samedi 21 janvier 2012

Troisième mystère glorieux : LA DESCENTE DE L'ESPRIT-SAINT




1 Comme le jour de la Pentecôte était arrivé, ils étaient tous ensemble au même (lieu).

2 Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis.

3 Et ils virent paraître des langues séparées, comme de feu ; et il s'en posa (une) sur chacun d'eux.

4 Et tous furent remplis d'Esprit-Saint, et ils se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait de proférer.

5 Or il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel.

6 Ce bruit s'étant produit, la foule s'assembla et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler en sa propre langue.

7 Ils étaient stupéfaits et s'étonnaient, disant : " Tous ces gens qui parlent, ne sont-ils pas des Galiléens ?

8 Comment donc les entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ?

9 Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie,

10 de la Phrygie et de la Pamphylie, de l'Egypte et des contrées de la Lybie Cyrénaïque, Romains résidant (ici),

11 tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons dire dans nos langues les merveilles de Dieu. "

12 Ils étaient tous stupéfaits et ne savaient que penser, se disant l'un à l'autre : " Qu'est-ce que cela peut bien être ? "

13 Mais d'autres disaient en se moquant : " Ils sont pleins de vin doux. "

14 Or Pierre, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur déclara : " Juifs, et (vous) tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l'oreille à mes paroles.

15 Ces hommes en effet ne sont point ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du jour.

16 Mais c'est ce qui a été dit par le prophète Joël :

17 Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes.

18 Oui, en ces jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront.

19 Et je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel, et des signes en bas sur la terre : du sang, du feu, de la fumée en éruption ;

20 le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, le (jour) grand et éclatant.

21 Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.

22 Israélites, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ;

23 lui, livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, que vous avez fait mourir en le crucifiant par la main des impies,

24 Dieu l'a ressuscité, déliant les liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'elle le tînt en son pouvoir.

25 David, en effet, dit à son sujet : Je voyais, continuellement le Seigneur devant moi, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé.

26 C'est pour cela que mon cœur s'est réjoui, et que ma langue a été dans l'allégresse, et qu'aussi même ma chair reposera dans l'espérance :

27 parce que vous n'abandonnerez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la décomposition.

28 Vous m'avez fait connaître les chemins de la vie ; vous me remplirez de joie par (la vue de) votre face.

29 Mes frères, il est permis de vous dire avec assurance du patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été enterré et que son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous.

30 Comme donc il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône un fils de son sang,

31 voyant d'avance, il a parlé de la résurrection du Christ, (disant) et qu'il n'a pas été abandonné dans le séjour des morts, et que sa chair n'a pas vu la décomposition.

32 C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité : nous en sommes tous témoins.

33 Ayant donc été élevé par la droite de Dieu et ayant reçu du Père l'Esprit-Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez.

34 Car, David n'est pas monté aux cieux, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite,

35 jusqu'à ce que j'aie fait de vos ennemis un escabeau pour vos pieds.

36 Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu l'a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. "
37 Or, en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : " Frères, que ferons-nous ? "

38 Pierre leur dit : " Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit,

39 car la promesse est pour vous, et pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, autant qu'en appellera le Seigneur notre Dieu. "

40 Et avec force autres paroles il donna son témoignage; et il les exhortait en disant : " Sauvez-vous de cette génération perverse ! "

41 Eux donc, ayant accueilli sa parole, furent baptisés ; et ce jour-là s'adjoignirent environ trois mille personnes.
42 Et ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres et aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières.

43 Or la crainte était dans toutes les âmes, et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les apôtres.

44 Tous ceux qui croyaient vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ;

45 ils vendaient leurs terres et leurs biens, et ils en partageaient (le produit) entre tous, selon les besoins de chacun.

46 Chaque jour, d'un même cœur, assidus au temple, et rompant le pain à la maison, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur,

47 louant Dieu et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la masse ceux qui étaient sauvés.

Saint LUC, ACTES DES APÔTRES, chapitre II


Psaume 103 (104)


Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
La terre s’emplit de tes biens. R


Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.

Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre. R


Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !

Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur. R



©AELF




Pierre Reymond (1522) La Pentecôte, émail sur cuivre, musée d'art de Saint-Louis.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains - Chapitre 8

01 Ainsi, pour ceux qui sont dans le Christ Jésus, il n’y a plus de condamnation.

02 Car la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a libéré de la loi du péché et de la mort.

03 En effet, quand Dieu a envoyé son propre Fils dans une condition charnelle semblable à celle des pécheurs pour vaincre le péché, il a fait ce que la loi de Moïse ne pouvait pas faire à cause de la faiblesse humaine : il a condamné le péché dans l’homme charnel.

04 Il voulait ainsi que l’exigence de la Loi s’accomplisse en nous, dont la conduite n’est pas selon la chair mais selon l’Esprit.

05 En effet, ceux qui se conforment à la chair tendent vers ce qui est charnel ; ceux qui se conforment à l’Esprit tendent vers ce qui est spirituel ;

06 et la chair tend vers la mort, mais l’Esprit tend vers la vie et la paix.

07 Car la tendance de la chair est ennemie de Dieu, elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, elle n’en est même pas capable.

08 Ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.

09 Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.

10 Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.

11 Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

12 Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair.

13 Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez.

14 En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.

15 Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père !

16 C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.

17 Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.

18 J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.

19 En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.

20 Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance

21 d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

22 Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

23 Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

24 Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ?

25 Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

26 Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables.

27 Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles.

28 Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour.

29 Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères.

30 Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire.

31 Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

32 Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ?

33 Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste :

34 alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous :

35 alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?

36 En effet, il est écrit : C’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en brebis d’abattoir.

37 Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.

38 J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances,

39 ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

SOURCE : http://www.aelf.org/bible-liturgie/Rm/Lettre+de+saint+Paul+Ap%C3%B4tre+aux+Romains/chapitre/8


SÉQUENCE 

Viens, Esprit Saint en nos coeurs
et envoie du haut du ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, Père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos coeurs.


Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le coeur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi,
et qui en toi se confient,
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle.

Amen !




Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean - Chapitre 14

15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.

16 Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :

17 l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.

18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.

19 D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.

20 En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.

21 Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

22 Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »

23 Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.

24 Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.

25 Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;

26 mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.

28 Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

29 Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

30 Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise,

31 mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. Levez-vous, partons d’ici.



LE SAINT-ESPRIT

Ainsi que l’atteste l’histoire sacrée des Actes, aujourd'hui le Saint-Esprit fut envoyé sur les Apôtres sons la forme de langues de feu. Au sujet de cette mission ou venue, il y a huit considérations à faire : 1° par qui il fut envoyé; 2° de combien de manières il est ou il fut envoyé 3° en quel temps; 4° combien de fois; 5° de quelle manière; 6° sur qui; 7° pourquoi; 8° par quel moyen il fut envoyé:

I. Par qui, le Saint-Esprit fut-il envoyé? C'est le Père qui envoya ce Saint-Esprit, c'est le fils aussi, et le Saint-Esprit se donna lui-même et s'envoya. Ce fut le Père, d'après ces paroles. de J.-C. en saint Jean (XIV) : « Le Paraclet qui est le Saint-Esprit, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses. » Ce fut le fils : on lit au XVIe chap. de saint Jean : « Mais si je  m’en vais, je vous l’enverrai. » En prenant un point de comparaison avec les choses d'ici-bas, l’envoyé a trois sortes de rapports avec celui qui l’envoie ; il lui donne l’être, comme le rayon est envoyé par le soleil : il lui donne sa force, comme la flèche envoyée par l’archer; il lui donne juridiction ou autorité, comme un messager envoyé par son supérieur. Sous ce triple point de vue, la mission peut convenir au Saint-Esprit : car il est envoyé par le Père et le Fils, en qui résident l’être, la forcé et l’autorité dans leurs opérations. Néanmoins, l’Esprit-Saint lui-même s'est aussi donné et envoyé : ce qui est insinué dans ces paroles de saint Jean (XVI) : « Quand d'Esprit de vérité sera venu.» En effet selon que le dit saint Léon, pape, en son sermon de la Pentecôte : La bienheureuse Trinité, l’incommutable divinité est une en substance, ses opérations sont indivises, elle est unie dans sa volonté, pareille en toute puissance, égale en gloire : mais elle s'est partagée l’oeuvre de notre rédemption, cette miséricordieuse Trinité, de sorte que le Père se laissa fléchir; le Fils se fit propitiation et le Saint-Esprit nous embrasa de son amour. » Or, puisque le Saint-Esprit est Dieu, on peut donc dire avec vérité qu'il se donne lui-même. Saint Ambroise prouve ainsi la divinité du Saint-Esprit dans son livre Du Saint-Esprit: « La gloire de sa divinité est manifestement prouvée. par. ces quatre moyens. On connaît qu'il est Dieu, an bien parce qu'il est sans péché, ou bien parce qu'il pardonne le péché, ou bien parce que ce n'est pas une créature, mais qu'il est créateur, ou bien enfin parce qu'il n'adore pas, mais qu'il est adoré. » Il est évident par là que la Trinité se donna toute à nous : « parce que, dit saint Augustin, le Père nous. a donné tout ce qu'il a ; il nous a donné son Fils pour prix de notre rédemption, le Saint-Esprit comme privilège de notre adoption, et il se réserve lui-même tout entier comme l’héritage de notre adoption. » De même aussi, le Fils s'est donné entièrement à nous, selon ce mot de saint Bernard : « Il est pasteur, il est pâture, il est rédemption. Il nous a donné son âme pour rançon, son sang pour breuvage, sa chair pour aliment et sa divinité pour récompense. » De même encore le Saint-Esprit nous a gratifiés et nous gratifie de tous ses dons, parce qu'il est dit dans la Ière épître aux Corinthiens (XII) : « L'un reçoit du Saint-Esprit le don de parler avec sagesse, lui autre reçoit du même Esprit le don de parler avec science ; un autre reçoit le don de la foi par le même Esprit. ». Saint Léon, pape, ajoute : « C'est le Saint-Esprit, qui inspire la foi, qui enseigne la science : il est la source, de l’amour, le cachet de la chasteté et le principe de tout salut. »

II. De combien de manières le Saint-Esprit est ou fut envoyé. Il faut savoir que le Saint-Esprit est envoyé d'une manière visible et d'une manière invisible. Elle est invisible quand il pénètre dans les coeurs saints : elle est visible quand il se montre sous un signe visible. Saint Jean parle de sa mission invisible quand il dit (III) : « L'Esprit souffle où il veut et vous entendez sa voix, mais vous ne savez ni d'où il vient; ni où il va. » Cela n'a rien d'étonnant, parce que, selon le mot de saint Bernard en parlant du Verbe invisible : « Il n'est pas entré parles yeux, puisqu'il n'a pas de couleur ; ni par les oreilles, parce qu'il n'a pas rendu de son; ni par les narines, parce qu'il n'est. pas mêlé avec l’air, mais avec l’esprit, qu'il n'infecte pas l’air mais qu'il le fait : il n'est pas entré par la bouche, puisqu'il n'est ni mangé ni bu; ni par le toucher du corps, puisqu'il n'est pas palpable. Vous demandez donc, puisque ses voies sont si impénétrables, comment je connais sa présence : je l’ai reconnue par la crainte que j'éprouve en mon cœur : c'est par la fuite du vice que j'ai remarqué la puissance de sa force : je n'ai qu'à ouvrir les yeux et à examiner ; alors j'admire la profondeur de sa sagesse : c'est par le plus petit amendement dans mes moeurs que j'ai ressenti la bonté de sa douceur; c'est par la réformation et le renouvellement intérieur de mon âme que j'ai aperçu, autant qu'il  m’a été possible, l’éclat de sa beauté ; c'est en voyant toutes ces merveilles à la fois que j'ai été saisi devant son infinie grandeur. » Une mission est visible quand elle est indiquée par un signe visible. Or, le Saint-Esprit s'est montré sous cinq formes visibles: 1° sous la forme d'une colombe au-dessus de J.-C. qui venait d'être baptisé. Saint Luc dit (III) que le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle semblable à une colombe; 2° sous la forme d'une nuée lumineuse au moment de la transfiguration. Saint Mathieu dit (XVI) : « Lorsqu'il partait encore, une nuée lumineuse vint le couvrir. » La glose ajoute : « Dans le baptême de N.-S., comme dans sa transfiguration glorieuse, le Saint-Esprit a manifesté le mystère de la sainte Trinité, là dans une colombe, ici dans une nuée lumineuse » ; 3° sous la forme d'un souffle. On lit dans saint Jean (XX): « Il souffla et leur dit : « Recevez le Saint« Esprit »; 4° sous la forme de feu; 5° sous la forme de langue: et c'est sous cette double forme qu'il a apparu en ce jour. Or, s'il s'est montré sous ces cinq formes, c'est pour donner à comprendre qu'il en opère les propriétés dans les coeurs où il vient. 1° Il s'est montré sous la forme d'une colombe. La colombe gémit au lieu de chanter, elle n'a pas de fiel, elle se cache dans les fentes des rochers. De même le Saint-Esprit fait gémir sur leurs péchés ceux qu'il remplit. «Nous rugissons tous comme des ours, dit Isaïe (LIX), nous gémissons et nous soupirons comme des colombes. » « Le Saint-Esprit lui-même, dit saint Paul (Rom., VIII), prie pour nous, par des gémissements ineffables, » c'est-à-dire qu'il nous fait prier et gémir. 2° Il n'y a en lui ni fiel ni amertume. Et la Sagesse dit (XII) :  « Seigneur, oh! que votre Esprit est bon, et qu'il est doux en toute sa conduite ! ». (VII) « Il est humain, doux, bon; parce qu'il rend doux, bon et humain; doux dans les discours, bon de coeur et humain en action. » 3° Il habite dans les fentes du rocher, c'est-à-dire dans les plaies de J.-C. «Levez-vous, est-il dit dans le Cantique (II), ma bien-aimée,-mon épouse, et venez, vous qui êtes ma colombe (la glose ajoute : vous qui réchauffez rues poussins, par l’infusion du Saint-Esprit),qui habitez les creux de la pierre (la glose dans les blessures de J.-C.). » Jérémie parle ainsi au chap. IV des Lamentations : « Le Christ, le Seigneur, l’esprit de notre bouche a été pris à cause de nos péchés. » Nous lui avons dit : « Nous vivrons sous votre ambre parmi les nations. » C'est comme s'il disait : « L'Esprit-Saint, qui est de notre bouche,: et cette bouche, c'est celle de N.-S. J.-C., parce qu'il est notre bouche et notre chair, nous fait dire à J.-C. : « Nous vivrons en ayant toujours à la mémoire votre ombre, c'est-à-dire votre passion, dans laquelle le Christ fut environné de ténèbres et méprisé. » — La nuée est élevée au-dessus de la terre, elle procure le rafraîchissement et engendre la pluie : ainsi fait le Saint-Esprit, de ceux qu'il remplit, il les élève au-dessus de la terre et leur inspire le mépris des choses terrestres. Selon ces . paroles d'Ezéchiel : (VIII) « L'Esprit  m’a élevé entre le ciel et la terre. » (I) « Partout où allait l’Esprit, et où l’Esprit s'élevait, les roues s'élevaient aussi, et le suivaient, parce que l’Esprit de vie était dans les roues. » Saint Grégoire dit de son côté : « Quand on a goûté de l’Esprit, à l’instant toute chair devient insipide. » L'Esprit-Saint refroidit contre les ardeurs du vice. Aussi a-t-il été dit à Marie (saint Luc, I) : « Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-, Haut vous couvrira de son ombre, » c'est-à-dire, elle vous refroidira contre toutes les ardeurs du vice. C'est pour cela que l’Esprit-Saint est appelé eau, parce qu'il a une vertu régénérative. « Si quelqu'un croit en moi, dit J.-C. (saint Jean, VII), il sortira de son coeur des fleuves d'eau vive » — ce qu'il entendait de l’Esprit-Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Enfin l’Esprit-Saint engendre -une pluie dé, larmes. Le psaume (CXLVII) dit : « Son Esprit soufflera et les eaux couleront », c'est-à-dire les larmes. 3° Il s'est montré, sous la forme d'un souffle. Le souffle est agile, chaud, doux et nécessaire pour la respiration: de même aussi l’Esprit-Saint est agile, c'est-à-dire prompt à se répandre ; il est plus actif que toutes les substances agissantes. La glose explique ainsi ces paroles des Actes : « On entendit tout d'un coup un grand bruit, comme d'un vent impétueux, qui venait du ciel », la grâce du Saint-Esprit, dit-elle, ne connaît pas les obstacles d'un retard. En second lieu, il est chaud pour embraser : « Je suis venu, est-il dit en saint Luc (XII), apporter le feu sur la terre, et que veux-je, sinon qu'il brûle. » Ce qui l’a fait. comparer dans le Cantique (XV) à l’auster qui est un vent chaud : « Retirez-vous, aquilon, venez, vent du midi, soufflez de toutes parts dans mon jardin et que les parfums en découlent. » En troisième lieus il est doux pour adoucir. Aussi pour indiquer sa douceur, on donne le nom d'onction ; comme dans  la Ière épître canonique de saint Jean (II) : « Son onction vous enseigne toutes choses » ; 2° le nom de rosée. L'Eglise chante en effet (I) : « Que l’Esprit-Saint répande sa rosée céleste pour rendre nos coeurs féconds en bonnes pauvres. Et, sui roris intima aspersione fecundet.» 3° Le nom de souffle léger: On lit au IIIe livre des Rois (XIX) : « Après le feu, on entendit le souffle d'un petit vent doux» et le Seigneur y était. En quatrième lieu, il est nécessaire pour la. respiration. Le souffle est tellement nécessaire pour respirer, que s'il cessait pendant une heure, l’homme mourrait aussitôt. Il faut l’entendre aussi en ce sens du Saint-Esprit. D'où rient que le psaume dit : « Vous leur ôterez l’esprit, et ils tomberont dans la défaillance et retourneront dans leur poussière. Envoyez votre Esprit et ils seront créés de nouveau, et vous renouvellerez la face de la terre. » Saint Jean dit aussi (VI) : «C'est l’Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont elles-mêmes esprit et vie. » 4° Il s'est montré sous la forme de feu. 5° Sous la forme de langue, d'après es paroles des Actes (II) : « En même. temps. ils (les disciples) virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent et qui s'arrêtèrent sur chacun d'eux. » Plus bas se trouvera l’explication de ces deux formes.

III. En quel temps fut-il envoyé? Ce fut le cinquantième jour après Pâques, pour faire comprendre que la perfection de la loi vient du Saint-Esprit, ainsi que la récompense éternelle et la rémission des péchés. 1° Il est la perfection de la loi, en ce que, d'après la glose, à dater du cinquantième jour où l’agneau avait été immolé d'avance, la loi fut donnée au milieu du feu; dans le Nouveau-Testament aussi, cinquante jours après la Pâque de J.-C., le Saint-Esprit descendit au milieu du feu. La loi, c'était sur le mont Sinaï, le Saint-Esprit, sur le mont Sion. La loi fut donnée au sommet d'une montagne, le Saint-Esprit dans le cénacle; d'où il paraît clairement que l’Esprit-Saint lui-même est la perfection de la loi, parce que l’accomplissement de la loi, c'est l’amour. 2° C'est la récompense éternelle. La glose dit en effet « De même que les quarante jours pendant lesquels J.-C. conversa avec ses disciples, désignent l’Eglise actuelle, de même le cinquantième jour auquel est donné le Saint-Esprit veut dire le denier de la récompense éternelle. » 3° C'est la rémission des péchés. La glose ajoute au même endroit : « De même que dans la cinquantième année arrivait l’indulgence du Jubilé, de même par le Saint-Esprit, les péchés sont remis. » Ce qui suit se trouve encore dans la Glose : « Dans ce jubilé spirituel, les accusés sont relâchés, les dettes remises, les exilés rappelés dans leur patrie, l’héritage perdu est restitué, c'est-à-dire que les hommes vendus au péché sont délivrés du joug de la servitude. » Les condamnés à mort sont relâchés et délivrés : c'est pour cela qu'il est dit dans l’épître aux Romains (VIII) : « La loi de l’esprit de vie qui est en J.-C.  m’a délivré de la loi du péché et de la mort. » Les dettes des péchés sont remises ; parce que (saint Pierre, II, 4) « la charité couvre la multitude des péchés. » Les exilés sont rappelés dans la patrie : Il est dit, dans le Psaume (CXLII) :  « Votre esprit, qui est bon, me conduira dans une terre unie. » L'héritage perdu est restitué : « L'Esprit, est-il dit dans l’épître aux Romains (VIII), rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers. » Les esclaves sont délivrés du péché. Aux Corinthiens on trouve (II, 4) : « Où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. »

IV. Combien de fois fut-il envoyé aux apôtres : Il faut savoir, que, d'après la glose, il leur a été donné trois fois : 1° avant la Passion, 2° après la Résurrection, 3° et après l’Ascension : la première fois pour faire des miracles, la seconde pour remettre les péchés, la troisième pour affermir leurs coeurs. La première fois, ce fut quand J.-C. les envoya prêcher, et leur donna la puissance de chasser tous les démons et de guérir les infirmités. Tous ces miracles sont l’oeuvre du saint-Esprit selon ces paroles de saint Mathieu (XII) : « Si c'est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu jusqu'à vous. » Cependant, opérer. des miracles n'est pas une conséquence de la possession du Saint-Esprit, parce que selon la parole de saint Grégoire : « Les miracles ne font pas l’homme saint, mais ils le montrent. » Et parce que l’on fait des miracles ce n'est pas une raison, pour avoir l’Esprit-Saint, puisque les méchants eux-mêmes allèguent qu'ils ont fait des miracles. (Saint Mathieu, VII) : « Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom ? N'avons-nous pas chassé les démons en votre nom ? et n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en votre nom? » Car Dieu fait des miracles par son autorité, les anges par l’infériorité de la matière, les démons, par des vertus naturelles qui résident dans les choses, les magiciens. par des contrats secrets avec les démons, les bons chrétiens par une justice manifeste,. les mauvais chrétiens par les apparences d'une justice reconnue. La seconde fois que J.-C. donna le, Saint-Esprit aux apôtres, ce fut quand il souffla sur eux en disant : « Recevez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux auxquels vous les retiendrez. » Cependant nul ne saurait remettre le péché quant à la souillure qu'il produit et qui réside dans l’âme, ni quant à la culpabilité qui engage à la peine éternelle; ni quant à l’offense faite à Dieu, toutes misères qui sont remises seulement par l’infusion de la grâce et en vertu de la contrition. On dit cependant que le prêtre absout, tant parce qu'il déclare le pénitent absous de la faute que parce qu'il change la peine du purgatoire en une peine temporelle et qu'il remet une partie elle-même de la peine temporelle. La troisième fois qu'il donna le Saint-Esprit à ses apôtres, ce fut aujourd'hui, alors que leurs cœurs étaient tellement fortifiés qu'ils ne craignaient en rien les tourments : selon le mot du Psalmiste (XXXII) : « C'est l’esprit ( le souffle) de sa bouche qui a produit toute leur force.» Et selon ces paroles de saint Augustin: «Telle est la grâce du Saint-Esprit, que s'il trouve la tristesse, il la dissipe, s'il trouve des désirs mauvais, il les consume; s'il trouve la crainte, il la chasse. » Saint Léon, pape, dit de son côté : « Si l’Esprit-Saint était l’objet de l’espoir des apôtres, ce n'était pas tout d'abord pour habiter dans des cœurs sanctifiés, mais pour les enflammer davantage après leur sanctification, pour verser en eux une plus grande abondance de grâces. Il les comblait de ses dons, il ne commençait pas leur conversion. Et cependant son oeuvre n'était pas nouvelle, parce qu'il était plus riche en largesses. »

V. De quelle manière fut-il envoyé? Il fut envoyé avec bruit; en forme de langues de feu, et ces langues apparurent en se posant. Le bruit fut subit, venant du ciel, véhément et remplissant. Il fut subit parce que le Saint-Esprit ne connaît pas les obstacles d'un retard il venait du ciel, parce qu'il rendit les apôtres célestes; il fut véhément; mot qui signifie : détruisant le malheur (vae adimens) ; soit parce qu'il détruit tout l’amour charnel dans l’esprit, d'où vient véhément (vehens mentem) : Il fut remplissant, parce que l’Esprit-Saint remplit tous les apôtres d'après ce texte des Actes : « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit. » Il y a trois signes auxquels on reconnaît la plénitude, et ces trois signes se trouvent dans les apôtres. Le premier c'est de ne pas rendre de son; par exemple le tonneau plein ne rend aucun son. Quand Job dit (VI) : « Le boeuf fait-il entendre ses mugissements  lorsqu'il est devant une crèche pleine? c'est coin s'il disait : « Lorsque la crèche du coeur contient la plénitude de la grâce, il ne saurait jeter des murmures d'impatience. Les apôtres possédèrent ce signe, parce qu'au milieu de leurs tribulations, ils ne rendirent aucun son d'impatience ; il y a mieux : « Ils sortaient du conseil tout remplis de joie de ce qu'ils avaient été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus (Act., V). » Le second signe, c'est de ne pas pouvoir en contenir plus, et d'en posséder assez. En effet quand un vase est plein, il ne peut contenir autre chose ; comme aussi quand un homme est rassasié, il n'a plus d'appétit ; de même les saints qui ont la plénitude de la grâce, ne peuvent recevoir aucun goût pour, les amours terrestres. « Tout cela  m’est à dégoût, est-il dit dans Isaïe (I). Je n'aime point les holocaustes de vos béliers:» De même ceux qui ont goûté des douceurs divines n'ont pas soif des vanités terrestres. « Celui, dit saint Augustin, qui aura bu du fleuve du paradis dont une goutte est plus grande que l’océan, peut être assuré que la soif de ce monde sera étanchée, en lui. » Les apôtres possédèrent ce signe, car ils ne voulurent avoir rien en propre, mais ils partagèrent tout en commun. Le troisième signe c'est de déborder, comme,ce fleuve dont il est parlé dans l’Ecclésiastique (XXIV) : « Il répand la sagesse comme le Phison répand ses eaux. » Ce qui signifie à la lettre Le propre de ce fleuve, c'est de: déborder et d'arroser tout ce qui l’entoure. Ainsi les apôtres commencèrent. à déborder, parce qu'ils se mirent à parler différentes langues. C'est ici que la glose dit : « Voici le signe de la plénitude : le vase plein se répand : le feu ne peut rester caché en lui-même. » Ils commencèrent donc à arroser ce qui les entourait : de là vient que saint Pierre se mit à prêcher et convertit trois mille personnes. » Secondement, il fut envoyé en forme de langues de feu. Il y a là-dessus trois points à examiner : 1° pourquoi en langues et en langues de feu tout à la fois, 2° pourquoi en forme de feu plutôt qu'en un autre élément; 3° pourquoi en forme de langue plutôt que d'un autre membre. En premier lieu, il faut savoir que c'est pour trois raisons qu'il apparut en langues de feu : a) afin que les apôtres proférassent des paroles de feu ; b) afin qu'ils. prêchassent une loi de feus c'est-à-dire une loi d'amour. Voici les paroles de saint Bernard sur ces deux premières raisons: « Le Saint-Esprit est venu en langues de feu afin de dire des paroles de feu dans les langues de toutes les nations ; en sorte que ce furent des langues de feu qui prêchaient une loi de feu; » c) afin que: les apôtres connussent que c'était par eux que parlait l’Esprit-Saint qui est feu; afin qu'ils n'eussent aucune défiance là-dessus ; afin qu'ils ne s'attribuassent pas les conversions des autres, et que tous écoutassent leurs paroles comme celles de Dieu.

En second lieu, il fut envoyé sous la forme du feu pour beaucoup de raisons. La 1re se tire des sept espèces de grâce qu'il donne : car l’Esprit, comme le feu, abaisse les hauteurs par le don de crainte ; il amollit les duretés par le don de piété; il illumine les lieux obscurs par la science; il resserre les fluides par le conseil ; il consolide les choses sans consistance par la force ; il clarifie les métaux dont- il ôte la rouille par le don d'intelligence, il se dirige en haut par le don de sagesse. La 2e se tire de sa dignité et de son excellence : en effet le feu l’emporte sur tous les éléments par son apparence, par son rang. et par sa force : par son apparence, en raison de la beauté qu'il présente dans sa lumière; par son rang, en raison de la sublimité de sa position. L'Esprit-Saint aussi l’emporte sur tout en ces différents cas. Quant à l’apparence l’Esprit-Saint est appelé sans tache. Quant à son rang, il renferme toutes les intelligences; quant à sa force, il la possède en toute manière. La 3e se tire de ses différentes propriétés. Raban expose ainsi cette raison: « Le feu, de sa nature, contient quatre propriétés : il brûle, il purge, il échauffe et il éclaire. Pareillement le Saint-Esprit brûle les péchés, purge ,les coeurs, chasse la tiédeur et éclaire l’ignorance. Il brûle les péchés, selon cette parole du prophète Zacharie (XIII) : « Je les ferai passer par le feu où je les épurerai comme on épure l’argent. » C'était encore par ce feu que le prophète demandait à être brûlé quand il disait (Ps. XXV) : « Brûlez mes reins et mon coeur. » Il purge les coeurs, selon ce mot d'Isaïe (IV) : « Ils seront appelés saints quand le Seigneur aura lavé Jérusalem du sang qui est au milieu d'elle, par un esprit de justice et un esprit d'ardeur. » Il chasse la tiédeur : c'est pour cela qu'il est dit (Rom., XII) de ceux qui sont remplis du Saint-Esprit : « Conservez-vous dans la ferveur de l’esprit. » Saint Grégoire dit aussi : « Le Saint-Esprit est apparu en forme de feu parce qu'il dissipe l’engourdissement de la froideur de tout coeur qu'il remplit, et qu'il l’enflamme du désir de son éternité. » Il éclaire l’ignorance, d'après ces paroles du livre de la Sagesse (IX) : « Et qui pourra connaître votre pensée, si vous ne donnez vous-même la sagesse, et si vous n'envoyez votre Esprit-Saint du plus haut des cieux ? » Comme aussi dans la Ire épître aux Corinthiens (II), on lit : « Or, Dieu nous a révélé par l’Esprit-Saint. » La 4e se prend de la nature de son amour car, l’amour a trois points de ressemblance avec le feu. 1° Le feu est toujours en mouvement, de même aussi l’amour du Saint-Esprit fait que ceux qui en sont remplis sont toujours, occupés à faire de bonnes oeuvres ; et c'est la raison pour laquelle saint Grégoire dit : « Jamais l’amour de Dieu n'est oisif. S'il existe, il opère des merveilles ; mais s'il néglige les bonnes oeuvres, l’amour n'existe pas. » 2° De tous les éléments le feu est celui qui consiste le plus dans la forme et qui tient le moins de, la matière. Il en est ainsi de l’amour du Saint-Esprit celui qui en est rempli est peu épris de l’amour des choses terrestres et a beaucoup d'attachement pour les choses célestes et spirituelles, de sorte qu'il n'aime plus les choses charnelles d'une manière charnelle, mais qu'il aime de préférence les choses spirituelles d'une façon spirituelle. Saint Bernard distingue quatre sortes d'amours : l’amour de la chair pour la chair, l’amour de l’esprit pour la chair, l’amour de la chair pour l’esprit, et l’amour de l’esprit pour l’esprit lui-même. 3° Le feu abaisse ce qui s'élève, il tend à s'élever, il resserre et unit les, fluides. Ces trois propriétés font connaître les trois sortes de forces qui sont dans l’amour, comme le dit saint Denys dans son livre des Noms divins : « Il a une force inclinative, une force élévative et une force coordinative. Il abaisse les choses supérieures- au-dessous des inférieures, il élève les inférieures au-dessus des supérieures, il coordonne ensemble. les choses semblables. » On trouve ces trois effets dans ceux que l’Esprit-Saint remplit : il les abaisse par l’humilité et le mépris d'eux-mêmes; il les élève par le désir des choses supérieures, et il établit entre eux l’uniformité de mœurs. 3° Pourquoi le Saint-Esprit apparaît-il sous la forme de langues,, plutôt que sous la forme d'un autre membre? On en donne trois raisons. En effet la langue est un membre enflammé du feu de l’enfer, difficile à gouverner, et utile quand on en fait un bon usage. Or, si la langue était enflammée du feu de l’enfer, elle avait donc besoin du feu du Saint-Esprit (saint Jacques, III) : « La langue est un feu », car elle se gouverne avec difficulté : c'est pour cela qu'elle a plus que les autres membres, besoin de la grâce du Saint-Esprit. Saint Jacques ajoute que la nature de l’homme est capable de dompter et a dompté en effet toutes sortes d'animaux. Si donc la langue est d'une telle utilité quand elle est bien dirigée, il fut donc nécessaire qu'elle eût le Saint-Esprit pour guide. Il apparut encore en forme de langue, pour signifier qu'il est d'une grande nécessité à ceux qui prêchent. Il les fait parler avec chaleur et intrépidité ; c'est pour cela qu'il fuit envoyé en forme de feu. « Le Saint-Esprit, dit saint Bernard, est venu sur les apôtres en forme de langues de feu, afin qu'ils parlassent avec feu, et que les langues de feu prêchassent une loi de feu. » Ils parlèrent avec confiance et intrépidité : « Ils furent tous, disent les Actes (IV), remplis du Saint-Esprit et se mirent à annoncer avec confiance la parole de Dieu. » Ils parlèrent plusieurs langues, selon que l’exigeait l’intelligence de leurs auditeurs. Aussi lisons-nous dans les Actes (Ii) qu'ils se mirent à parler différentes langues. Leur prédication fut utile selon le besoin et pour l’édification de tous. « L'Esprit du Seigneur est sur moi, dit Isaïe (LXI) : car le Seigneur  m’a rempli de son onction, il  m’a envoyé pour annoncer sa parole à ceux qui sont doux, pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. » Troisièmement, ces langues apparurent en se posant pour donner à entendre que le Saint-Esprit était nécessaire et à ceux qui président et à ceux qui jugent, parce qu'il confère l’autorité de remettre les péchés. « Recevez le Saint-Esprit, est-il dit dans l’évangile de saint Jean (XX) : les péchés seront remis à ceux auxquels vous les remettrez. » Il confère la science pour juger, selon ces paroles d'Isaïe : « Je répandrai mon esprit sur lui et il rendra la, justice aux nations » (XLII). Il confère la douceur pour supporter : « Je prendrai, dit le Seigneur à Moïse (Nombres, XI, 17), de l’Esprit qui est en vous et je leur en donnerai (aux anciens d'Israël) afin qu'ils soutiennent avec vous le fardeau de ce peuple. » L'Esprit de Moïse était un esprit de douceur, selon que le témoigne le livre des Nombres (XII) : « Moïse était de tous les hommes le plus doux qui fût sur la terre. » — Il confère l’ornement de la sainteté pour embellir. Job dit (XXVI) : « L'Esprit du Seigneur a orné les cieux. »

VI. Sur qui fut-il envoyé? Sur les disciples qui étaient des réceptacles purs et préparés à recevoir le Saint-Esprit, pour sept qualités qui se trouvèrent en eux. — 1° Ils furent calmes d'esprit ; on le voit par ces mots: « Quand les jours de la Pentecôte furent accomplis », c'est-à-dire les jours de repos. En effet cette fête était consacrée au repos. « Sur qui reposera mon esprit, dit Isaïe (LXVI), si ce n'est sur celui qui est humble ? » 2° Ils étaient unis par les liens de l’amour, ce qui est indiqué par ces paroles : « Ils étaient tous ensemble. » Il n'y avait en effet parmi eux qu'un seul coeur et une seule âme : car de même que l’esprit de l’homme ne vivifie les membres du corps qu'autant qu'ils sont unis dans la vie, de même le Saint-Esprit ne vivifie que les membres spirituels. Et comme le feu s'éteint dès lors qu'on éloigne les morceaux de bois, de même aussi l’Esprit-Saint disparaît où n'habite pas la concorde. O'est pour cela que l’on chante dans l’office des Apôtres * : « La divinité les a trouvés unis par la charité, elle les a inondés de lumière. » 3° Ils étaient renfermés dans un lieu. C'est pour cela qu'il est dit aux Actes : « Ils étaient dans un même local », c'est-à-dire, dans le cénacle. « Je la conduirai, est-il dit dans Osée (II), dans la solitude et je lui parlerai au coeur. » 4° Ils étaient assidus dans la prière, d'après ces paroles des Actes (I) : « Ils persévéraient tous unanimement en prière. Et nous chantons ** : « Les apôtres étaient en prière, alors qu'un bruit subit annonce la venue de Dieu. » Or, pour recevoir le Saint-Esprit, l’oraison est nécessaire, comme le dit- le livre de la Sagesse (VII) : « J'ai prié et l’esprit de sagesse est venu en moi » ; et dans saint Jean (XIV) : « Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Paraclet. » 5° Ils étaient doués d'humilité, ce que veut dire ce mot, ils étaient assis. Le Psaume dit: « Vous envoyez les fontaines dans les vallées », c'est-à-dire, vous donnez aux humbles la grâce du Saint-Esprit : ce qui est encore confirmé par ce texte : « Sur qui reposera mon esprit, si ce n'est sur celui qui est humble ? » 6° Ils étaient en paix comme l’indiquent ces mots : « Ils étaient dans Jérusalem », qui signifie Vision de Paix. Saint Jean montre que la paix est nécessaire pour recevoir le Saint-Esprit (saint Jean, XX). Aussitôt qu'il leur eut souhaité la paix en disant : « La paix soit avec vous », il souffla aussitôt sur eux et dit : « Recevez le Saint-Esprit. » 7° Ils étaient élevés en contemplation : ceci est marqué en ce qu'ils reçurent le Saint-Esprit alors qu'ils se trouvaient dans la partie supérieure du cénacle. La glose dit en cet endroit: « Celui qui désire le Saint-Esprit s'élève au-dessus de la demeure de sa chair, qu'il fouie par la contemplation de son esprit. »

VII. Pourquoi fut-il envoyé ? Le Saint-Esprit fut envoyé pour six causes. Le texte suivant est l’autorité sur laquelle on s'appuie: « Mais le consolateur qui est l’Esprit-Saint que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses. » 1° Il fut envoyé pour consoler les affligés. Paraclet veut dire consolateur. Isaïe dit « L'Esprit du Seigneur est sur moi, et il ajoute, pour apporter de la consolation à ceux qui pleurent dans Sion» (Isaïe, LXI). « L'Esprit-Saint, dit saint Grégoire, est appelé consolateur, parce que ceux qui gémissent d'avoir commis le péché sont préparés par lui à l’espoir du pardon. La tristesse qui s'était emparée de leur esprit affligé disparaît ». 2° Pour ressusciter les morts. Selon cette parole d'Ezéchiel (XXXVII) : « C'est l’Esprit qui vivifie : os arides, écoutez la parole du Seigneur. Je ferai entrer en vous l’Esprit et vous vivrez. » 3° Pour sanctifier ceux qui sont immondes. Aussi on dit l’Esprit, parce qu'il vivifie, et saint parce qu'il sanctifie et rend pur. Saint et pur, c'est une même chose. Le Psaume (XLV) porte : « Un fleuve tranquille réjouit la cité de Dieu » ; ce fleuve c'est la grâce du Saint-Esprit qui purifie et qui ne tarit pas : la cité de Dieu, c'est l’Eglise de Dieu, et par ce fleuve, le Très-Haut a sanctifié son tabernacle. 4° Pour affermir l’amour au milieu de ceux qui sont désunis par la haine. « Mon Père lui-même vous aime » (saint Jean, XIII). Le Père, c'est celui qui nous aime tout naturellement. S'il est notre Père, et que nous sommes ses enfants, et si nous sommes tous frères à l’égard les uns des autres, qu'une amitié parfaite règne entre les frères. 5° Pour sauver les justes: Quand J.-C. dit : « Mon Père vous l’enverra en mon nom », il rappelle l’idée de Sauveur renfermée dans ce nom de Jésus. Donc c'est au nom de Jésus, c'est-à-dire de Sauveur que le Père a envoyé le Saint-Esprit afin de montrer qu'il est venu pour sauver les nations. 6° Pour instruire les ignorants : « Il vous enseignera toutes choses, dit J.-C. »

VIII. Par quel moyen a-t-il été donné ? Ce fut 1° par l’oraison. Ainsi nous avons vu plus haut que, c'était alors que les apôtres priaient, et en saint Luc : « Alors que Jésus priait, le Saint-Esprit descendit. » 2° En écoutant avec dévotion et attention la parole de Dieu.« Pierre parlait encore que l’Esprit-Saint tomba sur eux » (Actes, X). 3° Par l’assiduité aux bonnes œuvres, signifiée dans l’imposition des mains. « Alors ils imposaient les mains sur eux... » (Actes, VIII). L'imposition des mains signifie encore l’absolution que l’on donne à confesse.

* Nous n’avons pas trouvé ce texte dans la liturgie romaine.

** Hymne des Matines de la Pentecôte.

Hora diei tertia,
Apostolisorantibus,
Repente de cœlo sonus
Deum venire nuntiat.

Version antérieure à la correction des hymnes romaines.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/074.htm



(RV – Radio Vatican) « Viens Esprit Saint en nos cœurs, et envoie du haut du Ciel un rayon de ta lumière », chante la traditionnelle séquence de ce dimanche de Pentecôte. Cinquante jours après Pâques, l’Eglise célèbre donc la venue du Saint-Esprit sur la Vierge Marie et les Apôtres réunis au Cénacle, à Jérusalem.

Lors de la messe solennelle qu’il a présidée à cette occasion en la Basilique Saint-Pierre, le Pape François a rappelé que le don du Paraclet avait un but essentiel : « rétablir notre relation avec le Père,  nous arracher à la condition d’orphelins et nous rendre celle de fils ».

La « solitude intérieure », « une prétendue autonomie par rapport à Dieu », « l’analphabétisme spirituel » qui nous empêche de prier, la difficulté à concevoir l’Eternité et la plénitude de la communion avec Dieu : voilà, pour le Pape, autant de signes révélateurs de notre condition d’orphelins, qui s’oppose à celle de Fils. Cette vocation originelle de l’homme avait été abimée, mais a été restaurée par le sacrifice du Fils unique de Dieu. L’Histoire du Salut est ainsi une œuvre de régénération, a expliqué François, et celui qui plonge « avec foi dans (ce) mystère, renaît à la plénitude de la vie filiale ».

Cette appartenance au Christ, signifiée par l’Esprit, nous fait entrer « dans une nouvelle dynamique », a encore affirmé le Pape. Nous ne sommes plus orphelins, « mais fils du même Père », et « cela change tout ! », car désormais « nous pouvons nous regarder comme des frères, et nos différences ne font que multiplier la joie et l’émerveillement d’appartenir à cette unique paternité et fraternité ». 

Et le Pape de conclure en évoquant la présence maternelle de la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, au Cénacle : « à son intercession nous confions de manière particulière tous les chrétiens et les communautés qui en ce moment ont le plus besoin de la force de l’Esprit Paraclet, Défenseur et Consolateur, Esprit de vérité, de liberté et de paix ».

(MA)

Ci-dessous, en intégralité, l'homélie prononcée par le Pape François : 

« Je ne vous laisserai pas orphelins » (Jn 14, 18).

La mission de Jésus, culminant dans le don de l’Esprit Saint, avait ce but essentiel : rétablir notre relation avec le Père, abîmée par le péché ; nous arracher à la condition d’orphelins et nous rendre celle de fils.

L’apôtre Paul, écrivant aux chrétiens de Rome, dit : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions “Abba ! ”, c’est-à-dire : Père ! » (Rm 8, 14-15). Voilà la relation renouée : la paternité de Dieu se rétablit en nous grâce à l’œuvre rédemptrice du Christ et au don de l’Esprit Saint.

L’Esprit est donné par le Père et nous conduit au Père. Toute l’œuvre du salut est une œuvre de ré-génération, dans laquelle la paternité de Dieu, au moyen du don du Fils et de l’Esprit, nous libère de l’état d’orphelins dans lequel nous sommes tombés. À notre époque aussi nous rencontrons différents signes de notre condition d’orphelins :  cette solitude intérieure que nous éprouvons même au milieu de la foule et qui parfois peut devenir tristesse existentielle ; cette prétendue autonomie par rapport à Dieu qui s’accompagne d’une certaine nostalgie de sa proximité ; cet analphabétisme spirituel diffus à cause duquel nous nous retrouvons dans l’incapacité de prier ; cette difficulté à percevoir comme vraie et réelle la vie éternelle, comme plénitude de communion qui germe ici-bas et s’épanouit au-delà de la mort ; cette difficulté pour reconnaître l’autre comme frère, en tant que fils du même Père ; et d’autres signes semblables.

À tout cela s’oppose la condition de fils, qui est notre vocation originaire, elle est ce pour quoi nous sommes faits, notre plus profond ADN, mais qui a été abimé et qui, pour être restauré, a demandé le sacrifice du Fils Unique. Du don immense d’amour qu’est la mort de Jésus sur la croix, a jailli pour toute l’humanité, comme une immense cascade de grâce, l’effusion de l’Esprit saint. Celui qui s’immerge avec foi dans ce mystère de régénération renaît à la plénitude de la vie filiale.

« Je ne vous laisserai pas orphelins ». Aujourd’hui, fête de Pentecôte, ces paroles de Jésus nous font penser aussi à la présence maternelle de Marie au Cénacle. La Mère de Jésus est au milieu de la communauté des disciples rassemblés en prière : elle est mémoire vivante du Fils et invocation vivante de l’Esprit Saint. Elle est la Mère de l’Église. À son intercession nous confions de manière particulière tous les chrétiens et les communautés qui en ce moment ont le plus besoin de la force de l’Esprit Paraclet, Défenseur et Consolateur, Esprit de vérité, de liberté et de paix.

L’Esprit, comme affirme encore saint Paul, fait que nous appartenons au Christ. « Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas » (Rm 8, 9). Et en consolidant notre relation d’appartenance au Seigneur Jésus, l’Esprit nous fait entrer dans une nouvelle dynamique de fraternité. Par le Frère universel qui est Jésus, nous pouvons nous mettre en relation avec les autres d’une manière nouvelle, non plus comme des orphelins, mais comme des fils du même Père, bon et miséricordieux. Et cela change tout ! Nous pouvons nous regarder comme des frères, et nos différences ne font que multiplier la joie et l’émerveillement d’appartenir à cette unique paternité et fraternité.  

15 mai 2016






Pentecost Sunday is one of the most ancient feasts of the Church, celebrated early enough to be mentioned in the Acts of the Apostles (20:16) and St. Paul’s First Letter to the Corinthians (16:8). It is the 50th day after Easter (if we count both Easter and Pentecost), and it supplants the Jewish feast of Pentecost, which took place 50 days after the Passover and which celebrated the sealing of the Old Covenant on Mount Sinai.


The Acts of the Apostles recounts the story of the original Pentecost as well (Acts 2). Jews from all over were gathered in Jerusalem to celebrate the Jewish feast. On that Sunday, ten days after our Lord’s Ascension, the Apostles and the Blessed Virgin Mary were gathered in the Upper Room, where they had seen Christ after His Resurrection:

And suddenly there came a sound from heaven, as of a mighty wind coming, and it filled the whole house where they were sitting. And there appeared to them parted tongues as it were of fire, and it sat upon every one of them: And they were all filled with the Holy Ghost, and they began to speak with divers tongues, according as the Holy Ghost gave them to speak. [Acts 2:2-4]

Christ had promised His Apostles that He would sent His Holy Spirit, and, on Pentecost, they were granted the gifts of the Spirit. The Apostles began to preach the Gospel in all of the languages that the Jews who were gathered there spoke, and about 3,000 people were converted and baptized that day.

That is why Pentecost is often called “the birthday of the Church.” On this day, with the descent of the Holy Spirit, Christ’s mission is completed, and the New Covenant is inaugurated. It’s interesting to note that St. Peter, the first pope, was already the leader and spokesman for the Apostles on Pentecost Sunday (see Acts 2:14ff).

In years past, Pentecost was celebrated with greater solemnity than it is today. In fact, the entire period between Easter and Pentecost Sunday was known as Pentecost (and it still is called Pentecost in the Eastern churches, both Catholic and Orthodox). During those 50 days, both fasting and kneeling were strictly forbidden, because this period was supposed to give us a foretaste of the life of Heaven. In more recent times, parishes celebrated the approach of Pentecost with the public recitation of the Novena to the Holy Ghost.




Pentecost (Whitsunday)

A feast of the universal Church which commemorates the Descent of the Holy Ghost upon the Apostles, fifty days after the Resurrection of Christ, on the ancient Jewish festival called the "feast of weeks" or Pentecost (Exodus 34:22; Deuteronomy 16:10). Whitsunday is so called from the white garments which were worn by those who were baptised during the vigil; Pentecost ("Pfingsten" in German), is the Greek for "the fiftieth" (day after Easter).

Whitsunday, as a Christian feast, dates back to the first century, although there is no evidence that it was observed, as there is in the case of Easter; the passage in 1 Corinthians 16:8 probably refers to the Jewish feast. This is not surprising, for the feast, originally of only one day's duration, fell on a Sunday; besides it was so closely bound up with Easter that it appears to be not much more than the termination of Paschal tide.

That Whitsunday belongs to the Apostolic times is stated in the seventh of the (interpolated) fragments attributed to St. Irenæus. In Tertullian (On Baptism 19) the festival appears as already well established. The Gallic pilgrim gives a detailed account of the solemn manner in which it was observed at Jerusalem ("Peregrin. Silviæ", ed. Geyer, iv). The Apostolic Constitutions (Book V, Part 20) say that Pentecost lasts one week, but in the West it was not kept with an octave until at quite a late date. It appears from Berno of Reichenau (d. 1048) that it was a debatable point in his time whether Whitsunday ought to have an octave. At present it is of equal rank with Easter Sunday. During the vigil formerly the catechumens who remained from Easter were baptized, consequently the ceremonies on Saturday are similar to those on Holy Saturday.

The office of Pentecost has only one Nocturn during the entire week. At Terce the "Veni Creator" is sung instead of the usual hymn, because at the third hour the Holy Ghost descended. The Mass has a Sequence, "Veni Sancte Spiritus" the authorship of which by some is ascribed to King Robert of France. The colour of the vestments is red, symbolic of the love of the Holy Ghost or of the tongues of fire. Formerly the law courts did not sit during the entire week, and servile work was forbidden. A Council of Constance (1094) limited this prohibition to the first three days of the week. The Sabbath rest of Tuesday was abolished in 1771, and in many missionary territories also that of Monday; the latter was abrogated for the entire Church by Pius X in 1911. Still, as at Easter, the liturgical rank of Monday and Tuesday of Pentecost week is a Double of the First Class.

In Italy it was customary to scatter rose leaves from the ceiling of the churches to recall the miracle of the fiery tongues; hence in Sicily and elsewhere in Italy Whitsunday is called Pascha rosatum. The Italian name Pascha rossa comes from the red colours of the vestments used on Whitsunday. In France it was customary to blow trumpets during Divine service, to recall the sound of the mighty wind which accompanied the Descent of the Holy Ghost. In England the gentry amused themselves with horse races. The Whitsun Ales or merrymakings are almost wholly obsolete in England. At these ales the Whitsun plays were performed. At Vespers of Pentecost in the Oriental Churches the extraordinary service of genuflexion, accompanied by long poetical prayers and psalms, takes place. (Cf. Maltzew, "Fasten-und Blumen Triodion", p. 898 where the entire Greco-Russian service is given; cf. also Baumstark, "Jacobit. Fest brevier", p. 255.) On Pentecost the Russians carry flowers and green branches in their hands.

Sources

KELNEER, Heortology (St. Louis, 1908); HAMPSON, Medii viæ kalendarium, I (London, 1841) 280 sqq.; BRAND-ELLIS, Popular Antiquities, I (London, 1813), 26 sqq.; NILLES, Kalendarium Manuale, II (Innsbruck, 1897), 370 sqq.

Holweck, Frederick. "Pentecost (Whitsunday)." The Catholic Encyclopedia. Vol. 15. New York: Robert Appleton Company, 1912. 15 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/15614b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Wm Stuart French, Jr. Dedicated to Brenda Eileen Metcalfe French.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. October 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/15614b.htm


Hans Multscher. La Pentecôte, 1437, 148 X 140, Gemäldegalerie, Berlin


Pentecoste



Per gli Ebrei è la festa che ricorda il giorno in cui sul Monte Sinai, Dio diede a Mosè le tavole della Legge.  Per la Chiesa Cattolica è la festa che ricorda la discesa dello Spirito Santo sugli Apostoli.

Martirologio Romano: Giorno di Pentecoste, in cui si conclude il tempo sacro dei cinquanta giorni di Pasqua e, con l’effusione dello Spirito Santo sui discepoli a Gerusalemme, si fa memoria dei primordi della Chiesa e dell’inizio della missione degli Apostoli fra tutte le tribù, lingue, popoli e nazioni.

Origini della festa

Presso gli Ebrei la festa era inizialmente denominata “festa della mietitura” e “festa dei primi frutti”; si celebrava il 50° giorno dopo la Pasqua ebraica e segnava l’inizio della mietitura del grano; nei testi biblici è sempre una gioiosa festa agricola.

È chiamata anche “festa delle Settimane”, per la sua ricorrenza di sette settimane dopo la Pasqua; nel greco ‘Pentecoste’ significa 50ª giornata. Il termine Pentecoste, riferendosi alla “festa delle Settimane”, è citato in Tobia 2,1 e 2 Maccabei, 12, 31-32..

Quindi lo scopo primitivo di questa festa, era il ringraziamento a Dio per i frutti della terra, cui si aggiunse più tardi, il ricordo del più grande dono fatto da Dio al popolo ebraico, cioè la promulgazione della Legge mosaica sul Monte Sinai.

Secondo il rituale ebraico, la festa comportava il pellegrinaggio di tutti gli uomini a Gerusalemme, l’astensione totale da qualsiasi lavoro, un’adunanza sacra e particolari sacrifici; ed era una delle tre feste di pellegrinaggio (Pasqua, Capanne, Pentecoste), che ogni devoto ebreo era invitato a celebrare a Gerusalemme.

La discesa dello Spirito Santo

L’episodio della discesa dello Spirito Santo è narrato negli Atti degli Apostoli, cap. 2; gli apostoli insieme a Maria, la madre di Gesù, erano riuniti a Gerusalemme nel Cenacolo, probabilmente della casa della vedova Maria, madre del giovane Marco, il futuro evangelista, dove presero poi a radunarsi abitualmente quando erano in città; e come da tradizione, erano affluiti a Gerusalemme gli ebrei in gran numero, per festeggiare la Pentecoste con il prescritto pellegrinaggio.

“Mentre stava per compiersi il giorno di Pentecoste, si trovavano tutti insieme nello stesso luogo. Venne all’improvviso dal cielo un rombo, come di vento che si abbatte gagliardo e riempì tutta la casa dove si trovavano.

Apparvero loro lingue di fuoco, che si dividevano e si posarono su ciascuno di loro; ed essi furono tutti pieni di Spirito Santo e cominciarono a parlare in altre lingue, come lo Spirito dava loro di esprimersi. 

Si trovavano allora in Gerusalemme giudei osservanti, di ogni Nazione che è sotto il cielo. Venuto quel fragore, la folla si radunò e rimase sbigottita, perché ciascuno li sentiva parlare nella propria lingua.

Erano stupefatti e, fuori di sé per lo stupore, dicevano: ‘Costoro che parlano non sono forse tutti Galilei? E com’è che li sentiamo ciascuno parlare la nostra lingua nativa?…”.

Il passo degli Atti degli Apostoli, scritti dall’evangelista Luca in un greco accurato, prosegue con la prima predicazione dell’apostolo Pietro, che unitamente a Paolo, narrato nei capitoli successivi, aprono il cristianesimo all’orizzonte universale, sottolineando l’unità e la cattolicità della fede cristiana, dono dello Spirito Santo.

Lo Spirito Santo

È il nome della terza persona della SS. Trinità, principio di santificazione dei fedeli, di unificazione della Chiesa, di ispirazione negli autori della Sacra Scrittura. È colui che assiste il magistero della Chiesa e tutti i fedeli nella conoscenza della verità (è detto anche ‘Paraclito’, cioè ‘Consolatore’).

L’Antico Testamento, non contiene una vera e propria indicazione sullo Spirito Santo come persona divina. Lo “spirito di Dio”, vi appare come forza divina che produce la vita naturale cosmica, i doni profetici e gli altri carismi, la capacità morale di obbedire ai comandamenti.

Nel Nuovo Testamento, lo Spirito appare talora ancora come forza impersonale carismatica. Insieme però, avviene la rivelazione della ‘personalità’ e della ‘divinità’ dello Spirito Santo, specialmente nel Vangelo di san Giovanni, dove Gesù afferma di pregare il Padre perché mandi il Paraclito, che rimanga sempre con i suoi discepoli e li ammaestri nella verità (Giov. 14-16) e in san Paolo, dove la dottrina dello Spirito Santo è congiunta con quella della divina redenzione.

Il magistero della Chiesa insegna che la terza Persona procede dalla prima e dalla seconda, come da un solo principio e come loro reciproco amore; che lo Spirito Santo è inviato per via di ‘missione’ nel mondo, e che esso ‘inabita’ nell’anima di chi possiede la Grazia santificante.

Concesso a tutti i battezzati (1 Corinzi, 12, 13), lo Spirito fonda l’uguale dignità di tutti i credenti. Ma nello stesso tempo, in quanto conferisce carismi e ministeri diversi, l’unico Spirito, costruisce la Chiesa con l’apporto di una molteplicità di doni.

L’insegnamento tradizionale, seguendo un testo di Isaia (11, 1 sgg.) enumera sette doni particolari, sapienza, intelletto, consiglio, fortezza, scienza, pietà e timore di Dio. Essi sono donati inizialmente con la grazia del Battesimo e confermati dal Sacramento della Cresima.

Simbologia

Lo Spirito Santo, rarissimamente è stato rappresentato sotto forma umana; mentre nell’Annunciazione e nel Battesimo di Gesù è sotto forma di colomba, e nella Trasfigurazione è come una nube luminosa.

Ma nel Nuovo Testamento, lo Spirito divino è esplicitamente indicato, come lingue di fuoco nella Pentecoste e come soffio nel Vangelo di Giovanni (20, 22); “Gesù disse loro di nuovo: Pace a voi! Come il Padre ha mandato me, anch’io mando voi. Dopo aver detto questo, soffiò su di loro e disse: Ricevete lo Spirito Santo; a chi rimetterete i peccati, saranno rimessi e a chi non li rimetterete, resteranno non rimessi”. 

Lo Spirito Santo, più volte preannunciato nei Vangeli da Gesù, è stato soprattutto assimilato al fuoco che come l’acqua è simbolo paradossale di vita e di morte.

In tutte le religiosità, il fuoco ha un posto fondamentale nel culto ed è spesso simbolo della divinità e come tale adorato. Il dio sumerico del fuoco, Gibil, era considerato portatore di luce e di purificazione; a Roma c’era una fiamma sempre accesa custodita dalle Vestali, simbolo di vita e di forza.

Nell’Antico Testamento, Dio si rivela a Mosè sotto forma di fuoco nel roveto ardente che non si consuma; nella colonna di fuoco Dio Illumina e guida il popolo ebraico nelle notti dell’Esodo; durante la consegna delle Tavole della Legge a Mosè, per la presenza di Dio il Monte Sinai era tutto avvolto da fuoco.

Nelle visioni profetiche dell’Antico Testamento, il fuoco è sempre presente e Dio apparirà alla fine dei tempi con il fuoco e farà giustizia su tutta la terra; anche nel Nuovo Testamento, Giovanni Battista annuncia Gesù come colui che battezza in Spirito Santo e fuoco (Matteo, 3, 11).

La Pentecoste nel cristianesimo

I cristiani inizialmente chiamarono Pentecoste, il periodo di cinquanta giorni dopo la Pasqua. A quanto sembra, fu Tertulliano, apologista cristiano (155-220), il primo a parlarne come di una festa particolare in onore dello Spirito Santo. Alla fine del IV secolo, la Pentecoste era una festa solenne, durante la quale era conferito il Battesimo a chi non aveva potuto riceverlo durante la veglia pasquale.

Le costituzioni apostoliche testimoniano l’Ottava di Pentecoste per l’Oriente, mentre in Occidente compare in età carolingia. L’Ottava liturgica si conservò fino al 1969; mentre i giorni festivi di Pentecoste furono invece ridotti nel 1094, ai primi tre giorni della settimana; ridotti a due dalle riforme del Settecento.

All’inizio del XX secolo, fu eliminato anche il lunedì di Pentecoste, che tuttavia è conservato come festa in Francia e nei Paesi protestanti.

La Chiesa, nella festa di Pentecoste, vede il suo vero atto di nascita d’inizio missionario, considerandola insieme alla Pasqua, la festa più solenne di tutto il calendario cristiano.

La Pentecoste nell’arte

Il tema della Pentecoste, ha una vasta iconografia, particolarmente nell’arte medioevale, che fissò l’uso di raffigurare lo Spirito Santo che discende sulla Vergine e sugli apostoli nel Cenacolo, sotto la forma simbolica di lingue di fuoco e non di colomba.

Lo schema compositivo richiama spesso quello dell’Ultima Cena, trovandosi nello stesso luogo, cioè il Cenacolo, e lo stesso gruppo di persone: Gesù è sostituito da Maria e il posto lasciato vuoto da Giuda viene occupato da Mattia.

Viene così a comunicarsi il valore dell’unità dell’aggregazione e successione apostolica, oltre che la sua disposizione a raggiungere i confini del mondo.

Nella Liturgia

Lo Spirito Santo viene invocato nel conferimento dei Sacramenti e da vero protagonista nel Battesimo e nella Cresima e con liturgia solenne nell’Ordine Sacro; e in ogni cerimonia liturgica, ove s’implora l’aiuto divino, con il magnifico e suggestivo inno del “Veni Creator”, il cui testo in latino è incomparabile.

Nella solennità di Pentecoste si recita la Sequenza, il cui testo della più alta innologia liturgica, si riporta a conclusione di questa scheda come preghiera, meditazione, invocazione allo Spirito Santo.


Veni creator

Veni, creator Spiritus,
mentes tuorum visita,
imple superna gratia
quae tu creasti pectora.

Qui diceris Paraclitus,
donum Dei altissimi,
fons vivus, ignis, caritas
et spiritalis unctio.

Tu semptiformis munere,
dextrae Dei tu digitus,
tu rite promissum Patris
sermone ditans guttura.

Accende lumen sensibus,
infunde amorem cordibus,
infirma nostri corporis
virtute firmans perpeti.

Hostem repellas longius
pacemque dones protinus;
ductore sic te praevio
vitemus omne noxium.

Per te sciamus da Patrem,
noscamus atque Filium,
te utriusque Spiritum
credamus omni tempore.
Amen.



Vieni Santo Spirito (Sequenza) 

Vieni, Santo Spirito,
manda a noi dal cielo
un raggio della tua luce.

Vieni padre dei poveri,
vieni datore dei doni,
vieni, luce dei cuori.

Consolatore perfetto,
ospite dolce dell’anima,
dolcissimo sollievo.

Nella fatica, riposo,
nella calura, riparo,
nel pianto conforto.

O luce beatissima,
invadi nell’intimo
il cuore dei tuoi fedeli.

Senza la tua forza,
nulla è nell’uomo,
nulla senza colpa.

Lava ciò che è sordido,
bagna ciò che è arido,
sana ciò che sanguina.

Piega ciò che è rigido,
scalda ciò che è gelido,
sana ciò ch’è sviato.

Dona ai tuoi fedeli
che solo in te confidano
i tuoi santi doni.

Dona virtù e premio,
dona morte santa,
dona gioia eterna.
Amen.



Autore: Antonio Borrelli