lundi 6 janvier 2014

ORIGÈNE


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 25 avril 2007

Origène, sa vie, son œuvre

Chers frères et sœurs,

Dans nos méditations sur les grandes personnalités de l'Eglise antique, nous faisons aujourd'hui connaissance de l'une des plus importantes. Origène d'Alexandrie est réellement l'une des personnalités les plus déterminantes pour tout le développement de la pensée chrétienne. Il recueille l'héritage de Clément d'Alexandrie, sur lequel nous avons médité mercredi dernier, et le relance vers l'avenir de manière tellement innovatrice, qu'il imprime un tournant irréversible  au  développement de la pensée chrétienne. Ce fut un véritable "maître", et c'est ainsi que ses élèves se souvenaient de lui avec nostalgie et émotion:  non seulement un théologien brillant, mais un témoin exemplaire de la doctrine qu'il transmettait:  "Il enseigna", écrit Eusèbe de Césarée, son biographe enthousiaste, "que la conduite doit correspondre exactement à la parole, et ce fut surtout pour cela que, aidé par la grâce de Dieu, il poussa un grand nombre de personnes à l'imiter" (Hist. Eccl. 6, 3, 7).

Toute sa vie fut parcourue par une aspiration incessante au martyre. Il avait dix-sept ans lorsque, en la dixième année du règne de l'empereur Septime Sévère, la persécution contre les chrétiens fut lancée à Alexandrie. Clément, son Maître, abandonna la ville, et le père d'Origène, Léonide, fut jeté en prison. Son fils désirait ardemment le martyre, mais il ne put réaliser ce désir. Il écrivit alors à son père, l'exhortant à ne pas abandonner le témoignage suprême de la foi. Et lorsque Léonide fut décapité, le petit Origène sentit qu'il devait accueillir l'exemple de sa vie. Quarante ans plus tard, alors qu'il prêchait à Césarée, il fit cette confession:  "A rien ne me sert d'avoir eu un père martyr, si je n'observe pas une bonne conduite et ne fais pas honneur à la noblesse de ma famille, c'est-à-dire au martyre de mon père et au témoignage qui l'a rendu illustre dans le Christ" (Hom. Ez. 4, 8). Dans une homélie successive - lorsque grâce à l'extrême tolérance de l'empereur Philippe l'Arabe, l'éventualité d'un témoignage sanglant semblait s'être évanouie - Origène s'exclama:  "Si Dieu m'accordait d'être lavé dans mon sang, recevant ainsi le second baptême après avoir accepté la mort pour le Christ, je m'éloignerais certainement de ce monde... Mais ceux qui méritent ces choses sont bienheureux" (Hom. Iud. 7, 12). Ces expressions révèlent toute la nostalgie d'Origène pour le baptême du sang. Et finalement, cette aspiration irrépressible fut, tout au moins en partie, exaucée. En 250, au cours de la persécution de Dèce, Origène fut arrêté et cruellement torturé. Affaibli par les souffrances endurées, il mourut quelques années plus tard. Il n'avait pas encore soixante-dix ans.

Nous avons mentionné ce "tournant irréversible" qu'Origène imprima à l'histoire de la théologie et de la pensée chrétienne. Mais en quoi consiste ce "tournant", cette nouveauté si riche de conséquences? Il correspond substantiellement à la fondation de la théologie dans l'explication des Ecritures. Faire de la théologie était pour lui essentiellement expliquer, comprendre l'Ecriture; ou nous pourrions également dire que sa théologie est la parfaite symbiose entre théologie et exégèse. En vérité, la marque caractéristique de la doctrine d'Origène semble précisément résider dans l'invitation incessante à passer de la lettre à l'esprit des Ecritures, pour progresser dans la connaissance de Dieu. Et ce que l'on appelle l'"allégorisme", a écrit Urs von Balthasar, coïncide précisément "avec le développement du dogme chrétien effectué par l'enseignement des docteurs de l'Eglise", qui - d'une façon ou d'une autre - ont accueilli la "leçon" d'Origène. Ainsi, la tradition et le magistère, fondement et garantie de la recherche théologique, parviennent à se configurer comme une "Ecriture en acte" (cf. Origène:  le monde, le Christ et l'Eglise, tr. it., Milan 1972, p. 43). Nous pouvons donc affirmer que le noyau central de l'immense œuvre littéraire d'Origène consiste dans sa "triple lecture" de la Bible. Mais avant d'illustrer cette "lecture", il convient de jeter un regard d'ensemble sur la production littéraire de l'Alexandrin. Saint Jérôme, dans son Epistola 33, dresse la liste des titres de 320 livres et de 310 homélies d'Origène. Malheureusement, la majeure partie de cette œuvre a été perdue, mais le peu qu'il en reste fait de lui l'auteur le plus fécond des trois premiers siècles chrétiens. Son domaine d'intérêt s'étend de l'exégèse au dogme, à la philosophie, à l'apologétique, à l'ascétique et à la mystique. C'est une vision fondamentale et globale de la vie chrétienne.

La source inspiratrice de cette œuvre est, comme nous l'avons dit, la "triple lecture" de l'Ecriture développée par Origène au cours de sa vie. Par cette expression, nous entendons faire allusion aux trois modalités les plus importantes - qui ne se suivent pas l'une l'autre, mais en réalité le plus souvent se superposent - avec lesquelles Origène s'est consacré à l'étude des Ecritures. Il lut tout d'abord la Bible avec l'intention d'en certifier le mieux possible le texte et d'en offrir l'édition la plus fiable. Cela, par exemple, est le premier pas:  connaître réellement ce qui est écrit et connaître ce que cette Ecriture voulait intentionnellement et initialement dire. Il a mené une étude importante dans ce but et il a rédigé une édition de la Bible avec six colonnes parallèles, de gauche à droite, avec le texte hébreu en caractères hébreux - il a également eu des contacts avec les rabbins pour bien comprendre le texte original de la Bible -, puis le texte hébreu translittéré en caractères grecs, et puis quatre traductions différentes en langue grecque, qui lui permettaient de comparer les différentes possibilités de traduction. D'où le titre d'Esapla (six colonnes) attribué à cette immense synopse. C'est le premier point:  connaître exactement ce qui est écrit, le texte comme tel. En deuxième lieu, Origène lut systématiquement la Bible en l'accompagnant de ses célèbres Commentaires. Ils reproduisent fidèlement  les  explications  que  le maître offrait pendant ses leçons à l'école, à Alexandrie comme à Césarée. Origène procède presque verset par verset, de manière minutieuse, ample et approfondie, avec des notes à caractère philologique et doctrinal. Il travaille avec une grande exactitude, pour bien comprendre ce que voulaient dire les auteurs saints.

Enfin, même avant son ordination sacerdotale, Origène se consacra intensément à la prédication de la Bible, s'adaptant à un public très divers. Dans tous les cas, dans ses Homélies également, c'est le maître que l'on retrouve, qui se consacre entièrement à l'interprétation systématique de l'épisode étudié, progressivement divisé selon les versets successifs. Dans les Homélies aussi, Origène saisit toutes les occasions pour rappeler les diverses dimensions du sens de l'Ecriture Sainte, qui aident ou expriment un chemin dans la croissance de la foi:  il y a le sens "littéral", mais celui-ci cache des profondeurs qui n'apparaissent pas dans un premier temps; la deuxième dimension est le sens "moral":  que devons-nous faire en vivant la parole; et enfin le sens "spirituel", c'est-à-dire l'unité de l'Ecriture, qui dans tout son développement parle du Christ. C'est l'Esprit Saint qui nous fait comprendre le contenu christologique et ainsi l'unité de l'Ecriture dans sa diversité. Il serait intéressant de montrer cela. J'ai un peu tenté, dans mon Livre "Jésus de Nazareth", de mettre en évidence dans la situation d'aujourd'hui ces multiples dimensions de la parole, de l'Ecriture Sainte, qui avant tout, doit être respectée, précisément au sens historique. Mais ce sens nous transcende vers le Christ, dans la lumière de l'Esprit Saint, et nous montre la voie, comment vivre. On en trouve, par exemple, la mention dans la neuvième Homélie sur les Nombres, où Origène compare l'Ecriture aux noix:  "Ainsi est la doctrine de la Loi et des Prophètes à l'école du Christ", affirme l'auteur de l'homélie; "amère est la lettre, qui est comme l'écorce; en deuxième lieu, tu parviendras à la coquille, qui est la doctrine morale; en troisième lieu, tu trouveras le sens des mystères, dont se nourrissent les âmes des saints dans la vie présente et future" (Hom. Nom. 9, 7).

C'est en particulier par cette voie qu'Origène parvient à promouvoir de manière efficace la "lecture chrétienne" de l'Ancien Testament, en réfutant de manière brillante le défi des hérétiques - surtout gnostiques et marcionites - qui opposaient les deux Testaments entre eux, jusqu'à rejeter l'Ancien. A ce propos, dans la même Homélie sur les Nombres, l'Alexandrin affirme:  "Je n'appelle pas la Loi un "Ancien Testament", si je la comprends dans l'Esprit. La Loi ne devient un "Ancien Testament" que pour ceux qui veulent la comprendre charnellement", c'est-à-dire en s'arrêtant à la lettre du texte. Mais "pour nous, qui la comprenons et l'appliquons dans l'Esprit et dans le sens de l'Evangile, la Loi est toujours nouvelle, et les deux Testaments sont pour nous un nouveau Testament, non pas en raison de la date temporelle, mais de la nouveauté du sens... En revanche, pour le pécheur et pour ceux qui ne respectent pas le pacte de la charité, les Evangiles eux aussi vieillissent" (Hom. Nom. 9, 4).

Je vous invite - et je conclus ainsi - à accueillir dans votre cœur l'enseignement de ce grand maître de la foi. Il nous rappelle avec un profond enthousiasme que, dans la lecture priante de l'Ecriture et dans l'engagement cohérent de la vie, l'Eglise se renouvelle et rajeunit toujours. La Parole de Dieu, qui ne vieillit jamais et ne s'épuise jamais, est le moyen privilégié pour y parvenir. C'est en effet la Parole de Dieu qui, par l'œuvre de l'Esprit Saint, nous guide toujours à nouveau à la vérité tout entière (cf. Benoît XVI, Aux participants au Congrès international pour le XL anniversaire de la Constitution dogmatique "Dei Verbum", in:  Insegnamenti, vol. I, 2005, pp. 552-553) et prions le Seigneur pour qu'il nous donne aujourd'hui des penseurs, des théologiens, des exégètes qui trouvent cette dimension multiple, cette actualité permanente de l'Ecriture Sainte, sa nouveauté pour notre époque. Prions afin que le Seigneur nous aide à lire de façon orante l'Ecriture Sainte, à nous nourrir réellement du vrai Pain de la vie, de sa Parole.

***
J'accueille avec plaisir les pèlerins de langue française, en particulier l'Ecole de formation et d'évangélisation de Paray-le-Monial et tous les jeunes présents. A l'exemple d'Origène, que la lecture priante de la Parole de Dieu nourrisse votre foi et qu'elle éclaire vos choix  de  chaque  jour! Bon séjour à Rome.


Appel du Pape pour la sécurité routière

A l'initiative des Nations unies, cette semaine est consacrée à la sécurité routière. J'adresse une parole d'encouragement aux Institutions publiques qui oeuvrent afin de maintenir la sécurité sur les grandes voies de circulation et de préserver la vie humaine à travers des instruments adaptés; ainsi qu'à ceux qui se consacrent à la recherche de nouvelles technologies et stratégies afin de réduire les trop nombreux accidents sur les routes du monde entier. Et tandis que j'invite à prier pour les victimes, pour les blessés et pour leurs familles, je souhaite qu'une prise de conscience des responsabilités envers le prochain conduise les automobilistes, en particulier les jeunes, à la prudence et à un plus grand respect du code de la route.

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana 




BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 2 mai 2007

Origène, sa pensée

Chers frères et soeurs,

La catéchèse de mercredi dernier était consacrée à la grande figure d'Origène, docteur alexandrin des II et III siècles. Dans cette catéchèse, nous avons pris en considération la vie et l'œuvre littéraire du grand maître d'Alexandrie, en trouvant dans la "triple lecture" de la Bible, qu'il a effectuée, le centre vital de toute son œuvre. J'ai laissé de côté - pour les reprendre aujourd'hui - deux aspects de la doctrine d'Origène, que je considère parmi les plus importants et les plus actuels:  j'entends parler de ses enseignements sur la prière et sur l'Eglise.

En vérité, Origène - auteur d'un important et toujours actuel traité Sur la prière - mêle constamment sa production exégétique et théologique à des expériences et des suggestions relatives à la prière. Malgré toute la richesse théologique de pensée, cela n'est jamais une approche purement académique; elle est toujours fondée sur l'expérience de la prière, du contact avec Dieu. Selon lui, en effet, la compréhension des Ecritures demande, plus encore que l'étude, l'intimité avec le Christ et la prière. Il est convaincu que la voie privilégiée pour connaître Dieu est l'amour, et qu'il n'y a pas d'authentique scientia Christi sans tomber amoureux de Lui. Dans la Lettre à Grégoire, Origène recommande:  "Consacre-toi à la lectio des divines Ecritures; applique-toi à cela avec persévérance. Engage-toi dans la lectio avec l'intention de croire et de plaire à Dieu. Si durant la lectio, tu te trouves devant une porte close, frappe et le gardien t'ouvrira, lui dont Jésus a dit:  "Le gardien la lui ouvrira". En t'appliquant ainsi à la lectio divina, cherche avec loyauté et une confiance inébranlable en Dieu le sens des Ecritures divines, qui est largement contenu dans celles-ci. Tu ne dois cependant pas te contenter de frapper et de chercher:  pour comprendre les choses de Dieu, tu as absolument besoin de  l'oratio. Précisément  pour  nous exhorter à celle-ci, le Sauveur nous a non seulement dit:  "Cherchez et vous trouverez" et "Frappez et on vous ouvrira", mais il a ajouté:  "Demandez et vous recevrez"" (Ep. Gr. 4). Le "rôle primordial" joué par Origène dans l'histoire de la lectio divina saute immédiatement aux yeux. L'Evêque Ambroise de Milan - qui apprendra à lire les Ecritures à partir des œuvres d'Origène - l'introduit ensuite en Occident, pour la remettre à Augustin et à la tradition monastique successive.

Comme nous l'avons déjà dit, le plus haut niveau de la connaissance de Dieu, selon Origène, naît de l'amour. Il en est de même parmi les hommes:  on ne connaît l'autre réellement en profondeur que s'il y a l'amour, si les cœurs s'ouvrent. Pour démontrer cela, il se fonde sur une signification parfois donnée au verbe connaître en hébreu, lorsque celui-ci est utilisé pour exprimer l'acte d'amour humain:  "L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut" (Gn 4, 1). Il est ainsi suggéré que l'union dans l'amour procure la connaissance la plus authentique. De même que l'homme et la femme sont "deux dans une seule chair", ainsi, Dieu et le croyant deviennent "deux dans un seul esprit". De cette façon, la prière de l'Alexandrin atteint les niveaux les plus élevés de la mystique, comme l'attestent ses Homélies sur le Cantique des Cantiques, et notamment un passage de la première Homélie, dans laquelle Origène confesse:  "Souvent - Dieu m'en est témoin - j'ai senti que l'époux s'approchait de moi au degré le plus élevé; après, il s'en allait à l'improviste, et je ne pus trouver ce que je cherchais. Le désir de sa venue me prend à nouveau, et parfois celui-ci revient, et une fois qu'il m'est apparu, lorsque je le tiens entre les mains, voilà qu'il m'échappe encore, et une fois qu'il s'est évanoui, je me mets encore à le chercher..." (Hom. Cant. 1, 7).

Il me revient à l'esprit ce que mon vénéré Prédécesseur écrivait, en témoin authentique, dans Novo millennio ineunte, où il montrait aux fidèles "comment la prière peut progresser, comme un véritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine  totalement  possédée  par  le Bien-Aimé divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonnée dans le cœur du Père... Il s'agit - poursuivait Jean-Paul II - d'un chemin totalement soutenu par la grâce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui connaît aussi de douloureuses purifications, mais qui conduit, sous diverses formes possibles, à la joie indicible vécue par les mystiques comme "union sponsale"" (n. 33).

Nous arrivons, enfin, à un enseignement d'Origène sur l'Eglise, et précisément - à l'intérieur de celle-ci - sur le  sacerdoce commun des fidèles. En effet, comme l'Alexandrin affirme dans sa neuvième Homélie sur le Lévitique, "ce discours nous concerne tous" (Hom. Lev. 9, 1). Dans la même Homélie Origène - en faisant référence à l'interdiction faite à Aaron, après la mort de ses deux fils, d'entrer dans le Sancta sanctorum "à n'importe quel moment" (Lv 16, 2) - admoneste ainsi les fidèles:  "Cela démontre que si quelqu'un entre à n'importe quelle heure dans le sanctuaire, sans la préparation due, ne portant pas les vêtements pontificaux, sans avoir préparé les offrandes prescrites et s'être rendu propice à Dieu, il mourra... Ce discours nous concerne tous. Il ordonne, en effet, que nous sachions comment nous présenter à l'autel de Dieu. Ou ne sais-tu pas que le sacerdoce t'a été conféré à toi aussi, c'est-à-dire à toute l'Eglise de Dieu et au peuple des croyants? Ecoute comment Pierre parle des fidèles:  "Race élue", dit-il, "royale, sacerdotale, nation sainte, peuple que Dieu s'est acquis". Tu possèdes donc le sacerdoce car tu es une "race royale", et tu dois donc offrir à Dieu le sacrifice... Mais pour que tu puisses l'offrir dignement, tu as besoin de vêtements purs et différents des vêtements communs aux autres hommes, et le feu divin t'est nécessaire" (ibid.).

Ainsi, d'un côté, les "flancs ceints" et les "vêtements sacerdotaux", c'est-à-dire la pureté et l'honnêteté de vie, de l'autre, la "lumière toujours allumée", c'est-à-dire la foi et la science des Ecritures, se présentent comme les conditions indispensables pour l'exercice du sacerdoce universel qui exige pureté et honnêteté de vie, foi et science des Ecritures. A plus forte raison, ces conditions sont indispensables, bien évidemment, pour l'exercice du sacerdoce ministériel. Ces conditions - une conduite de vie intègre, mais surtout l'accueil et l'étude de la Parole - établissent une véritable "hiérarchie de la sainteté" dans le sacerdoce commun des chrétiens. Au sommet de ce chemin de perfection, Origène place le martyre. Toujours dans la neuvième Homélie sur le Lévitique, il fait allusion au "feu pour l'holocauste", c'est-à-dire à la foi et à la science des Ecritures, qui ne doit jamais s'éteindre sur l'autel de celui qui exerce le sacerdoce. Puis, il ajoute:  "Mais chacun de nous a en soi" non seulement le feu, mais "aussi l'holocauste, et de son holocauste il allume l'autel, afin qu'il brûle toujours. Quant à moi, si je renonce à tout ce que je possède prenant ma croix et suivant le Christ, j'offre mon holocauste sur l'autel de Dieu; et si je remets mon corps pour qu'il brûle, en ayant la charité, et que j'obtiens la gloire du martyre, j'offre mon holocauste sur l'autel de Dieu" (Hom. Lév. 9, 9).

Ce chemin éternel de perfection "nous concerne tous", à condition que "le regard de notre coeur" soit tourné vers la contemplation de la Sagesse et de la Vérité, qui est Jésus Christ. En prêchant sur le discours de Jésus de Nazareth - lorsque "tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui" (Lc 4, 16-30) -, Origène semble s'adresser précisément à nous:  "Aujourd'hui aussi, si vous le voulez, dans cette assemblée, vos yeux peuvent fixer le Sauveur. En effet, lorsque tu tourneras le regard le plus profond de ton cœur vers la contemplation de la Sagesse, de la Vérité et du Fils unique de Dieu, alors tes yeux verront Dieu. Heureuse assemblée, celle dont l'Ecriture atteste que les yeux de tous étaient fixés sur lui! Combien je désirerais que cette assemblée reçoive un tel témoignage, que les yeux de tous, des non baptisés et des fidèles, des femmes, des hommes et des enfants, non pas les yeux du corps, mais les yeux de l'âme, regardent Jésus!... La lumière de ton visage est imprimée sur nous, ô Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen!" (Hom. Lc. 32, 6).

* * *

Je suis heureux d’accueillir ce matin les pèlerins de langue française, particulièrement les jeunes. Que votre séjour à Rome vous aide à entrer dans une découverte toujours plus joyeuse du visage du Seigneur ressuscité et à vous laisser guider par sa lumière. Avec ma Bénédiction apostolique !


Le Pape Benoît XVI confie son voyage au Brésil à notre prière

Mon voyage pastoral au Brésil pour inaugurer la V Conférence générale de l'Episcopat latino-américain et des Caraïbes est désormais proche. Demandons au Seigneur, par l'intercession de la Vierge Marie, de bénir cette rencontre ecclésiale de fruits abondants, afin que tous les chrétiens se sentent de vrais disciples du Christ, envoyés par Lui pour évangéliser leurs frères à travers la parole divine et le témoignage de leur propre vie.


© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana 


Origène et l’intelligence des Écritures


Origène est l’un des plus grands génies de l’Antiquité. Il naît en 185 à Alexandrie, d’une famille chrétienne où il reçoit une profonde éducation à la piété et une formation intellectuelle poussée. Alors qu’il n’a que 17 ans, son père est martyrisé. Pour nourrir sa nombreuse fratrie, il donne des cours avec un réel talent. Sa connaissance de la philosophie grecque lui permet de dispenser un enseignement pour des païens qu’il conduit ainsi à la conversion. Professeur, puis directeur d’écoles catéchétiques, « consultant international », il a le souci de mettre les sciences humaines au service des sciences sacrées. Son influence est décisive, en Orient comme en Occident, dans la formation de la pensée théologique qu’il structure  en un système logique et cohérent. « Il n'y a dans l'Église aucun homme qui soit resté invisiblement aussi omniprésent qu'Origène »[1]. Il est le fondateur de la science biblique. Il composa notamment une édition critique monumentale de l’Ancien Testament en mettant diverses de ses traductions en parallèle (les Hexaples ou Bible sextuple). La majeure partie de ses écrits, hélas, ne nous est pas parvenue. Entre autres, comme il prêchait presque tous les jours, nous gardons quelques-unes de ses Homélies et œuvres d’exégèse. Pendant la persécution de Dèce, il fut jeté au cachot et endura « chaînes, tortures en son corps, tortures par le fer (…), les pieds mis aux ceps jusqu’au quatrième trou »[2]. Il supporta vaillamment tout ce que ses ennemis lui infligèrent ; mais sa santé en fut ruinée. Épuisé, il mourut peu après.

Paroles de Dieu en paroles humaines

Dieu est l’auteur principal de la Bible, les hagiographes les auteurs instrumentaux. Elle est divine et humaine. Elle nous communique la Parole de Dieu dans un langage humain, « pour que notre intelligence comprenne et contemple, pour que notre volonté se fortifie et que l’action s’accomplisse » Quand le Christ passe, n° 89. Nombreux sont les écrivains qui ont travaillé à la rédaction du « Livre ». Ils s’étalonnent sur environ quinze siècles et constituent une galerie de personnages de caractères et de milieux variés. Néanmoins, une unité mystérieuse, surhumaine les rassemble : tous ont œuvré sous la motion de l’Esprit Saint. De sorte que par les histoires qu’ils consignent se fait jour une histoire : l’Histoire de l’Amour de Dieu pour les hommes, dont le centre est l’Incarnation du Christ. Une bonne intelligence des Écritures demande de s’en imprégner.

Dans cette optique, Origène conseille l’un de ses anciens élèves sur la façon d’ « entrer » dans la Bible : « Veille à lire les Écritures (…) Frappe à ces portes closes, et elles te seront ouvertes par le portier dont Jésus a dit : Pour lui, le portier ouvrira[3]. Applique-toi à la lectio divina [4], cherche en Dieu avec une confiance et une loyauté fermes le sens des lettres divines qui s’y cache. Ne te contente pas de frapper et de chercher, car le plus nécessaire à l’intelligence des choses de Dieu est la prière »[5]. Une lecture en profondeur du texte est indispensable pour y découvrir ce que son Esprit caché veut nous révéler : le sens des événements narrés dans l’optique du Salut que le Christ est venu nous apporter. L’Écriture est une. Dieu en est l’Auteur. Dans le Christ, toute chose a son accomplissement total [6]. Mais – prévient l’Alexandrin, – nous courons le risque « que les livres divins ne soient voilés pour nous et même scellés, à cause de la négligence et de la dureté de nos cœurs (…) Il ne nous suffit pas d'apporter du zèle à l'étude des lettres sacrées ; encore nous faut-il supplier le Seigneur pour que vienne l'Agneau de la tribu de Juda qui, prenant ce livre scellé, daignera l'ouvrir. Car c'est Lui qui ouvrant les Écritures enflamme le cœur des disciples, en sorte qu'ils disent : Notre cœur n'était-il pas ardent, alors qu'il nous ouvrait les Écritures ? » (Lc 24, 32) [7].

L’interprète divin de la Bible      

Le Christ détient la clé des Écritures car il est au cœur du dessein de Dieu : « Tu lis ? L’Époux te parle », résumait saint Augustin. La Bible n’est pas seulement un ensemble d’écrits où des hommes expriment leur expérience religieuse. C’est une communication de Dieu à travers ces divers écrivains. C’est une lettre d’amour qu’il nous adresse. Il faut donc la recevoir avec reconnaissance, comme un message personnel qui doit éclairer notre foi et notre vie. « Alors vous découvrirez que les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes ; vous serez amenés à contempler le vrai Dieu et à regarder les événements avec ses yeux »[8] .

Mais chacun, consciemment ou non, tend à donner au texte un sens en fonction de son point de vue. En outre, comme « Dieu parle à l’homme à la manière des hommes », il faut découvrir l’intention poursuivie par l’auteur sacré ; et, pour ce faire, « tenir compte des conditions de son temps, de sa culture, des genres littéraires en usage à son époque, des manières courantes de sentir, de parler et de raconter en ce temps-là »[9]. C’est pourquoi l’Église précise quelle est la manière authentique d’interpréter l’Écriture. A cet effet, elle distingue :
- le sens littéral : sens directement signifié par le texte ;
- le sens moral : que devons-nous faire en vivant la parole ?
- mais comme Dieu a voulu intervenir lui-même de façon directe dans l’histoire humaine, le texte n’est pas seul à parler [10]; les réalités et les événements dont il parle, parlent aussi : c’est le sens spirituel.

Origène illustre cette distinction dans une métaphore savoureuse, en comparant les Écritures à des noix : « amère est la lettre, qui est comme l’écorce ; en deuxième lieu, tu parviendras à la coquille, qui est la doctrine morale ; en troisième lieu, tu trouveras le sens des mystères, dont se nourrissent les âmes des saints dans la vie présente et future »[11]. Cette comparaison nous amène à faire deux constats quant à la méthode de l’Alexandrin :

a) en déchiffrant l’Écriture, il cherche à révéler « le sens du mystère », en l’interprétant dans un sens mystique ou allégorique [12] : c’est l’un des aspects du sens spirituel. Origène  l’affectionne. Il permet de comprendre au fond les événements en reconnaissant leur signification dans le Christ et pour l’Église : « ainsi, la traversée de la mer Rouge est un signe de la victoire du Christ et, par-delà, du baptême »[13].

Autre exemple : il commente un passage de l’Exode où, pour étancher la soif des Hébreux qui traversent le désert, Moïse frappe un rocher, et en fait jaillir l’eau restauratrice : « Moïse montre le rocher qui est le Christ (…) Il fallait qu’il fût frappé. S’il n’avait pas été frappé, si le sang et l’eau n’avaient pas jailli de son côté, nous endurerions, tous encore, la soif de la Parole de Dieu »[14]. Cette interprétation s’enracine dans la théologie paulinienne : le Christ est le nouveau Moïse ; Il réalise ce que le Moïse historique préfigurait. Mais elle signifie aussi que, dans un texte biblique, le sens littéral recèle des profondeurs qui n’apparaissent pas au premier abord. Il faut le creuser pour passer de la lettre à l’esprit, de l’histoire au mystère chrétien. Car la Parole n’est pas un verbe mort, emprisonné dans le passé. C’est une parole actuelle, vivante qui embrasse les siècles. Il faut chercher sa présence sous le vêtement qui la recouvre, et faire respirer le Verbe dans la phrase qui l’habille.
      
b) Malheureusement, Origène manie l’allégorie à l’excès, au point de disqualifier le sens littéral. Or, « tous les sens de l’Écriture trouvent leur appui dans le sens littéral »[15]. Il fait de l’Écriture une lecture à deux niveaux, jusque dans les moindres détails[16]. Il risque ainsi d’introduire dans l’exégèse un subjectivisme arbitraire. Sans doute convient-il d’être attentif au mystère signifié dans l'histoire…, mais sans négliger pour autant la figure utilisée par l’auteur sacré, ni renoncer aux démarches que demande la connaissance exacte de cette historicité.

Par ailleurs, Origène s’est vu reprocher des erreurs dans ses écrits de jeunesse : hiérarchie au sein de la Trinité, préexistence de l’âme humaine, Salut universel à la fin des temps… Aussi n’est-il pas un « Père de l’Église » à proprement parler : c’est « un maître spirituel. Il fut de son temps et son système philosophique n'est pas sans faille ni erreur mais son âme ardente fut celle d'un fils de l'Église et, il faut le dire, celle d'un saint. La passion du Christ, Parole Vivante du Père, anime toutes les pages d'Origène. Celui qu'il nous invite à chercher sans relâche, il l'a lui-même cherché avec un amour ardent »[17].

         Sait-on qu’il est le premier à désigner la Vierge du nom de Theotokos(Mère de Dieu), et à enseigner sa maternité universelle ? « Nul ne peut comprendre l’Évangile s’il n’a reposé sur la poitrine de Jésus, et n’a reçu de lui Marie pour sa Mère »[18].

[1] Urs von Balthasar.
[2] Eusèbe de Césarée, Hist. eccl. 6, 39, 5.
[3] Mt 7, 7 ; Jn 10, 3. [3]
[4] C’est probablement ici que cette expression apparaît pour la première fois dans le panorama de l’Église. La « lecture méditée » amène à écouter la parole de Dieu. Elle est le moment où un passage des Livres Saints devient prière, se transforme en vie et devient message de Salut. En effet, dans le silence du dialogue, elle met l’esprit du lecteur, son intelligence et son cœur, en contact avec Dieu.
[5] Lettre à Grégoire le Thaumaturge, 4.
[6] Saint Paul, Col 1, 19.
[7] Hom. Exode, 12,4 et Lettre à Grégoire, 3.
[8] Benoît XVI,  22.II.06.
[9] CEC 110.
[10] « Les actions et les paroles sont si étroitement liées entre elles que les œuvres accomplies par Dieu dans l’histoire du salut rendent évidentes, et corroborent la doctrine et l’ensemble des choses signifiées par les paroles, et que les paroles proclament les œuvres et font découvrir le mystère qui s’y trouve contenu » Conc. Vatican II, Const. dogm. Dei Verbum, n° 2.
[11] Homélie sur les Nombres 9, 7.
[12] Vient du grec allos, autre, et agoreuein, dire : l'allégorie, en énonçant une chose, en dit aussi une autre. C’est une transposition symbolique.
[13] CEC 117, 1.
[14] Hom : Ex 17, 6.
[15] Saint Thomas d’Aquin, S.Th. I, 1, 10, ad 1 ; CEC 116.
[16] Par exemple, dans le passage de Gn 6, 14-15 concernant l’Arche de Noé – figure de l’Église -, sa longueur de 300 coudées signifierait la totalité de la création spirituelle, sa largeur de 50 coudées la rédemption et la rémission des péchés…, la diversité des pièces à l’intérieur les différents degrés de perfection.
[17] Sœur Gabriel Peters, Origène.
[18] In Ioh I, 6.

SOURCE : http://fr.opusdei.ca/art.php?p=55756

Origène : La Prière

Origène (mort vers 254) est surtout connu comme le premier véritable exégète. Il a aussi écrit un commentaire du « Notre Père », dont des extraits du préambule sont présentés ici. Le contenu se passe grandement d’explications et si l’on a le sentiment d’avoir lu des textes semblables c’est que cet écrit a été souvent inspiré d’autres auteurs écrivant sur le même sujet.

Soulignons seulement que le souvenir de Dieu, le sentiment de Sa présence, peuvent être des formes archaïques de ce que l’on a appelé plus tard « la prière de Jésus ». Le « grand prêtre » est ici le Sauveur. Sans que l’on puisse parler de Yoga chrétien il faut noter l’importance donnée aux attitudes corporelles. Enfin Origène laisse planer une confusion, sans doute volontaire, entre la prière privée et la prière liturgique : pour lui il n’y a pas de différence notable entre les deux.
Michel Feuillebois
LE TEXTE

Je pense que celui qui prie comme il faut et selon ses moyens retire de multiples avantages de la prière.

Et d’abord, il est de la plus grande utilité de disposer son esprit à la prière ; par cette préparation le fidèle se met en présence de Dieu ; il se dispose à lui parler, comme à quelqu'un qui le voit et qui est présent. S'il est vrai que certaines images, certains souvenirs du passé demeurent présents à notre esprit au point de troubler nos raisonnements, à plus forte raison faut-il reconnaître les effets, bienfaisants de la pensée du Dieu présent, quand le fidèle prend conscience de ce regard qui pénètre le plus secret du cœur ; et que l'âme cherche à plaire à ce Témoin, qui scrute tout esprit, qui sonde les reins et les cœurs.

Admettons même que celui qui dispose ainsi son âme à la prière n'en tire pas d'autre avantage, il ne faudrait pas sous-estimer le bénéfice spirituel de cet effort. S'il en prend l'habitude, combien il évite de péchés, combien il progresse dans la vertu, ceux-là le savent d'expérience, qui se vouent avec persévérance à la prière. Si déjà la mémoire et la pensée d'un homme illustre et sage suffisent à susciter l'émulation en nous et à freiner notre penchant au mal, combien plus le souvenir, dans la prière, de Dieu, le Père de l'univers, soutient-il ceux qui se rendent compte qu’Il est présent, qu'ils Lui parlent, que Dieu les voit et les entend.

Transformation spirituelle de celui qui prie

CeIui qui prie de la sorte reçoit tant de grâces, qu'il devient plus capable de s'unir à l'Esprit qui remplit tout l'univers (Sagesse, 1, 7) et qui habite terre et ciel selon la parole du prophète : Est-ce que je ne remplis pas, moi, les cieux et la terre ? dit le Seigneur (Jérémie, 23, 24).

S’associer à la prière du Christ

En outre, par la purification dont il a été question, il participera à la prière du Verbe de Dieu, qui se tient même parmi ceux qui l'ignorent, et n'est absent à la prière de personne ; il prie le Père en union avec lé fidèle dont il est le médiateur. Le Fils de Dieu est en effet le grand prêtre de nos offrandes, et notre avocat auprès du Père il prie pour ceux qui prient, il plaide pour ceux qui plaident. Mais il refuse cette assistance fraternelle à ceux qui ne prient point par lui avec assiduité ; il ne considère pas comme sienne la cause de ceux qui négligent son précepte : // faut toujours prier sans jamais se décourager (Luc, 18, 1).


Il est écrit en effet : //  leur dit encore une parabole pour montrer qu'il faut prier sans cesse ni

découragement : II y avait dans une ville un juge, etc…(cf. Luc, 18, 1-8). Et un peu plus haut : // leur dit encore : Si l'un de vous a un ami qui aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire : Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis m'arrive de voyage et je n'ai rien à lui offrir (Luc, 11, 6 et 7).Et un peu plus bas : Je vous le dis : même s'il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d'ami, il se lèvera du moins à cause de son importunité, et.lui donnera ce dont il a besoin (Luc, 11, 8).


Qui donc croit à la parole infaillible de Jésus sans être enflammé pour une prière instante par ces mots : 

Demandez et l'on vous donnera. Quiconque demande, reçoit (Matthieu, 7, 8). Notre Père qui est bon nous donne, à nous qui avons reçu l'esprit d'adoption, le pain vivant que nous lui demandons et non point la pierre que le Tentateur offre en nourriture à Jésus et à ses disciples. Il est écrit encore : Le Père donne ce qui est bon, faisant tomber la pluie, en faveur de ceux qui le prient. (Matthieu, 7, 11).

Le Christ, les anges et les saints prient avec nous

Le grand prêtre n'est pas seul à s'unir aux fidèles prient vraiment, il y a encore les anges dont l’Écriture affirme qu'ils se réjouissent au ciel pour un seul pécheur qui se repent plus que pour quatre-vingt-dix-neuf qui n'ont pas besoin de repentir (Luc, 15, 7).

De même les âmes des saints qui se sont endormis... La principale de toutes les vertus, selon la parole divine, est la charité l'égard du prochain : il faut admettre que les saints qui sont déjà morts l’exercent plus que jamais à l'égard de ceux qui luttent en cette vie, bien plus que ne peuvent le faire ceux qui, ; tout en demeurant soumis, à la faiblesse humaine, viennent au secours de plus faibles. Car un membre souffre-t-il ? tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur ? tous les membres partagent sa joie (1° Corinthiens, 1-2, 26). Cela est réalisé par ceux qui aiment leurs frères.

Mais on peut appliquer aussi à l'amour qui s’exerce au-delà de la vie présente, le mot de l’Apôtre : Le souci de toutes les églises ! Qui est faible, que je ne sois faible, qui vient à tomber, qu’un feu ne me dévore (2° Corinthiens, 1,1, 28 et 29). Le Christ lui-même ne déclare-t-il pas qu'|l est malade en chacun des saints qui sont malades, qu’'il est en prison, qu'il est nu, qu'il est sans gîte, qu'il a faim, qu'il a soif ? Qui ignore, de ceux qui ont lu l'Évangile, que le Christ faisait siennes toutes les souffrances de ses croyants ?

Comment prier sans cesse


Comme les œuvres de la vertu et l'accomplissement des préceptes font partie de la prière, il prie sans
cesse, celui qui unit la prière aux œuvres nécessaires et les œuvres à la prière. Ainsi seulement nous pouvons considérer comme réalisable le précepte de prier sans cesse. Il consiste à envisagertoute la vie du saint comme une seule grande prière, dont ce que nous avons coutume de nommer prière n'est qu'une partie. Celle-ci doit se faire trois fois par jour, comme il ressort de l'exemple de Daniel, qui priait trois fois par jour, quand le grandi danger le menaçait (Daniel, 6, 15).


Ce que nous devons demander

Méditons à présent la parole : Demandez les grandes choses et les petites vous seront données de surcroît ; demandez les biens du ciel et ceux de la terre vous seront accordés en sus [« Agraphon » : parole du Sauveur non retenue par les quatre Évangiles]. Toutes lesimages et toutes les figures comparées à la réalité des biens véritables et spirituels sont faibles etterre à terre. Or le Verbe de Dieu qui nous exhorte à imiter la prière des saints, afin que nous demandions dans sa réalité ce qu'ils obtenaient en figure, nous rappelle que les biens célestes et d'importance sont signifiés par des valeurs terrestres et modestes. Comme s'il disait : vous voulez être spirituels ?


Demandez dans vos prières les biens du ciel et de conséquence, et les ayant reçus, vous hériterez
du royaume des cieux : devenus grands, vous jouirez de biens plus grands. Pour ce qui est des biens de la terre et quotidiens, dont vous avez besoin pour vos nécessités corporelles, le Père vous les donne par surcroît, dans la mesure du nécessaire.


Dispositions dans la prière

Il me semble que celui qui se dispose à prier, doit se recueillir et se préparer quelque peu, pour être plus prompt, plus attentif l’ensemble de sa prière ; il doit de même chasser toutes les anxiétés et tous les troubles de sa pensée, et s'efforcer de se souvenir de la grandeur du Dieu qu'il approche ; songer qu'il est impie de se présenter à lui, sans attention, sans effort, avec une sorte de sans-gêne ; rejeter.enfin toutes les pensées étrangères.

En venant à la prière, il faut présenter pour ainsi dire l'âme avant les mains ; élever l'esprit vers Dieu avant les yeux ; dégager l'esprit de la terre, avant de se lever pour l'offrir au Seigneur de l'univers ; enfin déposer tout ressentiment des offenses qu'on croit avoir reçues, si on désire que Dieu oublie le mal commis contre lui-même, contre nos proches, ou contre la droite raison.

Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l'image des dispositions de l'âme pendant la prière. Nous disons qu'il faut agir de la sorte quand il n'y a pas d'obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou même couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple,, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure.

Pour la prière à genoux, elle est nécessaire lorsque quelqu'un s'accuse devant Dieu de ses propres péchés, en le suppliant de le guérir et de l'absoudre. Elle est le symbole de ce prosternement et de cette soumission dont parle Paul, lorsqu'il écrit : C'est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, de qui vient toute paternité dans le ciel et sur la terre (Éphésiens, 4, 14.et 15). C'est là l'agenouillement spirituel ainsi appeléparce que toute créature adore Dieu au nom deJésus, et se soumet humblement à lui ; l'Apôtre semble y faire allusion, quand il dit : Qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur la terre, et dans tes enfers (Philippiens, 2, 10).

Lieu de la prière

Au sujet du lieu, il faut savoir que tout lieu est propice à la prière pour celui qui prie bien. Cependant on peut, pour s'acquitter de ses prières avec plus de tranquillité et moins de distraction, choisir dans sa maison un endroit déterminé, si la chose est possible, l'endroit consacré, pour ainsi dire, et y prier...

Il y a une grâce particulière et une utilité dans le lieu de prière, je veux dire le lieu de l'assemblée des fidèles. Il est sûr que les puissances angéliques prennent part à l'assemblée des fidèles, et que la vertu de notre Seigneur et Sauveur y est présente, ainsi que les esprits des saints, à ce que je crois, ceux des morts qui nous ont précédés et évidemment aussi ceux des saints qui sont encore en vie, bien qu'il ne soit pas facile de dire comment.

A. Hamman "Prières des premiers chrétiens". Fayard, 1952, pages 397-408



Origen and Origenism

Life and work of Origen

Biography

Origen, most modest of writers, hardly ever alludes to himself in his own works; but Eusebius has devoted to him almost the entire sixth book of "Ecclesiastical History". Eusebius was thoroughly acquainted with the life of his hero; he had collected a hundred of his letters; in collaboration with the martyr Pamphilus he had composed the "Apology for Origen"; he dwelt at Caesarea where Origen's library was preserved, and where his memory still lingered; if at times he may be thought somewhat partial, he is undoubtedly well informed. We find some details also in the "Farewell Address" of St. Gregory Thaumaturgus to his master, in the controversies of St. Jerome and Rufinus, in St. Epiphanius (Haeres., LXIV), and in Photius (Biblioth. Cod. 118).

Origen at Alexandria (185-232)

Born in 185, Origen was barely seventeen when a bloody persecution of the Church of Alexandrian broke out. His father Leonides, who admired his precocious genius was charmed with his virtuous life, had given him an excellent literary education. When Leonides was cast into prison, Origen would fain have shared his lot, but being unable to carry out his resolution, as his mother had hidden his clothes, he wrote an ardent, enthusiastic letter to his father exhorting him to persevere courageously. When Leonides had won the martyr's crown and his fortune had been confiscated by the imperial authorities, the heroic child laboured to support himself, his mother, and his six younger brothers. This he successfully accomplished by becoming a teacher, selling his manuscripts, and by the generous aid of a certain rich lady, who admired his talents. He assumed, of his own accord, the direction of the catechetical school, on the withdrawal of Clement, and in the following year was confirmed in his office by the patriarch Demetrius (Eusebius, Church History VI.2; St. Jerome, "De viris illust.", liv). Origen's school, which was frequented by pagans, soon became a nursery of neophytes, confessors, and martyrs. Among the latter were Plutarch, Serenus, Heraclides, Heron, another Serenus, and a female catechumen, Herais (Eusebius, Church History VI.4). He accompanied them to the scene of their victories encouraging them by his exhortations. There is nothing more touching than this picture Eusebius has drawn of Origen's youth, so studious, disinterested, austere and pure, ardent and zealous even to indiscretion (VI, iii and vi). Thrust thus at so early an age into the teacher's chair, he recognized the necessity of completing his education. Frequenting the philosophic schools, especially that of Ammonius Saccas, he devoted himself to a study of the philosophers, particularly Plato and the Stoics. In this he was but following the example of his predecessors Pantenus and Clement, and of Heracles, who was to succeed him. Afterwards, when the latter shared his labours in the catechetical school, he learned Hebrew, and communicated frequently with certain Jews who helped him to solve his difficulties.

The course of his work at Alexandria was interrupted by five journeys. About 213, under Pope Zephyrinus and the emperor Caracalla, he desired "to see the very ancient Church of Rome", but he did not remain there long (Eusebius, Church History VI.14). Shortly afterwards he was invited to Arabia by the governor who was desirous of meeting him (VI, xix). It was probably in 215 or 216 when the persecution of Caracalla was raging in Egypt that he visited Palestine, where Theoctistus of Caesarea and Alexander of Jerusalem, invited him to preach though he was still a layman. Towards 218, it would appear, the empress Mammaea, mother of Alexander Severus, brought him to Antioch (VI, xxi). Finally, at a much later period, under Pontian of Rome and Zebinus of Antioch (Eusebius, VI, xxiii), he journeyed into Greece, passing through Caesarea where Theoctistus, Bishop of that city, assisted by Alexander, Bishop of Jerusalem, raised him to the priesthood. Demetrius, although he had given letters of recommendation to Origen, was very much offended by this ordination, which had taken place without his knowledge and, as he thought, in derogation of his rights. If Eusebius (VI, viii) is to be believed, he was envious of the increasing influence of his catechist. So, on his return to Alexandria, Origen soon perceived that his bishop was rather unfriendly towards him. He yielded to the storm and quitted Egypt (231). The details of this affair were recorded by Eusebius in the lost second book of the "Apology for Origen"; according to Photius, who had read the work, two councils were held at Alexandria, one of which pronounced a decree of banishment against Origen while the other deposed him from the priesthood (Biblioth. cod. 118). St. Jerome declares expressly that he was not condemned on a point of doctrine.

Origen at Caesarea (232)

Expelled from Alexandria, Origen fixed his abode at Caesarea in Palestine (232), with his protector and friend Theoctistus, founded a new school there, and resumed his "Commentary on St. John" at the point where it had been interrupted. He was soon surrounded by pupils. The most distinguished of these, without doubt, was St. Gregory Thaumaturgus who, with his brother Apollodorus, attended Origen's lectures for five years and delivered on leaving him a celebrated "Farewell Address". During the persecution of Maximinus (235-37) Origen visited his friend, St. Firmilian, Bishop of Caesarea in Cappadocia, who made him remain for a long period. On this occasion he was hospitably entertained by a Christian lady of Caesarea, named Juliana, who had inherited the writing of Symmachus, the translator of the Old Testament (Palladius, "Hist. Laus.", 147). The years following were devoted almost uninterruptedly to the composition of the "Commentaries". Mention is made only of a few excursions to Holy Places, a journey to Athens (Eusebius, VI, xxxii), and two voyages to Arabia, one of which was undertaken for the conversion of Beryllus, a Patripassian (Eusebius, VI, xxxiii; St. Jerome, Illustrious Men 60), the other to refute certain heretics who denied the Resurrection (Eusebius, Church History VI.37). Age did not diminish his activities. He was over sixty when he wrote his "Contra Celsum" and his "Commentary on St. Matthew". The persecution of Decius (250) prevented him from continuing these works. Origen was imprisoned and barbarously tortured, but his courage was unshaken and from his prison he wrote letters breathing the spirit of the martyrs (Eusebius, Church History VI.39). He was still alive on the death of Decius (251), but only lingering on, and he died, probably, from the results of the sufferings endured during the persecution (253 or 254), at the age of sixty-nine (Eusebius, Church History VII.1). His last days were spent at Tyr, though his reason for retiring thither is unknown. He was buried with honour as a confessor of the Faith. For a long time his sepulchre, behind the high-altar of the cathedral of Tyr, was visited by pilgrims. Today, as nothing remains of this cathedral except a mass of ruins, the exact location of his tomb is unknown.

Works

Very few authors were as fertile as Origen. St. Epiphanius estimates at six thousand the number of his writings, counting separately, without doubt, the different books of a single work, his homilies, letters, and his smallest treatises (Haeres., LXIV, lxiii). This figure, repeated by many ecclesiastical writers, seems greatly exaggerated. St. Jerome assures us that the list of Origen's writings drawn up by St. Pamphilus did not contain even two thousand titles (Contra Rufin., II, xxii; III, xxiii); but this list was evidently incomplete. Eusebius (Church History VI.32) had inserted it in his biography of St. Pamphilus and St. Jerome inserted it in a letter to Paula.

Exegetical writings

Origen had devoted three kinds of works to the explanation of the Holy Scripture: commentaries, homilies, and scholia (St. Jerome, "Prologus interpret. homiliar. Orig. in Ezechiel"). The commentaries (tomoi libri, volumina) were a continuous and well-developed interpretation of the inspired text. An idea of their magnitude may be formed from the fact that the words of St. John: "In the beginning was the Word", furnished material for a whole roll. There remain in Greek only eight books of the "Commentary on St. Matthew", and nine books of the "Commentary on St. John"; in Latin an anonymous translation of the "Commentary on St. Matthew" beginning with chapter xvi, three books and a half of the "Commentary on the Canticle of Canticles" translated by Rufinus, and an abridgment of the "Commentary on the Epistles to the Romans" by the same translator. The homilies (homiliai, homiliae, tractatus) were familiar discourses on texts of Scripture, often extemporary and recorded as well as possible by stenographers. The list is long and undoubtedly must have been longer if it be true that Origen, as St. Pamphilus declares in his "Apology" preached almost every day. There remain in Greek twenty-one (twenty on Jeremias and the celebrated homily on the witch of Endor); in Latin, one hundred and eighteen translated by Rufinus, seventy-eight translated by St. Jerome and some others of more of less doubtful authenticity, preserved in a collection of homilies. The twenty "Tractatus Origenis" recently discovered are not the work of Origen, though use has been made of his writings. Origen has been called the father of the homily; it was he who contributed most to popularize this species of literature in which are to be found so many instructive details on the customs of the primitive Church, its institutions, discipline, liturgy, and sacraments. The scholia (scholia, excerpta, commaticum interpretandi genus) were exegetical, philological, or historical notes, on words or passages of the Bible, like the annotations of the Alexandria grammarians on the profane writers. Except some few short fragments all of these have perished.

Other writings

We now possess only two of Origen's letters: one addressed to St. Gregory Thaumaturgus on the reading of Holy Scripture, the other to Julius Africanus on the Greek additions to the Book of Daniel. Two opuscula have been preserved entire in the original form; an excellent treatise "On Prayer" and an "Exhortation to Martyrdom", sent by Origen to his friend Ambrose, then a prisoner for the Faith. Finally two large works have escaped the ravages of time: the "Contra Celsum" in the original text, and the "De principiis" in a Latin translation by Rufinus and in the citations of the "Philocalia" which might equal in contents one-sixth of the whole work. In the eight books of the "Contra Celsum" Origen follows his adversary point by point, refuting in detail each of his false imputations. It is a model of reasoning, erudition, and honest polemic. The "De principiis", composed at Alexandria, and which, it seems, got into the hands of the public before its completion, treated successively in its four books, allowing for numerous digressions, of: (a) God and the Trinity, (b) the world and its relation to God, (c) man and his free will, (d) Scripture, its inspiration and interpretation. Many other works of Origen have been entirely lost: for instance, the treatise in two books "On the Resurrection", a treatise "On Free Will", and ten books of "Miscellaneous Writings" (Stromateis). For Origen's critical work see HEXAPLA.

Posthumous influence of Origen

During his lifetime Origen by his writings, teaching, and intercourse exercised very great influence. St. Firmilian of Caesarea in Cappadocia, who regarded himself as his disciple, made him remain with him for a long period to profit by his learning (Eusebius, Church History VI.26; Palladius, "Hist. Laus.", 147). St. Alexander of Jerusalem his fellow pupil at the catechetical school was his intimate faithful friend (Eusebius, VI, xiv), as was Theoctistus of Caesarea in Palestine, who ordained him (Photius, cod. 118). Beryllus of Bostra, whom he had won back from heresy, was deeply attached to him (Eusebius, VI, xxxiii; St. Jerome, Illustrious Men 60). St. Anatolus of Laodicea sang his praises in his "Carmen Paschale" (P.G., X, 210). The learned Julius Africanus consulted him, Origen's reply being extant (P.G., XI, 41-85). St. Hippolytus highly appreciated his talents (St. Jerome, Illustrious Men 61). St. Dionysius, his pupil and successor in the catechetical school, when Patriarch of Alexandria, dedicated to him his treatise "On the Persecution" (Eusebius, VI, xlvi), and on learning of his death wrote a letter filled with his praises (Photius, cod. 232). St. Gregory Thaumaturgus, who had been his pupil for five years at Caesarea, before leaving addressed to him his celebrated "Farewell Address" (P.G., X, 1049-1104), an enthusiastic panegyric. There is no proof that Heracles, his disciple, colleague, and successor in the catechetical school, before being raised to the Patriarchate of Alexandria, wavered in his sworn friendship. Origen's name was so highly esteemed that when there was a question of putting an end to a schism or rooting out a heresy, appeal was made to it.

After his death his reputation continued to spread. St. Pamphilus, martyred in 307, composes with Eusebius an "Apology for Origen" in six books the first alone of which has been preserved in a Latin translation by Rufinus (P.G., XVII, 541-616). Origen had at that time many other apologists whose names are unknown to us (Photius, cod. 117 and 118). The directors of the catechetical school continued to walk in his footsteps. Theognostus, in his "Hypotyposes", followed him even too closely, according to Photius (cod. 106), though his action was approved by St. Athanasius. Pierius was called by St. Jerome "Origenes junior" (Illustrious Men 76). Didymus the Blind composed a work to explain and justify the teaching of the "De principiis" (St. Jerome, "Adv. Rufin.", I, vi). St. Athanasius does not hesitate to cite him with praise (Epist. IV ad Serapion., 9 and 10) and points out that he must be interpreted generously (De decretis Nic., 27).

Nor was the admiration for the great Alexandrian less outside of Egypt. St. Gregory of Nazianzus gave significant expression to his opinion (Suidas, "Lexicon", ed. Bernhardy, II, 1274: Origenes he panton hemon achone). In collaboration with St. Basil, he had published, under the title "Philocalia", a volume of selections from the master. In his "Panegyric on St. Gregory Thaumaturgus", St. Gregory of Nyssa called Origen the prince of Christian learning in the third century (P.G., XLVI, 905). At Caesarea in Palestine the admiration of the learned for Origen became a passion. St. Pamphilus wrote his "Apology", Euzoius had his writings transcribed on parchment (St. Jerome, Illustrious Men 93). Eusebius catalogued them carefully and drew upon them largely. Nor were the Latins less enthusiastic than the Greeks. According to St. Jerome, the principal Latin imitators of Origen are St. Eusebius of Verceil, St. Hilary of Poitiers, and St. Ambrose of Milan; St. Victorinus of Pettau had set them the example (St. Jerome, "Adv. Rufin.", I, ii; "Ad Augustin. Epist.", cxii, 20). Origen's writings were so much drawn upon that the solitary of Bethlehem called it plagiarism, furta Latinarum. However, excepting Rufinus, who is practically only a translator, St. Jerome is perhaps the Latin writer who is most indebted to Origen. Before the Origenist controversies he willingly admitted this, and even afterwards, he did not entirely repudiate it; cf. the prologues to his translations of Origen (Homilies on St. Luke, Jeremias, and Ezechiel, the Canticle of Canticles), and also the prefaces to his own "Commentaries" (on Micheas, the Epistles to the Galatians, and to the Ephesians etc.).

Amidst these expressions of admiration and praise, a few discordant voices were heard. St. Methodius, bishop and martyr (311), had written several works against Origen, amongst others a treatise "On the Resurrection", of which St. Epiphanius cites a long extract (Haeres., LXVI, xii-lxii). St. Eustathius of Antioch, who died in exile about 337, criticized his allegorism (P.G., XVIII, 613-673). St. Alexander of Alexandria, martyred in 311, also attacked him, if we are to credit Leontius of Byzantium and the emperor Justinian. But his chief adversaries were the heretics, Sabellians, Arians, Pelagians, Nestorians, Apollinarists.

Origenism

By this term is understood not so much Origen's theology and the body of his teachings, as a certain number of doctrines, rightly or wrongly attributed to him, and which by their novelty or their danger called forth at an early period a refutation from orthodox writers. They are chiefly:
  • Allegorism in the interpretation of Scripture
  • Subordination of the Divine Persons
  • The theory of successive trials and a final restoration.
Before examining how far Origen is responsible for these theories, a word must be said of the directive principle of his theology.

The Church and the Rule of Faith

In the preface to the "De principiis" Origen laid down a rule thus formulated in the translation of Rufinus: "Illa sola credenda est veritas quae in nullo ab ecclesiastica et apostolica discordat traditione". The same norm is expressed almost in equivalent terms n many other passages, e.g., "non debemus credere nisi quemadmodum per successionem Ecclesiae Dei tradiderunt nobis (In Matt., ser. 46, Migne, XIII, 1667). In accordance with those principles Origen constantly appeals to ecclesiastical preaching, ecclesiastical teaching, and the ecclesiastical rule of faith (kanon). He accepts only four Canonical Gospels because tradition does not receive more; he admits the necessity of baptism of infants because it is in accordance with the practice of the Church founded on Apostolic tradition; he warns the interpreter of the Holy Scripture, not to rely on his own judgment, but "on the rule of the Church instituted by Christ". For, he adds, we have only two lights to guide us here below, Christ and the Church; the Church reflects faithfully the light received from Christ, as the moon reflects the rays of the sun. The distinctive mark of the Catholic is to belong to the Church, to depend on the Church outside of which there is no salvation; on the contrary, he who leaves the Church walks in darkness, he is a heretic. It is through the principle of authority that Origen is wont to unmask and combat doctrinal errors. It is the principle of authority, too, that he invokes when he enumerates the dogmas of faith. A man animated with such sentiments may have made mistakes, because he is human, but his disposition of mind is essentially Catholic and he does not deserve to be ranked among the promoters of heresy.

Scriptural allegorism

The principal passages on the inspiration, meaning, and interpretation of the Scriptures are preserved in Greek in the first fifteen chapters of the "Philocalia". According to Origen, Scripture is inspired because it is the word and work of God. But, far from being an inert instrument, the inspired author has full possession of his faculties, he is conscious of what he is writing; he is physically free to deliver his message or not; he is not seized by a passing delirium like the pagan oracles, for bodily disorder, disturbance of the senses, momentary loss of reason are but so many proofs of the action of the evil spirit. Since Scripture is from God, it ought to have the distinctive characteristics of the Divine works: truth, unity, and fullness. The word of God cannot possibly be untrue; hence no errors or contradictions can be admitted in Scripture (Commentary on John X.3). The author of the Scriptures being one, the Bible is less a collection of books than one and the same book (Philoc., V, iv-vii), a perfect harmonious instrument (Philoc., VI, i-ii). But the most Divine note of Scripture is its fullness: "There is not in the Holy Books the smallest passage (cheraia) but reflects the wisdom of God" (Philoc., I, xxviii, cf. X, i). True there are imperfections in the Bible: antilogies, repetitions, want of continuity; but these imperfections become perfections by leading us to the allegory and the spiritual meaning (Philoc., X, i-ii).

At one time Origen, starting from the Platonic trichotomy, distinguishes the body, the soul, and the spirit of Holy Scripture; at another, following a more rational terminology, he distinguishes only between the letter and the spirit. In reality, the soul, or the psychic signification, or moral meaning (that is the moral parts of Scripture, and the moral applications of the other parts) plays only a very secondary rôle, and we can confine ourselves to the antithesis: letter (or body) and spirit. Unfortunately this antithesis is not free from equivocation. Origen does not understand by letter (or body) what we mean today by the literal sense, but the grammatical sense, the proper as opposed to the figurative meaning. Just so he does not attach to the words spiritual meaning the same signification as we do: for him they mean the spiritual sense properly so called (the meaning added to the literal sense by the express wish of God attaching a special signification to the fact related or the manner of relating them), or the figurative as contrasted with the proper sense, or the accommodative sense, often an arbitrary invention of the interpreter, or even the literal sense when it is treating of things spiritual. If this terminology is kept in mind there is nothing absurd in the principle he repeats so often: "Such a passage of the Scripture as no corporal meaning." As examples Origen cites the anthropomorphisms, metaphors, and symbols which ought indeed to be understood figuratively.

Though he warns us that these passages are the exceptions, it must be confessed that he allows too many cases in which the Scripture is not to be understood according to the letter; but, remembering his terminology, his principle is unimpeachable. The two great rules of interpretation laid sown by the Alexandria catechist, taken by themselves and independently of erroneous applications, are proof against criticism. They may be formulated thus:
  • Scripture must be interpreted in a manner worthy of God, the author of Scripture.
  • The corporal sense or the letter of Scripture must not be adopted, when it would entail anything impossible, absurd, or unworthy of God.
The abuse arises from the application of these rules. Origen has recourse too easily to allegorism to explain purely apparent antilogies or antinomies. He considers that certain narratives or ordinances of the Bible would be unworthy of God if they had to be taken according to the letter, or if they were to be taken solely according to the letter. He justifies the allegorism by the fact that otherwise certain accounts or certain precepts now abrogated would be useless and profitless for the reader: a fact which appears to him contrary to the providence of the Divine inspirer and the dignity of Holy Writ. It will thus be seen that though the criticisms directed against his allegorical method by St. Epiphanius and St. Methodius were not groundless, yet many of the complaints arise from a misunderstanding.

Subordination of the divine persons

The three Persons of the Trinity are distinguished from all creatures by the three following characteristics: absolute immateriality, omniscience, and substantial sanctity. As is well known many ancient ecclesiastical writers attributed to created spirits an aerial or ethereal envelope without which they could not act. Though he does not venture to decide categorically, Origen inclines to this view, but, as soon as there is a question of the Divine Persons, he is perfectly sure that they have no body and are not in a body; and this characteristic belongs to the Trinity alone (De Principiis IV.27, I.6, II.2.2, II.4.3, etc.). Again the knowledge of every creature, being essentially limited, is always imperfect and capable of being increased. But it would be repugnant for the Divine Persons to pass from the state of ignorance to knowledge. How could the Son, who is the Wisdom of the Father, be ignorant of anything (Commentary on John I.27; Against Celsus VI.17). Nor can we admit ignorance in the Spirit who "searcheth the deep things of God" (De Principiis I.5.4, I.6.2, I.7.3; "In Num. him.", XI, 8 etc.). As substantial holiness is the exclusive privilege of the Trinity so also is it the only source of all created holiness. Sin is forgiven only by the simultaneous concurrence of the Father, the Son, and the Holy Ghost; no one is sanctified at baptism save through their common action; the soul in which the Holy Ghost indwells possesses likewise the Son and the Father. In a word the three Persons of the Trinity are indivisible in their being, their presence, and their operation.

Along with these perfectly orthodox texts there are some which must be interpreted with diligence, remembering as we ought that the language of theology was not yet fixed and that Origen was often the first to face these difficult problems. It will then appear that the subordination of the Divine Persons, so much urged against Origen, generally consists in differences of appropriation (the Father creator, the Son redeemer, the Spirit sanctifier) which seem to attribute to the Persons an unequal sphere of action, or in the liturgical practice of praying the Father through the Son in the Holy Ghost, or in the theory so widespread in the Greek Church of the first five centuries, that the Father has a pre-eminence of rank (taxis) over the two other Persons, inasmuch as in mentioning them He ordinarily has the first place, and of dignity (axioma) because He represents the whole Divinity, of which He is the principle (arche), the origin (aitios), and the source (pege). That is why St. Athanasius defends Origen's orthodoxy concerning the Trinity and why St. Basil and St. Gregory of Nazianzus replied to the heretics who claimed the support of his authority that they misunderstood him.

The origin and destiny of rational beings

Here we encounter an unfortunate amalgam of philosophy and theology. The system that results is not coherent, for Origen, frankly recognizing the contradiction of the incompatible elements that he is trying to unify, recoils from the consequences, protests against the logical conclusions, and oftentimes corrects by orthodox professions of faith the heterodoxy of his speculations. It must be said that almost all the texts about to be treated of, are contained in the "De principiis", where the author treads on most dangerous ground. The system may be reduced to a few hypotheses, the error and danger of which were not recognized by Origen.

(1) Eternity of Creation

Whatever exists outside of God was created by Him: the Alexandrian catechist always defended this thesis most energetically against the pagan philosophers who admitted an uncreated matter (De Principiis II.1.5; "In Genes.", I, 12, in Migne, XII, 48-9). But he believes that God created from eternity, for "it is absurd", he says, "to imagine the nature of God inactive, or His goodness inefficacious, or His dominion without subjects" (De Principiis III.5.3). Consequently he is forced to admit a double infinite series of worlds before and after the present world.

(2) Original Equality of the Created Spirits.

"In the beginning all intellectual natures were created equal and alike, as God had no motive for creating them otherwise" (De Principiis II.9.6). Their present differences arise solely from their different use of the gift of free will. The spirits created good and happy grew tired of their happiness (op. cit., I, iii, 8), and, though carelessness, fell, some more some less (I, vi, 2). Hence the hierarchy of the angels; hence also the four categories of created intellects: angels, stars (supposing, as is probable, that they are animated, De Principiis I.7.3), men, and demons. But their rôles may be one day changed; for what free will has done, free will can undo, and the Trinity alone is essentially immutable in good.

(3) Essence and Raison d'Être of Matter

Matter exists only for the spiritual; if the spiritual did not need it, matter would not exist, for its finality is not in itself. But it seems to Origen - though he does not venture to declare so expressly - that created spirits even the most perfect cannot do without an extremely diluted and subtle matter which serves them as a vehicle and means of action (De Principiis II.2.1, I.6.4, etc.). Matter was, therefore, created simultaneously with the spiritual, although the spiritual is logically prior; and matter will never cease to be because the spiritual, however perfect, will always need it. But matter which is susceptible of indefinite transformations is adapted to the varying condition of the spirits. "When intended for the more imperfect spirits, it becomes solidified, thickens, and forms the bodies of this visible world. If it is serving higher intelligences, it shines with the brightness of the celestial bodies and serves as a garb for the angels of God, and the children of the Resurrection" (De Principiis II.2.2).

(4) Universality of the Redemption and the Final Restoration

Certain Scriptural texts, e.g., 1 Corinthians 15:25-28, seem to extend to all rational beings the benefit of the Redemption, and Origen allows himself to be led also by the philosophical principle which he enunciates several times, without ever proving it, that the end is always like the beginning: "We think that the goodness of God, through the mediation of Christ, will bring all creatures to one and the same end" (De Principiis I.6.1-3). The universal restoration (apokatastasis) follows necessarily from these principles.

On the least reflection, it will be seen that these hypotheses, starting from contrary points of view, are irreconcilable: for the theory of a final restoration is diametrically opposed to the theory of successive indefinite trials. It would be easy to find in the writings of Origen a mass of texts contradicting these principles and destroying the resulting conclusions. He affirms, for instance, that the charity of the elect in heaven does not fail; in their case "the freedom of the will will be bound so that sin will be impossible" (In Roman., V, 10). So, too, the reprobate will always be fixed in evil, less from the inability to free themselves from it, than because they wish to be evil (De Principiis I.8.4), for malice has become natural to them, it is as a second nature in them (In Joann., xx, 19). Origen grew angry when accused of teaching the eternal salvation of the devil. But the hypotheses which he lays down here and there are none the less worthy of censure. What can be said in his defence, if it be not with St. Athanasius (De decretis Nic., 27), that we must not seek to find his real opinion in the works in which he discusses the arguments for and against doctrine as an intellectual exercise or amusement; or, with St. Jerome (Ad Pammach. Epist., XLVIII, 12), that it is one thing to dogmatize and another to enunciate hypothetical opinions which will be cleared up by discussion?

Origenist controversies

The discussions concerning Origen and his teaching are of a very singular and very complex character. They break out unexpectedly, at long intervals, and assume an immense importance quite unforeseen in their humble beginnings. They are complicated by so many personal disputes and so many questions foreign to the fundamental subject in controversy that a brief and rapid exposé of the polemics is difficult and well-nigh impossible. Finally they abate so suddenly that one is forced to conclude that the controversy was superficial and that Origen's orthodoxy was not the sole point in dispute.

First Origenist Crisis

It broke out in the deserts of Egypt, raged in Palestine, and ended at Constantinople with the condemnation of St. Chrysostom (392-404). During the second half of the fourth century the monks of Nitria professed an exaggerated enthusiasm for Origen, whilst the neighbouring brethren of Sceta, as a result of an unwarranted reaction and an excessive fear of allegorism, fell into Anthropomorphism. These doctrinal discussions gradually invaded the monasteries of Palestine, which were under the care of St. Epiphanius, Bishop of Salamis, who, convinced of the dangers of Origenism, had combatted it in his works and was determined to prevent its spread and to extirpate it completely. Having gone to Jerusalem in 394, he preached vehemently against Origen's errors, in presence of the bishop of that city, John, who was deemed an Origenist. John in turn spoke against Anthropomorphism, directing his discourse so clearly against Epiphanius that no on could be mistaken. Another incident soon helped to embitter the dispute. Epiphanius had raised Paulinian, brother of St. Jerome, to the priesthood in a place subject to the See of Jerusalem. John complained bitterly of this violation of his rights, and the reply of Epiphanius was not of a nature to appease him.

Two new combatants were now ready to enter the lists. From the time when Jerome and Rufinus settled, one at Bethlehem and the other at Mt. Olivet, they had lived in brotherly friendship. Both admired, imitated, and translated Origen, and were on most amicable terms with their bishop, when in 392 Aterbius, a monk of Sceta, came to Jerusalem and accused them of both of Origenism. St. Jerome, very sensitive to the question of orthodoxy, was much hurt by the insinuation of Aterbius and two years later sided with St. Epiphanius, whose reply to John of Jerusalem he translated into Latin. Rufinus learnt, it is not known how, of this translation, which was not intended for the public, and Jerome suspected him of having obtained it by fraud. A reconciliation was effected sometime later, but it was not lasting. In 397 Rufinus, then at Rome, had translated Origen's "De principiis" into Latin, and in his preface followed the example of St. Jerome, whose dithyrambic eulogy addressed to the Alexandrian catechist he remembered. The solitary of Bethlehem, grievously hurt at this action, wrote to his friends to refute the perfidious implication of Rufinus, denounced Origen's errors to Pope Anastasius, tried to win the Patriarch of Alexandria over to the anti-Origenist cause, and began a discussion with Rufinus, marked with great bitterness on both sides.

Until 400 Theophilus of Alexandria was an acknowledged Origenist. His confident was Isidore, a former monk of Nitria, and his friends, "the Tall Brothers", the accredited leaders of the Origenist party. He had supported John of Jerusalem against St. Epiphanius, whose Anthropomorphism he denounced to Pope Siricius. Suddenly he changed his views, exactly why was never known. It is said that the monks of Sceta, displeased with his paschal letter of 399, forcibly invaded his episcopal residence and threatened him with death if he did not chant the palinody. What is certain is that he had quarreled with St. Isidore over money matters and with "the Tall Brothers", who blamed his avarice and his worldliness. As Isidore and "the Tall Brothers" had retired to Constantinople, where Chrysostom extended his hospitality to them and interceded for them, without, however, admitting them to communion till the censures pronounced against them had been raised, the irascible Patriarch of Alexandria determined on this plan: to suppress Origenism everywhere, and under this pretext ruin Chrysostom, whom he hated and envied. For four years he was mercilessly active: he condemned Origen's books at the Council of Alexandria (400), with an armed band he expelled the monks from Nitria, he wrote to the bishops of Cyprus and Palestine to win them over to his anti-Origenist crusade, issued paschal letters in 401, 402, and 404 against Origen's doctrine, and sent a missive to Pope Anastasius asking for the condemnation of Origenism. He was successful beyond his hopes; the bishops of Cyprus accepted his invitation. Those of Palestine, assembled at Jerusalem, condemned the errors pointed out to them, adding that they were not taught amongst them. Anastasius, while declaring that Origen was entirely unknown to him, condemned the propositions extracted from his books. St. Jerome undertook to translate into Latin the various elucubrations of the patriarch, even his virulent diatribe against Chrysostom. St. Epiphanius, preceding Theophilus to Constantinople, treated St. Chrysostom as temerarious, and almost heretical, until the day the truth began to dawn on him, and suspecting that he might have been deceived, he suddenly left Constantinople and died at sea before arriving at Salamis.

It is well known how Theophilus, having been called by the emperor to explain his conduct towards Isidore and "the Tall Brothers", cleverly succeeded by his machinations in changing the rôles. Instead of being the accused, he became the accuser, and summoned Chrysostom to appear before the conciliabule of the Oak (ad Quercum), at which Chrysostom was condemned. As soon as the vengeance of Theophilus was satiated nothing more was heard of Origenism. The Patriarch of Alexandria began to read Origen, pretending that he could cull the roses from among the thorns. He became reconciled with "the Tall Brothers" without asking them to retract. Hardly had the personal quarrels abated when the spectre of Origenism vanished.

Second Origenistic Crisis

In 514 certain heterodox doctrines of a very singular character had already spread among the monks of Jerusalem and its environs. Possibly the seeds of the dispute may have been sown by Stephen Bar-Sudaili, a troublesome monk expelled from Edessa, who joined to an Origenism of his own brand certain clearly pantheistic views. Plotting and intriguing continued for about thirty years, the monks suspected of Origenism being in turn expelled from their monasteries, then readmitted, only to be driven out anew. Their leaders and protectors were Nonnus, who till his death in 547 kept the party together, Theodore Askidas and Domitian who had won the favour of the emperor and were named bishops, one to the See of Ancyra in Galatia, the other to that of Caesarea in Cappadocia, though they continued to reside at court (537). In these circumstances a report against Origenism was addressed to Justinian, by whom and on what occasion it is not known, for the two accounts that have come down to us are at variance (Cyrillus of Scythopolis, "Vita Sabae"; and Liberatus, "Breviarium", xxiii). At all events, the emperor then wrote his "Liber adversus Origenem", containing in addition to an exposé of the reasons for condemning it twenty-four censurable texts taken from the "De principiis", and lastly ten propositions to be anathematized. Justinian ordered the patriarch Mennas to call together all the bishops present in Constantinople and make them subscribe to these anathemas. This was the local synod (synodos endemousa) of 543. A copy of the imperial edict had been addressed to the other patriarchs, including Pope Vigilius, and all gave their adhesion to it. In the case of Vigilius especially we have the testimony of Liberatus (Breviar., xxiii) and Cassiodorus (Institutiones, 1).

It had been expected that Domitian and Theodore Askidas, by their refusal to condemn Origenism, would fall into disfavour at Court; but they signed whatever they were asked to sign and remained more powerful than ever. Askidas even took revenge by persuading the emperor to have Theodore of Mopsuestia, who was deemed the sworn enemy of Origen, condemned (Liberatus, "Breviar.", xxiv; Facundas of Hermianus, "Defensio trium capitul.", I, ii; Evagrius, "Hist.", IV, xxxviii). Justinian's new edict, which is not extant, resulted in the assembling of the fifth ecumenical council, in which Theodore of Mopsuestia, Ibas, and Theodoretus were condemned (553).

Were Origen and Origenism anathematized? Many learned writers believe so; an equal number deny that they were condemned; most modern authorities are either undecided or reply with reservations. Relying on the most recent studies on the question it may be held that:
  1. It is certain that the fifth general council was convoked exclusively to deal with the affair of the Three Chapters, and that neither Origen nor Origenism were the cause of it.
  2. It is certain that the council opened on 5 May, 553, in spite of the protestations of Pope Vigilius, who though at Constantinople refused to attend it, and that in the eight conciliary sessions (from 5 May to 2 June), the Acts of which we possess, only the question of the Three Chapters is treated.
  3. Finally it is certain that only the Acts concerning the affair of the Three Chapters were submitted to the pope for his approval, which was given on 8 December, 553, and 23 February, 554.
  4. It is a fact that Popes Vigilius, Pelagius I (556-61), Pelagius II (579-90), Gregory the Great (590-604), in treating of the fifth council deal only with the Three Chapters, make no mention of Origenism, and speak as if they did not know of its condemnation.
  5. It must be admitted that before the opening of the council, which had been delayed by the resistance of the pope, the bishops already assembled at Constantinople had to consider, by order of the emperor, a form of Origenism that had practically nothing in common with Origen, but which was held, we know, by one of the Origenist parties in Palestine. The arguments in corroboration of this hypothesis may be found in Dickamp (op. cit., 66-141).
  6. The bishops certainly subscribed to the fifteen anathemas proposed by the emperor (ibid., 90-96); and admitted Origenist, Theodore of Scythopolis, was forced to retract (ibid., 125-129); but there is no proof that the approbation of the pope, who was at that time protesting against the convocation of the council, was asked.
  7. It is easy to understand how this extra-conciliary sentence was mistaken at a later period for a decree of the actual ecumenical council.





Cardinal JEAN DANIÉLOU, Origène : http://www.jesuites.com/2012/07/origene-danielou/