samedi 29 octobre 2016

Saint THEUDÈRE (THEUDERIUS, THÉODORE, CHEF), moine, abbé et ermite

Saint Theudère

Moine à Vienne, en Dauphiné ( 575)

Théodore, Cherf ou Chef. 

Moine de la région de Vienne en Gaule. Il fut souvent consulté pour sa sagesse spirituelle. Il prit conseil auprès de saint Césaire d'Arles qui en fit son diacre. Revenu plus tard à Vienne, l'évêque lui demanda d'être ermite-reclus. Ce qu'il accepta par obéissance et c'est ainsi qu'il resta douze ans au service de l'Église de Vienne par sa pénitence et sa prière. Une localité a pris son vocable là où il demeurait: 38890 Saint Chef.

- Né à Arcisse près de Saint-Chef, Theudère veut entrer au monastère de Lérins. Mais Césaire d'Arles le garde près de lui et l'ordonne prêtre. Il construit plusieurs églises dans les environs de Vienne et dans son pays natal. Il vit en reclus à Vienne et meurt le 29 octobre 575 probablement. (saints du diocèse de Grenoble)

Sur le territoire de Vienne en Gaule, vers 575, saint Théodore, abbé. Disciple de saint Césaire d’Arles, il fonda des cellules pour les moines, fut établi par l’évêque comme intercesseur auprès de Dieu et prêtre chargé de la pénitence pour tout le peuple de la cité.


Martyrologe romain


Theudère semble être la déformation de Théodore et cela indique  qu’il appartenait à une « gens » chrétienne.  Riche fils de famille, il a grandi sur les terres de la villa Acissia (qui a donné le nom au village actuel, Arcisse, 38890, Isère) qu’il quitta dans sa vingtième année, animé par sa vocation de servir Dieu, après avoir distribué sa fortune aux pauvres.  Saint Césaire d’Arles le fit diacre et l’envoya parfaire ses dons à Lérins.
Vers la trentaine,  Theudère revint à Acissia mettre à la disposition de la population locale ses formidables talents spirituels.  Son activité créatrice sera intense. Guidé par une voix céleste, c’est dans le cadre sauvage et hostile du Val Rupian, à une demi -heure de marche du domicile familial qu’il a crée un monastère dédié à la Mère de Dieu. De même,  à Vasselin (38890, Isère, France), à 1.9 km de notre ciergerie, Saint Theudère fonda un autre monastère sous le vocable de Saint Eusèbe.
Il ne reste malheureusement rien du monastère si ce n’est une fontaine miraculeuse, déplacée de dix mètres lors de la reconstruction de son église dans le deuxième moitié du 19ème siècle. On raconte en effet que lors de l’édification de l’église de Vasselin, un glissement de terrain menaçant le chantier,  Saint Theudère  se mit en prière et la coulée de terre épargna le lieu. A la place jaillit une source dont l’eau guérissait les maladies oculaires. Les pèlerins en route vers Compostelle faisaient un détour pour s’y laver les yeux.  De nombreux autres édifices religieux doivent leur existence à l’activité du saint.
Saint Theudère finit ses jours à Vienne, appelé par son évêque Philippe à en être le « reclus ».  Une tradition pieuse voulait en effet que la ville entretienne une personne d’une piété reconnue en échange de la consolation des âmes et de ses prières pour le salut des habitants de la cité. A sa mort, en octobre 575, en dépit de son vœu de reposer au Val Rupian  au sein du monastère, les viennois tentèrent de garder sa sainte dépouille. Mais le saint ne se laissa pas faire. Alors qu’on s’apprêtait à soulever son cercueil, celui-ci devint si lourd qu’on ne put le  déplacer. A la troisième tentative, l’évêque qui présidait aux funérailles, annonça que saint Theudère serait inhumé chez lui selon sa volonté. Le poids du cercueil se fit alors de plume et la procession se mit en route. Elle atteignit son but en  trois jours  pendant lesquels les miracles se multiplièrent. Deux d’entre eux nous touchent plus particulièrement car ils ont trait au vin et aux cierges,  nos deux produits phares
Les moniales de Vienne avaient fourni aux participants du cortège des outres de vin afin qu’ils puissent se désaltérer pendant la journée. Le soir venu, après une journée de marche, ces outres étaient vides. Le lendemain matin on les retrouva pleines à la grande joie des moines du Val Rupian arrivés au campement pour accompagner leur père fondateur vers sa dernière demeure.  Mais la cérémonie ne put commencer qu’à la nuit tombante et le nombre de cierges était nettement insuffisant. Là encore, la volonté divine se manifesta et la cire se multiplia si bien entre les mains de ceux qui distribuaient  les bougies que l’on put en allumer en quantité et achever la cérémonie  comme en plein jour….
Du premier monastère qu’a fondé Saint Theudère ne demeure aujourd’hui qu’un village, Saint Chef en Dauphiné(38990, Isère, France) et l’abbatiale connue mondialement pour les trois ensembles de fresques romanes du XIIème siècle qui la décorent

Le Village doit surement son nom aux reliques vénérées à l’abbaye. Rappelons que « chef » désigne la  tête. Outre le chef de Saint Theudère, on devait y conserver celui de Saint Thibaud, évêque de Vienne (952-1000) ancien élève des moines  et celui de Saint Léger, lui aussi évêque de Vienne et comme le précédent à l’origine de la reconstruction de l’abbaye complètement ravagée par des incursions barbares de la fin du IXème siècle.  Ces trois reliques ont disparu. Lors de travaux en 1840-1850, l’architecte a dégagé derrière la première chapelle nord les restes d’une autre chapelle avec un autel sur lequel reposaient « trois têtes bien conservées et garnies intérieurement de coton ». Il a emmuré ces têtes dans le mur et aurait laissé des indications sur la cachette à ses héritiers que ceux-ci n’ont pas révélées. A l’heure actuelle, on peut y vénérer des reliques de Saint Clément, martyr du 1er siècle et  apportées à l’abbaye qu’en 1715.
Quant à l’abbatiale, elle est un magnifique lieu de visite qui mérite le détour. En attendant de le faire, nous ne pouvons que vous recommander de visiter le site complet  de Mme S. Charlet qui lui est consacré.

SOURCE : http://paris.syro-orthodoxe-francophone.over-blog.fr/article-saint-theudere-et-saint-chef-en-dauphine-les-carnets-d-egerie-124588058.html

THEUDERE LE BIENHEUREUX


Une sainte vie

C'est aux environs de l'an 500 que le cercle de famille du maître de la villa Assicia s'élargit avec la naissance d'un petit garçon que l'on prénomme Theudère.On connait mal cette famille , mais on peut remarquer qu'elle donne des noms latins à ses enfants, qu'elle appartient à l'aristocratie locale, qu'elle a élevé un oratoire dans sa propriété en raison de sa grande foi en le christianisme. Ces constatations prêtent à penser que son origine est romaine.

L'abbé Varnet, au 19 ème siècle, tenta de localiser précisément sa maison natale, ses recherches le conduirent à la maison de la famille Guiller située au pied du coteau qui domine le village. Cette modeste habitation, écrit-il, repose en partie sur des gros murs, qui par leur solidité et l'appareil des matériaux donnent l'idée d'un ouvrage romain. Les occupants lui désignent ensuite "sa fontaine", à quelques pas en amont, le long du chemin dit de la Vie Niuble. Cette fontaine, longtemps ensevelie sous la terre et la végétation, vient d'être remise au jour comme en témoigne notre photo.



Élevé dans cette famille pieuse, Theudère ressent , très jeune , la vocation de servir Dieu. Souvent prosterné sur les dalles de l'oratoire, il entend la voix du ciel l'appelant à la perfection. Ses parents lui destinent un riche patrimoine, mais voulant devenir un parfait disciple de Jésus-Christ, il se dépouille de tout en faveur des pauvres. Vers l'age de vingt ans, dégagé de tout lien temporel, il quitte sa famille pour rejoindre le monastère de Lérins, sur une ile méditerranéenne, où ont été éduqués la plupart des évêques de la Gaule. Afin de s'y faire admettre, et pour se faire guider et encourager, il choisit de consulter un ancien du monastère, Césaire évêque d'Arles. On rapporte que dès leur première rencontre les deux hommes se comprennent parfaitement, puis le prélat lui fait part de son souhait de l'élever lui même au sacerdoce. Le voyage de Theudère s'interrompt ici. Durant une dizaine d'années, il exerce la prêtrise avec une ferveur si grande qu'il fait l'admiration de tous.

Theudère doit être agé d'une trentaine d'années lorsqu'il revient à la villa Assicia, il y a dans la contrée des populations sans secours religieux, et c'est là qu'il doit, de préférence, dispenser ses dons. Guidé par une voix céleste, au milieu de la nature hostile du Val Rupian, à une demi- heure de marche du domicile familial, il élève un monastère dédié à la Vierge Marie. Plus tard des habitations viendront se grouper autour de cet établissement, une agglomération naîtra, ce sera Saint-Chef. Mais à l'image de Césaire son ancien maître, Theudère éprouve le besoin de s'investir dans de nouvelles fondations. Ce sera un monastère, sous le vocable de saint-Eusèbe, qui donnera naissance ultérieurement à la paroisse de Vasselin, puis une basilique dédiée à saint-Symphorien sur les bords de la Gère, du côté de l'actuelle Villeneuve de Marc, puis nous le retrouverons à Alaronne pour une église en l'honneur de saint-Pierre. Après quelques mois de méditation profonde au Val Rupian, il est appelé par l'évêque Philippe de Vienne pour une dernière mission.

Il éxiste à Vienne une coutume pieuse qui consiste à entretenir, hors des murs de la cité, un personnage d'une sainteté éminente, qui se livre à la pénitence et à la vie contemplative, dans une retraite absolue. On l'appelle le reclus, et il semble une citadelle qui protège la ville, nuit et jour. L'évêque Philippe, ayant à pourvoir à cette charge devenue vacante, jette son dévolu sur Theudère qui a déjà rempli le monde du bruit de sa sainteté. Ce dernier accepte et s'installe à la recluserie de la colline sainte-Blandine dans l'austérité, il y restera douze ans, jusqu'à la fin de ses jours.On lui rend les devoirs que la piété inspire et bien qu'il ait manifesté le voeux de reposer au Val Rupian, on s'apprête à l'inhumer près de sa recluserie.

Des miracles post-mortem.

Les prêtres s'avancent pour charger le cercueil sur leurs épaules et le conduire à sa dernière demeure, mais ils ne parviennent pas à le soulever de terre. L'étonnement gagne toute l'assistance. On se regarde, on s'interroge, on ne sait à quoi s'en tenir. Alors le vieux pontif qui préside la cérémonie se ravise et annonce qu'il sera porté à son monastère selon ses volontés. Aussitôt le cercueil devient si léger, qu'à peine on en sent le poids. Le cortège démarre après une dernière cérémonie liturgique. Des religieuses ont eut la pensée de fournir trois vases pleins de vin afin que ceux qui portent le corps puissent se rafraichir, le soir venu les récipients sont asséchés. Au matin on les retrouve pleins, tels qu'ils ont étés apportés, pour le plus grand bonheur des moines du Val Rupian arrivant au bivouac, harrassés par leur déplacement. Le troisième jour on atteint le village où se trouve la dizième borne millière, aujourd'hui Diemoz, où un aveugle retrouve la vue après avoir touché le voile qui recouvre le cercueil. Un autre miracle se produit sitôt que le cortège est arrivé au Val Rupian, où un paralytique privé depuis longtemps de l'usage de ses jambes peut se lever et jouir pleinement de la liberté de ses membres. On procède à la cérémonie de la sépulture mais il est tard et les ténèbres de la nuit envahisent les lieux, et l'on s'aperçoit que pour les dissiper, la quantité de cierges va être insuffisante. Un dernier miracle va intervenir, la cire se multiplie si bien dans les bras de ceux qui la distribuent, que l'on peut allumer un grand nombre de torches et achever la cérémonie funèbre au milieu d'une merveilleuse illumination.

Notes:

-1:-C'est Saint-Adon, évêque de Vienne au 9ème siècle, qui a rédigé la biographie de Saint-Theudère, avec près de quatre siècles de décalage. Une très sérieuse critique de ce document a été faite vers 1850 par le curé Varnet, et nous en avons tiré cette chronique.

-2:-Le jour dédié par l'Eglise catholique à la célébration de la saint Theudère est le 29 octobre.

-3:-Une chapelle dédiée à Theudère se trouve dans l'église abbatiale. Dans cette chapelle se trouve une fresque où le Saint est représenté portant son église dans la main droite, figuration également reprise sur le vitrail et sur la statue de l'autel.


October 29

St. Chef, Abbot

[In Latin, Theuderius.]  CHEF, a young gentleman of one of the best families of the city of Vienne, by the interior call of the Holy Ghost, forsook the world; and having long exercised himself in the most perfect practices of a monastic life under the direction of St. Cæsarius at Arles, returned to his own country, and being joined by several disciples, built for them first cells, and afterwards a monastery near the city of Vienne in Dauphine. It was anciently a custom in the most regular monasteries, that the hebdomadarian priest who said the community mass, spent the week in which he discharged that function, in the closest retirement in his cell, and in holy contemplation and austere penance, 1 both that he might be better prepared to offer daily the tremendous sacrifice, and that he might more faithfully acquit himself of his mediatorship between God and his people. 2 It was also a peculiar custom at Vienne in the sixth century, that some monk, of whose sanctity the people entertained a high opinion, was chosen, who should voluntarily lead the life of a recluse, being walled up in a cell, and spending his whole time in fasting, praying, and weeping to implore the divine mercy in favour of himself and his country. This practice would have been an abuse and superstition, if any person relying on the prayers of others, were themselves more remiss in prayer or penance. St. Chef was pitched upon for this penitential state, which obligation he willingly took upon himself, and discharged with so much fervour as to seem desirous to set no bounds to his tears and mortifications. An extraordinary gift of miracles made his name famous in the whole country. He died about the year 575, and was buried in the monastery of St. Laurence. His relics were translated to a collegiate church of which he is the titular patron, and which gives the name of St. Chef to the town where it stands, in Dauphine, eight leagues from Vienne. This saint is named in the Roman Martyrology. See his life written by Ado, archbishop of Vienne, in Mabill. Sæc. 1. Ben. p. 678.

Note 1. Le Brun, Explic. des Cérém. de la Messe, Tr. Prelim. Rubr. 1, p. 73, et Pratiques pour honorer les Sacr. Prat. 28. [back]

Note 2. Every priest receives the charge of being a common intercessor, and by divine right is bound to offer the holy sacrifice and his earnest prayers, not only for the remission of his own sins, but also for those of the people, for whom, by his office, he is appointed the intercessor. (Heb. v. l. 3; S. Chrys. de Sacerdot. l. 6, p. 424, t. 1, ed. Ben.) And theologians and canonists agree that every curate of a parish is obliged to offer up his mass, at least every Sunday and festival, for those souls in particular that are committed to his charge. Conc. Trid. sess. 23, de Reform. c. 1. Gavant, Soto, Bonacina, several answers of the Congr. of the Council at Rome quoted by Pasqualig. qu. 851. Reiffenstuel, Barbosa, de Offic. Parochi, the Constitution of Bened. XIV. which begins, Cum semper oblatas, &c. [back]

Rev. Alban Butler (1711–73).  Volume X: October. The Lives of the Saints.  1866


Theuderius of Vienne, Abbot (RM)

(also known as Chef, Theudar, Theodore)

Born in Arcisia (Saint-Chef-d'Arcisse), Dauphiné, France; died c. 575. Theuderius, son of a distinguished family and a disciple of Saint Caesarius of Arles who ordained him, was a monk of Lérins who returned to his native city of Vienne. There he attracted several disciples and built for them first cells and later three monasteries near Vienne. In an extension of the custom of the monastic celebrant of the Mass retiring for a week in prayer and fasting, the people of Vienne had a custom of choosing a holy monk to lead a penitential, eremitical life on behalf of the people. Saint Theuderius was selected and willingly became an anchorite, walled-up in a cell at the church of Saint Laurence. He discharged this office fervently during the last 12 years of his life. Extraordinary miracles attended his prayers. At his death, Theuderius was buried in the monastery of Saint Laurence. His relics were translated to a collegiate church, of which he is the titular patron, and which gives the name of Saint-Chef to the town (Benedictines, Encyclopedia, Husenbeth, Walsh).


Saint Theuderius

Also known as
  • Chef d’Arcisse
  • Chef
  • Theuderis
Profile

Monk at Lérins Abbey. Ordained by Saint Caesarius of Arles. In Dauphiné he attracted a group of spiritual students, and founded a monastery for them near Vienne, France. Lived his last 12 years as a hermit, walled up in a cell at the church of Saint Lawrence in Vienne. Miracle worker. Blessed Ado of Vienne wrote a biography of him.

Born