Giovanni di Paolo (1398–1482), Saint Fabian and Saint Sebastian, circa 1475, egg tempera on panel, 84.5 x 54.5, National Gallery, City of Westminster, in Central London,
Saints Fabien, pape et
Sébastien, martyrs
Sur la via Appia, au
cimetière de Callixte, déposition de St Fabien, pape (236-250), martyr. Déjà
célébré en 336.
Sur la via Appia, au
cimetière ad catacumbas qui devait recevoir son nom, déposition de St
Sébastien, soldat martyr vers 303. Culte attesté en 336.
Jusqu’au XIIe siècle les
deux martyrs furent fêtés séparément. Puis les deux oraisons propres furent
accolées à la suite et enfin fusionnèrent.
Leçons des Matines avant
1960
AU DEUXIÈME NOCTURNE.
Quatrième leçon. Fabien,
romain d’origine, gouverna l’Église depuis Maximin jusqu’à Dèce. Il divisa les
sept régions de la ville entre sept Diacres, qui devaient avoir soin des
pauvres. Il créa autant de sous-diacres, qu’il chargea de recueillir les Actes
des Martyrs, qui étaient écrits par sept notaires. Le même Pape statua que
chaque année en la 5e Férie, dite de la Cène du Seigneur, on renouvellerait le
saint Chrême, après avoir brûlé l’ancien. Enfin, le treize des calendes de
février, il reçut la couronne du martyre pendant la persécution de Dèce, et fut
enseveli au cimetière de Calixte, sur la voie Appienne. Il avait siégé quinze
ans et quatre jours, et fait, au mois de décembre, cinq ordinations, par
lesquelles il ordonna vingt-deux Prêtres, sept Diacres et sacra onze Évêques
pour divers lieux.
Cinquième leçon.
Sébastien, dont le père était narbonnais et la mère milanaise, fut cher à
Dioclétien à cause de la noblesse de sa naissance et de son courage. Chef de la
première cohorte, il aidait de ses services et de ses biens les Chrétiens, dont
il pratiquait secrètement la foi, et il fortifiait tellement par ses
exhortations ceux qui paraissaient redouter la violence des tourments, qu’un
grand nombre d’entre eux se livrèrent spontanément aux bourreaux pour
Jésus-Christ. De ce nombre furent deux frères, Marc et Marcellien, qui étaient
en prison à Rome chez Nicostrate, dont la femme, nommée Zoé, recouvra, par la prière
de Sébastien, la voix qu’elle avait perdue. Ces faits ayant été rapportés à
Dioclétien, il fit venir Sébastien, et après l’avoir réprimandé fortement, il
s’efforça, par tous les artifices, de le détourner de la foi du Christ. Mais
comme il ne gagnait rien, ni par ses promesses ni par ses menaces, il ordonna
de le lier à un poteau et de le percer de flèches.
Sixième leçon. Tous le
croyant mort, une sainte femme nommée Irène, fit enlever son corps pendant la
nuit pour lui donner la sépulture ; mais il fut trouvé vivant, et elle le
soigna dans sa maison. Peu après, Sébastien qui avait recouvré la santé se mit
sur le passage de Dioclétien et lui reprocha très librement son impiété. A son
aspect, l’empereur fut frappé de stupeur, car il le croyait mort ; la nouveauté
du prodige et les reproches sévères de Sébastien l’enflammèrent de colère, et
il command de le battre de verges jusqu’à ce qu’il rendît son âme à Dieu. Son
corps fut jeté dans un cloaque ; mais Lucine, avertie en songe par Sébastien
lui-même du lieu où il se trouvait et de l’endroit où il voulait être inhumé,
l’ensevelit aux catacombes, et c’est là qu’on édifia depuis une célèbre église
sous le nom de Saint-Sébastien.
Dom Guéranger, l’Année
Liturgique
Deux grands Martyrs
partagent, sur le Cycle, les honneurs de cette journée : l’un, Pontife de
l’Église de Rome ; l’autre, l’un des fidèles de cette Église-Mère. Fabien reçut
la couronne du martyre l’an 250, sous la persécution de Décius ; la persécution
de Dioclétien couronna Sébastien en 288. Nous considérerons séparément les
mérites de ces deux athlètes du Christ.
A l’exemple de ses
prédécesseurs, saint Clément et saint Anthéros, le saint Pape Fabien prit un
soin particulier de faire rédiger les Actes des Martyrs ; mais la persécution
de Dioclétien, qui nous a privés d’un si grand nombre de ces précieux monuments
condamnés aux flammes par les Édits impériaux, nous a ravi le récit des
souffrances et du martyre de notre saint Pontife. Quelques traits seulement de
sa vie pastorale sont arrivés jusqu’à nous ; mais nous pouvons prendre une idée
de ses vertus, par l’éloge que fait de lui saint Cyprien, qui l’appelle un
homme incomparable, dans une Lettre qu’il écrit au Pape saint Corneille,
successeur de Fabien. L’évêque de Carthage célèbre aussi la pureté et la
sainteté de la vie du saint Pontife, qui domina d’un front tranquille les
orages dont l’Église fut agitée de son temps. On aime à contempler cette tête
calme et vénérable sur laquelle une colombe alla se reposer, pour désigner dans
Fabien le successeur de Pierre, le jour où le peuple et le clergé de Rome
étaient réunis pour l’élection d’un Pontife, après le martyre d’Anthéros. Ce
rapport avec le Christ désigné pour le Fils de Dieu, dans les eaux du Jourdain,
par la divine colombe, rend plus sacré encore le touchant caractère de Fabien.
Dépositaire de la puissance de régénération qui réside dans les eaux depuis le
baptême du Christ, il eut à cœur la propagation du Christianisme ; et parmi les
Evêques qu’il sacra pour annoncer la foi en divers lieux, l’Église des Gaules
en reconnaît plusieurs pour ses principaux fondateurs.
Les jours de votre
Pontificat furent longs et orageux, ô Fabien ! Mais, pressentant l’avenir de
paix que Dieu réservait à son Église, vous ne vouliez pas que les grands
exemples de l’âge des Martyrs fussent perdus pour les siècles futurs, et votre
sollicitude veillait à leur conservation. Les flammes nous ont ravi une grande
partie des trésors que vous aviez amassés pour nous ; à peine pouvons-nous
formuler quelques détails de votre propre vie ; mais nous en savons assez pour
louer Dieu de vous avoir choisi dans ces temps difficiles, et pour célébrer
aujourd’hui le glorieux triomphe que remporta votre constance. La colombe qui
vous désignait comme l’élu du ciel, se reposant sur votre tête, vous marquait
comme le Christ visible de la terre ; elle vous dévouait aux sollicitudes et au
martyre ; elle avertissait l’Église entière de vous reconnaître et de vous
écouter. Vous donc, ô saint Pontife, qui avez eu ce trait de ressemblance avec
l’Emmanuel dans le mystère de l’Épiphanie, priez-le pour nous afin qu’il daigne
se manifester de plus en plus à nos esprits et à nos cœurs. Obtenez-nous de lui
cette docilité à sa grâce, cette dépendance d’amour à l’égard de ses moindres
volontés, ce détachement de toutes choses, qui furent l’élément continuel de
votre vie, au milieu de cette tourmente qui menaça, durant quinze années, de
vous engloutir. Enfin un dernier tourbillon vous enleva, calme et préparé, pour
vous porter, par le martyre, jusque dans le sein de Celui qui avait déjà
accueilli un si grand nombre de vos brebis. Nous aussi, nous attendons la vague
qui doit nous détacher de la grève, et nous pousser jusqu’au ciel ; demandez, ô
Pasteur, qu’elle nous trouve prêts. Si l’amour du divin Enfant vit en nous, si
nous imitons, comme vous, ô Fabien, la simplicité de la colombe, notre voie est
sûre. Nous offrons nos cœurs ; hâtez-vous de les préparer.
Après les glorieux
Apôtres Pierre et Paul, qui font sa principale gloire, Rome inscrit en tête de
ses fastes ses deux plus vaillants martyrs, Laurent et Sébastien, et ses deux
plus illustres vierges, Cécile et Agnès. Or, voici que la partie actuelle du
Cycle réclame, pour faire honneur au Christ naissant, une partie de cette noble
cour. Laurent et Cécile paraîtront à leur tour pour accompagner d’autres
mystères ; aujourd’hui, l’invincible chef de la cohorte prétorienne, Sébastien,
est appelé à faire son service près de l’Emmanuel ; demain, Agnès, douce comme
l’agneau, intrépide comme le lion, sera admise auprès de l’Époux divin qu’elle
a préféré à tout. Le caractère chevaleresque de Sébastien offre plusieurs
traits de ressemblance avec celui du grand Archidiacre : l’un dans le
sanctuaire, l’autre dans le siècle, ont défié avec un mâle courage les tortures
et la mort. A moitié rôti, Laurent défie le tyran de le retourner de l’autre
côté ; Sébastien, tout hérissé de flèches meurtrières, n’a pas plutôt senti se
cicatriser ses plaies, qu’il court se présenter devant Dioclétien, et appelle
un nouveau martyre. Mais nous n’avons à nous occuper aujourd’hui que de
Sébastien.
Qu’on se figure un jeune
homme, s’arrachant à tous les liens qui le retenaient à Milan sa patrie, par le
seul motif que la persécution n’y sévit pas avec assez de rigueur, tandis que
la tempête, à Rome, est dans toute sa violence. Il tremble pour la constance
des Chrétiens ; mais il sait que, plus d’une fois, les soldats du Christ,
couverts de l’armure des soldats de César, se sont introduits dans les prisons,
et ont ranimé le courage des confesseurs. C’est la mission qu’il ambitionne, en
attendant le jour où il pourra lui-même saisir la palme. Il vient donc soutenir
ceux que les larmes de leurs parents avaient ébranlés ; les geôliers même,
cédant à l’empire de sa foi et de ses miracles, affrontent le martyre, et
jusqu’à un magistrat romain demande à se faire instruire de la doctrine qui
donne tant de puissance aux hommes. Comblé des marques de la faveur de
Dioclétien et de Maximien-Hercule, Sébastien dispose dans Rome d’une influence
si salutaire pour le Christianisme, que le saint pape Caïus le proclame le
Défenseur de l’Église.
Après avoir envoyé au
ciel d’innombrables martyrs, le héros obtient enfin la couronne pour laquelle
il soupirait. Par sa courageuse confession il encourt la disgrâce de
Dioclétien, auquel il préfère l’Empereur céleste qu’il avait servi uniquement
sous le casque et la chlamyde. Il est livré aux archers de Mauritanie qui le
dépouillent, l’enchaînent et le percent de leurs flèches. Si les pieux soins
d’Irène le rappellent à la vie, c’est pour expirer sous les coups, dans un
hippodrome attenant au palais des Césars.
Tels sont les soldats de
notre Roi nouveau-né ; mais avec quelle recherche sa munificence les honore !
Rome chrétienne, capitale de l’Église, s’élève sur sept Basiliques principales,
comme l’ancienne Rome sur sept collines ; le nom et la tombe de Sébastien
décorent l’un de ces sept sanctuaires. Hors les murs de la ville éternelle, sur
la voie Appienne, la Basilique de Sébastien est assise dans la solitude ; elle
garde le corps du pieux Martyr et Pontife Fabien ; mais les premiers honneurs
de ce temple sont pour l’illustre chef de la milice prétorienne, qui avait
voulu être enseveli dans ce lieu, comme un fidèle serviteur, près du puits au
fond duquel furent cachés plusieurs années les corps des saints Apôtres, quand
il fallut les soustraire aux recherches des persécuteurs.
En retour du zèle de
saint Sébastien pour les âmes des fidèles, qu’il désira tant préserver de la
contagion du paganisme, Dieu lui a donné d’être l’intercesseur du peuple
chrétien contre le fléau de la peste. Ce pouvoir du saint Martyr a été éprouvé,
dès l’an 680, à Rome, sous le pontificat de saint Agathon.
Les anciens livres
liturgiques contiennent de nombreuses pièces en l’honneur de saint Sébastien ;
nous donnerons seulement l’Hymne suivante, qui appartient au Bréviaire Ambrosien
:
HYMNE
En ce jour dédié à
l’honneur de Sébastien Martyr, notre concitoyen illustre, rendons-lui gloire
dans nos chants unanimes.
Ce noble athlète du
Christ, plein de l’ardeur du combat, abandonne sa patrie, qui pour lui a moins
de dangers, et vient dans Rome affronter la lutte.
C’est là que, sectateur
d’une doctrine sublime, repoussant l’idolâtrie, il aspire aux trophées d’un
glorieux martyre.
Des nœuds multipliés
l’enchaînent au tronc d’un arbre ; c’est là que sa poitrine, comme un bouclier
suspendu, sert de but aux traits des archers.
Les flèches se réunissent
sur son corps comme une forêt ; mais son âme, plus ferme que l’airain, insulte
à la mollesse du fer, et demande à ce fer d’être plus meurtrier.
A voir le sang qui baigne
le corps du Martyr, on croirait qu’il a expiré ; mais une chaste femme est
venue panser ces plaies enflammées.
Ces blessures profondes
inspirent un courage céleste au soldat du Christ ; il va provoquer encore le
tyran, et bientôt il expire sous les coups meurtriers.
Maintenant, assis dans
les hauteurs du ciel, vaillant guerrier ! éloignez la peste, et gardez même les
corps de vos concitoyens.
Au Père, au Fils, et à
vous, Esprit-Saint, comme toujours, soit à jamais gloire dans tous les siècles.
Amen.
Vaillant soldat de
l’Emmanuel ! vous vous reposez maintenant à ses pieds. Vos blessures sont
guéries, et vos palmes sont toujours verdoyantes. Du haut du ciel, jetez les
regards sur la chrétienté qui applaudit à vos triomphes. A cette époque de
l’année, vous nous apparaissez comme le gardien fidèle du berceau de l’Enfant
divin ; l’emploi que vous remplissiez à la cour des princes de la terre, vous
l’exercez maintenant dans le palais du Roi des rois. Daignez y introduire et y
protéger nos vœux et nos prières.
Avec quelle faveur
l’Emmanuel écoutera vos requêtes, lui que vous avez aimé d’un si invincible
amour ! Dans l’ardeur de verser votre sang pour son service, un théâtre
vulgaire ne vous suffisait pas ; il vous fallait Rome, cette Babylone enivrée
du sang des Martyrs, comme parle saint Jean. Mais vous ne vouliez pas cueillir
seulement une palme, et monter en hâte dans les cieux ; votre zèle pour vos
frères vous rendait inquiet sur leur constance. Vous aimiez à pénétrer dans les
cachots où ils rentraient tout brisés par les tortures ; et vous veniez
raffermir entre leurs mains la palme chancelante. On eût dit que vous aviez
reçu l’ordre de former la milice prétorienne du Roi céleste, et que vous ne
deviez entrer au ciel que dans la société des guerriers choisis par vous pour
la garde de sa personne.
Enfin, le moment est venu
où vous devez songer à votre propre couronne ; l’heure de la confession a
sonné. Mais, pour un athlète comme vous, ô Sébastien, un martyre unique ne
suffit pas. En vain les archers ont épuisé leurs carquois sur vos membres ; la
vie est restée en vous tout entière ; et la victime demeure aussi tout entière
pour une seconde immolation. Tels furent les chrétiens du premier âge, et nous
sommes leurs fils.
Donc, ô guerrier du
Seigneur, considérez l’extrême faiblesse de nos cœurs où languit l’amour du
Christ ; prenez pitié de vos derniers descendants. Tout nous effraie, tout nous
abat, et trop souvent nous sommes, même à notre insu, les ennemis de la croix.
Nous oublions trop souvent que nous ne pouvons habiter avec les Martyrs, si nos
cœurs ne sont pas généreux comme le fut le cœur des Martyrs. Nous sommes lâches
dans la lutte avec le monde et ses pompes, avec les penchants de notre cœur et
l’attrait des sens ; et quand nous avons fait avec Dieu une paix facile,
scellée du gage de son amour, nous croyons qu’il ne nous reste plus qu’à
cheminer doucement vers le ciel, sans épreuves et sans sacrifices volontaires.
Arrachez-nous à de telles illusions, ô Sébastien ! Réveillez-nous de notre
sommeil ; et pour cela ranimez l’amour qui dort dans nos cœurs.
Défendez-nous delà
contagion de l’exemple, et de l’envahissement des maximes mondaines qui se
glissent sous un faux air de christianisme. Rendez-nous ardents pour notre
sanctification, vigilants sur nos inclinations, zélés pour le salut de nos
frères, amis de la croix, et détachés de notre corps. Par ces flèches qui ont
percé vos membres généreux, éloignez de nous les traits que l’ennemi nous lance
dans l’ombre.
Armez-nous, ô soldat du
Christ, de l’armure céleste que nous décrit le grand Apôtre dans sa Lettre aux
Éphésiens ; placez sur notre cœur la cuirasse de la justice, qui le défendra
contre le péché ; couvrez notre tête du casque du salut, c’est-à-dire de
l’espérance des biens futurs, espérance éloignée également de l’inquiétude et
de la présomption ; placez à notre bras le bouclier de la foi, dur comme le
diamant, et contre lequel viendront se briser tous les traits de l’ennemi qui
voudrait égarer notre esprit pour séduire notre cœur ; enfin, mettez à notre
main le glaive de la parole de Dieu, par lequel nous dissiperons toutes les
erreurs et renverserons tous les vices ; car le ciel et la terre passent, et la
Parole de Dieu reste, comme notre règle et notre espérance.
Défenseur de l’Église, ainsi
appelé par la bouche d’un saint Pape Martyr, levez votre épée pour la défendre
encore. Abattez ses ennemis, dissipez leurs plans perfides ; donnez-nous cette
paix que l’Église goûte si rarement, et durant laquelle elle se prépare à de
nouveaux combats. Bénissez les armes chrétiennes, au jour où nous aurions à
lutter contre les ennemis extérieurs. Protégez Rome qui honore votre tombeau ;
sauvez la France, qui se glorifia longtemps de posséder une partie de vos
sacrés ossements. Éloignez de nous les fléaux de la peste et les maladies
contagieuses ; écoutez la voix de ceux qui, chaque année, vous implorent pour
la conservation des animaux que le Seigneur a donnés à l’homme pour l’aider
dans ses labeurs. Enfin, par vos prières, assurez-nous le repos de la vie
présente, mais surtout les biens de l’éternité.
Saint
Fabian holding a book and a sword and Saint Sebastian holding arrows and a
sceptre. Master of the Dresden Prayer Book, Willem Vrelant, follower
(illuminator). Book of Hours, Bruges, circa 1490
Bhx Cardinal
Schuster, Liber Sacramentorum
Double station dans le
cimetière de Callixte et en celui « ad Catacumbas ».
Quand cette discipline
était encore en vigueur à Rome, on célébrait aujourd’hui une double messe, avec
deux stations distinctes, l’une dans le cimetière de Callixte, près de la tombe
du pape Fabien, l’autre dans le cimetière voisin ad Catacumbas, près du
sépulcre de Sébastien. Telle est la discipline représentée par le Férial
Philocalien : XIII kal. Febr. Fabiani in Callisti et Sebastiani in Catacumbas.
Les anciens sacramentaires maintiennent cette distinction de messes, attribuant
toutefois à saint Sébastien, en raison de la popularité de son culte, la
préséance sur le pape Fabien.
En effet, les anciens
s’accordent pour attribuer à l’intercession du guerrier martyr, défenseur de
l’Église, un grand nombre de prodiges, qui lui valurent la renommée de
thaumaturge ; d’où vient que, tant dans la lecture évangélique que dans
l’antienne pour la communion, c’est à lui que se rapportent aujourd’hui les
paroles de saint Luc disant qu’une grande multitude d’infirmes accouraient, au
Sauveur, parce qu’il sortait de Lui une vertu qui les guérissait tous.
Les textes liturgiques
actuellement en usage sont ceux de l’antique messe stationnale de saint
Sébastien, sauf un petit nombre de modifications. En effet, de nombreux
manuscrits omettent entièrement saint Fabien, et le plus ancien Lectionnaire
romain, celui du VIIe siècle, tel que nous le fait connaître un manuscrit de
Würzbourg, indique pour ce jour non seulement l’épître, mais aussi la leçon
prophétique de l’Ancien Testament, selon l’usage romain dans les plus grandes
solennités de l’année [1].
Il est inutile d’ajouter
que la messe de saint Sébastien, comme toutes les autres, a toujours dans les
sacramentaires une préface spéciale. Le fait d’avoir supprimé toutes les
anciennes préfaces propres de chaque dimanche et de chaque fête de l’année, qui
sont si belles et qui caractérisaient si bien la liturgie romaine, a été un
véritable appauvrissement imposé à notre Missel et une grande perte pour la
piété ecclésiastique. Peut-on espérer une future correction du Missel iuxta
codicum fidem (ainsi qu’il a déjà été fait pour l’antiphonaire Grégorien par Pie
X), où les antiques préfaces du Sacramentaire de saint Grégoire reprendraient
elles aussi leur place ?
L’antienne pour l’introït
est tirée du psaume 78 qui est celui des martyrs : « Qu’arrivent à vous, ô
Yahweh, les gémissements des prisonniers ; rendez à nos voisins dans leur sein
septante fois autant. Tirez vengeance du sang de vos saints par eux versé. »
Dieu fera justice à la fin du monde ; en attendant, ses châtiments sont autant
de traits d’amour, puisque en punissant il se propose toujours la correction du
pécheur, afin qu’il se convertisse et qu’il vive.
Primitivement les deux
messes, celle de saint Sébastien comme celle de saint Fabien, avaient les
collectes propres ; quand on fusionna ces deux stations, on se contenta
d’ajouter le nom de Sébastien à celui de Fabien aux collectes du Commun des
martyrs pontifes.
Aujourd’hui, dans le
Missel, la prière est donc la suivante : « Ayez égard, Seigneur, à notre
fragilité, et parce que nous nous sentons oppressés sous le poids de nos
fautes, que la glorieuse intercession de vos bienheureux martyrs Fabien et
Sébastien nous protège. »
Dans le Sacramentaire
Grégorien nous avons encore cette autre collecte pour la station ad catacumbas
: Deus, qui beatum Sebastianum Martyrem tuum virtute constantiae in passione
roborasti ; ex eius nobis imitatione tribue, pro amore tuo prospera mundi
despicere, et nulla eius adversa formidare.
La lecture suivante,
tirée de l’épître aux Hébreux, déjà assignée dans le Lectionnaire de Würzbourg
à la messe de saint Sébastien, décrit sous de vives couleurs toutes les
souffrances supportées par les justes de l’Ancien Testament à cause de leur
foi. Ce n’est pas simplement, en effet, le fait de souffrir qui nous rend
agréables à Dieu, mais, comme l’enseigne l’Apôtre, c’est la confession de la
foi au moyen des œuvres vertueuses et des souffrances, qui nous mérite la
couronne : Hi omnes testimonio fidei probati inventi sunt. C’est pourquoi
l’Église chante à l’office de Tierce : Os, lingua, mens, sensus vigor
Confessionem personent, afin qu’à tout moment nous confessions le nom de
Jésus-Sauveur, c’est-à-dire en avançant à grands pas dans la voie du salut.
Dans le Cornes de
Würzbourg, la seconde lecture de l’Ancien Testament pour la synaxe de ce jour
ad catacumbas, est tirée du Livre de la Sagesse (X, 17-20), là où est célébrée
la victoire des Israélites sur les Égyptiens, alors que Yahweh fut le vengeur
de son peuple et son guide à travers le désert.
Le répons est tiré du
célèbre cantique de Moïse dans l’Exode (XV, 11, 6) après le passage de la mer
Rouge, et à l’origine il était en relation avec la péricope précédente du Livre
de la Sagesse. « Dieu est glorieux dans ses saints, admirable dans la grandeur,
il fait des prodiges. Votre droite, Seigneur, s’est glorifiée dans sa puissance
même, votre droite a écrasé l’ennemi. »
La mer Rouge dans laquelle
Satan a été abattu, c’est le martyre, au moyen duquel les héroïques athlètes du
Christ ont triomphé de leurs persécuteurs. Les persécuteurs les ont poursuivis
sur les chevalets et sur les bûchers, pour arracher la foi de leur cœur ; mais
l’âme invincible des martyrs a atterri saine et sauve au rivage de l’éternité
et les bourreaux ont compris toute la honte de leur défaite.
Le verset alléluiatique
est tiré du psaume 144 et nous dit la louange que les justes dans le ciel
élèvent devant le trône de Dieu et devant le siège de l’Agneau : « Vos saints
vous béniront et proclameront la magnificence de votre règne. »
Après la Septuagésime, au
lieu du précédent verset alléluiatique, on récite le psaume « trait » comme
hier.
L’Évangile (Luc., VI,
17-23) où il est question de l’intervention de Jésus au profit des malades,
convient fort bien à saint Sébastien que l’antiquité chrétienne vénérait comme
protecteur spécial contre les épidémies. Dans la basilique esquiline de
Saint-Pierre-aux-Liens, on conserve encore l’autel avec l’image en mosaïque du
grand martyr, que fit ériger le pape Agathon pour libérer Rome de la peste qui
la désolait.
Cette dévotion populaire
envers saint Sébastien était générale en Italie mais spécialement à Rome, où
l’on compte au moins neuf anciennes églises en l’honneur du saint. Outre la
basilique ad Catacumbas, il y en avait une dans le Patriarchium du Latran,
érigée par le pape Théodore ; une autre s’élevait sur le Palatin, près de
l’hippodrome où saint Sébastien avait souffert le martyre ; une autre se
trouvait près du Tibre, dans la région Arenula, une quatrième et une cinquième
au Borgo, près de Saint-Pierre ; enfin il y en avait une sixième sur la voie
papale, là où, selon la tradition, le corps de saint Sébastien aurait été jeté
dans un cloaque.
Au moyen âge, le chef de
saint Sébastien fut transporté par Grégoire IV sur le mont Cœlius, dans la
basilique des Quatre-Saints ; presque en même temps, une partie importante de
ses reliques passa à l’abbaye de Saint-Médard de Soissons. A cette occasion une
toute petite fiole contenant quelques gouttes de son sang demeura dans l’abbaye
impériale de Farfa en Sabine, où les reliques avaient reçu l’hospitalité la
nuit qui suivit le départ de Rome du groupe des moines de Soissons.
L’antienne pour
l’offrande des dons par le peuple est empruntée au psaume 31 : «
Réjouissez-vous, ô justes, dans le Seigneur et faites fête ; et vous tous, 6
droits de cœur, exultez. » Le motif de cette sainte joie c’est la gloire que
tire le Seigneur des victoires de ses élus. Aussi, dit le Prophète, que celui
qui se glorifie, se glorifie de me connaître : In hoc glorietur qui gloriatur,
scire et nosse me.
La secrète est la
suivante : « Accueillez favorablement, Seigneur, l’oblation consacrée à
célébrer les mérites de vos bienheureux martyrs Fabien et Sébastien, et
accordez-nous d’en obtenir un fruit éternel. » Ce fruit éternel c’est la grâce,
c’est-à-dire le don de Dieu, qui, de sa nature, n’est pas sujet à révocation ni
à repentance. Ce don, au contraire, dans le dessein magnifique de Dieu, veut se
développer continuellement dans l’âme, c’est-à-dire se donner de plus en plus à
l’homme, afin de le rendre graduellement capable de la possession béatifique de
Dieu dans le paradis.
Dans le Sacramentaire
Grégorien, nous avons aujourd’hui la préface propre pour la messe stationnale
du martyr Sébastien : ... aeterne Deus ; quoniam martyris beati Sebastiani pro
confessione nominis tui venerabilis sanguis effusus, simul et tua mirabilia
manifestat, quo perficis in infirmitate virtutem, et nostris studiis dat
profectum, et infirmis apud Te praestat auxilium, per Christum etc.
L’antienne pour la
communion célèbre à nouveau le renom extraordinaire de thaumaturge dont saint
Sébastien jouissait dans l’antiquité. Ah ! si les chrétiens connaissaient les
inestimables richesses de leur religion ! Dieu a joint des trésors de grâces et
de mérites aux moindres actes de notre culte, et nous, au contraire, nous
languissons en une multitude de misères et de maux physiques et spirituels,
uniquement parce que nous n’avons pas une foi suffisante pour recourir aux
remèdes que nous offre la bonté divine (Luc., VI, 17, 19) : « Un grand nombre
de malades et de gens tourmentés par des esprits impurs allaient à Lui, parce
que de Lui sortait une vertu qui les guérissait tous. »
Cette salutaire vertu du
Sauveur n’a pas manqué après l’Ascension. Maintenant encore, nous entrons en
contact avec Jésus dans les Sacrements, les inspirations, les prédications, les
tribulations de la vie elles-mêmes, et si en toutes ces circonstances nous nous
approchions de Lui avec foi, il jaillirait de Lui une vertu apte à guérir
toutes nos infirmités.
Après la communion, on
récite la collecte suivante : « Réconfortés par le Don sacré auquel nous avons
participé, nous vous demandons, ô Seigneur notre Dieu, que par l’intercession
de vos saints martyrs Fabien et Sébastien, nous expérimentions l’efficace du
Sacrifice qui vient de s’accomplir. Par notre Seigneur, etc. »
Voici ce qu’est le monde
aux yeux de la foi : Multitudo languentium une multitude de personnes qui
languissent, d’autant plus dignes de compassion que, parmi elles, très peu
nombreuses sont celles qui, à la ressemblance des infirmes dont parle
aujourd’hui l’Évangile, vont au céleste médecin Jésus.
A la tombe primitive de
saint Sébastien, retrouvée récemment apud vestigia Apostolorum sur la voie
Appienne, se rapporte un fragment de balustrade (transenna) de marbre avec
cette inscription du Ve siècle :
TEMPORIBUS • SANCTI
INNOCENTI • EPISCOPI
PROCLINVS • ET • VRSVS •
PRAESBB
TITVLI • BYZANTI
SANCTO • MARTYRI
SEBASTIANO • EX • VOTO •
FECERVNT
Ce monument se trouve
maintenant au musée du Latran.
[1] 24 : IN NAT SCI
SEBASTIANI lec epis beati pauli apos ad ebreos FF sci per fidem uicerunt regna
usq. testimonium fidei probati inuenti sunt in xpo ihu dno no.
25 : IN NAT UBI SUPRA lec lib sapi salo. reddidit ds mercidem laboris scorum usq. manuum tuam laudauerunt partier dne ds noster.
Dom Pius Parsch, le Guide
dans l’année liturgique
Il sortait une force de
lui qui guérissait tout le monde.
Nous fêtons deux saints
martyrs, pour qui on a eu, de tout temps, une grande dévotion. Leurs noms sont
dans les Litanies des saints. Au moyen âge, on invoquait spécialement saint
Sébastien contre la peste.
Saint Fabien. — Jour de
mort : 20 janvier 250. — Tombeau : à Rome, dans la catacombe de saint Callixte.
Image : en pape, avec une colombe ou une épée. Sa vie : Fabien fut élevé à la
papauté d’une manière miraculeuse, et gouverna l’Église de 236 à 250. Peu de
temps après son élection, l’assassinat de Maximin mit fin à la persécution de
cet empereur. Les empereurs qui lui succédèrent étaient favorables au
christianisme. Il en résulta une période de paix pour l’Église, sous le règne
de Fabien. Celui-ci en profita pour organiser l’Église. A chacun des sept diacres,
il assigna une partie de la ville pour avoir soin des pauvres. Les sept
sous-diacres eurent mission de recueillir les Actes des martyrs. Quand commença
la sanglante persécution de Dèce, Fabien fut une des premières victimes. Il fut
martyrisé le 20 janvier 250 et fut enseveli dans la catacombe de saint
Callixte, où l’on a même, de notre temps, retrouvé sa pierre tombale.
Pratique : Le pape saint
Fabien se préoccupait également du soin des pauvres et de la liturgie.
Apprenons de lui à unir la vie liturgique à une charité cordiale et active, à
la véritable charité fraternelle du Christ.
Saint Sébastien. — Jour
de mort : 20 janvier vers 280. — Tombeau : Dans la catacombe qui porte son nom,
sous une magnifique basilique, à Rome. Image : On le représente comme un jeune
homme, transpercé de flèches, attaché à un arbre. Sa vie : Autour du nom de
Sébastien s’est enroulée toute une guirlande de légendes. Le plus ancien récit
historique, au sujet de saint Sébastien, se trouve dans le passage suivant de
l’explication des psaumes de saint Ambroise : « Laissez-nous vous proposer
l’exemple du saint martyr Sébastien. Il était Milanais par sa naissance.
Peut-être, le persécuteur des chrétiens avait-il quitté Milan, ou bien il n’y
était jamais venu, ou bien il était quelque peu adouci. Sébastien vit qu’il n’y
avait là aucune occasion de combat ou bien qu’il s’amollissait. Il partit donc
pour Rome où, à cause du zèle des chrétiens pour leur foi, la lutte était
chaude. Il y souffrit, il y fut couronné. »
Au moyen âge, saint
Sébastien était considéré -comme un protecteur contre la peste. Paul Diacre
raconte qu’en 670, la peste cessa à Rome quand on eut dédié un autel au saint.
Voici ce que le bréviaire raconte à son sujet : « Dioclétien chercha par tous
les moyens à le détourner de la foi au Christ. Comme il ne réussissait à rien,
il ordonna de l’attacher à un pieu et de le percer de flèches. Comme tout le
monde le croyait mort, une pieuse femme, du nom d’Irène, le fit enlever pendant
la nuit, mais, ayant trouvé qu’il était encore vivant, elle le soigna dans sa
propre maison. Peu de temps après, il fut rétabli ; alors, il se présenta
devant l’empereur et, avec la plus grande hardiesse, lui reprocha son impiété.
L’empereur fut si irrité du blâme sévère du saint, qu’il ordonna de le battre
de verges jusqu’à ce qu’il ait rendu l’esprit. Son cadavre fut ensuite jeté
dans un cloaque. »
La messe (Intret). —
Quand l’Église célèbre une fête de martyr, elle sent battre son cœur, car les
martyrs sont ses enfants chéris ; en eux, elle cherche à devenir semblable à
son divin Époux et elle peut dire ces paroles : « Avec le Christ je suis
attachée à la Croix. » L’Église aime beaucoup célébrer les saints mystères sur
le tombeau des martyrs. Par conséquent, nous ne comprendrons complètement le
texte, que si nous nous transportons au tombeau des saints et contemplons
l’affluence des pèlerins qui se pressent autour de ce tombeau. Les chants
psalmodiques supposent presque tous la présence du tombeau.
Quel accent n’a pas
l’Introït, en présence du saint corps, qui porte encore sur lui les traces de
ses souffrances ! C’est pourquoi l’Église commence par un cri douloureux, pour
demander la punition des ennemis. On a l’impression que la furie, l’horreur
d’une exécution en masse, a arraché à l’Église ce cri douloureux.
Comme l’Épître est
saisissante, auprès du tombeau, quand l’Église nous décrit les terribles
souffrances des martyrs, et nous montre les cellules funéraires (les loculi).
Celui-ci aussi « a été trouvé éprouvé par le témoignage (le martyre) de la foi
».
Et maintenant, au
Graduel, l’Église chante son allégresse au sujet de la gloire de Dieu qui se
montre si puissamment dans nos saints. C’est le bras puissant du Seigneur qui a
opéré en eux des œuvres si admirables et qui, maintenant encore, fait « des
prodiges ».
Pour comprendre
l’Évangile, il faut nous rappeler qu’au tombeau des martyrs, il se faisait de
nombreuses guérisons miraculeuses et que, depuis l’antiquité, saint Sébastien,
spécialement, était honoré comme thaumaturge et protecteur contre la peste. Il
était aussi d’usage d’amener des malades à l’église et de placer des linges sur
le tombeau, car on était persuadé « qu’une vertu sortait de lui et guérissait
tout le monde ».
Que la liturgie ait
spécialement ce passage en vue, nous le voyons par la Communion. Il est vrai
que cette antienne a un double sens : elle se rapporte non seulement à la vertu
miraculeuse du saint tombeau, mais encore à la vertu du corps de Christ (la
Communion est donc particulièrement bien choisie) ou, pour mieux dire, dans la
messe d’aujourd’hui, la grâce de saint Sébastien passe en nous, car saint
Sébastien est la grâce que le Christ nous donne aujourd’hui.
SOURCE : http://www.introibo.fr/20-01-Sts-Fabien-pape-et-Sebastien#nh1
Saints
Fabian and Sebastian, by an anonymous artist of the Northern Renaissance (Saint Petersburg, Hermitage)
Saint Fabien et saint
Sébastien
Saint Sébastien naquit
à Narbonne aux alentours de 260. Ses parents, un noble du pays et une dame de
Milan, étaient des chrétiens fervents. Ils s'installèrent à Milan. Devenu
adulte, Sébastien se rendit à Rome alors qu'éclatait la neuvième persécution
envers les chrétiens. Il s'engagea dans l'armée afin d'être libre de ses
mouvements et venir ainsi en aide aux chrétiens martyrisés. L'empereur
Dioclétien le nomma capitaine de la garde prétorienne.
On attribue à Sébastien
plusieurs guérisons miraculeuses. L'application de la croix sur les lèvres de
Zoé, muette depuis six ans lui rendit la parole. Il guérit Chromace, préfet de
Rome atteint de la goutte, et baptisa toute sa famille. Mille quatre cents
soldats environ suivront cet exemple.
En 288 Dioclétien tenta
de le persuader d'abjurer sa foi. Sébastien refusa. Dioclétien ordonna aux
archers mauritaniens de le mettre à mort. Sébastien, lié à un arbre et atteint
de plusieurs flèches, fut laissé pour mort. Irène, veuve du martyr Catulus, s'aperçut
qu'il respirait au moment de l'enterrer. Certains pensèrent alors que les
archers avaient volontairement épargné les zones vitales.
Guéri, Sébastien retourna
devant l'empereur pour lui reprocher son incroyance. Celui-ci le fit bastonner
à mort, un 20 janvier, et ordonna que l'on jetât son corps dans les égouts afin
que les chrétiens, disait-il, ne puissent le ressusciter. Une chrétienne,
Lucine, à qui il apparut en songe, retrouva, sur ses indications, sa dépouille
qui fut enterrée dans les catacombes, non loin du tombeau de saint Pierre. Une
église sera construite à cet emplacement.
Saint Sébastien délivra
Rome d’une épidémie de peste en 680 et fut dès lors invoqué contre ce fléau et
il garda ce rôle protecteur durant Moyen-Age. En 825, sous le règne de Louis le
Pieux, le pape Eugène II accorda à Hilduin le transfert de ses reliques dans
l'abbaye royale de Saint-Médard, à Soissons. Saint Sébastien est également le
patron des marchands de ferraille et des confréries qui veillaient les
agonisants et portaient les morts en terre.
Selon la légende, Fabien,
laïc romain, était à Rome et parmi les fidèles au moment de la mort du pape
Antère pour élire son successeur (10 janvier 236). Quand une colombe vint se
poser sur la tête de Fabien, l'assemblée hésitante s'écria : « Il est digne ! »
Cette légende inaugure un pontificat de quatorze ans qui va laisser de
profondes marques dans l'Eglise du IIIe siècle. La persécution de l'empereur
Maximin Ier avait été assez courte et les querelles politiques entre ses
éphémères successeurs éloignent pour un certain temps les menaces autour des
chrétiens. Ce répit permet à Fabien de remettre en ordre l'Eglise romaine
perturbée par de nombreuses années de conflits doctrinaux et par le schisme
d'Hippolyte.
Profitant d'une période
de paix, il révèle de grandes qualités d'organisateur et jette les bases
administratives d'une Rome chrétienne. Il nomme sept diacres à la tête d'un
district chacun dans la capitale. Il veille avec une acuité particulière au bon
entretien des catacombes où il fait enterrer l'un de ses prédécesseurs, Pontien,
et l'adversaire de celui-ci, Hippolyte. Il poursuit avec énergie les clercs
coupables de diverses fautes, en particulier Privat, un évêque africain. Fabien
envoie aussi sept évêques missionnaires en Gaules. La rédaction des actes des
martyrs, entamée sous Antère, se poursuit sous son pontificat.
Il acquiert de fait un
prestige qui déborde largement la ville de Rome. C'est vers lui que se tourne
par exemple Origène, alors en conflit avec Démétrios, l'évêque d'Alexandrie
pour se justifier.
A la fin de 249 le nouvel
empereur Dèce déclenche une des plus violentes persécutions contre les
chrétiens. Au début de l'année 250, le 20 janvier, Fabien est torturé puis
décapité. Il est inhumé dans la crypte des Papes de la catacombe de
Saint-Calixte où son sarcophage est retrouvé en 1915.
Jacopo Bassano (1510–1592), Lodewijk Toeput (1550–), St. Rocco, St.
Sebastian and St.Fabian, circa 1580, Complesso di
santa Caterina, Treviso
19 January (Ambrosian
Rite)
5 August (Eastern
calendar)
Profile
Layman farmer.
He came into Rome, Italy on
a day when a new pope was
to be elected. A dove flew
into the crowd and settled on Fabian’s head; the gathered clergy and laity took
this as a sign that Fabian had been anointed by the Holy Spirit, and he was
chosen the 20th Pope by
acclamation.
He sent Saint Dionysius
of Paris and other missionaries to Gaul. Condemned
the heresies of
Privatus. Martyred in
the persecutions of Decius.
Papal Ascension
c.250
his relics are
long gone, but the stone that covered his grave is
still in the catacombs of
Saint Callistus, Rome, Italy
Additional
Information
An
Old English Martyrology, by George Herzfeld
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Lives
and Times of the Popes, by Alexis-François Artaud de Montor
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
books
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
other
sites in english
images
video
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005 edition
spletne
strani v slovenšcini
Readings
It is said that Fabian,
after the death of Anteros, came from the country along with others and stayed
at Rome, where he came to the office in a most miraculous manner, thanks to the
divine and heavenly grace. For when the brethren were all assembled for the
purpose of appointing him who should succeed to the episcopate, and very many
notable and distinguished persons were in the thoughts of many, Fabian, who was
there, came into nobody’s mind. But all of a sudden, they relate, a dove flew
down from above and settled on his head as clear imitation of the descent of
the Holy Ghost in the form of a dove upon the Savior; whereupon the whole people,
as if moved by one divine inspiration, with all eagerness and with one soul
cried out “worthy,” and without more ado took him and placed him on the
episcopal throne. – Eusebius, Ecclesiastical
History, VI:xxix
MLA
Citation
“Pope Saint
Fabian“. CatholicSaints.Info. 15 May 2024. Web. 21 January 2026.
<https://catholicsaints.info/pope-saint-fabian/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/pope-saint-fabian/
Fabian, Pope M (RM)
Died 250. On January 10, 236, Saint Fabian succeeded Saint Antheros as pope and
governed as bishop of Rome for 14 peaceful years until his martyrdom under
Decius. He was a layman, who, according to Eusebius, was chosen because a dove
flew in through a window during the election and settled on his head. This
'sign' united the votes of the clergy and people for this layman and stranger.
He condemned Bishop Privatus of Lambaesa, Africa, for heresy, brought the body
of Saint Pontian, pope and martyr, from Sardinia, and had significant
restoration work done on the catacombs. He sought out the relics of Saints
Pontian and Hippolytus, who had died in exile, and had them translated to Rome.
The Liber Pontificalis credited him with the division of Rome into seven
deaconries, which gave the Church of Rome a close-knit structure. Fabian also
sent Saint Dionysius (Denis) and other preachers into Gaul.
He was the first victim of the Decian persecutions. Saint Fabian is described
by his contemporary, Saint Cyprian, as "an incomparable man, the glory of
whose death corresponded with the holiness of his life." He was buried in
the catacombs of Saint Callistus; later, some of his relics were taken to the
Basilica of Saint Sebastian. The original slab that covered his first tomb,
which says clearly in Greek, "Fabian, bishop, martyr," survives. Some
of his relics were taken to the Basilica of Saint Sebastian; thereafter the two
martyrs were honored with one feast. Fabian's body was rediscovered in 1915 (Attwater2,
Benedictines, Coulson, Delaney, Farmer, Husenbeth, White).
Several examples of his writing can be found on the New Advent homepage. Click
here for Decrees, First Epistle, Second Epistle, and Third Epistle He is shown
in art with a dove by his side; or a tiara and a dove; or a sword or club; or
kneeling at a block (to be beheaded) (Roeder, White). Sometimes he is shown (1)
with Saint Sebastian because he was martyred on his feast day or (2) with a
palm and cross (Roeder). An image of Saint Fabian is included in a painting
attributed to Diamante (c. 1430- 1498), which is in the Sistine Chapel at the
Vatican in Rome (Coulson).
Pope Saint Fabian is the
patron of lead-founders and potters (of whom Saint Sebastian is also patron)
(Roeder).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0120.shtml
Eugène Delacroix, Le Martyre de saint
Sébastien ((Salon de 1836)), Nantua, église Saint-Michel
18 December (Orthodox
calendar)
Profile
Son of a wealthy Roman
family. Educated in Milan. Officer of
the Imperial Roman army,
and captain of the guard. Favorite of Diocletian.
During Diocletian‘s persecution of
the Christians,
Sebastian visited them in prison,
bringing supplies and comfort. Reported to have healed the
wife of a brother soldier by
making the Sign of
the Cross over her. Converted soldiers and
a governor to Christianity.
Charged as a Christian,
Sebastian was tied to a tree, shot with arrows, and left
for dead.
He survived, and with the help of Saint Irene,
recovered, and returned to preach to Diocletian.
The emperor then had him beaten to
death.
During the 14th century,
the random nature of infection with the Black Death caused people to liken
the plague to
their villages being shot by an army of
nature’s archers.
In desperation, they prayed for
the intercession of a saint associated
with archers,
and Saint Sebastian
became associated with the plague.
Born
at Narbonne, Gaul (part of
modern France)
shot with arrows c.288 at Rome, Italy
in Belgium
–
in Brazil
Presidente
Prudente, diocese of
São
Sebastião da Vargem Alegre
–
in Germany
–
in Italy
Collevecchio,
Montorio al Vomano
Syracuse, Sicily, archdiocese of
Villarazzo, Castelfranco
Veneto
–
in Luxembourg
–
in Malta
–
in the Philippines
–
in Portugal
–
in Puerto
Rico
–
in Slovakia
Military
Ordinariate of Vojenský ordinariát Slovenska
–
in Spain
–
in Venezuela
Maracaibo, archdiocese of
San
Cristóbal de Venezuela, diocese of
naked or
nearly-naked young man
tied to a tree and shot with arrows
Additional
Information
A
Garner of Saints, by Allen Banks Hinds, M.A.
Acts
of the Early Martyrs, by Father James
A M Fastré, S.J.
An
Old English Martyrology, by George Herzfeld
Book
of Saints, by Father Lawrence
George Lovasik, S.V.D.
Book
of Saints, by the Monks of
Ramsgate
Character
Calendar, by Sister Mary Fidelis and Sister Mary Charitas, S.S.N.D
Golden
Legend, by Jacobus
de Voragine
Lives
of the Saints, by Father Alban
Butler
Roman
Martyrology, 1914 edition
Saints
of the Day, by Katherine Rabenstein
Short
Lives of the Saints, by Eleanor Cecilia Donnelly
books
1001 Patron Saints and Their Feast Days, by Australian
Catholic Truth Society
Our Sunday Visitor’s Encyclopedia of Saints
Oxford Dictionary of Saints, by David Hugh Farmer
Saints
and Their Attributes, by Helen Roeder
Some Patron Saints, by
Padraic Gregory
other
sites in english
Gregory Dipippo: The Feast of Saint Sebastian in Milan
images
British Broadcasting Corporation
video
The Life and Martyrdom of Saint Sebastian
sitios
en español
Martirologio Romano, 2001 edición
fonti
in italiano
Martirologio Romano, 2005 edition
sites
em português
Serviço Nacional de Aprendizagem Comercial
spletne
strani v slovenšcini
Readings
O God, who did bestow on
blessed Sebastian, your martyr, such wonderful strength of valour in his
sufferings for You: grant us, after his example, to condemn, for love of You,
all earthly prosperity, and to dread no sort of adversity. – Gregorian
Sacramentary
MLA
Citation
“Saint Sebastian“. CatholicSaints.Info.
17 June 2024. Web. 21 January 2026.
<https://catholicsaints.info/saint-sebastian/>
SOURCE : https://catholicsaints.info/saint-sebastian/
Sebastian M (RM)
Born in Narbonne, Gaul (France); died in Rome, 288-300; feast day in the East
is December 18.
No matter what our occupation in life, God can use us for His purpose if we
will simply pray for the eyes to see the opportunities before us. Sebastian, a
Roman soldier, had such a faith. He had joined the army in 283 in order to help
his fellow Christians by rescuing them from persecution and/or giving them
comfort. He entered the lists against the powers of evil, knowing that not all
the battles are visible to human eyes.
Those who faltered, like Marcus and Marcellian, he encouraged; those pagans who
had fiercely objected to the death of relatives and children, like their mother
Zoë (a deaf mute whom he cured with the Sign of the Cross on her lips) and her
husband Nicostratus (who was in charge of prisoners and cured of gout by
Sebastian), he converted; for those who were martyred, he helped to make
arrangements for burial and veneration of their bodies.
So successful was he as a soldier that he gained favor with the emperor
Diocletian, who made him captain of the Praetorian Guard. He retained that
position under Emperor Maximian when Diocletian left him in charge at Rome.
Thus by his high rank and office he helped to relieve many who were imprisoned
for Christ, though by so doing he placed himself in great peril.
Among the thrilling incidents of early Christian history is that of his bold
deliverance of two brothers who had been condemned. He went openly to the house
of he magistrate, where they were detained along with 16 heathen prisoners, and
before them all spoke of the love of Christ to such effect that those who heard
him, including the magistrate and the jailer, were converted. In the place
where he spoke the only window was a hole in the roof, and as he stood directly
under it the light shone down upon his rich tribune's armor, leaving the rest
of the room in darkness. Who could be sure that among so many there might not
be one there who would betray him?
Afterwards, Claudius, the jailer, came with anxiety to the magistrate and
reported: "The prefect is much disturbed at my having allowed the
prisoners to be in your house; and therefore he requires you to appear before
him and explain the reason." Upon this, the magistrate went at once to the
prefect and so impressed him with his account of what had happened, that he,
too, was baptized, and after him 68 others, as a direct result of Sebastian's
intervention.
One version of the legend says that Tiburtius, the son of the prefect of Rome,
and Chromatius, the prefect himself were converted because Sebastian cured him,
too, of the painful gout with which he was afflicted. Thereafter, the prefect
set many godly prisoners free, freed his slaves, and resigned as prefect. He
retired to his estate in Campania, and took many of Sebastian's converts with
him to this place of relative safety.
Such activities could not long remain secret. Soon many of Sebastian's converts
were tortured and killed. First Nicostratus's wife Zoë was discovered to be a
Christian. Hung by her heels over a fire, she died of smoke inhalation.
Nicostratus and the converted prefect were captured, tortured, and killed.
Finally, Sebastian was denounced to the emperor, who reproached him with
ingratitude and accused him of conspiracy. Sebastian protested in vain that
though he was a Christian he had never neglected his military duties. "I
pray daily," he said, "for thy safety and the prosperity of the
State." But Diocletian, who had returned, refused to listen, and ordered
him to be shot to death with arrows.
By a strange providence, however, although his body was riddled with arrows and
the archers thought he was dead, he recovered in the field where they had left
him and was rescued by a friend, the widow of Saint Castulus named Saint Irene,
who took him to her apartment near by in the imperial palace--and nursed him to
recovery. The widow Irene then urged him to escape, but, casting aside
discretion, he placed himself deliberately in the path of the emperor and
called boldly for the relief of the Christians, who, he declared, were among
the most loyal of his subjects.
The emperor, thinking he was dead, was startled as if he had seen a ghost.
"You will have no peace," cried Sebastian, "until you cease from
shedding innocent blood." The emperor angrily sentenced him to be
cudgelled to death and his body to be thrown into the sewer, from which it was
afterwards removed by a Christian woman called Lucina, who buried it in her own
garden along the Appian Way.
In 367, Pope Saint Damasus built a basilica of San Sebastiano over his tomb,
which was one of the seven stationary churches of Rome. Sebastian's cultus
dates from the 4th century; his name is found in the Depositio Martyrum, dated
354. That Sebastian was a martyr buried in a cemetery on the Appian Way is
fact; all else is pious fiction dating no earlier than the 5th century. Some
wrongly attribute these acta to Saint Ambrose.
Several writers testify that the relics of Saint Sebastian were given to
Hilduin, abbot of Saint-Denys, by Pope Eugenius II and deposited in Saint
Medard's at Soissons on December 9, 826, together with some of the relics of Saint
Gregory the Great. These shrines were plundered by the Hugenots in 1564, and
the sacred bones thrown into a ditch in which there was water. They were later
found and re-enshrined in 1578, though the bones were then intermixed.
Sebastian's head was given to Saint Willibrord by Pope Sergius and is now kept
at Echternach, Luxembourg. Other portions of his relics are widely dispersed.
It should be noted that Saint Ambrose says that Sebastian was born in Milan,
Italy, where he was venerated as early as the 4th century (Attwater,
Benedictines, Bentley, Butler, Delaney, Encyclopedia, Farmer, Gill, Husenbeth,
White).
Arrows, representing pestilence as well as the instrument of his martyrdom, are
Saint Sebastian's emblem in art (Tabor). Generally he is portrayed as a young,
nude man tied to a tree and shot through by bowmen. At times he may be shown
(1) nude, pierced by or holding arrows; (2) richly dressed with bow and arrows;
(3) as a young warrior with an arrow; (4) with sword and arrow; or (5) as the
arrows are being removed by Saint Irene in the habit of a Benedictine nun. He
should not be confused with the king Saint Edmund of England, who is always
bearded and crowned (Roeder). There is a notable image of him in the Uffizi
Gallery of Florence painted by Sodoma (Tabor).
The earliest representations of Sebastian, as in mosaics in Ravenna and at the
church of Saint Peter in Chains in Rome (late 7th century) or in the frescoes
of Saint Saba's church (Rome; early 8th century), depict him as an elderly,
bearded man holding a crown. Some later images also show Sebastian in this
manner. The more popular image as a young man appeared in the late Middle Ages
(Farmer).
As one of the most popular saints of the Middle Ages (one of the 14 Holy
Helpers), Saint Sebastian is patron of many: archers, armorers, athletes,
bookbinders, burial societies, arrowsmiths, corn-chandlers, gardeners,
ironmongers, lead-founders, municipal police, needle-makers, neighborhood watch
operations, physicians, potters, racquet-makers, soldiers, and stone masons. He
is invoked against cattlepest, epilepsy, enemies of religion, the plague, and
by the dying (Delaney, Roeder, White).
(Dedicated to dear Father Sebastian, born and baptized on this day, who taught
me what it means to really trust in God's providence-- and more than I ever
wanted to know about Augustine, Aquinas, and Maritain. May God bless you
abundantly, my joyful friend!)

