Saint Syméon le Nouveau
Théologien
Moine et higoumène à
Constantinople (+ 1022)
C'était un jeune homme
très doué qui fut appelé à de hautes fonctions impériales à Constantinople.
Mais il préférait mener une vie de désordre. La rencontre d'un saint homme,
moine au monastère de Stoudion, lui révéla une autre vie, toute intérieure et
plus enrichissante. Favorisé d'expériences spirituelles très profondes, il n'en
retombe pas moins dans ses errances. Converti à nouveau, il entre au Studion
pour ne plus tomber et pour vivre aux côtés de son Père spirituel. Mais au
monastère, on ne choisit pas son confesseur. Syméon ne peut pas se plier à cette
exigence et à l'observance stricte de la Règle. Il se voit chassé de son
monastère. Il entre alors à Saint-Mamas, un petit monastère en pleine décadence
dont il devient l'higoumène, le supérieur. Embrasé d'amour pour le Christ, il
entreprend de réformer sa communauté par de vigoureuses catéchèses. Certains
moines qu'il dérange, tentent de le supprimer. Il connaît aussi la
contradiction en haut-lieu, à cause de son obstination à revendiquer la
possibilité d'une expérience directe de l'Esprit-Saint. Bien qu'il ait
transformé Saint-Mamas en un centre de sainteté et de rayonnement spirituel, il
finit par s'en faire exclure à nouveau et meurt peu après en exil.
C'est l'un des plus
grands mystiques byzantins, ce qui lui valut son surnom de "théologien -
le contemplatif de Dieu."
Durant l'audience
générale du 16 septembre 2009, le Pape a tracé le portrait de Siméon le Nouveau
théologien, "un moine d'Asie mineure dont les écrits eurent une forte
influence sur la spiritualité orientale, notamment pour ce qui est de l'expérience
d'union mystique à Dieu". Benoît XVI a ensuite indiqué que Siméon, né en
949 en Galatie (mort en 1022), avait abandonné une carrière publique au service
de l'empereur pour entreprendre "dans un monastère de Constantinople un
chemin d'union avec Dieu sous la conduite spirituelle de Siméon le Pieux... Sa
réflexion tourne autour de la présence de l'Esprit dans les baptisés et la
conscience qu'ils doivent avoir de cette réalité spirituelle". Pour lui,
la véritable conscience de Dieu "naît d'un processus de purification
intérieure..., passe par un repentir profond et un regret sincère du péché
commis, afin de parvenir à l'union avec le Christ, source de toute joie et
paix".
Puis le Saint-Père a
rappelé que "le saint moine oriental appelait tous à être attentifs au
spirituel. Si à juste titre on se préoccupe de notre croissance physique et
intellectuelle, il est encore plus important de ne pas négliger notre
croissance intérieure, qui consiste dans la connaissance de Dieu et dans sa
communion, dans l'expérience de son aide constante et totale". Rappelant
aussi que Siméon "trouva la preuve de ce que l'amour est la source de
l'expérience de l'action du Christ dans notre âme", il a souligné combien
"l'amour de Dieu grandit en nous si nous lui restons unis dans la prière
et dans l'écoute de sa Parole. Seul cet amour divin ouvre nos cœurs à autrui,
nous sensibilise à ses besoins, nous rend frères en nous invitant à répondre
par l'amour à la haine, par le pardon à l'offense". Dans sa jeunesse, le
futur théologien "trouva un directeur spirituel qui l'aida grandement et
pour qui il garda toute son estime". Ce type de lien est toujours valable,
"pour les prêtres, les consacrés ou les laïcs, les jeunes notamment,
invités à recourir aux conseils d'un père spirituel capable d'accompagner
chacun dans une meilleure connaissance de soi-même, de conduire chacun vers
l'union personnelle avec le Seigneur, de manière à ce que toute vie soit mieux
conforme à l'Evangile... Pour aller vers Dieu, on a toujours besoin d'un guide,
d'un dialogue. Ce n'est pas possible avec la seule aide de nos raisonnements.
Là -a conclu Benoît XVI-, "se trouve également le sens de l'ecclésialité
de notre foi, la rencontre d'un guide".
(source: VIS 090916 430)
SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/796/Saint-Symeon-le-Nouveau-Theologien.html
BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 16 septembre
2009
Syméon le Nouveau
Théologien
Chers frères et sœurs,
Aujourd'hui, nous
examinerons la figure d'un moine oriental, Syméon le Nouveau Théologien, dont
les écrits ont exercé une remarquable influence sur la théologie et sur la
spiritualité de l'Orient, en particulier en ce qui concerne l'expérience de
l'union mystique avec Dieu. Syméon le Nouveau Théologien naquit en 949 à
Galatai, en Paflagonie (Asie mineure), dans une famille noble de province.
Encore jeune, il partit pour Constantinople pour y entreprendre des études et
entrer au service de l'empereur. Mais il se sentit peu attiré par la carrière
civile qui l'attendait et sous l'influence des illuminations intérieures dont
il faisait l'expérience, il se mit à la recherche d'une personne qui l'orientât
dans le moment de grands doutes et de perplexité qu'il était en train de vivre,
et qui l'aidât à progresser sur le chemin de l'union avec Dieu. Il trouva ce
guide spirituel en Syméon le Pieux (Eulabes), un simple moine du monastère
de Studios, à Constantinople, qui lui donna à lire le traité La loi
spirituelle de Marc le Moine. Dans ce texte, Syméon
le Nouveau Théologien trouva un enseignement qui l'impressionna
beaucoup: "Si tu cherches la guérison spirituelle
- y lit-il - sois attentif à ta conscience. Tout
ce qu'elle te dit, fais-le et tu trouveras ce dont tu as besoin". A
partir de ce moment-là - raconte-t-il lui-même - il ne se coucha plus sans se
demander si sa conscience n'avait pas quelque chose à lui reprocher.
Syméon entra dans le
monastère des Studites, où, toutefois, ses expériences mystiques et son extraordinaire
dévotion envers le Père spirituel lui causèrent des difficultés. Il partit pour
le petit couvent de Saint Mamas, toujours à Constantinople, dont, après
trois ans, il devint le chef, l'higoumène. Il y conduisit une intense recherche
d'union spirituelle avec le Christ, qui lui conféra une grande autorité. Il est
intéressant de noter qu'il lui fut donné le qualificatif de "Nouveau
Théologien", bien que la tradition ne réserve le titre de
"Théologien" qu'à deux personnalités: à l'évangéliste Jean et à
Grégoire de Nazianze. Il endura des incompréhensions et souffrit l'exil, mais
fut réhabilité par le patriarche de Constantinople, Serge II.
Syméon le Nouveau
Théologien passa la dernière période de son existence dans le monastère de
Sainte Marine, où il écrivit une grande partie de ses œuvres, en devenant de
plus en plus célèbre en raison de ses enseignements et de ses miracles. Il
mourut le 12 mars 1022.
Le plus connu de ses
disciples, Niceta Stetatos, qui a recueilli et recopié les écrits de Syméon, en
fit une édition posthume, en rédigeant à la suite une biographie. L'œuvre de
Syméon comprend neuf volumes, qui se divisent en Chapitres théologiques,
gnostiques et pratiques, trois volumes de Catéchèses adressées aux
moines, deux volumes de Traités théologiques et éthiques et un volume
d'Hymnes. Il ne faut pas non plus oublier les nombreuses Lettres. Toutes
ces œuvres ont trouvé une place importante dans la tradition monastique
orientale jusqu'à nos jours.
Syméon concentre sa
réflexion sur la présence de l'Esprit Saint chez les baptisés et sur la
conscience qu'ils doivent avoir de cette réalité spirituelle. La vie chrétienne
- souligne-t-il - est une communion intime et personnelle avec Dieu, la grâce
divine illumine le cœur du croyant et le conduit à la vision mystique du
Seigneur. Dans ce sillage, Syméon le Nouveau Théologien insiste sur le fait que
la véritable connaissance de Dieu ne vient pas des livres, mais de l'expérience
spirituelle, de la vie spirituelle. La connaissance de Dieu naît d'un chemin de
purification intérieure, qui commence avec la conversion du cœur, grâce à la
force de la foi et de l'amour; elle passe à travers un profond repentir et une
douleur sincère pour ses péchés, pour arriver à l'union avec le Christ, source
de joie et de paix, imprégnés de la lumière de sa présence en nous. Pour
Syméon, cette expérience de la grâce divine ne constitue pas un don
exceptionnel pour quelques mystiques, mais elle est le fruit du Baptême dans
l'existence de tout fidèle sérieusement engagé.
Un point sur lequel
réfléchir, chers frères et sœurs! Ce saint moine oriental nous rappelle tous à
une attention à la vie spirituelle, à la présence cachée de Dieu en nous, à la
sincérité de la conscience et à la purification, à la conversion du cœur, afin
que l'Esprit Saint devienne réellement présent en nous et nous guide. Si, en
effet, l'on se préoccupe à juste titre de prendre soin de notre croissance
physique, humaine et intellectuelle, il est encore plus important de ne pas
négliger la croissance intérieure, qui consiste dans la connaissance de Dieu,
dans la véritable connaissance, non seulement apprise dans les livres, mais
intérieure, et dans la communion avec Dieu, pour faire l'expérience de son aide
à tout moment et en toute circonstance. Au fond, c'est ce que Syméon décrit
lorsqu'il rapporte son expérience mystique. Déjà, lorsqu'il était jeune, avant
d'entrer au monastère, tandis qu'une nuit, chez lui, il prolongeait ses
prières, en invoquant l'aide de Dieu pour lutter contre les tentations, il
avait vu la pièce emplie de lumière. Puis, lorsqu'il entra au monastère, on lui
offrit des livres spirituels pour s'instruire, mais leur lecture ne lui
procurait pas la paix qu'il recherchait. Il se sentait - raconte-t-il - comme
un pauvre petit oiseau sans aile. Il accepta cette situation avec humilité,
sans se rebeller, et alors, les visions de lumière commencèrent à nouveau à se
multiplier. Voulant s'assurer de leur authenticité, Syméon demanda directement
au Christ: "Seigneur, est-ce toi qui es vraiment ici?". Il sentit
retentir dans son cœur la réponse affirmative et en fut réconforté au plus au
point. "Ce fut, Seigneur - écrira-t-il par la suite -, la première fois
que tu me jugeas, moi, fils prodigue, digne d'écouter ta voix". Toutefois,
pas même cette révélation ne réussit à lui apporter la tranquillité. Il se
demandait plutôt si cette expérience ne devait pas elle aussi être considérée
comme une illusion. Un jour, enfin, un événement fondamental pour son
expérience mystique eut lieu. Il commença à se sentir comme "un pauvre qui
aime ses frères" (ptochós philádelphos). Il voyait autour de lui de
nombreux ennemis qui voulaient lui tendre des pièges et lui faire du mal, mais,
en dépit de cela, il ressentit en lui un intense élan d'amour pour eux. Comment
l'expliquer? Bien sûr, un tel amour ne pouvait venir de lui-même, mais devait
jaillir d'une autre source. Syméon comprit qu'il provenait du Christ présent en
lui et tout lui apparut avec clarté: il eut la preuve certaine que la
source de l'amour en lui était la présence du Christ et qu'avoir en soi un
amour qui va au-delà de mes intentions personnelles indique que la source de
l'amour se trouve en moi. Ainsi, d'un côté, nous pouvons dire que sans une
certaine ouverture à l'amour, le Christ n'entre pas en nous, mais de l'autre,
le Christ devient source d'amour et nous transforme. Chers amis, cette
expérience reste véritablement importante pour nous aujourd'hui, pour trouver
les critères qui nous indiquent si nous sommes réellement proches de Dieu, si
Dieu est présent et vit en nous. L'amour de Dieu croît en nous si nous
demeurons unis à Lui à travers la prière et l'écoute de sa parole, à travers
l'ouverture du cœur. Seul l'amour divin nous fait ouvrir notre cœur aux autres
et nous rend sensibles à leurs besoins nous faisant considérer chacun comme nos
frères et sœurs, et nous invitant à répondre à la haine par l'amour et à
l'offense par le pardon.
En réfléchissant sur
cette figure de Syméon le Nouveau Théologien, nous pouvons observer encore un
élément supplémentaire de sa spiritualité. Sur le chemin de vie ascétique qu'il
a proposé et parcouru, la profonde attention et concentration du moine sur
l'expérience intérieure confère au Père spirituel du monastère une importance
essentielle. Le jeune Syméon lui-même, comme on l'a dit, avait trouvé un
directeur spirituel, qui l'aida beaucoup et dont il conserva une très grande
estime, au point de lui réserver, après sa mort, une vénération également
publique. Et je voudrais dire que demeure valable pour tous - prêtres, personnes
consacrées et laïcs, et en particulier les jeunes - l'invitation à avoir
recours aux conseils d'un bon père spirituel, capable d'accompagner chacun dans
la connaissance profonde de soi, et de le conduire à l'union avec le Seigneur,
afin que son existence se conforme toujours plus à l'Evangile. Pour aller vers
le Seigneur, nous avons toujours besoin d'un guide, d'un dialogue. Nous ne
pouvons pas le faire seulement avec nos réflexions. Et cela est également le
sens du caractère ecclésial de notre foi de trouver ce guide.
En conclusion, nous
pouvons résumer ainsi l'enseignement et l'expérience mystique de Syméon le
Nouveau Théologien: dans sa recherche incessante de Dieu, même dans les
difficultés qu'il rencontra et les critiques dont il fut l'objet, en fin de
compte, il se laissa toujours guider par l'amour. Il sut vivre lui-même et
enseigner à ses moines que l'essentiel pour tout disciple de Jésus est croître
dans l'amour et ainsi, nous mûrissons dans la connaissance du Christ lui-même,
pour pouvoir affirmer avec saint Paul: "Ce n'est plus moi qui vis,
mais le Christ qui vit en moi" (Ga 2, 20).
* * *
Je suis heureux
d’accueillir les pèlerins de langue française. Je salue en particulier les
membres de la délégation parlementaire «France-Saint-Siège» et les séminaristes
du séminaire Saint-Joseph, de Bordeaux. Que Siméon le Nouveau Théologien vous
aide à toujours mieux comprendre que pour le disciple de Jésus l’essentiel est
de grandir dans l’amour et dans la connaissance de Dieu. Avec ma Bénédiction
apostolique!
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
SOURCE : http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090916.html
Nous concevons le Verbe
de Dieu dans nos cœurs
Si nous croyons de toute
notre âme et si nous faisons pénitence avec ferveur, nous concevons le Verbe de
Dieu dans nos cœurs, à l’exemple de la Vierge, c’est-à-dire si nous portons en
nous notre âme vierge et pure. Ce n’est plus selon la chair que nous le savons
être en nous, comme un nouveau-né, mais il est incorporellement dans le corps,
amalgamé à notre essence et à notre nature de manière inexprimable ; et il
nous divinise, du fait que nous sommes incorporés à lui, la chair de sa chair
et l’os de ses os. Cette naissance accomplit sans cesse dans nos cœurs le
mystère de la rénovation des âmes humaines, la communion et l’union avec Dieu
Verbe, à laquelle la parole divine fait allusion dans ces termes : C’est
par lui que nous avons conçu et enfanté dans la douleur l’esprit de salut que
nous avons fait naître sur terre (cf. Is 26, 18).
Si nous le voulons, nous
deviendrons tous en titre, selon la parole divine de notre Seigneur Jésus
Christ, sa mère et ses frères et les égaux en tout de ses disciples et de ses
Apôtres, sinon sous le rapport de leur mérite, des missions et des labeurs
qu’ils ont supportés, du moins selon la grâce de Dieu et le don qu’il a répandu
avec abondance sur tous ceux qui ont consenti à croire en lui et à le suivre
sans idée de retour. C’est bien ce qu’il veut dire très clairement lorsqu’il
s’écrie : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la
parole de Dieu et la mettent en pratique. »
St Syméon le Nouveau
Théologien
Saint Syméon († 1022), que
les Byzantins appellent le Nouveau Théologien, fut moine et abbé à
Constantinople. / Traité éthique I, 10, trad. J. Darrouzès,
Paris, Cerf, coll. « Sources Chrétiennes » 122, 1966,
p. 255-261.
SOURCE : https://fr.aleteia.org/daily-prayer/mardi-20-septembre/meditation-de-ce-jour-1/
Le don des Larmes de
Saint Syméon le Théologien
"Quelle merveille ineffable! Lorsque les larmes sont versées par les yeux
corporels, elles coulent aussi invisiblement sur l'âme et lavent l'impureté du
péché. Elles font trembler et brûlent les démons qui tombent à terre, et elles
rendent l'âme libre des liens invisibles du péché.
Ô, larmes, qui coulent à cause de cet éclat divin, et qui ouvrent le Ciel et
apportent le réconfort divin. Encore une fois, et je le dis en me répétant,
agité par la joie et le plaisir: Là où il y a une abondance de larmes, mes frères,
avec la vraie connaissance, il y a aussi illumination par la Lumière Divine. Là
où il y a l'éclat de cette Lumière, sont aussi accordées de bonnes bénédictions
et le sceau de l'Esprit Saint est inséré dans le cœur.
Les larmes font venir en nous un feu divin de contrition. Sans larmes et
componction constantes, aucun homme n'a jamais été purifié ou n'est devenue
saint, ou n'a reçu l'Esprit Saint, ou n'a jamais vu Dieu, ou ne sait qu'Il
habite avec lui. Sans repentance il n'y a pas de larmes, sans pleurer il n'y a
pas de larmes. Qu'on ne dise pas qu'il est impossible de pleurer tous les
jours... alors il est impossible de se repentir chaque jour. Si se repentir et
pleurer et verser des larmes n'est pas possible, alors être humble et prier
sans cesse sera également impossible.
L'homme ne doit pas passer, même une seule journée sans repentir et sans
larmes. S'il n'a pas de larmes, il doit les demander à Dieu de toutes ses
forces et de toute son âme. Il n'y a pas d'autre moyen par lequel il puisse
rester sans péché et le cœur pur. "
Source : orthodoxologie.blogspot.fr
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
SOURCE : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=29437
La peur dans la prière,
par Saint Symeon le Nouveau Théologien
"Si quand tu pries,
tu as une frayeur, soit que tu entendes un bruit, soit que brille comme une
lumière, soit qu'advienne quelque chose d'autre, ne te trouble pas. Mais bien
plutôt persévère avec plus d'ardeur encore dans la prière. Car arrivent alors,
venant des démons, une agitation, un frisson, un vertige, pour que tu te
relâches et délaisses la prière, et que, tombé en leur pouvoir, tu sois
désormais leur captif. Mais si quand tu achèves ta prière, brille sur toi une
autre lumière dont il t'est impossible de rien dire, si ton âme s'emplit de
joie, si tu désires le meilleur, si tu verses des larmes avec componction,
sache que c'est là une visite de Dieu et un secours. Si tu demeures longtemps
dans cet ébat, parce qu'il ne t'arrive rien de plus, bien que les larmes
t'oppressent, retiens ton intelligence captive dans quelque travail manuel, et
en cela tu seras humilié. Mais veille à ne pas délaisser la prière parce que te
font peur les ennemis. Mais de même qu'un petit enfant effrayé par des
épouvantails cesse de craindre dès qu'il se réfugie dans les bras de sa mère ou
de son père, de même toi, si tu cours vers Dieu par la prière, tu échapperas à
la peur des ennemis."
St Syméon le Nouveau
Théologien (Philocalie)
SOURCE : http://priere-orthodoxe.blogspot.ca/2013/02/la-peur-dans-la-priere-par-st-symeon-le.html
Syméon le Nouveau
Théologien.
Syméon a été surnommé le "Nouveau Théologien" pour marquer son importance, et sa différence, avec Jean l'Évangéliste et Grégoire de Nazianze, les deux autres références de l'Orthodoxie.
De petite noblesse, né vers 949 en Paphlagonie, près de Sinope, dans cette province chargée d'histoire, qui fut hittite avant d'honorer Mithra, le futur Syméon vient très tôt à Constantinople, tenté par une carrière politique. C'est alors un jeune homme remuant, avide de tous les plaisirs, vite déçu cependant.
Son besoin de spiritualité l'amène à fréquenter le grand monastère du Studion (37), où il rencontre un moine, Syméon le Pieux, qui devient son "maître spirituel". Entré comme novice au Studion en 976, à l'âge de vingt-sept ans, il adopte le nom de son maître (38) pour marquer sa "nouvelle naissance". Syméon, désormais, consacrera sa vie à l'étude, à l'ascèse et à la spiritualité. Après quatre ans d'apprentissage auprès de son père spirituel, il va se mettre au service de ses frères et est, en 980, élu abbé du monastère de Saint Mamas, près de Constantinople. Pendant vingt-neuf ans, il va diriger son monastère, écrire ses Catéchèses, ses Actions de Grâces, prononcer ses sermons, rénover la vie monastique et prêcher, chez les laïcs, une expérience chrétienne renouvelée. Il dérange...
Après des années de travail, en 1009, Syméon renonce à sa charge d'abbé et se fixe à Chrysopolis, sur la rive asiatique du Bosphore. Certes, ses démêlés avec le patriarche Serge II, si attentif à défendre les "droits de l'Église" contre les prétentions impériales, qui n'approuve guère ni l'austérité de sa di-rection monastique, ni sa quête de spiritualité, et qui lui fait grief de sa dévotion à son maître Syméon le Pieux, apparaissent comme le facteur déclenchant ce retrait.
En fait, Syméon a franchi une étape. Il a soixante ans et ce retrait est aussi l'occasion de rentrer en lui-même : dans son hymne XLIII, il demande à Dieu s'il doit continuer à lutter pour les "besoins temporels" du monastère ou "cultiver sans relâche le recueillement et lui seul".
A Chrysopolis, redevenu simple moine totalement détaché des affaires du monde, vivant enfin pour Dieu seulement, il rédigera ses Hymnes de l'amour divin. Il mourra dans sa retraite, en 1022, ayant atteint ses soixante-treize ans, accueillant la mort avec la joie de celui qui a écrit
« La mort est délivrance des soucis, la mort est libération des maladies et passions de toutes sortes, la mort est suppression des péchés et de toute iniquité, la mort est affranchissement de tous les maux de la vie, et, pour ceux qui ont bien vécu, condition d'une joie sans fin, des délices éternelles et de la Lumière sans couchant. »
La Philocalie a retenue de son oeuvre les "Chapitres pratiques et théologiques"
qui s'adressent à des moines, novices ou confirmés, et qui parlent assez peu,
explicitement, de la prière.
Citations des Chapitres
pratiques et théologiques.
1. La foi, c'est mourir à cause du Christ pour ses commandements; c'est croire que cette mort est une source de vie; c'est considérer la pauvreté comme une richesse, la bassesse et l'humiliation comme une vraie gloire et un réel honneur; c'est croire également qu'on possède tout lorsqu'on n'a rien; et plus encore, c'est posséder l'insondable richesse de la connaissance du Christ et regarder comme de la boue ou de la fumée toutes les choses visibles.
33. Dans les prières et dans les larmes, supplie Dieu de t'envoyer un guide impassible et saint. Mais examine toi-même les divines Écritures et singulièrement les écrits pratiques des saints Pères, afin qu'en leur comparant ce que t'enseigne et ce que fait ton maître et ton supérieur, tu puisses voir et apprendre ces leçons comme dans un miroir, recueillir et retenir dans tes pensées ce qui s'accorde aux divines Écritures, mais discerner et rejeter ce qui est bâtard et altéré, pour ne pas t'égarer. Sache-le, il y a de nos jours beaucoup de trompeurs et de faux maîtres.
46. Les afflictions qui brisent le coeur, lorsqu'elles sont fréquentes et intempestives, enténèbrent et troublent la réflexion de l'intelligence. Elles effacent de l'âme la prière pure et la componction [la prière pure et l'humilité]. Elles fatiguent le coeur, et dès lors le font devenir dur et insensible à jamais. C'est ainsi que les démons s'ingénient à décourager les spirituels.
143. Efforce-toi d'être un modèle utile à toute la fraternité en toute vertu, dans l'humilité et la douceur, la compassion et l'obéissance jusque dans les plus petites choses, l'absence de colère et de passion, la pauvreté et la componction, l'innocence et la discrétion, la simplicité du comportement et la réserve envers tout homme, la visite des malades, la consolation des affligés. Ne te détourne d'aucun de ceux qui ont besoin de ton aide, sous le prétexte de t'entretenir avec Dieu. Car l'amour vaut mieux que la prière. Efforce-toi d'être compatissant envers tous, dégagé de la vaine gloire, discret. Tâche aussi de n'être jamais péremptoire, de ne jamais rien réclamer au supérieur ni à aucun de ceux qui remplissent un office, d'honorer tous les prêtres, d'être attentif dans ta prière, de rejeter l'affectation, d'aimer tous les autres, de ne pas chercher par vaine gloire à scruter et à sonder les Écritures. La prière que tu diras dans les larmes et l'illumination qui te viendra de la grâce t'enseigneront ces choses. Si donc tu es interrogé sur l'une des choses que nous devons faire, enseigne les actions divines -ce que la grâce te donnera de dire avec beaucoup d'humilité, à partir de ta vie, comme si c'était celle, d'un autre, sans nulle vanité, quel que soit celui qui désire ton aide. Et ne te détourne pas de celui qui te demande de l'assister au sujet d'une pensée, mais prends sur toi ses fautes, quelles qu'elles soient, pleurant sur lui et priant pour lui. C'est là aussi une marque d'amour et de totale compassion. N'écarte pas celui qui vient vers toi, ne pense pas qu'il te sera nuisible d'écouter de telles choses. Cependant, pour ne pas nuire à beaucoup, il faut parler de ces choses dans un lieu soustrait aux regards, même si toi-même, n'étant qu'un homme, tu dois être assailli par une pensée. Car si tu en reçois la grâce, tu ne te laisseras pas prendre par cette pensée. Il nous est prescrit en effet de rechercher, non pas notre propre bien, mais celui des autres, afin qu'ils soient sauvés.
Comme nous l'avons dit, il te faut garder une vie paisible et pauvre. Alors tu
te considéreras toi-même comme soumis à l'action de la grâce, quand tu te
tiendras en vérité pour le plus pécheur de tous les hommes. Je ne peux pas dire
comment cela se fait, Dieu le sait.
Sur les trois modes de la
prière.
Il y a trois modes de l'attention et de la prière, par lesquels l'âme, ou bien
s'élève et progresse, ou bien tombe et se perd. Si elle use de ces trois modes
en temps opportun et comme il faut, elle progresse. Mais si elle en use
inconsidérément et à contretemps, elle tombe. L'attention doit donc être
inséparablement liée à la prière, comme le corps est inséparablement lié à
l'âme. L'une ne peut tenir sans l'autre. L'attention doit aller devant et
guetter les ennemis, comme un veilleur. C'est elle qui la première doit
connaître le péché et s'opposer aux pensées mauvaises qui entrent dans l'âme.
Alors vient la prière, qui détruit et fait périr sur le champ toutes ces pensées
mauvaises, contre lesquelles en premier lieu a lutté l'attention. Car celle-ci
ne peut, à elle seule, les faire périr. Or c'est de ce combat de l'attention et
de la prière que dépendent la vie et la mort de l'âme. Car si, par l'attention,
nous gardons pure la prière, nous progressons. Mais si nous négligeons de
garder pure la prière, si nous ne veillons pas sur elle, si nous la laissons
souiller par les pensées mauvaises, nous sommes inutiles et nous ne progressons
pas.
Il y a donc trois modes de l'attention et de la prière. Et il nous faut dire quelles sont les propriétés de chacun. Ainsi celui qui aime son salut pourra choisir le meilleur, et non le pire.
Du premier mode de
l'attention et de la prière
Telles sont les propriétés du premier mode. Quand quelqu'un se tient en prière,
il lève vers le ciel ses mains, ses yeux et son intelligence. Il se représente
les pensées divines, les biens du ciel, les ordres des anges et les demeures
des saints. Il rassemble brièvement et recueille en son intelligence tout ce
qu'il a entendu dans les divines Écritures. Il porte ainsi son âme à désirer et
à aimer Dieu. Il lui arrive parfois d'exulter, et de pleurer. Mais alors son
coeur s'enorgueillit, sans qu'il le comprenne. Il lui semble que ce qu'il fait
vient de la grâce divine, pour le consoler, et il demande à Dieu de le rendre
toujours digne d'agir comme il le fait. C'est là une marque de l'erreur. Car le
bien n'est pas bien quand il ne se fait pas sur la bonne voie et comme il faut.
Quand bien même il vivrait dans une extrême hésykhia, il est impossible qu'un
tel homme ne perde pas son bon sens et ne devienne pas fou. Mais même s'il n'en
arrivait pas là, il ne saurait parvenir à la connaissance, ni maintenir en lui
les vertus de l'impassibilité. C'est ainsi que se sont égarés ceux qui ont vu
une lumière et un flamboiement avec les yeux de leur corps, qui ont senti un
parfum avec leur propre odorat, et qui ont entendu des voix avec leurs propres
oreilles, ou qui ont éprouvé des choses du même ordre. Les uns ont été possédés
par le démon, et sont allés de lieu en lieu, hors d'eux-mêmes. D'autres ont
reçu en eux les contrefaçons du démon: il leur est apparu comme un ange de
lumière, et ils se sont fourvoyés, ils ne se sont jamais corrigés, ils n'ont
jamais voulu écouter le conseil d'aucun frère. D'autres encore ont été poussés
par le diable à se tuer : ils se sont jetés dans des précipices, ils se sont
pendus. Qui pourrait décrire toutes les illusions par lesquelles le diable les
égare ? Ce n'est guère possible.
Mais après ce que nous venons de dire, tout homme sensé peut comprendre, à quels dommages expose ce présent mode de l'attention et de la prière. De même, s'il arrive que l'un de ceux qui usent de ce mode n'en reçoive aucun mal, dès lors qu'il se trouve en compagnie d'autres frères (car ce sont surtout les anachorètes qui connaissent un tel mal), cependant, toute sa vie durant, il ne progressera pas.
Du deuxième mode
Tel est le deuxième mode de l'attention et de la prière. Quand quelqu'un
recueille son intelligence en lui-même, en la détachant du sensible, quand il
garde ses sens et rassemble toutes ses pensées pour qu'elles ne s'en aillent
pas dans les choses vaines de ce monde, quand tantôt il examine sa conscience
et tantôt il est attentif aux paroles de sa prière, quand à tel moment il court
derrière ses pensées que le diable a capturées et qui l'entraînent dans le mal
et la vanité, quand à tel autre moment, après avoir été dominé et vaincu par la
passion, il revient à lui-même, il est impossible que cet homme, qui a en lui
un tel combat, soit jamais en paix, ni qu'il trouve le' temps de travailler aux
vertus et reçoive la couronne de la justice'. Car il est semblable à celui qui
combat ses ennemis la nuit, dans les ténèbres. Il entend leurs voix et reçoit
leurs coups. Mais il ne peut pas voir clairement qui ils sont, d'où ils
viennent, comment et pourquoi ils le blessent, dès lors que le dévastent les
ténèbres de son intelligence et les tourments de ses pensées. Il lui est
impossible de se délivrer de ses ennemis, les démons qui le brisent. Le
malheureux peine en vain, car il perd son salaire, dominé qu'il est par la
vanité. Il ne comprend pas. Il lui semble qu'il est attentif. Souvent, dans son
orgueil, il méprise et accuse les autres. Il s'imagine qu'il peut les conduire,
et qu'il est digne de devenir leur pasteur. Il est semblable à cet aveugle qui
s'engage à conduire d'autres aveugles.
Il est nécessaire que quiconque veut être sauvé sache le dommage que peut
causer à l'âme ce deuxième mode, et qu'il fasse bien attention. Cependant ce
deuxième mode est meilleur que le premier, comme la nuit où brille la lune est
meilleure que la nuit noire.
Du troisième mode
Le troisième mode est vraiment chose paradoxale et difficile à expliquer. Non
seulement ceux qui ne le connaissent pas ont du mal à le comprendre, mais il
leur paraît presque incroyable. Il ne croient pas qu'une telle chose puisse
exister, dès lors que, de nos jours, ce mode n'est pas vécu par beaucoup, mais
par fort peu. Un pareil bien, je pense, nous a quittés en même temps que
l'obéissance. Car c'est l'obéissance au père spirituel qui permet à chacun de
ne plus se soucier de rien, dès lors qu'il remet ses soucis à son père, qu'il
est loin désormais des tendances de ce monde, et qu'il est un ouvrier tout à
fait zélé et diligent de ce mode. Encore lui faut-il trouver un maître et un
père spirituel véritable, dégagé de toute erreur. Car celui qui, par une vraie
obéissance, s'est consacré à Dieu et à son père spirituel, qui ne vit plus sa
propre vie et ne fait plus sa propre volonté, mais est mort à toutes les
tendances du monde et à son propre corps, par quelle chose passagère peut-il
être vaincu ou asservi ? Ou quelle 'inquiétude et quels soucis peut avoir un
tel homme ? C'est donc par ce mode, et par l'obéissance, que se dissipent et
disparaissent tous les artifices des démons et toutes les ruses qu'ils trament
pour entraîner l'intelligence dans toutes sortes de pensées. Alors
l'intelligence de cet homme est délivrée de tout. C'est avec une grande liberté
qu'elle examine les pensées que lui apportent les démons. C'est avec une réelle
aptitude qu'elle les chasse. Et c'est avec un coeur pur qu'elle offre ses
prières à Dieu. Tel est le commencement de la vraie voie. Ceux qui ne se
consacrent pas à ce commencement peinent en vain, et ils ne le savent
pas.
Or le commencement de ce troisième mode n'est pas de regarder vers le haut, d'élever les mains, d'avoir l'intelligence dans les cieux, et alors d'implorer le secours. Ce sont là, nous l'avons dit, les marques du premier mode : le propre de l'illusion. Ce n'est pas non plus de faire garder les sens par l'intelligence, de n'être attentif qu'à cela, de ne pas voir dans l'âme la guerre que lui font les ennemis et de ne pas y prêter attention. Car ce sont là les marques du deuxième mode. Celui qui les porte est blessé par les démons, mais il ne les blesse pas. Il est meurtri, et il ne le sait pas. Il est réduit en esclavage, il est asservi, et il ne peut pas se venger de ceux qui font de lui un esclave, mais les ennemis ne cessent de le combattre ouvertement et secrètement, et le rendent vaniteux et orgueilleux.
Mais toi, bien-aimé, si tu veux ton salut, il te faut désormais te consacrer au commencement de ce troisième mode. Après la parfaite obéissance que tu dois, comme nous l'avons dit, à ton père spirituel, il est nécessaire de faire tout ce que tu fais avec une conscience pure, comme si tu étais devant la face de Dieu. Car sans obéissance, jamais la conscience ne saurait être pure. Et tu dois la garder pure pou trois causes. Premièrement, pour Dieu. Deuxièmement, pour ton père spirituel. Troisièmement, pour les autres hommes et pour les choses du monde.
Tu dois garder ta conscience pure. Pour Dieu, c'est-à-dire ne pas faire ce que tu sais ne pas reposer Dieu et ne pas lui plaire. Pour ton père spirituel : faire tout ce qu'il te demande, ne pas en faire plus, et ne pas en faire moins, mais marcher selon son intention et selon sa volonté. Pour les autres hommes : ne pas leur faire ce que tu as en aversion et ce que tu ne veux pas qu'ils te fassent. Pour les choses du monde : te garder de l'abus, autrement dit user de tout comme il faut, de la nourriture, de la boisson, des vêtements. En un mot, tu dois tout faire comme si tu étais devant Dieu, afin que ta conscience n'ait rien à te reprocher, quoi que tu fasses, et qu'elle n'ait pas à t'aiguillonner pour ce que tu n'as pas fait de bien. Suis ainsi la voie véridique et sûre du troisième mode de l'attention et de la prière, que voici.
Que l'intelligence garde le coeur au moment où elle prie. Qu'elle ne cesse de tourner dans le coeur. Et que du fond du coeur. elle adresse à Dieu ses prières. Dès lors qu'elle aura goûté là que le Seigneur est bon z, et qu'elle aura été comblée de douceur, elle ne s'éloignera plus du lieu du coeur, et elle dira les paroles mêmes de l'apôtre Pierre : "Il est bon d'être ici". Elle n'arrêtera plus de veiller sur le coeur et de tourner en lui, poussant et chassant toutes les pensées qu'y sème l'ennemi, le diable. À ceux qui n'en ont aucune idée et qui ne la connaissent pas, cette oeuvre salutaire paraît pénible et incommode. Mais ceux qui ont goûté sa douceur et ont joui du plaisir qu'elle leur donne au fond du coeur disent, avec le divin Paul: "Qui nous séparera de l'amour du Christ ?"
Car nos Pères, entendant le Seigneur dire dans le saint Évangile que c'est du coeur que sortent les mauvaises pensées, les meurtres, les prostitutions, les adultères, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes, et que c'est là ce qui souille l'homme, entendant aussi l'Évangile nous demander de purifier l'intérieur de la coupe, pour que l'extérieur également devienne pur, ont laissé toute autre oeuvre spirituelle et se sont totalement adonnés à ce combat, c'est-à-dire à la garde du coeur persuadés que, par cette oeuvre, ils pourraient aisément acquérir toute autre vertu, dès lors qu'il n'est pas possible qu'aucune vertu perdure autrement. Cette oeuvre, certains parmi nos Pères l'ont appelée hésykhia du coeur, d'autres l'ont nommée attention, d'autres sobriété et vigilance, et réfutation, d'autres examen des pensées et garde de l'intelligence. C'est à cela que tous ont travaillé, et c'est par là que tous ont été rendus dignes des charismes divins. C'est pourquoi l'Écclésiaste dit : "Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, et marche sur les voies de ton coeur intègre et pur, et éloigne de ton coeur les pensées." L'auteur des Proverbes dit la même chose : Si la suggestion du diable t'assaille, "ne le laisse pas entrer dans ton lieu". Par lieu, il entend le coeur Et notre Seigneur dit dans le saint Évangile : "Ne vous laissez pas entraîner", c'est-à-dire ne dispersez pas votre intelligence ici et là. Il dit ailleurs : "Bienheureux les pauvres en esprit", c'est-à-dire : Bienheureux ceux qui n'ont dans leur coeur aucune idée de ce monde, et qui sont pauvres, dénués de toute pensée mondaine. Tous nos Pères ont beaucoup écrit là-dessus. Quiconque le veut peut lire ce que disent Marc l'Ascète, Jean Climaque, Hésychius et Philothée le Sinaïte, l'Abbé Isaie, le grand Barsanuphe, et bien d'autres.
En un mot, celui qui n'est pas attentif à garder son intelligence ne peut pas devenir pur en son coeur, pour être jugé digne de voir Dieu. Celui qui n'est pas attentif ne peut pas devenir pauvre en esprit. Il ne peut pas non plus être affligé et pleurer, ni devenir doux et paisible, ni avoir faim et soif de la justice. Pour tout dire, il n'est pas possible d'acquérir les autres vertus autrement que par cette attention. C'est donc à elle que tu dois t'appliquer avant tout, afin de comprendre par l'expérience ce dont je t'ai parlé. Et si tu veux savoir comment faire, je te le dis ici, autant qu'il est possible. Sois bien attentif.
Il te faut avant tout garder trois choses. D'abord ne te soucier de rien, tant
de ce qui est raisonnable que de ce qui est déraisonnable et vain, c'est-à-dire
mourir à tout. Deuxièmement, avoir une conscience pure : que ta conscience
n'ait rien à te reprocher. Troisièmement, n'avoir aucun penchant: que ta pensée
ne se porte vers rien de ce qui est du monde. Alors assieds-toi dans un lieu
retiré, demeure au calme, seul, ferme la porte, recueille ton intelligence loin
de toute chose passagère et vaine. Pose ton menton sur ta poitrine, sois
attentif à toi-même avec ton intelligence et tes yeux sensibles. Retiens un
moment ta respiration, le temps que ton intelligence trouve le lieu du coeur et
qu'elle y demeure tout entière. Au début, tout te paraîtra ténébreux et très
dur. Mais quand tu auras travaillé sans relâche, nuit et jour, à cette oeuvre de
l'attention, ce miracle, tu découvriras en toi une joie continuelle. Car
l'intelligence qui mène le combat trouvera le lieu du coeur. Alors elle voit
au-dedans ce qu'elle n'avait jamais vu et qu'elle ignorait. Elle voit cet
espace qui est à l'intérieur du coeur et elle se voit elle-même tout entière
lumineuse, pleine de toute sagesse et de discernement. Désormais, de quelque
côté qu'apparaisse une pensée, avant même que celle-ci entre, soit conçue et se
forme, l'intelligence la chasse et la fait disparaître au nom de Jésus,
c'est-à-dire avec l'invocation "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi".
C'est alors qu'elle commence à avoir les démons en aversion, qu'elle mène
contre eux un combat sans relâche, qu'elle leur oppose l'ardeur naturelle,
qu'elle les chasse, qu'elle les frappe, qu'elle les force à disparaître. Ce qui
advient ensuite, avec l'aide de Dieu, tu l'apprendras seul, par l'expérience,
grâce à l'attention de l'intelligence, et en gardant dans ton coeur Jésus,
c'est-à-dire sa prière "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi". Un
Père dit en effet : "Demeure dans ta cellule, et elle t'apprendra
tout".
(37) A
l'époque, vers l'an mil, ce monastère comptait plus d'un millier de moines. Ce
centre spirituel entra souvent en conflit avec la hiérarchie ecclésiastique
comme avec l'empereur, pour la défense des principes fondamentaux du
Christianisme. La "Règle de Studion" fut adoptée par de nombreux
monastères orthodoxes.
(38) Nous
ignorons son "nom de naissance".
SOURCE : http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Philocalie/symeon.html
SYMEON NOUVEAU THEOLOGIEN EN TANT QU'UN FOL-EN-CHRIST
Знаки Балкан. Сборник
статей. В 2 т. Т. II. М.: Радикс, 1994, с. 271-288
Nous ne nous préoccupons pas ici du contexte historique et théologique de la doctrine de Syméon. Parler de ses tendances messalienistes 1, bogomiliens 2 ou hésychastes 3 aboutirait à la projection du phénomène complexe sur un plan à deux dimensions: orthodoxie / hérésie, et il s'agirait alors d'une dichotomie plutôt politique que religieuse. Du vivant de Syméon, on lui reprochait beaucoup de choses, mais non l'hérésie; ce qui ne veut rien dire en soi mais demeure un fait qui — s'il déconcerte les uns et satisfait les autres — nous permet à considérer la doctrine de Syméon comme un système philosophique isolé.
Au première vue, il n'y a rien de plus antagoniste que Syméon le Nouveau
Théologien et le fol-en-Christ. "Salos" est toujours anonyme, alors
que Syméon était un personnage public influent; un fol-en-Christ croupit dans
les bas-fonds de la société tandis que Syméon était spatharocubiculaire et
membre du synklite; un "salos" se tient à l'écart de l'église, et
Syméon avait servi comme higoumène dans le monastère du Saint Marnas; un
fou-pour-Christ est désinvolte, obséquieux, insolent, le Nouveau Théologien
était sérieux, austère, intraitable; "salos" blasphème, Syméon était
réputé pour sa piété. Enfin, Syméon lui-même dénonçait ouvertement la conduite
des fous: "Bien plus, même ceux qui jouent les fous et parlent à tort et à
travers de sottises et de futilités, qui affichent des manières incongrues et
invitent les autres à rire, ils les regardent comme si, par de pareilles ruses
ou sensées telles, manières, paroles, ils s'efforçaient de dissimuler leur
vertu et leur impassibilité, et ils les honorent comme impassibles et saints.
Mais ceux qui vivent sans la dévotion, la vertu, la simplicité de coeur, ceux
qui sont réellement des saints, ils les négligent, comme un homme quelconque
parmi les autres, et les laissent de côté" (Cat. XXVIII, 369-379)4. Ces
mots devraient suffire pour dénier toute ressemblance entre Syméon et un
fol-en-Christ. Cependant il faut rester prudent.
Tout d'abord prenons garde de croire Syméon sur parole: il se contredit
souvent. Quand un certain Hiérotheos voulut racheter sa faute horrible en
s'infligeant la plus grande humiliation qui fût on lui conseilla d'entrer dans
le monastère de Syméon. Dans le couvent de Saint Marnas, Hiérotheos se conduisait
en fol-en-Christ, et Syméon comme il est relaté dans sa Vie, "savait qu'il
faisait tout pour s'attirer des avanies" et "voulait donc procurer
des couronnes à sa soif" d'humiliation (Vie, p. 74, 19-20). Ainsi, dans sa
pratique, Syméon n'était pas adversaire de la Folie-en-Christ. Rappelons-nous
aussi d'autres circonstances importantes de sa vie.
Syméon a perdu son higouménat et puis envoyé en exil à cause de son intransigeance sur sujet du culte de Syméon le Modeste, son père spirituel. Plusieurs hauts dignitaires ecclésiastiques protestèrent contre la canonisation du Modeste et exigèrent que la célébration de sa mémoire instituée par Syméon cessât et que les icônes de ce nouveau saint fussent détruites. A la différence de l'Occident, la procédure et les formalités de la canonisation étaient rares à Byzance. Ainsi on ne peut interpréter l'application minutieuse des recherches dont cette procédure fut l'objet autrement que par la réputation de scandale liée à la figure de ce nouveau saint. Nicétas Stéphate, l'auteur de la Vie de Syméon le Nouveau Théologien, dit de leur père spirituel: ..."Or celui-ci, après avoir mortifié sa chair par une apatheia extrême, et éteint parfaitement dès ici-bas ses mouvements instinctifs, tellement que le corps de qui l'approchait (τοις αυτω πλησιάζουσι σώμασι) ne lui inspirait pas plus de sentiment qu'un cadavre, contrefaisait la sensibilité (υπεκρίνετο την εμπάθειαν), d'abord par désir de dissimuler... son apatheia...; ensuite, parce qu'il voulait par cet appât retirer... toutes les âmes... du gouffre de la perdition" (Vie, p. 110).
Laissons provisoirement de côté la question embarrassant si la "chair
morte" peut ou non simuler la passion et s'il est possible de sauver
quelqu'un au moyen d'une provocation. Notons simplement que le père spirituel
de l'higouméne de Saint Marnas est décrit comme un fol-en-Christ
caractérisé 5. Mais peut-être Syméon défendait-il le culte de son maître,
sans percevoir sa folie-en-Christ6 ou sans d'en rendre compte? Essayons de
comprendre.
Dans ses écrits le Nouveau Théologien porte une grande attention et attache beaucoup d'importance à la possibilité même d'acquérir une impassibilité absolue. Les théologiens occidentaux soutenaient qu'il ne faut pas tourner en dérison la nature humaine, alors que les byzantins n'étaient pas unanimes sur ce point 7. Des auteurs orthodoxes recommandaient une prudence particulière pour la stimulation vulue d'une tentation. "Ne prends pas tes repas avec une femme!" conseille Evagre le Pontique 8. Mais Syméon fustige ceux qui sont timides envers la provocation pouvant frôler le péché.
"Bien des gens du monde, que j'ai rencontrés souvent" — commence-t-il
par dire avec une sérénité feinte, — "au cours de certains débats... sur
la passion et l'impassibilité, m'ont laissé entendre presque tous—non seulement
les gens... médiocres, mais ceux-là même qui ont l'air d'être parfaits en
vertu... — qu'il n'est pas possible à un homme d'atteindre un degré
d'impassibilité tel qu'il puisse rencontrer des femmes et manger à table avec
elles sans en éprouver aucun dommage ni subir en secret quelque agitation ou
quelque souillure". Et alors le ton de Syméon s'affermit: "...S'ils
n'étaient pas esclaves du plaisir et des convoitises de la chair, la mort
vivifiante de Jésus Dieu, celle qu'il accorde aux membres de ses saints, ne
leur serait pas inconnue et ils ne la mettraient pas en doute... Qu'il soit
possible... d'atteindre l'impassibilité de l'âme et du corps, au point non
seulement de rester... sans passion quand il prend un repas avec des femmes...,
mais encore de n'éprouver aucun dommage, quand il circule en pleine villa, en
entendant des chanteurs et des joueurs de cithare ou en voyant des amuseurs et
des joueurs (παίζοντας), tous les traités et toute l'histoire en témoignent; aussi
bien les vies des saints nous en donnent des exemples convaincants" (Eth.
VI, 1-10, 16-19, 37-46).
Mais nous Ignorons pourquoi le saint apparaît-il dans des villes (εν μέσαις
στρεφόμενον πόλεσι); et surtout pourquoi vlsite-t-il leurs quartiers évidemment
les plus douteux.
C'est Ici que vient au secours se Syméon son éditeur et chercheur contemporain Vasilij Krivochéine: "Il faut dire que Syméon avait raison quand il citait l'exemple des saints anciens et surtout la Vie de saint Syméon Salos"9. Ainsi "tous les traités", "toute l'histoire", "les vies das saints" se trouvent être une vie d'un seul fol-en-Chrlst. Krivochéine poursuit: "En tout cas, malgré certaines exagérations d'expressions, la théorie de l'impassibilité représente une partie intégrante de la doctrine spirituelle de Syméon" 10. Précisément, ce mot "exagérations" présent un grand Intérêt pour nous puisque les autres défenseurs de Syméon s'efforcent à démontrer le contraire: l'absence de toute originalité dans son oeuvre; tels passages ne sont, selon H.Turner, qu'un topos de la littérature monacale 11. Il est difficile d'accepter ce point de vue, puisque Syméon revient sur ce sujet plusieurs fois, et ses tirades passionnées ne peuvent pas être considérées comme des clichés: "O charité toute désirable, bienheureux qui t'a embrassée (δε ασπασάμενος): Jamais plus la passion ne lui fera désirer d'embrasser une beauté terrestre. Bienheureux qui t'a enlacée, (poussé) par l'amour divin: il... (vit) frayant avec tous (παντι πλησιάζων ανθρώπω)", mais il n'en "recevra aucune souillure". (Cat. I, 78-83). Nous ne savons pas ce que signifie le mot "frayant" — mais voici un autre texte: "Qu'il existe, même à présent, des impassibles,... qui ont tellement mortifié leurs propres membres sur terre..., au point non seulement de ne jamais concevoir d'eux-mêmes le mal et de ne pas le provoquer, mais, même quand ils y sont attirés par d'autres (υφ ετέρου προς τουτο ελκόμενοι), de n'éprouver aucun bouleversement de l'impassibilité" (Cent. 3, 9-15). Alors, il se trouve-t-il que le juste décrit par Syméon non seulement visite des lieux douteux mais aussi qu'il permet à des pécheurs inconnus de le provoquer. Comment savoir?..."... Il n'est pas admissible que l'homme, doté de grâce..., soit souillé dans son âme ou dans sa pensée, même si son corps très pur vient à se rouler dans le bourbier, pour ainsi dire, des corps humains, ce qui n'est pas dans les habitudes des gens pieux" (Eth. VI, 204-207). Le commentateur français s'accroche â la dernière réserve en l'accompagnant de l'observation suivante: "Il ne s'agit donc pas d'un certain exhibitionnisme..., dont certaines vies de saints, Syméon Salos, par exemple (le même exemple! — S.I.) ne sont pas exemptes."12 Mais Syméon reprend tout suite: "Allons plus loin: même s'il est emprisonné avec des milliers d'infidèles, d'impies et de débauchés et que son corps nu soit en contact avec leurs corps nus (γυμνος τω σώματι γυμνοις αυτοις ενωθήσται) il n'en tirera aucun dommage pour sa foi" (Eth. VI, 207-210). Les derniers mots ne conviennent guère avec la métaphore de la prison. Mais oublions pour un moment "la nudité", et attribuons "le contact" a la promiscuité de la cellule: peut-on au moins espérer que le juste ne fait que se soumettre aux circonstances sans manifester d'Initiative? Allés donc! "Désormais tu ne feras plus de différence entre homme et femme...; tout en vivant avec des hommes et des femmes, en conversant avec eux et en les accueillant (ασπαζόμενος: la traduction de Krivochéine "en les embrassant"13 nous semble préférable. — S.I.), tu resteras indemne de tout dommage et de toute émotion (ακίνητος)... tu les verras et tu les regarderas comme de précieux membres du Christ". D'alleurs Syméon ajoute: "Mais tant que tu n'as pas atteins ce degré... tu feras bien d'éviter les spectacles dangereux." (Eth. VI, 462-471). Cette réserve démontre que Syméon se rend parfaitement compte des risques des expériences décrites par lui — cependant il n'explique point où réside leur utilité.
Mais, finalement, l'affaire se limite-t-elle à des baisers? Espoirs vains.
"Lui, qui par le corps s'approche des corps, il peut par l'esprit être
saint... oui, même si tu le vols soi-disant se mal conduire comme s'il n'en
faisait qu'à sa tête" (Hymn. IX,20-28). Donc "la mort"
du corps d'un juste est définie par l'impassibilité de son esprit, ne subit
aucun dommage sans dépendre en cela de ce que fait ce corps. "La fièvre et
la convoitise de l'union conjugale, le rapprochement, la volupté... ce qu'on
s'imagine généralement que le corps recherche, ce n'est pas le corps... mais
l'âme" (Cat. XXV, 75-79). Et puisque l'âme est impassible, que la chair
insensée fasse ce qu'elle veut. Cela veut-il dire qu'il n'y aurait pas des
critères objectifs de la sainteté? "Si tu vois (ton père spirituel) forniquer
ou s'enivrer, ou mal se conduire..., ne t'associe pas à ceux qui se moquent
(λοιδορουσιν) de lui" (Cat. XVIII, 134-137). Et ce n'est pas parce que tu
dois demeurer avec lui en dépit de tout, mais parce que ce qui est vu par les
yeux, est faux: "Si tu le vois manger avec des prostituées... ne songe à
rien de passionnel et d'humain... même pour ce que tu vois de tes yeux, ne les
en crois pas, pas du tout: car eux aussi se trompent, comme je l'ai appris par
expérience" (Cat. XX, 80-82, 85-87). Et l'éditeur fait cette remarque:
"Les aveux de Syméon paraîtront parfois indiscrets à ceux qui ne suivent
pas sa perspective: un témoignage objectif ne peut venir que des saints
eux-mêmes"14. Suivons cet avertissement et adhérons pleinement au point du
vue de Syméon. Comment faut-il donc agir à la vue de quelqu'un s'adonnant au
péché? Le blâmer? Et si, par hasard, il s'agit d'un père spirituel qui n'est
pas le tien mais celui de quelqu'un d'autre? "A moins d'être aveugle, (on)
n'ignorera jamais", répond Syméon (Cat. XXVIII, 342-343). On l'aurait cru
s'il n'y avait pas cette véhémence inopérante qui caractérise ses écrits sur
les "véritables" fous-en-Christ (Cat. XXVIII, 369'379, cf. supra). Si
l'on rejette le critère d'une sainteté objective, il devient impossible de distinguer
le "vrai" et le "faux" salos. Cest justement l'acharnement
de Syméon qui prouve qu'il comprends cela.
La doctrine de Syméon s'appuye sur deux piliers: l'impassibilité et l'Eros divin. Nous avons déjà parlé de l'impassibilité, qui se place, pour Symeôn, plus haut que la sainteté même: "Il y a beaucoup de saints, mais peu d'impassibles" (Eth., IV, 62). La théorie syméonienne de l'amour pour Dieu a attiré maintes fois l'attention de chercheurs. Laissons la parole au défenseur principal de Syméon: "Syméon se distingue par l'audace et le réalisme quelque peu rude de ses descriptions. Pourtant le plus Important pour lui, c'était de démontrer la plénitude d'incarnation du Logos"15. Ainsi préparés par ces explications, penchons-nous sur les textes des Hymnes: "S'unit à moi l'impassibilité au visage fulgurant et elle ne me quittait plus — comprends cela de façon spirituelle, je t'en prie, toi qui lis ces mots, pas d'image impure, malheureux! — elle m'apportait ineffablement la volupté de l'union et sans mesure le désir nuptial de nous unir en Dieu. Dans ce partage, moi aussi je suis devenu impassible, enflammé par la volupté, embrasé de désir pour elle et j'ai eu part à la lumière, oui, je suis devenu lumière, au-dessus de toute passion, en dehors de toute malice" (Hymn. XLVI, 29-37).
Attentifs à l'avertissement de l'auteur, nous allons le considérer exclusivement de façon "spirituelle": ainsi, la passion de la copulation mystique a, pour sa corrélat inévitable, l'impassibilité terrestre absolue. Ne le perdant pas de vue, adressons-nous à celui des Hymnes de Syméon qui est le plus scandaleux et qui a été même exclu des premières éditions de ses oeuvres. "La langue de cet hymne a dérouté plusieurs contemporains de Syméon, comme il déroute actuellement tous ceux qui éprouvent un malaise devant la manière stylistique propre aux mystiques"16. Alors, "Nous devenons membres du Christ — et le Christ devient nos membres..., ne m'accuse pas de blasphémer, mais accueille cette (vérité)..., et tout ce qui (en nous) est sans honneur il le rendra honorable... Maintenant,. eh bien tu as reconnu en mon doigt le Christ, et en cet organe" (ici Syméon passe la parole à un interlocuteur imaginaire) "n'as-tu pas frémi, ou rougi? — Mais Dieu n'a pas eu honte de devenir semblable à toi..." (De nouveau Syméon donne de grand coeur la parole à un éventuel adversaire) "Mais (quand tu l'as dit) semblable à un membre honteux, j'ai craint que tu ne prononces un blasphème. — Eh bien, tu as eu tort de craindre, il n'y a rien là de honteux... Celui... donne la semence dans l'union divine ... Dieu s'unit à chacun - oui, je le répète, c'est ma volupté — et chacun devient un avec le Maître... Tu comprendras sans rougir tout ce que je dis." (Hymn. XV, 141, 147, 152, 160-162, 165-167, 171, 176-177, 179). C'est justement ce passage qui a toujours semblé le plus scandaleux aux exégètes parce qu'il offre l'unique exemple où Syméon mentionne l'organe sexuel en empruntant pour le faire un terme inconvenant (cf. Eth. VI, 81). Mais, pour nous, le texte semble tout à fait conforme à la théologie syméonienne et ne nous déconcerte pas. Lisons plus avant: "Cest ainsi qu'il y eut, à notre époque, en ces derniers temps, Syméon le Saint, le Modeste, le Studite, lui ne rougissait devant les membres de personne, ni de voir d'autres hommes nus, ni de se montrer nu... et tous ses membres à lui et les membres de tout autre, tout et chacun, étaient toujours à ses yeux le Christ; il demeurait immobile, indemne et impassible." (Hymn. XV, 205-208, 210-212). Tous ces motives nous sont familières depuis longtemps et ne peuvent à coup sûr soulever aucun doute. Pourquoi donc Syméon s'enfle-t-il soudain d'une telle colère contre un adversaire Imaginaire, avec lequel il a discuté paisiblement jusqu'à ce moment: "Tandis que toi, si tu es nu et ta chair touche la chair, te voilà en rut comme un âne ou un étalon: comment oses-tu donc déblatérer contre le Saint lui-même..? Car il se fait époux-tu entends?-chaque jour, et épouses deviennent toutes les âmes auxquelles s'unit le créateur et elles, en retour, à lui... sans les déflorer... Elles sont éprises du Très Beau, elles s'unissent entièrement à son amour entier; ou plutôt, en recevant... sa semence sainte, elles possèdent au dedans d'elles-mêmes Dieu tout entier." (Hymn. XV, 215-218, 220-224, 228-231). Ici Syméon s'adresse de nouveau à ses adversaires, cette fois sans colère, mais en les taquinant un peu: "Eh bien, Pères, tout cela n'est-ce pas la vérité? N'avons-nous pas parlé comme il faut de ces réalités divines?" (232-233). En effet, tout le passage qui précède abonde en citations des Évangiles. Syméon sait qu'on ne peut pas le prendre en défaut; et cela explique sa bonhomie.
Et c'est ici que nous sentons déconcertés: quel est le rapport entre les raisonnements cités? Admettons que: (1) dans la première partie, Syméon avançait que le Juste peut devenir Dieu; (2) dans la deuxième, qu'un "impassible" transforme le terrestre en céleste; (3) dans la troisième, que le Dieu s'accouple avec les âmes humaines.
Donc... (4) le juste peut s'accoupler avec leurs corps?
Syméon lui-même a eu évidemment conscience du syllogisme élémentaire qui s'est justement là où sa construction se trouve suspendue au-dessus de l'abîme, il couple la parole à son adversaire.
Peut-on déduire du raisonnement ci-dessus que Syméon était un
"érotomaniaque"? En aucun cas. Malgré tous les exemples plus que
ambiguës 17, on ne doit pas abaisser le problème sur le niveau
personnel 18. Ici, si étrange que ça puisse paraître, nous sommes d'accord
avec Krivochéine, qui, voulant défendre Syméon contre les attaques éventuelles
écrit: "Son désir ardent de Dieu, son Eros sont toujours adressés à Dieu,
à Christ et jamais aux humains."19 Et c'est vrai, Syméon n'aime pas
les humains. Ils n'apparaissent dans ses écrits théologiques que dans la mesure
où l'on peut les utiliser dans ses relations avec Dieu.
Et maintenant il est grand temps de répondre à la question que nous avons posée il y a longtemps: pourquoi un juste doit-il venir dans une ville, braver les gens et, finalement, pécher?
S'adonner à l'ascèse devant la Face de Dieu représente une voie ordinaire pour
se sauver et le fait que cet exploit s'effectue souvent dans le désert, loin du
regard des foules, prouve, une fois de plus, qu'on n'a pas besoin de témoins
pour la vivre. Mais si la doctrine chrétienne habituelle veut
que le salut après la mort soit obtenu par les efforts de tout une vie - dans
la théologie de Syméon la place centrale revient à l'Idée de la divination du
vivant de l'homme... L'homme qui a mérité de voir la lumière divine atteint à
l'impassibilité. Il est à noter que, selon la remarque d'un chercheur 20,
les écrits de Syméon ne permettent pas de comprendre si cette Impassibilité
représente le résultat des efforts ascétiques ou un don charismatique. Quoi
qu'il en soit, celui qui l'a atteinte n'est plus contraint confirmer sa
sainteté et on peut croire que ce don ne serait plus Jamais enlevé.
Mais, dorénavant, le "juste" lui-même veut avoir pour lui la confirmation qu'il est élu. En effet, les illuminations ne surviennent pas souvent et dans les intervalles la vie s'écoule suivant sa routine. Dieu n'aurait-il pas oublié son élu? "L'Impassible" chez Syméon est l'otage de son propre charisme. Il est rongé par un doute secret et constant de l'infini du don divin. Il l'éprouve comme s'il pressait sur une dent douloureuse.
Que "les sages de ce monde" pèsent avec leur balances d'apothicaires la mesure de sainteté; que Etienne de Nlcomédie s'efforce de pénétrer Dieu à l'aide de syllogismes -qu'est-ce que valent les critères terrestres du péché à côté de l'absolu? Le "juste" de Syméon tourne et retourne autour de l'interdit comme un papillon autour de la flamme: plus près, encore plus près... Et voici que le corps est en train de pécher, qu'il est déjà noyé dans les péchés, mais "l'impassible" demeure toujours Inébranlable...
Mais l'Infini n'est sondé que par l'Infini. Nous lisons: "Que le rayon de nos yeux matériels... n'est aucunement souillé..., aussi repoussant que soit l'objet aperçu..., de même également la pensée des saints, si elle vient à se pencher sur le bourbier des passions et des hontes humaines, n'en est pas souillée... SI (même) elle décide à l'occasion d'entreprendre l'examen de tels états elle le fait dans le seul but d'observer et de comprendre" (Eth. VI, 258-263, 265-267). Donc, "l'impassible" ne fait que jeter un coup d'oeil dans l'abîme des passions, tout en restant étranger. Mais cela, nous l'avons déjà vu; c'est son état habituel. En quoi alors s'en distingue "l'examen", celui auquel il se décide à l'occasion? Le contexte nous dit qu'il s'agit là de quelque chose de plus grand qu'un simple "coup d'oeil". Il s'agit certainement d'une expérience sur lui-même: le "juste" ne joue plus le rôle d'un pécheur, mais le devient, pas aux yeux des profanes, comme c'était avant, mais à ses propres yeux.
Il est vrai que Syméon justifie la nécessité de cet examen par les Intérêts de la guérison de ses enfants spirituels (Eth. VI, 269-328), comme il justifiait la fornication du père spirituel par l'indulgence pour les faiblesses humaines des autres (Cat. XX, 83-85). Mais c'est peu probable, même si Syméon lui-même croit en justifications telles de pareilles: dans son univers spirituel il n'y a pas de place pour l'aide aux autres et sa conception du salut est profondément individualiste 21. Ainsi toutes les expériences autour du péché et de l'impassibilité' ne sont qu'un jeu du "juste" mené directement avec Dieu.
Notons, tout en passant, qu'en réalité Syméon faisait ses expériences sur les
subordonnés; ainsi, une fois, il a ordonné à son disciple Arsène à manger de la
viande, malgré le carême. "Tout interdit de cet ordre, mais sachant que
désobéir est plus grave que de manger de la viande, Arsène fit une métanie, dit
son bénédicité, et commença à mâcher et, tout en pleurant, à manger sa
volaille. Quand le saint vit qu'il avait bien haché entre les dents la nourriture,
et qu'il allait l'envoyer dans son estomac: "Assez, lui dit il, crache
maintenant; comme tu es un goinfre, si tu te mets à manger, tout le pigeonnier
ne suffirait pas à te rassasier; retiens l'élan de ta gloutonnerie." (Vie,
p. 66-68). Cette scène, qui rappelé Dostoïevsky, montre parfaitement le
caractère sinistre de la curiosité de Syméon.
Mais si "l'impassible" est étranger aux normes terrestres, il n'empêche qu'il vit parmi les humains. Et il se trouve que Syméon ne peut pas envers leur jugement conserver l'indifférence qu'il a lui-même proclamée. Dans l'une de ses lettres, le Théologien exhorte son correspondant: "Pauvre homme malheureux, pourquoi ne vénères-tu pas ton père spirituel comme un apôtre de Christ? C'est, réponds-tu, que je ne vois pas qu'il suive les préceptes divins. - Ce n'est qu'une excuse vaine! Est-ce que tu respectes les commandements mieux que lui? Et même s'il en était ainsi, tu ne devrais pas le juger... Si le roi temporel t'avait envoyé le plus humble de ses serviteurs le plus bas placés, habillé de vêtements usés et pauvres, l'aurais-tu méprisé?"22 Le ton hésitant de la lettre témoigne que Syméon reconnaît la justesse des reproches de son correspondant: il a beau insister sur le fait que ce "va-nu-pieds" spirituel lui est envoyé par le roi céleste, il se rend compte qu'il n'est pas possible de le prouver.
Il faut sous-entendre l'hésitation dans passage où Syméon s'indigne de la
réaction de gens à l'égard du comportement provocateur des
"impassibles" \ "Si justement ils avaient bien su les livres
saints qu'ils lisent... tous les jours, ceux qui taxent de folie ces
(impassibles) et refusent de les croire lorsqu'ils enseignent les choses
divines dans la sagesse de l'Esprit". (Cent. 3, 87) Mais est-ce que ce
n'est pas Syméon lui-même qui maintes fois avait glorifié "la bêtise de ce
monde", laquelle, selon l'apôtre Paul, représente la sagesse véritable?
(Cf. Hymn. XXIV.82-83; XXXVI,17-18; Eth.I, 217-226; Cent. 3, 84-85; Cat. VI,
282-287, 300-307; XXVI, 96-97). En effet, cela est juste, mais, aux yeux de
laïcs, la bêtise n'est que la bêtise, et Syméon ne peut pas se détacher de ce
système d'appréciation.
Syméon est incapable de suivre jusqu'au bout l'idée charismatique, car alors il devrait rejeter la hiérarchie ecclésiastique et même les sacrements - à cela il ne pouvait quand même se résigner, et ici réside la différence entre lui et un fol-en-Christ lequel renie systématiquement toutes les conventions et toutes les institutions de ce monde, y compris l'Église. Mais, parmi les idéologues, lequel est assez audacieux pour agir en congruitè avec son idéologie? Pour le reste, on peut reconnaître Syméon en tant que fol-en-Christ: comme celui-ci, il agit en visionnaire; 11 hait tout bon sens et toute érudition; il épate le public; 11 est tenté par l'exhibitionisme et la provocation sexuelle. A la différence près que le fol-en-Chtlst est anonyme, il ne laisse pas d'écrits et par là il agit avec plus de logique que Syméon; cependant, c'est justement grâce à ce manque de logique que nous pouvons, à partir de l'exemple de Syméon, comprendre quelque chose d'important dans le phénomène de cette folie.
On est habitué à croire qu'un fou, par le dérèglement de sa conduite, stimule les gens à voir le monde autrement, et c'est incontestablement vrai, quoique ce ne soit pas totalement la vérité. Un fol-en-Christ, anachorète dans le passé, ne se souciait pas beaucoup d'instruire les gens; saint André le Salos dit: "ου γαρ εμοι σκοπος ώστε ελέγχειν και επιμαν τοις αμαρτωλοις, αλλα τρέχειν με την ευθειαν οδόν" 23. Salos était surtout préoccupé de ses relations avec Dieu, et il ne retourne pas en ville (ou pas seulement) parce qu'il fut pris du désir d'apporter "les lumières", mais pour compliquer sa tâche. Il voulut s'assurer que la perfection obtenue serait vraiment durable. "Il arrive, écrit Maxime le Confesseur, que les passions ne se manifestent pas faute de tentation"24. Pour Maxime et pour d'autres auteures (Nile Slnaïte, Ma l'Hermlte) qui voient dan3 "l'apathie" un idéal obtenu grâce à des efforts pénibles, cela signifie une vigilance infaibillible pour éviter les épreuves, mais pour celui qui a cru à sa propre "impassibilité", l'absence de tentation ne fait que diminuer la valeur du don divin. Plus forte est la tentation, et plus a de froids l'Impassibilité.
Nous sommes persuadés que le fol-en-Christ aurait raconté la même chose, s'il
avait parlé. Mais il ne s'adonne pas aux théories et on ne voit que côté
extérieur et provocant de sa conduite, alors que l'essentiel de sa provocation
est intériorisé.
Nous sommes convenus de Juger Syméon d'après les règles créées par lui-même et
nous pouvons constater que c'est justement selon ces règles qu'il s'inflige une
défaite foudroyante. Premièrement, il ne peut pas aller jusqu'au bout dans sa
négligence de l'opinion publique; deuxièmement, il n'a pas confiance en sa
propre qualité d'élu; enfin, il profane cette dernière; les deux premières
déductions ont été démontrées plus haut, il est temps maintenant d'examiner la
troisième.
Ainsi que nous l'avons déjà mentionné, Syméon en raison de son dévouement fanatique au culte de son maître, a été exilé. Selon Nicétas Stéphate, l'ennemi principal de Syméon était le synkellos Etienne de Nicomédie. C'était lui qui luttait contre le culte en question, c'était lui aussi qui menait une polémique acharnée avec Syméon sur des questions theologiques, et pouvait alors se croire victorieux, — et c'est à lui que Syméon a entreprls d'écrire une lettre dès qu'il arriva pour les lieux de son exil. îl a conçu cet envol et estime cette missive comme un remerciement. Syméon, selon les préceptes évangéliques, bénit son persécuteur, et remercie Etienne pour ses propres souffrances qui le rapprochent de Dieu. La lettre se termine par ces mots: "Toutes choses pour lesquelles je te rends grâces, et ne cesserai jamais de te rendre grâces et de prier pour toi. Au reste, si tu as encore quelque complément de joie et de gloire pour ceux qui t'aiment, n'hésite pas à le réaliser, pour multiplier ton salaire et rendre plus abondante ta récompense des mains de Dieu, l'auteur des lois que tu observes si bien. Salut" (Vie, p. 134). Le point le plus intéressant qui ressort de cette lettre, c'est ce qu'elle n'était pas conçue comme ironique. Rechercher ses souffrances et prier pour ses offenseurs représentait le conduite ordinaire d'un saint. Mais, d'une autre côté, chaque mot de cette lettre respire une haine ardente et évidemment Syméon ne pouvait pas compter qu'elle serait accueillie comme un exemple d'humilité chrétienne. Cet exemple montre bien comment la plus grande humiliation volontaire et le plus grand orgueil sont Inséparables dans l'âme de Syméon 25. Il se permet de ne pas distinguer ces deux sentiments en croyant qu'il obtiendra l'extase sacrée et en ne se rendant pas compte qu'il aboutira à la débauche. C'est ce qui représente la σαλότης, au niveau quotidien, donc dans l'acception actuelle du mot юродивый en russe.
Selon les "défenseurs" de Syméon "la plus grand partie de ses contradictions trouve son explication dans le caractère paradoxal et antinomique du mystère de christianisme"26, que sa position exprime l'opposition originelle des apôtres Jean et Pierre 27. Le plus important, pour nous, c'est de démontrer que les oppositions essentielles de Syméon sont ses propres oppositions à lui. Le christianisme ne craint pas son goût du paradoxe ontologique, mais en même temps il ne tient pas à attribuer à lui tout ce qui détonne — Syméon, au contraire, ne voit pas les éceuils de sa théologie tant qu'il ne s'y heurte pas; c'est alors qu'il perd contenance et se met en colère. Le christianisme, pour obtenir le salut, exige la concentration d'esprit, alors que Syméon volt dans "l'impassibilité" un don divin.
* * *
Celui qui voudrait placer l'absolu dans les limites de l'existence terrestre, se trouve alors devant des problèmes; il y a une tentation de juger l'absolu par les critères de la vie d'ici-bas. Ce retour prouverait qu'il a en lui-même le doute inconscient sur l'absolu — mais avec ça l'homme retournant dans le monde des humains se trouve dépourvu d'immunités terrestres. C'est pourquoi, en commençant par la sainteté', on finit par une bacchanale des péchés; ayant appris l'humiliation, on tombe dans l'orgueil; s'étant glorifié par la dévotion, on lance finalement le défi à Dieu lui-même.
NOTES
1 Miquel P. La conscience de la grâce selon Syméon le Nouveau Théologien // Irénikon 42, 1969. P. 335.
2 Loos M. Courant mystique et courant hérétique dans la société byzantine // JÔB 32, 2, 1982. P. 238.
3 Rigo A. Monaci esicasti e monaci bogomili. Firenze, 1989. P. 203.
4 Les références sur les oeuvres de Syméon sont données dans le texte avec abbréviations suivantes: Cat.= Syméon le Nouveau Théologien, Cathéchèses. T. I—III. Éd. par B. Krivcchéine et J. Paramelle. Paris, 1963-1965; Eth. = Traités Théologiques et éthiques. T.I. Ed. par J. Darrouzès. Paris, 1966; Hymn. = Hymnes. T. I—II. Éd. par J. Koder, J. Paramelle. Paris, 1967; Vie = Vie de Syméon le Nouveau Théologien par Nicétas Stéphatos. Ed. par I.Hausherr. Roma, 1928.
5 Rozenthal-Kamarinea 1. Symeon Studites, ein heiliger Narr // Acten des XI Internationalen Byzantinistenkongresses. Munchen, 1960. S. 515-520.
6 H. Graef insiste sur le fait que Syméon aimait son père spirituel "whatever the older man's shortcomings" (Graef H. The Spiritual Director in the Thought of Symeon the New Theologian // Kyriakon. Festschrift J. Quasten. II. Munster, 1970. P. 609).
7 Cf.: Spidlik Th. La spiritualité de l'Orient chrétien. I. Roma, 1978. P. 261-270; Bardy G. Apatheia // Dictionnaire de la spiritualité. I. Paris, 1937. P. 733-744; Volker W. Praxis und Theoria bei Symeon dem Neuen Theologen. Wiesbaden. 1974. S. 269-270.
8 Evagre le Pontique. Traité pratique. II. Paris, 1971. P. 702. Cf. PG. 40, col. 1111-1112; PG. 65, col. 153, 392, 296, 340.
9 Vasilij Krivochéine. Prepodobnij Simeon Novyj Bogoslov. Paris, 1980. P.
320-321.
10 Ibid.
11 Turner H.J.M. St. Symeon the New Theologian and Spiritual Fatherhood. Leiden, 1990. P. 212.
12 Traités théologiques et éthiques. Ed., trad. J.Darrouzès. I. Paris, 1966. P. 135.
13 Vasilij Krivochéine. 0p. cit. P. 318.
14 Centuries... P. 176-177.
15 Vasilij Krivochéine. Op. cit. P. 329.
16 Ibid.
17 Cf. Hymn. XVIII, 149-160.
18 Si nous faisons abstraction de la doctrine théologique de Syméon et si nous nous adressons à sa personnalité, nous pouvons supposer qu'il était un eunuque (cf. Koder J. Normale Mônche und Enthusiasten. Das Fall des Symeons Neos Theologos // Religiose Devianz. Frankfurt/Main, 1990. S. 99); en tout cas, le titre du spatharocubiculaire qui lui avait été attribué revenait d'habitude justement aux eunuques. Alors, il serait inutile de parler de la fornication comme telle. D'autre part, sur les tortures subies par un homme qui a été châtré, mais pas "tout-à-fait", voir: Laurent V. La Vie de Jean, Métropolite d'Héraclée du Pont // Archeion Pontou. 6. 1934. P. 36. Donc, au niveau d'indées ordinaires, il est possible d'interpréter l'érotisme des visions divines de Syméon, comme une sorte de sublimation (cf. Vie. P. 24).
19 Vasilij Krivochéine. Op. cit. P. 331.
20 Fraigneau-Julien B. Les Sens spirituels et la Vision de Dieu selon Syméon le Nouveau Théologien. Paris, 1985. P. 138.
21 Kazhdan A.P. Predvaritelnye zametchanija o mirovozzrenii vizantijskogo mistika X-XI vv. Simeona // Byzantinoslavica XXVIII. 1967. P. 12-13, 19-22, 38.
22 La version originale de cette lettre ne pas été publiée; nous avons utilisé la traduction néogrecque: Του οσίου Συμεών... μεταφρ. Δ. Ζαγοραίου. Ι. Συρω, 1886. S. 80.
23 Vita s. Andreae Sali. PG. 111. Col. 700.
24 Maximi Confessoris Centuriae. III. 78.
25 Kazhdan A. Op. cit. P. 30. Cf. Vie, p. LXVII.
26 Vasilij Krivochéine. Op. cit. P. 178.
27 Bergeron H. Le Sens de la Lumière chez Syméon le Nouveau Théologien // Contacts. 38. 1986. P.
26. Cf. Biedermann H. Das
Menschenbild bei Symeon dem Jungeren dem Theologen. Wurzburg, 1949. S. 74-76.
СИМЕОН НОВЫЙ БОГОСЛОВ КАК ЮРОДИВЫЙ
Резюме
В статье анализируется творчество и личность крупнейшего византийского мистика Симеона Нового Богослова (949-1022).
На первый взгляд, нет ничего более далекого от облика Симеона, чем юродство: он был видной общественной фигурой, а юродивый принципиально безвестен; Симеон много лет игуменствовал, а юродивый всегда держится в стороне от церкви; Симеон неизменно суров и неприступен, а юродивый назойлив и нагл. Наконец, Новый Богослов и сам совершенно недвусмысленно высказывается против юродства (Кат. XXVIII, 369-379).
Все это правда — но это не вся правда. Учение Симеона состояло в том, что истинные Божьи избранники, так наз. "бесстрастные", не обязаны подчиняться правилам, выработанным для обычных христиан. Богоизбранность этих праведников — харизматический дар, он ниспосылается не за добродетель. Подобная логика неизбежно приводит симеонова праведника к желанию проверить степень собственного "бесстрастия". Оно испытывается грехом.
Но тот же импульс движит и юродивым: он хочет доказать себе и другим, что святость есть не столько высшая ступенька на лестнице благонравия, сколько совершенно особое состояние души, приобретаемое не благодаря добродетелям, а вопреки грехам.
Это доктринальное сходство выходит на поверхность, когда Симеон начинает
"юродствовать" в том бытовом смысле, в котором это слово
употребляется в русском языке сегодня.
S. A. Ivanov
SOURCE : http://ec-dejavu.net/j/Symeon_New_Theologian.html
Saint Syméon le Nouveau
Théologien (949-1022)
«Le royaume des cieux est
déjà ici»
La tradition donna à saint Syméon (949-1022) le surnom de « nouveau théologien », c'est-à-dire le « nouveau saint Jean l'évangéliste », pour souligner l'élévation spirituelle de son enseignement. Jeune courtisan à Constantinople, il avait rapidement choisi la vie monastique et devint assez vite higoumène. Ses écrits provoquèrent l'hostilité de prélats mondains mais aussi la méfiance des autorités de l'Église et il mourut en exil, entouré d'ailleurs de nombreux disciples qui l'y avaient accompagné.
Les extraits présentés ici constituent un des points principaux de l'enseignement de saint Syméon mais n'ont pas besoin d'une longue présentation. La phrase « les biens éternels sont entre tes mains » n'est pas de simple rhétorique mais formule une vérité fondamentale. La vie terrestre du chrétien consiste à concrétiser cette réalité. La grâce reçue au baptême et renouvelée par la pratique de l'eucharistie en est le moyen essentiel. Voila pourquoi ces deux sacrements sont, ci-dessous, cités ou bien évoqués ensemble. Cela invite à réfléchir sur le fait qu'il existe, bien sûr, la théologie des sept sacrements (encore que certains y ajoutent un huitième : la profession monastique), mais que pour bien des Pères et des théologiens baptême et eucharistie sont à mettre à part et d'une certaine manière au-dessus des autres sacrements, et ceci pour les raisons que nous venons de voir.
Pour saint Syméon l'effort humain (on pourrait dire la part personnelle du
processus de divinisation, car c'est bien de cela qu'il s'agit ici) ne consiste
donc pas forcément à réaliser des « exploits » ascétiques, mais à
pratiquer la tempérance (c'est-à-dire la maîtrise de sa volonté et de ses
désirs) et à suivre en tout point la volonté divine, ce qui est déjà fort
difficile....
Michel Feuillebois
Tu as donc appris, mon ami, que le royaume des cieux est intérieur à toi, si tu le veux, et que tous les biens éternels sont dans tes mains. Empresse-toi donc de voir, de saisir et d'obtenir en toi les biens tenus en réserve et prends garde en t'imaginant les posséder de ne pas être privé de tout ; gémis, prosterne-toi ; comme l'aveugle autrefois (Lc 18, 35 s.), dis maintenant, toi aussi :
« Aie pitié de moi, Fils de Dieu, et ouvre-moi les yeux de l'âme, afin que je voie la lumière du monde que tu es, Dieu, et que je devienne moi aussi fils du jour divin. Envoie le consolateur, ô clément, sur moi aussi, afin qu'il m'enseigne lui-même ce qui te concerne et ce qui est tien, ô Dieu de l'univers. Reste, comme tu l'as dit, en moi aussi, afin que je devienne à mon tour digne de rester en toi et que sciemment j'entre alors en toi et que sciemment je te possède en moi. Daigne, ô invisible, prendre forme en moi, afin qu'en voyant ta beauté inaccessible, je porte ton image, ô céleste, et que j'oublie toutes les choses visibles. Donne-moi la gloire que t'a donnée, ô miséricordieux, le Père, afin que, semblable à toi comme tous tes serviteurs, je devienne dieu selon la grâce et que je sois avec toi continuellement, maintenant et toujours et pour les siècles sans fin. »
Oui, mon frère bien-aimé, crois et sois persuadé qu'il en est ainsi et que telle est notre foi. C'est en cela que consiste - crois-le, frère - de renaître, d'être rénové et de vivre dans le Christ. Nous étions morts et nous revenons à la vie ; corruptibles, et nous passons à l'incorruptibilité ; mortels, et nous sommes transportés dans l'immortalité ; terrestres, et nous devenons célestes ; charnels nés de la chair, et nous devenons spirituels, engendrés et créés à nouveau par l'Esprit-Saint.
Voilà donc ce qu'est la nouvelle création dans le Christ. Voilà ce qui s'accomplit et se réalise chaque jour chez les fidèles et les élus véritables. Ils communient à tous ces biens partiellement tant qu'ils sont dans le corps, et ils le font de manière consciente. De plus, ils espèrent aussi les recevoir en héritage après la mort, en toute plénitude et certitude.
En effet, si l'on nous enseigne sans cesse que nous mangeons et buvons le Christ, que nous le revêtons, que nous le voyons et qu'en retour il nous voit : si, encore, nous savons que nous le possédons en nous et que nous, de notre côté, nous demeurons en lui, en sorte qu'il est en nous à demeure et que nous sommes de notre côté à demeure en lui : si, en outre, nous devenons ses enfants et lui notre père, s'il est la lumière qui brille dans les ténèbres et si nous disons que nous le voyons selon la parole : « Le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière » (Is 9, 1), alors, s'il nous arrivait de dire que cela ne se produit nullement en nous, ou que cela se produit bien, mais de manière mystérieuse et insensible, sans que nous en sachions rien, en quoi sommes-nous différents de cadavres ?
Oh non ! Ne nous laissons pas aller nous-mêmes à l'incrédulité jusqu'à
descendre dans un abîme de perdition ; et même si jusqu'ici vous n'avez
pas eu l'espoir d'acquérir de pareils biens et que, pour cela, vous n'avez rien
demandé, à présent du moins, après avoir tout d'abord cru à la réalité de ces
biens et à leur conformité avec les divines Écritures, soyez pleinement assurés
que dès ici-bas, consciemment, nous est donné à nous, les fidèles, le sceau du
Saint-Esprit. Ayant cru, courez alors pour atteindre le but ; luttez, mais
non en battant l'air ; de plus, « demandez et on vous donnera,
frappez et l'on vous ouvrira » (Mt 7, 7), soit ici-bas, soit dans le
siècle à venir.
Une rencontre éblouissante
Ce lui qui pratique en tout la tempérance et habitue son âme à ne pas s'égarer hors de l'ordre, à ne rien faire par sa volonté propre de ce qui déplaît à Dieu, et qui s'applique ardemment tout entier à suivre les commandements divins, celui-là se trouvera bientôt enveloppé lui-même dans les préceptes de Dieu.
Qu'il rencontre le Seigneur et, oubliant alors toute autre activité, il sera
dans le ravissement et, prosterné, il n'aura d'autre désir que de le voir.
Qu'il le perde des yeux, perplexe alors, il reprend sa route à partir du début
et court plus fort, plus énergiquement et plus sûrement. Il regarde à ses
pieds, il marche avec attention ; la mémoire brûle, le désir flambe,
l'espérance s'enflamme de le voir de nouveau ; et lorsqu'une longue course
l'a laissé sans force loin du but qu'il n'a pu atteindre, complètement abattu
et incapable d'avancer, c'est alors qu'il aperçoit celui qu'il poursuit ; il
atteint celui qui le fuit, saisit celui qu'il désire ; il se fond dans la
lumière, il goûte à la vie, il étreint l'immortalité, il entre dans une
jouissance délicieuse, il monte au troisième ciel (2Co 12, 2-4), il est ravi au
paradis, il entend des paroles indicibles, il pénètre dans la chambre nuptiale,
il voit l'époux, il participe au mariage spirituel, il se rassasie de la coupe
mystique, du veau gras, du pain vivifiant, du breuvage de vie, de l'agneau
immaculé, de la manne intelligible : il entre en jouissance de tous ces
biens que les puissances angéliques elles-mêmes n'osent pas regarder librement
en face.
Fils de Lumière
Si quelqu'un disait que chacun de nous, fidèles, reçoit et possède l'Esprit sans en avoir connaissance ni conscience, il blasphème en faisant mentir le Christ qui a dit : « En lui se produira une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 14) et encore : « Celui qui croit en moi, des fleuves couleront de son sein en eau vive » (Jn 7, 38). Si la source jaillit, certainement aussi le fleuve qui sort et qui s'écoule est aperçu de ceux qui le regardent ; mais si tout cela se réalise en nous à notre insu, sans que nous en ressentions rien, il est bien évident que nous n'aurons pas non plus la moindre conscience de la vie éternelle qui en découle et qui demeure en nous, et que nous ne contemplerons pas la lumière de l'Esprit-Saint. Au contraire, nous resterons morts, aveugles et insensibles, alors aussi bien que maintenant. Ainsi, vaine serait notre espérance et notre course inutile, puisque nous sommes dans la mort et que nous ne prenons pas conscience de la vie éternelle.
Mais il n'en est pas ainsi, pas du tout, et ce que j'ai dit bien des fois, je le dirai encore, et ne cesserai de le dire. Lumière est le Père, lumière le Fils, lumière l'Esprit-Saint : lumière unique, intemporelle, sans division ni confusion, éternelle, incréée, sans quantité ni défaut, invisible, que nul homme n'a pu contempler avant d'être purifié, ni recevoir avant de l'avoir contemplée.
Quant à ceux qui prétendent la connaître et avouent cependant ne pas apercevoir la lumière de la divinité, voici ce que le Christ leur dit : « Si vous m'aviez connu, c'est comme lumière que vous m'auriez connu ; car la lumière du monde, en réalité, c'est moi » (Jn 8, 12). Malheur donc à ceux qui disent : « Quand viendra le jour du Seigneur ? » et qui ne font aucun effort pour le saisir. Car chez les fidèles l'avènement du Seigneur s'est déjà produit et se produit sans cesse.
Nous ne sommes pas fils de ténèbres ni fils de la nuit, pour que la lumière nous surprenne, mais fils de lumière et fils du jour du Seigneur. C'est pourquoi, soit que nous vivions, nous sommes dans le Seigneur, soit que nous mourions, en lui et avec lui nous vivrons, comme dit Paul (Rm 14,8 ; 1Th 5, 10). Dieu est tout à la fois siècle futur, jour sans déclin et royaume des cieux, terre des doux et divin paradis.
Tout cela et bien plus que cela, le Christ le deviendra pour ceux qui croient en lui, et pas seulement dans le siècle à venir, mais d'abord dans la vie présente. Bien qu'ici-bas ce soit de manière obscure, les fidèles voient nettement et reçoivent dès à présent les prémices de tout ce qu'ils auront là-bas. Nous le recevons en pleine connaissance et conscience de l'âme, pourvu que notre foi ne soit pas de mauvais aloi, ni notre pratique des commandements divins déficiente.
Pour le corps nous n'en sommes pas encore là, mais après la résurrection, notre corps lui-même sera spirituel. Comme celui-là qui par sa puissance divine a mué le sien et l'a ressuscité du tombeau, ainsi nous tous, nous le reprendrons spirituel ; et nous qui lui étions auparavant assimilés par notre âme, nous lui serons alors assimilés à la fois par l'âme et le corps : hommes par nature, dieux par grâce, comme lui-même Dieu par nature a pris forme d'homme par sa bonté.
Bienheureux donc ceux qui ont reçu le Christ venu comme lumière dans les ténèbres, car ils sont devenus fils de lumière et du jour. Bienheureux ceux qui chaque jour se nourrissent du Christ, avec cette contemplation et connaissance, comme le prophète Isaïe, du charbon ardent (Is 6, 6), car ils seront purifiés de toute souillure de l'âme et du corps.
Bienheureux ceux qui vivent en permanence dans la lumière du Christ, car maintenant comme pour les siècles ils sont ses frères et cohéritiers et le seront à jamais. Bienheureux ceux qui à présent ont allumé la lumière dans leur cœur et ne l'ont pas laissée s'éteindre, car au sortir de cette vie ils iront avec éclat au-devant de l'époux et entreront avec lui dans la chambre nuptiale en portant les flambeaux. Bienheureux ceux qui voient leur vêtement briller, comme si c'était le Christ, car ils seront comblés à toute heure d'une joie ineffable ; et, dans leur saisissement, ils pleureront de bonheur devant cette preuve qu'eux-mêmes sont déjà fils et bénéficiaires de la résurrection.
Traités théologiques et éthique Cerf, « Sources Chrétiennes » n° 156,
traduction p. J. Darrouzès
Prière Mystique
Tu m'as réveillé de ton
souffle divin
Tu m'as séduit par ta
beauté,
Par ton amour tu m'as
blessé
Tu m'as transformé du
tout au tout
Je vis ton visage et
j'eus peur
Quelque doux et
accessible qu'il m'apparut
Mais devant ta beauté je
m'extasiai
Et je fus frappé de
stupeur, ô Trinité mon Dieu !
Identiques sont les
traits en chacun des Trois
Et les Trois sont un
unique visage, mon Dieu
Qui a nom l'Esprit, le
Dieu de l'univers
...et Toi, ô mon Dieu, tu
m'enlaçais davantage
tu m'embrassais davantage
Davantage tu me serrais
dans tes bras !
Dans le sein de ta
gloire, ô mon Dieu
Dans la frange de ton
manteau
Tu m'attirais tout entier
Tu me couvrais de ta
lumière !
Ô profondeur de tes
mystères
Ô sublimité de ta gloire
Ô ascension, ô
divinisation, ô richesse
Ô éclat indicible de tes
paroles
Mystères dont ceux qui
les voient
Ne peuvent saisir la
beauté !
Syméon le Nouveau
Théologien
Cet article est
paru en décembre 2009 dans le numéro 378 du Bulletin
de la Crypte
SOURCE : http://www.crypte.fr/patrologie/symeon378.html
Miniature
byzantine du XIe siècle représentant l'arrivée de Syméon
au monastère de Stoudion, Ménologe de Basile II.
XI
th-century Byzantine miniature representing en:Studion Monastery. Menologion of Basil II
Simeon the New Theologian
Born in Paphlagonia, 949; died at Constantinople, 1022. Saint Simeon is venerated by the Orthodox Church at Constantinople, where he was raised. He was a monk of the Studius who migrated to St. Mamas Monastery in such of a more austere life. He become its abbot and ruled for 25 years. His strictness was met with animosity, so he organized a new community. In Saint Simeon, Byzantine mysticism reached its peak; he followed the spiritual tradition of Saint John Climacus and Saint Maximus the Confessor. Recently his writings have generated interest among Western students (samples can be found in E. Kadloubovsky and G. E. H. Palmer's Writings from the Philokalia (1951)). Simeon is called the "new" theologian to indicate his place in the Orthodox Church as a successor to Saint John the Evangelist and Saint Gregory of Nazianzus (Attwater).
SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0312.shtml
BENEDICT XVI
GENERAL AUDIENCE
Paul VI Audience Hall
Wednesday, 16 September
2009
Symeon the New Theologian
Dear brothers and
sisters,
Today we pause to reflect
on an Eastern monk, Symeon the New Theologian, whose writings have had a
notable influence on the theology and spirituality of the East, in particular
with regard to the experience of mystical union with God. Symeon the New Theologian
was born in 949 in Galatai, Paphlagonia, in Asia Minor, into a provincial noble
family. While he was still young he moved to Constantinople to complete his
education and enter the Emperor's service. However, he did not feel attracted
by the civil career that awaited him. Under the influence of the inner
illumination he was experiencing, he set out in search of someone who would
guide him in the period of doubt and perplexity he was living through and help
him advance on the path of union with God. He found this spiritual guide in
Symeon the Pious (Eulabes), a simple monk of the Studios in
Constantinople who advised him to read Mark the Monk's treatise, The
Spiritual Law. Symeon the New Theologian found in this text a teaching that
made a deep impression on him: "If you seek spiritual healing, be
attentive to your conscience,"he read in it. "Do all that it tells
you and you will find what serves you". From that very moment, he himself
says, he never went to sleep without first asking himself whether his conscience
had anything with which to reproach him.
Symeon entered the
Studite monastery where, however, his mystical experiences and extraordinary
devotion to his spiritual father caused him some difficulty. He moved to the
small convent of St Mamas, also in Constantinople, of which three years
later he became abbot, hegumen. There he embarked on an intense quest for
spiritual union with Christ which gave him great authority. It is interesting
to note that he was given the title of the "New Theologian", in spite
of the tradition that reserved this title for two figures, John the Evangelist
and Gregory of Nazianzus. Symeon suffered misunderstandings and exile but was
rehabilitated by Patriarch Sergius II of Constantinople.
Symeon the New Theologian
spent the last stage of his life at the Monastery of St Marina where he wrote a
large part of his opus, becoming ever more famous for his teaching and his
miracles. He died on 12 March 1022.
The best known of his
disciples, Niceta Stethatos, who collected and copied Symeon's writings,
compiled a posthumous edition of them and subsequently wrote his biography.
Symeon's opus consists of nine volumes that are divided into theological,
gnostic and practical chapters, three books of catecheses addressed to monks, two
books of theological and ethical treatises and one of hymns.
Moreover, his numerous Letters should not be forgotten. All these
works have had an important place in the Eastern monastic tradition to our day.
Symeon focused his
reflection on the Holy Spirit's presence in the baptized and on the awareness
they must have of this spiritual reality. "Christian life", he
emphasized, "is intimate, personal communion with God, divine grace
illumines the believer's heart and leads him to a mystical vision of the
Lord". Along these lines, Symeon the New Theologian insisted that true
knowledge of God does not come from books but rather from spiritual experience,
from spiritual life. Knowledge of God is born from a process of inner
purification that begins with conversion of heart through the power of faith
and love. It passes through profound repentance and sincere sorrow for one's
sins to attain union with Christ, the source of joy and peace, suffused with
the light of his presence within us. For Symeon this experience of divine grace
did not constitute an exceptional gift for a few mystics but rather was the
fruit of Baptism in the life of every seriously committed believer.
A point on which to
reflect, dear brothers and sisters! This holy Eastern monk calls us all to pay
attention to our spiritual life, to the hidden presence of God within us, to
the sincerity of the conscience and to purification, to conversion of heart, so
that the Holy Spirit may really become present in us and guide us. Indeed, if
rightly we are concerned to care for our physical, human and intellectual
development, it is even more important not to neglect our inner growth. This
consists in the knowledge of God, in true knowledge, not only learned from
books but from within and in communion with God, to experience his help at
every moment and in every circumstance. Basically it is this that Symeon
describes when he recounts his own mystical experience. Already as a young man,
before entering the monastery, while at home one night immersed in prayer and invoking
God's help to fight temptations, he saw the room fill with light. Later, when
he entered the monastery, he was given spiritual books for instruction but
reading them did not procure for him the peace that he sought. He felt, he
himself says, as if he were a poor little bird without wings. He humbly
accepted this situation without rebelling and it was then that his visions of
light began once again to increase. Wishing to assure himself of their
authenticity, Symeon asked Christ directly: "Lord, is it truly you who are
here?". He heard the affirmative answer resonating in his heart and was
supremely comforted. "That, Lord", he was to write later, "was
the first time that you considered me, a prodigal son, worthy of hearing your
voice". However, not even this revelation left him entirely at peace. He
wondered, rather, whether he ought to consider that experience an illusion. At
last, one day an event occurred that was crucial to his mystical experience. He
began to feel like "a poor man who loves his brethren" (ptochós
philádelphos). Around him he saw hordes of enemies bent on ensnaring him and
doing him harm, yet he felt within an intense surge of love for them. How can
this be explained? Obviously, such great love could not come from within him but
must well up from another source. Symeon realized that it was coming from
Christ present within him and everything became clear: he had a sure proof that
the source of love in him was Christ's presence. He was certain that having in
ourselves a love that exceeds our personal intentions suggests that the source
of love is in us. Thus we can say on the one hand that if we are without a
certain openness to love Christ does not enter us, and on the other, that
Christ becomes a source of love and transforms us. Dear friends, this
experience remains particularly important for us today if we are to find the
criteria that tell us whether we are truly close to God, whether God exists and
dwells in us. God's love develops in us if we stay united to him with prayer
and with listening to his word, with an open heart. Divine love alone prompts
us to open our hearts to others and makes us sensitive to their needs, bringing
us to consider everyone as brothers and sisters and inviting us to respond to
hatred with love and to offence with forgiveness.
In thinking about this
figure of Symeon the New Theologian, we may note a further element of his
spirituality. On the path of ascetic life which he proposed and took, the
monk's intense attention and concentration on the inner experience conferred an
essential importance on the spiritual father of the monastery. The same young
Symeon, as has been said, had found a spiritual director who gave him
substantial help and whom he continued to hold in the greatest esteem such as
to profess veneration for him, even in public, after his death. And I would
like to say that the invitation to have recourse to a good spiritual father who
can guide every individual to profound knowledge of himself and lead him to
union with the Lord so that his life may be in ever closer conformity with the
Gospel still applies for all priests, consecrated and lay people, and
especially youth. To go towards the Lord we always need a guide, a dialogue. We
cannot do it with our thoughts alone. And this is also the meaning of the
ecclesiality of our faith, of finding this guide.
To conclude, we may sum
up the teaching and mystical experience of Symeon the New Theologian in these
words: in his ceaseless quest for God, even amidst the difficulties he
encountered and the criticism of which he was the object, in the end he let
himself be guided by love. He himself was able to live and teach his monks that
for every disciple of Jesus the essential is to grow in love; thus we grow in
the knowledge of Christ himself, to be able to say with St Paul: "It is no
longer I who live, but Christ who lives in me" (Gal 2: 20).
To special groups
Dear Brothers and
Sisters,
I am pleased to welcome
all the English-speaking pilgrims here this morning, including the priests and
brothers of the Society of Mary gathered in Rome for their chapter, and the
various schools and university groups present. Upon you all, I willingly invoke
God's abundant graces.
I now address my greeting
to the young people, the sick and the newlyweds. Yesterday we commemorated Our
Lady of Sorrows, who stood beneath the cross with faith. Dear young people; do
not be afraid to stand like Mary beside the Cross, to find the courage to
overcome every obstacle in your life. and you, dear sick people, may you find
in Mary comfort and support for learning from the Crucified Lord the saving
value of suffering. May you, dear newlyweds, in difficult moments turn with
trust to Our lady of Sorrows, who will help you face them with her motherly
intercession.
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
SOURCE : https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/en/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090916.html
Venerable Simeon the New
Theologian
Commemorated on March
12
Saint Simeon the New
Theologian was born in the year 949 in the city of Galatea (Paphlagonia), and
he was educated at Constantinople. His father prepared him for a career at
court, and for a certain while the youth occupied a high position at the
imperial court. When he was fourteen, he met the renowned Elder Simeon the
Pious at the Studion Monastery, who would be a major influence in his spiritual
development. He remained in the world for several years preparing himself for
the monastic life under the Elder’s guidance, and finally entered the monastery
at the age of twenty-seven.
Saint Simeon the Pious
recommended to the young man the writings of Saint Mark the Ascetic (March 5)
and other spiritual writers. He read these books attentively and tried to put
into practice what he read. Three points made by Saint Mark in his work “On the
Spiritual Law” (see Vol. I of the English PHILOKALIA) particularly impressed
him. First, you should listen to your conscience and do what it tells you if
you wish your soul to be healed (PHILOKALIA, p. 115). Second, only by
fulfilling the commandments can one obtain the activity of the Holy Spirit.
Thirdly, one who prays only with the body and without spiritual knowledge is
like the blind man who cried out, “Son of David, have mercy upon me (Luke
18:38) (PHILOKALIA, p. 111). When the blind man received his sight, however, he
called Christ the Son of God (John 9:38).
Saint Simeon was wounded
with a love for spiritual beauty, and tried to acquire it. In addition to the
Rule given him by his Elder, his conscience told him to add a few more Psalms
and prostrations, and to repeat constantly, “Lord Jesus Christ, have mercy upon
me.” Naturally, he heeded his conscience.
Durint the day, he cared
for the needs of people living in the palace of Patricius. At night, his
prayers grew longer and he remained praying until midnight. Once, as he was
praying in this way, a most brilliant divine radiance descended upon him and
filled the room. He saw nothing but light all around him, and he was not even
aware of the ground beneath his feet.
It seemed to him that he
himself became light. Then his mind rose upward to the heavens, and he saw a
second light brighter than the light which surrounded him. Then, on the edge of
this second light, he seemed to see Saint Simeon the Pious, who had given him
Saint Mark the Ascetic to read.
Seven years after this
vision, Saint Simeon entered the monastery. There he increased his fasting and
vigilance, and learned to renounce his own will.
The Enemy of our
salvation stirred up the brethren of the monastery against Saint Simeon, who
was indifferent to the praises or reproaches of others. Because of the
increased discontent in the monastery, Saint Simeon was sent to the Monastery
of Saint Mamas in Constantinople.
There he was tonsured
into the monastic schema, and increased his spiritual struggles. He attained to
a high spiritual level, and increased his knowledge of spiritual things through
reading the Holy Scriptures and the writings of the Fathers, as well as in
conversation with holy Elders.
Around the year 980,
Saint Simeon was made igumen of the monastery of Saint Mamas and continued in
this office for twenty-five years. He repaired and restored the monastery,
which had suffered from neglect, and also brought order to the life of the
monks.
The strict monastic
discipline, for which Saint Simeon strove, led to great dissatisfaction among
the brethren. Once, after Liturgy, some of the monks attacked him and nearly
killed him. When the Patriarch of Constantinople expelled them from the
monastery and wanted to hand them over to the civil authorities, Saint Simeon
asked that they be treated with leniency and be permitted to live in the world.
About the year 1005,
Saint Simeon resigned his position as igumen in favor of Arsenius, while he
himself settled near the monastery in peace. There he composed his theological
works, portions of which appear in the PHILOKALIA.
The chief theme of his
works is the hidden activity of spiritual perfection, and the struggle against
the passions and sinful thoughts. He wrote instructions for monks: “Theological
and Practical Chapters,” “A Treatise on the Three Methods of Prayer,” (in Vol.
IV of the English PHILOKALIA) and “A Treatise on Faith.” Moreover, Saint Simeon
was an outstanding church poet. He also wrote “Hymns of Divine Love,” about seventy
poems filled with profound prayerful meditations.
The sublime teachings of
Saint Simeon about the mysteries of mental prayer and spiritual struggle have
earned him the title “the New Theologian.” These teachings were not the
invention of Saint Simeon, but they had merely been forgotten over time.
Some of these teachings
seemed unacceptable and strange to his contemporaries. This led to conflict
with Constantinople’s church authorities, and Saint Simeon was banished from
the city. He withdrew across the Bosphorus and settled in the ancient monastery
of Saint Makrina.
The saint peacefully fell
asleep in the Lord in the year 1021. During his life he received the gift of
working miracles. Numerous miracles also took place after his death; one of
them was the miraculous discovery of his icon.
His Life was written by
his cell-attendant and disciple, Saint Nicetas Stethatos.
Since March 12 falls
during Great Lent, Saint Simeon’s Feast is transfered to October 12.
SOURCE : https://oca.org/saints/lives/2017/03/12/100790-venerable-simeon-the-new-theologian
Syméon le Nouveau Théologien, icône orthodoxe.
San Simeone il Nuovo
Teologo Abate
Galati, Paflagonia, 949 -
Palukiton, Bosforo, 12 marzo 1022
Simeone fu educato alla
corte di Costantino Porfirogeneto. Nel 977 entrò nel monastero studita per
mettersi sotto la guida di Simeone Eulabis, il Pio. Un anno dopo entrò nel
monastero di San Mamos, sotto la disciplina dell’Igumenos Antonio cui successe
nella carica di superiore. Non ebbe facile vita nel monastero, la sua fedeltà
intransigente, la sua dottrina coerente e coraggiosa lo posero in contrasto con
le autorità ecclesiastiche, nel 1009 fu condannato dal Santo Sinodo all’esilio.
Egli sosteneva che il cristiano non sviluppa pienamente la grazia del Battesimo
fintanto che non arrivi alla coscienza della presenza dello Spirito Santo e non
veda la luce gloriosa di Dio. Senza questa maturazione interiore è temerario
fondare la propria azione cristiana nel Battesimo ed esercitare, qualora uno
sia prete o vescovo, il potere di sciogliere e legare. Sbarcato a
Crysopoli, restaurò un antico romitaggio dedicato a Santa Marina, fu raggiunto
da un piccolo numero di discepoli.
Etimologia: Simeone = Dio
ha esaudito, dall'ebraico
Simeone nacque nel 949 a Galati in Paflagonia da una ricca famiglia e fu educato alla corte dell’imperatore Costantino VII Porfirogeneto. Dal 977 lasciò tutti i suoi beni ed entrò nel monastero studita, per porsi sotto la valida guida di Simeone Eulabis, detto il Pio. Un anno dopo entrò nel monastero di San Mamos, guidato dall’Igumenos Antonio, al quale fu poi chiamato a succedere nella carica di superiore. Non ebbe facile vita in questo monastero: la sua fedeltà intransigente, la sua dottrina coerente e coraggiosa lo posero ben presto in contrasto con le autorità ecclesiastiche e nel 1009 venne condannato all’esilio dal Santo Sinodo.
Egli sosteneva che il cristiano non sviluppa pienamente la grazia del Battesimo fintanto che non arrivi alla coscienza della presenza dello Spirito Santo e non veda la luce gloriosa di Dio. Senza questa maturazione interiore è temerario fondare la propria azione cristiana nel Battesimo ed esercitare, qualora uno sia prete o vescovo, il potere di sciogliere e legare. Sbarcato a Crysopoli, restaurò un antico romitaggio dedicato a Santa Marina, ove fu raggiunto da un piccolo numero di discepoli. Morì il 12 marzo 1022 presso Palukiton, sul Bosforo.
Purtroppo solamente da un secolo la Chiesa d’Occidente è grado di accedere alla
lettura delle sue opere. Celeberrimo invece da sempre nella Chiese d’Oriente,
specialemente ortodosse, San Simeone il Nuovo Teologo è considerato non a torto
uno dei più grandi mistici dell’epoca bizantina post-patristica. Recente è la
pubblicazione in Italia delle Catechesi attribuite al santo, nonché la sua
autobiografia mistica, intitolata “Inni e preghiere”, una raccolta di versi di
altissima levatura teologica e mistica attraverso cui San Simeone si racconta,
si scrive, si dice, lascia qualcosa di sé.
INVOCAZIONE ALLO SPIRITO SANTO di San Simeone il Nuovo Teologo
Autore: Fabio Arduino
SOURCE : http://www.santiebeati.it/dettaglio/44850
BENEDETTO XVI
UDIENZA GENERALE
Aula Paolo VI
Mercoledì, 16 settembre
2009
Simeone il Nuovo Teologo
Cari fratelli e sorelle,
quest’oggi ci fermiamo a
riflettere sulla figura di un monaco orientale, Simeone il Nuovo Teologo, i cui
scritti hanno esercitato un notevole influsso sulla teologia e sulla
spiritualità dell’Oriente, in particolare per ciò che riguarda l’esperienza
dell’unione mistica con Dio. Simeone il Nuovo Teologo nacque nel 949 a Galatai,
in Paflagonia (Asia Minore), da una nobile famiglia di provincia. Ancora
giovane, si trasferì a Costantinopoli per intraprendere gli studi ed entrare al
servizio dell’imperatore. Ma si sentì poco attratto dalla carriera civile che
gli si prospettava e, sotto l’influsso delle illuminazioni interiori che andava
sperimentando, si mise alla ricerca di una persona che lo orientasse nel momento
pieno di dubbi e di perplessità che stava vivendo, e che lo aiutasse a
progredire nel cammino dell’unione con Dio. Trovò questa guida spirituale in
Simeone il Pio (Eulabes), un semplice monaco del monastero di Studios, a
Costantinopoli, che gli diede da leggere il trattato La legge
spirituale di Marco il Monaco. In questo testo Simeone il Nuovo Teologo
trovò un insegnamento che lo impressionò molto: “Se cerchi la guarigione
spirituale – vi lesse - sii attento alla tua coscienza. Tutto ciò che essa ti dice
fallo e troverai ciò che ti è utile”. Da quel momento – riferisce egli stesso -
mai si coricò senza chiedersi se la coscienza non avesse qualche cosa da
rimproverargli.
Simeone entrò nel
monastero degli Studiti, dove, però, le sue esperienze mistiche e la sua
straordinaria devozione verso il Padre spirituale gli causarono difficoltà. Si
trasferì nel piccolo convento di San Mamas, sempre a Costantinopoli, del
quale, dopo tre anni, divenne il capo, l’igumeno. Lì condusse un’intensa
ricerca di unione spirituale con Cristo, che gli conferì grande autorità. E’
interessante notare che gli fu dato l’appellativo di “Nuovo Teologo”,
nonostante la tradizione riservasse il titolo di “Teologo” a due personalità:
all’evangelista Giovanni e a Gregorio di Nazianzo. Soffrì incomprensioni e
l’esilio, ma fu riabilitato dal Patriarca di Costantinopoli, Sergio II.
Simeone il Nuovo Teologo
passò l’ultima fase della sua esistenza nel monastero di Santa Marina, dove
scrisse gran parte delle sue opere, divenendo sempre più celebre per i suoi
insegnamenti e per i suoi miracoli. Morì il 12 marzo 1022.
Il più noto dei suoi
discepoli, Niceta Stetatos, che ha raccolto e ricopiato gli scritti di Simeone,
ne curò un’edizione postuma, redigendo in seguito la biografia. L’opera di
Simeone comprende nove volumi, che si dividono in Capitoli teologici,
gnostici e pratici, tre volumi di Catechesi indirizzate a
monaci, due volumi di Trattati teologici ed etici e un volume
di Inni. Non vanno poi dimenticate le
numerose Lettere. Tutte queste opere hanno trovato un posto di
rilievo nella tradizione monastica orientale sino ai nostri giorni.
Simeone concentra la sua
riflessione sulla presenza dello Spirito Santo nei battezzati e sulla
consapevolezza che essi devono avere di tale realtà spirituale. La vita
cristiana – egli sottolinea - è comunione intima e personale con Dio, la grazia
divina illumina il cuore del credente e lo conduce alla visione mistica del
Signore. In questa linea, Simeone il Nuovo Teologo insiste sul fatto che la
vera conoscenza di Dio non viene dai libri, ma dall’esperienza spirituale,
dalla vita spirituale. La conoscenza di Dio nasce da un cammino di
purificazione interiore, che ha inizio con la conversione del cuore, grazie
alla forza della fede e dell’amore; passa attraverso un profondo pentimento e
dolore sincero per i propri peccati, per giungere all’unione con Cristo, fonte
di gioia e di pace, invasi dalla luce della sua presenza in noi. Per Simeone
tale esperienza della grazia divina non costituisce un dono eccezionale per alcuni
mistici, ma è il frutto del Battesimo nell’esistenza di ogni fedele seriamente
impegnato.
Un punto su cui
riflettere, cari fratelli e sorelle! Questo santo monaco orientale ci richiama
tutti ad un’attenzione alla vita spirituale, alla presenza nascosta di Dio in
noi, alla sincerità della coscienza e alla purificazione, alla conversione del
cuore, così che realmente lo Spirito Santo divenga presente in noi e ci guidi.
Se infatti giustamente ci si preoccupa di curare la nostra crescita fisica,
umana ed intellettuale, è ancor più importante non trascurare la crescita
interiore, che consiste nella conoscenza di Dio, nella vera conoscenza, non
solo appresa dai libri, ma interiore, e nella comunione con Dio, per
sperimentare il suo aiuto in ogni momento e in ogni circostanza. In fondo, è
ciò che Simeone descrive quando narra la propria esperienza mistica. Già da
giovane, prima di entrare in monastero, mentre una notte in casa prolungava le
sue preghiere, invocando l’aiuto di Dio per lottare contro le tentazioni, aveva
visto la stanza piena di luce. Quando poi entrò in monastero, gli furono
offerti libri spirituali per istruirsi, ma la loro lettura non gli procurava la
pace che cercava. Si sentiva - egli racconta - come un povero uccellino senza
le ali. Accettò con umiltà questa situazione, senza ribellarsi, e allora
cominciarono a moltiplicarsi di nuovo le visioni di luce. Volendo assicurarsi
della loro autenticità, Simeone chiese direttamente a Cristo: “Signore, sei
davvero tu stesso qui?”. Sentì risuonare nel cuore la risposta affermativa e ne
fu sommamente consolato. “Fu quella, Signore - scriverà in seguito - la prima
volta che giudicasti me, figlio prodigo, degno di ascoltare la tua voce”.
Tuttavia, neanche questa rivelazione lo lasciò totalmente quieto. Si
interrogava piuttosto se pure quell’esperienza non fosse da ritenersi
un’illusione. Un giorno, finalmente, accadde un fatto fondamentale per la sua
esperienza mistica. Egli cominciò a sentirsi come “un povero che ama i
fratelli” (ptochós philádelphos). Vedeva intorno a sé tanti nemici che volevano
tendergli insidie e fargli del male, ma nonostante ciò avvertì in se stesso un
intenso trasporto d’amore per loro. Come spiegarlo? Evidentemente non poteva
venire da lui stesso un tale amore, ma doveva sgorgare da un’altra fonte.
Simeone capì che proveniva da Cristo presente in lui e tutto gli divenne
chiaro: ebbe la prova sicura che la fonte dell’amore in lui era la presenza di
Cristo e che avere in sé un amore che va oltre le mie personali intenzioni
indica che la fonte dell’amore sta in me. Così, da una parte possiamo dire che
senza una certa apertura all’amore Cristo non entra in noi, ma, dall’altra,
Cristo diventa fonte di amore e ci trasforma. Cari amici, questa esperienza
resta quanto mai importante per noi, oggi, per trovare i criteri che ci
indicano se siamo realmente vicini a Dio, se Dio c’è e vive in noi. L’amore di
Dio cresce in noi se rimaniamo uniti a Lui con la preghiera e con l’ascolto
della sua parola, con l’apertura del cuore. Solamente l’amore divino ci fa
aprire il cuore agli altri e ci rende sensibili alle loro necessità, facendoci
considerare tutti come fratelli e sorelle e invitandoci a rispondere con
l’amore all’odio e con il perdono all’offesa.
Riflettendo su questa
figura di Simeone il Nuovo Teologo, possiamo rilevare ancora un ulteriore
elemento della sua spiritualità. Nel cammino di vita ascetica da lui proposto e
percorso, la forte attenzione e concentrazione del monaco sull’esperienza
interiore conferisce al Padre spirituale del monastero un’importanza
essenziale. Lo stesso giovane Simeone, come s’è detto, aveva trovato un
direttore spirituale, che ebbe ad aiutarlo molto e del quale conservò
grandissima stima, tanto da riservargli, dopo la morte, una venerazione anche
pubblica. E vorrei dire che rimane valido per tutti – sacerdoti, persone
consacrate e laici, e specialmente per i giovani – l’invito a ricorrere ai
consigli di un buon padre spirituale, capace di accompagnare ciascuno nella
conoscenza profonda di se stesso, e condurlo all’unione con il Signore,
affinché la sua esistenza si conformi sempre più al Vangelo. Per andare verso
il Signore abbiamo sempre bisogno di una guida, di un dialogo. Non possiamo
farlo solamente con le nostre riflessioni. E questo è anche il senso della
ecclesialità della nostra fede, di trovare questa guida.
Concludendo, possiamo
sintetizzare così l’insegnamento e l’esperienza mistica di Simeone il Nuovo
Teologo: nella sua incessante ricerca di Dio, pur nelle difficoltà che incontrò
e nelle critiche di cui fu oggetto, egli, in fin dei conti, si lasciò guidare
dall’amore. Seppe vivere lui stesso e insegnare ai suoi monaci che l’essenziale
per ogni discepolo di Gesù è crescere nell’amore e così cresciamo nella
conoscenza di Cristo stesso, per poter affermare con san Paolo: “Non vivo più
io, ma Cristo vive in me” (Gal 2,20).
Saluti:
Chers frères et soeurs,
Je suis heureux
d’accueillir les pèlerins de langue française. Je salue en particulier les
membres de la délégation parlementaire « France-Saint-Siège » et les
séminaristes du séminaire Saint-Joseph, de Bordeaux. Que Siméon le Nouveau
Théologien vous aide à toujours mieux comprendre que pour le disciple de Jésus
l’essentiel est de grandir dans l’amour et dans la connaissance de
Dieu. Avec ma Bénédiction apostolique!
Dear Brothers and
Sisters,
I am pleased to welcome
all the English-speaking pilgrims here this morning, including the priests and
brothers of the Society of Mary gathered in Rome for their chapter, and the
various schools and university groups present. Upon you all, I willingly invoke
God’s abundant graces.
Liebe Brüder und
Schwestern!
Von Herzen grüße ich die
vielen Pilger und Besucher aus den Ländern deutscher Sprache. Besonders heiße
ich die Vertreter der europäischen Priesterräte willkommen. Mit Blick auf den
Mönch Symeon stellt sich uns die Frage, ob auch wir uns ernsthaft darum bemühen,
auf unser Gewissen zu hören, Gott im Herzen zu begegnen und nicht nur
äußerlich, sondern in unserem geistlichen Leben, in unserem Leben mit Gott zu
wachsen. Wir haben alle in der Taufe und in der Firmung den Heiligen Geist
empfangen, und was wir heute Mystik nennen, ist für Symeon den Neuen Theologen
einfach Frucht des wirklichen Lebens aus Taufe und Firmung. So sollten wir uns
von ihm anregen lassen, die Gnade der Taufe und der Firmung in uns lebendiger
wirksam werden zu lassen, indem wir vor allem auf Gottes Wort hören und uns von
seiner Liebe führen lassen. Euch allen wünsche ich einen gesegneten Aufenthalt
in Rom.
Queridos hermanos y
hermanas:
Saludo a los peregrinos
de lengua española, en particular a las Carmelitas Misioneras, en su Asamblea
Intercapitular, al grupo del Bachillerato Humanista Moderno de la Arquidiócesis
de Salta, así como a los demás grupos procedentes de España, El Salvador,
Chile, Argentina y otros países latinoamericanos. Que la vida y enseñanza
de Simeón nos ayude a descubrir cada día más la inefable belleza del Amor de
Dios en nosotros. Muchas gracias por vuestra atención.
Saúdo também os grupos
vindos de Portugal e do Brasil e demais peregrinos de língua portuguesa,
desejando que esta visita aos lugares santificados pela pregação e martírio dos
Apóstolos Pedro e Paulo a todos fortaleça na fé e consolide, no amor divino, os
vínculos de cada um com sua família e comunidade eclesial, que de coração
abençoo. A Virgem Mãe vos acompanhe e proteja!
Saluto in lingua croata:
S velikom radošću
pozdravljam sve hrvatske hodočasnike, a posebno vjernike iz župe Gospe van
Grada iz Šibenika! Dragi prijatelji, ovih smo dana proslavili Uzvišenje Svetog
Križa. Gledajući Raspetog Gospodina, koji je raširio ruke da zagrli cijeli
svijet, molite za mir i jedinstvo u vašem narodu! Hvaljen Isus i Marija!
Traduzione italiana:
Con grande gioia saluto i
pellegrini croati, particolarmente i fedeli della parrocchia “Madonna fuori la
Città” di Sebenico! Cari amici, in questi giorni abbiamo celebrato l’Esaltazione
della Santa Croce. Guardando il Signore Crocifisso, che ha aperto le braccia
per abbracciare tutto il mondo, pregate per la pace e l’unità della vostra
Nazione. Siano lodati Gesù e Maria!
Saluto in lingua polacca:
Drodzy pielgrzymi z
Polski, serdecznie pozdrawiam Was, wasze rodziny i waszych rodaków. Wczoraj
obchodziliśmy wspomnienie Matki Bożej Bolesnej. Ona, stojąc u stóp krzyża, w
sposób wyjątkowy uczestniczyła w dziele odkupienia. Niech Jej wstawiennictwo
przynosi wszystkim, a szczególnie cierpiącym i doświadczanym, obfitość łask i
umocnienie w wierze, nadziei i miłości. Niech Bóg wam błogosławi!
Traduzione italiana:
Cari pellegrini
provenienti dalla Polonia, saluto cordialmente voi, le vostre famiglie e i
vostri connazionali. Ieri abbiamo celebrato la memoria della Beata Maria
Vergine Addolorata. Ella, stando ai piedi della croce, ha partecipato in modo
particolare nell’opera di redenzione. La sua intercessione porti a tutti, e
soprattutto ai sofferenti e agli afflitti, la moltitudine delle grazie e il
consolidamento nella fede, nella speranza e nell’amore. Dio vi benedica!
Saluto in lingua
slovacca:
S láskou pozdravujem
slovenských pútnikov, osobitne z Gymnázia svätej Uršule v Bratislave, ako aj
skupinu grécko-katolíkov z Levoče, Poráča a Závadky.
Bratia a sestry, včera
Slovensko slávilo sviatok svojej hlavnej patrónky – Sedembolestnej Panny Márie.
Ježiš ju dal za Matku každému z nás. Ona nech vám pomáha byť stále jeho vernými
učeníkmi. Zo srdca vás žehnám. Pochválený buď Ježiš Kristus!
Traduzione italiana:
Saluto con affetto i
pellegrini slovacchi, particolarmente quelli del Ginnasio S.
Orsola di Bratislava, come pure il gruppo dei greco-cattolici provenienti
da Levoča, Poráč e Závadka.
Fratelli e sorelle, ieri
la Slovacchia ha celebrato la festa della sua Patrona principale – la Vergine
Addolorata. Gesù l’ha data come madre ad ognuno di noi. Ella vi aiuti ad essere
sempre suoi fedeli discepoli. Di cuore vi benedico.
Sia lodato Gesù Cristo!
Saluto in lingua
ungherese:
Szeretettel köszöntök
minden itt jelen lévő magyar zarándokot, különösen is a szombathelyieket és az
istenhegyieket.
Hálásan köszönöm
imáitokat az Egyházért és péteri szolgálatomért. Szívből viszonzom ezeket és
Istennek ajánllak titeket imáimban.
Apostoli áldásommal.
Dicsértessék a Jézus Krisztus!
Traduzione italiana:
Mi rivolgo con cordiali
parole di benvenuto a tutti i pellegrini ungheresi qui presenti, in primo luogo
ai membri dei gruppi provenienti da Szombathely e da Istenhegy. Ringrazio voi
tutti per le vostre preghiere per la Chiesa e per il mio servizio petrino.
Contraccambio di cuore, affidandovi a Dio nelle mie preghiere.
Con la Benedizione
Apostolica. Sia lodato Gesù Cristo!
* * *
Rivolgo un cordiale
benvenuto ai pellegrini di lingua italiana. In particolare, saluto i
partecipanti al Capitolo Generale della Società di Maria – Padri
Maristi ed assicuro la mia preghiera affinché, in adesione fedele al
carisma originario, si impegnino con rinnovato slancio nell’opera
evangelizzatrice. Saluto i rappresentanti dell’Associazione laicale eucaristica
riparatrice, qui convenuti con il Prelato di Loreto, l’Arcivescovo Mons.
Giovanni Tonucci, ed auguro che la loro vita sia permeata da costante tensione
verso Dio e da incessante oblazione eucaristica. Saluto i fedeli
della Parrocchia di San Nilo abate in Gaeta, accompagnati
dall’Arcivescovo Mons. Fabio Bernardo D’Onorio ed esorto ciascuno a crescere
nella fedele adesione a Cristo e alla Chiesa.
Rivolgo ora il mio saluto
ai giovani ai malati e agli sposi novelli. Ieri
abbiamo fatto memoria della Beata Vergine Maria Addolorata, che con fede sostò
presso la croce di Gesù. Cari giovani, non abbiate paura di restare anche
voi come Maria presso la Croce, per trovare il coraggio di superare ogni
ostacolo nella vostra esistenza. E voi, cari malati, possiate trovare in
Maria conforto e sostegno per apprendere dal Signore Crocifisso il valore
salvifico della sofferenza. Voi, cari sposi novelli, rivolgetevi con
fiducia nei momenti di difficoltà alla Vergine Addolorata, che vi aiuterà ad
affrontarli con la sua materna intercessione.
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
SOURCE : https://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/it/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090916.html
BENEDIKT XVI.
GENERALAUDIENZ
Mittwoch, 16. September 2009
Symeon der Neue Theologe
Liebe Brüder und Schwestern!
Heute möchte ich mich bei der Gestalt eines Mönchs der
Ostkirche, Symeon dem Neuen Theologen, aufhalten, dessen Schriften einen
beachtlichen Einfluß auf die Theologie und Spiritualität des Ostens ausgeübt
haben, und dies besonders hinsichtlich der Erfahrung der mystischen Vereinigung
mit Gott. Symeon der Neue Theologe wurde 949 in Galatea in Paphlagonien
(Kleinasien) geboren und stammte aus einer adeligen Familie der Provinz.
Bereits in jungen Jahren übersiedelte er nach Konstantinopel, um seine Studien
aufzunehmen und in den Dienst des Kaisers einzutreten. Doch fühlte er sich zur weltlichen
Laufbahn, die sich ihm anbot, wenig hingezogen und begab sich unter dem Einfluß
der inneren Erleuchtungen, die er erfuhr, auf die Suche nach einem Menschen,
der ihm in dem von Zweifeln und Ratlosigkeit erfüllten Augenblick, den er
durchlebte, Orientierung geben und ihm helfen würde, auf dem Weg des
Einswerdens mit Gott voranzuschreiten. Er fand diesen geistlichen Begleiter in
Symeon dem Frommen (Eulabes), einem einfachen Mönch des Studiosklosters in
Konstantinopel, der ihm den Traktat »Über das geistliche Gesetz« von Markos dem
Mönch zu lesen gab. In diesem Text fand Symeon der Neue Theologe eine Lehre,
die ihn sehr beeindruckte: »Wenn du geistliche Heilung suchst« – so las er
dort– »achte auf dein Gewissen. Tu alles, was es dir sagt, und du wirst finden,
was dir zum Nutzen gereicht«. Von jenem Augenblick an – so berichtet er selbst
– ging er niemals schlafen, ohne sich zu fragen, ob das Gewissen ihm nicht
etwas vorzuwerfen habe.
Symeon trat ins Kloster der Studiten ein, wo ihm
allerdings seine mystischen Erfahrungen und seine außergewöhnliche Verehrung
für seinen geistlichen Begleiter Schwierigkeiten verursachten. Er übersiedelte
in das kleine Kloster des Heiligen Mamas, das sich gleichfalls in
Konstantinopel befand und dessen Vorsteher (»Hegumenos«) er nach drei Jahren
wurde. Dort vertiefte er sich intensiv in die Suche nach der geistlichen
Vereinigung mit Christus, die ihm großes Ansehen einbrachte. Interessant ist,
daß man ihm den Beinamen »Neuer Theologe« gegeben hat, obwohl die Tradition den
Titel »Theologe« zwei Persönlichkeiten vorbehielt: dem Evangelisten Johannes
und Gregor von Nazianz. Symeon erlitt Anfeindungen und wurde verbannt, aber
dann von Patriarch Sergios II. von Konstantinopel rehabilitiert.
Den letzten Abschnitt seines Lebens verbrachte Symeon
der Neue Theologe im Kloster der Heiligen Marina, wo er einen Großteil seiner
Werke schrieb, während er wegen seiner Lehren und seiner Wunder immer berühmter
wurde. Er starb am 12. März 1022.
Der bekannteste seiner Schüler, Niketas Stethatos, der
die Schriften Symeons sammelte und abschrieb, besorgte deren posthume Ausgabe
und verfaßte später die Biographie. Das Werk des Symeon umfaßt neun Bände, die
sich in »theologische, gnostische und praktische Kapitel«, drei Bände mit »Katechesen
für Mönche«, zwei Bände mit »theologischen und ethischen Traktaten« und einen
Band mit »Hymnen« aufteilen. Nicht zu vergessen sind die zahlreichen »Briefe«.
Alle diese Werke haben bis in unsere Tage einen bedeutenden Platz in der
monastischen Tradition der Ostkirche gefunden.
Symeon konzentriert seine Betrachtung auf die
Gegenwart des Heiligen Geistes in den Getauften und auf das Bewußtsein, das sie
von dieser geistlichen Wirklichkeit haben sollen. Das christliche Leben – so
unterstreicht er – ist eine tiefe und persönliche Gemeinschaft mit Gott, die
göttliche Gnade erleuchtet das Herz des Gläubigen und führt ihn zur mystischen
Schau des Herrn. Auf dieser Linie besteht Symeon der Neue Theologe darauf, daß
die wahre Kenntnis Gottes nicht von den Büchern kommt, sondern von der
geistlichen Erfahrung, vom geistlichen Leben. Die Kenntnis Gottes entsteht aus
einem Weg der inneren Läuterung, die mit der Umkehr des Herzens beginnt, durch
die Kraft des Glaubens und der Liebe; sie verläuft über eine tiefe Reue und
aufrichtigen Schmerz über die eigenen Sünden, um zur Vereinigung mit Christus,
Quell der Freude und des Friedens, zu gelangen, erfüllt vom Licht seiner
Gegenwart in uns. Für Symeon stellt diese Erfahrung der göttlichen Gnade kein
außergewöhnliches Geschenk für einige wenige Mystiker dar, sondern ist die
Frucht der Taufe im Leben jedes ernsthaft bemühten Gläubigen.
Ein Punkt, liebe Brüder und Schwestern, über den man
nachdenken sollte! Dieser heilige Mönch der Ostkirche ruft uns alle zu einer
Aufmerksamkeit gegenüber dem geistlichen Leben, der verborgenen Gegenwart
Gottes in uns, der Aufrichtigkeit des Gewissens und der Läuterung, der Umkehr
des Herzens auf, so daß der Heilige Geist in uns wirklich gegenwärtig werde und
uns leite. Wenn wir uns nämlich zu Recht um unser leibliches, menschliches und
intellektuelles Wachstum kümmern, so ist es noch wichtiger, das innere Wachstum
nicht zu vernachlässigen, das in der Kenntnis Gottes besteht, in der wahren
Kenntnis, die nicht nur aus den Büchern gelernt wird, sondern innerlich und in
der Gemeinschaft mit Gott, um in jedem Augenblick und in jeder Situation seine
Hilfe zu erfahren. Das ist im Grund, was Symeon beschreibt, wenn er von seiner
eigenen mystischen Erfahrung erzählt. Schon als junger Mann, noch vor seinem
Eintritt ins Kloster, hatte er eines Nachts, als er seine Gebete ausdehnte und
Gott um Hilfe im Kampf gegen die Versuchungen anrief, das Zimmer von hellem
Licht erfüllt gesehen. Als er dann ins Kloster eintrat, wurden ihm geistliche
Bücher geboten, anhand derer er sich bilden sollte, doch deren Lektüre brachte
ihm nicht den Frieden, den er suchte. Er fühlte sich – so berichtet er – wie
ein armseliger kleiner Vogel ohne Flügel. Demütig nahm er diese Situation an,
ohne aufzubegehren, und da begannen sich dann von neuem die Lichtvisionen zu
mehren. Da er sich deren Echtheit versichern wollte, wandte sich Symeon direkt
an Christus und fragte: »Herr, bist wirklich du selbst hier?« Im Herzen fühlte
er die bestätigende Antwort widerhallen und fühlte sich dadurch äußerst getröstet.
»Das, Herr« – wird er später schreiben – »war das erste Mal, daß du mich, den
verlorenen Sohn, für würdig befunden hast, deine Stimme zu hören.« Dennoch ließ
ihn auch diese Offenbarung nicht völlig ruhig werden. Vielmehr fragte er sich,
ob jene Erfahrung nicht für eine Illusion gehalten werden sollte. Eines Tages
ereignete sich endlich etwas, das für seine mystische Erfahrung grundlegend
war. Er begann sich als »ein Armer« zu fühlen, »der die Brüder liebt« (»ptochós
philádelphos«). Er sah um sich herum so viele Feinde, die ihm Fallen stellen
und Böses antun wollten, aber trotzdem spürte er in sich ein intensives Gefühl
der Liebe zu ihnen. Wie sollte man das erklären? Offensichtlich konnte eine
solche Liebe nicht von ihm selbst kommen, sondern mußte einer anderen Quelle
entspringen. Symeon begriff, daß sie von Christus stammte, der in ihm
gegenwärtig war, und da wurde ihm alles klar: Er hatte den sicheren Beweis
dafür, daß die Quelle der Liebe in ihm die Gegenwart Christi war, und in sich
eine Liebe zu haben, die über meine persönlichen Intentionen hinausgeht, weist
darauf hin, daß sich die Quelle der Liebe in mir befindet. So können wir
einerseits sagen: Ohne eine gewisse Öffnung für die Liebe tritt Christus nicht
in uns ein, anderseits aber wird Christus zur Quelle der Liebe und verwandelt
uns. Liebe Freunde, diese Erfahrung ist für uns heute äußerst bedeutsam, um die
Kriterien zu finden, die uns anzeigen, ob wir wirklich Gott nahe sind, ob Gott
in uns zugegen ist und lebt. Gottes Liebe wächst in uns, wenn wir durch das
Gebet und das Hören seines Wortes, durch die Öffnung des Herzens mit ihm
vereint bleiben. Allein die göttliche Liebe läßt uns unser Herz für die anderen
öffnen und macht uns für ihre Bedürfnisse empfänglich, weil sie uns alle als
Brüder und Schwestern betrachten läßt und uns dazu anhält, auf den Haß mit
Liebe und auf die Beleidigung mit Vergebung zu antworten.
Wenn wir über diese Gestalt Symeons des Neuen
Theologen nachdenken, können wir noch ein weiteres Element seiner Spiritualität
feststellen. Auf dem von ihm vorgeschlagenen und durchlaufenen Weg asketischen
Lebens mißt die starke Aufmerksamkeit und Konzentration des Mönchs auf die
innere Erfahrung dem Spiritual des Klosters eine wesentliche Bedeutung bei. Wie
wir gesagt haben, hatte der junge Symeon selbst einen geistlichen Begleiter
gefunden, der ihm sehr helfen sollte und an den er größte Achtung bewahrte, so
sehr, daß er ihn nach seinem Tod sogar öffentlich verehrte. Und ich würde
sagen, daß für alle – Priester, geweihte Personen, Laien und besonders für die
jungen Menschen – die Aufforderung gültig bleibt, auf den Rat eines guten
geistlichen Begleiters zurückzugreifen, der fähig ist, jeden bei der
tiefgehenden Erkenntnis seiner selbst zu begleiten und ihn zur Vereinigung mit
dem Herrn zu führen, damit sich sein Leben immer mehr nach dem Evangelium
richtet. Auf unserem Weg zum Herrn brauchen wir immer eine Führung, einen
Dialog. Mit unseren Überlegungen allein können wir das nicht schaffen. Und das
ist auch der Sinn der Kirchlichkeit unseres Glaubens, nämlich diese Führung zu
finden.
Abschließend können wir die Lehre und die mystische
Erfahrung Symeons des Neuen Theologen so zusammenfassen: Er ließ sich bei
seiner unablässigen Suche nach Gott – auch in den Schwierigkeiten, auf die er
stieß, und bei der Kritik, deren Ziel er war – letzten Endes immer von der
Liebe leiten. Er verstand es, das, was er seine Mönche lehrte, selbst zu leben,
nämlich daß das Wesentliche eines jeden Jüngers Jesu darin besteht, in der
Liebe zu wachsen, und so wachsen wir in der Erkenntnis Christi selbst, um mit
dem hl. Paulus sagen zu können: »Nicht mehr ich lebe, sondern Christus lebt in
mir« (Gal 2.20).
In dieser Katechese möchte ich Symeon den Neuen
Theologen vorstellen, einen bedeutenden geistlichen Schriftsteller und Mystiker
der Ostkirche. Symeon wurde 949 in Kleinasien geboren und kam zum Studium und
zum Dienst am Kaiserhof nach Konstantinopel. Dort trat er in das bekannte
Studioskloster ein. Später lebte und wirkte er in den Klöstern Sankt Mamas und
Sankt Marina, wo er im Jahr 1022 starb. Seine zahlreichen Schriften hatten großen
Einfluß auf die Theologie und die Spiritualität des Ostens. Für Symeon ist das
christliche Leben in erster Linie eine tiefe persönliche Gemeinschaft mit Gott,
dessen Gnade das Herz des Menschen erleuchtet und zur inneren Begegnung, zum
inneren Sehen Gottes führt. Diese Erkenntnis Gottes und Christi lernt der
Getaufte nicht aus Büchern, sondern auf seinem geistlichen Weg, indem
geistliche Erfahrung wächst, die ihn auf dem Weg der inneren Begegnung mit
Gott, der Vereinigung mit ihm durch die Öffnung des Herzens und durch die
Reinigung des Gewissens durchschreiten läßt. Eine Entscheidende Hilfe für das
geistliche Wachstum ist zum einen das Hinhören auf das Gewissen. Ausgangspunkt
seines neuen Weges war, daß er in einem Buch las: »Wenn du geheilt werden willst,
achte auf dein Gewissen« – und daß er von da an niemals schlafen ging, ohne
vorher sein Gewissen befragt zu haben, und von da an unter den Augen Gottes
lebte. Und damit Gewissen nicht Selbstbespiegelung wird, ist das zweite der
Beistand eines erfahrenen geistlichen Begleiters, das Erleben und Erfahren des
Gewissens in der Gemeinschaft der Kirche. Die schönste Frucht und der Garant
für die Authentizität des Wirkens Gottes im Inneren war für Symeon eine tief
empfundene Liebe zu seinen Brüdern, die auch in Zeiten der Anfeindungen und
Verfolgung nicht nachließ und ihm zur Gewißheit wurde, daß Christus in ihm da
ist. Denn nur von ihm kann Liebe kommen, solche Liebe als Zeichen des Einsseins
mit Christus.
* * *
Von Herzen grüße ich die vielen Pilger und Besucher aus
den Ländern deutscher Sprache. Besonders heiße ich die Vertreter der
europäischen Priesterräte willkommen. Mit Blick auf den Mönch Symeon stellt
sich uns die Frage, ob auch wir uns ernsthaft darum bemühen, auf unser Gewissen
zu hören, Gott im Herzen zu begegnen und nicht nur äußerlich, sondern in
unserem geistlichen Leben, in unserem Leben mit Gott zu wachsen. Wir haben alle
in der Taufe und in der Firmung den Heiligen Geist empfangen, und was wir heute
Mystik nennen, ist für Symeon den Neuen Theologen einfach Frucht des wirklichen
Lebens aus Taufe und Firmung. So sollten wir uns von ihm anregen lassen, die
Gnade der Taufe und der Firmung in uns lebendiger wirksam werden zu lassen,
indem wir vor allem auf Gottes Wort hören und uns von seiner Liebe führen
lassen. Euch allen wünsche ich einen gesegneten Aufenthalt in Rom.
© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dikasterium für Kommunikation
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BENEDICTO XVI
AUDIENCIA GENERAL
Miércoles 16 de
septiembre de 2009
Simeón el Nuevo Teólogo
Queridos hermanos y
hermanas:
Hoy nos detenemos a
reflexionar sobre la figura de un monje oriental, Simeón el Nuevo Teólogo,
cuyos escritos han ejercido un notable influjo en la teología y la
espiritualidad de Oriente, de modo especial en lo que atañe a la experiencia de
la unión mística con Dios. Simeón el Nuevo Teólogo nació en el año 949 en
Galacia, en Paflagonia (Asia Menor), en el seno de una familia noble de
provincia. Aún joven, se trasladó a Constantinopla para emprender los estudios
y entrar al servicio del emperador. Pero se sintió poco atraído por la carrera
civil que tenía en perspectiva y, bajo la influencia de iluminaciones
interiores que experimentaba, se puso a buscar una persona que lo orientara en
el momento lleno de dudas y perplejidades que estaba viviendo, y que lo ayudara
a progresar en el camino de la unión con Dios. Encontró este guía espiritual en
Simeón el Piadoso (Eulabes), un sencillo monje del monasterio de Studion,
en Constantinopla, que le dio a leer el tratado La ley espiritual de
Marcos el Monje. En este texto Simeón el Nuevo Teólogo encontró una enseñanza
que le impresionó mucho: "Si buscas la curación espiritual —leyó en él—
está atento a tu conciencia. Todo lo que ella te diga hazlo y encontrarás lo
que te es útil". Desde ese momento —refiere él mismo— nunca se acostó sin
preguntarse si la conciencia tenía algo que reprocharle.
Simeón entró en el
monasterio de los Estuditas, donde, sin embargo, sus experiencias místicas y su
extraordinaria devoción hacia el padre espiritual le causaron dificultades. Se
trasladó al pequeño convento de San Mamés, también en Constantinopla, del cual,
tres años después, llegó a ser abad, higúmeno. Allí realizó una intensa
búsqueda de unión espiritual con Cristo, que le confirió gran autoridad. Es
interesante notar que le dieron el apelativo de "Nuevo Teólogo", a
pesar de que la tradición reservó el título de "Teólogo" a dos
personalidades: al evangelista san Juan y a san Gregorio Nacianceno. Sufrió
incomprensiones y el destierro, pero fue rehabilitado por el patriarca de
Constantinopla, Sergio II.
Simeón el Nuevo Teólogo
pasó la última fase de su vida en el monasterio de Santa Macrina, donde
escribió gran parte de sus obras, haciéndose cada vez más célebre por sus
enseñanzas y por sus milagros. Murió el 12 de marzo de 1022.
El más conocido de sus
discípulos, Niceta Stetatos, que recopiló y copió nuevamente los escritos de
Simeón, preparó una edición póstuma, redactando seguidamente su biografía. La
obra de Simeón comprende nueve volúmenes, que se dividen en Capítulos
teológicos, gnósticos y prácticos, tres volúmenes de Catequesis dirigidas
a monjes, dos volúmenes de Tratados teológicos y éticos y un volumen
de Himnos. No hay que olvidar tampoco sus numerosas Cartas. Todas
estas obras han ocupado un lugar relevante en la tradición monástica oriental
hasta nuestros días.
Simeón concentra su
reflexión sobre la presencia del Espíritu Santo en los bautizados y sobre la
conciencia que deben tener de esta realidad espiritual. La vida cristiana
—subraya— es comunión íntima y personal con Dios; la gracia divina ilumina el
corazón del creyente y lo conduce a la visión mística del Señor. En esta línea,
Simeón el Nuevo Teólogo insiste en el hecho de que el verdadero conocimiento de
Dios no viene de los libros, sino de la experiencia espiritual, de la vida
espiritual. El conocimiento de Dios nace de un camino de purificación interior,
que comienza con la conversión del corazón, gracias a la fuerza de la fe y del
amor; pasa a través de un profundo arrepentimiento y dolor sincero de los
propios pecados, para llegar a la unión con Cristo, fuente de alegría y de paz,
invadidos por la luz de su presencia en nosotros. Para Simeón esa experiencia
de la gracia divina no constituye un don excepcional para algunos místicos,
sino que es fruto del Bautismo en la existencia de todo fiel seriamente
comprometido.
Este es un punto sobre el
que conviene reflexionar, queridos hermanos y hermanas. Este santo monje
oriental nos invita a todos a prestar atención a la vida espiritual, a la
presencia escondida de Dios en nosotros, a la sinceridad de la conciencia y a
la purificación, a la conversión del corazón, para que el Espíritu Santo se
haga realmente presente en nosotros y nos guíe. En efecto, si con razón nos
preocupamos por cuidar nuestro crecimiento físico, humano e intelectual, es
mucho más importante no descuidar el crecimiento interior, que consiste en el
conocimiento de Dios, en el verdadero conocimiento, no sólo aprendido de los
libros, sino interior, y en la comunión con Dios, para experimentar su ayuda en
todo momento y en cada circunstancia.
En el fondo, esto es lo
que Simeón describe cuando narra su propia experiencia mística. Ya de joven,
antes de entrar en el monasterio, una noche, mientras prolongaba sus oraciones
en casa, invocando la ayuda de Dios para luchar contra las tentaciones, había
visto la habitación llena de luz. Después, cuando entró en el monasterio, le
ofrecieron libros espirituales para instruirse, pero su lectura no le
proporcionaba la paz que buscaba. Se sentía —refiere él mismo— como un pobre
pajarito sin alas. Aceptó con humildad esta situación sin rebelarse y entonces
comenzaron a multiplicarse de nuevo las visiones de luz. Queriendo asegurarse
de su autenticidad, Simeón le preguntó directamente a Cristo: "Señor,
¿estás de verdad tú mismo aquí?". Sintió resonar en su corazón la
respuesta afirmativa y quedó sumamente consolado. "Aquella fue, Señor
—escribirá luego— la primera vez que me consideraste a mí, hijo pródigo, digno
de escuchar tu voz".
Sin embargo, tampoco esta
revelación lo dejó totalmente tranquilo. Más bien, se preguntaba si incluso
aquella experiencia se debería considerar un espejismo. Un día, finalmente,
sucedió un hecho fundamental para su experiencia mística. Comenzó a sentirse como
"un pobre que ama a los hermanos" (ptochós philádelphos). Veía en
torno a sí muchos enemigos que querían tenderle asechanzas y hacerle daño, pero
a pesar de ello sintió en sí mismo un intenso transporte de amor por ellos.
¿Cómo explicarlo? Evidentemente ese amor no podía venir de él mismo, sino que
debía brotar de otra fuente. Simeón entendió que procedía de Cristo presente en
él y todo le resultó claro: tuvo la prueba segura de que la fuente del amor en
él era la presencia de Cristo y que tener en sí un amor que va más allá de sus
intenciones personales indica que la fuente del amor está en él mismo. Así, por
una parte, podemos decir que, sin cierta apertura al amor, Cristo no entra en
nosotros, pero, por otra, Cristo se convierte en fuente de amor y nos
transforma.
Queridos amigos, esta
experiencia es muy importante para nosotros, hoy, para encontrar los criterios
que nos indiquen si estamos realmente cerca de Dios, si Dios está y vive en
nosotros. El amor de Dios crece en nosotros si permanecemos unidos a él con la
oración y con la escucha de su palabra, con la apertura del corazón. Solamente
el amor divino nos hace abrir el corazón a los demás y nos hace sensibles a sus
necesidades, impulsándonos a considerar a todos como hermanos y hermanas, e
invitándonos a responder al odio con el amor y a la ofensa con el perdón.
Reflexionando sobre esta
figura de Simeón el Nuevo Teólogo, podemos descubrir otro elemento de su
espiritualidad. En el camino de vida ascética propuesto y recorrido por él, la
fuerte atención y concentración del monje en la experiencia interior confiere
al padre espiritual del monasterio una importancia esencial. Como he recordado,
Simeón, ya de joven había encontrado un director espiritual que le ayudó mucho
y hacia el cual conservó una grandísima estima, hasta el punto de que tras su
muerte le profesó una veneración también pública. Y quisiera decir que sigue
siendo válida para todos —sacerdotes, personas consagradas y laicos, y
especialmente para los jóvenes— la invitación a recurrir a los consejos de un
buen padre espiritual, capaz de acompañar a cada uno en el conocimiento
profundo de sí mismo, y conducirlo a la unión con el Señor, para que su
existencia se conforme cada vez más al Evangelio. Para ir hacia el Señor
necesitamos siempre un guía, un diálogo. No podemos hacerlo solamente con
nuestras reflexiones. Y este es también el sentido de la eclesialidad de
nuestra fe, de encontrar este guía.
Concluyendo, podemos
sintetizar así la enseñanza y la experiencia mística de Simeón el Nuevo Teólogo:
en su incesante búsqueda de Dios, incluso en las dificultades que encontró y en
las críticas de que fue objeto, él, a fin de cuentas, se dejó guiar por el
amor. Supo vivir él mismo y enseñar a sus monjes que lo esencial para todo
discípulo de Jesús es crecer en el amor y así crecemos en el conocimiento de
Cristo mismo, para poder afirmar con san Pablo: "Ya no vivo yo, sino que
es Cristo quien vive en mí" (Ga 2, 20).
Saludos
(En español)
Saludo a los peregrinos de lengua española, en particular a las Carmelitas
Misioneras, en su asamblea intercapitular, al grupo del Bachillerato Humanista
Moderno de la arquidiócesis de Salta, así como a los demás grupos procedentes
de España, El Salvador, Chile, Argentina y otros países latinoamericanos. Que
la vida y enseñanza de Simeón nos ayude a descubrir cada día más la inefable
belleza del amor de Dios en nosotros.
(En polaco)
Ayer celebramos la memoria de la Virgen de los Dolores. Ella, al pie de la
cruz, participó de un modo especial en la obra de la redención. Que su
intercesión nos alcance a todos, especialmente a los que sufren y a los
afligidos, abundantes gracias y la fortificación en la fe, en la esperanza y en
el amor.
(En húngaro)
Os agradezco a todos vuestras oraciones por la Iglesia y por mi servicio
petrino. Correspondo a ellas de corazón encomendándoos a Dios en las mías.
(En eslovaco)
Queridos hermanos y hermanas, ayer Eslovaquia celebró la fiesta de su patrona
principal, la Virgen de los Dolores. Jesús nos la dio como madre a cada uno de
nosotros. Que ella os ayude a ser siempre sus discípulos fieles. De corazón os
bendigo.
(En croata)
Queridos amigos, acabamos de celebrar la fiesta de la Exaltación de la Santa
Cruz. Contemplando al Señor crucificado, que abrió los brazos para abrazar a
todo el mundo, pedid por la paz y por la unidad de vuestra nación.
(En italiano)
Saludo en particular a los participantes en el capítulo general de la Sociedad
de María —padres maristas—, y les aseguro mi oración para que, en adhesión fiel
al carisma originario, se comprometan con renovado impulso en la obra de la
evangelización.
Dirijo ahora mi saludo a
los jóvenes, a los enfermos y a los recién casados. Ayer
celebramos la memoria de la Virgen de los Dolores, que con fe estuvo al pie de
la cruz de Jesús. Queridos jóvenes, no tengáis miedo de estar también
vosotros como María al pie de la cruz, para obtener valentía a fin de superar
todos los obstáculos en vuestra vida. Y a vosotros, queridos enfermos, os
deseo que encontréis en María consuelo y apoyo para aprender del Señor
crucificado el valor salvífico del sufrimiento. Vosotros, queridos recién
casados, acudid con confianza en los momentos de dificultad a la Virgen de los
Dolores, que os ayudará a afrontarlos con su intercesión maternal.
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PAPA BENTO XVI
AUDIÊNCIA GERAL
Quarta-feira, 16 de
Setembro de 2009
Simeão, o Novo Teólogo
Queridos irmãos e irmãs!
Detemo-nos hoje a falar
sobre a figura de um monge oriental, Simeão, o Novo Teólogo, cujos escritos
exerceram uma notável influência sobre a teologia e sobre a espiritualidade do
Oriente, em particular no que se refere à experiência da união mística com
Deus. Simeão, o Novo Teólogo, nasceu em 949 em Galácia, na Paflagónia (Ásia
Menor), de uma nobre família de província. Ainda jovem, transferiu-se para
Constantinopla a fim de empreender os estudos e entrar ao serviço do imperador.
Mas sentiu-se pouco atraído pela carreira civil que se lhe perspectivava e, sob
a influência das iluminações interiores que ia experimentando, pôs-se em busca
de uma pessoa que o orientasse no momento cheio de dúvidas e de perplexidades
que estava a viver, e que o ajudasse a progredir no caminho da união com Deus.
Encontrou este guia espiritual em Simeão, o Piedoso, (Eulabes), um
monge simples do mosteiro de Studios, em Constantinopla, que lhe deu
para ler o tratado A lei espiritual de Marcos, o Monge. Neste texto
Simeão, o Novo Teólogo, encontrou um ensinamento que o impressionou muito:
"Se procuras a cura espiritual — leu nele — está
atento à tua consciência. Faz tudo o que ela te diz e encontrarás tudo o que te
é útil". A partir daquele momento — refere ele mesmo — nunca
adormeceu sem se perguntar se a consciência não tinha algo para lhe reprovar.
Simeão entrou no mosteiro
dos Estuditas onde, contudo, as suas experiências místicas e a sua
extraordinária devoção ao Padre espiritual lhe causaram dificuldades. Transferiu-se
para o pequeno convento de São Mamede, também em Constantinopla, do
qual, depois de três anos, se tornou o director, o hegúmeno. Ali
conduziu uma intensa busca de união espiritual com Cristo, que lhe conferiu
grande autoridade. É interessante observar que lhe foi dado o apelativo de
"Novo Teólogo", não obstante a tradição reservasse o título de
"Teólogo" a duas personalidades: ao evangelista João e a Gregório de
Nazianzo. Sofreu incompreensões e o exílio, mas foi reabilitado pelo Patriarca
de Constantinopla, Sérgio II.
Simeão, o Novo Teólogo,
passou a última fase da sua existência no mosteiro de Santa Marina, onde
escreveu grande parte das suas obras, tornando-se cada vez mais célebre devido
aos seus ensinamentos e milagres. Faleceu a 12 de Março de 1022.
O mais conhecido dos seus
discípulos, Nicetas Estetatos, que recolheu e copiou os escritos de Simeão,
cuidou uma edição póstuma, redigindo em seguida a sua biografia. A obra de
Simeão compõe-se de nove volumes, que se dividem em Capítulos teológicos,
gnósticos práticos, três volumes de Catequeses dirigidas a
monges, dois volumes de Tratados teológicos e éticos e um volume
de Hinos. Não se devem esquecer depois as numerosas Cartas. Todas
estas obras encontraram um lugar de relevo na tradição monástica oriental até
aos nossos dias.
Simeão concentra a sua
reflexão sobre a presença do Espírito Santo nos baptizados e sobre a
consciência que eles devem ter desta realidade espiritual. A vida cristã — ressalta
ele — é comunhão íntima e pessoal com Deus, a graça divina ilumina o
coração do crente e condu-lo à visão mística do Senhor. Nesta linha, Simeão, o
Novo Teólogo, insiste sobre o facto de que o verdadeiro conhecimento de Deus
não provém dos livros, mas da experiência espiritual, da vida espiritual. O
conhecimento de Deus nasce de um caminho de purificação interior, que tem
início com a conversão do coração, graças à força da fé e do amor; passa
através de um arrependimento profundo e contrição sincera pelos próprios
pecados, para chegar à união com Cristo, fonte de alegria e de paz, banhados
pela luz da sua presença em nós. Para Simeão esta experiência da graça divina
não constitui um dom excepcional para alguns místicos, mas é o fruto do
Baptismo na existência de cada fiel seriamente comprometido.
Um aspecto sobre o qual
reflectir, queridos irmãos e irmãs! Este santo monge oriental chama-nos a todos
a uma atenção à vida espiritual, à presença escondida de Deus em nós, à
sinceridade da consciência e à purificação, à conversão do coração, de modo que
o Espírito Santo se torne realmente presente em nós e nos guie. De facto, se
justamente nos preocupamos em cuidar o nosso crescimento físico, humano e
intelectual, é ainda mais importante não descuidar o crescimento interior, que
consiste no conhecimento de Deus, no verdadeiro saber, não só aprendido dos
livros, mas interior, e na comunhão com Deus, para experimentar a sua ajuda em
cada momento e circunstância. No fundo, é quanto Simeão descreve quando narra a
própria experiência mística. Já quando era jovem, antes de entrar no mosteiro,
quando, uma certa noite em casa prolongava as suas orações, invocando a ajuda
de Deus para lutar contra as tentações, tinha visto o quarto inundado de luz.
Depois, quando entrou no mosteiro, foram-lhe oferecidos livros espirituais para
se instruir, mas a sua leitura não lhe fazia adquirir a paz que procurava.
Sentia-se — narra ele — como um pobre passarinho sem asas.
Aceitou com humildade esta situação, sem se revoltar, e então começaram a
multiplicar-se de novo as visões de luz. Querendo certificar-se da sua
autenticidade, Simeão pediu directamente a Cristo: "Senhor, és tu quem
estás aqui?". Ouviu ressoar no coração a resposta afirmativa e sentiu-se
extremamente confortado. "Foi aquela, Senhor — escreve em
seguida — a primeira vez que me julgaste, a mim filho pródigo, digno
de ouvir a tua voz". Contudo, nem sequer esta revelação o deixou
totalmente tranquilo. Interrogava-se antes se também aquela experiência não
devia ser considerada uma ilusão. Um dia, finalmente, aconteceu um facto
fundamental para a sua experiência mística. Começou a sentir-se como "um
pobre que ama os irmãos" (ptochós philádelphos). Via em seu
redor muitos inimigos que queriam tramar-lhe insídias e causavam-lhe males, mas
não obstante isto sentia em si mesmo um intenso arrebatamento de amor por eles.
Como explicar isto? Evidentemente tal amor não podia vir dele, mas devia brotar
de outra fonte. Simeão compreendeu que provinha de Cristo presente nele e tudo
se lhe tornou claro: tive a prova certa de que a fonte do amor nele era a
presença de Cristo e de que ter em mim um amor que vai além das minhas
intenções pessoais indica que a fonte do amor está em mim. Assim, por um lado,
podemos dizer que sem uma certa abertura ao amor Cristo não entra em nós, mas,
por outro, Cristo torna-se fonte de amor e transforma-nos. Queridos amigos,
esta experiência permanece importante como nunca para nós, hoje, para encontrar
os critérios que nos indicam se estamos realmente próximos de Deus, se Deus
existe e vive em nós. O amor de Deus cresce em nós se permanecermos unidos a
Ele com a oração e a escuta da sua palavra, com a abertura do coração. Só o
amor divino nos faz abrir o coração aos outros e nos torna sensíveis às suas
necessidades, fazendo-nos considerar todos como irmãos e irmãs e convidando-nos
a responder com o amor ao ódio e com o perdão à ofensa.
Reflectindo sobre esta
figura de Simeão, o Novo Teólogo, podemos relevar ainda um ulterior elemento da
sua espiritualidade. No caminho de vida ascética por ele proposto e percorrido,
a grande atenção e concentração do monge sobre a experiência interior confere
ao Padre espiritual do mosteiro uma importância essencial. O mesmo jovem
Simeão, como se disse, tinha encontrado um director espiritual, que muito o
ajudou e do qual conservou grandíssima estima, a ponto de lhe reservar, depois
da morte, uma veneração também pública. E gostaria de dizer que permanece
válido para todos — sacerdotes, pessoas consagradas e leigos, e
sobretudo para os jovens — o convite a recorrer aos conselhos de um
bom padre espiritual, capaz de acompanhar cada um no conhecimento profundo de
si mesmo, e conduzi-lo à união com o Senhor, para que a sua existência se
conforme cada vez mais com o Evangelho. Para caminhar rumo ao Senhor temos
sempre necessidade de um guia, de um diálogo. Não o podemos fazer apenas com as
nossas reflexões. É também este o sentido da eclesialidade da nossa fé, de
encontrar este guia.
Concluindo, podemos
resumir assim o ensinamento e a experiência mística de Simeão, o Novo Teólogo:
na sua incessante busca de Deus, mesmo nas dificuldades que encontrou e nas
críticas de que foi objecto ele, no fim de contas, deixou-se guiar pelo amor.
Soube viver ele próprio e ensinar aos seus monges que o essencial para cada
discípulo de Jesus é crescer no amor e assim crescemos no conhecimento do
próprio Cristo, para poder afirmar com São Paulo: "Já não sou eu que vivo,
é Cristo que vive em mim" (Gl2, 20).
Saudação
Saúdo também os grupos
vindos de Portugal e do Brasil e demais peregrinos de língua portuguesa,
desejando que esta visita aos lugares santificados pela pregação dos Apóstolos
Pedro e Paulo a todos fortaleça na fé e consolide, no amor divino, os vínculos
de cada um com sua família e comunidade eclesial, que de coração abençoo. A
Virgem Mãe vos acompanhe e proteja!
© Copyright 2009 -
Libreria Editrice Vaticana
Copyright © Dicastério
para a Comunicação
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Remaining walls of Monastery of Saint John Stoudios (Imrahor) in modern-day Istanbul (Constantinople).
KATEHEZA PAPE BENEDIKTA
XVI.
NA OPĆOJ AUDIJENCIJI
Srijeda, 16. rujna 2009.
Šimun Novi Teolog
Draga braćo i sestre,
danas ćemo se zaustaviti na razmišljanju o liku istočnoga monaha, Šimuna Novoga
Teologa, čiji su spisi imali znatan utjecaja na teologiji i duhovnost Istoka,
osobito što se tiče iskustva mističnoga sjedinjenja s Bogom. Šimun Novi Teolog
rodio se 949. u Galataiju, u Paflagoniji (Mala Azija) u provincijskoj plemićkoj
obitelji. Još kao mladić preselio se u Carigrad da bi započeo školovanje i ušao
u službu cara. No, svjetovna karijera koja mu se ukazivala slabo ga je
privlačila te je pod utjecajem unutarnjih prosvjetljenja što ih je doživljavao
započeo tražiti osobu koja bi ga usmjerila u trenutku prepunome sumnji i
zbunjenosti što ga je proživljavao, i koja bi mu pomogla da napreduje na putu
sjedinjenja s Bogom. To duhovno vodstvo pronašao je u Šimunu Pobožnom
(Eulabes), jednostavnom monahu iz samostana Studios u Carigradu koji mu je na
čitanje dao traktat Duhovni zakon Marka Monaha. U tom tekstu, Šimun Novi Teolog
pronašao je nauk koji ga se snažno dojmio: "Ako tražiš duhovno ozdravljenja
– pročitao je tamo – budi pozoran na svoju savjest. Sve ono što ti ona govori,
učini te ćeš pronaći ono što ti je korisno". Od toga trenutka – prenosi on
sam – nikada nije otišao u krevet na počinak, a da se nije pitao ima li mu
savjest što za predbaciti.
Šimun je ušao u samostan
studita gdje su mu njegova mistična iskustva i njegova izvanredna privrženost
prema duhovniku ipak stvorili poteškoće. Preselio se u mali samostan San Mamas,
isto u Carigradu, te je tamo nakon tri godine postao poglavar, iguman. Tamo je
provodio intenzivno traganje duhovnoga sjedinjenja s Kristom, što mu je dalo
velik autoritet. Zanimljivo je primijetiti da mu je dano ime "Novi
Teolog" unatoč tome što je tradicija naziv "Teolog" pridržala
dvjema osobama: evanđelistu Ivanu i Grguru Nazijanskom. Trpio je zbog
nerazumijevanja i progonstva, no rehabilitirao ga je carigradski patrijarh
Sergej II.
Posljednje razdoblje
svoga života Šimun Novi Teolog proveo je u samostanu Svete Marine, gdje je
napisao veliki dio svojih djela, postajući sve slavniji zbog svojih naučavanja
i svojih čuda. Umro je 12. ožujka 1022.
Najpoznatiji od njegovih
učenika, Niceta Stetatos, koji je prikupio i prepisao Šimunove spise, pobrinuo
se za posthumno izdanje, te kasnije napisao životopis. Šimunovo djelo obuhvaća
devet svezaka koji su podijeljeni u Teološka, gnostička i praktična poglavlja,
tri sveska Kateheza upućenih monasima, dva sveska Teoloških i etičkih traktata
te jedan svezak Himana. Ne treba zaboraviti brojna Pisma. Sva su ta djela
zauzela važno mjesto u istočnoj monaškoj tradiciji sve do naših dana.
Šimun svoje razmišljanje
usredotočuje na prisutnost Duha Svetoga u krštenicima i na svijest što je oni
moraju imati o toj duhovnoj zbilji. Kršćanski život – kako ističe – prisno je i
osobno zajedništvo s Bogom, božanska milost prosvjetljuje srce vjernika i
dovodi ga do mistične vizije Gospodina. Na tome tragu Šimun Novi Teolog
insistira na činjenici da prava spoznaja Boga ne dolazi iz knjiga, već iz
duhovnoga iskustva, iz duhovnoga života. Spoznaja Boga rađa se iz puta
unutarnjega čišćenja koji započinje obraćenjem srca zahvaljujući snazi vjere i
ljubavi; prolazi preko dubokoga kajanja i iskrenoga žaljenja zbog vlastitih
grijeha da bi na kraju došao do sjedinjenja s Kristom, izvorom radosti i mira,
prožeti svjetlom njegove prisutnosti u nama. Za Šimuna takvo iskustvo božanske
milosti ne predstavlja izvanredni dar za neke mističare, već je plod krštenja u
životu svakoga ozbiljno zauzetoga vjernika.
Upravo o tome valja
razmišljati, draga braćo i sestre! Taj sveti istočni monah sve nas poziva da
obratimo pozornost na duhovni život, na skrivenu prisutnost Božju u nama, na
iskrenost savjesti i na čišćenje, na obraćenje srca, tako da Duh Sveti stvarno
postane prisutan u nama i da nas vodi. Naime, ako se opravdano brinemo za svoj
fizički, ljudski i intelektualni rast, još je važnije ne zanemariti unutarnji
rast koji se sastoji od spoznaje Boga, od prave spoznaje a ne samo one što je
dobivamo iz knjiga, već one unutarnje, te od zajedništva s Bogom kako bismo
doživjeli njegovu pomoć u svakome trenutku i svakoj prilici. Naposljetku, to je
ono što opisuje Šimun kada pripovijeda o vlastitome mističnom iskustvu. Već kao
mladić, prije nego je ušao u samostan, dok je jedne noći u kući produljivao
svoje molitve zazivajući Božju pomoć da bi se borio protiv napasti, vidio je
sobu prepunu svjetla. Kada je kasnije ušao u samostan, dane su mu duhovne
knjige za poduku, no čitanje tih knjiga nije mu ulijevalo mir što ga je tražio.
Osjećao se – pripovijeda – kao jadna ptičica bez krila. To je stanje prihvatio
ponizno, ne buneći se, i onda su se iznova počela umnožavati viđenja svjetla.
Hoteći se uvjeriti u njihovu autentičnost, Šimun je Krista izravno upitao:
"Gospodine, jesi li to baš ti tu?" U srcu je osjetio kako odjekuje
pozitivan odgovor, te je bio utješen na savršen način. "Bilo je to,
Gospodine – kasnije će napisati – prvi puta da si prosudio mene, rasipnoga
sina, da sam dostojan čuti tvoj glas". Ipak, ni ta objava ga nije ostavila
potpuno smirenim. Radije se pitao ne bi li se i to iskustvo trebalo držati
iluzijom. Konačno, jednoga se dana dogodila temeljna stvar za njegovo mistično
iskustvo. On se počeo osjećati kao "siromah koji voli braću" (ptochos
philadelphos). Oko sebe je vidio brojne neprijatelje koji su mu pripremali zasjede
i činili mu zlo, no unatoč tome u sebi je primjećivao snažan zanos ljubavi
prema njima. Kako to objasniti? Očigledno je da takva ljubav nije mogla doći od
njega, već je morala poteći iz jednoga drugog izvora. Šimun je shvatio da
proizlazi od Krista prisutnoga u njemu, te mu je sve postalo jasno: dobio je
siguran dokaz da je izvor ljubavi u njemu Kristova prisutnost, te da imati u
sebi ljubav koja ide iznad mojih osobnih nakana ukazuje da je izvor ljubavi u
meni. Tako, s jedne strane, možemo reći da bez određene otvorenosti ljubavi
Krist ne ulazi u nas, ali – s druge strane – Krist postaje izvor ljubavi i
preobražava nas. Dragi prijatelji, to iskustvo za nas, danas, ostaje jako važno
da bismo našli kriterije koji nam pokazuju jesmo li stvarno blizu Boga, je li
Bog u nama i živi li u nama. Božja ljubav ostaje u nama ukoliko ostanemo
sjedinjeni s Njime po molitvi i slušanju njegove riječi, u otvorenosti srca.
Samo nam božanska ljubav otvara srce za druge i čini nas osjetljivima za
njihove potrebe, tako da se svi smatramo braćom i sestrama, te nas pozivajući
da s ljubavlju odgovorimo na mržnju, a oproštenjem na uvredu.
Razmišljajući o tom liku
Šimuna Novoga Teologa, možemo otkriti još jedan daljnji element njegove
duhovnosti. Na putu asketskog života što ga predlaže i kojim je prošao, snažna
pozornost i usredotočenost monaha na unutarnje iskustvo samostanskome duhovniku
daje ključnu važnost. Sam mladi Šimun, kao što je rečeno, pronašao je duhovnika
koji mu je puno pomogao i kojega je osobito jako poštivao tako da se poslije
njegove smrti pobrinuo ga se i javno časti. I htio bih reći da za sve –
svećenike, posvećene osobe i laike, a posebno za mlade – i dalje vrijedi poziv
da se uteknemo savjetima dobroga duhovnika, sposobnoga voditi svakoga u duboko
poznavanje sebe samoga, te ga dovesti do sjedinjenja s Gospodinom kako bi
njegov život sve više bio u suglasju s evanđeljem. Kako bismo išli prema
Gospodinu uvijek nam treba vođa, dijalog. To ne možemo postići samo svojim
razmišljanjima. A to je i smisao crkvenosti naše vjere – da nađemo tog vođu.
Zaključujući, ovako
možemo sažeti naučavanje i mistično iskustvo Šimuna Novoga Teologa: u
neprestanom traganju za Bogom, pa i u poteškoćama na koje je nailazio i u
kritikama koje su mu upućene, on je dao – na kraju krajeva – da ga vodi ljubav.
Sam je znao živjeti, a naučio e i svoje monahe da je za svakoga Isusovog
učenika ključno rasti u ljubavi i tako rastemo u spoznavanju samoga Krista da
bismo sa svetim Pavlom mogli izjaviti: "Živim, ali ne više ja, nego živi u
meni Krist" (Gal 2,20).
Papin pozdrav hrvatskim
hodočasnicima na hrvatskom:
S velikom radošću
pozdravljam sve hrvatske hodočasnike, a posebno vjernike iz župe Gospe van
Grada iz Šibenika! Dragi prijatelji, ovih smo dana proslavili Uzvišenje Svetog
Križa. Gledajući Raspetog Gospodina, koji je raširio ruke da zagrli cijeli
svijet, molite za mir i jedinstvo u vašem narodu! Hvaljen Isus i Marija!
Copyright © Dicastery for
Communication
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L. Petit. « La vie et les œuvres
de Syméon le Nouveau Théologien », Échos
d'Orient Année 1928 Volume 27 Numéro
150 pp. 163-167 : http://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1928_num_27_150_4658