jeudi 23 janvier 2014

Sainte MARIANNE COPE, religieuse


MARIANNE COPE DE MOLOKAI (1838-1918)

Née le 23 janvier 1838 à Heppenheim, Hessen-Darmstadt (Allemagne) dans une famille d'agriculteurs, ses parents émigrèrent alors qu'elle était enfant aux Etats-Unis et s'établirent à Utica (Etat de New York). Dès l'âge de 15 ans elle souhaita entrer au couvent, mais elle dut s'occuper de ses plus jeunes frères car ses parents étaient gravement malades. Elle dut donc repousser son projet de quelques années.

En 1860, une branche des Soeurs de Saint François de Philadelphie s'établit à Utica et à Syracuse, près de New York et, à l'âge de 24 ans elle entra dans cet ordre et prononça ses voeux.

 L'apostolat de cette Congrégation se consacrait avant tout à l'éducation des enfants des immigrés allemands; elle fut donc chargée d'ouvrir et de diriger de nouvelles écoles. Plus tard sa communauté fonda les premiers des cinquante hôpitaux généraux des Etats-Unis qui connurent une grande renommée, offrant leur assistance à tous les malades sans aucune distinction. Mère Cope s'occupa en particulier des alcooliques et des filles mères, car elle souhaitait accomplir son service parmi les plus pauvres d'entre les pauvres.

En 1877, elle fut élue provinciale de sa Congrégation, ainsi qu'en 1881.

En 1883, elle fut la seule a accepter de se rendre aux Iles Hawaï pour assister les lépreux, alors que cinquante autres communautés contactées avaient refusé. Son oeuvre en faveur des malades et des sans-abri dans les Iles Hawaï fut très importante, si bien qu'en 1884 le gouvernement lui demanda de créer le premier hôpital général sur l'île de Maui.

En 1889, après la mort du Père Damien de Veuster, grand apôtre des lépreux, elle accepta de se charger du foyer pour les garçons en plus de son travail auprès des femmes et des petites filles. Elle vécut pendant trente ans dans un lieu isolé de l'île Molokai, exilée volontaire avec ses patients. Grâce à elle le gouvernement promulgua des lois pour protéger les enfants, et les malades de la lèpre retrouvèrent leur dignité et la joie de vivre.

Les historiens de son temps parlent d'elle comme d'une "religieuse exemplaire, au coeur extraordinaire". Elle ne cherchait qu'à accomplir la volonté de Dieu, ne souhaitant aucunement obtenir des reconnaissances; sa devise était:  "Seulement pour Dieu".

Elle mourut le 9 août 1818 après une longue vie au service des malades de la lèpre.




MESSE ET BÉATIFICATION DES SERVITEURS DE DIEU
ASCENSIÓN NICOL GOÑI ET MARIANNE COPE

HOMÉLIE DU CARDINAL JOSÉ SARAIVA MARTINS

Veillée de Pentecôte
Basilique Saint-Pierre
Samedi 14 mai 2005


Eminence, 

Vénérés confrères dans l'épiscopat 
et dans le sacerdoce, 
éminentes Autorités, chers pèlerins,


1. L'Eglise naissante se prépara à la première Pentecôte chrétienne en parcourant un itinéraire de foi dans le Seigneur ressuscité. C'est Lui, en effet, qui donne son Esprit au peuple de la Nouvelle Alliance.

La communauté des disciples, après l'ascension de Jésus au ciel, se recueillit au Cénacle dans l'attente d'être "baptisés dans l'Esprit Saint" (Ac 1, 5) et se prépara à l'événement en vivant une intense expérience de communion fraternelle et de prière:  "Tous d'un même coeur étaient assidus à la prière... dont Marie, mère de Jésus" (Ac 1, 14).

Ce soir, nous nous trouvons nous aussi réunis en esprit au Cénacle. Nous sentons la présence maternelle de Marie et la proximité de l'Apôtre Pierre, sur la tombe duquel s'élève cette Basilique.

Nous sommes à présent une assemblée liturgique qui proclame la même foi dans le Christ ressuscité; qui se nourrit du même Pain eucharistique; qui élève au ciel, avec une insistance confiante, la même invocation:  "Viens Esprit  Saint,  / envoie-nous du ciel / un rayon de ta lumière. / Viens, Père des pauvres, / viens, dispensateur des dons, / viens, lumière des coeurs" (Séquence).

Je salue donc ceux qui ont quitté leurs villes et leurs maisons et ceux qui, à travers les océans et les continents, sont ici pour partager avec nous la grâce de la Pentecôte et la joie de la béatification de Mère Ascensión du Coeur de Jésus et de Mère Marianne Cope.

Je souhaite une cordiale bienvenue aux Soeurs missionnaires dominicaines du Rosaire et aux Soeurs du Tiers Ordre de saint François de Syracuse, ainsi qu'aux nombreux pèlerins provenant des lieux de naissance et d'apostolat des nouvelles bienheureuses.

2. Chers frères et soeurs, la parole de Dieu, qui vient d'être proclamée, nous aide à rappeler le grand mystère de la Pentecôte, qui marqua le début solennel de la mission de l'Eglise dans le monde.

Cet épisode évangélique a fait parvenir jusqu'à nous le cri de Jésus:  "Que celui qui a soif vienne à moi et boive". L'homme de chaque époque et de chaque culture a soif de vie, de vérité, de justice, de paix, de bonheur. Il a soif d'éternité. Il a soif de Dieu. Jésus peut étancher cette soif. Il disait à la samaritaine:  "Qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif" (Jn 4, 14). L'eau de Jésus est l'Esprit Saint, Esprit créateur et consolateur, qui transforme le coeur de l'homme, le vide de l'obscurité et le remplit de la vie divine, de sagesse, d'amour, de bonne volonté, de joie, réalisant ainsi la prophétie d'Ezéchiel:  "Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez et pratiquiez mes coutumes" (Ez 36, 27).

La présence de l'Esprit Saint dans l'Eglise et dans chaque âme est une "inhabitation" permanente, dynamique, créative. Celui qui aura bu l'Eau de Jésus, portera en lui "des fleuves d'eau vive" (Jn 7, 38), "une source d'eau jaillissante en vie éternelle" (Jn 4, 14).

L'Esprit Saint transforme l'existence de celui qui le reçoit, renouvelle la face de la terre et transforme toute la création qui - comme l'affirme saint Paul dans la deuxième lettre de la messe - "jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement" (Rm 8, 22), dans l'attente d'être à nouveau le jardin de Dieu et de l'homme.
L'Esprit Saint est le maître intérieur et, dans le même temps, le vent vif qui gonfle les voiles de la barque de Pierre pour la conduire au large. Duc in altum! C'est l'exhortation que le Souverain Pontife Jean-Paul II a lancée à l'Eglise du troisième millénaire (cf. Lett. apost. Novo Millennio Ineunte, n. 58).

Les Apôtres firent l'expérience de l'Esprit Saint et devinrent les témoins du Christ mort et ressuscité, missionnaires sur les routes du monde. La même expérience se répète chez tous ceux qui, accueillant le Christ, s'ouvrent à Dieu et à l'humanité; elle se répète surtout chez les saints, aussi bien chez les saints anonymes que chez ceux qui ont été élevés aux honneurs des autels. Les saints sont les chefs d'oeuvre de l'Esprit qui sculpte le visage du Christ et insuffle dans leur coeur la charité de Dieu.

Nos deux bienheureuses ont ouvert tout grand leur vie à l'Esprit de Dieu et se sont laissées conduire par lui dans le service de l'Eglise, des pauvres, des malades, de la jeunesse.

3. La Bienheureuse Ascensión du Coeur de Jésus est l'une des grandes missionnaires du siècle dernier. Dès sa jeunesse, elle conçut sa vie comme un don au Seigneur et à son prochain et elle ne voulut appartenir à aucun autre qu'à Dieu, auquel elle se consacra comme moniale dominicaine dans le monastère de Santa Rosa de Huesca, en Espagne. Elle seconda sans réserves le dynamisme de la charité, que l'Esprit Saint insuffle en ceux qui lui ouvrent leur coeur.

Son premier domaine d'apostolat fut l'enseignement dans le collège jouxtant le monastère. Les sources des témoins s'en souviennent comme d'une excellente éducatrice, gentille et forte, compréhensive et exigeante.

Mais le Seigneur avait des projets différents pour elle. A l'âge de quarante-cinq ans il l'appela à devenir missionnaire au Pérou. Avec un enthousiasme juvénile et une totale confiance dans la Providence, elle quitta sa patrie et se consacra à l'évangélisation du monde, commençant par le continent américain. Son oeuvre fut tellement généreuse, vaste et efficace qu'elle laissa une empreinte profonde dans l'histoire missionnaire de l'Eglise. Elle collabora avec l'Evêque dominicain, Ramon Zubieta, à la fondation des Soeurs missionnaires dominicaines du Très Saint Rosaire, dont elle fut la première supérieure générale. Sa vie missionnaire fut riche de sacrifices, de renoncements et de fruits apostoliques. Elle sema largement et elle obtint une récolte abondante. Elle effectua de fréquents voyages au Pérou, en Europe et arriva même en Chine. Elle mêlait le tempérament d'une lutteuse courageuse et inlassable, avec celui d'une douceur maternelle capable de conquérir les coeurs. Enracinée dans la charité du Christ, elle exerça avec tous le charisme de la maternité spirituelle. Soutenue par une foi vive et une fervente dévotion au Sacré-Coeur de Jésus et à la Madone du Rosaire, elle se consacra au salut des âmes jusqu'à se sacrifier elle-même. Elle exhortait souvent ses filles à en faire tout autant, leur disant que l'on ne sauve pas les âmes sans se sacrifier soi-même. Elle aspira à une charité toujours plus pure et intense et, pour cette raison, s'offrit comme victime à l'Amour miséricordieux de Dieu.

4. La vie de la bienheureuse Marianne Cope fut une oeuvre d'art de la grâce divine. Elle fut un exemple de la beauté d'une vie franciscaine. Son service aux malades de la lèpre rappelle à l'esprit l'expérience touchante de François d'Assise, dont la bienheureuse fut la disciple. Dans son Testament, le saint rappelle:  "Cela me paraissait trop dur de voir les lépreux et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fus charitable avec eux". La rencontre de François avec les malades de la lèpre ne fut pas seulement une expérience de proximité humaine et de solidarité, mais fut le baiser au Christ crucifié et le début de son chemin vers la sainteté héroïque.

La rencontre de Mère Marianne avec les malades de la lèpre eut lieu lorsque celle-ci était déjà à un bon point dans la "sequela" du Christ. Elle appartenait depuis vingt ans à la Congrégation des Soeurs du Tiers Ordre de Saint François de Syracuse. Elle avait accumulé une vaste expérience et une solide maturité spirituelle. Mais à l'improviste Dieu l'appela à un don plus radical, à un service missionnaire plus difficile.

Dans l'invitation de l'Evêque de Honolulu, qui cherchait des soeurs qui viennent en aide aux malades de la lèpre sur l'île de Molokai, la bienheureuse Marianne, alors Supérieure provinciale, reconnut la voix du Christ et, comme Isaïe, n'hésita pas à répondre:  "Me voici, envoie-moi" (Is 6, 8). Elle quitta tout et s'abandonna complètement à la Volonté de Dieu, aux requêtes de l'Eglise et aux attentes de ses nouveaux frères et soeurs. Elle mit sa santé et même sa vie en danger.

Pendant trente-cinq ans, elle pratiqua à des niveaux très élevés le précepte de l'amour de Dieu et de son prochain. Elle collabora avec le bienheureux Damien de Veuster, désormais arrivé à la fin de son apostolat extraordinaire. La bienheureuse aima les malades de la lèpre plus qu'elle-même. Elle les servit, elle les éduqua, elle les guida avec intelligence, amour et force. En eux, elle voyait le visage empreint de souffrance de Jésus. Elle suivit les traces du bon samaritain et devint la "mère des lépreux". Elle tira sa force de la foi, de l'Eucharistie, de la dévotion à notre Mère bienheureuse et de la prière. Elle ne chercha pas les honneurs terrestres ou la reconnaissance. Elle écrivait:  "Je ne m'attends pas à une place élevée dans le ciel. Je serai pleine de gratitude pour une petite place, où pouvoir aimer Dieu pour toute l'éternité".

5. "Des fleuves d'eau vive jailliront du sein" de celui qui croit dans le Christ. Les signes de sa présence ont été sommairement indiqués dans la Lettre aux Galates. Ils sont "charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi" (Ga 5, 22).

Nos deux bienheureuses ont apporté au monde les fruits et les signes de la présence de l'Esprit Saint, elles ont parlé le langage de la vérité et de l'amour, le seul en mesure d'abattre les barrières de la culture et de la race, et de reconstruire l'unité de la famille humaine, dispersée par l'orgueil, par la volonté de puissance, par le refus de la souveraineté de Dieu, ainsi que nous l'a laissé entendre le récit biblique de la Tour de Babel (cf. Première lecture).

Le Saint-Père Benoît XVI, inaugurant son ministère pétrinien, a réaffirmé que "ce n'est pas le pouvoir qui rachète, mais l'amour! C'est là le signe de Dieu:  Il est lui-même amour... Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié" (cf. ORLF n. 17 du 26 avril 2005).

Saint Irénée, commentant la Pentecôte, a proposé cette réflexion:  "L'Esprit Saint a annulé les distances, il a éliminé les malentendus et transformé l'assentiment des peuples en prémisses à offrir au Seigneur... En effet, de même que la farine ne s'amalgame pas en une unique masse de pâte, et ne devient pas un unique pain sans l'eau, nous non plus, multitude sans unité, ne pouvions pas devenir une unique Eglise dans le Christ sans l'"Eau" qui descend du ciel" (Contre les hérésies, 3, 17).

Entre les mains de la bienheureuse Ascensión du Coeur de Jésus et de la bienheureuse Marianne Cope, nous déposons donc notre prière:  "Seigneur, donne-moi cette eau" (Jn 4, 15). Amen.

Copyright © Libreria Editrice Vaticana

SOURCE : http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_doc_20050514_beatifications_fr.html



Sainte Marianne Cope

Américaine, membre des Sœurs de saint François de Syracuse, évangélisatrice des lépreux à Molokai ( 1918)

Marianne Cope, américaine, membre des Sœurs de saint François de Syracuse, évangélisatrice des lépreux à Molokai

Béatification, 14 mai 2005.


"La vie de la bienheureuse Marianne Cope fut une œuvre d'art de la grâce divine. Elle fut un exemple de la beauté d'une vie franciscaine. Son service aux malades de la lèpre rappelle à l'esprit l'expérience touchante de François d'Assise... Pendant trente-cinq ans, elle pratiqua à des niveaux très élevés le précepte de l'amour de Dieu et de son prochain. Elle collabora avec le bienheureux Damien de Veuster, désormais arrivé à la fin de son apostolat extraordinaire... Elle écrivait:  "Je ne m'attends pas à une place élevée dans le ciel. Je serai pleine de gratitude pour une petite place, où pouvoir aimer Dieu pour toute l'éternité"..."




Bienheureuse Marianne COPE (KOOB)

Nom: COPE (KOOB)
Prénom: Barbara
Nom de religion: Marianne
Pays: Allemagne - Etats-Unis - Hawaï
Naissance: 23.01.1838  à Heppenheim (Essen-Darmstadt)
Mort: 09.08.1918  à l’île de Molokai (Hawaï)
Etat: Religieuse

Note: Née en Allemagne, sa famille émigre aux Etats-Unis en 1840. Profession religieuse en 1863 chez les Sœurs franciscaines de Syracuse (ville de l’Etat de New-York). Part en 1883 pour les îles Hawaï et se dévoue auprès des lépreux.

Béatification: 14.05.2005  par Benoît XVI
Cérémonie à Rome présidée par le Card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les causes des Saints
Canonisation
Fête: 23 janvier

Réf. dans l’Osservatore Romano: 2005 n. 21 p.4-6
Réf. dans la Documentation Catholique:

Notice

Barbara Koob naît en Allemagne en 1838, à Heppenheim dans le grand-duché de Hesse-Darmstadt. Ses parents sont de petits agriculteurs. Poussés par la pauvreté, ils émigrent aux Etats-Unis en 1840 et s’installent à Utica, dans l’État de New York. Le nom de Koob, anglicisé, devient Cope. Barbara ne fait que quelques années de scolarité. Dès l’âge de 15 ans, elle manifeste le désir d’entrer en religion, mais elle doit travailler d’abord 9 ans en usine pour aider ses parents gravement malades et soutenir la famille qui compte 7 enfants. A 24 ans, en 1862, elle peut enfin réaliser son rêve de vie religieuse et entre dans la Congrégation toute nouvelle des “Sœurs franciscaines de Syracuse”, lesquelles viennent de s’établir dans la ville de ce nom, sise dans l’État de New York. Dans ses débuts, la Congrégation s’occupe surtout de la scolarisation des enfants d’immigrés allemands. La novice émet ses vœux en 1863 et prend le nom de sœur Marianne. Elle est d’abord professeur, puis exerce des fonctions importantes telles que maîtresse des novices, supérieure d’un couvent et finalement, pendant 8 ans, supérieure du premier hôpital général de Syracuse. (Sa Congrégation deviendra célèbre en fondant les cinquante premiers hôpitaux généraux des Etats-Unis.) Dans son hôpital, fait remarquable à l’époque, la mère Marianne ne fait aucune distinction de religion, de nationalité ou de couleur. Au contraire, dans l’esprit franciscain, elle est attirée de préférence par les plus pauvres et s’occupe notamment des alcooliques et des filles mères.

Un jour, du royaume indigène des îles Hawaï (ou îles Sandwich), parvient un appel de l’évêque de Honolulu invitant à évangéliser l’archipel,… sans préciser immédiatement qu’il y a des lépreux. Un missionnaire est envoyé aux Etats-Unis pour donner des détails. En fait, l’appel a été lancé auprès de 50 congrégations : toutes se sont récusées à cause de la lèpre, excepté Mère Marianne qui accepte au nom de sa congrégation. On pense au geste de son Père saint François embrassant le lépreux. Reste à trouver des volontaires : il s’en présente 35. Six partent en 1883 avec Mère Marianne. Son projet est de rester quelques semaines avec ses compagnes, puis de revenir, car la congrégation a besoin d’elle. Mais, au terme de son séjour, les autorités locales jugent que, sans elle, l’affaire va péricliter et l’on veut la retenir. Elle y restera 35 ans, toute sa vie ! Une autre supérieure est nommée pour Syracuse. Il est vrai qu’à leur arrivée, le tableau qui s’offre aux yeux des sœurs est lamentable. D’ailleurs, quelques-unes ne tiendront pas le coup. Les sœurs séjournent d’abord à Honolulu dans un ‘hôpital’ chargé du dépistage. Ceux qui sont reconnus malades sont séparés : les maris de leur femme, les enfants de leurs parents ; et ils sont relégués dans une île sans rien prévoir pour la nourriture et les soins : Il ne leur reste plus qu’à attendre la mort, dans la promiscuité et l’immoralité débridée. Femmes et enfants sont les premières victimes. Mère Marianne crée une école pour les petites filles et un hôpital général sur l’île Maui. En 1888, elle se dirige vers l’île Molokai, cette prison naturelle cernée par l’Océan. Le Père Damien (béatifié en 1995) y était arrivé en 1873. La sœur collabore avec lui, mais il meurt de la lèpre une année après son arrivée et celle-ci continue son œuvre en créant un école pour petits garçons. Auparavant, elle avait créé sur l’île une école pour les filles à Kalaupapa sur la même île. Elle aménage le site, s’ingénie à mettre de la joie franciscaine en plantant des arbres et des fleurs ; elle fait chanter les petites, les accompagnant au piano. De ses propres mains, elle travaille à les habiller correctement, insistant même pour que ce soit à la dernière mode. Elle est vraiment “la mère des lépreux”. Cela se paye par la souffrance, non seulement en raison de son travail héroïque et du risque de contagion, mais aussi à cause des contradictions qu’elle rencontre, tout cela sans se départir de sa joie, qu’elle communique autour d’elle. Sans Dieu, cela aurait été impossible. Sa devise est : « Tout pour Dieu ». Immobilisée dans ses dernières années par une maladie des reins mais sans avoir contracté la lèpre, elle meurt paisiblement âgée de 80 ans en 1918. Elle laisse un héritage extraordinaire dans le domaine de l’éducation et de la santé.

Remarque : Mère Marianne Cope est béatifiée avec Mère Ascension Nicol Goni 2 le samedi soir 14 mai 2005, veille de la Pentecôte, au cours d’une eucharistie présidée par le Cardinal José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour le Culte des Saints. C’est la première béatification de Benoît XVI, qui reprend la tradition de déléguer un cardinal pour la cérémonie, au début de laquelle celui-ci lit le décret du Pape. (Mais le Saint-Père continuera à présider personnellement les cérémonies de canonisations.) En effet Paul VI, en 1971 avait décidé de béatifier lui-même le prêtre polonais Maximilien Kolbe 2. Et Jean-Paul II avait continué dans cette ligne en présidant toutes les béatifications. Cette décision de Benoît XVI permet de mieux mettre en valeur les canonisations qui offrent un saint pour le culte de l’Église universelle, tandis qu’une béatification n’ouvre le culte, en principe, que pour l’Église locale.


St. Marianne Cope

Barbara Cope was born on 23 January 1838 in SE Hessen, West Germany. She was one of 10 children born to Peter Cope, a farmer, and Barbara Witzenbacher Cope. The year after Barbara’s birth, the family moved to the United States. The Cope family found a home in Utica, in the State of New York, where they became members of St Joseph’s Parish and where the children attended the parish school.

Although Barbara felt called to Religious life at an early age, her vocation was delayed for nine years because of family obligations. As the oldest child at home, she went to work in a factory after completing eighth grade in order to support her family when her father became ill.

Finally, in the summer of 1862 at age 24, Barbara entered the Sisters of St Francis in Syracuse, N.Y. On 19 November 1862 she received the religious habit and the name “Sr Marianne”, and the following year she made her religious profession and began serving as a teacher and principal in several elementary schools in New York State. She joined the Order in Syracuse with the intention of teaching, but her life soon became a series of administrative appointments.

As a member of the governing boards of her Religious Community in the 1860s, she participated in the establishment of two of the first hospitals in the central New York area. In 1870, she began a new ministry as a nurse-administrator at St Joseph’s in Syracuse, N.Y., where she served as head administrator for six years. During this time she put her gifts of intelligence and people skills to good use as a facilitator, demonstrating the energy of a woman motivated by God alone.

Although Mother Marianne was often criticized for accepting for treatment “outcast” patients such as alcoholics, she became well-known and loved in the central New York area for her kindness, wisdom and down-to-earth practicality.

In 1883, Mother Marianne, now the Provincial Mother in Syracuse, received a letter from a Catholic priest asking for help in managing hospitals and schools in the Hawaiian Islands, and mainly to work with leprosy patients. The letter touched Mother Marianne’s heart and she enthusiastically responded: “I am hungry for the work and I wish with all my heart to be one of the chosen ones, whose privilege it will be to sacrifice themselves for the salvation of the souls of the poor Islanders…. I am not afraid of any disease, hence, it would be my greatest delight even to minister to the abandoned “lepers’”.

She and six other Sisters of St Francis arrived in Honolulu in November 1883. With Mother Marianne as supervisor, their main task was to manage the Kaka’ako Branch Hospital on Oahu, which served as a receiving station for patients with Hansen’s disease gathered from all over the islands.

The Sisters quickly set to work cleaning the hospital and tending to its 200 patients. By 1885, they had made major improvements to the living conditions and treatment of the patients.

In November of that year, they also founded the Kapi’olani Home inside the hospital compound, established to care for the healthy daughters of Hansen’s disease patients at Kaka’ako and Kalawao. The unusual decision to open a home for healthy children on leprosy hospital premises was made because only the Sisters would care for those so closely related to people with the dreaded disease.

Mother Marianne met Fr Damien de Veuster (today Blessed Damien is known as the “Apostle to Lepers”) for the first time in January 1884, when he was in apparent good health. Two years later, in 1886, after he had been diagnosed with Hansen’s disease, Mother Marianne alone gave hospitality to the outcast priest upon hearing that his illness made him an unwelcome visitor to Church and Government leaders in Honolulu.

In 1887, when a new Government took charge in Hawaii, its officials decided to close the Oahu Hospital and receiving station and to reinforce the former alienation policy. The unanswered question: Who would care for the sick, who once again would be sent to a settlement for exiles on the Kalaupapa Peninsula on the island of Molokai?

In 1888, Mother Marianne again responded to the plea for help and said: “We will cheerfully accept the work…”. She arrived in Kalaupapa several months before Fr Damien’s death together with Sr Leopoldina Burns and Sr Vincentia McCormick, and was able to console the ailing priest by assuring him that she would provide care for the patients at the Boys’ Home at Kalawao that he had founded.

Together the three Sisters ran the Bishop Home for 103 Girls and the Home for Boys. The workload was extreme and the burden at times seemed overwhelming. In moments of despair, Sr Leopoldina reflected: “How long, O Lord, must I see only those who are sick and covered with leprosy?”.

Mother Marianne’s invaluable example of never-failing optimism, serenity and trust in God inspired hope in those around her and allayed the Sisters’ fear of catching leprosy. She taught her Sisters that their primary duty was “to make life as pleasant and as comfortable as possible for those of our fellow creatures whom God has chosen to afflict with this terrible disease…”.

Mother Marianne never returned to Syracuse. She died in Hawaii on 9 August 1918 of natural causes and was buried on the grounds of Bishop Home.