mercredi 27 novembre 2013

Saint JACQUES l'INTERCIS, martyr


Saint Jacques l'Intercis

Officier supérieur perse martyr ( v. 421)

Officier supérieur perse, il apostasia pour garder les faveurs du roi Yesdegird. Repenti, il fut martyrisé par le roi Varanès V qui le fit découper en vingt-huit morceaux, membres après membre pour que la mort soit lente, d'où le surnom qui signifie taillé en pièces. Beaucoup d'autres chrétiens souffrirent avec lui.

En Perse, vers 420, saint Jacques, surnommé l’Intercis, martyr. Au temps de l’empereur Théodose le Jeune, il aurait, dit-on, renié le Christ pour plaire au roi perse Isdeberge, mais sa mère et sa femme lui ayant fait de vifs reproches, il rentra alors en lui-même et alla trouver Varane, fils et successeur d’Isdeberge, et sans peur lui déclara qu’il était chrétien. Le roi irrité prononça contre lui une sentence de mort et commanda qu’on lui coupât les membres par morceaux et qu’on lui tranchât la tête.


Martyrologe romain

SOURCE : http://nominis.cef.fr/contenus/saint/200/Saint-Jacques-l-Intercis.html

Saint Jacques L'Intercis (Mar Yaacoub al-Mouqata')
Résumé : Nous ne connaissons rien de plus émouvant que les actes de saint Jacques, surnommé l'lntercis, c'est-à-dire mis en morceaux. On lui coupa successivement les doigts des mains et des pieds, puis les pieds, puis les bras, puis les jambes jusqu'aux genoux, puis les cuisses et enfIn la tête. L'horreur que devrait inspirer l'atrocité de ce supplice fait place à la plus douce émotion quand on voit le martyr sourire et chanter avec amour à chaque membre qu'on lui coupe. Les actes se terminent par un tableau su­blime. Le martyr est là, gisant au milieu de ses membres semés autour de lui, semblable au tronc odorant d'un pin dont le fer a coupé les branches, et on l'entend prononcer cette prière: « Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres semés de toutes parts; je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant, je n'ai plus mes mains pour les élever vers vous; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras. Ô Seigneur! que votre colère s'arrête sur moi, et se détourne de votre peuple, et je vous bénirai, moi le dernier de vos serviteurs, avec tous les martyrs et tous les confesseurs de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi ... » Quelle scène émouvante!

Saint Jacques l'Intercis, dénommé ainsi parce qu'il fut coupé en moreceaux. il fut martyrisé sous "Vararanne" en l'an 421 après le Christ.
En effet, le martyre de saint Jacques fut consommé 733 ans après la mort d'Alexandre le Grand, la seconde année du règne de Vararanne V, roi des Perses.
Saint Jacques était né dans la ville royale de Beth-Lapeta, d'une famille illustre: à la noblesse du sang, il joignit celle de la vertu et de la piété. A l'exemple de sa famille, il embrassa le christianisme et épousa une femme chrétienne. Cependant, attaché à la cour du roi de Perse, il s'éleva aux premiers honneurs et y jouit de la plus haute considération. Isdegerdès en fit son favori, et le combla de toutes sortes de faveurs. Aussi Jacques, pour répondre aux bontés du roi, ne craignit-il pas d'abjurer la foi chrétienne. Sa mère et sa femme apprirent avec douleur son apostasie et lui envoyèrent au camp où il se trouvait alors, la lettre suivante: « On nous annonce que la faveur d'un roi de la terre, et l'amour des richesses périssables de ce siècle, vous ont fait abandonner le Dieu éternel. Nous vous faisons une seule question, daignez nous répondre. Où est-il maintenant ce roi, pour qui vous avez fait un si grand sacrifice? Il est mort, comme le dernier des hommes, et il est tombé en poussière; qu'en pouvez-vous attendre maintenant, et est-ce lui qui vous offrira un refuge contre l'éternel supplice ? Si vous persévérez dans votre apostasie, vous tomberez comme lui entre les mains du Dieu vengeur; et quant à nous, nous nous retirons de vous, comme vous vous êtes retiré de Dieu, nous ne voulons avoir rien de commun avec un apostat. C'en est fait, nous n'existons plus pour vous. »
Cette lettre fit une impression profonde sur le courtisan; elle lui ouvrit les yeux, il rentra sérieusement en lui-même et se dit: « Voilà ma femme qui s'était donnée à moi par les serments les plus sacrés, voilà ma mère qui m'abandonnent: que fera Dieu, à qui j'avais aussi donné ma foi et que j'ai honteusement abandonné ? Au dernier jour comment soutiendrai-je la vue de ce juge suprême, de ce vengeur inexorable? Et même ici-bas, sa justice ne peut-elle pas m'atteindre et me frapper? » Plein de ces pensées, il rentre dans sa tente, il y trouve une Bible, il l'ouvre. Pendant qu'il lit, peu à peu la lumière se fait dans son âme, la grâce divine touche son cœur; le voilà soudain changé en un autre homme. Son âme engourdie, comme rappelée du tombeau par une voix puissante, se réveille: le remords l'agite et le déchire, il s'adresse à lui-même ces paroles: « Ame brisée chair frémissante, écoutez. Ma mère qui m'a porté dans son sein, mon épouse compagne de ma jeunesse, sont affligées et indignées de ma lâche action; tout ce qu'il y a d'hommes sages et sensés dans ma famille sont plongés dans le deuil par mon apostasie; que sera-ce donc au dernier jour, quand Je paraîtrai devant Celui qui nous ressuscitera tous pour nous juger, pour récompenser les justes et punir les coupables! Qui sera mon juge, à moi qui suis parjure? Mon refuge! ah! je sais où il est! La porte par laquelle je suis sorti, je puis y rentrer: je ne cesserai d'y frapper qu'elle ne s'ouvre. »
Ces accents du remords et du repentir avaient été entendus des tentes voisines; on avait vu Jacques s'arrêter en lisant la Bible, se parler à lui-même, comme un homme qu'une profonde émotion agite. Ses ennemis, - les courtisans en ont toujours, - se hâtèrent d'aller dire au roi que Jacques paraissait regretter amèrement d'avoir changé de religion. Le prince irrité le fait appeler sur-le-champ, et lui parle ainsi: « Dis-moi, Jacques, est-ce que tu es toujours Nazaréen1?

- Oui, je le suis, répondit Jacques.


- Hier, reprit le roi, tu étais mage. 


- Nullement, répliqua Jacques.


- Comment, dit le roi, n'est-ce pas pour cela même que tu tu as reçu du roi mon père tant de faveurs?


- Où est-il maintenant, répondit Jacques, ce roi dont vous me rappelez les bienfaits? »
Cette réponse exaspéra le roi, et comme il était manifeste que Jacques abandonnait la religion des Perses, il se mit à chercher dans son esprit par quel supplice il allait le lui faire expier.
« Si tu persévères, lui dit-il, ce sera trop peu de ta tête pour un tel forfait.

- Les menaces, répondit Jacques, sont inutiles, essayez plutôt les supplices, si bon vous semble; tout ce que vous pourriez me dire pour me persuader ne fera pas plus sur moi que le vent qui souffle contre un roc immobile. »

Le roi: « Déjà, sous mes prédécesseurs, les sectateurs de ta religion ont essayé de professer et de répandre leurs erreurs; tu sais qu'on les a traités comme des rebelles, et que ceux qui résistèrent perdirent la vie dans les plus affreux supplices. »

Le martyr: « Mon plus grand désir, c'est que je meure de la mort des justes, et que ma fin ressemble à leur fin. »

Le roi: « Apprends au moins à obéir et à respeceer les édits des rois. »
Le martyr: « La mort des justes n'est pas une mort, un court et léger sommeil. »

Le roi: « Voilà comme les Nazaréens t'ont séduit, il t'ont dit que dit que la mort n'était pas la mort, mais le sommeil; cependant les puissants, les rois eux-mêmes redoutent la mort. »

Le martyr: « Les puissants et les rois et tous les contempteurs de Dieu craignent la mort, je ne m'en étonne pas; ils ont conscience de leurs crimes. Aussi les saintes lettres disent-elles : L'impie est mort, et son espérance avec lui; l'espérance des impies périra. »

Le roi: « Ainsi donc, vous nous traitez d'impies, vous qui n'adorez ni le soleil, ni la lune, ni l'eau, ces émanations divines. »

Le martyr: « Loin de moi la pensée de vous accuser, ô roi: car à ceux qu'il a jugés dignes de souffrir pour lui, le Christ, auteur de nos saintes lettres, a dit: L'heure Vient où ceux qui tueront quelqu'un d'entre vous croiront rendre gloire à Dieu. Je suis loin de dire aussi qu'en nous tuant vous ne rendez aucune gloire à Dieu: je dis seulement que vous, qui vous vantez de mieux connaître la Divinité que les autres peuples, vous êtes dans une erreur grossière, en adorant des êtres inanimés et insensibles, et en donnant le nom incommunicable de Dieu à des créatures: le vrai Dieu s'en offense, et vos vaines divinités sont aussi incapables de vous protéger que de vous nuire. »

Cette abjuration solennelle de l'idolâtrie mit le roi en fureur. Il convoque sur-le-champ les docteurs et les sages, exhale en leur présence toute sa douleur et tout son courroux, et leur ordonne de se consulter entre eux sur le genre de supplice à faire subir à cet audacieux rebelle, à ce contempteur de la majesté des rois. Les magistrats et les sages se retirèrent en conseil pour délibérer, et l'un d'eux, qui avait, pour ainsi dire, le génie de la cruauté, après un instant de réflexion, ouvrit l'avis suivant: qu'il ne fallait pas le tuer en une fois; en cinq fois, en dix fois, mais l'étendre sur un chevalet, et lui couper successivement les doigts des pieds et des mains, puis les mains elles - mêmes et les pieds ; ensuite les bras, les genoux, les jambes, et en dernier lieu la tête. Cette proposition barbare fut adoptée, et aussitôt Jacques fut traîné au supplice. Toute la ville, ému à cette nouvelle, et toute l'armée, suivirent le martyr. Les chrétiens, en apprenant l'affreuse sentence prononcée contre lui, se jetèrent la face contre terre, et, fondant en larmes, firent à Dieu cette prière : « 0 Seigneur, ô Dieu fort, qui donnez la force aux faibles et la santé aux malades, ô vous qui ravivez les infirmes et les mourants, qui sauvez ceux qui périssent, venez en aide à votre serviteur et faites-le sortir vainqueur de cet affreux combat. Pour votre gloire, Seigneur, qu'il triomphe, ô Christ, prince des vainqueurs, roi des martyrs! »

Pendant qu'on le conduisait au supplice, il pria les soldats de s'arrêter un moment, afin, disait-il, que je me rende propice le Dieu pour qui je vais mourir. Les soldats s’arrêtèrent, et le martyr, se tournant vers l'orient, fléchit le genou et, les yeux de l'âme fixés sur Celui qui habite dans les cieux, il fit cette prière : « Recevez,. Seigneur, les prières de votre humble serviteur; donnez la force et le courage au au fils de votre servante, qui vous invoque à cette heure ; placez-moi comme un signe sous les yeux de ceux qui vous aiment, qui ont souffert et qui souffrent encore persécution pour votre nom; et quand j'aurai vaincu par votre grâce toute-puissante, et que j'aurai reçu la couronne des élus que mes ennemis le voient et soient confondus, parce que vous avez été, Seigneur, ma consolation et mon soutien. »

Quand il eut fini cette prière, les soldats le saisirent, lui étendirent les bras avec violence, et préparèrent le fer, en lui disant : « Il ne vous reste plus qu'un moment, voyez ce que avez à faire; nous voilà prêts à vous couper tous les membres les uns après les autres, d'abord les doigts des pieds, des mains, puis les bras, puis les jambes et les cuisses, et enfin la tête. Voyez, une parole peut vous sauver, tandis que l'obstination vous attire le plus affreux sup¬plice qui fut jamais. » Et, en lui parlant de la sorte, ils ne pouvaient s'empêcher de verser des larmes, à la vue de ce visage tout brillant de jeunesse, de cet extérieur noble et gra¬cieux, et ils entouraient le martyr, et le pressaient de feindre au moins pour un moment. « Détournez, lui disaient- ils, une si horrible mort : faites semblant de vous soumettre, et vous retournerez après à votre religion si vous voulez. »

Le martyr, au contraire, adressait à la foule ces paroles : « Ne pleurez pas sur moi ; non, non, ne pleurez pas sur moi ; pleurez plutôt, pleurez sur vous-mêmes, vous qui, épris des charmes trompeurs des choses périssables, vous préparez une éternité de malheurs et de tourments. Mais moi, par cette horrible mort, j'entrerai dans la vie éter¬nelle; pour prix de mes membres dispersés, je recevrai d'immortelles récompenses; car il y a un Dieu, rémunéra¬teur fidèle, qui rendra à chacun selon ses œuvres, » Et, voyant approcher l'heure fixée pour son supplice, il activait ainsi la lenteur des bourreaux : « Que faites-vous donc ? Qu'attendez-vous ? Voici, je vous tends les mains, mettez-¬vous à l'œuvre. »

L'affreuse exécution commença donc, et on lui coupa d'abord le pouce de la main droite. Alors le martyr fit cette prière : « Ô Sauveur, ô Jésus, recevez, je vous en conjure, ce rameau qui vient de tomber de l'arbre. Cet arbre lui• même doit tomber en poussière un jour ; mais au printemps, je l'espère, il reverdira encore et se couronnera de feuillage. » Le juge qui procédait à l'exécution, ému jusqu'aux larmes, supplia le martyr de se laisser fléchir. « C'est bien assez, lui disait-il ; cette plaie peut encore se guérir; mais, je vous en conjure, ne laissez pas mutiler tout entier ce corps si tendre et si beau. Mettez-vous d'abord hors de péril ; ensuite, vous êtes riche, vous donnerez aux pauvres, et assurerez par vos aumônes le salut de votre âme.

- Eh Quoi ! lui répondit le martyr, n'avez -vous jamais considéré ce qui advient à la vigne ? Purgée de son bois inutile, elle reste engourdie tout l'hiver; mais au soleil du printemps la sève circule et fait fleurir une riche végétation. S’il est ainsi d'une plante fragile, l'homme planté dans les vigne du Seigneur, et cultivé par la main même de l'Ouvrier céleste, ne doit-il pas aussi germer et s'épanouir ? » Alors on lui coupa l'index, et quand il fut coupé, le martyr s'écria : « Mon cœur se réjouit dans le Seigneur, et mon âme tressaille en Dieu son salut. » Et il ajouta : « Recevez, Seigneur, cet autre rameau de l'arbre que vous avez planté. » Et, la joie l'emportant sur la douleur, son visage parut tout rayonant, comme s'il eût entrevu déjà la gloire céleste. Cependant les bourreaux lui coupèrent encore un autre doigt, il s'écria dans un saint transport: « Avec les trois enfants de la fournaise, je vous confesserai, Seigneur, de tout mon cœur et au milieu de vos martyrs je chanterai des hymnes à votre nom, Ô Très-Haut. » Quand on lui eut coupé le quatrième doigt, il s'écria: « Parmi les douze patriarches fils de Jacob, c'est sur le quatrième que se reposa la bénédiction qui promettait et prophétisait le Christ : c'est pourquoi j'offre encore ce quatrième rameau de mon corps à celui qui par sa bénédiction a été le salut de tous les peuples. » Au cinquième doigt qu'on lui coupa il dit; « Ces cinq doigts, cette main, seront de beaux fruits à présenter à celui qui a planté l'arbre que vous taillez. »

Avant de passer à sa main gauche, les juges le pressèrent d nouveau, et lui demandèrent : « A quoi allez-vous vous résoudre? Vous pouvez encore sauver votre vie, si voulez vous soumettre au roi ; car combien qui vivent robustes et vigoureux mutilés comme vous l'êtes ! Si vous n'avez pitié de vous-même, vous allez voir tous vos membres tomber sous vos yeux les uns après les autres, et ce sera pour ainsi dire, à chaque fois une nouvelle mort. » Le martyr leur fit cette réponse: « Lorsqu'on tond les brebis, on ne leur enlève pas d'abord toute leur laine, on leur en laisse la moitié : ainsi dois-je rendre grâces à Dieu, qui me met au nombre de ses brebis, et qui m'offre aux ciseaux de ceux qui me tondent, comme il offrit à ceux qui l'attachèrent sur la croix l'Agneau divin, pour qui je meurs de cette mort cruelle. »

On se mit donc à lui couper les doigts de la main gauche ; on commença par le doigt auriculaire. Le martyr, les yeux levés au ciel, disait avec une constance magnanime : « Je suis bien petit devant vous, ô grand Dieu, qui vous êtes fait petit pour nous, et qui nous avez élevés jusqu'à vous par la vertu de votre sacrifice. C'est avec joie, ô Dieu, c'est avec bonheur que je vous remets mon âme, et aussi mon corps; je sais que vous me le rendrez un jour, immortel et glorieux à la vie. » Alors on lui coupa l'annulaire et, transporté du plus brûlant amour, il s'écria : « Pour une septième mutilation, une septième louange, ô Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ! » Et quand tomba le huitième doigt, il dit : « C'est le huitième jour que l'enfant hébreu est circoncis et distingué des infidèles ; eh bien, moi aussi, par la pureté de mon cœur, je me sépare de ces incirconcis et de ces impies car mon âme a soif de vous seul, ô mon Dieu! Quand pourrais-je voir votre face ? Au neuvième, il dit : « C'est à la neuvième lune que mon Sauveur est mort sur la croix pour mes péchés : je lui offre donc avec bonheur ce neuvième doigt de ma main. » Au dixième enfin, saisi d'un plus vif transport, il s'écria: « Par la lettre iod1 sont multipliés les mille et les myriades ; de même par le nom sacré de Jésus2 le monde entier a été sauvé. Je chanterai donc des hymnes en son nom sur la harpe à dix cordes, comme dit le Psalmiste, et les cordes de ma harpe seront mes doigts eux-mêmes mutilés pour mon Sauveur. » Ayant dit cela, le martyr entonna un chant pieux d’une voix douce.

Alors les juges renouvelèrent leurs instances auprès de lui, lui faisant entendre que ses plaies n'étaient pas mortelles, qu’il était encore temps de sauver sa vie: « Pourquoi cette cruauté contre vous - même? Pourquoi renoncer à la douce lumière du jour? La vie pour vous est• si riante. Vous avez avec l'opulence tous les plaisirs. A la bonne heure si, désormais privé de vos mains, et incapable de pourvoir à vos besoins, vous deviez vivre dans la misère; mais avec une fortune aussi belle, la vie sera toujours pour vous honorable et douce. Ne pensez plus à votre épouse : depuis longtemps vous viviez séparés, elle est dans la province des Huzites, et vous à Babylone. Songez donc qu'il suffit d'un mot pour vous sauver ou pour vous perdre. »

Le martyr, les regardant d'un air sévère, leur répondit : « Vous croyez, après que j'ai mis la main à la charrue, que je vais regarder en arrière et me rendre indigne du royaume des cieux? Vous croyez que je vais préférer ou mon épouse ou ma mère au Dieu qui a dit ces paroles : Quiconque perdra sa vie pour moi la trouvera ; et encore : Quiconque laissera son père, et sa mère, et ses frères, je lui donnerai la vie et le repos éternel. Cessez donc de me presser, et faites votre œuvre ; je serais désolé que vous en adoucissiez tant soit peu les rigueurs. » Voyant donc qu'il était inflexible, les juges ordonnèrent aux bourreaux de poursuivre. Ceux-ci lui saisissent le pied droit et en coupent le gros doigt, tandis que le martyr s'écriait : « Grâces à vous, Seigneur, qui vous êtes revêtu de notre humanité, et qui, sur la croix, percé de la lance, avez teint vos pieds du sang et de l'eau qui sortirent de votre côté. Je suis heureux de livrer comme vous au fer des bourreaux ce corps qui est la prison de mon âme ; je suis heureux de voir couler pour vous mon sang. On lui coupa ensuite un autre doigt, et il s'écria : « Ce jour est le plus beau de mes jours ! Auparavant, engagé dans les liens du siècle, esclave des richesses et des plaisirs, j'étais faible et lâche dans le service de Dieu, et mon âme, emportée par mille soins divers, ne pouvait plus se retrouver en sa présence et s'entretenir avec lui.

Maintenant, dégagé de mes entraves, et les yeux fixés sur le siècle à venir, j'y marche avec constance ; aussi, heureux et triomphant, j'ai chanté, tout le temps de mon supplice, d'une voix que n'a pu affaiblir la douleur, des hymnes à celui qui m'a jugé digne de souffrir pour lui. » On lui coupa alors le troisième doigt et on le lui présenta ; il s'écria alors en souriant : « Le grain d blé, jeté dans la terre, germe et retrouve au printemps 1es grains semés avec lui : ainsi, au jour suprême de la résurrection des corps, ce doigt se retrouvera avec les autres. » Au quatrième, le martyr, se parlant à lui-même : « Mon âme, dit- il, pourquoi es-tu triste et tremblante? Espère en Dieu, car je le confesserai encore, ce Dieu, mon Sauveur. » Au cinquième, il dit : « Grâces à vous, Seigneur, qui m'avez choisi pour un martyre inouï jusqu'à présent, et qui me donnez la force de le souffrir. » Les bourreaux passent au pied gauche, et commencent par couper le petit doigt : « Ce doigt, dit le martyr, ne' sera plus désormais appelé petit, puisqu'il est offert au Seigneur comme le plus grand ; et si le moindre cheveu de notre tête ne périt pas, ce doigt non plus ne peut périr. » A l'autre doigt, il cria aux bourreaux : « Allons, courage, abattez cette maison qui tombe en ruines, afin que Dieu m'en rebâtisse une plus belle. Au troisième, il dit: « Vous savez bien que plus on pousse une roue, plus elle tourne, et cela sans douleur.» Au quatrième, il fit à Dieu cette prière : « Secourez-moi, mon Dieu, parce que j'ai confiance en vous.» Au cinquième enfin, comme éveillé d'un profond sommeil, il s'écria : « Jugez-moi, Seigneur, et vengez-moi de ce peuple barbare: voilà la vingtième mort que j'endure, et ces loups altérés de sang s'acharnent encore sur moi. »

La foule, témoin de cette exécution terrible, poussa un cri, et les jeunes gens demandaient aux vieillards s’ils avaient jamais rien vu de pareil, tant de barbarie d'un côté et tant de courage de l'autre. Le martyr activait lui-même les bourreaux. « Ne vous arrêtez pas, leur criait-il ; vous avez abattu les branches de l'arbre, attaquez maintenant le tronc. Pour moi, mon cœur tressaille dans le Seigneur, et mon âme invoque le Dieu soutien des humbles. » Les bourreaux tout frémissant de rage, s'arment de nouveau du fer et lui coupent le pied droit, et le martyr s'écrie tout triomphant : « Chaque membre que vous faites tomber, je l'offre en sacrifice au Roi du ciel. ». Ils lui coupent ensuite le pied gauche, et lui s'écrie : « Exaucez-moi, Seigneur, parce que vous êtes bon, et que votre miséricorde est grande pour tout ceux qui vous invoquent. » Puis on lui coupe la main droite et le martyr exalte encore la bonté de Dieu. « Votre miséricorde, Seigneur, s'est multipliée sur moi ; délivrez-moi de l'enfer. » La main gauche est coupée à son tour, et le martyr s'écrie : « Vos merveilles, Seigneur, éclatent sur la mort. » Alors on s'attaque à ses bras. En tendant le bras droit il s'écria:. « Je louerai le Seigneur sans cesse ; tant que je vivrai, je chanterai des hymnes à son nom : sa louange me sera douce, je me réjouirai dans le Seigneur. » Ensuite il présenta le bras gauche et dit : « Ma tête s'élèvera au dessus des ennemis qui m'ont environné ; le Seigneur est ma force, ma gloire et mon salut. » Restaient encore les jambes : les bourreaux aussitôt lui coupent la droite à la jointure du genou. A ce coup, le martyr parut ressentir une douleur extrême; il poussa un cri et invoqua le Sauveur : « Seigneur Jésus-Christ, dit-il, secourez-moi, délivrez-moi, je suis en proie aux douleurs de la mort. »

« Nous vous l'avions bien dit, reprirent les bourreaux, que vous alliez souffrir d'affreux supplices.

- Dieu, répondit le martyr, a permis le cri involontaire qui vient de m'échapper, pour que vous ne pensiez pas que je n'aie qu'une apparence du corps. Au reste, je suis prêt à endurer pour l'amour de Dieu des tourments plus grands encore. Ne croyez pas que j'aie souffert pendant que vous m'avez torturé : la pensée de mon Sauveur, son saint amour qui embrasait mon cœur, dominaient tout sentiment. Ache¬vez donc, et hâtez-vous. » Mais les bourreaux, fatigués, s'arrêtaient : le martyr, au contraire, rayonnait de plus de joie et d'amour. Les bourreaux enfin à grande peine lui cou¬pèrent l'autre jambe : alors le martyr parut semblable à un pin odorant dont il ne reste plus que la moitié. Après un moment de silence, on l'entendit prononcer à haute voix cette prière : « Mon Dieu, me voilà par terre, au milieu de mes membres, semés de toutes parts : je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant ; je n'ai plus mes mains, pour les élever vers vous ; je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras : je ressemble à une maison en ruines dont il ne reste plus que les murs. Ô Seigneur ! que votre colère s'arrête sur moi, et qu’elle se détourne de votre peuple : donnez à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos ; rassemblez-le des bouts de l'univers. Alors, moi, le dernier de vos serviteurs, je vous louerai, je vous bénirai avec tous les martyrs et tous les confesseurs, ceux de l'Orient cl de l'Occident, ceux du Nord et du Midi, vous, votre Fils, et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Amen. » Quand il eut dit : Amen, on lui coupa la tête. Ainsi le saint martyr, après le plus affreux supplice qui fut jamais, rendit douce¬ment son âme à Dieu. Son corps resta étendu sur la place. Les chrétiens se cotisèrent et offrirent aux gardes, pour le racheter, une somme considérable : ce fut en vain. Mais vers la neuvième heure du soir, les gardes s'étant retirés, les fidèles dérobèrent le corps, puis se mirent à en chercher les membres ; semés de toutes parts. Ils en trouvèrent vingt-huit et les enfermèrent dans une urne sur le tronc ; puis ils recueillirent comme ils purent tout le sang que le martyr avait perdu pendant son long supplice.

Cependant, tandis que nous chantions le psaume Miserere Mei, Deus secundum magnam miséricordiam tuam, le feu du ciel tomba sur l'urne et consuma le sang du martyr, tant dans le vase que sur les linges où on l'avait reçu et sur la terre qu'il avait trempée ; cette flamme colorait les membres du martyr d'une teinte de pourpre et de rose. Effrayés de ce prodige, nous tombons tous la face contre terre, et nous implorons en tremblant la protection du martyr, pour n'être pas consumés par ce feu céleste; puis secrètement, non sans péril, nous inhumons les saintes reliques avec l'aide et la grâce du Christ, qui couronne les martyrs, et à qui soient, avec le Père, et le Saint-Esprit, louange, honneur et gloire maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen1.

(1) Le supplice de saint Jacques est un des plus affreux dont fasse mention l'histoire des martyrs ; sa gloire fut aussi des plus éclatantes. Les Orientaux bâtirent en son honneur un grand nombre d'églises et de monastères ; et tous les martyrologes grecs, latins et syriens, célèbrent sa mémoire. Le Martyrologe romain en faisait mention, au 27 novembre en ces termes : En Perse, naissance de saint Jacques l'Intercis, qui du temps de Théodose le Jeune, renia le Christ, pour conserver la faveur du roi Isdegerdès. Mais sa mère et son épouse ayant rompu tout commerce avec lui, il rentra en lui-même, et confessa Jésus-Christ devant le roi Vararanne, qui ordonna de le couper par morceaux, et enfin de lui trancher la tête. Dans le même temps, d'innombrables martyrs souffrirent en Perse.

1) C'est la dixième lettre de l'alphabet des langues sémitiques, et sa valeur numérique est 10.

2) La lettre « iod » est l'initiale du nom de Jésus.

Source : Les Actes des Martyrs d'Orient, traduits pour la première fois en français sur la traduction latine des manuscrits syriaques de Etienne-Evode Assemani, par l'Abbé F. Lagrange. Tours, Alfred Mame et Fils, Editeurs, MDCCCLXXIX. 

SAINT JACQUES L'INTERCIS *

Jacques, martyr, surnommé l’intercis, noble d'origine, mais plus noble encore par sa foi, était originaire du pays des Perses et de la ville d'Elape. Il naquit de parents très chrétiens, et il eut une femme aussi chrétienne que lui. Il était fort connu du roi des Perses et le premier parmi les grands. Or, il se laissa séduire, par la faveur singulière de ce prince, et adora les idoles. Quand sa mère et son épouse l’apprirent, elles lui écrivirent aussitôt ainsi : « En obéissant à un mortel, vous avez abandonné celui avec lequel est la vie; en voulant plaire à qui sera bientôt pourriture, vous avez abandonné celui qui est le parfum éternel ; vous avez échangé la vérité pour le mensonge, et en cédant à un mortel, vous avez délaissé le juge des vivants et des morts. Vous saurez donc qu'a partir de ce jour, nous vous serons étrangères, et que dorénavant nous n'habiterons plus avec vous.» Quand Jacques eut lu cette lettre, il dit en versant tics larmes amères: « Si ma mère qui  m’a engendré, si mon épouse sont devenues pour moi des étrangères, combien plus étranger devra être mon Dieu pour moi! » Or, tandis qu'il s'affligeait extrêmement de son erreur, un messager vint dire au prince que Jacques était chrétien. Le prince le manda et lui dit : « Dis-moi si tu es, Nazaréen ? » « Oui, lui répondit Jacques, je suis Nazaréen. » Le prince : « Alors, tu es magicien? » Jacques: « A Dieu ne plaise que je sois magicien ! » Et comme le roi le menaçait de lui faire subir de nombreuses tortures, Jacques lui dit : « Je ne suis pas effrayé de tes menaces, car ta fureur passe aussi vite sur mes oreilles que le vent qui souffle sur la pierre. » Le prince : « Ne commets pas d'imprudence, de peur de périr d'une mort cruelle. » Jacques : « Ce n'est pas mort qu'il faut dire, mais bien plutôt sommeil, puisque peu, de temps après est accordée la résurrection. » Le prince : « Que les Nazaréens ne te séduisent point en disant que la mort est un sommeil, quand les plus grands empereurs la craignent. » Jacques : « Nous, nous ne craignons pas la mort, puisque nous espérons passer de la mort à la vie. » Alors le prince, de l’avis de ses amis, porta cette  sentence contre Jacques, savoir que, pour imprimer la terreur dans le coeur des autres, il fût condamné à être coupé par morceaux. Or, comme il se trouvait plusieurs personnes qui, par compassion, pleuraient sur lui : « Ne pleurez pas sur moi, dit-il, mais pleurez sur vous-mêmes, parce que je vais à la vie, et que des supplices éternels vous sont réservés. ».Alors, les bourreaux lui coupèrent le pouce de là main droite; et Jacques s'écria : « Jésus de Nazareth, mon libérateur, recevez ce rameau de l’arbre de votre miséricorde; car, celui qui cultive la vigne en coupe le sarment, afin qu'elle pousse de plus beaux jets et qu'elle produise avec plus d'abondance. » Le bourreau lui dit : « Si tu veux obéir, je puis encore t'épargner, et je te donnerai des médicaments. » Jacques répondit: « N'as-tu pas vu un cep de vigne? Quand on coupe les sarments, le noeud qui reste produit de nouvelles branches, à chaque taille, quand le temps est venu et que la terre commence à s'échauffer; si donc on taille la vigne à différentes époques, pour qu'elle produise des jets, à combien plus forte raison le chrétien fidèle en donnera-t-il, lui qui est enté sur la véritable vigne qui est le Christ? » Alors, le bourreau vint lui couper le second doigt. Et le bienheureux. Jacques dit : « Recevez, Seigneur; ces deux rameaux qu'a plantés votre droite. » Il coupa encore le troisième, et saint Jacques dit : « Délivré d'une triple tentation, je bénirai le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et avec les trois enfants préservés dans la fournaise, je vous confesserai, Seigneur, et en union avec le choeur des martyrs, je chanterai des cantiques à votre nom, ô Jésus-Christ ! » Le quatrième doigt fut coupé aussi, et Jacques dit: « Protecteur des enfants d'Israël, qui avez béni jusqu'à la quatrième génération, recevez de votre serviteur le témoignage de ce quatrième doigt, comme ayant été béni en Juda. » Quand le cinquième doigt fut coupé, il dit : « Ma joie est, complète. » Alors, les bourreaux lui dirent : « Epargne maintenant ta vie ne meurs as, ni ne te contriste point d'avoir perdu une main ; car il y en a beaucoup qui n'en ont plus qu'une, et qui possèdent beaucoup de richesses et d'honneurs. » Le bienheureux Jacques répondit-: « Quand les bergers se mettent à tondre leurs troupeaux, enlèvent-ils seulement la toison de droite, et laissent-ils celle qui est à gauche? Et moi qui suis un homme raisonnable, dois-je moins dédaigner d'être tué pour Dieu ? » Alors ces impies s'approchèrent et coupèrent le petit doigt de la main gauche, et Jacques dit : « Vous, Seigneur, vous étiez grand, et vous avez voulu vous faire tout petit et chétif pour nous; c'est pour cela. que je vous rends le corps et l’âme, que vous avez créés et rachetés de votre propre sang. » On coupe ensuite le septième doigt, et il dit : « Sept fois le jour, j'ai célébré les louanges du Seigneur. » On coupe le huitième, et il dit : « Le huitième jour, fut circoncis Jésus, et le huitième jour, on circoncit l’hébreu, afin de l’admettre aux cérémonies légales; faites donc, Seigneur, que l’esprit de votre serviteur se sépare de ces incirconcis qui conservent leur souillure, afin que je vienne à vous et que je voie votre face, Seigneur. » On coupe ensuite le neuvième doigt, et il dit : « A la neuvième heure, le Christ rendit l’esprit sur la croix; ce qui me fait confesser votre nom et vous rendre grâces par la douleur de ce neuvième doigt. » On coupe le dixième; et il dit : Le nombre dix est celui des commandements, et l’Iota (En grec, l’I représente le nombre 10) est la première lettré du nom de Jésus. Alors, quelques-uns de ceux qui étaient là lui dirent : « O vous, qui avez été autrefois notre ami intime, faites votre déclaration seulement devant le consul, et vous vivrez ; car, quoique vos mains soient coupées, il y a cependant de très habiles médecins qui pourront guérir vos douleurs. » Jacques leur dit : « Loin de moi une si infâme dissimulation ! car quiconque, ayant mis sa main à la charrue, regarde derrière soi, n'est point propre au royaume de Dieu. » (Luc, IX.) Alors, les bourreaux indignés s'approchèrent et lui coupèrent le pouce, du pied droit, et Jacques dit : « Le pied du Christ a été percé, et il en est sorti du sang. » On coupe le second doigt du pied, et il dit: « Ce jour est grand pour moi, en comparaison de tous les autres de ma vie ; car aujourd'hui, j'irai vers le Dieu fort. » Ils coupèrent aussi le troisième, qu'ils jetèrent devant lui ; alors. Jacques dit en souriant : « Va, troisième doigt, rejoindre tes compagnons,; et de même qu'un grain de froment rapporte beaucoup de fruits, de même aussi, au dernier jour, tu reposeras avec tes compagnons. » On coupe le quatrième, et il dit : «Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi te troubles-tu ? Espère en Dieu, car je lui rendrai encore des actions de grâce; il est mon Sauveur et mon Dieu.» (Ps. XLII.) On coupe le cinquième, et il dit « Je puis dire maintenant au Seigneur qu'il  m’a rendu digne d'être associé à ses serviteurs. » Alors ils prirent le pied gauche, et en coupèrent le petit doigt, et Jacques dit : « Petit doigt, console-toi, car le petit et le grand ressusciteront également; si un petit cheveu de la tête ne périra pas, pourquoi serais-tu séparé de tes compagnons ? » On coupe le second, et Jacques dit : « Détruisez cette vieille maison, car on  m’en prépare une plus belle. » On coupe le troisième, et, Jacques dit: « L'enclume s'endurcit sous les coups. » On coupe encore le quatrième, et il dit : « Fortifiez-moi, Dieu de vérité, parce que mon âme se fie en vous et que j'espérerai à l’ombre de vos ailés, jusqu'à ce que l’iniquité soit passée. » (Ps. LVI.) On coupe  aussi le cinquième, et il dit : « Voici, Seigneur, que je,  m’immole pour vous vingt fois. » Alors ils lui prirent le pied droit et le coupèrent ; Jacques dit : « J'offre ce présent au roi du ciel, pour l’amour de qui j'endure ces tourments. » Ils coupèrent ensuite le pied gauche, et le bienheureux Jacques dit : « C'est vous, Seigneur, qui faites des merveilles ; exaucez-moi et me sauvez. » Ils coupèrent la main droite, et il dit : « Que vos miséricordes me viennent en aide, Seigneur! » A la gauche, il dit : « C'est vous, Seigneur, qui opérez des merveilles. » Ils coupèrent le bras droit, et il dit : « O mon âme, louez le Seigneur. Je louerai le Seigneur pendant ma vie; je célébrerai la gloire de mon Dieu, tant que je vivrai. » (Ps. CXLV.) Après quoi, ils coupèrent le bras gauche, et il dit « Les douleurs de la mort  m’ont environné ; au nom du Seigneur, j'en serai vengé. » Alors ils s'approchèrent, et coupèrent la jambe droite en la sciant jusqu'aux reins. Le bienheureux Jacques, accablé par une douleur inexprimable, s'écria : « Seigneur Jésus-Christ, aidez-moi, car les gémissements de la mort  m’ont environné. » Puis, il dit aux bourreaux : « Le Seigneur me recouvrira d'une nouvelle chair, que vos blessures ne sauront souiller.» Les bourreaux étaient épuisés, parce que, depuis la première heure du jour, jusqu'à la neuvième, ils avaient sué à le trancher. Enfin ils prirent sa jambe gauche, et la coupèrent jusqu'aux reins. Alors saint Jacques s'écria : « Souverain Seigneur, exaucez un homme à demi mort ; vous êtes le  maître des vivants et des morts. Des doigts, Seigneur, je n'en ai plus pour les lever à vous; des mains non plus, pour les étendre vers vous ; mes pieds sont coupés et rues genoux sont abattus, je ne puis plus les fléchir devant vous ; je suis comme une maison qui a perdu ses colonnes et qui va crouler. Exaucez-moi, Seigneur J.-C., et ôtez mon âme de prison. » Après ces mots, un des bourreaux s'approcha et lui coupa la tète. Les chrétiens vinrent en cachette pour ravir son corps, auquel ils donnèrent une sépulture honorable. Or, il souffrit le 5 des calendes de décembre (27 novembre).

* Nicéphore Calliste, Histoire; ecclésiastique, l. XIV, c. XX.

La Légende dorée de Jacques de Voragine nouvellement traduite en français avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l'abbé J.-B. M. Roze, chanoine honoraire de la Cathédrale d'Amiens, Édouard Rouveyre, éditeur, 76, rue de Seine, 76, Paris mdcccci

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/174.htm

La Prière de Saint-Jacques l'Intercis pour les Chrétiens de Syrie

publié le 10 avr. 2013 10:45 par Jean-Pierre Fattal  sur le site de la Fraternité Chrétienne Sarthe-Orient: 


Cette prière de Saint-Jacques l'Intercis * (Mar Yaacoub al Mouqattaa) fait étrangement penser à la situation de
certains chrétiens en Syrie; disons-la en communion avec toutes les victimes et les martyrs de Syrie :


Mon Dieu, me voilà par terre au milieu de mes membres serrés de toutes
parts.
Je n'ai plus mes doigts pour les joindre en suppliant,
Je n'ai plus mes mains pour les élever vers Toi,
Je n'ai plus mes pieds, ni mes jambes, ni mes bras.
Je ressemble à une maison en ruine dont il ne reste plus que les murs.
Ô Seigneur, que Ta colère s'arrête sur moi et se détourne de Ton peuple.
Donne à ce peuple persécuté, dispersé par les tyrans, la paix et le repos.
Rassemble-le des bouts de l'univers.
Alors je Te bénirai, moi le dernier de Tes serviteurs, avec tous les martyrs
et tous les confesseurs de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Midi, toi,

Ton Fils et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
* Saint Jacques l'intercis (Mar-Ya'koub al-Mouqqata') est né à la fin du IVe
siècle en Perse.

Intercis signifie littéralement "coupé en deux".
Ce surnom lui a été donné à la suite de son martyr qui lui a valu de perdre successivement ses doigts
des mains, des pieds, les poignets, les chevilles, les coudes, les genoux, les oreilles, le nez et enfin le cou.

SOURCE : http://paris.syro-orthodoxe-francophone.over-blog.fr/pages/La_Priere_de_SaintJacques_lIntercis_pour_les_Chretiens_de_Syrie_suivie_des_Fresques_et_Icones_Syriaques_de_Syrie-8643172.html

St. James Intercisus

St. James Intercisus was a Persian who lived in the fifth century. He was a great favorite of King Yezdigerd I. When this king began to persecute Christians, James did not have the courage to confess his faith. He was afraid of losing the king’s friendship. So he gave up his faith or at least pretended to. James’ wife and mother were broken-hearted. When the king died, they wrote a strong letter to him to change his ways. This letter had its effect on James. He had been a coward, but at heart, he was still good. Now he began to stay away from court. He blamed himself openly for having given up his faith.

The new king sent for him, but this time, James hid nothing. “I am a Christian,” he said. The king accused him of being ungrateful for all the honors his father, King Yezdigerd, had given him. “And where is your father now?” St. James calmly answered. The angry king threatened to put the saint to a terrible death. James replied, “May I die the death of the just.”


The king and his council condemned James to torture and death. But his fears had gone. He said, “This death which appears so dreadful is very little for the purchase of eternal life.” Then he told the executioners, “Begin your work.” He was executed by having his body cut apart into 28 pieces, beginning with his fingers (hence his surname “Intercisus” – meaning “cut to pieces”), and then beheaded. All the while, he kept declaring his faith that his body would one day rise in glory. St. James Intercisus died in 421.


The Church of St. James Intercisus situated in the Armenian Quarter of Jerusalem is dedicated to him.


St. James, Surnamed Intercisus, Martyr

ST. JAMES was a native of Beth-Lapeta, a royal city in Persia; a nobleman of the first rank, and of the highest reputation in that kingdom for his birth and great qualifications, both natural and acquired, and for the extraordinary honours and marks of favour which the king conferred upon him, and which were his most dangerous temptation. For when his prince declared war against the Christian religion, 1 this courtier had not the courage to renounce his royal master and benefactor’s friendship; and, rather than forfeit his favour, abandoned the worship of the true God, which he before professed. His mother and his wife were extremely afflicted at his fall, which they ceased not every day bitterly to deplore before God, and earnestly to recommend his unhappy soul to the divine mercy. Upon the death of King Isdegerdes they wrote to him the following letter: “We were informed long ago that, for the sake of the king’s favour, and for worldly riches, you have forsaken the love of the immortal God. Think where that king now lies, on whose favour you set so high a value. Unhappy man! behold he is fallen to dust, which is the fate of all mortals; nor can you any longer hope to receive the least succour from him, much less to be protected by him from eternal torments. And know that if you persevere in your crimes, you yourself, by the divine justice, will fall under that punishment, together with the king your friend. As for our parts, we will have no more commerce with you.” James was strongly affected by reading this letter, and began to reflect with himself what just reproaches his apostacy would deserve at the last day from the mouth of the great Judge. He appeared no more at court, shunned the company of those who would have endeavoured to seduce him, and renounced honours, pomp, and pleasures, the fatal lure which had occasioned his ruin. We see every day pretended penitents forget the danger they have just been rescued from; lay their hands again upon the hole of the aspic which stung them before, and unadvisedly put their foot into the snare out of which they had just escaped. The very beasts which have been once taken in a gin, if they have broken it and recovered their liberty, by bare instinct never venture themselves again in that place. Infinitely more will every man who governs himself by reason or religion, or who sincerely abhors sin above all evils, fly all the approaches of his mortal enemy. This was the disposition of our true penitent: nor did he scruple, in the bitterness of his grief for his crime, openly to condemn himself. His words were soon carried to the new king, who immediately sent for him. The saint boldly confessed himself a Christian. Veraranes, with indignation and fury, reproached him with ingratitude, enumerating the many high favours and honours he had received from his royal father. St. James calmly said: “Where is he at present? What is now become of him?” These words exceedingly exasperated the tyrant, who threatened that his punishment should not be a speedy death, but lingering torments. Saint James said: “Any kind of death is no more than a sleep. May my soul die the death of the just.” 2 “Death,” said the tyrant, “is not a sleep; it is a terror to lords and kings.” The martyr answered: “It indeed terrifies kings, and all others who contemn God; because the hope of the wicked shall perish.” 3 The king took him up at these words, and sharply said: “Do you then call us wicked men, O idle race, who neither worship God, nor the sun, moon, fire, or water, the illustrious offspring of the gods?” “I accuse you not,” replied St. James, “but I say that you give the incommunicable name of God to creatures.”

The king, whose wrath was more and more kindled, called together his ministers and the judges of his empire, in order to deliberate what new cruel death could be invented for the chastisement of so notorious an offender. After a long consultation the council came to a resolution, that, unless the pretended criminal renounced Christ, he should be hung on the rack, and his limbs cut off one after another, joint by joint. The sentence was no sooner made public but the whole city flocked to see this uncommon execution, and the Christians, falling prostrate on the ground, poured forth their prayers to God for the martyr’s perseverance, who had been carried out from the court without delay to the place of execution. When he was arrived there, he begged a moment’s respite, and turning his face towards the east, fell on his knees, and, lifting up his eyes to heaven, prayed with great fervour. After waiting some time, the executioners approached the intrepid servant of Christ, and displayed their naked scimetars and other frightful weapons and instruments before his eyes; then they took hold of his hand, and violently stretched out his arm: and in that posture explained to him the cruel death he was just going to suffer, and pressed him to avert so terrible a punishment by obeying the king. His birth, and the high rank which he had held in the empire, the flower of his age, and the comeliness and majesty of his person, moved the whole multitude of spectators to tears at the sight. The heathens conjured him with the most passionate and moving expressions and gestures to dissemble his religion only for the present time, saying he might immediately return to it again. The martyr answered them: “This death, which appeared to them to wear so dreadful a face, was very little for the purchase of eternal life.” Then, turning to the executioners, he said: “Why stand ye idle looking on? Why begin ye not your work?” They therefore cut off his right thumb. Upon which he prayed thus aloud: “O Saviour of Christians, receive a branch of the tree. It will putrify, but will bud again, and, as I am assured, will be clothed with glory.” The judge, who had been appointed by the king to oversee the execution, burst into tears at this spectacle, and all the people that were present did the same, and many cried out to the martyr: “It is enough that you have lost thus much for the sake of religion. Suffer not your most tender body thus to be cut piecemeal, and destroyed. You have riches; bestow part of them on the poor for the good of your soul: but die not in this manner.” St. James answered: “The vine dies in winter, yet revives in spring: and shall not the body when cut down sprout up again?” When his first finger was cut off, he cried out: “My heart hath rejoiced in the Lord; and my soul hath exulted in his salvation. 4 Receive, O Lord, another branch.” Here the joy of his heart seemed sensibly to overcome the pain he suffered, and appeared visibly in his countenance. At the lopping off every finger he exulted and thanked God afresh. After the loss of the fingers of his right hand, and again after those of his left, he was conjured by the judges to conform, and save himself. To whom he meekly answered: “He is not worthy of God, who, after putting his hand to the plough, shall look back.” The great toe of his right foot was next cut off, and followed by the rest; then the little toe of the left foot, and all the others after it. At the loss of each part the martyr repeated the praises of God, exulting as at a subject of fresh joy. When his fingers and toes were lopped off, he cheerfully said to the executioners: “Now the boughs are gone, cut down the trunk. Do not pity me; for my heart hath rejoiced in the Lord, and my soul is lifted up to him who loveth the humble and the little ones.” Then his right foot, after that his left foot: next the right, then the left hand were cut off. The right arm, and the left: then the right, and after that the left leg felt the knife. Whilst he lay weltering in his own blood, his thighs were torn from the hips. Lying a naked trunk, and having already lost half his body, he still continued to pray, and praise God with cheerfulness, till a guard, by severing his head from his body, completed his martyrdom. This was executed on the 27th of November, in the year of our Lord 421, the second of King Vararanes. The Christians offered a considerable sum of money for the martyr’s relics, but were not allowed to redeem them. However, they afterwards watched an opportunity, and carried them off by stealth. They found them in twenty-eight different pieces, and put them with the trunk into a chest or urn, together with the congealed blood, and that which had been received in linen cloths. But part of the blood had been sucked up by the sun and its rays were so strongly died therewith as to tinge the sacred limbs of the martyr, upon which they darted, with a red colour. The author of these acts, who was an eye-witness, adds: “We all, suppliant, implored the aid of the blessed James.” The faithful buried his remains in a place unknown to the heathens. The triumph of this illustrious penitent and martyr has, in all succeeding ages, been most renowned in the churches of the Persians, Syrians, Coptes, Greeks, and Latins. See his genuine Chaldaic Acts in Steph. Assemani, Acta. Mart. Orient. t. 1. p. 237. The Greek translation copied by Metaphrastes, &c., has been interpolated. See likewise the learned Jos. Assemani, Bibl. Orient, p. 181 and 402. Also in Calendaria Univ. t. 5, p. 387, and Orsi, l. 27, n. 6, t. 12, p. 9.

Note 1. The death of Sapor II. in 380, put an end to the great persecution in Persia, which had raged forty years; and the church there enjoyed a kind of peace under the following reigns of Artaxerxes II. for four years, Sapor III. five years, Varanes or Vararanes IV. eleven years, and Isdegerdes I. twenty-one years. This last prince was particularly favourable to the Christians, and in the government of his empire often paid great deference to the councils of St. Maruthas of Mesopotamia, and Abdas, bishop of the royal city, (as Theodoret and Theophanes mention,) till, towards the close of his reign, Abdas the bishop, by an indiscreet and unjustifiable zeal, set fire to a pagan temple; and, because he refused to rebuild it at the expense of the Christians, (which would have been positively to concur to idolatry and superstition,) he gave occasion not only to his own death, but also to a cruel persecution begun by Isdegerdes, and carried on by his son and successor, Vararanes V. from the first year of his reign, in 421, to 427, when, being defeated by the troops of Theodosius the Younger, he was compelled to restore peace to the Church of Persia, as Barebræus, commonly called Albupharagius, and other Syrian writers relate: which account agrees with Theodoret and Cyril, the author of the life of St. Euthymius, contemporary and neighbouring Greek historians. Stephen Assemani assures us, that he saw in the East several valuable acts of martyrs who suffered in the persecution of Vararanes V., but could only procure those of St. Maharsapor, and of St. James Intercisus. [back]

Note 2. Num. xxiii. 10. [back]

Note 3. Prov. x. 28. [back]

Note 4. Ps. xv. 9. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume XI: November. The Lives of the Saints.  1866.

SOURCE : http://www.bartleby.com/210/11/272.html

James Intercisus M (RM)

Died 421. 'Intercisus' means 'cut to pieces,' which is precisely what happened to James, a courtier of the Persian King Yezdigerd I in 421. How much of the legend is true, we're not sure. It seems that it is comprised of the stories of three martyrs who died about the same time: James Intercisus, Mar Peros, and James the Notary. Once again we are reminded of the opening line of H. P. Van der Speeten's The Life of Saint Catherine of Alexandria: "Legend knows what history doesn't."


King Yezdigerd began to persecute Christians in 420. To his later shame, James of Beit decided it was politically expedient to apostatize from Christianity. When Yezdigerd died, the parents (or mother and wife) of the faithless courtier wrote to their son:

"We have been told that you have abandoned the eternal God so that you might win the favor of an earthly king and the possession of the perishable riches of this world. We have only one question to ask you, and please answer it. This king, for whom you made so great a sacrifice, where is he now? He is dead, like any other man. He is dust. What can you expect to receive from him now? Can he save you from eternal torture? If you persevere in your apostasy, you will, like him, fall into the hands of an avenging God, and we will withdraw from you just as you have withdrawn from God. We ourselves want nothing more to do with you. It is all over. We no longer exist for you."

Ashamed, James quit the court of Yezdigerd's successor, King Bahram. Learning the James had become a Christian again, Bahram debated with his counsellors what to do with James, and they decreed that unless he once again denied his faith, the saint should be hung from a beam and his body slowly cut to pieces. Those commissioned to perform this cruel deed tried to make him give way. "This supposedly painful death is but little to pay for eternal life," replied James.

In 448, when the Christian Mar Peros apostatized to save his skin, he was treated by his family in the same way. Filled with remorse, he loudly proclaimed his Christian faith, was denounced, and executed.

Those are the principal variants of the great legend of James Intercisus, though, he never really had to repent because he never denied his faith.

James of Karka was a good-looking, 20-year-old notary to king Bahram V. His heart was dedicated to God and he remarked, off-handedly as people do, that he would rather be cut into small pieces than to say "yes" to men and "no" to God. One day he and 15 others were imprisoned for the faith, interrogated and tortured. But James stood his ground and so did the others thanks to his example.

All winter they had to care for the king's elephants--quite a change from court life. In the spring, after celebrating Lent and Easter in the silence of their prison cells, they were sent to work on the new road that was being built to the king's summer residence. They worked like slaves, cutting rocks and breaking stones, whipped and harassed by the overseers. "I would rather be cut up into small pieces. . . ." James would remind himself.

When the king ordered them to apostatize, they bowed down with oriental politeness, but refused. After this, their punishments were increased. They were made to work barefoot and given less to eat. But the crew of Christians stood firm. Then they were handed over to Mihrschabur, who boasted that he would make them renounce their faith without the help of blows or executions.

One night he stripped them naked, bound them hand and foot, and left them on a mountain. After a week many had lost consciousness and their resolve was weakened. Mihrschabur repeated, "Worship the sun, or you will be dragged by your feet through the mountains, and your bodies will be torn to pieces on the stones until only your bones will be left at the end of the rope."

"But what does that matter?" thought James. "Christ died for us, and he lives in us. Some of his companions relented and worshipped the sun (though they later repented). Soon only James was left resolute in his faith.

He, however, was released with the apostates and with energized zeal went to comfort the bishops who had suffered in the persecutions. His house was used as a secret church until the day when a spy among his friends told the king that James had not abjured the faith.

And so one day the police knocked on James' door. "So you still have not given up your faith?" "God preserve me from doing so! I never denied it, and never will. My faith is my life, just as it was the life of my fathers." And so James was again arrested.

In prison he was beaten unmercifully and tortured in other ways, but he still refused to deny Christ. According to the Syrian text this took place during the winter, when the skies were heavy with rain. When ordered by the judge to worship the sun, he responded, "Are you blind? Show me the sun that you want me to worship."

"And where is the God that you worship," asked the judge.

"You are not worthy to know it. But so that you won't think me a fool, let me tell you that my God is invisible in his nature and divinity. He shows himself to his people by his grace, providence, and aid. He lives in the souls of those who believe in him."

"Silence!" shouted the judge. "Do you refuse to worship the fire which you can see before you?"

"Order your people to carry the fire out into the rain. If it continues to burn, and is not put out by the rain, then I will admit that you are right. But if the clouds hide the sun and the rain puts out the fire, then the sun and the rain are not God, they are only our servants."

Furious the judge replied, "You are insulting the king who worships and serves fire!"

James answered calmly, "Let the king worship the God who gave him his life, his crown, and his power."

When King Bahram heard of this, he had James brought before him and said: "Haven't you abjured the faith of the Nazarene?"

"No," replied James, calmly and resolutely, "I have not, and I never will. I would rather be cut up into small pieces. . . ." Then the king interrupted with authority, "Very well, you shall be delivered to the torture of the nine deaths."

James didn't flinch for he had been preparing himself to bear witness to Jesus. He humbly reminded the king that his father, Jezdgerd, had also persecuted the Christians and that he had died abandoned by everyone and without burial, a terrible fate.

The writ was signed--it had been prepared a long time ago. James, the rebel against Mazdaism, was handed over to a eunuch assisted by two high priests and a secretary. Along the road that led to the place of torture (the road of Slik-Charobta) the crowd called out for him to obey the king and save his life.

Their efforts were futile for James had long preferred the eternal life of Jesus Christ to the pleasures of short-lived youth. The little group of Christian brothers followed the turbulent crowd in silence. When they arrived at the place of torture, a song rose up, like a choir of old, the song of the Church at prayer:

"O Lord, mighty God, you who give strength to the weak and health to the sick, you who give life to the infirm and the dying, you who save those who are perishing, come to the aid of your servant and make him emerge the victor of this fearful fight. May he triumph for your glory, O Christ, Prince of victors, King of martyrs!"

James prayed in silence and then offered his body to the executioner. So they began slowly to cut pieces from his body. When they cut off his thumb, he began to pray: "O Savior, receive a branch of this tree. Let it die, corrupt in the grave and bud again, before being covered in glory."

His fingers were cut off--the first death. Many Christians and others in the crowd begged James to give way. But the saint said, "When I had all my fingers and could write and work I did not abjure my faith. Why should I now?"

They cut off his toes--the second death; and his hands, the third. Still James continued to pray, offering each hacked off piece of his body to God. Raising his amputated wrists to heaven, he offered to God everything that was good that this divine gift of human hands could perform--the hands of artists, workers, doctors, priests, mothers--and united with Christ expiated all the evil done by human hands, including thief and murder. He saw two hands lying on the ground and thought of Christ's hands pierced for the salvation of the world.

The fourth death entailed the severing of his feet. He thought of the blessedness of those who bring the Gospel, and the evil of the feet of conquerors and invaders. Then his arms were cut off at the elbow--the fifth death--and his legs at the knees, the sixth death. The martyr, full of pain and the love of God, did not utter a cry. He looked at his bleeding limbs, then at the crowd of fainting women, crying children, laughing youths, and praying Christians. And as the Christians prayed, they thought that tomorrow it might be their turn, but that the way of the Cross was always firmly fixed in the life of a saint, in his heart and in his flesh, and that nothing was spared those who followed in the footsteps of our crucified Master.

The seventh death took his ears; the eighth, his nose. Yet the saint refused mercy and continued to pray:

"O God, you see me here with my limbs scattered. I have no fingers to clasp in prayer to you; I have no hands to stretch towards you; I have no feet nor legs nor arms. I am like a ruined house, whose walls are all that remain. O Lord, turn your anger from me and from your people! Give peace and rest to your flock that are persecuted and scattered by tyrants. Gather them together from the ends of the earth. Then I, the least of your servants, will bless and praise you with all the martyrs and confessors, from the East and from the West, from the North and from the South. Praise be to God, the Son, and Holy Spirit, world without end. Amen!"

As he said "Amen!" his head was cut off--the ninth and last death. His dead body lay in no fewer than 28 pieces, but his soul was then born into heaven. He was dead to all the sweet sights, sounds and smells of the world that give joy to life, but he was alive in God.

After his death, the Christians offered a considerable sum to obtain the martyr's relics, but were not allowed to redeem them. Nevertheless, they waited for an opportunity and carried them off by stealth. They placed all 28 pieces with the trunk and linen covered with his congealed blood into a chest or urn. The faithful buried his remains in a place unknown to the heathens.

The price of love is high. It costs little to love a little. It costs a lot more to love a lot; it costs everything to love God above all. May we all come to know this and willingly give up everything for the love of our Redeemer (Attwater 2, Benedictines, Bentley, Coulson, Encyclopedia, Husenbeth).

Saint James is portrayed as a young man cut to pieces before the Persian king; at times he is bearded and wears a Persian cap (Roeder).




Voir aussi : http://acatholicview.blogspot.ca/2012/11/st-james-intercisus.html