mardi 11 octobre 2016

Saint JEAN XXIII, Pape



MESSE ET CANONISATION DES BIENHEUREUX JEAN XXIII ET JEAN-PAUL II

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Place Saint-Pierre

IIe Dimanche après Pâques (ou de la Divine Miséricorde), 27 avril 2014


Au centre de ce dimanche qui conclut l’Octave de Pâques, et que saint Jean Paul II a voulu dédier à la Divine Miséricorde, il y a les plaies glorieuses de Jésus ressuscité.

Il les montre dès la première fois qu’il apparaît aux Apôtres, le soir même du jour qui suit le sabbat, le jour de la résurrection. Mais ce soir là, nous l’avons entendu, Thomas n’est pas là ; et quand les autres lui disent qu’ils ont vu le Seigneur, il répond que s’il ne voyait pas et ne touchait pas les blessures, il ne croirait pas. Huit jours après, Jésus apparut de nouveau au Cénacle, parmi les disciples, Thomas aussi était là ; il s’adresse à lui et l’invite à toucher ses plaies. Et alors cet homme sincère, cet homme habitué à vérifier en personne, s’agenouille devant Jésus et lui dit « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20,28).

Les plaies de Jésus sont un scandale pour la foi, mais elles sont aussi la vérification de la foi. C’est pourquoi dans le corps du Christ ressuscité les plaies ne disparaissent pas, elles demeurent, parce qu’elles sont le signe permanent de l’amour de Dieu pour nous, et elles sont indispensables pour croire en Dieu. Non pour croire que Dieu existe, mais pour croire que Dieu est amour, miséricorde, fidélité. Saint Pierre, reprenant Isaïe, écrit aux chrétiens : « Par ses plaies vous avez été guéris » (1P 2,24 ; Cf. Is 53,5).

Saint Jean XXIII et saint Jean Paul II ont eu le courage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scandalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de la chair du frère (Cf. Is 58,7), parce qu’en toute personne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été deux hommes courageux, remplis de la liberté et du courage (parresia) du Saint Esprit, et ils ont rendu témoignage à l’Église et au monde de la bonté de Dieu, de sa miséricorde.

Il ont été des prêtres, des évêques, des papes du XXème siècle. Ils en ont connu les tragédies, mais n’en ont pas été écrasés. En eux, Dieu était plus fort ; plus forte était la foi en Jésus Christ rédempteur de l’homme et Seigneur de l’histoire ; plus forte était en eux la miséricorde de Dieu manifestée par les cinq plaies ; plus forte était la proximité maternelle de Marie.

En ces deux hommes, contemplatifs des plaies du Christ et témoins de sa miséricorde, demeurait une « vivante espérance », avec une « joie indicible et glorieuse» (1P 1,3.8). L’espérance et la joie que le Christ ressuscité donne à ses disciples, et dont rien ni personne ne peut les priver. L’espérance et la joie pascales, passées à travers le creuset du dépouillement, du fait de se vider de tout, de la proximité avec les pécheurs jusqu’à l’extrême, jusqu’à l’écœurement pour l’amertume de ce calice. Ce sont l’espérance et la joie que les deux saints Papes ont reçues en don du Seigneur ressuscité, qui à leur tour les ont données au peuple de Dieu, recevant en retour une éternelle reconnaissance.

Cette espérance et cette joie se respiraient dans la première communauté des croyants, à Jérusalem, dont parlent les Actes des Apôtres (Cf. 2, 42-47), que nous avons entendus en seconde lecture. C’est une communauté dans laquelle se vit l’essentiel de l’Évangile, c'est-à-dire l’amour, la miséricorde, dans la simplicité et la fraternité.

C’est l’image de l’Église que le Concile Vatican II a eu devant lui. Jean XXIII et Jean Paul II ont collaboré avec le Saint Esprit pour restaurer et actualiser l’Église selon sa physionomie d’origine, la physionomie que lui ont donnée les saints au cours des siècles. N’oublions pas que ce sont, justement, les saints qui vont de l’avant et font grandir l’Église. Dans la convocation du Concile, saint Jean XXIII a montré une délicate docilité à l’Esprit Saint, il s’est laissé conduire et a été pour l’Église un pasteur, un guide-guidé, guidé par l’Esprit. Cela a été le grand service qu’il a rendu à l’Église. C’est pourquoi j’aime penser à lui comme le Pape de la docilité à l’Esprit Saint.

Dans ce service du Peuple de Dieu, saint Jean Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient.

Que ces deux nouveaux saints Pasteurs du Peuple de Dieu intercèdent pour l’Église, afin que, durant ces deux années de chemin synodal, elle soit docile au Saint Esprit dans son service pastoral de la famille. Qu’ils nous apprennent à ne pas nous scandaliser des plaies du Christ, et à entrer dans le mystère de la miséricorde divine qui toujours espère, toujours pardonne, parce qu’elle aime toujours.

© Copyright - Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/homilies/2014/documents/papa-francesco_20140427_omelia-canonizzazioni.html


Saint Jean XXIII

Pape (261e) de 1958 à 1963

Surnom affectueux : « Le Bon Pape
»

« Au vu de la dimension extraordinaire avec laquelle ces Souverains Pontifes ont offert au clergé et aux fidèles un modèle singulier de vertu et ont promu la vie dans le Christ, tenant compte des innombrables requêtes partout dans le monde, le Saint-Père François, faisant siens les désirs unanimes du peuple de Dieu, a disposé que les célébrations de saint Jean XXIII, Pape, et de saint Jean-Paul II, Pape, soient inscrites dans le Calendrier Romain général, la première le 11, la deuxième le 22 octobre, avec le degré de mémoire facultative. […] »

De la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 29 mai 2014, solennité de l’Ascension du Seigneur.

Jean XXIII (au siècle : Angelo Giuseppe Roncalli) est né le 25 novembre 1881, à Sotto il Monte près de Bergame, dans une famille nombreuse de milieu modeste. Il entre au séminaire à l'âge de douze ans. Il y suit le cursus ecclésiastique classique.

En 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, et reste à son service jusqu'à la mort de ce dernier en 1914. Pendant cette période, il s'occupe aussi de l'enseignement auprès du séminaire de Bergame.

En 1915, il est incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire. Après la guerre, il devient directeur spirituel du séminaire de Bergame.

En 1921, il entre dans la Curie romaine, dans la Congrégation pour la propagation de la foi (plus connue sous le nom de Propaganda Fide).

En 1925, Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le promut évêque et l'envoie en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que visiteur, puis délégué apostolique. Il occupe ensuite le même poste à Istanbul entre 1935 et 1944, ce qui lui permet de sauver, pendant l'occupation, des victimes du nazisme.

En 1945, il succède comme nonce apostolique de Paris à Mgr Valeri, compromis avec le régime de Vichy. Il règle avec succès le problème des autres évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernement français demandait la substitution. Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) devra accepter seulement les démissions de trois prélats : les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras.
En 1953, sa carrière diplomatique s'achève, et il retourne à sa première vocation pastorale : il est nommé patriarche de Venise, puis cardinal.

Le 9 octobre 1958 le pape Pie XII vient de mourir. Le cardinal Angelo Roncalli, patriarche de Venise, âgé et malade, se rend à la Cité du Vatican pour participer au conclave qui élira un nouveau pontife. À mesure que le conclave se déroule Roncalli revoit très clairement des images de son passé, comme lorsque, jeune prêtre, il soutenait des ouvriers en grève ; ou bien cette fois où, délégué apostolique en Turquie, il a négocié secrètement avec un ambassadeur nazi afin de sauver des juifs arrivant dans les trains bondés; ou encore en France, devant un de Gaulle autoritaire, qu'il a convaincu de ne pas expulser plusieurs évêques contestés.

Au douzième tour du scrutin, le 28 octobre 1958, Angelo Giuseppe Roncalli est élu pape et prend le nom de Jean XXIII : il est couronné le 4 novembre. On s'attendait à ce qu'il soit un pape de transition sans grand éclat. Mais il surprend le monde entier en convoquant, le 25 janvier 1959, le Concile Vatican II. Cette démarche audacieuse vers une importante modernisation de l'église vise à assurer que cette institution, l'une des plus vielle au monde, continuera de s'épanouir jusqu'à la fin du 20e siècle et bien au-delà. Il se préoccupe aussi du conflit entre les États-Unis et l'Union soviétique, qui devient de plus en plus pressant.

Le 11 octobre 1962, le concile, couramment désigné depuis lors sous le nom de « Vatican II », est ouvert. Jean XXIII y prononce un important >>> Discours. À la fin de la journée d’ouverture du Concile, était organisée une procession aux flambeaux entre le château Saint-Ange et la place Saint-Pierre. Le pape Jean XXIII, attiré par la prière de la foule, était apparu à sa fenêtre, improvisant une allocution connue aujourd’hui comme le >>> Discours à la lune. Le passage qui a fait éclater les applaudissements est celui de la larme d’un enfant : « En rentrant chez vous, vous trouverez vos enfants. Donnez une caresse à vos enfants, et dites-leur : c’est la caresse du pape. Vous trouverez peut-être quelque larme à essuyer. Ayez une bonne parole pour celui qui souffre : Le pape est avec nous, spécialement aux heures de tristesse et d’amertume ».

Vers la fin de 1962, un cancer de l’estomac est diagnostiqué. Jean XXIII s’efforce cependant de permettre au concile de continuer son travail. Le 11 avril 1963, il promulgue une encyclique qui est perçue comme étant son testament spirituel : >>> Pacem in Terris. Au-delà du monde catholique elle est adressée à tous les hommes de bonne volonté, fait l’apologie de la démocratie, affirme que la guerre ne peut être un instrument de justice et préconise que ce soit désormais la « loi morale » qui régisse la relation entre les états, prônant la solidarité, la justice et la liberté. Le 11 mai il reçoit le prix Balzan pour son engagement en faveur de la paix : c’est là sa dernière apparition publique.

Le 28 mai 1963 il est victime d'une hémorragie. À ce moment Radio Vatican transmet chaque jour l'état de santé du Pape en indiquant sa température et son pouls défaillants. Jean XXIII, entre lucidité et inconscience, continue toutefois de tenir son rôle jusqu'aux derniers moments. À l'issu d'une longue agonie il meurt le 3 juin 1963, jour de la fête de la Pentecôte. Il voulait être un prêtre ordinaire, mais il a changé la face du monde à jamais.

Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) a été béatifié le 3 septembre 2000 par saint Jean-Paul II.

Le  27 avril 2014 sa Sainteté le pape Francesco a proclamé saints ses prédécesseurs Jean XXIII et Jean-Paul II. Un moment de joie et de prière pour les 800.000 et plus fidèles qui du monde entier ont conflué dans la place Saint-Pierre, mais aussi le début d'un voyage éternel dans la gloire de l'Église catholique.


Sources principales : paroissejeanxxiii.org/; wikipédia.org (« Rév. x gpm »).



Saint Jean XXIII

Pape (261 ème) de 1958 à 1963 ( 1963)


Béatifié le 3 septembre 2000, canonisé le 27 avril 2014 en même temps que Jean-Paul II.

'Jean XXIII a été le Pape de la docilité à l’Esprit Saint!' (le pape François) - texte complet de l'homélie.

'Le Pape Jean a laissé dans le souvenir de tous l'image d'un visage souriant et de deux bras ouverts pour embrasser le monde entier.' (Jean-Paul II)

'Il convoqua le Concile Vatican II qui marqua le début de la rénovation de l'Église, la réforme de ses structures et la révision de sa liturgie. Puissent ces réformes porter des fruits pour nous tous et l'Église du troisième millénaire' (Benoît XVI)

À Rome, près de saint Pierre, en 1963, Jean XXIII, pape. D’une humanité singulière, il mit tout en œuvre pour répandre en abondance la charité chrétienne, rechercher l’union fraternelle des peuples et, dans son souci principal de l’efficacité pastorale de l’Église du Christ dans le monde entier, il convoqua le second Concile œcuménique du Vatican.

Martyrologe romain

'Nous ne sommes pas sur terre dans le but de monter la garde sur les tombes des apôtres, des saints et des héros, mais pour marcher sur leurs traces.'

Jean XXIII



Sa Sainteté Jean XXIII

Jean XXIII est né à Sotto il Monte, province de Bergame, le 25 novembre 1881, fils ainé de Marianna Mazzola et de Giovanni Battista Roncalli. Le soir même le nouveau-né fut baptisé par le curé don Francesco Rebuzzini, recevant le nom d'Angelo Giuseppe. On lui donna comme parrain, son grand-oncle Zaverio Roncalli, homme très pieux, qui, resté célibataire, assumera l’éducation religieuse de ces nombreux petits- neveux. Le futur Jean XXIII conserva un souvenir ému et reconnaissant pour les soins et les sollicitudes de ce vieux patriarche.


Manifestant depuis l'enfance une inclinaison sérieuse à la vie ecclésiastique, à la fin de l’école élémentaire, il se prépare à l'entrée au séminaire diocésain ; pour cela il suit des leçons d’italien et de latin de quelques prêtres et fréquente le collège prestigieux de Celana. Le 7 novembre 1892 il fait son entrée au séminaire de Bergame. Après un début difficile due à une préparation insuffisante, il ne tarde pas à se distinguer dans ses études et dans sa formation spirituelle, à tel point qu’à 14 ans il est admis à la tonsure. Ayant terminé en juillet 1900 sa deuxième année de théologie, il est envoyé à Rome au séminaire de l'Apollinaire, avec une bourse d'étude. Malgré un intermède d’un an de service militaire, la formation au séminaire reste très fructueuse.

Le 13 juillet 1904, très jeune à vingt-deux ans et demi, il obtient le doctorat en théologie. Le 10 août 1904, il est ordonné prêtre; il célèbre sa première Messe dans la Basilique Saint Pierre pendant laquelle il renouvelle son don total au Christ et sa fidélité à l'Église. Après un bref séjour dans son pays natal, il commence en octobre à Rome des études de droit canonique, interrompues en février 1905, par sa nomination comme secrétaire du nouvel Évêque de Bergame, Monseigneur Giacomo Radini Tedeschi. Ce furent dix ans d'engagement intense auprès d’un Évêque influent, très dynamique et riche d'initiatives qui contribuèrent à faire du diocèse bergamasque un modèle pour l'Église italienne. 

En plus de sa charge de secrétaire, il a d’autres engagements. Dès 1906 il enseigne au séminaire l’histoire ecclésiastique, la patrologie et apologétique et en 1910 un cours supplémentaire de théologie fondamentale. Il assume ces charges jusqu'en 1914. Ses cours lui permettent d’approfondir l'histoire locale par la publication des Actes de la Visite Apostolique de s. Carlo à Bergame (1575), qu’il travaillera jusqu’à la veille de son élection au Pontificat. Il fut aussi directeur du magazine diocésain "La Vie Diocésaine" et à partir de 1910 assistant de l'union des Femmes Catholiques. La disparition prématurée de Mons. Radini en 1914 met fin à une expérience pastorale exceptionnelle ; même si il y eu des moments difficiles, comme lorsqu’il est accusé injustement de modernisme, le futur Jean XXIII gardera toujours en mémoire son expérience pastorale dans l'accomplissement des fonctions auxquelles il sera appelé. Pendant la guerre il est nommé chapelain avec le grade de sergent auprès des blessés hospitalisés dans les hôpitaux militaires de Bergame ; il se comportera en héros. En juillet 1918 il accepte, avec générosité, de rendre service aux soldats atteints de tuberculose, sachant qu’il risque sa vie à cause de la contagion.

En décembre 1920 le Pape lui demande de venir présider le dicastère de la Propagation de la Foi au Vatican, alors qu’il venait de prendre la responsabilité de la Maison des étudiants en même temps que sa charge de directeur spirituel au séminaire. Après maintes hésitations, il finit par accepter cette fonction qui se révèle délicate dans les relations avec les organisations missionnaires existantes. Il commence un long voyage à l'étranger pour convaincre les différentes institutions de soutien aux missions à venir à Rome et il ira dans les diocèses italiens pour récolter des fonds et expliquer les buts de l'œuvre qu’il préside.

En 1925 nommé Visiteur Apostolique en Bulgarie il commence la période diplomatique au service du Saint Siège jusqu’en 1952. Nommé Évêque le 19 mars 1925, il part pour la Bulgarie avec le devoir de pourvoir aux graves besoins de la petite communauté catholique. Le séjour initialement prévu pour un temps limité se transforme en un séjour de 10 ans pendant lequel Mgr Roncalli pose les bases d'une Délégation Apostolique dont il est nommé le premier représentant en 1931. Non sans difficulté il réussit à réorganiser l'Église catholique, à instaurer des relations amicales avec le Gouvernement et la Maison Royale bulgare, malgré l'incident du mariage orthodoxe du roi Boris avec la princesse Giovanna de Savoie, et à créer les premiers contacts œcuméniques avec l'Église Orthodoxe bulgare. Le 27 novembre 1934 il est nommé Délégué Apostolique en Turquie et en Grèce, pays sans relations diplomatiques avec le Vatican.

Contrairement à la Grèce, où l'action de Roncalli n'obtient pas de résultat notable, les relations avec le gouvernement turc s’améliorent car le délégué du Vatican se montre compréhensif devant les mesures inspirées par la politique de laïcisation de ce gouvernement. Avec tact et habilité il organise quelques rencontres officielles avec le Patriarche de Constantinople, les premières après des siècles de séparation avec l'Église Catholique.

Pendant la Second Guerre Mondiale sa position neutre va lui permettre d’aider efficacement des milliers de juifs sauvés de l'extermination, ainsi que la population grecque, épuisée par la faim.

Par décision personnelle de Pie XII il est nommé à la prestigieuse Nonciature de Paris, qu’il rejoint le 30 décembre 1944. Une situation particulièrement compliquée l'attend : le gouvernement provisoire demandant la destitution d’une trentaine d’Évêques accusés de collaborationnisme avec le gouvernement de Vichy. Le calme et l'adresse du nouveau Nonce réussirent à limiter à trois le nombre d’Évêques destitués. A travers ses qualités humaines il acquiert l'estime du milieu Parisien diplomatique et politique, où il noue des rapports d'amitié avec certains membres importants du gouvernement français. Il se révèle aussi bon diplomate que pasteur dans ses visites des diocèses en France, Algérie comprise. L'Église française trouve en Monseigneur Roncalli un observateur attentif et prudent.

Toujours dans le respect d'obéissance, il accepte sa nomination au siège de Venise le 5 mars 1953 , après avoir étè crée cardinal au dernier Consistoire de Pie XII. Son épiscopat se caractérise par son engagement scrupuleux à respecter ses devoirs d'Evêque, entre autre par la visite pastorale et la célébration du Synode diocésain. L'histoire religieuse de Venise lui suggère de nouvelles initiatives pastorales comme celle de rapprocher les fidèles à l’ Écriture Sacrée , comme en son temps l’avait fait le proto-patriarche s. Lorenzo Giustiniani solennellement commémoré au cours de 1956.

L'élection, le 28 octobre 1958, du Cardinal Roncalli, à soixante dix sept ans, comme Successeur de Pie XII fut reçue par beaucoup comme un Pontificat de transition. Mais dés le début Jean XXIII révèle un style qui mit en avant sa personnalité humaine et sacerdotale mûrie à travers ses expériences. Au-delà de son souci à gérer le fonctionnement de la curie, il se préoccupe de donner une empreinte pastorale à son ministère, en tant qu’ Évêque de Rome. Convaincu que l'intérêt direct du diocèse constitue une partie essentielle du Ministère Pontifical, il multiplie les contacts avec les fidèles à travers les visites aux paroisses, aux hôpitaux et aux prisons. À travers la convocation du Synode diocésain il veut assurer le fonctionnement régulier des institutions diocésaines par le renforcement du Vicariat et la normalisation de la vie paroissiale.

La plus grande contribution de Jean XXIII est sans aucun doute le concile Vatican II dont l'annonce fut donnée dans la basilique de saint Paul le 25 avril 1959. Il s'agissait d'une décision personnelle, prise par le Pape après des consultations privées avec quelques amis intimes et le Secrétaire d'État, Cardinal Tardini. Les buts évoqués dans le discours d’ouverture du 11 octobre 1962 étaient originaux : il ne s'agissait pas de définir de nouvelles vérités, mais de réexposer la doctrine traditionnelle de manière plus adaptée à la sensibilité moderne. Dans la perspective d'une mise à jour de toute la vie de l'Église, Giovanni XXIII invite à privilégier la miséricorde et le dialogue avec le monde plutôt que la condamnation et l'opposition en une conscience renouvelée de la mission ecclésiale qui enlace tous les hommes.

Dans cette ouverture universelle les différentes confessions chrétiennes ne pouvant pas être exclues, sont invitées aussi à participer au Concile pour commencer un chemin de rapprochement. Au cours de la première phase on put constater que Giovanni XXIII voulait un Concile vraiment délibérant dont il respecta les décisions après que toutes les voix eussent pu s'exprimer et de se mesurer.

Au printemps de 1963 il fut décoré du Prix "Balzan" pour la paix en témoignage de son engagement au service de la paix par la publication des encycliques Mater et Magistra (1961) et Pacem en terris (1963), et de son intervention décisive à l'occasion de la crise grave du Cuba à l’automne 1962. 

L’anxiété témoignée autour du Pape mourant et la douleur profonde du monde à la nouvelle de sa disparition le soir du 3 juin 1963 montre combien il fut admiré et respecté.

Source : www.vatican.va



Saint Jean XXIII

Le bon pape Jean

Il fut élu pape à l'âge de 77 ans. En 1959 il déclara "Je veux ouvrir largement les portes de l'Église, afin que nous puissions voir ce qui se passe à l'extérieur, et que le monde puisse voir ce qui se passe à l'intérieur de l'Église" Le Concile Vatican II était lancé.
Angélo Guiseppe Roncalli fut le 261ème pape de l’Eglise catholique Romaine.
Il règne sous le nom de Jean XXIII du 28 octobre 1958 au 3 juin 1963. Il naît le 25 novembre 1881 à Sotto-il-Monte, non loin de Bergame, troisième enfant d’une pauvre famille paysanne qui en compte10. Il entre au petit séminaire à l’âge de 12 ans. En 1900 il se rend à Rome pour terminer ses études de théologie. Il est ordonné prêtre le 10 août 1904.
De retour à Bergam, en plus de ses activités d’aumônier de jeunes, il enseigne l’histoire, l'apologétique et la patristique au séminaire de Bergame. Il accompagne spirituellement de nombreux séminaristes et devient le secrétaire particulier de son évêque Mgr Radini Tedeschi.Après la Première Guerre mondiale, à laquelle il participe comme infirmier militaire, il fonde une maison d’étudiants et anime l’Action Catholique et les "œuvres missionnaires".
Profondément marqué par la personnalité de saint Charles Borromée ; il se charge de l’édition d’une partie de l’œuvre immense de l’ancien évêque de Milan grande figure du Concile de Trente. Ce travail le met en contact avec Mgr Achille Ratti, préfet de la bibliothèque ambrosienne de Milan, et futur Pie XI.
En 1921, la congrégation pour la propagation de la foi lui demande de réorganiser les œuvres de coopération missionnaire en Italie. Ordonné évêque à Rome le 19 mars 1925, il est envoyé à Sofia, en Bulgarie comme visiteur apostolique puis comme délégué apostolique. En 1934 il est envoyé à Istanbul comme délégué apostolique en Turquie et en Grèce. A la fin de l’année 1944 il est nommé nonce apostolique en France. En 1953 il est créé cardinal et est nommé patriarche de Venise. Cinq an plus tard, le 28 octobre 1958, à 77 ans, il est élu pape. Celui qui fut considéré comme un « Pape de transition » surprend tout le monde en annonçant 3 mois après son élection, la convocation d’un nouveau concile.
Vatican II s’ouvre le 11 octobre 1962 avec pour mission « l’aggiornamento de l’Eglise ». Il ne verra pas la fin du Concile, il meurt le 3 juin 1963. Le 3 septembre 2000, le bienheureux Jean Paul II béatifie le « bon pape Jean »
Sébastien Antoni

SOURCE : http://croire.la-croix.com/Definitions/Figures-spirituelles/Saint-Jean-XXIII/Le-bon-pape-Jean


Prière de Saint Jean XXIII (1881-1963), initiateur du Concile Vatican II
 Esprit Saint, notre conseiller,
achève en nous l’œuvre commencée par Jésus.
Rends intense et continuelle la prière que nous faisons
au nom du monde entier.

Accélère en chacun de nous l’avènement
d’une profonde vie intérieure.
Donne l’élan à notre effort pour atteindre tous les hommes
et tous les peuples, tous rachetés par le Sang du Christ,
tous associés à son héritage.

Étouffe en nous la suffisance naturelle et élève-nous
jusqu’au niveau de l’humilité,
de la vraie crainte de Dieu, du courage généreux.

Que nulle attache terrestre ne nous empêche de faire
honneur à notre vocation,
Que nul intérêt ne puisse ; par lâcheté de notre part,
étouffer les exigences de la justice.
Que les calculs ne réduisent pas aux étroitesses
de nos égoïsmes les espaces immenses de la charité.
Que tout soit grand en nous :
La recherche et le culte de la vérité, la promptitude
au sacrifice, jusqu’à la Croix et jusqu’à la mort.

Que ton Esprit d’amour se répande sur l’Église, sur les
institutions, sur chacun de nous et sur tous les peuples.




Monument à Jean XXIII à Porto Viro, Rovigo, Italie

San Giovanni XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) Papa

11 ottobre (3 giugno) - Memoria Facoltativa

Sotto il Monte, Bergamo, 25 novembre 1881 - Roma, 3 giugno 1963

(Papa dal 04/11/1958 al 03/06/1963).

Angelo Roncalli nacque a Sotto il Monte, piccolo borgo del bergamasco, il 25 novembre 1881, figlio di poveri mezzadri. Divenuto prete, rimase per quindici anni a Bergamo, come segretario del vescovo e insegnante al seminario. Allo scoppio della prima guerra mondiale fu chiamato alle armi come cappellano militare. Inviato in Bulgaria e in Turchia come visitatore apostolico, nel 1944 è Nunzio a Parigi, per divenire poi nel 1953 Patriarca di Venezia. Il 28 ottobre 1958 salì al soglio pontificio, come successore di Pio XII, assumendo il nome di Papa Giovanni XXIII. Avviò il Concilio Vaticano II, un evento epocale nella storia della Chiesa. Morì il 3 giugno 1963. Un breve ma intenso pontificato, durato poco meno di cinque anni, in cui egli riuscì a farsi amare dal mondo intero. È stato beatificato il 3 settembre del 2000 e canonizzato il 27 aprile 2014.


Martirologio Romano: A Roma, beato Giovanni XXIII, papa: uomo dotato di straordinaria umanità, con la sua vita, le sue opere e il suo sommo zelo pastorale cercò di effondere su tutti l’abbondanza della carità cristiana e di promuovere la fraterna unione tra i popoli; particolarmente attento all’efficacia della missione della Chiesa di Cristo in tutto il mondo, convocò il Concilio Ecumenico Vaticano II.

Nell’aria c’era già l’odore dell’estate, ma il giorno era triste. Quel 3 giugno 1963 una luce si spegneva nel mondo: il “Papa buono” era morto. Calde lacrime solcavano il viso delle tante persone che appresero in quei momenti la notizia della sua scomparsa. Nel suo breve ma intenso pontificato, durato poco meno di cinque anni, Papa Giovanni era riuscito a farsi amare dal mondo intero, che adesso ne piangeva la perdita.

Ma già subito dopo la sua morte incominciava il fervore della devozione popolare, che doveva avvolgere la sua figura di una precoce quanto indiscussa aureola di santità, e prendeva avvio il processo di beatificazione: un lavoro ciclopico, durato ben 34 anni, con l’avvicendarsi di diversi Postulatori e montagne di documenti da vagliare prima di pronunciarsi sulla sua eroicità. (…)Il 12 ottobre 1958 Angelo Roncalli era partito alla volta di Roma per partecipare insieme agli altri cardinali al conclave, ma non immaginava assolutamente di essere eletto Papa. Il suo desiderio era sempre stato quello di essere un pastore di anime, modesto e semplice come un parroco di campagna. 

Era nato a Sotto il Monte, piccolo borgo del bergamasco, il 25 novembre 1881, figlio di poveri mezzadri che lo battezzarono il giorno stesso della sua nascita nella locale Chiesa di S. Maria; la stessa dove, divenuto prete, avrebbe celebrato la sua prima Messa, il 15 agosto 1905, festa dell’Assunzione.

Angelino era molto intelligente e terminò le scuole in un lampo, tanto che in seminario era il più giovane della sua classe. A 19 anni aveva completato i corsi, ma per la legge ecclesiastica non poteva essere ordinato sacerdote prima dei 24 anni, così fu mandato a Roma per laurearsi alla Gregoriana. 

Divenuto prete, rimase per quindici anni a Bergamo, come segretario del vescovo e insegnante al seminario. Allo scoppio della prima guerra mondiale fu chiamato alle armi come cappellano militare. Nel 1921 Roncalli è a Roma e, successivamente, viene inviato in Bulgaria e in Turchia come visitatore apostolico: iniziava così la sua carriera diplomatica. Nominato Nunzio a Parigi nel 1944, diventa Patriarca di Venezia nel 1953.

Un’esistenza piuttosto appartata, senza fatti eclatanti, fino all’elezione al soglio di Pietro. Aveva allora 77 anni ed aveva già fatto testamento. Intendeva essere sepolto a Venezia e si era fatto costruire la tomba, nella cripta di S. Marco. Era naturale che ritenesse ormai imminente il suo commiato dal mondo. L’anno prima, 1957, aveva scritto infatti nel suo diario: “O Signore, siamo a sera. Anni settantasei in corso. Grande dono del Padre celeste la vita. Tre quarti dei miei contemporanei sono passati all’altra riva. Dunque anch’io mi debbo tener preparato al grande momento…”. Ma le vie del Signore sono sovente imprevedibili. Il 28 ottobre 1958 l’allora cardinale e patriarca di Venezia salì al soglio pontificio, come successore di Pio XII, e molti ne restarono sorpresi. Un vecchio avrebbe dovuto reggere la Chiesa? I giornali presto ci ricamarono su perché veniva da una famiglia di contadini. “Il papa contadino”, cominciarono a chiamarlo. Ma Roncalli aveva ben chiara la propria missione da compiere. 

“Vocabor Johannes…”. Mi chiamerò Giovanni, esordì appena eletto. Era il primo punto fermo del suo pontificato. Un nome che era già tutto un programma. E non si smentì. 

Nel 1959, un anno soltanto dopo la sua elezione, “tremando un poco di commozione, ma insieme con umile risolutezza di proposito”, come disse ai cardinali riuniti, annunciò il Concilio Vaticano II. Un evento epocale, destinato a cambiare il volto della Chiesa, a segnare un netto spartiacque nella storia della cristianità. 

(…) Fu il leit-motiv della sua vita e del suo pontificato. Dopo la S. Messa, nulla era per lui più importante del Rosario. Ogni giorno lo recitava per intero, meditando su ogni mistero. “Sono entusiasta – egli diceva - di questa devozione, soprattutto quando è capita ed appresa bene. Il vero Rosario è il cosiddetto Rosario meditato. Questo supplisce a molte altre forme di vita spirituale. È meditazione, supplicazione, canto ed insieme incantesimo delle anime. Quanta dolcezza e quanta forza in questa preghiera!”.

Mons. Loris Capovilla, suo segretario e fedele custode di memorie, ha detto che Papa Giovanni “durante tutta la sua esistenza si comportò con Maria di Nazareth come un figlio con la madre, uno di quei figli che un tempo davano del lei o del voi alla propria genitrice, manifestando amore dilatato dalla venerazione e rispetto alimentato dall’entusiasmo”.

Una venerazione tenera e forte, delicata e incrollabile, in cui possiamo vedere racchiuso il segreto della sua santità. 

Durante il suo pontificato fu pubblicato su “L’Osservatore Romano” un suo “Piccolo saggio di devoti pensieri distribuiti per ogni decina del Rosario, con riferimento alla triplice accentuazione: mistero, riflessione ed intenzione”: in una scrittura limpida e chiara c’è il succo delle riflessioni che egli veniva maturando nella personale preghiera del S. Rosario. “Nell’atto che ripetiamo le Avemarie, quanto è bello contemplare il campo che germina, la messe che s’innalza…”, diceva con efficace metafora presa da quel mondo contadino a lui così familiare. “Ciascuno avverte nei singoli misteri l’opportuno e buon insegnamento per sé, in ordine alla propria santificazione e alle condizioni in cui vive”. 

Papa Giovanni auspicava che il Rosario venisse recitato ogni sera in casa, nelle famiglie riunite, in ogni luogo della terra. Ma quanti oggi si radunano per fare questo? Il vento gelido della secolarizzazione ha finito per spazzare via questa antica consuetudine. Le case assomigliano oggi a isole di solitudine e incomunicabilità e se ci si riunisce è per celebrare i rituali del “caminetto” televisivo che mescola con la stessa indifferenza massacri etnici e telequiz, futilità e orrori.

(…)Il suo paese natale da oltre un trentennio è meta incessante di pellegrinaggi. Lo si era immaginato come un papa di transizione, che sarebbe passato in fretta, presto dimenticato, ma non è stato così. Per un disegno provvidenziale di Dio la giovinezza della Chiesa si è realizzata attraverso l’opera di un vecchio. Fu veramente un dono inatteso del Cielo. 

Attento ai segni dei tempi, Papa Giovanni promosse l’ecumenismo e la pace. Uomo del dialogo e della viva carità, fece sentire a tutti gli uomini, anche ai non cattolici e ai lontani, l’amicizia di Dio. La sua spiritualità, delicata e robusta al tempo stesso, aveva, come abbiamo visto, le sue radici in Maria. A Lei sempre si rivolgeva, in Lei confidava. Non si staccava mai da Lei, né mai si macerava nel dubbio: la sua fede era limpida e sorgiva, riposava in Maria, attraverso il Rosario. 

Anche il miracolo, la guarigione “clinicamente inspiegabile” di una suora malata di cancro, grazie a cui è ora elevato alla gloria degli altari, si è realizzato nel segno di Maria. Suor Caterina Capitani, delle Figlie della Carità, era affetta da un tumore allo stomaco che l’aveva ridotta in fin di vita. Papa Giovanni era morto da soli tre anni e la suorina con le consorelle l’aveva pregato a lungo, con grande insistenza e fiducia. Quel giorno, era il 25 maggio 1966, il “Papa buono” le apparve e le disse di non temere, perché sarebbe stata guarita, aggiungendo: “Me l’avete strappato dal cuore questo miracolo”. 
Prima di scomparire però le fece una grande raccomandazione: di pregare sempre il rosario. Era il suo chiodo fisso durante la vita, era il segreto della sua santità nell’alba eterna che non conosce tramonto.
Il Martirologium Romanum pone la data di culto al 3 giugno, mentre le diocesi di Bergamo e di Milano celebrano la sua memoria l'11 ottobre, anniversario dell'apertura del Concilio Vaticano II avvenuta nel 1962.

La festa liturgica è iscritta nel Calendario Romano generale all'11 ottobre, con il grado di memoria facoltativa.


Autore: Maria Di Lorenzo



Discours à la lune du Bon pape Jean XXIII : https://www.youtube.com/watch?v=p5ZikW3oWas