vendredi 20 janvier 2012

Deuxième mystère glorieux : L'ASCENSION DE JÉSUS



16 Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée.

17 En le voyant, ils se prosternèrent; mais il y en eut qui doutèrent.

18 Et Jésus s'approchant leur parla ainsi : " Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre.

19 Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

20 leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous toujours jusqu'à la fin du monde. "

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XXVIII : 16-20




15 Puis il leur dit : " Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile à toute la création.

16 Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné.

17 Et voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ;

18 ils prendront des serpents, et s'ils boivent quelque (breuvage) mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et (les malades) seront guéris. "

19 Après leur avoir (ainsi) parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu 20 Et eux s'en allèrent prêcher partout, le Seigneur travaillant avec eux et confirmant (leur) parole par les miracles qui l'accompagnaient.

ÉVANGILE SELON SAINT MARC, XVI : 15-20



36 Comme ils discouraient ainsi, lui se trouva au milieu d'eux et leur dit : " Paix à vous ! "

37 Saisis de stupeur et d'effroi, ils croyaient voir un esprit.

38 Et il leur dit : " Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ?

39 Voyez mes mains et mes pieds; c'est bien moi. Touchez-moi et constatez, car un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai. "

40 Et ce disant, il leur montra ses mains et ses pieds.

41 Comme ils ne croyaient pas encore à cause de leur joie et qu'ils étaient dans l'étonnement, il leur dit : " Avez-vous ici quelque chose à manger? "

42 Ils lui donnèrent un morceau de poisson grillé.

43 Il le prit et en mangea devant eux.

44 Il leur dit : " C'est bien là ce que je vous ai dit quand j'étais encore avec vous : qu'il fallait que tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes s'accomplît. "

45 Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre des Ecritures ;

46 et il leur dit : " Ainsi il est écrit que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour,

47 et que le repentir pour la rémission des péchés doit être prêché en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.

48 Vous êtes témoins de ces choses.

49 Et voici que je vais envoyer sur vous ce qui a été promis par mon Père. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez d'en haut revêtus de force. "

50 Et il les emmena jusque vers Béthanie, et, levant les mains, il les bénit.

51 Et tandis qu'il les bénissait, il s'éloigna d'eux, et il était enlevé vers le ciel.

52 Et eux, après l'avoir adoré, retournèrent à Jérusalem avec grande joie.

53 Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXIV : 36-53



1 Théophile, j'ai raconté dans le premier livre tout ce que Jésus a fait et enseigné

2 jusqu'au jour où, après avoir donné, par l'Esprit-Saint, ses ordres aux apôtres qu'il avait choisis, il fut enlevé (au ciel).

3 C'est à eux aussi qu'après sa passion il se montra vivant, avec force preuves, leur apparaissant pendant quarante jours et parlant des choses du Royaume de Dieu.
4 Comme il mangeait avec (eux), il leur enjoignit de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, " ce que, (leur dit-il), vous avez appris de moi :

5 que Jean a baptisé d'eau, mais que vous, sous peu de jours, vous serez baptisés de l'Esprit-Saint. "
6 Eux donc, s'étant réunis, lui demandèrent : " Seigneur, est-ce en ce temps-ci que vous allez rétablir la royauté pour Israël? "

7 Il leur dit : " Ce n'est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.

8 Mais, lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous recevrez de la force, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'à l'extrémité de la terre. "
9 Quand il eut dit cela, il fut élevé (de terre) sous leur regard, et un nuage le déroba à leurs yeux.

10 Et comme ils avaient la vue fixée vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici que deux hommes, vêtus de blanc, se présentèrent à eux

11 et (leur) dirent : " Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui, d'auprès de vous, a été enlevé au ciel, ainsi viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller au ciel. "

12 Ils retournèrent alors à Jérusalem de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance du chemin d'un jour de sabbat.

13 Et quand ils furent entrés, ils montèrent à la chambre haute où ils se tenaient : Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques (fils) d'Alphée, et Simon le Zélote, et Jude (frère) de Jacques.

14 Tous ceux-là, d'un même cœur, persévéraient dans la prière avec des femmes et Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères.

ACTES DES APÔTRES, I : 1-14





Commentaires liturgiques du Jour de l’Ascension

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Le jour s’est levé radieux, la terre qui s’émut à la naissance de l’Emmanuel [1] éprouve un tressaillement inconnu ; l’ineffable succession des mystères de l’Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier complément. Mais l’allégresse de la terre est montée jusqu’aux cieux ; les hiérarchies angéliques s’apprêtent à recevoir le divin chef qui leur fut promis, et leurs princes sont attentifs aux portes, prêts à les lever quand le signal de l’arrivée du triomphateur va retentir. Les âmes saintes, délivrées des limbes depuis quarante jours, planent sur Jérusalem, attendant l’heureux moment où la voie du ciel, fermée depuis quatre mille ans par le péché, s’ouvrant tout à coup, elles vont s’y précipiter à la suite de leur Rédempteur. L’heure presse, il est temps que notre divin Ressuscité se montre, et qu’il reçoive les adieux de ceux qui l’attendent d’heure en heure, et qu’il doit laisser encore dans cette vallée de larmes.

Tout à coup il apparaît au milieu du Cénacle. Le cœur de Marie a tressailli, les disciples et les saintes femmes adorent avec attendrissement celui qui se montre ici-bas pour la dernière fois. Jésus daigne prendre place à table avec eux ; il condescend jusqu’à partager un dernier repas, non plus dans le but de les rendre certains de sa résurrection ; il sait qu’ils n’en doutent plus ; mais, au moment d’aller s’asseoir à la droite du Père, il tient à leur donner cette marque si chère de sa divine familiarité. O repas ineffable, où Marie goûte une dernière fois en ce monde le charme d’être assise aux côtés de son fils, où la sainte Église représentée par les disciples et par les saintes femmes est encore présidée visiblement par son Chef et son Époux ! Qui pourrait exprimer le respect, le recueillement, l’attention des convives, peindre leurs regards fixés avec tant d’amour sur le Maître tant aimé ? Ils aspirent à entendre encore une fois sa parole ; elle leur sera si chère à ce moment du départ ! Enfin Jésus ouvre la bouche ; mais son accent est plus grave que tendre. Il débute en leur rappelant l’incrédulité avec laquelle ils accueillirent la nouvelle de sa résurrection [2]. Au moment de leur confier la plus imposante mission qui ait jamais été transmise à des hommes, il veut les rappeler à l’humilité. Sous peu de jours ils seront les oracles du monde, le monde devra croire sur leur parole, et croire ce qu’il n’a pas vu, ce qu’eux seuls ont vu. C’est la foi qui met les hommes en rapport avec Dieu ; et cette foi, eux-mêmes ne l’ont pas eue tout d’abord : Jésus veut recevoir d’eux une dernière réparation pour leur incrédulité passée, afin que leur apostolat soit établi sur l’humilité.

Prenant ensuite le ton d’autorité qui convient à lui seul, il leur dit : « Allez dans le monde entier, prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné » [3]. Et cette mission de prêcher l’Évangile au monde entier, comment l’accompliront-ils ? Par quel moyen réussiront-ils à accréditer leur parole ? Jésus le leur indique : « Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom ; ils parleront des langues nouvelles ; ils prendront les serpents avec la main ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur nuira pas ; ils imposeront les mains sur les malades, et les malades seront guéris » [4]. Il veut que le miracle soit le fondement de son Église, comme il l’a choisi pour être l’argument de sa mission divine. La suspension des lois de la nature annonce aux hommes que l’auteur de la nature va parler ; c’est à eux alors d’écouter et de croire humblement.

Voilà donc ces hommes inconnus au monde, dépourvus de tout moyen humain, les voilà investis de la mission de conquérir la terre et d’y faire régner Jésus-Christ. Le monde ignore jusqu’à leur existence ; sur son trône impérial, Tibère, qui vit dans la frayeur des conjurations, ne soupçonne en rien cette expédition d’un nouveau genre qui va s’ouvrir, et dont l’empire romain doit être la conquête. Mais à ces guerriers il faut une armure, et une armure de trempe céleste. Jésus leur annonce qu’ils sont au moment de la recevoir. « Demeurez dans la ville, leur dit-il, jusqu’à ce que vous ayez été revêtus de la vertu d’en haut » [5]. Or, quelle est cette armure ? Jésus va le leur expliquer. Il leur rappelle la promesse du Père, « cette promesse, dit-il, que vous avez entendue par ma bouche. Jean a baptisé dans l’eau ; mais vous, sous peu de jours, vous serez baptisés dans le Saint-Esprit » [6].

Mais l’heure de la séparation est venue. Jésus se lève, et l’assistance tout entière se dispose à suivre ses pas. Cent vingt personnes se trouvaient là réunies avec la mère du divin triomphateur que le ciel réclamait. Le Cénacle était situé sur la montagne de Sion, l’une des deux collines que renfermait l’enceinte de Jérusalem. Le cortège traverse une partie de la ville, se dirigeant vers la porte orientale qui ouvre sur la vallée de Josaphat. C’est la dernière fois que Jésus parcourt les rues de la cité réprouvée. Invisible désormais aux yeux de ce peuple qui l’a renié, il s’avance à la tête des siens, comme autrefois la colonne lumineuse qui dirigeait les pas du peuple israélite. Qu’elle est belle et imposante cette marche de Marie, des disciples et des saintes femmes, à la suite de Jésus qui ne doit plus s’arrêter qu’au ciel, à la droite du Père ! La piété du moyen âge la célébrait jadis par une solennelle procession qui précédait la Messe de ce grand jour. Heureux siècles, où les chrétiens aimaient à suivre chacune des traces du Rédempteur, et ne savaient pas se contenter, comme nous, de quelques vagues notions qui ne peuvent enfanter qu’une piété vague comme elles !

On songeait aussi alors aux sentiments qui durent occuper le cœur de Marie durant ces derniers instants qu’elle jouissait de la présence de son fils. On se demandait qui devait l’emporter dans ce cœur maternel, de la tristesse de ne plus voir Jésus, ou du bonheur de sentir qu’il allait entrer enfin dans la gloire qui lui était due. La réponse venait promptement à la pensée de ces véritables chrétiens, et nous aussi, nous nous la ferons à nous-mêmes. Jésus n’avait-il pas dit à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je m’en vais à mon Père ? » [7] Or, qui aima plus Jésus que ne l’aima Marie ? Le cœur de la mère était donc dans l’allégresse au moment de cet ineffable adieu. Marie ne pouvait songer à elle-même, quand il s’agissait du triomphe dû à son fils et à son Dieu. Après les scènes du Calvaire, pouvait-elle aspirer à autre chose qu’à voir glorifié enfin celui qu’elle connaissait pour le souverain Seigneur de toutes choses, celui qu’elle avait vu si peu de jours auparavant renié, blasphémé, expirant dans toutes les douleurs.

Le cortège sacré a traversé la vallée de Josaphat, il a passé le torrent de Cédron, et il se dirige sur la pente du mont des Oliviers. Quels souvenirs se pressent à la pensée ! Ce torrent, dont le Messie dans ses humiliations avait bu l’eau bourbeuse, est devenu aujourd’hui le chemin de la gloire pour ce même Messie. Ainsi l’avait annoncé David [8]. On laisse sur la gauche le jardin qui fut témoin de la plus terrible des agonies, cette grotte où le calice de toutes les expiations du monde fut présenté à Jésus et accepté par lui. Après avoir franchi un espace que saint Luc mesure d’après celui qu’il était permis aux Juifs de parcourir le jour du Sabbat, on arrive sur le territoire de Béthanie, cet heureux village où Jésus, dans les jours de sa vie mortelle, recherchait l’hospitalité dé Lazare et de ses sœurs. De cet endroit de la montagne des Oliviers on avait la vue de Jérusalem, qui apparaissait superbe avec son temple et ses palais. Cet aspect émeut les disciples. La patrie terrestre fait encore battre le cœur de ces hommes ; un moment ils oublient la malédiction prononcée sur l’ingrate cité de David, et semblent ne plus se souvenir que Jésus vient de les faire citoyens et conquérants du monde entier. Le rêve de la grandeur mondaine de Jérusalem les a séduits tout à coup, et ils osent adresser cette question à leur Maître : « Seigneur, est-ce à ce moment que vous rétablirez le royaume d’Israël ? »

Jésus répond avec une sorte de sévérité à cette demande indiscrète : « Il ne vous appartient pas de savoir les temps et les moments que le Père a réservés à son pouvoir. » Ces paroles n’enlevaient pas l’espoir que Jérusalem fût un jour réédifiée par Israël devenu chrétien ; mais ce rétablissement de la cité de David ne devant avoir lieu que vers la fin des temps, il n’était pas à propos que le Sauveur fît connaître le secret divin. La conversion du monde païen, la fondation de l’Église, tels étaient les objets qui devaient préoccuper les disciples. Jésus les ramène tout aussitôt à la mission qu’il leur donnait il y a peu d’instants : « Vous allez recevoir, leur dit-il, la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » [9].

Selon une tradition qui remonte aux premiers siècles du christianisme [10], il était l’heure de midi, l’heure à laquelle Jésus avait été élevé sur la croix, lorsque, jetant sur l’assistance un regard de tendresse qui dut s’arrêter avec une complaisance filiale sur Marie, il éleva les mains et les bénit tous. A ce moment ses pieds se détachèrent de la terre, et il s’élevait au ciel [11]. Les assistants le suivaient du regard ; mais bientôt il entra dans une nuée qui le déroba à leurs yeux [12].

C’en était fait : la terre avait perdu son Emmanuel. Quarante siècles l’avaient attendu, et il s’était rendu enfin aux soupirs des Patriarches et aux vœux enflammés des Prophètes. Nous l’adorâmes, captif de notre amour, dans les chastes flancs de la Vierge bénie. Bientôt l’heureuse mère nous le présenta sous l’humble toit d’une étable à Bethléhem. Nous le suivîmes en la terre d’Égypte, nous l’accompagnâmes au retour, et nous vînmes nous fixer avec lui à Nazareth. Lorsqu’il partit pour exercer sa mission de trois ans dans sa patrie terrestre, nous nous attachâmes à ses pas, ravis des charmes de sa personne, écoutant ses discours et ses paraboles, assistant à ses prodiges. La malice de ses ennemis étant montée à son comble, et l’heure venue où il devait mettre le sceau à cet amour qui l’avait attiré du ciel en terre par la mort sanglante et ignominieuse de la croix, nous recueillîmes son dernier soupir et nous fûmes inondés de son sang divin. Le troisième jour, il s’échappait de son sépulcre vivant et victorieux, et nous étions là encore pour applaudir à son triomphe sur la mort, par lequel il nous assurait la gloire d’une résurrection semblable à la sienne. Durant les jours qu’il a daigné habiter encore cette terre, notre foi ne l’a pas quitté ; nous eussions voulu le conserver toujours ; et voici qu’à cette heure même il échappe à nos regards, et notre amour n’a pu le retenir ! Plus heureuses que nous, les âmes des justes qu’il avait délivrées des limbes l’ont suivi dans son vol rapide, et elles jouissent pour l’éternité des délices de sa présence.

Les disciples tenaient encore les yeux fixés au ciel, lorsque soudain deux Anges vêtus de blanc se présentèrent à eux et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui vous a quittés pour s’élever au ciel reviendra un jour en la même manière que vous l’avez vu monter » [13]. Ainsi, le Sauveur est remonté, et le juge doit un jour redescendre : toute la destinée de l’Église est comprise entre ces deux termes. Nous vivons donc présentement sous le régime du Sauveur ; car notre Emmanuel nous a dit que « le fils de l’homme n’est pas venu pour juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui » [14] ; et c’est dans ce but miséricordieux que les disciples viennent de recevoir la mission d’aller par toute la terre et de convier les hommes au salut, pendant qu’il en est temps encore.

Quelle tâche immense Jésus leur a confiée ! Et au moment où il s’agit pour eux de s’y livrer, il les quitte ! Il leur faut descendre seuls cette montagne des Oliviers d’où il est parti pour le ciel. Leur cœur cependant n’est pas triste ; ils ont Marie avec eux, et la générosité de cette mère incomparable se communique à leurs âmes. Ils aiment leur Maître ; leur bonheur est désormais de penser qu’il est entré dans son repos. Les disciples rentrèrent dans Jérusalem, « remplis d’une « vive allégresse », nous dit saint Luc [15], exprimant par ce seul mot l’un des caractères de cette ineffable fête de l’Ascension, de cette fête empreinte d’une si douce mélancolie, mais qui respire en même temps plus qu’aucune autre la joie et le triomphe.

Durant son Octave, nous essayerons d’en pénétrer les mystères et de la montrer dans toute sa magnificence ; aujourd’hui nous nous bornerons à dire que cette solennité est le complément de tous les mystères de notre divin Rédempteur, qu’elle est du nombre de celles qui ont été instituées par les Apôtres eux-mêmes [16] ; enfin qu’elle a rendu sacré pour jamais le jeudi de chaque semaine, jour rendu déjà si auguste par l’institution de la divine Eucharistie.

Nous avons parlé de la procession solennelle par laquelle on célébrait, au moyen âge, la marche de Jésus et de ses disciples vers le mont des Oliviers ; nous devons rappeler aussi qu’en ce jour on bénissait solennellement du pain et des fruits nouveaux, en mémoire du dernier repas que le Sauveur avait pris dans le Cénacle. Imitons la piété de ces temps où les chrétiens avaient à cœur de recueillir les moindres traits de la vie de l’Homme-Dieu, et de se les rendre propres, pour ainsi dire, en reproduisant dans leur manière de vivre toutes les circonstances que le saint Évangile leur révélait. Jésus-Christ était véritablement aimé et adoré dans ces temps où les hommes se souvenaient sans cesse qu’il est le souverain Seigneur, comme il est le commun Rédempteur. De nos jours, c’est l’homme qui règne, à ses risques et périls ; Jésus-Christ est refoulé dans l’intime de la vie privée. Et pourtant il a droit à être notre préoccupation de tous les jours et de toutes les heures ! Les Anges dirent aux Apôtres : « En la manière que vous l’avez vu monter, ainsi un jour il descendra. » Puissions-nous l’avoir aimé et servi durant son absence avec assez d’empressement, pour oser soutenir ses regards lorsqu’il apparaîtra tout à coup !

Nous ne donnons point ici l’Office des premières Vêpres de l’Ascension, parce que cette fête étant fixe au jeudi, sa Vigile ne peut jamais se rencontrer le dimanche, tandis qu’il en est autrement pour les solennités auxquelles nous avons accordé ce développement. Au reste, sauf le Verset et l’Antienne de Magnificat, les premières et les secondes Vêpres de l’Ascension sont entièrement semblables.

A LA MESSE.

L’Église romaine indique aujourd’hui pour la Station la basilique de Saint-Pierre. C’est une belle pensée de réunir en un tel jour l’assemblée des fidèles autour du glorieux tombeau d’un des principaux témoins de la triomphante Ascension de son Maître. Cette Station est toujours maintenue ; mais, depuis plusieurs siècles, le Pape se rend avec le sacré Collège des Cardinaux à la basilique du Latran, afin de terminer dans cet antique sanctuaire, dédié par Constantin au Sauveur des hommes, la série annuelle des mystères par lesquels le Fils de Dieu a opéré et consomme aujourd’hui notre salut.

Dans ces deux augustes basiliques, comme dans les plus humbles églises de la chrétienté, le symbole liturgique de la fête est le Cierge pascal, que nous vîmes allumer dans la nuit de la résurrection, et qui était destiné à figurer, par sa lumière de quarante jours, la durée du séjour de notre divin Ressuscité au milieu de ceux qu’il a daigné appeler ses frères. Les regards des fidèles rassemblés s’arrêtent avec complaisance sur sa flamme scintillante, qui semble briller d’un éclat plus vif, à mesure qu’approche l’instant où elle va succomber. Bénissons notre mère la sainte Église à qui l’Esprit-Saint a inspiré l’art de nous instruire et de nous émouvoir à l’aide de tant d’ineffables symboles, et rendons gloire au Fils de Dieu qui a daigné nous dire : « Je suis la lumière du monde » [17].

L’Introït annonce avec éclat la grande solennité qui nous rassemble. Il est formé des paroles des Anges aux Apôtres sur le mont des Oliviers. Jésus est monté aux cieux ; Jésus en doit redescendre un jour.
La sainte Église recueillant les vœux de ses enfants dans la Collecte, demande pour eux à Dieu la grâce de tenir leurs cœurs attachés au divin Rédempteur, que leurs désirs doivent désormais chercher jusqu’au ciel où il est monté le premier.

ÉPÎTRE.

Nous venons d’assister, en suivant cet admirable récit, au départ de notre Emmanuel pour les cieux. Est-il rien de plus attendrissant que ce regard des disciples fixé sur leur Maître divin qui s’élève tout à coup en les bénissant ? Mais un nuage vient s’interposer entre Jésus et eux, et leurs yeux mouillés de larmes ont perdu la trace de son passage. Ils sont seuls désormais sur la montagne ; Jésus leur a enlevé sa présence visible. Dans ce monde désert, quel ne serait pas leur ennui, si sa grâce ne les soutenait, si l’Esprit divin n’était au moment de descendre sur eux et de créer en eux un nouvel être ? Ce n’est donc plus qu’au ciel qu’ils le reverront, celui qui, étant Dieu, daigna durant trois années être leur Maître, et qui, à la dernière Cène, voulut bien les appeler ses amis !

Mais le deuil n’est pas pour eux seulement. Cette terre qui recevait en frémissant de bonheur la trace des pas du Fils de Dieu, ne sera plus foulée par ses pieds sacrés. Elle a perdu cette gloire qu’elle attendit quatre mille ans, la gloire de servir d’habitation à son divin auteur. Les nations sont dans l’attente d’un Libérateur ; mais, hors de la Judée et de la Galilée, les hommes ignorent que ce Libérateur est venu et qu’il est remonté aux cieux. L’œuvre de Jésus cependant n’en demeurera pas là. Le genre humain connaîtra sa venue ; et, quant à son Ascension au ciel en ce jour, écoutez la voix de la sainte Église qui dans les cinq parties du monde retentit et proclame le triomphe de l’Emmanuel. Dix-huit siècles se sont écoulés depuis son départ, et nos adieux pleins de respect et d’amour s’unissent encore à ceux que lui adressèrent ses disciples, pendant qu’il s’élevait au ciel. Nous aussi nous pleurons son absence ; mais nous sommes heureux aussi de le voir glorifié, couronné, assis à la droite de son Père. Vous êtes entré dans votre repos, Seigneur ; nous vous adorons sur votre trône, nous qui sommes vos rachetés, votre conquête. Bénissez-nous, attirez-nous à vous, et daignez faire que votre dernier avènement soit notre espoir et non notre crainte.

Les deux Versets de l’Alléluia répètent les accents de David célébrant d’avance le Christ qui monte dans sa gloire, les acclamations des Anges, les sons éclatants des trompettes célestes, le superbe trophée que le vainqueur entraîne après lui dans ces heureux captifs qu’il a délivrés de la prison des limbes.

ÉVANGILE.

Le diacre ayant achevé l’Évangile, un acolyte monte à l’ambon, et éteint silencieusement le Cierge mystérieux qui nous rappelait la présence de Jésus ressuscité. Ce rite expressif annonce le commencement du veuvage de la sainte Église, et avertit nos âmes que pour contempler désormais notre Sauveur, il nous faut aspirer au ciel où il réside. Que rapide a été son passage ici-bas ! Que de générations se sont succédé, que de générations se succéderont encore jusqu’à ce qu’il se montre de nouveau !

Loin de lui, la sainte Église ressent les langueurs de l’exil ; elle persévère néanmoins à habiter cette vallée de larmes ; car c’est là qu’elle doit élever les enfants dont le divin Époux l’a rendue mère par son Esprit ; mais la vue de son Jésus lui manque, et si nous sommes chrétiens, elle doit nous manquer aussi à nous-mêmes. Oh ! Quand viendra le jour où de nouveau revêtus de notre chair, a nous nous élancerons dans les airs à la rencontre du Seigneur, pour demeurer avec lui à jamais ! » [18] C’est alors, et seulement alors, que nous aurons atteint la fin pour laquelle nous fûmes créés.

Tous les mystères du Verbe incarné que nous avons vu se dérouler jusqu’ici devaient aboutir à son Ascension ; toutes les grâces que nous recevons jour par jour doivent se terminer à la nôtre. « Ce monde n’est qu’une figure qui passe » [19] ; et nous sommes en marche pour aller rejoindre notre divin Chef. En lui est notre vie, notre félicité ; c’est en vain que nous voudrions les chercher ailleurs. Tout ce qui nous rapproche de Jésus nous est bon ; tout ce qui nous en éloigne est mauvais et funeste. Le mystère de l’Ascension est le dernier éclair que Dieu fait luire à nos regards pour nous montrer la voie. Si notre cœur aspire à retrouver Jésus, c’est qu’il vit de la vraie vie ; s’il est concentré dans les choses créées, en sorte qu’il ne ressente plus l’attraction du céleste aimant qui est Jésus, c’est qu’il serait mort.

Levons donc les yeux comme les disciples, et suivons en désir celui qui monte aujourd’hui et qui va nous préparer une place. En haut les cœurs ! Sursum corda ! C’est le cri d’adieu que nous envoient nos frères qui montent à la suite du divin Triomphateur ; c’est le cri des saints Anges accourus au-devant de l’Emmanuel, et qui nous invitent à venir renforcer leurs rangs.

Sois donc béni, ô Cierge de la Pâque, colonne lumineuse, qui nous as réjouis quarante jours par ta flamme joyeuse et brillante. Tu nous parlais de Jésus, notre flambeau dans la nuit de ce monde ; maintenant ta lumière éteinte nous avertit qu’ici-bas on ne voit plus Jésus, et que pour le voir désormais, il faut s’élever au ciel. Symbole chéri que la main maternelle de la sainte Église avait créé pour parler à nos cœurs en attirant nos regards, nous te faisons nos adieux ; mais nous conservons le souvenir des saintes émotions que ta vue nous fit ressentir dans tout le cours de cet heureux Temps pascal que tu fus chargé de nous annoncer, et qui à peine te survivra de quelques jours.

Pour Antienne de l’Offertoire, l’Église emploie les mêmes paroles de David qu’elle a fait retentir avant la lecture de l’Évangile. Elle n’a qu’une pensée : le triomphe de son Époux, la joie du ciel qu’elle veut voir partagée par les habitants de la terre.

Entrer à la suite de Jésus dans la vie éternelle, éviter les obstacles qui peuvent se rencontrer dans la voie, tels doivent être nos désirs en ce jour, telle est aussi la demande que la sainte Église adresse pour nous à Dieu dans l’oraison Secrète.

Un nouveau verset de David fournit l’Antienne de la Communion. Le roi-prophète y annonce, mille ans à l’avance, que c’est à l’Orient que l’Emmanuel s’élèvera aux cieux. C’est en effet de la montagne des Oliviers située au Levant de Jérusalem que nous avons vu aujourd’hui Jésus partir pour le royaume de son Père.

Le peuple fidèle vient de sceller son alliance avec son divin Chef en participant à l’auguste Sacrement ; l’Église demande à Dieu que ce mystère, qui contient Jésus désormais invisible, opère en nous ce qu’il exprime à l’extérieur.

MIDI.

Une tradition descendue des premiers siècles et confirmée par les révélations des saints, nous apprend que l’heure de l’Ascension du Sauveur fut l’heure de midi. Les Carmélites de la réforme de sainte Thérèse honorent d’un culte particulier ce pieux souvenir. A l’heure où nous sommes, elles sont réunies au chœur, vaquant debout à la contemplation du dernier des mystères de Jésus, et suivant l’Emmanuel de la pensée et du cœur aussi haut que son vol divin l’emporte.

Suivons-le aussi nous-mêmes ; mais avant de fixer nos regards sur le radieux midi qui éclaire son triomphe, revenons un moment par la pensée à son point de départ. C’est à minuit, au sein des ténèbres, qu’il éclata tout à coup dans l’étable de Bethléhem. Cette heure nocturne et silencieuse convenait au début de sa mission. Son œuvre tout entière était devant lui, et trente-trois années devaient être employées à l’accomplir. Cette mission se déroula année par année, jour par jour, et elle allait touchant à sa fin, lorsque les hommes, dans leur malice, se saisirent de lui et l’attachèrent à une croix. On était au milieu du jour, lorsqu’il parut élevé dans les airs ; mais son Père ne voulut pas que le soleil éclairât ce qui était une humiliation et non un triomphe. D’épaisses ténèbres couvrirent la terre entière ; cette journée fut sans midi. Quand le soleil reparut, il était déjà l’heure de None. Trois jours après, il sortait du tombeau aux premiers rayons de l’aurore.

Aujourd’hui, à ce moment même, son œuvre est consommée. Jésus a payé de son sang la rançon de nos péchés, il a vaincu la mort en ressuscitant glorieux ; n’a-t-il pas le droit de choisir pour son départ l’heure où le soleil, son image, verse tous ses feux et inonde de lumière cette terre que son Rédempteur va échanger pour le ciel ? Salut donc, heure de midi deux fois sacrée, puisque tu nous redis chaque jour et la miséricorde et la victoire de notre Emmanuel ! Gloire à toi pour la double auréole que tu portes : le salut de l’homme par la croix, et rentrée de l’homme au royaume des cieux !

Mais n’êtes-vous pas aussi vous-même le Midi de nos âmes, ô Jésus, Soleil de justice ! Cette plénitude de lumière à laquelle nous aspirons, cette ardeur de l’amour éternel qui seul peut nous rendre heureux, où les trouverons-nous, sinon en vous qui êtes venu ici-bas éclairer nos ténèbres et fondre nos glaces ? Dans cette espérance, nous écoutons les mélodieuses paroles de Gertrude votre fidèle épouse, et nous sollicitons la grâce de pouvoir un jour les répéter après elle : « O amour, ô Midi dont l’ardeur est si douce, vous êtes a l’heure du repos sacré, et la paix entière que l’on goûte en vous fait nos délices. O mon Bien-Aimé, élu et choisi au-dessus de toute créature, faites-moi savoir, montrez-moi le lieu où vous paissez votre troupeau, où vous prenez votre repos à l’heure de midi. Mon cœur s’enflamme à la pensée de vos doux loisirs à ce moment. Oh ! S’il m’était donné d’approcher de vous assez près pour n’être plus seulement près de vous, mais en vous ! Par votre influence, ô Soleil de justice, toutes les fleurs des vertus sortiraient de moi qui ne suis que cendre et poussière. Fécondée par vos rayons, ô mon Maître et mon Époux, mon âme produirait les nobles fruits de toute perfection. Enlevée de cette vallée de misère, admise à contempler vos traits si désirés, mon bonheur éternel serait de a penser que vous n’avez pas dédaigné, ô miroir sans tache, de vous unir à une pécheresse telle que moi » [20].

A VÊPRES.

Le Seigneur Jésus a disparu de la terre ; mais son souvenir et ses promesses sont demeurés au fond du cœur de la sainte Église. Elle suit par la pensée le triomphe si splendide de son Époux, triomphe si mérité après l’œuvre accomplie du salut des hommes. Elle ressent son veuvage ; mais elle attend d’une foi ferme le Consolateur promis. Cependant les heures s’écoulent, le soir approche ; elle rassemble alors ses enfants, et dans l’Office des Vêpres, elle repasse avec eux le profond mystère de ce grand jour.

Les Antiennes des Psaumes reproduisent le récit de l’événement qui s’est accompli à l’heure de midi ; elles sont mélodieuses, mais non sans une expression triste comme il convient au jour des adieux.

L’Hymne, pleine de suavité, a pour auteur saint Ambroise ; mais elle a été retouchée plus ou moins heureusement au XVIIe siècle.

L’Antienne qui accompagne le cantique de Marie est une invitation à Jésus de se souvenir de sa promesse, et de ne pas tarder à consoler son Épouse par l’envoi du divin Esprit. La sainte Église la répétera chaque jour, jusqu’à l’arrivée du don céleste.

Nous entendrons, dans tout le cours de l’Octave, le concert des antiques Églises de la chrétienté, célébrant sur des modes divers, mais dans un même sentiment, le médiateur de Dieu et des hommes qui s’élève aux cieux par sa propre vertu. Donnons aujourd’hui la parole à l’Église grecque qui, dans son génie pompeux, cherche à rendre les magnificences du mystère. C’est l’Hymne de l’Office du soir.

IN ASSUMPTIONE DOMINI, AD VESPERAS.

Lorsque tu fus arrivé, ô Christ, sur le mont des Oliviers, afin d’accomplir la volonté du Père, les Anges célestes furent dans l’étonnement, et les esprits infernaux frémirent. Les disciples éprouvaient un sentiment de bonheur mêlé de crainte, tandis que tu leur parlais. En face, à l’Orient, un nuage apparaissait semblable à un trône prépare ; le ciel dont les portes étaient ouvertes se montrait dans toute sa beauté ; et la terre allait apprendre comment Adam, après sa chute, pourra remonter encore. Mais tout à coup tes pieds s’élèvent dans les airs, comme si une main les soutenait, ô Christ ! Ta bouche répète des bénédictions aussi longtemps que ses accents se font entendre ; le nuage te reçoit, et bientôt le ciel lui-même. Telle est l’œuvre sublime que tu as opérée, Seigneur, pour accomplir le salut de nos âmes.

La nature d’Adam qui était tombée jusque dans les profondeurs de la terre, cette nature que tu as renouvelée, ô Dieu, tu l’élevés aujourd’hui avec toi au-dessus des Principautés et des Puissances. Dans ton amour pour elle, tu l’établis là même où tu résides ; dans ta compassion, tu te l’étais unie, tu avais souffert en elle, toi qui es impassible : et à cause de ses souffrances que tu as partagées, tu l’associes aujourd’hui à ta gloire. Les esprits célestes se sont écriés : « Quel est cet homme éclatant de beauté, et qui n’est pas seulement un homme, mais un Dieu-homme, ayant les deux natures ? » Cependant, d’autres Anges au vol rapide et vêtus de longues tuniques, descendaient vers les disciples et leur disaient : « Hommes de Galilée, Jésus, homme-Dieu, qui vient de vous quitter, reviendra Dieu-homme, pour juger les vivants et les morts, et pour faire part à ceux qui croient en lui du pardon et de sa grande miséricorde. »

Lorsque tu fus enlevé dans la gloire aux regards de tes disciples, ô Christ Dieu, un nuage reçut ton humanité, les portes du ciel s’élevèrent, le chœur des Anges tressaillit d’allégresse et les Vertus célestes criaient avec transport : « Princes, élevez vos portes, et le Roi de gloire entrera. » Cependant, tes disciples dans la stupeur disaient : « Ne vous séparez pas de nous, ô bon Pasteur, mais envoyez-nous votre Esprit très saint, pour diriger et affermir nos âmes. » Après avoir accompli dans ta bonté, Seigneur, le mystère qui avait été caché aux siècles et aux générations, tu es venu sur le mont des Oliviers avec tes disciples, ayant avec toi celle qui t’a enfanté, ô créateur et auteur de toutes choses ! Il était juste que celle qui, dans ta Passion, avait souffert plus que tout autre dans son cœur maternel, fût appelée à jouir aussi plus que tout autre du triomphe de ton humanité. Nous donc qui entrons en participation de sa joie dans ton Ascension, Seigneur, nous glorifions ta grande miséricorde envers nous.

Terminons la journée par cette belle prière du Bréviaire mozarabe.

ORATIO.

Unigenite Dei Filius, qui devicta morte de terrenis ad cœlestia transitum faciens, quasi filius hominis apparens, in throno magnam claritatem habens, quem omnis militia cœlestis exercitus Angelorum laudat : præbe nobis, ut nullis flagitiorum vinculis in corde hujus sæculi illigemur, qui te ad Patrem ascendisse gloriosa fidei devotione concinimus ; ut illic indesinenter cordis nostri dirigatur obtutus, quo tu ascendisti post vulnera gloriosus. Amen.

Fils unique de Dieu, ô vous qui, vainqueur de la mort, avez passé de la terre au ciel ; Fils de l’Homme dans votre nature extérieure, éblouissant d’éclat sur votre trône, objet continuel des louanges de toutes les milices célestes, ne permettez pas que nous nous laissions enchaîner par les liens coupables de ce monde, nous qui, dans les transports de notre foi, célébrons votre Ascension vers le Père. Faites que l’œil de notre cœur soit à jamais fixe là où vous êtes monté plein de gloire, après avoir été blessé ici-bas. Amen.

O notre Emmanuel ! Vous êtes donc enfin par-parvenu au terme de votre œuvre, et c’est aujourd’hui même que nous vous voyons entrer dans votre repos. Au commencement du monde, vous aviez employé six jours pour disposer toutes les parties de cet univers créé par votre puissance ; après quoi vous rentrâtes dans votre repos. Plus tard, lorsque vous eûtes résolu de relever votre œuvre tombée par la malice de l’ange rebelle, votre amour vous fit passer, durant le cours de trente-trois années, par une succession sublime d’actes à l’aide desquels s’opéraient notre rédemption et notre rétablissement au degré de sainteté et de gloire dont nous étions déchus. Vous n’avez rien oublié, ô Jésus, de ce qui avait été arrêté éternellement dans les conseils de la glorieuse Trinité, de ce que les Prophètes avaient annoncé de vous. Votre triomphante Ascension met le sceau à la mission que vous avez daigné accomplir dans votre miséricorde. Pour la seconde fois vous entrez dans votre repos ; mais vous y entrez avec la nature humaine appelée désormais aux honneurs divins. Déjà les justes de notre race que vous avez retirés des limbes prennent rang dans les chœurs angéliques, et en partant vous nous avez dit à nous-mêmes : « Je vais vous préparer une place » [21].

Confiants dans votre parole, ô Emmanuel, résolus à vous suivre dans tous vos mystères qui n’ont été accomplis que pour nous, à vous accompagner dans l’humilité de votre Bethléhem, dans la participation aux douleurs de votre Calvaire, dans la résurrection de votre Pâque, nous aspirons à imiter aussi, quand l’heure sera venue, votre triomphante Ascension. En attendant, nous nous unissons aux chœurs des saints Apôtres qui saluent votre arrivée, à nos Pères dont l’heureuse multitude vous accompagne et vous suit. Tenez vos regards divins fixés sur nous, ô divin Pasteur ! Le moment de la réunion n’est pas arrivé encore. Gardez vos brebis, et veillez à ce que pas une ne s’égare et ne manque au rendez-vous. Instruits désormais de la fin qui nous attend, fermes dans l’amour et la méditation des mystères qui nous ont conduits à celui d’aujourd’hui, nous l’adoptons en ce jour comme l’objet de notre attente, comme le terme de nos désirs. C’est le but que vous vous êtes proposé en venant en ce monde, descendant jusqu’à notre bassesse, pour nous enlever ensuite jusqu’à vos grandeurs, vous faisant homme afin de faire de nous des dieux. Mais jusqu’au moment qui nous réunira à vous, que ferions-nous ici-bas, si la Vertu du Très-Haut que vous nous avez promise ne descendait bientôt sur nous, si elle ne nous apportait la patience dans l’exil, la fidélité dans l’absence, l’amour seul capable de soutenir un cœur qui soupire après la possession ? Venez donc, ô divin Esprit ! Ne nous laissez pas languir, afin que notre œil demeure fixé au ciel où Jésus règne et nous attend, et ne permettez pas que cet œil mortel soit tenté, dans sa lassitude, de s’abaisser sur un monde terrestre où Jésus ne se laissera plus voir.

[1] Psalm. XCV, XCVI, XCVII.

[2] Marc. XVI.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Luc. XXIV, 49.

[6] Act. 1.

[7] Johan. XIV, 28.

[8] Psalm. CIX.

[9] Act. 1, 6-8.

[10] Constit. apost. lib. V, cap. XIX.

[11] Luc. XXIV, 51.

[12] Act. I.

[13] Act. I.

[14] Johan. III, 17.

[15] Luc. XXIV, 52.

[16] AUGUSTIN. Epist. ad Januar.

[17] Johan. VIII, 12.

[18] I Thess. IV, 16.

[19] I Cor. VII, 31.

[20] Exercitia S. Gertrudis. Die V.

[21] Johan. XIV, 2.



Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

Station à Saint-Pierre.

La solennité liturgique de l’Ascension, moins antique que celle de la Pentecôte, est toutefois parmi les plus anciennes du cycle, et bien qu’on ne la trouve pas dans les témoignages documentaires antérieurs à Eusèbe [22], cette fête était pourtant déjà si universelle que saint Augustin put en attribuer la première institution aux apôtres eux-mêmes. Dans l’antiquité, la caractéristique de la fête de ce jour était une solennelle procession qui se faisait vers midi en souvenir des Apôtres accompagnant Jésus hors de la ville sur le mont des Oliviers. A Rome, après les offices nocturnes et la messe célébrée sur l’autel de Saint-Pierre, le Pape était couronné par les cardinaux et, vers l’heure de sexte, se rendait au Latran, accompagné par les évêques et par le clergé.

Aujourd’hui Jésus s’est dérobé à la vue de ses fidèles disciples, lesquels gardent toutefois leurs yeux levés au ciel, s’efforçant de revoir encore une fois le divin Maître. Mais cette vie contemplative, toute absorbée dans la vision béatifique du Paradis, est réservée aux élus de l’Église triomphante. Ceux-ci ont leur récompense in mercede contemplationis [23], comme le dit saint Augustin dans une homélie célèbre que la liturgie nous fait lire au Bréviaire le jour de saint Jean l’Évangéliste. Notre vocation au contraire doit être in opere actionis ; aussi, en ce jour, la liturgie, dans l’introït, avec une mélodie qui est parmi les plus belles du recueil grégorien, nous répète-t-elle les paroles des Anges aux Apôtres : « O Galiléens, que regardez-vous dans le ciel ? Ce Jésus qui y est allé sous vos yeux reviendra dans la même majesté. »

Ita veniet. Voilà notre consolation dans les douleurs et l’isolement de la vie. Jésus s’est éloigné, mais il reviendra certainement. Cette attente de Jésus doit déterminer, pour ainsi dire, tout le rythme de notre vie intérieure, le cœur palpitant et les yeux de la foi fixés là-haut vers le ciel.

La collecte est pleine de beauté. Le Maître est monté au ciel pour nous y préparer une place. Il est notre Chef, et c’est seulement par une espèce de violence que ses membres mystiques sont contraints à rester encore sur la terre. Ne pouvant tout de suite rejoindre Jésus en paradis, nous devons du moins habiter dans le ciel par nos affections, nos pensées, nos désirs, en sorte que, exilés ici-bas avec notre corps, nous puissions dire pourtant avec saint Paul : conversatio nostra in cælis est [24].

La lecture est tirée des Actes (I, 1-11) ; c’est le récit de l’Ascension. Jésus s’élève au ciel du mont des Oliviers, où précisément il avait commencé la Passion, et par là il nous enseigne que la Croix est l’unique moyen d’arriver au paradis. Il promet aux Apôtres l’Esprit Saint, seulement après son entrée triomphale dans son royaume, parce qu’il convenait que la plénitude de la gloire se répandît du Chef dans les membres. Avant de se dérober à leurs regards, Jésus bénit les Apôtres, pour les assurer de sa continuelle assistance, intime et invisible, dans le secret du cœur. C’est là que Jésus, par l’opération du Saint-Esprit, établit le temple où il vient résider avec son Divin Père. Les Anges invitent les Apôtres à détourner du ciel leurs regards, parce que la vie présente est le temps du labeur et non celui du repos. Maintenant l’on sème ; ensuite on moissonnera. On sème dans les sueurs et dans la douleur, et l’on moissonnera dans la joie. C’est pourquoi nous devons travailler ; mais même en ceci il y a une règle à observer. Nous devons travailler comme font les Anges, quand ils exercent leur fidèle ministère de garde à notre endroit. Ils nous assistent et se tiennent continuellement à nos côtés, mais en même temps leur regard est fixé en paradis, extasié dans la contemplation de la splendeur du Père Éternel in quem desiderant Angeli prospicere [25].

Suit le verset alléluiatique tiré du psaume 46 : Dieu s’est élevé dans la jubilation et au son des trompettes des milices angéliques, qui l’acclament leur chef et sauveur, et lui rendent grâces parce qu’au moyen de la rédemption des hommes il comble dans leurs rangs les vides autrefois laissés par les Anges apostats.

Un autre motif qui rendit plus belle l’Ascension de Jésus fut le fait que, selon toute probabilité, le Sauveur fut accompagné dans son triomphe par ces saints Patriarches et Prophètes qui sortirent de leurs tombes au moment où Jésus expira sur la croix, et qui, après sa résurrection, se montrèrent visiblement à de nombreuses personnes à Jérusalem.

Le verset précédant l’Évangile provient du psaume 67 : Dieu qui se montra sur le Sinaï s’élève maintenant et entraîne avec lui esclave l’esclavage lui-même, c’est-à-dire qu’il triomphe du péché et du démon dont il foule aux pieds la puissance qu’il tient enchaînée. Le chrétien ne doit donc pas craindre Satan. Il est comme un chien attaché, qui ne peut mordre que ceux qui s’approchent imprudemment de lui.

La lecture évangélique avec le récit de l’Ascension est tirée de saint Marc (XVI, 14-20), lequel, dans un unique tableau, recueille toute l’histoire des quarante jours passés par Jésus ressuscité avec ses Apôtres, et aussi l’histoire ultérieure de l’Église. Les disciples reçoivent la puissance d’opérer des miracles, pour confirmer la divinité de leur mission, et ils vont prêcher sur tous les points de la terre. Du haut du ciel, Jésus donne l’efficacité à leur parole, et ainsi l’Église, à l’image du Divin Maître dont elle continue l’œuvre bienfaisante, passe à travers le monde : pertransiit benefaciendo et sanando [26]. Il ne faut pas croire que ce tableau convient seulement à l’âge apostolique. Non, l’Église est encore maintenant telle qu’elle était alors. Il n’est aucun genre de bienfaisance corporelle et spirituelle auquel elle ne se consacre, encore à présent, spécialement au moyen de ses admirables corporations religieuses. Quant au don des miracles, lui aussi est un charisme qui n’a jamais manqué à l’Église. Bien plus, il est en si intime relation avec sa note de sainteté, que, dans sa sage prudence, l’Église, avant d’inscrire l’un de ses membres au catalogue des Saints, exige que les prodiges obtenus par son intercession soient d’abord juridiquement discutés, démontrés et approuvés. Et ces procès apostoliques jugés par la Sacrée Congrégation des Rites, tribunal compétent en la matière, sont toujours très nombreux.

L’antienne de l’offertoire provient du psaume 46 : « Dieu monte au ciel au milieu de la jubilation des anges qui soufflent dans les trompettes. » Le jour de l’incarnation, ils annonçaient la gloire seulement au ciel : Gloria in excelsis Deo ; sur la terre, tandis que le Sauveur s’humiliait, le don le plus à propos était celui de la paix entre Dieu et les hommes : et in terra pax hominibus bonae voluntatis. Mais aujourd’hui qu’est accomplie la magnifique rédemption, la gloire du ciel se reflète aussi sur la terre, puisque la barrière de division ayant été ôtée, des deux familles, angélique et humaine, il ne s’en fait plus qu’une ; aussi, tandis que Jésus, caput hominum et Angelorum [27], s’assied glorieux à la droite du Père, les membres de son corps mystique, en qui il vit et opère encore, se trouvent ici sur la terre. De même donc que le Sauveur réunit ces deux attributions : le Chef est glorieux au ciel et les membres travaillent dans le monde, ainsi l’Église milite ici-bas, mais, dans la personne de son Chef, elle a déjà commencé la vie glorieuse du Paradis.

Dans la collecte sur les oblations, nous rappelons aujourd’hui au Seigneur que l’offrande des dons est consacrée à commémorer l’immense gloire de l’Ascension du Christ, conséquence de sa Passion. C’est pourquoi nous le supplions d’aplanir aussi pour nous la voie du ciel, étant de devant nos pas toutes les pierres d’achoppement, en sorte que nous puissions sûrement atteindre le but désiré.

Il faut d’ailleurs remarquer qu’ici nous ne demandons point que les soldats du Christ soient absolument soustraits au combat et maintenus dans les quartiers d’hiver ; — non, car la vie est le temps de la lutte — mais nous supplions Dieu d’écarter de notre route l’unique vrai mal et péril que nous puissions rencontrer, celui de l’offenser.

Dans l’anaphore eucharistique d’introduction au trisagion, selon l’usage romain dont parlait le pape Vigile écrivant à Profuturus de Braga, nous insérons durant toute l’octave de l’Ascension la commémoration de ce sublime mystère : « Qui (le Christ), après sa Résurrection, apparut indiscutablement à ses disciples, et, sous leurs yeux, s’éleva au ciel, dans le but de nous donner part à sa divinité » [28].

Voilà la signification de la fête de ce jour, et la fin que se propose le Christ en montant au ciel. Il atteint pleinement ce but le jour de la Pentecôte, quand il nous donne avec l’Esprit Saint, sa vie divine elle-même, le cœur même de la divinité.

Au commencement des diptyques apostoliques, l’on fait aussi mémoire de la solennité du jour : « Commémorant le jour très sacré où votre Fils unique et notre Seigneur fit asseoir à votre droite glorieuse notre fragile nature, qu’il avait voulu unir à sa personne divine... » [29]

L’antienne pour la Communion est tirée du psaume 67 : « Chantez des hymnes au Seigneur qui, du côté de l’Orient, monte au plus haut des cieux. » Le plus haut des cieux signifie ici le trône même de la divinité, qu’aujourd’hui va occuper la sainte humanité de Jésus. Il s’élève du côté de l’Orient, parce que toutes les œuvres de Dieu sont resplendissantes, lumineuses, sans que l’Église ait jamais eu, comme les théosophes modernes, deux doctrines, l’une cachée, réservée aux initiés, et l’autre commune, pour le grand public. Dieu fait ses œuvres à la lumière du soleil. Le Christ meurt sur une colline, en présence de tout un peuple, au grand jour de la Parascève de Jérusalem ; Jésus ressuscite et se fait voir, non seulement aux Apôtres mais aux saintes Femmes et même à cinq cents personnes rassemblées. Aujourd’hui il monte au ciel, mais sur une colline, en présence de onze personnes au moins, sans compter la Bienheureuse Vierge et les membres de sa parenté.

Dans l’Eucharistie, ou prière de remerciement, nous supplions la divine clémence de faire que le signe visible de la grâce, c’est-à-dire le Sacrement, atteigne intérieurement la plénitude de son effet. Nous demandons par là que l’incorporation matérielle à la Victime du sacrifice eucharistique nous unisse spirituellement à Jésus.

La suprême glorification du Chef qui, aujourd’hui, va s’asseoir à la droite du Père dans le ciel, se répand dans les membres, à l’égal de ce baume parfumé qui, selon le psaume 132, descendit de la tête d’Aaron sur sa barbe et sur ses splendides vêtements pontificaux. Cette onction spirituelle est le charisme du Saint-Esprit qu’en ce jour Jésus, du ciel, obtient à l’Église. Le lien est donc très intime, entre l’Ascension et la Pentecôte. L’une ne s’explique pas sans l’autre.

[22] De Sol. Pasch., c. v. P. G., XXIV, col. 699.

[23] « Dans la récompense de la contemplation », St Augustin,Tract. 124 in Joan. Post med. : 7ème leçon des Matines du 27 décembre.

[24] « Notre vie est dans les cieux », Philip. 3, 20.

[25] « Que les Anges désirent contempler à fond », I Petr. 1, 12.

[26] « Il est allé de lieu en lieu en faisant le bien, et en guérissant », Act. 10, 38.

[27] « Chef des hommes et des Anges ».

[28] « Qui post resurrectiónem suam 
ómnibus discípulis suis maniféstus appáruit, 
et, ipsis cernéntibus, est elevátus in cælum, 
ut nos divinitátis suæ 
tribúeret esse partícipes. », Préface de l’Ascension.


[29] « Diem sacratíssimum celebrántes quo Dóminus noster, unigénitus Fílius tuus, unítam sibi fragilitátis nostræ substántiam in glóriæ tuæ déxtera collocávit », Communicántes de l’Ascension.




STATION A SAINT PIERRE

L’Ascension du Christ est notre élévation.

Après le chant de l’Évangile, le diacre éteint le cierge pascal, le symbole de la Résurrection. Par cette simple cérémonie, la liturgie veut exprimer que le Christ est monté aujourd’hui au ciel. A chaque messe, le prêtre dit : « Nous nous rappelons la bienheureuse Passion, la Résurrection des morts et la glorieuse Ascension de ton Fils... » [30].

1. Premières impressions. — Quand des personnes chères se séparent de nous, nous nous affligeons, même si nous savons qu’elles rencontreront un sort meilleur. Aussi nous pourrions penser que l’Église assistera à l’Ascension avec mélancolie. Il n’en est rien. La fête est exclusivement une fête de joie. Une double joie remplit nos cœurs ; nous nous réjouissons pour le Seigneur et pour nous-mêmes.

a) La journée de l’Ascension est un triomphe du Christ, une fête de victoire. Le Seigneur a bien mérité son triomphe. Rappelons-nous toutes les phases et toutes les étapes de sa vie terrestre. Il a quitté le trône de son Père et s’est abaissé dans le sein de la Vierge, il a été couché sur la rude paille de la Crèche de Bethléem, il a dû fuir en Égypte, fuir son propre peuple ; il a vécu dans l’obscurité à Nazareth, comme un simple artisan ; puis il s’est fatigué à parcourir la Galilée et la Judée à la recherche de la brebis perdue. Il a été méconnu, il n’a pas été aimé par ses frères. Enfin, il a enduré sa Passion rédemptrice depuis le mont des Oliviers jusqu’au Golgotha. Pourquoi tout cela ? Parce qu’il nous a aimés. Quel but poursuivait-il ? Nous racheter du pouvoir du diable et nous introduire dans la patrie céleste. Et maintenant son œuvre, à laquelle il a consacré son amour et le sang de ses veines, est achevée. Il peut, aujourd’hui, jeter un regard joyeux sur sa vie écoulée. Hier, la liturgie nous a montré son Ascension en deux images : le vainqueur s’avance triomphant, il entraîne avec lui dans son triomphe les prisonniers, c’est-à-dire nous-mêmes, les enfants de Dieu rachetés par lui ; il fait part de son butin, c’est-à-dire des grâces de la Rédemption à l’Église. Le Fils rentre dans la maison paternelle, il est reçu avec joie par son Père ; mais il lui présente des nouveaux frères et sœurs, l’humanité rachetée. Nous pouvons dire que la fête de l’Ascension est, en même temps, l’accession au trône et le couronnement du Christ comme Roi du ciel et de la terre.

b) Cette fête est aussi un jour de joie pour nous. La glorification du Seigneur dans son Ascension est aussi l’élévation de la nature humaine ; c’est notre glorification. C’est là une pensée qui a profondément impressionné les Pères. Notre nature humaine participe aux plus hauts honneurs divins. Le Christ. en effet, est entré au ciel avec son corps humain, avec sa nature humaine ; il est assis sur le trône de Dieu et il restera avec sa nature humaine éternellement. C’est là une distinction inouïe pour les hommes. L’un des nôtres, notre chef, est assis sur le trône de Dieu ; ainsi donc nous aussi, les membres de son corps, nous sommes divinisés. C’est pourquoi la préface de la fête chante d’une manière significative : « Il a été élevé pour nous faire participer à sa divinité ». C’est là une divine noblesse qui nous est communiquée par l’Ascension. Mais cela constitue, pour nous, une impérieuse exigence : Sursum corda. Le péché ne monte pas au ciel avec le Christ. Le péché est comme une chaîne qui nous lie à la terre. Brisons ces liens du péché. Nous devons d’abord monter au ciel avec la volonté et le désir (« demeurer de cœur au ciel »). Ensuite, nous y suivrons le Seigneur en corps et en âme.

2. Solennité du jour. — Cette fois encore, célébrons cette fête entièrement avec l’Église, dans la prière des Heures et à la messe. Hier, nous avons récité les Heures du soir en commun ou, tout au moins, nous avons récité les vêpres dans notre particulier. Dans les antiennes, nous voyons le Roi montant au ciel. L’image centrale, au bréviaire comme à la messe, est celle-ci : « Hommes de Galilée, pourquoi regardez-vous vers le ciel ? Comme vous l’avez vu monter au ciel, ainsi il reviendra, Alléluia » (I. Ant. Intr.). L’hymne est d’un magnifique mouvement (Salutis humanae Sator) :

Auteur du salut des humains,
Jésus, délices de nos cœurs,
Du monde racheté tu fus le Créateur
Et te chaste clarté brille sur ceux qui t’aiment.

Sois, vers le ciel, le guide et le sentier,
Sois l’idéal de tous nos cœurs,
Sois, dans nos pleurs, le réconfort,
Sois, de la vie, la douce récompense.

A l’antienne de Magnificat, nous voyons le Seigneur sur le seuil de la céleste maison paternelle : « Père, j’ai annoncé ton nom parmi les hommes que tu m’as donnés : maintenant, je te prie pour eux, non pour le monde, car je viens vers toi, Alléluia »

Dans la nuit ou de bonne heure le matin, nous récitons les Matines. C’est la réunion des psaumes royaux. Les antiennes font ressortir avec prédilection des expressions comme celle-ci : exalter, élever (exaltare, elevare). Les leçons du deuxième et du troisième nocturnes sont très riches de pensées et d’autant plus précieuses que toutes les deux furent prononcées comme homélies par les papes saint Léon 1er et saint Grégoire 1er. « Il y avait vraiment une grande et ineffable cause de nous réjouir quand la nature humaine qui était unie au Fils de Dieu s’éleva devant les yeux de la sainte troupe des disciples, bien au-dessus de tous les Esprits célestes, bien au-dessus des chœurs des anges et même au-dessus des hauteurs des archanges. Elle devait dépasser toutes les hiérarchies célestes et ne s’arrêter qu’au trône de Dieu, où elle participerait à sa gloire puisqu’elle est unie à sa nature dans la Personne du Fils. Puisque l’Ascension du Christ est notre propre élévation, et puisque là où nous a précédés le Chef glorieux le corps (mystique) peut lui aussi diriger son espérance, tressaillons, mes bien-aimés, d’une joie profonde et que de pieuses actions de grâces s’unissent à notre joie. Aujourd’hui, en effet, nous ne recouvrons pas seulement le paradis (perdu), mais nous avons pénétré dans les hauteurs du ciel. Nous avons beaucoup plus reçu par la grâce ineffable du Christ que nous n’avions perdu par l’envie du diable. Car les enfants d’Adam, que l’ennemi venimeux avait chassés du bonheur de leur premier séjour, le Fils de Dieu se les est incorporés et les a placés à la droite du Père » (Saint Léon).

« Quand nous lisons que les disciples ne crurent à la Résurrection du Seigneur qu’après une longue hésitation, pensons moins à leur faiblesse qu’à ce que je pourrais appeler notre future fermeté dans la foi. Car, précisément, par ce fait qu’ils doutèrent, la Résurrection fut démontrée par de nombreuses preuves. Et nous qui lisons maintenant ce récit, nous sommes, par leur doute, affermis dans la foi. Assurément Marie-Madeleine m’a moins servi que Thomas qui douta longtemps. Celui-ci, en effet, parce qu’il douta, toucha les cicatrices des blessures et, ainsi, guérit les blessures du doute dans notre cœur » (Saint Grégoire).

Il conviendrait de réciter les Laudes sur une hauteur (de se transporter en esprit sur le mont des Oliviers). Notre âme ressent aujourd’hui toute la fraîcheur de la joie et tous les transports de l’allégresse. Quand le soleil se lève, nous entendons le Sauveur qui nous quitte nous adresser ces paroles : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu, Alléluia ».

3. La messe (Viri Galilæi). — Après les petites Heures de Prime et de Tierce, nous célébrons la messe solennelle. C’est le point culminant de la fête et la réalisation mystique de son mystère. L’église de station est Saint-Pierre. Nous nous réunissons dans la grande église mondiale de Rome pour célébrer les saints mystères, dans cette église où saint Léon et saint Grégoire prononcèrent les homélies que nous avons lues au bréviaire. Les fêtes du Christ-Roi se célèbrent à Saint-Pierre (Noël, Épiphanie). Mais Saint-Pierre est aujourd’hui, pour nous, Jérusalem ; nous y prenons notre repas avec le Christ (Leçon et Évang.). C’est aussi le mont des Oliviers où nous accompagnons le Seigneur et d’où nous le voyons monter au ciel.

L’Introït nous présente une belle image. Les Apôtres lèvent les yeux vers le ciel. C’est un symbole de l’Église. Depuis que le Christ est remonté au ciel, elle ne cesse de regarder vers le ciel dans une ardente attente jusqu’à ce qu’il « revienne » (Ici aussi, le désir de parousie de l’Église se fait jour). Nous chantons le psaume proprement dit de l’Ascension (46) qui revient aujourd’hui dans presque tous les chants psalmodiques : « Que tous les peuples battent des mains » (nous sommes dans l’église Saint-Pierre qui est l’église des gentils).

Oraison : Depuis que le Maître est au ciel, « nous devons aussi demeurer de cœur au ciel ». Dans la leçon et l’Évangile, nous prenons part aux dernières heures terrestres du Seigneur.

Les deux lectures font remarquer que le Seigneur apparut aux siens « pendant le repas ». Il nous apparaît aussi à nous, maintenant, pendant le banquet eucharistique : Après le chant de l’Évangile, on éteint le cierge pascal, le symbole au Ressuscité. Dans la procession de l’Offrande, nous formons un cortège de fête et nous accompagnons le Seigneur montant au ciel, avec des chants d’allégresse et au son des trompettes. A la procession de la Communion, nous nous dirigeons encore vers l’« Est » et nous voyons le Seigneur s’élever au-dessus de tous les cieux.

4. Le psaume de l’Ascension (ps. 46).

I. Le Roi de son peuple

Vous tous, peuples, battez des mains, célébrez Dieu par des cris d’allégresse ; 
Car Dieu, le Très-Haut, est redoutable, le grand Roi du monde entier. 
C’est lui qui nous assujettit les peuples, qui met les nations sous nos pieds. 
Pour nous, il nous a choisis pour son héritage, il a aimé le beau pays de Jacob.

II. Le Roi des Gentils.

Dieu s’élève au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes. 
Louez notre Dieu, oui, louez-le, chantez notre Roi, chantez, 
Car Dieu est le Roi de toute la terre ; jouez d’une main habile 
Dieu règne aussi sur les Gentils, il siège sur son trône saint. 
Les princes des peuples se réunissent au Dieu d’Abraham ; 
Les puissants rois de la terre se sont élevés bien haut.

Sens littéral et construction. — Le psaume est court, d’une construction simple et facile à comprendre. Ce cantique se divise en deux strophes de quatre vers (le dernier vers est peut-être une addition postérieure.)

Nous nous demandons quelle fut l’occasion du psaume et quel fut son sens originaire. Le peuple juif était en guerre avec les païens. On apporta l’arche d’alliance au-dessus de laquelle se manifestait la présence de Dieu dans la nuée sainte, car le Dieu d’alliance s’avançait lui-même au combat avec l’armée de son peuple. L’objet du combat était le saint « héritage », la « gloire de Jacob », la terre promise. Israël fut vainqueur de ses ennemis et le peuple, dans des chants de victoire et d’allégresse, accompagne le divin Roi, le Dieu de l’alliance qui trône sur l’arche d’alliance, jusque sur les hauteurs du mont Sion. — Maintenant, le psaume est intelligible : Tous les peuples sont invités à rendre hommage au Dieu vainqueur (le battement de mains était un signe d’hommage, cf. IV Rois, XI, 12). Cette victoire est la continuation de celle de Josué qui prit possession de la terre promise. Il « assujettit » les peuples de Chanaan (« les nations sous nos pieds »). Depuis, le divin Roi a « choisi Israël pour son héritage et a aimé le beau pays de Jacob ». Dans la seconde strophe, nous suivons le cortège triomphal vers le mont Sion « au milieu des acclamations et au son des trompettes » ; le Roi monte. Les musiciens du temple sont invités à jouer de leurs instruments pour recevoir le Roi. Le psaume s’achève par une vue de l’avenir messianique. Le psalmiste voit, dans une vision prophétique, les gentils, sous la direction de leurs princes, entrer dans le royaume de Dieu et le Christ régner sur l’Église unie des Gentils et des Juifs (le dernier verset est un peu obscur).

Application liturgique. Pour nous, chrétiens, le Christ est le divin Roi. Lui aussi est entré en lutte avec les princes du monde. Ce fut le combat de la Rédemption ; sur le champ de bataille du Golgotha, l’ennemi héréditaire fut vaincu et le Christ conquit un butin (Psaume LXVII, 18-19) : Tu montes sur la hauteur, emmenant la foule des captifs, tu partages le butin parmi les hommes, et maintenant tu emmènes dans les hauteurs l’humanité rachetée, y compris les rebelles (les Gentils). Aujourd’hui, en la fête de l’Ascension, nous suivons le Christ dans son entrée triomphale au ciel « avec des acclamations et au son des trompettes ». Nous rendons hommage au Roi de tous les peuples, au Père de son peuple. Le verset typique de l’Ascension est celui-ci. « Dieu s’élève dans les hauteurs au milieu des acclamations, le Seigneur monte au son des trompettes ». Nous entendons trois fois ce verset au cours de la messe, à des moments profondément impressionnants. La première fois, c’est au moment de l’entrée du prêtre (de l’évêque) : L’Église voit dans le prêtre qui s’avance vers l’autel, revêtu de ses ornements de fête, le Christ-Roi faisant son entrée dans le sanctuaire du ciel (vers. ad repetendum). La seconde fois, c’est au moment de la procession de l’Évangile : Le diacre porte l’Évangile sur l’ambon — c’est encore l’image du Christ montant au ciel. La troisième fois, c’est au moment de la procession de l’Offrande. Les fidèles eux-mêmes participent à la procession d’Offrande du ciel avec le Christ, leur Roi.

[30] Canon Romain.



Pendant les quarante jours qui suivirent sa Résurrection, le Sauveur posa les fondements de son Église à laquelle il allait bientôt envoyer l’Esprit-Saint. L’Epître et l’Évangile de ce jour résument tous ces enseignements du Maître. Puis Jésus quitta cette terre et l’Introït, l’Oraison, l’Epitre, l’Alléluia, l’Évangile, l’Offertoire, la Secrète, la Préface et la Communion célèbrent sa glorieuse élévation au ciel, où les âmes qu’il a délivrées des limbes lui font escorte (All.), et entrent à sa suite dans le céleste royaume où elles participent plus amplement à sa divinité (Préf.).

L’Ascension nous prêche le devoir d’élever nos cœurs vers Dieu. Aussi l’Oraison nous fait-elle demander d’habiter en esprit avec Jésus dans les régions célestes, où nous sommes appelés à habiter un jour corporellement.

Pendant tout l’Octave (avant 1960), on récitait le Credo : « Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu... qui est monté au ciel où il est assis à la droite du Père ». Le Gloria dit de même : « Seigneur, Fils unique de Dieu Jésus-Christ... vous qui êtes assis à la droite du Père, ayez pitié de nous ». Dans la Préface propre qui se récite jusqu’à la Pentecôte, on rend grâce à Dieu de ce que son Fils « le Christ ressuscité, après être apparu à tous ses disciples, se soit élevé au ciel sous leurs regards ». Durant toute l’Octave, l’on récitait de même un Communicantes propre à cette fête. L’Église nous y rappelle « qu’elle célèbre le jour très saint où Notre-Seigneur, le Fils unique de Dieu, daigna introduire dans la gloire et placer à la droite du Père notre chair fragile » à laquelle il s’était uni dans le Mystère de l’Incarnation.

Chaque jour la liturgie nous rappelle à l’Offertoire (Suscipe Sancta Trinitas) et au Canon (Unde et memores), qu’elle offre sur l’ordre du Seigneur le Saint Sacrifice « en mémoire de la bienheureuse passion de ce même Jésus-Christ, de sa résurrection du tombeau et de sa glorieuse ascension au ciel ». C’est qu’en effet, l’homme n’est sauvé que par l’union des mystères de la Passion et de la Résurrection avec celui de l’Ascension. « Par votre mort et votre sépulture, par votre sainte résurrection, par votre admirable Ascension, délivrez-nous, Seigneur ». (Lit. des Saints).

Offrons à Dieu le divin sacrifice « en mémoire de l’Ascension glorieuse de son Fils » (Suscipe, Unde et memores), et nourrissons dans nos âmes un ardent désir du ciel, afin que, délivrés des maux présents, nous arrivions avec Jésus à la vie éternelle (Secr.).

Textes de la Messe

IN ASCENSIONE DOMINI
L’ASCENSION DU SEIGNEUR
I Classis
1ère Classe
Ante 1960 : duplex I classis cum Octava privilegiata III ordinis
Avant 1960 : double de 1ère Classe avec octave privilégié de IIIème ordre
Statio ad S. Petrum
Station à Saint Pierre
Ant. ad Introitum. Act. 1, 11.
Introït
Viri Galilǽi, quid admirámini aspiciéntes in cælum ? allelúia : quemádmodum vidístis eum ascendéntem in cælum, ita véniet, allelúia, allelúia, allelúia.
Hommes de Galilée, pourquoi vous étonnez-vous en regardant le ciel ? Alléluia. De la même manière que vous l’avez vu monter au ciel, il reviendra, alléluia, alléluia, alléluia.
Ps. 46, 2.
Omnes gentes, pláudite mánibus : iubiláte Deo in voce exsultatiónis.
Nations, frappez toutes des mains ; célébrez Dieu par des cris d’allégresse.
V/.Glória Patri.
Oratio.
Collecte
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui hodiérna die Unigénitum tuum, Redemptórem nostrum, ad cælos ascendísse crédimus ; ipsi quoque mente in cæléstibus habitémus. Per eúndem Dóminum.
Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, faites-nous cette grâce : nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd’hui monté aux cieux ; que nous habitions aussi nous-mêmes en esprit dans les demeures célestes.
Léctio Actuum Apostólorum.
Lecture du livre des Actes des Apôtres.
Act. 1, 1-11.
Primum quidem sermónem feci de ómnibus, o Theóphile, quæ cœpit Iesus facere et docére usque in diem, qua, præcípiens Apóstolis per Spíritum Sanctum, quos elégit, assúmptus est : quibus et prǽbuit seípsum vivum post passiónem suam in multas arguméntis, per dies quadragínta appárens eis et loquens de regno Dei. Et convéscens, præcépit eis, ab Ierosólymis ne discéderent, sed exspectárent promissiónem Patris, quam audístis (inquit) per os meum : quia Ioánnes quidem baptizávit aqua, vos autem baptizabímini Spíritu Sancto non post multos hos dies. Igitur qui convénerant, interrogábant eum, dicéntes : Dómine, si in témpore hoc restítues regnum Israël ? Dixit autem eis : Non est vestrum nosse témpora vel moménta, quæ Pater pósuit in sua potestáte : sed accipiétis virtútem superveniéntis Spíritus Sancti in vos, et éritis mihi testes in Ierúsalem et in omni Iudǽa et Samaría et usque ad últimum terræ. Et cum hæc dixísset, vidéntibus illis, elevátus est, et nubes suscépit eum ab óculis eórum. Cumque intuerétur in cælum eúntem illum, ecce, duo viri astitérunt iuxta illos in véstibus albis, qui et dixérunt : Viri Galilǽi, quid statis aspiciéntes in cælum ? Hic Iesus, qui assúmptus est a vobis in cælum, sic véniet, quemádmodum vidístis eum eúntem in cælum.
Dans mon premier livre, ô Théophile, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où, après avoir donné ses ordres, par l’Esprit-Saint, aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel. Il s’était aussi montré à eux vivant, après sa passion, par des preuves nombreuses, leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu. Comme il mangeait avec eux, il leur ordonna de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, que vous avez, dit-il, entendue de ma bouche ; car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint dans peu de jours. Ceux donc qui se trouvèrent réunis l’interrogèrent en disant : Seigneur, est-ce maintenant que vous rétablirez le royaume d’Israël ? Il leur répondit : Ce n’est point à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Après qu’il eut dit ces paroles, sous leurs regards il fut élevé et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils contemplaient attentivement le ciel pendant qu’il ’en allait, voici que deux hommes se présentèrent en vêtements blancs, et dirent : Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été élevé dans le ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel.
Allelúia, allelúia. V/. Ps. 46, 6. Ascéndit Deus in iubilatióne, et Dóminus in voce tubæ.
Allelúia, allelúia. V/. Dieu est monté au milieu des cris de joie, et le Seigneur au son de la trompette.
Allelúia. V/. Ps. 67, 18-19. Dóminus in Sina in sancto, ascéndens in altum, captívam duxit captivitátem. Allelúia.
Allelúia. V/. Le Seigneur dans son sanctuaire comme au Sinaï, montant sur la hauteur, a emmené des captifs. Alléluia.
+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Marcum.
Suite du Saint Évangile selon saint Marc.
Marc. 16, 14-20.
In illo témpore : Recumbéntibus úndecim discípulis, appáruit illis Iesus : et exprobrávit incredulitátem eórum et durítiam cordis : quia iis, qui víderant eum resurrexísse, non credidérunt. Et dixit eis : Eúntes in mundum univérsum, prædicáte Evangélium omni creatúræ. Qui credíderit et baptizátus fúerit, salvus erit : qui vero non credíderit, condemnábitur. Signa autem eos, qui credíderint, hæc sequéntur : In nómine meo dæmónia eícient : linguis loquantur novis : serpentes tollent : et si mortíferum quid bíberint, non eis nocébit : super ægros manus impónent, et bene habébunt. Et Dóminus quidem Iesus, postquam locútus est eis, assúmptus est in cælum, et sedet a dextris Dei. Illi autem profécti, prædicavérunt ubíque, Dómino cooperánte et sermónem confirmánte, sequéntibus signis.
En ce temps-là, Jésus se montra aux Onze eux-mêmes, tandis qu’ils étaient à table ; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité. Et il leur dit : Allez dans le monde entier, et prêchez l’évangile à toute créature. Celui qui croira et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront les serpents, et s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains sur les malades, et ils seront guéris. Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut élevé dans le ciel, et il est assis à la droite de Dieu. Et eux, étant partis, prêchèrent partout, le Seigneur coopérant avec eux, et confirmant leur parole par les miracles dont elle était accompagnée.
Dicto Evangelio exstinguitur Cereus paschalis.
Après l’Évangile, on éteint le Cierge pascal.
ante 1960 : Dicto Evangelio exstinguitur Cereus paschalis, nec ulterius accenditur, nisi in Sabbato Pentecostes ad benedictionem Fontis.
Avant 1960 : Après l’Évangile, on éteint le Cierge pascal et on ne l’allume plus, sauf le Samedi de la Pentecôte à la bénédiction des fonts.
Credo
Ant. ad Offertorium. Ps. 46, 6.
Offertoire
Ascéndit Deus in iubilatióne, et Dóminus in voce tubæ, allelúia.
Dieu est monté au milieu des cris de joie, et le Seigneur au son de la trompette, alléluia.
Secreta.
Secrète
Súscipe, Dómine, múnera, quæ pro Fílii tui gloriósa censióne deférimus : et concéde propítius ; ut a præséntibus perículis liberémur, et ad vitam per veniámus ætérnam. Per eúndem Dóminum.
Agréez, Seigneur, les offrandes que nous vous présentons en l’honneur de la glorieuse ascension de votre Fils et concédez-nous avec bonté d’être délivrés des périls de la vie présente, puis de parvenir à la vie éternelle.
Præfatio de Ascensione. Communicántes vero proprium de Ascensione Domini dicitur tantum in ipso die festo Ascensionis.
Préface de l’Ascension . Le Communicántes propre de l’Ascension du Seigneur est dit seulement le jour de la fête de l’Ascension.
Ante 1960.
Avant 1960
Præfatio et Communicántes propria per totam octavam.
Préface de l’Ascension et Communicántes propre pendant tout l’octave.
Ant. ad Communionem. Ps. 67, 33-34.
Communion
Psállite Dómino, qui ascéndit super cælos cælórum ad Oriéntem, allelúia.
Célébrez le Seigneur qui s’élève au plus haut des cieux vers l’Orient, alléluia.
Postcommunio.
Postcommunion
Præsta nobis, quǽsumus, omnípotens et miséricors Deus : ut, quæ visibílibus mystériis suménda percépimus, invisíbili consequámur efféctu. Per Dóminum.
Nous vous en supplions, Dieu tout-puissant et miséricordieux, accordez-nous que ce que nous avons reçu en nourriture durant ces mystères visiblement célébrés, nous en obtenions l’effet invisible.



Office

AUX 1ères VÊPRES.

Ant. 1 Viri Galilǽi, * quid aspícitis in cælum ? Hic Iesus qui assúmptus est a vobis in cælum, sic véniet, allelúia.
Ant. 1 Hommes de Galilée, * que regardez-vous au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière [1], alléluia.
Ant. 2 Cumque intueréntur * in cælum eúntem illum, dixérunt, allelúia.
Ant. 2 Lorsqu’ils le virent * montant au ciel, ils dirent, alléluia.
Ant. 3 Elevátis mánibus, * benedíxit eis, et ferebátur in cælum, allelúia.
Ant. 3 Les mains levées, * il les bénit, et il s’éleva au ciel [2], alléluia.
Ant. 4 Exaltáte Regem regum, * et hymnum dícite Deo, allelúia.
Ant. 4 Exaltez le Roi des rois, * et dites un hymne à Dieu, alléluia.
Ant. 5 Vidéntibus illis, * elevátus est, et nubes suscépit eum in cælo, allelúia.
Ant. 5 Eux le voyant, * il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux [3], alléluia.
Capitulum Act. 1. 1-2.
Capitule
Primum quidem sermónem feci de ómnibus, o Theóphile, quæ cœpit Iesus fácere et docére usque in diem, qua præcípiens Apóstolis per Spíritum Sanctum, quos elégit, assúmptus est.
Dans mon premier livre, ô Théophile, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où, après avoir donné ses ordres, par l’Esprit-Saint, aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel.
Hymnus
Hymne
Salútis humánæ Sator,
Iesu, volúptas córdium
Orbis redémpti Cónditor,
Et casta lux amántium :
Auteur du salut de l’homme,
Jésus, la joie des cœurs,
Créateur du monde racheté,
et chaste lumière de ceux qui vous aiment :
Qua victus es cleméntia,
Ut nostra ferres crímina ?
Mortem subíres ínnocens,
A morte nos ut tólleres ?
Quelle clémence vous vainquit
pour que vous portiez nos crimes ?
Qu’innocent, vous subissiez la mort,
pour nous arracher à la mort ?
Perrúmpis inférnum chaos :
Vinctis caténas détrahis ;
Victor triúmpho nóbili
Ad déxteram Patris sedes.
Vous brisez le chaos infernal :
vous faites tomber les chaînes des captifs ;
vainqueur d’un noble triomphe,
vous vous asseyez à la droite du Père.
Te cogat indulgéntia,
Ut damna nostra sárcias,
Tuíque vultus cómpotes
Dites beáto lúmine.
Que la miséricorde vous force
À réparer nos malheurs,
Et enrichissez-nous de la bienheureuse
Lumière de votre visage.
Tu, dux ad astra, et sémita,
Sis meta nostris córdibus,
Sis lacrimárum gáudium,
Sis dulce vitæ prǽmium.
Amen.
Vous, guide et voie qui mènent aux cieux ;
soyez aussi le but de nos cœurs ;
soyez notre joie dans les larmes,
soyez la douce récompense de notre vie.
Amen.
V/. Ascéndit Deus in iubilatióne, allelúia.
V/. Dieu est monté au milieu des acclamations de joie [4], alléluia.
R/. Et Dóminus in voce tubæ, allelúia.
R/. Et le Seigneur, au son de la trompette, alléluia.
Ad Magnif. Ant. Pater, * manifestávi nomen tuum homínibus quos dedísti mihi : nunc autem pro eis rogo, non pro mundo, quia ad te vénio, allelúia.
Ant. au Magnificat Père, * j’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez donnés : et maintenant je prie pour eux, non pour le monde, parce que je viens à vous [5], alléluia.
Oratio
Prière
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui hodiérna die Unigénitum tuum, Redemptórem nostrum, ad cælos ascendísse crédimus ; ipsi quoque mente in cæléstibus habitémus. Per eúndem Dóminum.
Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, faites-nous cette grâce : nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd’hui monté aux cieux ; que nous habitions aussi nous-mêmes en esprit dans les demeures célestes.


A MATINES

Invitatorium
Invitatoire
Allelúia, Christum Dóminum ascendéntem in cælum, * Veníte adorémus, allelúia.
Alléluia, le Christ Seigneur montant au ciel, * Venez, adorons-le, alléluia.
Hymnus
Hymne
Æterne Rex altíssime,
Redémptor et fidélium,
Cui mors perémpta détulit
Summæ triúmphum glóriæ :
Roi éternel et très haut,
Rédempteur des fidèles,
à qui la mort détruite a donné
le triomphe de la gloire souveraine.
Ascéndis orbes síderum,
Quo te vocábat cǽlitus
Colláta, non humánitus,
Rerum potéstas ómnium :
Vous montez au-dessus des astres,
où vous appelait la puissance
sur toutes les choses,
Puissance céleste et non humaine :
Ut trina rerum máchina,
Cæléstium, terréstrium,
Et inferórum cóndita,
Flectat genu iam súbdita.
Pour que le triple monde créé,
du ciel, de la terre et des enfers,
désormais soumis à votre empire,
fléchissent le genou devant votre majesté.
Tremunt vidéntes Angeli
Versam vicem mortálium :
Peccat caro, mundat caro,
Regnat Deus Dei caro.
Les Anges tremblent en voyant
renversé le sort des mortels :
la chair pèche, la chair purifie,
un Dieu règne dans la chair d’un Dieu.
Sis ipse nostrum gáudium,
Manens olympo prǽmium,
Mundi regis qui fábricam,
Mundána vincens gáudia.
Soyez vous-même notre joie,
demeurant au ciel notre récompense,
vous qui gouvernez l’univers créé,
triomphant des joies du monde.
Hinc te precántes quǽsumus,
Ignósce culpis ómnibus,
Et corda sursum súbleva
Ad te supérna grátia.
D’ici-bas, nous vous demandons instamment,
pardonnez toutes les offenses,
élevez vers vous les cœurs,
par la vertu de la céleste grâce.
Ut, cum repénte cœperis
Clarére nube iúdicis,
Pœnas repéllas débitas,
Reddas corónas pérditas.
Afin qu’au moment où, soudain, vous commencerez
à briller sur la nuée du juge
vous écartiez de nous les châtiments mérités,
vous rendiez les couronnes perdues [6].
Iesu, tibi sit glória,
Qui victor in cælum redis,
Cum Patre, et almo Spíritu,
In sempitérna sǽcula.
Amen.
O Jésus, gloire vous soit rendue
qui, vainqueur, remontez dans les cieux,
ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit,
dans les siècles éternels !
Amen.
In I Nocturno
Au 1er Nocturne
Ant. 1 Eleváta est * magnificéntia tua super cælos, Deus, allelúia.
Ant. 1 Elle est élevée, * votre magnificence, ô Dieu, au dessus des cieux [7], alléluia.
Ant. 2 Dóminus in templo * sancto suo, Dóminus in cælo, allelúia.
Ant. 2 Le Seigneur est * dans son temple saint, le Seigneur est dans le ciel [8], alléluia.
Ant. 3 A summo cælo * egréssio eius, et occúrsus eius usque ad summum eius, allelúia.
Ant. 3 A l’extrémité du ciel * est sa sortie : et le terme de sa course à son extrémité [9], alléluia.
V/. Ascéndit Deus in iubilatióne, allelúia.
V/. Dieu est monté au milieu des acclamations de joie [10], alléluia.
R/. Et Dóminus in voce tubæ, allelúia.
R/. Et le Seigneur, au son de la trompette, alléluia.
Lectio i
1ère leçon
Incipit liber Actuum Apostolórum.
Commencement du Livre des Actes des Apôtres.
Cap. 1, 1-5.
Primum quidem sermónem feci de ómnibus, o Theóphile, quæ cœpit Iesus fácere, et docére, usque in diem, qua præcípiens Apóstolis per Spíritum Sanctum, quos elégit, assúmptus est : quibus et prǽbuit seípsum vivum post passiónem suam in multis arguméntis, per dies quadragínta appárens eis, et loquens de regno Dei. Et convéscens, præcépit eis ab Ierosólymis ne discéderent, sed exspectárent promissiónem Patris, quam audístis (inquit) per os meum : quia Ioánnes quidem baptizávit aqua, vos autem baptizabímini Spíritu Sancto non post multos hos dies.
J’ai fait mon premier récit, ô Théophile, sur tout ce que Jésus-Christ a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où il fut enlevé, après avoir donné, par l’Esprit-Saint, ses commandements aux Apôtres qu’il avait choisis, et auxquels, après sa passion, il se montra vivant par beaucoup de preuves, leur apparaissant pendant quarante jours, et leur parlant du royaume de Dieu. Ensuite, mangeant avec eux, il leur commanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, que vous avez, dit-il, ouïe de ma bouche. Car Jean a baptisé dans l’eau ; mais vous, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint, sous peu de jours.
R/. Post passiónem suam per dies quadragínta appárens eis, et loquens de regno Dei, allelúia : * Et, vidéntibus illis, elevátus est, allelúia : et nubes suscépit eum ab óculis eórum, allelúia.
R/. Après sa passion il leur apparut pendant quarante jours, leur parlant du royaume de Dieu [11], alléluia : * Puis, eux le voyant, il s’éleva, alléluia, et une nuée le déroba à leurs yeux [12], alléluia.
V/. Et convéscens præcépit eis, ab Ierosólymis ne discéderent, sed exspectárent promissiónem Patris.
V/. Mangeant avec eux, il leur commanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père [13].
* Et, vidéntibus illis, elevátus est, allelúia : et nubes suscépit eum ab óculis eórum, allelúia.
* Puis, eux le voyant, il s’éleva, alléluia, et une nuée le déroba à leurs yeux, alléluia.
Lectio ii
2e leçon
Cap. 1, 6-9.
Igitur qui convénerant, interrogábant eum, dicéntes : Dómine, si in témpore hoc restítues regnum Israël ? Dixit autem eis : Non est vestrum nosse témpora vel moménta, quæ Pater pósuit in sua potestáte : sed accipiétis virtútem superveniéntis Spíritus Sancti in vos, et éritis mihi testes in Ierúsalem, et in omni Iudǽa et Samaría, et usque ad últimum terræ. Et cum hæc dixísset, vidéntibus illis, elevátus est : et nubes suscépit eum ab óculis eórum.
Ceux donc qui se trouvaient là assemblés, l’interrogeaient, disant : Seigneur, est-ce en ce temps que vous rétablirez le royaume d’Israël ? Et il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a réservés dans sa puissance ; mais vous recevrez la vertu de l’Esprit-Saint qui viendra sur vous, et vous serez témoins pour moi, à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Et quand il eut dit ces choses, eux le voyant, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux.
R/. Omnis pulchritúdo Dómini exaltáta est super sídera : * Spécies eius in núbibus cæli, et nomen eius in ætérnum pérmanet, allelúia.
R/. Toute la beauté du Seigneur a été exaltée au-dessus des astres [14] : * Son rayonnement est dans les nuées du ciel, et son nom demeure éternellement [15], alléluia.
V/. A summo cælo egréssio eius, et occúrsus eius usque ad summum eius.
V/. A l’extrémité du ciel est sa sortie, et le terme de sa course à son extrémité [16].
* Spécies eius in núbibus cæli, et nomen eius in ætérnum pérmanet, allelúia.
* Son rayonnement est dans les nuées du ciel, et son nom demeure éternellement, alléluia.
Lectio iii
3e leçon
Cap. 1, 10-14.
Cumque intueréntur in cælum eúntem illum, ecce duo viri astitérunt iuxta illos in véstibus albis, qui et dixérunt : Viri Galilǽi, quid statis aspiciéntes in cælum ? Hic Iesus qui assúmptus est a vobis in cælum, sic véniet, quemádmodum vidístis eum eúntem in cælum. Tunc revérsi sunt Ierosólymam a monte, qui vocátur Olivéti, qui est iuxta Ierúsalem, sábbati habens iter. Et cum introíssent in cœnáculum, ascendérunt ubi manébant Petrus et Ioánnes, Iacóbus et Andréas, Philíppus et Thomas, Bartholomǽus et Matthǽus, Iacóbus Alphǽi et Simon Zelótes, et Iudas Iacóbi. Hi omnes erant perseverántes unanímiter in oratióne cum muliéribus, et María Matre Iesu, et frátribus eius.
Et comme ils le regardaient allant au ciel, voilà que deux hommes se présentèrent devant eux, avec des vêtements blancs, et leur dirent : Hommes de Galilée, pourquoi vous tenez-vous là, regardant au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne qu’on appelle des Oliviers, et qui est près de Jérusalem, à la distance d’une journée de sabbat. Et lorsqu’ils furent entrés, ils montèrent dans le cénacle, où demeuraient Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, et Simon le Zélé, et Jude, frère de Jacques. Tous ceux-ci persévéraient unanimement dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.
R/. Exaltáre, Dómine, allelúia, * In virtúte tua, allelúia.
R/. Élevez-vous, Seigneur [17], alléluia, * Dans votre puissance, alléluia.
V/. Eleváta est, magnificéntia tua super cælos, Deus.
V/. Dieu, votre magnificence est élevée au-dessus des cieux [18].
* In virtúte tua, allelúia. Glória Patri. * In virtúte tua, allelúia.
* Dans votre puissance, alléluia. Gloire au Père. * Dans votre puissance, alléluia.
In II Nocturno
Au 2nd Nocturne
Ant. 4 Exaltáre, Dómine, * in virtúte tua : cantábimus et psallémus, allelúia.
Ant. 4 Élevez-vous, Seigneur, * dans votre puissance : nous chanterons et nous psalmodierons [19], alléluia.
Ant. 5 Exaltábo te, * Dómine, quóniam suscepísti me, allelúia.
Ant. 5 Je vous exalterai, * Seigneur, parce que vous m’avez relevé [20], alléluia.
Ant. 6 Ascéndit Deus * in iubilatióne, et Dóminus in voce tubæ, allelúia.
Ant. 6 Dieu est monté * au milieu des acclamations de joie, et le Seigneur, au son de la trompette [21], alléluia.
V/. Ascéndens Christus in altum, allelúia.
V/. Le Christ montant au ciel [22], alléluia.
R/. Captívam duxit captivitátem, allelúia.
R/. A emmené captive la captivité [23], alléluia.
Lectio iv
4e leçon
Sermo sancti Leónis Papæ.
Sermon de saint Léon, Pape.
Sermo 1 de Ascensione Domini.
Post beátam et gloriósam resurrectiónem Dómini nostri Iesu Christi, qua verum Dei templum Iudáica impietáte resolútum, divína in tríduo poténtia suscitávit, quadragenárius hódie, dilectíssimi, sanctórum diérum explétus est númerus, sacratíssima ordinatióne dispósitus, et ad utilitátem nostræ eruditiónis impénsus : ut, dum a Dómino in hoc spátio mora præséntiæ corporális exténditur, fides resurrectiónis documéntis necessáriis munirétur. Mors enim Christi multum discipulórum corda turbáverat : et de supplício crucis, de emissióne spíritus, de exanimáti córporis sepultúra gravátis mœstitúdine méntibus, quidam diffidéntiæ torpor obrépserat.
Aujourd’hui, mes bien-aimés, s’achève le nombre de quarante jours sacrés écoulés depuis la résurrection bienheureuse et glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle, dans l’espace de trois jours, la puissance divine releva le vrai temple de Dieu, que l’impiété des Juifs avait détruit. Ce nombre de jours, la très sainte disposition de la Providence l’a accordé en vue de notre utilité et de notre instruction, pour que le Seigneur, prolongeant durant cet espace de temps sa présence corporelle ici-bas, notre foi en la résurrection y pût trouver les preuves et la confirmation nécessaires. La mort du Christ avait beaucoup troublé le cœur des disciples, et l’engourdissement de la défiance avait pénétré dans leurs esprits, alourdis par le chagrin causé par son supplice sur la croix, par son dernier soupir, par la sépulture de son corps inanimé.
R/. Tempus est, ut revértar ad eum, qui me misit, dicit Dóminus : nolíte contristári, nec turbétur cor vestrum : * Rogo pro vobis Patrem, ut ipse vos custódiat, allelúia, allelúia.
R/. Il est temps que je retourne à celui qui m’a envoyé [24], dit le Seigneur : ne soyez pas attristés, et que votre cœur ne se trouble pas [25] : * Je prie mon Père pour vous, afin qu’il vous garde lui-même [26], alléluia, alléluia.
V/. Nisi ego abíero, Paráclitus non véniet : cum assúmptus fúero, mittam vobis eum.
V/. Si je ne m’en vais point, le Paraclet ne viendra pas : mais lorsque je serai monté, je vous l’enverrai [27].
* Rogo pro vobis Patrem, ut ipse vos custódiat, allelúia, allelúia.
* Je prie mon Père pour vous, afin qu’il vous garde lui-même, alléluia, alléluia.
Lectio v
5e leçon
Unde beatíssimi Apóstoli, omnésque discípuli, qui et de éxitu crucis fúerant trépidi, et de fide resurrectiónis ambígui, ita sunt veritáte perspícua roboráti, ut, Dómino in cælórum eúnte sublímia, non solum nulla afficeréntur tristítia, sed étiam magno gáudio repleréntur. Et revéra magna et ineffábilis erat causa gaudéndi, cum in conspéctu sanctæ multitúdinis super ómnium creaturárum cæléstium dignitátem humáni géneris natúra conscénderet, supergressúra Angélicos órdines, et ultra Archangelórum altitúdines elevánda : nec ullis sublimitátibus modum suæ provectiónis habitúra, nisi ætérni Patris recépta conséssu, illíus glóriæ sociarétur in throno, cuius natúræ copulabátur in Fílio.
Les bienheureux Apôtres et tous les disciples, qui avaient été alarmés par la mort de Jésus sur la croix, et avaient hésité dans la foi à sa résurrection, furent tellement affermis par l’évidence de la vérité, que, loin d’être attristés en voyant le Seigneur s’élever dans les hauteurs des cieux, ils furent au contraire remplis d’une sainte joie. Et certes, il y avait là une grande et ineffable cause de joie, alors qu’en présence de cette multitude sainte, une nature humaine s’élevait au-dessus de la dignité de toutes les créatures célestes, pour dépasser les ordres angéliques, pour être élevée plus haut que les Archanges, et ne s’arrêter dans ses élévations sublimes que, lorsque reçue dans la demeure du Père éternel, elle serait associée au trône et à la gloire de Celui à la nature duquel elle se trouvait déjà unie en son Fils.
R/. Non turbétur cor vestrum : ego vado ad Patrem ; et cum assúmptus fúero a vobis, mittam vobis, allelúia, * Spíritum veritátis, et gaudébit cor vestrum, allelúia.
R/. Que votre cœur ne se trouble point [28] : moi je vais à mon Père ; et lorsque je vous aurai quittés, je vous enverrai [29], alléluia : * L’Esprit de vérité, et votre cœur se réjouira [30], alléluia.
V/. Ego rogábo Patrem, et álium Paráclitum dabit vobis.
V/. Moi je prierai mon Père, et il nous donnera un autre Paraclet [31].
* Spíritum veritátis, et gaudébit cor vestrum, allelúia.
* L’Esprit de vérité, et votre cœur se réjouira, alléluia.
Lectio vi
6e leçon
Quia ígitur Christi ascénsio, nostra provéctio est ; et quo præcéssit glória cápitis, eo spes vocátur et córporis : dignis, dilectíssimi, exsultémus gáudiis, et pia gratiárum actióne lætémur. Hódie enim non solum paradísi possessóres firmáti sumus, sed étiam cælórum in Christo supérna penetrávimus : amplióra adépti per ineffábilem Christi grátiam, quam per diáboli amiserámus invídiam. Nam quos viruléntus inimícus primi habitáculi felicitáte deiécit, eos sibi concorporátos Dei Fílius ad déxteram Patris collocávit : cum quo vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti Deus, per ómnia sǽcula sæculórum. Amen.
Puisque l’ascension du Christ est notre propre élévation, et que le corps a l’espérance d’être un jour où l’a précédé son glorieux chef, tressaillons donc, mes bien-aimés, dans de dignes sentiments de joie, et réjouissons-nous par de pieuses actions de grâces. Car nous n’avons pas seulement été affermis aujourd’hui comme possesseurs du paradis ; mais en la personne du Christ, nous avons pénétré au plus haut des cieux ; et nous avons plus obtenu par sa grâce ineffable, que nous n’avions perdu par l’envie du diable. En effet, ceux que le venimeux ennemi avait bannis de la félicité de leur première demeure, le Fils de Dieu se les est incorporés, et il les a placés à la droite du Père, avec qui étant Dieu, il vit et règne en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.
R/. Ascéndens Christus in altum, captívam duxit captivitátem, * Dedit dona homínibus, allelúia, allelúia, allelúia.
R/. Le Christ montant au ciel a conduit captive la captivité [32], * Il a donné des dons aux hommes, alléluia, alléluia, alléluia,
V/. Ascéndit Deus in iubilatióne, et Dóminus in voce tubæ.
V/. Dieu est monté au milieu des acclamations de joie, et le Seigneur au son de la trompette [33].
* Dedit dona homínibus, allelúia, allelúia, allelúia. Glória Patri. * Dedit dona homínibus, allelúia, allelúia, allelúia.
* Il a donné des dons aux hommes, alléluia, alléluia, alléluia, Gloire au Père. * Il a donné des dons aux hommes, alléluia, alléluia, alléluia,
In III Nocturno
Au 2nd Nocturne
Ant. 7 Nimis exaltátus est, * allelúia : super omnes deos, allelúia.
Ant. 7 Vous êtes infiniment élevé, * alléluia, au-dessus de tous les dieux [34], alléluia [35].
Ant. 8 Dóminus in Sion, * allelúia : magnus et excélsus, allelúia.
Ant. 8 Le Seigneur est dans Sion, * alléluia ; il est grand et élevé [36], alléluia.
Ant. 9 Dóminus in cælo, * allelúia : parávit sedem suam, allelúia.
Ant. 9 Le Seigneur dans le ciel, * alléluia, a préparé son trône [37], alléluia.
V/. Ascéndo ad Patrem meum, et Patrem vestrum [38], allelúia.
V/. Je monte vers mon Père et votre Père, alléluia.
R/. Deum meum, et Deum vestrum, allelúia.
R/. Vers mon Dieu et votre Dieu, alléluia.
Lectio vii
7e leçon
Léctio sancti Evangélii secundum Marcum.
Lecture du saint Évangile selon saint Marc.
Cap. 16, 14-20.
In illo témpore : Recumbéntibus úndecim discípulis, appáruit illis Iesus : et exprobrávit incredulitátem eórum et durítiam cordis, quia iis, qui víderant eum resurrexísse, non credidérunt. Et réliqua.
En ce temps-là : Jésus se montra aux Onze eux-mêmes, tandis qu’ils étaient à table : et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui avaient vu qu’il était ressuscité. Et le reste.
Homilía sancti Gregórii Papæ.
Homélie de saint Grégoire, Pape.
Homilia 29 in Evangelia.
Quod resurrectiónem Domínicam discípuli tarde credidérunt, non tam illórum infírmitas, quam nostra, ut ita dicam, futúra fírmitas fuit. Ipsa namque resurréctio illis dubitántibus per multa arguménta monstráta est : quæ dum nos legéntes agnóscimus, quid áliud quam de illórum dubitatióne solidámur ? Minus enim mihi María Magdaléne prǽstitit, quæ cítius crédidit, quam Thomas, qui diu dubitávit. Ille étenim dubitándo, vúlnerum cicatríces tétigit, et de nostro péctore dubitatiónis vulnus amputávit.
Le retard que les disciples mirent à croire à la résurrection du Seigneur, n’a pas tant été leur faiblesse, qu’elle n’a été, pour ainsi dire, notre assurance future. La résurrection, en effet, à raison de leur doute, fut démontrée par beaucoup de preuves ; et, lorsque nous lisons ces faits dans l’Évangile, ne sommes-nous pas affermis par leur hésitation même ? L’histoire de Madeleine qui crut très vite, m’est moins utile que celle de Thomas qui douta longtemps. Car cet Apôtre en doutant, toucha les cicatrices du Sauveur, et enleva ainsi de notre cœur la plaie du doute.
R/. Ego rogábo Patrem, et álium Paráclitum dabit vobis, * Ut máneat vobíscum in ætérnum, Spíritum veritátis, allelúia.
R/. Je prierai mon Père, et il vous donnera un autre Paraclet [39] : * L’Esprit de vérité, pour qu’il demeure éternellement avec vous, alléluia.
V/. Si enim non abíero, Paráclitus non véniet ad vos : si autem abíero, mittam eum ad vos.
V/. Car, si je ne m’en vais point, le Paraclet ne viendra pas à vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai [40].
* Ut máneat vobíscum in ætérnum, Spíritum veritátis, allelúia.
* L’Esprit de vérité, pour qu’il demeure éternellement avec vous, alléluia.
Lectio viii
8e leçon
Ad insinuándam quoque veritátem Domínicæ resurrectiónis, notándum nobis est quid Lucas réferat, dicens : Convéscens, præcépit eis ab Ierosólymis ne discéderent. Et post pauca : Vidéntibus illis, elevátus est, et nubes suscépit eum ab óculis eórum. Notáte verba, signáte mystéria. Convéscens elevátus est. Comédit, et ascéndit : ut vidélicet per efféctum comestiónis, véritas patésceret carnis. Marcus vero, priúsquam cælum Dóminus ascéndat, eum de cordis atque infidelitátis durítia increpásse discípulos mémorat. Qua in re quid considerándum est, nisi quod idcírco Dóminus tunc discípulos increpávit, cum eos corporáliter relíquit, ut verba, quæ recédens díceret, in corde audiéntium árctius impréssa remanérent ?
Pour faire pénétrer en nous la vérité de la résurrection du Seigneur, il nous faut aussi remarquer ces paroles de saint Luc : « Mangeant avec eux, il leur commanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem. » Et un peu plus loin : « Eux le voyant, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux. » Notez ces paroles, remarquez ces mystères. Après avoir mangé avec eux, il s’éleva ; il mangea et il monta, afin de nous rendre manifeste par l’action d’absorber de la nourriture, la réalité de sa chair. Saint Marc rapporte que le Seigneur, avant de monter au ciel, reprocha à ses disciples la dureté de leur cœur et leur incrédulité. Que remarquer en cela, sinon que le Seigneur adressa des reproches à ses disciples au moment où il les quittait corporellement, afin que ces paroles, dites en se séparant d’eux, restassent plus profondément imprimées dans le cœur de ceux qui les entendaient ?
R/. Ponis nubem ascénsum tuum, Dómine : * Qui ámbulas super pennas ventórum, allelúia.
R/. Vous montez, Seigneur, sur une nuée [41] : * Vous marchez sur les ailes des vents, alléluia.
V/. Confessiónem et decórem induísti, amíctus lumen sicut vestiméntum.
V/. Vous êtes revêtu de louange et d’honneur, enveloppé de lumière, comme d’un vêtement [42].
* Qui ámbulas super pennas ventórum, allelúia. Glória Patri. * Qui ámbulas super pennas ventórum, allelúia.
* Vous marchez sur les ailes des vents, alléluia. Gloire au Père. * Vous marchez sur les ailes des vents, alléluia.
Lectio ix
9e leçon
Increpáta ígitur eórum durítia, quid admonéndo dicat, audiámus : Eúntes in mundum univérsum, prædicáte Evangélium omni creatúræ. Numquid, fratres mei, sanctum Evangélium vel insensátis rebus, vel brutis animálibus fúerat prædicándum, ut de eo discípulis dicátur : Prædicáte omni creatúræ ? Sed omnis creatúræ nómine signátur homo. Omnis autem creatúræ áliquid habet homo. Habet namque commúne esse cum lapídibus, vívere cum arbóribus, sentíre cum animálibus, intellígere cum Angelis. Si ergo commúne habet áliquid cum omni creatúra homo, iuxta áliquid omnis creatúra est homo. Omni ergo creatúræ prædicátur Evangélium, cum soli hómini prædicátur.
Écoutons ce que le Sauveur commande à ses disciples, après leur avoir reproché leur endurcissement : « Allez dans tout l’univers, et prêchez l’Évangile à toute créature. » Est-ce à dire, mes frères, que le saint Évangile dût être annoncé aux choses inanimées, ou aux animaux dépourvus de raison, et que ce soit à leur sujet que cette parole ait été dite aux disciples : « Prêchez à toute créature ? » Mais c’est l’homme qui est désigné ici par ces mots : toute créature. L’homme a, en effet, quelque chose de toute créature. L’être lui est commun avec les pierres, la vie avec les arbres, la sensibilité avec les animaux, et l’intelligence avec les Anges. Si donc l’homme a quelque chose de commun avec toute créature, on peut dire, en quelque sorte, que l’homme est toute créature, et par conséquent l’Évangile est prêché à toute créature, lorsqu’il est prêché à l’homme seul.

A LAUDES.

Ant. 1 Viri Galilǽi, * quid aspícitis in cælum ? Hic Iesus qui assúmptus est a vobis in cælum, sic véniet, allelúia.
Ant. 1 Hommes de Galilée, * que regardez-vous au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière [43], alléluia.
Ant. 2 Cumque intueréntur * in cælum eúntem illum, dixérunt, allelúia.
Ant. 2 Lorsqu’ils le virent * montant au ciel, ils dirent, alléluia.
Ant. 3 Elevátis mánibus, * benedíxit eis, et ferebátur in cælum, allelúia.
Ant. 3 Les mains levées, * il les bénit, et il s’éleva au ciel, alléluia [44].
Ant. 4 Exaltáte Regem regum, * et hymnum dícite Deo, allelúia.
Ant. 4 Exaltez le Roi des rois, * et dites un hymne à Dieu, alléluia.
Ant. 5 Vidéntibus illis, * elevátus est, et nubes suscépit eum in cælo, allelúia.
Ant. 5 Eux le voyant, * il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux [45], alléluia.
Capitulum Act. 1. 1-2.
Capitule
Primum quidem sermónem feci de ómnibus, o Theóphile, quæ cœpit Iesus fácere et docére usque in diem, qua præcípiens Apóstolis per Spíritum Sanctum, quos elégit, assúmptus est.
Dans mon premier livre, ô Théophile, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où, après avoir donné ses ordres, par l’Esprit-Saint, aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel.
Hymnus
Hymne
Salútis humánæ Sator,
Iesu, volúptas córdium
Orbis redémpti Cónditor,
Et casta lux amántium :
Auteur du salut de l’homme,
Jésus, la joie des cœurs,
Créateur du monde racheté,
et chaste lumière de ceux qui vous aiment :
Qua victus es cleméntia,
Ut nostra ferres crímina ?
Mortem subíres ínnocens,
A morte nos ut tólleres ?
Quelle clémence vous vainquit
pour que vous portiez nos crimes ?
Qu’innocent, vous subissiez la mort,
pour nous arracher à la mort ?
Perrúmpis inférnum chaos :
Vinctis caténas détrahis ;
Victor triúmpho nóbili
Ad déxteram Patris sedes.
Vous brisez le chaos infernal :
vous faites tomber les chaînes des captifs ;
vainqueur d’un noble triomphe,
vous vous asseyez à la droite du Père.
Te cogat indulgéntia,
Ut damna nostra sárcias,
Tuíque vultus cómpotes
Dites beáto lúmine.
Que la miséricorde vous force
À réparer nos malheurs,
Et enrichissez-nous de la bienheureuse
Lumière de votre visage.
Tu, dux ad astra, et sémita,
Sis meta nostris córdibus,
Sis lacrimárum gáudium,
Sis dulce vitæ prǽmium.
Amen.
Vous, guide et voie qui mènent aux cieux ;
soyez aussi le but de nos cœurs ;
soyez notre joie dans les larmes,
soyez la douce récompense de notre vie.
Amen.
V/. Dóminus in cælo, allelúia.
V/. Le Seigneur dans le ciel [46], alléluia.
R/. Parávit sedet suam, allelúia.
R/. A préparé son trône, alléluia.
Ad Bened. Ant. Ascéndo ad Patrem meum, * et Patrem vestrum : Deum meum, et Deum vestrum, allelúia.
Ant. au Benedictus Je monte vers mon Père, * et votre Père : vers mon Dieu et votre Dieu [47], alléluia.
Oratio
Prière
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui hodiérna die Unigénitum tuum, Redemptórem nostrum, ad cælos ascendísse crédimus ; ipsi quoque mente in cæléstibus habitémus. Per eúndem Dóminum.
Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, faites-nous cette grâce : nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd’hui monté aux cieux ; que nous habitions aussi nous-mêmes en esprit dans les demeures célestes.

AUX 2ndes VÊPRES.

Ant. 1 Viri Galilǽi, * quid aspícitis in cælum ? Hic Iesus qui assúmptus est a vobis in cælum, sic véniet, allelúia.
Ant. 1 Hommes de Galilée, * que regardez-vous au ciel ? Ce Jésus, qui du milieu de vous a été enlevé au ciel, viendra de la même manière [48], alléluia.
Ant. 2 Cumque intueréntur * in cælum eúntem illum, dixérunt, allelúia.
Ant. 2 Lorsqu’ils le virent * montant au ciel, ils dirent, alléluia.
Ant. 3 Elevátis mánibus, * benedíxit eis, et ferebátur in cælum, allelúia.
Ant. 3 Les mains levées, * il les bénit, et il s’éleva au ciel [49], alléluia.
Ant. 4 Exaltáte Regem regum, * et hymnum dícite Deo, allelúia.
Ant. 4 Exaltez le Roi des rois, * et dites un hymne à Dieu, alléluia.
Ant. 5 Vidéntibus illis, * elevátus est, et nubes suscépit eum in cælo, allelúia.
Ant. 5 Eux le voyant, * il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux [50], alléluia.
Capitulum Act. 1. 1-2.
Capitule
Primum quidem sermónem feci de ómnibus, o Theóphile, quæ cœpit Iesus fácere et docére usque in diem, qua præcípiens Apóstolis per Spíritum Sanctum, quos elégit, assúmptus est.
Dans mon premier livre, ô Théophile, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu’au jour où, après avoir donné ses ordres, par l’Esprit-Saint, aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel.
Hymnus
Hymne
Salútis humánæ Sator,
Iesu, volúptas córdium
Orbis redémpti Cónditor,
Et casta lux amántium :
Auteur du salut de l’homme,
Jésus, la joie des cœurs,
Créateur du monde racheté,
et chaste lumière de ceux qui vous aiment :
Qua victus es cleméntia,
Ut nostra ferres crímina ?
Mortem subíres ínnocens,
A morte nos ut tólleres ?
Quelle clémence vous vainquit
pour que vous portiez nos crimes ?
Qu’innocent, vous subissiez la mort,
pour nous arracher à la mort ?
Perrúmpis inférnum chaos :
Vinctis caténas détrahis ;
Victor triúmpho nóbili
Ad déxteram Patris sedes.
Vous brisez le chaos infernal :
vous faites tomber les chaînes des captifs ;
vainqueur d’un noble triomphe,
vous vous asseyez à la droite du Père.
Te cogat indulgéntia,
Ut damna nostra sárcias,
Tuíque vultus cómpotes
Dites beáto lúmine.
Que la miséricorde vous force
À réparer nos malheurs,
Et enrichissez-nous de la bienheureuse
Lumière de votre visage.
Tu, dux ad astra, et sémita,
Sis meta nostris córdibus,
Sis lacrimárum gáudium,
Sis dulce vitæ prǽmium.
Amen.
Vous, guide et voie qui mènent aux cieux ;
soyez aussi le but de nos cœurs ;
soyez notre joie dans les larmes,
soyez la douce récompense de notre vie.
Amen.
V/. Ascéndit Deus in iubilatióne, allelúia.
V/. Dieu est monté au milieu des acclamations de joie [51], alléluia.
R/. Et Dóminus in voce tubæ, allelúia.
R/. Et le Seigneur, au son de la trompette, alléluia.
Ad Magnif. Ant. O Rex glóriæ, * Dómine virtútum, qui triumphátor hódie super omnes cælos ascendísti, ne derelínquas nos órphanos ; sed mitte promíssum Patris in nos, Spíritum veritátis, allelúia.
Ant. au Magnificat O Roi de gloire [52], * Seigneur des Puissances, qui aujourd’hui êtes monté en triomphateur au-dessus de tous les cieux [53], ne nous laissez pas orphelins [54] ; mais envoyez sur nous l’Esprit de vérité promis par le Père [55], alléluia.
Oratio
Prière
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut, qui hodiérna die Unigénitum tuum, Redemptórem nostrum, ad cælos ascendísse crédimus ; ipsi quoque mente in cæléstibus habitémus. Per eúndem Dóminum.
Nous vous en supplions, ô Dieu tout-puissant, faites-nous cette grâce : nous qui croyons que votre Fils unique, notre Rédempteur, est aujourd’hui monté aux cieux ; que nous habitions aussi nous-mêmes en esprit dans les demeures célestes.

[1] Act. 1, 11.

[2] Luc. 24, 50-51.

[3] Act. 1, 9.

[4] Ps. 46, 6.

[5] Jn. 17, 6.

[6] Le mot couronne se trouve au pluriel : Grégoire Valentien voit ici le triple diadème que l’homme a perdu chaque fois qu’il a péché : celui de sa création, celui de sa régénération, et celui de la promesse qui lui a été faite de la gloire éternelle.

[7] Ps. 8, 2.

[8] Ps. 10, 5.

[9] Ps. 18, 7.

[10] Ps. 46, 6.

[11] Act. 1, 3.

[12] Act. 1, 9.

[13] Act. 1, 4.

[14] Ps. 67, 35.

[15] Ps. 9, 8.

[16] Ps. 18, 7.

[17] Ps. 20, 14.

[18] Ps. 8, 2.

[19] Ps. 20, 14.

[20] Ps. 29, 1.

[21] Ps. 46, 6.

[22] Ephes. 4, 8 ; cf. Ps. 67, 18-19.

[23] « Le mot captivité peut s’entendre ici des captifs ou de ceux qui tenaient des captifs. Suivant la première acception, le Christ triomphant a emmené avec lui au ciel les Patriarches, les Prophètes et les autres saints, délivrés de la captivité des limbes et devenus les bienheureux captifs du Sauveur. Suivant la seconde, le Christ a rendu captifs le péché, la mort, le démon et l’enfer dont nous étions devenus les captifs. » (Corn. a Lapide).

[24] Tob. 12, 20.

[25] Jn. 14, 1.

[26] Jn. 17, 9.

[27] Jn. 16, 7.

[28] Jn. 14, 1.

[29] Jn. 15, 26.

[30] Jn. 16, 22.

[31] Jn. 14, 16.

[32] Ephes. 4, 8.

[33] Ps. 46, 6.

[34] « Quels dieux ? Les idoles n’ont point de vie, les démons ont le sentiment et la vie, mais sont mauvais. Quelle gloire donnons-nous au Sauveur en l’élevant au-dessus des idoles et des démons ? Les démons sont les dieux des nations ; des hommes aussi ont été appelés des dieux. Notre-Seigneur Jésus-Christ est bien supérieur à tous, non seulement aux idoles, non seulement aux démons, mais encore aux hommes justes ; c’est peu encore, il est supérieur à tous les Anges. » (Saint Augustin).

[35] Ps. 96, 9.

[36] Ps. 98, 2.

[37] Ps. 102, 19.

[38] Jn. 20, 17.

[39] Jn. 14, 16.

[40] Jn. 16, 7.

[41] Ps. 103, 3.

[42] Ps. 103, 3.

[43] Act. 1, 11.

[44] Luc. 24, 50-51.

[45] Act. 1, 9.

[46] Ps. 102, 19.

[47] Jn. 20, 17.

[48] Act. 1, 11.

[49] Luc. 24, 50-51.

[50] Act. 1, 9.

[51] Ps. 46, 6.

[52] Ps. 23, 10.

[53] Ephes. 4, 10.

[54] Jn. 14, 18.

[55] Luc. 24.49.

SOURCE : http://www.introibo.fr/L-Ascension-du-Seigneur


Homélie de saint Augustin

Sermon de saint Augustin (évêque d'Hippone, Afrique du Nord, mort en 430), sur la montée du Seigneur Jésus Christ au ciel, pour l'Ascension. Publié le 28 mars 2016.
Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre coeur y monte avec lui.
Écoutons ce que nous dit l'Apôtre : Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s'éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu'il nous a promis ne s'est pas encore réalisé dans notre corps.
Lui a déjà été élevé au-dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu'il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi : J'avais faim, et vous m'avez donné à manger.
Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l'espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu'il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l'amour, mais en lui.
Lui ne s'est pas éloigné du ciel lorsqu'il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s'est pas éloigné de nous lorsqu'il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel.
Le corps du Christ
Il a parlé ainsi en raison de l'unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s'applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu'il est Fils de l'homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.
C'est bien pourquoi saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, bien qu'étant plusieurs, ne forment qu'un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l'égard de son corps. Le Christ, c'est donc beaucoup de membres en un seul corps.
Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l'unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.
Saint Augustin





L'ASCENSION DE NOTRE-SEIGNEUR

Notre Seigneur monta au ciel quarante jours après sa résurrection. Il y a sept considérations à établir par rapport à l’Ascension : 1° le lieu où elle se fit ; 2° pourquoi J.-C. n'a pas monté au ciel de suite après sa résurrection, mais pourquoi il a attendu quarante jours ; 3° de quelle manière il monta; 4° avec qui il monta; 5° à quel titre il monta ; 6° où il monta ; 7° pourquoi il monta.

I. Ce fut du mont des Olives que J.-C. s'éleva aux cieux. D'après une autre version, cette montagne a reçu le nom de montagne des trois lumières; en effet, du côté de l’occident, elle était éclairée, la nuit, par le feu du temple, car un feu brûlait sans cesse sur l’autel, le matin, du côté de l’orient, elle recevait les premiers rayons du soleil, même avant la ville ; il y avait en outre sur cette montagne une quantité d'oliviers dont l’huile sert d'aliment à la lumière, et voilà pourquoi on l’appelle la montagne des trois lumières. J.-C. commanda à ses disciples de se rendre à cette montagne ; car le jour de l’ascension même, il apparut deux fois : la première, aux onze apôtres qui étaient à table dans le cénacle. Aussi bien les apôtres que les autres disciples, ainsi que les femmes, toits habitaient dans cette partie de Jérusalem appelée Mello, ou montagne de Sion. David y avait construit un palais; et c'était là que se trouvait ce grand cénacle tout meublé où J.-C. avait commandé qu'on lui préparât la Pâques, et dans ce cénacle habitaient alors les onze apôtres ; quant aux autres disciples avec les saintes femmes, ils occupaient tout autour différents logements.

Comme ils étaient à table dans le cénacle, le Seigneur: leur apparut et leur reprocha leur incrédulité et après qu'il eut mangé avec eux, et qu'il leur eut ordonné d'aller à la montagne des Oliviers, du côté de Béthanie, il leur apparut en cet endroit une seconde fois; répondit' à quelques questions indiscrètes; après quoi il leva les mains pour les bénir et' de là en leur présence, il monta au ciel. Voici, sur ce lieu de l’ascension, ce que dit Sulpice, évêque de Jérusalem, et après lui la Glose (1) : « Après qu'on eut bâti là une église, le lieu où J.-C. montant au ciel posa les pieds, ne put jamais être recouvert par un pavé; il y a plus, le marbre sautait à la figure de ceux qui le posaient. Une preuve que cet endroit avait été foulé par les pieds de c'est qu'on voit imprimés des vestiges de pieds, et que la terre conserve encore une figure qui ressemble à des pas qui y ont été gravés. »

II. Pourquoi J.-C. n'est-il pas monté de suite après sa résurrection, mais a-t-il voulu attendre pendant quarante jours ? Il y en a trois raisons : 1 ° pour qu'on ait la certitude de la résurrection. Il était en effet plus difficile de prouver la vérité de la résurrection que celle de la Passion : car, du premier au troisième jour, on pouvait prouver la vérité de la passion: mais pour avoir la preuve certaine de la résurrection, il fallait un plus grand nombre de témoignages; et c'est pour cela qu'il était nécessaire qu'il y eût plus de temps entre la résurrection et l’ascension, qu'entre la passion et la résurrection. A ce sujet, saint Léon,  pape, s'explique comme il suit dans un sermon sur l’ascension : « Aujourd'hui est accompli le nombre de quarante jours qui avait été disposé par un arrangement très saint, et qui avait été dépensé au profit de notre instruction. Le Seigneur, en prolongeant, jusqu'à ce moment, le délai de sa présence corporelle, voulait affermir la foi en la résurrection par des témoignages authentiques. Rendons: grâces à cette divine économie et au retard nécessaire que subirent les saints pères. Ils doutèrent, eus, afin que nous, nous ne doutassions pas. » 2° Pour consoler les apôtres. Or, puisque les consolations divines surpassent les tribulations et que le temps de la passion fut celui de la tribulation des apôtres, il devait donc y avoir plus de jours de consolation que de jours de tribulation. 3° Pour une signification mystique : c'est pour donner à comprendre que les consolations divines sont aux tribulations comme un. an est à un jour, comme un jour est à une heure, comme une heure est à un moment. Il est clair que les consolations divines sont aux tribulations comme un an est à un jour par ce passage d'Isaïe (c. LXI) : « Je dois prêcher l’année de la réconciliation du Seigneur et le jour de la vengeance de notre Dieu. » Voilà donc que pour un jour de tribulation, il rend une année de consolation. Il est clair que les consolations divines sont aux tribulations comme un jour est à une heure, par ce fait que le Seigneur resta. mort pendant quarante heures; c'est le temps de la tribulation : et qu'après être ressuscité, il apparut pendant quarante jours à ses disciples, et c'était le temps de la consolation. Ce qui fait dire à la Glose : « Il était resté mort pendant quarante heures, c'est pour cela qu'il confirmait, pendant quarante jours, la certitude qu'il avait repris la vie. » Isaïe laisse à entendre que les consolations sont aux tribulations comme une. heure est à un moment ; quand il dit (c. LIV) : « J'ai détourné mon visage de vous pour un moment, dans le temps de ma colère; mais je vous ai regardés ensuite avec une compassion qui ne finira jamais. »

III. La manière dont il monta au ciel fut 1° accompagnée d'une grande puissance, selon ce que dit Isaïe (LXIII) : « Quel est celui qui vient d'Edom, marchant avec une force toute puissante? » Saint Jean dit aussi  (III)  : « Personne n'est monté au ciel, par sa propre force, que celui qui est descendu du ciel, c'est-à-dire, le cils de l’homme qui est dans le ciel. » Car quoiqu'il fût monté sur un groupe de nuages, cependant il ne l’a point fait parce que ce groupe lui fût devenu nécessaire, mais c'était pour montrer que toute créature est prête à obéir à son créateur. En effet il est monté par la puissance de sa divinité, et c'est en, cela qu'est caractérisée la puissance ou le souverain domaine, d'après ce qui est rapporté dans les histoires ecclésiastiques au sujet d'Enoch et d'Elie : car Enoch fut transporté, Elie fut soulevé, tandis que J.-C. a monté par sa puissance propre. « Le premier, dit saint Grégoire, fut engendré et engendra, le second fut engendré mais n'engendra pas, le troisième rie fut pas engendré et n'engendra pas. » Il monta au ciel 2° publiquement, à la vile de ses disciples : aussi est-il dit (Actes, I) : « Ils le virent s'élever. » (Saint Jean) « Je vais à celui qui  m’a envoyé et personne de vous ne me demande : où allez-vous ? » la glose dit ici : « C'est donc publiquement, afin qu'il ne vienne à la pensée de personne de soulever des questions sui- ce qui se voit à l’oeil nu. » Il voulut monter, à la vue de ses disciples, pour qu'ils fussent eux-mêmes des témoins de l’ascension, qu'ils conçussent de la joie en voyant la nature humaine portée au ciel, et qu'ils désirassent y suivre J.-C. Il monta au ciel 3° avec joie, au milieu des concerts des anges. Le Psaume dit (XLVI) : « Dieu est monté au milieu des cris de joie. » « Au moment de l’Ascension de dit saint Augustin, le ciel est tout stupéfait, les astres sont dans  l’admiration, les bataillons sacrés applaudissent, les trompettes sonnent, et mêlent leur harmonie à celle des chœurs joyeux. » — Il monta 4° avec rapidité. « Il part avec ardeur, dit le Psalmiste, pour courir comme un géant dans sa carrière ; » car en effet il monta avec une extraordinaire vitesse puisqu'il parcourut un si grand espace comme en un moment. — Le rabbin Moïse, très grand philosophe, avance que chaque cercle, ou chaque ciel de quelque planète que ce soit, a de profondeur un chemin de 500 ans, c'est-à-dire, que l’espace en est si étendu qu'un homme mettrait cinq cents ans à le parcourir sur un chemin uni : la distance d'un ciel à un autre est de même, dit-il, un chemin de 500 ans; et comme il y a sept cieux, il y aura, d'après lui, à partir du centre de la terre jusqu'aux profondeurs du ciel de Saturne, qui est le septième un chemin de sept mille ans; et jusqu'au point le plus éloigné du ciel, sept mille cinq cents ans, c'est-à-dire, Lin espace si grand que quelqu'un qui marcherait sur une plaine mettrait 7500 ans à le parcourir, s'il pouvait vivre assez. Or, l’année se trouve composée de 365 jours, et le chemin qu'on fait en un jour est de quarante milles, chaque mille a deux mille pas ou coudées. » Voilà donc ce que dit le rabbin Moyse. Or, s'il dit la vérité. Dieu le sait, car lui seul connaît cette mesure puisqu'il a tout fait en nombre, en poids et en mesure. C'est donc là le grand élan que prit J.-C. de 1a terre au ciel. Et au sujet de cet élan et de quelques autres que fit J.-C. citons les paroles de saint Ambroise : « J.-C. prit son essor et vint dans ce monde ; il était avec son père et il vint dans une Vierge, de la Vierge il passa dans le berceau ; il descendit dans le Jourdain il monta sur la croix; il descendit dans le tombeau ; il ressuscita du tombeau et il est assis à la droite de son père. »

IV. Avec qui a-t-il monté? Il faut savoir qu'il monta avec un grand butin d'hommes et une grande multitude d'anges. Qu'il soit monté avec un nombreux butin d'hommes, cela est évident par ces paroles du Psaume LXVII : « Vous êtes monté en haut; vous avez pris un grand nombre de captifs ; vous avez fait des présents aux hommes. » Qu'il soit monté avec une multitude d'anges, cela est évident, encore par ces questions qu'adressèrent, lors de l’ascension de Jésus-Christ, les anges d'un ordre inférieur à ceux d'un ordre supérieur, ainsi qu'il se trouve dans Isaïe : « Quel est celui qui vient d'Edom, de Bosra avec sa robe teinte de rouge ? » La Glose, dit ici que plusieurs des anges qui n'avaient pas une pleine connaissance des mystères de l’incarnation, de la passion et de la résurrection, en voyant monter ail ciel le Seigneur avec une multitude d'anges et de saints personnages, et cela par sa propre puissance, se mettent à admirer ce mystère de l’incarnation et de la passion; alors ils disent aux anges qui accompagnent le Seigneur : « Quel est celui-ci qui vient... etc. » et encore avec le Psaume : « Quel est ce roi de gloire? » Saint Denis, au livre de la Hiérarchie angélique (ch. VII), semble insinuer que pendant que J.-C. montait, trois questions furent adressées par les anges. La première fut celle des anges majeurs les uns aux autres : la seconde fut celle des anges majeurs à J.-C. ; la troisième fut adressée par les anges inférieurs à ceux d'un ordre plus élevé. Les plus grands se demandent donc les uns aux autres : « Quel est celui-ci qui vient d'Edom, de Bosra, avec sa robe teinte de rouge? » Edom veut dire sanglant meurtrier, Bosra signifie fortifié, c'est comme s'ils se disaient : « Quel est celui-ci qui vient de ce monde ensanglanté par le péché et fortifié contre Dieu par la malice ? » Ou bien encore : « Quel est celui-ci qui vient d'un monde meurtrier et d'un enfer fortifié ? » Et le Seigneur répondit : « C'est moi dont la parole est la parole de justice, et je suis combattant pour sauver (Is., LXIII). » Saint Denis dit ainsi : « C'est moi, dit-il, qui parle justice et jugement pour le salut. » Dans la rédemption du genre humain, il y eut justice, en tant que le créateur ramena la créature qui s'était éloignée, de son maître, et il y eut jugement, en ce que J.-C., par sa puissance, chassa. le diable, usurpateur, de l’homme qu'il possédait. Mais ici saint Denis pose cette question : « Puisque les anges supérieurs sont le plus près de Dieu, et qu'ils sont immédiatement illuminés par lui, pourquoi s'adressent-ils des questions, comme s'ils avaient le désir de s'instruire mutuellement? » Saint Denis répond lui-même et son commentateur expose que : en s'interrogeant, ils montrent que la science a pour eux de l’attrait; en se questionnant d'abord les uns les autres, ils manifestent qu'ils n'osent pas d'eux mènes devancer la procession divine. Ils commencent donc par s'interroger tout d'abord pour ne prévenir, par aucune interrogation prématurée, l’illumination que Dieu opère en eux. Donc cette question n'est pas un examen de la doctrine, mais un aveu d'ignorance. — La seconde question est celle qu'adressèrent à J.-C. ces anges de premier degré « Pourquoi donc, disent-ils, votre robe est-elle rougie, et pourquoi vos vêtements sont-ils comme les vêtements de ceux qui foulent dans le pressoir? » On dit que le Seigneur avait un vêtement, c'est-à-dire, son corps, rouge ou plein de sang, par la raison qu'en montant au ciel, il portait encore sur lui les cicatrices de ses plaies : car il voulut conserver ces cicatrices en son corps, pour cinq motifs ainsi énumérés par Bède dont voici les paroles : « Le Seigneur conserva ses cicatrices et, il les doit conserver jusqu'au jugement, pour affermir la foi en sa résurrection, pour les montrer à son père alors qu'il le supplie en faveur des hommes, pour que, les bons voient avec quelle miséricorde ils ont été rachetés, et les méchants reconnaissent avoir été justement damnés ; enfin pour porter les trophées authentiques de la victoire éternelle qu'il a remportée. » Donc à cette question le Seigneur répondit ainsi : « J'ai été seul à fouler le vin, sans qu'aucun homme de tous les peuples fût avec moi. » La croix peut être appelée un pressoir, sous la pression duquel il a tellement été écrasé qu'il a répandu tout son sang. Ou bien ce qu'il appelle pressoir, c'est le diable qui a tellement enveloppé et étreint le genre humain dans les liens du péché qu'il a exprimé tout ce qu'il y avait en lui de spirituel, en sorte qu'il n'en reste que la cape. Mais notre guerrier a foulé le' pressoir, il a rompu les liens des pécheurs, et après avoir monté au ciel, il a ouvert la demeure du ciel et a répandu le vin du Saint-Esprit. La troisième question est celle qu'adressèrent les anges inférieurs aux supérieurs « Quel est, dirent-ils, ce roi de gloire? » Voici ce que dit saint Augustin par rapport à cette question et à la réponse qu'il était convenable d'y donner: « L'immensité des airs est, sanctifiée par le cortège divin, et toute la troupe des démons qui vole dans l’air se hâte de fuir à la vue de J.-C. qui s'élève. » Les anges accoururent à sa rencontre et demandent : « Qui est ce roi de gloire ? » D'autres anges leur répondent : « C'est celui qui est éclatant par sa blancheur et par sa couleur de rose; c'est celui qui n'a ni apparence, ni beauté il fut faible sur le bois, fort quand il partage le butin ; il fut vil dans un corps chétif, et équipé au moment du combat ; il fut hideux en sa mort, et beau dans sa résurrection ; il reçut une blancheur éclatante de la Vierge sa mère, et il était rouge de sang sur la croix sans éclat au milieu des opprobres, il brille dans le ciel. »

V. A quel titre il monta. Il en eut trois, répond saint Jérôme, avec le Psaume (XLIV). La vérité, la douceur et la justice. « La mérité, car vous avez accompli ce que vous aviez promis par la bouche des prophètes; la douceur, car vous vous êtes laissé immoler comme, une brebis pour la vie de votre peuple; la justice, parce que vous avez employé non pas la puissance; mais la justice pour délivrer l’homme, et la force de votre droite vous dirigera merveilleusement : la puissance, ou la force vous dirigera, vers le ciel.

VI. Où il monta : Il faut savoir que J.-C. monta au-dessus de tous les cieux, -selon l’expression de saint Paul dans son épître aux Ephésiens (IV) : « Celui qui est descendu, c'est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. L'apôtre dit: « Au-dessus de tous les cieux », car il v en a plusieurs; au-dessus desquels il monta. Il y a le ciel matériel, le rationnel, l’intellectuel et le supersubstantiel. Le ciel matériel est multiple, savoir: l’aérien, l’éthéré, l’olympien, l’igné, le sidéral, le cristallin, et l’empyrée. Le ciel rationnel, c'est l’homme juste appelé ciel puisqu'il est l’habitation de Dieu; car de même que- le ciel est le trône et l’habitation de Dieu, selon cette expression d'Isaïe (LXVI) : « Le ciel est mon trône » ; de même l’âme juste, d'après le livre de la Sagesse, est le trône de la sagesse. L'homme juste est encore appelé ciel, eu raison des saintes habitudes, parce que les saints par leur manière de vivre et leurs désirs habitent dans le ciel, comme le disait l’apôtre : « Notre conservation est dans les cieux. » En raison encore des bonnes oeuvres continuelles ; parce que de même que le ciel roule par un mouvement continu, de même aussi les saints se meuvent continuellement dans les bonnes oeuvres. Le ciel intellectuel, c'est l’ange. En effet l’ange est appelé ciel parce que, ainsi que les cieux, il est élevé à une très haute dignité et excellence. Quant à cette dignité et excellence, 1 ° Denys parle de cette manière dans soit livre des Noms divins (chap. IV) : « Les esprits divins sont au-dessus des autres êtres ; leur vie l’emporte sur celle des autres créatures vivantes ; leur intelligence et leur connaissance dépassent le sens et la raison : mieux que tous les êtres, ils tendent au beau et au bien et y participent. » 2° Ils sont extrêmement beaux en raison de la nature et de la ;foire. Saint Denys encore en parlant de leur beauté dit au même. livre . « L'ange est la manifestation de la lumière cachée; c'est un miroir pur, d'un éclat brillant, sans tache aucune ni souillure, immaculé, recevant, s'il est permis de le dire, la beauté, la forme excellente de la divinité. » 3° lis sont pleins de force en raison de leur vertu et de leur puissance. Le Damascène parle ainsi de leur force au livre 11, chap. III : « Ils sont forts et disposés à l’accomplissement de la volonté de Dieu ; et partout on les trouve réunis, tout aussitôt que, par un simple signe de Dieu, ils en perçoivent les ordres. » Le ciel possède hauteur, beauté et force. L'Ecclésiastique dit au sujet des deux premières qualités (XLIII) : « Le firmament est le lieu où la beauté des corps les plus hauts parait avec éclat c'est l’ornement du ciel, c'est lui qui en fait luire la gloire. » Au livre de Job il est dit (XXXVII) par rapporta la force : « Vous avez peut-être formé avec lui les cieux qui sont aussi solides que s'ils étaient d'airain fondu. » Le ciel supersubstantiel, c'est le siège de l’excellence divine, d'où J.-C. est venu et jusqu'où il remonta plies tard. Le Psaume l’indique par ces paroles (VII) : « Il part de l’extrémité du ciel, et il va jusqu'à l’autre extrémité. » Donc J.-C. monta au-dessus de ces cieux jusqu'au ciel supersubstantiel. Le Psaume porte qu'il monta au-dessus de tous les cieux matériels quand il dit (VIII) : « Seigneur, votre magnificence a été élevée au-dessus des cieux. » Il monta au-dessus de tous les cieux matériels jusqu'au ciel empyrée lui-même, non pas comme Elie qui monta dans un char de feu, jusqu'à la région sublunaire sans la traverser, mais qui fut transporté dans le paradis terrestre dont l’élévation est telle qu'il touche à la région sublunaire (Rois, IV, II ; Ecclé., VIII), sans aller au delà. C'est donc dans le ciel empyrée que réside J.-C. c'est là sa propre et spéciale demeure avec les anges et les autres saints. Et cette habitation convient à ceux qui l’occupent. Ce ciel en effet l’emporte sur les autres en dignité, en priorité, en situation et en proportions : c'est aussi pour cela que c'est une habitation digne de J.-C., qui surpasse tous les cieux rationnels et intellectuels en dignité, en éternité, par son état d'immutabilité et par les proportions de sa puissance. De même aussi, c'est une habitation convenable pour les Saints : car ce ciel est uniforme, immobile, d'une splendeur parfaite et d'une capacité immense : et cela convient bien aux anges et aux saints qui ont été uniformes dans leurs oeuvres, immobiles dans leur amour, éclairés dans la foi ou la science, et remplis du Saint-Esprit. Il est évident que J.-C. monta au-dessus de tous les cieux rationnels, qui sont tous les saints, par ces paroles du Cantique des cantiques (II) : « Le voici qui vient sautant sur les montagnes, passant par-dessus les collines. » Par les montagnes on entend les anges, et par les collines les hommes saints. Il est évident qu'il monta au-dessus de tous les cieux intellectuels, qui sont les anges, par ces mots du Psaume (CIII) : « Seigneur, vous montez sur les nuées et vous marchez sur les ailes des vents. » « Il a monté au-dessus dés chérubins, il a volé sur les ailes des vents (XCVIII). » il est encore évident que Jésus-Christ monta jusqu'au ciel supersubstantiel, c'est-à-dire, jusqu'au siège de Dieu, par ces paroles de saint Marc (XVI) : « Et le Seigneur Jésus, après leur avoir ainsi parlé, fut élevé dans le ciel; et il y est. assis à la droite de Dieu. » La droite de Dieu, c'est l’égalité en Dieu. Il a été singulièrement dit et donné à mon Seigneur, par le Seigneur de siéger à la droite de sa gloire, comme dans une gloire égale, dans une essence consubstantielle, pour une génération semblable en tout point, pour une majesté qui n'est pas inférieure, et pour une éternité qui n'est pas postérieure. On peut dire encore que J.-C. dans son ascension atteignit quatre sortes de sublimités : celle du lieu, celle de la récompense acquise, celle de la science, celle de la vertu. De la sublimité du lieu qui est la première, il est dit aux Ephésiens (IV) : « Celui qui est descendu, c'est le même qui a monté au-dessus de tous les cieux. » De la sublimité de la récompense acquise qui est la seconde, on lit aux Philippiens (II) . « Il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort et la mort de la croix : c'est pourquoi Dieu l’a élevé. » Saint Augustin dit sur ces paroles : « L'humilité est le mérite de la distinction et la distinction est la récompense de l’humilité. » De la sublimité de la science, le Psaume (XCVIII) dit : « Il. monta au-dessus des chérubins »; c'est autant dire, au-dessus de toute plénitude de science. De la sublimité de la vertu qui est la quatrième, il est dit aux Ephésiens : «Parce qu'il a monté au-dessus des Séraphins. » (III) « L'amour de J.-C. envers nous surpasse toute connaissances. »


VII. Pourquoi J.-C., est-il monté au ciel. Il y a neuf fruits ou avantages à retirer de l’Ascension. Le 1er avantage, c'est, l’acquisition de l’amour de Dieu (Saint Jean, XVI) :« Si je ne  m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas. » Ce qui fait dire à Saint Augustin : « Si vous  m’êtes attachés comme des hommes de chair, vous ne serez pas capables de posséder le Saint-Esprit. » Le 2e avantage, c'est une plus grande connaissance de Dieu (Saint Jean, XIV) : « Si vous  m’aimiez, vous vous réjouiriez certainement parce que je  m’en vais à mon Père; car mon Père est plus grand que moi. » Saint Augustin dit à ce propos: « Si je fais disparaître cette. forme et cette nature d'esclave, par laquelle je suis inférieur à mon Père, c'est afin que vous puissiez voir Dieu avec les veux de l’esprit. » Le 3e avantage, c'est le mérite de la foi. A ce sujet saint Léon s'exprime de la sorte dans son sermon 12e sur l’Ascension : « C'est alors que la foi plus éclairée commence à comprendre à l’aide de la raison que le Fils est égal au Père; il ne lui est plus nécessaire de toucher la substance corporelle de J.-C., par laquelle il est inférieur à son Père. C'est là le privilège des grands esprits de croire, sans appréhension, ce que 1'œi1 du corps ne saurait apercevoir, et de s'attacher, par le désir, à ce à quoi l’on ne peut atteindre par la vue. » Saint Augustin dit au livre de ses Confessions : « Il a bondi comme un géant pour fournir sa carrière. Il n'a pas apporté de lenteur, mais il a couru en proclamant par ses paroles, par ses actions, par sa mort, par sa vie ; en descendant sur la terre, en montant au ciel, il crie pour que nous revenions à lui, et il a disparu aux yeux de ses apôtres, afin que nous rentrions dans notre coeur pour l’y trouver. » Le 4e avantage, c'est la sécurité, s'il est monté au ciel, c'est pour être notre avocat auprès de son Père. Nous pouvons bien être en sûreté, quand nous pensons avoir un pareil avocat devant le Père. (Saint Jean, I, II) : «Nous avons pour avocat auprès du Père J.-C., qui est juste; car c'est lui qui est la victime de propitiation pour nos péchés. » Saint Bernard dit en parlant de cette sécurité : « Tu as, ô homme, un accès assuré auprès de Dieu: Tu y vois la mère devant le Fils, et le Fils devant le Père : cette mère montre à son fils sa poitrine et ses mamelles ; le Fils montre à son Père son côté et ses blessures. Il ne pourra donc y avoir de refus, là où il y a tant de preuves de charité. » Le 5e avantage, c'est notre dignité. Oui, notre dignité est extraordinairement grande, puisque notre nature a été élevée jusqu'à la droite de: Dieu. C'est pour cela que les anges, en considération de cette dignité dans les hommes, se sont désormais refusés à recevoir leurs adorations, comme il est dit dans l’Apocalypse (XIX) : « Et je me prosternai (c'est saint Jean qui parle) aux pieds de l’ange pour l’adorer. Mais il me dit: gardez-vous bien de le faire; je suis serviteur de Dieu comme vous, et comme vos frères. » La Glose fait ici cette remarque: « Dans l’ancienne loi, l’ange ne refusa pas l’adoration de l’homme, mais après l’ascension du Seigneur, quand il eut vu que l’homme était élevé au-dessus de lui, il appréhenda d'être adoré. » Saint Léon parle ainsi dans son 2e sermon sur l’Ascension : « Aujourd'hui la faiblesse de notre nature a été élevée en J.-C., au-dessus de toutes les plus grandes puissances jusqu'au trône où Dieu est assis. Ce qui rend plus admirable la grâce de Dieu, c'est qu'en enlevant ainsi au regard des hommes ce qui leur imprimait à juste titre un respect sensible, elle empêche la foi de faillir, l’espérance de chanceler et la charité de se refroidir. » — Le 6e avantage, c'est la solidité de notre espérance. Saint Paul dit aux Hébreux (IV) : « Ayant donc pour grand pontife Jésus, Fils de Dieu, qui est monté au plus haut des cieux, demeurons fermes dans la profession que; nous avons faite d'espérer. » Et plus loin (VI) : « Nous avons mis notre refuge dans la recherche et l’acquisition des biens à nous proposés par l’espérance, qui sert à notre âme comme une ancre ferme et assurée laquelle pénètre jusqu'au dedans du voile où Jésus, notre précurseur, est entré pour nous. » Saint Léon dit encore à ce sujet : « L'Ascension de J.-C. est le gage de notre élévation, d'autant que là où la gloire du chef a précédé, le corps espère y parvenir. » Le 7e avantage est de nous montrer le chemin. Le prophète Nichée dit (III) : « Il a monté pour nous ouvrir le chemin. » Saint Augustin ajoute: « Le Sauveur s'est fait lui-même notre voie. Levez-vous et marchez, vous avez un chemin tout tracé ; gardez-. vous d'être lents. » Le huitième avantage, c'est de nous ouvrir la porte du ciel: car de même que le premier Adam a ouvert les portes de l’enfer, de même le second a ouvert les portes du paradis. Aussi l’Eglise chante-t-elle : Tu devicto mortis aculeo, etc. (2) : « Après avoir vaincu l’aiguillon de la mort, vous avez ouvert aux croyants le royaume des cieux. » Le 8e avantage, c'est de nous préparer une place. « Je vais, dit J.-C. dans saint Jean; je vais vous préparer une place. » Saint Augustin commente ainsi ces paroles : « Seigneur; préparez ce que vous préparez: car vous nous préparez pour vous, et c'est vous-même que vous nous préparez, quand vous préparez une place où nous habiterons en vous et où vous habiterez en nous.»

(1)   Extrait de l’Histoire scholastique de Pierre Comestor.

(2) Paroles du Te Deum.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome02/073.htm

The Solemnity Of The Ascension

The Ascension of Our Lord, which occurred 40 days after Jesus Christ rose from the dead on Easter Sunday, is the final act of our redemption that Christ began on Good Friday. On this day, the risen Christ, in the sight of His apostles, ascended bodily into Heaven (Luke 24:51; Mark 16:19; Acts 1:9-11).

The reality of the Ascension is so important that the creeds (the basic statements of belief) of Christianity all affirm, in the words of the Apostles’ Creed, that “He ascended into heaven, sits at the right hand of God the Father almighty; from thence He shall come to judge the living and the dead.” The denial of the Ascension is as grave a departure from Christian teaching as is denial of Christ’s Resurrection.

Christ’s bodily Ascension foreshadows our own entrance into Heaven not simply as souls, after our death, but as glorified bodies, after the resurrection of the dead at the Final Judgment. In redeeming mankind, Christ not only offered salvation to our souls but began the restoration of the material world itself to the glory that God intended before Adam’s fall.

The Feast of the Ascension marks the beginning of the first novena, or nine days of prayer. Before His Ascension, Christ promised to send the Holy Spirt to His apostles. Their prayer for the coming of the Holy Spirit, which began on Ascension Thursday, ended with the descent of the Holy Spirit on Pentecost Sunday, ten days later.

The observance of this feast is of great antiquity. Although no documentary evidence of it exists prior to the beginning of the fifth century, St. Augustine says that it is of Apostolic origin, and he speaks of it in a way that shows it was the universal observance of the Church long before his time. Frequent mention of it is made in the writings of St. John Chrysostom, St. Gregory of Nyssa, and in the Constitution of the Apostles. The Pilgrimage of Sylvia (Peregrinatio Etheriae) speaks of the vigil of this feast and of the feast itself, as they were kept in the church built over the grotto in Bethlehem in which Christ was born (Duchesne, Christian Worship, 491-515).

It may be that prior to the fifth century the fact narrated in the Gospels was commemorated in conjunction with the feast of Easter or Pentecost. Some believe that the much-disputed forty-third decree of the Council of Elvira (c. 300) condemning the practice of observing a feast on the fortieth day after Easter and neglecting to keep Pentecost on the fiftieth day, implies that the proper usage of the time was to commemorate the Ascension along with Pentecost. Representations of the mystery are found in diptychs and frescoes dating as early as the fifth century.

Certain customs were connected with the liturgy of this feast, such as the blessing of beans and grapes after the Commemoration of the Dead in the Canon of the Mass, the blessing of first fruits, afterwards done on Rogation Days, the blessing of a candle, the wearing of mitres by deacon and subdeacon, the extinction of the paschal candle, and triumphal processions with torches and banners outside the churches to commemorate the entry of Christ into heaven. There was the English custom of carrying at the head of the procession the banner bearing the device of the lion and at the foot the banner of the dragon, to symbolize the triumph of Christ in His ascension over the evil one. In some churches the scene of the Ascension was vividly reproduced by elevating the figure of Christ above the altar through an opening in the roof of the church. In others, whilst the figure of Christ was made to ascend, that of the devil was made to descend.

In the liturgies generally the day is meant to celebrate the completion of the work of our salvation, the pledge of our glorification with Christ, and His entry into heaven with our human nature glorified.



Ascension

See also The Feast of the Ascension.


The elevation of Christ into heaven by His own power in presence of His disciples the fortieth day after HisResurrection. It is narrated in Mark 16:19, Luke 24:51, and in the first chapter of the Acts of the Apostles.

Although the place of the Ascension is not distinctly stated, it would appear from the Acts that it was Mount Olivet. Since after the Ascension the disciples are described as returning to Jerusalem from the mount that is called Olivet, which is near Jerusalem, within a Sabbath day's journey. Tradition has consecrated this site as theMount of Ascension and Christian piety has memorialized the event by erecting over the site a basilica. St. Helenabuilt the first memorial, which was destroyed by the Persians in 614, rebuilt in the eighth century, to be destroyed again, but rebuilt a second time by the crusaders. This the Moslems also destroyed, leaving only the octagonal structure which encloses the stone said to bear the imprint of the feet of Christ, that is now used as anoratory.

Not only is the fact of the Ascension related in the passages of Scripture cited above, but it is also elsewhere predicted and spoken of as an established fact. Thus, in John 6:63, Christ asks the Jews: "If then you shall see the son of Man ascend up where He was before?" and 20:17, He says to Mary Magdalen: "Do not touch Me, for I am not yet ascended to My Father, but go to My brethren, and say to them: I ascend to My Father and to your Father, to My God and to your God." Again, in Ephesians 4:8-10, and in Timothy 3:16, the Ascension of Christ is spoken of as an accepted fact.

The language used by the Evangelists to describe the Ascension must be interpreted according to usage. To say that He was taken up or that He ascended, does not necessarily imply that they locate heaven directly above the earth; no more than the words "sitteth on the right hand of God" mean that this is His actual posture. In disappearing from their view "He was raised up and a cloud received Him out of their sight" (Acts 1:9), and entering into glory He dwells with the Father in the honour and power denoted by the scripture phrase.

Wynne, John. "Ascension." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 8 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01767a.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by Joseph P. Thomas.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.




Feast of the Ascension

See also The Fact of the Ascension.

The fortieth day after Easter Sunday, commemorating the Ascension of Christ into heaven, according to Mark 16:19, Luke 24:51, and Acts 1:2.

In the Eastern Church this feast was known as analepsis, the taking up, and also as the episozomene, the salvation—denoting that by ascending into His glory, Christ completed the work of our redemption. The terms used in the West, ascensio and, occasionally, ascensa, signify that Christ was raised up by His own powers. Tradition designates Mount Olivet near Bethany as the place where Christ left the earth. The feast falls on Thursday. It is one of the Ecumenical feasts ranking with the feasts of the Passion, of Easter and of Pentecost among the most solemn in the calendar, has a vigil and, since the fifteenth century, an octave which is set apart for a novena of preparation for Pentecost, in accordance with the directions of Leo XIII.

History

The observance of this feast is of great antiquity. Although no documentary evidence of it exists prior to the beginning of the fifth century, St. Augustine says that it is of Apostolic origin, and he speaks of it in a way that shows it was the universal observance of the Church long before his time. Frequent mention of it is made in the writings of St. John Chrysostom, St. Gregory of Nyssa, and in the Constitution of the Apostles. The Pilgrimage of Sylvia (Peregrinatio Etheriae) speaks of the vigil of this feast and of the feast itself, as they were kept in the church built over the grotto in Bethlehem in which Christ was born (Duchesne, Christian Worship, 491-515). It may be that prior to the fifth century the fact narrated in the Gospels was commemorated in conjunction with the feast of Easter or Pentecost. Some believe that the much-disputed forty-third decree of the Council of Elvira (c. 300) condemning the practice of observing a feast on the fortieth day after Easter and neglecting to keep Pentecost on the fiftieth day, implies that the proper usage of the time was to commemorate the Ascension along with Pentecost. Representations of the mystery are found in diptychs and frescoes dating as early as the fifth century.

Customs

Certain customs were connected with the liturgy of this feast, such as the blessing of beans and grapes after the Commemoration of the Dead in the Canon of the Mass, the blessing of first fruits, afterwards done on Rogation Days, the blessing of a candle, the wearing of mitres by deacon and subdeacon, the extinction of the paschal candle, and triumphal processions with torches and banners outside the churches to commemorate the entry of Christ into heaven. Rock records the English custom of carrying at the head of the procession the banner bearing the device of the lion and at the foot the banner of the dragon, to symbolize the triumph of Christ in His ascension over the evil one. In some churches the scene of the Ascension was vividly reproduced by elevating the figure of Christ above the altar through an opening in the roof of the church. In others, whilst the figure of Christ was made to ascend, that of the devil was made to descend.

In the liturgies generally the day is meant to celebrate the completion of the work of our salvation, the pledge of our glorification with Christ, and His entry into heaven with our human nature glorified.


Sources

DUCHESNE, Christian Worship (London, 1904); NILLES Kalendarium Utriusque Ecclesiae (Innsbruck, 1897), II. 362-374; CABROL, in Dict. d'arch. chrét. et liturg. BUTLER, Feasts and Fasts; GUÉRANGER, III, s.v.

Wynne, John. "Feast of the Ascension." The Catholic Encyclopedia. Vol. 1. New York: Robert Appleton Company, 1907. 8 May 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/01767b.htm>.

Transcription. This article was transcribed for New Advent by the Cloistered Dominican Nuns of the Monastery of the Infant Jesus, Lufkin, Texas. Dedicated to Christ the King.

Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. March 1, 1907. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.BUTLER, Feasts and Fasts; GUÉRANGER, III, s.v.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/01767b.htm




St. Leo the Great

Sermon 73

 (On the Lord's Ascension, I.)

I. THE EVENTS RECORDED AS HAPPENING AFTER THE RESURRECTION WERE INTENDED TO CONVINCE US OF ITS TRUTH


Since the blessed and glorious Resurrection of our Lord Jesus Christ, whereby the Divine power in three days raised the trueTemple of God, which the wickedness of the Jews had overthrown, the sacred forty days, dearly-beloved, are today ended, which by most holy appointment were devoted to our most profitable instruction, so that, during the period that the Lord thus protracted the lingering of His bodily presence, our faith in theResurrection might be fortified by needful proofs. For Christ'sDeath had much disturbed the disciples' hearts, and a kind of torpor of distrust had crept over their grief-laden minds at His torture on the cross, at His giving up the ghost, at His lifeless body's burial. For, when the holy women, as the Gospel-story hasrevealed, brought word of the stone rolled away from the tomb, the sepulchre emptied of the body, and the angels bearing witnessto the living Lord, their words seemed like ravings to the Apostlesand other disciples. Which doubtfulness, the result of humanweakness, the Spirit of Truth would most assuredly not have permitted to exist in His own preacher's breasts, had not their trembling anxiety and careful hesitation laid the foundations of our faith. It was our perplexities and our dangers that were provided for in the Apostles: it was ourselves who in these menwere taught how to meet the cavillings of the ungodly and the arguments of earthly wisdom. We are instructed by their lookings,we are taught by their hearings, we are convinced by theirhandlings. Let us give thanks to the Divine management and theholy Father.' necessary slowness of belief. Others doubted, that we might not doubt.

II. AND THEREFORE THEY ARE IN THE HIGHEST DEGREE INSTRUCTIVE


Those days, therefore, dearly-beloved, which intervened between the Lord's Resurrection and Ascension did not pass by inuneventful leisure, but great mysteries were ratified in them, deeptruths revealed. In them the fear of awful death was removed, and the immortality not only of the soul but also of the flesh established. In them, through the Lord's breathing upon them, theHoly Ghost is poured upon all the Apostles, and to the blessedApostle Peter beyond the rest the care of the Lord's flock is entrusted, in addition to the keys of the kingdom. Then it was that the Lord joined the two disciples as a companion on the way, and, to the sweeping away of all the clouds of our uncertainty, upbraided them with the slowness of their timorous hearts. Their enlightened hearts catch the flame of faith, and lukewarm as they have been, are made to burn while the Lord unfolds theScriptures. In the breaking of bread also their eyes are opened as they eat with Him: how far more blessed is the opening of their eyes, to whom the glorification of their nature is revealed than that of our first parents, on whom fell the disastrous consequences of their transgression.

III. THEY PROVE THE RESURRECTION OF THE FLESH


And in the course of these and other miracles, when the discipleswere harassed by bewildering thoughts, and the Lord had appeared in their midst and said, Peace be unto you , that what was passing through their hearts might not be their fixed opinion (for they thought they saw a spirit not flesh), He refutes their thoughts so discordant with the Truth, offers to the doubters' eyes the marks of the cross that remained in His hands and feet, and invites them to handle Him with careful scrutiny, because the traces of the nails and spear had been retained to heal the wounds of unbelieving hearts, so that not with wavering faith, but with most steadfast knowledge they might comprehend that the Naturewhich had been lain in the sepulchre was to sit on God the Father's throne.

IV. CHRIST'S ASCENSION HAS GIVEN US GREATER PRIVILEGES AND JOYS THAN THE DEVIL HAD TAKEN FROM US


Accordingly, dearly-beloved, throughout this time which elapsed between the Lord's Resurrection and Ascension, God's Providencehad this in view, to teach and impress upon both the eyes and hearts of His own people that the Lord Jesus Christ might be acknowledged to have as truly risen, as He was truly born, suffered, and died. And hence the most blessed Apostles and all the disciples, who had been both bewildered at His death on thecross and backward in believing His Resurrection, were so strengthened by the clearness of the truth that when the Lordentered the heights of heaven, not only were they affected with no sadness, but were even filled with great joy. And truly great and unspeakable was their cause for joy, when in the sight of the holymultitude, above the dignity of all heavenly creatures, the Natureof mankind went up, to pass above the angels' ranks and to risebeyond the archangels' heights, and to have Its uplifting limited by no elevation until, received to sit with the Eternal Father, It should be associated on the throne with His glory, to WhoseNature It was united in the Son. Since then Christ's Ascension is our uplifting, and the hope of the Body is raised, whither the gloryof the Head has gone before, let us exult, dearly-beloved, with worthy joy and delight in the loyal paying of thanks. For today not only are we confirmed as possessors of paradise, but have also inChrist penetrated the heights of heaven, and have gained still greater things through Christ's unspeakable grace than we had lost through the devil's malice. For us, whom our virulent enemy had driven out from the bliss of our first abode, the Son of God has made members of Himself and placed at the right hand of theFather, with Whom He lives and reigns in the unity of the Holy Spirit, God for ever and ever. Amen.


Source. Translated by Charles Lett Feltoe. From Nicene and Post-Nicene Fathers, Second Series, Vol. 12. Edited by Philip Schaff and Henry Wace. (Buffalo, NY: Christian Literature Publishing Co., 1895.) Revised and edited for New Advent by Kevin Knight.<http://www.newadvent.org/fathers/360373.htm>.

SOURCE : http://www.newadvent.org/fathers/360373.htm


Ascensione del Signore nostro Gesù Cristo


Nel giorno dell'Ascensione Gesù, prima di salire al Padre, manda nel mondo i suoi testimoni: saranno loro, e tutto il popolo profetico, a manifestare Gesù Cristo salvatore.

Martirologio Romano: Solennità dell’Ascensione del Signore nostro Gesù Cristo, in cui egli, a quaranta giorni dalla risurrezione, fu elevato in cielo davanti ai suoi discepoli, per sedere alla destra del Padre, finché verrà nella gloria a giudicare i vivi e i morti.

La gloriosa Ascensione completa l’architettonica dei misteri cristologici. Per essa infatti, l’Uomo-Dio, compiuta la sua missione nel mondo, ritorna al suo principio, descrivendo un circolo. Gesù stesso lo sintetizza: «Io sono uscito dal Padre e venni nel mondo; ora lascio il mondo e vado al Padre» (Gv 18,28).

Il Verbo eterno discende dall’alto dei Cieli, dal seno del Padre, s’incarna nel Grembo della Vergine Immacolata, nasce a Betlemme, vive nascosto a Nazareth, esce a predicare il Vangelo del Regno (cf. Mt 4,23), è crocifisso e muore sulla croce, risuscita all’alba del terzo giorno e ascende al Cielo dalla cima del monte degli Olivi, che conobbe la sua dolorosa agonia e il suo «fiat» sanguinante.

Realmente mirabile, gloriosa, l’Ascensione del Signore: quella sua Umanità, debole come la nostra, soggetta all’infermità, alla sofferenza e alla morte, entra vittoriosa nei Cieli, ed è trapiantata, ormai impassibile, nella esistenza eterna di Dio. Gesù di Nazareth, che era apparso come «il figlio del fabbro» (Mt 13,55), entra nella sua Gloria (cf. Lc 24,26), in anima e corpo, e vive eterno nella pienezza divina.

Gesù dopo la sua Risurrezione appare agli Apostoli, ai Discepoli, alle pie donne; dà gli ultimi ammaestramenti; compare e scompare, quasi volesse abituare i suoi, per gradi, alla sua partenza definitiva. Poi li lascia. Lascia la terra, gli uomini; o meglio, li priva della sua presenza visibile, e si nasconde in Dio. Li ha preparati con tre anni d’insegnamento – ma non ha detto tutto: molte cose «non le avrebbero potute sostenere» (Gv 16,12) prima della sua morte e della venuta dello Spirito Santo –; li ha confortati dando loro le prove della sua vittoria sulla morte; poi si sottrae, e manda loro il Paraclito.

È come se li considerasse maturi per la prova, capaci di vivere di fede, senza nemmeno più la Sua presenza visibile – che pure esigeva la fede per credere alla sua Divinità –, come figli ormai usciti di tutela, che affrontano la vita con la loro piena responsabilità. Si inizia la vita della Chiesa, in cui il Cristo opera, ma in modo misterioso mediante il suo Spirito. Si inizia la «prova» per l’umanità, la grande storia dei secoli cristiani, l’espansione della Buona Novella, le persecuzioni e le lotte, le vicende dolorose e gloriose che avranno termine solo quando il Figlio dell’uomo verrà per la seconda volta in tutta la sua maestà, sulle nubi (cf. Mt 26,64), per giudicare tutti gli uomini.

Per questo i Cristiani delle prime generazioni, che avevano visto Gesù scomparire dietro le nubi del cielo, ne sentivano prossima la seconda venuta – «Il momento è vicino» – e l’invocavano: «Vieni, Signore Gesù» (Ap 1,3; 22,20). Non avevano torto: in realtà la storia dei secoli e dei millenni è un soffio di fronte all’eternità; un soffio questa vicenda umana in cui siamo ingolfati e che ci pare non aver fine: Cristo ieri è asceso al Cielo e domani ritornerà. Un soffio la vicenda dell’umanità che si conta a millenni; un lievissimo soffio la vicenda di ogni uomo che nasce e muore. La prova dell’umanità e la prova di ogni uomo è conchiusa entro brevissimi confini: e al termine dell’una e dell’altra sta il Cristo che, asceso al Cielo, ritorna; e si presenta Giudice a ogni uomo al termine della sua vita; e si presenterà giudice all’umanità intera alla fine dei tempi.

La vita come prova e come attesa: ecco l’insegnamento del mistero dell’Ascensione.

«Alla destra del Padre»

«Il Signore ha detto al mio Signore: “Siedi alla mia destra, finché io ponga i tuoi nemici come sgabello sotto i tuoi piedi”» (Sal 109,1). Il Salmo parla del Messia e ne predice la gloria con un’espressione figurata («sedere alla destra di Dio») di significato chiarissimo. Gesù stesso l’ha ripresa, richiamandosi espressamente al Salmo, e l’ha applicata a Sé (cf. Mt 22,41-44; Mc 12,35-37; Lc 20,41-44), gli Evangelisti (cf. Mc 26,19), san Paolo (cf. Rm 8,34; Col 3,1; Ef 1,20-22), il Simbolo della nostra Fede, la ripetono fedelmente (1).

Gesù dunque ha presentato agli uomini la fine della sua esistenza mortale come un ritorno al Padre e un ingresso nella gloria, a occupare, accanto a Lui, il posto d’onore. «Vado al Padre» ripete nel discorso dopo l’Ultima Cena; e più chiaramente: «Sono uscito dal Padre e sono venuto nel mondo; ora lascio il mondo e vado al Padre» (Gv 16,28). Sembra quasi che la Passione imminente non conti, per Lui, o sia solo una brevissima parentesi: Gesù guarda al di là, sente prossimo il suo ritorno al Padre, la sua glorificazione; chiede, anzi, questa glorificazione, a cui è stato predestinato «prima che il mondo fosse» (Gv 17,5). Di questa gloria parlerà apertamente anche davanti al sommo Pontefice, suscitandone lo sdegno: «Tu l’hai detto (che io sono il Figlio di Dio); e io vi dico: tra poco vedrete il Figlio dell’uomo seduto alla destra della Potenza (di Dio) venire sulle nubi del cielo» (Mt 26,64; Mc 14,62; Lc 22,69).

Stefano, il primo Martire, confermerà: «Ecco che io vedo i cieli aperti, e il Figlio dell’uomo seduto alla destra di Dio» (At 7,55-56). E san Paolo: «...l’ha risuscitato dai morti e l’ha fatto sedere alla sua destra nei cieli, al di sopra di ogni Principato, Potenza, Virtù, Dominazione... E ha messo tutto sotto i suoi piedi» (Ef 1,20-22).

Ma soprattutto nell’Epistola agli Ebrei, destinata proprio a coloro che erano depositari delle Scritture e delle Profezie, quell’espressione, «siede alla destra di Dio», che indica la suprema glorificazione di Cristo da parte del Padre, ritorna più volte, con un evidente richiamo al Salmo da cui deriva (cf. Eb 1,3.13; 8,1; 10,-12-13; 12,2)  (2).

Ma che portata ha in realtà questa espressione? Essa è quasi sempre messa in relazione con la Risurrezione e l’Ascensione di Cristo: indica la gloria che Egli ha stabilmente presso il Padre, dal momento in cui ne è entrato in possesso, e per tutta l’eternità. È un modo figurato, quasi plastico, per indicare il suo primato universale e l’onore che il Padre rende a Lui, proprio in quanto uomo.
Egli stesso infatti rivendica questo onore a Sé come «Figlio dell’uomo», e san Paolo lo presenta come una ricompensa (cf. Eb 22,2). Riferita al Verbo l’espressione sarebbe impropria e inesatta: il Verbo è sempre col Padre, non può «uscire da Lui e ritornare a Lui», non ha bisogno di alcun riconoscimento di una supremazia sulle creature «messe come sgabello sotto i suoi piedi», perché esse sono soggette al Verbo come al Padre e come allo Spirito Santo.

Gesù dunque ascende al Cielo con la sua Umanità per sedere alla destra del Padre: per dare inizio al «regno che non avrà mai fine», profetizzato dall’Angelo alla Madre sua al momento del suo verginale concepimento (Lc 1,33).
Ascende “per andare a preparare anche a noi un posto” (cf. Gv 14,2), per rimanere accanto al Padre con la sua Umanità gloriosa, e presentargli eternamente, nella beatitudine e nella gloria, l’omaggio di adorazione, di lode, di ringraziamento, di propiziazione che gli aveva offerto nel dolore, immolandosi sulla croce; per mostrargli le sue ferite gloriose, documento del suo amore a Dio e agli uomini, e «intercedere per noi», suoi fratelli, ripetendo la preghiera più sublime della sua carità misericordiosa: «Padre, perdona loro, poiché non sanno quello che fanno» (Lc 23,34), e la preghiera sacerdotale, che gli Apostoli udirono alla vigilia della sua morte, e che sembra già pronunciata al di là della morte, nella gloria dei Cieli: «Padre Santo, conserva nel Tuo nome quelli che mi hai dato; affinché siano una cosa sola, come noi... Non chiedo che Tu li tolga dal mondo, ma che Tu li preservi dal male... Santificali nella verità... Padre, quelli che mi hai dato, voglio che siano con me dove sono io, affinché vedano la gloria che Tu mi hai data...» (Gv 17).

Finché, alla fine dei tempi, Egli verrà ancora «nella gloria a giudicare i vivi e i morti, e il suo regno non avrà fine» (Simbolo niceno). È la Gerusalemme celeste vista dal Profeta di Patmos; la Città di Dio, che non ha bisogno «del sole né della luna, perché lo splendore di Dio la illumina, e l’Agnello ne è la lampada. E le genti cammineranno nella sua luce...». «E regneranno nei secoli dei secoli». «Ed essi saranno il suo popolo... e Dio astergerà ogni lacrima dai loro occhi, né vi sarà più la morte, né lutto, né grida, né dolore», ma «nuovi cieli e nuova terra». «Chi vincerà, possiederà ciò, e io gli sarò Dio, ed Egli mi sarà figlio».

Il primo, il più grande vincitore, è Lui, l’Agnello che è stato immolato, «Re dei re, e Signore dei dominanti» (Ap 19,16)  (3); e dietro a Lui la moltitudine innumerevole dei redenti dal suo Sangue.
Il significato profondo di questo mistero sta dunque nel trionfo di Cristo, che come Uomo prende possesso della sua gloria.

È la glorificazione dell’Umanità di Lui, anche come Capo del Corpo Mistico; una glorificazione che precede e prepara quella dei suoi membri, come un annuncio gioioso, che allarga il cuore alla speranza. È una glorificazione e un onore per Lui, ma lo è anche per noi; perché noi sappiamo che alla destra del Padre siede Uno di noi, il nostro Fratello maggiore, il migliore della nostra stirpe, il nostro Re.

Il mistero dell’Ascensione offre dunque alla nostra meditazione:

- il compimento del disegno divino con la glorificazione di Cristo;

- la beatitudine eterna a cui noi tutti siamo chiamati;

- la nostra conformità a Cristo che ne è la condizione;

- la vita concepita come attesa, nella speranza della gloria di Lassù, dove saremo eternamente con Cristo in Dio.

Note
1) Cf. il discorso di san Pietro in At 2,33-35, e in 1Pt 3,22.

2) Cf L. Cerfaus, Le Christ dans la theologie de saint Paul, Paris 1951, p. 44.

3) Sul mistero della glorificazione e dei Novissimi, cf. M. J. Scheeben, I misteri del Cristianesimo, cap. IX, pp. 645ss.

Autore: Padre Marciano M. Ciccarelli
Fonte: Il Settimanale di Padre Pio




L’Ascensione di Gesù al Cielo, è la grandiosa conclusione della permanenza visibile di Dio fra gli uomini, preludio della Pentecoste, inizia la storia della Chiesa e apre la diffusione del cristianesimo nel mondo.

Senso biblico del termine ‘Ascensione’

Secondo una concezione spontanea e universale, riconosciuta dalla Bibbia, Dio abita in un luogo superiore e l’uomo per incontrarlo deve elevarsi, salire.

L’idea dell’avvicinamento con Dio, è data spontaneamente dal monte e nell’Esodo (19,3), a Mosè viene trasmessa la proibizione di salire verso il Sinai, che sottintendeva soprattutto quest’avvicinamento al Signore; “Delimita il monte tutt’intorno e dì al popolo; non salite sul monte e non toccate le falde. Chiunque toccherà le falde sarà messo a morte”.

Il comando di Iavhè non si riferisce tanto ad una salita locale, ma ad un avvicinamento spirituale; bisogna prima purificarsi e raccogliersi per poter udire la sua voce. Non solo Dio abita in alto, ma ha scelto i luoghi elevati per stabilirvi la sua dimora; anche per andare ai suoi santuari bisogna ‘salire’.
Così lungo tutta la Bibbia, i riferimenti al ‘salire’ sono tanti e continui e quando Gerusalemme prende il posto degli antici santuari, le folle dei pellegrini ‘salgono’ festose il monte santo; “Ascendere” a Gerusalemme, significava andare a Iavhè, e il termine, obbligato dalla reale posizione geografica, veniva usato sia dalla simbologia popolare per chi entrava nella terra promessa, come per chi ‘saliva’ nella città santa.

Nel Nuovo Testamento, lo stesso Gesù ‘sale’ a Gerusalemme con i genitori, quando si incontra con i dottori nel Tempio e ancora ‘sale’ alla città santa, quale preludio all’”elevazione” sulla croce e alla gloriosa Ascensione.

I testi che segnalano l’Ascensione

I Libri del Nuovo Testamento contengono sporadici accenni al mistero dell’Ascensione; i Vangeli di Matteo e di Giovanni non ne parlano e ambedue terminano con il racconto di apparizioni posteriori alla Resurrezione.

Marco finisce dicendo: “Gesù… fu assunto in cielo e si assise alla destra di Dio” (XVI, 10); ne parla invece Luca: “Poi li condusse fin verso Betania, e alzate le mani, li benedisse. E avvenne che nel benedirli si staccò da loro e fu portato verso il cielo” (XXIV, 50-51).

Ancora Luca negli Atti degli Apostoli, attribuitigli come autore sin dai primi tempi, al capitolo iniziale (1, 11), colloca l’Ascensione sul Monte degli Ulivi, al 40° giorno dopo la Pasqua e aggiunge: “Detto questo, fu elevato in alto sotto i loro occhi e una nube lo sottrasse al loro sguardo. E poiché essi stavano fissando il cielo mentre egli se ne andava, ecco due uomini in bianche vesti si presentarono a loro e dissero: Uomini di Galilea, perché state a guardare il cielo?
Questo Gesù, che è stato tra di voi assunto fino al cielo, tornerà un giorno allo stesso modo in cui l’avete visto andare in cielo”.

Gli altri autori accennano solo saltuariamente al fatto o lo presuppongono, lo stesso s. Paolo pur conoscendo il rapporto tra la Risurrezione e la glorificazione, non si pone il problema del come Gesù sia entrato nel mondo celeste e si sia trasfigurato; infatti nelle varie lettere egli non menziona il passaggio dalla fase terrestre a quella celeste.

Ma essi ribadiscono l’intronizzazione di Cristo alla destra del Padre, dove rimarrà fino alla fine dei secoli, ammantato di potenza e di gloria; “Se dunque siete risorti con Cristo, cercate le cose di lassù, dove Cristo sta assiso alla destra di Dio; pensate alle cose di lassù, non a quelle della terra; siete morti infatti, e la vostra vita è nascosta con Cristo in Dio!” (Colossesi, 3, 1-3).

I dati storici dell’Ascensione

Luca, il terzo evangelista, negli “Atti degli Apostoli” specifica che Gesù dopo la sua passione, si mostrò agli undici apostoli rimasti, con molte prove, apparendo loro per quaranta giorni e parlando del Regno di Dio; bisogna dire che il numero di ‘quaranta giorni’ è denso di simbolismi, che ricorre spesso negli avvenimenti del popolo ebraico errante, ma anche con Gesù, che digiunò nel deserto per 40 giorni.

San Paolo negli stessi ‘Atti’ (13, 31) dice che il Signore si fece vedere dai suoi per “molti giorni”, senza specificarne il numero, quindi è ipotesi attendibile, che si tratti di un numero simbolico.

L’Ascensione secondo Luca, avvenne sul Monte degli Ulivi, quando Gesù con gli Apostoli ai quali era apparso, si avviava verso Betania, dopo aver ripetuto le sue promesse e invocato su di loro la protezione e l’assistenza divina, ed elevandosi verso il cielo come descritto prima (Atti, 1-11).

Il monte Oliveto, da cui Gesù salì al Cielo, fu abbellito da sant’Elena, madre dell’imperatore Costantino con una bella basilica; verso la fine del secolo IV, la ricca matrona Poemenia edificò un’altra grande basilica, ricca di mosaici e marmi pregiati, sul tipo del Pantheon di Roma, nel luogo preciso dell’Ascensione segnato al centro da una piccola rotonda.

Poi nelle alterne vicende che videro nei secoli contrapposti Musulmani e Cristiani, Arabi e Crociati, alla fine le basiliche furono distrutte; nel 1920-27 per voto del mondo cattolico, sui resti degli scavi fu eretto un grandioso tempio al Sacro Cuore, mentre l’edicola rotonda della chiesa di Poemenia, divenne dal secolo XVI una piccola moschea ottagonale.

Il significato dell’Ascensione

San Giovanni nel quarto Vangelo, pone il trionfo di Cristo nella sua completezza nella Resurrezione, e del resto anche gli altri evangelisti dando scarso rilievo all’Ascensione, confermano che la vera ascensione, cioè la trasfigurazione e il passaggio di Gesù nel mondo della gloria, sia avvenuta il mattino di Pasqua, evento sfuggito ad ogni esperienza e fuori da ogni umano controllo.

Quindi correggendo una mentalità sufficientemente diffusa, i testi evangelici invitano a collocare l’ascensione e l’intronizzazione di Gesù alla destra del Padre, nello stesso giorno della sua morte, egli è tornato poi dal Cielo per manifestarsi ai suoi e completare la sua predicazione per un periodo di ‘quaranta’ giorni.

Quindi l’Ascensione raccontata da Luca, Marco e dagli Atti degli Apostoli, non si riferisce al primo ingresso del Salvatore nella gloria, quanto piuttosto l’ultima apparizione e partenza che chiude le sue manifestazioni visibili sulla terra.

Pertanto l’intento dei racconti dell’Ascensione non è quello di descrivere il reale ritorno al Padre, ma di far conoscere alcuni tratti dell’ultima manifestazione di Gesù, una manifestazione di congedo, necessaria perché Egli deve ritornare al Padre per completare tutta la Redenzione: “Se non vado non verrà a voi il Consolatore, se invece vado ve lo manderò” (Giov. 16, 5-7).

Il catechismo della Chiesa Cattolica dà all’Ascensione questa definizione: “Dopo quaranta giorni da quando si era mostrato agli Apostoli sotto i tratti di un’umanità ordinaria, che velavano la sua gloria di Risorto, Cristo sale al cielo e siede alla destra del Padre. Egli è il Signore, che regna ormai con la sua umanità nella gloria eterna di Figlio di Dio e intercede incessantemente in nostro favore presso il Padre. Ci manda il suo Spirito e ci dà la speranza di raggiungerlo un giorno, avendoci preparato un posto”.

La celebrazione della festa liturgica e civile

La prima testimonianza della festa dell’Ascensione, è data dallo storico delle origini della Chiesa, il vescovo di Cesarea, Eusebio (265-340); la festa cadendo nel giovedì che segue la quinta domenica dopo Pasqua, è festa mobile e in alcune Nazioni cattoliche è festa di precetto, riconosciuta nel calendario civile a tutti gli effetti.

In Italia previo accordo con lo Stato Italiano, che richiedeva una riforma delle festività, per eliminare alcuni ponti festivi, la CEI ha fissato la festa liturgica e civile, nella domenica successiva ai canonici 40 giorni dopo Pasqua.

Al giorno dell’Ascensione si collegano molte feste popolari italiane in cui rivivono antiche tradizioni, soprattutto legate al valore terapeutico, che verrebbe conferito da una benedizione divina alle acque (o in altre regioni alle uova). 

A Venezia aveva luogo una grande fiera, accompagnata dallo ‘Sposalizio del mare’, cerimonia nella quale il Doge a bordo del ‘Bucintoro’, gettava nelle acque della laguna un anello, per simboleggiare il dominio di Venezia sul mare; a Bari la benedizione delle acque marine, a Firenze si celebra la ‘Festa del grillo’.

L’Ascensione nell’arte

Il racconto scritturale dell’Ascensione di Gesù Cristo e la celebrazione liturgica di questo mistero, ispirarono numerose figurazioni, che possiamo trovare in miniature di codici famosi, fra tutti l’Evangeliario siriano di Rabula nella Biblioteca Laurenziana di Firenze, e in mosaici ed avori a partire dal sec. V.

Il tema dell’Ascensione, si adattò bene al ritmo verticaleggiante dei timpani, sovrastanti le porte delle chiese romaniche e gotiche; esempio insigne il timpano della porta settentrionale della cattedrale di Chartres (XII sec.).

Ma la rappresentazione, raggiunse notevole valore artistico con Giotto (1266-1337) che raffigurò l’Ascensione nella Cappella degli Scrovegni a Padova. Si ricorda inoltre un affresco di Buffalmacco (XIII sec.) nel Camposanto di Pisa; una terracotta di Luca Della Robbia (1400-1482) nel Museo Nazionale di Firenze; un affresco di Melozzo da Forlì († 1494) ora nel Palazzo del Quirinale a Roma; una tavola del Mantegna (1431-1506) a Firenze, Galleria degli Uffizi; una pala del Perugino († 1523) ora nel Museo di Lione; il noto affresco del Correggio († 1534) nella cupola della Chiesa di S. Giovanni a Parma; l’affresco del Tintoretto († 1594) nella Scuola di S. Rocco a Venezia; ecc.

In un’ampolla del tesoro del Duomo di Monza, Cristo ascende in cielo, secondo una tipica iconografia orientale, assiso in trono; in altre raffigurazioni Egli ascende al Cielo fra uno stuolo di Angeli, di fronte agli sguardi estatici degli Apostoli e della Vergine.

Autore:
Antonio Borrelli


Voir aussi : https://www.youtube.com/watch?v=uWrJFCW4zJg