samedi 28 janvier 2012

Saint THOMAS D'AQUIN, prêtre dominicain, confesseur et Docteur de l'Église



BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre, Mercredi 2 juin 2010

Saint Thomas d'Aquin (1)


Chers frères et sœurs,

Après quelques catéchèses sur le sacerdoce et mes derniers voyages, nous revenons aujourd'hui à notre thème principal, c'est-à-dire la méditation de certains grands penseurs du Moyen-Age. Nous avions vu dernièrement la grande figure de saint Bonaventure, franciscain, et je voudrais aujourd'hui parler de celui que l'Eglise appelle le Doctor communis: c'est-à-dire saint Thomas d'Aquin. Mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et ratio, a rappelé que saint Thomas "a toujours été proposé à juste titre par l'Eglise comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie" (n. 43). Il n'est donc pas surprenant que, après saint Augustin, parmi les écrivains ecclésiastiques mentionnés dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, saint Thomas soit cité plus que tout autre, pas moins de soixante et une fois! Il a également été appelé Doctor Angelicus, sans doute en raison de ses vertus, en particulier le caractère sublime de sa pensée et la pureté de sa vie.

Thomas naquit entre 1224 et 1225 dans le château que sa famille, noble et riche, possédait à Roccasecca, près d'Aquin, à côté de la célèbre abbaye du Mont Cassin, où il fut envoyé par ses parents pour recevoir les premiers éléments de son instruction. Quelques années plus tard, il se rendit dans la capitale du Royaume de Sicile, Naples, où Frédéric II avait fondé une prestigieuse Université. On y enseignait, sans les limitations imposées ailleurs, la pensée du philosophe grec Aristote, auquel le jeune Thomas fut introduit, et dont il comprit immédiatement la grande valeur. Mais surtout, c'est au cours de ces années passées à Naples, que naquit sa vocation dominicaine. Thomas fut en effet attiré par l'idéal de l'Ordre fondé quelques années auparavant par saint Dominique. Toutefois, lorsqu'il revêtit l'habit dominicain, sa famille s'opposa à ce choix, et il fut contraint de quitter le couvent et de passer un certain temps auprès de sa famille.

En 1245, désormais majeur, il put reprendre son chemin de réponse à l'appel de Dieu. Il fut envoyé à Paris pour étudier la théologie sous la direction d'un autre saint, Albert le Grand, dont j'ai récemment parlé. Albert et Thomas nouèrent une véritable et profonde amitié, et apprirent à s'estimer et à s'aimer, au point qu'Albert voulut que son disciple le suivît également à Cologne, où il avait été envoyé par les supérieurs de l'Ordre pour fonder une école de théologie. Thomas se familiarisa alors avec toutes les œuvres d'Aristote et de ses commentateurs arabes, qu'Albert illustrait et expliquait.

A cette époque, la culture du monde latin avait été profondément stimulée par la rencontre avec les œuvres d'Aristote, qui étaient demeurées longtemps inconnues. Il s'agissait d'écrits sur la nature de la connaissance, sur les sciences naturelles, sur la métaphysique, sur l'âme et sur l'éthique, riches d'informations et d'intuitions, qui apparaissaient de grande valeur et convaincants. Il s'agissait d'une vision complète du monde, développée sans et avant le Christ, à travers la raison pure, et elle semblait s'imposer à la raison comme "la" vision elle-même: cela était donc une incroyable attraction pour les jeunes de voir et de connaître cette philosophie. De nombreuses personnes accueillirent avec enthousiasme, et même avec un enthousiasme acritique, cet immense bagage de savoir antique, qui semblait pouvoir renouveler avantageusement la culture, ouvrir des horizons entièrement nouveaux. D'autres, toutefois, craignaient que la pensée païenne d'Aristote fût en opposition avec la foi chrétienne, et se refusaient de l'étudier. Deux cultures se rencontrèrent: la culture pré-chrétienne d'Aristote, avec sa rationalité radicale, et la culture chrétienne classique. Certains milieux étaient conduits au refus d'Aristote également en raison de la présentation qui était faite de ce philosophe par les commentateurs arabes Avicenne et Averroès. En effet, c'était eux qui avaient transmis la philosophie d'Aristote au monde latin. Par exemple, ces commentateurs avaient enseigné que les hommes ne disposaient pas d'une intelligence personnelle, mais qu'il existe un unique esprit universel, une substance spirituelle commune à tous, qui œuvre en tous comme "unique": par conséquent, une dépersonnalisation de l'homme. Un autre point discutable véhiculé par les commentateurs arabes était celui selon lequel le monde est éternel comme Dieu. De façon compréhensible, des discussions sans fin se déchaînèrent dans le monde universitaire et dans le monde ecclésiastique. La philosophie d'Aristote se diffusait même parmi les personnes communes.

Thomas d'Aquin, à l'école d'Albert le Grand, accomplit une opération d'une importance fondamentale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, je dirais même pour l'histoire de la culture: il étudia à fond Aristote et ses interprètes, se procurant de nouvelles traductions latines des textes originaux en grec. Ainsi, il ne s'appuyait plus seulement sur les commentateurs arabes, mais il pouvait également lire personnellement les textes originaux, et commenta une grande partie des œuvres d'Aristote, en y distinguant ce qui était juste de ce qui était sujet au doute ou devant même être entièrement rejeté, en montrant la correspondance avec les données de la Révélation chrétienne et en faisant un usage ample et précis de la pensée d'Aristote dans l'exposition des écrits théologiques qu'il composa. En définitive, Thomas d'Aquin démontra qu'entre foi chrétienne et raison, subsiste une harmonie naturelle. Et telle a été la grande œuvre de Thomas qui, en ce moment de conflit entre deux cultures - ce moment où il semblait que la foi devait capituler face à la raison - a montré que les deux vont de pair, que ce qui apparaissait comme une raison non compatible avec la foi n'était pas raison, et que ce qui apparaissait comme foi n'était pas la foi, si elle s'opposait à la véritable rationalité; il a ainsi créé une nouvelle synthèse, qui a formé la culture des siècles qui ont suivi.

En raison de ses excellentes capacités intellectuelles, Thomas fut rappelé à Paris comme professeur de théologie sur la chaire dominicaine. C'est là aussi que débuta sa production littéraire, qui se poursuivit jusqu'à sa mort, et qui tient du prodige: commentaires des Saintes Ecritures, parce que le professeur de théologie était surtout un interprète de l'Ecriture, commentaires des écrits d'Aristote, œuvres systématiques volumineuses, parmi elles l'excellente Summa Theologiae, traités et discours sur divers sujets. Pour la composition de ses écrits, il était aidé par des secrétaires, au nombre desquels Réginald de Piperno, qui le suivit fidèlement et auquel il fut lié par une amitié sincère et fraternelle, caractérisée par une grande proximité et confiance. C'est là une caractéristique des saints: ils cultivent l'amitié, parce qu'elle est une des manifestations les plus nobles du cœur humain et elle a quelque chose de divin, comme Thomas l'a lui-même expliqué dans certaines quaestiones de la Summa Theologiae, où il écrit: "La charité est l'amitié de l'homme avec Dieu principalement, et avec les êtres qui lui appartiennent" (II, q. 23, a. 1).

Il ne demeura pas longtemps ni de façon stable à Paris. En 1259, il participa au Chapitre général des Dominicains à Valenciennes, où il fut membre d'une commission qui établit le programme des études dans l'Ordre. De 1261 à 1265, ensuite, Thomas était à Orvieto. Le Pape Urbain iv, qui nourrissait à son égard une grande estime, lui commanda la composition de textes liturgiques pour la fête du Corpus Domini, que nous célébrons demain, instituée suite au miracle eucharistique de Bolsena. Thomas eut une âme d'une grande sensibilité eucharistique. Les très beaux hymnes que la liturgie de l'Eglise chante pour célébrer le mystère de la présence réelle du Corps et du Sang du Seigneur dans l'Eucharistie sont attribués à sa foi et à sa sagesse théologique. De 1265 à 1268, Thomas résida à Rome où, probablement, il dirigeait un Studium, c'est-à-dire une maison des études de l'ordre, et où il commença à écrire sa Summa Theologiae (cf. Jean-Pierre Torell, Thomas d'Aquin. L'homme et le théologien, Casale Monf., 1994).

En 1269, il fut rappelé à Paris pour un second cycle d'enseignement. Les étudiants - on les comprend - étaient enthousiastes de ses leçons. L'un de ses anciens élèves déclara qu'une très grande foule d'étudiants suivaient les cours de Thomas, au point que les salles parvenaient à peine à tous les contenir et il ajoutait dans une remarque personnelle que "l'écouter était pour lui un profond bonheur". L'interprétation d'Aristote donnée par Thomas n'était pas acceptée par tous, mais même ses adversaires dans le domaine académique, comme Godefroid de Fontaines, par exemple, admettaient que la doctrine du frère Thomas était supérieure à d'autres par son utilité et sa valeur et permettait de corriger celles de tous les autres docteurs. Peut-être aussi pour le soustraire aux vives discussions en cours, les supérieurs l'envoyèrent encore une fois à Naples, pour être à disposition du roi Charles I, qui entendait réorganiser les études universitaires.

Outre les études et l'enseignement, Thomas se consacra également à la prédication au peuple. Et le peuple aussi venait volontiers l'écouter. Je dirais que c'est vraiment une grande grâce lorsque les théologiens savent parler avec simplicité et ferveur aux fidèles. Le ministère de la prédication, d'autre part, aide à son tour les chercheurs en théologie à un sain réalisme pastoral, et enrichit leur recherche de vifs élans.

Les derniers mois de la vie terrestre de Thomas restent entourés d'un climat particulier, mystérieux dirais-je. En décembre 1273, il appela son ami et secrétaire Réginald pour lui communiquer sa décision d'interrompre tout travail, parce que, pendant la célébration de la Messe, il avait compris, suite à une révélation surnaturelle, que tout ce qu'il avait écrit jusqu'alors n'était qu'"un monceau de paille". C'est un épisode mystérieux, qui nous aide à comprendre non seulement l'humilité personnelle de Thomas, mais aussi le fait que tout ce que nous réussissons à penser et à dire sur la foi, aussi élevé et pur que ce soit, est infiniment dépassé par la grandeur et par la beauté de Dieu, qui nous sera révélée en plénitude au Paradis. Quelques mois plus tard, absorbé toujours davantage dans une profonde méditation, Thomas mourut alors qu'il était en route vers Lyon, où il se rendait pour prendre part au Concile œcuménique convoqué par le Pape Grégoire X. Il s'éteignit dans l'Abbaye cistercienne de Fossanova, après avoir reçu le Viatique avec des sentiments de grande piété.

La vie et l'enseignement de saint Thomas d'Aquin pourrait être résumés dans un épisode rapporté par les anciens biographes. Tandis que le saint, comme il en avait l'habitude, était en prière devant le crucifix, tôt le matin dans la chapelle "San Nicola" à Naples, Domenico da Caserta, le sacristain de l'Eglise, entendit un dialogue. Thomas demandait inquiet, si ce qu'il avait écrit sur les mystères de la foi chrétienne était juste. Et le Crucifié répondit: "Tu as bien parlé de moi, Thomas. Quelle sera ta récompense?". Et la réponse que Thomas donna est celle que nous aussi, amis et disciples de Jésus, nous voudrions toujours lui dire: "Rien d'autre que Toi, Seigneur!" (Ibid., p. 320).

* * *

Je confie à votre prière, chers pèlerins francophones, mon Voyage Apostolique à Chypre et tous les Chrétiens du Moyen Orient. Priez aussi pour les prêtres et les séminaristes. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner dans votre vie! Que Dieu vous bénisse!

APPEL DU PAPEC'est avec une profonde inquiétude que je suis les tragiques épisodes qui ont eu lieu à proximité de la Bande de Gaza. Je ressens le besoin d'exprimer mes sincères condoléances pour les victimes de ces douloureux événements, qui inquiètent tous ceux qui ont à cœur la paix dans la région. Encore une fois, je répète avec une grande tristesse que la violence ne résout pas les différends, mais qu'elle en accroît au contraire les douloureuses circonstances et engendre d'autres violences. Je fais appel à tous ceux qui ont des responsabilités politiques au niveau local et international afin qu'ils recherchent sans attendre des solutions justes à travers le dialogue, de manière à garantir aux populations de la région de meilleures conditions de vie, dans la concorde et la sérénité. Je vous invite à vous unir à moi dans la prière pour les victimes, pour leurs proches et pour tous ceux qui souffrent. Que le Seigneur soutienne les efforts de ceux qui ne se lassent pas d'œuvrer pour la réconciliation et pour la paix.

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SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100602_fr.html


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre, Mercredi 16 juin 2010

Saint Thomas d'Aquin (2)


  Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd'hui continuer la présentation de saint Thomas d'Aquin, un théologien d'une telle valeur que l'étude de sa pensée a été explicitement recommandée par le Concile Vatican II dans deux documents, le décret Optatam totius, sur la formation au sacerdoce, et la déclaration Gravissimum educationis, qui traite de l'éducation chrétienne. Du reste, déjà en 1880, le Pape Léon XIII, son grand amateur et promoteur des études thomistes, voulut déclarer saint Thomas Patron des écoles et des universités catholiques.

La principale raison de cette estime réside non seulement dans le contenu de son enseignement, mais aussi dans la méthode qu'il a adoptée, notamment sa nouvelle synthèse et distinction entre philosophie et théologie. Les Pères de l'Eglise se trouvaient confrontés à diverses philosophies de type platonicien, dans lesquelles était présentée une vision complète du monde et de la vie, y compris la question de Dieu et de la religion. En se confrontant avec ces philosophies, eux-mêmes avaient élaboré une vision complète de la réalité, en partant de la foi et en utilisant des éléments du platonisme, pour répondre aux questions essentielles des hommes. Cette vision, basée sur la révélation biblique et élaborée avec un platonisme corrigé à la lumière de la foi, ils l’appelaient «notre philosophie». Le terme de «philosophie» n'était donc pas l'expression d'un système purement rationnel et, en tant que tel, distinct de la foi, mais indiquait une vision d'ensemble de la réalité, construite à la lumière de la foi, mais faite sienne et pensée par la raison; une vision qui, bien sûr, allait au-delà des capacités propres de la raison, mais qui, en tant que telle, était aussi satisfaisante pour celle-ci. Pour saint Thomas, la rencontre avec la philosophie pré-chrétienne d'Aristote (mort vers 322 av. J.-C.) ouvrait une perspective nouvelle. La philosophie aristotélicienne était, évidemment, une philosophie élaborée sans connaissance de l’Ancien et du Nouveau Testament, une explication du monde sans révélation, par la raison seule. Et cette rationalité conséquente était convaincante. Ainsi, l'ancienne formule de «notre philosophie» des Pères ne fonctionnait plus. La relation entre philosophie et théologie, entre foi et raison, était à repenser. Il existait une «philosophie» complète et convaincante en elle-même, une rationalité précédant la foi, et puis la «théologie», une pensée avec la foi et dans la foi. La question pressante était celle-ci: le monde de la rationalité, la philosophie pensée sans le Christ, et le monde de la foi sont-ils compatibles? Ou bien s'excluent-ils? Il ne manquait pas d'éléments qui affirmaient l'incompatibilité entre les deux mondes, mais saint Thomas était fermement convaincu de leur compatibilité — et même que la philosophie élaborée sans la connaissance du Christ attendait en quelque sorte la lumière de Jésus pour être complète. Telle a été la grande «surprise» de saint Thomas, qui a déterminé son parcours de penseur. Montrer cette indépendance entre la philosophie et la théologie et, dans le même temps, leur relation réciproque a été la mission historique du grand maître. Et on comprend ainsi que, au XIXe siècle, alors que l'on déclarait avec force l'incompatibilité entre la raison moderne et la foi, le Pape Léon XIII indiqua saint Thomas comme guide dans le dialogue entre l'une et l'autre. Dans son travail théologique, saint Thomas suppose et concrétise cette relation. La foi consolide, intègre et illumine le patrimoine de vérité que la raison humaine acquiert. La confiance que saint Thomas accorde à ces deux instruments de la connaissance — la foi et la raison — peut être reconduite à la conviction que toutes deux proviennent de l'unique source de toute vérité, le Logos divin, qui est à l'œuvre aussi bien dans le domaine de la création que dans celui de la rédemption.

En plus de l'accord entre la raison et la foi, il faut reconnaître, d'autre part, que celles-ci font appel à des processus de connaissance différents. La raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, médiate ou immédiate; la foi, en revanche, accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu qui est révélée. Saint Thomas écrit au début de sa Summa Theologiae: «L'ordre des sciences est double; certaines procèdent de principes connus à travers la lumière naturelle de la raison, comme les mathématiques, la géométrie et équivalents; d'autres procèdent de principes connus à travers une science supérieure, c'est-à-dire la science de Dieu et des saints» (I, q. 1, a. 2).

Cette distinction assure l'autonomie autant des sciences humaines que des sciences théologiques. Celle-ci n'équivaut pas toutefois à une séparation, mais implique plutôt une collaboration réciproque et bénéfique. La foi, en effet, protège la raison de toute tentation de manquer de confiance envers ses propres capacités, elle l'encourage à s'ouvrir à des horizons toujours plus vastes, elle garde vivante en elle la recherche des fondements et, quand la raison elle-même s'applique à la sphère surnaturelle du rapport entre Dieu et l'homme, elle enrichit son travail. Selon saint Thomas, par exemple, la raison humaine peut sans aucun doute parvenir à l’affirmation de l'existence d'un Dieu unique, mais seule la foi, qui accueille la Révélation divine, est en mesure de puiser au mystère de l'Amour du Dieu Un et Trine.

Par ailleurs, ce n'est pas seulement la foi qui aide la raison. La raison elle aussi, avec ses moyens, peut faire quelque chose d'important pour la foi, en lui rendant un triple service que saint Thomas résume dans le préambule de son commentaire au De Trinitate de Boèce: «Démontrer les fondements de la foi; expliquer à travers des similitudes les vérités de la foi; repousser les objections qui sont soulevées contre la foi» (q. 2, a. 2). Toute l'histoire de la théologie est, au fond, l'exercice de cet engagement de l'intelligence, qui montre l'intelligibilité de la foi, son articulation et son harmonie interne, son caractère raisonnable, sa capacité à promouvoir le bien de l'homme. La justesse des raisonnements théologiques et leur signification réelle de connaissance se basent sur la valeur du langage théologique, qui est, selon saint Thomas, principalement un langage analogique. La distance entre Dieu, le Créateur, et l'être de ses créatures est infinie; la dissimilitude est toujours plus grande que la similitude (cf. DS 806). Malgré tout, dans toute la différence entre le Créateur et la créature, il existe une analogie entre l'être créé et l'être du Créateur, qui nous permet de parler avec des paroles humaines sur Dieu.

Saint Thomas a fondé la doctrine de l'analogie, outre que sur des thèmes spécifiquement philosophiques, également sur le fait qu'à travers la Révélation, Dieu lui-même nous a parlé et nous a donc autorisés à parler de Lui. Je considère qu'il est important de rappeler cette doctrine. En effet, celle-ci nous aide à surmonter certaines objections de l'athéisme contemporain, qui nie que le langage religieux soit pourvu d'une signification objective, et soutient au contraire qu'il a uniquement une valeur subjective ou simplement émotive. Cette objection découle du fait que la pensée positiviste est convaincue que l'homme ne connaît pas l'être, mais uniquement les fonctions qui peuvent être expérimentées par la réalité. Avec saint Thomas et avec la grande tradition philosophique, nous sommes convaincus qu'en réalité, l'homme ne connaît pas seulement les fonctions, objet des sciences naturelles, mais connaît quelque chose de l'être lui-même, par exemple, il connaît la personne, le Toi de l'autre, et non seulement l'aspect physique et biologique de son être.

A la lumière de cet enseignement de saint Thomas, la théologie affirme que, bien que limité, le langage religieux est doté de sens — car nous touchons l'être — comme une flèche qui se dirige vers la réalité qu'elle signifie. Cet accord fondamental entre raison humaine et foi chrétienne est présent dans un autre principe fondamental de la pensée de saint Thomas d'Aquin: la Grâce divine n'efface pas, mais suppose et perfectionne la nature humaine. En effet, cette dernière, même après le péché, n'est pas complètement corrompue, mais blessée et affaiblie. La grâce, diffusée par Dieu et communiquée à travers le Mystère du Verbe incarné, est un don absolument gratuit avec lequel la nature est guérie, renforcée et aidée à poursuivre le désir inné dans le cœur de chaque homme et de chaque femme: le bonheur. Toutes les facultés de l'être humain sont purifiées, transformées et élevées dans la Grâce divine.

Une application importante de cette relation entre la nature et la Grâce se retrouve dans la théologie morale de saint Thomas d'Aquin, qui apparaît d'une grande actualité. Au centre de son enseignement dans ce domaine, il place la loi nouvelle, qui est la loi de l'Esprit Saint. Avec un regard profondément évangélique, il insiste sur le fait que cette loi est la Grâce de l'Esprit Saint donnée à tous ceux qui croient dans le Christ. A cette Grâce s'unit l'enseignement écrit et oral des vérités doctrinales et morales, transmises par l'Eglise. Saint Thomas, en soulignant le rôle fondamental, dans la vie morale, de l'action de l'Esprit Saint, de la Grâce, dont jaillissent les vertus théologales et morales, fait comprendre que chaque chrétien peut atteindre les autres perspectives du «Sermon sur la montagne» s’il vit un rapport authentique de foi dans le Christ, s'il s'ouvre à l'action de son Saint Esprit. Mais — ajoute saint Thomas d'Aquin — «même si la grâce est plus efficace que la nature, la nature est plus essentielle pour l'homme» (Summa Theologiae, Ia, q.29. a. 3), c'est pourquoi, dans la perspective morale chrétienne, il existe une place pour la raison, qui est capable de discerner la loi morale naturelle. La raison peut la reconnaître en considérant ce qu'il est bon de faire et ce qu'il est bon d'éviter pour atteindre le bonheur qui tient au cœur de chacun, et qui impose également une responsabilité envers les autres, et donc, la recherche du bien commun. En d'autres termes, les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La Grâce divine accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais, en soi, selon saint Thomas, tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine exprimées dans la loi naturelle et à s'inspirer d'elle dans la formulation des lois positives, c'est-à-dire de celles émanant des autorités civiles et politiques pour réglementer la coexistence humaine.

Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qu'elle implique sont niées, on ouvre de façon dramatique la voie au relativisme éthique sur le plan individuel et au totalitarisme de l'Etat sur le plan politique. La défense des droits universels de l'homme et l'affirmation de la valeur absolue de la dignité de la personne présupposent un fondement. Ce fondement n'est-il pas la loi naturelle, avec les valeurs non négociables qu'elle indique? Le vénérable Jean-Paul II écrivait dans son encyclique Evangelium vitae des paroles qui demeurent d'une grande actualité: «Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun Etat ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir» (n. 71).

En conclusion, Thomas nous propose un concept de la raison humaine ample et confiant: ample, car il ne se limite pas aux espaces de la soi-disant raison empirique-scientifique, mais il est ouvert à tout l'être et donc également aux questions fondamentales et auxquelles on ne peut renoncer de la vie humaine; et confiant, car la raison humaine, surtout si elle accueille les inspirations de la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité de la personne, le caractère intangible de ses droits et le caractère coercitif de ses devoirs. Il n'est pas surprenant que la doctrine sur la dignité de la personne, fondamentale pour la reconnaissance du caractère inviolable de l'homme, se soit développée dans des domaines de pensée qui ont recueilli l'héritage de saint Thomas d'Aquin, qui avait une conception très élevée de la créature humaine. Il la définit, à travers son langage rigoureusement philosophique, comme «ce qui se trouve de plus parfait dans toute la nature, c'est-à-dire un sujet subsistant dans une nature rationnelle» (Summa Theologiae, Ia, q. 29, a. 3).

La profondeur de la pensée de saint Thomas d'Aquin découle — ne l'oublions jamais — de sa foi vivante et de sa piété fervente, qu'il exprimait dans des prières inspirées, comme celle où il demande à Dieu: «Accorde-moi, je t'en prie, une volonté qui te recherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaît, une persévérance qui t'attend avec patience et une confiance qui parvienne à la fin à te posséder».

* * *

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins de langue française, venus particulièrement de France et de Belgique. Que votre pèlerinage à Rome soit pour vous l'occasion de découvrir toujours plus profondément le visage du Seigneur. Que Dieu vous bénisse!
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SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100616_fr.html



BENOÎT XVI



AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI, Mercredi 23 juin 2010



Saint Thomas d'Aquin (3)


Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd’hui compléter, par une troisième partie, mes catéchèses sur saint Thomas d’Aquin. Même à 700 ans de sa mort nous pouvons beaucoup apprendre de lui. C’est ce que rappelait également mon prédécesseur, le Pape Paul VI, qui, dans un discours prononcé à Fossanova le 14 septembre 1974, à l’occasion du septième centenaire de la mort de saint Thomas, se demandait: «Maître Thomas, quelle leçon peux-tu nous donner?». Et il répondit ainsi: «La confiance dans la vérité de la pensée religieuse catholique, telle qu’il la défendit, l’exposa, l’ouvrit à la capacité cognitive de l’esprit humain» (Insegnamenti di Paolo VI, XII [1974], pp. 833-834). Et, le même jour, à Aquin, se référant toujours à saint Thomas, il affirmait: «Tous, nous qui sommes des fils fidèles de l'Eglise, nous pouvons et nous devons, au moins dans une certaine mesure, être ses disciples!» (ibid., p. 836).

Mettons-nous donc nous aussi à l’école de saint Thomas et de son chef-d’œuvre, la Summa Theologiae. Celle-ci, bien qu’étant inachevée, est une œuvre monumentale: elle contient 512 questions et 2669 articles. Il s’agit d’un raisonnement serré, dans lequel l’application de l’intelligence humaine aux mystères de la foi procède avec clarté et profondeur, mêlant des questions et des réponses, dans lesquelles saint Thomas approfondit l’enseignement qui vient de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise, en particulier saint Augustin. Dans cette réflexion, dans la rencontre de vraies questions de son époque, qui sont aussi et souvent des questions de notre temps, saint Thomas, utilisant également la méthode et la pensée des philosophes antiques, en particulier Aristote, arrive à des formulations précises, lucides et pertinentes des vérités de la foi, où la vérité est don de la foi, où elle resplendit et nous devient accessible, ainsi qu’à notre réflexion. Cependant, cet effort de l’esprit humain — rappelle saint Thomas à travers sa vie elle-même — est toujours éclairé par la prière, par la lumière qui vient d’En-haut. Seul celui qui vit avec Dieu et avec ses mystères pour comprendre ce qu’ils disent.

Dans la Summa de théologie, saint Thomas part du fait qu’il existe trois différentes façons de l'être et de l’essence de Dieu: Dieu existe en lui-même, il est le principe et la fin de toute chose, c’est pourquoi toutes les créatures procèdent et dépendent de Lui; ensuite, Dieu est présent à travers sa Grâce dans la vie et dans l’activité du chrétien, des saints; enfin, Dieu est présent d’une manière toute particulière en la Personne du Christ et dans les Sacrements, qui naissent de son œuvre rédemptrice. Mais la structure de cette œuvre monumentale (cf. Jean-Pierre Torrell, La «Summa» di San Tommaso, Milan 2003, pp. 29-75), une recherche de la plénitude de Dieu avec un «regard théologique» (cf. Summa Theologiae, Ia, q. 1, a. 7), est articulée en trois parties, et est illustrée par le Doctor Communis lui-même — saint Thomas — avec ces mots: «Le but principal de la sainte doctrine est celui de faire connaître Dieu, et pas seulement en lui-même, mais également en tant que principe et fin des choses, et spécialement de la créature raisonnable. Dans l’intention d’exposer cette doctrine, nous traiterons en premier de Dieu; en deuxième du mouvement de la créature vers Dieu; et en troisième du Christ, qui, en tant qu’homme, est pour nous le chemin pour monter vers Dieu» (ibid., i, q. 2). C’est un cercle: Dieu en lui-même, qui sort de lui-même et nous prend par la main, afin qu’avec le Christ nous retournions à Dieu, nous soyons unis à Dieu, et Dieu sera tout en tous.

La première partie de la Summa Theologiae enquête donc sur Dieu en lui-même, sur le mystère de la Trinité et sur l’activité créatrice de Dieu. Dans cette partie, nous trouvons également une profonde réflexion sur la réalité authentique de l’être humain en tant que sorti des mains créatrices de Dieu, fruit de son amour. D’une part nous sommes un être créé, dépendant, nous ne venons pas de nous-mêmes, mais de l’autre, nous avons une véritable autonomie, ainsi nous ne sommes pas seulement quelque chose d’apparent — comme disent certains philosophes platoniciens — mais une réalité voulue par Dieu comme telle, et qui possède une valeur en elle-même.

Dans la deuxième partie, saint Thomas considère l’homme, animé par la grâce, dans son aspiration à connaître et à aimer Dieu pour être heureux dans le temps et pour l’éternité. L’auteur présente tout d’abord les principes théologiques de l’action morale, en étudiant comment, dans le libre choix de l’homme d’accomplir des actes bons, s’intègrent la raison, la volonté et les passions, auxquelles s’ajoute la force que donne la Grâce de Dieu à travers les vertus et les dons de l’Esprit Saint, ainsi que l’aide qui est offerte également par la loi morale. Ainsi, l'être humain est un être dynamique qui se cherche lui-même, qui aspire à être lui-même et cherche, de cette manière, à accomplir des actes qui l’édifient, qui le font devenir vraiment homme; et celui qui pénètre dans la loi morale, pénètre dans la grâce, dans sa propre raison, sa volonté et ses passions. Sur ce fondement, saint Thomas trace la physionomie de l’homme qui vit selon l’Esprit et qui devient, ainsi, une icône de Dieu. Saint Thomas s’arrête ici pour étudier les trois vertus théologales — la foi, l’espérance et la charité —, suivies de l’examen approfondi de plus de cinquante vertus morales, organisées autour des quatre vertus cardinales: la prudence, la justice, la tempérance et la force. Il termine ensuite par une réflexion sur les différentes vocations dans l'Eglise.

Dans la troisième partie de la Summa, saint Thomas étudie le Mystère du Christ — le chemin et la vérité — au moyen duquel nous pouvons rejoindre Dieu le Père. Dans cette section, il écrit des pages presque uniques sur le Mystère de l’Incarnation et de la Passion de Jésus, en ajoutant ensuite une vaste réflexion sur les sept Sacrements, car en eux le Verbe divin incarné étend les bénéfices de l’Incarnation pour notre salut, pour notre chemin de foi vers Dieu et la vie éternelle et demeure presque présent matériellement avec la réalité de la création et nous touche ainsi au plus profond de nous-mêmes.

En parlant des Sacrements, saint Thomas s’arrête de manière particulière sur le Mystère de l’Eucharistie, pour lequel il eut une très grande dévotion, au point que, selon ses antiques biographes, il avait l’habitude d’approcher son visage du Tabernacle comme pour sentir battre le Cœur divin et humain de Jésus. Dans l’une de ses œuvres de commentaire de l'Ecriture, saint Thomas nous aide à comprendre l’excellence du Sacrement de l’Eucharistie, lorsqu’il écrit: «L’Eucharistie étant le Sacrement de la Passion de notre Seigneur, elle contient Jésus Christ qui souffrit pour nous. Et donc, tout ce qui est l’effet de la Passion de notre Seigneur, est également l’effet de ce sacrement, n’étant autre que l’application en nous de la Passion du Seigneur» (In Ioannem, c.6, lect. 6, n. 963). Nous comprenons bien pourquoi saint Thomas et d’autres saints ont célébré la Messe en versant des larmes de compassion pour le Seigneur, qui s’offre en sacrifice pour nous, des larmes de joie et de gratitude.

Chers frères et sœurs, à l'école des saints, tombons amoureux de ce Sacrement! Participons à la Messe avec recueillement, pour en obtenir des fruits spirituels, nourrissons-nous du Corps et du Sang du Seigneur, pour être sans cesse nourris par la Grâce divine! Entretenons-nous volontiers et fréquemment, familièrement, avec le Très Saint Sacrement!

Ce que saint Thomas a illustré avec une grande rigueur scientifique dans ses œuvres théologiques majeures, comme justement la Summa Theologiae, et également la Summa contra Gentiles a été exposé dans sa prédication, adressée aux étudiants et aux fidèles. En 1273, un an avant sa mort, pendant toute la période du Carême, il tint des prédications dans l'église San Domenico Maggiore à Naples. Le contenu de ces sermons a été recueilli et conservé: ce sont les Opuscules, où il explique le Symbole des Apôtres, interprète la prière du Notre Père, illustre le Décalogue et commente l'Ave Maria. Le contenu des prédications du Doctor Angelicus correspond presque tout entier à la structure du Catéchisme de l'Eglise catholique. En effet, dans la catéchèse et dans la prédication, à une époque comme la nôtre d'engagement renouvelé pour l'évangélisation, ces arguments fondamentaux ne devraient jamais faire défaut: ce que nous croyons, et voici le Symbole de la foi; ce que nous prions, et voici le Notre Père et l'Ave Maria; et ce que nous vivons comme nous l'enseigne la Révélation biblique, et voici la loi de l'amour de Dieu et du prochain et les Dix Commandements comme explication de ce mandat de l’amour.

Je voudrais proposer quelques exemples du contenu, simple, essentiel et convaincant, de l'enseignement de saint Thomas. Dans son Opuscule sur le Symbole des Apôtres, il explique la valeur de la foi. Par l'intermédiaire de celle-ci, dit-il, l'âme s'unit à Dieu, et il se produit comme un bourgeon de vie éternelle; la vie reçoit une orientation sûre, et nous dépassons avec aisance les tentations. A qui objecte que la foi est une stupidité, parce qu’elle fait croire en quelque chose qui n'appartient pas à l'expérience des sens, saint Thomas offre une réponse très articulée, et il rappelle que cela est un doute inconsistant, parce que l'intelligence humaine est limitée et ne peut pas tout connaître. Ce n'est que dans le cas où nous pourrions connaître parfaitement toutes les choses visibles et invisibles, que ce serait alors une authentique sottise d'accepter des vérités par pure foi. Par ailleurs, il est impossible de vivre, observe saint Thomas, sans se fier à l'expérience des autres, là où la connaissance personnelle n'arrive pas. Il est donc raisonnable de prêter foi à Dieu qui se révèle et au témoignage des Apôtres: ils étaient un petit nombre, simples et pauvres, bouleversés par la Crucifixion de leur Maître; pourtant beaucoup de personnes sages, nobles et riches se sont converties en peu de temps à l'écoute de leur prédication. Il s'agit, en effet, d'un phénomène historiquement prodigieux, auquel on peut difficilement donner une autre réponse raisonnable, sinon celle de la rencontre des Apôtres avec le Christ ressuscité.

En commentant l'article du Symbole sur l'Incarnation du Verbe divin, saint Thomas fait certaines considérations. Il affirme que la foi chrétienne, si l'on considère le mystère de l'Incarnation, se trouve renforcée; l'espérance s'élève plus confiante, à la pensée que le Fils de Dieu est venu parmi nous, comme l'un de nous pour communiquer aux hommes sa divinité; la charité est ravivée, parce qu'il n'y a pas de signe plus évident de l'amour de Dieu pour nous, que de voir le Créateur de l'univers se faire lui-même créature, un de nous. Enfin, si l'on considère le mystère de l'Incarnation de Dieu, nous sentons s'enflammer notre désir de rejoindre le Christ dans la gloire. Pour faire une comparaison simple mais efficace, saint Thomas observe: «Si le frère d'un roi était loin, il brûlerait certainement de pouvoir vivre à ses côtés. Eh bien, le Christ est notre frère: nous devons donc désirer sa compagnie, devenir un seul cœur avec lui» (Opuscoli teologico-spirituali, Rome 1976, p. 64).

En présentant la prière du Notre Père, saint Thomas montre qu'elle est en soit parfaite, ayant les cinq caractéristiques qu'une oraison bien faite devrait posséder: l'abandon confiant et tranquille; un contenu convenable, car — observe saint Thomas — «il est très difficile de savoir exactement ce qu'il est opportun de demander ou non, du moment que nous sommes en difficulté face à la sélection des désirs» (Ibid., p. 120); et puis l'ordre approprié des requêtes, la ferveur de la charité et la sincérité de l'humilité.

Saint Thomas a été, comme tous les saints, un grand dévot de la Vierge. Il l'a appelée d'un nom formidable: Triclinium totius Trinitatis, triclinium, c'est-à-dire lieu où la Trinité trouve son repos, parce qu'en raison de l'Incarnation, en aucune créature comme en elle, les trois Personnes divines habitent et éprouvent délice et joie à vivre dans son âme pleine de Grâce. Par son intercession nous pouvons obtenir tous les secours.

Avec une prière qui est traditionnellement attribuée à saint Thomas et qui, quoi qu'il en soit, reflète les éléments de sa profonde dévotion mariale, nous disons nous aussi: « O bienheureuse et très douce Vierge Marie, Mère de Dieu..., je confie à ton cœur miséricordieux toute ma vie... Obtiens-moi, ô ma très douce Dame, la véritable charité, avec laquelle je puisse aimer de tout mon cœur ton très saint Fils et toi, après lui, par dessus toute chose, et mon prochain en Dieu et pour Dieu ».

* * *

Je salue les pèlerins francophones, particulièrement les jeunes collégiens et les Vietnamiens présents. Puissions-nous suivre avec générosité le chemin que saint Thomas d’Aquin nous indique ! Que la Vierge Marie vous accompagne ! Bon pèlerinage à tous !

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2010/documents/hf_ben-xvi_aud_20100623_fr.html



Les cinq voies de Saint Thomas d'Aquin

PROLOGUE DE SAINT JEAN

« Dans le Principe était Le Logos, et le Verbe était tourné vers Dieu. Et c’est Dieu qui était Verbe. Ainsi en était-il dans le Principe en Dieu. Et tout ce qui devient est par lui, et rien de ce qui est devenu n’est devenu sans Lui. Et ce qui est devenu était vie en lui. Et la Vie était la Lumière des hommes. Et la Lumière luit dans la Ténèbre, et la Ténèbre n’a pas compris. [...] La Lumière véritable existait, éclairant tout homme qui vient dans ce monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle et le monde ne la connaissait pas. Et elle vint dans son domaine, et ses vassaux ne la reçurent point. Mais à ceux qui la reçurent elle donna le pouvoir de devenir enfants de Dieu : à ceux qui croient en son nom qui sont nés, non pas du mélange des sangs, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. Car le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous ; et nous avons vu sa gloire : une gloire digne de l’Unique Engendré du Père ; la plénitude de la grâce et de la Vérité ».

PREMIERE VOIE : Elle est fondée sur « l’observation du mouvement des êtres dans le monde ». Le mouvement, défini comme le passage à l’acte d’un être en puissance relativement à cet acte, est causé par un autre être qui joue le rôle de moteur ou d’agent du changement, celui-ci à son tour est mû par un autre, mais on ne saurait remonter à l’infini dans la série des mouvements, car alors on ne pourrait assigner un commencement (fini) au mouvement. Mais si éternellement rien ne se meut, éternellement rien ne se mouvra et il n’y aurait pas de mouvement. Il faut donc poser l’existence d’un « Moteur Premier » non mû seul à même d’expliquer le mouvement, que tous reconnaissent comme Dieu !

DEUXIEME VOIE : Elle est fondée sur la notion et la réalité tout aussi aristotélicienne de cause. Tout être ou toute modification d’être advient comme l’effet d’un être antérieur (logique !) qui joue à son égard le rôle de cause et qui est lui-même l’effet d’un autre et ainsi de suite… Toutefois, comme le première voie, on ne peut aller à l’infini dans la série des causes, cela signifierait qu’il n’y aurait pas de commencement assignable et donc pas de suite ni de série causale. Il faut donc poser l’existence d’une « Cause Première » incausée « que tous appellent Dieu » !

TROISIEME VOIE : Elle est fondée sur la distinction qui n’avait pas retenu l’attention d’Aristote de « l’être possible » ou contingent et de « l’être nécessaire » (Dieu). Ici, Saint Thomas tire une partie de la pensée des philosophes arabes, en particulier d’Avicenne. Pour ce dernier, parmi les objets intelligibles que contemple le métaphysicien, il en est un qui jouit d’un privilège particulier : c’est l’être. Etre un homme n’est pas être un cheval ou un arbre, mais dans les trois cas, c’est être un être ou un existant ! Pourtant, cette notion n’est pas simple : elle se dédouble immédiatement en être nécessaire et être possible. On appelle possible un être qui peut exister mais qui n’existera jamais s’il n’est pas produit par une cause, on appelle nécessaire ce qui n’a pas de cause et, en vertu de sa propre essence, ne peut pas ne pas exister. Dans une métaphysique dont l’objet propre est l’essence, ces distinctions conceptuelles équivalent à une division des êtres. En fait, l’expérience ne nous fait connaître que des êtres dont l’existence dépend de certaines causes : chacun est possible mais leur causes aussi. La série totale des êtres est donc un simple possible. Il ne sert à rien d’allonger indéfiniment la série des causes : si les possibles existent, c’est qu’existe aussi un être nécessaire, cause de leur existence. Le Dieu d’Avicenne est donc le « Necesse esse » par définition, l’Être Nécessaire : il possède l’existence en vertu de sa seule essence ou encore, dit autrement, essence et existence ne font qu’un en lui, c’est pourquoi il est indéfinissable. Il est, quod est, mais si l’on demande ce qu’il est, quid est, il n’y a pas de réponse ! Son cas est unique. Dans cette troisième voie, (un peu longue, désolé !) Saint Thomas reprend donc à son compte non seulement la distinction entre le possible et le nécessaire mais aussi la marche générale de la preuve qui conduit à poser l’existence d’un Être Nécessaire que tous appellent Dieu !

QUATRIEME VOIE : « On voit en effet dans les choses du plus ou moins bon, du plus ou moins vrai, du plus ou moins noble » (Saint Thomas). Elle part de la constatation qu’il y a des degrés dans les êtres. En effet, il y a des degrés de beauté, de bonté dans les choses, qui ne s’entendent que par rapport au Beau, au Vrai, au Bon en soi. D’inspiration platonicienne et donc assez différente des trois premières, cette voie ne s’écarte pas néanmoins de l’inspiration aristotélicienne. Pour être clair, cette voie peut-être mise sous la forme syllogistique suivante : Des êtres possédant imparfaitement leur perfection la tiennent d’un être qui la possède par soi, ou sont causés par un être qui possède cette perfection dans ce genre (du bon, du vrai, du beau). Donc quelque Être possédant la perfection par soi est existant. En conclusion, « il y a donc un être qui est, pour tous les êtres, causes d’êtres, de bonté et de toute perfection. C’est lui que nous appelons Dieu ! »

CINQUIEME VOIE : Elle part de la constatation de « l’ordre du monde ». Elle peut-être considérée comme une application de la cause finale (quatrième cause reconnue par Aristote). Les divers êtres que nous voyons, les astres, les plantes, les animaux suivent un ordre qui délimite leur place, c’est l’ordre statique ou structurel, et leur mouvement ou évolution, c’est l’ordre dynamique. Il y a donc un Être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet Être, c’est lui que nous appelons tous Dieu !

POUR CONCLURE… Si le mouvement (première voie), les causes efficientes (deuxième voie), ce qui naît et meurt ou le devenir des êtres (troisième voie), les degrés de perfection des êtres (quatrième voie), l’ordre manifesté par les choses inanimées (cinquième voie) permettent de conclure à l’existence de Dieu, c’est parce qu’ils existent ! Il suffit d’assigner la raison suffisante complète d’une seule existence quelconque empiriquement donnée pour prouver l’existence de Dieu.

--> En conclusion finale, pour continuer dans la pure logique de ce qui vient d’être dit, tout ce qui existe vient nécessairement de Dieu. Ceux qui affirmeraient le contraire même par un discours rationnellement "décoré" se trouvent dans l’erreur et non dans la Vérité. Ne l’oublions pas, notre Vérité Incarnée, c’est seulement Jésus-Christ, notre « LOGOS SUPRÊME » à tous !

SOURCE : http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-3574621.html

Saint Thomas d'Aquin, prêtre et docteur de l'Eglise
Né dans une noble famille napolitaine, élevé à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin, Thomas choisit cependant, à 19 ans, d'entrer chez les Frères Prêcheurs. Sa famille, contrariée, le fait enlever et enfermer. Au bout d'un an, Thomas peut enfin suivre sa vocation. On l'envoie à Paris pour y suivre les cours en Sorbonne où il étudie sous la férule de saint Albert le Grand. Devenu professeur à son tour, Thomas s'attelle à un gigantesque travail pour mettre en œuvre la correspondance entre la philosophie d’Aristote, la Bible et la tradition patristique ; il élabore une pensée originale, qu'il expose dans de multiples ouvrages, dont le plus connu est la "Somme Théologique". Il déploie une activité prodigieuse entre l’enseignement, la participation aux débats philosophiques et théologiques du temps, les missions à l’étranger, l’étude et la vie spirituelle qui reste première et où il puise les ressources de son génie. Il meurt en Italie sur la route de Lyon où il devait participer au grand concile de 1274.        

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/01/28/2015/-/saint-thomas-d-aquin-pretre-et-docteur-de-l-eglise


Saint Thomas d'Aquin

Issu d’une vieille famille féodale d’origine normande et germanique, saint Thomas d’Aquin naquit vers la fin de l’année 1224 ; son père, Landolphe, comte d’Aquin, seigneur de Loretto et de Belcastro, était allié à la famille impériale (le père de Landolphe, Thomas, avait épousé Françoise de Souabe, sœur de l’Empereur), tandis que sa mère, Théodora , comtesse de Teano, descendait des princes normands qui s’étaient taillé un royaume, au sud de l’Italie. Alors qu’elle était enceinte, Théodora reçut au château de Rocca Secca un ermite qui, lui montrant un portrait de saint Dominique [saint Dominique était déjà mort (6 août 1221) mais il n’était pas encore canonisé (3 juillet 1234)], lui dit : « Réjouissez-vous, Madame, vous donnerez le jour à un enfant que vous nommerez Thomas ; vous songerez à en faire un moine du Mont-Cassin, mais Dieu en a disposé autrement ; l’enfant deviendra un frère de l’ordre des frères prêcheurs et il brillera d’un tel éclat de science et de sainteté qu’il n’aura pas son pareil au monde. »

L’enfant dont le parrain fut le pape Honorius III, reçut le prénom de Thomas et fut très tôt confié au monastère bénédictin du Mont-Cassin dont son oncle, Sunnibald, était l’abbé. Thomas se fit autant remarquer par sa piété que son intelligence ; l’abbé du Mont-Cassin et son père décidèrent de l’inscrire à l’université de Naples pour étudier les Arts libéraux. C’est à l’université de Naples qu’il s’initia aux écrits d’Aristote et à l’antique droit romain.

C’est aussi à Naples qu’il rencontra l’ordre des frères prêcheurs. Contre l’avis de sa famille, il reçut l’habit des Dominicains. Sa mère qui était ulcérée que son fils entrât dans un ordre mendiant, se plaignit sans succès au prieur du couvent de Naples, au maître général de l’Ordre et au Pape. Abandonnant les plaintes, elle se décida à venir chercher elle-même Thomas mais, lorsqu’elle arriva au couvent de Naples, il s’était enfui à Rome, au couvent de Sainte-Sabine, d’où le maître général de l’Ordre le firent discrètement partir pour Paris. Rattrapé par ses deux frères, Landolphe et Raynald, entre Sienne et le lac de Bolsenne, près d’Aquapendente, il fut enfermé au château du Mont-Saint-Jean. Ni ses frères ni sa mère ne réussirent à fléchir sa décision, quant à ses deux sœurs, elles prirent secrètement son parti au point que l’aîné résolut de se faire religieuse à Sainte-Marie de Capoue. Pour perdre sa réputation, ses frères firent entrer une prostituée dans sa chambre ; Thomas prit un tison enflammé, traça une croix sur le mur et se mit à genoux pour renouveler son vœu de chasteté ; il tomba alors en sommeil et eut l’apparition de deux anges qui ceignirent ses reins en lui disant : « Nous venons à toi de la part de Dieu pour te conférer le don de la virginité perpétuelle qu’il t’accorde dès ce moment. » Il était enfermé depuis deux ans quand les Dominicains portèrent plainte auprès du pape Innocent IV et de l’Empereur qui venaient de se réconcilier : l’empereur Frédéric exigea sa libération. La famille ne voulant pas perdre la face, les deux sœurs prièrent les dominicains de Naples de se rendre nuitamment au pied de la tour dont Thomas descendit dans un panier.

On s’étonne que les ecclésiastiques français ne fassent plus grand cas de saint Thomas d’Aquin dont, pourtant, le deuxième concile du Vatican qu’ils font mine de regarder comme la référence absolue de la religion toute entière, recommande par deux fois l'étude1. Cet ignorant mépris est d’autant plus surprenant que saint Thomas d'Aquin vécut treize ans à Paris, qu’il fut canonisé en Avignon, et que la plus grande part de ses reliques sont à Toulouse2.

Thomas d’Aquin qui, depuis deux ans, était retourné en Italie, fut invité par le pape Grégoire X à se rendre au deuxième concile de Lyon qui devait s’ouvrir le 1° mai 1274. Le 28 janvier 1274, il quitta Naples à pied, accompagné de deux autres frères prêcheurs. Il passa par Aquin où il était né, et par le château de Maenza où habitait sa nièce. Arrivé aux confins de la Campanie et du Latium, entre Terracina et Rome, pris d'un mal mystérieux, il demanda l'hospitalité à l'abbaye cistercienne de Fossanova où il mourut le 7 mars 1274.

Une quarantaine d'années plus tard, Dante3 rapporte que Thomas d’Aquin aurait été empoisonné par ordre de Charles d'Anjou4, roi de Naples, frère de saint Louis. Giovanni Villani5, contemporain de Dante, affirme que l’assassin de Thomas d’Aquin avait cru être agréable au roi Charles, puisqu’il appartenait à la famille des seigneurs d'Aquin6 qui étaient en rébellion contre lui. Vers 1328, le Bolognais Jacopo della Lana, l’un des premiers commentateurs de la Commedia, raconte que Thomas d’Aquin, avant de quitter Naples, vint prendre congé du roi Charles, et lui demanda s'il avait quelque commission à lui confier ; le roi lui dit : « Si le pape vous questionne sur moi, quelle réponse ferez-vous ? » Thomas répondit : « Je dirai la vérité » ; craignant que cette vérité ne soit pas à son avantage, le roi Charles fut si préoccupé que ses médecins s'aperçurent de sa mélancolie ; il en révéla la cause à l'un d'eux qui affirma que le remède était trouvé ; après avoir chevauché jour et nuit, il rejoignit Thomas d’Aquin, et lui dit que le roi ne voulait pas le laisser voyager sans la compagnie d'un médecin ; il lui fut facile d'employer le poison qui devait tuer Thomas d’Aquin.

Thomas d’Aquin jouissait déjà d'une réelle réputation de sainteté qui explique que les moines de Fossanova voulurent tant garder son corps. Le procès de canonisation, commencé à l’initiative de la province dominicaine de Sicile (1317-1318), fut immédiatement soutenu par Jean XXII7 qui, à peine élu, avait enrichi la bibliothèque pontificale des écrits de Thomas d’Aquin. La première enquête fut menée à Naples où, à partir du 23 juillet 1319, on entendit quarante-deux les témoins8. Une enquête supplémentaire fut faite à Fossanova (du 10 au 26 novembre 1321). La Bulle de canonisation fut donnée le 18 juillet 1323.

« Placer sur les autels l'illustre Docteur était une mesure d'une gravité extrême, parce que c'était consacrer définitivement une hégémonie doctrinale sans pareille... Avec le Docteur commun, il s'agissait d'un génie puissant et ordonnateur qui avait posé une emprise unique sur la pensée profane et sacrée. Déclarer sa sainteté, c'était jeter dans un des plateaux de la balance le poids d'un suffrage qui fixerait la position déjà acquise par l'excellence seule de sa doctrine... Le Saint-Siège, conscient des forces de dissolution qui travaillaient déjà le monde et désagrégeaient son unité religieuse, chercha à parer au danger en opposant aux puissances de destruction la puissance de résistance et de stabilité qu'était l'œuvre de Thomas d'Aquin9 ».

Sous le pontificat de Jean XXII, « tout le monde semble irrité, prompt aux critiques amères et aux invectives violentes. L'injure est partout, dans le geste des princes, dans la bouche des docteurs, dans les écrits des lettrés et chacun, pourrait-on ajouter, milite contre tous les autres... Dans ce régime général de conflits c'est l'autorité pontificale qui est finalement en butte à la plupart des agressions. C'est elle qui est, non seulement menacée, mais encore gravement atteinte et avec elle, et par elle, la constitution même de l'Eglise. Les clercs lettrés, séculiers et réguliers, dont l'activité doctrinale devrait être une force de conservation et de défense, subissent, en grand nombre, chacun à sa manière et dans son domaine, la contagion anarchique de l'époque et fourbissent, inconsciemment ou non, des armes dangereuses. L'Université de Paris est devenue, depuis le règne de Philippe le Bel, l'arsenal où se forgent ces armes... C'est en présence du désarroi des évènements et des idées que le Saint-Siège cherche le point d'appui ferme et stable qu'il pourrait donner à la société chrétienne, surtout en matière de doctrine. A vrai dire, il n'a pas à chercher. L'œuvre philosophique et théologique de Thomas d'Aquin s'est déjà universellement imposée au monde intellectuel. Il s'agit seulement de faire un pas de plus : confirmer et promouvoir la doctrine en déclarant la sainteté du maître. »

Jean XXII avait dit que Thomas d’Aquin avait plus illuminé l'Eglise que tous les autres docteurs et que l'on profite plus en une année avec ses livres qu'en toute une vie avec la doctrine des autres10 ; il avait ajouté : « Nous croyons que Frère Thomas est au ciel, car sa vie fut sainte et sa doctrine est un miracle. »

En présence du roi Robert de Naples11, de sa mère et de sa femme, les cérémonies de la canonisation de saint Thomas d’Aquin, en même temps que celle de saint Louis d’Anjou, commencèrent le jeudi 14 juillet, dans le palais pontifical. Jean XXII fit le panégyrique de saint Thomas d’Aquin12 et fut suivi par sept orateurs : le dominicain Pierre Cantier13, le roi Robert de Naples, le patriarche d'Antioche qui était dominicain, l'archevêque de Capoue, un évêque dont le nom n'est pas donné, l'archevêque d'Arles et l'évêque de Lodève qui était franciscain.

Le lundi suivant (18 juillet), à Notre-Dame des Doms, Jean XXII lut la bulle de canonisation où, après avoir résumé la vie de saint Thomas d’Aquin et exalté ses vertus éminentes, il énuméra les principaux miracles constatés. Le Pape célébra la messe où il prêcha, puis il retint à sa table le roi Robert et dix-sept cardinaux. Le roi Robert avait fait annoncer que ce jour serait célébré comme la fête de Noël. Pendant tous les jours suivants, des fêtes solennelles furent célébrées au couvent des Frères Prêcheurs d'Avignon par le roi et la reine et divers prélats.

La proclamation de la sainteté de Thomas d'Aquin repose sur son intense piété eucharistique, sa chasteté précieusement gardée par l'ascèse, sa vénération pour les docteurs anciens, son esprit d'obéissance. Saint Thomas d’Aquin a parfaitement conjugué la connaissance de la vérité et la perfection spirituelle, montrant qu’elles s'aident mutuellement, car Dieu est à la fois la Vérité et le Bien. De même qu'on ne peut prétendre bien connaître un pays lointain sans y avoir soi-même séjourné, on ne peut obtenir une science religieuse sans vivre dans l'intimité de Dieu ; « si quelqu'un veut avoir l'intelligence de ce qu'il a entendu, qu'il s'empresse d'accomplir ce qu'il a déjà pu entendre14. » La sagesse divine ne nous est pas communiquée par le travail abstrait de l’intelligence mais par la fidélité à Dieu. Il faut des efforts méritoires pour désirer la vérité malgré d'autres sollicitations qui l'obnubilent ; il faut toute l’application de l’intelligence, de la volonté et du cœur pour faire sérieusement attention à la vérité, pour s’assurer des intentions droites et pures, une parfaite probité intellectuelle ; il faut une résolution sincère et généreuse de changer de conduite si l'on découvre que la nôtre n'est pas conforme aux vérités que le Seigneur nous a révélées. La lumière est la récompense de l’effort, de l’observance et de la pratique des grâces. Il s’agit d’écouter Dieu plutôt que nous-mêmes, de croire en Dieu plutôt qu’aux hommes.

« Porter un jugement vrai sur les réalités divines d'après la recherche de la raison appartient à la sagesse, vertu intellectuelle ; mais porter sur elles un jugement vrai selon une certaine connaturalité avec elles appartient à la sagesse, don du Saint-Esprit... Or cette sorte de conformité de nature avec les réalités divines est produite par la charité, qui nous unit à Dieu, selon ces paroles de saint Paul dans la première épître aux Corinthiens15 : Celui qui est uni à Dieu ne fait qu'un esprit avec lui. »16

Par la limpidité de son âme, saint Thomas d'Aquin nous rappelle le sermon de Jésus sur la montagne : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu17. » A cause de son humilité, il a reçu les révélations réservées aux petits. Ces valeurs évangéliques sont d'un ordre supérieur à celui de la simple cogitation, et leur acquisition est plus difficile donc plus rare. Il n'en reste pas moins qu'en raison du rapport entre l'objet connu et le sujet connaissant, le Docteur Angélique demeure, par sa sainteté même, un modèle à imiter pour tous ceux qui s'adonnent à la théologie.

La pensée du Docteur Angélique a joué un rôle décisif et bienfaisant dans l'élaboration de la science sacrée et des idées philosophiques. Affirmant la valeur de l'intelligence, il établit les preuves rationnelles de l'existence de Dieu ; il précise la distinction entre les ordres naturel et surnaturel ; tout en proclamant l'immutabilité des données de la foi, connues grâce à la Révélation, il répand des lumières sur les dogmes qui les énoncent ; il formule les principes de la morale individuelle et sociale et du droit naturel ; il enseigne les voies de la perfection chrétienne ; il rappelle les droits de la Vérité première et l'autorité souveraine de Dieu ; il voit dans l'amour créateur et sauveur un seul amour, qui crée pour sauver et subordonne toute la création au salut.

Par la pénétration et la subtilité de son intelligence, par sa prodigieuse puissance de travail, en un temps où les moyens techniques dont nous disposons n'existaient pas et devaient être suppléés par la mémoire, par la lucidité dans l'exposé des questions les plus abstruses, et surtout par l'excellence de sa doctrine, saint Thomas d’Aquin, mort à quarante-neuf ans, constitue en lui-même un miracle.

Déjà dans sa plus tendre enfance, quand on l'avait confié aux bénédictins du Mont-Cassin18, saint Thomas d’Aquin était hanté par le problème de la Divinité, demandant sans cesse : « Qu'est-ce que Dieu ? » Adulte, il donna lui-même une réponse à cette question essentielle : dans presque tous les livres qu'il composa, qu'il s'agisse de la création du monde, de l'homme, des lois, des vertus ou des sacrements, il traite toujours de Dieu, auteur du salut éternel. Nul ne pourrait lire avec profit les œuvres de saint Thomas d’Aquin, s’il ne veut pas être porté à la vie intérieure, désirant grandir dans la prière, la méditation et la contemplation. Thomas d'Aquin s'est élevé à la sainteté parce que ses études l'ont fait vivre assidûment dans la familiarité de Dieu, s’offrant tout entier à l'objet de sa foi et de sa contemplation. C'est cette union intime à Dieu fut obtenue par le renoncement à soi-même qui l'a rendu capable d'entrevoir quelque chose du mystère divin.

Dans sa prière habituelle, il demandait à Dieu de dissiper les ténèbres de son intelligence pour lui faire désirer, rechercher, connaître et accomplir ce qui plaît à Dieu. Parce que cette domination absolue de Dieu est radicalement incompatible avec l'orgueil, saint Thomas d’Aquin fut très humble ; parce que cette disponibilité de l'esprit pour les réalités divines s'acquiert grâce à la maîtrise de soi, saint Thomas d’Aquin fut très mortifié. Sa piété envers le mystère de l’Eucharistie lui valut d’être l’auteur de l'admirable « Office du Saint-Sacrement » et d’être appelé le Docteur eucharistique. En plus du Saint Sacrifice de la messe qu’il célébrait dévotement chaque jour, il assistait à une autre messe que, très souvent, il servait lui-même. Enfin, dans sa prière, comme dans celle de tous les véritables hommes de Dieu, la Vierge Marie, Mère de Dieu, tenait une place éminente.

La vie de saint Thomas d'Aquin nous invite à l'imitation. Comment pourrions-nous mieux le vénérer qu'en nous inspirant de ses exemples et de ses enseignements, afin que, dans ce monde qui se désagrège parce qu'il veut être sa propre fin, chacun de nous contribue, dans la mesure de son pouvoir, à établir en tout, et d'abord en soi-même, le règne de Dieu ?

1 « Puis pour mettre en lumière, autant qu’il est possible, les mystères du salut, ils apprendront à les pénétrer plus à fond, et à en percevoir la cohérence, par un travail spéculatif, avec saint Thomas pour maître » (Vatican II : décret sur la formation des prêtres, « Optatam totius Ecclesiæ renovationem », n° 16).

« On ne fera que suivre la voie ouverte par les docteurs de l’Eglise et spécialement par saint Thomas » (Vatican II : déclaration sur l’éducation chrétienne, « Gravissimum educationis momentum », n° 10).

2 Malgré bien des revendications, le corps de Thomas d’Aquin était resté chez les Cisterciens de Fossa Nova où il était mort ; après 1366, Elie de Toulouse, devenu maître général des Dominicains, monta une opération pour s’emparer du corps qui fut déposé au couvent des Dominicains de Fondi. L’abbé de Fossa Nova en appela au Pape qui fit comparaître Elie de Toulouse. Après avoir représenté au Pape que Thomas d’Aquin était le frère des Dominicains, Elie s’en remit à sa décision. Urbain V donna le corps de Thomas d’Aquin aux Dominicains pour qu’ils le portassent en France, leur laissant le soin de décider entre Paris et Toulouse ; le lendemain, comme Elie de Toulouse venait le remercier, Urbain V luit dit : « Il me semble préférable pour vous éviter tout ennui que je détermine moi-même le lieu. Je décide donc et je veux que le corps de saint Thomas repose dans votre église conventuelle de Toulouse. » La translation du corps de saint Thomas d’Aquin fut faite dans l’église des Dominicains de Toulouse le 28 janvier (très curieusement alors que la fête de saint Thomas d’Aquin était autrefois célébrée au jour anniversaire de sa mort, le 7 mars, la réforme du calendrier qui a ordinairement mis la fête des saints au jour de leur mort, fixa celle de saint Thomas d’Aquin au jour de la translation de ses reliques). Après avoir été sauvées des profanations protestantes, les reliques de saint Thomas furent sauvées des destructions de la révolution française, et transportées à Saint-Sernin où elles sont toujours.

3 « Il envoya Thomas au ciel, par pénitence » (Dante Alighieri : « La Divine Comédie », le Purgatoire, XX 69).

4 Charles I° d’Anjou, dixième fils de Louis VIII le Lion et de Blanche de Castille, naquit posthume en février 1227 ; il fut fait comte du Maine et d'Anjou (1232) ; il devint comte de Provence (1246) par son mariage avec Béatrice, fille de Raymond-Bérenger IV. Il participa à la septième croisade avec saint Louis et fut, comme lui, fait prisonnier en Egypte (1248-1250). A son retour de croisade, avec l’aide de son frère, Alphonse de Poitiers, il dut réprimer les désirs d’indépendance de l’aristocratie provençale : il prit Arles (1251), Marseille (1252), Tarascon (1256) et Apt (1258) ; il supprima les institutions et les libertés municipales, mit l’administration sous l’autorité d’un sénéchal ; il annexa le comté de Vintimille (1258) et imposa sa suzeraineté au marquisat de Saluces (1260). Malgré les réticences de saint Louis, il accepta les propositions du pape Clément IV, qui, dès 1253, offrait de lui inféoder le royaume de Sicile. Charles d'Anjou se constitua un parti en Italie, devint sénateur de Rome (1263) et prit la tête de la Ligue guelfe. Vainqueur de Manfred à Bénévent, il fut reconnu, en janvier 1266, comme roi de Naples et de Sicile. Après qu’il eut battu Coradin Hohenstaufen à Tagliacozzo (23 août 1268) et qu’il eut fait exécuter (29 octobre 1268), il fut totalement maître de son royaume. Vicaire impérial en Toscane et podestat de Florence, maître de l'Italie méridionale et de la Sicile, Charles d'Anjou reprit la politique traditionnelle des souverains siciliens contre Byzance. Il obtint la principauté d'Achaïe en 1267 puis acheta le titre de roi de Jérusalem (1277). L’énergie avec laquelle Charles d'Anjou instaura dans son royaume sicilien des cadres administratifs rigoureux et une fiscalité inadaptée à l'économie locale le rendit impopulaire. La révolte dite des Vêpres siciliennes (31 mars 1282) et l'intervention d'une armée aragonaise firent passer l'île sous la domination de Pierre III d'Aragon, gendre de Manfred. Charles conserva la partie continentale du royaume et sa capitale, Naples dont il avait fait le siège d'une cour brillante. Malgré d'âpres compétitions, dues en grande partie aux interventions du Saint-Siège, de qui il était tenu en fief, le royaume de Naples survécut deux siècles à son fondateur. Il mourut à Foggia le 7 janvier 1285.

5 Giovanni Villani : Chronique (IX. C. CCXVIII).

6 Thomas d’Aquin était issu d’une vieille famille féodale d’origine normande et germanique : son père-père (Thomas) avait épousé Françoise de Souabe, sœur de l’Empereur ; son père, Landolphe, comte d’Aquin, seigneur de Loretto et de Belcastro ; sa mère, Théodora, comtesse de Teano, descendait des princes normands qui s’étaient taillé un royaume, au sud de l’Italie.

7 Le 7 août 1316, le cardinal Jacques Duèse est élu à l’unanimité et prend le nom de Jean XXII. Jacques Duèse naquit à Cahors, vers 1245. Il étudia chez les Dominicains de Cahors puis à Montpellier où il prit ses grades en droit canonique, et à Orléans où il prit ses grades en droit civil. Docteur utriusque juris, il s’inscrivit à la faculté de théologie de Paris mais n’y passa aucun examen. Enseignant le droit à Toulouse et, peut-être, à Montpellier, il reçut de nombreux bénéfices ecclésiastiques : archiprêtre de Saint-André de Cahors, chanoine de Saint-Front de Périgueux et de Sainte-Cécile d’Albi, archiprêtre de Sarlat et doyen du Puy. Quand saint Louis d’Anjou arriva à Toulouse comme archevêque, il le choisit comme collaborateur. Remarqué par Charles II d’Anjou qui le prit comme conseiller et le fit élire évêque de Fréjus (4 février 1300), il fut, après la mort de Pierre de Ferrières, nommé chancelier du royaume de Naples (1308), ce qu’il resta jusqu’à ce que le Pape l’appelât à l’évêché d’Avignon (18 mars 1310). Clément V l’employa pour des missions diplomatiques auprès de Philippe le Bel, singulièrement autour du procès de Boniface VIII, puis lui confia la préparation du concile de Vienne. Le 24 décembre 1312, il fut créé cardinal-prêtre au titre de Saint-Vital et, vers le mois de mai suivant, nommé cardinal-évêque de Porto.

8 Seize religieux cisterciens du monastère de Fossanova, onze religieux de l'ordre des Prêcheurs, douze laïcs et trois des clercs séculiers ; douze de ces témoins avaient connu personnellement Thomas d'Aquin (cinq Cisterciens, cinq Prêcheurs et deux laïcs).

9 R.P. Mandonnet : Mélanges Thomistes publiés par les Dominicains de la Province de France à l'occasion du VI° centenaire de la canonisation de saint Thomas d'Aquin (18 juillet 1323), Le Saulchoir, Kain (Belgique), Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques, 1923. Vol. III de la Bibliothèque Thomiste.

10 Au consistoire, en 1318.

11 Robert I° d’Anjou, dit le Sage (né vers 1275, mort à Naples le l9 janvier 1343), fut duc d'Anjou, comte de Provence et roi de Naples. Troisième fils de Charles II le Boiteux auquel il succéda (1309), il fut le défenseur des intérêts pontificaux et le chef du parti guelfe contre les empereurs allemands. Sénateur de Rome et protecteur de Florence, chef de la ligue toscane, il s'opposa à l'empereur Henri VII lors de l'expédition de celui-ci en Italie (1311-1313) ; après la mort d'Henri VII, Clément V le nomma vicaire impérial (1313). Il contribua à l'élection à la papauté de Jean XXII (1316) qu’il défendit contre Louis de Bavière. Cependant, il ne put ni vaincre les gibelins d'Italie du Nord ni reconquérir la Sicile. Son règne fut très bénéfique à la Provence, où il fit d'assez longs séjours. Prince savant et protecteur des lettres, il avait accueilli à sa cour Pétrarque et Boccace.

12 « Ce glorieux docteur est celui qui, après les apôtres et les premiers docteurs, illumina le plus l’Eglise... Il y avait dans la Somme Théologique autant de miracles que d’articles... »

13 Pierre Cantier menait toute l'affaire, en l'absence du procureur, malade, Jean de Naples.

14 Homélie de saint Grégoire le Grand sur les disciples d'Emmaüs qui ne reconnurent le Christ qu'à la fraction du pain.

15 Saint Paul : première Epître aux Corinthiens, VI 1.

16 Saint Thomas d’Aquin : « Somme théologique », IIa-IIae, question 45, a. 2, c.

17 Evangile selon saint Matthieu, V 6.

18 Thomas d’Aquin dont le parrain fut le pape Honorius III, fut très tôt confié au monastère bénédictin du Mont-Cassin dont son oncle, Sunnibald, était l’abbé. Thomas se fit autant remarquer par sa piété que son intelligence ; l’abbé du Mont-Cassin et son père décidèrent de l’inscrire à l’université de Naples pour étudier les Arts libéraux. C’est à l’université de Naples qu’il s’initia aux écrits d’Aristote et à l’antique droit romain. C’est aussi à Naples qu’il rencontra l’ordre des frères prêcheurs où, contre l’avis de sa famille, il reçut l’habit. Sa mère, ulcérée que son fils entrât dans un ordre mendiant, se plaignit sans succès au prieur du couvent de Naples, au maître général de l’Ordre et au Pape. Elle décida de venir chercher elle-même Thomas mais, lorsqu’elle arriva au couvent de Naples, il s’était enfui au couvent Rome d’où le maître général le fit partir pour Paris. Rattrapé par ses deux frères, entre Sienne et le lac de Bolsenne, près d’Aquapendente, il fut enfermé au château du Mont-Saint-Jean. Ni ses frères ni sa mère ne réussirent à fléchir sa décision, quant à ses deux sœurs, elles prirent secrètement son parti au point que l’aînée résolut de se faire religieuse à Sainte-Marie de Capoue. Pour perdre sa réputation, ses frères firent entrer une prostituée dans sa chambre ; il prit un tison enflammé, traça une croix sur le mur et se mit à genoux pour renouveler son vœu de chasteté ; il tomba alors en sommeil et eut l’apparition de deux anges qui ceignirent ses reins en lui disant : « Nous venons à toi de la part de Dieu pour te conférer le don de la virginité perpétuelle qu’il t’accorde dès ce moment. » Il était enfermé depuis deux ans quand les Dominicains portèrent plainte auprès du pape Innocent IV et de l’Empereur qui venaient de se réconcilier : l’empereur Frédéric exigea sa libération. La famille ne voulant pas perdre la face, les deux sœurs prièrent les dominicains de Naples de se rendre nuitamment au pied de la tour d’où Thomas descendit dans un panier.


St Thomas d’Aquin, confesseur et docteur

Mort le 7 mars 1274. Canonisé en 1323. Fête à la même date. Docteur en 1567.

Leçons des Matines avant 1960

Quatrième leçon. Le bienheureux Thomas, l’insigne ornement du monde chrétien et la lumière de l’Église, était fils de Landulphe, comte d’Aquin, et de Théodora de Naples, tous deux de noble extraction. Petit enfant, il donna une marque de la tendre dévotion qu’il devait avoir pour la Mère de Dieu. Ayant trouvé un papier sur lequel était écrite la salutation angélique, il le retint serré dans sa main, malgré les efforts de sa nourrice pour le lui enlever ; et quand sa mère le lui eut ravi de force, il le réclama par ses pleurs et par ses gestes, et l’avala sitôt qu’il lui eut été rendu. A l’âge de cinq ans, on le conduisit au Mont-Cassin et on le confia aux moines de saint Benoît. De là, il fut envoyé à Naples, pour y achever ses études, et il n’était encore qu’adolescent lorsqu’il s’engagea dans l’Ordre des Frères Prêcheurs. Sa mère et ses frères en conçurent une vive indignation : ceux-ci s’emparèrent de lui, comme il se rendait à Paris, et l’enfermèrent au château de Saint-Jean. Là, on n’omit aucune vexation pour le faire renoncer à sa sainte résolution ; on alla jusqu’à introduire auprès de Thomas une courtisane, mais il la chassa avec un tison ardent. Aussitôt après, le bienheureux jeune homme, priant à genoux devant l’image de la croix, entra dans un doux sommeil, pendant lequel il lui sembla que les Anges lui ceignaient les reins. Depuis ce moment il fut exempt des révoltes de la chair. Il persuada à ses sœurs, venues dans ce château pour le détourner de son pieux dessein, de mépriser les embarras du siècle et de se consacrer aux exercices d’une vie toute céleste.

Cinquième leçon. On l’aida à s’échapper du château par une fenêtre, et on le ramena à Naples. Ce fut de là que frère Jean le Teutonique, Maître général de l’Ordre des Frères Prêcheurs, le conduisit à Rome, puis à Paris, où il étudia la philosophie et la théologie sous Albert le Grand. Ayant atteint sa vingt-cinquième année, il reçut le titre de Maître, et il expliqua publiquement avec le plus grand succès, les écrits des philosophes et des théologiens. Jamais il ne se livra à l’étude ou à la composition, sans avoir prié auparavant. Lorsque certains passages de la sainte Écriture lui offraient des difficultés, il ajoutait le jeûne à l’oraison. Il avait même coutume de dire à frère Reginald, son compagnon, que ce qu’il savait, il l’avait plutôt appris par inspiration divine qu’il ne l’avait acquis par l’étude et par son travail. Un jour qu’il priait avec ardeur, à Naples, devant l’image de Jésus crucifié, il entendit cette parole : « Tu as bien écrit de moi, Thomas, quelle récompense désires-tu ? » Il répondit : « Point d’autre, Seigneur, que vous-même ». Il lisait assidûment les recueils des Pères, et il n’y avait point d’auteur qu’il n’eût approfondi avec soin. Ses ouvrages, remarquables par leur multitude et leur variété, sont si excellents, les difficultés y sont si bien éclaircies, que sa doctrine féconde, exempte de toute erreur et admirablement d’accord avec les vérités révélées, est plus efficace que toute autre pour combattre victorieusement les erreurs de tous les temps.

Sixième leçon. Appelé à Rome par le souverain Pontife Urbain IV, Thomas composa, sur son ordre, l’Office ecclésiastique qui devait se célébrer dans la solennité du corps du Christ. Mais il refusa les honneurs qu’on lui offrit et même l’archevêché de Naples que lui proposa Clément IV. Il ne cessait d’annoncer la parole de Dieu : un jour dans l’Octave de Pâques, après un de ses sermons à la basilique de Saint-Pierre, une femme toucha le bord de sa robe, et fut ainsi guérie d’un flux de sang. Envoyé par le bienheureux Grégoire X au concile de Lyon, il tomba malade au monastère de Fosse-Neuve ; c’est là qu’il a commenté, au milieu de ses souffrances, le Cantique des cantiques. Il mourut en ce lieu, dans la cinquantième année de son âge, l’an du salut mil deux cent soixante-quatorze, le jour des nones de mars. Des miracles le rendirent encore illustre après sa mort, et quand ils eurent été examinés et prouvés, Jean XXII le mit au nombre des Saints en l’année mil trois cent vingt-trois. Plus tard son corps fut transporté à Toulouse par ordre du Pape Urbain V. Comparé aux esprits angéliques, tant à cause de son innocence que de son génie, Thomas a obtenu à juste titre le nom de Docteur angélique, qui lui a été confirmé par l’autorité de saint Pie V. Enfin, pour répondre favorablement aux suppliques et aux vœux de presque tous les Prélats du monde catholique, pour combattre surtout la contagion de tant de systèmes philosophiques éloignés de la vérité, pour l’accroissement des sciences et l’utilité commune du genre humain, Léon XIII, après avoir consulté la Congrégation des Rites sacrés, l’a déclaré et institué, par lettres apostoliques, le céleste patron de toutes les écoles catholiques.


Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Saluons aujourd’hui l’un des plus sublimes et des plus lumineux interprètes de la Vérité divine. L’Église l’a produit bien des siècles après l’âge des Apôtres, longtemps après que la parole des Ambroise, des Augustin, des Jérôme et des Grégoire, avait cessé de retentir ; mais Thomas a prouvé que le sein de la Mère commune était toujours fécond ; et celle-ci, dans sa joie de l’avoir mis au jour, l’a nommé le Docteur Angélique. C’est donc parmi les chœurs des Anges que nos yeux doivent chercher Thomas ; homme par nature, sa noble et pure intelligence l’associe aux Chérubins du ciel ; de même que la tendresse ineffable de Bonaventure, son émule et son ami, a introduit ce merveilleux disciple de François dans les rangs des Séraphins. La gloire de Thomas d’Aquin est celle de l’humanité, dont il est un des plus grands génies ; celle de l’Église, dont ses écrits ont exposé la doctrine avec une lucidité et une précision qu’aucun Docteur n’avait encore atteintes ; celle du Christ lui-même, qui daigna de sa bouche divine féliciter cet homme si profond et si simple d’avoir expliqué dignement ses mystères aux hommes. En ces jours qui doivent nous ramener à Dieu, le plus grand besoin de nos âmes est de le connaître, comme notre plus grand malheur a été de ne l’avoir pas assez connu. Demandons à saint Thomas « cette lumière sans tache qui convertit les âmes, cette doctrine qui donne la sagesse même aux enfants, qui réjouit le cœur et éclaire les yeux [1] ». Nous verrons alors la vanité de tout ce qui est hors de Dieu, la justice de ses préceptes, la malice de nos infractions, la bonté infinie qui accueillera notre repentir.

La Liturgie Dominicaine a consacré les trois Hymnes suivantes au grand Docteur qui est une des premières gloires de l’Ordre des Frères-Prêcheurs :

HYMNE.

Que l’assemblée des fidèles se livre à l’allégresse ; qu’elle fasse entendre un chant de louange ; qu’elle célèbre le nouveau soleil dont les rayons dissipent les nuages de l’erreur. Thomas, sur le soir du monde, a répandu des trésors de grâce ; rempli des dons célestes, la sainteté et la sagesse ont éclaté en lui. Source de lumière, il nous fait connaître les splendeurs du Verbe, les Écritures que Dieu même a dictées, et les règles de la Vérité. Ceint de l’auréole de la doctrine, il brille par la pureté de sa vie ; la gloire des miracles l’environne ; il est la joie du monde entier. Louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; daigne la Trinité Sainte, par les mérites de Thomas, nous réunir aux chœurs, célestes ! Amen.

HYMNE.

Thomas, issu de noble race, embrasse en un âge encore tendre la milice des Prêcheurs. Semblable à l’astre du matin, il resplendit du sein des nues ; il réfute les erreurs des Gentils plus pleinement que ne l’avaient fait avant lui les docteurs. Il sonde la profondeur des abîmes, il met au jour les choses les plus cachées ; il éclaircit les saintes obscurités qui dépassent l’intelligence de l’homme. Il est un fleuve de Paradis qui s’épanche en quatre rameaux ; il possède l’armure complète de Gédéon : le glaive, la trompette, le vase et le flambeau. Louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; daigne la Trinité Sainte, par les mérites de Thomas, nous réunir aux chœurs célestes ! Amen.

HYMNE.

Célèbre, ô Église Mère, l’heureuse mort de Thomas, lorsqu’il fut admis à l’éternel bonheur par les mérites du Verbe de vie. Fosse-Neuve reçut la dépouille mortelle de celui qui était un trésor de grâces, au jour où le Christ appela Thomas à l’héritage du royaume de gloire. Sa doctrine de vérité nous reste avec son corps précieux, le parfum merveilleux qu’il exhale, et la santé qu’il rend aux infirmes. Ses prodiges le rendent digne des louanges de la terre, des mens et des cieux ; qu’il daigne nous aider par ses prières, nous recommander à Dieu par ses mérites. Louange au Père, au Fils et au Saint-Esprit ; daigne la Trinité Sainte, par les mérites de Thomas, nous réunir aux chœurs célestes ! Amen.

Gloire à vous, Thomas, lumière du monde ! vous avez reçu les rayons du Soleil de justice, et vous les avez rendus à la terre. Votre œil limpide a contemplé la vérité, et en vous s’est accomplie cette parole : Heureux ceux dont le cœur est pur ; car ils verront Dieu [2]. Vainqueur dans la lutte contre la chair, vous avez obtenu les délices de l’esprit ; et le Sauveur, ravi des charmes de votre âme angélique, vous a choisi pour célébrer dans l’Église le divin Sacrement de son amour. La science n’a point tari en vous la source de l’humilité ; la prière fut toujours votre secours dans la recherche de la vérité ; et après tant de travaux vous n’aspiriez qu’à une seule récompense, celle de posséder le Dieu que votre cœur aimait.

Votre carrière mortelle fut promptement interrompue, et vous laissâtes inachevé le chef-d’œuvre de votre angélique doctrine ; mais, ô Thomas, Docteur de vérité, vous pouvez luire encore sur l’Église de Dieu. Assistez-la dans les combats contre l’erreur. Elle aime à s’appuyer sur vos enseignements, parce qu’elle sait que nul ne connut plus intimement que vous les secrets de son Époux. En ces jours où les vérités sont diminuées parmi les enfants des hommes [3], fortifiez, éclairez la foi des croyants. Confondez l’audace de ces vains esprits qui croient savoir quelque chose, et qui profitent de l’affaissement général des intelligences, pour usurper dans la nullité de leur savoir le rôle de docteurs. Les ténèbres s’épaississent autour de nous ; la confusion règne partout ; ramenez-nous à ces notions qui dans leur divine simplicité sont la vie de l’esprit et la joie du cœur.

Protégez l’Ordre illustre qui se glorifie de vous avoir produit ; fécondez-le de plus en plus ; car il est un des premiers auxiliaires de l’Église de Dieu. N’oubliez pas que la France a eu l’honneur de vous posséder dans son sein, et que votre chaire s’est élevée dans sa capitale : obtenez pour elle des jours meilleurs. Sauvez-la de l’anarchie des doctrines, qui a enfanté pour elle cette désolante situation où elle périra, si la véritable science, celle de Dieu et de sa Vérité, ne lui est rendue.

La sainte Quarantaine doit voir les enfants de l’Église se disposer à rentrer en grâce avec le Seigneur leur Dieu ; révélez-nous, ô Thomas, cette souveraine Sainteté que nos péchés ont offensée ; faites-nous comprendre l’état d’une âme qui n’est plus en rapport avec la justice éternelle. Saisis d’une sainte horreur à la vue des taches qui nous couvrent, nous aspirerons à purifier nos cœurs dans le sang de l’Agneau immaculé, et à réparer nos fautes par les œuvres de la pénitence.

[1] Psalm. XVIII.

[2] Matth. V, 8.

[3] Psalm. XI.




Bhx Cardinal Schuster, Liber Sacramentorum

L’ange de l’École et de la théologie catholique commença sa vie religieuse au Mont-Cassin à l’ombre du tombeau du Patriarche du monachisme occidental, et la consomma, presque avec la gloire du martyre, au milieu des fils du même saint Benoît dans l’abbaye de Fossanova (+ 1274). Il convenait que saint Thomas vînt, en plein Carême, nous réconforter dans notre lassitude et confirmer par son exemple ce que chante l’Église à la louange du jeûne : Vitia comprimis, mentem élevas.

La gloire particulière de saint Thomas, sa vertu la plus éminente, c’est le profond amour qu’il nourrit pour la tradition de l’Église. Il s’identifia si bien avec elle qu’il en est devenu le représentant le plus autorisé. De fait, il est difficile de trouver, dans les annales du christianisme, un esprit plus lumineux, représentant mieux les perfections des esprits angéliques que celui de saint Thomas, qui, se basant sur les anciens Pères, donna, avec une précision admirable, une forme définitive à notre science de Dieu. L’admiration augmente quand on pense que ce monument de sagesse, de foi et de contemplation théologique n’est pas tant le fruit d’une étude longue et infatigable des livres, qu’une œuvre de foi, l’effet d’une prière habituelle, d’une intime union avec Dieu. Pour que l’œil de saint Thomas pût fixer avec assurance la lumière divine sans en être ébloui, il fallait qu’il fût fort et pur ; force et pureté qu’il obtint grâce à son parfait détachement de tout le créé et le sensible, et à sa vie intérieure intense en Jésus-Christ.

La fête de saint Thomas entra d’abord dans le calendrier de l’Église avec le rite simple ; mais saint Pie V, qui appartenait aussi à l’Ordre des Prêcheurs, lui accorda, à l’occasion de la réforme du Bréviaire romain, le rite double, avec l’office du Commun des Docteurs.

L’Ange de l’École qui, durant sa vie, avait illustré la Ville éternelle par sa demeure temporaire, par sa prédication et par ses miracles, eut, dès le XIVe siècle, une église à lui dédiée près du palais des Savelli, donc peu éloignée de son couvent de Sainte-Sabine. Aujourd’hui ce monument n’existe plus, mais, le culte de Rome envers le Saint se manifeste par la splendide chapelle qu’on lui a érigée dans le Titre de Sainte-Marie in Minervium, et par la petite église située près du Théâtre de Pompée, et qui est dédiée à sainte Barbe et à saint Thomas d’Aquin.

La messe est celle du Commun des Docteurs, sauf la première collecte et la première lecture qui sont propres.

Voici le texte de la belle collecte : « O Dieu qui, en illustrant votre Église par la merveilleuse science de votre bienheureux confesseur Thomas, avez voulu rendre cette doctrine féconde en saintes vertus, accordez-nous non seulement de pénétrer ses enseignements, mais d’imiter aussi ses œuvres. »

Sur cette splendide collecte reflètent leur lumière inspirée toutes les récentes encycliques et les documents pontificaux relatifs à l’enseignement de la théologie et de la philosophie thomiste, obligatoire dans toutes les académies catholiques. L’Église considère donc le Docteur angélique comme l’interprète autorisé et officiel de sa propre doctrine et de sa science de Dieu, si bien qu’elle met d’emblée en relation avec un éloignement des principes de saint Thomas, toutes les opinions et toutes les doctrines qui s’éloignent d’elle ; et cela, en vertu de sa longue expérience.

Dans la lecture (Sap., VII, 7-14), est exposé dans toute sa lumière le caractère surnaturel de ce qu’on appelle la science des saints, qui n’est pas simplement spéculative, mais agit efficacement sur la volonté, qu’elle plie et pousse au bien. Cette science, d’un caractère absolument gratuit, ne nous rend pas simplement doctes, mais elle fait de l’âme qui en est enrichie l’amie de Dieu. A la lumière de cette science, le charme des choses de ce monde se dissipe, et le jugement formé par l’âme au sujet des créatures est tout différent de celui qui est commun parmi les hommes. La raison en est que cette science met toutes choses dans leur vrai jour, quand elle les considère comme ordonnées à Dieu. Là réside l’harmonie de la vérité intégrale, la sagesse très haute et véritable, c’est-à-dire la connaissance de toutes choses par leur cause première et suprême qui est Dieu.

C’est surtout par l’aveuglement de l’ignorance que le démon fait de si grands ravages parmi les âmes. Qui ignorant et errant. Aussi les saints Docteurs qui, avec le flambeau de la sagesse de Dieu, dissipent parmi les pécheurs ces ténèbres de mort, remportent sur l’ennemi commun une splendide victoire et méritent donc un triomphe particulier. Par suite, les maîtres, les savants de l’Église et tous ceux qui, au moyen de la doctrine sacrée, formèrent les autres à la justice, resplendissent non seulement dans le ciel d’une gloire particulière, mais aussi dans la sainte liturgie, où ils sont célébrés par un culte spécial.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

La liturgie est la foi manifestée par la prière.

Saint Thomas : Jour de mort : 7 mars 1274. — Tombeau : à Toulouse ; son bras droit est à Rome. Image : On le représente en dominicain, avec un soleil ou une étoile sur la poitrine (symbole de l’illumination divine). Vie : Saint Thomas compte parmi les plus grands savants et les plus grands théologiens de tous les temps. Son œuvre la plus importante, la Somme théologique, qui contient l’exposé et les preuves de toute la doctrine catholique, est devenue dans les siècles suivants et est restée jusqu’à nos jours un livre classique. Au concile de Trente, la Somme était ouverte sur l’autel à côté de la Sainte Écriture. Sa profonde spéculation ne l’empêchait pas d’avoir une merveilleuse vie de prière dont il nous a laissé un précieux monument dans l’office du Saint-Sacrement. Malgré toute sa science, déjà fort admirée de son temps, il était modeste, d’une simplicité enfantine et d’une grande bonté de cœur. Il était doux en paroles et charitable dans ses actions. Il croyait tous les hommes aussi innocents que lui. Si quelqu’un avait péché par faiblesse, il pleurait le péché d’autrui comme si c’était le sien. La bonté de son cœur se reflétait sur son visage ; aussi personne ne le regardait sans être consolé. Il avait une compassion merveilleuse pour les pauvres et les nécessiteux. Tout ce qu’il pouvait donner en fait de linge ou d’autres objets, il le donnait volontiers. Il ne gardait pour lui rien de superflu afin de pouvoir subvenir aux besoins d’autrui. Son compagnon ordinaire, qui fut aussi son confesseur, attesta après sa mort : « Je l’ai toujours connu aussi pur qu’un enfant de cinq ans. Jamais un mouvement charnel ne l’a souillé et il n’a jamais consenti à un péché mortel. » Ce qui est remarquable, c’est la tendre dévotion de saint Thomas pour sainte Agnès. Il portait constamment sur lui les reliques de cette sainte, vierge et martyre. Il mourut le 7 mars 1274, à l’âge de 50 ans, à l’abbaye de Fossanova, près de Terracine en Campanie. Il est le patron des écoles catholiques et des théologiens.

Pratique : La liturgie est la foi manifestée par la prière. Nous devons cultiver en nous la foi et pénétrer toujours plus profondément dans ses mystères. — Nous prenons la messe du Carême et faisons mémoire du saint.

SOURCE : http://www.introibo.fr/07-03-St-Thomas-d-Aquin-confesseur#nh3

De l’usage de l’encens

Nous ne pratiquons pas l’encensement comme un précepte cérémoniel de l’ancienne Loi, mais comme une institution de l’Eglise. C’est pourquoi nous le pratiquons pas de la manière dont il était prescrit dans l’ancienne Loi.

L’encensement a un double objet. D’abord le respect envers ce sacrement : en répandant un parfum agréable, on chasse la mauvaise odeur corporelle qui règnerait dans le lieu du culte et pourrait provoquer le dégoût.

Ensuite l’encensement sert à représenter l’effet de la grâce, dont le Christ fut rempli comme d’un parfum agréable, selon la parole de la Genèse : « Voici que le parfum de mon fils est comme le parfum d’un champ fertile. » Et du Christ elle découle jusqu’aux fidèles par l’office des ministres, selon cette parole de la deuxième Epître aux Corinthiens : « Par nous (le Christ) répand en tous lieux le parfum de sa connaissance. » Et c’est pourquoi, lorsqu’on a encensé de tous côtés l’autel, qui symbolise le Christ, on encense tout le monde selon l’ordre hiérarchique.

Saint Thomas d’Aquin


Des offrandes

Le prêtre est établi comme un négociateur et un intermédiaire entre le peuple et Dieu, selon ce qui est dit de Moïse (Deutéronome V 5). C’est pourquoi il lui appartient de transmettre au peuple les enseignements divins et les saints mystères ; et aussi de présenter à Dieu ce qui, venant du peuple, doit passer par lui : prières, sacrifices, oblations, selon l’Epître aux Hébreux (VI) : « Tout pontife, pris parmi les hommes, est établi pour intervenir en leur faveur dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir dons et sacrifices pour le péché. » Les oblations que le peuple présente à Dieu sont donc remise aux prêtres, non seulement pour qu’ils les emploient à leur usage, mais pour qu’ils en soient les fidèles dispensateurs. Ils les emploieront en partie aux frais du culte divin ; une autre part sera destinée à leur propre subsistance, car « ceux qui servent à l’autel partagent avec l’autel » (I Corinthiens IX 13) ; une autre partie sera allouée aux pauvres qui doivent, autant que faire se peut, être entretenus sur les biens de l’Eglise, car notre Seigneur lui-même avait une bourse pour les pauvres, remarque saint Jérôme.

Il ne semble pas qu’ici le prêtre prie pour que la consécration s’accomplisse, mais pour qu’elle soit fructueuse. Aussi dit-il expressément : « Qu’elle devienne pour nous le Corps et le Sang... » Et c’est le sens des paroles qu’il prononce auparavant : « Sanctifie pleinement cette offrande par la puissance de ta bénédiction » selon saint Augustin, c’est-à-dire : « par laquelle nous soyons bénis », à savoir par la grâce ; adscriptam, c’est-à-dire « par laquelle nous soyons inscrits dans le ciel » ; ratam, c’est-à-dire « par laquelle nous soyons reconnus comme appartenant au christ » ; rationabilem, c’est-à-dire « par laquelle nous soyons dépouillés du sens charnel » ; acceptabilem, c’est-à-dire « que nous, qui nous déplaisons à nous-mêmes, nous soyons agréables par elle à son Fils unique ».

Le prêtre ne demande pas que les espèces sacramentelles soient transportées au ciel ; ni le corps réel du Christ, qui ne cesse pas d’être présent sur l’autel. Mais il demande cela pour le Corps mystique, car c’est lui qui est signifié dans ce sacrement ; c’est-à-dire que l’ange qui assiste au divin mystère présente à Dieu les prières du prêtre et du peuple, selon ce texte de l’Apocalypse : « La fumée des parfums monta des mains de l’ange avec les offrandes des saints. » L’autel céleste signifie soit l’Eglise triomphante elle-même, où nous demandons d’être transférés ; ou bien Dieu lui-même, à qui nous demandons d’être unis ; car il est dit de cet autel, dans l’Exode : « Tu ne monteras pas à mon autel par des degrés », c’est-à-dire : « Tu ne feras pas de degrés dans la Trinité. »

Par l’ange on peut encore comprendre le Christ lui-même, qui est « l’Ange du grand conseil », qui unit son corps mystique à Dieu le Père et à l’Eglise triomphante. (Saint Thomas d’Aquin).

La fraction de l’hostie a une triple signification. D’abord la division subie par le corps du Christ dans sa passion ; ensuite la répartition du Corps mystique selon divers états ; enfin la distribution des grâces qui découlent de la passion du Christ, comme dit Denys dans la Hiérarchie Ecclésiastique. Cette fraction n’introduit donc pas de division dans le Christ.

Comme dit le pape Sergius, dans un texte qu’on trouve dans le Décret : « Le corps du Seigneur est triple. La partie de l’oblation qui est mise dans le calice désigne le corps du Christ qui a déjà ressuscité », c’est-à-dire le Christ lui-même et la sainte Vierge, et les autres saints, s’il y en a, qui sont entrés corporellement dans la gloire. « La partie qui est mangée représente le Christ qui est encore sur la terre », c’est-à-dire que ceux qui vivent sur terre sont unis par le sacrement et sont broyés par les épreuves, comme le pain qu’on mange est broyé par les dents. « La partie qui demeure sur l’autel jusqu’à la fin de la messe est le corps du Christ demeurant au sépulcre : car jusqu’à la fin du monde les corps des saints seront dans les sépulcres », tandis que leurs âmes sont soit au purgatoire, soit au ciel. Cependant ce dernier rite - qu’une partie de l’hostie soit réservée jusqu’à la fin de la messe - n’est plus observé car il présentait des risques. Mais ce symbolisme des parties reste valable. On l’a exprimé en vers : « L’hostie est divisée en parties : celle qui est trempée désigne ceux qui sont pleinement bienheureux ; celle qui est sèche, les vivants ; celle qui est réservée, les ensevelis. »

Cependant certains disent que la partie mise dans le calice symbolise ceux qui vivent en ce monde ; la partie gardée hors du calice, ceux qui sont pleinement bienheureux dans leur âme et leur corps ; et la partie mangée symbolise les autres.

saint Thomas d’Aquin

De la prière

Auprès d'un homme, la prière s'impose d'abord pour lui faire connaître le désir de celui qui prie et son indigence ; elle a ensuite pour but de fléchir, jusqu'à le faire céder, le cœur de qui l'on prie. Or, ces deux choses n'ont plus leur raison d'être quand la prière s'adresse à Dieu. Nous ne voulons pas, en effet, quand nous le prions, lui faire connaître notre indigence ou nos désirs : il connaît tout. Le Psalmiste dit en effet : Seigneur, devant toi se trouve placé tout mon désir. Et dans l'Évangile de saint Matthieu, nous lisons : Votre Père sait ce dont vous avez besoin. Il ne s'agit pas non plus, par des paroles humaines, d'infléchir la divine volonté jusqu'à lui faire vouloir ce qu'elle rejetait auparavant. Car il est dit au livre des Nombres : Dieu n'est point un homme pour mentir, ni un fils de l'homme, pour changer. - Il n'est pas sujet au repentir, ajoute le premier livre des Rois.

Si la prière est nécessaire à l'homme pour obtenir les bienfaits de Dieu, c'est qu'elle exerce une influence sur celui-là même qui l'utilise. Il doit en effet s'attarder à la considération de ses propres pauvretés et incliner son âme à désirer avec ferveur et dans un esprit filial ce qu'il espère obtenir par la prière. Il se rend par là même capable de le recevoir.

Une autre différence se remarque entre la prière adressée à Dieu et celle adressée à un homme. Avant de se disposer à cette deuxième, il faut déjà la familiarité qui donne accès auprès de celui que l'on prie. Tandis que prier Dieu, c'est aussitôt nous introduire dans son intimité ; car alors notre esprit s'élève jusqu'à lui, l'adore en esprit et en vérité.

Et ainsi, en cette familière amitié que produit la prière, s'ouvre la voie pour une prière plus confiante encore. D'où l'on dit dans le Psaume : J'ai crié, - c'est-à-dire, j'ai prié avec foi, - parce que vous m'avez exaucé. On dirait que, reçu dans l'intimité divine par l'effet d'une première prière, il priait ensuite avec une confiance accrue.

Et c'est pourquoi, dans la prière adressée à Dieu, l'assiduité ou l'insistance dans la demande n'est pas importune ; au contraire, Dieu l'agrée. Car il faut toujours prier et ne pas se lasser, lisons-nous dans saint Luc. De là aussi, le Seigneur nous invite à la prière : Demandez et il vous sera donné ; frappez et l'on vous ouvrira.

Saint Thomas d'Aquin

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/01/28.php


Prières de saint Thomas d'Aquin
Prière de demande

Accorde-moi, Seigneur mon Dieu,

Une intelligence qui te connaisse,

Un empressement qui te cherche,

Une sagesse qui te trouve,

Une vie qui te plaise,

Une persévérance qui t'attende avec confiance

Et une confiance qui te possède à la fin.

Saint Thomas d'Aquin


Prière avant la communion

Dieu tout-puissant et éternel, voici que je m'approche du sacrement de votre fils unique Notre Seigneur Jésus-Christ. Malade, je viens au médecin dont dépend ma vie ; souillé, à la source de la miséricorde ; aveugle, au foyer de la lumière éternelle ; pauvre et dépourvu de tout, au Maître du Ciel et de la terre.

J'implore donc votre immense, votre inépuisable générosité, afin que vous daigniez guérir mes infirmités, laver mes souillures, illuminer mon aveuglement, combler mon indigence, couvrir ma nudité ; et qu'ainsi je puisse recevoir le Pain des Anges, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, avec toute la révérence et l'humilité, toute la contrition et la dévotion, toute la pureté et la foi, toute la fermeté de propos et la droiture d'intention que requiert le salut de mon âme.

Donnez-moi, je vous prie, de ne pas recevoir simplement le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, mais bien toute la vertu et l'efficacité du sacrement. Ô Dieu plein de douceur, donnez-moi de si bien recevoir le Corps de votre Fils Unique, Notre Seigneur Jésus-Christ, ce corps charnel qu'il reçut de la Vierge Marie, que je mérite d'être incorporé à son Corps Mystique et compté parmi ses membres.

Ô Père plein d'amour, accordez-moi que ce Fils Bien-Aimé que je m'apprête à recevoir maintenant sous le voile qui convient à mon état de voyageur, je puisse un jour le contempler à visage découvert et pour l'éternité, Lui, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous dans l'unité du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il !


Prière après la communion

Je vous rends grâces, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, de ce que vous avez daigné me rassasier du Corps et du Sang précieux de votre Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, moi pécheur, votre indigne serviteur, sans aucun mérite de ma part, mais par votre pure miséricorde. Et je vous supplie que cette sainte communion ne soit pas pour moi un sujet de châtiment, mais un titre salutaire de pardon.

Qu'elle me soit une armure de foi, et un bouclier de bonne volonté. Qu'elle soit l'expulsion de mes vices, l'extinction de la concupiscence et des désirs impurs, l'augmentation de la charité et de la patience, de l'humilité et de l'obéissance, et de toutes les vertus ; une ferme défense contre les embûches de mes ennemis, visibles aussi bien qu'invisibles, un apaisement complet de ma chair comme de mon esprit, une adhésion très ferme à vous, Dieu unique et véritable, un heureux achèvement de ma fin.

Et je vous supplie de daigner me conduire, moi pécheur, à ce banquet ineffable où, avec votre Fils et le Saint-Esprit, vous êtes pour vos saints la lumière vraie, le rassasiement complet, la joie éternelle, le bonheur consommé, la félicité parfaite. Par le même Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Très doux Jésus, que votre Corps très sacré et votre Sang soient douceur et suavité pour mon âme, salut et sainteté en toute tentation, joie et paix en toute tribulation, lumière et force en toute parole ou action, et suprême protection à ma mort. Ainsi soit-il.

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Prières pour chaque jour



Prière que saint Thomas récitait chaque jour devant l'image du Christ


Accordez-moi, Dieu miséricordieux, de désirer ardemment ce qui vous plaît, de le rechercher prudemment, de le reconnaître véritablement et de l'accomplir parfaitement, à la louange et à la gloire de votre nom.

Mettez de l'ordre en ma vie, accordez-moi de savoir ce que vous voulez que je fasse, donnez-moi de l'accomplir comme il faut et comme il est utile au salut de mon âme.

Que j'aille vers vous, Seigneur, par un chemin sûr, droit, agréable et menant au terme, qui ne s'égare pas entre les prospérités et les adversités, tellement que je vous rende grâces dans les prospérités, et que je garde la patience dans les adversités, ne me laissant ni exalter par les premières, ni déprimer par les secondes.

Que rien ne me réjouisse ni me m'attriste, hors ce qui me mène à vous ou m'en écarte. Que je ne désire plaire ou ne craigne de déplaire à personne, si ce n'est à vous. Que tout ce qui passe devienne vil à mes yeux à cause de vous, Seigneur, et que tout ce qui vous touche me soit cher, mais vous, mon Dieu, plus que tout le reste.

Que toute joie me dégoûte qui est sans vous, et que je ne désire rien en dehors de vous. Que tout travail, Seigneur, me soit plaisant qui est pour vous, et tout repos ennuyeux qui est sans vous. Donnez-moi souvent de diriger mon cœur vers vous, et, dans mes défaillances, de les peser avec douleur, avec un ferme propos de m'amender.

Rendez-moi, Seigneur Dieu, obéissant sans contradiction, pauvre sans défection, chaste sans corruption, patient sans protestation, humble sans fiction, joyeux sans dissipation, sérieux sans abattement, retenu sans rigidité, actif sans légèreté, animé de votre crainte sans désespoir, véridique sans duplicité, faisant le bien sans présomption, reprenant le prochain sans hauteur, l'édifiant de parole et d'exemple sans simulation.

Donnez-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant que nulle curieuse pensée ne détourne de vous, un cœur noble que nulle indigne affection n'abaisse, un cœur droit que nulle intention perverse ne dévie, un cœur ferme que nulle épreuve ne brise, un cœur libre que nulle violent affection ne subjugue.

Accordez-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui vous connaisse, un empressement qui vous cherche, une sagesse qui vous trouve, une vie qui vous plaise, une persévérance qui vous attende avec confiance, et une confiance qui vous embrasse à la fin.

Accordez-moi d'être affligé de vos peines par la pénitence, d'user en chemin de vos bienfaits par la grâce, de jouir de vos joies surtout dans la patrie par la gloire. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Prière d'action de grâces

Je vous loue, je vous glorifie, je vous bénis, mon Dieu, pour les immenses bienfaits que vous m'avez accordés, à moi indigne.

Je loue votre clémence si patiente à m'attendre, votre douceur qui ne fait que simuler la vengeance, votre tendresse qui m'appelle, votre bénignité qui me reçoit, votre miséricorde qui pardonne mes péchés, votre bonté qui me comble au-delà de mes mérites, votre patience qui ne se souvient pas de l'injure, votre humilité qui me console, votre longanimité qui me protège, votre éternité qui me conserve, votre vérité qui me récompense.

Que dirai-je, mon Dieu, de votre générosité ineffable ? Fugitif, vous m'appelez, à mon retour, vous me recevez, titubant, vous m'aidez, désespérant, vous me réjouissez, négligent, vous me stimulez, combattant, vous m'armez, triomphant, vous me couronnez, pécheur, vous ne me méprisez pas après la pénitence, vous n'avez pas souvenance de mon injure.

Vous me délivrez d'innombrables périls, vous adoucissez mon cœur pour qu'il se repente, vous m'effrayez par des supplices, vous m'attirez par des promesse, vous me corrigez par des châtiments, vous me gardez par le ministère des anges, vous me procurez les biens temporels et me réservez les biens éternels.

Vous m'exhortez par la dignité de la création, vous m'invitez par la clémence de la Rédemption, vous me promettez les biens de la rémunération.

Pour tout cela, mes louanges ne suffisent pas. A votre Majesté je rends grâces pour l'abondance de votre immense bonté, afin que toujours vous multipliiez en moi la grâce, et, multipliée, que vous la conserviez, et, conservée, que vous la récompensiez. Ainsi soit-il.


Prière fervente pour la rémission des péchés

A vous fontaine de miséricorde, ô Dieu, voici que je viens, moi pécheur ; daignez donc me laver, moi impur. O soleil de justice, illuminez un aveugle. O médecin éternel, guérissez un blessé. O Roi des rois, revêtez un dépouillé. O médiateur de Dieu et des hommes, réconciliez un coupable. O bon Pasteur, ramenez un errant.

Accordez, ô Dieu, la miséricorde à un misérable, l'indulgence à un criminel, la vie à un mort, la justification à un impie, l'onction de la grâce à un endurci.

O très clément, rappelez-moi quand je fuis, attirez-moi quand je résiste, relevez-moi quand je tombe, soutenez-moi quand je marche. Ne n'oubliez pas quand je vous oublie, ne m'abandonnez pas quand je vous abandonne, ne me méprisez pas quand je pèche. Car en péchant, je vous ai offensé, mon Dieu, j'ai lésé mon prochain, je ne me suis pas épargné moi-même.

J'ai péché, mon Dieu, par fragilité contre vous, Père tout-puissant, par ignorance contre vous, Fils très sage, par malice contre vous, Esprit-Saint clément ; en tout cela je vous ai offensé, Trinité sublime.

Ah ! malheureux, combien nombreuses et grandes, combien diverses ont été mes fautes ! Je vous ai abandonné, Seigneur, et devant votre bonté je le déplore, par un amour mauvais, par une mauvaise crainte, et je préférai vous perdre que manquer de ce que j'aimais ou affronter ce que je craignais. O mon Dieu, que j'ai fait de mal en parole et en action, péchant secrètement, ouvertement et opiniâtrement !

Je vous supplie donc, eu égard à ma fragilité, de ne pas regardez à mon iniquité, mais à votre immense bonté, et de remettre avec clémence ce que j'ai fait, me donnant la douleur du passé et une efficace vigilance pour l'avenir. Ainsi soit-il.

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Prière pour obtenir les vertus

O Dieu qui pouvez tout, qui savez tout, qui n'avez ni commencement ni fin, vous qui donnez les vertus, les conservez et les récompensez, daignez me stabiliser sur le sol ferme de la foi, me protéger de l'inexpugnable bouclier de l'espérance, me parer du vêtement nuptial de la charité.

Donnez-moi par la justice de vous être soumis, par la prudence d'éviter les pièges du diable, par la tempérance de garder un juste milieu, par la force de supporter patiemment l'adversité.

Donnez-moi de partager volontiers le bien que j'ai avec celui qui en manque, le bien que je n'ai pas, de le demander humblement à qui en est pourvu ; le mal que j'ai fait, de l'avouer loyalement, le mal que je souffre, de le supporter avec égalité d'âme, le bien du prochain, de le regarder sans envie, vos bienfaits, de vous en rendre toujours grâces.

Apprenez-moi à garder la règle dans ma tenue, ma démarche et mes gestes, retenir sur mes lèvres toute parole vaine, préserver mes pas de tout écart, empêcher mes yeux de divaguer, défendre mes oreilles des rumeurs, tenir le front humblement incliné, élever mon esprit vers le ciel, mépriser ce qui passe, ne désirer que vous seul, dompter ma chair, purifier ma conscience, honorer les saints, vous louer dignement, progresser dans le bien et couronner mes bonnes actions par une sainte mort.

Plantez en moi les vertus, Seigneur, en sorte que je sois dévoué aux choses divines, prévoyant dans les choses humaines, et à charge à personne pour l'usage de mon corps.

Donnez-moi, Seigneur, la ferveur dans la contrition, l'intégrité dans la confession, la plénitude dans la satisfaction. Mettez de l'ordre au-dedans de moi par une bonne vie, afin que je fasse ce qui convient, ce qui sera profitable à moi comme mérite, et aux autres comme exemple.

Donnez-moi de ne jamais désirer des actions sans sagesse, ni me lasser des choses fastidieuses, afin qu'il ne m'arrive pas de désirer avant le temps ce que je dois faire, ou de le délaisser avant de l'avoir mené à bonne fin. Ainsi soit-il.

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Prière pour les âmes contemplatives


Que saint Thomas lui-même disait en pleine contemplation


Je vous invoque, Dieu de toute consolation, vous qui ne trouvez en nous que vos propres dons, pour qu'au terme de cette vie, vous daignez me donner la connaissance de la Vérité première, la jouissance de la divine Majesté.

Donnez aussi à mon corps, ô généreux Rémunérateur, la beauté de la clarté, la promptitude de l'agilité, la pénétration de la subtilité, la force de l'impassibilité. Ajoutez-y l'abondance des richesses, l'affluence des délices, l'accumulation des biens, afin que je puisse me réjouir au-dessus de moi de votre consolation, au-dessous de moi de la douceur du séjour, au-dedans de moi de la glorification de mon corps et de mon âme, auprès de moi de l'exquise compagnie des anges et des hommes.

Qu'auprès de vous, Père très clément, je trouve pour mon esprit les illuminations de la sagesse, pour ma sensibilité l'accomplissement de mes désirs, pour mes puissances de combat la gloire du triomphe ; auprès de vous, dis-je, là où est l'absence de tout péril, la variété des demeures, la concorde des volontés ; là où est la douceur du printemps, la lumière de l'été, la fertilité de l'automne, et le repos de l'hiver.

Donnez-moi, Seigneur Dieu, la vie qui ne connaît plus la mort, la joie qui est sans douleur, là où réside la souveraine liberté, la livre sécurité, la sûre tranquillité, la joyeuse félicité, l'heureuse éternité, l'éternelle béatitude, la vision et la louange de la vérité : Dieu. Ainsi soit-il.


Prière à la bienheureuse Vierge Marie

O bienheureuse et très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, pleine de toute bonté, fille du Roi des rois, Souveraine des Anges, mère du Créateur de l'univers, je jette dans le sein de votre bonté, aujourd'hui et tous les jours de ma vie, mon corps et mon âme, toutes mes actions, mes pensées, mes volontés, mes désirs, mes paroles, mes œuvres, ma vie tout entière et ma mort, afin que, par vos suffrages, tout cela tende au bien, selon la volonté de votre cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, afin que je vous aie, ô ma très sainte Souveraine, pour alliée et pour consolatrice, contre les embûches et les pièges de l'antique adversaire et de tous mes ennemis.

De votre cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, daignez m'obtenir la grâce qui me permettra de résister aux tentations du monde, de la chair et du démon, et d'avoir toujours le ferme propos de ne plus pécher à l'avenir, mais de persévérer en votre service et en celui de votre cher Fils.

Je vous prie aussi, ô ma très sainte Souveraine, de m'obtenir une vraie obéissance et une vraie humilité du cœur, afin que je me reconnaisse en vérité comme un misérable et fragile pécheur, impuissant non seulement à faire la moindre bonne œuvre, mais encore à résister aux attaques continuelles, sans la grâce et le secours de mon Créateur et vos saintes prières.

Obtenez-moi aussi, ô ma très douce Souveraine, une perpétuelle chasteté d'esprit et de corps, afin que d'un cœur pur et d'un corps chaste, je puisse servir votre Fils aimé et vous-même selon ma vocation.

Obtenez-moi de lui la pauvreté volontaire, avec la patience et la tranquillité d'esprit, afin que je sache supporter les travaux de ma condition pour mon salut et celui de mes frères.

Obtenez-moi encore, ô très douce Souveraine, une charité vraie qui me fasse aimer de tout cœur votre très saint Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, et vous, après lui, par-dessus toutes choses, et le prochain en Dieu et à cause de Dieu, sachant me réjouir de son bien, m'affliger de son mal, ne mépriser personne, ne jamais juger témérairement, ne me préférer dans mon cœur à quiconque.

Apprenez-moi en outre, ô Reine du Ciel, à toujours unir dans mon cœur la crainte et l'amour de votre très doux Fils ; à toujours rendre grâces de tant de bienfaits qui me viennent non de mes mérites, mais de sa pure bonté ; à faire de mes péchés une confession pure et sincère, une pénitence vraie, pour mériter ainsi miséricorde et grâce.

Je vous supplie enfin, ô Mère unique, porte du ciel et avocate des pécheurs, de ne pas permettre qu'à la fin de ma vie, moi, votre indigne serviteur, je dévie de la sainte foi catholique, mais que vous me secouriez selon votre grande miséricorde et amour, et que vous me défendiez des esprits mauvais ; que par la glorieuse Passion de votre Fils béni, et par votre propre intercession, mon cœur plein d'espérance, vous m'obteniez de Jésus le pardon de mes péchés, de sorte que, mourant dans votre amour et le sien, vous me dirigiez dans la voie de la délivrance du salut. Ainsi soit-il.

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Prière que saint Thomas disait souvent avant de dicter, d'écrire ou de prêcher

Créateur ineffable, qui des trésors de votre sagesse avez choisi les trois hiérarchies angéliques et les avez placées en un ordre admirable au-dessus du ciel empyrée ; vous qui avez disposé avec tant d'harmonie les parties de l'univers ; vous, dis-je, qu'on nomme à juste titre source de lumière et de sagesse, et principe suprême, daignez projeter sur les ténèbres de mon intelligence un rayon de votre clarté, chassant de moi les doubles ténèbres dans lesquelles je suis né, celle du péché et celle de l'ignorance.

Vous qui rendez diserte la langue des enfants, formez ma langue et versez sur mes lèvres la grâce de votre bénédiction. Donnez-moi la pénétration pour comprendre, la capacité de retenir, la méthode et la facilité pour apprendre, la subtilité pour interpréter, une grâce abondante pour parler. Disposez le commencement, dirigez le progrès, couronnez la fin. Vous qui êtes vrai Dieu et vrai homme, qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Oraisons



Oraisons de la messe du très saint Sacrement


Dieu qui, sous un sacrement admirable, nous avez laissé le mémorial de votre Passion, accordez-nous, nous vous en supplions, de vénérer tellement les mystères sacrés de votre Corps et de votre Sang, que nous en ressentions continuellement en nous le fruit de votre Rédemption. Vous qui vivez et régnez avec Dieu le Père, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Nous vous en supplions, Seigneur, accordez à votre Église les dons de l'unité et de la paix figurés mystiquement par ces offrandes que nous vous présentons. Par notre Seigneur Jésus-Christ votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Faites, nous vous en supplions, Seigneur, que nous soyons rassasiés par l'éternelle jouissance de votre divinité, que figure ici-bas la réception de votre Corps et votre Sang précieux. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec Dieu le Père, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Séquence de la messe

Lauda Sion

Loue, Sion, ton Sauveur,

Loue ton chef et ton pasteur

Par des hymnes et des cantiques.

Ose de tout ton pouvoir,

Car il est plus grand que toute louange

Et à le louer tu ne suffis pas.

Un thème de louange spéciale,

Le pain vivant et vivifiant,

Aujourd'hui nous est proposé.

Lors du repas de la sainte Cène,

Aux Douze ses frères

Il fut donné, nous n'en doutons pas.

Que la louange soit pleine, qu'elle soit sonore ;

Qu'elle soit joyeuse, qu'elle soit parfaite,

La jubilation de l'esprit.

Car nous vivons ce jour solennel

Qui de cette table entend célébrer

L'institution première.

A cette table du nouveau Roi,

La nouvelle pâque de la nouvelle loi

Met un terme à la phase ancienne.

La nouveauté chasse la vieillerie,

La vérité l'ombre,

La lumière dissipe la nuit.

Ce que fit le Christ à la Cène,

Il nous ordonna de le faire

en mémoire de lui.

Instruits par ses saints préceptes,

Nous consacrons le pain et le vin

En hostie salutaire.

Ce dogme est donné aux chrétiens

Que le pain se change en chair,

Et le vin en sang.

Ce que tu ne comprends ni ne vois,

Une ferme foi te l'assure,

Hors de l'ordre naturel.

Sous diverses espèces,

Signes seulement et non réalités,

Des choses sublimes se cachent.

La chair est une nourriture, le sang un breuvage,

Pourtant le Christ total demeure

Sous l'une et l'autre espèce.

On le prend sans le déchirer,

Le briser, ni le diviser,

Il est reçu intègre.

Un seul le prend, mille le prennent :

Autant celui-ci, autant ceux-là

Le reçoivent sans le consumer.

Les bons le prennent, les méchants le prennent,

Mais d'un sort inégal,

Ici de vie, là de ruine.

Il est mort aux méchants, vie aux bons,

Vois d'une même manducation

Combien l'effet est dissemblable !

Le sacrement enfin rompu,

Ne vacille pas, mais souviens-toi

Qu'il est sous chaque fragment

Comme sous le tout il se cache.

Nulle division n'est réelle,

Le signe seulement se fractionne,

Et par là, de ce qui est signifié

Ni l'état ni la stature n'est amoindri.

Voici le pain des anges

Fait aliment des voyageurs,

Vrai pain des enfants

A ne pas jeter aux chiens.

D'avance il est désigné en figures,

Lorsqu'Isaac est immolé,

L'agneau pascal sacrifié,

La manne, donnée à nos pères.

Bon Pasteur, vrai pain,

Jésus, ayez pitié de nous ;

Nourrissez-nous, défendez-nous,

Faites-nous voir nos biens

Dans la terre des vivants.

Vous qui savez et pouvez tout,

Qui nous nourrissez ici-bas mortels,

Rendez-nous là-haut les commensaux,

Les cohéritiers et les compagnons

De la cité des saints.

Ainsi soit-il.

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Hymne des matines



Sacrais solins

Que la joie accompagne ces saintes solennités,

Et que les louanges résonnent du fond des cœurs,

Arrière le passé, que tout soit nouveau,

Les cœurs, les voix et les œuvres.

Nous célébrons la dernière cène nocturne

En laquelle nous le croyons, le Christ donna à ses frères

L'agneau et les azymes, selon les lois

Jadis prescrites à leurs pères.

Après l'agneau typique, le festin achevé,

Nous confessons que le corps du Seigneur même,

De ses propres mains fut donné aux disciples,

Entier pour tous et pour chacun.

Faibles, il leur donna son Corps pour mets,

Tristes, il leur donna son Sang pour breuvage,

Disant : Prenez la coupe que je vous livre,

Buvez en tous.

Ainsi institua-t-il ce sacrifice,

Voulant que le ministère en fût confié

Aux seuls prêtres. A eux donc

De s'en nourrir et de le donner aux autres.

Le pain des anges devient le pain des hommes.

Le pain du ciel met un terme aux figures.

Chose admirable ! Il mange son Seigneur,

Le pauvre, l’esclave et l'humble.

O Déité trine et une, nous vous en supplions,

Visitez-nous tandis que nous vous honorons,

Par vos chemins, conduisez-nous où nous tendons,

A la lumière que vous habitez.

Ainsi soit-il.

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Hymne des laudes

Verbum supernum

Le Verbe descend des cieux

Sans quitter la droite du Père ;

Sorti pour accomplir son œuvre,

Il vient au soir de sa vie.

Avant d'être livré par un disciple

Aux ennemis pour mourir,

Le premier, il se livre lui-même

Aux disciples, aliment de vie.

A eux, sous une double espèce,

Il donne sa chair et son sang,

afin de nourrir tout l'homme

En sa double substance

Naissant, il se fait notre compagnon,

Commensal, notre nourriture,

Mourant, notre rançon,

Régnant, notre récompense.

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O salutaris hostia

O salutaire hostie,

Qui ouvrez la porte du ciel,

Des guerres violentes nous pressent,

Donnez-nous force et secours.

Au Seigneur trine et un,

Soit gloire à jamais !

Qu'il nous donne dans la patrie,

La vie sans terme.

Ainsi soit-il.

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Antiennes à Magnificat

Qu'il est suave, Seigneur, votre esprit !

Voulant montrer votre tendresse à vos enfants, par un pain très doux venu du ciel, vous comblez de biens les affamés, renvoyant les mains vides les riches dédaigneux.

O banquet sacré où est reçu le Christ, où se perpétue le mémorial de sa Passion, où l'âme est remplie de grâce, où nous est donné le gage de la gloire future !

Alleluia !

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Rythme pour l'élévation du corps du Christ



Adoro te

Je vous adore dévotement, Déité cachée,

Qui sous ces figures êtes réellement présent.

A vous mon cœur tout entier se soumet,

Car en vous contemplant tout entier il défaille.

Vue, toucher, goût sont ici déroutés,

Mais par l'ouïe toute seule ma foi se rassure.

Je crois tout ce qu'a dit le Fils de Dieu,

Rien n'est plus vrai que ce verbe de Vérité.

Sur la croix se cachait la seule Déité,

Ici se cache aussi l'humanité.

Pourtant, croyant et confessant l'une et l'autre,

J'implore ce qu'implora le larron pénitent.

Je n'inspecte pas vos plaies comme Thomas,

Pourtant, je confesse que vous êtes mon Dieu.

Faites que de plus en plus en vous je croie,

Qu'en vous j'espère, que je vous aime.

O mémorial de la mort du Seigneur,

Pain vivant donnant la vie à l'homme,

Donnez à mon âme de vivre de vous,

Et de toujours vous goûter avec douceur.

Bon pélican, Seigneur Jésus,

Purifiez-moi, impur, par votre sang

Dont une seule goutte peut sauver

Le monde entier de ses crimes.

Jésus, que j'aperçois maintenant voilé,

Je vous prie, faites ce dont j'ai tant soif :

Que, contemplant à découvert votre face,

Je sois heureux de la vue de votre gloire.

Ainsi soit-il.

SOURCE : http://missel.free.fr/Sanctoral/01/28bis.php


Aquinas' Proofs :...


1 - FIRST MOVER: Some things are in motion, anything moved is moved by another, and there can't be an infinite series of movers. So there must be a first mover (a mover that isn't itself moved by another). This is God.


2 - FIRST CAUSE: Some things are caused, anything caused is caused by another, and there can't be an infinite series of causes. So there must be a first cause (a cause that isn't itself caused by another). This is God.


3 - NECESSARY BEING: Every contingent being at some time fails to exist. So if everything were contingent, then at some time there would have been nothing -- and so there would be nothing now -- which is clearly false. So not everything is contingent. So there is a necessary being. This is God.


4 - GREATEST BEING: Some things are greater than others. Whatever is great to any degree gets its greatness from that which is the greatest. So there is a greatest being, which is the source of all greatness. This is God.


5 - INTELLIGENT DESIGNER: Many things in the world that lack intelligence act for an end. Whatever acts for an end must be directed by an intelligent being. So the world must have an intelligent designer. This is God.

http://www.facebook.com/#!/uCatholic

St. Thomas Aquinas, Doctor of the Church

St. Thomas Aquinas, priest and doctor of the Church, patron of all universities and of students. His feast day is January 28th. He was born toward the end of the year 1226. He was the son of Landulph, Count of Aquino, who, when St. Thomas was five years old, placed him under the care of the Benedictines of Monte Casino. His teachers were surprised at the progress he made, for he surpassed all his fellow pupils in learning as well as in the practice of virtue.

When he became of age to choose his state of life, St. Thomas renounced the things of this world and resolved to enter the Order of St. Dominic in spite of the opposition of his family. In 1243, at the age of seventeen, he joined the Dominicans of Naples. Some members of his family resorted to all manner of means over a two year period to break his constancy. They even went so far as to send an impure woman to tempt him. But all their efforts were in vain and St. Thomas persevered in his vocation. As a reward for his fidelity, God conferred upon him the gift of perfect chastity, which has merited for him the title of the “Angelic Doctor”.

After making his profession at Naples, he studied at Cologne under the celebrated St. Albert the Great. Here he was nicknamed the “dumb ox” because of his silent ways and huge size, but he was really a brilliant student. At the age of twenty-two, he was appointed to teach in the same city. At the same time, he also began to publish his first works. After four years he was sent to Paris. The saint was then a priest. At the age of thirty-one, he received his doctorate.

At Paris he was honored with the friendship of the King, St. Louis, with whom he frequently dined. In 1261, Urban IV called him to Rome where he was appointed to teach, but he positively declined to accept any ecclesiastical dignity. St. Thomas not only wrote (his writings filled twenty hefty tomes characterized by brilliance of thought and lucidity of language), but he preached often and with greatest fruit. Clement IV offered him the archbishopric of Naples which he also refused. He left the great monument of his learning, the “Summa Theologica”, unfinished, for on his way to the second Council of Lyons, ordered there by Gregory X, he fell sick and died at the Cistercian monastery of Fossa Nuova in 1274.

St. Thomas was one of the greatest and most influential theologians of all time. He was canonized in 1323 and declared Doctor of the Church by Pope Pius V.

SOURCE : http://www.ucatholic.com/saints/saint-thomas-aquinas/

St. Thomas Aquinas

Philosopher, theologian, doctor of the Church (Angelicus Doctor), patron of Catholic universities, colleges, and schools. Born at Rocca Secca in the Kingdom of Naples, 1225 or 1227; died at Fossa Nuova, 7 March, 1274.

Life

The great outlines and all the important events of his life are known, but biographers differ as to some details and dates. Death prevented Henry Denifle from executing his project of writing a critical life of the saint. Denifle's friend and pupil, Dominic Prümmer, O.P., professor of theology in the University of Fribourg, Switzerland, took up the work and published the "Fontes Vitae S. Thomae Aquinatis, notis historicis et criticis illustrati"; and the first fascicle (Toulouse, 1911) has appeared, giving the life of St. Thomas by Peter Calo (1300) now published for the first time. From Tolomeo of Lucca . . . we learn that at the time of the saint's death there was a doubt about his exact age (Prümmer, op. cit., 45). The end of 1225 is usually assigned as the time of his birth. Father Prümmer, on the authority of Calo, thinks 1227 is the more probable date (op. cit., 28). All agree that he died in 1274.

Landulph, his father, was Count of Aquino; Theodora, his mother, Countess of Teano. His family was related to the Emperors Henry VI and Frederick II, and to the Kings of Aragon, Castile, and France. Calo relates that a holy hermit foretold his career, saying to Theodora before his birth: "He will enter the Order of Friars Preachers, and so great will be his learning and sanctity that in his day no one will be found to equal him" (Prümmer, op. cit., 18). At the age of five, according to the custom of the times, he was sent to receive his first training from the Benedictine monks of Monte Cassino. Diligent in study, he was thus early noted as being meditative and devoted to prayer, and his preceptor was surprised at hearing the child ask frequently: "What is God?"

About the year 1236 he was sent to the University of Naples. Calo says that the change was made at the instance of the Abbot of Monte Cassino, who wrote to Thomas's father that a boy of such talents should not be left in obscurity (Prümmcr, op. cit., 20). At Naples his preceptors were Pietro Martini and Petrus Hibernus. The chronicler says that he soon surpassed Martini at grammar, and he was then given over to Peter of Ireland, who trained him in logic and the natural sciences. The customs of the times divided the liberal arts into two courses: the Trivium, embracing grammar, logic, and rhetoric; the Quadrivium, comprising music, mathematics, geometry, and astronomy . . . . Thomas could repeat the lessons with more depth and lucidity than his masters displayed. The youth's heart had remained pure amidst the corruption with which he was surrounded, and he resolved to embrace the religious life.

Some time between 1240 and August, 1243, he received the habit of the Order of St. Dominic, being attracted and directed by John of St. Julian, a noted preacher of the convent of Naples. The city wondered that such a noble young man should don the garb of poor friar. His mother, with mingled feelings of joy and sorrow, hastened to Naples to see her son. The Dominicans, fearing she would take him away, sent him to Rome, his ultimate destination being Paris or Cologne. At the instance of Theodora, Thomas's brothers, who were soldiers under the Emperor Frederick, captured the novice near the town of Aquapendente and confined him in the fortress of San Giovanni at Rocca Secca. Here he was detained nearly two years, his parents, brothers, and sisters endeavouring by various means to destroy his vocation. The brothers even laid snares for his virtue, but the pure-minded novice drove the temptress from his room with a brand which he snatched from the fire. Towards the end of his life, St. Thomas confided to his faithful friend and companion, Reginald of Piperno, the secret of a remarkable favour received at this time. When the temptress had been driven from his chamber, he knelt and most earnestly implored God to grant him integrity of mind and body. He fell into a gentle sleep, and, as he slept, two angels appeared to assure him that his prayer had been heard. They then girded him about with a white girdle, saying: "We gird thee with the girdle of perpetual virginity." And from that day forward he never experienced the slightest motions of concupiscence.

The time spent in captivity was not lost. His mother relented somewhat, after the first burst of anger and grief; the Dominicans were allowed to provide him with new habits, and through the kind offices of his sister he procured some books — the Holy Scriptures, Aristotle's Metaphysics, and the "Sentences" of Peter Lombard. After eighteen months or two years spent in prison, either because his mother saw that the hermit's prophecy would eventually be fulfilled or because his brothers feared the threats of Innocent IV and Frederick II, he was set at liberty, being lowered in a basket into the arms of the Dominicans, who were delighted to find that during his captivity "he had made as much progress as if he had been in a studium generale" (Calo, op. cit., 24).

Thomas immediately pronounced his vows, and his superiors sent him to Rome. Innocent IV examined closely into his motives in joining the Friars Preachers, dismissed him with a blessing, and forbade any further interference with his vocation. John the Teutonic, fourth master general of the order, took the young student to Paris and, according to the majority of the saint's biographers, to Cologne, where he arrived in 1244 or 1245, and was placed under Albertus Magnus, the most renowned professor of the order. In the schools Thomas's humility and taciturnity were misinterpreted as signs of dullness, but when Albert had heard his brilliant defence of a difficult thesis, he exclaimed: "We call this young man a dumb ox, but his bellowing in doctrine will one day resound throughout the world."

In 1245 Albert was sent to Paris, and Thomas accompanied him as a student. In 1248 both returned to Cologne. Albert had been appointed regent of the new studium generale, erected that year by the general chapter of the order, and Thomas was to teach under him as Bachelor. (On the system of graduation in the thirteenth century see ORDER OF PREACHERS — II, A, 1, d). During his stay in Cologne, probably in 1250, he was raised to the priesthood by Conrad of Hochstaden, archbishop of that city. Throughout his busy life, he frequently preached the Word of God, in Germany, France, and Italy. His sermons were forceful, redolent of piety, full of solid instruction, abounding in apt citations from the Scriptures.

In the year 1251 or 1252 the master general of the order, by the advice of Albertus Magnus and Hugo a S. Charo (Hugh of St. Cher), sent Thomas to fill the office of Bachelor (sub-regent) in the Dominican studium at Paris. This appointment may be regarded as the beginning of his public career, for his teaching soon attracted the attention both of the professors and of the students. His duties consisted principally in explaining the "Sentences" of Peter Lombard, and his commentaries on that text-book of theology furnished the materials and, in great part, the plan for his chief work, the "Summa theologica".

In due time he was ordered to prepare himself to obtain the degree of Doctor in Theology from the University of Paris, but the conferring of the degree was postponed, owing to a dispute between the university and the friars. The conflict, originally a dispute between the university and the civic authorities, arose from the slaying of one of the students and the wounding of three others by the city guard. The university, jealous of its autonomy, demanded satisfaction, which was refused. The doctors closed their schools, solemnly swore that they would not reopen them until their demands were granted, and decreed that in future no one should be admitted to the degree of Doctor unless he would take an oath to follow the same line of conduct under similar circumstances. The Dominicans and Franciscans, who had continued to teach in their schools, refused to take the prescribed oath, and from this there arose a bitter conflict which was at its height when St. Thomas and St. Bonaventure were ready to be presented for their degrees. William of St-Amour extended the dispute beyond the original question, violently attacked the friars, of whom he was evidently jealous, and denied their right to occupy chairs in the university. Against his book, "De periculis novissimorum temporum" (The Perils of the Last Times), St. Thomas wrote a treatise "Contra impugnantes religionem", an apology for the religious orders (Touron, op. cit., II, cc. vii sqq.). The book of William of St-Amour was condemned by Alexander IV at Anagni, 5 October, 1256, and the pope gave orders that the mendicant friars should be admitted to the doctorate.

About this time St. Thomas also combated a dangerous book, "The Eternal Gospel" (Touron, op. cit., II, cxii). The university authorities did not obey immediately; the influence of St. Louis IX and eleven papal Briefs were required before peace was firmly established, and St. Thomas was admitted to the degree of Doctor in Theology. The date of his promotion, as given by many biographers, was 23 October, 1257. His theme was "The Majesty of Christ". His text, "Thou waterest the hills from thy upper rooms: the earth shall be filled with the fruit of thy works" (Psalm 103:13), said to have been suggested by a heavenly visitor, seems to have been prophetic of his career. A tradition says that St. Bonaventure and St. Thomas received the doctorate on the same day, and that there was a contest of humility between the two friends as to which should be promoted first.

From this time St. Thomas's life may be summed up in a few words: praying, preaching, teaching, writing, journeying. Men were more anxious to hear him than they had been to hear Albert, whom St. Thomas surpassed in accuracy, lucidity, brevity, and power of exposition, if not in universality of knowledge. Paris claimed him as her own; the popes wished to have him near them; the studia of the order were eager to enjoy the benefit of his teaching; hence we find him successively at Anagni, Rome, Bologna, Orvieto, Viterbo, Perugia, in Paris again, and finally in Naples, always teaching and writing, living on earth with one passion, an ardent zeal for the explanation and defence of Christian truth. So devoted was he to his sacred task that with tears he begged to be excused from accepting the Archbishopric of Naples, to which he was appointed by Clement IV in 1265. Had this appointment been accepted, most probably the "Summa theologica" would not have been written.

Yielding to the requests of his brethren, he on several occasions took part in the deliberations of the general chapters of the order. One of these chapters was held in London in 1263. In another held at Valenciennes (1259) he collaborated with Albertus Magnus and Peter of Tarentasia (afterwards Pope Innocent V) in formulating a system of studies which is substantially preserved to this day in the studia generalia of the Dominican Order (cf. Douais, op. cit.).

It is not surprising to read in the biographies of St. Thomas that he was frequently abstracted and in ecstasy. Towards the end of his life the ecstasies became more frequent. On one occasion, at Naples in 1273, after he had completed his treatise on the Eucharist, three of the brethren saw him lifted in ecstasy, and they heard a voice proceeding from the crucifix on the altar, saying "Thou hast written well of me, Thomas; what reward wilt thou have?" Thomas replied, "None other than Thyself, Lord" (Prümmer, op. cit., p. 38). Similar declarations are said to have been made at Orvieto and at Paris.

On 6 December, 1273, he laid aside his pen and would write no more. That day he experienced an unusually long ecstasy during Mass; what was revealed to him we can only surmise from his reply to Father Reginald, who urged him to continue his writings: "I can do no more. Such secrets have been revealed to me that all I have written now appears to be of little value" (modica, Prümmer, op. cit., p. 43). The "Summa theologica" had been completed only as far as the ninetieth question of the third part (De partibus poenitentiae).

Thomas began his immediate preparation for death. Gregory X, having convoked a general council, to open at Lyons on 1 May, 1274, invited St. Thomas and St. Bonaventure to take part in the deliberations, commanding the former to bring to the council his treatise "Contra errores Graecorum" (Against the Errors of the Greeks). He tried to obey, setting out on foot in January, 1274, but strength failed him; he fell to the ground near Terracina, whence he was conducted to the Castle of Maienza, the home of his niece the Countess Francesca Ceccano. The Cistercian monks of Fossa Nuova pressed him to accept their hospitality, and he was conveyed to their monastery, on entering which he whispered to his companion: "This is my rest for ever and ever: here will I dwell, for I have chosen it" (Psalm 131:14). When Father Reginald urged him to remain at the castle, the saint replied: "If the Lord wishes to take me away, it is better that I be found in a religious house than in the dwelling of a lay person." The Cistercians were so kind and attentive that Thomas's humility was alarmed. "Whence comes this honour", he exclaimed, "that servants of God should carry wood for my fire!" At the urgent request of the monks he dictated a brief commentary on the Canticle of Canticles.

The end was near; extreme unction was administered. When the Sacred Viaticum was brought into the room he pronounced the following act of faith:

If in this world there be any knowledge of this sacrament stronger than that of faith, I wish now to use it in affirming that I firmly believe and know as certain that Jesus Christ, True God and True Man, Son of God and Son of the Virgin Mary, is in this Sacrament . . . I receive Thee, the price of my redemption, for Whose love I have watched, studied, and laboured. Thee have I preached; Thee have I taught. Never have I said anything against Thee: if anything was not well said, that is to be attributed to my ignorance. Neither do I wish to be obstinate in my opinions, but if I have written anything erroneous concerning this sacrament or other matters, I submit all to the judgment and correction of the Holy Roman Church, in whose obedience I now pass from this life.

He died on 7 March, 1274. Numerous miracles attested his sanctity, and he was canonized by John XXII, 18 July, 1323. The monks of Fossa Nuova were anxious to keep his sacred remains, but by order of Urban V the body was given to his Dominican brethren, and was solemnly translated to the Dominican church at Toulouse, 28 January, 1369. A magnificent shrine erected in 1628 was destroyed during the French Revolution, and the body was removed to the Church of St. Sernin, where it now reposes in a sarcophagus of gold and silver, which was solemnly blessed by Cardinal Desprez on 24 July, 1878. The chief bone of his left arm is preserved in the cathedral of Naples. The right arm, bestowed on the University of Paris, and originally kept in the St. Thomas's Chapel of the Dominican church, is now preserved in the Dominican Church of S. Maria Sopra Minerva in Rome, whither it was transferred during the French Revolution.

A description of the saint as he appeared in life is given by Calo (Prümmer, op. cit., p. 401), who says that his features corresponded with the greatness of his soul. He was of lofty stature and of heavy build, but straight and well proportioned. His complexion was "like the colour of new wheat": his head was large and well shaped, and he was slightly bald. All portraits represent him as noble, meditative, gentle yet strong. St. Pius V proclaimed St. Thomas a Doctor of the Universal Church in the year 1567. In the Encyclical "Aeterni Patris", of 4 August, 1879, on the restoration of Christian philosophy, Leo XIII declared him "the prince and master of all Scholastic doctors". The same illustrious pontiff, by a Brief dated 4 August, 1880, designated him patron of all Catholic universities, academies, colleges, and schools throughout the world.

Writings (general remarks)

Although St. Thomas lived less than fifty years, he composed more than sixty works, some of them brief, some very lengthy. This does not necessarily mean that every word in the authentic works was written by his hand; he was assisted by secretaries, and biographers assure us that he could dictate to several scribes at the same time. Other works, some of which were composed by his disciples, have been falsely attributed to him.

In the "Scriptores Ordinis Praedicatorum" (Paris, 1719) Fr. Echard devotes eighty-six folio pages to St. Thomas's works, the different editions and translations (I, pp. 282-348). Touron (op. cit., pp. 69 sqq.) says that manuscript copies were found in nearly all the libraries of Europe, and that, after the invention of printing, copies were multiplied rapidly in Germany, Italy, and France, portions of the "Summa theologica" being one of the first important works printed. Peter Schöffer, a printer of Mainz, published the "Secunda Secundae" in 1467. This is the first known printed copy of any work of St. Thomas. The first complete edition of the "Summa" was printed at Basle, in 1485. Many other editions of this and of other works were published in the sixteenth and seventeenth centuries, especially at Venice and at Lyons. The principal editions of all the work (Opera Omnia) were published as follows: Rome, 1570; Venice, 1594, 1612, 1745; Antwerp, 1612; Paris, 1660, 1871-80 (Vives); Parma, 1852-73; Rome, 1882 (the Leonine). The Roman edition of 1570, called "the Piana", because edited by order of St. Pius V, was the standard for many years. Besides a carefully revised text it contained the commentaries of Cardinal Cajetan and the valuable "Tabula Aurea" of Peter of Bergamo. The Venetian edition of 1612 was highly prized because the text was accompanied by the Cajetan-Porrecta commentaries . . . . The Leonine edition, begun under the patronage of Leo XIII, now continued under the master general of the Dominicans, undoubtedly will be the most perfect of all. Critical dissertations on each work will be given, the text will be carefully revised, and all references will be verified. By direction of Leo XIII (Motu Proprio, 18 Jan., 1880) the "Summa contra gentiles" will be published with the commentaries of Sylvester Ferrariensis, whilst the commentaries of Cajetan go with the "Summa theologica".

The latter has been published, being volumes IV-XII of the edition (last in 1906). St. Thomas's works may be classified as philosophical, theological, scriptural, and apologetic, or controversial. The division, however, cannot always be rigidly maintained. The "Summa theologica", e.g., contains much that is philosophical, whilst the "Summa contra gentiles" is principally, but not exclusively, philosophical and apologetic. His philosophical works are chiefly commentaries on Aristotle, and his first important theological writings were commentaries on Peter Lombard's four books of "Sentences"; but he does not slavishly follow either the Philosopher or the Master of the Sentences (on opinions of the Lombard rejected by theologians, see Migne, 1841, edition of the "Summa" I, p. 451).

Writings (his principal works)

Amongst the works wherein St. Thomas's own mind and method are shown, the following deserve special mention:

(1) "Quaestiones disputatae" (Disputed Questions) — These were more complete treatises on subjects that had not been fully elucidated in the lecture halls, or concerning which the professor's opinion had been sought. They are very valuable, because in them the author, free from limitations as to time or space, freely expresses his mind and gives all arguments for or against the opinions adopted. These treatises, containing the questions "De potentia", "De malo", "De spirit. creaturis", "De anima", "De unione Verbi Incarnati", "De virt. in communi", "De caritate", "De corr. fraterna", "De spe", "De virt. cardinal.", "De veritate", were often reprinted, e.g. recently by the Association of St. Paul (2 vols., Paris and Fribourg, Switzerland, 1883).

(2) "Quodlibeta" (may be rendered "Various Subjects", or "Free Discussions") — They present questions or arguments proposed and answers given in or outside the lecture halls, chiefly in the more formal Scholastic exercises, termed circuli, conclusiones, or determinationes, which were held once or twice a year.

(3) "De unitate intellectus contra Averroistas" -- This opusculum refuted a very dangerous and widespread error, viz., that there was but one soul for all men, a theory which did away with individual liberty and responsibility. (See AVERROES)

(4) "Commentaria in Libros Sententiarum" (mentioned above) -- This with the following work are the immediate forerunners of the "Summa theologica".

(5) "Summa de veritate catholicae fidei contra gentiles" (Treatise on the Truth of the Catholic Faith, against Unbelievers) -- This work, written at Rome, 1261-64, was composed at the request of St. Raymond of Pennafort, who desired to have a philosophical exposition and defence of the Christian Faith, to be used against the Jews and Moors in Spain. It is a perfect model of patient and sound apologetics, showing that no demonstrated truth (science) is opposed to revealed truth (faith). The best recent editions are those of Rome, 1878 (by Uccelli), of Paris and Fribourg, Switzerland, 1882, and of Rome, 1894. It has been translated into many languages. It is divided into four books: I. Of God as He is in Himself; II. Of God the Origin of Creatures; III. Of God the End of Creatures; IV. Of God in His Revelation. It is worthy of remark that the Fathers of the Vatican Council, treating the necessity of revelation (Constitution "Dei Filius", c. 2), employed almost the very words used by St. Thomas in treating that subject in this work (I, cc. iv, V), and in the "Summa theologica" (I:1:1).

(6) Three works written by order of Urban IV --
(7) The "Summa theologica"-- This work immortalized St. Thomas. The author himself modestly considered it simply a manual of Christian doctrine for the use of students. In reality it is a complete scientifically arranged exposition of theology and at the same time a summary of Christian philosophy (see SUMMÆ). In the brief prologue St. Thomas first calls attention to the difficulties experienced by students of sacred doctrine in his day, the causes assigned being: the multiplication of useless questions, articles, and arguments; the lack of scientific order; frequent repetitions, "which beget disgust and confusion in the minds of learners". Then he adds: "Wishing to avoid these and similar drawbacks, we shall endeavour, confiding in the Divine assistance, to treat of these things that pertain to sacred doctrine with brevity and clearness, in so far as the subject to be treated will permit."

In the introductory question, "On Sacred Doctrine", he proves that, besides the knowledge which reason affords, Revelation also is necessary for salvation first, because without it men could not know the supenatural end to which they must tend by their voluntary acts; secondly, because, without Revelation, even the truths concerning God which could be proved by reason would be known "only by a few, after a long time, and with the admixture of many errors". When revealed truths have been accepted, the mind of man proceeds to explain them and to draw conclusions from them. Hence results theology, which is a science, because it proceeds from principles that are certain (Answer 2). The object, or subject, of this science is God; other things are treated in it only in so far as they relate to God (Answer 7). Reason is used in theology not to prove the truths of faith, which are accepted on the authority of God, but to defend, explain, and develop the doctrines revealed (Answer 8). He thus announces the division of the "Summa": "Since the chief aim of this sacred science is to give the knowledge of God, not only as He is in Himself, but also as He is the Beginning of all things, and the End of all, especially of rational creatures, we shall treat first of God; secondly, of the rational creature's advance towards God (de motu creaturae rationalis in Deum); thirdly, of Christ, Who, as Man, is the way by which we tend to God." God in Himself, and as He is the Creator; God as the End of all things, especially of man; God as the Redeemer — these are the leading ideas, the great headings, under which all that pertains to theology is contained.

(a) Sub-divisions

The First Part is divided into three tracts:
The Second Part, On God as He is in the End of man, is sometimes called the Moral Theology of St. Thomas, i.e., his treatise on the end of man and on human acts. It is subdivided into two parts, known as the First Section of the Second (I-II, or 1a 2ae) and the Second of the Second (II-II, or 2a 2ae).

The First of the Second. The first five questions are devoted to proving that man's last end, his beatitude, consists in the possession of God. Man attains to that end or deviates from it by human acts, i.e. by free, deliberate acts. Of human acts he treats, first, in general (in all but the first five questions of the I-II), secondly, in particular (in the whole of the II-II). The treatise on human acts in general is divided into two parts: the first, on human acts in themselves; the other, on the principles or causes, extrinsic or intrinsic, of those acts. In these tracts and in the Second of the Second, St. Thomas, following Aristotle, gives a perfect description and a wonderfully keen analysis of the movements of man's mind and heart.

The Second of the Second considers human acts, i.e., the virtues and vices, in particular. In it St. Thomas treats, first, of those things that pertain to all men, no matter what may be their station in life, and, secondly, of those things that pertain to some men only. Things that pertain to all men are reduced to seven headings: Faith, Hope, and Charity; Prudence, Justice, Fortitude, and Temperance. Under each title, in order to avoid repetitions, St. Thomas treats not only of the virtue itself, but also of the vices opposed to it, of the commandment to practise it, and of the gift of the Holy Ghost which corresponds to it. Things pertaining to some men only are reduced to three headings: the graces freely given (gratia gratis datae) to certain individuals for the good of the Church, such as the gifts of tongues, of prophecy, of miracles; the active and the contemplative life; the particular states of life, and duties of those who are in different states, especially bishops and religious.

The Third Part treats of Christ and of the benefits which He has conferred upon man, hence three tracts: On the Incarnation, and on what the Saviour did and suffered; On the Sacraments, which were instituted by Christ, and have their efficacy from His merits and sufferings; On Eternal Life, i.e., on the end of the world, the resurrection of bodies, judgment, the punishment of the wicked, the happiness of the just who, through Christ, attain to eternal life in heaven.

Eight years were given to the composition of this work, which was begun at Rome, where the First Part and the First of the Second were written (1265-69). The Second of the Second, begun in Rome, was completed in Paris (1271). In 1272 St. Thomas went to Naples, where the Third Part was written, down to the ninetieth question of the tract On Penance (see Leonine edition, I, p. xlii). The work has been completed by the addition of a supplement, drawn from other writings of St. Thomas, attributed by some to Peter of Auvergne, by others to Henry of Gorkum. These attributions are rejected by the editors of the Leonine edition (XI, pp. viii, xiv, xviii). Mandonnet (op. cit., 153) inclines to the very probable opinion that it was compiled by Father Reginald de Piperno, the saint's faithful companion and secretary.

The entire "Summa" contains 38 Treatises, 612 Questions, subdivided into 3120 articles, in which about 10,000 objections are proposed and answered. So admirably is the promised order preserved that, by reference to the beginning of the Tracts and Questions, one can see at a glance what place it occupies in the general plan, which embraces all that can be known through theology of God, of man, and of their mutual relations . . . "The whole Summa is arranged on a uniform plan. Every subject is introduced as a question, and divided into articles. . . . Each article has also a uniform disposition of parts. The topic is introduced as an inquiry for discussion, under the term Utrum, whether — e.g. Utrum Deus sit? The objections against the proposed thesis are then stated. These are generally three or four in number, but sometimes extend to seven or more. The conclusion adopted is then introduced by the words, Respondeo dicendum. At the end of the thesis expounded the objections are answered, under the forms, ad primum, ad secundum, etc." . . . . The "Summa" is Christian doctrine in scientific form; it is human reason rendering its highest service in defence and explanation of the truths of the Christian religion. It is the answer of the matured and saintly doctor to the question of his youth: What is God? Revelation, made known in the Scriptures and by tradition; reason and its best results; soundness and fulness of doctrine, order, conciseness and clearness of expression, effacement of self, the love of truth alone, hence a remarkable fairness towards adversaries and calmness in combating their errors; soberness and soundness of judgment, together with a charmingly tender and enlightened piety — these are all found in this "Summa" more than in his other writings, more than in the writings of his contemporaries, for "among the Scholastic doctors, the chief and master of all, towers Thomas Aquinas, who, as Cajetan observes (In 2am 2ae, Q. 148, a. 4) 'because he most venerated the ancient doctors of the Church in a certain way seems to have inherited the intellect of all'" (Encyclical, "Aeterni Patris", of Leo XIII).

(b) Editions and Translations

It is impossible to mention the various editions of the "Summa", which has been in constant use for more than seven hundred years. Very few books have been so often republished. The first complete edition, printed at Basle in 1485, was soon followed by others, e.g., at Venice in 1505, 1509, 1588, 1594; at Lyons in 1520, 1541, 1547, 1548, 1581, 1588, 1624,1655; at Antwerp in 1575. These are enumerated by Touron (op. cit., p. 692), who says that about the same time other editions were published at Rome, Antwerp, Rouen, Paris, Douai, Cologne, Amsterdam, Bologna, etc. The editors of the Leonine edition deem worthy of mention those published at Paris in 1617, 1638, and 1648, at Lyons in 1663, 1677, and 1686, and a Roman edition of 1773 (IV, pp. xi, xii). Of all old editions they consider the most accurate two published at Padua, one in 1698, the other in 1712, and the Venice edition of 1755. Of recent editions the best are the following: the Leonine; the Migne editions (Paris, 1841, 1877); the first volume of the 1841 edition containing the "Libri quatuor sententiarum" of Peter Lombard; the very practical Faucher edition (5 vols. small quarto, Paris, 1887), dedicated to Cardinal Pecci, enriched with valuable notes; a Roman edition of 1894. The "Summa" has been translated into many modern languages as well.

Writings (method and style)

It is not possible to characterize the method of St. Thomas by one word, unless it can be called eclectic. It is Aristotelean, Platonic, and Socratic; it is inductive and deductive; it is analytic and synthetic. He chose the best that could he find in those who preceded him, carefully sifting the chaff from the wheat, approving what was true, rejecting the false. His powers of synthesis were extraordinary. No writer surpassed him in the faculty of expressing in a few well-chosen words the truth gathered from a multitude of varying and conflicting opinions; and in almost every instance the student sees the truth and is perfectly satisfied with St. Thomas's summary and statement. Not that he would have students swear by the words of a master. In philosophy, he says, arguments from authority are of secondary importance; philosophy does not consist in knowing what men have said, but in knowing the truth (In I lib. de Coelo, lect. xxii; II Sent., D. xiv, a. 2, ad 1um). He assigns its proper place to reason used in theology (see below: Influence of St. Thomas), but he keeps it within its own sphere. Against the Traditionalists the Holy See has declared that the method used by St. Thomas and St. Bonaventure does not lead to Rationalism (Denzinger-Bannwart, n. 1652). Not so bold or original in investigating nature as were Albertus Magnus and Roger Bacon, he was, nevertheless, abreast of his time in science, and many of his opinions are of scientific value in the twentieth century. Take, for instance, the following: "In the same plant there is the two-fold virtue, active and passive, though sometimes the active is found in one and the passive in another, so that one plant is said to be masculine and the other feminine" (3 Sent., D. III, Q. ii, a 1).

The style of St. Thomas is a medium between the rough expressiveness of some Scholastics and the fastidious elegance of John of Salisbury; it is remarkable for accuracy, brevity, and completeness. Pope Innocent VI (quoted in the Encyclical, "Aeterni Patris", of Leo XIII) declared that, with the exception of the canonical writings, the works of St. Thomas surpass all others in "accuracy of expression and truth of statement" (habet proprietatem verborum, modum dicendorum, veritatem sententiarum). Great orators, such as Bossuet, Lacordaire, Monsabré, have studied his style, and have been influenced by it, but they could not reproduce it. The same is true of theological writers. Cajetan knew St. Thomas's style better than any of his disciples, but Cajetan is beneath his great master in clearness and accuracy of expression, in soberness and solidity of judgment. St. Thomas did not attain to this perfection without an effort. He was a singularly blessed genius, but he was also an indefatigable worker, and by continued application he reached that stage of perfection in the art of writing where the art disappears. "The author's manuscript of the Summa Contra Gentiles is still in great part extant. It is now in the Vatican Library. The manuscript consists of strips of parchment, of various shades of colour, contained in an old parchment cover to which they were originally stitched. The writing is in double column, and difficult to decipher, abounding in abbreviations, often passing into a kind of shorthand. Throughout many passages a line is drawn in sign of erasure" (Rickaby, Op. cit., preface: see Ucelli ed., "Sum. cont. gent.", Rome, 1878).

Influences exerted on St. Thomas

How was this great genius formed? The causes that exerted an influence on St. Thomas were of two kinds, natural and supernatural.

Natural causes

(1) As a foundation, he "was a witty child, and had received a good soul" (Wisdom 8:19). From the beginning he manifested precocious and extraordinary talent and thoughtfulness beyond his years.

(2) His education was such that great things might have been expected of him. His training at Monte Cassino, at Naples, Paris, and Cologne was the best that the thirteenth century could give, and that century was the golden age of education. That it afforded excellent opportunities for forming great philosophers and theologians is evident from the character of St. Thomas's contemporaries. Alexander of Hales, Albertus Magnus, St. Bonaventure, St. Raymond of Pennafort, Roger Bacon, Hugo a S. Charo, Vincent of Beauvais, not to mention scores of others, prove beyond all doubt that those were days of really great scholars. (See Walsh, "The Thirteenth, Greatest of Centuries", New York, 1907.) The men who trained St. Thomas were his teachers at Monte Cassino and Naples, but above all Albertus Magnus, under whom he studied at Paris and Cologne.

(3) The books that exercised the greatest influence on his mind were the Bible, the Decrees of the councils and of the popes, the works of the Fathers, Greek and Latin, especially of St. Augustine, the "Sentences" of Peter Lombard, the writings of the philosophers, especially of Plato, Aristotle, and Boethius. If from these authors any were to be selected for special mention, undoubtedly they would be Aristotle, St. Augustine, and Peter Lombard. In another sense the writings of St. Thomas were influenced by Averroes, the chief opponent whom he had to combat in order to defend and make known the true Aristotle.

(4) It must be borne in mind that St. Thomas was blessed with a retentive memory and great powers of penetration. Father Daniel d'Agusta once pressed him to say what he considered the greatest grace he had ever received, sanctifying grace of course excepted. "I think that of having understood whatever I have read", was the reply. St. Antoninus declared that "he remembered everything be had read, so that his mind was like a huge library" (cf. Drane, op. cit., p. 427; Vaughan, op. cit., II, p. 567). The bare enumeration of the texts of Scripture cited in the "Summa theologica" fills eighty small-print columns in the Migne edition, and by many it is not unreasonably supposed that he learned the Sacred Books by heart while he was imprisoned in the Castle of San Giovanni. Like St. Dominic he had a special love for the Epistles of St. Paul, on which he wrote commentaries (recent edition in 2 vols., Turin, 1891).

(5) Deep reverence for the Faith, as made known by tradition, characterizes all his writings. The consuetudo ecclesiae — the practice of the Church — should prevail over the authority of any doctor (Summa II-II:10:12). In the "Summa" he quotes from 19 councils, 41 popes, and 52 Fathers of the Church. A slight acquaintance with his writings will show that among the Fathers his favourite was St. Augustine (on the Greek Fathers see Vaughan, op. cit., II, cc. iii sqq.).

(6) With St. Augustine (On Christian Doctrine II.40), St. Thomas held that whatever there was of truth in the writings of pagan philosophers should be taken from them, as from "unjust possessors", and adapted to the teaching of the true religion (Summa I:84:5). In the "Summa" alone he quotes from the writings of 46 philosophers and poets, his favourite authors being Aristotle, Plato, and, among Christian writers, Boethius. From Aristotle he learned that love of order and accuracy of expression which are characteristic of his own works. From Boethius he learned that Aristotle's works could be used without detriment to Christianity. He did not follow Boethius in his vain attempt to reconcile Plato and Aristotle. In general the Stagirite was his master, but the elevation and grandeur of St. Thomas's conceptions and the majestic dignity of his methods of treatment speak strongly of the sublime Plato.

Supernatural causes

Even if we do not accept as literally true the declaration of John XXII, that St. Thomas wrought as many miracles as there are articles in the "Summa", we must, nevertheless, go beyond causes merely natural in attempting to explain his extraordinary career and wonderful writings.

(1) Purity of mind and body contributes in no small degree to clearness of vision (see St. Thomas, "Commentaries on I Cor., c. vii", Lesson v). By the gift of purity, miraculously granted at the time of the mystic girdling, God made Thomas's life angelic; the perspicacity and depth of his intellect, Divine grace aiding, made him the "Angelic Doctor".

(2) The spirit of prayer, his great piety and devotion, drew down blessings on his studies. Explaining why he read, every day, portions of the "Conferences" of Cassian, he said: "In such reading I find devotion, whence I readily ascend to contemplation" (Prümmer, op. cit., p. 32). In the lessons of the Breviary read on his feast day it is explicitly stated that he never began to study without first invoking the assistance of God in prayer; and when he wrestled with obscure passages of the Scriptures, to prayer he added fasting.

(3) Facts narrated by persons who either knew St. Thomas in life or wrote at about the time of his canonization prove that he received assistance from heaven. To Father Reginald he declared that he had learned more in prayer and contemplation than he had acquired from men or books (Prümmer, op. cit., p. 36). These same authors tell of mysterious visitors who came to encourage and enlighten him. The Blessed Virgin appeared, to assure him that his life and his writings were acceptable to God, and that he would persevere in his holy vocation. Sts. Peter and Paul came to aid him in interpreting an obscure passage in Isaias. When humility caused him to consider himself unworthy of the doctorate, a venerable religious of his order (supposed to be St. Dominic) appeared to encourage him and suggested the text for his opening discourse (Prümmer, op. cit., 29, 37; Tocco in "Acta SS.", VII Mar.; Vaughan, op. cit., II, 91). His ecstasies have been mentioned. His abstractions in presence of King Louis IX (St. Louis) and of distinguished visitors are related by all biographers. Hence, even if allowance be made for great enthusiasm on the part of his admirers, we must conclude that his extraordinary learning cannot be attributed to merely natural causes. Of him it may truly be said that he laboured as if all depended on his own efforts and prayed as if all depended on God.

Influence of St. Thomas (on sanctity)

The great Scholastics were holy as well as learned men. Alexander of Hales, St. Albertus Magnus, St. Thomas, and St. Bonaventure prove that learning does not necessarily dry up devotion. The angelic Thomas and the seraphic Bonaventure represent the highest types of Christian scholarship, combining eminent learning with heroic sanctity. Cardinal Bessarion called St. Thomas "the most saintly of learned men and the most learned of saints". His works breathe the spirit of God, a tender and enlightened piety, built on a solid foundation, viz. the knowledge of God, of Christ, of man. The "Summa theologica" may be made a manual of piety as well as a text-book for the study of theology (Cf. Drane, op. cit., p. 446). St. Francis de Sales, St. Philip Neri, St. Charles Borromeo, St. Vincent Ferrer, St. Pius V, St. Antoninus constantly studied St. Thomas. Nothing could be more inspiring than his treatises on Christ, in His sacred Person, in His life and sufferings. His treatise on the sacraments, especially on penance and the Eucharist, would melt even hardened hearts. He takes pains to explain the various ceremonies of the Mass ("De ritu Eucharistiae" in Summa III:83), and no writer has explained more clearly than St. Thomas the effects produced in the souls of men by this heavenly Bread (Summa III:79). The principles recently urged, in regard to frequent Communion, by Pius X ("Sacra Trid. Synodus", 1905) are found in St. Thomas (Summa III:79:8, III:80:10), although he is not so explicit on this point as he is on the Communion of children. In the Decree "Quam Singulari" (1910) the pope cites St. Thomas, who teaches that, when children begin to have some use of reason, so that they can conceive some devotion to the Blessed Sacrament, they may be allowed to communicate (Summa III:80:9). The spiritual and devotional aspects of St. Thomas's theology have been pointed out by Father Contenson, O.P., in his "Theologia mentis et cordis". They are more fully explained by Father Vallgornera, O.P., in his "Theologia Mystica D. Thomae", wherein the author leads the soul to God through the purgative, illuminative, and unitive ways. The Encyclical Letter of Leo XIII on the Holy Spirit is drawn largely from St. Thomas, and those who have studied the "Prima Secundae" and the "Secunda Secundae" know how admirably the saint explains the gifts and fruits of the Holy Ghost, as well as the Beatitudes, and their relations to the different virtues Nearly all good spiritual writers seek in St. Thomas definitions of the virtues which they recommend.

Influence of St. Thomas (on intellectual life)

Since the days of Aristotle, probably no one man has exercised such a powerful influence on the thinking world as did St. Thomas. His authority was very great during his lifetime. The popes, the universities, the studia of his order were anxious to profit by his learning and prudence. Several of his important works were written at the request of others, and his opinion was sought by all classes. On several occasions the doctors of Paris referred their disputes to him and gratefully abided by his decision (Vaughan, op. cit., II, 1 p. 544). His principles, made known by his writings, have continued to influence men even to this day. This subject cannot be considered in all its aspects, nor is that necessary. His influence on matters purely philosophical is fully explained in histories of philosophy. (Theologians who followed St. Thomas will be mentioned in THOMISM. See also ORDER OF PREACHERS) His paramount importance and influence may be explained by considering him as the Christian Aristotle, combining in his person the best that the world has known in philosophy and theology. It is in this light that he is proposed as a model by Leo XIII in the famous Encyclical "Aeterni Patris". The work of his life may be summed up in two propositions: he established the true relations between faith and reason; he systematized theology.

(1) Faith and Reason

The principles of St. Thomas on the relations between faith and reason were solemnly proclaimed in the Vatican Council. The second, third, and fourth chapters of the Constitution "Dei Filius" read like pages taken from the works of the Angelic Doctor. First, reason alone is not sufficient to guide men: they need Revelation; we must carefully distinguish the truths known by reason from higher truths (mysteries) known by Revelation. Secondly, reason and Revelation, though distinct, are not opposed to each other. Thirdly, faith preserves reason from error; reason should do service in the cause of faith. Fourthly, this service is rendered in three ways:
This is a development of St. Augustine's famous saying (On the Holy Trinity XIV.1), that the right use of reason is "that by which the most wholesome faith is begotten . . . is nourished, defended, and made strong." These principles are proposed by St. Thomas in many places, especially in the following: "In Boethium, da Trin. Proem.", Q. ii, a. 1; "Sum. cont. gent.", I, cc. iii-ix; Summa I:1:1, I:1:5, I:1:8, I:32:1, I:84:5. St. Thomas's services to the Faith are thus summed up by Leo XIII in the Encyclical "Aeterni Patris": "He won this title of distinction for himself: that singlehanded he victoriously combated the errors of former times, and supplied invincible arms to put to rout those which might in after times spring up. Again, clearly distinguishing, as is fitting, reason and faith, he both preserved and had regard for the rights of each; so much so, indeed, that reason, borne on the wings of Thomas, can scarcely rise higher, while faith could scarcely expect more or stronger aids from reason than those which she has already obtained through Thomas."

St. Thomas did not combat imaginary foes; he attacked living adversaries. The works of Aristotle had been introduced into France in faulty translations and with the misleading commentaries of Jewish and Moorish philosophers. This gave rise to a flood of errors which so alarmed the authorities that the reading of Aristotle's Physics and Metaphysics was forbidden by Robert de Courçon in 1210, the decree being moderated by Gregory IX in 1231. There crept into the University of Paris an insidious spirit of irreverence and Rationalism, represented especially by Abelard and Raymond Lullus, which claimed that reason could know and prove all things, even the mysteries of Faith. Under the authority of Averroes dangerous doctrines were propagated, especially two very pernicious errors: first, that philosophy and religion being in different regions, what is true in religion might be false in philosophy; secondly, that all men have but one soul. Averroes was commonly styled "The Commentator", but St. Thomas says he was "not so much a Peripatetic as a corruptor of Peripatetic philosophy" (Opusc. de unit. intell.). Applying a principle of St. Augustine (see I:84:5), following in the footsteps of Alexander of Hales and Albertus Magnus, St. Thomas resolved to take what was true from the "unjust possessors", in order to press it into the service of revealed religion. Objections to Aristotle would cease if the true Aristotle were made known; hence his first care was to obtain a new translation of the works of the great philosopher. Aristotle was to be purified; false commentators were to be refuted; the most influential of these was Averroes, hence St. Thomas is continually rejecting his false interpretations.

(2) Theology Systematized

The next step was to press reason into the service of the Faith, by putting Christian doctrine into scientific form. Scholasticism does not consist, as some persons imagine, in useless discussions and subtleties, but in this, that it expresses sound doctrine in language which is accurate, clear, and concise. In the Encyclical "Aeterni Patris" Leo XIII, citing the words of Sixtus V (Bull "Triumphantis", 1588), declares that to the right use of philosophy we are indebted for "those noble endowments which make Scholastic theology so formidable to the enemies of truth", because "that ready coherence of cause and effect, that order and array of a disciplined army in battle, those clear definitions and distinctions, that strength of argument and those keen discussions by which light is distinguished from darkness, the true from the false, expose and lay bare, as it were, the falsehoods of heretics wrapped around by a cloud of subterfuges and fallacies". When the great Scholastics had written, there was light where there had been darkness, there was order where confusion had prevailed. The work of St. Anselm and of Peter Lombard was perfected by the Scholastic theologians. Since their days no substantial improvements have been made in the plan and system of theology, although the field of apologetics has been widened, and positive theology has become more important.

Influence of St. Thomas (his doctrine followed)

Within a short time after his death the writings of St. Thomas were universally esteemed. The Dominicans naturally took the lead in following St. Thomas. The general chapter held in Paris in 1279 pronounced severe penalties against all who dared to speak irreverently of him or of his writings. The chapters held in Paris in 1286, at Bordeaux in 1287, and at Lucca in 1288 expressly required the brethren to follow the doctrine of Thomas, who at that time had not been canonized (Const. Ord. Praed., n. 1130). The University of Paris, on the occasion of Thomas's death, sent an official letter of condolence to the general chapter of the Dominicans, declaring that, equally with his brethren, the university experienced sorrow at the loss of one who was their own by many titles (see text of letter in Vaughan, op. cit., II, p. 82). In the Encyclical "Aeterni Patris" Leo XIII mentions the Universities of Paris, Salamanca, Alcalá, Douai, Toulouse, Louvain, Padua, Bologna, Naples, Coimbra as "the homes of human wisdom where Thomas reigned supreme, and the minds of all, of teachers as well as of taught, rested in wonderful harmony under the shield and authority of the Angelic Doctor". To the list may be added Lima and Manila, Fribourg and Washington.

Seminaries and colleges followed the lead of the universities. The "Summa" gradually supplanted the "Sentences" as the textbook of theology. Minds were formed in accordance with the principles of St. Thomas; he became the great master, exercising a world-wide influence on the opinions of men and on their writings; for even those who did not adopt all of his conclusions were obliged to give due consideration to his opinions. It has been estimated that 6000 commentaries on St. Thomas's works have been written. Manuals of theology and of philosophy, composed with the intention of imparting his teaching, translations, and studies, or digests (études), of portions of his works have been published in profusion during the last six hundred years and today his name is in honour all over the world (see THOMISM).

In every one of the general councils held since his death St. Thomas has been singularly honoured. At the Council of Lyons his book "Contra errores Graecorum" was used with telling effect against the Greeks. In later disputes, before and during the Council of Florence, John of Montenegro, the champion of Latin orthodoxy, found St. Thomas's works a source of irrefragable arguments. The "Decretum pro Armenis" (Instruction for the Armenians), issued by the authority of that council, is taken almost verbatim from his treatise, "De fidei articulis et septem sacramentis" (see Denzinger-Bannwart, n. 695). "In the Councils of Lyons, Vienne, Florence, and the Vatican", writes Leo XIII (Encyclical "Aeterni Patris"), "one might almost say that Thomas took part in and presided over the deliberations and decrees of the Fathers contending against the errors of the Greeks, of heretics, and Rationalists, with invincible force and with the happiest results."

But the chief and special glory of Thomas, one which he has shared with none of the Catholic doctors, is that the Fathers of Trent made it part of the order of the conclave to lay upon the altar, together with the code of Sacred Scripture and the decrees of the Supreme Pontiffs, the Summa of Thomas Aquinas, whence to seek counsel, reason, and inspiration. Greater influence than this no man could have.

Before this section is closed mention should be made of two books widely known and highly esteemed, which were inspired by and drawn from the writings of St. Thomas. The Catechism of the Council of Trent, composed by disciples of the Angelic Doctor, is in reality a compendium of his theology, in convenient form for the use of parish priests. Dante's "Divina Commedia" has been called "the Summa of St. Thomas in verse", and commentators trace the great Florentine poet's divisions and descriptions of the virtues and vices to the "Secunda Secundae".

Influence of St. Thomas (appreciation)

(1) In the Church

The esteem in which he was held during his life has not been diminished, but rather increased, in the course of the six centuries that have elapsed since his death. The position which he occupies in the Church is well explained by that great scholar Leo XIII, in the Encyclical "Aeterni Patris", recommending the study of Scholastic philosophy: "It is known that nearly all the founders and framers of laws of religious orders commanded their societies to study and religiously adhere to the teachings of St. Thomas. . . To say nothing of the family of St. Dominic, which rightly claims this great teacher for its own glory, the statutes of the Benedictines, the Carmelites, the Augustinians, the Society of Jesus, and many others, all testify that they are bound by this law." Amongst the "many others" the Servites, the Passionists, the Barnabites, and the Sulpicians have been devoted in an especial manner to the study of St. Thomas. The principal ancient universities where St. Thomas ruled as the great master have been enumerated above. The Paris doctors called him the morning star, the luminous sun, the light of the whole Church. Stephen, Bishop of Paris, repressing those who dared to attack the doctrine of "that most excellent Doctor, the blessed Thomas", calls him "the great luminary of the Catholic Church, the precious stone of the priesthood, the flower of doctors, and the bright mirror of the University of Paris" (Drane, op. cit., p. 431). In the old Louvain University the doctors were required to uncover and bow their heads when they pronounced the name of Thomas (Goudin, op. cit., p. 21).

"The ecumenical councils, where blossoms the flower of all earthly wisdom, have always been careful to hold Thomas Aquinas in singular honour" (Leo XIII in "Aeterni Patris"). This subject has been sufficiently treated above. The "Bullarium Ordinis Praedicatorum", published in 1729-39, gives thirty-eight Bulls in which eighteen sovereign pontiffs praised and recommended the doctrine of St. Thomas (see also Vaughan, op. cit., II, c. ii; Berthier, op. cit., pp. 7 sqq.). These approbations are recalled and renewed by Leo XIII, who lays special stress on "the crowning testimony of Innocent VI: 'His teaching above that of others, the canons alone excepted, enjoys such an elegance of phraseology, a method of statement, a truth of proposition, that those who hold it are never found swerving from the path of truth, and he who dare assail it will always be suspected of error (ibid.).'" Leo XIII surpassed his predecessors in admiration of St. Thomas, in whose works he declared a remedy can be found for many evils that afflict society (see Berthier, op. cit., introd.). The notable Encyclical Letters with which the name of that illustrious pontiff will always be associated show how he had studied the works of the Angelic Doctor. This is very noticeable in the letters on Christian marriage, the Christian constitution of states, the condition of the working classes, and the study of Holy Scripture. Pope Pius X, in several letters, e.g. in the "Pascendi Dominici Gregis" (September, 1907), has insisted on the observance of the recommendations of Leo XIII concerning the study of St. Thomas. An attempt to give names of Catholic writers who have expressed their appreciation of St. Thomas and of his influence would be an impossible undertaking; for the list would include nearly all who have written on philosophy or theology since the thirteenth century, as well as hundreds of writers on other subjects. Commendations and eulogies are found in the introductory chapters of all good commentaries. An incomplete list of authors who have collected these testimonies is given by Father Berthier (op. cit., p. 22). . . .
(2) Outside the Church

(a) Anti-Scholastics -- Some persons have been and are still opposed to everything that comes under the name of Scholasticism, which they hold to be synonymous with subtleties and useless discussions. From the prologue to the "Summa" it is clear that St. Thomas was opposed to all that was superfluous and confusing in Scholastic studies. When people understand what true Scholasticism means, their objections will cease.

(b) Heretics and Schismatics -- "A last triumph was reserved for this incomparable man — namely, to compel the homage, praise, and admiration of even the very enemies of the Catholic name" (Leo XIII, ibid.). St. Thomas's orthodoxy drew upon him the hatred of all Greeks who were opposed to union with Rome. The united Greeks, however, admire St. Thomas and study his works (see above Translations of the "Summa"). The leaders of the sixteenth-century revolt honoured St. Thomas by attacking him, Luther being particularly violent in his coarse invectives against the great doctor. Citing Bucer's wild boast, "Take away Thomas and I will destroy the Church", Leo XIII (ibid.) remarks, "The hope was vain, but the testimony has its value".

Calo, Tocco, and other biographers relate that St. Thomas, travelling from Rome to Naples, converted two celebrated Jewish rabbis, whom he met at the country house of Cardinal Richard (Prümmer, op. cit., p. 33; Vaughan, op. cit., I, p. 795). Rabbi Paul of Burgos, in the fifteenth century, was converted by reading the works of St. Thomas. Theobald Thamer, a disciple of Melancthon, abjured his heresy after he had read the "Summa", which he intended to refute. The Calvinist Duperron was converted in the same way, subsequently becoming Archbishop of Sens and a cardinal (see Conway, O.P., op. cit., p. 96).

After the bitterness of the first period of Protestantism had passed away, Protestants saw the necessity of retaining many parts of Catholic philosophy and theology, and those who came to know St. Thomas were compelled to admire him. Überweg says "He brought the Scholastic philosophy to its highest stage of development, by effecting the most perfect accommodation that was possible of the Aristotelian philosophy to ecclesiastical orthodoxy" (op. cit., p. 440). R. Seeberg in the "New Schaff-Herzog Religious Encyclopedia" (New York, 1911) devotes ten columns to St. Thomas, and says that "at all points he succeeded in upholding the church doctrine as credible and reasonable" (XI, p. 427).

For many years, especially since the days of Pusey and Newman, St. Thomas has been in high repute at Oxford. Recently the "Summa contra gentiles" was placed on the list of subjects which a candidate may offer in the final honour schools of Litterae Humaniores at that university (cf. Walsh, op. cit., c. xvii). For several years Father De Groot, O.P., has been the professor of Scholastic philosophy in the University of Amsterdam, and courses in Scholastic philosophy have been established in some of the leading non-Catholic universities of the United States. Anglicans have a deep admiration for St. Thomas. Alfred Mortimer, in the chapter "The Study of Theology" of his work entitled "Catholic Faith and Practice" (2 vols., New York, 1909), regretting that "the English priest has ordinarily no scientific acquaintance with the Queen of Sciences", and proposing a remedy, says, "The simplest and most perfect sketch of universal theology is to be found in the Summa of St. Thomas" (vol. II, pp. 454, 465).

St. Thomas and modern thought

In the Syllabus of 1864 Pius IX condemned a proposition in which it was stated that the method and principles of the ancient Scholastic doctors were not suited to the needs of our times and the progress of science (Denzinger-Bannwart, n. 1713).

In the Encyclical "Aeterni Patris" Leo XIII points out the benefits to be derived from "a practical reform of philosophy by restoring the renowned teaching of St. Thomas Aquinas". He exhorts the bishops to "restore the golden wisdom of Thomas and to spread it far and wide for the defence and beauty of the Catholic Faith, for the good of society, and for the advantage of all the sciences". In the pages of the Encyclical immediately preceding these words he explains why the teaching of St. Thomas would produce such most desirable results: St. Thomas is the great master to explain and defend the Faith, for his is "the solid doctrine of the Fathers and the Scholastics, who so clearly and forcibly demonstrate the firm foundations of the Faith, its Divine origin, its certain truth, the arguments that sustain it, the benefits it has conferred on the human race, and its perfect accord with reason, in a manner to satisfy completely minds open to persuasion, however unwilling and repugnant". The career of St. Thomas would in itself have justified Leo XIII in assuring men of the nineteenth century that the Catholic Church was not opposed to the right use of reason. The sociological aspects of St. Thomas are also pointed out: "The teachings of Thomas on the true meaning of liberty, which at this time is running into license, on the Divine origin of all authority, on laws and their force, on the paternal and just rule of princes, on obedience to the highest powers, on mutual charity one towards another — on all of these and kindred subjects, have very great and invincible force to overturn those principles of the new order which are well known to be dangerous to the peaceful order of things and to public safety" (ibid.).

The evils affecting modern society had been pointed out by the pope in the Letter "Inscrutabili" of 21 April, 1878, and in the one on Socialism, Communism, and Nihilism ("The Great Encyclicals of Leo XIII", pp. 9 sqq.; 22 sqq.). How the principles of the Angelic Doctor will furnish a remedy for these evils is explained here in a general way, more particularly in the Letters on the Christian constitution of states, human liberty, the chief duties of Christians as citizens, and on the conditions of the working classes (ibid., pp. 107, 135, 180, 208).

It is in relation to the sciences that some persons doubt the reliability of St. Thomas's writings; and the doubters are thinking of the physical and experimental sciences, for in metaphysics the Scholastics are admitted to be masters. Leo XIII calls attention to the following truths: (a) The Scholastics were not opposed to investigation. Holding as a principle in anthropology "that the human intelligence is only led to the knowledge of things without body and matter by things sensible, they well understood that nothing was of greater use to the philosopher than diligently to search into the mysteries of nature, and to be earnest and constant in the study of physical things" (ibid., p. 55). This principle was reduced to practice: St. Thomas, St. Albertus Magnus, Roger Bacon, and others "gave large attention to the knowledge of natural things" (ibid., p. 56). (b) Investigation alone is not sufficient for true science. "When facts have been established, it is necessary to rise and apply ourselves to the study of the nature of corporeal things, to inquire into the laws which govern them and the principles whence their order and varied unity and mutual attraction in diversity arise" (p. 55).

Will the scientists of today pretend to be better reasoners than St. Thomas, or more powerful in synthesis? It is the method and the principles of St. Thomas that Leo XIII recommends: "If anything is taken up with too great subtlety by the Scholastic doctors, or too carelessly stated; if there be anything that ill agrees with the discoveries of a later age or, in a word, is improbable in any way, it does not enter into our mind to propose that for imitation to our age" (p. 56). Just as St. Thomas, in his day, saw a movement towards Aristotle and philosophical studies which could not be checked, but could be guided in the right direction and made to serve the cause of truth, so also, Leo XIII, seeing in the world of his time a spirit of study and investigation which might be productive of evil or of good, had no desire to check it, but resolved to propose a moderator and master who could guide it in the paths of truth.

No better guide could have been chosen than the clear-minded, analytic, synthetic, and sympathetic Thomas Aquinas. His extraordinary patience and fairness in dealing with erring philosophers, his approbation of all that was true in their writings, his gentleness in condemning what was false, his clear-sightedness in pointing out the direction to true knowledge in all its branches, his aptness and accuracy in expressing the truth — these qualities mark him as a great master not only for the thirteenth century, but for all times. If any persons are inclined to consider him too subtle, it is because they do not know how clear, concise, and simple are his definitions and divisions. His two summae are masterpieces of pedagogy, and mark him as the greatest of human teachers. Moreover, he dealt with errors similar to many which go under the name of philosophy or science in our days. The Rationalism of Abelard and others called forth St. Thomas's luminous and everlasting principles on the true relations of faith and reason. Ontologism was solidly refuted by St. Thomas nearly six centuries before the days of Malebranche, Gioberti, and Ubaghs (see Summa I:84:5). The true doctrine on first principles and on universals, given by him and by the other great Scholastics, is the best refutation of Kant's criticism of metaphysical ideas (see, e.g., "Post. Analyt.", I, lect. xix; "De ente et essentia", c. iv; Summa I:17:3 corp. and ad 2um; I:79:3; I:84:5; I:84:6 corp and ad 1um; I:85:2 ad 2um; I:85:3 ad 1um, ad 4um; Cf. index to "Summa": "Veritas", "Principium", "Universale"). Modern psychological Pantheism does not differ substantially from the theory of one soul for all men asserted by Averroes (see "De unit. intell." and Summa I:76:2; I:79:5). The Modernistic error, which distinguishes the Christ of faith from the Christ of history, had as its forerunner the Averroistic principle that a thing might be true in philosophy and false in religion.


In the Encyclical "Providentissimus Deus" (18 November, 1893) Leo XIII draws from St. Thomas's writings the principles and wise rules which should govern scientific criticism of the Sacred Books. From the same source recent writers have drawn principles which are most helpful in the solution of questions pertaining to Spiritism and Hypnotism. Are we to conclude, then, that St. Thomas's works, as he left them, furnish sufficient instruction for scientists, philosophers, and theologians of our times? By no means. Vetera novis augere et perficere — "To strengthen and complete the old by aid of the new" — is the motto of the restoration proposed by Leo XIII. Were St. Thomas living today he would gladly adopt and use all the facts made known by recent scientific and historical investigations, but he would carefully weigh all evidence offered in favour of the facts. Positive theology is more necessary in our days than it was in the thirteenth century. Leo XIII calls attention to its necessity in his Encyclical, and his admonition is renewed by Pius X in his Letter on Modernism. But both pontiffs declare that positive theology must not be extolled to the detriment of Scholastic theology. In the Encyclical "Pascendi", prescribing remedies against Modernism, Pius X, following in this his illustrious predecessor, gives the first place to "Scholastic philosophy, especially as it was taught by Thomas Aquinas"; St. Thomas is still "The Angel of the Schools". 


Kennedy, Daniel. "St. Thomas Aquinas." The Catholic Encyclopedia. Vol. 14. New York: Robert Appleton Company, 1912.28 Jan. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/14663b.htm>.


Transcription. This article was transcribed for New Advent by Kevin Cawley.


Ecclesiastical approbation. Nihil Obstat. July 1, 1912. Remy Lafort, S.T.D., Censor. Imprimatur. +John Cardinal Farley, Archbishop of New York.


Thomas Aquinas, OP, Priest, Doctor

Born at Rocca Secca near Aquino in Naples, Italy, c. 1225; died at Fossanuova (near Rome), 1274; canonized 1323; declared Doctor of the Church in 1567; Pope Leo XIII named him patron of Catholic universities and centers of study in 1880; feast day formerly March 7.



"Word made flesh,

true bread Christ makes

By his word his flesh to be,

Wine his Blood; which whoso takes
Must from carnal thought be free
Faith alone, though sight forsakes,
Shows true hearts the mystery."

--Saint Thomas Aquinas


Saint Thomas was born in the family castle of Rocca Secca, the son of Count Landulf of Aquino (a relative of the emperors Henry VI and Frederick II and kings of France, Castile, and Aragon) and Theodora, Countess of Teano. It is said that when he was a baby, a thunderbolt struck the castle and killed his nurse and little sister. Thereafter, Thomas had a fear of lightning and would pray with his head against the Tabernacle during a storm.

At age 5, he was sent as an oblate to the Monte Cassino Monastery and was educated there until age 13. Around 1239, he attended the University of Naples, and he became a Dominican in 1244 (age 19). His superiors sent him to Rome en route to Cologne and Paris.

His family was so upset that he joined a mendicant order that they had him kidnapped by his brothers before he reached Paris and returned to the castle, where they held him for 15 months in the hopes of changing his mind. His mother and sisters used caresses to shake his vocation.

His brothers used vile attempts to destroy his chastity. Snatching from the hearth a burning brand, the saint drove the wretched woman from his chamber. Then marking a cross upon the wall, he knelt down to pray and immediately went into ecstasy. An angel girded him with a cord in token of the gift of perpetual chastity that God had given him. (The cord is still preserved at the convent of Chieri in the Piedmont.) The girdle caused pain so sharp that he cried out, bringing his guards into the room. But he confessed this grace shortly before his death and only to his spiritual director Father Raynald.
Patiently, Thomas conquered all the temptations used to turn him away from his vocation. Instead of bemoaning his situation, he used his two-year confinement to memorize the Bible and study religion. When his family realized they would not change his mind, his brothers relaxed their guard and Thomas, with the help of his sisters, escaped from the tower and rejoined the Dominicans in 1245.

Finally he reached Cologne and was put in the charge of Saint Albert the Great, a man of encyclopedic knowledge. From 1245 to 1248 he continued his studies in Paris under Albert. Thomas's nonparticipation at disputations and his large figure led him to be called "the dumb Sicilian ox." Nevertheless, Albert predicted that Thomas's voice would one day fill the world.

One of the young men took pity on Thomas and offered to tutor him. The saint accepted with humility and thanks. But one day the teacher made a mistake. For the sake of the truth, Thomas corrected him and explained the lesson very clearly. The teacher was astonished. He then begged Thomas to be the teacher. Thomas agree but only if it could remain a secret arrangement.

A contemporary described Thomas as "tall, erect, large and well- built, with a complexion like ripe wheat and whose head early grew bald."

From Cologne, Saint Albert and Saint Thomas walked more than 250 miles to the University of Paris. Here Thomas met and became friends with a young Franciscan monk named Bonaventure, later known as the 'Seraphic Doctor.'

Thomas went with Albert to a new Dominican studium generale in Cologne in 1248 and was ordained about 1250. He said Mass with such great devotion that he often shed tears. Those who assisted at his Masses always felt themselves moved to greater love for God. After his own Mass, he often served another in thanksgiving.

Armed with several university degrees, including a doctorate in theology from the renowned University of Paris, Thomas moved easily from one environment to another. In 1252 he returned to Paris to undertake his first teaching appointment at the Dominican monastery of Saint-Jacques. Here he wrote a spirited defense of the mendicant orders against William of St-Amour, a commentary on the Sentences of Peter Lombard, De ente et essentia, works on Isaiah and Matthew. He was master of theology in Paris in 1256. He then taught in Anagni, Ovieto (1261-64), Rome (1265-67), Viterbo (1268), Paris again (1269-71) and Naples (1272-74).

During this period (1259-64), he completed his Summa contra Gentiles, a theological statement on the Christian faith argued partly by the use of pure reason without faith against Islam, Judaism, heretics and pagans. This was not designed for use by missionaries but rather to counteract the influence of Aristotelian thinkers in the universities by answering them from Aristotle's viewpoint. Around 1266, he began his five-volume Summa theologica, which is a comprehensive statement of his mature thought on all the Christian mysteries. It poses questions, then systematically answers them. Unfortunately, Thomas never finished the work.

In 1263, Thomas was present at a general chapter of the Dominicans in London. It seems almost impossible to believe he could have produced his enormous literary output while travelling as extensively as he did, especially considering the number of authorities he must have studied in order to cite them and the depth of his prayer life as reflected in them. Yet, he was capable of intense concentration and was known to dictate to four secretaries at one time. He frequently used abbreviations in his writings because the friars did not have sufficient supplies of parchment.

Always, he was a humble and prayerful man. In fact, it is said of Thomas that 'his wonderful learning owes far less to his genius than to the effectiveness of his prayer.' He was made a preacher general and was called upon to teach scholars attached to the papal court. During Holy Week 1267, Thomas preached in Saint Peter's Basilica in Rome. He moved the people to tears with his sermon on the Passion of our Lord. On the following Easter Sunday he spoke about the Resurrection, and the congregation was filled with the greatest joy. As he was coming down from the pulpit that day, a poor woman who touched the hem of his garment was instantly cured of a disease that had troubled her for years.

Thomas wrote much about our Lord in the Blessed Sacrament. One day Jesus appeared to him and said, "Thomas, you have written well concerning the Sacrament of My Body." Another time the Blessed Virgin appeared to him and told him how pleasing his writings were to her divine Son. At the request of Saint Thomas, the pope extended the feast of Corpus Christi to the entire Church. The two hymns sung during Adoration of the Blessed Sacrament, O Salutaris Hostia and Tantum Ergo, are taken from the office of the feast written by Thomas Aquinas. The saint also wrote beautiful prayers to be said before and after Holy Communion.

Prayer before Communion:

Almighty and ever-living God,

I approach the sacrament of your only-begotten Son,

our Lord Jesus Christ.

I come sick to the doctor of life,
unclean to the fountain of mercy,
blind to the radiance of eternal light,
and poor and needy to the
Lord of heaven and earth.

Lord, in your great generosity,

heal my sickness,

wash away my defilement,

enlighten my blindness,
enrich my poverty,
and clothe my nakedness.

May I receive the bread of angels,

the King of kings and Lord of lords,

with humble reverence,

with the purity and faith,
the repentance and love,
and the determined purpose
that will help to bring me to salvation.

May I receive the sacrament of the

Lord's body and blood

and its reality and power.

Kind God, may I receive the body
of your only-begotten Son,
our Lord Jesus Christ, born from the womb of the Virgin Mary, and
so be received into his mystical body,
and numbered among his members.

Loving Father,

as on my earthly pilgrimage

I now receive your beloved Son

under the veil of a sacrament,
may I one day see him face to face in glory,
who lives and reigns with you for ever. Amen.


(These prayers are taken from the English translation of the Liturgy of the Hours, copyright 1974, prepared by the International Commission on English in the Liturgy, Inc. Used with permission.)

Prayer after Mass:

Lord,

Father all-powerful,

and ever-living God,

I thank you,
for even though I am a sinner,
your unprofitable servant,
not because of my worth,
but in the kindness of your mercy,
you have fed me with the precious body
and blood of your Son,
our Lord Jesus Christ.

I pray that this holy communion

may not bring me

condemnation and punishment

but forgiveness and salvation.
May it be a helmet of faith and
a shield of good will.

May it purify me from evil ways

and put an end to my evil passions.

May it bring me charity and patience,

humility and obedience,
and growth in the power to do good.

May it be my strong defense

against all my enemies,

visible and invisible,

and the perfect calming
of all my evil impulses,
bodily and spiritual.

May it unite me more closely to you,

the one true God,

and lead me safely through death

to everlasting happiness with you.
And I pray that you will lead me,

a sinner,

to the banquet where you,

with your Son and Holy Spirit,
are true and perfect light,
total fulfillment, everlasting joy,
gladness without end,
and perfect happiness to your saints.
Grant this through Christ our Lord. Amen.


In 1269, Thomas was recalled to Paris for three years. King Saint Louis IX highly esteemed Thomas and consulted him; so did the University of Paris. Once, when he was a guest at the king's table, he was absorbed in thought and quite oblivious of his surroundings. To the astonishment of everyone present, the now corpulent friar banged his fist on the table and exclaimed: "That's finished the heresy of the Manichees." A gentle reproof from his prior was followed by Thomas's apology and the immediate arrival of a scribe to take down his thoughts. Thomas's power of concentration was extraordinary: He had the ability to dictate to four secretaries at once.

Upon his return to Paris, he became enmeshed in the struggle between the Dominican priests and the seculars, and opposed the philosophical teachings of Siger of Brabant, John Peckham, and Bishop Stephen Tempier of Paris. When dissension racked the university causing a general strike in 1272, Thomas was sent as regent to head a new Dominican school in Naples.

Saint Thomas experienced visions, ecstasies, and revelations. He stopped writing the Summa theologiae because of a revelation he experienced while saying Mass on the feast of Saint Nicholas 1273. He confronted the consternation of his brethren saying, "The end of my labors is come. All that I have written appears to be as so much straw after the things that have been, revealed to me." Nevertheless, the work became the basis of modern Catholic theology.

He was appointed by the Pope Gregory X to attend the General Council of Lyons, called to discuss the reunion of the Greek and Latin churches. Although he was sick, he set off for Rome in obedience. The illness overtook him on his way. He suffered for about a month before he died in the Cistercian Abbey of Fossanuova outside Terracina near Rome.

The day before he died, he asked to be laid on the floor in ashes. Just before receiving our Lord in the Blessed Sacrament, he exclaimed: "You, O Christ, are the King of Glory. You are the everlasting Son of God." On March 7, 1274, he received Extreme Unction before dying peacefully about age 48.

He is considered to have been the greatest Christian theologian and his work dominated Catholic teaching for hundreds of years. The amount of writing he accomplished is staggering. His writings are characterized by a sharp distinction between faith and reason, but emphasizing that the great fundamental Christian doctrines, though impossible to establish by reason, are not contrary to reason and reach us by revelation; nevertheless, he believed that such truths as the existence of God, His eternity, His creative power, and His providence can be discovered by natural reason.

Among Aquinas's works are Quaestiones disputatae, Quaestiones quodlibetales, De unitate intellectus contra Averroistas, and commentaries on the Lord's Prayer, the Apostles' Creed, Hail Mary, and various parts of the Bible. He also wrote hymns, many of which are still used, though the authorship of some attributed to him is now questioned.

Probably his greatest contribution to Western civilization was the retranslation and utilization of the works of Aristotle. Thomas explained Aristotle's works in the light of Christian revelation. Aquinas used the logic of Aristotle to consider the mysteries of religion. Thomas Aquinas suffices to upset the myth that religion fears thought.

Saint Thomas was less influential on his contemporaries than were Saint Bonaventure and Saint Albert, but his work has endured the test of time. Leo XIII in 1879 wrote an encyclical encouraging the revival of Thomistic studies.

Yet for all his intelligence, Thomas Aquinas was a man of great humility--he thought poorly of his work. He had come to live in so habitual a communion with God, actually in the country wherein the most accurate theology is but the map, that he said, "all I have written now seems to me but of little value." When asked by the pope to accept the archbishopric of Naples, he respectfully asked to remain a simple Dominican monk. Thomas was always charitable. Never did he refuse anyone who came to him for help. He was kind, gentle, and simple in his ways.

He was called "the Angelic Doctor" for his superior intellect was combined with the tenderest piety. Prayer, he said, taught him more than study. After his death, one of his companions saw a vision of Saint Thomas enjoying in heaven the fruit of the labors he performed for God. Many miracles were granted through his intercession. In 1368, his body was translated to Saint-Sernin in Toulouse. In 1974, it was moved to the Jacobin's church in the same city (Attwater, Benedictines, Bentley, Butler, Delaney, Dorcy, Farmer, Martindale, Melady, Waltz, Weisheipl, White).

He is depicted in art as a portly Dominican friar, carrying a book; or with a star on his breast and rays of light coming from his book; or holding a monstrance with Saint Norbert. At times he may be shown: (1) with the sun on his breast; (2) enthroned with pagan and heretic philosophers under his feet; (3) at a teacher's pulpit or desk, with rays coming from him; (4) with a chalice and host; (5) listening to a voice speaking to him from the Crucifix; (6) as angels bring him a girdle; or (7) in a library with Saint Bonaventure who points to the crucifix (Roeder, White). Click here to see Stefano Di Giovanni Sassetta's The Vision of Saint Thomas Aquinas.

Saint Thomas is the patron saint of Roman Catholic schools, colleges, universities, and academies, scholars and students, apologists, philosophers, theologians, and booksellers (due to his patronage of education in general), and pencil-makers (Roeder, White).

He is invoked for chastity and learning, and against storm and lightning (Roeder). 


SOURCE : http://www.saintpatrickdc.org/ss/0128.shtml


St. Thomas of Aquino, Doctor of the Church and Confessor

From his life, written by Bartholomew of Lucca, some time the saint’s confessor: also another life, compiled for his canonization by William of Tocco, prior of Benevento, who had been personally acquainted with the saint, &c. See E. Touron, in his life of St. Thomas, in quarto, Paris, 1737.

A.D. 1274

THE COUNTS of Aquino, who have flourished in the kingdom of Naples these last ten centuries, derive their pedigree from a certain Lombard prince. They were allied to the kings of Sicily and Arragon, to St. Lewis of France, and many other sovereign houses of Europe. Our saint’s grandfather having married the sister of the emperor Frederick I. he was himself grand nephew to that prince, and second cousin to the emperor Henry VI. and in the third degree to Frederick II. 1 His father, Landulph, was count of Aquino, and lord of Loretto and Belcastro: his mother Theodora was daughter to the count of Theate. The saint was born towards the end of the year 1226. St. Austin observes, 2 that the most tender age is subject to various passions, as of impatience, choler, jealousy, spite, and the like, which appear in children: no such thing was seen in Thomas. The serenity of his countenance, the constant evenness of his temper, his modesty and sweetness, were sensible marks that God prevented him with his early graces. The count of Aquino conducted him to the abbey of Mount Cassino, when he was but five years old, to be instructed by those good monks in the first principles of religion and learning; and his tutors soon saw with joy the rapidity of his progress, his great talents, and his happy dispositions to virtue. He was but ten years of age when the abbot told his father that it was time to send him to some university. The count, before he sent him to Naples, took him for some months to see his mother at his seat at Loretto, the place which about the end of that century grew famous for devotion to our Lady. Thomas was the admiration of the whole family. Amidst so much company, and so many servants, he appeared always as much recollected, and occupied on God, as he had been in the monastery; he spoke little, and always to the purpose; and he employed all his time in prayer, or serious and profitable exercises. His great delight seemed to be to intercede for, and to distribute, his parents’ plentiful alms among the poor at the gate, whom he studied by a hundred ingenious contrivances to relieve. He robbed himself of his own victuals for that purpose; which his father having discovered, he gave him leave to distribute things at discretion, which liberty he made good us of for the little time he stayed. The countess apprehensive of the dangers her son’s innocence might be exposed to in an academy, desired that he should perform his studies with a private preceptor under her own eyes; but the father knowing the great advantages of emulation and mutual communication in studies, was determined to send him to Naples, where the emperor Frederick II. being exasperated against Bologna, had lately, in 1224, erected a university, forbidding students to resort to any other in Italy. This immediately drew thither great numbers of students, and with them disorder and licentiousness, like that described by St. Austin in the great schools of Carthage. 3 Thomas soon perceived the dangers, and regretted the sanctuary of Mount Cassino; but by his extraordinary watchfulness, he lived here like the young Daniel in the midst of Babylon, or Toby in the infidel Ninive. He guarded his eyes with an extreme caution, shunned entirely all conversation with any women whatever, and with any young men whose steady virtue did not render him perfectly secure as to their behaviour. Whilst others went to profane diversions, he retired into some church or into his closet, making prayer and study his only pleasure. He learned rhetoric under Peter Martin, and philosophy under Peter of Hibernia, one of the most learned men of his age, and with such wonderful progress, that he repeated the lessons more clearly than the master had explained them: yet his greater care was to advance daily in the science of the saints, by holy prayer, and all good works. His humility concealed them; but his charity and fervour sometimes betrayed his modesty, and discovered them, especially in his great alms, for which he deprived himself of almost all things, and in which he was careful to hide from his left-hand what his right did.

The Order of St. Dominick, who had been dead twenty-two years, then abounded with men full of the spirit of God. The frequent conversations Thomas had with one of that body, a very interior holy man, filled his heart with heavenly devotion and comfort, and inflamed him daily with a more ardent love of God which so burned in his breast that at his prayers his countenance seemed one day, as it were, to dart rays of light, and he conceived a vehement desire to consecrate himself wholly to God in that Order. His tutor perceived his inclinations and informed the count of the matter, who omitted neither threats nor promises to defeat such a design. But the saint, not listening to flesh and blood in the call of heaven, demanded with earnestness to be admitted into the Order, and accordingly received the habit in the convent of Naples, in 1243, being then seventeen years old. The Countess Theodora his mother, being informed of it, set out for Naples to disengage him, if possible, from that state of life. Her son, on the first news of her journey, begged his superiors to remove him, as they did first to the convent of St. Sabina in Rome, and soon after to Paris, out of the reach of his relations. Two of his brothers, Landulph and Reynolds, commanders in the emperor’s army in Tuscany, by her directions so well guarded all the roads that he fell into their hands, near Acqua-pendente. They endeavoured to pull off his habit, but he resisted them so violently that they conducted him in it to the seat of his parents, called Rocca-Secca. The mother overjoyed at their success, made no doubt of overcoming her son’s resolution. She endeavoured to persuade him that to embrace such an Order, against his parents’ advice, could not be the call of heaven; adding all manner of reasons, fond caresses, entreaties, and tears. Nature made her eloquent and pathetic. He appeared sensible of her affliction, but his constancy was not to be shaken. His answers were modest and respectful, but firm in showing his resolution to be the call of God, and ought consequently to take place of all other views whatsoever, even of his service any other way. At last, offended at his unexpected resistance, she expressed her displeasure in very choleric words, and ordered him to be more closely confined and guarded, and that no one should see him but his two sisters. The reiterated solicitations of the young ladies were a long and violent assault. They omitted nothing that flesh and blood could inspire on such an occasion, and represented to him the danger of causing the death of his mother by grief. He on the contrary spoke to them in so moving a manner, on the contempt of the world, and the love of virtue, that they both yielded to the force of his reasons, for his quitting the world, and by his persuasion, devoted themselves to a sincere practice of piety.

This solitude furnished him with the most happy opportunity for holy contemplation and assiduous prayer. Some time after, his sisters conveyed to him some books, viz., a bible, Aristotle’s Logics, and the works of the Master of the Sentences. During this interval his two brothers, Landulph and Reynold, returning home from the army, found their mother in the greatest affliction, and the young novice triumphant in his resolution. They would needs undertake to overcome him, and began their assault by shutting him up in a tower of the castle. They tore in pieces his habit on his back, and after bitter reproaches and dreadful threats they left him, hoping his confinement, and the mortifications every one strove to give him, would shake his resolution. This not succeeding, the devil suggested to these two young officers a new artifice for diverting him from pursuing his vocation. They secretly introduced one of the most beautiful and most insinuating young strumpets of the country into his chamber, promising her a considerable reward in case she could draw him into sin. She employed all the arms of Satan to succeed in so detestable a design. The saint, alarmed and affrighted at the danger, profoundly humbled himself, and cried out to God most earnestly for his protection; then snatching up a firebrand struck her with it, and drove her out of his chamber. After this victory, not moved with pride, but blushing with confusion for having been so basely assaulted, he fell on his knees and thanked God for his merciful preservation, consecrated to him anew his chastity, and redoubled his prayers, and the earnest cry of his heart with sighs and tears, to obtain the grace of being always faithful to his promises. Then falling into a slumber, as the most ancient historians of his life relate, 4 he was visited by two angels, who seemed to gird him round the waist with a cord so tight that it awoke him, and made him cry out. His guards ran in, but he kept his secret to himself. It was only a little before his death that he disclosed this incident to F. Reynold, his confessor, adding that he had received this favour about thirty years before, from which time he had never been annoyed with temptations of the flesh; yet he constantly used the utmost caution and watchfulness against that enemy, and he would otherwise have deserved to forfeit that grace. One heroic victory sometimes obtains of God a recompense and triumph of this kind. Our saint having suffered in silence this imprisonment and persecution upwards of a twelve month, some say two years, at length, on the remonstrances of Pope Innocent IV. and the emperor Frederick, on account of so many acts of violence in his regard, both the countess and his brothers began to relent. The Dominicans of Naples being informed of this, and that his mother was disposed to connive at measures that might be taken to procure his escape, they hastened in disguise to Rocca-Secca, where his sister, knowing that the countess no longer opposed his escape, contrived his being let down out of his tower in a basket. He was received by his brethren in their arms, and carried with joy to Naples. The year following he there made his profession, looking on that day as the happiest of his whole life in which he made a sacrifice of his liberty that he might belong to God alone. But his mother and brothers renewed their complaints to Pope Innocent IV., who sent for Thomas to Rome, and examined him on the subject of his vocation to the state of religion, in their presence; and having received entire satisfaction on this head, the pope admired his virtue, and approved of his choice of that state of life, which from that time he was suffered to pursue in peace. Albertus Magnus, teaching then at Cologne, the general, John the Teutonic, took the saint with him from Rome to Paris, and thence to Cologne. Thomas gave all his time, which was not employed in devotion and other duties, to his studies, retrenching part of that which was allowed for his meals and sleep, not out of a vain passion, or the desire of applause, but for the advancement of God’s honour and the interests of religion, according to what he himself teaches. 5

His humility made him conceal his progress and deep penetration, insomuch that his school-fellows thought he learned nothing and on account of his silence, called him The Dumb Ox, and the Great Sicilian Ox. One of them even offered to explain his lessons to him, whom he thankfully listened to without speaking, though he was then capable of teaching him. They who know how much scholars and masters usually seek to distinguish themselves, and display their science, will give to so uncommon a humility its due praise. But the brightness of his genius, his quick and deep penetration and learning were at last discovered, in spite of all his endeavours to conceal them: for his master Albertus, having propounded to him several questions on the most knotty and obscure points, his answers, which the duty of obedience extorted, astonished the audience; and Albertus, not able to contain his joy and admiration, said: “We call him the dumb ox, but he will give such a bellow in learning as will be heard all over the world.” This applause made no impression on the humble saint. He continued the same in simplicity, modesty, silence, and recollection because his heart was the same; equally insensible to praises and humiliations, full of nothing but of God and his own insufficiency, never reflecting on his own qualifications, or on what was the opinion of others concerning him. In his first year, under Albertus Magnus, he wrote comments on Aristotle’s Ethics. The general chapter of the Dominicans, held at Cologne in 1245, deputed Albertus to teach at Paris, in their college of St. James, which the university had given them; and it is from that college they are called in France Jacobins. St. Thomas was sent with him to continue his studies there. His school exercises did not interrupt his prayer. By an habitual sense of the divine presence, and devout aspirations, he kept his heart continually raised to God; and in difficult points redoubled with more earnestness his fervour in his prayers than his application to study. This he found attended with such success, that he often said he had learned less by books than before his crucifix, or at the foot of the altar. His constant attention to God always filled his soul with joy, which appeared in his very countenance, and made his conversation altogether heavenly. His humility and obedience were most remarkable in all things. One day whilst he read at table, the corrector, by mistake, bid him read a word with a false quantity, and he readily obeyed, though he knew the error. When others told him he ought notwithstanding to have given it the right pronunciation, his answer was: “It matters not how a word is pronounced, but to practise on all occasions humility and obedience is of the greatest importance.” He was so perfectly mortified, and dead to his senses, that he eat without reflecting either on the kind or quality of his food, so that after meals he often knew not what he had been eating.

In the year 1248, being twenty-two years of age, he was appointed by the general chapter to teach at Cologne, together with his old master Albertus, whose high reputation he equalled in his very first lessons. He then also began to publish his first works, which consist of comments on the Ethics, and other philosophical works of Aristotle. No one was more courteous and affable, but it was his principle to shun all unnecessary visits. To prepare himself for holy orders he redoubled his watchings, prayer, and other spiritual exercises. His devotion to the blessed Sacrament was extraordinary. He spent several hours of the day and part of the night before the altar, humbling himself in acts of profound adoration, and melting with love in contemplating the immense charity of the Man-God, whom he there adored. In saying mass he seemed to be in raptures, and often quite dissolved in tears; a glowing frequently appeared in his eyes and countenance which showed the ardour with which his heart burned within him. His devotion was most fervent during the precious moments after he had received the divine mysteries; and after saying mass he usually served at another, or at least heard one. This fire and zeal appeared also in his sermons, at Cologne, Paris, Rome, and in other cities of Italy. He was every where heard as an angel; even the Jews ran of their own accord to hear him, and many of them were converted. His zeal made him solicitous, in the first place, for the salvation of his relations. His example and exhortations induced them to an heroic practice of piety. His eldest sister consecrated herself to God in St. Mary’s at Capua, and died abbess of that monastery: the younger, Theodora, married the count of Marsico, and lived and died in great virtue; as did his mother. His two brothers, Landulph, and Reynold, became sincere penitents; and having some time after left the emperor’s service, he, in revenge, burnt Aquino, their seat, in 1250, and put Reynold to death; the rest were obliged to save themselves by a voluntary banishment, but were restored in 1268. St. Thomas, after teaching four years at Cologne, was sent, in 1252, to Paris. His reputation for perspicuity and solidity drew immediately to his school a great number of auditors. 6 St. Thomas with great reluctancy, compelled by holy obedience, consented to be admitted doctor, on the 23rd of October, in 1257, being then thirty-one years old. The professors of the university of Paris being divided about the question of the accidents remaining really, or only in appearance, in the blessed Sacrament of the altar, they agreed in 1258, to consult our saint. The young doctor, not puffed up by such an honour, applied himself first to God by prayer, then he wrote upon that question the treatise still extant, and carrying it to the church, laid it on the altar. The most ancient author of his life assures us, that while the saint remained in prayer on that occasion, some of the brethren who were present, saw him raised a little above the ground. 7

The holy king, St. Lewis, had so great an esteem for St. Thomas, that he consulted him in affairs of state, and ordinarily informed him, the evening before, of any affair of importance that was to be treated of in council, that he might be the more ready to give advice on the point. The saint avoided the honour of dining with the king as often as he could excuse himself: and, when obliged to assist at court, appeared there as recollected as in his convent. One day at the king’s table, the saint cried out: “The argument is conclusive against the Manichees.” 8 His prior, being with him, bade him remember where he was. The saint would have asked the king’s pardon, but that good prince, fearing he should forget the argument that had occurred to his mind, caused his secretary to write it down for him. In the year 1259 St. Thomas assisted at the thirty-sixth general chapter of his order, held at Valenciennes which deputed him in conjunction with Albertus Magnus and three others to draw up rules for studies, which are still extant in the acts of that chapter. Returning to Paris, he there continued his lectures. Nothing was more remarkable than his meekness on all occasions. His temper was never ruffled in the heat of any dispute, nor by any insult. It was owing to this sweetness, more than to his invincible force of reasoning, that he brought a young doctor to retract on the spot a dangerous opinion, which he was maintaining a second time in his thesis. In 1261, Urban IV. called St. Thomas to Rome, and, by his order, the general appointed him to teach here. His holiness pressed him with great importunity to accept of some ecclesiastical dignity, but he knew how much safer it is to refuse than to accept a bishopric. The pope, however, obliged him always to attend his person. Thus it happened that the saint taught and preached in all the towns where that pope ever resided, as in Rome, Viterbo, Orvieto, Fondi, and Perugia. He also taught at Bologna, Naples. &c. 9

The fruits of his preaching were no less wonderful than those of his pen. Whilst he was preaching on Good Friday on the love of God for man, and our ingratitude to him, his whole auditory melted into tears to such a degree, that he was obliged to stop several times, that they might recover themselves. His discourse on the following Sunday concerning the glory of Christ, and the happiness of those who rise with him by grace, was no less pathetic and affecting. William of Tocco adds, that as the saint was coming out of St. Peter’s church the same day, a woman was cured of the bloody flux by touching the hem of his garment. The conversion of two considerable Rabbins seemed still a greater miracle. St. Thomas had held a long conference with them at a casual meeting in Cardinal Richard’s villa, and they agreed to resume it the next day. The saint spent the foregoing night in prayer at the foot of the altar. The next morning these two most obstinate Jews came to him of their own accord, not to dispute, but to embrace the faith, and were followed by many others. In the year 1263 the Dominicans held their fortieth general chapter in London; St. Thomas assisted at it, and obtained soon after to be dismissed from teaching. He rejoiced to see himself reduced to the state of a private religious man. Pope Clement IV. had such a regard for him, that, in 1265, among other ecclesiastical preferments, he made him an offer of the archbishopric of Naples, but could not prevail with him to accept of that or any other. The first part of his theological Summ St. Thomas composed at Bologna: he was called thence to Naples. Here it was that, according to Tocco and others, Dominick Caserte beheld him, while in fervent prayer, raised from the ground, and heard a voice from the crucifix directed to him in these words: “Thou hast written well of me, Thomas: what recompense dost thou desire?” He answered: “No other than thyself, O Lord.” 10

From the 6th of December, in 1273, to the 7th of March following, the day of his death, he neither dictated nor wrote anything on theological matters. He, from that time, laid aside his studies to fix his thoughts and heart entirely on eternity, and to aspire with the greatest ardour and most languishing desires to the enjoyment of God in perfect love. Pope Gregory X. had called a general council, the second of Lyons, with the view of extinguishing the Greek schism, and raising succours to defend the holy land against the Saracens. The ambassadors of the emperor Michael Palælogus, together with the Greek prelates, were to assist at it. The council was to meet on the 1st of May in 1274. His holiness, by brief directed to our saint, ordered him to repair thither, and to prepare himself to defend the Catholic cause against the Greek schismatics. Though indisposed, he set out from Naples about the end of January. His dear friend, F. Reynold of Piperno, was appointed his companion, and ordered to take care that he did not neglect himself, which the saint was apt to do. St. Thomas on the road called at the castle of Magenza, the seat of his niece Francisca of Aquino, married to the count of Cecan. Here his distemper increased, which was attended with a loss of appetite. One day he said, to be rid of their importunities, that he thought he could eat a little of a certain fish which he had formerly eaten in France, but which was not easily to be found in Italy. Search however was made, and the fish procured; but the saint refused to touch it, in imitation of David on the like occasion. Soon after his appetite returned a little, and his strength with it; yet he was assured that his last hour was at hand. This however did not hinder him from proceeding on his journey, till his fever increasing, he was forced to stop at Fossa-Nuova, a famous abbey of the Cistercians, in the diocess of Terracina, where formerly stood the city called Forum Appii. Entering the monastery, he went first to pray before the Blessed Sacrament, according to his custom. He poured forth his soul with extraordinary fervour, in the presence of Him who now called him to his kingdom. Passing thence into the cloister, which he never lived to go out of, he repeated these words: 11 This is my rest for ages without end. He was lodged in the abbot’s apartment, where he lay ill for near a month. The good monks treated him with uncommon veneration and esteem, and as if he had been an angel from heaven. They would not employ any of their servants about him, but chose to serve him themselves in the meanest offices, as in cutting or carrying wood for him to burn, &c. His patience, humility, constant recollection, and prayer were equally their astonishment and edification.

The nearer he saw himself to the term of all his desires, the entering into the joy of his Lord, the more tender and inflamed were his longings after death. He had continually in his mouth these words of St. Austin. 12 “Then shall I truly live, when I shall be quite filled with you alone, and your love; now I am a burden to myself, because I am not entirely full of you.” In such pious transports of heavenly love he never ceased sighing after the glorious day of eternity. The monks begged he would dictate an exposition of the book of Canticles, in imitation of St. Bernard. He answered: “Give me St. Bernard’s spirit, and I will obey.” But at last, to renounce perfectly his own will he dictated the exposition of that most mysterious of all the divine books. It begins: Solomon inspiratus: It is not what his erudition might have suggested, but what love inspired him with in his last moments, when his pure soul was hastening to break the chains of mortality, and drown itself in the ocean of God’s immensity, and in the delights of eternity. 13 The holy doctor at last finding himself too weak to dictate any more, begged the religious to withdraw, recommended himself to their prayers, and desiring their leave to employ the few precious moments he had to live with God alone. He accordingly spent them in fervent acts of adoration, praise, thanksgiving, humility and repentance. He made a general confession of his whole life to F. Reynold, with abundance of tears for his imperfections and sins of frailty; for in the judgment of those to whom he had manifested his interior, he had never offended God by any mortal sin. And he said to F. Reynold, before his death, that he thanked God with his whole heart for having prevented him with his grace, and always conducted him as it were by the hand, and preserved him from any known sin that destroys charity in the soul; adding, that this was purely God’s mercy to which he was indebted for his preservation from every sin which he had not committed. 14 Having received absolution with the sentiments of the most perfect penitent, he desired the Viaticum. Whilst the abbot and community were preparing to bring it, he begged to be taken off his bed, and laid upon ashes spread upon the floor. Thus lying on the ground, weak in body but vigorous in mind, he waited for the priest with tears of the most tender devotion. When he saw the host in the priest’s hand, he said: “I firmly believe, that Jesus Christ, true God and true Man, is present in this august sacrament. I adore you my God, and my Redeemer: I receive You, the price of my redemption, the Viaticum of my pilgrimage; for whose honour I have studied, laboured, preached, and taught. I hope I never advanced any tenet as your word, which I had not learned from you. If through ignorance I have done otherwise, I revoke everything of that kind, and submit all my writings to the judgment of the holy Roman church.” Then recollecting himself, after other acts of faith, adoration, and love, he received the holy Viaticum; but remained on the ashes till he had finished his thanksgiving. Growing still weaker, amidst his transposts of love, he desired extreme unction, which he received, answering himself to all the prayers. After this, he lay in peace and joy as appeared by the serenity of his countenance; and he was heard to pronounce these aspirations: “Soon, soon will the God of all comfort complete his mercies on me, and fill all my desires. I shall shortly be satiated in him, and drink of the torrent of his delights: be inebriated from the abundance of his house, and in him who is the source of life, I shall behold the true light.” Seeing all in tears about him he comforted them, saying: Death was his gain and his joy. F. Reynold said, he had hoped to see him triumph over the adversaries of the church in the council of Lyons, and placed in a rank in which he might do it some signal service. The saint answered: “I have begged of God, as the greatest favour, to die a simple religious man, and I now thank him for it. It is a greater benefit than he has granted to many of his holy servants, that he is pleased to call me out of this world so early to enter into his joy; wherefore grieve not for me who am overwhelmed with joy. He returned thanks to the abbot and monks of Fossa-Nuova for their charity to him. One of the community asked him by what means we might live always faithful to God’s grace. He answered: “Be assured that he who shall always walk faithfully in his presence, always ready to give him an account of all his actions, shall never be separated from him by consenting to sin.” These were his last words to men, after which he only spoke to God in prayer, and gave up the ghost, on the 7th of March, in 1274, a little after midnight: some say in the fiftieth year of his age. But Ptolemy of Lucca, and other contemporary authors say expressly in his forty-eight, which also agrees with his whole history. He was very tall, and every way proportioned.

The concourse of people at the saint’s funeral was extraordinary: several monks of that house, and many other persons, were cured by his relics and intercession, of which many instances, juridically proved, are mentioned by William of Tocco, in the bull of his canonization, and other authors. The Bollandists give us other long authentic relations of the like miracles continued afterwards, especially in the translations of those holy relics. The university of Paris sent to the general and provincial of the Dominicans a letter of condolence upon his death, giving the highest commendations to the saint’s learning and sanctity, and begging the treasure of his holy body. Naples, Rome, and many other universities, princes, and Orders, contended no less for it. One of his hands, uncorrupt, was cut off in 1288, and given to his sister, the countess Theodora, who kept it in her domestic chapel of San Severino. After her death it was given to the Dominicans’ convent of Salerno. After several contestations, Pope Urban V. many years after his death, granted his body to the Dominicans to carry to Paris or Thoulouse, as Italy already possessed the body of St. Dominick at Bologna. The sacred treasure was carried privately into France, and received at Thoulose in the most honourable manner: one hundred and fifty thousand people came to meet and conduct it into the city, having at their head, Lewis, duke of Anjou, brother to king Charles V. the archbishop of Thoulouse and Narbonne, and many bishops, abbots, and noblemen. It rests now in the Dominicans’ church at Thoulouse, in a rich shrine, with a stately Mausolæum over it, which reaches almost up to the roof of the church, and hath four faces. An arm of the saint was, at the same time, sent to the great convent of the Dominicans at Paris, and placed in St. Thomas’s chapel in their church, which the king declared a royal chapel. The faculty of theology meet to assist at a high mass there on the anniversary festival of the saint.

The kingdom of Naples, after many pressing solicitations, obtained in 1372, from the general chapter held at Thoulouse, a bone of the other arm of St. Thomas. It was kept in the church of the Dominicans at Naples till 1603, when the city being delivered from a public calamity by his intercession, it was placed in the metropolitan church among the relics of the other patrons of the country. That kingdom by the briefs of Pius V. in 1567, and of Clement VIII. in 1603, confirmed by Paul V. honours him as a principal patron. He was solemnly canonized by Pope John XXII. in 1323. Pope Pius V., in 1567, commanded his festival and office to be kept equal with those of the four doctors of the western church.

Many in their studies, as in other occupations, take great pains to little purpose, often to draw from them the poison of vanity or error; or at least to drain their affections, and rather to nourish pride and other vices in the heart than to promote true virtue. Sincere humility and simplicity of heart are essential conditions for the sanctification of studies, and for the improvement of virtue by them. Prayer must also both go before and accompany them. St. Thomas spoke much to God by prayer, that God might speak to him by enlightening his understanding in his reading and studies; and he received in this what he asked in the other exercise. This prodigy of human wit, this unparalleled genius, which penetrated the most knotty difficulties in all the sciences, whether sacred or profane, to which he applied himself, was accustomed to say, that he learned more at the foot of the crucifix than in books. We ought never to set ourselves to read or study anything without having first made our morning meditation, and without imploring in particular the divine light in everything we read; and seasoning our studies by frequent aspirations to God in them, and by keeping our souls in an humble attention to his presence. In intricate difficulties we ought more earnestly, prostrate at the foot of a crucifix, to ask of Christ the resolution of our doubts. We should thus receive, in the school of so good a master, that science which makes saints, by giving, with other sciences, the true knowledge of God and ourselves, and purifying and kindling in the will the fire of divine love with the sentiments of humility and other virtues. By a little use, fervent aspirations to God will arise from all subjects in the dryest studies, and it will become easy, and as it were natural in them, to raise our heart earnestly to God, either despising the vain pursuits, or detesting the vanity, and deploring the blindness of the world, or aspiring after heavenly gifts, or begging light, grace, or the divine love. This is a maxim of the utmost importance in an interior or spiritual life, which otherwise, instead of being assisted, is entirely overwhelmed and extinguished by studies, whether profane or sacred, and in its place a spirit of self-sufficiency, vanity, and jealousy is contracted, and the seeds of all other spiritual vices secretly sown. Against this danger, St. Bonaventure warns all students strongly to be upon their guard, saying, “If a person repeats often in his heart, Lord, when shall I love thee? he will feel an heavenly fire kindled in his soul much more than by a thousand bright thoughts or fine speculations on divine secrets, on the eternal generation of the Word, or the procession of the Holy Ghost.” 15 Prayer and true virtue even naturally conduce to the perfection of learning in every branch; for purity of the heart, and the disengagement of the affections from all irregular passions, render the understanding clear, qualify the mind to judge impartially of truth in its researches, divest it of many prejudices, the fatal sources of errors, and inspire a modest distrust in a person’s own abilities and lights. Thus virtue and learning mutually assist and improve each other.

Note 1. St. Thomas was born at Belcastro: on his ancient illustrious pedigree and its branches, which still nourish in Calabria, see Barrius, de Antiquitate et Situ Calabriæ, with the notes of Thomas Aceti, l. 4. c. 2. p. 288, &c. where he refutes the Bollandists, who place his birth at Aquino in Campania, on the borders of that province. [back]

Note 2. L. 1. Conf. c. 7. [back]

Note 3. Conf. l. 5. c. 8. [back]

Note 4. Gul. Tocco. Bern. Guid. Antonin. Malvend. [back]

Note 5. 2. 2dæ. q. 188. a 5. [back]

Note 6. The manner of teaching then was not as it is generally at present, by dictating lessons, which the scholars write; but it was according to the practice that still obtains in some public schools, as in Padua, &c. The master delivered his explanation like an harangue; the scholars retained what they could, and often privately took down short notes to help their memory. Academical degrees were then also very different from what they now are; being conferred on none but those who taught. To be Master of Arts, a man must have studied six years at least, and be twenty-one years old. And to be qualified for teaching divinity, he must have studied eight years more, and be at least thirty-five years old. Nevertheless, St. Thomas, by a dispensation of the university, on account of his distinguished merit, was allowed to teach at twenty-five. The usual way was for one named bachelor to explain the Master of the Sentences for a year in the school of some doctor, upon whose testimony, after certain rigorous public examinations, and other formalities, the bachelor was admitted to the degree of licentiate; which gave him the license of a doctor, to teach or hold a school himself. Another year, which was likewise employed in expounding the Master of the Sentences, completed the degree of doctor, which the candidate received from the chancellor of the university, and then opened a school in form, with a bachelor to teach under him. In 1253 St. Thomas began to teach as licentiate; but a stop was put to his degrees for some time, by a violent disagreement between the regulars, principally Dominicans and Franciscans, and the university which had at first admitted them into their body, and even given the Dominicans a college. In these disputes, St. Thomas was not spared, but he for a long time had recourse to no other vindication of himself than that of modesty and silence. On Palm-Sunday he was preaching in the Dominican’s church of St. James, when a beadle coming in commanded silence, and read a long written invective against him and his colleagues. When he had done, the saint, without speaking one word to justify himself or his Order, continued his sermon with the greatest tranquillity and unconcern of mind. William de Saint-Amour, the most violent among the secular doctors, published a book, On the dangers of the latter times, a bitter invective against the mendicant Orders, which St. Lewis sent to Pope Alexander IV. SS. Thomas and Bonaventure were sent into Italy to defend their Orders. And to confute that book, Saint Thomas published his nineteenth Opusculum, with an Apology for the mendicant Orders, showing they lay under no precept that all should apply themselves to manual labour, and that spiritual occupations were even preferable. The pope, upon this apology, condemned the book, and also another, called the Eternal Gospel, in defence of the error of the abbot Joachim, who had advanced that the church was to have an end; and be succeeded by a new church which should be formed perfectly according to the Spirit: this heresy and the errors of certain other fanatics were refuted by our saint at Rome. On his return to Paris, a violent storm terrified all the mariners and passengers, only Thomas appeared without the least fear, and continued in quiet prayer till the tempest had ceased. William de Saint Amour being banished Paris, peace was restored to the university. [back]

Note 7. Gul. Tocco. [back]

Note 8. Conclusum est contra Manichæos. [back]

Note 9. The works of St. Thomas are partly philosophical, partly theological; with some comments on the holy scriptures, and several treatises of piety. The elegance of Plato gave his philosophy the greater vogue among the Gentiles; and the most learned of the Christian fathers were educated in the maxims of his school. His noble sentiments on the attributes of the Deity, particularly his providence, and his doctrine on the rewards and punishments in a future state, seemed favourable to religion. Nor can it be doubted that he had learned, in his travels in Egypt and Phœnicia, many traditional truths delivered down from the patriarchal ages, before the corruptions of idolatry. On the other hand, the philosophy of Aristotle was much less in request among the heathens, was silent as to all traditional truths, and contained some glaring errors, which several heretics of the first ages adopted against the gospel. On which account he is called by Tertullian the patriarch of heretics, and his works were proscribed by a council of Paris, about the year 1209. Nevertheless it must be acknowledged, by all impartial judges, that Aristotle was the greatest and most comprehensive genius of antiquity, and perhaps, of any age: and he was the only one who had laid down complete rules, and explained the laws of reasoning, and had given a thorough system of philosophy. Boetius had penetrated the depth of his genius, and the usefulness of his logics; yet did not redress his mistakes. Human reasoning is too weak without the light of revelation; and Aristotle, by relying too much on it, fell into the same gross errors. Not only many ancient heretics, but also several in the twelfth and thirteenth ages, as Peter Abaillard, the Albigenses, and other heretics made a bad use of his philosophy. But above all, the Saracens of Arabia and Spain wrote with incredible subtilty on his principles. St. Thomas opposed the enemies of truth with their own weapons, and employed the philosophy of Aristotle in defence of the faith, in which be succeeded to a miracle. He discerned and confuted his errors, and set in a clear and new light the great truths of reason which that philosopher had often wrapt up in obscurity. Thus Aristotle, who had been called the terror of Christians, in the hands of Thomas, became orthodox, and furnished faith with new arms against idolatry and atheism. For this admirable doctor, though he had only a bad Latin translation of the works of that philosopher, has corrected his errors, and shown that his whole subtle system of philosophy, as far as it is grounded in truth, is subservient to divine revelation: this he has executed through the nicest metaphysical speculations, in the five first volumes of his works. He every where strikes out a new tract for himself, and enters into the most secret recesses of this shadowy region; so as to appear new even on known and beaten subjects. For his writings are original efforts of genius and reflection, and every point he handles in a manner that makes it appear new. If his speculations are some times spun fine, and his divisions run to niceties, this was the fault of the age in which he lived, and of the speculative refining geniuses of the Arabians, whom he had undertaken to pursue, and confute throughout their whole system. His comments on the four books of the Master of the Sentences, contain a methodical course of theology, and make the sixth and seventh volumes of his works; the tenth, eleventh and twelfth give us his Summ, or incomparable abridged body of divinity, though this work he never lived to finish. Among the fathers, St. Austin is principally his guide; so that the learned cardinals, Norris and Aguirre, call St. Thomas his most faithful interpreter. He draws the rules of practical duties and virtues principally from the morals of Saint Gregory on Job. He composed his Summ against the Gentiles, at the request of St. Raymund of Pennafort, to serve the preachers in Spain in converting the Jews and Saracens to the faith. He wrote comments on most parts of the holy scriptures, especially on the epistles of St. Paul, in which latter he seemed to outdo himself. By the order of Pope Urban IV. he compiled the office of the blessed sacrament, which the church uses to this day, on the feast, and during the octave, of Corpus-Christi. His Opuscula, or lesser treatises, have in view the Greek Schismatics and several heresies; or discuss various points of philosophy and theology; or are comments on the creed, sacraments, decalogue, Lord’s prayer and Hail Mary. In his treatises of piety he reduces the rules of an interior life to these two gospel maxims: first, That we must strenuously labour, by self-denial and mortification, to extinguish in our hearts all the sparks of pride, and the inordinate love of creatures; secondly, That by assiduous prayer, meditation, and doing the will of God in all things, we must kindle his perfect love in our souls. (Opusc. 17 & 18.) His works are printed in nineteen volumes folio. [back]

Note 10. Bene scripsisti de me, Thoma: quam mercedem accipies? Non aliam, nisi te, Domine. [back]

Note 11. Psalm cxxxi. 14. [back]

Note 12. Conf. l. 10. c. 28. [back]

Note 13. There is another commentary on the same book which sometimes bears his name, and begins: Sonet vox tua in auribus meis; which was not the work of this saint, but of Haymo, bishop of Halberstadt. See Echard, t. 1. p. 323. Touron, p. 714. Le Long, Bibl. Sacra, p. 766. [back]

Note 14. Tibi debeo et quod non feci. Saint Aug. [back]

Note 15. St. Bonav. l. de Mysticâ Theol. a ult. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume III: March. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/3/071.html

San Tommaso d'Aquino Sacerdote e dottore della Chiesa


Roccasecca, Frosinone, 1225 circa – Fossanova, Latina, 7 marzo 1274

Domenicano (1244), formatosi nel monastero di Montecassino e nelle grandi scuole del tempo, e divenuto maestro negli studi di Parigi, Orvieto, Roma, Viterbo e Napoli, impresse al suo insegnamento un orientamento originale e sapientemente innovatore. Affidò a molti scritti impegnati e specialmente alla celebre ‘Summa’ la sistemazione geniale della dottrina filosofica e teologica raccolta dalla tradizione. Ha esercitato un influsso determinante sull’indirizzo del pensiero filosofico e della ricerca teologica nelle scuole dei secoli seguenti. (Mess. Rom.)

Patronato: Teologi, Accademici, Librai, Scolari, Studenti

Etimologia: Tommaso = gemello, dall'ebraico

Emblema: Bue, Stella

Martirologio Romano: Memoria di san Tommaso d’Aquino, sacerdote dell’Ordine dei Predicatori e dottore della Chiesa, che, dotato di grandissimi doni d’intelletto, trasmise agli altri con discorsi e scritti la sua straordinaria sapienza. Invitato dal beato papa Gregorio X a partecipare al secondo Concilio Ecumenico di Lione, morì il 7 marzo lungo il viaggio nel monastero di Fossanova nel Lazio e dopo molti anni il suo corpo fu in questo giorno traslato a Tolosa.

(7 marzo: Nel monastero cistercense di Fossanova nel Lazio, transito di san Tommaso d’Aquino, la cui memoria si celebra il 28 gennaio).

Quando papa Giovanni XXII nel 1323, iscrisse Tommaso d’Aquino nell’Albo dei Santi, a quanti obiettavano che egli non aveva compiuto grandi prodigi, né in vita né dopo morto, il papa rispose con una famosa frase: “Quante preposizioni teologiche scrisse, tanti miracoli fece”.

E questo, è il riconoscimento più grande che si potesse dare al grande teologo e Dottore della Chiesa, che con la sua “Summa teologica”, diede sistematicamente un fondamento scientifico, filosofico e teologico alla dottrina cristiana.

Origini, oblato a Montecassino, studente a Napoli

Tommaso, nacque all’incirca nel 1225 nel castello di Roccasecca (Frosinone) nel Basso Lazio, che faceva parte del feudo dei conti d’Aquino; il padre Landolfo, era di origine longobarda e vedovo con tre figli, aveva sposato in seconde nozze Teodora, napoletana di origine normanna; dalla loro unione nacquero nove figli, quattro maschi e cinque femmine, dei quali Tommaso era l’ultimo dei maschi. 

Secondo il costume dell’epoca, il bimbo a cinque anni, fu mandato come “oblato” nell’Abbazia di Montecassino; l’oblatura non contemplava che il ragazzo, giunto alla maggiore età, diventasse necessariamente un monaco, ma era semplicemente una preparazione, che rendeva i candidati idonei a tale scelta. 

Verso i 14 anni, Tommaso che si trovava molto bene nell’abbazia, fu costretto a lasciarla, perché nel 1239 fu occupata militarmente dall’imperatore Federico II, allora in contrasto con il papa Gregorio IX, e che mandò via tutti i monaci, tranne otto di origine locale, riducendone così la funzionalità; l’abate accompagnò personalmente l’adolescente Tommaso dai genitori, raccomandando loro di farlo studiare presso l’Università di Napoli, allora sotto la giurisdizione dell’imperatore. 

A Napoli frequentò il corso delle Arti liberali, ed ebbe l’opportunità di conoscere alcuni scritti di Aristotele, allora proibiti nelle Facoltà ecclesiastiche, intuendone il grande valore.

Domenicano; incomprensioni della famiglia

Inoltre conobbe nel vicino convento di San Domenico, i frati Predicatori e ne restò conquistato per il loro stile di vita e per la loro profonda predicazione; aveva quasi 20 anni, quando decise di entrare nel 1244 nell’Ordine Domenicano; i suoi superiori intuito il talento del giovane, decisero di mandarlo a Parigi per completare gli studi. 

Intanto i suoi familiari, specie la madre Teodora rimasta vedova, che sperava in lui per condurre gli affari del casato, rimasero di stucco per questa scelta; pertanto la castellana di Roccasecca, chiese all’imperatore che si trovava in Toscana, di dare una scorta ai figli, che erano allora al suo servizio, affinché questi potessero bloccare Tommaso, già in viaggio verso Parigi. 

I fratelli poterono così fermarlo e riportarlo verso casa, sostando prima nel castello paterno di Monte San Giovanni, dove Tommaso fu chiuso in una cella; il sequestro durò complessivamente un anno; i familiari nel contempo, cercarono in tutti i modi di farlo desistere da quella scelta, ritenuta non consona alla dignità della casata. 

Arrivarono perfino ad introdurre una sera, una bellissima ragazza nella cella, per tentarlo nella castità; ma Tommaso di solito pacifico, perse la pazienza e con un tizzone ardente in mano, la fece fuggire via. La castità del giovane domenicano era proverbiale, tanto da meritare in seguito il titolo di “Dottore Angelico”. 

Su questa situazione i racconti della ‘Vita’, divergono, si dice che papa Innocenzo IV, informato dai preoccupati Domenicani, chiese all’imperatore di liberarlo e così tornò a casa; altri dicono che Tommaso riuscì a fuggire; altri che Tommaso ricondotto a casa della madre, la quale non riusciva ad accettare che un suo figlio facesse parte di un Ordine ‘mendicante’, resistette a tutti i tentativi fatti per distoglierlo, tanto che dopo un po’ anche la sorella Marotta, passò dalla sua parte e in seguito diventò monaca e badessa nel monastero di Santa Maria a Capua; infine anche la madre si convinse, permettendo ai domenicani di far visita al figlio e dopo un anno di quella situazione. lo lasciò finalmente partire.

Studente a Colonia con s. Alberto Magno

Ritornato a Napoli, il Superiore Generale, Giovanni il Teutonico, ritenne opportuno anche questa volta, di trasferirlo all’estero per approfondire gli studi; dopo una sosta a Roma, Tommaso fu mandato a Colonia dove insegnava sant’Alberto Magno (1193-1280), domenicano, filosofo e teologo, vero iniziatore dell’aristotelismo medioevale nel mondo latino e uomo di cultura enciclopedica. 

Tommaso divenne suo discepolo per quasi cinque anni, dal 1248 al 1252; si instaurò così una feconda convivenza tra due geni della cultura; risale a questo periodo l’offerta fattagli da papa Innocenzo IV di rivestire la carica di abate di Montecassino, succedendo al defunto abate Stefano II, ma Tommaso che nei suoi principi rifuggiva da ogni carica nella Chiesa, che potesse coinvolgerlo in affari temporali, rifiutò decisamente, anche perché amava oltremodo restare nell’Ordine Domenicano. 

A Colonia per il suo atteggiamento silenzioso, fu soprannominato dai compagni di studi “il bue muto”, riferendosi anche alla sua corpulenza; s. Alberto Magno venuto in possesso di alcuni appunti di Tommaso, su una difficile questione teologica discussa in una lezione, dopo averli letti, decise di far sostenere allo studente italiano una disputa, che Tommaso seppe affrontare e svolgere con intelligenza. 

Stupito, il Maestro davanti a tutti esclamò: “Noi lo chiamiamo bue muto, ma egli con la sua dottrina emetterà un muggito che risuonerà in tutto il mondo”.

Sacerdote; Insegnante all’Università di Parigi; Dottore in Teologia

Nel 1252, da poco ordinato sacerdote, Tommaso d’Aquino, fu indicato dal suo grande maestro ed estimatore s. Alberto, quale candidato alla Cattedra di “baccalarius biblicus” all’Università di Parigi, rispondendo così ad una richiesta del Generale dell’Ordine, Giovanni di Wildeshauen. 

Tommaso aveva appena 27 anni e si ritrovò ad insegnare a Parigi sotto il Maestro Elia Brunet, preparandosi nel contempo al dottorato in Teologia. 

Ogni Ordine religioso aveva diritto a due cattedre, una per gli studenti della provincia francese e l’altra per quelli di tutte le altre province europee; Tommaso fu destinato ad essere “maestro degli stranieri”. 

Ma la situazione all’Università parigina non era tranquilla in quel tempo; i professori parigini del clero secolare, erano in lotta contro i colleghi degli Ordini mendicanti, scientificamente più preparati, ma considerati degli intrusi nel mondo universitario; e quando nel 1255-56, Tommaso divenne Dottore in Teologia a 31 anni, gli scontri fra Domenicani e clero secolare, impedirono che potesse salire in cattedra per insegnare; in questo periodo Tommaso difese i diritti degli Ordini religiosi all’insegnamento, con un celebre e polemico scritto: “Contra impugnantes”; ma furono necessari vari interventi del papa Alessandro IV, affinché la situazione si sbloccasse in suo favore. 

Nell’ottobre 1256 poté tenere la sua prima lezione, grazie al cancelliere di Notre-Dame, Americo da Veire, ma passò ancora altro tempo, affinché il professore italiano fosse formalmente accettato nel Corpo Accademico dell’Università. 

Già con il commento alle “Sentenze” di Pietro Lombardo, si era guadagnato il favore e l’ammirazione degli studenti; l’insegnamento di Tommaso era nuovo; professore in Sacra Scrittura, organizzava in modo insolito l’argomento con nuovi metodi di prova, nuovi esempi per arrivare alla conclusione; egli era uno spirito aperto e libero, fedele alla dottrina della Chiesa e innovatore allo stesso tempo. 

“Già sin d’allora, egli divideva il suo insegnamento secondo un suo schema fondamentale, che contemplava tutta la creazione, che, uscita dalle mani di Dio, vi faceva ora ritorno per rituffarsi nel suo amore” (Enrico Pepe, Martiri e Santi, Città Nuova, 2002). 

A Parigi, Tommaso d’Aquino, dietro invito di s. Raimondo di Peñafort, già Generale dell’Ordine Domenicano, iniziò a scrivere un trattato teologico, intitolato “Summa contra Gentiles”, per dare un valido ausilio ai missionari, che si preparavano per predicare in quei luoghi, dove vi era una forte presenza di ebrei e musulmani.

Il ritorno in Italia; collaboratore di pontefici

All’Università di Parigi, Tommaso rimase per tre anni; nel 1259 fu richiamato in Italia dove continuò a predicare ed insegnare, prima a Napoli nel convento culla della sua vocazione, poi ad Anagni dov’era la curia pontificia (1259-1261), poi ad Orvieto (1261-1265), dove il papa Urbano IV fissò la sua residenza dal 1262 al 1264. 

Il pontefice si avvalse dell’opera dell’ormai famoso teologo, residente nella stessa città umbra; Tommaso collaborò così alla compilazione della “Catena aurea” (commento continuo ai quattro Vangeli) e sempre su richiesta del papa, impegnato in trattative con la Chiesa Orientale, Tommaso approfondì la sua conoscenza della teologia greca, procurandosi le traduzioni in latino dei padri greci e quindi scrisse un trattato “Contra errores Graecorum”, che per molti secoli esercitò un influsso positivo nei rapporti ecumenici. 

Sempre nel periodo trascorso ad Orvieto, Tommaso ebbe dal papa l’incarico di scrivere la liturgia e gli inni della festa del Corpus Domini, istituita l’8 settembre 1264, a seguito del miracolo eucaristico, avvenuto nella vicina Bolsena nel 1263, quando il sacerdote boemo Pietro da Praga, che nutriva dubbi sulla transustanziazione, vide stillare copioso sangue, dall’ostia consacrata che aveva fra le mani, bagnando il corporale, i lini e il pavimento. 

Fra gli inni composti da Tommaso d’Aquino, dove il grande teologo profuse tutto il suo spirito poetico e mistico, da vero cantore dell’Eucaristia, c’è il famoso “Pange, lingua, gloriosi Corporis mysterium”, di cui due strofe inizianti con “Tantum ergo”, si cantano da allora ogni volta che si impartisce la benedizione col SS. Sacramento. 

Nel 1265 fu trasferito a Roma, a dirigere lo “Studium generale” dell’Ordine Domenicano, che aveva sede nel convento di Santa Sabina; nei circa due anni trascorsi a Roma, Tommaso ebbe il compito di organizzare i corsi di teologia per gli studenti della Provincia Romana dei Domenicani.

La “Summa theologiae”; affiancato da p. Reginaldo

A Roma, si rese conto che non tutti gli allievi erano preparati per un corso teologico troppo impegnativo, quindi cominciò a scrivere per loro una “Summa theologiae”, per “presentare le cose che riguardano la religione cristiana, in un modo che sia adatto all’istruzione dei principianti”. 

La grande opera teologica, che gli darà fama in tutti i secoli successivi, fu divisa in uno schema a lui caro, in tre parti: la prima tratta di Dio uno e trino e della “processione di tutte le creature da Lui”; la seconda parla del “movimento delle creature razionali verso Dio”; la terza presenta Gesù “che come uomo è la via attraverso cui torniamo a Dio”. L’opera iniziata a Roma nel 1267 e continuata per ben sette anni, fu interrotta improvvisamente il 6 dicembre 1273 a Napoli, tre mesi prima di morire. 

Intanto Tommaso d’Aquino, per i suoi continui trasferimenti, non poteva più vivere una vita di comunità, secondo il carisma di s. Domenico di Guzman e ciò gli procurava difficoltà; i suoi superiori pensarono allora di affiancargli un frate di grande valore, sacerdote e lettore in teologia, fra Reginaldo da Piperno; questi ebbe l’incarico di assisterlo in ogni necessità, seguendolo ovunque, confessandolo, servendogli la Messa, ascoltandolo e consigliandolo; in altre parole i due domenicani vennero a costituire una piccola comunità, dove potevano quotidianamente confrontarsi. 

Nel 1267, Tommaso dovette mettersi di nuovo in viaggio per raggiungere a Viterbo papa Clemente IV, suo grande amico, che lo volle collaboratore nella nuova residenza papale; il pontefice lo voleva poi come arcivescovo di Napoli, ma egli decisamente rifiutò.

Per tre anni di nuovo a Parigi e poi ritorno a Napoli

Nel decennio trascorso in Italia, in varie località, Tommaso compose molte opere, fra le quali, oltre quelle già menzionate prima, anche “De unitate intellectus”; “De Redimine principum” (trattato politico, rimasto incompiuto); le “Quaestiones disputatae, ‘De potentia’ e ‘De anima’” e buona parte del suo capolavoro, la già citata “Summa teologica”, il testo che avrebbe ispirato la teologia cattolica fino ai nostri tempi. 

All’inizio del 1269 fu richiamato di nuovo a Parigi, dove all’Università era ripreso il contrasto fra i maestri secolari e i maestri degli Ordini mendicanti; occorreva la presenza di un teologo di valore per sedare gli animi. 

A Parigi, Tommaso, oltre che continuare a scrivere le sue opere, ben cinque, e la continuazione della Summa, dovette confutare con altri celebri scritti, gli avversari degli Ordini mendicanti da un lato e dall’altro difendere il proprio aristotelismo nei confronti dei Francescani, fedeli al neoplatonismo agostiniano, e soprattutto confutò alcuni errori dottrinari, dall’averroismo, alle tesi eterodosse di Sigieri di Brabante sull’origine del mondo, sull’anima umana e sul libero arbitrio. 

Nel 1272 ritornò in Italia, a Napoli, facendo sosta a Montecassino, Roccasecca, Molara; Ceccano; nella capitale organizzò, su richiesta di Carlo I d’Angiò, un nuovo “Studium generale” dell’Ordine Domenicano, insegnando per due anni al convento di San Domenico, il cui Studio teologico era incorporato all’Università. 

Qui intraprese la stesura della terza parte della Summa, rimasta interrotta e completata dopo la sua morte dal fedele collaboratore fra Reginaldo, che utilizzò la dottrina di altri suoi trattati, trasferendone i dovuti paragrafi.

L’interruzione radicale del suo scrivere

Tommaso aveva goduto sempre di ottima salute e di un’eccezionale capacità di lavoro; la sua giornata iniziava al mattino presto, si confessava a Reginaldo, celebrava la Messa e poi la serviva al suo collaboratore; il resto della mattinata trascorreva fra le lezioni agli studenti e segretari e il prosieguo dei suoi studi; altrettanto faceva nelle ore pomeridiane dopo il pranzo e la preghiera, di notte continuava a studiare, poi prima dell’alba si recava in chiesa per pregare, avendo l’accortezza di mettersi a letto un po’ prima della sveglia per non farsi notare dai confratelli. 

Ma il 6 dicembre 1273 gli accadde un fatto strano, mentre celebrava la Messa, qualcosa lo colpì nel profondo del suo essere, perché da quel giorno la sua vita cambiò ritmo e non volle più scrivere né dettare altro. 

Ci furono vari tentativi da parte di padre Reginaldo, di fargli dire o confidare il motivo di tale svolta; solo più tardi Tommaso gli disse: “Reginaldo, non posso, perché tutto quello che ho scritto è come paglia per me, in confronto a ciò che ora mi è stato rivelato”, aggiungendo: “L’unica cosa che ora desidero, è che Dio dopo aver posto fine alla mia opera di scrittore, possa presto porre termine anche alla mia vita”. 

Anche il suo fisico risentì di quanto gli era accaduto quel 6 dicembre, non solo smise di scrivere, ma riusciva solo a pregare e a svolgere le attività fisiche più elementari.

I doni mistici

La rivelazione interiore che l’aveva trasformato, era stata preceduta, secondo quanto narrano i suoi primi biografi, da un mistico colloquio con Gesù; infatti mentre una notte era in preghiera davanti al Crocifisso (oggi venerato nell’omonima Cappella, della grandiosa Basilica di S. Domenico in Napoli), egli si sentì dire “Tommaso, tu hai scritto bene di me. Che ricompensa vuoi?” e lui rispose: “Nient’altro che te, Signore”. 

Ed ecco che quella mattina di dicembre, Gesù Crocifisso lo assimilò a sé, il “bue muto di Sicilia” che fino allora aveva sbalordito il mondo con il muggito della sua intelligenza, si ritrovò come l’ultimo degli uomini, un servo inutile che aveva trascorso la vita ammucchiando paglia, di fronte alla sapienza e grandezza di Dio, di cui aveva avuto sentore. 

Il suo misticismo, è forse poco conosciuto, abbagliati come si è dalla grandezza delle sue opere teologiche; celebrava la Messa ogni giorno, ma era così intensa la sua partecipazione, che un giorno a Salerno fu visto levitare da terra. 

Le sue tante visioni hanno ispirato ai pittori un attributo, è spesso raffigurato nei suoi ritratti, con una luce raggiata sul petto o sulla spalla.

Sempre più ammalato; in viaggio per Lione

Con l’intento di staccarsi dall’ambiente del suo convento napoletano, che gli ricordava continuamente studi e libri, in compagnia di Reginaldo, si recò a far visita ad una sorella, contessa Teodora di San Severino; ma il soggiorno fu sconcertante, Tommaso assorto in una sua interiore estasi, non riuscì quasi a proferire parola, tanto che la sorella dispiaciuta, pensò che avesse perduto la testa e nei tre giorni trascorsi al castello, fu circondato da cure affettuose. 

Ritornò poi a Napoli, restandovi per qualche settimana ammalato; durante la malattia, due religiosi videro una grande stella entrare dalla finestra e posarsi per un attimo sul capo dell’ammalato e poi scomparire di nuovo, così come era venuta. 

Intanto nel 1274, dalla Francia papa Gregorio X, ignaro delle sue condizioni di salute, lo invitò a partecipare al Concilio di Lione, indetto per promuovere l’unione fra Roma e l’Oriente; Tommaso volle ancora una volta obbedire, pur essendo cosciente delle difficoltà per lui di intraprendere un viaggio così lungo. 

Partì in gennaio, accompagnato da un gruppetto di frati domenicani e da Reginaldo, che sperava sempre in una ripresa del suo maestro; a complicare le cose, lungo il viaggio ci fu un incidente, scendendo da Teano, Tommaso si ferì il capo urtando contro un albero rovesciato. 

Giunti presso il castello di Maenza, dove viveva la nipote Francesca, la comitiva si fermò per qualche giorno, per permettere a Tommaso di riprendere le forze, qui si ammalò nuovamente, perdendo anche l’appetito; si sa che quando i frati per invogliarlo a mangiare gli chiesero cosa desiderasse, egli rispose: “le alici”, come quelle che aveva mangiato anni prima in Francia.

La sua fine nell’abbazia di Fossanova

Tutte le cure furono inutili, sentendo approssimarsi la fine, Tommaso chiese di essere portato nella vicina abbazia di Fossanova, dove i monaci cistercensi l’accolsero con delicata ospitalità; giunto all’abbazia nel mese di febbraio, restò ammalato per circa un mese. 

Prossimo alla fine, tre giorni prima volle ricevere gli ultimi sacramenti, fece la confessione generale a Reginaldo, e quando l’abate Teobaldo gli portò la Comunione, attorniato dai monaci e amici dei dintorni, Tommaso disse alcuni concetti sulla presenza reale di Gesù nell’Eucaristia, concludendo: “Ho molto scritto ed insegnato su questo Corpo Sacratissimo e sugli altri sacramenti, secondo la mia fede in Cristo e nella Santa Romana Chiesa, al cui giudizio sottopongo tutta la mia dottrina”. 

Il mattino del 7 marzo 1274, il grande teologo morì, a soli 49 anni; aveva scritto più di 40 volumi.

Il suo insegnamento teologico

La sua vita fu interamente dedicata allo studio e all’insegnamento; la sua produzione fu immensa; due vastissime “Summe”, commenti a quasi tutte le opere aristoteliche, opere di esegesi biblica, commentari a Pietro Lombardo, a Boezio e a Dionigi l’Areopagita , 510 “Questiones disputatae”, 12 “Quodlibera”, oltre 40 opuscoli. 

Tommaso scriveva per i suoi studenti, perciò il suo linguaggio era chiaro e convincente, il discorso si svolgeva secondo le esigenze didattiche, senza lasciare zone d’ombra, concetti non ben definiti o non precisati. 

Egli si rifaceva anche nello stile al modello aristotelico, e rimproverava ai platonici il loro linguaggio troppo simbolico e metafisico. 

Ciò nonostante alcune tesi di Tommaso d’Aquino, così radicalmente innovatrici, fecero scalpore e suscitarono le più vivaci reazioni da parte dei teologi contemporanei; s. Alberto Magno intervenne più volte in favore del suo antico discepolo, nonostante ciò nel 1277 si arrivò alla condanna da parte del vescovo E. Tempier a Parigi, e a Oxford sotto la pressione dell’arcivescovo di Canterbury, R. Kilwardby; le condanne furono ribadite nel 1284 e nel 1286 dal successivo arcivescovo J. Peckham.
L’Ordine Domenicano, si impegnò nella difesa del suo più grande maestro e nel 1278 dichiarò il “Tomismo” dottrina ufficiale dell’Ordine. Ma la condanna fu abrogata solo nel 1325, due anni dopo che papa Giovanni XXII ad Avignone, l’aveva proclamato santo il 18 luglio 1323.

Il suo culto

Nel 1567 s. Tommaso d’Aquino fu proclamato Dottore della Chiesa e il 4 agosto 1880, patrono delle scuole e università cattoliche. 

La sua festa liturgica, da secoli fissata al 7 marzo, giorno del suo decesso, dopo il Concilio Vaticano II, che ha raccomandato di spostare le feste liturgiche dei santi dal periodo quaresimale e pasquale, è stata spostata al 28 gennaio, data della traslazione del 1369. 

Le sue reliquie sono venerate in vari luoghi, a seguito dei trasferimenti parziali dei suoi resti, inizialmente sepolti nella chiesa dell’abbazia di Fossanova, presso l’altare maggiore e poi per alterne vicende e richieste autorevoli, smembrati nel tempo; sono venerate a Fossanova, nel Duomo della vicina Priverno, nella chiesa di Saint-Sermain a Tolosa in Francia, portate lì nel 1369 dai Domenicani, su autorizzazione di papa Urbano V, e poi altre a San Severino, su richiesta dalla sorella Teodora e da lì trasferite poi a Salerno; altre reliquie si trovano nell’antico convento dei Domenicani di Napoli e nel Duomo della città. 

A chiusura di questa necessariamente incompleta scheda, si riporta il bellissimo inno eucaristico, dove san Tommaso profuse tutto il suo amore e la fede nel mistero dell’Eucaristia.


“Pange lingua” di S. Tommaso d’Aquino (Testo latino)

Pange língua gloriósi
Córporis mystérium,
Sanguinísque pretiósi,
Quem in mundi prétium
fructus ventris generósi
Rex effúdit géntium.

Nobis datus, nobis natus
ex intácta Vírgine,
et in mundo conversátus,
sparso verbi sémine,
sui moras incolátus
miro cláusit órdine.

In suprémae nocte cenae
recúmbens cum frátribus,
observáta lege plene
cibis in legálibus,
cibum turbae duodénae
se dat suis mánibus.

Verbum caro panem verum
verbo carnem éfficit:
fitque sanguis Christi merum.
Et si sensus déficit,
ad firmándum cor sincérum
sola fides súfficit.

Tantum ergo Sacraméntum
venerémur cérnui:
et antícuum documéntum
novo cedat rítui:
praestet fides suppleméntum
sénsuum deféctui.

Genitóri, Genitóque
laus et jubilátio,
salus, hónor, virtus quoque
sit et benedíctio:
procedénti ad utróque
cómpar sit laudátio.

Amen.


“Pange lingua” (Traduzione italiana)

Canta, o mia lingua,
il mistero del corpo glorioso
e del sangue prezioso
che il Re delle nazioni,
frutto benedetto di un grembo generoso,
sparse per il riscatto del mondo.

Si è dato a noi, nascendo per noi
da una Vergine purissima,
visse nel mondo spargendo
il seme della sua parola
e chiuse in modo mirabile
il tempo della sua dimora quaggiù.

Nella notte dell'ultima Cena,
sedendo a mensa con i suoi fratelli,
dopo aver osservato pienamente
le prescrizioni della legge,
si diede in cibo agli apostoli
con le proprie mani.

Il Verbo fatto carne cambia con la sua parola
il pane vero nella sua carne
e il vino nel suo sangue,
e se i sensi vengono meno,
la fede basta per rassicurare
un cuore sincero.

Adoriamo, dunque, prostrati
un sì gran sacramento;
l'antica legge
ceda alla nuova,
e la fede supplisca
al difetto dei nostri sensi.

Gloria e lode,
salute, onore,
potenza e benedizione
al Padre e al Figlio:
pari lode sia allo Spirito Santo,
che procede da entrambi.

Amen.
SOURCE :

Autore:
Antonio Borrelli



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