mardi 9 juillet 2013

NOTRE-DAME de BOULOGNE

9 juillet

Notre-Dame de Boulogne

Par lettres du mois de février 1319, le roi Philippe V le Long donne aux habitants de Paris et autres, qui ont été en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, la permission de faire construire une église au village de Menus-lez-Saint-Cloud qui dépendait de la paroisse d’Auteuil, et d’établir une confrérie entre eux. Ils avaient choisi cette place, à l’extrémité du bois de Rouvray, dont le fief appartenait, depuis 1134, à l’abbesse de Montmartre, parce que deux notables bourgeois, Girard de la Croix, scelleur au Châtelet, et son frère Jean, leur offraient là cinq arpents de terre. Après que l’abbesse de Montmartre eut délivré les lettres d’amortissement (le dimanche après l’Ascension 1320), l’église dont le Roi s’était réservé l’honneur de poser la première pierre, fut construite en moins de dix ans et, dès 1329, le pape Jean XXII lui accorda des indulgences et reconnut la confrérie dont Philippe V (mort en 1322) s’était inscrit comme premier membre. Charles IV le Bel (1322-1328) qui s’était lui aussi inscrit à la confrérie et avait veillé à la construction, n’en vit pas l’achèvement qui se fit sous Philippe VI de Valois (1328-1350) ; l’évêque de Paris, Hugues Michel de Besançon (1326-1332), bénit l’église qui, sans être paroissiale, avait tout de même des fonts baptismaux et un cimetière réservés aux habitants des alentours.

Elle hérita d’une partie du renom de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, cette image miraculeuse que les flots avaient apportée, tenant sur son bras l’Enfant-Jésus et à la main un cœur. Le pèlerinage des Menus était moins difficile par temps de guerres et de troubles civils, tout au plus risquait-on d’être dévalisé aux abords du bois de Rouvray, devenu depuis, le bois de Boulogne. Par l’intercession de la Mère de Dieu, des mirasles s’opèrent journellement dans la nouvelle église de Notre-Dame de Boulogne. On y voit grossir le concours des populations pieuses et en même temps le produit des offrandes, legs et autres donations. Les ressources et les biens de cette église, croissant de jour en jour, permettent de donner plus d’éclat au service divin, et font naître l’espoir qu’on pourra bientôt y fonder des chapellenies.

L’église devint paroissiale, en 1343, par décision de l’évêque de Paris, Foulques de Chanac (1342-1349) ; on la reconstruisit sans doute à cette époque et elle fut consacrée, par l’évêque de Paris, Guillaume Chartier (1449-1472), le dimanche 9 juillet 1469, date dont on célébrera dès lors l’anniversaire le second dimanche de juillet.

Il existait, en France, d’autres endroits consacrés à Notre-Dame de Boulogne, comme Boulogne-sur-Gesse, près de Saint-Gaudens, Montdidier, Boulogne-la Grasse, près de Compiègne, Rigny-le-Ferron, en Champagne, Voreppe, près de Grenoble, le prieuré Notre-Dame de Boulogne, près de Blois, Saint-Saëns, en Normandie.

Louis Perouas. « Le Grand Retour de Notre-Dame de Boulogne à travers la France (1943-1948). Essai d'interprétation / The Grand Retour de Notre-Dame de Boulogne accross France (1943-1948). An Essay in Interpretation.». Archives des sciences sociales des religions, 1983, Volume 56, Numéro 56-1, pp. 37-57 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/assr_0335-5985_1983_num_56_1_2287