mercredi 12 octobre 2016

Bienheureux LOUIS BRISSON, prêtre et fondateur

Bienheureux Louis Brisson

prêtre du diocèse de Troyes, fondateur des Oblates et des Oblats de Saint-François de Sales ( 1908)

Le père Louis Brisson (1817-1908), prêtre du diocèse de Troyes, a été béatifié samedi 22 septembre 2012 à 15h en la cathédrale de Troyes. Il s’agit de la quatrième béatification effectuée en France cette année. 

Ce prêtre, enseignant et inventeur, créa des écoles et des patronages. Pour gérer ses œuvres, il fonda deux congrégations, les Oblates de Saint-François de Sales avec Sainte Léonie Aviat et les Oblats de Saint-François de Sales, qui sont des instituts éducatifs et missionnaires présents en France et dans le monde.

La célébration solennelle s'est déroulée sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, venu spécialement de Rome et représentant le pape Benoît XVI. (source: Eglise catholique en France)

Lettre apostolique signée par Benoît XVI. "Nous,... concédons que le Vénérable Serviteur de Dieu Louis Brisson, prêtre et fondateur des oblats et des oblates de Saint-François-de-Sales, apôtre de la jeunesse ouvrière, témoin de la charité du Christ à l'exemple du saint évêque de Genève, soit désormais appelé bienheureux et qu'on puisse célébrer sa fête, dans les lieux et selon les règles établies par le droit, chaque année le 12 octobre." (source: bulletin de la Paroisse Saint Charles - Monaco)

- Béatification du Père Louis Brisson - diocèse de Troyes



Louis Brisson naît à Plancy, dans l’Aube, le 23 juin 1817. Il est le fils de Toussaint Brisson, modeste commerçant, et de Marie-Savine Corrard. Très vite, il se montre enfant observateur, curieux des choses de la nature, de la chimie, de la physique, de l’astronomie, dispositions qui s’épanouiront, à l’âge adulte, en géniales inventions… Les premières impressions religieuses reçues en famille ne le marquent pas moins : sa maman lui apprend à lire dans « les Visites au St Sacrement » de St Alphonse de Liguori et lui inculque l’amour de l’Eucharistie ; son père lui offre l’exemple d’un chrétien sans peur qui se met au service du clergé pendant la Révolution de 1830. Quelques semaines après sa première Communion, en la petite église de Plancy, il vit une expérience inoubliable : là, devant l’autel de la Vierge (« c’était au bout du 4ème banc ») il a le sentiment très vif que Dieu l’appelle à sauver beaucoup d’âmes et « à le faire aimer d’un amour infini ». Il a 12 ans !

D’abord écolier « dilettante » au presbytère de Plancy, Louis entre en 1831 au séminaire de Troyes. Passée l’humiliation de devoir redoubler la sixième à 14 ans, il rattrape vite son retard, se montre très doué pour les études et en suivra tout le cursus jusqu’à son ordination, le 19 décembre 1840. Déjà professeur de sciences de ses condisciples, il le devient aussi des élèves du pensionnat de la Visitation de Troyes, et à 24 ans, sa maturité et son jugement lui valent d’être nommé aumônier et confesseur de la Communauté. Pendant 40 ans, jusqu’en 1884, il se pénètre de la pensée et de la spiritualité de St François de Sales sous la remarquable impulsion que la Mère Marie de Sales Chappuis imprime à ce monastère. A son école il se forme à reproduire en tout la vie du Sauveur sur la terre Toutefois, il lui résiste longtemps quand elle l’entretient, comme d’un dessein divin, de la fondation d’une Congrégation de prêtres qui répandrait dans le monde l’esprit  et la doctrine de St François de Sales. Elle le désigne pour en être le réalisateur. Il demande des signes que telle est la Volonté de Dieu, les reçoit … son esprit positif les enregistre, mais sa volonté ne cède pas. Ce n’est qu’au Signe par excellence – le Seigneur ressuscité et son injonction muette d’avoir à obéir – qu’il se rendra totalement et sans retour, attendant dès lors le moment de la Providence.

En 1858, il est nommé, pour le diocèse, Directeur de l’Association de St François de Sales. En 2 ans, cette association – au service de la régénération de la foi – compte 6000 membres en 35 paroisses et devient l’instrument d’une quasi « nouvelle évangélisation » en milieu déchristianisé, tant le jeune Directeur sait en dynamiser les membres, les enrôlant dans une ligue de prière et de témoignage dans leur milieu de vie, précurseur en cela de l’Action catholique ;

De plus, attentif aux signes des temps, il perçoit le désert humain, moral et spirituel où « survivent », exposées à bien des dangers, beaucoup de jeunes ouvrières des usines de bonneterie de Troyes, alors en pleine expansion. Non seulement il ouvre pour elles d’abord des patronages du dimanche, puis des maisons de famille et bientôt des écoles, mis il les forme à être apôtres dans leur milieu de vie. Pour assurer la stabilité de ces Œuvres ouvrières – décriées pour leur nouveauté – il fonde, en 1866, la Congrégation des Sœurs Oblates de St François de Sales avec deux anciennes élèves de la Visitation dont celle que l’Eglise a déjà canonisée : Ste Léonie Aviat.

En 1869, l’Evêque d’alors, Mgr Ravinet, charge l’abbé Brisson de relever l’unique collège masculin catholique en faillite. C’est un vrai défi ! L’abbé n’a ni hommes ni argent ! Mais sur l’ordre de son évêque, il jette le filet…Successivement transféré, puis agrandi avec audace en pleine guerre de 1870, le nouveau collège – appelé St Bernard, du nom de l’illustre saint de la Champagne – devient le berceau de la Congrégation des Oblats de St François de Sales entrevue par la Mère Marie de Sales, avec pour premiers religieux le Père Brisson lui-même et ses collaborateurs de la première heure, tous gagnés à l’humanisme salésien et à la pédagogie qui en découle . Celle que les Oblats considèrent, à juste titre, comme leur « fondatrice » n’en verra pas toutefois la pleine réalisation ni les fruits.  La Mère Marie de Sales meurt le 7 octobre 1875.

En cette même année, les Oblats ont reçu du Pape Pie IX leur première approbation romaine tandis que Mgr Cortet succède à Mgr Ravinet à la tête du diocèse. Découvrant les œuvres du P. Brisson, il s’émerveille : « Rien de semblable ne s’est opéré en ce diocèse depuis 200 ans ! ». Et de le nommer Vicaire général, de le choisir comme confesseur… Toutefois les premières fondations du Père hors du diocèse – et bientôt outre-mer avec les premières missions au Sud Afrique et en Amérique du Sud – contrarient les vues du pasteur : son diocèse est pauvre en vocations, il voudrait bien lui réserver toutes les énergies de cette Congrégation naissante. Il s’ensuit un très pénible conflit qui, pendant 10 ans, rend les rapports extrêmement douloureux. Le Père Brisson se voit retirer l’une après l’autre toutes ses charges. 10 ans aussi d’héroïque sauvegarde tant des droits de son Institut approuvé par Rome que de charité humble et respectueuse à l’égard de qui tentera d’anéantir son œuvre. Et lorsque sonne, à Rome, en 1888, l’heure de la réconciliation, c’est à juste titre que le Pape Léon XIII salue le Père Brisson comme « l’homme de la paix ».

A l’opposition du dedans suit bientôt celle du dehors par le fait des lois spoliatrices de 1901-1904 et de la persécution religieuse qui sévit en France. Les Congrégations des Oblats et des Oblates sont alors dissoutes, leurs biens confisqués, leurs membres exilés. Trop âgé pour les suivre, le Père Brisson se réfugie à Plancy. Il n’a qu’un mot d’acquiescement, celui de Job : « Dieu m’avait tout donné, Il m’a tout ôté, son Nom soit béni ! ». Ferme dans la foi et sûr de l’avenir de ses deux Congrégations, il n’est pas ébranlé dans son invincible confiance.

Il meurt le 2 février 1908, à l’âge de 91 ans, pouvant dire en toute vérité : « Maintenant, Seigneur, Tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix car mes yeux ont vu le Seigneur ». En cette même cathédrale St Pierre et t Paul, le 6 février, Mgr Monnier rendit hommage au défunt pour tout ce qu’il avait fait pour l’Eglise qui est à Troyes, surtout pour les œuvres d’éducation et d’apostolat en faveur de la classe ouvrière, et, en geste de vénération, baisa son cercueil.
Prélude du geste qui s’accomplit en cet instant.

SOURCE : http://www.franz-sales-verlag.de/brisson2012_fr/leben/index.html


Louis Brisson (1817-1908)

Son enfance 

Louis Brisson est né à Plancy (France), le 23 juin 1817. Il est baptisé le 29 juin. Dès l'âge de cinq ans, il manifeste déjà son zèle en recrutant des auditeurs pour la Mission qui se prêche à Plancy. Cet amour précoce pour les âmes est l'indice de sa vocation sacerdotale ; elle se développe sous l'influence de sa pieuse mère. Celle-ci le prépare dans le renoncement et le sacrifice joyeux à sa Première Communion. Cet acte si important marque dans sa vie; il l'accomplit à onze ans, dans l'église de Plancy, avec une grande ferveur. Ce contact intime avec son Dieu allume dans son coeur ce vif amour pour Notre Seigneur au Saint Sacrement qui sera sa grande dévotion.

au séminaire

Après avoir fait ses premières classes latines au presbytère de Plancy, il entre au Petit Séminaire de Troyes et s’y distingue par son ardente piété et la supériorité de son intelligence; puis il poursuit brillamment ses études au Grand Séminaire.

Son ordination 

Le 19 décembre 1840, l'Abbé Brisson est ordonné prêtre et le 22 décembre, il chante solennellement sa première Messe à Plancy. Peu de temps après son ordination, il est nommé aumônier de la Visitation de Troyes ; il exercera ce ministère pendant quarante-quatre ans.

Visitation de Troyes

La Vénérable Mère Marie de Sales Chappuis a reçu de Dieu la mission d'établir une Congrégation de Prêtres destinés à répandre dans le monde l'esprit et la doctrine de saint François de Sales, et le Seigneur lui a fait connaître que l'Abbé Brisson est l'instrument providentiel, choisi par Lui, pour coopérer à la fondation de cette Oeuvre.

La Servante de Dieu l'en ayant averti, c’est pour l'Abbé Brisson l'occasion d'une longue et terrible lutte. Il ne veut pas céder aux instances de la Vénérable Mère ; il craint d'enchaîner sa liberté et il éprouve une vive répugnance à faire ce qu'elle désire. Le Seigneur lui confirmera lui-même que cet appel vient de Lui. 

l'Association catholique de Saint-François de Sales

Attendant l'heure de la Providence pour commencer la fondation des Prêtres, l’Abbé Brisson se donne sans compter à différentes oeuvres d'apostolat dans la ville de Troyes. Dès l'année 1857, il collabore activement avec Monseigneur de Ségur à l'établissement, dans le diocèse, de l'Association catholique de Saint-François de Sales, dont il est nommé directeur en 1858.

Fondation des Oblates de Saint François de Sales

L'Abbé Brisson ouvre en même temps à Troyes des maisons de patronage pour les jeunes ouvrières, très nombreuses dans ce centre industriel. 

Fin 1866, il en confie la direction à deux anciennes élèves de la Visitation de Troyes; et, avec l’aide de la Vénérable Mère Marie de Sales Chappuis, il les forme à la vie religieuse, d'après l'esprit de saint François de Sales. 

Le 30 octobre 1868, Monseigneur Mermillod donne l'Habit religieux aux deux premières Oblates. Le 11 octobre 1871, Monseigneur de Ségur préside la cérémonie de leur Profession. Le nouvel Institut est un des moyens dont la Providence va se servir pour répandre dans le monde la doctrine de saint François de Sales, par les oeuvres d’apostolat.

Fondation des Oblats de Saint François de Sales

Ces consolants débuts ont leur magnifique couronnement par la fondation des Oblats de Saint François de Sales. Une circonstance toute fortuite amène l'Abbé Brisson à la commencer. Monseigneur Ravinet, Evêque de Troyes, lui demande de reprendre une Ecole secondaire dans sa ville épiscopale. L’Abbé Brisson croit le moment opportun pour réaliser la pensée de la Vénérable Mère Marie de Sales Chappuis. Il ouvre le Collège où bientôt viennent le rejoindre de dévoués collaborateurs.

Père Louis Brisson

Le 11 octobre 1874, les Oblats commencent leur noviciat, et le 27 août 1876, le Père Brisson fait Profession, entouré des cinq premiers Oblats qui prononcent ensuite leurs voeux entre ses mains. 

Les deux Instituts des Oblats et des Oblates de Saint-François de Sales, encouragés et approuvés par Pie IX et Léon Xlll, prennent une rapide extension en Europe d'abord, puis en Afrique et en Amérique. Leurs oeuvres se multiplient : collèges, pensionnats, écoles, patronages, missions. Le Père Brisson en est l'âme et gouverne ses deux familles avec cette sûreté de vue et cette clairvoyance de l'avenir que Dieu accorde si particulièrement aux fondateurs. Tout converge vers lui. Il traite lui-même toutes les affaires: direction des études, travaux intellectuels, sciences, arts, constructions, organisations matérielles et économiques, rien ne lui reste étranger; son génie créateur embrasse tout.

Il allie à cette connaissance approfondie des choses pratiques une vie intérieure très intense. C'est essentiellement une âme d'oraison ; son union à Dieu est habituelle, il se tient continuellement en sa divine présence. Il possède à un rare degré le discernement des esprits; il a le don de lire dans les âmes et de leur communiquer la foi ardente qui ranime. Il exerce sur elles un attrait irrésistible qui les amène, presque à leur insu, à l'accomplissement des actes les plus généreux, par amour pour Dieu.

Ce remarquable ascendant, le Père Brisson l'exerce non seulement sur sa double famille religieuse, mais encore sur la plupart de ses nombreux visiteurs. Sa mansuétude s'étend à tous ; chacun bénéficie sans distinction de son incomparable charité qui rappelle celle de Notre Seigneur Lui-même. Le sceau divin de l'épreuve marque la vie du Père Brisson dès le moment où il commence la fondation de l'Oeuvre à laquelle il est destiné ; mais il s'imprime plus fortement encore sur les dernières années de son existence si féconde.

Persécution religieuse 

La persécution religieuse déchaînée en France contre les instituts religieux anéantit en partie ses oeuvres si prospères. Ses enfants spirituels sont expulsés ; lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1903, de chercher refuge à Plancy, dans I'humble maison qui avait abrité son enfance.

En ces heures douloureuses de I'adversité, la vertu du Père Brisson brille dans tout son éclat. Il tient son âme respectueuse à l'égard des volontés et des permissions de Dieu et redit avec le saint homme Job: « - Le Seigneur m'a tout donné, le Seigneur m'a tout ôté. Que son saint Nom soit béni ! -»   Ferme dans sa foi et sûr des promesses divines pour I'avenir de ses deux Instituts, il n’est point ébranlé dans son invincible confiance : Restons bien dans l’assurance que Dieu est avec nous, dit-il ; tout ce qu’Il permettra sera pour nous un grand bien personnel et sa gloire sera propagée par nous d’une façon plus complète.

Le Seigneur récompense la foi de son fidèle serviteur ; il voit bientôt fleurir à l'étranger les oeuvres des Oblats et des Oblates. A Plancy, la Providence lui ménage la consolation de continuer son apostolat auprès des jeunes ouvrières, dans une maison de patronage, dernier fruit de son zèle. Le Père Brisson achève ainsi sa course, comme il l'a commencée : au pays de sa naissance, en travaillant jusqu'à son dernier jour au salut des âmes qu’il a tant aimées !

Vers le ciel

En janvier 1908, une douloureuse maladie fait pressentir sa fin prochaine. Il l'envisage avec la paix du bon serviteur qui a fidèlement accompli la mission dont Dieu I'a chargé.

Il reçoit les derniers sacrements, le coeur tout embrasé d'amour, avec les sentiments de la foi la plus vive. Le jour de la fête de la Présentation de Jésus au Temple, le 2 février, à l'âge de 90 ans, il rejoint paisiblement son Seigneur.

Ses œuvres lui survivent, et ses nombreux enfants spirituels redisent, jusqu'aux extrémités de la terre, leur filial amour et leur profonde vénération pour celui qui a été leur «bon Père ».


Le 22 septembre 2012, sous le Pontificat de Benoît XVI, le Cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, a présidé la célébration de la béatification du Père Louis Brisson, en la Cathédrale de Troyes.


Pour prier

 Dieu,
Père de tendresse et de miséricorde
nous te remercions
de nous avoir donné,
dans le Bienheureux Louis Brisson
un prêtre à la foi vive
et à la charité inventive.
Animé de ton Esprit,
il a marché à la suite du Christ,
annonçant aux pauvres
et à ceux qui peinent sur le chemin de la vie
que Tu les aimes.
Viens à notre secours et accorde à sa prière
les grâces dont nous avons besoin,
particulièrement...
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Amen



Dieu, Père très bon
qui as donné au prêtre Louis
la foi vive et l’amour ardent d’un apôtre,
accorde-nous, par son intercession,
de suivre les pas du Christ
en joyeux et courageux témoins de l’Évangile.
Par Jésus Christ Notre Seigneur.
Bienheureux Père Louis Brisson, priez pour nous !



Bienheureux Louis Brisson

Prêtre et fondateur des

« Oblates et Oblats de Saint-François de Sales »



Louis Brisson naît à Plancy, dans le diocèse de Troyes en Champagne, le 23 juin 1817. Il est baptisé le 29 juin de cette même année. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Il fait sa première communion le 22 mars 1829 dans l’église de son village et aura toujours un grand amour pour notre Seigneur au Saint-Sacrement. Il est confirmé le 29 juin 1829. D’abord écolier au presbytère de Plancy, Louis Brisson entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes où il se distingue par une ardente piété et son intelligence.

De 1836 à 1840, il poursuit brillamment ses études au grand Séminaire. Il est ordonné prêtre le 19 décembre 1840.

En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant 40 ans, jusqu’en 1884, il se pénètre de la pensée et de la spiritualité de saint François de Sales, sous la remarquable impulsion que la Mère Marie de Sales Chappuis imprime à ce monastère. Toutefois il résiste longtemps à celle-ci qui le presse de fonder une Congrégation de prêtres destinés à répandre la doctrine de St François de Sales. Mais la Providence le conduit peu à peu dans cette direction.

En 1841, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de St François de Sales pour la défense de la foi, nomme l’Abbé Brisson Directeur. Observateur attentif des « signes des temps », l’abbé Brisson se propose aussi – et en cela il est initiateur de protéger la vie morale des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles ateliers et maison de famille. 

En 1866, il en confie la direction à deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs « Oblates de Saint François de Sales ». Léonie Aviat devenue Sœur Françoise de Sales, en est la première Supérieure Générale.

En 1869, Mgr Ravinet demande à l’abbé Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. C’est un vrai défi ! L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… Mais sur l’ordre de son Évêque, il jette le filet… et, aidé de quelques dévoués collaborateurs prêtres, il commence cette Congrégation entrevue par la Mère Chappuis des « Oblats de saint François de Sales ».

Les œuvres de ces 2 Congrégations se développent rapidement : écoles, pensionnats, patronages, mission du Namaqualand au Sud de l’Afrique en 1882, puis dans d’autres pays par la suite. Le Père Brisson en est l’âme et gouverne ses deux familles religieuses avec sûreté de vue et cette clairvoyance que Dieu accorde aux fondateurs. Pendant de nombreuses années, tout converge vers lui ; il traite toutes les affaires : direction des études, travail intellectuel, sciences, art, constructions, organisation matérielle et économique, formation spirituelle des Oblats et des Oblates : rien ne lui demeure étranger, son génie créateur embrasse tout. À cette connaissance approfondie des choses pratiques, il allie une vie intérieure intense. C’est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, vit habituellement en sa présence, se veut adorateur perpétuel de Notre Seigneur dans l’Eucharistie, va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Le sceau divin de l’épreuve marque particulièrement sa vie. D’abord à travers dix années (1878-1888) de relations difficiles avec l’autorité diocésaine qui entrave son action et l’expansion de l’œuvre hors du diocèse ; mais quand sonne l’heure de la réconciliation, à Rome, le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) salue en le Père Brisson « l’homme de la paix ». Puis cette souffrance s’accroît encore, les dix dernières années de sa vie, lors de la persécution religieuse qui se déchaîne en France (1901-1904) et anéantit en grande partie les œuvres des Oblats et des Oblates ; ses fils et ses filles sont expulsés ; leurs maisons sont confisquées. Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904 à chercher refuge à Plancy, dans l’humble maison qui avait abrité son enfance.

En ces années douloureuses d’adversités, la vertu du Père Brisson donne toute sa mesure : il tient son âme respectueuse devant la volonté de Dieu et redit avec Job : « Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté, son Nom soit béni ». Ferme dans la foi et sûr de l’avenir de ses deux Congrégations, il n’est pas ébranlé dans son invincible confiance.

Le Père Brisson expire le jour de la fête de la Présentation de Jésus, le 2 février 1908, à l’âge de 91 ans.

Louis Brisson a été proclamé bienheureux le 22 septembre 2012 dans la cathédrale de Troyes. La célébration solennelle s'est déroulée sous la présidence du card. Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui a lu la lettre apostolique signée par Benoît XVI : « Nous,... concédons que le Vénérable Serviteur de Dieu Louis Brisson, prêtre et fondateur des oblats et des oblates de Saint François de Sales, apôtre de la jeunesse ouvrière, témoin de la charité du Christ à l'exemple du saint évêque de Genève, soit désormais appelé bienheureux et qu'on puisse célébrer sa fête, dans les lieux et selon les règles établies par le droit, chaque année le 12 octobre. »

Pour approfondissements biographiques :


Sources principales : ndvouise.paroisse.net ; wikipédia.org  (« Rév. x gpm »). ©Evangelizo.org 2001-2016




Fr. Louis Brisson, OSFS, co-founder of the Oblates of St. Francis de Sales was born on June 23, 1817, in Plancy, France, the only child of Toussaint and Savine Brisson.  He was educated by a local priest who had a large library.  Louis read everything; he had a special interest in the sciences.

Brisson was ordained a priest on December 19, 1840.  He began as an instructor at the Visitation School in Troyes.  He then became chaplain to the Sisters of the Visitation. 

Mother Marie Therese de Sales Chappuis, the superior, told him many times that the Lord wanted Louis to found a society of priests who would live the Spiritual Directory of St. Francis de Sales and promote Salesian Spirituality.  Brisson refused; Chappuis was persistent in her demands.

One day after again arguing with Mother Chappuis, Christ appeared to Louis.  As he looked into the Lord’s eyes, Louis’ heart was converted and he gave his consent to follow the Good Mother’s direction.

In 1859, Brisson opened a home for girls working in textile factories.  Louis needed he help of religious for his girls’ homes and invited (St.) Leonie Aviat to begin a new congregation, the Oblate Sisters of St. Francis de Sales.

On August 27, 1876, Louis and five other priests professed vows as Oblates of St. Francis de Sales.  Louis instructed both Oblate communities:  “Hold the child in high esteem and instead of frustrating, lend a hand to the work grace accomplishes in these young souls.”

Louis argued with the bishop over authority in the Oblates.  In 1881, he spoke with Pope Leo XIII and accepted a foreign mission which put the governance of the Oblates under the Pope through the Propagation of the Faith.

In 1887, Brisson finished the biography of Mother Chappuis for the opening of her cause for beatification.  On December 7, 1887, the Constitutions of the Oblates were approved by Rome for ten years.  Final approbation came from Rome on December 7, 1897.

In the early 1900′s, the French government closed religious houses in France.  The Oblates transferred their General House to Rome.  Because he was too old to travel, Fr. Brisson went to his family home in Plancy.  He died on February 2, 1908, with Mother Leonie Aviat, OSFS, and Oblate priests at his bedside.

-Taken from Spending a Month with Louis Brisson, compiled by Michael S. Murray, OSFS.


Father Brisson: practicing love for life

We could look at our founder’s life from different perspectives. There are several events in his life and many teachings of his that could be for us a source to reflect on and to learn from.

At this moment I would like to stress one aspect of his life. Reading again the biography of Father Brisson I was surprised about how often he uses the words “love” and “to love”. These are words we hear so many times. But what was interesting to me was discovering that the more our founder was aging the more he spoke about “to love”. One of the reasons for that is certainly his progressive interior identification with Saint Francis de Sales, whose life was centralized on the love of God and of the neighbors.

Right after starting his ministry as chaplain of the Visitation Monastery Louis Brisson had an experience that touched him, and he wrote it down in his diary. He was with Sister Marie-Delphine at the moment when she died, right after he administered the last Sacraments to her. He says: “When seeing the calm and the peace in the face of the dead, I felt renewed in me the deep desire of putting myself totally in my good Master's service. Who am I to be allowed as I am to do that? I am just 24 years of age. The beloved Christ impels me. He wants to show me that He loves me and entrusts to me his inheritance. I love him too.” We see him cultivating a personal and intimate relationship with God, at the very beginning of his priesthood.

He became early very appreciated as teacher both at the diocesan seminary and at the girls’ boarding school at the Visitation. He used to use exciting comparisons that impressed the imagination. He taught with communicative power. He was like the bishop Francis de Sales, who caught the attention of the children when he taught catechism at the cathedral in Annecy. Father Brisson’s love for the poor students was not restricted to the classes. He kept contact with the students after they finished their studies in the school at the Visitation. He kept praying for them and he used to write letters to them. He was more than a teacher; he was a true master who took care of those entrusted to him. He revealed his love as good pastor of the people.

The Visitation Sisters witnessed that in the confession; they felt encouraged to grow in the love of God. Father Brisson revealed his gift to help to discern the real needs of each singular person. He was able to say the right word at the right moment. It didn’t matter what the personal situation of each Sister was. Each of them felt helped listening to him. It didn’t happen only with the Sisters and the students. Former students and their families felt attracted as well by the pastor and master Father Brisson.

He was aware of the two different methods of spiritual direction. “The first is that of authority: I am the teacher and the one who knows what is good for you. I want you to do this because I ask it. That is not the method of the Lord. The second is the one of convincing, of persuasion. We go to others and we try to discover how we can establish dialogue with them. This is the method of the Lord. He didn't preach any dogma. He just counted parables. He didn't impose any obligation of conscience. He let the others see what was good and profitable.”

Mary de Sales Chappuis was for six years in the heart of France, in Paris, center of anticlerical and anti-ecclesial ideas. It was also the center of luxury, of the nobility, in contrast to the poor people, whose life practically didn’t change at all after successive revolutions that happened in France. On the other hand, a reaction to all this could be felt. A reaction that was coming from inside. Like seed that makes new life sprout, in silence, something new was sprouting. As expression of that, several Congregations began to appear. And the Good Mother interfered in this context when embodying a new way of living, based on interior strength that comes from the life of intense union with God and the readiness to do His will. And now, when returning to Troyes, she began with determination to reveal herself as the effective instrument in the hands of God.

We know what happened after that. The Good Mother came back to the Monastery in Troyes in 1844, and than she started trying to convince the Chaplain, Fr. Brisson, to found the Congregation that was in the dreams of the bishop Francis de Sales. And we know about the reluctance of the Chaplain, and his experiences of God showing him His Will. Father Brisson’s love to God and to His Will enabled him to win over his personal resistances.

Meanwhile he was waiting for the right time to start the work of the new foundation, he continued to be sensible to the needs of the people. At that time there was a great need to evangelize the families. Father Brisson dedicated himself to the “Association of Saint Francis de Sales”, the organization to support and to help Christian families, especially in their religious and moral aspects.

Father Brisson became a close friend to Bishop Mermillod – auxiliary bishop of Geneva. The bishop was concerned about the need of a solid Christian formation, based on faith, earnestness and honesty. He said to Father Brisson: “Why not make to fructify the doctrine and teachings of my saint predecessor Saint Francis de Sales? Why not form the new generations like the image of that great figure who dominated his century and will be able to illuminate ours?” And he added: “Dear friend, you have long experience of the methods used by St. Francis de Sales in female education. Everyday you observe, with admiration and surprise, the results obtained by the Visitation of Troyes and by many monasteries which you know. I myself and all of the bishops meet on our way generous, eminent women, whose lives were prepared in the shadow of monasteries and they animated by the evoking blow of the spirit of St. Francis of Sales. That powerful blow could elevate to those heights of conscience and of faith souls of women, would not it also be able to raise souls of men and elevate them to that moral and religious level that would be for all of us the type of what is beautiful and complete in the boys' education?” And he challenged Fr. Brisson to take charge of the undertaking. The Bishop was convinced about the impact of the method of Francis de Sales on humans hearts. He wanted to see the Salesian method to be the source of the renewal of human hearts, which would take to new life and to new moral attitudes. Father Brisson realized that the time to start the work was at hand, and it would be needed to involve himself entirely in the task.

After the foundation of both Congregations the founder revealed his love in very realistic ways to his daughters and sons. He expressed his concerns about Oblates living isolated, but encouraged them to remain faithful to the Directory and to meet and help each other to live their consecrated lives. “The poor priest - he said - is alone in the parish so many times and still he has a soul and a heart which need food and love. Where to find them? “In God”, you will say. But it is necessary that they learn how to live with God. Well, it will be the Directory which will teach them to know God intimately and to live with Him in deep union. The Directory is our strength. It will be theirs. It is a wonderful help.” He suggested to the members of the community to share about their personal spiritual reading. He added: “This way you will find among us hearts which understand you and help you.”

It is interesting how the personality of our founder impressed many people around him. His way to express his love constantly and in small ways was remarkable. After 25 years of our foundation, at the Jubilee of 60 years of Father Brisson’s priesthood, the bishop of Troyes confirmed that Father Brisson had conquered the hearts of the Oblates, and that the Oblates held him in a high esteem and in a high regard. The bishop said: “I don't tell you anything new, Very Reverend Father, and I believe I may say that maybe there is no Superior of a Congregation so dear to his religious confreres as you are. For my heart as bishop it is a show full of sweetness which causes me every day greater satisfaction and, I add, a consolation. So I express the wish that the union which reigns among you, dear Fathers, may strengthen still more and if the probation, which we ask God to deign to remove, comes and reaches you, stay more than ever united among each other.”

The bishop was not the only one who recognized the great influence of Father Brisson. Also the students of our schools expressed their admiration and recognized the importance of our founder in their lives. At the end of the celebration of the Jubilee of Father Brisson’s priesthood, the students expressed themselves in this way: “You gave us two clear and practical orientations for our way. The first is trust in God and love to the Church. The second is trust in ourselves, the conscience of the own value and of the own responsibility.”

After the French parliament decided to suppress the religious Congregations, Father Brisson began to close schools and houses in order to facilitate the workers to get to some other work, before being forced, from one moment to another, to close the doors. He took initiatives coming from a paternal heart that did everything possible for the good of the workers. A director of a school said later: “I remember from my youth that a gentle elder and with appearance of sanctity guided the Congregation and that he always had a special love for the simple people. Therefore I am always thankful to him.” Again and again what is stressed by others is the love that the life of our founder radiated. And his love was directed specially to the simple and the poor people. The bishop, the teachers and the students perceived in our founder a person that captives others through his relationship. The more he advances in the age the more he is recognized by his capacity to touch hearts and to renew them by love.

At the time of the dispersion, he said to the Oblates Sisters: “Thank God for the grace He grants you. Do not ask for the end of persecution, nor another situation. I don't say that you should not pray in order to obtain that the Holy Church be not persecuted any more, but you remain in the hands of God as Saint John. He was with the Master on Tabor. He is again near him in the Olive Garden and at the foot of the cross. And why? Because he loves Him and when there is love, separation is not accepted.” Father Brisson chooses in the Bible examples of people firm in their love in order to encourage his daughters and sons during the difficult time of persecution.

When he was 87 years old he withdrew himself and went to live in Plancy. There he would spend the last years of his life. A time of inactivity apparently began. In reality, however, it was a great retreat for him, the time of supreme purification of his life. There, in silence, he would spend hours reading and reflecting on the Gospel, especially the Gospel of Saint John. It is interesting that he chooses exactly the gospel that speaks more directly about the love of God and the beloved disciple. The heart of our founder seems to be closer and closer to the heart of God. Between God’s heart and Father Brisson’s heart is a mutual relationship based on love.

In 1905 he was still able to preach to the Sisters of the Visitation: “My Sisters, remain faithful, very faithful, and lovingly faithful to everything you must do. I recommend you to put always your heart in the love of God’s Will in order to love Him in everything, in the suffering and in the practice of the Rule: that was our saint Founder’s intention. He instituted an Order based not on penitence, on austerities, but on love. We will always be thankful for the vocation we were called to, because the religious vocation is a grace, a privilege. It requires everything to be done by love, by a generous disposition that, continually, is offered to Him and our neighbor. I ask you to never forget me. I will never abandon you that I assure you. It is very good not to go alone to God, but to go to Him with all those persons we love.” His words to the Visitation Sister sound similar to the words of Francis de Sales. Both recommend to the sisters to remain faithful in the love of God’s Will in everything.

One year later he gave an interesting and realistic directive to the Oblate Sisters, who had been dispersed: “My Daughters, the calamity of this time doesn't allow us to live in community. We were dispersed, some to the right, others to the left. Each one should carry the community in his heart, follow the interior Rule.” In time when to live in community was not possible because of the political situation, he encouraged the Sisters that “each one should carry the community in his heart”. It reminds me of one of the principles of Saint Francis de Sales: “We have no bound but the bound of love!”

What could his beloved daughters and sons hear from their beloved father at the end of his life? What was in his heart at that time, having faced so many and great difficulties during so many years? We have an answer in his words from January 24th 1908. He was very weak, and he was hardly able to pronounce a single word. That day several Oblates Sisters and Oblates were gathered around him. Father Deshairs, on behalf of all of them, asked him: “Father, say a word to the Oblate Fathers and Sisters, a word that will remain as a reminder and which we will keep to conform ourselves always to your desire.” The patient seemed not to have understood, and the question was repeated. He was hardly able to articulate a phrase: “I love you with my whole heart!” The emotion was general. Then all of them prayed there as in a shrine where a painful sacrifice would be offered.

A life centered in practicing love characterized the lives of both, Saint Francis de Sales and Father Brisson. It plays, of course, a central importance in the characteristic of our lives as Oblates of St. Francis de Sales.

May God be blessed!

Fr. Aldino Jose Kiesel, OSFS

Superior General