mercredi 5 février 2014

BENOÎT XVI : « Munus docendi » ; « Munus sanctificandi » ; « Munus Regendi »

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 14 avril 2010
 
Munus docendi

Chers amis,

En cette période pascale, qui nous conduit à la Pentecôte et qui nous amène également aux célébrations de clôture de l'Année sacerdotale, en programme les 9, 10 et 11 juin prochains, j'ai à cœur de consacrer encore certaines réflexions au thème du ministère ordonné, en m'arrêtant sur la réalité féconde de la configuration du prêtre au Christ Tête, dans l'exercice des tria munera qu'il reçoit, c'est-à-dire des trois charges d'enseigner, de sanctifier et de gouverner.

Pour comprendre ce que signifie agir in persona Christi Capitis - dans la personne du Christ Tête - de la part du prêtre, et pour comprendre également quelles conséquences dérivent du devoir de représenter le Seigneur, en particulier dans l'exercice de ces trois fonctions, il faut expliciter avant tout ce que l'on entend par "représentation". Le prêtre représente le Christ. Qu'est-ce que cela veut dire, que signifie "représenter" quelqu'un? Dans le langage commun, cela veut dire - généralement - recevoir une délégation de la part d'une personne pour être présente à sa place, parler et agir à sa place, car celui qui est représenté est absent de l'action concrète. Nous nous demandons:  le prêtre représente-t-il le Seigneur de la même façon? La réponse est non, car dans l'Eglise, le Christ n'est jamais absent, l'Eglise est son corps vivant et le Chef de l'Eglise c'est lui, présent et œuvrant en elle. Le Christ n'est jamais absent, il est même présent d'une façon totalement libérée des limites de l'espace et du temps, grâce à l'événement de la Résurrection, que nous contemplons de façon spéciale en ce temps de Pâques.

C'est pourquoi, le prêtre qui agit in persona Christi Capitis et en représentation du Seigneur, n'agit jamais au nom d'un absent, mais dans la Personne même du Christ ressuscité, qui se rend présent à travers son action réellement concrète. Il agit réellement et réalise ce que le prêtre ne pourrait pas faire:  la consécration du vin et du pain, afin qu'ils soient réellement présence du Seigneur, absolution des péchés. Le Seigneur rend présente son action dans la personne qui accomplit ces gestes. Ces trois devoirs du prêtre - que la Tradition a identifiés dans les diverses paroles de mission du Seigneur:  enseigner, sanctifier, et gouverner - dans leur distinction et dans leur profonde unité, sont une spécification de cette représentation concrète. Ils représentent en réalité les trois actions du Christ ressuscité, le même qui aujourd'hui, dans l'Eglise et dans le monde, enseigne et ainsi fait naître la foi, rassemble son peuple, crée une présence de la vérité et construit réellement la communion de l'Eglise universelle; et sanctifie et guide.


Le premier devoir dont je voudrais parler aujourd'hui est le munus docendi, c'est-à-dire celui d'enseigner. Aujourd'hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l'Eglise, exercé de façon concrète à travers le ministère de chaque prêtre, apparaît particulièrement important. Nous vivons dans une grande confusion en ce qui concerne les choix fondamentaux de notre vie et les interrogations sur ce qu'est le monde, d'où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour accomplir le bien, la façon dont nous devons vivre, quelles sont les valeurs réellement pertinentes. En relation à tout cela, il existe de nombreuses philosophies opposées, qui naissent et qui disparaissent, créant une confusion en ce qui concerne les décisions fondamentales, comme vivre, car nous ne savons plus, communément, par quoi et pour quoi nous avons été faits et où nous allons. 
Dans cette situation se réalise la parole du Seigneur, qui eut compassion de la foule parce qu'elle était comme des brebis sans pasteur (cf. Mc 6, 34). Le Seigneur avait fait cette constatation lorsqu'il avait vu les milliers de personnes qui le suivaient dans le désert car, face à la diversité des courants de cette époque, elles ne savaient plus quel était le véritable sens de l'Ecriture, ce que disait Dieu. Le Seigneur, animé par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation. Telle est la fonction in persona Christi du prêtre:  rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre époque, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans notre monde. Le prêtre n'enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu'il a lui-même inventée, qu'il a trouvée ou qui lui plaît; le prêtre ne parle pas de lui, il ne parle pas pour lui, pour se créer éventuellement des admirateurs ou son propre parti; il ne dit pas des choses qui viennent de lui, ses inventions, mais, dans la confusion de toutes les philosophies, le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d'aller de l'avant. Pour le prêtre vaut ce que le Christ a dit de lui-même:  "Mon enseignement n'est pas le mien" (Jn 7, 16); c'est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père. Le prêtre doit lui aussi toujours parler et agir ainsi:  "Ma doctrine n'est pas la mienne, je ne diffuse pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je rends présente cette doctrine unique et commune, qui a créé l'Eglise universelle et qui crée la vie éternelle".


Ce fait, c'est-à-dire que le prêtre ne crée pas et ne proclame pas ses propres idées dans la mesure où la doctrine qu'il annonce n'est pas la sienne, mais du Christ, ne signifie pas, d'autre part, qu'il soit neutre, une sorte de porte-parole qui lit un texte dont il ne prend peut-être pas possession. Dans ce cas aussi, vaut le modèle du Christ, qui a dit:  Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je viens du Père et je vis pour le Père. C'est pourquoi, dans cette profonde identification, la doctrine du Christ est celle du Père et il est lui-même un avec le Père. Le prêtre qui annonce la parole du Christ, la foi de l'Eglise et non ses propres idées, doit aussi dire:  Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je vis avec le Christ et du Christ et ce qu'a dit le Christ devient donc ma parole, même si elle n'est pas la mienne. La vie du prêtre doit s'identifier au Christ et, de cette manière, la parole qui n'est pas sienne, devient toutefois une parole profondément personnelle. Saint Augustin, sur ce thème, a dit en parlant des prêtres:  "Et nous, que sommes nous? Des ministres (du Christ), ses serviteurs; car ce que nous vous distribuons n'est pas à nous, mais nous le tirons de Lui. Et nous aussi nous vivons de cela, car nous sommes des serviteurs, comme vous" (Discours 229/E, 4).

L'enseignement que le prêtre est appelé à offrir, les vérités de la foi, doivent être intériorisées et vécues dans un intense chemin spirituel personnel, de manière à ce que le prêtre entre réellement en profonde communion intérieure avec le Christ lui-même. Le prêtre croit, accueille et cherche à vivre, avant tout comme sien, ce que le Seigneur a enseigné et que l'Eglise a transmis, dans ce parcours d'identification avec le propre ministère dont saint Jean-Marie Vianney est le témoin exemplaire (cf. Lettre pour l'indiction de l'Année sacerdotale). "Unis dans la même charité - affirme encore saint Augustin - nous sommes tous des auditeurs de celui qui est pour nous dans le ciel l'unique Maître" (Enarr. in Ps. 131, 1. 7).

La voix du prêtre, par conséquent, pourrait souvent sembler la "voix de celui qui crie dans le désert" (Mc 1, 3); mais c'est précisément en cela que consiste sa force prophétique:  dans le fait de ne jamais être homologué, ni homologable, à aucune culture ou mentalité dominante, mais de montrer l'unique nouveauté capable d'opérer un profond et authentique renouveau de l'homme, c'est-à-dire que le Christ est le Vivant, il est le Dieu proche, le Dieu qui œuvre dans la vie et pour la vie du monde et nous donne la vérité, la manière de vivre.

Dans la préparation attentive de la prédication des jours de fête, sans exclure celle des autres jours, dans l'effort de formation catéchétique, dans les écoles, dans les institutions académiques et, de manière particulière, à travers ce livre non écrit qu'est sa vie même, le prêtre est toujours "professeur", il enseigne. Mais pas avec la présomption de qui impose ses propres vérités, avec l'humble et joyeuse certitude de celui qui a rencontré la Vérité, en a été saisi et transformé, et ne peut donc pas manquer de l'annoncer. En effet, personne ne peut choisir le sacerdoce seul, ce n'est pas une manière de parvenir à une sécurité dans la vie, de conquérir une position sociale:  personne ne peut se le donner, ni le rechercher seul. Le sacerdoce est la réponse à l'appel du Seigneur, à sa volonté, pour devenir des annonciateurs non d'une vérité personnelle, mais de sa vérité.

Chers confrères prêtres, le peuple chrétien nous demande d'entendre dans nos enseignements la doctrine ecclésiale authentique, à travers laquelle pouvoir renouveler la rencontre avec le Christ qui donne la joie, la paix, le salut. Les Saintes Ecritures, les écrits des Pères et des Docteurs de l'Eglise, le catéchisme de l'Eglise catholique constituent à cet égard, des points de référence indispensables dans l'exercice du munus docendi, si essentiel pour la conversion, le chemin de foi et le salut des hommes. "Ordination sacerdotale, veut dire:  être immergés [...] dans la Vérité" (Homélie lors de la Messe chrismale, 9 avril 2009), cette Vérité qui n'est pas simplement un concept ou un ensemble d'idées à transmettre et à assimiler, mais qui est la Personne du Christ, avec laquelle, pour laquelle et dans laquelle vivre et c'est ainsi, nécessairement, que naît aussi l'actualité et l'aspect compréhensible de l'annonce. Seule cette conscience d'une Vérité faite Personne dans l'Incarnation du Fils justifie le mandat missionnaire:  "Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création" (Mc 16, 15). C'est uniquement s'il est la Vérité qu'il est destiné à toute créature, et il n'est pas l'imposition de quelque chose, mais l'ouverture du cœur à ce pour quoi il est créé.

Chers frères et sœurs, le Seigneur a confié aux prêtres une grande tâche:  être des annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve; être sa voix dans le monde pour porter ce qui sert au vrai bien des âmes et à l'authentique chemin de foi (cf. 1 Co 6, 12). Que saint Jean-Marie Vianney soit un exemple pour tous les prêtres. Il était un homme d'une grande sagesse et d'une force héroïque pour résister aux pressions culturelles et sociales de son époque afin de pouvoir conduire les hommes à Dieu:  simplicité, fidélité et immédiateté étaient les caractéristiques essentielles de sa prédication, ainsi que la transparence de sa foi et de sa sainteté. Le peuple chrétien en était édifié et, comme c'est le cas pour les maîtres authentiques de notre temps, il y reconnaissait la lumière de la Vérité. Il y reconnaissait, en définitive, ce que l'on devrait toujours reconnaître chez un prêtre:  la voix du Bon Pasteur.

* * *
C’est avec joie que j’accueille ce matin les pèlerins francophones, en particulier les groupes de jeunes et les paroisses. En ce temps pascal, je vous invite à prier pour vos prêtres et à collaborer avec eux à l’annonce de l’Évangile. Avec ma Bénédiction apostolique!

Le Saint-Père exprime sa proximité pour les populations frappées par un violent tremblement de terre en Chine: 

Ma pensée va vers la Chine et aux populations frappées par un violent tremblement de terre, qui a provoqué de nombreuses pertes en vie humaines, des blessés et d'immenses dégâts. Je prie pour les victimes et j'exprime ma proximité spirituelle aux personnes frappées par une catastrophe si grave:  j'implore de Dieu pour elles le réconfort dans la souffrance et le courage dans ces adversités. Je souhaite que ne manque pas la solidarité commune.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 5 mai 2010

 
Munus sanctificandi

Chers frères et sœurs,

Dimanche dernier, au cours de ma visite pastorale à Turin, j'ai eu la joie de m'arrêter pour prier devant le Saint-Suaire, en m'unissant aux plus de deux millions de pèlerins qui ont pu le contempler au cours de l'Ostension solennelle de ces jours-ci. Ce Linceul saint peut nourrir et alimenter la foi et renforcer la piété chrétienne, car il pousse à aller vers le Visage du Christ, vers le Corps du Christ crucifié et ressuscité, à contempler le Mystère pascal, centre du Message chrétien. Chers frères et sœurs, nous sommes des membres vivants du Corps du Christ ressuscité, vivant et agissant dans l'histoire (cf. Rm 12, 5), chacun selon notre propre fonction, c'est-à-dire avec le devoir que le Seigneur a voulu nous confier. Aujourd'hui, dans cette catéchèse, je voudrais revenir aux devoirs spécifiques des prêtres qui, selon la tradition, sont essentiellement au nombre de trois:  enseigner, sanctifier et gouverner. Dans l'une des catéchèses précédentes, j'ai parlé de la première de ces trois missions:  l'enseignement, l'annonce de la vérité, l'annonce du Dieu révélé dans le Christ, ou - en d'autres paroles - le devoir prophétique de mettre l'homme en contact avec la vérité, de l'aider à connaître l'essentiel de sa vie, de la réalité elle-même.

Aujourd'hui, je voudrais m'arrêter brièvement avec vous sur le deuxième devoir du prêtre, celui de sanctifier les hommes, en particulier à travers les sacrements et le culte de l'Eglise. Ici, nous devons nous demander avant tout:  que signifie le mot "saint"? La réponse est:  "saint" est la qualité spécifique de l'être de Dieu, c'est-à-dire la vérité, la bonté, l'amour, la beauté absolus - la lumière pure. Sanctifier une personne signifie donc la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité, d'amour pur. Il est évident que ce contact transforme la personne. Dans l'Antiquité, il existait cette ferme conviction:  personne ne peut voir Dieu sans mourir aussitôt. La force de vérité et de lumière est trop grande! Si l'homme touche ce courant absolu, il ne survit pas. D'autre part, il existait également la conviction suivante:  sans aucun contact avec Dieu, l'homme ne peut vivre. Vérité, bonté, amour sont les conditions fondamentales de son être. La question est:  comment l'homme peut-il trouver ce contact avec Dieu, qui est fondamental, sans mourir écrasé par la grandeur de l'être divin? La foi de l'Eglise nous dit que Dieu lui-même crée ce contact, qui nous transforme au fur et à mesure en images véritables de Dieu.

Ainsi, nous sommes de nouveau parvenus au devoir du prêtre de "sanctifier". Aucun homme seul, à partir de sa propre force, ne peut mettre l'autre en contact avec Dieu. Une partie essentielle de la grâce du sacerdoce est le don, le devoir de créer ce contact. Cela se réalise dans l'annonce de la parole de Dieu, dans laquelle sa lumière vient à notre rencontre. Cela se réalise de façon particulièrement dense dans les sacrements. L'immersion dans le mystère pascal de mort et de résurrection du Christ a lieu dans le Baptême, et est renforcée dans la Confirmation et dans la réconciliation, est nourrie par l'Eucharistie, sacrement qui édifie l'Eglise comme Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l'Esprit Saint (cf. Jean-Paul II, Exhort. past. Pastores gregis, n. 32). C'est donc le Christ lui-même qui rend saints, c'est-à-dire qui nous attire dans la sphère de Dieu Mais comme acte de son infinie miséricorde, il appelle certaines personnes à "demeurer" avec Lui (cf. Mc 3, 14) et à participer, à travers le sacrement de l'Ordre, en dépit de la pauvreté humaine, à son Sacerdoce même, à devenir ministres de cette sanctification, dispensateurs de ses mystères, "ponts" de la rencontre avec Lui, de sa médiation entre Dieu et les hommes et entre les hommes et Dieu (cf. PO n. 5).

Au cours des dernières décennies, certaines tendances ont conduit à faire prévaloir, dans l'identité et la mission du prêtre, la dimension de l'annonce, en la détachant de celle de la sanctification; il a souvent été affirmé qu'il serait nécessaire de dépasser une pastorale purement sacramentelle. Mais est-il possible d'exercer authentiquement le ministère sacerdotal "en dépassant" la pastorale sacramentelle? Que cela signifie-t-il précisément pour les prêtres d'évangéliser, en quoi consiste ce que l'on appelle le primat de l'annonce? Comme le rapportent les Evangiles, Jésus affirme que l'annonce du Royaume de Dieu est le but de sa mission; cette annonce, toutefois, n'est pas seulement un "discours", mais elle inclut, dans le même temps, sa propre action; les signes, les miracles que Jésus accomplit indiquent que le Royaume vient comme une réalité présente et qu'elle coïncide en fin de compte avec sa propre personne, avec le don de soi, comme nous l'avons entendu aujourd'hui dans la lecture de l'Evangile. Et il en est de même pour le ministre ordonné:  celui-ci, le prêtre, représente le Christ, l'Envoyé du Père, il en continue sa mission, à travers la "parole" et le "sacrement", dans cette totalité de corps et d'âme, de signe et de parole. Saint Augustin, dans une lettre à l'évêque Honorat de Thiabe, en se référant aux prêtres, affirme:  "Que les serviteurs du Christ, les ministres de Sa parole et de Son sacrement fassent donc ce qu'il commanda ou permit" (Epist. 228, 2). Il est nécessaire de réfléchir si, dans certains cas, avoir sous-évalué l'exercice fidèle du munus sanctificandi, n'a pas représenté un affaiblissement de la foi elle-même dans l'efficacité salvifique des sacrements et, en définitive, dans l'œuvre actuelle du Christ et de son Esprit, à travers l'Eglise, dans le monde.

Qui donc sauve le monde et l'homme? La seule réponse que nous pouvons donner est:  Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et ressuscité. Et où s'actualise le Mystère de la mort et de la résurrection du Christ, qui porte le salut? Dans l'action du Christ par l'intermédiaire de l'Eglise, en particulier dans le sacrement de l'Eucharistie, qui rend présente l'offrande sacrificielle rédemptrice du Fils de Dieu, dans le sacrement de la réconciliation, où de la mort du péché on retourne à la vie nouvelle, et dans chaque acte sacramentel de sanctification (cf. PO, 5). Il est important, par conséquent, de promouvoir une catéchèse adaptée pour aider les fidèles à comprendre la valeur des sacrements, mais il est tout aussi nécessaire, à l'exemple du saint curé d'Ars, d'être disponibles, généreux et attentifs pour donner à nos frères les trésors de grâce que Dieu a placés entre nos mains, et dont nous ne sommes pas les "maîtres", mais des gardiens et des administrateurs. Surtout à notre époque, dans laquelle, d'un côté, il semble que la foi s'affaiblit et que, de l'autre, émergent un profond besoin et une recherche diffuse de spiritualité, il est nécessaire que chaque prêtre se rappelle que, dans sa mission, l'annonce missionnaire et le culte des sacrements ne sont jamais séparés, et promeuve une saine pastorale sacramentelle, pour former le Peuple de Dieu et l'aider à vivre en plénitude la Liturgie, le culte de l'Eglise, les sacrements comme dons gratuits de Dieu, actes libres et efficaces de son action de salut.

Comme je l'ai rappelé lors de la sainte Messe chrismale de cette année:  "Le sacrement est le centre du culte de l'Eglise. Sacrement signifie que, en premier lieu, ce ne sont pas nous les hommes qui faisons quelque chose, mais c'est d'abord Dieu, qui, par son agir, vient à notre rencontre; nous regarde et nous conduit vers Lui. (...) Dieu nous touche par le moyen des réalités matérielles (...) qu'Il met à son service, en en faisant des instruments de la rencontre entre nous et lui-même" (Messe chrismale, 1 avril 2010). La vérité selon laquelle, dans le sacrement, "ce ne sont pas nous les hommes qui faisons quelque chose" concerne également, et doit concerner, la conscience sacerdotale:  chaque prêtre sait bien qu'il est l'instrument nécessaire à l'action salvifique de Dieu, mais cependant toujours un instrument. Cette conscience doit rendre humble et généreux dans l'administration des sacrements, dans le respect des normes canoniques, mais également dans la profonde conviction que sa propre mission est de faire en sorte que tous les hommes, unis au Christ, peuvent s'offrir à Dieu comme hostie vivante et sainte, agréable à Lui (cf. Rm 12, 1). Saint Jean-Marie Vianney est encore exemplaire à propos du munus sanctificandi et de la juste interprétation de la pastorale sacramentelle, lui qui, un jour, face à un homme qui prétendait ne pas avoir la foi et qui désirait discuter avec lui, répondit:  "Oh! mon ami, ce n'est pas à moi qu'il faut vous adresser, je ne sais pas raisonner... mais si vous avez besoin de réconfort, mettez-vous là... (il indiquait du doigt l'inexorable tabouret [du confessionnal]) et croyez-moi, beaucoup d'autres s'y sont assis avant vous et n'ont pas eu à s'en repentir" (cf. Monnin A., Il curato d'Ars. Vita di Gian-Battista-Maria Vianney, vol. I, Turin 1870, pp. 163-164).

Chers prêtres, vivez avec joie et avec amour la liturgie et le culte:  c'est une action que le Ressuscité accomplit dans la puissance de l'Esprit Saint en nous, avec nous et pour nous. Je voudrai renouveler l'invitation faite récemment à "revenir au confessionnal, comme lieu dans lequel célébrer le sacrement de la réconciliation, mais aussi comme lieu où "habiter" plus souvent, pour que le fidèle puisse trouver miséricorde, conseil et réconfort, se sentir aimé et compris de Dieu et ressentir la présence de la Miséricorde divine, à côté de la présence réelle de l'Eucharistie" (Discours à la Pénitencerie apostolique, 11 mars 2010). Et je voudrais également inviter chaque prêtre à célébrer et à vivre avec intensité l'Eucharistie, qui est au cœur de la tâche de sanctifier; c'est Jésus qui veut être avec nous, vivre en nous, se donner lui-même à nous, nous montrer la miséricorde et la tendresse infinies de Dieu; c'est l'unique Sacrifice d'amour du Christ qui se rend présent, se réalise parmi nous et parvient jusqu'au trône de la grâce, en présence de Dieu, embrasse l'humanité et nous unit à Lui (cf. Discours au clergé de Rome, 18 février 2010). Et le prêtre est appelé à être ministre de ce grand Mystère, dans le sacrement et dans la vie. Si "la grande tradition ecclésiale a, à juste titre, séparé l'efficacité sacramentelle de la situation existentielle concrète du prêtre, et [qu']ainsi, les attentes légitimes des fidèles ont été sauvegardées de façon adéquate", cela n'ôte rien "à la tension nécessaire et même indispensable, vers la perfection morale, qui doit habiter tout cœur authentiquement sacerdotal":  le Peuple de Dieu attend également de ses pasteurs un exemple de foi et de témoignage de sainteté (cf. Benoît XVI, Discours à l'assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009). Et c'est dans la célébration des saints mystères que le prêtre trouve la racine de sa sanctification (cf. PO, 12-13).

Chers amis, soyez conscients du grand don que les prêtres représentent pour l'Eglise et pour le monde; à travers leur ministère, le Seigneur continue à sauver les hommes, à être présent, à sanctifier. Sachez remercier Dieu, et surtout soyez proches de vos prêtres à travers la prière et votre soutien, en particulier dans les difficultés, afin qu'ils soient toujours plus des pasteurs selon le cœur de Dieu. Merci.

* * *
Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins francophones particulièrement les étudiants et les paroissiens présents. Je salue aussi chaleureusement les Camerounais qui sont parmi nous. Que Dieu vous bénisse!

APPEL DU PAPE

Le 3 mai dernier, se sont ouverts à New York les travaux de la VIII Conférence d'examen du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Le processus vers un désarmement nucléaire concerté et sûr est étroitement lié à la pleine et rapide mise en œuvre des engagements internationaux qui s'y rattachent. En effet, la paix repose sur la confiance et sur le respect des obligations prises, et pas seulement sur l'équilibre des forces. Dans cet esprit, j'encourage les initiatives qui visent à un désarmement progressif et à la création de zones libérées des armes nucléaires, dans la perspective de leur élimination complète de la planète. J'exhorte enfin tous les participants à la réunion de New York à surmonter les conditionnements de l'histoire et à tisser patiemment les liens politiques et économiques de la paix, pour promouvoir le développement humain intégral et les aspirations authentiques des peuples.
        
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BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 26 mai 2010


Munus regendi

Chers frères et soeurs,

L'Année sacerdotale touche à son terme; c'est pourquoi j'avais commencé dans les dernières catéchèses à parler des devoirs essentiels du prêtre, à savoir: enseigner, sanctifier et gouverner. J'ai déjà tenu deux catéchèses, une sur le ministère de la sanctification, les sacrements notamment, et une sur celui de l'enseignement. Il me reste donc aujourd'hui à parler de la mission du prêtre de gouverner, de guider, avec l'autorité du Christ et non avec la sienne, la portion du Peuple que Dieu lui a confiée.

Comment comprendre dans la culture contemporaine une telle dimension, qui implique le concept d'autorité et qui trouve son origine dans le mandat même du Seigneur de paître son troupeau? Qu'est-ce réellement pour nous chrétiens que l'autorité? Les expériences culturelles, politiques et historiques du passé récent, notamment les dictatures en Europe de l'Est et de l'Ouest au XXe siècle, ont rendu l'homme contemporain suspicieux à l'égard de ce concept. Un soupçon qui, très souvent, se traduit dans l'affirmation de la nécessité d'abandonner toute autorité, qui ne vienne pas exclusivement des hommes et ne leur soit pas soumise, ne soit pas contrôlée par eux. Mais précisément si l'on regarde les régimes qui, au siècle dernier, ont semé la terreur et la mort, cela nous rappelle avec force que l'autorité, dans tous les milieux, lorsqu'elle est exercée sans une référence au Transcendant, se détache de l'Autorité suprême, qui est Dieu, et finit inévitablement par se retourner contre l'homme. Il est alors important de reconnaître que l'autorité humaine n'est jamais une fin, mais toujours et uniquement un moyen et que, nécessairement et à toute époque, la fin est toujours la personne, créée par Dieu avec sa dignité propre intangible et appelée à être en relation avec son Créateur, sur le chemin terrestre de l'existence, et dans la vie éternelle; c'est une autorité exercée dans la responsabilité devant Dieu, devant le Créateur. Une autorité ainsi entendue, qui ait comme but unique de servir le vrai bien des personnes et d'être la transparence sur l'unique Bien Suprême qui est Dieu, non seulement n'est pas étrangère aux hommes mais, au contraire, est une aide précieuse sur le chemin vers la pleine réalisation dans le Christ, vers le salut.


L'Eglise est appelée et s'engage à exercer ce type d'autorité qui est service, et elle l'exerce non à son propre titre, mais au nom de Jésus Christ, qui a reçu du Père tout pouvoir au Ciel et sur la terre (cf. Mt 28, 18). A travers les pasteurs de l'Eglise, en effet, le Christ paît son troupeau: c'est Lui qui le guide, le protège, le corrige, parce qu'il l'aime profondément. Mais le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd'hui les évêques, en communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres, leurs plus précieux collaborateurs, participent à sa mission de prendre soin du Peuple de Dieu, d'être des éducateurs dans la foi, en orientant, en animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le Concile, en veillant « à ce que chaque chrétien parvienne, dans le Saint-Esprit, à l'épanouissement de sa vocation personnelle selon l'Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par laquelle le Christ nous a libérés » (Presbyterorum ordinis, n. 6). Chaque pasteur, par conséquent, est l'intermédiaire à travers lequel le Christ lui-même aime les hommes: c'est à travers notre ministère – chers prêtres –, c'est par notre intermédiaire que le Seigneur atteint les âmes, les instruit, les protège, les guide. Saint Augustin, dans son Commentaire à l'Evangile de saint Jean dit: « Que paître le troupeau du Seigneur soit donc un engagement d'amour » (123, 5); telle est la règle de conduite suprême des ministres de Dieu, un amour inconditionnel, comme celui du Bon Pasteur, empli de joie, ouvert à tous, attentif au prochain et plein d'attention pour ceux qui sont loin (cf. Saint Augustin, Discours 340, 1; Discours 46, 15), délicat envers les plus faibles, les petits, les simples, les pécheurs, pour manifester l'infinie miséricorde de Dieu avec les paroles rassurantes de l'espérance (cf. ibid., Lettre 95, 1) 

Si cette tâche pastorale est fondée sur le Sacrement, son efficacité n'est toutefois pas indépendante de la vie personnelle du prêtre. Pour être un pasteur selon le cœur de Dieu (cf. Jr 3, 15), il y a besoin d'un profond enracinement dans l'amitié vivante avec le Christ, non seulement de l'intelligence, mais également de la liberté et de la volonté, une claire conscience de l'identité reçue dans l'ordination sacerdotale, une disponibilité inconditionnée à conduire le troupeau confié, là où le Seigneur veut et non dans la direction qui, apparemment, semble le plus convenir ou la plus facile. Cela demande, tout d'abord, la disponibilité continue et progressive à laisser le Christ lui-même gouverner la vie sacerdotale des prêtres. En effet, personne n'est réellement capable de paître le troupeau du Christ, s'il ne vit pas une profonde et réelle obéissance au Christ et à l'Eglise, et la docilité même du Peuple à ses prêtres dépend de la docilité des prêtres envers le Christ; c'est pourquoi, à la base du ministère pastoral se trouve toujours la rencontre personnelle et constante avec le Seigneur, la profonde connaissance de sa personne, la configuration de la propre volonté à la volonté du Christ.


Au cours des dernières décennies, on a souvent utilisé l'adjectif « pastoral » presque en opposition avec le concept de « hiérarchique », de même que, dans la même opposition, a également été interprétée l'idée de « communion ». Il s'agit peut-être là d'un point où peut être utile une brève observation sur le terme de « hiérarchie », qui est la désignation traditionnelle de la structure d'autorité sacramentelle dans l'Eglise, ordonnée selon les trois niveaux du sacrement de l'ordre: épiscopat, prêtrise, diaconat. Dans l'opinion publique prévalent, pour cette réalité « hiérarchique », l'élément de subordination et l'élément juridique; c'est pourquoi, à de nombreuses personnes, l'idée de hiérarchie apparaît en opposition avec la flexibilité et la vitalité du sens pastoral et également contraire à l'humilité de l'Evangile. Mais il s'agit d'une mauvaise compréhension du sens de la hiérarchie, également causée d'un point de vue historique par des abus d'autorité et par le carriérisme, qui sont précisément des abus et qui ne dérivent pas de la nature même de la réalité « hiérarchique ». L'opinion commune est que la « hiérarchie » est toujours liée à la domination et qu'elle ne correspond pas ainsi au véritable sens de l'Eglise, de l'unité dans l'amour du Christ. Mais, comme je l'ai dit, il s'agit d'une mauvaise interprétation, qui a pour origine des abus au cours de l'histoire, mais qui ne répond pas à la véritable signification de ce qu'est la hiérarchie. Commençons par le mot. On dit généralement que la signification du mot hiérarchie serait « domination sacrée », mais ce n'est pas sa véritable signification, qui est « origine sacrée », c'est-à-dire que cette autorité ne provient pas de l'homme lui-même, mais elle a son origine dans le sacré, dans le Sacrement; elle soumet donc la personne à la vocation, au mystère du Christ; elle fait de l'individu un serviteur du Christ et ce n'est qu'en tant que serviteur du Christ que celui-ci peut gouverner, guider pour le Christ et avec le Christ. C'est pourquoi, pour celui qui entre dans le saint Ordre du Sacrement, la « hiérarchie » n'est pas un autocrate; il entre dans un lien nouveau d'obéissance avec le Christ: il est lié à Lui en communion avec les autres membres de l'Ordre sacré, du Sacerdoce. Et le Pape lui-même – point de référence de tous les autres pasteurs et de la communion de l'Eglise – ne peut pas faire ce qu'il veut; au contraire, le Pape est le gardien de l'obéissance au Christ, à sa parole résumée dans la regula fidei, dans le Credo de l'Eglise, et il doit guider dans l'obéissance au Christ et à son Eglise. La hiérarchie implique donc un triple lien: tout d'abord, celui avec le Christ et l'ordre donné par le Seigneur à son Eglise; ensuite, le lien avec les autres pasteurs dans l'unique communion de l'Eglise; et enfin, le lien avec les fidèles confiés à l'individu, dans l'ordre de l'Eglise.

On comprend donc que communion et hiérarchie ne sont pas contraires l'une à l'autre, mais se conditionnent. Ensemble, elles forment une seule chose (communion hiérarchique). Le Pasteur est donc tel en guidant et en protégeant le troupeau, et en empêchant parfois qu'il se perde. Le devoir de gouverner propre aux prêtres n'est pas compréhensible en dehors d'une vision clairement et explicitement surnaturelle. Au contraire, celui-ci, soutenu par le véritable amour pour le salut de chaque fidèle, est particulièrement précieux et nécessaire également à notre époque. Si l'objectif est d'apporter l'annonce du Christ et de conduire les hommes à la rencontre salvifique avec Lui afin qu'ils aient la vie, le devoir de guider se présente comme un service vécu dans un don total pour l'édification du troupeau dans la vérité et dans la sainteté, allant souvent à contre-courant et en rappelant que celui qui est le plus grand doit devenir comme le plus petit, et celui qui gouverne, comme celui qui sert (cf. Lumen gentium, n. 27).

Où un prêtre peut-il puiser aujourd'hui la force pour cet exercice de son propre ministère, dans la pleine fidélité au Christ et à l'Eglise, avec un dévouement total au troupeau? La réponse est une seule: dans le Christ Seigneur. La façon de gouverner de Jésus n'est pas celle de la domination, mais c'est le service humble et plein d'amour du lavement des pieds, et la royauté du Christ sur l'univers n'est pas un triomphe terrestre, mais trouve son point culminant sur le bois de la Croix, qui devient jugement pour le monde et point de référence pour l'exercice de l'autorité qui soit une véritable expression de la charité pastorale. Les saints, et parmi eux saint Jean-Marie Vianney, ont exercé avec amour et dévouement leur devoir de prendre soin de la portion du Peuple de Dieu qui leur a été confiée, se révélant également des hommes forts et déterminés, animés de l'unique objectif de promouvoir le véritable bien des âmes, capables de payer de leur personne, jusqu'au martyre, pour demeurer fidèles à la vérité et à la justice de l'Evangile.

Chers prêtres, « paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré [...], en devenant les modèles du troupeau » (1 P 5, 2). N'ayez donc pas peur de guider vers le Christ chacun des frères qu'Il vous a confiés, certains que chaque parole et chaque comportement, s'ils découlent de l'obéissance à la volonté de Dieu, porteront du fruit; sachez vivre en appréciant les qualités et en reconnaissant les limites de la culture dans laquelle nous vivons, dans la ferme certitude que l'annonce de l'Evangile est le plus grand service que l'on puisse rendre à l'homme. En effet, il n'y a pas de bien plus grand dans cette vie terrestre que de conduire les hommes à Dieu, réveiller la foi, sauver l'homme de l'inertie et du désespoir, donner l'espérance que Dieu est proche et guide notre histoire personnelle et celle du monde: tel est, en définitive, le sens profond et ultime du devoir de gouverner que le Seigneur nous a confié. Il s'agit de former le Christ dans les croyants, à travers le processus de sanctification qui est conversion des critères, de l'échelle de valeurs, des comportements, pour permettre au Christ de vivre dans chaque fidèle. Saint Paul résume ainsi son action pastorale: « Mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous » (Ga 4, 19).

Chers frères et sœurs, je voudrais vous inviter à prier pour moi, Successeur de Pierre, qui détiens un devoir spécifique dans le gouvernement de l'Eglise du Christ, ainsi que pour tous vos évêques et prêtres. Priez afin que nous sachions prendre soin de toutes les brebis, même celles égarées, du troupeau qui nous a été confié. A vous, chers prêtres, j'adresse l'invitation cordiale aux célébrations de clôture de l'Année sacerdotale, les 9, 10 et 11 juin prochains, ici, à Rome: nous méditerons sur la conversion et sur la mission, sur le don de l'Esprit Saint et sur le rapport avec la Très Sainte Vierge Marie, et nous renouvellerons nos promesses sacerdotales, soutenus par le peuple de Dieu tout entier. Merci!

* * *
J'accueille avec joie les francophones présents dont la délégation islamo-chrétienne accompagnée par S.Exc. Mgr Khoury, le recteur et les séminaristes du grand séminaire de Strasbourg et enfin des pèlerins de l'Ile de la Réunion. Bon pèlerinage à tous!
       
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BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Saint Peter's Square
Wednesday, 14 April 2010


Munus docendi

Dear Friends,

In this Easter Season that brings us to Pentecost and also ushers us into the celebrations for the closure of the Year for Priests, scheduled for this coming 9-11 June, I am eager to devote a few more reflections to the topic of the ordained Ministry, elaborating on the fruitful realities of the priest's configuration to Christ the Head in the exercise of the tria munera that he receives: namely, the three offices of teaching, sanctifying and governing.

In order to understand what it means for the priest to act in persona Christi Capitis in the person of Christ the Head and to realize what consequences derive from the duty of representing the Lord, especially in the exercise of these three offices, it is necessary first of all to explain what "representation" means. The priest represents Christ. What is implied by "representing" someone? In ordinary language it usually means being delegated by someone to be present in his place, to speak and act in his stead because the person he represents is absent from the practical action. Let us ask ourselves: does the priest represent the Lord in this way? The answer is no, because in the Church Christ is never absent, the Church is his living Body and he is the Head of the Church, present and active within her. Christ is never absent, on the contrary he is present in a way that is untrammelled by space and time through the event of the Resurrection that we contemplate in a special way in this Easter Season.

Therefore the priest, who acts in persona Christi Capitis and representing the Lord, never acts in the name of someone who is absent but, rather, in the very Person of the Risen Christ, who makes himself present with his truly effective action. He really acts today and brings about what the priest would be incapable of: the consecration of the wine and the bread so that they may really be the Lord's presence, the absolution of sins. The Lord makes his own action present in the person who carries out these gestures. These three duties of the priest which Tradition has identified in the Lord's different words about mission: teaching, sanctifying and governing in their difference and in their deep unity are a specification of this effective representation. In fact, they are the three actions of the Risen Christ, the same that he teaches today, in the Church and in the world. Thereby he creates faith, gathers together his people, creates the presence of truth and really builds the communion of the universal Church; and sanctifies and guides.

The first duty of which I wish to speak today is the munus docendi, that is, the task of teaching. Today, in the midst of the educational emergency, the munus docendi of the Church, exercised concretely through the ministry of each priest, is particularly important. We are very confused about the fundamental choices in our life and question what the world is, where it comes from, where we are going, what we must do in order to do good, how we should live and what the truly pertinent values are. Regarding all this, there are numerous contrasting philosophies that come into being and disappear, creating confusion about the fundamental decisions on how to live; because collectively we no longer know from what and for what we have been made and where we are going. In this context the words of the Lord who took pity on the throng because the people were like sheep without a shepherd came true (cf. Mk 6: 34). The Lord had noticed this when he saw the thousands of people following him in the desert because, in the diversity of the currents of that time, they no longer knew what the true meaning of Scripture was, what God was saying. The Lord, moved by compassion, interpreted God's word, he himself is the Word of God, and thus provided an orientation. This is the function in persona Christi of the priest: making present, in the confusion and bewilderment of our times, the light of God's Word, the light that is Christ himself in this our world. Therefore the priest does not teach his own ideas, a philosophy that he himself has invented, that he has discovered or likes; the priest does not speak of himself, he does not speak for himself, to attract admirers, perhaps, or create a party of his own; he does not say his own thing, his own inventions but, in the medley of all the philosophies, the priest teaches in the name of Christ present, he proposes the truth that is Christ himself, his word and his way of living and of moving ahead. What Christ said of himself applies to the priest: "My teaching is not mine" (Jn 7: 16); Christ, that is, does not propose himself but, as the Son he is the voice, the Word of the Father. The priest too must always speak and act in this way: "My teaching is not mine, I do not spread my own ideas or what I like, but I am the mouthpiece and heart of Christ and I make present this one, shared teaching that has created the universal Church and creates eternal life".

This fact, namely that the priest does not invent, does not create or proclaim his own ideas, since the teaching he announces is not his own but Christ's does not mean, however, that he is neutral, as if he were a spokesman reading a text that he does not, perhaps, make his own. In this case t0o the model of Christ who said: "I do not come from myself and I do not live for myself but I come from the Father and live for the Father" applies. Therefore, in this profound identification, Christ's teaching is that of the Father and he himself is one with the Father. The priest who proclaims Christ's word, the faith of the Church, and not his own ideas, must also say: "I do not live by myself and for myself, but I live with Christ and by Christ and therefore all that Christ said to us becomes my word even if it is not mine". The priest's life must be identified with Christ and, in this manner, the word that is not his own becomes, nevertheless, a profoundly personal word. On this topic St Augustine, speaking of priests said: "And as for us, what are we? Ministers (of Christ), his servants; for what we distribute to you is not ours but we take it from his store. And we too live of it, because we are servants like you" (Sermo 229/E, 4).

The teaching that the priest is called to offer, the truth of the faith, must be internalized and lived in an intense personal and spiritual process so that the priest really enters into a profound inner communion with Christ himself. The priests believes, accepts and seeks to live, first of all as his own, all that the Lord taught and that the Church has passed on in that process of identification with his own ministry of which St John Mary Vianney is an exemplary witness (cf. Letter for the inauguration of the Year for Priests). "For in charity itself we are all listening to him, who is our One Master in heaven" (En. in Ps 131: 1, 7).

Consequently the priest's voice may often seem to be "the voice of one crying in the wilderness" (Mk 1: 3), but his prophetic power consists precisely in this: in never being conformist, in never conforming to any dominant culture or mindset but, rather, in showing the one newness that can bring about an authentic and profound renewal of the human being, that is, that Christ is the Living One, he is the close God, the God who works in the life and for the life of the world and gives us the truth, the way to live.

In the careful preparation of Sunday preaching, without excluding weekday preaching, in imparting catechetical formation in schools, in academic institutions and, in a special way, through that unwritten book which is his own life, the priest is always an "educator", he teaches; yet not with the presumption of one who imposes his own truth but on the contrary with the humble, glad certainty of someone who has encountered the Truth, who has been grasped and transformed by it, hence cannot but proclaim it. In fact, no one can choose the priesthood on his own, it is not a means of obtaining security in life or achieving a social position: no one can give it to him nor can he seek it by himself. The priesthood is the response to the Lord's call, to his will, in order to become a herald of his truth, not a personal truth but of his truth.

Dear brother priests, the Christian people ask to hear from our teachings the genuine ecclesial doctrine, through which they can renew their encounter with Christ who gives joy, peace and salvation. In this regard Sacred Scripture, the writings of the Fathers and Doctors of the Church, the Catechism of the Catholic Church are indispensable reference points in the exercise of the munus docendi, so essential for conversion, the development of faith and the salvation of humankind. "Priestly ordination... means... to be immersed in the Truth" (Homily at the Chrism Mass, Holy Thursday, 9 April 2009), that Truth which is not merely a concept or a collection of ideas to be assimilated and passed on but, rather, is the Person of Christ with whom, for whom and in whom to live and thus, necessarily, the timeliness and comprehensibility of the proclamation are also born. Only this knowledge of a Truth that became a Person in the Incarnation of the Son justifies the missionary mandate: "Go into all the world and preach the Gospel to the whole creation" (Mk 16: 15). Only if it is the Truth is it intended for every creature, it is not the imposition of some thing but openness of heart to what the creature has been created for.

Dear Brothers and Sisters, the Lord has entrusted a great task to priests: to be heralds of his word, of the Truth that saves; to be his voice in the world to bring what serves the true good of souls and the authentic path of faith (cf. 1 Cor 6: 12). May St John Mary Vianney be an example to all priests. He was a man of great wisdom and heroic fortitude in resisting the cultural and social pressures of his time in order to lead souls to God: simplicity, fidelity and immediacy were the essential features of his preaching, the transparency of his faith and of his holiness. The Christian People was edified by him and as happens for genuine teachers in every epoch recognized in him the light of the Truth. In him it recognized, ultimately, what should always be recognizable in a priest: the voice of the Good Shepherd.

To Special Groups

Dear Brothers and Sisters,

I welcome all the English-speaking visitors present at today's Audience, especially those from England, Wales, Scotland, Denmark, Finland, Norway, Sweden, Korea, Canada and the United States of America. Upon you and your families I cordially invoke the joy and peace of the Risen Christ!

Lastly, I address the young people, the sick, and the newlyweds. May the joy of the Risen Lord inspire fresh ardour in your lives, dear young people, so that you may be faithful disciples; may it be an encouragement to you, dear sick people, so that you may courageously face every trial and suffering; may it sustain your mutual love, dear newlyweds, so that in your home the peace of Christ may always prevail.

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Appeal for China

My thoughts turn to China and to the people hit by a severe earthquake that has claimed a heavy toll of human life, causing injuries and immense damage. I pray for the victims and I am spiritually close to the people tried by such a serious disaster; I implore for them from God relief in their suffering and courage in such adversity. I hope that they will not be left without the solidarity of all.
 
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BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Saint Peter's Square
Wednesday, 5 May 2010


Munus sanctificandi

Dear Brothers and Sisters,

Last Sunday, on my Pastoral Visit to Turin, I had the joy of pausing in prayer before the Holy Shroud, joining the more than two million pilgrims who have been able to contemplate it during the solemn Exposition of these days. That sacred Cloth can nourish and foster faith and reinvigorate Christian devotion because it is an incentive to go to the Face of Christ, to the Body of the Crucified and Risen Christ, to contemplate the Paschal Mystery, the heart of the Christian Message. We, dear Brothers and Sisters, are living members of the Body of the Risen Christ, alive and active in history (cf. Rom 12: 5), each one in accordance with the role, that is, the task the Lord has wished to entrust to each one of us. Today, in this Catechesis, I would like to return to the specific tasks of priests, which tradition claims are essentially three: teaching, sanctifying and governing. In one of our previous Catecheses I spoke on the first of these three duties: teaching, the proclamation of the truth, the proclamation of God revealed in Christ or, in other words the prophetic task of putting the person in touch with the truth, of helping him to know the essential of his life, of reality itself.

Today I would like to reflect with you briefly on the priest's second duty, that of sanctifying people, above all through the sacraments and the worship of the Church. Here we must ask ourselves first of all: what does the word "Holy" mean? The answer is: "Holy" is God's specific quality of being, namely, absolute truth, goodness, love, beauty pure light. Thus sanctifying a person means putting him or her in touch with God, with this being light, truth, pure love. It is obvious that such contact transforms the person. The ancients had this firm conviction: no one can see God without dying instantly. The power of truth and light is too great! If the human being touches this absolute current, he cannot survive. On the other hand there is also the conviction: without a minimal contact with God man cannot live. Truth, goodness and love are fundamental conditions of his being. The question is: how can man find that contact with God, which is fundamental, without dying overpowered by the greatness of his divine being? The Church's faith tells us that God himself creates this contact that gradually transforms us into true images of God.

Thus we have once again arrived at the priest's task of "sanctifying". No man on his own, relying on his own power, can put another in touch with God. An essential part of the priest's grace is the gift, the task of creating this contact. This is achieved in the proclamation of God's word in which his light comes to meet us. It is achieved in a particularly concentrated manner in the Sacraments. Immersion in the Paschal Mystery of the death and Resurrection of Christ takes place in Baptism, is reinforced in Confirmation and Reconciliation and is nourished by the Eucharist, a sacrament that builds the Church as the People of God, Body of Christ, Temple of the Holy Spirit (cf. John Paul II, Apostolic Exhortation Pastores Gregis, n. 32). Thus it is Christ himself who makes us holy, that is, who draws us into God's sphere. However, as an act of his infinite mercy, he calls some "to be" with him (cf. Mk 3: 14) and to become, through the Sacrament of Orders, despite their human poverty, sharers in his own priesthood, ministers of this sanctification, stewards of his mysteries, "bridges" to the encounter with him and of his mediation between God and man and between man and God (cf. Presbyterorum Ordinis, n. 5).

In recent decades there have been tendencies that aim to give precedence, in the priest's identity and mission, to the dimension of proclamation, detaching it from that of sanctification; it is often said that it would be necessary to go beyond a merely sacramental pastoral ministry. Yet, is it possible to exercise the priestly ministry authentically by "going beyond" the sacramental ministry? What exactly does it mean for priests to evangelize, in what does the professed "primacy of proclamation" consist? As the Gospels report, Jesus says that the proclamation of the Kingdom of God is the goal of his mission; this proclamation, however, is not only a "discourse" but at the same time includes his action; the signs and miracles that Jesus works show that the Kingdom comes as a present reality and in the end coincides with his very Person, with his gift of himself, as we heard today in the Gospel Reading. And the same applies for the ordained ministry: he, the priest, represents Christ, the One sent by the Father, he continues his mission, through the "word" and the "sacrament", in this totality of body and soul, of sign and word. Referring to priests in a letter to Bishop Honoratus of Thiabe, St Augustine says: "Let those, therefore, who are servants of Christ, his ministers in word and sacrament, do what he has commanded or permitted" (Letter 228, 2). It is necessary to reflect on whether, in some cases, having underestimated the faithful exercise of the munus sanctificandi might not have represented a weakening of faith itself in the salvific efficacy of the sacraments, and ultimately in the actual action of Christ and of his Spirit, through the Church, in the world.

Who, therefore, saves the world and man? The only answer we can give is: Jesus of Nazareth, Lord and Christ, Crucified and Risen. And where is the Mystery of the death and Resurrection of Christ that brings about salvation? In Christ's action through the Church, and in particular in the sacrament of the Eucharist, which makes the redemptive sacrificial offering of the Son of God present in the sacrament of Reconciliation in which from the death of sin one returns to new life, and in every other sacramental act of sanctification (cf. Presbyterorum Ordinis, n. 5). It is therefore important to encourage an appropriate catechesis to help the faithful understand the value of the sacraments; but it is likewise necessary, after the example of the Holy Curé d'Ars, to be available, generous and attentive in giving the brothers and sisters the treasures of grace that God has placed in our hands, and of which we are not the "masters" but rather caretakers and stewards. Especially in this time of ours, in which, on the one hand it seems that faith is weakening, and, on the other, a profound need and a widespread quest for spirituality are emerging, it is essential that every priest remember that in his mission the missionary proclamation and worship and the sacraments are never separate and encourage a healthy sacramental ministry, to form the People of God and to help it experience to the full the Liturgy, the Church's worship and the sacraments as freely given gifts of God, free and effective gestures of his saving action.

As I recalled in the Holy Chrism Mass this year: "At the centre of the Church's worship is the notion of "sacrament'. This means that it is not primarily we who act, but God comes first to meet us through his action, he looks upon us and he leads us to himself.... God touches us through material things... that he takes up into his service, making them instruments of the encounter between us and himself" (Chrism Mass, 1 April 2010). The truth according to which in the Sacrament "it is not primarily we who act" (ibid.), also concerns and must concern priestly awareness: each priest knows well that he is an instrument necessary to God's saving action but also that he is always only an instrument. This awareness must make priests humble and generous in the administration of the Sacraments, in respect of the canonical norms, but also in the deep conviction that their mission is to ensure that all people, united to Christ, may offer themselves to God as a living sacrifice, holy and acceptable to him (cf. Rom 12: 1). St John Mary Vianney, once again, is exemplary with regard to the munus sanctificandi and the correct interpretation of the sacramental ministry; one day, to a man who was saying that he had no faith and wished to ask him about it, the parish priest answered: "Oh! My friend, you are not really speaking to the right person, I do not know how to reason... but it you need some comfort, sit there... (and he pointed to the ever present stool in the confessional) and believe me, many others have sat there before you and have had nothing to regret" (cf. Monnin, A., Il Curato d'Ars, Vita di Gian-Battista-Maria Vianney, Vol. I, Turin 1870, pp. 163-164).

Dear priests, experience the Liturgy and worship with joy and love: it is an action which the Risen One carries out with the power of the Holy Spirit in us, with us and for us. I would like to renew the invitation made recently to "return to the confessional as a place in which to celebrate the Sacrament of Reconciliation, but also as a place in which "to dwell' more often, so that the faithful may find compassion, advice and comfort, feel that they are loved and understood by God and experience the presence of Divine Mercy beside the Real Presence in the Eucharist" (Address to participants in the course on the Internal Forum organized by the Apostolic Penitentiary, 11 March 2010). And I would also like to ask each priest to celebrate and to live intensely the Eucharist which is at the heart of the duty of sanctifying; it is Jesus who wants to be with us, to live in us, to give himself to us, to show us God's infinite mercy and tenderness; it is the one sacrifice of the love of Christ who makes himself present, who makes himself real among us and arrives at the throne of Grace, at God's presence... embraces humanity... and unites us with him (cf. Discourse to the Parish Priests of the Diocese of Rome, 18 February 2010). And the priest is called to be a minister of this great Mystery, in the Sacrament and in life. If "the great ecclesial tradition has rightly separated sacramental efficacy from the concrete existential situation of the individual priest and so the legitimate expectations of the faithful are appropriately safeguarded", this correct doctrinal explanation takes nothing "from the necessary, indeed indispensable aspiration to moral perfection that must dwell in every authentically priestly heart": there is also an example of faith and the testimony of holiness, that the People of God rightly expect from its Pastors (cf. Benedict XVI, Address to the Plenary Assembly of the Congregation for the Clergy, 16 March 2009). And it is in the celebration of the Holy Mysteries that the priest finds the root of his holiness (cf. Presbyterorum Ordinis, nn. 12-13).

Dear Friends, may you be aware of the great gift that priests are for the Church and for the world; through their ministry the Lord continues to save men, to make himself present, to sanctify. May you be able to thank God and above all be close to your priests with prayer and support, especially in difficulty, so that there may be more and more Pastors in accordance with the Heart of God. Many thanks.

To Special Groups

Dear Brothers and Sisters,

I offer a cordial welcome to the English-speaking visitors and pilgrims present at today's Audience. My warm greetings go to the teachers and students of the Institute of St Joseph in Copenhagen. Upon all of you, including those from England, Scotland, Canada, Indonesia and the United States of America, I invoke Almighty God's Blessings of joy and peace!

Lastly I greet the young people, the sick and the newlyweds. Dear young people, especially you students from Palermo, with your priest you witness to faith in Jesus Christ who calls you to build his Church together with your Pastors, each in accordance with his own responsibility. May you respond generously to his invitation. Dear sick people, you too are here today to make an act of faith and of ecclesial communion. If the daily burden of your sufferings is offered to Jesus Christ Crucified, it gives you the possibility to cooperate in your own and the world's salvation. and also you, dear newlyweds, with your union you are called to be an expression of love that binds Christ to the Church. May you always be aware of the lofty mission to which you are bound by the Sacrament you have received.

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I send cordial greetings to all who will be taking part in the Congress on the Family in Jönköping, Sweden, later this month. Your message to the world is truly a message of joy, because God’s gift to us of marriage and family life enables us to experience something of the infinite love that unites the three divine persons – Father, Son and Holy Spirit. Human beings, made in the image and likeness of God, are made for love – indeed at the core of our being, we long to love and to be loved in return. Only God’s love can fully satisfy our deepest needs, and yet through the love of husband and wife, the love of parents and children, the love of siblings for one another, we are offered a foretaste of the boundless love that awaits us in the life to come. Marriage is truly an instrument of salvation, not only for married people but for the whole of society. Like any truly worthwhile goal, it places demands upon us, it challenges us, it calls us to be prepared to sacrifice our own interests for the good of the other. It requires us to exercise tolerance and to offer forgiveness. It invites us to nurture and protect the gift of new life. Those of us fortunate enough to be born into a stable family discover there the first and most fundamental school for virtuous living and the qualities of good citizenship. I encourage all of you in your efforts to promote a proper understanding and appreciation of the inestimable good that marriage and family life offer to human society. May God bless all of you.

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Appeal to participants in the UN Conference on nuclear weapons

On 3 May in New York, work began at the Eighth Nuclear Non-Proliferation Treaty Review Conference. Progress toward a collaborative and secure nuclear disarmament is closely connected with the full and rapid fulfilment of the relevant international commitments. Peace, in fact, rests on trust and on respect for assumed obligations, not only on the balance of power. In this spirit, I encourage the initiatives that pursue a progressive disarmament and the creation of nuclear-free zones, with a view to their complete elimination from the planet. Finally, I appeal to all the participants in the meeting in New York to break away from the trends of the past and to patiently construct political and economic grounds for peace, in order to support integral human development and the authentic hopes of all Peoples.

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana


BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Saint Peter's Square
Wednesday, 26 May 2010


Munus regendi

Dear Brothers and Sisters,

The Year for Priests, is drawing to a close; therefore I began to talk in the last Catecheses about the essential tasks of the priest: to teach, to sanctify and to govern. I have already given two Catecheses, one on the ministry of sanctification, the Sacraments above all, and one on that of teaching. So it remains for me today to speak of the priest's mission to govern, to guide - with the authority of Christ, not his own the portion of the People that God has entrusted to him.

How can we comprehend in our modern day culture a dimension of this kind that implies the concept of authority and has its origins in the Lord's own mandate to tend his flock? What is authority really, for us Christians? The cultural, political and historical experiences of the recent past, above all the dictatorships in Eastern and Western Europe in the 20th century, have made contemporary man suspicious of this concept. A suspicion which is often expressed in a conviction that it is necessary to eliminate every kind of authority does not come exclusively from man, and is not regulated and controlled by him. But it is precisely in reviewing those regimes which in the last century disseminated terror and death, that we are forcibly reminded that authority, in every circumstance, when it is exercised without reference to the Transcendent, if it neglects the Supreme Authority, which is God, inevitably finishes by turning against man. It is important, therefore, to recognize that human authority is never an end in itself but always and only a means and that, necessarily and in every age, the end is the person, created by God with his own inviolable dignity and called to relate to his Creator, both along the path of his earthly journey and in eternal life; it is an authority exercised in responsibility before God, before the Creator. An authority whose sole purpose is understood to be to serve the true good of the person and to be a glass through which we can see the one and supreme Good, which is God. Not only is it not foreign to man, but on the contrary, it is a precious help on our journey towards a total fulfilment in Christ, towards salvation.

The Church is called and commits herself to exercise this kind of authority which is service and exercises it not in her own name, but in the name of Jesus Christ, who received from his Father all authority both in Heaven and on Earth (cf. Mt 28: 18) Christ tends his flock through the Pastor of the Church, in fact: it is he who guides, protects and corrects them, because he loves them deeply. But the Lord Jesus, the supreme Shepherd of our souls, has willed that the Apostolic College, today the Bishops, in communion with the Successor of Peter and the priests, their most precious collaborators, to participate in his mission of taking care of God's People, of educating them in the faith and of guiding, inspiring and sustaining the Christian community, or, as the Council puts it, "to see to it... that each member of the faithful shall be led in the Holy Spirit to the full development of his own vocation in accordance with Gospel preaching, and to sincere and active charity" and to exercise that liberty with which Christ has set us free (cf. Presbyterorum Ordinis, 6). Every Pastor, therefore, is a means through whom Christ himself loves men: it is through our ministry, dear priests, it is through us that the Lord reaches souls, instructs, guards and guides them. St Augustine, in his Commentary on the Gospel of St John, says: "let it therefore be a commitment of love to feed the flock of the Lord" (cf. 123, 5); this is the supreme rule of conduct for the ministers of God, an unconditional love, like that of the Good Shepherd, full of joy, given to all, attentive to those close to us and solicitous for those who are distant (cf. St Augustine, Discourse 340, 1; Discourse 46, 15), gentle towards the weakest, the little ones, the simple, the sinners, to manifest the infinite mercy of God with the reassuring words of hope (cf. ibid., Epistle, 95, 1).

Even if this pastoral task is founded on the Sacraments, its efficacy is not independent of the personal existence of the priest. In order to be a priest according to the heart of God (cf. Jer 3: 15) it is necessary that not only the mind, but also the freedom and the will be deeply rooted in living friendship with Christ, a clear awareness of the identity received in Priestly Ordination, an unconditional readiness to lead the flock entrusted to him where the Lord desires and not in the direction which might, apparently, seem easier or more convenient. This requires, above all, a continuous and progressive willingness to allow Christ himself to govern the sacerdotal life. In fact, no one is really able to feed Christ's flock, unless he lives in profound and true obedience to Christ and the Church, and the docility of the people towards their priests depends on the docility of the priests towards Christ; for this reason the personal and constant encounter with the Lord, profound knowledge of him and the conformation of the individual will to Christ's will is always at the root of the pastoral ministry .

During the last decades, we have heard the adjective "pastoral" used almost as if it were in opposition to the concept of "hierarchical", and in the same way the idea of "communion" has also been set against it. At this point it may be useful to make a brief comment on the word "hierarchy", which is the traditional designation of the structure of sacramental authority within the Church, ordered according to the three levels of the Sacrament of Holy Orders, episcopate, presbyterate, diaconate: The concept of "hierarchy" carries, in public opinion, an element of subordination and of judgement; therefore to many the concept of hierarchy appears to be in contrast with the flexibility and vitality of the pastoral meaning and also appears contrary to the humility of the Gospel. However, this is a misunderstanding of the meaning of hierarchy, which arose in historical times from abuses of authority and careerism. But these are, in fact, abuses, and have nothing to do with the essential meaning of "hierarchy" itself. Common opinion holds that "hierarchy" is something connected with dominion and therefore cannot correspond to the real sense of the Church, that is unity in the love of Christ. But, as I have said, this is a mistaken interpretation, which has its origins in the abuses of the past, but does not correspond to the real meaning of hierarchy. Let us begin with the word. The word hierarchy is generally said to mean "sacred dominion", yet the real meaning is not this, but rather "sacred origin", that is to say: this authority does not come from man himself, but it has its origins in the sacred, in the Sacrament; so it subjects the person in second place to the vocation, to the mystery of Christ; it makes of the individual a servant of Christ, and only as a servant of Christ can he govern and guide for Christ and with Christ. Therefore he who enters into the Sacred Order of the Sacrament, the "hierarchy", is not an autocrat but he enters into a new bond of obedience to Christ: he is tied to Christ in communion with the other members of the Sacred Order, the Priesthood. Nor can the Pope, reference point for all the Pastors and for the communion of the Church, do what he likes; on the contrary, the Pope is the custodian of obedience to Christ, to his word summed up in the "regula fidei", in the Creed of the Church, and must lead the way in obedience to Christ and to his Church. Thus hierarchy implies a triple bond: in the first place the bond with Christ and with the order given by Our Lord to his Church; then the bond with the other Pastors in the one communion of the Church; and lastly, the bond with the faithful who are entrusted to the individual, in the order of the Church.

Therefore it is clear that communion and hierarchy are not contrary to each other, but they influence each other. Together they form one thing (hierarchical communion). The Pastor fulfils his role precisely when he guides and protects his flock and sometimes prevents it from scattering. Except in a vision which is clearly and explicitly supernatural, the task of governing which belongs to the priest is incomprehensible. On the contrary, sustained by a sincere desire for the salvation of each believer, he is particularly precious and necessary, also in our time. If the aim is to spread the message of Christ and to lead men and women towards a saving encounter with him, so that they may have life, then the task of guiding appears as a service lived in pure giving, for the edification of the flock in truth and holiness, often going against the tide, and remembering that he who is greater must act as the lesser, and he who governs as he who serves (cf. Lumen Gentium, n. 27).

Where can a priest today find the strength for such an exercise of his ministry, in full fidelity to Christ and to the Church, and complete devotion to his flock? There is only one answer: in Christ the Lord. Jesus' way of governing was not through dominion, but in the humble and loving service of the Washing of the feet, and the kingship of Christ over the Universe is not an earthly triumph, but reaches its highest point on the wood of the Cross, which becomes a judgement for the world and a point of reference for the exercising of that authority which is the true expression of pastoral charity. The saints, among them St John Mary Vianney, carried out with love and devotion the task of caring for the portion of God's People entrusted to them, showing themselves to be strong and determined men with the single aim of promoting the true good of souls, and capable of paying a price in person, even to martyrdom, in order to remain faithful to the truth and justice of the Gospel.

Dear priests, "tend the flock of God that is your charge, not by constraint but willingly... being examples to the flock" (1 Pet 5: 2). Therefore, do not be afraid to lead to Christ each one of the brethren whom he has entrusted to you, certain that every word and every action will bear fruit if they come from obedience to God's will: know how to live in appreciating the merits and in recognition of the limits of the culture in which we find ourselves, with the firm assurance that the proclamation of the Gospel is the greatest service to render to man. In fact, there is no greater good, in this earthly life, than to lead people to God, to reawaken faith, to lift the person out of his inertia and desperation, to give the hope that God is near and directs our personal histories and that of the world: this, in the ultimate analysis, is the deep and final meaning of the task of governing that the Lord has given to us. To form Christ in believers, through that process of sanctification that is a conversion of criteria, scale of values, and patterns of behaviour, to allow Christ to live in every one of the faithful. St Paul sums up his pastoral action in these words, "my little children, with whom I am again in travail until Christ be formed in you" (Gal 4: 19).

Dear brothers and sisters, I should like to invite you to pray for me, the Successor of Peter, who have a specific task in governing the Church of Christ, as have all your Bishops and priests. Pray that we may know how to take care of all the sheep, including those that are lost, that make up the flock entrusted to us. You, dear priests, I cordially invite to the closing celebrations of the Year for Priests, to be held on the 9th, 10th, and 11th June, here in Rome: we shall meditate on conversion and on mission, on the gift of the Holy Spirit and on the relationship with Mary Most Holy, and we shall renew our priestly promises, sustained by all the People of God. Thank you!

To Special Groups

I welcome all the English-speaking visitors present at today's Audience, especially those from England, Ireland, Sweden, Australia, India, Barbados, Canada and the United States of America. Upon you and your families I cordially invoke Almighty God's blessings of joy and peace!

Finally, I address my greeting to young people, to the sick and to newlyweds. Today the Church remembers St Philip Neri, who is distinguished for his joy and for his special dedication to youth, whom he educated and evangelized through the inspired pastoral initiative of the Oratory. Dear young people, look at this saint to learn to live with evangelical simplicity. Dear sick, may St Philip Neri help you to make of your suffering an offering to the heavenly Father, in union with Jesus Crucified. And you, dear newlyweds, supported by the intercession of St Philip, be inspired always by the Gospel to build a truly Christian family.

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