vendredi 5 août 2016

Bienheureux FRÉDÉRIC JANSSOONE, prêtre franciscain

Bienheureux Frédéric Janssoone

prêtre franciscain ( 1916)

Il naquit à Ghyvelde dans le Nord et se sentit attiré par la spiritualité franciscaine. Il fait de brillantes études, entre au noviciat d'Amiens et est ordonné prêtre le 17 août 1870. Il sera aumônier militaire pendant la guerre. Après avoir fondé le couvent franciscain de Bordeaux, il vient à Paris pour s'occuper de la Custodie de Terre Sainte qui se trouvait alors près de la gare Montparnasse. Il y séjournera du 25 septembre 1875 au 26 avril 1876, travaillant bien sûr pour la Custodie, mais surtout travaillant à la Bibliothèque Nationale pour écrire l'histoire des missions franciscaines avec Marcellin Civezza. Il célébrait la messe avec une foi impressionnante et savait faire partager à ceux qui l'approchaient son intimité avec le Seigneur. Ses recherches sur les saints et les missionnaires franciscains n'étaient pas une simple recherche historique mais une rencontre avec des disciples du Christ. Il quitte Paris pour se rendre en Terre-Sainte jusqu'en 1881, date à laquelle il est envoyé à Trois-Rivières au Canada où il meurt le 4 août 1916.

Béatifié le 25 septembre 1988 par le pape Jean-Paul II.

Note d'un internaute: la fête liturgique de bienheureux Frédéric Jansoone est fixée au 4 août, date de sa naissance au ciel. Au Canada, la célébration en est reportée au 5 août. Le 19 novembre est le jour de sa naissance sur terre.

Frédéric Janssoone (1838-1916), franciscain, commis voyageur du bon Dieu, béatifié le 25 septembre 1988. On le voit partout priant, austère dans sa vie personnelle, pauvre d'une pauvreté extrême. Sa bonté était une bonté toute simple. Il était patient et, dans les difficultés, il restait dans la paix, la sérénité du cœur, parce qu'il se voulait toujours en pleine conformité avec "la volonté du Seigneur". (diocèse d'Edmundston)

A découvrir aussi:


À Montréal au Québec, en 1916, le bienheureux Frédéric Janssoone, prêtre franciscain, qui donna un grand essor aux pèlerinages en Terre sainte pour augmenter la foi.


Martyrologe romain


Frédéric Jansoone


Franciscain, Bienheureux



Frédéric Jansoone, dernier né d'une famille de huit enfants, est né à Ghyvelde, village du diocèse de Lille, dans le nord de la France, tout près de la frontière belge. Mais, de par ses origines, il est des Flandres belges et sa langue maternelle est le flamand. Son père, Pierre Antoine, est un petit fermier qui travaille dur et finit par parvenir à une certaine aisance. Sa mère, Marie-Isabelle Bollengier est cultivée et raffinée. L’éducation donnée à la famille est stricte, très chrétienne, tant dans le domaine de la charité que de la foi. Toutefois, Frédéric connaîtra vite la souffrance, car son père mourut en 1848 alors qu’il n'avait pas encore 10 ans. 
Frédéric fréquenta l'école de son village natal, puis le collège d'Hazebrouk et l'Institut Notre-Dame-des-Dunes de Dunkerque. C'était un garçon très doué pour les études; en 1852 il avait pu commencer ses Humanités (c'est ainsi que l'on appelait les études secondaires) au collège d'Hazebrouck. mais il dut les arrêter en 1855, afin d’aider sa famille aux prises avec de graves difficultés financières. Il s’engagea alors comme commis-voyageur dans une entreprise de textiles, comme représentant de commerce, domaine où il excella. Pendant sept ans, il travailla. Après la mort de sa mère, en 1861, il put reprendre ses études. Deux ans après, en juin 1864, il entra chez les Franciscains d’Amiens. 
Il fut ordonné prêtre le 17 août 1870. Il exerça alors différents ministères au sein de sa congrégation et devint supérieur à Bordeaux, dans une maison qu'il avait fondée avec deux autres confrères en 1871. En 1876, il fut envoyé en Terre Sainte, où, de 1878 à 1888, il occupa le poste de Vicaire Custodial. Il fut ensuite envoyé au Canada, dans la paroisse de Notre-Dame du Cap, à Trois-Rivières, au Québec.  
Frédéric était arrivé à Notre-Dame du Cap le 13 juin 1888. Le 22 juin, se produisit dans la petite église dédiée à la Vierge du Rosaire au sanctuaire de Notre-Dame du Cap, un miracle étonnant, appelé plus tard "Le prodige des yeux". Vers 19 heures, trois hommes priaient dans la petite église: le curé Désilets, le père Frédéric et M. Pierre Lacroix. Pendant qu'ils priaient il se produisit un évènement que le Père Frédéric a lui-même raconté : "La statue de la Vierge, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts; le regard de la Vierge était fixe; elle regardait devant elle, droit à sa hauteur. L'illusion était difficile: son visage se trouvait en pleine lumière par suite du soleil qui luisait à travers une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l'ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d'une personne vivante; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. Ce prodige dura approximativement de cinq à dix minutes.
Que fut la vie de Frédéric au Québec?
Tout d'abord de nombreuses prédications: au Cap-de-la-Madeleine, au sanctuaire de la Réparation à Pointe-aux-Trembles à Montréal, chez les Franciscaines Missionnaires de Marie à Québec et dans toute la province. Il écrivit aussi des articles pour les Annales du Très Saint Rosaire et la Revue eucharistique, revues qu'il avait fondées en 1892, et de nombreuses autres revues populaires de piété. Il rédigea aussi des livres d'édification comme La vie de Notre-Seigneur et la Vie de Saint François.  Enfin, notre bienheureux s'impliquait beaucoup dans la gestion, la direction et le financement du Commissariat de Terre Sainte, ainsi que dans le soutien et le développement des pèlerinages au sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap.
Un professeur, Hermann Giguère, associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et supérieur général du Séminaire de Québec écrira de lui: "Le Père Frédéric représente bien cette spiritualité de la renaissance catholique du milieu du XIXème siècle fondée sur les confréries, sur la prédication visant la conversion et sur la fidélité aux obligations de la religion." Hermann Giguère écrivit aussi: "Son originalité restera d'avoir donné jusqu'au bout le témoignage de la primauté du surnaturel et du spirituel ardemment défendu et annoncée à des milliers de gens dans un langage populaire et avec des moyens qui les rejoignaient et les nourrissaient."
Lorsque les Oblats de Marie Immaculée le relayeront, en 1902, la vie du Père Frédéric Jansoone, fut, jusqu'à sa mort, fortement liée à la communauté de la Basilique Notre-Dame du Cap. Frédéric Jansoone mourut le 4 août 1916, á Montréal, d'un cancer à l'estomac, à l'âge de 77 ans. Son corps fut transporté à Trois-Rivières et enseveli dans la chapelle Saint-Antoine (crypte de la chapelle des Franciscains).
Frédéric Jansoone fut béatifié le 25 septembre 1988  à Rome  par Jean Paul II. Sa fête, au Canada est le 5 août. Ailleurs, c'est le 4 août.
Quelques compléments sur les actions de Frédéric Jansoone
Nous savons que Frédéric Jansoone fut ordonné prêtre à Bourges le 17 août 1870, juste avant la guerre franco-allemande. Sa date d’ordination avait été avancée, afin de lui permettre d’exercer des fonctions sacerdotales comme aumônier dans un hôpital militaire. Après quoi, il fut supérieur à Bordeaux, puis envoyé en Palestine où de nombreux franciscains tenaient la “Custodie de Terre Sainte”. Nommé assistant du supérieur ou ‘gardien’ il eut à assumer de lourdes responsabilités matérielles. Ainsi, c'est à lui que l’on doit la construction de l’église Sainte Catherine de Bethléem (où se célèbre chaque année, en mondovision, la messe de minuit de Noël). Avec un sens diplomatique aigu il s’ingénia aussi à établir des accords entre les différentes confessions chrétiennes, notamment pour leur présence respective dans la basilique du Saint-Sépulcre et celle de Bethléem. Il fit de grandes recherches d’archives et publia une synthèse qui est encore la base de la gestion des sanctuaires de Palestine. Il animait aussi de nombreux pèlerinages, ce qui lui donna l’occasion de rencontrer un prêtre canadien.
Frédéric fut envoyé par ses supérieurs au Québec, en 1881; deux mandats lui étaient confiés: instaurer là-bas la quête du Vendredi-Saint en faveur des Lieux-Saints et visiter les fraternités du Tiers Ordre Franciscain afin d'évaluer les possibilités d'une restauration de l'ordre des Frères mineurs au Canada (le dernier Franciscain, un Récollet, était mort en 1849). Après un nouveau séjour en Terre Sainte, Frédéric revint au Québec,  avec la mission de mettre sur pied un Commissariat de Terre sainte à Trois-Rivières, en attendant qu'il soit possible d'établir une communauté régulière, ce qui fut fait en 1903. Ce sera la première maison franciscaine depuis 1849. Le Père Frédéric prêchait dans tous les diocèses du Québec et jusqu'en Nouvelle-Angleterre; sa prédication, toute franciscaine, était basée sur la Passion et la Résurrection; elle se voulait  simple mais non dépourvue de sentiments, et qui provoquait souvent les larmes des auditeurs.
Jean-Paul II dira de lui: "Il ne cesse d’entraîner ceux qui l’écoutent à s’engager dans la vie évangélique selon les voies tracées par le Tiers-Ordre franciscain et tout autant dans l’apostolat très concret de la vie familiale et professionnelle." 
Il célébrait l’Eucharistie avec une ferveur émouvante. Sa vie montre bien que "l’esprit de contemplation, loin de freiner le zèle apostolique, le fortifie." Directeur des pèlerinages au sanctuaire de Notre Dame du Rosaire, à Cap-de-la-Madeleine, il joua un rôle important dans le développement du culte marial au Québec. Malgré son activité débordante, le Père Frédéric maintenait en lui un esprit de prière et de pénitence hors du commun. Son austérité de vie, son extrême pauvreté, son amour de prédilection pour les pauvres, sa bonté toute simple, sa patience et sa sérénité dans les épreuves, toutes ces vertus l'ont fait comparer à un nouveau François d'Assise. Il contribua largement à répandre l'esprit franciscain au Canada et donna une impulsion décisive à la restauration de l'Ordre franciscain dans ce pays.
Paulette Leblanc

Biographie et itinéraire spirituel du
Bienheureux Frédéric Janssoone (1838-1916)


par Hermann Giguère

professeur associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et supérieur général du Séminaire de Québec 



Homme à la personnalité complexe et apôtre infatigable, le "bon Père de Terre Sainte", comme on le désignait à son premier séjour au Québec en 1881, devenu pour nous le "bon Père Frédéric", a été béatifié par Jean-Paul II le 25 septembre 1988. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'Église catholique au Canada connaissait, grâce à l'immigration et à la natalité élevée des canadiens-français, un essor incroyable: érection de nouveaux évêchés, sept Conciles provinciaux à Québec (de 1851 à 1886), un Concile plénier (Québec 1909). En même temps la colonie nouvellement dotée d'une structure juridique fédérative (Acte de l'Amérique du Nord britannique 1867) se développait elle aussi rapidement. Dans cette Église en pleine ébullition où les conflits, acerbes parfois, n'étaient pas absents (ultramontains et libéraux, par exemple), le "bon Père Frédéric" a su capter le goût de nouvelles expressions de la foi et proposer le message évangélique dans toute son âpreté.

Des Flandres aux rives du Saint-Laurent

Frédéric Janssoone (qu'on appellera souvent dans les documents officiels Frédéric de Ghyvelde) naît le 9 novembre 1838 à Ghyvelde dans les Flandres françaises tout près de la Belgique. Dernier enfant d'un couple remarié (un veuf et une veuve), il est le quatrième enfant vivant de ce couple qui ensemble à leur mariage avait déjà sept autres enfants. Le foyer était imbibé de vie religieuse. Sa mère lisait des livres de spiritualité à haute voix en famille pendant le Carême comme c'était l'usage dans ce coin très catholique de la France. A dix ans, il perd son père Piere-Antoine qui meurt d'un cancer d'estomac le 13 janvier 1848. Malgré tout, en 1852, il peut commencer ses Humanités (études secondaires) au collège d'Hazebrouck alors que son frère Pierre commence sa philosophie au Grand Séminaire de Cambrai. En 1856, il devient commis-voyageur dans le textile à Estaires  ayant dû arrêter ses études pour aider sa mère. A la mort de celle-ci, le 5 mai 1861, il a 23 ans. Il décide de terminer ses études, puis il entre en juin 1864 chez les Franciscains Observants qu'il a connus par le Tiers-Ordre. Il vivra "une lutte et des hésitations sans fin" au cours de ces années de décision, confie-t-il à sa soeur Victoire et à son frère Jean-Baptiste. Il est ordonné prêtre le 17 août 1870.

Jusqu'a son arrivée en Terre Sainte en 1876, il exerce divers ministères: aumônier militaire (quelques mois), sous-maître des novices à Branday; supérieur à Bordeaux, maison qu'il avait fondée avec deux autres confrères en 1871; prédication. Après son installation en Terre Sainte où les susceptibilités nationales causent toutes sortes de différends, il accepte finalement, en 1878, le poste de Vicaire Custodial qu'il occupe jusqu'en 1888. C'est pendant ce temps qu'il fait un bref séjour au Québec, en 1881-1882, invité par l'abbé Provencher, curé de Cap-Rouge près de Québec. Sa retraite prêchée à l'église de Jacques-Cartier, alors église des Congréganistes de la paroisse St-Roch à la Basse-Ville de Québec, est restée célèbre. Mgr Taschereau n'ayant pas apprécié certaines remarques du "bon Père de Terre Sainte" sur le "libéralisme", c'est plutôt à Trois-Rivières, grâce à l'abbé Luc Désilets, curé au Cap-de-la-Madeleine et vicaire général, qu'il décide d'établir le Commissariat de Terre Sainte. Celui-ci ne verra le jour qu'en 1888.

Avec le retour au Québec du Père Frédéric, le 13 juin 1888, une période de grand rayonnement spirituel et apostolique commence: prédications nombreuses aux Tertiaires et à divers groupes au Cap-de-la-Madeleine, au sanctuaire de la Réparation à Pointe-aux-Trembles à Montréal, chez les Franciscaines Missionnaires de Marie à Québec et dans toute la province; articles pour les Annales du Très Saint Rosaire et la Revue eucharistique, mariale et antonienne qu'il avait fondées et de nombreuses revues populaires de piété; livres d'édification comme La vie de Notre-Seigneur et la Vie de Saint François; gestion, direction et financement du Commissariat de Terre Sainte; soutien et implication directe dans le développement des pèlerinages au sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap-de-la-Madeleine. Quelque temps après le jubilé d'or de sa profession religieuse, le Père Frédéric que son estomac fragile avait contraint toute sa vie à un menu surprenant parfois pour son entourage est emporté par un cancer d'estomac comme son père. C'était le 4 août 1916.

Physionomie spirituelle

La béatification du Père Frédéric a officiellement reconnu chez lui les signes d'une sainteté qui s'est épanouie dans une personnalité controversée par moments. Certains de ses confrères portaient des jugements sévères sur leur "bon Père". Ses attitudes, ses réticences, ses comportements les intriguaient. Par ailleurs, les foules le vénéraient et son apostolat marqué d'un élan peu commun était toujours motivé par le désir sincère de "la gloire de Dieu".

Est-il possible d'aller au coeur de ce que fut l'itinéraire spirituel du "bon Père", de pénétrer un peu ce mystère de la rencontre de Dieu qui s'offre à la liberté d'un être qui répond avec ce qu'il est: éducation, caractère, façons de voir?

La "figure calme, amaigrie et austère" du Père Frédéric, ses habitudes de vie, son vêtement renvoyaient immanquablement les interlocuteurs à François d'Assise: un François d'Assise dans le goût du XIXe siècle perçu avant tout dans sa rigueur, son détachement et son ascèse. C'était d'ailleurs cette tradition d'un franciscanisme fidèle à sa pureté primitive qui avait attiré le jeune Frédéric chez les Franciscains de la branche espagnole des Observants restaurés en France par le Père Aréso (la province française avait été érigée en 1860). L'annaliste du couvent des soeurs de Jésus-Marie à Québec note, en 1881, que le dîner du Père a consisté "dans une assiette de soupe et une pomme de terre", qu'"il jeûne tous les jours depuis qu'il est à Québec, ce qui fait trois semaines". "Il ne s'est pas encore couché dans un lit, ajoute-t-elle, mais il prend son repos sur le plancher". Imitation de François d'Assise dans son dénuement, mais aussi dans son acceptation inconditionnelle de la volonté de Dieu. Ce côté austère de la physionomie spirituelle du Père Frédéric à son époque a sans cesse suscité autour de lui des commentaires en général admiratifs, même si certains de ses confrères, parfois, y voyaient un souci d'édifier trop poussé. Cette imitation d'un François d'Assise tel que perçu dans la tradition des Observants a inspiré toute la vie du Père Frédéric. Il s'y est tenu fermement. La fidélité un peu rigide à son modèle ne doit pas nous cacher le chemin intérieur que le Père Frédéric a parcouru vers un abandon de plus en plus vécu au Seigneur.

L'histoire de ce chemin intérieur, de son itinéraire spirituel personnel est jalonnée de "passages", de "crises" dont la nature nous échappe en partie: moments de dépression, santé délabrée, périodes de repos (jusqu'à un an en 1884), retraite à l'écart... N'est-ce pas à travers ces temps de "nuits" que le Seigneur vient lui-même prendre de plus en plus l'initiative dans la vie de cet homme plein de ressources, réalisateur et organisateur? Mystère d'un chemin où petit à petit il apprend à céder, jusqu'au centre de lui-même, à l'appel insistant de son "Seigneur et Maître" dans un combat sans cesse repris, dans une tension spirituelle bienfaisante et dans le mouvement de "nuits" intérieures purifiantes.

Cette esquisse de la physionomie spirituelle du Père Frédéric mériterait d'être poursuivie en parcourant avec un regard neuf l'abondante documentation disponible. Sa sainteté n'en apparaîtrait que plus actuelle.

Missionnaire de l'Évangile

On ne cernerait pas correctement la physionomie spirituelle du Père Frédéric si on la séparait de son apostolat. En effet, il a exercé ses dons de diplomate, d'écrivain, de prédicateur, de solliciteur de fonds dans un esprit qu'aujourd'hui on qualifie volontiers "d'esprit missionnaire", consacré tout entier à l'annonce de la Bonne Nouvelle du salut.

Ses méthodes "missionnaires" sont pour une grande partie périmées pour nous, mais on ne peut s'empêcher d'y reconnaître ce qu'aujourd'hui on cherche avec insistance: la créativité, l'adaptation aux personnes visées, la puissance évocatrice, la proclamation de la Seigneurie de Jésus, le radicalisme évangélique. A travers ses marathons de prédication ( 20 heures presque d'affilée  à Montréal en 1896), à travers les dévotions proposées (indulgence de la Portioncule, chemin de croix en plein air, cordon de saint François, pèlerinages à Notre-Dame-du-Cap, consécration à Marie Reine du T.S.Rosaire, vénération pour Notre-Dame des Sept Douleurs), à travers les reliques de Terre Sainte, à travers ses écrits de piété, ses directoires pour le Tiers-Ordre franciscain, c'est toujours le même souci de rejoindre les gens dans l'annonce du mystère du Christ Mort et Ressuscité qui le guide

Dans une Église qui marque toute la vie du peuple canadien-français de cette époque, il apporte un vent évangélique imprégné du souvenir de la terre de Jésus. Il se fait l'apôtre d'une dévotion tendre pour la personne même de Jésus. Cette orientation concrète de l'annonce de l'évangile était bien faite pour toucher des gens à la foi simple et en même temps elle invitait à un radicalisme qui ne peut jamais être dissocié de l'évangile. L'appel à la conversion a retenti dans la bouche du Père Frédéric avec une force convaincante à l'exemple de Saint Léonard de Port-Maurice (1676-1751) qu'il admirait et dont la prédication l'a inspiré.

Conclusion

Le Père Frédéric représente bien cette spiritualité de la renaissance catholique du milieu du XIXe siècle fondée sur les confréries, sur la prédication visant la conversion et sur la fidélité aux obligations de la religion. Il a trouvé au Québec de son temps, dans une Église prenant de plus en plus le caractère qu'on lui connaîtra jusqu'en 1960, un milieu ardent et réceptif à cette spiritualité. Celle-ci comme sa pastorale veut raffermir et stimuler la foi catholique et susciter une pratique rigoureuse de la religion. L'originalité du Père Frédéric restera d'avoir donné jusqu'au bout le témoignage de la primauté du surnaturel et du spirituel ardemment défendue et annoncée à des milliers de gens dans un langage populaire et avec des moyens qui les rejoignaient et les nourrissaient. Cette primauté du spirituel vécue à l'école de François d'Assise a imprégné ses comportements, au point où à la fin de sa vie on reconnaissait en lui ces fruits de l'Esprit qui font les saints, comme le faisait ce brave citoyen de St-Pierre-de-Broughton dans le diocèse de Québec qui l'appelait tout bonnement le "saint Père" devant le cardinal Bégin, archevêque de Québec, qui aimait raconter cet épisode.

Le "bon Père Frédéric", un des "saints des années 1900" nous invite par l'accueil à celui qui seul est Saint à devenir nous aussi des reflets de Sa sainteté, des "saints de l'an 2000".

  Dernière mise à jour 25 septembre 2008


  Corrections typographiques 14 octobre 2007


Bienheureux Frédéric JANSSOONE

Nom: JANSSOONE
Prénom: Frédéric
Nom de religion: Frédéric
Pays: France - Terre Sainte - Canada

Naissance: 19.11.1838  à Ghyvelde (près de Dunkerque)
Mort: 04.08.1916  à Montréal (repose à Trois-Rivières (prov. de Québec))

Etat: Prêtre - Franciscain

Note: 1864 Franciscain à Amiens. 1870 Prêtre. 1876 en Terre Sainte. 1878 vicaire custodial. Mendiant pour les chrétiens de Palestine. 1881 Canada, quêtant pour la Custodie de Terre Sainte, fonde des revues et développe le culte marial au Québec et le Tiers Ordre franciscain.

Béatification: 25.09.1988  à Rome  par Jean Paul II
Canonisation:
Fête: 5 août
Réf. dans l’Osservatore Romano: 1988 n.39
Réf. dans la Documentation Catholique: 1988 p.1092
Notice brève
Né le 19 novembre 1838 à Ghyvelde (diocèse de Lille), il fut élève du collège d’Hazebrouck et de l’institution Notre-Dame-des-Dunes de Dunkerque. Entré au noviciat franciscain d’Amiens en 1864, ordonné prêtre en 1870, il exerça son ministère dans les couvents franciscains de Bordeaux et Paris. Envoyé en Terre Sainte en 1876, il devint deux ans plus tard assistant du ‘Gardien’ de la Custodie de Terre Sainte. Les besoins économiques des chrétiens de Palestine le poussèrent à se faire vraiment mendiant : Il fut envoyé en 1881 au Canada, pour y quêter en leur faveur. Il y resta 28 ans, fondant diverses revues et jouant un rôle important dans le développement du culte marial au Québec. Il rétablit l’Ordre franciscain dans le pays et développa le Tiers Ordre. Il mourut le 4 août 1916, á Montréal.
Notice développée
Frédéric Janssoone naît dans les Flandres françaises au lieu-dit Meul-Houc, dans la commune de Ghyvelde, près de Dunkerque. Mais par ses origines, il est des Flandres belges et sa langue maternelle est le flamand. Dernier de huit enfants, il est baptisé sous le nom de Frédéric Cornil (Corneille). Son père, Pierre Antoine, est un petit fermier qui travaille dur et finit par parvenir à une certaine aisance. Sa mère, Marie-Isabelle Bollengier est cultivée et raffinée. L’éducation est stricte, très chrétienne aussi, spécialement dans le domaine de la charité et de la foi. L’enfant connaîtra assez tôt la souffrance, car son père meurt en 1848 alors qu’il n’a que 9 ans. Il est très doué pour les études, mais il doit les arrêter en 1855, à cause de la crise économique et afin d’aider sa mère qui a fait de mauvais placements. Il s’engage alors dans une entreprise en textile, où il est représentant de commerce, domaine où il se révèle génial. Plus tard aussi, il gardera le don de bien présenter ses affaires ! À la mort de sa mère, en 1861, il peut reprendre ses études. Un jour, grâce à une dame chez qui il prend pension, il découvre saint François d’Assise et il est conquis. Deux ans après, il entre au couvent franciscain d’Amiens. Devenu “Frère Frédéric de saint Yves” ou plus tard “Frère Frédéric de Ghyvelde”, il est ordonné prêtre à Bourges le 17 août 1870, juste avant la guerre franco-allemande ; sa date d’ordination a été exprès avancée, ce qui lui permet d’exercer ses fonctions sacerdotales comme aumônier dans un hôpital militaire. Rude expérience. Après quoi, il est supérieur à Bordeaux, puis autorisé à aller en Palestine où de nombreux franciscains tiennent la “Custodie de Terre Sainte”. Nommé assistant du supérieur ou ‘gardien’ il a de lourdes responsabilités matérielles. C’est lui, par exemple, à qui l’on doit la construction de l’église Sainte Catherine de Bethléem (où se célèbre chaque année, en mondovision, la messe de minuit de Noël). Avec un sens diplomatique et un esprit de paix dans ce pays sous domination ottomane, il s’ingénie aussi à établir des accords entre les différentes confessions chrétiennes, notamment pour leur présence respective dans la basilique du Saint-Sépulcre et celle de Bethléem. Il fait de grandes recherches d’archives et publie une synthèse qui est, encore maintenant, la “ magna carta ” pour la gestion des sanctuaires de Palestine. Il anime aussi de nombreux pèlerinages ; ce qui lui donne l’occasion de rencontrer un prêtre canadien qui l’invite dans son pays. Ses supérieurs l'envoient au Québec, en 1881, en lui confiant deux mandats : instaurer là-bas la quête du Vendredi-Saint en faveur des Lieux-Saints et visiter les fraternités du Tiers Ordre Franciscain afin d'évaluer les possibilités d'une restauration de l'ordre des Frères mineurs au Canada (le dernier Franciscain, un Récollet, étant mort en 1849). Ses prédications à Québec et Trois-Rivières connaissent un succès remarquable (même si sa méconnaissance du climat politique alors tendu suscite un incident) et il quête pour les Lieux Saints. Dès l’année suivante, cette quête annuelle sera établie dans le diocèse de Québec. Quant à lui, entre temps, il est retourné en Terre Sainte. Mais, six ans après, les Canadiens rappellent “le Bon Père Frédéric”. Ses supérieurs le laissent repartir avec la mission de mettre sur pied un Commissariat de Terre sainte à Trois-Rivières (Québec), en attendant qu'il soit possible d'établir une communauté régulière. Ce sera la première maison franciscaine. De ce modeste pied-à-terre et du couvent régulier qui le remplacera en 1903, le bon Père rayonnera, pendant 28 ans, dans tous les diocèses du Québec et jusqu'en Nouvelle-Angleterre. Il prêche avec zèle. Prédication franciscaine, basée sur la Passion et la Résurrection, simple mais non dépourvue de sentiments, et qui provoque souvent les larmes des auditeurs. Il est capable de prêcher des heures entières, par exemple sur la Passion, sans que les gens voient le temps passer. « Il ne cesse d’entraîner ceux qui l’écoutent à s’engager dans la vie évangélique selon les voies tracées par le Tiers-Ordre franciscain et tout autant dans l’apostolat très concret de la vie familiale et professionnelle » (Jean-Paul II). On lui confie le pèlerinage de Notre-Dame du Cap-de-la-Madeleine, fondé par l’abbé Désilets. De ce sanctuaire encore peu connu, il fait un pèlerinage national, où les Oblats de Marie Immaculée le relayeront en 1902. Cela montre que la dévotion mariale est vraiment “l’âme de son apostolat” (Id). De plus, il a une impressionnante activité littéraire, écrivant beaucoup d’articles, fondant des revues, notamment pour aider la Terre Sainte.

Il célèbre l’eucharistie avec une ferveur émouvante. Sa vie montre bien que « l’esprit de contemplation, loin de freiner le zèle apostolique, le fortifie. Proche de Dieu, il est aussi proche des gens » (Id). Il est joyeux et, dans tout homme, il voit le Christ, spécialement dans les petits.

Marcheur infatigable, bourreau de travail, il prend sur ses nuits et mène une vie très mortifiée; et pourtant, c’est un petit homme, chétif, qui souffre de l’estomac. Épuisé par les austérités et le labeur, atteint d’un cancer à l’estomac, il meurt à Montréal en 1916. Son corps est transféré au couvent de Trois-Rivières.

SOURCE : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0308.htm

JANSSOONE, FRÉDÉRIC (baptisé Frédéric-Cornil, identifié dans quelques documents de sa jeunesse franciscaine comme le frère Frédéric-Yves ou Frédéric de Saint-Yves, mais communément appelé plus tard le père Frédéric Janssoone ou Frédéric de Ghyvelde et, au Québec, « le Bon Père Frédéric »), prêtre de l’ordre des Frères mineurs, prédicateur populaire et écrivain, né le 19 novembre 1838 à Ghyvelde, France, huitième et dernier enfant de Pierre-Antoine Janssoone et de Marie-Isabelle Bollengier ; décédé le 4 août 1916 à Montréal.

Frédéric Janssoone voit le jour en France, mais il est de race et de langue maternelle flamandes. Son père est un cultivateur parvenu par son travail à une modeste aisance ; sa mère, mariée en premières noces à un médecin, est une femme instruite et distinguée. Les deux époux donnent au jeune Frédéric une éducation énergique, marquée par la maîtrise de soi, la droiture et la courtoisie. Ils lui inculquent surtout leur profond esprit de foi et de charité chrétienne. Frédéric fait ses études primaires à l’école de son village. Le 13 janvier 1848, à l’âge de neuf ans, il perd son père. Quatre ans plus tard, se sentant attiré par le sacerdoce, il entre au collège d’Hazebrouck, puis bientôt à l’Institution Notre-Dame des Dunes, près de Dunkerque. Dans les deux établissements, il s’avère un élève aussi appliqué qu’exemplaire et connaît d’excellents résultats scolaires. En 1855, toutefois, des revers de fortune de sa mère l’obligent à interrompre ses études pour secourir les siens. Il trouve un emploi chez des commerçants de tissus. Très mal rétribué d’abord, il devient bientôt, grâce à son sens des affaires et à ses dons de vendeur, un commis voyageur florissant. Le génie du commerce restera à jamais l’un de ses charismes.

À la suite du décès de sa mère en 1861, Janssoone reprend et termine ses humanités. Puis, le 26 juin 1864, il prend l’habit chez les Franciscains d’Amiens. Il est ordonné prêtre à Bourges, le 17 août 1870. Comme la France et la Prusse sont alors en guerre, on a hâté un peu son ordination pour qu’il puisse devenir aumônier d’hôpital militaire. La guerre finie, il participe à la fondation du couvent de Bordeaux, dont il devient supérieur en 1873. Le supériorat lui étant insupportable, on l’en décharge au bout d’un an. Cette libération lui permet de faire un apprentissage en règle de la prédication populaire, en laquelle il excellera toute sa vie.

En 1876, le père Frédéric obtient une mutation en Palestine, où l’ordre des Frères mineurs (communément appelés franciscains) possède une province internationale de 350 religieux appelée custodie de Terre sainte et dirigée par un supérieur ayant le titre de custode. Il y fait ses premières armes au Caire, en Égypte, comme aumônier des Frères des écoles chrétiennes. En 1878, ses supérieurs le rappellent à Jérusalem pour lui confier la fonction de vicaire custodial, c’est-à-dire d’adjoint du custode, qu’il conserve jusqu’en 1888. Le poste comporte de grosses responsabilités administratives, dont l’une des plus lourdes est la surintendance des immeubles de la custodie. C’est dans le cadre de ces fonctions que le père Frédéric fait construire à Bethléem l’église paroissiale de Sainte-Catherine, attenante à la basilique de la Nativité (d’où, chaque Noël, la messe de minuit est aujourd’hui diffusée dans le monde entier). Avec toutes les rivalités politiques et religieuses qui troublent le pays – on est en régime ottoman –, l’exploit exige du vicaire custodial des prodiges de diplomatie et de doigté. Mais il lui faut encore plus de patience et de finesse pour arriver à rédiger les fameux règlements de Bethléem et du Saint-Sépulcre, documents manuscrits infiniment précieux qui codifient enfin les droits des Latins, des Grecs et des Arméniens, co-usagers des deux grands sanctuaires de Palestine. Cette minutieuse compilation, qu’il terminera en 1888, reste toujours la Grande Charte qui régit le comportement des Franciscains résidant en ces hauts lieux de la piété chrétienne.

Ces tâches techniques n’empêchent pas le vicaire custodial d’être un exceptionnel animateur de pèlerinages. Durant les dix années de son séjour à Jérusalem, il accueille et dirige les pèlerins venus de toute la chrétienté avec une compétence d’expert et une ferveur d’ange. Cette tâche lui vaut, le 31 mars 1881, un premier contact avec l’abbé Léon Provancher*, curé de Cap-Rouge, près de Québec, qui, l’été suivant, l’oriente vers le Canada.

Cette première visite du père Frédéric au pays est en fait un voyage de quête occasionné par le retard de l’envoi d’aumônes promises pour la construction de l’église Sainte-Catherine. Le quêteur, passant par New York, arrive à Lévis le 24 août 1881. Si l’on fait abstraction des violents remous politiques suscités par un malencontreux discours sur le libéralisme prononcé à Québec le 10 septembre 1881 – le pauvre voyageur ignore à ce moment les querelles passionnées qui divisent sur cette question les hommes publics et les évêques canadiens-français –, sa campagne est une réussite éclatante. Ses prédications dans les villes de Québec et de Trois-Rivières connaissent un succès fabuleux ; le 24 mars 1882, Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau*, archevêque de Québec, qui, pour le bien de la paix, a momentanément prié le visiteur de quitter son diocèse, couronne sa mission en publiant un mandement ordonnant que, chaque vendredi saint, une collecte pour la Terre sainte ait lieu dans toutes les églises de la province ecclésiastique de Québec. Cette collecte continue à se faire, après un siècle, dans toutes les églises catholiques du Canada.

En mai 1882, l’envoyé de la custodie, épuisé et malade, rentre à Jérusalem. Il y reste six ans. Durant tout ce temps, les Canadiens français, qui ont vu en lui le parfait héritier des récollets, leurs premiers missionnaires, ne cessent de le redemander aux autorités de l’ordre franciscain. Leurs vœux sont enfin exaucés en 1888, année où le père Frédéric revient au Canada pour de bon. Arrivé à la fin de juin, il fait commencer dès le mois d’août la construction, à Trois-Rivières, d’un petit commissariat de Terre sainte, première maison franciscaine à surgir au pays depuis l’extinction des récollets. De ce modeste pied-à-terre et du couvent régulier qui le remplacera en 1903, le missionnaire de Terre sainte rayonnera, pendant 28 ans, dans tous les diocèses du Québec et jusqu’en Nouvelle-Angleterre. On peut distinguer deux phases maîtresses dans ces années d’intense apostolat.

La première correspond aux 14 années pendant lesquelles le père Frédéric est le principal animateur du pèlerinage de Notre-Dame-du-Cap, sanctuaire marial situé à quelques milles de Trois-Rivières. C’est une tâche qu’il a acceptée à son corps défendant, à la demande de Mgr Louis-François Laflèche*, évêque de Trois-Rivières, qui veut renflouer et consolider l’œuvre du curé Luc Desilets*. Pendant toute cette période, le dynamique petit moine va chercher des pèlerins dans tout le Québec, les amenant à Cap-de-la-Madeleine à pleins trains et à pleins bateaux, les dirigeant, les exhortant et les faisant prier, et, pour finir, les consacrant à Notre-Dame-du-Rosaire. Des guérisons sensationnelles accréditent son travail. Le petit pèlerinage paroissial se transforme donc rapidement en pèlerinage diocésain en attendant d’être déclaré pèlerinage national. Quand les oblats de Marie-Immaculée viennent en prendre charge en 1902, il y a déjà une couple d’années que la fréquentation du sanctuaire oscille entre 30 000 et 40 000 personnes par an. On comprend pourquoi, aux funérailles du père Frédéric en 1916, Mgr François-Xavier Cloutier, évêque de Trois-Rivières, jugera bon de rappeler à l’immense assistance présente : « C’est le R.P Frédéric aussi qui, en grande partie, a lancé l’œuvre de Notre-Dame du Rosaire au Cap-de-la-Madeleine. »

Son engagement à Notre-Dame-du-Cap n’est pas encore terminé que le père Frédéric entreprend, en 1895, les quêtes fameuses qu’il poursuit durant une quinzaine d’années dans plusieurs diocèses du Québec : c’est la deuxième des grandes tâches qui mobilisent son énergie au Canada. Commencées à la demande de ses supérieurs, ces épuisantes collectes doivent aider des œuvres diocésaines ou franciscaines comme le sanctuaire de l’Adoration perpétuelle à Québec, le monastère des Pauvres Clarisses à Salaberry-de-Valleyfield, celui des Sœurs adoratrices du Précieux-Sang à Joliette et celui des Franciscains à Trois-Rivières. Vêtu d’un misérable petit manteau brun, jeûnant et couchant sur la dure, le père Frédéric passe de paroisse en paroisse et de maison en maison, bravant les intempéries, les mauvais chemins et les chiens de ferme, prêchant dans les églises, consolant les malades et les affligés ; il vend ses livres au profit des œuvres qui lui ont été confiées et garde une petite commission pour l’œuvre de la Terre sainte. Ce faisant, il revient jusqu’à un certain point à son ancien métier : il est maintenant le commis voyageur de Dieu. Charmés par sa douceur et sa courtoisie, édifiés par sa profonde piété et son incroyable austérité, émerveillés surtout par les prodiges qui s’opèrent çà et là sur son passage, les fidèles voient en lui un autre François d’Assise et l’appelent couramment « le Saint Père ».

L’énergie déployée pour mener à bien ces tâches exténuantes n’empêche pourtant pas le père Frédéric de s’adonner à de nombreuses autres activités. Il s’occupe fort efficacement des intérêts de sa chère Terre sainte, fait ériger des chemins de croix en plein air, prêche des retraites dans les paroisses et les communautés, accompagne des pèlerins non seulement à Cap-de-la-Madeleine mais aussi à Sainte-Anne-de-Beaupré, instaure et visite des fraternités du Tiers-Ordre et, mine de rien, prépare le rétablissement au Canada de l’ordre des Frères mineurs, éteint en 1849 avec la mort du dernier récollet. Il fonde en outre deux revues, les Annales du T. S. Rosaire (Cap-de-la-Madeleine) en 1892 et la Revue eucharistique, mariale et antonienne (Québec) en 1901, qu’il alimente largement de ses articles ; rognant sur son sommeil pour écrire, il mène à bien une étonnante série de publications : articles de journaux et de revues, brochures, ouvrages sur la Terre sainte et la spiritualité, la vie de Jésus, de Marie, de saint Joseph, de sainte Anne, de saint François d’Assise, de saint Antoine de Padoue et du frère Didace Pelletier*, récollet. Et il sait faire en sorte que ces livres se vendent ! La Vie de N-S. Jésus-Christ, par exemple, publiée à Québec en 1894, atteindra une dizaine d’éditions et un tirage record de 42 000 exemplaires.

Usé par les austérités et les travaux et terrassé par un cancer d’estomac, le père Frédéric doit toutefois s’aliter en juin 1916. Le 4 août suivant, après 50 jours de terribles souffrances physiques et morales, il s’éteint doucement à l’infirmerie des Franciscains de la rue Dorchester (boulevard René-Lévesque) à Montréal. Son corps est ramené à Trois-Rivières, où il repose depuis lors. Onze ans après la mort du père Frédéric, des démarches sont entreprises pour obtenir sa glorification par l’Église. Elles débutent en 1927 par le procès informatif de Trois-Rivières, bientôt suivi des procès informatifs de Lille, en France, et d’Alexandrie, en Égypte (1930–1933). Elles aboutissent, le 25 septembre 1988, à la béatification solennelle, proclamée par le pape Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre, à Rome, devant une foule de 50 000 personnes.

Physiquement, le père Frédéric était de taille moyenne, environ 5 pieds 7 pouces, mais de charpente menue et si maigre (pesait-il 115 livres ?) qu’il paraissait fragile et chétif. Il était pourtant d’une endurance physique incroyable : pendant des années, il travailla de 14 à 15 heures par jour malgré des maux d’estomac aussi fréquents que lancinants et un régime alimentaire à la Curé d’Ars. C’est ce qu’il appelait sa « mauvaise santé de fer ». Tout le monde se demandait comment un si petit homme pouvait faire tant de choses en dormant et en mangeant si peu.

Psychologiquement, c’était un « polyphile », un touche-à-tout que des tas de choses attiraient. Ses intérêts, attestés par ses calepins de notes et ses lettres, allaient de la mystique à la culture de la betterave et des framboisiers en passant par la théologie, la philosophie, la littérature, la peinture, l’histoire et la géographie, l’archéologie et la paléographie, l’astronomie, la biologie et la botanique. Il aurait pu passer sa vie à papillonner d’un emballement à l’autre si une éducation forte et austère n’avait de bonne heure discipliné son tempérament. Prenant la relève de sa famille, ses éducateurs franciscains non seulement confirmèrent son sens de la discipline et de l’ascèse, mais lui donnèrent un complément en inculquant à leur recrue une conception assez rigoriste de l’obéissance. Les tendances anarchiques du jeune homme, qui étaient réelles, s’en trouvèrent matées pour la vie. Son formidable dynamisme, canalisé et judicieusement utilisé par des supérieurs intelligents – il en eut deux qui furent particulièrement remarquables, les pères Raphaël Delarbre d’Aurillac et Colomban-Marie Dreyer –, put donner toute sa mesure. La rançon du traitement, qui dans l’ensemble s’avéra sûrement bénéfique, fut qu’il durcit peut-être un peu le surmoi du sujet et affaiblit sa combativité : le père Frédéric garda toute sa vie une conscience timorée et une répugnance invincible pour le supériorat. Il fut plus un lieutenant d’élite qu’un grand patron, un instrument de paix qu’un pourfendeur de torts.

Si le père Frédéric n’avait ni le goût ni le don de l’affrontement, il n’en fut pas moins un remueur d’hommes exceptionnel. C’est qu’il possédait, pour influencer ses semblables, un talent qui fait les bons vendeurs et les grands orateurs, celui de la communication et de la persuasion. Ce don de la parole entraînante, il l’a eu à un degré qui a fait de lui l’émule des plus célèbres prédicateurs de son ordre. Devant les foules pieuses, sans grands gestes ni éclats de voix et les yeux souvent fermés, il pouvait parler des heures sans que les fidèles se lassent de l’écouter. Un jour, dans l’église de Sainte-Marie-Madeleine à Cap-de-la-Madeleine, il lui arriva de prêcher un chemin de croix de quatre heures, au cours duquel ses auditrices, des dames tertiaires de Montréal, trouvèrent, paraît-il, « le temps relativement court ».

La prédication du père Frédéric avait l’allure d’une causerie, mais il s’y cachait un peu plus d’apprêt qu’il n’y paraissait. Pour mieux toucher son monde, le saint homme ne craignait pas de dramatiser et de jouer à fond sur la sensibilité de ses auditeurs : on pleurait beaucoup à ses sermons. Pour mieux édifier, il exerçait aussi une surveillance rigoureuse sur toutes ses attitudes en public (c’est ce qui fait que, dans les photos de groupes, il a souvent l’air raide et figé, ce qui jure avec son véritable tempérament, qui était aimable et joyeux). Mais ces pieux artifices, qui agaçaient certains confrères, relevaient uniquement, chez lui, du désir de sauver les âmes ; et ce désir, les foules le devinaient. Il émanait de lui, comme de tous les saints, une sorte d’aura spirituelle qui, telle la schékina de l’Ancien Testament, était un vrai signe sensible de la présence de Dieu. Le père Edmond Gaudron, qui l’a connu au collège séraphique de Montréal vers 1917, a fort bien décrit ce phénomène : « Il était celui qui faisait apparaître Dieu à des hommes qui ne pouvaient voir Dieu. »

En somme, le père Frédéric a joué au Québec un rôle analogue à celui qu’ont joué en France ses compatriotes Jean-Baptiste-Marie Vianney et Thérèse Martin : celui d’un témoin vivant de la réalité et de la sainteté de Dieu. Ce n’est pas sans mérite qu’il a réussi à ne pas dévier de cette voie. Quand il débarqua au Canada en 1881, la controverse sur le libéralisme faisait rage. L’abbé Desilets, son hôte, aurait bien voulu le mobiliser pour la cause de l’ultramontanisme, qui était aussi celle de son évêque, Mgr Laflèche. Mais, entre les années 1882 et 1888, le missionnaire de Terre sainte eut le temps de réfléchir sur la question et de définir la ligne d’action qu’il lui convenait d’adopter. Dès 1884, il écrivait à son ami Provancher, autre ardent ultramontain, que, si jamais il retournait au Canada, « sa mission sera[it] exclusivement une mission de charité, de pénitence et de paix ». C’était là un programme strictement spirituel, qui reprenait presque littéralement celui que saint François d’Assise et ses disciples avaient vécu au début du xiiie siècle. Tous ses efforts durant les 28 ans qu’il passa au Canada eurent comme objectif exclusif de gagner à Dieu et au Christ ces Canadiens qu’il aimait tant et de faire monter le plus possible leur tonus spirituel.

Il y eut une ristourne à cette évangélisation toute désintéressée : l’éclosion au Québec d’une véritable tendresse pour la chose franciscaine, qui était présentée sous des dehors si amènes et si courtois. Cette cote d’amour favorisa à son tour, comme l’a très bien vu le père Dreyer, le développement de la jeune province Saint-Joseph du Canada. De cette province le père Frédéric n’a pas été seulement l’éclaireur et le préparateur diplomatique : il en a été aussi le géniteur caché, le père spirituel véritable, tant par l’influence qu’il a exercée sur ses premières recrues que par le rayonnement qu’il a eu sur le milieu qui a fourni celles-ci. C’est un fleuron de sa couronne qu’il faut ajouter à ceux qui lui reviennent déjà à titre de cofondateur du sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap et d’évangélisateur émérite du Canada français.


Tout chercheur sérieux qui veut écrire sur le père Frédéric Janssoone doit commencer par étudier attentivement les recherches bibliographiques consacrées au personnage par le père Hugolin Lemay. Ses travaux s’imposent par la précision de leur information et la clarté de leur présentation. Le premier titre à consulter est : les Manuscrits du R. P. Frédéric Janssoone, O.F.M. : description et analyse (Florence, Italie, 1935). Les quatre premières parties de l’ouvrage décrivent les manuscrits du père Frédéric conservés à Trois-Rivières, Montréal, Jérusalem et Bethléem, et la cinquième et dernière partie recense les lettres manuscrites du disparu. Le père Lemay en a identifié et étudié 384. L’autre ouvrage à consulter est celui qui recense les volumes et les articles publiés par le père Frédéric (131 titres) et ceux qu’on a publiés sur lui (117 titres). Il s’intitule : Bibliographie et Iconographie du serviteur de Dieu, le R. P. Frédéric Janssoone, O.F.M. : 1838–1916 (Québec, 1932).

Il saute aux yeux que ces deux ouvrages auraient besoin d’être mis à jour, mais ils sont irremplaçables pour déblayer la voie au chercheur. Celui-ci, une fois orienté, pourra consulter : Trifluvianen ; beatificationis et canonizationis servi Dei Friderici Janssoone positio [...] super virtutibus (Rome, 1978), compte rendu des discussions qui ont précédé, à la Congrégation des causes des saints, la proclamation par le pape de l’héroïcité des vertus de Janssoone. On y trouve notamment un dossier de 447 pages rapportant les principaux témoignages entendus au cours des procès informatifs et apostoliques ; les trois témoignages les plus intéressants sont ceux de l’abbé Louis-Eugène Duguay, très complet et aussi très laudatif (49 pages), du père Valentin-Marie Breton, confrère et pénitent du père Frédéric, beaucoup plus critique (5 pages) et de Mgr Colomban-Marie Dreyer, qui fait preuve de pondération et de jugement (36 pages).

En dehors de ces documents-sources, les ouvrages suivants sont à recommander : Romain Légaré, Un apôtre des deux mondes, le père Frédéric Janssoone, O.F.M., de Ghyvelde (Montréal, 1953), première vraie biographie du père Frédéric, dont le style est toutefois malaisé, car il s’agit d’une synthèse encore imparfaitement mûrie ; cet ouvrage a été traduit en anglais sous le titre An apostle of two worlds : Father Frederic Janssoone, O.F.M., of Ghyvelde, Raphael Brown, trad. (Trois-Rivières, 1958) ; et du même auteur Un grand serviteur de la Terre sainte : le père Frédéric Janssoone, O.F.M. (Trois-Rivières, 1965), livre qui fournit une excellente vue d’ensemble du travail du père Frédéric en Terre sainte. Léon Moreel, Un grand moine français, le R. P. Frédéric Janssoone, O.F.M., apôtre de la Terre sainte et du Canada (Paris, 1951), est un ouvrage pas très sûr pour la partie canadienne de la vie du père Frédéric, mais intéressant en ce qui a trait au pays natal de son héros. P.-E. Trudel, le Serviteur de Dieu, père Frédéric de Ghyvelde, et Bethléem (Trois-Rivières, 1947), est une recherche minutieuse et très fiable qui trace un tableau détaillé de l’œuvre du père Frédéric à Bethléem et fait comprendre toute la portée des recherches que ce dernier a effectuées à Bethléem et l’importance des règlements qu’il a rédigés ; et du même auteur Monseigneur Ange-Marie Hiral, O.F.M. (5 vol., Montréal, 1957–1961), surtout le tome 2, qui donne des détails sur les désagréments qu’a rencontrés le père Frédéric lorsqu’il a voulu préparer l’établissement des Franciscains à Montréal, et le tome 5, qui retrace à grands traits l’histoire de l’installation à Trois-Rivières.

Quand s’annonça, en 1987, la béatification du père Frédéric, une révision du livre du père Légaré était rendue nécessaire. Comme ce dernier était décédé en 1979, on demanda au père Constantin-M. Baillargeon de refaire le volume et d’y effectuer les corrections et additions nécessaires. Publié sous le nom des deux auteurs, l’ouvrage le Bon Père Frédéric (Montréal, 1988) constitue donc la biographie officielle de la béatification, la vie la plus complète et la plus à la page du père Frédéric. Le livre d’André Dumont, le Goût de Dieu : message spirituel du père Frédéric, franciscain, d’après ses lettres (Cap-de-la-Madeleine, Québec, 1989), complète avec bonheur cette biographie. L’auteur y fait une étude méthodique des textes, dans un style familier, révélant un père Frédéric secret et chaleureux que les foules n’ont guère connu, et fait ressortir les lignes de force de sa spiritualité.

À l’occasion de la béatification du père Frédéric, de nombreux articles et publications ont monnayé, pour le grand public, les données fournies par les ouvrages précédents. Signalons dans cette forêt, les deux opuscules suivants : J.-F. Motte, Frédéric Janssoone de Ghyvelde : franciscain apôtre du Christ en trois continents, France (1838–1876), Terre sainte (1876–1888), Canada (1888–1916) (Paris et Montréal, 1988) ; Léandre Poirier, Good Father Frederick, a Franciscan apostle, 1838–1916, Kevin Kidd, trad. (Montréal, 1988), ouvrage traduit aussi en coréen par Agatha Kim et publié à Séoul en 1990.  [c.-m. b.]







JANSSOONE, FRÉDÉRIC (baptized Frédéric-Cornil, called Brother Frédéric-Yves or Frédéric de Saint-Yves in several documents from his early days with the Franciscans, but later commonly known as Father Frédéric Janssoone or Frédéric de Ghyvelde and, in Quebec, as “Good Father Frédéric”), priest of the Order of Friars Minor, popular preacher, and writer; b. 19 Nov. 1838 in Ghyvelde, France, eighth and youngest child of Pierre-Antoine Janssoone and Marie-Isabelle Bollengier; d. 4 Aug. 1916 in Montreal.

Although born in France, Frédéric Janssoone was of Flemish descent and his mother tongue was Flemish. His father, a farmer, had achieved a fairly comfortable standard of living by hard work. His mother, whose first husband had been a physician, was an educated and refined woman. The couple gave young Frédéric a rigorous education, with emphasis on self-control, integrity, and courtesy. Above all, they instilled in him their deep faith and Christian charity. Frédéric attended elementary school in his village. On 13 Jan. 1848, at the age of nine, he lost his father. Four years later, feeling drawn to the priesthood, he enrolled in the Collège d’Hazebrouck, and shortly thereafter in the Institution Notre-Dame des Dunes, near Dunkirk. At both establishments he proved a diligent and exemplary student and achieved excellent academic results. In 1855, however, his mother fell on hard times and he had to interrupt his studies in order to help his family. He found work with some textile merchants. He was paid little at first, but soon, thanks to his business acumen and talent for selling, he became a prosperous travelling salesman. His genius for business would always remain one of his gifts.

Following his mother’s death in 1861, Janssoone resumed and completed his studies in the humanities, and on 26 June 1864 he joined the Order of Friars Minor (commonly called Franciscans) in Amiens. He was ordained to the priesthood in Bourges on 17 Aug. 1870. Since France and Prussia were then at war, his ordination was moved forward a little so he could become a chaplain in a military hospital. After the war he helped found a friary in Bordeaux, and he became its superior in 1873. Since he found the role unbearable, he was relieved of this responsibility a year later. His release gave him the freedom to take an approved course in practical homiletics, at which he would excel all his life.

In 1876 Father Frédéric obtained permission to go to Palestine, where the Franciscans had an international province of 350 members, known as the Custodia of the Holy Land and directed by a superior with the title of custos. His first assignment took him to Cairo, Egypt, as chaplain to the Brothers of the Christian Schools. In 1878 his superiors recalled him to Jerusalem and appointed him custodial curate or assistant to the custos, an office he held until 1888. It involved heavy administrative duties, one of the most onerous being to look after the custodia’s buildings. As part of these responsibilities, Father Frédéric built the parish church of St Catherine in Bethlehem, beside the Church of the Nativity (from where the Christmas midnight mass is still broadcast to the entire world). With all the political and religious rivalries troubling the country, which was under the Ottoman regime, this achievement required prodigious feats of diplomacy and tact on the part of the custodial curate. But he needed even more patience and subtlety to formulate the famous rules for Bethlehem and the Holy Sepulchre, priceless manuscript documents that finally codified the rights of the Latins, Greeks, and Armenians, all of whom used the two great sanctuaries in Palestine. This meticulous compilation, which he would complete in 1888, is still the Magna Carta governing the conduct of the Franciscans who live in these holy places of the Christian faith.

His technical duties did not prevent Father Frédéric from being an exceptional leader of pilgrimages. During his ten years in Jerusalem he welcomed and guided pilgrims from all parts of Christendom with the competence of an expert and the zeal of an angel. Through this work he came in contact for the first time, on 31 March 1881, with Abbé Léon Provancher*, the curé of Cap-Rouge, near Quebec, who brought him to Canada that summer.

Father Frédéric’s initial visit to Quebec was a fund-raising tour occasioned by the fact that charitable donations promised for the construction of St Catherine’s Church were slow in coming. He arrived in Lévis from New York on 24 Aug. 1881. Apart from the political uproar caused by an ill-advised speech on liberalism that he gave at Quebec on 10 Sept. 1881 (the hapless visitor was unaware of the fierce disputes on this subject that divided French Canadian politicians and bishops) his campaign was a triumph. The sermons he preached in Quebec City and Trois-Rivières met with tremendous success. On 24 March 1882 Archbishop Elzéar-Alexandre Taschereau* of Quebec, who in the interest of keeping the peace after Father Frédéric’s speech had asked him to leave the diocese temporarily, crowned his mission by publishing a pastoral letter which ordered that a collection for the Holy Land be taken in all the churches of the ecclesiastical province of Quebec every year, on Good Friday. A century later this custom is still followed in every Catholic church in Canada.

In May 1882, exhausted and ill, the custodia’s envoy returned to Jerusalem, where he remained for six years. During all this time French Canadians, who saw him as the ideal successor to their first missionaries, the Recollets, kept asking the Franciscan authorities to let them have him. Their wishes were finally granted in 1888 when Father Frédéric returned to Canada to stay. He arrived at the end of June and by August had begun building a small Holy Land commissariat in Trois-Rivières, the first Franciscan house to be erected in the country since the disappearance of the Recollets. For the next 28 years, from this modest pied-à-terre and the regular friary replacing it in 1903, the missionary from the Holy Land would go out to every diocese in Quebec and even to New England. These years of intense missionary work fall into two main phases.

The first phase covers Father Frédéric’s 14 years as chief organizer of the pilgrimage to Notre-Dame-du-Cap, a Marian shrine several miles from Trois-Rivières. It was a task he had accepted much against his will, at the request of Bishop Louis-François Laflèche* of Trois-Rivières, who wanted to revive and consolidate the work done by curé Luc Desilets*. During this period the dynamic little friar travelled all through Quebec in search of pilgrims, bringing them to Cap-de-la-Madeleine by the train- and boatload, leading them, exhorting them, getting them to pray, and finally consecrating them to Our Lady of the Rosary. Sensational cures gave credibility to his work, so that a small parish pilgrimage soon became a diocesan one and then verged on being a national one. By the time the Oblates of Mary Immaculate took over responsibility for it in 1902, the crowds had been averaging 30,000 to 40,000 annually for a couple of years. It is not surprising that Bishop François-Xavier Cloutier of Trois-Rivières, speaking at his funeral in 1916, would see fit to remind the huge crowd, “It was Father Frédéric too, who, in large measure, began the work of Our Lady of the Rosary at Cap-de-la-Madeleine.”

In 1895, however, before his commitment at Notre-Dame-du-Cap was finished, Father Frédéric began the famous fund-raising drives that he was to conduct for some 15 years throughout a number of Quebec dioceses. This was the second of the great tasks to which he devoted his energy in Canada. Begun at the request of his superiors, these exhausting campaigns were intended to support diocesan or Franciscan works such as the Sanctuaire de l’Adoration Perpétuelle at Quebec, the monasteries of the Poor Clares in Salaberry-de-Valleyfield and the Sisters Adorers of the Precious Blood in Joliette, and the Franciscan friary in Trois-Rivières. Wearing a wretched skimpy brown coat, fasting and sleeping on the ground, Father Frédéric went from parish to parish and from house to house, braving inclement weather, bad roads, and farm dogs, preaching in the churches, comforting the sick and afflicted, and selling his books for the benefit of the causes entrusted to him, while keeping a small commission for the Holy Land. Thus he returned to some extent to his former occupation: he was now God’s travelling salesman. Charmed by his gentleness and courtesy, edified by his deep piety and incredible austerity, and above all amazed by the marvels that occurred here and there in his wake, the faithful saw him as another Francis of Assisi and were in the habit of calling him “the Holy Father.”

The energy he expended on these exhausting tasks did not prevent Father Frédéric from taking on many other activities. He very effectively looked after the interests of his beloved Holy Land, set up open-air stations of the cross, preached at parish and community retreats, accompanied various pilgrimages to Sainte-Anne-de-Beaupré as well as to Cap-de-la-Madeleine, inaugurated and visited brotherhoods of the Third Order, and quietly set about preparing for the re-establishment in Canada of the Order of Friars Minor, which had disappeared in 1849 with the death of the last Recollet. He also founded two magazines, the Annales du TSRosaire (Cap-de-la-Madeleine) in 1892 and the Revue eucharistique, mariale et antonienne (Québec) in 1901, for which he wrote many of the articles. By sacrificing his sleep, he produced an astonishing series of publications: newspaper and magazine pieces, pamphlets, works on the Holy Land and spirituality, and thick volumes on the lives of Jesus, Mary, St Joseph, St Anne, St Francis of Assisi, St Anthony of Padua, and the Recollet Brother Didace Pelletier*. And he knew how to make his books sell. For example, the Vie de N-SJésus-Christ, which was published at Quebec in 1894, would go through some ten editions with a record print-run of 42,000 in all.

Worn out by austerity and work and afflicted with stomach cancer, Father Frédéric had to take to his bed in June 1916. On 4 August, after 50 days of terrible physical and mental suffering, he died quietly in the Franciscan infirmary on Rue Dorchester (Boulevard René-Lévesque) in Montreal. His body was brought back to Trois-Rivières, where it remains. Eleven years after his death, steps were initiated to have him beatifed by the church. After an informative process in Trois-Rivières in 1927, there were additional ones in Lille, France, and Alexandria, Egypt, between 1930 and 1933. The procedure culminated on 25 Sept. 1988 in a solemn beatification proclaimed by Pope John Paul II in St Peter’s Square in Rome before a crowd of 50,000.

Father Frédéric was of average height (about five feet seven inches), but slight of frame and so thin (possibly 115 pounds) that he seemed frail and puny. And yet he had incredible endurance. For years he worked 14 or 15 hours a day, despite frequent and acute stomach pains and a regimen of insufficient food. He referred to his “sickly iron constitution.” Everyone wondered how such a small man could do so much on so little sleep and nourishment.

By nature he was a lover of many things. His interests, as shown by his notebooks and letters, ranged from mysticism to the growing of beets and raspberry canes and encompassed theology, philosophy, literature, painting, history and geography, archaeology and palaeography, astronomy, biology, and botany. He might have spent his life flitting from one passing concern to another if his temperament had not been disciplined early by a strong and austere education. His Franciscan teachers, in taking over from his family, not only strengthened his sense of discipline and asceticism, but gave him something more by instilling in him a fairly rigid concept of obedience. As a result, the young man’s chaotic tendencies were brought under control for life and his formidable dynamism was able to achieve its full potential thanks to intelligent superiors, especially Father Raphaël Delarbre d’Aurillac and Father Colomban-Marie Dreyer, who channelled it and put it judiciously to use. On the other hand, the treatment, which on the whole certainly proved beneficial, may have slightly hardened his superego and weakened his fighting spirit. Throughout his life Father Frédéric had an overscrupulous conscience and a firm distaste for the office of superior. He was an élite lieutenant rather than a commander-in-chief, an instrument of peace rather than a redresser of wrongs.

Father Frédéric had neither taste nor talent for confrontation, but he was nevertheless an exceptional mover of men. He could influence people by using his ability to communicate and persuade, a talent which makes good salesmen and great orators. He possessed this gift to a degree that made him the equal of the most famous preachers of his order. Without gesturing grandly or raising his voice, and often with his eyes closed, he could speak for hours to devout crowds who never tired of listening. One day, in the church of Sainte-Marie-Madeleine in Cap-de-la-Madeleine, he preached a four-hour sermon at the stations of the cross, during which his audience, women from Montreal belonging to the Franciscan Third Order, apparently found “the time relatively short.”

Father Frédéric’s preaching sounded like an informal talk, but it had a bit more hidden in it than was apparent. In order to reach his listeners more effectively, the holy man did not hesitate to dramatize or play to the utmost on their sensibilities. Many tears were shed during his sermons. Eager to be edifying, he always paid close attention to his appearance in public. Hence in group photos he often looks stiff and stilted, a posture out of keeping with his true temperament, which was kind and cheerful. But all these pious artifices, which irritated some of his colleagues, stemmed from his desire to save souls, a desire the crowds recognized. In common with all saints, he radiated a kind of spiritual aura which, like the Old Testament shekinah, was a true and palpable sign of the presence of God. Father Edmond Gaudron, who made his acquaintance at the Collège Séraphique de Montréal around 1917, has described this phenomenon very well: “He was the one who made God appear to men who could not see God.”

All in all, the role Father Frédéric played in Quebec was analogous to the one played in France by his compatriots Jean-Baptiste-Marie Vianney and Thérèse Martin: that of a living witness to the reality and holiness of God. It is to his credit that he succeeded in keeping to this path. When he arrived in Canada in 1881 the controversy about liberalism was raging. Abbé Desilets, his host, reportedly wanted to recruit him to support ultramontanism, a cause his bishop, Mgr Laflèche, also espoused. Between 1882 and 1888, however, the missionary from the Holy Land had time to ponder the question and decide on the course to pursue. In 1884 he wrote to his friend Provancher, another ardent ultramontane, that should he ever return to Canada, his work would be “exclusively a mission of charity, penitence, and peace.” It was a strictly spiritual program, patterned almost literally after the one St Francis of Assisi and his disciples had followed at the beginning of the 13th century. The sole objective of all his efforts during the 28 years he spent in the country was to win for God and for Christ the Canadians whom he loved so dearly, and to enhance their spiritual lives as much as possible.

This entirely disinterested evangelization produced a bonus: the flowering in Quebec of genuine tenderness towards the Franciscans, who were presented in such an amiable and courteous guise. As Father Dreyer clearly saw, this public affection fostered in turn the development of the new province of Saint-Joseph du Canada. Father Frédéric was not only the advance scout and diplomatic forerunner of this province, he was also its hidden parent, its true spiritual father, both through the influence he exerted on his first recruits and through the wider impact he had had on the milieu that had provided them. It is another glory to be added to those he had already earned as co-founder of the Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap and eminent evangelizer of French Canada.


[Any serious researcher wishing to write about Father Frédéric Janssoone must begin with a careful examination of the bibliographic research done on him by Father Hugolin Lemay, whose scholarship is notable for its precise information and clear presentation. The first four parts of his earlier study, Les manuscrits du R.PFrédéric Janssoone, o.f.m.: description et analyse (Florence, Italie, 1935), describe manuscripts by Father Frédéric held in Trois-Rivières, Que., Montreal, Jerusalem, and Bethlehem. The fifth and final part enumerates his handwritten letters, of which Father Lemay identified and studied 384. His later monograph, Bibliographie et iconographie du serviteur de Dieu, le R.P Frédéric Janssoone, o.f.m.: 1838–1916 (Québec, 1932), lists the books and articles published by Father Frédéric (131 items) as well as works concerning him (117 items).

It is obvious that these two works need to be brought up to date; however, they remain indispensable for opening the way to the researcher, who, once oriented, may turn to Trifluvianen; beatificationis et canonizationis servi Dei Friderici Janssoone positio . . . super virtutibus (Rome, 1978), an account of the discussions at the Sacred Congregation for the Causes of Saints preceding the pope’s proclamation of Janssoone’s heroic virtues. The report includes a 447-page dossier containing the main testimony heard during the informative and apostolic processes. The three most interesting testimonials are those of Abbé Louis-Eugène Duguay, which is very thorough as well as laudatory (49 pages); Father Valentin-Marie Breton, a colleague and penitent of Father Frédéric, which is much more critical (5 pages); and Mgr Colomban-Marie Dreyer, which demonstrates balance and sound judgement (36 pages).

In addition to the primary sources, the following studies can be recommended: Romain Légaré, Un apôtre des deux mondes, le père Frédéric Janssoone, o.f.m., de Ghyvelde (Montréal, 1953), the first true biography of Father Frédéric, which is stylistically awkward because as a synthesis it is not fully developed (an English version is available under the title An apostle of two worlds: Father Frederic Janssoone, o.f.m., of Ghyvelde, trans. Raphael Brown, Trois-Rivières, 1958); Un grand serviteur de la Terre sainte: le père Frédéric Janssoone, o.f.m. (Trois-Rivières, 1965), by the same author, which provides an excellent overview of Janssoone’s work in the Holy Land; Léon Moreel, Un grand moine français, le R.P Frédéric Janssoone, o.f.m., apôtre de la Terre sainte et du Canada (Paris, 1951), which is somewhat unreliable for the Canadian portion of Father Frédéric’s life, but useful for the part dealing with his native land; P.-E. Trudel, Le serviteur de Dieu, père Frédéric de Ghyvelde, et Bethléem (Trois-Rivières, 1947), a meticulous and reliable study which provides a detailed picture of Father Frédéric’s work in Bethlehem and explains the full scope of the research he conducted there and the importance of the rules he formulated; and the same author’s Monseigneur Ange-Marie Hiral, o.f.m. (5v., Montréal, 1957–61), especially vol.2, which details the obstacles Father Frédéric encountered in his efforts to prepare for the establishment of the Franciscans in Montreal, and vol.5, which roughly outlines the history of their establishment in Trois-Rivières.

Upon the announcement of Father Frédéric’s beatification in 1987, a revision of the biography by Father Légaré became necessary. Since he had died in 1979, Father Constantin-M. Baillargeon was asked to rewrite the volume and make any necessary corrections and additions. Published under the names of both authors, Le bon père Frédéric (Montréal, 1988) constitutes the official account of the beatification and the most complete and up-to-date biography of Father Frédéric. André Dumont’s study, Le goût de Dieu: message spirituel du père Frédéric, franciscain, d’après ses lettres (Cap-de-la-Madeleine, Qué., 1989), is a felicitous complement to this biography. A methodical examination of Janssoone’s writings, this work reveals a secret and warmhearted Father Frédéric largely unknown to the public, and brings out the main themes of his spirituality.

On the occasion of Father Frédéric’s beatification, numerous articles and publications, written for the general public, capitalized on the information provided in the aforementioned works. Two small publications among them worth noting are J.-F. Motte, Frédéric Janssoone de Ghyvelde: franciscain apôtre du Christ en trois continents, France (1838–1876), Terre sainte (1876–1888), Canada (1888–1916) (Paris et Montréal, 1988), and Léandre Poirier, Good Father Frederick, a Franciscan apostle, 1838–1916, trans. Kevin Kidd (Montreal, 1988); the latter work was also translated into Korean by Agatha Kim and published at Seoul in 1990.  c.-m.b.]



General Bibliography



Beato Federico Janssoone


Ghyvelde (Francia), 19 novembre 1838 - Montreal (Canada), 4 agosto 1916

Federico nasce a Ghyvelde (Francia) il 19 novembre 1838. A 10 anni perde il padre e, per aiutare la madre, nella prima gioventù si dedica al commercio. A 26 anni entra nel seminario francescano di Amiens. Arriva al sacerdozio nel 1870 ed opera come cappellano militare nella guerra che Napoleone III ha scatenato contro la Prussia. Tornata la pace, Federico è maestro dei novizi ad Amiens. Nel 1875 è in Palestina con la «Custodia di Terrasanta», la plurisecolare «prima linea» dei figli di san Francesco. Padre Federico organizza di aiuti e va di persona a cercare soccorsi in Francia e in Canada. Salutato come salvatore da cristiani di ogni confessione e musulmani, nel 1878 è nominato vicario della Custodia. Torna poi in Canada per guidare da lì gli aiuti canadesi, senza tuttavia trascurare la propria vocazione di evangelizzatore: qui predica, pubblica libri e dirige periodici religiosi. Muore a Montreal, 4 agosto 1916. (Avvenire)

Martirologio Romano: A Montréal nel Québec in Canada, beato Federico Janssoone, sacerdote dell’Ordine dei Frati Minori, che per il progresso della fede diffuse notevolmente i pellegrinaggi in Terra Santa.

Fin da piccolo pensa di farsi prete. Ma a 10 anni perde il padre, piccolo contadino. Per aiutare la madre, nella prima gioventù si dedica allora al commercio ambulante di paese in paese, ed entra nel seminario francescano di Amiens solo a 26 anni. Arriva al sacerdozio trentaduenne, nel 1870: giusto in tempo per fare il cappellano militare nella guerra che l’imperatore Napoleone III ha scatenato contro la Prussia, perdendola in 44 giorni. 

Tornata la pace, Federico fa il maestro dei novizi francescani ad Amiens, crea un nuovo centro dell’Ordine a Bordeaux, e nel 1875 lo troviamo in Palestina. Lavora nella Custodia di Terrasanta, la plurisecolare “prima linea” dei figli di san Francesco. Dopo la ritirata generale dei crociati nel 1261, loro ci sono tornati già ai primi del Trecento. E lì sono rimasti, operosi e inermi, attraverso i secoli, tra crisi, persecuzioni e guerre. (Tutti abbiamo seguito, a fine 2001, la vicenda di quelli tra loro che si trovarono tra due fuochi nella basilica della Natività a Betlemme, sorridenti e intrepidi in mezzo ad armi e armati). Hanno restaurato nel tempo gli edifici sacri e le testimonianze cristiane. E hanno procurato pane e istruzione ai poveri, senza distinzione di fede religiosa. Padre Federico, qui, “esplode” come organizzatore di aiuti in tempo di carestia gravissima causata dalla siccità. La Palestina è sotto dominio turco, ma la Turchia è stata travolta da una crisi finanziaria, finendo sotto amministrazione controllata franco-britannica: il sultano Abdul Hamid non fa nulla per gli affamati di Palestina. E gli appelli al mondo, da lì, li mandano i francescani. 

Padre Federico va di persona a cercare soccorsi in Francia e in Canada. Viene salutato come salvatore dai cristiani di ogni confessione e dai musulmani, e nel 1878 diventa vicario della Custodia: è il numero due, insomma, mentre per tradizione il Custode è sempre un italiano. E sarà infine una specie di protettore a vita per i poveri di Palestina, perché lo mandano in Canada, a Trois-Rivieres (Quebec), per guidare da lì gli aiuti canadesi. Questo è il suo compito, ma lui se ne trova un altro, quello di evangelizzatore: lo chiamano a predicare, pubblica libri e dirige periodici religiosi. In Canada si conclude la sua vita, e da lì parte il movimento per portarlo sugli altari, come “apostolo dei due mondi”. Giovanni Paolo II lo ha beatificato nel 1988.

Autore:
Domenico Agasso