dimanche 10 janvier 2016

Bienheureux GRÉGOIRE X, Pape


Bienheureux Grégoire X

Pape (182 ème) de 1271 à 1276 ( 1276)

Il étudia la théologie à Paris, fut archidiacre de Liège et, invité par saint Louis à l'accompagner pour la Croisade, il prit la croix à Paris en décembre 1269. Dès le début de son pontificat, il reprend la préparation du concile de Lyon qui fut une tentative de réunion entre l'Église de Rome et l'Orient. Il voit cette Union promulguée en 1274 par les évêques grecs délégués de l'empereur Michel Paléologue, mais elle sera impossible devant les oppositions des patriarcats orientaux. Il mena à bien une refonte de l'administration pontificale. Homme d'une grande austérité, il voulut être un grand serviteur de l'Église romaine. 


"Le pape Grégoire X s’est dit lui-même fils de l'Église de Valence: "Nous sommes d’autant mieux disposé à la favoriser que nous l’aimons d’un amour plus tendre. Nous ne pouvons, en effet ignorer et même bien des fois ce souvenir se présente à notre mémoire, cette Église nous a autrefois réchauffé sur son sein; elle a eu pour nous, enfant, des entrailles de mère et nous a nourri de son lait. Voilà pourquoi maintenant qu’elle reconnaît pour père celui que naguère elle appelait son enfant nous nous sentons pour elle rempli de dévouement et pénétré d’une affection vraiment paternelle."

Mais nous ignorons les circonstances qui ont amené à Valence le jeune Visconti né à Plaisance en 1210.

Il sera plus tard chanoine de Lyon puis archidiacre de Liège au service de Guillaume de Savoie qui avait été précédemment administrateur du diocèse de Valence.

Le 1er septembre 1271, il est élu au souverain pontificat. En 1274, il convoque à Lyon un concile où sera proclamée une union des grecs et des latins qui sera sans lendemain. Alors qu’il regagnait Rome, il meurt à Arezzo le 10 janvier 1276. Son culte a été reconnu en 1713."


À Arezzo en Toscane, l’an 1276, le trépas du bienheureux Grégoire X, pape, qui, d’abord archidiacre de Liège, fut élevé au siège de Pierre. Il travailla à rétablir la communion avec les Grecs, et convoqua le second concile de Lyon pour rétablir l’unité de l’Église et reconquérir la Terre Sainte.


Martyrologe romain

"Les paroles de l’Occident ont besoin des paroles de l’Orient pour que la Parole de Dieu dévoile toujours plus ses insondables richesses. Nos paroles se rencontreront pour toujours dans la Jérusalem céleste, mais nous souhaitons et nous voulons que cette rencontre soit anticipée dans la sainte Eglise qui marche encore vers la plénitude du Royaume."

Encyclique Ut Unum Sint



Giovanni di Paolo. . Saint Grégoire X arrivant en procession au château
Saint-Ange à Rome après son sacre. XVe.

Grégoire X

1272-1276
 
Teobaldo Visconti était né à Plaisance en 1210, d’une noble famille ; dès sa jeunesse il montra une vertu peu commune ; son ardeur à l’étude lui valut la parfaite connaissance du droit canonique ; quand il avait du temps de reste, il fréquentait l’université de Paris pour s’y perfectionner, ce qui lui valut la sympathie du roi Louis IX (voir au 25 août).

Chanoine de Lyon, archidiacre de Liège, il se vit offrir l’évêché de Plaisance, qu’il refusa humblement.

Lors du 1er concile de Lyon (1245), 13e œcuménique, l’archevêque de Lyon le voulut à ses côtés comme théologien. Puis il accompagna le cardinal Ottoboni en Angleterre, où ce dernier devait reporter la paix entre le roi et les barons. 

Ensuite, il dut prêcher la croisade par mandat papal, et pour cela il dut commencer par mettre l’harmonie entre les princes occidentaux. Puis il se rendit en Palestine pour soutenir autant que faire se pouvait, le moral des croisés qui s’y étaient établis en reprenant les Lieux Saints aux Musulmans.

Il était là-bas, à Ptolémaïs (Saint-Jean-d’Acre) quand lui arriva une nouvelle inattendue : après quatre années de vacance du siège apostolique, les quinze cardinaux avaient fini par déléguer six d’entre eux pour choisir un candidat, qui fut notre Teobaldo. 

La nouvelle faisait la joie des chrétiens de Terre Sainte. Teobaldo prit le nom de Grégoire X et vint en Italie. Il n’oubliait pas la Terre Sainte : il appela les villes d’Italie et de France, et le roi Philippe (fils de saint Louis) à cette cause.

Il convoqua un grand concile à Lyon, où l’on devait débattre des secours à apporter en Terre Sainte, de la réforme de l’Eglise, et de l’union avec l’Eglise d’Orient.

Pendant que se préparait ce concile, Grégoire X appelait les villes d’Italie à faire la paix entre elles, car les querelles entre Guelfes et Gibelins étaient interminables, avec leurs conséquences de rivalités, de vengeances, d’assassinats et autres violences. Grégoire X soutint l’accession au trône impérial de Rodolphe de Habsbourg, contre Alphonse de Castille.

A Lyon vinrent de très nombreux prélats. Saint Bonaventure s’y trouvait (voir au 15 juillet), et mourut durant la cinquième session ; saint Thomas d’Aquin devait s’y rendre aussi, mais mourut en chemin (voir au 7 mars).

L’union avec les Grecs fut reconnue, proclamée, sanctionnée par le chant unanime du Credo, où l’on répéta par trois fois le Filioque, les Grecs ayant reconnu sans difficulté que le Saint-Esprit procède et du Père et du Fils. 

Le pape y proposa une constitution relative à l’élection du pontife, pour éviter la longue vacance qui s’était produite avant son élection. On procéda aussi au baptême de l’un des ambassadeurs tartares qui était présent. Le roi de France, Philippe, remit au pape le Comtat Venaissin.

Pour conclure, le pape invita les prélats à promouvoir la réforme interne de l’Eglise, en commençant… par eux-mêmes.

Grégoire X resta très sobre dans sa vie privée : il lavait les pieds chaque jour à des pauvres, faisait porter des aumônes à des malheureux, ne mangeait qu’un repas quotidien, priait et méditait beaucoup.

Au retour du concile, Grégoire X ne revit pas Rome : il voulut passer par Lausanne, Milan, et dut s’arrêter en Toscane, où la fièvre et une pleurésie l’amenèrent à sa dernière heure. Il mourut pieusement à Arezzo le 10 janvier 1276.

Grégoire X a été béatifié après les nombreux miracles qui s’opérèrent par la suite. Son culte fut approuvé en 1713.

Le Martyrologe le mentionne au 10 janvier.
 
Son successeur fut Innocent V.



Tombe de Pape Grégoire X, Cathédrale d’Arezzo

 Saint Grégoire X, pape. 1275.

Papes : Clément IV (prédécesseur) ; Innocent V (successeur). Roi de France : Philippe III le Hardi. Empereur du Saint Empire : Rodolphe Ier de Habsbourg. Roi d'Aragon : Jacques Ier le Conquérant. Roi de Castille : Alphonse X le Sage. roi d'Angleterre : Edouard Ier Plantagenêt.

" Bous avons vécu en ce monde avec la simplicité du coeur et la sincérité de Dieu ; non selon la sagesse de la chair, mais selon la grâce de Dieu."
Saint Paul ; IIe aux Cor., chap. I, 12
Théobald, depuis Grégoire X, naquit à Plaisance, de la noble famille des Visconti. On remarqua en lui, dès sa jeunesse, une vertu peu commune et une application extraordinaire à l'étude ; il acquit surtout une connaissance parfaite du droit canon.
Ayant entendu parler de la sainteté de Jacques de Pécoraria, cardinal-évêque de Préneste, il alla le trouver et se mit humblement à son service. Il en eut d'autant plus de joie que le cardinal lui parut encore plus saint que ne le disait la renommée.

Il le suivit dans la légation de France, l'an 1239, sous le pape Grégoire IX. Il y fut successivement chanoine de Lyon et archidiacre de Liège. Il refusa l'évêché de Plaisance, que lui offrait le pape Innocent IV. Il revenait de Rome, quand l'archevêque de Lyon, Philippe, le supplia instamment de rester auprès de lui pendant le concile général, afin de lui apprendre comment se conduire à l'égard du pape et des cardinaux.
Le pieux archidiacre de Liège passait une partie de son temps à l'Université de Paris, pour s'y perfectionner dans les sciences convenables à son état. Le roi saint Louis lui témoignait une affection et une vénération si grandes, que beaucoup s'étonnaient qu'un si excellent roi honorât tant un ecclésiastique qui n'occupait point une haute dignité (Théobald n'était pas prêtre et ne le deviendra qu'à l'occasion de son élection sur le siège de Pierre). Mais le saint roi savait bien ce qu'il faisait ; il avait appris de lui et vu lui-même tant de choses merveilleuses, qu'il le regardait comme un temple de Dieu et un sanctuaire de l'Esprit-Saint.

Le cardinal-légat Ottobon, passant en Angleterre pour rétablir la paix entre le roi et barons, emmena Théobald avec lui à cause de son amour de la paix et de sa grâce particulière pour y amener les autres.

Saint Louis et les barons de France s'étant croisés pour la seconde fois, le pieux Théobald regarda comme une honte pour les clercs et les prélats de ne pas suivre l'exemple des laïques. Il prit donc la croix avec beaucoup de dévotion, et se rendit en Palestine. Le prince Edouard d'Angleterre et sa soeur Béatrice, comtesse de Bretagne, l'y reçurent avec beaucoup de joie. Et de fait sa présence n'y fut pas inutile. Il ranima le courage des pusillanimes, apaisa les différends et confirma un grand nombre dans leurs sainte résolution.
C'était en 1271. Tout à coup, l'on apprit en Palestine que le saint archidiacre de Liège avait été élu pape. Il y avait près de trois ans que la chaire apostolique était vacante, les cardinaux assemblés à Viterbe n'ayant pu s'accorder sur le choix d'un pontife. Ennuyés, à la fin, de ne pouvoir rien terminer, jeûnant au pain et à l'eau, ils eurent recours à un compromis, et les six cardinaux, auxquels tous les autres avaient remis leurs pouvoirs, élurent à l'unanimité notre Saint, le 1er septembre 1271. C'est après cet épisode de vacance long et difficile que fut institué le conclave pour ordonner plus précisément l'élection des papes.

Le nouveau pape reçut l'acte de son élection à Saint-Jean d'Acre (ou Ptolémaïde) ; il y acquiesça le 27 octobre et prit le nom de Grégoire X. La nouvelle de son élection donna beaucoup de joie aux Chrétiens de la Terre-Sainte ; ils espéraient qu'il leur enverrait un grand secours. Lui-même, dans un sermon qu'il fit au moment de partir, s'écria avec le Psalmistes :
" Si je t'oublie, Ô Jérusalem ! Que ma main droite soit mise en oubli ! Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne te garde pas dans mon souvenir, si je ne mets pas Jérusalem au commencement de toutes mes joies !"

La première chose que le nouveau pape, saint Grégoire X, eut à faire, ce fut de répondre, comme chef de l'Eglise catholique, et d'envoyer des nonces au grand khan des Tartares, l'empereur de Chine, Koubilaï (ou Chi-Tsou).
Ce puissant monarque, de l'avis de ses princes, envoya au Pape les deux frères vénitiens Paolo, avec un seigneur de l'empire chinois nommé Gogak. Ces trois ambassadeurs devaient demander au Pontife suprême cent hommes savants et bien instruits dans la loi chrétienne, qui pusse montrer que la foi des Chrétiens doit être préférée à toutes les sectes diverses, qu'elle est l'unique voie du salut et que les dieux des Tartares sont des démons qui en imposent aux Orientaux.

En effet, l'empereur, ayant beaucoup entendu parler de la foi catholique, mais voyant avec quelle témérité les savants de la Tartarie et de la Chine soutenaient leur créance, ne savait de quel côté pencher, ni quelle voie embrasser comme la véritable. Il pria, de plus, les ambassadeurs de lui apporter un peu d'huile de la lampe qui brûlait devant le Seigneur au Saint Sépulcre, persuadé qu'elle ne lui serait pas peu utile si Notre Seigneur Jésus-Christ était le Sauveur du monde.

Après trois ans de voyage, le seigneur tartare étant demeuré en route pour maladie, les deux autres ambassadeurs arrivèrent à Saint-Jean-d'Acre. Y ayant appris la mort du pape Clément IV (franc originaire d'Auvergne, Guy Foucault, ancien évêque du Puy, ami de saint Thomas d'Aquin et conseiller de saint Louis, avait règné du 5 février 1265 au 29 novembre 1268), ils s'adressèrent à l'archidiacre Théobald, qui faisait les fonctions d'internonce apostolique en Palestine. Il leur conseilla d'attendre qu'il y eut un nouveau pape. Dans l'intervalle, ils allèrent à Venise, leur patrie, et, après deux ans d'attente, repassèrent à Saint-Jean d'Acre, avec le fils de l'un d'eux, le célèbre Marco Paolo qui fit une relation de leur voyage. Le nonce Théobald leur donna des lettres avec une exposition de la foi chrétienne.
A peine s'étaient-ils mis en route, que Théobald, devenu Grégoire X, les rappela, leur donna d'autres lettres pour le suprême empereur des Tartares, et leur adjoignit deux Frères Prêcheurs, Nicolas et Guillaume de Tripoli. Après leur long périple, ils furent reçus avec une extrême bienveillance par l'empereur des Tartares et de la Chine. Ils lui présentèrent les lettres du nouveau Pape, ainsi que l'huile de la lampe du Saint Sépulcre, qu'il fit placer dans un lieu honorable. C'est ce que témoigne Marco Paolo qui était présent.

Saint Grégoire X s'embarqua au milieu de l'hiver, à Saint-Jean-d'Acre. Le prince Edouard d'Angleterre le fournit abondamment de toutes choses. L'empereur grec, Michel Paléologue, se plaignit amicalement de ce qu'il n'avait point passé par Constantinople, où il eût été reçu avec la pompe et la joie les plus grandes. Enfin, il arriva heureusement au port de Brindes (Brindisi), le 1er janvier 1272. Son arrivée répandit la joie dans toutes l'Italie et dans toute la Chrétienté. A Bénévent, le roi Charles de Sicile vint à sa rencontre et l'accompagna par tout son royaume, lui servant d'écuyer. A Cépérano, il trouva plusieurs cardinaux qui venaient au-devant de lui, entra avec eux à Viterbe le 10 février, y revêtit le manteau papl, et prit solennellement le nom de Grégoire, tant à cause de sa dévotion pour saint Grégoire le Grand, que parce que sa fête était proche.
Etant encore sur les terres du roi de Sicile, il avait reçu une députation des plus grands de Rome, qui le priaient instamment d'y venir. Mais il considéra qu'à Rome, il pourraient trouver d'autres affaires qui le détourneraient de celle de la Terre-Sainte, à laquelle il voulait donner ses premiers soins. Il étaiot donc allé à Viterbe où résidaient les cardinaux et la cour de Rome. Là, sans se donner le temps de se reposer après un si long voyage, et fermant la porte à toutes les autres affaires, il travailla uniquement, pendant huit jours, au secours de la Terre-Sainte, qu'il avait laissée réduite à l'extrémité. Il engagea Pise, Gênes, Marseille et Venise, à fournir chacune trois galères armées ; et, pour subvenir aux frais de la guerre, il donna ordre au recouvrement des legs pieux qui étaient destinés à cet effet et qui étaient considérables.

Il envoya ensuite l'archevêque de Corinthe en France, avec une lettre au roi Philippe III le Hardi, où il parle avec effusion du roi saint Louis qu'il témoigne avoir aimé de tout son coeur, et où il rapelle au fils le zèle de son père pour la délivrance de la Terre-Sainte. Il ajoute aussi :
" Quand nous y étions, nous avons conféré avec les chefs de l'armée chrétienne, avec les Templiers, les Hospitaliers et les grands du pays, sur les moyens d'en empêcher la ruine totale. Nous en avons encore traîté depuis avec nos frères les cardinaux, et nous avons trouvé qu'il faut y envoyer dès à présent une certaine quantité de troupes et de galères, en attendant un plus grand secours, que nous espérons de lui procurer par un concile général."
Saint Grégoire X fut sacré à Rome, dans la basilique Saint-Pierre, le 27e jour de mars 1272 qui était le troisième dimanche de Carême. Il fut reconduit avec pompe de la basilique au palais de Latran ; le roi Charles de Sicile marchait à sa droite, faisant les fonctions d'écuyer. Au repas qui eut lieu ensuite, le même prince voulut servir au Pape le premier plat. A la fin de la solennité, le roi fut au Pape l'hommage et le serment de fidélité qu'il devait pour le royaume de Sicile.

Deux jours après, le Pape fit expédier une lettre circulaire à tous les évêques, pour leur faire part de son ordination, suivant la coutume. Cette lettre fut suivi de près d'une autre, également adressée aux évêques, afin d'assembler un concile général. Le saint Pape en marque principalement trois causes :

- le schisme des Grecs ;
- le mauvais état de la Terre-Sainte ;
- les vices et les erreurs qui se multipliaient dans l'Eglise.
Dans cette bulle, qui est datée du dernier jour de mars 1272, saint Grégoire y précise notamment :

" Voulant donc remédier à tant de maux par un concile commun, nous vous demandons de vous trouver le 1er mai de l'an 1274 au lieu que nous vous indiquerons dans le temps convenable. Nous voulons qu'en chaque province demeurent un ou deux évêques pour exercer les fonctions épiscopales, et que ceux qui demeureront envoient des députés au concile, aussi bien que les Chapîtres, tant des cathédrales que des collégiales. Cependant, vous examinerez et mettrez par écrit ce qui a besoin de correction pour l'apporter au concile."

Pour prendre soin du spirituel dans la Terre-Sainte, le pape Grégoire donna le titre de patriarche de Jérusalem au frère Thomas de Lentini, en Sicile, dominicain, précédemment évêque de Béthléem. Il le fit encore son légat en Arménie, en Chypre, dans la principauté d'Antioche, les îles voisines et toute a côte d'Orient. Il lui recommanda surtout de travailler à la réformation des moeurs des chrétiens latins de ces provinces. Voici comme il lui en parle dans une de ses lettres :
" Vous savez par vous-mêmes les crimes énormes qui s'y commettent, et que les malheureux esclaves de la volupté, s'abandonnent aux mouvements de la chair, ont attiré la colère de Dieu sur Antioche et tant d'autres lieux que les ennemis ont détruits. Il est étonnant que nos frères soient si peu touchés de ces exemples qu'ils continuent les mêmes désordres, sans s'en repentir, jusqu'à ce qu'ils périssent eux-mêmes."
En attendant le concile général qui devait se tenir à Lyon, le pape Grégoire travaillait à pacifier les villes d'Italie. Sa sainte vie était bien propre à gagner les coeurs. Tous les jours il lavait les pieds à plusieurs pauvres avec une humilité qui tirait les larmes des yeux de tous les assistants. Il avait des officiers pour aller à la découverte des malheureux et leur distribuer des aumônes. Il ne fit jamais qu'un repas par jour, uniquement pour soutenir la faiblesse du corps, non pour aucun plaisir. A table, il était si attentif à la lecture, qu'en sortant il n'aurait pu dire ce qu'il avait mangé. Tout le temps que lui laissaient ses affaires, il le consacrait à la prière et à la contemplation.

De son vivant, on rapporte de lui ce miracle : étant à Lyon pendant une inondation de la Saône, il vit de saa fenêtre une pauvre femme tombée dans le fleuve et submergée par les flots, à tel point que des mariniers partis à son secours s'en revinrent sans aucun espoir ; mais dès le premier moment, le saint pontife avait prié la Miséricorde divine, qui a soutenu saint Pierre marchant sur les flots et sauvé trois fois saint Paul du naufrage, de tendre une main secourable à cette pauvre femme et de la délivrer d'une mort aussi fâcheuse. Bientôt la femme reparaît sur les eaux ; les mariniers surpris retournent à son secours et la sauvent dans leur barque, n'ayant pas plus de mal que si elle avait pris un bain. Le Pape envoya un de ses chambellans (ou camériers) interroger la femme, qui lui raconta qu'elle été délivrée par un personnage vénérable qu'elle ne connaissait pas.
A cette tendre charité pour les pauvres, saint Grégoire X joignait une fermeté invincible envers les grands coupables. Le roi Edouard d'Angleterre lui avait demandé justice du meurtre commis sur la personne d'Henri d'Allemagne, son cousin, par Guy de Montfort. Voici comment le saint Pape lui rendit compte, le 29 novembre 1273, de ce qui s'était passé en cette affaire :

" Quand nous fûmes à Florence, Guy de Montfort nous envoya sa femme et plusieurs autres personnes demander instamment la permission de venir en notre présence, assurant qu'il était prêt à obéir à nos ordres ; mais nous voulûmes prendre du temps pour éprouver la sincérité de son repentir. Au sortir de Florence, environ à deux milles, il se présenta à nous, accompagné de quelques autres, tous nu-pieds, en tunique, la corde au cou, prosternés à terre et fondant en larmes. Comme plusieurs de notre suite s'arrêtèrent à ce spectacle, Guy de Montfort s'écria qu'il se soumettait sans réserve à nos commandements, et demandait instamment d'être emprisonné en tel lieu qu'il nous plairait, pourvu qu'il obtînt son absolution.

Toutefois, nous ne voulûmes pas alors l'écouter ; nous ne lui fîmes aucune réponse ; au contraire, nous adressâmes une réprimande à ceux qui l'accompagnaient, comme prenant mal leur temps. Mais ensuite, de l'avis de nos frères, nous avons mandé à nos cardinaux-diacre résidant à Rome, de lui assigner en quelque forteresse de l'Eglise romaine un lieu pour sa prison, et de la faire garder pendant notre absence par les ordres du roi Charles de Sicile."

Guy de Montfort se soumit à tous les ordres du Pape, qui, l'année suivante, en tempéra la sévérité en permettant au patriarche d'Aquilée de le rendre à la communion des fidèles, mais sans préjudice du reste de sa peine.
Saint Grégoire X étant arrivé à Lyon, le roi Philippe de France l'y alla visiter, et lui laissa pour sa garde une troupe choisie de gens de guerre pour sa garde commandée par Imbert de Beaujeu, son parent. Ce monarque avait remis au Pape le comtat Venaissin, qui avait été cédé au Saint-Siège sous le pontificat de Grégoire IX, et que néanmoins Alphonse, comte de Toulouse, dont le roi Philippe venait d'hériter, avait retenu jusqu'alors.

Cependant les prélats et les ambassadeurs arrivaient de toutes part pour le concile. Il s'y trouva cinq cents évêques, soixante-dix abbés et mille autres prélats. Parmi les cardinaux, on distinguait saint Bonaventure, évêque d'Albano, et Pierre de Tarantaise, évêque d'Ostie, depuis pape sous le nom d'Innocent V. Saint Thomas d'Aquin avait reçu ordre du Pape de s'y trouver, mais il mourut en chemin. Saint Bonaventure mourut quelques temps après, avant la quatrième et dernière session du concile, trois jours avant la fin du concile. On lui fit des funérailles magnifiques, auxquelles tous les membres du concile, le pape lui-même et des rois assistèrent.

Le Concile, deuxième de Lyon, s'ouvrit le 2 mai 1274, après un jeûne de trois jours. Le 24 arrivèrent les ambassadeurs de l'empereur grec, Michel Paléologue, pour travailler à la réunion des Grecs schismatiques avec l'Eglise romaine, ce qui eut lieu le jour de saint Pierre et de saint Paul, 29e jour de juin 1274.
Le 4 juillet vit un spectacle plus étonnant encore, des Tartares arrivant au Concile. C'étaient seize ambassadeurs du khan Abaga, arrière-petit-fils de Gengis khan. Le Pape Grégoire X, pour leur faire honneur, voulut que les officiers des cardinaux et des prélats allassent au-devant d'eux. On les lui amena dans son appartement, où se trouvait des cardinaux pour parler des affaires du concile. Cette ambassade n'avait pour but qu'un traîté d'alliance avec les chrétiens contre les musulmans. Après le concile, on lut la lettre du khan dans la quatrième session ; le Pape répondit à ce prince qu'il enverrait ses légats en Tartarie pour traîter avec lui non seulement des propositions qu'il faisait, mais aussi d'autres affaires touchant son salut. Notons qu'un des ambassadeurs reçut le saint baptême pendant le concile.

Saint Grégoire X publia plusieurs constitutions importantes qui font partie du droit canon. Un article défend à l'évêque nommé d'un diocèse de s'ingérer à l'administration sous couleur quelconque, jusqu'à ce que sa nomination soit confirmée par le Saint-Siège. Le 17 juillet, le saint Pontife termina le concile en donnant sa bénédiction à tous les assistants. Il congédia les ambassadeurs grecs, comblés de présents et enchantés de la manière honorable et cordiale dont ils avaient été reçus. Il congédia de même les ambassadeurs tartares, avec des lettres pour le khan Abaga. Il adressa des lettres et admonitions aux Chrétiens d'Europe, pour les obliger à gouverner chrétiennement leurs peuples.

A Lausanne, en 1275, il eut une entrevue avec le nouveau roi des Romains, Rodolphe de Habsbourg, qui lui prêta serment comme défenseur de l'Eglise romaine et futur empereur.
Le saint Pape s'en retournait ainsi à Rome, faisant le bien partout, lorsqu'il tomba malade à Arezzo, en Toscane, et mourut le 10 janvier 1276, après avoir tenu le Saint-Siège trois ans, neuf mois et quinze jours. Il mourut comme il avait vécu, en Saint. Quand il sentit approcher sa dernière heure, il demanda le crucifix, baisa dévotement les pieds du Sauveur, les arrosant de larmes, adressa la Salutation angélique à la Sainte Vierge, recommanda son âme à Dieu et rendit si tranquillement l'esprit qu'il avait l'air de s'endormir d'un doux sommeil. Sa fête est marquée au 16 février dans le martyrologe romain de Benoît XIV.

Tous les historiens parlent de Grégoire X comme d'un saint. Les Grecs eux-mêmes, dans le concile qu'ils tinrent à Constantinople après sa mort, l'appellent un homme bienheureux et très-saint : si toutefois, ajoutent-ils, on doit l'appeler un homme et non pas un ange.



Grégoire X (1271-1276)

Tebaldo Visconti, né à Plaisance en 1210, mort à Arezzo en 1276. Bienheureux.

Il fut élu lors du conclave le plus long de l’histoire des papes.

L’élection prit tellement de temps que le peuple, fatigué d’attendre, arracha la toiture du palais où les cardinaux étaient réunis.

Il convoqua le concile de Lyon de 1274.


GRÉGOIRE X, TEBALDO VISCONTI (1210-1276) 

pape (1271-1276)
Tebaldo Visconti est né vers 1210 à Plaisance en Lombardie. En 1270, Tebaldo Visconti se joint à la croisade du futur roi Édouard Ier d'Angleterre. Un an plus tard, à Saint-Jean-d'Acre en Palestine, il apprend qu'il est élu pape. Son élection n'a pu aboutir qu'après que le podestat de Viterbe (États pontificaux) a fait murer les électeurs dans le palais épiscopal le 1er septembre 1271. Le nouveau pape, qui prend le nom de Grégoire X, n'est même pas prêtre. C'est un candidat de compromis proposé dans le but d'en finir avec la vacance du siège qui dure depuis la mort de Clément IV trois ans auparavant. Il mettra lui-même fin aux périodes de vacance entre les pontifes en promulguant au IIe concile œcuménique de Lyon la constitution (ubi periculum) qui ordonne l'enfermement des cardinaux (le conclave) pour les élections papales. Le concile voit aussi la confirmation de l'union entre les Églises grecque et romaine.
Grégoire X sauve le Saint Empire romain de la désintégration en contribuant à l'élection de Rodolphe Ier de Habsbourg comme roi des Romains. En même temps, il réussit à maintenir la paix avec Charles Ier d'Anjou, roi de Naples, qui prétend au trône. En échange de son aide à Rodolphe, Grégoire X obtient de celui-ci la promesse de prendre la tête d'une nouvelle croisade, conclue au concile de Lyon II, et de renoncer, au nom du Saint Empire romain, à Rome et aux États pontificaux.
Il meurt le 10 janvier 1276 à Arrego, en Toscane. Il sera béatifié le 12 septembre 1713.

Universalis, « GRÉGOIRE X, TEBALDO VISCONTI (1210-1276) - pape (1271-1276)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 janvier 2016. URL : 


Blessed Gregory X, Pope (RM)

(born Theobald Visconti)

Born in Piacenza, Italy, in 1210; died at Rezzo, Italy, January 10, 1276; beatified in 1713; added to the Roman Martyrology by Pope Benedict XIV (reigned 1740-1758).


Theobald Visconti was born into a very distinguished family, studied canon law at Paris and Liege, and became archdeacon of Liége. In this position he was entrusted with preaching the last crusade, i.e., rallying the troops.

He accompanied Cardinal Ottoboni on a mission to England. Theobald was at Acre in the Holy Land on pilgrimage when he was informed that, though he was not yet ordained, he had been chosen as pope by a committee of six cardinals charged with selecting one when the college failed to agree at Viterbo on a candidate to fill the pontifical throne, which had been vacant for three years.

He returned to Rome, was ordained a priest on March 19, and then consecrated as pope on March 27, 1272, taking the name Gregory X. He labored to end the warfare between the Guelphs and the Ghibellines, placed Florence under interdict for refusing efforts at reconciliation with its neighbors, and approved Rudulph of Hapsburg as German Emperor.

Gregory also convoked the 14th General Council at Lyons in 1274, which effected a short-lived reconciliation with the Eastern churches but was unsuccessful in launching the crusade (which was the general reason the Eastern churches were willing to negotiate a reunion). Gregory died on his way back from the council (Benedictines, Delaney).



Pope Gregory X

Born 1210; died 10 January, 1276. The death of Pope Clement IV (29 November, 1268) left the Holy See vacant for almost three years. The cardinals assembled at Viterbo were divided into two camps, the one French and the other Italian. Neither of these parties could poll the two-thirds majority vote, nor was either willing to give way to the other for the election of a candidate to the papacy. In the summer of 1270 the head and burgesses of the town of Viterbo, hoping to force a vote, resorted to the expedient of confining the cardinals within the episcopal palace, where even their daily allowance of food was later on curtailed. A compromise was finally arrived at through the combined efforts of the French and Sicilian kings. The Sacred College, which then consisted of fifteen cardinals, designated six of their body to agree upon and cast a final vote in the matter. These six delegates met, and on 1 September, 1271, united their ballots in choice of Teobaldo Visconti, archdeacon of Liège, who, however, was not a cardinal himself nor even a priest. The new pontiff was a native of Piacenza and had been at one time in the service of Cardinal Jacopo of Palestrina, had become archdeacon of Liège, and accompanied Cardinal Ottoboni on his mission to England, and at the time of his election happened to be in Ptolemais (Acre), with Prince Edward of England, on a pilgrimage to the Holy Land. Receiving a summons from the cardinals to return immediately, he began his homeward journey on 19 November, 1271, and arrived at Viterbo on 12 February, 1272. He declared his acceptance of the dignity and took the name of Gregory X. On 13 March he made his entry into Rome, where on the nineteenth of the same month he was ordained to the priesthood. His consecration as pope took place on 27 March. He plunged at once with all his energies into the task of solving the weighty problems which then required his attention: the restoration of peace between Christian nations and princes, the settlement of affairs in the German empire, the amendment of the mode of life among clergy and people, the union of the Greek Church with Rome, the deliverance of Jerusalem and the Holy Land. As early as the fourth day after his coronation he summoned a general council, which was to open at Lyons on 1 May, 1274 (see COUNCILS OF LYONS). In Italy the pope sought to make peace between the Guelphs and Ghibellines, whose factional war raged chiefly in Tuscany and Lombardy. Against the city of Florence, the burgesses of which resisted these efforts to bring about a reconciliation, he issued a decree of excommunication.

After the death of Richard of Cornwall (1272) Gregory advised the German princes to select a new sovereign and refused the demand of Alfonso of Castile, rival of Richard, for recognition as emperor. Rudolf of Hapsburg having been elected on 29 September, 1273, Gregory X immediately recognized him and invited him to Rome to receive the imperial crown. The pope and the emperor met at Lausanne in October of 1273. Gregory was then returning from the Council of Lyons. Rudolf took here the customary oaths for the defence of the Roman Church, took the cross, and postponed until the following year his journey to Rome. The pope obtained from Alfonso of Castile the renunciation of his claims to the German crown.

From the very beginning of his pontificate Gregory sought to promote the interests of the Holy Land. Large sums were collected in France and England for this crusade. A resolutions adopted at the Council of Lyons, which opened on 7 May, 1274, provided that one-tenth of all benefices accruing to all churches in the course of six years should be set aside for the benefit of the Holy Land, the object being to secure the means of carrying on the holy war. This tithe was successfully raised, and preparations were at once made in France and England for the expedition, which unfortunately was not carried out. The ambassadors of the Grecian emperor, having arrived in Lyons on 24 June, swore, at the fourth sitting of the council (July 6) that the emperor had renounced the schism, and had returned to the allegiance due the Holy See. But this union, entered into by Michael Palaeologus for purely political reasons, was in no sense destined to endure. At the close of this council, over which Gregory had presided in person, he travelled by way of Lausanne, Milan, and Florence, as far as Arezzo, where he died on 10 January, 1276. Though his pontificate proved so short, the results which he achieved were of far-reaching consequence, and he succeeded in maintaining unimpaired peace and harmony. On account of his unusual virtues he is revered as a saint in Rome and in a number of dioceses (Arezzo, Placenza, Lausanne), his feast being 16 February.

Sources

GUIRAUD, Les Registres de Grégoire X, Recueil des bulles de ce Pape in Bibliothèque des Écoles francaises de Rome et d"Athènes (Paris, 1892--); POTTHAST, Regesta Romanorum Pontificum, II (Berlin, 1875), 1651 sq.; Vitae Gregorii X, ed. MURATORI in Rerum Italicarum Scriptores, III, i, 597 sq., 599 sq.; III, ii, 424 sq.; Bibliotheca hagiographica latina, I (Brussels, 1898-99), 545 sq.; BONUCCI, Istoria del pontefice Gregorio X (Rome, 1711); PIACENZA, Compendio della storia del b. Gregorio X papa (Piacenza, 1876); LOSERTH, Akten uber die Wahl Gregors X, in Neues Archiv (1895), XXI, 309 sq.; ZISTERER, Gregor X. und Rudolf von Habsburg in ihren gegenseitigen Bezichungen (Freiburg im Br., 1891); WALTER, Die Politik der Kurie unter Gregor X. (Berlin, 1894); OTTO, Die Beziehungen Rudolfs von Habsburg zu Papst Gregor X. (Innsbruck, 1895); VON HIRSCH-GEREUTH, Studien zur Geschichte der Kreuzzuge, I: Die Kreuzzugpolitik Gregors X. (Munich, 1896); PICHLER, Geschichte der kirchlichen Trennung zwischen Orient und Occident, I (Munich, 1864), 342 sq.; DRABEKE, Der Kircheneinigungsversuch des Kaisers Michael VIII, Paloeologus in Zeitschrift fur wissenschaftl. Theol. (1891), XXXIV, 325 sq.; HEFELE, Konziliengeschichte, VI, 119 sq.

SOURCE : http://www.newadvent.org/cathen/06798a.htm

Kirsch, Johann Peter. "Pope Gregory X." The Catholic Encyclopedia. Vol. 6. New York: Robert Appleton Company, 1909. 10 Jan. 2016 <http://www.newadvent.org/cathen/06798a.htm>.



Papal Protection of the Jews

Pope Gregory X 1272

Gregory, bishop, servant of the servants of God, extends greetings and the apostolic benediction to the beloved sons in Christ, the faithful Christians, to those here now and to those in the future.

Even as it is not allowed to the Jews in their assemblies presumptuously to undertake for themselves more than that which is permitted them by law, even so they ought not to suffer any disadvantage in those [privileges] which have been granted them. [This sentence, first written by Gregory I in 598, embodies the attitude of the Church to the Jew.] Although they prefer to persist in their stubbornness rather than to recognize the words of their prophets and the mysteries of the Scriptures [which, according to the Church, foretold the coming of Jesus], and thus to arrive at a knowledge of Christian faith and salvation; nevertheless, inasmuch as they have made an appeal for our protection and help, we therefore admit their petition and offer them the shield of our protection through the clemency of Christian piety. In so doing we follow in the footsteps of our predecessors of blessed memory, the popes of Rome -- Calixtus, Eugene, Alexander, Clement, Innocent, and Honorius.

We decree moreover that no Christian shall compel them or any one of their group to come to baptism unwillingly. But if any one of them shall take refuge of his own accord with Christians, because of conviction, then, after his intention will have been manifest, he shall be made a Christian without any intrigue. For, indeed, that person who is known to have come to Christian baptism not freely, but unwillingly, is not believed to posses the Christian faith.

[The Church, in principle, never approved of compulsory baptism of Jews.]

Moreover no Christian shall presume to seize, imprison, wound, torture, mutilate, kill or inflict violence on them; furthermore no one shall presume, except by judicial action of the authorities of the country, to change the good customs in the land where they live for the purpose of taking their money or goods from them or from others.

In addition, no one shall disturb them in any way during the celebration of their festivals, whether by day or by night, with clubs or stones or anything else. Also no one shall exact any compulsory service of them unless it be that which they have been accustomed to render in previous times.

[Up to this point Gregory X has merely repeated the bulls of his predecessors.]

Inasmuch as the Jews are not able to bear witness against the Christians, we decree furthermore that the testimony of Christians against Jews shall not be valid unless there is among these Christians some Jew who is there for the purpose of offering testimony.

[the Church council at Carthage, as early as 419, had forbidden Jews to bear witness against Christians; Justinian's law of 531 repeats this prohibition. Gregory X here -- in accordance with the medieval legal principle that every man has the right to be judged by his peers -- insists that Jews can only be condemned if there are Jewish as well as Christian witnesses against them. A similar law to protect Jews was issued before 825 by Louis the Pious (814 - 840) of the Frankish Empire.]

Since it happens occasionally that some Christians lose their children, the Jews are accused by their enemies of secretly carrying off and killing these same Christian children and of making sacrifices of the heart and blood of these very children. It happens, too, that the parents of these very children, or some other Christian enemies of these Jews, secretly hide these very children in order that they may be able to injure these Jews, and in order that they may be able to extort from them a certain amount of money by redeeming them from their straits. [Following the lead of Innocent IV, 1247, Gregory attacks the ritual murder charge at length.]

And most falsely do these Christians claim that the Jews have secretly and furtively carried away these children and killed them, and that the Jews offer sacrifices from the heart and the blood of these children, since their law in this matter precisely and expressly forbids Jews to sacrifice, eat, or drink the blood, or to eat the flesh of animals having claws. This has been demonstrated many times at our court by Jews converted to the Christian faith: nevertheless very many Jews are often seized and detained unjustly because of this.

We decree, therefore, that Christians need not be obeyed against Jews in a case or situation of this type, and we order that Jews seized under such a silly pretext be freed from imprisonment, and that they shall not be arrested henceforth on such a miserable pretext, unless -- which we do not believe -- they be caught in the commission of the crime. We decree that no Christian shall stir up anything new against them, but that they should be maintained in that status and position in which they were in the time of our predecessors, from antiquity till now.

We decree in order to stop the wickedness and avarice of bad men, that no one shall dare to devastate or to destroy a cemetery of the Jews or to dig up human bodies for the sake of getting money. [The Jews had to pay a ransom before the bodies of their dead were restored to them.] Moreover, if any one, after having known the content of this decree, should -- which we hope will not happen -- attempt audaciously to act contrary to it, then let him suffer punishment in his rank and position, or let him be punished by the penalty of excommunication, unless he makes amends for his boldness by proper recompense. Moreover, we wish that only those Jews who have not attempted to contrive anything toward the destruction of the Christian faith be fortified by support of such protection ...

Given at Orvieto by the hand of the Magister John Lectator, vice-chancellor of the Holy Roman Church, on the 7th of October, n the first indiction [cycle of fifteen years], in the year 1272 of the divine incarnation, in the first year of the pontificate of our master, the Pope Gregory X.