samedi 8 février 2014

La VIERGE MARIE : Icône de la foi obéissante


BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 19 décembre 2012


La Vierge Marie : Icône de la foi obéissante

Chers frères et sœurs,

Sur le chemin de l’Avent, la Vierge Marie occupe une place particulière comme celle qui, de façon unique, a attendu la réalisation des promesses de Dieu, en accueillant dans la foi et dans la chair Jésus, le Fils de Dieu, en pleine obéissance à la volonté divine. Aujourd’hui, je voudrais réfléchir brièvement avec vous sur la foi de Marie à partir du grand mystère de l’Annonciation.

« Chaîre kecharitomene, ho Kyrios meta sou », « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28). Telles sont les paroles — rapportées par l’évangéliste Luc — par lesquelles l’archange Gabriel s’adresse à Marie. À première vue, le terme chaîre, « réjouis-toi », semble une salutation normale, habituelle dans le contexte grec, mais s’il est lu dans le cadre de la tradition biblique, ce mot acquiert une signification beaucoup plus profonde. Ce même terme est présent quatre fois dans la version grecque de l’Ancien Testament et toujours comme une annonce de joie pour la venue du Messie (cf. So 3, 14 ; Jl 2, 21 ; Za 9, 9 ; Lm 4, 21). Le salut de l’ange à Marie est donc une invitation à la joie, à une joie profonde, il annonce la fin de la tristesse qu’il y a dans le monde face à la limite de la vie, à la souffrance, à la mort, à la méchanceté, aux ténèbres du mal qui semblent obscurcir la lumière de la bonté divine. C’est un salut qui marque le début de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle.

Mais pourquoi Marie est-elle invitée à se réjouir de cette façon ? La réponse se trouve dans la deuxième partie du salut :  «Le Seigneur est avec toi ». Ici aussi, pour bien comprendre le sens de l’expression, nous devons nous tourner vers l’Ancien Testament. Dans le Livre de Sophonie, nous trouvons cette expression : « Pousse des cris de joie, fille de Sion... Le Seigneur est roi d'Israël au milieu de toi... Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur » (3, 14-17). Dans ces paroles, il y a une double promesse faite à Israël, à la fille de Sion : Dieu viendra comme sauveur et habitera précisément au milieu de son peuple, dans le sein de la fille de Sion. Dans le dialogue entre l’ange et Marie se réalise exactement cette promesse : Marie est identifiée avec le peuple épousé par Dieu, elle est véritablement la Fille de Sion en personne; en elle s’accomplit l’attente de la venue définitive de Dieu, en elle habite le Dieu vivant.

Dans le salut de l’ange, Marie est appelée « pleine de grâce » ; en grec, le terme « grâce », charis, a la même racine linguistique que le terme « joie ». Dans cette expression également est éclaircie ultérieurement la source de la joie de Marie : la joie provient de la grâce, c’est-à-dire qu’elle provient de la communion avec Dieu, du fait d’avoir une relation si vitale avec Lui, du fait d’être demeure de l’Esprit Saint, entièrement formée par l’action de Dieu. Marie est la créature qui de façon unique a ouvert toute grande la porte à son Créateur, elle s’est placée entre ses mains, sans limite. Elle vit entièrement de la et dans la relation avec le Seigneur ; elle est dans une attitude d’écoute, attentive à saisir les signes de Dieu sur le chemin de son peuple ; elle est insérée dans une histoire de foi et d’espérance dans les promesses de Dieu, qui constitue le tissu de son existence. Et elle se soumet librement à la parole reçue, à la volonté divine dans l’obéissance de la foi.

L’évangéliste Luc raconte l’histoire de Marie à travers un subtil parallélisme avec l’histoire d’Abraham. Comme le grand Patriarche est le père des croyants, qui a répondu à l’appel de Dieu à quitter la terre où il vivait, ses certitudes, pour entamer le chemin vers une terre inconnue et possédée uniquement dans la promesse divine, de même Marie s’en remet avec une totale confiance à la parole que lui a annoncée le messager de Dieu et devient modèle et mère de tous les croyants.

Je voudrais souligner un autre aspect important : l’ouverture de l’âme à Dieu et à son action dans la foi inclut aussi l’élément de l’obscurité. La relation de l’être humain avec Dieu n’efface pas la distance entre le Créateur et la créature, n’élimine pas ce qu’affirme l’apôtre Paul face aux profondeurs de la sagesse de Dieu : « Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! » (Rm 11, 33). Mais justement celui qui — comme Marie — est ouvert de façon totale à Dieu, parvient à accepter le vouloir divin, même s’il est mystérieux, même si souvent il ne correspond pas à notre propre volonté et qu’il est une épée qui transperce l’âme, comme le dira prophétiquement le vieux Syméon à Marie, au moment où Jésus est présenté au Temple (cf. Lc 2, 35). Le chemin de foi d’Abraham comprend le moment de joie pour le don de son fils Isaac, mais aussi le moment de l’obscurité, lorsqu’il doit monter sur le mont Moriah pour accomplir un geste paradoxal : Dieu lui demande de sacrifier le fils qu’il vient de lui donner. Sur le mont, l’ange lui ordonne : « N’étends pas la main contre l’enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique » (Gn 22, 12) ; la pleine confiance d’Abraham dans le Dieu fidèle aux promesses ne manque pas non plus lorsque sa parole est mystérieuse et difficile, presque impossible à accueillir. Ainsi en est-il pour Marie, sa foi vit la joie de l’Annonciation mais passe aussi à travers l’obscurité de la crucifixion de son Fils, pour pouvoir atteindre la lumière de la Résurrection.

Il en est de même aussi pour le chemin de foi de chacun de nous: nous rencontrons des moments de lumière, mais nous rencontrons aussi des passages où Dieu semble absent, son silence pèse dans notre cœur et sa volonté ne correspond pas à la nôtre, à ce que nous voudrions. Mais plus nous nous ouvrons à Dieu, plus nous accueillons le don de la foi, plus nous plaçons totalement en Lui notre confiance — comme Abraham et comme Marie — alors plus Il nous rend capables, par sa présence, de vivre toute situation de la vie dans la paix et dans la certitude de sa fidélité et de son amour. Mais cela signifie sortir de soi et de nos projets, afin que la Parole de Dieu soit la lampe qui guide nos pensées et nos actions.

Je voudrais m’arrêter encore sur un aspect qui émerge des récits sur l’Enfance de Jésus raconté par saint Luc. Marie et Joseph portent leur fils à Jérusalem, au Temple, pour le présenter et le consacrer au Seigneur comme le prescrit la loi de Moïse : «Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur » (cf. Lc 2, 22-24). Ce geste de la Sainte Famille acquiert un sens encore plus profond si nous le lisons à la lumière de la science évangélique de Jésus à douze ans qui, après trois jours de recherche, est retrouvé au Temple en train de discuter parmi les docteurs. Aux paroles pleines d’inquiétude de Marie et Joseph : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés », correspond la mystérieuse réponse de Jésus : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Lc 2, 48-49). C’est-à-dire dans la propriété du Père, dans la maison du Père, comme l’est un fils. Marie doit renouveler la foi profonde avec laquelle elle a dit « oui » lors de l’Annonciation ; elle doit accepter que la priorité soit donnée au Père véritable et propre de Jésus ; elle doit savoir laisser libre ce Fils qu’elle a engendré pour qu’il suive sa mission. Et le « oui » de Marie à la volonté de Dieu, dans l’obéissance de la foi, se répète tout au long de sa vie, jusqu’au moment le plus difficile, celui de la Croix.

Face à tout cela, nous pouvons nous demander : comment Marie a-t-elle pu vivre ce chemin aux côtés de son Fils avec une foi aussi solide, même dans l’obscurité, sans perdre la pleine confiance dans l’action de Dieu ? Il existe une attitude de fond que Marie prend face à ce qui se passe dans sa vie. Lors de l’Annonciation, elle est troublée en écoutant les paroles de l’Ange — c’est la crainte que l’homme éprouve lorsqu’il est touché par la proximité de Dieu —, mais ce n’est pas l’attitude de celui qui a peur devant ce que Dieu peut demander. Marie réfléchit, elle s’interroge sur la signification de ce salut (cf. Lc 1, 29). Le terme grec utilisé dans l’Évangile pour définir cette « réflexion », « dielogizeto », rappelle la racine de la parole « dialogue ». Cela signifie que Marie entre dans un dialogue intime avec la Parole de Dieu qui lui a été annoncée, elle ne la considère pas superficiellement, mais elle s’arrête, elle la laisse pénétrer dans son esprit et dans son cœur pour comprendre ce que le Seigneur veut d’elle, le sens de l’annonce. Nous trouvons une autre mention de l’attitude intérieure de Marie face à l’action de Dieu, toujours dans l’Évangile de saint Luc, au moment de la naissance de Jésus, après l’adoration des bergers. Il y est affirmé que Marie « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19) ; en grec le terme est symballon, nous pourrions dire qu’Elle « retenait ensemble », qu’elle « mettait ensemble » dans son cœur tous les événements qui lui arrivaient ; elle plaçait chaque événement particulier, chaque parole, chaque fait à l’intérieur du tout et elle le confrontait, elle le conservait, reconnaissant que tout provient de la volonté de Dieu. Marie ne s’arrête pas à une première compréhension superficielle de ce qui se passe dans sa vie, mais elle sait regarder en profondeur, elle se laisse interpeller par les événements, elle les élabore, elle les discerne et acquiert cette compréhension que seule la foi peut garantir. C’est l’humilité profonde de la foi obéissante de Marie, qui accueille en elle également ce qu’elle ne comprend pas dans l’action de Dieu, en laissant Dieu ouvrir son esprit et son cœur. « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 44), s’exclame sa parente Élisabeth. C’est précisément en raison de sa foi que toutes les générations l’appelleront bienheureuse.

Chers amis, la solennité du Noël du Seigneur que nous célébrerons d’ici peu, nous invite à vivre cette même humilité et obéissance de foi. La gloire de Dieu ne se manifeste pas dans le triomphe et dans le pouvoir d’un roi, elle ne resplendit pas dans une ville célèbre, dans un palais somptueux, mais elle prend sa demeure dans le sein d’une vierge, elle se révèle dans la pauvreté d’un enfant. La toute-puissance de Dieu, même dans notre vie, agit avec la force, souvent silencieuse, de la vérité et de l’amour. La foi nous dit alors que la puissance sans défense de cet Enfant vainc le bruit des puissances du monde.

* * *

Je salue avec joie les francophones, en particulier les lycéens en pèlerinage ! Marie est appelée bienheureuse à cause de sa foi obéissante. Comme elle, laissons la Parole de Dieu illuminer nos pensées et nos actions. Durant les fêtes de la Nativité, demandons-lui la grâce de sentir comment la toute-puissance de Dieu agit dans nos vies avec la force de la vérité et de l’amour. Joyeux Noël à tous !

© Copyright 2012 - Libreria Editrice Vaticana


BENEDICT XVI

GENERAL AUDIENCE

Paul VI Audience Hall
Wednesday, 19 December 2012


Dear Brothers and Sisters,

The Virgin Mary has a special place in the journey of Advent as the One who, in a unique way, awaited the fulfilment of God’s promises, welcoming Jesus the Son of God in faith and in the flesh and with full obedience to the divine will. Today, I wish to ponder briefly with you on Mary’s faith, starting from the great mystery of the Annunciation.

Chaîre kecharitomene, ho Kyrios meta sou”, “Hail, [rejoice] full of grace, the Lord is with you” (Lk 1:28). These are the words — recorded by Luke the Evangelist — with which the Archangel Gabriel addresses Mary. At first sight the term chaire “rejoice”, seems an ordinary greeting, typical in the Greek world, but if this word is interpreted against the background of the biblical tradition it acquires a far deeper meaning. The same term occurs four times in the Greek version of the Old Testament and always as a proclamation of joy in the coming of the Messiah (cf. Zeph 3:14, Joel 2:21; Zech 9:9; Lam 4:21).

The Angel’s greeting to Mary is therefore an invitation to joy, deep joy. It announces an end to the sadness that exists in the world because of life’s limitations, suffering, death, wickedness, in all that seems to block out the light of the divine goodness. It is a greeting that marks the beginning of the Gospel, the Good News.

But why is Mary invited to rejoice in this way? The answer is to be found in the second part of the greeting: “The Lord is with you”. Here too, if we are to understand correctly the meaning of these words we must turn to the Old Testament. In the Book of Zephaniah, we find these words “Sing aloud, O daughter of Zion.... The King of Israel, the Lord, is in your midst.... The Lord, your God, in your midst, a warrior who gives victory” (3:14-17).

In these words a twofold promise is made to Israel, to the daughter of Zion: God will come as a saviour and will pitch his tent in his people’s midst, in the womb of the daughter of Zion. This promise is fulfilled to the letter in the dialogue between the Angel and Mary. Mary is identified with the people espoused by God, she is truly the daughter of Zion in person; in her the expectation of the definitive coming of God is fulfilled, in her the Living God makes his dwelling place.
In the greeting of the Angel Mary is called “full of grace”. In Greek, the term “grace”, charis, has the same linguistic root as the word “joy”. In this term too the source of Mary’s exultation is further clarified: her joy comes from grace, that is, from being in communion with God, from having such a vital connection with him, from being the dwelling place of the Holy Spirit, totally fashioned by God’s action. Mary is the creature who opened the door to her Creator in a special way, placing herself in his hands without reserve. She lived entirely from and in her relationship with the Lord; she was disposed to listen, alert to recognizing the signs of God in the journey of his people; she was integrated into a history of faith and hope in God’s promises with which the fabric of her life was woven. And she submitted freely to the word received, to the divine will in the obedience of faith.

The Evangelist Luke tells Mary’s story by aligning it closely to the history of Abraham. Just as the great Patriarch is the father of believers who responded to God’s call to leave the land in which he lived, to leave behind all that guaranteed his security in order to start out on the journey to an unknown land, assured only in the divine promise, so Mary trusts implicitly in the word that the messenger of God has announced to her, and becomes the model and Mother of all believers.

I would like to emphasize another important point: the opening of the soul to God and to his action in faith also includes an element of obscurity. The relationship of human beings with God does not delete the distance between Creator and creature, it does not eliminate what the Apostle Paul said before the depth of God’s wisdom: “How unsearchable are his judgements and how inscrutable his ways!” (Rom 11:33).

Yet those who — like Mary — open themselves totally to God, come to accept the divine will, even though it is mysterious, although it often does not correspond with their own wishes, and is a sword that pierces their soul, as the elderly Simeon would say prophetically to Mary when Jesus was presented in the Temple (cf. Lk 2:35). Abraham’s journey of faith included the moment of joy in the gift of his son Isaac, but also the period of darkness, when he had to climb Mount Moriah to execute a paradoxical order: God was asking him to sacrifice the son he had just given him. On the mountain, the Angel told him: “Do not lay your hand on the lad or do anything to him; for now I know that you fear God, seeing you have not withheld your son, your only son, from me” (Gen 22:12). Abraham's full trust in the God who is faithful to his promises did not fail, even when his word was mysterious and difficult, almost impossible to accept. So it is with Mary. Her faith experienced the joy of the Annunciation, but also passed through the gloom of the crucifixion of the Son to be able to reach the light of the Resurrection.

It is exactly the same on the journey of faith of each one of us: we encounter patches of light, but we also encounter stretches in which God seems absent, when his silence weighs on our hearts and his will does not correspond with ours, with our inclination to do as we like. However, the more we open ourselves to God, welcome the gift of faith and put our whole trust in him — like Abraham, like Mary — the more capable he will make us, with his presence, of living every situation of life in peace and assured of his faithfulness and his love. However, this means coming out of ourselves and our own projects so that the word of God may be the lamp that guides our thoughts and actions.

I would like once again to ponder on an aspect that surfaces in the infancy narratives of Jesus recounted by St Luke. Mary and Joseph take their Son to Jerusalem, to the Temple, to present him to the Lord and to consecrate him as required by Mosaic Law: “Every firstborn male shall be designated as holy to the Lord” (cf. Lk 2:22-24). The Holy Family’s action acquires an even more profound meaning if we interpret it in the light of the evangelical knowledge of the 12-year-old Jesus. After three days of searching he was found in the Temple in conversation with the teachers. The deeply anxious words of Mary and Joseph: “Son, why have you treated us so? Behold, your father and I have been looking for you anxiously”, are in conformity with Jesus’ mysterious answer: “How is it that you sought me? Did you not know that I must be in my Father’s house?” (Lk 2:48-49). The significance lies in the Father’s property, “in my Father’s house”, as a son is.

Mary is obliged to renew the profound faith with which she said “yes” at the Annunciation; she must accept that it is the true and proper Father of Jesus who has precedence; she must be able to leave the Son she has brought forth free to follow his mission. And Mary’s “yes” to God’s will, in the obedience of faith, is repeated throughout her life, until the most difficult moment, that of the Cross.

Confronting all this, we may ask ourselves: how was Mary able to journey on beside her Son with such a strong faith, even in darkness, without losing her full trust in the action of God? Mary assumes a fundamental approach in facing what happens in her life. At the Annunciation, on hearing the Angel’s words she is distressed — it is the fear a person feels when moved by God’s closeness — but it is not the attitude of someone who is afraid of what God might ask. Mary reflects, she ponders on the meaning of this greeting (cf. Lk 1:29). The Greek word used in the Gospel to define this “reflection”, “dielogizeto”, calls to mind the etymology of the word “dialogue”.

This means that Mary enters into a deep conversation with the Word of God that has been announced to her, she does not consider it superficially but meditates on it, lets it sink into her mind and her heart so as to understand what the Lord wants of her, the meaning of the announcement.

We find another hint of Mary's inner attitude to God’s action — again in the Gospel according to St Luke — at the time of Jesus’ birth, after the adoration of the shepherds. Luke affirms that Mary “kept all these things, pondering them in her heart” (Lk 2:19). In Greek the term is symballon, we could say that she “kept together”, “pieced together” in her heart all the events that were happening to her; she placed every individual element, every word, every event, within the whole and confronted it, cherished it, recognizing that it all came from the will of God.

Mary does not stop at a first superficial understanding of what is happening in her life, but can look in depth, she lets herself be called into question by events, digests them, discerns them, and attains the understanding that only faith can provide. It is the profound humility of the obedient faith of Mary, who welcomes within her even what she does not understand in God’s action, leaving it to God to open her mind and heart. “Blessed is she who believed that there would be a fulfilment of what was spoken to her from the Lord” (Lk 1:45), her kinswoman Elizabeth exclaims. It is exactly because of this faith that all generations will call her blessed.

Dear friends, the Solemnity of the Nativity of the Lord which we shall soon be celebrating invites us to practise this same humility and obedience of faith. The glory of God is not expressed in the triumph and power of a king, it does not shine out in a famous city or a sumptuous palace, but makes its abode in a virgin’s womb and is revealed in the poverty of a child. In our lives too, the almightiness of God acts with the force — often in silence — of truth and love. Thus faith tells us that in the end the defenceless power of that Child triumphs over the clamour of worldly powers. Many thanks!

To special groups:

I offer a warm welcome to Japanese pilgrims from the Diocese of Kagoshima. My cordial greeting also goes to the Nigerian Christian Pilgrim Commission. Upon all the English-speaking pilgrims present at today’s Audience I invoke God’s blessings for a happy and holy celebration of the coming feast of Christmas.

I address a special greeting to the young people, to the sick and to the newlyweds. Dear young people, especially you students of the Capriotti Institute in San Benedetto del Tronto, may you approach the mystery of Bethlehem with the same sentiments of faith and humility as Mary. Dear sick people, may you draw from the manger scene that joy and inner peace that Jesus comes to bring to the world. And may you, dear newlyweds, contemplate the example of the Holy Family of Nazareth, to impress the virtues practised in it upon the journey of your family life.


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