samedi 27 avril 2019

Bienheureux JOSEPH-OUTHAY PHONGPHUMI, catéchiste et martyr



La Cathédrale du Sacré-Cœur de Vientiane, lieu de mémoire des martyrs du Laos

Bienheureux Joseph Outhay


Martyr au Laos ( 1961)

Joseph Outhay, né en Thailande en 1933, mort à Savannakhet en 1961. Catéchiste.

En avril-mai 1961, dans la province de Xieng Khouang, les PP. Louis LeroyMichel Coquelet et Vincent L'Hénoret sont cueillis à leur poste et abattus sans procès. De même dans le sud du pays, le P. Noël Tenaud et son fidèle catéchiste Outhay sont pris et exécutés; le P. Marcel Denis sera retenu prisonnier quelque temps mais partagera le même sort. Un de leur confrères écrit: "Ils ont été, tous, d'admirables missionnaires, prêts à tous les sacrifices, vivant très pauvrement, avec un dévouement sans limite. En cette période troublée, nous avions tous, chacun plus ou moins, le désir du martyre, de donner toute notre vie pour le Christ. Nous n'avions pas peur d'exposer nos vies; nous avions tous le souci d'aller vers les plus pauvres, de visiter les villages, de soigner les malades, et surtout d'annoncer l'Evangile..."

Joseph Outhay naquit vers Noël 1933, dixième enfant d'une famille catholique très pieuse de Kham Koem, dans le Lao Issan, aujourd'hui diocèse de Tharè-Nonseng en Thaïlande. Lorsqu'éclate au Siam la persécution de 1940, le jeune Outhay a sept ans. Sa paroisse puis l'ensemble de la province restent sans prêtre résident; son père est catéchiste et prend le relais. À douze ans, la persécution finie, Outhay est envoyé pour 6 ans au petit séminaire de Ratchaburi. Il revient alors au village: sa mère et ses frères aînés sont tous morts; il doit s'occuper de son père et de ses deux sœurs encore petites... Il se marie donc - il a 19 ans -, mais un an plus tard son épouse meurt en couches, suivie peu après de leur enfant.

Outhay voit là un signe: il partit pour Tharè, se mettant à la disposition de son évêque comme catéchiste diocésain. À l'invitation de son ancien curé, le P. Noël Tenaud, MEP, il suivra bientôt ce dernier vers la Mission de Thakhek au Laos. Homme expérimenté, mûri précocement par la vie, il fut à Pongkiu un catéchiste apprécié de tous, chargé de la formation de jeunes catéchistes débutants. Homme de confiance du P. Tenaud, il le suivra en 1960 vers les régions de la province de Savannakhet à défricher pour l'Evangile. Il partagera aussi son destin final, rendant comme lui l'ultime témoignage de foi le 27 avril 1961. De son vivant, Outhay était déjà considéré comme un catéchiste héroïque. Après sa mort, sa renommée n'a fait que monter, jusqu'à aujourd'hui. Son exemple est une inspiration pour tous.

Il fait partie des martyrs au Laos entre 1954 et 1970 qui seront béatifiés en 2016.

Liens utiles:

- Noël Tenaud (1904-1961), prêtre des Missions Étrangères de Paris envoyé au Siam en 1931, Noël Tenaud est assassiné avec son catéchiste Joseph Outhay Phongphumi le 27 avril 1961 - site OMI, province de France 


Joseph-Outhay Phongphumi (1933-1961)

Un fils de la mission du Laos

Joseph Outhay Phongphumi était un Lao Issan du Nord-Est de la Thaïlande. Son village d´origine, Kham Koem, est situé à 5 kilomètres du chef-lieu de Nakhon Phanom, et à trois kilomètres de Nonseng et du Mékong, en face de l´île de Don Dôn. C´est un paisible village agricole qui vit de la culture du riz. La récolte est complétée par l´élevage des poules et une abondance de fruits de toute sorte. Traditionnellement les familles améliorent leur revenu avec la fabrication de chapeaux coniques en feuilles de latanier - ces couvre-chefs que les Français appelaient jadis « chapeaux annamites ».

Le village est entièrement catholique : fondé avant 1885, ce fut l´un des premiers centres établis au XIXe siècle par les Pères des Missions Étrangères de Paris pour les populations rachetées à l´esclavage - esclavage des marchands de chair humaine ou esclavage de la peur des esprits. Le poste missionnaire appartenait alors à la « Mission du Laos », située à cheval sur le Mékong mais dont la partie la plus développée était en territoire siamois. La paroisse fait partie aujourd´hui du diocèse de Tharè - Nonseng ; le plus ancien registre des baptêmes qui y est conservé remonte à 1904.

Au-delà des rizières, l´horizon est fermé par la dentelle des monts karstiques de Khammouane, au Laos. Le Laos, d´ailleurs, est proche à tout point de vue : les coutumes et le dialecte local sont à peu près les mêmes des deux côtés du fleuve.

De 1934 à 1940 le curé de Kham Koem était le Père Noël Tenaud, m.e.p. ; les paroissiens âgés se souviennent bien de lui, et rappellent qu´ils lui doivent la construction du grand mur d´enceinte en briques - une rareté dans cette région - qui encercle les terrains de l´église. Ce ministère de six années, interrompu par la persécution de 1940, a également préparé l´avenir pour le plus notable des fils de la paroisse : Joseph Outhay Phongphumi.

Les jeunes années : lumières et ombres

Outhay fut baptisé le jour de Noël 1933. On lui donna le nom de saint Joseph, mais la date de l´événement lui vaudra le surnom de « No-en » (en prononciation populaire). Était-ce un signe ? « Noël » est justement le prénom porté par le Père Tenaud. Outhay était né le jour même ou quelques jours plus tôt, dixième enfant d´une famille catholique très pieuse qui comptera vingt-deux naissances. Mais dans ces années de pénurie, où les conditions de vie étaient dures, la nourriture insuffisante et la médecine moderne à peu près absente, la mortalité infantile était très élevée ; la plupart des frères et soeurs d´Outhay moururent en bas âge ou très jeunes.

Le père d´Outhay, Paul Khrua, était catéchiste ; ce fait aussi marquera de façon définitive la vie du jeune homme.

Lorsque éclata la persécution en décembre 1940, le jeune Outhay avait tout juste sept ans. La paroisse de Kham Koem et l´ensemble de la province durent rester sans prêtre résident, avec la messe de loin en loin seulement. Mais le catéchiste Paul Khrua ne laissa pas la foi chrétienne s´étioler. Tout au long des années noires, la famille hébergea Soeur Véronique, une religieuse des Amantes de la Croix de Chieng Khoang à qui l´on interdisait de porter l´habit et de vivre en communauté. La présence à côté de sa mère de cette personne consacrée, éducatrice née, eut sur le jeune garçon une très grande influence, comme ses propres soeurs se plaisent à le rappeler.

La persécution finie, Joseph Outhay avait douze ans. Il était intelligent, éveillé et pieux, et sa conduite était exemplaire. On l´envoya donc dans le sud, au petit séminaire tenu par les Pères Salésiens à Bang Nok Khuek (Ratchaburi), le seul séminaire alors ouvert dans le pays. Il y fera six années d´études secondaires. C´est au cours de ces années que la maman fut emportée à son tour par la maladie.

Au terme de ces études, Outhay n´entra pas au grand séminaire mais revint au village. La raison la plus profonde de ce retour appartient au secret de sa conscience. On peut toutefois penser que la situation familiale eut une part dans la décision. Selon la tradition, il revient à l´un des garçons de s´occuper de ses parents lorsqu´ils sont âgés ou malades. De dizième, Outhay était devenu l´aîné de sa fratrie, suivi de deux filles et de deux garçons ; or la plus âgée de ses deux soeurs, Khamsaen, n´avait que treize ans...

C´était alors un beau jeune homme de dix-huit ans, de corpulence assez forte. Foncièrement bon et droit, il était doté d´une personnalité marquante : le rencontrer ne laissait personne indifférent. Ses soeurs se souviennent de l´amour fraternel qu´il leur portait. C´était aussi un passionné de la foi chrétienne, entièrement dévoué à son travail pour l´Église. Encouragé et entraîné par son père, il dirigeait la prière et les chants à l´église ; il faisait les lectures et enseignait parfois le catéchisme.

On le fiança sans tarder : il fallait une femme à la maison. Maria Khamtan était une petite cousine, mais tout le monde à Kham Koem n´était-il pas plus ou moins cousin ? À leur mariage, le 17 février 1953, Outhay n´avait guère plus de dix-neuf ans, elle en avait presque vingt-cinq. La voici bientôt enceinte ; mais elle mourut en couches en mettant au monde leur petite fille. Trois mois plus tard, l´enfant suivait sa mère dans la tombe.

Un catéchiste expatrié

Outhay ne resta pas longtemps dans ce village où trop de deuils successifs l´avaient durement frappé. Au bout d´un an environ, le Père Noël Tenaud vint visiter ses anciens paroissiens. Il était désormais missionnaire dans la Province de Khammouane au Laos, mais aussi pro-préfet de la Préfecture apostolique de Thakhek (Laos) nouvellement fondée. À ce titre, il cherchait des cadres pour mieux organiser l´évangélisation de ce grand territoire. Il invita le jeune veuf Outhay à le suivre comme catéchiste au Laos, après un stage à l´école des catéchistes de Sriracha, dans le sud de la Thaïlande.

Outhay accepta avec joie de s´ouvrir ainsi à de nouveaux horizons et de relever de nouveaux défis.

Quant à la famille, elle participa au sacrifice dans un esprit de foi. C´est la soeur puînée, Khamsaen, qui allait s´occuper des vieux jours de papa Khrua. Par la suite Outhay, fils fidèle et frère reconnaissant, visitera son vieux père et ses soeurs à peu près une fois par an.

Homme instruit, expérimenté mûri précocement par la vie, il fut catéchiste senior dans la grande paroisse laotienne de Pongkiou, près de Thakhek, centre chrétien important de la minorité Sô. Le Père Tenaud lui confia en partie la formation de jeunes débutants ; le catéchiste Kani était l´un d´entre eux.

Le Père Tenaud fut chargé de la paroisse de Pongkiou de 1944 à 1958 ; Outhay fut à ses côtés durant les trois dernières années - la date précise de son arrivée n´est pas connue.

Un portrait contrasté

Malgré une différence d´âge peu considérable, Kani se souvient d´Outhay comme quelqu´un « d´une autre génération », très réservé et sérieux - trop sérieux peut-être. Il ne fréquentait guère le village, assurant essentiellement son service à l´église. Mais comment s´étonner de cette réserve, de cette distance, chez quelqu´un qui vivait encore intensément des deuils prématurés ?

Outhay avait toutefois un côté bonhomme. Il passait au petit séminaire de Thakhek en compagnie du Père Lek, un prêtre laotien dont il était proche. Soeur Christina était alors cuisinière de l´établissement ; elle le voyait taper dans le ballon avec les jeunes élèves. Ceux-ci l´avaient surnommé « Kèk », c´est-à-dire « l´étranger », mais c´est avec affection qu´ils prononçaient ce nom, ou riaient lorsque son embonpoint rendait sa course pataude.

Soeur Marie-Thérèse a très bien connu Outhay à Pongkiou ; son témoignage explique les contrastes de son tempérament, liés à l´histoire de son enfance :

Je connais bien le caractère du Khru Outhay : esprit humble et dévoué, il accomplissait son travail avec beaucoup de courage. Ce qu´il aimait dans la vie, c´était de donner la Bonne Nouvelle aux autres. Il donnait tout pour l´annonce de l´Évangile. Il avait aussi l´art de ramener les gens dans le droit chemin. Tout le monde appréciait la douceur de son caractère.

Il était particulièrement à l´aise avec les Soeurs Amantes de la Croix, qu´il traitait comme si elles étaient sa propre mère. Il savait aussi faire rire, ménager des bons moments de détente, taquiner les Soeurs pour les faire rire. Mais quand c´était nécessaire, il savait être sévère, notamment avec les jeunes apprentis catéchistes.

Le Père Tenaud, avant son départ pour la Province de Savannakhet, se déplaçait toujours en compagnie du catéchiste Outhay, et ce dernier l´a accompagné plus tard dans la région de Muang Phine.

En effet, le seul vrai confident d´Outhay était bien le Père Tenaud, le curé de son enfance. Dans les rapports sur la disparition et la mort de ce dernier, les responsables de la Mission parleront simplement de « son fidèle catéchiste ». Il n´était pas nécessaire de le nommer, car Outhay partait toujours avec lui, quel que fût le danger. Ils étaient liés d´amitié, inséparables.

Épreuves et départ en mission sans retour

En juin 1958, le Père Tenaud partit en congé en France pour une année entière. Ce départ fut pour Outhay le début d´une période de grande épreuve ; même la nourriture vint à manquer. En désespoir de cause, il décida de rentrer dans son village natal. Après la vocation sacerdotale de son enfance, celle de catéchiste missionnaire allait-elle s´évanouir ? Mais il était d´une famille où l´on croyait en la Providence. Celle-ci se manifesta en la personne de Michel Kien Samophithak, le prêtre thaïlandais qui venait célébrer la messe dominicale dans la paroisse de Kham Koem : or il fut nommé vicaire apostolique de Tharè justement en février 1959.

Le nouvel évêque fit plus ample connaissance avec Outhay, et fut fortement impressionné. La soeur du catéchiste se souvient bien de cela : « Outhay avait une personnalité telle que tous ceux qui le rencontraient étaient contraints de l´aimer. » Mgr Kien voulait fonder dans son vicariat une congrégation de frères enseignants : il vit en Outhay un des piliers de sa fondation, et l´invita à venir vivre à l´évêché. Le jeune homme ne demandait qu´à servir Dieu et l´Église, et suivit donc son évêque.

Cela ne devait durer que quelques mois. En juillet 1959, ce fut l´ordination épiscopale de Mgr Michel Kien, qui prenait ainsi possession du vicariat, mais aussi le retour de congés du Père Noël Tenaud. Or ce dernier était nommé, non pas dans une chrétienté bien établie comme Pongkiou, mais dans un poste missionnaire où le travail d´évangélisation n´avait jamais débuté : dans un effort d´aller ad gentes, vers les non-chrétiens, il prospecterait tout le centre de la Province de Savannakhet, sur deux cents kilomètres le long de la route n° 9, entre Séno et la frontière du Viêt-nam. Il établirait sa résidence dans le bourg de Xépone, dans la montagne, où il n´y avait pas un seul chrétien6. Le Père Tenaud supplia l´évêque - avec larmes, précise la soeur d´Outhay - ; il le persuada de lui céder ce précieux compagnon, afin de pouvoir relever en équipe le nouveau défi apostolique.

Quant au catéchiste, il n´hésita pas à suivre son maître et ami, disposé comme toujours à l´accompagner dans toutes ses tournées d´évangélisation. Au témoignage de sa soeur, Outhay connaissait pourtant bien la nouvelle situation au Laos, et le danger de mort que la guérilla représentait pour les ouvriers de l´Évangile. Le Père Tenaud n´avait pas cherché à le tromper : « Il a invité mon frère à le suivre au Laos pour y mourir ensemble ; il l´exhortait à ne pas laisser son Père mourir seul. Et Outhay a été d´accord pour y aller, tout en sachant bien qu´il allait mourir. » Malgré leur étonnement, les membres de sa famille ne cherchèrent pas à l´en dissuader.

D´aucuns jugeront ces propos exagérés. À l´été 1959 - quelques mois avant la mort violente du Père René Dubroux - les Pères voyaient volontiers le danger de persécution comme une hypothèse lointaine. Les catéchistes, bien plus proches de la population, avaient une vue différente. Le 2 août 1959, ceux de Sam Neua écrivaient à l´évêque de Vientiane une lettre soulignant l´urgence de la situation, dont voici quelques phrases en traduction littérale :

Tes fils estiment que les prêtres... vont avoir des difficultés de toutes sortes... Chaque jour maintenant le trouble s´élève continuellement. Vos fils pensent que c´est une chose très grave parce que les ennemis sont arrivés et très certainement les Pères de par ici n´éviteront pas la mort... Pour ce qui concerne le pays, maintenant ce n´est plus, de beaucoup, la même chose qu´auparavant. Si cela arrive, nous certifions qu´il n´y a pas de moyen de s´en aller, parce que maintenant c´est la population qui est de coeur avec les... ennemis de notre religion.

Les Pères... ne comprennent pas bien encore ce que c´est que la guerre ou la persécution contre les Pères, parce qu´ils ne l´ont pas encore vue de leurs yeux. Ils prennent encore cela à la légère. Vos fils sont des hommes qui ont été avec les Pères depuis toujours et comprennent, et savent bien que si la guerre arrive, et que les prêtres ne s´en vont pas tout d´abord, très certainement les ennemis doivent leur faire du mal jusqu´à ce que mort s´ensuive... En ces jours-ci, vos fils ont pensé et envoyé cette lettre à vous, Monseigneur, pour que vous examiniez le moyen de ne pas perdre les prêtres.

Installation

À Xépone, les deux apôtres s´installèrent juste au-delà du pont, à droite de la route. Le Père Tenaud loua un compartiment dans un bâtiment en bois de style commercial chinois. Un jeune séminariste, alors âgé de dix-huit ans et aujourd´hui prêtre au Laos, les a visités à l´occasion de ses voyages vers le Viêt-nam, et « garde un très vif souvenir de ce séjour ». Outhay et lui se baignaient dans la rivière, et le catéchiste lui racontait volontiers son apostolat. « Je n´ai pas vu les activités missionnaires dans les villages, mais Outhay m´a raconté comment ils prenaient des contacts. C´était un homme cordial, chaleureux, qui parlait facilement. »

De même, pour Mgr Pierre Bach qui a fait sa connaissance durant cette dernière année de sa vie, Outhay était quelqu´un de « très ouvert aux autres, autant que cela était possible dans l´ambiance du Laos à cette époque. » Soeur Marie-Thérèse corrobore cette vision : « Catéchiste attitré du Père Tenaud, c´est lui qui parlait familièrement, fraternellement avec les gens, en se mettant à leur portée ; en effet, avec les prêtres il y a une trop grande distance. »

Comme le Père Tenaud, Outhay avait aussi un pied-à-terre en ville à Savannakhet, pour les temps de repos et de retraite : une maison de bois construite derrière le chevet de l´église, la future cathédrale. L´intention était d´en faire un petit centre de formation pour les catéchistes. Plus tard, cette maison a été démontée et sert aujourd´hui d´église dans un village.

Le dernier voyage

Pour Noël Tenaud et Joseph Outhay, le « dernier voyage » s´est fait en deux étapes : la dernière remontée vers Xépone et la tentative de retour vers la vallée du Mékong. La reconstitution de ce double voyage reste en partie hypothétique.

Début 1961, la position de Xépone était menacée par la guérilla et surtout par son puissant allié nord-vietnamien : les plans de la future piste Hô Chí Minh exigeaient d´en éliminer toute présence indésirable. Selon Mgr Pierre Bach, futur évêque de Savannakhet, « on avait déconseillé au Père Tenaud, à cause du danger, de retourner dans cette région ; mais lui avait tenu à y aller malgré tout, afin d´affermir le courage des chrétiens isolés. Le catéchiste Outhay a accepté, comme toujours, de l´accompagner. »

Sur le dernier voyage, il y a des bribes de témoignages ; mises ensemble, celles-ci donnent une image en pointillés relativement précise. Outhay a été mortellement blessé en même temps que le Père Tenaud au moment de l´embuscade, mais le moment précis de sa mort n´est pas connu. Un témoin, habitué de la région, s´exprime ainsi :

Un ancien de Muang Phine m´a indiqué l´emplacement de l´embuscade ; mais je ne sais pas s´il faut lui faire confiance sur le détail. C´est lui qui m´a dit qu´Outhay avait été seulement blessé. Le Père Aballain a su cela aussi peut-être par d´autres personnes. J´ai présumé que le Père Tenaud avait été enterré au bord de la route, et que Outhay avait été soigné, soit à Phalane, soit à Muang Phine, ou même à Xépone. À mon avis, c´est à Xépone qu´il est mort parce que c´est là que le GMC est retourné. Le Père Aballain l´expliquait aussi comme cela après son enquête.

Le lieu de l´échauffourée qui coûta la vie au P. Tenaud et ultimement au catéchiste Outhay est au Km 124. Une troupe partisans, affamés, étaient sortis de la forêt ; ils avaient arrêté un autobus et dévalisaient les voyageurs pour de la nourriture. Survint un camion GMC commandé par le capitaine Phou Vieng, de l´armée royale, sous la protection duquel voyageaient Tenaud et Outhay. Une fusillade s´ensuivit, avec beaucoup de morts. Le P. Tenaud, tué, fut enterré dans la nature, avec les autres morts, à proximité du km 124. Outhay, blessé et soigné à l´hôpital de Phalane, mourut quelques jours plus tard, soit à Phalane, soit à Xepone. À proximité du lieu de l´embuscade se trouve maintenant le village de Nonsa-ad (km 125).

Après la mort du Père Tenaud la route était coupée, et pendant longtemps on n´a plus eu de nouvelles. A partir de 1994, et jusqu´à aujourd´hui, quelques tournées missionnaires ont pu avoir lieu sur cette route.

Circonstances, motifs et sens de cette mort

Témoignage de Mgr Bach, m.e.p.

Quand le catéchiste Outhay et le Père Tenaud ont disparu en avril-mai 1961, j´étais absent du Laos, en Thaïlande pour quelques mois. Ce que je sais de leur mort est donc ce que j´ai entendu des témoins.

Les deux voyageaient dans la même voiture. Celle-ci circulait alors sur la route qui va de Savannakhet vers le Viêt-nam. L´attaque est survenue à la hauteur de Tchépone, c´est-à-dire dans le no man´s land au-delà des positions de l´armée royale laotienne. Cette zone était tenue par la guérilla... Pour cette raison il a été impossible d´y aller pour récupérer les corps.

Outhay aurait été blessé dans l´attaque, mais il est mort de ses blessures peu de temps après.

Sur l´embuscade fatale, il existe deux théories :

·       Elle a été le fait de l´armée royale, qui ne permettait à personne de se rendre en zone ennemie. Cette hypothèse n´est guère vraisemblable, et je n´y crois pas.

·       Elle a été le fait de la guérilla, qui ne voulait pas d´interférences dans la zone qu´elle contrôlait. C´est l´hypothèse qui a été finalement retenue.

Je suis certain que le catéchiste Outhay n´était mêlé d´aucune façon aux questions militaires ou politiques. Il n´y a pas de doute qu´Outhay était lui-même conscient du danger. Il savait bien ce qui pouvait arriver. Pour moi, c´est la preuve qu´il acceptait librement de donner sa vie pour sa mission, à cause de sa foi. Il avait choisi de suivre le Christ et de servir le peuple de Dieu, quoi qu´il arrive. Il a été fidèle jusqu´à la mort à cette option.

Je ne peux pas dire quels sont les motifs qui expliquent directement le geste de ceux qui l´ont tué. Je sais toutefois que les gens de la guérilla avaient été formés dans les maquis par les Viêt-minh à la haine de la religion : ils voulaient à tout prix supprimer la foi chrétienne dans le peuple laotien.

Bien sûr, il y avait dans les motivations des adversaires un certain mélange. Ils faisaient l´amalgame entre la haine du capitalisme, des Américains, des étrangers... Ceci dit, l´attitude anti-religieuse est évidente chez eux : il y a à peine quelques années les autorités au pouvoir continuaient à faire signer aux chefs de famille des documents d´abjuration de la religion chrétienne. Certains acceptaient pour avoir la paix ; d´autres refusaient...

La haine de la foi chrétienne a donc bien été, au moins indirectement, la cause de la mort d´Outhay.

La réputation de martyr du catéchiste Outhay

Témoignage de Mgr Bach, m.e.p.

"Je considère personnellement le catéchiste Outhay comme un martyr, c´est-à-dire comme un chrétien héroïque qui a offert sa vie courageusement pour sa foi, qui a suivi le Christ jusque dans la mort.

Les chrétiens de Savannakhet, qui l´ont connu ou ont entendu parler de lui, partagent cette même conviction. Les prêtres diocésains de Savannakhet pourront attester cela.

La réputation de martyr d´Outhay a commencé dès le moment de sa mort ; d´ailleurs, dès avant sa mort, il était considéré par ceux qui le connaissaient comme un catéchiste héroïque. Après sa mort, sa renommée n´a fait que monter, et ce, jusqu´à aujourd´hui. Je peux attester cela pour les prêtres et les religieuses ; pour les chrétiens laïcs, n´étant pas en contact avec eux, je ne puis toutefois en répondre.

Je n´ai pas connaissance de chrétiens qui ne partageraient pas cette certitude. Je n´ai jamais entendu non plus, de la part de non chrétiens, d´affirmations qui s´opposeraient à cette réputation. Les Laotiens en général voient dans ces chrétiens morts pour leur foi des héros à leur manière, des hommes qui n´avaient pas peur : pour eux ce sont des gens qui suivaient leur maître. Comme le prêtre suit son Maître, le Christ, le catéchiste Outhay a suivi le prêtre comme son maître, jusque dans la mort.

Oui, il m´arrive de m´inspirer de l´exemple laissé par le catéchiste Outhay, et je pense que cet exemple inspire d´autres chrétiens. Oui, il m´arrive de demander l´intercession auprès de Dieu de nos « martyrs » du Laos ; je le fais de façon collective, sans privilégier tel ou tel. Je peux aussi attester qu´à Savannakhet et dans les villages on fait mention d´eux après chaque messe."

Le témoignage de Mgr Bach est rejoint par celui de Kani, le catéchiste laotien :

"Je suis persuadé que le catéchiste Outhay est vraiment un martyr. Il n´a pas eu peur de partir dans les régions où régnait l´insécurité. Il connaissait certainement le danger de la situation. Mais quant à lui, il faisait confiance au Père : il le suivait comme un disciple suit son maître. Il ne voulait à aucun prix le laisser seul."

La mort du catéchiste Outhay n´a pas plongé sa famille dans le désespoir : sa parenté croit fermement qu´il est mort pour Dieu. Il s´était engagé dans l´enseignement du catéchisme, pour faire connaître l´amour de Dieu à ceux qui ne le connaissent pas. Il a suivi le Père Tenaud et à collaboré avec lui à l´oeuvre du Seigneur. Ses soeurs croient fermement qu´il est avec Dieu et prie pour ceux qui sont encore en vie, à Khamkoem et au Laos, parce qu´il les aimait tant.


Blessed Joseph Outhay Phongphumi


Profile

Layman catechist in the apostolic vicariate of Savannakhet (in modern Laos). Martyr.

Born
  • 1933 in Kham Koem, Nakhon Phanom, Thailand


Beato Giuseppe Outhay Phongphumi Catechista e martire



Kham Koem, Thailandia, 1933 - Phalane, Laos, 27 aprile 1961

Joseph Outhay Phongphumi nacque nel Siam (l’attuale Thailandia) in una famiglia numerosa e già cattolica e fu inviato al Seminario minore di Ratchaburi, da cui uscì, terminato il corso di studi, per prendersi cura della sua famiglia. Si sposò a diciannove anni, ma sua moglie morì di parto l’anno seguente, insieme alla loro unica figlia. Per lui fu il segno che doveva mettersi a disposizione come catechista diocesano, seguendo padre Noël Tenaud, delle Missioni Estere di Parigi. Nell’aprile 1961 cadde in un’imboscata insieme a lui e a un ragazzo sordomuto, poi liberato. Quando il missionario chiese di essere riportato alla missione con Joseph Outhay, entrambi vennero portati via e uccisi il 27 aprile 1961. Inseriti nel gruppo di quindici martiri capeggiato dal sacerdote laotiano Joseph Thao Tiên, sono stati beatificati l’11 dicembre 2016 a Vientiane, nel Laos. La loro memoria liturgica cade il 16 dicembre, unitamente a quella degli altri quindici martiri del Laos.

Primi anni

Joseph Outhay Phongphumi nacque a Kham Koem, un villaggio agricolo nel nord-est dell’attuale Thailandia, a ridosso del Natale 1933, data nella quale fu battezzato. Il suo villaggio era uno dei primi ad essere stato evangelizzato dai sacerdoti della Società delle Missioni Estere di Parigi, che si occupavano di un vasto territorio tra Laos e Siam.

Outhay era il decimo di ventidue figli, quasi tutti morti giovanissimi o comunque in tenera età. Suo padre, Paul Khrua, era catechista e non si lasciò impaurire dalla persecuzione avviata in Siam nel dicembre 1940, anzi: ospitò in casa propria suor Veronica, delle Religiose Amanti della Croce, alla quale era stato proibito di portare l’abito religioso e di vivere in comunità. Le sorelle di Outhay notarono subito che la sua presenza, accanto a quella della madre, era molto importante per lui.

Allievo del Seminario minore, poi catechista

Al termine della persecuzione, Joseph Outhay aveva dodici anni ed era intelligente, dotato e religioso. Per questo motivo venne inviato al sud, nel Seminario minore retto dai Salesiani a Bang Nok Khuek (Ratchaburi), all’epoca l’unico del Paese.

Terminato il periodo di sei anni per gli studi secondari, tornò al villaggio. Non si sa per quale motivo: forse era perché, nel frattempo, la madre era morta, come anche i suoi fratelli più anziani. Ritrovatosi a essere il figlio maggiore, dovette quindi prendersi cura del padre e dei quattro fratelli minori rimasti.

Le sorelle ricordarono che era dotato di un carattere onesto, che non lasciava indifferente chiunque lo incontrasse. Appassionatissimo alla sua fede cristiana, come gli era stato insegnato dal padre, dirigeva la preghiera e i canti in chiesa; proclamava le letture e a volte insegnava il catechismo.

Sposato e subito vedovo

Dato che era ormai in età per prendere moglie, gli fu presentata una cugina, Maria Khamtan. Si sposarono il 17 febbraio 1953: lo sposo aveva poco più di diciannove anni, mentre la sposa ne aveva venticinque. Tuttavia, rimase presto vedovo: la moglie, infatti, morì di parto e, tre mesi dopo, fu seguita dalla loro unica figlia.

Al seguito di padre Noël Tenaud

Provato da quei lutti, Joseph Outhay accettò la proposta di padre Noël Tenaud, della Società delle Missioni Estere di Parigi, che tempo addietro era stato parroco della comunità cristiana di Kham Koem e all’epoca era missionario nella provincia di Khammouan nel Laos, nonché pro-prefetto della Prefettura apostolica di Thakhek, di recente fondazione. 

Stava appunto cercando nuove leve per organizzare al meglio l’evangelizzazione in quel territorio tanto esteso: invitò quindi il giovane vedovo a seguirlo, dopo il necessario periodo di formazione nella scuola di Sriracha, nel sud della Thailandia.

Outhay accettò con gioia, pur soffrendo il distacco dalla famiglia, che comprese il suo desiderio di nuove sfide. In seguito, in spirito di fedeltà e riconoscenza, tornò a trovare i familiari almeno una volta l’anno.

Fu al fianco di padre Tenaud durante i suoi ultimi tre anni nella parrocchia di Pongkiou, vicino a Thakhek, centro importante per il servizio alla minoranza etnica dei Sô. In particolare, si occupò d’insegnare agli apprendisti catechisti, ai quali mostrava la parte seria del suo carattere. Per il resto, era capace di far sorridere le Suore Amanti della Croce, che conservarono di lui un buon ricordo. Tutte le sue migliori risorse erano impiegate per trasmettere il Vangelo agli altri.

Al servizio del vicario apostolico

Nel giugno 1958, padre Tenaud tornò in Francia per un anno di riposo. Questo fatto, unito a un periodo in cui mancò perfino da mangiare, spinse Outhay a tornare nel suo villaggio natale. Mentre era sul punto di cedere alla disperazione, pur confidando nella Provvidenza, entrò in contatto con don Michel Kien Samophithak, il sacerdote thailandese che celebrava la Messa domenicale nella parrocchia di Kham Koem.

Nominato vicario apostolico di Tharè nel febbraio 1959, conobbe più profondamente Outhay, restando favorevolmente colpito da lui. La sua intenzione era fondare una congregazione di fratelli insegnanti e pensava che lui potesse esserne uno dei pilastri; così, l’invitò a venire a vivere in episcopio. Il giovane, che non aveva altro pensiero se non servire Dio e la Chiesa, acconsentì.

Di nuovo con padre Tenaud

Monsignor Michel Kien venne ordinato vescovo nel luglio 1959 e prese possesso del vicariato, ma nello stesso periodo tornò padre Noel Tenaud con un nuovo incarico: accettò una parrocchia pressoché inesistente, in una provincia del tutto priva di cristiani, dove quindi l’evangelizzazione non era ancora cominciata. Facendo base a Savannakhet, visitava i villaggi verso la frontiera del Vietnam, con la speranza di creare una nuova comunità cristiana. Per questo motivo, supplicò il vescovo – fino alle lacrime, faceva notare la sorella di Outhay – di cederglielo e di riprendere il lavoro di squadra con lui.
Quanto al diretto interessato, non esitò un momento a seguirlo nei suoi viaggi di evangelizzazione. Era consapevole dei rischi cui poteva andare incontro, nella situazione politica del Laos che era sempre più complicata; perciò, i suoi familiari non cercarono di dissuaderlo.

Il missionario e il catechista s’installarono a Xepone, ma avevano anche una piccola residenza nella città di Savannakhet, per trascorrervi qualche giorno di riposo e per i momenti di ritiro. Se con i sacerdoti la gente del luogo si teneva a distanza, con Outhay si apriva più facilmente.

L’ultimo viaggio

Nell’aprile 1961, padre Tenaud partì con lui e con un giovanissimo cristiano sordomuto, per girare i villaggi che gli erano stati affidati. Giunto al passaggio del campo di Seno (Xenô), i militari francesi l’avvertirono che un attacco dei nord-vietnamiti si stava preparando sulla zona che doveva raggiungere e lo sconsigliarono formalmente di proseguire. Più avanti, un pastore protestante gli confermò la brutta notizia, ma lui tirò dritto.

Dopo aver raggiunto il cuore dell’offensiva, tornò indietro, ma la strada era stata interrotta oltre Phalane, a circa cinquanta chilometri da Savannakhet. I tre viaggiatori, allora, si rifugiarono in un villaggio lungo la strada, ma furono traditi dai loro stessi ospiti e arrestati dai soldati nord-vietnamiti, che imposero loro di tornare a Phalane.

Sulla strada tra Muang Phine e Phalane, tuttavia, caddero in un’imboscata: i soldati furono uccisi, padre Tenaud ferito a una gamba, mentre Outhay fu colpito al collo. Ricondotti a Phalane, vennero curati, mentre il ragazzo sordomuto venne rimesso in libertà.

Il martirio

Dopo otto giorni, il missionario domandò all’amministrazione provvisoria stabilita nella zona di poter rientrare a Savannakhet con Outhay. Alcuni testimoni li videro uscire dall’ufficio dell’amministrazione e, da allora, non ebbero più loro notizie né arrivarono a destinazione.

Nel 1963 varie testimonianze condussero a pensare che entrambi fossero dispersi. La Società delle Missioni Estere registrò quindi la morte di padre Tenaud alla data presunta del 15 dicembre 1962. Un avviso ufficiale dell’ambasciata di Francia in Laos, datato 19 aprile 1967, retrodatò la sua uccisione al 27 aprile 1961. La ragione ultima dell’accaduto rientrava probabilmente nei tentativi da parte dei guerriglieri di sradicare il cristianesimo dal Laos: era visto come un pericolo e i missionari apparivano, di conseguenza, come “nemici del popolo”.

La causa di beatificazione

Padre Noël Tenaud e Joseph Outhay Phongphumi sono stati inseriti in un elenco di quindici tra sacerdoti, diocesani e missionari, e laici, uccisi tra Laos e Vietnam negli anni 1954-1970 e capeggiati dal sacerdote laotiano Joseph Thao Tiên. La fase diocesana del loro processo di beatificazione, ottenuto il nulla osta dalla Santa Sede il 18 gennaio 2008, si è svolta a Nantes (di cui era originario il già citato padre Jean-Baptiste Malo) dal 10 giugno 2008 al 27 febbraio 2010, supportata da una commissione storica.

A partire dalla fase romana, ovvero dal 13 ottobre 2012, la Congregazione delle Cause dei Santi ha concesso che la loro “Positio super martyrio”, consegnata nel 2014, venisse coordinata, poi studiata, congiuntamente a quella di padre Mario Borzaga, dei Missionari Oblati di Maria Immacolata, e del catechista Paul Thoj Xyooj (la cui fase diocesana si era svolta a Trento).

Il decreto sul martirio e la beatificazione

Il 27 novembre 2014 la riunione dei consultori teologi si è quindi pronunciata favorevolmente circa il martirio di tutti e diciassette. Questo parere positivo è stato confermato il 2 giugno 2015 dal congresso dei cardinali e vescovi della Congregazione delle Cause dei Santi, ma solo per Joseph Thao Tiên e i suoi quattordici compagni: padre Borzaga e il catechista, infatti, avevano già ottenuto la promulgazione del decreto sul martirio il 5 maggio 2015. Esattamente un mese dopo, il 5 giugno, papa Francesco autorizzava anche quello per gli altri quindici.

La beatificazione congiunta dei diciassette martiri, dopo accaniti dibattiti, è stata infine fissata a domenica 11 dicembre 2016 a Vientiane, nel Laos. A presiederla, come inviato del Santo Padre, il cardinal Orlando Quevedo, arcivescovo di Cotabato nelle Filippine e Missionario Oblato di Maria Immacolata. La loro memoria liturgica cade il 16 dicembre, anniversario del martirio di padre Jean Wauthier, Missionario Oblato di Maria Immacolata.


Autore: Emilia Flocchini