Marie de l’Incarnation, ursuline de Tours et de Québec, éd. Albert Jamet (Paris, [1932]).— JJ (Laverdière et Casgrain), passim.— J., (Thwaites), passim.— La Vie de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, tirée de ses lettres et de ses écrits, éd. Claude Martin (Paris, 1677).— J.-L. Beaumier, Marie Guyart de l’Incarnation, fondatrice des Ursulines au Canada, 1599–1672 (Trois-Rivières, 1959).— Henri Bremond, Histoire littéraire du senti ment religieux en France depuis les guerres de religion jusqu’à nos jours (12 vol., Paris, 1916–36), VI (1926) : La conquête mystique : Marie de l’Incarnation.— H.-R. Casgrain, Histoire de la Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle France, précédée d’une esquisse sur l’histoire religieuse des premiers temps de cette colonie (Québec, 1864).— Marie-Emmanuel Chabot, Marie de l’Incarnation d’après ses lettres (Québec et Ottawa, 1946).— P. F.-X. de Charlevoix, La vie de la Mère Marie de l’Incarnation, institutrice et première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France (Paris, 1724).— Henri Cuzin, Du Christ à la Trinité, d’après l’expérience mystique de Marie de l’Incarnation (Lyon, 1936).— Glimpses of the monastery ; scenes from the history of the Ursulines of Quebec during two hundred years, 1639–1839, by a member of the community (Québec, 1897).— Georges Goyau, La Première Française missionnaire : la vocation canadienne de Mère Marie de l’Incarnation, Études, CCXXVII(1936) : 145–168.— Fernand Jetté, La Voie de la sainteté d’après Marie de l’Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec (Ottawa, 1954).— Joseph Klein, L’Itinéraire mystique de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec, 1599–1672 (Issoudun et Paris, 1938).— Marie de l’Incarnation, éd. Marie-Emmanuel Chabot (« Classiques canadiens », XXV, Montréal et Paris, [1962]).— Marie de l’Incarnation fondatrice du Monastère des Ursulines de Québec (Québec, 1935).— M. T.-L. Penido, La Conscience religieuse. Autour de Marie de l’Incarnation (Paris, 1935). – A. Poisson, La Dévotion au Saint-Esprit illustrée par le témoignage de Marie de l’Incarnation de Tours et de Québec (Paris, 1960).— Paul Renaudin, Une Grande Mystique française au XVIIe siècle, Marie de l’Incarnation, ursuline de Tours et de Québec ; essai de psychologie religieuse (Paris, 1935).— Agnes Repplier, Mère Marie of the Ursulines : a study in adventure (New York, 1931).— Les Ursulines de Québec, I.

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Tombeau de Marie de l'Incarnation, Chapelle des Ursulines de Québec


Mère Marie (Guyart) of the Incarnation

A woman of pioneering spirit, Marie Guyart (Mère Marie of the Incarnation) was born in Tours, France in 1599. From an early age she demonstrated great piety. At age 17, in accordance with the wishes of her parents, she married a silk manufacturer and devoted herself to being a wife and mother. Widowed after only two years and with her husband's company left bankrupt, Marie and her young son, Claude, lived with her sister and brother-in-law for the next 10 years. During most of that time, Marie served as manager of her brother-in-law's business.

Over the years, as she meditated and prayed, Marie experienced an emotional conversion and felt strongly called to religious life. In 1632, although heartbroken at leaving her son, she joined the Ursuline monastery in Tours, taking the name Marie de l'Incarnation. In the monastery, Marie read Jesuit Relations, an account by members of the Society of Jesus of their work as missionaries in Canada. Marie concluded that her vocation was also as a missionary and, in 1639, she set sail from France with two other Ursulines for a three-month voyage to Quebec. The Sisters arrives on Aug. 1, and quickly established a convent in the lower town. Three years later, the convent moved to a more permanent stone building in the upper town.

Marie quickly went about her missionary efforts, enthusiastically educating both Native American and French girls. In order to teach the Native Americans, she learned their language and later wrote many spiritual and theological texts, an Iroquois catechism and Algonquin and Iroquois dictionaries. She spent 18 years as the Ursuline superior, effectively dealing with French and Native American leaders, along with serving in other offices.

Marie became known for both her wisdom and courage as she led her community through numerous hardships, including threats from the Iroquois, a terrible fire that destroyed the Ursuline convent in 1650, and the harsh Canadian winters. After overseeing the building of a new monastery, Marie spent the rest of her life teaching and catechizing young Native Americans.

She died in Quebec in April 1672.

SOURCE : http://www.ursuline-sisters-cincinnati.org/MereMarie.html

GUYART, MARIE, dite Marie de l’Incarnation, Ursuline nun, foundress of the Ursuline order in New France; b. 28 Oct. 1599 at Tours (France); d. 30 April 1672 at Quebec.

A daughter of Florent Guyart, master baker, and of Jeanne Michelet, Marie was baptized in the former church of Saint-Saturnin. Her mother was descended from the Babou de La Bourdaisières, an old and noble family that had distinguished itself in the service of church and state. But Jeanne Michelet had married a simple and honest workingman who was well established and honoured in his guild. The Guyarts gave their seven children, three boys and four girls, a deeply Christian upbringing and a sound education. Marie went to school at an early age. Her earliest recollections are of trundling a hoop in a playground with a companion. One night she saw the Lord in a dream. Bending down to her, he asked her: “Do you want to be mine?” “Yes,” she replied. A “yes” which was to make of her existence an uninterrupted series of generous impulses. Marie Guyart was a little girl who was drawn towards divine realities. While still quite young, she used to spend hours telling her “personal matters” to God. Standing on a chair, she would repeat the sermons she had heard in church, and she used to stare after the priests whom she met in the street. What she called “a slight sentiment of prudence” kept her from kissing their footsteps and running after them. Marie early revealed a rich yet balanced character, apt for both mystical experiences and practical deeds. She was indeed a daughter of the first half of the 17th century: a period of chivalry and of good sense, a period in which speculation and action meet in a harmonious synthesis.

At the age of 14, Marie Guyart showed an inclination towards the life of the cloister; but, finding her of a gay and agreeable disposition, her parents thought instead that she was suited for marriage. Even though she was devout, Marie read novels and presented a cheerful exterior to the world. Claude Martin, a master silk-worker, came forward as a suitor, and Marie allowed herself to be contracted in this marriage which did not bring her happiness. She always remained reticent about this period of her life, but her first biographer, Dom Claude Martin, speaks of trials of a rare and new sort. A mystery, which conceals domestic troubles caused by a jealous mother-in-law and financial difficulties which were to terminate in bankruptcy. It is possible that the precarious state of his business brought Claude Martin to his grave. He died in the last months of 1619, after two years of married life, leaving his 19-year-old widow with a son 6 months old. Little Claude, born 2 April, had been the only ray of sunshine in their marriage. As soon as she was free, Marie returned to her father’s house and her longings for the life of the cloister became overwhelming. But the pitiful state of her affairs and her infant son kept her from withdrawing from the world. From all sides she was urged to remarry in order to re-establish her financial situation and provide for her son’s education. After some hesitation, she decided to follow her inclination towards the secluded life. Retiring to an upper room, she began to read works of piety and to converse closely with God.

Suddenly the Lord burst into her life. She herself relates the mystical experience which brought about what she called her “conversion.” One morning as she was going to her work, an irresistible force descended upon her and stopped her in the middle of the street. In a moment the eyes of her spirit were opened and all her faults and imperfections were revealed to her collectively and severally, with “a clearness more certain than any certitude.” At the same moment she saw herself immersed in the blood of the Son of God. She confessed to the first priest that she saw in the Chapel of the Feuillants and returned so completely changed that she was no longer the same person. This occurred on 24 March 1620. Marie was only 20 years old. By her dress and her bearing she indicated that she no longer had ambitions for herself in the world. As she had a great deal of talent for business, her sister, who was married to Paul Buisson, the owner of a carrier business, induced her to come to live in her home. At first Marie took upon herself the most humble tasks in the house. In turn cook, maid, and nurse, she would sit down at table with some 30 drivers in order to keep them from uttering blasphemies, and when they were ill she took care of them like a mother. Being already bound to God by the vow of chastity, she also took the vows of poverty and obedience. We can imagine what she had to put up with from her sister and brother-in-law, who suspected nothing. In 1625 Paul Buisson entrusted her with the entire responsibility of his business. There she was, caught up in the worries of business, engaged in conversation with a numerous clientele, on the wharfs along the Loire, even in the Huguenots’ shop. She had however the experience of “an inner paradise,” and received ineffable revelations concerning the mystery of the Holy Trinity. She was 27, and her son Claude had just turned 8. He was a frail, timid little boy whom his mother prepared gently for the final separation.

Mme Martin knew that the moment for leaving the world was at hand. Aided by the advice of Dom. Raymond de, Saint-Bernard, a member of the Order of Feuillants, she waited for the ways of the Lord to be made clear. She would undoubtedly have been accepted by the Feuillantines, the nuns of the Visitation of Holy Mary, the Carmelites, or the Benedictine nuns of Beaumontlez-Tours, but she chose the Ursulines, because a secret voice told her that was what God wanted for her. On 25 January she left her aged father, entrusted her son Claude to the care of her sister, and, completely shattered with grief, entered the noviciate of the Ursulines of Tours. No human explanation can justify such an action. Like Abraham, Marie was obeying divine demands, which were approved by her spiritual adviser and by Bishop Bertrand d’Eschaux of Tours. Recalling this painful episode later, Marie was to admit that she “had suffered a living death.” Nothing was more painful for her than her son’s flight. Having a presentiment of something unusual, he had run away from home before his mother’s departure. He was found again three days later, on the wharfs of Blois. Then the poor child stormed the convent with a band of school boys. In the midst of the uproar Marie could pick out the voice of her son, who was crying aloud: “Give me back my mother, give me back my mother.”

Mme Martin became an Ursuline nun under the name Marie de l’Incarnation and took her vows in 1633. Claude continued his schooling with the Jesuits in Rennes. Soon Marie was assistant mistress of novices and instructor in Christian doctrine. She had, however, the secret conviction that the convent of Tours was only a stopping-point for her. Gradually her apostolic vocation became clear. In a dream God took her to a vast country full of mountains, valleys, and heavy fogs. Later the Lord said to her explicitly: “It was Canada that I showed you; you must go there to build a house for Jesus and Mary.” The mystery was resolved, the difficulties vanished. The Jesuit Relations informed Marie about the missions in New France. Father Poncet de La Rivière enabled her to meet Mme de Chauvigny de La Peltrie, who also was eager to devote her life to the evangelization of little Indian girls. In human terms the undertaking seemed sheer madness: how could one picture frail women on a sea infested with reefs and pirates? Manifold objections sprang up in the way of the project. Certain Jesuit priests wanted to substitute the Ursulines of the Faubourg Saint-Jacques for those of Tours. Mgr d’Eschaux at first turned a deaf ear; the Compagnie des Cent-Associés refused passage to Mme de La Peltrie, who applied too late. Finally Marie de l’Incarnation, Marie Savonnières de La Troche dite Marie de Saint-Joseph, and Mme de La Peltrie went off to Paris.

They hoped to enlist there a third Ursuline; but the archbishop refused to expose Mother Saint-Jérôme to “the ravages of the sea and of the barbarians.” Mother Cécile de Sainte-Croix, an Ursuline from Dieppe, filled out their number at the last minute. Three Hospitallers also sailed for Canada: Mother Marie Guenet dite Marie de Saint-Ignace; Anne Le Cointre dite Anne de Saint-Bernard; and Marie Forestier dite Marie de Saint-Bonaventure. On 4 May 1639 the Saint-Joseph sailed off to the New World. Marie de l’Incarnation has left a picturesque description of the crossing and of the enormous iceberg which almost smashed the ship. On 1 August 1639 the travellers arrived at Quebec.
Marie de l’Incarnation’s apostolic life was thus intimately linked with the history of New France. Mother Marie proved first to be a business woman. She took up residence as best she could in a house in the Lower Town – makeshift accommodation that she subtly called her “Louvre.” To ward off the cold the sisters had to sleep in chests lined with serge. In 1642 they moved to the top of the cape, into the handsome convent all in stone, with three floors, 92 ft. long and 28 wide, a marvel for the country. During the night of 31 December fire destroyed the dwelling, the fruit of immense sacrifices. Marie de l’Incarnation started rebuilding. She held out thanks to her energy, ingenuity, and alms. She knew how to draw up contracts and defend her rights against certain gentlemen who tried to take her privileges away from her.

On top of all that she had new and personal ideas about the country’s economy. The discovery of mines and salt-pits interested her. She suggested that if she were in the merchants’ place, she would export porpoise oil. She herself cultivated a garden, operated a farm, had wells dug. Her correspondence abounds in details of daily life. In our presence she counts her last sous, pays the workmen, kneads her barley bread. She even stops to look at her winded oxen. Governors, intendants, and notables of the colony consult her on temporal matters. She had great dreams for France, rejoiced in her compatriots’ exploits, measured the progress achieved at Quebec. In 1639 she had arrived in a little village composed of not more than a few houses; in 1663 there was talk of electing a mayor and aldermen. The custom of collecting tithes for the upkeep of the seminary and the founding of parishes had been established, and there were even plans for building a law-court and a prison. “In short all that sounds promising, and is off to a good start . . . ,” wrote Marie de l’Incarnation.

With the help of the Jesuits she drew up Constitutions which were suited to New France – a monument of practical and supernatural wisdom. Marie de l’Incarnation was indeed a mystic imbued with a sense of action. For 32 years the whole weight of the responsibility for the foundation rested on her shoulders. She defied Iroquois raids, bad weather, the ill will of men who are skilful in sowing tares in the field of the just.

Marie de l’Incarnation used her talents as a leader for serving souls. It was indeed for this evangelical work that God had supplied her with the gifts of nature and of divine grace. In Canada she emulated the priests of the Society of Jesus, whose confidante and support she was. She accompanied them in her thoughts right into the Huron country, she corresponded with them, even wished to share their martyrdom. The Jesuits were her spiritual advisers and her instructors in Indian languages.

At the grill of the convent parlour Mother Marie received the secrets of the Frenchmen who were entrusted with the administration of the colony. They talked about spiritual matters even more than about their temporal undertakings. MM. Louis D’Ailleboust, Jean Bourdon, Pierre Legardeur de Repentigny, and Alexandre de Prouville de Tracy regarded her as their best friend. But Marie de l’Incarnation had above all come to educate the little French and Indian girls. Immediately following their arrival at Quebec the Ursulines took in all the young French girls who could be found, to instruct them in godliness and morality. Because of the scarcity of money, the young ladies’ board was paid in kind. Hence the quaintness of the records, such as this extract from the year 1646:
Received 13 January for Mlle C’s board:

                                                                        3 1/2 cords of firewood.
                                                ”                        6 March—4 cords of firewood.
                                                ”                        13 March—1 pot of butter weighing 12 lbs.
                                                ”                        13 November—fat pig, 1 barrel of peas.
                                                ”                        . . . . . . . .—1 barrel of salted eel.

The Ursulines’ boarding-school was first composed of 18 to 20 boarders who paid 120 livres per year for their board. As the years passed, the number kept increasing and the task became heavy and pressing. “If it were not for the Ursulines,” wrote Mother Marie, “[the young girls] would be in danger for their salvation.” The reason for this? Too much freedom was allowed the young girls. On the whole the Canadian girls had “an upright character,” and became steadfast in the right when they were aware of it, but sometimes it was necessary to teach them “in one year to read, write, count . . . and everything that a girl should know.” Before her death Mother Marie had the solace of bestowing the religious habit upon several native born Canadians who had come to carry on the work.
But Marie de l’Incarnation always kept the best of herself in reserve for the little Indian girls. She received them with open arms, cleaned them up, taxed her ingenuity to understand them, to catechize them, and to make them happy. Her letters brim over with picturesque stories describing the fervour, the struggles, and the pranks of the children of the woods. These documents reveal Mother Marie’s deep understanding and her apostolic insight, as well as the mentality of the neophytes. She recommended to all the nuns, especially when dealing with the pupils of the seminary, to use “greetings and little expressions of affection.” Often she called them the “delights” of her heart and “the brightest jewels” in her crown.

In 1668 the King’s ministers took measures to encourage the Indians to adopt the French way of life. In the Jesuit establishments, in the seminary of Quebec and the Ursuline convent, the experiment proved to be disastrous. “It is however a very difficult thing, if not an impossible one, to adapt the Indians to French customs or to civilize them. We have had more experience with it than anyone else, and we have observed that of a hundred girls who have passed through our hands, we have scarcely civilized one.”

The flowers of the woods did not, however, fail to blossom, to Mother Marie’s delight. Among others, there was Marie-Madeleine Chrestienne, a former pupil of the Indian seminary of the Ursulines of Quebec, who became the wife of Pierre Boucher*, a future governor of Trois-Rivières.
Mother Marie’s apostolate to the adult Indians was also intensive. She catechized them and regaled them with sagamité (a dish of corn-meal and meat). When more than 40 years of age, she started to study the Indian languages and mastered them to such a degree that she wrote French-Algonkin, Algonkin-French and Iroquois dictionaries and a catechism in Iroquois. Some of these works disappeared in the fire of 1686, the rest were given to Oblate missionaries who were leaving for the Canadian north.

After the fire in 1650 the Hurons were afraid of losing Marie de l’Incarnation and her companions. Chief Taiearonk addressed them in these moving terms: “Courage, saintly maidens, do not let yourselves be overwhelmed by love for your family, and prove today that your affection for the poor Indians is an act of heavenly charity that is stronger than the bonds of nature.” After that, it is understandable that the Hurons of Lorette should have sent a postulatory letter to Pius IX in the autumn of 1875. In recognition of the services that Marie de l’Incarnation had lavished upon their fathers, they requested for her the honours of beatification.

Certainly Marie de l’Incarnation had much to suffer from the Iroquois, who devastated her farms and killed her servants and her best friends. In 1660 her convent was besieged. Each year she wondered in anguish whether they should not have to return to France. The spiritual mother of the Canadian church, she felt the repercussions of all the trials inflicted upon her adopted country.

For 33 years she took part in the unremitting struggles of the French to establish themselves in North America. Her letters recount this vibrant epic of efforts, defeats, victories, and bravado. At the beginning it is the story of the hesitant little colony under the direction of Charles Huault de Montmagny. Then came the sacrifice of the martyrs and the arrival of Bishop Francois de Laval* in 1659. His Excellency had first resided in Mme de La Peltrie’s house, a humble dwelling located a few paces from the Ursuline convent. In mentioning this episcopal residence Bishop Laval wrote: “We consider it rich enough because it is sufficient unto our poverty. We have three priests with us, who are our table-companions, two servants, and that is all.” Marie de l’Incarnation had lent him her garden, and her perspicacious eye had quickly discerned the Bishop of Petraea’s tastes: “I do not say that he is a saint, that would be saying too much; but I will truthfully say that he lives like a saint and apostle.” In April 1660 Bishop Laval had paid his first episcopal visit to the Ursulines and had declared that he intended to bring about important changes in the Constitutions of 1646, which had been drawn up with such care by Father Jérôme Lalemant. Having resided in Canada since 1639, Marie de l’Incarnation understood better than the newly arrived Bishop Laval all the basic problems. Without taking “eight months or a year?” for reflection, she felt that the proposed changes would ruin the Constitutions. Therefore she wrote, in a respectful but very firm tone: “. . . the matter has been thoroughly considered and our mind is fully made up: we will not accept it, unless we are pushed to the limits of obedience.” Along with tenacity went prudence and the gift of depicting people in a lifelike way: “We are however saying nothing, in order not to embitter matters; for we are dealing with a Prelate whose piety is so great that, once he is convinced that God’s glory is at stake, he will never accept reconsidering the matter, and we shall have to give in, which would be very prejudicial to our observances.” Bishop Laval kept the former Constitutions with the exception of five articles. In 1681, nine years after Marie’s death, the act of affiliation between the Ursulines of Quebec and those of Paris was to be signed.

After Tracy’s expeditions came years of peace and prosperity which were rendered illustrious by the measures initiated by the intendant Talon. Mother Marie had worked very hard. Prolonged penances, illnesses that she had treated casually, had worn her out. What she called her “hepatic flux” was sapping her strength unceasingly. Sometimes her letters contained a bulletin on her health that was far from reassuring; she could no longer remain on her knees, her sight was failing, everything she ate had the bitterness of wormwood. And yet she exulted in the thought that the end was approaching, that soon she could see God face to face. Before dying she went over her life and felt that the time for departing had arrived: the Lord had showered her with mystic favours, the work of the Ursulines was going very well, and her son Claude had become her glory and her delight. He had joined the Benedictines of Saint-Maur in 1641 and had been promoted to the office of superior in 1652. In 1668, as assistant to the superior-general, he had taken his place among the principal superiors of his order. Just before dying, Marie de L’Incarnation sent him an affectionate message: “Tell him that I am carrying him with me in my heart.” She said farewell to her little Indian girls and passed away on 30 April 1672, at the age of 72 years and 6 months.

When the funeral ceremony was over, the body was lowered into the vault; but it was shortly brought up again for a portrait to be made, so that “the ray of majesty which God caused to shine forth from her face” should not be buried. Unfortunately the painter who was sent by the Governor, Daniel de Rémy de Courcelle, was a second-rate artist; he fixed on the canvas only the features of a dead woman. There was no one to make a death mask. The painting of 1672 perished in the flames in 1686. In 1699 the Ursulines of Quebec received another portrait of their venerable Mother: a copy of the original, according to the traditions of the convent. However that may be, this awkwardly retouched replica portrays Marie de L’Incarnation as a woman in her seventies, worn out by age and infirmities. With her eyes shut and her hands swollen, she has lost the halo of transfiguration.

This painting is preserved in the Ursuline convent in Quebec. Neither the engraving by Jean Edelinck, done for the editions of Dom Claude Martin’s work (1677 and 1681), nor the portrait by Poilly, made for the Charlevoix monograph (1724), do justice to Marie de l’Incarnation. More successful than his predecessors, the painter Botoni (1878) has given us a Marie de l’Incarnation in ecstasy; but this creation of the imagination does not correspond to the physiognomy which emerges from her letters. In order to get an idea of it, let us instead reread the portrait which Dom Martin left of his mother: “She was,” he writes in the Vie, “of a good height for one of her sex, grave and majestic in her bearing, which had however nothing ostentatious about it, as it was tempered by a humble and modest gentleness. In her youth, and before her penances and her labours had affected it, her face had been rather beautiful, and even in her old age the regularity of her features showed clearly enough what she had formerly been like. There was however nothing languid about this beauty, but rather one could see in her face the marks of the great courage which she showed whenever an occasion arose for undertaking and suffering anything that she realized to be to God’s glory and for the salvation of souls. Her courage was matched by her strength, as she was of a sound temperament and a strong and vigorous physical constitution, suited to bearing up under the great labours which God required of her in service. She was of an agreeable disposition, and although God’s continual presence imparted to her a feeling of gravity and restraint which had about it a certain celestial quality, one could not however meet a more accommodating and affable person.”

From 1672 on Marie de l’Incarnation was venerated as a saint. The objects that she had used were sought after as relics. Father Jérôme Lalemant, who during almost all her time in Canada had been her spiritual adviser, wrote: “If his Excellency the Bishop had been here, he would not have quit her during her illness, so great was his esteem for her; in his absence M. Henri de Bernières, his vicar general and superior of the monastery, did everything for her that one may expect from a pastor of souls, and our Society manifested all the proofs of respect and affection which were due to her merit. Furthermore, the memory of the deceased will for ever be blessed in these regions, and as for myself, I have much confidence in her prayers and I hope that she will be of greater help to me in dying in the faith than I was to her. I was for her in everything and everywhere a useless servant, contenting myself with being the observer of the works of the Holy Ghost in her, without interfering in anything, for fear of undoing everything, since I saw her in such good keeping.”

One of the finest eulogies bestowed upon Marie de l’Incarnation is the letter that Bishop Laval wrote under date of 12 Nov. 1677 to Dom Claude Martin to be inserted at the beginning of his edition of that year. It deserves to be quoted here (in part):

“We consider as a special blessing the acquaintance which it pleased God to give us with her [Marie de l’Incarnation], putting her under our pastoral guidance, and the testimony that we can give of her is that she was eminently endowed with all the virtues, especially with the gift of such lofty prayer and with so perfect a union with God, that she preserved His presence amongst the various occupations in which her vocation involved her and in the midst of the worries caused by the most difficult and most distracting affairs. She was dead to herself to such a degree, and Jesus Christ possessed her so completely, that one may assuredly say of her, as of the Apostle, that it was not she who lived, but Jesus Christ in her, and that she lived and acted only through Jesus Christ. Having chosen her to inaugurate the founding of the Ursulines in Canada, God had given her the plenitude of the spirit of her Rule. She was a perfect superior, an excellent mistress of novices; she was capable of carrying out all the works of religion. Her life, ordinary on the outside but very regular and animated by a completely divine inner nature, was a living rule for her entire community. Her ardour for saving souls and especially for the conversion of the Indians was so great and so far-reaching, that it seemed as if she bore them all in her heart, and we do not doubt that she contributed greatly by her prayers to obtaining from God the blessings which He has showered on this new-born Church.”

Towards the middle of the 18th century the worship accorded the memory of Marie de l’Incarnation was about to be brought officially to the knowledge of the Holy See. But the Treaty of Paris, which handed Canada over to England, held up the proceedings that had been prepared. In 1867 circumstances seemed favourable to the renewal of the project. At the request of his Excellency Charles-François Baillargeon*, Bishop of Quebec, the proceedings preparatory to the introduction of the cause of the servant of God were started. Here are the principal steps in these proceedings: introduction of the cause in the Court of Rome, 1877; process of absence of cultus, 1882; process concerning the reputation of sanctity, 1891; inquiry regarding the writings, 1895; validation of the processes conducted at Quebec, 1897; process of the practice of virtues in a heroic degree, 1907–1910; decree asserting the existence of evidence of the heroic virtues of Marie de l’Incarnation (19 July) 1911. Only two miracles, obtained through the intercession of Mother Marie, are lacking for the solemn proclamation of her beatification.

Marie de l’Incarnation wrote a great deal, but not all of her writings have come down to us. There remain: a Relation autobiographique, written in 1633 in Tours; some Lettres de conscience, dating from the years 1625–34; some spiritual notes, Exclamations et élévations, which go back to the years 1625–38; an Exposition du Cantique des Cantiques, written between 1631 and 1637; the École Sainte: explication des mystères de la foi, written between 1633 and 1635; a Relation autobiographique, written at Quebec in 1654; a Mémoire complémentaire to the preceding Relation, written in 1656; the Correspondance, made up of letters of a historical and spiritual nature. In 1677 Dom Claude Martin published a Vie, the story of his mother’s life, which contains fragments of the two Relations. A Recueil de Lettres followed in 1681. Today Dom Claude’s edition has become very rare. The more learned and more complete one by Dom Jamet comprises two volumes of religious writings and two volumes of letters (1639–60).

The Relation of 1633. Marie de l’Incarnation, who was at the time an Ursuline nun in the convent at Tours, wrote this memoir at the request of Father de La Haye, rector of the Collège at Orléans. This priest had several conversations with Mother Marie, and seeing the exceptional quality of his interlocutress, “he wanted her in addition to put down in writing all the favours that she had received from God since her childhood, with the use that she had made of them, so that he could make a more accurate judgement of [her] state.”

Before his death (1652) Father de La Haye bequeathed this Relation to the Ursulines of Saint-Denis (France), with the injunction that they keep it secret until Marie’s death. They respected this order so faithfully that Dom Claude spent 20 years searching for this document. After 1672 the Ursulines sent it to him “very obligingly upon learning that he was working on the Vie [of his venerable mother].”

Dorn Claude cut up the Relation, taking 87 fragments from it which he spread through the 757 pages of the Vie, and then sent the precious document back to its owners. By means of comparisons and cross-checking Dom Jamet succeeded in making a rational reconstitution of the Relation of 1633. Thus it is possible to follow the various stages in the mystical itinerary of Marie de l’Incarnation.

Lettres de conscience. Under this title are grouped some letters from Marie to her spiritual adviser, Dom Raymond de Saint-Bernard; his absences from Tours motivated Marie’s correspondence between 1622 and 1634. The samples which remain show that despite her noviciate, her vow of obedience to her spiritual father, and the reading of treatises on prayer, the Ursuline nun had kept her personal quality. One day she took the liberty of telling Dom Raymond that he must detach himself from everything, even from God’s gifts.

Exclamations et élévations. Under these two headings may be grouped the epithalamia or lover’s complaints which Marie wrote “to dissipate the fervour of the spirit.” Most of them were burned, but the remnants which escaped the fire reveal the emotion of a woman who has encountered life in the utmost recesses of her being. Rejecting all metaphors, all analogies, Marie describes God exactly as she experiences Him: “No, my love, You are not fire, You are not water, You are not what we saou are what You are in Your glorious eternitou are: that is Your essence and Your name. You are divine life, living life, unifying life. You are all bliss. You are infinitely adorable, ineffable, incomprehensible unity. In a word You are Love and my Love.”

Entretien spirituel sur l’épouse des Cantiques. As assistant mistress of novices Marie de l’Incarnation gave instruction to the young religious of the convent in Tours. These lectures dealt with the Mysteries of the faith, the Psalms and the Song of Songs. Only one of her lectures has come down to us. Marie had the gift of speech and according to the grace granted at that particular moment would break into improvisations that filled the listeners with wonder: “I could not keep silent,” she wrote, “and I found it very easy to present my thoughts to my sisters who were all astonished to hear me speak in this way. One among them, having found in her French Bible a passage uttered by the Bride of the Songs, said to me: ‘Preach to us a little, Sister Marie; tell us the meaning of Let him kiss me with the kisses of his mouth. Our mistress was present, and to mortify me she had a chair brought for me. Without further ado I began with these words: Let him kiss me with the kisses of his mouth: this led me on to an address, so that, starting from this quotation, no longer being in control of myself, I spoke for a very long time, under the influence of the love which possessed me. Finally I lost my voice, as if the Spirit of my Jesus had wanted the rest for Himself. I could not restrain myself on this occasion, which subsequently caused me much confusion, something which has since happened to me unexpectedly on other occasions.”

L’École Sainte. The École Sainte, or Explication familière de mystères de la foy, was, according to Father Charlevoix*, one of the best catechisms available in French. The venerable Mother based her teaching upon the Scriptures, which she explained in a simple and clear manner. Not satisfied with enlightening the mind, she stirred up the heart and urged it on to sanctify itself. Marie used to speak extempore, being surprised by her own facility: “I felt greatly illuminated on the subject, and I bore in my soul a grace of knowledge which sometimes made me say things that I should not have desired or dared to utter of my own accord.”

The Relations d’oraison. Dom Claude Martin published these Relations under the title Retraites de la Vénérable Mère Marie de L’Incarnation. They are notes on prayer set down for her own use. These confidences, which were submitted to her spiritual adviser, explain all the ways in which the divine spirit acts upon a soul that is faithful to its inspirations. It was from this little book of Méditations, “more useful than 20 treatises on mystical theology,” that Henri Bremond took the principal elements of his study on the spiritual psychology of Marie de L’Incarnation.

The Relation of 1654. This second autobiography is more extensive than the first, which it does not reproduce. Marie de l’Incarnation wrote it by fits and starts, at the long-repeated instances of her son and on the order of her adviser, Father Jérôme Lalemant. “In the midst of a period of great distraction caused by her everyday affairs,” Marie related the story of her life. After enjoining that it be kept secret, she speaks freely of the favours that she has received, and of the heights that God has made her climb. Her shrewd psychology sorts out the interplay of the faculties and the ineffable touches of divine love. This Relation is sufficient in itself to class Marie among the most sublime mystics of the universal Church. Theologians, philosophers, and linguists have not finished making use of this journal, which is still of intense interest.

Marie de L’Incarnation sent this long letter to her son with this recommendation: “If you have difficulties with it, you can point them out to me by indicating the passages.” The prior of the monastery of the Blancs-Manteaux sent a long list of questions to Quebec. In 1656 he received a Supplément of which only a few articles are known to us.

The Correspondance. Marie de l’Incarnation was a born letter-writer. It is estimated that she must have written about 13,000 letters in her life. Five or six of the originals have escaped oblivion. Dom Claude Martin published 221 of them, a very limited number which was to be reduced further because certain items had been divided into two. Richaudeau and Dorn Jamet were fortunate enough to find some of these letters. If most of Marie’s letters have disappeared, the Registre des bienfaiteurs des Ursulines de Québec gives us the list of the principal recipients. The list is incomplete but huge enough to make us deplore the loss brought about by the destruction of a multitude of letters. If we are to judge them by some very extensive specimens, a number of them must have been veritable treatises on the spiritual life and chapters on the history of the colony.

Marie touched on every subject, wrote as her pen ran on, at night by candlelight. Her letters were only rough drafts which she sent off without having time to reread them. The ships were waiting and her hand would become so tired that she had difficulty guiding it. In such a conjuncture she could have limited herself to the essential, sending laconic notes, requests and thanks in telegraphic style. Not at all! She allowed herself the pleasure of recounting picturesque scenes drawn from life and full of exciting topical news. Straight away she shows us her entire self as well as her period and her contemporaries. It is above all in her letters that she opens her heart unrestrainedly, revealing all the facets of her inspired personality. One can feel the beatings of her heart, which is that of a mother, friend, nun, and patriot. She talked about everything even though she had not gone to specialized schools, she settled the most complex problems, all because she looked at the world in the light of eternity, with eyes that were detached from all unhealthy desires. And her style, flowing and cheerful, assumed all the inflexions of the human register. As soon as she left the parlour she put her impressions down on paper, upon which immediately appeared figures of unforgettable accuracy and life. Mother Marie’s letters have all the qualities and all the defects of writings that have been spontaneously poured out; but some negligence of form is pardoned a person who knows how to use the magic wand of life. A daughter of the 17th century, Marie de L’Incarnation possessed a sense of order and harmony. The unity that she achieved in her own being appears in her writings, as limpid as her soul, which was detached from all trifles.

In 1645 Marie de l’Incarnation desired the union of all the congregations of French Ursulines. Her dream was realized in Canada in 1953. Her daughters were grouped under the direction of a superior-general and provinces were created at Quebec, Trois-Rivères, and Rimouski. Faithful to the missionary spirit of their foundress, the Canadian Ursulines have spread to Japan (1935) and South America (1961).


Archives manuscrites des Ursulines de Québec. Archives manuscrites du Couvent des Ursulines du Faubourg Saint-Jacques, Paris. P. F.-X. de Charlevoix, La vie de la Mère Marie de l’Incarnation, institutrice et première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France (Paris, 1724). Eugène Griselle, La vénérable Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de Québec: supplément à sa correspondance (Paris, [1909?]. Marie Guyart de l’Incarnation, L’école sainte ou explication familière des mystères de la foy pour toutes de personnes qui sont obligées d’enseigner la doctrine chrétienne (Paris, 1684); Écrits (Jamet); Lettres (Martin); Lettres (Richaudeau); Retraites de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, religieuse ursuline, avec une exposition succincte duCantique des cantiques” (Paris, 1682); Le témoinage de Marie de l’Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec, éd. Albert Jamet (Paris, [1932]); La vie de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, tirée de ses lettres et de ses écrits, éd. Claude Martin (Paris, 1677). JR (Thwaites), passim. JJ (Laverdière et Casgrain), passim. J.-L. Beaumier, Marie Guyart de l’Incarnation, fondatrice des Ursulines au Canada 1599–1672 (Trois-Rivières, 1959). Henri Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France depuis les guerres de religion jusqu’à nos jours (12v., Paris, 1916–36), VI (1926): La conquête mystique: Marie de l’Incarnation. H.-R. Casgrain, Histoire de la Mère Marie de l’Incarnation, première supérieure des Ursulines de la Nouvelle-France, précédée d’une esquisse sur l’histoire religieuse des premiers temps de cette colonie (Québec, 1864). Marie-Emmanuel Chabot, Marie de l’Incarnation d’après ses lettres (Québec et Ottawa, 1946). Henri Cuzin, Du Christ à la Trinité, d’après l’expérience mystique de Marie de l’Incarnation (Lyon, 1936). Glimpses of the monastery: scenes from the history of the Ursulines of Quebec during two hundred years, 1639–1839, by a member of the community (Québec, 1897). Georges Goyau, “La première française missionaire: la vocation canadienne de Mère Marie de l’Incarnation,” Études, CCXXVII (1936), 145–68. Fernand Jetté, La voie de la sainteté d’après Marie de l’Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec (Ottawa, 1954). Joseph Klein, L’itinéraire mystique de la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec, 1599–1672 (Issoudun et Paris, 1938). Marie de l’Incarnation, éd. Marie-Emmanuel Chabot (Classiques canadiens, XXV, Montréal et Paris, 1962). Marie de l’Incarnation fondatrice du Monastère des Ursulines de Québec (Québec, 1935). M. T.-L. Penido, La conscience religieuse: autour de Marie de l’Incarnation (Paris, 1935). A. Poisson, La dévotion au Saint-Esprit illustrée par le témoignage de Marie de l’Incarnation de Tours et de Québec (Paris, 1960). Paul Renaudin, Une grande mystique française au XVIIe siècle, Marie de l’Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec; essai de psychologie religieuse (Paris, 1935). Agnes Repplier, Mère Marie of the Ursulines: a study in adventure (New York, 1931). Les Ursulines de Québec, I.



Saint Marie of the Incarnation Guyart

Also known as
  • Marie Guyard
  • Marie Guyart of the Incarnation
  • Marie Guyart
  • Marie de l’Incarnation
  • Marie of the Ursulines
  • Mother of New France
  • Theresa of the New World
Memorial
Profile

Daughter of a baker, she was raised in a family of craftsmen and tradesmen, and was related on her mother‘s side to the noble Barbon de la Bourdaisière family. A pious and sometimes mystical child, she would memorize and recite homilies, and early wanted to become a nun. Against her wishes, she entered an arranged marriage with Claude Martin, a silk manufacturer, at age seventeen, and was soon the mother of one son. Widowed after two years of marriage, she moved back with her family, and refused to discuss re-marriage. Worked as an embroiderer.

On 25 March 1620 she experienced a vision in which she was shown all her faults and human frailties, then was immersed in Christ’s blood. This event changed her completely, and her desire to be involved in religious life translated to prayer, liturgical devotion, and charity.

Finally leaving her father‘s house, Marie worked as a bookkeeper in her brother-in-law’s shipping company. Having a gift for administration, Marie was soon the company manager. However, the drive to the religious life never ended, and in January 1631 she asked her sister to care for her son Claude, and then joined the Ursulines at Tours, France on 25 January 1631. Claude gathered a group of his friends, all 12 or 13 years old, and tried to storm the convent to “free” his mother, but they were unable to gain entry. This incident has been often cited by her detractors as indicative of a serious flaw in Marie, and even she did not wholly understand why she did what she did. She later explained, however, that she was following God‘s will, and Claude apparently came to understand it – he became a Benedictine priest in 1641, the assistant to his Order‘s superior general, and his mother‘s biographer.

Marie took her final vows in 1633 as Marie de l’Incarnation. Assistant mistress of novices for the Order in Tours. Doctrinal instructor. After a few years of this work, Marie received another vision that would change her life. This time it was a huge country of mountains and forests, and the message that it was Canada, and that she must go there to build a house for Christ. She worked for years to collect the money and support for her mission, and in 3 April 1639 she sailed from Dieppe with Marie-Madeleine de la Peltrie, one of her primary supporters.

She landed in New France on 4 July 1639, and arrived in the future Québec, Canada on 1 August 1639. She was the first superior of the Ursulines in Canada. Worked as a missionary to the Natives and other residents in the area. Studied the local languages with the Jesuits who were already in the area; she became so proficient that she later wrote Algonquin, Iroquois, Montagnais, and Ouendat dictionaries, and a catechism in Iroquois.

She laid the first stone of the convent in 1641, and took it over in 1642. It formed the base for her work, and when it burned on 29 December 1650, she supervised its reconstruction, finishing construction on 29 May 1651. Ever strong-willed, she opposed bishop Blessed Francis de Montmorency Laval‘s attempt to control the Quebec Ursulines. A prolific correspondent, over 12,000 of her letters have survived.

Born
Died
Venerated
Beatified
Canonized

Ven. Marie de l'Incarnation

(In the world, MARIE GUYARD).

First superior of the Ursulines of Quebec, born at Tours, France, 28 Oct., 1599; died at Quebec, Canada, 30 April 1672. Her father was by birth a bourgeois; her mother was connected with the illustrious house of Barbon de la Bourdaisière. From infancy Marie gave evidences of great piety and detachment from the world. At the age of seventeen, in obedience to her parents, she was married to a silk manufacturer of the name of Martin, and devoted herself without reserve to the duties of a Christian wife. The union was a source of trials: the only consolation it brought her was the birth of a son, who afterwards became a Benedictine as Dom Claude, wrote his mother's biography and died in the odour of sanctity. Left a widow after two years of married life, she entertained the idea of joining the Ursulines, but the care which her child required of her delayed the realization of this project, until he had reached the age of twelve, when she followed her vocation unhesitatingly. The Ursuline Order had recently been introduced into France by Madame de Sainte-Beuve, and Madame Martin took the veil in the house of that order at Tours. The care of the novices was confided to her two years after her entry into the convent. She always felt intense zeal for saving souls, and at the age of about thirty-four she experienced new impulses of "the apostolic spirit which transported her soul even to the ends of the earth"; and the longing for her own sanctification, and the salvation of so many souls still under the shadows of paganism inspired her with the resolution to go and live in America. She communicated this desire to her confessor, who, after much hesitation, approved it. A pious woman, Mme de la Peltrie, provided the means for its execution. This lady, better known as Marie-Madeleine de Chauvigny, by her generosity, and the sacrifice she made in leaving her family and her country, deserved to be called the co-worker of Marie de l'Incarnation in Canada. Sailing from Dieppe 3 April, 1639, with a few sisters who had begged to be allowed to accompany her, Marie de l'Incarnation, after a perilous voyage of three months, arrived at Quebec and was there joyfully welcomed by the settlers (4July). She and her companions at first occupied a little house in the lower town (Basse-Ville). In the spring of 1641 the foundation-stone was laid of the Ursuline monastery, on the same spot where it now stands. Marie de l'Incarnation was acknowledged as the superior. To be the more useful to the aborigines, she had set herself to learn their languages immediately on her arrival. Her piety, her zeal for the conversion and instruction of the young aborigines, and the wisdom with which she ruled her community were alike remarkable. She suffered great tribulations from the Iroquois who were threatening the colony, but in the midst of them she stood firm and was able to comfort the downcast. On 29 December, 1650, a terrible conflagration laid the Ursuline monastery in ashes. She suffered much from the rigours of winter, and took shelter first with the Hospitalières and then with Mme de la Peltrie. On 29 May of the following year she inaugurated the new monastery. The rest of her life she passed teaching and catechizing the young Indians, and died after forty years of labours, thirty-three of them spent in Canada.

Marie de l'Incarnation has left a few works which breathe unction, piety, and resignation to Divine Providence. "Des Lettres" (Paris, 1677-1681) contains in its second part an account of the events which took place in Canada during her time, and constitute one of the sources for the history of the French colony from 1639 to 1671. There are also a "Retraite", with a short exposition of the Canticle of Canticles, and a familiar "Explication" of the mysteries of the Faith — a catechism which she compiled for young religious women.

Sources

CASGRAIN, Histoire de la Vén. Mère Marie de l'Incarnation, (Quebec, 1888); CHAPOT Hist. de la Vén. Mère Marie de l'Incarnation (Paris. 1S92); RICHAUDEAU, Lettres de la rév. Mère M. de l'I (Paris, 1876).

Fournet, Pierre Auguste. "Ven. Marie de l'Incarnation." The Catholic Encyclopedia. Vol. 9. New York: Robert Appleton Company, 1910. 30 Apr. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/09668a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Douglas J. Potter. Dedicated to the Immaculate Heart of the Blessed Virgin Mary.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1910. Remy Lafort, Censor. Imprimatur. +John M. Farley, Archbishop of New York.



Marie of the Incarnation
March 27, 2014 —

Sarah Patterson

“My dearest Jesus, through the holiness of Your actions, sanctify mine. I ardently wish them to depend upon You and to be performed for You alone, O my Jesus.” ~Marie of the Incarnation
On April 2, 2014, Pope Francis will canonize three new saints for the Catholic Church. Included in these three is Blessed Marie of the Incarnation, an Ursuline nun from France who came to the New World to establish a community and school for Indian girls. Below is the story of Blessed Marie and her beautiful dedication to Jesus and serving his people
Marie Guyart was born on Oct. 28, 1599 in Tours, France to Florent Guyart, a silk merchant, and his wife, Jeanne Michelete of the illustrious house of Baou de la Bourdaisière. Marie grew up strong in faith, adventuresome, confident and full of joy. At the age of 14 Marie confided to her parents her desire to join her cousin in the convent. Her parents chose instead to engage their daughter to marry Claude Martin, a young manufacturer. Claude was an honest man and Marie admitted she was beginning to love him “very much.” The couple soon welcomed a son, named Claude after his father. Their joy as a family came to an end six months later when Marie’s husband Claude died in 1919, leaving behind his 20-year-old widow and baby son.
Marie of the Incarnation

Marie and her son lived for several years in her father’s house and eventually moved to live with her sister. Marie proved herself to have a great talent for management and was soon given control over the entire household. By the time Marie reached the age 30 she again felt the urgency of entering the religious life. In consultation with her spiritual advisor, she entered the Ursulines, feeling the desire to teach the young. Her sister took charge of young Claude and raised him as her own son. This decision was not easy for Marie, who was torn by the heartbreaking decision to leave her son. In the convent she was given the name Marie of the Incarnation.
Eight years after her entrance to the Ursuline community, Mère Marie of the Incarnation felt the call to serve the young Indian girls in Canada. The ship “St. Joseph” landed in Québec on July 31, 1639. Two other Ursulines made this journey with Mère Marie. The routine of everyday life was organized in the little house lent by Sieur Juchereau des Châtelets. It consisted of two rooms, walls and a leaky roof. Little Indian girls flocked to the convent in such great numbers that it was thought necessary to build a monastery in 1641. Setbacks could have discouraged this little community, but the management strength of Mère Marie kept the community going. Not only did the sisters teach the young Indian girls, but they also washed, dressed and fed them free of charge. To teach the girls more effectively, Mère Marie learned the Algonquin, Huron and Iroquois languages and wrote dictionaries and catechisms for her students. Slowly but surely the number of sisters grew as they received new vocations.
A fire destroyed the monastery and in a few hours the sisters’ work of nearly ten years was destroyed. Mère Marie and the sisters decided to not leave the area and to build again. She wrote, “We are in the dark here, and we must grope around for our way. We consult wise persons, but things do not turn out as foreseen. We roll along, however, and when we think we are at the bottom of the precipice, we find ourselves standing upright.”
A rendering of the 1650 convent.

Back in France, Mère Marie’s son Claude became a Benedictine monk in 1641. He was eventually elected prior, assistant, definer and president of the General Chapter of his Order. For 30 years he kept up regular correspondence with his mother in Canada. Beginning in 1664 Mère Marie suffered with sickness from time to time. On April 30, 1672, after 33 years in the New World, Mère Marie passed on to eternal life. Her son was the first to write a biography of his mother, and in the foreword, the Bishop of Quebec wrote:
“Having chosen her to establish the Ursulines in Canada, God gave her the full spirit of her Institute. She was a perfect superior, an excellent Mistress of novices, capable of undertaking any religious enterprise. Her exterior life, simple and well-disciplined, was animated by an intense interior life, so that she was a living Rule for all her Community. Her zeal for the salvation of souls, and especially for the conversion of the Indians, was great and so universal that she seemed to carry them all in her heart. We cannot doubt that, by her prayers, she greatly called down God’s many blessings upon this new-born Church.”
Ursuline Sisters of Mount Saint Joseph
8001 Cummings Road
Maple Mount, Kentucky 42356


Blessed Marie of the Incarnation Martin, OSU (AC)

Born in Tours, France, on October 28, 1599; died in Quebec, Canada, on April 30, 1672; beatified in 1980 by John Paul II. If you're not confused, I am. There appears to be two beatae of the same name on this day. This Marie of the Incarnation had a very different beginning than did Mme Acarie, though she also had her roots in France.


Marie Guyard was the daughter of a baker and married a silk manufacturer named Claude Martin when she was 17. The couple had one son before Claude died two years later. Marie became a bookkeeper for her brother-in-law.

In 1629, Marie joined the Ursulines at Tours and took the name Marie of the Incarnation. Ten years later she was sent to Canada, where she laid the foundation for the first Ursuline convent in Quebec in 1641. She rebuilt the convent after fire destroyed it in 1650. As part of her apostolate, she compiled dictionaries in Algonquin and Iroquois and taught the Indians until her death.

Like Mme Acarie, Marie experienced mystical visions. She also suffered periods of spiritual aridity about which she wrote. Her letters give a valuable account of life in Quebec in 1639-71 (Delaney).


The Ursulines of Quebec

The Ursuline monastery of Quebec is the oldest institution of learning for women in North America. Its history begins on 1 August, 1639, when its first members landed in Canada, thirty-one years after Champlain had founded Quebec (1608) and only four after his death. The monastery was established by Marie Huyard de l'Incarnation, declared Venerable by the Holy See (1874), and Madame de la Peltrie, a rich widow of Alen on in Normandy. The former, after ten years of widowhood, had joined the Ursulines at Tours. Her first biographer was her son, Dom Claude Martin, a Benedictine, who died in the odour of sanctity, in 1696. His "Life of the Venerable Mother of the Incarnation" was approved (1677), by the venerable Bishop Laval. Bossuet (Etats d'oraison, IX) calls Marie de l'Incarnation "the Theresa of her time and of the New World." The letters royal sanctioning the foundation and signed by Louis XIII are dated 1639. After three years spent in the Lower Town, near Champlain's Habitation, the nuns entered (1642) the convent built on the ground they still occupy, conceded to them (1639) by the Company of New France. Their first pupils were Indians, with whom they succeeded better than the Jesuits with their native boys. Marie de l'Incarnation mastered the difficult Indian languages thoroughly, composed dictionaries in Algonquin and Iroquois, also a sacred history in the former, and a catechism in the latter idiom. The first monastery was burned in 1650, but was soon rebuilt. The Constitutions, written by Father Jérôme Lalemant, uncle of the Jesuit martyr, Gabriel Lalemant, combined the rules of the two Congregations of Paris and Bordeaux, and were observed until Bishop Laval decided (1681) in favor of the former, which binds its members by a fourth vow to teach girls.

The monastery shared at all times the country's fate. It was threatened by the Iroquois in 1661-2, when one of its chaplains, the Sulpician Vignal, was slain and devoured near Montreal by those savages. It underwent the siege and bombardment of Quebec by Phips (1690) and by Wolfe (1759). After the fateful battle of 13 Sept., 1759, the French hero, Montcalm, was buried by night in the convent chapel. The first English governor, Murray, used part of the monastery as his headquarters. On that occasion the rations served to the nuns for nursing the wounded and sick saved them from perishing of starvation. The governors and viceroys, both English and French, were always friendly to the institution.

The foundress, who died in 1672, one year after Madame de la Peltrie, practised devotion to the Sacred Heart of Jesus, and had established it in the cloister years before the revelation to the blessed Margaret Mary. The first celebration of the feast in the New World took place in the monastery 18 June, 1700 (Mandement of Bishop de St-Vallier, 30 March, 1700. The register of the Confraternity of the Sacred Heart begins in 1716. Clement XI (1718) enriched it with indulgences. The first superior elected (1760) after the conquest was Esther Wheelwright, a New England captive, rescued from the Abenakis by the Jesuit Bigot, and a protégée of the first governor, Vaudreuil. Besides the French, the Irish, Scotch and American elements in Canada have given distinguished subjects to this cloister, prominent among whom was Mother Cecilia O'Conway of the Incarnation, the first Philadelphia nun, one of Mother Seton's earliest associates. The list of alumnae is not less remarkable. Conspicuous among its pupils were Jeanne Le Ber, the saintly "recluse of Montreal", and Venerable Mother D'Youville, foundress of the Grey Sisters at Montreal. The Quebec monastery founded convents at Three Rivers (1697), Roberval (1882), Stanstead (1884), and Rimouski, with normal school (1906), besides sending missionaries to New Orleans (1822), Charlestown (Boston) (1824), Galveston (1849), and Montana (1893). During the Revolution several French refugees were chaplains to the monastery, the most notable being Abbé L.-P. Desjardins, who died in France, Vicar-General of Paris. Through him were procured the valuable paintings by Philippe de Champaigne, Lebrun, Collin de Vermont, Peter of Cortona, and others, that adorn the chapel.

Sources

Glimpses of the Monastery (Quebec, 1897); CHAPOT, Histoire de la Vén. Marie de l'Incarnation (Paris, 1892); Les Ursulines de Québec (Quebec, 1863); RICHAUDEAU, Lettres de la Vén. Marie de l'Incarnation (Tournai, 1876); CASGRAIN, Histroire de la Vén. Marie de l’Incarnation (Quebec, 1864); La Vén. Marie de l'Incarnation (Paris, 1910).

Lindsay, Lionel. "The Ursulines of Quebec." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 30 Apr. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/15229a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Catherine A. Twohill. Dedicated to the nuns who educated me and so many others.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Santa Maria dell’Incarnazione Guyart Martin Vedova e fondatrice


Tours, Francia, 28 ottobre 1599 – Quebec, Canada, 30 aprile 1672

Nacque il 28 ottobre 1599 a Tours in Francia, in una famiglia di panettieri. Fin da giovane il suo percorso esistenziale fu segnato da esperienze mistiche, che la convinsero di essere chiamata a una vita religiosa. Ma per lei la famiglia aveva altri progetti: nel 1617 sposò il proprietario di un setificio. Dall’unione, il 2 aprile 1619, nacque il figlio Claudio. Appena sei mesi dopo Maria rimase vedova e le toccò farsi carico sia dell’educazione del figlio, il quale poi si fece religioso, che dell’azienda.

La sua vita da «manager», però, non interruppe le esperienze mistiche che la spingevano sempre di più verso la consacrazione. Ma questo per lei non significò abdicare ai doveri della vita familiare o rinunciare alla difficile impresa di portare avanti il setificio, in un contesto in cui le donne non avevano alcun ruolo rilevante nella vita economica. È innegabile che questa esperienza le insegnò a coniugare la vita dello spirito con la vita attiva in mezzo agli uomini.

In quel periodo intraprese un cammino spirituale assieme a Raimondo di san Bernardo, religioso dei fogliantini (congregazione soppressa dalla Rivoluzione), il quale l’accompagnò fino alla scelta di entrare tra le orsoline di Tours il 21 gennaio 1631 ed emettendo la professioni religiosa il 15 gennaio 1633. Intanto le visioni continuavano e la spingevano a percepire la grandezza della missione cui era chiamata: offrire la vita di Dio, di quella Trinità che le si era manifestata durante le esperienze mistiche, a tutti gli uomini.

La sua vocazione missionaria maturò grazie al contatto epistolare con i gesuiti missionari in Canada. Dopo aver conosciuto Madame de la Peltrie, una vedova di Alençon, che intendeva fondare nel Nuovo Mondo un convento per l’educazione delle bambine native americane, Maria decise di partire per il Québec, dove arrivò il 1° agosto 1639. Là portò avanti con determinazione la sua attività: costruì un convento, che venne distrutto da un incendio e che fu subito sostituito da una nuova casa religiosa. E qui nel tempo arrivarono numerose religiose, provenienti da congregazioni diverse. Per loro Maria scrisse una nuova regola, che fu approvata nel 1662 dal vescovo Francesco de Laval. Per la diffusione del Vangelo tra i nativi americani, Maria imparò le loro lingue e scrisse per loro catechismi, grammatiche, dizionari. Inoltre sostenne i missionari, che in quegli anni subirono numerosi martirii. Provata da una salute malferma, nel 1669 lasciò la guida del convento. Morì il 30 aprile 1672 lasciando una comunità di suore che diventeranno le Orsoline del Canada.

Martirologio Romano: Nel Québec in Canada, beata Maria dell’Incarnazione Guyart Martin, che, madre di famiglia, dopo la morte del marito affidò il figlioletto alle cure della sorella e, fatta la professione religiosa tra le Orsoline, aprì una loro casa in Canada, compiendo molte opere insigni.

Maria Guyart nacque a Tours in Francia il 28 ottobre 1599, i genitori Fiorenzo Guyart e Giovanna Michelet erano panettieri, e educarono la figlia ad una vita austera e cristiana.

Pur avendo avuto già da piccola esperienze mistiche, verso i quindici anni, era il 1614, avvertì la vocazione religiosa; ma secondo le consuetudini del tempo, il padre scelse per lei il matrimonio e in obbedienza alla volontà paterna, Maria accettò.

Quindi nel 1617 a 18 anni, sposò Claudio Martin piccolo proprietario di un setificio; dopo due anni il 2 aprile 1619 nacque il figlio Claudio, ma la serenità della famiglia durò poco, perché il 10 ottobre dello stesso 1619 rimase vedova e a 20 anni si trovò gravata dei debiti della piccola azienda e coinvolta in alcuni processi.

Costretta dalla situazione, per i successivi dieci anni Maria Guyart, si dedicò all’educazione del figlio e con coraggio prese in mano gli affari aziendali, sbrigandoli con grande responsabilità.

Presa da queste occupazioni, rifiutò le seconde nozze, orientandosi verso una vita di contemplazione nell’attività, che la fa collocare fra le grandi mistiche della Chiesa. Nel 1620 ebbe una “visione del sangue”, che ella chiamò la sua conversione, alle quali seguirono tre visioni trinitarie; l’anno successivo fece il voto di castità, nel contempo un suo cognato Paolo Buisson la invitò ad aiutarlo nel suo lavoro.

Inizialmente s’interessò di sbrigare tutte le faccende di casa, finché nel 1625 le fu affidata l’amministrazione generale dell’impresa di trasporti del cognato. Siamo nel XVII secolo e ci sembra quasi da non credere che una donna di circa 26-27 anni, vedova con un figlio, fosse a capo di aziende sia pure modeste, in un contesto storico sociale che emarginava in genere la donna e poi nel difficile ambiente di un porto fluviale sulla Loira; comunque Maria pur impegnatissima nelle sue multiformi attività, mantenne sempre una stretta visione con Dio, in una vita attiva-contemplativa.

Dal 1624 in poi, ebbe varie intense visioni di Cristo, estasi che la facevano sentire perduta in un oceano d’amore; e fu in questo periodo che si fece sempre più struggente in lei, il desiderio di consacrarsi totalmente a Dio, guidata spiritualmente dal religioso Raimondo di san Bernardo, fogliantino (Cistercensi riformati nel 1577 da Jean de La Barrière, abate di Feuillant, Ordine poi soppresso dalla Rivoluzione Francese).

Indecisa fra le Carmelitane e le Cistercensi riformate (Fogliantine), alla fine scelse le Orsoline di Tours, fra le quali entrò il 21 gennaio 1631; fu accompagnata alla porta del monastero dal figlio, il quale fu affidato alla sorella, dopo aver resistito ad accondiscendere alla decisione della madre, da lui ritenuta troppo grave.

In seguito lui stesso diverrà benedettino e sarà il primo biografo della madre, essendo quello che più di tutti ne aveva conosciuto il misticismo e le virtù.

Maria Guyart, vedova Martin prese il velo il 25 marzo 1631, cambiando il nome in Maria dell’Incarnazione e dopo aver fatto il noviziato, emise la professione religiosa il 25 gennaio 1633. Intanto nel maggio 1631 ebbe la terza visione della Trinità, sentendosi rapire in Essa, ma la sua vita non fu solo visioni ed estasi, perché sentì che Dio l’avvolgeva di tenebre e aridità; assillata da oscurità spirituali e tentazioni, mantenne ugualmente in quella che i mistici chiamano “la notte dello spirito”, l’unione con Dio, con il dono della comprensione della Sacra Scrittura che ha dell’eccezionale.

Divenne ben presto Maestra delle Novizie; il periodo in cui visse come suora, vide il cattolicesimo impegnato in una fase di rinnovamento; nel 1622 papa Gregorio XV aveva istituito la Congregazione di ‘Propaganda Fide’ per aiutare i tanti missionari che partivano per le terre lontane, specie del Nuovo Mondo americano, e in questa atmosfera Maria maturò ancor di più la sua vocazione missionaria; il suo corpo era nel monastero, ma il suo spirito volava lontano.

Intraprese una corrispondenza con i missionari gesuiti del Canada; nel 1639 si mise in contatto con Madame de la Peltrie, una vedova di Alençon, che intendeva fondare nel Quebec un convento per l’educazione delle bambine indiane. 

Appena la vide, Maria dell’Incarnazione riconobbe in lei la persona vista in un suo sogno e il 22 febbraio 1639 lasciò Tours per Parigi, con la compagnia della giovane suora Maria di S. Giuseppe, rimanendovi due mesi per sbrigare i preparativi della fondazione.

Il 4 maggio 1639 partì da Dieppe, insieme a tre agostiniane ospedaliere, imbarcata sulla nave “Saint Joseph” per l’America del Nord, dove sbarcò il 1° agosto 1639. Subito suor Maria si stabilì a Québec e vi costruì un convento e quando questo fu distrutto da un incendio, ne costruì un altro più grande; nel contempo arrivarono altre suore e ben presto fu costretta a scrivere nuove Regole e Costituzioni, adatte alle nuove esperienze ed esigenze.

Senza mai uscire dal convento imparò i dialetti degli indiani Algonchini, Montagnesi e Uroni e per loro scrisse catechismi, grammatiche e dizionari, occupandosi nel contempo dei bambini indiani, ai quali forniva nutrimento, assistenza ed educazione.

Era l’angelo custode dei missionari, che accompagnava con la sua preghiera e tramite la corrispondenza epistolare interessava quanti più poteva, all’ideale e necessità missionarie. In quegli anni dal 1642 al 1649 subirono il martirio in Canada, ben otto missionari gesuiti (Isacco Jogues, ecc.) e Maria dell’Incarnazione, fu invitata visto il pericolo, a ritornare in Francia, ma lei non volle abbandonare il suo “centro” come definiva il Canada; anzi nel maggio del 1653 fu ispirata ad offrirsi in olocausto a Dio per il bene di quella terra.

Continuò intrepidamente ad avere una vita contemplativa e attiva, con semplicità ed equilibrio, finché nel 1669 fu liberata dalla responsabilità di Superiora, a causa delle malferme condizioni di salute, che continuarono ad aggravarsi e il 30 aprile 1672 morì a Québec, lasciando una Comunità di una trentina di suore, dalle quali sarebbero derivate le “Orsoline del Canada”.

Le sue spoglie riposano nell’Oratorio accanto alla Cappella delle Orsoline di Québec; per il suo ruolo di maestra di vita spirituale e di promotrice di opere evangeliche, gode di tale stima nella storia canadese, da essere considerata la ‘madre’ della Chiesa Cattolica del Canada.

Madre Maria dell’Incarnazione Guyart fu beatificata da papa Giovanni Paolo II il 22 giugno 1980.
Papa Francesco ha decretato la sua canonizzazione equipollente in data 3 aprile 2014 ed il 12 ottobre 2014 ha presieduto la celebrazione in piazza San Pietro a Roma in cui è stata proclamata santa.

Autore: Antonio Borrelli