mercredi 20 mars 2013

Saint THÉOPHANE VÉNARD, prêtre et martyr


Bienheureux Théophane Vénard

Martyr

(1829-1861)

Théophane Vénard naquit le 21 novembre 1829, à saint-Loup-sur-Thouet, au diocèse de Poitiers. Son père, qui était instituteur et sa mère Marie Guéret élevèrent leurs enfants dans des sentiments très chrétiens: Mélanie, l'aînée, mourut religieuse de l'Immaculée-Conception, et leur plus jeune frère, Eusèbe, fut curé d'Assais.

Théophane, encore enfant, aimait à lire les « Annales de la Propagation de la Foi,» soit seul, soit en compagnie de sa sœur Mélanie. Un jour, la revue racontait les souffrances et la mort du Père Cornay, qui venait de souffrir le martyre au Tonkin. Saisi d'une émotion indicible, et d'un véritable enthousiasme apostolique, il s'écria: « Moi aussi, je veux aller au Tonkin ! Et moi aussi, je veux être martyr !» Il avait alors dix ans. Quelques jours après, il se trouve avec son père dans une prairie. « Mon père, fit-il soudain, combien vaut ce pré? – Je ne sais pas au juste; mais pourquoi cette question? – Ah! si vous pouviez me le donner, ce serait ma part; je le vendrais et ferais mes études.» Le père comprit et favorisa une vocation si déterminée : Théophane fit ses études au petit séminaire de Montmorillon et au grand séminaire de Poitiers. Après son ordination au sous-diaconat (février 1850), il disait adieu à sa famille et entrait au séminaire des Missions-Étrangères, à Paris.

L'abbé Vénard reçut l'onction sacerdotale le 5 juin 1852, bien qu'il n'eût que vingt-deux ans et demi, et le 23 septembre, il s'embarquait à Anvers pour la Chine. Arrivé à Hongkong, il y attendit dix mois sa destination. En définitive, il fut désigné pour le royaume d'Annam: le 13 juin 1854, il arrivait à Vinh-Tri, auprès de son évêque, Mgr Retord.

Les débuts de M. Vénard furent assez laborieux: il paya son acclimatation par une grave maladie. A peine remis, il est obligé de changer constamment de demeure, afin d'échapper aux édits de persécution de l'empereur Tu-Duc. Traqués comme des bêtes sauvages, les missionnaires de l'Annam sont contraints de fuir, de descendre dans des cachettes souterraines, pendant qu'au-dessus de leurs têtes les troupes des mandarins pillent et détruisent leur chrétientés. M. Vénard cherche un refuge à Hoang-Nghuen, auprès de M. Castex, provicaire de la Mission, qui meurt entre ses bras (6 juin 1857), Il est chargé du district qu'administrait le défunt.

Tu-duc lance contre les chrétiens de nouveaux édits plus sévères encore que les précédents : les mandarins des provinces s'empressent de les exécuter. Grâce à un lettré apostat qui renseigne les mandarins sur les cachettes des missionnaires, de nombreuses arrestations ont lieu dans la mission d'Annam. Le Père Néron, livré par un traître, venait de terminer sa carrière par le martyre, le 3 novembre 1860. Le 30 du même mois, le Père Vénard, dénoncé par un païen, était arrêté avec son catéchiste et conduit à la sous-préfecture. Le mandarin le traita avec de grands égards et parut même regretter son arrestation.

En fin décembre, il fut transporté à Hanoï. Sur son passage, la foule chuchotait: « Qu'il est joli, cet Européen !» Au tribunal le juge lui demande:

– Qu'êtes-vous venu faire à Annam? – Je suis venu uniquement pour prêcher la vraie religion à ceux qui ne la connaissent pas. – Quel âge avez-vous? – Trente-et-un ans. – Il est encore bien jeune...

Un instant après le vice-roi fait apporter deux crucifix; il en fait remettre un au Père Vénard en lui disant:

– Foulez la croix et vous ne serez pas mis à mort.

– Quoi! J'ai prêché la religion de la Croix jusqu'à ce jour: comment voulez-vous que je l'abjure? Je n'estime pas tant la vie de ce monde que je veuille la conserver au prix d'une apostasie.» Ce disant le missionnaire baisa longuement l'image du Christ.

– Si la mort a tant de charme a vos yeux, pourquoi vous cachiez-vous de crainte d'être pris?

– La religion défend de présumer de ses propres forces, et de se livrer soi-même. Mais le ciel ayant décidé que je sois arrêté, j'ai confiance qu'il me donnera assez de force pour souffrir tous les supplices et être ferme jusqu'à la mort.»

Il fut condamné à mort. En attendant la sanction impériale, M. Vénard installé dans sa cage sur la rue, causait gaiement avec les gardiens et les curieux et souvent chantait des cantiques. L'ordre d'exécuter la sentence de mort arriva dans la nuit du 1er au 2 février 1861. Dès sept heures du matin, on lui lut le jugement qui le condamnait à mort, et à neuf heure, il était décapité.

J.-M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, 2e éd. Paris, 1946



Saint Jean Théophane Vénard, prêtre et martyr au Tonkin

Né le 21 novembre 1829, il gardait les vaches de son père, petit laboureur de Saint-Loup-sur-Thouet (Deux-Sèvres) et lisait les Annales de la Propagation de la Foi, ce qui l'enthousiasmait. Il entra donc aux Missions Etrangères de Paris et, jeune prêtre, partit au Vietnam du Nord. Après huit années d'apostolat clandestin, il fut décapité le 2 février 1861 à Hanoï, à trente et un ans, après avoir passé soixante jours plié en deux dans une cage de bois, au point que son sang ne circulait plus. Jamais il ne perdit ni son courage ni sa gaieté.

"Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre et que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard." (S Théophane Vénard)

SOURCE : http://www.paroisse-saint-aygulf.fr/index.php/prieres-et-liturgie/saints-par-mois/icalrepeat.detail/2015/02/02/4195/-/saint-jean-theophane-venard-pretre-et-martyr-au-tonkin

Jean Théophane VÉNARD

VÉNARD, Jean-Théophane (Le Bx), naquit le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-Thouet (Deux-Sèvres). Après avoir étudié au collège de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire), au petit séminaire de Montmorillon, et au grand séminaire de Poitiers, il entra sous-diacre au Séminaire des M.-E. le 3 mars 1851, et reçut la prêtrise le 5 juin 1852. Le 19 septembre suivant, il partait pour l'Extrême-Orient sans connaître d'une manière précise la mission à laquelle il était destiné. Après quinze mois de séjour à Hong-kong, il fut envoyé au Tonkin occidental. Il étudia la langue à Ke-doan, et à Hoang-nguyen. Chassé par la persécution, il se cacha à But-dong, où il tomba malade et faillit mourir.

En 1857, on lui confia le district de Hoang-nguyen ; il y resta un an environ. Le redoublement de la persécution le força à se réfugier de nouveau à But-dong, dans le couvent des Amantes de la Croix. Malgré tant de misères et une santé toujours chancelante, il traduisit en annamite, avec l'aide de ses catéchistes, la Concordance des Evangiles qui se trouve dans le Cours complet d'Ecriture Sainte de Migne, les Actes des Apôtres, les Epîtres et l'Apocalypse. Le manuscrit de ces derniers ouvrages fut brûlé par les chrétiens qu'effrayait la persécution. Sa présence à But-dong ayant été signalée en 1859, il se réfugia chez une vieille chrétienne, et vécut tour à tour à Ke-beo et à But-son, faisant, au milieu des dangers les plus graves, l'administration des chrétiens.

Dénoncé, il fut arrêté à Ke-beo le 30 novembre 1860, enfermé dans une cage, et conduit à Hanoï où l'on instruisit son procès. De sa prison, le 20 janvier 1861, il écrivit à son père : \ Je n'ai point eu à endurer de tortures comme beaucoup de mes frères. Un léger coup de sabre séparera ma tête comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre, que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre l'humble violette. \"

Il fut condamné à la décapitation pour être venu au Tonkin prêcher la foi catholique. Son martyre eut lieu à Hanoï le 2 février 1861. Le condamné avait revêtu un vêtement de coton blanc et un autre de soie, qu'il s'était fait préparer pour son exécution, et qu'il porta seulement ce jour-là, \" le jour de la grande fête \". Le bourreau, lui ayant demandé quelle somme d'argent il donnerait pour être exécuté promptement et habilement : \" Plus ça durera, mieux ça vaudra \", répondit le généreux martyr. Afin de se venger, cet homme le frappa de plusieurs coups de sabre avant de trancher la tête.

Le corps de Th. Vénard fut enseveli sur le lieu même du supplice, puis à Dong-tri. Ses ossements, exhumés en 1864 et transférés à Ke-tru, furent envoyés, en 1865, au Séminaire des M.-E. Ils reposent actuellement dans la crypte de l'église, sous l'autel de Saint-Joseph. Quant à la tête, qui avait été jetée dans le Fleuve Rouge, elle fut retrouvée le 15 février 1861, et portée à Mgr Theurel, qui la plaça dans la sacristie de l'église de Ke-tru (Tru-chu).

La vie et les lettres du martyr ont été publiées ; elles ont fait l'admiration de tous par l'élégance et le charme des récits, la noblesse et la grâce des sentiments. Th. Vénard a été déclaré Vénérable le 13 février 1879 par Léon XIII, et Bienheureux le 11 avril 1909 par Pie X ; les fêtes de sa Béatification ont été célébrées à Saint-Pierre de Rome le 2 mai suivant.

Bibliographie. - (Concordance des Evangiles et Actes des Apôtres.) par MM. Vénard et Pinabel. - Imprimerie de la mission, Ninh phu duong (Ke-so), 1878, in-8, pp. 325.

Sach tom bon Evan, etc. - Imprimerie de la mission, Ninh-binh, in-8.

Lettres choisies du Bienheureux Théophane Vénard [avec portrait]. - Pierre Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris, 1909, in-8, pp. vii-584.

Ces lettres ont été publiées par M. l'abbé Eusèbe Vénard, frère du Bienheureux. Les noms annamites présentent un certain nombre de fautes.

Notes bio-bibliographiques. - A. P. F., xxxiii, 1861, Son arrestation, p. 374 ; 1862, Adieux à sa famille, pp. 133, 134, 137, 306, 310 ; xxxviii, 1866, p. 72. - M. C., i, 1868, p. 7 ; ix, 1877, p. 59 ; x, 1878, p. 272 ; xi, 1879, pp. 113, 153 ; xxiii, 1891, pp. 339, 449 ; xl, 1908, pp. 375, 398 ; xli, 1909, pp. 217, 220, 328 ; xlii, 1910, p. 353 ; xliii, 1911, pp. 216, 432. - B. O. P., 1892, p. 440 ; 1895, p. 391. - A. M.-E., 1907, p. 13 ; 1908, p. 249 ; 1909, pp. 172, 201 et suiv., 218, 289 ; 1910, p. 40.

Sem. rel. Poitiers, 1864, p. 587 ; 1865, p. 662 ; 1866, p. 101 ; 1895, p. 13 ; 1905, p. 229 ; 1907, p. 364 ; 1908, pp. 94, 109, 565, 861 ; 1909, Fêtes de la Béatification, pp. 57, 298, 300, 303, 320, 357, 479, 513, 562, 584, 643, 660 ; Ib., Ses reliques, pp. 100, 138 ; Ib., Détails sur sa vie, pp. 290, 292, 330 ; Ib., Hymnes en son honneur, pp. 288, 308, 340 ; Ib., p. 846 ; 1910, Lettre pastorale pour ses fêtes, p. 2 ; 1910, Fêtes en son honneur, pp. 44, 86, 106, 267, 320, 738, 818 ; 1911, Office, p. 66 ; 1912, p. 908. - Sem. rel. Angers, 1910, Fêtes à Doué-la-Fontaine, pp. 441, 525. - Sem. rel. Paris, 1865, p. 396. - La Croix des Deux-Sèvres, 1902, n° du 10 août.

Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Les 35 Vén. Serv. de Dieu, Tab. alph. - La Salle des Mart. (édit. 1865 et 1900), Tab. alph. - Les miss. cath. au XIXe sièc., p. 211. - Mart. et Poèt., pp. 12, 14, 16. - Cent morc. div., pp. 127, 130, 132, 133, 134, 135, 136, 140, 141, 144, 173 ; Ib., Pictaviensium decus, p. 175 ; Ib., Ave Theophanes, p. 177. - Les miss. angev., p. 174. - Truyen sau dang, Biographie, p. 1. - The pers. of Annam, p. 378. - I nuovi Mart., p. 139.

Lett. du Séminaire des M.-E., Notice sommaire [autographie], 1 F n. ch. [s. l. d.]

Discours prononcé par Monseigneur l'évêque de Poitiers [Pie] le 2 février 1862, dans l'église paroissiale de Saint-Loup, à l'occasion du premier anniversaire du martyre de M. J. Théophane Vénard, décapité pour la foi au Tong-king. - Henri Oudin, imprimeur-libraire, 4, rue de l'Eperon, Poitiers, in-8, pp. 16.

Hymne en l'honneur du martyr J. Théophane Vénard, à l'occasion de la solennité présidée à Saint-Loup par Monseigneur l'évêque de Poitiers [Pie]. - Tolra et Haton, libraires-éditeurs, 68, rue Bonaparte, Paris, 1862, in-8, pp. 16.

Le martyre du Vénérable Théophane Vénard, drame par le P. Delaporte, S. J.

Le Cinquantenaire du coup de Foudre du 2 août 1852, célébré à Assais le 5 août 1902. Théophane Vénard. - Lemercier et Alliot, imprimeurs, 6, rue du Pilori, 1902, Niort, in-8, pp. 45.

Captivité et martyre du Vénérable Théophane, drame en cinq tableaux avec chœurs, intermèdes et apothéose. - Maison de la Bonne Presse de l'Ouest, Saint-Maixent ; Oudin, 20, rue de la Poste, Poitiers, 1906, in-8, pp. 82.

[Ce drame, composé par M. l'abbé E. Vénard, fut joué pour la première fois à Assais (Deux-Sèvres) en 1905. Il a été traduit en anglais par les soins du bureau des Missions Catholiques, Boston, Etats-Unis.]

Le Bx Théophane Vénard, des M.-E., martyrisé au Tonking le 2 février 1861. Panégyrique prononcé en l'église Saint-François-Xavier à Paris le 22 juin 1909, par le chanoine E. Janvier. - P. Lethielleux, 10, rue Cassette, Paris, in-8, pp. 23.

Hymne au Bx Théophane Vénard à l'occasion des Fêtes du Triduum de Saint-Loup-sur-Thouet, 14 septembre 1909. - Imprimerie Alphonse Cante, place du Drapeau, Parthenay, 1909, in-8, pp. 16.

Triduum en l'honneur du Bx Théophane Vénard à Saint-Loup-sur-Thouet, les 12, 13, 14 septembre 1909. Chants et cantiques. - Imprimerie Alphonse Cante, place du Drapeau, Parthenay, 1909, in-16, pp. 21 + tab.

Souvenir des Fêtes de Saint-Loup-sur-Thouet, en l'honneur du Bx Théophane Vénard, 12, 13, 14 septembre 1909. - Imprimerie Alphonse Cante, place du Drapeau, Parthenay, 1910, in-18, pp. 103.

Actes de sa Cause de Béatification, voir CUENOT.

Die XXVIII januarii. In festo B. Theophanis Vénard martyris [Orais. et Leç.]. Pictavii, die 12 decembris 1910 † Henricus, episcopus Pictaviensis.

Biographie. - Vie et correspondance de J. Théophane Vénard, prêtre de la Société des M.-E., décapité pour la foi au Tong-king, avec portrait et fac-simile de son écriture, augmenté du discours d'anniversaire prononcé à Saint-Loup par Mgr l'évêque de Poitiers [avec portrait], par son frère, M. l'abbé Eusèbe Vénard. - H. Oudin, libraire-éditeur, 4, rue de l'Eperon, Poitiers, 1864, in-12.

Id. Plusieurs éditions subséquentes. - H. Oudin, libraire-éditeur, 17, rue Bonaparte, Paris ; 4, rue de l'Eperon, Poitiers, in-12, pp. xvi-376.

Vita di G. Theofano Vénard missionario e martire nel Tong-king nel 1861 [avec portrait], ordinata sul testo francese da un allievo del seminario arcivescovile di Torino con un compendio storico della persecuzione del Cristianesimo nel regno annamita. - Tip. collegio degli artigianelli, corso Palestro, n. 14, Torino, 1865, in-8, pp. xii-291.

Le Vénérable Théophane Vénard, 1829-1861 [avec portrait]. Les Contemporains, n° 613. - 5, rue Bayard, Paris, in-4, pp. 16.

A modern martyr, Théophane Vénard (The Venerable), translated from the french by lady Herbert. Revised and annotated by Rev. James Anthony Walsh, missionary apostolic. - Society for the Propagation of the Faith, archidiocese of Boston, 75, Union park street, Boston, Mass., 1907, in-12, pp. 10 n. ch. + 275.

Théophane Vénard (pamphlets of foreign Missions). - In-12 et in-24.

Vie et correspondance du Bx J. Théophane Vénard, prêtre de la Société des M.-E., martyrisé au Tonkin, le 2 février 1861. Le titre à l'intérieur du volume est ainsi libellé : Le Vénérable martyr J. Théophane Vénard missionnaire apostolique [avec portrait]. Nouv. édit. - Imprimerie-librairie de Montligeon. La Chapelle-Montligeon (Orne), 1908, in-16, pp. xiv-528.

Le Bx Théophane Vénard, martyr au Tonkin [avec portrait] [nouv. édit. avec quelques légers changements par E.-C. Lesserteur]. - Pierre Téqui, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte, Paris, 1909, in-8, pp. viii-581.

Id. - In-12, pp. ix-624.

Le Bx Théophane Vénard, martyr [avec portrait]. - Pierre Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris, 1909, in-12. pp. 71.

Le Bx Théophane Vénard d'après les témoignages du procès apostolique : Vie de missionnaire, Captivité et martyre, Procès de l'Ordinaire et Procès apostolique, Fêtes de la Béatification. - Pierre Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris, 1911, in-12, pp. 349.

Comp.-rend. : M. C., xliii, 1911, pp. 216, 432.

Portrait. - Peinture, est au Séminaire des M.-E. - Lithographie, Bestault, imprimeur, 41, rue Dauphine, Paris. - A. P. F., lxvi, 1894, p. 194 ; lxxxi, 1909, p. 177. - M. C., ix, 1877, p. 49. - A. M.-E., 1909, p. 172. - Sem. rel. Poitiers, 1907, p. 365. - Les 35 Vén. serv. de Dieu, p. 192. - Les miss. cath. au XIXe sièc., p. 213. - Cartes postales - Images, médailles, Scheubel, 19, rue de Babylone, Paris. - Voir Biographie.



San Giovanni Teofane Venard Sacerdote e martire

Saint-Loup-sur-Thouet, Francia, 21 febbraio 1829 – Hanoi, Vietnam, 2 febbraio 1861

Martirologio Romano: Ad Hanoi nel Tonchino, ora Viet Nam, san Giovanni Teófane Vénard, sacerdote della Società per le Missioni Estere di Parigi e martire, che, dopo sei anni di ministero clandestino segnato da fatiche e sofferenze, rinchiuso in una gabbia e condannato a morte sotto l’imperatore Tự Đức, andò serenamente incontro al martirio.

Jean-Théophane Vénard nacque il 21 febbraio 1829 a Sannt-Loup-sur-Thouet, nel territorio della diocesi francese di Poitiers, in seno ad una famiglia profondamente cristiana e patriarcale. Sotto la guida in particolar modo del padre, crebbe dolce e mite di cuore, ma risoluto di carattere. Mentre era al pascolo era solito cimentarsi nella lettura degli “Annali della Propagazione della Fede”. Un giorno rimase ammirato apprendendo delle atroci sofferenze patite dal suo connazionale Giancarlo Cornay in odio alla fede in terra vietnamita e giunse ad una decisione eroica: “Anche io voglio andare nel Tonchino; anche io voglio essere martire”. Nel 1841 il giovanisimo Teofane, dopo aver appreso le basi di latino dal parroco, intraprese gli studi nel collegio di Doué-la-Fontaine. Iniziò dunque un lungo rapporto epistolare con la famiglia, lettere sempre piene di sensibilità, d’immaginazione e buon senso. Negli ultimi due anni di studi, a causa delle incomprensioni sorte con alcuni professori, lo studente cadde in una profonda crisi da cui si riprese soltanto grazie alle raccomandazioni che riceveva dal padre e dalla sorella. Nella sua profonda umiltà, era solito osservare: “Per essere prete, occorre essere un santo. Per dirigere gli altri, occorre innanzi tutto saper dirigere se stessi... Come potrei sopportare un genere di vita simile, io che sono così poco avanzato nel cammino della virtù?”.

Teofane moltiplicò a tal fine le preghiere, recitò con più devozione il rosario, che alla morte della mamma nel 1843 si era proposto di dire tutti i giorni, uscendo così vincitore dalla sua battaglia. All’età di diciott’anni iniziò gli studi filosofici presso il seminario di Montmorillon, per poi proseguire con gli studi teologici nel seminario maggiore di Poitiers. Qui tutto lo lasciò incantato: la cella, il quotidiano raccoglimento, le feste liturgiche, gli studi in cui riusciva brillantemente. Con molta convinzione commentò infatti per iscritto: “Il seminario è il paradiso in terra”. Ciò nonostante, egli sentiva in cuor suo la chiamata da Dio ad un apostolato più vasto, come infatti traspare dalle lettere che indirizzate alla sorella. Quando fu ammesso all’ordine del suddiaconato confidò al padre: “Dio che è pieno di bontà e di misericordia, vuole possedermi interamente, corpo e anima. unirsi a me con legami indissolubili. Sì, in questo momento mi chiede il cuore; e io, confuso per tanto amore e bontà, che altro posso dire se non che glielo voglio dare?”

Al vescovo Monsignor Luigi Pie non mancò di manifestare il desiderio di aderire alle Missioni Estere di Parigi e fu accontentato. Il 7 febbraio 1851 avvertì per lettera il padre, ma affinché la notizia non lo sconvolgesse, gli consigliò: “Mettiti in ginocchio, prendi il crocifisso sospeso al camino dell'ufficio, quello che, penso, ha ricevuto l’ultimo sospiro di mia madre, e dì: Mio Dio! io pure lo voglio; che la tua volontà sia fatta! Amen.!”. Nel 1852, alla vigilia dell’ordinazione sacerdotale, confidò ai familiari: “Nella festa della Santissima Trinità sarò prete! Mio Dio! Non ho la forza di avere un pensiero; non so se devo cantare o gemere... Sono un frutto giovane e ancora verde, eppure bisognerebbe che fossi maturo in un mese... Spero nel Signore che mi alleverà e m'illuminerà, e mi darà forza dolcezza. umiltà, prudenza, scienza e carità”.

Pochi mesi dopo Padre Vénard partì per l’Estremo Oriente al posto di un altro missionario ammalato. A Singapore, ove soggiornò alcuni giorni, incontrò quattro giovani annamiti che si recavano al seminario di Pinang rischiando la vita e ne restò entusiasmato, ignorando che egli stesso sarebbe stato destinato ad evangelizzare la loro terra. Infatti ad Hong Kong, dopo quindici mesi di attesa, un biglietto da parte del suo superiore gli annunciò: “A lei, signor Vénard, è affidata la gemma del Tonchino”.

Raggiunse così il Vietnam nel 1854 e scrisse ai suoi cari: “Mi sono allora offerto a Dio, sottomettendomi a tutto quello che sarebbe piaciuto alla sua bontà di disporre a mio riguardo; invocai Maria, mia regina e mia madre, mi misi sotto la protezione del mio buon angelo e degli angeli protettori del Tonchino”. Prese residenza a Vinh Tri, grande centro della missione e residenza del vescovo del Tonchino Occidentale, che il santo accompagnò dopo alcuni mesi nelle visite pastorali, avendo appreso molto rapidamente la lingua indigena.

Sin dal 1851 il re Tu-Duc, istigato dai mandarini, aveva emanato un editto per ordinare che i sacerdoti europei fossero gettati nel fiume, i sacerdoti vietnamiti venissero squartati in due ed i loro beni andassero al delatore con un premio di trecento talenti d’argento. L’applicazione dell’editto da parte del governatore subì una certa mitigazione, giacché un prete prigioniero gli aveva ottenuto la guarigione del figlio. Nel 1855 il proprio il Vénard poté attestare: “Non abbiamo avuto nessun martire, le nostre case sono sfuggite alla distruzione. Chi ne ha sofferto di più sono le nostre borse. È stato necessario chiudere la bocca ai mandarini con delle verghe d’argento”. Nel 1856, quando un secondo editto regio ordinò che tutti i cristiani fossero proscritti, il governatore inviò un catechista al sacerdote Le Bao Thinh, suo amico, onde avvertirlo che i mandarini avrebbero perquisito il seminario di Vinh Tri. Il messo, però, giunse a destinazione quando i soldati avevano ormai circondato il centro missionario. Le Bao Thinh si presentò da solo all’ufficiale, in qualità di direttore, permettendo così al vescovo, a Padre Vénard e ad altri sacerdoti e studenti di nascondersi nelle caverne circostanti. Le Bao Thinh venne però decapitato, i notabili esiliati ed il villaggio interamente distrutto.

Teofane iniziò a peregrinare per i monti, esposto a fatiche e pericoli di ogni sorta, finché trovò accoglienza nel seminario di Hoang-Nguyen, ove meno si era manifestata sino ad allora la crudeltà del governatore di Hanoi. In città continuare ad esercitare egregiamente il suo ministero, sino a quando non cadde gravemente malato. Non appena tornò in salute, un allarme gli intimò di lasciare Hoang-Nguyen e nascondersi per un mese. Verso Pasqua, ritornata la calma, poté uscire dal rifugio e tornare al suo lavoro. Durante il tragitto fu sorpreso da una pioggia fredda e penetrante, che gli provocò una tosse violenta e febbre. Il malato venne trasportato a Vinh-Tri e curato nel migliore dei modi, ma tutto parve inutile, tanto che egli stesso scrisse: “Mi spengo a poco a poco come una candela, sto attaccato alla vita soltanto per un capello, sono dichiarato spacciato dai medici. Viva la gioia a qualunque costo!”. All’inizio del 1857 non gli rimaneva alcuna speranza di guarigione e sembrava ormai prossima la fine, quando inaspettatamente una dolorosa cura si rivelò efficace.

Non poco odio continuavano però ancora a nutrire i pagani nei confronti dei missionari. L’ambasciatore francese nel 1857 tentò di intervenire in difesa dei cattolici, ma purtroppo non fece altro che accrescere l’avversione del sovrano contro di loro e la persecuzione riprese subito nella provincia di Nam-Dinh. Il Vénard si trovava ancora a Vinh-Tri insieme con il suo vescovo ed un confratello, quando i soldati accerchiarono improvvisamente il villaggio. Grazie all’aiuto di un prete indigeno, gli europei poterono sfuggire ai persecutori rifugiandosi ove possibile. Mentre il vescovo fuggì sulle montagne, Padre Teofane fece ritorno a Hoang-Nguyen, ove gli furono affidate quattro parrocchie per un totale di dodicimila anime. Egli sognava di guadagnare a Cristo i duecentocinquantamila pagani del suo distretto, ma fu tristemente costretto a constatare: “Le conversioni sono rare e molte di quelle che si fanno non perseverano. Oh, quanto è triste guardarsi intorno e non scorgere che villaggi pagani!”. Nel frattempo due nuovi editti nel 1858 causarono l’arresto di molti cristiani. Anche la comunità di Hoang-Nguyen fu assalita e distrutta. Avvisato in tempo, il missionario riuscì a fuggire, ma nuovi pericoli erano sempre all’ordine del giorno. Da quel momento non gli restò che scappare di rifugio in rifugio, circondato quasi ovunque da pagani ostili e da cristiani terrorizzati, trovandosi in balìa di spioni e di traditori. Un piccolo appartamento gli fu messo a disposizione dalle religiose Amanti della Croce di But-Dong. Di giorno si dedicava alla preghiera ed alla lettura, alla corrispondenza, alla traduzione di opere bibliche, mentre la sera confessava ed istruiva i fedeli. A più riprese il mandarino locale, spinto dai pagani del villaggio, fece perquisire a But-Dong e ridusse il convento delle suore a un mucchio di macerie.

Il Vénard trovò allora ospitalità presso l’indulgente sindaco pagano di Tan. Riprese però ben presto a visitare le varie comunità del distretto, esortando gli apostati a ritornare alla fede. L’ultima sua tappa, dopo cinque mesi di attività, fu Kim-Bang. Il sindaco di un villaggio vicino, saputo della sua presenza, lo fece arrestare il 30 novembre 1860 e, trasportatolo in barca a casa sua, lo rinchiuse in una gabbia di bambù per inviarlo alla sottoprefettura di Phu-Ly. Il Vénard comunicò la sua cattura ai familiari: “Il buon Dio nella sua misericordia ha permesso che cadessi nelle mani dei cattivi... Domani, 4 dicembre, sarò condotto alla prefettura (Hanoi). Ignoro quello che mi sarà riservato, ma non temo nulla; la grazia dell’Altissimo è con me. Maria Immacolata non mancherà di proteggere il suo misero servo... Eccomi dunque entrato nell'arena dei confessori della fede... Quando conoscerete i miei combattimenti, confido che apprenderete egualmente le mie vittorie... Se ottengo la grazia del martirio, allora soprattutto mi ricorderò di voi”. Ci ha lasciato inoltre questa descrizione del suo ingresso nella capitale vietnamita: “Voi mi vedete che sto tranquillamente seduto nella mia gabbia di legno, portata da otto soldati, in mezzo a una folla sterminata che fa ressa sul mio passaggio. Sento dire attorno a me: Com’è bello questo europeo! Egli è sereno e lieto come uno che va ad una festa! Non denota paura! Costui non ha commesso alcun peccato. E venuto in Annam per fare del bene, tuttavia sarà messo a morte”. Gli stessi giudici durante l’interrogatorio non nascosero la loro simpatia per l’accusato, tanto si mostrava distinto nel tratto, dolce e cortese nelle risposte. Nonostante ciò, in ottemperanza alla legge, il 17 dicembre 1860 venne condannato alla pena capitale in quanto rifiutatosi di calpestare la croce. Dichiarò allora il futuro martire: “Grandi mandarini, non temo la morte. Sono venuto qui a predicare la vera religione. Nono sono colpevole di nessun crimine, ma se l’Annam mi uccide, verserò il sangue con gioia per l’Annam”.

Trascorsero ben otto settimane prima che giungesse la ratifica della sentenza da parte del sovrano ed il Vénard approfittò di questo tempo per catechizzare quanti lo andavano a visitare. I soldati che lo avevano in custodia si dimostrarono indulgenti nei suoi confronti, come il prigioniero stesso ebbe a testimoniare: “Non ho ricevuto un solo colpo di bacchetta. Sono andato incontro a pochi disprezzi, a molte simpatie: nessuno qui vorrebbe farmi morire. Non soffro nulla a confronto dei miei fratelli. Non avrò che da curvare umilmente la testa sotto la scure, e subito mi troverò alla presenza del Signore, e prenderò posto sotto la bandiera degli uccisi per il nome di Gesù, e intonerò l'eterno osanna”. Sovente congedava con garbo i visitatori per inginocchiarsi nella gabbia a pregare. Verso sera talora gli era permesso di uscire fuori per confessarsi dai preti detenuti nel carcere o passeggiare recitando il rosario e cantando inni di ringraziamento, tra l’immaginabile stupore dei soldati. Quando la vigilanza divenne più severa, il vescovo coadiutore incaricò il sacerdote Thinh di andarlo a confessare ed una donna fidata di portargli l’Eucaristia.

La mattina del 2 febbraio 1861 giunse l’ora del martirio: si avviò verso il luogo dell’esecuzione attorniato da un centinaio di soldati e rivestito di un abito di cotone bianco ed un altro di seta nera, che si era fatti preparare apposicamente per l’occasione. Alla porta della città, vide distesa per terra una croce ed interruppe quindi il canto del Magnificat. Fu costretto con la forza a calpestarla e con lo sguardo cercò allora il prete Thinh affinchè gli impartisse l’assoluzione, ma questi era stato impossibilitato a presenziare. Giunto a destinazione, il Vénard sedette su una stuoia di tela preparata da alcune pie donne ed un soldato spezzò le pesanti catene che portava al collo ed ai piedi. Alzatosi, cercò ancora invano il prete Thinh, tracciò un segno di croce sulla folla e poi s’inginocchiò dinanzi al piolo di bambù. Rifiutò l’offerta del carnefice di una ricompensa in cambio di una decapitazione più indolore, si lasciò spogliare delle vesti e legare al piolo con le mani legate dietro la schiena. Il boia non parve molto esperto nel suo mestiere e gli furono necessari ben cinque colpi di spada per mozzare la testa al povero missionario.

A questo tragico epilogo seguì immediatamente una spontanea venerazione da parte del popolo: appena infatti i soldati lasciarono il campo libero, la folla si precipitò sul corpo del martire per raccoglierne il sangue. Nel 1865 le sue spoglie mortali furono traslate in Francia nel seminario della Società per le Missioni Estere di Parigi. Giunse infine un definitivo parere della Chiesa sulla vicenda: l’11 aprile 1909 papa San Pio X beatificò Giovanni Teofane Vénard ed infine il pontefice Giovanni Paolo II lo canonizzò il 16 giugno 1988 con altri 116 martiri in terra vietnamita.

Autore: Fabio Arduino